Secteur Forrestier
Secteur Forrestier
MADAGASCAR
Mali
Burkina Faso
Ethiopie
Ghana
Cameroun
Kenya
Congo
Tanzanie
Zambie
MADAGASCAR
INTÉGRER LES QUESTIONS DE GENRE DANS LE
SECTEUR FORESTIER EN AFRIQUE
MADAGASCAR
Marie Randriamamonjy
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AVANT-PROPOS
Ce rapport de projet fait partie d’une série de 10 rapports produits par le Département des forêts de la
FAO pour le Projet « Intégrer les questions de genre dans le secteur forestier en Afrique ». L’objectif
de ce projet est d’évaluer l’équilibre entre les sexes et les responsabilités dans la gestion et l’utilisation
des ressources forestières et de fournir un cadre pour la création de réseaux locaux (communautaires,
régionaux, nationaux) de femmes dans le secteur forestier. Le projet a reçu des financements
importants de la part du Programme de partenariat FAO-Pays-Bas (FNPP) sur les forêts.
Simmone Rose
Forestry Officer
Forest Products and Industries Division, Forestry Department
FAO
Viale delle Terme di Caracalla
00153 Rome, Italy
email: [Link]@[Link]
iii
RESUME
La majorité des malgaches, surtout les hommes, ont tendance à croire qu’il n’y a pas de problème de
genre à Madagascar. Pour cela, ils se réfèrent volontier à l’histoire qui donne une image très positive
de la femme, surtout dans les sociétés anciennes et la période précoloniale. La femme est assimilée à
la terre nourricière et Dieu n’est ni masculin ni féminin. Les indices de développement tendent à
corroborer cette idée d’égalité entre l’homme et la femme. En effet, en 1993, l’Indice sexo-spécifique
(ISDH) était de 0,388 donc relativement proche de l’Indice de développement humain (IDH) qui était
de 0,399. Ces indices et la différence entre eux, ont peu évolué depuis.
La femme malgache bénéficie d’un environnement favorable sur le plan juridique, grâce à l’existence
de textes législatifs et réglementaires abolissant les discriminations basées sur le sexe. Le pays a aussi
adhéré aux traités et conventions internationaux et reçoit des aides extérieures de la part d’organismes
bi et multilatéraux pour faire avancer la promotion du genre. Il bénéficie également de l’appui
technique et financier de différentes ONG et associations féminines.
Sur le plan national, trois documents constituent les références de base pour les questions de genre à
savoir la Politique nationale de promotion de la femme (PNPF), le Plan national d’action Genre et
développement (PANAGED) qui est l’instrument pour la réalisation de la PNPF et enfin, le
Madagascar Action Plan (MAP) qui inclut dans ses engagements prioritaires la promotion du genre.
Dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et la recherche de l’équilibre du genre, le gouvernement a
mis en place une série de mesures d’ordre législatif avec la réforme du Code de la Famille, d’ordre
politique à la fois dans les documents de politique générale comme le Document stratégique de
réduction de la pauvreté (DSRP), le Plan d’action pour le développement rural (PADR) suivi du
Programme national de développement rural (PNDR). Malgré ces dispositions, les disparités
hommes/femmes persistent en raison de plusieurs facteurs: les fondements culturels du cadre
juridique, les vides et incohérences des textes et les dysfonctionnement de l’appareil judiciaire.
Il en résulte des inégalités d’ordre politique, économique, social, culturel et éthique. Les services
statistiques ont beaucoup contribué à rendre les femmes « visibles », à faire mieux connaître leurs
conditions de vie et de travail et à mettre en évidence les déséquilibres de genre avec des arguments
chiffrés. Elles révèlent, en particulier, les disparités au niveau de la scolarité dans l’enseignement
secondaire et supérieur, des salaires, des revenus, dans le système d’héritage pour n’en citer que
quelques-uns. L’inégalité la plus flagrante reste dans le domaine de la participation et de prise de
décision politiques et économiques.
Les femmes souffrent également de contraintes liées à leur rôle de reproduction. En effet, elles ont une
fécondité précoce, élevée et étalée dans le temps. La mortalité maternelle est élevée: elle se situerait
entre 450 et 500 décès pour 100 000 naissances vivantes, pour la période 1990-2000. La forêt
malgache est en grave danger de disparition à cause des effets conjugués de la poussée
démographique, de l’extension des activités agricoles, de la surexploitation des ressources forestières,
sans parler des pratiques culturales inadaptées. Elle ne couvre plus que moins du quart du territoire
national, soit 13 260 000 ha selon l’inventaire écologique national de 1999, dont 9 millions d’hectares
pour le domaine forestier national. La pauvreté qui affecte 75% de la population totale et 85% de la
population rurale pousse les couches les plus défavorisées à faire appel aux ressources forestières pour
satisfaire leurs besoins en revenus et en compléments nutritionnels. La réforme du secteur forestier
offre de nouvelles opportunités pour le genre. En effet, la révision des textes réglementaires vise
l’instauration de la bonne gouvernance dans la gestion des ressources forestières et une plus grande
implication de tous les acteurs, y compris et surtout des communautés de base. L’accent mis sur la
formation et le perfectionnement des responsables forestiers ouvre des perspectives pour l’intégration
du genre dans les programmes de renforcement des capacités avec les outils pédagogiques appropriés.
Il n’y a pas de politique ni de stratégie nationales d’intégration du genre dans le secteur forestier et les
données de base sur les femmes dans le secteur y sont insuffisantes, ponctuelles et éparpillées. Elles
révèlent des disparités flagrantes, par genre, dans l’accès à l’éducation, à l’emploi et aux bénéfices du
développement des ressources forestières. La prise en considération du genre peut contribuer à la
iv
conservation du patrimoine unique de Madagascar qui est sévèrement menacé de disparition. En effet,
une meilleure valorisation de la contribution de la population est nécessaire pour faire face aux enjeux
de conservation de la biodiversité. Elle est aussi indispensable pour assurer une gestion rationnelle des
aires protégées, à la réhabilitation des ressources naturelles, dont les plus importantes sont dans les
zones forestières et à limiter les dégâts dus à l’exploitation inappropriée des ressources forestières
(coupe abusive, exportation illégale d’espèces protégées), et aux feux de brousse. Les compétences des
femmes peuvent être mises à profit pour rentabiliser l’industrie forestière et l’utilisation des produits
dérivés du bois ainsi que pour le développement de l’écotourisme et de ses activités connexes
(artisanat, commerce des produits agricoles et de cueillette).
Les femmes sont d’autant plus motivées dans la mesure où elles sont les premières bénéficiaires des
améliorations de leurs conditions de vie et de leurs revenus. Elles sont particulièrement concernées par
l’approvisionnement en énergie et en compléments alimentaires. Leur accès aux ressources naturelles
est facilité: terres, matières premières, matériaux pour l’habitat, eau. Les recettes issues de
l’écotourisme, de l’artisanat, des cultures, de la cueillette ou de la participation dans la filière bois sont
un apport substantiel dans l’économie du ménage pour sa survie et son bien-être. Un meilleur équilibre
du genre dans les relations hommes-femmes, au sein des communautés de base (COBA), dans les
structures de gestion est un facteur de cohésion sociale.
v
TABLE DES MATIERES
vi
SIGLES ET ABREVIATIONS
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FEM Fonds pour l’environnement mondial
FENU Fonds d'équipement des Nations Unies
FIREF Fonds d'insertion et de l'emploi et des revenus
FNUAP Fonds des Nations Unies pour les activités de population
FSPGDRN Fonds de solidarité prioritaire pour la gestion durable des ressources
GCF Gestion contractualisée des forêts
GED Genre et développement
GELOSE Gestion locale sécurisée
GTG Groupe thématique Genre et développement
GTZ Deutshe Gesellschaft für Technische Zusamenarbert
HIMO Haute intensité de main d'œuvre
IDH Indice de développement humain
IFD Intégration des femmes dans le développement
IMF Institution de microfinance
INSTAT Institut national de la statistique
IPP Indicateur de la participation des femmes
IR Institution de réalisation
ISDH Indice sexo spécifique de développement humain
ISF Indice synthétique de fécondité
KMMA Comité de la population pour
LMD Licence, Maîtrise, Doctorat
LMS London Missionnary Society
LTP Lycée technique professionnel
MAP Madagascar Action Plan
MEC Mutuelle d'épargne et de crédit
MECIE Mise en compatibilité des investissements avec l'environnement
METFP Ministère de l'enseignement technique et de la formation professionnelle
MFPLS Ministère de la fonction publique et des lois sociales
MINEEF Ministère chargé de l'environnement et des Eaux et Forêts
MINISEB Ministère de l'enseignement supérieur et de l'éducation de base
MINPOP Ministère de la population
MSPF Ministère de la santé et du planning familial
MTC Ministère de la culture et du tourisme
NTIC Nouvelles technologies d'information et de communication
OMD Objectifs du millénaire pour le développement
ONE Office national de l'environnement
OSF Observatoire forestier national
OSFE Observatoire de surveillance des forêts et de l'environnement
PAB Plan d'action pour la promotion de la femme
PAE Plan d'action environnemental
PAFT Projet d'assistance technique de financement rural
PAGS Plan d'aménagement et de gestion simplifié
PANAGED Plan national genre et développement
PANSA Plan d'action national de sécurité alimentaire
PARGED Plan d'action régional genre et développement
PCD Plan communal de développement
PCNUAD Plan Cadre des Nations Unies pour l'assistance au développement
PDGRN Projet de gestion durable des ressources naturelles
PDFIV Projet de développement forestier Intégré dans la région du Vakinakaratra
PDFN Plan d'action forestier national
PDL. Plan de développement local
PDFR Plan d'action forestier régional
PE II Plan d'action environnemental 2ème phase
PE III Plan environnemental 3ème phase
PFRDV Pays à faible revenu et à déficit vivrier
viii
PGDRN Programme de protection et gestion durable des ressources naturelles
PGRNAP Plan de gestion du réseau national des airs protégées
PIGDRN Plan inter-communal de gestion durable des ressources naturelles
PN Parcs nationaux
PNPF Politique nationale de promotion de la femme
PNS Politique nationale de santé
PNUD Programme des Nations Unies pour le développement
PNUD Programme de promotion de l'emploi et des revenus
POLFOR Politique forestière
PRD Programme régional de développement
PSDR Programme de soutien au développement rural
PSDR Programme de soutien au développement rural
RBMN Réserve de la Biosphère de Mananara-Nord
RGPH Recensement général de la population et de l'habitat
RNI Réserves spéciales
RNR Ressources naturelles renouvelable
SAGE Service d'appui à la gestion de l'environnement
SF Service forestier
SFR Sécurisation foncière relative
SIG Système d'information géographique
SNGF Silo national des graines forestières
SNMF Stratégie nationale pour la microfinance
SR Santé de la reproduction
SREEF Service régional de l'environnement, des Eaux et Forêts
TEEF Triage de l'environnement, des Eaux et Forêts
TEF Triage des Eaux et Forêts
TIC Technologie de l'information et de la communication
UE/FFR Union européenne
UFA Union forestière d'Ambatolampy
UICN Union internationale pour la conservation de la nature
UIGF Unité de l'information géographique et forestière
UNDA United Nations Development Assistance Funds
URC Unité régionale de contrôle
VMMA Comité de la population pour l'aménagement de la forêt et des autres ressources
naturelles au niveau du village
VND Victime de non-droit
ix
1. INTRODUCTION
Les forêts de Madagascar sont uniques au monde en raison de leur richesse et diversité exceptionnelle.
Cependant, elles se dégradent chaque année à une allure alarmante qui peut aboutir à une disparition
totale d’ici 2050 si des mesures drastiques ne sont pas prises. Cette situation catastrophique est due à
une politique forestière inadéquate et à une déforestation massive. Au début des années 90, le
gouvernement de Madagascar a élaboré le PNAE (Plan national d’action environnementale) et mis en
œuvre une série de programmes environnementaux. La troisième phase met particulièrement l’accent
sur les populations en tant que bénéficiaires, actrices et gestionnaires des ressources naturelles.
Malgré les actions entreprises en faveur de la promotion des femmes et du genre depuis 1975 et leur
intensification durant les années 80 et 90, le secteur forestier n’a pas profité des acquis nationaux et
internationaux sur le plan juridique, économique et social. La contribution des femmes, même si elle
est reconnue, reste invisible et peu valorisée. Les expériences, à travers les différents projets, montrent
l’importance de leur rôle dans les activités de protection, conservation ou réhabilitation des forêts.
Elles interviennent directement dans les programmes forestiers proprement dits comme les pépinières
forestières, les reboisements ou la protection des bassins versants. Elles sont également impliquées
dans l’agroforesterie et sont engagées dans les activités génératrices de revenus (AGR) pour alléger la
pression sur les formations forestières. Elles trouvent dans les forêts les compléments alimentaires
pour équilibrer l’alimentation de leur famille et assurer leur survie dans les zones sujettes à la
sécheresse ou à d’autres catastrophes naturelles.
Les femmes du secteur forestier sont absentes des statistiques nationales. Elles le sont également dans
les instances de décision, même si quelques unes ont occupé ou occupent des postes de responsabilité
dans les structures forestières gouvernementales. L’ensemble des structures est majoritairement
dominé par les hommes. La sensibilité à l’équilibre du genre risque de rester théorique et peu effective
dans la pratique. Face aux urgences nationales de lutte contre la pauvreté, de conservation et de
valorisation des ressources naturelles, il s’avère important de faire une analyse critique de la situation
pour identifier les potentialités et détecter les difficultés et les contraintes. La dimension genre semble
être un domaine à investiguer en priorité pour s’assurer de la participation de tous à cette œuvre de
sauvetage national, tout en améliorant leurs conditions de vie et leurs revenus.
Problématique
La problématique se pose à plusieurs niveaux. Au niveau de la femme elle-même: statut personnel et
social et degré d’insertion dans la société, au niveau des structures socioéconomiques (efficacité
technique et d’efficience sociale), sur le plan des méthodes d’approche de genre dans les programmes
de développement et de leur impact sur les populations, hommes et femmes, sans discrimination et
enfin au niveau de la biodiversité et des ressources naturelles. L’analyse simultanée de ces quatre
aspects nous permet de mesurer l’ampleur des problèmes et fait appel à une approche holistique de la
thématique d’intégration du genre.
1
acceptables. Pour cela, il faut s’assurer d’un accès équitable aux ressources, à l’emploi et aux
bénéfices du développement, à travers une législation appropriée, des infrastructures et des appuis
adéquats.
Objectif et Méthodologie
L’objectif de l’étude est triple: a) mettre en évidence et documenter, dans la mesure du possible, la
contribution des femmes au secteur forestier à travers l’analyse des politiques et stratégies de
développement dans les institutions et les activités du secteur forestier; b) examiner la législation, le
cadre institutionnel et les structures de promotion de la femme et du genre en relation avec la gestion
forestière à tous les niveaux; et c) faire des propositions pour le renforcement de l’intégration du genre
dans le secteur forestier grâce à des mécanismes et des mesures appropriés.
2
• de l’association des ingénieurs forestiers;
• d’ingénieurs forestiers femmes;
• de la Direction de la condition féminine et du genre de Ministère de la santé et du planning
familial;
• des organismes multilatéraux et bilatéraux: Banque mondiale, FAO, PNUD, GTZ;
• du Réseau genre.
Des recherches documentaires ont été entreprises sur Internet et auprès des centres de documentation
des Eaux et Forêts, de l’ONE, de GTZ, du MAEP et de l’INSTAT. Des visites ont été réalisées au
CIREEF de la région de l’Anosy et au Secrétariat paysan à Ambatolampy.
Problèmes et contraintes rencontrés
• Absence de données spécifiques sur les ménages dans le secteur forestier, donc recours aux
résultats plus globaux des enquêtes statistiques et du recensement agricole.
• Nature des données sur les activités forestières portant surtout sur les produits et non sur les
personnes (acteurs, partenaires ou bénéficiaires). Les informations sur la contribution des
femmes dans les structures forestières proviennent exclusivement des projets et des études
ponctuelles.
• La communauté forestière proprement dite est très limitée et n’est pas visible dans les
enquêtes et études statistiques car elle représente un pourcentage infime dans les
échantillonnages. Elle est intégrée dans les « ménages agricoles » puisque les ménages
pratiquent plus l’agroforesterie ou bien l’association de la foresterie avec l’élevage et le plus
souvent, les exploitations sont de type agro-sylvo-pastoral. Les ménages exclusivement
forestiers sont rares.
• Les projets forestiers ayant des volets genre sont rares d’où le recours à des projets plus
globaux sur l’environnement incluant des activités forestières. Malgré les efforts d’intégration
de ces projets dans les structures publiques, ils sont de durée limitée. Les ressources plus
importantes dont ils disposent leur permet d’obtenir des résultats plus tangibles mais leur
impact s’estompe très vite après la fin des opérations. Le genre est souvent pris en compte
dans ces projets et tend à être « oublié » après leur disparition.
• Les réformes institutionnelles récentes après les élections présidentielles de décembre 2006
n’ont pas rendu les contacts faciles.
Définition des concepts
Le genre
Les approches politiques envers les femmes, le genre et le développement n’ont cessé d’évoluer. Ce
sont les mouvements féministes d’émancipation au 19ème siècle qui ont réellement marqué le début de
cette lutte pour plus d’égalité entre les hommes et les femmes. Les différents concepts sont sous
tendus par des valeurs sur lesquelles le degré de concentration varie selon les objectifs et les intérêts
de ceux qui les adoptent. Les principaux concepts utilisés à l’heure actuelle sont les suivants.
Approche « Intégration des femmes dans le développement » (IFD)
Elle consiste à intégrer les femmes de façon plus efficace au processus de développement en utilisant
les stratégies suivantes: procurer une formation spécialisée et une éducation aux femmes afin qu’elles
puissent participer de manière plus efficace au processus de développement; offrir aux femmes des
opportunités pour qu’elles pénètrent l’économie de marché et placer les femmes à des postes de prise
de décision afin qu’elles oeuvrent en faveur de politiques visant l’avancement des femmes. Cette
approche IFD connaît plusieurs variantes:
• approche du bien-être populaire (entre 1950 et 1970);
• approches d’égalité et d’équité utilisées pendant la Décennie de la femme (1975-1987);
• approche anti-pauvreté des années 90;
• approche par l’efficience qui a été privilégiée par les organisations et les gouvernements
pendant la période d’ajustement structurel des années 80 et 90;
• approche pour l’émancipation des femmes;
• approche de l’empowerment ou de dévolution du pouvoir.
3
Approche Genre et développement (GED)
Cette approche a vu le jour vers le milieu des années 80 sur le constat des limitations des approches
IFD: marginalisation des projets exclusivement féminins, manque d’envergure, incapacité à dépasser
le domaine du micro pour influencer les macro décisions. L’approche Genre et développement est une
approche de développement qui se fonde sur les relations femmes-hommes que détermine la société, et
non plus sur les femmes en tant que groupe. L’approche GED est centrée sur les forces sociales,
économiques, politiques et culturelles qui déterminent la façon dont les hommes et les femmes
peuvent participer à un projet, en profiter et contrôler leurs ressources et les activités.
Sa stratégie se fonde sur l’importance d’intégrer le genre dans les grands courants de développement
(gender mainstreaming) et sur la philosophie du « pouvoir à » et « pouvoir avec ». Elle adopte une
double approche: programmes spécifiques pour les femmes ou pour les hommes pour combler les
lacunes flagrantes et programmes généraux prenant en même temps en compte les intérêts des
hommes et des femmes.
L’ASEG, développée par la FAO au début des années 90 est fondée sur les expériences de l’IFD et du
GED. Elle permet d’adopter une vision globale et considère la dimension genre en concomitance avec
les aspects économiques et sociaux. Aux concepts de genre, elle associe des principes, concepts et
outils spécifiques au développement participatif.
Définition de la foresterie
La loi N° 97-017 sur la révision de la législation forestière donne des indications précises sur les forêts
et les activités relatives à sa conservation et à son exploitation. Elle définit trois types de formations
végétales ou de périmètres qualifiés de forêt et six autres qui leur sont assimilés. La même loi donne
les caractéristiques du régime forestier comme étant un ensemble de dispositions législatives et
réglementaires, ayant pour objet la protection et la gestion durable des ressources. Les exploitations
forestières sont régies par une réglementation stricte et doivent se soumettre à un plan d’aménagement
et à l’exploitation par coupes. Le régime des défrichements et des feux de végétation est régi par
l’ordonnance N° 60 127 du 3 octobre 1960. Certains périmètres peuvent être soumis à des régimes
spéciaux à cause de leur nature ou des objectifs qui leur sont assignés.
Le Fonds forestier national est un compte spécial, géré par un comité de gestion composé de
représentants de l’Etat, de collectivités décentralisées, d’ONG et d’opérateurs. La loi N° 94.007 du 26
août 1995 définit les dispositions pour l’allocation des produits forestiers aux collectivités
décentralisées.
4
2. CONTEXTE GENERAL DE L’ETUDE
Données physiques
L’Ile de Madagascar se trouve dans la zone tropicale de l’hémisphère Sud entre les 11ème et 25ème
degrés de latitude et les 43ème et 52ème degrés de longitude Est. Elle est séparée du continent africain
par le canal de Mozambique d’une largeur variant entre 400 et 600 km. Sa superficie est de
587 041 km². Elle mesure 1 600 km dans sa longueur orientée nord-sud, et 500 km dans sa largeur
orientée est-ouest. Elle est située à 10 000 km de l’Europe et à 3 500 km de l’Inde. Elle est entourée
des Iles de la Réunion, Maurice, et Seychelles et de l’archipel des Comores. La capitale Antananarivo,
située sur les Hautes Terres compte environ 2 millions d’habitants. Les autres villes importantes sont
les chefs-lieux des cinq autres provinces autonomes (abolies en 2007). L’ensemble de l’île jouit d’un
climat tropical variant du type équatorial au type tropical semi-aride dans les 11 bioclimats régionaux
qui peuvent être classés en quatre zones: type perhumide, humide, subhumide et semi-aride. L’île se
situe dans une zone de convergence intertropicale d’où les risques de cyclones tropicaux et de
dépressions tropicales, surtout vers le nord et l’est. En revanche, les zones sud et sud-ouest, de type
semi-aride sont sujettes à des risques élevés de sécheresse dont la fréquence est de plus en plus rapide.
Données socio-démographiques
Le dernier recensement général de la population et de l’habitat de 1993, indique que la population résidente
de Madagascar était de 12 238 914 habitants avec une densité de 20 hab./km2. Aujourd’hui, elle est estimée
à 18 millions d’habitants. Le taux de croissance de la population a suivi un rythme globalement ascendant
de 1% pendant la colonisation, de 2,7% en 1975, 3% en 1993 et 2,8% en 2005. Il est estimé à 3,1% dans les
zones arides du grand sud et certaines zones forestières au sud de Fianarantsoa. Madagascar est caractérisé
par une population jeune: les moins de 15 ans représentent près de 50% de la population totale qui ne
compte que 3% seulement des plus de 65 ans. En 1993, le rapport de dépendance était de 87 personnes à
charge pour 100 personnes d’âge actif (15-65 ans). Le rapport de masculinité était, pour la même année, de
96 hommes pour 100 femmes. En 2004 il était de 99,4 hommes pour 100 femmes.
Données socio-culturelles
Sur le plan social, la population malgache est constituée de 18 ethnies majoritairement d’origine asiatique et
africaine. Les Arabes ont laissé des traces, notamment par le « sora-be », la première transcription écrite de la
langue malgache qui est parlée dans toute l’île, avec des variantes régionales. Il existe des minorités installées
dans l’île depuis quelques générations: les indo-pakistanais et les chinois qui jouent un rôle important sur le plan
commercial. La communauté européenne compte entre 40 et 50 000 personnes. La société malgache est
patriarcale dans la majorité des régions. Cependant, on rencontre des cas de matriarcat dans la partie Nord-Ouest
de l’Ile. Sur le plan juridique, l’homme est le chef de famille. Dans la tradition culturelle malgache la femme est
appelée « fanaka malemy » « meuble fragile ». Elle jouit donc d’un statut assez confortable dans l’ensemble,
sauf dans certaines régions du Sud et en milieu rural. Il existe aussi des domaines comme la vie politique où
l’indice de participation des femmes est très faible: 0,354 en 1996. Le gouvernement actuel compte trois femmes
ministres (une de plein droit et 2 vice-ministres). En 2005, à l’issue de la dernière élection législative, le
Parlement comptait 6% de femmes.
Données socioéconomiques
Sur le plan économique, les événements sociopolitiques de 2002 ont fortement aggravé une situation
déjà précaire. Il en est résulté une aggravation de la pauvreté: le taux de pauvreté se situe à 74%. En
milieu rural, il dépasse les 80%. Le seuil national de pauvreté était estimé à 1 1543 000
FMG/adulte/an en 1993. 75% de la population souffrent de malnutrition chronique et 59% de
malnutrition chronique aiguë. La consommation énergétique moyenne est estimée 1980 Kcal/jour
contre 2200 Kcal/jour nécessaires pour le maintien d’une vie décente et active, chiffre préconisé par la
FAO. Le PIB par habitant est évalué à 294 $EU, un des plus faible du monde. Le revenu moyen
annuel/habitant est de près de 200 $EU.
5
L’économie est dominée par le secteur tertiaire (58% de la valeur ajoutée) suivi du secteur primaire
(27%) et, enfin, du secondaire (15%). Le secteur primaire emploie 80% de la population. Trois
grandes activités dominent le tertiaire: le transport, le commerce et les autres services. Le secondaire
occupe moins de 3% de la main d’œuvre nationale et se concentre surtout sur les zones franches
regroupées à Antananarivo. La production de ce sous- secteur constitue les 90% des exportations.
Situation de la femme
La femme a toujours occupé une place importante dans l’histoire de Madagascar, marquée par les
reines qui ont gouverné sur différentes régions et différentes ethnies. Pendant la colonisation, nombre
de femmes ont dirigé la résistance contre la conquête coloniale, notamment au cours des évènements
de 1947, sévèrement réprimés par la puissance dominante. Le rôle et le statut de la femme ont évolué
tout au long de l’histoire. A l’origine: « les rôles n’étaient pas spécifiquement masculins ou féminins
», sauf le rôle biologique de reproduction conféré aux femmes. La société était régie par les lois qui
laissaient transparaître un réel souci d’équilibre du genre. Si l’adultère des femmes de soldat en temps
de guerre était puni sévèrement, elles ont, en revanche le droit de contracter un divorce temporaire « le
sao-ndranto » pour aller vivre avec un autre homme, à condition de le faire légalement.
C’est au 18ème siècle que le roi Andrianampoinimerina unificateur du pays a édicté les lois, en vigueur
jusqu’à la colonisation. Certains des articles sont encore respectés jusqu’à ce jour dans les lois
traditionnelles. Certaines dispositions législatives, sans doute justifiées à l’époque sont
discriminatoires à l’égard des femmes: la polygamie, réservée aux hommes, le partage des biens du
couple selon la règle de 2/3 pour l’homme et 1/3 pour la femme. Cependant, ce même souverain
décréta aussi la transmission du pouvoir par les femmes, comme dans la monarchie Merina. Sous
l’influence occidentale, même pendant la royauté, la reine Ranavalona II (19ème siècle) a introduit
certaines pratiques et normes nouvelles: la religion chrétienne, le mode de vie à l’occidentale introduit
et favorisé par les sociétés d’évangélisation, en l’occurrence la London Missionary Society (LMS). le
code des 305 articles promulgué en 1881: interdiction de la polygamie, punition de l’adultère du mari,
scolarisation obligatoire, autant pour les filles que pour les garçons.
Les garçons avaient accès à l’enseignement général et pouvaient poursuivre leurs études dans diverses
spécialités. Pour leur part, les filles étaient plutôt orientées vers l’enseignement ménager et
travaillaient dans les « ouvroirs » des missions religieuses. Elles devaient devenir de bonnes mères de
famille. Les seules fonctions concédées aux femmes sont celles de femme de chambre et de femme de
ménage. Les disparités françaises sur les salaires sont reproduites dans les grilles indiciaires
appliquées à Madagascar. Dans les villages et les quartiers, les femmes ont perdu leur droit et leur
statut, uniquement conférés par le paiement de l’impôt per capita par les hommes. Elles sont donc
exclues des débats communautaires.
1
Discours.
6
Des avancées significatives ont été enregistrées sur le plan de l’enseignement, l’éducation est
accessible à tous et le système de quota limitant l’accès des femmes à l’enseignement supérieur est
aboli. Cependant, le taux d’analphabétisme des femmes reste supérieur à celui des hommes surtout
chez les adultes de plus de 45 ans. Ce n’est que vers le début des années 80 que les garçons et les filles
ont atteint le même taux de scolarisation dans le cycle primaire. Jusqu’à présent, les taux d’accès des
garçons au secondaire et à l’enseignement supérieur restent plus élevés que ceux des filles.
Les mouvements féminins ont évolué rapidement à partir de 1975, année Internationale de la femme et
la période qui s’ensuivit, c’est-à-dire la Décennie de la Femme (1975-1985). Madagascar a procédé à
la création en 1976, de la Direction de la condition de la Femme et de l’enfance au sein du Ministère
de la population. Une délégation malgache a participé à la première Conférence mondiale sur les
femmes à Nairobi en 1985 et aux suivantes. Il a intégré dans sa politique à l’égard des femmes les
résolutions internationales, notamment les Stratégies prospectives de Nairobi (1985), le Plan d’action
mondiale pour la promotion des femmes de Beijing (1995). Le gouvernement de Madagascar a ratifié
la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des
femmes en 1988. Par ailleurs, les délégations officielles et les représentants des ONG et la société
civile ont participée à d’autres conférences internationales: Conférence des Nations Unies sur
l’environnement et le développement (CNUCED) à Rio de Janeiro en 1992, et celle d’Afrique du Sud
en 2002, la Conférence mondiale sur les droits de l’homme à Vienne (1993) et la Conférence mondiale
sur la population et le développement (CIPD) au Caire en 1994. Cette ouverture sur le plan
international, a contribué à renforcer les efforts internes pour promouvoir des changements sur le plan
social, économique et juridique.
Problèmes majeurs rencontrés par les femmes
Les problèmes majeurs rencontrés par les femmes dérivent, d’une part de la situation socio-
économique générale et, de l’autre, des phénomènes de discrimination de facto dont elles sont les
victimes. Souvent, les effets conjugués des deux aggravent encore davantage leur situation.
Pauvreté
Dans la première catégorie vient en premier la situation de pauvreté dans laquelle se trouve le pays
depuis les trois dernières décennies. Elle a été particulièrement aggravée par les troubles socio-
politiques de 2002. Il est estimé que 63 à 74,1% de la population se trouvent en dessous du seuil de
pauvreté, selon les modes de calcul. Madagascar fait partie des 88 pays à faibles revenus et à déficit
vivrier (PFRDV). De plus, une grande proportion de la population souffre d’insécurité alimentaire:
59% de la population totale en 1993 et 65,4% en 2001, soit 66,6% de la population rurale et 59, 6% de
la population urbaine pour 2001. Plus de 80% des populations rurales sont pauvres et il s’agit surtout
des petits exploitants. La sous-alimentation affecte 87% de la population rurale.
Phénomènes discriminatoires
Ils apparaissent surtout dans l’accès à l’emploi, dans le système de salaires et lorsque l’on continue à
appliquer les lois traditionnelles dans certaines cultures en matière d’accès à la terre et de répartition
des biens des conjoints à la séparation.
Problèmes juridiques
Sous l’impulsion des Organismes des Nations Unies et des Conventions internationales, Madagascar a
entrepris depuis 1990, une série de réformes sur le plan juridique pour éradiquer toutes formes de
discrimination. A noter, en particulier celle relative au mariage dont le texte d’application est toujours
en discussion au Parlement2. Les propositions de réforme portent sur l’âge au mariage pour les garçons
et les filles, l’uniformisation du régime matrimonial donnant les mêmes droits aux hommes et aux
femmes dans l’administration des biens communs et la tutelle des enfants. Enfin, elles portent aussi
sur la nationalité de la femme malgache mariée à un étranger pour la garde de sa nationalité et la
transmission de celle-ci à ses enfants.
2
Loi N° 98-032 du 25-01-99.
7
Problèmes socio-culturels
Le statut personnel et social de la femme malgache varie selon les sociétés, le milieu culturel, le statut
matrimonial, le niveau d’instruction, la profession et l’âge. Les rôles traditionnels conférés aux hommes et
aux femmes déterminent leur place dans le ménage et la société. Le rôle de mère, exalté d’un côté, entraîne
de lourdes charges de l’autre, empêchant la femme de participer aux activités de développement. Il lui
reste, entre autres, très peu de temps pour l’épanouissement personnel et les loisirs. Dans certaines sociétés
malgaches, les « fady » ou tabous, exercent sur elle une lourde pression et limitent sa liberté de manœuvre.
En outre, certaines femmes malgaches ont peur des responsabilités et obligations liées à leur droit en face
des hommes attachés à leur pouvoir et à leur domination dans le couple.
Problèmes socio-démographiques
On note que le niveau de fécondité le plus élevé se trouve en milieu rural: de 5,7 contre 4,0 pour les
villes. Dans les deux cas, la fécondité est très précoce, culminant dans la tranche d’âge 20–40 ans avec
210‰ en milieu urbain et 263‰ en milieu rural. Les femmes sont toujours très actives entre 30 et 34
ans (respectivement 141 et 210‰). L’Indice synthétique de fécondité (ISF) est inversement
proportionnel au niveau d’instruction (3,4 pour les femmes ayant fréquenté le cycle secondaire ou
plus, et 6,6 chez les analphabètes) et au niveau de richesse (3,0 pour les femmes des couches les plus
riches et 6,6 chez les plus pauvres).
Problèmes d’accès à l’emploi
Ils sont surtout liés à la préférence des employeurs pour les candidats masculins, aux détriments des
femmes, handicapées par leur rôle reproductif. Par ailleurs, le manque d’information sur les
opportunités et l’insuffisance de leurs connaissances du droit juridique et administratif sont notables.
Déplétion des ressources naturelles
L’écosystème naturel est la principale source de revenus de la majorité des ruraux dont 75% vivent en
dessous du seuil de pauvreté. Les femmes rurales sont les plus dépendantes de ces ressources
naturelles pour satisfaire leurs besoins de base (énergie, habitat, alimentation) et fournir les matières
premières pour leurs activités productives (artisanat, commerce des produits de collecte). La
diminution de la biodiversité dans les forêts a donc une incidence directe sur leur sécurité alimentaire
et celle de leur famille, ainsi que sur leur niveau de revenu.
Problèmes infrastructurels
Le régime foncier est inadéquat car 10% seulement des producteurs agricoles, possèdent un titre. Le
Programme national foncier, en cours d’exécution essaie d’y apporter des solutions. Par ailleurs, il
existe plusieurs entraves à l’augmentation de la productivité:
• l’enclavement: seulement 33% des communes ont accès à la route nationale;
• l’insécurité des personnes et des biens atteint des proportions inacceptables;
• le faible niveau de la santé de base à cause de l’insuffisance des infrastructures et du personnel
de santé;
• le système éducationnel déficitaire seulement 12% des élèves ont une scolarité complète à cause de
l’insuffisance des enseignants et des salles de classe, en plus de la pauvreté des familles;
• l’accès à l’eau potable et à l’assainissement: seulement 9,85% en milieu rural y ont accès
contre 23,8% pour la moyenne nationale;
• seulement 3% des ménages disposent d’installations sanitaires hygiéniques (fosses septiques
et latrines améliorées), 49% utilisent des fosses perdues. En milieu rural, 53% des ménages ne
possèdent aucune toilette.
Problèmes des politiques de développement
Ils sont plus prononcés pour le monde rural qui souffre à la fois des déficits structurels et sont plus
vulnérables aux chocs conjoncturels: aléas climatiques, inflation, pénurie, politique monétaire. De
plus, les dimensions des réformes institutionnelles ne sont pas à la mesure des problèmes à résoudre et
ont sur eux un impact limité. Ainsi, les performances des acteurs du développement se caractérisent
par une faible professionnalisation et structuration du monde rural et du tissu économique mais aussi
une faible productivité à cause du peu de compétence et l’inadéquation des méthodes (désengagement
de l’Etat, pas de politique de formation, peu de dialogue entre OP/OPA et opérateurs économiques),
des appuis techniques et financiers non satisfaisants et une connaissance insuffisante du monde rural.
8
Problèmes socio-sanitaires
La mortalité maternelle est estimée entre 450 et 500 décès pour 100 000 naissances vivantes au cours
de la décennie 1990-2000. Les principales causes en sont la grossesse précoce, les intervalles inter
génésiques courts. L’accès aux soins de santé est limité3 en raison du manque d’argent pour payer les
traitements médicaux (pour 46%) et des les longues distances à parcourir et du manque de moyens de
transport (pour 41%). Les femmes séparées ou sans instruction, celles vivant dans les ménages pauvres
et en milieu rural rencontrent les difficultés les plus importantes.
3
EDS 2003-2004.
9
pauvreté. Ce document est en conformité avec la Vision nationale: « Madagascar naturellement » et
aux « Objectifs du Millénaire pour le développement » (OMD).
Le MAP comporte huit engagements dont un sur la solidarité nationale, comprenant la considération
du genre. Une série de six grandes réformes sont prévues: les finances publiques, l’augmentation des
investissements pour favoriser la croissance, la promotion de la révolution verte, les mesures pour la
santé et la planification familiale et le système judiciaire. Son exécution se fera avec la participation de
la base, c'est-à-dire des 17 500 communes, et repose sur le développement des ressources humaines,
grâce aux actions suivantes: développement de la capacité de leadership, changement de la mentalité
et des habitudes, lutte contre la corruption, renforcement du savoir-faire, mobilisation des personnes et
des ressources. Dans son engagement 8 sur la Solidarité nationale, le MAP se fixe comme objectif:
l’accroissement de la participation de la femme dans la vie communautaire et la promotion et la
protection des droits de la femme. Trois stratégies spécifiques concernent les femmes et l’approche
genre:
• intégrer la dimension genre dans le développement;
• favoriser l’accès des femmes aux opportunités économiques;
• éliminer les pratiques traditionnelles qui affectent négativement les femmes.
Les projets et activités prioritaires visent la promotion de la participation des femmes aux affaires
économiques, politiques, sociales et civiques. Les progrès réalisés seront mesurés à travers les indicateurs
suivants: augmentation de la proportion de femmes dans les institutions locales, régionales et nationales en
multipliant par trois entre 2005 et 2012, et réduction de la différence de salaires entre hommes et femmes dans
le secteur privé. Elle était de 36% en 2005 et sera ramenée à 18% en 2012.
Leurs capacités organisationnelles et opérationnelles sont renforcées lors des ateliers dont l’objectif
principal est de fournir des compétences nécessaires aux différents intervenants et partenaires de
développement nationaux pour promouvoir la culture « population/genre » sur le plan national4. Les
autres objectifs concernent les aspects techniques d’intégration dans toutes les phases d’exécution des
actions de développement, l’affectation de budget suffisant et le système de suivi-évaluation.
Le programme type de ce genre d’atelier est présenté en Annexe 13. En 2006, au niveau central, la
Direction du genre a contribué à la mise en place de cellules genre au niveau des ministères (il n’y en
pas une spécifique au niveau des Eaux et Forêts) et dispensé trois jours de formation sur les thèmes
suivants: genre et droit, PANAGED, intégration du genre dans les PCD, budget sensible au genre,
élaboration de plan d’Action5.
Le Rapport national sur le développement humain, élaboré en 2003 a proposé un plan d’action
stratégique sur trois ans intitulé: Genre, développement humain et pauvreté et comporte trois axes:
• Axe 1: Amélioration du pouvoir d’action des femmes et de leurs potentialités économiques.
4
PNPF Ministère de la population et de la promotion féminine, DCF 1990.
5
Rapport de l’Atelier provincial de Tuléar sur le renforcement de capacité en genre et développement et des
mécanismes institutionnels pour la mise en œuvre et le suivi du PANAGED, octobre 2005.
10
• Axe 2: Mise en place d’un agenda pour la suppression des discriminations fondées sur le droit
et d’une infrastructure propre à la promotion de l’égalité juridique.
• Axe 3: Adoption d’un cadre institutionnel et organisationnel ainsi que des outils de promotion
des actions en faveur du genre.
Stratégies en cours
Activités de la Direction de la promotion de la femme au Ministère de la santé et du planning familial
(MSPF)
En tant que point focal national du genre, cette structure est chargée de la mise en œuvre du
PANAGED. Elle continue donc les activités initiées en 2005 d’information et de diffusion du
PANAGED, assorties de formation, grâce à un financement conjoint du PNUD et du FNUAP, dans le
cadre d’un programme plus vaste sur la « bonne gouvernance » L’assistance technique aux
associations féminines est poursuivie sur des thèmes sensibles comme le droit de la femme,
l’assistance aux mères célibataires. Des animateurs appuient ces activités.
Stratégies futures
A partir de 2007, le MAP constitue le cadre général de l’exécution des « activités de genre » qui
doivent être systématiquement intégrées dans les programmes de développement. Le ministère de la
Santé et du Planning Familial (MSPF) prévoit des actions spécifiques pour la formation des jeunes
filles déscolarisées, et le renforcement des centres de promotion socio- économique et les foyers
sociaux. Les services décentralisés de ce même ministère (direction au niveau des provinces et
délégation au niveau des districts) seront renforcés pour la mise en œuvre du Plan d’action régional
genre et développement (PARGED) et sa diffusion au niveau des districts.
Le MSPF continuera son appui aux associations féminines dont 500 ont été identifiées en 2006 et
inscrites dans le fichier. Au niveau des provinces, la Direction de la Population continuera et
renforcera les activités des domaines suivants:
• actions d’appui aux associations féminines en particulier par la recherche de partenariat avec
des organismes socioéconomiques pour promouvoir des activités génératrices de revenus pour
les femmes;
• éducation à la vie familiale (EVF) sur les sites d’intervention avec l’appui du PNUD et du
FNUAP.
• un site WEB sur la population sera mis en place;
Parmi les actions encore à réaliser, il faut mentionner les suivantes:
• ratification du protocole facultatif de la CEDEF;
• ratification de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relative aux droits des
femmes en Afrique;
• opérationnalisation des mécanismes de mise en oeuvre du PANAGED;
• intégration de l’égalité des sexes dans le processus de budgétisation, aux niveaux national,
régional et communal, incluant le renforcement des organes délibérants: Parlement, Conseils
régionaux, Conseils communaux6.
6
Compte rendu de la restitution de la 49ème session de la Commission de la condition de la femme.
11
• Programmes successifs d’action de la FAO pour l’intégration du genre: 1989-1995, 1996-
2001, 2002-2007;
• Déclaration du Millénaire des Nations-Unies de l’an 2000;
• Déclaration du Sommet mondial de l’alimentation en 1995.
Sur le plan régional, participation aux programmes genre de la SADEC, organisme régional de
développement de l’Afrique australe auquel Madagascar a adhéré en 2005. A la suite de l’adoption du
Programme d’action de Beijing lors de la 4ème Conférence sur les femmes en 1995, le Gouvernement
de Madagascar a élaboré le Plan National d’Action genre et développement (PANAGED) pour la
période 2004-2008 afin d’intégrer transversalement le genre dans toutes les activités de
développement.
12
3. POLITIQUE NATIONALE ET INTERGOUVERNEMENTALE. LEGISLATION
ET CADRE INSTITUTIONNEL DE LA GESTION FORESTIERE
Elles sont principalement situées dans quatre zones écologiques: Domaine de l’Est et du Sambirano
(Nord), Domaine du Centre, Domaine de l’Ouest et Domaine du Sud. Le premier domaine, au climat
très humide sempervirente, pluristratifié avec des arbres de 25 à 30 m de haut se divise en deux
catégories la forêt littorale sur la frange côtière orientale et la forêt de crêtes de montagnes avec des
arbres moins hauts: entre 15 et 20 m. Ces forêts sont fortement soumises à la déforestation d’où une
dégradation rapide et une faible capacité de régénération. On y pratique des cultures itinérantes sur
brûlis (tavy) et les exploitations illicites, surtout des espèces rares: bois de rose, ébène et palissandre,
sont à déplorer.
Le domaine du Centre, au climat sub-humide abrite deux types de formations originelles: la forêt
dense humide sempervirente saisonnière qui occupe le versant oriental à une altitude entre 800 et
1 200 m et la forêt sclérophylle basse qui occupe le versant occidental à une altitude entre 800 et 1 200
m. Le premier type est riche en espèces endémiques mais est menacé de disparition à cause des
défrichements et des feux de végétation. Dans le second, qui subit également les mêmes traitements,
les espèces sont plus rabougries et plus épaisses à cause d’un climat plus sec. Les forêts restantes se
présentent par îles isolées.
A l’ouest, où le relief est moins accidenté, la forêt dense sèche contient des espèces endémiques. On y
rencontre trois types de formation: le faciès arénacés, exploité pour la culture sur défriche-brûlis de
maïs, le prélèvement de bois d’œuvre et d’énergie; le faciès karstique qui subit également le
phénomène de défrichement et enfin le faciès rupicole en bordure des rivières et des fleuves qui subit
une large destruction.
Le domaine du sud correspond à la zone la plus sèche de Madagascar et abrite deux types de
formations végétales épineuses: le fourré xérophile et la forêt dense sèche à Didiereaceae et
Euphorbiaceae. Elles subissent un climat aride et semi-aride et contiennent des espèces endémiques à
parité de 90%. Il y a également risque de disparition à cause de la déforestation massive due à une
forte pression anthropique. La croissance démographique y est la plus importante de l’Ile: 3,1% par
rapport à la moyenne nationale de 2,8%. Il existe par ailleurs deux types de formation indépendante
des domaines écologiques. Ce sont les mangroves et les formations rupicoles qui occupent les
montagnes rocheuses. Les composantes du domaine forestier national sont données en Annexe 2.
13
développement durable, éducation, écotourisme. Les stratégies qui y sont définies aident les responsables à
consolider le Réseau avec les partenaires et à assurer une gestion appropriée des réserves et parcs nationaux.
Elles s’inscrivent dans une démarche de pérennisation qui associe étroitement les populations, les acteurs
environnementaux, les décideurs et les partenaires financiers pour obtenir une meilleure synergie et une
efficacité accrue. Il faut aussi signaler deux autres documents d’importance visant à renforcer la position de
«Parcs Nationaux Madagascar»: le COAP (Code des aires protégées) et le plan de pérennisation ou « plan
d’affaires» qui inclue un plan de marketing et de communication. Le Réseau est donc géré comme une
entreprise commerciale, tout en sauvegardant sa principale mission de maintien de l’héritage naturel.
Les recettes obtenues principalement par les droits d’entrée sont destinées à pérenniser la gestion des
aires protégées. Elles sont affectées, d’une part aux structures, et de l’autre, aux communautés de base
(COBA) sous forme d’infrastructure ou de programme de développement.
La raréfaction et le coût élevé du bois de chauffe a une incidence négative sur l’alimentation et
l’organisation de la vie du ménage. En ville, les femmes ont de plus en plus recours à l’alimentation
vendue dans la rue. L’impact sur la sécurité alimentaire est désastreux car la préférence est donnée aux
aliments précuits ou de cuisson facile, mais qui n’ont pas les valeurs nutritives requises. La
consommation de riz, l’aliment traditionnel de base a chuté de 160 kg/hab par an à 110 kg, les
10 dernières années. Il est remplacé par des beignets ou du pain de blé. Les prix de ces derniers étant
plus élevés, il y a forcément réduction de la quantité de la consommation. Par ailleurs, la qualité des
aliments de rue est loin d’être conforme aux normes d’hygiène, il y a donc un double phénomène de
malnutrition et de sous-nutrition.
Dans les zones rurales, la situation est encore plus grave à cause de la distance de plus en plus longue
à parcourir pour: le ravitaillement en bois. Les villageoises utilisent de la paille (bozaka), des fanes de
maïs des bouses de vache séchées, ou de la broussaille comme combustibles. Les légumineuses,
14
importantes sources de protéine végétale ont tendance à être délaissées à cause de leur difficulté de
cuisson. Il y a également le manque à gagner pour les matières organiques qui ne profitent pas à la
fertilisation des sols qui en auraient bien besoin.
Les femmes sont très impliquées dans la fabrication du papier « antemoro » à partir d’écorce de bois
des forêts. C’est un article très apprécié des touristes et destiné à l’exportation sous diverses formes:
papeterie, sac, emballage, etc. Certaines activités artisanales sont en voie de disparition à cause de la
rareté croissante des matières premières. L’approvisionnement en bambous et en rotin pour la
fabrication de meubles et d’articles ménagers devient aussi de plus en plus difficile.
7
Varongy: Ocotea laevis (LAURACEA), Ramy: Canarium madagascariensis (BURSARACEA), Rotra:
Eugenia syzigium (MYTRACEAE), Voaboana: Dalbergia drapeleri (CLUSACEAE), Famelona: Crysomalum
bovinanium (SAPOTACEA).
15
rationnellement l’espace rural et permet la diversification des activités agricoles et, partant,
l’augmentation des revenus et de la sécurité alimentaire.
Apport des forêts dans le budget de l’Etat
Les taxes forestières sont versées en partie au Trésor public mais aussi à la caisse des communes et des
districts. Le Fonds forestier national est réinvesti dans les activités forestières pour en assurer la
pérennité. Le fonds villageois est utilisé pour les activités socioéconomiques.
Politique nationale
Politique forestière nationale
Madagascar possède une politique forestière satisfaisante contenue dans différents plans et divers lois
et règlements dont les principaux sont les suivants:
• Document d’orientation stratégique (1997);
• Plan directeur forestier national (PDFN);
• Plans directeurs forestiers régionaux (PDFR) pour chaque province;
• Fonds forestiers national (FFN);
• Fonds forestiers régionaux (FFR);
• Législation forestière et décrets d’application.
La stratégie du développement du secteur forestier est de créer une dynamique de développement
décentralisé et durable des ressources, basée sur les forêts comme ressource de base. La liste des textes
législatifs et d’application est présentée en Annexes 3 et 4.
Les forêts
La loi No 97-017 promulguée en août 1997 sur la législation forestière définit les forêts dans ses
articles préliminaires. Il s’agit de: a) les surfaces couvertes d’arbres et de végétation ligneuse, autres
que celles plantées à des fins exclusives de production forestière, production de fourrage ou
d’ornementation, b) les surfaces occupées par les arbres et les buissons situés sur la berge de cours
d’eau et de lacs et sur des terrains érodés, et c) les terrains dont les fruits exclusifs ou principaux sont
des produits forestiers. En dehors de cela, il y a des formations végétales assimilées aux forêts.
Politique sectorielle et cadre juridique de la gestion forestière
En 1990, Madagascar a adopté la Charte de l’environnement qui fixe le cadre général d’exécution de
la politique de l’environnement: principes généraux, dispositions opérationnelles. A cette date,
Madagascar a commencé à mettre en œuvre le Plan d’action environnementale pour contribuer au
programme national de lutte contre la pauvreté, dont une des principales causes est la dégradation de
l’environnement. C’est ainsi que les préoccupations environnementales ont été intégrées dans le
Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP), sur le plan macro-économique. La
stratégie s’articule autour de trois axes:
• restaurer un état de droit et une bonne gouvernance;
• susciter et promouvoir une croissance économique à base sociale très élargie;
• susciter et promouvoir des systèmes de sécurisation humaine et matérielle et de protection
sociale élargie.
Le cadre institutionnel de la gestion forestière
Sur le plan national, le Ministère de l’environnement et des Eaux et Forêts (MINENVEF) est régi par
le décret No 90-033 du 21 Décembre 1990 portant Charte de l’environnement et ses modificatifs. Il
contient les principes et orientations donnés par deux documents de base: la vision « Madagascar
Naturellement » 2005 et le « Madagascar Action Plan » 2006. Sur le plan international, Madagascar a
signé, ratifié ou adhéré à un certain nombre de Conventions internationales dont les principales sont: la
Convention sur la biodiversité, la Convention de Kyoto sur le réchauffement climatique, la
Convention sur les bois tropicaux.
Attributions du MINENVEF
Le décret No 2007-086 du 12 février 2007 fixe les attributions du Ministre et l’organisation générale
de son ministère. Son objectif global de développement est la sauvegarde de l’environnement unique
de Madagascar. C’est dans ce cadre qu’il assume les responsabilités suivantes: augmenter les aires
16
protégées pour la conservation et la valorisation de la biodiversité terrestres, lacustre, marine et
côtière, réduire le processus de dégradation des ressources naturelles, développer le réflexe
environnemental à tous les niveaux et renforcer l’efficacité de l’administration forestière. Le
MINENVEF exerce une tutelle technique sur un certain nombre d’organismes: l’Office national de
l’environnement (ONE), l’Association nationale pour les actions environnementales (ANAE), la
Cellule de Coordination du programme environnemental (CELCO), la Société anonyme
FANALAMANGA, le Silo national des graines forestières (SNGF), le Centre de formation
professionnelle forestière de Morondava, le Service d’appui à la gestion de l’environnement (SAGE)
et le Programme de protection et de gestion durable des ressources naturelles (PPGDRN).
Organigramme
Au niveau central, il y a quatre grandes unités: le cabinet du Ministre, la Coordination générale des
études, de la planification et du suivi-évaluation, l’Inspection générale de l’environnement, des Eaux
et Forêts et le Secrétariat général. Ce dernier contient quatre directions techniques. Le Service forestier
proprement dit comprend trois unités: unité d’exécution du Fonds forestier régional, unité de
l’Information géographique et forestière (UIGF) et l’unité régionale de contrôle (UR). La Direction
générale de l’environnement, des Eaux et Forêts est chargée de la conception, de la coordination des
activités techniques, conformément aux directives du MAP et de la mise en œuvre de la Révolution
verte. Elle comporte cinq directions centrales et 22 directions régionales de l’environnement, des Eaux
et Forêts (DREEF). Au niveau décentralisé, il y a 107 services régionaux de l’environnement, des
Eaux et Forêts. Le triage de l’environnement, des Eaux et Forêts se trouve au niveau le plus
décentralisé.
Régime forestier
C’est l’ensemble de dispositions législatives et réglementaires ayant pour objet la protection et la bonne
gestion durable des ressources forestières qui sont en conformité avec les conventions internationales. Les
forêts soumises au régime forestier sont imprescriptibles et inaliénables et appartiennent aux catégories
suivantes:
• les forêts naturelles telles que les Réserves naturelles intégrales, les Parcs nationaux, les Réserves
spéciales, les Forêts classées, les Forêts domaniales et les réserves forestières;
• les forêts artificielles appartenant à des personnes publiques dont notamment les reboisements et
périmètres de reboisement et de restauration des sols, les stations forestières;
• les forêts et terrain à boiser qui font partie du domaine de l’Etat et sur lequel l’Etat a des droits de
propriété indivis;
• les bois et forêts susceptibles d’aménagement, d’exploitation régulière ou de reconstitution et des
terrains à boiser appartenant aux collectivités territoriales décentralisées, aux établissements publics,
aux établissements d’utilité publique et d’autres personnes morales publiques ou sur lesquels ces
collectivités et les personnes morales ont des droits de propriété indivis;
• les bois, forêts et terrains, propriétés d’un groupement forestier constitués dans les régions côtières
dans le but de sauvegarde de l’espace littoral, de respect des sites naturels et de l’équilibrage
écologique;
• les terrains reboisés par l’Etat;
• les brise-vent plantés sur des terrains agricoles;
• les plantations forestières sur terrains non agricoles, telles les cocoteraies.
La réforme du secteur forestier
Le secteur forestier a subi ces dernières dix années une série de réformes pour faire face à une
situation de plus en plus alarmante. Cependant, il y a une prise de conscience croissante du fait que la
conservation des ressources naturelles dépend surtout de la participation des populations vivant à
l’intérieur ou à proximité des forêts. En 1990, Madagascar a élaboré la Politique nationale de
l’environnement (PNE) dont la mise en œuvre s’est faite par le biais des trois programmes
environnementaux successifs: PE I, PE II et PE III.
Le premier programme environnement (PE I) a démarré en 1990 et s’était concentré sur deux
objectifs: le traitement des problèmes écologiques d’urgence et la mise en place d’un cadre juridique
et institutionnel. Le PE II, commencé en 1997, s’est fixé comme objectif d’accroître l’utilisation des
ressources naturelles et d’établir les conditions pour pérenniser la gestion des ressources naturelles. Il
17
a adopté une approche plus globale des problèmes environnementaux: approche programme,
planification éco-régionale, approche corridor, approche spatiale, programmation régionale. Les zones
d’intervention sont les extensions spéciales des zones du PE I où existent des pressions anthropiques
fortes. Le PE III (2003-2008) est la dernière phase du PAE (Plan d’action environnementale) et s’est
fixé comme objectif la conservation et la valorisation de l’importance de la biodiversité et de la qualité
de vie. Tout en capitalisant les acquis du PE I et PE II sur le renforcement des capacités
institutionnelles et l’élaboration des outils de gestion, le PE III a introduit un critère très important: la
prise en compte de la dynamique locale ou régionale pour l’acquisition de réflexe environnemental.
De plus, il s’aligne sur la politique gouvernementale de décentralisation, de lutte contre la pauvreté et
de bonne gouvernance. Les populations, hommes et femmes, sont au centre des débats.
Le MAP (Madagascar Action Plan), entré en vigueur dès le début 2007, continue et renforce la
détermination du gouvernement à protéger et valoriser ce patrimoine exceptionnel et unique. Dans le
cadre de la « Vision Madagascar naturellement » l’objectif est de redevenir une « Ile verte » en
opposition à son appellation actuelle « d’Ile rouge ». Les actions couvrent l’environnement de manière
globale, mais sont plus spécifiquement orientées vers les activités forestières. Les propositions
concrètes se trouvent dans l’Engagement No 7, défi 1:
• Protection de la biodiversité endémique au moyen de différents types de gestion des aires
protégées. Celles-ci vont être portées de 1 700 000 à 6 000 000 ha. Cela comprend la création de
nouvelles aires protégées et de leur gestion de façon à valoriser la biodiversité de manière
durable.
• Renforcement de l’administration forestière en opérant des changements profonds dans la
structure, le mode opératoire, l’application stricte des lois et l’augmentation des ressources. Par
exemple, le nombre de délits sera réduit de moitié d’ici 2012: de 440 à 200.
La régulation, la mise en œuvre et le suivi seront renforcés afin d’augmenter les unités de contrôle.
Grâce à une réforme de la fiscalité, les recettes forestières seront améliorées et serviront à compenser
les conséquences négatives de la dégradation et de la pollution. En outre, les activités du Ministère
seront mieux planifiées, suivies, et évaluées. Les résultats de la recherche seront mieux vulgarisés et
les bonnes pratiques aux niveaux local, régional, national et international, capitalisées. Parmi les
activités prioritaires, on note aussi le renforcement des activités de l’Observatoire de surveillance
environnementale et forestière, en tant que dispositif de veille et d’information.
Globalement, le MAP veut opérer des changements profonds dans l’administration forestière pour la
doter des capacités de gestion modernes et des ressources appropriées afin d’être à même de gérer, de
manière efficace, le patrimoine forestier en voie de disparition si des mesures drastiques ne sont pas
prises. Le système de suivi-évaluation devra être renforcé, rendu effectif et facilité par la mise en place
de bases de données.
Le développement de l’écotourisme
Le gouvernement malgache développe depuis quelques années une politique d’ouverture sur le
tourisme international, à l’instar des îles environnantes qui sont loin d’avoir son potentiel et qui,
cependant, attirent un nombre important de visiteurs. L’objectif a été, en 2006, de doubler le nombre
de touristes par rapport à l’année précédente. C’est ainsi qu’on a enregistré 260 000 entrées
internationales pour cette année-là. L’écotourisme occupe près de la moitié de ce chiffre. Le MAP a
défini un cadre de travail et une stratégie pour réglementer cette forme de tourisme tout en protégeant
et promouvant l’environnement et en faisant appliquer des règles strictes contre le tourisme sexuel et
la propagation du SIDA. Le nombre de touristes visitant les aires protégées devra croître de près de
50%: de 106 600 en 2005 à 149 000 en 2012. Des zones spéciales pour l’écotourisme seront créées.
L’ensemble des activités de ce sous-secteur sera régi par une série de mesures: une charte, une
politique et un code pour sa promotion.
18
4. ROLE ET PLACE DES FEMMES DANS LA GESTION FORESTIERE
Au milieu des années 90, le Ministère des Eaux et Forêts a nommé la première femme Directeur
général. La même personne a été par la suite la première femme Secrétaire général. Deux autres
femmes ont été nommées en 2004, l’une, Directeur général de l’environnement et l’autre, Directeur
général des Eaux et Forêts. Le cabinet du Ministre, à la même époque, comptait deux femmes. Si les
femmes sont très présentes au sommet de la hiérarchie de l’administration forestière, il n’en est pas de
même au niveau opérationnel. Il n’y a aucune femme dans les directions centrales, par ailleurs, on
compte deux femmes chefs de service sur 50, une femme coordinatrice du PE III jusqu’en mars 2007
et trois femmes chefs de CIREEF sur 22. Au départ, les femmes forestières étaient cantonnées aux
activités de bureau, ce qui n’était pas sans perturber le processus normal du plan de carrière exigeant
que l’ingénieur forestier acquière de l’expérience et du savoir-faire en franchissant les échelons depuis
la base c’est-à-dire le triage. L’affectation des femmes à des postes centraux et à responsabilité, sans
avoir suivi ce processus, a créé des malaises pour leurs collègues masculins et impacté les relations de
genre. Par la suite, les femmes ont été nommées, aussi bien dans les services décentralisés, que sur les
postes de terrain où elles ne rencontrent pas de difficultés particulières, car disposant des mêmes
moyens que les collègues masculins.
Dans le Tableau de la répartition des ressources humaines dans le MINENVEF en Annexe 6, les
femmes représentent 32% de l’ensemble du personnel du ministère, tous grades et catégories
confondus et comprenant les deux grandes branches: DGEF et DGE. 88% des femmes appartiennent
aux cadres administratifs contre 12% dans les cadres techniques. Dans ces derniers cas, on distingue
trois niveaux: celui des ingénieurs (les femmes représentent 26% de l’ensemble: 17 femmes contre 52
hommes), celui des adjoints techniques (6 femmes pour 34 hommes soit 15%) et le niveau des agents
techniques avec une seule femme pour 56 hommes soit 1,9%. Les femmes des cadres techniques sont
donc largement minoritaires dans l’administration forestière.
Le recrutement du personnel dans les structures des Eaux et Forêts, interrompu en 1988, n’a repris
qu’en 2006 avec une cinquantaine de recrues, hommes et femmes confondus. Les principaux
débouchés pour les étudiants sortants de l’ESSA/Forêts étaient donc les ONG. Ainsi, ceux qui ont pu
bénéficier depuis 2001 des cours sur le genre (20 h en 5ème année) n’ont pas eu l’occasion d’utiliser
leurs compétences dans confondus. Les principaux débouchés pour les étudiants sortants de
l’ESSA/Forêts étaient donc les ONG, les organismes chargés de l’environnement, les agences bi ou
multilatérales. Ainsi, ceux qui ont pu bénéficier depuis 2001 des cours sur le genre (20 h en 5ème année)
n’ont pas eu l’occasion d’utiliser leurs compétences dans ce domaine dans les structures publiques des
Eaux et Forêts. Ainsi, ceux qui ont pu bénéficier depuis 2001 de cours sur le genre (20 h en 5ème année)
n’ont pas eu l’occasion d’utiliser leurs compétences dans ce domaine dans les structures publiques des
Eaux et Forêts.
Place de la femme dans l’enseignement supérieur des Eaux et Forêts
L’enseignement supérieur des Eaux et Forêts a été ouvert aux jeunes filles à partir de 1976. Très peu
nombreuses au début, leur nombre n’a cessé de s’accroître grâce à plusieurs facteurs: la nomination
d’une femme à la tête du département depuis 1997, sensible à la dimension genre; et le nouvel attrait
pour cette spécialisation dû à la relance de l’intérêt du public pour l’environnement et la mise en place
d’étude du 3ème cycle. Depuis 1990, le département des Eaux et Forêts est donc devenu le premier
choix des étudiants et attire les meilleurs d’entre eux. D’où des résultats exceptionnels de major des
sortants de ce département depuis plusieurs années consécutives. Le rôle de modèle joué par les
19
enseignants du département: un Président et deux enseignantes prouvent de manière concrète que les
femmes peuvent aussi accéder à des postes de responsabilité dans ce milieu pas toujours favorable aux
femmes. L’appui du projet bilatéral suisse en 1992 a aussi donné davantage de moyens à ce département.
Les étudiantes qui choisissent les études supérieures forestières sont en général très motivées et convaincues
de leur mission de sauvetage de l’environnement en péril à Madagascar8. C’est ainsi qu’une étudiante a été
major de promotion quatre années de suite entre 1997 et 2000. Pendant les études, il n’y a pas de traitement
particulier pour les filles, ni dans le choix des sites de stage, ni dans celui des thèmes de mémoire.
Encadré:
Famille forestière dans le Périmètre 1 de Mandraka ambony
Il existe trois activités principales: a) la fabrication du charbon de bois; b) la cueillette de produits non ligneux et c) le
bûcheronnage (abandonné à présent en raison de l’interdiction de coupe des essences précieuses et des prix plus
incitatifs du charbon de bois). L’activité a) revient entièrement au chef de famille, sans aide extérieure. Chaque
fournée demande 3 semaines de travail jusqu’à l’ensachage. Toute la production, c’est-à-dire 840 sacs de juste de 50
kg est livrée au propriétaire de la forêt pour un montant total de 2 940 000 Fmg. L’activité b) est du domaine exclusif
de la femme. Il s’agit de produits forestiers non ligneux: écorce d’Acacia mearnsi, fleurs et feuilles de Lantana
camara, miel et autres produits forestiers comestibles. En été, la production moyenne journalière est de 30 kg et 50 kg
en hiver, pour un total annuel de 12 300 kg. Les produits sont livrés entièrement à l’usine et rapportent une recette
annuelle de 1 537 520 Fmg. Le revenu annuel de ce type de famille est donc de 4 477 500 Fmg, dont 63% provenant
du charbon et 37% de la vente de Lantana camara. Il est utilisé pour l’achat de produits de première nécessité et de
vêtements. L’épargne sert à l’achat d’animaux domestiques.
Source: Analyse du système de revenu des paysans en vue de la mise en place d’une gestion communautaire des
ressources naturelles dans la région de la Mandraka9.
Source: Analyse du système de revenu des paysans en vue de la mise en place d’une gestion communautaire de la
gestion des ressources naturelles.11
8
Analyse comparative Homme/femme dans la formation des élèves-ingénieurs de l’ESSA-Forêts par Me Mino
Razafindramiadana.
9
Mémoire de fin d’études d’ingéniorat par Rabenasolo Solofoniaina Eric Olivier, 1997: Analyse du système de
revenus des paysans en vue de la mise en place d’une gestion communautaire des ressources naturelles dans la
région de la Mandraka.
10
Idem.
11
Idem.
20
Place des femmes forestières dans les associations de genre
Sur le plan national, les femmes sont actives au sein de l’Association des ingénieurs forestiers dont la
vice-présidence a été confiée à une femme. Grâce à elles, l’association a pu presque retrouver son
dynamisme d’avant, même si les buts restent flous. A quelques exceptions près, très peu de femmes
forestières adhèrent à d’autres associations nationales ou internationales: le Département des Eaux et
Forêt de l’ESSA est représenté au sein du Réseau genre regroupant environ 15 organismes et comptant
à peu près 50 membres et le même département a bénéficié en 2000-2001 d’une formation de
formateurs en genre dans le cadre d’un programme de coopération technique financé par la FAO et fait
donc partie du réseau ASEG. La Direction générale des Eaux et Forêt a participé, au début, aux
activités du réseau genre et à la formation en Analyse socioéconomique selon le genre (ASEG,
dispensée par la FAO). Par la suite, elle a cessé d’être représentée dans ces instances. Quelques cadres
forestiers féminins appartiennent à d’autres associations comme le Réseau des éducateurs et
professionnels dans la conservation de la nature, branche malgache d’un réseau international, et dans le
Groupe de spécialistes des plantes menacées, où se trouve une majorité de femmes. L’ONE fait partie
du réseau DIMITRA, animé par la FAO pour les associations de femmes rurales. Il gère sa branche
pour les îles de l’océan Indien.
Place et rôle des femmes dans les programmes environnementaux
Les activités traditionnelles de l’administration forestière accorde très peu de place au développement
des populations son rôle étant avant tout du domaine de la réglementation et répression. Le constat
d’échec de cette approche a obligé les responsables à reconsidérer leurs orientations et méthodologie,
surtout à travers les projets financés par des sources externes.
Rôle et places des femmes dans les activités d’exploitations des ressources forestières
Au niveau des ménages
Aucune donnée chiffrée agrégée n’est disponible concernant le temps utilisé ou la qualité des produits
collectés dans la forêt sur le plan national. Cependant, tout le monde reconnaît l’importance de ces
activités dans l’économie familiale et la sécurité alimentaire: les hommes et les femmes, surtout les
ménages les plus défavorisés, dépendent de la collecte des ressources naturelles pour satisfaire leurs
besoins alimentaires, en bois de feu et en matières premières. Les produits de la forêt: fruits,
champignons et miel contribuent à assurer un équilibre alimentaire dans les ménages forestiers. La
collecte des ressources est attribuée à l’homme ou à la femme selon les relations socioéconomiques,
les facteurs culturaux et les techniques et les localisations géographiques. Les encadrés suivants
présentent des exemples de répartition des tâches entre hommes et femmes pour trois types de famille.
Dans les projets forestiers et environnementaux
Ce sont les projets sur financement extérieur qui, les premiers, ont mis l’accent sur l’importance de
l’intégration du genre dans toute action de développement. Le programme spécifique pour les femmes
avait plusieurs buts de répondre aux besoins de base des populations féminines, d’assurer l’efficacité
des programmes techniques en donnant à l’ensemble de la population des compétences et aptitudes
requises ou bien pour simplement accéder aux requêtes des bailleurs de fonds. Cependant, les femmes
rencontrent des difficultés à profiter pleinement des ces projets et programmes à cause du taux élevé
d’analphabétisme et du niveau très faible d’instruction dans leur groupe. Leur taux de scolarisation
reste faible au niveau national et la différence entre garçons et filles est encore plus marquée en zones
rurales, tant pour le primaire, le secondaire que le supérieur.
Ces handicaps se reflètent, par exemple, dans la possibilité des femmes à tirer le maximum de profit des
formations offertes par les programmes de conservation du patrimoine forestier et environnemental. Par
ailleurs, la pauvreté et les lourdes charges familiales constituent d’énormes contraintes pour elles en termes
de temps ou de ressources à investir dans les activités environnementales. Souvent, les besoins immédiats
l’emportent sur des options plus stratégiques comme les projets de réhabilitation ou de conservation des
ressources naturelles qui sont à plus long terme. L’Annexe 7 montre l’importance des charges de travail des
femmes rurales. Ces résultats ont été obtenus à partir des études réalisées par le Projet de développement
intégré forestier du Vakinankaratra (PDIFV). Les projets exclusivement féminins appartiennent en général
aux catégories suivantes: santé, planning familial, activités génératrices de revenus, épargne et crédit.
21
Ces activités qui ont de l’importance pour les individus et les ménages, restent négligeables au sein des
projets de conservation de l’environnement. Très peu de provision budgétaire leur a été allouée. Ainsi,
les résultats, même positifs, sont restés ponctuels et ne sont pas liés directement aux grands projets
environnementaux. Malgré ces handicaps et contraintes, les responsables sont unanimes à reconnaître
une évolution positive dans la participation des femmes dans ces programmes et projets. Elles font
preuve de plus de dynamisme et de détermination et s’engagent plus pleinement par rapport aux
hommes. On leur attribue volontiers des postes de confiance dans les structures de gestion: secrétariat
et trésorier. Le nombre de « guides féminins » augmente de plus en plus sauf dans les zones à hauts
risques sur le plan de la sécurité. La participation féminine a surtout augmenté à partir du PE II,
lorsque la stratégie dans la conservation de l’environnement était d’encourager les initiatives des
communautés locales, de manière intégrée avec les projets de développement. Cela a, en effet coïncidé
avec l’intérêt pour le genre et la création d’institutions chargées de cette discipline vers le milieu des
années 90, lors de l’élaboration du Programme Environnemental II. C’est ainsi que ce nouvel
engagement s’est traduit par des actions ponctuelles, comme la sensibilisation en Analyse
socioéconomique selon le Genre en 1996, puis la formation de formateurs en genre en 2000-2001 dans
le cadre d’un Programme de coopération technique avec la FAO et dont l’ONE (Office national de
l’environnement) était l’institution leader. Dans le cadre de l’élaboration du PE III, une étude a été
financée en 2003 par le Japon pour intégrer le genre dans ce nouveau programme d’une durée de 5 ans
(2004-2009). Pour des raisons budgétaires et de manque de sensibilisation des partenaires, les
recommandations de cette étude n’ont pas été intégrées au PE III.
22
5. ACTIVITES LIEES AUX FEMMES DANS LE SECTEUR FORESTIER ET LEUR
SUIVI
Il n’existe pas de normes législatives liées aux activités forestières qui concernent spécifiquement les
femmes. Ces dernières, en revanche, jouissent des mêmes droits que l’ensemble des femmes.
23
Structures et mesures institutionnelles pour l’intégration du genre
Dans la Constitution de 1992, l’Etat malgache s’était engagé à instituer un organisme chargé de la
promotion et de la Protection des droits de la femme dans son article 40. C’est ainsi que la Direction
de la condition féminine et de l’enfance a été créée au sein du Ministère de la condition féminine et de
la protection de l’enfance, en 1975, au lendemain de la Conférence internationale de Mexico sur la
femme. Cette action s’inscrit dans les principes de la Décennie des Nations-Unies pour les femmes
(1975-1985).
Direction de la condition de la femme
Cette nouvelle structure est chargée plus particulièrement de la promotion de la femme, son
émancipation et la valorisation de ses fonctions sociales et économiques. D’autres structures sont aussi
mises en place au sein du Secrétariat d’Etat à la population pendant cette période: 6 centres de
Promotion socioéconomique (CPSE), 12 foyers sociaux et 18 pré-coopératives de production pour les
femmes. Elles s’adressent aux jeunes filles et femmes déscolarisées en situation difficile pour les
intégrer dans le développement. Des changements institutionnels sont intervenus par la mise en place,
en 1997, du Ministère de la population et de la solidarité, remplacée à son tour en 1998 par le
Ministère de la population de la condition féminine. Ces transformations institutionnelles reflètent
l’évolution de l’approche de la problématique genre sur le plan international. Elles intègrent les
résolutions et recommandations des conférences internationales pour l’égalité des droits, des
responsabilités et des chances, et la participation égale des hommes et des femmes à tous les organes
et processus de décision. Elles traduisent les engagements à mettre en œuvre les mesures préconisées à
cet effet. En 2007, a l’issue du remaniement ministériel faisant suite à la réélection du Président
Ravalomanana, la Direction de la condition féminine est rattachée au Ministère de la santé et du
planning familial.
En 2006, la Direction du genre comprenait deux services: le service de développement du genre et le
service de valorisation du statut de la femme. Un troisième service: Appui et interventions sera bientôt
mis en place dans le cadre de la réforme de ce département ministériel. Au niveau central, la direction
du genre est composée de 25 personnes dont 6 cadres (3 juristes, 1 géographe, une mathématicienne,
une sociologue. Elle dispose d’un budget public, mais peut surtout fonctionner grâce au financement
extérieur à travers divers projets, principalement par le PNUD, le BIT, le FNUAP et l’UNICEF:
• MAG/90/PO4 (1ère phase) et MAG/94/PO2 (2ème phase): Education à la vie familiale et appui aux
centres de formation féminine FNUAP/BIT;
• Projet Valorisation du statut de la femme et éducation à la vie familiale (FNUAP/ coopération
française);
• Programme: Plaidoyer pour les droits des enfants et des femmes – UNICEF.
D’autres bailleurs de fonds financent des activités ponctuelles comme la célébration de la Journée
Internationale de la Femme du 8 mars, ou bien la participation aux conférences internationales. Pour
mobiliser les femmes à la base, la DCF fait appel aux services d’animateurs et d’animatrices bénévoles.
Comités de suivi
Pour illustrer sa volonté d’associer tous les acteurs du développement à la résolution de « la problématique
genre », l’Etat a créé des comités d’appui: le comité du 8 mars et le comité de suivi du CEDEF. On trouve
dans ces comités, les point focaux genre des ministères, les représentants des ONG, associations ou
groupements de promotion féminine ainsi que des partenaires financiers bi ou multilatéraux.
Cellules genre et points focaux genre
Les ministères techniques ont été encouragés à mettre en place des cellules genre, ou au moins,
nommer des points focaux genre, afin d’intégrer ce thème dans leurs domaines respectifs d’activité.
Ces recommandations ont été plus ou moins suivies d’effet car n’avaient aucun caractère obligatoire.
Le MINENVEF, n’a pas formellement une telle structure, mais par contre, a désigné des points focaux
genre dans le cabinet du Ministre et quelques agences qui y sont rattachées. La Direction générale des
Eaux et Forêts n’en comportait pas.
24
Groupements féminins
Ils constituent une instance dans laquelle les femmes elles-mêmes font l’apprentissage du dialogue, du
travail en commun et de la prise de responsabilité. Ils sont les interlocuteurs privilégiés de la DCF qui
lui fournissent un appui technique. En l’an 2000, 75 d’entre eux ont reçu un encadrement. La DCF
continue à les promouvoir et à les identifier. Elle a en actuellement 500 sur son fichier mais estime
qu’il en existe au moins le triple. L’inscription auprès de la DCF est volontaire.
ONG et associations pour la promotion de la femme
Le rapport national sur le suivi de Beijing de 1999 fait état de 200 ONG et associations qui oeuvrent
pour la promotion de la femme dans des domaines techniques et thématiques. La plupart d’entre elles
sont regroupées en fédération, ce qui facilite le dialogue et la collaboration avec l’Etat. Ayant des
structures jusqu’au niveau local, elles sont des instruments pour l’information, le plaidoyer, la
formation et la mobilisation des femmes.
Pour l’environnement, signalons en particulier l’Association nationale d’actions environnementales
(ANAE) qui a un volet spécial pour les femmes et appuie de nombreuses associations et ONG de
femmes intervenant dans le développement rural et l’association Tontolo maitso (environnement vert)
ouverte aux hommes et aux femmes. La liste des principales ONG d’envergure nationale et même
internationale est présentée en Annexe 11. Si le rôle de ces ONG et associations est reconnu et
apprécié, leur efficacité est quelquefois mise en doute pour plusieurs raisons: insuffisance de moyens
financiers et logistiques, absence de vision globale, faible capacité technique en planification et
gestion, insuffisance de la maîtrise des objectifs nationaux et internationaux de genre.
Les partenaires de la coopération internationale pour la promotion du genre
Les organisations internationales ont joué un rôle indéniable pour faire avancer la thématique genre.
Au niveau des pays, elles ont mis en place des mécanismes pour appuyer la mise en oeuvre des
politiques nationales de promotion de la femme et du genre: le groupe thématique Genre et
développement (GTG), constitué au sein de l’UNDAF ou Plan Cadre des Nations Unies pour
l’assistance au développement (PCNUAD), et, ensuite élargi aux institutions gouvernementales et non
gouvernementales, ainsi qu’aux partenaires bilatéraux et multilatéraux; et les points focaux Genre et
développement au sein des agences internationales.
Autres structures d’appui au genre
Le Réseau Genre et développement regroupe une quinzaine d’organisations nationales et
internationales, des institutions gouvernementales et des personnes privées de manière informelle. Il
compte une cinquantaine de membres provenant d’horizons divers et qui se chargent d’intégrer le
genre des leurs propres domaines et institutions. C’est aussi une plate forme de dialogue,
d’information et de formation. Il constitue aussi un vivier d’expertise en genre. Au départ, la DGEP
était représentée au sein de ce groupe. Des membres du Département des Eaux et Forêts de l’ESSA y
prennent une part active, soit par la fourniture d’information, la contribution à des études ou bien en
participant aux travaux de commissions sur des thèmes spécifiques.
Les mécanismes de financement
Depuis quelques années, certaines banques commerciales ont mis en place des programmes spéciaux
pour le financement des activités de production agricole et de développement rural. Il s’agit de la
BTM (Bankin’ny Tantsaha Mpamokatra) devenu depuis peu « Bank of Africa » BOA et la BNI-CA
(Banque nationale pour l’industrie-crédit agricole) avec son « pôle agricole ». Ces deux institutions
accordent des petits prêts pour les producteurs et productrices agricoles. Cependant, l’accès au
système bancaire reste très limité pour la majorité des ménages à faibles revenus ou ceux qui se
trouvent dans le secteur informel.
C’est le système de microfinance, introduit à Madagascar en 1993 qui a le plus bénéficié aux femmes
tant urbaines que rurales. En 2004, une Stratégie nationale de la microfinance (SNMF) a été adoptée et
la loi a été promulguée en 2006. Le développement de la microfinance est appuyé par des projets sur
financement extérieur:
• Projet d’assistance technique de financement rural (PATF) exécuté par l’Association de
développement du mouvement mutualiste d’épargne et de crédit (ADMMEC).
• Projet MICROSTART financé par le PNUD au sein de plusieurs institutions de microfinance.
25
• Projet d’appui à la Coordination nationale de la microfinance financé par le PNUD et le FENU.
• Fonds d’insertion et de réinsertion pour l’emploi et les revenus (FIREF) en faveur des jeunes et
des femmes défavorisées, financé par le PNUD.
• Programme de formation sur la microfinance appuyé par la Banque mondiale.
D’autres organismes comme l’Union européenne ou l’USAID, l’Inter coopération suisse mettent aussi
en œuvre des activités de microfinance au sein de leurs projets et programmes. La liste des principales
institutions de microfinance (IMF) est donnée en Annexe 10.
Normes pour la promotion de l’égalité des sexes dans le secteur forestier
Gestion des ressources humaines
Le personnel du MINENVEF, hommes et femmes, est régi par deux textes réglementaires: le Code du
travail et le Statut général des cadres de l’Etat. Ces deux textes respectent l’égalité des sexes, sans
discrimination. Les femmes jouissent des dispositions prévues par la loi pour ce qui concerne la
grossesse, l’allaitement ou les permissions d’absence en cas d’allaitement. La présence d’une femme à
la tête du service des ressources humaines permet de traiter leur cas avec une attention plus
bienveillante, en termes de conseils sur le plan juridique ou en relations interpersonnelles plus
humaines qu’administratives. Les cas de harcèlement sexuel ou de mauvais traitement dans le travail
sont sanctionnés par les lois en vigueur. Les relations hommes/femmes dans la DGEF se ressentent du
caractère paramilitaire du corps des forestiers et des structures hiérarchiques reflétant la prédominance
des hommes dans les postes de direction, due, en partie à leur ancienneté dans les grades. La
nomination de femmes au sommet des deux structures techniques du MINENVEF (jusqu’au début
2007) n’était pas perçue de manière positive par leurs collègues masculins.
Il n’y a pas d’associations féminines au sein du MINENVEF. Les cadres forestiers sont affiliés à
l’Association des ingénieurs forestiers où les femmes sont les plus actives. Cette Association a plutôt
un rôle social que corporatiste comme dans le passé pour la défense des intérêts des membres. Elle a
encore moins un rôle politique. Le personnel forestier féminin appartenant aux cadres B et C de la
fonction publique est en nombre restreint à cause de la suppression des formations depuis 1975. Les
sortantes des Ecoles d’application des sciences et techniques agricoles (EASTA) n’ont pas pu
rejoindre l’administration forestière à cause de l’arrêt des recrutements jusqu’en 2006. Le personnel
non forestier ressent une certaine discrimination de la part des forestiers qui appartiennent à un cercle
fermé.
Appuis techniques aux parties prenantes du secteur forestier
Dans le cadre de l’exécution du PEIII. C’est pendant le PE II que le Gouvernement malgache a signé
un projet de Coopération Technique avec la FAO pour la formation de « formateurs en genre » et
l’élaboration d’un Cadre stratégique pour l’intégration de la dimension genre dans les projets et
programmes. Ce document, très détaillé décrit les démarches et les étapes de l’action
d’institutionnalisation de ce concept. Chaque institution participante, y compris le MINENVEF avait
élaboré son propre plan d’action pour l’utilisation et la diffusion de la méthode d’analyse
socioéconomique selon le genre (ASEG). Ce projet a également produit des outils d’information et de
formation dont le plus important est le Guide du formateur, traduit en malgache, des affiches, des
dépliants et des cassettes. Malheureusement, à la fin du projet FAO en 2001, les activités n’ont pas été
poursuivies sauf dans certaines institutions comme l’ONE ou bien le Département des Eaux et Forêts
de l’ESSA de l’Université de Madagascar. Les agences d’exécution du PE II: ANAE, ANGAP,
SAGE, Eaux et Forêts, n’ont pas reçu de directives claires sur l’approche genre. En outre, le guide
d’intégration du genre n’a pu être testé faute de financement, et est resté à l’état d’ébauche.
Plus tard en juin 2006, l’ONE avec l’appui technique de la FAO a organisé un atelier de réflexion sur
une ébauche du programme Genre et environnement dont un résumé est présenté en Annexe 13. Ici
encore, le manque d’intérêt des parties prenantes pour le genre n’a pas permis d’en faire une diffusion
appropriée. De plus, sa sortie a coïncidé avec une période intense d’activités socio-politiques: périodes
pré et post-électorale, catastrophes naturelles (cyclones, sécheresse, etc.). La recommandation sur
l’inclusion d’indicateurs genre dans les termes de mandat de l’évaluation à mi-parcours du PE III en
mars-avril 2007 n’a pas pu se matérialiser. Pourtant, les nouvelles orientations du PE III mises en
œuvre à partir de 2004, en centrant les activités sur les populations et la gestion communautaire
26
auraient pu offrir un terrain plus favorable pour le genre, même si c’est de manière indirecte. En effet,
il aurait fallu une volonté politique plus prononcée au niveau du ministère de tutelle et un suivi plus
intensif avec les moyens adéquats pour que la prise en compte du genre soit effective et adoptée par
toutes les composantes du PEIII.
Au niveau des populations. La liste des projets exécutés par la DGEF présentée en Annexe 1 donne
une idée du type d’intervention plus approfondie de l’administration auprès des populations.
Exemple d’indicateurs de genre développés dans un projet
Déjà dans ses phases antérieures, le projet PDIFV a développé des outils pour l’intégration du genre
dans les comités de gestion communautaire des ressources naturelles. L’objectif global du programme
est de s’assurer que la gestion durable de ces ressources contribuent effectivement à l’amélioration des
conditions de vie des populations et au maintien de la biodiversité. Il comporte cinq sous-objectifs
spécifiques qui portent sur:
• la gestion transparente et participative de la mise en oeuvre de la politique environnementale
et forestière;
• le transfert effectif de la gestion durable des ressources forestières aux communautés et
groupements locaux;
• la rationalisation des chaînes de valeur ajoutée de l’énergie domestique;
• l’élaboration de modules de formation et d’assistance pratique correspondant aux demandes
des populations;
• l’implication des sociétés civiles et des collectivités locales à la planification, la réalisation et
l’évaluation des projets.
• Pour chaque composante, l’aspect genre est mis en évidence. En voici quelques exemples:
• pour la production de combustible domestique, un des indicateurs concerne l’augmentation du
nombre de ménagères (12 000) épargnant l’utilisation de charbon de bois;
• les modules de formation doivent comporter des thèmes sur l’économie familiale, tout en
réservant un quota de 20% aux femmes pour l’ensemble du programme de formation;
• la présence des femmes est requise dans les exercices de planification de l’amélioration
durable des conditions de vie.
La liste des nouveaux indicateurs élaborés en 2007 figure en Annexe 12.
Guides et outils d’intégration du genre dans le secteur forestier
Il n’existe pas de guide spécifique d’intégration du genre dans le secteur forestier. En revanche, les
différentes unités d’exécution du PE III en ont élaboré quelques-uns dans leur domaine de compétence,
présentés ci-après. On peut aisément étendre leur utilisation à ce secteur. La discrimination basée sur le
genre ou sur le VIH/SIDA est considérée comme un frein à l’instauration d’un climat de confiance et de
dialogue social préconisée par les programmes environnementaux. Pour le VIH/SIDA, il s’agit de la mise
en place de programmes de prévention, de prise en charge du personnel ou des populations contaminées.
Les mesures concernent les projets d’investissement environnementaux de toutes les tailles et de toutes
catégories.
Le guide combiné « genre et VIH/SIDA » élaboré par l’ONE, donne une liste détaillée des actions et des
étapes à suivre sur le plan institutionnel: structure, personnel, programme de travail, calendrier, suivi-
évaluation, législatif et réglementaire: droit des séropositifs et principe de tolérance zéro à l’égard de toute
forme de discrimination et le système de formation et d’information. Chaque promoteur doit promouvoir
une politique en matière de prévention ou de lutte contre le VIH/ SIDA avec mise en place d’une
action de dépistage, la contribution de l’employé et de médicament à disposition. Les informations
requises sur le genre sont incluses dans le document MEC (Mise en conformité) pour les anciens
investissements et dans le document de l’EIE (Etude d’impact environnemental pour les nouveaux.
Ce même type de guide n’existe pas pour le secteur forestier. Mais compte tenu du fait de son
importance, l’utilisation des documents précités doit être particulièrement suivie. Il s’agit, en
particulier, des activités et des industries forestières. Sont également concernés les autres secteurs qui
fournissent des actions de substitution et d’allègement de la pression sur la forêt, telles que les
activités génératrices de revenus (AGR) dans l’agriculture, la pêche, le tourisme, l’élevage, l’artisanat,
la briqueterie et le transport.
27
6. STRUCTURES DE GENRE, INITIATIVES ET RESPONSABILITES DANS LES
COMMUNAUTES ET LES MENAGES RURAUX FORESTIERS
Structures gouvernementales
L’ex-Ministère de la population possède des structures régionales s’occupant de l’ensemble des activités de
ce département, dont les interventions en faveur des femmes. De plus, il existe des structures décentralisées
destinées à prendre en charge les jeunes filles déscolarisées et les femmes en situation difficile pour les
intégrer au développement: six centres de promotion socio-économique (CPSE), c’est-à-dire un par
province autonome; 12 foyers sociaux et 18 coopératives de production pour les femmes.
Le PANAGED est diffusé à travers des mécanismes opérationnels de mise en œuvre au niveau provincial
où existe une unité technique genre et développement. Les programmes de genre sont suivis et évalués à
travers un tableau de bord provincial. D’autres services étatiques comme les centres de santé de base
offrent également des programmes éducationnels aux femmes: santé maternelle et infantile, santé de la
reproduction, maladies sexuellement transmissibles, VIH/SIDA. Le projet SEECALINE rattaché à l’Office
national de la nutrition (ONN) financé par la Banque mondiale œuvre pour la sécurité alimentaire et
dispense une formation en nutrition dans les écoles et aux groupements féminins.
Structures indépendantes
Ce sont surtout des structures privées qui sont très actives au niveau décentralisé. La formation
professionnelle féminine ainsi que la formation informelle en économie familiale et éducation
nutritionnelle sont surtout dispensées par des centres dirigés par les confessions religieuses. Certains
comme la Direction diocésaine de développement de l’église catholique ont des programmes de
microcrédit pour les femmes et les groupements féminins. Il en est de même pour l’Eglise protestante
à travers les crédits pour les greniers communautaires villageois.
Structure de genre au niveau des ménages
Il n’y a pas de répartition stricte des rôles et responsabilités dans les ménages forestiers dans l’apport de
revenus pour l’entretien de la famille. En effet, les hommes et les femmes, surtout dans les ménages
défavorisés, dépendent de la collecte des ressources naturelles pour satisfaire les besoins en bois de feu,
matières premières pour l’habitat et l’artisanat. Les produits de la forêt contribuent à assurer l’équilibre des
régimes alimentaires. La collecte de ces ressources est effectuée par l’homme ou la femme selon les
relations socioéconomiques, les facteurs culturaux et techniques et les sites. La femme a très peu de pouvoir
de décision dans le ménage et a moins accès aux ressources et dispose de moins d’opportunités pour
améliorer leur vie. Cela est dû en partie au pourcentage élevé d’analphabétisme des femmes. Pour
l’ensemble des classes d’âge, les femmes qui ont une rentrée d’argent fixe décident seules pour moins de la
moitié d’entre elles (47%) de l’utilisation de leurs revenus, tandis que 42% décident conjointement avec
quelqu’un et 12% n’ont absolument aucune participation à la décision. Ces pourcentages varient avec l’âge,
les plus âgées (35 ans et plus) ayant plus d’autonomie dans la décision. Cette dernière dépend aussi de l’état
matrimonial, les femmes mariées ayant moins de pouvoir de décision alors que les femmes en rupture
d’union ou les célibataires jouissent d’une plus grande liberté. Le site de résidence a aussi une grande
influence sur la décision. Les femmes urbaines décident seules pour 58% d’entre elles, alors que les
femmes rurales 45,3%. L’exercice du pouvoir de décision des femmes augmente avec le niveau
d’instruction: 37,5% des analphabètes décident seules contre 56,6% pour celles qui ont fréquenté le cycle
secondaire ou plus.
Initiatives et responsabilités locales
En 1995, Madagascar a organisé pour la première fois des élections communales dans le cadre de la
politique de décentralisation12. Cette nouvelle législation délègue aux communes la responsabilité de
la gestion des ressources naturelles dans une perspective de pérennisation13. Grâce à ces dispositions,
les communes peuvent établir leurs programmes et les gérer de façon autonome, en particulier dans le
choix des partenaires. La commune devient donc la circonscription de proximité au service des
12
Loi No 94 007 relative aux pouvoirs, compétence et ressources des collectivités territoriales décentralisées
(CTD).
13
Loi No 96 025 relative à la gestion des ressources naturelles renouvelables.
28
populations. Le budget de la commune provient du budget central mais surtout des taxes et impôts
prélevés localement. Les communes établissent des Plans communaux de développement (PCD) et
préparent un business plan ou plan d’affaires14. Au niveau du développement local, les résultats
attendus sont les suivants: les PCD et Plans inter-communaux prennent en compte la dimension
environnementale; et des alternatives de développement durable sont mises en œuvre dans le cadre des
PCD et des Plans intercommunaux de gestion durable des ressources naturelles (PIGDRN).
Le manque d’expériences des élus en matière de planification et de gestion constitue une contrainte
importante pour l’établissement d’un plan d’investissements répondant à leurs besoins en fonction de
leur disponibilité budgétaire. C’est ainsi que le MINENVEF et d’autres organismes ont élaboré des
guides ou entrepris des expériences pour aider les communes dans cette tâche importante. Voici
quelques exemples d’appui aux communes dans le secteur environnemental et forestier.
Organismes d’appui à la gestion de l’environnement
Service d’appui à la gestion environnementale (SAGE)
C’est une association indépendante qui fournit une assistance technique aux populations paysannes
pour un développement rapide et durable de leurs zones et pour lutter contre la pauvreté. La première
mission de SAGE est de faciliter le transfert de gestion des ressources naturelles par le biais de la
gestion locale sécurisée (GELOSE)15. Cette dernière est un programme d’action sur l’environnement
dont le but est de faciliter ce transfert par16 la mise en place d’une gestion durable des ressources
naturelles par le biais de la prise en main, de manière officielle, par le Fokonolona17, des pouvoirs et
responsabilités, ainsi que le suivi; l’intensification et la pérennisation de l’exploitation des ressources
naturelles renouvelables (RNR) afin d’améliorer les niveaux de vie des populations rurales et assurer
l’avenir des générations futures et l’obtention d’un impact positif et durable sur l’économie et le
développement de la zone.
Association nationale pour les activités environnementales (ANAE)
Cette association est chargée d’exécuter le programme de mise en œuvre des actions de développement
durable qui visent l’adoption et l’appropriation d’une politique de gestion durable des ressources naturelles
par les populations. Les résultats attendus sont multiples au niveau écologique: maintien de la biodiversité,
protection de la couverture forestière, diminution de la perte en sols et diminution de la pollution; et
économiques afin d’augmenter les revenus. Les résultats sont les suivants18:
• le montant alloué aux actions environnementales dans les programmes d’investissement communaux
s’élève à 2 millions de $EU;
• 350 000 ménages des zones d’intervention adoptent les actions de développement durable.
• la contribution des filières de la biodiversité dans les recettes communales. atteint un pourcentage
appréciable (à évaluer au cas par cas);
• la superficie équivalente en forêts naturelles épargnées par la promotion des énergies alternatives est
évaluée à 195 000 ha;
• le taux de satisfaction des bénéficiaires par l’amélioration de la qualité de l’environnement urbain est
de 80%.
Exemples d’initiatives locales
Projet de développement forestier intégré dans la région du Vakinankaratra (PDFIV)19
Il s’agit d’un projet germano-malgache financé par le Ministère fédéral de la coopération et du
développement (BMZ) et du Ministère des Eaux et Forêts à Madagascar. Son objectif est de fournir un
appui technique aux communes pour la gestion durable des ressources naturelles en utilisant les
14
Loi No 95 005 du 25 juin 1995. Selon l’Article 6, chaque collectivité doit disposer d’un programme
d’investissement public triennal ou quinquennal.
15
Loi No 96 025 du 30 septembre 1996 sur la gestion des ressources naturelles locales renouvelables.
16
Guide pour la gestion locale sécurisée.
17
Collectivité de base au niveau des villages ou hameaux.
18
PE III.
19
Planifier ensemble, par Regina Laub Fischer, Projet PDFIV.
29
méthodes de planification participative20. Ce projet a établi avec les populations communales les
conditions-cadre pour démarrer le processus de planification: outils de planification et de
communication participatives (diagnostic participatif, méthodes de visualisation), formation de
l’équipe d’intervenants (ministères, ONG). Il n’existe pas de statistiques spécifiques sur la
contribution des femmes dans les activités mentionnées ci-dessus. Cependant, les responsables
reconnaissent tous les faits suivants:
• Les efforts déployés par les responsables locaux pour intégrer l’équilibre du genre, même en
l’absence de directives officielles dans ce sens. C’est ainsi qu’un effort particulier est fourni
en faveur de la participation des femmes dans les comités locaux de gestion des RN, les
programmes forestiers spécifiques et par le personnel d’exécution du programme.
• Les apports positifs des femmes dans les actions environnementales: sérieux, dynamisme,
rigueur dans la gestion des fonds, engagement ferme, efficacité. Les bénéfices tirés des
retombées sociales des programmes environnementaux: amélioration des infrastructures
sociales et éducationnelles dans les projets intégrés de foresterie communautaire, acquisition
de compétence en gestion des ressources naturelles et associations, renforcement du statut
personnel et du statut social grâce à la prise de responsabilité dans les comités locaux et les
associations. Plusieurs femmes, par exemple, sont membres du Secrétariat paysan qui a pris la
relève du projet PDIFV dans la région d’Ambatolampy, au sud d’Antananarivo.
• Les bénéfices économiques obtenus, soit directement par la participation aux activités de
reboisement, de défense et restauration des sols, d’aménagement des bassins versants, soit
indirectement, par le biais d’activités génératrices de revenus, financés par le PSDR selon un
protocole d’accord signé avec le PE III. Cet accord couvre en particulier les activités
suivantes: nécessité de changement des mentalités, souci de pérennisation des infrastructures
par des entretiens réguliers.
Le processus mis en place a eu un impact positif pour le renforcement des capacités des communes:
engagement collectif, savoir-faire, indépendance des structures communales vis-à-vis des services
administratifs, réalisation d’activités d’intérêt collectif. Le projet a constaté que toutes les communes
avaient tendance à privilégier les infrastructures pour satisfaire les besoins prioritaires immédiats:
centres de santé, écoles, routes, marchés. En revanche, au niveau des villages, se sont les activités
environnementales qui viennent en première position.
PE III
Le PE III prévoit également le volet Promotion de la conservation et de l’utilisation durable des sols. La
stratégie d’intervention repose sur un constat de base: l’intéressement des populations locales aux activités
environnementales est conditionné et proportionnel au niveau de revenu qu’elles peuvent en tirer.
La dégradation des sols due à une mauvaise pratique culturale entraînant l’érosion et la baisse de
fertilité est un facteur majeur de déplacement des populations, en particulier, celles qui se trouvent sur
la côte orientale de l’Ile, abritant les vestiges de forêts primaires et les essences les plus précieuses.
Elles vont à la recherche de sols plus fertiles pour replanter dans des zones forestières primaires ou
secondaires. Cette pression sur le couvert forestier constitue un défi majeur et appelle des mesures
alliant des approches autant techniques que psychologiques pour obtenir des changements de
comportement. Plus spécifiquement, les actions portent sur les activités suivantes: diminution des
pratiques d’agriculture sur brûlis ou tavy; aménagement des bassins versants; amélioration de la
productivité des tanety par l’utilisation de techniques agroécologiques comme le semis direct, les
cultures sur couverture morte ou vive, écobuage, installation de structures biologiques comme les
haies vives; reboisement avec des essences à croissance rapide; stabilisation des lavaka pour limiter
l’ensablement des rizières et des vallées en général; protection des berges; amélioration des pâturages,
fixation des dunes pour protéger les villages et les terrains de culture.
Bien qu’il n’y ait pas de données spécifiques sur l’impact de ces mesures sur les femmes, il est évident
qu’elles font partie des bénéficiaires directs: leur participation dans certains projets de protection des
bassins versants montre l’intérêt qu’elles accordent à ces programmes. L’utilisation de techniques
agro-écologiques innovantes apporte d’ailleurs des améliorations notables dans leur charge de travail:
20
Idem.
30
semis, sarclage et entretien des parcelles, etc.; création d’emplois dans les activités de reboisement, les
pépinières soit forestières soit agricoles, les travaux à Haute intensité de main d’œuvre (HIMO);
meilleur accès à l’eau grâce aux aménagements hydro-agricoles et à l’irrigation;.introduction des
cultures maraîchères qui apportent des compléments alimentaires et des revenus supplémentaires;
pratique des cultures de contre-saison qui permet une valorisation des terres et de la main d’œuvre en
période creuse; augmentation de la disponibilité en bois de chauffe, réduisant de beaucoup le temps
auparavant consacré à la recherche de combustible pour la consommation domestique et vulgarisation
des cultures fourragères, facilitant l’alimentation des animaux et améliorant les conditions de vie ou
même survie des habitants des zones forestières. Environ 3 millions de ménages ruraux devraient
participer à ce programme sur la durée du PE III. Sur le plan des réalisations physiques, 88 000 ha
auront des aménagements anti-érosifs; 80 000 ha des bassins versants dans 158 communes
bénéficieront d’activités de lutte contre l’érosion (zones entre aires protégées ou forêts et périmètres
irrigués).
Projet de Réserve de la Biosphère de Mananara Nord (RBMN)
C’est un projet de l’ANGAP et de l’UNESCO-MAB qui a commencé en 1987, basée sur la
philosophie de réserve et conservation de la biosphère au service de la population locale. Il est parmi
les projets d’excellence identifiés par la Communauté européenne en 2000. Ce projet a permis
d’établir 14 autres projets de conservation et de développement intégré à Madagascar. Il s’est terminé
fin février 2004 après 15 ans d’existence avec un bilan très positif.
Le sous-volet Promotion féminine était intégré dans le volet Développement rural. Il est basé sur le
fait que les femmes constituent une porte d’entrée pour les idées nouvelles et un puissant moteur de
changement des habitudes et des mentalités21. Elles ont donc bénéficié des activités suivantes:
• campagne de sensibilisation sur l’hygiène de base: eau, alimentation, maladies sexuellement
transmissibles;
• formation professionnelle des associations de femmes;
• ouverture de la Maison de la femme pour constituer un lieu de rencontre, de formation et vente des
produits;
• formation sur les activités traditionnelles: vannerie, couture, tricot, broderie;
• exposition permanente de la production des ateliers féminins et participation à des foires nationales.
La couture était l’activité qui attira le plus de candidates: plus de 300 en 1996 elle a atteint un
nombre record de plus de 600 en 1997. Les produits de vannerie, de par leur qualité, ont trouvé des
débouchés sur le plan national et international. Ce projet a utilisé intensivement les moyens audio-
visuels pour la sensibilisation des populations villageoises:
• production de vidéocassettes pour les émissions locales et la télévision nationale;
• émissions radio par l’intermédiaire de la radio locale couvrant une vingtaine de km;
• hall d’information accessible à tous, mais surtout utilisé par les enseignants, les scolaires et les
touristes;
• bibliothèques villageoises qui s’adressent à toute la population avec des ouvrages édités par
l’UNESCO et le WWF sur la sensibilisation environnementale;
• activités para-scolaires: jardins, pépinières et réserves de graines, concours d’écoles fleuries.
• club vert pour les lycéens;
• manifestations lors de grandes occasions: Fête nationale du 26 juin, Journée mondiale pour
l’environnement le 8 mars, Journée internationale des femmes, etc.
Exemples d’appui et d’accompagnement
Ces activités visent à développer les compétences et capacités des populations de toutes les catégories
sociales, hommes, femmes, jeunes, et les catégories socio-professionnelles: agriculteurs, éleveurs,
forestiers, pêcheurs. Les thèmes de formation couvrent des disciplines variées relatives aux activités
de production, à la gestion des coopératives ou bien sur le financement rural. En plus, pour les
femmes, sont réservés les thèmes classiques d’éducation sanitaire et nutritionnelle.
21
Projet RBMN-Rapport final 2004.
31
Education environnementale
C’est un thème récurrent qui vise à sensibiliser et à former les populations locales pour mieux
participer à la conservation de leurs RN et leur habitat, et mieux gérer leur patrimoine. Elle s’adresse
en particulier aux paysans défricheurs, responsables de la déforestation. En général, ce programme
intégré dans les projets comprend plusieurs volets: sensibilisation des populations, activités scolaires
et parascolaires. Elle utilise divers moyens et méthodes d’information et de communication: réunions,
utilisation de moyens audio-visuels, hall d’information, manifestations, affichage. Les élèves sont un
public cible privilégié, car se sont des véhicules d’idées nouvelles vers les parents et les communautés.
Il en est de même pour les enseignants et les associations de parents d’élèves (FRAM).
Approche genre dans les activités d’animation rurale: le cas d’Ambovombe-Androy22
Cette activité est le résultat d’une collaboration entre le Programme de formation et d’appui à la
gestion des interventions de développement (FORMGED) financé par l’Union européenne et le projet
Objectif Sud, exécuté par le GRET. Elle a été réalisée dans la région de l’Androy, une zone semi-aride
de l’extrême Sud de l’Ile qui a subi un déboisement massif et est la victime de sécheresse fréquente et
d’une intense érosion éolienne. Les effets conjugués des catastrophes naturelles et actions de l’homme
font que la zone souffre de malnutrition grave et la famine y fait régulièrement son apparition. Le but
était de promouvoir un développement équitable et durable hommes/femmes en réduisant les
disparités sociales entre eux. La stratégie adoptée comportait trois points:
• participation des hommes et des femmes sans discrimination à toutes les étapes des actions de
développement avec une répartition équitable des responsabilités et prises de décision;
• valorisation de la place de la femme dans la société;
• prise en compte des spécificités hommes et femmes dans leur environnement socioéconomique et
culturel.
Le dispositif d’appui est constitué d’animateurs et d’animatrices du volet Développement local du
projet, intervenant soit séparément, soit en équipe mixte selon le contexte. Les activités d’animation
étaient articulées autour de la construction d’infrastructures de collecte et de conservation de l’eau
potable dans les localités les plus vulnérables à la sécheresse. Elles étaient de deux catégories; le
renforcement des capacités des populations et des villages bénéficiaires sur le plan technique pour la
maintenance de l’infrastructure et la structuration de la communauté par la mise en place de comités
de gestion de l’eau où les responsabilités sont réparties de manière équitable. La méthode participative
a été largement utilisée et repose sur un système efficace d’information et de sensibilisation de tous les
groupes sociaux, la résolution des problèmes culturels ou techniques, l’élaboration de programme
commun d’action. Voici quelques exemples de valorisation du travail des femmes pour réduire les
résistances dans l’application de l’approche genre23:
• confier la responsabilité du suivi des travaux aux femmes car elles sont plus présentes dans le village;
• attribuer la gestion du budget aux femmes pour tenir compte de leurs compétences et intégrité;
• utiliser des chants traditionnels pendant les réunions pour attirer les femmes;
• confier la maintenance des impluvia aux femmes.
Voici quelques exemples d’implication des femmes dans les activités du volet développement local du
projet:
• création d’associations autour de la gestion des infrastructures;
• intégration de quatre femmes dans l’équipe de gestion des ouvrages;
• réalisation d’un embocagement par l’enrichissement de 65 km de haies de cactus sur 26 sites par
une production en régie avec une association de femmes. Chaque site possédait une pépinière
d’essences forestières endogènes et exogènes.
Autres mesures pour la création d’environnement favorable
Pour réduire le taux élevé de mortalité maternelle, le gouvernement a privilégié durant les cinq
dernières années la construction de Centres de la santé de base (CSB) offrant des soins prénatals et
22
Rapport sur: Les expériences relatives à l’application de l’approche genre dans les activités d’animation rurale
– Cas d’Ambovombe-Androy- FORMGED-GRET KIOMBA- Octobre 2006.
23
Rapport FORMGED Objectif Sud Kiomba.
32
d’accouchement. Le milieu rural et les zones enclavées constituent des zones prioritaires et bénéficient
de la construction ou la réhabilitation de routes de desserte intercommunales et de pistes rurales.
L’accès aux points d’eau a été facilité surtout dans les zones victimes de la sécheresse comme le
Grand Sud. L’éducation des filles et des femmes est considérée comme importante pour son impact
direct sur la fécondité et l’état de santé de la mère et de l’enfant et celles-ci doivent être sensibilisées
sur la détection des grossesses à risques et l’utilisation des formations sanitaires pour l’accouchement.
Exemples d’outils méthodologiques
Guide pour la gestion locale sécurisée (GELOSE)
Ce guide, élaboré par le SAGE sous forme de bandes dessinées est destiné à vulgariser la loi
No 96 025 et guider la démarche des COBA pour présenter une requête de transfert de gestion. Les
étapes, de la sensibilisation au transfert officiel de gestion y sont décrites en détail. Elles tiennent
compte des valeurs et traditions malgaches (fihavanana24 firaisan-kina25 au sein du Fokontany26).
Guide pour la plantation d’arbres et l’exploitation rationnelle des forêts
Ce guide, aussi élaboré par le SAGE, est une orientation technique à l’intention des COBA désireuses
d’effectuer des reboisements et d’exploiter les forêts de manière rationnelle. Il se base sur les résultats
d’expériences réelles réussies à diffuser auprès des populations rurales. Il propose une enquête
socioéconomique et une étude des potentialités, en plus de considérations techniques. Ce guide
informe les COBA sur les textes législatifs et réglementaires de l’exploitation forestière. Il décrit aussi
les formalités à accomplir pour obtenir les droits d’usage et de collecte des ressources forestières selon
les coutumes traditionnelles pour les particuliers et les autorisations accordées aux particuliers pour les
forêts déjà transférées aux COBA.
Guides élaborés par l’ONE
Intégration du genre dans le Guide MECIE
Le guide s’attache à la pertinence et cohérence des projets et de leur environnement afin d’analyser
chaque action et processus, à travers la pratique de chaque secteur ou métier. Les intrants et les
extrants de chaque opération sont identifiés et analysés pour statuer sur leur compatibilité avec les
normes établies. Les activités forestières sont particulièrement concernées par ces analyses évaluant
leur impact sur l’environnement et la perte de la biodiversité. Le promoteur doit préconiser les
mesures nécessaires pour atténuer les impacts négatifs, les contrecarrer grâce à des vérifications
minutieuses des périmètres protégés environnants. A cet effet, trois listes de contrôle doivent être
fournies: la liste de contrôle des composants du milieu biophysique pour les zones sensibles; la liste
des composants du milieu biophysique pour les zones non sensibles mais aussi la liste de contrôle des
composants du milieu humain.
La vérification des enjeux est une étape importante de cet exercice. Le décret MECIE n° 99 954 du 15
décembre 1999, modifié par le décret n° 2004-167 du 3 février 2004, en donne une définition précise:
« les enjeux sont des éléments valorisés de l’environnement susceptibles d’être affectés de façon
significative, ou que les impacts environnementaux seront significativement dommageables ». Une
attention particulière est donnée aux requêtes touchant le domaine forestier: forêts naturelles, forêts
classées, forêts domaniales, réserves forestières, aires protégées, marines ou terrestres comme les
réserves naturelles intégrales, les parcs nationaux et les réserves spéciales. Les prescriptions juridiques
sont identifiées et vérifiées pour chaque cas: textes principaux et autres dispositions particulières ou
spéciales, se rapportant par exemple aux aires protégées ou zones sensibles de la liste UICN.
La participation du public est jugée fondamentale et sollicitée de plusieurs façons dans cette action
d’évaluation environnementale: par consultation publique qui concerne trois types d’audience: individus,
groupes ou communautés locales directement touchés, affectés ou intéressés; mais aussi par consultation
des autorités décentralisées, autorités déconcentrées, autorités traditionnelles, groupes vulnérables.
24
Relations de parenté et d’amitié.
25
Entente, harmonie.
26
Localité géographique et administrative.
33
Le guide d’intégration du genre dans les outils d’application du décret MECIE précise les définitions
et les principes à respecter et tient compte des disparités entre les différents acteurs et recentre les
interactions des différents composants d’une population afin de redéfinir les priorités et réaliser un
développement économique, social, culturel, durable et équilibré, ainsi bien au sein qu’à l’extérieur
des investissements nouveaux ou en cours.
Les efforts d’intégration du genre sont associés à la lutte contre le VIH/SIDA dans un questionnaire
spécifique commissionné par l’USAID et réalisé par les points focaux genre de l’ONE. En général, les
demandes des populations locales vis-à-vis du porteur de projet concernent des infrastructures sociales
(école, puits, centre sanitaire, etc.) ou des aides matérielles ou physiques (routes), comme mesures de
compensation. La satisfaction de ces requêtes permet souvent une meilleure insertion sociale du projet
et contribue à la durabilité de l’investissement. Les accords avec les populations peuvent donner lieu à
l’établissement de cahiers des charges et/ou de protocole d’accord ou convention sociale entre le
promoteur et les communautés.
Niveau d’intégration du genre dans les structures existantes
Le niveau d’intégration peut se mesurer à l’aide de trois indicateurs:
• la représentation dans les structures de décision, principalement le comité de gestion;
• la représentation dans les comités techniques;
• l’intégration des activités bénéficiant particulièrement aux femmes dans les programmes de
gestion des RN.
Tous les exemples présentés dans le point 5.2 utilisent des méthodes participatives, censées intégrer
tous les membres et toutes les couches de la population. Leur succès dépend des degrés d’adhésion de
toutes les parties prenantes aux principes et concepts de base. Il en est de même de l’appareil législatif
qui semble complet et non discriminatoire. Sur le plan des résultats, même en l’absence de chiffres
précis, tout le monde s’accorde à reconnaître les qualités de la contribution des femmes. Des exemples
provenant de trois projets vont illustrer ces constats:
Projet PDFIV (Projet d’appui au développement forestier intégré du Vakinankaratra)27
Ce projet d’appui a surtout bénéficié aux jeunes et aux femmes et sa méthodologie est utilisée par
d’autres communes de l’Ile. C’est dans le cadre de ce projet que l’étude « Etude et stratégie d’appui à
la promotion des femmes à Ambatolampy » a été effectuée. Elle aborde deux aspects
complémentaires: la place de la femme dans les communautés de base et la définition des stratégies
d’appui à la promotion de la femme dans le milieu rural. Cette étude s’est déroulée à Ambatolampy
qui se trouve à 70 km au sud de la capitale. Elle n’est pas représentative de toute l’île, mais peut être
considérée comme typique des Hautes Terres. Deux catégories de femmes ont été retenues comme
public cible après une investigation préliminaire:
• Les femmes appartenant à la couche défavorisée de deux tranches d’âge: 15 à 27 ans et 34 à
42 ans. Elles sont en majorité illettrées ou ont juste fréquenté une partie du cycle primaire
d’enseignement. Elles sont impliquées dans les activités agricoles et surtout l’élevage et ne
sont pas propriétaires des terres.
• Les femmes de la couche moyenne de deux tranches d’âge: 27 à 34 ans et 42 à 66 ans. Elles
ont fréquenté le cycle secondaire et exercent plutôt des activités commerciales (petit
commerce et artisanat) et sont propriétaires de leurs terres. L’étude a analysé six points
particuliers dans sa première partie: les conditions d’accession des femmes aux groupements,
l’accès à la terre pour les femmes et les groupements féminins, l’accès des femmes à la
formation et à l’assistance-conseil, les activités génératrices de revenu, les mesures
d’allègement de travail et l’impact des projets.
Accès aux groupements
Les situations des deux catégories diffèrent en ce qui concerne d’abord les facteurs de blocage. Les
premières ne disposent pas d’aide familiale et ont des charges de travail au sein du ménage et dans les
activités productives. Ce sont des facteurs qui constituent un frein à leur participation aux activités
27
Sensibilisation de la population pour la participation de la femme à la gestion des forêts selon le genre.
MEF/GTZ 1998.
34
d’un groupement. Les paramètres personnels jouent aussi: timidité, manque d’habitude de travailler en
groupe, méfiance. Pour les autres, les causes de leur hésitation à joindre les groupements sont plutôt le
manque de clarté sur les objectifs de ces derniers et l’insuffisance des moyens pour atteindre les
objectifs. Le tableau suivant donne un aperçu des motivations des femmes pour participer aux activités
d’un groupement.
Tableau 1. Motivations des femmes pour participer aux activités d’un groupement
Les membres ont toutes les mêmes chances de réussir 96%
Il n’y a pas de problèmes pour l’utilisation et l’exploitation de la terre 78%
Il n’y a pas de problèmes pour le partage des produits et revenus 61%
Toutes peuvent bénéficier des informations/formations 95%
Si le groupement n’existe plus, la terre revient au propriétaire initial (donateur ou prêteur). 36%
Accès à la terre
Deux cas sont ici à considérer: l’accès individuel des femmes à la propriété foncière et l’accès des
groupements féminins à la terre. Dans cette zone des Hauts Plateaux, les filles jouissent, au même titre
que les garçons, de l’héritage par ascendance de la terre. Il n’y a pas de contraintes juridiques ou
légales à l’accès à la propriété foncière, que ce soit par héritage ou par achat. Par ailleurs, la propriété
juridique, légale ou informelle n’a pas d’impact sur son utilisation ou son exploitation par les femmes.
La décision se prend au sein du ménage, en général, de manière consensuelle. Les problèmes peuvent
surgir lorsqu’il y a mésentente au sein de la famille ou en cas de volonté unilatérale d’extension des
activités par les femmes pour acquérir des terres de leur propre initiative. Le tableau suivant montre la
structure de décision au sein du ménage pour l’utilisation et l’exploitation de la terre.
Tableau 2. Utilisation et exploitation que la femme fait de sa terre
Elle ne décide pas seule de l’utilisation et l’exploitation 67%
Les époux décident ensemble 76%
Quand elle a d’autres terres, elles ne sont pas toutes exploitées faute de moyens 53%
Le moyen de production principal est l’angady 100%
L’exploitation est faite par une ou deux personnes qui se font aider par des salariés selon les besoins 62%
Les groupements féminins ont bénéficié des facilités offertes par les communautés locales d’exploiter des
terres communales ou domaniales. Les groupements les plus aisés ont la possibilité de louer ou d’acquérir
des terres. Le tableau ci-après décrit le processus d’accès des groupements à la terre tandis que le suivant
fournit des informations sur l’utilisation et l’exploitation des terres par les groupements.
35
Tableau 5. Autres activités des groupements féminins
Vannerie 28%
Couture 52%
Démonstration culinaire 36%
Information (formation en santé, propreté, puériculture) 44%
Projet d’appui à la valorisation des bassins versants et des périmètres irrigués28
Ce projet pilote qui s’est terminé fin 2006 avait quatre objectifs principaux: protéger et valoriser les
bassins versants; améliorer les niveaux de vie des producteurs; responsabiliser les acteurs locaux dans
la gestion des bassins versants et enfin tester des approches et des technologies innovantes. Les axes
d’interventions couvraient les points suivants:
• gestion de l’eau et des périmètres;
• gestion des tanety29 et conservation des eaux et des sols;
• augmentation de la production agricole;
• sécurisation foncière;
• mise en place du cadre institutionnel et renforcement de capacité.
Le genre n’était pas explicitement mentionné dans le plan d’opération. Il n’a pas fait non plus l’objet
d’évaluation spécifique, faute de moyens. Cependant, les responsables nationaux et internationaux
s’accordent à dire que la participation des femmes était sollicitée et effective dans toutes les
démarches du projet:
• identification des sous-bassins comprenant une détermination sociale;
• constitution de groupes de contacts par sous-bassins versants après sensibilisation et animation
pour aboutir à la mise en place de groupes d’usagers;
• élaboration du Plan d’aménagement après un diagnostic participatif;
• création de Comité de gestion du bassin versant comprenant des femmes comme membres,
même en nombre limité;
• mise en œuvre du Plan d’aménagement, en particulier par la mise en relation du comité de
gestion, des structures d’appui et des usagers;
• suivi-évaluation de l’impact coûts-bénéfices.
Le bilan du projet est résolument positif en qui concerne la dynamisation et la responsabilisation des
groupes. Cela s’est traduit par une meilleure intégration des usagers, dont les femmes, ainsi que par le
renforcement des liens sociaux. Les capacités de production des usagers ont été renforcées grâce à un
accompagnement de proximité et la recherche-action. Les thèmes techniques étaient très diversifiés:
production, gestion de l’eau et des sols, activités sociales appuyées par l’introduction d’innovations
technologiques. Les thèmes sociaux concernaient en particulier les femmes: éducation nutritionnelle,
artisanat, informations sur le VIH/SIDA.
Niveau de prise en charge de la femme
La destruction des ressources naturelles pose des problèmes pour l’approvisionnement en matières premières
vu le rythme de croissance de certaines variétés prélevées de Pandanus (ketra, rambo, tsirika30) et des
cypéracées (horefo, penja31, etc.). Dans certaines zones, l’exploitation irrationnelle et inappropriée du raphia32
l’a fait disparaître. Face à ces contraintes, le projet RBMN a développé une plantation de Pandanus. C’est
ainsi que 6 375 pieds ont été plantés dans de nombreuses localités à forte densité de population et loin des
aires protégées.33
28
Projet exécuté par le MAEP sur financement FAO dans les zones d’Itasy et Anjozorobe pour trois communes.
29
Terrains sur flancs de collines assez érodés, recouverts d’herbacées vivaces.
30
Pandanus sp.,Pandanus vandammii, Pandanus madagascariensis, Pandanacée.
31
Eliocharis plantaginea, Cypéracée et Lepurona mucronata, Cypéracée.
32
Raphia farinifera, Palmier.
33
Rapport final RBMN.
36
7. BASE DE DONNEES SUR LES FEMMES TRAVAILLANT DANS LE SECTEUR
FORESTIER
Le manque de données globales nationales sur les femmes travaillant dans le secteur forestier a été maintes
fois mentionné dans ce document. L’administration forestière, le Département des Eaux et Forêts de
l’ESSA et l’Université de Madagascar font exception et offrent des données tirées de projets et études
spécifiques qui donnent un aperçu de la contribution des femmes dans les activités forestières.
Officiellement, très peu de femmes sont impliquées dans les activités d’exploitation ou d’exportation
forestières. Les informations données ici concernent les femmes rurales. Par ailleurs, il a été jugé utile
de fournir des données socio-démographiques et sur l’éducation en raison de leur importance pour la
compréhension du niveau socio-culturel des femmes, car elles affectent leur statut et influencent les
autres activités. Constituer une base de données sur les femmes dans la foresterie est une étape
importante et indispensable pour les rendre visibles mais cela requière des ressources importantes.
Données socio-sanitaires et démographiques
Etat sanitaire des femmes
Espérance de vie à la naissance
On note une amélioration ces 10 dernières années: en 1997, le taux moyen pour l’ensemble était de
54,4% (55,2% pour les femmes et 53,3% pour les hommes). En 2001, il a augmenté sensiblement:
56,3% pour l’ensemble (57,2% pour les femmes et 55,3% pour les hommes).
Mortalité maternelle
Elle est très élevée, supérieure à 500 pour 100 000 naissances vivantes en 1997; 32,4% des cas sont
dus aux complications de la grossesse et 40% aux avortements. Les causes sont variées: insuffisance et
éloignement des centres sanitaires d’accueil, facteurs culturels: réticence à se faire accoucher par un
homme, coût et insuffisance des transports, coûts d’hospitalisation, achat de layette, connaissances
obstétricales insuffisantes des agents d’accouchement et manque d’hygiène.
Tableau 6. Taux de mortalité maternelle (pour 100 000 naissances vivantes)
ENDS 1992 EDS 1997
Direct 596 488
Indirect 529 507
Source: RNDH 2003.
Maladies
La prévalence des maladies courantes présente peu de différence entre les hommes et les femmes. Par
contre, pour les autres maladies relatives à son rôle reproductif, le taux est plus élevé pour les femmes.
Le taux d’incidence des maladies est aussi élevé pour les femmes que pour les hommes en milieu rural
alors qu’il existe une petite différence dans les taux de fréquentation des hommes et des femmes, en
faveur de ces dernières.
Tableau 7. Type de maladies en milieu rural (en %)
Paludisme Diarrhée Grippe Autres
Hommes 28,6% 9,3% 22,4% 39,7%
Femmes 23,0% 8,3% 24,9% 43,8%
Source: EPM, 1999.
Tableau 8. Taux d’incidence des maladies et fréquentation des centres de soins (%)
Taux d’incidence de la maladie Taux de consultation en cas de maladie
Hommes Femmes Hommes Femmes
Urbain 8,7% 9,8% 65,2% 58,0%
Rural 11,4% 11,2% 40,9% 43,7%
Source: EPM, 1999.
37
Santé reproductive
Il y a une grande disparité entre la capitale, les autres chefs lieux de province, et les milieux (urbain ou
rural). Selon les types d’enquête et les années (entre 1992 et 2000), le taux pour la capitale varie de
51,1% à 59,4% pour l’ensemble des méthodes de contraception. En milieu rural, pour cette même
catégorie, le taux varie de 11,9% à 14,3% pour la même période.
VIH/SIDA
Même si le taux national reste faible (0,8%) pour l’ensemble des hommes et des femmes, on note un
nombre plus élevé de femmes affectées par le virus surtout dans les classes d’âge critiques: 15-19 ans,
20-24 ans, 25-29 ans, et 30-34 ans.
Taille des ménages
La taille moyenne des ménages malgaches est de 4,9 personnes. Les ménages ruraux qui constituent
80% de l’ensemble ont une taille importante: 4,9 personnes contre 4,6. Les ménages malgaches ont de
nombreux enfants, 6 ménages sur 10 comportant 4 à 7 personnes. En milieu rural, 9,8% des ménages
ont plus de 10 personnes et 18,9% des ménages sont dirigés par une femme, soit 14% de la population
totale. Le taux est plus important en milieu urbain car il atteint 20,3%34. Le taux moyen de fécondité
de la femme malgache est de six.
Mouvements de populations
Il s’agit des mouvements de population enregistrés et connus: des campagnes vers la villes, entre villes
et entre régions. Les mouvements des populations forestières pratiquant la culture itinérante sur brûlis
ne sont pas documentés. Souvent, les communautés se déplacent chaque fois sur les lieux
nouvellement défrichés et construisent des campements provisoires très sommaires pendant la saison
culturale. Il en est de même pour les travailleurs dans les exploitations forestières, accompagnés de
leurs familles ou bien pour les familles de charbonniers. La migration des populations rurales est
moins importante que dans les zones urbaines: 6% contre 15%. La mobilité des personnes est liée au
degré d’instruction et augmente en fonction du niveau: 4% pour les « sans instruction », 20% pour
ceux qui ont un niveau secondaire et 7% pour ceux du niveau supérieur, de type universitaire. Le taux
de migration des individus ayant suivi un niveau supérieur est plus important en milieu rural qu’en
milieu urbain: 39,5% contre 34,9%.
Données sur la formation et l’enseignement
Enseignement primaire
Le nombre d’élèves, garçons et filles, accédant à l’enseignement primaire est sensiblement le même.
On note en 10 ans (entre 1991 et 2001) une augmentation significative: + 50% dans les deux
catégories pour un total de 2.307.500 d’enfants scolarisés35. Cependant, si les taux de redoublement
des garçons et des filles ne présentent pas beaucoup de différence pendant tout le cycle du primaire, le
taux d’abandon des filles y est supérieur. Leur taux de survie va jusqu’à 30% en 7ème36.
Enseignement secondaire
Dans le secondaire, la disparité garçon/fille est plus prononcée, en ville comme en zones rurales. Le taux
moyen de fréquentation des deux sexes dans le secondaire est très faible: 12% contre 41% en milieu urbain.
Dans les deux cas, le taux de fréquentation des filles est inférieure: de 11 à 17 ans il est de 18%
Accès à l’enseignement supérieur
Pour l’année universitaire 1997/1998, les universités de Madagascar ont accueilli un total de
8 741 étudiants dont 68,1% de garçons et 31,9% de filles. En 1999-2000, l’effectif total était de 11 012
dont 29,4% de filles et 70,6% de garçons37.
Accès à la formation professionnelle
Les études concernent les activités du tertiaire et de l’agriculture. Pour l’ensemble des filières, les
filles constituaient en 1996-1997 37,9% de l’effectif et les garçons 72,1% pour un nombre total de
34
Source: INSTAT/DSM/EPM 2005.
35
Source: Statistiques sur le système éducatif malgache, MINESEB-METFP-INSTAT mars 1999.
36
Source: Tableau de bord social, secteur éducation – juillet 2002, MINESEB/PNUD.
37
Source MFTP: Calcul PNUD.
38
7 811 étudiants. En 1999-2000, ces taux étaient respectivement de 29,4% et 70,6%. Les filles
dominent dans le tertiaire: 72% en 1996/97 et 65,1% en 1999-2000. En revanche, elles sont
minoritaires dans les filières agricoles: 0% en 1996-1997 et 34,4% en 1999-2000. De toutes façons,
cette discipline compte un effectif très réduit, toujours inférieur à 10038.
Accès à l’éducation non formelle
Environ 11 millions39 de personnes devraient bénéficier de l’éducation non-formelle: enfants déscolarisés,
illettrés, groupes défavorisés, enfants d’âge préscolaire. Il n’existe pas de données sur les offres d’éducation
non formelle et le nombre de bénéficiaires. Une enquête MICS 200040 révèle que des enfants et des jeunes
de 3 à 17 ans (14% des filles et 12%) ont suivi un programme d’éducation non formelle couvrant des
domaines très variés: éducation sportive ou religieuse, scoutisme, activités culturelles.
Les cours d’alphabétisation pour les adultes sont dispensés par le gouvernement, les ONG, les
associations privées ou bien les missions religieuses. Les projets de développement comme le
Programme de promotion de l’emploi et des revenus (PPER) financé par le PNUD et exécuté par le
Ministère de la fonction publique et des lois sociales (MFPLS), l’alphabétisation fait partie intégrante
de ses activités. Ses publics cibles sont principalement les jeunes sans emploi et les femmes
défavorisées. En 2006, 280 000 personnes dans 15 régions ont bénéficié d’une formation
professionnelle qualifiante, avec une composante alphabétisation, si c’est nécessaire, surtout en milieu
rural. Les méthodes utilisées sont variées et de plus en plus performantes. Parmi elles, on peut
distinguer la méthode AFIDE (Alphabétisation fonctionnelle et intensive pour le développement).
Données sur la femme et l’emploi
Population active et taux d’occupation
Le taux d’activité à Madagascar était de 88% en 2005 pour les personnes âgées de 15 à 54 ans. Il est
élevé chez les enfants de 6 à 14 ans et atteint 20%. La moyenne pour toutes les classes d’âge était de
64,6%. L’agriculture occupe 91% de la population active; 2% se trouvent dans l’artisanat et 1% dans
le commerce. Le taux de chômage en 2005 était de 2,8% pour l’ensemble et de 2,6% pour la tranche
d’âge de 15 à 64 ans. Plus important en milieu urbain (7,1%), il n’est que de 1,7% en milieu rural, il
est aussi élevé chez les femmes, respectivement 3,6% et 2%. En milieu rural, 89,9% des actifs sont
dans le secteur primaire, 0,1% dans l’industrie. On note une présence féminine supérieure dans les
activités commerciales: 6% des emplois féminins contre 3% chez les hommes. En 2004-2005,
l’effectif des exploitations agricoles était de 2 428 500 pour lesquelles 84,7% sont dirigés par des
hommes et 15,3% par des femmes. 15% des femmes chefs de ménage (CM) sont des travailleurs
indépendants contre 7,3% chez les hommes. Le taux d’inactivité ou de chômage est plus élevé chez les
femmes: 11% contre 3% chez les hommes. En milieu rural, chez les CM femmes, 45,9% sont des
petits exploitants agricoles, 9,0% des moyens exploitants et 2,3% de grands exploitants. Chez les
hommes, les taux sont respectivement de 50,00%, 16,3% et 3,2% pour ces catégories
socioéconomiques.
En ce qui concerne la situation matrimoniale, les femmes deviennent des chefs de ménage lorsqu’elles
sont célibataires ou bien à la suite de décès ou du départ du mari. Plus de la moitié des CM hommes ou
femmes ont entre 30 et 40 ans. L’âge moyen des chefs de ménage est de 48 ans pour les hommes et 43
ans pour les femmes. Seulement 13% des ménages sont dirigés par une personne en âge de la retraite.
Accès à l’emploi des cadres supérieurs forestiers
Il n’y a pas de discrimination basée sur le sexe dans l’accès à l’emploi des sortants de l’ESSA-Forêts.
Jusqu’en 1990, le principal employeur des jeunes ingénieurs forestiers était l’administration forestière.
A partir de 1991, les ingénieurs forestiers, hommes et femmes, sont recrutés par les projets et les ONG
oeuvrant dans les programmes environnementaux ou de développement rural.
Salaire et revenu
Le taux de salarisation est très faible à Madagascar car 86% des emplois sont exercés à titre d’aide
familiale et 34,2% sont des emplois indépendants ou patrons, et moins de 1% ont des postes
38
Idem.
39
EDS 2004.
40
Idem.
39
d’encadrement. Globalement, le taux de salarisation des femmes est de 10,8% car 70% des femmes
sont des aides familiales, 16% sont dans les catégories des indépendants. Le salaire annuel moyen est
de 991 000 Ar (équivalent plus ou moins à 470 $EU, soit à peu près 41 $EU mensuel). Le niveau de
salaire moyen en milieu rural tombe à 395 $EU par an.
Données sur la discrimination entre les sexes
Statut de la femme au sein du ménage
Le statut de la femme au sein du ménage se mesure selon quatre critères41: l’utilisation des revenus et
contribution aux dépenses du ménage, le contrôle du revenu des femmes, la prise de décision dans le
ménage et enfin l’opinion de la femme sur la violence conjugale.
Utilisation des revenus et contributions aux dépenses du ménage
La femme n’a pas d’autonomie complète pour l’utilisation de ses revenus. C’est en milieu urbain qu’on
trouve le pourcentage de femmes prenant seules la décision, 57,7% par rapport à 42,7% pour les femmes
rurales. Celles qui ont un niveau d’instruction plus élevé ont le plus grand pouvoir de décision 56,6%
contre 37,5% pour les « sans instruction ». En ce qui concerne la contribution aux dépenses du ménage, les
pourcentages les plus élevés se trouvent chez les femmes divorcées: 57,7%, les femmes de la province de
Toamasina: 58,8%, les femmes de plus de 45 ans: 53,4%. Les pourcentages les plus faibles se rencontrent
dans la province de Tuléar: 24,5% et chez les femmes du niveau secondaire ou plus: 36,8%.
Prise de décision dans le ménage
La même enquête EDS MD III analyse le pouvoir de décision des femmes dans les grandes rubriques
suivantes: propres soins de santé, grands achats du ménage, achats quotidiens du ménage, visites de la
famille ou des proches et repas à préparer chaque jour. Les grandes décisions se prennent
conjointement entre mari et femme: 57,2% des soins de santé; 68,2% des grands achats du ménage;
73,3% des visites à la famille ou aux proches. Par contre, pour les achats quotidiens et l’alimentation,
les femmes jouissent d’une grande autonomie: 61,4% pour la première catégorie, 78,4% pour la
seconde. On constate que l’état matrimonial influe peu sur ces pourcentages car les femmes qui ne
sont pas en union partagent de toute façon le pouvoir de décision avec quelqu’un d’autre. Quel que
soit le lieu de résidence ou le niveau d’instruction, 40 à 45% d’entre elles couvrent la totalité des
dépenses du ménage à l’exception de celles qui ont un niveau d’éducation secondaire où 36,8%
prennent en charge toutes les dépenses. Dans tous les cas de figure, les femmes qui ne contribuent pas
du tout aux dépenses du ménage représentent un pourcentage très faible: entre 5,4 et 8,7%.
Opinion des femmes sur la violence conjugale
Concernant la violence conjugale, il est surprenant de constater que 28% des femmes l’approuvent
lorsqu’elles enfreignent au moins un des cas suivants: négligence culinaire, discussion des ordres,
sortie sans avertissement, négligence des enfants, refus de rapport sexuel, contre 9% des hommes. La
justification la plus élevée est dans le cas des enfants: 25%. Les plus faibles concernent le refus de
rapport sexuel: 6%, et la non obtempération aux ordres: 3%.
Pour les hommes, il est curieux de constater que c’est chez les jeunes de 20-24 ans que la justification
de la violence est la plus élevée: 10%, ainsi que chez ceux en rupture d’union: 10%. Il y a disparité
entre les opinions des hommes du milieu urbain et ceux du milieu rural. Ils sont respectivement de
6,8% contre 8,5% qui approuvent la violence contre les femmes ayant enfreint au moins un des cas
mentionnés ci-dessus. Presque la totalité des femmes, entre 87 et 90%, estime être en droit de refuser
les rapports sexuels avec les hommes dans des situations spécifiques: après accouchement, en cas
d’adultère, ou de présence de maladie transmissible. On note une convergence d’opinion entre
hommes et femmes à ce sujet. Certaines catégories d’hommes n’admettent pas du tout de refus, quel
que soit le cas: 15%.
41
Enquête démographique et de santé 2003-2004. INSTAT / ORC Macro Calverton, Maryland, Etats-Unis,
2005.
40
Statut des femmes dans la vie économique
Il y a une évolution positive dans le rapport entre salaire féminin et masculin dans la catégorie des
cadres et celle de la main-d’œuvre sans qualification, respectivement 75,3% et 74,7% entre 1993 et
2001. L’écart se trouve toujours autour de 25% en défaveur des femmes. En revanche, la situation
dans la catégorie des employés et ouvriers s’est détériorée pour passer de 64,5% en 1993 à 59,5% en
2001. Cette situation a influencé négativement la situation de l’ensemble qui est passée de 64,4% à
61,8% pour les mêmes années de références.
Tableau 9. Structure des emplois par catégorie socio-professionnelle et genre
Catégorie socio-professionnelle Hommes Femmes Total
Cadres supérieurs 4,3% 1,8% 3,1%
Employés et ouvriers 13,8% 8,9% 11,4%
Main d’œuvre sans qualification 5,0% 3,0% 4,0%
Indépendants ou patrons 54,6% 33,6% 44,4%
Aides familiales 22,3% 52,7% 37,0%
Ensemble 100,0 100,0 100,0
Source: INSTAT-EPM, 2001.
Statut des femmes dans la vie sociale et politique
L’indice de participation des femmes à la prise de décision est bas, en contraste avec les progrès du
système éducatif et au niveau économique. En effet, leur présence au sein du gouvernement et de
l’Assemblée nationale reste faible. Pour le premier, le nombre de femmes ministres n’a jamais dépassé
cinq pour une moyenne de 25 portefeuilles ministériels pendant la 3ème République. Dans le présent
gouvernement, on compte une femme ministre à part entière et deux vice-ministres pour un total de 23
membres. Il y a 60 femmes maires ou adjointes sur les 2 500 maires que compte le pays.
Données sur le rôle économique des femmes
Répartition de la population active féminine dans les secteurs économiques
Les femmes sont présentes dans tous les secteurs d’activités. Le Tableau ci-dessous présente la
répartition de la population active féminine selon les secteurs.
Tableau 10. Occupation des femmes (%)
Cadres
Caractéristiques Technicien- Employée Ventes Manuel Manuel Agriculture NSP/ND Total Effectif
Gestion et qualifié non
services qualifié
Etat matrimonial
- Célibataire 2,4 1,8 19,4 2,3 8,9 64,0 1,2 100,0 962
- En union 3,0 1,0 14,1 2,4 5,7 73,8 0,1 100,0 4 367
- Divorcée/séparée 2,2 0,8 21,6 1,7 6,4 67,2 0,1 100,0 1 039
/veuve
Milieu de résidence
- Capitale 10,7 7,6 52,7 2,4 24,5 1,7 0,4 100,0 271
- Ensemble urbain 7,4 2,8 40,6 2,5 11,4 34,3 1,0 100,0 1 278
- Milieu rural 1,6 0,6 9,9 2,2 5,0 80,5 0,1 100,0 5 090
Niveau d’instruction
- Sans instruction 0,0 0,0 5,4 1,0 1,0 92,6 0,0 100,0 1 598
- Primaire / alphabétisée 0,1 0,0 13,3 2,2 4,1 80,3 0,1 100,0 3 228
- Secondaire ou plus 11,3 4,4 33,1 3,6 16,4 30,2 1,0 100,0 1 542
Source: EDSMD III Madagascar 2003-2004.
Quel que soit l’état matrimonial, le milieu de résidence, le niveau d’instruction, l’écrasante majorité de
la main d’œuvre féminine se trouve dans le secteur agricole. Les taux les plus élevés concernent les
femmes en union: 73,8%, celles vivant en milieu rural: 80,5%, et les « sans instruction »: 92,6%. A
part la capitale, on peut parler d’agriculture urbaine pour les femmes car 34,3% d’entre elles sont
concernées par cette activité. On note que plus de la moitié des femmes urbaines se trouvent dans le
sous-secteur ventes et services, mais à des niveaux de subordonnés. Pour l’ensemble, ce sont les
femmes ayant un niveau secondaire ou plus qui y sont les plus nombreuses: 31,1%. Le pourcentage de
femmes ayant une qualification professionnelle est faible partout, avec le taux le plus bas pour les «
41
sans instruction »: 10%, suivi par les femmes divorcées/séparées ou veuves: 1,7%. Les femmes cadres,
que ce soit dans un domaine technique ou bien dans la gestion se trouvent dans la capitale: 10,7%, et
possèdent un niveau secondaire ou plus. Seulement 1,6% d’entre elles se trouvent en milieu rural.
Il n’y a pas de différence notable entre la proportion d’hommes travaillant dans le secteur agricole:
71% et celle des femmes: 68%. Cependant, il y a une grande disparité en ce qui concerne la superficie
cultivée, le taux d’accès au crédit et le nombre de main d’œuvre à disposition. Paradoxalement, malgré
un accès plus limité aux intrants, ce sont les femmes qui utilisent le plus d’intrants et les services de
vulgarisation agricole. Leur productivité est supérieure à celle des hommes.
Tableau 11. Actifs des ménages agricoles selon le sexe du chef de ménages
Main d’œuvre adulte Tous ménages Hommes Femmes
par ménage 1,8 1,9 1,3
homme par personne 0,2 0,2 0,3
femme par personne 0,2 0,2 0,3
adulte par personne 0,4 0,4 0,4
Tableau 12. Caractéristiques des exploitations agricoles dirigées par les hommes et les femmes
Rubriques Femmes Hommes
Superficie totale cultivée 0,9 ha 1, 4 ha
Superficie moyenne par exploitation 0,3 ha 0,4 ha
Taux d’utilisation des intrants 14,3% 9,9%
% ayant accès à la vulgarisation 14, 0% 9,1%
Taux d’accès au crédit 1,1% 1,3%
Source: INSTAT EPM 1999.
Les femmes dans le secteur informel
La situation internationale de mondialisation et les crises internes, notamment celles de 2002, ont provoqué
des changements profonds dans la société malgache. Elles ont particulièrement affecté la répartition des
rôles et les responsabilités au sein des ménages. L’homme n’est plus le seul pourvoyeur de revenus car les
besoins du ménage ont augmenté en raison de plusieurs facteurs: hausse du coût de la vie, changement des
structures des besoins et des modes de vie, accélération de la pauvreté. Les femmes ont donc dû se lancer
sur le marché du travail, souvent sans préparation ni qualification. C’est ainsi que la majorité d’entre elles
se sont retrouvées dans ce secteur, surtout en milieu urbain. Elles y occupent 47% des emplois informels,
45% d’entre elles travaillent comme travailleuses indépendantes, surtout dans le petit commerce et la
transformation des produits alimentaires42. C’est la région surpeuplée de Fianarantsoa qui fournit la plus
grande proportion des aides familiales. Les revenus tirés de ces activités informelles, quoique vitaux pour la
famille, mettent les femmes dans une situation de précarité: rémunérations moins élevées et irrégulières,
aucune sécurité sociale, conditions de travail déplorables et concurrence des jeunes de 30% dans
l’informel43.
L’impact au niveau des familles est mitigé: il est positif à cause d’un apport de revenus
supplémentaires pour satisfaire les besoins de la famille et faire face aux multiples responsabilités des
femmes. Ils lui confèrent un certain statut en diminuant la dépendance vis-à-vis des hommes. En
revanche, ces activités désorganisent complètement la vie familiale et ont une incidence négative sur
l’équilibre alimentaire.
42
Enquête MADIO 1998.
43
Idem.
42
8. RESEAUX DE FEMMES DANS LE SECTEUR FORESTIER
Le mouvement associatif féminin est considéré par le gouvernement comme un élément important du
dispositif institutionnel de promotion de la femme et du genre. Une loi définit d’ailleurs le régime
particulier des ONG. Les associations féminines malgaches se sont développées très rapidement en
suivant le mouvement mondial.
Réseaux existants
Au niveau mondial
La Conférence de Rio en 1992 est un succès si l’on considère l’inscription des sujets féminins à
l’ordre du jour et dans le document final de l’Agenda 21. Cette victoire qui constitue un pas important,
n’a pourtant pas été suffisante car, par la suite, les applications pratiques n’ont pas été effectives. Au
niveau des Etats, les déléguées devaient, comme conditions préalables, réussir à convaincre les
politiques.
Les recommandations et résolutions de cette conférence, tout en n’ayant pas force de loi, représentent
cependant des références morales. Chaque pays s’est donc efforcé d’élaborer un Agenda 21 national.
A Madagascar, les Programmes environnementaux successifs en sont un exemple concret. Au niveau
des femmes, les efforts ont porté sur la réforme de l’approche environnementale, basée à présent sur la
participation et la transformation des comportements. Une plus grande liaison est faite entre
l’économie, l’écologie et le social. Cette démarche serait une garantie pour une plus grande durabilité
et le respect de l’équité sociale.
En 1995, lors de la 4ème Conférence mondiale sur les femmes à Beijing, le « village global des femmes
» à Haïrou a regroupé les ONG et associations féminines. L’objectif était de capitaliser sur leurs
expériences du mouvement et du combat, sur les organisations féminines et la politique féminine sous
le signe de la mondialisation. C’est ainsi que des groupes très divers par les objectifs, les tailles, les
ressources, l’envergure territoriale, se sont retrouvés lors de ce forum mondial. Une innovation de
taille à signaler: la représentation de la base, celle des villages et des bidonvilles, pour parler de leurs
problèmes quotidiens. Cette diversité et ces différences font la force de « l’Internationale des femmes
» sans chercher forcément, ni le consensus, ni les perspectives et stratégies communes. Cette rencontre
a souligné l’importance des réseaux qui facilitent les échanges d’expériences et la création d’alliances.
La constitution de réseaux a permis en effet aux femmes issues des minorités et les marginalisées de
construire leur identité et de lutter contre la discrimination et l’exclusion. Elle permet également de
rompre l’isolement et d’accéder à de nouveaux faisceaux d’information, de découvrir de nouveaux
horizons politiques et de tirer profit des Nouvelles technologies de l’information et de la
communication (NTIC).
Sur le plan national
Grâce au mouvement mondial et fortes des leçons apprises lors de ces fora internationales, les femmes
malgaches se sont activées pour intégrer le concept genre au niveau national jusqu’au niveau local
pour faire régner plus de démocratie. Elles ont également réussi à élargir les sphères d’intervention
pour inclure leurs préoccupations immédiates et de survie: problèmes sanitaires, assainissement du
milieu, traitement des déchets et des eaux usées, activités génératrices de revenus compensatrices ou
alternatives. Elles sont devenues des interlocutrices incontournables dans le développement des
stratégies et politiques nationales.
Au niveau décentralisé, les modes de communication au niveau communal sont aussi rénovés pour susciter
plus de participation de la part de toutes les couches sociales sans discrimination de sexe. L’organisation
des COBA a permis aux femmes de mieux s’infiltrer petit à petit dans les négociations et les prises de
décisions au niveau local. La liste des ONG féminines nationales figure en Annexe. La plupart travaillent
aussi bien en milieu urbain que rural. Trois d’entre-elles méritent cependant d’être mentionnées:
• L’Association Dinika sy Rindra ho an’ny Vehivavy – DRV- F3CM. C’est une des plus
importantes et des plus visibles sur le plan national et international. Sa mission principale est de
mobiliser et responsabiliser les femmes malgaches, d’instaurer un véritable partenariat entre
l’homme et la femme. Dans ce cadre, elle met en œuvre un système d’information et de
communication, une plate-forme de dialogue et de concertation au sein des ONG avec les pouvoirs
43
publics, les partenaires bilatéraux et multilatéraux. La formation en genre constitue la pierre
angulaire de son intervention pour renforcer les capacités nationales et professionnaliser les
associations et ONG féminines. Elle participe à la préparation des différents rapports ou
contributions de Madagascar aux fora internationaux afin d’assurer une meilleure représentativité
des femmes malgaches.
• La Confédération des associations Femmes et développement opérant surtout en milieu rural.
• L’Association des femmes rurales et agricoles.
En dehors de la délégation gouvernementale menée par le Ministère de la population et de la condition
féminine, les ONG et associations féminines étaient représentées au forum des ONG. Le groupe
principal était « Le groupe de concertation et de coordination DRV- F 3 CM ». Elles ont été très
présentes à la 4ème Conférence mondiale sur les femmes à Beijing44. Par ailleurs, à travers les six
conférences organisées par les Nations Unies entre 1992 et 1996, les femmes malgaches ont eu une
participation accrue sur la scène internationale avec l’espoir, au retour, d’avoir une influence sur la
politique nationale sur les six thèmes traités. Le travail d’institutionnalisation du genre s’est donc
poursuivi avec plus ou moins de bonheur.
Renforcement de la collaboration inter-sexe au niveau national et régional
Réseau au niveau de l’Association des ingénieurs forestiers
Au niveau de l’administration forestière qui employait presque la totalité des cadres forestiers, l’esprit
de corps était très prononcé dans la période post-indépendance des années 60. Tous les cadres de
l’époque ont été formés à l’extérieur et voulaient participer au mouvement de reconstruction national
en se forgeant une identité, malgré les origines et les niveaux différents. Il s’est détérioré par la suite,
en partie en raison de l’entrée de la première femme forestière en 1976 à l’ESSA et dans
l’administration forestière en 1980. Les ingénieurs forestiers masculins estiment que le plan de carrière
voulant que le cadre forestier acquière ses galons à travers toute la hiérarchie de l’administration a été
bousculé par la nomination « intempestive » de femmes dans les fonctions les plus élevées de
l’institution. La perte du comportement paramilitaire est un autre problème. L’appréciation de la
valeur et de l’utilité de l’AIFM (Association des ingénieurs forestiers malgaches) qui ne regroupe pour
l’instant que 50 personnes sur les 400 que compte le pays, est très divergente. Indispensable pour les
uns, elle est considérée comme inutile par d’autres, en tous cas elle n’est pas capable de défendre la
cause des agents forestiers. D’aucuns recommandent de revoir le Code de déontologie forestière pour
éviter la politisation et surtout, la manipulation politique.
Sous l’impulsion de la DG de la DGEF, l’AIFM, composée à présent des seuls sortants de l’Université
de Madagascar en raison du départ à la retraite des autres, reprend actuellement un second souffle. La
Vice-Présidente, avec quelques autres femmes, sont parmi les éléments les plus actifs dans cette action
de réhabilitation et de consolidation. Pour l’instant, il n’est pas question de créer un groupe séparé
pour les femmes qui ne représentent d’ailleurs que 10% de l’effectif de l’AIFM.
Département des Eaux et Forêts de l’ESSA
Au niveau des enseignants et chercheurs, l’effectif est trop faible pour constituer un groupe séparé. En
effet, on n’y compte que 15 personnes dont deux femmes. En revanche, l’idée de l’importance des
associations et des réseaux peut être inculquée dès les années d’études. La constitution d’un annuaire
des anciens élèves est aussi un outil de base important pour faciliter la communication.
Programmes spécifiques et projets
Le mouvement associatif concerne surtout les femmes organisées autour d’activités politiques,
sociales ou économiques. Très localisées et spécifiques, il est rare qu’elles adhèrent à une association
plus large, du moins pour ce qui concerne les deux dernières catégories. Elles se créent en général sous
l’impulsion des responsables de projet en tant que stratégie de promotion du développement égalitaire.
44
Rapport sur l’axe d’action: Genre et développement –GED. DRV / F3CM.
44
Actions en faveur du réseautage
Actions préalables et d’accompagnement au réseautage
A part pour quelques individus, la mise en réseau au sein de la DGEF est un phénomène nouveau,
surtout pour le genre à créer de toute pièce. Pour cela, il y a un certain nombre de mesures à prendre et
les étapes pourront être déterminées une fois la décision prise sur son intérêt et utilité. Cela demandera
un travail intensif de sensibilisation et de préparation sur le plan technique. Il s’agira d’identifier les
personnes et, la ou les structures les plus indiquées pour le promouvoir. Les principales activités
préparatoires sont les suivantes:
1. Définir, de manière participative, les objectifs du réseautage avec les entités suivantes: les
représentants de l’administration forestière, de l’ESSA, des associations féminines des différents
programmes environnementaux et forestiers, avec l’appui technique de la DGEF, de la
DRV/F3CM, de la CAFED, du syndicat des exploitants forestiers, du Réseau genre et d’autres
associations ou services jugés pertinents. Les discussions porteront principalement sur:
• la problématique genre dans le secteur forestier;
• l’importance du genre dans ce secteur sur le plan social, économique, et culturel;
• les aspects juridiques et organisationnels de l’intégration du genre et l’application équitable
des normes et règlements;
• le rôle du mouvement associatif féminin dans la gestion durable des ressources naturelles;
• les partenariats potentiels avec les organismes internationaux, bilatéraux et multinationaux,
avec les associations professionnelles forestières et environnementales et les réseaux de
femmes, etc.
2. Elaborer un plan d’action spécifique d’intégration du genre dans ce secteur comprenant les
objectifs, l’ancrage institutionnel dans les différentes composantes de la DGEF et du PE III, les
structures opérationnelles, le plan de travail, les ressources et les outils.
3. Travailler avec le SIG et d’autres services statistiques pour collecter les données et informations
qui serviront pour la banque de données, en collaboration avec l’INSTAT, le CIDST, l’OSF,
l’Observatoire pour le genre en cours de constitution, le réseau des observatoires ruraux, etc.
4. Former un comité de suivi et d’évaluation chargé de définir/collecter au préalable les indicateurs
avec ou auprès des services techniques: mécanismes, modes opératoires.
5. Mettre au point un système d’information et de communication qui capitalisera et diffusera aussi
les acquis dans d’autres domaines du genre.
6. Initier une recherche-action en particulier avec les projets qui disposent de ressources et du
personnel.
45
9. PERSPECTIVES
Potentialités, opportunités et faiblesses dans l’intégration du Genre
Potentialités et opportunités
Depuis l’Année internationale de la femme en 1975, la promotion du genre est devenue une priorité
nationale en reconnaissance de son rôle clé dans le développement. La Constitution malgache dans ses
différentes versions, ainsi que les textes législatifs et réglementaires édictés jusqu’à ce jour, abolissent
toutes formes de discrimination basées sur le sexe. Les actes illicites commis à l’encontre des femmes
sont sévèrement sanctionnés, que ce soit dans la vie conjugale ou bien sur le lieu de travail. Sur le plan
professionnel, l’administration forestière dispose d’un arsenal de textes et de règlements qui devrait
faciliter l’accomplissement de sa mission. La redéfinition de son rôle lui permet de se placer plutôt
dans une perspective de développement que dans une fonction répressive. Son orientation vers le
développement socioéconomique est un atout pour la pérennisation des activités de gestion ancrées au
sein des communautés de base dont les capacités techniques et managériales auront été renforcées. Ces
nouvelles dispositions sont nettement plus favorables à la prise en considération du genre, comme
c’est pratiqué déjà dans bon nombre de projets sur la conservation des ressources naturelles.
Mécanismes de genre
La PNPF et son outil d’application, le PANAGED, définissent les objectifs et les stratégies
d’intégration du genre. La DCF, structure nationale chargée de promouvoir l’approche genre et la
condition féminine, est représentée jusqu’à l’échelon des régions et dispose d’animateurs et
d’animatrices spécialisés en genre, ainsi que de structures d’appui. Elle représente donc un potentiel
auquel on peut faire appel pour développer un programme genre au sein des services forestiers, et
auprès duquel obtenir l’assistance technique nécessaire, que ce soit au niveau national, ou bien dans
les instances décentralisées.
La création de cellules genre ou la nomination de points focaux genre au sein des ministères
techniques sont autant d’atout pour l’existence de relais pour véhiculer le concept genre. En dehors du
dispositif étatique, il existe des initiatives privées, des ONG, des missions confessionnelles, qui
prennent en charge les activités de genre. Les appuis des organisations internationales ont permis
l’introduction et la diffusion du concept de plusieurs façons: en en faisant une conditionnalité dans les
projets d’assistance technique, en finançant des activités spécifiques genre ou bien en facilitant les
ouvertures sur l’extérieur et les échanges internationaux.
Au sein du MINENVEF, l’existence d’outils formels d’intégration du genre, comme le guide sur le
VIH/SIDA et genre, est un facteur très positif. Ils visent à ce que le genre fasse partie intégrante des
programmes environnementaux et forestiers. D’autres outils, intégrant le genre comme indicateurs de
réalisation et d’impact, ont été élaborés au sein des projets. Il faut espérer que bien d’autres, plus
spécifiques, sur différents thèmes et dans divers domaines de la gestion des ressources naturelles
verront le jour.
Politiques générales de développement
Au niveau décentralisé, le genre a été pris en compte dans les plans de développement, les PCD et PRD,
notamment dans ceux financés par l’Union européenne dans le cadre du projet ACORDS. Sur le plan
national, l’orientation du PE III dans la conservation et la valorisation des ressources naturelles, met
l’accent sur la croissance économique et l’élévation du niveau de vie. Afin de pérenniser la gestion durable
des RN, il met en œuvre des activités techniques comme la conservation et la valorisation des aires
protégées ou bien la préservation des écosystèmes forestiers et des ressources en eau, en veillant à la
participation des populations, hommes et femmes. Des activités génératrices de revenus sont promues selon
les besoins pratiques et stratégiques différenciés selon les sexes et les catégories socio-professionnelles.
Des systèmes de financement sont prévus, soit à partir du Fonds forestier national (FFN), soit en partenariat
avec les organismes de financement (banques commerciales, microfinance, secteur privé, etc.). Cette
mesure est particulièrement favorable aux femmes et aux groupements féminins qui, en général, manquent
de fonds pour réaliser des AGR d’une taille significative et sont capables d’apporter de réels changements
dans leurs conditions de vie et de travail.
46
Une place importante est accordée au système d’information-éducation-communication environnementales
pour l’acquisition d’un « réflexe environnemental » chez tous, hommes, femmes, jeunes, enfants. Pour cela,
des kits de formation ont été confectionnés en collaboration avec le Ministère de l’éducation et sont
distribués aux formateurs préalablement sensibilisés sur ce thème. Les messages environnementaux sont
diffusés par l’intermédiaire de 130 réseaux et médias. Un site Web a été créé et est constamment mis à jour.
Un programme multimédia dirigé vers une audience diversifiée, peut mieux profiter aux femmes qui, en
général, n’ont pas accès aux circuits d’information traditionnels ou modernes, à cause de leur statut dans la
société, de leur faible niveau d’instruction ou bien de leur surcharge de travail.
Education et formation
La politique nationale d’éducation nationale reconnaît les disparités flagrantes entre les filles et les
garçons pour l’accès à l’enseignement secondaire et supérieur, en tenant compte des informations
données et mises en évidence par les enquêtes statistiques et le RNDH. Le programme de
rééquilibrage des relations de genre comprend les mesures suivantes45:
• renforcement de la politique par des mesures à court et moyen termes pour encourager la
scolarisation précoce et limiter les déperditions scolaires, surtout chez les filles;
• prise en compte de la dimension genre dans tous les projets et programmes de développement
pour promouvoir l’éducation des filles et en s’attaquant aux causes profondes des disparités
homme/femme dans la vie sociale, économique et politique;
• élaboration et mise en œuvre d’une politique nationale de l’éducation non formelle pour les
filles hors du circuit scolaire et les femmes en général;
• organisation de formations spécifiques pour les femmes: économie familiale, éducation
nutritionnelle, éducation environnementale, formation professionnelle, surtout en agriculture,
forêts, pêches, élevage pour tenir compte du fait que la grande majorité des femmes se
trouvent dans ces secteurs. Cependant, il faudrait également dispenser de la formation pour
d’autres filières pour diversifier leurs revenus dans les secteurs secondaires et tertiaires.
Mesures et mécanismes créant un environnement favorable
Des mesures ou mécanismes mis en place, ensemble ou séparément, avec le MINENVEF contribuent
à la résolution des problèmes rencontrés dans la gestion des ressources naturelles:
• Extension et accélération de la mise en place des « guichets fonciers » initiée par le
Programme national foncier (PNF). Il prévoit un système d’information plus large, s’adressant
à toutes les couches sociales pour faciliter l’accès des hommes et des femmes aux ressources
foncières.
• Appui à la mise en place de comités mixtes de gestion des forêts communautaires.
• Sensibilisation à la compréhension des lois et textes sur les forêts.
Par ailleurs, les projets ou programmes forestiers adoptent avec plus ou moins de succès, la même
démarche mise au point dans les projets en capitalisant sur leurs acquis. En général, ils comportent
deux étapes: la mise en place de mécanismes de concertation et coopération pour la planification des
activités, avec collecte participative préalable d’informations de base et la création de comités
techniques et de comité de gestion avec représentation équitable de tous les acteurs.
Les axes d’intervention sont, en général, doubles: Axe de contrôle/conservation et Axe éco-
développement: mise en place de modèle d’écogestion à travers des activités socioéconomiques
alternatives, le but visé étant la durabilité et la reproductibilité. Leurs stratégies comprennent aussi les
mêmes éléments avec, bien entendu, des variantes selon l’objectif principal du projet et le contexte
socio-culturel:
• cogestion tripartite (Etat, populations, autres partenaires) des ressources naturelles;
• solutions intégrées pour réduire les pressions anthropiques tout en compensant les diminutions
de revenus par la promotion d’activités rémunératrices (AGR);
• mise en place de mécanismes de gestion;
• recherche de conditions juridiques favorables dans l’accès aux ressources, la passation de
contrat avec le secteur privé, la résolution des litiges, etc., assorties d’une campagne
45
PNUD: Rapport sur le développement humain.
47
d’information surtout en direction des couches sociales exclues des circuits d’information
(alphabétisation juridique);
• appui aux institutions chargées du contrôle, de la lutte, de la répression des actes illicites.
Souvent, les communautés de base sont représentées dans ces comités de contrôle.
Impact des infrastructures communautaires et des AGR
Les demandes classiques des populations aux promoteurs qui s’installent dans une zone consistent
souvent en la construction d’infrastructures communautaires: centre de santé, école, piste, adduction
d’eau, etc. Leur impact réel sur les conditions de vie des populations est indéniable malgré les
quelques difficultés d’insuffisance de moyens matériels ou humains pour les valoriser au maximum.
Les femmes en sont les plus grandes bénéficiaires en tant qu’individus et pour leurs familles. Les
activités génératrices de revenus ont également des impacts très positifs:
• par l’amélioration du statut personnel due à l’augmentation de son pouvoir économique. Cela
se traduit par plus d’autonomie dans la prise de décision, un renforcement de la personnalité,
une certaine indépendance vis-à-vis de la société et des pressions sociales;
• par l’utilisation de leurs revenus au bien-être de la famille: scolarisation des enfants,
amélioration de l’habitat, affectation de budget aux soins de santé;
• par la diversification des activités productives: petit commerce, artisanat, société de service;
• par l’amélioration de l’appareil de production: investissement, équipement, acquisition de
compétences techniques, adoption d’itinéraires techniques agricoles plus performants
susceptibles d’accroître de manière durable la productivité et les productions agricoles;
• par l’amélioration de la sécurité alimentaire au sein du ménage en quantité et en qualité. La
première est obtenue à partir de l’intensification des cultures vivrières de base et la
diversification des productions agricoles, tandis que la seconde est la résultante de la
formation en économie familiale et éducation nutritionnelle dispensée par les projets, les
associations et ONG et les organismes confessionnels.
Education, formation, recyclage du personnel du secteur forestier46 (1)
La mise en œuvre de la nouvelle politique forestière, conformément à la Réforme forestière accorde
une place importante au renforcement des capacités du personnel de ce secteur par le biais d’une
formation continue et par des recyclages. Ils sont appuyés par un système d’information et de
communication. En outre, une nouvelle stratégie a été élaborée et des supports pédagogiques
confectionnés. Le perfectionnement professionnel des responsables forestiers porte en particulier sur le
transfert de gestion. Cette nouvelle politique de formation offre des opportunités pour le genre avec la
possibilité d’intégration des concepts, des principes et des méthodes d’analyse du genre. Les outils
existants peuvent donc être revisités pour y inclure la dimension genre avec des guides spécifiques
pour chaque thème/domaine qui peuvent être proposés47, en matière d’utilisation des méthodes et des
analyses socioéconomiques selon le genre:
• gestion du cycle de projet ;
• analyse du contexte de développement et des parties prenantes ;
• analyse diagnostic des difficultés et contraintes des parties prenantes aux niveaux micro, méso et
macro ;
• analyse institutionnelle selon les perspectives du genre ;
• définition et classement des priorités des parties prenantes ;
• planification participative et selon le genre ;
• intégration du genre dans le processus de planification budgétaire.
Sur le plan global de prise en considération des intérêts des jeunes filles et des femmes:
• prise en compte de la dimension genre dans tous les projets et programmes de développement
pour promouvoir l’éducation des filles et en s’attaquant aux causes profondes des disparités
homme/femme dans la vie sociale, économique et politique;
46
Manuel de l’agent forestier.
47
RNDH.
48
• élaboration et mise en œuvre d’une politique nationale de l’éducation non formelle pour les
filles hors du circuit scolaire et les femmes en général;
• organisation de formations spécifiques pour les femmes: économie familiale, éducation
nutritionnelle, éducation environnementale, formation professionnelle, surtout en agriculture,
forêts, pêches, élevage pour tenir compte du fait que la grande majorité des femmes se
trouvent dans ces secteurs. Cependant, il faudrait également dispenser de la formation pour
d’autres filières pour diversifier leurs revenus dans les secteurs secondaire et tertiaire.
Rôles des organisations et associations féminines
Les organisations et associations ont été fortement encouragées en tant qu’instrument efficace pour
l’avancement personnel et collectif des femmes. Elles font sortir les femmes de leur isolement
physique, intellectuel et moral et constituent un outil de lutte contre la pauvreté. Souvent, dans les
programmes ou projets d’exploitation des ressources naturelles, des groupements de femmes se sont
créés en plus des comités techniques et de gestion et peuvent renforcer valablement ces derniers. Elles
apportent un plus appréciable en matière d’information, de formation, d’appui dans les négociations
avec les partenaires techniques, financiers ou sociaux. Et enfin, elles peuvent apporter un complément
d’aide financière non négligeable pour les activités génératrices de revenus.
Bénéfices apportés par les projets et programmes d’exploitation des ressources forestières
Deux activités peuvent offrir aux femmes et aux groupements féminins des opportunités pour des activités
rémunératrices à leur portée. Il s’agit du reboisement et de l’écotourisme. Pour le reboisement, en dehors de
la possibilité d’accès à la terre reboisée, différentes opérations peuvent leur apporter des revenus
substantiels: production de plants en pépinière et plantation et entretien. Elles doivent bénéficier de l’appui
de l’agent forestier pour les orientations techniques concernant le choix des espèces, des sols, des
techniques culturales. Dans bien des cas, on a constaté leur compétence particulière pour ces types
d’activité. Par ailleurs, elles devraient pouvoir bénéficier des réserves forestières qui comprennent les
terrains de reboisement, le domaine forestier national, les anciennes zones d’action en faveur de l’arbre, et
les périmètres de reboisement. Elles doivent, au préalable, accéder aux informations sur chaque type
d’opportunité et bénéficier de l’aide de l’administration forestière et domaniale pour le montage des
dossiers.
Les femmes participent de plus en plus au développement de l’écotourisme dans les parcs nationaux et les
réserves spéciales gérées par l’ANGAP, en étant membres des comités de gestion ou en tant que salariées:
guides, personnel d’entretien, secrétaire, trésorière. Elles devraient être impliquées davantage dans
l’établissement des plans d’aménagement écotouristique ainsi que dans l’installation et la gestion des
infrastructures. Dans plusieurs cas, elles en profitent pour mettre en place des services de vente de produits
provenant de l’artisanat, de la cueillette ou de l’agriculture.
49
• Limitation de la capacité des structures gouvernementales à répondre, en particulier, aux
besoins des populations rurales pour diverses raisons: faiblesse du réseau pour atteindre les
zones rurales éloignées ou enclavées, manque de ressources humaines et de moyens
logistiques, manque de poids et de représentation politique des femmes pour porter le débat
aux plus hautes instances nationales.
• Inexistence de la notion de genre dans les politiques et stratégies des ministères techniques
chargés du développement.
• Manque de collaboration entre les départements ministériels et les agences gouvernementales
chargées des Eaux et Forêts et de l’environnement pour obtenir une synergie et créer une
masse critique de spécialistes et de praticiens de l’intégration du genre.
Environnement socioéconomique national et local
L’étendue de la pauvreté qui atteint toutes les catégories socio-professionnelles, notamment dans le
secteur agricole, y compris les forêts, limite les capacités des populations à se mobiliser, même à
travers les associations. Les préoccupations immédiates de satisfaction des besoins pratiques de survie
absorbent les énergies physiques, intellectuelles ou psychologiques pour laisser de la place aux
activités culturelles ou sociales. La situation de pauvreté affecte également le pouvoir de négociation
dans les transactions professionnelles. Le secteur forestier et environnemental est aussi victime de
telles détériorations dues à la pauvreté, en plus des problèmes complexes inhérents à la protection et à
la conservation des ressources naturelles:
• manque de terres cultivables;
• baisse de la fertilité des sols;
• interdiction d’utiliser certains terrains comme les vertisols;
• limitation de l’accès des femmes à la propriété foncière à cause d’un système d’attribution,
inapproprié des droits au seul chef de famille (homme);
• baisse de revenus à cause de l’interdiction de certaines activités d’exploitation ou de cueillette,
devenues illicites.
Mécanismes de collaboration inter-sexe
Les relations hommes/femmes et la gestion des ressources naturelles
Dans les sociétés traditionnelles, il y a une répartition claire des tâches et des responsabilités entre
hommes et femmes. Cependant, elle n’est pas immuable et varie selon les classes sociales, les ethnies,
le niveau de richesse ou la situation matrimoniale. Elle évolue également à cause des contraintes
économiques et sociales, par exemple, en cas de migration. Pour simplifier l’analyse, on retiendra le
schéma classique de répartition des tâches au sein des ménages:
• les activités de reproduction qui incombent globalement aux femmes et aux filles avec
l’assistance ponctuelle des hommes et des garçons;
• les activités principales de production: agriculture, élevage, commercialisation des produits
agricoles, exploitation et vente des produits forestiers, qui sont attribuées aux hommes;
• les activités secondaires qui peuvent être exercées par l’homme ou par la femme, selon le
contexte et les besoins.
L’exercice respectif de ces activités entraîne des relations plus ou moins harmonieuses, dépendant des
termes des contrats dictés par les structures sociales ou par la loi. Les points d’achoppement éventuels
concernent les thèmes suivants:
• accès aux ressources de production et leur répartition parmi les membres de la famille: terres,
fertilisants, main d’œuvre, équipement, crédit;
• répartition des rôles et responsabilités dans la production agricole. En général, les hommes
interviennent dans les tâches demandant de la force ou faisant appel à un certain niveau de
technologie. Les femmes se voient confier les tâches moins pénibles, néanmoins répétitives et
consommatrices de temps, comme le sarclage, le buttage, l’entretien. Mais il y a aussi les activités
mixtes réalisées indifféremment par les hommes ou les femmes, ensemble ou séparément, comme
la récolte, le transport ou la commercialisation;
50
• répartition des revenus et des bénéfices selon un barème variable, et non pas forcément au prorata
de la contribution de chacun. Dans les ménages forestiers, c’est souvent l’homme qui bénéficie de
la part la plus importante en raison de droits sur les ressources privilégiés;
• prise de décision sur l’utilisation des revenus et des bénéfices: investissement, équipement,
agrandissement du patrimoine, bien-être de la famille;
• contribution aux dépenses du ménage: décision, répartition des charges (pourcentage, rubriques,
etc.).
Il y a forcément des conflits en raison des intérêts et des besoins différents et de l’asymétrie dans le
pouvoir de décision entre homme et femme d’où les dominations ou de subordination, souvent aux
détriments des femmes. Le cas le plus typique et le plus lourd de conséquence est celui de l’accès à la
terre qui pénalise en particulier les femmes et les migrants.
Rôle des projets et programmes dans l’évolution des relations de genre
Ils peuvent avoir un impact sur les changements de comportement et influencer les relations de genre
de plusieurs manières:
• en favorisant un accès équitable aux ressources: la terre en premier lieu, mais aussi les autres
ressources comme les droits de coupe ou les permis d’exploiter;
• en offrant aux femmes des emplois plus stables et rémunérés et en les transformant en catalyseurs
et comme personnes-ressource;
• en valorisant les connaissances des femmes en biodiversité: par exemple en matière de collecte de
semences forestières et leur conservation, en collaboration avec le Silo national de graines
forestières (SNGF) pour la constitution de banques de semences;
• en impliquant les populations dans la lutte contre les actes illicites et dans la gestion conservatoire
des sites, devenant ainsi les gardiennes et les protectrices de leurs ressources naturelles;
• en diversifiant les activités qui sont offertes aux femmes par une ouverture sur des activités
traditionnellement réservées aux hommes comme la vente de perche, de poteaux ou d’étais ou de
bois d’œuvre, plus rémunératrices;
• en encourageant et facilitant leur participation aux sessions de formation leur donnant des
qualifications supplémentaires.
Les mesures énumérées ci-dessus contribuent à renforcer les capacités professionnelles des femmes en
leur donnant un nouveau statut au niveau du ménage et dans la société. De simples utilisatrices, et
même de prédatrices, elles deviennent des alliées comprenant mieux les enjeux et soucieuses de
préserver un patrimoine dont dépendent leur avenir et celui de leurs enfants.
Perspectives de réseautage
Le réseautage pourrait se réaliser à trois niveaux: autour de la thématique genre, au niveau des
organismes sur l’environnement et les Eaux et Forêts et en collaboration avec les réseaux existants.
Au niveau du genre
L’intérêt de la collaboration accrue, pour le MINENVEF avec la structure gouvernementale, la DCF,
chargée de la promotion féminine et du genre est de pouvoir bénéficier de l’appui d’un service étatique
spécialisé qui possède des ramifications au niveau régional. Des contrats de collaboration peuvent être
élaborés. Les groupements féminins dans les aires protégées peuvent également s’inscrire sur le fichier
des organisations recevant l’assistance technique de ce service.
• L’affiliation aux réseaux informels genre permettrait d’accéder à un capital d’expériences de
près de 30 ans sur l’intégration du genre dans des domaines très variés. Il est possible de
puiser dans le vivier d’expertise pour monter et étoffer ses propres programmes de genre au
niveau national, mais surtout au niveau du terrain.
• La collaboration avec les cellules genre des organismes bilatéraux et multilatéraux travaillant
sur le plan local et leur groupe thématique genre pour accéder à des réseaux internationaux et
bénéficier éventuellement de financement non seulement pour les activités genre mais aussi
pour les affiliations à des associations internationales.
• L’affiliation à différentes associations et organisations féminines sur les thèmes qui offrent le
plus d’intérêt aux activités forestières: associations nationales des femmes rurales.
51
Au niveau des organismes sur l’environnement et les Eaux et Forêts
Sur le plan national, il existe peu d’associations ou de réseaux spécialisés dans ces domaines:
Association des ingénieurs forestiers où les femmes sont actives pour sa réhabilitation, Associations
professionnelles animées par le privé pour améliorer sa contribution à la gestion des ressources
naturelles et les syndicats d’exploitants forestiers. Très peu de professionnels forestiers adhèrent à des
associations régionales africaines ou internationales. On peut citer quelques cas: le Forum africain sur
les Forêts, basé au Kenya. A part cela, Madagascar est affilié à un certain nombre d’associations
internationales ou adhèrent à un certain nombre de conventions et traités internationaux: l’UICN,
l’OIBT, la CBD.
Au niveau des autres réseaux
• l’Observatoire de surveillance forestière;
• le réseau des Observatoires ruraux dont le but est de constituer une base de données sur les
ménages ruraux, pour ensuite diffuser les analyses et les résultats;
• l’Observatoire national des droits de la femme en cours de constitution et dont le champ
d’action tourne autour de trois volets: action de plaidoyer et de lobbying en collaboration avec
la DCF, les parlementaires et les médias; collecte d’informations par le biais de sondages et
d’enquêtes spécifiques, adoption de mesures concrètes avec le gouvernement;
• l’Association des maires féminins qui a beaucoup d’influence sur le plan local et mais aussi au
niveau international.
52
10. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
Le poids du secteur forestier dans l’économie nationale est négligeable si l’on considère sa
contribution dans le PIB et dans l’économie marchande, le volume d’exportation ou bien le nombre
d’acteurs directement concernés. Cependant, sa valeur est inestimable en termes de biodiversité et de
satisfaction des besoins opérationnels des populations. La redynamisation de ce secteur ne peut donc
qu’être profitable aux deux parties: pour ceux qui sont chargés de les préserver et les bénéficiaires, y
compris les femmes. Il a subi différentes réformes donnant de nouvelles réorientations, à la fois dans
les objectifs et dans les façons d’opérer avec, et auprès des populations forestières. Au sein du
MINENVEF même, et dans le cadre des programmes environnementaux successifs, des guides et des
outils participatifs ont été élaborés pour faciliter le transfert de la gestion des ressources naturelles aux
communautés de base. De plus, le manuel du forestier indique les transformations nécessaires chez le
responsable forestier qui, d’agent répressif doit devenir un promoteur de développement dans le cadre
d’une bonne gouvernance.
Sur le plan global, la situation des femmes malgaches est complexe et ambiguë. En effet, si la parité
est atteinte dans certains domaines, comme l’enseignement primaire ou l’enseignement supérieur
forestier, des disparités flagrantes se rencontrent sur le plan de leur participation à la vie politique, leur
accès à l’emploi et aux revenus. Leur faible représentativité dans l’arène politique est un handicap
majeur pour, entre autres, démontrer le manque à gagner par la non prise en compte de la contribution
potentielle de la moitié de la population dans l’élaboration des politiques de développement, dans
l’orientation des stratégies et, surtout, dans la budgétisation des programmes nationaux et locaux de
développement.
L’interface genre et foresterie est loin d’avoir été explorée à fond pour identifier les synergies
potentielles. Néanmoins, des expériences positives ont démontré la plus-value de l’utilisation de
l’approche genre, non seulement pour les femmes elles-mêmes, mais pour l’ensemble de la
communauté et pour assurer l’efficacité et la pérennisation des activités forestières et
environnementales. Le secteur forestier doit tirer parti de ces expériences et de l’environnement global
qui reconnaît de plus en plus l’importance de la considération de ce concept dans toute activité de
développement. Cet intérêt se manifeste dans les documents de politique générale et dans les textes
législatifs et réglementaires. Il s’est traduit aussi par la création de la direction de la condition de la
femme et du genre au sein du Ministère de la santé et du planning familial, structure gouvernementale
chargée d’élaborer et de mettre en œuvre la politique et la stratégie de genre. Des cellules genre sont
créées dans les ministères techniques. Dans ce domaine, le gouvernement suit le mouvement mondial
depuis 1975, Année internationale de la Femme en adhérant aux conventions et traités internationaux
et en participant activement aux manifestations organisées par le système des Nations Unies,
principalement. Deux documents méritent une mention spéciale: la Convention pour l’élimination de
toutes formes de discrimination envers les femmes (CEDEF) ratifiée en 1989 et le Plan d’action
mondiale pour la promotion de la femme, adoptée à Beijing en 1995.
Les efforts dans ce sens, dans le domaine de l’environnement et, plus spécifiquement, dans le secteur
forestier doivent être intensifiés, compte tenu de l’importance des enjeux. Une véritable politique de
promotion de la femme et du genre doit être définie au plus tôt. La stratégie devrait comprendre les
points essentiels suivants: a) une base de données sur les femmes dans le secteur forestier; b) une
composante d’information, de communication et de formation à l’intention de tous les acteurs, y
compris les femmes elles-mêmes, pour renforcer leur capacité de négociation et leur compétences
techniques; c) le développement du mouvement associatif comme élément important du dispositif
institutionnel; d) la disponibilité de ressources nécessaires pour développer ce programme. La
conservation et l’utilisation rationnelle des ressources naturelles et la promotion du genre sont, toutes
les deux, parmi les hautes priorités du gouvernement et ont une forte potentialité pour la lutte contre la
pauvreté.
53
Recommandations
Défis majeurs de la gestion forestière
La menace sur la biodiversité de la faune et de la flore à fort degré d’endémisme à cause de son histoire
géologique et son insularité est pour Madagascar le défi majeur. La disparition rapide du couvert forestier
qui ne représente plus que 16% de la superficie totale est la cause de pertes irrémédiables sur le plan
national mais aussi mondial. Sur le même niveau, on peut placer la pauvreté ambiante qui atteint près de
75% de la population totale et 85% des populations rurales qui dépendent des ressources naturelles pour
leur survie. Dans ce contexte alarmant qui demande la mobilisation de toute la population et appelle à
l’adoption de mesures drastiques pour renverser la tendance, l’administration forestière doit faire face à
trois sortes de défi: physique, méthodologique et institutionnel. Les défis physiques sont de plusieurs sortes:
• le défrichement et l’érosion: les traditions de culture sur brûlis et les feux de brousse pour les
pâturages, sont parmi les causes principales de la disparition des forêts. Le défrichement a un
impact direct sur la dérégulation des précipitations atmosphériques et sur l’érosion rapide et intense
des pentes. Il en résulte des alluvionnements des vallées, l’ensablement des cours d’eau et des
rizières et la dégradation des environnements marins et côtiers;
• la problématique de l’eau pour l’alimentation humaine et l’hydraulique villageoise: l’érosion, les
aléas climatiques, l’inadéquation des infrastructures rendent l’approvisionnement de cette dentée
de plus en plus difficile à cause du tarissement des sources, l’ensablement des bas-fonds et la
destruction des ouvrages;
• les catastrophes naturelles: cyclones, sécheresses, invasion de criquets augmentent la vulnérabilité
de certaines zones du Nord-Est et du Sud aux chocs sociaux et économiques;
• le problème énergétique pour l’approvisionnement en bois de chauffe de la grande majorité des
ménages en forte croissance démographique (2,8%). Il est aggravé par l’absence de stratégie pour
la production d’énergie alternative;
• les demandes accrues en terres cultivables à cause de la croissance démographique et les
migrations internes.
Défi méthodologique
Le but visé est de convaincre les populations locales, hommes et femmes, à s’approprier la démarche
d’intervention du programme en vue d’atteindre les objectifs fixés, à renforcer les capacités en matière
de gestion durable des ressources forestières. Il faut donc mettre en marche des initiatives de
sensibilisation, de partage équitable du pouvoir de décision à travers les différentes étapes, de la
planification à l’évaluation, en passant par la mise en œuvre et la valorisation des ressources. Au final,
« le réflexe environnemental » devra être acquis et vécu dans la routine de la vie quotidienne, familiale
et communautaire. Il s’agit donc de:
• trouver des méthodologies participatives adaptées à une gamme variée de parties prenantes:
populations rurales autochtones et allochtones, autorités locales, catégories socio-professionnelles,
couches sociales et classes d’âge différentes, représentants de la société civile, services techniques et
financiers variés;
• utiliser un système de gestion selon les normes de la bonne gouvernance et renforcement des
capacités des gestionnaires;
• instaurer une collaboration avec tous les acteurs en respectant les règles de la transparence, la
représentativité, et mettre en place des mesures d’accompagnement;
• mettre à la disposition des communautés des informations en appui au développement durable,
comprenant des données sexo-spécifiques sur les programmes techniques et économiques, les
institutions et les groupements;
• élaborer un canevas et un mécanisme de suivi pour faciliter le contrôle et l’évaluation;
• concilier le rôle de promoteur de développement avec celui de contrôle et de répression des
effractions;
• identifier, utiliser une gamme d’instruments économiques et financiers visant la pérennisation de la
gestion des aires protégées: sources des fonds, partenaires, réglementation, partage des bénéfices;
• formaliser et opérationnaliser l’approche genre;
• promouvoir un système de valorisation des produits des aires protégées: labellisation, reconnaissance
de la propriété intellectuelle, octroi de brevet …
54
Défi institutionnel
Globalement, il s’agit de mettre en place un dispositif institutionnel capable de répondre aux besoins et
demandes des populations, tout en accomplissant la mission de conservation des ressources naturelles.
Le programme doit donc procéder à la mise place de structures adéquates, impliquant les différents
acteurs: comité de gestion, comités techniques, administration forestière, secteur privé. La mise en
œuvre de la politique environnementale et forestière nécessite un certain nombre d’ajustements
appelant des mesures spécifiques:
• définition des attributions de l’Etat et leur répartition dans les différents volets du programme
environnemental et forestier;
• capacité d’encadrement des migrations et identification des solutions appropriées selon le contexte.
Le cas des femmes migrantes est plus précaire du fait de l’accès aux ressources et de l’éloignement
par rapport au soutien familial et à la solidarité communautaire du village d’origine sans parler du
dépaysement;
• mise en adéquation des structures existantes avec les programmes environnementaux et les réformes
forestières et administratives, nécessitant une décentralisation et des redéploiements techniques et
géographiques: région, terroir;
• réorientation des activités des responsables forestiers vers le développement communautaire et
participatif et renforcement des capacités techniques et méthodologiques correspondantes créant ainsi
un contexte favorable aux relations de genre;
• utilisation de l’approche terroir: plan d’aménagement et plan de gestion impliquant toutes les parties
prenantes: autochtones, allochtones, agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, ainsi que les groupes
défavorisés;
• coordination inter-ministérielle pour les interventions auprès de trois catégories socio-
professionnelles: forestiers, agriculteurs, éleveurs, et, dans certains cas, pêcheurs;
• collaboration avec la DCF pour obtenir la décentralisation des interventions de genre dans les zones
forestières;
• harmonisation des activités avec les associations d’opérateurs, ONG et autres intervenants
selon les nouvelles normes et modes opératoires.
Possibilités de renforcement des capacités des femmes
Principes et préalables
Plusieurs facteurs concourent à la non-prise en compte du genre dans les programmes de gestion des
ressources naturelles: une mauvaise compréhension du concept par manque d’information ou par
insuffisance de compétence professionnelle en la matière. Au départ, il est donc fondamental d’en
connaître les enjeux, de mieux comprendre la nature des relations de genre et les mécanismes qui
régissent la vie au sein des ménages et des communautés. La première démarche consiste donc à
établir le profil des trois grandes catégories d’activité par sexe:
• activités liées à la gestion des ressources naturelles: exploitations forestières, ouvertures de
pare-feux, semis direct, récolte de graines, défense et restauration des sols, aménagement des
bassins versants, ouverture et entretien des pistes forestiè[Link], défrichement, etc.;
• appui-accompagnement technique et financier;
• renforcement des capacités.
Il est important de classer les activités selon qu’elles sont exécutées: uniquement par les hommes,
uniquement par les femmes, par les deux à la fois, indifféremment par l’un ou par l’autre. L’attribution
des tâches et des rôles évolue et varient d’une culture à une autre. Autrefois, les hommes dominaient
les exploitations forestières: abattage, débitage, transport, à cause de la pénibilité de ces tâches et du
séjour en forêt. En pratique, des femmes exercent certains de ces métiers après avoir reçu une
formation préalable.
Une bonne connaissance des besoins et aptitudes des hommes et des femmes permet de mieux
identifier les investissements socioéconomiques à promouvoir, en particulier les activités génératrices
de revenus en compensation ou en complément des revenus, à cause de la mise en application de la
législation forestière. Les expériences montrent qu’il ne faut pas séparer les activités de genre de
l’ensemble des projets de développement. Le dilemme se pose lorsqu’il est nécessaire de consacrer des
55
ressources additionnelles pour le genre. Les requêtes se soldent souvent par un refus comme c’était le
cas pour le financement du programme genre dans l’ensemble du PE III, estimé trop important. De
plus, il n’est pas toujours facile de faire une quantification ex ante de la plus-value apportée par la
prise en compte du genre pour convaincre les bailleurs de fonds.
Par ailleurs, la question de genre reste un domaine socialement sensible. En général, les décideurs sont
plus ou moins convaincus de son importance, mais ont du mal à admettre que son application concrète
demande une volonté politique, du temps, des ressources et des compétences. La prise en compte du
genre doit se faire à la fois au niveau politique et stratégique aussi bien qu’au niveau opérationnel.
Dans le premier cas, il faudrait considérer les femmes comme actrices de plein droit dans la gestion
participative de la forêt et non seulement comme main-d’œuvre non qualifiée. Dans le second, il
faudrait identifier des activités concrètes: emplois plus stables et professionnellement plus gratifiants,
AGR pour les femmes.
Renforcement des capacités économiques
La précarité économique est un des obstacles majeurs à la participation des femmes aux programmes
de gestion des ressources naturelles. Le renforcement de son statut personnel et social passe souvent
par l’amélioration de son statut économique. Il est donc indispensable de prévoir pour elles des
emplois ou des activités génératrices de revenus. Pour cela, plusieurs possibilités pourraient être
explorées:
• utiliser le Fonds national forestier ou d’autres ressources financières internes ou externes pour
financer les AGR pour les femmes et les groupes de femmes;
• établir des contrats de partenariat avec les institutions de microfinance ou bancaires pour
faciliter leur accès au crédit;
• utiliser les opportunités offertes par d’autres fonds, comme le Programme de soutien au
développement rural (PSDR) pour renforcer les activités de groupes;
• établir une liste des réalisations technologiques à partir des ressources naturelles: ruches
améliorées, combustibles végétaux compactés mis au point par le Centre national de recherche
technologique (CNRT), four économiseur d’énergie. Elles concernent aussi les unités de
transformation agro-alimentaire: petite décortiqueuse, minoterie artisanale pour la farine et les
pâtes alimentaires.
Utilisation de méthodes sensibles au genre
• Prendre appui sur les réalités du terrain en termes de rapport homme-femme au sein de la
communauté en tenant compte de la hiérarchisation sociale.
• Identifier la complémentarité entre les deux en faisant une analyse approfondie de la
répartition des tâches et des responsabilités dans les activités reproductives, productives et
communautaires.
• Analyser le statut de la femme: accès au pouvoir de décision dans le ménage et dans la
communauté, droits et connaissance de ces droits, liberté physique, sociale et politique,
indépendance psychologique et économique.
• Renforcer/diffuser les méthodes sensibles au genre initiées et testées dans certains projets
d’amélioration, de réhabilitation et de conservation de l’environnement et des forêts.
• Capitaliser les expériences antérieures et continuer à développer la réalisation de guides
techniques et l’utilisation des bonnes pratiques, surtout dans les zones fragiles fortement
érodées et les zones arides.
• Développer des stratégies de communication multimédias adaptées à différents types
d’audience.
• Promouvoir des activités qui puissent améliorer les relations de genre au sein des structures
forestières et des ménages en favorisant un accès équitable à la décision et une meilleure
distribution des tâches et responsabilités.
• Respecter l’équilibre du genre dans les programmes d’aménagement et de gestion des bassins
versants et des aires protégées et valoriser les compétences des hommes et des femmes tout en
garantissant une distribution équitable des bénéfices du développement.
• Promouvoir des mesures incitatives pour prévenir les actes illicites, en particulier en
fournissant des solutions compensatoires aux pertes éventuelles de revenus.
56
Orientations stratégiques et mécanismes d’intégration du genre dans la gestion forestière
Orientations stratégiques
• Adopter une méthode ascendante, décentralisée et responsabilisante dans la constitution des
organes de gestion et de coordination, en veillant à l’équilibre du genre.
• Intensifier la communication sociale en utilisant aussi bien les moyens de communication
traditionnels (folklore, chants et danses, marché, etc.) que les moyens modernes (médias, club
d’écoute, affichage, centres d’information, etc.).
• Utiliser une gamme variée de gouvernance qui conviennent à différents types d’acteurs
(cogestion, gestion collaborative. etc.) selon les normes fixées par la Convention sur la
biodiversité (respect des droits humains, équité, légitimité, principe de subsidiarité,
responsabilité décisionnelle, simplicité et devoir de compte-rendu).
• Intensifier les activités de formation professionnelle qualifiante.
• Dispenser une information/formation sur le genre et les approches participatives à tous les
acteurs de la gestion forestière pour leur permettre d’avoir un même niveau de connaissance
des objectifs, des enjeux et des méthodes.
• Attribuer les droits d’usage ou la propriété des ressources naturelles de façon équitable à
l’homme et à la femme et non seulement au chef de famille.
• Distinguer les mesures d’accompagnement/appui selon le niveau: macro pour les politiques et
stratégies; au niveau intermédiaire pour les structures, les institutions, les groupes; au niveau
du terrain pour les acteurs locaux, les consommateurs externes, les individus, hommes,
femmes, jeunes, enfants, les membres des comités de gestion. A chaque niveau, mettre en
œuvre une technique socio-organisationnelle souple, adaptée aux capacités d’assimilation des
populations composées de groupes endogènes et exogènes, de catégories socio-
professionnelles différentes (agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, forestiers).
• Décentraliser les décisions et régionaliser les programmes pour mieux les ancrer dans les PRD et
les PCD et favoriser les approches-terroir. Il faut cependant prendre conscience du fait que cette
option peut présenter des avantages ou des inconvénients pour les femmes selon le cas: avantages
lorsqu’il y a répartition équitable des ressources et des bénéfices dans les conditions d’une bonne
gouvernance; inconvénients lorsqu’il y a déséquilibre du genre dans le comité de gestion et que les
femmes ne parviennent pas à faire entendre leurs voix ni faire valoir leurs droits.
Domaines et financement des activités de genre
• Faciliter l’appropriation foncière pour les femmes et groupements féminins ayant reboisé un terrain
domanial, en étroite collaboration avec le service des domaines pour l’acquisition du titre foncier.
• Fournir un encadrement spécialisé, féminin dans certaines sociétés, pour l’animation, l’appui
technique, la formation et la vulgarisation.
• Développer les compétences des femmes pour la maîtrise des techniques, des outils et des
méthodes d’aménagement forestier qui correspondent à leur niveau et besoins.
• Accorder aux femmes et aux groupements féminins le statut d’opérateurs et ne pas les confiner
dans les rôles d’employées ou de collectrices pour le compte de sociétés nationales ou
internationales; leur faire bénéficier de l’appui technique de l’agent forestier pour la préparation
des dossiers.
• Dispenser une formation aux femmes et à leurs groupements en techniques de collecte, de
conservation et de conditionnement des plantes médicinales. Au besoin, elles peuvent aussi
participer aux activités de transformation de ces produits pour obtenir une plus-value (huiles
essentielles, crèmes, savons, produits cosmétiques et de massage).
• Faciliter l’accès au système de financement bancaire et microfinancier, ou à d’autres opportunités
comme le Fonds de développement communautaire (FDC) ou le Fonds d’investissement et de
développement (FID).
Suivi et évaluation de l’impact des activités forestières
L’administration forestière est chargée du suivi et de l’évaluation de l’impact de la politique forestière
par le biais de trois activités distinctes:
• inventaire écologique et forestier au niveau des régions par la brigade d’inventaire;
57
• mise à jour d’une banque de données/SIG qui servira à la prise de décision, notamment au niveau
de la DIREF pour la planification régionale de l’utilisation des ressources forestières;
• diffusion des informations sur les ressources forestières auprès de toutes les parties prenantes, y
inclus les communautés de base.
• Pour réaliser ces tâches et obtenir des résultats satisfaisants et durables, l’agent forestier devra
mettre l’accent sur les aspects suivants et mettre en œuvre les actions correspondantes:
• consulter/associer les COBA à toutes les opérations pour faire état de leurs droits traditionnels et
discuter des modalités d’attribution des bénéfices;
• intensifier la recherche-action: au suivi écologique déjà prévu dans les projets environnementaux,
il faut ajouter le suivi sociologique des populations de toutes les catégories. Pour le premier cas, il
est entendu qu’elles doivent être associées à ces activités pour être à même de comprendre, par
exemple, le mécanisme de régénération des espèces, la sélection des peuplements semenciers, la
préservation de la viabilité des semences, les méthodes de conservation semencière. Les femmes et
les groupements féminins sont toutes indiquées pour ce genre de travail. Pour le second, il s’agit de
suivre l’évolution de l’organisation sociale des populations pratiquant les activités forestières ou
environnementales;
• mettre/renforcer le SIG avec un mécanisme local de mise à jour: collecter et diffuser des données
et informations désagrégées par sexe au sein des structures existantes: Observatoire forestier,
réseaux des observatoires ruraux. Sélectionner des indicateurs écologiques et socioéconomiques
sexo-spécifiques;
• suivre la perception par les populations et par l’agent forestier lui-même de l’application des
règlements à travers un dialogue de développement et de mise en place de justice sociale.
Renforcement des groupements féminins et des organisations féminines
• Valoriser les structures existantes comme canal d’information et instrument de sensibilisation en se
basant sur les valeurs qui les sous-tendent, comme la solidarité, la sororité.
• Les inclure dans une approche holistique, intégrée et participative des programmes de conservation
des RN en leur octroyant l’accès et l’utilisation de toutes les ressources, et non seulement les RN
ou bien seulement aux activités traditionnelles féminines.
• Renforcer leurs capacités, notamment en techniques simples et outils de gestion simplifiés.
58
BIBLIOGRAPHIE
59
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selon le genre. Ambatolampy Laderack.
MEF/GTZ. Elaboration d’une analyse de la situation des hommes et des femmes en milieu rural pour
l’identification des techniques améliorées pour les paysans. Rapport final. Bureau d’études DIRE.
Ministère des Eaux et Forêts. 2001. Guide du responsable forestier. Edité avec l’appui de la Direction
générale POLFOR et GTZ.
Ministère des Eaux et Forêts. Programme de protection et gestion des ressources naturelles Coopération
germano-malgache.
MINENVEF. 2001. Plan de gestion environnementale PE III Volume 1.
MINENVEF. Manuel d’exécution du PE III, Tome 1: Le programme.
ONE/MINENVEF. 2003. Développement d’outil complémentaire pour la gestion de l’environne-ment à
Madagascar: gestion et aménagement des terres par la lecture socio-foncière. Proposition de projet.
ONE/MINENVEF. 2005. Guide d’évaluation des E.I.E.
ONE/MINENVEF. 2006. Guide d’intégration du Genre et de la lutte contre le VIH/SIDA dans quelques
outils développés par l’ONE.
Ranarivelo, E. 2004. Gestion durable de la biodiversité: comme la marche du caméléon, un œil sur le
futur, un œil sur le passé.
Rarivomananana, P. 2000. L’étude prospective du secteur forestier en Afrique. République de
Madagascar.
60
ANNEXES
Annexe 1
Principaux projets forestiers: financements interne et externe
Programme de protection et gestion durable des ressources naturelles: Coopération germano-malgache
(2005-2013). Les objectifs du programme sont:
• La protection de la biodiversité et des ressources naturelles.
• L’introduction de systèmes d’exploitation durable des ressources naturelles, de l’agroforesterie et de la
lutte antiérosives.
• L’assistance conseil politique dans le secteur forestier.
Les groupes cibles sont composés par les décideurs politiques et administratifs, les associations de paysans
et usagers forestiers, les entreprises privés. Le coût du projet est de 10 220 000 Euros dont 3 007 882 Euros
de contrepartie malgache.
Projet d’appui au reboisement communal: (2003-2007)
La mise en œuvre du projet national de reboisement contribue à l’amélioration des conditions de vie de la
population. L’objectif principal du projet est d’augmenter la superficie reboisée à Madagascar en vue de la
protection de l’environnement et satisfaction des besoins de la population en combustible.
Les actions consistent principalement à l’aménagement de pépinières pour la production des plants et
l’encadrement dans le cadre de la plantation. Les groupes cibles sont les paysans, les associations et
groupements, les entreprises privés et les communes. Le projet est intégralement financé par le
gouvernement malgache. Le coût du projet est de 8 481 800 000 fmg.
Projet de lutte contre les feux de brousse: (2002-2007)
Afin d’enrayer le processus de dégradation des ressources naturelles, la maîtrise de la gestion des feux
s’avère nécessaire pour la préservation des ressources renouvelables (forêt) et les facteurs de production
(sol, eau) dans les sites d’intervention. Les objectifs du projet sont les suivants: créer des conditions cadres
adopté pour la lutte contre les feux de brousse, favoriser le changement de comportement positif envers
l’environnement et limiter la propagation des feux sauvages. Les groupes cibles sont les paysans, les
services techniques décentralisés et les collectivités territoriales décentralisés. Les actions consistent à:
instaurer des DINA par la mise en place des comités de lutte contre les feux de brousse et les brigades de
feux; mener des campagnes de sensibilisation, de conscientisation et de répression et primer les communes
méritantes en matière de lutte contre les feux. Le coût du projet est de 7 108 240 000 fmg.
Projet d’étude du développement rural et d’aménagement des bassins versants du sud ouest Lac Alaotra:
Coopération nippo-malgache (2003-2007)
L’objectif du projet consiste à formuler un plan directeur pour le développement rural et l’aménagement
des bassins versants en vue de la meilleure gestion des bassins versants et de l’amélioration et de la
durabilité des moyens et cadre de vie des bénéficiaires. Les sanctions à entreprendre sont la collecte et
l’analyse des données et informations existantes ainsi que l’identification des problèmes fondamentaux
pour l’élaboration du plan directeur. Le coût du projet est 7 451 310 000 fmg dont 4 599 310 000 fmg de
contre partie malgache.
Programme environnemental III: Coopération malgacho-multi bailleurs (2004-2009)
La finalité du PEII est l’importance et la qualité des ressources naturelles sont conservées pour permettre
une croissance économique durable et une meilleure qualité de vie.
En terme de défi dans la réduction de la pauvreté, la contribution de l’Environnement consiste plus
particulièrement en l’amélioration de conditions de vie des pauvres à travers l’utilisation durable des
ressources naturelles et en l’intégration des dimensions environnementales dans la politique globale et les
politiques sectorielles. Le financement externe est estimé à 150 millions de dollars EU avec la contribution
de différents bailleurs comme IDA, FFEM, PNUD, USAID, UE, Allemagne, France, WWF, et Japon.
61
Annexe 2
Composantes du domaine forestier national
Composante Nombre Superficie %
Réserves naturelles intégrales 8 328.822 ha 4,6%
Parcs nationaux 15 1.006.548 ha 5,4%
Réserves spéciales 23 3.820.009 ha 38,6%
Réserves forestières 89 1.494.939 ha 21%
Périmètres de bois et restauration (PRR) 151 1.129.372 ha 15,9%
Stations forestières (ST) 2 17.244 ha 0,3%
Source: MINENVEF.
Annexe 3
Liste des textes legislatifs et reglementaires sur la gestion des forets
La gestion des forêts agréée par les parties prenantes, selon les procédures de transfert de gestion vers les
COBA vise à la décentraliser de façon durable et afin de générer des revenus.
• Loi N° 2001-122: réglementant le mode de gestion des forêts étatiques, objet du contrat.
• Loi N° 2001-068 du 24 janvier 2001 réglementant les modes de commercialisation des ressources
provenant de forêts exploitées ou détenues illégalement.
• Décret N° 89-019 du 31 juillet 1989sur les mesures de protection la propriété industrielle à
Madagascar.
• Décret N° 93-022 du 4 mai 1993 réglementant la pêche et la pisciculture.
• Décret N° 94-1555 portant réglementation générale de la pêche en mer.
• Décret N° 97-1456 portant réglementation de la pêche continentale sur domaine public.
• Décret N° 82-313 portant sur le cahier de charges des parcours et pâturage.
Annexe 4
Liste des textes d’application de la Loi 96.025 du 30 septembre 1996 sur la gestion locale des
ressources naturelles renouvelables
• Loi N° 2000-027 du 13/01/00: sur les communautés de base chargées de gérer localement les RNR,
avec le contrat-cadre.
• Loi N° 2000-028 du 13/01/00 sur les intermédiaires de l’environnement et contenant un modèle de
plan sur l’intermédiation en matière d’environnement.
• Décret N° 89-019 du 31 juillet 1989 sur la réglementation des activités industrielles à Madagascar.
• Loi N° 94-112 du 18 février 1994: réglementant la pêche marine.
• Loi N° 97-1455: réglementation générale des activités de collecte et de pêches en haute mer.
• Loi N° 97-1456: réglementation de la pêche continentale et autres plans d’eau sur le territoire
malgache.
• Projet de loi sur les cahiers des charges et contenant un modèle de plan cadre de gestion des RN, le
type de demandes de transfert et les directives pour la rédaction du Plan-cadre.
• Loi N° 7451/2002 portant nomination des membres du comité des intermédiaires de l’environnement.
• Le Décret N° 98-610 du 13-08-98 sur le délimitation de la carte environnementale commune en
application de la loi N° 97-012 du 06-06-97 modifiant et complétant la loi 90-033 du 21-10-97
modifiant et complétant la loi 90-033 du 21-10-97 sur la Charte de l’environnement.
62
Annexe 5
Postes de responsabilités
Corps Catégorie Sexe Total
F M
Directeur général IX 1 0 1
VIII 1 0 1
Directeur XI 1 0 1
IX 0 1 1
VIII 0 10 10
VI 1 2 3
Coordonnateur général VIII 1 1 2
Chef circonscription VIII 3 15 18
Chef de département IX 1 0 1
Chef de service IX 0 1 1
VIII 14 15 29
VII 14 1 1
VI 0 4 6
V 2 6 9
III 3 1 2
II 1 2 2
Chef secrétariat particulier III 1 0 1
Conseiller médico-social VIII 1 0 1
Collaborateur VIII 5 15 20
VII 0 1 1
VI 3 9 12
V 7 12 19
IV 2 3 5
III 7 17 24
II 0 14 14
Point focal VIII 1 1 2
VI 1 0 1
TOTAL 57 131 188
Effectif
Corps Catégorie Sexe Total
F M
Ingénieur IX 1 1 2
VIII 14 45 59
VI 2 6 8
Adjoints techniques II 6 34 40
Agents techniques II 1 86 87
Administratif X 1 1 2
IX 1 2 3
VIII 20 31 51
VII 0 2 2
VI 13 17 30
V 31 47 78
IV 10 20 30
III 37 41 78
II 37 53 90
I 37 53 90
TOTAL 210 439 649
Source: MINENVEF, 2007.
63
Annexe 6
Charge de travail des femmes
Agriculture
Type de travaux
Riziculture (n= 45) Cultures. Légumières (n= 29) Arbres fruitiers(n= 20)
Phase 1,2,3 88% 68% 50%
Phase 1 4% 0% 5%
Phase 2 4% 0% 5%
Phase 3 13% 21% 15%
Surface cultivée
Riz Cultures sur tanety Cultures légumières Fruits
Superficie (m²) 3 137 683 192 150
Elevage
Type de travaux
Porcin Ovin Cheval Aviculture
Tous travaux 48% 45% 8% 68%
Annexe 7
Liste des principales institutions de microfinance
1999 2000 2001 2002 2003 2004 31/03/2005
Nombre de caisse 271 336 353 338 380 380 388
Nombre de membres 60 775 92 946 116 977 135 305 179 399 198 912 200 395
Encours d'épargne 9 595 37 083 55 749 51 859 94 960 109 016 113 900
(MFmg)
Encours de crédits 23 517 37 813 46 301 56 060 97 594 126 911 109 960
MFmg
Source: Association professionnelle des institutions financières mutualistes (APIFM), 2005.
Evolution des activites des IMF non mutualistes
2002 2003 2004 30/09/2005
Nombre de clients actifs 8 474 10 991 17 245 7 925
Encours d'épargne (MFmg) 1 555 1 820 2 634 2 907
Encours de crédits (MFmg) 7 777 9 100 13 169 14 535
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Annexe 8
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Annexe 9
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• Utiliser et valoriser les compétences des hommes et des femmes et de toutes les catégories
socioéconomiques, à tous les niveaux, pour la conception, l’élaboration, la mise en œuvre et
l’évaluation de tout programme environnemental.
• Adopter et appliquer le processus participatif, impliquant les hommes et les femmes dans le
système de gouvernance, de gestion et d’information.
• Accorder une grande importance aux activités avec les communautés de base et leurs institutions
pour mener une campagne de sensibilisation et des activités concrètes économiques, sociales,
culturelles et technologiques, afin d’avoir des assises solides, garantie de pérennité et de lutte
contre la pauvreté.
• Lier les activités gouvernementales avec les activités productives, sociales et culturelles.
Méthodes
La méthodologie repose sur les trois principes de base de l’analyse socioéconomique selon le genre, à
savoir:
• la prise en compte des relations hommes-femmes;
• l’importance accordée aux groupes défavorisés;
• la promotion de l’approche participative.
De la même manière elle vise à aborder les problèmes de manière exhaustive et globale c’est-à-dire en
même temps aux trois niveaux (macro, méso et micro) afin de déterminer les interrelations et les synergies.
C’est donc dans ce cadre que la liste suivante est proposée:
• Intégrer le genre de manière effective et systématique dans toutes les composantes (politique et
stratégie, structures et institutions, activités directes avec les populations et parties prenantes) et à
différents niveaux d’exécution du PE III (national, régional, communal et villages).
• Analyser de façon différenciée homme/femme la dimension des grandes problématiques
environnementales de façon à définir de la manière la plus précise possible les responsabilités
respectives, les rôles, les motivations d’action, les forces en jeu afin de déterminer en conséquence
les mesures à mettre en œuvre.
• Mettre en place des mécanismes pour la coordination, la collaboration de tous les partenaires:
institutions publiques ou privées, services, ONG, associations, hommes et femmes, pour
l’adoption, l’application et la diffusion de la considération du genre.
• Elaborer une politique et un programme d’information et de communication en genre et
environnement, pour sensibiliser, motiver, mobiliser les responsables et les bénéficiaires. Ces
activités couvriraient les aspects de gestion, de recherche, de diffusion et de constitution de
réseaux.
• Renforcer les organisations féminines et les femmes elles-mêmes pour augmenter leur pouvoir de
négociation et prendre une part plus active et plus éclairée dans l’élaboration de contrat de
partenariat, dans l’exercice d’activités professionnelles, socioéconomiques et culturelles.
• Promouvoir un développement égalitaire et durable grâce à un accès équitable aux ressources
naturelles, aux services et aux bénéfices d’une part, et de l’autre aux chances et opportunités.
• Prendre en considération le genre aussi bien dans les domaines techniques que dans la gestion et
gouvernance.
• Renforcer les capacités en analyse du genre et en méthode participative et mettre à la disposition
du personnel et de la population des outils d’analyse du genre.
• Développer des indicateurs sensibles au genre dans la gestion des ressources naturelles à utiliser
dans la planification, la réalisation, le suivi et l’évaluation du PE III.
• Disposer de données désagrégées par genre pour la planification, le suivi et l’évaluation par le biais
d’enquête, d’études, et de recherche-action.
• Obtenir une représentation équitable des hommes et des femmes dans les organes de concertation,
les structures de décision et d’exécution du PE III à tous les niveaux.
Actions prioritaires
Elles découlent de l’analyse de la situation qui prévaut actuellement au sein du ministère de tutelle, des
institutions de réalisation et des partenaires du PE III.
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Renforcement des compétences:
• Formation approfondie et de qualité de tous les intervenants directs, à tous les niveaux, et dans
toutes les institutions en méthodes d’analyse du genre: responsables, cadres, agents, ONG,
associations, etc.
• Sensibilisation et formation des membres des comités de Fokontany et des communes.
• Sensibilisation et voire formation des spécialistes de la communication: journalistes, médias,
artistes populaires, etc.
• Information et sensibilisation du système législatif et judiciaire impliqués dans la formulation des
textes pour renforcer leur capacité en matière de genre.
• Inclure un module sur le genre dans les formations techniques relatives à l’environnement et au
développement.
• Intégration de la spécialisation en Analyse du genre dans les formations internes et externes des
Institutions de réalisation du PE III.
• Formation des hommes et des femmes en technologies de production agricole, animale, forestière
et halieutique, de collecte et de transformation des ressources respectueuses de la biodiversité.
Amélioration des pratiques et des modes de travail pour intégrer le genre de façon systématique
• Révision des manuels de procédures des institutions.
• Elaboration et utilisation de guides pratiques « genderisés » dans l’exécution des projets et
programmes.
• Promotion de la participation féminine dans les organes et structures du PE III, à tous les niveaux.
Renforcement de la politique et stratégie du PE III par l’intégration du genre
• Révision des textes législatifs et de référence, pour y mentionner explicitement l’importance du
genre.
• Organisation de campagne de sensibilisation sur les enjeux environnementaux aux niveaux
national, régional et local, impliquant en particulier les canaux et moyens d’information et de
communication gérés par les femmes.
Intensification des activités économiques pour améliorer les revenus et diminuer les pressions sur les
ressources naturelles
• Promotion d’activités de production et de transformation agricoles, animales, forestière,
halieutique, artisanale en collaboration avec les ministères techniques (MAEP, Industrie et
artisanat, etc.). Elles visent à améliorer les revenus et peuvent être de type familial, artisanal ou
industriel pour les hommes et les femmes. Elles cherchent aussi à diminuer la pression sur les
ressources naturelles.
• Promotion de micro et petites entreprises.
• Facilitation de l’accès de tous, hommes et femmes, au crédit notamment la microfinance, la
finance rurale et autres sources de financement.
• Promotion d’activités de production de production d’énergie et de vulgarisation d’énergie
alternative en collaboration avec l’Université et le Centre national de recherche technologique
(CNRT).
• Accès équitable aux ressources: terre et autres ressources naturelles, facteurs de production,
technologie, services, structures.
• Aide et conseils techniques aux populations et en particulier les femmes qui ont en général la
responsabilité des cultures vivrières et secondaires à sauvegarder et à conserver les semences ou
les races locales pour préserver les ressources génétiques végétales et animales, telles que les
conservations in situ des semences ou bien les banques de semences villageoises.
Promotion d’activités d’amélioration de l’habitat, des conditions de travail et du milieu de vie pour
alléger les taches et limiter la pollution
• Mise en place d’équipements, notamment dans les centres urbains, pour un meilleur accès à l’eau
potable et domestique, au traitement des eaux usées et des déchets afin d’alléger la pénibilité des
taches et utiliser des technologies propres.
• Elaboration de mesures incitatives pour l’amélioration de l’habitat et de l’hygiène sanitaire dans le
quartier ou le village.
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Propositions de champs d’activités
Les thèmes énumérés ci-après sont les principaux domaines où les activités de genre revêtent une
importance particulière. Des exemples plus spécifiques sont présentés en annexe sur les hommes et les
femmes séparément et ensemble selon les cas.
Gestion durable e appropriée des ressources naturelles et conservation de la biodiversité
Intégration du genre dans les PCD (Plans communaux de développement) et PRD (Plans régionaux de
développement sélectionnés) à raison de 2/région soit au total 44. Sensibilisation sur le genre: 1
activité/région soit au total 22. Formation des Organisations paysannes (OP) et des Organisations
villageoises OV: 1/région soit au total 22.
Mise en œuvre d’alternatives de développement durable
Formation aux techniques agricoles respectant l’écologie: 1 session/région, soit au total 22. Formation en
création et gestion de micro et petites entreprises en particulier pour le femmes et les associations
féminines: 1/ région soit au total 22.
Valorisation durable des filières de la biodiversité
Formation technique pour la collecte et la transformation des produits naturels: 1 session/région soit au
total 22. Promotion des énergies alternatives: 1 programme / région soit 22 au total.
Gestion des écosystèmes forestiers
Augmentation de la couverture des forets artificielles: promotion d’activités avec les associations
féminines 1/région soit au total 22. Diffusion de foyer amélioré ou d’utilisation d’autres énergies
alternatives: 1 programme/région soit au total 22.
Conservation et valorisation des écosystèmes sensibles dans les aires protégées:
Développement de l’écotourisme par la promotion du rôle des femmes: 1/région soit au total 22.
Gestion des potentialités des écosystèmes marins et côtiers:
Intégration du genre dans 20 plans villageois et 4 à 6 plans inter-communaux.
Pérennisation de la gestion des ressources naturelles et environnementales:
Equipement en moyens, matériels (caméra numérique, cinéma mobile), et financiers pour les activités de
promotion et formation en genre
• Elaboration de matériel d’information sur genre et environnement (audio-visuel, imprimé,
électronique)
• Révision des manuels de procédures techniques
• Intégration du genre dans les 9 guides déjà élaborés, surtout celui sur les études d’impact. De plus,
élaboration d’un guide général sur le genre dans le PE III et sur le transfert de gestion des
ressources naturelles (TGRN).
• Programme de recherche-action pour la collecte de données au niveau des PRD soit 22
programmes au total.
Ancrage institutionnel
Les fonctions et responsabilités se situent à deux niveaux: la coordination et l’exécution.
Renforcement des compétences: concerne six types d’activités (formation de formateurs, formation des
cadres de supervision des IR, sensibilisation et formation des communautés de base, spécialisation en genre
en formation interne ou externe, formations technologiques)
Coordination: MINENVEF ; Exécution: Institutions de réalisation (IR), services décentralisés
Amélioration des pratiques et modes de travail: concerne trois activités (révision des manuels et
procédures, élaboration/utilisation des guides genderisés, promotion de la participation des femmes dans les
organes et structures)
Coordination: MINENVEF pour guide général sur le genre dans l’environnement et le CELCO pour les
manuels de procédures ; Exécution: IR
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Intensification des activités économiques de production et de transformation agricoles, forestières,
halieutiques, artisanales. Ce volet concerne plus particulièrement les activités suivantes: promotion de
micro et petites entreprises, accès au crédit pour hommes et femmes, promotion de production d’énergie,
vulgarisation d’énergies alternatives, accès équitable aux ressources: terre, facteurs de production,
technologie, services.
Coordination: MINENVEF et CELCO ; Exécution: IR, Services décentralisés et partenaires
Promotion d’activités d’amélioration du milieu et des conditions de vie: habitat et ses environs, allègement
des taches.
Coordination: MINENVEF et CELCO ; Exécution: IR, Services décentralisés et partenaires
Mécanisme de coordination et de collaboration
• La responsabilité institutionnelle globale revient au MINENVEF où les décisions sont prises, et où
se situerait la structure chargée du genre. Le CELCO assurerait la coordination des programmes.
Les institutions de réalisation sont chargées de la formulation et de l’exécution des programmes
sectoriels genre. Un comité inter-institutionnel genre regroupera les points focaux genre et servira
entre autres de mécanisme de communication.
• Les actions couvrent une gamme étendue de thèmes visant à opérationnaliser le Programme Genre
et environnement et à rendre effective son intégration: planification, programmation, organisation
du travail, affectation des ressources, suivi-évaluation, recueil de données genre.
• La responsabilité technique se situe à plusieurs niveaux dans les IR: sélection des activités
techniques, collaboration et partenariat public/privé.
• Renforcement des capacités: la responsabilité globale devrait être du ressort du MINENVEF. Par
contre l’intégration de l’approche genre dans les programmes de formation interne et externe est
du ressort de chaque IR. Il en est de même pour la formation des populations.
Ressources-Pérennisation financière
Catégorie d’origine des fonds: Il existe trois possibilités de financement des activités de genre dans le court
et moyen terme:
Financement dans le cadre des fonds existants en recherchant surtout une amélioration de l’approche non
discriminatoire sur la base du sexe. Il permettra de réaliser certaines actions mais pas celles relatives à la
recherche-action ou bien la collecte de données. Financement dans le cadre du budget existant moyennant
un remaniement ou une réaffectation des fonds déjà programmés. C’est une solution qui risque de
rencontrer des réticences à cause des procédures un peu compliquées et surtout à cause de l’insuffisance de
fond pour des activités déterminées. Cependant si l’on ne veut pas perdre davantage de temps, ce serait une
des solutions des plus réalistes. Prospection de nouveaux fonds, mais qui risque de provoquer un déphasage
par rapport au déroulement actuel du programme.
Sources de financement: Pour marquer de manière effective l’engagement vis-à-vis du genre,sur le plan
national, les fonds devraient provenir des institutions publiques, des collectivités décentralisées, des
communautés de base et du privé. Sur le plan international, il devrait permettre de traduire en programmes
concrets les divers engagements en faveur du genre. La mobilisation des fonds relève du MINENVEF avec
la collaboration active des IR en utilisant les canaux normaux de coopération avec les bailleurs. Cependant
l’on s’efforcera d’identifier les organismes qui ont un programme spécifique genre.
Calendrier: Périodes d’intervention: les activités de genre doivent se dérouler à court, moyen et long terme
(cf. champs d’activités et recommandations)
Caractère de l’intervention: Les activités continues concernent le corps des programmes des IR. Par
contre les études, les collectes de données ou bien les activités –test se feront de manière ponctuelle. Le
suivi-contrôle devrait se faire de manière régulière et assez rapprochée en utilisant les indicateurs
spécifiques – genre et gestion des ressources naturelles - présentés en annexe et l’évaluation s’effectuera au
même rythme que pour l’ensemble du PE III en prenant le soin d’indiquer ce thème dans les termes du
mandat.
Conclusion
Le respect de l’équilibre du genre est vital pour l’environnement, le respect des grands principes,
l’identification des problèmes majeurs, l’évaluation des risques et la résolution des conflits. Une bonne
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participation des parties prenantes ne qu’être bénéfique à la gestion et à la gouvernance. Diverses raisons
peuvent justifier ces affirmations. Tout d’abord à cause de l’importance des enjeux qui requiert une
utilisation optimale de toutes les ressources humaines, hommes et femmes et toutes les catégories
socioéconomiques. Ensuite, pour la conservation de la biodiversité dans laquelle les hommes et les femmes
ont des responsabilités et des tâches différentes et aussi en tenant compte du fait que les femmes, en
général, sont plus impliquées dans ces activités. En troisième lieu, parce que les femmes sont les
dépositaires des valeurs morales et culturelles à transmettre aux générations futures et sont plus engagées
dans les activités socio-communautaires. Elles ont ainsi un rôle crucial dans la conservation des
patrimoines culturels. Quatrièmement, un changement de comportement de leur part peut transformer leurs
activités de déprédation et d’utilisation irrationnelle des ressources en action de prévention, d’utilisation
durable, de conservation et de réhabilitation de l’environnement. De victimes de la dégradation et du
changement de gestion des ressources naturelles, elles peuvent ainsi devenir des actrices actives dans
l’exécution des programmes environnementaux. Enfin, leurs grandes connaissances des réalités du terrain
peuvent être utilisées valablement pour l’évaluation de l’impact environnemental et des risques.
L’instauration de nouvelles relations de pouvoir entre les hommes et les femmes pour l’allocation des
ressources et la distribution des bénéfices est un facteur de stabilité sociale favorable pour l’exécution des
projets et programmes. Il en est de même pour la distribution équitable des tâches et responsabilités intra-
familiales et communautaires.
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Annexe 10
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