Perturbations d'un oscillateur harmonique 1D
Perturbations d'un oscillateur harmonique 1D
a) On rappelle les expressions pour les énergies propres et les états propres correspondants obte-
nus par la théorie des perturbations stationnaires dans le cas non-dégénéré, pour un Hamiltonien
générique Ĥ(λ) = Ĥ0 + λV̂ :
• On connaît les énergies
n etoétatsn propreso du système non-perturbé décrit par Ĥ0 , qui peut être
(0) (0) (0) (0) (0)
résolu exactement : Ek et |Ψk i avec Ĥ0 |Ψk i = Ek |Ψk i. Par exemple : l’oscillateur
harmonique 1D (une particule dans un potentiel quadratique), l’Hamiltonien d’Heisenberg
(deux spins couplés), une particule dans un puits ou devant une marche de potentiel, ...
• On ajoute la perturbation λV̂ avec λ un paramètre idéalement adimensionnel qui permet de
contrôler ordre par ordre en λ les corrections successives en perturbation.
• Les énergies propres associées à Ĥ(λ) sont données par :
(0)
X hΨ(0) |V̂ |Ψ(0) i (0)
|Ψk (λ)i = |Ψk i + λ · `
(0)
k
(0)
|Ψ` i +O(λ2 ) (2)
`6=k Ek − E`
| {z }
O(λ0 ) | {z }
O(λ)
(0) (0)
• Techniquement, il faut donc déterminer les éléments de matrice hΨk |V̂ |Ψ n ` i, c’est-à-dire
o
(0)
connaître la perturbation V̂ dans la base des états propres non-perturbés |Ψk i . Dans le
cas de l’oscillateur harmonique 1D (cf. exercice 2), ces éléments de matrice sont nuls sauf pour
des états “voisins” ce qui simplifie beaucoup les calculs.
1
n o n o
(0) (0)
• Les énergies propres du système non-perturbé sont Ek ↔ En = ~ω0 (n + 21 ) .
n∈N
• L’Hamiltonien perturbé Ĥ = Ĥ0 + Ĥpert admet par conséquent les premières corrections per-
turbatives suivantes pour les énergies et états propres associés :
1 X |hm|Ĥpert |ni|2
En (λ) ≈ ~ω0 (n + ) + hn|Ĥpert |ni + (3)
2 ~ω0 (n − m)
m6=n
X hm|Ĥpert |ni
|Ψn (λ)i ≈ |ni + |mi (4)
~ω0 (n − m)
m6=n
Cf. Cohen-Tannoudji, pp.1100-1109 (tome II), Complément AXI “Oscillateur harmonique à une
dimension soumis à un potentiel perturbateur en x, x2 et x3 ”.
On considère un oscillateur harmonique 1D soumis à un potentiel perturbateur Ĥ = Ĥ0 + Ĥpert ,
avec Ĥpert = V̂k respectivement linéaire, quadratique et cubique :
1
V̂1 = λ · ~ω0 · X̂ , V̂2 = λ · M ω02 · X̂ 2 , V̂3 = λ · ~ω0 · X̂ 3 (5)
2
a) Dans un premier temps, on commence par reformuler l’opérateur position X̂ en fonction des
opérateurs de création et d’annihilation, qui sont plus adaptés pour la manipulation des états
propres {|ni}n∈N dans (3) :
r
~ h † i
X̂ = â + â (9)
2M ω0
h i2 ~
2 ~ † † † † †
X̂ = â + â = â â + â
| â {z
+ ââ} +ââ (10)
2M ω0 2M ω0
3/2 h i3
~
3
X̂ = ↠+ â (11)
2M ω0
3/2
~ † † † † † † † † † † † †
= â â â + â
| â â + â {z
ââ + ââ â} + |â ââ + ââ
{zâ + âââ} +âââ (12)
2M ω0
2
ce qui permet de calculer les éléments de matrice correspondants hm|X̂ k |ni :
r
1 ~ √ √
hm|X̂ |ni = n + 1 δm,n+1 + n δm,n−1 (13)
2M ω0
h i
~ p p
hm|X̂ 2 |ni = (n + 1)(n + 2) δm,n+2 + (2n + 1) δm,n + n(n − 1) δm,n−2 (14)
2M ω0
et de même
3/2
3 ~ p
hm|X̂ |ni = [ (n + 1)(n + 2)(n + 3 δm,n+3
2M ω0
√ √ √
+ n n + 1 δm,n+1 + (n + 1) n + 1 δm,n+1 + (n + 2) n + 1 δm,n+1
√ √ √
+ (n − 1) n δm,n−1 + n n δm,n−1 + (n + 1) n δm,n−1
p
+ n(n − 1)(n − 2) δm,n−3 ]
3/2
~ p
= [ (n + 1)(n + 2)(n + 3) δm,n+3 + 3(n + 1)3/2 δm,n+1
2M ω0
p
+ 3n3/2 δm,n−1 + n(n − 1)(n − 2) δm,n−3 ]
(15)
Autrement dit :
b) Perturbation linéaire. Cette perturbation permet par exemple d’étudier l’effet d’un champ
électrique uniforme sur un oscillateur supposé chargé, cf. Compléments FV et AXI du Cohen-
Tannoudji.
On adapte le développement perturbatif
q pour les énergies (3) pour la perturbation linéaire
M ω0
V̂1 = λ · ~ω0 · X̂ = λ̃1 · ~ω0 · ~ X̂ :
1
X |hm|X̂|ni|2
En (λ) ≈ ~ω0 n + + λ~ω0 hn|X̂|ni +λ2 (~ω0 )2 (17)
2 | {z } ~ω0 (n − m)
=0 m6=n
3
La perturbation linéaire ne modifie donc pas les énergies à l’ordre O(λ) mais abaisse tous les
niveaux d’énergie à l’ordre suivant d’un même décalage λ2 ~ω0 2M~ω0 = 21 λ̃21 ~ω0 .
P̂ 2 1 P̂ 2 1
Hamiltonien : Ĥ = + M ω02 (1 + λ) X̂ 2 = + M ω̃0 (λ)2 X̂ 2 (20)
2M 2 | {z } 2M 2
≡ω̃0 (λ)2
1
Energies propres : Enexact (λ) = ~ω̃0 (λ) · n + avec n ∈ N (21)
2
λ λ2
exact 3 1
En (λ) = ~ω0 1 + − + O(λ ) n+ (22)
2 8 2
Pour comparer ceci au calcul perturbatif des énergies, on adapte le développement perturbatif
(3) pour la perturbation quadratique V̂2 = λ · 12 M ω02 · X̂ 2 et λ̃2 = λ :
1
1 1 X |hm|X̂ 2 |ni|2
En (λ) ≈ ~ω0 n + + λ M ω02 hn|X̂ 2 |ni + λ2 (M ω0 )2 (23)
2 | 2 4 ~ω0 (n − m)
{z } m6=n
| {z }
Or d’une part :
1 1 ~ λ 1
λ M ω02 hn|X̂ 2 |ni = λ M ω02 · (2n + 1) = ~ω0 n+ (24)
2 2 2M ω0 2 2
et d’autre part :
λ λ2
3 1
En (λ) = ~ω0 1+ − + O(λ ) n+ (27)
2 8 2
4
d) Perturbation cubique. Cet oscillateur “anharmonique” permet par exemple d’étudier les
vibrations des molécules diatomiques (prototype du “phonon”).
On adapte le développement perturbatif pour les énergies (3) pour la perturbation cubique
q 3 3/2
3 M ω0
V̂3 = λ · ~ω0 · X̂ = λ̃3 · ~ω0 · ~ X̂ et λ̃3 = λ M~ω0 :
1
X |hm|X̂ 3 |ni|2
En (λ) ≈ ~ω0 n + + λ ~ω0 hn|X̂ 3 |ni +λ2 (~ω0 )2 (28)
2 | {z } ~ω0 (n − m)
=0 m6=n
et seuls les états (n + 3), (n + 1), (n − 1) (si n > 1) et (n − 3) (si n > 2) survivent dans cette
somme (16) :
(n>2) (n+1)(n+2)(n+3) 3(n+1)3 3n3 n(n−1)(n−2)
† 3
= n−(n+3) + n−(n+1) + n−(n−1) + n−(n−3)
X |hm| â + â |ni|2 (15)
(n=1,2) (n+1)(n+2)(n+3) 3 3
= 3(n+1) 3n
= + +
n−m n−(n+3) n−(n+1) n−(n−1)
m6=n (n=0)
(n+1)(n+2)(n+3) 3(n+1)3
= n−(n+3) + n−(n+1)
1 2 7
= − 30 n + −
2 2
(30)
Contrairement aux cas linéaire et quadratique, même au plus bas ordre en perturbation, l’écart
entre deux niveaux consécutifs dépend de n :
" #
1 2 1 2
2 15 2 15
En (λ̃3 ) − En−1 (λ̃3 ) ≈ ~ω0 + ~ω0 λ̃3 n+ − n− = ~ω0 1 − λ̃3 n (32)
4 2 2 2
On considère une particule de masse m placée dans un puits unidimensionel paramétrisé par :
∞ pour |x| > 3|a|
0 pour a < x ≤ 3a
V (x) = avec a > 0 et V0 > 0. (33)
0 pour −3a ≤ x < −a
V0 pour −a ≤ x ≤ a
P̂ 2
V0 (x) = 0 (pour x ∈ [−3a, 3a]) et ∞ sinon.
Ĥ = + V0 (X̂) + Vbox (X̂) avec (34)
|2m {z } | {z } Vbox (x) = V0 (pour x ∈ [−a, a]) et 0 sinon.
Ĥpert
Ĥ0
5
Pour calculer les premières corrections en le paramètre V0 , on applique la même démarche que
précédemment : on résout d’abord le problème non-perturbé (états et énergies propres d’un
puits infini de largeur L centré en x = 0, d’Hamiltonien Ĥ0 ) et on traite la boîte comme une
perturbation (Ĥpert = V̂box ).
Le cas non-perturbé du puits infini a déjà été résolu dans l’exercice 5 de la série 2, pour un puits
infini en x ∈ [0, L], qu’on adapte ici avec L = 6a et x ∈ [0, L] 7→ [−3a, 3a] :
n2 π 2 ~2
(0)
Energies propres non-perturbées : En 2
avec n ∈ N∗
= (35)
72ma
r
(0) 1 nπ(x − 3a)
Etats propres non-perturbés : ϕn (x) = sin (36)
3a 6a
et l’état fondamental est donné par n = 1 :
r r
π 2 ~2
(0) (0) 1 π(x − 3a) 1 πx
En=1 = et ϕn=1 (x) = sin =− cos (37)
72ma2 3a 6a 3a 6a
Remarque 1 : V0 n’est pas un paramètre adimensionnel, il faudrait par exemple l’exprimer sous
~2
la forme V0 = ma 2 λ avec λ un paramètre adimensionnel.
Remarque 2 : Si la boîte passe de x ∈ [−a, a] à x ∈ [−3a, 3a], on se retrouve dans le cas d’un puits
infini décalé d’une énergie V0 , donc les états propres sont les mêmes que dans le cas non-perturbé
(0)
mais avec des énergies En=1 (V0 ) = En=1 + V0 . Or dans ce cas-là, la correction au premier ordre
revient à calculer
Z 3a Z 1
(0) 1 πx
En=1 (V0 ) − En=1 = 2V0 dx cos2 = V0 du [1 + cos(πu)] = V0 (39)
0 3a 6a 0
4 Atome d’hélium
a) Lorsque la répulsion électrostatique est négligée, la partie spatiale de l’état fondamental est
donnée par le produit du fondamental de chaque électron. On notera ψnlm (~r) la fonction d’onde
d’un électron dans l’état spécifié par les nombres quantiques {nlm}. Ainsi, le fondamental de
l’état conjoint d’un électron en ~r1 et de l’autre en ~r2 est φ(~r1 , ~r2 ) = ψ100 (r1 )ψ100 (r2 ) où
Z3 ~2
ψ100 (~r) = exp(−Zr/a 0 ) avec a0 = et Z = 2 pour l’hélium. (40)
πa30 me2
L’énergie du fondamental est donc la somme de l’énergie de chaque électron, lorsque la répul-
sion électrostatique est négligée. Ici, chaque électron est considéré comme indépendant et donc
Z 2 e2
équivalent à un atome hydrogénique d’énergie En = − 2a 0n
2 où Z = 2 et E∞ = 0. L’énergie non-
(0) 2 2
perturbée du fondamental de l’hélium est donc Efond = 2E1 = − Za0e .
6
b) L’Hamiltonien total (incluant la répulsion électrostatique Ŵ qui est considéré comme le
terme perturbatif) s’écrit :
On utilise la théorie des perturbations stationnaires d’un niveau non-dégénéré, au plus bas ordre
(0)
non-nul en la perturbation, pour laquelle la première correction de l’énergie du fondamental Efond
est donnée par :
e2 5 Ze2
∆Efond = hφ|Ŵ |φi = hφ(~r1 , ~r2 )| |φ(~r1 , ~r2 )i = · · · = (42)
|~r1 − ~r2 | 8 a0
c) L’énergie d’ionisation complète de l’atome d’Hélium peut ainsi être estimée, à partir de ce
(0) 2
calcul perturbatif, par Efond ≈ Efond + ∆Efond = − 11e
4a0 ≈ −74.83eV. La valeur mesurée expéri-
mentalement est de −78.8eV, soit un écart d’environ 5%.
d) D’un point de vue technique, le calcul variationnel vu dans la série 4 et le calcul perturbatif
de cet exercice-ci ne diffèrent pas beaucoup, parce qu’en l’occurrence leur point de départ est la
même fonction d’onde du fondamental non-perturbé φ(~r1 , ~r2 ) = ψ100 (r1 )ψ100 (r2 ) défini par (40).
L’approche perturbative est bien balisée une fois que l’on a identifié dans l’Hamiltonien la partie
non-perturbée Ĥ0 (dont on connaît les états et énergies propres) et la perturbation Ŵ = Ĥ − Ĥ0 .
On peut alors toujours construire un développement perturbatif en Ŵ , mais pour le contrôler
il faut identifier un “petit” paramètre (par exemple un λ adimensionnel dans Ŵ = λV̂ ) comme
dans tout développement de Taylor.
L’approche variationnelle a pour point de départ un Ansatz, en l’occurrence pour la fonction
d’onde du fondamental, qui dépend d’un ou plusieurs paramètres variationnels qu’il faut optimi-
ser. Dans la série 4, ce paramètre variationnel était le nombre de charges effectif dans le noyau Zeff
qui apparaît dans φ(~r1 , ~r2 ) et dans l’Hamiltonien complet Ĥ = Ĥ0 + Ŵ . Le principe variationnel
utilisé pour optimiser le(s) paramètre(s) variationnels de l’Ansatz est souvent la minimisation
de l’énergie variationnelle associée à l’Ansatz (qui était E(Zeff ) = hφ|Ĥ|φi dans la série 4). Si on
a deviné la bonne forme de la fonction d’onde et/ou qu’on n’a pas de bon point de départ Ĥ0 ,
l’approche variationnelle peut être un formidable raccourci de calcul, mais elle n’a par contre pas
de “petit” paramètre de contrôle.
7
5 Annexe : Perturbation quadratique du fondamental de l’oscil-
lateur harmonique 1D
5.1 Enoncé
On considère une oscillateur harmonique (unidimensionnel), initialement décrit par l’Hamiltonien habi-
tuel :
P̂ 2 1
Ĥ0 = + m ω02 X̂ 2 (43)
2m 2
avec les conventions usuelles, et dans son état fondamental |0(0) i de fonction d’onde :
m ω 1/4 mω0 x2
(0) 0
Ψ0 (x) ≡ hx|0(0) i = e− 2~ (44)
π~
On ajoute à Ĥ0 la perturbation indépendante du temps suivante (de petit paramètre perturbatif |δω0 |
1) :
1
Ĥpert = m δω02 X̂ 2 (45)
2
a) Déterminez la solution exacte du système perturbé, i.e. les énergies propres En et la fonction d’onde
du fondamental Ψ0 (x) = hx|0i.
Indication : Pensez à identifier la nouvelle pulsation du système perturbé.
b) Calculez en utilisant la théorie des perturbations stationnaires la correction jusqu’au second ordre
de l’énergie du fondamental, ainsi que la correction au plus bas ordre non nul de l’état fondamental
lui-même.
c) Comparez les résultats des points a) et b) à l’aide d’un développement de Taylor en δω0 .
5.2 Correction
On rappelle (cf. énoncé du contrôle continu 2) qu’en l’absence de perturbation, on considère un système
qui est un oscillateur harmonique unidimensionnel, de pulsation ω0 , décrit par l’Hamiltonien
P̂ 2 1
Ĥ0 = + m ω02 X̂ 2 (46)
2m 2
(0)
de valeurs propres : En = ~ω0 n + 21 qui sont les énergies associées au états propres |n(0) i . Ces
derniers peuvent être générés à partir de l’état fondamental |0(0) i de fonction d’onde
m ω 1/4 mω0 x2
(0) 0
Ψ0 (x) ≡ hx|0(0) i = e− 2~ (47)
π~
(a† )n
n o
à l’aide des opérateurs respectivement de création/annihilation a†0 , a0 via |n(0) i = √0n! |0(0) i :
r r
† mω0 i mω0 i
a0 = X̂ − P̂ , a0 = X̂ + P̂ (48)
2~ mω0 2~ mω0
a) Lorsqu’on ajoute la perturbation Ĥpert = 12 m δω02 X̂ 2 , le nouvel Hamiltonien est celui d’un même
r 2
p
oscillateur harmonique 1D, mais de pulsation ω̃ = ω0 + δω0 = ω0 1 + δω
2 2
ω0
0
:
P̂ 2 1 P̂ 2 1
+ m ω02 + δω02 X̂ 2 = + m ω̃ 2 X̂ 2
Ĥ = Ĥ0 + Ĥpert = (49)
2m 2 | {z } 2m 2
Par conséquent, tous les résultats énoncés précédemment se généralisent, avec la pulsation ω0 7→ ω̃,
et notamment les énergies propres et la fonction d’onde de l’état fondamental :
s 2
1 1 δω0
En = ~ω̃ n + = ~ω0 n + 1+ (50)
2 2 ω0
1/4 m ω 1/4 2 !1/8 mω0 x2
r
δω
2
m ω̃ ω̃x2
− m2~ 0 δω0 − 2~ 1+ ω 0
Ψ0 (x) ≡ hx|0i = e = 1+ e 0
(51)
π~ π~ ω0
8
†
et de même les opérateurs de création/annihilation
n o a , a sont obtenus en remplaçant la pulsation
ω0 7→ ω̃ dans les les opérateurs a†0 , a0 de (48), de sorte à pouvoir générer les états propres excités
† n
|ni = (a√n!
)
|0i.
Cette perturbation est un exemple typique d’un système dont on peut heureusement
obtenir la solution exacte en modifiant un unique paramètre dans l’Hamiltonien et
donc dans sa solution, en l’occurrence pour toute valeur du paramètre de la pertur-
bation δω0 .
c) En anticipant sur le point b) (afin de pouvoir s’aider des résultats obtenus dans ce point-ci), on peut
2
δω0
expliciter le développement de Taylor aux plus bas ordres en ≡ des énergies propres :
ω0
√ 2
1
En = ~ω0 n+ 1+= En(0) 1+ − 3
+ O( ) (52)
2 2 8
b) Il s’agit à présent de retrouver ces résultats par la théorie des perturbations station-
naires appliquée à la perturbation Ĥpert = 21 m δω02 X̂ 2 .
Pour rappel, si on admet qu’en modifiant un Hamiltonien par une série de corrections en un petit
paramètre λ de la forme Ĥ(λ) = Ĥ(0) + λĤ(1) + λ2 Ĥ(2) + O(λ3 ), ses valeurs {Ek } et vecteurs
propres associés {|Ψk i} peuvent être caractérisés par un développement perturbatif similaire :
(0) (1) (2)
Ek (λ) = Ek + λEk + λ2 Ek + O(λ3 ) (54)
(0) (1) (2)
|Ψk (λ)i = |Ψk i + λ|Ψk i + λ2 |Ψk i + O(λ3 ) (55)
alors il est possible d’obtenir des expressions explicites pour les premières corrections, en dévelop-
pant l’équation stationnaire Ĥ(λ)|Ψk (λ)i = Ek (λ)|Ψk (λ)i :
(0) (1) (2)
Ĥ(0) + λĤ(1) + λ2 Ĥ(2) + O(λ3 ) |Ψk i + λ|Ψk i + λ2 |Ψk i + O(λ3 )
(56)
(0) (1) (2) (0) (1) (2)
= Ek + λEk + λ2 Ek + O(λ3 ) |Ψk i + λ|Ψk i + λ2 |Ψk i + O(λ3 )
(0)
puis en identifiant les termes ordre par ordre en λ, et en appliquant enfin hΨn | pour mettre
en évidence une valeur propre donnée En (sous l’hypothèse que les valeurs propres sont
non-dégénérées), on obtient les relations suivantes :
(1) (0) (0)
Ek = hΨk |Ĥ(1) |Ψk i (57)
(2) (0) (0)
X |hΨ(0) |Ĥ(1) |Ψ(0) i|2
Ek = hΨk |Ĥ(2) |Ψk i + `
(0)
k
(0)
(58)
`6=k E k − E `
(1)
X hΨ(0) |Ĥ(1) |Ψ(0) i (0)
` k
|Ψk i = (0) (0)
|Ψ` i (59)
`6=k Ek − E`
9
Dans le cas de l’oscillateur harmonique 1D perturbé, on a {Ek , |Ψk i} ↔ {En , |ni}, l’Hamiltonien
n o
(0)
Ĥ0 = Ĥ(0) et Ĥpert = λĤ(1) , et par identification λ ≡ δω02 . Les énergies propres En étant
non-dénégérées, les expressions (57)-(59) deviennent pour l’état fondamental n = 0 :
(0)
X |hn(0) |Ĥpert |0(0) i|2
E0 ≈ E0 + h0(0) |Ĥpert |0(0) i + (0) (0)
(60)
n>0 E0 − En
(0)
X hn(0) |Ĥpert |0(0) i
Ψ0 (x) ≈ Ψ0 (x) + (0) (0)
Ψ(0)
n (x) (61)
n>0 E0 − En
n o
On commence par reformuler Ĥpert en termes des opérateurs a†0 , a0 non-perturbés :
!2 2
2~ a†0 + a0
r
1 1 1 δω0
Ĥpert = m δω02 X̂ 2 = m δω02 = ~ω0 a0 a0 + a†0 a†0 + a0 a†0 + a†0 a0
2 2 mω0 2 4 ω0
(62)
Ceci permet de calculer :
2 2
(62) 1 δω0 1 δω0
h0(0) |Ĥpert |0(0) i = ~ω0 h0(0) |a0 a†0 |0(0) i = ~ω0 (63)
4 ω0 | {z } 4 ω0
=1
2 √ 2
(62) 1 δω0 2 δω0
hn (0)
|Ĥpert |0 (0)
i = ~ω0 hn (0)
| a†0 a†0 |0(0) i = ~ω0 δn,2 (64)
4 ω0 | {z } 4 ω0
√
= 2|2(0) i
Autrement dit la correction à l’état fondamental ne fait intervenir que l’état propre
(0) (0)
|2(0) i. En utilisant enfin que E0 − En = ~ω0 21 − n − 12 = −n~ω0 , on peut à présent calculer
Le calcul de la correction de l’état fondamental lui-même est un peu plus long car il faut expliciter
(0)
Ψ2 (x) :
√ 2
2 δω0
(0) (0) ~ω
(61) (0) h2 |Ĥpert |0 i (0)
0 4 ω0 1
Ψ0 (x) ≈ Ψ0 (x) + hx|2(0) i = Ψ0 (x) + √ hx|a†0 a†0 |00 i
−2~ω0 | {z } −2~ω0 2
(0)
≡Ψ2 (x) (66)
2
(0) 1 δω0
= Ψ0 (x) − hx|a†0 a†0 |0(0) i
8 ω0 | {z }
∗
10
(0) (0) (47) (0)
Ψ0 (x) étant une gaussienne, ∂x Ψ0 (x) = − mω ~ x Ψ0 (x) et il suit :
0
h 2 2 mω0 i (0)
(0)
∂x2 Ψ0 (x) = mω ~
0
x − ~ Ψ0 (x) (68)
(0) (0)
(x∂x + ∂x x) Ψ0 (x) = 1 − 2 mω
~ x
0 2
Ψ0 (x) (69)
par conséquent
(67)
mω
0
hx|a†0 a†0 |0(0) i =
(0)
2x2 − 1 Ψ0 (x) (70)
~
et enfin :
2 " 2 #
(0) 1 δω0 1 mω0 2 δω0
hx|a†0 a†0 |0(0) i
(0)
Ψ0 (x) ≈ Ψ0 (x) − = Ψ0 (x) 1+ − x (71)
8 ω0 | {z } 8 4~ ω0
Ceci correspond bien aux corrections obtenues par un développement de Taylor en δω0 de la solution
2
exacte (52)-(53), avec = δω
ω0
0
.
11