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Contempler
la gloire de Dieu
a un coût
Par Bible et Foi
Édification Chrétienne
« Les anciens sentiers »
« Ainsi parle l'Éternel : Placez-vous sur les chemins,
regardez, et demandez quels sont les anciens sentiers,
quelle est la bonne voie ; marchez-y,
et vous trouverez le repos de vos âmes… ».
Jérémie 6 v. 16
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Chères amies, chers amis,
Afin que tous ces messages soient reçus de manière appropriée et
portent les meilleurs fruits, nous vous encourageons à les lire et les relire,
dans un esprit de prière. Les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées
(Ésaïe 55 v. 8). Il vous sera donc très profitable de prier-lire tous les
versets cités au cours de chaque article et de prier tout en progressant
dans votre lecture ; insistez auprès du Seigneur pour qu'il vous révèle ce
dont vous avez besoin spirituellement.
Nous devons comprendre que le Seigneur Jésus veut nous expliquer sa
Parole dans tous les détails, mais à condition que nous soyons vraiment
ses disciples, avec un cœur de disciple. Pour connaître les mystères du
royaume de Dieu, les disciples ont simplement interrogé Jésus. Il en est
de même pour nous. Disons-lui : « Seigneur, je ne veux pas me limiter à
une compréhension intellectuelle de la croix et de la marche victorieuse.
Je veux vraiment que le Saint-Esprit fasse son œuvre dans mon cœur,
pour que je puisse entrer par la foi dans toutes tes révélations ! »
Bonne lecture - Bible et Foi
© Nous espérons que beaucoup bénéficieront de ces richesses spirituelles. Nous vous
invitons donc à télécharger ces documents et à les partager largement, gratuitement,
et dans toute leur intégralité. Pour toute reproduction gratuite sur votre site/blog, un
lien vers [Link] serait bien apprécié. Merci beaucoup.
➢ Photo couverture : Pixabay.
➢ Collection Bible et Foi – Les « Anciens Sentiers ».
➢ Édition numérique – Association Bible et Foi (2023).
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TABLE DES MATIÈRES
Préface : Par Média-Espérance.…………………………………………….5
Chapitre 1 : Entrer dans les réalités spirituelles.…………………………..6
Chapitre 2 : Nous avons besoin de lumière………………………………17
Chapitre 3 : Chercher la volonté de Dieu…………………………………23
Chapitre 4 : Un esprit de sagesse et de révélation………………………27
Chapitre 5 : Croissance spirituelle…………………………………………34
Chapitre 6 : Nous arrivons au cœur du problème………………………..39
Chapitre 7 : Détaillons différents points qui nous concernent…………..46
Chapitre 8 : Conclusion……………………………………………………..56
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Préface de Média-Espérance
Sur le chemin d’une vie de foi, il nous est donné d’embrasser ces instants
suspendus dont la portée lucide et grave nous cerne tels que nous
sommes, mais où la joie d’une parole révélée saura nous conduire, toute
sagesse humaine abolie. Et poursuivre fermement la marche, assurés que
notre âme ne fait plus partie du tableau, c’est l’espérance de la gloire en
action ; notre esprit découvrant la place où nous ne pouvions nous tenir,
où Jésus demeure à jamais Sauveur et Seigneur.
Média Espérance s’associe volontiers à cette démarche de viser les
richesses cachées de la Parole de Dieu, reconnaissant les contours
impérieux d’un enseignement éprouvé pour affermir l’Église actuelle.
Puisque rendre témoignage à la vérité, conformément à la mort et à la
résurrection du Christ, nous amène à contempler ce qui est tout accompli,
laissons-nous briser selon ce même modèle puis modeler selon le garant
de cette vie nouvelle.
« Tu reprendras confiance car l’espoir renaîtra » (Job 11 v. 18).
Puisse le Seigneur multiplier ses grâces selon ce que l’Esprit ouvrira
comme chemin nouveau dans le cœur du lecteur.
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Chapitre un
Entrer dans les réalités spirituelles
Pour tout chrétien, il est possible de toucher seulement l’apparence
extérieure de la Parole, sans en toucher la vie qu’elle renferme. Et cela
nous coupe le chemin de toute progression spirituelle. Toucher
uniquement la Parole avec notre sagesse, notre pouvoir de
compréhension, fera de nous des personnes légalistes : parce que nous
touchons uniquement la Parole de Dieu avec nos qualités humaines, avec
notre âme. Cette approche des Écritures est stérile, elle ne nous amène
pas dans la réalité des choses. Nous pouvons même attester que cette
façon de la traiter imprime en nous une fausse image du Seigneur Jésus-
Christ.
Le Seigneur critiquait l’hypocrisie des pharisiens, leur rigidité, et leur
formalisme excessif et sans vie. Non pas qu’ils disaient des bêtises, mais
ils étaient très concentrés sur les aspects extérieurs de la religion, au
détriment de l'intériorité et d’une spiritualité vivante. L’esprit pharisaïque
prend naissance dans notre vieille nature adamique.
Il est généralement animé par une mentalité légaliste ou moralisatrice qui
met l'accent sur l'observation stricte des règles et des apparences
extérieures. Jésus a dénoncé le caractère pernicieux de cet esprit ; lui
opposant par sa propre vie un christianisme authentique. Il n’a cessé
d’accentuer son enseignement sur l'amour, la grâce, le pardon et la
compassion envers les autres, tout en démontrant un chemin
d’obéissance aux Écritures.
Soyons sur nos gardes, car s’il existe bien un signe qui dépeint l'Église
de Laodicée, l'Église de fin des temps, c'est-à-dire celle d'aujourd'hui ;
c’est bien celui qui prétend être le plus être riche en connaissance et en
sagesse biblique : « ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en
fait la force. Éloigne-toi de ces hommes-là » (2 Timothée 3 v. 5). Oui,
prenons-garde, car lorsque nous témoignons appartenir à l'Église de
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Jésus-Christ, notre conduite pourrait bien ne pas être en harmonie avec
le véritable statut d'enfant de Dieu ; notre piété est-elle bien à la hauteur
de la foi que nous professons ? Nos enseignements sont-ils accompagnés
de la force de la lumière divine qui chasse les ténèbres autour de nous ?
Pour bien comprendre la pensée profonde de notre méditation, faisons
un saut dans l'Ancien Testament, en prenant un verset parallèle qui
exprime clairement ce qu'est l'apparence de la piété : « Le Seigneur dit :
Quand ce peuple s'approche de moi, il m'honore de la bouche et des
lèvres ; mais son cœur est éloigné de moi, et la crainte qu'il a de moi n'est
qu'un précepte de tradition humaine » (Ésaïe 29 v. 13).
L'apparence de la piété pourrait bien ressembler à un arbre tout en fleurs
qui laisse entrevoir une abondante récolte, mais qui, la saison venue, n'a
rien produit, comme un certain figuier que nous connaissons. Et comme
Dieu reconnaît parfaitement un arbre à ses fruits, je vous laisse imaginer
quelle est sa destinée. Je ne parle pas ici de nos vies en Christ, mais bien
de toutes nos œuvres !
Les traditions religieuses humaines nous empêchent d’entrer dans les
réalités spirituelles ; elles nous incitent à nous concentrer strictement sur
le respect des lois et des règles spirituelles et religieuses énoncées dans
les Écritures sacrées, sans en découvrir la vie qui s'y cache pour le
pratiquer nous-mêmes. Notre vie chrétienne ne sera faite alors, que
d'observances rigides des commandements de Dieu, que nous
allons appeler obéissance.
L'interprétation littérale seule des enseignements bibliques, nous amène
dans le monde de l'hypocrisie religieuse et de la défaite. D’où cette parole
réaliste du Seigneur aux Pharisiens de son époque, qui peut paraître
dure : « Vous, pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat,
et à l'intérieur vous êtes pleins de rapine et de méchanceté »
(Luc 11 v. 39).
C’est une parole intemporelle, elle explique à tous ceux et celles qui
peuvent l’entendre, que lorsque les hommes prennent la religion en main,
l’œuvre de Dieu se retrouve étriquée et emprisonnée par la sagesse
humaine. Les hommes, même les plus sincères et les plus expérimentés
dans les Écritures comme Paul, avant leur rencontre profonde et
libératrice avec le Seigneur, limitent l’œuvre et la révélation de Dieu.
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« Comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux,
une femme entra, pendant qu'il se trouvait à table. Elle tenait un vase
d'albâtre, qui renfermait un parfum de nard pur de grand prix ; et, ayant
rompu le vase, elle répandit le parfum sur la tête de Jésus »
(Marc 14 v. 3).
Nous ne sommes que des vases d’argile, mais dans ces vases, nous
portons un trésor d'une valeur inestimable : Le Seigneur de gloire,
demeurant en nous en tant que personne vivante ! « Nous portons ce
trésor dans des vases de terre » (2 Corinthiens 4 v. 7). Tant que le vase
est entier, tant que l'argile qui le constitue est intact et solide, il attire
volontiers les regards sur lui-même pour que le monde s’exclame : « Quel
beau vase d'albâtre ! »
Les yeux se portent alors uniquement sur le vase, sur l’apparence ; c’est
ce que Jésus reprochait aux pharisiens : de soigner uniquement
l’apparence. Les yeux ne sont pas fixés sur Christ, mais sur les dons et le
zèle naturel, sur la rhétorique de tel prédicateur, sur tel système religieux,
telle doctrine, telle technique, telle organisation : nous attirons les yeux du
monde sur nous-mêmes, mais pas sur Christ.
Mais dans la maison de Simon le lépreux, quelques-uns exprimèrent leur
indignation, au point de s’irriter contre cette femme. Elle n’est pas
comprise, son action n’est pas regardée avec le regard spirituel de Jésus.
Leurs considérations des évènements restent humaines, terrestres, liées
à leur sagesse humaine : « On aurait pu le vendre plus de trois cents
deniers, et les donner aux pauvres » (Marc 14 v. 5).
La sagesse des hommes rend les choses tellement compliquées ; elle
trouble, elle corrompt, elle séduit. C’est la même chose aujourd’hui, notre
interprétation de l’Évangile et de la volonté de Dieu est polluée par
tellement de raisonnements qui n’ont pas été purifiés par le feu de Dieu.
« Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas
mes voies, dit l’Éternel » (Ésaïe 55 v. 8). Voilà la base sur laquelle notre
recherche de Dieu doit absolument se tenir ; toutes nos études, nos
recherches, nos développements bibliques doivent se reposer sur le seul
fondement de la révélation des pensées de Dieu par le Saint-Esprit. C’est
sur ce seul fondement que Dieu pourra bâtir sa maison, son édifice,
le temple de l’Église.
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Lisons Genèse 3 v. 4 à 7 : « Le serpent dit à la femme : Dieu sait que, le
jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme
des dieux, connaissant le bien et le mal. La femme vit que l'arbre était bon
à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir
l'intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à
son mari, qui était auprès d'elle, et il en mangea. Les yeux de l'un et de
l'autre s'ouvrirent ».
Les traditions religieuses et la sagesse humaine ont un pouvoir spirituel
paralysant sur la vie chrétienne de ceux et celles qui sont mordus par le
serpent ancien. Elles permettent d’avoir les yeux ouverts sur une
connaissance qui va être un piège pour eux. Elles sont comme le venin
du serpent ancien. Elles contiennent des toxines et substances
ténébreuses puissantes, qui séduisent et aveuglent les enfants de Dieu ;
l’objectif étant de les exciter à accepter et à intégrer la sagesse du serpent,
au détriment de celle de Dieu.
Oui, prenons bien garde à tout ce que nous appelons christianisme, à
tout ce que nous appelons fruits spirituels ; et à tout ce que nous
proposons comme étant bon à manger comme nourriture biblique ; car
satan est capable lui aussi de nous ouvrir les yeux par une forme de
connaissance, mais pas pour notre bien : « Toutefois, de même que le
serpent séduisit Eve par sa ruse, je crains que vos pensées ne se
corrompent et ne se détournent de la simplicité à l'égard de Christ »
(2 Corinthiens 11 v. 3).
Pourquoi aujourd’hui beaucoup de familles chrétiennes, de mouvements
évangéliques, de dénominations chrétiennes, sont comme paralysés dans
leur croissance spirituelle ? Lisez Matthieu 24 v. 42 à 51, vous verrez que
la fidélité et la puissance de l’Église dépendait de l’attention continuelle
qu’elle donnait à cette vérité mystique du retour de Christ. Une personne
qui rencontre le Christ, le Fils du Dieu vivant et vrai, doit comprendre deux
choses importantes.
La première est de bien intégrer le fait qu’en se convertissant, elle intègre
un combat à mort contre le royaume de satan : la conversion biblique n’est
certainement pas une invitation à s’installer dans ce monde, et à profiter
des dons de Dieu pour vivre une vie heureuse.
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Et la deuxième ; c’est que le seul objectif de ce nouveau converti, sera
de rechercher une application vivante de la Parole de Dieu dans sa vie,
par le Saint-Esprit, afin d’être rendu semblable à Christ, pour le rencontrer
une deuxième fois lors de son avènement.
Dès le moment que cette personne se dit : « Mon Maître tarde à venir »
(Luc 12 v. 45), elle prend alors les choses en main et autorise son âme à
dominer tyranniquement. Elle redevient alors mondaine, mélangeant les
choses saintes et les choses profanes ; et s’appuiera sur sa propre
sagesse pour diriger sa vie. En plus, cette personne, comme Eve, donnera
de ce fruit à tous celles et ceux qui se trouvent autour d’elle : « vous serez
comme des dieux ». Cette même personne ne se prépare plus pour le
retour du Seigneur ; elle laisse le parfum de grand prix emprisonné dans
sa vie, et passe son temps et sa vie à embellir toujours plus le vase
d’albâtre : « Sa vie extérieure prend le pas sur sa vie intérieure ! »
En Matthieu 25 v. 1 à 13, l’attente du retour de Christ est la mesure
exacte, le thermomètre exact de la vie de l’Église. Comme le serviteur
devint infidèle au moment où il dit : « Mon maître tarde à venir », il en est
de même des dix vierges, puisqu’il est dit qu’elles s’endormirent toutes.
Toutes les vierges se trouvaient dans la même situation. Les sages
comme les folles, manquaient de l’huile du Saint-Esprit, s’endormirent
ensemble, oublièrent le retour immédiat de Christ.
Luc 12 v. 35 nous exhorte ainsi : « Que vos reins soient ceints et vos
lampes allumées… ». Ici, nous retrouvons la parabole du serviteur infidèle.
Seulement, le Sauveur ajoute que le serviteur « qui a connu la volonté de
son maître, et qui ne s’est pas préparé (voilà la chrétienté moderne) …
sera battu de plusieurs coups ; et celui qui ne l’a point connue (les païens)
… sera battu de peu de coups ».
Tous seront jugés, mais la chrétienté est dans un état infiniment pire que
celui des Juifs et des païens. La chrétienté moderne se croit riche de
la vie du Seigneur, et elle ne sait pas qu’elle a été paralysée par le
serpent. Regardons autour de nous, les chrétiens ne recherchent pas la
plénitude et le gouvernement de l’Esprit, on le constate en regardant leurs
choix de vie.
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Reconnaissons que la venue du Sauveur doit être l’attente vivante et
constante de la véritable Église, et des vainqueurs. Cette attente la
maintient dans un parfait détachement du monde, dans une véritable
crucifixion au monde ; dans une véritable crucifixion de sa vieille nature,
et dans un véritable renoncement à sa propre sagesse.
« Mais vous », dira Paul aux Éphésiens, « ce n'est pas ainsi que vous
avez appris Christ, si du moins vous l'avez entendu, et si, conformément
à la vérité qui est en Jésus, c'est en lui que vous avez été instruits à vous
dépouiller, eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt
par les convoitises trompeuses, à être renouvelés dans l'esprit de votre
intelligence, et à revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu dans une
justice et une sainteté que produit la vérité » (Éphésiens 4 v. 21 à 24).
Ce qui est terrestre doit mourir mes amis, sinon tout ce qui est céleste
en subira les conséquences. Dieu s’est révélé au monde par un ensemble
de livres que l’on appelle la Bible. Et cette Bible est un vase dans lequel il
a bien voulu cacher le parfum de son royaume. Mais lorsque l’homme lit
la Bible par sa propre sagesse, elle lui reste voilée, et il ne peut être enivré
par ce parfum de grand prix.
C’est quand la révélation de Jésus-Christ s’opère dans notre vie
que le grand dévoilement de la gloire de Dieu apparaît. Se dépouiller
de notre vieil homme, corrompu par ses convoitises de connaissances
humaines, est le fruit d’un chemin de mort. Notre vieil homme déchu nous
empêche d’accéder librement au parfum. Il doit donc être brisé, il doit
laisser la place à notre esprit qui, par les vertus de la résurrection de
Christ, pourra jouir de toutes les richesses du royaume.
Alors la question à se poser est celle-ci : « Sommes-nous devenus des
« adorateurs du vase ou de ce qu’il contient » ; sommes-nous des
adorateurs au service de la créature, des choses extérieures, au lieu du
Créateur ? Le grand et beau vase d’albâtre de la chrétienté moderne, a-t-
il la puissance transformatrice de la créature en profondeur ? Exprime-t-il
vraiment les réalités spirituelles, vivantes et libératrices de la victoire de la
croix du Christ ? »
« Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorent, l’adorent en esprit et
en vérité » (Jean 4 v. 24). Voilà le fondement de la réalité spirituelle ; c’est
ici la vérité pour connaître la volonté et la nature de Dieu.
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La séparation de l'âme et de l'esprit est de la plus haute importance pour
la croissance spirituelle d'un chrétien ; en effet, comment pourrait-il aspirer
aux choses spirituelles et croître par elles s'il n'était pas capable de
distinguer l'âme de l'esprit ? Aussi longtemps qu'il ne sait pas différencier
l'âme de l'esprit, il continuera à prendre inévitablement le charnel pour le
spirituel. Il restera donc dans la sphère de son âme et ne sera pas capable
d'atteindre les choses spirituelles.
Que le Seigneur nous accorde sa grâce pour que nous recevions cette
lumière intérieure afin que nous puissions voir et discerner intérieurement
la réalité des choses. La condition de base pour qu'un chrétien devienne
capable de discerner ce qu'est l’âme et l’esprit, c’est que les deux soient
séparés.
On ne parvient pas à cette séparation, ni à aucune aptitude à discerner,
par la connaissance de la Parole seulement, mais toujours accompagnée
par un éclairage intérieur de la lumière de Dieu (nous y reviendrons).
« Notre prière, c'est que la Parole de Dieu pénètre tellement en nous,
qu'elle brille en nous et nous montre clairement ce qui, dans nos œuvres
et dans notre vie, vient de notre âme et ce qui vient de lui ».
La vérité qui libère ne se trouve pas uniquement dans l’étude de la
Parole, mais par la lumière du Saint-Esprit qui vient éclairer et donner la
vie à cette Parole. C’est l’Esprit de Dieu qui rend témoignage à notre esprit
(Romains 8 v. 16), qui le vivifie et le transcende. Seul ce qui provient de
l’Esprit est la réalité spirituelle ; c’est lui qui rend les choses possibles ;
c’est lui qui glorifie le Christ, pas nous :
« Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans
toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il
aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera,
parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera. Tout ce que
le Père a est à moi ; c'est pourquoi j'ai dit qu'il prend de ce qui est à moi,
et qu'il vous l'annoncera » (Jean 16 v. 13 à 15).
Vous avez noté ? L’Esprit ne parle pas de lui-même ; alors pourquoi
les enfants de Dieu le font-ils si régulièrement ? Parlant de leur propre
interprétation de l’Évangile ; de leur propre compréhension de la sagesse
de Dieu ; de leur propre déduction intellectuelle des mystères du royaume.
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Non, l’Esprit prend de Dieu, et nous le donne ; n’oubliez jamais frères et
sœurs, que la vraie connaissance est le fruit de la grâce de Dieu, et non
pas de nos propres efforts. Toutes les réalités vivantes de Dieu doivent
être éclairées par la lumière du Saint-Esprit ; lui seul est mandaté pour
cela.
Tout ce qui provient seulement de nos qualités humaines n’est
assurément pas la vérité spirituelle
• Je parle de ce que nous entendons et que nous répétons dans des
messages, sans en avoir reçu la révélation de Dieu.
• Je parle d’expériences mystiques émotionnelles et sentimentales,
que l’on attribue à Dieu ; avec les effets désastreux qu'elles peuvent
avoir sur la santé mentale, sur nos relations et notre témoignage.
• Je parle de cette sagesse humaine sur laquelle repose l’Église en
grande partie aujourd’hui, et qui n’est plus le fondement des apôtres
et des prophètes, Christ seul.
• Je parle aussi de cette excitation de l’âme que l’on retrouve
beaucoup dans nos cultes aujourd’hui ; excitation humaine et
charnelle, musicale, qui crée une ambiance festive d’apparence
spirituelle, mais qui ne contient plus la gloire de Dieu.
Ces choses ne sont pas représentatives du véritable Évangile du Christ.
Lorsque nous nous permettons de ne plus rechercher la lumière, de ne
plus dépendre de l’Esprit pour nous éclairer le chemin à suivre, la vérité
se transforme en lettre morte, se transforme en quelque chose de
terrestre, à l’image du veau d’or d’Exode 32. Il ne se trouve pas là
l’Esprit de la nouvelle alliance, ce n’est pas vrai. Avez-vous noté d’où
est venu l’idée du veau d’or ? « Le peuple, voyant que Moïse tardait à
descendre de la montagne » (Exode 32 v. 1).
« Or, si le ministère de la mort, gravé avec des lettres sur des pierres, a
été glorieux.../... combien le ministère de l'Esprit ne sera-t-il pas plus
glorieux ! Ayant donc cette espérance, nous usons d'une grande liberté,
et nous ne faisons pas comme Moïse, qui mettait un voile sur son visage,
pour que les fils d'Israël ne fixassent pas les regards sur la fin de ce qui
était passager. Mais ils sont devenus durs d'entendement. Car jusqu'à ce
jour le même voile demeure quand, ils font la lecture de l'Ancien
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Testament, et il ne se lève pas, parce que c'est en Christ qu'il disparaît.
Jusqu'à ce jour, quand on lit Moïse, un voile est jeté sur leurs cœurs ; mais
lorsque les cœurs se convertissent au Seigneur, le voile est ôté. Or, le
Seigneur c'est l'Esprit ; et là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté.
Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la
gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de
gloire en gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit » (2 Corinthiens
3 v. 7 à 18).
La vraie liberté n’est pas d’utiliser notre sagesse humaine pour décrypter
les Écritures et pratiquer une religion sans véritable vie ; car alors ce
même voile est jeté sur nos cœurs, et la gloire de Dieu nous sera aussi
cachée. Cela aura pour conséquence de rendre la lettre morte, de
dessécher notre vie spirituelle, et de dessécher la vie des autres. La vraie
liberté vient de l’Esprit de Dieu, qui nous enlève ce voile, afin que nous
puissions contempler la gloire du Seigneur à travers sa Parole. Et c’est là
que nous sommes transformés en la même image du Christ, de gloire en
gloire.
Je suis effaré de voir avec quelle facilité, nous faisons confiance à notre
sagesse pour gérer les choses de Dieu, même lorsqu’elle est empreinte
de « disputes » (je dis cela, car j’ai fait partie de conseil d’administration
d’Église – et l’on m’a rapporté ce qui arrive souvent en pastorale).
Jacques chapitre 3 nous exhorte à vraiment prendre garde lorsque nous
discernons un esprit de dispute et de séparation chez les chrétiens.
Jacques nous démontre que cela provient d’une sagesse qui n’est pas
celle d’en haut, mais qui est terrestre, charnelle, diabolique : « Car là où il
y a un zèle amer et un esprit de dispute, il y a du désordre et toutes sortes
de mauvaises actions » (Jacques 3 v. 14 à 16).
Paul avait appris qu’il y avait des divisions et des disputes au milieu des
Corinthiens, comme si Christ était divisé (1 Corinthiens premier chapitre).
Et il va aller jusqu’à leur dire que c’est pour cette raison qu’ils étaient entre
autres, des chrétiens charnels, des enfants immatures en Christ.
Oui, je suis effaré de voir nos milieux chrétiens, nos familles chrétiennes,
nos couples chrétiens, nos conseils d’administration, accepter avec tant
d’aisance cette sagesse humaine empreinte de disputes, de divorces, de
divisions, de mésentente : « ...parce que vous êtes encore charnels.
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En effet, puisqu'il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n'êtes-
vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l'homme ? Quand l'un
dit : Moi, je suis de Paul ! et un autre : Moi, d'Apollos ! n'êtes-vous pas des
hommes ? » (1 Corinthiens 3 v. 3). Non, il ne se trouve pas ici le
véritable Évangile de Christ…
Seul ce qui se trouve dans le Saint-Esprit est réel aux yeux de Dieu, seul
cela est la réalité et digne de confiance : « La sagesse d'en haut est
premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de
miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d'hypocrisie »
(Jacques 3 v. 17).
Et lorsque Dieu peut séparer en nous âme et esprit (Hébreux 4 v. 12),
nous touchons alors la réalité de l’Esprit, nous touchons et expérimentons
le courant de la vie. C’est cette vie céleste qui nous transforme en
profondeur, qui nous fait entrer dans la nature même de Dieu. Elle est là
la « Manne céleste » pour nous aujourd’hui, qui est vraiment une
nourriture pour notre être spirituel, et dont les vertus se manifestent et se
propagent dans tout notre être pour vitaminer notre « homme nouveau ».
C’est selon ce protocole de Dieu que nous passons d’un état de bébé en
Christ, à celui d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ.
La vie de Dieu, la réalité, la vérité, sont une seule et même personne. Si
nous aspirons à la libération par la lumière de la vérité, il nous faut marcher
par notre esprit, dans lequel réside l’Esprit de Dieu. Et Paul va même
jusqu’à dire : « Dieu, que je sers en mon esprit dans l’Évangile de son
Fils » (Romains 1 v. 9).
Si les Philistins purent s’emparer de Samson et lui crever les yeux, c’est
parce que sa force s’en était allée : « l’Éternel s’était retiré de lui » (Juges
16 v. 20). Pourquoi en était-il ainsi ? Parce qu’il avait perdu l’un des
caractères du naziréat : la consécration à Dieu sans réserve.
Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets : si nous ne
sommes plus des « séparés », la lumière de l’esprit de l’antichrist nous
rendra sans force spirituelle, sans discernement, séduit par toutes les
« rayonnantes Dalila » du monde moderne. L’Église est née
« naziréenne », mais aujourd'hui elle s'est fait voler sa puissance parce
que l’ennemi lui a coupé sa chevelure de l’alliance ; l’ennemi lui a fait
négliger sa circoncision du cœur.
Édition - Association Bible et Foi Page 15
« Nous avons lié le Saint-Esprit avec nos organisations, nos systèmes et
nos traditions religieuses. Les Philistins sont sur nous, chrétiens de
France, ne le voyez-vous pas ? Les yeux de notre cœur sont-ils crevés
à ce point ? Sommes-nous des vainqueurs ou des dominés, condamnés
à tourner la meule de la tiédeur ? »
Notre âme doit être séparée de notre esprit, notre sagesse personnelle
doit mourir avec notre vieille nature ; si nous la laissons aux commandes
nous nous tromperons nous-mêmes, et comme Eve, nous tromperons les
autres autour de nous. Nous vivrons notre vie chrétienne uniquement dans
les choses extérieures et superficielles.
Si un chrétien est spirituellement aveugle, il lui sera impossible de trouver
son chemin. Le discernement spirituel ne peut venir qu’après avoir été
touché par la vérité de la lumière du Saint-Esprit. C’est la lumière de Dieu
qui remplace les ténèbres de l’ignorance spirituelle. Nous devons
apprendre à porter notre croix, à renoncer à notre propre sagesse, à nos
œuvres pieuses, et à vivre dans l’Esprit. Autrement, nous pourrons
accomplir beaucoup de bonnes œuvres, nous pourrons annoncer aux
autres de bonnes doctrines, mais nous n’apporterons jamais la vie qui fait
entrer le monde dans l’enseignement vivant du Christ.
Vivre par l’Esprit signifie que nous ne vivons plus par nos propres forces,
ni par notre propre sagesse, ni par notre propre volonté. Cela signifie que
plus rien de notre vieille nature adamique n’interfère dans l’œuvre du
Seigneur, dans les choses extérieures et intérieures de nos vies. Seul ce
qui provient de l’Esprit de Dieu en nous est réel, vivant et vrai.
« Venez, retournons à l’Éternel ! Car il a déchiré, mais il nous guérira ; il
a frappé, mais il bandera nos plaies.../... il nous relèvera, et nous vivrons
devant lui. Connaissons, cherchons à connaître l’Éternel ; sa venue est
aussi certaine que celle de l'aurore. Il viendra pour nous comme la pluie,
comme la pluie du printemps qui arrose la terre » (Osée 6 v. 1 à 3).
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Chapitre deux
Nous avons besoin de lumière
Si nous désirons connaître Dieu, nous devons bien saisir la relation entre
ces trois vérités : la lumière, la vie, la Parole ! Quand le soleil vient à
manquer, le moral n'est plus « au beau fixe » et le corps paraît dévitalisé.
Avez-vous remarqué que dans l’obscurité absolue, nous, les humains,
nous ne pouvons pas voir.
Mais la lumière n’est pas seulement importante pour nous pour cette
raison. Notre horloge biologique est également dépendante de la lumière.
Les plantes, elles, utilisent la lumière comme seule source d’énergie grâce
à la photosynthèse. Une plante privée de lumière va s’allonger et devenir
très pâle, et faute d’énergie, elle finira par mourir.
Ce n’est pas parce que ma vie est à Christ, que les yeux de mon cœur
n’ont plus besoin de s’ouvrir à sa lumière. Il reste forcément des zones de
ténèbres en nous, qui nous empêchent de croître dans la connaissance
de Dieu. Quand je parle de ténèbres, ce ne sont pas forcément des choses
d’origine diabolique, mais c’est surtout le manque de connaissance des
réalités spirituelles de Dieu, des vérités du royaume qui nous sont encore
cachées. Et cet aveuglement représente un voile sur nos vies, qui
nous maintient bien souvent dans une piété formaliste.
Un des besoins essentiels de notre vie spirituelle, c’est d’être
régulièrement éclairé par la lumière de Dieu. Sans elle, nous ne pouvons
pas voir les réalités spirituelles, et si nous ne les voyons pas, nous ne les
vivons pas. Du début à la fin des Écritures, nous voyons que la vie est
intimement liée à la lumière, et que la lumière est attachée à la Parole de
Dieu. Si nous désirons connaître la gloire de Dieu, nous devons donc bien
saisir la relation entre ces trois vérités.
Toute la Bible nous révèle clairement que l’homme est l’enjeu du conflit
entre le royaume des ténèbres et celui de la lumière, entre la vie et la mort.
Le monde sans Christ s’imagine être libre parce qu’il s’est émancipé de
Dieu et de sa Parole ; il ne se rend pas compte qu’il a donné les pleins
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pouvoirs aux ténèbres, en termes de désolation, de destruction, et de
corruption de l’humanité. Mais d’une manière similaire, nous pouvons dire
aussi qu’une grande partie du monde chrétien s’imagine être à l’abri des
influences ténébreuses, parce qu’il a expérimenté le salut.
Je voudrais m’arrêter sur ce point en vous partageant ma conviction
personnelle : le monde incroyant et le monde chrétien ont tous les
deux un besoin criant ; celui d’être illuminés par la lumière de Dieu,
et ils n’en ont pas conscience ni l’un ni l’autre.
Ce ne sont pas les efforts humains qui vont faire que les familles
chrétiennes vont briller par l’Évangile, dans l’obéissance et la sainteté :
c’est Christ seul, le Christ vivant, le puissant vainqueur, qui, par la
puissance de sa vie de résurrection, a fait de nous une nouvelle création.
Lui seul est capable de faire de nous un « phare » pour les nations. Il
nous faut recevoir la vision de Dieu pour le contempler tel qu’il est dans
les cieux. Pour cela, il n’y a qu’un seul médicament, un seul chemin, un
seul collyre, sa lumière : « Car auprès de toi est la source de la vie ; par
ta lumière nous voyons la lumière » (Psaume 36 v. 9). La relation entre la
source de la vie à laquelle nous aspirons, c'est-à-dire la plénitude de
Christ, et le moyen utilisé par Dieu pour nous y faire entrer, est établi ici.
C’est sa lumière, sa propre personne, sa propre nature qu’il nous donne,
car : « Dieu est lumière, et qu'il n'y a point en lui de ténèbres » (1 Jean 1
v. 5).
« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la
Parole était Dieu... En elle était la vie, et la vie était la lumière des
hommes » (Jean 1 v. 1 à 4), voilà ce qui doit faire autorité dans l’Église du
Seigneur.
Au commencement de chaque vie chrétienne, de chaque famille
chrétienne, de chaque communauté chrétienne, de chaque œuvre, de
chaque décision, il faut le règne de la Parole, de la vie, et de la lumière.
Une pensée m’a interpellé en lisant le début de la Genèse. Il est écrit dans
les chapitres 1 et 2 qu’avant toute création, Dieu avait commandé que la
lumière soit. Lorsque la lumière s’installa, elle commença à dispenser la
vie. Nous avons là un type de la croix.
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C’est seulement après, au troisième jour, que la vie végétale apparue.
Vous comprenez ? La vie provient de la lumière, et la lumière provient de
la parole prononcée (c'est-à-dire la révélation).
Ensuite, entre le quatrième jour et le sixième jour, Dieu créa le soleil, la
lune et les étoiles, et une vie plus forte apparue ; les oiseaux, les poissons,
le bétail et toutes sortes d’animaux, mais aussi la vie de l’homme faite à
l’image de Dieu. Enfin, le septième jour, Dieu, qui était représenté par
l’arbre de vie, apparut. Dieu qui est la lumière la plus élevée a produit la
vie la plus élevée qui est la vie divine.
L’apparition des différentes sortes de vie les unes après les autres,
montre que la vie suit toujours la lumière. Cela symbolise que la vie dont
nous avons besoin commence avec la lumière, et qu’elle devient plus
élevée au fur et à mesure que la lumière devient plus forte dans nos vies.
C’est ainsi que Christ est « formé » en nous. Plus Dieu pourra prononcer
sa Parole sur notre vie, plus la lumière engendrera la vie, et plus le
royaume de Dieu s’élargira en nous.
C’est comme si j’entendais le Seigneur nous dire : « Veux-tu plus de
moi ? Cherches-tu les choses d’en haut ? Aspires-tu à la perfection ? Es-
tu résolu dans ton cœur à t’approprier le maximum de ce que Dieu t’offre
en Jésus-Christ ? Alors sache que tous tes talents personnels, toutes tes
œuvres, toutes tes prières, tous tes jeûnes ne suffiront pas. Il te faut ma
grâce. Ce n’est que le cœur « crucifié au monde et à lui-même », assoiffé
du Dieu vivant, qui pourra saisir la valeur pratique de ma lumière ! »
Avez-vous remarqué que l’homme a été créé à l’image de Dieu après
que la lumière ait accompli son œuvre ? Nous qui cherchons à être édifiés
selon la véritable image de Dieu, cherchons la lumière, aspirons à être
éclairés par le soleil de justice. Alors, nous mourrons à nous-mêmes et à
toutes nos ténèbres, et nous obtiendrons certainement par sa grâce, dans
tout notre être, la révélation de la véritable image de Dieu : « Nous
obtiendrons le caractère de l’Agneau ! »
Un temps donné, dans le monde religieux du judaïsme « informe et vide
», destiné pourtant à être lumière pour les nations, « Dieu dit : Que la
lumière soit ! Et la lumière fut » (Genèse 1 v. 3). Ainsi naquit Jésus-Christ
sur la terre, Dieu devenant chair pour séparer lumière et ténèbres afin de
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donner la vie en Israël. Il a dit : « Je suis la lumière du monde, celui qui
me suit aura la lumière de la vie » (Jean 8 v. 12).
« Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut » (Genèse 1 v. 3).
Ainsi apparut l’apôtre Paul, de Saul de Tarse ; ainsi apparut Abraham
d’Abram ; ainsi apparut Israël de Jacob ; ainsi apparut Pierre de Simon fils
de Jonas et tant d’autres…
Ainsi apparut notre propre existence : « Dieu vit que la lumière était
bonne ; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres » (Genèse 1 v. 4).
La lumière détruisit l’ancienne création chez chacun d’entre nous, et
engendra une nouvelle. Notre destinée est de retrouver le chemin de
l’Éden, pour nous nourrir tout à nouveau de la « manne céleste », je veux
parler du fruit « de l’arbre de vie ». Même en tant que serviteur et disciple
engagé, la lumière a toujours quelque chose à dévoiler concernant le
« Saul de Tarse » qui se cache en nous.
La lumière est en nous, nous devons désirer être éclairés, nous ouvrir au
Seigneur, avoir confiance en lui : « …car il faut que celui qui s'approche
de Dieu croie que Dieu existe, et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le
cherchent » (Hébreux 11 v. 6). Mais par-dessus tout, nous devons
accepter de devenir ce grain de blé brisé qui laisse échapper la semence
de vie qui est en lui. La nature elle-même nous le démontre ; ces grands
arbres, ces belles fleurs et ces vertes prairies, que font-ils pour s’assurer
la lumière du soleil ? Ils ne font rien, ils se contentent de jouir des rayons
qui les éclairent ; mais un jour une graine, un gland, a dû mourir pour entrer
dans la vie et croître à la lumière.
Le soleil est à plus de cent millions de kilomètres de notre terre, mais
malgré cette grande distance, il nous réjouit de sa lumière. Répétez-vous
avec une humble assurance que « Dieu est lumière, et il n’y a point en lui
de ténèbres » (1 jean 1 v. 5), lumière infiniment plus éclatante que celle
du soleil. « Dieu est lumière », et nous sommes des enfants de la lumière,
consacrés à jouir de sa lumière et à luire dans ce monde de ténèbres.
Pour que les mots comme réalité, vérité, révélation, lumière, prennent
tout leur sens et ne soient pas de simples termes bibliques
supplémentaires sans vie, il nous faut comprendre et accepter que sans
la lumière du Saint-Esprit, il est inutile d’espérer grandir dans la
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connaissance du Seigneur Jésus-Christ et dans l’héritage de ses
promesses.
Nous parlions d’un voile tout à l’heure, eh bien, c'est quand ce voile est
ôté de nos cœurs par la lumière de l’Esprit, que nous sortons alors de tous
nos tombeaux ténébreux, qui nous empêchaient de voir et de jouir de la
lumière, qui nous empêchaient de nous abreuver sans retenue à la source
de la Vie : « Ils se rassasient de l'abondance de ta maison, et tu les
abreuves au torrent de tes délices. Car auprès de toi est la source de la
vie ; par ta lumière nous voyons la lumière. Étends ta bonté sur ceux qui
te connaissent, et ta justice sur ceux dont le cœur est droit ! » (Psaume
36 v. 8 à 10)
Comment expérimenter la lumière libératrice ? Par la lumière de Dieu.
Notre cœur est souvent informe et vide, il y a souvent des ténèbres et de
la confusion à sa surface, qui nous empêchent de grandir dans la grâce.
Lorsque Dieu voit ces ténèbres, son désir le plus ardent est de nous en
libérer.
Alors, il va procéder de la même manière qu’à la création. Il va proclamer
sur nous, sa Parole créatrice de vie. Dieu dira : « Que la lumière soit ! Et
la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne » (Genèse 1 v. 3 et 4).
Pourquoi la lumière fut ? Parce que l’Esprit, qui se mouvait au-dessus des
eaux, prit cette Parole et l’a exécutée pour Dieu. Il a fait en sorte que la
Parole du Créateur s’accomplisse. Et c’est de cette manière que la lumière
remplacera toujours les ténèbres de nos vies : « Car Dieu, qui a dit : La
lumière brillera du sein des ténèbres ! a fait briller la lumière dans nos
cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la
face de Christ » (2 Corinthiens 4 v. 6).
C’est pour cette raison que nous devrions passer notre temps à chercher
dans la prière à être éclairés par la lumière de Dieu ; non pas dans une
accumulation de doctrine. Nous n’avons pas à nous habituer à nos
ténèbres, et même si nos œuvres sont mauvaises, l’amour de la vérité
nous pousse à la lumière. Seule sa lumière a le pouvoir de nous libérer de
tout ce qui vient des ténèbres, du péché, de la maladie, de notre vieille
nature, de la mort, de notre caractère, de satan.
Les ténèbres ne régneront pas toujours dans nos vies ; notre Dieu est le
seul qui révèle avec justesse ce qui est profond et caché : « Il connaît ce
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qui est dans les ténèbres, et la lumière demeure avec lui » (Daniel 2
v. 22).
Jean 16 v. 13 et 14 nous dit : « Quand le consolateur sera venu, l'Esprit
de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-
même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les
choses à venir. Il me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et
vous l'annoncera » (Jean 16 v. 13 et 14).
Écoutez-bien, il y a ici deux choses importantes ! Ces deux versets nous
disent que le Saint-Esprit nous guidera dans toute la vérité en nous
annonçant ce qui est à Jésus. Il nous conduit dans quelque chose en nous
instruisant. La révélation du Saint-Esprit nous instruit dans les choses de
Dieu.
Deuxièmement, la révélation du Saint-Esprit nous conduit, c’est-à-dire,
nous discipline à travers tout notre environnement de vie. Voilà pourquoi
nous devons mourir à nos désirs de toujours vouloir comprendre les
choses de Dieu par nous-mêmes, et de les expliquer par la raison. Nous
devons laisser la place à celui qui est désigné pour ce travail.
La Bible nous dit encore « La révélation de tes paroles éclaire, elle donne
de l'intelligence aux simples » (Psaume 119 v. 130). Encore une fois, il
n’est pas question d’être éclairé par notre sagesse personnelle.
L’intelligence des Écritures ne s’obtient que par la lumière, par la
révélation du Saint-Esprit, et non pas à la sueur de nos efforts.
C’est la base de toute évolution spirituelle, la révélation de l’Esprit est la
fondation sur laquelle Dieu bâtit son Église. C’est le but de l’œuvre du
Saint-Esprit ; nous conduire dans ce qui est réel, dans toute la vérité, afin
que nous puissions voir avec les yeux de notre cœur ce que nous sommes
vraiment en Christ. C’est par grâce que nous sommes sauvés, c’est par
grâce que nous grandirons dans la connaissance de Jésus-Christ. Par le
moyen de la foi, dans sa lumière !
« Envoie ta lumière et ta fidélité ! Qu'elles me guident, qu'elles me
conduisent à ta montagne sainte et à tes demeures ! » (Psaume 43 v. 3).
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Chapitre trois
Chercher la volonté de Dieu
L’expérimentation de la lumière se fait lorsque nous délaissons notre
propre volonté, pour rechercher résolument celle de Dieu : « Le Seigneur
lui répondit : Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de
choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui
ne lui sera point ôtée » (Luc 10 v. 41 et 42).
Nous sacrifions souvent la seule chose qui soit chère aux yeux de Dieu
au profit de beaucoup d'autres choses. On peut voir quelque chose de
plus profond chez Marie, assise aux pieds de Jésus, que chez Marthe qui
travaille beaucoup pour le Seigneur. Encore une Parole intemporelle !
Nous sommes, nous aussi, tellement absorbés et préoccupés par
beaucoup d’activités pour Dieu ou pour le monde, le service, le
témoignage, la prédication, l'écriture, le chant, les réunions, la lecture, les
études, l'implantation d’Églises, vie professionnelle. La vie de résurrection
que nous possédons a une exigence fondamentale : que nous marchions
selon la volonté de Dieu.
Plus nous obéissons à la volonté de Dieu, plus nous renions notre propre
volonté, et plus notre voie sera droite et lumière devant Dieu. Si nous
marchons selon notre propre volonté comme nous le faisions autrefois,
mais cette fois-ci dans les choses de Dieu, il y aura des ténèbres à la
surface de notre cœur ; nous souffrirons d’un manque de communion
profonde avec Dieu. Nous devons apprendre à accepter et à nous
soumettre à la volonté de Dieu, et à y obéir.
« Voici, je viens pour faire ta volonté » (Hébreux 10 v. 9). Accomplir la
volonté de Dieu, voilà normalement la destinée des enfants de Dieu. C’est
ce qui a constitué la valeur du sacrifice de Christ ; c’est ce qui a donné
l’efficacité à son sang ; le voilà le chemin qui mène à Dieu, chemin que
Christ nous a ouvert. Ce chemin d’obéissance nous a été ouvert pour que
nous le suivions nous aussi, afin d’entrer dans le lieu très saint.
Édition - Association Bible et Foi Page 23
Celles et ceux qui désirent s’approcher de Dieu ont connu et accepté sa
seule volonté. La grande bénédiction que Jésus-Christ nous donne en se
donnant lui-même à nous, c’est un cœur qui vit pour connaître la
volonté de Dieu, pas pour l’interpréter. Nous ne bénéficions pleinement
de la mort de Christ contre la puissance du péché, qu’en mourant avec lui
au péché.
Christ s’est « humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort,
même jusqu'à la mort de la croix. C'est pourquoi aussi Dieu l'a
souverainement élevé » (Philippiens 2 v. 8). Dieu nous rappelle que c’est
lui le Créateur de toutes choses ; et qu’il ne peut y avoir ni vie, ni victoire,
ni croissance, ni véritable bénédiction, en dehors d’une obéissance
joyeuse de sa volonté. Toute la souffrance et la misère du monde
proviennent de ce que l’homme s’est détourné de la volonté de Dieu, pour
faire la sienne.
Christ a renoncé à sa propre volonté, se consacrant pleinement à la
volonté de son père. Tel est le chemin qu’il nous a ouvert en lui. N’oubliez
jamais, cher lecteur, que nous ne pourrons arriver à Dieu qu’en passant
par là où il veut. Pour se repentir, il suffit d’accepter que Christ soit mort
pour nous ; nous sommes alors pardonnés et justifiés. Mais pour
progresser et ressembler à Christ, il faut que son obéissance devienne
notre obéissance ; que notre substitut devienne notre guide, notre frère,
notre sacrificateur, qui nous amène tout près de Dieu en nous apprenant
à rechercher et à faire sa volonté.
Jésus dit simplement qu'une seule chose est nécessaire, que Marie l'a
découverte et qu'elle ne lui sera pas enlevée.
Quelle est cette seule chose ?
« Nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant
dessein qu'Il avait formé en lui-même, pour le mettre à exécution lorsque
les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui
sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. En lui nous sommes
aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de
celui qui opère toutes choses d'après le conseil de sa volonté »
(Éphésiens 1 v. 9 à 11).
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Ce texte nous confirme que Dieu a une volonté établie, à laquelle il ne
dérogera jamais ; et que cette volonté doit nous être révélée pour que
nous puissions la vivre par sa grâce. Oui, Dieu a une volonté, un dessein,
une raison, un but vers lequel il se dirige et vers lequel il veut nous
entraîner.
Dieu ne nous conduit pas sans but, vers tout en général et vers rien en
particulier ; comme Marthe, qui pensait qu’il lui suffisait de s’engager dans
un service pour le Seigneur pour lui être agréable, et pour être dans sa
volonté. C’est pour cette raison que Dieu veut que nous connaissions sa
volonté, que nous puissions y entrer et travailler en harmonie avec lui, en
coopérant. Pourquoi ne se contente-t-il pas de faire ce qu'il veut à notre
insu ? Pourquoi prend-il soin de vouloir nous le révéler ? Parce que nous
faisons partie intégrante de cette merveilleuse volonté.
Beaucoup d’enfants de Dieu n’ont pas encore de réponse aux questions
suivantes : qui suis-je en tant que chrétien, d'où je viens, pourquoi suis-je
chrétien, à quoi je sers, et où vais-je en tant que chrétien ? Ces questions
ne trouvent leurs réponses que lorsque nous les considérons à la lumière
du but ultime de Dieu : « Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec
vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe » (Jean 14 v. 9). C’est une parole
prophétique tellement bien adaptée à de nombreuses vies chrétiennes
aujourd’hui.
Il y a si longtemps que nous sommes avec le Seigneur et nous l’avons si
peu connu. Il y a si longtemps que nous le servons, que nous le prions,
que nous l’adorons… Et nous avons si peu connu ses pensées, sa
volonté, son renoncement, sa puissance, son plan ; nous avons si peu
connu son œuvre à la croix.
Il y a bien une raison pour laquelle le salut entre dans un cœur, ce n’est
pas seulement pour vivre une vie faible de racheté, qui se contente de
témoigner au monde quand l’occasion se présente et d’attendre la mort.
Non, la raison profonde de notre salut est bien plus grande que cela, elle
englobe tout. Et le plus merveilleux, c’est que cette raison nous inclut dans
l’accomplissement de la volonté du Créateur.
Alors quel est le fondement de la volonté de Dieu ? Eh bien « de réunir
toutes choses en Christ ». Dieu n'a qu'une exigence, une seule chose qu'il
accomplira promptement.
Édition - Association Bible et Foi Page 25
Et quand nous avons vu cela avec les yeux de notre cœur, nous
comprenons que tout le reste est secondaire par rapport à ce seul objectif.
La volonté ultime de Dieu est de réunir toutes choses en Christ, pour
que Christ soit tout et en tous.
Lorsque nous évoquons la volonté de Dieu, nous parlons de son dessein
éternel, de son plan de réunir toutes choses en Christ, et de placer toutes
choses sous ses pieds. Et ce dessein commence par nos propres vies. Le
Saint-Esprit va œuvrer en nous afin que Christ soit tout en nous, afin que
tout ce qui est ennemi de Dieu en nous devienne son marchepied (Actes
2 v. 35). Nous parlons ici d’une volonté de Dieu qui surpasse notre
ministère, nos études, ou nos affaires, comme Marthe ; qui touche à la
volonté ultime de Dieu pour toutes les générations, tous les peuples,
toutes les nations, toute la création.
Nous comprenons maintenant pourquoi il nous est dit que Marie a choisi
« la bonne part », la seule chose que Dieu désire depuis qu’il nous a visités
par son salut, c’est que nous prenions place à ses pieds pour toujours. La
nourriture, les distractions, les soucis de la vie, les amitiés, nos activités
chronophages, tout est oublié.
Notre seule raison d'être aujourd’hui est de laver ses pieds, de les oindre
de nos larmes d’adoration, et de rester là, à ses pieds, pour recevoir la
révélation de tout ce qu’il voudra bien nous partager : « Servez l’Éternel
avec crainte, et réjouissez-vous avec tremblement. Embrassez le Fils »
(Psaumes 2 v. 11 et 12).
Il ne s'agit pas ici d'un baiser de salutation sur la joue, mais d’embrasser
les pieds comme un signe de soumission à celui que Dieu a choisi pour
être l'héritier de toutes choses. Embrasser les pieds du Fils et être assis à
ses pieds, c'est mourir à nous-même, prendre notre croix, et accepter tout
ce que le Père a investi dans son Fils, en reconnaissant que toutes choses
ont été placées sous ses pieds, en commençant par nous.
Alors, au-delà du fait que le Seigneur Jésus-Christ soit notre Sauveur, la
question qui se pose est celle-ci : « est-il notre chef ? Est-ce que nous
cherchons vraiment et premièrement le royaume de Dieu et sa justice, sa
volonté ? Avons-nous reconnu notre immense besoin d’avoir nos yeux
oints de la lumière d’en haut ? »
Édition - Association Bible et Foi Page 26
Chapitre quatre
Un esprit de sagesse et de révélation
Une caractéristique des derniers jours est que les gens iront ici et là et que
la connaissance augmentera (Daniel 12 v. 4). Ils ne cesseront
d'apprendre, mais malgré cette abondance de connaissances, ils
n'arriveront jamais à entrer dans l'expérience de la vérité et resteront des
enfants en Christ : « apprenant toujours et ne pouvant jamais arriver à la
connaissance de la vérité » (2 Timothée 3 v. 7).
Dans cet âge de l'information qui est le nôtre, l'accumulation de
connaissances est fortement recherchée et estimée, même dans les
choses de Dieu ; pourtant, il est possible de connaître toutes les bonnes
réponses sans jamais parvenir à une connaissance expérimentale de la
vérité. Les chrétiens connaissent aujourd’hui de plus en plus la vérité
doctrinale, mais ne connaissent pas dans leur expérience de vie, la
libération intérieure par la vérité de la Parole.
Dans notre quête de croissance spirituelle, notre intention ne doit en
aucun cas être seulement d’apprendre des faits sur Dieu dans la Bible ;
de glaner des bribes d'informations par tel prédicateur ou tel professeur ;
de remplir nos cerveaux de doctrines et d'accumuler dans nos
bibliothèques de plus en plus de livres et de magazines spirituels. Nous
nous tromperons nous-mêmes, en pensant que nous connaissons et que
nous comprenons des vérités sur Dieu, mais cela sera sans expérimenter
la vérité qu’elles renferment.
Cette façon de vivre notre vie chrétienne ne nous libère pas, mais fait de
nous des esclaves de notre vieille nature adamique. La véritable
croissance spirituelle et une plus grande connaissance de Jésus-Christ
sont caractérisées par la grâce et non par les œuvres. Et je me permets
de vous affirmer que cette connaissance vivante de Jésus-Christ ne peut
pas être obtenue par l'étude seulement, ou par le jeûne et la prière
seulement, elle ne peut nous être accordée que par la révélation.
Édition - Association Bible et Foi Page 27
« Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples,
vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres » (Jean 8 v. 31
et 32). C’est par la révélation de l’Esprit que nous recevons la vérité, c’est
alors que nous pouvons demeurer dans la Parole, pas en la lisant
seulement. La vie contenue dans la Parole doit pouvoir nous vivifier et
nous transformer de l’intérieur.
Alors que voulons-nous dire par révélation ? Les gens utilisent le mot
« révélation » de façon assez vague et souvent de manière charnelle,
estampillant de ce terme chaque nouvelle activité ou pensée qui leur vient
à l'esprit, chaque impression, sentiment, enseignement, vision, voix ou
rêve. C'est non seulement dangereux, mais en plus non biblique.
Non, Jésus-Christ est la seule chose que Dieu nous révèle, pourquoi ?
Parce que « En lui (le Christ) sont cachés tous les trésors de la sagesse
et de la connaissance » (Colossiens 2 v. 3). Dieu ne nous révélera rien
indépendamment de la révélation de Jésus-Christ. Posséder le Fils c'est
posséder tout ce qui appartient au Fils, parce que les Écritures déclarent :
« Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous
tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? »
(Romains 8 v. 32).
« Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité »
(Colossiens 2 v. 9). Jésus-Christ est LE mystère qui a été caché de
tout temps et dans tous les âges, mais qui est maintenant révélé aux
saints (Colossiens 1 v. 26 et 27). L'Ancien Testament proclame le mystère
et prépare la voie pour la révélation de Jésus-Christ. Il est plein de types,
d'ombres, et de symboles.
L’Ancien Testament est une voix qui crie : « Une voix crie : Préparez au
désert le chemin de l’Éternel, aplanissez dans les lieux arides une route
pour notre Dieu. Que toute vallée soit exhaussée, que toute montagne et
toute colline soient abaissées ! Que les coteaux se changent en plaines,
et les défilés étroits en vallons ! » (Ésaïe 40 v. 3 et 4). Le Nouveau
Testament révèle, lui, ce qui a été précédemment caché. Il explique les
types, les ombres du mystère et nous donne la révélation vivante comme
substance et réalité de vie. L’apôtre Paul nous montre le chemin d’une
connaissance vivante de ce mystère : « C'est par révélation que j'ai eu
connaissance du mystère sur lequel je viens d'écrire en peu de mots »
(Éphésiens 3 v. 3).
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Lisons dans Luc chapitre 10 et aux versets 21 à 24 !
« À ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint-Esprit, et il
dit : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché
ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées
aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l'as voulu ainsi. Toutes
choses m'ont été données par mon Père, et personne (par une
connaissance humaine) ne connaît qui est le Fils, si ce n’est le Père, ni
qui est le Père, si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.
Et, se tournant vers les disciples, il leur dit en particulier : Heureux les
yeux qui voient ce que vous voyez ! Car je vous dis que beaucoup de
prophètes et de rois ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu,
entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu ».
Il nous faut beaucoup de mots pour expliquer cela, mais dans
l'expérience, ce n'est ni compliqué ni difficile, puisque cela vient de Dieu.
Paul connu auparavant sous le nom de Saul, était un « Pharisien des
Pharisiens », religieux, dévoué, éduqué, juste selon la loi de Moïse, zélé
pour les choses de Dieu et les traditions des juifs. Pourtant, nous le
retrouvons en train de persécuter l’Église de Jésus-Christ, pensant à tort
que Dieu était satisfait de lui. Comment est-il possible que Saul, avec ses
connaissances, n'ait pas compris qui était Jésus-Christ ? Simplement
parce que cela ne lui avait pas été révélé par le Père Céleste.
Nous pouvons très bien nous comparer aux Pharisiens et autres leaders
et enseignants religieux qui ont rejeté le Seigneur et l'ont fait crucifier. Ils
manquaient de révélation. Nous pouvons, nous aussi, apprendre par cœur
la Parole écrite, essayer d’adapter nos vies aux préceptes bibliques, mais
ne voir en Jésus-Christ, que « le fils du charpentier », c’est-à-dire avoir
une fausse image du Christ.
Ceci démontre à quel point la connaissance religieuse, « de chair et de
sang », est sans valeur. Un jour Dieu, dans sa grâce, a décidé d'accorder
à Saul la révélation de Jésus. Pourtant, Saul ne recherchait pas la
révélation, il l'a crue après l'avoir reçue. Lui et ses pairs avaient conclu
que Jésus n'était pas le Fils de Dieu. Saul était donc en chemin pour
Damas afin d'arrêter ceux qui suivaient Jésus et les ramener enchaînés à
Jérusalem. Combien il était zélé pour « la vérité » des hommes, comme
beaucoup de chrétiens aujourd’hui !
Édition - Association Bible et Foi Page 29
Sans prévenir, une lumière éblouissante lui est apparu, le jetant à terre,
et une Voix l'a appelé en disant, « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-
tu ? » Saul a demandé, « qui es-tu ? » et la voix a répondu, « je suis Jésus,
celui que tu persécutes ! »
Quand Saul a rencontré le Seigneur, Jésus n'a pas dit : « pourquoi
persécutes-tu mon peuple ? » Avec ces mots simples : « Je suis Jésus,
celui que tu persécutes ! » Paul a reçu la révélation de la personne de
Jésus-Christ et aussi celle de l’Église. Persécuter ceux qui suivent Jésus,
c'est persécuter Jésus lui-même. Pourquoi ? Parce que Christ et l’Église
sont un ! Cela se passait quelques années avant que Paul ne mette par
écrit ces beaux passages des Écritures décrivant le corps du Christ, mais
tout a commencé par cette première révélation de Jésus-Christ, là sur la
route poussiéreuse de Damas.
La révélation de Jésus est la fondation de l’Église. Nous le voyons
aussi avec Pierre : « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont
pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est
dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je
bâtirai mon Église » (Matthieu 16 v. 18). Dieu bâtit toujours ses desseins
sur la base de la révélation ; et c’est pareil pour nous !
Lisons maintenant Éphésiens chapitre 1 les versets 15 à 23 !
« C'est pourquoi moi aussi, ayant entendu parler de votre foi au Seigneur
Jésus et de votre charité pour tous les saints, je ne cesse de rendre grâces
pour vous, faisant mention de vous dans mes prières, afin que le Dieu de
notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de
sagesse et de révélation, dans sa connaissance, et qu'il illumine les yeux
de votre cœur, pour que vous sachiez quelle est l'espérance qui s'attache
à son appel, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu'il réserve
aux saints, et quelle est envers nous qui croyons l'infinie grandeur de sa
puissance, se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force.
Il l'a déployée en Christ, en le ressuscitant des morts, et en le faisant
asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute domination,
de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui
se peut nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans
le siècle à venir. Il a tout mis sous ses pieds, et il l'a donné pour chef
Édition - Association Bible et Foi Page 30
suprême à l’Église, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout
en tous ».
Paul commence sa prière par ces mots : « que le Dieu de notre Seigneur
Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de
révélation ». Pourquoi une telle prière ? Afin que les chrétiens d’Éphèse,
et par voie de conséquence nous-mêmes, nous puissions comprendre ces
choses :
• « sa connaissance » au verset 17, connaître Dieu lui-même ; « pour
que vous sachiez quelle est l'espérance qui s'attache à son appel,
quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu'il réserve aux
saints » (verset 18). Ceci est lié au plan éternel de Dieu et à son
accomplissement. L’appel de Dieu pour nous a pour but de faire de
nous des fils ; des fils qui seront son héritage.
• « quelle est envers nous qui croyons l'infinie grandeur de sa
puissance » (verset 19). Une puissance en relation avec notre
communion avec lui, dont il veut se servir pour accomplir son plan.
• Cet esprit de sagesse et de révélation nous permet de connaître
Dieu d’une manière vivante : « Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te
connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-
Christ » (Jean 17 v. 3). La vie éternelle est donc de connaître Dieu.
Mais sans nul doute, les chrétiens d’Éphèse connaissaient déjà le
Seigneur et possédaient déjà la vie éternelle. Cependant, Paul priait
encore pour qu’ils reçoivent cet esprit de sagesse et de révélation
pour qu’ils grandissent encore davantage dans la connaissance de
Christ. Nous voyons la même pensée dans la deuxième épître de
Pierre, au chapitre 3 verset 18, lorsqu’il exhorte des personnes, déjà
chrétiennes par la grâce de Dieu, à croître dans cette grâce et dans
la connaissance de Christ : « Mais croissez dans la grâce et dans la
connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ » (2 Pierre
3 v. 18).
Cela nous prouve, comme disait Paul aux Corinthiens, que « nous
connaissons en partie, et nous prophétisons en partie » (1 Corinthiens 13
v. 9) ; et que tous les chrétiens du monde entier, qui ont la vie éternelle et
qui connaissent en partie le Seigneur, ont aussi besoin de grandir encore
dans cette connaissance intérieure.
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Cette croissance ne dépend pas de notre logique, de notre sagesse, ni
de notre bonne compréhension de la doctrine. Cette croissance vivante
dépend uniquement de la révélation provenant d’un esprit de sagesse et
de révélation ; tel est le fondement de tout véritable croyant, fondement
d’une extrême importance !
Cette vérité s’attache aussi à la connaissance de l’appel de Dieu et à
l’héritage de Dieu qu’il a dans ses saints. Nous pouvons connaître ce que
représente son appel dans son plan éternel et son dessein. L’espérance
de son appel ne se situe pas seulement dans les cieux. Alors qu’est donc
cet appel ? « En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour
que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, nous ayant
prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par Jésus-
Christ, selon le bon plaisir de sa volonté » (Éphésiens 1 v. 4 et 5).
Voilà l’appel de Dieu, il nous appelle à être semblables à lui, à être saints.
Quelles que soient nos incapacités et nos impossibilités, un jour son plan
se réalisera en nous. Qu’importe nos faiblesses, notre inutilité, nos fautes,
nous allons être introduits par Dieu devant sa face dans un état de sainteté
et sans tache comme il est lui-même. C’est cela notre appel béni, être
semblable à Dieu.
Nous avons besoin de sa vision, pas celle des hommes. Nous avons
besoin d’une vision qui transforme nos vies, qui transforme nos œuvres,
qui transforme toutes chose une nouvelle fois : avons-nous les yeux de
notre cœur ouverts par l’Esprit de Dieu, éclairés par son Esprit ? Nous
avons vraiment besoin de devenir aveugles, quant à nos yeux charnels,
comme Saul dans sa rencontre avec le Seigneur ; et d’avoir nos yeux
spirituels ouverts afin de recevoir une profonde vision de Dieu.
Ce sera alors une grande délivrance, car nous serons libérés de nous-
mêmes et de notre horizon charnel de la vie chrétienne en général. Notre
satisfaction reposera sur l’accomplissement du plan de Dieu dans notre
vie.
Lorsque la vision de Dieu est bien implantée en nous, alors nous
connaîtrons « l'infinie grandeur de sa puissance, se manifestant avec
efficacité par la vertu de sa force ». Parce que nous nous serons offerts
au Seigneur pour connaître sa volonté, alors ensuite il travaillera en nous
dans le but d’accomplir son dessein éternel. Savez-vous pourquoi ?
Édition - Association Bible et Foi Page 32
Parce que toutes nos recherches de sainteté, de victoires, et toutes nos
œuvres iront naturellement dans le sens de la volonté et du plan de Dieu.
Il œuvre en nous par la puissance de sa force afin que nous
accomplissions son plan éternel.
Nous devons vraiment comprendre ce principe divin. Dieu ne nous
accorde pas sa puissance pour notre propre satisfaction, pour nos propres
œuvres, mais pour atteindre son but à lui. La vision est d’abord accordée
à nos yeux spirituels ; ensuite, nous connaîtrons la puissance de l’œuvre
libératrice de Christ en nous, pour pouvoir accomplir la volonté de Dieu.
Ne pensons pas qu’il y ait peu de choses dans le vase de terre que nous
représentons. Paul utilise cette métaphore pour nous parler de notre corps
physique ; et nous découvrons dans la seconde lettre de Paul aux
Corinthiens qu’il se trouve un très grand trésor dans nos vases de terre.
Mais le croyons-nous vraiment ? Ce trésor est précieux, au-delà de notre
compréhension. Mais pour le contempler, nous avons besoin que le
Seigneur ouvre les yeux de notre cœur pour voir, d’une part notre
tabernacle, qui bientôt sera détruit ; et d’autre part, l’infinie grandeur de la
puissance du Seigneur envers nous qui croyons.
Frères et sœurs, voilà pourquoi nos progrès spirituels ne seront pas
déterminés par la mesure de puissance que nous recevons, mais par la
profondeur de la vision à l’égard de la volonté de Dieu pour notre vie. C’est
la clé de toute victoire, nous avons tout pleinement en Jésus-Christ, vivant
en nous par le Saint-Esprit.
C’est l’esprit de sagesse et de révélation qui nous fait entrer dans
l’expérience de toutes les promesses, en nous révélant la personne de
Dieu en nous.
« L'Esprit de l'Eternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d'intelligence,
Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de
l'Eternel » (Ésaïe 11 v. 2).
Édition - Association Bible et Foi Page 33
Chapitre cinq
Croissance spirituelle
Il ne faudrait pas que le terme « croissance spirituelle », ne soit en fait
qu’un terme sans réalités pratiques pour nous ; ou une simple
accumulation d’œuvres religieuses de toutes sortes.
Nous pouvons utiliser les mots comme élargissement, agrandissement,
accroissement, plénitude, développement, ils ont pour nous la même
signification ici. Ce que nous appelons croissance, c’est la foi d'un chrétien
testée et éprouvée dans toutes les directions que lui donnera le Saint-
Esprit. Cela engendre la circoncision de cœur que Dieu nous demande,
dont les outils principaux sont la révélation et la discipline. La circoncision
est le facteur principal de libération et d’accroissement du royaume de
Dieu ; car elle permet au Saint-Esprit de se répandre en nous et d’y
instaurer le règne de Christ !
Écoutons ce que dit Dieu à Abraham : « Regarde vers les cieux, et
compte les étoiles, si tu peux les compter. Et il lui dit : Ainsi sera ta
semence » (Genèse 15 v. 5) ; « je te multiplierai à l'infini » (Genèse 17
v. 2) ; « et toutes les nations de la terre seront bénies en ta semence »
(Genèse 22 v. 18).
Écoutons ce que dit Dieu de Jésus-Christ : « Voici, mon serviteur
prospérera ; il montera, il s'élèvera, il s'élèvera bien haut » (Ésaïe 52
v. 13).
L'élargissement, l’accroissement, c'est la plénitude et la foi ; c’est
l’élargissement du royaume ; c'est l'œuvre de Dieu qui rencontre de moins
en moins d’opposition, qui se repend en nous et à travers nos vies, et qui
répond parfaitement aux besoins de Dieu.
Dieu a amené Abram à cette position pour les besoins de son œuvre ; il
a amené son Fils à cette position ; il a commencé à y emmener l’Église,
mais avec le temps, celle-ci a failli dans cette mission.
Édition - Association Bible et Foi Page 34
La foi du vainqueur ne se préoccupe pas des éléments restreignant du
temps, des soucis de la vie, ni d’un amour dissimulé pour les attraits et
ambitions de Babylone ; il se sait crucifié au monde et tous ses choix de
vie vont dans ce sens.
Sa foi conquérante le conduit pleinement dans le vaste domaine sans
limite du royaume de Dieu ; dans le large projet de Dieu connu de toute
éternité. L’Église est appelée à ce dessein qui est universel. Notre
intelligence, notre compréhension, notre connaissance spirituelle, notre
relation à l'égard de la volonté de Dieu et de notre existence ; toutes ces
choses doivent pouvoir consentir à un élargissement, à une expansion qui
ne peut venir de la main de l’homme, comme la circoncision de cœur, se
réalisant à travers une profonde et puissante réforme de l’Esprit.
Nous constatons aujourd’hui la faillite du christianisme traditionnel ;
enlisé dans quelque chose de plus ou moins immobile, avec très peu de
vie mais beaucoup d’apparence. C'est quelque chose de fixe, à divers
égards. Si nous sommes un baptiste, notre position sera une position fixe.
Si nous sommes un réformé, un méthodiste, un darbyste, un pentecôtiste,
un catholique, etc., ce sera la même chose.
Ce sont des positions fermées sur elles-mêmes, qui ne s’entendent pas
les unes les autres alors qu’elles ont quasiment la même Bible. Ce sont
des dénominations, des systèmes ecclésiastiques, qui emprisonnent
l’Esprit de Dieu, la colombe de Dieu, dans des cages religieuses
étouffantes. Elles conduisent les hommes dans une terrible sécheresse
spirituelle. Pourquoi ? Parce que « le Très-Haut n'habite pas dans ce qui
est fait de main d'homme » (Actes 7 v. 48).
Nous ne faisons ici que de donner quelques illustrations sans porter
aucun jugement. Ce qui se trouve à l'intérieur de ces désignations, c'est
quelque chose à quoi nous devons généralement nous conformer, dont
nous sommes devenus membres par la force des choses. C'est là qu'est
notre horizon, notre sphère religieuse, et penser autrement ne peut
rencontrer que l’excommunication.
Il nous faut cependant nous souvenir qu'il y a une grande différence entre
la volonté permissive de Dieu, et la volonté absolue et entière de Dieu, qui
est tout autre chose.
Édition - Association Bible et Foi Page 35
Ce qui est vrai de l’Église, l’est aussi pour nos vies individuelles. Nous
devrions être capables de nous adapter, disponibles pour tout ajustement
spirituel nécessaire, jamais liés par aucune conception qui nous
empêcherait d'accepter des changements voulus par l'Esprit ; et il est vrai
que toute vie gouvernée par l'Esprit aura à subir des changements
immenses.
À partir de notre « nouvelle naissance d'en haut », tout, dans une vie
chrétienne véritable, vient d'en haut, depuis les motivations les plus
secrètes de notre activité jusqu'à ses développements les plus lointains ;
toutes les initiatives, tous les objectifs à atteindre, tous les détails
d'exécution, tout doit venir d'en haut. Quand le Seigneur Jésus monta au
ciel et fut reçu dans la gloire, son ascension avait un caractère
représentatif, exactement au même titre que sa mort et sa résurrection.
En fait, tout ce qui touche à notre salut, notre sanctification, notre service,
notre gloire chrétienne existent maintenant dans les cieux en Jésus-Christ,
et nulle part sur la terre.
Le cri du cœur de tous les citoyens des cieux reste pour toujours celui-
ci : « Toutes mes sources sont en toi ! » (Psaume 87 v. 7). Notre vocation
est une vocation céleste, notre vie tout entière, notre vision, notre marche,
notre espérance, notre demeure, notre royaume ; tout est céleste pour
notre cœur. Quand les enfants de Dieu n’ont pas encore réalisé ce qu’est
réellement leur identification avec l’ascension et la glorification de Christ,
ils font constamment l'expérience que rien sur cette terre, même dans
l’Église, ne correspond à leur désir d’authenticité intérieure, et ne réussit
vraiment à les satisfaire.
La voie de toute croissance spirituelle passe par l’épreuve de la foi :
quant aux temps de Dieu, quant à la passion de Dieu ; quant au moyen
de Dieu, quant à sa volonté. Lorsque le Seigneur a éprouvé son peuple
dans le domaine de la foi sur ces points, et lorsque l’épreuve a pu
accomplir sa tâche, alors seulement la croissance du royaume prenait sa
place et apportait le rayonnement des cieux.
C’est de cette façon que nous parvenons à la plénitude. Je vous parle
d’un grand principe du royaume de Dieu : ce qui est terrestre, de
l’homme, doit retourner à la poussière, afin que ce qui est céleste, de
Dieu, paraisse à la lumière. C'est sous de diverses pressions que nos
incapacités, nos impossibilités, et notre autosuffisance, disparaissent.
Édition - Association Bible et Foi Page 36
Nous sommes alors élargis ; l’accroissement spirituel passe par une foi
éprouvée par la souffrance de l’épreuve, et il n'y a pas d’autre voie.
Aucune imposition des mains ne pourra remplacer ce principe. C’est pour
cette raison que beaucoup de croyants se découragent ; les moyens
utilisés aujourd’hui pour grandir en Christ ne produisent pratiquement plus
rien. C’est un constat malheureux, c’est vrai, et il est plus que temps de le
dévoiler !
Ainsi s'est accomplie la promesse envers Abram. Vous remarquez ce que
dit Paul dans Galates 3 v. 14 : « afin que la bénédiction d'Abraham parvînt
aux nations dans le Christ Jésus ». Quelle était donc cette promesse ?
C'était le don de l'Esprit de Dieu, en qui habite toute la divinité, et qui est
le seul mandaté pour nous faire recouvrer la gloire de Dieu. Nous pouvons
résumer tout cela en une déclaration du Seigneur dans Luc 12 v. 49 et 50 :
« Je suis venu jeter un feu sur la terre, et qu'ai-je à désirer, s'il est déjà
allumé ? Il est un baptême dont je dois être baptisé, et combien il me tarde
qu'il soit accompli ! »
Durant son périple terrestre, Jésus était à l’étroit dans son corps, limité
d’une certaine manière. Il soupirait dans cette étroitesse alors qu’il aspirait
à l’élargissement, à l’accroissement de sa vie pour retrouver sa véritable
dimension céleste. Comment la délivrance va-t-elle venir ? « Il est un
baptême dont je dois être baptisé ». Quel baptême ? La croix, sa mort.
Quel en sera le résultat ? La propagation du feu sur la terre ; c’est-à-dire
l’expansion de son Esprit, pour accomplir le dessein de son Père. La
Pentecôte fut le résultat de son obéissance, de son acceptation de mourir
à la croix : à l’instar d’une couche terrestre qui craquelle et s’ouvre pour
laisser le magma en fusion se répandre sur la terre.
Ce fut l'élargissement et le débordement du « torrent de vie », provenant
de la délivrance par le moyen de la croix. Bien aimés, la seule façon de
nous unir avec Dieu dans ses projets de plénitude et de gloire, c’est de
nous unir à lui dans sa mort. Souvenons-nous que la plénitude est le but
de Dieu pour nous. Mais pour pouvoir nous élargir, sa façon d'opérer n’est
pas la façon des hommes religieux. La façon de Dieu de nous libérer de
notre étroitesse est de permettre que notre foi soit éprouvée, encore et
encore pour nous élargir.
Édition - Association Bible et Foi Page 37
Et nous, notre façon de réagir est d’accepter sans murmurer que la
tempête vienne nous détremper ; accepter de participer aux souffrances
de Christ.
« J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas
les porter maintenant » (Jean 16 v. 12). Cette Parole de Jésus à ses
disciples est explicite ; « vous ne pouvez pas les porter maintenant ».
Pourquoi ? « Parce que vous avez besoin de vivre un élargissement
spirituel, vous avez besoin de croitre. Votre force naturelle a besoin d’être
brisée, de subir un élargissement. C’est à ce prix que mon Esprit vous dira
les vérités plus profondes de mon royaume. Votre autosuffisance vient de
votre vieille nature ; c’est elle qui doit mourir pour laisser toute la place à
la colombe de mon Esprit ».
Son but est l’élargissement spirituel, et cet élargissement, cet
accroissement, se produit par la croix. La vie provient de la mort. Dieu
cherche à nous introduire dans ce qui répond pleinement à son but ultime
par le moyen de l'épreuve de la foi, et ce, jusqu’à ce que son Fils remplisse
toutes choses en nous.
Nous sommes appelés à cette plénitude de gloire, c’est le chemin de
notre accroissement spirituel. Le chrétien n’est pas fait pour s’installer
dans le monde pour jouir d’une petite vie tranquille, sinon il va vivre une
vie chrétienne dans une étroitesse spirituelle étouffante. Nous devons
comprendre que notre vie ne nous appartient plus, qu’elle est destinée à
s’effacer pour que celle du Christ puisse apparaître et se propager comme
un « déluge de grâce et d’amour » sur la terre des hommes.
« … croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et
Sauveur Jésus-Christ » (2 Pierre 3 v. 18).
Édition - Association Bible et Foi Page 38
Chapitre six
Nous arrivons au cœur du problème
Il y a en nous une vie nouvelle si nous avons vraiment reçu Christ. Nous
avons tous ce bien précieux, et ce trésor habite dans le vase que nous
sommes : « Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette
grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous » (2 Corinthiens
4 v. 7). Que le Seigneur soit loué pour la réalité de sa vie en nous ; c’est
un parfum de très grand prix qui ne demande qu’à être répandu sur la
personne du Christ.
Mais pourquoi cette vie a-t-elle une si faible expression ? Pourquoi cette
vie ne déborde-t-elle pas davantage pour se communiquer à d'autres ?
Pourquoi est-elle si peu apparente, même dans nos propres vies ? La
raison pour laquelle il y a si peu de signes de cette vie, alors qu'elle est en
nous, c'est que notre âme enveloppe et limite considérablement cette vie,
comme la balle enveloppe le grain de froment.
Le vase emprisonne le parfum de grand prix ; la nature égocentrique de
Jacob l’empêchait de s’appuyer sur Dieu ; celle de Jonas l’empêchait
d’obéir avec joie. C’est sa propre coquille, pas celle des autres, qui
empêche le poussin d’entrer dans l’élargissement de son existence.
Le Saint-Esprit, la colombe de Dieu, est emprisonné dans une cage qui
n’est autre que notre vieille nature religieuse, de sorte que la vie nouvelle
est bloquée, elle ne peut se manifester et croître comme elle le
souhaiterait. Nous vivons dans notre âme, nous bâtissons et servons Dieu
avec nos propres forces naturelles, nos propres efforts. Nous ne vivons
pas pleinement de la force de Dieu, nous ne sommes pas dans le repos
de la foi, mais bien souvent seulement spectateurs de l’œuvre de Dieu.
Nous nous tournons vers lui uniquement lorsque nous avons un besoin
urgent ; le reste du temps, nous vivons par notre sagesse personnelle, par
nos sentiments et émotions, et par notre propre volonté. C'est l'âme avec
sa force naturelle qui gouverne et qui empêche l'éclosion de la vie.
Édition - Association Bible et Foi Page 39
Perdons-la en Christ, c'est le chemin de la libération de la plénitude de la
gloire de Dieu.
C’est le brisement et la mort du Seigneur qui lui ont permis de ne plus
être limité dans les choses terrestres. Il était limité par les hommes, par le
temps, par la géographie des lieux, par son corps physique. C’est le
brisement du vase qui a permis au parfum de grand prix de se répandre
autour de lui.
C’est le brisement par l’ange de la force naturelle de Jacob, qui lui a
permis de s’appuyer le restant de ses jours sur son bâton, c’est-à-dire sur
la force et l’autorité de Dieu. Pour Jonas, les trois jours passés dans le
ventre du poisson représentent la crucifixion du Christ ; sa résistance à la
volonté de Dieu commença à se briser ici. C’est la mort de notre vieille
nature qui permettra au Saint-Esprit de sortir de sa cage, et de nous élargir
pour l’instauration du royaume de Dieu en nous.
Il nous faut d'abord être au clair sur un point très important : notre âme,
avec ses réserves d'énergie et de ressources naturelles, nous suivra
jusqu'à notre mort. Jusqu'à ce moment-là, et jour après jour, il sera
continuellement nécessaire que la croix opère un brisement en nous, pour
contrecarrer ses activités indépendantes de Dieu. C'est un principe de
brisement et de renoncement permanent qui est mis en avant dans ces
mots : « Qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me
suive » (Marc 8 v. 34).
Nous ne pourrons jamais nous y soustraire, car celui qui veut l'éviter
« n'est pas digne de moi » (Matthieu 10 v. 38) ; « il ne peut être mon
disciple » (Luc 14 v. 27). La mort et la résurrection doivent être le principe
qui agit constamment dans nos vies, pour que notre âme perde son
pouvoir de domination, comme Pharaon dans la mer Rouge, afin que
l'Esprit ait toute liberté d’action.
Lorsque le Seigneur nous commande de faire « de toutes les nations des
disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit »
(Matthieu 28 v. 19) ; il ne nous commande pas d’en faire des « chrétiens »
seulement, mais des disciples ; c’est-à-dire des croyants qui ont appris à
renoncer à eux-mêmes, et à porter leur croix, tous les jours de leur vie. Tel
est le prix de tout accroissement spirituel, telle est aussi la leçon de la
sainte-cène.
Édition - Association Bible et Foi Page 40
« Quand je crie, réponds-moi, Dieu de ma justice ! Dans la détresse tu
m'as mis au large ; use de grâce envers-moi, et écoute ma prière »
(Psaume 4 v. 1). « Dans ma détresse » signifie dans mon resserrement,
dans mon enfermement, dans mon étroitesse. C’est ce que produit la
croix, une forme de prison momentanée, où l’on se sent lié par les
circonstances de notre vie. Et l’expression « tu m’as mis au large »
exprime l’élargissement libérateur de notre vie, grâce à l’épreuve de notre
foi, au temps de Dieu. Être mis au large ne veut pas dire que Dieu arrête
l’épreuve, mais qu’il nous rend vainqueurs dans l’épreuve.
Il est des moments où, nous aussi, nous expérimentons ce qu’a vécu
Jonas : « Je suis descendu jusqu'aux racines des montagnes. Les verrous
de la terre m'enfermaient pour toujours, mais tu m'as fait remonter vivant
du gouffre, Éternel, mon Dieu ! » (Jonas 2 v. 3). Nous devons voir avec les
yeux de notre cœur que c’est notre Dieu qui permet les épreuves pour
nous discipliner, et que c’est lui qui veillera à nous en faire sortir au temps
voulu. Si nous ne croyons pas cela, nous serons toujours effrayés par la
tempête, comme les disciples dans la barque.
Mais la plénitude de la vie sera toujours notre héritage, nous aussi nous
serons rejetés sur la berge de la vie, délivrés de nos raisonnements et
résistances naturels. Nos prières, à ce moment-là, ne sont plus égoïstes,
mais correspondent parfaitement à la volonté de Dieu. Lorsque Jonas dit :
« Les eaux m'ont environné jusqu'à l'âme » (Jonas 2 v. 5) ; nous voyons
bien ici que l’objet de l’œuvre de la croix a consisté à briser une résistance
chez le prophète. Il est libéré du pouvoir despotique de son âme.
Quelque chose de son âme avait un grand besoin d’accroissement. Il est
là le miracle de Jonas, c’est la croix, c’est la mort de Jésus, et c’est aussi
notre baptême en Christ : « ayant été ensevelis avec lui par le baptême,
vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de
Dieu, qui l'a ressuscité des morts » (Colossiens 2 v. 12). L’œuvre de la
croix (nos épreuves) produit la grâce d’être délivrés de notre âme ;
elle élargit pour nous la connaissance de la volonté de Dieu, et surtout son
acceptation dans l’obéissance.
La croix se présente sous la forme d’épreuves, sous la forme de temps
d’adversité. Les termes bibliques parlent de fournaise, de tempête, de
désert, que nous pouvons rencontrer sur nos chemins.
Édition - Association Bible et Foi Page 41
Des situations qui nous heurtent, et qui nous « enferment », comme
Jonas, dans ce qui équivaut à de « grands poissons ». Ce sont des
événements douloureux de notre vie, que Dieu permet pour un temps, à
des fins d’éducation et de discipline. Les chrétiens qui sont restés « bébés
en Christ » ne supportent pas cette notion biblique de la discipline, ils en
ont même une « sainte » horreur. Pour eux, la moindre contrariété doit
être résolue dans la minute. C’est pour cela qu’ils ne grandissent pas en
Christ !
Les concepts de hasard et de fatalité n’existent pas dans l’œuvre de
Dieu, toute notre vie est au bénéfice de l’action de la volonté de Dieu :
« Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou ? Cependant, il n'en
tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père » (Matthieu 10 v. 29).
Les cheveux de nos têtes sont comptés ; nous ne devrions jamais oublier
que tout ce qui arrive à un chrétien est sous le contrôle absolu de Dieu ;
aucune adversité et persécution petite ou grande ne nous viennent par
accident : « Qui dira qu'une chose arrive, sans que le Seigneur l'ait
ordonnée ? N'est-ce pas de la volonté du Très-Haut que viennent les maux
et les biens ? Pourquoi l'homme vivant se plaindrait-il ? Que chacun se
plaigne de ses propres péchés » (Lamentations 3 v. 37 à 39).
C’est vraiment ce que la première génération des hébreux dans le désert
a négligé. Dieu éprouvait leur foi pour les préparer à la conquête de
Canaan ; mais eux, au lieu d’accepter les épreuves sans murmurer, se
sont plaints de la discipline de leur Dieu. Ils auraient mieux fait de se
plaindre de leurs propres péchés, et de leur propre résistance à l’œuvre
de Dieu.
Je rappelle ici que la discipline est la sœur jumelle de la révélation ; l’une
ne peut nous élargir sans l’autre. L’une ne peut atteindre le but de Dieu
sans l’autre. De la même manière que Dieu nous révèle son salut, il veut
nous révéler qu’il est avec nous dans les épreuves.
Le savoir intellectuellement seulement ne suffit pas, il nous faut
expérimenter la puissante vie du Seigneur qui se cache dans la Parole.
Nos victoires dans les épreuves passent par un éclaircissement des yeux
de notre cœur, par le Saint-Esprit, c’est cela qui produit la vraie foi
triomphante. La foi qui va nous permettre de traverser les tempêtes
repose sur le fondement de la révélation que Dieu est avec nous dans
nos épreuves, c’est très important.
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Un chrétien victorieux dans les épreuves est un chrétien qui a vu avec
les yeux de son cœur que Jésus était avec lui dans les tempêtes, dans la
barque de sa vie, et qu’il a autorité sur elles, donc pas besoin de le réveiller
par nos lamentations incrédules. La révélation de la volonté de Dieu nous
donne une foi solide ; quand bien même nous serions détrempés par les
eaux en furie. Cette foi ne peut provenir que du Saint-Esprit, et non pas
de notre force naturelle.
Un chrétien qui a la révélation que Jésus est avec lui dans sa fournaise
la traversera en vainqueur ; mais il lui faudra quand même la traverser.
Connaissez-vous les creusets, et leurs fonctions ? Ce sont des pots en
matériau réfractaire ou en métal qui servaient à la fusion de l’or et de
l’argent. Le fondeur faisait passer à maintes reprises l’argent ou l’or par le
feu, jusqu’à ce que les impuretés aient disparu. Eh bien les circonstances
de nos vies qui nous « brûlent » ont la fonction de « creuset ».
L’apôtre Pierre nous exhorte à ne pas être surpris par ces choses :
« Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d'une chose étrange qui vous
arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver.
Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances
de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l'allégresse
lorsque sa gloire apparaîtra » (1 Pierre 4 v. 12 et 13).
Les fournaises que nous rencontrons font partie intégrante du plan de
Dieu pour nos vies, et n’ont d’autre but que de nous purifier de toutes nos
impuretés afin de nous « élargir spirituellement ».
Dans nos milieux évangéliques, nous mettons l’accent sur le baptême du
Saint-Esprit, et c’est très bien ; mais n’oublions pas qu’il est lié au baptême
de feu : « Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu » (Matthieu 3
v. 11). Nous réclamons souvent le « feu de la Pentecôte », mais réalisons-
nous que ce feu est aussi là pour nous consumer, pour juger et réduire en
cendre notre vieille nature rebelle ? Nous avons peut-être oublié dans nos
enseignements que l'expérience de la Pentecôte revêt ces deux facettes.
L’une nous permet de vivre la vie de Christ, l’autre brûle ce qui appartient
à notre vieille nature. C’est par le feu que les vases de terre deviendront
des vases d’honneur : « Ôte de l’argent les scories, et il en sortira un vase
pour l’orfèvre » (Proverbes 25 v. 4).
Édition - Association Bible et Foi Page 43
Le creuset est fait pour le métal précieux, et nous sommes tous et toutes
très précieux pour Christ. Nombreux sont les enfants de Dieu qui rejettent
ces choses parce qu’ils ne les comprennent pas. Il est vrai, à leur
décharge, que la prédication de la croix a quasiment disparu de nos
milieux chrétiens. Beaucoup s’imaginent encore que la discipline de Dieu
est une œuvre punitive, mais il n’en est rien. La punition est la rétribution
des erreurs de quelqu'un, or en Christ, nos péchés sont pardonnés et
oubliés, « Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui
sont en Jésus-Christ » (Romains 8 v. 1).
En revanche, la discipline de Dieu est le moyen qui permet notre
éducation, nous empêche de commettre toujours les mêmes erreurs, et
nous fait participer à la sainteté de notre Dieu : « mais Dieu nous discipline
pour notre profit, afin que nous participions à sa sainteté » (Hébreux 12
v. 10). Je parle d’une transformation authentique de notre cœur, par le
Saint-Esprit, qui nous procure une véritable plénitude de Dieu. Elle est là
la vraie circoncision. Dans Son amour : « C’est comme des fils que Dieu
vous traite » (Hébreux 12 v. 7). Et la Bible nous dit que l’aboutissement de
ce traitement par le feu sera la louange, la gloire et l'honneur, lorsque
Jésus-Christ apparaîtra.
Dieu utilisait déjà cette pédagogie vis-à-vis de son peuple ; Ésaïe
chapitre 48 versets 10 et 11 nous dit : « Je t'ai mis au creuset, mais non
pour retirer de l'argent ; je t'ai éprouvé dans la fournaise de l'adversité.
C'est pour l'amour de moi, pour l'amour de moi, que je veux agir ; car
comment mon nom serait-il profané ? » La Parole nous confirme bien que
c’est Dieu qui nous place dans l’épreuve ; que les fournaises que nous
rencontrons sont comme un feu purificateur ; que ce feu nous délivre de
tout ce qui est profane dans nos vies, de tout ce qui s’oppose au sacré, et
de cette force naturelle qui menotte l’Esprit-Saint.
Mais n’est-ce pas là notre prière de chaque instant ? Celle de vouloir
plaire au Seigneur Jésus-Christ, celle de nous consacrer. Lorsque nous
faisons cette prière, ne nous étonnons pas si quelques circonstances
désagréables frappent à la porte de notre vie. C’est uniquement de la
discipline, c’est un élargissement libérateur, c’est un traitement d’amour.
Ce processus de purification, de consécration, de croissance, n’est-ce
pas l’essence même de notre désir de plaire à Dieu, de notre désir de
plénitude ?
Édition - Association Bible et Foi Page 44
« Alors qu’importent mes états d’âme, mes ambitions religieuses, ma
réputation, ma renommée ; Dieu m’a sauvé pour me rendre semblable à
Son Fils. Lorsqu’il m’a saisi dans ma course effrénée vers l'enfer, et m’a
fait faire demi-tour, lorsqu'il m’a renouvelé, il a mis fin à mon vieux « moi »,
et a créé en moi un homme nouveau ! »
Son but est de reproduire en nous la beauté de son Fils ; et aucun
chrétien ne doit s’arrêter de chercher Dieu dans la prière, avant que
la beauté du Fils de Dieu, n'ait été reproduite dans sa vie chrétienne.
La croix atteint son objectif en détruisant les forces de sa « victime »,
pour libérer les propres forces du Seigneur. C'est ainsi qu'elle remporte
toujours la victoire et que nous devenons des vainqueurs. Elle gagne le
combat par la défaite complète de ses opposants, et leur impose sa
volonté d'une manière absolue. N’oublions jamais que Jacob a gagné la
bénédiction en perdant son combat ; et que Paul était rendu fort par le
Seigneur en acceptant qu’un démon l’affaiblisse.
La croix est toujours la plus forte ; et lorsque nous croyons perdre
quelque chose, la croix nous élargit de gloire en gloire. Elle n'accepte
jamais de compromis, elle ne discute jamais, ne marchande jamais, ne
cède jamais rien sous prétexte de trouver un terrain d’entente entre le
sacré et le profane. Elle ne se soucie pas de faire la paix. Sa seule
préoccupation, c'est de faire cesser toute opposition au Saint-Esprit, aussi
rapidement que possible en faveur de l’extension du royaume.
« Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances
de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l'allégresse
lorsque sa gloire apparaîtra » (1 Pierre 4 v. 13).
Édition - Association Bible et Foi Page 45
Chapitre sept
Détaillons différents points qui nous
concernent
« Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que
vous suiviez ses traces » (1 Pierre 2 v. 21).
Premier point : « Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde
approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem » (Luc 9
v. 51).
Lorsque nous avons compris que pour expérimenter nous-mêmes un
accroissement spirituel, il nous faut passer par l’œuvre de la croix, eh bien,
nous acceptons résolument d’aller à sa rencontre. C’est-à-dire que, au lieu
de la fuir, nous l’acceptons dans notre vie, autant de fois que notre Père
le jugera nécessaire.
Nous devons prendre la résolution de nous rendre à Jérusalem pour
mourir à nous-mêmes, de tout notre cœur, c’est alors que l’œuvre de
discipline de la croix se fera. Et n’oublions jamais, frères et sœurs, que
celui qui accepte de marcher jusqu’à la croix ne doit pas se décourager
en chemin, il marche jusqu’à ce que la croix produise son effet.
Galates 2 v. 20 nous dit que Jésus s’est livré lui-même à la croix pour
nous ; jamais par obligation : « Le Père m'aime, parce que je donne ma
vie, afin de la reprendre. Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-
même » (Jean 10 v. 17 et 18). Personne ne nous force à porter notre croix,
à livrer notre vie entre les mains de Dieu. C'est nous qui, volontairement,
nous en chargeons, dans une pleine connaissance de sa valeur
libératrice. La première génération des hébreux symbolise la marche dans
la chair.
Refusant de se laisser discipliner et murmurant constamment lorsque
Dieu les éprouvait à cet effet. Ils ont récolté ce qu’ils ont semé ; ils se sont
vu refuser l’entrée du pays de la promesse. Nous choisissons librement
d'obéir à Christ ou non, avec toutes les conséquences que cela peut
Édition - Association Bible et Foi Page 46
engendrer. C’est sur cette base d’amour désintéressé, entre notre Père et
nous, que nous serons spirituellement élargis par la vie de résurrection :
afin de nous asseoir avec Christ dans les lieux célestes. Le vainqueur est
résolu dans son cœur d’accepter tout ce que son Dieu suscitera dans sa
vie pour grandir dans la foi.
Deuxième point : « Alors tous l'abandonnèrent, et prirent la fuite » (Marc
14 v. 50).
Une certaine solitude semble être le prix que le croyant doive payer en
suivant Christ sur la croix. Il aspire ardemment à la communion avec ses
semblables, avec ceux qui peuvent comprendre ses désirs, ses
aspirations et son besoin vital des profondeurs de Christ. Mais il est
souvent obligé de marcher seul, sans pour autant s’écarter de ses frères
et sœurs.
Notre Seigneur a connu les mêmes souffrances. Les prophètes des
époques antérieures au Christianisme furent très différents les uns des
autres. Mais ils avaient en commun un signe distinctif : leur solitude forcée.
Ils aimaient leur peuple et glorifiaient la religion de leurs pères, mais leur
loyauté au Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, ainsi que leur zèle pour
la nation d'Israël, les ont éloignés des foules, pour passer par de longues
périodes d'abattement à rechercher la volonté et les pensées de leur Dieu.
« Je suis devenu un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de
ma mère » (Psaume 69 v. 8), s'est exclamé l'un d'eux, qui s'exprimait sans
le savoir pour tous les autres.
Rappelez-vous toujours ceci ; on ne porte jamais sa croix à plusieurs !
Même quand nous sommes entourés d'une grande foule, notre croix nous
est personnelle accomplissant une œuvre qui nous est propre. « Ils
l'abandonnèrent tous, et s'enfuirent ». Ne craignons pas cette forme de
solitude, c’est aussi une œuvre de Dieu qui nous poussera plus
profondément dans la présence de Dieu. « Car mon père et ma mère
m'abandonnent, mais l'Éternel me recueillera » (Psaume 27 v. 10).
Édition - Association Bible et Foi Page 47
Troisième point : « Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe !
Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. Alors un ange
lui apparut du ciel, pour le fortifier » (Luc 22 v. 42 et 43).
Ces paroles, prononcées à Gethsémané, indiquent que le Christ a
renoncé à lui-même et a mis sa volonté du côté de Dieu, dans l'affreuse
angoisse qu'il traversait. La pression était si forte que sa sueur devint
comme de grosses gouttes de sang. « Pas ma volonté, mais la tienne »,
était la déclaration de son attitude de vie dans l'épreuve qui le touchait.
La volonté des disciples dans la tempête avait été d’imposer leur propre
volonté au Seigneur ; d’où cette remontrance : « Pourquoi avez-vous ainsi
peur ? Comment n'avez-vous point de foi ? » (Marc 4 v. 40). S’il nous faut
recevoir une foi qui nous fait vivre les tempêtes dans le repos, nous
pouvons néanmoins prier le Seigneur pour qu’il nous fortifie dans notre
volonté de lui obéir, et il le fera.
Nous devons souvent avouer que dans nos épreuves, nous demandons
souvent à l’Esprit de nous fortifier pour sortir de celle-ci, pas pour la
traverser. Or le Seigneur nous montre qu’elle doit être notre position :
« Pas ma volonté, mais la tienne ». Et la force nous sera donnée par grâce
pour traverser toutes nos tempêtes.
Quatrième point : « Et ils crachaient contre lui, prenaient le roseau, et
frappaient sur sa tête. Après s'être ainsi moqués de lui, ils lui ôtèrent le
manteau, lui remirent ses vêtements, et l'emmenèrent pour le crucifier »
(Matthieu 27 v. 30 et 31).
Ce sont les hommes qui ont amené le Seigneur à la croix ; ce sont les
hommes qui ont jeté Jonas à la mer ; c’est par les mains de Marie que le
vase fut brisé ; c’est par les mains des hommes de Nabucadnetsar que
Shadrak, Méshak et Abed-Nego, furent jetés dans la fournaise. Il y a
comme cela une multitude d’exemples dans la Bible qui confirment ce
principe divin.
Notre Dieu se servira souvent d’hommes et de femmes, ayant un certain
pouvoir sur nous, pour nous faire vivre notre croix. Vous vous souvenez
de ce que va dire Jésus à Pilate, dans le prétoire ? : « Ne sais-tu pas que
j'ai le pouvoir de te crucifier, et que j'ai le pouvoir de te relâcher ? Jésus
Édition - Association Bible et Foi Page 48
répondit : Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en
haut » (Jean 19 v. 10 et 11). Oui, Dieu peut donner un certain pouvoir aux
hommes envers nous, il sait très bien ce qu’il fait.
Le problème, c’est que nous, nous ne le savons pas, nous ne
l’acceptons pas, nous ne le croyons pas. Supporter ainsi l'injustice, en
nous taisant, sans murmurer, sans nous justifier, c'est imiter le Christ. En
portant nos péchés à notre place, Christ a souffert injustement ; d'après
son exemple, nous devons être prêts aussi à souffrir injustement, même
de la part de ceux et celles qui nous sont proches !
« Soyez soumis en toute crainte à vos maîtres, non seulement à ceux
qui sont bons et doux, mais aussi à ceux qui sont d'un caractère difficile.
Car c'est une grâce que de supporter des afflictions par motif de
conscience envers Dieu, quand on souffre injustement. En effet, quelle
gloire y a-t-il à supporter de mauvais traitements pour avoir commis des
fautes ? Mais si vous supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui
est bien, c'est une grâce devant Dieu » (1 Pierre 2 v. 18 à 20).
C'est à propos de choses toutes ordinaires que Pierre prononce ces
paroles importantes, nous présentant Christ comme notre garant et notre
modèle. Sommes-nous vraiment conscients de cette vérité spirituelle ?
Supporter de souffrir injustement de la part de nos semblables n’est certes
pas facile. Il y a là non seulement préjudice et douleur, mais encore un
sentiment d'humiliation et d'injustice, qui réveille la conscience de nos
droits pour nous faire réagir.
C’est exactement cette séduction que le diable a employé vis-à-vis de
Jésus dans le désert : « Si tu es Fils de Dieu » (Matthieu 4 v. 6). Combien
je l’entends séduire de nombreux chrétiens autour de moi : « Si tu es
chrétien, si tu es fils de Dieu, tu ne devrais pas accepter ceci ou cela ! Tu
devrais te battre, employer la force de Dieu pour te sortir toi-même de
cette tempête. Tu devrais dire ses quatre vérités à celui qui t’offense. Tu
devrais réagir face à l’injustice, tu es dans ton droit de réagir et de
demander à Dieu de te faire justice ».
Dans ce qui nous arrive par l'entremise des hommes, il n'est pas toujours
facile de discerner la volonté de Dieu, et de nous dire aussitôt, qu'il permet
cette épreuve pour nous aider à renoncer à nos droits.
Édition - Association Bible et Foi Page 49
Étudions ce modèle ; il nous apprendra ce qui lui donnait la force de
supporter patiemment l'injustice. Christ voyait dans la souffrance la
volonté de Dieu, il voyait la providence qui le conduisait exactement à
l’endroit où il devait être. N’oublions pas que le Christ ne cherchait pas sa
propre volonté, mais celle de son Père ; c’était même sa nourriture.
Il connaissait les Écritures, déclarant que le serviteur de Dieu doit souffrir.
Cette pensée lui était devenue familière, de sorte qu'à l'arrivée de la
souffrance, il n'en fut pas surpris. Il l'attendait, il savait qu'elle devait
contribuer à son élargissement spirituel. Il n'eut donc pas l'idée de
chercher comment il pourrait s'en délivrer, comme les disciples dans la
barque, mais plutôt comment il pourrait glorifier Dieu par là-même.
Ceci le rendit capable de supporter tranquillement la plus grande injustice
que la terre a portée. Il voyait là la main de Dieu ; il savait que si un homme
prenait pouvoir sur lui, c’était la volonté de son Père : « Tu n'aurais sur moi
aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut » (Jean 19 v. 10 et 11).
Voyez-vous, il est vraiment possible de souffrir injustement dans le même
esprit que Christ ; il nous faut pour cela nous accoutumer à reconnaître la
main de Dieu dans tout ce qui nous arrive. Il faut que notre foi soit
consolidée par la lumière de la Parole. Ce que Jésus veut nous enseigner
à travers ce sujet est plus important que nous le pensons.
Qu'il s'agisse de quelque injustice dans des choses graves, ou de
quelque petite offense du courant de chaque jour ; avant d'arrêter notre
pensée sur la personne qui en est la raison, et de vouloir nous justifier,
prenons du recul, et rappelons-nous ceci : « Dieu permet cette épreuve
sur ma route car il veut m’élargir ; alors je me dois d’accepter l’humiliation
sans ouvrir la bouche comme mon maître. Cette épreuve, grande ou
petite, me vient de Dieu, elle est sa volonté à mon égard ; et ce n’est
certainement pas faire l’apologie de la souffrance, mais simplement
ressembler à Christ ».
N’oublions jamais que c’est Dieu qui a permis que poussent les épines
qui ont blessé son Fils : « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce
aux humbles. Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin
qu'il vous élève au temps convenable ; et déchargez-vous sur lui de tous
vos soucis, car lui-même prend soin de vous » (1 Pierre 5 v. 5 à 7).
Édition - Association Bible et Foi Page 50
Christ croyait que Dieu prendrait soin de ses droits, de son honneur, et
surtout de son avenir. Nous avons en nous un sentiment inné de justice
qui vient de Dieu ; mais le chrétien qui vit encore dans sa chair veut avoir
son honneur vengé dès ici-bas, il veut qu’on lui fasse justice, tandis que
celui qui est assis avec Christ dans les lieux célestes, se contente de
laisser à Dieu le soin de venger son honneur et ses droits ; il se sait en
sûreté dans la main de Dieu. Ainsi faisait notre Seigneur Jésus. Pierre
nous dit « qu'il s'en remettait à celui qui juge justement » (1 Pierre 2 v. 23),
sans rien essayer de faire par lui-même pour se justifier.
L’humiliation, l’injustice, l’abandon, la critique, font partie de la croix.
C'était une chose entendue entre le Père et le Fils, que Christ n'avait pas
à prendre soin de son honneur lui-même ; mais seulement de celui de son
Père, et que son Père pourvoirait à la gloire du Fils. Qu'en ceci les
chrétiens suivent l'exemple de Christ et il en retirera beaucoup de paix et
de repos d'esprit dans les vies chrétiennes et dans les églises. Plaçons
sous la garde de Dieu nos droits, notre honneur, notre justice ; recevons
chaque offense avec la ferme confiance que Dieu veille sur nous et prend
soin de nous, « nous en remettant à celui qui juge justement ».
« C'est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu'il le faut, vous
soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que
l'épreuve de votre foi, plus précieuse que l'or périssable qui cependant est
éprouvé par le feu, ait pour résultat la louange, la gloire et l'honneur,
lorsque Jésus-Christ apparaîtra, lui que vous aimez sans l'avoir vu, en qui
vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d'une joie ineffable et
glorieuse » (1 Pierre 1 v. 6 à 8).
Cinquième point : « …sauve-toi toi-même ! Si tu es le Fils de Dieu,
descends de la croix ! » (Matthieu 27 v. 40). Un point important pour le
croyant qui accepte la croix dans sa vie, est celui d’être très attentif aux
ruses du diable. Lorsque nous acceptons l’épreuve, la tentation d’agir par
nous-mêmes sera très forte.
Le diable, à travers les hommes et nos pensées, nous poussera à trouver
une solution humaine à nos problèmes. Il va essayer de provoquer chez
nous une spiritualisation de moyens humains pour sortir de notre tempête.
Édition - Association Bible et Foi Page 51
Imaginez-vous Moïse essayant de construire des embarcations pour
traverser la mer Rouge ; c’est-à-dire un moyen humain pour contourner
l’obstacle que Dieu avait placé intentionnellement devant lui. Ébloui par
ses propres raisonnements, Moïse n’aurait pas compris que Dieu avait
décidé de baptiser le peuple en lui ; et de faire mourir Pharaon dans la
mer. Pharaon, étant le symbole fort de la mort du pouvoir despotique du
péché et de la loi, à travers notre propre baptême en Jésus-Christ.
Sixième point : « Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce
qu'ils font » (Luc 23 v. 34).
Christ croyait à la puissance de l'amour qui sait souffrir injustement. Nous
reconnaissons tous qu'il n'est pas de plus grande puissance que celle de
l'amour. C'est par là que Christ a vaincu l'inimitié du monde. Toute autre
victoire n'obtient qu'une soumission forcée, l'amour seul opère le véritable
pardon, et la véritable victoire, qui permet au Père de répandre son propre
pardon. Nous admettons tous cette vérité en théorie, mais nous
reculons souvent devant son application lorsque les hommes nous
trahissent. Christ l'a mise en pratique sur la croix, en réponse à la trahison
des hommes. Il a cru que, par le silence, la soumission, la souffrance, il
gagnerait sa cause, parce que c'est ainsi que l'amour obtient la victoire.
Le pardon de Dieu nous donne droit à toutes les bénédictions spirituelles
qui nous sont préparées en Jésus-Christ. Jamais, ni ici-bas, ni dans
l'éternité, le racheté ne pourra oublier qu'il est un pécheur pardonné. C'est
à pardonner que Dieu trouve sa gloire et son bonheur. Et c'est cette gloire
et ce bonheur que Dieu veut faire partager à ses rachetés, quand il les
appelle à pardonner eux-mêmes toutes les offenses dont ils sont victimes.
Après l'ascension de Jésus, l’Écriture nous dit que nous devons pardonner
comme lui : « Comme Christ vous a pardonné, vous aussi faites de
même ».
Voilà ce qu'enseignent les Écritures ; mais, que disent la vie et
l'expérience des chrétiens ? Hélas ! Combien d'entre nous pratiquent à
peine ce que la Bible dit sur ce sujet, ou trouvent toujours dans leur cas
particulier des raisons pour se dispenser d'obéir et pour murmurer contre
celles et ceux qui leur font du mal.
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Jamais les excuses ne manquent, et pourtant le commandement est clair
autant que l'avertissement qui le suit est solennel : « Comme Christ vous
a pardonné, vous aussi faites de même » ; « Si vous ne pardonnez pas
aux hommes leurs offenses, votre Père ne vous pardonnera pas non plus
les vôtres » (Matthieu 6 v. 15). C’est en nous conformant à l'exemple de
Christ, plutôt qu’à obéir aux désirs vengeurs de notre chair, que la croix
obtiendra le résultat espéré. Le pardon n’est pas une option : « Si vous ne
pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus
vos offenses ».
Et si cela nous paraît trop difficile, trop élevé pour nous, souvenons-nous
que c'est notre cœur naturel qui parle ainsi. Notre nature pécheresse ne
goûte pas cette joie-là et ne peut jamais l'obtenir. Mais dès que nous
sommes unis à Christ dans l’obéissance, nous le pouvons par sa force
qu’il manifeste en nous ; celui qui demeure en Christ marche comme lui-
même a marché.
Et même lorsque nous subirons les injustices humaines, il nous faut
pardonner comme lui, Jésus, Fils de Dieu, a pardonné à ceux qui le
crucifiaient. Voilà la règle de conduite de notre vie. Jésus, qui a donné ce
commandement, nous donnera aussi la force de l'accomplir, pour nous
amener plus profondément dans sa plénitude, c’est un passage
obligatoire.
Là encore, il faut que les yeux de notre cœur soient ouverts par l’Esprit.
Nous nous verrons alors unis à Christ lorsqu’il pardonnait l’impardonnable.
Notre identification à Christ nous poussera à laisser Christ pardonner à
quiconque nous offense. Nous ne serons que le canal du pardon de Christ.
Septième point : « Jésus s'écria d'une voix forte : mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Matthieu 27 v. 46).
Cette question trouve sa réponse en Daniel 3 v. 26 : « Schadrac,
Méschac et Abed-Nego sortirent du milieu du feu. Les satrapes, les
intendants, les gouverneurs, et les conseillers du roi s'assemblèrent ; ils
virent que le feu n'avait eu aucun pouvoir sur le corps de ces hommes,
que les cheveux de leur tête n'avaient pas été brûlés, que leurs caleçons
n'étaient point endommagés, et que l'odeur du feu ne les avait pas
atteints » (Daniel 3 v. 26 et 27).
Édition - Association Bible et Foi Page 53
Nous voyons que la fournaise n’a pas eu d’impact sur leur vie. Pourtant,
il y a bien quelque chose que la fournaise leur a enlevé : « Eh bien, je vois
quatre hommes sans liens » (Daniel 3 v. 25).
Oui, leurs liens ont disparu dans le feu de l’épreuve. Et pour nous la leçon
est merveilleuse, car nos fournaises vont nous purifier également de tout
ce qui nous lie : notre sagesse personnelle, notre caractère, nos péchés,
nos sentiments et émotions, notre volonté propre, notre propre justice,
etc...
Lorsque les hommes vont nous regarder, ils constateront un changement
spirituel, un élargissement spirituel ; une liberté céleste croissante qui va
être pour eux un témoignage de la puissance et de la grâce de Dieu. À la
question : « Pourquoi m'as-tu abandonné ? », Dieu répond à son Fils :
« Je désire te délivrer de tout ce qui te limite sur la terre ; je désire t’élargir
pour que ton royaume s’élargisse. Je désire te multiplier comme tu as
multiplié les pains et les poissons en faveur de l’humanité, mais pour cela,
je dois te briser entre mes mains comme tu as brisé les pains entre les
tiennes ».
Cette question trouve une autre réponse en Job chapitre 19. Job nous
montre la conduite à tenir dans toutes nos fournaises ; que cela soit en
pensées, en paroles, ou en actions, nous devons être imprégnés de la
même conviction : « Mais je sais que mon rédempteur est vivant, et qu'il
se lèvera le dernier sur la terre. Quand ma peau sera détruite, il se lèvera ;
quand je n'aurai plus de chair, je verrai Dieu. Je le verrai, et il me sera
favorable ; mes yeux le verront, et non ceux d'un autre ; mon âme languit
d'attente au dedans de moi » (Job 19 versets 25 à 27).
Il est tellement animé et convaincu de ce fondement que sa foi le pousse
même à prophétiser ce qui va lui arriver : « Je le verrai, et il me sera
favorable ; mes yeux le verront, et non ceux d'un autre ». Souvenez-vous,
il va le proclamer à la fin de son épreuve : « mais maintenant mon œil t'a
vu ».
À la question de Job : « Pourquoi m'as-tu abandonné ? », à travers son
expression : « L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté » (Job 1 v. 21), Dieu lui
répond : « Il se trouve dans ta vie un voile de séparation, que tu ne connais
pas, qui t’emprisonne et qui rétrécit ta perception spirituelle de Dieu. Il faut
qu’une forme de propre justice meurt en toi, qu’elle soit brisée, afin que
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les yeux de ton cœur s’élargissent sur une connaissance nouvelle et
élargie de ma propre justice. Par le moyen de la maladie, je t’éprouve pour
susciter en toi un accroissement de ma personne à tes yeux ! »
L’épreuve ayant atteint le but de Dieu, Job proclama : « Mon oreille avait
entendu parler de toi ; mais maintenant mon œil t'a vu » (Job 42 v. 5).
Huitième point : « Père, je remets mon esprit entre tes mains » (Luc 23
v. 46).
Quand il n’y a plus d’espoir de nous sortir nous-mêmes de nos situations
difficiles ; lorsque nous avons renié nos forces naturelles pour laisser la
place à l’œuvre du Créateur ; alors se réalise miraculeusement une
puissante transformation intérieure.
La mort de quelque chose s’opère en nous, et laisse la place à la vie de
résurrection. Dans la détresse, dans l’épreuve, à travers nos tempêtes et
nos fournaises, Dieu élargit nos vies pour libérer son esprit, afin que les
vertus célestes de Christ prennent toutes leurs places : « la plénitude de
celui qui remplit tout en tous » (Éphésiens 1 v. 23).
Voici en quelques mots quelle sera notre propre victoire dans l’épreuve.
Jonas, Job, Joseph, Jacob, et tant d’autres par les siècles, ont été
victorieux au moment où ils ont souffert l’œuvre de la croix dans les
profondeurs de leur vie. En attendant en silence le secours de leur Dieu ;
un brisement intérieur leur a permis de s’abandonner plus complètement
entre les mains du Créateur.
Pour les regards profanes, cela peut ressembler plus à une défaite qu’à
une victoire, mais les voies de Dieu ne sont pas les nôtres. En réalité, dans
leur humilité, Dieu bâtissait en eux un élargissement spirituel, leur
permettant d’atteindre un niveau spirituel supérieur.
Afin d’atteindre son but, Dieu a employé une méthode extraordinaire ;
l’œuvre de la grâce va détruire ce qui appartient à l’ancienne création,
pour mieux mettre en valeur ce qui concerne la nouvelle ! Je laisse sur
votre cœur les paroles qui résument assez bien cette œuvre ; celles
prononcées par celui que Jésus a considéré comme étant le plus grand
des prophètes, Jean-Baptiste : « Il faut qu'il croisse, et que je diminue »
(Jean 3 v. 30).
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Chapitre huit
Conclusion
Dans la vie chrétienne, comme on la comprend ordinairement aujourd’hui,
où chacun cherche à remplir par ses propres efforts sa vocation de
racheté ; ou chacun fait ce qui lui semble bon du mieux qu’il peut, il est
impossible d’être en conformité à l'image du Seigneur.
Au contraire, cette conformité est possible dans la vie de celui qui
cherche la vérité plus que tous les trésors de la terre ; qui renonce à lui-
même en portant sa croix ; qui s'abandonne au Seigneur pour recevoir
toutes les révélations de la Parole dont il a besoin pour son élargissement ;
qui remet tout entre les mains du Créateur avec la confiance qu'il fera
constamment tout à merveille ; qui a vu avec les yeux de son cœur qu’il a
été crucifié au monde et à lui-même.
Si nous comparons nos souffrances à celles de notre Seigneur, elles sont
bien légères. La Bible nous dit que le Seigneur Jésus a méprisé l'ignominie
et enduré les souffrances de la croix. Ce que traverse un croyant est
beaucoup moins sévère que ce que le Seigneur a subi ! Le Seigneur Jésus
a méprisé l'ignominie et enduré les souffrances de la croix jusqu'à ce que
le sang soit répandu. Bien que nous souffrons aussi l'ignominie, et que
nous endurons la croix, nous n’avons pas encore résisté jusqu'au sang.
Quand le Saint-Esprit vient glorifier Jésus en nous, c’est sous deux
aspects qu’il nous révèle sa gloire : il révèle Christ en nous par la
révélation de la Parole, car c’est par l’Esprit de Dieu que nous recevons
toute notion vivante, toute connaissance véritable et vivante de Christ ; et
deuxièmement, l’Esprit nous discipline et brise toute résistance en nous,
afin que nous ayons la capacité de marcher par notre esprit.
À notre conversion, nous sommes des enfants en Christ charnels et
autosuffisants. Christ est entré en nous comme un faible nouveau-né qui
ne demande qu’à grandir pour l’édification du temple de notre vie.
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L’Esprit de Dieu nous discipline alors et nous élargit dans la lumière, pour
permettre à Christ de se développer et de s’accroître en nous, et qu’il soit
« formé en nous » (Galates 4 v. 19).
Chers amis, que le Seigneur applique ces vérités à nos cœurs par sa
grâce. D’un côté pour nous détacher des choses de ce monde et de nous-
mêmes, et d’un autre, pour nous attacher à sa venue en personne, afin
que nous nous purifions, comme il est pur.
Non, il n’est rien qui puisse mieux nous montrer ce que doit être notre
sanctification, et la provoquer en nous ; rien qui puisse autant nous
consoler, nous ranimer et nous identifier avec celui qui a souffert pour
nous, afin que nous qui souffrons, nous régnions avec lui, cohéritiers en
gloire. Assurément, si l’on attendait davantage le Seigneur de jour en jour,
il y aurait un réel renoncement, qui n’apparaît pas beaucoup parmi les
chrétiens d’aujourd’hui.
Dieu nous propose son aide précieuse pour notre propre élargissement,
afin de contempler sa gloire, pour que toute pensée devienne captive en
Christ ; pour que tout obéisse à Christ ; pour que de notre nature ainsi
renouvelée, s’élève ce chant de louange dans le pays de la promesse :
« Gloire à celui qui est assis sur le trône ! » (Apocalypse 5 v. 13)
« Tes oreilles entendront derrière toi la voix qui dira :
Voici le chemin, marchez-y ! »
Ésaïe 30 v. 21
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« Que l’Éternel te bénisse, et qu’il te garde !
Que l’Éternel fasse luire sa face sur toi, et qu’il t’accorde sa grâce !
Que l’Éternel tourne sa face vers toi, et qu’il te donne la paix ! »
Livre des nombres chapitre 6 versets 24 à 26
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