Chapitre 1.
Généralités
La notion du confort idéal se caractérise par l'absence de gêne sensorielle. Dans ces
conditions, l’individu est en plein possession de ses capacités physiques et
intellectuelles. Pour cela, on est conduit à chauffer les locaux en hiver et à les
réfrigérer en été, c’est-à-dire à réaliser une climatisation.
I. Echanges thermiques
Pour refroidir l’air contenu dans un local, il faut absorber la chaleur contenue
dans ce local et l’envoyer à l’extérieur.
I.1. Changement d’état d’un corps
La figure 1 désigne les différentes dénominations de changements d’état des
corps purs, passage de solide à liquide et gaz.
Exemple. Fusion de l’alcool : -130 °C
Figure 1. Changement d’état d’un corps
1.2. Chaleur
a) Chaleur massique :
Quantité de chaleur cédée ou absorbée par 1kg d’un corps pur lorsqu’il subit une
variation de température de 1°C. Elle s’exprime en Joule/kg.K.
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b) Chaleur latente :
C’est la quantité de chaleur absorbée par 1kg de liquide pour passer à l’état gazeux.
1.3. Liquide frigorigène :
Pour évacuer la chaleur d’une enceinte vers l’extérieur, on emploie des fluides
caloporteurs, c’est-à-dire capables de porter des calories.
Ces fluides doivent avoir une très basse température d’ébullition pour absorber
plus de calories au température inférieures à 0°C.
I.4. Production du froid :
Le froid trouve de nombreuses applications dans des domaines très variées
(industries agroalimentaires, médecine, confort thermique, pétroléochimie…) et
c’est dans le domaine alimentaire que le froid occupe une place prépondérante car
il permet de limiter les gaspillages (pertes après récolte…) et de prolonger la durée
de conservation des produits ce qui permet un élargissement des échanges.
On a pu estimer que dans certaines régions du monde, 50% des denrées
alimentaires disponibles se perdent entre la période qui s’écoule entre le moment
de la production et celui de la consommation. Ainsi, dans le domaine alimentaire,
l’objectif du froid est de maintenir la qualité originale des produits en limitant (ou
en supprimant) les altérations liées au développement des microorganismes,
altérations très rapides dans les pays chauds à cause des conditions climatiques
(température, humidité relative) qui sont favorables à la prolifération des
bactéries, levures et moisissures.
Pour les produits fabriqués par l’industrie agroalimentaire (lait, fromage…), le
froid permet d’améliorer leur qualité en favorisant la maîtrise des conditions de
fabrication par une optimisation des paramètres climatiques influençant le
comportement des microorganismes.
Le froid permet aussi l’augmentation du volume de production agricole par la
modification du cycle végétatif des plantes améliorant ainsi leur rendement
(printanisation des céréales…). En production animale, le froid permet la
conservation longue durée du sperme destiné à l’insémination artificielle ou
encore la conservation des sérums et des vaccins destinés à enrayer les épidémies
frappant les animaux.
L’avancée technologique de nos jours qui autorise un contrôle plus précis de la
température et de l’humidité permet d’améliorer la production du froid. Dans les
pays chauds et humides, une température de l’ordre de +10°C permet une bonne
conservation du poisson fumé, du lait concentré ou en poudre, des conserves de
viandes…ce qui montre une bonne complémentarité entre le froid et les autres
techniques de conservations (séchage…).
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Il faut retenir que l’alimentation d’une population mondiale sans cesse croissante
exige que des efforts réalisés pour accroître les productions alimentaires soient
accompagnés d’initiatives destinées à réduire sinon à éliminer les pertes qui
autrement resteraient considérables à toutes les étapes de la distribution et de la
transformation des aliments.
I.5. Modes de production du froid et applications
La production du froid qui consiste à absorber la chaleur contenue dans un milieu
peut être obtenue suivant plusieurs modes. De même, les applications du froid sont
très variées. Parmi les différentes modes de production du froid, il faut retenir :
- la sublimation d’un solide (cas du CO2)
- la détente d’un gaz comprimé
- la fusion d’un corps solide
- le refroidissement thermoélectrique
- la dissolution de certains sels
- la désaimantation adiabatique
- la vaporisation d’un liquide en circuit fermé
La sublimation d’un solide consiste à le faire passer de l’état solide à l’état vapeur
par absorption de chaleur, le cas le plus courant est celui du CO2 qui à la pression
atmosphérique a une température de sublimation de –78.9°C.
La détente d’un gaz comprimé repose sur le principe de l’abaissement de la
température d’un fluide lors de sa détente (avec ou sans travail extérieur).
Cependant, cet abaissement est plus important lors de la détente sans travail
extérieur (détente Joule -Thomson :étranglement à travers une vanne) mais il ne
faut pas perdre de vue que le refroidissement du gaz détendu aura lieu seulement
dans le cas où sa température avant la détente serait inférieure à la température
d’inversion de l’effet Joule - Thomson.
La fusion d’un corps solide se fait à température constante par absorption de la
chaleur latente de fusion du corps considéré, ce procédé discontinu bien que
simple présente l’inconvénient de nécessiter une congélation préalable à moins
que cet état ne soit disponible à l’état naturel.
Le refroidissement thermoélectrique (effet Peltier) est utilisé pour produire de
très petites quantités de froid. Il consiste à faire passer un courant continu dans un
thermocouple constitué de conducteurs de natures différentes reliés
alternativement par des ponts de cuivre.
La dissolution d’un sel dans l’eau provoque un abaissement de la température de
la solution. Ce n’est pas un phénomène très utilisé dans l’industrie frigorifique à
cause de la nécessité de vaporisation ultérieure de l’eau (récupération du sel). Par
exemple, le mélange de neige (4 parties) et de potasse (3 parties) fait baisser la
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température de la solution de 0°C à 40°C. La désaimantation adiabatique consiste
en une réorganisation du cortège électronique d’un corps, ce qui permet
l’obtention de très basses températures (10-2 à 10-6 K).
La vaporisation d’un liquide permet de produire du froid par l’absorption de la
chaleur à travers un échangeur (évaporateur), la vapeur produite étant
ultérieurement liquéfiée dans un autre échangeur (condenseur), le fluide décrit
ainsi un cycle au sein d’une machine fonctionnant de manière continue.
Les machines utilisant ce principe peuvent être regroupées en deux grandes
familles que sont les machines à compression mécanique et les machines à
absorption. La vaporisation d’un liquide en circuit fermé reste la méthode la plus
utilisée pour la production du froid. La production de froid pour les besoins
domestiques, commerciaux et industriels nécessitent l’utilisation d’un dispositif
capable d’extraire de la chaleur dans le milieu à refroidir pour la rejeter dans un
milieu dit extérieur, ce dispositif qui obéit nécessairement au second principe de
la thermodynamique est appelé « machine frigorifique ».
La conception, la réalisation et l’exploitation et/ou le suivi d’une telle machine
nécessitent des bonnes connaissances en thermodynamique, en mécanique des
fluides, en transfert thermique et en électrotechnique.
Ces connaissances théoriques devront être complétées par une bonne
familiarisation à la technologie des composants ainsi qu’à l’élaboration et à la
lecture de schémas électriques ou de régulation.
Dans le cadre de ce cours, il sera étudié les machines utilisant la vaporisation d’un
fluide en circuit fermé. Le froid peut être produit directement ou indirectement. On
parle de refroidissement direct lorsque la substance à refroidir (par exemple l’air)
est en contact avec le fluide circulant en circuit fermé dans la machine (par
l’intermédiaire de l’échangeur). Le refroidissement est dit indirect lorsqu’on utilise
un fluide intermédiaire (par exemple l’eau) entre la substance à refroidir (l’air) et
le fluide circulant en circuit fermé dans la machine. Le fluide intermédiaire est
appelé fluide frigoporteur.
II. Eléments de physique
a) Température :
On la mesure par rapport à une référence :
- température absolue : (°K) (0°K = -273°C)
- température relative : (°C) (0°C = glace fondante)
- température relative : (°F) (0°C = 32°F)
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Tableau 1. Correspondance entre les unités de température
b) Quantité de chaleur ou de froid :
Une kilocalorie (kcal) est la quantité de chaleur nécessaire pour élever de 1°C la
température de 1 kg d’eau.
Une frigorie (fg) est la quantité de froid nécessaire pour abaisser de 1°C la
température de 1kg d’eau (c’est l’inverse de la kilocalorie)
c) La puissance
La puissance est le rapport de l’énergie fournie ou absorbée sur l’unité de temps.
L’unité légale est le Watt (W).
Conversion d’unités :
▪ 1 kW = 860 kCal/h
▪ 1 kCal/h = -1 Fg/h = 1,163 W
▪ 1 cv (cheval) = 736 W
d) La pression
L’unité légale de la pression est le Pascal (Pa) qui est égal à la pression uniforme
exercée par une force de 1 N (Newton) sur une surface de 1 m². L’unité de pression
couramment utilisée par les frigoristes est le Bar et il faut distinguer :
Les appareils de mesure des pressions (appelés manomètres) sur les systèmes
frigorifiques qui sont gradués généralement en pression relative (par rapport à la
pression atmosphérique) les appareils de mesures du vide (appelés vacuomètres)
sur les systèmes frigorifiques qui sont gradués en pression absolue (par rapport
au vide absolu).
Conversion d’unités :
▪ 1 Bar = 105 Pa = 1.02 kG/m2 = 0.986 atm = 750 mmHg
▪ 1 Bar = 14.54 PSI = 10.2 mCE (mètre de colonnes d’eau)
▪ PSI : Pound per Square Inch (Livre par Pouce carré)