Risa 784 0809
Risa 784 0809
UNE
ILLUSTRATION PAR LE CAS DU SÉNÉGAL
Ibrahima Touré
La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les
limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la
© I.I.S.A. | Téléchargé le 20/11/2022 sur [Link] (IP: [Link])
Revue
Internationale
des Sciences
Administratives
Autonomie et démocratie locale en Afrique.
Une illustration par le cas du Sénégal
Ibrahima Touré 1
Résumé
Cet article analyse dans une perspective diachronique et synchronique, les relations
très souvent conflictuelles entre l’Etat colonial français, l’Etat central sénégalais post
colonial et les collectivités décentralisées. Réfléchissant sur l’autonomie effective des
collectivités locales dans la gestion et la direction des compétences qui leur sont trans-
férées selon les lois de décentralisation, cet article montre sur la base de cas réels
comment l’intervention du pouvoir central dans les affaires locales, non seulement
questionne la démocratie, mais aussi et par-dessus détourne toutes les politiques de
régionalisation de leurs objectifs initiaux.
Voilà plus de deux décennies maintenant que les concepts encore en vogue de
« démocratisation », de « bonne gouvernance » ou de « décentralisation » occu-
pent le devant de la scène en Afrique, faisant office de banc d’essai en se posant
comme une conditionnalité politique devant garantir le succès des réformes insti-
tutionnelles mises en œuvre. Devenues des notions usuelles du vocabulaire des
Problématique
La question de l’autonomie a fait l’objet de nombreux travaux. Nous ne son-
geons pas à revenir ici sur les différentes significations de ce concept (Marcou,
2008). Il s’agit plutôt d’examiner, à partir de la littérature sur la décentralisation
en Afrique, si les pratiques des acteurs et le cadre institutionnel affecté au local
self-government dans les différents États, participent ou pas au renforcement
d’une gouvernementalité au niveau local. L’examen des travaux antérieurs met
d’abord en relief une approche institutionnelle du concept, où l’autonomie locale
est pensée, dans le contexte des solutions à la crise de l’Etat, sous un lien techni-
que et normatif (Totté et al., 2003). Elle est perçue comme un cadre optimal pour
la bonne gouvernance au sein des Etats. Selon les institutions financières interna-
tionales, l’État en Afrique a perdu en crédibilité. Pendant longtemps, le contrôle
du développement s’est fait par le haut et a été l’occasion pour les élites de dila-
© I.I.S.A. | Téléchargé le 20/11/2022 sur [Link] (IP: [Link])
se présentait au début des années 1990 comme une voie féconde pour réduire la
pauvreté et amorcer la démocratie. Elle serait dans certains pays (Burundi, Afri-
que du Sud, Ouganda) un atout à la résolution des crises sociopolitiques (Mback,
2003) et dans d’autres un moteur de la nouvelle dynamique du développement
(Coll. et Guibbert, 2005).
De manière générale, deux modèles de décentralisation sont souvent appli-
qués en Afrique : la décentralisation administrative qui est la forme la plus répan-
due et la décentralisation politique qui consacre aux collectivités locales une
autonomie parfois plus élargie avec des permissive functions. En Afrique du Sud,
Demante et Tyminski expliquent par exemple que les collectivités locales ont des
compétences extrêmement larges, touchant les grands services de distribution
d’eau et d’électricité (Demante et Tyminski, 2008 :7). Le premier modèle délègue
aux collectivités locales communales (majoritaires dans les pays francophones)
des compétences en en matière de services sociaux de base, de développement
local, de gestion urbaine (Bénin, Burkina Faso,…). Le deuxième modèle trouve
son champ d’expression dans certains Etats fédéraux (Nigéria, Soudan, Ethiopie),
avec parfois plusieurs paliers de collectivités locales (Goïta, 2005).
Le cadre politique et institutionnel brièvement décrit ici est un facteur décisif
qui a des influences directes sur la démocratie délibérative. Les logiques d’appro-
priation et de confrontation des différents acteurs sont néanmoins minorées. La
troisième perspective plus dynamique, s’interroge ainsi sur les multiples interfé-
rences de l’Etat et de ses démembrements dans la gestion locale (Blundo in de
Gaudusson et Médard, 2001 ; Goïta in Totté et al. 2003 ; Marie et Idelman,
2010). L’argument suggère que l’Etat se reproduit (Piveteau, 2004) et ses impor-
tantes compétences discrétionnaires empêchent souvent aux collectivités décen-
tralisées de mener des activités d’intérêt économique local. Le renforcement du
quadrillage politico-administratif (Blundo in de Gaudusson et Médard, 2001) et
les effets pervers de son intervention (Gentil et Husson, 1996) sont ainsi élucidés.
Certains travaux mettent la focale sur les stratégies des acteurs (Laurent et Pee-
© I.I.S.A. | Téléchargé le 20/11/2022 sur [Link] (IP: [Link])
Méthodologie
Cette contribution interroge les relations gouvernements locaux/gouvernements
centraux et leurs répercussions sur l’autonomie locale. Elle prend appui sur les
apports de la sociologie du pouvoir, de la socio-anthropologie du développement
et de l’analyse stratégique comme cadre d’analyse théorique. La littérature étu-
diée plus haut décrit différentes entrées analytiques de la décentralisation. Celle-
ci est souvent présentée comme une issue à la situation économique, sociale et
politique des pays du Sud. Cette conception institutionnelle souffre d’un prisme
développementaliste. Elle tend à exalter les enjeux de la décentralisation sans les
articuler aux dynamiques internes propres aux Etats. La référence aux vertus du
marché et aux conditionnalités dans l’allocation de l’aide a été discuté par de
[Link] Page 813 Mardi, 20. novembre 2012 9:16 09
nombreux auteurs (Piveteau 2004, 2005, Touré 2009). Loin de se soustraire à des
injonctions politiques internationales ou à un cadre politico-institutionnel pres-
criptif, la décentralisation est en réalité internalisée devant de multiples enjeux
locaux (Olivier de Sardan 1995). Elle est un « espace focal » (Schelling 1986) à la
croisée des acteurs et un construit sociopolitique qui dissimule des enjeux de
pouvoir. Si celle-ci implique donc une forte dimension symbolique (l’identification
à une communauté de référence), les collectivités locales, en tant qu’espaces de
positions et de jeux (Abdoul et Dahou in Totte et al.,2003), constituent de hauts
lieux de production du politique et de cristallisation pluri-identitaire.
À la suite de Dahrendorf (1959), le concept exploratoire d’autorité nous sem-
ble fécond pour notre cheminement. L’inégale distribution de l’autorité entre ins-
titutions et acteurs est productrice en effet de conflits sociopolitiques. L’autorité
s’appuie sur une légitimité et sur des ressources qui peuvent constituer autant de
moyens de coercition (économique, politique, physique). Nous référant aux tra-
vaux de Lemieux (2001), nous distinguons six types de ressources qui paraissent
indispensables à convoquer pour les besoins d’une analyse des jeux d’acteurs
entre institutions publiques : ressources statutaires, normatives, actionneuses,
relationnelles, matérielles, informationnelles et parfois physiques (replis sociaux).
En tant qu’attributs des acteurs (Crozier et Friedberg, 1992), ces ressources (déli-
bération, coutumes, lois, compétences, réseaux politico-économiques, capacité
financière,…) constituent des sources de pouvoir et de négociation et des enjeux
de pouvoir et de confrontation. La décentralisation serait ainsi une confrontation
de plusieurs « structures d’action collective » ou de « systèmes d’action organi-
sée » (Crozier et Friedberg, 1992 ; Olivier de Sardan, 1995).
Pour illustrer cette hypothèse, l’analyse s’appuie sur une enquête documentaire
et l’exploitation d’une série d’entrevues semi-directives réalisées dans 10 collectivi-
tés locales du pays. A partir du mode d’échantillonnage territorial, 14 administra-
teurs territoriaux (gouverneurs, préfets, sous-préfets et chefs de Centre d’Appui au
Développement Local 2) ont été interrogés. Ces structures déconcentrées veillent
© I.I.S.A. | Téléchargé le 20/11/2022 sur [Link] (IP: [Link])
2 Le CADL est une structure déconcentrée de l’État mise en place par décret n02005-575 du
22 juin 2005, portant organisation du Ministère des collectivités locales et de la décentralisa-
tion, pour remplacer le Centre d’Expansion Rurale Polyvalent (CERP). Il assure un rôle d’enca-
drement des élus mais ne dispose d’aucun pouvoir de contrôle.
[Link] Page 814 Mardi, 20. novembre 2012 9:16 09
3 C’est le cercle de Kolda, située au sud du Sénégal (Casamance), qui fut choisi comme expé-
rience-pilote. Mais les résultats ont été très en deçà des espérances. Dans le tournant des
années 1980, un conflit semi-sécessionniste opposa, dans cette région (Casamance), l’État du
Sénégal au Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (Dramé, 1998). Malgré des
velléités autonomistes, l’autorité de l’État est instaurée dans cette localité. A l’image des autres
régions du pays, des élections locales y sont régulièrement tenues. L’administration publique
locale est exercée par les citoyens élus du milieu issus de différentes formations politiques.
[Link] Page 817 Mardi, 20. novembre 2012 9:16 09
4 Thiès, Mbour, Kédougou, Ndiayène Sirakh, Kayar, Golf Sud, Hlm, Sangalkam, Sindia, Mali-
counda. Déjà en 2009, les Conseils locaux de Diourbel, Dakar, Bambey étaient dissous.
[Link] Page 818 Mardi, 20. novembre 2012 9:16 09
les Conseils locaux ont été évincés par des délégations spéciales, suite à un amen-
dement d’un député libéral du Parti démocratique sénégalais (PDS) qui voulait
s’opposer au prolongement du mandat des élus locaux, majoritairement socialis-
tes, arrivé à expiration en novembre 2001. Par la loi 2001-11 du 18 décembre
2001, le Conseil constitutionnel institua, à titre transitoire, des délégations spécia-
les pour gérer ces collectivités jusqu’aux élections locales de Mai 2002. L’adoption
de cet amendement avait provoqué une vague de contestation chez les élus con-
cernés. Certains l’avaient qualifié de « coup d’État constitutionnel » et « d’atteinte
à la démocratie ». Douze députés de l’opposition avaient déposé un recours en
annulation devant le Conseil constitutionnel. Accusé par l’opposition d’avoir piloté
toute l’affaire, le président Wade avait souligné que l’Assemblée nationale était
souveraine et libre d’apporter des amendements aux textes qui lui étaient soumis.
Les implications récentes de l’État dans la révocation des organes de décentrali-
sation ont suscité de nombreuses autres interrogations quant à la légitimité et
l’opportunité de cette décision. Ces dissolutions qui auraient tendance pour beau-
coup, à remettre en cause le principe constitutionnel de la libre administration des
collectivités locales a créé un climat de suspicion et de tensions entre les différents
protagonistes. Ces collectivités dissoutes étaient présentées comme de grandes
forteresses de récalcitrants libéraux (au pouvoir central) mais aussi comme de forts
bastions de l’opposition. Du côté des pouvoirs publics, l’idée que la loi confère au
président de la République le pouvoir discrétionnaire de dissolution et de révoca-
tion de Conseils locaux, faisait consensus. En revanche, l’hypothèse partagée par
les formations de l’opposition était que l’État s’arroge toujours seul le droit de met-
tre en congé, à son bon vouloir, la vie de certaines collectivités décentralisées ou de
décider, selon ses intérêts du moment, de leur survie politique.
Quel que soit le crédit que l’on pourrait accorder ou non à ces révocations, ces
différentes lignes de fracture laissent entrevoir que la politique de décentralisa-
tion, loin de s’implanter en terrain totalement vierge, accentue les objets de ten-
sion autour de la gestion et du contrôle des institutions locales et de leurs
© I.I.S.A. | Téléchargé le 20/11/2022 sur [Link] (IP: [Link])
5 Pour éviter la dissolution de l’ensemble des exécutifs locaux, la loi prévoit l’application des dis-
positions punitives des articles 59, 61 et 141 du CCL sur des élus indélicats, pris en flagrant
délit de commission de fautes lourdes (vols, crimes, etc.).
[Link] Page 819 Mardi, 20. novembre 2012 9:16 09
6 Les projets de découpage administratif de l’État débouchent sur de vives manifestions de pro-
testation souvent réprimées de manière violente. En mai dernier, dans la communauté rurale
de Sangalkam, portée sur délégation spéciale par l’État, sans concertation avec les habitants
de la localité, un jeune a été froidement abattu par un commandant de la gendarmerie.
[Link] Page 820 Mardi, 20. novembre 2012 9:16 09
si l’on sait que se profile déjà à l’horizon les élections présidentielles de 2012. Elle
constitue à beaucoup, dans ce Sénégal des joutes politiques et pré-électorales,
une circonstance atténuante pour faire jeter l’opprobre et l’anathème sur les
mandataires des partis de l’opposition.
Quels que puissent être, somme toute, les desseins véritables de l’administra-
tion centrale, le contrôle des actes des collectivités locales n’est pas un péril en
soi. S’il est vérifié que la décentralisation n’est pas synonyme d’indépendance
totale ou d’autonomie locale exclusive, le contrôle de l’autorité centrale ou de
ses représentants sur les organes décentralisés et leurs actes, peut participer à
l’instauration d’une bonne gouverne. Toutefois, un tel contrôle de l’État doit
s’appuyer sur le dispositif normatif régissant le fonctionnement des collectivités
locales puisque dans la perspective des lois de décentralisation de 1996, le légis-
lateur sénégalais considérant que les collectivités décentralisées ont maintenant
atteint un certain degré de maturité a introduit une innovation importante, en
instaurant un nouveau régime de contrôle des actes locaux qui allait de facto
supprimer la notion de tutelle dans le régime des collectivités locales. Au contrôle
d’approbation préalable qui était par nature centralisée, il a substitué un contrôle
de légalité a postériori, plus souple et plus rapproché. Dans ce sillage, toutes les
collectivités locales sont soumises depuis à un mode de contrôle unique (Fall,
2004) dans lequel le contrôle a postériori devient désormais la règle et le contrôle
a priori l’exception. Le contrôle de légalité des actes locaux procède d’un souci de
veiller à ce que les décisions des Conseils territoriaux soient prises en conformité
à la règle de droit et compatibles avec l’intérêt général. Les dispositions juridiques
et législatives ont sans équivoque attribué de nouvelles marges de manœuvre
aux collectivités locales sénégalaises. Celles-ci constituent des cadres légalement
reconnus de prise de décision et de gestion de projets de développement. Dans
le respect des lois et règlements, les collectivités locales sont seules responsables
de l’opportunité de leurs ordonnances et ne soumettent à l’approbation préala-
ble du représentant de l’État que les délibérations relatives aux budgets primitifs
© I.I.S.A. | Téléchargé le 20/11/2022 sur [Link] (IP: [Link])
Conclusion
Cette contribution fournit quelques pistes de lecture des dynamiques de pouvoir
et de leurs effets multifactoriels sur le champ politico-administratif sénégalais. La
littérature politico-socio-anthropologique analysée plus haut semble faire ressortir
dans de nombreux cas un hiatus assez étendu entre les discours sur l’autonomie et
le fonctionnement réel, malgré l’élargissement remarqué des compétences trans-
férées (Ghana, Maroc, Afrique du Sud) ou la suppression du contrôle a priori au
profit du contrôle a posteriori (Sénégal, Mali, …). Au Sénégal, loin d’être en décon-
nexion avec la politique et ses tares congénitales (clientélisme partisan, trafics
[Link] Page 822 Mardi, 20. novembre 2012 9:16 09
l’État, des fonds d’équipement et de dotation. Dans la majorité des cas, pour cou-
vrir leurs besoins de financement, l’État sénégalais a mis en œuvre de multiples
projets et programmes d’envergure nationale (Programme de Renforcement et
d’Équipement des Collectivités Locales, Programme National de Bonne Gouver-
nance) pour renforcer les moyens des Conseils territoriaux et réduire la pauvreté,
avec souvent comme cadre de référence le Document Stratégique de Réduction
de la Pauvreté (DSRP). Selon le Rapport fait au nom de la Commission des lois, de
la décentralisation, du travail et des droits de l’homme sur le Projet de budget
2009 du Ministère de la décentralisation et des collectivités locales, les engage-
ments financiers globaux mobilisés par l’État au profit des collectivités locales
sénégalaises se chiffraient en 2008 à [Link] Fcfa dont [Link]
pour le Fonds de dotation de la décentralisation, [Link] pour le Fonds
d’Équipement des collectivités locales, [Link] pour le Budget Consolidé
d’Investissement (éducation et santé) et [Link] pour les Ristournes accor-
dées aux communes. Selon les mêmes sources, les communautés rurales ont
connu 50 % d’augmentation au titre du fonds de dotation de la décentralisation
par rapport à 2007. Ces fonds s’établissaient à 667.103.990 Fcfa pour les
régions, 869.833.950 pour les communes et [Link] pour les commu-
nautés rurales.
Mais aussi importantes que soient les dotations allouées, l’évaluation montre
que les progrès réalisés sur le plan du transfert des moyens ont été dans l’ensem-
ble dérisoires. Une analyse réaliste de la situation des finances locales donne en
effet à penser que les budgets des collectivités territoriales sénégalaises sont
d’une affligeante pauvreté. Des sources de la Direction des collectivités locales
révélaient que 97 % des communautés rurales et 26 % des communes avaient
des budgets annuels inférieurs à 20 millions de francs Cfa et ces dernières consa-
craient en moyenne 70 % de leurs ressources ordinaires à leurs charges de per-
sonnel. En étudiant en détail les situations spécifiques de nombreux pays
africains, l’examen fait parallèlement ressortir les mêmes tendances et de gran-
© I.I.S.A. | Téléchargé le 20/11/2022 sur [Link] (IP: [Link])
s’impose. Pour que naisse une décentralisation et une gouvernance locale qui
puissent assurer les fonctions qui doivent être les siennes au sein des villes et des
campagnes, il urge dores et déjà de surmonter les nombreuses contradictions
que l’État continue toujours de camoufler. La décentralisation n’est pas liée à la
seule dimension juridique et ne se nourrit pas non plus du pouvoir jacobin et de
la lourde tutelle de l’État qui intervient selon ses bons vouloirs pour dissoudre des
assemblées locales. Plus important encore, l’exercice de la décentralisation en
Afrique doit se fonder sur une plus grande promotion par l’Etat des libertés loca-
les et sur le droit des gouvernements locaux à la formation afin que puisse être
ancré en eux un climat démocratique favorable à la concertation et au règlement
pacifique des conflits. Concrètement, il s’agit surtout ici, d’une mise à niveau des
administrations locales qui doivent plus que jamais s’acclimater à l’école de la
décentralisation. A travers la confection de guides en langues nationales et de
restitutions périodiques, l’accent doit être mis sur la démocratie participative, la
gestion foncière. Ces réponses s’imposent dans un contexte où le retour à la
terre et la réintégration dans le monde rural sont posés en grande pompe dans
de nombreux pays, notamment au Sénégal avec la Grande Offensive Agricole
pour la Nourriture et l’Abondance (GOANA).
Références bibliographiques
Abdoul M et Dahou T (2003), La décentralisation en Afrique de l’Ouest. In : Totte´ M, Dahou T et
Billaz R (eds), Entre politique et développement. Paris : Karthala, Cota, Enda Graf.
Banque Mondiale, 1994, L’ajustement en Afrique. Réformes, résultats et chemins à parcourir,
Washington DC.
Banque Mondiale, 2000, Le développement au seuil du XXIe siècle, Rapport sur le développe-
ment dans le monde, 1999-2000, Paris, Eska.
Barry, Boubacar, 1988, La Sénégambie du XVe au XIXe siècle, Paris, l’Harmattan.
Ben Letaief, Mback, Elong Mbassi et Ndiaye, 2008, « Afrique » in Marcou, G., (Dir.), La décen-
tralisation et la démocratie locale dans le monde, Premier rapport mondial de Cités et Gou-
© I.I.S.A. | Téléchargé le 20/11/2022 sur [Link] (IP: [Link])
Wade, Salimata, 2001, Lecture des dynamiques associatives à travers leur participation au fonc-
tionnement des villes ouest-africaines, in Revue Sénégalaise de Sociologie, n0 4/5, Univer-
sité Gaston Berger de Saint-Louis, Xamal, pp. 129-161.
Note biographique
Ibrahima Touré est socio-anthropologue. Il est titulaire d’une thèse unique de docto-
rat sur les politiques publiques de l’université Gaston Berger de Saint-Louis du Séné-
gal. Chercheur associé au Centre Interdisciplinaire d’Etudes et de Recherche de la
Vallée (CIERVAL), il est chargé de cours au département de sociologie de l’université
Amadou Hampâté Bâ de Dakar. Ses thèmes de recherche portent sur la décentralisa-
tion, la gouvernance électronique et la santé publique.
© I.I.S.A. | Téléchargé le 20/11/2022 sur [Link] (IP: [Link])