6 Chirurgie des voies
lacrymales et traitement
des ulcères cornéens
épithéliaux à bords
décollés
CHIRURGIE DES VOIES LACRYMALES
Le défaut de drainage des larmes se manifeste par un épiphora (écoulement anormal
des larmes sur les joues), de même que l’hyperproduction de larmes. L’épiphora
entraîne une humidification de la peau, souvent associée à une coloration des poils
dans les cas chroniques (fig. 6.1A). Lorsqu’il résulte d’un défaut de drainage, le
cathétérisme sur sonde du canalicule supérieur par son point d’ouverture palpébral
et l’injection sous pression de NaCl isotonique permet de localiser la zone d’obstruc-
tion sur le trajet de la voie excrétrice concernée (fig. 6.1B).
L’instillation de fluorescéinate de Na 0,5 % en collyre ou l’application d’une bande-
lette imprégnée de fluorescéine dans le cul-de-sac conjonctival inférieur se traduit
par l’apparition du colorant vert à la narine correspondante 1 min plus tard (5 min,
voire plus dans certains cas) : elle indique que le système excréteur des larmes
(points lacrymaux, canalicules lacrymaux, sac lacrymal et canal lacrymonasal qui
débouche à la narine, fig. 6.2) fonctionne normalement, à l’exception de faux néga-
tifs (brachycéphales notamment, avec un canal lacrymonasal qui s’ouvre dans la
cavité nasale postérieure).
L’épiphora peut être provoqué par :
1. un défaut d’ouverture (atrésie, imperforation chez le chien) ou une obstruction
cicatricielle des points lacrymaux (séquelles d’herpès virose chez le chat) ;
2. une inflammation du sac lacrymal (dacryocystite) ou du canal lacrymonasal ;
3. une dermatite du canthus médial ;
4. une malimplantation ciliaire, un pli nasal volumineux chez un brachycéphale,
un entropion ;
5. une accumulation de mucus au canthus interne (conjonctivite, KCS) ;
6. une kératite, une sécheresse cornéenne, une lagophtalmie responsable d’une
évaporation anormalement importante du film lacrymal précornéen.