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Le Passeur

Cette fiche pédagogique vise à aider les élèves à comprendre la complexité de la traduction, en se concentrant sur le lien logique d'opposition 'mais'. L'activité inclut une analyse du texte d'Henri Meschonnic, qui souligne que la traduction est un art et une science, et non un simple transfert d'informations. Les élèves sont encouragés à traduire des passages et à discuter des nuances de la traduction.

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Le Passeur

Cette fiche pédagogique vise à aider les élèves à comprendre la complexité de la traduction, en se concentrant sur le lien logique d'opposition 'mais'. L'activité inclut une analyse du texte d'Henri Meschonnic, qui souligne que la traduction est un art et une science, et non un simple transfert d'informations. Les élèves sont encouragés à traduire des passages et à discuter des nuances de la traduction.

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Fiche pédagogique N° 1

Professeure stagiaire : Assia Sarh-rouny Activité : Version


Durée : 1h Niveau : MPSI et 1 TSI
Support : Henri Meschonnic, le passeur, Pour la poétique I, Paris, Gallimard,
1973.
Objectif général : Amener les élèves à comprendre la nature complexe de la traduction.
Objectif spécifique : Traduire lien logique d’opposition « mais ».

Déroulement de l’activité

Mise en situation
Inviter les élèves à identifier le texte et son auteur en répondant à des questions visant la mise en
situation :
Qu'est-ce que traduire fondamentalement ? S'agit-il d'un simple transfert de mots, d'une
transposition de sens, ou d'une adaptation culturelle ? Comment la traduction gère-t-elle les nuances
de sens, les connotations, l'humour, l'ironie et les figures de style ?
La traduction, loin d'être un simple transfert mécanique de mots d'une langue à une autre,
constitue un pont essentiel entre les cultures et les savoirs. Elle est l'art et la science de transposer
un message, une idée, une émotion, d'un système linguistique et culturel donné vers un autre, en
tenant compte non seulement des équivalences lexicales et grammaticales, mais aussi des nuances
contextuelles, stylistiques et intentionnelles. Au cœur des échanges mondiaux, qu'ils soient
littéraires, scientifiques, commerciaux ou diplomatiques, la traduction se révèle comme un vecteur
indispensable de compréhension mutuelle et de diffusion du patrimoine humain. Son rôle, en
constante évolution avec les avancées technologiques et les dynamiques sociétales, soulève des
questions fondamentales quant à la fidélité, l'interprétation et l'impact de ce processus complexe.
L’auteur :
Henri MESCHONNIC né à Paris en1932 et mort à Villejuif en 2009, est un théoricien du
langage, essayiste, poète et traducteur français.

Analyse du texte
1. Lecture du texte :
2. Composante énonciative :

Les élèves sont invités à dégager la situation d’énonciation du texte en répondant aux questions
suivantes : Qui parle ? À qui ? De quoi ? Pourquoi ? comment ?

Qui ? l’auteur- à qui ? : aux lecteurs intéressés par la traduction - De quoi ? de la nature de l’acte de
traduire. -pourquoi ? pour prouver que la traduction n’est pas un simple moyen d’information.
Comment ? à travers une argumentation orientée
3. Composante textuelle :

Inviter les élèves à dégager le genre du texte, son type et la tonalité dominante.

Genre : Essai Type : Argumentatif Registre : soutenu

4. Compréhension globale :

Dans cette étape, les élèves sont appelés à comprendre le texte en dégageant son idée principale
ainsi que ses idées secondaires.

Idée générale
. La traduction est bien plus qu’un simple moyen de d’information et le traducteur est un passeur
exceptionnel

Idées secondaires
*Concevoir la traduction comme une communication entre les cultures est une vision simpliste.
La représentation informationaliste de la traduction rend le traducteur un simple passeur et dénue la
*littérature sa spécificité.
*La traduction relève de l’art et est soumise à la critique de goût.
Préparation à la traduction
a. Tournures linguistiques
b. Lexique et terminologie
Lexique Traduction préposée
Informationnisme ‫اإلخباراتية‬
Délittérarisation ‫ نزع الصبغة األدبية‬/ ‫التجريد من األدبية‬
‫فقه اللغة‬
Philologie

c. Phénomène morphosyntaxique

Conjonction de coordination qui permet d'indiquer une différence, une opposition, une
précision, une objection ou une transition.

Exemples Traduction préposée


Mais dans quel état arrive ce qu'on a
transporté ِ ‫إِنَّ َما الحَالَةُ الَّتِي ي َِص ُل بِهَا َما نَحْ مِ ُل إِلَى‬
،‫الضفَّ ِة األ ُ ْخ َرى‬
Mais il passe des morts
‫لَ ِكنَّهُ َي ْعبُ ُر ِبال َم ْوتَى‬

Traduction
Travail individuel : Amener les élèves à traduire les deux premiers paragraphes du texte.
Correction
⎯ Correction individuelle : propositions d'élèves
⎯ Correction collective : élaboration de la traduction au tableau
⎯ Relecture et affinement du style.

Traduction proposée

Le passeur ‫الـــعـــبـــــار‬
‫ت‬ِ ‫ص ٌل َبيْنَ الثَّقَافَا‬ ُ ‫ع َلى أ َ َّن َها ت ََوا‬ َ ‫ت الت َّ ْر َج َمةُ ت ُ َقدَّ ُم غَا ِلبًا‬ ِ ‫َما دَا َم‬
La traduction étant le plus souvent représentée َ‫ فَ َهذا‬،‫ت أُخ ََر‬ ُ َ ُ ُ ُ ٌ َ
comme une communication entre les cultures,
ٍ ‫وغ َما تل ِفظ بِ ِه فِي لغَا‬ ِ ‫َوإِع ََْل ٌم َو َوسِيلة َوحِ يدَة ِلبُل‬ٌ
‫ أ َ َال َوه َُو‬،ِ‫ي يُ ْخفِي أ َ ْم ًرا ِبالقَد ِْر نَ ْف ِس ِه مِ نَ األ َ َّو ِليَّة‬ ُّ ‫اال ْستِ ْنت َا ُج األ َ َّو ِل‬ ِ
information, et seul moyen d'accéder à ce qui est ‫ِب‬ ُ َ
َ ‫َص ُل إِلى ك ِل َما قِي َل أ ْو كت‬ ُ َ ِ ‫اس ال ت‬ َ ِ ‫أ َ َّن األغلبِيَّة العُظ َمى مِ نَ الن‬
َّ ْ َ َ ْ َ
énoncé dans d'autres langues, cette constatation َّ ُّ
‫ بِا ْستِثنَاءِ َما فُك َِر فِي ِه بِاللغَ ِة التِي نَ ْح ُن‬،ِ‫ِإ َّال مِ ْن خِ ََل ِل الت َّ ْر َج َمة‬ ْ
élémentaire masque un fait tout aussi élémentaire : ‫ت الَّتِي يُ ْم ِك ُن أ َ ْن‬ ِ ‫ أ َ ْو ِبت ِْلكَ اللُّغَا‬،ً‫يرة‬ َ ‫َت أ َ ْم َك ِب‬ ْ ‫ِيرة ً كَان‬ َ ‫صغ‬ َ ‫أ َ ْهلُ َها‬
le fait que l'immense majorité des hommes n'accède ‫نَ ْع ِرفَ َها‬.
à tout ce qui a été dit et écrit qu'en traduction, sauf ‫ ِإذْ َي ْخت َِز ُل الت َّ ْر َج َمةَ فِي‬، ‫ارا ِتيَّ ِة‬ َ ‫ِْل ْخ َب‬ ِ ْ ‫ِي ه َُو ل‬ َ ‫طا غ‬ َّ ‫ِإ َّن الت َّ َمث ُّ َل ال‬
pour ce qui est pensé dans la langue, grande ou ‫ َومِ ْنهُ فَاألدَبُ فِي ُم ْج َم ِل ِه يُ ْخت َزَ ُل فِي َما ه َُو‬،‫ُم َج َّر ِد أَدَاةِ إِع ََْل ٍم‬ َ
petite, dont on est l'indigène, et les quelques autres ‫ص ِف ِه‬ ْ ‫ فيُقَدَّ ُم ال ُمت َْر ِج ُم ِب َو‬،‫ب‬ ِ ُ ‫ون ال ُكت‬ ِ ‫ض ُم‬ ْ ‫ِإع ََْل ٌم؛ أي ِإع ََْل ٌم ِب َم‬
langues qu'on peut connaître. ُ
‫ع ِن األ ْم ِر األدَبِي ِ ك َّل‬ َ َ َ ُ‫ َويَ ْبدُو لِي أَنَّنَا نغفل أنَّهُ بِذلِكَ نَ ْن ِزع‬.‫َّارا‬ َ َ ً ‫عب‬ َ
ٌ‫ص ْبغَة‬ ِ ‫س ِن األَح َْوا ِل‬ َ ْ‫ح‬ َ ‫أ‬ ‫ِي‬ ‫ف‬ ‫و‬ َ ِ ،ِ ‫ة‬ ‫ي‬
َّ ‫ب‬ َ ‫د‬ َ ‫ِْل‬ْ ‫ل‬ ‫ْو‬
ٌ َ ‫ح‬ ‫م‬ َ‫ِك‬ ‫ل‬ َ ‫ذ‬ ‫ن‬َّ ‫إ‬
ِ ،ِ‫ه‬ ‫ت‬
ِ ‫ي‬
َّ ‫وص‬ ِ ‫ص‬ُ ‫خ‬ ُ
La représentation régnante est de ُ ٌ
‫الرو ِسيَّ ِة‬ ُّ ‫الر َوايَ ِة‬ ِ ‫ َم َح ِليَّة كَــــــــأبَي ِ فِي‬.
l'informationnisme : elle réduit la traduction à un ُ‫ ِإنَّ َما ال َحالَة‬،‫ُور‬ ُ ‫ْس العُب‬ َ ُّ ِ ‫ فَال ُم‬،ٌ‫ارة ٌ لَطِ يفَة‬
‫ي‬ َ ‫ل‬ ‫م‬ ‫ه‬ َ ‫َّار اِ ْستِ َع‬ ِ ‫ارة ُ ال َعب‬ َ ‫اِ ْستِ َع‬
pur moyen d'information. Du coup la littérature tout ُّ ُ
‫ إِلى اللغَ ِة‬،‫الضف ِة األخ َرى‬ َ ْ َّ ِ ‫صل بِ َها َما نَحْمِ ل إِلى‬ َ ُ ُ ِ َ‫الَّتِي ي‬
entière est réduite à de l'information : une ُ
َ‫ أولَئِك‬،‫ لَ ِكنَّهُ يَ ْعب ُُر بِال َم ْوت َى‬،‫َّار‬ َ ُ ‫ فَش‬،‫األ ُ ْخ َرى‬
ٌ ‫عب‬ َ ‫َارو ُن ه َُو أ ْيضًا‬
information sur le contenu des livres. Le traducteur َ‫ِيرا ل ِْل ُمت َْر ِجمِ ين‬ ً ‫ َو َهذَا َما َيقَ ُع َكث‬،َ ‫الَّذِينَ فَقَدُوا الذَّاك َِرة‬.
est représenté comme un passeur. On ne voit pas, il ‫ع ِْل ٌم أ َ ْم فَ ٌّن؟‬
me semble, qu'on retire par là toute sa spécialité à ٌ‫ت الت َّ ْر َج َمةُ ع ِْل ًما أ َ ْم فَنًّا ه َُو لُ ْع َبةٌ ُم ْجت َ َم ِعيَّة‬ ِ َ‫ع َّما ِإذَا كَان‬ َ ‫سا ُؤ َل‬ َ َّ ‫ِإ َّن الت‬
la chose littéraire. C'est une délittérarisation. La ْ ُ
‫ فَالت ْر َج َمة عِل ًما تَت َ َم ْوقَ ُع‬،ِ‫شاع ِِريَّ ِة إِ ْن َها ُء َه ِذ ِه الل ْعبَة‬ َّ ُّ َّ ‫على ال‬ َ َ ‫ َو‬،ٌ‫قَدِي َمة‬
traduction est, au mieux, couleur localisée : « petit ‫ أ َ َّما‬.ِ‫صنَافِ ال َم ْع ِرفَ ِة َو اللُّغَة‬ ْ َ‫دَاخِ َل فِ ْق ِه اللُّغَ ِة َومن خَلله َو َكذَا أ‬
père », pour le roman russe. ‫صبِ ُح‬ ُ
ْ ‫ َو ُمشكَِلت َها ت‬،‫ق‬ ُ َ ْ ِ ‫عةٌ فِي نَ ْق ِد الذ ْو‬
َّ َ ‫ فَالت َّ ْر َج َمةُ َم ْوضُو‬،‫فَنًّا‬
Passeur est une métaphore complaisante. Ce qui ‫َازا‬ ً ‫أ َ ْلغ‬.
‫ِي‬َ ‫ إِن َما ه‬،‫ِي فن‬ َّ ٌّ َ َ ‫ِي عِل ٌم َوال ه‬ َ ْ َ ‫شاع ِِريَّ ِة َال ه‬ َّ ‫الت َّ ْر َج َمةُ بِالنِ ْسبَ ِة لِل‬
importe n'est pas de faire passer. Mais dans quel
ً‫ظ ِريَّةً َال ع ِْلمِ يَّة‬ َ َ‫ يُف َِع ُل ن‬،ِ‫ع ِن اللغَة‬ ُّ َ ‫ب َو‬ ِ َ‫ع ِن األد‬ َ َ ً ‫َاط يُف َِع ُل فِ ْك َرة‬ ٌ ‫نَش‬
état arrive ce qu'on a transporté de l'autre côté. Dans
l'autre langue : Charon aussi est un passeur. Mais il ‫ب َم ْن‬ َ ‫س‬ َ ‫ َوذَلِكَ َح‬،‫ع ِن الف َْر ِد َوال ُم ْجت َ َم ِع‬ َ - ‫علَى َح ِد قَ ْو ِل ْفلُو َبيْر‬ َ -
‫يُت َْر ِج ُم‬.
passe des morts. Qui ont perdu la mémoire. C'est ce
‫ ِإ َّال ِإ ْن قُ ْمنَا ِبع ِْل ٍم‬،‫ض َبيْنَ الع ِْل ِم َوالف َِن‬ ِ ‫ار‬ ُ ‫ِإ َّن األ َ ْم َر أ َ ْك َب ُر مِ نَ الت َّ َع‬
qui arrive à bien des traducteurs. ،ِ‫ َوق ْمنَا بِعِل ٍم لِلف َْر ِد ه َُو فَ ٌّن لِل ِفك َرة‬،ِ‫َاص ه َُو ل ِْل ُم َؤلِفِ َم ْعنًى ِللغَة‬
ْ ْ ْ ْ ُ ُّ ٍ ‫خ‬
Science ou art ? ُ‫ص ِإلَى أَنَّه‬ ُ ُ ‫ل‬ ‫خ‬ ْ ‫ن‬
َ ‫و‬ . ‫ر‬ ْ
‫ك‬ ‫ف‬
ِ ‫ال‬ ‫و‬ ُ ‫ن‬ ‫ا‬ َّ ‫ن‬ َ ‫ف‬ ‫م‬ ُ ‫ه‬ َ‫ِين‬ ‫ذ‬ َّ ‫ال‬ َ‫ين‬ ‫ِر‬ ‫َك‬ ‫ف‬ ‫م‬ ‫ال‬ ‫ار‬ ‫ب‬ ‫ك‬
ِ َ
‫ك‬ َ‫ِك‬ ‫َوذَل‬
َ ِ ْ ِ ُ ِ َ
C'est un vieux jeu de société, de se demander si la ُ
‫ الت ْر َج َمة فَ ٌّن‬،‫نَعَ ْم‬. َّ
traduction est une science, ou un art. La poétique a 1973 ،‫ارد‬ ْ ‫ كَالِي َم‬،‫يس‬ ْ ‫ار‬ ِ َ‫ ب‬،ِ‫الشع ِِريَّة‬ ِ ‫ع ِن‬ َ ‫ ِدفَاعًا‬،‫شونِيك‬ ُ ‫ِه ْن ِري مِ ي‬
à déjouer ce jeu. Science, la traduction est située
dans et par la philologie, les catégories du savoir et
de la langue. Vue comme un art, elle est mise dans
la critique de goût. Ses problèmes deviennent des
mystères.
Pour la poétique, la traduction n'est ni une science,
ni un art, mais une activité qui met en œuvre une
pensée de la littérature, une pensée du langage.
Toute une théorie insciente - comme disait
Flaubert- du sujet et de la société. Insciente, ou
inconsciente. Selon qui traduit.
C'est au-delà de l'opposition entre une science et un
art. A moins de faire de la science particulière qui
est à l'œuvre un sens du langage, et de la science du
sujet un art de la pensée. Comme les grands
«penseurs» sont des artistes de la pensée. Alors,
oui, traduire est un art.
Henri Meschonnic, Pour la poétique I, Paris,
Gallimard, 1973.

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