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Cinq Poèmes de Juan Garcia - Poésie Cosmique

Le document présente cinq poèmes de Juan Garcia, publiés dans le volume 28, numéro 4 de la revue Liberté en août 1986. Les poèmes explorent des thèmes tels que la lumière, l'existence humaine, la nature et la quête spirituelle à travers des métaphores riches et évocatrices. Chaque poème reflète une profonde connexion entre l'homme, l'univers et la créativité artistique.

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Cinq Poèmes de Juan Garcia - Poésie Cosmique

Le document présente cinq poèmes de Juan Garcia, publiés dans le volume 28, numéro 4 de la revue Liberté en août 1986. Les poèmes explorent des thèmes tels que la lumière, l'existence humaine, la nature et la quête spirituelle à travers des métaphores riches et évocatrices. Chaque poème reflète une profonde connexion entre l'homme, l'univers et la créativité artistique.

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Document généré le 29 mars 2025 21:12

Liberté

Cinq poèmes
Juan Garcia

Volume 28, numéro 4 (166), août 1986

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Éditeur(s)
Collectif Liberté

ISSN
0024-2020 (imprimé)
1923-0915 (numérique)

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Citer cet article


Garcia, J. (1986). Cinq poèmes. Liberté, 28(4), 12–23.

Tous droits réservés © Collectif Liberté, 1986 Ce document est protégé par la loi sur le droit d’auteur. L’utilisation des
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12

JUAN GARCIA
CINQ POÈMES

DE LA LUMIÈRE ET DE L'INSTANT

mille étincelles surgies du chaos


les étoiles se comptent une à une
l'homme lie la terre
et sa force est un arc
qui fend le feu
il marche celui qui pose son corps
contre le firmament
et qui voit les filaments de la Lumière
éblouir son cœur
ah ne plus être compagnon du vide
ne plus rêver du ciel liquéfié
mais boire le lait galactique
devenir soi-même fournaise
de la terre recluse

les noms des vivants marqués d'éclat


et de sang rose
les zones de réverbérations
il y a des viscères jaunes
des glaires interstellaires
qu'avalent des dieux avides
et qui sont rejets d'os et de chair
le lumineux s'installe en nous
le soleil rouge inonde
les mondes sous-jacents
n'est plus caché que le rougeoiment
que filment les photons
et les esprits naviguent
captifs des girations solaires
13

poète hantant les globes


et les horloges harmonieuses
te souviendras-tu des formules
et des chiffres de ton âme
quand tu voyageais seul
avec pour seul recours ton aile
et dont les constellations bleues
freinaient la chute sanglante

un seul drapeau pour plusieurs nébuleuses


c'était la ration de luminaires
le jour fomenté noir et vert
la chevelure dressée de l'ange
luttant avec le cosmos
il suffisait d'orner d'or
son cerveau illimité
pour redevenir un être aventureux
la planète terre avortait dans le sombre
et l'acte ténébreux
plus que soi-même dans la grande fresque
d'un drame intersidéral
plus qu'au sortir de soi
le temps des incandescences
et de la sève universelle
14

le jour se gommait
trop de nocturne avait frappé nos cœurs
nos yeux brillaient comme des comètes
devant nous fléchirait l'horizon
nos genoux éclaboussés
chercheraient encore l'argile
et la promesse d'une aurore
entrée en création

que l'éclatement de nos veines


irrigue infiniment le ciel
qu'un fleuve céleste
palpe encore nos cœurs
le fer et la houille
ne sauraient corrompre le paysage
où tournoient nos regards
qu'un grand miroitement stellaire
enfante encore la nuit
nous demandons secrètement
de nouveaux flamboiements

(le 23 novembre 1984)


15

SILLONS DE L'ÂME

des ruisseaux sillonnent mes yeux


le miroitement de la Lumière
baigne en moi
plus sûrement que les fleuves d'air
je cherche le feu nommé
la fleur du temps
et l'eau qui coule vers la nuit
je suis seul avec du vent
et des étoiles à la chair creuse
mes moindres attentats
signalent un homme fou
rien qui vienne donner de l'aile
contre le ciel glauque
les morts reposent en moi
la parole devient ordre
et message exécutoire
peu importe le lierre de mon front
mes pulsations les plus intimes
appartiennent à la Fable
un pâtre à la flûte d'os
se joue de l'été
il ne s'agit plus du silence
ni de la rumeur cernés
mais d'un grand tremblement
qui est regard porté aux choses
et soleil agonique
il serait vrai cet arbre
que contemplent les muses
16

je reviens de l'envers de ma vie


du revers de mes paysages
les trottoirs suintent
le long de mon passage
c'est que l'ombre s'approprie
tout geste nocturne
voir une maison au bout de soi
est une prérogative
un seul jet du sang hors du monde
et l'avenir pressenti
le beau appréhendé
sous toutes ses formes
l'existence des errants
perfection des sommets
naît de nous poètes épris de vrai
et de recommencements
mais l'automne s'attarde dans nos âmes
le ciel sue de sa plaie
le rose et le bleu s'épousent
sur une terre charbonneuse
le métal nous imprègne
de sa froideur et de son éclat
que seul transcende le jour
17

il ne saurait être celui qui nie son sang


et qui célèbre la nuit
un seul regard fait le jour
la chair se tend comme une tige
vers l'unique moisson
la folle tentative
d'être soi-même dieu
se heurte au ciel mauve
toutes les figures apparaissent
un firmament les masque
qui comporte des signes
et ses mamelles roses
nous allaitent jusqu'à l'aurore
je vois le sublime tableau
de Dieu contre le ciel
plus d'un nuage pourpre
annoncerait un ange
qui se défait des songes
nous restons muets
devant les joutes spatiales
nos corps portent le deuil
de mille galaxies
nous sommes
et les éclairs nous touchent

(le 24 novembre 1984)


18

POÈME POUR VINCENT

halluciné par le soleil


tu as marché cent fois vers cet arbre
cent fois tenu la lumière en otage
dans ta conscience claire
secret comme un champ torturé
comme un pré en deuil
ton oreille macérée dans le vinaigre
tu la tiens perpétuellement dans ta main
elle n'est plus fondement ou acoustique
d'un opéra sublime
mais l'éclatement de tes viscères
où ne se lit pas ta mort
à la base de tes tableaux
je vois ton sang qui coule
arles qui chante en toi
par une alchimie de la couleur
qui renverse ton âme
Vincent les fleurs empoisonnées
ont toujours fasciné ton regard
la lavande et le thym
parfument encore ton corps
qui se souvient de ses moulins
et la provence sue ton nom
et tout son saoul d'absinthe
19

ton souffle recommence


en toute chose vécue
les marguerites te font une traîne
jusqu'à ton ciel mystique
tu peins des soleils tournoyants
qui tourmentent les blés
ah comme la terre ensanglantée
engendre ta folie
comme ton pas campagnard
a foulé de buissons
ta chemise rougie par leurs épines
le lierre au front d'hermès
la chute du firmament
en ton cœur lucide
toutes les étoiles
qui scintillaient dans ton lit
la mort plantée dans ton crâne
douloureux martyre des tulipes
qui force ton corps
et alimente ta passion
Vincent jamais tu ne reverras
les chiens du jour et les loups du soir
tu resteras debout avec pour seul linceul
les feuilles de l'automne

(le 25 novembre 1984)


20

LOINTAINS

les astres métalliques


ont toujours fasciné mon âme
je marche et je retrouve mon corps
dans plusieurs rues à la fois
ma nuit s'instaure en moi
et révèle un firmament rose
à mes yeux de cristal
la terre épouse le jour
mais le ciel infiniment se cache
au fond de nos paupières
tout est vue ou vision
près du tumulte des mers
et du sable orangé
la buée des nébuleuses
imprègne de bleu la terre
où quelques hommes s'attroupent
c'est que le temps fuit
et que le monde devient lieu
et destin des aveugles
21

trouver le porche ou la colonne


et le portique spatial
n'est plus praticable
l'homme programme l'homme
et tantôt exploite sa beauté
il reste suspendu à l'aurore
celui qui brave les tourments
et qui comme l'archer
touche une étoile plus forte que son rêve
il est vrai que le diadème
et le triangle de fer
sont signes de lointains
que Dieu accroche aux nues
digne face au cosmos
le poète saigne d'un soleil
et sa blessure engendre une rose
il regarde morphée
et son sommeil se fonde
mais qui connaît assez sa mort
pour grandir plus que l'autre
sans avoir laissé d'ombre
le seul vivant demande
que poésie soit commise
aéro-dynamique
telle la splendeur de Dieu

(le 27 novembre 1984)


22

VOLONTÉS

la terre fuit vers l'horizon


où des soleils jaunissent
la verroterie des mers
à l'orée du monde
le poète établit son territoire
et sa vertu marine
les vagues illuminent son cœur
plus que la corolle solaire
il existe une potion stellaire
qui nourrit l'âme
plus que l'air terrien
ou la masse des cieux
la lune livre un message
que captent les marins
en quête d'auréoles
et d'écrans lumineux
les grands voyageurs eux-mêmes expirent
au milieu des récifs
secrètement envoûtés
par une eau lactée
23

c'est que les âges masquent


tout événement sismique
le monde jeté par-dessus bord
telle une aurore boréale
c'est que l'hymen cosmique
est sanglant dans la nuit
et que les hommes se noient
dans leurs propres soleils
nous sommes dès lors nimbés
par l'œuvre d'une étoile
inscrite sur nos fronts
plus sûrement que le chemin des songes
nous nous aventurons dans l'âme
du grand univers
des machines un jour diront
nos rêves les plus sublimes
des portes s'ouvriront
sur un domaine d'or
calcul d'un dieu nommeur
de roses éternelles
l'irradiation d'un ciel
habitera nos corps
qui marchent vers demain
ah que vienne le temps des stèles
seul recours des martyrs
le fondement des angles
s'imbibe du violet des ailes
des anges et des nues
nos doigts déjà apprennent
à presser le jus rose des planètes
nos regards magnétiques
enfin fouillent la Mort

(le 8 décembre 1984)

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