Chapitre n3꞉ Méthodologie et mise en
œuvre.
Le comptage de l’eau꞉
Chapitre n3꞉ Méthodologie et mise en œuvre.
Les termes décrits dans le chapitre précédent sont les données
minimales pour apprécier les performances du réseau de distribution et
son évolution.
Le calcul des différents indices nécessite une connaissance la plus
exacte possible des volumes mis en jeu dans le réseau : c’est le rôle
des appareils de comptage.
Les appareils de comptage꞉
Les “petits” compteurs꞉
(Diamètre de canalisation 15 à 50 mm) Ils sont utilisés pour
enregistrer la consommation des abonnés domestiques.
Il excite différentes technologies : les compteurs volumétriques et
les compteurs de vitesse à turbine (jet unique ou jet multiple).
Les “gros” compteurs꞉
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(Diamètre de canalisation 50 à 800 mm) Ils sont installés sur les
points de prélèvement, en sortie de station de pompage, sur la
distribution des réservoirs, sur le réseau de distribution ou encore sur
les branchements des gros consommateurs.
On distingue différentes technologies : volumétrique, vitesse jet
multiple et vitesse jet unique.
Les débitmètres électromagnétiques꞉
(Diamètre de canalisation 50 à 5000 mm) Leur domaine
d’utilisation est le même que celui des “gros” compteurs. Ils sont de
plus en plus utilisés par les gestionnaires de réseau en remplacement
des compteurs traditionnels pour les diamètres importants.
Les débitmètres à insertion꞉
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(Diamètre de canalisation 50 à 8000 mm).
Les débitmètres à ultrasons꞉
(Diamètre de canalisation 50 à 8000 mm) Ils peuvent être
installés sans interruption du débit. Ils sont donc souvent utilisés dans
le cadre de mesures ponctuelles (campagne de mesures, validation
d’appareils en place ,..).
Pour garantir la fiabilité des grandeurs mesurées, ces appareils de
comptage doivent être choisis, installés et contrôlés avec rigueur.
Les contraintes techniques꞉
Un compteur ou un débitmètre doit :
indiquer avec précision le volume d’eau qui le traverse (erreur de
mesure minimum).
être fiable dans le temps avec un entretien restreint.
créer le moins possible de perte de pression.
résister aux pressions du réseau.
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être facile à relever.
Le choix et le dimensionnement꞉
Pour choisir un appareil, il faut tenir compte :
de la nature et de la qualité de l’eau.
des conditions de pression.
des conditions d’installation (accès, positionnement,
encombrement, accessoires,…).
des conditions de lecture (directe, à distance,…).
de la précision souhaitée, et surtout des débits d’utilisation
(permanent, minimum, maximum, exceptionnel).
Le diamètre de l’appareil de comptage est très souvent inférieur
à celui de la canalisation sur laquelle il est installé.
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Les conditions de
pose꞉
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Il est impératif de respecter les conditions d’installation
préconisées par les fabricants.
Il faut être particulièrement vigilant sur les points suivants :
position de l’appareil (horizontale, verticale, toutes positions).
perturbation de la mesure (longueur droite amont ou aval,
stabilisateur d’écoulement, présence d’air).
protection de l’appareil (filtre).
exploitation (vannes de garde amont, aval, accessibilité, regard,
démontage,…).
La relève꞉
La relève des index peut s’effectuer manuellement (fiches papier ou
terminal de relève) ou à distance (communication par radio, réseau
téléphonique ou GSM). Pour la surveillance ponctuelle, par exemple
pendant une campagne de mesure, on utilise des enregistreurs de
données (loggers) qui permettent de mémoriser sur plusieurs jours le
débit traversant l’appareil.
La gestion des appareils de comptage꞉
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Les caractéristiques métrologiques des appareils de comptage ne
sont malheureusement pas stables dans le temps.
Un contrôle et un renouvellement régulier des appareils est donc
indispensable pour éviter les dérives, en général des sous-comptages
(surtout pour les compteurs):
pour les petits compteurs, un renouvellement tous les 12 à 15
ans, voire moins selon les caractériques de l'eau.
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pour les gros compteurs une vérification et/ou un renouvellement
tous les 3 à 7 ans.
pour les débitmètres électromagnétiques, un étalonnage tous les
3 à 5 ans.
L’exploitant d’un réseau d’eau constate, après calcul, un
rendement net de son réseau de 82%.
Mais, il s’avère, après vérification par étalonnage que le compteur
de l’unique captage sur compte de 19% ! En réalité, le rendement n’est
que de 70%…
La connaissance du patrimoine꞉
Cette phase préliminaire de recueil des données est essentielle
pour l’étude diagnostique, et plus généralement pour la gestion du
réseau.
Pour recueillir les informations nécessaires, il convient de se
rapprocher de l’ensemble des intervenants : collectivité, pilote de
l’étude, maître d’œuvre des travaux, entreprises, administrations
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(DDAF, DDE, DDASS) et bien sûr l’exploitant dont la collaboration
est indispensable.
Nous présentons ici l’ensemble des tâches qui peuvent être
réalisées dans cette phase de diagnostic.
En fonction des situations rencontrées, certaines pourront être
occultées ou traitées de façon plus succincte.
Les plans et le fonctionnement du réseau꞉
Les plans du réseau꞉
C’est l’outil de base pour l’exploitation et la connaissance d’un
réseau.
o Le plan d’ensemble permet d’avoir une vue générale du
réseau et de repérer les ouvrages importants et les
principales canalisations
o (avec leurs diamètres). On utilise fréquemment les fonds de
plan IGN, (échelle 1/25 000 ou 1/10 000).
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o Les plans détaillés ou plans de masse, en général sur
fond de plan cadastral, indiquent la nature, le diamètre des
canalisations, et repèrent les principaux accessoires du réseau :
vannes, ventouses, vidanges, branchements,… (échelle 1/2 000
ou 1/2 500).
- Les plans de récolement restituent sur plan le relevé précis des
travaux réalisés. Fournis après chaque tranche de travaux, ils servent
de base à la mise à jour des plans du réseau.
- Les carnets de vannage où les accessoires hydrauliques et les
branchements du réseau sont repérés par rapport à des points fixes
(triangulation).
Aujourd’hui, les plans papier sont de plus en plus remplacés par
l’informatique avec les systèmes d’information géographiques (SIG).
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Ces outils permettent d’améliorer le stockage et la gestion de ces
plans. Les bases de données associées peuvent être utilisées pour
récolter des renseignements supplémentaires utiles dans la gestion du
patrimoine : âge (même approximatif) des conduites, archivage des
interventions, abonnés sensibles,… Une fois réalisés, les plans seront
utilisés dans chacune des étapes du diagnostic. Ils constitueront un
outil indispensable pour l’exploitation du réseau.
Il convient donc d’attacher une attention particulière à leur
actualisation lors de la modifications du réseau ou des branchements.
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Les ouvrages꞉
Chaque ouvrage spécifique du réseau doit faire l’objet d’un dossier
technique comprenant les photos de l’ouvrage, les plans d’exécution,
le schéma de principe du fonctionnement hydraulique et de
l’emplacement des accessoires, les fiches techniques des appareillages
et les notices techniques.
• Pour les ouvrages de stockage꞉
L'emplacement, le type, la contenance, les caractéristiques
géométriques, les cotes altimétriques, le mode d'alimentation et de
vidange, les équipements hydrauliques (robinet à flotteur,
vannes de régulation).
• Pour les stations de production, de reprise ou de surpression꞉
L'emplacement, le type, les caractéristiques des appareillages et
des pompes (l'établissement de courbes réelles de pompage pourra être
réalisé pour les stations importantes).
• Pour les équipements hydrauliques du réseau꞉
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(vannes, régulateurs de pression et de débits, compteurs généraux,
…) :
L'emplacement, le type, les caractéristiques, le mode ou la courbe
de fonctionnement.
La visite des ouvrages est l’occasion de noter les
dysfonctionnements et de dresser un bilan de leur état (génie civil et
équipements) ainsi qu’un premier inventaire des travaux de réfection à
prévoir.
Le fonctionnement du réseau꞉
Le recueil des données physiques du réseau, tel qu'il est décrit ci-
dessus, doit être complété par des données représentatives du
fonctionnement du réseau.
En particulier :
la définition des différents étages de pression et notamment la
position des vannes fermées.
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- les consignes d'asservissement des appareils de régulation,
- les plages horaires de fonctionnement des pompes,
- le marnage des réservoirs.
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Sur beaucoup de réseaux, en particulier en milieu rural, ces
données peuvent évoluer en fonction de certains paramètres : qualité
de l'eau d'un point de production, période de sécheresse, saison
estivale, interconnexion avec un réseau voisin,…
Dans chaque cas, il convient de connaître avec précision le mode
de fonctionnement utilisé.
La production et la consommation꞉
La ressource꞉
Il s’agit de recenser l’ensemble des ressources disponibles
(captages, forages, eau de surface, interconnexions,…) avec leurs
caractéristiques.
capacité de production journalière (estimation du débit
d’étiage à partir des relevés existants ou d’essais de débit),
qualité de l’eau : évolution, adaptation du traitement,
périmètres de protection réglementaires.
vulnérabilité : risque de pollution et solutions alternatives.
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La qualité de l’eau꞉
A partir des analyses réalisées par la DDASS, on pourra étudier
l’évolution de la qualité de l’eau (eau brute, eau traitée et eau
distribuée), en particulier sur certains paramètres sensibles :
microbiologie, agressivité, fer, manganèse, nitrates,… " La
potabilité de l'eau doit être garantie jusqu'aux robinets des usagers ".
La personne publique ou privée responsable de la distribution
d'eau tient à la disposition du préfet les résultats de la surveillance de
la qualité des eaux ainsi que toute information en relation avec cette
qualité. Elle porte à la connaissance du préfet tout incident pouvant
avoir des conséquences pour la santé publique.
Chaque année, pour les unités de distribution de plus de 3500
habitants, la personne publique ou privée responsable de la
distribution d'eau adresse au préfet un bilan de fonctionnement du
système de distribution (surveillance et travaux) et indique le plan de
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surveillance défini pour l'année suivante. (code de la santé publique
Art. R1321-25)
L’analyse des volumes mis en distribution꞉
Cette analyse se fera à partir des relevés périodiques et des
enregistrements effectués par l’exploitant sur les comptages des unités
de production et des interconnexions (achats ou ventes d’eau). La
période couverte par ces investigations est variable selon l’importance
du réseau, en général entre 5 et 10 ans.
Ces données vont permettre de connaître l’évolution des volumes mis
en distribution, les variations saisonnières et les périodes de pointes de
consommation (mois de pointe, jour de pointe).
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La validité des données de comptage sera soigneusement vérifiée, en
particulier le type d’appareil, le dimensionnement, les conditions
de pose, l’âge,… Une vérification périodique est fortement
recommandée : contrôle par empotage dans une bâche ou un réservoir,
étalonnage sur site avec un compteur étalon, contrôle sur banc d’essai,
Les abonnés꞉
Il s’agit d’étudier la structure des usagers du service :
répartition géographique des abonnés par commune ou par
quartier (un découpage plus fin sera en général nécessaire s’il est
prévu une modélisation du réseau).
localisation et caractéristiques des gros consommateurs et des
consommateurs saisonniers (industrie, agriculteurs, hôtellerie,
camping, usages publics, …) ; en fonction du contexte local, on
considère comme «gros consommateurs », un usager qui utilise
plus de 1000 à 2000 m3 par an.
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Cet inventaire sera l’occasion de repérer tous les usagers
dépourvus de dispositif de comptage.
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Conséquences des fuites Solutions pour éviter les
d’eau potable. fuites d’eau potable.
-parmi les résultats les plus -les fonctionnaires doivent
importants des fuites d’eau vérifier de temps en temps
potable sont les suivants꞉ les conduites d’eau.
-perte de centaines de -réparer les défauts le cas
mètres cubes d’eau échéant.
potable. -éviter de construire et de
-la pollution de l’eau qui creuser au hasard pour ne
entraine la propagation pas faire exploser les
d’épidémies et de conduites d’eau.
maladies.
-de nombreux quartiers et
ruées se sont transformées
se volées coulants en
raison de fuites d’eau.
-Mélange d’eau potable
avec des canaux d’égouts.
-dommages aux routes
nouvellement achevées.