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Livre 91

Le mémoire présente la conception d'un filtre à eau domestique en céramique, utilisant un mélange d'argile, de sciure de bois et de pouzzolane, visant à traiter l'eau de puits à Madagascar. L'étude se divise en trois parties : une synthèse bibliographique sur les techniques de traitement de l'eau, une description des matériaux et méthodes utilisés, et une analyse des résultats obtenus. L'objectif est de garantir une eau potable conforme aux normes de qualité recommandées par l'État malgache.
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Le mémoire présente la conception d'un filtre à eau domestique en céramique, utilisant un mélange d'argile, de sciure de bois et de pouzzolane, visant à traiter l'eau de puits à Madagascar. L'étude se divise en trois parties : une synthèse bibliographique sur les techniques de traitement de l'eau, une description des matériaux et méthodes utilisés, et une analyse des résultats obtenus. L'objectif est de garantir une eau potable conforme aux normes de qualité recommandées par l'État malgache.
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UNIVERSITE D’ANTANANARIVO

INSTITUT D’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

D’ANTSIRABE-VAKINANKARATRA

MENTION GENIE INDUSTRIEL

PARCOURS GENIE DES PROCEDES CHIMIQUES ET INDUSTRIELS

MEMOIRE DE FIN D’ETUDES EN VUE DE L’OBTENTION DU DIPLOME DE


MASTER TITRE D’INGERNIEUR EN GENIE DES PROCEDES CHIMIQUES ET
INDUSTRIELS

INTITULE :

« CONCEPTION DE FILTRE A EAU DOMESTIQUE, EN


CERAMIQUE AVEC DE L’ARGILE, DE LA SCIURE DE BOIS ET
DE LA POUZZOLANE ».

Présenté par : RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya

Soutenu le : 01 février 2022


UNIVERSITE D’ANTANANARIVO

INSTITUT D’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

D’ANTSIRABE-VAKINANKARATRA

MENTION GENIE INDUSTRIEL

PARCOURS GENIE DES PROCEDES CHIMIQUES ET INDUSTRIELS

MEMOIRE DE FIN D’ETUDES EN VUE DE L’OBTENTION DU DIPLOME DE


MASTER TITRE D’INGENIEUR EN GENIE DES PROCEDES CHIMIQUES ET
INDUSTRIELS

INTITULE :

« CONCEPTION DE FILTRE A EAU


DOMESTIQUE, EN CERAMIQUE AVEC DE
L’ARGILE, DE LA SCIURE DE BOIS ET DE LA
POUZZOLANE ».

Présenté par : RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya


Soutenu le : 01 février 2022

Membres de jury :
Président : Professeur RAKOTOSAONA Rijalalaina
Encadreur : Docteur RATSIMBA Marie Hanitriniaina
Examinateurs : Docteur RAKOTONDRAMANANA Samuel
Docteur RABIBISOA Daniel
Docteur RABEHARITSARA Andry Tahina
Madame RANAIVOSON Sahondra Olga
REMERCIEMENTS
Tout d’abord, je remercie Dieu tout puissant qui m’a donné la force, le
courage et la santé de mener à terme ce travail.

J’exprime mes vifs remerciements à tous ceux qui ont contribué de près
ou de loin à la réalisation de ce présent mémoire, en particulier :

 Professeur RAKOTOSAONA Rijalalaina, Directeur de l’Ecole


Supérieure Polytechnique d’Antananarivo d’avoir bien voulu accepter de
présider ce mémoire
 Docteur RANAIVOSON Elie Responsable de la Mention Génie
Industriel, et Professeur RANDRIANA Nambinina Richard Fortuné,
Responsable du Parcours Génie des Procédés Chimiques et
Industriels qui m’ont permis de présenter ce mémoire.
 Docteur RAKOTONDRAMANANA Samuel, Docteur RABIBISOA Daniel,
Docteur RABEHARITSARA Andry Tahina et Madame RANAIVOSON
Sahondra Olga pour l’honneur qu’ils m’ont fait d’avoir accepté de siéger
parmi les membres de jury ;
 Docteur RATSIMBA Marie Hanitriniaina, mon encadreur de m’avoir
dirigée et aidée tout au long de mes travaux de recherche ;
 Tous les Enseignants de la Mention Génie des Procédés Chimiques et
Industriels pour nous avoir donnés des connaissances nécessaires à
notre formation ;
 Tout le Personnel du Laboratoire Génie des Procédés Chimiques et
Industriels, pour leur aide et collaboration ;
 Tout le Personnel du Laboratoire Qualité Eau de la JIRAMA
Mandroseza pour leur assistance et conseil durant mon stage
 Mes Parents pour leur soutien moralement et financièrement durant
mes années d’études ;

 Toute ma famille, mes amis pour leurs aides et les marques d’amitié
qu’ils ont témoignés.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya i


SOMMAIRE
INTRODUCTION
Partie I : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
Chapitre I : LES TECHNIQUES DE TRAITEMENT DE L’EAU A
DOMICILE
Chapitre II : GENERALITES SUR LES MATIERES PREMIERES
Chapitre III : GENERALITES SUR L’EAU DE PUITS
Partie II : MATERIELS ET METHODES
Chapitre IV : MATERIELS ET MATERIAUX NECESSAIRES
Chapitre V : METHODES DE CONCEPTION DE FILTRE
Partie III : RESULTATS ET DISCUSSIONS
Chapitre VI : RESULTATS ET INTERPRETATIONS
Chapitre VII : DISCUSSIONS ET RECOMMANDATIONS
Chapitre VIII : IMPACTS SOCIO-ECONOMIQUES ET
ENVIRONNEMENTAUX
CONCLUSION

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya ii


GLOSSAIRE

Membrane : barrière permsélective qui réduit le transfert d’un soluté par rapport
à un autre.

Perméabilité : rapport entre le débit d’eau traversant la membrane par unité de


sa surface, divisée par la pression transmembranaire.

Perméat: fluide qui s’écoule à travers la membrane.

Retentat (concentrat) : fluide qui est retenu par la membrane.

Sélectivité : processus permettant à la membrane de séparer les solutés.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya iii


LISTE DES FIGURES
Figure 1: Mode de fonctionnement de la filtration tangentielle [Centre Québécois de
Valorisation des biotechnologies.] .............................................................................................. 5
Figure 2:Courbe de débit de perméation en fonction du temps [Centre Québécois de
Valorisation des biotechnologies.] .............................................................................................. 6
Figure 3:Mode de fonctionnement de la filtration frontale [Centre Québécois de
Valorisation des biotechnologies.] .............................................................................................. 7
Figure 4: Membrane anisotrope [[Link] .................................. 9
Figure 5:Méthodes de trois récipients[CAWST, 2009] .......................................................... 17
Figure 6:Le fruit , la graine et la feuille du MoringaOlifeira [Bleu,2014] .............................. 18
Figure 7:Traitement de l'eau par désinfection solaire [CAWST, 2009] ............................... 19
Figure 8: Type d'argile [Auteur] ................................................................................................. 21
Figure 9: Filtre à eau sous forme d'une fontaine [Andriamihaja O.M . A, 2014]................ 25
Figure 10 : Filtre à eau en céramique sous forme d'un pot [Bessières, 2005] .................. 26
Figure 11: Type de pouzzolane [W5] ...................................................................................... 27
Figure 12: Formation de pouzzolane [W6] .............................................................................. 28
Figure 13:Argile Rouge [Auteur] ............................................................................................... 57
Figure 14: Pouzzolane naturelle [Auteur] ................................................................................ 58
Figure 15: Sciure de bois [Auteur] ............................................................................................ 58
Figure 16 : Moule et Presse à moule [Auteur] ........................................................................ 59
Figure 17: Puits étudié [Auteur] ................................................................................................ 61
Figure 18:Turbidimètre, pH-mètre, conductimètre [Auteur] .................................................. 68
Figure 19 : Variation des débits de filtration lors des premiers essais de filtration [Auteur]
....................................................................................................................................................... 75
Figure 20: Variation des débits de filtration lors des deuxièmes essais de filtration ........ 76

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya iv


LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1:Composition chimique moyenne de la pouzzolane [Rasamoela M., 2011] ..... 32


Tableau 2:Quelques propriétés de la pouzzolane naturelle [Rasamoela M. F., 2011] ..... 33
Tableau 3: Paramètres à analyser recommandés par le MDDELCC pour déterminer la
qualité de l’eau d’un puits [Bleu, 2014]..................................................................................... 47
Tableau 4: Proposition de taux limites de présence des ions [Water Aïd, 2004] .............. 48
Tableau 5:Directives de l’OMS pour la caractérisation du risque dans l’eau de
consommation [Bessieres, 2005] .............................................................................................. 52
Tableau 6: Matériels de laboratoire [Auteur] ........................................................................... 60
Tableau 7: Proportions de chaque matière première pour les différents essais [Auteur] 64
Tableau 8:Les paramètres utilisant de la méthode directe avec mode opératoire [Auteur]
........................................................................................................................................................ 67
Tableau 9: Matériels nécessaires aux analyses bactériologiques [Auteur] ........................ 70
Tableau 10: Méthodes et conditions de détermination de germes tests............................. 72
Tableau 11:Résultats d'analyse des paramètres physico-chimiques de l'eau de puits
[Auteur] .......................................................................................................................................... 77
Tableau 12 : Résultats d'analyse bactériologique de l’eau de puits [Auteur] ..................... 78
Tableau 13: Paramètres organoleptiques des eaux filtrées [Auteur] .................................. 80
Tableau 14: Résultats d'analyse des eaux filtrées [Auteur] .................................................. 81
Tableau 15:Taux d’abattement des paramètres physico-chimiques [Auteur] .................... 82
Tableau 16:Résultats d'analyse bactériologique des eaux filtrées [Auteur] ....................... 84
Tableau 17:Taux d'abattement des germes test [Auteur] .................................................... 85
Tableau 18:Comparaison de débits de notre filtre avec ceux des études antérieures
[Auteur] .......................................................................................................................................... 87
Tableau 19:Comparaison d'efficacité de nos filtres en termes de réduction microbienne
avec celle des autres études [Auteur] ...................................................................................... 89

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya v


LISTE DES UNITES ET ABREVIATIONS

ASR : Anaérobies Sulfito-réductrices


°C : degré Celsius
CF : Coliformes fécaux

Cm : Centimètre
CSR : Clostridiums Sulfito-réducteurs
CT : Coliformes totaux
CAWST : Center for Affordable Water and Sanitation Technology

EC : Escherichia Colis
EI : Entérocoques Intestinaux
H : Heure
Kg : Kilogramme

L : Litre
l.h-1 : litre par heure
l.h-1.m-2 : litre par heure mètre carré
M : Mètre
MES : Matières En Suspension

MON : Matière Organique Naturelle

mg/l : milligramme par litre


Ml : Millilitre
mm : Millimètre

m.s-1 : mètre par seconde


NF : Nanofiltration
Nm : Nanomètre
NTU : Nephelometric Turbidity Unit

OMS : Organisation Mondiale de la Santé


OI : Osmose Inverse
pH : potentiel Hydrogène

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya vi


UFC : Unité Formant Colonie
µm : micro mètre
µs/cm : micro siemens par centimètre

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya vii


INTRODUCTION
L’eau est indispensable à la vie. Elle peut également être source de maladies
du fait de sa contamination par des déchets ménagers, agricoles, industriels et
divers déchets organiques. En effet, certains paramètres présents dans l’eau
peuvent dépasser les normes imposées par l’Organisation Mondiale de la Santé.
Des analyses physico-chimiques ainsi que bactériologiques de l’eau sont donc
nécessaires afin de connaître les traitements adéquats pour rendre l’eau potable.
A Madagascar, l’accès à l’eau potable est un problème non résolu dans les
milieux extra-urbains. Les gens qui vivent dans ces derniers n’ont pas la
possibilité d’avoir des eaux traitées et potables. A cet effet, ils utilisent les eaux
de puits sans traitement au préalable. Dans l’optique de pallier à ce problème, à
la suite de plusieurs études menées, la présente étude préconise le traitement de
l’eau à domicile. Plusieurs techniques en découlent et celle étudiée ici est la
filtration sur céramique. En outre, l’argile, la sciure de bois et la pouzzolane qui
est qualifiée sur sa capacité en termes de filtration des eaux grâce à sa porosité,
y sont très abondantes. D’où la problématique de la présente étude : le filtre
céramique utilisant le mélange argile-sciure de bois-pouzzolane est-il capable
d’éliminer les impuretés dans l’eau de puits ?
La résolution à ce problème nous donne l’idée de ce présent mémoire qui
s’intitule : « CONCEPTION DE FILTRE A EAU DOMESTIQUE, EN CERAMIQUE
AVEC DE L’ARGILE, DE LA SCIURE DE BOIS ET DE LA POUZZOLANE ».
L’étude consiste à concevoir des filtres en céramique en valorisant les matériaux
locaux. Elle a pour objectif de trouver le mélange adéquat de matériaux argileux,
de sciure de bois et de la pouzzolane pour la fabrication des filtres en céramique
afin d’avoir une eau potable respectant les normes des paramètres
bactériologiques et physico-chimiques recommandées par l’Etat Malagasy. Pour
cela, ce travail comporte trois grandes parties :
La première partie est basée sur la synthèse bibliographique concernant
les techniques de traitement de l’eau à domicile, les généralités sur les matières
premières et sur l’eau de puits ;
La deuxième partie concerne l’identification des matériels et méthodes
utilisés lors de l’expérimentation ;
La troisième partie expose les résultats et la discussion.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 1


Partie I : SYNTHESE
BIBLIOGRAPHIQUE

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 2


Chapitre I : LES TECHNIQUES DE TRAITEMENT DE L’EAU
A DOMICILE

Le principal objectif des recommandations pour la qualité de l’eau potable est


de protéger la santé publique. Les directives présentent les recommandations de
l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la gestion des risques liés aux
dangers pouvant affecter la sécurité sanitaire de l’eau potable. Les
recommandations doivent être examinées dans le contexte de la gestion des
risques résultant d’autres sources d’exposition à ces dangers, telles que les
déchets, l’air, la nourriture et les produits de consommation.

L’eau est essentielle à la vie et chacun doit disposer d’un approvisionnement


satisfaisant en eau (suffisant, sûr et accessible). Un meilleur accès à une eau de
boisson saine peut se traduire par des avantages tangibles pour la santé. Tous
les efforts doivent être consentis pour obtenir une eau de boisson aussi saine
que possible.

I.1 LA TECHNIQUE DE FILTRATION [1]


La filtration est un procédé de séparation qui utilise le passage d’un mélange
liquide-solide à travers un milieu poreux (filtre) qui retient les particules solides et
laisse passer le liquide (filtrat). La filtration est beaucoup plus rapide que la
décantation. Dans cette partie, nous aborderons la filtration membranaire.

I.1.1 Généralité de la filtration membranaire [2] [3]


La filtration membranaire est de plus en plus utilisée comme procédé de
séparation dans de nombreux domaines notamment dans le cycle de l'eau
(potabilisation de l'eau, traitement des effluents, réutilisation de l'eau,
adoucissement, dessalement ...). La filtration membranaire est basée sur
l'application d'une différence de pression qui permet le transfert du solvant à
travers une membrane dont la taille des pores assure la rétention de solutés.

Les procédés de séparation membranaires sont utilisés pour séparer et surtout


concentrer des molécules ou des espèces ioniques en solution, ou pour séparer
des particules ou des microorganismes en suspension dans un liquide.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 3


Le but recherché peut être de concentrer une solution, d’isoler ou de séparer
un ou plusieurs constituants. Pour ce faire, des membranes sélectives sont
utilisés, c’est-à- dire des barrières minces, qui sous l’effet d’une force arrêtent ou
laissent passer des substances entre les deux milieux qu’elles séparent. Cette
force peut être un gradient de pression, un gradient de potentiel électrique ou un
gradient de potentiel chimique, souvent assimilé à un gradient de concentration.

Les critères de sélection d’un procédé dépendent des caractéristiques des


substances à séparer, de celles des membranes (dimension, forme, nature
chimique, état physique, charge électrique …) et des conditions
hydrodynamiques d’opération. Le transfert sélectif des espèces repose soit sur
leur capacité à travers le matériau membranaire, soit sur leur taille par rapport à
celle des pores de la membrane (effet de tamis, ou effet stérique), soit par une
exclusion ionique, soit encore sur une combinaison de ces différents
mécanismes.

Les avantages des procédés de séparation membranaire sur d’autres procédés


de séparation sont :

- Une séparation à température modérée, ce qui est particulièrement intéressant


vis-à-vis des composés thermosensibles traités surtout en agro-alimentaire et
biotechnologies ;

- Une absence de changement de phase, donc une moindre dépense


énergétique.

- Accumulation nulle de constituants dans la membrane, d’où un fonctionnement


quasiment en continu, n’ayant pas besoin de cycle de régénération comme en
échange d’ions. Des arrêts sont cependant nécessaires pour le nettoyage
périodique des membranes.

A l’issue d’une opération de filtration membranaire, deux phases sont


obtenues:
Le retentât ou concentrât : les molécules et/ou particules retenues par la
membrane.
Le perméat ou filtrat : la phase qui peut passer à travers la membrane.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 4


I.1.2 Modes de Fonctionnement [4] [5]
Il existe deux types de filtration : la filtration frontale ou Dead-end filtration et la
filtration tangentielle ou cross flow filtration.

Ces deux modes sont très importants et correspondent à deux technologies et


deux approches complètement différentes de la filtration.
I.1.2.1 Filtration tangentielle
La filtration tangentielle est une technique membranaire caractérisée par un
écoulement tangentiel du liquide à filtrer (rétentat ou concentrat) à la surface de
la membrane qui empêche la formation de dépôt à la surface de celle-ci.

Elle met en œuvre une membrane, considérée comme une barrière sélective,
une interface entre un milieu brut et un milieu purifié. C'est sous l'action d'une
force de transfert, à savoir un gradient de pression de part et d'autre de la
membrane, que certains composants du fluide à filtrer, dont la taille est
supérieure au diamètre de pores de la membrane, vont être arrêtés, alors que les
plus petits vont passer au travers de la membrane.

Cette filtration tangentielle est obtenue par une circulation du rétentat. Le


perméat est le liquide qui s’écoule au travers de la membrane sous l’action d’une
différence de pression.

Figure 1: Mode de fonctionnement de la filtration tangentielle [Centre Québécois


de Valorisation des biotechnologies.]

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 5


Figure 2:Courbe de débit de perméation en fonction du temps [Centre Québécois
de Valorisation des biotechnologies.]

I.1.2.2 La filtration frontale


La plus simple à mettre en œuvre et la moins onéreuse est la filtration frontale
dont le principe est de filtrer la solution perpendiculairement à la surface de la
membrane. Ce type de procédé n’atteint jamais un état stationnaire. La filtration
frontale est une technique qui nécessite un faible investissement, et des coûts
énergétiques de fonctionnement qui sont faibles par rapport à la filtration
tangentielle. Par contre, ce type de fonctionnement permet essentiellement de
filtrer des suspensions qui sont considérées comme faiblement colmatantes dans
un secteur d’activité donné. En effet si la solution est fortement colmatante le
dépôt devient tel que les flux deviennent trop faibles pour que l’opération puisse
fonctionner avec des débits raisonnables. Cette technique est utilisée en
traitement de l’eau pour sa potabilisation, mais aussi dans le secteur médical
pour enlever toute trace de virus ou de bactérie d’une eau de type « eau du
réseau » qui est faiblement colmatante.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 6


Figure 3:Mode de fonctionnement de la filtration frontale [Centre Québécois de
Valorisation des biotechnologies.]

I.1.3 Les différents procédés de filtration membranaires [6]


Les techniques de filtration membranaire ont recours à des membranes de type
poreuses. Les composés retenus sont sélectionnés sur une base stérique, c’est-
à-dire en fonction de la taille des molécules qui les composent.

On distingue trois niveaux de filtration membranaire, principalement par la taille


des pores :

- La microfiltration (MF) : la taille des pores est de l’ordre du micromètre se


situant généralement entre 10-1 à 10 µm ;

- L’ultrafiltration (UF) se situe entre la microfiltration et la nanofiltration, avec une


taille de pores variant de 1 à 102 nm;

- La nanofiltration (NF) où la taille de pores est de l’ordre de nanomètre (10-3


µm).

I.1.4 La membrane [7] [8]


De façon générale, une membrane peut être définie comme étant une couche
mince permettant l’arrêt ou le passage sélectif de substances dissoutes ou non,
sous l’action d’une force motrice. Les critères de séparation des particules, des
molécules ou encore des ions peuvent être d’ordre stérique (dimension et forme),
chimique (nature) ou électrique.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 7


Pour HAMIDI AMINA, une membrane peut être décrite comme une barrière
permsélective de très mince couche de matière qui va permettre ou interdire le
passage ou la rétention de certains espèces ou composants à l'échelle
microscopique entre deux milieux qu’elle sépare sous l’action d’une force
agissante : qui peut être une différence de pression, de potentiel électrique ou
de concentration de part et d'autre de la membrane.

Les membranes utilisées dans le traitement des eaux sont poreuses ou denses
et doivent permettre d’enlever les contaminants principalement par effet stérique,
sous une pression transmembranaire ou un flux de perméat constant. Elles
peuvent être de nature organique ou minérale (filtres céramiques).

I.1.4.1 Les différents types de membrane [9] [10] [11]


I.[Link] Selon leur nature [10]
La membrane est faite de différents matériaux, tels qu’organique ou minéral.

Les membranes minérales ou céramiques appartiennent aux types suivants de


types composites (zircone ZrO2 sur support macroporeux ou alumine Al2O3 ou
TiO2 titane sur alumine, même totalement en carbone ou alumine). La membrane
en carbone est constituée d'une suspension d'oxyde de graphite déposée sur un
support poreux. Ils sont largement utilisés car ils sont très sélectifs, très forte
perméabilité, plus facile à nettoyer, assez agressif assez agressifs sans trop être
altérées. Ils ont une excellente résistance chimique, mécanique, en particulier
thermique.

Les membranes organiques sont en polymère. Les dérivés cellulosiques


restent encore très utilisés, ainsi que les polyamides. D’autres, tels que les
polyacryliques, les polyfluorures de vinylidène sont de plus en plus répandus car
ils résistent mieux à l’oxydation, au pH ou à la température.

I.[Link] Selon leur fabrication [10] [11]


Pour obtenir une perméabilité sélective élevée, compatible avec un usage
industriel, il est nécessaire que la barrière soit la plus mince possible. Il en résulte
une certaine fragilité qui a été palliée par la consolidation de la barrière mince par
différents moyens que ce soit, un support à pores de même nature ou de nature
différente, un support tissé.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 8


1. Membranes anisotropes (ou asymétrique)

Ces membranes sont formées d’une couche de surface très fine déposée sur
un support poreux plus épais. Les propriétés de séparation et de perméabilité
sont assurées par la fine couche extérieure, alors que la structure interne assure
le support mécanique. Le flux est inversement proportionnel à son épaisseur.
Des flux élevés sont recherchés pour des raisons économiques, donc les
membranes devraient être aussi fines que possibles. Les technologies de
fabrication conventionnelles de membranes permettent de fabriquer des
membranes suffisamment résistantes et sans défaut, d’épaisseur minimale de 20
µm.

Les membranes minérales, aussi asymétriques, sont composées d’une matrice


à base de céramique sur laquelle sont appliquées une ou plusieurs couches
d’oxydes minéraux ou de carbone. La dernière couche est appliquée par frittage.
Ainsi, la taille des pores est déterminée par la granulométrie de la poudre initiale.
La membrane peut être dense ou poreuse selon l’application envisagée et la
tenue mécanique peut encore être améliorée par l’incorporation d’un autre
support.

Figure 4: Membrane anisotrope [[Link]

2. Membranes composites

Elles sont caractérisées par une structure asymétrique dont la peau est
beaucoup plus fine que celle des membranes classiques non composites et par
une superposition de plusieurs couches différenciées soit par leur nature
chimique, soit par leur état physique. Dans le cas des membranes minérales, on

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 9


a une association d’oxydes minéraux comme support et de métaux tels que la
zircone, l’alumine et le titane.

3. Membranes à charge électrique

Ces membranes peuvent être denses ou poreuses. Les parois des pores sont
chargées d’ions positifs ou négatifs. Les membranes chargées positivement
favorisent le passage de cations, celles chargées négativement favorisent le
passage d’anions. Donc la séparation avec des membranes chargées est basée
principalement sur la répulsion d’ions de même charge, mais aussi par la taille
des pores. La séparation est contrôlée par la charge et la concentration des ions.
Par exemple, les ions monovalents sont plus difficilement retenus que les ions
bivalents et, dans la solution à force ionique élevée, la sélectivité diminue. On
rencontre ce type de membranes principalement en électrodialyse, mais aussi en
osmose inverse.

I.1.4.2. Critères de performances de membranes


La performance des procédés membranaires est évaluée selon des critères et
des méthodes standardisées. Elle doit répondre à trois catégories d’exigences :
l’efficacité de séparation, un flux élevé et une bonne résistance.

1. Taux de conversion ou productivité

La productivité du procédé membranaire est fortement liée au débit de


perméation. Ce dernier est normé par la surface de membrane nécessaire à son
obtention. Encore nommé flux volumique ou densité de flux du perméat, il
représente la quantité de fluide passant au travers du système de filtration et
s’exprime dans le système international en m 3.s-1.m-2 et est également exprimé
en L.h-1.m-2. Le flux (d’eau pure ou d’un solvant organique pur) est une donnée
caractéristique de la membrane, le plus souvent, proportionnel à la pression
transmembranaire.

Le taux de conversion est un concept qui s’applique à tous les procédés


membranaires. C’est la fraction de l’eau d’alimentation convertie en traitée. Ce
taux varie de 20% à 50% pour le dessalement de l’eau de mer par OI et il atteint
le maximum de 80% à 95% lors du traitement par OI, NF de l’eau saumâtre ou
douce.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 10


2. Taux de rétention ou sélectivité de la membrane

La sélectivité est un critère difficile à quantifier et pourtant essentielle. C’est une


caractéristique de surface de membrane, qui détermine quels composés de la
solution la traversent. Elle dépend de la nature et de la structure d’une substance
donnée, de l’environnement chimique à proximité de la membrane et de la
propriété des substances à séparer. Elle est, en général, définie par le taux de
rétention de l’espèce (sel, macromolécule, particule), également, appelé taux de
rejet, que la membrane est sensé retenir.

Ce taux de rétention (TR) est calculé à partir des concentrations de soluté dans
le retentât (Cr) et le perméat (Cp) :
𝐶𝑝
TR= 1 −
𝐶𝑟

Il y a deux valeurs extrêmes du TR :


- TR=0% signifie que le soluté n’est pas du tout retenu par la membrane
- TR=100% signifie que le soluté est entièrement retenu par la membrane

3. Résistance d’une membrane

La résistance hydraulique (Rm) peut être définie comme étant sa résistance à


l’écoulement de fluide à filtrer à travers cette membrane. La résistance d’une
membrane est l’inverse de sa perméabilité :

Rm =1/A=S Pm/Qp

Où Rm [m.s-1 .Pa-1] est la résistance d’une membrane, A la perméabilité de la


membrane, S [m2] la surface effective de la membrane, Pm [Pa] la différence de
pression transmembranaire effective et Qp [m3 /h] le débit volumique de
perméation.

Cette relation nous permet de calculer de façon pratique la résistance d’une


membrane à partir des mesures de flux de perméation et de la pression
transmembranaire.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 11


I.1.4.3. Les caractéristiques des membranes [8] [10] [12] [13]
Les membranes sont généralement caractérisées par leur taille des pores, leur
taux de conversion, leur seuil de coupure relatif à une masse moléculaire
critique, leur sélectivité ainsi que leur perméabilité à l’eau pure dans des
conditions standard.

I.[Link] La taille des pores


La taille des pores varie de quelques microns en microfiltration à un nanomètre
en nanofiltration. La porosité d’une membrane n’est jamais parfaitement
uniforme. En deçà du nanomètre, le mécanisme de transfert de solvant est plutôt
de type solution/diffusion que convection ; l’eau n’est pas seulement poussée
pour s’infiltrer au travers de la membrane, mais aussi elle diffuse au travers de
matériau membranaire. La structure du matériau change en fonction des
énergies d’activation, donc de la température. La sélectivité des ces membranes
dépend de l’affinité chimique du matériau avec les différents composés qui
traversent la membrane.

I.[Link] Le seuil de coupure


Le seuil de coupure est défini comme étant la masse molaire critique pour
laquelle 90% des solutés sont retenus par la membrane. Celui-ci se mesure en
[g/mol] ou en [Dalton]. Le seuil de coupure est une façon pratique de caractériser
les membranes, mais pas tout à fait rigoureuse d’un point de vue scientifique, car
il dépend aussi des autres caractéristiques du soluté ainsi que des conditions
d’opération. Aussi le seuil de coupure doit-il être défini par rapport à un soluté
donné. Cette notion n’a pas de sens en microfiltration malgré une certaine
analogie sur le plan des mécanismes, les espèces retenues (microorganismes,
boues) ne pouvant être définies ni par une masse molaire ni par une taille en
dehors d’un diamètre apparent ou équivalent.

I.[Link] La perméabilité
La perméabilité exprime la proportionnalité entre la vitesse de perméation à
l’eau déminéralisée et la pression transmembranaire à une température donnée.
La mesure de la perméabilité permet de vérifier l’état d’une membrane, en
particulier l’effet de colmatage.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 12


Comme pour les autres milieux filtrants, cette perméabilité augmente avec la
température de l'eau, En fait, la viscosité de l’eau diminue lorsque sa température
augmente et cela nécessite une plus faible force motrice pour obtenir le même
débit de perméat. En première approximation, il est possible de considérer que la
perméabilité d'une membrane est inversement proportionnelle à la viscosité de
l'eau.

I.[Link] Durée de vie


La durée de vie des membranes est cependant difficile à établir, car elle est
très variable en fonction du matériau membranaire utilisé et des conditions
d’utilisation. Dans tous les secteurs industriels utilisant la microfiltration
tangentielle, il est considéré que les membranes minérales ont des durées de vie
supérieures aux membranes organiques. Il est cependant préférable d’exprimer
cette durée de vie en nombre d’heures d’utilisation. Les garanties des
constructeurs peuvent varier de 5 000 heures à plus de 30 000 heures.

I.[Link] Colmatage et nettoyage des membranes


Le colmatage est défini comme l’accumulation de matière à la surface de la
membrane (en particulier à l’entrée des pores) ou à l’intérieur des pores de la
membrane. Le colmatage est considéré comme irréversible lorsque les lavages
chimiques ne permettent pas de rétablir la perméabilité de la membrane à son
niveau initial. Il nécessite donc périodiquement des opérations pour un
nettoyage. Celui-ci est coûteux et un impact sur la durée de vie des membranes.
Les différents mécanismes de colmatage sont décrits ci-dessous :

1. Colmatage par adsorption

C’est un phénomène physico-chimique dû à des interactions entre certains


constituants du fluide et la surface ou l'intérieur des pores de la membrane. Les
facteurs d'influence sont le type de molécules en présence, le pH, la présence de
cations spécifiques (par exemple le calcium) et aussi la cinétique du processus
de filtration, soit la polarisation de concentration et le flux à travers la membrane.
En effet, un flux lent favorise les échanges et interactions possibles entre les
composés du fluide et la surface de la membrane, entre le soluté et l'intérieur des
pores de la membrane. Les molécules les plus susceptibles de colmater les

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 13


membranes par adsorption sont les macromolécules, les matières organiques
telles que les protéines, qui sont peu solubles et ont une diffusivité élevée.

2. Colmatage par dépôt de matière par convection

La présence de particules dans les fluides peut conduire au simple dépôt de


ces particules à la surface de la membrane, pour peu que leur taille soit
supérieure ou égale à la taille des pores de la membrane. Un tel dépôt croît en
continu au cours du temps. Ceci a pour effet de réduire le flux à travers la
membrane et augmenter progressivement la pression.

3. Colmatage par dépôt de matière par gélification, dénaturation, agrégation


ou réaction

Le dépôt de matières par convection sur la membrane a pour effet d'en modifier
les conditions physico-chimiques, et de modifier le comportement rhéologique du
fluide à l'interface membranaire. Ceci peut avoir les conséquences suivantes :

-Gélification, due à des insolubilisations locales;

-Apparition de seuils d’écoulement, du fait de l’accroissement de la


concentration, ayant pour conséquence un blocage de flux ;

-Apparition de nouvelles espèces à la surface de la membrane, du fait de


réactions, de floculation de dénaturation moléculaire ou de précipitation.

4. Colmatage par développement d’un biofilm

L'accumulation de matière crée une condition favorable à l'encrage de micro-


organismes sur les membranes, ce qui peut donner lieu au développement d'un
biofilm. Celui-ci a pour effet d'augmenter la résistance hydraulique, de dégrader
les membranes et aussi de contaminer le perméat. Une des caractéristiques de
ce type de colmatage est le développement rapide de ces micro-organismes sur
leurs points d’ancrage En microfiltration, le colmatage est généralement élevé et
la perméabilité initialement élevée réduit progressivement, mais de façon très
importante. Il se produit du colmatage interne de la structure de la membrane
inhérent à la taille et à la distribution de tailles des pores et des dépôts en surface
inhérent à la taille des particules retenues. Les effets des charges sont
cependant négligeables. En ultrafiltration, l'accumulation des macromolécules et

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 14


des particules colloïdales forme des agrégats ou des gels, la polarisation de
concentration devient très importante du fait de cette augmentation de
concentration. L'ultrafiltration est particulièrement sujette au colmatage par
adsorption. En nanofiltration, une pré-filtration est généralement pratiquée. Celle-
ci a pour effet de réduire la possibilité de colmatage particulaire ou colloïdal. La
densité des membranes fait en sorte qu'il y a peu de colmatage à l'intérieur des
pores. Les dépôts de surface peuvent avoir comme effet de modifier la sélectivité
des membranes. Le principal risque de colmatage est cependant dû à la
possibilité de développer des biofilms, ce qui engendre des risques plus élevés
de contamination.

5. Principe de colmatage

Le colmatage des membranes peut constituer un élément limitant important


dans l’application des procédés membranaires à la production d’eau potable.
D’abord, ce phénomène peut réduire de façon irréversible ou non la perméabilité
des membranes. Cela implique donc une dépense d’énergie supplémentaire pour
produire une quantité de perméat constante. Ensuite, plus le colmatage est
important, plus il faudra accorder du temps et de l’argent aux lavages chimiques.
La durée de vie des membranes s’en trouvera aussi réduite. Finalement, le
colmatage peut aussi faire varier le pouvoir de séparation des membranes.

Il existe deux principales catégories de colmatage : le colmatage


microbiologique et le colmatage abiotique.

Dans le cas d’un colmatage microbiologique, des microorganismes peuvent


s’attacher, croître à la surface des membranes et produire suffisamment de
substances polymériques extracellulaires pour faciliter le développement d’un bio
film à la surface des membranes. En plus des microorganismes il y a de
nombreux éléments colmatants présents dans les eaux naturelles telles que les
particules, les colloïdes, les substances organiques dissoutes et les substances
inorganiques peu solubles. Toutefois, les matières inorganiques sont considérées
comme peu influentes sur le colmatage par rapport à la MON dans le cas des
eaux douces de surface colorées et peu minéralisées. Ces agents colmatant sont
associés au colmatage abiotique qui peut se manifester de deux façons : par le

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 15


dépôt de matière à l’intérieur des pores de la membrane et par le dépôt de
matière à sa surface.

6. Prévention du colmatage

La stratégie générale de prévention du colmatage peut prendre les formes


suivantes :
-Préfiltration ;
-Enlèvement plus poussé des particules et des colloïdes par un autre
procédé membranaire ou par un traitement conventionnel ;
-Ajustement de pH (acidification) pour déplacer l’équilibre de solutés des
sels susceptibles de précipiter (sel de Fe, de Mg, de Ca, de Ba, …) ;
-Ajout d’un agent antitartre pour empêcher le dépôt de sols à la surface
des membranes ;
-Coagulation de la MON. En effet, l’effet colmatant des flocs est, a priori,
moins fort que celui des colloïdes ;
-Enlèvement de fer (Fe2+) qui peut précipiter

7. Types de nettoyages

Le colmatage des membranes implique qu’il est nécessaire d’effectuer des


rinçages et des lavages de façon périodique afin d’enlever la matière qui s’est
déposée à la surface des membranes causant ainsi une baisse de leur
perméabilité.
Le nettoyage des membranes a pour but de limiter le colmatage irréversible de
perméabilité, et par le fait même, à prolonger la durée de vie des membranes.
Les différentes techniques de nettoyage sont :
 Le rinçage hydrodynamique ;
 Le rétro lavage à l’eau ou à l’air. Les fréquences des rétro lavages varient
de 15 à 60 minutes tandis que leurs durées varient de 30 s à 3 minutes ;
 Le nettoyage mécanique ;
 Le nettoyage chimique ;
 Le nettoyage enzymatique.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 16


I.2 AUTRES TECHNIQUES DE TRAITEMENT DE L’EAU A DOMICILE
I.2.1 Les techniques de sédimentation [14], [15], [16]
La décantation ou sédimentation est un processus pendant lequel tout élément
solide contenu dans l’eau se dépose naturellement ou par ajout de coagulant, au
fil du temps, au fond d’un récipient selon sa granulométrie. Les éléments les plus
grossiers décanteront plus vite que les plus fins. Une fois déposées, les
particules formées et les micro-organismes qui s’y sont fixés peuvent être retirés
facilement.

I.2.1.1. La méthode de trois récipients


Comme son nom l’indique, cette technique s’exécute à l’aide de 3 récipients.
Elle consiste à réduire la quantité d’impuretés et de germes pathogènes en
mettant l’eau dans un récipient, laissant les impuretés se déposer au fond et
transvasant l’eau ainsi rendue plus propre dans un second puis un troisième.
C’est l’eau du troisième récipient que l’on peut boire. Il est conseillé d’utiliser un
tuyau flexible pour siphonner l’eau d’un récipient à l’autre au lieu de le verser
simplement pour moins perturber les sédiments, comme l’indique par la figure
suivant

Figure 5:Méthodes de trois récipients[CAWST, 2009]

I.2.1.2 La décantation chimique


Elle consiste à utiliser des produits chimiques pour accélérer la décantation des
particules. Ces produits agissent ici comme des coagulants qui permettent aux
particules solides présentes dans l’eau de former des agrégats qui se déposent
plus rapidement du fait de leur poids. Lorsqu’ils se déposent au fond, l’eau
devient plus limpide au-dessus. Les principaux coagulants utilisés sont à base de
l’aluminium et de fer, à savoir le sulfate d’alumine Al2(SO4)3, le sulfate de fer
(FeSO4) et le chlorure de fer (FeCl3). Ils sont commercialisés sous formes de

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 17


cristaux. Cette technique a un effet durable sur la conservation de l’eau.
Néanmoins, les produits chimiques restent un peu chers et sont difficiles à
utiliser. Cette technique nécessite donc une formation complexe, un respect des
dosages indiqués par le fabricant.

I.2.1.3 La purification traditionnelle


Mises en œuvre par nos ancêtres depuis des siècles, les techniques
traditionnelles de décantation ou de coagulation consistent à mettre des racines,
des feuilles, des tiges, des graines ou des plantes tropicales entières dans une
eau trouble pour la purifier, la rendre plus claires ou la donner un bon gout. Il
existe de nombreux exemples dans le monde, mais le plus connu est l'utilisation
des graines de Moringa Olifeira, représentée par la figure ci-dessous.

À Madagascar, cet arbre porte le nom ananambo, poussant surtout dans les
régions chaudes et humides de Madagascar. Llus connu dans le Nord sous le
nom d’ana-mirongo, il peut pourtant pousser dans les zones arides. Ces graines
sont broyées puis réduites en poudre avant d’être versées dans l’eau à purifier.
En effet, les graines de Moringa Olifeira contiennent des protéines à caractère
polyélectrolyte qui permettent aux particules de former des agrégats. Ce qui
débarrasse l’eau des boues, des bactéries ou virus qui sédimentent au fond.
Cette plante est parallèlement utilisée en médicine traditionnelle (Annexe 1).

Figure 6:Le fruit , la graine et la feuille du MoringaOlifeira [Bleu,2014]


I.2.2 Les techniques de désinfection [16][17]
La désinfection est l’opération au résultat momentané permettant d’éliminer ou
de tuer les micro-organismes et/ou virus indésirables présents dans l’eau en
utilisant des substances chimiques ou physiques.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 18


I.2.2.1 L’ébullition
Le fait de bouillir de l’eau est une activité traditionnelle connue de tous depuis
les temps anciens et utilisé jusqu’à nos jours, pour tuer tous les microbes
nuisibles à la santé et au bien-être des hommes. Elle consiste à mettre
simplement au feu un récipient rempli d’eau à traiter. Les résultats sont
satisfaisants car la plupart des germes pathogènes meurent à 70°C. L’eau ainsi
traitée peut avoir un goût fade. Pour remédier à cela l’on peut ajouter du sel ou
oxygéner l’eau en la secouant dans une bouteille. L’inconvénient ici, c’est la
nécessité d’utilisation de combustibles tels que le bois, le charbon ou le gaz qui
peut s’avérer néfaste pour la protection de l’environnement et peut coûter cher
dans le cas où la quantité d’eau à traiter est élevée.
I.2.2.2 La désinfection solaire
La désinfection solaire est l’utilisation de l’énergie solaire pour éliminer les
agents pathogènes de l’eau à boire. La méthode la plus connue est le SODIS
(Solar Water Disinfection). Elle consiste à exposer au soleil des bouteilles (PET
ou verre transparent) remplies d’eau à traiter pendant au moins 5 heures (Figure
10). Il est préférable que cette eau soit claire pour optimiser la désinfection. En
effet, cette potabilisation de l’eau est assurée par le traitement par radiation et le
traitement thermique. Ces deux traitements d’ultraviolet et de chaleur ont la
capacité de détruire la majeure partie des impuretés et pathogènes. Il est par
ailleurs conseillé de peindre les bouteilles en plastique en noir sur la moitié de
leur surface ou de les placer sur un toit. Ce traitement est lent et a un effet non
durable.

Figure 7:Traitement de l'eau par désinfection solaire [CAWST, 2009]

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 19


I.2.2.3 La désinfection chimique
La désinfection chimique consiste à utiliser des produits chimiques pour
débarrasser l’eau de boisson des impuretés et des germes pathogènes.
Plusieurs composés chimiques sont utilisés. On compte parmi eux l’iode, le
permanganate de potassium et le chlore. C’est ce dernier qui est le plus répandu
dans les situations d’urgence et on le retrouve sous forme d’eau de javel, de
chlorure de chaux ou tablettes de chlore. Selon l’OMS, l’eau de boisson doit
contenir entre 0,5mg et 1mg/L de chlore résiduel libre. Avec une bonne
conservation, le caractère rémanent de ce chlore pourra éliminer tout risque de
ré contamination de l’eau. Il est nécessaire que l’eau soit prétraitée, car la
présence de MES inhibe l’action du chlore. Aussi, le chlore au contact de la
manière organique produit des nitrates qui sont cancérigènes pour l’homme lors
de la consommation.

I.3 CONCLUSION PARTIELLE


Ainsi, les eaux naturelles ne sont pas pures surtout l’eau de surface. Elles
contiennent plusieurs éléments chimiques indésirables, plusieurs
microorganismes et bactéries qui provoquent des maladies. Pour éliminer ces
impuretés, plusieurs techniques de traitement de l’eau à domicile peuvent
appliquer dans tous les milieux. La filtration sur un filtre en céramique est l’une de
ces techniques. Au cours de cette étude, nous essayons d’en concevoir un en
utilisant l’argile, la pouzzolane et la sciure de bois comme matières premières.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 20


Chapitre II : GENERALITES SUR L’ARGILE, LA SCIURE DE
BOIS ET LA POUZZOLANE
II.1. L’ARGILE [18]
II.1.1 Définition
L’argile est une roche constituée de minéraux essentiels qui sont les minéraux
argileux, associés à des minéraux accessoires et à des impuretés diverses. Le
mot argile provient du mot latin Argilla signifie « terre de potier »

On appelle également argile une masse minérale terreuse qui, mélangée à


l’eau, forme une pâte plastique conservant sa forme après séchage et transforme
en pierre après la cuisson.

Les argiles sont composées de différents oxydes, de l’eau libre et liée


chimiquement et impuretés organiques. Du point de vue minéralogique, les
minéraux argileux sont des silicates d’alumine hydratés, parfois plus ou moins
magnésiens ou ferriques, parfois légèrement calcique et même alcalins.

Figure 8: Type d'argile [Auteur]

II.1.2 Classifications de minéraux argileux


Les minéraux argileux sont classés en plusieurs groupes dont deux seulement
nous intéressent, car ils contiennent les principaux constituants des argiles
utilisés couramment dans l’industrie céramique. Ce sont : le groupe de la
kaolinite et le groupe des micas.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 21


II.1.2.1 Le groupe de la kaolinite
Le groupe de la kaolinite comprend :
 La kaolinite (Si2) (Al2O5) (OH)4 : c’est la matière constitutive de
kaolin, supposée parfaitement pure. Elle se présente comme
matière blanche après lavage et décantation des plus grosses
parties des débris de la roche mère ;
 La dickite et la nacrite : ces minéraux sont rares. Ils ont la même
formule que la kaolinite et ne diffèrent de celle-ci que par la
structure de leur réseau ;
 L’halloysite : (Si2) (Al2O5) (OH) 4 + H2O. Elle renferme une
molécule d’eau supplémentaire.
Ces minéraux sont donc alumineux. Ils possèdent une structure en feuillets à
deux couches, les feuillets étant séparés par des couches d’eau dans le cas de
l’halloysite.

Ils proviennent de l’altération météorique mais surtout hydrothermale (d’origine


profonde) de divers silicates alumineux, en particulier, les feldspaths des roches
granitiques acides.

II.1.2.2 Le groupe des micas


Dans ce groupe, on retiendra les illites appelées aussi quelquefois bravaisites.
Ce sont des minéraux alumino-magnésiens, potassiques et parfois calciques et
ferreux. La formule structurale est une formule variable, c’est pourquoi on parle
des illites. Ils sont surtout caractérisés par la présence de potassium. Ils ont une
structure en feuillets à trois couches et la formule générale peut s’écrire : (Si3, 6
Al0,4O10) Al2 K0,4 (OH2).

Les illites sont les minéraux argileux les plus répandus dans la nature et
caractérisent surtout les milieux marins.
II.1.2.3 Le groupe de la montmorillonite
Ce groupe renferme des minéraux alumineux, magnésiens et ferreux et qui
sont souvent associés aux précédents dans les roches argileuses.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 22


II.1.3 Les argiles du nom du minéral argileux
II.1.3.1 Classification des argiles
Dans la nature, les argiles sont le plus souvent constituées d’un mélange de
plusieurs minéraux argileux. Du point de vue de l’industrie céramique, on
distingue :
 Les argiles réfractaires, utilisées dans la fabrication des réfractaires
silico-alumineux. Ce sont des argiles essentiellement kaolinitiques, riches
en alumine (25% à 45%) et renfermant peu d’alcalins. Elles peuvent
prendre des colorations diverses.
 Les argiles pour produits blancs (porcelaine, faïence fine, vitreous) :
ce sont des argiles généralement kaolinitiques, mais moins riches en
alumine et plus riche en silice que les précédentes. On les utilise en
mélange avec le kaolin. Leur rôle est surtout d’augmenter la plasticité de la
pâte, le kaolin seul étant peu plastique.
 Les argiles pour produits grésés : elles doivent être naturellement
grésantes, c’est-à-dire renfermer des fondants (alcalins et alcalino-terreux)
et de préférence plastiques, la coloration étant indifférente. Ce sont le plus
souvent des argiles mixtes, illito-kaolinitiques.
 Les argiles pour produits de terre cuite et faïences communes : ce
sont des argiles de types extrêmement variés, généralement impures,
mais renfermant le plus souvent un fort pourcentage d’illites.
II.1.3.2 Formation des gisements d’argiles
La genèse des argiles fait appel à des processus variés et souvent
complexes :
 Certaines argiles résultent de la simple dégradation mécanique des
roches argileuses préexistantes (schistes par exemple).
 D’autres constituent le résidu d’une altération chimique sous l’action des
agents atmosphériques (altération météorique) ou sous l’action de
solutions hydrothermales. On peut y trouver des minéraux argileux hérités
de la roche mère et non transformés, associés à des minéraux argileux
transformés et à des minéraux argileux néoformés, c’est-à-dire synthétisés
à partir des éléments libérés par l’altération. La nature des produits

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 23


argileux formés dépend de la nature de roches mères et des conditions
climatiques et de drainage :
 Les argiles d’origine résiduelle qui sont formés au cours de temps
géologiques ont été érodées à différentes reprises, transportées par les
eaux courantes et sont venues s’accumuler sur le fond des lacs et des
mers. Ces dépôts constituent les argiles sédimentaires détritiques.
 Quelquefois, les minéraux argileux peuvent prendre naissance par
précipitation chimique à partir des éléments dissous apportés dans les
bassins de sédimentation par les rivières. Il s’agit alors d’argiles
sédimentaires de néoformation.
 Enfin, des transformations et des néoformations des minéraux argileux
peuvent encore se produire postérieurement au dépôt des sédiments, au
cours de leur diagenèse (transformation en roche des sédiments
nouvellement déposés). Il s’agit des argiles de diagenèse.

II.1.4 Gisements de l’argile à Madagascar


Les argiles sont abondantes à Madagascar. Leurs gisements sont importants
tout au long de l’île surtout dans les régions suivantes : Ampanihy, Moramanga,
Anjiro, Alaotra, Antananarivo, Ambatolampy, bassin lacustre d’Antanifotsy,
Faratsiho, Antsirabe, Bemolanga, Onilahy, Fort-Dauphin.

II.1.5 Les argiles de Madagascar


Les principaux produits argileux reconnus et disponibles à Madagascar sont :
les argiles kaoliniques et halloysitiques et les argiles monthmorillonitiques.

II.1.6 L’application de l’argile dans le traitement des eaux


L’argile est un matériau qui présente des microcristaux très actifs pour
adsorber. Elle est utilisée depuis des certaines d’années pour la filtration de l’eau
et nous l’appellons filtre en céramique. Au fil du temps, la technique a pu être
améliorée afin d’obtenir de meilleurs résultats. Elle consiste à utiliser une
céramique poreuse pour éliminer les microbes et autres contaminants de l’eau de
boisson. Cependant, il existe deux types d’utilisation de ce filtre : utilisation sous
forme d’une fontaine et utilisation sous forme d’un pot.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 24


II.1.6.1 Utilisation sous forme d’une fontaine [11]
En forme de fontaine, le filtre est constitué d’une tête en céramique qui peut
filtrer les premières impuretés de l’eau. Avec une toute petite structure poreuse
de 0,2 µm de diamètre, cette tête en céramique retient les substances nocives
étrangères à l’eau telles que les poussières, les sables, la rouille et les germes
de tailles comprises entre 0,5 µm et 1µm. Les céramiques ont également la
propriété chimique d’alcaliniser légèrement l’eau. L’eau alcaline stimule le
métabolisme, réduit l’acidité du sang et aide à l’absorption rapide des nutriments.
La partie principale de la fontaine est constituée d’une cartouche de filtration.
Cette dernière est formée de trois couches principales (charbon actif imprégné
de sel d’argent, oxydes de silicium, zéolithes et pierres minérales à la base du
filtre) dont chacune joue un rôle important dans l’étape de purification de l’eau.

Figure 9: Filtre à eau sous forme d'une fontaine [Andriamihaja O.M . A, 2014]

II.1.6.2 Utilisation sous forme d’un pot [1], [6]


Il est obtenu en mélangeant une certaine quantité d’argile et de matière
organique combustible (sciure de bois, balle de riz, enveloppe de café, jute de
coco, etc.). Le mélange obtenu est posé dans un moule puis pressé ; il est passé
enfin au four pour la cuisson et cela entrainera la combustion de la matière
organique qui laissera des micropores diffusés dans toute la céramique. Les
pores d’un filtre ont généralement un diamètre qui varie entre 0,6 à 3,0 µm. La
plupart des producteurs imprègnent leurs filtres d’une solution d’argent colloïdale,
nécessaire pour atteindre une désinfection complète de l’eau. Cela est confirmé

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 25


par Hagen et al dans leur rapport en 2009, qui stipule que l’argent est connu pour
agir en tant que biocide, capable d’inactiver les bactéries et les virus.

Figure 10 : Filtre à eau en céramique sous forme d'un pot [Bessières, 2005]

Sur le plan microbiologique et organoleptique, la filtration sur céramique est


très efficace contre les bactéries, les protozoaires, les helminthes, la turbidité et
aussi pour le goût, la couleur et l’odeur. Par contre elle l’est moins sur les virus
(Brown et Sobsey, 2006). Aussi, l’efficacité des filtres serait directement liée à la
taille des pores du filtre, du débit d’eau qui la traverse et des propriétés
physiques de l’eau à traiter.

II.2. LA POUZZOLANE [19], [20]


II.2.1 Définitions
La pouzzolane est un matériau siliceux, alumineux, ferrugineux, n’ayant aucune
propriété liante en lui-même, mais possède une propriété de réagir à température
ordinaire avec la chaux hydratée pour des composés insolubles stables
possédant des propriétés liantes.

Les pouzzolanes aussi sont des roches naturelles constituées par des scories
(projections) volcaniques basaltiques. Elles ont une alvéolaire, de couleur
généralement rouge ou noire, avec toutes les teintes intermédiaires,
exceptionnellement grise. Ce sont des matériaux légers de densité inférieure à 1,
poreux, abrasifs, réfractaires, isolants.

Le terme « pouzzolane » provient de Pouzzoles, nom d’une ville italienne de la


région de Naples. Il y désigne un matériau volcanique cendreux de composition
trachytique, de couleur claire et friable, utilisé pour la fabrication de mortier et de
ciment.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 26


Figure 11: Type de pouzzolane [W5]

II.2.2 Mode de formation


La pouzzolane appartient à la famille des roches éruptives, c’est-à-dire que c’est
une roche provenant de la consolidation de magma émanant des profondeurs de
l’écorce terrestre.

Dans la pouzzolane, on trouve des scories qui indiquent la profondeur du magma


qui l’a créé.
 Magma de surface : Grès carbonifère
 Magma intermédiaire : Roches métamorphiques ;
 Magma profond : Péridotite.

En général, on distingue deux types de roches éruptives : les plutoniques et les


roches volcaniques.

Les roches volcaniques se divisent en deux groupes tels que les laves et les
projections, et les pouzzolanes appartiennent à ce dernier groupe. Les volcans
caractérisés par des explosions violentes projettent des débris de tout calibre.
Les matériaux les plus fins, constitués de cendres, peuvent être transportés par
le vent et tomber en pluie loin du centre d’émission, c’est le cas des pouzzolanes.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 27


Figure 12: Formation de pouzzolane [W6]

II.2.3 Types de pouzzolanes


Il y a deux types de pouzzolane : les pouzzolanes naturelles et les pouzzolanes
artificielles.

II.2.3.1 Pouzzolanes naturelles


Les pouzzolanes naturelles sont des matériaux possédant des propriétés
pouzzolaniques à l’état naturel qui peuvent être améliorées par un traitement
approprié d’activation. On distingue :
II.2.3.1.a Le verre volcanique
C’est une roche provenant des éruptions volcaniques qui se trouve dans un
état vitreux ou du moins dans une forme d’instabilité qui le rend sensible à
l’attaque par l’hydroxyde de calcium (Ca(OH)2).
II.2.3.1.b Les tufs volcaniques
Ce type de roche est comme la pouzzolane de type verre volcanique mais elle
a subi des transformations chimiques. L’altération du verre volcanique dans des
conditions hydrothermiques est due à la formation des minéraux zéolithiques de
composition variable. Ce genre de pouzzolane est différé par une texture dure et
compacte.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 28


II.2.3.c Les produits pyroclastiques
Ce sont des roches composées principalement ou uniquement de matériaux
volcaniques. Les pyroclastes sont, en général, tous matériaux fragmentés
produits par les éruptions volcaniques.

II.2.3.2 Les pouzzolanes artificielles


Ce sont des matériaux dont l’activité pouzzolanique apparaît seulement après
un traitement approprié, en particulier thermique. Il y a :
II.2.3.2.a Les cendres volantes
Les cendres volantes sont les résidus finement divisés résultants de la
combustion de la houille pulvérisée, dans les centrales thermiques.

On définit trois types de cendre volante, en fonction de leur teneur en oxyde de


calcium (CaO) : les cendres volantes qui contiennent des teneurs en CaO
inférieures à 8%, celles allant de 8% jusqu’au 20% et celles supérieures à 20%.
Le constituant majeur est une phase vitreuse formée de silice (SiO2) et d’alumine
(Al2O3) de 50 à 90%.
II.2.3.2.b Les laitiers granulés du haut fourneau
Le laitier granulé de haut-fourneau est un produit composé essentiellement de
silicate, d’aluminosilicate de calcium et d’autres bases, qui provient de fusion du
minerai de fer dans un haut-fourneau, et qui est obtenu par refroidissement
rapide à l’eau pour former des particules vitreuses granulées, puis broyé à une
finesse égale ou inférieur à celle du ciment. Les analyses minéralogiques de
laitier du haut-fourneau indiquent que la teneur en verre varie de 80 à 100%.
II.2.3.2.c Les argiles calcinées
Ils sont obtenus par cuisson d’argiles à une température variant de 600 à
900°C, puis moulus à la finesse du ciment.

L’argile de base utilisée est constituée en grande partie de silicate d’aluminium.


Le traitement thermique transforme la silice et l’alumine en état amorphe qui
favorise l’activité pouzzolanique.
II.2.3.2.d La fumée de silice
Ce sont des particules de très petite taille (environ de 0,1μm) issues de
l’industrie de l’acier. Ces particules sont principalement composées de silice
amorphe (supérieur à 85%) et présentent des propriétés pouzzolaniques. Elles

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 29


permettent d’améliorer la compacité du matériau durci, donc sa résistance
mécanique.

II.2.4 Activités pouzzolaniques


L’activité pouzzolanique est un phénomène très difficile, elle est accrue à une
réaction de la chaux avec les produits de l’attaque alcaline, des silicates acides.

Cette activité est aussi l’aptitude de la pouzzolane naturelle par mélange avec
la chaux à la température ambiante, pour former des composés ayant des
propriétés hydrauliques, elle joue un rôle sur les propriétés liants pouzzolaniques.
Elle conduit à la formation des composés hydratés dont la nature est définie par
les règles générales qui dirigent l’hydratation des liants silico-alumino-calciques.

II.2.4.1 Constituants actifs des pouzzolanes naturelles


En général, la portion active des pouzzolanes est constituée par les phases
amorphes ou vitreuses. L’activité pouzzolanique des phases amorphes ou
vitreuses ne résulte pas directement de leur composition chimique, elle provient
d’une altération des minéraux originaux subséquente à une exposition prolongée
à l’eau contenant du CO2 et à la vapeur d’eau surchauffée.

L’activité pouzzolanique des pouzzolanes naturelles peut être aussi due au


caractère zéolithique de leurs constituants tels que l’analcime (Na 2O, Al2O3,
4SiO2, 2H2O). Pour les tufs volcaniques dont la teneur en eau élevée, l’activité
pouzzolanique provient des composés zéolithiques, tandis que pour ceux dont la
teneur en eau d’hydratation est faible et dont la solubilité dans les acides et les
bases est plus élevée, la phase vitreuse joue le rôle prédominant.

Pour les roches sédimentaires, l’activité pouzzolanique repose sur la teneur


élevée en silice hydraté possédant une structure poreuse et une grande surface
interne.

II.2.4.2 Constituants actifs des pouzzolanes artificielles


Les argiles ne manifestent une activité pouzzolanique qu’après un traitement
thermique dans un domaine de température déterminé. Ce domaine de
température correspond à une dégradation partielle ou complète de leur
structure. L’activité pouzzolanique par recristallisation partielle diminue à
nouveau si l’on dépasse ce domaine de température.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 30


Au point de vue chimique, la silice, l’alumine et l’oxyde de fer peuvent devenir
actifs par le traitement thermique. Il faut remarquer que ces oxydes à l’état actif
ne se trouvent pas nécessairement séparés, mais peuvent se trouver sous forme
de combinaison.

Pour les cendres volantes, c’est plutôt la finesse de la poudre qui détermine
l’activité pouzzolanique et que la finesse est en relation avec la teneur en
charbon du combustible de départ.

II.2.5 Effets de la température sur les pouzzolanes naturelles et artificielles


II.2.5.1 Sur les pouzzolanes naturelles
Par chauffage, il se produit d’abord un changement de stabilité, par perte des
constituants volatiles et formation d’une masse poreuse, puis un affaissement de
la structure à plus haute température. La formation de la masse poreuse se
produit dans le domaine de température compris entre 550°C et 980°C. L’activité
pouzzolanique maximale est atteinte par calcination entre 750°C et 980°C pour
les roches sédimentaires.
II.2.5.2 Sur les pouzzolanes artificielles
Les argiles de types montmorillonites se déshydratent entre 150 et 300°C et
l’activité pouzzolanique de ce groupe est maximale entre 650 et 900°C.

Les argiles de type kaolinite perdent leur eau adsorbée entre 300 et 500°C, et
entre 550 et 900°C, la formation de composés pouzzolaniquement actifs est
favorable. Pour l’argile de type illite, la perte de l’eau d’adsorption a lieu entre 100
et 300°C et l’activité pouzzolanique maximale est atteinte par calcination entre
750 et 1000°C.

L’effet de la température sur la pouzzolane dépend non seulement de la


composition minéralogique ou chimique mais encore de la durée de traitement.

II.2.6 Caractéristiques des pouzzolanes


Les pouzzolanes peuvent être caractérisées sous différentes propriétés telles
que : couleur, composition chimique, structure, densité, porosité.

II.2.6.1 Couleur
Les pouzzolanes présentent des couleurs variées allant du noir au rouge,
marron à gris, exceptionnellement jaune. Cette variation de couleur est liée au

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 31


rapport des pourcentages pondéraux « f » des oxydes ferreux et ferriques donné
par la formule ci-après :

 Si f ˂ 0,002 : la coloration est uniformément rouge pour les


matériaux réduits à l’état des fines ;
 Si f est voisine de 0,10 : la coloration vire au brun ;
 Si f atteint la valeur 0,27 : les produits sont uniformément noirs.

II.2.6.2 Compositions chimiques


Les compositions chimiques des pouzzolanes varient selon leur gisement. Et le
tableau ci-dessous montre que les éléments majeurs présents dans la
pouzzolane sont la silice, l’alumine et l’oxyde ferrique.
Tableau 1:Composition chimique moyenne de la pouzzolane [Rasamoela M.,
2011]

Eléments SiO2 Al2O3 Fe2O3


majeurs

Teneurs 40-42% 15-30% 10-15%


maximales

II.2.6.3 Structure, densité et porosité de la pouzzolane


Les caractéristiques structurales de la pouzzolane peuvent être résumées par
leur morphologie vacuolaire, et leur forme déchiquetée. Les vésicules de
dimensions variables sont dues aux gaz emprisonnés dans la lave : plus ceux-ci
sont fluides, moins la pouzzolane est vacuolaire.
La densité des matériaux pouzzolaniques varie en fonction de leur
granulométrie (les éléments les plus fins sont les plus denses). A l’état brut, ces
matériaux présentent une densité supérieure à 1, sauf les pouzzolanes qui ont
des granulométries grossières (au-delà de 10/20mm).
La porosité aussi varie volumétriquement selon les granulométries. Le tableau
ci-dessous montre quelques autres propriétés de la pouzzolane naturelle.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 32


Tableau 2:Quelques propriétés de la pouzzolane naturelle [Rasamoela M. F.,
2011]

Porosités % rétention % indices


pH Densité Air (%)
(%) en eau des vides

60-70 6,5-7 0,8-1,3 19-20 46 1,9-2,23

II.2.7 La pouzzolane dans le domaine de filtration


Grâce à ses caractéristiques physiques et chimiques, la pouzzolane est utilisée
en filtration dans de nombreux domaines. Elle présente l’avantage d’avoir un pH
neutre, et une porosité permettant une filtration naturelle. La plupart des temps,
la pouzzolane est séchée et dépoussiérée pour une utilisation en filtration. Leurs
applications dans la filtration sont les suivants :
- Epuration des eaux usées : elle est utilisée sous différentes
granulométries pour le traitement biologique des eaux usées.
- Traitement d’eau potable : elle permet une double action : mécanique
(filtre) et biologique (niche bactériologique : les parasites permettent le
développement des bactéries et la dénitrification de l’eau).

II.3 LA SCIURE DE BOIS [21]


II.3.1 Définitions [22]
La sciure de bois désigne l'ensemble des petites particules et fins copeaux
issus du sciage de bois.

Après avoir scié ou dressé les bois, les poudres proviennent du sciage ou des
débris de la transformation du bois telle que la fabrication des voliges et des
résidus du rabot qu’on nomme ‘’sciures de bois’’.

II.3.2 Caractéristiques de sciure de bois.


Généralement, la sciure de bois a la même propriété interne au bois dans le
sciage. Et pour cela, on va voir les propriétés et caractéristiques de bois pour
connaitre les caractéristiques de sciure de bois.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 33


II.3.3 Les différentes familles de bois
Il existe deux familles de bois :

 Les bois de feuillus (bouleau, hêtre et châtaignier, charme, eucalyptus, etc.) à


fibres courtes (0,5 à 1,5 mm).

 Les résineux ou les conifères (pins, sapins et épicéas) à fibres longues (3 à 4


mm). Le ≪bois de feuillus≫ est le terme courant servant à designer les arbres à
larges feuilles (latifoliés), qui font partie de la catégorie des angiospermes, tandis
que le « bois résineux » désigne les conifères, classés dans la catégorie des
gymnospermes. De nombreux feuillus et quelques résineux originaires des
régions tropicales sont généralement appelés bois tropicaux ou exotiques, bien
que la majeure partie du bois récolté à l’échelle mondiale proviennent de non
résineux (58% du volume total). Ce phénomène tient peut-être en partie à la
répartition géographique des forêts par rapport au développement industriel.

II.3.4 Composition élémentaire de bois


La composition chimique élémentaire du bois est variable suivant les espèces.
Mais on peut envisager qu’à l’état anhydre, le bois est composé d'environ :

 50 % de carbone,

 42 % d'oxygène,

 6 % d'hydrogène,

 1 % d'azote

 1 % de minéraux (principalement Ca, K, Na, Mg, Fe, Mn).

On trouve également, dans cette proportion minérale, du soufre, du chlore, du


silicium, du phosphore, et d'autres éléments à l’état de trace.

II.3.5 Structure moléculaire de bois.


On distingue deux catégories.

La première catégorie renferme les constituants qui forment quantitativement la


partie majoritaire de la substance originelle. Elle est nommée « constituants
principaux » dont :

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 34


- La cellulose

- La lignine

- Les hémicelluloses

La deuxième catégorie concerne les constituants les plus divers mais moins
abondants et moins fréquents et est dénommée « constituants secondaires ou
constituants particuliers ou bien corps étrangers ». Les constituants les plus
remarquables de cette catégorie sont : les matières colorantes naturelles, les
résines, huiles essentielles et oléorésines, les cires, matières grasses, les
sucres, hydrates de carbone, les substances azotées, les matières minérales, les
acides organiques libres…

a) La cellulose

La cellulose est une macromolécule constituée par la polymérisation d'une


molécule élémentaire appelée glucose. Elle a pour formule brute (C 6H10O5)n et de
composition analogue à l’amidon, mais de poids moléculaire beaucoup plus
élevé avec un degré de polymérisation élevé compris entre 5 000 et 10 000. Un
degré de polymérisation de 10 000 correspond à une chaine d’une longueur de 5
μm.

C’est un constituant majoritaire du bois et presque unique du coton et des fibres


textiles du type lin, chanvre, jute et ramie.

b) La lignine

C’est un constituant majeur de bois après la cellulose, un polymère complexe


non linéaire et les motifs de base associés entre eux constituent un réseau qui
s’interpénètre dans le réseau de la cellulose. La lignine donne au bois de
nouvelles propriétés et en particulier une grande hydrophobie. C'est un polymère
thermoplastique qui soude les fibres entre elles et confère aux plantes leur
rigidité. Il faudra soit la dissoudre à l'aide de produits chimiques, soit l’assouplir
par montées de température, afin d'extraire du bois des fibres cellulosiques
souples et individualisées.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 35


c) Les hémicelluloses

Les hémicelluloses sont les polysaccharides majeurs de la paroi des cellules du


bois. Elles sont combinées aux fibrilles de cellulose. Les hémicelluloses sont plus
courtes que la cellulose et s’en distinguent par leurs résidus branchés qui sont
différents. L’hémicellulose permet d'unir les filaments micellaires de cellulose
pour former les fibrilles.

Principales utilisations de la sciure de bois à Madagascar :

- combustibles : fabrication de briquettes combustibles

- litière : dans le poulailler

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 36


Chapitre III : GENERALITES SUR L’EAU DE PUITS
III.1 DEFINITION D’UN PUITS
Un puits à eau ou un forage est un ouvrage de captage vertical permettant
l’exploitation de l’eau d’une nappe, contenue dans les interstices ou dans les
fissures d’une roche du sous-sol qu’on nomme aquifère. L’eau est remontée au
niveau du sol soit de façon très simple grâce à un récipient (seau par exemple)
soit plus facilement grâce à une pompe, manuelle ou motorisée. [W1]

Les puits sont des ouvrages verticaux peu profonds à parois maçonnées et
réalisés en gros diamètre. Ils recoupent le toit de la nappe dans les roches
consolidées : les débits sont alors faibles, de quelques m3/jour. Ces puits sont
sensibles [W2] :
- Aux variations saisonnières (maximum de débit en hiver et minimum en
automne) et climatiques (baisse marquée des niveaux des nappes en
période de sécheresse prolongée, pouvant aller jusqu’à l’assèchement
temporaire de l’ouvrage) ;
- A la pollution de l’eau, principalement par les nitrates et pesticides.

III.2 TYPES DE PUITS [W3]


Selon les sources d’alimentation des puits, c’est-à-dire les nappes d’eau
souterraine, on distingue en deux grandes catégories : le puits de surface et le
puits artésien ou puits profond.

Le choix du type d’ouvrage à réaliser dépend essentiellement de la profondeur


de la réserve aquifère (il serait par exemple très difficile ou dangereux de faire
creuser un puits à la main par des puisatiers à plus de 30m de profondeur), de la
nature géologique du sous-sol, de la quantité d’eau quotidienne nécessaire et du
coût de l’ouvrage.

II.2.1 Le puits de surface [W1], [W2], [W3]


Le puits de surface est un ouvrage de captage d’eau souterraine avec un
diamètre intérieur généralement supérieur à 60 cm et de profondeur de 9 m à
partir de la surface du sol. Il est alimenté par la nappe phréatique ou nappe libre.
Ce type de puits est facilement accessible. Toutefois, sa faible profondeur
augmente considérablement les risques de contamination. En effet, les eaux de
surface souillées peuvent facilement s’infiltrer vers la nappe phréatique. Le

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 37


rendement de ce type du puits est directement lié aux conditions climatiques
(sècheresse et précipitation) et aux usages intensifs.

II.2.2 Le puits profond [W1], [W3], [W4]


Un puits profond est un ouvrage de captage d’eau souterraine ayant un
diamètre habituellement de 150 cm et de profondeur environ de 100 m à partir de
la surface du sol. Il est alimenté par la nappe d’eau sous-pression ou nappe
captive. Il est habituellement fiable et stable toute l’année pour ce qui est de la
qualité et de la quantité de l’eau. Ce type de puits est moins vulnérable face à la
contamination provenant de la surface du sol. Donc deux avantages importants
pour celui-là : en premier lieu, une plus grande salubrité de l’eau, et en second
lieu, une plus grande disponibilité.

III.3 QUALITE DE L’EAU DE PUITS


Les puits sont alimentés par les couches aquifères ou les réserves d’eau
souterraine. Malgré qu’elle puisse avoir une apparence claire et limpide et n’avoir
aucune odeur ou saveur particulière, l’eau captée peut contenir des éléments
pouvant avoir des effets indésirables sur la santé, par exemple des
microorganismes pathogènes (bactéries, virus, ou protozoaires), des nitrates-
nitrites et autres substances chimiques. [23]

Seule l’analyse de l’eau de puits peut révéler sa potabilité. Il est conseillé de


l’analyser au moins deux fois par an pour ses paramètres microbiologiques et au
moins une fois pour ses paramètres physico-chimiques.
III.3.1 Les paramètres physico-chimiques [31], [32], [33]
L’analyse des paramètres physico-chimiques est nécessaire pour observer
l’évolution de la qualité de l’eau et de distinguer la présence de contamination
dans l’eau. Une vingtaine de paramètres doivent être pris en compte pour
connaitre la qualité d’une eau. Ce sont la température, le pH, la conductivité
électrique, la turbidité, la dureté totale et calcique, la teneur en silicate, la
teneur en matière organique alcaline, la teneur en ions ammonium, nitrates,
nitrites, sulfates, manganèse, fluorures, chlorures, arsenic, sodium et fer.
III.3.1.1 La température
La température joue un rôle très important sur l’état physique de l’eau, plus
précisément, sur la solubilité de sels et surtout des gaz et sur la détermination du

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 38


pH. La structure de la molécule d’eau change à chaque variation de la
température. C’est un phénomène d’agitation thermique.
III.3.1.2 Le pH
Le pH est un paramètre très sensible à divers facteurs environnementaux. Il
dépend aussi des variations de la température, de la salinité, du taux de CO 2
dissous. Il dépend aussi de la nature géologique du terrain. Il est en fonction de
l’assimilation chlorophyllienne, de la respiration des organismes et du
métabolisme des bactéries et des champignons inférieurs.
III.3.1.3 Conductivité électrique
La conductivité électrique mesure la capacité de l’eau à conduire le courant entre
deux électrodes. Elle s’exprime µs/cm. Cette composante permet d’apprécier la
quantité de sels dissous dans l’eau tels que les chlorures, les sulfates, le calcium,
le sodium, le magnésium etc… Elle est influencée par la température car une
augmentation de cette dernière conduit à l’accroissement de la valeur de la
conductivité.
III.3.1.4 La turbidité
La turbidité représente la transparence d’une eau, c’est-à-dire un élément
d’intérêt pour des raisons esthétiques. Elle est l’un des facteurs responsables de
la coloration de l’eau. Elle a quand même une importance particulière dans le cas
des systèmes chlorés. Pour de systèmes traités par chloration, la limite est plus
sévère (1NTU) parce que des particules suspendues dans l’eau peuvent
empêcher l’action du chlore sur les pathogènes qui s’y attachent.

III.3.1.5 La dureté totale


La dureté totale ou titre hydrotimétrique totale (T.H.) est la somme des
concentrations en ions calcium, magnésium et autres cations bivalent et trivalent
dans l’eau (ions alcalino-terreux). La présence des ions Ca2+ et Mg2+ dans l’eau
tend à réduire la toxicité des métaux.
III.3.1.6 La dureté calcique
La dureté calcique ou titre calcique (THCa) mesure la quantité en ions calcium
existants dans l’eau. Il est à noter que le calcium, apporté par l’eau de boisson a
de bienfaits sur la densité osseuse.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 39


III.3.1.7 Le titre alcalimétrique simple (TA)
Le titre alcalimétrique simple mesure la concentration en carbonates et en bases
fortes dans l’eau. En d’autres termes, il indique la base libre dans l’eau.
III.3.1.8 Le titre alcalimétrique complet (TAC)
Le titre alcalimétrique complet consiste à déterminer la concentration en ions OH -
, CO32- et HCO3- dans l’eau. Le titre alcalimétrique est nul si le pH de l’eau est
inférieur à 8,2. Cela signifie que les ions hydroxydes dans l’eau sont
négligeables. Dans ce cas, la mesure de la teneur en ions bicarbonates HCO 3-
donne le titre alcalimétrique complet.
III.3.1.9 L’indice de minéralisation
L’indice de minéralisation dans l’eau donne la quantité des minéraux présents
dans l’eau. Les matières minérales sont généralement des sels de calcium, de
magnésium et de potassium sous forme de carbonates, sulfates, chlorures et
nitrates. Pourtant, cet indice n’arrive pas à identifier chacun de ces minéraux ; il
peut juste dénombrer la totalité.
III.3.1.10 Le chlore résiduel
Le chlore résiduel ou chlore libre (Cl2) représente la teneur en chlore présent
dans l’eau. En effet, cette molécule est très réactive. Sa combinaison avec des
substances organiques conduit à la formation des halogénés comme le
chloroforme. La présence de chlore dans l’eau peut provoquer de maladie.
III.3.1.11 Le silicate
Le silicate mesure la teneur en silice dans l’eau. La silice se dissout partiellement
dans l’eau sous forme de Si(OH)4. Sa présence dans l’eau possède de nombreux
avantages pour l’organisme tels que des os plus solides, de beaux cheveux et
une peau plus lumineuse, des artères plus souples et une meilleure digestion,
etc.

III.3.1.12 Les matières organiques alcalines


Ce paramètre consiste à mesurer la teneur en oxygène dissous dans l’eau, plus
précisément, l’oxygène provenant de matières organiques d’origines animales ou
végétales. Une eau de bonne qualité est bien oxygénée. La quantité d’oxygène
dissous dépend de la température.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 40


III.3.1.13 La teneur en ions ammoniums
L’ammonium est la forme réduite de l’azote. Expérimentalement, l’azote
ammoniacal est toxique pour la vie aquatique. Cet élément provient en général
du rejet d’eau de la lessive, des engrais sur les terres agricoles et des eaux
usées d’origine industrielle.
III.3.1.14 Le nitrate
La teneur en ions nitrates exprime la quantité en ions nitrates (NO 3-) existants
dans l’eau. Le nitrate est présent surtout dans les eaux souterraines contaminées
par des résidus d’engrais ou par les eaux usées domestiques ou de l’élevage.
Des effets toxiques sévères sont possibles auprès des enfants,la quantité
recommandée doit-être respectée.
III.3.1.15 La teneur en nitrite
La teneur en nitrites mesure la quantité d’ions nitrites (NO2-) contenus dans l’eau.
Les nitrites s’oxydent facilement en nitrates car ils sont instables. Il est toxique à
forte dose, et peut provoquer une maladie infantile (méthémoglobinémie).
III.3.1.16 Le sulfate
La teneur en sulfates représente la quantité en ions sulfate (SO 42-) présents dans
l’eau. Les sulfates proviennent surtout de l’eau de pluie et la mise en solution des
roches sédimentaires évaporitiques qui sont les gypses, les chlorures, etc. si la
teneur en sulfate est très importante, l’eau devient corrosive.
III.3.1.17 Le fluor
Le fluor ne se présente pas à l’état élémentaire dans la nature, mais plutôt sous
forme de sels que l’on regroupe sous le terme générique de fluorures. Les
fluorures peuvent être présents de façon naturelle surtout dans les eaux
souterraines dans les zones plus arides par dissolution des dépôts minéraux
contenant du fluor.
III.3.1.18 Le fer
Ce paramètre représente la quantité en ions ferreux (Fe 2+) qui existent dans
l’eau. Le fer n’a pas d’effet sur la santé, mais c’est un élément nuisible qui cause
des mauvais goûts et qui rend « rouge » la lessive et l’aliment cuit avec.
III.3.1.19 Le manganèse
Le manganèse se trouve dans la nature principalement sous forme de minerais.
Il existe plus de 250 minerais contenant du manganèse. On trouve également le

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 41


manganèse à de très faibles concentrations dans l’eau, les plantes, les animaux
et le corps humain. Comme le fer, le manganèse est un élément nuisible qui
cause une coloration noire de l’eau.
III.3.1.20 L’arsenic
L’arsenic est un métalloïde qui se trouve naturellement dans le sol, en particulier
dans des zones minières et dans certaines formations sédimentaires. Il peut
contaminer l’eau souterraine simplement par la dissolution des roches qui en
contiennent. L’arsenic est une toxine.

III.3.2 Les paramètres microbiologiques [34], [35], [36]


L’analyse microbiologique d’une eau de boisson est importante pour détecter
la présence des germes responsables des maladies transmises par voie
hydrique. Selon le programme de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé),
quatre germes peuvent exister dans l’eau :
III.2.2.1 Les coliformes totaux
Les coliformes totaux constituent un groupe hétérogène de bactéries d’origines
fécales que l’on retrouve dans l’intestin de mammifères homéothermes et
notamment dans les sols, la végétation et l’eau. Ils sont à l’origine des matières
fécales humaines ou animales.

La présence des coliformes totaux dans l’eau, n’indique pas obligatoirement une
contamination fécale ni un risque sanitaire, mais plutôt une dégradation de la
qualité bactérienne de l’eau. Cette dégradation de la qualité de l’eau peut être
attribuée à une infiltration d’eau de surface dans le puits, ou au développement
d’un biofilm (dépôt de calcaire et de bactéries) sur les parois du puits et ses
canalisations.

III.2.2.2 Les coliformes fécaux (E. coli)


L’espèce la plus fréquemment associée à ce groupe bactérien est l’Escherichia
coli (E. coli). Les bactéries E. coli sont très abondantes dans la flore intestinale
humaine et animale à sang chaud. Il s’agit de la seule espèce de bactéries
strictement d’origine fécale. Leur présence dans l’eau signifie que cette dernière
est contaminée par une pollution d’origine fécale et qu’elle peut donc contenir
des microorganismes pathogènes.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 42


III.2.2.3 Les streptocoques fécaux ou Entérocoques intestinaux
Ce sont des germes présents dans les intestins des animaux à sang chaud. Leur
présence dans l’eau en quantité importante est un indicateur de contamination de
l’eau par des excréments ainsi que par d’autres germes porteurs de maladies.
Ces bactéries s’apparentent aux coliformes fécaux. Un rapport de Coliformes
fécaux sur Streptocoques fécaux supérieur ou égal à 4 peut être considéré
comme un indice élevé de contamination fécale d’origine humaine (et un rapport
faible montre une origine animale de la pollution).

La détection de bactéries entérocoques dans l’eau d’un puits peut indiquer une
contamination fécale ou une infiltration d’eau de surface. Il est cependant prudent
de considérer la présence de bactéries entérocoques comme une indication
d’une contamination fécale.
III.2.2.4 Les clostridiums sulfito-réducteurs ou anaérobies sulfito-réducteurs
Les anaérobies sulfito-réducteurs se caractérisent par des germes anaérobies
stricts. Ce sont des germes telluriques présents dans le milieu extérieur tels que
le sol, l’eau et l’air. Ces germes sont capables d’y résister très longtemps sous
formes de spores. Ils sont très résistants aux traitements de désinfection et
constituent un bon indicateur de l’efficacité de celle-ci.
III.4 LES FACTEURS DE CONTAMINATION DE L’EAU DE PUITS
On appelle pollution toutes modifications des caractéristiques physiques,
chimiques et biologiques des composantes de l’environnement (eau, sol, air)
comportant ainsi les usages qui en sont faits ou qui pourraient en être faits.
Généralement, ce sont les nappes d’eau superficielles (nappes phréatiques) qui
sont les plus exposées à ce phénomène, les nappes profondes étant plus ou
moins protégées par la capacité filtrante de la couche de sol qui la recouvre.

Plusieurs facteurs entrent en jeu dans le processus de contamination des


nappes d’eau phréatiques à savoir : le type de sol, le comportement social des
populations et ainsi que l’aménagement du puits lui-même. [32]

III.4.1 Nature du sol et du sous-sol [32], [37]


La migration des micro-organismes potentiellement dans un profil de sol est
considérée comme l’élément déterminant du nombre de micro-organismes qui
peuvent être transportés et atteindre les eaux souterraines. La survie et le

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 43


transport de ces derniers sont largement influencés par la nature (physico-
chimique et caractéristiques pédo-biologique) du sol et des particules propres à
chaque microorganisme.
III.4.1.1 Effet de la texture du sol
A travers le phénomène d’absorption (mécanisme par lequel les polluants du sol
se fixent à la surface des particules du sol), les sols argileux sont plus favorables
à la survie des micro-organismes d’origine fécale car ils constituent un abri aux
micro-organismes pour se protéger des prédateurs. En ce qui concerne les
coliformes fécaux, le temps de demi-vie est d’environ 30 jours dans un sol
sableux, alors que dans un sol argileux il dépasse 200 jours. Mais la texture joue
un sens inverse sur la pénétration en profondeur des micro-organismes qui est
limité pour les sols ayant de fortes charges en cailloux du fait d’une meilleure
porosité et de flux d’eau infiltrés plus importants. Ainsi, les eaux usées s’infiltrant
dans les sols sablonneux, parviennent à la nappe sans avoir pu bénéficier d’une
filtration efficace, et occasionnent ainsi une multitude de pollutions ponctuelles.
III.4.1.2 Effet de la température et du pH de l’eau
La température et le pH peuvent aussi influer sur la survie de certains
microorganismes. Cette survie des bactéries diminue avec la température. En
moyenne l’optimum de température de stockage avoisine les 15 à 20 °C. De
même dans le cas particulier des bactéries thermophiles l’optimum de survie est
à environ 45°C. Lorsque le pH s’éloigne de la neutralité la survie des bactéries
semble affectée négativement.
III.4.1.3 Humidité et influence des zones non saturée et saturée de la nappe
L’humidité du sol est l’un des facteurs principaux déterminant la survie des
bactéries dans le sol. Le taux de bactéries augmente avec la teneur en humidité.
La propagation des micro-organismes dans le sol est essentiellement liée au
mouvement de l’eau. Ce régime est variable selon qu’on se trouve dans la zone
saturée ou non saturée.

Dans la zone non saturée, on assiste à une infiltration verticale avec un


écoulement gravitaire de l’eau. Si le sol est homogène, les bactéries peuvent
pénétrer jusqu’à une profondeur de deux mètres sous conditions de charge
hydraulique normale observée dans les systèmes d’assainissement autonome.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 44


Dans la zone saturée, l’écoulement est horizontal et le mouvement de bactéries
s’effectue généralement dans le même sens que l’écoulement de la nappe sauf
en cas de perturbation du gradient hydraulique naturel (en cas de recharge). La
distance maximale parcourue par les micro-organismes est essentiellement
déterminée par la vitesse d’écoulement de la nappe.
III.4.1.4 Nature des microorganismes et effet de la végétation
Sauf dans le cas particulier de sol stérile (inexistant en milieu naturel), le sol est
un lieu où la compétition est systématique, que ce soit pour l’occupation de
micro-habitats ou pour l’accès aux nutriments et à l’eau. Pour les E. coli, ils
survivraient moins longtemps dans un sol naturel contenant une multitude de
micro-organismes que dans un sol stérile.

Les racines jouent aussi un rôle important, principalement comme voies


préférentielles de dispersion et de transport des microorganismes d’origine
fécale. La végétation favorise la dispersion des bactéries fécales en facilitant leur
passage dans la matrice du sol au contact des racines.

III.4.2 Influence de l’aspect social [32], [37]


Plusieurs études faites sur la contamination des eaux de puits ont pu montrer
que celles-ci étaient influencées en grande partie par les comportements à risque
des populations. Le rejet d’eaux usées mal traitées, la mauvaise gestion des
excrétas, le mauvais entretien des puits ainsi que les pratiques agricoles et
élevages affectent négativement la qualité de l’eau des nappes superficielles que
captent les puits domestiques. Or, la pollution bactériologique de la nappe
phréatique captée par les puits domestiques est à l’origine de la latrine. Cette
contamination provoque de nombreux problèmes de santé au sein des
populations. Ces travaux font état d’une pollution beaucoup plus prononcée
lorsque la distance de sécurité (15m) n’est pas respectée entre le point d’eau et
la latrine la plus proche. Ainsi, les puits présentant des concentrations
bactériologiques (streptocoques fécaux, coliformes thermo tolérants et de
coliformes totaux) et chimiques élevées (nitrates et ammonium) étaient
généralement très proches des latrines, des fosses septiques, des rivières ou
eaux stagnantes polluées et des décharges sauvages.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 45


A Madagascar, l’étude faite par Andrianaivoravelona et al a montré que le
mauvais entretien de l’environnement du puits (eaux stagnantes et ordures
ménagères) serait aussi à l’origine des pollutions de certains puits.

Les pratiques agricoles et les rejets d’eaux usées ne sont pas à négliger dans
la pollution des eaux des nappes phréatiques. Ainsi, l’utilisation de fertilisants
peut entrainer une pollution de la nappe phréatique par infiltration de ces derniers
dans le sol. Dans les zones où l’assainissement des eaux usées n’est pas
maitrisé, la nappe phréatique montre des valeurs élevées en nitrates et surtout
en germes d’origines fécales.
III.4.3 Effet de l’aménagement du puits [32]
L’aménagement du puits joue aussi un rôle très important dans la pollution de
la nappe. Des investigations ont montré que la pollution des eaux de puits
dépendait du degré d’aménagement de ce dernier. Les puits pour lesquels on
note des concentrations élevées en nitrates sont constitués pour la majorité par
des puits non aménagés ou semi-aménagés, les puits aménagés étant moins
vulnérables. Et un puits couvert a moins de chance d’être contaminé. Il est
d’autant plus protégé par les effluents arrivant d’une latrine s’il est construit avec
du matériau adéquat.

III.5 LES EFFETS DES DIFFERENTS PARAMETRES SPECIFIQUES DANS


L’EAU DE PUITS SUR LA SANTE
L’eau représente un élément essentiel et irremplaçable pour assurer la
continuité de la vie. Cependant, elle peut être aussi une source de maladie. La
consommation d’une eau potable, facteur déterminant dans la prévention des
maladies liées à l’eau, doit bénéficier d’une attention particulière. En effet, l’eau
destinée à la consommation humaine ne doit contenir ni substances chimiques
dangereuses, ni germes pathogènes et nocifs pour la santé. [37]

Le MDDELCC, ministère du Québec et le Water Aïd Madagascar


recommandent d’analyser les paramètres présentés dans le tableau 6 et le
tableau 7 pour déterminer la potabilité de l’eau des puits. Parmi les paramètres
microbiologiques, le niveau de coliformes fécaux est la mesure la plus
fréquemment utilisée pour indiquer la présence d’une contamination de l’eau
d’origine fécale. Les bactéries coliformes ne sont souvent pas de pathogènes,

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 46


mais ils sont comparativement faciles à analyser et donnent une indication claire
de la présence probable de pathogènes parce qu’ils ne se reproduisent que dans
les intestins de certains mammifères, dont les êtres humains.

Tableau 3: Paramètres à analyser recommandés par le MDDELCC pour


déterminer la qualité de l’eau d’un puits [Bleu, 2014]

Paramètres microbiologiques Paramètres physico-chimiques


Arsenic
Manganèse
Baryum
Nitrites-nitrates
Bactéries entérocoques Chlorures
Coliformes totaux Sodium
Bactérie E. coli Fer
Sulfates
Fluorures
Dureté totale basée sur la teneur en
calcium et en magnésium
Water Aïd Madagascar recommande les analyses présentées dans le
tableau 3 avec ses taux limites.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 47


Tableau 4: Proposition de taux limites de présence des ions [Water Aïd, 2004]
Limite idéale
Elément (unités de mesure) Limite absolue
(souhaitable)

Conductivité (μS/cm) 2000 3400


pH Entre 6,5 et 8,5 Entre 4,5 et 10
Turbidité (NTU) 5 20
Coliformes fécaux (col/100
0 10
ml)
Fluor (mg/l) 1.5 8
Arsenic (μg/l) 10 50
Alcalinité (mg/l) -- --
Nitrate (mg/l NO3-) 50 100
Nitrite (mg/l NO2) 0.1 3
Fer (mg/l) 0.3 5
Manganèse (mg/l) 0.1 4

III.5.1 La conductivité [37]


Une haute conductivité indique la possibilité de la présence à un niveau
important des ions dangereux à la santé et de la corrosivité de l’eau. A un niveau
plus élevé que 2 000μS/cm le goût de l’eau devient salé et elle peut être rejetée
par les consommateurs. Des effets néfastes sur la santé sont à craindre à partir
d’une valeur de 3 400 μS/cm, surtout pour les enfants de moins d’une année et
pour des individus avec des problèmes de santé cardio-vasculaires ou des reins.
III.5.2 Le pH [33]
Les eaux naturelles ont en général un pH qui varie entre 6,5 et 8,5. Si le pH est
en dessous de 4,5, des irritations des membranes peuvent se produire et l’eau
devient fortement corrosive, avec un goût aigre. Si le pH est au-dessus de 10, les
mêmes irritations se produisent et le goût devient savonneux.
III.5.3 La turbidité [33], [37]
La turbidité peut avoir des effets importants sur la quantité microbienne de l’eau.
En effet, la croissance microbienne dans l’eau est particulièrement marquée à la
surface des particules et à l’intérieur des flocs, naturellement présents dans l’eau.
Plusieurs études ont mis en évidence un lien entre la turbidité et la présence de

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 48


microorganismes (virus, bactéries et protozoaires) dans l’eau. Il a été démontré
que :
 Dans une eau ayant une faible turbidité, l’énumération microbienne est
généralement faible ;
 Il existe une bonne corrélation entre le décompte microbien et la turbidité.
III.5.4 Le Fluor [33], [37]
La concentration maximale de fluor est recommandée à 1.5mg/L. La particularité
des fluorures est qu’il existe aussi, pour cette substance, une concentration
optimale ayant des bienfaits sur la santé (aide le bon développement des dents).
A un niveau au-dessous de 1,5 mg/l, les fluorures ont un effet préventif de la
carie dentaire. A des niveaux plus élevés, il peut causer de la fluorose dentaire
ainsi que de la fluorose osseuse (affaiblissement des squelettes), surtout aux
enfants. Ceci constitue l’effet néfaste le plus grave sur la santé engendrée par
une exposition prolongée à de fortes doses de fluorures dans l’eau potable. La
fluorose osseuse est un état évolutif non fatal dans lequel les os augmentent de
densité et deviennent de plus en plus fragiles. Les cas les plus graves se
manifestent par une réduction de l’amplitude des mouvements, des déformations
du squelette et l’accroissement des risques de fracture.
III.5.5 L’arsenic [33], [37]
Une exposition prolongée à l’arsenic augmente le risque de cancer de la peau,
de cancer des organes internes (poumons et vessie) et une mauvaise circulation
sanguine. L’arsenic a des effets sur la reproduction et le développement de
l’enfant. Cependant, la norme de l’arsenic dans l’eau est recommandée à 10µg/l.
A un niveau inférieur à cette valeur, l’arsenic ne cause pas d’effets importants sur
la santé. Avec des valeurs supérieures à ce niveau les impacts sur la santé
augmentent, mais ils commencent à être importants à environs 50 μg/l.
III.5.6 Le nitrate [33], [37]
La méthémoglobinémie est considérée comme l’effet cible préoccupant chez les
humains exposés au nitrate dans l’eau potable. Elle est caractérisée par une
capacité réduite du sang à transporter l’oxygène du fait de la diminution des
niveaux d’hémoglobine normale. C’est une maladie rare, cependant, ce sont le
plus souvent les nouveau-nés qui sont affectés. Elle peut engendrer des troubles
respiratoires ainsi que des vomissements et des diarrhées. Dans les cas

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 49


extrêmes, on observe une léthargie marquée, une augmentation de la production
de salive, une perte de conscience et des crises convulsives. Certains cas
peuvent être mortels. En dessous de 50 mg/l NO3- le nitrate ne cause pas des
effets néfastes. Entre 50 et 100 mg/l NO3- les effets sur les nourrissons alimentés
avec du lait en poudre mélangé avec l’eau avec si peu de nitrates ne sont pas
généralement sévères ‘, mais au-dessus de ce niveau les risques augmentent.
Les personnes les plus vulnérables étant les femmes enceintes et les
nourrissons.
III.5.7 Le nitrite [33], [37]
Les nitrites sont dangereux pour la santé. Ils provoqueraient des cas de
méthémoglobinémie : résultant d’une oxydation de l’hémoglobine, la formation de
méthémoglobine en grande quantité réduit l’oxygénation des cellules, peut se
manifester par une cyanose, coloration bleutée de la peau et des muqueuses, et
provoquer l’asphyxie et la mort. Les nourrissons de moins de trois mois sont les
plus exposés à ce risque en raison de la faible acidité de leurs estomacs, de leur
tendance à développer des infections gastro-intestinales et de leur faible capacité
à régénérer l’hémoglobine à partir de la méthémoglobine. Les cas mortels
demeurent cependant très rares.
III.5.8 Le baryum [37]
Plusieurs études épidémio-écologiques ont révélé des associations entre la
teneur en baryum de l’eau potable et la mortalité attribuable aux maladies cardio-
vasculaires. Par ailleurs, certains sous-groupes de la population pourraient être
plus à risque aux effets du baryum tels que les personnes souffrant
d’hypertension, de problèmes cardio-vasculaires ou de maladies des poumons,
les femmes enceintes et les fumeurs.
III.5.9 Le fer [37]
A des concentrations normalement trouvées dans l’eau, le fer n’a pas d’effet sur
la santé, mais est un élément nuisible qui cause des mauvais goûts et qui rend
“rouge” la lessive et l’aliment cuit avec. A un niveau inférieur à 0,3 mg/l les effets
sont minimes. Au-dessus de ce niveau le goût et la coloration deviennent de plus
en plus marqués et pour un niveau plus élevé que 2 mg/l l’eau risque d’être
rejetée par les consommateurs. Toutefois un niveau de 5 mg/l est supportable
avec l’aval des consommateurs et en absence d’alternative faisable.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 50


III.5.10 Le Manganèse [33], [37]
Le Manganèse est, selon de récentes études épidémiologiques et animales, un
métal qui pourrait aussi avoir des effets néfastes sur le développement
neurologique. Sa valeur admissible est fixée à 500µg/L. A une concentration
entre 160 et 610µg/l de manganèse, l’eau peut être une source d’exposition
importante à ce métal pour des enfants âgés de 6 à 15 ans.
III.5.11 Les coliformes fécaux [33]
Les premiers symptômes d’une contamination par les bactéries E. coli sont de
nature gastro-intestinale : la gastro-entérite est la maladie la plus fréquente
associée à l’ingestion d’eau contaminée. Bien que cette maladie soit souvent
bénigne, elle peut parfois avoir des conséquences très graves sur la santé.
D’autres maladies plus rares comme les hépatites ou les méningites peuvent
aussi être provoquées par l’ingestion d’eau contaminée par les coliformes fécaux.

La limite idéale (0 coliformes fécaux par 100 ml) élimine toute chance de
contamination du consommateur et conséquemment élimine aussi les maladies
causées par des pathogènes dans l’eau. Avec un niveau de 10 coliformes fécaux
par 100 ml il y a très peu de chance que des maladies hydriques se produisent
dans des individus sains. Dans l’environnement des gens il y en a plusieurs
autres sources possibles de contamination (les mains sales, la nourriture
contaminée, l’environnement insalubre) qui seront donc beaucoup plus
importants dans le développement de ces maladies.

L’OMS a recommandé les normes sur les degrés de risque selon le nombre de
coliformes dans un échantillon de 100ml.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 51


Tableau 5:Directives de l’OMS pour la caractérisation du risque dans l’eau de
consommation [Bessieres, 2005]

Nombres de coliformes fécaux ou E. coli par 100ml d’échantillon d’eau

0 Conforme aux normes de l’OMS

0 – 10 Risque faible

10 – 100 Risque intermédiaire

100 – 1000 Haut risque

1000+ Très haut risque

III.6 REPARTITION ET QUALITE DES RESSOURCES EN EAU A


MADAGASCAR
La situation des ressources en eaux se présente de la façon suivante :
III.6.1 Dans la zone des hauts plateaux [28]
III.6.1.1 Les eaux de surface
Les eaux de surface sont abondantes, peu minéralisées, de bonne qualité
physico-chimique dans les bassins supérieurs, mais deviennent fortement
chargées en matériaux en suspension dans les cours inférieurs. Elles sont
également très chargées bactériologiquement ; les germes aérobies varient de
100.000UFC/100ml ; les coliformes thermotolérants de 10.000 à
50.000UFC/100ml ; les coliformes totaux de 30.000 à 100.000UFC/100ml et les
germes anaérobies sulfito-réducteurs de 100 à 10.000UFC/100ml. Elles doivent
subir pour ce fait un traitement en plusieurs étapes pour être utilisées pour la
boisson et les usages domestiques.
III.6.1.2 Les eaux souterraines
Ce sont des eaux provenant du sous-sol et contenues dans les aquifères ou les
roches réservoirs. Un aquifère étant une formation géologique ou une roche,
suffisamment poreuse et/ou fissurée (qui peut stocker de l’eau) et suffisamment
conducteur pour permettre l’écoulement significatif d’une nappe et le captage de
quantités d’eau appréciables, les micro-organismes sont peu nombreux dans les
eaux de la nappe du fait des conditions généralement anaérobies et de faibles
quantités de nutriment disponibles.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 52


Les eaux souterraines peuvent être captées par les sources naturelles, forages
ou puits domestiques. Selon la profondeur de l’aquifère, les modes d’exploitation
seront différents :
 Les aquifères peu profonds (3 à 10m) sont exploités traditionnellement par
des puits, des sources, des puits profonds ou des puits buisés.
L’inconvénient de ces ouvrages est leur contact direct avec les éléments
souillés de surface, et ils supposent un traitement similaire à celui des eaux
de surface pour une utilisation en eau de boisson.
 Les aquifères profonds (supérieurs à 10m), sont captés par des ouvrages
tels que des puits couverts, fermés, équipés de pompes (forages).
Dans la zone des hauts plateaux, l’approvisionnement en eau potable est assuré,
par ordre décroissant du nombre d’infrastructures en place, par système
gravitaire à partir des sources issues des nappes d’altération ou d’alluvions, par
des captages dans des eaux de surface (lacs et rivières), par des puits dans les
nappes d’alluvions ou d’altération. La qualité de l’eau, naturellement bonne, peut
être préservée par la mise en place de périmètre de protection, et par l’éducation
et la mobilisation des bénéficiaires en vue d’assurer la surveillance de l’évolution
de la qualité physico-chimique de l’eau et le respect du périmètre de protection.
III.6.2 Dans les bassins sédimentaires [28]
III.6.2.1 Les eaux de surface
Les eaux de surface ont une bonne qualité chimique (eaux douces avec
minéralisation normale) sauf pour le cours inférieur de certaines rivières où on
observe une forte salinité en période d’étiage. La qualité physique des eaux est
caractérisée par une forte teneur en particules argileuses d’origine latéritique.

Les eaux issues des captages d’eaux de surface doivent être traitées. Les
principaux problèmes de qualité d’eaux rencontrés sont les minéralisations
élevées de certaines eaux comme celles des nappes du sud et des zones
côtières, les risques de pollution domestique dans les nappes peu profondes et
les eaux de surface des bassins du Nord et de l’Est, les fortes teneurs en
matières argileuses des eaux de surface des bassins ouest.

III.6.2.2 Les eaux souterraines


Les eaux souterraines sont rencontrées, en grande quantité, à des profondeurs
généralement supérieures à 20 m, dans des formations perméables (sables et

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 53


grès) ou fissurées (calcaires). Elles sont de qualité variable, et sont généralement
minéralisées, pouvant être salées dans les nappes du sud et les nappes en
bordure des mers. Il faut également noter que des fortes concentrations en NaCl
et en sulfates peuvent être rencontrées loin de la mer et en particulier dans la
région de Betioky.

Les eaux captées par les forages et les puits peuvent rester de bonne qualité si
des mesures adéquates de protection et d’utilisation sont prises comme margelle
appropriée et pompe obligatoires pour les puits.

III.7 TAUX D’ACCES A L’EAU POTABLE A MADAGASCAR [27], [28], [W3]


L’accès à l’eau potable est effectivement un droit universel et tous les êtres
humains devraient en bénéficier. Or actuellement, à Madagascar et en Afrique
comme dans la majorité des pays en voie de développement, l’accès à l’eau est
loin d’être inclusif. 2,1 milliard de personnes sont encore privées d’eau potable
dans le monde.

La population malgache est encore confrontée à un faible taux d’accès à l’eau


potable. Pour l’année 2017, l’approvisionnement en eau potable ne touche pas
encore la moitié de la population malgache et plus de la moitié des habitants
vivent avec des mauvaises pratiques d’assainissement et d’hygiène. Selon
l’enquête du Budget Programme par Objectif Régional (BPOR) en 2016 et 2017,
le taux d’accès national en eau potable est de 26% et celui de l’assainissement
de base est de 25%.

Et pour l’année 2019, seulement 31% de la population ont l’eau potable chez
eux. Les 69% restants sont donc pour le moment privés d’eau avec tout ce que
cela implique de risques sanitaires et de freins de développement. Alors qu’à
côté, seulement 23% des ressources en eau de Madagascar sont utilisées
actuellement.

A Madagascar, la JIRAMA ou « Jiro sy Rano Malagasy » est la seule usine qui


traite l’eau du lac et de la rivière jusqu’aux réseaux de distribution (Borne
fontaine, pompes à domicile…). Mais, malgré les efforts de la JIRAMA, la
couverture géographique des services fournie par cette entreprise est limitée.
Les subventions et les ressources propres ne satisfont pas les besoins financiers
pour étendre le réseau de distribution ou renouveler des équipements. La faible

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 54


performance de la Jirama a une incidence forte sur l’accès à l’eau potable en
milieu urbain.

Ainsi, la plupart des gens de la campagne n’ont pas encore cet accès à l’eau
potable. Selon l’enquête démographique et de santé réalisée à Madagascar,
seuls 41,3% de ces gens ont accès à l’eau potable (bornes fontaines, eau du
robinet). Pour les restes, ils s’approvisionnent aux eaux de puits mal traités ou
aux eaux de source situés au loin du village alors que les 80% de la population
malgache vivent encore dans les milieux ruraux. Les besoins restent très
importants en ce milieu, avec 8,8 millions de personnes non desservies. Mais, la
mise en place d’infrastructures hydrauliques telles que les bornes fontaines et les
forages constituent les efforts consentis par l’état pour offrir aux populations une
eau « propre ».

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 55


Partie II: MATERIELS ET
METHODES

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 56


Chapitre IV : MATERIELS ET MATIERES PREMIERES
POUR LA CONCEPTION DU FILTRE
IV.1 MATIERES PREMIERES POUR LA CONCEPTION DU FILTRE
A Madagascar, l’accès à l’eau potable est encore un problème non résolu
surtout dans les milieux ruraux. En effet, la plupart des gens qui habitent ces
derniers utilisent encore des eaux de puits. Par ailleurs, ces eaux peuvent
contenir des impuretés et des pollutions. Il est donc nécessaire d’effectuer des
traitements domestiques afin de rendre ces eaux potables.

Pour notre étude, nous essayons de fabriquer un filtre à eau potable à base de
l’argile, de la pouzzolane et de la sciure de bois.

Cette étude a pour but d’évaluer l’efficacité bactériologique et physico-chimique


de ce filtre en terme de traitement de l’eau de puits et l’efficacité du filtre en
céramique avec la pouzzolane.
IV.1.1 Argile
C’est le matériau de base du filtre en céramique. Il provenait de la carrière d’un
potier à Ambohimanga Antsirabe. Dans cette étude, nous avons utilisé l’argile
rouge utilisé par les potiers.
L’argile rouge que nous avons utilisée est un minéral ferreux, et appartient au
groupe des montmorillonites.

Figure 13:Argile Rouge [Auteur]

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 57


IV.1.2 Pouzzolane naturelle
La pouzzolane utilisée pour la réalisation provient de la région de Betafo, situé à
22km à l’ouest d’Antsirabe sur la route nationale 34 (RN 34). Elle est de couleur
gris-noire, de forme scoriacée, et appartient aux projections appelées lapillis.

Figure 14: Pouzzolane naturelle [Auteur]

IV.1.3 Sciure de bois


Ce sont des sous-produits faciles à trouver dans toute l’île. Ce sont des poudres
provenant d’une scierie au niveau de laquelle d’importants tas embarrassants
l’environnement de ce sous-produit sont enregistrés. Ces sciures de bois non
utilisées provoquent des problèmes sur l’environnement car elles sont
difficilement biodégradables. Cette utilisation de la sciure de bois est une de la
gestion de ce sous-produit.

Elles ont été utilisées ici en tant que source de carbone afin de faciliter l’obtention
des pores lors du processus de mis à feu du filtre. Une étude a déjà montré
l’utilisation réussie des sciures de bois pour la production de filtre en pot
céramique. [14]

Figure 15: Sciure de bois [Auteur]

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 58


IV.1.4 Eau utilisée pour la conception du filtre
L’eau est utilisée pour avoir un mélange mou ; elle sera éliminée pendant le
séchage et le processus de mis à feu.

L’eau utilisée est l’eau de robinet de la JIRAMA.

IV.2 MOULE ET PRESSE A MOULE


Le moule et la presse à moule utilisées pendant la fabrication du filtre sont en
plâtre. Le moule est un objet de forme creuse permettant de modeler une pièce
de manière standard. Dans notre étude, nous avons utilisé un moule de forme
cylindrique de dimension comme suit : diamètre intérieur D = 26 cm et de hauteur
h = 16 cm. Il est muni d’une presse pour l’extrusion des pâtes.

h=16 cm

D = 26 cm

MOULE PRESSE A MOULE

Figure 16 : Moule et Presse à moule [Auteur]

Les matériels pour faire le mélange des matières premières sont :

- Une éponge
- Un couteau
- Un ébauchoir pour lisser l’argile
- Tour

Le matériel de cuisson utilisé au cours de cette étude est un Four céramique à


pétrole et gasoil d’une poterie d’Antsirabe.

IV.3 MATERIELS DE LABORATOIRE


Le tableau ci-dessous nous montre les matériels de laboratoire nécessaires avec
ses caractéristiques et ses utilisations.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 59


Tableau 6: Matériels de laboratoire [Auteur]

Matériels Caractéristique Utilisation

Formé par quatre Détermination de


types de maille : la granulométrie
Tamis
500 µm, 800µm, nécessaire de
4mm et 5mm pouzzolane
Capable de faire
Four une cuisson Cuisson du filtre
jusqu’à 1000°C
Détermination de
la quantité d’argile,
Donne des valeurs de pouzzolane et
Balance
exprimées en g de sciures de bois
pour chaque
mélange

IV.4 EAUX A FILTRER : EAUX DE PUITS


Afin d’évaluer l’efficacité de nos filtres face aux paramètres microbiologiques et
aux paramètres physico-chimiques, nous avons choisi de faire le test de filtration
avec de l’eau de puits, une eau de consommation quotidienne dans plusieurs
zones périurbaines et dans les milieux ruraux de Madagascar.

L’échantillon d’eau a été prélevé à partir d’un puits situé à Mahazina Antsirabe.

Le choix du puits repose sur son entourage, son utilisation et sa description. Il


s’agit d’un puits traditionnel (puits creusé), de 12 m de profondeur. D’après notre
enquête, il nourrit quatre familles différentes. Son entourage est endommagé par
une ferme de porc, par des ordures et une douche, qui se trouvent tout près du
puits comme indique la figure suivante.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 60


Porcherie

Figure 17: Puits étudié [Auteur]

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 61


Chapitre V METHODE DE CONCEPTION DU FILTRE
V.1 ETAPES DE FABRICATION DU FILTRE
A titre de rappel, les matériels et les matériaux ont été trouvés localement et sont
accessibles, il s’agit de l’argile, de la pouzzolane et de la sciure de bois.

V.1.1 Prétraitement des matières premières


Dans notre cas, l’argile et la pouzzolane ont subi des prétraitements tandis que la
sciure de bois est déjà prête à l’emploi et ne nécessite pas de traitement
préalable. Les prétraitements sont :

-pour l’argile : l’argile doit être broyé, tamisé et séché avant d’être utilisé

-pour la pouzzolane : le broyage et le tamisage de la pouzzolane nous ont permis


d’avoir des particules de diamètres entre 800 µm et 500µm ;

V.1.2 Processus de fabrication du filtre


Le processus suivi pour la conception des différents types de filtres a été le
même. Il faut suivre les étapes indiquées par le diagramme ci-après :

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 62


Pouzzolane (P)

Argile (A) Balance Balle de riz (B)

A + B+ P

Eau

Malaxage

Pâte
homogène

Pression

Moulage

Filtre moulé

Air

Séchage

Filtre séché

Energie
électrique
Cuisson Filtre cuit

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 63


V.1.2.1 Pesage
Nous avons pesé l’argile, la sciure de bois et la pouzzolane dont les proportions
sont présentées dans le tableau, dans le but d’obtenir un mélange de 5 kg
d’argile-sciure de bois-pouzzolane. La masse d’eau de malaxage utilisée est de
0,40 kg.
Tableau 7: Proportions de chaque matière première pour les différents essais
[Auteur]

Granulométrie
Sciure de Pouzzolane
Essais Argile (%) de la
bois (%) (%)
pouzzolane

Essai 1 80 10 10 800 µm

Essai 2 80 6,6 13,4 800 µm

Essai 3 80 20 0 800 µm

Essai 4 80 0 20 800 µm

Essai 5 80 10 10 500 µm

Essai 6 80 6,6 13,4 500 µm

Essai 7 80 20 0 500 µm

Essai 8 80 0 20 500 µm

V.1.2.2 Malaxage
Le malaxage se fait en deux étapes :
 Mélange à sec :
Pour avoir une pâte homogène dans la meilleure consistance, il faut d’abord bien
mélanger les matières premières avant d’introduire la quantité d’eau nécessaire
pour le mélange.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 64


 Mélange humide :
C’est la quantité d’eau ajoutée qui détermine la propriété de la pâte, cette
quantité joue un grand rôle pour avoir une bonne pâte à mouler ou tourner. Il faut
alors bien malaxer la pâte pour avoir la répartition de l’eau dans le produit. Dans
notre cas, la teneur en eau est de 25 %.
V.1.2.3 Le moulage
Le mélange obtenu est ensuite introduit dans notre moule pour avoir la forme
cylindrique voulue.
V.1.2.4 Le séchage
Nous avons adopté le séchage à l’air libre et l’abri du soleil pendant 10 jours.
C’est pendant le cycle de séchage qu’on a observé de divers défauts au niveau
de la pièce comme des cassures dues au retrait brusque du volume de la pièce.
V.1.2.5 La cuisson
C’est la dernière étape de la fabrication céramique. Elle consiste à soumettre le
produit à un traitement thermique. En effet, le comportement du produit après
cuisson nous a permis de dire s’il peut résister ou non à la température donnée.
Chaque filtre est mis à feu dans le four pendant 5 à 6 heures à une température
de 850°C. Cela permet d’avoir une combustion totale des sciures de bois qui
laisseront des micropores au filtre. La pouzzolane est aussi activée en
augmentant la taille de leurs pores et l’argile devient dure. La température de la
chambre de four est augmentée graduellement : température gardée à 100°C
pendant une heure pour enlever l’humidité restante, puis augmentée
graduellement à 850°C pendant 2 heures. Elle est gardée à cette température
pendant 5 à 6 heures pour permettre la vitrification : les molécules de silice et de
l’alumine dans l’argile se fondent et collent et la structure chimique de l’argile et
la pouzzolane est changée.

Après cuisson, le filtre est refroidi dans le four pendant environ 15 heures puis à
l’air libre.

Les filtres retenus sont ceux qui avaient réussi à passer toutes les étapes sans
être endommagés.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 65


V.2 TEST D’EFFICACITE DU FILTRE
Lorsque les filtres sont cuits, ils subissent un test d’efficacité comportant trois
étapes : la mesure du débit de la filtration, l’analyse physico-chimique et l’analyse
bactériologique des eaux filtrées

V.2.1 Mesure du débit


Dans notre cas, le filtre rempli d’eau à traiter est disposé au-dessus d’un
récipient. Le volume d’eau à filtrer ainsi que la durée écoulée lors de la filtration
sont mesurés pour pouvoir déterminer le débit de la filtration.
V.2.2 Analyse physico-chimique et analyse microbiologique
Les analyses physico-chimique et bactériologique des eaux de puits brutes et
filtrées ont été faites dans le Laboratoire Qualité Eau de la Jirama Mandroseza.

V.2.2.1 Méthode d’analyse physico-chimique


Nous avons fait des analyses complètes pour voir pour quels paramètres
physico-chimiques notre filtre est plus efficace. Vingt et un paramètres ont été
cherchés. Ce sont : la température, le pH, la turbidité, la conductivité électrique,
la dureté totale et calcique, le titre alcalimétrie simple et complète, l’indice de
minéralisation, l’ion chlorure, la teneur en matières organiques, la teneur en
silicate, la teneur en ions ammoniums, nitrates, nitrites, fer, calcium, magnésium,
carbonate, bicarbonate, sodium, sulfate. La méthode d’analyse de ces
paramètres peut être classée en trois types : la méthode directe, la méthode
colorimétrique et la méthode volumétrique.
V.2.2.1.a Méthode directe
La méthode directe est utilisée pour les paramètres présentés par le tableau 8 ci-
après. Il s’agit de mesurer directement chaque paramètre avec l’appareil
adéquat.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 66


Tableau 8:Les paramètres utilisant de la méthode directe avec mode opératoire
[Auteur]

Paramètres Appareil de mesure Mode opératoire d’analyse

Température Thermomètre Mesure directe par l’appareil


pH pH-mètre -Etalonner l’appareil avec une solution
tampon à pH=7 et à pH=4 avant toutes
mesures.
- Plonger la sonde de l’appareil dans
l’échantillon à analyser
-Effectuer la mesure.
- Le pH correspond à la valeur affichée
après quelques secondes de stabilité

Turbidité Turbidimètre -Etalonner le turbidimètre au moyen de la


solution étalon avant toutes mesures.
-Rincer la cuve turbidimétrique avec l’eau
à analyser et la remplir avec précaution
pour éviter la formation de bulles d’air.
-Essuyer la cuve pour effacer toutes
traces de doigts.
-Effectuer la mesure en choisissant la
bonne gamme

Conductivité Conductimètre -Etalonner l’appareil avec une solution


électrique étalon à conductivité 1278 μS/cm à 20°C
(produit Prolabo).

- Plonger la sonde de l’appareil dans


l’échantillon à analyser
-Effectuer la mesure.
- La conductivité correspond à la valeur
affichée après quelques secondes de
stabilité

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 67


Figure 18:Turbidimètre, pH-mètre, conductimètre [Auteur]

V.2.2.1.b Méthode colorimétrique


Dans cette méthode, nous avons utilisé l’appareil spectrophotomètre. Les
paramètres déterminés à partir de cette méthode sont : la concentration de
l’ammonium, de nitrite et nitrate, de sulfate et de fer.
Pour effectuer ce type d’analyse, il faut suivre les étapes suivantes :
- Réalisation d’une gamme d’étalonnage qui permet de déterminer une
absorbance à une longueur d’onde donnée, pour un tube donné ou une cuve de
spectrophotomètre de longueur donnée, pour une concentration en composé
recherché. Il faut donc préparer une solution de l’élément à doser de faible
concentration. Pour la réalisation de gamme d’étalonnage et du dosage, le
volume final de liquide dans chaque cuve doit être identique ;
- Réalisation d’un tableau colorimétrique : cela permet d’éviter les erreurs lors
de la réalisation de protocoles et de noter les résultats ;
- Lecture des résultats sur le spectrophotomètre.
Les détails sur le mode opératoire d’analyse de chaque paramètre utilisant cette
méthode sont énumérés dans l’annexe

V.2.2.1.c Méthode volumétrique


Pour effectuer ce type de méthode d’analyse, il y a alors quatre étapes à suivre :
Préparation de la solution à titrer
Préparation de la solution titrante
Ajout de l’Indicateur coloré adéquat dans la solution à titrer et
éventuellement avec une solution tampon
Dosage jusqu’à un changement de couleur

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 68


Les détails sur le mode opératoire d’analyse de chaque paramètre (dureté totale,
dureté calcique, titre alcalimétrique et titre alcalimétrique complet, matières
organiques, chlorures) utilisant cette méthode sont énumérés dans l’annexe

V.2.2.2 Méthode d’analyse bactériologique


Les analyses bactériologiques ont été effectuées pour visualiser par
dénombrement l’efficacité de chaque filtre sur les quatre germes suivants :
- Les bactéries Escherichia coli (E.C.)
- Les bactéries coliformes totaux (C.T.)
- Les bactéries Entérocoques (E.I)
- Et les bactéries Anaérobies sulfito-réducteurs (ASR)

Ces bactéries déterminent la potabilité de l’eau selon la norme de potabilité


malgache. L’eau est dite potable lorsqu’elle est exempte de ces quatre germes.
Les analyses bactériologiques nécessitent un minimum d’attention car chaque
geste peut fausser le résultat suite à une contamination microbienne.
L’échantillon destiné à l’analyse doit être prélevé soigneusement afin qu’il
présente exactement les caractéristiques du milieu d’où il vient. Il faut éviter
toutes contaminations depuis le prélèvement jusqu’au laboratoire d’analyse.

Il s’agit d’analyser les eaux à l’entrée et à la sortie de chaque filtre par la


méthode de filtration sur membrane suivie d’une culture microbienne avec
dénombrement. Les matériels utilisés pour l’analyse de ces quatre germes sont
décrits dans le Tableau 9 ci-après :

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 69


Tableau 9: Matériels nécessaires aux analyses bactériologiques [Auteur]

Matériels Caractéristiques Rôles

Quatre milieux de Couleur : vert brillant,


Nourrir les quatre germes
culture rose, jaune
Tenir les germes dans l’eau
Trois membranes Papier rond ;
Assurer la filtration : utiliser
filtrantes Porosité : 0,45 µm
comme papier filtre
Contenir le milieu de culture
Verre transparent de
Trois boîtes de pétri de CT, EC et EI et les trois
forme rond
membranes filtrantes
Verre transparent, 10 Contenir le milieu de culture
Un tube à essai
cm de long de germe ASR
Assurer la température
Température : 37°C et
Deux incubateurs nécessaire pour l’incubation
44°C
des bactéries
Assurer la stérilisation des
Un autoclave -
verreries

Rampes de filtration - Filtrer l’eau à tester


Apporter les membranes de
Une pince à épiler
filtration vers les rampes de
stérilisé par flambage à -
filtration puis vers les milieux
bec benzène
de culture
Stériliser l’environnement de
Un bec-bunsen - travail jusqu’à 30 cm autour
Stériliser le pince à épiler
Stériliser l’environnement de
Alcool 70° - travail
Stériliser la main

V.2.2.2.a Etapes d’analyse


Lors de l’analyse, quatre étapes doivent être effectuées :

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 70


 Préparation au préalable de quatre milieux de culture ;
 Filtration de l’échantillon d’eau à analyser sur une membrane filtrante ;
 Emplacement de la membrane ayant fixée les germes dans le milieu de
culture ;
 Et incubation dans l’étuve à différentes températures et à des durées
différentes.
V.2.2.2.b Mode opératoire d’analyse
Analyse des germes coliformes totaux, Escherichia Coli et Entérocoques
Une membrane filtrante était placée dans la rampe de filtration et nous avons
filtré sur cette membrane 100ml d’échantillon. Cette membrane est ensuite
placée à l’aide d’une pince à épiler stérilisée dans le milieu culture dans une
boîte de pétri, puis incubée à 37°C pendant 24 heures dans l’incubateur pour le
CT, à 44°C pendant 24 heures pour l’EC et à 37°C pendant 48 heures pour l’EI.
La présence de ces germes dans l’eau est identifiée par de :
 Colonie jaune pour la présence de coliformes totaux ;
 Colonie jaune halo jaune pour la présence de l’Escherichia Coli ; et
 Colonie rouge violacée pour la présence de l’Entérocoque.

Analyse des germes Anaérobies sulfito-réducteurs


Tout d’abord, nous avons mis 100ml d’échantillon dans un tube à essai qui est
chauffé dans un bain marie à 79°C pendant 15 minutes. Après, il est placé
immédiatement dans un bain d’eau froide. Puis, 20 ml de milieu Diennert et
Guillerd est ajouté dans cet échantillon et le tube est bouchonné. Ensuite, la
solution est agitée jusqu’à l’obtention d’un mélange homogène et elle est enfin
incubée à 37°C pendant 24 heures.

La présence de ces germes était identifiée par des colonies noires dans le tube à
essai et la solution dans ce tube devient toute noire si ces germes sont
indénombrables (supérieur à 10.000 UFC).
Le tableau 10 suivant résume les méthodes et conditions de détermination des
germes tests précédents :

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 71


Tableau 10: Méthodes et conditions de détermination de germes tests

Températur
Nom Couleu Temps
Nom du e
du r du d’incubatio Résultats Normes
milieu d’incubatio
germe milieu n
n
Gélose Colonie
CT lactosé au 24 h 37°C jaune <1/100ml
bleu de
bromothymol Vert Colonie
et le tergitol jaune halo
EC 24 h 44°C <1/100ml
7 jaune

Gélose Colonie
EI Slanetz et Rose 24 à 48 h 37°C rouge <1/100ml
Bartley violacée

Gélose Colonie
ASR viande foie Jaune 24 h 37°C noire <1/20ml

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 72


Partie III : RESULTATS ET
DISCUSSION

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 73


Chapitre VI : RESULTATS ET INTERPRETATIONS
Ce chapitre mettra en exergue dans un premier temps les résultats des travaux
en atelier céramique qui vont présenter les différentes compositions testées et
celles retenues, les résultats des analyses physico-chimiques microbiologiques
des eaux brutes et filtrées. Ensuite, nous présentons les analyses critiques et les
interprétations de ces résultats tout en les confrontant à ceux de certains travaux
similaires.

VI.1 PRESENTATION DES COMPOSITIONS DU FILTRE


Après avoir essayé les huit (8) premières compositions (Tableau 7), il a été
constaté que seules les compositions dans lesquelles la sciure de bois était
inférieure ou égale à 10% et la pouzzolane était inférieure ou égale à 13,4% ont
donné de bons résultats avec une bonne plasticité. Au-delà de ces proportions, la
pâte argileuse est friable et donc inadaptée à la production de filtre.

Aussi, avons-nous observé que les mélanges n’étaient pas solides et se


cassaient pendant le séchage. La granulométrie de pouzzolane aussi joue un
rôle important sur la qualité du filtre. Cela a donc permis de mieux affiner la
recherche avec une première vague de nouvelles compositions un peu précise
en granulométrie et une seconde encore plus précise. Alors, nous avons diminué
la granulométrie de la pouzzolane en 500µm. Cela a donc permis d’obtenir deux
filtres sans fissure de composition 80% d’argile, 10% sciure de bois et 10% de
pouzzolane pour le premier filtre et 80% d’argile, 6,6% sciure de bois et 13,4%
de pouzzolane pour le deuxième filtre. Seule les pouzzolanes de taille 500µm
donne un filtre cuit de bonne qualité (lisse et sans fissure).

Les prototypes obtenus après les essais sont ceux ayant résisté à la chaleur
dans le four. Nous avons noté ces filtres en F1 (filtre N°1) et en F2 (filtre N°2).

Ces deux filtres ont subi les tests d’efficacité : test de débit, analyse des
paramètres physico-chimiques et analyse des paramètres bactériologiques au
laboratoire d’analyse JIRAMA.
VI.2 DEBIT DE FILTRATION
VI.2.1 Premiers essais de filtration
Les débits de filtration mesurés sur les deux filtres ont varié dans le temps sans
toutefois montrer de baisses considérables. Le débit maximal du filtre F1 est de 3

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 74


l/h et celui de F2 est de 2,5 l/h. La figure 23 ci-dessous montre la variation des
débits des filtres tout au long des jours d’essais.

3,5
3
Debit (L/h)

2,5
2
1,5
1
0,5
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16
nombre de jours
Debit(L/h) F1 Debit(L/h) F2

Figure 19 : Variation des débits de filtration lors des premiers essais de filtration
[Auteur]
D’après les résultats présentés par la figure 23 ci-dessus, il y a une différence
des débits entre les deux filtres. Cette différence pourrait être liée à la variation
de composition en argile, sciure de bois, pouzzolane des deux filtres, mais aussi
à l’hétérogénéité dans les porosités.

La comparaison des débits des deux filtres a montré que celui avec le filtre F2
est fort. Nous avons remarqué aussi que ce filtre F2 n’a pas la même résistance
à l’eau que le filtre F1. F2 résiste bien à l’eau tandis que F1 se dégrade peu à
peu tout au long de la filtration : ce phénomène accélère le colmatage par dépôt
des particules sur la surface du filtre et explique la diminution de débit avec F1.

Après quatorze jours de filtration, suite à la diminution des débits de filtration,


nous avons effectué un lavage de ces deux filtres F1 et F2, puis nous avons
repris les essais de filtration. La courbe présentée par la figure 24 ci-dessous
nous montre les résultats.
VI.2.2 Deuxièmes essais de filtration

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 75


Figure 20: Variation des débits de filtration lors des deuxièmes essais de filtration
[Auteur]

Ces courbes nous confirment que le filtre F2 de composition 80% d’argile, 6,6%
sciure de bois et 13,4% de pouzzolane est plus efficace que le filtre F1 de
composition 80% d’argile, 10% sciure de bois et 10% de pouzzolane. L’allure
générale décroissante des courbes montre que les débits de filtration diminuent
au fur et à mesure que la filtration évolue, ce qui est normal car tout phénomène
de filtration arrive au stade de colmatage au bout d’un certain temps : au dix-
septième jour pour F1 et au vingt quatrième jour pour F2.
Toutefois, d’après les courbes, nous remarquons qu’au cours des filtrations, il y
a souvent des augmentations de débit, ces augmentations pourraient être dues à
l’augmentation de pression de l’eau à filtrer et la variation de la qualité de l’eau
brute. Au cours des essais, nous avons constaté que le débit augmente si le filtre
est plein. Il est donc nécessaire de toujours remplir la vase de filtration au cours
de son utilisation.
Suite au phénomène de colmatage, nous avons effectué un deuxième lavage à
l’aide d’une éponge et du savon et avons repris les essais de filtration. Pendant
ces temps, nous avons constaté que les deux filtres peuvent tenir leurs débits
auparavant. Nous pouvons conclure donc que nos filtres doivent être lavés tous
les vingt jours et ils peuvent être bien régénérés.

VI.3 RESULTATS D’ANALYSE DE L’EAU BRUTE


VI.3.1 Les paramètres physico-chimiques
Le tableau suivant donne les résultats de l’eau de puits ainsi que la comparaison
avec la norme Malagasy.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 76


Tableau 11:Résultats d'analyse des paramètres physico-chimiques de l'eau de
puits [Auteur]

NATURE UNITE EAU BRUTE NORME MALAGASY

TEMPERATURE °C 19,8 20 à 25

TURBIDITE NTU 23,7 <5

pH 5,68 6.5 à 9

CONDUCTIVITE µS/cm 1382 <3000

MINERALISATION mg/l 1245 -

DURETE TOTALE °f 32 <50

DURETE CALCIQUE °f 15 -

TITRE ALCALIMETRIQUE °f 0 -

TAC °f 1,1 -

CALCIUM mg/l 60 <200

MAGNESIUM mg/l 41,31 <50

CARBONATES mg/l 0 -

BICARBONATES mg/l 13,42 -

MATIERES ORGANIQUES mg/l 1,8 <2

AMMONIUM mg/l 0 ,25 <0.5

FER TOTALE mg/l 0 <0.5

CHLORURES mg/l 350,74 <250

SULFATES mg/l 9,61 <250

MANGANESE mg/l 0 <0.05

NITRITES mg/l 0,35 <0.1

NITRATES mg/l 0 <50

ARSENIC mg/l 0 <0.05

SODIUM mg/l 226,14 -

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 77


Interprétation des résultats d’analyse physico-chimique de l’eau brute
Selon le tableau 11 précédent, nous pouvons dire que l’eau de notre puits n’est
pas dans les normes de potabilité en termes de paramètres physico-chimiques
(température, turbidité, pH, chlorures, nitrites).

Le pH de l’échantillon analysé est 5,68 : il est en dessous de la valeur du pH


acceptable suivant les normes de 6.5 à 9. La cause probable de ce pH
relativement acide pourrait être la nature géologique du sol.

La valeur de la turbidité est hors norme car l’eau brute contient beaucoup de
résidus et est un peu polluée.

Pour la valeur de chlorures, Il y a un écart relativement grand pour la


concentration en ions chlorures et la norme, cela pourrait être dû à la nature
géologique du sol.

VI.3.2 Les paramètres bactériologiques


Les résultats des analyses bactériologiques de l’eau brute sont dans le tableau
12 suivant.

Tableau 12 : Résultats d'analyse bactériologique de l’eau de puits [Auteur]

Nombre de germes Norme de Normes


Nom des Bactéries
par 100ml l’OMS Malagasy

Coliformes totaux 3,84 x 103 UFC 0 <1

E. colis 5,2 x 102 UFC 0 <1

Entérocoques <1 UFC 0 <1

Anaérobies sulfito-
Indénombrable 0 <20
réducteurs

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 78


Interprétation des résultats d’analyse bactériologique de l’eau brute
En terme d’analyse bactériologique, le tableau 12 ci-dessus montre que l’eau de
notre puits est fortement contaminée par les coliformes totaux (3,84 x 103
UFC/100ml), les E. coli (5,2 x 102 UFC/100ml) et les anaérobies sulifito-
réducteurs (indénombrable). La forte contamination de l’eau par l’E. coli indique
la présence de matières fécales dans notre puits car ce germe est le témoin
sensible indicateur de matières fécales. Et la présence des spores de bactéries
anaérobies sulfito-réducteurs dans notre puits aussi suffit à confirmer la
contamination fécale des nappes phréatiques. Pour notre cas, le rapport de
Coliformes fécaux (EC) sur Streptocoques fécaux (EI) est de 7,3. Selon les
observations de Jagals et al en 2002, un rapport de Coliformes fécaux (EC) sur
Streptocoques fécaux (EI) supérieur ou égal à 4 peut être considéré comme un
indice élevé de contamination fécale d’origine humaine (et un rapport faible
montre une origine animale de la pollution).
La contamination par les coliformes totaux est influencée par l’environnement
immédiat des puits. C’est le cas de notre puits car il est entouré par des rejets
d’eaux usées domestiques, particulièrement les eaux usées issues de la douche
construite juste à côté, qui s’infiltrent vers la nappe.
VI.4 RESULTATS D’ANALYSE DES EAUX FILTREES
VI.4.1 Les paramètres organoleptiques
Le Tableau 13 ci-dessous résume les caractéristiques organoleptiques des eaux
filtrées.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 79


Tableau 13: Paramètres organoleptiques des eaux filtrées [Auteur]

Paramètres Filtre N°1 Filtre N°2

Aspect Peu trouble Limpide

Couleur Transparente Transparente

Odeur Absence Absence

Goût Absence Absence

 Filtre N°1 (F1) : filtre formé avec 80% d’argile, 10% sciure de bois et 10%
de pouzzolane
 Filtre N°2 (F2): filtre formé avec 80% d’argile, 6,6% sciure de bois et
13,4% de pouzzolane

D’après le tableau 13 ci-dessus, nous pouvons dire que les eaux filtrées issues
de F1 et celle de F2 sont de bonne qualité organoleptique (limpide, transparente,
fade et sans odeur).
VI.4.2 Les paramètres physico-chimiques
Le tableau 14 ci-après nous montre les résultats d’analyses physico-chimiques
des eaux filtrées issues de F1 et F2.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 80


Tableau 14: Résultats d'analyse des eaux filtrées [Auteur]

UNI Filtre Filtre NORME


NATURE EAU BRUTE
TE N°1 N°2 MALAGASY

TEMPERATURE °C 20,4 20,6 19,8 20 à 25

TURBIDITE NTU 3,82 5,28 23,7 <5

pH 6,82 6,64 5,68 6.5 à 9

µS/c
CONDUCTIVITE 1256 1308 1382 <3000
m

MINERALISATION mg/l 1137 1179 1245 -

DURETE TOTALE °f 20,8 33,4 32 <500

DURETE CALCIQUE °f 11 13 15 -

TITRE ALCALIMETRIQUE °f 0 0 0 -

TAC °f 1 1,1 1,1 -

CALCIUM mg/l 44 52 60 <200

MAGNESIUM mg/l 23,81 49,57 41,31 <50

CARBONATES mg/l 0 0 0 -

BICARBONATES mg/l 12,2 13,42 13,42 -

MATIERES ORGANIQUES mg/l 1,8 2 1,8 <2

AMMONIUM mg/l 0,24 0,26 0,25 <0.5

FER TOTALE mg/l 0 0,02 0 <0.5

CHLORURES mg/l 242,52 291,1 350,74 <250

SULFATES mg/l 4,06 5,68 9,61 <250

MANGANESE mg/l 0 0 0 <0.5

NITRITES mg/l 0,08 0,01 0,35 <0.1

NITRATES mg/l 0 0,04 0,05 <50

ARSENIC mg/l 0 0 0 <0.05

SODIUM mg/l 179,45 168,42 226,14 <200

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 81


D’après ce tableau, nous pouvons dire que l’eau filtrée issue de F1 est de bonne
qualité par rapport à celle de F2. Pour faciliter l’interprétation des paramètres,
nous avons calculé pour chaque paramètre le taux d’abattement de la valeur
après filtration par rapport à la valeur initiale :

Tableau 15:Taux d’abattement des paramètres physico-chimiques [Auteur]

Taux d’abattement de chaque filtre

PARAMETRES PHYSICO-CHIMIQUES Filtre n°1 Filtre n°2

TEMPERATURE -3,03% -4,04%

TURBIDITE 80,70% 73,33 %

pH -20,07% -16,90%

CONDUCTIVITE 9,12% 3,87%

MINERALISATION 8,67% 5,30%

DURETE TOTALE 35% -4,37%

DURETE CALCIQUE 26,7% 13,33%

TITRE ALCALIMETRIQUE 0% 0%

TITRE ALCALIMETRIQUE COMPLET 9,09% 0%

CALCIUM 26,7% 13,33%

MAGNESIUM 41,31% -20%

CARBONATES 0% 0%

BICARBONATES 9,09% 0%

MATIERES ORGANIQUES 0% -11,11%

AMMONIUM 4% -4%

FER TOTALE 0% 2%

CHLORURES 30,85% 17%

SULFATES 57.75% 40,9%

MANGANESE 0% 0%

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 82


NITRITES 77.1% 97,1%

NITRATES 100% 20%

ARSENIC 0% 0%

SODIUM 20,65% 25,52%

VI.4.2.1 Le pH
D’après les résultats que nous avions obtenus, nous avons observé une
augmentation de pH de l’eau après filtration. Nous pouvons dire alors que le
passage de l’eau à travers le filtre en céramique augmente le pH de l’eau. Et il
varie en fonction des proportions de la pouzzolane et de la sciure de bois que
nous avions utilisé. Le pH de l’eau issue de F1 est supérieur à celui issue de F2.
Mais ils sont tous dans la norme recommandée par l’OMS, entre 6,5 et 9.

VI.4.2.2 La dureté totale


La dureté totale de l’eau issue du filtre F2 a augmenté, cela est dûe à la
proportion de la pouzzolane et de la sciure de bois du fiiltre.

VI.4.2.3 Les magnésium


Comme la dureté totale a augmenté pour le filtre F2, donc le taux de magnésium
augmente évidemment et cela est à cause du filtre.

VI.4.2.4 Les matières organiques


Le taux des matières organiques pour le filtre F2 augmente à cause des
caractéristiques du filtre.
VI.4.2.5 L’ammonium
Toutes les formes d’azote (azote organique, ammonium, nitrite etc.) sont
susceptibles d’être à l’origine des nitrates par un processus d’oxydation
biologique. Notre eau brute contient 0,25 mg/l d’ammonium et 0,35 mg/l de
nitrites alors que l’eau filtrée avec F1 contient 0,24 mg/l d’ammonium (norme 0,5
mg/l) et 0,08 mg/l de nitrite (norme 0,1 mg/l). L’eau sortant de F2 contient 0,26
mg/l d’ammonium et 0,01 mg/l de nitrites : il y a une augmentation de
l’ammonium mais les normes sont respectées, l’étude faite par J. RODIER
prouve que les eaux en contact avec certains terrains ou certaines conduites
peuvent contenir de nitrites indépendamment de toute souillure.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 83


Le nitrate dans l’eau brute peut provenir des fumiers qui s’infiltrent vers le puits.
En effet ce puits est construit juste à côté du bâtiment de l’élevage du porc. Le
passage de l’eau brute à travers les deux filtres élimine presque tous les nitrates
présents dans l’eau brute.
Nous pouvons dire que l’eau filtrée issue de F1 est de bonne qualité par rapport
à celle de F2 en termes de paramètres physico-chimiques. Tous ces paramètres
sont dans les normes.
VI.4.3 Les paramètres microbiologiques
Le dénombrement des coliformes fécaux, des E. coli, Streptocoques fécaux et
des Anaérobies sulfito-réducteurs dans les eaux filtrées issues de F1 ne montre
aucune trace de ces quatre germes. Tandis que le dénombrement de ces quatre
germes de l’eau filtrée sur F2 montre des teneurs faibles en ASR mais aucune
trace des EC, EI et CT (tableau 16) :

Tableau 16:Résultats d'analyse bactériologique des eaux filtrées [Auteur]

Nombres de germes par 100ml Norme de nombre de


germes par 100ml

Nom du germe Filtre N°1 Filtre N°2 Eau OMS Malagasy


brute

CT <1 <1 3,84 x 0 <1


3
10

E. coli <1 <1 5,2 x 102 0 <1

Streptocoques <1 <1 <1 0 <1


fécaux

ASR <1 12 in 0 <20

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 84


Le tableau 17 ci-après nous montre le taux d’abattement en coliformes totaux, en
E. coli, en Streptocoques fécaux et en Anaérobies sulfito-réducteurs de chaque
filtre.
Tableau 17:Taux d'abattement des germes test [Auteur]

Taux d’abattement de chaque filtre

Nom des germes Filtre N°1 Filtre N°2

Coliformes totaux 100% 100%

E. coli 100% 100%

Streptocoques fécaux 100% 100%

ASR 100% 99,98%

D’après ce tableau, nous pouvons dire que les deux filtres peuvent éliminer
presque toutes les bactéries dans l’eau de puits. Mais, pour une bonne
élimination de ces bactéries, il faut utiliser le premier filtre F1 fabriqué à partir de
80% d’argile, 10 % de pouzzolane et 10 % de sciure de bois. Ce filtre donne les
meilleurs taux d’abattement : 100% d’abattement des quatre germes.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 85


Chapitre VII : DISCUSSION ET RECOMMANDATIONS
Dans ce chapitre seront présentées les discussions des résultats obtenus en
comparaison avec des études effectuées auparavant. Le débit sera évalué en
premier lieu en fonction des filtres et des différentes compositions. En second
lieu, nous évaluerons les rendements des filtres de notre étude par rapport à
ceux des autres études afin d’en apprécier l’efficacité.
VII.1 DISCUSSION
VII.1.1 Débits des filtres
Les filtres produits lors de cette étude offrent un débit moyen de 1,8 l/h. Les
valeurs dans l’ensemble varient entre 0,5 et 2,5 l/h. Cette tranche de valeurs
rejoint sensiblement celle présentée en 2011 par Shanti Kleiman dans son étude
sur les filtres produits dans la région nord du Ghana par Pure Home Water : 0,6 à
2,6 l/h. Par ailleurs, la valeur moyenne de débit obtenue dans notre étude est
aussi acceptable car elle se retrouve dans la tranche de valeurs admises par
plusieurs études c’est-à-dire entre 1 et 3 l/h (Lantagne 2001 ; Brown 2007). Le
tableau suivant compare les résultats de notre étude et ceux des autres études
antérieures.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 86


Tableau 18:Comparaison de débits de notre filtre avec ceux des études
antérieures [Auteur]

Matières premières Débits Pays Références


L/h

F1 (argile, sciure de bois, 0,5-3 Madagascar La présente étude


pouzzolane)

F2 (argile, sciure de bois, 1-2,5 Madagascar La présente étude


pouzzolane)

Argile, balles de riz et 1,49 – Madagascar Rakotondrazaka,


pouzzolane 2,13 2020

Argile, balles de riz 1,5 – 3 Cambodge Hagen et al, 2009

Argile, balles de riz 0,6 – 2,6 Ghana Shanti Keiman, 2011

Argile, balles de riz 1 – 3,5 Ghana Travis Miller, 2010

Argile, balles de riz 1–3 Cambodge Joseph Brown, 2007

Argile, balles de riz 1–3 Nicaragua Daniele Lantagne,


2001

Argile, balles de riz 1–9 Burkina Faso Molly Klarman, 2010

Comme l’indique ce tableau 16, les valeurs minimales et maximales de notre


étude restent légèrement inférieures aux autres. Cela pourrait s’expliquer en
partie par le fait que les matières premières utilisées ne sont pas les mêmes. La
plupart des études menées sur les filtres utilisent les balles de riz comme
combustible entrant dans la composition du filtre contrairement à la sciure de
bois utilisée dans cette étude.
VII.1.2 L’efficacité du filtre sur l’élimination microbienne
En termes d’efficacité sur l’élimination microbienne, la plupart des études
antérieures sur le filtre en céramique ne cherchent que l’efficacité du filtre sur la
réduction de bactéries coliformes totaux et E. coli. Mais dans cette étude, nous
avons cherché l’efficacité de notre filtre sur la réduction des quatre germes

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 87


recommandé par l’OMS : les coliformes totaux, les E. colis, les streptocoques et
les ASR. Si nous comparons nos résultats à ceux des autres études (Lantagne
2001, Smith 2004, Bleu 2014), notre filtre F1 est le plus efficace avec un faible
risque de contamination des consommateurs (abattement en coliformes totaux,
en E. colis, en streptocoques et en ASR jusqu’à 100%). Les études précédentes
mouillent leurs filtres par l’argent colloïdal afin d’améliorer leurs résultats et
recommandent l’utilisation de chlore pour assurer l’élimination totale des
bactéries dans l’eau filtrée. Nos valeurs d’abattement s’apparentent bien à celles
trouvées par ces études faites sur les filtres en céramique mouillés par l’argent
colloïdal. Nos valeurs sont même parfois meilleures par rapport aux autres
résultats dans d’autres travaux de recherche. Le tableau ci-dessous met en
évidence une comparaison des résultats de l’étude avec ceux de Lantagne 2001,
Smith 2004, Kleiman 2011, Bleu 2014 et Gupta et al 2018.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 88


Tableau 19:Comparaison d'efficacité de nos filtres en termes de réduction
microbienne avec celle des autres études [Auteur]

Taux d’abattements

Matières Type CT EC EI ASR Référence


premières d’eau

Argile rouge, Eau de 97,05 80 100 99,89 Rakotondrazaka,


balle de riz, puits 2020
pouzzolane

Argile, sciure Eau de 99,50 99,99 Non Non Sandeep Gupta


de bois rivière validé validé et al, 2018

Argile, sciure Eau de 99,50 100 Non Non Bleu Elodie,


de bois, puits validé validé 2014
chamotte

Argile, balles de Eau de 73,12 72,28 Non Non Santi Kleiman,


riz puits validé validé 2011

Argile, balles de Eau de 100 100 Non Non Smith, 2004


riz avec argent surface validé validé
colloïdal

Argile, sciure Eau de 98,23 100 81,82 Non Lantagne, 2001a


de bois sans puits validé
argent colloïdal

Argile, sciure Eau de 100 100 100 Non Lantagne, 2001b


de bois avec puits validé
argent colloïdal

F1 (argile, Eau de 100 100 100 100 La présente


sciure de bois, puits étude
pouzzolane)

F2 (argile, Eau de 100 100 100 99,98 La présente


sciure de bois, puits étude
pouzzolane)

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 89


D’après ce tableau, la performance du filtre en céramique en élimination des
bactéries dépend du type d’argile et de matière combustible utilisé. Les filtres
constitués de mêmes matières combustibles n’ont pas la même performance.

En général, les filtres contenant de la sciure de bois (Sandeep Gupta et al, 2018
et Bleu Elodie, 2014) sont de bonne performance pour l’élimination des bactéries
dans l’eau par rapport aux filtres contenant de la balle de riz (Santi Kleiman,
2011, Rakotondrazaka, 2020). Et si nous comparons nos filtres à ceux de l’étude
de Lantagne 2001, Bleu Elodie, 2014 et Sandeep Gupta et al, 2018, l’addition de
la pouzzolane dans le filtre en céramique peut améliorer aussi la performance du
filtre en termes d’élimination des germes dans l’eau. Les résultats de notre étude
sont meilleurs par rapport à ceux de ces études antérieures.

VII.1.3 Efficacité du filtre sur les paramètres physico-chimiques


L’étude complète des paramètres physiques et chimiques de l’eau filtrée fait la
différence de la présente étude avec les études antérieures sur le filtre en
céramique qui se sont arrêtées à l’étude d’efficacité des paramètres
bactériologiques, du pH, de la turbidité et de la conductivité. Cette étude nous a
permis de savoir que l’utilisation du filtre en céramique permet d’améliorer les
caractéristiques de l’eau filtrée comme la turbidité, la conductivité et la
minéralisation, la quantité des matières organiques, les ions ammonium, les
nitrates et surtout les nitrites qui sont des éléments dangereux pour la santé.

Cette étude a mis en évidence aussi que le filtre fabriqué avec de la pouzzolane
est très efficace que celui à base de l’argile et de sciure de bois seulement.

VII.1.4 Méthode de conception des filtres


Du point de vue méthode de fabrication, nous avons utilisé la même méthode
que celle des études antérieures sur les filtres en pot céramique (Lantagne 2001,
Klarman 2009, Bleu 2014, Soppe et al 2015, Gupta et al 2018) :
- Préparation des matières premières : séchage, broyage et tamisage de
l’argile ;
- Pesage de chaque matériau de la composition pour avoir la proportion
ayant définie ;
- Malaxage manuel du mélange de matière première jusqu’à obtention
d’une pâte homogène ;

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 90


- Moulage de la pâte ;
- Séchage du filtre et cuisson.

VII.2 RECOMMANDATIONS
Cette étude pourrait être une bonne initiative qui devrait permettre d’aboutir à un
cadre de production et de distribution pour l’amélioration de la santé de la
population Malagasy.

Pour la conception de filtre en céramique, nous recommandons :


 De mener une étude approfondie sur les propriétés des argiles locales afin
de déterminer celles qui sont très efficaces dans la fabrication des filtres
 De faire des autres études comparatives entre plusieurs combustibles
locaux (coques d’arachides, balle de riz) pour déterminer les plus adaptés.
 De refaire cette même étude sur une période plus longue c’est-à-dire 4
mois, 6 mois ou 1 an en contrôlant les paramètres physico-chimiques et
bactériologiques.

Ensuite, pour tenir la performance du filtre, nous recommandons :


 De nettoyer le filtre en frottant la surface de façon régulière (par semaine).
 De ne pas attendre le colmatage total du filtre pour le nettoyage afin de
prolonger sa durée de vie.
 De bouillir le filtre avant l’utilisation et tous les trois mois pour assurer
l’efficacité du filtre.

Enfin, une étude sur l’utilisation de l’argent colloïdal comme dans les autres
études est aussi à mener.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 91


MODE D’EMPLOI DU FILTRE

 L’utilisateur verse de l'eau dans le filtre. L'eau se déplace lentement à travers


le pot en céramique par gravité; elle est ensuite recueillie dans un réservoir
de conservation hygiénique. Les utilisateurs ont accès à l'eau traitée grâce à
un robinet.
 Le réservoir inférieur, le robinet et le couvercle doivent être nettoyés
régulièrement (par semaine). Le filtre en céramique doit être bouilli et nettoyé
avant l’utilisation et tous les trois mois pour assurer l’efficacité du filtre avec
un chiffon ou une brosse douce, en prenant soin de ne pas toucher le fond du
pot avec quoi que ce soit qui pourrait être contaminé.
 Les pots en céramique doivent être remplacés tous les 2-3 ans, ou plus tôt si
des fissures visibles apparaissent.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 92


Chapitre VIII : APPROCHES SOCIO-ECONIOMIQUES ET
ENVIRONNEMENTAUX
L’élaboration du filtre pour eau potable à usage familial de cette étude aura
principalement des impacts socio-économiques et environnementaux.
L’identification des impacts potentiels a permis de définir les principaux enjeux
environnementaux liés à la mise en route du Projet de production du filtre. Les
impacts peuvent être positifs et négatifs, lors des étapes de la préparation des
matières premières, de la conception et de l’exploitation.
VIII.1 IMPACTS POSITIFS POTENTIELS
Le principal impact positif sera l’amélioration de l’utilisation de l’eau de puits
comme source d’eau potable :

- Disponibilité de l’eau potable dans toutes les zones surtout dans les milieux
ruraux; pour toutes les familles de tous types de niveau de vie;
- Réduction de l’utilisation des produits chimiques;
- Réduction des maladies d’origine hydrique;
- Valorisation des déchets de sciures de bois

En termes de bénéfices socio-économiques, les impacts positifs sont plus élevés


pour tous les peuples Malagasy :

- Accès à l’eau potable pour les populations rurales


- Réduction de la pauvreté par la vulgarisation des techniques de traitement
de déchets (sciure de bois) pouvant contribuer à l’amélioration des
conditions de vie des populations environnantes
- Amélioration de la vie sociale avec la création d’emplois pour la population
locale

VIII.2 IMPACTS NEGATIFS


Des impacts négatifs pourraient être relevés pendant l’élaboration de notre type
de filtre à eau potable : l’exploitation potentielle de carrière pour argile,
pouzzolane comme matières premières. Elle pourrait constituer des sources
d’impacts négatifs pour le milieu naturel.

 Impacts négatifs de l’utilisation de filtre

- Facilité de ré contamination de l’eau potable

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 93


- Production de déchets quand le filtre sera cassé ou abimé

 Impacts négatifs de l’exploitation de l’argile

- Perte de récolte rizière

- Risque de pollution ou destruction de la nappe phréatique

 Impacts négatifs de préparation de la pouzzolane et de l’argile

- Risque de maladie de poumons provoquée par les poussières lors de tamisage


et broyage de l’argile et la pouzzolane

Mesures d’atténuation

Les mesures d’atténuation suivantes sont proposées afin de réduire au minimum


les impacts défavorables :

Désinfection régulière du filtre et du récipient


Utilisation des déchets comme fertilisant du sol ou enfouissement
Changement de carrière de l’argile
Port de masque durant le tamisage et le broyage de l’argile et la pouzzolane
Application de la loi sur la gestion de nos forêts
Reboisement intensif

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 94


CONCLUSION
Le monde est en quête de solution qu’il espère résoudre : le problème
d’accès en eau potable, surtout au niveau familial. Madagascar en est concerné
car plusieurs familles utilisent encore l’eau de puits chez nous. Le but de cette
étude est de contribuer à la résolution de ce problème en proposant la production
du filtre à eau en céramique utilisant l’argile, la pouzzolane et les sciures de bois
comme matières premières. Cela permet d’avoir une eau potable respectant les
normes bactériologique et physico-chimique recommandée par l’Etat Malagasy.

Pour ce faire nous avons conçu différents types de filtres céramiques en


variant la composition des matières premières. Pour avoir un filtre céramique de
bonne qualité, la proportion de pouzzolane dans le mélange doit être inférieure
ou égale à 10% et celle de la sciure de bois aussi est inférieure ou égale à 10%.
Les essais de fabrication ont montré que la granulométrie de la pouzzolane joue
un rôle très important sur l’homogénéité de la pâte. La granulométrie
recommandée ne doit pas dépasser les 500µm pour éviter la friabilité de cette
pâte.

Les résultats de l’analyse microbiologique se sont avérés satisfaisants car


les taux d’abattement sont 100% en coliformes fécaux ,100% en E. colis 100%
en streptocoques 100% en ASR et toutes les valeurs des paramètres physico-
chimiques respectent les normes recommandées par l’OMS. Ces valeurs
s’apparentent bien à celles trouvés dans certaines études faites sur les filtres en
céramique et sont parfois meilleures par rapport aux résultats dans d’autres
travaux de recherche. Ces informations permettent ainsi de confirmer l’hypothèse
car les filtres en céramique ont amélioré la qualité bactériologique de l’eau à
traiter.

Notre filtre diffère des autres par l’utilisation de la pouzzolane parmi les
matières premières. Cette étude a été faite sur la base de matériaux locaux à
savoir l’argile, la pouzzolane et la sciure de bois qui sont très répandus dans
notre pays. Dans la plupart des autres études, la balle de riz est beaucoup
utilisée car selon certains chercheurs, elle est la mieux adaptée car elle permet
d’obtenir de meilleurs débits. Il serait donc intéressant pour toutes ces raisons de
continuer à mener les recherches approfondies vers d’autres alternatives.

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 95


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RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 98


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[W6] [Link]/Histoire/les volcans, consulté le 21 juillet 2021

RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya 99


ANNEXES
ANNEXE 1 : Plantes utilisées à la fois comme agents de floculation et comme
traitement, en médecine traditionnelle, des maladies transmises par l’eau

a
ANNEXE 2 : Mode opératoire d’analyse des paramètres utilisant la méthode
Colorimétrique

Paramètres analysés Mode opératoire


- Prélever 50mL d’une eau à analyser à l’aide d’une éprouvette
graduée, le versee dans un bécher
- A l’aide d’une pipette, ajouter une goutte de NaOH 3N et
Nitrates 1,25mL de tampon concentré
- Virage rose de la solution
- Lecture au spectrophotomètre Nat2
- Résultat : NO3- = (Nat-Nit) x 4,43

- La prise de l’eau à analyser est de 50mL


- Ajouter une goutte de H3PO4 et 1mL de réactif coloré
conservé à 4°C à l’aide d’une pipette
Nitrites
- Virage rose de la solution
- Lecture au spectrophotomètre Ni12
- Résultat : NO2- = Nit x 3,29

- Rincer le bécher à l’aide d’une solution HCl diluée deux fois et


de l’eau distillée
- Prendre 25mL de l’échantillon
- Préparer une solution de tri-sodium citrate et de l’eau de javel
dont 10mL de tri-sodium citrate correspond à 2,5mL d’eau de
Ammonium
javel. Prend 2,5mL de cette solution
- Ajouter 1mL de phénol et 1mL de nitroprusside
- Reposer la solution pendant 1 h
- Virage bleu de la solution
- Lecture directe au spectrophotomètre
- Prélever 20mL de l’échantillon
- Ajouter 0,5mL de HCl 10% et 2,5mL de chlorure de baryum
Sulfates
- Présence d’un précipité blanc
- Lecture directe au spectrophotomètre Su12
- Verser 100mL de l’eau à analyser
- Ajouter une pincée de diphonie de sodium, 2mL d’ammoniac
Fer 10%
- Virage au rose de la solution
- Lecture directe avec un comparateur hydrocuté 0,06 à 1 mg/L

b
ANNEXE 3 : Mode opératoire d’analyse des paramètres utilisant la méthode
Volumétrique

Paramètres à analyser Mode opératoire

- La prise de l’eau à analyser est de 100𝑚𝐿


- Ajout de 2𝑚𝐿 de tampon TH et quatre gouttes de NET
Dureté totale (TH) - Coloration rouge vineuse
- Dosage de la solution par l’EDTA jusqu’au virage bleu vert
- Calcul : TH en mg/L CaCO3 = 𝑚l de EDTA x 1000 x Fc/𝑚𝑙 d’échantillon
- La prise de l’eau à analyser est de 100𝑚𝐿
- Ajout de 2𝑚𝐿 de NaOH 3N et une pincée de Patton reeder
Dureté calcique (THCa)
- On dose la solution par l’EDTA jusqu’au virage bleu
- Calcul : THCa en mg/L = ml de EDTA x 1000 x Fc/𝑚𝑙 d’échantillon
- Prendre 100𝑚𝐿 de l’eau à analyser
- Verser quelques gouttes de phénophtaléine
- Si la solution reste incolore (elle ne vire pas), TA=0
Titre alcalimétrique - Si la solution vire au rose, elle contient de TA, titrer avec l’H2SO4 jusqu’au
(TA) et Titre virage incolore
alcalimétrique - Pour déterminer le TAC, verser 1 à 2 gouttes d’hélianthine
complet (TAC) - Coloration jaune
- Sans remise à zéro de la solution titrant H2SO4, continuer le titrage
jusqu’au virage jaune orangé
- TAC en méq = ml de H2SO4 x 5
- Prélever 100𝑚𝐿 de l’échantillon
- Ajouter 5mL de bicarbonate de soude NaHCO3
- Chauffer jusqu’à ébullition, puis ajouter 10𝑚𝐿 de KMnO4 N/80. Attendre
15minutes
Matières organiques - Après 15minutes, enlever la solution, attendre jusqu’à ce qu’elle soit tiède
- Ajout de 5𝑚𝐿 de H2SO4 N/2 (coloration en rose violacée) et 10mL de sel
de Mohr (décoloration en blanc)
- Titrage avec du KMnO4 N/80 jusqu’au virage rose de la solution
- Résultat final : moins 1,4
- Prendre 100𝑚𝐿 de l’échantillon.
- Verser cinq gouttes de dichromate de potassium
Chlorures
- Coloration jaune
- Titrage avec du AgNO3 jusqu’au virage rouge brique

c
- Lecture du résultat : volume versé d’AgNO3 x 35,5

ANNEXE 4 : Norme de potabilité de l’eau selon l’OMS

DESIGNATIONS DES PARAMETRES LIMITES UNITES


Coliformes totaux 0 N/100ml
Entérocoques - N/100ml
Streptocoques fécaux Pas de valeur N/100ml
Paramètres Organismes pathogènes Pas de valeur variable
microbiologiques Coliformes thermotolérants 0 N/100ml
E. coli 0 N/100ml
Clostridium sulfito- Pas de valeur N/20ml
réducteur
Couleur <15 mg.L-1
Turbidité <5 NTU
Paramètres
Température - °C
d’esthétiques
pH 6.5 à 8.5 -
Odeur Absence -
Chlorures <250 mg.L-1
Sulfates <250 mg.L-1
Magnésium - mg.L-1
Sodium <200 mg.L-1
Paramètres Calcium <400 mg.L-1
inorganiques Potassium - mg.L-1
Aluminium <0.2 mg.L-1
Nitrates 44 mg.L-1
Nitrites - mg.L-1
Ammoniums - mg.L-1
Monochlorobenzene 300 µg.L-1
Trichlorobenzene 20 µg.L-1
Dichlorométhane 20 µg.L-1
Paramètres organiques Chlorure de vinyle 5 µg.L-1
Acrylamide 0.5 µg.L-1
Styrène 20 µg.L-1
Paramètres Radioactifs Alpha global 0.1 Becquerel.L-1

d
Radium 226/228 - picoCurie. L-1
Uranium - picoCurie. L-1
Radon - µg.L-1

e
ANNEXE 5 : Norme de potabilité selon l’état Malagasy
L’Etat Malgache a regroupé les normes de référence applicables à l’eau de
consommation en six catégories promulguées le 20 janvier 1999 suivant la loi
n°98-029. En général, les différents paramètres auxquels doivent satisfaire l’eau
alimentaire sont :
 Les paramètres organoleptiques,
 Les paramètres physico-chimiques, concernant les substances
indésirables et les substances toxiques,
 Les paramètres biologiques,
 Les paramètres bactériologiques.
Le tableau ci-après montre les normes de potabilité des eaux à Madagascar.

f
PARAMETRES UNITES NORMES
TEMPERATURE °C <25
TURBIDITE NTU <5
PHYSIQUES CONDUCTIVITE µS/cm <3000
pH 6.5 – 9
MINIMA MAXIMA
CALCIUM mg/L 200
MAGNESIUM mg/L 50
ELEMENTS CHLORURE mg/L 250
NORMAUX SULFATE mg/L 250
OXYGENE DISSOUT % 75
DURETE TH mg/L en CaCO3 500
MATIERES mg/L 2 (milieu alcalin)
ORGANIQUES 5 (milieu basique)
AMONIUM mg/L 0.5
NITRITE mg/L 0.1
AZOTE TOTAL mg/L 2
MANGANESE mg/L 0.05
FER TOTAL mg/L 0.5
ELEMENTS
CHIMIQUES PHOSPHORE mg/L 5
INDESIRABLES
ZINC mg/L 5
ARGENT mg/L 0.01
CUIVRE mg/L 1
ALUMINIUM mg/L 0.2
NITRATE mg/L 50
FLUOR mg/L 1.5
BARYUM mg/L 1
ARSENIC mg/L 0.05
CHROME TOTAL mg/L 0.05
ELEMENTS CYANURE mg/L 0.05
TOXIQUES PLOMB mg/L 0
NICKEL mg/L 0.05
Polychlorobiphényle mg/L 0.01
SAVEUR ABSCENCE
ORGANOLEPTIQUES COULEUR INCOLORE
Odeur désagréable ABSCENCE
DCO mg/L 150
BIOLOGIQUES
DBO mg/L 50
CT ml 0/100
EI ml 0/100
BACTERIOLOGIQUES
E. coli ml 0/100
CSR ml <20/100

g
TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS...............................................................................................................................i
SOMMAIRE .......................................................................................................................................ii
GLOSSAIRE ....................................................................................................................................... iii
LISTE DES FIGURES........................................................................................................................... iv
LISTE DES TABLEAUX ........................................................................................................................ v
LISTE DES UNITES ET ABREVIATIONS .............................................................................................. vi
INTRODUCTION ............................................................................................................................... 1
Partie I : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE ............................................................................... 2
Chapitre I : LES TECHNIQUES DE TRAITEMENT DE L’EAU A DOMICILE ...................... 3
I.1 LA TECHNIQUE DE FILTRATION [1]............................................................................. 3
I.1.1 Généralité de la filtration membranaire [2] [3] .......................................................... 3
I.1.2 Modes de Fonctionnement [4] [5] .............................................................................. 5
I.1.3 Les différents procédés de filtration membranaires [6] .......................................... 7
I.1.4 La membrane [7] [8] ..................................................................................................... 7
I.2 AUTRES TECHNIQUES DE TRAITEMENT DE L’EAU A DOMICILE..................... 17
I.2.1 Les techniques de sédimentation [14], [15], [16] ................................................... 17
I.2.2 Les techniques de désinfection [16][17] ................................................................. 18
I.3 CONCLUSION PARTIELLE ............................................................................................ 20
Chapitre II : GENERALITES SUR L’ARGILE, LA SCIURE DE BOIS ET LA
POUZZOLANE ............................................................................................................................ 21
II.1. L’ARGILE [18] ................................................................................................................. 21
II.1.1 Définition ..................................................................................................................... 21
II.1.2 Classifications de minéraux argileux ...................................................................... 21
II.1.3 Les argiles du nom du minéral argileux ................................................................. 23
II.1.4 Gisements de l’argile à Madagascar ...................................................................... 24
II.1.5 Les argiles de Madagascar ...................................................................................... 24
II.1.6 L’application de l’argile dans le traitement des eaux ........................................... 24
II.2. LA POUZZOLANE [19], [20] ........................................................................................ 26
II.2.1 Définitions ................................................................................................................... 26
II.2.2 Mode de formation .................................................................................................... 27
II.2.3 Types de pouzzolanes.............................................................................................. 28
II.2.4 Activités pouzzolaniques .......................................................................................... 30
II.2.5 Effets de la température sur les pouzzolanes naturelles et artificielles ............ 31

h
II.2.6 Caractéristiques des pouzzolanes .......................................................................... 31
II.2.7 La pouzzolane dans le domaine de filtration ......................................................... 33
II.3 LA SCIURE DE BOIS [21] .............................................................................................. 33
II.3.1 Définitions [22]............................................................................................................ 33
II.3.2 Caractéristiques de sciure de bois. ......................................................................... 33
II.3.3 Les différentes familles de bois ............................................................................... 34
II.3.4 Composition élémentaire de bois ............................................................................ 34
II.3.5 Structure moléculaire de bois. ................................................................................. 34
Chapitre III : GENERALITES SUR L’EAU DE PUITS ............................................................ 37
III.1 DEFINITION D’UN PUITS .............................................................................................. 37
III.2 TYPES DE PUITS [W3] .................................................................................................. 37
II.2.1 Le puits de surface [W1], [W2], [W3] ...................................................................... 37
II.2.2 Le puits profond [W1], [W3], [W4] ........................................................................... 38
III.3 QUALITE DE L’EAU DE PUITS ................................................................................... 38
III.3.1 Les paramètres physico-chimiques [31], [32], [33] .............................................. 38
III.3.2 Les paramètres microbiologiques [34], [35], [36] ................................................. 42
III.4 LES FACTEURS DE CONTAMINATION DE L’EAU DE PUITS ............................. 43
III.4.1 Nature du sol et du sous-sol [32], [37] ................................................................... 43
III.4.2 Influence de l’aspect social [32], [37] ..................................................................... 45
III.4.3 Effet de l’aménagement du puits [32] .................................................................... 46
III.5 LES EFFETS DES DIFFERENTS PARAMETRES SPECIFIQUES DANS L’EAU
DE PUITS SUR LA SANTE ................................................................................................... 46
III.5.1 La conductivité [37]................................................................................................... 48
III.5.2 Le pH [33] .................................................................................................................. 48
III.5.3 La turbidité [33], [37]................................................................................................. 48
III.5.4 Le Fluor [33], [37] ...................................................................................................... 49
III.5.5 L’arsenic [33], [37] .................................................................................................... 49
III.5.6 Le nitrate [33], [37] .................................................................................................... 49
III.5.7 Le nitrite [33], [37] ..................................................................................................... 50
III.5.8 Le baryum [37] .......................................................................................................... 50
III.5.9 Le fer [37] ................................................................................................................... 50
III.5.10 Le Manganèse [33], [37] ........................................................................................ 51
III.5.11 Les coliformes fécaux [33] .................................................................................... 51
III.6 REPARTITION ET QUALITE DES RESSOURCES EN EAU A MADAGASCAR 52
III.6.1 Dans la zone des hauts plateaux [28] ................................................................... 52
III.6.2 Dans les bassins sédimentaires [28] ..................................................................... 53

i
III.7 TAUX D’ACCES A L’EAU POTABLE A MADAGASCAR [27], [28], [W3] .......... 54
Partie II: MATERIELS ET METHODES .................................................................................... 56
Chapitre IV : MATERIELS ET MATIERES PREMIERES POUR LA CONCEPTION DU
FILTRE .......................................................................................................................................... 57
IV.1 MATIERES PREMIERES POUR LA CONCEPTION DU FILTRE ......................... 57
IV.1.1 Argile .......................................................................................................................... 57
IV.1.2 Pouzzolane naturelle ............................................................................................... 58
IV.1.3 Sciure de bois ........................................................................................................... 58
IV.1.4 Eau utilisée pour la conception du filtre ............................................................... 59
IV.2 MOULE ET PRESSE A MOULE .................................................................................. 59
IV.3 MATERIELS DE LABORATOIRE ............................................................................... 59
IV.4 EAUX A FILTRER : EAUX DE PUITS ........................................................................ 60
Chapitre V METHODE DE CONCEPTION DU FILTRE........................................................ 62
V.1 ETAPES DE FABRICATION DU FILTRE ................................................................... 62
V.1.1 Prétraitement des matières premières .................................................................. 62
V.1.2 Processus de fabrication du filtre ........................................................................... 62
V.2 TEST D’EFFICACITE DU FILTRE ................................................................................ 66
V.2.1 Mesure du débit ........................................................................................................ 66
V.2.2 Analyse physico-chimique et analyse microbiologique ....................................... 66
Partie III : RESULTATS ET DISCUSSION ................................................................................ 73
Chapitre VI : RESULTATS ET INTERPRETATIONS ............................................................ 74
VI.1 PRESENTATION DES COMPOSITIONS DU FILTRE ............................................. 74
VI.2 DEBIT DE FILTRATION ................................................................................................ 74
VI.2.1 Premiers essais de filtration ................................................................................... 74
VI.2.2 Deuxièmes essais de filtration ............................................................................... 75
VI.3 RESULTATS D’ANALYSE DE L’EAU BRUTE ......................................................... 76
VI.3.1 Les paramètres physico-chimiques ...................................................................... 76
VI.3.2 Les paramètres bactériologiques .......................................................................... 78
VI.4 RESULTATS D’ANALYSE DES EAUX FILTREES ................................................. 79
VI.4.1 Les paramètres organoleptiques ........................................................................... 79
VI.4.2 Les paramètres physico-chimiques ...................................................................... 80
VI.4.3 Les paramètres microbiologiques ......................................................................... 84
Chapitre VII : DISCUSSION ET RECOMMANDATIONS...................................................... 86
VII.1 DISCUSSION ................................................................................................................. 86
VII.1.1 Débits des filtres ......................................................................................................... 86
VII.1.2 L’efficacité du filtre sur l’élimination microbienne .............................................. 87

j
VII.1.3 Efficacité du filtre sur les paramètres physico-chimiques ................................. 90
VII.1.4 Méthode de conception des filtres ........................................................................ 90
VII.2 RECOMMANDATIONS ................................................................................................. 91

MODE D’EMPLOI DU FILTRE ..................................................................................................... 92


Chapitre VIII : APPROCHES SOCIO-ECONIOMIQUES ET ENVIRONNEMENTAUX .... 93
VIII.1 IMPACTS POSITIFS POTENTIELS .......................................................................... 93
VIII.2 IMPACTS NEGATIFS .................................................................................................. 93
CONCLUSION .................................................................................................................................. 95
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ................................................................................................. 96
REFERENCES WEBOGRAPHIQUES .................................................................................................. 99
ANNEXES .......................................................................................................................................... a
TABLE DES MATIERES....................................................................................................................... h

k
Auteur : RAMBELOSON Anjaraniaina Mickaya
Titre du mémoire :
« CONCEPTION DE FILTRE A EAU DOMESTIQUE, EN
CERAMIQUE AVEC DE L’ARGILE, DE LA SCIURE DE
BOIS ET DE LA POUZZOLANE »

Nombre de pages : 99
Nombre de tableaux : 19
Nombre de figures : 20

RESUME :
Actuellement, le taux d’accès en eau potable à Madagascar est inférieur à 50%. Nous sommes
encore parmi les derniers dans l’Afrique subsaharienne. Dans les milieux ruraux malgaches,
beaucoup de familles utilisent directement l’eau de puits, l’eau de sources, l’eau de rivière pour la
consommation sans traitement au préalable, au détriment de leur santé. L’objectif de l’Etat
malgache est de « garantir l’accès de tous à l’eau, à l’assainissement et assurer une gestion
durable des ressources en eau », avec un taux d’accès à l’eau potable de 70% pour la population
Malagasy en 2023. Notre projet contribue à cet objectif en mettant au point une méthode durable
de filtration de l’eau : fabrication de filtre à eau céramique à usage familial, à partir de l’argile, de
la sciure de bois et de la pouzzolane. Notre méthode comprend l’étude des matières premières,
la recherche des bonnes méthodes de fabrication du filtre, les essais de filtration et l’analyse des
eaux filtrées obtenues et l’étude d’impact socio-économique de ce produit. Les différents essais
menés et les analyses au laboratoire ont montré que notre filtre à eau domestique permet
d’obtenir de l’eau filtrée qui respecte les normes de potabilité de l’eau. Son procédé de fabrication
est simple mais efficace. L’étude de marché menée a montré qu’Il sera à la portée du pouvoir
d’achat des familles malgaches. C’est un produit écoresponsable car il permet aussi la
valorisation des déchets de sciure de bois, utilisée comme matière première.
Mots clés : filtre en céramique, eau de puits, pouzzolane, argile, sciure de bois
ABSTRACT:
Currently, the rate of access to drinking water in Madagascar is less than 50%. We are still
among the last in sub-Saharan Africa In rural Malagasy areas, many families directly use well
water, spring water, river water for consumption without prior treatment, to the detriment of their
health. The objective of the Malagasy State is to "guarantee access for all to water and sanitation
and ensure sustainable management of water resources", with a rate of access to drinking water
of 70 % for the Malagasy population in 2023. Our project contributes to this objective by
developing a sustainable method of water filtration: manufacture of ceramic water filter for family
use, from clay, sawdust and pozzolana. Our method includes the study of raw materials, the
search for the correct manufacturing methods of the filter, the filtration tests and the analysis of
the filtered water obtained and the socio-economic impact study of this product. The various tests
carried out and laboratory analyzes have shown that our domestic water filter makes it possible to
obtain filtered water that meets the standards for drinking water. Its manufacturing process is
simple but effective. The market research carried out has shown that it will be within the reach of
the purchasing power of Malagasy families. It is an eco-responsible product because it also
allows the recovery of sawdust waste, used as a raw material.
Keywords: ceramic filter, well water, pozzolana, clay, sawdust

Encadreur : Docteur RATSIMBA Marie Hanitriniaina, Enseignant chercheur à l’Ecole


Supérieure Polytechniques d’Antananarivo
Adresse de l’auteur : Mahaziana Antsirabe
Tel : 034 48 244 81
E-mail : mickayanjaraniaina@[Link]

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