CECIL
Cahiers d'études des cultures ibériques et latino-
américaines
2 | 2016
Errance et migrations dans l’imaginaire ibéro-
américain
Inmaculada Díaz Narbona (ed), Literaturas
hispanoafricanas: realidades y contextos
Verbum, collection « Biblioteca hispanoafricana », 2015
Dalia Álvarez Molina
Édition électronique
URL : https://journals.openedition.org/cecil/1313
DOI : 10.4000/cecil.1313
ISSN : 2428-7245
Éditeur
Université Paul Valéry Montpellier 3
Référence électronique
Dalia Álvarez Molina, « Inmaculada Díaz Narbona (ed), Literaturas hispanoafricanas: realidades y
contextos », CECIL [En ligne], 2 | 2016, mis en ligne le 01 janvier 2016, consulté le 16 juin 2023. URL :
http://journals.openedition.org/cecil/1313 ; DOI : https://doi.org/10.4000/cecil.1313
Creative Commons - Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International - CC BY-NC 4.0
https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/
Cahiers
d'Études
des
Cultures
Ibériques
et
Latino-‐américaines
Université
Toulouse
Jean-‐Jaurès
–
Université
Paul-‐Valéry,
Montpellier
ISSN
2428-‐7245
CECIL
NUMÉRO
2
(2016)
Dossier
thématique:
Errance
et
migrations
dans
l'imaginaire
ibéro-‐americain
........
5
Jérôme
Thomas
:
Un
pont
entre
deux
cultures.
El
primer
nueva
corónica
y
buen
gobierno
de
Felipe
Guaman
Poma
de
Ayala
(1615)
............................................
7
Olga
Picún
:
Cambio,
identidad
y
crítica:
el
candombe
en
el
movimiento
de
la
Música
Popular
Uruguaya
.................................................................................
31
Aline
Rouhaud
:
Les
marielitos,
exilés
au
sein
de
l’exil
............................................
57
Anne-‐Claudine
Morel
:
El
viajero
de
Praga
(Javpier
Vásconez,
1996).
Mémoires
et
itinéraires
d'un
médecin
praguois
:
de
la
patrie
de
Kafka
aux
contreforts
andins,
de
Prague
au
pays
imaginaire
...........................................................................
79
Pauline
Berlage
:
Desterritorializados.
Exilio
geográfico
y
exilio
de
género
en
Árbol
de
luna
de
Juan
Carlos
Méndez
Guédez
............................................................
99
Xavier
Luffin
:
L'odyssée
latino-‐américaine
des
Turcos
à
travers
la
littérature
arabe
contemporaine
................................................................................................
119
Section
Varia
............................................................................................................
141
Mª
Mar
Cortés
Timoner
:
María
de
Zayas
y
el
derecho
a
ser
de
las
mujeres
.........
143
Vincent
Parello
:
Le
régime
du
séjour
du
réfugié
espagnol
et
de
l’étranger
en
France
(1938-‐1943)
.....................................................................................................
159
Thèses
de
doctorat
..................................................................................................
175
Rencensions
et
compte-‐rendus
...............................................................................
195
Livres
reçus
à
ce
jour
................................................................................................
219
2
Les
Cahiers
d'Études
des
Cultures
Ibériques
et
Latino-‐américaines
(CECIL)
sont
une
publication
lusiste
et
hispaniste
d'histoire
et
de
civilisation,
de
littérature,
d'art
et
de
sciences
sociales
qui
favorise
le
comparatisme
et
les
regards
croisés
sur
les
phénomènes
culturels
et
les
faits
de
civilisation
en
Amérique
latine
et
dans
la
péninsule
ibérique.
Axés
sur
l'étude
des
formes,
des
représentations
et
des
imaginaires,
les
Cahiers
d'Études
des
Cultures
Ibériques
et
Latino-‐américaines
sont
une
revue
en
ligne
avec
une
périodicité
annuelle,
adossée
à
l'IRIEC
(EA
740).
Directeur
:
Michel
Boeglin
Rédacteur
en
chef:
Patrick
Lesbre
Adresse
d'expédition
Pour
nous
envoyer
votre
contribution,
merci
de
nous
contacter
à
[email protected]
Pour
les
normes
de
présentation,
rendez-‐vous
sur
le
site
de
la
revue:
http://cecil.upv.univ-‐montp3.fr
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A
propos
de
la
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ou
nous
contacter
à
l’adresse
mail
indiquée
ci-‐dessus.
Cahiers
d'Études
des
Cultures
Ibériques
et
Latino-‐américaines
-‐
CECIL
–
ISSN
2428-‐7245.
Numéro
2
-‐
Année
2016.
Université
Toulouse-‐Jean-‐Jaurès
–
Université
Paul-‐Valéry,
Montpellier
©
CECIL
CECIL
2
(2016)
201
Inmaculada
Díaz
Narbona
(ed),
Literaturas
hispanoafricanas
:
realidades
y
contextos
Longtemps,
l’Espagne
est
apparue
comme
un
pays
qui
tournait
le
dos
à
tout
un
continent,
et
ce,
malgré
le
voisinage
et
les
rapports
entretenus
depuis
le
Moyen
Age
avec
la
partie
occidentale
africaine.
Or,
depuis
la
fin
du
XXe
siècle,
l’éclosion
d’une
littérature
en
langue
espagnole
−
mais
aussi
dans
les
autres
langues
de
l’État
espagnol
−
écrite
par
des
auteurs
provenant
de
divers
pays
africains
est
avérée.
En
témoigne
l’excellent
ouvrage
collectif
que
nous
nous
proposons
de
commenter
ici.
Publié
chez
Verbum
dans
la
collection
«
Biblioteca
hispanoafricana
»
dirigée
par
Landry-‐Wilfrid
Miampika,
le
volume
Literaturas
hispanoafricanas
:
realidades
y
contextos
est
dirigé
par
Inmaculada
Díaz
Narbona,
professeur
à
l’Université
de
Cadix,
pionnière
dans
l’étude
des
littératures
africaines
en
Espagne,
et
âme
de
ce
travail.
Fruit
d’une
recherche
de
longue
haleine
initié
en
2010 373
avec
le
soutien
du
Ministère
de
l’Économie
et
de
la
Concurrence
espagnol,
il
rassemble
quatorze
travaux
signés
par
des
spécialistes
et
précédés
d’une
préface
de
Donato
Ndongo-‐
Bidyogo
qui
donne
le
ton
à
la
fois
lucide
et
engagé
de
l’ouvrage.
Les
langues
de
l’État
espagnol,
en
tant
que
véhicules
d’expression
pour
un
nombre
croissant
d’écrivains
africains
et
instruments
de
médiation
culturelle
et
artistique
sont
le
fil
conducteur
des
chapitres
qui
composent
le
recueil.
Les
écrivains
regardent
et
décrivent
une
réalité
et
une
location
dont
Inmaculada
Díaz
souligne
le
caractère
multiple
et
divers.
Les
différentes
contributions
abordent
cette
pluralité
à
partir
de
perspectives
diverses
–
les
géographies
littéraires,
les
genres,
l’ethnicité,
la
373
Dirigé par Josefina Bueno et Inmaculada Díaz, le programme de recherche dont ce volume est issu
comprend des actions visant à diffuser les écritures africaines en espagnol telles que la constitution
d’un fond documentaire et la création d’une Bibliothèque africaine qui peut être consultée sur le portail
de l’Institut Cervantes (http://www.cervantesvirtual.com/portales/biblioteca_africana/).
CECIL
2
(2016)
202
littérature
écrite
par
des
femmes,
l’engagement
politique
et
social,
la
réception
littéraire
–
sans
que
l’ensemble
n’ait
à
souffrir
d’un
manque
de
cohérence
interne.
La
diversité
des
problématiques
examinées
et
des
approches
mobilisées
par
les
auteurs
est
l’une
des
principales
qualités
de
cet
ouvrage.
Par-‐delà
les
simplifications
habituelles,
les
travaux
qui
composent
l’ouvrage
collectif
mettent
en
évidence
la
complexité
et
la
richesse
de
ces
écritures
peu
connues.
Si
la
controverse
entre
«
essentialisme
»
et
«
métissage
»
ou
entre
engagement
politique
et
analyse
textuelle
n’en
finit
pas
de
partager
les
eaux
de
la
critique,
le
lecteur
ne
trouvera
dans
ce
volume
aucune
complaisance
envers
des
idées
toutes
faites.
L’honnêteté
des
recherches
qui
ne
se
conforment
pas
au
politiquement/
esthétiquement
correct
vient
ainsi
s’ajouter
à
leur
intérêt
pour
le
lecteur,
qu’il
soit
spécialiste
ou
profane,
souhaitant
approfondir
sa
compréhension
des
nouvelles
écritures
migrantes
en
espagnol
mais
aussi
des
défis
que
doivent
relever
les
sociétés
contemporaines
.
Le
gros
du
volume
est
consacré
aux
auteurs
de
Guinée
équatoriale,
les
plus
prolifiques
pour
les
raisons
que
l’on
sait.
Natalia
Álvarez
parcourt
la
vie
et
l’œuvre
de
Donato
Ndongo,
célèbre
pour
la
qualité
de
ses
ouvrages
mais
aussi
pour
sa
dénonciation
infatigable
des
conséquences
néfastes
de
la
colonisation
et
de
l’après-‐colonisation
:
il
parle
sans
entraves
de
la
dictature
et
de
la
corruption
sans
oublier
de
signaler
la
part
de
responsabilité
espagnole
dans
cet
état
de
choses.
C’est
en
devenant
la
«
voix
de
ceux
qui
en
sont
privés
»,
que
le
célèbre
journaliste
et
écrivain
guinéen,
se
bat,
depuis
ses
premiers
écrits,
et
surtout
son
Anthologie
de
la
littérature
guinéenne
(ouvrage
publié
en
1984
qui
marque
le
début
d’une
reconnaissance
de
cette
littérature),
pour
l’avènement
d’une
société
inclusive.
Lola
Bermúdez
poursuit
cette
exploration
de
l’engagement
littéraire
dans
El
porteador
de
Marlow
de
Cesar
Mba.
Cet
ouvrage,
composé
de
récits
et
de
poèmes,
estt
conçu
comme
un
hommage
à
Joseph
Conrad
et
aux
ténèbres
des
rues
européennes,
théâtre
fréquent
de
toutes
formes
de
violence
à
l’égard
des
immigrés
africains.
Mba
exprime
son
engagement
contre
ces
violences
en
adoptant
un
style
dont
l’onirisme
et
le
grotesque
le
rapprochent
du
réalisme
magique
voire
du
surréalisme.
Dans
son
article,
l’écrivain
et
professeur
Justo
Bolekia
retrace
l’histoire
de
la
poésie
de
Guinée
Équatoriale,
depuis
les
auteurs
anonymes,
qui
ont
transmis
les
contes
et
les
CECIL
2
(2016)
203
traditions
orales
(on
préfère
parler
aujourd’hui
de
poésie
«
traditionnelle
»)
jusqu’aux
nouveaux
poètes
émergents,
sans
oublier
la
«
génération
perdue
»
ou
«
génération
du
silence
»,
celle
des
années
de
plomb
de
la
dictature
de
Macías
(1968-‐1979).
Comme
la
poésie
analysée
par
Bolekia,
la
production
d’un
autre
groupe
d’auteurs
important,
celui
formé
par
les
écrivains
du
Sahara
occidental,
est
encore
très
mal
connue.
Dans
son
étude
sur
la
production
écrite
de
cet
ensemble,
Conchi
Moya
passe
en
revue
l’œuvre
de
poètes
comme
Fatma
Galia,
Abderrahman
Budda
Hamadi
et
Bachir
Lehdad,
qui
est
aussi
l’auteur
d’un
roman
intitulé
El
largo
viaje
hacia
el
este
(2012).
L’œuvre
de
ces
écrivains
témoigne
des
aspirations
politiques
du
peuple
sahraoui
et
d’une
volonté
tenace
de
dialogue.
Si
les
différentes
générations
de
combattants
pour
la
libération
du
Sahara
Occidental,
que
l’Espagne
abandonna
à
son
sort
à
la
fin
de
la
dictature
de
Franco,
ont
utilisé
le
hassanya
autochtone
pour
leurs
compositions
orales,
leur
langue
d’écriture
demeure
l’espagnol.
Conchi
Moya
souligne
que
ces
auteurs
perçoivent
la
langue
espagnole
comme
une
forme
de
résistance
face
à
la
francisation
de
leur
société
et
face
aux
actions
de
Rabat
pour
rendre
homogène
un
territoire
convoité
qui
proclame
haut
et
fort
ses
aspirations
politiques.
Christian
H.
Ricci
analyse
pour
sa
part
le
courant
social
et
indépendantiste
de
la
littérature
marocaine
en
espagnol.
En
prenant
comme
point
de
départ
les
trois
phases
par
lesquelles
passent
les
écrivains
issus
des
pays
colonisés
selon
Frantz
Fanon
(assimilation,
nostalgie
des
origines,
émancipation),
Ricci
examine
l’œuvre
de
Mohammad
Sabbag,
poète
admiré
de
Vicente
Aleixandre,
et
celle
d’Abdelkebir
Khatibi.
La
littérature
nationaliste
et
didactique
qui
voit
le
jour
après
la
décolonisation
affirme
son
originalité
lorsqu’elle
entame
un
dialogue
entre
langue
maternelle
et
langue
d’écriture
pour
réaliser,
en
termes
de
Khatibi,
une
traduction
permanente
d’un
imaginaire
culturel
vers
un
autre.
Enrique
Lomas
quant
à
lui,
aborde
la
«
maghrébisation
de
l’espagnol
»
dans
l’œuvre
de
Sergio
Barce
comme
forme
de
recherche
identitaire
pour
les
musulmans
trahis
par
le
rêve
européen,
mais
aussi
pour
les
Espagnols
établis
au
Maroc,
puis
retournés
dans
leur
«
patrie
»
au
moment
de
l’indépendance.
Tous
ces
voyages
volontaires,
ces
exils
forcés,
ces
doubles
et
triples
déracinements
ont
fait
de
l’Espagne
le
troisième
pays
récepteur
d’immigrés
de
l’Union
européenne.
Josefina
Bueno
examine
la
production
des
CECIL
2
(2016)
204
écrivains
amazighs
publiés
en
Catalogne,
terre
d’accueil
de
la
première
génération
d’écrivains
issus
de
l’immigration.
L’auteur
souligne
les
insuffisances
de
la
recherche
universitaire
dans
l’étude
d’une
littérature
hybride
qui
se
distingue
par
le
plurilinguisme
des
auteurs,
la
transversalité
des
sujets
et
l’interdisciplinarité.
À
partir
des
œuvres
de
trois
écrivains
ayant
choisi
le
catalan
comme
langue
littéraire
−
Saïd
El
Kadaoui,
Laïla
Karrouch
et
Najat
El
Hachmi
−,
Bueno
examine
la
construction
d’une
identité
problématique,
à
la
fois
individuelle
et
collective
et
confrontée
à
plusieurs
identités
d’origine
(arabe,
berbère).
Un
exemple
emblématique
de
ce
nomadisme
littéraire
qui
brasse
les
peuples
et
féconde
les
générations
est
le
livre
pour
enfants
Un
meravellòs
llibre
de
contes
àrabs
per
a
nens
i
nenes,
dans
lequel
Laila
Karrouch
(2006)
propose
des
comptines
traditionnelles
marocaines
pour
les
enfants
catalans.
Un
afropolitanisme
qui
revendique
le
métissage
et
l’identité
fluide
devient
en
définitive
la
marque
distinctive
de
ces
écrivains.
L’article
de
Maya
G.
Vinuesa
analyse
la
présence
de
la
littérature
africaine
anglophone
dans
le
marché
éditorial
espagnol.
Elle
observe
qu’il
est
encore
fréquent
de
considérer
la
littérature
africaine
comme
un
ensemble
d’«
ethno-‐textes
»
et
analyse
la
difficulté
qu’entraîne
la
traduction
de
ces
œuvres
et,
surtout,
la
restitution
de
l’utilisation
subversive
que
les
auteurs
font
du
langage.
Claudine
Lécrivain
aborde
à
son
tour
la
réception
en
Espagne
de
la
littérature
africaine
francophone
(1980-‐
2014).
Elle
signale
la
difficulté
qu’entraîne
la
constitution
d’un
corpus
cohérent
et
la
nécessité,
pour
les
traducteurs,
de
connaître
en
profondeur
les
codes
culturels
de
la
langue
d’origine.
Mais
les
femmes
africaines
qui
écrivent
en
espagnol
sont
sans
doute
les
plus
méconnues.
Blanca
Roman
examine
dans
son
étude
leur
double
marginalité,
en
tant
qu’Africaines
et
en
tant
que
représentantes
d’un
sexe
souvent
associé
à
des
pouvoirs
démoniaques.
Avant
la
colonisation,
ces
femmes
avaient
pourtant
une
influence
non
négligeable
dans
leurs
communautés.
Responsables
de
la
transmission
de
la
culture
traditionnelle
chez
les
enfants,
leur
rôle
s’est
vu
transformé
avec
l’accès
à
la
scolarisation
et
à
une
modernité
«
patriarcale
».
En
évitant
soigneusement
d’idéaliser
cette
femme
«
première
»,
de
nombreuses
africaines
contemporaines
luttent
pour
leur
émancipation.
Or,
la
sexualité
pèse
bien
lourd
dans
cette
transformation.
L’étude
que
Asunción
Aragón
Varo
consacre
aux
cartographies
sexuelles
des
écrivaines
hispano-‐africaines
Agnès
Agboton
et
CECIL
2
(2016)
205
Guillermina
Mekuy
signale
l’actualité
des
préjugés
liés
à
la
sexualité
des
femmes
africaines
et
la
persistance
de
nos
jours
de
la
peur
du
métissage
racial,
dans
lequel
certains
voient
encore
la
cause
de
la
décadence
morale
européenne.
Bien
qu’elles
dénoncent
avec
force
ces
idées
reçues,
ces
écrivaines
africaines
éprouvent
des
difficultés
à
écrire
sur
la
sexualité.
Ces
préjugés
contrastent
avec
les
discours
officiels
de
célébration
du
métissage.
Mar
Garcia
montre
dans
son
étude
sur
l’œuvre
d’Inongo-‐vi
Makomè
que,
dans
les
faits,
le
métissage
reçoit
un
traitement
différent
en
fonction
de
la
classe
sociale
et
du
pouvoir
économique
des
individus.
L’écrivain
camerounais
démantèle
le
discours
du
politiquement
correct
pour
montrer
que,
pour
les
pauvres,
le
métissage
est
à
la
fois
un
privilège
et
une
obligation.
Or,
pour
que
le
métissage
soit
une
richesse
pour
tous,
il
faudrait
d’abord
que
les
individus
et
leurs
cultures
soient
considérés
comme
égaux
et
que
les
Africains
résistent
à
l’acculturation.
Par
la
qualité
des
travaux
rassemblés
dans
cet
ouvrage
collectif
et
par
la
pertinence
des
questions
étudiées
par
les
auteurs,
Literaturas
hispanoafricanas
:
realidades
y
contextos
constitue
une
contribution
de
premier
ordre
au
développement
des
études
africaines
en
Espagne
mais
aussi
à
la
connaissance
des
littératures
africaines
dans
un
pays
qui,
jusqu’il
y
a
peu,
ignorait
presque
tout
de
ses
voisins
«
du
Sud
».
Dalia
Álvarez
Molina
Universidad
de
Oviedo
Inmaculada
Díaz
Narbona
(éd.),
Literaturas
hispanoafricanas
:
realidades
y
contextos
(Littératures
hispano-‐africaines
:
réalités
et
contextes),
Verbum,
collection
«
Biblioteca
hispanoafricana
»
dirigée
par
Landry-‐Wilfrid
Miampika,
2015.
ISBN
:
978-‐84-‐9074-‐201-‐3