Diabète chez l’enfant
Signes d’alerte (Circonstances de découverte)
Énurésie secondaire :
Peut être le premier signe remarqué, surtout si l'enfant a été propre auparavant.
Cétose :
Manifestations : anorexie, nausées, vomissements, douleurs abdominales.
Acidocétose :
Symptômes : déshydratation, polypnée (respiration rapide et profonde), douleurs
abdominales.
Risques : progression vers un coma ou collapsus, ce qui peut mettre en danger la vie
de l'enfant.
Chez le nourrisson :
Présence de déshydratation sans diarrhée, associée à une polyurie (augmentation des
urines) ou une diurèse conservée.
Peut également se présenter avec une mycose du siège.
Découverte fortuite :
Rarement, le diabète peut être détecté par hasard lors d'examens de routine ou d'un
bilan.
Diagnostic positif:
Syndrome cardinal (les 4P) :
Polyurie : augmentation anormale de la production d'urine.
Polydipsie : soif excessive.
Amaigrissement : perte de poids significative.
Polyphagie : augmentation de l'appétit (parfois présente).
Bandelette urinaire :
Révèle la présence de glycosurie (glucose dans les urines).
Présence de cétonurie (corps cétoniques dans les urines), confirmant le diagnostic.
Confirmation par glycémie :
Glycémie à jeun : ≥ 1,26 g/L.
Glycémie capillaire ou veineuse : ≥ 2 g/L à n’importe quel moment de la journée
Pathologies auto-immune associées: détails pas un qe
Maladie cœliaque :
C'est une intolérance permanente au gluten, une protéine présente dans certaines
céréales (blé, seigle, orge).
Associée fréquemment au diabète de type 1, elle peut entraîner des troubles digestifs
comme des diarrhées, douleurs abdominales et des retards de croissance.
Thyroïdite auto-immune :
Une atteinte de la glande thyroïde causée par une réponse immunitaire anormale
contre ses propres cellules.
Peut se présenter sous forme d'hypothyroïdie (diminution de la fonction thyroïdienne)
ou d'hyperthyroïdie (augmentation de la fonction thyroïdienne).
Anémie de Biermer :
Anémie causée par une carence en vitamine B12 due à une destruction auto-immune
des cellules de l'estomac produisant le facteur intrinsèque (nécessaire à l'absorption de
cette vitamine).
Insuffisance surrénalienne :
Aussi appelée maladie d’Addison, elle est due à une destruction auto-immune des
glandes surrénales, responsables de la production de certaines hormones (cortisol et
aldostérone).
Prise en charge thérapeutique: détails pas un qe
Prise en charge initiale :
Commence par le traitement de l’acidocétose, qui repose sur deux principes :
o Réhydratation : traitement de la déshydratation par voie parentérale.
o Insulinothérapie : administration d’insuline par voie parentérale.
Prise en charge globale :
L’approche thérapeutique est complète et comprend plusieurs volets :
Insulinothérapie : adaptation des doses d’insuline en fonction des besoins
métaboliques de l’enfant.
Nutrition : mise en place d’un régime alimentaire équilibré pour éviter les pics et
chutes de glycémie.
Activité physique : favorisation de l’exercice physique tout en surveillant les risques
d’hypoglycémie.
Éducation thérapeutique initiale et continue : formation de l’enfant et de sa famille
sur la gestion du diabète, les signes d’hypo/hyperglycémie, et l’utilisation de
l’insuline.
Soutien psychologique : accompagnement pour aider l’enfant et sa famille à vivre
avec la maladie.
Surveillance clinique:
Surveillance quotidienne :
Contrôle pluriquotidien de la glycémie capillaire.
Utilisation de bandelettes réactives pour surveiller les niveaux de glucose et la
présence éventuelle de cétones dans les urines.
Suivi trimestriel :
Dosage de l’HbA1c tous les 3 mois pour évaluer le contrôle glycémique à long terme.
Bilan annuel :
Dépistage des complications associées au diabète, comprenant :
o Bilan lipidique : recherche d’anomalies lipidiques.
o Bilan thyroïdien : dépistage de thyroïdite auto-immune.
o Microalbuminurie : évaluation de la fonction rénale.
o Examen ophtalmologique : dépistage de la rétinopathie diabétique.
Complications:
Complications aiguës :
Hypoglycémie :
o Glycémie inférieure à 0,60 g/l.
o Symptômes : pâleur, sueur, tremblement, asthénie, troubles du comportement
(agitation ou révélation nocturne).
o Signes sévères : convulsions ou coma d’installation brutale.
o Causes : retard/omission d’un repas, exercice physique intense, surdosage
d’insuline.
o Traitement : repos, apport de sucre (un morceau par 20 kg de poids) ou
injection de Glucagon en cas de perte de conscience.
Acidocétose :
o Facteurs déclenchants : infection fébrile, stress (accident), dose insuffisante
d’insuline.
o Symptômes : polypnée, odeur acétonique de l’haleine, douleurs abdominales,
vomissements (ressemblant à une gastro-entérite aiguë).
o Signes : déshydratation jusqu’au choc cardiovasculaire, troubles de conscience
(somnolence → coma).
o Diagnostic biologique : glycémie > 2,5 g/l, pH < 7,30, bicarbonate < 15
mmol/l, cétonurie > ++.
o Traitement : réhydratation (sérum salé puis glucosé) et insulinothérapie par
voie IV.
Complications chroniques :
Œil : rétinopathie diabétique.
Rein : néphropathie diabétique.
Retard de croissance :
o Retard staturo-pondéral.
o Retard pubertaire
Retard de croissance staturo-pondéral
Diagnostic:
a) Définition:
Le retard de croissance staturo-pondéral est défini par un déficit statural supérieur ou
égal à -2 déviations standards (DS) par rapport à la taille moyenne de la population de
référence
b) Évaluation d'un retard statural:
Calcul de la taille cible :
Estimation basée sur les tailles des parents pour déterminer si l’enfant est en dessous de son
potentiel génétique.
Allure de la courbe de croissance :
Étude de la courbe de croissance pour repérer des anomalies ou un changement de trajectoire.
Mesure de la vitesse de croissance :
Comparaison avec les valeurs normales pour l’âge et le sexe de l’enfant.
Détermination de l'âge osseux :
Réalisée via une radiographie de la main et du poignet gauches. L’âge osseux retardé ou non
donne des indications sur l’origine du retard.
Étude des données du carnet de santé :
Recherche d’événements passés (maladies chroniques, alimentation, etc.) pouvant expliquer
le retard de croissance
c) Examens complémentaires :
Âge osseux :
Radiographie de la main et du poignet gauche.
Un âge osseux retardé peut orienter vers :
o Hypothyroïdie,
o Maladie cœliaque,
o Déficit en hormone de croissance (GH).
Un âge osseux proche de l'âge chronologique peut indiquer :
o Retard de croissance intra-utérin (RCIU),
o Petite taille constitutionnelle,
o Dysplasie squelettique,
o Anomalie chromosomique.
Bilan biologique général :
Hémogramme, vitesse de sédimentation (VS), fer sérique, ferritine.
Bilan lipidique, calcémie, phosphorémie.
Protéine C réactive (CRP), bilan de l'hémostase.
Analyse d’urine (bandelette urinaire, urée, créatinine, réserve alcaline, pH urinaire).
Bilan thyroïdien :
Dosage des hormones T3, T4 et de la TSH.
Caryotype et marqueurs spécifiques :
Recherche d’anticorps anti-transglutaminases IgA (suspicion de maladie cœliaque).
Caryotype si suspicion d’anomalie génétique.
Explorations endocrinologiques :
Dosage de l'IGF-1.
Test de stimulation de l’hormone de croissance (GH).
Imagerie :
IRM cérébrale et hypothalamo-hypophysaire pour dépister des tumeurs ou des
malformations dans la région hypothalamo-hypophysaire
Étiologies:
1. Insuffisance thyroïdienne:
a) Signes cliniques:
Hypothyroïdie congénitale :
À la naissance :
o Discordance entre le poids et la taille.
o Ictère physiologique prolongé.
o Fontanelle antérieure large.
o Hernie ombilicale.
o Constipation (retard d'émission du méconium).
Myxœdème congénital (premiers mois) :
o Nanisme dysharmonieux.
o Excès pondéral avec abdomen distendu.
o Macroglossie.
o Peau sèche, épaissie et infiltrée.
o Retard des acquisitions psychomotrices et intellectuelles.
Hypothyroïdie acquise :
Ralentissement statural associé à une prise pondérale.
Signes cliniques inconstants : lenteur, frilosité, constipation
b) Diagnostic:
Imagerie :
Radiologie :
o Retard d’apparition des points d’ossification visible à la radiographie du genou
à la naissance.
o Présence de dysgénésie épiphysaire.
Âge osseux :
o Différences nettes : âge osseux inférieur à l’âge statural et nettement
inférieur à l’âge chronologique.
Dosages hormonaux :
T3, T4 : taux bas.
TSH :
o TSH élevée dans les hypothyroïdies primaires (atteinte au niveau de la glande
thyroïde).
o TSH basse ou normale dans les hypothyroïdies secondaires (origine
hypothalamo-hypophysaire)
c) traitement :
TTT urgent substitutif à vie
2. Déficit en hormone de croissance:
Signes cliniques du déficit en hormone de croissance (GH) :
1. Signes néonataux :
o Micropénis, hypoglycémie, ictère néonatal prolongé.
2. Morphologie typique :
o Faciès poupin.
o Front bombé.
o Ensellure nasale marquée.
o Extrémités petites.
3. Surcharge pondérale :
o Prédominance tronculaire.
4. Courbe de croissance :
o Ralentissement progressif conduisant à un changement de couloir.
5. Observation générale :
o Ces signes sont souvent inconstants, et dans de nombreux cas, le déficit
statural paraît isolé
Diagnostic du déficit en hormone de croissance (GH)
1. Dosage statique :
o Dosage de l'IGF-1 : son niveau est diminué.
2. Dosage dynamique :
o Réalisation de tests de stimulation de la GH.
o Insuffisance ou absence de sécrétion de GH observée sous stimulation.
o Un pic d’hormone de croissance < 10 ng/ml après deux tests de stimulation
confirme le diagnostic.
3. Évaluation de l'âge osseux :
o Comparaison entre âge osseux, âge statural et âge chronologique :
Âge osseux = Âge statural < Âge chronologique.
4. IRM hypothalamo-hypophysaire systématique :
o Recherche de tumeurs ou de malformations dans la région hypothalamo-
hypophysaire
3. Hypercorticisme:
Signes cliniques :
Obésité : augmentation excessive de la masse graisseuse.
Acné : éruption de boutons et de comédons, souvent sur le visage et le dos.
Hirsutisme : pilosité excessive chez la femme, dans des zones normalement
masculines (visage, thorax).
Ralentissement statural : croissance lente ou arrêt de la taille.
Prise pondérale : augmentation du poids.
Vergetures : stries sur la peau, souvent rouges ou violacées au début, dues à
une distension rapide (ex. : prise de poids).
Atrophie musculaire : réduction de la masse et de la force des muscles.
Hypertension artérielle (HTA) : élévation anormale et persistante de la
pression sanguine.
4. Diabète insulinodépendant mal équilibré, retard pubertaire
5. Syndrome de Turner:
Définition :
C'est un syndrome génétique affectant uniquement les enfants de sexe
féminin, avec un caryotype 45 X0 ou en mosaïque 45X0/46XX.
Indication pour le diagnostic :
Toute fille présentant un retard de croissance important, même s’il
semble isolé, doit être évaluée pour ce syndrome.
Signes cliniques :
1. Syndrome dysmorphique :
o Présence de pterygium coli (repli cutané au niveau du cou).
2. Retard staturo-pondéral :
o Retard de croissance intra-utérin (RCIU) à la naissance.
o Retard pubertaire.
3. Malformations viscérales :
o Malformations cardiovasculaires : coarctation de l’aorte ou
anévrisme de l’aorte (+++ fréquents).
4. Dysgénésie gonadique :
o Absence de développement normal des gonades, entraînant une
stérilité à l’âge adulte.
6. Syndrome de malnutrition ou de malabsorption:
Causes principales :
1. Carence d’apport :
o Insuffisance ou déséquilibre alimentaire.
2. Maladie cœliaque :
o Intolérance au gluten entraînant des lésions de l’intestin grêle et
une mauvaise absorption des nutriments.
7. Maladies chroniques, RCIU, maladies osseuses constitutionnelles
8. Petite taille constitutionnelle ou essentielle:
Caractéristiques :
1. Cause fréquente :
o Elle représente 70 à 80% des cas de petite taille.
o Diagnostic d’élimination après avoir écarté les autres étiologies.
2. Petite taille familiale :
o Taille de l’enfant concordante avec sa taille cible génétique
(calculée en fonction de la taille des parents).
3. Examen clinique :
o Normal, sans signe de pathologie sous-jacente.
4. Vitesse de croissance :
o Normale pour l’âge, l’enfant reste dans son couloir de croissance.
5. Âge osseux :
o Correspond à l’âge chronologique.
6. Traitement :
o Aucun traitement spécifique n’est nécessaire, car il s’agit d’une
variante normale de la croissance
Convulsion et épilepsie chez l’enfant
1) Chez le nouveau-né:
Crises occasionnelles
Les causes principales incluent :
Infectieuses : Méningite (infection des méninges) et encéphalite
(infection du cerveau), causant inflammation et convulsions.
Traumatiques : AVC et lésions ischémiques dues à un manque d'oxygène
ou saignement.
Métaboliques : Hypoglycémie (baisse du sucre) et hypocalcémie (baisse
du calcium), entraînant une instabilité neuronale.
Toxiques : Ictère nucléaire (hyperbilirubinémie sévère) et exposition à
des substances neurotoxiques.
Syndromes épileptiques
Convulsions néonatales bénignes : Crises transitoires avec bon
pronostic, parfois d'origine familiale.
Encéphalopathie épileptique : Convulsions fréquentes avec EEG anormal
("suppression burst"), souvent graves avec mauvais pronostic.
Maladies métaboliques héréditaires
Anomalies enzymatiques conduisant à une accumulation de substances toxiques
ou un déficit métabolique. Exemples : acidémies organiques, troubles du cycle
de l'urée.
2) Chez le nourrisson:
a) Crises occasionnelles
Convulsions fébriles (CF) :
1. Caractéristiques :
o Surviennent entre 3 mois et 5 ans.
o Associées à une fièvre sans infection intracrânienne.
o Ponction lombaire (PL) systématique pour exclure une méningite,
surtout avant 18 mois.
2. Étiologie :
o Fièvre d'installation brutale.
o Prédisposition génétique.
3. Causes :
o Toute maladie fébrile de l’enfant, excluant une infection du SNC.
o Exemples : infections des voies aériennes, rougeole, exanthème
subit, oreillons, varicelle.
4. Récidives :
o À court terme :
50 % des cas restent limités à une crise unique.
25 % récidivent lors d’une seconde crise.
o À long terme :
95 % des enfants deviennent asymptomatiques à l’âge
adulte.
3 % développent une épilepsie.
1 enfant sur 3 connaît au moins une récidive.
5. Traitement :
o Mise en condition (MEC) :
Position latérale de sécurité (PLS).
Monitorage et oxygénation si SaO2 < 95 %.
o Prophylaxie :
En cas de CF compliquée, traitement continu par
phénobarbital ou valproate de sodium (Dépakine).
o Antipyrétique :
Dévêtir l’enfant, administrer du paracétamol.
CF "simple" ou "bénigne" (+ fréquente)
Caractéristiques :
o Crise motrice, bilatérale, clonique ou atonique.
o Courte durée : La crise ne dépasse pas quelques minutes.
o Absence de manifestations post-critiques : Pas de symptômes
prolongés après la crise, ou ceux-ci sont très brefs.
o Chez un nourrisson ou un enfant avec un développement
psychomoteur (DPM) normal.
o Pas de spasmes ou myoclonies.
CF "compliquée", "sévère" ou "grave"
Caractéristiques :
o Crise unilatérale ou partielle.
o Présence de signes focaux.
o Durée longue : > 15 minutes.
o Répétition des crises : Survenue de plusieurs crises dans les 24
heures.
o Chez un enfant ayant un trouble du développement
psychomoteur (DPM).
Autres convulsions occasionnelles
Causes métaboliques :
o Hypoglycémie.
o Hypocalcémie (souvent due au rachitisme carentiel).
o Hypomagnésémie.
o Désordres électrolytiques.
Causes infectieuses : Méningite purulente.
Causes traumatiques : Épanchement sous-dural.
Autres causes :
o Intoxication (accidentelle ou iatrogène).
o HTA associée au syndrome hémolytique et urémique (SHU).
b) Épilepsie du nourrisson: spasmes infantiles ou Syndrome de West
● L'âge de début: 4-7 mois (< 1 an ++), prédominance masculine
Triade symptomatique :
1. Spasmes épileptiques :
o Contraction brusque, généralement bilatérale et symétrique, des muscles du
cou, du tronc et des membres (flexion en avant de la tête et des membres).
o Se répètent en salves de 20 à 30 spasmes, plusieurs fois par jour.
2. Régression psychomotrice :
o Perte des acquisitions (préhension, contact, intérêt).
o Perte de la poursuite oculaire.
3. EEG :
o L’EEG intercritique montre une hypsarythmie :
Ondes lentes et pointes lentes diffuses.
Asynchrones avec désorganisation du tracé de fond.
Étiologies:
1. Formes symptomatiques (⅔ des cas)
Ces formes sont secondaires à des causes identifiées, souvent liées à des
pathologies sous-jacentes ou des anomalies :
Sclérose tubéreuse de Bourneville : Maladie génétique associée à des
tumeurs bénignes dans divers organes, y compris le cerveau, pouvant
causer des convulsions.
Phénylcétonurie : Trouble métabolique rare qui, s’il n’est pas traité, peut
entraîner des atteintes cérébrales.
Anoxie ischémie périnatale : Détresse cérébrale causée par un manque
d'oxygène autour de la naissance.
Trisomie 21 : Anomalie chromosomique souvent associée à des
malformations cérébrales ou des troubles neurologiques.
Malformations cérébrales : Incluent des anomalies structurelles du
cerveau pouvant être congénitales ou acquises.
2. Formes primitives (⅓ des cas)
Ces formes surviennent chez des enfants initialement normaux jusqu’à
environ 6 mois, avec des examens complémentaires qui ne montrent
aucune anomalie détectable. Cela suggère une origine idiopathique ou
encore mal comprise.
Traitement proposé :
Corticoïdes : Par exemple, l’hydrocortisone ou l’ACTH (adéno-
corticotrophine) pour réduire l’inflammation cérébrale et stabiliser les
crises.
Anti-épileptiques :
o Vigabatrin : Utilisé souvent dans les spasmes infantiles liés à la
sclérose tubéreuse.
o Valproate : Antiépileptique polyvalent.
o Benzodiazépines (ex : Valium) : Utilisées pour des crises aigües
ou dans des contextes spécifiques.
3) Épilepsie de l'enfant:
Épilepsie absente infantile :
Caractéristiques :
o C'est la forme la plus bénigne des épilepsies généralisées.
o Elle survient entre 3 et 13 ans.
o Les crises consistent en des absences brèves, à début et fin
brusques.
o Ces crises sont très fréquentes et souvent favorisées par des
facteurs tels que l’émotion, le réveil, ou l’hyperpnée (respiration
rapide).
Examen EEG :
o L’EEG montre des bouffées de pointes-ondes à 3 Hz.
o Ces bouffées sont généralisées, régulières, avec un début et une
fin brusques.
Traitement :
o Le traitement repose sur le valproate de sodium en première
intention.
o En alternative, on peut utiliser l'éthosuximide.
Évolution :
o L’évolution est généralement favorable.
Épilepsie partielle bénigne à pointes centro-temporales :
Il s'agit d'une autre forme d'épilepsie pédiatrique bénigne.
Si vous souhaitez des détails supplémentaires, je peux continuer à
développer ce point !
4) Épilepsie de l’adolescent :
1. Grand mal du réveil :
o Crises tonico-cloniques généralisées survenant au réveil.
o Déclenchées par privation de sommeil, alcool ou stress.
o EEG : Bouffées de pointes-ondes généralisées.
o TTT : Valproate de sodium.
2. Épilepsie myoclonique juvénile :
o Secousses myocloniques bilatérales au réveil, parfois associées à des
crises généralisées.
o Déclenchées par privation de sommeil ou lumières clignotantes.
o EEG : Pointes-ondes rapides généralisées (3-6 Hz).
o TTT : Valproate de sodium, alternatives : lévétiracétam,
lamotrigine.
Évolution : souvent au long cours.
5) Traitement des convulsions :
1. Premier geste à effectuer :
Mesure de la glycémie pour éliminer une hypoglycémie, cause fréquente
et réversible.
2. Au cours de la crise :
Position latérale de sécurité (PLS) : pour éviter l’inhalation ou
l’étouffement.
Découvrir l’enfant : pour prévenir ou gérer l’hyperthermie associée.
Administration de Diazépam (Valium) :
o Posologie : 0,5 mg/kg par voie intra-rectale.
3. Traitement de la cause :
Fièvre : antipyrétiques.
Hypoglycémie : perfusion de glucose.
Hypocalcémie : administration de calcium.
4. Crise persistante (>30 min) :
Cela définit un état de mal convulsif nécessitant une prise en charge
spécialisée :
o Administration IV répétée de diazépam ou autre antiépileptique
(phénobarbital, phénytoïne).
o Hospitalisation en urgence pour stabilisation.
Paralysies flasques aiguës
1) Principales caractéristiques cliniques des principales étiologies des PFA:
SGB (Syndrome de Guillain-Barré)
PAA (Poliomyélite antérieure aiguë)
MA (Myélopathies aiguës)
PN (Polynévrite)
2) Syndrome de Guillain Barré:
Définition :
Polyradiculonévrite démyélinisante inflammatoire aiguë.
Étiologie fréquente : polynévrite.
Étiologies :
Infections virales ou bactériennes :
o Viral : CMV, EBV, virus coxsackie.
o Bactérien : Mycoplasma pneumoniae, Campylobacter jejuni.
Peut survenir après une vaccination.
Tableau clinique :
Paralysie flasque ascendante :
o Symétrique, débutant aux membres inférieurs (MI), progressant
vers les membres supérieurs (MS).
Complication respiratoire :
o Atteinte des muscles respiratoires, indiquant un mauvais
pronostic.
Phases d’évolution :
1. Phase prodromique : Symptômes bénins initiaux (ex. : paresthésies,
douleurs).
2. Phase d’extension : Progression des paralysies flasques.
3. Phase de plateau : Stabilisation des symptômes.
4. Phase de récupération : Survient entre 1 et 6 mois.
Examens complémentaires :
LCR (ponction lombaire) :
o Protéinorachie élevée (0,8 à 2 g/L).
o Réaction cellulaire nulle ou faible : dissociation albumino-
cytologique.
Traitement spécifique :
Immunoglobulines intraveineuses.
Échanges plasmatiques (plasmaphérèse).
3) Les autres paralysies flasques de l’enfant:
Poliomyélite antérieure aiguë :
Paralysie flasque asymétrique, souvent permanente.
Associée à un syndrome infectieux, ce qui la différencie des autres PFA.
Polyneuropathies secondaires (plus rares chez l’enfant) :
Causes métaboliques : diabète.
Causes médicamenteuses : isoniazide (INH), sels d’or.
Causes toxiques : intoxication par le plomb, le mercure ou l’arsenic.
Causes carentielles : déficit en vitamines B (notamment B1 et B12) ou
malabsorption.
Causes infectieuses : infection par le VIH.
Myélopathies aiguës inflammatoires :
Origines microbiennes, virales, toxiques, ou médicamenteuses.
Peut s’accompagner de troubles sensitifs ou végétatifs.
Myélopathies compressives :
Tumeurs : atteintes compressives de la moelle.
Abcès : infections pouvant exercer une compression.
Neuroblastome : tumeur maligne fréquente chez l’enfant pouvant causer
des compressions médullaires.
4) Conduite à tenir devant une PFA:
Hospitalisation immédiate :
Tous les cas de PFA nécessitent une prise en charge en milieu hospitalier.
Dclaration obligatoire :
Les PFA doivent être déclarées aux autorités de santé pour assurer une
surveillance épidémiologique.
Cela permet de rechercher des causes infectieuses comme la poliomyélite.
Anamnse et examen clinique :
Rechercher :
o L’état vaccinal de l’enfant.
o Les antécédents médicaux et maladies préexistantes.
o Les symptômes associés (syndrome infectieux, troubles sensitifs,
etc.).
Examens paracliniques :
Prélèvements biologiques :
o Prélèvement pharyngé et des selles : recherche du poliovirus.
Électromyogramme (EMG) :
o Permet d’identifier le niveau d’atteinte nerveuse et d’évaluer le
pronostic.
Ponction lombaire (LCR) :
o Aide à différencier les étiologies :
Syndrome de Guillain-Barré (SGB) : dissociation
albumino-cytologique.
Poliomyélite : hyperlymphocytose et albuminorachie
modérée.
Myélopathies aiguës : hypercytose modérée avec
albuminorachie modérée.
Polyneuropathies : lymphocytose modérée avec
albuminorachie inconstante.
Anémies chez l’enfant
1. Diagnostic positif:
Interrogatoire :
Permet de relever les signes fonctionnels de l’anémie (fatigue,
pâleur, essoufflement).
Oriente vers une étiologie probable en fonction des antécédents
ou des habitudes alimentaires.
Diagnostic de certitude :
Basé sur l’hémogramme, qui inclut :
o Volume globulaire moyen (VGM) :
Anémie microcytaire : VGM < 80 µ³.
Anémie macrocytaire : VGM > 95 µ³.
Anémie normocytaire : 80 µ³ ≤ VGM ≤ 95 µ³.
o Teneur corpusculaire moyenne en hémoglobine
(TCMH) :
Anémie hypochrome : TCMH < 27 pg.
Anémie normochrome : TCMH ≥ 27 pg.
o Réticulocytes :
Régénérative : ≥ 120 000/mm³.
Arégénérative : < 120 000/mm³
2. Syndrome anémique:
Principaux signes :
1. Pâleur cutanéo-muqueuse :
o La manifestation la plus fréquente, visible sur la peau, les
muqueuses buccales et conjonctivales.
2. Asthénie :
o Fatigue générale, manque d'énergie.
3. Dyspnée d’effort :
o Difficulté à respirer lors d'une activité physique.
4. Tachycardie :
o Accélération du rythme cardiaque pour compenser le manque
d'oxygène.
5. Hypotension :
o Chute de la pression artérielle, surtout dans les anémies aiguës.
Autres signes associés :
Céphalées : maux de tête fréquents.
Lipothymie : sensation de malaise ou évanouissement.
Oligurie : diminution de la quantité d’urine, souvent en cas d’anémie
aiguë (ex. : hémorragie).
3. Signes accompagnateurs:
Anémie hémolytique :
Ictère : coloration jaune de la peau et des muqueuses due à
l’hyperbilirubinémie.
Splénomégalie (SMG) : augmentation du volume de la rate.
Insuffisance médullaire :
Hémorragies : saignements spontanés.
Fièvre : souvent liée à des infections secondaires dues à une
pancytopénie.
Carence en fer :
Troubles des phanères :
o Ongles striés.
o Cheveux cassants.
Anémie liée à la chronicité :
Ralentissement de la croissance staturo-pondérale : retard de
croissance observé chez les enfants atteints de maladies chroniques.
Autres signes :
Adénopathies (ADP) : ganglions lymphatiques hypertrophiés.
Hépatomégalie (HMG) : augmentation du volume du foie.
4. Signes de mauvaise tolérance
Signes cardio-respiratoires variables :
Dyspnée d’effort.
Tachycardie.
Souffle systolique anorganique.
Cardiomégalie, signes d’insuffisance cardiaque (IC).
Signes d’anoxie cérébrale :
Céphalées.
Vertiges.
Acouphènes (bourdonnements ou sifflements dans les oreilles)
Anémie aiguë :
Collapsus (chute brutale de la tension artérielle).
Troubles de conscience.
Agitation anoxique.
5. Principales étiologies:
1. Définir le type d'anémie
On commence par analyser le volume des globules rouges (VGM) :
Microcytaire (globules rouges plus petits que normal)
Normocytaire (taille normale)
Macrocytaire (globules rouges plus grands que normal)
2. Microcytaire (petits globules rouges)
Si le fer est bas et la ferritine basse → Carence en fer (cause fréquente
: saignement chronique, apport insuffisant).
Si le fer est normal mais des anomalies spécifiques (ex. ferritine élevée)
→ Anémie inflammatoire ou troubles comme la bêta-thalassémie.
3. Normocytaire (taille normale)
On vérifie si la moelle osseuse produit bien des globules rouges :
Régénérative (bonne production) : Souvent dû à une hémorragie aiguë
ou une destruction des globules rouges (hémolyse, comme dans la
drépanocytose).
Arégénérative (production insuffisante) : Problème dans la moelle
osseuse (aplasie médullaire, cancer, etc.).
4. Macrocytaire (globules rouges plus grands)
Carence en vitamines (B12, folates) : Fréquent, surtout en cas de
malnutrition ou absorption réduite.
Si non dû à une carence : Problème médullaire comme une
myélodysplasie ou hypothyroïdie.
Étiologies:
1. Besoins physiologiques accrus
Prématurité : Les réserves de fer sont insuffisantes dès la naissance. La
prévention doit être systématique.
Périodes de croissance rapide :
o Les 2 premières années de vie.
o La puberté (augmentation des besoins en fer pour soutenir la
croissance).
2. Carence d’apport ou assimilation réduite
Régime pauvre en fer :
o Erreurs alimentaires (régimes déséquilibrés, diversification
alimentaire retardée).
Malabsorption du fer :
o Syndrome cœliaque.
o Chirurgie gastrique.
o Pica-Sd (trouble de l'alimentation).
o Entéropathie au lait de vache (inflammation de l’intestin liée au
lait de vache).
3. Hémorragies (pertes chroniques de sang)
Avant la naissance : Hémorragies fœtales.
Période néonatale et accouchement : Perte de sang à ce moment
critique.
Hémorragies digestives :
o Œsophagite, ulcères, maladies chroniques de l’intestin, polypes,
angiomes.
Parasites intestinaux : Ankylostomes, schistosomes (responsables de
pertes de sang prolongées).
Causes iatrogènes :
o Répétitions de prélèvements sanguins (souvent chez les
nourrissons).
Clinique
Les signes observés chez une personne présentant une carence en fer sont :
Glossite : Inflammation de la langue (douleur, rougeur).
Perlèche : Fissures ou crevasses au coin des lèvres.
Retard staturo-pondéral : Retard de croissance ou de prise de poids,
surtout chez les enfants.
Diagnostic
Examen biologique (hémogramme) :
Anémie hypochrome microcytaire hyposidérémique (globules rouges
petits, peu colorés, avec une baisse du fer sérique).
Fer sérique :
Sidérémie basse : < 10 µmol/L.
Capacité totale de fixation de la transferrine (CTF) : Augmentée (le corps
cherche à transporter plus de fer).
Coefficient de saturation de la transferrine : Diminué (moins de fer
disponible).
Ferritine sérique :
La ferritine basse est un des premiers indicateurs d’une carence
martiale.
Entre 6 mois et 2 ans, le taux normal est d’environ 30 ng/mL.
Traitement
Supplémentation en fer :
Voie orale (+++) : La plus utilisée (sels de fer).
Voie intraveineuse : Rare, réservée aux cas graves ou malabsorption.
Contrôle de l’efficacité :
Taux de réticulocytes : Permet de vérifier que le traitement fonctionne
dès la 1ère semaine (augmentation des réticulocytes = "crise
réticulocytaire").
Posologie :
Sels de fer per os : 5 à 10 mg/kg/j.
Le traitement est poursuivi 2 mois pour reconstituer les réserves de fer
après correction de l’anémie.
Anémies hémolytiques corpusculaires
constitutionnelles
1) Manifestations communes :
Anémie : Baisse de l’hémoglobine dans le sang.
Ictère : Jaunissement de la peau et des yeux.
Splénomégalie : Augmentation de la taille de la rate.
Réticulocytose élevée : Production excessive de globules rouges
immatures.
2) Signes biologiques d’hémolyse :
Réticulocytes : Normaux ou élevés, indiquent une réponse de la moelle
osseuse.
Sidérémie et ferritinémie : Élevées, montrent une libération accrue de
fer.
Bilirubine libre : Élevée, témoigne de la destruction des globules rouges.
Haptoglobine : Basse, car consommée lors de l’hémolyse.
LDH : Élevés, enzyme libérée par les globules rouges détruits.
3) Anomalie de la membrane (maladie de MINKOWSKI
CHAUFFARD):
Une maladie héréditaire causée par une anomalie des protéines de la membrane des
globules rouges, rendant ces cellules plus fragiles et susceptibles d’être détruites.
Manifestations communes :
Transmission autosomique dominante (75 % des cas) : Maladie
héréditaire transmise par un parent porteur.
Se révèle à n'importe quel âge : Peut apparaître à tout moment de la vie.
Clinique :
o Anémie : Baisse des globules rouges.
o Ictère : Jaunissement de la peau et des yeux.
o Splénomégalie (SMG) énorme : Rate très augmentée de taille.
Signes biologiques d’hémolyse :
Résistance osmotique diminuée : Les globules rouges éclatent plus
facilement dans des solutions hypotoniques.
4) Anomalies de l’hémogramme :
a) Thalassémie homozygote ou maladie de Cooley (majeure) :
Diagnostic : Habituellement entre 6 mois et 2 ans.
Complications : Retard de croissance et de poids (staturo-pondéral).
Bilan :
o Anémie hypochrome microcytaire : Globules rouges pâles et plus
petits que la normale.
o Réticulocytose : Normale ou augmentée.
o Ferritinémie élevée : Reflète une surcharge en fer.
o Électrophorèse de l’hémoglobine : Diagnostic en montrant un
profil anormal d’hémoglobine.
Traitement :
o Transfusions régulières : Maintenir l’hémoglobine > 10 g/dl.
o Greffe de moelle osseuse : Seul traitement curatif.
b) Drépanocytose ou anémie falciforme (forme homozygote SS) :
Transmission : Autosomique récessive.
Clinique :
o Crises douloureuses vaso-occlusives : Obstruction des petits
vaisseaux.
o Splénomégalie modérée : Présente jusqu’à 5 ans, puis la rate
diminue de taille (involution).
o Infections fréquentes : Susceptibilité accrue aux germes
encapsulés.
Bilan :
o Frottis sanguin : Présence de globules rouges falciformes.
o Électrophorèse de l’hémoglobine : Confirme le diagnostic en
montrant Hb S (> 90 %).
5) Enzymopathies érythrocytaires: Le déficit en G6PD:
Manifestations communes :
Transmission : Maladie héréditaire liée au chromosome X (récessive).
Déclenchement : Survient après ingestion de fèves (favisme) ou
exposition à des médicaments oxydants.
Splénomégalie (SMG) modérée : Rate légèrement augmentée de taille.
Signes biologiques d’hémolyse :
Crise hémolytique aiguë : Destruction rapide des globules rouges.
Traitement :
Transfusion : Nécessaire en cas de déglobulisation sévère (anémie
importante).
Traitement symptomatique : Pour gérer les symptômes associés à la
crise.
Purpura chez l’enfant
1. Hémogramme :
Taux normal de plaquettes : Entre 150 000 et 300 000 - 400 000
éléments/mm³.
Manifestations hémorragiques : Apparaissent si les plaquettes
descendent en dessous de 50 000 éléments/mm³.
Risque hémorragique spontané grave (hémorragie cérébrale) : Si les
plaquettes sont inférieures à 20 000 éléments/mm³
2. Purpura thrombopénique: Thrombopénie =
taux de plaquettes < 150.000 e/mm³
A. Purpura thrombopénique immunologique ou thrombopénie
immune:
Définition :
Le PTI est une pathologie caractérisée par une baisse du taux de plaquettes (<150
000/mm³), d'origine immunologique. Il s'agit de la cause la plus fréquente de purpura
thrombopénique chez l'enfant.
Épidémiologie :
Plus fréquent chez les enfants âgés de 1 à 7 ans, avec un pic vers 5 ans.
Clinique :
Début brutal souvent après une infection virale ou de façon plus insidieuse.
Apparition d’un purpura pétéchial ou ecchymotique principalement cutané, parfois
muqueux.
D'autres localisations hémorragiques peuvent être présentes (saignements des
gencives, épistaxis).
La présence de bulles hémorragiques est un facteur de gravité.
L’hémorragie cérébrale est la complication la plus redoutée, bien que rare.
Examen clinique généralement normal en dehors des signes cutanéo-muqueux.
Bilan biologique :
NFS et frottis sanguin : essentiels pour confirmer la thrombopénie et en évaluer la
profondeur.
Myélogramme (ponction de moelle osseuse) : montre une moelle normale, confirmant
l'origine périphérique de la thrombopénie.
Hémostase normale sauf un temps de saignement (TS) allongé.
Traitement (TTT) :
Guérison spontanée ou avec traitement dans 80 % des cas en moins de 6 mois.
Forme aiguë : le traitement dépend de la sévérité :
o Abstention thérapeutique si pas de syndrome hémorragique sévère et
plaquettes > 30 000/mm³.
o Corticothérapie en cas de syndrome hémorragique marqué.
o Perfusion d’immunoglobulines IV si besoin urgent de correction rapide (ex :
hémorragie grave).
o Transfusion plaquettaire : réservée aux situations exceptionnelles
(hémorragie cérébrale).
o Éviter les AINS, l’aspirine et les injections IM qui peuvent aggraver le
saignement.
o Le traitement est indiqué Syndrome hémorragique marqué ou taux de
plaquettes < 20 000 /mm
B. Thrombopénies centrales ou par insuffisance de production
médullaire:
Définition :
Il s'agit d’une thrombopénie due à une diminution de la production des plaquettes
par la moelle osseuse.
Cette diminution est liée à une baisse du nombre de mégacaryocytes dans la moelle
osseuse.
Caractéristiques :
Peut être associée à une atteinte des autres lignées hématopoïétiques (globules
rouges et blancs), ce qui traduit une atteinte médullaire globale.
Souvent accompagnée de signes cliniques plus généraux (anémie, infections) en cas de
pancytopénie.
Principales causes :
Envahissement médullaire :
o Leucémies aiguës : prolifération de blastes qui envahissent la moelle et
inhibent la production normale des cellules sanguines.
Aplasies médullaires :
o Insuffisance sévère de la moelle osseuse à produire des cellules sanguines,
d'origine idiopathique, virale, médicamenteuse, toxique, etc.
Syndrome de Wiskott-Aldrich :
o Maladie génétique rare associant une thrombopénie, des infections répétées
(immunodéficience) et de l'eczéma.
Bilan biologique : pas qe
Myélogramme : montre une hypocellularité ou un envahissement anormal de la
moelle osseuse.
NFS : révèle souvent des anomalies des autres lignées (anémie, neutropénie).
Prise en charge :
Dépend de la cause :
o Chimiothérapie pour les leucémies.
o Immunosuppresseurs ou greffe de moelle pour les aplasies sévères.
o Traitement symptomatique pour les syndromes génétiques (transfusions,
antibioprophylaxie).
3. Purpuras vasculaires :
Caractéristique principale :
Ils ne comportent pas de troubles majeurs de l’hémostase.
1) Purpura fulminans (méningococcémie)
Description :
o Purpura très fébrile, d'extension rapide.
Signes associés :
o Syndrome méningé : raideur de la nuque, céphalées intenses, vomissements
en jet.
o Troubles hémodynamiques : hypotension, signes de choc.
o Troubles de conscience : somnolence, confusion, voire coma.
o Hyper ou hypothermie.
Complication redoutée :
o Il s'agit d'une urgence médicale absolue nécessitant un traitement rapide pour
prévenir une issue fatale.
2) Purpura rhumatoïde ou Syndrome de Schönlein-Henoch (PSH)
Épidémiologie :
o Survient surtout chez l’enfant de 2 à 7 ans.
Tableau clinique :
o Signes cutanés : purpura déclive, habituellement pétéchial, des deux membres
inférieurs, évoluant par poussées, aggravé par l'orthostatisme.
o Signes articulaires : atteinte bilatérale et symétrique des grosses articulations,
fugace, sans séquelles.
o Signes digestifs : douleurs abdominales (avec ou sans vomissements),
hémorragies digestives, risque de complications chirurgicales comme
l’invagination intestinale aiguë, occlusion, ou perforation.
o Atteinte rénale : peut survenir dans le premier mois, associant hématurie et/ou
protéinurie, rarement syndrome néphrotique ou insuffisance rénale.
Complications à redouter :
o Atteinte digestive sévère.
o Atteinte rénale, qui conditionne le pronostic à long terme.
Diagnostic :
o Clinique : pas d'examens complémentaires spécifiques.
Traitement :
o Symptomatique : repos au lit lors des poussées, prise en charge des douleurs
abdominales et des atteintes articulaires.
3) Œdème aigu hémorragique du nourrisson
Épidémiologie :
o Survient chez le nourrisson de 5 à 24 mois.
Clinique :
o Syndrome fébrile avec éruption ecchymotique en cocarde.
o État général conservé malgré l’aspect impressionnant des lésions.
o Œdème douloureux du visage et des extrémités.
o Respect des muqueuses (pas d’atteinte des muqueuses buccales ou génitales).
Évolution :
o Bénigne, régression spontanée en quelques jours à semaines.
Traitement :
o Symptomatique uniquement.
Cancers de l’enfant
1. Les cancers les plus fréquents :
o Leucémies aiguës : représentent la majorité des cas.
o D’autres types incluent les tumeurs cérébrales, les lymphomes, les
neuroblastomes, etc.
2. Signes cliniques :
o Aucun signe clinique n’est spécifique.
o Les symptômes peuvent être variés selon la localisation : fatigue, pâleur,
douleurs osseuses, fièvre inexpliquée, adénopathies, etc.
3. Diagnostic :
o Le diagnostic précoce améliore considérablement le pronostic.
o Nécessite des examens biologiques (hémogramme, myélogramme) et
d’imagerie médicale.
4. Traitement :
o L'arme thérapeutique principale est la chimiothérapie.
o Selon le type de cancer, on peut associer la chirurgie, la radiothérapie, ou des
thérapies ciblées.
5. Pronostic :
o Le pronostic est généralement bon, surtout avec un diagnostic précoce et une
prise en charge adaptée.
o Certains cancers de l’enfant ont des taux de guérison très élevés.
6. Suivi :
o Le suivi est à long terme pour surveiller les séquelles liées à la maladie ou aux
traitements : troubles de croissance, complications cardiaques, troubles
cognitifs, etc
Leucémie aiguë
1) Épidémiologie :
La fréquence varie selon le type :
o Leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) : 75% des cas.
o Leucémie aiguë myéloblastique (LAM) : 15-20% des cas (inversé chez
l'adulte).
Elle peut toucher les deux sexes et tous les âges, y compris à la naissance.
2) Aspects cliniques :
Signes d’insuffisance médullaire :
Syndrome anémique : pâleur, asthénie, fatigabilité, dyspnée d’effort, tachycardie,
souffle systolique de pointe.
Syndrome infectieux : fièvre persistante sans cause évidente.
Syndrome hémorragique cutanéomuqueux : purpura pétéchial.
Syndrome tumoral :
Adénopathies : superficielles (cervicales) ou profondes (médiastinales, abdominales).
Splénomégalie et/ou hépatomégalie.
Infiltration des organes extra-hématopoïétiques : un examen des testicules est
indispensable.
Douleurs osseuses et articulaires :
o Type inflammatoire, spontanées et provoquées par la pression des os
(membres, rachis).
Syndrome de leucostase :
Se rencontre dans les formes très hyperleucocytaires.
Peut entraîner des manifestations pulmonaires et neurologiques
3) Bilan d'une leucémie aiguë
➢ Bilan à visée diagnostique :
Hémogramme (examen d’orientation, mais ne permet pas la confirmation) :
o Anémie normochrome normocytaire non régénérative (88% des cas).
o Thrombopénie quasi-constante (75% des cas).
o Taux de GB pouvant être normal, diminué ou augmenté.
o Quel que soit le taux de GB, le taux de PNN est toujours effondré.
o Présence possible de blastes sur le frottis sanguin (blastose périphérique).
Myélogramme (élément clé confirmant le diagnostic) :
o Infiltration de la moelle osseuse par plus de 25% de cellules blastiques.
o Identification du type de leucémie (LAL ou LAM) par cytochimie (MPO =
myéloperoxydase).
➢ Bilan à visée pronostique (bilan d'extension) :
Radiographie du thorax : recherche d’une éventuelle masse médiastinale.
Échographie abdominale : exploration d’une atteinte hépatosplénique ou
ganglionnaire.
Étude du LCR (ponction lombaire) : recherche d’une atteinte méningée.
Caryotype des blastes (étude cytogénétique) : analyse des anomalies
chromosomiques.
Biologie moléculaire (étude des blastes) : identification de mutations génétiques
spécifiques
4) Conduite à tenir thérapeutique (CAT thérapeutique) :
➢ Traitement principal :
Le traitement repose sur la chimiothérapie, qui est adaptée en fonction du type de
leucémie (LAL ou LAM).
Objectif : éliminer les cellules leucémiques et obtenir une rémission complète.
➢ Prise en charge des urgences vitales :
Certains patients présentent des complications graves nécessitant une prise en
charge rapide :
o Syndrome de lyse tumorale : destruction rapide des cellules leucémiques →
hyperuricémie, hyperkaliémie, hyperphosphorémie → risque d'insuffisance
rénale → hyperhydratation et allopurinol pour prévention.
o Syndrome cave supérieur : compression médiastinale par des adénopathies
→ détresse respiratoire → corticothérapie et oxygénothérapie.
o Leucostase pulmonaire ou cérébrale : due à une hyperleucocytose massive →
hypoxie, détresse respiratoire, troubles neurologiques → leucaphérèse
(élimination des GB en excès).
o CIVD (Coagulation Intravascuaire Disséminée) : activation anormale de la
coagulation → hémorragies et thromboses → transfusion de plasma frais
congelé et plaquettes.
o Syndrome infectieux sévère : aplasie médullaire entraînant une
immunodépression → antibiothérapie large spectre en urgence.
➢ Mesures adjuvantes :
Hyperdiurèse alcaline : prévention des complications rénales liées à la lyse tumorale
en alcalinisant les urines et augmentant la diurèse.
Soins de bouche : prévention des mucites dues à la chimiothérapie.
Prévention et traitement des infections : antibiothérapie, antifongiques, isolement si
nécessaire.
Soutien psychologique et social : accompagnement du patient et de sa famille dans
la maladie.
➢ Transfusions :
Concentrés érythrocytaires : en cas d’anémie sévère.
Concentrés plaquettaires : en cas de thrombopénie pour prévenir le risque
hémorragique.
➢ Corticothérapie
Utilisée pour réduire rapidement la masse tumorale dans certaines formes de LAL,
notamment en présence d’une atteinte médiastinale.
5) Formes pronostiques
➢ Facteurs de bon pronostic :
Nombre initial de globules blancs bas (< 50 000/mm³) → meilleure réponse au
traitement.
Âge compris entre 1 et 10 ans → meilleure tolérance et efficacité du traitement.
Sous-type de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) pré-B ou pré-B précoce →
évolution plus favorable.
Hyperdiploïdie (> 50 chromosomes) → meilleure réponse au traitement.
Présence de la translocation t(12;21) → pronostic favorable.
➢ Facteurs de mauvais pronostic :
Nombre initial de GB élevé (> 50 000/mm³) → risque plus élevé de rechute.
Âge < 1 an ou > 10 ans → moins bonne réponse à la chimiothérapie.
Atteinte du SNC au diagnostic → dissémination plus difficile à traiter.
Sous-type LAL à cellules T → évolution plus agressive.
Hypodiploïdie (< 45 chromosomes) ou haploïdie (23 chromosomes) → moins bon
pronostic.
Présence de translocations défavorables : t(9;22) (chromosome Philadelphie),
t(1;19) ou t(4;11) → résistance au traitement.
Réponse lente à la chimiothérapie → patients qui ne sont pas en rémission à la fin
de l’induction