REPUBLIQUE DU BENIN
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE D’ABOMEY CALAVI(UAC)
ECOLE POLYTECHBIQUE D’ABOMEY CALAVI(EPAC)
Cours : Résistance Des Matériaux(RDM)
GENERALITES
La méthode des déplacements ou des déformations est une des méthodes les
plus utilisées pour le calcul des systèmes hyperstatiques. Les déformations
(rotations et translations) sont les inconnus. Les déformations observées dans
une structure sont provoquées par l’action d’une ou de plusieurs forces. Ces
déformations sont dues aux distributions simultanées du moment fléchissant,
de l’effort tranchant et de l’effort normal. Les hypothèses simplificatrices
suivantes sont faites pour cette méthode :
Les déformations engendrées par l’effort tranchant sont négligeables
devant celles engendrées par le moment fléchissant et ne seront donc
pas prises en compte.
Les déformations engendrées par l’effort normal sont négligeables
devant celles du moment fléchissant et ne seront donc pas prises en
compte. La longueur d’une barre reste la même avant et après
déformation.
Figure 1 : Hypothèses simplificatrices
Lorsqu’une structure se déforme, les éléments qui la composent subissent des
déplacements. Un déplacement est tout simplement un changement de
position, donc le fait de quitter une position initiale pour une position finale.
Lorsque l’élément dans son changement de position (déplacement), suit une
ligne droite (se déplace suivant un vecteur fixe), on dit qu’il fait un mouvement
de translation. On dira qu’il effectue un mouvement de rotation lorsqu’il se
déplace suivant une courbe ou un arc. Dans ce cas, l’élément en mouvement de
rotation fait un déplacement angulaire. Dans la méthode des forces, les
éléments dont les déplacements nous intéressent sont les nœuds. On dira
qu’un point quelconque est un nœud, lorsqu’en ce point se trouve un appui
(simple, double, rotule ou encastrement) ou lorsqu’il est le lieu de rencontre
d’au moins deux barres. Si nous nous trouvons dans le deuxième cas, nous
dirons que ce nœud est un nœud intermédiaire. Ainsi donc l’élément
effectuant un mouvement de translation ou de rotation ici est un point et non
un ensemble de points.
Figure 2 : différents nœuds d’une structure
Nous avons deux types de nœud intermédiaires :
Les nœuds intermédiaires rigides qui sont des encastrements (existence
d’un moment).
Figure 3 : exemple de nœud rigide
Les nœuds intermédiaires articulés (moment nul).
Figure 4 : exemple de nœud articulé
Lorsque la ligne suivant laquelle un nœud effectue une translation est parallèle
a une droite horizontale, on dit que cette translation est horizontale.
Si elle est parallèle a une droite verticale, on parle de translation verticale.
Nous n’aurons qu’à étudier ces deux cas dans ce chapitre.
Figure 5 : différents types de translations
Evaluation du nombre de possibilités de déplacement des nœuds
Mouvement de rotation
Les nœuds (points d’appuis) ne peuvent subir des déplacements angulaires. Il
en revient donc que seuls les nœuds intermédiaires rigides peuvent subir de
déplacements angulaires. Dans une structure ou un portique, le nombre de
possibilité de déplacement angulaires (mouvement de rotation) des nœuds est
le nombre total de nœuds intermédiaires rigides.
𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑟𝑜𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑛𝑜𝑒𝑢𝑑𝑠
𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑚é𝑑𝑖𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠 𝑟𝑖𝑔𝑖𝑑𝑒
(𝑁𝑟) =
Figure 6 : exemple de portique pour détermination des possibilités
déplacement
Sur la figure, nous distinguons cinq (05) possibilités de rotations à cause des
cinq nœuds intermédiaires rigides (G, H, D, E et F). Le nœud intermédiaire I
n’étant pas rigide.
Mouvements de translation
Méthode de comptage direct
Un nœud intermédiaire a la possibilité de faire un mouvement de translation
verticale si et seulement si la droite d’action d’une force (réaction d’appuis) se
confond à la ligne droite qu’aurait décrit la translation verticale de ce point. Un
nœud intermédiaire n’a pas la possibilité de faire un mouvement de translation
horizontale si et seulement si la droite d’action d’une force (réaction d’appui)
se confond à la ligne droite qu’aurait décrit la translation horizontale de ce
point.
Figure 7 : Schéma type montrant les blocages de translations
La translation verticale du nœud 1 est bloquée à cause de la réaction verticale
RA dont la droite d’action est confondue avec la ligne de translation verticale de
nœud 1. La même chose s’observe au niveau de la translation verticale du
nœud 2 bloquée cette fois par la réaction verticale R B. Les lignes de translation
horizontales des nœuds 1 et 2 sont confondues et se distinguent clairement
des droites d’actions des réactions horizontales H A et HB. Ces deux nœuds ont
donc la possibilité de faire une translation horizontale.
NB : Dans l’évaluation du nombre de possibilité de translations, nous
compterons une seule fois la translation horizontale (car les lignes de
translations des deux nœuds sont confondus). Dans le cas où ces deux lignes de
translations ne seraient pas confondues entre elles ni confondues à une droite
d’action de réaction d’appuis, nous compterons deux fois la translation
horizontale. Le nombre total de translations (verticale et horizontale) possible
dans une structure ou un portique est la somme des nombres de translation
(verticale et horizontale) de chacun de ses nœuds intermédiaires et des nœuds
d’appuis si possible.
Nt=∑ ni
n
i=1
Remarque :
Au niveau d’un nœud d’appuis double ou d’encastrement, il n’y a aucune
de translations (présence d’une double réaction d’appuis en parlant de
forces)
Au niveau d’un nœud d’appuis simple il n’y a qu’une seule translation
(l’autre translation étant bloquée par la seule réaction d’appuis).
Evaluons sur la figure 6, les possibilités de translations : Nous avons trois
translations horizontales (une pour les nœuds G, H et I ; une autre pour les
nœuds D, E et F. La troisième translation est celle au niveau de l’appui simple
du nœud A.
Méthode de formules
Pour évaluer le nombre de possibilité de translation d’une structure on se sert
parfois des formules dont la plus utilisée est :
𝑁𝑡 = 2𝑛 − (𝑏 + 𝑙)
Où :
n : désigne le nombre total de nœuds (nœuds d’appuis et nœuds
intermédiaires);
b : est le nombre de barres ;
l : désigne le nombre de réactions d’appuis (verticale et horizontale seulement).
contient 𝑛 = 9 ; 𝑏 = 10 ; 𝑙 = 5.
La figure pour laquelle nous avions évalué le nombre total de translation
Nous avons donc 𝑁𝑡 = 2𝑥9 − (10 + 5) = 3 Ceci rejoint parfaitement notre
évaluation précédente.
Si la présence de rotule dans le système gène dans l’évaluation (dans le cas
précis où l’on fait l’évaluation par la toute première méthode ; celle de
comptage direct), nous pouvons évaluer le nombre total de translation en
introduisant des rotules dans tous les nœuds y compris les encastrements (les
appuis simple et double en possèdent déjà, on n’aura pas besoin d’introduire
identique à la précédente 𝑁𝑡 = 2𝑁𝑂 − 𝐶𝑂 − 𝐷
dans ces appuis une rotule). L’évaluation se fait en appliquant une formule
Ici
NO : désigne toujours le nombre total de nœuds ;
CO : est le nombre total de rotules introduites dans les nœuds intermédiaires
rigides.
D : désigne le nombre de disques allant de rotule à rotule.
Entre deux rotules consécutives, nous avons un disque. En appliquant cette
façon d’évaluation à figure 6, on obtient la figure 7.
Soit Nt = 2𝑥 9 – 5 – 10 = 3
Figure 8 : Portique avec rotules introduites
Nous avons 9 nœuds au total ; 9 rotules (8 introduites et 1 existante dans
l’appui simple) et 10 disques. Le nombre total de translation est alors 3. Les
formules sont identiques, la seule différence ici est l’introduction de rotule
dans les nœuds.
Une autre formule est aussi utilisée pour la détermination du nombre total de
translation. Elle se base sur le même principe que la précédente. On commence
donc par introduire des rotules dans les nœuds et on évalue les possibilités de
translation par la formule suivante :
𝑁𝑡 = 3𝐷 − 2𝑅𝑂 − 𝐵𝑎 ; avec
D : est le nombre de disques (barres) formants le portique ;
Ba : est le nombre de barres d’appuis (réactions verticales et horizontales) ;
RO : est le nombre de rotules simples (unitaires) existantes et introduites dans
les nœuds rigides seulement, sans les rotules au niveau des appuis.
Le nombre de rotule à un nœud intermédiaire rigide, point de rencontre de n
barres est (𝑛 − 1). Le nombre de rotule par exemple à un nœud où 4 barres se
rencontrent est 3.
Si on applique cette dernière formule à la figure 6, on a
𝐷 = 10 ; 𝑅𝑂 = 11 (1 aux nœuds G et I ; 2 aux nœuds H, D et F ; 3 au nœud E)
𝐵𝑎 = 5 (1 en A et 2 en B et C)
𝑁𝑡 = 3𝑥10 − 2𝑥11 − 5 = 3
NB : Lorsque le principe de comptage des possibilités de translation est bien
maitrisé, il est simple et rapide dans l’application.
Notion de structures à nœuds déplaçables et de structures à nœuds non
déplaçables Un portique ou une structure est déplaçable ou à nœuds
déplaçables si ces nœuds intermédiaires ou d’appuis peuvent effectuer un
mouvement de translation. Qu’il y ait possibilité de rotation ne nous intéresse
pas
N t= 2n – (b + l) = 2.6 – (6 + 4) = 2
Figure 9 : Portique à nœuds déplaçables
Un portique ou une structure est non déplaçable ou à nœuds fixes lorsque ses
nœuds intermédiaires ne peuvent subir que des mouvements de rotation.
Autrement dire, la structure est à nœuds fixes lorsque ses nœuds
intermédiaires ou d’appuis ne peuvent effectuer un mouvement de translation.
Nt= 2n – (b + l) = 2.3 – (2 + 4) = 0
=> Le nombre de translation est nul
Figure 10 : portique à nœuds fixes
Nombre d’inconnues de la méthode
Nous avions dit auparavant que la méthode des déplacements ou des
déformations est la méthode utilisée pour résoudre les systèmes ou portiques
hyperstatiques. Elle s’intéresse aux déplacements subits par les nœuds du
portique lors de sa déformation. Il s’agit donc d’un problème cinématique. Les
inconnues de la méthode des déplacements sont donc des inconnues
cinématiques. Ces inconnues cinématiques ne sont rien d’autre que les
différentes possibilités de déplacement des nœuds du portique. Les inconnues
cinématiques, donc les inconnues de la méthode sont la somme du nombre de
rotation et de translation du système.
𝑁 = 𝑁𝑟 + 𝑁𝑡
Remarque : Le nombre d’inconnues de la méthode des déplacements se
distingue clairement du degré d’hyperstaticité d’un système hyperstatique qui
est une inconnue statique.
Principe de blocage des déplacements
Pour bloquer les déplacements, on introduit dans les nœuds du système, des
liaisons empêchant leurs déplacements. Ces liaisons sont de deux types
correspondant aux deux types de déplacements (translation et rotation) :
- Les liaisons empêchant la rotation des nœuds ; ces liaisons sont des
encastrements ;
- Les liaisons empêchant le déplacement linéaire des nœuds ; ces liaisons
sont des barres d’appuis (appuis simple).
Les encastrements placés au niveau des nœuds s’opposent seulement aux
rotations des nœuds, mais n’empêchent pas le déplacement linéaire de ces
derniers. C’est la raison pour laquelle on les appelle encastrements
flottants.
Figure 11 : Exemple d’un portique et principe de blocages des déplacements de
ses nœuds
Formation du système de base pour la résolution du système
Le système de base s’obtient en bloquant tous les déplacements possibles du
système. On affecte à chaque déplacement bloqué, une inconnue noté Zi. Pour
n déplacements bloqués, nous aurons n inconnues (Z) correspondant aux n
inconnues de la méthode.
Système initiale
Système de base
Figure 12 : Exemple de système de base
Il est aisé de constater qu’on ne peut avoir avec cette méthode, plusieurs
possibilités de système de base car il n’y a qu’une façon de bloquer les
déplacements des nœuds. Le système de base est donc unique.
LES DIFFERENTES ETAPES DE RESOLUTION D’UN SYSTEME
HYPERSTATIQUE PAR LA METHODE DES DEPLACEMENTS
Lorsque nous maitrisons les généralités sur la méthode des déplacements,
nous pouvons alors chercher à comprendre, comment on résout les systèmes
hyperstatiques par une telle méthode.
Etapes chronologiques de résolution
Déterminer le nombre d’inconnues cinématiques
Etablir le système de base
Ecrire le système d’équations canoniques
Tracer les diagrammes des moments des forces extérieures et des
déplacements unitaires
Déterminer les coefficients canoniques
Résoudre le système d’équations
Corriger les diagrammes des moments induits par les déplacements
supposés unitaires
Tracer le diagramme final des moments fléchissant
Exercice 1 :
Calcul des structures à nœuds fixes (ou à nœuds (non déplaçable))
On considère le portique suivant, construire le diagramme du moment
fléchissant, fléchissant, de l’effort trancha, t et de l’effort normal. EI est
constante.
Le nombre d’inconnus hyperstatique :
- Le nombre de translations
nt= 2n – (b + l ) = 2*3 – ( 2 + 4 ) = 0
꓿> Pas de translation (Structure à nœuds fixes (non déplaçable)).
- Le nombre de rotation nr on bloque le nœud intermédiaire (le nœud B)
Système de base :
Système d’équations canonique :
r11Z1 + R10 = 0
On trace le diagramme unitaire (m1) et celui des charges extérieures (MO)
Etat 0 : charges extérieures ≠ 0 et Z1 = 0
Etat 1 : Charges extérieures = 0 et Z1 = 1
-calculer les déplacements rij
-correction du diagramme unitaire
¿
Diagramme corrigé m1 = m1 z 1
- Les diagrammes finaux
M f = M 0 + m¿1
EXERCICE 2
Le portique est constitué de barres identiques (l=3m). Tracer le diagramme des moments fléchissants
Mf.
- Le nombre d’inconnus hyperstatique :
Le nombre de translation nt = 2n – (b + l)= 2*4 – (3 + 2) = 1
⇒ Portique à nœuds déplaçables (une translation)
Le nombre de rotation nr =2 on bloque deux nœud intermédiaire (le nœud C et D)
- n=nt + nr = 1 + 2 = 3 (une translation (déplacement linaire) Z3 et deux rotations
(déplacements angulaires) ( Z1 et Z 2)
- système de base :
- Diagramme des moments fléchissants :
Etat 0 : charges extérieurs≠ 0 et Z 1=Z2 =Z 3
Etat 3 : charges extérieurs¿ 0 et Z 1=Z 2=0 et Z 3=1
- Calcul des rij
- Système d’équation canoniques :
r 11 Z 1+r 12 Z 2 +r 13 Z 3 6+ R10=0 Z1 =0.032
r 2 1 Z 1+ r 2 2 Z 2+ r 23 Z3 6+ R 20 =0 ⇒ Z 2=0.314
r 3 1 Z 1 +r 3 2 Z 2+ r 3 3 Z 3 6+ R 3 0=0 Z3 =1.95
- Diagramme final :
M f =M 0 +m1 Z1 +m2 Z 2 +m3 Z 3
CONCLUSION