Rocher Bertrand PUSE
Rocher Bertrand PUSE
1
« Le risque climatique planétaire lance un défi difficile pour la prise de décision publique du fait de la
combinaison d’un certain nombre de traits : le caractère planétaire, qui impose un niveau de coordination
internationale de l’action, rarement atteint ; la dimension du long terme et la faible réversibilité des phénomènes
en jeu, imposant à la pensée de l’action un horizon inhabituel ; l’ampleur des incertitudes scientifiques qui
affectent directement les aspects les plus décisifs du points de vue des politiques à engager ; la mise en cause de
quasiment toutes les activités humaines, de la production de ciment aux transports, en passant par l’agriculture
et l’exploitation forestière. » (Godard, 1997).
climatiques dans l’action publique régionale et locale2. Le propos est illustré par des exemples
à l’échelle régionale et par une étude approfondie menée à la Communauté urbaine du Grand
Lyon. Nous proposons, à partir des enseignements issus d’enquêtes sur des territoires variés,
une réflexion sur les modalités de mise en politique publique locale de la question du
changement climatique, notamment au regard de son articulation avec les politiques
environnementales traditionnelles et la référence au développement durable. Dans l’optique
de nourrir une réflexion sur le caractère transversal et intégré de l’action publique urbaine,
nous tentons de mettre en évidence les jeux d’imbrication de l’enjeu climatique avec, d’une
part, les secteurs existants de l’action publique environnementale, et d’autre part avec le
« développement durable ». Il s’agit d’interroger la propension de la thématique du
changement climatique à venir donner corps, mais peut-être aussi à se substituer à la
problématique du développement durable. Cette dernière est comprise à la fois comme une
catégorie normative (reposant sur des préceptes tels que la prise en compte du long terme, de
l’extraterritorialité, de la transversalité) et comme un objet concret qui vient modifier les
cadres et contenus de l’intervention publique (étant donné qu’il est matérialisé sur les
territoires par des discours et des démarches telles que les Agenda 21 locaux, le recrutement
de personnel dédié, etc.).
La réflexion est organisée en quatre temps. Une partie introductive vise à expliciter les
ressorts d’un questionnement sur le développement durable territorial à partir du changement
climatique. Une seconde partie donne un aperçu du contexte institutionnel dans lequel
s’inscrit l’action des collectivités locales en matière de climat, et précise les formes de ces
actions. Nous nous intéressons ensuite à la compréhension de l’enjeu climatique en tant que
problème public à part entière, en mettant en évidence les mécanismes d’imbrication avec des
problèmes appréhendés jusqu’alors selon une approche sectorielle, pour, dans un quatrième
temps, discuter de l’articulation de l’enjeu climatique avec les démarches de développement
durable.
2
Les réflexions présentées dans cet article s’appuient principalement sur la réalisation de deux projets de recherche :
- Le projet « Gestion territoriale du changement climatique : une approche par les politiques régionales »
(2005-2007), programme « Gestion et Impacts du Changement Climatique » (GICC-2, MEDD/ONERC
[www.ecologie.gouv.fr/-GICC-.html]), réalisé par François Bertrand sous la direction scientifique de
Corinne Larrue, à partir de l’étude de trois régions (Nord-Pas-de-Calais, La Réunion et Poitou-Charentes) ;
- et le projet « Le changement climatique, révélateur des vulnérabilités territoriales ? Action publique
locale et perceptions des inégalités écologiques » (2006-2007), programme « Politiques territoriales et
développement durable » (MEDD/PUCA [www.territoires-rdd.net/]) réalisé par Laurence Rocher et
François Bertrand sous la direction scientifique de Patrice Melé, à partir de l’étude de trois terrains :
Grand Lyon, Villard-de-Lans et Île de Ré.
3
Cf. notamment le principe 4 de la Déclaration de Rio : « Pour parvenir à un développement durable, la
protection de l'environnement doit faire partie intégrante du processus de développement et ne peut être
considérée isolément. » (CNUED, 1992)
+
S’inspirant de la révolution systémique, elle propose de relever le défi de penser d’une
manière dynamique les interdépendances de notre monde complexe, dans un souci de
décloisonner les savoirs et de croiser les analyses. Cette prise en compte de la complexité se
traduit par une volonté de « désectorialisation » : l’action durable se veut transversale,
intégrée, se démarquant de la conduite sectorialisée de l’action publique (Rudolf & Kosman,
2004). Le cadre constitué par la problématique du développement durable est vaste, ses
contours sont flous et son contenu est multiple, particulièrement pour ce qui a trait aux
applications spatialisées. Il englobe une diversité de positions, jusqu’aux plus contradictoires.
Il n'en devient pas moins une référence récurrente, un argument mobilisé d’une manière
quasi-systématique en ce qui concerne l’aménagement du territoire et la planification. Ce
nouveau « mythe pacificateur » (Lascoumes, 2000) entre économie, environnement et société,
réconciliateur de tensions jusqu’ici considérées comme strictement opposées, ne présente pas
moins de difficultés dès lors qu’il s’agit de le traduire opérationnellement. Au point que la
mise en territoire du développement durable peut être vue comme un révélateur de ces
contradictions (Bertrand, 2004).
Si le développement durable représente un « principe normatif sans norme » (Theys, 2000 :
242), alors quelle posture de recherche peut-on proposer pour étudier cette problématique
hybride, à la fois scientifique et politique ? Considérant, à l'instar de Marcel Jollivet, que le
développement durable « ne peut prendre corps historiquement qu’à travers l’action et la
réflexion sur l’action » (Jollivet, 2001a : 115), la compréhension des changements concrets
dont il est potentiellement porteur ne peut s'effectuer qu'à travers l'étude de « dispositifs
d’action » concrets (de l’ordre tout à la fois de la technique, du règlement, de la procédure et
de la négociation) qui permettent d’analyser la conception du développement durable à
l’œuvre « à travers les priorités données à la maîtrise de tels ou tels processus ainsi que du
choix de tel ou tel moyen pour atteindre les objectifs visés » (Jollivet, 2001b : 16). La nature
spécifique de la problématique du développement durable (qui relève à la fois de l’idéal et de
la réalité, et d’un double positionnement entre le monde scientifique et le monde de l’action)
conduit à l’aborder à la fois comme un objet et un cadre d’analyse de la recherche :
- objet en tant que contenu renvoyant à des traductions et des appropriations localisées
dans l’espace, mais aussi, à n’en pas douter, dans le temps (formes historico-
géographiques),
- outil d’analyse en tant que "cadre de référence" permettant de lire les processus à
l’œuvre, donnant à voir l’action publique, sa conception comme les formes qu’elle se
donne.
Pour nous, la problématique du développement durable, appréhendable dans des formes
territorialisées à travers des ensembles de politiques publiques, constitue donc bien à la fois
une unité empirique, objet "out there" (matière à observation car existant dans les discours
d'acteurs) et un vecteur potentiel de l'avènement d'un nouveau paradigme, que l'on peut
qualifier d'écosystémique, qui insiste sur les interdépendances et l'incertitude (principe de
responsabilité au niveau éthique et principe de précaution pour l’action…). L'observation de
ce qui constitue les politiques territoriales qualifiées de durable doit permettre d'observer les
résistances du passage de "l'ancien" paradigme productiviste ou techno-scientiste au
"nouveau" paradigme écologique4. L'hypothèse centrale de cette approche, qui exclut a priori
rejet et idolâtrie, est donc de considérer que la diffusion de la problématique du
développement durable dans tous les domaines de l'action collective peut permettre le passage
4
Il y a bientôt 10 ans, Patrick Le Clanche notait : « Au bout du compte, le développement durable permet
surtout d’évaluer les résistances du paradigme productiviste aux contestations internes dont il fait
l’objet. » (Le Clanche, 1999 : 64)
-
à un nouveau référentiel, mais n'amène pas mécaniquement à l'avènement de ce nouveau
référentiel.
La spatialisation de la problématique du développement durable, globale par essence, entraîne
un dédoublement de l’espace d’analyse entre durabilité interne et durabilité externe5 et
conduit à s’intéresser à la prise en compte des interdépendances avec l’extérieur (l’extra-
territorial, c’est-à-dire le « reste du monde »). L’intégration de cette dimension extra-
territoriale dans les politiques locales (qui doivent se préoccuper de la viabilité de leur
territoire sans compromettre la viabilité des autres territoires) est à même d’impliquer une
profonde redéfinition des priorités, des représentations du territoire et du pilotage de l’action
publique dans un contexte d’incertitude, comme l’illustrent les travaux de Jacques Theys et
Cyria Emelianoff sur la ville durable6. La question du développement urbain durable,
marquée par des phénomènes spécifiques au fait urbain moderne (métropolisation,
périurbanisation…) qui concernent une part toujours plus grande de la population mondiale,
s’inscrit dans ce questionnement sur la territorialisation du développement durable7.
Dans cette optique, l’action locale face aux changements climatiques permet d’appréhender
concrètement l’articulation délicate entre « durabilité interne » et « durabilité externe » des
territoires et constitue un objet intéressant pour étudier plus précisément les points critiques de
l’application territoriale du développement durable, notamment les questions de l’équité dans
le temps (entre les générations) et dans l’espace (entre les territoires) (Bertrand, 2004 : 104-
130). Si, jusqu’à il y a peu, la dimension environnementale de l’urbanisme visait
essentiellement à organiser et minimiser les conséquences environnementales du
fonctionnement des espaces urbains à une échelle locale voire régionale, aujourd’hui, c’est la
dimension globale de l’environnement qui vient questionner les modes de production de
l’urbain. L’émergence d'actions locales visant notamment à réduire les causes et les effets de
ce phénomène d’envergure planétaire renvoie à une articulation local/global et à une
concrétisation du "Penser global, agir local". L’action locale face au changement climatique
entraînerait un « décadrage urbanistique » en mesure de retisser le lien global-local8.
5
La durabilité interne d’un espace renvoie à l’équilibre et à la viabilité du système territorial en lui-
même (espace fermé - objectifs d’équité intra-territoriale) ; et la durabilité externe a trait aux relations entre le
système considéré et son extérieur (espace ouvert – objectifs d’équité inter-territoriale) (Zuindeau, 2000 : 60).
Un double système de règles de durabilité spatiale a ainsi pu être proposé par Nijkamp et al. dès le début des
années 90 (Nijkamp et al., 1992).
6
« (…) une ville durable doit-elle d’abord contribuer à la solution des grands problèmes mondiaux – au prix
éventuel de sa croissance – ou plutôt s’assurer de la viabilité à long terme de son propre développement ? Il ne
s’agit pas là seulement d’une querelle sémantique ni même d’un conflit de priorité, mais de la difficulté
profonde, plus exacerbée qu’ailleurs, à articuler plusieurs représentations, à l’évidence différente, du territoire
et de l’action politique. » (Theys & Emelianoff, 2001 : 132)
7
Nous renvoyons pour une description détaillée des spécificités urbaines aux travaux de doctorat d’Aurélien
Boutaud (2005) et de Laure Héland (2008) qui traitent de façon approfondie ces aspects.
8
« L'évolution des villes a des conséquences sur la biosphère qui pèsent en retour, de manière de plus en plus
visible, sur les sociétés. L'inscription de la problématique urbaine dans cette évolution planétaire induit un
décadrage urbanistique, amorcé par exemple par les villes qui engagent un plan local de lutte contre l'effet de
serre, visant à réduire leurs émissions de CO2. Un lien local-global se tisse, qui ne se réduit pas à l'affirmation
d'une logique de compétition économique. Avec la Terre comme horizon ou cadre de vie, l’urbanisme se trouve
assez brutalement confronté à une multiplicité d’enjeux relatifs à l’articulation des échelles spatio-temporelles,
qui retentissent sur les logiques d’implantation des activités ou de l’habitat, les modes de mobilité,
l’approvisionnement énergétique, les choix des matériaux, etc. Ce recadrage dans le temps et l’espace s’impose
dès que les externalités du développement urbain commencent à être prises en compte. » (Emelianoff, 2004 : 3)
.
Comprendre la construction de réponses locales au problème du climat nécessite de saisir le
contexte institutionnel dans lequel cet enjeu émerge en tant qu’objet d’action publique, ainsi
que d’en caractériser les formes, c'est-à-dire les mesures récurrentes mises en œuvre.
L’intégration d’enjeux climatiques dans l’action publique locale repose sur une implication
volontaire à l’initiative des collectivités, hors de toute obligation réglementaire. Les
interventions de l’Etat en la matière ont un caractère incitatif, proposant un cadre d’action, tel
que le Plan Climat Territorial, dont le processus d’élaboration et le contenu sont à définir par
les acteurs locaux. Le niveau central, producteur d’un discours sur la nécessité d’un effort
collectif à relayer et à démultiplier par les entités territoriales et les individus, met à la
disposition des collectivités des outils méthodologiques et des cadres institutionnels qui
tendent à être généralisés9. La systématisation des Plans Energie & Climat Territoriaux,
annoncée à l’issue du Grenelle Environnement puis inscrite dans le projet de loi qui en
découle, va dans ce sens10. Les collectivités locales composent dans ce contexte, s’inspirant
des expériences d’autres collectivités françaises et étrangères. La diffusion et la circulation
des savoirs s’opèrent notamment au sein de réseaux ou « clubs » de collectivités actives sur
ces questions (Energie Cités, Alliance Climat ou encore le tout récent « Club Villes,
Territoires et Changement Climatique »11….) et par la multiplication de colloques et de
publications.
Un des enjeux majeurs auxquels sont confrontées les collectivités locales est de caractériser le
problème à l’échelle du territoire concerné : quantification et localisation des consommations
d’énergie et des émissions de GES -Gaz à Effet de Serre-, prévision fine des impacts,
identification des leviers d’action, des vulnérabilités territoriales spécifiques et des marges de
manœuvre. La capacité à disposer d’informations stratégiques relatives au territoire concerné
est un point central de la construction de l’action publique locale relative à l’enjeu climatique.
Cette étape de production de connaissances territorialisées s’appuie sur des outils, tels que la
méthode Bilan Carbone développée par l’ADEME, ainsi que sur des structures locales
(agences et observatoires de l’énergie, AASQA, service environnement des collectivités…) en
mesure d’entreprendre, notamment par la mise en commun de différentes sources
d’information, un travail de production et de diffusion de la connaissance locale du problème.
Au niveau local, les processus de mise en politique de la question climatique sont marqués par
des particularités liées aux caractéristiques socio-économiques locales ainsi qu’aux styles et
savoirs-faire en matière de conduite de l’action publique. Si l’on retrouve une mobilisation
9
Un guide à destination des collectivités locales a été publié en 2005 (ADEME / MIES / AMF), et un recueil
d’expériences sur les Plans Climats Territoriaux a ensuite été diffusé en 2007 (MIES).
,
« Le rôle des collectivités publiques dans la conception et la mise en œuvre de programmes d'aménagement
durables doit être renforcé. A cet effet, il sera demandé aux conseils régionaux, aux conseils généraux et aux
communes de plus de 50 000 habitants d’établir, en cohérence avec les documents d'urbanisme, des plans climat
énergie territoriaux avant 2012 ». (Projet de loi relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, site
internet du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire
consulté le 29-04-2008).
11
Lancé conjointement par la Mission Climat de la Caisse des Dépôts, l’ONERC (Observatoire National des
Effets du Réchauffement Climatique) et Météo France au printemps 2008.
/
des collectivités centrée sur quelques secteurs incontournables -l’énergie, les transports,
l’aménagement et l’habitat-, la prise en charge de la question du climat passe également par
des entrées spécifiques : foresterie et agriculture dans les régions agricoles, démarches de
« mobilité douce » dans les régions touristiques de montagne, transports collectifs et
opérations d’aménagement dans les espaces urbains… Les « styles » de conduite de l’action
publique (méthodes participatives, pilotage politique, recours au consultanat, etc.), et le
contexte institutionnel (ressources organisationnelles et cognitives, liées notamment à la taille
de la ville ou de la collectivité), sont autant de facteurs qui contribuent à l’affirmation de
spécificités locales. Aussi, la traduction locale du problème, tout en reposant sur des
modalités d’action récurrentes (volontariat, partenariat) et sur des contenus privilégiés, se
construit en fonction d’un héritage local qui œuvre à la manière d’un « sentier de
dépendance » à la fois processuel et substantiel.
La prise en charge de la lutte contre le changement climatique devient un passage obligé de
l’action publique locale, particulièrement lorsque celle-ci vise l’excellence en termes de
développement durable. Elle se fait alors l’écho et le relais d’un discours institutionnel
omniprésent sur la nécessité d’une modification des comportements quotidiens individuels.
Ce rôle de relais prend plusieurs formes telles que le souci d’exemplarité (dans la construction
et la gestion des bâtiments, des infrastructures publiques, des flottes de véhicules par
exemple), le prolongement des dispositifs d’aides et de crédits d’impôts, les campagnes de
communication ou encore les mesures incitatives destinées à changer massivement les
comportements (distribution ou subvention d’ampoules à basse consommation d’énergie par
exemple). On retrouve quasi-systématiquement dans les politiques climatiques locales ou
régionales étudiées des mesures adressées directement aux habitants : prêt à taux zéro pour
l’isolation thermique des logements (Nord-Pas-de-Calais), pour l’installation de chauffe-eau
solaire (La Réunion), pour l’acquisition de presse à huile pour les agriculteurs (Poitou-
Charentes), diffusion d’une « Climat Box » aux habitants de l’agglomération de Mulhouse12,
conférence, réunion d’information, publication, ticket cinéma pour le film d’Al Gore... En
sollicitant l’action individuelle des habitants, on cherche à démultiplier l’effet des actions
entreprises et à obtenir un effet de masse, afin de réduire efficacement les consommations
énergétiques et les émissions de GES. Etablir un lien direct avec chaque habitant représente
par ailleurs une opportunité de mise en visibilité et de reconnaissance des actions entreprises,
particulièrement pour les niveaux territoriaux récents et ne bénéficiant que d’une faible
lisibilité auprès des habitants (structures intercommunales urbaines, Régions…). Le plus
souvent, les actions engagées au titre du changement climatique reposent sur des mesures de
nature incitative, à « double bénéfice » dans la mesure où la protection de l’environnement est
associée à des gains financiers. Elles s’inscrivent en cela dans une construction individualisée
des politiques urbaines, où les individus sont représentés comme « cause » et « solution » du
problème13.
+
« Cette boîte en carton recyclé contient trois ampoules électriques basse consommation, un thermomètre à
alcool, deux réducteurs de débit d’eau et un sac de pré-tri pour les déchets. Le contenu de cette boîte permet de
réduire les rejets de carbone de 110 kilos par an et d’économiser jusqu’à 90 euros. Elle sera prochainement
proposée au grand public. » p.3 in « L’Agglo bouge », journal d’information de la Communauté
d’Agglomération Mulhouse Sud Alsace -CAMSA-, janvier 2008
-
En écho aux questionnements de l’appel à propositions du colloque « Le développement urbain durable saisi
par les sciences sociales. » -Témis- pour lequel cet article a été rédigé. « Est-ce que, à l’image de ce qui se passe
autour des politiques sociales dans les pays anglo-saxons (Peck, Theodore, 2001), le DUD participe à une
individualisation des politiques urbaines, visant à construire les individus comme « cause » et donc par
conséquent « solution » des problèmes environnementaux ? Peut-on opérer un rapprochement entre la diffusion
du DD et la propagation de l’idée de « citoyenneté active» ? »
0
L’action des collectivités locales en matière de climat prend forme dans un cadre volontaire
où elles se placent en relais du message institutionnel, elle est stimulée au sein de réseaux
d’échange et par un souci de positionnement et de visibilité dans un contexte où la thématique
environnementale est un élément central de « marketing territorial ». Elle prend généralement
la forme de mesures à caractère incitatif et contractuel à destination des habitants et des
acteurs économiques.
3.1. Entre énergie et qualité de l’air, quelle place pour le problème « climat » ?
14
Par opposition à sa dimension « adaptation » aux effets, aux conséquences liés au changement climatique.
15
Loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie, 30 décembre 1996.
1
comme une opportunité de se saisir des enjeux relatifs à la consommation et à la production
énergétique, qui n’entraient pas dans les compétences communautaires mais étaient pourtant
mentionnés dans l’Agenda 21.
Finalement, l’action publique locale oscille entre la nécessité d’expliciter et de donner corps à
cet enjeu en tant qu’objet à part entière et la pertinence d’une gouvernance commune avec des
secteurs frères existant institutionnellement. L’enjeu est bien de s’amarrer tout en se
démarquant, et de ce point de vue, la récente « priorité climatique » fait bouger les frontières
sectorielles de l’action publique urbaine.
Ces approches sectorielles, tout en présentant des marges de progrès, semblent limitées quant
à leur efficacité à s’attaquer à l’envergure des défis posés par le problème « climat ». Les
réponses apportées par les territoires (tout comme celles avancées aux niveaux national ou
16
Cf. notamment le développement d’outils financiers relativement inédits comme les dispositifs de prêt à taux
zéro à destination du grand public pour les travaux d’isolation thermique de l’habitat lancés dès 2006 par le
conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, en partenariat avec des institutions bancaires -prêt Isolto-
[http://www.nordpasdecalais.fr/isolto/intro.asp], dispositif repris depuis par plusieurs autres conseils régionaux.
2
international) paraissent pour l’instant tout à fait sous-dimensionnées par rapport à l’ampleur
du problème17. C’est alors l’organisation territoriale, notamment la planification urbaine, qui
apparaît comme le vecteur pertinent pour une mise en cohérence et une optimisation de la
lutte contre l’effet de serre (De Viguerie, 2006). La nécessité de revoir la répartition des
compétences des collectivités en fonction de l’enjeu climatique, notamment en matière
d’énergie et de transports, est alors évoquée (PREDIT, 2005), ainsi que l’« introduction de la
lutte contre le changement climatique, de l'adaptation au changement climatique et de la
maîtrise de l'énergie dans les objectifs des documents d'urbanisme »18. Les membres du
groupe « Lutter contre les changements climatiques et maîtriser l’énergie » du Grenelle
environnement ont soulevé la nécessité d’un remaniement des compétences afin de permettre
aux collectivités, notamment intercommunales, d’appréhender de manière intégrée les
différents secteurs concernés, en proposant « la création d’un bloc de compétences cohérent
dans la lutte contre le changement climatique, au bénéfice des intercommunalités :
urbanisme, transport, voirie, énergie ».
La maîtrise de l’urbanisation (périurbanisation, étalement urbain, mitage…) reste en quelque
sorte l’impensée des politiques à l’échelle métropolitaine. Ce mouvement en constante
augmentation, à l’origine de l’explosion des distances parcourues, avec une très lourde inertie,
ne semble pas actuellement en mesure d’être endigué tant la réversibilité de ces phénomènes
est faible et les leviers de changement particulièrement délicats à actionner (organisation
spatiale et infrastructures de transport, public captif des modes de transport individuel,
répartition des compétences et échelles d’intervention, investissement public dans les
transports en commun et le fret…). Toutefois, les tensions actuelles sur le marché des
énergies fossiles viennent concrétiser et appuyer l’urgence des défis à relever en termes
d’organisation urbaine, donnant ainsi localement visibilité et actualité aux menaces diffuses,
invisibles et planétaires liées à l’effet de serre d’origine anthropique.
Il s’agit notamment d’endiguer la tendance à l’étalement urbain, et d’éviter que les gains
acquis grâce à l’amélioration technique des moyens de transport, de construction, de
chauffage, ne soient annulés par une augmentation des distances à parcourir (cf. le phénomène
de « l’effet rebond », Schneider, 2003). Cette évolution quant à l’appréhension de l’enjeu
climatique -effectuée dans un premier temps selon une approche sectorielle, puis associée à
l’organisation urbaine- a été constatée au niveau local. La planification urbaine est avancée
comme une entrée privilégiée pour une approche transversale et surtout cohérente de l’action
publique locale en matière de lutte contre le changement climatique. C’est le cas des
documents de planification (SCOT, PADD) de l’agglomération lyonnaise, qui se réfèrent à
des principes de « courte distance » et de sobriété énergétique. L’imbrication entre les
thématiques de la qualité de l’air, de la consommation et des économies d’énergie et de l’effet
de serre est assez marquée dans le SCOT, dont l’état initial de l’environnement traite
17
Comme le rappelait Gérard Magnin, délégué général d’Energie-Cités, même Chalon-sur-Saône, vitrine
française des politiques climatiques locales, notamment grâce au programme de démonstration « Privilèges »,
apparaît éloigné de l’objectif « facteur 4 » (qui vise la réduction par 4 des émissions de GES d’ici 2050) :
« Ainsi, les actions menées par exemple par la ville de Chalon-sur-Saône, qui sont exemplaires, et qui
impliquent la population donnent au final des résultats, qui ne permettent pas d’atténuer sensiblement la
tendance actuelle. Bien sûr, il est bon de faire des efforts sur le patrimoine communal mais n’oublions pas qu’il
ne représente que 3 % de la consommation en énergie de l’ensemble d’un territoire. Au bout du compte, nous ne
sommes pas actuellement sur une tendance de « facteur 4 ». » (Assemblée Nationale, 2006 : 534)
18
Projet de loi relatif à la mise en œuvre du Grenelle Environnement, site internet du Ministère de l’Ecologie, de
l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, consulté le 29-04-2008.
3
ensemble ces trois enjeux19, en rapprochant leurs dimensions sanitaire, environnementale,
économique et sociale, dont les impacts sont déclinés à court, moyen et long terme.
Ces signes d’une diffusion de l’enjeu climatique dans les politiques de planification urbaine
ne doivent pas pour autant masquer des points de tension qui se dessinent à l’occasion de
projets d’aménagement tels que de nouvelles infrastructures routières. C’est alors le risque
d’une politique climatique symbolique et superficielle qui ne parvienne pas à infléchir des
décisions lourdes en matière d’organisation urbaine qui est évoqué. En cela, la question
climatique rejoint les conflits d’interprétation du développement durable.
19
« Les consommations d’énergie dans les transports, les bâtiments et l’industrie sont responsables de
l’essentiel des émissions de polluants atmosphériques et des gaz à effet de serre contribuant au réchauffement
climatique. C’est pourquoi ces problématiques sont présentées dans un même chapitre. » (SEPAL, 2006)
20
“It is actually climate change (CC) that has become the “driving force” for the whole area of sustainable
development.” (Dahan, 2008).
,
contre l’effet de serre sont rattachées pour partie (démarches internes à la Communauté
Urbaine) à l’Agenda 21 et pour partie (démarches partenariales avec des acteurs externes) au
Plan climat, lui-même présenté comme une « déclinaison thématique » de l’Agenda 21.
Autre cas de figure, la Région Poitou-Charentes a, pour sa part, choisi de s’engager dans une
politique affichée et ambitieuse de lutte contre le changement climatique ; le processus
d’élaboration participatif d'un Plan Climat Régional se substitue alors en quelque sorte à la
rédaction d’un Agenda 21 régional. Dans ce cas, le thème du changement climatique vient
d’une certaine manière englober le développement durable, apparaissant alors comme une
opportunité saisie pour incarner les préceptes du développement durable.
Cette mise en avant des politiques climatiques, qui permet d’incarner les politiques
territoriales de développement durable, n’est pas pour autant automatiquement porteuse des
changements annoncés par le développement durable. Le mouvement récent d’émergence de
politiques climatiques locales sur le territoire français s’est traduit avant tout par un effort de
quantification, lequel passe par l’élaboration et la diffusion d’un outillage de mesure à
disposition des collectivités. La méthode Bilan Carbone, mise au point par l’ADEME, tend à
être généralisée comme outil de comptabilisation des GES et des consommations
énergétiques, mais potentiellement au détriment d’autres méthodes de calcul comme
l’empreinte écologique, bien que les finalités ne soient pas les mêmes21.
Si ces démarches et méthodes ont des avantages en termes de caractérisation locale du
problème, elles présentent le risque de restreindre le raisonnement à une analyse quantitative
des éventuelles économies de CO2 qui suffirait à fonder les choix d’aménagements et les
stratégies de développement territorial tout en éludant les causes profondes de la crise
écologique planétaire, directement liée aux modes de vie et de production contemporains. Car
de la prise en compte du changement climatique pourrait être attendue une remise en question
globale du fonctionnement socio-économique actuel, dans le sens où elle souligne les limites
physiques de la biosphère auxquelles se heurte une conception illimitée de la croissance
économique à tout prix. Pour autant, dans les faits, les solutions avancées face à la crise
climatique (décarbonisation de l’économie, croissance verte) semblent s’écarter d’une remise
en question globale des valeurs qui sous-tendent les modèles de développement actuel pour
tendre vers une déconnexion entre problèmes écologiques et fonctionnement socio-
économique. La tendance à la technicisation et à l’économisation des questions climatiques22
(en s’appuyant sur les systèmes de quotas et de permis à polluer -solutions économiques- et
l’innovation technologique -basée essentiellement sur l’attente de solutions de rupture à
venir : séquestration, voiture hybride, biocarburant de nouvelle génération, pile à combustible
etc.), participe à écarter les discours portant sur une modification des valeurs associées au
progrès et au bien-être.
On peut alors craindre de perdre les avancées introduites par la diffusion de la problématique
du développement durable (analyses systémiques à la fois quantitatives et qualitatives,
transversalité etc.), au profit d’une analyse quantitative monofactorielle. En ce sens, le
21
“The carbon issue provides an indicator that is easier to use than ‘natural capital’ or ‘ecological footprint’.
The “carbon footprint” indicator has the enormous advantage of being a comparative and universally
applicable classification tool: the “climate-friendliness” of a production activity or a technology is gauged in
terms of whether it emits less carbon for the same output.” (Dahan, 2008)
22
Remarquons que cette tendance n’est pas propre à la question du changement climatique, mais se retrouve au
contraire sous diverses formes dans toutes les politiques environnementales. Cf. à ce sujet la thèse de Yannick
Rumpala sur l’économisation des questions environnementales (Rumpala, 2003).
changement climatique ne devrait pas tant constituer un nouveau problème spécifique pour
l’action publique que renforcer la compréhension des interrelations entre les différents
problèmes écologiques, sociaux, économiques, politiques déjà existants et identifiés,
problèmes qui seront plus ou moins accentués. Mais lorsqu’il est réduit à un exercice de
comptabilisation des tonnes de CO2 émises ou évitées qui s’impose comme nouveau cadre de
justification et d’évaluation, l’enjeu climatique présente le risque d’occulter tous les autres
enjeux. A ce titre, le pilier « social » du développement durable apparaît particulièrement
réduit, parfois limité à des bénéfices en matière de facture énergétique, alors que les réponses
en termes d’innovations technologiques et d’amélioration de l’efficience des techniques
occupent tout le champ des réponses envisageables, au détriment d’autres formes de solutions
basées sur des façons différentes de penser le problème23. C’est alors du choix entre
« changer le pansement ou penser le changement » (Boutaud, 2005), dont il est question.
Conclusion
23
“Consequently, on a global level, [climate change] has increased the ‘technical complexity’ of [sustainable
development] which was previously couched in broader, more multi-cultural and woollier terms. It now
comprises the core of the whole domain, a dramatic development that excludes other aspects –particularly social
ones – to an increasing extent. In the international climate arena of the COPs, the priorities are technical
proficiency, energy efficiency and green technologies. From a cultural perspective, the domain is characterised
by the care taken to avoiding any ideological connotations and by a highly pragmatic approach that looks to the
market on the one hand (especially the carbon market), and whole range of related regulatory and legal
provisions on the other. Technology transfer and the adjoining compensation mechanisms appear to limit the
creative imagination.“ (Dahan, 2008)
+
institutionnelles (Plans Climats territoriaux, Bilans carbone,…), sans que les moyens de
« faire la ville » ni les valeurs que les sous-tendent soient remis en cause.
Si l’on considère l’effort de mise à l’agenda de cet enjeu et le processus d’articulation avec les
secteurs et dispositifs existants comme les caractéristiques d’une « première génération » des
« politiques climat » locales, deux enjeux majeurs se dessinent comme défis pour une
« seconde génération » : la planification comme moyen d’infléchir la forme urbaine d’une
part, et l’articulation entre les objectifs d’atténuation et d’adaptation d’autre part. Or, ces deux
enjeux renvoient précisément au caractère transversal et intégré de l’action locale. La
« seconde génération » de la prise en charge locale du changement climatique consistera sans
doute à l’intégration de cet enjeu dans les politiques et démarches d’aménagement urbain, de
manière à ce que l’évolution de la forme urbaine -en l’occurrence l’étalement spatial- ne
vienne pas annuler les efforts « techniques » (transports plus propres, qualité
environnementale dans l’habitat,…), tout en anticipant les effets prévisibles du changement
climatique sur les territoires.
Enfin, reste à savoir si les mesures et stratégies retenues au titre de la lutte contre le
changement climatique seront à même d’atteindre l’objectif dit de « facteur 4 » (réduction par
4 du niveau d’émissions des pays industrialisés d’ici 2050), l’incertitude majeure portant sur
les moyens mis en avant pour inscrire les territoires dans des trajectoires compatibles avec un
tel objectif et sur la préférence donnée au développement d’une ingénierie écologique dans
tous les domaines de la vie politique et/ou au changement de valeurs et de modèle de
développement (sobriété et passage d’un modèle productiviste à un référentiel écologique).
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