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Socio-Anthropologie de La Santé

Le document présente un cours sur la socio-anthropologie de la santé, abordant les déterminants sociaux et culturels de la santé et de la maladie. Il met en lumière l'importance des représentations sociales et des pratiques thérapeutiques dans la compréhension des comportements sanitaires. L'anthropologie médicale critique les interventions de santé publique en soulignant la nécessité de prendre en compte le contexte socioculturel des populations.

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Socio-Anthropologie de La Santé

Le document présente un cours sur la socio-anthropologie de la santé, abordant les déterminants sociaux et culturels de la santé et de la maladie. Il met en lumière l'importance des représentations sociales et des pratiques thérapeutiques dans la compréhension des comportements sanitaires. L'anthropologie médicale critique les interventions de santé publique en soulignant la nécessité de prendre en compte le contexte socioculturel des populations.

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Université Cheikh Anta DIOP de DAKAR

Faculté de Médecine, de Pharmacie et d'Odontostomatologie

Master 2 Odontologie

Socio-anthropologique de la santé

Dr Amadou Hamath DIALLO


Socio-anthropologue

1
Plan du cours
Introduction........................................................................................................................... 3
Les objets de la socio-anthropologie de la santé .................................................................... 5
Santé, Maladie et leurs interprétations sociales et culturelles .................................................... 5
Représentations sociales de la santé et de la maladie .................................................................. 6
Représentations populaires.......................................................................................................... 6
Distinction illness, disease, sickness ............................................................................................. 9
Anthropologie médicale, Ethnomédecine, anthropologie de la maladie, Anthropologie de la
santé, socio- anthropologie de la santé ................................................................................ 10
Les apports de la socio-anthropologie à la médecine .......................................................... 13
Les avantage de l’approche socio-anthropologie à la compréhension des problèmes de santé 14
La Médicalisation de la société ............................................................................................................ 14
La pharmaceuticalisation .................................................................................................................... 16
Conclusion .......................................................................................................................... 16

2
Introduction

C’est dès le XIX siècle que les premières études sur les déterminants sociaux de la santé
apparaissent. Nous pouvons en citer deux. La première étude est celle d’Engels, intitulé la
condition de la classe ouvrière en Angleterre (1845). Cet ouvrage montre comment les
conditions précaires des ouvriers de l’époque-la malnutrition, la promiscuité, les logement
insalubres- conduisent aux maladies telles que la tuberculose et la typhoïde. Ce travail d’Engels
a, à son tour, influence décisive sur le chercheur médecin Virchow de l’Université de Berlin,
qui reconnait que les facteurs sociaux comme étant à l’origine de la grande épidémie de typhus
à l’Est de la Prusse en 1947. Pour lui, la médecine était avant tout une science sociale.
Concernés d’abord par les représentations culturelles de la maladie et l’étude comparative de
leurs variations, les anthropologues ont mis du temps à revisiter. L’évolution s’est faite en deux
temps. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, sous l’impulsion du paradigme de la
modernisation et de ses programmes de développement économiques, les initiatives
internationales à l’aide au développement se popularisent.
A cette époque, avec la création d’institutions internationales comme l’Organisation des nations
Unies (ONU) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de nouveaux programmes
s’adressent à l’amélioration des systèmes de santé et de la santé des populations, notamment
dans les pays « sous-développés ». L’objectif était d’introduire la biomédecine auprès des
populations indigènes comme l’antidote qui allait éradiquer les maladies affligeant les
populations défavorisées. C’est dans ce contexte que les anthropologues sont intervenus pour
dénoncer les limites de ces programmes de santé, et les postures des organisations
internationales. En effet, ces institutions considéraient souvent que l’échec de leurs programmes
découlait d’une résistance culturelle des populations locales à la médecine « moderne » (Foster,
Anderson 1978).
Le rôle de l’anthropologue était donc de souligner l’importance du contexte socioculturelle de
la santé, et de montrer que pour changer certains comportements sanitaires, il fallait passer par
la compréhension des représentations locales du corps, de la santé, de la souffrance, de la
maladie. De ce point de vue, l’anthropologie médicale des années 1960 et 1970 était une critique
des interventions de santé publique. Ces dernières négligeaient la prise en compte de la maladie
dans son contexte. Ainsi, le rôle des anthropologues était de faire le lien entre leur connaissance
des représentations culturelles locales et les réponses des populations face à la maladie et au
soin (Jenzen, Feierman 1992).

3
C’est à partir des années 1980 qu’une seconde critique est né au sein de l’anthropologie
médicale. Formulé au départ par Soheir Morsy (1981), ce courant critique ajoutait à
l’importance du contexte local de la maladie et des représentations, celui des facteurs structurels
sous-jacents de la maladie liée à des dynamiques économiques à plus grande échelle. C’est à partir de
moment que se développe une approche anthropologique d’économie politique de la santé. Cette
approche s’efforce de montrer comment les initiatives de développement autour de la santé «
dépolitisent » la maladie en disséminant un modèle selon lequel les individus seraient eux-mêmes
responsable de leurs problèmes de santé. C’est aussi dans ce contexte que l’anthropologie a commencé
d’articuler les politiques à l’échelle internationale et leurs influences sur celles locales (politiques
nationales) (Scheper- Hughes, 1987). Pour cette approche critique de l’anthropologie, il était important
de « synthétiser la compréhension de l’économie politique de la santé au niveau macro avec l’attention
et la connaissance du niveau micro caractérisant l’anthropologie médicale conventionnelle » « (Singer
1986 :128).
La maladie parait au premier abord se réduire à sa réalité organique. Le savoir médical a
pendant longtemps fait écran au regard sociologique. Il a fallu attendre 1948 pour que soit
formulée par le sociologue américain Talcott Parsons la première analyse sociologique portant
sur la maladie et la médecine dans la société contemporaine en définissant le rôle social du
médecin et celui du malade (Philippe Adam, Claudine Herzlich, 2007). Plusieurs sociologues,
à l’instar de Robert King Merton, Renée Fox, Howard Becker, Erving Goffman, Eliot Friedson,
Anslem Strauss ont consacré des recherches aux questions de santé.
Si l’on veut analyser les différences manières dont maladies est liée au social, on doit s’attacher
à sa nature et à sa distribution. Les maladies sont différentes selon les époques et les conditions
sociales : aux épidémies d’autrefois ont succédé le cancer, les maladies cardiovasculaires, le
diabète, l’insuffisance rénale chronique, etc.
La maladie est socialement définie. En effet, des sociétés différentes reconnaissent chacune des
maladies spécifiques. La bonne santé s’identifie à la norme ; « être en bonne santé » et « être
normal ».
Georges Canguilhem nous apprend que la norme qu’est la santé ne renvoie pas seulement à
l’état organique individuel : « c’est au-delà du corps qu’il faut regarder pour déterminer ce qui
est normal pour ce même corps ».

4
Les objets de la socio-anthropologie de la santé
Entre autre objets, la socio-anthropologie de la santé s’intéresse aux déterminants sociaux
culturels des notions de santé et de maladie. En effet il question des représentations de la
maladie, des itinéraires thérapeutiques des malades, le rôle des thérapeutes, etc.
Les pratiques thérapeutiques dont les rituels de guérison étudiés en fonction du système socio-
culturel. Pour Fassin, «la santé est une production sociale, car c’est la société qui définit ce qui
relève de la santé». De l’avis de Fassin, le sociologue ou l’anthropologue de la santé doit
appréhender le rapport entre nature et culture dans les problématiques de santé. Il doit saisir ce
qu’il appelle la double relation de culturalisation de la nature et de naturalisation de la culture.
Par ailleurs, la socio-anthropologie de la santé travaille à l'amélioration des interventions
sanitaires en s'intéressant aux expériences de vie et à la subjectivité des individus. Dans la
foulée, une attention est accordée aux médecines traditionnelles et aux itinéraires de soins
complexes suivis par les malades. Il s'agit de documenter les savoirs populaires et les
représentations collectives de la maladie, des soins et des soignants.

Santé, Maladie et leurs interprétations sociales et culturelles

Tout évènement important de l’existence humaine demande une explication : on doit


comprendre la nature et lui trouver des causes. La maladie n’échappe pas à cette règle.
L’individu confronté à une sensation corporelle désagréable et inhabituelle doit la «décoder»,
la relier à d’autres manifestations (Philippe Adam & Claudine Herzlich, 1994, 2007). Il doit
expliquer aux autres ce qu’il ressent s’il veut recevoir une aide. C’est d’ailleurs à partir de ce
moment que se développe ce que Jenzen appelle le «groupe organisateur de thérapie».
Une telle élaboration n’est pas individuelle, elle est sociale et culturelle. Les travaux en
psychosociologie (de S. Schachter et J. Singer) ont montré que les états physiologiques, comme
la faim ou la douleur ne sont des données totalement objectives: ils sont interprétés en fonction
des contextes sociaux dans lesquels ils se produisent.
Le sociologue Howard Becker a également montré, dans son article intitulé «comment on
devient fumeur de marijuana? qu’éprouver du plaisir à fumer cette substance n’est pas
immédiat: c’est le résultat d’un apprentissage qui s’opère grâce à l’appartenance à un groupe
de fumeur. En interactions avec les autres, les perceptions du novice se transforment. En
définitive, selon, Philippe Adam & Claudine Herzlich, l’appartenance à une culture fournit à
l’individu le cadre dans lequel s’opère ces interprétations touchant les phénomènes du corps et,
en particulier, la maladie et ses symptômes?

5
En déclarant un individu malade, il porte un jugement qui dépasse son état corporel et qui,
retentissant sur son identité, lui assigne une position dans la société. Les manifestations
biologiques de la maladie s’inscrivent sur le corps d’un individu mais aussi elles font l’objet
d’une interprétation sociale pour la plupart (Marc Augé, 1994).

Représentations sociales de la santé et de la maladie

Selon Jean-Claude Abric, «La représentation peut être définie comme une vision fonctionnelle
du monde qui permet à l’individu ou au groupe de donner sens à ses conduites et comprendre
la réalité à travers son propre système de référence, donc de s’y adapter, de s’y définir une
place». Pour Denis Jodelet, «la représentation est une forme de connaissance socialement
élaborée et partagée ayant une visée pratique et concourante à la construction d’une réalité
commune à un ensemble social. La représentation n’est pas un simple reflet de la réalité, elle
est une organisation signifiante».
La relation entre représentations sociales, santé et maladie a été abordée par Claudine Herzlich
dans les années soixante. Dans le cadre d’une étude sur les représentations sociales de la santé
et de la maladie, elle montre le langage dans lequel on s’exprime à propos de la santé et dans
lequel on en interprète les causes est un langage rapport de l’individu à la société. La maladie
objective (manifeste) ainsi le rapport conflictuel au social. Pour Herzlich, ce sont des critères
sociaux, l’activité ou l’inactivité, la participation sociale ou l’exclusion qui sont utilisés pour
définir le malade ou le bien-portant. Être malade, c’est «s’arrêter, c’est-à-dire interrompre son
travail. Cette conception renvoie à ce que Byron Good appelle le «réseau sémantique de la
maladie». Ce dernier renvoie à l’ensemble de notions et de symboles qui structurent
l'expérience et le développement du mal- être.
En réalité, les symptômes, les dysfonctionnements ne traduisent l’idée de maladie que lorsqu’ils
entrainent une modification de la vie du malade. Selon Didier Fassin, «du point de vue de
l’anthropologie, la santé est tout à la fois autre chose et bien plus que l’envers de la maladie.
Elle est un rapport entre l’être physique et psychique, d’un côté, du monde social, de l’autre;
rapport qui n’est pas un donné physiologique ou sensible, mais l’expression d’une construction
historique» (Fassin D. «Entre politiques du vivant et politiques de la vie. Pour une
anthropologie de la santé»).

Représentations populaires

Les conceptions populaires ne s’inscrivent pas dans un « système » figé qui s’opposerait
globalement à un savoir scientifique. Des pratiques médicales peuvent venir renforcer les

6
conceptions populaires. L’intériorisation d’une bonne information n’est pas synonyme de
changement de comportement.
§ Le sens du mal
Nous empruntons ce terme à Claudine Herzlich et à Marc Augé. Le sens du mal renvoie aux
différentes significations de la maladie. Comme nous l’avons dit plus haut, la maladie a besoin
d’être interprétée pour être maitrisée. Elle est sens et symbole. Chez les Bisa du Burkina Faso
l’apparition de la maladie est souvent interprété comme une sanction infligée par les ancêtres,
la conduite reprouvée par la société, le vol, l’adultère, le manque de respect aux personnes
âgées.
Sept (7) agents peuvent envoyer la maladie chez les Bisa : les ancêtres, Dieu, les sorciers, les
génies, les jumeaux, le destin, les guérisseurs. En effet, chez les Bisa, on peut faire appel à un
devin qui va faire un état des lieux du contexte dans lequel le patient est tombé malade. Les
techniques divinatoires Bisa aident le devin à diagnostiquer le problème avec l’aide du patient
qui va poser le problème en le racontant. Il y a une similitude avec la psychanalyse : on crée
des situations qui permettent de faire dire au patient des choses. Les stratégies de guérisons se
penchent sur deux critères :
1) soigner le mal (prise en charge par les guérisseurs)
2) en connaitre la cause (prise en charge par les devins)
Les guérisseurs spécialisés dans certaines maladies. Ils utilisent des plantes et s’intéressent aux
manifestations ostensibles (qu’on peut voir).
S’agissant des devins, ils vont interpréter les causes qui ne sont pas dues au hasard (le hasard
n’existe pas). Le guérisseur a un rôle partiel. En effet, si le devin ne détermine pas la cause, le
guérisseur dépend de lui pour donner la bonne médecine.
Dans les sociétés où la médecine scientifique est dominante, le savoir médical fournit un
ensemble d’explications au malade. Selon Luc Boltanski, l’acquisition d’une compétence
médicale par le malade dépend de certaines conditions : ce sont les membres des milieux qui
intériorisent mieux les catégories conceptuelles du savoir médical. Pour lui, les raisons sont
claires. Non seulement ils consultent souvent le médecin, mais aussi ils ont plus proches de lui
de par l’origine sociale. Ils partagent ses visions du monde et communiquent plus aisément avec
lui. De même, le niveau d’éducation rend plus facile la transmissions des connaissances et
informations du médecin au malade. De ce point de vue, ils sont donc plus enclins à décrypter
leurs maladies et à communiquer à son sujet (Luc Boltanski, 1971, « Les usages sociaux du
corps »). Généralement, le rapport au corps est déterminé par la proximité d’un groupe social
au discours dominant.

7
Toutefois, la maladie n’est pas seulement un ensemble de symptômes qui conduit la personne
chez le médecin, elle constitue un événement qui menace et modifie nos rapports avec les autres
donc de notre vie. La maladie entraine ainsi la formulation de certaines questions: pourquoi
moi» ? pourquoi maintenant» ? Nous convenons donc avec Byron Good que le diagnostic
médical ne suffit pas pour répondre à ces questions et le point de vue du malade n’est une simple
reproduction du savoir médical. L’interprétation collective de la maladie s’effectue toujours en
des termes mettant en cause la société, ses règles et la vision que nous en avons: à travers nos
conceptions de la maladie, nous parlons de notre rapport à l’ordre social.
§ Cultures et symptômes: la discrimination des symptômes
Erving Zola, dans Culture and symtoms, montre qu’on pouvait étendre l’analyse de Zborowski
sur la problématique de la description des symptômes chez les américains d’origine irlandaise
ou italienne. Zola montre comment les patients décrivent les symptômes dans le cadre de la
consultation d’ophtalmologie en déchiffrant les plaintes selon leur origine sociale face à un
même diagnostic. Les irlandais indiquent le plus souvent la localisation précise concernant les
symptômes, décrivent un dysfonctionnement circonscrit. Ils insistent sur la douleur ressentie et
estiment que leur humeur et leur relation avec autrui sont perturbées.
Ainsi, pour un même trouble visuel, à la question «De quoi souffrez-vous? Un Américain
d’origine irlandaise répond: «je ne peux pas y voir pour enfiler une aiguille ni pour lire un
journal» alors que le malade d’origine italienne dit: «j’ai un mal de tête perpétuel, les yeux qui
pleurent et deviennent rouges ». Les différences de réactions selon les cultures ne concernent
pas seulement le style de plainte ou la nature de l’angoisse associée aux symptômes. Selon les
symptômes, on attache un intérêt plus ou moins grand à différents organes ou parties du corps.
Dans les sociétés occidentales, le cœur est un organe investi de significations particulières. Au
Japon, c’est l’abdomen (le hara) qu’on accorde plus d’attention. Le hara est considéré comme
le siège de la vie et condense les significations que nous attachons à la fois au cœur et au
cerveau.
§ Le modelage culturel de la maladie
Le modelage culturel englobe aussi, au-delà de la perception et de l’expression des symptômes,
ce qui est défini comme maladie dans une société donnée. Dans certaines sociétés, des
phénomènes considérés comme pathologiques ne sont pas considérés comme tels dans la
médecine occidentale: les vers intestinaux que certains groupes considèrent comme des
éléments nécessaires à la digestion en sont une illustration. C’est aussi l’exemple de ce que
certains anthropologues ont appelé «syndromes liés à la culture» comme le susto (frayeur) en
Amérique latine. En effet, toutes les personnes souffrant du susto manifestent les symptômes:

8
elles sont agitées pendant leur sommeil, se montre amorphes, sans force, dépressives,
indifférentes à l’hygiène et à leur apparence lorsqu’elles sont éveillées. L’explication avancée
par les malades et leurs familles et les guérisseurs traditionnels, à propos du susto, est qu’à la
suite d’un événement effrayant, une partie essentielle, non matérielle, de la personne a été
séparée de son corps.
Une équipe pluridisciplinaire composée de médecin et d’anthropologues a montré, dans une
étude réalisée au Mexique, que le susto n’est pas une maladie connue de la médecine
occidentale. Le susto a bien une spécificité, il «démontre de quelle façon processus culturels et
organiques interagissent pour former une entité culturelle inconnue de la médecine
occidentale». La mise en évidence du fait que le susto n’atteint que les personnes qui ont du
mal à faire face aux pressions de la vie quotidienne et à remplir efficacement leurs rôles sociaux.
Byron Good et Marie-Jo Delvecchio toute maladie est un phénomène signifiant. Pour lui,
l’activité médicale est toujours interprétative : Le médecin interprète les symptômes ressentis
par le patient et les traduit dans des catégories du savoir médical fondé sur des notions
biologiques. Le malade de son côté a son propre point de vue concernant son état, il a son propre
modèle explicatif qui peut être en partie individuel.

Distinction illness, disease, sickness

La socio-anthropologie s'est nourrie d'une réflexion sur les trois mots anglais pour désigner la
maladie: disease, illness, sickness. Le vocable disease, la pathologie identifiée par la
biomédecine. Le mot disease est utilisé par référence aux états organiques et fonctionnels.
Quant à Illness, il designe l'expérience subjective du patient, elle renvoie à la perception d’une
perturbation par le sujet, à son vécu individuel ou à sa définition psychologique. S’agissant de
Sickness, il désigne le phénomène social produisant le rôle du malade et les attentes de la
société. Sickness renvoie à la définition socioculturelle de la maladie.
Pour Young, «c’est le processus de socialisation de disease et de illness». C’est sickness qui
détermine les choix thérapeutiques des individus. Le terme de « sickness » rend compte des
déterminations sociales historiques et culturelles des représentations du malade et du médecin.
Cette distinction entre illness, disease et sickness conduit A. Zempleni à dire que «
l’anthropologie médicale a donc commencé avec l’éclatement de la maladie en sa triple réalité
».
Selon Raymond Massé (1995), c'est donc dans cette richesse qu'il faut puiser pour la
compréhension renouvelée d'une notion potentiellement heuristique, puisqu'elle fait jouer des
significations oubliées par la langue, mais toujours présentes dans le monde social. Ces

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conceptions différenciées montrent que la maladie a aussi deux importantes dimensions que les
anthropologues résument en termes de conceptions émique et étique.
La conception étique renvoie à dimension biomédicale de la maladie, au savoir de la médecine
moderne. La conception étique, quant à elle, renvoie à la dimension sociale et culturelle de la
maladie. Elle porte sur les conceptions populaires de la maladie.

Anthropologie médicale, Ethnomédecine, anthropologie de la maladie,


Anthropologie de la santé, socio- anthropologie de la santé

L’histoire de la socio-anthropologie de la santé est marquée par plusieurs termes qui se


distinguent de par leur objet d’étude.
§ L’anthropologie médicale
Elle a été le terme consacré à l’étude des faits de santé. L’anthropologie médicale s’est
constituée aux USA dans les années 60, «medical anthropology», plus particulièrement axée
sur le traitement des maladies. L’anthropologie médicale est une branche de l'anthropologie
sociale qui est née de l'étude des croyances et rituels relatifs à la santé et de la description de la
variation biologique
chez l'homme. Aujourd'hui, les anthropologues médicaux s'intéressent à une vaste gamme de
sujets, dont les fondements culturels de la santé, de la distribution des maladies, des croyances
et des pratiques liées à la santé ou des choix de prise en charge.
§ L’ethnomédecine
Elle centre ses réflexions sur l'ensemble des croyances et pratiques relatives à la maladie dans
une société donnée. L’ethnomédecine s’intéresse aux systèmes de classification des maladies
présents à travers le langage. Elle fait l'inventaire systématique des connaissances empiriques
en matière de pharmacopée ou encore psychosociologiques véhiculées dans les rituels
thérapeutiques. Qui plus est, l’ethnomédecine s’intéresse aux matières que manipulent les
individus qui occupent les fonctions de thérapeutes à l'intérieur de leur société. Comme pratique
relevant de l’ethnomédecine, nous pouvons citer :
-Le «ndëpp» qui est un rite thérapeutique destiné au traitement de maladie psychatrique chez
les Lébous.
§ Anthropologie de la maladie
Elle est principalement défendue par Marc Augé. Ce dernier défend la non-autonomie des faits
de maladie par rapport aux autres domaines sociaux comme la parenté, religion, etc.) pour lui,
les pratiques relatives à la maladie sont indissociables d’un système symbolique.

10
Cette perspective théorique conduit Augé à récuser l’appellation «anthropologie médicale». A
ses yeux, il n’existe qu’une seule anthropologie qui se donne des objets distincts. Il propose
ainsi le terme «anthropologie de la maladie». Pour Augé, la maladie n’est pour l’observateur
qu’un objet d’occasion. De ce point de vue, il est plus indiqué de parler «d’anthropologie de la
maladie».
§ L’anthropologie de la santé
Didier Fassin est l’un de ses principaux défenseurs. Pour lui, l’anthropologie de santé est plus
englobante en ce qu’il investit, en dehors des objets traités par l’ethnomédecine et
l’anthropologie médicale. Elle s’intéresse aux politiques et programmes de santé, aux inégalités
en matière de santé, aux disparités devant la mort dans les sociétés contemporaines. Pour Fassin,
si l’essentiel des travaux des approches précitées porte sur la maladie, il est rarement dans ces
recherches (anthropologie de la maladie, anthropologie médicale) question de système de
protection sociale et d’hygiène publique, des programmes de prévention, des politiques
internationales de soins de santé primaires et locales, des projets de développement sanitaire,
des dispositifs d’information épidémiologique. Il s’agit aux yeux de Fassin pour l’anthropologie
de la santé de relever un manque relatif à la non prise en compte de problématiques importantes.
La socio-anthropologie de la santé. Cette limite a été d’ailleurs souligner par Arthur Kleinman
qui appelle les sociologues et anthropologues travaillant sur la santé à s’intéresser aux
problématiques du moment. Il soutient en ces termes : « Écrire en 1994 sur la médecine et ne
pas se situer dans le débat national américain sur l’assurance sociale, c’est surement affirmer
une autre forme de marginalité ». Merrill Singer (1995) abonde dans le même sens qu’Arthur
Kleinman en invitant les anthropologues et sociologues de la santé à une « praxis critique ».
La Sociologie de la santé est une discipline qui s’est surtout développée autour des travaux de
Talcott Parsons. Elle s’est intéressée à l’analyse des institutions sanitaires et de leur
fonctionnement. Elle est au confluent des approches sociologiques et anthropologique de la
santé.
Pour Fassin, il ne s’agit pas de mettre l’anthropologie au diapason des problème de société ou
de la soumettre à une demande sociale, mais de considérer ces réalités apparemment banales
comme porteuses de sens. L’anthropologie de la santé, en tant que sous discipline de
l’anthropologie, s’est constituée comme une science qui a pour objets les phénomènes
sanitaires, incluant la médecine, le personnel de soins, les institutions sanitaires, etc. Selon
Raymond Massé, « L’anthropologie de la santé peut être sommairement définie comme une
sous- discipline de l’anthropologie consacrée à l’analyse des façons dont les gens, dans diverses
cultures et dans divers sous-groupes sociaux à l’intérieur de chaque culture, reconnaissent et

11
définissent leurs problèmes de santé, traitent leurs malades et protègent leur santé. Elle se donne
comme principaux objets d’étude les conceptions populaires et professionnelles des causes des
problèmes de santé, la nature des traitements de la maladie, les thérapeutes qui appliquent ces
traitements, les processus par lesquels les individus recherchent de l’aide et les institutions qui
régissent l’espace socioculturel de la santé ».
Trois traditions scientifiques particulières sont à l'origine de l'anthropologie de la santé en tant
que champ distinctif de l'ethnologie : l'intérêt de l'ethnographie traditionnelle pour les
médecines dites primitives ou ethnomédecine (c’est-à-dire les études ethnographiques portant
sur les médecines primitives) ; l’ethnopsychiatrie, c’est-à-dire les études analysant l’influence
de la culture et de la société sur les conceptions de la santé et de la maladie mentale qui ont
favorisé une étroite collaboration entre anthropologues et psychiatres ; et l'expansion des
programmes internationaux de santé publique durant la période qui a suivi la Seconde Guerre
Mondiale. Ces trois traditions scientifiques ont contribué à la constitution d'un corpus de
connaissances se rapportant à la santé et à la maladie dans des contextes transculturels qui
élargissent les conceptions biomédicales de la maladie ainsi que les représentations
professionnelles et les modèles thérapeutiques des intervenants du monde occidental (Massé,
1995 ; Tremblay, 1982).
L’anthropologie de la santé reprend à son compte, pour le domaine de la santé et de la maladie,
les larges visées de l’anthropologie qui est l’étude de l’homme dans sa totalité, soit de ses
origines, soit de son expansion sur la terre et de sa diversification biologique et culturelle.
Passionnés par la diversité des groupes raciaux et des milliers de cultures originales issus du
potentiel créateur de l’homme, les anthropologues s’intéressent du même coup aux
dénominateurs communs de l’humanité. Appliquée au domaine de la santé, l’anthropologie se
donnera comme tâche, dans une perspective comparative, de mettre au jour les composantes
des divers systèmes de santé qui peuvent être considérées comme universelles et celles qui sont
le produit original de telle ou telle culture. En nous sensibilisant à l’existence d’autres systèmes
diagnostiques, thérapeutiques ou étiologiques, elle nous amène à relativiser non seulement les
vertus mais aussi les défauts de notre propre système de santé et jette les bases d’un recul
critique (Massé, 1995).
Les analyses que poursuit l'anthropologie de la santé établissent les relations qui existent entre
la maladie, les systèmes de dispensation des soins et les « pattern » culturels sans oublier
l'univers du patient et les conceptions du professionnel de la santé. Toutes les civilisations du
monde ont élaboré des conceptions de la maladie, ont développé des systèmes de dispensation
des soins et ont mandaté des spécialistes pour traiter les malades et les aider à restaurer les

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équilibres physiologiques, psychosomatiques et socioculturels rompus. Conceptions de la
maladie, élaboration des méthodes prophylactiques, apprentissage des spécialistes, application
des thérapeutiques, constituent autant d'éléments du système médical qui sont influencés par
les visions du monde, les systèmes de pensée et les modes de vie (Tremblay, 2005 : 7).
§ La socio-anthropologie de la santé
La socio-anthropologie de la santé se propose de comprendre les problèmes de santé dans leurs
dimensions sociales et culturelles. Selon Jean-Louis Fabiani, Jean-Pierre Olivier de Sardan,
Marc-Éric Gruénais et Yannick Jaffré (2002), de nombreuses enquêtes aussi bien
anthropologiques qu’épidémiologiques s’accordent sur le fait que l’amélioration des situations
sanitaires dépend essentiellement de l’accroissement de la qualité de la prise en charge
médicale. Cependant, au-delà des compétences techniques, les « difficultés sociales »
auxquelles les personnels de santé sont confrontés, leurs systèmes de valeurs, leurs expériences
individuelles, les spécificités de leur corporation interfèrent avec les pratiques de soins et
influent sur la qualité et la nature de l’offre médicale.

Les apports de la socio-anthropologie à la médecine

En France, depuis les années 1970, la maladie, la santé sont devenues des champs privilégiés
des recherches sociologiques et anthropologiques, notamment sous l'impulsion de Claudine
Herzlich et Marc Augé (M-E. Guénais, 1994). Il convient de souligner que la sociologie et
l’anthropologie ont construit leur approche de la maladie et de la santé en dehors des
préoccupations des milieux médicaux. Mais selon Whyte (1989), le développement de l’intérêt
des anthropologues pour ces thèmes participe d'un mouvement général de médicalisation des
sociétés.
Toutefois, des anthropologues revendiquent très explicitement cette distance entre
anthropologie et demande médicale en France. Dans une certaine mesure, répondre à une
demande médicale équivaudrait à renoncer à être anthropologue. Aux yeux de Zempléni (1990),
la demande d’anthropologie médicale appliquée procèderait d’un « souhait d’une anthropologie
sensiblement différente de celle qui s’enseigne ou se pratique actuellement dans les universités
et les grandes institutions de recherche... on ne peut pas faire de l'ethnologie véritable à la
demande ou sur commande car la demande ou la commande introduisent d'emblée une
distorsion, un rétrécissement du point de vue que l'ethnologue cherche toujours à maintenir
aussi large que possible ».
Cette nécessaire dissociation entre une anthropologie de la santé et la demande médicale est
une spécificité française. Aux États-Unis, en Grande-Bretagne, la tradition de santé publique

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est plus ancienne et mieux ancrée qu’en France. Dès les années 50, les grands noms de la
sociologie américaine (Parsons, Merton) sont associés à des programmes de recherche
hospitaliers. En Grande-Bretagne, la naissance d’une « sociologie médicale » s’inscrit dans le
contexte de l’instauration du National Health System » (Herzlich, 1978 : 132). Néanmoins, si
dans le monde anglo-saxon le lien entre anthropologie médicale et demande médicale était
initialement très étroit, aujourd’hui, des anthropologues d'expression anglaise semblent se
ranger aux mêmes positions que celles résumées par Augé et Zempléni plus haut. Ainsi,
plusieurs anthropologues postulent pour l’indépendance de la construction de leurs objets de
recherche par rapport à la demande médicale (Gruénais, 1991). Des anthropologues semblent
donc réaffirmer régulièrement la nécessité du maintien d’une distance maximale entre leur
discipline et la demande médicale alors même que la médecine n’a jamais été aussi ouverte
qu’aujourd’hui à la démarche socio-anthropologique.

Les avantage de l’approche socio-anthropologie à la compréhension des problèmes


de santé

Devant l’échec des projets de développement sanitaire, la faible efficacité de la médecine


curative notamment pour faire face à certaines endémies, nécessité de la prévention pour réduire
les coûts, sont autant de difficultés auxquelles sont confrontés la médecine et les
professionnelles de santé.
Selon Marc-Éric Gruénais, certains maux, tels que la malnutrition, la tuberculose, le sida,
imposent une approche globale également de la part des médecins. De ce point de vue, la
démarche socio-anthropologique dont il est question peut être beaucoup plus satisfaisante, et
notamment pour l’anthropologue qui n’a pas agi en tant que spécialiste du facteur culturel mais
en tant que spécialiste de l’organisation sociale. Les sociologues et anthropologues spécialistes
des questions de santé peuvent aider comprendre les nosologies et étiologies populaires. Il s’agit
de savoir comment on nomme telle pathologie chez les wolofs ou chez les serer, ou comment
vaincre les résistances culturelles tels afin d’améliorer l’état de santé.

La Médicalisation de la société

Selon Johanne Collin et Amnon Jacob Suissa (2007), le concept de médicalisation existe depuis
longtemps et a suscité l’intérêt des chercheurs en sciences sociales dès les années 1950, moment
où la médecine elle-même est devenue l’un des objets phares de la sociologie des professions
(Parsons, 1951 ; Becker et al., 1961 ; Freidson, 1970).
§ Qu’est-ce que la médicalisation?

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L’un des pionniers de la réflexion sur la médicalisation est sans conteste Irving Kenneth Zola
pour qui la médicalisation désigne l'extension de la compétence médicale dans la vie sociale
des individus. Elle est perçue comme la prise en charge médicale d'un phénomène qui pourrait
avoir été ou qui était auparavant gèré différemment, par la religion ou la loi, par exemple (Zola,
1972). À la suite de Zola, Peter Conrad propose une autre définition de la médicalisation qui
repose sur deux dimensions que sont la définition et le traitement médicaux. La médicalisation,
selon lui, décrit le processus par lequel des problèmes non médicaux deviennent définis et
traités comme des problèmes médicaux, généralement en termes de maladie ou de trouble
(Conrad, 1999).
Le concept théorique de médicalisation désigne la redéfinition d’un problème dans un langage
médical et une approche biomédicale (Bert, 2009). Pour Peter Conrad (1992), la médicalisation
décrit le processus par lequel des problèmes non médicaux deviennent définis et traités comme
des problèmes médicaux, généralement en termes de maladie ou de trouble. L’on peut ainsi de
parler de « médicalisation de l’accouchement », de « médicalisation de l’usage de la drogue »,
de médicalisation de la ménopause, de la déviance, etc. Ce processus dénommé médicalisation
implique le passage d’une gestion individuelle à une gestion collective des phénomènes en voie
de médicalisation.
Cependant, la médicalisation varie suivant les ressources économiques et le niveau
d’engagement des acteurs dont la société́ civile, l’État. En Afrique par exemple, l’approche
sociologique critique de la médicalisation n’est pas applicable de la même manière qu’en
Occident.
Dans un contexte marqué par la raréfaction des ressources, des problèmes sociaux ou
environnementaux, médicalisés dans les pays du Nord, ne le sont pas en Afrique, faute de
moyens. Certains problèmes de santé paraissent sous-médicalisés dans la mesure où ils ne sont
pas traités ou le sont par des processus d’exclusion ou disqualification sociale des personnes
qui en sont atteintes : c’est le cas de handicaps par exemple. Face à ces problèmes, une
médicalisation incluant un diagnostic et des moyens de traitement serait souhaitable pour
certaines personnes d’un point de vue de justice sociale. Le concept sociologique de
médicalisation est donc ambivalent, et son sens est relatif à des contextes.
générale. Dans ce sens, la notion d’automédication est révélatrice. Elle signifie que, par l’usage
de médicaments, la médicalisation devient plus généralisée en touchant les absents des services
de soins. La médicalisation se décompose alors en trois dimensions : le contact avec les services
de soin, le contact avec les médicaments et les deux à la fois.

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La pharmaceuticalisation

La pharmaceuticalisation est la notion qui se rapproche le plus de celle de médicamentation.


Elle désigne, selon Bell, la nécessité de recourir à un traitement ou à une intervention
pharmaceutique pour des traitements multiples. Aujourd’hui, la réflexion est tournée vers un
processus plus globalisant qui, au-delà de l’emprise médicale, focalise son regard sur la santé :
il s’agit de la santéisation. La notion de santéisation désigne « une idéologie qui déborde le seul
champ médical et s’étend à la société́ tout entière » (Doucet, 2009 : 362). Érigé en système de
valeur d’une part et en « opium du peuple » d’autre part, la santé est proposée comme un « bien
de consommation » (Yaya, 2009).

Conclusion

Les sciences sociales ont montré qu’on ne peut envisager le développement scientifique comme
le seul produit des connaissances. L’infection à VIH a été très révélatrice des enjeux
intellectuels de la socio-anthropologie de la santé. En effet, la survenue d’une maladie n’engage
pas uniquement l’institution médicale, elle engage aussi une diversité de registres du social
comme les sphères familiales et professionnelles.
La perspective médicale est trop étroite dans la mesure où, malgré des investissements
financiers, les interventions de la médecine ne donnent toujours pas les résultats escomptés. Il
se pose parfois, en dépits de la gratuité de certains soins, la problématique de la fréquentation
des services de santé et l’acceptabilité socioculturelle des soins. Les questions de santé
constituent ainsi de grands enjeux : les médias, le pouvoir politique et religieux qui s’invitent
dans ce que Foucault appelle la « biopolitique ».

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