154 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
entrepris que lorsqu’elle est éclaircie, c’est-à-dire dans certains cas trois à cinq semai-
nes plus tard (elle reprend de la transparence de la périphérie vers le centre).
Le strabisme latérodorsal par rupture de l’attache sclérale des muscles droit médial et
oblique ventral est fréquent. S’il persiste, on observe une kératite d’exposition
(fig. 5.20). Certains chiens récupèrent spontanément sur plusieurs mois, mais il vaut
mieux envisager une correction chirurgicale du strabisme (hors sujet de cette pré-
sentation) au moment du retrait des points de paupières si nécessaire.
Si la lagophtalmie persiste à six semaines et que l’innervation sensitive et motrice est
fonctionnelle, une tarsorraphie temporaire est effectuée et laissée en place trois
mois. Sinon, il faut opter pour l’énucléation (ulcère neurotrophique/neuroparalyti-
que de lagophtalmie, fig. 5.21).
Pronostic
Plus tôt le globe est réintégré, meilleur est le pronostic pour sa conservation bien sûr,
mais aussi pour limiter la durée de convalescence.
Les éléments importants à prendre en compte sont les suivants :
– avulsion des muscles extra-oculaires : si elle est limitée au droit médial et à
l’oblique ventral, nous avons vu la conduite à tenir ; si toutes les attaches sont
lésées, le pronostic est mauvais car les artères ciliaires qui irriguent le segment
antérieur sont aussi lésées irrémédiablement et il faut envisager d’emblée l’énu-
cléation ;
– hyphéma : important, il est la résultante d’une lésion grave du corps ciliaire
(fig. 5.22) et un phtisis bulbi à long terme est de règle ; limité et de résorption
rapide, il est de bon pronostic ;
– diamètre pupillaire : le myosis est favorable quant à une récupération visuelle ;
la mydriase est indicatrice de lésions des nerfs optique et/ou oculomoteur com-
mun et de mauvais pronostic visuel ; il faut se montrer réservé si le diamètre
pupillaire est normal car une lésion des fibres sympathiques peut accompagner
une lésion grave du nerf optique ;
– réflexes pupillaires photomoteurs : le réflexe indirect présent sur l’œil sain est de
bon pronostic, la disparition du réflexe direct sur l’œil atteint n’a pas de valeur
pronostique ;
– les critères permettant de formuler un pronostic favorable sont les suivants :
exorbitation partielle, pas ou peu de lésions des muscles extra-oculaires, myosis.