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CONTRÔLE CONTINU : La boite à

merveilles (Chapitre 2)
• Echchorfi
• 20/08/2018
• Examens
• 0 commentaire
Texte :
L E MARDI, jour néfaste pour les élèves du Msid, me laisse dans la bouche un
goût d’amertume. Tous les mardis sont pour moi couleur de cendre. Il faisait froid, ma
nuit avait été peuplée de cauchemars. Des femmes échevelées menaçaient de me
crever les yeux, m’envoyaient au visage les pires injures. (…) Le matin, je me rendis
au Msid selon mon habitude. Le fqih avait son regard de tous les mardis. Ses yeux
n’étaient perméables à aucune pitié. Je décrochai ma planchette et me mis à ânonner
les deux ou trois versets qui y étaient écrits.
A six ans, j’avais déjà conscience de l’hostilité du monde et de ma fragilité Je
connaissais la peur, je connaissais la souffrance de la chair au contact de la baguette de
cognassier. Mon petit corps tremblait dans, ses vêtements trop minces. J’appréhendais
dès le soir consacré aux révisions. Je devais, selon la coutume, réciter les quelques
chapitres du Coran que j’avais appris depuis mon entrée à l’école. A l’heure du
déjeuner, le maître me fit signe de partir. J’accrochai ma planchette. J’enfilai mes
babouches qui m’attendaient à la porte du Msid et je traversai la rue.
Ma mère me reçut assez froidement. Elle souffrait d’une terrible migraine. Pour
enrayer le mal, elle avait les tempes garnies de rondelles de papier copieusement
enduites de colle de farine.
Lalla Aïcha, une ancienne voisine, vint nous rendre visite. Ma mère la reçut en se
plaignant de ses maux tant physiques que moraux. Elle affectait une voix faible de
convalescente, s’étendait sur les souffrances de telle partie de son corps, serrait
violemment des deux mains sa tête empaquetée dans un foulard. Lalla Aïcha lui
prodigua toutes sortes de conseils, lui indiqua un fqih dans un quartier éloigné, dont les
talismans faisaient miracle. Je me tenais timide et silencieux dans mon coin. La
visiteuse remarqua la pâleur de mon visage.
– Qu’a-t-il ton fils ? demanda-t-elle.
Et ma mère de répondre :
– Les yeux du monde sont si mauvais, le regard des envieux a éteint l’éclat de ce
visage qui évoquait un bouquet de roses. Te souviens-tu de ses joues qui suaient le
carmin ? Et de ses yeux aux longs cils, noirs comme les ailes du corbeau ? Dieu est
mon mandataire, sa vengeance sera terrible.
– Je peux te donner un conseil; dit Lalla Aïcha : montons tous les trois cet après-midi à
Sidi Ali Boughaleb. Cet enfant ne pourra pas supporter le Msid; si tu lui faisais boire
de l’eau du sanctuaire, il retrouverait sa gaîté et sa force.
Ma mère hésitait encore. Pour la convaincre Lalla Aïcha parla longuement de ses
douleurs de jointures, de ses jambes qui ne lui obéissaient plus, de ses mains lourdes
comme du plomb, des difficultés qu’elle éprouvait à se retourner dans son lit et des
nuits blanches qu’elle avait passées à gémir comme Job sur son grabat. Grâce à Sidi
Ali Boughaleb, patron des médecins et des barbiers, ses douleurs ont disparu.
J’ai gardé un vif souvenir de cette femme, plus large que haute, avec une tête
qui reposait directement sur le tronc, des bras courts qui s’agitaient constamment. Son
visage lisse et rond m’inspirait un certain dégoût. Je n’aimais pas qu’elle m’embrassât.
Quand elle venait chez nous, ma mère m’obligeait à lui baiser la main parce qu’elle
était chérifa, fille du Prophète, parce qu’elle avait connu la fortune et qu’elle était
restée digne malgré les revers du sort. Une relation comme Lalla/Aïcha flattait
l’orgueil de ma mère.

Vocabulaire :
Migraine : Douleur intense qui affecte généralement un seul côté de la tête.
Enrayer : Empêcher accidentellement de fonctionner ; Arrêter dans son cours
Tempe (n f) : Région latérale de la tête entre le coin de l’œil et le haut de l’oreille
Copieusement : D’une manière copieuse. Beaucoup, bien, considérablement,
Enduit : enduire : Recouvrir (une surface); coller
Improviser : Composer sur-le-champ et sans préparation
Bouilloire (n f) : Récipient métallique destiné à faire bouillir de l’eau
Convalescente : Période de transition entre la fin d’une maladie et le retour à la santé.
Empaqueté : Mettre en paquet*.
Prodiguer : Dépenser avec prodigalité, consommer, dissiper, donner, verser, déployer
Brassée : Quantité (de qqch.) que l’on peut tenir entre les bras.
Pot : Récipient* de ménage, destiné surtout à contenir liquides et aliments. Vase
Ébréché : Qui présente des brèches, des cassures Dégradé, diminué
Colique : Douleur, survenant sous forme d’accès violent, ressentie au niveau des
viscères abdominaux
Aphone : Qui est privé de voix, qui n’a plus de voix
Grimacier Prendre des manières affectées pour attirer l’attention, plaire, séduire
Immaculé : Qui est sans tache de péché ; Sans une tache. Net, propre
Buter : Soutenir, étayer. Appuyer, épauler
Esquisser : Représenter, faire en esquisse. Crayonner, croquer, dessiner, ébaucher,
pocher, tracer.
Allégresse : Joie très vive qui se manifeste publiquement, souvent
collectivement. Enthousiasme, exultation, gaieté, jubilation, liesse

Questions de Compréhension
1) Situe le passage dans l’œuvre.
2) Relevez dans le texte deux indices qui justifient le genre du texte.
3) en s’appuyant sur les deux premiers paragraphes :
a) Pourquoi le mardi est un jour néfaste pour le narrateur ?
b) Montrez que le fqih est sévère.
c) Quel sentiment éprouve le narrateur.
d) relevez trois termes relatif à ce sentiment.
e) quelle tonalité donnent-il au texte ?
4) « J’enfilai mes babouches qui m’attendaient à la porte du Msid »
a- Quelle est la figure de style employée dans la phrase ci-dessus ?
b- Quel désir chez l’enfant cette figure de style met-elle en valeur ?
5) « La visiteuse remarque la pâleur du visage de l’enfant. »
a- Quelle est la cause de cette pâleur selon la mère ?
b- Quel conseil Lalla Aïcha donne-t-elle pour que l’enfant retrouve sa force ?
6) a- D’après votre lecture de la suite de l’œuvre, dites si l’enfant va retrouver sa force
grâce au conseil de Lalla Aïcha.
b- Justifiez votre réponse par un événement du roman.
7) Le narrateur et sa mère éprouvent-ils le même sentiment à l’égard de Lalla
Aïcha ? Justifiez votre réponse par des expressions tirées du texte.

Corrigé : CONTRÔLE CONTINU (La


boite à merveilles ‘Chapitre 2’)
• Echchorfi
• 20/08/2018
• Examens / La boite à merveilles
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Questions de Compréhension
1) Situe le passage dans l’œuvre.
Ce passage est situé juste après le retour du petit enfant « Sidi Mohammed»
du Msid. C’était un mardi. A la maison, il a trouvé sa maman malade, elle
souffrait d’une migraine. Son amie Lalla Aïcha est venue lui rendre visite.
2) Relevez dans le texte deux indices qui justifient le genre du texte.
Indices qui le montrent : les pronoms personnels « je » « me » « moi» :
« je me rendis au msid- Je décrochai ma planchette et me mis… »
3) en s’appuyant sur les deux premiers paragraphes :
a- Pourquoi le mardi est un jour néfaste pour le narrateur ?
car il doit, comme tous les écoliers du M’sid, réciter les chapitres de Coran
appris depuis l’entrée à l’école afin d’éviter la torture physique provoquée par le
Fkih et sa baguette de cognassier.
b) Montrez que le fqih est sévère.
« Le fqih avait son regard de tous les mardis. Ses yeux n’étaient perméables à aucune
pitié. »
Le comportement du fqih envers ses élèves est très sévère. Sa baguette de
cognassier fait souffrir les écoliers qui commencent à connaitre la peur dès leur
bas âge.
c) Quel sentiment éprouve le narrateur.
La peur
d) relevez trois termes relatif à ce sentiment.
« Je connaissais la peur, Mon petit corps tremblait, J’appréhendais »
e) quelle tonalité donnent-il au texte ?
Une tonalité pathétique
4) « J’enfilai mes babouches qui m’attendaient à la porte du Msid »
a- Quelle est la figure de style employée dans la phrase ci-dessus ?
personnification
b- Quel désir chez l’enfant cette figure de style met-elle en valeur ?
Le désir de partir, de quitter le msid
5) « La visiteuse remarque la pâleur du visage de l’enfant. »
a- Quelle est la cause de cette pâleur selon la mère ?
Le mauvais œil, le regard des envieux
b- Quel conseil Lalla Aïcha donne-t-elle pour que l’enfant retrouve sa force ?
Elle a proposé d’aller boire du sanctuaire de Sidi Ali Boughaleb pour obtenir
sa guérison.
6) a- D’après votre lecture de la suite de l’œuvre, dites si l’enfant va retrouver sa force
grâce au conseil de Lalla Aïcha.
Non
b- Justifiez votre réponse par un événement du roman.
Le narrateur va être griffé à sang par un grand matou.
7) Le narrateur et sa mère éprouvent-ils le même sentiment à l’égard de Lalla
Aïcha ? Justifiez votre réponse par des expressions tirées du texte.
Le narrateur et sa mère n’éprouvent pas le même sentiment à l’égard de Lalla
Aïcha.
Le narrateur inspire un certain dégoût« son visage lisse et rond m’inspirait un
certain dégoût. Je n’aimais pas qu’elle m’embrassât ».
Quant à sa mère, elle aime bien Lalla Aïcha : « une relation comme Lalla Aïcha
flattait l’orgueil de ma mère ».

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