Séries géométriques et dérivées
Séries géométriques et dérivées
Séries numériques
19.1 Introduction 1
19.2 Convergence 2
19.2.1 Définitions
19.2.2 Condition nécessaire de convergence
19.2.3 Opérations sur les séries convergentes
Niels Abel
Dans ce chapitre, nous allons étudier plus en détail un certain type de suites déjà ren-
contrées : les suites définies par une somme, qui sont appelées des séries.
Ces suites particulières interviennent souvent en mathématiques, notamment en proba-
bilités, lorsqu’on étudie les probabilités discrètes sur des ensembles infinis.
19.1 Introduction
La considération de sommes infinies est une question naturellement liée à celle du passage à la
limite. Dans la seconde moitié du 5 ème siècle avant J.C., les Grecs commençaient à entrevoir
les notions d’infini et de continu, opposées à celles de fini et de discret, moins abstraites. Le
paradoxe de Zénon illustre leurs difficultés à formuler ces notions qui ne seront correctement
définies qu’au 19 ème siècle.
1
2 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES
19.2 Convergence
19.2.1 Définitions
Définition 19.1 Soit (un )n∈N une suite. On appelle série de terme général un la suite
(Sn )n∈N définie par :
∑
n
∀n ∈ N , Sn = u0 + u1 + · · · + un = uk .
k=0
∑ ∑
La série de terme général un est notée un ou parfois simplement un .
n⩾0
∑
n ∑
Le réel Sn = uk est appelé la somme partielle d’indice n de la série un .
k=0 n⩾0
Remarque : Si la suite (un )n∈N n’est définie qu’à partir d’un certain rang ∑
n0 , la série de terme
général un n’est également définie qu’à partir de n0 , ce que l’on note un . La suite des
n⩾n0
∑
n
sommes partielles est alors (Sn )n⩾n0 , avec Sn = uk .
k=n0
∑
Exemple 19.1 1. On considère la série n.
n⩾0
Son terme général est : un = n. Les premières sommes partielles sont :
S0 = 0 , S1 = 0 + 1 = 1 , S2 = 0 + 1 + 2 = 3 , S3 = 0 + 1 + 2 + 3 = 6 , etc .
∑1
2. La série est appelée la série harmonique.
n
n⩾1
1
Son terme général est : un = . Les premières sommes partielles sont :
n
1 3 1 1 11 1 1 1 25
S1 = 1 , S2 = 1 + = , S3 = 1 + + = , S4 = 1 + + + = , etc .
2 2 2 3 6 2 3 4 12
Il n’y a pas de formule simple pour la somme partielle Sn d’indice n.
∑
La série un étant une suite, on peut s’intéresser à sa convergence.
n⩾0
19.2. CONVERGENCE 3
∑
Définition 19.2 Soit un une série. Soit Sn sa somme partielle d’indice n.
n⩾0
∑
• Si la suite (Sn )n∈N converge, on dit que la série un est convergente.
n⩾0 ∑
La limite S de la suite (Sn )n∈N est alors appelée la somme de la série un et on
n⩾0
note : n +∞
∑ ∑
S = lim Sn = lim uk = uk .
n→+∞ n→+∞
k=0 k=0
∑
• Si la suite (Sn )n∈N diverge, on dit que la série un est divergente.
n⩾0
Attention !
∑
+∞ ∑
• L’écriture uk n’a de sens que si la série converge! Alors que l’écriture un a
k=0 n⩾0
toujours un sens, puisqu’elle désigne une suite.
• Tout comme on ne confond pas la suite (un ), le n-ième terme∑ un de cette suite et sa
limite éventuelle ℓ, il convient de ne pas confondre la série un , la n-ième somme
n⩾0
∑
n ∑
+∞
partielle Sn = uk et la somme éventuelle uk de la série.
k=0 k=0
• Les sommes infinies ne se manipulent pas comme les sommes finies, puisqu’en réalité,
ce sont des limites, et il faut donc toujours s’assurer de la convergence.
∑
Exemple 19.2 1. Soit la série 0.
n⩾0
Soit (un )n∈N la suite définie pour tout n ∈ N par un = 0.
∑n
Alors, la somme partielle d’indice n est : Sn = 0 = 0.
k=0
La suite (Sn )n∈N est donc clairement convergente et sa limite vaut 0, donc la série
∑ ∑
+∞
0 converge et 0 = 0.
n⩾0 k=0
4 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES
∑
2. Soit la série 1.
n⩾0
Soit (un )n∈N la suite définie pour tout n ∈ N par un = 1.
∑n
Alors, la somme partielle d’indice n est : Sn = 1 = n + 1.
∑ k=0
La suite (Sn )n∈N diverge, donc la série 1 diverge.
n⩾0
Définition
∑ 19.3 (Reste d’une série convergente) Soit (un )n∈N une suite telle que la série
un converge. On appelle reste d’ordre n de la série la valeur:
n⩾0
∑
+∞ ∑
+∞
Rn = uk − Sn = uk .
k=0 n+1
∑
+∞
Remarque : Comme lim Sn = uk , le reste d’une série convergente converge toujours vers
n→+∞
k=0
0.
∑
+∞
INTERDIT ! Ça n’a aucun sens de parler du reste d’une série divergente puisque uk n’est
k=0
pas défini pour une série divergente.
∑ ( 1 )n
Exemple 19.3 On considère la série .
2
n⩾0
( )n
1
Son terme général est : un = .
2
La somme partielle d’indice n est :
( )n+1 (
n ( )k
∑ 1− 1 ( )n+1 )
1 2 1
Sn = = 1× = 2 1− .
k=0
2 1 − 12 2
∑ ( 1 )n
La série est donc la suite (Sn )n∈N définie par :
2
n⩾0
( )n+1 )
(
1
∀n ∈ N , Sn = 2 1 − .
2
( )n
1 1
Or, ∈] − 1; 1[ donc lim = 0 donc lim Sn = 2.
2 n→+∞ 2 n→+∞
19.2. CONVERGENCE 5
∑ ( 1 )n
La série est donc convergente et on a :
2
n⩾0
+∞ ( )k
∑ 1
= 2.
2
k=0
et lim Rn = 0.
n→+∞
Or,
∑
n ∑
n ∑
n
(ln(k + 1) − ln(k)) = ln(k + 1) − ln(k)
k=1 k=1 k=1
∑
n+1 ∑
n
= ln(j) − ln(k)
j=2 k=1
n
∑
n ∑
= ln(j) + ln(n + 1) − ln(k) + ln(1)
j=2 k=2
= ln(n + 1) .
∑1
Proposition 19.1 La série harmonique est divergente.
n
n⩾1
∑
n
1
Plus précisément: lim = +∞.
n→+∞ k
k=1
∑
Démonstration. On suppose que la série un converge. Notons Sn sa somme partielle et S
n⩾0
sa somme. L’astuce est de remarquer que :
un = Sn − Sn−1 .
∑
n ∑
n−1 ∑
n−1 ∑
n−1
En effet, Sn − Sn−1 = uk − uk = un + uk − uk = un . Passons alors à la limite dans
k=0 k=0 k=0 k=0
l’égalité un = Sn − Sn−1 , licite car la série converge. On obtient alors que (un )n∈N converge et
que lim un = S − S = 0.
n→+∞
Remarque : Pour prouver qu’une série diverge, on peut utiliser la contraposée de ce résultat :
il suffit de prouver que le terme général de la série ne converge pas vers 0. On dit alors que
la série diverge grossièrement.
1 ∑1
Attention ! La réciproque est fausse : lim = 0 et pourtant la série harmonique
n→+∞ n n
n⩾1
diverge.
∑ ∑ n2 ∑ 3n
Exemple 19.5 Les séries (−1)n , , sont grossièrement divergentes.
n+1 2n − 3n
n⩾0 n⩾0 n⩾0
n
En effet, on a déjà montré dans un chapitre précédent
∑ que la suite ((−1) )n∈N est diver-
gente. Donc elle ne converge pas vers 0 et la série (−1)n est grossièrement divergente.
n⩾0
n2
Calculons la limite de . On a :
n+1
n2
n+1 ∼ n donc ∼n
n+1
19.2. CONVERGENCE 7
n2 ∑ n2
On peut alors conclure que lim = +∞. Ainsi la série est grossièrement
n→+∞ n + 1 n+1
n⩾0
divergente.
3n
Calculons la limite de . On a :
2n − 3n
2n − 3n ∼ −3n car 2n = o(−3n )
donc
3n 3n
∼ = −1
2n − 3n −3n
3n ∑ 3n
Ainsi lim = −1. On en conclut que la série est grossièrement
n→+∞ 2n − 3n 2n − 3n
n⩾0
divergente.
∑
+∞ ∑
+∞ ∑
+∞
(uk + vk ) = uk + vk .
k=0 k=0 k=0
∑
• La série λun est convergente et sa somme vaut :
n⩾0
∑
+∞ ∑
+∞
λuk = λ uk .
k=0 k=0
∑
Remarque : Cela signifie que l’ensemble des suites (un )n∈N ∈ RN telles que la série un
n⩾0
converge est un sous-espace vectoriel de RN .
∑
n ∑
n ∑
n
(uk + vk ) = uk + vk .
k=0 k=0 k=0
8 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES
∑
+∞ ∑
+∞ ∑
+∞
(uk + vk ) = uk + vk .
k=0 k=0 k=0
Attention
∑ ! La réciproque du premier point n’est pas vraie! ∑ La ∑ convergence de la série
(un + vn ) n’assure pas du tout la convergence des séries un et vn .
n⩾0 n⩾0 n⩾0
1 1 ∑
Par exemple, si pour tout n ⩾ 1, un = et vn = − , alors la série (un + vn ) converge alors
n n
∑ ∑ n⩾0
que ni un ni vn ne convergent (voir les exemples précédents).
n⩾0 n⩾0
1
Exemple 19.6 On a vu précédemment que la série géométrique de raison converge
2
et que sa somme vaut 2.
∑
n
Démonstration. Soit n ∈ N, on pose Sn = qk . Montrons que la suite (Sn )n converge si et
k=0
seulement si q ∈] − 1, 1[. On a :
1 − qn+1
si q,1
Sn =
1−q
n+1 si q=1
19.3. SÉRIES DE RÉFÉRENCE 9
1
Si q ∈] − 1, 1[ alors lim qn+1 = 0 donc (Sn )n converge, on a lim Sn = .
n→+∞ n→+∞ 1−q
Si q = 1, (Sn )n diverge vers +∞.
Si q ⩽ −1 alors qn+1 n’a pas de limites donc (Sn )n diverge.
Si q > 1, qn+1 diverge vers +∞ et donc (Sn )n diverge.
En conclusion, (Sn )n converge si et seulement si q ∈] − 1, 1[ et dans ce cas, on a bien :
∑
+∞
1
qk = .
1−q
k=0
∑
+∞
1
kqk−1 = .
(1 − q)2
k=1
∑
Théorème 19.4 (Série géométrique dérivée deuxième) La série n(n − 1)qn−2 converge
n⩾2
si et seulement si |q| < 1. Dans ce cas, on a :
∑
+∞
2
k(k − 1)qk−2 = .
(1 − q)3
k=2
∑
n
1 − xn+1
fn (x) = xk = .
1−x
k=0
La fonction fn est dérivable sur ] − 1, 1[, on peut donc la dériver (sous les deux formes) :
( )
∑ n −(n + 1)xn (1 − x) − (−1) 1 − xn+1
∀x ∈] − 1, 1[, kxk−1 = fn′ (x) =
(1 − x)2
k=1
10 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES
Or
( )
−(n + 1)xn (1 − x) − (−1) 1 − xn+1 nxn+1 − (n + 1)xn + 1
=
(1 − x)2 (1 − x)2
∑
n
nqn+1 − (n + 1)qn + 1
kqk−1 =
(1 − q)2
k=1
∑
n
1 ∑
Donc lim kqk−1 = , ce qui signifie que la série nqn−1 converge et que
n→+∞ (1 − q)2
k=1 n⩾0
∑
+∞
1
kqk−1 = .
(1 − q)2
k=1
Attention ! le résultat « la dérivée de la somme est la somme des dérivées » n’est vrai que
pour le cas de sommes FINIES. On ne peut jamais dériver directement une somme infinie : il
faut se ramener à dériver les sommes partielles, puis passer à la limite.
∑ n2 + (−1)n
Exercice type 19.1 Soit la série . Justifier sa convergence et calculer sa
3n
n⩾1
somme.
Soit n ∈ N∗ , on a:
∑
n ∑
n ∑
n ∑
n n (
∑ )
k 2 + (−1)k k2 (−1)k k2 −1 k
= + = +
3k 3k 3k 3k 3
k=1 k=1 k=1 k=1 k=1
∑n ∑n ( )k
k2 −1
= + − 1 = T1 + T2 − 1.
3k 3
k=0 k=0
19.3. SÉRIES DE RÉFÉRENCE 11
∑
n
k2
Etude de T1 = . Remarquons que l’on a pour n ∈ N:
3k
k=0
∑
n ∑
n ( )k ∑n
k2 1 1
= k 2
= k 2 qk avec q =
3k 3 3
k=0 k=0 k=0
∑
n ∑
n
= k 2 qk = k × (k − 1 + 1)qk
k=1 k=1
∑
n
= (k(k − 1)qk + kqk )
k=1
∑
n ∑
n ∑
n ∑
n
k k k
= k(k − 1)q + kq = k(k − 1)q + kqk
k=1 k=1 k=2 k=1
∑
n ∑
n
= q2 k(k − 1)qk−2 + q kqk−1
k=2 k=1
∑
+∞
2q2 q q(q + 1)
k 2 qk = + = .
(1 − q) 3 (1 − q)2 (1 − q)3
k=0
n (
∑ )
−1 k
Etude de T2 =
3
k=0
1
On reconnaît la somme partielle de série géométrique avec q = − ∈] − 1; 1[.
3
En conclusion, notre notre série converge et on a :
∑
+∞ 2
k + (−1)k 1 1
3(3 + 1) 1 5
= + −1 = .
k=1
3k (1 − 1 3
3)
1
1+ 3 4
∑ xn
Théorème 19.5 Soit x ∈ R, la série est appelée série exponentielle et converge
n!
n⩾0
pour tout x ∈ R. On a de plus :
∑
+∞ k
x
= ex .
k!
k=0
12 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES
|x|n+1
Or lim M = 0 par croissances comparées.
n→+∞ (n + 1)!
∑ xn
Donc par théorème d’encadrement la série converge et sa somme vaut ex .
n!
n⩾0
∑
+∞
1
Exemple 19.7 • Calculer .
k!
k=0
∑
+∞
(−1)k
• Calculer .
k!
k=0
On reconnaît la somme de la série exponentielle avec x = −1, elle est bien conver-
∑
+∞
(−1)k
gente et on a = e−1
k!
k=0
∑
+∞
(ln(5))k
• Cacluler .
k!
k=1
On reconnaît la somme de la série exponentielle avec x = ln(5), elle est bien con-
vergente et on a :
∑
+∞
(ln(5))k ∑
+∞
(ln(5))k (ln(5))0 1
= − = eln(5) − = 5 − 1 = 4.
k! k! 0! 1
k=1 k=0
19.4. SÉRIES À TERMES POSITIFS 13
Sn+1 − Sn = un+1 ⩾ 0
(⇒) Si la série converge, comme la suite (Sn ) est croissante, elle reste toujours plus petite que
sa limite. Elle est donc majorée par la somme de la série.
∑ 5
Exemple 19.8 On étudie la nature de la série .
4n ln(n)
n⩾3
C’est une série à termes positifs car ∀k ⩾ 3, ln(k) > 0. Il suffit donc de montrer que la
∑n
5
suite de ses sommes partielles est majorée. Posons pour n ⩾ 3, Sn = k
. On
4 ln(k)
k=3
remarque que pour tout k ⩾ 3,
5 5
⩽ .
4k ln(k) 4k
En sommant cette inégalité pour k variant de 3 à n, on obtient :
∑
n
5
Sn ⩽ .
4k
k=3
14 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES
Or
( )
∑n ∑n ( )k ( )3 1 − 1 n−2
5 1 1 4
=5 = 5× ×
k=3
4k
k=3
4 4 1 − 14
( )3 ( ( )n−2 ) ( ( )n−2 )
4 1 1 5 1
= 5× × 1− = 1− .
3 4 4 48 4
f (k) ⩽ f (t).
Et donc
∑
n ∫n [ 1−α ]n
1 1 t 1 − n1−α α
Sn = ⩽ 1 + dt = 1 + = 1 + ⩽ .
k α
1 t
α 1−α 1 α−1 α−1
k=1
∑ 1
Ainsi est une série à termes positifs dont la suite des sommes partielles est
nα
n⩾1
majorée. C’est donc une série convergente.
19.4. SÉRIES À TERMES POSITIFS 15
Proposition 19.4 (Critère de convergence par comparaison) Soient (un ) et (vn ) deux
suites à termes positifs, telles que un ⩽ vn à partir d’un certain rang.
∑ 5
Exemple 19.10 Reprenons l’exemple de la série .
4n ln(n)
n⩾3
5
Posons pour n ⩾ 3, un = .
4n ln(n)
5
On a pour n ⩾ 3, un ⩽ n . On a majoré un par le terme général d’une série convergente.
4
En effet,
∑
n n ( )k
∑
5 1
k
= 5 .
4 4
k=3 k=3
1
On reconnaît alors la somme partielle d’une série géométrique pour q = . Il s’agit bien
4
d’une série convergente car q ∈] − 1, 1[.
On peut donc conclure à l’aide du critère de convergence par comparaison que la série
∑ 5
n
est convergente.
4 ln(n)
n⩾3
∑ Soient
Proposition 19.5 (Critère de convergence par équivalence) ∑ (un ) et (vn ) deux suites
à termes positifs, telles que un ∼ vn alors les séries un et vn ont même nature.
n⩾0 n⩾0
16 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES
Attention ! Cela ne signifie pas que les suites des sommes partielles sont équivalentes,
puisqu’on n’a pas le droit de sommer des équivalents.
On a
1 1
∼ .
n + n2 n2
∑ 1
Les deux suites sont à termes positifs et la série converge car c’est une
n2
n⩾1
série de Riemann avec α = 2 > 1. Donc d’après le critère de convergence par
∑ 1
équivalence, la série converge.
n + n2
n⩾1
∑ 1
2. √
n⩾1
n+ n
1 1 ∑1
On a √ ∼ . Les deux suites sont à termes positifs et la série diverge
n+ n n n⩾1
n
car c’est une série de Riemann avec α = 1. Donc d’après le critère de convergence
∑ 1
par équivalence, la série √ diverge.
n⩾1
n+ n
Remarque : Il est impossible de montrer la divergence d’une série par un critère de néglige-
abilité.
√
Exemple 19.13 Étudier la nature de la série de terme général un = exp(− n).
√ ( )
2 1 1
Par croissance comparée, on a lim n exp(− n) = 0. Donc un = o 2 . Or 2 ⩾ 0
n→∞ n n
est le terme général d’une série de Riemann convergente
∑ (2 > 1). Donc par critère de
comparaison des séries de terme général positif, un converge.
n⩾0
19.4. SÉRIES À TERMES POSITIFS 17
Remarque : Les critères de convergence énoncés dans cette partie s’adaptent sans difficulté
aux séries à termes négatifs. C’est pour cela, qu’on parle parfois de critères de convergence
pour les séries à termes de signe constant.
∑
Démonstration. Soit un une série absolument convergente, l’astuce est d’écrire que :
n⩾0
∑ (−1)n
Attention ! La réciproque de ce théorème est fausse. En effet, la série est conver-
n
n⩾1
gente, mais elle n’est pas absolument convergente. Cette série est alors dite semi-convergente.
sin(nθ)
Exercice 19.1 Montrer que pour tout θ ∈ R, la série de terme général un = est
2n
convergente.
( )n
sin(nθ) 1 1
Remarquons que l’on a pour tout n ∈ N, n
⩽ n
soit |un | ⩽ .
( ) 2 2 2
∑ 1 n 1
On sait que la série converge car c’est la série géométrique pour q = ∈]−1, 1[.
2 2
n⩾0
Donc
∑ d’après le critère de convergence
∑ par comparaison, on peut affirmer que la série
|un | converge. La série un est alors absolument convergente, on en conclut donc
n⩾0 ∑ n⩾0
que la série un converge.
n⩾0
Définition 19.6 Soit (un )n∈N une suite. La série de terme général un+1 − un est appelée
série télescopique.
∑
Proposition 19.7 Soit (un )n∈N une suite. La suite (un )n∈N et la série (un+1 − un ) ont
n⩾0
même nature en terme de convergence.
∑
Démonstration. Etudions Sn la somme partielle de la série (un+1 − un ). On a pour n ∈ N,
n⩾0
∑
n ∑
n ∑
n ∑
n+1 ∑
n ∑
n ∑
n
Sn = (uk+1 − uk ) = uk+1 − uk = uk − uk = uk + un+1 − uk − u0 = un+1 − u0 .
k=0 k=0 k=0 k=1 k=0 k=1 k=1
Si un converge vers un réel ℓ, Sn converge alors vers ℓu0 . Réciproquement, si Sn converge vers
un réel ℓ, un converge alors vers ℓ + u0 . On montre de même que les deux suites divergent
simultanément vers +∞ ou −∞. D’où le résultat.
19.5. LIEN SUITES ET SÉRIES. SÉRIES TÉLESCOPIQUES 19
∑ 1
Exemple 19.15 On considère la série .
n(n + 1)
n⩾1
1
Son terme général est : un = . La somme partielle d’indice n est :
n(n + 1)
∑
n n (
∑ )
1 1 1
Sn = = −
k(k + 1) k k+1
k=1 k=1
∑
n
1 ∑
n
1
= − par linéarité de la somme
k k+1
k=1 k=1
∑
n
1 ∑
n+1
1
= −
kj
k=1 j=2
∑
n
1
∑
n
1 1
= 1+ − +
k j n + 1
k=2 j=2
1
= 1− .
n+1
∑ 1
La série est donc la suite (Sn )n∈N définie par :
n(n + 1)
n⩾1
1
∀n ∈ N∗ , Sn = 1 − .
n+1
1
Or, lim = 0 . donc lim Sn = 1.
n→+∞ n + 1 n→+∞
∑ ( ) ∑
+∞
1 1
La série est donc convergente et on a : = 1.
n(n + 1) k(k + 1)
n⩾1 k=1
soit
1
0 ⩽ un+1 − un ⩽ .
n2
∑ 1
La série (un+1 − un ) est donc à termes positifs et comme est le terme général
n2
n⩾0
d’une série convergente, on conclut, à l’aide
∑du critère de convergence par comparaison
des séries à termes positifs, que la série (un+1 − un ) est convergente. Ainsi la suite
n⩾0
(un )n∈N converge.