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Séries géométriques et dérivées

Ce chapitre traite des séries numériques, en commençant par leur définition et leur convergence. Il aborde les séries de référence, les séries à termes positifs, et les critères de convergence, tout en soulignant l'importance de la convergence pour la validité des opérations sur les séries. Des exemples illustrent les concepts, notamment la série harmonique et les conditions nécessaires à la convergence.

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Séries géométriques et dérivées

Ce chapitre traite des séries numériques, en commençant par leur définition et leur convergence. Il aborde les séries de référence, les séries à termes positifs, et les critères de convergence, tout en soulignant l'importance de la convergence pour la validité des opérations sur les séries. Des exemples illustrent les concepts, notamment la série harmonique et les conditions nécessaires à la convergence.

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19.

Séries numériques
19.1 Introduction 1

19.2 Convergence 2
19.2.1 Définitions
19.2.2 Condition nécessaire de convergence
19.2.3 Opérations sur les séries convergentes

19.3 Séries de référence 8


19.3.1 La série géométrique et ses dérivées
19.3.2 La série exponentielle
19.3.3 Les séries de Riemann

19.4 Séries à termes positifs 13


19.4.1 Critères de convergence
19.4.2 Convergence absolue

19.5 Lien suites et séries. Séries télescopiques 18

Les séries divergentes sont une invention


du diable et c’est une honte qu’on ose
fonder sur elles la moindre
démonstration.

Niels Abel

Dans ce chapitre, nous allons étudier plus en détail un certain type de suites déjà ren-
contrées : les suites définies par une somme, qui sont appelées des séries.
Ces suites particulières interviennent souvent en mathématiques, notamment en proba-
bilités, lorsqu’on étudie les probabilités discrètes sur des ensembles infinis.

19.1 Introduction
La considération de sommes infinies est une question naturellement liée à celle du passage à la
limite. Dans la seconde moitié du 5 ème siècle avant J.C., les Grecs commençaient à entrevoir
les notions d’infini et de continu, opposées à celles de fini et de discret, moins abstraites. Le
paradoxe de Zénon illustre leurs difficultés à formuler ces notions qui ne seront correctement
définies qu’au 19 ème siècle.

1
2 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES

19.2 Convergence

19.2.1 Définitions

Définition 19.1 Soit (un )n∈N une suite. On appelle série de terme général un la suite
(Sn )n∈N définie par :

n
∀n ∈ N , Sn = u0 + u1 + · · · + un = uk .
k=0
∑ ∑
La série de terme général un est notée un ou parfois simplement un .
n⩾0

n ∑
Le réel Sn = uk est appelé la somme partielle d’indice n de la série un .
k=0 n⩾0

Remarque : Si la suite (un )n∈N n’est définie qu’à partir d’un certain rang ∑
n0 , la série de terme
général un n’est également définie qu’à partir de n0 , ce que l’on note un . La suite des
n⩾n0

n
sommes partielles est alors (Sn )n⩾n0 , avec Sn = uk .
k=n0


Exemple 19.1 1. On considère la série n.
n⩾0
Son terme général est : un = n. Les premières sommes partielles sont :

S0 = 0 , S1 = 0 + 1 = 1 , S2 = 0 + 1 + 2 = 3 , S3 = 0 + 1 + 2 + 3 = 6 , etc .

De manière générale, on peut montrer (par récurrence sur n ∈ N) que :



n
n(n + 1)
∀n ∈ N , Sn = k= .
2
k=0

∑1
2. La série est appelée la série harmonique.
n
n⩾1
1
Son terme général est : un = . Les premières sommes partielles sont :
n
1 3 1 1 11 1 1 1 25
S1 = 1 , S2 = 1 + = , S3 = 1 + + = , S4 = 1 + + + = , etc .
2 2 2 3 6 2 3 4 12
Il n’y a pas de formule simple pour la somme partielle Sn d’indice n.

La série un étant une suite, on peut s’intéresser à sa convergence.
n⩾0
19.2. CONVERGENCE 3


Définition 19.2 Soit un une série. Soit Sn sa somme partielle d’indice n.
n⩾0

• Si la suite (Sn )n∈N converge, on dit que la série un est convergente.
n⩾0 ∑
La limite S de la suite (Sn )n∈N est alors appelée la somme de la série un et on
n⩾0
note :  n  +∞
∑  ∑
S = lim Sn = lim  uk  = uk .
n→+∞ n→+∞
k=0 k=0

• Si la suite (Sn )n∈N diverge, on dit que la série un est divergente.
n⩾0

• Déterminer la nature de la série consiste à déterminer si elle est convergente ou


divergente.

Attention !


+∞ ∑
• L’écriture uk n’a de sens que si la série converge! Alors que l’écriture un a
k=0 n⩾0
toujours un sens, puisqu’elle désigne une suite.

• Tout comme on ne confond pas la suite (un ), le n-ième terme∑ un de cette suite et sa
limite éventuelle ℓ, il convient de ne pas confondre la série un , la n-ième somme
n⩾0

n ∑
+∞
partielle Sn = uk et la somme éventuelle uk de la série.
k=0 k=0

• Les sommes infinies ne se manipulent pas comme les sommes finies, puisqu’en réalité,
ce sont des limites, et il faut donc toujours s’assurer de la convergence.


Exemple 19.2 1. Soit la série 0.
n⩾0
Soit (un )n∈N la suite définie pour tout n ∈ N par un = 0.
∑n
Alors, la somme partielle d’indice n est : Sn = 0 = 0.
k=0
La suite (Sn )n∈N est donc clairement convergente et sa limite vaut 0, donc la série
∑ ∑
+∞
0 converge et 0 = 0.
n⩾0 k=0
4 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES


2. Soit la série 1.
n⩾0
Soit (un )n∈N la suite définie pour tout n ∈ N par un = 1.
∑n
Alors, la somme partielle d’indice n est : Sn = 1 = n + 1.
∑ k=0
La suite (Sn )n∈N diverge, donc la série 1 diverge.
n⩾0

Définition
∑ 19.3 (Reste d’une série convergente) Soit (un )n∈N une suite telle que la série
un converge. On appelle reste d’ordre n de la série la valeur:
n⩾0


+∞ ∑
+∞
Rn = uk − Sn = uk .
k=0 n+1


+∞
Remarque : Comme lim Sn = uk , le reste d’une série convergente converge toujours vers
n→+∞
k=0
0.


+∞
INTERDIT ! Ça n’a aucun sens de parler du reste d’une série divergente puisque uk n’est
k=0
pas défini pour une série divergente.

∑ ( 1 )n
Exemple 19.3 On considère la série .
2
n⩾0
( )n
1
Son terme général est : un = .
2
La somme partielle d’indice n est :
( )n+1 (
n ( )k
∑ 1− 1 ( )n+1 )
1 2 1
Sn = = 1× = 2 1− .
k=0
2 1 − 12 2

∑ ( 1 )n
La série est donc la suite (Sn )n∈N définie par :
2
n⩾0

( )n+1 )
(
1
∀n ∈ N , Sn = 2 1 − .
2
( )n
1 1
Or, ∈] − 1; 1[ donc lim = 0 donc lim Sn = 2.
2 n→+∞ 2 n→+∞
19.2. CONVERGENCE 5

∑ ( 1 )n
La série est donc convergente et on a :
2
n⩾0

+∞ ( )k
∑ 1
= 2.
2
k=0

Comme cette série converge, on peut parler de son reste, on a


+∞ ( )k
∑ ( ( )n+1 ) ( )n
1 1 1
Rn = = 2−2 1− =
2 2 2
k=n+1

et lim Rn = 0.
n→+∞

Exemple 19.4 On reprend l’exemple de la série harmonique.


Nous avons vu, dans le Chapitre 13 sur la dérivabilité, qu’on pouvait montrer grâce à
l’inégalité des accroissements finis, que pour tout k ⩾ 1,
1
ln(k + 1) − ln(k) ⩽ .
k
En sommant ces inégalités pour k variant de 1 à n, on obtient alors

n ∑
n
1
(ln(k + 1) − ln(k)) ⩽ = Sn .
k
k=1 k=1

Or,

n ∑
n ∑
n
(ln(k + 1) − ln(k)) = ln(k + 1) − ln(k)
k=1 k=1 k=1

n+1 ∑
n
= ln(j) − ln(k)
j=2 k=1
 n 

n ∑ 
= ln(j) + ln(n + 1) −  ln(k) + ln(1)
j=2 k=2
= ln(n + 1) .

Puisque lim ln(n + 1) = +∞, on en déduit, d’après le théorème de comparaison, que


n→+∞
∑n
1 ∑1
lim = +∞. Ainsi, la série harmonique est divergente.
n→+∞ k n
k=1 n⩾1
6 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES

∑1
Proposition 19.1 La série harmonique est divergente.
n
n⩾1

n
1
Plus précisément: lim = +∞.
n→+∞ k
k=1

19.2.2 Condition nécessaire de convergence



Proposition 19.2 Soit (un )n∈N une suite. Si la série un converge alors la suite (un )n∈N
n⩾0
converge vers 0.


Démonstration. On suppose que la série un converge. Notons Sn sa somme partielle et S
n⩾0
sa somme. L’astuce est de remarquer que :

un = Sn − Sn−1 .

n ∑
n−1 ∑
n−1 ∑
n−1
En effet, Sn − Sn−1 = uk − uk = un + uk − uk = un . Passons alors à la limite dans
k=0 k=0 k=0 k=0
l’égalité un = Sn − Sn−1 , licite car la série converge. On obtient alors que (un )n∈N converge et
que lim un = S − S = 0.
n→+∞

Remarque : Pour prouver qu’une série diverge, on peut utiliser la contraposée de ce résultat :
il suffit de prouver que le terme général de la série ne converge pas vers 0. On dit alors que
la série diverge grossièrement.

1 ∑1
Attention ! La réciproque est fausse : lim = 0 et pourtant la série harmonique
n→+∞ n n
n⩾1
diverge.

∑ ∑ n2 ∑ 3n
Exemple 19.5 Les séries (−1)n , , sont grossièrement divergentes.
n+1 2n − 3n
n⩾0 n⩾0 n⩾0
n
En effet, on a déjà montré dans un chapitre précédent
∑ que la suite ((−1) )n∈N est diver-
gente. Donc elle ne converge pas vers 0 et la série (−1)n est grossièrement divergente.
n⩾0
n2
Calculons la limite de . On a :
n+1
n2
n+1 ∼ n donc ∼n
n+1
19.2. CONVERGENCE 7

n2 ∑ n2
On peut alors conclure que lim = +∞. Ainsi la série est grossièrement
n→+∞ n + 1 n+1
n⩾0
divergente.
3n
Calculons la limite de . On a :
2n − 3n
2n − 3n ∼ −3n car 2n = o(−3n )

donc
3n 3n
∼ = −1
2n − 3n −3n
3n ∑ 3n
Ainsi lim = −1. On en conclut que la série est grossièrement
n→+∞ 2n − 3n 2n − 3n
n⩾0
divergente.

19.2.3 Opérations sur les séries convergentes


Les opérations sur les sommes finies se transposent, sous certaines conditions, aux séries.
∑ ∑
Théorème 19.1 (Linéarité) Soient un et vn deux séries convergentes et λ un réel.
n∈N n∈N
Alors:

• La série (un + vn ) est également convergente et sa somme vaut :
n⩾0


+∞ ∑
+∞ ∑
+∞
(uk + vk ) = uk + vk .
k=0 k=0 k=0


• La série λun est convergente et sa somme vaut :
n⩾0


+∞ ∑
+∞
λuk = λ uk .
k=0 k=0


Remarque : Cela signifie que l’ensemble des suites (un )n∈N ∈ RN telles que la série un
n⩾0
converge est un sous-espace vectoriel de RN .

Démonstration. Soit n ∈ N, par linéarité de la somme (finie),


n ∑
n ∑
n
(uk + vk ) = uk + vk .
k=0 k=0 k=0
8 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES

Les hypothèses∑donnent la convergence du membre de droite, par somme de limites finies.


Donc la série (un + vn ) converge, et le passage à la limite dans l’égalité précédente donne:
n⩾0


+∞ ∑
+∞ ∑
+∞
(uk + vk ) = uk + vk .
k=0 k=0 k=0

Le deuxième point se démontre de la même façon.

Attention
∑ ! La réciproque du premier point n’est pas vraie! ∑ La ∑ convergence de la série
(un + vn ) n’assure pas du tout la convergence des séries un et vn .
n⩾0 n⩾0 n⩾0
1 1 ∑
Par exemple, si pour tout n ⩾ 1, un = et vn = − , alors la série (un + vn ) converge alors
n n
∑ ∑ n⩾0
que ni un ni vn ne convergent (voir les exemples précédents).
n⩾0 n⩾0

19.3 Séries de référence


19.3.1 La série géométrique et ses dérivées

Définition 19.4 Pour tout réel q, la série qn s’appelle série géométrique de raison q.
n⩾0

1
Exemple 19.6 On a vu précédemment que la série géométrique de raison converge
2
et que sa somme vaut 2.

En fait, plus généralement, on a le résultat suivant:



Théorème 19.2 La série qn est convergente, si et seulement si, |q| < 1. Dans ce cas,
n⩾0
on a :

+∞
1
qk = .
1−q
k=0


n
Démonstration. Soit n ∈ N, on pose Sn = qk . Montrons que la suite (Sn )n converge si et
k=0
seulement si q ∈] − 1, 1[. On a :


 1 − qn+1

 si q,1
Sn = 
 1−q

 n+1 si q=1
19.3. SÉRIES DE RÉFÉRENCE 9

1
Si q ∈] − 1, 1[ alors lim qn+1 = 0 donc (Sn )n converge, on a lim Sn = .
n→+∞ n→+∞ 1−q
Si q = 1, (Sn )n diverge vers +∞.
Si q ⩽ −1 alors qn+1 n’a pas de limites donc (Sn )n diverge.
Si q > 1, qn+1 diverge vers +∞ et donc (Sn )n diverge.
En conclusion, (Sn )n converge si et seulement si q ∈] − 1, 1[ et dans ce cas, on a bien :


+∞
1
qk = .
1−q
k=0

On dispose également de deux séries, appelées séries geométriques dérivées première et


deuxième :

Théorème 19.3 (Série géométrique dérivée première) La série nqn−1 converge si et
n⩾1
seulement si |q| < 1. Dans ce cas, on a :


+∞
1
kqk−1 = .
(1 − q)2
k=1


Théorème 19.4 (Série géométrique dérivée deuxième) La série n(n − 1)qn−2 converge
n⩾2
si et seulement si |q| < 1. Dans ce cas, on a :


+∞
2
k(k − 1)qk−2 = .
(1 − q)3
k=2

Démonstration. On montre le résultat pour la série géométrique dérivée première (l’autre se


montre de même en dérivant une fois de plus).
On commence par remarquer que si |q| ⩾ 1, les termes généraux ne convergent pas vers 0 ,
donc les séries divergent. Il ne reste donc que le cas de la convergence à traiter.
Soit n ∈ N, on pose fn la fonction définie pour tout x ∈] − 1; 1[ par


n
1 − xn+1
fn (x) = xk = .
1−x
k=0

La fonction fn est dérivable sur ] − 1, 1[, on peut donc la dériver (sous les deux formes) :
( )
∑ n −(n + 1)xn (1 − x) − (−1) 1 − xn+1
∀x ∈] − 1, 1[, kxk−1 = fn′ (x) =
(1 − x)2
k=1
10 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES

Or
( )
−(n + 1)xn (1 − x) − (−1) 1 − xn+1 nxn+1 − (n + 1)xn + 1
=
(1 − x)2 (1 − x)2

donc pour tout q ∈] − 1, 1[,


n
nqn+1 − (n + 1)qn + 1
kqk−1 =
(1 − q)2
k=1

Comme |q| < 1, les croissances comparées donnent :

lim nqn+1 = 0 et lim (n + 1)qn = 0.


n→+∞ n→+∞


n
1 ∑
Donc lim kqk−1 = , ce qui signifie que la série nqn−1 converge et que
n→+∞ (1 − q)2
k=1 n⩾0


+∞
1
kqk−1 = .
(1 − q)2
k=1

Attention ! le résultat « la dérivée de la somme est la somme des dérivées » n’est vrai que
pour le cas de sommes FINIES. On ne peut jamais dériver directement une somme infinie : il
faut se ramener à dériver les sommes partielles, puis passer à la limite.

∑ n2 + (−1)n
Exercice type 19.1 Soit la série . Justifier sa convergence et calculer sa
3n
n⩾1
somme.

Soit n ∈ N∗ , on a:

n ∑
n ∑
n ∑
n n (
∑ )
k 2 + (−1)k k2 (−1)k k2 −1 k
= + = +
3k 3k 3k 3k 3
k=1 k=1 k=1 k=1 k=1
∑n ∑n ( )k
k2 −1
= + − 1 = T1 + T2 − 1.
3k 3
k=0 k=0
19.3. SÉRIES DE RÉFÉRENCE 11


n
k2
Etude de T1 = . Remarquons que l’on a pour n ∈ N:
3k
k=0


n ∑
n ( )k ∑n
k2 1 1
= k 2
= k 2 qk avec q =
3k 3 3
k=0 k=0 k=0

n ∑
n
= k 2 qk = k × (k − 1 + 1)qk
k=1 k=1

n
= (k(k − 1)qk + kqk )
k=1

n ∑
n ∑
n ∑
n
k k k
= k(k − 1)q + kq = k(k − 1)q + kqk
k=1 k=1 k=2 k=1

n ∑
n
= q2 k(k − 1)qk−2 + q kqk−1
k=2 k=1

On reconnaît d’une part la somme partielle de la série géométrique dérivée deuxième et


d’autre part la somme partielle de la série géométrique dérivée première. Donc notre
série converge car q ∈] − 1; 1[ et on a:


+∞
2q2 q q(q + 1)
k 2 qk = + = .
(1 − q) 3 (1 − q)2 (1 − q)3
k=0

n (
∑ )
−1 k
Etude de T2 =
3
k=0
1
On reconnaît la somme partielle de série géométrique avec q = − ∈] − 1; 1[.
3
En conclusion, notre notre série converge et on a :

+∞ 2
k + (−1)k 1 1
3(3 + 1) 1 5
= + −1 = .
k=1
3k (1 − 1 3
3)
1
1+ 3 4

19.3.2 La série exponentielle

∑ xn
Théorème 19.5 Soit x ∈ R, la série est appelée série exponentielle et converge
n!
n⩾0
pour tout x ∈ R. On a de plus :

+∞ k
x
= ex .
k!
k=0
12 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES

Démonstration. Pour démontrer la convergence de la série exponentielle, nous allons utiliser


l’inégalité de Taylor-Lagrange. On sait que exp ∈ C ∞ (R) et pour tout n ∈ N, (exp)(n) = exp.
Soit x ∈ R, alors pour tout t entre 0 et x, on a

exp(n+1) (t) ⩽ M = max (ex , 1) .

En effet, si x < 0 alors pour tout t∈ [x, 0],

exp(n+1) (t) = |exp(t)| ⩽ 1.

Si x ⩾ 0, l’exponentielle étant croissante, on a pour tout t ∈ [0, x]:

exp(n+1) (t) = |exp(t)| ⩽ exp(x).

On peut donc appliquer l’inégalité de Taylor Lagrange à l’ordre n entre 0 et x :



n
xk ∑
n
(x − 0)k |x − 0|n+1
x x
e − = e − e0 ⩽ M
k! k! (n + 1)!
k=0 k=0

|x|n+1
Or lim M = 0 par croissances comparées.
n→+∞ (n + 1)!
∑ xn
Donc par théorème d’encadrement la série converge et sa somme vaut ex .
n!
n⩾0


+∞
1
Exemple 19.7 • Calculer .
k!
k=0

On reconnaît la somme de la série exponentielle avec x = 1, elle est bien conver-



+∞ k
1
gente et on a =e
k!
k=0


+∞
(−1)k
• Calculer .
k!
k=0

On reconnaît la somme de la série exponentielle avec x = −1, elle est bien conver-

+∞
(−1)k
gente et on a = e−1
k!
k=0


+∞
(ln(5))k
• Cacluler .
k!
k=1

On reconnaît la somme de la série exponentielle avec x = ln(5), elle est bien con-
vergente et on a :

+∞
(ln(5))k ∑
+∞
(ln(5))k (ln(5))0 1
= − = eln(5) − = 5 − 1 = 4.
k! k! 0! 1
k=1 k=0
19.4. SÉRIES À TERMES POSITIFS 13

19.3.3 Les séries de Riemann


∑ 1
Théorème 19.6 Soit α ∈ R. La série est appelée série de Riemann et converge

n⩾1
si et seulement si α > 1.

Démonstration. Si α = 1, c’est la série harmonique, dont on a déjà montré qu’elle diverge.


1
Si α ⩽ 0, lim α , 0 donc la série diverge grossièrement.
n→+∞ n
Pour les autres cas, cf Partie 19.4.

19.4 Séries à termes positifs


19.4.1 Critères de convergence

Proposition 19.3 (Condition nécessaire


∑ et suffisante de convergence) Soit (un )n∈N une
suite à termes positifs. La série un converge si et seulement la suite (Sn )n⩾0 de ses
n⩾0
sommes partielles est majorée.

Démonstration. On considère la suite (Sn ), on a pour tout n ∈ N,

Sn+1 − Sn = un+1 ⩾ 0

donc cette suite est croissante.


(⇐) Supposons que la suite (Sn ) est majorée, comme elle est aussi croissante elle converge, et
la série converge.

(⇒) Si la série converge, comme la suite (Sn ) est croissante, elle reste toujours plus petite que
sa limite. Elle est donc majorée par la somme de la série.

∑ 5
Exemple 19.8 On étudie la nature de la série .
4n ln(n)
n⩾3

C’est une série à termes positifs car ∀k ⩾ 3, ln(k) > 0. Il suffit donc de montrer que la
∑n
5
suite de ses sommes partielles est majorée. Posons pour n ⩾ 3, Sn = k
. On
4 ln(k)
k=3
remarque que pour tout k ⩾ 3,
5 5
⩽ .
4k ln(k) 4k
En sommant cette inégalité pour k variant de 3 à n, on obtient :

n
5
Sn ⩽ .
4k
k=3
14 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES

Or
( )
∑n ∑n ( )k ( )3 1 − 1 n−2
5 1 1 4
=5 = 5× ×
k=3
4k
k=3
4 4 1 − 14
( )3 ( ( )n−2 ) ( ( )n−2 )
4 1 1 5 1
= 5× × 1− = 1− .
3 4 4 48 4

Ainsi pour n ⩾ 3, ( ( )n−2 )


5 1 5
Sn ⩽ 1− ⩽ .
48 4 48
∑ 5
La suite (Sn )n⩾3 est donc majorée et la série est convergente.
4n ln(n)
n⩾3

Exemple 19.9 La Proposition 19.3 permet de montrer la convergence des séries de


Riemann dans le cas α > 1.

L’astuce est d’effectuer une comparaison avec une intégrale.


1
On définit pour cela la fonction f sur R∗+ par f (t) = α pour tout t ∈ R∗+ . Cette fonction
t
est continue et décroissante sur R∗+ .
Donc pour tout k ⩾ 2 ( garantit que [k − 1, k] ⊂ R∗+ ) et pour t ∈ [k − 1, k],

f (k) ⩽ f (t).

La croissance de l’intégrale donne alors:


∫ k ∫ k
1 1 1
= dt ⩽ dt.
kα k−1 k
α
k−1 t
α

Soit n ⩾ 2, en sommant sur k ∈ J2, nK, la relation de Chasles donne



n ∫n
1 1
α
⩽ α
dt.
k 1 t
k=2

Et donc

n ∫n [ 1−α ]n
1 1 t 1 − n1−α α
Sn = ⩽ 1 + dt = 1 + = 1 + ⩽ .
k α
1 t
α 1−α 1 α−1 α−1
k=1
∑ 1
Ainsi est une série à termes positifs dont la suite des sommes partielles est

n⩾1
majorée. C’est donc une série convergente.
19.4. SÉRIES À TERMES POSITIFS 15

Proposition 19.4 (Critère de convergence par comparaison) Soient (un ) et (vn ) deux
suites à termes positifs, telles que un ⩽ vn à partir d’un certain rang.

• Si la série de terme général vn converge alors la série de terme général un converge.

• Si la série de terme général un diverge vers +∞ alors la série de terme général vn


diverge vers +∞.

Attention ! Dans le cas où il y a convergence, ce résultat ne signifie pas nécessairement que



+∞ ∑+∞
uk ⩽ vk . En effet, les premiers termes peuvent modifier significativement les valeurs
k=0 k=0
des sommes.

∑ 5
Exemple 19.10 Reprenons l’exemple de la série .
4n ln(n)
n⩾3
5
Posons pour n ⩾ 3, un = .
4n ln(n)
5
On a pour n ⩾ 3, un ⩽ n . On a majoré un par le terme général d’une série convergente.
4
En effet,

n n ( )k

5 1
k
= 5 .
4 4
k=3 k=3
1
On reconnaît alors la somme partielle d’une série géométrique pour q = . Il s’agit bien
4
d’une série convergente car q ∈] − 1, 1[.
On peut donc conclure à l’aide du critère de convergence par comparaison que la série
∑ 5
n
est convergente.
4 ln(n)
n⩾3

Exemple 19.11 La Proposition 19.4 permet également d’étudier la convergence des


séries de Riemann dans le cas α < 1.
1 1
Si α < 1, alors pour tout n ∈ N∗ ,α
⩾ ⩾ 0.
n n ∑1 ∑ 1
Par critère de comparaison des séries à termes positifs, puisque diverge,
n nα
n⩾1 n⩾1
diverge également.

∑ Soient
Proposition 19.5 (Critère de convergence par équivalence) ∑ (un ) et (vn ) deux suites
à termes positifs, telles que un ∼ vn alors les séries un et vn ont même nature.
n⩾0 n⩾0
16 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES

Attention ! Cela ne signifie pas que les suites des sommes partielles sont équivalentes,
puisqu’on n’a pas le droit de sommer des équivalents.

Exemple 19.12 Etudier la nature des séries suivantes :


∑ 1
1.
n + n2
n⩾1

On a
1 1
∼ .
n + n2 n2
∑ 1
Les deux suites sont à termes positifs et la série converge car c’est une
n2
n⩾1
série de Riemann avec α = 2 > 1. Donc d’après le critère de convergence par
∑ 1
équivalence, la série converge.
n + n2
n⩾1
∑ 1
2. √
n⩾1
n+ n
1 1 ∑1
On a √ ∼ . Les deux suites sont à termes positifs et la série diverge
n+ n n n⩾1
n
car c’est une série de Riemann avec α = 1. Donc d’après le critère de convergence
∑ 1
par équivalence, la série √ diverge.
n⩾1
n+ n

∑ Soient (un ) et (vn ) deux


Proposition 19.6 (Critère de convergence par négligeabilité)
suites à termes positifs qui vérifient un = o(vn ). Si la série vn converge alors la série
∑ n⩾0
un converge également.
n⩾0

Remarque : Il est impossible de montrer la divergence d’une série par un critère de néglige-
abilité.


Exemple 19.13 Étudier la nature de la série de terme général un = exp(− n).

√ ( )
2 1 1
Par croissance comparée, on a lim n exp(− n) = 0. Donc un = o 2 . Or 2 ⩾ 0
n→∞ n n
est le terme général d’une série de Riemann convergente
∑ (2 > 1). Donc par critère de
comparaison des séries de terme général positif, un converge.
n⩾0
19.4. SÉRIES À TERMES POSITIFS 17

Méthode 19.1 (Utiliser les différents critères de convergence) Lorsque je cherche la


nature d’une série à termes positifs, je peux penser à comparer (∼, o, ⩽, ⩾) son terme
général à celui d’une série à termes positifs dont je connais la nature et conclure grâce
aux différents critères de convergence.
Attention ! Je n’applique ce théorème que pour les suites à termes positifs, et je le
précise dans ma rédaction !

Remarque : Les critères de convergence énoncés dans cette partie s’adaptent sans difficulté
aux séries à termes négatifs. C’est pour cela, qu’on parle parfois de critères de convergence
pour les séries à termes de signe constant.

19.4.2 Convergence absolue


Puisque nous connaissons des outils performants pour l’étude des séries à termes positifs, il
est utile de relier l’étude d’une série à termes quelconques à celle d’une série à termes positifs.
C’est pour cette raison que l’on introduit la notion de convergence absolue.

Définition 19.5 Soit (un )n∈N une suite. On dit que la série un est absolument
∑ n⩾0
convergente si la série |un | est convergente.
n⩾0

Exemple 19.14 1. Toute série géométrique de raison q ∈] − 1, 1[ est absolument con-


vergente.
(−1)n
2. La série de terme général est absolument convergente.
n2

Théorème 19.7 Toute série absolument convergente est convergente.


Démonstration. Soit un une série absolument convergente, l’astuce est d’écrire que :
n⩾0

∀n ∈ N, un = max(un , 0) − max(−un , 0).


∑ ∑
Les deux séries max(un , 0) et max(un , 0) sont des séries dont les termes généraux sont
n⩾0 ∑
n⩾0
positifs et majorés par |un|. Or |un| converge donc d’après le critère de convergence par
n⩾0
comparaison des ∑séries positives convergentes, elles convergent également.
Ainsi, la série un peut s’écrire comme différence de deux séries convergentes, c’est donc
n⩾0
une série convergente.
18 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES

∑ (−1)n
Attention ! La réciproque de ce théorème est fausse. En effet, la série est conver-
n
n⩾1
gente, mais elle n’est pas absolument convergente. Cette série est alors dite semi-convergente.

sin(nθ)
Exercice 19.1 Montrer que pour tout θ ∈ R, la série de terme général un = est
2n
convergente.
( )n
sin(nθ) 1 1
Remarquons que l’on a pour tout n ∈ N, n
⩽ n
soit |un | ⩽ .
( ) 2 2 2
∑ 1 n 1
On sait que la série converge car c’est la série géométrique pour q = ∈]−1, 1[.
2 2
n⩾0
Donc
∑ d’après le critère de convergence
∑ par comparaison, on peut affirmer que la série
|un | converge. La série un est alors absolument convergente, on en conclut donc
n⩾0 ∑ n⩾0
que la série un converge.
n⩾0

19.5 Lien suites et séries. Séries télescopiques

Définition 19.6 Soit (un )n∈N une suite. La série de terme général un+1 − un est appelée
série télescopique.


Proposition 19.7 Soit (un )n∈N une suite. La suite (un )n∈N et la série (un+1 − un ) ont
n⩾0
même nature en terme de convergence.


Démonstration. Etudions Sn la somme partielle de la série (un+1 − un ). On a pour n ∈ N,
n⩾0


n ∑
n ∑
n ∑
n+1 ∑
n ∑
n ∑
n
Sn = (uk+1 − uk ) = uk+1 − uk = uk − uk = uk + un+1 − uk − u0 = un+1 − u0 .
k=0 k=0 k=0 k=1 k=0 k=1 k=1

Si un converge vers un réel ℓ, Sn converge alors vers ℓu0 . Réciproquement, si Sn converge vers
un réel ℓ, un converge alors vers ℓ + u0 . On montre de même que les deux suites divergent
simultanément vers +∞ ou −∞. D’où le résultat.
19.5. LIEN SUITES ET SÉRIES. SÉRIES TÉLESCOPIQUES 19

∑ 1
Exemple 19.15 On considère la série .
n(n + 1)
n⩾1
1
Son terme général est : un = . La somme partielle d’indice n est :
n(n + 1)

n n (
∑ )
1 1 1
Sn = = −
k(k + 1) k k+1
k=1 k=1

n
1 ∑
n
1
= − par linéarité de la somme
k k+1
k=1 k=1

n
1 ∑
n+1
1
= −
kj
k=1 j=2
 

n
1 
 ∑
n
1 1 
= 1+ −  + 
k  j n + 1 
k=2 j=2
1
= 1− .
n+1
∑ 1
La série est donc la suite (Sn )n∈N définie par :
n(n + 1)
n⩾1

1
∀n ∈ N∗ , Sn = 1 − .
n+1
1
Or, lim = 0 . donc lim Sn = 1.
n→+∞ n + 1 n→+∞
∑ ( ) ∑
+∞
1 1
La série est donc convergente et on a : = 1.
n(n + 1) k(k + 1)
n⩾1 k=1

Méthode 19.2 Pour étudier la convergence


∑ d’une suite (un )n∈N , il peut être parfois utile
d’étudier la convergence de la série (un+1 − un ).
n⩾0

Exemple 19.16 Etudions la convergence de la suite un définie par :


∫ n
1
∀n ∈ N∗ , un = dx.
1 x2 + ln(x) + 1
Etudions la convergence de la série de terme général un+1 − un . On a pour n ∈ N∗ ,
∫ n+1 ∫n ∫ n+1
1 1 1
un+1 − un = 2
dx − 2
dx = 2
dx.
1 x + ln(x) + 1 1 x + ln(x) + 1 n x + ln(x) + 1
Remarquons que pour pour x ∈ [n, n + 1],
1 1 1
0⩽ ⩽ ⩽ 2.
x2 + ln(x) + 1 x 2 n
20 CHAPITRE 19. SÉRIES NUMÉRIQUES

Ainsi par croissance de l’intégrale (n ⩽ n + 1), on obtient :


∫ n+1
1 1
0⩽ dx ⩽ (n + 1 − n),
n x2 + ln(x) + 1 n2

soit
1
0 ⩽ un+1 − un ⩽ .
n2
∑ 1
La série (un+1 − un ) est donc à termes positifs et comme est le terme général
n2
n⩾0
d’une série convergente, on conclut, à l’aide
∑du critère de convergence par comparaison
des séries à termes positifs, que la série (un+1 − un ) est convergente. Ainsi la suite
n⩾0
(un )n∈N converge.

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