EXPLICATION LINEAIRE
Arthur Rimbaud, Poésies, « Roman »
Introduction
a) Amorce (phrase générale en lien avec le texte)
b) Présentation rapide de l’œuvre (titre, date, genre) de son auteur, éventuellement du mouvement
auquel il appartient…+ présentation de l’extrait, du poème…
c) De quoi parle l’extrait, quel sujet/thème aborde ce texte ?
d) PROJET DE LECTURE : Dans quelle intention l’auteur écrit-il, quel est l'intérêt du texte?
e) PARCOURS DE LECTURE : Annonce des mouvements.
ET SURTOUT PENSEZ A EFFECTUER LA LECTURE !!!
Symbole de l’adolescence rebelle, Rimbaud immortalisé par l’œuvre d’Ernest Pignon-Ernest
apparait à la fois comme un poète majeur mais également comme un mythe. Son œuvre Cahiers de
Douai compte de nombreux textes de jeunesse dont « Roman ». Dans ce poème lyrique* constitué
de huit quatrains et portant un titre paradoxal, le jeune Rimbaud nous fait partager un moment
miraculeux de l’adolescence : la rencontre amoureuse.
Ainsi comment le poète évoque-t-il ce moment si singulier ?
MOUVEMENTS
1-vers 1 à 16 : un cadre bucolique propice aux émois de l’adolescence
2-vers 17 à 32 : …et une rencontre amoureuse
Premier mouvement (vers 1 à 16) : un cadre bucolique propice aux émois de
l’adolescence
Dans les 2 premières strophes, Rimbaud décrit le cadre de la promenade
STROPHE 1
-Lyrisme qui domine l’ensemble du poème : lyrisme moderne, Rimbaud emploie le « on » et
non pas le JE traditionnel, lyrisme plus universel.
-Eléments autobiobiographiques : âge du jeune homme, « cafés tapageurs », lieux où aime se
retrouver Rimbaud, « bocks » , terme qui évoque le nord de la France, …
-Vers 4 :le verbe de mouvement « va » lance l’action, la promenade !
STROPHE 2
L’importance des sensations, sensations très présentes au fil du poème
Quatre sens sont sollicités à travers son champ lexical
La vue et ses couleurs : « lustres éclatants », « pâle réverbère », « azur sombre, « blanche »
L’odorat : « tilleuls sentent bon », « parfums de vigne/parfum de bière »
L’ouïe : « cafés tapageurs » ; « bruits», « ville »
Le goût : « la sève est du champagne », « bière »
Le toucher : « l’air est parfois si doux »
…
Cadre agréable qui convoque les différents sens, le poète est emporté par toutes ces sensations. La
promenade est sereine, utilisation des adjectifs « bons et doux » à la césure afin de les mettre en
valeur.
STROPHE 3
-champ lexical de la nature : « azur/branche/étoile ». Ce lexique de la nature est très présent
dans l’ensemble du poème.
-Le jeune Rimbaud se trouve dans un cadre naturel duquel il contemple le ciel qu’il désigne
par cette métaphore« un tout petit chiffon ».
-personnification du ciel avec le mot « frissons »
STROPHE 4
-dans cet environnement bienfaisant et propice à la rencontre amoureuse, l’adolescent sent
en lui une sorte de bouillonnement intérieur, un désir « on se sent aux lèvres un baiser ».
-le sentiment d’exaltation apparait à travers le lexique de l’ivresse : « griser, monte à la tête,
divague, champagne »mais également à travers les phrases de forme exclamative (vers 3, 5,
13) et les nombreux points de suspensions. En effet ces éléments soulignent l’émotion trop
forte qui empêche par moment l’adolescent de terminer ses phrases.
Ces éléments passionnés et fougueux contribuent à donner à ce poème une dimension
lyrique. Par ailleurs ce lyrisme est en adéquation avec l’état émotionnel du jeune garçon : il
sent l’âme artiste « cavatine, sonnets »
Poème qui narre avant tout une histoire d’amour, le thème de l’amour est très présent dans
la septième strophe avec l’anaphore « vous êtes amoureux » (vers 25-26) mais on note
également la délicate comparaison au vers 16 : « qui palpite là, comme une petite bête »pour
indiquer le baiser échangé.
Dans cet univers radieux où les différentes sensations sont convoquées l’adolescent vit les
premières émotions amoureuses.
Deuxième mouvement (vers 17 à 32) : …et une rencontre amoureuse
STROPHE 5
L’apparition de la jeune fille
-la jeune fille est évoquée par la métonymie « les petites bottines », elle reste un
personnage indéterminé « demoiselle ».Elle apparait dans la pâleur du « réverbère »
-portrait imprécis et anonyme, joliment coquette «petits airs charmants »
- ce poème comme l’indique le vers initial « On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept
ans » est un poème de l’insouciance et du détachement à l’égard des conventions
sociales et peut-être du monde des adultes. Le vers 17 avec le néologisme « Robinsonne »
est à cet égard assez explicite et évoque le thème du vagabondage cher au jeune
Rimbaud.
-moquerie anti-bourgeoise:« faux col », vers 20
-à travers le personnage du père, le poète critique la société traditionnelle et
conservatrice de son temps.(vers 20)
STROPHE 6
-jeune fille dynamique et séduisante : « tourne/alerte/mouvement vif »
- allitération en «T » qui imite le bruit des « petites bottines », vers 22
-points de suspension aux vers 23-24 : le jeune homme est séduit, surpris, déstabilisé par
cette jeune fille.
-vers 24 : lien entre l’amour et la création poétique. Personnification « cavatine ».
- cette histoire d’amour semble cependant éphémère, le verbe « mourir » présage une
séparation: « meurent les cavatines »
STROPHE 7
- anaphore « vous êtes amoureux » (vers 25-26)
-vers 26 : moqueries des amis à l’égard de cette histoire et de l’état du poète
-idéalisation de la jeune fille :majuscule au pronom « La », l’expression « l’adorée »
- rupture de la part de la jeune fille, « a daigné vous écrire »
-ponctuation forte, vers 28
STROPHE 8
Une situation finale qui revient à la situation initiale
-vers 29, le complément circonstanciel « Ce soir-là… » +points de suspension qui créent
une chute
-l’adolescent retourne au point de départ, « vous rentrez aux cafés éclatants, /Vous
demandez des bocks ou de la limonade ». Si nous notons l’absence du « je », les pronoms
« on » et « vous » font de ce texte un texte universel. Cette expérience si singulière soit-
elle est une expérience commune à de nombreux adolescents et c’est avec un regard
amusé et ironique que Rimbaud nous l’offre.
Le pronom indéfini « on » marque le fait que cette expérience est universelle.
Conclusion
Ce célèbre poème de Rimbaud souligne ce moment intense de la rencontre amoureuse et
de ses émois. Moment à la fois éphémère et magique, il sera pour de nombreux
adolescents une œuvre marquante.
Autobiographique en partie, ce poème développe un lyrisme revisité par le jeune artiste
…qui n’hésite pas à prendre les chemins de l’autodérision…+ OUVERTURE
Conclusion
-Elle reprend ce qui vient d’être mis en évidence dans l’explication.
-Elle propose une ouverture : importance de l’œuvre dans l’histoire littéraire, originalité de l’œuvre
par rapport au genre, ouverture sur d’autres œuvres, réflexion de l’auteur qui peut s’appliquer à la
société actuelle...
Attention !! Cette "ouverture" doit être évitée si elle n'apporte rien au devoir !!!
*LYRISME : expression des sentiments personnels
QUESTION DE GRAMMAIRE
Les différentes prop.sub. circonstancielles
Vers 1 et 31 : « quand on a dix-sept ans », prop.sub. circonstancielle de TEMPS introduite par la
conjonction de subordination « QUAND »
Vers 18-19 : « lorsque…/Passe une demoiselle », prop.sub. circonstancielle de TEMPS introduite par
la conjonction de subordination « LORSQUE »
Vers 21 : « comme elle vous trouve immensément naïf » prop.sub. circonstancielle de CAUSE
introduite par la conjonction de subordination « COMME»
Vers 11 : « qui se fond avec des doux frissons » prop.sub. RELATIVE introduite par le pronom
relatif« QUI» , cette relative complète « un tout petit chiffon », vers 9