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ACTE III, Scène IV

Dans cet extrait, Dorante rend visite à Monsieur Jourdain et à sa femme, exprimant son estime pour Jourdain et évoquant des affaires financières entre eux. Covielle, un autre personnage, annonce à Jourdain que le fils du Grand Turc est amoureux de sa fille et souhaite l'épouser, ce qui excite Jourdain. Cependant, Jourdain est préoccupé par le fait que sa fille est déjà amoureuse d'un autre homme, Cléonte.

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ACTE III, Scène IV

Dans cet extrait, Dorante rend visite à Monsieur Jourdain et à sa femme, exprimant son estime pour Jourdain et évoquant des affaires financières entre eux. Covielle, un autre personnage, annonce à Jourdain que le fils du Grand Turc est amoureux de sa fille et souhaite l'épouser, ce qui excite Jourdain. Cependant, Jourdain est préoccupé par le fait que sa fille est déjà amoureuse d'un autre homme, Cléonte.

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ACTE III, scène IV

Dorante, Monsieur Jourdain, Madame Jourdain

DORANTE
Mon cher ami, Monsieur Jourdain, comment vous portez-vous ?

MONSIEUR JOURDAIN
Fort bien, Monsieur, pour vous rendre mes petits services.

DORANTE
Et Madame Jourdain que voilà, comment se porte-t-elle ?

MADAME JOURDAIN
Madame Jourdain se porte comme elle peut.

DORANTE
Comment, Monsieur Jourdain ? vous voilà le plus propre du monde !

MONSIEUR JOURDAIN
Vous voyez.

DORANTE
Vous avez tout à fait bon air avec cet habit, et nous n'avons point de jeunes gens à
la cour qui soient mieux faits que vous.

MONSIEUR JOURDAIN
Hay, hay.

MADAME JOURDAIN
Il le gratte par où il se démange.

DORANTE
Tournez-vous. Cela est tout à fait galant.

MADAME JOURDAIN
Oui, aussi sot par derrière que par devant.

DORANTE
Ma foi ! Monsieur Jourdain, j'avais une impatience étrange de vous voir. Vous êtes
l'homme du monde que j'estime le plus, et je parlais de vous encore ce matin dans la
chambre du Roi.

MONSIEUR JOURDAIN
Vous me faites beaucoup d'honneur, Monsieur. (à Madame Jourdain.) Dans la
chambre du Roi !

DORANTE
Allons, mettez.

MONSIEUR JOURDAIN
Monsieur, je sais le respect que je vous dois.

DORANTE
Mon Dieu ! mettez: point de cérémonie entre nous, je vous prie.

MONSIEUR JOURDAIN
Monsieur.

DORANTE
Mettez, vous dis-je, Monsieur Jourdain: vous êtes mon ami.

MONSIEUR JOURDAIN
Monsieur, je suis votre serviteur.

DORANTE
Je ne me couvrirai point, si vous ne vous couvrez.
MONSIEUR JOURDAIN
J'aime mieux être incivil qu'importun.

DORANTE
Je suis votre débiteur, comme vous le savez.

MADAME JOURDAIN
Oui, nous ne le savons que trop.

DORANTE
Vous m'avez généreusement prêté de l'argent en plusieurs occasions, et m'avez
obligé de la meilleure grâce du monde, assurément.

MONSIEUR JOURDAIN
Monsieur, vous vous moquez.

DORANTE
Mais je sais rendre ce qu'on me prête, et reconnaître les plaisirs qu'on me fait.

MONSIEUR JOURDAIN
Je n'en doute point, Monsieur.

DORANTE
Je veux sortir d'affaire avec vous, et je viens ici pour faire nos comptes ensemble.

MONSIEUR JOURDAIN
Hé bien ! vous voyez votre impertinence, ma femme.

DORANTE
Je suis homme qui aime à m'acquitter le plus tôt que je puis.

MONSIEUR JOURDAIN
Je vous le disais bien.
DORANTE
Voyons un peu ce que je vous dois.
ACTE IV, scène V

Covielle, Monsieur Jourdain

COVIELLE
Je ne suis revenu de tous mes longs voyages que depuis quatre jours ; et par
l'intérêt que je prends à tout ce qui vous touche, je viens vous annoncer la meilleure
nouvelle du monde.

MONSIEUR JOURDAIN
Quelle ?

COVIELLE
Vous savez que le fils du Grand Turc est ici ?

MONSIEUR JOURDAIN
Moi ? Non.

COVIELLE
Comment ? il a un train tout à fait magnifique ; tout le monde le va voir, et il a été
reçu en ce pays comme un seigneur d'importance.

MONSIEUR JOURDAIN
Par ma foi ! je ne savais pas cela.

COVIELLE
Ce qu'il y a d'avantageux pour vous, c'est qu'il est amoureux de votre fille.

MONSIEUR JOURDAIN
Le fils du Grand Turc ?

COVIELLE
Oui ; et il veut être votre gendre.
MONSIEUR JOURDAIN
Mon gendre, le fils du Grand Turc !

COVIELLE
Le fils du Grand Turc votre gendre. Comme je le fus voir, et que j'entends
parfaitement sa langue, il s'entretint avec moi ; et, après quelques autres discours, il
me dit : Acciam croc soler ouch alla moustaph gidelum amanahem varahini oussere
carbulath, c'est-à-dire : "N'as-tu point vu une jeune belle personne, qui est la fille de
Monsieur Jourdain, gentilhomme parisien ?"

MONSIEUR JOURDAIN
Le fils du Grand Turc dit cela de moi ?

COVIELLE
Oui. Comme je lui eus répondu que je vous connaissais particulièrement, et que
j'avais vu votre fille : "Ah ! me dit-il, marababa sahem"; c'est-à-dire "Ah ! que je suis
amoureux d'elle !"

MONSIEUR JOURDAIN
Marababa sahem veut dire "Ah ! que je suis amoureux d'elle" ?

COVIELLE
Oui.

MONSIEUR JOURDAIN
Par ma foi ! vous faites bien de me le dire, car pour moi je n'aurais jamais cru que
marababa sahem eût voulu dire: "Ah ! que je suis amoureux d'elle !" Voilà une
langue admirable que ce turc !

COVIELLE
Plus admirable qu'on ne peut croire. Savez-vous bien ce que veut dire
cacaracamouchen ?
MONSIEUR JOURDAIN
Cacaracamouchen ? Non.

COVIELLE
C'est-à-dire : "Ma chère âme."

MONSIEUR JOURDAIN
Cacaracamouchen veut dire "ma chère âme" ?

COVIELLE
Oui.

MONSIEUR JOURDAIN
Voilà qui est merveilleux ! Cacaracamouchen, "Ma chère âme." Dirait-on jamais
cela ? Voilà qui me confond.

COVIELLE
Enfin, pour achever mon ambassade, il vient vous demander votre fille en mariage;
et pour avoir un beau-père qui soit digne de lui, il veut vous faire mamamouchi, qui
est une certaine grande dignité de son pays.

MONSIEUR JOURDAIN
Mamamouchi ?

COVIELLE
Oui, Mamamouchi; c'est-à-dire, en notre langue, paladin. Paladin, ce sont de ces
anciens. Paladin enfin. Il n'y a rien de plus noble que cela dans le monde, et vous
irez de pair avec les plus grands seigneurs de la terre.

MONSIEUR JOURDAIN
Le fils du Grand Turc m'honore beaucoup, et je vous prie de me mener chez lui pour
lui faire mes remercîments.

COVIELLE
Comment ? le voilà qui va venir ici.

MONSIEUR JOURDAIN
Il va venir ici ?

COVIELLE
Oui; et il amène toutes choses pour la cérémonie de votre dignité.

MONSIEUR JOURDAIN
Voilà qui est bien prompt.

COVIELLE
Son amour ne peut souffrir aucun retardement.

MONSIEUR JOURDAIN
Tout ce qui m'embarrasse ici, c'est que ma fille est une opiniâtre, qui s'est allée
mettre dans la tête un certain Cléonte, et elle jure de n'épouser personne que celui-
là.

COVIELLE
Elle changera de sentiment quand elle verra le fils du Grand Turc; et puis il se
rencontre ici une aventure merveilleuse, c'est que le fils du Grand Turc ressemble à
ce Cléonte, à peu de chose près. Je viens de le voir, on me l'a montré ; et l'amour
qu'elle a pour l'un, pourra passer aisément à l'autre, et. Je l'entends venir : le voilà.

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