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Ethique P4

Le document décrit les six phases nécessaires à la création et à la mise en œuvre d'un code d'éthique, incluant la formation d'un comité éthique, la réflexion sur les valeurs, la réalisation d'un diagnostic du climat éthique, et la rédaction du code. Il aborde également les risques liés aux activités de l'entreprise, les voies de dénonciation des infractions, ainsi que les sanctions et récompenses associées. Enfin, il souligne l'importance d'une évaluation continue et d'une révision régulière du code pour assurer son efficacité.

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Le document décrit les six phases nécessaires à la création et à la mise en œuvre d'un code d'éthique, incluant la formation d'un comité éthique, la réflexion sur les valeurs, la réalisation d'un diagnostic du climat éthique, et la rédaction du code. Il aborde également les risques liés aux activités de l'entreprise, les voies de dénonciation des infractions, ainsi que les sanctions et récompenses associées. Enfin, il souligne l'importance d'une évaluation continue et d'une révision régulière du code pour assurer son efficacité.

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CH III : Réaliser une charte d’éthique

Nous distinguons six phases pour la construction et la mise en œuvre d’un code d’éthique. Chaque
phase comporte plusieurs étapes que nous présentons avec quelques recommandations

Phase I- Travaux préparatoires

I-1- Mettre en place un comité éthique (comité éthique issu du conseil d’administration, responsable
éthique, DRH, affaires juridiques, déontologue, etc.).

- un comité représentatif des différents groupes d’intérêt, pas trop élargi et pluridisciplinaire.

- veiller à l’inclusivité, la représentativité, l’engagement et la compétence des membres

désigner ou faire élire un responsable coordinateur du comité

- veiller à ce que ce comité soit doté d’un fort leadership

I-2- Organisation de la consultation et de la participation à l’élaboration du code en répondant aux


questions suivantes :

Qui va participer et quand ? - qui va faire quoi ? - quel reporting ?

I-3- Sensibilisation et provocation d’une « sensibilité éthique » (incidents critiques, débats informels,
formations)

- rassurer les participants et les inciter à prendre la parole

- expliquer l’utilité et le besoin d’un code d’éthique (surtout pour le long terme)
- possibilité d’avoir recours à la formation afin de sensibiliser tout le monde

Phase II- Prospection de l’idéal éthique

II-1- Réflexion sur les valeurs « universelles » en rapport avec les activités de l’entreprise et ses
impacts: altruisme, responsabilité, égalité, liberté, intégrité, citoyenneté, etc.

II-2- Réflexion sur les missions et les finalités de l’entreprise et de l’activité économique en général (le
pourquoi du pourquoi de ce que nous faisons, le sens de celui-ci, le sens du « bien »)

- quels sont les besoins et les valeurs de l’entreprise

- quels sont les dilemmes éthiques les plus fréquents (pour l’entreprise, pour ses partenaires mais
également pour ses concurrents)

II-3- Revue de la « littérature » : autres codes d’éthique d’entreprises comparables ; chartes


universelles, réglementations, etc. - quels textes de lois et quels documents internes peuvent être
consultés ? - en quoi notre code sera différent des autres ? - quel type de code : un code d’éthique
basé sur les valeurs et principes ? un code de conduites éthiques ? un code « obligatoire » et
contraignant ? un code adressé à tout le personnel ou bien uniquement aux principaux décideurs et
aux principales fonctions ?

Phase III- Réalisation d’un diagnostic du climat éthique

III-1- Observation et dialogue autour des pratiques internes et externes (les croyances, les pratiques,
les habitudes, les risques, etc.) - différents niveaux : la société, le secteur, l’entreprise, les
groupes/services, les individus - différents « groupes d’intérêt » et partenaires : clients, fournisseurs,
employés, sources de financement, autorités locales, société civile, etc. - éviter l’aspect anecdotique
et le manichéisme - discuter de situations précises et de responsabilités précises. éviter la
personnalisation

III-2- Observation et dialogue autour des normes et des valeurs internes et externes (ce qui est
considéré comme normal) - différents niveaux de valeurs et de normes : la société, le secteur,
l’entreprise, les individus - différents « groupes d’intérêt » et partenaires : clients, fournisseurs,
employés, sources de financement, autorités locales, société civile, etc. - éviter l’aspect anecdotique
et le manichéisme - discuter de situations précises et de responsabilités précises. éviter la
personnalisation

III-3- Brain storming et réflexion critique sur - Le sens du devoir, les idéaux de l’entreprise, la
motivation, les croyances, la liberté, la responsabilité, etc. - Les principaux dilemmes, paradoxes,
tensions, contradictions, flous sur les droits et devoirs et sources de conflits

III-4- Réflexion et dialogue sur le « gap éthique » : l’écart entre l’idéal éthique et les pratiques
actuelles

Phase IV- Construction du code

IV-1- Choix et validation des thèmes sur lesquels portera le code


IV-2- Rédaction d’une première version à discuter et à faire valider au sein du comité - insister sur le
fait que ce n’est pas la version définitive afin d’éviter les conflits ou oppositions inutiles - demander à
un juriste de vérifier la légalité du document

IV-3- Rédaction de la version finale du code d’éthique Phase

V- Mise en œuvre du code

V-1- Mettre en œuvre une stratégie de communication interne et externe autour du code - organiser
une cérémonie de lancement du code - faire circuler et signer le nouveau code (« j’ai lu et compris le
présent code et m’engage à le respecter et à rapporter tout abus »)

V-2- Définir et mettre en œuvre une stratégie de management de l’éthique (formations,


communication, incitations, etc.) - le code d’éthique est un instrument de base de la stratégie de
management de l’éthique. Il n’est pas le seul - montrer que l’éthique passe avant la performance -
que certains actes conformes aux règles sont évalués non pas par leur performance ou leur «
régularité » mais par leurs motivations et/ou conséquences éthiques - montrer que des décisions
complexes et dont l’issue n’est pas certaine sont prises pour des considérations éthiques Phase VI-
Évaluations et révisions

VI-1- Evaluations périodiques de l’efficacité et de l’appropriation du code

VI-2- Décider des modalités des révisions du code - le code doit être un document « vivant » et «
intelligent » (changeant et s’adaptant) - prévoir des revues périodiques et des revues d’exception en
cas de situations d’urgence

Les composantes d’un code d’éthique et de conduite Afin d’être exhaustif, un code devrait avoir au
minimum cinq parties et aborder les thèmes suivants :

Partie I- Introduction, positionnement du code et valeurs de l’entreprise

• une définition de l’éthique et une explication du choix d’élaborer le code • une vision de l’avenir de
l’entreprise, de ses missions et de sa contribution à la société, à ses partenaires et au « bien » de la
société en général • les valeurs universelles et particulières qui gouvernement l’action de l’entreprise
et à l’intérieur de celle-ci ainsi que les principes de son action • une invitation à « réfléchir sur toutes
les conséquences de l’action » avant de décider ou d’agir

Partie II- Les risques liés à l’activité

• les conflits d’intérêt • les rapports avec les différents stakholders (groupes d’intérêt) : conduite
envers les groups d’intérêt et conduites attendues de ces groupes. Comment les choisir ? comment
les respecter ? comment leur donner satisfaction ? les salariés et le syndicat, les fournisseurs, les
clients, les actionnaires, les consultants, les médias, les autorités locales et nationales, la société
civile, les concurrents, les réseaux sociaux, les sous-traitants, etc.) • les rapports entre collègues en
général (le respect de l’autre) • les frontières entre relations personnelles et relations
professionnelles • les rapports entre hommes et femmes et la question du harcèlement • les cadeaux
à recevoir ou à ne pas recevoir, à donner et à ne pas donner • l’utilisation des actifs, des biens et des
moyens de l’entreprise (y compris le temps de travail) • les risques de violences • les risques de
fraude • les risques de corruption • les risques de blanchiment d’argent et la connaissance des
sources de financements • la sincérité et la fidélité des informations • la confidentialité et la
divulgation d’informations en interne et en externe • la communication avec les médias •
communication et accès aux documents • les délits d’initié • la diversité et l’inclusion • libertés de
croyance et d’expression • respect des différences • la discrimination et les traitements préférentiels
• le népotisme • la responsabilité individuelle et des équipes • les conflits et leur résolution
(arbitrages, médiation, etc.) • le respect des engagements et des délais • la concurrence loyale et
déloyale • la sécurité • la santé et l’hygiène • l’équilibre vie privée/vie professionnelle • les pollutions
et le respect de l’environnement • l’engagement politique

Partie III- Les possibilités et voies de dénonciation des infractions au code

• définition de ce qui constitue une infraction au code d’éthique • procédures pour rapporter celle-ci
• protection des dénonciateurs • à qui s’adresser exactement (supérieur hiérarchique ? responsable
éthique ?) • les moyens techniques mis en place pour permettre la communication anonyme sur les
cas d’infraction • les possibilités d’action si le supérieur hiérarchique directe ne réagit pas)

Partie IV- Les sanctions aux infractions et les éventuelles récompenses.

Partie V- Un annexe portant notamment sur • des exemples de situations concrètes • les éventuels
autres documents de l’entreprise qui concernent l’éthique (règlement interne, charte, etc.) • les
sources d’information sur l’éthique

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