REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
INTRODUCTION
Dans la quasi-totalité des pays du monde, l’assurance Automobile occupe
une place de choix dans les différentes branches d’assurances en raison
essentiellement de son caractère obligatoire et corrélativement, de son
poids économique.
Si l’assurance Automobile est la première à venir à l’esprit quand on
évoque le mot « assurance », c’est parce qu’elle concerne un objet
empreint d’une très forte symbolique. D’autres types d’assurances sont
presque aussi répandus, mais aucune ne porte sur un objet qui est à la fois
un mode utilitaire de transport des hommes et des choses aussi utilisées,
mais qui peut aussi se transformer en une redoutable arme meurtrière.
La conjugaison de ces facteurs fait que l’assurance automobile est en
réalité l’aune à laquelle les consommateurs d’assurance apprécient la
performance des compagnies d’assurances.
Dans les pays africains de manière générale et particulièrement ceux de la
CIMA, la branche automobile occupe la première place en termes de
chiffre d'affaires.
Au Sénégal, le chiffre d’affaires en Automobile au 31 Décembre 2020
s’élève à plus de 37 milliards et représente plus de 28,3 % de la
production totale du marché de l’assurance IARD.
Ces chiffres illustrent à suffisance l’importance stratégique de la branche
Automobile et la place qu’elle occupe sur nos marchés émergents.
Toutefois, à cette évolution du nombre de véhicules en circulation
correspond une progression sans cesse croissante du nombre des
accidents.
Face à cette recrudescence des accidents de la circulation, laissant
souvent des victimes face à des automobilistes non assurés et presque
toujours insolvables, les pouvoirs publics réagiront en rendant obligatoire
l'assurance de responsabilité civile automobile.
Si le principe demeure la liberté de contracter tel que rappelé par l’article
42 du COCC, on se rend compte en l’espèce que le législateur fait une
entorse à l’autonomie de la volonté en obligeant les personnes à souscrire
une assurance de RC Auto avant la mise en circulation d’un véhicule.
Cette exception qui est appliquée dans quasiment tous les pays au monde
trouve son fondement dans la volonté des pouvoirs publics de protéger les
éventuelles victimes d’accident de la circulation automobile.
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Ainsi, si dans le langage courant on dit souvent que « l’assurance
automobile » est obligatoire, c’est par l’effet d’un raccourci. En réalité,
seule l’assurance de la responsabilité civile liée à l’automobile est
obligatoire dés lors qu’il n’est point envisageable en bonne logique
juridique d’imposer au propriétaire d’une chose de l’assurer. Toutefois,
l’Etat peut obliger à assurer les conséquences des dommages que cette
chose peut causer à des tiers.
Au vu de ce qui précède, nous pouvons retenir que l’assurance Automobile
peut être analysée sous deux aspects : en amont, elle génère des primes
très importantes du fait des affaires réalisées, conséquence logique du
nombre sans cesse croissant de véhicules mis en circulation ; en aval, elle
est caractérisée par une sinistralité extrêmement forte et qui croit sans
cesse malgré les multiples campagnes de prévention.
Nous allons consacrer notre étude sur ce pilier de l’opération d’assurance
que constitue le règlement des sinistres en deux volets le règlement des
sinistres corporels et le règlement des sinistres matériels.
CHAPITRE I - L'ASSURANCE AUTOMOBILE OBLIGATOIRE
L'obligation d'assurance porte sur la garantie responsabilité civile. On peut
donc la définir comme l’assurance qui garantit l’assuré contre les
conséquences dommageables du fait du véhicule dont il serait l’auteur ou
le répondant.
Elle s'applique aussi bien aux dommages corporels que matériels et trouve
son fondement dans les articles classiques du code des Obligations Civiles
et Commerciales (COCC) à savoir :
- Article 118 : Responsabilité du fait personnel.
- Articles 143, 146, 150 : Responsabilité du fait d'autrui.
C'est la garantie de base ; à savoir le minimum sur lequel se greffent les
autres.
REGIME ET FONDEMENT DE LA RESPONSABILITE CIVILE LIEE A
L’UTILISATION D’UN VEHICULE TERRESTRE A MOTEUR DU CODE
CIMA : CADRE HISTORIQUE
L’automobile constitue la branche la plus importante du secteur des
assurances en termes d’affaires réalisées dans nos marchés.
Cette situation s’explique essentiellement par deux facteurs conjugués :
l’importance croissante du parc automobile et le caractère obligatoire de
la garantie automobile ; pour e qui ‘agit de la RC tout moins.
Corrélativement, il est loisible de relever que les sinistres en automobile
sont plus délicats à traiter aussi bien en Matériel, du fait de la masse des
sinistres à régler, qu’en Corporel, en raison de la gravité et de la
complexité des blessures subies par les victimes.
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Face à cet état des choses, le législateur communautaire est intervenu à
travers le code CIMA afin de mettre en place des règles tendant à
l’amélioration de la situation des victimes d’accidents corporels de la
circulation et à l’accélération des procédures d’indemnisation.
1ère Partie : LA PROCEDURE D’INDEMNISATION : REGLES DE FORME
PARAGRAPHE I - LA TRANSMISSION DU PROCES-VERBAL DE
CONSTAT D’ACCIDENT
(art. 230 Code CIMA)
Un exemplaire de tout procès-verbal relatif à un accident corporel de la
circulation doit être transmis, automatiquement aux assureurs impliqués
dans ledit accident par les officiers ou agents de la police judiciaire ayant
constaté l’accident.
Le délai de transmission est de 3 mois à compter de la date de l’accident.
En matière d’accident corporel les seuls procès-verbaux valables pour
formaliser une réclamation auprès des assureurs sont ceux établis par la
police ou la gendarmerie.
Le procès-verbal de constat joue un rôle central dans l’instruction d’un
dossier sinistre automobile, notamment lorsqu’il s’agit d’un accident
corporel. En effet, seul ce document, qui constitue en réalité un acte
authentique, est en mesure d’établir un certain nombre de
renseignements dont l’assureur doit obligatoirement disposer pour les
besoins de de la procédure d’offre.
PARAGRAPHE II - MODALITES DE LA COMMUNICATION DU PROCES-
VERBAL
(art.232 code CIMA)
A l’occasion de sa première correspondance avec la victime, l’assureur est
tenu, à peine de nullité relative de la transaction qui pourrait intervenir,
d’informer la victime qu’elle peut obtenir de sa part, sur simple demande,
la copie du procès-verbal d’enquête de la force publique et de lui rappeler
qu’elle peut à son libre choix, et à ses frais, se faire assister du conseil de
son choix.
Il est important de préciser que ces mentions sont obligatoires à peine de
nullité relative de la transaction qui pourrait intervenir par la suite.
Toujours dans le cadre de cette première correspondance, l’assureur est
tenu d’indiquer à la victime le nom de la personne qui est chargé du suivi
de son dossier.
Toutefois, même en présence d’un conseil, les chèques et autres
moyens de paiements devront être libellés exclusivement aux
noms de la victime et/ou des ayants droit.
PARAGRAPHE III - ECHANGE D’INFORMATIONS
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
A- Information de la victime par l’assureur
Dans sa volonté de protéger davantage la victime, le code CIMA a exigé
des mentions obligatoires qui ont pour but, dans la phase préliminaire de
la procédure, de lui rappeler ses droits.
Ce rôle incombe à l’assureur à travers les correspondances qu’il envoie à
la victime ou à ses ayants droit durant la phase précontractuelle et les
rédacteurs du code CIMA ont pris le soin de distinguer les informations qui
doivent être fournies dès la première correspondance de celles qui doivent
l’être dans l’offre d’indemnité.
Lors de la première correspondance, l’assureur est tenu d’informer la
victime qu’elle peut obtenir de la part de la compagnie d’assurances sur
simple demande et sans frais, une copie du procès-verbal d’enquête de la
force publique. De même il doit lui rappeler qu’elle peut se faire assister à
ses propres frais du conseil de son choix (article 232 du code CIMA).
Dans le cadre de l’offre d’indemnité à proprement parler, son contenu doit
indiquer deux types de mentions selon l’article 243 : d’une part
l’évaluation de chaque poste de préjudice et les sommes qui reviennent
au bénéficiaire, et d’autre part, les limitations ou exclusions
d’indemnisation.
Par ailleurs, à travers cette correspondance relative à l’offre d’indemnité
l’article 235 impose à l’assureur l’obligation d’informer la victime qu’elle
peut, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception,
dénoncer la transaction dans les quinze jours de sa conclusion pour des
motifs de non- respect des dispositions du code.
Ces dispositions doivent apparaitre en caractère très apparent sous peine
de nullité relative de la transaction.
B- Information de l’assureur par la victime
L’assureur ne peut faire une offre d’indemnité convenable que s’il a été
correctement informé.
1°) - Production de document à la charge de la victime
(article 240)
La victime directe ou son représentant est tenue, à la demande de
l’assureur, de lui donner les renseignements ci-après :
1°) ses nom et prénoms ;
2°) ses date et lieu de naissance ;
3°) son activité professionnelle et l’adresse de son ou de ses employeurs ;
4°) le montant de ses revenus professionnels avec les justificatifs utiles ;
5°) la description des atteintes à sa personne accompagnée d’une copie
du certificat médical initial et autres justificatives en cas de consolidation ;
6°) de la description des dommages causés à ses biens ;
7°) les nom, prénoms et adresses des personnes à sa charge au moment
de l’accident ;
8°) la liste des tiers payeurs appelés à lui verser des prestations ;
9°) le lieu où les correspondances doivent être adressées ;
La victime est tenue, à la demande de l’assureur de produire les
documents suivants :
1°) carte d’identité ;
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2°) extrait de naissance ;
3° acte de mariage.
2°) - Production de documents par les ayants droit de la
victime (article 241)
Lorsque l’offre d’indemnité doit être présentée aux ayants droit de la
victime, à son (ses) conjoint(s)ou aux personnes mentionnées à l’article
265, chacune de ces personnes est tenue, à la demande de l’assureur de
lui donner les renseignements ci-après :
1°) ses nom et prénoms ;
2°) Ses date et lieu de naissance ;
3°) les nom et prénoms, date et lieu de naissance de la victime ;
4°) ses liens avec la victime ;
5°) son activité professionnelle et l’adresse de son ou de ses employeurs ;
6°) le montant de ses revenus avec les justificatifs utiles ;
7°) la description de son préjudice notamment les frais de toute nature
qu’elle a exposés du fait de l’accident ;
8°) la liste des tiers payeurs appelés à lui verser des prestations ainsi que
leurs adresses ;
9° le lieu où les correspondances doivent être adressés.
A la demande de l’assureur, les mêmes personnes sont tenues de produire
les documents suivants :
Le certificat de décès de la victime ;
Le jugement d’hérédité non frappé d’appel ;
Le certificat de genre de mort ;
Les actes civils des ayants droit et leurs pièces d’identité.
C- Information a l’égard des tiers payeurs
Avant l’avènement du code CIMA, les assureurs attendaient d’être
informés du montant de la créance des tiers payeurs avant de procéder à
l’offre et donc, le défaut de production de ces informations retardait
considérablement la procédure d’indemnisation.
Afin de remédier à cette situation, le code CIMA a contraint les tiers
payeurs à produire leurs créances dans un délai bien déterminé. Ainsi les
articles 254 et 255 qui organisent les recours des tiers payeurs prévoient
les modalités et les délais de production de leurs créances.
Ce délai est porté à six mois à compter de la demande de l’assureur, sous
peine de déchéance.
PARAGRAPHE III - LA DESIGNATION D’UN EXPERT MEDICO-LEGAL
En cas d’examen médical pratiqué en vue de l’offre d’indemnité l’assureur
ou son mandataire avise la victime, quinze jours au moins avant l’examen,
de l’identité et des titres du médecin chargé d’y procéder, de l’objet, de la
date et du lieu de l’examen, ainsi que du nom de l’assureur pour le
compte duquel il est fait. Il informe en même temps la victime qu’elle peut
se faire assister, à ses frais, d’un médecin de son choix.
Après l’examen médical de la victime, le médecin doit dans un délai de
vingt jours adresser un exemplaire de son rapport à l’assureur, à la
victime et, le cas échéant, au médecin qui a assisté celle-ci.
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Au terme de l’article 272, les médecins examinateurs doivent justifier d’un
certain niveau de compétence et d’expérience clairement défini par le
code. En cas de divergence sur le rapport d’expertise médicale, l’expert de
l’assureur et celui de la victime désignent d’un commun accord un tiers
expert dont les conclusions s’imposent à tous. Dans pareille situation, le
délai imparti à l’assureur pour présenter l’offre d’indemnité est prorogé
d’un mois (article 252 bis)
PARAGRAPHE IV - LA LETTRE D’OFFRE D’INDEMNISATION
En posant le caractère obligatoire de l’offre de transaction par le biais de
l’article 231, le code CIMA déroge totalement aux règles du droit civil
incapables d’assurer une protection efficace aux victimes des accidents de
circulation.
A travers l’article 231 le législateur réaffirme sans ambigüité le caractère
intégral et obligatoire de l’offre d’indemnité. L’offre ne doit pas être
inférieure au montant qui résulterait de l’application des modalités de
calcul des articles 260 et suivants ; l’absence d’offre est passible des
sanctions administratives prononcées par la commission de contrôle à
travers l’article 312 et qui vont de l’avertissement au retrait d’agrément.
1. Contenu de l’offre (art.243 code CIMA)
L’offre d’indemnité doit indiquer, outre les mentions exigées par l’article
231, l’évaluation de chaque chef de préjudice et les sommes qui
reviennent au bénéficiaire.
L’offre précise, le cas échéant, les limitations ou exclusions
d’indemnisation, retenues par l’assureur, ainsi que leurs motifs. En cas
d’exclusion d’indemnisation, l’assureur n’est pas tenu, dans sa
notification, de fournir les indications et documents prévus au premier
alinéa.
2. Délai de présentation de l’offre (art. 231 code CIMA)
Indépendamment de la réclamation que peut faire la victime, l’assureur
qui garantit la RC du fait d’un véhicule terrestre à moteur est tenu de
présenter dans un délai maximum de douze mois à compter de l’accident
une offre d’indemnité à la victime qui a subi une atteinte à sa personne.
En cas de décès de la victime, l’offre est faite à ses ayants droit dans les
huit mois du décès.
a) - Retard dans la déclaration de l’accident à l’assureur (art. 247)
Lorsque l’assureur n’a pas été informé de la survenance de l’accident dans
le délai d’un mois, le code prévoit la suspension du délai jusqu’à la
réception de cet avis.
b) - décès de la victime postérieurement à l’accident (art. 248)
Lorsque la victime décède plus d’un mois après l’accident, le délai est
prorogé du temps écoulé entre la date de l’accident et le jour du décès.
c) - Retard dans la communication des documents justificatifs (art.249)
Si l’assureur reste six semaines sans réponse, ou s’il reçoit que des
réponses incomplètes à sa lettre de demande de renseignements et
documents, le délai est suspendu jusqu’à réception des informations
réclamées.
d) - refus d’examen médical ou contestation du choix du médecin (art.
252 et 252 bis)
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
Lorsque la victime ne se soumet pas à l’examen médical ou lorsqu’elle
élève une contestation sur le choix du médecin de l’assureur, la
désignation d’un médecin expert d’un commun accord entre les parties,
proroge d’un mois le délai imparti à l’assureur pour présenter l’offre.
Cette prorogation est appliquée en cas de divergences sur le rapport
d’expertise médico-légal lorsqu’un tiers expert est désigné d’un commun
accord par les deux parties.
e) - victime résidant à l’étranger(art.253)
le délai imparti à l’assureur pour présenter l’offre d’indemnité est prorogé
d’un mois.
3. offre tardive : pénalité
Lorsque l’offre n’a pas été faite ou a été faite en violation des délais
impartis à l’article 231, le montant de l’indemnité produit de plein droit un
intérêt de retard égal à 5% par mois de retard.
En raison de circonstances non imputables à l’assureur, cette pénalité est
réduite ou annulée.
3. protection des mineurs et des incapables
L’assureur doit soumettre aux parents vivants du mineur ou de l’incapable
ou en l’absence de parents vivants, au juge des tutelles ou au conseil de
famille, compétent suivant les cas pour l’autoriser, tout projet de
transaction concernant un majeur sous tutelle ou un mineur.
Il est désormais prévu la saisine en premier lieu des parents vivants du
mineur ou de l’incapable et le recours au juge des tutelles ou au conseil de
famille dans la seule hypothèse où ces derniers ne seraient pas en vie.
4. faculté de dénonciation de la transaction
La victime peut, par lettre recommandée avec demande d’avis de
réception, dénoncer la transaction dans les quinze jours de sa conclusion
pour des motifs de non-respect des dispositions du code CIMA.
Le débiteur de l’obligation de faire l’offre (compagnie d’assurance ou
Fonds de Garantie Automobile).
2ème Parie : LA FIXATION DES INDEMNITES
PARAGRAPHE I- LES CHEFS DE PREJUDICE INDEMNISABLES D’UNE
VICTIME BLESSEE
A- LE REMBOURSEMENT DES FRAIS MEDICAUX (article 258)
Les frais de toute nature peuvent être, soit remboursés à la victime sur
présentation des pièces justificatives, soit pris en charge directement par
l’assureur du véhicule ayant causé l’accident.
Toutefois, leurs coûts ne sauraient excéder deux fois le tarif le plus élevé
des hôpitaux publics du pays de l’accident et en cas d’évacuation sanitaire
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
justifiée par expertise, une fois le tarif le plus le plus élevé des hôpitaux
publics du pays d’accueil.
A la demande de la victime, l’assureur du véhicule ayant causé l’accident
ou du véhicule dans lequel la victime était transportée est tenu de
délivrer, dans la limite des tarifs prévus ci-dessus, une lettre de garantie
pour la prise en charge des frais médicaux.
Les frais futurs raisonnables et indispensables au maintien de l’état de
santé de la victime postérieurement à la consolidation font l’objet d’une
évaluation forfaitaire après avoir recueilli l’avis d’un expert.
B- INCAPACITE TEMPORAIRE (article 259)
La durée de l’incapacité temporaire est fixée par expertise médicale et
elle couvre la période allant de l’accident à la consolidation. En cas de
perte de revenus, l’évaluation du préjudice est basée :
-pour les personnes salariées, sur le revenu net (salaires, avantages ou
primes de nature statutaire) perçu au cours des six mois précédant
l’accident ;
-pour les personnes non salariées disposant de revenus, sur les
déclarations fiscales des deux dernières années précédant l’accident ;
-pour les personnes majeures ne pouvant justifier de revenus, sur le SMIG
mensuel.
Dans les deux premiers cas, l’indemnité mensuelle à verser est plafonnée
à six fois le SMIG annuel. Le SMIG s’entend pour le pays sur le territoire
duquel s’est produit l’accident, ou, s’il est plus élevé, pour le pays de
l’espace CIMA où la victime a sa résidence habituelle.
C- INCAPACITE PERMANENTE (article 260)
L’IP représente la réduction du potentiel physique, psycho sensoriel ou
intellectuel résultant d’une atteinte à l’intégrité corporelle d’un individu
dont l’état est considéré comme consolidé. L’IP peut avoir aussi une
composante économique et morale en fonction de l’importance du taux
arrêté par le médecin.
1°) préjudice physiologique : le taux d’incapacité est fixé par expertise
médicale en tenant compte de la réduction de capacité physique.
Ce taux varie de 0 à 100% par référence au barème médical adopté par la
CIMA.
L’indemnité prévue est calculée suivant l’échelle de valeur de points
d’incapacité ci-dessous :
Valeur du point d’IP (en pourcentage du SMIG annuel)
AGE DU BLESSE
TAUX D’IP Moins De De 20 De 25 De 30 De 40 ans De 60 70 ans
de 15 15ans à ans à 24 ans à 29 ans à 39 à 59 ans ans à 69 et plus
ans 19 ans ans ans ans ans
Moins de 5 6 6 6 6 6 6 5 5
De 6 à 10 12 12 12 12 12 12 10 10
De 11 à 15 14 14 14 14 14 12 10 10
De 16 à 20 16 16 14 14 14 12 12 12
De 21 à 30 17 17 16 16 16 14 14 12
De 31 à 40 18 18 17 17 16 14 14 13
De 41 à 50 18 18 18 17 17 16 15 13
De 51 à 70 19 19 19 18 18 17 16 14
De 71 à 90 25 20 20 19 19 18 17 15
De 91 à 100 29 24 24 22 22 20 19 18
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
2°) préjudice économique : ce préjudice n’est indemnisé que s’il est lié à
l’attribution d’un taux d’incapacité permanente d’au moins 50%.
L’indemnité est calculée :
*pour les salariés, en fonction de la perte réelle et justifiée ;
*pour les actifs non-salariés, en fonction de la perte de revenus établie et
justifiée ;
*pour les actifs non-salariés ne pouvant justifier de revenus, sur la base du
SMIG annuel.
Dans tous les cas, l’indemnité est plafonnée à dix fois le montant du SMIG
annuel du pays où s’est produit l’accident, ou, s’il y est plus élevé, du pays
de l’espace CIMA où la victime a sa résidence habituelle.
3°) préjudice moral : ce préjudice n’est indemnisé que s’il est lié à
l’attribution d’un taux d’incapacité permanente d’au moins 80%.
L’indemnité est fixée à deux fois le montant du SMIG annuel du pays où
s’est produit l’accident, ou, s’il y est plus élevé, du pays de l’espace CIMA
où la victime a sa résidence habituelle.
D- ASSISTANCE D’UNE TIERCE PERSONNE article 261
La victime n’a droit à une indemnité pour assistance d’une tierce personne
qu’à la condition que le taux d’incapacité permanente soit au moins égal à
80% selon le barème indiqué à l’article 260.
L’’assistance doit faire l’objet d’une prescription médicale expresse
confirmée par expertise. L’indemnité allouée à ce titre est plafonnée à
50% de l’indemnité fixée pour l’incapacité permanente.
E- SOUFFRANCE PHYSIQUE ET PREJUDICE ESTHETIQUE (article
262)
La souffrance physique (pretium doloris) et le préjudice esthétique sont
indemnisés séparément.
Le pretium doloris « prix de la douleur » est l’indemnisation du préjudice
subi par la victime en raison des souffrances physiques qu’elle a
ressenties des suites des blessures qu’elle a eues lors de l’accident et des
soins douloureux (intervention chirurgicale, séances de rééducation, etc…)
reçus jusqu’à la consolidation de la victime.
Le préjudice esthétique résulte de séquelles disgracieuses et visibles
consécutives à l’accident. L’impact du préjudice esthétique varie en
fonction de plusieurs facteurs tels que le sexe, l’âge, la situation
matrimoniale de la victime, etc…
Ils sont qualifiés par expertise médicale et indemnisé selon le barème ci-
dessous exprimé en pourcentage du SMIG annuel :
Très léger ………………………………… 5
Léger ……………………………………... 10
Modéré …………………………………… 20
Moyen ……………………………………. 40
Assez important ………………………….. 60
Important ………………………………… 100
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
Très important …………………………… 150
Exceptionnel ……………………………... 300
Le SMIG s’entend pour le pays sur le territoire duquel s’est produit
l’accident, ou, s’il est plus élevé, pour le pays de l’espace CIMA où la
victime a sa résidence habituelle.
F- PREJUDICE DE PERTES DE GAINS PROFESSIONNELS FUTURS
(article 263)
Le préjudice de pertes de gains professionnels futurs s’entend de la perte
de carrière subie par une personne déjà engagée dans la vie active.
L’indemnité est limitée à six mois de revenus calculés et plafonnés à
trente six fois le SMIG annuel du pays de l’accident, ou, s’il y est plus
élevé, du pays de l’espace CIMA où la victime a sa résidence habituelle.
G- PREJUDICE SCOLAIRE
Le préjudice scolaire s’entend de la perte de chance certaine d’une
carrière à laquelle peut raisonnablement espérer un élève ou un étudiant
de l’enseignement primaire, supérieur ou leur équivalent.
L’indemnité à allouer est limitée à douze mois de bourse officielle de la
catégorie correspondante.
PARAGRAPHE II LES CHEFS DE PREJUDICE INDEMNISABLE DES
AYANTS- DROIT DE
LA VICTIME DIRECTE DECEDEE
A- FRAIS FUNERAIRES (article 264)
Les frais funéraires sont remboursés sur présentation des pièces
justificatives et dans la limite de deux fois le SMIG annuel du pays de
l’accident, ou, s’il y est plus élevé, du pays de l’espace CIMA où les
funérailles ont lieu.
Par frais funéraires, il faut entendre non seulement les frais médicaux et
d’hospitalisation exposés avant le décès, mais aussi les us et coutumes
propres à chaque terroir et relatifs à tout ce qui tourne autour des
funérailles de manière générale (habillement du corps, transport au lieu
d’enterrement, cercueil, sépulture, etc…).
B- PREJUDICE ECONOMIQUE DES AYANTS DROIT DU DECEDE
(article 265)
Le préjudice économique est le préjudice financier que subissent du fait du
décès de la victime, les personnes qui vivaient de ses ressources.
Chaque enfant à charge, conjoint et ascendant en ligne directe de la
victime décédée recevra un capital égal au produit d’un pourcentage des
revenus annuels, dûment prouvés, du décédé par la valeur du prix d’un
franc de rente correspondant à son âge, selon la table de conversion
figurant au code.
A défaut de revenus justifiés, le calcul du préjudice économique subi par
les personnes précitées est effectué, dans les mêmes conditions, sur la
base d’un revenu fictif correspondant à un SMIG annuel du pays de
10
REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
l’accident, ou, s’il y est plus élevé, du pays de l’espace CIMA où la victime
avait sa résidence habituelle.
La capitalisation est limitée à vingt-cinq ans pour les enfants mineurs et
les enfants majeurs, si ces derniers justifient de la poursuite d’études.
Les pourcentages de répartition des revenus du décédé entre les
membres de sa famille (ascendants, conjoint(s) et enfant(s) sont indiqués
dans les tableaux ci-après :
CLE DE REPARTITION JUSQU’A QUATRE ENFANTS A CHARGE
En pourcentage Ascendants avec Conjoint(s) avec Enfant(s) avec Enfants orphelins
des revenus répartition répartition répartition double avec
uniforme entre uniforme entre uniforme entre répartition
les ascendants les conjoints les enfants uniforme entre
les orphelins
% du revenu à
capitaliser selon 5 40 30 50
l’âge du
bénéficiaire
CLE DE REPARTITION AU-DELA DE QUATRE ENFANTS A CHARGE
En pourcentage Ascendants avec Conjoint(s) avec Enfant(s) avec Enfants orphelins
des revenus répartition répartition répartition double avec
uniforme entre uniforme entre uniforme entre répartition
les ascendants les conjoints les enfants uniforme entre
les orphelins
% du revenu à
capitaliser selon 5 35 40 50
l’âge du
bénéficiaire
CLE DE REPARTITION SANS CONJOINT, SANS ENFANT
En pourcentage Ascendants avec Conjoint(s) avec Enfant(s) avec Enfants orphelins
des revenus répartition répartition répartition double avec
uniforme entre uniforme entre uniforme entre répartition
les ascendants les conjoints les enfants uniforme entre
les orphelins
% du revenu à
capitaliser selon 25 0 0 0
l’âge du
bénéficiaire
CLE DE REPARTITION AVEC CONJOINT(S) ET SANS ENFANT
En pourcentage des Ascendants Conjoint(s) avec Enfant(s) avec Enfants orphelins
revenus avec répartition répartition double avec
répartition uniforme entre uniforme entre répartition
uniforme les conjoints les enfants uniforme entre
entre les les orphelins
ascendants
% du revenu à
capitaliser selon 15 40 0 0
l’âge du bénéficiaire
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
CLE DE REPARTITION AVEC ENFANT(S) ET SANS CONJOINT
En pourcentage Ascendants avec Conjoint(s) avec Enfant(s) avec Enfants orphelins
des revenus répartition répartition répartition double avec
uniforme entre uniforme entre uniforme entre répartition
les ascendants les conjoints les enfants uniforme entre
les orphelins
% du revenu à
capitaliser selon 15 0 50 60
l’âge du
bénéficiaire
Les quotités ci-dessus sont réparties entre les enfants à charge, les
ascendants en ligne directe (père et mère) et les conjoints, d’une manière
égale à l’intérieur de chacun des groupes de bénéficiaires.
Dans le cas où une famille comprend à la fois des orphelins simples et des
orphelins doubles, le tableau à retenir est celui des orphelins doubles.
L’indemnité globale revenant aux ayants droit au titre du préjudice
économique est plafonnée à quatre-vingt-cinq fois le montant du SMIG
annuel de l’Etat membre sur le territoire duquel l’accident est survenu, ou,
s’il y est plus élevé, du pays de l’espace CIMA où la victime avait sa
résidence habituelle.
C- PREJUDICE MORAL DES AYANTS DROIT DU DECEDE (article
266)
Le préjudice moral est la souffrance que l’on ressent à la suite de la perte
d’un être cher.
Seul le préjudice moral du (des) conjoint(s), des enfants mineurs, des
enfants majeurs, des ascendants et des frères et sœurs de la victime
décédée est indemnisé.
Les indemnités sont déterminées selon le tableau ci-dessous, par bénéficiaire :
En pourcentage du SMIG
annuel
Conjoint(s) …………………………………………………………… 150
Enfants mineurs ……………………………………………………… 100
Enfants majeurs ……………………………………………………… 75
Ascendants (premier degré) ……………………………………. 75
Frères et sœurs ……………………………………………………….. 50
En cas de pluralité d’épouses survivantes, le montant total des indemnités
qui leur sont allouées au titre de leur préjudice moral ne peut excéder six
fois le SMIG annuel.
Toutefois les indemnités de l’ensemble des bénéficiaires donnent lieu à
réduction proportionnelle lorsque leur cumul dépasse vingt fois le SMIG
annuel.
Le SMIG est celui du pays sur le territoire duquel s’est produit l’accident,
ou, s’il est plus élevé, pour le pays de l’espace CIMA où la victime avait sa
résidence habituelle.
12
REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
Paragraphe C- Le calcul des indemnités
OBJECTIF : L’objectif dans le cadre de cette deuxième partie est de
développer la maîtrise des règles de détermination de l’indemnisation à
partir du barème du code CIMA sur la base de cas pratiques réalisés lors
des travaux d’atelier.
A- CAS D’UNE VICTIME BLESSEE
Exemple d’une victime blessée âgée de 35 ans
Après expertise médicale, le médecin conclut ci-après :
Taux d’IPP de 90%, une ITT de 2 ans, Pretium Doloris qualifié d’important,
Préjudice Esthétique moyen.
La victime justifie d’une perte de revenu pour un salaire 250 000 F CFA.
Calcul de l’Incapacité Temporaire Totale :
Revenu journalier = 250 000 : 30 = 8 334* 730 = 6 083 334
L’indemnité est plafonnée à 6 fois le SMIG mensuel en cas perte de
revenus justifiée soit 694 298 *6 = 4 165 788 F CFA. C’est ce montant qui
sera versée en guise d’indemnité pour l’ITT.
Incapacité Permanente Partielle : taux de 90%
Préjudice physiologique
La valeur du point d’IP est de 19 au regard de l’âge de la victime suivant
l’échelle de valeur de points d’IP prévu par l’article 260
Indemnité = SMIG annuel * par taux d’IPP retenu * Indice de variation soit
ici 694298*90%*19 = 11 872 495 F CFA
Préjudice économique
Ce préjudice n’est indemnisé que s’il est lié à l’attribution d’un taux d’IP
d’au moins 50%. L’indemnité est plafonnée à dix fois le SMIG annuel du
pays où s’est produit l’accident.
Plafond SMIG annuel * 10
Indemnité = 694308*10 = 6 943 080
Préjudice moral
Ce préjudice n’est indemnisé que s’il est lié à l’attribution d’un taux d’IP
d’au moins 80%.
L’indemnité est fixée à deux fois le SMIG annuel du pays où s’est produit
l’accident.
694 308 * 2 = 1 388 616 F CFA
Assistance d’une tierce personne
La victime n’a droit à une indemnité pour assistance d’une tierce personne
qu’à la condition que le taux d’IP soit au moins égal à 80% et que
l’assistance soit prescrite expressément par expertise médicale.
L’indemnité allouée à ce titre est plafonnée à 50% de l’indemnité fixée
pour l’IP.
Bases
Indemnité = (IPP physiologique + IPP économique + IPP moral) *50%
(11 872 495 + 6 943 080 + 1 388 616) * 50% = 10 102 095 F CFA
Pretium doloris
Indemnisé selon barème du code exprimé en pourcentage du SMIG annuel
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
SMIG annuel * important
694 308 * 100% = 694 308
Préjudice esthétique
Indemnisé selon le barème du code exprimé en pourcentage du SMIG
annuel
SMIG annuel * moyen
694308 * 40% = 277 723 F CFA
Préjudice de perte de gains professionnels futurs (art. 263)
Le préjudice de perte de gains professionnels futurs s’entend de la perte
de carrière subie par une personne déjà engagée dans la vie active.
L’indemnité est limitée à six mois de revenus et plafonnés à trente six fois
le SMIG annuel du pays de l’accident.
250 000 F CFA * 6 = 1 500 000 F CFA
B- CAS D’UNE VICTIME DECEDEE
Victime décédée dans un accident le 24/08/2008
Jugement d’hérédité prévoit :
2 épouses : Kady née le 01/09/1963, Astou née le 18/06/1968
Sept enfants :
Amsata né le 18/01/1984
Abdoul né le 10/01/1987
Mariame née le 08/01/1991
Atoumane né le 21/02/1994
Néné née le 06/01/1997
Penda née le 15/01/1999
Ahmadou né le 12/03/2001
Aminata née le 22/05/2003
Seydina alioune né le 08/11/2005
Point de PE
Age Qualité Quotité rente PM
Kady 45 Conjoint
Astou 40 Conjoint
Amsatou 24 Enfant
Abdoul 21 Enfant
Mariame 17 Enfant
Atoumane 14 Enfant
Néné 11 Enfant
Penda 9 Enfant
Ahmadou 7 Enfant
Aminata 5 Enfant
Seydina 3 Enfant
Bakary 45 Frère
Safiétou 41 Sœur
Oumar 35 Frère
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
CHAPITRE II - LES GARANTIES AUTOMOBILE NON
OBLIGATOIRES
Contrairement à la garantie RC obligatoire que nous avions étudiée dans
le chapitre précédent, les garanties que nous allons aborder à présent
sont des garanties facultatives.
Elles comprennent trois grandes variétés :
- L’assurance des dommages subis par le véhicule
- Les garanties annexes
- Les garanties complémentaires.
Section 1- L’ASSURANCE DES DOMMAGES SUBIS PAR LE
VEHICULE : LES GARANTIES « DOMMAGES »
Il s'agit ici d'une assurance de choses qui garantit l'assuré contre les
dommages éprouvés par le véhicule à la suite des événements suivants :
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
- Accident
- Incendie
- Vol
- Bris de glace.
S’agissant d’une assurance de chose, elles sont toutes soumises au
principe indemnitaire qui veut que l’indemnité payée ne soit pas
supérieure à la valeur de la chose assurée. En d’autres termes l’assurance
ne doit pas constituer pour l’assuré une source d’enrichissement sans
cause.
Il convient d'examiner les caractéristiques communes de ces garanties
avant d'envisager les particularités.
Paragraphe. 1 - CARACTERISTIQUES COMMUNES DE CES
GARANTIES
Il s'agit de l'identification de l'assuré et des exclusions.
A- LA DEFINITION DE L'ASSURE
Il faut entendre par assuré au titre de ces garanties :
- le souscripteur de la police
- le propriétaire du véhicule.
Dans les sociétés mutuelles ou à forme mutuelle, le souscripteur est
dénommé : le sociétaire.
B - LES EXCLUSIONS COMMUNES
Chacune de ces garanties peut prévoir des exclusions spécifiques. Mais le
plus souvent, les exclusions suivantes figurent dans les conditions
générales
1) Exclusions non rachetables
Il s’agit des dommages suivants :
a) Les dommages causés intentionnellement par l'assuré.
Mais les dommages causés intentionnellement par les personnes dont il
doit répondre sont garantis.
Toutefois, l'assureur sera fondé à exercer un recours subrogatoire en cas
de malveillance commise par l'une de ces personnes.
b) Les dommages occasionnés par :
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
- la guerre étrangère (la preuve contraire incombe à l'assuré)
- la guerre civile, les émeutes et les mouvements populaires
ainsi que les actes de sabotage ou de terrorisme dans le cadre
d'une action concertée de terrorisme ou de sabotage. (II
appartient à l'assureur de prouver que le sinistre résulte de
ces événements).
c) Les dommages qui résulteraient des effets directs ou indirects
d'explosion, de dégagement de chaleur, d'irradiation provenant de la
transmutation de noyaux d'atomes ou de la radioactivité, ainsi que les
effets de radiations provoquée par l'accélération artificielle de particules.
d) Les dommages subis par le véhicule assuré lorsqu'il transporte des
matières inflammables, explosives, corrosives ou carburantes et à
l'occasion desquels lesdites matières auraient provoqué ou aggravé le
sinistre.
e) Les dommages survenus au véhicule au cours de la participation à des
épreuves, courses soumises par la réglementation en vigueur à
l'autorisation préalable des pouvoirs publics, lorsque l'assuré y participe
en qualité de concurrent, d'organisateur ou de préposé d'une personne
ayant l'une de ces qualités
f) Les dommages occasionnés par les tremblements de terre et tous les
autres phénomènes naturels à caractère catastrophique.
g) Les dommages résultant d'opérations de chargement ou de
déchargement du véhicule.
h) Les dommages survenus au véhicule lorsque l'assuré, au moment du
sinistre aurait conduit en état d'ivresse ou sous l'emprise d'un état
alcoolique sauf s'il est établi que l'accident est sans relation avec cet état.
2°) Exclusions rachetables
Il s'agit des exclusions qui peuvent moyennant surprimes ou conventions
spéciales, faire l'objet d'une couverture.
a) Les frais de dépannage, remorquage, transport et garage consécutifs à
des événements garantis.
b) Les dommages indirects tels que privation de jouissance ou
dépréciation.
c) Les dommages aux marchandises et objets transportés dans le
véhicule.
d) Les dommages survenus au cours de transport par air ou par mer, sauf
perte totale du véhicule
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
e) Les dommages survenus lorsque la personne occupant la place normale
du conducteur n'a pas l'âge requis ou ne peut pas justifier du permis de
conduire exigé par les règlements en vigueur.
Paragraphe Il – L’ASSURANCE DES DOMMAGES SUBIS PAR LE
VEHICULE A LA SUITE D'UN ACCIDENT
Il en existe deux types principaux : la Tierce Complète et la Tierce
Collision.
A- LA TIERCE COMPLETE
Elle couvre les dommages subis par le véhicule assuré, ainsi que ses
accessoires et pièces de rechange dont le catalogue du constructeur
prévoit la livraison en même temps que le véhicule.
Ces dommages doivent survenir par suite :
- d'une collision avec un autre véhicule
- d'un choc contre un corps fixe ou mobile
- de versement sans collision préalable (tonneaux).
- de la chute dans les ravins ou cours d’eau
B - LA TIERCE COLLISION
Cette garantie consiste en l'indemnisation des dommages subis par le
véhicule assuré quand ils résultent d'une collision avec un véhicule
appartenant à un tiers identifié, et souvent avec un piéton ou un animal
domestique dont le propriétaire est identifié. Sont également garantis les
accessoires prévus par le catalogue du constructeur.
Elle est évidemment moins onéreuse que la tierce complète parce que:
- les dommages sont couverts dans les cas les plus limités,
- il y a possibilité de contrôle,
- les sociétés d'assurance sont en mesure d'exercer un
recours contre un tiers responsable.
C- LA TIERCE PLAFONNEE
D- LES EXCLUSIONS SPECIFIQUES A LA TIERCE
Il s’agit :
- des dommages subis par les pneumatiques, sauf lorsqu'ils sont
consécutifs ou concomitants à des dommages de même nature subies par
le véhicule.
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
- les dommages survenus sans l’intervention des circonstances prévues
ci-dessus, notamment ceux relatifs à un vol, à un incendie ou qui seraient
la conséquence directe d’un défaut d’entretien, d’usure ou de défectuosité
du véhicule, de vice de construction, de dénivellement ou de mauvais état
du sol affecté au roulage automobile, de chute d’accessoires.
- les frais de dépannage, de remorquage, de transport ou de garage.
- les dommages causés au véhicule par les marchandises et objets
transportés.
- les dommages indirects tels que la dépréciation et la privation de
jouissance
- les dommages de toute natures éprouvés en cours de transport du
véhicule quel qu’en soit le mode
- Pour le conducteur, il n'y a pas de garantie en cas d’ivresse. Cette non-
garantie ne joue qu’à l’encontre du conducteur et non à l’encontre du
propriétaire ou de souscripteur, s’il n’est pas le conducteur
NB : Qu'il s'agisse de la tierce complète ou de la tierce collision, il peut
être prévu une franchise dont le but est triple :
- moraliser le risque
- réduire la prime.
- Eviter les petits sinistres
Paragraphe III - L'INCENDIE
A- OBJET ET ETENDUE DE LA GARANTIE
Cette garantie s'applique aux dommages matériels subis par le véhicule
assuré et les accessoires et pièces de rechange dont le catalogue du
constructeur prévoit la livraison en même temps que le véhicule et
provenant :
- d'incendie,
- de combustion spontanée,
- d'explosion,
- de la chute de la foudre.
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
L’incendie visé peut avoir pris naissance en dehors du véhicule (voiture
garée dans un immeuble ou le feu se déclare) ou dans le véhicule même
du fait par exemple d'un court-circuit.
Certaines polices incluent également les accessoires non prévus au
catalogue du constructeur (tel que le poste radio) qui doivent, dans un tel
cas, être déclarés lors de la souscription.
B - LES EXCLUSIONS SPECIFIQUES A L'INCENDIE
Il s’agit essentiellement :
- des dommages éprouvés par les appareils électriques montés sur le
véhicule assuré (ou leurs accessoires) et résultant d'un bris de machine,
d'un dysfonctionnement mécanique quelconque ou de leur vétusté, ainsi
que ceux causés aux lampes, fusibles et tubes électroniques.
- des dommages causés par la dynamite ou autres explosifs analogues,
transports dans le véhicule.
- des dommages occasionnés par la seule action de la chaleur, ou par le
contact direct et immédiat du feu ou d'une substance incandescente s'il
n'y a ni incendie, ni commencement d'incendie, susceptible de dégénérer
en véritable incendie (notamment les accidents de fumeurs, les brûlures
consécutives à des excès de chaleur).
- les dommages occasionnés au contenu du véhicule (effets personnels,
marchandises, éléments du véhicule autres que ceux énumérés ci-dessus)
Paragraphe IV - LE VOL
A - OBJET ET ETENDUE DE LA GARANTIE
Cette garantie s’applique aux dommages subis par le véhicule assuré
(ainsi que les accessoires, pièces de rechange et pneumatiques dont le
catalogue du constructeur prévoit la livraison en même temps que le
véhicule) et résultant :
- de la disparition du véhicule
- ou de la détérioration à la suite d’un vol ou d’une tentative de
vol du véhicule.
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
On entend par « tentative de vol » le commencement de l’exécution d’un
vol, caractérisé par un faisceau d’indices suffisamment précis et
concordants, rendant vraisemblable l’intention des voleurs et constitué
notamment de traces matérielles d’effraction sur le véhicule.
Sont aussi garantis les frais légitimes engagés par l’assuré ou encore ceux
engagés avec l’accord de l’assureur pour la récupération du véhicule.
Dans le cas où le vol serait commis dans les garages ou remises, avec
effraction, escalade, usage de fausses clefs ou violences corporelles, le vol
séparé des accessoires, pièces de rechange dont le catalogue du
constructeur prévoit la livraison en même temps que le véhicule et des
pneumatiques, est couvert.
Cependant, par stipulation expresse, l’assuré a la possibilité en outre de
faire garantir :
- les accessoires hors catalogue du constructeur
- les effets, objets et marchandises, appartenant à l'assuré, à
son personnel ou aux tiers transportés, à l'exclusion des:
bijoux
fourrures
espèces
billets de banque
valeurs mobilières
objets en métal précieux.
Cette extension de garantie ne produit ses effets que si les objets ci-
dessus sont volés avec le véhicule.
B - LES EXCLUSIONS SPECIFIQUES AU VOL
Sont exclus les vols ou tentatives de vol dont les conjoints, ascendants et
descendants de l'assuré, ainsi que leurs alliés au même degré, ou les
salariés et préposés pendant leur service seraient les auteurs ou les
complices.
Il est à noter qu'en ce qui concerne le vol d'un véhicule, les exclusions
pour ivresse et pour défaut de permis de conduire ne jouent pas, ce qui
est assez logique (le fait que le véhicule ait été conduit juste avant le vol
par un conducteur démuni de permis de conduire ou en état d'ivresse
n'empêche donc pas la garantie de jouer.)
Les limites de la garantie au point de vue territorial sont aussi plus étroites
en général que les limites de la garantie de la RC. (Sauf exclusion
accordée).
21
REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
Paragraphe V - LES BRIS DE GLACES
Elle couvre les dommages consécutifs ou non à un accident subis par le
pare-brise, les glaces latérales, la lunette arrière suivant le tarif du
constructeur au jour du sinistre en ce qui concerne le remplacement des
glaces brisées, ainsi que le prix des fournitures nécessaires à la pose et les
frais de dépose.
Bien que comprise dans la garantie tierce, certaines compagnies la
vendent en plus de cette garantie, certainement pour couvrir les bris qui
ne résulteraient pas:
- d'une collision
- d'un choc entre le véhicule et un corps fixe ou mobile
- d'un versement sans collision préalable.
Il s'agirait par exemple de fissures sous l'effet de la chaleur.
Exclusions spécifiques au bris de glaces et limitations :
Sont exclus :
- les verres des phares et feux de position ;
- les miroirs des rétroviseurs.
Paragraphe VI- LES REGLES PARTICULIERES A L'ASSURANCE DES
DEUX ROUES, SIDE-CARS OU TRIPORTEURS A MOTEUR
Les garanties ici sont d'une façon générale les mêmes que celles étudiées
à propos de la police d'assurance automobile avec toutefois quelques
différences qu'il importe de noter.
La plus importante est l'assurance de la responsabilité civile du
conducteur, propriétaire ou souscripteur vis-à-vis du passager transporté.
En effet, en matière de deux-roues, side-cars ou triporteurs, la garantie de
la responsabilité à l'égard d'un passager transporté n'est donnée qu'à la
demande de l'assuré et moyennant une surprime.
Les personnes exclues du bénéfice de cette garantie sont les mêmes que
pour les autres véhicules.
22
REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
L’autre particularité relative à ces types de véhicules c’est que si
l'incendie et le vol peuvent le plus souvent être assurés, il est rare que l'on
puisse obtenir les garanties « dommages accidentels au véhicule ».
Section Il - LES GARANTIES ANNEXES
Elles englobent la garantie Défense et Recours et l’Individuelle «
personnes transportées »
Paragraphe 1- LA GARANTIE DEFENSE ET RECOURS
Le but de cette garantie est double ; elle consiste à ce que l'assureur
s'engage à défendre l’assuré et exercer au besoin les recours en sa
faveur.
1 °) Défense :
Il s’agit de procéder à la défense de l'assuré devant les tribunaux
répressifs s'il est poursuivi à la suite d'infraction commise aux lois et
règlements sur la circulation du fait de la propriété, de la garde ou de
l'utilisation du véhicule assuré.
2) Recours :
Il s’agit pour l’assureur d’exercer en faveur de l’assuré, à ses frais, toutes
interventions amiables ou actions judiciaires en vue d'obtenir la réparation
pécuniaire des dommages corporels causés à l'assuré ou aux personnes
transportées dans le véhicule assuré, ainsi que les dommages matériels
subis par le véhicule et les objets qui y sont transportés, dans la mesure
toutefois où ces divers dommages résultent d'un accident causé audit
véhicule et engageant la responsabilité d'autrui.
3°) Exclusions propres à la « Défense et Recours »
Demeure strictement exclue au titre de la garantie « Défense et
Recours », le remboursement par l’assureur à l’assuré des amendes
pénales.
Paragraphe Il - L'INDIVIDUELLE « PERSONNES TRANSPORTEES »
De nombreuses sociétés pour des raisons de présentation commerciale,
attribuent à cette garantie des noms divers : Sécurité Passagers - Sécurité
Routière - individuelle – Complémentaire etc….
A - OBJET ET ETENDUE DE LA GARANTIE
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
Au titre de cette garantie, la compagnie assure le paiement des
indemnités dont le montant est fixé aux conditions particulières de la
police en cas d'accident corporel dont l'assuré ou toutes personnes ayant
pris place dans le véhicule en tant que conducteur ou voyageurs
transportés à titre gratuit peuvent être victimes.
Il n'est pas interdit d'assurer en Personnes Transportées (PT) des véhicules
de transports publics de voyageurs. On ne le fait pas parce que cette
assurance serait sans intérêt dés lors que les passagers sont déjà couverts
au titre de la R. C.
Cette garantie s’exerce pour les accidents survenus :
- lors de la conduite du véhicule assuré,
- lors du transport des personnes dans le véhicule assuré,
- au cours de la montée ou de la descente du véhicule assuré
- au cours d'opérations de dépannage ou de réparations
auxquelles les personnes ayant pris place dans le véhicule
peuvent être amenées bénévolement à participer en cours de
route.
Cette assurance appartient à la branche des assurances « Individuelle
accidents ».
L'assurance Individuelle Personnes Transportées est une assurance de
personnes qui garantit des indemnités forfaitaires prévues au contrat en
cas d'accident corporel qu'une personne ou que des personnes pourraient
subir.
L’accident selon la définition admise par tous les assureurs est toute
atteinte corporelles non intentionnelle de la part de l’assuré et provenant
de l’action soudaine et fortuite d’une cause extérieure.
B - RISQUES GARANTIS ET NATURE DES INDEMNITES
En cas d'accident à la charge de la compagnie, la police prévoit les
garanties suivantes :
1 °) En cas de décès :
Le paiement d'un capital au bénéficiaire désigné, généralement il s’agit du
conjoint survivant et des ayants droit de la victime.
2°) En cas d'infirmité permanente totale.
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REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
Le paiement d'un capital dont le montant par tête est fixé aux Conditions
Particulières du contrat et payable à la victime.
3°) En cas d'infirmité permanente partielle (lPP) :
Le paiement d'un pourcentage de la somme assurée pour le cas d'infirmité
permanente totale.
4°) Remboursement des frais médicaux, pharmaceutiques et
d'hospitalisation (FMPH) :
Le contrat peut aussi prévoir le remboursement des FMPH ainsi que dans
certains cas, des frais de transport médicalement justifiés, à concurrence
d'une somme forfaitaire fixée par personne et par sinistre aux conditions
particulières.
C - EXCLUSIONS SPECIFIQUES A LA GARANTIE INDIVIDUELLE ACCIDENT
- Les accidents survenus lorsque le véhicule assuré est utilisé
pour le transport de personnes à titre onéreux.
- Les accidents dus à l'ivresse du conducteur.
- Les accidents survenus aux passagers lorsqu'ils n'ont pas pris
place à l'intérieur de la voiture c'est-à-dire, lorsque les
passagers ne sont pas transportés dans des conditions
suffisantes de sécurité.
Il est à noter que l'indemnité payée au titre de la garantie IPP ne se
cumule pas avec le capital Décès.
D - EXTENSION AU PROFIT DU SOUSCRIPTEUR
Certaines compagnies prévoient que le bénéfice des garanties sera
accordé au souscripteur (exclusivement) :
a) En tant que passager de n'importe quel véhicule y compris les
transports en commun.
b) En tant que conducteur d'un VTM de moins de 3,500 tonnes
E - PARTICULARITES DE LA GARANTIE
Il est essentiel de relever deux points importants au niveau de cette
garantie.
1- Elle joue indépendamment de toute question de responsabilité, et
même si le conducteur est entièrement responsable, ceci sous réserve de
certaines exclusions.
25
REGLEMENT DES SINISTRES MATERIELS ET CORPORELS
1- La société d'assurance n'est pas subrogée dans les droits de la ou des
personnes auxquelles elle verse une indemnité.
Il en résulte que la victime d'un accident couvert ayant reçu une
indemnisation au titre d'une police « personnes transportées » peut
cumuler cette indemnité avec celle qui lui serait due par le responsable de
l'accident.
Une exception à cette règle :
- Les frais médicaux ne sont remboursés qu'une seule fois.
L'assureur est donc subrogé dans les droits de la victime
contre le tiers responsable.
CAS PRATIQUES
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