INTRODUCTION
Les habitats naturels et la biodiversité évoluent et s’adaptent en permanence grâce aux
avancées scientifiques et aux recherches. Ces avancées ont contribué à leur compréhension
et leur préservation. (Vignieri & Fahrenkamp-Uppenbrink, 2017 ; Ramdani, 2021).
L’habitat naturel est une unité intégrée où les êtres vivants interagissent avec leur
environnement, et la diversité des habitats contribue à accueillir diverses espèces sur terre.
(Fischesser & Dupuis- Tate, 2007 ; Guemouda, 2015).
Le maintien des écosystèmes nécessite des échanges d’énergie et de matière, où les
interactions entre les êtres vivants et leurs habitats, ainsi que des facteurs abiotiques
comme la température et la salinité, influencent leur équilibre et leur fonctionnement.
(Goudard, 2007 ; Guemouda, 2015).
Le domaine marin est l’un des écosystèmes les plus importants, abritant divers habitats et
reposant sur un réseau trophique complexe comprenant des producteurs, des
consommateurs et des décomposeurs assurant le recyclage de la matière organique. (Laura
Fdez, 2021).
Les écosystèmes marins se distinguent par une riche biodiversité, où diverses espèces
interagissent en équilibre biologique. (Laura Fdez, 2021). La biodiversité aquatique
regroupe les organismes et écosystèmes d’eau, contribuant à la régulation écologique et au
maintien de l’équilibre naturel. (Mongrel et al., 2008 ; Schaal, 2009 ; Ramdani, 2021).
Les écosystèmes marins et la biodiversité aquatique sont soumis à des pressions
croissantes. (Nations Unies, 1992 ; Costanza et al., 1998 ; De Groot et al., 2002 ;
Beaumont et al., 2008 ; D’Alessandro et al., 2016 ; Ramdani, 2021). Les principales
menaces incluent la perte d’habitats, la surpêche, le changement climatique, la pollution et
les espèces invasives, mettant en péril l’équilibre écologique et la vie marine.
Ces pressions entraînent un déclin de la biodiversité marine et menacent la stabilité
écologique. Pour préserver les écosystèmes marins, il est essentiel de créer des aires
protégées, de gérer durablement les ressources, de réduire la pollution et de restaure les
habitats dégradés. (Ramdani, 2021).
La planification spatiale marine basée sur l’écosystème vise à organiser l’utilisation des
espaces marins afin de limiter l’impact des activités humaines sur les habitats fragiles et les
espèces menacées. (Mongrel et al., 2008 ; Schaal, 2009).
Une conservation efficace nécessite des données précises pour cartographier les espèces et
analyser leurs dynamiques, améliorant ainsi la gestion des écosystèmes marins.
La mer Méditerranée est un écosystème riche et sensible aux changements
environnementaux en raison de sa biodiversité et de sa position de transition, la rendant
vulnérable aux activités humaines. (Ramdani, 2021 ; Sebbih, 2023).
La biodiversité en Méditerranée est gravement menacée par les pressions humaines, telles
que l’urbanisation, la surexploitation, la pollution et les changements climatiques,
entraînant la dégradation des habitats et le déséquilibre écologique. (Ni et al., 2019 ;
Hamdi et al., 2022 ; Sebbih et al., 2024).
Le macrobenthos est un indicateur biologique clé pour évaluer l’impact de la pollution sur
l’environnement côtier, en raison de sa sensibilité aux changements environnementaux.
(Dauvin et al. 2016 ; Li et al., 2016 ; Sebbih et al., 2024). Ses caractéristiques, telles que la
diversité et la répartition, permettent de mesurer la santé des écosystèmes aquatiques,
aidant ainsi à surveiller la qualité de l’eau et l’état des habitats côtiers. (Guemouda et al.,
2014 ; Snani et al., 2015 ; Chabane et al., 2018 ; Sebbih et al., 2024).
L’évaluation de la santé des écosystèmes marins repose sur des approches scientifiques, où
les inventaires aident à identifier les espèces, étudier la biodiversité et détecter les
changements écologiques. (Rezzag- Mahcene et al., 2022). Les analyses morpho
métriques, biologiques et histologiques permettent de détecter l’impact des facteurs
environnementaux sur les organismes marins en étudiant leur structure et leur physiologie,
contribuant ainsi à l’évaluation du stress environnemental, de la pollution et des
changements climatiques. (Sebbih, 2023 ; Moumeni et al., 2024). L’intégration de
différentes approches constitue un outil essentiel pour la préservation des écosystèmes
marins.
La famille Nereididae est l’une des annélides marins les plus étudiées en raison de son
importance écologique et de sa grande diversité. (Wilson et al., 2023). Les polychètes se
trouvent dans divers environnements, des zones côtières aux abysses, et s’adaptent aussi
bien aux eaux salées qu’aux milieux saumâtres. Leur grande résilience aux
changements environnementaux en fait des organismes importants pour les études
écologiques et biologiques.
Les polychètes sont un élément clé des habitats marins, leur diversité reflétant les conditions
environnementales et ayant un impact significatif sur les réseaux trophiques. (Gambi &
Giangrande, 1986 ; Mdai-Ni et al., 2020 ; Quiroz-Martínez et al., 2021 ; Sebbih et al.,
2024). Ces organismes sont utilisés comme un outil efficace pour évaluer l’état des
sédiments et suivre les changements environnementaux. (Meghlaoui et al., 2015 ; Tlili &
Mouneyarc, 2019 ; Boumaza et al., 2021 ; Sebbih et al., 2024). Au cours des dernières
décennies, ces organismes ont suscité un intérêt croissant en raison de leur rôle essentiel
dans l’équilibre écologique des fonds marins, en particulier dans les zones sableuses où ils
influencent la structure des environnements marins. (Capa & Hutchings, 2021 ; Magalhães
et al., 2021). Elles sont présentes dans divers environnements marins, des régions polaires
aux tropicales, et des côtes aux abysses.
Les polychètes occupent une place essentielle dans les réseaux trophiques marins en raison de
la diversité de leurs stratégies alimentaires, englobant des espèces prédatrices ainsi que des
espèces détritivores ou herbivores (Capa & Hutchings, 2021). Par leur activité, ils contribuent
à la régulation du transfert de substances et d’énergie au sein des habitats marins.
Au-delà de leur rôle écologique, certaines espèces de polychètes présentent une valeur
économique notable : elles sont utilisées comme appâts en pêche artisanale et commerciale,
ainsi que comme source d’alimentation dans les élevages aquacoles (Lavesque et al., 2017 ;
Gillet, 2016 ; Read, 2019). Certaines variétés offrent également des applications
biomédicales, telles que l’utilisation de l’hémoglobine d’Arenicola pour le transport de
l’oxygène (Batool et al., 2021).
Concernant leur rôle bio-indicateur, seules certaines espèces sont employées pour évaluer la
qualité des habitats marins, notamment en lien avec la pollution (Gillet, 2016 ; Capa &
Hutchings, 2021 ; Lavesque, 2021).
Parmi ces espèces, Perinereis cultrifera (Grübe, 1840) se distingue. Ce ver marin,
reconnaissable à son dos brun à rouge clair, est largement utilisé comme appât de pêche. En
parallèle, il constitue un indicateur biologique précieux pour la surveillance de la pollution
marine, en particulier la contamination des substrats rocheux et sédimentaires par les métaux
lourds (Daas et al., 2011 ; Guemouda et al., 2014 ; Meghlaoui et al., 2015 ; Snani et al.,
2015 ; Ramdani, 2021 ; Dean, 2008 ; Ghirardini et al., 1999 ; Mosbahi et al., 2019 ; Losso &
Ghirardini, 2010 ; Gasmi, 2018 ; Taş et al., 2018).
L’objectif de cette étude est :
- Connaître le pourcentage de pollution dans la mer de Rezgui Rachid.
- Connaissance de la diversité biologique présente sur la côte d’Annaba.
- Une analyse écologique (paramètres physico-chimiques de l’eau de mer, inventaire et
Biodiversité ainsi que les indices écologiques).
- Une analyse morpho métrique et pondérale (Taille corporelle et poids corporel).
- Connaître le rôle des Perinereis cultrifera dans la détection de la gravité des pollution