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Sensibilisation HSE

Le document traite de l'importance de la sécurité dans les entreprises, en soulignant la nécessité de maîtriser les risques pour protéger les personnes, les biens et l'environnement. Il aborde également les différents domaines de la sécurité, les réglementations en matière de sécurité industrielle, et l'impact positif d'une bonne gestion de la sécurité sur la confiance des parties prenantes. Enfin, il met en avant les investissements nécessaires pour améliorer la sécurité et les conséquences économiques des accidents du travail.

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Le document traite de l'importance de la sécurité dans les entreprises, en soulignant la nécessité de maîtriser les risques pour protéger les personnes, les biens et l'environnement. Il aborde également les différents domaines de la sécurité, les réglementations en matière de sécurité industrielle, et l'impact positif d'une bonne gestion de la sécurité sur la confiance des parties prenantes. Enfin, il met en avant les investissements nécessaires pour améliorer la sécurité et les conséquences économiques des accidents du travail.

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LA SENSIBILISATION SUR LES
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RISQUES PROFESSIONNELS
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rtyuiopasdfghjklzxcvbnmq Préparé et anime par : B. Bellili

SYKEN COLLEGE 2023


SOMMAIRE

I. PARTIE

1. Importance de la sécurité dans les entreprises


2. Les différents domaines de la sécurité
3. La sécurité et les « stakeholders »
4. La notion de risque
5. Les résultats de sécurité dans l’industrie
6. Les facteurs de succès en matière de sécurité

Importance de la sécurité dans les entreprises


Le concept de sécurité n’a pas été découvert pendant l’avènement de l’ère industrielle. Il
était inscrit dans le caractère de l’homme dès l’origine de l’humanité. Ainsi, l’homo
sapiens avait le réflexe de s’éloigner du feu car l’expérience lui avait appris que celui-ci
était dangereux pour lui. Il avait donc un réflexe de sécurité. Mais qu’est-ce que la
sécurité ?

Selon le « Petit Larousse », sécurité se dit d’une situation où l’on n’a aucun danger à
craindre. Cette définition générale, reposant sur le principe du risque zéro, n’est pas
adaptée aux activités humaines (alimentation, transport, vie quotidienne, loisirs, etc.) où
l’on parle de risque acceptable. Se référant à l’industrie et, plus particulièrement, au
fonctionnement des procédés, la sécurité peut être définie comme l’aptitude d’un système
à fonctionner en maîtrisant, à un niveau acceptable, les risques pour les personnes, les
biens et l’environnement.

2. Les différents domaines de la sécurité


La notion de sécurité s’applique à des domaines très variés. Elle peut être relative aux
actes de vandalisme, aux intrusions ou aux agressions (sécurité dans les banlieues,
cambriolages). La sécurité peut avoir aussi une connotation sociale (sécurité de l’emploi,
sécurité sociale). Il s’agit alors de préserver une situation professionnelle ou financière.
Pour distinguer ce type de sécurité, les Anglais utilisent un terme spécifique « security ».

D’autres aspects de la sécurité sont rassemblés en anglais sous le mot « safety ». Ils
peuvent concerner la fiabilité des moyens de transports (accidents de trains, de camions,
d’avions). Les médias évoquent très souvent la sécurité alimentaire (maladie de la vache
folle, listériose). Les activités domestiques engendrent également un nombre très (trop)
élevé d’accidents puisqu’elles sont la cause en France de 18 000 morts chaque année. La
plupart de nos activités ont donc un lien avec la sécurité. C’est évidemment le cas des
activités industrielles.
2
Si l’on parle de sécurité dans l’industrie, ce sont les accidents de personnes, les
incendies et explosions qui viennent d’abord à l’esprit de nos concitoyens. Des
catastrophes telles que celles survenues à Bhopal ou Flixborough ont marqué les esprits.
Les accidents du travail sont la cause d’environ 700 décès en France chaque année,
chiffre à comparer avec les 8 000 morts sur la route ou, comme nous venons de le voir,
les 18 000 accidents domestiques mortels. Cette mortalité plus faible dans l’industrie
n’est pas surprenante car la protection des hommes et des biens figure depuis plusieurs
années parmi les premières préoccupations des industriels.

Les enseignements tirés de chaque accident majeur (retour d’expérience) ont conduit
l’administration à renforcer la réglementation. La directive Seveso (1982), établie après
l’accident dans la localité du même nom, a rendu obligatoire, pour chaque installation
relevant de ce texte, la réalisation par l’exploitant d’une étude de dangers devant définir
les risques de l’installation et le conduisant à mettre en place les mesures apparaissant
nécessaires pour atteindre un niveau de sécurité acceptable.

Le risque zéro n’existant pas, la directive impose également la mise en place d’un Plan
d’Opération Interne (POI) qui, à partir des scénarios d’accident envisageables, définit
les moyens dont l’exploitant doit disposer pour faire face à la survenance de ces
scénarios. Ces moyens sont des moyens internes tels que véhicules incendie, pompiers
professionnels (pour les sites importants) ou pompiers volontaires (employés formés et
entraînés régulièrement aux techniques de lutte). Ce peut être aussi des moyens externes
(véhicules et pompiers des localités avoisinantes) qui seront mis à la disposition du chef
d’établissement qui, dans le cadre du POI, est le directeur des opérations et dirige donc
l’ensemble des secours qu’ils soient internes ou externes.

Lorsque les conséquences d’un accident dépassent un certain seuil, apprécié par le préfet
(en général, lorsque les conséquences de l’accident s’étendent au-delà des limites de
l’établissement), l’administration déclenche le Plan Particulier d’Intervention (PPI) et
prend alors la direction des opérations. On le voit donc, l’objet de la directive est de
réduire la survenance des accidents et d’améliorer les dispositifs de lutte pour faire face
aux sinistres.

Ces plans d’intervention sont théoriques et nécessitent, pour être efficaces le jour où ils
pourraient être mis en œuvre, qu’il soit procédé régulièrement à des exercices conjoints
entre les moyens d’intervention des industriels et ceux de la sécurité civile. Ces exercices
sont toujours source d’enseignements utiles pour améliorer ces dispositifs.

Un autre aspect de cette réglementation est la communication avec le public au


voisinage des sites. Les riverains, en cas de déclenchement du PPI, devront appliquer les
consignes de confinement à l’intérieur de leurs habitations afin de se protéger vis-à-vis
des conséquences potentielles de l’accident. L’étude de dangers réalisée dans le cadre de
la directive sert aussi à l’administration pour, si besoin, prendre les dispositions visant à
limiter l’utilisation des terrains à proximité immédiate de ces établissements et à y
proscrire en particulier la construction d’immeubles accueillant du public.

3
L’ensemble de ces mesures est focalisé sur les sites industriels. Mais aujourd’hui les
entreprises sont aussi de plus en plus attentives à d’autres domaines en matière de
sécurité.

La mondialisation des marchés a accru les distances parcourues par les transporteurs de
marchandises. Le transport des matières dangereuses fait l’objet de différentes
réglementations : internationale pour le transport aérien et maritime, européenne pour le
transport terrestre (RID pour le rail et ADR pour la route).

Nul doute que des catastrophes telles que celle de l’Erika montrent qu’il y a encore des
marges de progrès à réaliser et ceci en particulier dans le transport maritime.

La sécurité des produits est également une préoccupation croissante,


principalement focalisée sur l’utilisateur final. Fabriquer des produits sans mettre en
danger les opérateurs c’est bien, mais encore faut-il que le client puisse utiliser ce produit
sans risque. Cela concerne bien sûr la qualité du produit lui-même qui doit être conforme
aux spécifications, ne pas contenir de pièces défectueuses pour une machine ou
d’impureté pour un médicament. Mais cette sécurité doit aussi concerner l’utilisation du
produit, d’où, par exemple, pour certains produits chimiques dangereux en vente libre (ex
: déboucheur WC), l’utilisation de bouchons ne pouvant être ouverts par les enfants ou,
pour d’autres articles, la généralisation de notices d’emploi de plus en plus précises et
claires. Dans l’industrie chimique ceci se traduit par la mise à disposition, pour chaque
produit commercialisé, d’une fiche de données de sécurité (FDS) remise à chaque client.
Cette notion de sécurité et de gestion responsable des produits lors de leur
commercialisation (Product Stewardship) est d’ailleurs aujourd’hui bien comprise par
l’opinion publique. Si, il y a quelques années, le rappel volontaire en atelier de plusieurs
milliers de voitures d’un même modèle suite à un problème technique était perçu très
négativement, aujourd’hui une partie de nos concitoyens commence à considérer ce genre
d’action comme un gage de sérieux et de respect du client.

3. La sécurité et les « stakeholders »


Les bons résultats enregistrés par l’industrie chimique ne sont pas le fruit du hasard.
Les conditions de travail ont été très nettement améliorées et les expositions aux
substances manipulées réduites. Les conséquences dramatiques, enregistrées aujourd’hui,
de certaines expositions à l’amiante datant de plus de vingt ans, constituent, s’il en était
besoin, une justification de ces actions.

La qualité de l’air est aujourd’hui beaucoup plus affectée par la pollution liée à la
circulation automobile que par les activités industrielles. La qualité des eaux de rivière,
en constante amélioration, a bénéficié des importants progrès réalisés par l’industrie en
termes de rejets. La réduction de ces rejets, tant accidentels (dysfonctionnement de
procédé) que chroniques (rejets quotidiens), a souvent nécessité des investissements
coûteux visant à développer des technologies propres, à fiabiliser les installations ou à
traiter les effluents avant rejet dans le milieu naturel.

4
Le secteur de la chimie consacre actuellement à ces problèmes environ 1,4 milliards de
francs par an. Mais certains de ces investissements et les études qu’ils ont nécessitées ont
également conduit à une amélioration des procédés en matière de qualité ainsi que sur le
plan économique.

Une des raisons de ces progrès est sans nul doute le fait que la sécurité est un
problème d’éthique. Dans une enterprise qui a, par exemple, un taux de fréquence de 40,
on peut aisément déduire de la définition de cet indicateur, que chacun des salariés y
travaillant aura statistiquement environ 2,4 accidents avec arrêt dans sa carrière. Si l’on
considère, quelquefois à tort, que les employés occupés à des tâches administratives sont
moins exposés et donc moins sujets à accidents, on en déduira que d’autres collègues
affectés à des tâches plus manuelles auront probablement jusqu’à 10 accidents avec arrêt
de travail dans leur carrière, soit environ un tous les quatre ans. Ce taux d’accidentabilité
est totalement inacceptable parce que ces personnes sont atteintes physiquement, parfois
gravement et quelquefois mortellement.

Mais les conséquences ne s’arrêtent pas là. L’impact psychologique sur le blessé est
d’autant plus important que l’arrêt de travail est long. Par ailleurs, un accident grave
donnant lieu à enquête judiciaire est parfois l’objet de comportement individualiste
pouvant aller jusqu’à la délation, chacun cherchant avant tout à éluder ses responsabilités.
Cela conduit à une dégradation du climat au sein de l’entreprise et cette situation
malsaine peut persister pendant plusieurs années, avec les conséquences que l’on peut
imaginer pour l’entreprise. Toutes ces conséquences possibles, qu’elles soient humaines
ou sociales sont inacceptables. Mais il y a également nombre d’autres raisons pour être
performant en matière de sécurité.

Les résultats en matière de sécurité sont un indice de la qualité de l’organisation en


général de l’entreprise. Une entreprise qui a beaucoup d’accidents de gravité élevée est à
l’évidence mal organisée et cela se remarquera aussi dans d’autres domaines, notamment
au niveau de ses performances économiques. Si les accidents peuvent dégrader les
résultats économiques, la performance en matière de sécurité constitue un excellent levier
de motivation. Le personnel a confiance dans son entreprise et ses installations. Il
apprécie les efforts qui sont faits pour améliorer la prévention, l’intérêt porté par
l’encadrement à l’analyse des incidents ou aux suggestions que les employés auront pu
émettre. Bref, il a le sentiment d’être considéré et ce sentiment le poussera à s’investir
pleinement dans son travail.

Nous n’éluderons pas l’aspect financier lié à la réparation des accidents du travail.
Cependant, si cette taxation peut, au départ, s’avérer un élément incitatif pour améliorer
la sécurité, on s’aperçoit rapidement que ce n’est pas le facteur prédominant qui influe, en
matière de sécurité sur l’entreprise. L’absence d’un salarié, même s’il est remplacé, ce
qui représente un premier coût, entraîne une perturbation dans l’organisation de son
équipe et donc dans son efficacité. On considère généralement que les coûts indirects
d’un accident du travail sont trois à quatre fois plus élevés que les coûts directs. De plus
les accidents de travail sont aussi parfois la conséquence d’accidents de procédé.

5
Si certains coûts, tels que les dommages matériels et la perte d’exploitation, sont en partie
couverts par l’assurance, d’autres ne le sont pas. L’image de l’entreprise est atteinte au
travers de la médiatisation qui est inévitablement faite de l’accident.

De plus, les clients, que l’entreprise n’aura pas pu fournir quelquefois pendant plusieurs
mois suite aux dommages enregistrés, auront été contraints de s’approvisionner ailleurs et
nul doute que le nouveau fournisseur fera l’impossible pour les fidéliser. Le manque à
gagner est alors bien plus important que les seules conséquences réglementaires.

Nous avons vu précédemment que les résultats sécurité, en termes de taux de fréquence
de l’industrie française étaient, ces dernières années, d’environ 24. Il est intéressant de
noter que ceux d’industries à risques, telle que la chimie, sont de 12,5 et ont été
constamment meilleurs que ceux de l’industrie dans son ensemble (voir figure 6). Ils sont
les meilleurs des différentes branches d’activité de l’industrie. Les chimistes ont
probablement bien compris les risques que pouvait représenter pour leur activité un
défaut de sécurité.

Mais la sécurité a aussi un impact positif en externe, elle engendre la confiance


auprès de ce que les Anglais appellent les « stake-holders » c’est-à-dire l’ensemble des
personnes qui ont un lien ou un intérêt, direct ou indirect avec l’entreprise : les clients, le
public, les médias, l’administration, les actionnaires…, mais aussi le personnel.

Les clients de l’industriel, surtout depuis que chacun cherche à fonctionner en flux tendu
ou tout au moins avec le minimum de stocks, sont très sensibles certes au prix proposé
par le fournisseur mais aussi à sa fiabilité. Cette dernière est fonction du climat social de
l’entreprise et de l’absence de conflits sociaux répétés. Elle dépend aussi de sa capacité à
fournir la qualité requise par le client. Mais la fiabilité du fournisseur c’est aussi, du point
de vue du client, l’assurance d’être livré lorsqu’il le souhaite. Or comment pourrait-on
avoir confiance dans un fournisseur chez lequel les accidents du travail sont courants,
générant les conséquences négatives que nous avons évoquées précédemment ?

Cette confiance c’est aussi celle du public et en particulier celle des riverains des
établissements industriels. Il y a quelques années, les entreprises possédaient autour de
leurs établissements des lotissements dans lesquels elles hébergeaient leurs employés,
dans des conditions souvent avantageuses. De ce fait, ces derniers laissaient un peu de
côté leur esprit critique vis-à-vis des nuisances provoquées par leur entreprise ou des
risques potentiels qu’elle représentait. Aujourd’hui, les circonstances ont changé, les
entreprises ont vendu leur parc immobilier, la notion d’acceptabilité du risque a évolué,
les riverains sont, en application de la législation, consultés lors de tout projet industriel
significatif d’extension ou de création d’activité. Nul doute qu’une entreprise réputée
pour sa maîtrise des risques et l’excellent niveau de ses résultats en matière de sécurité
aura des relations plus aisées avec son voisinage et de ce fait de meilleures possibilités
d’accroître ses installations. Enfin, la confiance c’est aussi celle des actionnaires et des
analystes financiers. Les conseils de surveillance des entreprises sont très attentifs à la
qualité du management des risques dans l’entreprise. La sécurité et l’environnement sont
des thèmes qui commencent à faire l’objet de questions dans certaines assemblées des
actionnaires. Un accident industriel, même hors Europe, inquiète les analystes financiers
6
français si la société est cotée à Paris. Si un sinistre grave survient, l’entreprise sera
immédiatement sanctionné par la Bourse, une catastrophe pourra mettre l’entreprise en
situation d’être victime d’une OPA.

La sécurité touche donc plusieurs domaines, elle répond à une éthique personnelle du
management, elle minimise les risques, elle génère la confiance. Beaucoup d’entreprises
sensibles aujourd’hui à une ou plusieurs de ces vertus sont donc attentives à leur
performance sécurité.

4. La notion de risque
Nous avons utilisé les termes « danger » et « risque » qui sont communs dans le langage
courant mais dont la signification n’est pas toujours correctement connue. Voici ci-après
les définitions que nous proposons pour ces deux termes.

Le « danger » est une situation, une condition ou une pratique qui comporte en elle-
même un potentiel à causer des dommages aux personnes, aux biens ou à
l’environnement.

Le « risque » est la possibilité de survenance d’un dommage résultant d’une exposition à


un danger. Le risque est la composante de deux paramètres : la « gravité » et la
« probabilité ». Plus la gravité et la probabilité d’un événement sont élevées, plus le
risque est élevé.

Exemple

Prenons par exemple pour illustrer ces différents termes, celui de l’alpiniste en montagne.
La montagne représente un danger puisqu’elle a le potentiel d’engendrer des situations
pouvant conduire à des dommages corporels tels que, par exemple, la chute de l’alpiniste.
Cependant, tant que l’alpiniste ne s’aventure pas dans la montagne, il ne court pas de
risque. Le danger existe de manière continue, mais le risque ne se concrétise que s’il y a
« exposition », c’est-à-dire, dans notre exemple, lorsque l’alpiniste entame son ascension.
Il encourt alors le risque de chute. C’est ici que les notions de gravité et de probabilité
apparaissent. La hauteur de chute potentielle caractérisera la gravité. La probabilité de la
chute sera, elle, fonction de la difficulté du tracé, de l’expérience de l’alpiniste, de la
météo…

La gestion du risque va consister, dans l’industrie comme en course de montagne, à


prendre toutes les dispositions possibles pour minimiser le risque. Pour cela, on peut soit
supprimer l’exposition au danger, soit agir sur la gravité et/ou la probabilité, composantes
du risque.

7
Notre alpiniste peut en effet renoncer à sa course. Il annule ainsi le risque en éliminant
l’exposition. C’est, on l’aura compris, la solution la plus radicale, ce n’est pas toujours la
plus aisée dans l’industrie. On peut cependant trouver des exemples où la substitution
dans un procédé de matières premières dangereuses par des matières premières plus
aisées d’emploi permet de supprimer le danger présenté par ces matières.

À défaut de pouvoir utiliser une solution aussi radicale qui supprime le danger, on peut
agir sur les deux paramètres du risque.

Réduire la gravité, c’est effectuer une action de protection. Dans le cas de notre
alpiniste, lui demander de s’équiper d’un système d’assurance correctement fixé ou
placer des filets en contrebas des passages difficiles n’empêchera pas l’alpiniste de
chuter. Mais ces dispositifs rendront la chute moins haute et donc réduiront sa gravité.

Réduire la probabilité, c’est faire une action de prévention. Aménager le parcours en


supprimant les obstacles pouvant poser problème, installer des dispositifs sur lesquels
l’alpiniste pourra prendre appui sont des mesures qui n’auront pas spécialement d’impact
sur la gravité de la chute mais qui vont concourir à réduire sa probabilité.

Dans tous les cas, que ce soit pour notre alpiniste ou dans le monde industriel, l’objectif
est de réduire le risque à un niveau acceptable. Ce niveau d’acceptabilité du risque est
d’ailleurs très variable entre, par exemple, le risque « accepté » et pourtant élevé, lié à la
conduite automobile et le risque plus faible, mais « subi » par les riverains, suite à
l’implantation d’une unité chimique à proximité d’habitations. Ce niveau d’acceptabilité
est aussi fonction des différences culturelles, la mortalité étant, par exemple, très
différemment perçue dans certains pays par rapport au traumatisme qu’elle engendre en
Europe.

5. Les résultats de sécurité dans l’industrie


Le Code du travail définit les différentes responsabilités en matière d’hygiène, de sécurité
et d’environnement. « Le chef d’établissement prend les mesures nécessaires pour
assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs de l’établissement, y compris les
travailleurs temporaires. Ces mesures comprennent des actions de prévention des risques
professionnels, d’information et de formation ainsi que la mise en place d’une
organisation et de moyens adaptés. Il veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir
compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations
existantes… ».

Le renforcement continu de la réglementation a conduit à une baisse régulière des


accidents du travail. L’indicateur le plus couramment utilisé pour évaluer le niveau de
sécurité d’une entreprise est le taux de fréquence TF des accidents de travail avec
arrêt de travail :

TF = nombre d’accidents de travail avec arrêt par million d’heures travaillées.

8
Les progrès réalisés par l’industrie française qui atteint aujourd’hui un taux de fréquence
de 24,6 soit une amélioration de plus de 25 % en 15 ans. Ce qu’il y a aussi de très
intéressant c’est que la baisse est plus importante sur les accidents graves que sur
l’ensemble des accidents avec arrêt. Ce phénomène est illustré figure 4 en partant d’une
base 100 en 1991. Pendant que les accidents avec arrêt reculaient de 15 % depuis 1991,
les accidents mortels ou induisant une capacité importante baissaient d’environ 35 %.

Mais ce qu’il faut retenir aussi c’est la très grande disparité de résultats entre les
différentes branches d’activités.

Ainsi, il y a 4,7 fois moins d’accidents dans l’industrie chimique que dans le bâtiment et
les travaux publics. Et pourtant, si nous reparlons du phénomène d’acceptabilité du
risque, l’industrie chimique inquiète parfois le grand public alors que celui-ci n’associe
généralement pas risque et activité de travaux publics dont il côtoie quotidiennement les
chantiers. L’explication tient peut-être au fait que, généralement, les accidents de
chantiers n’affectent que les employés alors que les accidents chimiques peuvent avoir
également des conséquences sur l’environnement immédiat

6. Les facteurs de succès en matière de sécurité


Certaines entreprises (les grandes compagnies pétrolières, DuPont, Dow…) ont des taux
de fréquence inférieurs à 0,5. Ici l’accident avec arrêt devient l’exception et ces
compagnies leaders peuvent, par exemple, pour l’ensemble du continent européen,
compter leurs accidents annuels sur les doigts d’une seule main.

Ces excellents résultats ne sont pas dus au hasard mais sont le fruit de la mise en place
d’une politique sécurité volontariste et de programmes lourds depuis plusieurs années.
DuPont a, par exemple, engagé sa politique sécurité il y a environ 100 ans à la suite
d’explosions dramatiques dans la compagnie. L’ensemble de ces actions est appuyé par
un engagement clair et affiché du management au plus haut niveau.

Toutes ces entreprises ayant parmi leurs objectifs de générer une rentabilité satisfaisante
leurs actionnaires, ont mis un accent prioritaire sur la sécurité parce qu’elles ont compris
les bénéfices divers qu’elles pouvaient en retirer et que nous venons de détailler.

Elles ne se sont pas contentées de la stricte conformité à la législation ou de s’équiper en


moyens de lutte contre les sinistres, ce qui constitue une des premières démarches en
matière de sécurité. Elles ont aussi décidé de s’attaquer aux causes profondes des
accidents qui ne sont jamais uniquement l’inattention de l’opérateur ou le manque de
chance. Elles ont aussi analysé comment les défauts de l’organisation et du management
pouvaient inéluctablement conduire à l’accident. En s’attaquant aux vraies causes, aux
vrais problèmes, elles ont compris que ce n’était pas uniquement la sécurité que l’on
améliorait. Une unité qui fonctionne en sécurité est une unité où la sécurité a été prise en
compte dès le stade de la recherche pour les produits utilisés ou celui du design pour la
conception de l’unité. Les opérateurs bien formés pourront évoluer sereinement lorsque

9
l’unité sera dotée d’un procédé fiable et pour lequel on aura étudié les possibles
déviations et les actions à mettre en place. Cette unité démarrera à la date prévue dans le
planning, produira un produit de qualité, les rendements seront ceux attendus. La
performance économique de cette unité sera en ligne avec les prévisions.

Ces entreprises ont compris avant les autres que la sécurité est un véritable indicateur
de la qualité du management, un baromètre du bon fonctionnement de l’entreprise.

Aujourd’hui, de plus en plus les entreprises adoptent cette approche, ne considèrent plus
la sécurité comme un moyen de réduire les pertes mais plutôt comme un outil de
création de valeur.

Pour arriver à des niveaux exceptionnels en matière de sécurité, les leaders ont mis en
place une démarche structurée faisant appel à différents outils.

Dans cette rubrique Sécurité, dont le lecteur trouvera le détail ci-après, ces différents
thèmes seront explicités par les meilleurs spécialistes français. Nous n’en donnerons,
dans cette introduction, qu’un bref descriptif.

La première étape d’une démarche de progrès en matière de sécurité est l’analyse de la


situation actuelle. L’entreprise qui n’a pas un bon niveau de sécurité enregistre par
définition de nombreux accidents. La priorité est d’analyser les causes de ces accidents et
d’en tirer les leçons et les actions à mettre en place afin d’éviter qu’ils ne se renouvellent.
C’est ce que l’on appelle le retour d’expérience. Une méthode assez largement utilisée
pour l’analyse de ces accidents est l’arbre des causes. Cette méthode a l’avantage,
moyennant une formation, de pouvoir impliquer tous les niveaux hiérarchiques de
l’entreprise.

Partant d’un relevé des faits qui doit être aussi exhaustif que possible, les participants
vont essayer de remonter, un peu comme l’on construit un arbre généalogique, aux causes
nécessaires et suffisantes qui ont conduit à l’accident. La suppression d’une partie de ces
causes évitera le renouvellement de l’accident. Cette méthode est très performante. Elle a
le mérite de mettre en évidence l’ensemble des causes et pas seulement les causes
évidentes. Sa limite est que, parfois, le groupe de travail, s’il n’a pas de problème pour
mettre en évidence les causes techniques, va hésiter à formaliser d’autres causes telles
que l’erreur humaine ou le problème de management ce qui est pourtant fondamental
pour l’efficacité de la méthode.

Exemple

Prenons l’exemple de l’accident de Flixborough (Grande-Bretagne) qui en 1974 a fait 28


morts, détruit l’usine et endommagé 1 800 maisons alentour. La cause première de cette
catastrophe est l’explosion d’un nuage de cyclohexane. L’analyse technique conduit à
conclure que l’accident est dû à la rupture d’une canalisation installée temporairement en
by-pass d’un réacteur défectueux. Cependant, si l’on arrête l’analyse à ce stade, celle-ci
ne servira à rien et le renouvellement de pareil accident ne pourra être évité. Ce qu’il faut
trouver, c’est pourquoi la conduite s’est rompue, en remontant le plus en amont possible

10
dans les causes. S’agissant d’une catastrophe, cette analyse a bien entendu été menée à
son terme. Il est apparu que, suite à la crise pétrolière de 1973, l’usine de Flixborough
avait fait l’objet d’une profonde restructuration. Des compétences cruciales pour ce type
d’activité faisaient depuis défaut. Il n’y avait plus, ni ingénieur de bureau d’études, ni
ingénieur de maintenance. Cette carence s’est révélée cruciale lorsqu’une solution
temporaire a dû être trouvée pour pallier la défaillance d’un des réacteurs. La conception
du by-pass faite par des non-spécialistes fut mauvaise et entraîna les conséquences que
l’on connaît. Le lecteur intéressé pourra trouver la totalité de l’analyse de l’accident dans
le document : « The Flixborough Disaster, Report of the Court of Inquiry. Her Majesty’s
Stationery Office, 1974 ».

Cet exemple aura permis de comprendre la nécessité de remonter aux causes profondes
des accidents pour rendre le retour d’expérience efficace. Moyennant quoi, l’utilisation
de l’arbre des causes permettra un progrès sensible puisque cet outil est parfaitement
adapté à l’étude des accidents vécus par l’entreprise.

La deuxième étape est de s’intéresser aux risques potentiels liés à l’activité. Éviter
l’accident, c’est connaître les matières mises en œuvre, leurs propriétés, leurs possibles
interactions entre elles ou avec le matériel. C’est connaître le processus de fabrication,
non seulement en marche normale mais aussi en marche transitoire ou dégradée où il
convient de définir les actes opératoires appropriés. Chaque identification d’un danger
doit conduire à l’évaluation des risques qu’il est susceptible de générer sous certaines
conditions. L’industriel doit alors définir les mesures de prévention et/ou de protection
qui réduiront ces risques à un niveau acceptable, notion dont nous avons déjà parlé.

Il s’agit là d’un travail important qu’il convient de mener en prenant en considération les
divers risques potentiels tels que l’explosion, la toxicité, le risque biologique, les
radiations, le risque électrique, etc. Les conséquences potentielles doivent être évaluées
par rapport aux personnes, aux équipements, à l’environnement et aux dommages
potentiels divers (coûts image de l’entreprise, réputation, etc.). Les méthodes disponibles
sont multiples : analyse préliminaire des risques, HAZOP, AMDEC, arbre des
défaillances, What If…

Chacune a ses avantages et ses inconvénients et le choix tient principalement à deux


facteurs : le premier est le niveau de danger des produits présents, le second la nature de
l’installation étudiée. On comprendra bien qu’une étude de sécurité d’un magasin où les
produits entreposés sont statiques et où le risque principal est l’incendie n’a que peu de
rapport avec l’étude de sécurité d’une unité continue fabriquant du phénol où de
nombreux risques sont présents et où les scénarios d’accident sont multiples. Le choix de
la méthode la plus appropriée sera fait par le professionnel en charge de l’étude.

Si la directive Seveso impose ce type d’analyse pour les installations qui y sont soumises,
il nous paraît important de souligner que, pour atteindre un niveau de sécurité satisfaisant,
ce type de démarche doit être également mené pour toute installation nouvelle ou

11
existante ainsi que pour toute modification, en adaptant évidemment la batterie des
méthodes mises en œuvre à la nature du projet étudié.

Le lecteur aura compris que ces études complexes nécessitent un bon niveau de
professionnalisme. Il en est de même de la conduite des installations et des diverses
tâches qui s’y rattachent. La troisième étape est donc la formation qui est non seulement
un outil de promotion sociale mais aussi le moyen indispensable qui permet de fournir au
personnel les connaissances dont il a besoin pour assurer la sécurité de l’exploitation.
Nous recommandons une lecture attentive de cet article qui d’ailleurs dépasse largement
les seules préoccupations de sécurité.

Le quatrième thème abordé sera celui de l’assurance. S’assurer n’est pas une fin
en soi. L’entreprise doit définir sa propre politique en matière d’assurance. Certaines
choisissent de s’assurer pour la quasi-totalité des sinistres, quel que soit leur niveau de
gravité, d’autres ne s’assurent que pour les risques engendrant des pertes très importantes
et préfèrent prendre à leur charge les pertes faibles ou moyennes que ce soit en
dommages ou en perte d’exploitation. La prime est alors évidemment plus faible mais le
coût plus élevé en cas d’accident… Dans tous les cas un sinistre engendre un coût, soit
direct, soit par le biais de la prime d’assurance qui va croître.

Enfin, et c’est un thème qui rassemble les différents concepts qui viennent d’être
évoqués, le lecteur trouvera dans la rubrique un article sur les systèmes de management.
Cette approche système permet d’améliorer l’efficacité des outils utilisés. Elle repose sur
quatre étapes :

• définition de la politique et des objectifs ;


• mise en place des ressources et définition des responsabilités ;
• mesure des résultats par rapport aux objectifs fixés sous la forme d’audits ;
• mise en place d’un processus de correction et d’amélioration.

Cette approche système s’appuie en fait sur les principes développés en démarche qualité
(roue de Deming : Plan, Do, Check, Act). Elle apporte toute la rigueur nécessaire à
l’amélioration continue du niveau de sécurité de nos entreprises. Consciente des
avantages de cette méthode, l’administration en a rendu l’implantation obligatoire dans
les installations, à risque important, assujetties à la nouvelle directive Seveso 2 publiée
par l’Union européenne en 1996 et dont la transcription en droit français s’est achevée en
mai 2000.Plusieurs types de système de management existent. Ils ont tous au moins un
point commun, ils s’appuient sur l’engagement de la direction qui doit être fort, clair et
visible. C’est la clé incontournable du succès.

Tous ces outils, qu’ils se réfèrent à la technique ou à l’organisation, permettent aux


entreprises de franchir un cap important en matière de niveau de sécurité. Cependant les
meilleurs de la profession visent aujourd’hui le zéro accident et ces seules mesures ne

12
sont plus alors suffisantes. En effet, même si les problèmes techniques et organisationnels
sont maîtrisés, il ne faut pas oublier que les hommes font partie intégrante du processus.
Les statistiques d’accident des entreprises leaders montrent que ce sont les accidents de
comportement qui sont les derniers à être éliminer. Il s’agit ici d’un sujet délicat car il
passe nécessairement par la remise en cause des comportements de chacun.

Un piège à éviter est d’abord de s’attaquer à cette question si l’on n’a pas résolu
précédemment la plupart des autres problèmes. Comment en effet convaincre un
opérateur que son geste serait susceptible d’amélioration si par ailleurs il a l’habitude
d’évoluer dans un contexte d’insécurité ? C’est la raison pour laquelle ces actions
rencontrent davantage de succès lorsqu’elles sont développées au sein des entreprises
ayant déjà un bon niveau de sécurité.

Plusieurs méthodes existent sur le marché mais elles sont toutes basées sur l’observation
des gestes des opérateurs par rapport à un référentiel précédemment établi. Deux règles
d’or pour la réussite de ce programme : le retour fait à l’opérateur observé doit être avant
tout positif, l’observateur cherchant seulement à comprendre, sans critiquer, pourquoi
certains comportements sont différents de ceux qui étaient attendus. Le second principe
est l’anonymat, seule garantie que l’opérateur évoluera naturellement durant
l’observation. Ces méthodes sont en général très consommatrices de temps mais leur
efficacité est aujourd’hui incontestable avec, dans chaque expérience, une augmentation
des comportements sécuritaires qui se traduit généralement par une amélioration des
résultats sécurité. La difficulté de ces méthodes, compte tenu de la charge de travail
qu’elles impliquent, est la pérennité dans le temps. Or, comme le disait un de mes
brillants anciens collègues : « La sécurité c’est comme la bicyclette, dès que l’on arrête
de pédaler, on chute ».

Exemple

à Aventis CropScience, née fin 1999, lors de la fusion de Rhône-Poulenc et de Hoechst,


après un an d’existence, l’année 2000 s’est terminée par un taux de fréquence des
accidents avec arrêt de 1,1. Ce résultat est bon, proche des meilleurs. Après une
expérience pilote en cours et prometteuse en Grande-Bretagne, nous avons prévu, en
2001, la mise en place d’un programme général d’action sur le comportement avec pour
objectif de tendre vers la cible idéale du « zéro accident ».

13
II PARTIE

Un Programme D'hygiène et
de Sécurité au Travail (HSE)

14
Un Programme D'hygiène et de Sécurité au Travail (HSE)
Page

En quoi consiste l'exposé de la politique? ............................................................................. 16


Transports ABC .............................................................Error! Bookmark not defined.
Quels sont les éléments du programme? ............................................................................... 17
Quelles sont les responsabilités de chaque personne en matière d'HST? .............................. 18
Que peut-on prendre comme exemple de la responsabilité des travailleurs? ........................ 18
Que peut-on prendre comme exemple de la responsabilité des superviseurs immédiats? .... 18
Que peut-on prendre comme exemple de la responsabilité des dirigeants? .......................... 19
Que peut-on prendre comme exemple de la responsabilité des coordonnateurs de la securite
Qu'est-ce qu'un programme d'hygiène et de sécurité au travail (HST)? ................................ 16
............................................................................................................................................... 19
Quel est le but d'un comité d'hygiène et de sécurité au travail? ............................................ 19
Pourquoi adopter des procédés de travail approuvés? ........................................................... 20
Comment établir des procédés de travail approuvés?............................................................ 21
Exemple d’une feuille de travail – Analyse de Sécurité des tâches.............................. 22
Quelle est l'importance de l'orientation des employés? ......................................................... 23
Comment concevoir un programme de formation? ............................................................... 24
En quoi consiste une inspection du lieu de travail? ............................................................... 25
Exemple d’une liste d’inspection .................................................................................. 25
Rapport d’inspection des lieux de travail ..................................................................... 27
En cas d'accident, quoi faut-il déclarer et sur quoi doit-on enquêter? ................................... 27
Quelles sont les procédures d'urgence et comment sont-elles établies? ................................ 28
Comment établir un programme de premiers secours et de soins médicaux? ....................... 28
Comment promouvoir la participation des employés aux programmes d'hygiène et de
sécurité? ................................................................................................................................. 29
Les aspects spécifiques de chaque lieu de travail doivent-ils faire partie du programme
d'hygiène et de sécurité? ........................................................................................................ 29
Comment implanter les programmes d'hygiène et de sécurité au travail? ............................ 30
Comment l'efficacité du programme d'HST est-elle évaluée?............................................... 30

15
Qu'est-ce qu'un programme d'hygiène et de sécurité au
travail (HST)?
Un programme d'hygiène et de sécurité au travail est un plan d'action précis visant à
prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles. La loi 05 88 sur
l'hygiène et la sécurité du travail dicte les provisions minimales d'un tel programme.

Puisque les entreprises sont toutes différentes, un programme conçu pour une d'entre
elles ne convient pas nécessairement aux autres. Dans ce support sont résumés les
principaux éléments d'un programme d'hygiène et de sécurité au travail. Ceci devrait
aider les entreprises à formuler un programme adapté à leurs besoins particuliers. Mais
quelques soit le cas la participation des employés revêt une importance particulière et
plus le programme est détaillé, plus il y a de participation de la part des employés.

En quoi consiste l'exposé de la politique?


Chaque entreprise doit énoncer les principes et les règles générales sur lesquelles elle
entend baser ses interventions en matière d'hygiène et de sécurité au travail. La haute
direction veillera alors à ce que la politique ainsi énoncée soit appliquée sans exception,
accordant à cette politique la même importance qu'aux autres règlements de l'entreprise.

Tout en demeurant bref, l'exposé de politique fera mention des points suivants :

• engagement de la direction à protéger la santé et la sécurité des employés


• objectifs du programme
• philosophie fondamentale de l'entreprise en matière d'hygiène et de sécurité au
travail
• personnes responsables des programmes d'hygiène et de sécurité au travail
• responsabilités générales des employés
• refus de sacrifier l'hygiène et la sécurité au nom de l'efficacité
• non tolérance des manquements aux principes de l'hygiène et de la sécurité

La politique devra être :

• exposée en termes clairs, précis et sans équivoque


• signée par le premier dirigeant de l'entreprise
• tenue à jour
• communiquée à tous les employés
• appliquée dans toutes les activités de travail.

16
Voici un exemple d'énoncé de politique sur l'hygiène et la sécurité.

À tous les employés, le premier janvier …….

Pour la société …………, la sécurité des employés vient en premier. La direction tient à
assurer par tous les moyens possibles la prévention des blessures et le maintien d'un
environnement salubre.

À cette fin :

1. tous les superviseurs sont tenus responsables d'assurer aux employés la formation
nécessaire pour effectuer leurs tâches avec efficacité et sans danger d'accident ni de
blessure, ainsi que de veiller au respect de toutes les règles de sécurité;

2. tous les employés doivent appuyer le programme d'HST et faire de l'hygiène et de la


sécurité une partie de leurs tâches quotidiennes en observant toutes les règles de
sécurité;

3. tous les employés sont responsables de démontrer leur observation de ce programme;

4. toutes les lois pertinentes et les règlements afférents sont incorporés à notre
programme d'hygiène et de sécurité du travail à titre de norme minimale.

Le Président

Quels sont les éléments du programme?


Chaque entreprise retiendra dans son programme divers éléments auxquels elle
accordera une importance relative selon ses besoins particuliers, mais les points suivants
doivent être considérés dans tous les programmes d'hygiène et de sécurité du travail :

• responsabilités individuelles
• comité mixte d'hygiène et de sécurité au travail
• règles d'hygiène et de sécurité au travail
• méthodes de travail appropriées
• orientation des employés
• formation
• inspection des lieux de travail
• rapports et enquêtes sur les accidents
• mesures d'urgence
• premiers secours et soins médicaux
• promotion de l'hygiène et de la sécurité
• besoins particuliers de l'entreprise

17
Quelles sont les responsabilités de chaque personne en
matière d'HST?
L'hygiène et la sécurité sont la responsabilité conjointe de la direction et des travailleurs.
C'est la direction qui est toutefois tenue responsable de toute non-conformité à la
législation sur l'hygiène et la sécurité du travail. Toutes les activités d'hygiène et de
sécurité sont basées sur les responsabilités particulières décrites dans la législation
pertinente. II arrive que ces responsabilités soient méconnues, mais il est possible
d'améliorer cette situation en incluant les détails des responsabilités individuelles dans
les programmes de sécurité.

La responsabilité d'une personne peut être définie comme étant son obligation d'effectuer
les tâches qui lui sont confiées. Pour s'acquitter de ses responsabilités, une personne doit
être autorisée à prendre les décisions nécessaires et à diriger les autres au besoin. Bien
qu'un supérieur puisse donner à un de ses employés l'autorité d'agir en son nom, c'est le
supérieur qui demeure responsable des résultats obtenus par la personne ainsi déléguée.

Ce principe de la responsabilité individuelle s'applique à tous les employés d'une


entreprise, y compris au premier dirigeant. Des responsabilités particulières sont confiées
à la personne chargée de coordonner l'hygiène et la sécurité, mais tous les employés
doivent savoir ce que l'on attend d'eux dans ce domaine.

Pour être capables de s'acquitter de leurs responsabilités individuelles, les gens doivent :

• savoir quelles sont ces responsabilités (communication nécessaire)


• avoir l'autorité nécessaire pour s'acquitter de leurs responsabilités (question
d'organisation)
• posséder les capacités et les connaissances nécessaires (formation ou
accréditation nécessaires)

Une fois ces conditions remplies, les superviseurs peuvent évaluer le rendement de
chaque employé en matière de sécurité au même titre que les autres exigences de son
emploi. L'hygiène et la sécurité ne sont pas des éléments ajoutés en surcroît, mais plutôt
des aspects nécessaires et permanents de la responsabilité de chaque employé.

Que peut-on prendre comme exemple de la responsabilité


des travailleurs?
Les exemples suivants représentent des responsabilités qui reviennent aux travailleurs :

• utiliser les équipements de protection adoptés par l'employeur


• observer les méthodes de travail sécuritaires
• connaître tous les règlements et les mettre en pratique
• déclarer immédiatement tout accident ou toute maladie
• déclarer toute activité ou condition dangereuse
• collaborer avec le comité mixte d'hygiène et de sécurité au travail

Que peut-on prendre comme exemple de la responsabilité


des superviseurs immédiats?

18
Les exemples suivants représentent des responsabilités rattachées à la surveillance
immédiate :

• donner la consigne des méthodes de travail sécuritaire


• assurer le respect des règlements sur l'hygiène et la sécurité
• corriger les actions et les conditions dangereuses
• s'assurer que les équipements sont utilisés seulement par des travailleurs
autorisés et qualifiés
• faire une déclaration et une enquête sur tout accident ou incident ayant pu
compromettre la sécurité
• inspecter la zone de travail et prendre des mesures correctives pour réduire ou
éliminer tout danger remarqué
• assurer le bon entretien de l'équipement
• sensibiliser les travailleurs à la sécurité

Que peut-on prendre comme exemple de la responsabilité


des dirigeants?
Les exemples suivants représentent des responsabilités rattachées à la direction :

• procurer un milieu de travail salubre et sécuritaire


• établir et maintenir un programme d'hygiène et de sécurité
• veiller à ce que les travailleurs aient la formation ou l'accréditation voulue
• déclarer aux autorités concernées tout cas d'accident ou de maladie
professionnelle
• fournir des installations de premiers secours et de soins médicaux
• assurer la disponibilité des équipements de protection individuelle
• informer les travailleurs sur l'hygiène et la sécurité du travail
• appuyer les initiatives des superviseurs en matière d'hygiène et de sécurité
• évaluer le rendement des superviseurs en ce qui touche l'hygiène et la sécurité du
travail

Que peut-on prendre comme exemple de la responsabilité


des coordonnateurs de la sécurité?
Les exemples suivants représentent des responsabilités rattachées à la coordination de
l'hygiène et de la sécurité du travail :

• faire toutes les recommandations nécessaires aux employés concernant l'hygiène


et la sécurité du travail
• coordonner les activités d'hygiène et de sécurité partagées par les services
• rassembler et analyser les statistiques sur l'hygiène et la sécurité
• procurer la formation en hygiène et sécurité
• faire des recherches sur les problèmes particuliers
• servir de personne-ressource aux réunions du comité d'hygiène et de sécurité

Quel est le but d'un comité d'hygiène et de sécurité au


travail?

19
Pour qu'un programme de sécurité soit efficace, il faut que tous les employés y
participent. Le comité d'hygiène et de sécurité au travail est un forum de collaboration
entre les travailleurs et la direction d'une entreprise

Les responsabilités générales de ces comités sont précisées dans la législation.

C'est au sein du comité mixte d'hygiène et de sécurité que le rapprochement se fait entre
les connaissances pratiques des travailleurs, la vision d'ensemble des directeurs et les
politiques et procédures générales de l'entreprise. Ce travail d'équipe rend possible une
efficacité dont aucun individu ne dispose à lui seul pour régler les problèmes d'hygiène et
de sécurité de son entreprise.

Pour bien fonctionner, le comité d'hygiène et de sécurité doit avoir la structure


appropriée. Ses objectifs et ses tâches doivent être bien définis, et ses réunions doivent
se dérouler selon une procédure bien établie. À cette fin, l'employeur établira le mandat
de ce comité et lui accordera les ressources nécessaires. Une fois choisis, les membres
du comité établissent la structure, les tâches et les procédures de leur comité. Une des
premières décisions importantes qui s'imposent est celle de la hiérarchie des
responsabilités.

De façon générale, les membres du comité sont responsables devant la présidence du


comité et le comité est responsable devant tous les employés. De façon plus précise,
quand vient le temps de donner suite à une recommandation, quelqu'un doit être chargé
d'agir en la matière et cela sera de préférence un directeur ayant l'autorité voulue pour
entreprendre ou accélérer l'exécution des mesures nécessaires.

Les membres du comité mixte d'hygiène et de sécurité au travail doivent prendre une
part active à la mise au point, à l'implantation et au contrôle de toutes les phases du
programme d'hygiène et de sécurité.

Pourquoi adopter des procédés de travail approuvés?


Les règlements en vigueur dans diverses administrations ne stipulent que les exigences
minimales d'hygiène et de sécurité du travail. Chaque entreprise trouve ordinairement
nécessaire d'ajouter ses propres règlements pour assurer la sécurité de son milieu de
travail particulier.

Bien qu'il soit nécessaire d'avoir des règlements pour protéger la santé et la sécurité des
travailleurs, il faut se garder d'en avoir trop ou pas assez. S'il n'y a pas assez de
règlements, les gens ont l'impression que l'hygiène et la sécurité du travail importent peu
ou que c'est une simple question de bon sens. S'il y a trop de règlements, les employés
peuvent sentir que leur intelligence est sous-estimée et que les règlements sont
ordinairement superflus. Les principes suivants peuvent servir pour établir des
règlements utiles :

• les règlements doivent viser spécifiquement les problèmes d'hygiène et de


sécurité de chaque entreprise
• le comité mixte d'hygiène et de sécurité au travail doit participer à la formulation
des règlements
• les règlements doivent être énoncés en termes clairs et compréhensibles
• il est préférable de faire des énoncés de règlements positifs plutôt que négatifs
("l'employé doit" plutôt que "l'employé ne doit pas")
• il faut expliquer la raison d'être d'un règlement
• tous les règlements doivent être applicables, car si les gens peuvent passer outre
à l'un d'entre eux, ils seront portés à les négliger tous
20
• chaque employé doit avoir accès au texte écrit des règlements dans sa langue de
communication
• il faut revoir les règlements de temps à autre pour évaluer leur efficacité et faire
les modifications nécessaires

Le respect des règlements sur l'hygiène et la sécurité doit être considéré comme une
condition d'emploi. Les règlements sont expliqués aux employés lorsque ceux-ci entrent
en fonction, lorsqu'ils sont mutés à un nouveau poste ou à la suite d'une période de
réadaptation. Après un délai raisonnable, on vérifiera si l'employé a bien compris les
règlements qui s'appliquent à son travail.

Des procédures devront être établies à l'égard des contrevenants chroniques. Les
superviseurs ont la responsabilité de corriger les actions dangereuses, notamment les
manquements aux règlements, et ils doivent être appuyés dans l'exécution de cette
tâche. Les principes suivants entrent en considération dans l'établissement de ce genre
de procédure :

• s'assurer que les employés connaissent les règlements


• s'assurer que personne ne pousse l'employé à désobéir aux règlements
• aucun règlement ne doit être exempté de l'observation
• aucun manquement aux règlements ne doit passer sous silence
• la discipline doit servir à des fins formatives et non coercitives
• toute sanction doit être appliquée sans tarder
• les directives de sanction pour première infraction doivent tenir compte des
circonstances particulières
• les sanctions doivent être appliquées privément et être portées aux dossiers

Comment établir des procédés de travail approuvés?


Les procédés de travail approuvés tiennent compte de la façon la plus sécuritaire
d'effectuer une tâche, des instructions relatives à la tâche, du contrôle de rendement et
des enquêtes après accident.

Les procédés de travail qui mènent à la sécurité sont basés sur une analyse des risques
occasionnés par chaque tâche. Chaque tâche qui compose le travail d'un employé est
examinée séparément pour voir quelle est la façon la plus sécuritaire de l'accomplir. Une
méthode en quatre points est proposée pour faire cette analyse :

• sélectionner une tâche


• identifier les diverses étapes de cette tâche
• identifier les risques possibles à chaque étape
• établir les mesures préventives qui s'imposent

II importe de commencer par analyser les tâches ou les postes considérés dangereux,
notamment:

• ceux qui présentent une incidence élevée d'accidents ou de maladies


• ceux qui occasionnent les accidents et les maladies les plus graves
• ceux qui présentent les pires possibilités de maladie ou blessure
• les tâches nouvellement ajoutées ou modifiées
• les tâches effectuées moins fréquemment, comme les travaux d'entretien

L'analyse des risques occasionnés par une tâche se fait ordinairement en observant
l'employé au travail. Les membres du comité mixte d'hygiène et de sécurité devraient
prendre part à ce procédé. La raison de cet exercice doit être clairement expliquée aux
21
travailleurs pour qu'ils comprennent que c'est la tâche qui est sous observation et non
pas eux. L'analyse peut être faite au moyen d'une discussion de groupe lorsqu'il s'agit
d'une tâche qui n'est effectuée que rarement ou qui est encore à l'état de projet.

Lorsqu'un procédé se divise en diverses tâches, les risques occasionnés par chacune
d'entre elles doivent être analysés séparément. La version finale du procédé de travail
recommandé doit décrire étape par étape la façon d'accomplir la tâche en question. Ces
étapes doivent être formulées en termes positifs et il faut expliquer pourquoi il vaut
mieux procéder de la façon recommandée. Il est parfois bon de mentionner les
règlements et les articles législatifs qui s'appliquent, ainsi que l'équipement de protection
individuelle recommandé, le cas échéant. Les procédés de travail doivent être élaborés
en consultation avec les employés qui effectuent les tâches.

Exemple d’une feuille de travail – Analyse de Sécurité des tâches

Industrie : PETROLIERE Opération : EXPEDITION Procédé : POMPE

Tâche Effectuée par : Risques Comment prévenir les


accidents ou lésions

Purger la pompe Benmohamed - Pression - procédure


- Projection - EPI

Législation applicable : Loi et règlements sur l'HST, ________________________ (référence à la législation et


procédure réglementaire)

Date : ___________________________
Analyse effectuée par :_________________________

22
Quelle est l'importance de l'orientation des employés?

L'éducation sur l'hygiène et la sécurité doit commencer dès qu'un employé entre en
fonction ou qu'il est muté à un nouveau poste. Il est reconnu que l'incidence d'accidents
est plus élevée chez les travailleurs inexpérimentés. Bien que l'expérience ne soit acquise
qu'avec le temps, il est possible de diminuer l'incidence d'accidents en donnant aux
travailleurs de la formation sur l'hygiène et la sécurité ainsi que sur les rudiments de leur
métier. Les séances d'orientation expliquent normalement les fonctions de l'unité de
travail, les relations au sein de l'organisme, les arrangements administratifs, les
politiques et divers règlements.

Les points d'hygiène et de sécurité suivants devraient faire partie de toute séance
d'orientation :

• interventions d'urgence
• emplacement des postes de premiers soins
• responsabilités en matière d'hygiène et de sécurité, y compris celles qui sont
dictées par la loi
• déclaration des accidents ainsi que des conditions et des actions dangereuses
• utilisation de l'équipement de protection individuelle
• droit de refuser un travail dangereux
• dangers possibles, même ailleurs que dans la zone de travail immédiate
• raison d'être de chaque règlement sur l'hygiène et la sécurité.

Un nouvel employé ne retient souvent qu'une partie de l'information qui lui est présentée
les premiers jours. C'est pourquoi il est utile de distribuer de la documentation au cours
de la séance d'orientation. Ceci peut également servir d'aide-mémoire à l'instructeur.
L'apprentissage pourra ensuite être renforcé en situation réelle par la présence d'un
compagnon de travail expérimenté qui deviendra ainsi, pour sa part, plus vivement
sensibilisé aux questions de sécurité.

Les nouveaux employés et ceux qui viennent d'être mutés doivent être encouragés à
poser toute question qui leur vient à l'esprit concernant les procédés de travail
approuvés. Des questions comme les suivantes feront partie de l'orientation du nouvel
employé :

• Quels sont les dangers occasionnés par le travail?


• Une formation en matière de sécurité est-elle offerte?
• Quels mécanismes de protection dois-je utiliser?
• Dois-je porter des équipements de protection individuelle et dans l'affirmative,
m'apprendra-t-on comment les utiliser?
• Que dois-je faire si un incendie ou un autre état d'urgence se déclare?
• Où se trouvent les extincteurs, les trousses de premiers soins, les postes de
premiers soins et les secours d'urgence?
• Quelles sont mes responsabilités en matière d'hygiène et de sécurité au travail?
• Si je remarque quelque chose de dangereux, à qui dois-je le déclarer?
• Qui est responsable de répondre aux questions sur la sécurité?
• Que dois-je faire s'il m'arrive un accident ou si je me blesse?

Peu après la séance d'orientation, il faudra vérifier les connaissances acquises par
l'employé pour évaluer à la fois la qualité de la formation et le niveau de compréhension
de l'employé.

23
Comment concevoir un programme de formation?
La formation a pour objet d'incorporer la mise en pratique des règlements sur l'hygiène
et la sécurité aux procédés de travail ainsi que de créer un niveau de sensibilisation et
d'aptitudes répondant à la norme en la matière. Tous les employés bénéficieront d'une
formation sur l'hygiène et la sécurité, mais une importance particulière doit être accordée
à la formation des superviseurs, des instructeurs et des travailleurs affectés à chaque
tâche. il est à indiquer que la formation dans la sécurité et l'hygiène est devenue
obligatoire à partir de 2002

La formation des employés peut être nécessaire dans les cas suivants :

• entrée en fonction
• affectation à un nouvel emploi
• changement d'équipement, de procédé ou de démarche
• rendement insatisfaisant

Aux États-Unis, le National Safety Council propose que la formation des superviseurs
porte sur les points suivants :

• rôle du superviseur en matière de sécurité


• connaissance des dangers d'accident qui existent
• relations humaines
• entretien de l'intérêt pour la sécurité
• instruction sur la sécurité
• hygiène industrielle
• équipements de protection individuelle
• tenue des locaux industriels
• manutention et stockage
• protection des machines
• outils manuels et portatifs
• protection contre les incendies

Le superviseur est ordinairement responsable d'une grande partie de la formation des


travailleurs, mais cette tâche est parfois déléguée à un employé expérimenté. Pour être
un instructeur efficace, cet employé devra :

• recevoir une formation d'instructeur


• préparer un plan d'instruction bien ordonné
• savoir expliquer pourquoi chaque tâche doit être effectuée de telle et telle façon

Tout instructeur doit recevoir la formation nécessaire sur la façon de former le nouvel
employé ou celui qui n'a pas l'expérience nécessaire :

• établir un plan de séance; séparer chaque tâche en étapes; avoir les aides de
formation à portée de la main
• expliquer ce qui doit être fait
• décrire tous les dangers possibles et les mesures de protection appropriées
• démontrer chaque étape, souligner les aspects critiques et répondre aux questions
• faire exécuter chaque étape par l'employé, corriger ses erreurs et le féliciter
lorsqu'il s'exécute bien
• vérifier fréquemment si l'employé continue à bien s'exécuter sans surveillance

24
Une bonne documentation sur les procédés de travail appropriés constitue une aide
inestimable à la formation professionnelle. Des ressources externes peuvent être
obtenues de la part des associations professionnelles, syndicats, organismes
gouvernementaux ou experts-conseils compétents.

En quoi consiste une inspection du lieu de travail?

L'inspection des lieux de travail sert à identifier les dangers actuels ou éventuels et
permet de recommander des mesures correctives appropriées. La législation sur
l'hygiène et la sécurité du travail recommande ces inspections pour promouvoir une
attitude proactive envers l'hygiène et la sécurité du travail.

Les superviseurs et les travailleurs sont responsables de déclarer sans délai toute
condition ou action dangereuse et de prendre aussitôt les mesures nécessaires. La
fréquence des inspections officielles est parfois stipulée dans la législation. Pour décider
si des inspections doivent être faites plus souvent, on peut se baser sur la fréquence et la
gravité des accidents et lésions documentés par le passé.

Les membres du comité mixte d'hygiène et de sécurité semblent tout désignés pour
effectuer les inspections officielles, surtout s'ils ont été formés ou accrédités à cette fin.
Pour choisir les inspecteurs, on peut aussi se baser sur les critères suivants:

• connaissance des règlements et procédures


• connaissance des dangers qui existent
• expérience des procédés de travail utilisés

II est toujours bon de prévoir toute inspection à l'avance et de consulter des documents
comme les rapports d'inspection, d'enquête après accident et d'entretien déposés par le
passé, ainsi que les procès-verbaux du comité de sécurité. Si une liste de contrôle est
utilisée, il convient de vérifier sa pertinence actuelle.

Les listes de contrôle sont très utiles pour empêcher d'oublier des points importants au
moment de l'inspection. Ces listes prennent parfois la forme d'une énumération
"d'éléments critiques" faisant ressortir les principales défaillances qui risquent d'entraîner
un accident grave. Il existe des listes préparées d'avance, mais celles-ci doivent être
adaptées aux conditions qui existent dans chaque entreprise. Le comité mixte d'hygiène
et de sécurité devrait participer à l'établissement d'une liste de contrôle appropriée.

25
Exemple d’une liste d’inspection

Date ___________________________

Lieu/Service ________________________________________________________

Oui = Satisfaisant
Non = Non satisfaisant, attention nécessaire

Oui Non Pratiques sécuritaires Oui Non Protection incendie

Emploi des protecteurs de Extincteurs présents


machines Type, emplacement appropriés
Techniques de levage Sorties de secours libres, éclairées
Isolement des zones pour fumeurs Autre __________
Emploi des tuyaux d'air
Pas de bousculade
Outils et machines
Autre ________

Tondeuses
Équipements de protection
Outils électriques
individuelle
Outils manuels
Déneigeuses
Protection du visage, des yeux Protection des machines
Chaussures Courroies, poulies, engrenages, arbres
Gants Huilage, nettoyage, ajustement
Vêtements protecteurs Entretien, fuites d'huile
Casques de protection Autre ___________
Tabliers
Respirateurs
Premiers soins
Autre ____________

Trousses dans les salles, les véhicules


Ordre et propreté
Formation des intervenants
Numéros d'urgence affichés
Zones de stockage appropriées Déclaration des blessures subies
Rangement des matières Autre ____________
inflammables (chiffons huileux ou
graisseux, etc.)
Divers
Élimination des déchets
Planchers secs, propres et dégagés
Autre ___________ FTSS/étiquettes
Contrôle des poussières, vapeurs,
fumées
Sécurité en électricité

Mise à la terre des machines,


interrupteurs de défaut

Notes

Au moment de l'inspection, il faut observer à la fois les conditions et les procédés de


travail. Si un danger immédiat est découvert, il faut prendre sans tarder les mesures
préventives appropriées, avant même de poursuivre l'inspection. Les détails de la
situation dangereuse et l'endroit précis où elle existe doivent être mentionnés. Il est
conseillé d'indiquer dans le rapport le degré de gravité de chaque risque et de ses
conséquences possibles, par exemple: A = très grave, B = grave, C = léger. Il sera ainsi
plus facile de prioriser les mesures correctives.

26
Rapport d’inspection des lieux de travail

Lieu __________________________________________________________
Service/ zones visées _____________________________________________
Date d'inspection _________________________
Heure de l'inspection ______________________

Récur-
Situation Danger rence
Priorité Recommandation Responsable Action Date
(lieu) observé (Oui/
Non)

Analyse et remarques :

Code de priorité : A = Faire immédiatement B = Faire en 3 jours C = Faire en 2


semaines D = Autre

Les inspections ne sont utiles que si des mesures correctives sont prises pour remédier
aux manquements remarqués. Il est important de s'en prendre aux causes plutôt qu'aux
symptômes et de passer à l'action sans tarder, accordant une importance particulière aux
mesures d'ingénierie, de gestion ou de formation qui s'imposent.

En cas d'accident, quoi faut-il déclarer et sur quoi doit-on


enquêter?
Reconnaissant l'importance des enquêtes, certaines entreprises ont décidé d'inclure
même les accidents qui n'occasionnent pas de blessure ou qui sont évités de justesse.
Les programmes d'hygiène et de sécurité devraient donner les précisions suivantes au
sujet des enquêtes :

• quoi inclure dans un rapport


• à qui adresser les rapports
• comment formuler un rapport
• sur quoi faire enquête
• qui effectue l'enquête
• quelles formules sont utilisées
• quelle formation donner aux enquêteurs
• dossiers à conserver
• résumés et statistiques à dresser
• quand faire des rapports

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L'enquête sur un accident ou un incident doit permettre de découvrir comment faire pour
éviter leur récurrence. Même s'il est trop tard pour intervenir au moment de l'enquête, la
découverte des faits pertinents permet d'agir sans tarder pour éliminer le danger,
contribuant ainsi à la prévention qui motive l'enquête.

Quelles sont les procédures d'urgence et comment sont-elles


établies?
Les procédures d'urgence sont un plan d'action à suivre en cas d'événement dangereux
et inattendu : incendie, explosion, libération accidentelle d'une grande quantité de
substance nocive ou sinistre naturel. En pareil cas, une prise de décision tardive ou le
manque de temps, de ressources et de personnel qualifié peuvent permettre à la
situation de se transformer en désastre.

Pour atteindre son objectif, qui est d'empêcher ou de limiter l'incidence de décès, de
blessures et de dommages, le plan d'urgence doit clairement définir les détails
d'organisation et de procédure permettant de faire face à l'imprévu.

Le plan doit être élaboré selon une suite logique :

• liste des risques possibles (par exemple: incendies, explosions, inondations)


• prévision des principales conséquences (dommages corporels et matériels)
• interventions nécessaires (par exemple: évacuation, sauvetage, lutte contre
l'incendie)
• prévision des ressources nécessaires pour mener à bien les activités prévues (par
exemple: fournitures médicales, équipement de sauvetage, personnel qualifié)
• organisation et procédures nécessaires pour exécuter ce plan

La communication, la formation et les exercices pratiques réguliers sont nécessaires pour


que tout se déroule selon le plan dans une situation d'urgence éventuelle.

Comment établir un programme de premiers secours et de


soins médicaux?
La législation sur l'hygiène et la sécurité du travail ou sur l'indemnisation des travailleurs
stipule ordinairement les exigences relatives aux premiers secours et aux soins
médicaux. Le programme d'HST doit toucher les points suivants:

• emplacement des postes de premiers secours et de soins médicaux


• identification des secouristes
• autres membres du personnel dotés d'une formation sur les premiers secours
• politique sur les examens médicaux au moment de l'embauche et par la suite
• procédure de transport des blessés à un centre de soins médicaux externe
• prestation des cours de premiers soins
• procédure de documentation des blessures et des maladies.

La politique sur le retour au travail après un accident ayant entraîné une période
d'incapacité peut figurer dans cette partie du programme.

En général, les conditions suivantes doivent être remplies lorsque des tâches modifiées
sont offertes à un employé :

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• le travail doit être approprié et productif
• le médecin traitant doit convenir que le travail ne risque pas de nuire à la santé
du travailleur ou de ralentir sa guérison
• l'exécution du travail modifié ne doit pas créer de risque pour les autres
travailleurs
• la politique doit s'appliquer aux lésions subies ailleurs qu'au travail.

Comment promouvoir la participation des employés aux


programmes d'hygiène et de sécurité?
Même après l'implantation d'un programme d'hygiène et de sécurité efficace, il faut
continuer à entretenir l'enthousiasme et l'intérêt des employés. Des études ont démontré
que l'efficacité des techniques éducatives d'hygiène et de sécurité dépend en grande
partie de l'importance que la direction manifeste pour l'hygiène et la sécurité du travail.
Lorsque la direction fait preuve d'un intérêt réel pour les questions d'hygiène et de
sécurité, l'enthousiasme des employés se maintient à un niveau élevé. Chaque personne
peut être fortement motivée par la nécessité de justifier son rendement en matière
d'hygiène et de sécurité au travail.

La sensibilisation à la sécurité peut être favorisée par les moyens suivants :

• objectifs réalistes et comptes-rendus des progrès


• communication de tous les renseignements pertinents
• reconnaissance du bon rendement personnel
• réunions générales, discussions de suivi et encadrement
• programmes d'encouragement bien conçus

Les programmes d'encouragement portent à controverse, car ils semblent souvent être
basés sur la supposition que toute mesure servant à sensibiliser les gens à la prudence
est valable en soi. Certains soutiennent au contraire que les programmes
d'encouragement peuvent pousser les travailleurs à ne pas déclarer un accident et à
continuer à travailler alors même qu'ils sont blessés. Pour parer à cette éventualité, il
faut que les programmes d'encouragement assurent une surveillance rigoureuse. Le
comité mixte d'hygiène et de sécurité peut jouer un rôle de premier plan dans toute
activité visant à promouvoir le programme et à encourager la participation des employés.

Les aspects spécifiques de chaque lieu de travail doivent-ils


faire partie du programme d'hygiène et de sécurité?
Les points discutés jusqu'ici s'appliquent à tous les programmes de base d'hygiène et de
sécurité au travail. D'autres points spécifiques peuvent être nécessaires pour répondre
aux besoins de chaque entreprise, par exemple:

• Système d'information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT)


• permission de travailler à des températures élevées
• règlements sur la manutention
• entretien des locaux
• protection contre les incendies
• sécurité des véhicules
• sécurité ailleurs qu'au travail
• directives sur le travail solitaire
• équipements de protection individuelle
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• normes d'ingénierie
• normes d'achats
• entretien préventif

Comment implanter les programmes d'hygiène et de sécurité


au travail?
Un bon programme d'hygiène et de sécurité au travail fournit des directives claires qui,
en étant rigoureusement suivies, permettent de réduire l'incidence d'accidents et de
maladies professionnelles. La clé du succès tient à la façon dont le programme est mis en
oeuvre et maintenu.

La haute direction de l'entreprise doit démontrer son appui du programme par des
moyens comme les suivants:

• accorder le temps, l'argent et les ressources humaines nécessaires au programme


• assurer aux employés la formation et l'accréditation nécessaires
• mettre toute information pertinente sur l'hygiène et la sécurité à la disposition de
tous les employés concernés
• incorporer le rendement en hygiène et sécurité à tous les niveaux d'évaluation du
rendement des employés
• assister aux réunions sur l'hygiène et la sécurité

Il faut faire connaître le contenu du programme à tous les employés, mais surtout aux
travailleurs, superviseurs et membres du comité mixte d'hygiène et de sécurité qui
viennent d'entrer en fonction. Toute modification de politique ou de procédure doit être
portée à l'attention de tous.

Tous les éléments du programme doivent être rassemblés en un document principal,


mais si certains de ces éléments, par exemple les enquêtes après accidents, ont fait
l'objet d'ouvrages à part, la consultation de ces ouvrages doit être mentionnée dans le
document principal.

Comment l'efficacité du programme d'HST est-elle évaluée?


On ne saurait compter sur les statistiques de fréquence et de gravité des accidents pour
évaluer l'efficacité d'un programme d'hygiène et de sécurité, car ces statistiques font peu
de cas des maladies professionnelles et elles ne comptent que les accidents qui ont
entraîné des blessures. Puisque les accidents sont des événements relativement rares,
ces statistiques n'offrent pas une base d'évaluation suffisante, surtout dans les petites
entreprises.

Plutôt que de recourir aux statistiques, qui ne font que constater l'incidence des
accidents, il vaut mieux adopter un procédé de vérification qui permet de contrôler
l'efficacité du programme et d'intervenir avant que les accidents ne se produisent. La
vérification s'appuie sur une liste de contrôle où chaque domaine d'HST est divisé en ses
divers aspects. Chaque aspect est alors coté selon son importance, puis le rendement
sous chaque aspect est évalué au moyen d'études de dossiers, d'observations,
d'entrevues et de questionnaires.

Il existe divers systèmes de vérification basés sur les normes de rendement considérées
acceptables par les principaux organismes concernés. Chez le Programme du travail

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(Développement des ressources humaines Canada), par exemple, on utilise un système
en dix points, alors que le British Safety Council utilise un système en trente points.

Bien que la vérification se fasse ordinairement une fois par année; il peut être
souhaitable d'évaluer plus souvent certains aspects critiques du programme. L'équipe de
vérification devrait compter des représentants du comité mixte d'hygiène et de sécurité
et tous les membres de cette équipe devraient recevoir la formation nécessaire sur la
nature des procédures de vérification.

Une fois que le processus de vérification a permis d'identifier des faiblesses dans le
programme d'hygiène et de sécurité, il faut adopter promptement des mesures pour
remédier à la situation, fixer le calendrier de réalisation de ces mesures et confirmer leur
exécution.

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