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Physique des matériaux magnétiques

Ce document présente une introduction à la physique des matériaux magnétiques, en abordant les concepts de magnétostatique et les propriétés magnétiques à différentes échelles, de l'atome à la macroéchelle. Il traite des notions de polarisation magnétique, des comportements magnétiques tels que le diamagnétisme, le ferromagnétisme et l'antiferromagnétisme, ainsi que des aspects théoriques liés à l'énergie magnétique. Un second dossier complétera cette étude en se concentrant sur les propriétés magnétiques à l'échelle des domaines magnétiques.

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Physique des matériaux magnétiques

Ce document présente une introduction à la physique des matériaux magnétiques, en abordant les concepts de magnétostatique et les propriétés magnétiques à différentes échelles, de l'atome à la macroéchelle. Il traite des notions de polarisation magnétique, des comportements magnétiques tels que le diamagnétisme, le ferromagnétisme et l'antiferromagnétisme, ainsi que des aspects théoriques liés à l'énergie magnétique. Un second dossier complétera cette étude en se concentrant sur les propriétés magnétiques à l'échelle des domaines magnétiques.

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Physique des matériaux

magnétiques

par Olivier GEOFFROY


Diplômé de l’École Nationale d’Ingénieurs Électriciens de Grenoble
Docteur en Physique de l’Université Joseph Fourier
Maître de Conférence à l’Université Fourier de Grenoble,
rattaché au Laboratoire de Magnétisme Louis Néel de Grenoble.

1. Rappels de magnétostatique ................................................................ D 2 080 – 2

1.1 Propriétés des courants électriques : champ d’induction B .................... — 2


1.2 Cas de la boucle de courant : moment magnétique................................. — 3
1.3 Polarisation magnétique ............................................................................. — 3
1.4 Calcul de B créé par le volume aimanté : représentation ampérienne ... — 4
1.5 Dipôle magnétique et champ d’excitation H ............................................ — 4
1.6 Calcul de H créé par le volume aimanté : représentation coulombienne.... — 5
1.7 Considérations énergétiques...................................................................... — 6
2. Magnétisme à l’échelle atomique........................................................ — 7
2.1 Origine du moment magnétique atomique .............................................. — 7
2.2 Magnétisme des atomes liés...................................................................... — 7
3. Phénoménologie du magnétisme des matériaux à l’échelle
microscopique .......................................................................................... — 8
3.1 Diamagnétisme............................................................................................ — 8
3.2 Paramagnétisme des atomes libres........................................................... — 9
3.2.1 Cadre classique : paramagnétisme de Langevin ............................. — 10
3.3 Ferromagnétisme ........................................................................................ — 11
3.3.1 Cadre du champ moléculaire............................................................. — 11
3.3.2 Comportement thermique ................................................................. — 11
3.4 Antiferromagnétisme .................................................................................. — 13
3.5 Ferrimagnétisme.......................................................................................... — 14
3.5.1 Cadre du champ moléculaire............................................................. — 14
3.6 Anisotropie magnétocristalline .................................................................. — 15
3.6.1 Cas des systèmes cubiques ............................................................... — 16
3.6.2 Cas des systèmes de basse symétrie................................................ — 16
3.6.3 Comportement thermique ................................................................. — 16
3.7 Magnétostriction et énergie magnétoélastique........................................ — 17
3.7.1 Présentation générale ........................................................................ — 17
3.7.2 Formalisme ......................................................................................... — 18
3.7.3 Effet d’une contrainte sur l’aimantation d’un cristal ....................... — 20
Références bibliographiques ......................................................................... — 20

e dossier constitue la première partie d’un exposé général des notions et


C concepts concernant le magnétisme et les propriétés magnétiques des
matériaux. Une présentation pragmatique des différentes notions de bases
utiles permet d’appréhender les propriétés essentielles aux différentes échelles,
depuis l’échelle de l’atome jusqu’à l’échelle macroscopique.
Une première partie est consacrée aux rappels de magnétostatique et à la
notion de polarisation magnétique et de ses relations avec le champ d’excitation

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et le champ d’induction magnétiques. Sont présentées ensuite les propriétés


magnétiques de l’atome à l’état libre et lié et sont introduites les notions de cou-
plage spin-orbite et de champ cristallin, interactions fondamentales au niveau
des propriétés d’usage qui détermineront les deux grandes familles que sont les
matériaux doux et durs. Les aspects théoriques les plus ardus (concernant, par
exemple, le magnétisme itinérant caractéristique des alliages métalliques) ont
été volontairement laissés de côté.
Une présentation phénoménologique des comportements magnétiques prin-
cipaux caractéristiques de l’échelle microscopique, les différents termes d’éner-
gies caractéristiques de l’état ferromagnétique et des comportements associés
et les propriétés magnétoélastiques font l’objet de la dernière partie.
Un deuxième dossier [D 2 081] complète ce premier exposé en présentant les
propriétés magnétiques à l’échelle des domaines magnétiques de Weiss et les
principales notions et propriétés de l’aimantation à l’échelle macroscopique.

1. Rappels La formule (1) se généralise au cas de courants surfaciques de


densité K ou de courants volumiques de densité j ( K et j orien-
de magnétostatique tés suivant la circulation du courant) en remplaçant dans (1) l’élé-
ment de courant i dl ′ par les éléments de courants K dS’ ou j dv’.
Les unités utilisées (tableau 1) sont celles du système internatio-
nal (MKSA). On en donne la correspondance dans le système CGS.
Une propriété importante est que B est à flux conservatif, ou
Nous n’introduisons ici que les rappels nécessaires à une bonne
encore à divergence nulle. Il en résulte que B dérive d’un potentiel
compréhension de la nature des grandeurs H , B , J et des rela-
tions associées [1] [2]. vecteur A , propriété que l’on écrit sous la forme :

1.1 Propriétés des courants électriques : B = rot ( A ) (2)

champ d’induction B µ0

i dl ′
A = ------- --------------------- (3)
À l’exception de quelques matériaux dits « aimantés », et dont les 4π
r – r′
propriétés constitueront le centre de ce dossier, ce sont les courants l′
électriques qui sont la source des effets magnétiques dont forces et
couples sont les manifestations tangibles. Ainsi, l’observation des La formule (3) se généralise comme la formule (1) au cas de cou-
effets associés à une circulation de courant permet de définir le rants surfaciques ou volumiques.

champ d’induction magnétique B (encore dénommé densité de


flux magnétique) qui lui est associé. Celui-ci est donné par la loi de Note sur les symétries vérifiées par le champ B [3]
Biot et Savart, qui, dans le cas d’un courant filaire d’intensité i,
s’écrit :
B n’est pas un vecteur mais un tenseur d’ordre supérieur,
µ0 i dl′ ^ ( r – r ′ )

représenté par commodité sous une forme vectorielle. On est
B = ------- ----------------------------------------
- (1) ainsi amené à distinguer entre vecteurs vrais ou encore vecteurs
4π 3
r – r′
l′ polaires (par exemple, la densité de courant j ) et pseudovec-
teurs ou encore vecteurs axiaux dans la catégorie desquels se
Le vecteur dl ′ désigne une portion de fil de longueur dl’ orientée
selon le sens de circulation du courant et repérée par le vecteur place B . Contrairement au cas des vecteurs polaires, l’orienta-
tion des vecteurs axiaux ne constitue pas une propriété intrinsè-
r ′, r repérant la position du point où on calcule le champ. que, mais est déterminée par la convention choisie pour orienter

De manière générale, ici et dans la suite, les vecteurs position l’espace (trièdre direct ou inverse). La nature axiale de B est
affectés d’un prime concerneront les sources de champ, les ainsi révélée par la présence dans (1) de l’opérateur produit vec-
grandeurs sans prime concernant les points où l’on calcule le toriel appliqué à deux vecteurs polaires (cf. tableau 2). Une
champ. conséquence est que les règles de symétrie s’appliqueront dif-
féremment au vecteur B et au vecteur j puisque directement
L’intégrale est étendue à toute la longueur du fil. Le coefficient ␮ 0,
de valeur 4 ␲ 10–7 H/m est appelé perméabilité du vide. B s’exprime conditionnées par la nature polaire où axiale des grandeurs étu-
en tesla. diées (tableau 3).

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Tableau 1 – Expression de quelques grandeurs utiles en magnétisme


dans le système SI et dans le système CGS
Grandeur Symbole Unité SI Unité CGS Correspondance
Polarisation J tesla (T) gauss (G) 1 G = 10–4 T
Aimantation M ampère/mètre (A/m) oerstedt (Oe) 1 Oe = 103 A/m
Induction B tesla (T) gauss (G) 1 G = 10–4 T
Excitation H ampère/mètre (A/m) oerstedt (Oe) 1 Oe = 103/(4 π ) A/m
Flux Φ weber (Wb) maxwell (Mx) 1 Mx = 10–8 Wb
Moment magnétique ᒊ 2
ampère mètre (A ⋅ m2) (G ⋅ cm3) 1 G ⋅ cm3 = 10–3 A ⋅ m2
Énergie ε Joule (J) (erg) 1 erg = 107 J
3 (J/m3) (erg/cm3) 1 erg/cm3 = 10–1 J/m3
Constante d’anisotropie K joule/mètre
Constante d’échange A joule/mètre (J/m) (erg/cm) 1 erg/cm = 10–5 J/m

(0)

circulaire de rayon R), on obtient à partir de (3) en se restreignant au


Tableau 2 – Nature du vecteur H = F ^ G en fonction terme principal l’expression approchée du potentiel vecteur A et du
champ d’induction créé par la spire :
de la nature des vecteurs F et G
µ0 ᏹ ^ r
polaire polaire axial axial A = ------- ------------------
- (5)
F 4π 3
r

G polaire axial polaire axial


µ 0 3 (ᏹ ⋅ r ) r ᏹ 
B ( r ) = ------- -------------------------------
5
- – ----3-  (6)
axial polaire polaire axial 4π  r r 
H
Une propriété également importante est que la spire parcourue
par le courant I et plongée dans un champ extérieur et uniforme à
Le potentiel vecteur A constitue un intermédiaire de calcul avan- son échelle Bext , sera soumise à un couple résultant :
tageux permettant d’obtenir le champ d’induction souvent plus aisé-
ment que le recours direct à la relation de Biot et Savart.
Γ = ᏹ ^ Bext (7)

Le moment magnétique de la spire apparaît donc comme une


1.2 Cas de la boucle de courant : grandeur doublement intéressante puisque directement liée aux
effets créés (champ d’induction) et aux forces subies. Cette notion a
moment magnétique un rôle crucial dans l’étude des matériaux magnétiques.

La boucle de courant parcourue par le courant I constitue un cas


que l’on retrouvera souvent dans la suite. On définit une nouvelle 1.3 Polarisation magnétique
grandeur, le moment magnétique ᏹ , donné par la relation :
L’observation montre que certains matériaux, que l’on dira aiman-
tés, apparaissent constitués par une population de moments
ᏹ = IS avec S = 1⁄2

l′
r ′ ^ dl′ (4) magnétiques élémentaires, tant au niveau des forces subies quand
on les plonge dans un champ externe que des champs d’induction
qu’ils génèrent dans leur environnement. Il est donc naturel de leur
associer une distribution de moments magnétiques que l’on carac-
La formule (4) se généralise comme la formule (1) au cas de cou- térise par la polarisation magnétique définie en tout point P du
rants surfaciques ou volumiques. ᏹ s’exprime en A ⋅ m2 et consti- matériau par la relation :
tue une grandeur axiale. Dans le cas particulier de boucles planes,
d ᏹ (P)
on vérifie facilement que le vecteur S est de norme égale à la sur- J ( P ) = µ 0 -------------------- (8)
dv
face de la spire, normal à son plan et orienté d’après le sens du cou-
rant à l’aide de la règle du tire-bouchon.
J et B sont deux grandeurs homogènes. La polarisation
En considérant une boucle localisée au voisinage de l’origine des magnétique s’exprime donc en teslas. De manière équivalente, on
coordonnées, le champ s’exprime sous la forme d’un développe-
ment suivant les puissances croissantes de 1/r. Dans le cas impor- définit l’aimantation du matériau par la grandeur M = J ⁄ µ 0 qui
tant où on calcule le champ en un point éloigné de la boucle constitue donc la densité volumique de moment dipolaire. L’aiman-
(condition que l’on peut traduire par la relation r >> R pour une spire tation s’exprime en A/m.

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Tableau 3 – Quelques propriétés de symétries appliquées j* est une densité volumique de courant définie en tout point
aux vecteurs polaires et axiaux intérieur au matériau. K* est une densité surfacique de courant
Nature Vecteur Vecteur
Exemples définie en tout point de l’interface, n désignant le vecteur normal
de la symétrie polaire j axial B à la surface au point considéré et orienté vers l’extérieur du maté-
riau. On calcule alors le potentiel vecteur à l’aide de la relation (3)
Plan π+ Bobine plate La composante La composante
de symétrie π+ = plan tangentielle normale appliquée aux densités K* et j* et le champ d’induction à l’aide
de la bobine se conserve. se conserve. de la relation (2) ou directement à l’aide de la relation (1) appliquée
La composante La composante
normale tangentielle aux mêmes densités de courants.
change change Le recours aux densités de courant K* et j* est connu sous le
de signe de signe nom de représentation ampérienne.
Plan π– Bobine plate, La composante La composante
d’antisymétrie centre O normale tangentielle ■ Le calcul du champ B à l’intérieur de la matière aimantée pose
π– = plans se conserve. se conserve. quelques difficultés au premier rang desquelles la nécessaire remise
passant La composante La composante en cause de la description continue des propriétés magnétiques des
par O et ⊥ tangentielle normale matériaux illustrée par la notion de polarisation, puisque la contri-
au plan change change bution des moments magnétiques situés au voisinage immédiat du
de la bobine de signe de signe point où on calcule le champ nécessite a priori la prise en compte de
Symétrie Câble coaxial Composante Orthoradial leur localisation précise. Un autre point important est que le carac-
de révolution orthoradiale tère très inhomogène de la matière à l’échelle atomique entraîne des
d’axe ∆ nulle fluctuations énormes de l’induction avec la position, caractéristique
Plans passant dont la connaissance importe peu en magnétostatique. On préfèrera
par ∆ donc travailler sur des quantités « lissées » obtenues par moyen-
de symétrie nage spatial sur des volumes à l’échelle de quelques mailles
Symétrie Solénoïde Orthoradial Composante atomiques.
de révolution à section orthoradiale Les précautions adéquates étant prises, le calcul montre que le
d’axe ∆ circulaire nulle
Plans passant champ d’induction à l’intérieur de la matière aimantée dérive du
par ∆ même potentiel A – équation (9) – que le champ d’induction cal-
d’antisymétrie
culé à l’extérieur de la matière aimantée. Finalement, on peut
continuer à raisonner sur les distributions macroscopiques de cou-
En fait, le magnétisme des matériaux trouve son origine au rants K* et j* données par (10).
niveau de l’atome qui est le porteur du moment magnétique. Dès
lors que l’on considère des volumes élémentaires dont la dimension
caractéristique est au moins égale à quelques mailles atomiques, le
caractère discret de la répartition des moments s’efface au profit 1.5 Dipôle magnétique
d’une description continue qui justifie la formulation (8).
et champ d’excitation H

1.4 Calcul de B créé par le volume La formulation (6) présente une très forte analogie avec celle du
aimanté : représentation ampérienne champ électrique créé par le dipôle. On peut ainsi introduire, à partir
de la notion de moment magnétique, le dipôle magnétique
(figure 1), fait de deux charges magnétiques opposées –q et +q,
■ Pour calculer le champ B en un point extérieur, on remarque
situées en deux points respectifs A et B et reliées à ᏹ par la
que la dimension caractéristique du volume définissant le moment
relation :
élémentaire étant de l’ordre de quelques mailles atomiques, un
point extérieur au matériau est dans une situation éloignée. On peut
donc recourir à l’expression (5) appliquée à la distribution (8) pour µ 0 ᏹ = q AB (11)

calculer A . On obtient :
La charge magnétique, qui s’exprime en T ⋅ m2, n’a pas d’exis-
tence réelle : c’est par le jeu d’une équivalence formelle qu’elle a été
J ^ ( r – r ′)

1 introduite. Celle-ci n’est d’ailleurs pas définie de manière unique
A = ------- - dv ′
------------------------------------
3
(9)

r – r′ puisque c’est le produit q AB qui est relié au moment magnétique.
v′
Enfin, on ne rencontrera jamais une charge isolée, une charge +q
étant toujours associée à une charge –q au sein d’un dipôle. On
On obtient alors B à l’aide de (2). En fait, il est plus économique verra cependant § 2 que, à une échelle macroscopique, le matériau
de recourir à la représentations ampérienne du matériau. Quelques aimanté peut être décrit par une distribution de charges magnéti-
manipulations d’analyse vectorielle appliquées à la relation (9) per- ques quelconque. Il est donc utile de connaître les formules de base
mettent d’établir que la distribution des moments élémentaires est exprimant le champ généré par une charge élémentaire. On définit
équivalente pour le calcul de l’induction à deux distributions de cou-
alors une nouvelle grandeur, le champ d’excitation H , analogue au
rants « macroscopiques » j* et K* données par :
champ électrostatique E et défini par :
j* = rot ( J ) ⁄ µ 0
(10) q r – r′
H = --------------- ------------------------ (12)
K* = ( J ^ n ) ⁄ µ 0 4π µ 0 3
r – r′

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Remarque 2

On vérifie que la formule (14) appliquée au cas du dipôle


magnétique donne en un point éloigné :

1ᏹ ⋅ r
ᐂ = ------- ---------------
3
- (16)
4π r

On obtient alors en appliquant (13) à la formulation (16) et en


comparant au résultat (6) que les champs H et B calculés en
un point éloigné du moment vérifient :

B = µ0 H (17)

Pour le cas du champ créé par un moment en un point éloi-


gné, l’introduction d’une grandeur H distincte de B ne paraît
donc pas s’imposer. L’application de cette nouvelle vision au cas
du champ créé par la matière aimantée va en fournir la
justification.
Figure 1 – Représentations ampérienne et coulombienne du moment
magnétique
Remarque 3

Plus fondamentalement, la notion de champ d’excitation


Au champ H est associé le potentiel magnétique ᐂ suivant
résulte de la propriété de conservation des charges électriques,
d’où il ressort que la densité de courant j dérive d’un champ
H = – grad (ᐂ ) (13) de vecteurs, défini à un gradient près par l’équation locale :

rot ( H ) = j (18)
1 q
ᐂ = --------------- --------------------- (14)
4π µ 0 H ainsi introduit vérifie par définition le théorème d’Ampère
r – r′
bien connu, dont l’équation (18) en constitue la forme locale.

(12) et (14) se généralisent au cas de distributions de charges par (0)

simple sommation.
Tableau 4 – Application des règles de symétrie au cas
Dans le cas de distributions continues, on obtient :
des grandeurs scalaires et pseudoscalaires
Nature
Scalaire vrai ␣ Pseudoscalaire ␤

1 dq de la symétrie
ᐂ = --------------- ---------------------
4π µ 0
r – r′ Plan de symétrie α→α β → –β
(15)
α → –α β→β

1 r – r′ Plan d’antisymétrie
H = --------------- -----------------------3- dq
4π µ 0
r – r′

1.6 Calcul de H créé par le volume


L’élément dq représente la charge élémentaire associée à un élé- aimanté : représentation
ment dl’ (distribution linéique), à un élément dS’ (distribution surfa-
coulombienne
cique) ou à un élément dv’ (distribution volumique), l’intégrale étant
étendue à l’ensemble des charges.

■ Pour calculer le champ H en un point extérieur, on peut, en


Remarque 1 reprenant l’approche conduite pour le champ B , recourir à l’expres-
La définition (11) indique que, le moment magnétique étant sion (16) appliquée à la distribution (8) pour calculer ᐂ . On obtient :
une grandeur axiale, le signe de la charge magnétique est
dépendant de la convention choisie pour orienter l’espace, au J ( r – r′ )

1
contraire de ce que l’on observe pour la charge électrique, par ᐂ = --------------- ----------------------------- dv ′ (19)
4π µ 0 3
exemple. On distinguera donc les scalaires vrais ou polaires, où r – r′
v′
on trouve la charge électrique, et les pseudoscalaires ou scalai-
res axiaux parmi lesquels se range la charge magnétique, diffé- On obtient alors H à l’aide de (13). En fait, comme pour B , il
renciation importante dans la recherche des symétries vérifiées
existe une représentation plus performante : il s’agit cette fois de la
par les systèmes (cf. tableau 4). représentation coulombienne du matériau. On établit ainsi que la

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distribution des moments élémentaires est équivalente à la super-


position de deux distributions « macroscopiques » de charges volu-
miques ρ * et surfacique σ * données par :

ρ * = – div ( J )
(20)
σ* = J ⋅ n

ρ * est définie en tout point intérieur au matériau et σ * est définie Figure 3 – Calcul de l’énergie d’aimantation sur le cas particulier
d’un tore magnétique isotrope
en tout point de l’interface. On calcule alors ᐂ et H à l’aide des
relations générales (15) appliquées aux densités fictives σ * et ρ *.
1.7 Considérations énergétiques
Le calcul du champ d’excitation, basé sur l’éloignement du point
où on calcule le champ par rapport à la dimension du volume carac-
téristique du moment élémentaire, fait que la relation (17) reste On peut donner un sens concret aux champs B et H à l’intérieur
vraie, tant qu’il s’agit de calculer les champs en un point extérieur au de la matière aimantée en remarquant que la variation d’énergie
matériau aimanté.
volumique associée à une variation d’induction dB dans une région
■ La situation d’un point intérieur est bien différente, car certains de l’espace où règne un champ d’excitation H s’écrit :
moments situés à proximité immédiate du point où on calcule le
champ ne vérifient plus cette hypothèse. Une conséquence très d Ᏹ = H ⋅ dB (22)
importante est que vis-à-vis de ces contributions, la représentation
du moment par une spire ou par un dipôle ne sont plus équivalentes On établit facilement ce résultat sur le cas particulier d’une ron-
(figure 2), et les représentations ampérienne et coulombienne du delle de section S constituée d’un matériau isotrope sur lequel on
matériau aimanté ne le seront donc pas non plus. bobine n spires supposées non résistives, réparties de manière
homogène et parcourues par un courant électrique i obtenu sous
On montre cependant que le potentiel scalaire ᐂ , donné par (19) l’application d’une tension u (figure 3).
et son gradient restent définis à l’intérieur de la matière aimantée de Par raison de symétrie, les champs B et H sont orthoradiaux et
sorte que l’on peut continuer à utiliser les relations (15) appliquées peuvent être considérés en première approximation d’amplitude
uniforme (approximation d’autant mieux vérifiée que le rayon
aux distributions de charges (20) pour définir H . On note que, ainsi moyen du tore est grand devant la différence des rayons extérieur et
intérieur).
défini, H continue à vérifier le théorème d’Ampère.
On obtient par application du théorème d’Ampère sur le contour
On obtient alors que, à l’intérieur de la matière aimantée, champ
moyen Ꮿ de longueur l et en choisissant d’orienter B et H suivant
d’induction, champ d’excitation et polarisation sont liés par la loi :
Ꮿ :
B = µ0 H + J (21) H = ni ⁄ l (23)
Alors que la loi de Faraday donne :
Contrairement à ce qui se passait à l’extérieur du matériau, B et dB
u = –n S -------- (24)
dt
H ne sont plus équivalents.
L’énergie pour faire varier le flux par spire de la quantité SdB est
apportée par le générateur électrique qui fournit la puissance électri-
que P = ui, relation qui combinée à (23) et (24) mène à (22).
Dans le cas où le tore est constitué par un matériau magnétique,
on réécrit (22) à l’aide de (21) suivant :
2
d Ᏹ = 1 ⁄ 2 µ 0 dH + H ⋅ dJ (25)
On reconnaît dans (25) un premier terme d’énergie indépendant
de la nature du tore et qui correspond donc à l’énergie nécessaire
pour établir le champ dans l’air, l’énergie spécifiquement attachée à
l’aimantation du matériau magnétique étant représentée par le
deuxième terme.

Il s’agit là d’une caractéristique extrêmement importante, qui,


associée à la loi de comportement intrinsèque du matériau que
l’on peut noter de manière simplifiée J ( H ), permet de calculer
a priori l’énergie d’aimantation du matériau. Cette énergie est
en partie stockée et constitue alors une source de forces dans la
mise en œuvre au sein de circuits magnétiques, fonctionnalité
assurée par les aimants. À l’opposé de cette classe de matériaux,
Figure 2 – Représentation des lignes de champ d’induction associées
on trouve les matériaux magnétiques doux pour lesquels on
à la spire (à droite) et des lignes de champ d’excitation associées
s’efforce de minimiser l’énergie d’aimantation.
au dipôle (à gauche)

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2. Magnétisme à l’échelle Remarque


atomique Au moment ᏹ directement lié à la polarisation maximale que
peut présenter la substance est adjoint le moment effectif
On présente ici les notions liées au magnétisme de l’atome dont ᏹ e = g J J ( J + 1 ) µ B , quantité reliée à la constante de Curie
on aura besoin pour expliquer de manière phénoménologique les (cf. § 3.2). C’est le moment effectif qui figure dans le tableau 7.
comportements décrits au paragraphe 3. Dans une description classique des propriétés magnétiques de
l’atome isolé, ᒊ et ᒊ e coïncident.

2.1 Origine du moment magnétique


atomique 2.2 Magnétisme des atomes liés

L’existence du moment magnétique atomique est déterminée par On constate que au niveau fondamental de l’atome isolé, la
le mouvement des électrons autour de l’atome. Dans une représen- grande majorité des éléments réalisent J ≠ 0 et présentent donc des
tation où on assimile le mouvement de l’électron autour du noyau propriétés magnétiques, mais relativement peu d’entres eux restent
atomique à une spire de courant, on associe à ce mouvement un porteurs d’un moment magnétique dès lors qu’ils sont intégrés à un
moment cinétique et un moment magnétique orbitaux proportion- édifice polyatomique (molécule, cristal, composés et alliages...)
nels entre eux (cf. étude du diamagnétisme au paragraphe 3.1). Les (cf. tableau 5). Cela résulte du fait que les liaisons au sein d’un édi-
propriétés quantiques de l’atome font que le moment magnétique fice reposent sur la mise en commun sur une même orbite d’élec-
orbital est obligatoirement multiple d’une quantité élémentaire, le trons provenant d’éléments différents pour donner lieu à de
magnéton de Bohr, donné par : nouvelles orbitales, généralement non magnétiques.
Dans ces conditions, seuls les éléments dont les électrons respon-
µ B =ប e ⁄ ( 2m e ) = 9,273 × 10
– 24 2
A⋅m (26) sables du magnétisme appartiennent à des couches internes et donc
« protégées » sont capables de préserver leur caractère magnétique
avec ប = h/(2π) = 1,04 × 10–34 J ⋅ s constante de Planck divi- au sein d’un édifice. C’est le cas des éléments du groupe du fer (cou-
sée par 2π, che incomplète 3d) et des éléments de la série des Terres rares (cou-
che incomplète 4f) et c’est à leur seule étude qu’on se consacrera.
e = 1,619 × 10–19 C valeur absolue de la
charge de l’électron, On s’attend pour ces éléments à trouver des propriétés magnéti-
ques à l’état condensé proches de ce que prévoit le magnétisme des
–31
me = 9,11 × 10 kg masse de l’électron. atomes à l’état libre. Surgit alors une nouvelle difficulté : il s’agit,
pour les matériaux conducteurs du groupe du fer, du fait que la
À cette première contribution s’ajoutent les moments cinétique sous-couche 3d, comme la sous-couche 4s, forme une bande de
et magnétique de spin qui correspondent de manière imagée au conduction. On est alors amené à considérer collectivement le rem-
mouvement de rotation de l’électron sur lui-même. On note que plissage des sous-couches 3d et 4s, elles-mêmes décomposées en
dans le référentiel de l’électron, le mouvement du noyau crée un demi-bandes (3d–, 3d+, 4s–, 4s+). Le moment magnétique de
champ magnétique qui va donc interagir avec le moment magné- l’atome résulte de l’écart de remplissage des sous-couches 3d– et
tique de spin de l’électron : il s’agit du couplage spin-orbite. 3d+ lorsque tous les électrons ont été casés (tableau 6) et n’a plus
Pour les atomes présentant des orbites électroniques « pleines », rien à voir avec les propriétés de l’atome libre. Ce magnétisme est
les moments se compensent globalement. Dans certains cas liés à dénommé magnétisme itinérant et décrit dans le cadre du modèle
l’existence de sous-couches incomplètes, la compensation des de Stoner qui ne sera pas étudié ici.
moments n’est pas totale et l’atome est magnétique. Dans le cadre On ne rencontre pas la même difficulté avec les métaux de Terres
du couplage de Russel-Saunders, pertinent pour les éléments du rares, car dans ce dernier cas la conduction électrique et la cohésion
groupe du fer (couche incomplète 3d) et des éléments de la série des métallique sont assurées par des électrons qui participent peu au
Terres rares (couche incomplète 4f) qui nous concernent essentielle- moment magnétique de la substance.
ment, le moment magnétique résultant de l’atome isolé se déter-
On peut néanmoins rester dans le cadre du magnétisme localisé
mine de la manière suivante.
même avec les éléments du groupe du fer quand ceux-ci sont à l’état
Les moments cinétiques orbitaux de la sous-couche s’addition- ionique. Cela concerne par exemple les oxydes, dont la très impor-
nent pour donner le moment résultant orbital, proportionnel au tante classe des ferrimagnétiques que l’on étudiera au § 3.5. Sont
nombre quantique L. De même, les moments cinétiques de spin également concernées les Terres rares et tous leurs composés. On
s’additionnent pour donner le moment résultant de spin, propor- obtient alors les résultats regroupés dans le tableau 7.
tionnel au nombre quantique S. Le moment cinétique total résultant On constate que si l’accord entre théorie et mesure est excellent
est alors déterminé par le couplage spin-orbite en fonction de L et S pour les ions de Terres rares, il l’est beaucoup moins pour les ions
et relié au nombre quantique J à partir duquel on calcule le moment du groupe du fer pour lesquels tout se passe comme si le moment
magnétique maximal ᏹ de l’atome selon : orbital était nul. Cela provient de l’interaction électrostatique entre
les orbitales des électrons responsables du magnétisme de l’atome
ᏹ = gJ J µB et du champ électrique lié à la distribution de charges de l’environ-
nement et dénommé champ électrique cristallin. Cet effet se mani-
J(J + 1) + S(S + 1) – L(L + 1) (27) feste par l’extinction du moment orbital pour les éléments du
g J = 1 + ------------------------------------------------------------------------------
2J ( J + 1 ) groupe du fer. Le moment magnétique est alors entièrement déter-
miné par le moment de spin. Les interactions de champ cristallins
Où gJ désigne le facteur de Landé. Les règles de Hund permettent de constituent ainsi un effet d’importance primordiale pour les compo-
déterminer les configurations les plus stables, qui réalisent dans sés du groupe du fer.
l’état fondamental J = L + S si la couche est plus qu’à moitié remplie À l’inverse, les ions de Terres rares dont l’orbitale 4f est davantage
ou J = | L – S | si la couche est moins qu’à moitié remplie. On note protégée seront moins sensibles au champ cristallin. Le moment
alors que gJ(L = 0) = 2 et que gJ(S = 0) = 1. effectif reste comparable à celui de l’ion libre.

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(0)

Tableau 5 – Propriétés magnétiques à basse température des éléments purs à l’état solide [4]

En gras encadré : les substances ordonnées.


Les structures complexes (hélimagnétiques...) sont comptées ferrimagnétiques ; AF signifie antiferromagnétique.
L’état magnétique (para ou dia) de l’étain et du cérium dépend de leur structure cristallographique.
Les substances en bleu sont supraconductrices à très basse température, et celles en italique sont radioactives.

3. Phénoménologie
(0)

Tableau 6 – Répartition des électrons 3d et 4s du fer,


du nickel et du cobalt et détermination du moment du magnétisme
Répartition des électrons Moment ᏹ Moment
de
des matériaux
Éléments
4s+ 4s– 3d+ 3d–
calculé mesuré
(µB) (µB)
l’atome
libre
à l’échelle microscopique
Fer 0,45 0,45 4,7 2,4 2,3 2,226 4
Cobalt 0,35 0,35 5 3,3 1,7 1,729 2 On décrit dans ce paragraphe les classes de comportement
magnétique les plus répandues et nous en proposons une interpré-
Nickel 0,3 0,3 5 4,4 0,6 0,619 3 tation phénoménologique à l’échelle microscopique. On distinguera
les comportements diamagnétiques, paramagnétiques, ferroma-
(0)
gnétiques, antiferromagnétiques et ferrimagnétiques. L’échelle à
laquelle les propriétés sont étudiées reste inférieure à la taille des
Tableau 7 – Moments magnétiques calculés et mesurés domaines magnétiques caractéristiques des états ferro et ferrimag-
pour quelques ions 3d et 4f nétiques [4] [5] [6].

ᏹe
Ion S L J gj J(J + 1) 2 S(S + 1)
mesuré 3.1 Diamagnétisme
3+
Cr 3/2 3 3/2 0,77 3,87 3,8
Nous nous intéressons en premier lieu au comportement diama-
Mn3+ 2 2 0 0 4,90 4,9 gnétique, qui constitue la « réponse magnétique » la plus univer-
selle puisque partagée par tous les matériaux, qu’ils soient
Fe3+
et 5/2 0 5/2 5,92 5,92 5,9 intrinsèquement magnétiques ou non.
Mn2+ Plongé dans un champ d’excitation H , le matériau diamagnétique
acquiert une polarisation
Fe2+ 2 2 4 6,70 4,90 5,4
Co2+ 3/2 3 9/2 6,63 3,87 4,8 J = µ0 χd H (28)
2+
Ni 1 3 4 5,59 2,83 3,2 avec χd susceptibilité diamagnétique.
χ d possède les propriétés suivantes : il est négatif, indépendant
Pr3+ 1 5 4 3,58 2,83 3,5 de la température et de l’ordre de 10–5.
Nd3+ 3/2 6 9/2 3,62 3,87 3,5 Ce comportement s’explique par le fait que les électrons en mou-
vement autour des noyaux atomiques se comportent comme des
Sm3+ 5/2 5 5/21 0,84 5,92 1,5 spires de courant qui, plongées dans un champ magnétique, vont
Gd3+ 7/2 0 7/2 7,94 7,94 8,0 sous l’action de la loi de Lenz générer un flux opposé à la variation
3+
Dy 5/2 5 5/2 10,65 5,92 10,6 de flux occasionnée par l’application du champ H . À la différence de

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ce que l’on observe sur une boucle de courant macroscopique au Les mesures de susceptibilité diamagnétique (tableau 8) sont uti-
sein d’un matériau résistif, l’effet n’est pas transitoire, car il n’y a pas lisées pour caractériser expérimentalement les orbitales
d’amortissement des mouvements de l’électron dans l’atome. électroniques.
La susceptibilité diamagnétique est un effet de très faible ampli-
tude que l’on ne peut discerner que dans les substances ne présen-
tant aucun moment magnétique intrinsèque. Dans cette logique, on
ne qualifie de diamagnétiques que les substances pour lesquelles ce 3.2 Paramagnétisme des atomes libres
caractère est discernable, celles-ci présentant obligatoirement des
couches électroniques pleines.
Du fait de la petitesse de l’effet, fort peu d’applications reposent Avec le paramagnétisme, on aborde les comportements concer-
sur les propriétés diamagnétiques des matériaux. On peut néan- nant les substances dont certains atomes, caractérisés par des cou-
moins mentionner les propriétés de lévitation associées aux corps ches électroniques incomplètes, sont porteurs d’un moment
diamagnétiques plongés dans des champs magnétiques et illustrées magnétique permanent dont l’ordre de grandeur sera celui de
au moyen de petits animaux plongés dans des champs présentant
ᒊ 0 donné par (29) et que l’on peut évaluer numériquement en
de très forts gradients. D’un point de vue plus utilitaire, les proprié-
considérant une vitesse de l’électron de l’ordre de 1 % de la vitesse
tés diamagnétiques sont mises à contribution dans les matériaux
de la lumière, et une orbitale de rayon 1 Å. On obtient alors un
supraconducteurs qui réalisent une susceptibilité égale à –1.
moment orbital de l’ordre de 10–23 A ⋅ m2 qui, en accord avec le
■ Interprétation classique : cas des électrons localisés § 2.1, est de l’ordre de grandeur du magnéton de Bohr.
On considère ici une substance dont les électrons restent localisés
Le paramagnétisme concerne la situation où les atomes magnéti-
autour des noyaux atomiques. On peut reprendre alors le modèle de
ques sont dilués au sein de la substance étudiée et donc sans inte-
la boucle de courant pour décrire les caractéristiques du mouve-
ment de l’électron autour du noyau atomique (figure 4). On définit ractions. Seront concernés par ce comportement les gaz d’atomes
pour les moments et les champs un sens arbitrairement positif vers ou molécules magnétiques, certains sels d’éléments de transition et
le haut, le sens positif de circulation sur la boucle étant déterminé de Terres rares et certains oxydes de Terres rares. On observe une loi
par la règle du tire-bouchon. Le moment orbital associé à l’électron de comportement du type :
s’écrit alors avec (figure 4) :
ᒊ 0 = – 1 ⁄ 2 ev 0 r (29) J = µ0 χp H (33)

La boucle de courant tend à s’opposer à la variation de flux À la différence de ce qui se passe avec les diamagnétiques, la sus-
induite par la variation du champ, ce qui conduit à une variation de ceptibilité paramagnétique est positive, généralement inversement
vitesse ∆v de l’électron, celui-ci restant sur la même orbite, la force proportionnelle à la température (sauf dans le cas notable des
radiale associée au champ d’induction étant compensée par la force métaux où les électrons de conduction peuvent donner lieu à un
centrifuge associée à la variation de vitesse. Tous calculs faits, on
paramagnétisme dit « de Pauli » indépendant de la tempéra-
obtient
ture). χ p est généralement comprise entre 10–3 et 10–5 à température
e2 r2 ambiante (tableau 9), bien supérieure à χ d . L’effet, encore très faible,
∆ ᒊ = – ------------ ∆B (30) est utilisé en cryogénie pour l’obtention de très basses températures
4m e
mais offre peu de possibilités d’applications en électrotechnique.
– 31
où m e = 9,11 × 10 kg désigne la masse de l’électron.
La variation de moment ∆ ᒊ est donc opposée à ∆B quel que soit
le sens de ᒊ 0, et donc additive : un atome qui par compensation ne
présente aucun moment intrinsèque acquiert un moment non nul
sous l’action du champ, lequel s’écrit finalement en fonction du
nombre total d’électrons Z :

Ze 2 < r 2 >
ᏹ a = – -----------------------------B (31)
6m e

Où < r 2 > désigne le carré moyen du rayon des différentes orbites,


calculé d’après les règles de la mécanique quantique. On note que le
facteur 4 de (30) devient 6 dans (31) afin de rendre compte du fait
que l’électron décrit une orbitale sphérique et non plane. χ d
s’exprime finalement en fonction du nombre N d’atomes par unité
de volume selon :
µ 0 NZe 2 < r 2 >
χ d = – ----------------------------------------
- (32)
6m e Figure 4 – Illustration du mécanisme associé au diamagnétisme

(0)
Tableau 8 – Susceptibilité de quelques éléments purs diamagnétiques
mesurées à l’état solide [4]
C
Élément Ag Au B Bi Cd Cu Gd Ge I In
diamant
–106 χ d 25 34 20 165 22 19 11,8 23 7,25 22 51
Élément P rouge Pb S␣ S␤ Sb Se Si Sn gris Te Tl ␣ Zn
–106 χ d 20 16 12,6 11,4 67 19 3,4 29 24 37 15

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3.2.1 Cadre classique : paramagnétisme


de Langevin Remarque 2

On considère une population comportant N atomes par m3 por- À température ambiante, les valeurs de ᏹ 0 B e ⁄ ( kT ) accessi-
teurs de moments magnétiques ᏹ i de normes identiques ᏹ 0 et on bles sont très petites devant l’unité. En effet, avec
– 23 – 21
se propose de caractériser le comportement de cette population ᏹ 0 = 1 µ B , B e = 1T, kT = 1,38 10 × 300 = 4,14 10 J, on
plongée dans un champ appliqué. –3
obtient ᏹ 0 B e ⁄ kT = 2,25 × 10 .
La configuration d’équilibre est celle qui minimise l’énergie libre
F = U – TS, où T désigne la température absolue, U l’énergie interne On peut dans ces conditions approximer la fonction de
du système et S son entropie. Langevin (ou Brillouin) par son développement limité au voisinage
de 0 soit ᏸ ( x ) = x ⁄ 3 de sorte que la polarisation magnétique
En l’absence de champ appliqué, les moments atomiques
s’écrit finalement :
occupent également toutes les orientations possibles pour réaliser
l’entropie maximale et le moment résultant à l’échelle de toute la
population est nul.
J = µ0 χp H
(36)
En présence d’un champ directeur Be , chaque moment acquiert χp = C ⁄ T
2
avec C = µ 0 N ᏹ 0 ⁄ ( 3k )
l’énergie potentielle U i = – ᏹ i ⋅ Be , mais l’agitation thermique
On retrouve bien le comportement annoncé au paragraphe
s’oppose à un alignement parfait des moments. Dans l’état d’éner- précédent avec une susceptibilité variant comme 1/T, loi dite de
gie libre minimale, la répartition des moments obéit à une statisti- Curie, la constante C étant dénommée constante de Curie. Préci-
que de Maxwell-Boltzmann et la loi de répartition de l’écart sons enfin que dans le cadre plus précis de la mécanique quan-
angulaire θ entre l’orientation des moments et le champ appliqué tique, le moment ᏹ 0 est à remplacer dans (36) par le moment
est régie par une densité de probabilité p(θ ) = C exp( ᏹ 0Becosθ /kT), effectif ᏹ e (cf. § 2.1) qui lui est légèrement supérieur.
où k = 1,3807 × 10–23 J/K désigne la constante de Boltzmann. En phy-
sique classique, où toutes les orientations des moments atomiques
sont possibles (0 < θ < π), on obtient une polarisation parallèle à B e
et d’amplitude :
ᏹ0 Be
J = µ0 N ᏹ0 ᏸ ( x ) avec x = ----------------- (34)
kT
où ᏸ ( x ) = coth ( x ) – 1⁄ x désigne la fonction de Langevin.

Remarque 1

Une approche plus complète consiste à tenir compte de la


quantification des orientations des moments atomiques justi-
fiées par la mécanique quantique et qui imposent que la projec-
tion des moments atomiques dans la direction du champ Be ne
peut prendre que 2J + 1 valeurs allant de –gJ J µB à +gJ J µB. Il
faut alors remplacer dans (34) la fonction de Langevin par une
fonction de Brillouin donnée par :

ᑜJ ( x ) = ---------------- coth  ----------------x – ------- coth  -------


2J + 1 2J + 1 1 x
(35)
2J 2J 2J 2J

On note que la fonction de Langevin réalise le cas limite d’une


fonction de Brillouin pour laquelle J tend vers l’infini (figure 5).
La philosophie du calcul et les ordres de grandeur restent
inchangés.
Figure 5 – Évolution de la polarisation avec la température
Attention de ne pas confondre J le nombre quantique, J la polarisation et J le joule. dans le cas d’une substance paramagnétique

(0)
Tableau 9 – Susceptibilité à température ambiante de quelques
éléments purs paramagnétiques [4]
Élément A1 Ba Ca Cs Hf Ir K La Li Mo Na Nb Os Pt Pd
106 χ p 21 6,6 20 5,2 70 38 5,8 66 14 105 8,5 232 15 278 815
Élément Rb Re Rh Ru Sc Sr Th Ti U␣ V W Y Yb Zr Ta
106 χ p 38 97 170 65 263 34 79 180 404 370 78 120 126 108 177

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Dans le tableau 9 sont données les valeurs de susceptibilité à tem- Une illustration directe de cette propriété est donnée par les alliages
pérature ambiante de quelques éléments purs paramagnétiques. d’Heusler parmi lesquels on trouve Cu2MnAl, alliage ferromagnétique
de polarisation spontanée comparable à celle du nickel, constitué d’élé-
ments qui à l’état pur sont diamagnétiques (Cu), paramagnétiques (Al)
ou antiferromagnétiques (Mn) (tableau 5). En fait, le ferromagnétisme
3.3 Ferromagnétisme de l’alliage est attribué au manganèse qui au sein de Cu2MnAl réalise
des distances Mn-Mn 60 % plus grande que dans le métal pur, avec
une intégrale d’échange qui passe d’une valeur négative pour le métal
pur (cf. figure 6) à une valeur positive.
Avec le ferromagnétisme débute l’étude des comportements
associés aux matériaux magnétiquement ordonnés, caractéristique On peut proposer une alternative simplifiée à (37) en raisonnant
que l’on rencontre dans les matériaux où les distances entre atomes sur le cas d’une substance composée d’un seul élément magnéti-
magnétiques sont suffisamment petites (de l’ordre de l’angström) que. Le facteur intégrale d’échange est le même pour toutes les
pour qu’ils interagissent. paires d’atomes proches voisins et ne sera plus indicé. Par ailleurs,

Le matériau ferromagnétique présente une polarisation magné- les moments magnétiques ᏹi et ᏹj étant eux-mêmes étroitement
tique même en champ nul, polarisation qualifiée pour cela de spon-
tanée. Celle-ci est la manifestation macroscopique du fait que les liés aux moments de spins S i et S j , on exprimera finalement l’éner-
moments atomiques ont tendance à s’aligner parallèlement les uns gie d’interaction sous la forme :
aux autres, réalisant une mise en ordre que l’on peut comparer à la
mise en ordre géométrique (cristallisation) caractéristique elle aussi W ij = – E ᏹi ᏹj (38)
de l’état solide. De la même manière qu’une augmentation de tem-
pérature conduit à la destruction de l’arrangement géométrique avec E paramètre étroitement lié à l’intégrale d’échange.
(température de fusion), une augmentation de température conduit
à la destruction de l’ordre directionnel des moments magnétiques On obtient alors l’énergie d’un moment magnétique ᏹi plongé
(obtenue à la température de Curie notée Tc) pour laquelle la polari-
sation spontanée disparaît. dans un champ appliqué Be et entouré de Z proches voisins ᏹj ,
Au-delà de la température de Curie, on observe un comportement 1<j<Z:
de type paramagnétique, avec une susceptibilité inversement pro-
portionnelle à T – Tc. On parle alors de paramagnétisme de Curie- U i = – ᏹi [ Be + Z E 〈 ᏹj 〉 ] (39)
Weiss.
Dans l’approximation du champ moléculaire, on fait l’hypothèse
L’existence d’une polarisation spontanée confère aux ferromagné-
tiques (et aux matériaux de comportements macroscopiquement que 〈 ᏹj 〉 (moyenne prise sur les Z voisins de i) est identique à la
apparentés comme les ferrimagnétiques) des qualités irremplaça-
bles pour les applications. On compte finalement peu d’éléments valeur moyenne 〈 ᏹj 〉 prise sur tout le cristal.
concernés par ce comportement. Ceux-ci appartiennent aux deux
grandes familles que sont les Terres rares (Sm, Pr, Nd…) où les élec- En notant 〈 ᏹj 〉 = J ⁄ ( µ 0 N ) où N désigne le nombre d’atomes
trons responsables du magnétisme appartiennent à la couche 4f et porteurs de moments par unité de volume, on obtient :
les métaux de transition (Fe, Ni, Co) où les électrons responsables
ZE
du magnétisme appartiennent à la couche 3d. Les composés et allia- U i = – ᏹi [ Be + λ J ] avec λ = ----------- (40)
ges réalisés à partir de ces deux familles constituent donc la base µ0 N
des matériaux utilisés en électrotechnique.
Tout se passe comme si le moment ᏹi voyait en permanence,

3.3.1 Cadre du champ moléculaire outre le champ appliqué Be , un champ interne λ J proportionnel à
la polarisation du matériau. C’est ce champ interne que P. Weiss a
appelé le champ moléculaire.
L’énergie d’interaction magnétostatique entre moments magné-
tiques est bien trop faible au regard de l’énergie thermique kT pour
pouvoir imposer l’alignement des moments magnétiques caracté- 3.3.2 Comportement thermique
ristique du ferromagnétisme. En fait, l’interaction responsable est
d’origine électrostatique et liée au recouvrement des orbitales élec- Pour déterminer le comportement thermique des ferromagnétiques,
troniques entre atomes voisins. Cette interaction donne lieu à une on reprend la démarche conduite avec les paramagnétiques en rempla-
énergie dite d’échange entre les moments cinétiques de spins, et se
çant l’énergie potentielle – ᏹi Be par –ᏹi [ Be + λ J ].
présente sous la forme :
Be et J étant colinéaires, on obtient dans l’approximation classi-
W ij = – 2 ᏶ij Si S j (37) que un état d’équilibre à la température T :
ᏹ 0( B e + λ J )
où Si et S j désignent les moments magnétiques de spins associés J ⁄ J 0 = ᏸ ---------------------------------  avec J 0 = µ 0 Nᏹ 0 (41)
kT
aux deux atomes, ᏶ ij désignant l’intégrale d’échange entre les ato-
mes i et j. En fonction de la distance entre atomes D, ᏶ ij présente un On détermine J en prenant l’intersection des deux courbes don-
caractère oscillant centré sur la valeur nulle (figure 6) et d’une façon nées par (figure 7) :
générale, la valeur de ᏶ ij décroît vite avec la distance (au moins
pour les éléments 3d), de sorte que l’énergie d’échange ne s’exerce
qu’entre atomes voisins, son signe déterminant la nature de la loi de J ⁄ J0 = ᏸ ( α )
comportement de la substance : positive, ᏶ ij détermine le compor-
tement ferromagnétique qui nous intéresse ici ; négative, ᏶ ij déter- kT Be (42)
J ⁄ J 0 = ------------------ α – ---------
mine le comportement antiferromagnétique sur lequel on reviendra ᏹ 0 λ J0 λ J0
(§ 3.4).

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Figure 6 – Variation de l’intégrale d’échange


᏶ en fonction de la distance D entre couches
magnétiques de deux atomes ou de deux ions
voisins

■ quand la température T augmente, la droite de pente kT/( ᏹ 0λJ0)


se relève et l’aimantation spontanée diminue, d’abord très lente-
ment puis de plus en plus vite. En l’absence de champ appliqué
(Be = 0), il existe une température limite pour laquelle l’aimantation
spontanée disparaît brutalement : c’est la température de Curie Tc
introduite au début du § 3.3. La droite d’équation J/J0 = kT/( ᏹ 0λJ0)
α se confond alors avec la tangente à l’origine à la courbe ᏸ ( α ) (ou
plus exactement à une courbe de Brillouin si on travaille dans le
cadre plus précis de la mécanique quantique), de pente 1/3. On
obtient donc l’expression de la température de Curie :

2
ᏹ 0 λ J 0 ᏹ 0 ZE
T c = ------------------ = ------------------ (43)
3k 3k

La température de Curie est donc proportionnelle à l’intensité de


l’interaction d’échange (paramètre E ).
Connaissant la température de Curie Tc et l’aimantation absolue,
on peut déduire, d’après la formule (43), l’amplitude du champ
moléculaire :

3kT c J s
B mol = λ J s = ------------- ------
ᏹ0 J0

Dans le cas du fer à température ambiante (300 K), on a :

Figure 7 – Détermination de la polarisation spontanée kTc = 1,38 10–23 × 1 043 = 1,44 × 10–20 J,
dans un ferromagnétique ᏹ 0 = 2,2 µB = 2,05 × 10–23 A ⋅ m2, Js(300 K)/J0 = 0,97.

On obtient Bmol = 2,04 × 103 T.


On constate les points suivants : Pour le cobalt, on obtient :

■ à très basse température, le point d’intersection entre les deux kTc = 1,38 10–23 × 1 394 = 1,92 × 10–20 J,
courbes se situe pour des grandes valeurs de α, réalisant J ≈ J0, cela ᏹ 0 = 1,72 µB = 1,60 × 10–23 A ⋅ m2, Js(300 K)/J0 = 0,95.
même en l’absence de champ appliqué : tous les moments s’ali-
gnent spontanément, parallèlement les uns aux autres. On obtient Bmol = 3,42 × 103 T.

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Figure 9 – Illustration synthétique du comportement thermique


des ferromagnétiques

Remarques

Le modèle de Weiss s’applique a priori pour des matériaux où


les moments magnétiques sont localisés sur les atomes, ce qui
est le cas des éléments de Terres rares mais n’est pas le cas des
éléments de transition 3d (Fer, Ni, Co) à l’état métallique, carac-
Figure 8 – Évolution de la polarisation spontanée térisés par un magnétisme itinérant et pour lesquels des
avec la température dans le cas du nickel (J0 = 0,64 T, Tc = 631 K) [6] modèles plus sophistiqués sont requis. On constate cependant
que la théorie du champ moléculaire de Weiss donne des résul-
tats très corrects pour le nickel, le cobalt et le fer (cf. cas du nic-
Il s’agit là de champs considérables, bien plus élevés que ce que kel, figure 8), avec une courbe calculée basée sur une fonction
l’on sait réaliser en laboratoire. En conséquence, on peut écrire de Brillouin correspondant à J = 1/2 qui suggère que comme
qu’un champ appliqué n’a pratiquement aucun effet sur l’arrange- dans les composés ioniques, le moment orbital à l’état métalli-
ment des moments à l’échelle atomique sauf près de Tc. La polarisa- que est encore bloqué.
tion J en champ non nul est indiscernable de la polarisation De manière complémentaire, l’interprétation du ferromagné-
spontanée que l’on notera Js. tisme dans le cas des Terres rares pose des questions liées au
fait que les électrons responsables du magnétisme appartien-
L’évolution de la polarisation spontanée avec la température dans
nent à la couche interne 4f, qui de par son caractère « protégé »
le cas du nickel est donnée sur la figure 8.
rend les électrons 4f d’un atome peu susceptibles d’interagir
■ Au-delà de la température de Curie, l’aimantation requiert l’appli- directement avec les électrons 4f de l’atome voisin. En fait,
cation d’un champ pour apparaître. Le point d’intersection des deux selon le modèle RKKY (Ruderman, Kittel, Kasuya, Yosida), il
courbes (figure 7) se situe toujours dans la partie initiale de la s’agit d’un échange indirect réalisé d’un atome à l’autre par
courbe de Langevin (ou de Brillouin) qui s’approxime alors suivant l’intermédiaire des électrons de conduction. Il faut donc s’atten-
ᏸ (α ) = α ⁄ 3. On obtient alors avec la constante de Curie dre à des interactions d’échange a priori moins fortes avec les
2
C = µ 0 N ᏹ 0 ⁄ ( 3k ) déjà vue : éléments de Terres rares qu’avec les éléments de transition 3d,
et c’est ce que confirme l’examen des températures de Curie,
C bien plus fortes pour le fer, cobalt, nickel que pour le gadolinium
J = ---------------B (44)
T – Tc (tableau 10). Le calcul du champ moléculaire donne d’ailleurs à
0 K, Bmol = 180 T pour le gadolinium, et Bmol = 76,5 T pour le
On constate (figure 9) que comme pour un paramagnétique, dysprosium, valeurs bien moindres que les valeurs obtenues
l’aimantation est proportionnelle au champ appliqué, mais, à la dif- ci-avant dans le cas du cobalt ou du fer.
férence de ce qui se passe dans le paramagnétisme de Langevin,
(susceptibilité en 1/T ), on trouve ici une susceptibilité dite de Curie-
Weiss qui varie en 1/(T – Tc). Le matériau antiferromagnétique présente cependant une suscep-
tibilité, dont l’étude permet d’identifier le passage de l’état ordonné
à l’état désordonné à une température TN – température de Néel –,
3.4 Antiferromagnétisme température pour laquelle la susceptibilité est maximale. Au-delà de
TN, on a une susceptibilité en 1/(T – θ P) analogue à la susceptibilité
de Curie-Weiss ferromagnétique. La température de Curie du maté-
Comme on l’a vu, les interactions d’échange peuvent, en fonction riau θ P est d’ailleurs souvent négative (tableau 11).
de la nature et de la distance entre atomes magnétiques proches
voisins, mener à un arrangement antiparallèle des moments L’absence de polarisation spontanée rend les matériaux antiferro-
(figure 10). On a alors une substance magnétiquement ordonnée magnétiques peu intéressants pour les applications. Mentionnons
présentant deux sous-réseaux d’aimantations égales et opposées.
néanmoins l’usage qui en est fait sous forme de couches minces
On parle d’antiferromagnétisme colinéaire. Des arrangements plus
complexes existent – antiferromagnétisme non colinéaire – présen- associées à des couches ferromagnétiques pour renforcer les effets
tant un état magnétiquement ordonné dont la polarisation sponta- de magnétorésistances géantes, effet mis à contribution dans les
née reste nulle par compensation. systèmes informatiques de lecture de l’information.

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3.5 Ferrimagnétisme
(0)

Tableau 10 – Propriétés de quelques substances fortement


magnétiques à température ambiante [4]
Les ferrimagnétiques présentent, comme les antiferromagnéti-
0K 300 K ques, différents sous-réseaux dont les aimantations sont antagonis-
Substance TC Js Js A Structure K
tes. La grande différence avec le cas précédent est que la
(K) (T) (T) (10–12 J/m) (kJ/m3) compensation n’est pas totale, de sorte que subsiste une polarisa-
fer 1 043 2,180 2,16 21 cc 48 tion spontanée. On observe ce comportement pour des substances
dont les sous-réseaux sont constitués d’atomes différents ou dont le
cobalt 1 394 1,816 1,72 hc 530 nombre d’atomes de chaque sous-réseau est différent. Le comporte-
nickel 631 0,640 0,61 10 cfc –4,5 ment ferrimagnétique a donné son nom à la grande classe des
matériaux ferrites, constitués d’oxydes magnétiques parmi lesquels
gadolinium 289 2,660 0 hc 0 on trouve :
Fe3O4 858 0,641 0,60 3,4 spinelle –13 — utilisés comme matériaux doux :
CoFe2O4 793 0,623 0,50 spinelle 180 • les ferrites spinelles (du nom du minéral naturel spinelle de
formule MgAl2O4 qui cristallise dans la même structure) de for-
NiFe2O4 858 0,377 0,34 spinelle –6,9
mule générale (Fe2O3 MO) où M représente un métal de transition
Y3Fe5O12 553 0,247 0,17 grenat –2,5 divalent (Mn2+, Fe2+, Co2+, Ni2+, Cu2+, Zn2+, Mg2+ ou Cd2+),
Cu2MnAl 610 0,794 0,70 cc –0,47 • les ferrites grenats, qui présentent la même structure que
Mn3Al2Si3O12 et de formule générale (5Fe2O3 3T2O3) où T est un
BaFe12O19 723 0,565 0,48 6 h 250
élément de la série des Terres rares ou l’ion yttrium, le ferrite gre-
SmCo5 995 1,097 1,05 24 h 17 000 nat d’yttrium étant couramment dénommé YIG ;
Nd2Fe14B 585 1,86 1,61 9 quad. 4 900 — les ferrites durs utilisés comme aimants, de formule générale
(6Fe2O3 MO) ou M désigne un métal divalent comme Sr ou Ba.
A : constante d’échange, grandeur proportionnelle au paramètre de champ
moléculaire λ [relation (40)]. On explicitera son expression en [D 2 081] dans La dilution des atomes magnétiques d’une part, le comportement
la partie consacrée au magnétisme à l’échelle mésoscopique. Les valeurs de ferrimagnétique d’autre part, confèrent aux matériaux ferrimagnéti-
A et K sont données à température ambiante. ques des polarisations spontanées moindres que celles des ferro-
magnétiques (tableau 10). Par ailleurs, on note que les interactions
d’échange entre ions magnétiques, séparés par les ions oxygène, ne
sont pas directes mais se font par l’intermédiaire des électrons p de
l’oxygène, interaction dénommée superéchange. Cette interaction,
qui se formalise de la même manière que l’interaction d’échange
habituelle, permet d’obtenir des températures de Curie qui bien que
plus faibles que chez les ferromagnétiques du type du fer, restent
suffisantes pour les applications.
Les ferrites présentent en contrepartie des points précédents des
propriétés spécifiques qui justifient leur utilisation en
électrotechnique :
— une résistivité ρ particulièrement élevée qui permet d’utiliser
les ferrites doux sous forme massive jusqu’à des fréquences de plu-
sieurs centaines de kHz voire quelques MHz (ρ ≈ 1 Ω ⋅ m pour les
ferrites de manganèse zinc à comparer à ρ = 48 × 10–8 Ω ⋅ m pour les
alliages FeSi utilisés dans les transformateurs) et beaucoup plus
Figure 10 – Réseaux antiferromagnétiques dont les atomes proches
encore pour les ferrites de nickel zinc (ρmax ≈ 106 Ω ⋅ m) utilisables
voisins présentent des moments antiparallèles
jusqu’à 500 MHz ;
— une coercitivité très importante pour les ferrites durs
(µ0 Hc ≈ 0,3 T pour un ferrite de baryum) qui en font d’excellents
matériaux pour aimants.
(0)

Tableau 11 – Températures critiques de quelques 3.5.1 Cadre du champ moléculaire


substances antiferromagnétiques
Le formalisme proposé par Néel [7] pour décrire les propriétés
TN ␪P magnétiques des ferrites constitue une extension du formalisme
Substance utilisé dans le cadre du ferromagnétisme : on considère une subs-
(K) (K)
tance figurant deux sous-réseaux colinéaires A et B de polarisa-
MnO 122 –610 tions JA et JB et réalisant trois constantes de champs moléculaires
FeO 198 –570 λAB = –w < 0, λAA = α w > 0, λBB = β w > 0. Deux moments ᏹ A et
CoO 291 –330
ᏹ B appartenant aux sous-réseaux A et B auront donc des énergies
NiO 525 ≈ –2 000
en présence d’un champ B :
α Fe2O3 950 ≈ –2 670
Cr2O3 307 –485 
U A = –ᏹ A [ B + w ( α J A – J B ) ] 
Gd2O3, Cr2O3 170 –22  (45)
U B = –ᏹ B [ B + w ( β J B – J A ) ] 
FeCI2 24 –48 

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Il s’ensuit que les polarisations s’expriment à l’aide de fonctions Dans le cas particulier où on peut négliger les interactions entre
de Langevin (ou de Brillouin) selon atomes d’un sous-réseau (α = β = 0), les températures Tc et θP
s’expriment très simplement :

ᏹ A ( B + w (α J A – J B ) ) 
J A = µ 0 N A ᏹ A ᏮJ ----------------------------------------------------------  wᏹ Aᏹ B 
kT  T c = w C A C B = ----------------------- N A N B 
 (46) 3k 
ᏹ B ( B + w (β J B – J A ) )   (47)
J B = µ 0 N B ᏹ B ᏮJ ---------------------------------------------------------  w 
kT  θ P = --------------------------------------------
2 ( 1 ⁄ CA + 1 ⁄ CB ) 

où NA et NB représentent les nombres d’atomes magnétiques par
unités de volumes pour les réseaux A et B. On obtient une polarisa- C A = µ 0 N Aᏹ A2 ⁄ ( 3k ) et C B = µ 0 N B ᏹ B2 ⁄ ( 3k ) désignent les constan-
tion spontanée Js = |JsA – JsB| dont la valeur est fonction de la tem- tes de Curie des deux sous-réseaux.
pérature. Suivant les valeurs des paramètres λ AA, λ BB, λ AB, NA ᏹA et
NB ᏹ B, une grande diversité de comportements peut être observée
(figure 11), le point essentiel étant l’existence d’une température de
3.6 Anisotropie magnétocristalline
Curie Tc (analogue à la température de Néel pour les antiferroma-
gnétiques) pour laquelle la polarisation spontanée disparaît. Au-
delà de cette température, le matériau adopte un comportement
On aborde avec l’anisotropie magnétocristalline l’étude de diffé-
paramagnétique dont l’asymptote correspond à un comportement
rents effets très importants vis-à-vis de la mise en œuvre des maté-
de Curie-Weiss avec une loi en 1/(T – θ p) où θ p est appelé point de riaux-ordonnés, ferro ou ferrimagnétiques.
Curie asymptotique (indiquée uniquement sur la figure 11a).
On a vu que le comportement des matériaux ferromagnétiques
Enfin, on note dans certains cas (figures 11b et 11f ) l’existence était fondamentalement régi par les interactions d’échange entre
d’une température de compensation Tcomp < Tc pour laquelle la proches voisins qui conduisent à un arrangement des moments
polarisation spontanée disparaît ponctuellement. parallèles les uns aux autres. On constate néanmoins que les
diverses orientations ne sont pas équivalentes en ce sens qu’il est
plus « facile » d’aligner l’aimantation sur certains axes cristallogra-
phiques appelés pour cela axes de facile aimantation que sur
d’autres. Cela est lié à l’organisation cristallographique qui fait que
les propriétés environnementales d’un atome dépendent fortement
de la direction considérée, à la différence de ce que l’on observerait
au sein d’un liquide ou un matériau amorphe.

Cette anisotropie est dénommée anisotropie magnétocristalline


et provient de l’interaction électrostatique entre les orbitales des
électrons responsables du magnétisme de l’atome et du champ
électrique lié à la distribution de charges de l’environnement et
dénommé champ électrique cristallin, champ déjà évoqué au § 2.2 à
propos de l’extinction du moment orbital observé dans les compo-
sés 3d. Cet effet d’anisotropie se manifeste au niveau du moment
atomique global par l’intermédiaire du couplage spin-orbite qui
rend donc indirectement le spin sensible au champ cristallin.

Il s’ensuit donc que les substances dont les atomes magnétiques


présentent un moment orbital L nul (on parle alors d’état S car ne
subsiste que le moment de spin) ou faible donneront lieu à une ani-
sotropie magnétocristalline faible. Les composés issus du groupe
du fer, nickel, cobalt, réalisent ce cas de figure, soit parce qu’ils sont
naturellement à l’état S (Mn2+, Fe3+), soit parce que leur moment
orbital, conséquent à l’état libre, se trouve « éteint » par le champ
cristallin (tableau 7).

À l’inverse, les composés issus des Terres rares présentent un


moment orbital élevé et donneront lieu à des anisotropies magnéto-
cristallines marquées liées à l’importance du couplage spin-orbite.

On rend compte phénoménologiquement de l’anisotropie magné-


tocristalline en exprimant la densité volumique d’énergie libre Fk qui
lui correspond au moyen d’un polynôme développé en fonction des
puissances croissantes paires des cosinus directeurs αi de l’aiman-
tation, exprimés dans un repère lié à la maille cristalline. La valeur
des coefficients associés aux différents monômes diminue très vite
avec l’ordre de ceux-ci, de sorte que l’on se limite généralement au
Figure 11 – ⌱llustration de la diversité des comportements premier ou aux deux premiers termes du développement. L’expres-
thermique des ferrimagnétiques [7] sion analytique est fonction de la symétrie cristalline.

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3.6.1 Cas des systèmes cubiques Limitée à l’ordre 2, la formulation (49) coïncide avec l’expression
de la densité d’énergie magnétocristalline pour les systèmes qua-
dratiques ou rhomboédriques. Limitée au premier terme, (49) coïn-
Les axes du trièdre de référence sont les arêtes du cube décrivant
cide avec la densité d’énergie présentée par les systèmes uniaxes,
la maille. On a
généralement obtenus suite à un recuit effectué sous champ magné-
F k = K 0 + K 1 (α 12α 22 +α 22α 32 + α 32α 12 ) + K 2α 12α 22 α 32 + … (48) tique ou contraintes appliquées. On parle alors d’anisotropie
induite, ces traitements s’appliquant à des matériaux présentant
Si K1 est positif, alors les directions faciles sont les arêtes du une densité d’énergie magnétocristalline intrinsèque très faible
cube – cas du fer –, alors que pour K1 négatif, les directions faciles (Fk < 100 J/m3) tels que alliages FeNi de type Permalloys, ou amor-
sont les grandes diagonales du cube – cas du nickel – (figure 12). phes et nanocristallins doux.
On peut illustrer sur le cas particulier de l’alliage FeSi utilisé dans les De manière générale, on remarque que l’anisotropie magnétocris-
tôles de transformateurs (3 % Si, en masse) la signification concrète de talline est plus marquée dans les systèmes de basse symétrie que
cette énergie : avec K1 = 3,5 × 104 J/m3, on devra fournir pour faire passer dans les systèmes de haute symétrie.
l’aimantation de la direction facile (α 1 = 0) à la grande diagonale du cube
C’est ainsi que dans le cas du cobalt, avec K1 = 53 × 104 J/m3, on
(α 1 = α 2 = α 3 = 1/ 3 ) l’énergie volumique E = K1/ 3 = 1,17 × 104 J/m3.
devra fournir pour faire passer l’aimantation de la direction facile à une
direction difficile l’énergie volumique E = Ku = 53 × 104 J/m3, soit
3.6.2 Cas des systèmes de basse symétrie 45 fois plus que pour le FeSi. Pour parvenir à ce résultat, il a fallu appli-
quer un champ d’excitation dans la direction difficile d’amplitude
Dans le cas de systèmes à plus basse symétrie, (cas du cobalt par Hk = 2 K1/Js = 616 kA/m.
exemple qui cristallise dans le système hexagonal compact), on a un Hk est dénommé champ d’anisotropie.
axe privilégié (figure 13) et le développement s’écrit alors
F k = K 1 sin 2θ + K 2 sin 4θ + … (49)
Il s’ensuit donc que l’amplitude des effets d’anisotropie est en
où θ représente l’angle entre la direction d’aimantation et l’axe prin- premier lieu conditionnée par la catégorie à laquelle appartient
cipal. l’élément concerné (éléments de transition 3d ou 4f) et ensuite
déterminée par la symétrie présentée par le système étudié.

On peut enfin comparer l’amplitude du champ d’anisotropie au


champ moléculaire. On peut illustrer le cas des composés 3d à l’aide
du cobalt, pour lequel on a :

µ0 Hk/Bmol = 4 π 10–7 × 616 / 3,42 = 0,2 ‰

Il apparaît clairement que les effets d’anisotropie sont sans com-


mune mesure avec la force des interactions d’échange.
Ces effets sont pourtant de première importance vis-à-vis des
applications : pour ce qui est de l’utilisation des matériaux doux, les
champs d’excitation mis en œuvre sont de l’ordre de quelques
103 A/m (cas des machines tournantes), voire seulement quelques
102 A/m (cas des transformateurs de distribution) ou même beau-
coup moins encore (disjoncteurs différentiels à hautes sensibilités)
et donc tout à fait insuffisants pour imposer des directions d’aiman-
tations hors des directions faciles, au moins pour les éléments purs.
On contourne cette difficulté par la texturation des matériaux quand
cela est possible (cas des tôles de transformateurs FeSi) ou en éla-
borant des alliages à faibles anisotropies, conditions pour lesquelles
on obtiendra des alliages à hautes perméabilités. On s’intéressera
alors plutôt aux matériaux réalisant des symétries cubiques, alors
que réciproquement on choisira des matériaux à basse symétrie
Figure 12 – Représentation polaire de la densité d’énergie (quadratique, hexagonale, etc.) pour réaliser des aimants.
d’anisotropie magnétocristalline pour une symétrie cubique réalisant L’anisotropie magnétocristalline constitue donc un paramètre clef
K2 = 0, pour une direction d’aimantation contenue dans le plan pour le contrôle des propriétés d’usage. La gamme des amplitudes
des trois directions principales des coefficients d’anisotropie associées aux divers matériaux déve-
loppés à des fins applicatives varie ainsi dans des proportions colos-
sales, réalisant des valeurs de quelques J/m3 pour les nuances les
plus perméables (FeNi de type Permalloys, amorphes à base cobalt
et nanocristallins ultradoux) jusqu’à 1,7 × 107 pour les alliages
SmCo les plus durs.

3.6.3 Comportement thermique

L’anisotropie magnétocristalline est un paramètre de première


importance et son évolution avec la température aussi. Il n’existe
malheureusement pas de formalisme simple permettant de rendre
compte de son évolution, qui peut être suivant les matériaux plus ou
moins complexe. C’est donc avant tout expérimentalement que l’on
Figure 13 – Repérage des directions dans une symétrie hexagonale détermine le comportement thermique de l’anisotropie.

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De manière générale, l’anisotropie magnétocristalline évolue


beaucoup plus vite avec la température que ne le fait la polarisation
spontanée (dont l’évolution ne devient notable qu’à partir d’une
température voisine d’une centaine de degrés de la température de
Curie). On peut, au moins pour les cas simples, rendre compte de ce
caractère en considérant que à partir de l’état gelé obtenu au zéro
absolu où tous les moments magnétiques sont alignés dans une
direction unique θ0, l’augmentation de température induit une dis-
persion des directions d’aimantation qui se rangent à l’intérieur
d’un cône centré sur la direction moyenne <θ > = θ0. Un moment par-
ticulier est repéré par l’angle θ = <θ > + ε (figure 14), ε étant supposé
petit.
L’évolution de K1 avec la température résulte du fait que l’on
exprime la densité d’énergie du système en fonction de la polarisa-
Figure 14 – Illustration de l’effet de la température
tion J s , qui constitue une moyenne des aimantations locales, et
sur la désorientation des moments magnétiques et conséquences
c’est donc sur K1 que sont reportés les effets associés à la dispersion sur l’anisotropie
des directions d’aimantation. On écrit donc dans le cas d’un cristal
uniaxe :
0 2 T 2 (0)
F k = K 1 〈 sin θ 〉 = K 1 sin 〈θ 〉 (50)
0 T
avec K 1 et K 1 valeurs de K1 à 0 °C et à T. Tableau 12 – Exposants régissant l’évolution thermique
Un calcul élémentaire donne alors :
de l’anisotropie en fonction du type de symétrie
et de l’ordre du coefficient [8]
0 2 2 2
F k = K 1 [ 〈 ε 〉 + sin 〈θ 〉 [ 1 – 3 ⁄ 2 〈 ε 〉 ] ] K1 K2
Type de cristal

Le terme
0
K 1 <ε 2>, isotrope, est sans intérêt et peut être omis. Avec Cristal uniaxe n =3 n = 10
Cristal cubique n = 10 n = 21
par ailleurs une polarisation Js/J0 = | < ᏹ > | / ᏹ 0 = 1 – <ε 2>/2, on
obtient finalement pour ε petit :
0 2 3
F k = K 1 sin 〈θ 〉 ( J s ⁄ J 0 ) (51) Malheureusement, ce couplage représente souvent une source de
dégradation des propriétés magnétiques, au premier rang
T 0 n desquelles la perméabilité, quand le matériau est soumis à un état
K1 = K1 ( Js ⁄ J0 ) n = 3 (52) de contraintes mécaniques non maîtrisées. Cette situation est fré-
quemment rencontrée lors des opérations d’usinage et de mise en
La formule (52) reste vraie pour les différents types de symétries, forme des matériaux mais aussi lors de l’élaboration, spécialement
avec un exposant fonction de la symétrie et de l’ordre du monôme vis-à-vis des procédés reposant sur la mise en œuvre de trempes
concerné par le coefficient d’anisotropie calculé (tableau 12). ultrarapides, situation d’autant plus pénalisante que les matériaux
La formulation (52) illustre bien le caractère sensible de l’anisotro- élaborés selon ces techniques sont souvent destinés à l’obtention de
pie par rapport à la température et convient parfaitement dans le cas très hautes perméabilités. On procède alors à des recuits destinés à
du fer. Telle quelle, (52) ne peut cependant rendre compte du chan- relaxer les contraintes, procédures d’autant plus efficaces qu’elles
gement de signe observé par exemple sur l’évolution du coefficient s’appliquent à des matériaux présentant un couplage magnétomé-
d’anisotropie du nickel ou du cobalt : on doit alors prendre en canique aussi faible que possible. À ces conditions, on peut attein-
compte les effets associés à la dilatation thermique. Le modèle phé- dre des niveaux de perméabilités relatives de l’ordre de 106.
noménologique des paires, développé initialement par Van Vleck,
permet d’introduire ces effets et de rendre correctement compte du
changement de signe observé sur l’anisotropie (figure 15). 3.7.1 Présentation générale

Les interactions d’échange sont très sensibles à la distance inter-


3.7 Magnétostriction et énergie atomique. L’existence d’un couplage magnétomécanique coule
magnétoélastique donc de source. Cela se traduit par une dilatation spontanée du
matériau ω = ∆V/V quand celui-ci passe de l’état désordonné à l’état
ordonné au passage de la température de Curie (figure 16). Cette
Les propriétés magnétiques des matériaux sont influencées par dilatation spontanée (dénommée encore anomalie de volume) est
certaines autres grandeurs physiques et réciproquement. On parle mise à profit pour compenser la déformation thermique usuelle
alors de couplage, parmi lesquels le couplage magnétocalorique, le dans les alliages FeNi de type Invar, matériau pour lequel ω atteint la
couplage magnétooptique, le couplage magnétorésistif… proprié- valeur gigantesque de 1,9 × 10–2 [10].
tés très appréciées pour l’élaboration de capteurs.
On constate par ailleurs que, le cristal étant à l’état ferromagnéti-
Nous nous intéressons ici au couplage magnétomécanique qui que et uniformément aimanté, la déformation n’est pas isotrope
met en jeu les propriétés de magnétostriction du matériau. Cet effet mais dépend de la direction d’aimantation. Par exemple, le cristal de
est mis à profit pour l’élaboration de capteurs de contraintes ou fer aimanté suivant une arête ne sera plus cubique, l’arête parallèle
déformations d’une part, d’actionneurs d’autre part. Utilisé à bon à la direction de l’aimantation étant allongée par rapport aux autres.
escient, le couplage magnétomécanique constitue également un Ces propriétés anisotropes ont en fait la même origine que l’aniso-
moyen d’améliorer les propriétés de perméabilité de certains maté- tropie magnétocristalline et sont de petite amplitude devant les
riaux (tôles FeSi utilisées dans les transformateurs, par exemple). déformations associées à la dilatation spontanée.

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Figure 15 – Comportement thermique


de l’anisotropie pour le fer, le nickel
et le cobalt [5]

L’idée est que l’énergie du système résulte de l’énergie W d’inter-


action d’ions proches voisins (figure 17) selon une dépendance où
n’intervient que la distance r = r0 + δr entre ions d’une part, et l’angle
Φ entre l’aimantation locale et l’axe de la paire considérée, r0 dési-
gnant la maille du réseau non déformé.

L’énergie se développe alors comme une série de polynômes


pairs de Legendre et s’exprime en se limitant aux deux premiers ter-
mes selon :

W = ( p + qδr )  cos Φ – ---  + ( s + t δr )  cos Φ – ------ cos Φ + ------  (53)


2 1 4 30 2 3
 3  35 35 

où p, q, s, t sont quatre coefficients fonction de la distance r0 et dont


la valeur est déterminée phénoménologiquement. Le terme corres-
pondant à l’interaction d’échange, indépendant de Φ et donc sans
intérêt ici, a été omis.
Figure 16 – Évolution de la variation de volume spontanée
en fonction de la température pour le nickel [9] Pour un cristal cubique non déformé, la valeur moyenne de la
quantité cos2Φ – 1/3 est toujours nulle, et c’est donc le deuxième
Pourtant, ce sont les effets anisotropes qui seront les plus mar- terme de (53) qui donnera lieu à l’énergie d’anisotropie magnéto-
quants pour l’utilisateur : en effet, les matériaux magnétiques étant cristalline. Le calcul de la valeur moyenne de la quantité cos4Φ per-
usuellement utilisés loin au-dessous de la température de Curie, la met finalement de retrouver le terme principal de l’expression
dilatation spontanée est acquise et ne varie pas, au contraire des générale (48), K1 étant directement relié à la constante s.
effets anisotropes, régis par la direction de l’aimantation et donc
susceptibles de varier au cours de la mise en œuvre. Pour le cristal cubique déformé, la quantité cos2Φ – 1/3 n’est plus
à moyenne nulle et c’est le premier terme de (53) qui conditionne
3.7.2 Formalisme l’expression de l’énergie magnétoélastique. On obtient :

Les expressions sont fonction de la symétrie du cristal. On se bor-


W = pδ ( cos Φ) + q  cos Φ – ---  δr
nera à l’étude de la symétrie cubique, que l’on étudiera dans le cadre 2 2 1
(54)
du modèle des paires, déjà évoqué au § 3.6.3. 3

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En exprimant les quantités δr et δ(cos2Φ) en fonction des coeffi-


cients de déformation εij du réseau, on obtient finalement l’expres- Remarque
sion générale pour la densité volumique d’énergie libre
magnétoélastique : En réinjectant les valeurs des déformations à l’équilibre dans
l’expression de l’énergie Fme + Fel , on obtient une contribution
2 2 2 formellement analogue à (48), de sorte que l’énergie magnéto-
F me = B 1 ( ε 11 α 1 + ε 22 α 2 + ε 33 α 3 ) élastique apporte une contribution supplémentaire à l’énergie
(55)
+ 2B 2 ( ε 12 α 1 α 2 + ε 23 α 2 α 3 + ε 31 α 3 α 1 ) + B 3 ( ε 11 + ε 22 + ε 33 ) d’anisotropie magnétocristalline. Cette contribution reste
cependant numériquement tout-à-fait négligeable.
où les αi désignent les cosinus directeurs de l’aimantation. B1, B2, B3
sont trois paramètres fonction de p et q et de la symétrie cristalline
(cubique simple, cubique centré ou cubique face centré). Cas particulier d’une substance isotrope
L’énergie magnétoélastique apparaît linéaire par rapport aux
déformations, de sorte que le cristal aurait intérêt à se déformer Le cas particulier d’une substance figurant λ100 = λ111 noté λ0
sans limite sous l’action de la seule énergie magnétoélastique. donne à partir de (58) l’expression :
L’énergie élastique Fel, proportionnelle aux carrés des déformations,
∆l
----- = --- λ 0 cos θ – --- 
3 2 1
limite leur amplitude. Celle-ci s’écrit : (59)
l 2  3
2 2 2 2 2 2
F el = 1 ⁄ 2 C 11 ( ε 11 + ε 22 + ε 33 ) + 1 ⁄ 2 C 44 ( ε 12 + ε 23 + ε 31 ) où θ désigne l’angle entre la direction selon laquelle on mesure
(56) la déformation et la direction d’aimantation. Si cette situation
+ C 12 ( ε 11 ε 22 + ε 22 ε 33 + ε 33 ε 11 ) n’est rencontrée que très exceptionnellement dans les maté-
riaux cristallins (par exemple, alliage FeNi à 55 % de Ni en
où C11, C12 et C44 désignent les constantes élastiques du cristal cubi- masse), la formulation (59) correspond bien au cas des alliages
que. Les déformations qui minimisent l’énergie totale Fme + Fel amorphes qui sont par nature isotropes.
s’expriment donc en fonction des constantes Bi et des constantes Le tableau 13 présente les valeurs des coefficients de magné-
élastiques Cij. tostriction obtenues sur quelques alliages de l’électrotechnique.
Les symboles (m) correspondent à une pondération en masse et
On constate alors que les déformations obtenues donnent lieu à les symboles (at) correspondent à une pondération atomique,
une dilatation ε11 + ε22 + ε33 non nulle, mais isotrope et petite devant les deux avant-dernières lignes concernant des matériaux
la contribution due aux interactions d’échange, non considérées ici. amorphes. À titre de comparaison, on a joint les caractéristiques
Cette contribution est encore une fois transparente, donc non rele- du Terfénol, matériau développé pour des applications de type
vante et sera négligée. On obtient : actionneur, et donc caractérisé par des constantes de magnéto-
striction comparativement gigantesques.
B 1 2 2B 2 α i α j On constate que les ordres de grandeurs sont en général de
ε ii = – -----------------------
- ( α i – 1/3 ) et ε ij = – ---------------------
- (57) l’ordre de quelques 10–5. Il s’agit donc sauf exception de petits
C 11 – C 12 C 44
effets, la dilatation thermique produisant des allongements
comparables pour des variations de températures de quelques
L’expression générale de la déformation à l’équilibre dans une degrés seulement.
direction repérée par ses cosinus directeurs βi s’écrit alors :

∆l (0)
----- = --- λ 100  α 1β 1 + α 2β 2 + α 3β 3 – --- 
3 2 2 2 2 2 2 1
l 2  3 (58)
+ 3 λ 111 ( α 1 α 2 β 1 β 2 + α 2 α 3 β 2 β 3 + α 3 α 1 β 3 β 1 )
Tableau 13 – Propriétés de magnétostriction de quelques
alliages de l’électrotechnique [9]
2B 1 2B
λ 100 = – --------------------------------
- λ 111 = – ------------
-
3 ( C 11 – C 12 ) 3C 44 Alliage 106 ␭100 106 ␭ 111 106 ␭ 0

Fer doux 24 –23


λ100 et λ111 sont les constantes de magnétostriction du matériau.
λ100 mesure la variation de longueur suivant une arête pour le cristal Fe97Si3 (m) 28 –5
aimanté suivant cette arête alors que λ111 mesure la variation de lon- Ni –46 –29
gueur suivant une grande diagonale pour le cristal aimanté suivant
cette même grande diagonale. Fe45Ni55 (m) 25 25
Supermalloy
4,8
(Ni79Fe15Mo5) (m)
Co40Fe60 (at) 146,6 8,7
Co50Fe50 (at) 119,3 41,3
Ferrite NiZn (Ni0,4Zn0,6), 4,6 ≈0
Fe2O4 (at)
Fe81,5B13,5Si3,5C2(at) 30
Fe5Co70Si15B10(at) ≈0
Terfénol 90 1 640
Figure 17 – Définition des variables d’espace utilisées
pour caractériser les interactions entre deux atomes magnétique La limite de résolution pour la détermination des constantes de magnéto-
dans le formalisme des paires [11] striction est de l’ordre de 10–7.

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3.7.3 Effet d’une contrainte sur l’aimantation Suivant le signe de σ, la direction [1 0 0] est donc direction
d’un cristal d’aimantation facile (λ100 σ > 0) ou difficile (λ100 σ < 0). L’application
de contraintes entraîne ainsi l’apparition d’une anisotropie dont
l’effet s’ajoute à l’anisotropie d’origine magnétocristalline.
Nous venons de décrire la déformation en fonction de la direction Exemple : on peut évaluer l’amplitude de cet effet en raisonnant
d’aimantation du cristal libre de se déformer. Le matériau expéri- par exemple sur le cas du fer. Pour une contrainte de traction
mente souvent des situations où il est placé sous contraintes méca-
tot
σ = 108 N ⋅ m–2 de l’ordre de la moitié de la limite élastique, on obtient
niques σ ij. La déformation totale εij se décompose alors en une pour une aimantation selon [1 0 0] une densité d’énergie Fme + F1 < 0
me
contribution d’origine magnétostrictive εij donnée par (57) et une et de valeur absolue égale à 3 600 J/m3, correspondant donc à
el
déformation d’origine élastique εij donnée par : l’accroissement d’énergie pour passer de l’aimantation suivant [1 0 0] à
une direction perpendiculaire. Cette valeur n’est pas négligeable devant
C les 11 700 J/m3 correspondant à l’énergie d’origine magnétocristalline
el 1 12
ε ii = ------------------------ σ ii – --------------------------------------------------------------
- ( σ 11 + σ 22 + σ 33 ) pour passer de la direction facile [1 0 0] à la direction difficile [1 1 1] et
C 11 – C 12 ( C 11 – C 12 ) ( C 11 + 2C 12 ) indique que la recherche d’une perméabilité convenable passe par un
(60)
el 1 bon contrôle des contraintes appliquées.
et ε ij = --------- σ ij
C 44
Cas particulier des matériaux isotropes
En exprimant les déformations en fonction des constantes de
magnétostriction d’une part, et des contraintes élastiques d’autre En posant comme précédemment λ100 = λ111 = λ0, on obtient
part, on obtient finalement : avec (62) l’expression très simple
2
2 2 2 F me + F 1 = – 3 ⁄ 2 λ 0 σ cos θ (64)
F me + F 1 = – 3 ⁄ 2 λ 100 ( σ 11 α 1 + σ 22 α 2 + σ 33 α 3 )
(61)
– 3 λ 111 ( σ 12 α 1 α 2 + σ 23 α 2 α 3 + σ 31 α 3 α 1 ) où θ désigne l’angle entre la direction de la contrainte appliquée
et la direction d’aimantation. (64) définit un terme d’anisotropie
uniaxiale.
Pour une contrainte de compression ou d’élongation d’amplitude
σ et de cosinus directeurs γ i, (61) s’écrit :
Les notions et effets décrits dans ce paragraphe 3 sont analy-
2 2
F me + F 1 = – 3 ⁄ 2 λ 100 σ ( α 1 γ 1 + α 2 γ 2 + α 3 γ 3 )
2 2 2 2 sés à une échelle inférieure à celle du cristal, supposé uniformé-
(62) ment aimanté. À une échelle plus large dite mésoscopique, on
– 3 λ 111 σ ( α 1 α 2 γ 1 γ 2 + α 2 α 3 γ 2 γ 3 + α 3 α 1 γ 3 γ 1 ) observe la subdivision en domaines de Weiss, qui conduit à redé-
finir la notion de polarisation. À une échelle encore élargie, dite
macroscopique, on doit également considérer la nature polycris-
On peut particulariser encore en considérant le cas d’une traction
talline du matériau, à l’échelle duquel les notions d’isotropie ou
dirigée selon une arête (par exemple, [1 0 0], soit γ 1 = 1, γ 2 = γ 3 = 0).
d’anisotropie n’ont plus rien à voir avec les notions présentées au
On obtient alors avec (62) : niveau du cristal.
C’est en [D 2 081] que les propriétés des matériaux magnéti-
2
F me + F 1 = – 3 ⁄ 2 λ 100 σα 1 (63) ques à ces différentes échelles seront étudiées.

Références bibliographiques

[1] BRISSONNEAU (P.). – Magnétisme et maté- [5] CHIKAZUMI (S.). – Physics of Magnetism. [9] DU TRÉMOLET DE LACHEISSERIE (E.). –
riaux magnétiques pour l’Électrotechnique. Wiley, New York (1964). Magnetostriction. Theory and application of
Hermes (1997). Magnetoelasticity. CRC Press (1993).
[6] JILES (D.). – Introduction to Magnetism and
[2] BROWN (W.F.jr.). – Magnetostatic Principles in Magnetic Materials. Chapman and Hall, [10] BÉRANGER (G.), DUFFAUT (F.), MORLET (J.)
Ferromagnetism. North-Holland, Amsterdam London (1990). et TIERS (J.F.). – Les alliages de fer et de nic-
(1963). kel, Lavoisier (1996).
[3] SIVARDIÈRE (J.). – La symétrie en mathéma- [7] NÉEL (L.). – Propriétés magnétiques des ferri- [11] NÉEL (L.). – Anisotropie superficielle et sur-
tiques, physique et chimie. PUG (1995). tes. Ferrimagnétisme et Antiferromagné- structures d’orientation magnétique. J. Phys.
tisme. Ann. de Phys. 3, p. 137 (1948). Radium, 15, p. 225 (1954).
[4] DU TRÉMOLET DE LACHEISSERIE (E.). –
Magnétisme : I – Fondements. EDP Sciences [8] HERPIN (A.). – Théorie du Magnétisme. PUF [12] KNELLER (E.). – Ferromagnetismus.
(2000). (1968). Springer-Verlag, Berlin (1962).

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