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Memoire Licence Valimbavaka

Ce mémoire présente une étude sur la fabrication de savons dermatologiques à partir de plantes endémiques de Madagascar, notamment le dingadingana, l'aloe et la banane, par saponification à froid. Il est divisé en deux parties : une étude bibliographique sur les plantes et la fabrication de savon, suivie d'expériences pratiques et des résultats obtenus. Le travail a été soutenu par IRIARIZAKA Liantsoa Valimbavaka le 26 septembre 2022 à l'Université d'Antananarivo.

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Memoire Licence Valimbavaka

Ce mémoire présente une étude sur la fabrication de savons dermatologiques à partir de plantes endémiques de Madagascar, notamment le dingadingana, l'aloe et la banane, par saponification à froid. Il est divisé en deux parties : une étude bibliographique sur les plantes et la fabrication de savon, suivie d'expériences pratiques et des résultats obtenus. Le travail a été soutenu par IRIARIZAKA Liantsoa Valimbavaka le 26 septembre 2022 à l'Université d'Antananarivo.

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UNIVERSITE D’ANTANANARIVO

*********************

ECOLE SUPERIEURE POLYTECHNIQUE


D’ANTANANARIVO

***************************

DOMAINE : SCIENCES ET TECHNIQUES DE L’INGENIEUR


MENTION : GENIE DES PROCEDES CHIMIQUES ET INDUSTRIELS
**************************************
Parcours : Licence Professionnelle

Mémoire de fin d’étude en vue de l’obtention du Diplôme de Licence Professionnelle

En Génie des Procédés Chimiques et Industriels.

Présenté par : IRIARIZAKA Liantsoa Valimbavaka

Soutenu le : 26 Septembre 2022

Promotion : 2021
UNIVERSITE D’ANTANANARIVO
********************

ECOLE SUPERIEURE POLYTECHNIQUE


D’ANTANANARIVO

*************************
DOMAINE : SCIENCES ET TECHNIQUES DE L’INGENIEUR
MENTION : GENIE DES PROCEDES CHIMIQUES ET INDUSTRIELS
*****************************************
Parcours : Licence Professionnelle

Mémoire de fin d’étude en vue de l’obtention du Diplôme de Licence Professionnelle

En Génie des Procédés Chimiques et Industriels.

Présenté par : IRIARIZAKA Liantsoa Valimbavaka

Soutenu le : 26 Septembre 2022

Promotion : 2021

Membres du Jury :

Président : Professeur RAKOTOSAONA Rijalalaina

Encadreur : Docteur RAKOTOMAMONJY Pierre

Examinateurs : Docteur RAZANAJAO Jules Milson

Docteur RATSIMBA Marie Hanitriniaina


« Ny zavatra rehetra dia hain’ny mino »
Marka 9 : 23b
« Fa Jehovah Andriamanitrao no miara-
mandeha aminao; tsy handao anao na
hahafoy anao Izy » Deotoronomia 31:6b
AMEN

I
REMERCIEMENTS
Tout d’abord, je tiens à rendre grâce à Dieu Tout Puissant de m’avoir donné la force, la santé, le
courage et tous les moyens afin de réaliser et d’achever ce travail.

Je tiens à remercier également les personnes suivantes pour leur généreuse contribution à travers
leurs conseils, aides et appuis pédagogiques durant ces longues années d’études :

➢ Monsieur RAKOTOSAONA Rijalalaina, Professeur, Directeur de l’Ecole Supérieure


Polytechnique d’Antananarivo de m’avoir donné la permission d’effectuer la soutenance
de ce mémoire en vue de l’obtention du diplôme de Licence en Génie des Procédés
Chimiques et industriels, j’exprime ma grande reconnaissance ; et d’avoir accepté comme
Président de jury de cette soutenance.
➢ Monsieur RAKOTOMAMONJY Pierre, Docteur, Maitre de conférences, Enseignant
chercheur de l’Ecole Supérieure Polytechnique d’Antananarivo, qui a bien voulu
m’encadrer lors de la mémoire de licence. Ses encouragements et ses conseils m’ont été
d’un précieux apport durant la réalisation de ce mémoire.
➢ Madame RATSIMBA Marie Hanitriniaina, Docteur, Responsable de la mention Génie de
Procédés Chimiques et Industriels.
➢ Monsieur RAZANAJAO Jules Milson, Docteur, Maitre de conférences.
Qui ont accepté de siéger parmi les membres de jury pour examiner ce travail.

Je remercie également tous les enseignants de la mention Génie de Procédés


Chimiques et Industriels qui ont donné le meilleur d’eux même tout au long de ma
formation.

Mes pensées particulières vont à toutes mes familles : veuillez retrouver en ces quelques lignes
toute ma gratitude et mon affection. Vos soutiens que ce soit moral, spirituel ou affectif m’ont été
précieux.
A tous mes amis : vos encouragements m’ont permis d’accomplir à la fois mes études
académiques et ce mémoire.
Enfin, un grand merci à tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à la réalisation de cette
recherche.

II
SOMMAIRE
INTRODUCTION GÉNÉRALE .................................................................................................... 1
PREMIERE PARTIE : ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES ........................................................... 2
Chapitre 1. Généralités sur les plantes utilisées.............................................................................. 2
Chapitre 2. Generalites sur le savon ............................................................................................. 21
Chapitre 3. Fabrication de savon .................................................................................................. 28
DEUXIEME PARTIE : ETUDES EXPERIMENTALES .............................................................. 2
Chapitre 4. Matériels et methodes ................................................................................................ 41
Chapitre 5. Résultats et Interprétations ......................................................................................... 52
CONCLUSION GÉNÉRALE ...................................................................................................... 57
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES......................................................................................... I
LISTE DES REFERENCES WEBOGRAPHIQUES ................................................................... III
ANNEXES ..................................................................................................................................... V
TABLE DES MATIERES ............................................................................................................ IX

III
GLOSSAIRES
Acide gras : Molécule organique qui entre dans la composition des graisses animales et végétales
et possède une longue chaine carbonée, terminée par une fonction acide carboxylique.

Acné : Dermatose inflammatoire et pustuleuse du visage ou de la partie supérieure du thorax, due


à une inflammation des follicules pilosébacés avec formation de comédons

Alcalis : Composés qui produisent des ions hydroxyde.

Anti-inflammatoire : en pharmacologie, propre à combattre l'inflammation.

Antioxydant : composé qui protège les cellules du corps des dommages causés par les radicaux
libres.

Eczémas : Affection cutanée, caractérisée par de petites vésicules très rapprochées les unes des
autres, irritant.

Hydrophile : Substance ayant une affinité pour l’eau et les solvants polaires.

Hydrophobe (ou lipophile) : molécules ayant une affinité avec les solvants organique.

Lessive : Solution aqueuse de soude ou de potasse. On appelle aussi lessive les autres solutions
détergentes : phosphate de sodium.

Micelle : Particule minuscule de substance solide en suspension dans un liquide.

Principe actif : Ingrédient qui est utilisé dans un produit pour lui donner des vertus. Il s’agit du
composant essentiel du produit cosmétique.

Psoriasis : Inflammation chronique non contagieuse de la peau.

Tensioactif : Corps améliorant les propriétés de mouillage d’un liquide en abaissant sa tension
superficielle.

IV
LISTE DES ABREVIATIONS
FAO : Food Agriculture Organisation
HCl : Acide Chlorhydrique
INS : Iodine Number Saponification
IS : Indice de Saponification
N˚ : Numéro
NaCl : Chlorure de Sodium
NaOH : Hydroxyde de sodium
pH : Potentiel d'Hydrogѐne

V
LISTE DES UNITES
˚Bé : Degré Baumé

˚C : Degré Celsius

AG : Acides Gras

cm : Centimètre

g : Gramme

kg : Kilogramme

m : Mètre

mm : Millimètre

mn : minute

ml: millilitre

t : Tonne

VI
LISTE DES FIGURES
Figure 1: Savon obtenu à partir de NaOH .................................................................................... 22
Figure 2: Savon obtenu à partir de KOH ...................................................................................... 22
Figure 3: Tension superficielle élevée .......................................................................................... 22
Figure 4: Tension superficielle élevée .......................................................................................... 23
Figure 5: Structure schématique d’un tensioactif ......................................................................... 24
Figure 6: La formation d’un corps gras ........................................................................................ 28
Figure 7: Formules développées des acides gras les plus utilisées ............................................... 29
Figure 8: Processus de fabrication de savon dermatologique ....................................................... 51

VII
LISTE DES PHOTOS
Photo 1: Plante de dingadingana .................................................................................................... 2

Photo 2: Plante d’aloe .................................................................................................................... 4

Photo 3: Plante de banane ............................................................................................................... 7

Photo 4: Inflorescence................................................................................................................... 10

Photo 5: Fruits de banana en maturité........................................................................................... 11

Photo 6: Différents types de bananes ............................................................................................ 12

Photo 7: Balance ........................................................................................................................... 42

Photo 8: Moule en silicone ........................................................................................................... 42

Photo 9: Soude caustique .............................................................................................................. 44

Photo 10: Solution de soude ......................................................................................................... 46

Photo 11: Mélanges des huiles ...................................................................................................... 48

Photo 12: Pâte de savon préparée ................................................................................................. 48

Photo 13: Moulage des savons ...................................................................................................... 49

Photo 14: Savons obtenus ............................................................................................................. 54

VIII
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1: Classification botanique de dingadingana................................................................................... 3
Tableau 2: Valeur des composantes pour 100 g de banane ........................................................................ 15
Tableau 3: Valeur des vitamines pour 100g de banane............................................................................... 15
Tableau 4: Valeur des minéraux pour 100 g de banane .............................................................................. 16
Tableau 5: Comparaison des compositions nutritionnelles des bananes desserts et bananes plantains ...... 17
Tableau 6:Production mondiale de banane en millions de tonnes .............................................................. 18
Tableau 8: Indices de saponification et indices d’iodes des huiles usuelles ............................................... 37
Tableau 9: Coefficient INS des huiles usuelles........................................................................................... 39
Tableau 10: Indices de saponification des huiles utilisées .......................................................................... 44
Tableau 11: Masses de soude et des huiles du premier essai ...................................................................... 45
Tableau 12: Masses de soude et des huiles du second essai ....................................................................... 45
Tableau 13: Masses se soude et des huiles du troisième essai .................................................................... 46
Tableau 14: Quantités des principes additifs .............................................................................................. 49
Tableau 15: Coefficients INS des trois essais ............................................................................................. 52

IX
INTRODUCTION GÉNÉRALE
La peau est l’organe qui recouvre entièrement la surface du corps humain. Elle est donc
notre première défense. La plupart des infections observées aujourd’hui provient d’un manque de
propreté surtout dans les pays en voie de développement comme Madagascar. La peau a donc
besoin d’être entretenu par des agents nettoyants comme le savon. La production de savon
représente ainsi une industrie de première nécessité. Le savon est une matière moléculaire obtenue
par la combinaison d’une base (soude ou potasse) avec un corps gras.

Les savons fabriqués par les industries locaux de Madagascar sont tous presque destinés
pour la lessive mais les savons cosmétiques et les savons de toilette sont encore des produits
importés. Madagascar est connu pour sa richesse surtout en plantes médicinales qui ont des
potentiels pour les soins de la peau dont une grande partie est endémique. N’est-il donc pas
nécessaire de valoriser ses plantes ?

C’est la raison pour laquelle le présent ouvrage intitule « Etude de fabrication des savons
dermatologiques aux « dingadingana », aloe et banane par saponification à froid » a été choisi.

Notre travail comporte deux parties :

➢ La première partie se focalise sur l’étude bibliographique concernant les plantes utilisées,
le savon et la fabrication de savon
➢ La seconde partie représente les expériences effectuées et les résultats obtenus pendant la
fabrication.

1
PREMIERE PARTIE : ETUDES
BIBLIOGRAPHIQUES
Chapitre 1. Généralités sur les plantes utilisées
1.1
Le Psiadia altissima
1.1.1 Description
Communément appelé « dingadingana », c’est une plante endémique de Madagascar qui pousse
sur les hauts plateaux de l’île. C’est un arbuste de 1 à 5 m de hauteur. Les fleurs sont de couleurs
jaune vif au nombre de 40 à 50 par capitule. Les feuilles sont à limbe un peu épais, lancéolé
(Lantomalala E, 2021). Il fait partie des plantes médicinales très utilisées dans la vie quotidienne
des Malgaches.

Photo 1: Plante de dingadingana

Source : Auteur

2
1.1.2 Classification botanique
Tableau 1: Classification botanique de dingadingana

Règne Plantae

Sous-règnes Tracheobionta

Division Magnoliophyta

Classe Magnoliopsida

Sous-classe Asterideae

Ordre Asterales

Famille Asteraceae

Genre Psiadia
Source : Lantomalala E.R

Noms vernaculaires: Arina, Dingadingandahy, Hanindraisoa, Iary, Dingadingana, Mantavazana.

1.1.3 Utilisations traditionnelles


➢ Les feuilles du Psiadia Altissima sont notamment utilisées pour soigner les maux de dents
et pour atténuer le vertige, la fatigue ainsi que les douleurs articulaires et musculaires.
➢ Les Malgaches se servent également du Iary afin d’éloigner les parasites et les insectes
comme les poux ou les puces.
➢ La plante est utilisée traditionnellement pour soigner les problèmes de la peau. Ses
propriétés anti-inflammatoires permettent de soigner certains réactions, telles que les
démangeaisons, les irritations, les rougeurs, l’eczéma ou encore le psoriasis.
➢ Pour traiter les problèmes respiratoires (Lantomalala E.R, 2021).

1.1.4 L’huile essentielle d’Iary


[Link] Description
Elle est extraite des sommités fleuries de la plante grâce à une distillation complète. Cette huile a un
aspect incolore et dégage une odeur résineuse, à la fois boisée et fraîche.

3
[Link] Propriétés
Concernant les propriétés, elle est antibactérienne, anti-inflammatoire et anti-infectieuse.

Pour son utilisation, elle est déconseillée : aux femmes enceintes ou allaitant, aux enfants en bas
âge et aux personnes âgées. Elle est aussi particulièrement recommandée en diffusion
atmosphérique, tant pour sa fragrance que pour son action antiseptique.

1.2 L’aloe macroclada


1.2.1 Description
C’est une plante robuste vivace à grande rosette de feuilles. Ces feuilles possèdent une couleur
vert clair parfois rougeâtres dont les bords sont garnis des épines. L’inflorescence peut atteindre
2,50m de hauteur, les fleurs étant groupées en grappe cylindrique dense de 60-75cm de long
(Tsiferana G.R et Sandy M.L ; 2016).

Photo 2: Plante d’aloe

Source : SANDY Miharisoa Ludovic

1.2.2 Classification botanique


• Règne : plantae
• Sous-règne : tracheobionta
• Division : magnoliophyta
• Classe : liliopsida
• Sous-classe : liliidae
• Ordre : liliales

4
• Famille : aloeaceae
• Genre : aloe
• Espèce : macroclada
• Noms vernaculaires : Vahona, Vaombe, Vahongarana (Sandy M.L ; 2016).

1.2.3 Localisation
L’Aloe macroclada est une plante endémique de Madagascar. A l’état sauvage, on le trouve
principalement dans le plateau central d’Antananarivo jusqu’ à Isalo et dans le Sud, Région Anosy.
Il est également cultivé dans les hautes terres de l’île (Tsiferana G.R).

1.2.4 Utilisation en cosmétique


L’aloe est très employé dans la composition de cosmétique et entre en dose infime dans la
composition de nombreux produits de beauté : savon, lait de toilette, shampoing, déodorant
(Tsiferana G.R).

Selon les médecins locaux de Madagascar, il revitalise les capillaires fatigués, alimente les
cellules qui sont en état pauvre, et dégage les toxines et les déchets de notre corps. Le gel obtenu
à partir de l’Aloe macroclada de Madagascar est un remarquable cicatrisant, régénérant de
l’épiderme, adoucissant, hydratant et protectrice de la peau. Il agit efficacement dans la prévention
du vieillissement prématuré de la peau (Ronald H.R ; 2008). Le gel de vahona possède aussi un
atout pour enlever les pellicules sur le cuir chevelu.

1.2.5 Utilisation traditionnelle


A Madagascar, l’Aloe macroclada est utilisé traditionnellement sous le nom de Vahona.

❖ C’est une plante médicinale très réputée pour soigner les troubles du système digestif et
du système immunitaire.
❖ Le Vahona est utilisé pour traiter le cancer et les applications sur la peau. Des laboratoires
de phytothérapie comme HOMEOPHARMA l’exploitent et l’exportent vers l’étranger où
on peut le trouver sous le nom de « Vahona au miel » (Tsiferana G.R).
❖ Il est notamment utilisé pour guérir : les maladies endocriniennes comme le diabète, le
cholestérol ; et la pression artérielle(hypertension) (Ronald H.R ; 2008).

5
1.2.6 Composition chimique
L’Aloe Vera est une plante des milieux arides qui stocke l’eau dans ses feuilles. L’eau est le principal
constituant de ses feuilles qui représente de 98 à 99 % de son poids.

Il fait partie des rares espèces au monde à renfermer l’ensemble des éléments
indispensables au traitement et à la survie de l’organisme, à savoir les sels minéraux (silice,
potassium, magnésium), les acides aminés essentiels, les vitamines A, C, E et les oligoéléments.
Si la plupart des aloès dans le monde ne contiennent que 9 principes actifs uniques, l’Aloe
macroclada possède 18 constituants qui lui confèrent de multiples vertus médicinales et
cosmétiques. Cette plante possède également une valeur nutritionnelle intéressante, elle contient
plus de 75 éléments nutritifs (Tsiferana G.R).
La feuille d’aloe Vera contient plus de 75 composés actifs (polysaccharides, polyphénols, acides
organiques) ainsi que 20 sels minéraux, 20 acides aminés et 12 vitamines.

Il en existe 250 variétés mais l’aloe vaombe est une espèce de plante endémique de la région sud
de Madagascar. Le genre aloès compte 200 espèces dont 121 sont originaires d’Afrique du sud et
77 de Madagascar (Sandy M.L ; 2016).

1.3 Les bananes


1.3.1 Historique
Les bananes sont originaires d’Asie du Sud-Est et la plus ancienne trace fossile de
bananiers date de l’ère tertiaire en Inde. Ces derniers se sont répandus de l’Inde à la Polynésie avec
un centre de diversification semblant être situé en Malaisie ou en Indonésie. Transporté par les
commerçants, le bananier s’est propagé vers l’Afrique de l’ouest il y a au moins 2500 ans. En
1502, les Portugais amènent les premiers bananiers des îles Canaries vers les Caraïbes, l’Amérique
centrale et l’Amérique du Sud. C’est au dix-huitième siècle que la banane prend véritablement
son essor aux Antilles (Djaomamy R.A).

Au début, elles sont appelées figue. La banane a été mentionnée pour la première fois
dans des textes bouddhistes datant du sixième siècle avant Jésus Christ. Alexandre le Grand
dégusta sa première banane en 327 avant Jésus Christ dans la vallée de l’Indus. En témoignage des
Arabes qui la commercialisèrent par la suite, Ch. Linne lui donna le nom Musa. Très tôt, les
bananes ont fait parties des échanges commerciaux et c’est ainsi qu’elles gagnèrent l’Afrique.

6
Depuis des millénaires, les migrations humaines et les échanges de matériel végétal ont introduit
le bananier dans des situations écologiques très différentes sur tous les continents (Vero R).

1.3.2 Classification botanique


Le bananier appartient au :

- Règne : vegetal
- Embranchement : angiospermes
- Classe : monocotyledones
- Sous-classe : zingiberideae
- Ordre : scintaminales
- Famille : musaceae
- Sous-famille : musoideae
- Genre : musa

1.3.3 Description
Le bananier, contrairement aux idées reçues, n’est pas un arbre mais une plante herbacée. C’est la
plus grande herbe du monde et ils sont cultivés dans les régions chaudes. Les fruits, en général,
sont les bananes (Manovosoa M.A.R).

Photo 3: Plante de banane

Source : Auteur

7
[Link] Racines
On trouve dans le sol un bulbe qui porte de très nombreuses racines. Les racines prennent
naissance sur une couche interne de ce bulbe, appelée couche de Mangin. Les vieilles racines se
trouvent à la base de ce bulbe tandis que les jeunes apparaissent plus près de la surface du sol.
Les racines sont groupées par 3 ou 4. Elles durcissent légèrement en vieillissant et elles jaunissent.

On distingue des racines primaires de 5 à 8 mm de diamètre et de longueur très variable


dépassant parfois 3 à 4 m. Ces racines primaires portent un grand nombre de racines secondaires
de 2 mm de diamètre environ.
La puissance de pénétration de ces racines est faible. Aussi le bananier se développe très
mal dans les sols lourds. Le plus grand nombre de ces racines se trouve dans les 30 premiers
centimètres du sol (Vero R). Elles sont cylindriques, de couleur blanchâtre à leur émission puis
elles jaunissent et se durcissent en vieillissant. Ces racines primaires portent un abondant chevelu
de racines secondaires.
[Link] Tronc
Il s’agit en réalité d’un faux-tronc, qui peut atteindre 6 à 8 m de haut, formé par l’ensemble des
gaines des feuilles fortement imbriquées les unes sur les autres. Lors de la floraison, le bourgeon
terminal du bulbe donne naissance à une tige florale qui va monter vers le sommet du bananier en
écartant les gaines des feuilles, ce qui provoque une légère augmentation du diamètre du faux-
tronc (Manovosoa M.A.R).
[Link] Feuilles
Un bananier porte en général une trentaine de feuilles dont la durée de vie est de 70 à 200 jours.
Ces feuilles comprennent : une gaine, un pétiole, une nervure centrale, un limbe et des jeunes
feuilles (Vero R).

❖ La gaine

Elle est droite et allongée. En coupe, elle se présente sous la forme d’un croissant dont les bords
sont très fins et la partie centrale épaissie (2 à 3 cm). On distingue très nettement sur une coupe :
deux épidermes lisses et de coloration variable avec les variétés, séparés par des rangées de lacunes
dont les séparations contiennent des fibres. Ces lacunes sont généralement remplies d’air. Cette
disposition donne une grande rigidité à la gaine. Les gaines sont fortement imbriquées les unes
dans les autres. Les plus anciennes se trouvent à l’extérieur, les plus jeunes.

8
❖ Le pétiole
Il se trouve au sommet de la gaine. Si on fait une coupe, on obtient un croissant fortement concave
possédant également des lacunes. Il est très rigide car il est composé d’un grand nombre de fibre.
❖ La nervure centrale
C’est le prolongement du pétiole. Elle devient de plus en plus mince vers l’extrémité de la feuille.
❖ Le limbe
Il est divisé en deux demi-limbes disposés de part et d’autre de la nervure centrale. L’ensemble a
une forme ovale allongée. La largeur des feuilles varie de 70 cm à 1 m, la longueur, de 2 à 4 m.
L’épaisseur du limbe varie de 0,35 mm à 1 mm Le limbe est de couleur verte sur la face supérieure
et de couleur plus foncée sur la face inférieure. Il est parcouru par un grand nombre de nervures
secondaires toutes parallèles et séparées de 5 à 10 mm Le limbe peut se déchirer très facilement
entre ces nervures secondaires pour donner tout un ensemble de lanières.
❖ Les jeunes feuilles
Elles sont enroulées sur elles-mêmes, on leur donne le nom de « cigare ». Ce cigare est surmonté
par un filament qui se dessèche et tombe très rapidement sur le sol.
Dans de bonnes conditions de végétation, il apparaît une feuille tous les 5 à 11 jours et le nombre
de ces feuilles varie selon le cultivar et les conditions environnementales.
[Link] Inflorescence
Elle apparaît au sommet du faux-tronc après le développement d’une dernière feuille courte et
large possédant une nervure centrale incomplète et élargie. Elle se compose d’un rachis portant de
très nombreuses bractées. Ce rachis se courbe vers le sol au niveau des premières bractées. Ces
bractées sont de couleur rouge-violacée. Ces premières bractées sont vides, mais les suivantes
recouvrent un groupe de fleurs. Elles se soulèvent, se retournent sur elles-mêmes, fanent
rapidement et tombent au bout de un ou deux jours. Les groupes de fleurs sont ainsi découverts
successivement. Les bractées et leur groupe de fleurs sont portés par une excroissance du rachis
appelé coussinet (Makavelo J.E).

9
Photo 4: Inflorescence

Source: Auteur

[Link] Fleurs
Elles sont disposées en deux rangées imbriquées l’une dans l’autre. On appelle « main » le groupe
de fleurs disposé sous chaque bractée. On distingue des fleurs femelles et des fleurs males.
L’inflorescence comprend tout d’abord de 5 à 15 mains de fleurs femelles. Les mains suivantes ne
comportent plus que des fleurs mâles. Il peut apparaître des fleurs hermaphrodites entre les deux.
Les fleurs femelles se composent d’un ovaire allongé, surmonté d’un périanthe (calice et corolle)
à 5 lobes entourant un stigmate et deux étamines réduites ou staminodes (Makavelo J.E).
Les fleurs mâles ont un ovaire plus réduit surmonté par un périanthe identique à celui des fleurs
femelles et entourant un stigmate et deux étamines développées (Tsirimalala T.N).
[Link] Fruits
Pendant environ deux mois, les bananes vont grossir plus en largeur et en épaisseur qu’en longueur.
Elles possèdent des côtes qui finissent par s’estomper à maturité (Bonnet B.C).
L’intervalle de temps qui s’écoule entre l’émission florale et la récolte varie de 80 à 120 jours
suivant la saison. Il est de 80/90 jours dans des conditions optimales de température : fleurs en mai
- juin en Afrique de l’Ouest (saison chaude), en novembre - décembre à Madagascar. Il s’allonge
en saison sèche ou fraîche. Cet intervalle peut atteindre 150 jours dans les régions ayant une saison
froide marquée (Makavelo J.E et Al).
A maturité, une banane a une couleur jaune parfois tachetée de ponctuations brunes. Sa longueur
varie en moyenne de 16 à 22 cm et sa largeur de 3 à 4 cm. Son poids varie en moyenne de 100 à
150 g. Il existe des variétés à fruits plus petits et des variétés à fruits plus gros. Il y a 60 à 65 % de
pulpe consommable par fruit.

10
Photo 5: Fruits de banane en maturité

Source : Auteur

1.3.4 Types de bananes


Il existe environ 1200 types de bananes qui sont subdivisés en 50 groupes de variétés. Il y a
vraiment beaucoup de bananes différentes dans le monde selon les couleurs : il y a les bananes
vertes, jaunes, roses, dorées, rayées et même des tachetées, et selon les formes : il y a les bananes
carrées, courtes, courbées, rondes.

Ces nombreuses variétés sont utilisées comme fruit (banane dessert) ou comme légume (banane à
cuire) (Info Musa).

[Link] Les bananes dessert


Ce sont les plus cultivées et qui font l’objet de courants commerciaux importants entre les zones
de production et les zones d’importation (Europe et Amérique du nord). Elles regroupent les
variétés les plus sucrées et que l’on mange crues à maturités. La variété la plus consommée est la
Cavendish (Bonnet B.C).

[Link] Les bananes plantains


Elle est généralement plus grosse et plus longue que la banane fruit. Sa chair est un peu rosée, plus
pauvre en sucre et plus riche en amidon ce qui la rend plus ferme lui donnant une bonne tenue à la
cuisson. Elle est de ce fait utilisée comme un légume, souvent cuisinée avant complète maturité.
Elle doit être blanchie (passage à l’eau bouillante salée) pour pouvoir être pelée puis passée à la
friture ou utilisée dans des ragouts à l’équivalent de la pomme de terre.

11
Photo 6: Différents types de bananes

Source : Wikipédia

[Link] Classification
Les variétés commerciales des bananes sont classées dans le sous-groupe cavendish ou sinensis ;
ce sous-groupe comprend 4 types principaux :

➢ Le type « Ambo » ou « Lacatan »

C’est un bananier de grande taille de 3,5 à 4 mètres, donc sensible au vent et à cycle long. Il a
remplacé à l’exportation la variété « Gros Michel » qui, à cause de sa sensibilité à la maladie de «
Panama », a été abandonnée. Ses fruits sont excellents mais les rendements sont assez faibles
(cultivé surtout à la Jamaïque) (Vero R).

➢ Le type « Tsy Ambo tsy iva » ou « Poyo »

C’est un bananier de taille plus réduite que le « Ambo », moins sensible au vent. Son cycle dur en
moyenne 13 à 16 mois. Il permet d’atteindre des rendements de 35 tonnes/ha. Il résiste bien à la
maladie de Panama (cultivé à la Guadeloupe, à la Martinique, en Côte d’Ivoire et au Cameroun).

➢ La « grande naine »

La taille du pseudo-tronc ne dépasse pas 2,75 m. La durée moyenne de son cycle est de 11 à 12
mois. C’est une variété rustique de forte productivité.

➢ La naine

La taille du pseudo-tronc ne dépasse pas 2 mètres. C’est un bananier à végétation rapide (cycle de
8 à 11 mois), cultivable à haute densité (2500 pieds/ha), il peut donner en culture intensive les plus
hauts rendements (Makavelo J.E).

12
1.3.5 La culture
[Link] Mode de culture
Le bananier est une plante exigeante en eau, sensible aux basses températures et aux vents. Les
sols doivent être sains, aérés et riches en azote et potasse. Il est fortement conseillé de les planter
à l’abri du vent pour ne pas risquer de déchirer les feuilles. Etant une plante tropicale, une
température entre 25°C et 28°C serait l’idéale. D’autre part, le bananier requiert un apport en eau
de 125mm à 155 mm par mois pour obtenir une hygrométrie élevée et la concentration en chlorure
ne doit pas dépasser 350 mg/l et 1.5g/l de sels totaux. Concernant le sol, on mélange 10% de fumier
décomposé, 30% de terre de jardin,30% de tourbe et 30% de substrat drainant. Par ailleurs, si le
bananier est encore jeune, on choisit du phosphore pour l’engrais : on utilise de l’azote en période
de croissance (Makavelo J.E).

[Link] L’eau
Le sol doit être suffisamment pourvu en eau. Les racines n’absorbent aisément que le tiers de la
tranche dite habituellement utile. On considère généralement que les besoins sont couverts avec
125 à 150mm par mois en climat chaud et humide. Mais l’évapotranspiration maximale peut être
plus élevée et dépasser 200mm. Les besoins sont plus élevés en régions sèches et chaudes ou en
situations très ventées (Vero R).

Les bananiers se défendent contre des déficits momentanés en repliant les demi-limbes des feuilles,
mais ils résistent mal aux sécheresses de plus d’un mois. Le pseudo-tronc peut alors casser. Il existe
une certaine variabilité entre groupes et sous-groupes de bananiers vis-à-vis de la tolérance à la
sécheresse (Damien N et Roger A).

[Link] Les sols


La racine du bananier manque de puissance, elle est fragile. Il importe donc que les racines et le
bulbe puissent se développer dans les meilleures conditions : sol meuble (facile à labourer) et bien
aéré. Le manque de structure, le mauvais drainage, la compacité sont des défauts graves. La racine
ne supporte pas l'eau stagnante. Les sols ayant un horizon durci ou gravillonnaire et ceux dont le
plan d'eau est trop superficiel sont à éviter. La nappe doit se trouver au moins à 80 cm.

13
Le pH est de 5,5 à 6,5. Le bananier a des besoins importants en azote et en potassium. Les besoins
en Phosphore, Calcium et Magnésium sont faibles. Le bananier peut supporter une légère salinité
des eaux (Makavelo J.E).

[Link] La température
La température optimale à l'intérieur du pseudo-tronc vers sa base est de 28°C. Les anomalies
surviennent au-delà de 35 à 40°C. Au-dessous de 24 °C, la vitesse de croissance baisse
pratiquement de façon linéaire avec la température de jusqu’à 15 à 16°[Link] s’annule
complètement vers 10 à 11°C.A températures de 4à6°C, les feuilles jaunissent, certains cultivars
résistent un peu mieux que d’autres. La souche ne meurt que par gel.

Sous les 12°C, les bananes sont déformées et se nécrosent. Les fruits subissent aussi des dommages
dans le péricarpe, qui présent des tirets noirs en coupe longitudinale (frisure, ou pigmentation). Les
échanges gazeux sont ralentis et la maturation est difficile. Le phénomène se produit au champ,
mais aussi en cours de transport (Vero R et Al).

[Link] Le climat favorable


Les régions principales de la culture des bananes sont dans un secteur humide des tropiques. C’est
dans ce climat que les bananes se développent le mieux. Un déplacement vers une altitude plus
haute prolonge la phase végétative d’environ un mois si on monte d’environ 100m (Makavelo
J.E). Dans les pays subtropicaux, les hivers froids donnent un développement végétatif moins bon:
les feuilles et les fruits sont moins grands et les revenus plus petits. Pour un développement optimal
on utilise aussi le plein soleil. Les grandes vitesses de vent peuvent faire des grands sinistres
comme casser les feuilles ou l’enracinement des faux troncs. Les plantations doivent être protégés
si possible (Damien N et Roger A).

1.3.6 Composition nutritionnelle et chimique


La composition biochimique de la banane varie selon la variété, l’évolution des conditions du
milieu, d’une période à l’autre de la vie du bananier.

14
Valeurs nutritionnelles pour 100g de banane

Tableau 2: Valeur des composantes pour 100 g de banane

Composantes Quantité

Eau 74,7 g

Protéines 1,2 g

Glucides 20,5 g

Lipides 0,227 g

Fibres 3,1 g

Source : Association Interprofessionnelle de la Banane


Tableau 3: Valeur des vitamines pour 100g de banane

Vitamines Quantité
Vitamine B1 0,04 mg
Vitamine B2 0,06 mg
Vitamine B3 0,7 mg
Vitamine B5 0,36 mg
Vitamine B6 0,336 mg
Vitamine C 6,54 mg
Vitamine E 0,27 mg
Source : Association Interprofessionnelle de la Banane

15
Tableau 4: Valeur des minéraux pour 100 g de banane

Minéraux Quantité

Calcium 4,47 mg

Cuivre 0,102 mg

Fer 0,281 mg

Iode 3,92 mg

Magnésium 32,8 mg

Manganèse 0,629 mg

Phosphore 17,5 mg

Potassium 411 mg

Selenium 0,397 mg

Sodium 1 mg

Zinc 0,178 mg

Source : Association Interprofessionnelle de la Banane

Ces valeurs varient selon les différentes cultures, variétés, le degré de conditions de maturation et
de croissance de bananes (Rarisoa A).

16
Tableau 5: Comparaison des compositions nutritionnelles des bananes desserts et bananes plantains

Composition pour 100 g Banane dessert Banane plantain

Eau 74,9 65,3

Energie en kcal 89 122

Protéines 1,1 1,3

Lipides 0,3 0,4

Glucides 22,8 31,9

Fibres 2,6 2,3

Sucres (monosaccharides et 12,2 15


disaccharides)

Source : Info Musa Vol. 14 N˚2

D’après ce tableau, la banane plantain présente une densité énergétique bien supérieure à la banane
dessert.

1.3.7 Production
[Link] Production à Madagascar
Madagascar est l’un des pays producteurs de banane dans la partie Sud Est de l’Afrique. La
production est très variable à cause des différents paramètres qui limite la bonne récolte.

La culture de banane est quasiment présente partout à Madagascar, sauf dans les régions
moins humides de l’Ouest et du Sud. Elle se trouve surtout sur le long de la côte Est, plus
précisément entre la région de Fénérive-Est et de Brickaville.

Les bananes sont plantées dans les différentes vallées et sur les terrasses alluviales qui
suivent les cours d’eau.

17
La banane est cultivée sur la côte Est de Madagascar plus précisément dans la province de
Tamatave, recouvrant une surface de 40.000 ha environ. Cette province a une altitude de 5m qui
est la plus basse de toute l’Ile.

Elle est présente pendant toute l’année sous différentes variétés. Une partie est destinée à
l’exportation et le reste pour l’approvisionnement local. La part de Madagascar reste encore faible
sur la marche mondiale (Soloniaina R.J et Al).

[Link] Production mondiale


La production mondiale moyenne de la banane est passée de 116 millions de tonnes en 2017-
2019. La banane Cavendish constitue la variété la plus commercialisée sur 40 à 50 pour cent de la
production mondiale. Les bananes sont le principal fruit à faire l'objet d'échanges internationaux
et également le plus populaire à travers le monde. C’est donc un produit de base très sensible aussi
bien d'un point de vue économique, que social, environnemental et politique (Tsirimalala T.N).

Tableau 6:Production mondiale de banane en millions de tonnes

Pays 2000 2005 2011

Inde 30 20 15

Chine 10 5 5

Philippines 10 5 5

Brésil 5 5 5

Équateur 5 5 5

Indonésie 5 5 5

Source : F.A.0 2013

18
1.3.8 Usages de la banane
[Link] Usages industriels
Il existe plusieurs usages industriels des bananes. La pulpe de banane sert à la fabrication
industrielle de sucre, chips, confitures, farines et poudres de bananes.

➢ Poudre

On obtient la poudre de bananes par broyage des fruits mûrs. La pulpe broyée forme une pâte
homogène qui est séchée dans un séchoir ou dans un atomiseur. Le produit final possède l’arôme
désiré mais doit être conservé au sec et à l’abri de l’air pour éviter son brunissement. L’atomiseur
permet d’obtenir des produits plus fins, moins caramélisés. Certaines usines ont été montées dans
les pays producteurs de bananes afin de récupérer les fruits non exportables et d’en faire de la
poudre (Tsirimalala T.N).

➢ Sucre

Une entreprise américaine fabriquait à Cuba du sucre de bananes. Ce sucre de couleur brune avait
une saveur agréable rappelant celle du fruit. Mais la teneur en sucre variait notablement d’une
banane à l’autre et il n’y avait qu’une très faible teneur en sucre cristallisable (Tsirimalala T.N).

➢ Chips
Les chips de bananes sont réalisées principalement à partir des bananes à cuire telles que les
bananes plantains représentent également une large utilisation des bananes. Elles sont dégustées
en apéritif et peuvent être salées, épicées, sucrées (Vero R).

➢ Bière

La bière de banane est une bonne source de vitamine B, de plusieurs protéines et d’acides aminés.
C’est une boisson élaborée essentiellement en Afrique de l’Est : en République démocratique du
Congo, en Tanzanie et en Ouganda (Vero R).

19
[Link] Autres usages
Alimentations des animaux
Les bovins et les porcs apprécient les bananes mûres, mais les fruits verts peuvent
également être séchés et transformés en un aliment qui peut remplacer jusqu'à 70 à 80% des
céréales dans l'alimentation des porcs et des bovins (Tsiferana G.R).
Utilisation pour la cosmétique
La banane est un fruit qui contient des éléments essentiels pour la peau, c’est :
Un hydratant naturel
Riche en potassium, la banane possède un fort pouvoir hydratant qui participe à la bonne
hydratation de la peau, son utilisation dans la routine beauté garantit une peau douce, souple et
bien hydratée.
Elle hydrate les peaux sèches et donne de l’éclat aux peaux ternes.
Un pouvoir exfoliant
Les nombreuses vitamines et nutriments contenus dans la banane aident à éliminer l’excès de
sébum dans la surface de la peau et à lutter contre les imperfections et l’acné.
Un anti-âge
Les antioxydants, le manganèse, et les vitamines qu’elle contient agissent comme une véritable
barrière pour combattre le vieillissement prématuré de la peau. C’est un excellent anti-ride.
Un bon anti-inflammatoire
Les bananes ont des propriétés anti-inflammatoires pour la peau grâce à des nutriments comme le
zinc et les acides aminés qui peuvent aider à soulager les démangeaisons causées par les piqures
d’insectes, les allergies cutanées saisonnières.

CONCLUSION PARTIELLE
Ce chapitre évoque que le « dingadingana », l’Aloe Vera et les bananes, utilisés dans nos
préparations, sont tous des plantes qui possèdent de nombreuses vertus pour la peau grâce à leurs
compositions. C’est pourquoi on va les incorporer dans du savon sur lequel nous entamons dans
le second chapitre.

20
CHAPITRE 2. GENERALITES SUR LE SAVON
Le besoin d’un agent de lavage semble aussi ancien que le désir de propreté. Aujourd’hui,
le savon est devenu un bien de première nécessité partout dans le monde. La fabrication de savons
est, après celle des huiles et graisses alimentaires, celle qui absorbe le plus gros tonnage de corps
gras. Le savon est une source de vie.
2.1 Historique
2.1.1 Origine
Le savon a été découvert il y a fort longtemps et est utilisé avant l'ère chrétienne, les savons ont
une origine à la fois lointaine et incertaine, probablement gauloise.

La fabrication du savon est l’une des plus anciennes industries du monde. Certains pensent qu’elle
tire son origine des autels sacrificatoires de l’Antiquité : la graisse des animaux tués puis brûlés
s’égouttait sur les cendres de bois. Elle pouvait ainsi se combiner avec la potasse pour former du
savon à l’état brut (RABEHASY Luc).

2.1.2 Les savons d’aujourd’hui


Actuellement, la plupart des différents agents lavant sont encore à base de ces ingrédients
synthétiques comme les shampooings, les gels douches, les « savons sans savons » ou « syndet ».
A la fin du XXe siècle, malgré l’usage intensif des poudres à laver, des gels de bains moussants, et
d’autres savons liquides, on sent renaître l’intérêt du public pour la bonne vieille savonnette : le
consommateur souhaite utiliser des produits plus sains, plus naturels et de qualité, afin de préserver
sa capitale santé, il est aussi soucieux de la protection de l’environnement.

Au XXIe siècle si le savon industriel reste prédominant dans l’utilisation, on remarque un retour
au naturel avec le développement de petites savonneries artisanales valorisant les propriétés
médicinales des plantes utilisées par la production de saponification à froid. Des matières
naturelles sont utilisées : huiles et beurres végétaux, huiles essentielles, extraits de plantes
(RAINIHARINARIVO Tsiferana G).

A Madagascar, l’industrie savonnière a connu un développement rapide récemment, la preuve est


l’apparition de nouveaux produits de différentes marques sur le marché comme le savon VAO,
Citron plus, Iriko, RIM.

21
2.2 Définition
Les savons sont les produits de nettoyages les plus anciens ; ce sont des sels de potassium ou de
sodium d'acides gras contenant 12 à 18 atomes de carbone de formule RCOONa ou RCOOK.

Ils sont fabriqués par saponification à partir de graisses et d'huiles ou de leurs acides gras, en les
traitants chimiquement avec un alcali fort (Hassi Ahlem, 2017).

Le savon est le premier détergent le plus utilisé dans la vie quotidienne.

NaOH + corps gras Savon dur

Figure 1: Savon obtenu à partir de NaOH

KOH + corps gras Savon mou

Figure 2: Savon obtenu à partir de KOH

2.3 Qualités du savon


Le savon assure le lavage grâce à quatre qualités :

2.3.1 Le pouvoir mouillant


L’eau savonneuse peut pénétrer les petites espaces de la surface en contact comme les fibres du
linge, la peau, plus efficacement que l’eau pure (RAHANTANIRINA Léoncette).

Eau seule : La tension superficielle élevée, la cohésion du liquide l’emporte sur les interactions
avec le solide donc le liquide s’étale peu.

Figure 3: Tension superficielle élevée

Eau + tensioactif : La tension superficielle abaissée

22
Figure 4: Tension superficielle élevée

2.3.2 Le pouvoir dispersant


Par les propriétés des ions carboxylates et la structure des micelles, celles-ci se repoussent l’une
et l’autre et elles se retrouvent donc dispersées dans l’eau savonneuse (Hassi Ahlem, 2017).

2.3.3 Le pouvoir émulsifiant


Les ions constituant le savon se mettent autour de la saleté et s’introduisent entre celle-ci et la
surface en contact jusqu’à isoler la saleté de cette surface. Ils forment des émulsions avec l’eau
tout en débarrassant les graisses et les saletés. Les ions carboxylates ont une extrémité lipophile et
sont donc particulièrement efficaces sur les corps gras (CHAIA Zohra et Al).

2.3.4 Le pouvoir moussant


La rencontre de l’eau avec le savon, sous l’effet de l’agitation, entraîne la formation de mousse
plus abondante. La mousse formée par l’eau savonneuse engendre des bulles d’air qui se tournent
vers l’air ou qui restent à la surface. La mousse est un indicateur de son pouvoir détergent (Hassi
Ahlem, 2017).

2.4 Propriétés
Les savons sont dotés de propriétés tensioactives et émulsifiantes dues à leur caractère bipolaire.
Ils se dissolvent aussi facilement dans l’eau chaude que dans l’alcool, mais très lentement dans
l’eau froide.

Le savon à des propriétés détergentes, c'est à dire qu'il a le pouvoir, lorsqu'il est appliqué sur une
surface quelconque, de détacher les impuretés grasses adhérentes à cette surface et de les mélanger
à l'eau. Comme les impuretés grasses manquent d'affinité à l'eau (hydrophobe), nous avons besoin
d'un pont entre l'eau et les impuretés.

Au niveau moléculaire, le savon se compose de molécules dites « bipolaires » ou « tensioactifs »,


contenant des ions carboxylates qu’on peut ranger en deux groupes :

23
➢ Celles formées par un groupe polaire hydrophile, c’est le groupe COO- porteur d’une
charge électrique négative.
➢ Celles formées par un groupe hydrophobe mais aussi lipophile c’est à dire non polaire et
soluble aux substances organiques, avec une chaîne carbonée R provenant de l’acide gras et dont
le nombre d’atomes de carbone est en général élevé (CHAIA Zohra et Al).
Dans la composition du savon, l'huile apporte la partie hydrophobe (ou non polaire) et la soude
apporte la partie hydrophile (ou polaire).

Figure 5: Structure schématique d’un tensioactif

Source : Eric DAINI

2.5 Différents types de savon


Le savon se présente sous différentes formes : de bloc (pain, cube, formes ovalisées…), de poudre,
de paillettes fines (lessives), de gels et même peut être vendu en solution comme le savon liquide.
2.5.1 Suivant la provenance géographique d’origine ou de couleur
[Link] Le savon de castille
Le savon de castille est un savon biodégradable préparé uniquement avec de l'huile d'olive, de l'eau
et de la soude.

[Link] Le savon de Marseille


Le vrai savon de Marseille est constitué d’huile végétale et de soude. Pour ce qui est de la quantité,
il faut compter 72 % d’huile végétale dans le produit. Pour ce qui est de la fabrication, il est
saponifié à chaud au chaudron, utilisable immédiatement après fabrication, même s’il est
préférable qu’il repose quelques temps.

[Link] Le savon blanc


Le Grand Larousse du XIXe siècle l'assimile au banal savon de Marseille ou aux différents savons
de toilette. La couleur blanche indique qu'il s'agit d'un savon sodique, de teinte claire ou nettement
moins sombre que les différents « savons noirs » à la potasse ou lessive potassique. Notons que

24
l'industrie suisse a promu une fabrication de savon de toilette à partir de l'huile de tournesol,
nommée savon blanc.

[Link] Le savon noir Africain


Il est utilisé depuis des siècles et originaire d’Afrique de l’Ouest. Il est entièrement naturel et
fabriqué à la main avec des ingrédients traditionnels comme le beurre de karité, l’huile de palme,
le beurre de cacao et de cendres de végétaux (feuilles de bananiers ou encore pelures de bananes
plantains, écorce de palmiste, cosses de cacao). Le savon noir africain est sous forme solide en
morceaux de tailles variées et il est réputé pour sa douceur et son action contre les problèmes de
la peau. C'est un savon nettoyant moussant qui sert à se laver de la tête aux pieds y compris les
cheveux (RAHANTANIRINA Léoncette).

2.5.2 Suivant l’usage


[Link] Savon de ménage
Le savon de ménage est un savon à tout faire. Son parfum est neutre, sa mousse fine. Il est utilisé
pour le nettoyage de la vaisselle et du linge.

[Link] Savon de toilette


C’est un petit pain dur de savon parfumé, coloré et neutralisé. Il est préparé à partir du suif et de
la noix de coco. Il contient une haute teneur en sel d’acides gras supérieure à 76 ou 78%.

[Link] Savon médical


Le savon médical est un savon fabriqué à partir de plantes à caractéristiques curatives et contient
des antiseptiques comme le soufre, le phénol ou le formaldéhyde. Il est très répandu et vendu dans
divers pays.

❖ Savon antiseptique

Ce savon est un produit destiné à détruire les micro-organismes présents sur les tissus vivants
(peau saine, muqueuses, plaies). Il est utilisé pour des soins particuliers de dermatologie. Il ne
contient pas de molécule de savon et la plupart de ces savons antiseptiques sont des détergents
cationiques, c'est à dire des sels d'amines. Ce dernier ne contient pas non plus de molécules de
savon et il est à base de tensioactifs synthétiques. Son pH est proche du pH de la peau. Le détergent

25
présent dans ce type de produit optimise l’efficacité de l’antiseptique qui est le principe actif
(Hassi Ahlem, 2017).

❖ Savon dermatologique:

Le savon dermatologique est un savon enrichi avec un produit spécifique destiné à protéger la
peau. Il est généralement constitué d’huiles végétales, de protéines de lait et de vitamines et utilisé
pour la toilette des peaux allergiques, sensibles et délicates. Plus doux que le savon ordinaire, il
dessèche moins la peau. Il peut notamment se trouver sous forme liquide (WILTNER et C.
CALMELS).

[Link] Savon surgras


C’est un savon doux, enrichi en agents surgraissant comme : des huiles végétales, des beurres
végétaux, de la glycérine ou des agents d’origine animale (ex : la Lanoline, cire obtenue à partir
de la graisse de laine). C’est la présence d’agents surgraissant qui protège, hydrate et aide à la
restauration du film gras de la peau (SANDY Miharisoa Ludovic).

2.5.3 Suivant l’aspect ou la composition


[Link] Savon liquide
Le savon liquide à la potasse est préparé à partir d'huile de ricin et de noix de palmier. Il a la plus
faible teneur équivalente en acides gras : 15 à 20 % en masse. Le savon liquide est destiné au
lavage des mains et au nettoyage des vaisselles (Hassi Ahlem, 2017).

[Link] Savon transparent


Il est obtenu par dissolution d’un savon de suif dans de l’alcool à chaud, puis refroidissement lent
et coulage. Il s’appelle savon de glycérine lorsque l’alcool est le glycérol, nom actuel de la
glycérine (RAHANTANIRINA Léoncette).

[Link] Savon animal


Il est fabriqué en utilisant des graisses animales notamment la graisse du porc ou le suif de bœuf.
Le savon animal est essentiellement obtenu à partir de mélange d'huile d'olives, de suif de bœuf,
de lessive de soude, de l'infusion miel citron (CHAIA Zohra et Al).

26
[Link] Gel douche
Les matières utilisées pour le fabriquer sont des ingrédients d’origine pétrochimique ajoutés
d’additifs et d’agents moussants. Normalement, son état est censé être plus doux que celui des
savons normaux, mais les additifs utilisés, comme les parfums, les conservateurs et les colorants,
peuvent les rendre irritants pour la peau (RAHANTANIRINA Léoncette).

CONCLUSION PARTIELLE

Au début, le savon n’était qu’un composé forme à partir de cendre et de suif. Il a subi de
nombreuses évolutions et est devenu un produit indispensable dans notre vie quotidienne. Depuis
quelques temps, il a été dominé par les autres détergents plus modernises, mais avec le retour au
naturel et aux produits respectueux de l’environnement, les savons restent encore des produits de
premières nécessités. Le savon possède plusieurs propriétés grâce à sa structure bipolaire.

27
CHAPITRE 3. FABRICATION DE SAVON
3.1 Matières premières et leurs caractéristiques
Les matières premières de base utilisées pour la fabrication du savon sont : les corps gras, les
alcalis et l’eau.
3.1.1 Les corps gras
C’est la principale matière première utilisée et ils sont des produits naturels d’origine animale ou
végétale. Ils représentent en volume plus ou moins 2/3 des matières premières dans une savonnerie
(Lisette CAUBERGS). Ce sont des triesters de glycérol et d’acides gras. La distinction que l’on
fait entre les graisses, les huiles et les beurres est purement arbitraire. Elle est basée sur leurs états
physiques aux températures ordinaires, les huiles étant liquides et les beurres ou les graisses solides
ou pâteux (Martial Gervais).

Figure 6: La formation d’un corps gras

Source : RAZAFIARIMANANA Vonimalala

28
Figure 7: Formules développées des acides gras les plus utilisées

Source : David Soissons

[Link] Les graisses animales


Les premiers savons sont obtenus à partir des graisses animales et elles sont généralement solides
à température normale.

Les suifs :

On désigne sous le nom de suif la graisse qui se trouve en abondance dans les cavités abdominales
des ruminants et qui se distingue par son aspect grumeleux et son point de fusion élevé. En effet,

29
ils contiennent plus de glycérides d’acides saturés (stéarique, palmitique) que de glycéride fluide
(oléine) : l’acide stéarique ne fond que vers 70°C, les suifs usuels vers 42-46°C. la richesse en
stéarine rend fermes et durables les savons empâtés avec des suifs (Peter DONKOR et Al). Ce
groupe comprend : le suif de bœuf, de mouton, la graisse de cheval.

Le suif de bœuf constitue la plus ancienne et l’unique matière grasse utilisée à Madagascar dans
les savonneries traditionnelles pour la fabrication du « savony gasy ». Actuellement, il reste
encore l’une des principales matières premières de la savonnerie car c’est une graisse très stable
et dont la consistance permet d’obtenir des savons durs.

Du fait de l’élévation incessante du prix de la viande à Madagascar depuis quelques années, associé
au fait que les bouchers ne classent plus les suifs parmi les abats mais les vendent au même titre
que les autres parties de la viande, certains fabricants de savon mais surtout ceux qui fabriquent
du « savony gasy » sont contraints d’abandonner leur activité ou du moins chercher un autre type
d’huile en substitut car à un tel revient, la production ne serait plus rentable.

Le saindoux ou graisse de porc :

Abondante mais largement consommée dans l’alimentation, cette graisse d’un blanc très pur et
très onctueuse après fusion, est excellente pour savons comme pour pommades. Elle ne contient
qu’environ 8% de stéarine, 11% de palmitine avec 60% d’oléine, et semble composée surtout de
glycérides complexes. Elle rancit aisément mais a une très bonne odeur quand elle est fraîche.
Elle est facile à préparer et donne d’excellents produits dans la fabrication des savons et des
pommades. Leurs effets sur la peau est très doux et il favorise la formation rapide de mousse
(ANDRIAMANANTENA Tovonony B).

[Link] Les huiles végétales


Les huiles et graisses végétales sont retirées le plus souvent des graines de végétaux supérieurs ou
plus rarement, de la pulpe de fruit de certaines espèces végétales. C’est avec l’introduction de
l’huile végétale dans la formulation de la matière première que le savon a pu connaître une grande
évolution quant à ses propriétés.

30
➢ Huile de palme

Elle est extraite de la chair ou du « sarcocarpe » du fruit drupacé de la plante. Elle doit
obligatoirement être extraite de la pulpe du fruit frais d’Elæis guinensis (cocotier aux régimes
épineux). Fraîche, l’huile de palme se présente en masse molle de couleur variant du jaune au
rouge saumon suivant les palmiers dont elle provient. Elle fond à 29°C, vieillie et brunâtre entre
37 et 43°C. C’est une huile qui a de nombreuses utilisations actuellement. Elle se compose surtout
de palmitine et d’oléine, avec de la stéarine. Elle est la matière première principale de la
savonnerie dans les pays producteurs de palmier à huile. Cependant, elle a une coloration
accentuée et doit souvent être décolorée avant usage. Utilisée seule, elle donne un savon qui
s’effrite et qui ne se laisse pas facilement travailler pour la fabrication de savon de toilette
(Martial Gervais et Al). Mais mélangée à l’huile de coco, elle produit un savon de toilette de
qualité satisfaisante.

➢ Huile de coco

L'huile de coco ou le beurre de coco est une huile très répandue dans les pays tropicaux et
subtropicaux. De couleur jaune pâle ou blanche, elle est extraite de la pulpe de noix de coco et
donne un savon blanc et solide. Les savons fabriqués de l'huile de coco pur sont peu stables au
stockage et ont une tendance à se déformer. Elle est riche en acide laurique, en acide myristique
et en acide palmitique. Elle donne du savon qui résiste au relargage. Le savon obtenu est de couleur
blanche et dur, il se dissout rapidement en formant une mousse peu durable (WILTNER et C.
CALMELS).

➢ Huile d’arachide

Comme l'arachide est un produit de consommation par excellence, le prix de cette huile est souvent
élevé. Elle se transforme facilement en savon que ce soit dans sa forme brute ou purifiée. Elle est
généralement employée en combinaison avec d'autres huiles parce que son pouvoir lavant est assez
bon mais elle ne donne pas beaucoup de mousse (Centre pour le Développement Industriel).

➢ Huile de tournesol

C’est une huile végétale au gout neutre, obtenue grâce à la transformation des graines de tournesol
qui sont récoltées en général au mois de Septembre et Octobre. Une fois récoltées, ces graines sont

31
épurées, c’est-à- dire nettoyées de tout déchet. Ensuite, ces graines sont transformées à l’aide d’une
première pression à froid dans une grande presse. Le tournesol est une plante d’origine
amérindienne. L’huile est très utilisée en cuisine notamment pour les cuissons(fritures).

➢ Huile d’olive

Elle est composée à 99 % de matières grasses, le 1 % restant est qualifié d’élément mineur. Cette
matière grasse est composée d’acides gras de différentes sortes et la répartition de ces acides gras
dans l’huile diffère selon les variétés et le lieu de productions des olives. Parmi les différentes
catégories de l’huile d’olive, celles couramment utilisées en savonnerie sont l’huile d’enfer,
obtenue par deuxième pression de grignons, sert en savonnerie après épuration. Elle est d’une
consistance épaisse, très colorée et à odeur excessive. L’huile d’olive, elle est riche en acide
oléique. Elle donne un excellent savon.

➢ Huile de colza

C’est une huile végétale obtenue à partir des graines de colza qui est une plante appartenant à la
famille botanique des Brassicacée. Il s’agit d’une plante herbacée, un hybride naturel entre un chou
et une navette. Le colza est originaire de France.

Elle a une couleur jaune clair et odeur discrète qui rappelle l’odeur de la plante. Elle est aussi
appelée « huile de canola ».

➢ Huile de soja

Le soja est une plante subtropicale qui apparaît aussi dans les régions tropicales. L'huile jaune pâle
peut être employée aussi bien en forme brute qu'en forme purifiée et se transforme facilement en
savon. A cause de son activité peu moussante et peu lavante, il est préférable d'utiliser cette huile
en combinaison avec d'autres huiles comme l'huile de coco (Lisette CAUBERGS).

3.1.2 Les alcalis


Pour la fabrication de savon, on distingue deux types de lessive : l’hydroxyde de sodium et
l’hydroxyde de potassium. La nature n’offre pas ces réactifs dans l’état exige par la savonnerie,
mais l’industrie les fournit maintenant en abondance.

32
[Link] L’hydroxyde de sodium ou NaOH (soude caustique)
C’est la base la plus utilisée dans le monde ; la production se fait en procédé chimique et
procédé électrochimique. La soude caustique commerciale est un solide d’apparence crémeuse et
de structure fibreuse. Elle absorbe facilement l’humidité et le gaz carbonique de l’atmosphère pour
former du carbonate de sodium (Lisette CAUBERGS). De ce fait, il ne faut pas l’exposer à l’air,
et il faut la conserver en récipients étanches. La soude caustique attaque la peau et est corrosive
pour les récipients en aluminium. Il faut donc l’utiliser avec beaucoup de précautions, c’est un
produit qui doit être manipule avec prudence.

Nous la trouvons sur le marché sous des formes différentes en paillettes, en poudre, en
bâtons et en blocs. Il est très pratique d’utiliser la poudre et les paillettes, mais celles-ci coûtent
plus cher que la soude en bloc. On s’en sert normalement lorsque la quantité de savon à fabriquer
est très réduite. Pour les grandes installations savonnières, il est plus rentable d’acheter de la soude
caustique solide qui se vend en tonneaux. Il est indiqué de conserver la soude dans des récipients
bien fermés (ANDRIAMANANTENA Tovonony B et Al).

[Link] L’hydroxyde de potassium ou KOH (potasse caustique)


La potasse caustique possède des propriétés chimiques semblables à celles de la soude
caustique. Toutefois, elle provoque une réaction chimique plus forte que la soude. Les savons qui
en résultent sont de consistance molle et d’une solubilité dans l’eau plus élevée que le savon de
sodium. Par conséquent, elle s’emploie généralement dans la fabrication des savons liquides, des
shampooings et des savons mous (David Soissons et Al).

3.1.3 L’eau
L'eau est le milieu dans lequel se produit la réaction entre le corps gras et la lessive. Elle est la base
de toute préparation des solutions et constitue l’élément le plus abondant sur la surface du globe.

La saponification nécessite l'eau douce (eau de pluie ou eau distillée) parce que l'eau dure contient
des ions calcium et magnésium qui vont réagir avec le savon et diminue son pouvoir détergent.
L’eau doit donc être la plus pure possible (RAHANTANIRINA Léoncette et Al). En pratique,
on utilise de l’eau pour dissoudre les alcalis.

33
3.2 Matières auxiliaires
En plus des matières grasses, des huiles et des alcalis, l’emploi de plusieurs autres produits
chimiques est préconisé, mais à des proportions réduites pour donner une certaine qualité aux
savons.

3.2.1 Le sel
Le sel est utilisé dans la méthode par ébullition complète pour séparer le savon de l'excédent de
lessive et des eaux contenants la glycérine. Ce processus qu'on appelle le "relargage" permet
d'obtenir un savon pur qui est surtout destiné à la fabrication du savon de toilette. Le sel utilisé
doit être pur, c'est-à-dire exempt de tout composé de fer, de calcium et de magnésium ce qui
peuvent causer la détérioration du savon (RAINIHARINARIVO Tsiferana G).

3.2.2 Les catalyseurs


Le carbonate de sodium, le silicate de sodium et le sulfate de sodium sont des produits qui
augmentent le pouvoir détersif des savons et sont appelés des catalyseurs. Ils sont ajoutés à la fin
de la préparation en petites quantités ([Link], 2011).

[Link] Le carbonate de sodium


Par son pH alcalin, il augmente la température de la solution de lavage rendant plus solubles les
taches donc plus faciles à détacher. Par son pH alcalin encore, il détruit les microbes : pouvoir
bactéricide.

[Link] Le silicate de sodium


Il empêche les saletés de retomber sur le tissu, de s’agglomérer et de devenir difficile à détacher
des fibres textiles. Il adoucit l’eau et permet aussi d’abaisser la solubilité du savon (G. Waterval,
2011).

3.2.3 Les additifs


Les additifs sont des composants qu'on ajoute en petite quantité à la fin de saponification, si on
travaille à chaud ou à froid.

34
[Link] Les colorants
Certains producteurs font le choix de ne pas ajouter des colorants (chimiques) dans l'objectif de
présenter un "produit naturel". D'autres font le choix opposant et ajoutent un colorant pour
améliorer la commercialisation de leur produit (Amélie Boué).
[Link] Les parfums
Parfumer n'est pas indispensable non plus mais est intéressant au cas où on utilise des corps gras
qui donnent une odeur désagréable au savon. On peut travailler avec des parfums synthétiques ou
avec des huiles essentielles. Les parfums sont ajoutés à la fin de la préparation à faible température
car ils se volatilisent à températures élevées (David Soissons).
3.2.4 Les charges
On emploie les charges pour augmenter le poids du savon sans modifier son pouvoir détersif. Elles
augmentent le volume du savon et en abaissent, en conséquence, le coût de production. Elles ne
sont pas employées dans les savons de bonne qualité. Un certain nombre de charges est utilisé
mais les plus connues sont l’argile, le kaolin, le talc, l’amidon, le sel ordinaire, le calcaire, la craie
et le carbonate de magnésium (ANDRIAMANANTENA Tovonony B).

3.3 Procédés de fabrication


3.3.1 La réaction de saponification
La saponification est la réaction chimique transformant le mélange d'un ester (acide gras) et d'une
base forte, généralement de la potasse ou de la soude, en savon et glycérol. L'hydrolyse des corps
gras produit du glycérol et un mélange de carboxylates (de sodium ou de potassium) qui constitue
le savon.

Où R est une chaîne d'atomes de carbones et d'hydrogènes.

35
3.3.2 Différents types de procédés
Il existe de nombreux procédés pour la fabrication de savon mais les plus utilisés sont :

[Link] La saponification à froid


La méthode à froid est reconnue comme le procédé le plus économique. Elle n’utilise pas de source
de chaleur. En premier lieu, l’alcali est versé dans de l'eau. On remarque une augmentation de la
température de la solution jusqu’à 40 ou 45°C. On laisse la solution se refroidir. Puis, on la verse
progressivement dans le corps gras. Il faut bien mélanger et continuer d’agiter jusqu’à ce que la
pâte s’épaississe et que des traces apparaissent. Vient ensuite l’addition des colorants, du parfum
et des textures. Pour ce faire, il est recommandé d’homogénéiser la pâte, en tournant dans un seul
sens. On verse la pâte de savon dans des moules et on attend 4 à 6 semaines avant l’utilisation. Le
calcul précis des quantités de la lessive est important car pour ce procédé, on ne permet pas non
plus l'ajustage des quantités de soude en cours de la préparation (Eric DAINI et G. Waterval,
2011). Dans ce procédé, la glycérine reste incorporée dans le savon ce qui est un avantage puisque
la glycérine empêche le savon de se craqueler lors du stockage et améliore son pouvoir émollient.

[Link] La saponification à chaud


La méthode est similaire au procédé à froid, mais ici, la saponification est réalisée à 80°C environ
pendant trois heures, avant l’ajout des additifs et le moulage. Les savons obtenus sont directement
utilisables, car la saponification est complètement terminée à l’issue du processus, mais un temps
de séchage est quand même nécessaire. Les additifs sensibles, comme les huiles essentielles par
exemple, perdent moins leurs propriétés avec cette méthode, s’ils peuvent être intégrés à la pâte à
une température n’excédant pas 50°C. La méthode à chaud possède donc certains avantages sur la
méthode à froid, mais elle a également ses inconvénients : le savon produit est très difficile à
mouler et présente souvent une texture plus grossière que son homologue réalisé à froid dont la
texture est plus lisse (Peter DONKOR).

[Link] Le procédé industriel


La troisième méthode pour fabriquer du savon est celle communément employée dans l’industrie,
qui produit à grande échelle des pains aux couleurs criardes et aux parfums lourds (David
Soissons). Ce procédé consiste à fabriquer des savons d’une manière automatique. Il fait appel à
des réacteurs et machines appropriés. Les procédés continus apportent une rapidité très importante
de cycle de production (quelques heures). Mais, il faut produire 1t de savon/h (>6.000 t/an) pour

36
que l'opération soit rentable. Donc, une grande compétence en matière de gestion industrielle et
commerciale doit avoir dans sa réalisation.
3.4 Indices techniques pour la fabrication de savon
3.4.1 Indices de saponification
C’est une valeur très importante qui permet de déterminer la quantité de soude ou de potasse dont
on a besoin pour saponifier une quantité donnée de corps gras que l’on choisit pour la fabrication
de savon. Il est défini comme la quantité d’hydroxyde de potassium (KOH), exprimée en
milligrammes dont on a besoin pour transformer en savon tous les acides gras, libres ou combinés,
qui existent dans un gramme d’huile ou de graisse. Les indices de saponification s'expriment donc
en termes de potasse caustique. Par conséquent, l'indice, quand il est donné, doit toujours se
multiplier par un coefficient (0,7) pour obtenir sa valeur en termes de soude caustique.

La capacité des graisses à se transformer en savon est exprimée par l'indice de saponification et
cet indice est obtenu par une expérience faite en laboratoire. Il présente le grand intérêt de
permettre l’utilisation d’une matière grasse sans en connaitre précisément la composition, toujours
complexe et variable dans le cas des matières grasses d’origine naturelle (Lisette CAUBERGS).

3.4.2 Indice d’iode


L’indice d’iode, qui, par la quantité d’iode fixé, renseigne sur la proportion des acides non-saturés
dans le corps gras. Il se définit comme la quantité en centigrammes d’iode absorbée par un
gramme d’huile. Plus l’indice est élevé, plus la proportion de ces acides est élevée et plus le savon
issu de l’huile sera mou. L’indice d’iode indique donc la fermeté du savon. L’indice le plus faible
correspond au savon le plus dur (WILTNER et CALMELS C). L'emploi de cet indice dans la
détermination de la fermeté du savon issu d'un mélange d'huiles n'est pas très fiable du fait qu'il
ne donne aucune information relative à la nature des acides non-saturés présents dans le mélange.

37
Tableau 7: Indices de saponification et indices d’iodes des huiles usuelles

Huile/graisse Indice de saponification Indice d’iode

Suif de bœuf 197 40


Saindoux 195 61
Huile de palme 200 51
Huile de coco 256 55
Huile d’olive 190 80
Huile d’arachide 192 95
Huile de ricin 182 83
Huile de colza 180 90
Huile de soja 192 120
Source : Centre pour le Développement Industriel

3.4.3 Le coefficient INS


Ce coefficient s’obtient en soustrayant l’indice d’iode de l’indice de saponification du corps gras
concerné. C’est une valeur très instructive pour l’appréciation de la valeur savonnière des corps
gras et pour la composition des empâtages. Il varie de 15 à 250 pour les corps gras aptes à la
savonnerie. Il est donc un facteur très important afin d’obtenir un savon qui répond aux exigences
suivantes :

- Avoir une bonne couleur, une apparence brillante, et sans mauvaise odeur ;
- Avoir une consistance moyennement dure, produire facilement de la mousse qui est assez
stable. Pour trouver la bonne composition de corps gras, répondant à toutes ces exigences il
est indiqué de trouver un coefficient INS autour de 146 (Centre pour le Développement
Industriel et Al).

38
Tableau 8: Coefficient INS des huiles usuelles

Nom de l’huile/la matière grasse Coefficient INS

Suif de bœuf 155


Saindoux 137
Huile de palme 149
Huile de coco 248
Huile d’olive 108
Huile d’arachide 101
Huile de ricin 102
Huile de colza 82
Huile de soja 56

Source : Lisette CAUBERGS

En général on peut dire que les corps gras avec un coefficient INS extrême (élevé ou réduit) ne
peuvent être utilisés seuls dans la fabrication du savon : les huiles de noix (coefficient élevé)
feront produire un savon trop dur. Les huiles dures avec un coefficient moyen comme l'huile de
palme et les suifs animaux seront les meilleures. Cependant, ces corps gras font produire des
savons ayant un pouvoir moussant limité. Il faut donc mélanger avec les huiles à coefficients INS
réduits qui font mousser rapidement et favorisent la solubilité (Peter DONKOR et Al).

Ce sont les graisses et huiles les plus connues susceptibles d’être utilisé dans la
savonnerie. La connaissance de ces dernières est un atout indispensable pour orienter les
décisions dans le choix des matières premières à utiliser. Leur composition chimique a une part
importante dans la détermination des avantages et inconvénients de chaque matière grasse pour
l’industrie savonnière (David Soissons).

3.4.4 Le surgraissage
Surgraisser un savon est très important, c'est le surgraissage qui va faire en sorte que le savon sera
moins agressif pour la peau. En effet à la surface de la peau il y a un film hydrolipidique (FHL)

39
composé d'eau et de sébum. Il protège la peau des agressions extérieures en faisant barrière, il joue
aussi un rôle d'anti-déshydratant, puisque l'eau est retenue dans les cellules grâce au film de gras.

Il est courant de sur graisser un savon entre 5 et 10% avec des huiles plus onéreuses, comme les
huiles de jojoba et d’avocat par exemple, dont on souhaite conserver au mieux les propriétés en ne
les ajoutant qu’une fois la saponification bien avancée. La présence de telles huiles en excès limite
le dessèchement cutané dû à l’usage du savon et constitue en même temps une marge de sécurité
permettant de s’assurer d’une utilisation complète de la soude à l’issue de processus de
saponification (RAINIHARINARIVO Tsiferana G et Al).
CONCLUSION PARTIELLE

Pour la fabrication de savon, les ingrédients de base sont le corps gras et la lessive de soude mais
on peut en ajouter de nombreux additifs selon l’utilisation du savon obtenu. Différents procédés
de fabrications de savon existent, ce sont le procédé à froid, le procédé à chaud et le procédé
industriel. Quel que soit le procédé utilise, il est toujours base sur la réaction de saponification qui
a pour principe de mettre en contact les corps gras et les lessives afin d’obtenir du savon.

40
DEUXIEME PARTIE : ETUDES
EXPERIMENTALES
Chapitre 4. MATÉRIELS ET METHODES
4.1 Matériels
4.1.1 Matériels de sécurité
La fabrication de savon requiert l’utilisation de produits chimiques pouvant se révéler dangereux
pour l’organisme humain. Plusieurs règles de sécurité sont donc à respecter.

[Link] Blouse
Le port d’une blouse a manche longue et en coton est obligatoire pour éviter le contact direct du
corps avec la soude.

[Link] Lunette
Pour abriter le haut du visage et pour protéger les yeux d’éventuelles projections, il faut porter une
paire de lunettes de protection.

[Link] Masque
Le port de masque est obligatoire durant tout le processus de fabrication du savon pour éviter
l’absorption par voie respiratoire des vapeurs. En effet, des rejets gazeux se produisent au moment
de la préparation de la solution de soude.

[Link] Gants
Au cours de la préparation des solutions de soude, il est nécessaire de porter une paire de gants pas
trop fins, adaptes à la taille des mains.

[Link] Bottes
Une paire de bottes ou des chaussures fermées sont nécessaires pour la protection des pieds au cours
de la préparation.

Il est impératif de travailler à proximité d’une source d’eau.

4.1.2 Matériels utilisés pour la préparation


[Link] Une balance
Une balance est nécessaire pour peser tous les ingrédients.

41
Photo 7: Balance

Source: Auteur

[Link] Une cuvette résistant à la chaleur


Pour l’empâtage du savon, on utilise une cuvette en plastique qui résiste à la chaleur.

[Link] Un thermomètre
Un thermomètre est nécessaire pour la mesure de la température de la solution de soude.

[Link] Une moule


Pour le moulage des savons, on choisit d’utiliser un moule en silicone qui est facile à démouler et
qui donne aussi une attirance à nos savons.

Photo 8: Moule en silicone

Source : Auteur

[Link] Un bécher
On utilise un bécher pour la préparation de la lessive de soude.

[Link] Une spatule en bois


Pour mélanger les ingrédients et pour l’agitation de la pâte de savon, on utilise une spatule en bois.

42
4.1.3 Matières premières pour la préparation
[Link] Les corps gras
a. L’huile de palme

L’huile de palme possède quelques bienfaits pour la peau : elle est émolliente, nourrissante et
protectrice. De plus, grâce à sa richesse en antioxydants (vitamine E, caroténoïdes) et en
phytostérols, l’huile de palme présente également des propriétés régénérantes, apaisantes et
cicatrisantes pour la peau. Elle est particulièrement hydratante et c’est pour cette raison qu’elle est
beaucoup utilisée en savonnerie.

b. L’huile de coco

Elle est utilisée afin d’améliorer le pouvoir moussant des savons. Cette huile est un hydratant
exceptionnel pour la peau et les cheveux. Elle contient de grandes quantités de vitamine E et
d’antioxydant. Elle a également des propriétés anti-âge, antioxydantes (vitamine E), anti-
inflammatoires, anti-poux, antimicrobiennes, cicatrisantes, réparatrices, calmantes.
c. L’huile d’olive

Elle possède des propriétés hydratantes, tonifiantes et antioxydantes en raison de ses précieux
ingrédients : les vitamines E qui neutralise les radicaux libres, la vitamine A qui régénère la peau,
les acides oléiques qui rendent la peau douce et élastique.

d. L’huile de colza

L’huile de colza est particulièrement intéressante pour sa teneur exceptionnelle en vitamine E qui
permet notamment :

✓ De lutter contre le vieillissement cutané


✓ De soulager et réparer les peaux abimes

[Link] La soude caustique


L'hydroxyde de sodium est l'agent chimique qui donne la lessive pour la fabrication de savon.

43
Photo 9: Soude caustique

Source: Auteur

[Link] Les principes actifs et additifs


➢ Le gel d’aloes vera
➢ Les feuilles du dingadingana
➢ Pulpe de banane
➢ Peau de banane

4.2 Méthode de fabrication utilisée


La méthode de fabrication de savon choisie pendant la réalisation est la saponification à froid. Le
procédé se fait comme suit :

4.2.1 Préparation de la solution de soude


On commence par le calcul de la masse de soude qu’on doit utiliser en utilisant l’indice de
saponification de chacun des huiles mélangées.
Tableau 9: Indices de saponification des huiles utilisées

Huiles Indice de saponification

Huile de palme 200

Huile de coco 256

Huile d’olive 190

Huile de colza 180

44
NaOH (g) = IS × 0,7 × 10-3 × masse de l’huile

Essai n˚1 :
Tableau 10: Masses de soude et des huiles du premier essai

Huiles Masse (g) Masse de soude nécessaire (g)

Huile de palme 270 37,8

Huile de coco 30 5,4

Essai n˚2 :
Tableau 11: Masses de soude et des huiles du second essai

Huiles Masse (g) Masse de soude nécessaire (g)

Huile de palme 175 24,5

Huile de coco 25 4,5

Huile d’olive 50 6,6

45
Essai n˚3 :
Tableau 12: Masses se soude et des huiles du troisième essai

Huiles Masse (g) Masse de soude nécessaire (g)

Huile de palme 350 49

Huile de coco 50 8,9

Huile de colza 100 12,6

Il faut faire très attention pour la préparation de la lessive de soude. Elle doit être réalisée dans un
espace ouvert ou encore bien aéré. Pour le dissoudre dans l’eau, il est indiqué de le verser
doucement dans l’eau et non l’inverse.

Concernant la quantité de l’eau, elles représentent les 40 % des mélanges d’huile afin d’obtenir un
bon savon.

Photo 10: Solution de soude

Source : Auteur

46
4.3 Préparation du mélange d’huile
Tout d’abord, on commence à formuler la proportion des matières grasses qu’on va utiliser dans
le mélange dans le but d’avoir un bon mélange qui produit un bon savon. Nous entamons déjà dans
le chapitre précédent que pour obtenir un savon de qualité, le calcul du coefficient INS est très
important. La valeur optimale de ce coefficient est 146. Dans les 3 essais effectuées, on cherche à
obtenir des valeurs proches de 146. Elle est obtenue par la formule suivante :

INS = % d’huile × coefficient INS de l’huile

Premier essai :

Quantité d’huile de palme : 90 %

90/100 × 149 = 134,1

Quantité d’huile de coco : 10 %

10/100 × 248 = 24,8

INS du mélange = 158,9

Deuxième essai :

Quantité d’huile de palme : 70 %

70/100 × 149 = 104,3

Quantité d’huile de coco : 10 %

10/100 × 248 = 24,8

Quantité d’huile d’olive : 20 %

20/100 × 108 = 21,6

INS du mélange = 150,7

Troisième essai :

Quantité d’huile de palme : 70%

70/100 × 149 = 104,3

47
Quantité d’huile de coco : 10 %

10/100 × 248 =24,8

Quantité d’huile de colza : 20 %

20/100 × 82 = 16,4

INS du mélange = 145,5

Dans une cuvette résistant à la chaleur, on place les mélanges d’huiles.

Photo 11: Mélanges des huiles

Source : Auteur

4.3.1 Préparation de la pâte de savon


Quand la température de la solution de soude redescend entre 40 et 45˚C. On introduit lentement
cette solution dans le mélange d’huile et on agite continuellement à l’aide d’un agitateur manuel.
Lorsque le mélange prend l’aspect de la mayonnaise, on arrête l’agitation.

Photo 12: Pâte de savon préparée

Source : Auteur

48
[Link] Ajout des principes actifs dans la pâte
On ajoute les principes actifs dans la pâte une fois qu’elle est bien formée suivi d’une agitation.
La dose totale des principes actifs est environ de 5 % du masse d’huile utilisée.

Tableau 13: Quantités des principes additifs

Principes actifs Quantité en %

Gel d’Aloès vera 4

Pulpe de banane 6

Peau de banane 5

Feuilles de Dindadingana 3

4.3.2 Moulage
Après avoir mélanger les principes actifs dans la pâte de savon déjà préparée, on les met dans un
moule pendant 24h avant de les démouler.

Photo 13: Moulage des savons

Source: Auteur

49
4.3.3 Séchage
Une période de séchage est essentielle avant de pouvoir utiliser le savon après sa fabrication. La
durée minimale de cette cure de séchage est 4 semaines et il se fait à l’air libre. Ce temps permet
au processus de saponification de bien se terminer et au pH de s’ajuster (savon moins caustique
donc plus doux). Il faut savoir que plus un savon se sèche, plus il durcit.

4.4 Méthodes pour les analyses physico-chimiques


Les analyses physico-chimiques ont été effectuées au laboratoire de génie chimique de l’Ecole
Supérieure Polytechnique d’Antananarivo. Elles ont pour but de déterminer les caractéristiques
des savons et de faire la comparaison avec les savons du marché.

4.4.1 Détermination du pH :
[Link] Principe
Le pH du savon est déterminé à l’aide d’un pH-mètre après avoir préparé une solution aqueuse
savonneuse.

[Link] Mode opératoire


• On prépare une solution aqueuse savonneuse (0,5 g de savon + 150 ml d’eau distillée).
• On agite pendant 2 mn
• On mesure le pH

4.4.2 Détermination du pouvoir moussant


[Link] En milieu acide :
• On prépare une solution aqueuse savonneuse (3 g de savon + 100 ml d’eau distillée) et on
la met dans un tube à essai.
• On ajoute petit à petit 1ml de solution HCl (0,01M) a 2ml de l’eau savonneuse préparée.
• On mesure la hauteur de la mousse après 8mn

[Link] En milieu saline:


• On ajoute goutte à goutte dans un tube à essai long, une solution aqueuse saline de chlorure
de sodium (30%) a 2ml de l’eau savonneuse déjà préparée.
• On agite vigoureusement en position verticale pendant 15mn
• Apres 5mn au repos, on mesure la hauteur de la mousse.

50
4.5 Processus de fabrication du savon dermatologique

Corps gras+
soude +
Eau

Pâte
visqueuse

Ajout des
principes
actifs

Mise en
moule

Démoulage

Séchage

SAVON

Figure 8: Processus de fabrication de savon dermatologique

Source : Auteur

51
Chapitre 5. Résultats et Interprétations
5.1 Formulation des matieres premieres
5.1.1 Formulation de la matière grasse
Le tableau suivant représente les résultats des coefficients INS des 3 essais, après avoir effectués
des calculs pour la formulation des mélanges d’huiles.

Tableau 14: Coefficients INS des trois essais

Essai N˚1 N˚2 N˚3

Taux d’huile de 90 % 70 % 70 %
palme

Taux d’huile de coco 10 % 10 % 10 %

Taux d’huile d’olive 20 %

Taux d’huile de colza 20 %

INS 158,9 150,7 145,5

D’après ces valeurs, on obtient une valeur efficace du coefficient INS dans le troisième essai afin
d’obtenir un savon de qualité. Elle vaut 145,5 qui est une valeur sensiblement égale à 146.

5.1.2 Quantité de soude et de l’eau :


Les résultats des calculs pour la quantité de soude et de l’eau sont représentés par le tableau
suivant :

52
Essais N˚1 N˚2 N˚3

NaOH (g) 43,2 35,6 70,5

Eau (g) 120 100 160

5.2 Caractéristiques physico-chimiques du savon obtenu


5.2.1 Caractéristiques morphologiques

Types de savons Forme Couleur

Savon au gel d’aloès vera Fleurie Blanc

Savon aux feuilles de dingadingana Fleurie Vert claire

Savon à la pulpe de banane Ovale Marron

Savon à la peau de banane Ovale Marron

53
Photo 14: Savons obtenus

Source : Auteur

5.2.2 Le pH du savon obtenu :


Les valeurs des pH des savons sont illustres sur le tableau suivant :

Savons obtenus pH

Savon au gel d’aloe vera 10,78

Savon aux feuilles de « dingadingana » 11,1

Savon aux pulpes de banane 10,88

Savon à la peau de banane 10,96

54
Types de savon pH

Savon Petit Marseillais 11,2

Savon de toilette SANTEX 11,3

Savon de toilette LARK 10,12

Savon NOSY 11.2

Après avoir fait la comparaison de ces valeurs de pH, les pH de nos savons sont proches de la
valeur du pH des savons Petit Marseillais, SANTEX, LARK et NOSY. Ces savons sont basiques
par rapport aux savons obtenus. Tous les savons ont un pH basique à cause de l’excès de soude
durant la saponification.

La peau humaine a un pH environ de 5,5 qui est relativement acide tandis que nos savons ont des
pH basiques. Théoriquement, il est évident de croire qu’une telle substance irrite la peau.

Cependant, ce pH basique ne provoque pas de problème pour la peau parce que durant son
utilisation, le lavage du corps s’effectue avec de l’eau.

5.2.3 Le pouvoir moussant du savon obtenu


Listes des échantillons :

N˚1 : Savon au gel d’aloe vera

N˚2 : Savon aux feuilles de « dingadingana »

N˚3 : Savon aux pulpes de banane

N˚4 : Savon à la peau de banane

55
Dans l’eau distillée :

Echantillons N˚1 N˚2 N˚3 N˚4

Hauteur (cm) 3,1 4,3 5,5 3,7

En milieu acide :

Echantillons N˚1 N˚2 N˚3 N˚4

Hauteur (cm) 3,9 5,1 6,2 4,4

La mousse crée en milieu acide est plus abondante par rapport à celle dans l’eau distillé. L’action
détergente d’un savon est liée à sa solubilité dans l’eau, c'est-à-dire son pouvoir moussant. Donc
un milieu légèrement acide est favorable à l’action de savon. Cela nous permet de dire que les
savons sont plus mousseux et efficaces sur la peau dont le pH est égal à 5,5.

En milieu salin :

Echantillons N˚1 N˚2 N˚3 N˚4

Hauteur (cm) 1,2 1,9 2,4 1,6

En milieu salin, le pouvoir moussant des savons est légèrement diminué par rapport à l’eau
distillée, la mousse formée se disperse partout dans la solution.
En présence d’ions sodium Na+, les ions carboxylates vont réagir en formant un précipité de
carboxylate de sodium, c’est à dire du savon solide qui n’aura aucune action.
CONCLUSION PARTIELLE

En général, les caractéristiques physico-chimiques de nos savons sont à peu près des caractères
des autres savons. Le pH et le pouvoir moussant de nos savons sont conformes à ceux des savons
trouvés au marché. La recette du troisième essai dont le coefficient INS du mélange des huiles
vaut 145,5 nous permet d’avoir un savon de qualité. En outre, nos savons sont efficaces puisqu’ils
nous apportent des bienfaits pour la peau à cause des principes actifs utilisés qui soignent la peau.

56
CONCLUSION GÉNÉRALE
Ce travail de mémoire nous a permis de savoir et de bien maitriser la fabrication de savon
en général, plus précisément le savon dermatologique par la saponification à froid. Compte tenu
des effets négatifs de certains savons, la fabrication des savons dermatologiques à base des
ingrédients naturels permet de bien entretenir la peau et Madagascar est une île riche en plantes
médicinales comme le « dingadingana », l’aloe et la banane.

L’étude bibliographique nous informe que les plantes utilisées lors de la fabrication du
savon dermatologique apportent de nombreuses vertus pour la peau grâce à leurs compositions
biologiques et naturelles. Les savons obtenus sont à la fois des remèdes pour le soin et la propreté
de la peau.

Les calculs effectués pour la formulation des mélanges des corps gras pendant la préparation nous
ont aussi permis d’obtenir un savon de qualité puisque nous avons trouvés un coefficient INS très
proche du celui qui est efficace au troisième essai. Le pH du savon obtenu est comparable au pH
de savon couramment utilisé et aux autres pH des savons qui sont présents dans le marché local.

57
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
[1] Amélie Boué, « Do It Nature Savons »

[2] ANDRIAMANANTENA Tovonony Barison, « Projet de fabrication artisanale de savon à


partir de l’huile de jatropha curcas dans la région d’ITASY »

[3] Association Interprofessionnelle de la Banane, 2012, « La banane bien dans sa peau »

[4] BENMOUSSA Hossna, CHAIA Zohra, « Valorisation d’un sous-produit de la variété de


dattes « Ghars » par son incorporation dans la fabrication du savon dans la région du Souf »

[5] BONNET BRUNO Christelle, « Valorisation de la banane Cavendish FWI, à différents


stades physiologiques de récolte pour l’obtention par procédés de chimie verte de molécules
d’intérêt biologique impliques dans des activités anti-ulcères et cardiovasculaires »

[6] Centre pour le Développement Industriel, « La production de savon »

[7] David Soissons, « La chimie du savon »

[8] DAWSON Carolina, 2009, « Du marché de niche à la consommation de masse : Les


spécificités des marchés des petits fruits exotiques au travers l’exemple de la papaye »

[9] DJAOMAMY Rakotoarivony Anthonio, « Rapport d’étude de la chaine de valeur de la


production de la banane séchée dans la région d’Ambilobe »

[10] Eric DAINI, « Synthèses et propriétés des savons »

[11] G. Waterval, 2011, Ebook-Savon artisanal

[12] Hassi Ahlem, 2017, « Etude de la rémanence d’un savon additionné à l’huile essentielle de
citron (citrus limon) »

[13] Jean-Michel DEWAILLY, « La culture de la banane d’exportation à Madagascar »

I
[14] Lantomalala Elsa RAZAFINDRABENJA, 2021, « Etude chimique et valorisation
pharmacologique d’espèces du genre Psidia endémiques de La Réunion et de Madagascar »,

[15] Lisette CAUBERGS, « La fabrication du savon »

[16] MAKAVELO JESMURAH Junarcѐle Elderette, « La banane et ses principales


caractéristiques »

[17] Martial Gervais, « Technique améliorée de fabrication artisanale de savons et détergents »

[18] MME J. [Link], « LA BANANE, Valeur alimentaire et valeur


Thérapeutique », Centre de stomatologie – Tananarive

[19] Ngendahayo DAMIEN, Roger A. KIRKBY, Centre de recherches pour le développement


international, « Production et recherche sur la banane en Afrique de l’Est et en Afrique
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[20] Peter DONKOR, « Produire du savon »

[21] RABEHASY Luc, « Contribution à l’analyse chimique de quelques échantillons de savons »

[22] RAHANTANIRINA Léoncette, « Essai de fabrication d’un savon artisanal et étude


physico-chimique du produit »

[23] RAINIHARINARIVO Tsiferana Grégoire, « Essais de fabrication des savons cosmétiques à


l’échelle artisanale »

[24] RANDIMBIARIVELO Ronald Harison, 2008, « Usages des plantes médicinales par les
hommes »

[25] RATSIAHAROVALA Vero, « Contribution à la valorisation des peaux de bananes »

[26] RAZAFIARIMANANA Vonimalala, « Etude de faisabilité techno-économique d’une unité


de savonnerie artisanale »

[27] RAZANAJAONA Manovosoa Malala Ambinina, « Enrichissement protéique des fruits


tropicaux par l’utilisation des feuilles d’ananambo (Moringa oleifera) d’Antsiranana : cas de
la banane (Musa sapientium) et de la goyave (Psydium guajava) »

II
[28] Réseau international pour l’amélioration de la banane et de la banane plantain. Info Musa
Vol. 14 N˚2

[29] SANDY Miharisoa Ludovic, 2016, « Conception d’un savon de toilette multi-usage à vertus
dermatologique à base d’huile de jatropha curcas »

[30] SOLONIAINA Razefania Junette, « Projet de création d’une entreprise pour l’exploitation
et la commercialisation de bananes dans la région de Mahanoro »

[31] TSIRIMALALA Tanteliniaina Nirinasoa, « Conception et réalisation d’un appareil de


distillation, production d’alcool de fruits : cas de la banane »

[32] WILTNER, C. CALMELS. Manuel pratique du Savonnier, « Savons communs, de toilette


et médicinaux »

III
LISTE DES REFERENCES
WEBOGRAPHIQUES
[W1] [Link]

[W2] [Link]

[W3] [Link]

[W4] [Link]

[W5] [Link]

[W6] [Link]

[W7] [Link]

[W8] [Link]

IV
ANNEXES
Annexe 1 : dureté de l’eau
Le titre hydrotimétrique (TH) est une grandeur permettant de mesurer les teneurs en ions calcium
et magnésium dans l’eau. Il est mesuré en degré Français (°F) ou en mg. L-1. La dureté est
responsable du dépôt dans la canalisation. Plus il est élevé, plus l’eau est dure.

Classes d’eau et valeurs du titre hydrométrique.


TH (°F) Eau
0 à7 Très douce
7 à15 Douce

15 à30 Moyenne dure


30 à 40 Dure
≥40 Très dure

Annexe 2 : Quantités de KOH et NaOH nécessaires pour transformer un kg d’un corps gras

g NaOH % NaOH
g KOH nécessaire
Indice de nécessaire pour (Pour
Corps gras pour transformer
saponification transformer 1kg transformer
1kg de corps gras
de corps gras 100 g)
Huile de coco 256 256 183 18,3
Huile palmiste 248 248 179 17,9
Huile de palme 200 200 143 14,3
Suif (de bœuf) 197 197 141 14,1
196
Huile de neem 196 140 14

V
Saindoux (porc) 195 195 139 13,9
Suif (de mouton) 195 195 139 13,9
Huile de coton 194 194 138 13,8
Huile de soja 192 192 137 13,7
Huile d'olive 192 192 137 13,7
Huile d'arachide 190 190 135 13,5
Huile de sésame 190 190 135 13,5
Huile de tournesol 190 190 135 13,5
Huile de maïs 190 190 135 13,5
Huile de lin 190 190 135 13,5
Huile de poisson 188 188 134 13,4
Beurre de karité 187 187 133 13,3
Huile de ricin 182 182 130 13
Résine 181 181 129 12,9

Annexe 3 : La densité et la concentration des solutions de soude et de potasse caustique


1kg de 1kg de
Degré 1l de solution 1l de solution
Densité à solution solution
Baumé contient : contient :
15 °C contient : contient :
(°Bé) (g NaOH) (g KOH)
(g NaOH) (g KOH)
5 1,036 33,500 45 35 46
6 1,045 40,000 56 42 58
7 1,052 46,400 64 49 67
8 1,060 52,900 74 56 78
9 1,067 58,700 82 63 88
10 1,075 65,500 92 70 99
11 1,083 73,100 101 79 109
12 1,091 80,000 109 87 119
13 1,100 86,800 120 95 132

VI
14 1,108 94,200 129 104 143
15 1,116 100,600 138 112 153
16 1,125 109,700 148 123 167
17 1,134 118,400 157 134 178
18 1,142 126,400 165 144 188
19 1,152 135,500 176 156 203
20 1,162 143,700 186 167 216
21 1,171 151,300 195 177 228
22 1,180 159,100 205 188 242
23 1,190 167,700 214 200 255
24 1,200 176,700 224 212 269
25 1,210 185,800 233 225 282
26 1,220 195,800 242 239 295
27 1,231 205,900 251 253 309
28 1,241 214,200 261 266 324
29 1,252 226,400 270 283 338
30 1,263 236,700 280 299 353
31 1,274 248,100 289 316 368
32 1,285 258,000 298 332 385
33 1,297 268,300 307 348 398
34 1,308 278,000 318 364 416
35 1,320 288,300 327 384 432
36 1,332 299,300 337 399 449
37 1,345 312,200 349 420 469
38 1,357 324,700 359 441 487
39 1,370 336,900 369 462 506
40 1,383 349,600 378 483 522
41 1,397 362,500 389 506 543
42 1,410 374,700 399 528 563

VII
43 1,424 388,000 409 553 582
44 1,438 399,900 421 575 605
45 1,453 414,100 434 602 631
46 1,468 428,300 446 629 655
47 1,483 443,800 458 658 679
48 1,498 461,500 471 691 706
49 1,514 476,000 483 721 731
50 1,530 490,200 494 750 756
Annexe 4 : Aperçu de caractéristiques d'huiles
Matière grasse Pouvoir moussant Pouvoir détergent Effet sur la peau
Bon, formation rapide,
Huile de coco Bon Très Rude
mousse instable
Bon, formation rapide,
Huile palmiste Bon Rude
mousse instable
Bon, formation lente,
Huile de palme Très bon Très doux
mousse stable
Beurre de karité Faible, formation lente Assez bon Très doux
Assez bon, formation
Huile d’arachide Assez bon Très doux
lente
Huile de soja Moyen Moyen Très doux
Bon, formation rapide,
Huile de neem Très bon Doux, antiseptiques
mousse stable
Faible, formation
Huile de ricin Bon Doux, antiseptiques
rapide, mousse stable
Bon, formation lente,
Huile de sésame Bon Doux
mousse stable
Huile de coton Moyen, mousse stable Bon Doux
Bon, formation rapide,
Saindoux Bon Très doux
mousse stable
Faible, formation lente,
Suifs Bon Très doux
mousse stable
Huile de poisson Gras Assez bon Doux

VIII
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION GÉNÉRALE .................................................................................................... 1
PREMIERE PARTIE : ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES ........................................................... 2
Chapitre 1. Généralités sur les plantes utilisées.............................................................................. 2
1.1 Le Psiadia altissima .......................................................................................................... 2
1.1.1 Description ................................................................................................................ 2
1.1.2 Classification botanique ............................................................................................ 3
1.1.3 Utilisations traditionnelles ........................................................................................ 3
1.1.4 L’huile essentielle d’Iary .......................................................................................... 3
[Link] Description ............................................................................................................ 3
[Link] Propriétés ............................................................................................................... 4
1.2 L’aloe macroclada ............................................................................................................ 4
1.2.1 Description ................................................................................................................ 4
1.2.2 Classification botanique ............................................................................................ 4
1.2.3 Localisation ............................................................................................................... 5
1.2.4 Utilisation en cosmétique .......................................................................................... 5
1.2.5 Utilisation traditionnelle ........................................................................................... 5
1.2.6 Composition chimique .............................................................................................. 6
1.3 Les bananes ...................................................................................................................... 6
1.3.1 Historique.................................................................................................................. 6
1.3.2 Classification botanique ............................................................................................ 7
1.3.3 Description ................................................................................................................ 7
[Link] Racines .................................................................................................................. 8
[Link] Tronc ..................................................................................................................... 8
[Link] Feuilles .................................................................................................................. 8
[Link] Inflorescence ......................................................................................................... 9
[Link] Fleurs ................................................................................................................... 10
[Link] Fruits.................................................................................................................... 10
1.3.4 Types de bananes .................................................................................................... 11
[Link] Les bananes dessert ............................................................................................. 11

IX
[Link] Les bananes plantains .......................................................................................... 11
[Link] Classification ....................................................................................................... 12
1.3.5 La culture ................................................................................................................ 13
[Link] Mode de culture ................................................................................................... 13
[Link] L’eau.................................................................................................................... 13
[Link] Les sols ................................................................................................................ 13
[Link] La température..................................................................................................... 14
[Link] Le climat favorable.............................................................................................. 14
1.3.6 Composition nutritionnelle et chimique.................................................................. 14
1.3.7 Production ............................................................................................................... 17
[Link] Production à Madagascar .................................................................................... 17
[Link] Production mondiale ........................................................................................... 18
1.3.8 Usages de la banane ................................................................................................ 19
[Link] Usages industriels ................................................................................................ 19
[Link] Autres usages....................................................................................................... 20
Chapitre 2. Generalites sur le savon ............................................................................................. 21
2.1 Historique ....................................................................................................................... 21
2.1.1 Origine .................................................................................................................... 21
2.1.2 Les savons d’aujourd’hui ........................................................................................ 21
2.2 Définition ....................................................................................................................... 22
2.3 Qualités du savon ........................................................................................................... 22
2.3.1 Le pouvoir mouillant............................................................................................... 22
2.3.2 Le pouvoir dispersant .............................................................................................. 23
2.3.3 Le pouvoir émulsifiant ............................................................................................ 23
2.3.4 Le pouvoir moussant ............................................................................................... 23
2.4 Propriétés ........................................................................................................................ 23
2.5 Différents types de savon ............................................................................................... 24
2.5.1 Suivant la provenance géographique d’origine ou de couleur ................................ 24
[Link] Le savon de castille ............................................................................................. 24
[Link] Le savon de Marseille ......................................................................................... 24
[Link] Le savon blanc ..................................................................................................... 24
[Link] Le savon noir Africain......................................................................................... 25

X
2.5.2 Suivant l’usage ........................................................................................................ 25
[Link] Savon de ménage ................................................................................................. 25
[Link] Savon de toilette .................................................................................................. 25
[Link] Savon médical ..................................................................................................... 25
[Link] Savon surgras ...................................................................................................... 26
2.5.3 Suivant l’aspect ou la composition ......................................................................... 26
[Link] Savon liquide ....................................................................................................... 26
[Link] Savon transparent ................................................................................................ 26
[Link] Savon animal ....................................................................................................... 26
[Link] Gel douche........................................................................................................... 27
Chapitre 3. Fabrication de savon .................................................................................................. 28
3.1 Matières premières et leurs caractéristiques................................................................... 28
3.1.1 Les corps gras ......................................................................................................... 28
[Link] Les graisses animales .......................................................................................... 29
[Link] Les huiles végétales ............................................................................................. 30
3.1.2 Les alcalis................................................................................................................ 32
[Link] L’hydroxyde de sodium ou NaOH (soude caustique) ......................................... 33
[Link] L’hydroxyde de potassium ou KOH (potasse caustique) .................................... 33
3.1.3 L’eau ....................................................................................................................... 33
3.2 Matières auxiliaires ........................................................................................................ 34
3.2.1 Le sel ....................................................................................................................... 34
3.2.2 Les catalyseurs ........................................................................................................ 34
[Link] Le carbonate de sodium....................................................................................... 34
[Link] Le silicate de sodium ........................................................................................... 34
3.2.3 Les additifs .............................................................................................................. 34
[Link] Les colorants ....................................................................................................... 35
[Link] Les parfums ......................................................................................................... 35
3.2.4 Les charges.............................................................................................................. 35
3.3 Procédés de fabrication .................................................................................................. 35
3.3.1 La réaction de saponification .................................................................................. 35
3.3.2 Différents types de procédés ................................................................................... 36
[Link] La saponification à froid ..................................................................................... 36

XI
[Link] La saponification à chaud .................................................................................... 36
[Link] Le procédé industriel ........................................................................................... 36
3.4 Indices techniques pour la fabrication de savon............................................................. 37
3.4.1 Indices de saponification......................................................................................... 37
3.4.2 Indice d’iode ........................................................................................................... 37
3.4.3 Le coefficient INS ................................................................................................... 38
3.4.4 Le surgraissage........................................................................................................ 39
DEUXIEME PARTIE : ETUDES EXPERIMENTALES .............................................................. 2
Chapitre 4. Matériels et méthodes ................................................................................................ 41
4.1 Matériels ......................................................................................................................... 41
4.1.1 Matériels de sécurité ............................................................................................... 41
[Link] Blouse .................................................................................................................. 41
[Link] Lunette ................................................................................................................. 41
[Link] Masque ................................................................................................................ 41
[Link] Gants.................................................................................................................... 41
[Link] Bottes ................................................................................................................... 41
4.1.2 Matériels utilisés pour la préparation ...................................................................... 41
[Link] Une balance ......................................................................................................... 41
[Link] Une cuvette résistant à la chaleur ........................................................................ 42
[Link] Un thermomètre................................................................................................... 42
[Link] Une moule ........................................................................................................... 42
[Link] Un bécher ............................................................................................................ 42
[Link] Une spatule en bois ............................................................................................. 42
4.1.3 Matières premières pour la préparation .................................................................. 43
[Link] Les corps gras ...................................................................................................... 43
[Link] La soude caustique .............................................................................................. 43
[Link] Les principes actifs et additifs ............................................................................. 44
4.2 Méthode de fabrication utilisée ...................................................................................... 44
4.2.1 Préparation de la solution de soude ........................................................................ 44
4.3 Préparation du mélange d’huile...................................................................................... 47
4.3.1 Préparation de la pâte de savon ............................................................................... 48
[Link] Ajout des principes actifs dans la pâte ................................................................ 49

XII
4.3.2 Moulage .................................................................................................................. 49
4.3.3 Séchage ................................................................................................................... 50
4.4 Méthodes pour les analyses physico-chimiques............................................................. 50
4.4.1 Détermination du pH : ............................................................................................ 50
[Link] Principe................................................................................................................ 50
[Link] Mode opératoire .................................................................................................. 50
4.4.2 Détermination du pouvoir moussant ....................................................................... 50
[Link] En milieu acide : .................................................................................................. 50
[Link] En milieu saline: .................................................................................................. 50
4.5 Processus de fabrication du savon dermatologique........................................................ 51
Chapitre 5. Résultats et Interprétations ......................................................................................... 52
5.1 Formulation des matieres premieres .............................................................................. 52
5.1.1 Formulation de la matière grasse ............................................................................ 52
5.1.2 Quantité de soude et de l’eau : ................................................................................ 52
5.2 Caractéristiques physico-chimiques du savon obtenu.................................................... 53
5.2.1 Caractéristiques morphologiques ............................................................................ 53
5.2.2 Le pH du savon obtenu : ......................................................................................... 54
5.2.3 Le pouvoir moussant du savon obtenu.................................................................... 55
CONCLUSION GÉNÉRALE ...................................................................................................... 57
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES......................................................................................... I
LISTE DES REFERENCES WEBOGRAPHIQUES ................................................................... III
ANNEXES ..................................................................................................................................... V
TABLE DES MATIERES ............................................................................................................ IX

XIII
Auteur : IRIARIZAKA Liantsoa Valimbavaka
Adresse Email : liantsoarizaka@[Link]
Tel : +261 34 85 247 88
Lot : FJM 59 Ter Madiomanana

Titre du mémoire : « ETUDE DE FABRICATION DES SAVONS DERMATOLOGIQUES AUX


« DINGADINGANA », ALOE ET BANANE PAR LA SAPONIFICATION A FROID »

Nombre de page total : 57


Nombre de figures : 09
Nombre des photos : 14
Nombre des tableaux : 15
Nombre des annexes : 04

FINTINA
Ny tanjon’ity asa fikarohana ity dia ny hanamboatra savony ho an’ny hoditra. Noho izany, nandritra ny
fanamboarana izay natao tamin’ny fomba mangatsiaka dia nampiasa ankora mavitrika isika. Tamin’ny
alalan’ireo zava-maniry ireo: ny dingadingana, ny vahona ary ny akondro dia tratra ny tanjona ka nahazo savony
izay sady manadio no mitsabo ny hoditra isika.
Teny manan-danja : Savony ho an’ny hoditra, akora mavitrika, fomba mangatsiaka
RESUME
L’objectif de ce mémoire est de fabriquer des savons dermatologiques. Afin d’atteindre cela, nous avons donc
utilisés des principes actifs dans la formulation de savons, ce sont : le « dingadingana », l’aloe et la banane.
Grâce à ces plantes, nous avons pu obtenir des savons dermatologiques qui soignent et nettoient à la fois la peau
par la méthode de saponification à froid.
Mots clés : savon dermatologique, principes actifs, saponification à froid
ABSTRACT
The objective of this purpose is to manufacture dermatological soaps. In order to achieve this, we have therefore
used active ingredients in the formulation of soaps, these are: dingadingana, aloe and banana. By these plants,
we have been able to obtain dermatological soaps that treat and purify skins by cold saponification.
Key words: dermatological soaps, active ingredients, cold saponification.

Encadreur: Docteur RAKOTOMAMONJY Pierre

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