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Introduction Les Barbares Les Romains Les Grandes .pdf1

Le document traite des interactions entre les Barbares et les Romains durant l'Antiquité tardive, en mettant l'accent sur les transformations politiques et culturelles survenues au début du Ve siècle. Il présente les contributions d'un congrès international qui explore les présences et absences des populations barbares dans les villes occidentales de cette période. L'ouvrage souligne l'importance des échanges culturels et des dynamiques sociales dans le contexte des Grandes Migrations.

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Le document traite des interactions entre les Barbares et les Romains durant l'Antiquité tardive, en mettant l'accent sur les transformations politiques et culturelles survenues au début du Ve siècle. Il présente les contributions d'un congrès international qui explore les présences et absences des populations barbares dans les villes occidentales de cette période. L'ouvrage souligne l'importance des échanges culturels et des dynamiques sociales dans le contexte des Grandes Migrations.

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Introduction. Les Barbares, les Romains, les Grandes Migrations et leurs


traces archéologiques (phase initiale)

Book · January 2020

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1 author:

Michel Kazanski
French National Centre for Scientific Research
262 PUBLICATIONS 761 CITATIONS

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ROMANIA GOTHICA IV
Barbares dans la ville de l’Antiquité tardive

Joan Pinar Gil (dir.)


Paolo de Vingo
Présences et absences
En 2 010 , l e 16 0 0 e a n n i v e r s a i r e d e l ’ é l e c t i o n
d ’At h a u l f c o m m e r o i d e s W i s ig o t h s a é t é
célébré. Les vicissitudes de ce personnage historique
dans les espaces publics et privés
et de son règne éphémère (410-415 ap. J.-C.) sont un
exemple éloquent d ’une période caractérisée par un
changement rapide de la géographie du pouvoir et par
une mobilité extraordinaire des personnes, des objets
et des idées dans un contexte de multicult uralisme

Présences et absences dans les espaces publics et privés


croissant. Cette éphéméride constitue donc une
invitation aux historiens, philologues, archéologues et
anthropologues à explorer les multiples matérialisations
des échanges et interactions culturels entre « Romains
» et « barbares », ainsi que de nombreux autres aspects

Barbares dans la ville de l’Antiquité tardive


sociaux, politiques, économiques et culturels au début
du Ve siècle en Pannonie, Italie, Gaule et Espagne .

Les contributions incluses dans ce volume


analysent la coexistence des « Barbares » et des
« Romains » dans un contexte topographique et culturel
spécifique : les villes occidentales du Ve siècle. Véritable

ROMANIA GOTHICA IV
point nodal de la civilisation gréco-romaine, la ville de
l ’Antiquité tardive devient un scénario marquant des
processus de transformation politique et idéologique de
l ’ époque. Cependant, les activités d ’un des principaux
acteurs, les populations d’origine barbare, sont souvent
difficiles à encadrer : dans ce contexte spécifique, leurs
absences dans certains domaines peuvent être aussi
impor tantes que les présences at testées , voire plus . Actes du Congrès International,
Museu d’Història de Catalunya
€ 55,00 (Barcelone, 12-13 novembre 2010)
ISBN 978-88-7814-956-4
e-ISBN 978-88-7814-957-1

Paolo de Vingo – Joan Pinar Gil (dir.)


MONOATTI-63
Romania Gothica IV

Barbares dans la ville de l’Antiquité tardive


Présences et absences dans les espaces publics et privés
The Romania Gothica Conference
Comité d’organisation :
Isabella Baldini, Michelle Beghelli, Salvatore Cosentino, Christine Delaplace,
Toni Juárez Villena, Joan Pinar Gil, Tivadar Vida
ROMANIA GOTHICA IV

Barbares dans la ville de l’Antiquité tardive


Présences et absences
dans les espaces publics et privés
Actes du Congrès International,
Museu d’Història de Catalunya
(Barcelone, 12-13 novembre 2010)

Paolo de Vingo – Joan Pinar Gil (dir.)

All’Insegna del Giglio


Ouvrage publié avec le soutien de :

Università degli Studi di Torino,


Dipartimento di Studi Storici

Univerzita Hradec Králové,


Filozofická Fakulta

Associació per la Recerca,


Estudi i Difusió en Antiguitat Tardana

La conférence « Romania Gothica IV » a été organisée par l’Associació per la Recerca, Estudi i Difusió
en Antiguitat Tardana avec le soutien et la collaboration de : Museu d’Història de Catalunya, Ministerio
de Educación del Reino de España, Consolat General de la República d’Hongria a Barcelona, Associació
Professional de Venedors de Premsa de Barcelona i Província, Club Natació Atlètic Barceloneta.

La révision des textes en français a été effectuée par Pascale Champeyrol.

Image de couverture : Vergilius Vaticanus, folio 27r.


Design de couverture : Erika Vecchietti

ISBN 978-88-7814-956-4
e-ISBN 978-88-7814-957-1

© 2020 All’Insegna del Giglio s.a.s.


via Arrigo Boito, 50-52
50019 Sesto Fiorentino (FI)
tel. +39 055 6142 675
e-mail [email protected]
sito web www.insegnadelgiglio.it

Stampato a Sesto Fiorentino, febbraio 2020


BDprint
SOMMAIRE

Paolo de Vingo – Joan Pinar Gil :


Présentation. La fin de l’Antiquité et les tout premiers siècles du haut Moyen Âge :
une nouvelle histoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Michel Kazanski :
Introduction. Les Barbares, les Romains, les Grandes Migrations et leurs traces
archéologiques (phase initiale). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Simon Esmonde Cleary :
Barbarians in the cities of late Roman Britain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Paolo de Vingo :
Pour une archéologie de la frontière romaine tardive dans la Gaule du Nord :
une relecture et une révision des « Föderatengräber » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
Michel Kazanski :
Les objets archéologiques du type Černjahov en Occident romain à l’époque
des Grandes Migrations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
Marc Heijmans :
Arles au V e siècle. Dernier bastion de la Romanité en Provence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Giovanni Assorati :
Quasi adunatam Gothis rem publicam. Il matrimonio tra Ataulfo e Galla Placidia
nel rapporto tra ‘barbari’ e Impero. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
Jean Brodeur :
Des tombes de germains orientaux à Angers (Maine-et-Loire, France). . . . . . . . . . . . . . . . . 107
Salvatore Cosentino :
I barbari e Ravenna nel V secolo. Organizzazione sociale, pratica economica, identità
di gruppo. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
Juan Antonio Jiménez Sánchez :
Los visigodos en las ciudades de la Tarraconense : del establecimiento de Ataúlfo
a la usurpación de Pedro. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
Jordina Sales Carbonell :
El skyline cristiano de Barcino en el siglo V. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
Luís Fontes : Bracara Augusta: de capital da Gallaecia a capital do Reino Suevo. Um cenário urbano
em transformação (sécs. IV-VI) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159
Jorge López Quiroga :
Bárbaros en el Occidente hispano en el siglo V. Límites y posibilidades del registro
arqueológico en contextos urbanos de la Lusitania y la Gallaecia. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171
Joan Pinar Gil :
Vándalos y Alanos en el Suroeste: cuatro apuntes arqueológicos. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
Anna Leone :
Vandal Cities: Changing Urban Forms in 5th Century North Africa. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
BÀRBARS A LA CIUTAT TARDOANTIGA
PRESÈNCIES I ABSÈNCIES ALS ESPAIS PÚBLICS I PRIVATS
Barcelona, 12-13 de Novembre de 2010
PROGRAMA

Divendres 12, tarda:


15.00. A. Alcoberro–B. Nagy–J. Pinar (Barcelona). Benvinguda
15.15. M. Kazanski (París). Introducció general

Bàrbars a la ciutat: impacte, activitats, presències, absències


15.30. J. Arce (Lille). “Bárbaros” ocupando las ciudades de Hispania en el siglo V: documentación literaria versus
documentación arqueológica
16.00. A. Alemany (Barcelona). Problemas de la evidencia documental sobre la presencia de grupos alanos en las
Galias e Hispania en la primera mitad del siglo V
16.30. R. Bockmann (Halle). Levels of power. Office and leadership between romanitas and barbaritas in the cities
of the late Roman West
17.00. Pausa cafè
17.30. J. Vilella (Barcelona). La coexistència de romans i bàrbars a Hispània durant l’Antiguitat Tardana: aspectes
religioso-polítics
18.00. S. Cosentino (Ràvena). Ravenna e i barbari nel V secolo: aspetti sociali ed economici
18.30. G. Assorati (Bolònia). Quasi adunatam Gothis rem publicam: il matrimonio tra Ataulfo e Galla Placidia
nel rapporto tra “barbari” e Impero
Dissabte 13, matí:

Ciutats i ciutadans bàrbars a Occident: història i arqueologia


9.00. G.M. Berndt (Erlangen). Gothic vandalism? Destructions caused by Gothic invaders in Gaul and Spain. The
literary evidence
9.30. J.A. Jiménez (Barcelona). Visigots a les ciutats de la Tarraconense: de l’establiment d’Ataülf a la usurpació de Pere
10.00. J. López Quiroga (Madrid). ¿Bárbaros en el Occidente hispano? Límites y posibilidades del registro arque-
ológico en contextos urbanos de Lusitania y Gallaecia
10.30. J. Brodeur (Angers). Des tombes de germains orientaux dans le contexte de la ville d’Angers au Bas-Empire
11.00. Pausa cafè
11.30. S. Esmonde Cleary (Birmingham). Barbarians and the fate of the towns of Roman Britain
12.00. A. Leone (Durham). Vandali in città: trasformazioni urbane nel Nord Africa post-romano
12.30. J. Ódor (Szekszárd). The first billow of the Migration Period in Pannonia
13.00. Pausa dinar
Dissabte 13, tarda:

Paisatges urbans a la Romania Gothica


15.00. M. Heijmans (París). Arles, dernier bastion de la Romanité en Provence
15.30. J.M. Macias (Tarragona). Tarraco al segle V: la darrera capital hispànica
16.00. J. Sales (Barcelona). Barcino al segle V: configuració topogràfica de la nova ciutat cristiana
16.30. J.-L. Boudartchouk (Toulouse). Les Goths de Toulouse : pouvoirs et identités
17.00. Pausa cafè
17.30. I. Cartron (Burdeus) – M. Uberti (París). Bordeaux pendant l’Antiquité tardive : élites et topographie urbaine
18.00. L. Fontes (Braga). Bracara Augusta, de capital da Galecia a capital do reino Suevo
18.30. P.C. Díaz (Salamanca). Conclusions
19.00. I. Baldini (Bolònia)–S. Cosentino (Ràvena)–Ch. Delaplace (Toulouse)–J. Pinar (Barcelona)–T. Vida
(Budapest). Cloenda
Barcelone, Museu d’Història de Catalunya, 13 novembre 2010. Participants et organisateurs : Oriol Achón, Agustí Alemany,
Isabella Baldini, Guido M. Berndt, Ralf Bockmann, Jean-Luc Boudartchouk, Jean Brodeur, Salvatore Cosentino, Simon
Esmonde Cleary, Christine Delaplace, Pablo C. Diaz, Luis Fontes, Marc Heijmans, Juan Antonio Jiménez, Toni Juárez, Anna
Leone, Jorge López Quiroga, Josep Maria Macias, Júlia Miquel, János Ódor, Joan Pinar, Jordina Sales, Morgane Uberti, Ti-
vadar Vida, Josep Vilella. Cliché de Michelle Beghelli.
INTRODUCTION. LES BARBARES, LES ROMAINS,
LES GRANDES MIGRATIONS ET LEURS TRACES
ARCHÉOLOGIQUES (PHASE INITIALE)

Michel Kazanski*

L’époque des Grandes Migrations marque en Europe le passage de l’Antiquité au Moyen Âge. Presque
tous les peuples connaissent alors de profonds bouleversements, qui sont à l’origine de la carte ethnique et
culturelle de l’Europe d’aujourd’hui. Traditionnellement on fait commencer les Grandes Migrations en 375
ap. J.-C., avec l’arrivée des Huns dans les steppes du Sud de la Russie. La première vague de migrations a eu
lieu entre le dernier tiers du IVe siècle et le dernier tiers du Ve siècle. Elle s’est caractérisée par l’avancée des
nomades steppiques, des Huns et des Alains, ainsi que des Germains orientaux, notamment des Goths, des
Vandales et des Burgondes. On peut considérer la disparition de l’Empire romain d’Occident en 476 comme
le point final de cette première phase des Grandes Migrations. La seconde vague s’étend de la fin du Ve siècle
à la première moitié du VIIe siècle. Elle coïncide avec l’activité des Turcs, des Slaves et des Avars, mais aussi
des Germains de l’Ouest et du Nord, et plus particulièrement des Francs, des Saxons, des Angles, des Jutes et
des Lombards. Notre colloque est consacré à la première phase de cette époque turbulente – la fin du IVe et
le Ve siècles – et traite en premier lieu les Goths, les Vandales et les Suèves.
Pour l’Europe il ne s’agit pas de nouveaux venus. Les nombreux peuples barbares établis le long de la frontière
romaine n’étaient pas inconnus dans l’Antiquité. Étant sous l’influence permanente de la civilisation romaine,
ils connaissent très bien l’Empire et souvent subissent l’expansion militaire romaine. La confrontation avec
Rome favorisa, chez les Barbares, la formation d’unions tribales à vocation militaire – comme celles dirigées
par Marobaude ou Arminius, puis, à l’époque romaine tardive, chez les Goths, les Alamans et les Francs – et,
par la suite, l’influence grandissante des chefs militaires. Ces derniers furent souvent à l’origine de dynasties
royales, autour desquelles s’élaborèrent les royaumes « barbares » du début du Moyen Âge (voir Wolfram
1997).
Durant la première phase des Grandes Migrations les tribus barbares transformées en véritables armées
errantes, avant tout les Goths (cf. par ex. Rouche 1986), entrent sur la terre romaine. D’abord chargés de la
défense de l’Empire en tant qu’auxiliaires militaires, ils reçoivent en contrepartie le droit de s’établir sur le
territoire romain. D’autres Barbares, ceux de la frontière, comme les Francs ou les Alamans, tout en appar-
tenant au système défensif de l’Empire, s’arrachent de plus en plus de l’autonomie et rongent à leur profit les
terres frontalières romaines.
On ne saurait associer systématiquement l’arrivée des Barbares en Occident (Germains occidentaux et
orientaux, peuples de la steppe) à la notion d’invasion. En effet, les Barbares s’y sont également largement établis
par d’autres biais, telle une colonisation agricole, notamment liée à l’évolution des conditions paléo-clima-
tiques et à l’abandon de terres cultivables, comme ce fut le cas dans les provinces romaines de Gaule du Nord,
à partir de la première moitié du IIIe siècle. Le désir des Barbares de s’intégrer à la vie romaine est manifeste.
Les cas d’intégration volontaire et pacifique dans la société romaine de groupes, voire de personnes isolées
d’origine barbare (soldats, esclaves affranchis, otages libérés…) ne manquèrent pas non plus dans l’Empire. Il
est évident que les Barbares, abstraction faite de faits de guerre inévitables, qui d’ailleurs ne leur ont pas été
propres, n’ont pas cherché à détruire la civilisation et le système administratif de l’Empire romain, mais ont
avant tout voulu s’y intégrer au plus haut niveau social possible.
En général, les migrations de la fin du IVe-première moitié du Ve siècle n’ont pas entraîné l’arrivée en
masse des populations barbares dans les provinces romaines, car leurs armées ne comptaient guère plus que

* Centre National de la Recherche Scientifique.

11
MICHEL KAZANSKI

quelques milliers de guerriers en raison de faibles possibilités logistiques et de pertes incessantes. Ainsi, l’ar-
mée wisigothique, installée en Gaule méridionale au début du Ve siècle n’arrivait même pas à 10 000 soldats
et tout le peuple vandale venu en Afrique du Nord représentait 80 000 personnes, tandis que la population
romaine de la Gaule du Sud et de l’Afrique était incomparablement plus nombreuse. Ces déplacements n’ont
pas non plus provoqué d’exode massif de la population romaine hors des territoires occupés par les Barbares.
En effet, les traités entre les empereurs et leurs nouveaux sujets, ne fût-ce que théoriques, prévoyaient aussi
la coexistence entre les Romains et les Barbares. Cette coexistence était préservée après la chute de l’Empire
romain, au sein des royaumes occidentaux avec les dynasties d’origine germanique même si la population
romaine était numériquement, culturellement et économiquement dominante.
D’un point de vue ethnique et culturel, les Barbares germaniques et non germaniques (Alains, Sarmates,
Huns, Celtes insulaires) qui se sont installés sur le sol de l’Empire romain au Ve siècle n’étaient pas homogènes.
Les groupes guerriers et les élites dirigeantes, qui se rassemblaient chez les Barbares autour d’un roi ou d’un
chef de guerre puissant, étaient d’origine très diverses, comme en témoignent l’entourage d’Attila, décrit par
Priscus, l’ambassadeur de Constantinople auprès de la cour hunnique, ou encore la composition de l’armée
d’Odoacre en Italie. Il serait donc irréaliste d’attendre des manifestations archéologiques « homogènes » ou
« monoculturelles » de la part de ces Barbares implantés sur le sol romain. Il importe encore de souligner le
décalage ayant pu exister entre la culture d’origine des Barbares, telle qu’elle était avant leur migration, et
celle qui transparaît après leur installation sur le territoire de l’Empire. Au cours de leur migration, en effet,
les divers groupes barbares ont vu l’agrégation progressive d’autres éléments barbares disposant de cultures
différentes et qui se sont naturellement mêlées à celles-ci.
Ainsi, pouvons-nous trouver les traces archéologiques réelles de ces Barbares venus sur le territoire romain ?
L’archéologie étudie les empreintes matérielles des civilisations anciennes, en quelque sorte des « civilisations
mortes ». Il s’agit de recherches relevant du domaine de la « culturogenèse », où cependant les questions d’at-
tribution ethnique des données archéologiques se posent, car tout groupe humain s’étant identifié comme
« peuple » ou « tribu » à part a possédé des particularités culturelles plus au moins visibles. Il est donc tout à
fait légitime d’aborder les questions d’identité ethnique des populations anciennes à partir de leurs vestiges
matériels archéologiques (voir d’après les exemples précis : Bierbrauer 2008). Le tout est de savoir quelles
sont les limites et les possibilités de l’archéologie dans ce genre de démarche (Kazanski-Périn 2008). Il est
évident que l’archéologie ne peut prétendre résoudre à elle seule la question de l’attribution ethnique des
populations anciennes. En effet, sans les témoignages écrits, nous ne saurions jamais quel nom a porté tel
groupe humain défini par des données archéologiques, et si vraiment il se considérait comme différent de ses
voisins. En outre, des différences culturelles marquées ne sont pas obligatoirement le signe d’une différence
ethnique : elles peuvent seulement témoigner d’activités économiques et de modes de vie différents. Ainsi,
l’étude de l’époque des Grandes Migrations implique la prise en compte de la totalité des données textuelles
et archéologiques, mais aussi philologiques et anthropologiques, quand on cherche à identifier les groupes
culturels anciens.
Quand on parle des objets originaires d’Europe centrale et orientale, découverts en Occident romain, la
première question qui se pose est la raison de leur présence. S’agit-il de la présence réelle des ressortissants
de l’Est européen ou bien l’apparition des ces objets est-elle due au hasard des échanges et des emprunts
(mode, commerce, etc.) ? Il est clair que les vestiges, appartenant à une culture prestigieuse, aristocratique ou/
et militaire, font souvent l’objet d’imitation chez les Barbares. Cependant, cette culture de noblesse chez les
Barbares et chez les Romains était différente. Si dans les rangs de l’armée du Bas-Empire, il est pratiquement
impossible de distinguer les militaires germaniques, alains ou romains (il suffit de comparer les représenta-
tions de Stilichon et de Probus), en revanche le costume féminin « princier » barbare ne ressemble pas à celui
de la classe sénatoriale romaine, il suffit de comparer les riches parures des tombes barbares de l’horizon
dit Untersiebenbrunn (par ex. Tejral 2011, pp. 159-194 ; Nothnagel 2013) et celles des trésors romains de
Ténès ou de Carthage (Heurgon 1958 ; Baratte et alii 2002, pp. 76-87), appartenant à la même époque de
la première moitié du Ve siècle. De même, les rites funéraires des « princes » barbares, avec le dépôt d’armes,
de harnachement et de nombreux objets de parure, y compris les symboles du rang social (bracelets en or
massif, fibules cruciformes, torques, etc.) se distinguent nettement des tombes des élites sociales romaines,

12
LES BARBARES, LES ROMAINS, LES GRANDES MIGRATIONS ET LEURS TRACES ARCHÉOLOGIQUES (PHASE INITIALE)

pratiquement sans mobilier ou avec un mobilier réduit, mais disposé dans des sarcophages coûteux et des
mausolées en pierre. Ainsi, même pour les groupes sociaux élevés, nous sommes en mesure de distinguer les
Barbares et les Romains.
Les objets sans valeur marchande, appartenant à la culture « populaire », plutôt « ethnographique » en ce
qui concerne le costume, représentent à mon avis les indices les plus importants. En effet, chez les Barbares de
l’époque des Grandes Migrations dont l’organisation sociale est conforme à celles des populations protohis-
toriques, si le vêtement masculin imite le plus souvent le costume militaire prestigieux international, celui
des femmes, à l’exception du costume « princier », est au contraire porteur de la tradition (Kazanski–Périn
2006, 2008 et 2009).
La deuxième question – s’agit il des traces des envahisseurs ou des individus intégrés dans la population
« indigène » ? – est plus facile à résoudre. En effet, la première catégorie apparaît très rarement dans le matériel
archéologique. Les traces archéologiques des invasions sont surtout « négatives » : les niveaux d’incendies et
de destructions et les phases d’abandon des sites, les trésors cachés à la hâte, le dépeuplement de certaines
régions, qui se traduit par la rareté ou l’absence des sites, la réduction des surfaces bâties dans les habitats ou
la décroissance du nombre des tombes dans les nécropoles, etc. C’est donc surtout la deuxième catégorie des
étrangers qui est présente dans le matériel archéologique d’origine étrangère.
Enfin, il faut probablement chercher la réponse à la troisième question – pourquoi les traces archéologiques
de ces Barbares sont peu nombreuses et se manifestent surtout par des objets isolés ? – dans les particularités
de l’installation de nouveaux venus en Occident romain. A partir du moment où les Barbares pénètrent sur
le territoire de l’Empire, ils perdent progressivement les traits qui caractérisent un peuple « ordinaire ». Dans
le contexte des Grandes Migrations, leur structure – avec un nombre réduit de non combattants (femmes,
enfants et vieillards) – devient obligatoirement de plus en plus conforme à celle d’une armée. Comme les
activités économiques habituelles en temps de paix ne leur sont pas accessibles, la guerre et le pillage de la
population autochtone deviennent leur principale occupation (Rouche 1986 ; Kazanski 1991, pp. 65-66).
Dans la mesure où les Barbares sont très minoritaires et où de plus, ils appartiennent à une classe de militaires,
ils sont exclus des activités économiques. Cela signifie que dans la vie quotidienne, ils utilisent des objets
exécutés par d’autres, généralement par des artisans locaux ou plus rarement, du matériel importé de diverses
régions du monde méditerranéen. On ne peut donc s’attendre à ce que les fouilles livrent une production
massive d’objets caractéristiques des Barbares. De même, ceux-ci n’ont pas laissé une architecture qui leur
est propre puisqu’ils n’ont pas l’obligation de construire. Ils ont simplement réquisitionné les habitations des
Romains. Pour déceler leur présence, on ne doit pas non plus fonder trop d’espoirs sur l’archéologie funéraire.
En effet, leurs inhumations, telles qu’on les connaît en Europe centrale et orientale – en position allongée sur
le dos, la tête à l’Ouest ou au Nord, dans des fosses simples, sans aménagement visible – ne se distinguent pas
vraiment des sépultures romaines (Kazanski 1991, p. 92). Ainsi, seulement quelques parures et accessoires
vestimentaires représentent des preuves de la présence barbare sur le territoire de l’Empire à l’époque des
Grandes Migrations (pour le costume « barbare » voir en particulier von Rummel 2007).
On connaît en Occident un nombre considérable d’objets et de traits culturels originaires de la civilisation
de Černjahov (ou Sîntana-de-Mureş, selon la terminologie des archéologues roumains), à dominante ger-
manique orientale, qui occupait du IIIe au début du Ve siècle le territoire de l’Ukraine, de la Moldavie et de la
Roumanie actuelles, ceux venus de la steppe alaine et hunnique ou du Danube moyen. En Gaule la majorité
des découvertes à caractère « oriental » se concentrent dans la zone du limes rhénan, à l’est et au nord de la
Gaule et quelques-uns sur le limes saxon (Fig. 1). De plus, elles ont été souvent mises au jour soit dans les
forteresses, soit dans les nécropoles frontalières, laissées par la population à vocation militaire (Alzey, Sponeck,
Nouvion, Krefeld-Gellep, Mannheim-Neckarau, Polch-Ruitsch, Wiesbaden, Bâle, Kaiseraugst, etc.). Les tombes
« princières » de la première moitié du Ve siècle de l’horizon Untersiebenbrunn, appartenant aux représentants
de familles nobles d’origine ponto-danubienne, se situent pratiquement toutes, elles aussi, soit sur la frontière
orientale de la Gaule et de la Germanie romaines (Hochfelden, Mundolsheim, Wolfsheim, Altlussheim) soit
sur la frontière maritime (Airan : Fig. 2). Il nous paraît donc tout à fait justifié de penser que toutes ces décou-
vertes archéologiques témoignent de l’implantation des Barbares « orientaux », avec leurs familles, chargés
de la défense de la frontière gauloise (Kazanski 1993 ; Kazanski–Périn 1997 ; Kazanski 2013).

13
MICHEL KAZANSKI

L a plupar t de ces
découvertes ont été ap-
portées sur la frontière
rhénane par des repré-
sentants de ces peuples
venus de la région pon-
to-danubienne. En effet,
nombre de ces objets (fi-
bules, peignes, miroirs)
appartiennent au cos-
tume féminin et ont donc
une signification « ethno-
graphique ». Soulignons
en outre que ces objets
sont ordinaires et n’ont
pas de valeur intrinsèque.
Ils ne font donc pas l’ob-
Fig. 1. La diffusion des objets originaires de l’Europe orientale (civilisation de Černjahov, jet d’imitations ou d’un
Alano-Sarmates, Huns) en Gaule du Nord et de l’Est. D’après Kazanski 1993, commerce. Les armes,
avec quelques compléments. autre catégorie d’objets
d’origine orientale, se
propagent très rapide-
ment d’un peuple à l’autre. Néanmoins, tout au début, leur diffusion peut être liée à une tradition ethnique/
culturelle. A plus forte raison, la coutume typiquement orientale de la déformation crânienne artificielle est
liée, à l’origine, aux ressortissants alano-sarmates de l’Europe orientale.
Si la présence des Barbares dans l’armée impériale en Occident est évidente, il ne faut pas surestimer leur
rôle ni leur attribuer de façon systématique tout le matériel archéologique à caractère militaire. Les nécropoles
de l’armée frontalière en Gaule et en Germanie, qui ont livré des inhumations avec des ceinturons militaires,
mais le plus souvent sans armes, ne montrent pas de traces importantes de « barbarisation ». Seules certaines
tombes avec armes, comme celle de Misery, ou la marque de fabrication sur l’umbo de bouclier indique la
troupe (Böhme 1974, p. 323, pl. 128 : 6), témoignent de la présence des Germains dans les forces mobiles.
D’après les pratiques funéraires (tombes ayant livré des armes ou des parures « ethnographiques »), la
présence germanique se manifeste également à l’intérieur de la Gaule où les Barbares jouaient le rôle d’une
« gendarmerie ». L’apparition de cette « gendarmerie » est un fait nouveau au Bas-Empire car ces tombes avec
armes ne sont pas connues avant le IVe siècle. Une inhumation féminine, qui a livré deux fibules germaniques
orientales du type Černjahov du IVe siècle tardif-début du Ve siècle et un miroir métallique sarmate, a été mise
au jour à Reims (Fig. 3 : 13, 14). A notre avis la tombe de Reims peut être attribuée aux Sarmates, car pour le
début du Ve siècle la Notitia Dignitatum mentionne le Prefectus Sarmatorum gentilium, inter Renos et Tambianos,
c’est-à-dire entre Reims et Amiens, chargé, avec ses Sarmates, de la sécurité de la route entre ces deux villes
romaines importantes (Kazanski 2013). La découverte d’armes et de détails de ceinturons militaires dans un
contexte purement civil, notamment dans des villae, montre également une certaine insécurité qui entraîne
l’apparition de milices privées et d’une certaine militarisation de la population civile.
La nature des sites sur lesquels on a trouvé les objets « barbares » en Occident romain montre que leurs
possesseurs s’étaient intégrés à la population locale. La plupart de ces objets proviennent en effet de sites
romains. Il peut s’agir de villes ou d’habitats (tels que Trèves, Cologne, Eisenberg, Kaiseraugst), des villae, de
forteresses (par ex. Alzey, Sponeck), de nécropoles rurales et urbaines (Nouvion, Remagen, Krefeld-Gellep
etc.). Les Barbares orientaux ont été assimilés peut-être même dès la première génération. Les caractéristiques
de leurs sépultures sont à cet égard particulièrement significatives. Dans les sociétés anciennes en effet, les
rites funéraires sont toujours porteurs de la tradition. Or les personnes qui se sont chargées des inhumations,
les parents ou les amis du défunt, suivaient les usages romains.

14
LES BARBARES, LES ROMAINS, LES GRANDES MIGRATIONS ET LEURS TRACES ARCHÉOLOGIQUES (PHASE INITIALE)

Fig. 2. Tombe féminine « princière » d’Airan. D’après Kazanski 1997.

15
MICHEL KAZANSKI

Fig. 3. Le mobilier des tombes contenant des miroirs sarmates. 1-3 : Sacca di Goito, tombe 214 ;
4, 5 : Sacca di Goito, tombe 206 ; 6-9 : Sacca di Goito, tombe 210 ; 10 : Troyes, tombe 4, 11,
12 : Troyes, tombe 2, 13, 14 : Reims ; 15-20 : Krefeld-Gellep, tombe 4607. D’après Kazanski
2013.

L’éparpillement et la rareté des objets « orientaux » dans la zone frontalière montrent que les Barbares
originaires de l’Est s’engageaient dans l’armée romaine à titre individuel, accompagnés de leurs familles,
puisque de nombreuses pièces relèvent du costume féminin. Aucun des objets « orientaux » n’est antérieur
au IVe siècle, aussi nous permettons-nous de supposer que leurs possesseurs, les Barbares orientaux, sont

16
LES BARBARES, LES ROMAINS, LES GRANDES MIGRATIONS ET LEURS TRACES ARCHÉOLOGIQUES (PHASE INITIALE)

arrivés pour défendre cette zone à partir du milieu ou de la deuxième


moitié du IVe siècle. Notons également la concentration d’objets orientaux
dans les régions de Mayence et de Strasbourg (Fig. 1), qui correspondent
aux sièges de deux ducs frontaliers, de Mogontiacum et d’Argentorate
qui, d’après la Notitia Dignitatum, possédaient chacun leur petite armée
régionale (Kazanski 1993).
Une série d’objets originaires de l’Europe centrale et orientale de la
première moitié du Ve siècle (parures du style polychrome, fibules danu-
biennes, boucles et garnitures de ceinture, boucles d’oreille) a été mise au
jour en Gaule loin des frontières romaines, notamment dans le couloir
rhodanien. A notre avis, il s’agit des traces archéologiques de l’armée
mobile de l’Empire d’Occident, car la région du Rhône était au Ve siècle
le lieu de cantonnement des troupes « mobiles » de la Gaule, en partie
formées des Barbares. Ces objets apparaissent ici grâce à la présence
réelle de ressortissants orientaux (Kazanski 1994).
Un groupe d’objets « barbares », essentiellement originaires de la
civilisation de Černjahov (fibules et peignes en os), a été mis au jour au
Sud-Ouest de la Gaule, sur des villae gallo-romaines (Kazanski 1999).
Leur localisation sur le territoire du premier royaume wisigothique nous
Fig. 4. La fibule du type Černjahov
provenant d’El Hinojal/las conduit à penser qu’ils témoignent de l’installation des Goths fédérés
Tiendas (Musée national dans les villae, selon le régime de l’hospitalité. On retrouve d’ailleurs ce
d’art romain de Merida). type d’implantation à la même époque en Espagne où l’on a découvert
D’après Kazanski 2000. des objets de Černjahov (par ex. Fig. 4) dans le contexte de villae du Ve
siècle (Pérez Rodriguez-Aragón 1997 ; López Quiroga 2010). On peut
conclure donc que la fameuse thèse de W. Goffart (1980), selon laquelle
les Barbares au service de Rome au lieu des terres et des bâtiments recevaient un équivalent en argent, n’est
applicable ni pour la Gaule du Sud-Ouest ni pour l’Espagne.
Ainsi, pour la première moitié et le milieu du Ve siècle les objets « orientaux » montrent de différentes façons
l’installation des Barbares venus d’Europe centrale et orientale en Gaule, avant tout dans le cadre militaire.
Bien entendu, on peut imaginer qu’un nombre considérable des mêmes Barbares était présent en Gaule en
dehors de structures militaires, avant tout comme les prisonniers de guerre, réduits en esclavage. Cependant,
l’archéologie est muette dans ce domaine, et l’identification de ces groupes présumés de la population barbare
doit être engagée à partir d’autres types de sources. Enfin, il est toujours possible que les Barbares « orientaux »
étaient installés en Gaule, à l’instar des Germains occidentaux (voir par ex. Gonzalez et alii 2001) en tant
que colons agricoles, mais les preuves archéologiques ou autres nous manquent.
Les particularités culturelles, notamment dans le costume féminin et dans les pratiques funéraires persistent
même dans les groupes de Barbares en pleine migration. Ainsi on arrive à distinguer les tombes « barbares »
du Ve siècle sur le territoire de l’Empire romain, notamment par la présence d’un costume caractéristique,
originaire du Barbaricum, par le dépôt d’armes dans les tombes ou encore par la manifestation des coutumes
étrangères aux Romains, comme par ex. la déformation crânienne artificielle. Cependant la civilisation des
groupes migrants subit une transformation profonde de telle sorte qu’à la fin du parcours la culture maté-
rielle de migrants devient pratiquement méconnaissable. Cela s’explique par l’incorporation fréquente des
groupes allogènes au cours de la migration ainsi que par la perte progressive de certains éléments culturels,
incompatibles avec leur mode de vie relativement mobile et leur entourage nouveau.
Si l’on revient aux Goths, qui sont le sujet de notre colloque, leur présence en Europe centrale et méridionale
ainsi que sur le territoire de la Gaule au Bas-Empire est attestée avant tout par des objets issus de la civilisation
de Černjahov : fibules ansées en arbalète et à tête semi-circulaire et pied losangique, peignes en os du type
Thomas III (pour plus de détails voir mon article dans ce volume avec une bibliographie plus détaillée). Comme
nous l’avons dit, ces objets se concentrent en Gaule dans deux régions, en Gaule du Sud-Ouest (Kazanski 1999 ;
Kazanski 2010) et sur la frontière rhénane (Kazanski 1993). Cela correspond à deux modes d’installation

17
MICHEL KAZANSKI

des Goths en Gaule, en


tant que fédérés selon
le régime de l’hospita-
lité en Aquitaine et à
titre personnel dans le
cadre des forces armées
romaines. Il faut noter
une certaine hétéro-
généité des groupes
wisigothiques en Aqui-
taine : à part les objets
typiques de la civili-
sation de Černjahov,
une série des fibules
découver te dans le
Sud-Ouest appartient
aux Germains orien-
taux de la civilisation
de Wielbark (Gépides,
Hérules, Skires, etc.) et
même aux Baltes occi-
dentaux de la Prusse.
Les témoignages ar-
chéologiques les plus
anciens des Wisigo-
ths dans la péninsule
ibérique – fibules et
peignes en os isolés –
proviennent, quand
l’origine est bien éta-
blie, soit des villae his-
pano-romaines (Casa
de la Zua, El Hinojal)
soit des niveaux ur-
bains (Conimbriga),
Fig. 5. Les objets provenant de l’Europe centrale. 1-12 : Crimolois ; 13 : Alesia ; 14 : Wol- ce qui rappelle la situa-
fsheim. D’après Kazanski 1997. tion aquitaine (Pérez
Rodriguez-Ar agón
1997). Cela laisse sup-
poser le même mode d’installation des Wisigoths, au moins durant la première phase de leur séjour sur le
territoire de l’Espagne et du Portugal actuels.
En ce qui concerne les Vandales, les Suèves et les Alains de la première moitié du Ve siècle, il s’agit, comme
pour les Goths à la fin du IVe-début du Ve siècle, d’une « armée errante », c’est-à-dire d’un groupe social haute-
ment militarisé d’origine hétérogène plutôt que d’un peuple avec une civilisation stable. Il est clair que dans de
telles conditions la recherche des traces archéologiques de la migration des Vandales et de leurs alliés suèves et
alains est une tâche plus que difficile. Cependant, il nous semble que la diffusion de certains éléments du cos-
tume caractéristique des Barbares d’Europe centrale en Occident est liée à la migration vandale-suève-alaine. En
effet, la région du Danube moyen représente le point de départ de la migration de 406. Soulignons qu’en même
temps un autre groupe important de Barbares, à dominante gothique et dirigé par Radagaise, tente d’entrer sur
le territoire de l’Empire par le Danube (Kazanski 2012). Sans doute les Barbares ont-ils été poussés par une

18
LES BARBARES, LES ROMAINS, LES GRANDES MIGRATIONS ET LEURS TRACES ARCHÉOLOGIQUES (PHASE INITIALE)

nouvelle vague de la migra-


tion des Huns, ces derniers
s’emparant alors des ste-
ppes de la Hongrie orien-
tale actuelle. Les Vandales
occupaient autour de 400 le
territoire situé à l’est du Da-
nube, en Hongrie orientale
et en Slovaquie méridionale
actuelles (Tejral 2000, 24),
où leur présence se mani-
feste depuis le IIe siècle par
la diffusion des éléments de
la civilisation de Przeworsk
(Godłowski 1984 et en
dernier lieu Błazejewski
2014). Une série de nécro-
poles de l’époque romaine
tardive-début de l’époque
des Grandes Migrations
(par ex. Tapé-Malajdok,
Tapé-Lebö, Csongrad, Tis-
zavalk, Tiszadob-Sziget,
Artand) correspond à la
concentration importante
de Barbares, Vandales y
compris, dans cette zone.
Les Suèves occupaient alors
le territoire de la Moravie,
de l’Autriche du Nord-Est et
de la Slovaquie occidentale
(Tejral 1990).
Très peu de découvertes
marquent le passage en
Occident des Vandales,
des Suèves et des Alains
au début du Ve siècle. Cela
n’est pas étonnant, les in-
vasions ou l’installation en
Fig. 6. Les poignards « orientaux » à encoches, découverts en Gaule. 1.2 : Sainte-Li- Gaule des Barbares danu-
vrade-sur-Lot ; 3 : Flan-sur-Seine. D’après Barat, Soulat, Gauduchon 2009. biens (Vandales, Suèves,
probablement Sarmates
de Pannonie) étant bien
connues grâce aux sources écrites. Mais il est dangereux de les attribuer d’une façon systématique aux
envahisseurs de 406, car il ne faut pas oublier l’infiltration, notamment par le biais de l’armée impériale,
de petits groupes ou même de personnes isolées d’origine danubienne. Ce processus, bien entendu, n’est
pas attesté par les sources écrites, mais il pourrait être très important. Ainsi, certaines découvertes en
Bourgogne (Neuilly, Crimolois et Bretinière) témoignent de l’engagement des Germains du Danube moyen
au service de Rome (Fig. 5 : 1-12). Parmi les sites germaniques de l’époque des Grandes Migrations en Eu-
rope centrale, ce sont ceux de la Tisza supérieure et de la Transylvanie qui, par leur pratiques funéraires

19
MICHEL KAZANSKI

(inhumations) et leur mobilier (armes, garnitures de ceintures et de chaussures, fibules) rappellent le


plus les découvertes en Bourgogne (Vallet 1993 ; Kazanski 1997). On peut attribuer ces découvertes
dans la région des Carpates – au moins en partie – aux Vandales, probablement engagés par les Romains
pour la défense du territoire à l’intérieur de la Gaule. En Gaule de l’Est et sur le limes rhénan, on connaît
en outre deux fibules danubiennes de la première moitié du Ve s. : Alésia et Wolfsheim (Fig. 5 : 13, 14).
Ces fibules sont caractéristiques des Germains du Danube moyen, en premier lieu en Moravie, Slovaquie
et en Hongrie orientale, c’est à dire sur le territoire suève et vandale (Tejral 2000 ; Kazanski 2000). Enfin,
quelques objets rares, notamment des miroirs métalliques et des poignards à encoches (Fig. 6) témoignent
de la présence des Alains et des Sarmates en Gaule (Kazanski 2013).
Une série des fibules germaniques-danubiennes en Gaule méridionale, dans la péninsule ibérique et en
Afrique du Nord témoigne, à notre avis, de la présence des Suèves et des Vandales. Ce sont avant tout les
objets découverts au Portugal et en Tunisie, c’est à dire dans la zone d’installation durable des Suèves (au
Portugal) et des Vandales (en Tunisie). Enfin, trois tombes tunisiennes, mises au jour à Thuburbo-Majus, à
Kudiat-Zateur et à Douar-ech-Chott ont livré des fibules ansées originaires d’Europe centrale (Kazanski 2000 ;
Eger 2001, 2006 et 2008 ; Kleeman 2002 ; von Rummel 2002 ; Pinar–Ripoll 2007). Des fibules comparables
sont connues à l’époque romaine tardive et à celle des Grandes Migrations en Europe centrale, notamment
en Moravie et en Slovaquie. Nous pouvons donc attribuer ces fibules africaines aux Barbares ressortissants
de l’Europe centrale.
Ainsi, nous pouvons constater que les traces archéologiques des Barbares venus de l’Est en Occident romain
sont une réalité, malgré leur nombre relativement peu élevé. Cependant, ces découvertes, qui s’insèrent bien
dans le tableau général culturel de l’Europe des Grandes Migrations, sont les témoignages incontestables de
la présence des Barbares nouveaux-venus sur le sol d’Empire et les questions de leur interprétation historique,
abordées lors de notre colloque, restent toujours capitales pour la meilleure compréhension de l’époque de la
fin de l’Antiquité et du début du Moyen Âge.

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22
ROMANIA GOTHICA IV
Barbares dans la ville de l’Antiquité tardive

Joan Pinar Gil (dir.)


Paolo de Vingo
Présences et absences
En 2 010 , l e 16 0 0 e a n n i v e r s a i r e d e l ’ é l e c t i o n
d ’At h a u l f c o m m e r o i d e s W i s ig o t h s a é t é
célébré. Les vicissitudes de ce personnage historique
dans les espaces publics et privés
et de son règne éphémère (410-415 ap. J.-C.) sont un
exemple éloquent d ’une période caractérisée par un
changement rapide de la géographie du pouvoir et par
une mobilité extraordinaire des personnes, des objets
et des idées dans un contexte de multicult uralisme

Présences et absences dans les espaces publics et privés


croissant. Cette éphéméride constitue donc une
invitation aux historiens, philologues, archéologues et
anthropologues à explorer les multiples matérialisations
des échanges et interactions culturels entre « Romains
» et « barbares », ainsi que de nombreux autres aspects

Barbares dans la ville de l’Antiquité tardive


sociaux, politiques, économiques et culturels au début
du Ve siècle en Pannonie, Italie, Gaule et Espagne .

Les contributions incluses dans ce volume


analysent la coexistence des « Barbares » et des
« Romains » dans un contexte topographique et culturel
spécifique : les villes occidentales du Ve siècle. Véritable

ROMANIA GOTHICA IV
point nodal de la civilisation gréco-romaine, la ville de
l ’Antiquité tardive devient un scénario marquant des
processus de transformation politique et idéologique de
l ’ époque. Cependant, les activités d ’un des principaux
acteurs, les populations d’origine barbare, sont souvent
difficiles à encadrer : dans ce contexte spécifique, leurs
absences dans certains domaines peuvent être aussi
impor tantes que les présences at testées , voire plus . Actes du Congrès International,
Museu d’Història de Catalunya
€ 55,00 (Barcelone, 12-13 novembre 2010)
ISBN 978-88-7814-956-4
e-ISBN 978-88-7814-957-1

Paolo de Vingo – Joan Pinar Gil (dir.)


MONOATTI-63

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