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Chapitre II

Ce document traite des lois fondamentales de l'électrostatique, en se concentrant sur le théorème de Gauss et le flux du champ électrostatique. Il explique les concepts de vecteurs surface élémentaires, le calcul du flux à travers des surfaces fermées et les implications du théorème de Gauss pour différentes configurations de charges. Des exemples d'application illustrent comment utiliser le théorème pour déterminer le champ électrostatique dans des cas spécifiques tels qu'un fil infini, un plan infini et une sphère chargée.

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Chapitre II

Ce document traite des lois fondamentales de l'électrostatique, en se concentrant sur le théorème de Gauss et le flux du champ électrostatique. Il explique les concepts de vecteurs surface élémentaires, le calcul du flux à travers des surfaces fermées et les implications du théorème de Gauss pour différentes configurations de charges. Des exemples d'application illustrent comment utiliser le théorème pour déterminer le champ électrostatique dans des cas spécifiques tels qu'un fil infini, un plan infini et une sphère chargée.

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Lois fondamentales

Chapitre II
de l’électrostatique

Dr. Youssef Ben-Ali


II. 1 Flux du champ électrostatique : Théorème de Gauss
II. 1.1 Vecteur élémentaire surface :
Une surface 𝑑𝑠 est présenté par un vecteur ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑠 appelé vecteur surface élémentaire. Ce ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑠
est caractérisé par :
 une norme 𝑑𝑠.
 une direction normale à la surface.
 Un sens orienté toujours de l’intérieur vers l’extérieur dans le cas d’une surface
fermé.

𝑆𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑑𝑆

⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆
𝑑𝑆

Figure II.1 : Vecteur élémentaire


surface 𝒅𝑺
⃗⃗⃗⃗⃗

II. 1.2 Flux du champ électrique :


Considérons un élément de surface 𝑑𝑆 traversé par un champ 𝐸⃗ . Par définition le flux
élémentaire 𝑑𝜙 représente le nombre de lignes de champ qui traverse une surface
perpendiculairement.

⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆

Figure II.2 : Lignes de champs


électrostatiques

Ce flux est donné par :


𝐸 . ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝜙 = ⃗⃗⃗ 𝑑𝑠 = ⃗⃗⃗
𝐸 . 𝑑𝑆𝑛
⃗⃗⃗ = 𝐸𝑑𝑆𝑐𝑜𝑠(ɵ)

Ce qui nous donne que :


𝑑𝜙 = 𝐸𝑑𝑆𝑐𝑜𝑠(ɵ)

Dr. Youssef Ben-Ali


𝐸⃗
𝑢

ɵ
⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆
𝑑𝑆 𝑛⃗

Figure II.3 : Flux du champ


électrostatique

À travers la surface entière 𝑆, on a :


⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗ . 𝑑𝑠
𝜙 = ∬𝐸

Remarque:
• Le flux électrique c’est une quantité scalaire.
• Si 𝜙 > 0 : Flux sortant de la surface.
• Si 𝜙 < 0 (ɵ = 𝜋): Flux rentrant de la surface.
𝜋
• Si = 0 (ɵ = 2 ), les lignes de charges sont parallèles avec la surface (aucune ligne
traverse perpendiculairement la surface).

II. 1.3 Flux à travers une surface fermée :


II. 1.3.1 Cas où la charge 𝒒 est à l’intérieur à la surface :
Comme la surface est fermée, 𝑛⃗ est orienté vers l’extérieur, et le flux de 𝐸⃗ crée par la
charge 𝑞 placé en 𝑂 est un flux sortant.

𝐸⃗
𝑑𝛺 ɵ
+𝑞 𝑑𝑆

𝑑𝜑

Figure II.4 : Flux créé par une charge


à l’intérieur

On a:
𝑞 1 𝑞 ⃗𝑢⃗ ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑠
𝐸 . ⃗⃗⃗⃗
𝛷 = ∯ ⃗⃗⃗ 𝑑𝑠 = ∯ 2𝑢 ⃗⃗⃗ . ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑠 = ∯ 2
𝑆 4𝜋𝜀0 𝑆 𝑟 4𝜋𝜀0 𝑆 𝑟

Dr. Youssef Ben-Ali


Ce qui nous donne que :
𝑞
𝛷= ∯ 𝑑𝛺
4𝜋𝜀0 𝑆

𝛺 est l’angle solide, sous lequel de 𝑂, on voit la surface 𝑆 :


𝛺 = ∯𝑆 𝑑𝛺 = 4𝜋 Stéradians

D’où :
𝑞 𝑞
𝜙= 4𝜋 =
4𝜋𝜀0 𝜀0

II. 1.3.2 Cas où la charge q est à l’extérieur de la surface


La charge 𝑞 est à l'extérieur de la surface fermée 𝑆. Le même angle solide 𝑑𝛺 de sommet
O, découpe sur S deux éléments de surface dS et 𝑆′ , dont les normales, toutes deux
orientées vers l'extérieur de la surface fermée 𝑆.

𝑑𝛷
⃗⃗⃗
𝑛′

+𝑞 𝑛⃗

𝑑𝛷′

Figure II.5 : Flux créé par une charge


à l’extérieur

Cette charge va créér deux flux , à savoir :


𝑞 1
⃗⃗⃗⃗ =
𝑑𝜙 = 𝐸⃗ . 𝑑𝑠 ⃗⃗ . 𝑛⃗ 𝑑𝑠
𝑢
4𝜋𝜀0 𝑟 2
𝑞 1
𝑑𝜙′ = ⃗⃗⃗
𝐸′. ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑠 ′ = ⃗⃗⃗ . 𝑛⃗′ 𝑑𝑠
𝑢
4𝜋𝜀0 𝑟′ 2

Or :
⃗⃗⃗
𝑛⃗ = −𝑛′

Par consequent:
𝑑𝜙 = − 𝑑𝜙 ′
Le flux total du champ 𝐸⃗ dû à q en 𝑂 est :
𝑑𝜙𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 = 𝑑𝜙 + 𝑑𝜙 ′ = 0

Dr. Youssef Ben-Ali


 Enoncé du Théorème de Gauss :
Considérons un ensemble de charges (ponctuelles ou non ponctuelles) et une surface
fermée orienté 𝑆. Les charges 𝑞𝑒𝑥𝑡 , situées à l’extérieur de 𝑆, créent un champ
électrostatique dont le flux à travers S est nul. Les charges 𝑞𝑖𝑛𝑡 , à l’intérieur de 𝑆, créent
un champ dont le flux est égal au rapport entre la charge intérieur de la surface et la
𝑞
permittivité du vide ( 𝜀𝑖𝑛𝑡) .
0

D’une manière générale, on écrit :


∑𝑖𝑛𝑡 𝑞𝑖
𝜙=∯ 𝐸⃗ . ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑠 = ∯ 𝐸⃗ . ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑠 =
𝑆𝑓𝑒𝑟𝑚é 𝑆 𝜀0

Ce résultat peut être généralisé par n’importe quelle distribution de charges, continue, ou
discrète à condition qu’elle présente une forte symétrie.

La surface de Gauss est une surface quelconque imaginaire mais doit être fermée et
entoure complètement la charge qui est répartie uniformément sur la surface du corps
chargé.

++ −−

Figure II.6 : Surface de Gauss qui entoure


deux charges

Remarque :
 La présence de flux électrique est due à l’existence d’un champ électrique ou une
charge électrique.
 La valeur du flux dépend juste de la valeur de la charge existe à l’intérieur de la
surface choisie.
 Le théorème de Gauss est un outil très commode pour un calcul simple et rapide
des champs électrostatiques crées par des systèmes à fortes symétrie.

Dr. Youssef Ben-Ali


Exemple d’application :
Calculer le champ électrostatique en tout point de l’espace crée par une distribution de
charges dans les trois exemples suivants en utilisant le théorème de Gauss :

 Fil infini chargé uniformément par une densité linéique

+
+
+
𝑺𝒖𝒓𝒇𝒂𝒄𝒆 𝒅𝒆 +
𝑮𝒂𝒖𝒔𝒔 + 𝑬
𝒍 + 𝒅𝑺
+
+
+
Figure II.7 : Fil chargé uniformément

Un calcul direct peut être effectué comme au chapitre précédent mais utilisons plutôt le
théorème de Gauss. Par symétrie, le champ électrique en tout point 𝑟 est radial et
orthogonal à l'axe du fil. Considérons la surface de Gauss constituée d'un tronc cylindrique
droit de rayon 𝑟 de hauteur ℎ, et des deux disques de rayon 𝑟 couvrant ses extrémités. A
cette surface fermée appliquons le théorème de Gauss. La charge intérieure à cette surface
est égale à 𝑄𝑖𝑛𝑡 = 𝜆 ℎ.

Le flux de 𝐸⃗ à travers la surface fermée peut être décomposé en trois contributions :


Le flux de 𝐸⃗ à travers le disque supérieur, le flux de 𝐸⃗ à travers le disque inférieur et le
flux de 𝐸⃗ à travers le tronc cylindrique.

Les flux de 𝐸⃗ à travers les disques sont nuls car le champ électrique leur est tangent. Le
flux de 𝐸⃗ à travers la surface du tronc de cylindre est simplement égal à 2𝜋𝑟ℎ𝐸(𝑟). (𝐸(𝑟)
est constamment perpendiculaire à la surface.

Le théorème de Gauss s'écrit:


𝜙 = 2𝜋 𝑟 ℎ 𝐸(𝑟) = 𝜆 ℎ/𝜀0

Soit :
𝐸(𝑟) = 𝜆/2𝜋𝜀0 𝑟
Le champ électrique créé par un fil infini, uniformément chargé, décroît en 1/𝑟.

Dr. Youssef Ben-Ali


 Plan infini chargé uniformément par une densité surfacique :

+ + + + + 𝑺
+ + + + +
𝑬 + + + + +
+ + + + + 𝑬
+ + + + 𝒅𝑺
+
+ + + + + 𝑺𝒖𝒓𝒇𝒂𝒄𝒆 𝒅𝒆 𝑮𝒂𝒖𝒔𝒔

Figure II.8 : Plan chargé uniformément

Par symétrie, le champ électrique est dirigé suivant 0𝑧, vers les 𝑧 positifs ou négatifs selon
que l'on se trouve à droite ou à gauche du plan chargé. Considérons la surface de Gauss
fermée constituée d'un cylindre d'axe 𝑧′𝑧 fermé par les deux disques hachurés de surface
S placés de part et d'autre du plan chargé aux cotes +𝑧 et −𝑧. Le champ électrique est
tangent au cylindre et perpendiculaire aux deux disques hachurés. Le flux de 𝐸⃗ à travers
la surface fermée se compose du flux à travers le cylindre, du flux à travers le disque de
droite et du flux à travers le disque de gauche.

Le théorème de Gauss s’écrit :


𝜙 = 2𝐸(𝑧)𝑆 = 𝜎𝑆/𝜀0

Soit :
𝐸(𝑧) = 𝜎/2𝜀0

Le champ 𝐸(𝑧) est indépendant de la cote 𝑧. Toutes les positions situées à distance finie
d'un plan infini sont équivalentes.

 Sphère chargé uniformément par une densité surfacique :

⃗𝑬(𝑴)
𝜎#0
𝑒𝑟

0
𝑅
𝑂 𝑆

𝜌=0

Figure II.9 : Sphère chargé uniformément


En surface

Dr. Youssef Ben-Ali


En fait, ce champ électrostatique peut être calculé simplement par application du
théorème de Gauss. Nous avons tracé sur la figure ci-après trois sphères, de rayon 𝑅, 𝑟𝑖 et
𝑟𝑒 . La sphère de rayon 𝑅 est la sphère physique, chargée en surface avec la densité de
charge 𝜎.

Les sphères 𝑟𝑖 et 𝑟𝑒 sont deux sphères imaginaires appelées aussi sphère de Gauss qui sont
des surfaces fermées sur lesquelles on va appliquer le théorème de Gauss. Les indices 𝑖 et
𝑒 viennent rappeler qu'elles sont respectivement intérieures et extérieures à la sphère
chargée.

Remarquons maintenant que, par symétrie, que le champ électrostatique 𝐸(𝑟) en tout
point distant de 𝑟 du point 0 (𝑟 plus grand ou plus petit que 𝑅) est radial et ne dépend que
de 𝑟.

Son flux ϕ à travers une sphère de Gauss de rayon 𝑟 s'écrit donc simplement :
𝜙 = 4𝜋𝑟 2 𝐸(𝑟)

Il est égal à 𝑄𝑖 /𝜀0 où 𝑄𝑖 est la charge intérieure à la sphère de rayon 𝑟.

Deux cas se présentent :


• 𝑟 = 𝑟𝑖 < 𝑅:

⃗⃗ (𝑴)
𝑬 𝑺𝑮
𝑟𝑖
0
𝑅 𝑆
⃗𝒆𝒓
𝑂

𝜌=0
𝜎#0

Figure II.10 : Champ électrostatique


à l’intérieur de la sphère

Il n'y a pas de charges intérieures à la surface de Gauss, donc :


𝑄𝑖 = 0
Par conséquent :
𝐸(𝑟𝑖 ) = 0.

Le champ électrique à l'intérieur de la sphère chargée uniformément en surface est nul.

Dr. Youssef Ben-Ali


• 𝑟 = 𝑟𝑒 > 𝑅:

⃗ (𝑴)
𝑬 𝑺𝑮
⃗𝒆𝒓
𝑟𝑖

0
𝑅 𝑆
𝑂

𝜌=0 𝜎#0

Figure II.11 : Champ électrostatique


à l’éxterieur de la sphére

La charge totale : 𝑄𝑖 = 𝜎 4𝜋𝑅 2 se trouve à l'intérieur de la sphère de rayon 𝑟𝑒 . Le


théorème nous dit que:
2
4𝜋𝑅 2
𝜙 = 4𝜋𝑟 𝐸(𝑟) = 𝜎
𝜀0

Soit:
𝑅2
𝐸(𝑟𝑒 ) = 𝜎
𝑟2

Le champ électrique à l'extérieur de la sphère est identique à celui qui serait créé par une
charge ponctuelle 𝑄𝑖 placée au centre de celle-ci. Si nous étions allés jusqu'au bout du
calcul du paragraphe précédent, c'est ce que nous aurions trouvé, ... mais à quel prix !!

 Sphère chargé uniformément par une densité volumique :

⃗𝑬(𝑴)

𝑒𝑟

0
𝑅
𝑂 𝑆

Figure II.12 : Sphère chargée


en volume

Dr. Youssef Ben-Ali


En fait, ce champ électrique peut être calculé simplement par application du théorème de
Gauss.

Les sphères 𝑟𝑖 et 𝑟𝑒 sont deux sphères imaginaires appelées aussi sphère de Gauss qui sont
des surfaces fermées sur lesquelles on va appliquer le théorème de Gauss. Les indices 𝑖 et
𝑒 viennent rappeler qu'elles sont respectivement intérieures et extérieures à la sphère
chargée en volume.

Remarquons maintenant que, par symétrie, le champ électrique 𝐸(𝑟) en tout point distant
de 𝑟 du point 0 (𝑟 plus grand ou plus petit que 𝑅) est radial et ne dépend que de 𝑟. Son flux
ϕ à travers une sphère de Gauss de rayon 𝑟 s'écrit donc simplement 𝜙 = 4𝜋𝑟 2 𝐸(𝑟). Il est
égal à 𝑄𝑖 /𝜀0 où 𝑄𝑖 est la charge intérieure à la sphère de rayon 𝑟. Deux cas se présentent :

• 𝑟 = 𝑟𝑖 < 𝑅 (𝑀 situé à l’intérieur de la sphère) :


La charge totale à l’intérieur de la sphère est :
4𝜋𝑟 3
𝑄𝑖 = 𝜌
3

Donc :
𝑟
𝐸(𝑟𝑖 ) = 𝜌
3𝜀0

⃗𝑬
⃗ (𝑴) 𝑺𝑮
𝑟𝑖
0
𝑅 𝑆
⃗𝒆𝒓
𝑂

Figure II.13 : Champ électrostatique


à l’intérieur de la sphère

• 𝑟 = 𝑟𝑒 > 𝑅 (𝑀 situé à l’extérieur de la sphère) :


La charge totale à l’intérieur de la sphère est :

4𝜋𝑅 3
𝑄𝑖 = 𝜌
3

Donc :
𝑅3
𝐸(𝑟𝑒 ) = 𝜌
3𝜀0 𝑟 2

Dr. Youssef Ben-Ali


⃗ (𝑴)
𝑬 𝑺𝑮
𝑟𝑖
0
𝑅 𝑆
⃗𝒆𝒓
𝑂

Figure II.14 : Champ électrostatique


à l’éxterieur de la sphére

II. 2 Potentiel électrostatique :


II.2.1 Circulation du champ électrostatique :
Le vecteur champ électrostatique seul permet d’étudier les propriétés d’un système
électrostatique, mais on introduit une nouvelle grandeur ; le potentiel électrostatique qui
a l’avantage d’être scalaire.

Une charge ponctuelle fixe 𝑞 > 0 placée en 𝑃 crée en tout point 𝑀 de l’espace un champ
électrostatique 𝐸⃗ (𝑀):
𝑞 1
⃗⃗⃗ (𝑀) =
𝐸 𝑢
⃗⃗⃗
4𝜋𝜀0 𝑟 2

𝐸⃗ (𝑀)
𝑴
⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑟
𝑢

𝑩
𝑷(𝒒)

Figure II.15 : Circulation du champ


électrostatique

La circulation élémentaire 𝑑𝑐 de champ électrique 𝐸⃗ correspondant à un déplacement


élémentaire ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑟 du point 𝑀 sur la courbe (𝐴𝐵) est:

𝑑𝑐 = 𝐸⃗ (𝑀). ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑟

Dr. Youssef Ben-Ali


Ce qui nous donne que:
𝑞 𝑞
𝑑𝐶 = 2
𝑑𝑟 = −𝑑( + 𝐶) = −𝑑𝑉
4𝜋𝜀0 𝑟 4𝜋𝜀0 𝑟

Avec :
𝑞
𝑉(𝑟) = + 𝐶𝑡𝑒
4𝜋𝜀0 𝑟

Le potentiel est défini à un constant additif pré 𝐶𝑡𝑒. La constante 𝐶𝑡𝑒 est choisie
arbitrairement car la différence de potentiel est la seule grandeur mesurable. Cependant,
si on veut déterminer cette constante, on adopte la convention suivante :
 Pour une distribution finie de charge, 𝑉(∞) = 0
 S’il existe des charges à l’infinie, on fixe arbitrairement la valeur du
potentiel en un point bien particulier de l’espace.
 Le potentiel est une fonction continue.

La circulation élémentaire 𝑑𝑐 est donc la différentielle totale d’une fonction de 𝑟.

II.2.2 Potentiel électrostatique :


Nous venons de montrer que pour une charge ponctuelle, nous avons :
𝑑𝐶 = 𝐸⃗ . ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 = −𝑑𝑉

Avec :
𝑞
𝑉(𝑟) = +𝐶
4𝜋𝜀0 𝑟

La fonction 𝑉(𝑟) est appelée potentiel électrostatique; 𝑉(𝑟) est définie à une constante
prés.
𝑞
𝑉(𝑟) = 4𝜋𝜀 𝑟 + 𝐶
0

Le potentiel électrostatique a été défini à partir de la circulation élémentaire du champ


électrostatique 𝐸⃗ :
⃗⃗⃗ = −𝑑𝑉
𝑑𝐶 = 𝐸⃗ . 𝑑𝑙

Or:
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ V. 𝑑𝑙
𝑑𝑉 = 𝑔𝑟𝑎𝑑 ⃗⃗⃗

d’où la relation locale entre 𝐸⃗ et 𝑉 :


⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉(𝑀)
𝐸 (𝑀) = −𝑔𝑟𝑎𝑑

Cette relation locale montre que le champ électrostatique 𝐸⃗ dérive du potentiel


électrostatique 𝑉 et orienté toujours dans le sens des potentiel 𝑉 decroissantes.

Dr. Youssef Ben-Ali


II.2.3 Notion de différence de potentiel :
La circulation 𝐶 du champ 𝐸⃗ le long du contour 𝐴𝐵 est:

𝐸⃗
⃗⃗⃗
𝑑𝑙

𝐴 𝐵

Figure II.16 : Circulation du champ


électrostatique le long d’un contour fermé

𝐵 𝐵 𝑞 1 1
𝐶𝐴𝐵 = ∫𝐴 𝑑𝐶𝐴𝐵 = − ∫𝐴 𝑑𝑉 = 𝑉(𝐴) − 𝑉(𝐵)= 4𝜋𝜀 (𝑟 − 𝑟 )
0 𝐴 𝐵

Cette circulation est donc égale à la différence de potentiel 𝑉(𝐴) − 𝑉(𝐵)


𝐵
∫ 𝐸⃗ . ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑟 = 𝑉(𝐴) − 𝑉(𝐵)
𝐴

La circulation du champ électrostatique entre deux points 𝐴 à 𝐵 est indépendante du


trajet suivi pour aller de 𝐴 à 𝐵 et ne dépend que des potentiels du point de départ et
d’arrivée.

II.2.4 Expressions du potentiel électrostatique :


II.2.4.1 Cas d’une distribution ponctuelle de charges :
 Cas d’une charge ponctuelle :
Le potentiel électrostatique créé par une charge ponctuelle en un point M de l’espace
distant de r, est donné par l’expression suivante :
𝑞
𝑉(𝑀) = 𝑉(𝑟) = +𝐶
4𝜋𝜀0 𝑟

On choisit en général la valeur de la constante de façon à satisfaire à la condition 𝑉 = 0 à


l’infini (potentiel coulombien). Dans ce cas la constante est nulle et le potentiel s’écrit:
𝑞
𝑉(𝑀) = 𝑉(𝑟) =
4𝜋𝜀0 𝑟

 Cas de n charges ponctuelles :


La formule du potentiel donnée par le paragraphe (II.2.1.) se généralise à 𝑛 charges. En
effet, la loi de composition pour les champs :

Dr. Youssef Ben-Ali


𝑖=𝑛 𝑖=𝑛 𝑖=𝑛
1 𝑞𝑖 1 𝑞𝑖
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐸⃗ = ∑ 𝐸⃗𝑖 = − ∑(𝑔𝑟𝑎𝑑 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (∑
+ 𝐶) = −𝑔𝑟𝑎𝑑 + 𝐶)
4𝜋𝜀0 𝑟𝑖 4𝜋𝜀0 𝑟𝑖
𝑖=1 𝑖=1 𝑖=1

Entraîne la loi de superposition pour les potentiels :


𝑖=𝑛 𝑖=𝑛
1 𝑞𝑖
𝑉 = ∑ ⃗⃗𝑉𝑖 = ∑ +𝐶
4𝜋𝜀0 𝑟𝑖
𝑖=1 𝑖=1

II.2.4.2 Cas d’une distribution continue de charges :


 Pour une répartition linéique de charge caractérisée par la densité linéique, nous
écrirons :
1 𝜆𝑑𝑙
𝑉(𝑀) = ∫
4𝜋𝜀0 𝑟
𝐶
 Pour une répartition surfacique de charge caractérisée par la donnée de la densité
surfacique 𝜎, nous écrirons :
1 𝜎𝑑𝑠
𝑉(𝑀) = ∬
4𝜋𝜀0 𝑆 𝑟
 Pour une répartition volumique de charge caractérisée par la donnée de la densité
volumique , nous écrirons:
1 𝑑𝜏
𝑉(𝑀) = ∭
4𝜋𝜀0 𝜏 𝑟

II.2.5 Surfaces équipotentielles et lignes du champ électrique :


II.2.5.1 Surfaces équipotentielles :
Les Surfaces équipotentielles ce sont des surfaces sur lesquelles le potentiel a une valeur
constante, leur équation est donc :
𝑉(𝑀) = 𝐶𝑡𝑒

𝐶 𝐵
𝑉2 < 𝑉1

𝑉1
𝐴

𝑂(𝑞 > 0)

𝑆𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒𝑠 é𝑞𝑢𝑖𝑝𝑜𝑡𝑒𝑛𝑡𝑖𝑒𝑙𝑙𝑒𝑠

Figure II.17 : Surface équipotentielle

Dr. Youssef Ben-Ali


II.2.5.2 Lignes de champs :
Ce sont des courbes qui sont tangentes au vecteur 𝐸⃗ en chacun de leurs points. Ces lignes
sont orientées dans le sens de 𝐸⃗ .

𝑂(𝑞 > 0)
𝐿𝑖𝑔𝑛𝑒 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑎𝑚𝑝

𝑆𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒𝑠 é𝑞𝑢𝑖𝑝𝑜𝑡𝑒𝑛𝑡𝑖𝑒𝑙𝑙𝑒𝑠

Figure II.18 : Lignes de champ et


Surface équipotentielle

⃗⃗⃗ désigne un vecteur élémentaire, tangent à la ligne de champ, on a :


Si 𝑑𝑙
𝐸⃗ = 𝑘 ⃗⃗⃗
𝑑𝑙

Avec 𝑘 est un coefficient de proportionnalité

En coordonnées cartésiennes, on a :
𝐸𝑥 = 𝑘𝑑𝑥 , 𝐸𝑦 = 𝑘𝑑𝑦 et 𝐸𝑧 = 𝑘𝑑𝑧

Et l’équation des lignes du champ s’écrit :


𝐸𝑥 𝐸𝑦 𝐸𝑧
= =
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑧

II.2.5.3 Propriétés diverses :


Le long d’un trajet petit sur une équipotentielle on a 𝑑𝑉 = 0 d’où, d’après
𝑑𝑉 = −𝐸⃗ . ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 = 0

⃗⃗⃗ quelconque sur


Le champ électrostatique 𝐸⃗ est donc perpendiculaire à un déplacement 𝑑𝑙
l’équipotentielle.

Les lignes du champ sont donc perpendiculaires aux équipotentielles et vont dans le sens
des potentiels décroissants.

Dr. Youssef Ben-Ali


II.3 Les équations locales du champ électrique et du potentiel :
II.3.1 Les équations locales de champ électrique :
II.3.1.1 Le rotationnel:
Si on prend le rotationnel de l’expression 𝐸⃗ (𝑀) = −𝑔𝑟𝑎𝑑 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉(𝑀), et sachant que le
rotationnel d’un gradient est toujours nul, on obtient l’équation locale :
𝑟𝑜𝑡 𝐸⃗ (𝑀) = 0
⃗⃗⃗⃗⃗⃗

Cette relation vérifiée en chaque point. Cette relation est valable pour une distribution
quelconque de charges et on a :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗ (𝑀) = 0
𝑟𝑜𝑡

Le champ électrique est donc un champ à rotationnel nul.

Remarque :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗ (𝑀), à travers une surface (𝑆), s’appuyant sur une
Si on calcule le flux du vecteur 𝑟𝑜𝑡
courbe (𝐶) fermée quelconque on a :
𝑟𝑜𝑡 𝐸⃗ (𝑀). ⃗⃗⃗⃗
∬ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑑𝑠 = 0
𝑆

Or d’après le théorème de Stokes :


𝑟𝑜𝑡 𝐸⃗ (𝑀). ⃗⃗⃗⃗
∬ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑑𝑠 = ∮ 𝐸⃗ (𝑀). ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 = 0
𝑆 𝐶

La circulation du vecteur 𝐸⃗ (𝑀) le long d’un circuit fermé est nulle.

II.3.1.2 La divergence
Si on applique le théorème de Green- Ostrogradski au champ 𝐸⃗ (𝑀), le flux du champ
électrostatique s’écrit comme :
1
𝑑𝑠 = ∭ 𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ (𝑀)𝑑𝜏 = ∭ 𝑑𝜏
𝜙 = ∯ 𝐸⃗ (𝑀). ⃗⃗⃗⃗
𝑆 𝜏 𝜀0 𝜏
On obtient :

∭ (𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ (𝑀) − )𝑑𝜏 = 0
𝜏 𝜀0

Cette expression est valable quelque soit le volume 𝑑𝜏, on a donc :


(𝑀)
𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ (𝑀) =
𝜀0

Cette expression représente la forme locale du théorème de Gauss. Elle est appelée aussi
équation de Poisson pour le champ (ou Maxwell-Gauss). Cette équation permet de
déterminer seulement la distribution volumique de charge.

Dr. Youssef Ben-Ali


Lorsqu’il n’y a pas de charges au point considéré, 𝑑𝑖𝑣 𝐸⃗ (𝑀) = 0; le champ 𝐸⃗ (𝑀) est à flux
conservatif.

II.3.2 Equations locales de potentiel


On a vu que :

𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ (𝑀) = 𝜀 ,
0

Or :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉(𝑀)
𝐸⃗ (𝑀) = −𝑔𝑟𝑎𝑑

on en déduit donc :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉 ) =  = −Δ𝑉
𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ (𝑀) = 𝑑𝑖𝑣(−𝑔𝑟𝑎𝑑 𝜀 0
Soit :

𝛥𝑉 = −
𝜀0

C’est l’équation de Poisson pour le potentiel; 𝛥𝑉 est l’opérateur Laplacien de la fonction


potentiel et  la densité volumique de charges.

Remarque :
Si  = 0 on a : 𝛥𝑉 = 0 C’est l’équation de Laplace.

Equation de poisson permet de déterminer seulement la distribution volumique de


charge.

Extremums de potentiel :
En un point il y a extremum de potentiel si :
𝜕𝑉 𝜕𝑉 𝜕𝑉
= = =0
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧

S’il s’agit d’un maximum :


𝜕2 𝑉 𝜕2 𝑉 𝜕2 𝑉
< 0; < 0 𝑒𝑡 𝜕𝑧 2 < 0
𝜕𝑥 2 𝜕𝑦 2
Donc :
𝛥𝑉 < 0

soit :
>0

Il s’agit d’un minimum :  < 0

Dr. Youssef Ben-Ali


Conséquence :
Il n’y a pas d’extrmum de potentiel électrostatique en un point où  est nulle. La
récéproque n’est pas vraie, en générale ; c.à.d, si #0 qu’il existe un extremum.

II.4 Relation de continuité du champ électrique :


Nous allons étudier le comportement du champ électrique à la traversée d’une surface 
chargée avec une densité 𝜎 et séparant l’espace en deux régions 1 et 2.

II.4.1 Discontinuité de la composante normale du champ électrostatique :


Calculons le flux 𝑑 de 𝐸⃗ à travers la surface d’un cylindre élémentaire dont les bases sont
de part et d’autre de  .

𝑛⃗12
𝑀2
⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆2 𝑆2
𝑑𝑆

𝑅é𝑔𝑖𝑜𝑛 2 ∑

𝑅é𝑔𝑖𝑜𝑛 1

𝑆1
𝑀1

Figure II.19 : Discontinuité de la


composante normale du 𝑬 ⃗⃗

Si 𝑑𝜙𝑙𝑎𝑡𝑒𝑟𝑎𝑙 est le flux à travers la surface latérale, le flux d s’écrit :


𝑑𝜙 = 𝐸⃗1 (𝑀1 ). ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑠1 + 𝐸⃗2 (𝑀2 ). ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑠2 + 𝑑𝜙𝑙𝑎𝑡𝑒𝑟𝑎𝑙

Or comme on s’intérresse à la surface de séparation, donc on considére la hauteur de


cylindre tend vers zéro, et par conséquent 𝑑𝜙𝑙𝑎𝑡𝑒𝑟𝑎𝑙 = 0

Comme en plus :
⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑠1 = −𝑑𝑠 𝑛⃗12 et ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑠2 = −𝑑𝑠 𝑛⃗12

On obtient :

𝑑𝜙 = (𝐸⃗2 − 𝐸⃗1 )𝑛⃗12 𝑑𝑠

Par conséquent:

Dr. Youssef Ben-Ali


𝜎
𝑑𝜙 = 𝑑𝑠
𝜀0

D’où l’équation donnant la discontinuité des composantes normales de 𝐸⃗ :


𝜎 𝜎
(𝐸⃗2 − 𝐸⃗1 )𝑛⃗12 = 𝑜𝑢 𝐸2𝑛 − 𝐸1𝑛 =
𝜀0 𝜀0

Conclusion :
À la traversée d’une surface chargée, la composante normale du champ électrique subit
𝜎
une discontinuité de 𝜀
0

II.4.2 Continuité de la composante tangentielle du champ électrique


Calculons la circulation 𝐶 du champ électrique 𝐸⃗ le long du contour fermé IJKL de la figure.

𝐾 𝑀2 𝐿
𝑅é𝑔𝑖𝑜𝑛 2 ∑
 𝑀
𝑅é𝑔𝑖𝑜𝑛 1
𝐽 𝑀1 𝐼

Figure II.20 : Continuité de la composante


tangentielle du ⃗𝑬

On a par définition:
𝐽 𝐼 𝐾 𝐾 𝐽
𝐸1 . ⃗⃗⃗
𝐶 = ∮ 𝑑𝐶 = ∮ ⃗⃗⃗⃗ 𝐸2 . ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 + ∮ ⃗⃗⃗⃗ 𝑑𝑙 + ∮ 𝑑𝐶𝑙𝑎𝑡𝑒𝑟𝑎𝑙 + ∮ 𝑑𝐶𝑙𝑎𝑡𝑒𝑟𝑎𝑙 = 0
𝐽 𝐽 𝐿 𝐽 𝐾

Si 𝑀1 est voisin de 𝑀2 , on peut négliger la circulation 𝑑𝐶𝑙𝑎𝑡𝑒𝑟𝑎𝑙 sur les segments latéraux.

On obtient alors que :


(𝐸⃗2 − 𝐸⃗1 ). ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐿𝐾 = 0

𝐿𝐾 = 𝐿𝐾 𝑡 où 𝑡est le vecteur tangentielle à , on en déduit que la composante


Comme ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
tangentielle du champ électrique est continue à la traversée de la surface .
𝐸1𝑡 = 𝐸2𝑡

Ce résultat peut aussi être exprimé sous la forme :


𝑛⃗12 ∧ (𝐸⃗2 − 𝐸⃗1 ) = 0

Dr. Youssef Ben-Ali


Conclusion :
À la traversée d’une surface chargée, la composante tangentielle du champ électrique se
conserve.

On peut regrouper les deux dernières expressions dans une seule expression :
𝜎
𝐸⃗2 − 𝐸⃗1 = 𝑛⃗12
𝜀0

II.5 Le dipôle électrostatique :


II.5.1 Définition :
Un dipôle électrostatique (appelé aussi doublet électrique) est constitué de 2 charges
ponctuelles immobiles de même valeur et de signes opposés +𝑞 et – 𝑞 (La charge totale
d’un dipôle électrique est nulle), séparées par une distance très inférieure a aux distances
où l’on calculera le champ crée par ce dipôle pour déterminer l’interaction du dipôle avec
d’autres charges.

On associe une grandeur à ce dipôle, appelée moment dipolaire est définie par :
𝑝 = 𝑝𝑢 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗ 𝐴𝐵 = 𝑞𝐴𝐵

𝑝
- +
𝐴(−𝑞) 𝐵(+𝑞)
Figure II.21 : Dipôle électrostatique

La charge 𝑞 s’exprime en Coulomb (𝐶), la distance 𝐴𝐵 en mètre (𝑚) donc le moment


dipolaire s’exprime en Coulomb mètre (𝐶. 𝑚).

Néanmoins, on lui préfère généralement une autre unité, le Debye (D) :


1
𝐷 = 3 10−29 𝐶. 𝑚

II.5.2 Importance de dipôle dans les matériaux


Lorsque dans une molécule globalement neutre, les barycentres des charges positives et
négatives ne se superposent pas, on peut considérer que la molécule forme un dipôle. Une
telle molécule induit en son voisinage un champ électrique caractéristique qui va lui
permettre d'interagir avec les autres charges électriques et les autres dipôles du système.

Exemples :
Molécule d'eau, d'acide chlorhydrique, d'ammoniac etc...

Dr. Youssef Ben-Ali


II.5.3 Potentiel crée par un dipôle
Le point 𝑀 où l’on veut calculer le potentiel est repéré par ses coordonnées polaires : 𝑟 =
𝑂𝑀, 𝜃 = (𝑂𝑥, 𝑂𝑀).

𝑢
⃗𝑟
𝑢
⃗ɵ
𝑀

𝑟𝐴 𝑟𝐵
𝑟

ɵ
𝑝
𝑢
⃗𝑥
𝐴(−𝑞) 𝐵(+𝑞) 𝑥

Figure II.22 : Potentiel crée par


un dipôle électrostatique

On suppose 𝑟 >> 𝑎 = 𝐴𝐵, 𝑂 étant le milieu de 𝐴𝐵.

Le potentiel 𝑉(𝑀) créé en 𝑀 par le dipôle est :


𝑞 1 1
𝑉(𝑀) = ( − )
4𝜋𝜀0 𝑟𝑏 𝑟𝑎

D’autre part, on a :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐵𝑀 = 𝐵𝑂⃗⃗⃗⃗⃗ +𝑂𝑀
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ; ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐴𝑀 = ⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐴𝑂+𝑂𝑀

Alors :
𝑎 2 𝑎
⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑂𝑀
𝐵𝑀2 = 𝑟𝑏 2 = (𝐵𝑂2 + 𝑂𝑀2 − 2𝑂𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ) = ( ) + 𝑟 2 − 2 𝑟 𝑐𝑜 𝑠( ɵ)
2 2

D’où:
𝑎 2
B𝑀 = √(2) + 𝑟 2 − 𝑎𝑟 𝑐𝑜 𝑠( ɵ)

Même chose, on déduit que:


𝑎 2 𝑎
⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑂𝑀
𝐴𝑀2 = 𝑟𝑎 2 = (𝐴𝑂2 + 𝑂𝑀2 − 2𝑂𝐴 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ) = ( ) + 𝑟 2 − 2 𝑟𝑐𝑜 𝑠( 𝜋 − ɵ)
2 2

Dr. Youssef Ben-Ali


Ce qui entraine que :
𝑎 2 𝑎 2
𝐴𝑀2 = ( ) + 𝑟 2 − 𝑎𝑟𝑐𝑜 𝑠( 𝜋 − ɵ) = ( ) + 𝑟 2 + 𝑎𝑟 𝑐𝑜𝑠(ɵ)
2 2

On récapitule que :
𝑎 2
𝐴𝑀 = √( ) + 𝑟 2 + 𝑎𝑟𝑐𝑜𝑠(ɵ)
2

Donc le potentiel 𝑉(𝑀) s’écrit comme :

𝑞 1 1
𝑉(𝑀) = ( 2
− 2
)
4𝜋𝜀0
√(𝑎) +𝑟 2 −𝑎𝑟 𝑐𝑜 𝑠(ɵ) √(𝑎) +𝑟 2 +𝑎𝑟 𝑐𝑜 𝑠(ɵ)
2 2

On factorise à l’intérieur de racine carrée par 𝑟 2 , on trouve que :

𝑞 1 1
𝑉(𝑀) = −
4𝜋𝜀0 2 2
√𝑟 2 (( 𝑎 ) + 1 − 𝑎 𝑐𝑜 𝑠( ɵ)) √𝑟 2 (( 𝑎 ) + 1 + 𝑎 𝑐𝑜 𝑠( ɵ))
( 2𝑟 𝑟 2𝑟 𝑟 )

𝑎 2
Comme (2𝑟) est négligeable, on déduit que:

𝑞 1 1 𝑞 1 1
𝑉(𝑀) = 4𝜋𝜀 ( 𝑎
− 𝑎
) = 4𝜋𝜀 𝑟 ( 𝑎
− 𝑎
)
0 √𝑟 2 (1− 𝑐𝑜 𝑠(ɵ)) √𝑟 2 (1+ 𝑐𝑜 𝑠(ɵ)) 0 √1− 𝑐𝑜 𝑠(ɵ) √1+ 𝑐𝑜 𝑠(ɵ)
𝑟 𝑟 𝑟 𝑟

Par conséquent :
𝑞 𝑎 𝑎
𝑉(𝑀) = 4𝜋𝜀 𝑟 ((1 − 𝑟 𝑐𝑜 𝑠( ɵ))−1/2 − (1 + 𝑟 𝑐𝑜 𝑠( ɵ))−1/2 )
0

On utilise le développement limités au premier ordre, on trouve :


𝑞 𝑎 −1 𝑎 −1
𝑉(𝑀) = 4𝜋𝜀 𝑟 ((1 − 𝑟 ( 2 )𝑐𝑜 𝑠( ɵ)) − (1 + r ( 2 )𝑐𝑜 𝑠( ɵ)))
0

Finalement, nous avons:


𝑞 𝑎 𝑎 𝑞 𝑎 𝑎
𝑉= [(1 + 𝑐𝑜𝑠ɵ) − (1 − 𝑐𝑜𝑠ɵ)] = (1 + 𝑐𝑜𝑠ɵ − 1 + 𝑐𝑜𝑠ɵ)
4𝜋𝜀0 𝑟 2𝑟 2𝑟 4𝜋𝜀0 𝑟 2𝑟 2𝑟

Finalement :
𝑞 𝑎
𝑉= ( 𝑐𝑜𝑠ɵ)
4𝜋𝜀0 𝑟 𝑟

Où encore :
𝑞𝑎𝑐𝑜𝑠ɵ 𝑝𝑟
𝑉= 2
=
4𝜋𝜀0 𝑟 4𝜋𝜀0 𝑟 3

Dr. Youssef Ben-Ali


Donc, on peut recaputiler que si 𝜃 = 𝜋/2, on trouve que : 𝑉 = 0

Par conséquant tous les points du plan médiateur de 𝐴𝐵, ce plan est une surface
équipotentielle.

II.5.4 Champ électrostatique crée par un dipôle :


Comme le potentiel électrostatique 𝑉 ne dépend que de 𝑟 et de 𝜃, seules les composantes
𝐸𝑟 et 𝐸𝜃 du champ électrostatique de seront non nulles (Coordonnées polaires).

Par définition :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉(𝑀)
𝐸⃗ (𝑀) = −𝑔𝑟𝑎𝑑

Donc :
𝑞𝑎𝑐𝑜𝑠ɵ
𝜕𝑉 𝜕( 4𝜋𝜀0 𝑟 2 )
=
𝜕𝑟 𝜕r
𝐸⃗ (𝑀) = − 𝑞𝑎𝑐𝑜𝑠ɵ
1 𝜕𝑉 1 𝜕( 4𝜋𝜀0 𝑟 2 )
=
{𝑟 𝜕ɵ 𝑟 𝜕ɵ

Par conséquant:
𝜕𝑉 𝑞𝑎𝑐𝑜𝑠ɵ 𝜕 1
= ( )
𝜕𝑟 4𝜋𝜀0 𝜕𝑟 𝑟 2
𝐸⃗ (𝑀) = − 1 𝜕𝑉 1 𝑞𝑎 𝜕
= 2
(𝑐𝑜𝑠ɵ)
{𝑟 𝜕ɵ 𝑟 4𝜋𝜀0 𝑟 𝜕ɵ

Ce qui nous donne :


𝜕𝑉 𝑞𝑎𝑐𝑜𝑠ɵ −2𝑟
= ( 4 )
𝜕𝑟 4𝜋𝜀0 𝑟
𝐸⃗ (𝑀) = − 1 𝜕𝑉 1 𝑞𝑎
= 2
(−𝑠𝑖𝑛ɵ)
{𝑟 𝜕ɵ 𝑟 4𝜋𝜀0 𝑟

D'où:
𝜕𝑉 𝑞𝑎𝑐𝑜𝑠ɵ −2
= ( )
𝜕𝑟 4𝜋𝜀0 𝑟 3
𝐸⃗ (𝑀) = − 1 𝜕𝑉 1 𝑞𝑎
= 2
(−𝑠𝑖𝑛ɵ)
{𝑟 𝜕ɵ 𝑟 4𝜋𝜀0 𝑟

Finalement :
𝜕𝑉 2𝑝𝑐𝑜𝑠ɵ
=
𝜕𝑟 4𝜋𝜀0 𝑟 3
𝐸⃗ (𝑀) = 1 𝜕𝑉 𝑝𝑠𝑖𝑛ɵ
= 3
{𝑟 𝜕ɵ 4𝜋𝜀0 𝑟

Dr. Youssef Ben-Ali


 Le champ créé par un dipôle est proportionnel à 1/𝑟 3 et le potentiel à 1/𝑟 2 , alors
que pour une charge ponctuelle, 𝐸⃗ crée est proportionnel à 1/𝑟 2 et 𝑉 à 1/𝑟
 Pour M éloigné, 𝐸⃗ et 𝑉 crées par le dipôle seront négligeable par rapport à 𝐸⃗ et 𝑉
crées par les charges situées à proximité du dipôle.

II.5.5 Lignes de champ et surface équipotentielles d’un dipôle :


II.5.5.1 Lignes de champ :
Par définition, un élément ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 de ligne de champ est tangent à 𝐸⃗ . On a :
𝐸 ⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑑𝑟
𝐸⃗ { 𝑟 , 𝑑𝑙 {
𝐸ɵ 𝑟𝑑ɵ

Comme étant que 𝐸⃗ et ⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗ = 0, donc :


𝑑𝑙 sont tangent donc 𝐸⃗ ∧ 𝑑𝑙
𝑟𝑑ɵ𝐸𝑟 − 𝑑𝑟𝐸ɵ = 0

Soit :
𝑑𝑟 𝑐𝑜𝑠ɵ
=2 𝑑ɵ
𝑟 𝑠𝑖𝑛ɵ

Finalement :

𝑟 = 𝐶𝑠𝑖𝑛2 ɵ

Figure II.23 : Lignes de champs crée


par un dipôle électrostatique

II.5.5.2 Surfaces équipotentielles :


Ensemble des points pour lesquels 𝑉 = 𝑐𝑡𝑒.

Soit :

Dr. Youssef Ben-Ali


𝑝𝑐𝑜𝑠ɵ
𝑉 = 4𝜋𝜀 2 = 𝑐𝑡𝑒
0𝑟

Donc :
𝑟 2 = 𝐾′𝑐𝑜𝑠ɵ

Figure II.23 : Surface équipotentielles


d’un dipôle électrostatique

Dr. Youssef Ben-Ali

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