Sensibilisation HSE
Sensibilisation HSE
bnmqwertyuiopasdfghjklzxcvbnmqwe
rtyuiopasdfghjklzxcvbnmqwertyuiopa
sdfghjklzxcvbnmqwertyuiopasdfghjklz
LA SENSIBILISATION SUR LES
xcvbnmqwertyuiopasdfghjklzxcvbnmq
RISQUES PROFESSIONNELS
wertyuiopasdfghjklzxcvbnmqwertyuio
pasdfghjklzxcvbnmqwertyuiopasdfghj
klzxcvbnmqwertyuiopasdfghjklzxcvbn
mqwertyuiopasdfghjklzxcvbnmqwerty
uiopasdfghjklzxcvbnmqwertyuiopasdf
ghjklzxcvbnmqwertyuiopasdfghjklzxc
vbnmqwertyuiopasdfghjklzxcvbnmqw
ertyuiopasdfghjklzxcvbnmqwertyuiop
asdfghjklzxcvbnmqwertyuiopasdfghjkl
zxcvbnmrtyuiopasdfghjklzxcvbnmqwe
rtyuiopasdfghjklzxcvbnmq Préparé et anime par : B. Bellili
I. PARTIE
Selon le « Petit Larousse », sécurité se dit d’une situation où l’on n’a aucun danger à
craindre. Cette définition générale, reposant sur le principe du risque zéro, n’est pas
adaptée aux activités humaines (alimentation, transport, vie quotidienne, loisirs, etc.) où
l’on parle de risque acceptable. Se référant à l’industrie et, plus particulièrement, au
fonctionnement des procédés, la sécurité peut être définie comme l’aptitude d’un système
à fonctionner en maîtrisant, à un niveau acceptable, les risques pour les personnes, les
biens et l’environnement.
D’autres aspects de la sécurité sont rassemblés en anglais sous le mot « safety ». Ils
peuvent concerner la fiabilité des moyens de transports (accidents de trains, de camions,
d’avions). Les médias évoquent très souvent la sécurité alimentaire (maladie de la vache
folle, listériose). Les activités domestiques engendrent également un nombre très (trop)
élevé d’accidents puisqu’elles sont la cause en France de 18 000 morts chaque année. La
plupart de nos activités ont donc un lien avec la sécurité. C’est évidemment le cas des
activités industrielles.
2
Si l’on parle de sécurité dans l’industrie, ce sont les accidents de personnes, les
incendies et explosions qui viennent d’abord à l’esprit de nos concitoyens. Des
catastrophes telles que celles survenues à Bhopal ou Flixborough ont marqué les esprits.
Les accidents du travail sont la cause d’environ 700 décès en France chaque année,
chiffre à comparer avec les 8 000 morts sur la route ou, comme nous venons de le voir,
les 18 000 accidents domestiques mortels. Cette mortalité plus faible dans l’industrie
n’est pas surprenante car la protection des hommes et des biens figure depuis plusieurs
années parmi les premières préoccupations des industriels.
Les enseignements tirés de chaque accident majeur (retour d’expérience) ont conduit
l’administration à renforcer la réglementation. La directive Seveso (1982), établie après
l’accident dans la localité du même nom, a rendu obligatoire, pour chaque installation
relevant de ce texte, la réalisation par l’exploitant d’une étude de dangers devant définir
les risques de l’installation et le conduisant à mettre en place les mesures apparaissant
nécessaires pour atteindre un niveau de sécurité acceptable.
Le risque zéro n’existant pas, la directive impose également la mise en place d’un Plan
d’Opération Interne (POI) qui, à partir des scénarios d’accident envisageables, définit
les moyens dont l’exploitant doit disposer pour faire face à la survenance de ces
scénarios. Ces moyens sont des moyens internes tels que véhicules incendie, pompiers
professionnels (pour les sites importants) ou pompiers volontaires (employés formés et
entraînés régulièrement aux techniques de lutte). Ce peut être aussi des moyens externes
(véhicules et pompiers des localités avoisinantes) qui seront mis à la disposition du chef
d’établissement qui, dans le cadre du POI, est le directeur des opérations et dirige donc
l’ensemble des secours qu’ils soient internes ou externes.
Lorsque les conséquences d’un accident dépassent un certain seuil, apprécié par le préfet
(en général, lorsque les conséquences de l’accident s’étendent au-delà des limites de
l’établissement), l’administration déclenche le Plan Particulier d’Intervention (PPI) et
prend alors la direction des opérations. On le voit donc, l’objet de la directive est de
réduire la survenance des accidents et d’améliorer les dispositifs de lutte pour faire face
aux sinistres.
Ces plans d’intervention sont théoriques et nécessitent, pour être efficaces le jour où ils
pourraient être mis en œuvre, qu’il soit procédé régulièrement à des exercices conjoints
entre les moyens d’intervention des industriels et ceux de la sécurité civile. Ces exercices
sont toujours source d’enseignements utiles pour améliorer ces dispositifs.
3
L’ensemble de ces mesures est focalisé sur les sites industriels. Mais aujourd’hui les
entreprises sont aussi de plus en plus attentives à d’autres domaines en matière de
sécurité.
La mondialisation des marchés a accru les distances parcourues par les transporteurs de
marchandises. Le transport des matières dangereuses fait l’objet de différentes
réglementations : internationale pour le transport aérien et maritime, européenne pour le
transport terrestre (RID pour le rail et ADR pour la route).
Nul doute que des catastrophes telles que celle de l’Erika montrent qu’il y a encore des
marges de progrès à réaliser et ceci en particulier dans le transport maritime.
La qualité de l’air est aujourd’hui beaucoup plus affectée par la pollution liée à la
circulation automobile que par les activités industrielles. La qualité des eaux de rivière,
en constante amélioration, a bénéficié des importants progrès réalisés par l’industrie en
termes de rejets. La réduction de ces rejets, tant accidentels (dysfonctionnement de
procédé) que chroniques (rejets quotidiens), a souvent nécessité des investissements
coûteux visant à développer des technologies propres, à fiabiliser les installations ou à
traiter les effluents avant rejet dans le milieu naturel.
4
Le secteur de la chimie consacre actuellement à ces problèmes environ 1,4 milliards de
francs par an. Mais certains de ces investissements et les études qu’ils ont nécessitées ont
également conduit à une amélioration des procédés en matière de qualité ainsi que sur le
plan économique.
Une des raisons de ces progrès est sans nul doute le fait que la sécurité est un
problème d’éthique. Dans une enterprise qui a, par exemple, un taux de fréquence de 40,
on peut aisément déduire de la définition de cet indicateur, que chacun des salariés y
travaillant aura statistiquement environ 2,4 accidents avec arrêt dans sa carrière. Si l’on
considère, quelquefois à tort, que les employés occupés à des tâches administratives sont
moins exposés et donc moins sujets à accidents, on en déduira que d’autres collègues
affectés à des tâches plus manuelles auront probablement jusqu’à 10 accidents avec arrêt
de travail dans leur carrière, soit environ un tous les quatre ans. Ce taux d’accidentabilité
est totalement inacceptable parce que ces personnes sont atteintes physiquement, parfois
gravement et quelquefois mortellement.
Mais les conséquences ne s’arrêtent pas là. L’impact psychologique sur le blessé est
d’autant plus important que l’arrêt de travail est long. Par ailleurs, un accident grave
donnant lieu à enquête judiciaire est parfois l’objet de comportement individualiste
pouvant aller jusqu’à la délation, chacun cherchant avant tout à éluder ses responsabilités.
Cela conduit à une dégradation du climat au sein de l’entreprise et cette situation
malsaine peut persister pendant plusieurs années, avec les conséquences que l’on peut
imaginer pour l’entreprise. Toutes ces conséquences possibles, qu’elles soient humaines
ou sociales sont inacceptables. Mais il y a également nombre d’autres raisons pour être
performant en matière de sécurité.
Nous n’éluderons pas l’aspect financier lié à la réparation des accidents du travail.
Cependant, si cette taxation peut, au départ, s’avérer un élément incitatif pour améliorer
la sécurité, on s’aperçoit rapidement que ce n’est pas le facteur prédominant qui influe, en
matière de sécurité sur l’entreprise. L’absence d’un salarié, même s’il est remplacé, ce
qui représente un premier coût, entraîne une perturbation dans l’organisation de son
équipe et donc dans son efficacité. On considère généralement que les coûts indirects
d’un accident du travail sont trois à quatre fois plus élevés que les coûts directs. De plus
les accidents de travail sont aussi parfois la conséquence d’accidents de procédé.
5
Si certains coûts, tels que les dommages matériels et la perte d’exploitation, sont en partie
couverts par l’assurance, d’autres ne le sont pas. L’image de l’entreprise est atteinte au
travers de la médiatisation qui est inévitablement faite de l’accident.
De plus, les clients, que l’entreprise n’aura pas pu fournir quelquefois pendant plusieurs
mois suite aux dommages enregistrés, auront été contraints de s’approvisionner ailleurs et
nul doute que le nouveau fournisseur fera l’impossible pour les fidéliser. Le manque à
gagner est alors bien plus important que les seules conséquences réglementaires.
Nous avons vu précédemment que les résultats sécurité, en termes de taux de fréquence
de l’industrie française étaient, ces dernières années, d’environ 24. Il est intéressant de
noter que ceux d’industries à risques, telle que la chimie, sont de 12,5 et ont été
constamment meilleurs que ceux de l’industrie dans son ensemble (voir figure 6). Ils sont
les meilleurs des différentes branches d’activité de l’industrie. Les chimistes ont
probablement bien compris les risques que pouvait représenter pour leur activité un
défaut de sécurité.
Les clients de l’industriel, surtout depuis que chacun cherche à fonctionner en flux tendu
ou tout au moins avec le minimum de stocks, sont très sensibles certes au prix proposé
par le fournisseur mais aussi à sa fiabilité. Cette dernière est fonction du climat social de
l’entreprise et de l’absence de conflits sociaux répétés. Elle dépend aussi de sa capacité à
fournir la qualité requise par le client. Mais la fiabilité du fournisseur c’est aussi, du point
de vue du client, l’assurance d’être livré lorsqu’il le souhaite. Or comment pourrait-on
avoir confiance dans un fournisseur chez lequel les accidents du travail sont courants,
générant les conséquences négatives que nous avons évoquées précédemment ?
Cette confiance c’est aussi celle du public et en particulier celle des riverains des
établissements industriels. Il y a quelques années, les entreprises possédaient autour de
leurs établissements des lotissements dans lesquels elles hébergeaient leurs employés,
dans des conditions souvent avantageuses. De ce fait, ces derniers laissaient un peu de
côté leur esprit critique vis-à-vis des nuisances provoquées par leur entreprise ou des
risques potentiels qu’elle représentait. Aujourd’hui, les circonstances ont changé, les
entreprises ont vendu leur parc immobilier, la notion d’acceptabilité du risque a évolué,
les riverains sont, en application de la législation, consultés lors de tout projet industriel
significatif d’extension ou de création d’activité. Nul doute qu’une entreprise réputée
pour sa maîtrise des risques et l’excellent niveau de ses résultats en matière de sécurité
aura des relations plus aisées avec son voisinage et de ce fait de meilleures possibilités
d’accroître ses installations. Enfin, la confiance c’est aussi celle des actionnaires et des
analystes financiers. Les conseils de surveillance des entreprises sont très attentifs à la
qualité du management des risques dans l’entreprise. La sécurité et l’environnement sont
des thèmes qui commencent à faire l’objet de questions dans certaines assemblées des
actionnaires. Un accident industriel, même hors Europe, inquiète les analystes financiers
6
français si la société est cotée à Paris. Si un sinistre grave survient, l’entreprise sera
immédiatement sanctionné par la Bourse, une catastrophe pourra mettre l’entreprise en
situation d’être victime d’une OPA.
La sécurité touche donc plusieurs domaines, elle répond à une éthique personnelle du
management, elle minimise les risques, elle génère la confiance. Beaucoup d’entreprises
sensibles aujourd’hui à une ou plusieurs de ces vertus sont donc attentives à leur
performance sécurité.
4. La notion de risque
Nous avons utilisé les termes « danger » et « risque » qui sont communs dans le langage
courant mais dont la signification n’est pas toujours correctement connue. Voici ci-après
les définitions que nous proposons pour ces deux termes.
Le « danger » est une situation, une condition ou une pratique qui comporte en elle-
même un potentiel à causer des dommages aux personnes, aux biens ou à
l’environnement.
Exemple
Prenons par exemple pour illustrer ces différents termes, celui de l’alpiniste en montagne.
La montagne représente un danger puisqu’elle a le potentiel d’engendrer des situations
pouvant conduire à des dommages corporels tels que, par exemple, la chute de l’alpiniste.
Cependant, tant que l’alpiniste ne s’aventure pas dans la montagne, il ne court pas de
risque. Le danger existe de manière continue, mais le risque ne se concrétise que s’il y a
« exposition », c’est-à-dire, dans notre exemple, lorsque l’alpiniste entame son ascension.
Il encourt alors le risque de chute. C’est ici que les notions de gravité et de probabilité
apparaissent. La hauteur de chute potentielle caractérisera la gravité. La probabilité de la
chute sera, elle, fonction de la difficulté du tracé, de l’expérience de l’alpiniste, de la
météo…
7
Notre alpiniste peut en effet renoncer à sa course. Il annule ainsi le risque en éliminant
l’exposition. C’est, on l’aura compris, la solution la plus radicale, ce n’est pas toujours la
plus aisée dans l’industrie. On peut cependant trouver des exemples où la substitution
dans un procédé de matières premières dangereuses par des matières premières plus
aisées d’emploi permet de supprimer le danger présenté par ces matières.
À défaut de pouvoir utiliser une solution aussi radicale qui supprime le danger, on peut
agir sur les deux paramètres du risque.
Réduire la gravité, c’est effectuer une action de protection. Dans le cas de notre
alpiniste, lui demander de s’équiper d’un système d’assurance correctement fixé ou
placer des filets en contrebas des passages difficiles n’empêchera pas l’alpiniste de
chuter. Mais ces dispositifs rendront la chute moins haute et donc réduiront sa gravité.
Dans tous les cas, que ce soit pour notre alpiniste ou dans le monde industriel, l’objectif
est de réduire le risque à un niveau acceptable. Ce niveau d’acceptabilité du risque est
d’ailleurs très variable entre, par exemple, le risque « accepté » et pourtant élevé, lié à la
conduite automobile et le risque plus faible, mais « subi » par les riverains, suite à
l’implantation d’une unité chimique à proximité d’habitations. Ce niveau d’acceptabilité
est aussi fonction des différences culturelles, la mortalité étant, par exemple, très
différemment perçue dans certains pays par rapport au traumatisme qu’elle engendre en
Europe.
8
Les progrès réalisés par l’industrie française qui atteint aujourd’hui un taux de fréquence
de 24,6 soit une amélioration de plus de 25 % en 15 ans. Ce qu’il y a aussi de très
intéressant c’est que la baisse est plus importante sur les accidents graves que sur
l’ensemble des accidents avec arrêt. Ce phénomène est illustré figure 4 en partant d’une
base 100 en 1991. Pendant que les accidents avec arrêt reculaient de 15 % depuis 1991,
les accidents mortels ou induisant une capacité importante baissaient d’environ 35 %.
Mais ce qu’il faut retenir aussi c’est la très grande disparité de résultats entre les
différentes branches d’activités.
Ainsi, il y a 4,7 fois moins d’accidents dans l’industrie chimique que dans le bâtiment et
les travaux publics. Et pourtant, si nous reparlons du phénomène d’acceptabilité du
risque, l’industrie chimique inquiète parfois le grand public alors que celui-ci n’associe
généralement pas risque et activité de travaux publics dont il côtoie quotidiennement les
chantiers. L’explication tient peut-être au fait que, généralement, les accidents de
chantiers n’affectent que les employés alors que les accidents chimiques peuvent avoir
également des conséquences sur l’environnement immédiat
Ces excellents résultats ne sont pas dus au hasard mais sont le fruit de la mise en place
d’une politique sécurité volontariste et de programmes lourds depuis plusieurs années.
DuPont a, par exemple, engagé sa politique sécurité il y a environ 100 ans à la suite
d’explosions dramatiques dans la compagnie. L’ensemble de ces actions est appuyé par
un engagement clair et affiché du management au plus haut niveau.
Toutes ces entreprises ayant parmi leurs objectifs de générer une rentabilité satisfaisante
leurs actionnaires, ont mis un accent prioritaire sur la sécurité parce qu’elles ont compris
les bénéfices divers qu’elles pouvaient en retirer et que nous venons de détailler.
9
l’unité sera dotée d’un procédé fiable et pour lequel on aura étudié les possibles
déviations et les actions à mettre en place. Cette unité démarrera à la date prévue dans le
planning, produira un produit de qualité, les rendements seront ceux attendus. La
performance économique de cette unité sera en ligne avec les prévisions.
Ces entreprises ont compris avant les autres que la sécurité est un véritable indicateur
de la qualité du management, un baromètre du bon fonctionnement de l’entreprise.
Aujourd’hui, de plus en plus les entreprises adoptent cette approche, ne considèrent plus
la sécurité comme un moyen de réduire les pertes mais plutôt comme un outil de
création de valeur.
Pour arriver à des niveaux exceptionnels en matière de sécurité, les leaders ont mis en
place une démarche structurée faisant appel à différents outils.
Dans cette rubrique Sécurité, dont le lecteur trouvera le détail ci-après, ces différents
thèmes seront explicités par les meilleurs spécialistes français. Nous n’en donnerons,
dans cette introduction, qu’un bref descriptif.
Partant d’un relevé des faits qui doit être aussi exhaustif que possible, les participants
vont essayer de remonter, un peu comme l’on construit un arbre généalogique, aux causes
nécessaires et suffisantes qui ont conduit à l’accident. La suppression d’une partie de ces
causes évitera le renouvellement de l’accident. Cette méthode est très performante. Elle a
le mérite de mettre en évidence l’ensemble des causes et pas seulement les causes
évidentes. Sa limite est que, parfois, le groupe de travail, s’il n’a pas de problème pour
mettre en évidence les causes techniques, va hésiter à formaliser d’autres causes telles
que l’erreur humaine ou le problème de management ce qui est pourtant fondamental
pour l’efficacité de la méthode.
Exemple
10
dans les causes. S’agissant d’une catastrophe, cette analyse a bien entendu été menée à
son terme. Il est apparu que, suite à la crise pétrolière de 1973, l’usine de Flixborough
avait fait l’objet d’une profonde restructuration. Des compétences cruciales pour ce type
d’activité faisaient depuis défaut. Il n’y avait plus, ni ingénieur de bureau d’études, ni
ingénieur de maintenance. Cette carence s’est révélée cruciale lorsqu’une solution
temporaire a dû être trouvée pour pallier la défaillance d’un des réacteurs. La conception
du by-pass faite par des non-spécialistes fut mauvaise et entraîna les conséquences que
l’on connaît. Le lecteur intéressé pourra trouver la totalité de l’analyse de l’accident dans
le document : « The Flixborough Disaster, Report of the Court of Inquiry. Her Majesty’s
Stationery Office, 1974 ».
Cet exemple aura permis de comprendre la nécessité de remonter aux causes profondes
des accidents pour rendre le retour d’expérience efficace. Moyennant quoi, l’utilisation
de l’arbre des causes permettra un progrès sensible puisque cet outil est parfaitement
adapté à l’étude des accidents vécus par l’entreprise.
La deuxième étape est de s’intéresser aux risques potentiels liés à l’activité. Éviter
l’accident, c’est connaître les matières mises en œuvre, leurs propriétés, leurs possibles
interactions entre elles ou avec le matériel. C’est connaître le processus de fabrication,
non seulement en marche normale mais aussi en marche transitoire ou dégradée où il
convient de définir les actes opératoires appropriés. Chaque identification d’un danger
doit conduire à l’évaluation des risques qu’il est susceptible de générer sous certaines
conditions. L’industriel doit alors définir les mesures de prévention et/ou de protection
qui réduiront ces risques à un niveau acceptable, notion dont nous avons déjà parlé.
Il s’agit là d’un travail important qu’il convient de mener en prenant en considération les
divers risques potentiels tels que l’explosion, la toxicité, le risque biologique, les
radiations, le risque électrique, etc. Les conséquences potentielles doivent être évaluées
par rapport aux personnes, aux équipements, à l’environnement et aux dommages
potentiels divers (coûts image de l’entreprise, réputation, etc.). Les méthodes disponibles
sont multiples : analyse préliminaire des risques, HAZOP, AMDEC, arbre des
défaillances, What If…
Si la directive Seveso impose ce type d’analyse pour les installations qui y sont soumises,
il nous paraît important de souligner que, pour atteindre un niveau de sécurité satisfaisant,
ce type de démarche doit être également mené pour toute installation nouvelle ou
11
existante ainsi que pour toute modification, en adaptant évidemment la batterie des
méthodes mises en œuvre à la nature du projet étudié.
Le lecteur aura compris que ces études complexes nécessitent un bon niveau de
professionnalisme. Il en est de même de la conduite des installations et des diverses
tâches qui s’y rattachent. La troisième étape est donc la formation qui est non seulement
un outil de promotion sociale mais aussi le moyen indispensable qui permet de fournir au
personnel les connaissances dont il a besoin pour assurer la sécurité de l’exploitation.
Nous recommandons une lecture attentive de cet article qui d’ailleurs dépasse largement
les seules préoccupations de sécurité.
Le quatrième thème abordé sera celui de l’assurance. S’assurer n’est pas une fin
en soi. L’entreprise doit définir sa propre politique en matière d’assurance. Certaines
choisissent de s’assurer pour la quasi-totalité des sinistres, quel que soit leur niveau de
gravité, d’autres ne s’assurent que pour les risques engendrant des pertes très importantes
et préfèrent prendre à leur charge les pertes faibles ou moyennes que ce soit en
dommages ou en perte d’exploitation. La prime est alors évidemment plus faible mais le
coût plus élevé en cas d’accident… Dans tous les cas un sinistre engendre un coût, soit
direct, soit par le biais de la prime d’assurance qui va croître.
Enfin, et c’est un thème qui rassemble les différents concepts qui viennent d’être
évoqués, le lecteur trouvera dans la rubrique un article sur les systèmes de management.
Cette approche système permet d’améliorer l’efficacité des outils utilisés. Elle repose sur
quatre étapes :
Cette approche système s’appuie en fait sur les principes développés en démarche qualité
(roue de Deming : Plan, Do, Check, Act). Elle apporte toute la rigueur nécessaire à
l’amélioration continue du niveau de sécurité de nos entreprises. Consciente des
avantages de cette méthode, l’administration en a rendu l’implantation obligatoire dans
les installations, à risque important, assujetties à la nouvelle directive Seveso 2 publiée
par l’Union européenne en 1996 et dont la transcription en droit français s’est achevée en
mai 2000.Plusieurs types de système de management existent. Ils ont tous au moins un
point commun, ils s’appuient sur l’engagement de la direction qui doit être fort, clair et
visible. C’est la clé incontournable du succès.
12
sont plus alors suffisantes. En effet, même si les problèmes techniques et organisationnels
sont maîtrisés, il ne faut pas oublier que les hommes font partie intégrante du processus.
Les statistiques d’accident des entreprises leaders montrent que ce sont les accidents de
comportement qui sont les derniers à être éliminer. Il s’agit ici d’un sujet délicat car il
passe nécessairement par la remise en cause des comportements de chacun.
Un piège à éviter est d’abord de s’attaquer à cette question si l’on n’a pas résolu
précédemment la plupart des autres problèmes. Comment en effet convaincre un
opérateur que son geste serait susceptible d’amélioration si par ailleurs il a l’habitude
d’évoluer dans un contexte d’insécurité ? C’est la raison pour laquelle ces actions
rencontrent davantage de succès lorsqu’elles sont développées au sein des entreprises
ayant déjà un bon niveau de sécurité.
Plusieurs méthodes existent sur le marché mais elles sont toutes basées sur l’observation
des gestes des opérateurs par rapport à un référentiel précédemment établi. Deux règles
d’or pour la réussite de ce programme : le retour fait à l’opérateur observé doit être avant
tout positif, l’observateur cherchant seulement à comprendre, sans critiquer, pourquoi
certains comportements sont différents de ceux qui étaient attendus. Le second principe
est l’anonymat, seule garantie que l’opérateur évoluera naturellement durant
l’observation. Ces méthodes sont en général très consommatrices de temps mais leur
efficacité est aujourd’hui incontestable avec, dans chaque expérience, une augmentation
des comportements sécuritaires qui se traduit généralement par une amélioration des
résultats sécurité. La difficulté de ces méthodes, compte tenu de la charge de travail
qu’elles impliquent, est la pérennité dans le temps. Or, comme le disait un de mes
brillants anciens collègues : « La sécurité c’est comme la bicyclette, dès que l’on arrête
de pédaler, on chute ».
Exemple
13
II PARTIE
Un Programme D'hygiène et
de Sécurité au Travail (HSE)
14
Un Programme D'hygiène et de Sécurité au Travail (HSE)
Page
15
Qu'est-ce qu'un programme d'hygiène et de sécurité au
travail (HST)?
Un programme d'hygiène et de sécurité au travail est un plan d'action précis visant à
prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles. La loi 05 88 sur
l'hygiène et la sécurité du travail dicte les provisions minimales d'un tel programme.
Puisque les entreprises sont toutes différentes, un programme conçu pour une d'entre
elles ne convient pas nécessairement aux autres. Dans ce support sont résumés les
principaux éléments d'un programme d'hygiène et de sécurité au travail. Ceci devrait
aider les entreprises à formuler un programme adapté à leurs besoins particuliers. Mais
quelques soit le cas la participation des employés revêt une importance particulière et
plus le programme est détaillé, plus il y a de participation de la part des employés.
Tout en demeurant bref, l'exposé de politique fera mention des points suivants :
16
Voici un exemple d'énoncé de politique sur l'hygiène et la sécurité.
Pour la société …………, la sécurité des employés vient en premier. La direction tient à
assurer par tous les moyens possibles la prévention des blessures et le maintien d'un
environnement salubre.
À cette fin :
1. tous les superviseurs sont tenus responsables d'assurer aux employés la formation
nécessaire pour effectuer leurs tâches avec efficacité et sans danger d'accident ni de
blessure, ainsi que de veiller au respect de toutes les règles de sécurité;
4. toutes les lois pertinentes et les règlements afférents sont incorporés à notre
programme d'hygiène et de sécurité du travail à titre de norme minimale.
Le Président
• responsabilités individuelles
• comité mixte d'hygiène et de sécurité au travail
• règles d'hygiène et de sécurité au travail
• méthodes de travail appropriées
• orientation des employés
• formation
• inspection des lieux de travail
• rapports et enquêtes sur les accidents
• mesures d'urgence
• premiers secours et soins médicaux
• promotion de l'hygiène et de la sécurité
• besoins particuliers de l'entreprise
17
Quelles sont les responsabilités de chaque personne en
matière d'HST?
L'hygiène et la sécurité sont la responsabilité conjointe de la direction et des travailleurs.
C'est la direction qui est toutefois tenue responsable de toute non-conformité à la
législation sur l'hygiène et la sécurité du travail. Toutes les activités d'hygiène et de
sécurité sont basées sur les responsabilités particulières décrites dans la législation
pertinente. II arrive que ces responsabilités soient méconnues, mais il est possible
d'améliorer cette situation en incluant les détails des responsabilités individuelles dans
les programmes de sécurité.
La responsabilité d'une personne peut être définie comme étant son obligation d'effectuer
les tâches qui lui sont confiées. Pour s'acquitter de ses responsabilités, une personne doit
être autorisée à prendre les décisions nécessaires et à diriger les autres au besoin. Bien
qu'un supérieur puisse donner à un de ses employés l'autorité d'agir en son nom, c'est le
supérieur qui demeure responsable des résultats obtenus par la personne ainsi déléguée.
Pour être capables de s'acquitter de leurs responsabilités individuelles, les gens doivent :
Une fois ces conditions remplies, les superviseurs peuvent évaluer le rendement de
chaque employé en matière de sécurité au même titre que les autres exigences de son
emploi. L'hygiène et la sécurité ne sont pas des éléments ajoutés en surcroît, mais plutôt
des aspects nécessaires et permanents de la responsabilité de chaque employé.
18
Les exemples suivants représentent des responsabilités rattachées à la surveillance
immédiate :
19
Pour qu'un programme de sécurité soit efficace, il faut que tous les employés y
participent. Le comité d'hygiène et de sécurité au travail est un forum de collaboration
entre les travailleurs et la direction d'une entreprise
C'est au sein du comité mixte d'hygiène et de sécurité que le rapprochement se fait entre
les connaissances pratiques des travailleurs, la vision d'ensemble des directeurs et les
politiques et procédures générales de l'entreprise. Ce travail d'équipe rend possible une
efficacité dont aucun individu ne dispose à lui seul pour régler les problèmes d'hygiène et
de sécurité de son entreprise.
Les membres du comité mixte d'hygiène et de sécurité au travail doivent prendre une
part active à la mise au point, à l'implantation et au contrôle de toutes les phases du
programme d'hygiène et de sécurité.
Bien qu'il soit nécessaire d'avoir des règlements pour protéger la santé et la sécurité des
travailleurs, il faut se garder d'en avoir trop ou pas assez. S'il n'y a pas assez de
règlements, les gens ont l'impression que l'hygiène et la sécurité du travail importent peu
ou que c'est une simple question de bon sens. S'il y a trop de règlements, les employés
peuvent sentir que leur intelligence est sous-estimée et que les règlements sont
ordinairement superflus. Les principes suivants peuvent servir pour établir des
règlements utiles :
Le respect des règlements sur l'hygiène et la sécurité doit être considéré comme une
condition d'emploi. Les règlements sont expliqués aux employés lorsque ceux-ci entrent
en fonction, lorsqu'ils sont mutés à un nouveau poste ou à la suite d'une période de
réadaptation. Après un délai raisonnable, on vérifiera si l'employé a bien compris les
règlements qui s'appliquent à son travail.
Des procédures devront être établies à l'égard des contrevenants chroniques. Les
superviseurs ont la responsabilité de corriger les actions dangereuses, notamment les
manquements aux règlements, et ils doivent être appuyés dans l'exécution de cette
tâche. Les principes suivants entrent en considération dans l'établissement de ce genre
de procédure :
Les procédés de travail qui mènent à la sécurité sont basés sur une analyse des risques
occasionnés par chaque tâche. Chaque tâche qui compose le travail d'un employé est
examinée séparément pour voir quelle est la façon la plus sécuritaire de l'accomplir. Une
méthode en quatre points est proposée pour faire cette analyse :
II importe de commencer par analyser les tâches ou les postes considérés dangereux,
notamment:
L'analyse des risques occasionnés par une tâche se fait ordinairement en observant
l'employé au travail. Les membres du comité mixte d'hygiène et de sécurité devraient
prendre part à ce procédé. La raison de cet exercice doit être clairement expliquée aux
21
travailleurs pour qu'ils comprennent que c'est la tâche qui est sous observation et non
pas eux. L'analyse peut être faite au moyen d'une discussion de groupe lorsqu'il s'agit
d'une tâche qui n'est effectuée que rarement ou qui est encore à l'état de projet.
Lorsqu'un procédé se divise en diverses tâches, les risques occasionnés par chacune
d'entre elles doivent être analysés séparément. La version finale du procédé de travail
recommandé doit décrire étape par étape la façon d'accomplir la tâche en question. Ces
étapes doivent être formulées en termes positifs et il faut expliquer pourquoi il vaut
mieux procéder de la façon recommandée. Il est parfois bon de mentionner les
règlements et les articles législatifs qui s'appliquent, ainsi que l'équipement de protection
individuelle recommandé, le cas échéant. Les procédés de travail doivent être élaborés
en consultation avec les employés qui effectuent les tâches.
Date : ___________________________
Analyse effectuée par :_________________________
22
Quelle est l'importance de l'orientation des employés?
L'éducation sur l'hygiène et la sécurité doit commencer dès qu'un employé entre en
fonction ou qu'il est muté à un nouveau poste. Il est reconnu que l'incidence d'accidents
est plus élevée chez les travailleurs inexpérimentés. Bien que l'expérience ne soit acquise
qu'avec le temps, il est possible de diminuer l'incidence d'accidents en donnant aux
travailleurs de la formation sur l'hygiène et la sécurité ainsi que sur les rudiments de leur
métier. Les séances d'orientation expliquent normalement les fonctions de l'unité de
travail, les relations au sein de l'organisme, les arrangements administratifs, les
politiques et divers règlements.
Les points d'hygiène et de sécurité suivants devraient faire partie de toute séance
d'orientation :
• interventions d'urgence
• emplacement des postes de premiers soins
• responsabilités en matière d'hygiène et de sécurité, y compris celles qui sont
dictées par la loi
• déclaration des accidents ainsi que des conditions et des actions dangereuses
• utilisation de l'équipement de protection individuelle
• droit de refuser un travail dangereux
• dangers possibles, même ailleurs que dans la zone de travail immédiate
• raison d'être de chaque règlement sur l'hygiène et la sécurité.
Un nouvel employé ne retient souvent qu'une partie de l'information qui lui est présentée
les premiers jours. C'est pourquoi il est utile de distribuer de la documentation au cours
de la séance d'orientation. Ceci peut également servir d'aide-mémoire à l'instructeur.
L'apprentissage pourra ensuite être renforcé en situation réelle par la présence d'un
compagnon de travail expérimenté qui deviendra ainsi, pour sa part, plus vivement
sensibilisé aux questions de sécurité.
Les nouveaux employés et ceux qui viennent d'être mutés doivent être encouragés à
poser toute question qui leur vient à l'esprit concernant les procédés de travail
approuvés. Des questions comme les suivantes feront partie de l'orientation du nouvel
employé :
Peu après la séance d'orientation, il faudra vérifier les connaissances acquises par
l'employé pour évaluer à la fois la qualité de la formation et le niveau de compréhension
de l'employé.
23
Comment concevoir un programme de formation?
La formation a pour objet d'incorporer la mise en pratique des règlements sur l'hygiène
et la sécurité aux procédés de travail ainsi que de créer un niveau de sensibilisation et
d'aptitudes répondant à la norme en la matière. Tous les employés bénéficieront d'une
formation sur l'hygiène et la sécurité, mais une importance particulière doit être accordée
à la formation des superviseurs, des instructeurs et des travailleurs affectés à chaque
tâche. il est à indiquer que la formation dans la sécurité et l'hygiène est devenue
obligatoire à partir de 2002
La formation des employés peut être nécessaire dans les cas suivants :
• entrée en fonction
• affectation à un nouvel emploi
• changement d'équipement, de procédé ou de démarche
• rendement insatisfaisant
Aux États-Unis, le National Safety Council propose que la formation des superviseurs
porte sur les points suivants :
Tout instructeur doit recevoir la formation nécessaire sur la façon de former le nouvel
employé ou celui qui n'a pas l'expérience nécessaire :
• établir un plan de séance; séparer chaque tâche en étapes; avoir les aides de
formation à portée de la main
• expliquer ce qui doit être fait
• décrire tous les dangers possibles et les mesures de protection appropriées
• démontrer chaque étape, souligner les aspects critiques et répondre aux questions
• faire exécuter chaque étape par l'employé, corriger ses erreurs et le féliciter
lorsqu'il s'exécute bien
• vérifier fréquemment si l'employé continue à bien s'exécuter sans surveillance
24
Une bonne documentation sur les procédés de travail appropriés constitue une aide
inestimable à la formation professionnelle. Des ressources externes peuvent être
obtenues de la part des associations professionnelles, syndicats, organismes
gouvernementaux ou experts-conseils compétents.
L'inspection des lieux de travail sert à identifier les dangers actuels ou éventuels et
permet de recommander des mesures correctives appropriées. La législation sur
l'hygiène et la sécurité du travail recommande ces inspections pour promouvoir une
attitude proactive envers l'hygiène et la sécurité du travail.
Les superviseurs et les travailleurs sont responsables de déclarer sans délai toute
condition ou action dangereuse et de prendre aussitôt les mesures nécessaires. La
fréquence des inspections officielles est parfois stipulée dans la législation. Pour décider
si des inspections doivent être faites plus souvent, on peut se baser sur la fréquence et la
gravité des accidents et lésions documentés par le passé.
Les membres du comité mixte d'hygiène et de sécurité semblent tout désignés pour
effectuer les inspections officielles, surtout s'ils ont été formés ou accrédités à cette fin.
Pour choisir les inspecteurs, on peut aussi se baser sur les critères suivants:
II est toujours bon de prévoir toute inspection à l'avance et de consulter des documents
comme les rapports d'inspection, d'enquête après accident et d'entretien déposés par le
passé, ainsi que les procès-verbaux du comité de sécurité. Si une liste de contrôle est
utilisée, il convient de vérifier sa pertinence actuelle.
Les listes de contrôle sont très utiles pour empêcher d'oublier des points importants au
moment de l'inspection. Ces listes prennent parfois la forme d'une énumération
"d'éléments critiques" faisant ressortir les principales défaillances qui risquent d'entraîner
un accident grave. Il existe des listes préparées d'avance, mais celles-ci doivent être
adaptées aux conditions qui existent dans chaque entreprise. Le comité mixte d'hygiène
et de sécurité devrait participer à l'établissement d'une liste de contrôle appropriée.
25
Exemple d’une liste d’inspection
Date ___________________________
Lieu/Service ________________________________________________________
Oui = Satisfaisant
Non = Non satisfaisant, attention nécessaire
Tondeuses
Équipements de protection
Outils électriques
individuelle
Outils manuels
Déneigeuses
Protection du visage, des yeux Protection des machines
Chaussures Courroies, poulies, engrenages, arbres
Gants Huilage, nettoyage, ajustement
Vêtements protecteurs Entretien, fuites d'huile
Casques de protection Autre ___________
Tabliers
Respirateurs
Premiers soins
Autre ____________
Notes
26
Rapport d’inspection des lieux de travail
Lieu __________________________________________________________
Service/ zones visées _____________________________________________
Date d'inspection _________________________
Heure de l'inspection ______________________
Récur-
Situation Danger rence
Priorité Recommandation Responsable Action Date
(lieu) observé (Oui/
Non)
Analyse et remarques :
Les inspections ne sont utiles que si des mesures correctives sont prises pour remédier
aux manquements remarqués. Il est important de s'en prendre aux causes plutôt qu'aux
symptômes et de passer à l'action sans tarder, accordant une importance particulière aux
mesures d'ingénierie, de gestion ou de formation qui s'imposent.
27
L'enquête sur un accident ou un incident doit permettre de découvrir comment faire pour
éviter leur récurrence. Même s'il est trop tard pour intervenir au moment de l'enquête, la
découverte des faits pertinents permet d'agir sans tarder pour éliminer le danger,
contribuant ainsi à la prévention qui motive l'enquête.
Pour atteindre son objectif, qui est d'empêcher ou de limiter l'incidence de décès, de
blessures et de dommages, le plan d'urgence doit clairement définir les détails
d'organisation et de procédure permettant de faire face à l'imprévu.
La politique sur le retour au travail après un accident ayant entraîné une période
d'incapacité peut figurer dans cette partie du programme.
En général, les conditions suivantes doivent être remplies lorsque des tâches modifiées
sont offertes à un employé :
28
• le travail doit être approprié et productif
• le médecin traitant doit convenir que le travail ne risque pas de nuire à la santé
du travailleur ou de ralentir sa guérison
• l'exécution du travail modifié ne doit pas créer de risque pour les autres
travailleurs
• la politique doit s'appliquer aux lésions subies ailleurs qu'au travail.
Les programmes d'encouragement portent à controverse, car ils semblent souvent être
basés sur la supposition que toute mesure servant à sensibiliser les gens à la prudence
est valable en soi. Certains soutiennent au contraire que les programmes
d'encouragement peuvent pousser les travailleurs à ne pas déclarer un accident et à
continuer à travailler alors même qu'ils sont blessés. Pour parer à cette éventualité, il
faut que les programmes d'encouragement assurent une surveillance rigoureuse. Le
comité mixte d'hygiène et de sécurité peut jouer un rôle de premier plan dans toute
activité visant à promouvoir le programme et à encourager la participation des employés.
La haute direction de l'entreprise doit démontrer son appui du programme par des
moyens comme les suivants:
Il faut faire connaître le contenu du programme à tous les employés, mais surtout aux
travailleurs, superviseurs et membres du comité mixte d'hygiène et de sécurité qui
viennent d'entrer en fonction. Toute modification de politique ou de procédure doit être
portée à l'attention de tous.
Plutôt que de recourir aux statistiques, qui ne font que constater l'incidence des
accidents, il vaut mieux adopter un procédé de vérification qui permet de contrôler
l'efficacité du programme et d'intervenir avant que les accidents ne se produisent. La
vérification s'appuie sur une liste de contrôle où chaque domaine d'HST est divisé en ses
divers aspects. Chaque aspect est alors coté selon son importance, puis le rendement
sous chaque aspect est évalué au moyen d'études de dossiers, d'observations,
d'entrevues et de questionnaires.
Il existe divers systèmes de vérification basés sur les normes de rendement considérées
acceptables par les principaux organismes concernés. Chez le Programme du travail
30
(Développement des ressources humaines Canada), par exemple, on utilise un système
en dix points, alors que le British Safety Council utilise un système en trente points.
Bien que la vérification se fasse ordinairement une fois par année; il peut être
souhaitable d'évaluer plus souvent certains aspects critiques du programme. L'équipe de
vérification devrait compter des représentants du comité mixte d'hygiène et de sécurité
et tous les membres de cette équipe devraient recevoir la formation nécessaire sur la
nature des procédures de vérification.
Une fois que le processus de vérification a permis d'identifier des faiblesses dans le
programme d'hygiène et de sécurité, il faut adopter promptement des mesures pour
remédier à la situation, fixer le calendrier de réalisation de ces mesures et confirmer leur
exécution.
31