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Strabisme Accommodatif

Le document présente les actes du XXVIIIE colloque sur le strabisme accommodatif, organisé par Alain Péchereau en 2003. Il aborde divers aspects de l'accommodation et du strabisme, incluant des contributions d'experts en ophtalmologie et orthoptie. Le colloque vise à enrichir les connaissances des professionnels sur ce sujet complexe et essentiel en ophtalmologie.

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Strabisme Accommodatif

Le document présente les actes du XXVIIIE colloque sur le strabisme accommodatif, organisé par Alain Péchereau en 2003. Il aborde divers aspects de l'accommodation et du strabisme, incluant des contributions d'experts en ophtalmologie et orthoptie. Le colloque vise à enrichir les connaissances des professionnels sur ce sujet complexe et essentiel en ophtalmologie.

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CAHIERS DE SENSORIO -MOTRICITÉ

XXVIIIE COLLOQUE (2003)

LE STRABISME
ACCOMMODATIF
V2.1

ORGANISATION : ALAIN PÉCHEREAU

Orateurs : S Arsène, G Baïkoff, JB Barberie, JC Charlot, G Clergeau, D Denis,


MA Espinasse-Berrod, MN George, G Klainguti, D Lassalle, F Oger-Lavenant, V Paris,
C Rémy, A Rodriguez, A Roth, B Roussat, M Santallier, C Speeg-Schatz & D Thouvenin
ÉDITEUR (2003) : A PÉCHEREAU & B RICHARD POUR LISSAC OPTICIEN
ÉDITEURS (2 007) : A & J PÉCHEREAU
i

Les auteurs

Sophie Arsène George Klainguti


Ophtalmologiste, praticien des hôpitaux Ophtalmologiste, professeur de faculté
CHU Bretonneau, 2bis boulevard Tonnellé, Hôpital Jules Gonin, Lausanne, Suisse
37000 Tours
Nicole Jeanrot
Georges Baïkoff Orthoptiste
Ophtalmologiste, professeur de faculté Castres
Clinique Monticelli, 88, rue du Commandant
Rolland, 13008 Marseille David Lassalle
Tel : 04 91 16 22 28 Orthoptiste
Courriel : [email protected] Hôtel-Dieu, CHU Nantes
Jean-Pierre Barberie Courriel : [email protected]
Opticien Françoise Oger-Lavenant
Lissac Opticien, Paris Ophtalmologiste, praticien des hôpitaux
Jean-Claude Charlot Hôtel-Dieu, CHU Nantes
Courriel : [email protected]
Ophtalmologiste
228, Boulevard Raspail Vincent Paris
75014 Paris Ophtalmologiste
Tél. : 01 43 22 42 33 La Campagnette, 1/6 900 Marche-en-Famenne/
E-mail : [email protected] Belgique
Guy Clergeau Tél. : 00 32 84 314 749
Courriel : [email protected]
Ophtalmologiste, ancien assistant-chef de
clinique Alain Péchereau
Cabinet d’ophtalmologie (Paimpol) Ophtalmologiste, professeur de faculté
Danièle Denis Hôtel-Dieu, CHU Nantes
Ophtalmologiste, professeur de faculté Charles Rémy
Hôpital Nord, Marseille Ophtalmologiste
Marie-André Espinasse-Berrod 36, cours Vitton
69006 Lyon
Ophtalmologiste Tél. : 04 78 74 40 23
145, avenue de Suffren, 75007 Paris
Tél. : 01 43 06 66 92 Annie Rodriguez
Courriel : [email protected] Directeur des relations Médicales
Marie-Noëlle George Essilor France, 64 bis avenue Aubert, 94 306
Vincennes
Ophtalmologiste, attachée des hôpitaux de
Tel : 01 72 707 586
Nantes Courriel : [email protected]
Cabinet d’ophtalmologie (Coueron)

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ii
André Roth Claude Speeg-Schatz
Ophtalmologiste, professeur honoraire Ophtalmologiste, professeur de faculté
25, chemin de Grand Donzel, CH-1234, Vessy, Clinique ophtalmologique, hôpitaux
Genève universitaires, BP 426, 67091 Strasbourg Cedex
Courriel : andré[email protected] Tél. : 03 88 11 60 53
Courriel : [email protected]
Béatrice Roussat
Ophtalmologiste Dominique Thouvenin
Hôpital des XV-XX, Paris Ophtalmologiste
Tél. : 01 40 02 15 20 76 allées Jean Jaurès, 31000 Toulouse
Tél. : 05 61 63 15 16
Martine Santallier Courriel : [email protected]
Orthoptiste, monitrice à l’école d’orthoptie
CHU Bretonneau, 2bis boulevard Tonnellé,
37000 Tours
Tél. : 02 47 47 47 47
Courriel : [email protected]

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iii

Avertissement

Alain Péchereau

Depuis 1975, l’équipe de la Clinique Ophtalmologique du Centre Hospitalier


Universitaire organise des sessions orientées vers la strabologie de Formation
Médicale Continue ouvertes aux Ophtalmologistes et aux Orthoptistes. Cette
formation est, en dehors des Sociétés Savantes, la plus ancienne manifes-
tation ophtalmologique en activité. Sans votre soutien, une telle pérennité
n’aurait pas été possible.
En 1989, le professeur Quéré a décidé d’éditer les actes des colloques an-
nuels. Cet objectif n’a pu être atteint que :
• Grâce aux orateurs qui ont fait le double effort de préparer les exposés
présentés aux différents colloques et de donner les textes de ces expo-
sés mis en forme ;
• Grâce au professeur Quéré qui a fait l’effort considérable d’assurer la
mise en page de tous ces colloques pendant de nombreuses années
(1989-1993) et qui a bien voulu nous confier les documents d’origine ;
• Grâce à la maison Opticien Lissac. Celle-ci a fait l’effort depuis le pre-
mier colloque de prendre en charge les frais d’édition et de diffusion de
l’ensemble des actes de ces colloques. Rappelons que les actes de ces
colloques ont tous été édités. Un certain nombre d’entre eux est en-
core disponible. Pour les obtenir, il faut s’adresser à « Lissac Opticien »
le plus proche de votre domicile. Les actes du colloque de l’année en
cours sont disponibles pour la première fois au moment de la Société
Française d’Ophtalmologie de l’année suivante sur le stand « Lissac
Opticien » et ceci à titre gracieux. Il ne sera mis en téléchargement libre
que lors de la parution des actes de l’année suivante. Tous ces actes
seront mis progressivement sur le site en format « A4 » et « .pdf » et
seront en téléchargement libre.

Les actes de ces colloques annuels représentent un fond documentaire d’une


grande qualité et sont un ensemble sans équivalent en littérature française
par leur qualité et leur diversité. De ce fait, il a semblé important de faire
bénéficier l’ensemble de la communauté ophtalmologique et orthoptique
française de l’ensemble de cette documentation.
Pour atteindre cet objectif, les orientations suivantes ont été retenues :
• Remise en forme de l’ensemble de la documentation sous une forme
informatique moderne ;
• Une gratuité grâce à l’informatique, Internet et les possibilités du télé-
chargement.
Les efforts de tous, vous permettent d’avoir ce document de travail à votre
disposition. J’espère qu’il vous permettra d’enrichir vos connaissances et vos
réflexions dans le domaine de la strabologie.

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v

Préface

Alain Péchereau

L’accommodation et ses troubles sont au cœur de la maladie strabique. Ce


fait bien résumé par l’aphorisme du Professeur Maurice-Alain Quéré : « tout
strabisme est un strabisme accommodatif », doit toujours être à l’esprit du
thérapeute.
Depuis 1 989, ce sujet n’avait jamais été traité en tant que tel, c’est pourquoi
il nous a semblé important d’aborder le strabisme sous cet angle-là.
Ce colloque suit la progression didactique classique : physiologie, pathologies
et traitements. Ils apportent son lot de nouveautés dans tous les domaines.
Il démontre, une nouvelle fois, si cela était nécessaire, que la correction
optique totale est au cœur du projet thérapeutique de tout strabisme. Ce
fait avait été démontré par Donders en 1 864. L’expérience montre que ce
principe n’est toujours pas suivi. Par ailleurs, dans certains cas bien précis et
en suivant des règles bien définies, les verres progressifs pour enfant et les
lentilles de contact sont également un progrès incontestable dont la diffusion
doit s’étendre. Pour terminer, je voudrais signaler deux contributions tout à
fait exceptionnelles :
• Celle de Georges Baïkoff sur la physiologie de l’accommodation. Avec
un OCT de segment antérieur, il démontre que de toutes les hypothèses
émises sur l’accommodation celle de H von Helmholtz (1 855) est la plus
probable. Cette démonstration peut être considérée comme définitive.
• Celle de Guy Clergeau. Celui-ci mène depuis vingt ans une étude épidé-
miologique en tout point remarquable sur l’évolution de la réfraction
chez l’enfant. Il a constitué la plus grande base de données connue. Il
commence à nous présenter les premières conclusions de son remar-
quable travail.

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vi
Sur un sujet aussi difficile et novateur, je voudrais tout particulièrement
remercier les collègues français et étrangers qui nous accompagnent dans
cette formation depuis de longues années. Comme chaque année, vous trou-
verez les signatures de strabologues et d’orthoptistes francophones parmi
les meilleurs ; qu’ils soient particulièrement remerciés de leur collaboration
annuelle sans cesse renouvelée.
Je tiens à remercier l’ensemble des laboratoires qui nous soutiennent chaque
année par leur amicale présence. Cette année, j’aurais un mot particulier
pour :
• Lissac Opticien, dont le soutien se manifeste depuis de nombreuses an-
nées sous les formes les plus diverses. Cette année, cette collaboration
s’est encore renforcée grâce au soutien de Madame Évelyne Lissac et de
Monsieur Henry Saulnier ; qu’ils en soient particulièrement remerciés.
• Le laboratoire Chauvin, Alcon & Pharmacia, partenaires de notre
équipe.
• Mais également pour Essilor, Nidek & Théa.
Dans cette période de difficultés budgétaires, nous remercions, tout parti-
culièrement, les laboratoires qui nous accompagnent dans l’organisation de
cette manifestation.

Les références de cet ouvrage sont les suivantes : « Auteurs ». « Titre ».


In : « Le Strabisme Accommodatif ». Ed A & J Péchereau. Nantes, 2 007,
« pages ».

Les opinions émises dans le présent ouvrage doivent être considérées comme
propres à leurs auteurs. L’éditeur n’entend leur donner aucune approbation
ou improbation.

NB. Les erreurs ou les fautes étant consubstantielles à l’exercice de l’édition,


n’hésitez pas à les signaler au webmaster par l’intermédiaire du site : http://
www.strabisme.net ou en écrivant à : [email protected]

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Programme du colloque

Nantes, le 26 & 27 septembre 2 003

Introduction. À propos de quelques définitions ...........A Péchereau


Anatomie et physiologie de l’Accommodation ......................A Roth
La théorie d’Helmholtz 150 ans après .............................. G Baïkoff
Optique de l’accommodation ................................................C Rémy
Convergence et accommodation ...................................A Péchereau
Développement de l’accommodation avant un an ......... G Clergeau
La cycloplégie ................................................................... D Lassalle
Évolution de la réfraction du strabique .......................... G Clergeau
Rapport AC/A, PPA, PPC & etc....................... MA Espinasse-Berrod
Accommodation et mesure de l’angle.................................. D Denis
Le strabisme réfractif ........................................................B Roussat
Le strabisme accommodatif (total & partiel) .............. D Thouvenin
Accommodation et déviation horizontale .............................V Paris
La correction optique ....................................................... JC Charlot
Les surcorrections optiques ..................................... C Speeg-Schatz
Optique d’une surface progressive................................ A Rodriguez
Les lunettes et le strabisme accommodatif ................... JP Barberie
Les verres progressifs et l’enfant ........................................S Arsène
Lentilles de contact et strabisme accommodatif .......... MN George
Orthoptie et accommodation ........................................ M Santallier
La chirurgie réfractive de l’hypermétropie ........................ B Vabres
Chirurgie du strabisme accommodatif ............................G Klainguti
Perspectives nouvelles .................................................... F Lavenant

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Table des matières

Définitions .................................................... 1 Évaluation de la réfraction 35


Alain Péchereau Une réponse 35
Rapport AC/A 1 La triade de près 35
Définitions 1 La relation accommodation-convergence 36
Ésotropie accommodative réfractive 2 Les bases 36
Ésotropie accommodative non réfractive 2 La mesure du rapport AC/A 36
Ésotropie partiellement accommodative 2 Pathologie de l’accommodation 37
Microstrabisme à rapport AC/A élevé 3 La vergence fusionnelle 38
Strabisme divergent avec rapport AC/A élevé La vergence proximale 41
3 La vergence tonique 41
Ésotropie hypoaccommodative 3 La déviation 42
Situations complexes 3 Accommodation et binocularité 43
Un groupe à part ? 3 Date d’apparition 43
Vergence tonique 3 Évolution simultanée 43
Cinq questions 5 Types de strabisme et pathologie de
Les questions 5 l’accommodation 43
L’accommodation .......................................... 7 Les convergences ? 44
André Roth Développement de l’accommodation avant 1
La physiologie de l’accommodation 7 an ................................................................ 47
Les mécanismes de l’accommodation et de la Guy Clergeau
désaccommodation 7 Physiologie de l’accommodation précoce 47
Le pouvoir d’accommodation et sa mesure 9 Développement de la capacité accommodative
La neurophysiologie de l’accommodation 9 47
L’hystérèse accommodative 10 Vitesse d’accommodation 48
La triade ou syncinésie de la vision de près 12 Modalités du déclenchement accommodatif
Les spasmes d’accommodation 13 49
OCT du segment antérieur et mécanismes de Données physiologiques et Orientation spatiale
l’accommodation chez l’homme ................ 19 49
Georges Baïkoff Amétropies et accommodation 49
Matériel et méthode 19 Applications pratiques 51
L’AC-OCT 19 Âge de correction 51
Population étudiée 20 Dépistage 51
Étude de l’accommodation 20 La cycloplégie ............................................. 55
Modifications de la chambre antérieure au David Lassalle
cours de l’accommodation 20 La cycloplégie : Pourquoi ? 55
Modifications observées au niveau de la face La cycloplégie : Quand ? 55
antérieure du cristallin du corps ciliaire en La cycloplégie : Laquelle ? 55
arrière de l’iris 22 Recherche bibliographique 56
Optique de l’accommodation ..................... 27 L’Atropine 56
Charles Rémy Le Cyclopentolate 57
La pseudo-accommodation 27 Évolution de la réfraction du strabique ..... 59
Le déplacement transversal de l’image 27 Guy Clergeau & Alain Péchereau
Le déplacement longitudinal de l’image 28 Méthodologie et matériel d’étude 59
Les variations de position du punctum Critères de recrutement 60
proximum 29 Critères d’analyse 60
L’accommodation vraie 30 L’analyse globale : Évolution de la moyenne 60
Accommodation et convergence ................ 33 Comparaison Nantes/Paimpol 60
Alain Péchereau L’analyse globale : La réfraction moyenne 62
L’accommodation 33 Analyse sélective 64
Réaction à la vision floue 33 Évolution de la sphère 64
Évolution de la réponse accommodative au Évolution du cylindre 65
cours du temps 34 Elle est regroupée sur les tableaux 10 et 11. 65

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x
Rapport CA/A, PPC et PPA ........................ 69 Faux dérèglements de CA/A 86
Marie-Andrée Espinasse-Berrod Faux dérèglements de CA/A 87
Rapport CA/A 69 Faux dérèglements de CA/A 87
Définitions 69 Fausse insuffisance de CA/A ? 87
Rappels sur l’accommodation 69 Traitement des dérèglements de CA/A 87
2 façons d’exprimer la convergence La correction optique (CO) 87
accommodative 69 Les cycloplégiques 88
Valeur de CA/A 70 Les myotiques sont abandonnés 88
Méthodes de mesure 70 La toxine botulique 88
Difficultés et limites des mesures du rapport La chirurgie 88
CA/A 71 Accommodation et déviation horizontale . 91
Intérêt théorique et utilisation pratique du Vincent Paris
rapport CA/A 71 Concepts généraux 91
Punctum proximum de convergence (PPC) 72 L’effort accommodatif 91
Punctum proximum d’accommodation (PPA) « Élasticité » de la relation accommodation-
73 convergence 91
Accommodation et facteurs verticaux ....... 75 Séparation artificielle entre les acteurs de la
Danièle Denis convergence 93
Les facteurs verticaux 75 Accommodation-Convergence : application à
Le strabisme accommodatif 75 l’exodéviation 93
Facteurs verticaux dans le strabisme L’exophorie 93
accommodatif 76 L’exotropie consécutive 94
Peu de travaux abordent l’étude des facteurs Rapport AC/A et exodéviation 94
verticaux 76 Stimulus accommodatif : les conditions de
Correction optique et strabisme accommodatif mesures 95
77 Le cover-test 95
En pratique 78 Le synoptophore 95
Correction optique totale et horizontalité 78 L’aile de Maddox 95
Correction optique totale et verticalité 78 Le test transparent de Gracis 95
Élévation en adduction 78 Équilibre accommodatif & équilibre fusionnel
Syndrome alphabétique 78 96
Facteurs généraux 79 Stabilité accommodative : les principes de non-
Strabisme réfractif ..................................... 81 proportionnalité 98
Béatrice Roussat Non-proportionnalité réfractive 98
Définition 81 Non-proportionnalité prismatique 99
Modalités d’apparition 81 La notion de seuil 99
Examen clinique 81 Notion de stress accommodatif 100
Évolution 82 Correction précoce : protection de la vision
Diagnostic différentiel 82 binoculaire 101
Ésotropie accommodative non-réfractive 82 Déviation horizontale et lentilles de contact
Ésotropie hypoaccommodative 82 102
Traitement 82 Cas particulier des microstrabismes103
Strabisme accommodatif non réfractif ..... 83 La correction optique dans le strabisme
Dominique Thouvenin accommodatif ........................................... 105
Mise au point nosologique 83 Jean-Claude Charlot
Classification actuelle des strabismes du La relation accommodation-convergenceet la
« point de vue accommodatif » 83 correction optique totale 105
Les hétérophories accommodatives (pures) 83 La correction optique totale 106
Les hétérophories partiellement La correction optique totale a un effet moteur
accommodatives 83 106
Relation entre CA et Accommodation, rapport La correction optique totale a également un
CA/A 84 effet sensoriel 106
Diagnostic d’une ésotropie accommodative La correction optique totale : comment ? 106
non réfractive 84 La réfraction comprend un élément sphérique
Situations rencontrées en clinique 85 et un élément cylindrique. 106
Situation accommodative parfaite 85 L’étude de la réfraction chez le patient sous
cycloplégie 107
Situation accommodative presque parfaite 85
La correction optique totale 108
Maladie de l’accommodation 85
La monture de lunette 108
Strabisme partiellement accommodatif avec
CA/A élevé 86

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xi
La correction optique par lunettes pourra être Degré de la surcorrection 122
par verres unifocaux, ou avec additif en vision Âge de la surcorrection 123
de près 108 La progression 123
La correction optique totale sera toujours Quand ? 123
prescrite en premier temps 108 Maintien de la surcorrection 123
La fratrie 109 Les aspects pratiques des verres progressifs
Effet de la correction optique sur la chez l’enfant 123
déviation et classification des strabismes L’offre Essilor 123
accommodatifs 110
Indications et limites des lentilles de contact
Les surcorrections optiques ......................111 dans le strabisme de l’enfant................... 125
Claude Speeg-Schatz
Marie-Noëlle George
Classification et buts de la correction optique
Rappel sur l’accommodation 125
111
Chez l’emmétrope 125
Surcorrection de près bilatérale 111
Chez le fort myope avec lunettes 125
Surcorrection unilatérale 111
Chez le fort hypermétrope avec lunettes 125
Pénalisation optique alternée 112
Les indications des lentilles de contact 125
Les surcorrections optiques nécessitent des
impératifs optiques 112 Particularités de la contactologie pédiatrique
125
Résultats des bifocaux dans les ésotropies
accommodatives de près 112 Le protocole d’adaptation 126
1ère étude : Ludwig J Pediatr Ophtalmol L’incomitance Loin/Près 126
Strabismus 1 989 (3) 112 Les cas atypiques 127
2e étude : von Noorden Am J Ophtalmol 1 978 Myopie et ésodéviation 127
(4) 112 Myopie et exodéviation 127
Les lentilles progressives dans l’ésotropie Hypermétropie et exodéviation 127
accommodative 112 Exotropie vraie 127
Strabisme et verre progressif ....................115 Quand prescrire des Lentilles Souples ? 127
Annie Rodriguez Quelles sont les contre-indications ? 127
Les lunettes et le strabisme accommodatif117 Quelles sont les limites de ces équipements ?
Jean-Pierre Barberie 128
1er commandement 117 Orthoptie et accommodation .................. 129
2e commandement 117 Martine Santallier
3e commandement 117 Préalable à une bonne prise en charge
4e commandement 118 orthoptique 129
5e commandement 118 Orthoptie et phories 129
6e commandement 118 La réfraction 129
7e commandement 118 L’ésotropie accommodative « pure » 130
8e commandement 118 Tableau clinique 130
9e commandement 119 Traitement 130
10e commandement 119 Rôle de l’orthoptiste 130
Les verres progressifs et l’enfant ............. 121 L’ésotropie accommodative partielle 130
Sophie Arsène Ésotropie précoce en CRA avec facteur
accommodatif 130
Les indications 121
Ésotropie accommodative pure non traitée et
L’incomitance loin-près primitive 121 passée en CRA 130
L’incomitance loin-près séquellaire 121 Ésotropie en CRN avec orthophorie de loin et
L’incomitance loin-près avec hypo- ésotropie de près 131
accommodation : forme rare 122 Microstrabisme décompensé 131
Les spasmes accommodatifs 122 Techniques de rééducation 131
Cas particulier : pour l’hypermétrope moyen ou Spasme accommodatif 131
fort 122
Cas particulier : le pseudophake 122
La chirurgie réfractive de l’hypermétropie (et
strabisme accommodatif) ........................ 133
Inconvénient des double-foyers à segment
droit 122 Bertrand Vabres
Les aspects pratiques des verres progressifs La chirurgie de l’hypermétropie 133
chez l’enfant 122 Correction cornéenne 133
Règles de prescription : 4 critères absolus 122 Correction intra-oculaire 134
Un petit mot sur les astigmatismes : (requête
prédominante chez l’hypermétrope) 135
Et strabisme accommodatif : quoi en penser ?
135

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xii
Perspectives 136 Les moyens d’intervention centraux 139
Strabismes accommodatifs et perspectives Moyens pharmacologiques 139
nouvelles ................................................... 137 Moyens stéréotaxiques 139
Françoise Oger-Lavenant
Ou intervenir ? 137
Les moyens d’intervention périphériques 138
Strabisme réfractif 138
Incomitance loin-près 138
Conséquences 139

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1

Définitions

Alain Péchereau

Introduction
Le strabisme accommodatif et les problèmes ac-
commodatifs dans le strabisme restent toujours
un problème d'actualité. Cette année (2 003)
correspond d'ailleurs à un double anniversaire :
• En effet, en 1855, H von Helmholtz émit
son hypothèse sur le fonctionnement de
l'accommodation et sur les déformations
du cristallin pendant l'accommodation.
G Baïkoff, grâce à l'OCT, vient de valider
cette hypothèse (voir plus loin : la théorie
d’Helmholtz (figure n° 1), une confirmation
150 ans après) ;
• En 1864, Donders (figure n° 2) publia son li-
vre sur l'influence de l'accommodation dans
le strabisme. Cette hypothèse a été validée
de nombreuse fois et l'expérience montre
combien la correction optique totale est la
pierre angulaire de toute prise en charge
d'un strabisme. Par un fait incompréhensi-
ble, depuis 140 ans, les ophtalmologistes,
en pratique quotidienne, ne s'astreignent
pas à suivre cette règle élémentaire.

Rapport AC/A
« Chaque individu répond à une unité de stimulation
d’accommodation par une quantité donnée (plus ou
moins grande) de convergence, adaptée au besoin
de convergence. La réponse en convergence d’un Fig 1. H von Helmholtz.
individu pour une unité de stimulus d’accommoda-
tion peut être exprimée par son rapport AC/A. Cette proportion, qui a les valeurs
[∆ /D, (convergence/accommodation)], est une mesure de la bonne réaction de
la fonction de convergence d’une personne à une unité de stimulus d’accom-
modation. Le concept d’un rapport entre l’accommodation et la convergence
a été clairement défini par Fry (1 939) qui plus tard avec Haines a introduit la
notion de rapport AC/A (von Noorden GK & Campos EC). »

Définitions
Une ésotropie provoquée par un effort accru d’accommodation ou un rapport
AC/A anormalement élevée est appelée une ésotropie « accommodative ».

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2
Cependant, plusieurs sous-groupes d’ésotropies
accommodatives existent et doivent être claire-
ment différenciés parce que chacun exige une
gestion clinique différente (von Noorden GK &
Campos EC).
Six situations cliniques différentes (Klainguti
G) :
• « Strabisme convergent accommodatif pur à
rapport AC/A normal ;
• Strabisme convergent accommodatif partiel
à rapport AC/A normal ;
• Strabisme convergent accommodatif pur à
rapport AC/A élevé ;
• Strabisme convergent accommodatif partiel
à rapport AC/A élevé ;
• Microstrabisme à rapport AC/A élevé ;
• Strabisme divergent avec rapport AC/A
élevé. »
Ésotropie accommodative
réfractive
• Strabisme convergent accommodatif pur à
rapport AC/A normal (Klainguti G) ;
• Une ésotropie accommodative réfractive est
définie comme une ésotropie qui est rendue
orthotropique à toutes les distances de fixa-
tion et dans toutes les positions du regard
par la correction optique de l’hypermétropie
sous-jacente (figure n° 3) ;
• Rapport AC/A normal (von Noorden GK &
Fig 2. FC Donders. Campos EC).
Ésotropie accommodative non
réfractive
• Strabisme convergent accommodatif pur à
rapport AC/A élevé (Klainguti G) ;
• Rapport AC/A élevé ;
• « Une ésotropie accommodative non réfrac-
tive est définie comme une ésotropie plus
importante de près que de loin, sans rela-
tion avec une erreur réfractive non corrigée
et provoqué par un rapport AC/A anormale-
ment élevé et avec un point proximal d’ac-
commodation normal (von Noorden GK &
Campos EC). »
Ésotropie partiellement
accommodative
¬ Strabisme convergent accommodatif par-
tiel à rapport AC/A normal (Klainguti G) ;
¬ Strabisme convergent accommodatif par-
tiel à rapport AC/A élevé (Klainguti G).
• Une ésotropie est partiellement accommo-
dative quand les facteurs accommodatifs
contribuent à la déviation, mais ne la repré-
sentent pas entièrement (von Noorden GK,
Campos EC).

Fig 3. Ésotropie accommodative réfractive.


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3
Microstrabisme à rapport AC/A élevé
• Microstrabisme à rapport AC/A élevé (Klainguti G) ;
• Microstrabisme ;
• Rapport AC/A élevé d'où une augmentation de la déviation de près
qui réagit à la surcorrection optique
Strabisme divergent avec rapport AC/A élevé
• Strabisme divergent en vison de loin ;
• Rapport AC/A élevé :
¬ Angle en vision de loin supérieur à l'angle en vision de près,
¬ Réaction à la surcorrection optique (+3 ∂),
¬ Pseudo-excès de divergence.
• Étude systématique de l’effet de la surcorrection optique
de +3 ∂ devant tout strabisme divergent.
Ésotropie hypoaccommodative
• Ésotropie plus importante de près que de loin :
¬ Sans relation avec une erreur réfractive non corrigée,
¬ Provoqué par une convergence excessive.
• Due à un effort accru d’accommodation pour surmonter une faiblesse
primitive ou secondaire de l’accommodation (von Noorden GK, Campos
EC).

Situations complexes
• La réfraction (question n° 1) ;
• La déviation de loin (question n° 2) :
¬ Micro-ésotropie,
¬ Strabisme divergent.
• La correspondance rétinienne (question n° 3) :
¬ CRN (classique),
¬ CRA (microtropie).
• L’hypo-acccommodation (question n° 4) ;
• L’accommodation (question n° 5) :
¬ Réaction au +3 ∂,
¬ Rapport AC/A.

Un groupe à part ?
• Un certain nombre de propositions :
¬ Le strabisme accommodatif n’est qu’une variété de strabisme inner-
vationnel,
¬ L’amétropie n’est pas la cause du strabisme, c’est un facteur supplé-
mentaire de déséquilibre oculogyre.
• « Le facteur accommodatif a une réputation de bénignité ; c’est indé-
niablement vrai pour les strabismes accommodatifs purs ; mais c’est
totalement faux pour les autres formes, en particulier les incomitances
loin-près, qui se révèlent rebelles à tous nos efforts thérapeutiques
(Quéré MA). »

Vergence tonique
« On pense généralement que la position anatomique de repos des yeux est
en divergence. La convergence tonique amène les yeux de cette position à la
position physiologique de repos, la seule position que l’on peut définir d’un
point de vue opérationnel chez des sujets éveillés et conscients. La conver-
gence tonique est vraisemblablement provoquée par le tonus des muscles
extra-oculaires. Les muscles extra-oculaires ne sont jamais sans activité
électrique quand les yeux sont au repos chez l’homme normal éveillé (von
Noorden GK & Campos EC). »

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4
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Fig 4. Représentation schématique de l'ensemble des vergences.

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Fig 5. Les cinq questions à se poser pour évaluer l'élément accommodatif devant tout strabisme.
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5
Cinq questions
Devant tout strabisme, le thérapeute devra se poser les cinq questions sui-
vantes (fig 5) :
• 1 : quelle est la réaction à la correction optique totale en vision de loin ?
• 2 : quelle est la binocularité ?
• 3 : quelle est la déviation en vision de près en la comparant à déviation
en vision de loin ?
• 4 : quel est le punctum proximum d'accommodation ?
• 5 : quelle est la réaction à une addition de +3 ∂ en vision de près ?

Les questions
• Le rôle de la réfraction ;
• Le rapport AC/A ;
• Le développement de l’accommodation ;
• La relation entre binocularité et accommodation ;
• La cycloplégie ;
• L’importance de l’accommodation dans l’examen clinique ;
• Les formes cliniques ;
• L’association avec le strabisme précoce ;
• La thérapeutique ;

Conclusion
Une réaction anormale à l’accommodation est un signe pathologique en
soi.
RÉFÉRENCES
1. Jeanrot N, Jeanrot F. Manuel de strabologie pratique. Paris : Masson ; 1 994.
2. Klainguti G. Strabisme accommodatif. Encycl Méd Chir, Ophtalmologie, 21-550-
A-03, 2001, 8 p.
3. Quéré MA. Le traitement médical des strabismes. Nantes : FNRO Éditions ;
2 003.
4. Rosenbaum AL, Santiago AP, editors. Clinical strabismus management. Philadel-
phia : WB Saunders Company ; 1 999.
5. Spielmann A. Les strabismes. De l’analyse clinique à la synthèse chirurgicale.
Paris : Masson ; 1 989.
6. Thouvenin D. Diplôme Universitaire de Strabologie. Session III. Nantes : FNRO
Éditions ; 2 003.
7. von Noorden GK, Campos EC. Binocular Vision and Motility. 6 ed. St Louis :
Mosby ; 2 002.

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7

L’accommodation

André Roth

La physiologie de l’accommodation
L’accommodation désigne la capacité des yeux d’augmenter de façon syn-
chrone leur pouvoir dioptrique de manière à donner l’image la plus nette
possible d’un objet situé en deçà de leur punctum remotum, c’est-à-dire de
l’infini pour des yeux emmétropes et pour les yeux amétropes corrigés. Cette
capacité de « mise au point » (cet « autofocus » selon l’expression imagée de
C Rémy), ou, selon le terme de Landolt (1 902), cette « réfraction dynamique »
[9], assure la netteté permanente de l’image rétinienne quelle que soit la
distance de l’objet fixé1.
L’accommodation n’agit cependant pas de manière isolée : la fixation d’un
objet rapproché déclenche un triple ajustement :
• Une augmentation du pouvoir dioptrique du cristallin ;
• Une contraction pupillaire ;
• Un mouvement de vergence.
et celle d’un objet éloigné, l’ajustement inverse. Cette triple réponse motrice
est appelée « la triade ou la syncinésie de la vision de près »2.
Les mécanismes de l’accommodation et de la
désaccommodation
Le point le plus éloigné qu’un œil voit net sans accommoder ou, plus exac-
tement, en désaccommodant, est appelé punctum remotum, et le point le
plus rapproché qu’il voit net en accommodant maximalement, punctum
proximum. La distance entre ces deux points représente le parcours accom-
modatif exprimé en mètres. Transcrite en dioptries, elle représente le pouvoir
accommodatif ou l’amplitude d’accommodation.
Quatre mécanismes pourraient en principe permettre d’accommoder : les
uns en augmentant la puissance dioptrique de l’œil par l’augmentation de
la courbure cornéenne ou celle des courbures et de l’indice de réfraction du
cristallin, les autres en modifiant la disposition des éléments constitutifs du
système optique de l’œil par l’allongement de la longueur axiale ou/et le dé-
placement du cristallin vers l’avant. Souvent plusieurs mécanismes entrent en
jeu simultanément ; celui qui joue le rôle prépondérant n’est pas le même dans
les différentes espèces de vertébrés. Au XVIIe siècle déjà, Christoph Schreiner
(1 619) a démontré que, dans l’espèce humaine, l’accommodation est due avant
tout au cristallin. Cela a été confirmé depuis lors par Thomas Young (1 801),
Purkinje (1 823), Helmholtz (1 856 & 1 866). Plus précisément l’accommoda-
1. Cet article, déjà publié dans les Cahiers de Sensorio-Motricité (La Réfraction, 2 000), est repris
avec quelques remaniements dans le présent Cahier ; il fait également de larges emprunts à
l’article du même auteur réf. 13.
2. Pour plus d’information, les lecteurs sont renvoyés à l’excellent chapitre sur l’accommodation
de la monographie sur « les anomalies de la réfraction » de GP Palliaga [12].

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8
�������������������������������� tion est principalement due au changement de
��������� la courbure antérieure et de l’indice de réfraction
du cristallin ; il s’y ajoute un léger déplacement
����������������������������� du cristallin vers l’avant [9 & 10] et un minime
������������� allongement de la longueur axiale de l’œil [3]
dont les rôles ne sont cependant qu’accessoires.
Donders a publié en 1 864 (en anglais) et en 1 866
(en allemand) son traité sur « les anomalies de la
réfraction et l’accommodation de l’œil ».
Fig 1. Les fibres du muscle ciliaire. L’accommodation et la désaccommodation se
font sous l’action du muscle ciliaire (Helmholtz,
1 855). Le muscle ciliaire est formé de fibres en
V ; les unes, externes, sont dites longitudinales et
forment un V à angle aigu ; les autres, internes,
sont dites circulaires et forment un V à angle
obtus (Rohen, 1 952 [9]) (figure n° 1).
Lorsque le muscle ciliaire est relâché, il main-
tient les fibres radiaires de la zonule cristalli-
nienne sous tension. Celles-ci exercent alors une
��������������� traction centrifuge sur l’équateur et la périphérie
���������� de la capsule du cristallin ; elles aplatissent ainsi
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les courbures de celui-ci, principalement l’anté-
Fig 2. Coupe sagittale du muscle ciliaire. rieure.
Lorsqu’à l’inverse, le muscle ciliaire se con-
tracte, il relâche sa tension sur les fibres de la
zonule ; le cristallin n’étant plus soumis à leur
traction, peut alors, grâce à son élasticité et en
particulier à celle de sa capsule (Fincham, 1 937
���������� [14]), prendre une forme plus sphérique (Le
���������� � monde de M Descartes : ou, le traité de la lumière,
écrit en 1633, publié après sa mort en 1 664) ; il
augmente principalement sa courbure antérieure.
De l’état de désaccommodation à celui d’ac-
Fig 3. Glissement des fibres cristalliniennes commodation maxima, ses rayons de courbure
au cours de l'accommodation. antérieur et postérieur passent respectivement
de 10 à 6 mm et de 6 à 5,5 mm [9]. Accessoire-
ment la pression que l’iris en myosis exerce sur le cristallin accentue encore
sa courbure antérieure. L’augmentation inégale des courbures, nettement
plus forte pour la courbure antérieure, déplace le centre optique du cristallin
vers l’avant ; l’effet optique de celui-ci s’en trouve augmenté. A cela s’ajoute
qu’en se contractant, le corps ciliaire dont le point fixe est l’éperon scléral,
se déplace légèrement vers l’avant ; il entraîne avec lui le cristallin, augmen-
tant encore l’effet optique de celui-ci (figure n° 2). Du fait du relâchement
de la zonule, le cristallin subit en outre l’effet de la pesanteur et se déplace
très légèrement vers le bas, mais sans que cela ait une répercussion optique.
Ces changements de forme et accessoirement de position du cristallin sont
désignés du terme d’accommodation externe ; celle-ci représente les 2/3 de
l’accommodation totale [9].
Mais le pouvoir réfractif du cristallin augmente en même temps du fait de
l’augmentation de son indice global de réfraction ; ce changement résulte
d’un glissement centripète des fibres cristalliniennes, principalement de celles
du cortex antérieur, plus réfringentes ; l’équateur du cristallin se trouve alors
dans une position plus antérieure que celui de son noyau (figure n° 3). L’aug-
mentation de l’indice de réfraction s’ajoute à l’effet, déjà mentionné, de la
translation antérieure du centre optique du cristallin, due à l’allongement vers
l’avant du diamètre antéro-postérieur de celui-ci. Ces changements internes au
cristallin sont désignés du terme d’accommodation interne. L’accommodation
interne représente le 1/3 environ de l’accommodation totale [9].
La désaccommodation se fait par le relâchement du muscle ciliaire, le recul
de celui-ci sous l’effet de la tension élastique de son attache postérieure (la

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9
membrane élastique), la mise sous tension des fibres zonulaires, l’aplatis-
sement et le recul du cristallin et le glissement vers la périphérie des fibres
cristalliniennes.
Le pouvoir d’accommodation et sa mesure
L’enfant âgé de 1 mois 1/2 à 3 mois accommode déjà. À cet âge, son accom-
modation est assez précise pour le près, mais l’est moins pour le loin ; ce
n’est que progressivement qu’elle deviendra plus précise pour des distances
plus éloignées [2].
Le pouvoir d’accommodation s’exprime en dioptries (l’inverse de la distance
du punctum proximum en m pour un œil emmétrope ou emmétropisé). Il
se mesure par la détermination du punctum proximum d’accommodation
en vision monoculaire et, en cas d’amétropie, avec le port de la correction
optique totale.
La neurophysiologie de l’accommodation
L’effecteur de l’accommodation/désaccommodation est le muscle ciliaire,
un muscle lisse atypique. Ses fibres sont très riches en mitochondries. Les
fibres longitudinales sont phasiques rapides ; les fibres circulaires sont to-
niques lentes. Son innervation est particulièrement dense. Elle est assurée
par le système nerveux autonome. Le muscle ciliaire est innervé d’une part
par le parasympathique provenant du noyau d’Edinger-Westphal (dont les
afférences pour l’accommodation sont encore mal connues), faisant relais
dans le ganglion ciliaire et atteignant le globe oculaire par les nerfs ciliaires
courts. Il reçoit 30 fois plus de fibres que l’iris. D’autre part il est innervé par
le sympathique cervical par des fibres faisant relais dans le ganglion cervical
supérieur [7]. Le parasympathique est responsable de l’accommodation, le
sympathique de la désaccommodation. Celle-ci est un processus actif, sans
quoi elle aurait une inertie qui gênerait le passage d’une fixation rapprochée
à une fixation éloignée.
L’accommodation et la désaccommodation sont des réflexes optico-moteurs
automatiques permanents, passant par les centres effecteurs et de régula-
tion. Ils sont indissociables, dans les conditions normales, de la perception
visuelle.
L’accommodation est rapide ; sa vitesse atteint dès l’enfance 4,6 ∂/s. Elle est
précise et peut être maintenue de façon prolongée. Son temps de latence est
très court, de l’ordre de 0,36 s, indépendamment de l’amplitude requise ; il est
supérieur pour l’accommodation (0,64 s en cas de mouvement isolé) que pour
la désaccommodation (0,56 s), supérieur à celui de la réaction pupillaire (0,26
à 0,30 s), lui-même supérieur à celui des mouvements oculaires (0,12 s) [11].
L’accommodation se fait avec une très grande précision dans les conditions
optimales de luminosité et de contraste. Mais sa précision diminue et le temps
de latence augmente lorsque la luminosité ambiante et le contraste lumineux
diminuent ; à l’extrême, l’ajustement accommodatif devient incertain et peut
nécessiter plus de 10 secondes [9]. On parle alors de presbytie nocturne.
La fixation d’un fond uniforme (Ganzfeld) ou la fixation dans le noir met les
yeux en position de repos accommodatif ; celui-ci ne correspond pas à l’état
de désaccommodation totale (c’est-à-dire de relâchement maximum du corps
ciliaire), mais à un tonus accommodatif intermédiaire de 1 à 1,5 ∂, équivalent
par conséquent à un « foyer à l’obscur » myopique ou myopie nocturne de
-1 à -1,5 ∂ [6 &9] (figure n° 4). L’état de repos accommodatif correspond par
conséquent à un certain état d’équilibre entre le système sympathique et
parasympathique et au tonus accommodatif correspondant3 ; il est probable
que cet état corresponde à un effort minimum, c’est-à-dire à une dépense
énergétique minima.
Il convient de distinguer l’effort accommodatif (l’effort effectué) du gain
accommodatif (l’effet obtenu), même si leurs valeurs sont très proches l’une
de l’autre chez les sujets jeunes [9] ; l’écart augmente avec la presbytie.
L’effort accommodatif nécessaire pour fixer un objet est fonction de la dis-
tance de cet objet et de la valeur de l’amétropie lorsque celle-ci est corrigée
par des verres de lunettes ; la variation est significative en cas d’amétropie
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10
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Fig 4. L’accommodation et la désaccommodation (ordonnée)
en fonction de la luminosité (abscisse).
marquée. En effet le système optique constitué par un œil hypermétrope et
la correction de l’hypermétropie par une lentille placée à distance devant
l’œil constitue une lunette de Galilée ; celle-ci rapproche en apparence l’ob-
jet fixé (c’est l’image de l’objet fixé que l’on voit en réalité à travers le verre
correcteur). De ce fait l’œil hypermétrope devra accommoder un peu plus
que l’œil emmétrope. Inversement la correction de la myopie par un verre
de lunettes constitue une lunette de Galilée inversée qui éloigne l’image de
l’objet fixé. De ce fait l’œil myope devra accommoder un peu moins que l’œil
emmétrope. La différence est négligeable pour les amétropies faibles ou
modérées, surtout en cas d’isométropie. En revanche il faut en tenir compte
en cas d’amétropie forte, surtout si elle est unilatérale, pour la prescription
de l’addition pour le près. Cette différence n’apparaît pas si l’amétropie est
corrigée par des lentilles de contact.
L’effort accommodatif peut être maintenu de façon prolongée aux 2/3 de
sa capacité maxima.
L’hystérèse accommodative
Après le maintien prolongé d’un niveau d’accommodation donné, il persiste
une variation résiduelle correspondante du tonus accommodatif. Chez le
sujet emmétrope, le déplacement du foyer à l’obscur, après une fixation de
8 minutes :
• De loin est de -0,37 ∂, équivalant à une hypermétropisation de la posi-
tion de repos, alors moins « myope » d’autant ;
• De près est de +0,62 ∂, équivalant à une myopisation de la position de
repos, alors plus « myope » d’autant.
Le retour à la position de départ se fait progressivement :
• En 72 minutes, après la fixation au loin ;
• Mais en 10 h 30 seulement après la fixation de près [4] !
Cette persistance résiduelle prolongée du tonus accommodatif, autrement
dit cette hystérèse, rend compte de la forme la plus simple de l’hypermétropie
latente (voir 2e partie).

3. Le tonus d’accommodation ne peut pas être superposé au tonus de vergence ; leurs variations
sont certes parallèles, mais à partir de positions de repos différentes, d’un état intermédiaire
entre désaccommodation et accommodation pour la première et d’une divergence de repos
pour la seconde.

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11
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Fig 5. L'accommodation en fonction de l'âge (courbe de Duane).
Il se vérifie que l’installation d’une goutte de timolol (bêtabloquant) provo-
que une myopisation de -0,85 ∂ ; à l’inverse, celle d’une goutte de tropicamide
(parasympathicolytique) provoque une hypermétropisation de +1,24 [5]. Les
variations interindividuelles du tonus accommodatif relèvent surtout de l’ac-
tion du parasympathique [5].
Des mesures échographiques ont montré que l’amplitude accommoda-
tive est à peine diminuée sous l’effet de la phényléphrine, qu’elle n’est que
partiellement diminuée sous l’effet du tropicamide (Mydriaticum®) ; l’ac-
commodation est en revanche quasi totalement abolie sous cyclopentolate
(Skiacol®).
La presbytie
Le pouvoir d’accommodation diminue progressivement dès de l’adolescence.
Il est de 18,5 ∂ à l’âge de 6 mois, de 14 ∂ à l’âge de 15 ans, de 2 à 3 ∂ à 40 ans,
de 1 à 2 ∂ à 50 ans et de moins de 1 ∂ à 60 ans. Il ne s’annule pas tout à fait
grâce aux mécanismes annexes (binocularité, myosis, déplacement antérieur
du cristallin, voir plus haut). Autrement dit, le punctum proximum s’éloigne
de l’œil selon une progression qui s’accélère quelque peu entre 35 et 50 ans,
ce qu’illustre la classique courbe de Duane [9 & 11] (figure n° 5). À partir du
moment où le punctum proximum se trouve au-delà de la distance normale
de lecture (33 cm), l’œil, tout comme le sujet, est dit presbyte, ce qui signifie
étymologiquement qu’il est « vieux » ! C’est en moyenne à partir de 45 à 47
ans qu’il est nécessaire de porter une addition pour la vision de près pour
un œil emmétrope ou rendu emmétrope par la correction de son amétropie
(tableau n° 1). La presbytie est strictement âge-dépendante.

Addition pour une presbytie :


Il faut en moyenne à… une addition de…
• 45 ans : +1,25 nécessaire selon la profession
• 47 ans : +1,75 souvent la première addition portée
• 50 ans : +2,00
• 53 ans : +2,25 Strictement
• 56 ans : +2,50 dépendante
• 60 ans : +2,75 de l'âge
• 70 ans : +3,00
Tab 1. Addition en fonction de l'âge.
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Addition supplémentaire de +0,25 en cas de : La diminution du pouvoir d’accommodation est
• Vision monoculaire ; due à la perte d’élasticité du cristallin, réduisant
• Myopie moyenne ou élevée (+0,25/+0,50); l’amplitude des variations de sa courbure anté-
• Hypermétropie forte ; rieure et de son indice de réfraction. La perte
d’élasticité affecte le noyau plus rapidement que
• Vision ≤ 0,8 ;
le cortex, mais elle est uniforme vers l’âge de 60
• Professions nécessitant une vision très rap- ans. La diminution de l’indice de réfraction et
prochée. l’homogénéisation optique du cristallin sont dues
Tab 2. Addition supplémentaire. à l’augmentation relative des protéines cristalli-
niennes hydrosolubles avec l’âge.
La presbytie est également due à une incidence moins favorable de la
traction des fibres zonulaires du fait de la croissance du cristallin, ainsi qu’à
l’hyalinisation de ces fibres (dont l’élasticité, de 2 à 4 mm pour une longueur
totale de 10 mm, diminue de 0,1 mm par an). Elle est encore due à la moindre
excursion du muscle ciliaire, résultant d’une augmentation du collagène et
d’une élastose progressive (id. que pour la peau), à une plus grande rigidité de
l’insertion élastique antérieure et un relâchement de l’insertion postérieure,
aboutissant à un tassement du corps ciliaire vers l’avant [1].
La triade ou syncinésie de la vision de près
Au départ il y a la vigilance de tout être vivant : l’apparition d’une forme sur
un fond uniforme et/ou invariable éveille l’attention ; elle déclenche une ré-
ponse automatico-réflexe associant un mouvement de version pour orienter
le regard en direction de la forme et un ajustement de la triade de la vision
de près, accommodation, vergence et myosis, en fonction de la distance de la
forme. L’augmentation du pouvoir dioptrique du cristallin est syncinétique de
la contraction pupillaire et du mouvement de vergence en vision de près.
L’accommodation/désaccommodation est déclenchée par le flou des images
rétiniennes et par d’autres stimuli sensoriels, dont les aberrations sphériques
et chromatiques, ainsi que par la sensation de proximité. Mais elle l’est aussi
à partir de la disparité des images rétiniennes par le canal de la vergence
fusionnelle.
À l’inverse, le mouvement de vergence fusionnelle est provoqué par la dis-
parité des images rétiniennes ; mais il l’est aussi à partir du flou des images
rétiniennes par le canal de l’accommodation (la vergence accommodative) et
la sensation de proximité (la vergence de proximité).
Il existe donc deux systèmes en boucle fermée séparés, mais syncinétiques,
entre l’accommodation et les vergences d’ajustement (accommodative, fu-
sionnelle, de proximité), comme Semmlow et Venkiteswaran l’ont montré [2
& 14]. Accommodation et convergence sont proportionnelles, selon la ligne
de Donders ; ce lien comporte cependant une certaine flexibilité : un certain
ajustement de la convergence reste possible pour une accommodation donnée
et réciproquement de l’accommodation pour une convergence donnée (figure
n° 6). Il est ainsi possible de calculer un rapport entre l’accommodation et la
convergence en fonction de la distance de fixation.
La convergence accommodative, c’est-à-dire
la convergence provoquée par l’accommodation,
����������������� se définit par le rapport CA/A4 (C étant mesuré
en dioptries prismatiques, A en dioptries d’accom-
modation).
Convergence Accommodative
Accommodation

�����������
�����������������
4. AC/A est l’abréviation anglaise de « accommodative con-
Fig 6. Ligne de Donders. vergence/accommodation ».

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13
L’accommodation convergentielle, c’est-à-dire celle provoquée par la con-
vergence, se définit par le rapport AC/C.
Accommodation Convergentielle
Convergence

La mesure du rapport CA/A peut s’effectuer par [9 & 15] :


• La méthode de l’hétérophorie (mesure de la différence d’hétérophorie
selon la distance de fixation) ; le rapport est donné par la formule CA/A
= DP +∆P -∆L /D.
(DP = distance inter-pupillaire ; D = distance de fixation de près expri-
mée en dpt ; ∆ = hétérophorie mesurée).
• Ou par la méthode du gradient (mesure de la différence d’hétérophorie
selon la puissance de la lentille placée devant les yeux) ; le rapport est
donné par la formule CA/A = ∆L -∆P/D.
(D = puissance de la lentille L ; ∆ = hétérophorie mesurée).
Le rapport CA/A est acquis tôt dans la vie ; sa valeur normale est de 3 à 5 ;
un rapport CA/A supérieur à 5 est trop élevé ; un rapport CA/A inférieur à 3
est trop faible. Il varie en fait largement d’un sujet à l’autre. Il est susceptible
de s’adapter ; il le fait normalement au moment où apparaît la presbytie. Pour
toutes ces raisons, sa mesure n’a qu’un intérêt clinique limité ; ses anomalies
s’évaluent en fait par la mesure de l’incomitance loin-près (voir 2e partie).
Peut-on agir :
• Sur l’accommodation ? Non, car l’accommodation est strictement
dépendante de l’âge du sujet [1] ; retarder le port de l’addition pour le
près n’y change rien !
• Sur la convergence par le biais de l’accommodation ? Oui, on agit sur la
convergence accommodative en faisant porter la correction de l’amé-
tropie (hypermétropie ou myopie), et, si besoin est, une sur ou une
sous-correction (ou par les myotiques anticholinestérasiques, cités pour
mémoire).
• La vergence tonique ? Non ; exercer la convergence accommodative qui
est une vergence d’ajustement, autrement dit, essayer d’augmenter par
des exercices le rapport CA/A pour compenser l’insuffisance de vergen-
ce tonique, en cas de strabisme divergent concomitant p. ex., n’est pas
logique ; souvent le résultat n’est pas suffisant ou n’est pas durable ; s’il
l’est, le rapport CA/A augmenté peut devenir à son tour source de gêne.

Les spasmes d’accommodation


L’hypermétropie d’un sujet que nous déterminons de façon objective par la
skiascopie ou la réfractométrie sous cycloplégie ou de façon subjective par la
recherche de la lentille convexe la plus puissante qui permet l’acuité visuelle

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Fig 7. L’hypermétropie.
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maximale de loin, est désignée du terme d’hypermétropie manifeste (somme
de ce qu’il est convenu d’appeler hypermétropie obligatoire - celle qu’il est
nécessaire de corriger pour que le sujet atteigne l’acuité visuelle maximale de
loin - et hypermétropie facultative - allant de la limite supérieure de l’hyper-
métropie obligatoire à l’hypermétropie manifeste). Il n’est cependant jamais
certain que l’hypermétropie manifeste que nous parvenons à saisir ainsi
corresponde à l’hypermétropie totale, même sous cycloplégie. Un spasme de
l’accommodation peut masquer partiellement l’hypermétropie ; en d’autres
termes, il peut rester une hypermétropie latente non diagnostiquée (figure
n° 7) [12].
Le spasme d’accommodation est un phénomène fréquent chez les sujets
jeunes et jusqu’au-delà de la cinquantaine, même chez les sujets phoriques.
Son effet myopisant peut se manifester de façon très différente. Aussi faut-il
constamment penser à le rechercher.
Il faut cependant différencier le spasme d’accommodation proprement dit
du dérèglement de la convergence accommodative en cas d’amétropie non
corrigée, dérèglement qui provoque une ésophorie chez l’hypermétrope, une
exophorie chez le myope, ou un dérèglement inverse au moment où l’on fait
porter la correction, lorsque le rapport CA/A est normal. Il faut également le
différencier de la convergence accommodative qu’un sujet peut utiliser pour
suppléer une insuffisance de la vergence tonique et rendre latente son exo-
tropie (le besoin de binocularité l’emportant sur le besoin de vision nette) ; du
fait de l’accommodation vergentielle, l’acuité visuelle binoculaire de loin de
ce sujet sera inférieure à son acuité visuelle monoculaire. Ces dérèglements
cependant peuvent être à l’origine des mêmes troubles fonctionnels que le
spasme d’accommodation proprement dit.
Nous avons vu dans la 1re partie que le tonus accommodatif de repos varie
selon l’activité accommodative que vient d’avoir le sujet en raison du phéno-
mène d’hystérèse, dont l’origine est innervationnelle, dépendante du système
autonome sympathique/parasympathique. Ces variations, non pathologiques,
du tonus accommodatif de repos sont normalement asymptomatiques. Le
spasme d’accommodation se surajoute à l’hystérèse ; il peut être plus ou moins
passager ou durable, voire permanent et d’intensité variable. Plus rarement,
c’est l’hystérèse elle-même qui est exagérée. Le spasme d’accommodation
est à l’origine de troubles visuels, de céphalées péri-orbitaires et frontales et
d’irritations oculaires. Le tableau clinique varie avec l’âge.
Les spasmes de l’accommodation de l’enfant phorique
(non strabique)
Le travail scolaire sollicite l’accommodation de l’enfant probablement au-delà
de ce que le programme du développement physiologique normal a prévu et
peut conduire à la pseudo-myopie scolaire. Celle-ci apparaît le plus souvent à
l’âge de l’école primaire, entre 6 et 8 ans. L’enfant se plaint de ne pas voir au
tableau. Lorsque nous l’examinons, l’acuité visuelle sans correction de chacun
de ses yeux ne dépasse pas 0,4 ou 0,5. Si nous plaçons une lentille de +0,50 ∂
devant l’œil examiné, l’enfant voit moins encore ; avec des lentilles négatives,
sa vision s’améliore, mais ne dépasse guère 0,8 ou 0,9, même en augmentant
la correction au-delà de -1,0 ∂ (qui devrait largement suffire compte tenu de
l’acuité sans correction). La skiascopie obligatoirement sous cycloplégie révèle
en fait une légère hypermétropie de l’ordre de +0,50 à +1,0 ∂ ; l’essai subjectif
de lecture de loin sous cycloplégie le confirme. Cette hypermétropie légère,
lorsqu’elle n’est pas corrigée, exige de l’enfant un effort accommodatif accru
et provoque un spasme d’accommodation qui se traduit par la pseudo-myopie.
Le traitement consiste par conséquent à prescrire la correction optique totale
pour le travail scolaire ; l’enfant la portera pendant 2 à 3 ans, puis pourra le
plus souvent s’en passer. L’erreur consisterait à prescrire des verres négatifs,
ce qui ne ferait qu’aggraver la situation.

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Les spasmes de l’accommodation de l’adolescent et de
l’adulte phorique
La persistance d’un excès de tonus accommodatif après un effort prolongé en
vision de près, de lecture, de travail à l’ordinateur, etc. s’observe bien au-delà
de l’enfance. Elle se traduit par des spasmes d’accommodation passagers.
Ainsi, il n’est pas rare de constater que certains sujets sont, en apparence,
moins hypermétropes le soir après le travail que le matin, du fait d’un spasme
d’accommodation rémanent, majorant l’hystérèse. Ce phénomène s’observe
même en cas d’emmétropie ou d’amétropie totalement corrigée ; mais il est
plus fréquent lorsque la correction d’une hypermétropie, même légère, (ou
d’un astigmatisme hypermétropique) est incomplète ou n’est pas portée. Il
suffit en général, pour que le spasme se relâche, de faire lire les optotypes à
5 m en débutant par les caractères les plus grands. Si un doute persiste, on
essayera de lever le spasme par la méthode du brouillard, ou au besoin par
un examen sous cycloplégie.
Il est également fréquent de découvrir un spasme d’accommodation chez
le sujet presbyte débutant. En recherchant l’hypermétropie totale, base de
l’addition pour le près, on s’aperçoit que l’on peut augmenter la puissance du
verre convexe au-delà de la limite indiquée de prime abord par le sujet et que
la véritable limite se trouve en réalité une demie ou une dioptrie au-delà. La
lecture en salle d’attente suffit à provoquer ce spasme par le jeu de l’hystérèse
accommodative, et cela d’autant plus que le sujet est plus hypermétrope ; il
accommode plus que l’emmétrope pour des raisons optiques : sans correc-
tion, il rapproche les objets en raison de la réduction de la taille de l’image
rétinienne ; avec correction par lunettes, les objets sont optiquement plus
proches en raison de l’effet de lunette de Galilée (voir 1re partie).
Plus l’hypermétropie est importante, plus il faut être attentif et se méfier
de fluctuations ou d’un spasme de l’accommodation survenant au cours des
essais de réfraction subjective, même chez des sujets déjà presbytes.
Ces spasmes d’accommodation que l’on peut qualifier d’ordinaires sont
source d’inconfort visuel. Les sujets sont nettement améliorés par la cor-
rection optique totale, immédiatement ou éventuellement après une courte
période d’adaptation.
L’inertie accommodative, également appelée viscosité accommodative,
désigne une lenteur anormale de l’accommodation et de la désaccommodation
en dépit de conditions suffisantes de luminosité et de contraste. Elle constitue
une gêne visuelle majeure. La correction totale est ici indispensable, même si
elle n’est pas toujours suffisante ; des verres progressifs sont souvent néces-
saires (avec l’addition minima nécessaire chez le sujet non presbyte).
Le sujet qui, jusqu’à un âge avancé, n’aura pas porté la correction totale
de son hypermétropie et aura compensé l’hypermétropie facultative par
un effort accommodatif accru permanent, pourra en fin de compte être
incapable de relâcher cette accommodation compensatrice. Cette situation
aura été parfaitement supportable jusqu’au jour où, bien avant l’âge de la
presbytie, le pouvoir d’accommodation du sujet sera devenu insuffisant pour
compenser l’hypermétropie facultative et en outre accommoder pour le près ;
dès lors, malgré le port de la correction optique apparemment totale de son
hypermétropie moyenne ou forte, il aura besoin d’une addition pour le près !
La skiascopie montrera qu’en réalité son hypermétropie est supérieure à la
correction portée ; celle-ci n’était donc pas la correction totale. La logique vou-
drait que l’on prescrive celle-ci ; mais, bien qu’elle lui convienne pour la vision
de près, il ne la supporte pas en vision de loin ! Faut-il cependant la prescrire,
en l’aidant d’un cycloplégique ? Il se peut que cela suffise à faire lâcher petit
à petit le spasme d’accommodation ; mais, le plus souvent, le patient sera
gêné de près par la cycloplégie ou retrouvera sa gêne de loin dès que l’effet
de celle-ci sera dissipé. La seule solution est de prescrire la correction maxima
acceptée de loin et l’addition minima nécessaire pour le près. En effet un tel
sujet est devenu incapable de relâcher son accommodation en vision de loin
et est devenu incapable de suraccommoder suffisamment en vision de près.

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Fig 8. Cas de figure d’ésotropie depuis le strabisme accommodatif réfractif jusqu’à l’ésotropie sans excès de
convergence (en encadré : les cas les plus fréquents sont les ésotropies avec excès de convergence).
Son accommodation/désaccommodation est comme figée. Je propose de
désigner ce tableau clinique du terme de « rigidité accommodative » ; elle
représente la situation extrême du spasme d’accommodation.
Le spasme d’accommodation peut être pharmacogénique : il est majeur sous
pilocarpine qui provoque une myopisation de plusieurs dioptries chez l’adulte
jeune ; l’instillation de timolol provoque une myopisation de 0,85 ∂ [5].
Les spasmes de l’accommodation des sujets strabiques
Selon la théorie de Donders, l’hypermétropie ne constitue pas la cause des
ésotropies, mais un facteur déclenchant possible. L’hypermétropie facultative
peut en effet être compensée par un surcroît d’accommodation sans rompre
l’équilibre binoculaire ; dans d’autres cas cependant, cette compensation
provoque la rupture de cet équilibre ; Donders parle alors d’hypermétropie
relative [8]. S’il en est ainsi, le spasme d’accommodation et l’excès de conver-
gence se majorent réciproquement. Tous les cas de figure d’ésotropie peuvent
s’observer depuis le strabisme accommodatif réfractif jusqu’au strabisme sans
excès de convergence (figure n° 8).
Le strabisme accommodatif (sur la base d’une vision
binoculaire normale ou anormale)
Le strabisme accommodatif réfractif ou pur (anciennement dit typique) est
un dérèglement isolé du rapport CA/A, resté normal, par une hypermétropie
non corrigée ; il ne comporte pas d’excès de convergence. Le port de la cor-
rection totale rétablit l’alignement des axes visuels pour toutes les distances
de fixation. Une hypermétropie latente peut cependant rester masquée ; elle
ne se révélera qu’au cours des skiascopies ou réfractométries répétées sous
cycloplégie. Le spasme d’accommodation qui en résulte explique certainement
la réapparition fréquente de la déviation en dépit de la correction portée ;
celle-ci devra impérativement être réajustée au fur et à mesure, pour toujours
corriger toute l’hypermétropie manifeste. Cette forme de strabisme peut
apparaître très tôt dans la vie ; c’est pourquoi il faut déjà y penser lorsqu’un
nourrisson présente une ésotropie intermittente.
En cas de strabisme accommodatif par excès de convergence (ancienne-
ment dit atypique), vrai ou dû à une hypo-accommodation, le rapport CA/A
est augmenté. L’excès de convergence est isolé en cas d’orthophorie ou de
légère éso ou exophorie en vision de loin et d’ésotropie en vision de près. Le
strabisme accommodatif est dit mixte lorsqu’il comporte une part réfractive,
corrigée par la correction optique totale, et une part d’excès de convergence
par un rapport CA/A augmenté. L’excès de convergence ne peut être éliminé
qu’en réduisant la demande accommodative par une addition pour le près. La
part réfractive de base est le plus souvent une ésotropie, intermittente ou non,
en cas d’hypermétropie, plus rarement une exotropie intermittente en cas de

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Fig 9. Les éléments composant l’angle strabique à un instant donné.
myopie (exotropie intermittente avec excès de convergence, anciennement
dit par excès vrai de divergence). Le diagnostic d’excès de convergence se
vérifie dans la plupart des cas ; mais il faut toujours se demander, si celui-ci
n’est pas dû, en partie ou en totalité, à un spasme d’accommodation lié à
une hypermétropie latente.
Les ésotropies concomitantes précoces et tardives
Le spasme d’accommodation joue un rôle essentiel dans les ésotropies
concomitantes à cause de son lien avec l’excès de convergence : le spasme
d’accommodation entretient l’excès de convergence et inversement, l’excès
de convergence entretient le spasme d’accommodation (voir 1re partie).
La déviation de l’œil strabique varie à chaque instant selon la distance
de fixation, la direction du regard et/ou le degré d’attention du sujet. Les
facteurs de variation sont de trois ordres : les mouvements compensatoires
de Bielschowsky qui tendent à diminuer la déviation (1) - ils y parviennent
totalement lorsque le strabisme est intermittent, mais sont négligeables en
cas d’ésotropie précoce - et les mouvements qui augmentent la déviation,
les uns indépendants de l’accommodation (2), les autres liés à l’accommo-
dation (3) (figure n° 9). Ces derniers constituent « l’élément accommodatif »
du strabisme, variable d’un sujet strabique à l’autre. Lorsque l’élément
accommodatif est marqué, on parle aussi bien de strabisme partiellement
accommodatif que de strabisme à composante accommodative ; les deux
termes sont synonymes.
L’élément accommodatif n’est pas surajouté au dérèglement moteur, mais
en fait indissociablement partie. Il est majoré en cas d’hypermétropie ; la part
réfractive de la déviation est plus ou moins proportionnelle à celle-ci. L’hyper-
métropie latente est ici particulièrement tenace et difficile à révéler du fait
de son lien avec l’excès de convergence ; cela ne fait qu’ajouter à la nécessité
de la rechercher impérativement par des skiascopies ou des réfractométries
répétées sous cycloplégie. En effet, le seul moyen dont nous disposons pour
sortir du cercle vicieux accommodation-convergence est de faire porter la
correction optique totale. Celle-ci va réduire l’excès de convergence, qui, à
son tour, va réduire le spasme d’accommodation ; cela permettra d’augmen-
ter la correction portée, qui, à nouveau, réduira l’excès de convergence, etc..
La correction optique est donc un temps essentiel du traitement médical
préopératoire des ésotropies. Elle l’est tout autant au cours du suivi posto-
pératoire, surtout en cas d’ésotropie résiduelle, même s’il ne persiste qu’une
micro-ésotropie.
Cet exposé, loin d’être exhaustif, veut uniquement rappeler quelques notions
fondamentales et indispensables en strabologie, dans la première partie, sur

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les mécanismes de l’accommodation, sa stricte dépendance de l’âge, sa varia-
bilité selon les conditions visuelles, l’hystérèse accommodative et sur la triade
de la vision de près et, dans la seconde, sur les spasmes d’accommodation.
RÉFÉRENCES
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and age. Invest Ophthalmol Vis Sci 1995, 36 : 406-413.
2. Currie DC, Manny RE. The development of accommodation. Vis Res 1997, 37 :
1525-1533.
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myopes. Invest Ophthalmol Vis Sci 1998, 38 : 2140-2147.
4. Ebenholtz SM, Zander PAL - Accommodative hysteresis : influence on closed
loop measures of far point and near point. Invest Ophthalmol Vis Sci 1987, 28 :
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zum « Schober-Kurs ». 2e édit. Bücherei des Augenarztes, Band 136, Enke Verl.,
1999, 190 p.
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Mosby Cie, St Louis, 1 987.
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of strabismus, 4e édit The CV Mosby Cie, St Louis, 1 990.
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(Accomodazione, chap. 7, p. 91-106).
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15. Spielmann A. Les strabismes : de l’analyse clinique à la synthèse thérapeutique,
2e édit Masson, Paris, 1 991.

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OCT du segment antérieur et mécanismes


de l’accommodation chez l’homme

Georges Baïkoff

Introduction
En 1855, von Helmholtz [1] a décrit la physiologie de l’accommodation en
mettant en avant le rôle de la contraction du corps ciliaire entraînant un
relâchement zonulaire, lui-même responsable du changement de courbure
des rayons cristalliniens. Des techniques modernes d’exploration telles que
les ultrasons en échographie A [Beauchamps 2] l’échographie B [Kano 3,
Ludwig 4], les photographies de Scheimpflug [Koretz 5, 6, 7], les ultrasons,
et les explorations radiologiques telles que l’IRM [Strenck 8], et les études
sur le primate [Glasser 9] ont permis de confirmer les hypothèses émises plus
d’un siècle auparavant. En 1990 les théories émises par R. Schachar [10, 11]
ont tenté de mettre le doute sur la validité de ce qui semblait définitivement
acquis.
La tomographie à cohérence optique, maintenant bien connue pour l’ex-
ploration du segment postérieur, a été modifiée pour l’imagerie du segment
antérieur. L’AC-OCT est capable de donner une coupe optique de l’axe antéro-
postérieur au même titre que les photographies de Scheimpflug, les ultrasons
à ultra-haute fréquence et les techniques radiologiques (tomodensitométrie,
résonance magnétique nucléaire).
Ayant à notre disposition un prototype d’AC-OCT (Carl Zeiss Meditec) nous
avons étudié les applications possibles de cette technologie à l’étude dynami-
que du segment antérieur de l’œil humain au cours de l’accommodation.

Matériel et méthode
L’AC-OCT
Le tomographe à cohérence optique de chambre antérieure (AC-OCT) est
un procédé d’exploration voisin de celui utilisé en routine pour le segment
postérieur. (OCT 3, Carl Zeiss Méditec). Les logiciels d’acquisition de l’image
ont été modifiés, la longueur d’onde d’infrarouge est différente (1 310 nm).
Comparée aux ultrasons, cette technologie a l’avantage d’être non-contact ;
la stimulation de l’accommodation est faite avec une cible optique fixée par
l’œil examiné, dont la mise au point ou la défocalisation est assurée par des
lentilles positives ou négatives. L’examinateur est à même de provoquer un
stimulus accommodatif totalement physiologique en déplaçant optiquement
le point de fixation. Par ailleurs, il existe dans le logiciel des procédés de
mesures (distance, rayon de courbure, angle). Il n’y a donc pas d’artefacts
engendrés par l’utilisation de myotique ou de mydriatique Il est possible de
prendre des clichés à différentes étapes de l’accommodation et de réaliser
ainsi par superposition d’images ou par animation, une étude dynamique de
l’accommodation. En résumé, il s’agit d’un procédé très simple à mettre en
œuvre, sans contact avec l’œil, ne nécessitant pas de formation particulière

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Fig 1. Enfant de 10 ans, segment antérieur au repos.

Fig 2. Même enfant de 10 ans, modifications anatomiques du segment antérieur après


une simulation au cours d’une accommodation avec un stimulus optique de -10 ∂.
du technicien effectuant la manipulation. Les images obtenues visualisent
tout le diamètre du segment antérieur sur un seul cliché.
Population étudiée
104 yeux normaux chez des patients âgés de 7 à 82 ans ont été étudiés.
N’ont été retenus que les yeux dont la réfraction était comprise entre + 5 ∂
et -5 ∂. Les résultats de cette étude sont en cours de publication, et nous n’en
présenterons ici qu’un résumé [Baïkoff 12].

Étude de l’accommodation
Les infrarouges utilisés dans l’AC-OCT sont bloqués par les pigments, si bien
que chez le sujet normal, seul l’exploration de la chambre antérieure est possi-
ble. Nous avons eu la chance d’observer avec cette technique un sujet albinos.
L’absence de pigment irien a permis de visualiser la chambre postérieure et
d’observer ses modifications au cours de l’accommodation.
Modifications de la chambre antérieure au cours de
l’accommodation
Les modifications du segment antérieur d’un enfant de 10 ans au cours d’une
accommodation de 10 ∂ sont illustrées sur les figures n° 1 et 2. On constate
le myosis syncinétique, l’augmentation de la cambrure cristallinienne et le
déplacement du pôle antérieur du cristallin vers l’avant. Notre étude a permis
d’établir la courbe de déplacement vers l’avant du pôle antérieur du cristallin
durant l’accommodation (figure n° 3). 10 ∂ d’accommodation s’accompagnent
d’un mouvement d’environ 300 µm.
Les possibilités de déplacement du pôle antérieur du cristallin vers l’avant
diminuent avec l’âge, ceci traduit la perte de souplesse du cristallin liée à

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Fig 3b. Déplacement maximum du pôle antérieur


Fig 3a. Déplacement du pôle antérieur du cristallin du cristallin lors de l’accommodation en fonction de
en fonction de l’accommodation. l’âge.

Fig 4. Œil d’un sujet de 55 ans non accommodant.

Fig 5. Œil du même sujet de 55 ans accommodant.

Fig 6. Surface antérieure du cristallin et son rayon de courbure


à l’état de repos (14,3 mm).
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Fig 6. Surface antérieure du cristallin et son rayon de courbure


à l’état de repos (14,3 mm).

Fig 7. Même œil à l’état accommodé (10 ∂). Rayon de courbure 9 mm.
la presbytie. Chez un sujet de 55 ans stimulé optiquement, on ne retrouve
pratiquement pas de modifications du cristallin (figures n° 4 & 5).
Modifications observées au niveau de la face antérieure
du cristallin du corps ciliaire en arrière de l’iris
Comme il a été précisé précédemment, nous avons pu étudier l’accommoda-
tion naturelle chez un sujet albinos de 19 ans et visualiser ainsi les modifica-
tions se produisant dans la chambre postérieure.
Les marqueurs du logiciel ont permis de placer un cercle tangent à la surface
antérieure de la cristalloïde antérieure à l’état de repos et à l’état accommodé

Fig 10. L’épaisseur du cristallin augmente de façon linéaire


avec l’accommodation entre 0 ∂ et 10 ∂.
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Fig 8 & 9. Marques au niveau de l’éperon scléral et du cristallin qui témoignent du dé-
placement des pôles antérieur et postérieur du cristallin pendant l’accommodation.
(figures n° 6 & 7). Sur les deux photographies, la face antérieure du cristallin
était proche d’un arc de cercle parfait. Dans ce cas, le rayon de courbure an-
térieur du cristallin après une stimulation optique de 10 ∂ passe de 14,3 mm
à 9,1 mm. Sur ces images, il n’y a aucun aplatissement périphérique visible de
la face antérieur du cristallin contrairement à ce qui est décrit dans la théorie
par Schachar. Au cours de l’accommodation, le cristallin augmente d’épaisseur
(figures n° 8 & 9) Deux marques fixes ont été placées sur ces images, l’une au
niveau de l’éperon scléral, l’autre (flèche) précisant l’épaisseur cristallinienne
à l’état de repos. On constate dans ce cas, un déplacement net vers l’avant
du pôle antérieur du cristallin associé à un léger déplacement vers l’arrière
de son pôle postérieur. Les variations d’épaisseur cristallinienne au cours de
l’accommodation ont été transcrites sur le diagramme de la figure 10.
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Fig 11. Gros plan sur le bloc irido-ciliaire état non-accommodant.

Fig 12. Gros plan sur le corps ciliaire à l’état accommodant. Il y a peu de modifications
de l’angle iridocornéen, alors que l’on observe une avancée nette du sulcus et des
procès ciliaires vers le centre de l’œil.
En centrant et en magnifiant les clichés sur la zone du corps ciliaire, il est
possible de mettre en évidence le déplacement interne des procès ciliaires
au cours de l’accommodation en syncinésie avec le myosis. (figures n° 11 &
12). Ces clichés mettent en avant une notion peu ou mal connue qui est le
déplacement interne du sillon irido-ciliaire (ou sulcus) au cours de l’accom-
modation. Dans ce cas, pour 10 ∂ d’accommodation, le diamètre de l’anneau
ciliaire diminue d’environ 1 mm.
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Conclusion
Cette étude confirme la validité de la théorie de von Helmholtz décrite en
1 855 avec des moyens rudimentaires : myosis, déplacement vers l’avant du
pôle antérieur du cristallin, diminution du rayon de courbure cristallinien,
contraction du muscle ciliaire. Cette contraction du muscle ciliaire réduit
la pression exercée sur la zonule et, par là même, la tension exercée sur
l’équateur cristallinien se relâche pour entraîner le bombement du cristallin
et son changement de puissance optique. Le déplacement vers l’avant du
pôle antérieur du cristallin est confirmé, s’y associe vraisemblablement un
déplacement plus modeste du pôle postérieur vers l’arrière.
Cette étude n’a pas retrouvé d’éléments en faveur de la théorie de Schachar.
Il n’a été observé ni augmentation du diamètre cristallinien, ni aplatissement
périphérique de la face antérieure du cristallin. Alors que selon la théorie de
Schachar l’épaisseur cristallinienne devrait rester stable, celle-ci augmente au
cours de l’accommodation. De même, cette étude ne permet pas d’apporter
d’éléments éclairant la théorie de Coleman [13] qui voudrait ajouter à la théorie
de von Helmholtz, un effet hydraulique du vitré. En effet, la stabilité du pôle
postérieur du cristallin ou son déplacement vers l’arrière sont peu compatibles
avec une pression du vitré déplaçant le volume cristallinien vers l’avant.
RÉFÉRENCES
1. von Helmholtz H. Uber die akkommodation des auges. Albrecht von Graefes
Arch Klein Exp Ophthalmol 1 855 ; 1, 2 : 1-89
2. Beauchamp R, Mitchell B. Ultrasound measures of vitreous chamber depth during
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3. Kano K, Kuwayama Y, Mizoue S, Hashitani T, Sasamoto Y, Horimoto K, Okamoto
H. Observation of physiological change in the human ciliary body using an ultra-
sound biomicroscope during accommodation. Nippon Ganka Gakkai Zashi 1 990 ;
103 : 297-300
4. Ludwig K, Wegscheider E, Hoops J, Kampik A. In vivo imaging of the zonular
apparatus with high resolution ultrasound biomicroscopy. AV Graefes Arch Clin
Ophthalmol, 1 999 ; 237 : 361-71
5. Koretz JF, Cook CA, Kaufmann PL. Accommodation and presbyopia in the human
eye. Changes in the anterior segment and crystalline lens with focus. Invest
Ophthalmol Vis Sci, 1 997 ; 38 : 569-78
6. Koretz JF, Handelman GH, Brown N. Analysis of human crystalline lens curvature
as a function of accommodative state and age. Vision Res 1 984 ; 24 : 1 141-51
7. Koretz J, Cook Ca, Kaufman PL. Ageing of the human lens : changes in lens shape
upon accommodation and with accommodative loss. J Opt Soc Am 2 002 ; 19 :
144-51
8. Strenck S, et al. Age-Related Changes in Human Ciliary Muscle and Lens : A
magnetic Resonance Imaging Study. Invest Ophthalmol Vis Sci, May 1999, 40 :
1162-1169
9. Glasser A, Kaufman PL. The mechanism of accommodation in primates. Ophthal-
mology 1 999 ; 106 : 863-72
10. Schachar RA. Is Helmhotz theory of accommodation correct ? Ann Ophthalmol
1 999 ; 31 : 10-17
11. Schachar RA. Cause and treatment of presbyopia with a method of increasing
amplitude of accommodation. Ann Ophthalmol, 1 992 ; 24 : 445-52
12. Baïkoff G, Lutun E, Wei J, Ferraz C. Analyse du segment antérieur de l’œil avec un
tomographe à cohérence optique. Étude statique et dynamique (sous presse).
13. Coleman DJ. On the hydraulic suspension theory of accommodation. Trans Am
Soc Ophthalmol 1 986 ; 84 : 846-68

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Optique de l’accommodation

Charles Rémy

Introduction
Un des problèmes de l’optique physiologique est le maintien de la focalisation
rétinienne de l’image lorsque la position de l’objet fixé varie.
Cette mise au point de l’image lorsque l’objet se déplace sur un axe antéro-
postérieur fait appel à la notion de profondeur de champ.
La profondeur de champ est l’amplitude antéro-postérieure de vision nette
entre un punctum proximum (PP) et un punctum remotum (PR) ; elle fait
partie des qualités d’un système optique (figure n° 1).
Plusieurs mécanismes augmentent l’amplitude de cette profondeur de
champ : les uns sont passifs et ne font pas appel à une modification de la
puissance optique du système, c’est la pseudo-accommodation, les autres
sont actifs et en modifient la puissance, c’est l’accommodation.
Parmi les mécanismes passifs responsables de cette pseudo-accommo-
dation, nous étudierons :
• Le déplacement longitudinal de l’image liée à l’épaisseur de la rétine ;
• Le déplacement transversal lié au grain rétinien ;
• Ainsi que les facteurs de variation de la position du punctum proxi-
mum.
Les mécanismes actifs représentent l’accommodation vraie et sont liés
chez l’homme à des variations de la puissance du cristallin.

La pseudo-accommodation
Le déplacement transversal de l’image
Il est lié au grain, c’est-à-dire au pouvoir de définition de la plaque sensible,
pellicule photographique ou rétine (figure n° 2).
Si a’ correspond à la taille d’un photorécepteur rétinien, il faut, pour que
l’image soit nette, que la tache de diffusion reste inférieure au grain, soit

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Fig 1. Optique de l’accommodation.


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Fig 2. Le déplacement transversal de l’image.
cinq microns chez l'homme. Le calcul montre que la profondeur de champ
p va dépendre de plusieurs paramètres :
p = (2*a’*D2)/(Φ*f)
Avec :
• a’ = diamètre d’un cône rétinien ;
• D = distance de visée ;
• Φ = diamètre de la pupille ;
• f = distance focale image de l’œil.
La tolérance de netteté est une tache de diffusion sur la rétine qui doit
être inférieure au grain.
La discussion de la formule conclut à une augmentation de la profondeur
de champ avec la distance de visée, une diminution du diaphragme pupillaire
(2 mm représenteraient un optimum) réalisant au mieux les fameuses condi-
tions de Gauss de la visée sténopéïque ; la profondeur de champ serait plus
grande chez l’hypermétrope.
Le gain d’accommodation pour une distance de visée d’un mètre, un myosis
de 2 mm, chez un sujet emmétrope, serait de 0,37 dioptrie.
Le déplacement longitudinal de l’image
Il obéit à la loi de Newton qui énonce que le produit des distances focales
égale celui des distances image par objet, soit : f*f’ = x*x’ (figure n° 3).
Une application immédiate est donnée par la distance de lecture de cinq
mètres assimilée à une vision à l’infini.
Voici pourquoi : lorsqu’un sujet regarde à 5 m, la distance objet est de l’or-
dre de 5 m (il faudrait ôter la distance focale objet de 20 mm) et le produit
des distances focales de l’ordre de 20 mm au carré soit 400.10 -6. Dans ces
conditions la distance image au foyer image en est le quotient, soit 80.10 -6
mètre, ou encore 80 microns.
Cette distance de 80 microns correspond à l’épaisseur de l’article externe
des cônes fovéolaires, et on considérera que, dans ces conditions, le sujet
n’accommode pas tant que l’image se forme dans l’épaisseur de sa rétine
c’est-à-dire depuis une distance de vision entre le lointain et cinq mètres.

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Fig 3. Le déplacement longitudinal de l’image.
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Fig 4. Distance verre/œil et modification du punctum proximum chez le myope
selon le mode de correction.
La variation de pseudo-accommodation serait dans ces conditions de 0,20
dioptrie.
Au total, cumulée à la précédente, nous arrivons à une pseudo-accommo-
dation d’une demie dioptrie, ce qui n’est pas négligeable.
Les variations de position du punctum proximum
Elles sont liées au mode de correction optique induit par la distance verre/
œil.
D’après la figure n° 4, l’amplitude d’accommodation d’un œil myope non
corrigé se fait entre son punctum proximum et son remtoum, tous deux à
une distance finie.
Après correction, le remotum est toujours repoussé à l’infini et il coïncide
avec le foyer image de la lentille.
La position du proximum varie selon le type de correction : avec une correc-
tion de contact supprimant la distance verre œil, il est en A2, après correction
aérienne il se rapproche en A1.
La distance A1A2 se calcule :
A1A2 = (2*A*d)/RA
Où A est l’amétropie, d la distance verre œil, et RA la réserve accommo-
dative.
La réserve accommodative est égale à (1/PP -A), 1/PP étant la proximité du
proximum (inverse de sa distance métrique).
La puissance réelle du verre s’écrit : A/(1 -A*d).
La position du punctum proximum varie en fonction de l’éloignement de
la correction : une application immédiate est l’éloignement de la correction
optique de loin, positive ou négative, que réalisent spontanément les amé-
tropes forts pour lire de près sans addition.
La figure n° 5 montre la position de l’image sur la rétine d’un objet à l’infini
chez un aphaque équipé d’une correction aérienne de + 10 ∂.
La figure n° 6 montre que si le verre correcteur s’éloigne de l’œil, l’image
se décale en avant de la rétine « myopisant » l’ensemble verre/œil ; dans ce
cas, il est nécessaire de rapprocher l’objet pour que celui forme son image
sur la rétine.
L’efficacité est très forte puisque dans une aphaquie non implantée, le
punctum proximum (qui est également un punctum remotum) peut s’avancer
à 15 cm de l’œil pour un éloignement de 2 cm d’un verre correcteur de 10
dioptries.
Le foyer F’2 glisse en avant en F’’2, et la distance de vision D, après simpli-
fication, est telle que :
D = 1/(PL*PK*δd)

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Fig 5. Variation du punctum proximum en fonction de l’éloignement
de la correction objet à l’infini.

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Fig 6. Variation du punctum proximum en fonction de l’éloignement
de la correction objet rapproché.
Avec PL puissance de la lentille et PK puissance de la cornée, δd est la va-
riation d’éloignement.
Ainsi l’image se rapproche si le verre correcteur s’éloigne.
Rappelons qu’en matière de distance verre œil, il faut bien distinguer :
• La modification de la puissance apparente d’un verre de puissance P
lors d’un éloignement δd :
P = -P2*δd (différentielle de d = 1/P) ;
• De la modification de l’espace accommodatif, c’est-à-dire le déplace-
ment du punctum proximum :
δPP = (2*A*d)/RA.
La pseudo-accommodation était utilisée largement chez les aphaques avant
l’implantation ; elle l’est toujours chez les presbytes.

L’accommodation vraie
Plusieurs types de solutions ont été proposés dans la phylogenèse pour régler
le problème de l’accommodation, faisant appel à tous les éléments optiques
de l’œil.

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Ainsi la courbure de la cornée se modifie chez les poissons sous l’action du
muscle de Crampton, analogue au muscle ciliaire. Les amphibiens présentent
des cornées à facettes.
Les poissons utilisent également le déplacement antéro-postérieur du
cristallin.
Certains mammifères utilisent leur iris en fente sténopéïque (félins, ca-
prins).
La rétine en pente de la raie et du cheval permet une focalisation variable
selon la distance de fixation. Citons la rétine à villosités des chauves-souris
mettant à profit la formule de Newton.
Enfin c’est la modification de la puissance du cristallin qui reste le moyen
le plus efficace de mise au point en fonction de la distance de vision (prima-
tes).
Chez l’homme, la triade accommodative, sous la dépendance du para-
sympathique et la troisième paire crânienne, assure la vision de près avec
myosis (optimum 2 mm), convergence (aspect binoculaire, stéréoscopie) et
augmentation de la puissance cristallinienne.
Depuis Helmholtz, qui a établi la théorie de l’accommodation, on admet que
la contraction du muscle ciliaire est un phénomène réflexe mais partiellement
dissociable déclenché par le flou rétinien, entraînant une modification de la
puissance du cristallin.
La contraction des fibres circulaires du muscle ciliaire provoque une détente
de la zonule, qui diminue le rayon de la face antérieure du cristallin (0,5 mm)
ainsi que de sa face postérieure reculant de 0,1 mm, la chambre antérieure
diminue de profondeur, l’épaisseur du cristallin passe de 4 à 4,5 mm pour
une accommodation de sept dioptries, il se déplace en nasal et en bas, les
plans principaux de l’œil reculent vers la rétine de 0,5 mm induisant une
aniséïconie de 2 %.
Aux phénomènes purement géométriques s’ajoute une augmentation de l’in-
dice de réfraction du cristallin par glissement des fibres sur elles-mêmes.
La réserve accommodative exprimée en dioptries (ou angle métrique, inverse
d’une distance en mètre) est la différence entre les abscisses (ou proximités)
du punctum proximum (PP) et remotum (PR).
Elle diminue avec l’âge constituant la presbytie (πρεσβυσ = vieux, οψισ
= vue).
Âge en années 10 20 30 40 45 50 60 65
Réserve accommodative
12 10 7 5 3 2 1 0,5
en dioptries
Punctum proximum 8 10 14 20 30 50 100 200
L’amplitude accommodative exprimée en dioptries (inverse de mètre)
[différence entre les abscisses du punctum remotum et du punctum proximum].
La confrontation entre âges accommodatif et chronologique traduit une
hypermétropie latente.
Tab 1. L’accommodation chez l’homme.

Le tableau n° 1 montre les variations du punctum proximum ainsi que de


la réserve accommodative en fonction de l’âge.
La confrontation entre âges accommodatif et chronologique révèle parfois
une hypermétropie latente (barre de Behrens mesurant la distance du punc-
tum proximum).
Le déclenchement de l’accommodation est lié au flou rétinien.
Le « flou » rétinien, source d’inconfort visuel, provoque un réflexe de mise
au point par l’accommodation, en cas de vision de près ou d’hypermétropie,
l’astigmate recherchant sa focale verticale ou la moindre accommodation.
Il existe un processus d’emmétropisation entre les différents paramètres
géométriques de l’œil (rayon de courbure de la cornée, puissance du cristallin
et longueur de l’œil) qui n’est pas laissé au hasard.
Le rôle de la rétine y est prépondérant.

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Une étude basée sur 122 cas d’yeux emmétropes opérés de cataractes avec
implant, nous a permis, par régression statistique, de proposer les relations
suivantes entre ces différents paramètres :
Corrélations entre longueur L, cornée R et cristallin PO :
PO = 13,9*R -3,7*L
PO = - 17,66*R + 158,33
La deuxième relation permet de prévoir la puissance d’un implant après
mesure du rayon de courbure cornéen avec une précision de ± 2 dioptries.

Conclusion
L’accommodation monoculaire s’intrique à de nombreux processus :
• L’optique fondamentale par la profondeur de champ ;
• La correction optique dans ses différentes modalités ;
• La vision binoculaire par la convergence, la stéréoscopie et l’aniséïco-
nie ;
• La vision des couleurs par les longueurs d’onde de focalisation réti-
nienne ; l’application du test rouge/verre et la myopie nocturne en sont
deux illustrations.

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Accommodation et convergence

Alain Péchereau

Introduction ��������
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Depuis Maddox (1 893), il est classique de diviser �������� ��������
les mouvements de vergence (figure n° 1) en fonc- ����������� �������������
tion de l’origine sensorielle de ce mouvement :
• La vergence tonique qui correspond aux
fonctions en rapport avec le tonus de base ;
• La vergence proximale liée à la perception
égocentrique de la distance ; ��������
• La vergence accommodative en rapport �������
avec l’incitation accommodative liée à la
vision floue ;
• La vergence fusionnelle ou adaptative. Elle
permet au sujet de maintenir une vision
simple de l’espace perçu.
L’enregistrement d’une vergence symétrique
(Quéré, 1 983) montre que ce mouvement (figure ���������
n° 2), chez le sujet normal, peut être décomposé �����������
en six phases : Fig 1. Les vergences selon Maddox (1 893),
• Un plateau régulier de fixation de loin (a) ; représentation de A Péchereau.
• Une phase rapide d’adduction (b) ;
• Une phase lente d’adduction (c) ;
• Un plateau plus ou moins régulier de fixation de près (d) ;
• Une phase rapide d’abduction (e) ;
• Un plateau de fixation de loin (f).
Ces six phases correspondent à des phases binoculaires (a, c, d & f) et mo-
noculaires (b & e). On peut également noter sur ce tracé (figure n° 2) deux
éléments caractéristiques des mouvements de vergence :
• La dissociation optomotrice, c’est-à-dire que le mouvement de l’œil
droit est différent de celui de l’œil gauche, qui différencie les mouve-
ments de version et de vergence ;
• Les réactions motrices d’un œil (œil droit) sont un peu moins bonnes
que celles de l’autre œil (œil gauche).

L’accommodation
Réaction à la vision floue
C’est une réaction à la vision floue qui est réalisée par des essais itératifs vers
le loin et vers le près aidée par le décalage chromatique :
• Rouge : signe de proximité ;

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Fig 3. Boucle adaptative fermée chez le sujet normal


(redessiné d'après GK Hung).
• Vert : signe d’éloignement.
Ceci explique la difficulté du réglage accommo-
datif chez l’achromate.
Dans le temps court, cette réaction bi-oculaire
est symétrique ; dans le temps long, il y a une
relative indépendance de chaque œil (anisomé-
tropie). L’unité de mesure est la dioptrie (∂) qui
est l’accommodation d’un sujet emmétrope qui
fixe un objet situé à 1 mètre. L’accommodation du
sujet, exprimée en dioptries, est égale à l’inverse
de la distance du point fixé exprimé en mètres.
Cette fonction est régulée par une boucle adap-
tative fermée chez le sujet normal (figure n° 3).
Cette fonction de régulation de l’accommodation
peut être modélisée de la façon suivante (figure
n° 4, redessiné d’après GK Hung [2 001] & R
Fig 2. Enregistrement d'un mouvement Brautaset [2 003]).
de vergence symétrique (MA Quéré, 1 983). Cependant, pour le clinicien, cette fonction
présente deux difficultés majeures.
Évolution de la réponse accommodative au cours du
temps
Deux éléments vont modifier la demande accommodative du sujet :
• L'évolution de la réserve accommodative (figure n° 5)
Elle crée une situation de variabilité en fonction du temps avec la dimi-
nution de la capacité accommodative donc de sa vergence comme nous
le verrons plus loin. Par ailleurs, chez le presbyte, la compensation de la
presbytie entraîne de facto une diminution de l'incitation accommoda-
tive.
• L'évolution de la réfraction chez l’enfant (figure n° 6)
Comme pour la presbytie, l'évolution de la réfraction fait évoluer la
demande accommodative en fonction du temps pour des conditions
identiques de stimulation. Cette évolution rend nécessaire de pratiquer
de façon régulière des cycloplégies jusqu'à l'âge adulte (voir plus loin :
Évolution de la réfraction du strabique).

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Fig 4. Régulation de l’accommodation : boucle adaptative fermée
chez le sujet normal (redessiné d'après GK Hung & R Brautaset).
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Fig 5. Évolution de la réserve accommodative en
fonction de l'âge (redessiné d’après A Duane, 1 912) Fig 6. Étude longitudinale de l'évolution de la réfraction
chez l'enfant strabique à propos de 400 cas (A Péche-
Évaluation de la réfraction reau & G Clergeau, 2 003).
Le rapport étroit entre l'accommodation et la ����
convergence souligne la nécessité d'une évalua- ����
tion précise de la réfraction. Cependant, il existe ����
deux grandes difficultés pour évaluer l’amétropie ����
de base :
����
• La réfraction subjective (figure n° 7)
����
L'étude comparative de la réfraction sub-
jective et de la réfraction objective chez ����
le sujet jeune sans troubles oculomoteurs ����
montre que la réfraction subjective, quelle ����
que soit la méthode utilisée, est incapable ����
de déterminer avec précision la réfraction ����
de base.
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• La cycloplégie (figure n° 8)
L'étude comparative des différents cycloplé-
giques, montre que le cycloplégique parfait Fig 7. Chez le sujet normal, comparaison de différentes
n'existe pas. L'atropine reste sans conteste méthodes de réfraction objectives et subjectives, à gau-
le cycloplégique de base, suivi en terme che réfraction subjective, à droite réfraction objective
d'efficacité par le Cyclopentolate. Toute- (A Péchereau & C Robin, 2 002).
fois, quel que soit le cycloplégique utilisé �
un élément d'incertitude persiste rendant ����

nécessaire la répétition des cycloplégiques ���


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(voir plus loin : la cycloplégie).
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Une réponse ���
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L'incertitude pour déterminer la réfraction et sa ���

variabilité rend nécessaire de stabiliser au mieux �


����
le système oculomoteur. Le seul équipement qui ���
permet à la fois de normaliser au mieux la ver- ������������

gence accommodative et de réagir à la variation Fig 8. Chez des sujets strabiques, comparaison de la
de la réfraction est la correction optique totale. deuxième cycloplégie (première cycloplégie faite sous
Amétropie + Correction Optique Totale Cyclopentolate), en fonction du cycloplégique (lot dé-
= Emmétropie terminé par tirage au sort) (A Péchereau, 2 001).
En effet, quelle que soit la variation de l’amétropie, la Correction Optique
Totale varie en sens inverse créant un système stable dans le temps. La cor-
rection optique totale est la fondation du système oculomoteur.
La triade de près
Elle forme un ensemble syncinétique de trois éléments :
• L’accommodation [unité de mesure : la dioptrie (∂)];
• La convergence [unité de mesure : la dioptrie (∆)];
• Le myosis.

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Fig 9. Régulation schématique du rapport AC/A (redessiné d'après GK Hung & R Brautaset).
Ces trois éléments peuvent être dissociés les uns par rapport aux autres.
Ce fait peut être observé lors de l'observation d'un patient sur l'écran de sur-
veillance d'un réfractomètre automatique où l'on peut voir changer la taille
de la pupille sans voir la réfraction changer et inversement.

La relation accommodation-convergence
Les bases
Cette relation a été décrite par Donders (1 864). Elle stipule que la quantité
de convergence accommodative est liée à la quantité d’accommodation
développée pour voir l’objet net. Ce rapport (rapport AC/A) présente les ca-
ractéristiques suivantes :
• Remarquablement fixe pour chaque individu ;
• Non génétiquement programmée ;
• Association acquise dans les premiers mois de vie ;
• Absence de variation avec l’âge, l’amétropie, le contrôle central…
La valeur de ce rapport est située entre 3 et 5, c’est-à-dire que chaque
dioptrie d’accommodation provoque une convergence accommodative de 3
à 5 dioptries.
La régulation du rapport AC/A peut être représentée comme sur la figure
n° 9.
La mesure du rapport AC/A
Différentes techniques (aucune n’est parfaite) ont été décrites pour mesurer
ce rapport (voir plus loin : Rapport AC/A, PPA, PPC & etc.). Parmi celles-ci,
nous en retiendrons deux :
• La méthode de la disparité (Ogle) ;
• La méthode de l’hétérophorie.
Cette mesure peut être utile pour évaluer la part du dérèglement accom-
modatif dans une déviation. Cependant pour que cette mesure soit valable,
un préalable doit être rempli : la correction parfaite de l’amétropie (COT).
Par ailleurs, cette mesure est dépendante de conditions non accommoda-
tives qui en limitent la valeur :
• État pupillaire (le myosis diminue les besoins accommodatifs) ;
• Variations d’origine non accommodative : vergence proximale, vergence
tonique, stress, etc.
• Degré de participation ;

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Fig 11. Conséquences de l'amblyopie sur la boucle ac-


commodative de mise au point (A Péchereau, 1 999).
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Fig 10. Vergence et stimuli accommodatifs. Chez deux �
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sujets normaux, l'étude d'une vergence accommodative
provoquée par l’interposition d’un verre de -4 ∂ devant
l’œil droit axial en vision de loin montre bien les limites
de ce test (à comparer avec la figure n° 2) : Fig 12. Boucle adaptative ouverte chez le sujet patho-
• En haut, bon mouvement de vergence de l’œil gau- logique (redessiné d'après GK Hung).
che ;
• En bas, absence de réaction motrice (MA Quéré
1 983).
• État de la vision binoculaire : correspondance rétinienne normale, cor-
respondance rétinienne anormale ou neutralisation.
Mais il faut bien retenir que, bien souvent, ces mesures s’écartent des
conditions physiologiques (figure n° 10).
Pathologie de l’accommodation
De ce fait, toute pathologie pouvant modifier le processus d'accommodation
pourra avoir une conséquence sur l'accommodation et, par ce moyen, sur
l'ensemble des vergences. Nous retiendrons :
• Les amétropies non, mal ou insuffisamment corrigées ;
• Les anisométropies fortes ;
• L’amblyopie ;
En effet, elle rend impossible le mécanisme de mise au point fine (l'œil
amblyope, structurellement, ne peut pas connaître sa réfraction ou, en
d'autres termes, la réfraction subjective est un non-sens pour un œil
amblyope).
• La déviation ;
Elle va avoir deux conséquences :
¬ La réfraction utilisée par le sujet est en dehors de l’axe visuel,
¬ De ce fait, la réfraction inégale aux deux yeux (anisométropie indui-
te).

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Fig 13. Régulation de la vergence fusionnelle : boucle adaptative fermée
chez le sujet normal (redessiné d'après GK Hung & R Brautaset).
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Fig 14. La disparité en fonction de l'œil fixateur (redes-


siné d'après L Tychsen, 1 992).
• L’absence d’une vision binoculaire normale.
Là aussi, la neutralisation et la correspon-
dance rétinienne anormale rendent impossi-
ble les mécanismes de régulation.
L'ensemble de ces mécanismes transforme la
boucle fermée en boucle ouverte, déréglant à la
fois la boucle de l'accommodation et la boucle
de la convergence.

La vergence fusionnelle
La régulation de la vergence fusionnelle peut
être représentée schématiquement comme sur
la figure n° 13. Cette vergence est sensible à la
disparité rétinienne, c’est-à-dire à la différence
des images perçues par les deux yeux dans l'es-
pace extra-horoptérique. « La fusion motrice est
la capacité d’aligner les yeux de telle façon que la
fusion sensorielle puisse se maintenir. La fusion
motrice est une fonction exclusive de la rétine

Fig 17. Les relations accommodation-convergence (AC/


A) et convergence-accommodation (CA/C) (redessiné
d'après M Alpern, 1 969).
Fig 15. Étendue de la sensibilité des neurones réagissant
à la disparité chez le singe. Cette sensibilité est maxi-
mum dans l'espace juxta-fovéolaire (3 deg) (redessiné
d'après GF Poggio & B Fischer [L Tychsen, 1 992]).
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Fig 16. Régulation schématique de la convergence accommodante : rapport CA/C
(redessiné d'après GK Hung & R Brautaset).
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Fig 18. Régulation schématique globale de l'accommodation-convergence (AC/A)
et de la convergence-accommodation (CA/C) (redessiné d'après GK Hung & R Brautaset).
périphérique extra-fovéolaire » (GK von Noorden & EC Campos, 2 003). Les
stimuli de la fusion motrice sont la disparité rétinienne en dehors de l’aire
de Panum (figure n° 14) (zone de l’espace de vison simple). Il n’y a pas de
stimuli de fusion motrice quand les images sont fixées par les deux fovéolas
(absence de disparité).
Cette vergence fusionnelle a une conséquence directe sur l'accommodation
comme le montrent les boucles de régulation (figure n° 16). C'est la conver-
gence accommodante. Ce fait avait été parfaitement démontré par M Alpern
(1 969) (figure n° 17).
Toute pathologie de la disparité va entraîner une modification des méca-
nismes de régulation, C’est-à-dire qu'elle va entraîner la transformation de la
régulation en boucle fermée (figure n° 3) en boucle ouverte (figure n° 12).
Parmi les phénomènes pathologiques qui altèrent, il faut retenir :

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Fig 19. Régulation schématique de la convergence proximale (redessiné d'après GK Hung & R Brautaset).

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Fig 20. Influence de la vergence proximale en cas de dérégulation de la vergence ac-
commodative (Acc) et de la vergence fusionnelle (Verg) chez le sujet normal (redessiné
d'après GK Hung).
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Fig 21. Régulation schématique de la convergence tonique (redessiné d'après GK Hung & R Brautaset).
• L'amblyopie ;
• L’absence d’une vision binoculaire normale utilisée ;
• La neutralisation (absence de diplopie) ;
• La correspondance rétinienne anormale ;
• Toute déviation oculomotrice ;
• La diplopie.
Tous ces phénomènes altèrent soit directement, soit indirectement (dispa-
rité et accommodation) les mécanismes de vergence et altèrent le processus
accommodatif.

La vergence proximale
C'est une vergence liée à la perception égocentrique de la distance, liée aux
aspects de l'objet fixé. Elle est inconsciente et sa régulation n'est pas mo-
dulable par le sujet. Dans la régulation des vergences, elle intervient sur les
deux mécanismes adaptatifs des vergences (figure n° 19).
Chez le sujet normal, on peut voir que son influence est faible si les boucles
de régulation (accommodation et disparité) sont fermées. Par contre, son in-
fluence augmente et devient prépondérante lors d'une dérégulation artificielle
des boucles de régulation (figure n° 20) (GK Hung, 2 001).
Chez le sujet pathologique, les boucles de régulation sont dérégulées de
façon beaucoup plus radicale que chez le sujet normal par des mécanismes
artificiels. Les conséquences sont donc beaucoup plus importantes et beau-
coup plus difficiles à maîtriser comme nous le verrons dans les strabismes
hyperconvergents en vision de près où la convergence proximale devient
prépondérante.

La vergence tonique
C'est un processus (figure n° 21) dont les mécanismes de base reste encore
imparfaitement élucidés. Elle comprend :
• Des processus non ophtalmologiques :
¬ Les processus vitaux,
¬ L’éveil.
• Des processus d'origine ophtalmologique :
¬ La sagittalisation imparfaite (figure n° 22),
¬ La dérive nasale (strabisme précoce) (figures n° 23 & 24),

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Fig 22. La sagittalisation imparfaite (Redessiné
d’après S Duke-Elder & KC Wybar, 1 961). ��������������

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Fig 24. La dérive nasale du strabisme précoce prendrait
sa source dans l'association de la rupture de la vision
binoculaire normale et dans l'asymétrie des colonnes
de dominance temporales et nasales, conséquence
d'une évolution phylogénétiques inachevée (redessiné
d’après L Tychsen, 1 999).
¬ Des dérèglements intrinsèques.
• Des processus d'origine générale (le psychis-
me [joie, peine, etc.]) ;
Fig 23. Augmentation de la vergence tonique liée à • Le niveau général du système oculomoteur
dérive nasale dans le strabisme précoce (redessiné
(rémanence adaptative).
d’après L Tychsen, 1 999).
Pour le clinicien, le signe de l’anesthésie prend
une signification toute particulière car il est le
seul moyen à notre disposition pour amener la vergence tonique à son
niveau le plus bas.

La déviation
Parmi les travaux récents, on doit souligner l'importance du fait que la dé-
viation agit sur la structure des muscles. Il y a une véritable adaptation des
éléments musculaires à la déviation. Ce fait a été démontré par G Goldspink
(1 985) nous-mêmes (A Péchereau & F Oger-Lavenant, ESA, 1 997) (figures
n° 26 & 27).
Il y a une véritable anatomisation de la déviation.
Mais, et nous venons de le voir, il y a également une interaction avec le
système de commande, les deux systèmes sont en boucle fermée l'un sur
l'autre. De ce fait, les conséquences de l'un sont les causes de l'autre et ré-
ciproquement.

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Fig 26. Tests d'élongation du droit médial (EPr : ésotro-


��������� pies primitives ; XCons : exotropies consécutives ; XPr :
exotropies primitives). Les droits médiaux des ésotropies
primitives et des exotropies primitives ne montrent pas
de différence d'élongation statistiquement significative,
��������������������� mais le droit médial des exotropies primitives montre
Fig 25. Boucles des vergences avec l'influence une différence statistiquement significative avec les
de la déviation et de la structure des muscles. deux autres groupes.

Accommodation et binocularité ��
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Date d’apparition ��
L'accommodation
Depuis les travaux de DC Currie et RE Manny, �
on sait que l'âge de début des phénomènes ac-

commodatifs est de 1,5 à 3 mois. Ceux-ci se font,
avec une certaine imprécision, sur des signaux
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monoculaires de façon quasi-exclusive. Il peut y
avoir un conflit entre le floue et la distance. ���
On constate une réponse univoque fréquente
à une stimulation de +4 ∂. Il y a peu d’influence ����������
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de la binocularité. ��������� ���������� ��������
La binocularité Fig 27. Tests d'élongation du droit latéral (EPr : éso-
Elle débute entre 3 & 5 mois et son évolution est tropies primitives ; XCons : exotropies consécutives
brutale contrairement à l'évolution de l'acuité [droit latéral non opéré] ; XPr : exotropies primitives).
visuelle qui est beaucoup plus progressive (figure Les trois groupes des droits latéraux montrent une
n° 28). différence d'élongation statistiquement significative.
Le droit latéral non opéré des exotropies consécutives
Évolution simultanée est hypoélongable par rapport au droit latéral des
Comme nous venons de le voir, la fonction bi- ésotropies primitives.
noculaire et la fonction d'accommodation appa-
raissent de façon simultanée. Il n'est pas difficile
d'imaginer que toute perturbation de l'une vien-
dra modifier l'autre comme nous l'avons vu. Ces
déséquilibres seront d'autant plus radicaux qu'ils
surviendront au début de la vie.

Types de strabisme et pathologie


de l’accommodation
Comme nous venons de le voir (figures n° 29, 30
& 31), la pathologie de l'accommodation est inti-
mement intriquée à l'ensemble de la pathologie
strabique. De même, l'ensemble de la pathologie

Fig 28. Apparition de l'acuité visuelle et de la vision


stéréoscopique en fonction de l'âge (redessiné d'après
L Tychsen, 1 992).
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Fig 29. Régulation schématique de l'ensemble des vergences, de la déviation
et des structures musculaires (redessiné d'après GK Hung & R Brautaset).

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Fig 30. Régulation schématique simplifiée de l'ensemble des vergences,


de la déviation et des structures musculaires.
strabique retentit sur l'accommodation. On peut donc dire avec MA Quéré
que tout strabisme est accommodatif.

Les convergences ?
« La division de la convergence [Maddox (1 893)] en sous-classes… est une sé-
paration artificielle… certaines organisations du système nerveux central pla-
cées dans le diencéphale, mais avec de nombreuses connexions… contrôlent
les impulsions pour les noyaux du III et pour les muscles droits médiaux… Les
mouvements de convergence peuvent être élicités de différentes façons :
• Par un stimulus provenant du cortex (tonique et proximale) ;
• Par « l’effort accommodative » élicité par les stimuli rétiniens à travers
les aires corticales 17 et 19 (accommodatif) ;
• Par des stimuli de disparité rétinienne, également à travers les aires
visuelles corticales primaires et au-delà (fusionnel).
L’organisation centrale de la convergence ne reconnaît pas les diverses
sources d’impulsions reçues… elle répond ou non aux stimuli l’atteignant et
les transmet aux noyaux du III (figure n° 1).
Bien que pour des raisons analytiques il soit nécessaire de séparer les di-
verses origines des mouvements de convergence, il ne faut pas oublier que
la convergence est un processus unitaire (GK von Noorden & EC Campos,
2 003). »

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Fig 31. Autre représentation schématique de l'ensemble des vergences.

Conclusion
Comme nous venons de le voir, l'accommodation et la convergence ont des
rapports particulièrement étroits et indissociables. La séparation des diffé-
rentes formes cliniques est à la fois indispensable pour guider le thérapeute
dans ses choix thérapeutique et inutile car artificielle tellement les liens entre
les deux sont étroits.
La déviation est un processus global et complexe, le strabisme accommodatif
n’étant qu’une variété de strabisme innervationnel (MA Quéré, 1 990).
L'existence d'un élément accommodatif est le signe d'une fragilité des sys-
tèmes de contrôle, fragilité qui n'est jamais un signe de bénignité.
En conséquence, la correction optique totale est la base de la thérapeu-
tique de tous strabismes.
RÉFÉRENCES
1. Alpern M. Types of Movement. In : The Eye. H. Davson. Academic Press. 1969,
Vol 3, p65-174.
2. Brautaset RL, Jennings JAM. The accommodative-convergence complex. A review.
Trans 28 th ESA. Ed. JT de Faber. Taylor & Francis, 2004, p115-120.
3. Currie DC, Manny RE. The development of accommodation. Vision Res. 1 997
4. Duane A. Normal values of the accommodation at all ages. JAMA 1912, 59 :
1 010.
5. Goldspink G. Malleability of the motor system : a comparative approach. J Exp
Biol. 1985, 115 : 375-91.
6. Hung GK. Models of Oculomotor Control. Ed. World Scientific, 2001, p127.
7. Maddox EC. Clinical Use of Prisms, and Decentering of Lenses. Bristol, England,
John Wright & Sons, 1 893.
8. Oger-Lavenant F, A. Péchereau A. Stretching of Horizontal Recti in Consecutives
Exotropias. Transact. of XXIV Meeting of European Strabismological Association,
Ed. M. Spiritus, 1997, p 191-196.
9. Péchereau A, Anoma M. Cyclopentolate versus Atropine. Une étude prospective.
Association Française de Strabologie, Saint Raphaël, octobre 2001
10. Péchereau A, Clergeau G. Evolution de la réfraction à long terme chez le sujet
strabique. Etude longitudinale. Semaine Strabologique de la Société Suisse
d’Ophtalmologie, Zermatt, décembre 2003.
11. Péchereau A, Robin C. Réfraction objective versus Réfraction subjective. Société
Scientifique de Correction Oculaire, Nantes, janvier 2002
12. Péchereau A. Pathologie de l’accommodation et sa prise en charge. Association

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46
Française d’Orthoptie, Limoges, octobre 1999.
13. Quéré MA. Physiopathologie clinique de l’équilibre oculomoteur Ed. Masson,
1983, p258.
14. Quéré MA. Traitement médical des Strabismes. Ed. Et Regarde Attentivement,
1990, p85
15. Tychsen L. Binocular Vision. In : Adler’s Physiology of the Eye. Ed. Ed. Mosby, St.
Louis, 1992, p773-854.
15. Tychsen L. Infantile Esotropia. In : Clinical Strabismus Management. WB Saunders
Company, Philadelphia, 1999, p117-138.
16. von Noorden GK, Campos EC. Binocular vision and ocular motility, Ed. Mosby,
2002, p653.

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Développement de l’accommodation
avant 1 an

Guy Clergeau

L’existence d’une accommodation chez le tout jeune enfant est connue de


longue date. Deux situations en permettent une première approche : de ma-
nière indirecte les accès de convergence du nourrisson dans ses tentatives de
fixation et de manière directe par les variations réfractives observées lors de
la skiascopie ou l’ophtalmoscopie en l’absence de cycloplégie.
Nous envisagerons successivement dans cet exposé la mise en évidence
d’une capacité accommodative et son caractère plus ou moins adapté puis
nous décrirons le mécanisme du déclenchement accommodatif en particulier
dans un contexte amétropique.

Physiologie de l’accommodation précoce


Développement de la capacité accommodative
Les premiers travaux sur ce sujet semblent devoir être attribués à Haynes [24],
qui en utilisant la rétinoscopie dynamique (étude des variations réfractives
loin-près en l’absence de cycloplégie) a analysé l’accommodation comme
fonction de la fixation sur une cible à des distances variées, en l’occurrence
de 8 à 100 cm. La courbe corrélant l’accommodation à cette distance permet
de définir une pente accommodative. La pente idéale a une valeur de 1,00
avec une accommodation strictement adaptée à la distance de la cible. Une
pente nulle ou faible montre une absence d’accommodation ou une sous-
accommodation, une pente supérieure à 1,00 une sur accommodation.
Dans ces expériences, Haynes avait trouvé une pente nulle avant l’âge de 1
mois, les performances s’améliorant entre 1 et 4 mois. Ces résultats ont par
la suite été remis en cause en raison des limites possibles de l’acuité à cet
âge et surtout du choix inadapté des cibles.
Ces recherches ont donc été reprises par plusieurs auteurs entre 77 et 90.
Atkinson [3] et Banks [5] ont essayé d’améliorer le caractère stimulant de
la fixation. Pour ces auteurs, jusqu’à la 7e semaine, il n’est pas apparu de
corrélation entre accommodation et distance de fixation. Une amélioration
apparaît à partir de la 9° semaine. Il persiste néanmoins une incertitude en
l’absence de données précises sur la réfraction sphérique et cylindrique, à
un âge où la réfraction est en pleine évolution. Il n’est toutefois pas apparu
de variation d’amplitude d’accommodation entre les différents enfants. En
tenant compte de ces incertitudes, il a été mis en évidence une pente positive
à partir de 3 à 5 semaines, cette pente augmentant nettement avec l’âge.
Howland [26] et Braddick [8] ont appliqué la technique de photoréfraction.
Des enfants âgés de 1 à 12 mois ont été testés pour 2 distances de 75 et
150 cm. Pour réduire l’incertitude sur la bonne focalisation les mesures ont
été répétées, permettant d’identifier 2 groupes en fonction de la bonne co-
hérence des réponses. Il est ainsi apparu que :

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• Pour les enfants de 1 à 9 jours on obtenait une focalisation essentiel-
lement pour la cible de 75 cm avec des résultats cohérents dans 85 %
des cas, alors que des réponses cohérentes n’étaient obtenues que dans
28 % des cas pour la distance de 150 cm.
• Les enfants plus âgés répondaient presque tous de façon cohérente aux
2 distances.
Pour Banks [6] la pente d’accommodation obtenue à 3 mois 1/2 est de 0,51,
alors qu’il n’y a pas de signe d’accommodation avant 1 mois.
Pour Brookman [10], l’accommodation serait particulièrement précise chez
le nouveau-né, régressant entre 2 et 8 semaines pour s’améliorer ensuite et
devenir totalement performante entre 16 et 20 semaines.
Pour Howland [29], en étude videoréfractive les pentes accommodatives ne
présenteraient pas de différence significative (0,54 à 0,66) entre 2 et 9 mois
et selon la distance de fixation de 25 à 100 cm.
Enfin, Aslin [2] a comparé des résultats skiascopiques et autoréfractifs sur
plusieurs groupes d’enfants à des distances variant de 25 à 100 cm. Entre 9
et 19 semaines la pente accommodative était de 0,61. Pour un autre groupe
de 10 semaines, elle était de 0,82 alors qu’à 5 semaines elle était de 0,90. Par
rapport à la réfraction de base a été calculée une erreur d’accommodation.
Pour les 2 premiers groupes l’erreur était une sous-accommodation de 0,44
et 0,35 ∂, tandis qu’à 5 semaines on constatait une sur accommodation de
+2,16 ∂.
Discussion
Toutes les études signalées précédemment nécessitent un environnement de
laboratoire et les résultats obtenus sont très largement tributaires de nom-
breux détails techniques qui doivent toujours faire accepter avec prudence
les valeurs rapportées. Ainsi en fonction des conditions expérimentales les
résultats apparaissent éventuellement contradictoires, certains auteurs trou-
vant une accommodation manifeste dans les premières semaines, d’autres
aucune. Il existe par contre un accord sur les performances médiocres jusqu’à
l’âge de 2-3 mois, lesquelles s’améliorent rapidement ensuite.
Le constat d’un mauvais contrôle accommodatif au cours des premières se-
maines a été imputé aux conditions particulières de profondeur focale, liée à
l’association « myosis et petit œil » qui caractérise le nourrisson (Green [17]).
La grande profondeur de champ (1,3 à 1,5 ∂) a pour effet de ne pas solliciter
de façon précise l’accommodation puisque la notion de flou visuel n’existe
pas à l’intérieur de cet espace (dead zone) qui couvre la quasi-totalité de la
zone expérimentale. Cette configuration permettrait également d’apporter
un démenti probable aux hypothèses de Campbell [11], reprises par Howland
[27], qui suggéraient que l’accommodation se développerait à partir de la
recherche de la correction de l’image rétinienne. Toutes les expériences
précédentes tendent donc au contraire à montrer que la fonction accommo-
dative serait présente de façon extrêmement précoce, dès les premiers jours
de la vie, mais qu’en l’absence de repère optique de qualité suffisante cette
accommodation est inadaptée et inefficace pendant les 2 premiers mois de
la vie (Powers 1 982 [36]).
Le caractère immature de l’accommodation se manifeste également par
une dissociation d’avec la fonction de convergence, l’accommodation étant
généralement en déficit. L’inadaptation dans la réponse accommodative
s’accentue avec la distance d’examen (Hainline [23]) avec en particulier une
difficulté du relâchement de l’accommodation d’où une suraccommodation
a priori paradoxale pour les cibles les plus éloignées. À partir du 2-3e mois la
régression rapide de la profondeur focale par modification de la taille pupillaire
et de la taille du globe permet à l’accommodation de s’exercer normalement
(Braddick 1 979 [8]).
Vitesse d’accommodation
L’étude par vidéophotoréfraction des changements de fixation sur des cibles de
distance alternant de 25 à 100 cm, nécessitant une accommodation d’environ
1,50 ∂, a permis d’évaluer la vitesse minimale de ce changement accommo-
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datif à 4,6 dioptries par seconde (Howland [29]). Ces résultats concordent
avec ceux donnés par Campbell [11] et Charman [12], avec respectivement 4
et 6 ∂/sec., soit des valeurs proches de celles de l’adulte.

Modalités du déclenchement accommodatif


Les études précédentes ont permis de mettre en évidence la réalité de l’ac-
commodation sur différentes cibles à des distances variées et cela de façon
cohérente à partir du 3e mois. Notre objectif est maintenant de voir comment
s’effectue la fixation par rapport aux différentes caractéristiques des cibles
d’une part et des conditions optiques des yeux fixateurs d’autre part.
Données physiologiques et Orientation spatiale
Les premiers travaux de référence pour déterminer l’acuité de résolution ont
été réalisés avec des réseaux verticaux. Ce n’est que secondairement que l’on
s’est intéressé à une éventuelle différence visuelle entre les réseaux d’axes
principaux (H et V) et entre ces derniers et les réseaux obliques. Les études
réalisées chez l’enfant ne présentant pas d’astigmatisme significatif (< 1 ∂)
ont montré qu’il n’existait de différence ni dans la préférence ni dans l’acuité
entre les réseaux horizontaux et verticaux. Une légère différence semble
exister chez l’adulte en faveur des réseaux verticaux et qui serait acquise,
d’origine culturelle et écologique (Mayer [34]).
Par contre la confrontation des réseaux d’axes principaux et des réseaux
d’axes obliques (45° et 135°) fait apparaître une différence significative quali-
fiée "d’effet oblique". La mise en évidence de cette anisotropie en faveur des
réseaux d’axes principaux, semble nettement tributaire de la méthodologie
employée et en particulier de la fréquence des réseaux. Cet effet se manifeste
préférentiellement pour la fréquence de contraste la plus proche possible du
seuil visuel, ce dernier augmentant avec l’âge. En respectant ces conditions, il
apparaît que l’effet oblique serait présent dès les premiers mois (Held [24]).
Cet effet est modéré, estimé à 0,2-0,3 octaves d’acuité et se modifie peu avec
l’âge et persiste au moins jusqu’à 5 ans (Mitchell [35]), (Held [25]), (Gwiazda
[18] [19]) et probablement aussi chez l’adulte (Birch [7]).
Amétropies et accommodation
Amétropies sphériques
En cas d’amétropie sphérique l’accommodation ne peut intervenir de façon
active qu’en cas d’hypermétropie. Après correction optique il ne semble pas
y avoir de différence accommodative entre myopes et hypermétropes (Free-
man [16]), (Ramsdale [37]), (Maddock [32]). Pour Hainline [23] les réponses
accommodatives pourraient toutefois être plus variables pour les amétropes
que pour les emmétropes.
Une différence de fonctionnement accommodatif pourrait par ailleurs
s’exprimer dans le niveau de repos tonique. Celui-ci varie principalement de
façon individuelle mais semble aussi lié à l’état réfractif de base chez l’amé-
trope corrigé, avec en particulier un état plus élevé chez l’hypermétrope (Mc
Brien [30] [31]).
Il faut néanmoins signaler que tous ces travaux ne concernent que l’enfant
plus âgé mais il est probable que de fortes amétropies non corrigées auront
un impact précoce non négligeable sur l’équilibre accommodatif.
Amétropies cylindriques
Pour un astigmate dont l’une ou les 2 focales ne sont pas situées sur la rétine,
l’objectif doit être d’amener une ou les deux focales sur la rétine par le biais
de l’accommodation (ou du rapprochement de l’objet) ceci n’étant bien sûr
pas réalisable de façon simultanée.
Une première approche théorique du problème a été de supposer qu’il était
logique de chercher un compromis entre les 2 lignes focales plutôt que d’en
choisir une seule ou de réaliser une alternance continue. Dans certaines cir-
constances favorables le point idéal peut se trouver au milieu de la distance
séparant les 2 focalisations optimales de chaque méridien (intervalle de

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50
Sturm) et répond ainsi à la définition de "cercle de diffusion minimale". En
fait l’expérimentation a montré qu’il n’en était jamais ainsi.
Il apparaît en effet évident que par rapport à la fonction d’accommodation,
tous les astigmates ne peuvent pas avoir le même comportement en raison
de l’amétropie associée.
Astigmatisme expérimental (induit)
L’étude des effets de l’astigmatisme induit artificiellement par une correction
optique cylindrique chez un sujet adulte emmétrope a montré 3 situations
différentes (Freeman [16]) :
• Chez l’astigmate myope, 1 ou les 2 focales sont en avant de la rétine.
Toute accommodation repousse les 2 focales vers l’avant. Il en résulte
que la focale la plus antérieure sera toujours la plus mal perçue. La
seule solution pour résoudre le problème, c’est-à-dire de ramener les
lignes focales vers la rétine, est de se rapprocher de l’objet fixé, cette
possibilité étant limitée en cas de forte myopie.
• Chez l’astigmate hypermétrope, l’accommodation permet sans pro-
blème de ramener les lignes focales vers l’avant. Mais il apparaît que
cet effort se limite à la focale la plus antérieure : il y a sollicitation de
l’effort accommodatif minimum.
• Chez l’astigmate mixte, l’accommodation ne peut là encore que dépla-
cer le système vers l’avant. Seule la ligne focale postérieure pourra être
focalisée correctement. L’astigmate mixte choisit systématiquement la
ligne focale hypermétropique même si celle-ci est la plus éloignée de
la rétine : il y a sollicitation de l’effort accommodatif éventuellement
maximal.
L’ensemble de ces choix obligatoires a été qualifié de focalisation différen-
tielle. Cela peut également s’exprimer par le fait que l’accommodation n’est
pas dirigée par une orientation préférentielle systématique mais est essen-
tiellement liée à la situation des lignes focales dans l’œil à l’état de repos.
Effets de l’astigmatisme avant 1 an
Lorsque l’on étudie la préférence H/V chez le jeune astigmate non corrigé, on
retrouve une anisotropie entre ces axes principaux, conforme à ce qui a été
décrit précédemment : il y a préférence de fixation sur le réseau d’axe non
myopique ou le moins myopique (Atkinson [4]), (Dobson [15]).
Néanmoins si cette situation d’anisotropie est généralement manifeste pour
les réfractions à prédominance myopique, elle peut être moins évidente chez
l’hypermétrope qui arrive finalement à focaliser par intermittence sa ligne
focale postérieure (Gwiazda [19]).
Lorsque l’on corrige cet astigmate, l’anisotropie H/V disparaît et on retrouve
une isoacuité stricte en termes de fréquence spatiale.
En plus de l’anisométropie des axes principaux, l’astigmate présente une
nette accentuation de l’effet oblique (Gwiazda [19]), mais qui est également
annulée par la correction optique. La préférence pour H et V redevient ma-
nifeste pour la fréquence spatiale proche du seuil critique alors qu’elle s’était
étendue à l’ensemble des fréquences spatiales.
Enfin l’analyse vidéophotographique de l’accommodation montre que cette
dernière ne varie pas avec le changement d’axe en rotation. L’accommodation
répond toujours à la focale hypermétropique la plus faible, confirmant les
résultats obtenus avec les réseaux stationnaires (Howland [29]).
Si cette situation est anormalement prolongée il s’installe de façon du-
rable au-delà d’une période dite critique de 5-6 ans (Cobb [13], Birch [7])
une asymétrie de perception spatiale dont la conséquence sera à terme une
amblyopie méridienne.
La notion d’amblyopie méridienne a été clairement décrite pour la première
fois par Martin [33] et a été plus particulièrement réétudiée par Mitchell [35].
Dans l’amblyopie méridienne constituée, il existe un effondrement de la sen-
sibilité aux contrastes pour toutes les orientations qui ne sont pas parallèles à
la ligne focale qui a été privilégiée avec une perte importante d’acuité visuelle
non réversible malgré une correction optique appropriée.
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51
Conclusions
Il apparaît donc évident que bien avant l’âge de 1 an les règles de la foca-
lisation différentielle s’appliquent dans la majorité des cas. Toutefois cette
rigidité tactique ne reste stricte que lorsqu’il existe un important foyer myo-
pique ou hypermétropique. Dans toutes les autres circonstances, soit l’enfant
arrive à amener de façon intermittente sa 2e ligne focale sur la rétine, soit
la profondeur de champ est supérieure à la distance séparant les 2 lignes
focales et finalement il n’y a sur le plan des conséquences aucune différence
véritablement significative pour l’évolution de l’acuité pendant cette période
entre l’astigmate et le non astigmate (Birch [7]), (Gwiazda [21]). En d’autres
termes aucun cas d’amblyopie méridienne n’a été observé à cet âge (Held
[25]), (Gwiazda [19] [21]).

Applications pratiques
Âge de correction
L’existence de toute amétropie significative, c’est-à-dire impliquant des consé-
quences visuelles en dehors de la profondeur de champ évoquée, est suscepti-
ble de perturber le rapport accommodation-convergence. Ceci concerne donc
les fortes hypermétropies et myopies, en particulier si elles sont associées à
un astigmatisme notable et surtout s’il existe des antécédents familiaux. Par
conséquent la date extrême de prescription optique en fonction du degré
d’amétropie et du contexte se situera entre 1 et 2 ans, même si la période
critique est susceptible de se prolonger au-delà de cette période.
Dépistage
Le dépistage du risque amblyopique sur amétropie par skiascopie sous cyclo-
plégie a été parfaitement décrit dans les années 70 & 80. Néanmoins la déter-
mination précise de l’amétropie ne renseigne pas véritablement sur la situation
visuelle. Or l’utilisation de la photoréfraction sans cycloplégie peut mettre en
évidence un trouble de focalisation, à savoir que l’accommodation mise en jeu
lors de la fixation n’est pas conforme à l’amétropie mesurée (Howland [29]).
Cette situation a été confirmée par Braddick [9] qui a trouvé que la majorité
des enfants présentant une hypermétropie < + 4 ∂ accommodaient de façon
correcte sur une cible placée à 75 cm. Par contre les hypermétropes > + 4 ∂
présentaient dans 50 % des cas une défocalisation > +1,50 ∂. Le suivi de ces
enfants montrait une évolution visuelle plus défavorable.
Anker [1] a fait les mêmes constats en vidéoréfraction : les valeurs d’accom-
modation > +1,50 ∂ ou < -3,00 ∂ ainsi que les différences d’accommodation
ont servi de marqueurs dans un programme de dépistage. Près de 75 % des
enfants dépistés positifs avaient effectivement une hypermétropie supérieure
à +3,50 ∂ contre seulement 3 % pour le groupe témoin.

Conclusion
L’accommodation apparaît donc comme une fonction précoce au sein de
l’équilibre visuel et moteur. Ces 3 éléments sont totalement interdépendants
mais la réfraction y joue certainement le rôle le plus déterminant dans le
déclenchement potentiel des dysfonctionnements moteurs fonctionnels.
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La cycloplégie
Pourquoi ? Quand ? Laquelle ?

David Lassalle

La cycloplégie : Pourquoi ?
La cycloplégie permet l’étude objective et subjective de la réfraction et la
mise en place de la correction optique totale (COT).
L’accommodation étant profondément déréglée dans les troubles innerva-
tionnels, des variations significatives sont possibles jusqu’à l’âge de 50 ans.
Donc, pour connaître la réfraction de base, il faut éliminer tout influx ac-
commodatif par une action médicamenteuse pour ainsi stabiliser les milieux
traversés par les rayons lumineux.

La cycloplégie : Quand ?
Quand instiller un cycloplégique ?
• Pour connaître la réfraction objective et subjective d’un patient : acuité
visuelle subjective, méthode du brouillard, écran duochrome et cylindre
de Jackson doivent être effectués sous cycloplégique afin de minimiser
les effets accommodatifs.
• Devant tout trouble oculomoteur : du strabisme quel qu’il soit, à l’insuf-
fisance de convergence en passant par les nystagmus.
• Devant toute plainte bien ou mal précisée de fatigue visuelle, de cépha-
lées, de conjonctivite ou blépharite chronique.
• Devant tout antécédent d’amétropie et/ou de troubles oculomoteurs.
• Les cycloplégies « réflexes » en cas de troubles oculomoteurs :
¬ 3 cycloplégies la première année de prescription,
¬ 2 fois par an ensuite,
¬ À chaque changement de verres,
¬ 2 à 3 mois après chirurgie oculomotrice,
¬ Systématiquement en cas d’échec du traitement (lunettes non sup-
portées, absence de récupération de l’amblyopie),
¬ Cycloplégie jusqu’à 50 ans quand on veut connaître la réfraction des
patients avec troubles oculomoteurs ou asthénopies.

La cycloplégie : Laquelle ?
• Atropine ?
• Cyclopentolate ?
• Tropicamide ?
• Homatropine ?
• Phényléphrine ?
Pour essayer de clarifier les choses, nous avons effectué une recherche
bibliographique à l’aide de PubMed.

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Recherche bibliographique
Pour obtenir les résultats les plus pertinents, nous avons associé chaque
produit avec le mot « strabisme » ainsi qu’avec le mot « cycloplégique » dans
notre recherche bibliographique.
Ainsi en associant « Cycloplégique & Strabisme », nous avons obtenu 50
réponses. L’association « Atropine & Strabisme » nous a donné 128 réponses,
« Cyclopentolate & Strabisme » 12 réponses, « Tropicamide & Strabisme » 3
réponses, « Phényléphrine & Strabisme » 8 réponses, « Homatropine & Stra-
bisme » aucune réponse.
Ce qui nous donnait au total, 201 réponses potentielles.
Cependant, après lecture approfondie, il ne nous restait plus que 5 réponses
pertinentes.
Il s’agissait de 5 études internationales :
• 2 études ayant montré une supériorité de l’Atropine par rapport au
Cyclopentolate :
¬ Rosenbaum AL & coll.,
¬ Goldstein JH & coll.
• 1 étude ayant montré la parité entre l’Atropine et le Cyclopentolate :
¬ Strangler-Zuschrott E.
• 2 études sur les risques du Cyclopentolate :
¬ Barry JC & coll.,
¬ Lahdes K & coll.
(Risques quasi nuls selon les auteurs).
À ces 5 études internationales, 2 études nantaises récentes, sont venues
s’ajouter.
La première, une étude prospective visant à comparer l’Atropine au Cyclo-
pentolate avait montré une supériorité de 0,64 ∂ de l’Atropine sur le Cyclo-
pentolate.
La deuxième étude quant à elle, comparant l’effet du Cyclopentolate à celui
du Tropicamide avait montré une supériorité de l’effet cycloplégiant de 0,35 ∂
du Cyclopentolate sur celui du Tropicamide.
À la vue de ces résultats, l’Atropine semble être le produit le plus cycloplé-
giant devant le Cyclopentolate et le Tropicamide.
Concernant, les autres produits (Homatropine et Phényléphrine), aucune
référence bibliographique n’a été retrouvée.
L’Atropine serait donc le cycloplégique parfait ?
Non, car même s’il est le produit le plus cycloplégiant, il présente malgré
tout un certain nombre d’inconvénients qui vont faire que dans la pratique
quotidienne, le Cyclopentolate va souvent lui être préféré.
L’Atropine
C’est le cycloplégique de référence, il donne le meilleur effet cycloplégiant.
Posologie
• Elle varie en fonction de l’âge et de la pigmentation ;
¬ Avant 2 ans : 0,3 %,
¬ De 2 à 5 ans : 0,5 %,
¬ Après 5 ans : 1 %.
• Le dosage peut être supérieur à l’âge théorique si l’iris est très pigmen-
té ;
• La durée d’instillation est de 5 jours au minimum et peut aller jusqu’à
10 jours si l’on soupçonne une résistance ;
• La fréquence d’instillation est de 2 fois par jour.
Les risques
Pour le patient
• Locaux : cutanés (rougeur, œdème) ; ces signes doivent faire interrom-
pre le traitement ;

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• Généraux : les signes d’une intoxication par surdosage (tachycardie,
délire, troubles intestinaux). L’intoxication peut être mortelle.
• Inconvénients : sécheresse buccale, soif.
Pour l’entourage
• Un flacon peut tuer plusieurs enfants en cas d’ingestion per os.
Les inconvénients
À l’arrêt des instillations une mydriase et une gêne en vision de près persis-
tent de 8 à 15 jours, cela constitue un frein à la répétition des cycloplégies à
l’Atropine chez un enfant en période scolaire et chez un patient en activité
professionnelle.
Le Cyclopentolate
C’est le cycloplégique de base du fait de sa rapidité d’action et de son effet
cycloplégiant court (de 10 à 24 heures).
L’efficacité de ce produit est directement liée au respect du protocole :
• Une goutte à T0, T5, T10 ;
• Mesure de réfraction entre T45 et T60.
Ce protocole est à réaliser au cabinet pour être sûr du timing
La restriction sur notice aux enfants avant 1 an n’est pas due à des raisons
médicales. Elle ne constitue pas une contre-indication absolue (expérience
de plus de 20 ans dans le service).
Avant 1 an, une vasodilatation cutanée transitoire et une inconstante selon
la pigmentation peuvent être retrouvées.
Les risques
• Locaux : avant 18 mois, des rougeurs cutanées sur les joues ne contre-
indiquent pas l’utilisation du Cyclopentolate ;
• Généraux : soit excitation, soit assoupissement de l’enfant, phénomè-
nes passagers qui disparaissent après 30 minutes. Au maximum, sur un
terrain prédisposé, il a été décrit des crises d’épilepsie, c’est pour cela
que le Cyclopentolate est contre-indiqué chez les patients ayant des
antécédents d’épilepsie ou un terrain neurologique sensible comme les
encéphalopathies. Il faut tout de fois préciser, qu’aucun cas mortel n’a
été rapporté.
Les inconvénients
La courte période d’instillation peut ne pas suffire pour des iris fortement
pigmentés, on peut y pallier en instillant en même temps que le Cyclopen-
tolate du Tropicamide.

Conclusion
La cycloplégie constitue la base de l’étude de la réfraction. Elle permet la
mise en place de la correction optique totale (COT).
La cycloplégie est d’autant meilleure qu’elle est répétée.
Il n’existe pas de cycloplégique idéal, mais 2 produits (Atropine et Cyclo-
pentolate) qui bien utilisés donnent de très bons résultats.
Le meilleur cycloplégique est le port permanent de la correction optique
totale (COT).
La cycloplégie s’utilise de la naissance jusqu’à 50 ans.
RÉFÉRENCES
1. Lavenant F. La cycloplégie. La réfraction, FNRO Éditions, 2000 : 71-73.
2. Rosenbaum AL, Bateman JB, Bremer DL, Liu PY. Cycloplegic refraction in eso-
tropic children. Cyclopentolate versus atropine.1 981 Oct ; 88 (10) : 1 031-4.
3. Goldstein JH, Schneekloth BB. Atropine versus Cyclopentolate plus tropicamide
in esodeviations. Ophthalmic Surg Lasers 1 996 Dec ; 27 (12) : 1 030-4.
4. Stangler-Zuschrott E. [Cycloplegia with Cyclopentolate for testing-refraction of
children (author’s transl)]. Klin Monatsbl Augenheilkd 1 979 Jul ; 175 (1) : 95-9.
5. Barry JC, Loewen N. [Experiences with cycloplegic drops in German-speaking
centers of pediatric ophthalmology and stabology--results of a 1 999 survey].

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58
Klin Monatsbl Augenheilkd 2 001 Jan ; 218 (1) : 26-30.
6. Lahdes K, Huupponen R, Kaila T, Ali-Melkkila T, Salminen L, Saari M. Systemic
absorption of ocular Cyclopentolate in children. Ger J Ophthalmol 1 992 ; 1 (1) :
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7. Péchereau A, Choukri F & Drissi JD. Tropicamide & Cyclopentolate : Une étude
comparative.
8. Péchereau A & Anoma M. Cyclopentolate & Atropine : Une étude prospective.

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Évolution de la réfraction du strabique

Guy Clergeau & Alain Péchereau

Si le problème de la réfraction et du traitement optique constitue un aspect


incontournable dans le traitement de tout strabique, ce point prend de toute
évidence un intérêt majeur dès lors que l’on insiste sur le volet accommo-
datif.

Méthodologie et matériel d’étude


La difficulté majeure dans ce type d’étude est d’obtenir un suivi conséquent
pour un nombre suffisamment élevé d’observations. Or même en associant
des données prospectives et rétrospectives, seule une minorité de dossiers
atteint une quinzaine d’années de suivi. Ceci peut être à l’origine de biais
pour l’analyse à long terme.
Le critère de 7 ans de suivi minimum retenu dans l’étude présentée au col-
loque 2 001 (1) s’avère insuffisant dans la mesure où les données recueillies
n’ont pas le même intérêt pour des périodes allant par exemple de 0 à 7 ans,
de 7 à 14 ans ou de 14 à 21 ans. Notre propos sera donc de réactualiser cette
étude en substituant à l’analyse annuelle une sommation de résultats par
tranches d’âge successives, pour lesquelles le nombre de dossiers analysés
est propre à chacune des séquences et dont le nombre réel d’observations
permet d’apprécier la validité des résultats. Les limites de ces tranches d’âge
sont empiriquement établies sur des recherches antérieures :
• Âge 0 = 0 à 7 mois ;
• Âge 1 = 8 à 19 mois ;
• Âge 2 = 20 à 39 mois ;
• Âge 3 = 40 à 69 mois ;
• Âge 4 = 70 à 99 mois ;
• Âge 5 = 100 à 139 mois ;
• Âge 6 = 140 à 179 mois ;
• Âge 7 = 180 à 239 mois ;
• Âge 8 = 240 mois et plus.
La seconde cause possible de biais est une répartition non uniforme des
différents degrés réfractifs et dont l’évolution n’est pas obligatoirement pa-
rallèle. Ceci est particulièrement vrai pour le suivi à long terme où s’exerce
volontiers une sélection préférentielle pour les dossiers comportant des
amétropies nettement significatives. La conséquence est que s’il n’est pas
inutile d’étudier le comportement global de l’échantillon initial, il est en fait
indispensable d’analyser l’évolution propre à chaque degré d’amétropie.
Comme précédemment aucun critère ne s’impose pour définir les différents
degrés réfractifs. Nous avons donc choisi un argument purement statistique
basé sur la moyenne et l’écart-type de la réfraction physiologique. À l’âge de

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6 ans qui représentera dans cette étude une référence, la moyenne réfractive
est de +1,25 à +1,50 ∂ ± 1,25 ∂. Nous avons donc ainsi distingué 7 groupes :
• Groupe 1 = ≥ +6,00 ∂ ;
• Groupe 2 = +4,50 à +5,75 ∂ ;
• Groupe 3 = +3,00 à +4,25 ∂ ;
• Groupe 4 = 0 à +2,75 ∂ ;
• Groupe 5 = -1,25 à -0,25 ∂ ;
• Groupe 6 = -3,00 à -1,50 ∂ ;
• Groupe 7 = ≤ -3,25 ∂.
Critères de recrutement
Pour entrer dans l’étude, chaque dossier devait avoir eu au minimum 3 con-
trôles skiascopiques ou autoréfractométriques sous cycloplégie (atropine ou
Cyclopentolate) dont l’un réalisé obligatoirement entre les âges de 6 et 8 ans.
Cette tranche représente le meilleur compromis entre la date de décompen-
sation maximale de l’hypermétropie latente et le recrutement d’un nombre
maximal de dossiers.
Ce critère d’inclusion implique donc que le dernier contrôle se situe après
6 ans et le premier avant 8 ans. Ont par ailleurs été éliminés les dossiers
présentant initialement une anisométropie supérieure à 5 dioptries, ce qui a
pratiquement valeur de strabisme secondaire, ainsi que les très fortes myopies
supérieures à 10 dioptries.
Ont répondu à ces exigences :
• 400 dossiers pour le CHU de Nantes ;
• 300 dossiers pour notre cabinet libéral de Paimpol.
Critères d’analyse
Nous étudierons essentiellement 2 paramètres :
• Le cylindre en valeur absolue ;
• La sphère la plus hypermétrope, qualifiée de sphère méridienne dans
la description anglo-saxonne et qui représente la sphère de base addi-
tionnée du cylindre positif. Toutes les études antérieures ont confirmé
que ce critère était le plus significatif en matière de risque strabique ou
amblyopique.
Ces 2 paramètres ont été étudiés essentiellement pour l’œil droit, toutes
les études ayant confirmé qu’il était le miroir statistique de l’œil gauche et
que l’analyse bi-oculaire était inutile voire redondante.
Enfin il faut rappeler que quelles que soient l’instrumentation utilisée et
la dextérité des examinateurs, il existe une incertitude ponctuelle inévitable
principalement liée à la qualité de la cycloplégie et à la relaxation orbito-pal-
pébrale du sujet examiné. Les examens rapprochés permettent en effet de
mettre en évidence des variations à court terme, en particulier cylindriques,
qui sont manifestement des artefacts de mesure. On peut donc en moyenne
évaluer cette imprécision à 0,25 à 0,50 dioptrie. Un grand nombre de mesures
a évidemment l’intérêt de gommer globalement ces erreurs.
Le critère évolutif temporel basé sur les tranches d’âge permet de définir
3 étapes :
• Le court terme correspond approximativement à la période de décom-
pensation de l’hypermétropie latente, soit jusqu’à 6-8 ans (âge 1 à 4) ;
• Le moyen terme va de 6-8 ans à environ 12-15 ans (âge 5-6) ;
• Le long terme concerne les variations au-delà de la 15° année (âge 7-8).

L’analyse globale : Évolution de la moyenne


Comparaison Nantes/Paimpol
Avant d’engager une analyse sur l’ensemble des 700 dossiers il est apparu
intéressant de vérifier si pour un nombre a priori conséquent d’observations
les groupes de Nantes et de Paimpol étaient réellement similaires.

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61
Motif d’examen et âge du premier contrôle dans l’étude
• Pour Nantes, 67,5 % des enfants avaient déjà été examinés dans 1 ou
plusieurs cabinets et portaient pour la plupart une correction optique.
87 % des enfants ont été opérés.
• Pour Paimpol, 33,7 % des enfants ont été vus en seconde intention et
42 % ont été opérés
En éliminant les examens pratiqués avant le 8e mois il apparaît que l’âge
moyen de premier contrôle est de 43 mois ±24 pour Nantes et 32 mois ±20
pour Paimpol.
Âge de réfraction maximale
L’âge de décompensation maximale pour la sphère la plus hypermétrope cor-
respond pratiquement à celui de l’hypermétropie latente, a été de 77 mois
±36 pour Nantes et de 67 mois ±33 pour Paimpol.
L’âge de dernier examen
Il a été de 146 mois ±32 mois pour Nantes et de 156 mois ±59 pour Paim-
pol.
La durée du suivi
Elle a été de 104 mois ± 22 pour Nantes et de 124 mois ±58 pour Paimpol.
Le type de déviation
Pour Nantes on trouve 91,5 % d’ET et 8,5 % d’XT et pour Paimpol 88,7 %
d’ET et 11,3 % d’XT.
La réfraction moyenne
Les valeurs moyennes pour la sphère la plus hypermétrope au premier bilan
puis pour la décompensation maximale ont été respectivement pour Nantes
de +2,60 ∂ ±2,20 et +3,60 ∂ ±2,30 et pour Paimpol de +3,50 ∂ ±2,20 et +4,50 ∂
±2,30.
Distribution des réfractions
Amétropie Nantes Paimpol
G1 > +5,75 ∂ 16,3 % 26,0 %
G2 +4,50 ≤ ≤ +5,75 ∂ 20,0 % 26,6 %
G3 +3,00 ≤ ≤ +4,25 ∂ 26,5 % 21,7 %
G4 0 ≤ ≤ +2,75 ∂ 33,5 % 23,7 %
G5 -1,25 ≤ ≤-0,25 ∂ 1,2 % 1,4 %
G6 -3,00 ≤ ≤-1,50 ∂ 1,8 % 0,3 %
G7 < -3,00 ∂ 0,7 % 0,3 %
Tab 1. Distribution des réfractions.

Conclusions
Parmi les différents critères de comparaison analysés ici, le seul élément qui
paraisse statistiquement significatif est la différence entre les réfractions
moyennes (0,90 ∂) traduisant un pourcentage plus important d’hypermétropies
significatives dans la série de Paimpol. Par contre l’évolution à court terme
apparaît strictement identique dans les 2 groupes (+1,00 ∂).
Cette différence n’est manifestement pas expliquée par le type de déviation
puisque d’une part les exotropies sont sensiblement plus fréquentes pour le
groupe de Paimpol et que par ailleurs une analyse de la réfraction selon le
type de déviation n’a pas montré de différence majeure entre ésotropies et
exotropies soit respectivement : +3,64 ∂ ±2,20 et +3,27 ∂ ±3,39 pour Nantes et
+4,64 ∂ ±2,25 et +3,55 ∂ ±2,56 pour Paimpol (décompensation maximale).
Cette différence que l’on retrouve dans le pourcentage d’hypermétropies
significatives supérieures à +2,75 ∂ (74,3 % pour Paimpol contre 62,7 % pour
Nantes) ne semble pas devoir être expliquée par la seule technique diagnos-
tique. Les contrôles subjectifs sous cycloplégie ont en particulier montré
une excellente corrélation avec les résultats skiascopiques. La possibilité de
populations plus hypermétropes ne nous semble pas à rejeter.

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En définitive hormis cette différence réfractive qui n’a manifestement
aucune incidence sur l’évolution, on peut considérer que les 2 groupes sont
homogènes et peuvent faire l’objet d’une analyse commune.
L’analyse globale : La réfraction moyenne
Pour l’ensemble des 700 dossiers on peut définir toute une série de réfrac-
tions moyennes.
La variation à court terme
L’âge moyen de premier examen est de 3 ans ±2 et l’âge moyen de réfraction
maximale est de 6 ans ±3. Ceci confirme les résultats antérieurs à savoir qu’en
moyenne la décompensation de l’hypermétropie latente nécessite 3 ans de
traitement optique optimal. Il faut toutefois ne pas oublier que cette date
de réfraction maximale est une moyenne et que les situations réelles sont
dispersées comme le montre le tableau 2 :
Période Moyenne %
Âge 1 8 à 19 mois 12 mois 7,3 %
Âge 2 20 à 39 mois 30,5 mois 9,1 %
Âge 3 40 à 69 mois 57 mois 33,0 %
Âge 4 70 à 99 mois 83 mois 32,4 %
Âge 5 100 à 139 mois 116 mois 13,9 %
Âge 6 140 à 179 mois 157 mois 3,9 %
Âge 7 > 179 m 190 mois 0,4 %
Tab 2. Variation à court terme.

On constate donc que si effectivement les 2/3 des observations sont rassem-
blés dans la zone d’un écart-type, 15 % des cas ont leur maximum réfractif
d’emblée ou avant 2 ans tandis que 15 % des cas n’atteignent ce maximum
qu’après 10 ans.
Évolution de la sphère
• Dans le délai précédemment étudié la réfraction moyenne passe de
+3,00 à +4,00 ∂.
• Au stade d’hypermétropie latente décompensée on retrouve environ
70 % d’hypermétropies significatives supérieures à +2,75 dioptries à
l’âge de 6 ans, tandis que les myopies n’excèdent pas 2 à 3 % des ré-
fractions.
• Le degré et la fréquence d’hypermétropie ne sont nullement spécifiques
de l’ésotropie étant donné qu’une hypermétropie significative est égale-
ment retrouvée dans 58 % des exotropies. La myopie y est néanmoins
significativement plus fréquente avec 8,7 % des observations. Cette ab-
sence de différence notable entre les 2 types de déviation se retrouve
dans la valeur moyenne maximale soit +4,06 ∂ ±2,28 pour les ésotropies
et +3,41 ∂ ±2,98 pour les exotropies.
• En ce qui concerne la répartition des déviations, on retrouve environ
10 % d’exotropies (primitives) contre 90 % d’ésotropies. On insistera sur
le fait que sur les 69 exotropies répertoriées, 20 se présentaient initiale-
ment comme des ésotropies franches (29 %). Ceci illustre le fait que le
spasme accommodatif n’est pas l’apanage de l’ésotropie.
L’évolution moyenne de la réfraction sphérique avec une valeur limitée à 1
dioptrie paraît plutôt modérée et pourrait constituer un argument de "non-
acharnement thérapeutique". Néanmoins 2 données incitent à ne pas retenir
cette solution de facilité :
• La répartition des variations réfractives :

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Variation %
< +0,50 ∂ ou Ó 33,0 %
+0,50 à +0,75 ∂ 18,6 %
+1,00 à +1,75 ∂ 28,6 %
+2,00 à +2,75 ∂ 14,6 %
> +2,75 ∂ 5,0 %
Tab 3. Répartition des variations réfractives

Une augmentation supérieure à +0,75 ∂ est donc retrouvée dans près de


50 % des cas avec un maximum noté à +7,25 ∂ !
• Le rapport à la réfraction initiale :
Réfraction initiale %Ï Ï Moyenne
<0 53,3 % +1,63 ∂ ±0,84
0 à +1,75 ∂ 74,6 % +1,48 ∂ ±1,05
+2,00 à +3,75 ∂ 74,7 % +1,53 ∂ ±1,00
+4,00 à +5,75 ∂ 67,6 % +1,22 ∂ ±0,75
> +5,75 ∂ 65,7 % +1,03 ∂ ±0,60
Tab 4. Rapport à la réfraction initiale.

Il apparaît donc que si en nombre d’observations on note une petite prédo-


minance des augmentations réfractives dans les situations d’hypermétropie,
la décompensation d’hypermétropie latente apparaît d’autant plus marquée
que l’amétropie est faible ou surtout myopique. Cette situation concorde
avec la remarque faite précédemment pour les exotropies. Aucun degré ini-
tial d’amétropie ne justifie donc de relâchement dans le principe d’examens
itératifs sous cycloplégie.
Variation globale de la réfraction cylindrique
Les études antérieures avaient montré que d’une manière générale l’as-
tigmatisme variait peu, même lorsque cet astigmatisme était initialement
significatif (1).
Pour les dossiers ayant présenté une évolution positive de la sphère maxi-
male l’astigmatisme moyen était de 0,75 ∂ ±0,91, passant à 1,08 ∂ ±1,00, soit
une augmentation moyenne de 0,33 ∂ ±0,69.
Une variation supérieure à 1 dioptrie touche seulement 17 % des cas, dont
92 % dans le sens de l’augmentation allant de +1,25 à +3,50 ∂ alors qu’en cas
de régression cette dernière ne dépasse pas -1,50 ∂.
Enfin si l’on prend comme critère la notion d’astigmatisme significatif au sens
de facteur de risque habituellement retenu dans le domaine de l’amblyopie
et du strabisme (±1,50 ∂), cette situation est retrouvée dans 21,4 % des cas
au 1er examen et dans 31,9 % des cas au maximum réfractif.
Au total, il apparaît que si globalement l’astigmatisme ne peut être considéré
comme un facteur influant de façon significative sur l’évolution de la réfrac-
tion strabique, cet astigmatisme présente néanmoins une augmentation non
négligeable en fréquence et en intensité au cours du traitement optique. Si
cette augmentation n’a qu’une incidence modérée sur l’évolution de la sphère
maximale, elle est surtout un argument supplémentaire pour des réfractions
cycloplégiques rigoureuses et répétées car les amblyopies relatives sont sou-
vent secondaires à la mauvaise correction du cylindre, en partie consécutive
justement à ses variations.
Variation à moyen et long terme
La précision des informations pour ces périodes est évidemment liée à la
quantité de dossiers présents dans chaque tranche d’âge, le groupe 4 étant
pris en référence à 100 % (tableau 5).

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1 2 3 4* 5 6 7 8
30,7 % 60,3 % 92,4 % 100 % 86,7 % 56,9 % 24,1 % 6,4 %
Tab 5. Précision des informations.

Ainsi les valeurs d’évolution seront bien argumentées pour le court terme
(2-4 et 3-4) et le moyen terme (4-5 et 4-6). Par contre le long terme (4-7 et
4-8) doit encore être interprété avec une nette réserve.
En prenant donc en référence le groupe 4 et sans tenir compte du degré 7
d’amétropie dont le faible nombre de cas ne permet aucune analyse fiable,
l’évolution moyenne apparaît la suivante (tableaux n° 6 & 7) :
1 2 3 4* 5 6 7 8
-0,76 ∂ -0,58 ∂ -0,12 ∂ +3,59 ∂ -0.29 ∂ -0,63 ∂ -1,15 ∂ ?
+2,83 ∂ +3,01 ∂ +3,47 ∂ +3,59 ∂ +3,30 ∂ +2,96 ∂ +2,44 ∂ ?
Tab 6. Évolution de la sphère moyenne.

1 2 3 4* 5 6 7 8
-0,29 ∂ -0,25 ∂ -0,10 ∂ 0,90 ∂ -0,03 ∂ -0,05 ∂ -0,02 ∂ ?
0,61 ∂ 0,65 ∂ 0,80 ∂ 0,90 ∂ 0,87 ∂ 0,85 ∂ 0,88 ∂ ?
Tab 7. Évolution du cylindre moyen.

Au terme de l’évolution à moyen terme, la réfraction moyenne est prati-


quement identique à la réfraction du 1er examen. L’interprétation à moyen
terme et a fortiori à long terme doit toutefois être modulée en raison de
variations de nature myopique qui nécessitent une analyse complémentaire.
Il y a en effet lieu de distinguer les évolutions de type myopique et de type
non myopique, ce critère étant évidemment rétrospectif.
Il est ainsi apparu que sur 210 dossiers du groupe d’âge 4 et de degré réfractif
3-4 (de 0 à 4 ∂) l’évolution à moyen terme au groupe 6 (12 à 15 ans), montre
une myopisation vraie dans 12,4 % des cas. En conséquence la diminution
de la réfraction moyenne pour les dossiers présentant une emmétropisation
classique est de -0,36 ∂ alors que pour la totalité des dossiers cette régression
est de -0,62 ∂.
La même analyse concernant l’évolution à plus long terme pour 83 cas,
c’est-à-dire pour la tranche 7 (15 à 20 ans), aboutit à une régression pour
le premier groupe de 0,68 ∂, alors qu’elle est de 1,20 ∂ pour l’ensemble des
dossiers.

Analyse sélective
Comme nous l’avions déjà constaté en dehors du strabisme (2) l’évolution
des amétropies est nettement dépendante du degré d’amétropie initial. Étant
donné l’impossibilité de retrouver dans tout le suivi la totalité de l’échantillon
initial, la moyenne précédemment étudiée est relativement biaisée. De toute
façon dans un but prédictif, seule l’analyse par degré d’amétropie s’avère
réellement intéressante.
Évolution de la sphère
Elle est regroupée sur les tableaux 8 et 9.
1 2 3 4* 5 6 7
G1 -1,70 ∂ -0,82 ∂ -0,24 ∂ R -0,20 ∂ -0,37 ∂ -1,04 ∂
G2 -1,06 ∂ -0,83 ∂ -0,23 ∂ R -0,32 ∂ -0,67 ∂ -1,09 ∂
G3 -0,45 ∂ -0,58 ∂ -0,07 ∂ R -0,23 ∂ -0,58 ∂ -1,02 ∂
G4 -0,10 ∂ -0,20 ∂ +0,50 ∂ R -0,39 ∂ -0,70 ∂ -1,36 ∂
G 5 & 6 -0,50 ∂ -0,11 ∂ +0,20 ∂ R -0,37 ∂ -1,83 ∂ -1,93 ∂
G7 +3,25 ∂ +1,17 ∂ +0,42 ∂ R -1,19 ∂ (-8,00 ∂) (-8,00 ∂)
Tab 8. Évolution de la sphère.

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1 2 3 4* 5 6 7
G1 +5,61 ∂ +6,49 ∂ +7,07 ∂ +7,31 ∂ +7,11 ∂ +6,94 ∂ +6,27 ∂
G2 +3,97 ∂ +4,20 ∂ +4,80 ∂ +5,03 ∂ +4,71 ∂ +4,36 ∂ +3,94 ∂
G3 +3,14 ∂ +3,01 ∂ +3,52 ∂ +3,59 ∂ +3,36 ∂ +3,01 ∂ +2,57 ∂
G4 +1,74 ∂ +1,64 ∂ +2,34 ∂ +1,84 ∂ +1,45 ∂ +1,14 ∂ +0,48 ∂
G5&6 -2,48 ∂ -2,09 ∂ -1,78 ∂ -1,98 ∂ -2,35 ∂ -3,81 ∂ -3,91 ∂
G7 -2,30 ∂ -4,38 ∂ -5,13 ∂ -5,55 ∂ -6,74 ∂ -13,55 ∂ -13,55 ∂
Tab 9. Évolution de la sphère.

Les 2 tableaux précédents montrent les variations enregistrées par rapport


à la tranche d’âge choisie en référence et leur traduction sur l’évolution de la
réfraction. Il se confirme que pour les groupes d’hypermétropie significative
la réfraction maximale se trouve bien dans la tranche d’âge 4. Pour les réfrac-
tions initialement physiologiques et pour les myopies faibles à modérées, ce
maximum se situe plus précocement dans la tranche 3. Pour des raisons de
prévalence faible ces 2 degrés de myopies ont été regroupés (G 5 & 6). Les
très fortes myopies présentent pour leur part un profil évolutif très différent,
mais leur nombre très restreint n’autorise aucune conclusion.
Évolution à court terme
Il apparaît sans ambiguïté que la décompensation maximale de l’hypermétro-
pie latente touche principalement le groupe des hypermétropes forts (groupes
1 et 2) alors qu’elle est très modérée pour les hypermétropies moyennes
et faibles (groupes 3 et 4) ainsi que pour les myopies faibles et moyennes
(groupes 5 et 6). Ce constat n’est pas en contradiction avec ce qui a été dit
précédemment à savoir que les plus fortes décompensations sont observées
dans les groupes 3 à 6. En effet cette situation concerne moins de 50 % des
cas et se trouve gommée par l’analyse globale alors qu’une élévation même
plus modérée concerne la plupart des forts hypermétropes. Pour leur part
les fortes myopies auraient apparemment tendance à s’aggraver progressi-
vement dès le tout jeune âge mais le nombre très limité des dossiers (3/700)
ne permet pas de conclusion, cette question restant déjà mal résolue en
l’absence de strabisme.
Évolution à moyen terme
Jusqu’à l’âge de 12 ans, l’évolution apparaît faible pour l’ensemble des groupes
1 à 6, inférieure à la 1/2 dioptrie.
Entre 12 et 15 ans, on note un recul plus net de l’hypermétropie, mais qui
est sensiblement plus marqué pour les faibles hypermétropies tandis que se
poursuit la myopisation des myopes initiaux.
Évolution à long terme
Elle ne concerne actuellement que 25 % de l’échantillon total (mais bien
représentatif, moyenne = +3,83 ∂). On note la poursuite de la diminution de
l’hypermétropie, mais toujours plus faible pour les groupes 1 à 3 et qui s’ac-
centue dans le groupe 4 avec poursuite de la myopisation pour les groupes
5-6.
Évolution du cylindre
Elle est regroupée sur les tableaux 10 et 11.
1 2 3 4* 5 6 7
G1 -0,65 ∂ -0,37 ∂ -0,13 ∂ R -0,12 ∂ -0,12 ∂ 0∂
G2 -0,30 ∂ -0,28 ∂ -0,13 ∂ R 0∂ 0∂ 0∂
G3 -0,12 ∂ -0,25 ∂ -0,10 ∂ R -0,14 ∂ -0,1 ∂ 0∂
G4 -0,12 ∂ -0,16 ∂ -0,10 ∂ R -0,10 ∂ 0∂ 0∂
G5&6 -0,37 ∂ +0,10 ∂ 0∂ R +0,15 ∂ 0∂ +0,60 ∂
Tab 10. Évolution du cylindre.

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66

1 2 3 4* 5 6 7
G1 0,89 ∂ 1,17 ∂ 1,41 ∂ 1,54 ∂ 1,42 ∂ 1,42 ∂ 1,54 ∂
G2 0,84 ∂ 0,86 ∂ 1,01 ∂ 1,14 ∂ 1,14 ∂ 1,20 ∂ 1,14 ∂
G3 0,64 ∂ 0,55 ∂ 0,70 ∂ 0,80 ∂ 0,66 ∂ 0,70 ∂ 0,86 ∂
G4 0,68 ∂ 0,64 ∂ 0,70 ∂ 0,80 ∂ 0,90 ∂ 0,80 ∂ 0,75 ∂
G 5-6 0,63 ∂ 1,10 ∂ 1,00 ∂ 1,00 ∂ 1,15 ∂ 1,04 ∂ 1,60 ∂
Tab 11. Évolution du cylindre.

Les 2 tableaux montrent des variations moyennes nettement faibles en


dehors des fortes hypermétropies et des myopies ce qui avait déjà été détaillé
dans l’analyse globale.

Conclusions
La réfraction du strabique montre une indiscutable évolution entre le pre-
mier bilan et la décompensation de l’hypermétropie maximale d’une part et
ensuite avec la réfraction de l’adolescent puis du jeune adulte. Cette courbe
en cloche, susceptible de présenter d’importantes variations individuelles, se
trouve surtout modulée en fonction du degré d’amétropie initiale.
Tout d’abord comme nous l’avons vu, un certain nombre d’observations
présentent leur maximum réfractif avant l’âge de 2 ans. Ceci concerne
majoritairement les faibles hypermétropes et les myopes. Inversement le
maximum peut être tardif, au-delà de 10 ans, mais les variations finales sont
généralement faibles.
L’élément le plus remarquable est qu’en définitive la régression réfractive
chez les hypermétropes forts reste modérée et donc toute relative. Cette
régression est quasi identique pour les hypermétropies modérées et phy-
siologiques ce qui conduit au tableau d’emmétropie fonctionnelle, ce stade
s’établissant finalement assez tardivement juste avant l’âge adulte. Pour
l’ensemble de ces 2 groupes la notion d’absence d’évolution significative
précédemment exposée reste totalement valable.
Toutefois à l’intérieur de ce groupe physiologique mais aussi pour quelques
hypermétropies significatives, se démasquent avec le temps un certain nombre
de myopies qui comme les myopies initiales vont évoluer selon leur nouveau
statut dans des proportions très variables. En effet ces myopies ne sont pas
soumises aux lois supposées de l’emmétropisation mais sont liées aux facteurs
complexes de l’hérédité et aux multiples facteurs environnementaux.
Quant au cylindre, il n’apporte pas dans son sens statistique d’influence
significative dans l’évolution de la réfraction, ce qui ne doit pas faire oublier
des variations ponctuelles sensibles, en particulier dans les fortes amétropies
hypermétropiques ou myopiques.
Au total le comportement évolutif des strabiques ne semble aucunement
s’individualiser par rapport aux sujets orthotropiques, ni par rapport au
type de déviation constaté. On retrouve dans toutes les situations la même
nécessité d’étudier séparément les réfractions myopiques précoces ou tardi-
ves, ce qui suppose une analyse rétrospective. Le non-respect de ce principe
conduit inévitablement à une surestimation de l’amélioration réfractive avec
le temps.
Enfin de façon surprenante mais logique il apparaît que c’est l’étude pro-
longée des strabiques qui nous apporte les informations les plus pertinentes
sur l’évolution tardive de la réfraction cycloplégique en général.
Cette connaissance de la réfraction tardive a plusieurs impacts majeurs sur
les attitudes thérapeutiques optiques et chirurgicales du strabisme :
• Compte tenu de l’obtention généralement retardée de la décompensa-
tion de l’hypermétropie latente et de son impact possible sur l’angle de
déviation, toute chirurgie précoce devrait par principe être soigneuse-
ment discuté.
• Compte tenu de l’absence d’évolution notable des hypermétropies
significatives (70 % des strabismes), il est illusoire voire fallacieux de
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laisser espérer une suppression durable de la correction optique en par-
ticulier sous les effets miraculeux d’une chirurgie musculaire adaptée.
RÉFÉRENCES
1. Péchereau A. Évolution de la réfraction. In : A & J Péchereau, éditeurs. La réfrac-
tion. Cahiers de Sensorio-motricité. Nantes : FNRO Éditions ; 2 000. p. 49-56.
2. Clergeau G. Évolution des amétropies. In : A & J Péchereau, éditeurs. La réfraction.
Cahiers de Sensorio-motricité. Nantes : FNRO Éditions ; 2 000. p. 57-63.

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69

Rapport CA/A, PPC et PPA

Marie-Andrée Espinasse-Berrod

Rapport CA/A
Définitions
Quand une personne exerce une certaine accommodation (A), une quantité
déterminée de convergence est induite, il s’agit de la convergence accom-
modative (CA).
Le rapport CA/A correspond à la quantité de convergence accommodative
induite par dioptrie d’accommodation.
La convergence accommodative est déclenchée par l’incitation accommo-
dative et non par l’accommodation elle-même (cette convergence accommo-
dative existe par exemple chez le sujet aphake).
Rappels sur l’accommodation
Un sujet emmétrope qui fixe à l’infini n’incommode pas.
Sinon, l’accommodation dépend de l’amétropie et de la distance de fixa-
tion.
Accommodation = amétropie + 1/distance en mètres (tableau 1).
À 33 cm À 50 cm À 1 mètre
Sujet emmétrope 3∂ 2∂ 1∂
Sujet myope de 1 ∂ -1+3 = 2 ∂ -1+2 = 1 ∂ -1+1 = 0 ∂
Sujet hypermétrope de 2 ∂ 2+3 = 5 ∂ 2+2 = 4 ∂ 2+1 = 3 ∂
Tab 1. Accommodation nécessaire en fonction de la distance
et de l’amétropie

2 façons d’exprimer la convergence accommodative


Convergence accommodative en angle métrique (AM)
Il s’agit d’une notion monoculaire.
Pour fixer à 1 m, un sujet emmétrope devrait accommoder d’une dioptrie
et converger de 1 AM (figure n° 1).
C (am) = 1/D (m).
Ces mesures ont permis d’établir les lignes de Donders (figure n° 2).
Mais cette appréciation en monoculaire ne tient pas compte de l’écart in-
terpupillaire et elle est forcément insuffisante. Un adulte doit, par exemple,
beaucoup plus converger pour voir à 33 cm qu’un bébé de 9 mois.
Convergence accommodative en dioptries prismatiques
Cette notion est binoculaire et dépend de la distance interpupillaire.
Une dioptrie d’accommodation provoque une convergence accommodative
d’une fois la distance interpupillaire en dioptries prismatiques.

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70
�������������������� Cette convergence accommodative est mesura-
ble avec les prismes. Elle va servir de référence
clinique.
Valeur de CA/A
��������������� CA/A normal
Un rapport CA/A est considéré normal lorsqu’il
est compris entre 3 et 5. Ce rapport serait inné
et constant avec l’âge. Mais il peut s’adapter chez
��������������� le sujet myope qui peut lire de près avec et sans
correction.
Un rapport CA/A normal est, en pratique, le
rapport permettant que le besoin de convergence
��������������� soit parfaitement comblé par la convergence
accommodative.
Il existe une variabilité importante du rapport
entre les sujets normaux.
CA/A élevé
Un rapport CA/A supérieur à 5 est élevé entraî-
nant un excès de convergence pour une accom-
Fig 1. Convergence accommodative modation donnée.
en angle métrique (AM).
Ceci peut entraîner une majoration d’ésotropie
����������� en vision de près, une ésophorie accommodative,
����������������� ou une compensation d’exotropie.
CA/A bas
Un rapport CA/A inférieur à 3 est considéré trop
faible d’où une hypoconvergence pour une ac-
�������� ����������� commodation donnée.
Ceci peut entraîner une exotropie majorée en vi-
sion de près ou une exophorie accommodative.
Méthodes de mesure
���������� Méthode de l’hétérophorie
Le rapport est mesuré chez un patient emmé-
trope ou porteur de sa correction optique totale.
L’hétérophorie (ou tropie) est mesurée de loin et à
33 cm. Les mesures sont effectuées au cover-test
alterné : CA/A = DIP + (p - l)/D.
�������������������������� • DIP : distance interpupillaire (en cm) ;
Fig 2. Les lignes de Donders. • p : hétérophorie de près ;
• l : hétérophorie de loin.
• D : distance de fixation de près exprimée en dioptries d’accommodation
(33 cm : 3 dioptries d’accommodation).
Cette méthode de l’hétérophorie repose sur 2 prérequis :
• La vision de loin est suffisamment éloignée pour n’entraîner aucune
accommodation ;
• La vergence de près est totalement causée par la convergence accom-
modative.
Mais en pratique la vergence proximale joue sur la déviation de près.
Exemple :
• DIP = 6 cm ; X’8 ; X2 ;
• CA/A = 6 + [(-8) - (-2)]/3 = 4;
soit 4 dioptries prismatiques, donc 4 ∆ de CA par dioptrie d’accommoda-
tion.
Méthode du gradient
Les variations d’accommodation sont ici induites par interposition de ver-
res.

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Le sujet doit être emmétrope ou porteur de sa correction optique totale.
Les mesures angulaires sont effectuées au cover-test alterné, en vision de loin
avec interposition de lentilles concaves (-1 à -3 ou -2 à -6 selon les auteurs) et
en vision de près avec interposition de lentilles convexes (+1 à + 3).
Les lentilles concaves stimulent l’accommodation et les lentilles convexes
relâchent l’accommodation : CA/A = (l - o)/D.
• l : hétérophorie avec lentille ;
• o : hétérophorie sans lentille ;
• D : puissance de la lentille.
Exemple :
• De loin sans lentille : X2 ;
• Avec interposition de -2 : E8
CA/A = [8- (-2)]/2 = 5
Hétérophorie fois
Verre Accommodation Hétérophorie = H
accommodation
0 0 Ht1 Ht1 fois 0
-2 +2 Ht2 Ht2 fois 2
-3 +3 Ht3 Ht3 fois 3
-4 +4 Ht4 Ht4 fois 4
-6 +6 Ht Ht5 fois 6
Somme 15 ∂ Somme = Ht Somme = Y
Tab 2. Méthode du gradient (de loin).

Un résultat tenant compte de toutes les mesures effectuées en vision de


loin est donné par la formule : CA/A = 5Y - 15 Ht/100 (tableau 2).
Difficultés et limites des mesures du rapport CA/A
La coopération doit être très bonne pour les mesures, avec une fixation par-
faite et une accommodation maintenue sur la cible.
La distance de fixation doit toujours être la même.
La méthode de l’hétérophorie compare la déviation de loin et de près. Il
ne faut donc pas confondre une élévation de CA/A avec un syndrome V où
l’angle augmente dans le regard en bas.
Les mesures doivent donc toujours être bien effectuées en position pri-
maire.
Par ailleurs, une activation de la vergence proximale peut donner une fausse
élévation de CA/A.
Dans la méthode de l’hétérophorie, la distance inter-pupillaire est prise
en compte. Une distance inter-pupillaire importante peut donc entraîner un
rapport CA/A au-dessus de la normale.
La méthode du gradient est sans doute la moins critiquable.
Intérêt théorique et utilisation pratique du rapport
CA/A
En théorie
L’intérêt de connaître la convergence accommodative induite par l’accom-
modation est évident. Une anomalie du rapport CA/A permet en effet, d’ex-
pliquer de nombreuses situations d’asthénopie accommodative et certaines
incomitances loin-près.
L’étude du rapport CA/A permet par exemple de distinguer un excès de
convergence avec CA/A élevé d’un excès de convergence non accommodatif.
De même, un rapport CA/A élevé permet d’expliquer certains tableaux de
pseudo-exotropie de loin où la déviation est réduite de près.
En pratique
Nous avons vu les limites de la mesure du rapport CA/A et la difficulté d’in-
terprétation des résultats.

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������������

������������������ ������

������������������� �������������
��������������

������ ���������
���������� ��������

��� ��� ��������� ���


Fig 3. Arbre décisionnel pour l'étude du PPC.

���

������������������

�����

�������������������
��� ���
��������������

��� �����������������
Fig 4. Arbre décisionnel pour l'étude du PPA.
C’est pourquoi, en pratique strabologique, l’estimation de ce rapport est
le plus souvent donnée par la comparaison de la déviation de près avec la
correction optique totale et celle obtenue avec la correction optique totale
et une addition de + 3,50 dioptries. On peut en effet considérer que le rap-
port CA/A est élevé si l’addition de verres convexes permet une réduction
significative de l’angle de déviation. Cette estimation simple et immédiate
doit être systématiquement réalisée au cours du bilan d’une asthénopie ac-
commodative ou d’une incomitance loin/près, qu’il s’agisse d’une ésotropie
ou d’une exotropie.

Punctum proximum de convergence (PPC)


Le PPC correspond au point le plus rapproché sur lequel les 2 yeux peuvent
converger. Il est estimé en binoculaire.
Méthode objective : un objet de fixation est placé à 30/40 centimètres des
yeux dans le plan médian et on demande au sujet de maintenir la fixation
sur l’objet. Puis on rapproche ce dernier jusqu’au moment où un œil dévie
en dehors. On peut mesurer ce PPC à l’aide d’une réglette. Sa valeur normale
est à 8 à 10 cm du rebord orbitaire. Ce PPC est « entraînable » et modifiable
par la volonté.
Méthode subjective : le PPC est noté quand le patient voit double. Le test
peut être sensibilisé par l’interposition d’un verre rouge devant l’œil domi-

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nant. Le sujet doit visualiser une lumière rose à distance. Puis, la lumière est
rapprochée jusqu’à l’obtention de la diplopie. Ce verre rouge représente un
petit obstacle à la fusion et limite la convergence volontaire.
Si le PPC est à plus de 10 cm du rebord orbitaire, il existe une insuffisance
de convergence voir une paralysie de la convergence. Mais le PPC objectif
peut être normal dans une insuffisance de convergence. Le diagnostic d’in-
suffisance de convergence est alors porté sur l’insuffisance des amplitudes
de fusion en convergence de près.
Le PPC subjectif peut être plus éloigné que le PPC objectif et il est donc plus
fiable pour diagnostiquer une insuffisance de convergence. (figure n° 3)
Une différence importante entre les PPC obtenus par les 2 méthodes est
un critère de mauvais pronostic pour la rééducation de l’insuffisance de
convergence.

Punctum proximum d’accommodation (PPA)


Le PPA correspond au point le plus rapproché que l’œil peut voir net en ac-
commodant au maximum.
La mesure peut être effectuée en monoculaire et en binoculaire.
Sa valeur doit être interprétée en fonction de l’âge :
• Chez l’emmétrope :
¬ 7 cm de la cornée chez l’enfant,
¬ 14 cm de la cornée à 30 ans,
¬ 30 cm de la cornée à 45 ans.
• Les valeurs sont plus faibles chez le sujet myope.
L’intérêt clinique du PPA est important pour diagnostiquer les asthénopies
hypoaccommodatives (presbytie précoce). Dans ces circonstances où un PPA
éloigné s’associe à un rapport CA/A bas, la rééducation est inefficace et le
traitement comportera des verres doubles foyers ou progressifs et parfois
des prismes.
Il peut s’agir, dans un cas extrême, d’une paralysie de l’accommodation.
L’évaluation du PPA est donc indispensable dans tout bilan d’asthénopie
(figure n° 4).
En 1922, sa mesure était recommandée par Jackson de façon systématique
chez l’enfant.

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Accommodation et facteurs verticaux

Danièle Denis

Introduction
L’évaluation de l’influence d’une sous-correction ou d’une absence de cor-
rection optique (CO) sur la mesure de la verticalité dans le strabisme accom-
modatif conduit à étudier les facteurs verticaux et la place de la correction
optique.

Les facteurs verticaux


Dans le strabisme accommodatif, le dérèglement oculomoteur vertical
retrouvé est de type intermédiaire (1). 90 % des facteurs verticaux sont
congénitaux ou infantiles avec 10-15 % de syndromes périphériques et 85-
90 % de facteurs centraux ou intermédiaires, lesquels sont caractérisés par
leur grande fréquence (70 % de l’ensemble de tous les facteurs verticaux),
l’absence d’impotence de duction statique et cinétique, l’existence d’une
déviation horizontale associée en X ou en E : les déviations verticales étant
secondaires à la déviation horizontale.
Le dérèglement oculomoteur vertical est caractérisé par l’élévation en
adduction (hyperfonction de l’oblique inférieur), le syndrome alphabétique
A (associé une hyperaction des obliques supérieurs) et V (associé une hype-
raction des obliques inférieurs) et la DVD avec une fréquente association.
Lorsque la déviation verticale est > 4 ∆, une neutralisation, une impossibilité
de développer une binocularité peuvent s’installer.
L’étude des incomitances verticales dans le cadre des dysbinocularités
montre que les déviations verticales ne sont pas primitives mais secondaires
à la déviation horizontale.
• Une déviation horizontale est toujours présente lorsque se produit une
incomitance verticale ou oblique ;
• Les déviations verticales varient avec la déviation horizontale, ainsi elles
peuvent diminuer voire s’annuler avec la correction de l’horizontalité ou
au contraire apparaître.

Le strabisme accommodatif
Les dérèglements cliniques de la vergence accommodative dans les strabismes
sont marqués par les variations angulaires sous l’influence de la correction
de l’amétropie et de l’incomitance loin-près.
Le strabisme accommodatif résulte :
• Soit d’une anomalie non réfractive de la centrale innervationnelle du
contrôle de l’accommodation-convergence (excès de convergence, rap-
port AC/A anormalement élevé) ;
• Soit d’une anomalie réfractive (ésotropie réfractive accommodative).
Le trouble accommodatif peut être :
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76
• Soit tardif : 3 types : accommodatif typique pur, partiellement accom-
modatif, avec excès de convergence ;
• Soit précoce avec une part accommodative, appelée aussi « ésotropie
précoce accommodative », ésotropies infantiles avec un élément ac-
commodatif. Peut-on différencier le début de l’ésotropie précoce et cel-
le de l’ésotropie accommodative précoce ? Koc (3), sur 256 cas d’ésotro-
pie précoce, retrouve une hypermétropie > 2,5 ∂ dans 14,4 % (37/256)
dont 48 % sont corrigés totalement par le port de la correction optique
totale, et 52 % partiellement. La distinction de façon précoce entre
une ésotropie accommodative et une ésotropie précoce est impossible,
aucun facteur ne peut déterminer la prédictibilité des accommodatifs
purs. Les signes qui accompagnent l’ésotropie infantile n’aident pas car
ils sont rarement présents au temps initial du diagnostic de la réfrac-
tion.

Facteurs verticaux dans le strabisme


accommodatif
Peu de travaux abordent l’étude des facteurs verticaux
Dans l’ésotropie accommodative, la revue de la littérature est très pauvre
sur le sujet. Les études qui traitent des signes caractéristiques de l’ésotropie
accommodative, (4) des facteurs à l’origine de la détérioration de l’ésotropie
accommodative ne mentionnent pas les facteurs verticaux (5, 4).
Leur fréquence et leur type dans les strabismes accommodatifs typiques
sont exceptionnellement étudiés (4, 5, 6 7). Ils sont l’apanage du strabisme
précoce mais se retrouvent dans le strabisme accommodatif.
Rares sont les auteurs comme Doden (8) pour qui dans les ésotropies
accommodatives réfractives les dysfonctions des muscles obliques et les
syndromes A et V sont fréquents et représentent des obstacles à la fusion
justifiant une chirurgie de désagittalisation des muscles obliques.
Pour la majorité, l’élévation en adduction n’est pas un signe fréquent de
l’ésotropie accommodative réfractive (ETAR) et non réfractive (7, 2). Schiavi (7)
évalue (58 patients avec ETAR suivie au moins 4 ans), la valeur pronostique
de l’élévation en adduction pour le devenir fonctionnel de la vision binocu-
laire. Il confirme que l’élévation en adduction n’est pas fréquente, quand elle
est présente elle ne signifie pas nécessairement un pronostic négatif pour le
maintien d’une binocularité normale avec correction optique. L’hyperfonction
de l’oblique inférieur peut se développer après la perte de l’alignement chez
quelques patients décompensés. La relation de cause à effet entre l’élévation
en adduction et la perte de la binocularité dans les ETARS n’est pas démon-
trée : l’hyperfonction des obliques inférieurs n’exerce pas d’influence négative
sur le pronostic des ésotropies accommodatives réfractives.
La détérioration de l’ésotropie accommodative réfractive pure n’est pas
fréquente (9). Ainsi, Birch (10) dans une étude prospective sur les facteurs de
risques pour le développement de l’ésotropie accommodative après chirurgie
pour ésotropie précoce (80 patients suivis au moins 4 ans après orthoposition),
isole 12 facteurs de risques potentiels : âge au début, ésodéviation initiale,
réfraction initiale, âge de l’orthoposition, délai de l’orthoposition, lunettes
avant chirurgie, amblyopie, procédures chirurgicales complémentaires, instabi-
lité de l’orthoposition, augmentation de l’hypermétropie, fusion périphérique
et stéréoscopie. L’augmentation de l’hypermétropie, le délai de l’alignement,
et la mauvaise stéréoscopie se posent comme étant des facteurs de risques
significatifs de l’ésotropie accommodative. Les facteurs verticaux ne sont
pas cités, ce ne sont pas des facteurs de risque. Pour Raab (6) sur une étude
comparative des ésotropies décompensées et non décompensées montre que
l’élévation en adduction est présente respectivement dans 34 % par rapport
à 14 % des ETARs non décompensées et la DVD est présente dans 13 %
par rapport à 4 % des ETARs non décompensées. Raab (11) dans une autre
étude spécifie que « la coexistence de déviations verticales, de dysfonctions

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obliques n’a pas d’influence sur le devenir de l’ETAR qui est le même avec
ou sans ces signes ».
L’élévation en adduction n’est pas un signe fréquent de l’ésotropie accom-
modative réfractive, l’effet de cette dysfonction du muscle oblique sur la
binocularité dans les ETARs réfractives n’est pas évident.
Syndrome alphabétique : l’accommodation plus sollicitée de près que de
loin joue un rôle important dans les syndromes V et le favorise. La correction
optique, en agissant sur l’angle horizontal, favorise une union binoculaire,
améliore la coopération des deux yeux (compensé grâce au verrou fusionnel)
et permet un meilleur contrôle de tous les phénomènes sensori-moteurs avec
en particulier la décompensation des syndromes alphabétiques (1, 2).
Correction optique et strabisme accommodatif
Le but théorique du traitement du strabisme est l’obtention d’une binocularité
optico-sensori-motrice normale (1, 2). L’amétropie est seulement un facteur
favorisant et déclenchant, d’importance variable suivant les sujets, d’un autre
dérèglement fondamental. (1) la correction optique a une place essentielle
par son action à la fois sur l’élément moteur et sensoriel :
• Sur le plan moteur, la correction optique adaptée de toute amétro-
pie conditionne le fonctionnement des vergences (1). Une déviation
horizontale est toujours présente lorsqu’il se produit une incomitance
verticale. Les caractères et les variations de l’incomitance verticale dé-
pendent de la déviation horizontale.
• Sur le plan sensoriel, la correction optique permet de lutter contre les
hypermétropies, les anisométropies hypermétropiques qui rompent la
binocularité : une meilleure vision et par cela une meilleure fusion sont
obtenues. Ainsi, les déséquilibres alphabétiques compensés grâce au
verrou fusionnel apparaissent fréquemment lors de perte de fusion (12).
Il n’y a aucune proportionnalité entre le degré de l’amétropie et la déviation
qu’elle peut provoquer. Au départ rien ne permet de savoir les conséquences
exactes de l’amétropie sur le désordre innervationnel. C’est pourquoi il est
nécessaire, lorsqu’il y a des paramètres réfractifs anormaux, de les normaliser
(1, 2).
La correction optique doit être totale
L’étude de Knoc (3) montre que la moitié des ésotropies infantiles précoces
présentant une hypermétropie > 2,5 ∂ sont totalement corrigées par la correc-
tion optique totale, les autres l’étant partiellement soulignant l’importance
d’une correction optique adaptée.
La correction optique doit être aussi précoce
Pigassou (2) montre que 3 enfants strabiques (déviation 20 ∆) corrigés pour
une même hypermétropie (+ 3 ∂ ODG) avant l’âge de 1 an, après 18 mois
et jusqu’à 6 ans ont une évolution différente. Le cas traité avant un an par
correction optique totale et examiné à 3 ans n’a pas de strabisme et une
binocularité stable. Les deux autres cas traités respectivement à 18 mois et
à 6 ans présentent une déviation de 40 ∆, une amblyopie à 2 à 3/10 et une
hyperaction de l’oblique inférieur de l’œil dévié. Après correction optique to-
tale, traitement amblyopique et chirurgie des deux droits médiaux seule pour
l’enfant vu à 18 mois, associée à celle l’oblique inférieur pour le cas traité à
6 ans il y a obtention d’une binocularité avec 10/10 ODG. Ces 3 strabismes
d’origine accommodative ayant débuté au même moment et traités à des
âges différents présentent un tableau clinique différent en symptomatologie
et en gravité. La réaction une fois déclenchée continue à évoluer même si
le facteur étiologique (amétropie) en cause a pris fin. Cet exemple montre
que la correction optique totale précoce prévient l’amblyopie, empêche la
déviation horizontale de devenir plus importante et la déviation verticale de
s’installer.
Sous-correction ou absence de correction optique
Dans le strabisme accommodatif, une sous-correction ou une absence de cor-
rection optique va générer des effets délétères sur l’équilibre binoculaire avec

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apparition ou augmentation de la déviation horizontale (stimulation de con-
vergence due hypermétropie). Elle peut aussi favoriser la décompensation de
certains facteurs verticaux ou la création de pseudo-déviations verticales.
En pratique
Dans certains strabismes accommodatifs il est courant d’observer après mise
en place de la correction optique totale une diminution à la fois de la déviation
horizontale et de la déviation verticale.

Correction optique totale et horizontalité


Ainsi, la correction optique totale entraîne sur l’horizontalité :
• Dans le strabisme accommodatif pur la disparition immédiate de la
déviation, les stimulations de convergence liées à l’hypermétropie sont
annulées,
• Dans les incomitances loin-près, la disparition totale de la déviation
en vision de loin. L’angle en vision de près peut disparaître totalement
également avec double foyer ou verre progressif.
• Dans les strabismes partiellement accommodatifs une diminution
incomplète de la déviation aussi bien en vision de loin qu’en vision de
près.

Correction optique totale et verticalité


Élévation en adduction
Sous l’influence du traitement médical (secteurs, pénalisation), ou chirurgical
la disparition d’hyperactions fortes ou modérées (1 croix à 4 croix) de l’oblique
inférieur est souvent parallèle à celle de la déviation horizontale elle-même.
Pigassou confirme que lorsque les incomitances verticales sont légères elles
peuvent disparaître après chirurgie de droits médiaux (p 131), mais aussi après
traitement médical entraînant une normalisation des relations sensorielles
binoculaires. Deller publie que la chirurgie précoce fait disparaître les hype-
ractions modérées. Ceci incite à la prudence dans l’indication chirurgicale
pour les hyperfonctions 1 croix, 2 croix et plus afin de prévenir le risque de
survenue d’hypofonction postopératoire. Cette disparition après traitement
de l’horizontalité amène von Noorden (13) et Pigassou (2) à confirmer que
l’hyperaction des obliques inférieurs dans l’ésotropie infantile en apparence
primitive est en fait secondaire.
Syndrome alphabétique
Guyton (14) montre que la perte de la fusion prédispose le système oculomo-
teur à la cyclotorsion qui entraîne les syndromes A et V en accord la théorie
de Weiss (15) (anomalies d’insertions des 4 muscles droits). La cyclotorsion
serait le facteur étiologique de base des syndromes alphabétiques.
Pour Fells (16), les incomitances cycloverticales telles un syndrome A ou V
ou les dysfonctions des muscles obliques qui surviennent chez les patients
avec ésotropie accommodative réfractive, représentent un obstacle significatif
à la fusion et doivent, pour certains, être corrigés par la chirurgie.
En revanche, plusieurs études ont établi que la détérioration fonctionnelle
de l’ésotropie accommodative réfractive survient peu fréquemment et que
ces dysfonctions des muscles obliques et des syndromes A et V chez ces
patients étaient causés par un mauvais diagnostic et des techniques de me-
sures inadéquates. Knapp (17) (1 959), von Noorden et Olson (1 965) (18) ont
démontré que, si la correction optique n’est pas portée pendant les mesures
ou si une lumière de fixation est utilisée plutôt qu’une cible accommodative,
des pseudo-syndromes A et V peuvent apparaître ou de vrais syndromes peu-
vent ne pas être dépistés. Ceci souligne l’importance du port de la correction
optique et de la qualité des mesures cliniques de l’élévation en adduction et
des syndromes alphabétiques : la correction optique totale doit être portée
et l’accommodation contrôlée avec des cibles appropriées pendant les me-
sures de la déviation. Knapp montre que ces mesures doivent être faites en
fixation de loin évitant des positions de torticolis qui sont fréquentes chez
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les patients porteurs de A et V. Ces mesures doivent être faites en position
physiologique de 25° dans le regard en haut et de 35° dans le regard en bas
et pas au-dessous de 33 cm.
Payne (19) compare le rapport AC/A dans le regard en haut et en bas chez
des patients porteurs ou non de syndrome alphabétique sans trouver de
différence significative dans les différentes positions du regard.
Ces constatations soulignent l’importance de l’évaluation clinique des
facteurs verticaux qui doit être minutieuse afin de ne pas les créer ni les
surestimer.
Facteurs généraux
Quels que soient les troubles verticaux rencontrés dans les strabismes accom-
modatifs il est important de souligner que la variabilité de l’angle de déviation
indépendamment de la correction optique peut dépendre aussi de l’état gé-
néral du patient (asthénie, maladie générale…) au moment de l’examen.

Conclusion
La fréquence et la variété des facteurs verticaux sont mal étudiées dans les
strabismes accommodatifs mais leurs conséquences certaines sur l’élément
sensoriel et moteur. Cette étude confirme l’importance de la correction opti-
que totale et montre la nécessité d’évaluer au mieux cliniquement les facteurs
verticaux en vérifiant la méthode de mesure et la coopération des patients
afin de prévenir l’apparition de fausses verticalités ou de masquer les vrais.
RÉFÉRENCES
1. Quéré MA. Abord du problème étiopathogénique des facteurs verticaux. Colloque
sur « Le praticien et les facteurs verticaux ». Fondation nantaise de recherche
en ophtalmologie (FNRO). Nantes, 27 au 27 septembre 1 991.
2. Pigassou-Albouy R. Les Strabismes : tome II : les convergences oculaires, Masson,
Paris, 1 992 ; 212 p.
3. Koc F, Ozal H, Firat E. Is it possible to differentiate early-onset accommodative
esotropia from early-onset essential esotropia ? Eye. 2 003 ; 17, 6 : 707-710.
4. Seeley MZ, Otis Paul T, Crowe S, Dahms G, Lichterman S, Traboulsi EI. Compari-
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5. Klainguti G. Les strabismes accommodatifs. EMC, 2 002
6. Raab EL. Etiologic factors in acommodative esodeviation. Trans Am Ophthalmol
Soc. 1 982 ; 80 : 657-94
7. Schiavi. Up-shoot in adduction has no prognostic value for decompensation in
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8. Doden W. Neue gesichtspunkte zur atiologie des schielens. Klein Monatsbl
Augenhielkd. 1958, 132 : 892
9. Deller M. Surgery of fully accommodative esotropia : treatement, alternative or
imposture ? In Kaufmann H : Transaction of the 20 th meeting of the European
Strabological Association. Brussels, Gahmig Press, 1992, p167
10. Birch EE, Fawcett SL, Stager DRS. Risks factors for development of accommo-
dative esotropia following treament for infantile esotropia. J AAPOS 2 002 ; 6,
3 : 174-81
11. Raab EL. Monitoring of controlled acommodative esodeviation. Trans Am Ophthal-
mol Soc. 2 001 ; 99 : 225-228, 228-231. discussion.
12. Spielmann A. Les strabismes : de l’analyse clinique à la synthèse chirurgicale 2e
édit, Masson 1 991 ; 113-141.
13. von Noorden GK, Avilla CW. Refractive accommodative esotropia : a surgical
problem ? Int Ophtalmol 1 992.
14. Guyton DL Sensory torsion as the cause of primary overaction/underaction and
A- and V-patern strabismus. Binocular Vision Eye Muscle Surg. 1 994 ; Q 9 suppl
209, syndrome
15. Weiss JB. Ectopies et pseudoectopies maculaires par rotation. Bull Mem Soc Fr
Ophthalmo 1 966 ; 79 : 329
16. Fells P, Berard PV, Gobin M. Symposium of the management of fully accom-
modative ésotropie. In Campos C. ed Strabismus and ocular motility disorders
Proceedings of the sixth meeting of ISA Surfer’s paradise, Australia London, 1991,
p269.
17. Knapp. Vertically incomitant horizontal strabismus : the so called A and V syn-

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80
drome. Trans Am Ophthalmol Soc 1 959 ; 57 : 666.
18. von Noorden GK, Olson diagnostic and surgical management of vertically inco-
mitant horizontal strabismus. Am J Ophthalmol 1 965 ; 60 : 434.
19. Payne JW von Noorden GK. The ratio of accommodative convergence to accom-
modation in strabismus with A-andV patterns. Arch Ophthalmol. 1 967 ; 77 :
26.

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Strabisme réfractif

Béatrice Roussat

Définition
Le strabisme réfractif se définit comme une déviation oculaire qui se corrige
pour toute distance de fixation par la simple correction des troubles réfractifs.
L’anomalie la plus fréquente est l’ésotropie chez l’hypermétrope, qui sera prise
comme modèle de description.
L’absence de correction d’un trouble réfractif, par exemple l’hypermétropie,
a différentes raisons :
• Motif esthétique ;
• Acuité visuelle jugée suffisante pour la vie courante ou pour l’activité
professionnelle ;
• Caractère dangereux ou inadapté (réel ou supposé) du port de la correc-
tion (lunettes ou lentilles).
Il en résulte une cascade de conséquences : d’abord une augmentation de
la convergence, puis des mécanismes compensateurs selon le degré d’accom-
modation :
• En cas d’absence de réaction accommodative, l’image rétinienne reste
floue et il n’y pas d’ésotropie secondaire, mais une amblyopie.
• En cas d’accommodation excessive, l’image rétinienne devient nette et
l’excès de convergence entraîne une ésotropie, mais sans amblyopie.
Dans cette situation, pour s’opposer à l’ésotropie, il se produit une
« divergence fusionnelle », dont les conséquences sont variables selon
le rapport AC/A (voir schéma).

Modalités d’apparition
Ce type de strabisme apparaît entre 2 et 3 ans. Lorsque sa date de début est
plus tardive, il prend volontiers l’aspect d’un strabisme aigu, qu’on attribue à
tort à la décompensation d’un microstrabisme. L’occlusion peut déclencher le
strabisme aigu. Enfin, le strabisme réfractif peut apparaître très précocement,
vers 4 à 6 mois. En l’absence de correction optique, il peut être pris pour un
strabisme congénital ou idiopathique précoce.

Examen clinique
L’examen clinique comporte toujours une mesure objective de la réfraction
après cycloplégie. On y ajoute une mesure de l’angle de déviation, dans les
conditions de l’examen standardisé (de près, de loin, strictement de face puis
dans le regard vers le bas). Pour retenir le diagnostic de strabisme réfractif,
on doit constater une disparition complète du strabisme lors du port de la
correction optique.

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82
Évolution
En cas d’insuffisance de la correction, il persiste un strabisme constant ou
variable, une diplopie intermittente, une asthénopie et/ou des clignements
oculaires.

Diagnostic différentiel
Ésotropie accommodative non-réfractive
L’ésotropie est moins importante en vision de loin. Elle est nette en vision
de près. Le rapport AC/A est en général augmenté. Le sujet peut être emmé-
trope, hypermétrope ou myope. Si la vision binoculaire était installée avant
l’apparition du strabisme, la correction laisse une phorie.

Ésotropie hypoaccommodative
L’ésotropie hypoaccommodative a été décrite par Costenbader puis Muhlen-
dyck. La valeur de l’ésotropie est supérieure en vision de près. Elle n’est pas
améliorée par la correction. La convergence excessive est une réponse à une
défaillance de l’accommodation. Dans certains cas, ce type d’ésotropie est
secondaire au port prolongé de verres bifocaux, chez des enfants déjà traités
pour ésotropie avec incomitance loin-près.

Traitement
Par définition, le traitement est représenté uniquement par la correction op-
tique totale. Celle-ci peut être réalisée par verres de lunettes ou par lentilles.
Le résultat est plus favorable si la vision binoculaire était présente avant
l’installation du strabisme.
Par comparaison, une ésotropie accommodative « non-réfractive » n’est
pas complètement supprimée par la correction optique et demande soit le
port de verres bifocaux, soit une intervention chirurgicale (reculs des droits
médiaux avec ou sans fil de Cüppers, parfois associés à une résection des
droits latéraux).
De même, le traitement d’une ésotropie hypoaccommodative est représenté
par la correction optique, mais la nécessité de verres bifocaux aggrave le défaut
d’accommodation, ce qui conduit en général à un traitement chirurgical.

Conclusion
Le strabisme réfractif est une entité particulière au sein des strabismes. Il est
suspecté cliniquement lors des mesures de la déviation dans les différentes
conditions d’examen. Il est confirmé par le test thérapeutique. Le traitement
doit être commencé immédiatement et contrôlé régulièrement par la mesure
de la réfraction sous cycloplégie.

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Strabisme accommodatif non réfractif

Dominique Thouvenin

Mise au point nosologique


L’immense majorité des hétérophories comporte une part accommodative
puisque l’immense majorité des patients ne sont pas emmétropes. Sans
correction optique (CO), la Convergence Accommodative (CA) est donc
stimulée de manière excessive chez l’hypermétrope ou insuffisante chez le
myope. Quand un patient présente une hétérophorie, il est simple de savoir
ce qui revient à la CA en mesurant la déviation avec la correction parfaite
de l’emmétropie. Le terme « d’hétérophorie accommodative » devrait être
réservé aux troubles oculomoteurs totalement guéris par une correction
optique (ce qui éviterait l’adjectif « pur »). Les hétérophories améliorées
mais non guéries par la CO, immense majorité des cas, sont « partiellement
accommodatives ». Cet adjectif n’a pas de raison d’être puisque, on l’a vu, il
existe une part accommodative dans presque tous les strabismes, les vrais
emmétropes étant rares.

Classification actuelle des strabismes


du « point de vue accommodatif »
Les hétérophories accommodatives (pures)
Le patient est toujours en CRN. Si la fusion est dépassée par la stimulation
de la CA, la phorie devient une tropie.
Réfractives
C’est-à-dire des hétérophories guéries par la CO, en fixation de loin comme de
près. C’est une situation fréquente mais à la limite du physiologique, puisque
la seule anomalie est finalement une amétropie, les vergences répondant
normalement à la stimulation accommodative.
Non réfractives
C’est-à-dire des hétérophories avec un dérèglement de CA/A On rentre ici
dans les situations vraiment pathologiques puisqu’il s’agit d’une maladie de
la vergence accommodative, qui répond de manière anormale à une stimu-
lation accommodative.
Les hétérophories partiellement accommodatives
Elles sont partiellement améliorées par le port de la CO. Un autre mécanisme
de vergence est atteint. Elles peuvent se présenter en CRN ou en CRA. Elles
peuvent être associées à un dérèglement de CA/A. Comme nous l’avons dit,
la part accommodative est présente dans presque tous les strabismes, on la
supprime en faisant porter la CO. La qualification de partiellement accom-
modatif n’a donc pas vraiment de raison d’être

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Relation entre CA et Accommodation,
rapport CA/A
La quantité de convergence accommodative (CA) est reliée à la quantité d’ac-
commodation (A) développée pour voir l’objet net. La relation entre les deux
a été décrite par Donders (1 864), il s’agit d’un rapport remarquablement fixe
pour chaque individu : rapport CA/A.
Il est indépendant de l’âge. Il est fixé dès l’âge de 6 mois. Toutefois il est
probable que certains myopes notamment peuvent l’adapter en cas de non-
correction prolongée de leur amétropie.
Il est indépendant de l’amétropie. Il ne concerne que la convergence liée
à l’effort accommodatif nécessaire à une vision dans un espace fini, donc
d’une variation de la distance de fixation. Si CA/A est normal, une amétropie
entraîne une hétérophorie accommodative identique de loin et de près et le
traitement optique, réfractif guéris l’ensemble de la phorie. Si CA/A est anor-
mal, l’anomalie de CA se surajoute dans la vision rapprochée à l’hétérophorie
liée à l’éventuelle amétropie.
Il est indépendant du contrôle central des vergences notamment toniques,
fusionnelles et proximales. Toutefois il est très difficile de mesurer de ma-
nière pure la CA isolée car le réflexe de vision de près et l’accommodation
entraînent d’autres mécanismes de vergences qu’il est quasiment impossible
de neutraliser en clinique.
• Un rapport CA/A normal
Il permet une convergence accommodative adaptée à l’effort d’accom-
modation. Les axes visuels se croisent sur l’objet que l’on voit net, sans
autre mécanisme d’adaptation.
• Un rapport CA/A anormal
Il entraîne une hyperconvergence accommodative (CA/A élevé) ou une
hypo convergence accommodative (CA/A diminué). La déviation appa-
raît dans le regard en vision de près et non de loin. En dehors de toute
amétropie ou hétérophorie, la convergence accommodative est inadap-
tée à l’incitation accommodative Il existe une « incomitance loin-près
d’origine accommodative ».
¬ CA/A élevé
C'est le cas de loin le plus fréquent. La CA est excessive et provoque
une hyperconvergence de près ou ésophorie accommodative de près.
Celle-ci est guérie par la mise au repos de l’accommodation (addition
optique de +3 ∂ à 33 cm).
¬ CA/A abaissé
La CA est insuffisante avec insuffisance de convergence de près d’où
une exophorie accommodative de près. Sa réalité est discutée en cli-
nique. Théoriquement, elle doit guérir en stimulant l’accommodation
de près (soustraction optique de près par verre négatif).
• Mais toute incomitance loin près n’est pas d’origine accommodative :
une déviation spastique de près peut être notée, sur laquelle une addi-
tion optique est inefficace. Il s’agit de spasmes toniques, liés sans doute
à une anomalie de la vergence proximale.

Diagnostic d’une ésotropie accommodative


non réfractive
C’est la constatation, chez un patient portant la correction totale de toute
amétropie (vérifiée et revérifiée sous cycloplégie, même chez l’adulte) d’une
hétérophorie variable en fixation de loin, parfois en orthophorie et d’une
hétérophorie notablement augmentée de près en fixant une mire à optotype
(et non une lumière ou un point). La mesure du rapport CA/A (méthode de
l’hétérophorie ou plutôt du gradient) montre une anomalie de celui-ci. Plus
simplement, la déviation mesurée de près devient identique à celle mesurée

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Fig 1. Strabisme accommodatif non réfractif.


de loin si l’on met l’accommodation au repos par une addition optique, et
ce, de manière stable.
Il faut éliminer :
• Les patients hypoaccommodatifs en demandant de bien lire l’optotype
présenté de près ;
• Les syndromes V parfois physiologiques. Si l’angle de près est mesuré
dans le regard naturel de près (en bas), il existe physiologiquement une
augmentation de la convergence. Il faut donc mesurer l’angle de près
comme de loin par une fixation en position primaire.

Situations rencontrées en clinique


Situation accommodative parfaite
Le sujet est orthophorique, emmétrope, avec un rapport CA/A normal… Nous
sommes en orthophorie accommodative !
• De loin on note une orthophorie, avec repos accommodatif ;
• De près le patient accommode. Seule CA intervient, elle doit suffire
pour faire croiser les deux axes visuels sur l’objet.
Situation accommodative presque parfaite
C’est-à-dire une amétropie simple sans dérèglement accommodatif : sujet
hypermétrope, avec un rapport CA/A normal… C’est une ésophorie accom-
modative réfractive.
• De loin :
¬ SC : ésophorie liée à la stimulation inadaptée de l’accommodation,
¬ AC : repos accommodatif  Orthophorie.
• De près :
¬ SC : Ésophorie identique à celle de loin,
¬ AC : O’t,
¬ CA est sollicitée normalement. Elle doit suffire pour faire croiser les
deux axes visuels sur l’objet.
Maladie de l’accommodation
C'est un dérèglement isolé de CA/A : sujet emmétrope ou amétrope corrigé,
avec un rapport CA/A excessif, c’est-à-dire ésotropie accommodative non
réfractive (figure n° 1).
• De loin :
¬ Orthophorie avec correction éventuelle.

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Fig 2. Strabisme accommodatif réfractif :


Fig 2a. Ésotropie de loin sans correction ;
Fig 2b. Orthotropie de loin avec correction de l’hypermétropie ;
Fig 2c. Ésotropie de près dans la correction simple de l’hypermétropie ;
Fig 2d. Orthotropie de près avec addition de +3 ∂.

• De Près :
¬ Ésophorie ou tropie avec la correction simple de l’amétropie éven-
tuelle,
¬ Orthophorie si avec VB normale si l’on rajoute une addition optique
de +3 ∂.
Strabisme partiellement accommodatif avec CA/A élevé
Hétérophorie de type variable partiellement corrigée par la CO en fixation
de loin.
La variation de l’angle de près répond à la surcorrection optique : 30 à 50 %
des strabismes concomitants (figure n° 2).
• Exemple : ésotropie avec CA/A élevé
Et 25 avec correction, E’t 40 avec correction  E’t25 si addition +3 ∂.
• Exemple : exotropie avec CA/A élevé
Xt40 avec correction ; X’t10 avec correction  X’t40 si addition +3 ∂.
Cas souvent ignorés de dérèglement de CA/A, nécessitant un traitement
chirurgical spécifique, ce sont des exotropies avec excès de convergence de
près. Dans les exotropies, l’angle de déviation de près devrait toujours être
mesuré avec addition optique pour différencier une exotropie basique (chi-
rurgie des droits latéraux) d’une exotropie avec CA/A élevé (même chirurgie
ou chirurgie combinée unilatérale associée à un ancrage postérieur du droit
médial).
Faux dérèglements de CA/A
La sous-correction optique peut simuler un dérèglement de CA/A.
• Ésotropie avec incomitance loin/près : Et 20 E’t 40 sans correction ;
• Guérison avec verres bifocaux +2 ∂ et addition +3 ∂, portés depuis 3 ans
 0t 0’t (E’t 16 en l’absence de bifocal) ;
• La cycloplégie sous atropine trouve en fait une hypermétropie sous-cor-
rigée de +4,50 ∂. Le port de la correction maximale ramène en ortho-
phorie de loin et de près, il n’y a donc pas d’anomalie de CA/A.

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Fig 3. Faux dérèglement de CA/A, spasme tonique :


Fig 3a. Ésotropie de loin sans correction ;
Fig 3b. Microtropie de loin avec correction de l’hypermétropie ;
Fig 3c. Ésotropie spastique de près dans la correction simple de l’hypermétropie ;
Fig 3d. Persistance de l’hyper convergence de près malgré l’addition +3 ∂.

Faux dérèglements de CA/A


Ce sont spasmes non accommodatifs d’origine tonique ou anomalies de la
vergence proximale (figure n° 3) :
• Hypermétrope de +2 ∂ ;
• De loin : Et25 SC  Micro ésotropie ASC ;
• De près : E’t40 avec spasmes ASC. Aucun changement ou diminution
instable de l’angle avec une addition de +3 ∂.
Faux dérèglements de CA/A
C'est le strabisme hypo accommodatif (décrit par Costenbader puis Muhlendy-
ck) avec ésotropie de près par effort accommodatif excessif (PPA éloigné).
Il s’agit en général d’un patient ayant une légère amétropie et présentant
un PPA trop éloigné pour l’âge avec asthénopie accommodative. L’examen
montre une orthotropie de loin et une ésotropie à la fixation de près. Le
traitement passe par une surcorrection optique de près.
Fausse insuffisance de CA/A ?
En général liée à une hypo accommodation et non un dérèglement de CA/
A:
• Hypermétropie de +5 ∂ non corrigé ;
• Sans correction : orthophorie de loin, exotropie de 20 ∆ de près sur
point de fixation ;
• Si on mesure l’hétérophorie, toujours sans correction, en faisant fixer et
lire des optotypes : ésotropie de loin et de près ;
• La situation se normalise avec le port de la CO : orthotropie de loin et
de près.
Il s’agit d’un patient restant en hypo accommodation et ne stimulant donc
la CA ni de loin, ni de près. Le traitement passe, là encore par la correction
optique.

Traitement des dérèglements de CA/A


La correction optique (CO)
• La CO totale supprime l’élément réfractif d’une hétérophorie.

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¬ Elle n’a pas d’alternative thérapeutique ;
¬ Elle permet de déterminer de manière fiable ce qui revient à l’accom-
modation dans une hétérophorie accommodative (pure ou mixte).
Cette partie de la déviation ne sera pas prise en compte sur le plan
chirurgical.
• La sur ou la sous-correction expose à des erreurs thérapeutiques graves
en masquant une partie de la déviation ou stimulant des mécanismes
accommodatifs inadaptés.
• L’addition optique de près traite indirectement l’excès de CA/A. Elle a :
¬ Un intérêt diagnostic = stabilité de l’effet, différenciation d’un spas-
me tonique ;
¬ Un intérêt thérapeutique, mais avec des alternatives chirurgicales ou
médicales.
On la réalise par utilisation de verres progressifs ou bifocaux.
Intérêt indiscutable en cas de strabisme accommodatif non réfractif, avec
essai de diminution étalée après quelques années. Le sevrage n’est pas tou-
jours possible et une intervention est souvent nécessaire.
Intérêt discuté en cas de strabisme partiellement accommodatif avec CA/A
élevé.
Les cycloplégiques
• D’abord et avant tout, la réalisation de skiascopies répétées, permet-
tant souvent de se rendre compte qu’il s’agit plutôt d’une hypermétro-
pie sous-corrigée que d’un dérèglement de CA/A.
• L’utilisation de cycloplégiques peut aider la levée de la réserve accom-
modative et encore une fois constater une hypermétropie plus forte
que prévu.
• Ils sont enfin utiles dans le traitement du spasme accommodatif.
Les myotiques sont abandonnés
• Ils stimulent intrinsèquement le corps ciliaire et diminuent le besoin
accommodatif, donc la CA ;
• Mais ils induisent un dérèglement supplémentaire, outre leurs risques
propres.
La toxine botulique
• Elle a été proposée dans le traitement des spasmes accommodatifs et
certains dérèglements de CA/A ;
• Son effet est certain mais temporaire et nécessite des injections itérati-
ves.
La chirurgie
• On n’opère pas la part accommodative réfractive ;
• L’ancrage postérieur est la technique de choix pour toute déviation
variable, surtout les excès de convergence ;
• Le recul bilatéral des droits médiaux basé sur l’angle maximal est une
technique classique mais elle expose aux divergences secondaires.
Protocole classique de traitement classique d’une ésotropie accommodative
non réfractive (avec excès de convergence).
• Vérifier la cycloplégie (adultes) et la vérifier de manière régulière ;
• Verres bifocaux ou progressifs. On essaie de diminution étalée de l’addi-
tion de près vers l’âge de 10 ans ;
• En cas de dépendance aux progressifs, on peut choisir de les laisser ou
de tenter un autre traitement.
¬ La toxine botulique peut être une alternative, mais nécessite des
injections itératives,
¬ Si la chirurgie est choisie, on préférera la technique d’ancrage posté-
rieur.

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Conclusion
Les dérèglements de CA/A peuvent se voir dans tout type de strabisme : ac-
commodatif pur, partiel, en CRN ou en CRA.
Ils répondent de manière stable à une surcorrection optique en vision de
près.
Le traitement nécessite une mise au repos de l’accommodation en vision
de près et souvent un geste chirurgical spécifique.

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Accommodation et déviation horizontale

Vincent Paris

Concepts généraux
Les relations entre l’accommodation et la déviation horizontale sont comple-
xes mais sont basées sur quelques notions simples que nous voulons préciser
en préambule.
Ils nous paraissent à la base de la compréhension des comportements cli-
niques que nous allons décrire.
L’effort accommodatif
Outre la relation classique liant l’accommodation à la convergence (dont on
sait qu’elle est approximativement linéaire) il existe une relation clinique es-
sentielle entre la notion d’effort accommodatif et l’excès de convergence.
Comme le souligne von Noorden [17] dans la dernière édition de son livre,
cette notion d’effort accommodatif déplaît aux physiologistes car elle n’est
pas facile à définir ni à quantifier.
Elle représente pourtant le lot quotidien du clinicien : la notion d’effort lié
à la fixation dépend de la durée, de la qualité et de la constance de cette
fixation, indépendamment de la réfraction en elle-même.
Cette notion pratique permet d’emblée de comprendre pourquoi la plupart
des strabismes accommodatifs décompensent entre 2 et 3 ans [1, 2 & 20]
(qu’il s’agisse de strabismes précoces ou tardifs).
Si les capacités accommodatives sont déjà en place plus tôt, c’est à partir
de cet âge que des sollicitations accommodatives soutenues (par le jeu) ap-
paraissent.
Une telle décompensation accommodative peut survenir à l’âge adulte [14],
dans des circonstances analogues (le jeu étant alors souvent remplacé par
l’ordinateur…)
Elle permet aussi de comprendre la gêne binoculaire que peuvent éprouver
des patients presbytes exophoriques [8] lorsqu’on leur prescrit leur première
correction de près. Ces patients doivent fournir un effort accommodatif
inhabituel de près. Au début celui-ci est supportable d’autant que l’effort
fourni renforce la convergence et compense l’exophorie. La correction optique
supprime cet effort et, en même temps, décompense l’exophorie.
« Élasticité » de la relation accommodation-
convergence
La tolérance réciproque
Entre certaines limites, on peut stimuler la convergence sans voir trouble et,
inversement, on peut stimuler son accommodation sans voir double.
On sait cependant que chaque modification du stimulus accommodatif
entraîne un changement d’équilibre de la convergence. Les capacités de

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tolérance réciproque entre les deux systèmes sont basées sur la notion de
d’amplitude de fusion.
Cette capacité fusionnelle est individuelle. Elle peut être développée quand
elle est stimulée progressivement. Elle peut aussi être perdue (après un trau-
matisme crânien par exemple).
Elle constitue une des clés essentielles de la compréhension des compor-
tements cliniques.
La viscosité accommodative
La notion de « viscosité accommodative » en découle directement. Il s’agit du
comportement visuel de patients exprimant des difficultés à « mettre l’image
au point » lorsqu’ils passent de la vision de près à la vision de loin. Ce com-
portement visuel est spécifique des jeunes presbytes et des ésophoriques.
Chez les jeunes presbytes, l’effort accommodatif est excessif de près et peut
se maintenir de façon tonique de loin pendant une fraction de seconde.
Les capacités de divergence étant largement inférieures aux capacités de
convergence, les patients ésophoriques éprouvent des difficultés à « relâcher »
de loin l’excès d’accommodation provoqué par la convergence de près.
Réfraction et équilibre phorique
Toute modification réfractive modifie l’équilibre accommodatif. Dans la plu-
part des cas, la correction réfractive améliore aussi l’équilibre de la phorie
associée (la correction hypermétropique réduit l’ésophorie, la correction myo-
pique réduit l’exophorie). Elle peut aussi augmenter la déviation phorique (la
correction hypermétropique augmente l’exophorie, la correction myopique
augmente l’ésophorie). La mesure de la phorie nous paraît nécessaire après
un bilan réfractif. Cette prise en compte permet de comprendre les plaintes
qui peuvent apparaître chez certains patients à la suite de modifications
réfractives mineures et apparemment adaptées.
Cette notion est d’autant plus essentielle quand il s’agit de modifier défini-
tivement la réfraction d’un patient par la chirurgie réfractive. Kushner vient
de publier une étude remarquable sur ce sujet [7].
Il cite le cas d’un patient, myope ésophorique, compensé de près sans lu-
nette. Après emmétropisation par laser, il est devenu diplopique de près…
Il ne faut pas non plus oublier l’effet d’hypo-accommodation relatif exercé
par les verres concaves (surtout à partir de 4 à 5 ∂, réfraction constituant
l’indication principale de la chirurgie réfractive). Les patients emmétropisés
par laser subissent un stimulus accommodatif inhabituel.
Ces situations réfractives peuvent être aisément simulées par le port préa-
lable de verres de contact, ce que devrait faire tout bon chirurgien réfractif.
La non-acceptation des lentilles n’est une indication de chirurgie réfractive
que si elle n’est pas d’origine orthoptique bien évidemment !
Kushner souligne par ailleurs que, dans leur désir commun de supprimer
les lunettes, certains patients et/ou certains chirurgiens oublient la présence
initiale de prismes ou d’additions de près dans la correction optique, bien
utiles pour éviter de voir double…
Équilibre phorique et amplitude de fusion
Dans certains cas, des anomalies phoriques apparemment peu importantes
peuvent se révéler symptomatiques si les patients présentent une faible am-
plitude de fusion. La prise en compte de ce paramètre est aussi essentielle
que la mesure de la phorie elle-même.
Elle peut constituer la clé indispensable pour comprendre les plaintes ou le
comportement clinique de certains patients. Il arrive parfois qu’un patient
nous signale qu’il préfère regarder la télévision en gardant une traction sur le
canthus externe de sa paupière. Nous avons pu mesurer à plusieurs reprises
qu’il s’agissait de patients ésophoriques qui réduisaient leur déviation en exer-
çant une traction mécanique externe sur l’œil. Ce comportement correspond
à une réduction d’environ 4 ∆.

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Elle permet aussi de vérifier la réalité de certaines plaintes accommodatives
chez des patients emmétropes, faiblement phoriques mais anormalement
dépourvus d’amplitude de fusion.
Séparation artificielle entre les acteurs de la
convergence
Que se passe-t-il dans notre cerveau quand celui-ci intègre les notions d’ac-
commodation, de disparité rétinienne ou de rapprochement de l’image ?
Comment peut-on intégrer la notion clinique d’effort accommodatif évoqué
plus haut ?
Pour comprendre les mécanismes physiologiques impliqués, nous avons,
nous, besoin de classer les phénomènes observés. Le cerveau, lui, ne fait pro-
bablement pas une telle séparation. Comme le dit von Noorden : « n’oublions
pas que la convergence est un processus unitaire, mêlant des stimuli variés,
analysés simultanément et individuellement par notre système nerveux
central ».
Cette notion permet de comprendre que l’abord clinique des relations entre
accommodation et déviation horizontales doit associer en permanence les
éléments complémentaires que sont : la réfraction, la fusion, la sollicitation
visuelle, l’âge, la fatigue, l’état psychique, le type de traitement choisi et sa
compliance… La liste n’est pas exhaustive.

Accommodation-Convergence :
application à l’exodéviation
La stimulation accommodative a, de tout temps, servi de base au traitement de
l’exodéviation. Même si cette attitude a pu procurer certains résultats lorsque
l’effort accommodatif était raisonnable (<2,5 ∂) et limité dans le temps, nous
l’avons définitivement abandonnée en privilégiant la correction systématique
de toute amétropie hypermétropique à partir de 0,50 ∂.
Les arguments physiopathologiques qui viennent d’être décrits justifient
cette démarche qui est confirmée par notre expérience clinique évoquée
ci-dessous.
L’exophorie
Le cas particulier de l’exophorie est intéressant. La déviation entraîne un ef-
fort d’ésocompensation et une fatigue accommodative secondaire qui peut,
elle-même, empêcher la compensation de l’exophorie initiale.
Si la sous-correction des faibles hypermétropies est une méthode de traite-
ment souvent adoptée dans l’exophorie décompensée, elle présuppose que
le patient ait à la fois une capacité accommodative suffisante et des activités
de près modérément fatigantes.
Dans notre expérience du traitement médical des exophories décompen-
sées [11], nous avons opté pour un traitement essentiellement prismatique
et orthoptique, dans le but de réduire l’effort d’ésocompensation tout en
corrigeant systématiquement toute hypermétropie excédant 0,50 ∂.
Cette attitude nous paraît logique à deux titres :
• Elle permet de clarifier une situation en évitant toute sollicitation exces-
sive de l’accommodation, dommageable à terme ;
• Elle permet de traiter une éventuelle déficience accommodative qu’il
est difficile d’exclure quand elle est modérée.
À titre d’exemple, voici 3 cas cliniques :
Le premier cas consulte à l’âge de 4 ans dans le cadre d’un bilan de retard
psychomoteur. X’20 ∆ X15 ∆ qui décompense de loin et de près. Prescription
de + 2,75 ∂ aux deux yeux et occlusion. En trois ans, transformation progres-
sive d’une exophorie équilibrée par le traitement médical en une ésophorie
accommodative stabilisée une correction inchangée…
Le deuxième cas a 6 ans quand il vient pour avis. Souffrance néonatale.
X’25 ∆ X16 ∆. Chirurgie proposée mais refusée par les parents. Revient 2 ans
plus tard : X’40 ∆ X16 ∆. Difficulté de lecture. Prescription de + 2,25 ∂ aux deux

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yeux. Après 6 mois, compense de près, amélioration scolaire, tombe moins,
réclame ses lunettes. Il a par la suite été opéré, il conserve X’14 ∆ X10 ∆ qu’il
compense parfaitement en portant ses lunettes inchangées et sans prisme.
Le troisième cas a 12 ans quand il vient pour avis opératoire. X’8 ∆ X18 ∆. Il
est dyslexique et porte une correction modérée d’astigmatisme hypermétro-
pique. Notre simple geste est d’optimaliser d’abord la correction optique est
augmentant la correction sphérique de 0,50 ∂ sur chaque œil et en adaptant
l’axe d’astigmatisme. Un an plus tard : 0’ ∆ X18 ∆, compense facilement de
loin, amélioration scolaire, disparition du clignement et normalisation de la
réponse au bi-prisme sur chaque œil.
L’exotropie consécutive
Nous avons appliqué cette méthode dans une autre application d’exodévia-
tion : l’exotropie consécutive. Notre étude [12] portait en fait sur l’effet de la
correction totale de l’hypermétropie dans une série de patients strabiques
sous-corrigés.
Parmi ceux-ci 3 cas d’exotropies consécutives concomitantes loin-près dont
les déviations respectives étaient de Xt6 ∆, Xt30 ∆ & Xt25 ∆ successivement
sous-corrigées de + 0,75 ∂/+0,75∂, + 3,50∂/+3,50∂ & + 5,00∂/+7,00∂.
Après 3 ans d’évolution, le simple changement réfractif a permis d’obtenir
les déviations résiduelles suivantes : 0 ∆, alternance µEt/µXt & Xt4 ∆.
Quand on évoque la fatigue accommodative, on peut parfois parler « d’épui-
sement accommodatif » qui explique le caractère parfois aigu et irréversible
de certaines variations angulaires.
En traitant la composante accommodative des cas d’exodéviation consécu-
tive, on dissocie cet élément de la déviation « mécanique » (ou surcorrection
anatomique réelle), entraînant à la fois le confort visuel du patient (même
en monoculaire…) et un bilan objectif et honnête de l’équilibre oculomoteur
réel.
Pour évoquer cependant la notion de complexité multifactorielle des sti-
muli de convergence, je voudrais achever ce chapitre en évoquant un con-
tre-exemple. Celui d’un enfant de 4 ans, déficient mental, présentant une
exotropie consécutive de 12 ∆. Il porte une correction de + 4 ∂ aux deux yeux,
correspondant à sa correction totale. Sans lunette, l’enfant redresse ses yeux
et fixe mieux. Nous conseillons alors aux parents de faire porter les lunettes
de façon intermittente.
Cette attitude rétablit rapidement un excellent contrôle des yeux. Notre
hypothèse de travail est que la stimulation à la fois accommodative et bi-
oculaire puisse constituer chez lui un stimulant mental.
Rapport AC/A et exodéviation
Si un excès de convergence pour un stimulus accommodatif donné survient
dans le cadre d’une exodéviation de base, il faut en tenir compte. L’aug-
mentation de l’angle de près par l’addition de + 3 ∂ en atteste la présence.
Kushner [6] a fait de cet examen une base essentielle de sa classification des
exotropies. L’école nantaise [4] a insisté avec raison sur la nécessaire prise en
compte de ce facteur accommodatif pour déterminer les conditions basales
de l’exodéviation qui peut varier fortement en fonction des conditions de
stimulation.
Dans certains cas, ces conditions peuvent provoquer des déviations inver-
ses de loin et de près (exo de loin et éso de près). Spielmann [15] les appelle
« déviations antinomiques » et vient de publier une étude de 31 cas reprenant
des exodéviations primaires ou consécutives. Une association d’un recul bi-
latéral des droits externes, associé à une Fadenoperation sur les deux droits
internes s’est révélée particulièrement efficace dans ce type de cas. Notre
expérience [13] n’est que de 7 cas. Appliquant la même technique, nous avons
réduit l’incomitance initiale moyenne de 45 ∆ (33 à 80 ∆) à 6 ∆ (0 à 16 ∆). Les
résultats de Spielmann sont analogues [préopératoire : moyenne = 46 ∆ (30
à 90 ∆), postopératoire : moyenne = 9 ∆ (0 à 20 ∆)]. Brodsky [3] avait déjà

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éprouvé l’efficacité de cette méthode en cas d’incomitance loin-près dans 12
cas d’exotropie intermittente.
Appliquant un traitement prismatique souvent efficace dans ce type de
cas difficile [11], nous n’avons eu à l’appliquer qu’une seule fois dans cette
indication, avec succès.
Cette technique permet au patient d’éviter le port de verres progressifs en
postopératoire.

Stimulus accommodatif :
les conditions de mesures
Nous avons insisté plus haut sur l’importance clinique de « l’effort accom-
modatif » qui, en soit, est un mécanisme central impossible à mesurer. Ce
qui est mesurable par contre, ce sont les variations de vergence induite par
un stimulus donné.
Le cover-test
Le cover-test reste un « must » en la matière. Il constitue à la fois un test de
mesure de la déviation et de résistance à la décompensation, permettant
aussi d’apprécier les capacités de recompensation du patient.
Dans mon expérience, il n’est cependant pas très spécifique quand il s’agit
de quantifier une faible déviation (< 8∆) latente en vision de loin, même
lorsque le patient fixe des optotypes de petite taille. Ces petites déviations
phoriques peuvent cependant entraîner des troubles fusionnels et accommo-
datifs associés. Le verre strié rouge est alors indispensable pour quantifier
précisément la mesure.
Le synoptophore
Cet appareil, bien utile pour réaliser un bilan sensoriel binoculaire, a un incon-
vénient majeur : il provoque des spasmes de convergence et donne souvent
des mesures d’ésodéviations supérieures à ce qu’elles sont dans l’espace visuel
quotidien du patient.
L’aile de Maddox
Dès l’âge de 8 ans, nous utilisons l’aile de Maddox pour tester la phorie ho-
rizontale de près. Cet appareil peut, lui aussi, provoquer de petits spasmes
de convergence au début de l’examen. Ils sont très souvent modérés et
transitoires. Le grand avantage de ce test est l’observation dynamique de la
déviation, rendant compte de la variabilité de la compensation des patients
même lorsque leurs yeux sont dissociés par l’instrument !
Cette dimension dynamique de la mesure nous semble essentielle car elle
est proche de la réalité visuelle.
Le test transparent de Gracis
L’importance d’une appréciation dynamique de la mesure des vergences n’a
pas échappé au génie de Gracis. Il a astucieusement réalisé un test transparent
constitué d’un support en plastique sur lequel sont dessinées des lignes de
chiffres ou de dessins dont la taille se réduit progressivement (fig 6, 9 et 10
ci-dessous). L’examinateur présente le test devant le patient et lui demande
de désigner successivement les chiffres ou les dessins des lignes successives.
Il observe, à travers la grille, les mouvements oculaires du patient.
Ce test est un stimulant accommodatif hors pair, largement supérieur au
cube de Lang qui n’offre que peu d’élément différent de fixation et qui est
statique.
L’utilisation du test de Gracis a non seulement une valeur diagnostique
mais également pronostique sur les potentialités compensatrices d’un patient
donné. En voici deux exemples :
Un enfant de 5 ans est traité pour strabisme accommodatif d’apparition
récente par une correction de + 2 ∂ bilatérales. Cette correction ne gère pas
un excès de convergence de près qui est cependant compensé de façon in-
termittente au test transparent de Gracis. Une chirurgie est proposée mais
refusée par les parents qui ont consulté un ostéopathe… Quatre mois plus
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tard, il compense parfaitement. Deux ans plus
tard, il compense toujours, perçoit normalement
le stéréotest de Lang avec la même correction
optique. Sans lunette, il est en microstrabisme.
Un enfant de 5,5 ans décompense un strabisme
convergent. Sans lunette, il compense en fixation
le cube de Lang mais décompense largement en
fixant le test transparent de Gracis. Une prescrip-
tion de + 2,50 ∂ aux deux yeux, rétablit l’équilibre
à la fixation des deux tests. Quatre ans plus tard,
elle présente un excès de convergence diffici-
lement géré en fixant le cube mais impossible
à compenser en fixant le test transparent. Une
addition de + 2,50 ∂ est alors prescrite qui réta-
blit à nouveau l’équilibre aux deux tests, l’enfant
Fig 1. Avec lunettes, la torsion latente étant même capable, après 6 mois, de compenser
est compensée. quand elle n’utilise pas son foyer inférieur.

Équilibre accommodatif &


équilibre fusionnel
Gobin a fait couler beaucoup d’encre et grincer
beaucoup de dents [9] en proposant d’opérer les
strabismes accommodatifs pour les « guérir ». Il a
souvent évoqué la présence d’une torsion latente,
associée à la perte de fusion quand l’enfant enle-
vait ses lunettes. Ces « anomalies torsionnelles »
étaient pour Gobin la cause du strabisme, raison
pour laquelle il a largement préconisé d’associer
l’opération des obliques à la chirurgie horizontale.
La perte fusionnelle entraîne en effet parfois
l’apparition de déviations « associée » verticales
mais plus souvent torsionnelles. Ces déviations
Fig 2. Sans lunettes : test de Bielschowsky positif. peuvent même être provoquées expérimenta-
lement chez des sujets non strabiques et font
parties de ces déviations anatomiques latentes bien étudiées notamment par
Guyton et Simonsz et qui sont contrôlées par l’équilibre fusionnel.
Les photographies (1 à 5) nous illustrent cette observation sur le plan tor-
sionnel. Dans les deux cas, le test de Bielschowsky est négatif avec correction
(TNO 60’’) et positif sans correction avec hyperaction du petit oblique homo-
latéral, signant ainsi la présence d’une extorsion latente unilatérale.
La figure n° 5 nous montre en outre les capacités de contrôle développées
au fil du temps par cet enfant.
Deux ans plus tard, sa réfraction est inchangée mais il est capable de com-
penser sa torsion sans lunette. Le même phénomène a pu être observé pour
le premier cas (figures n° 1 & 2) après un an et demi de port de la correction
hypermétropique totale.
Ces observations battent en brèche les allégations de ceux qui préconisent
d’opérer les obliques, considérés comme les principaux obstacles au dévelop-
pement normal de la fusion. La clinique prouve exactement le contraire.
Cette observation est fondamentale : lorsque le contrôle de l’équilibre oculo-
moteur est acquis pendant quelque temps (de l’ordre de 1 à 2 ans minimum),
il semble permettre au patient de compenser, même sans lunette, même en
accommodant. On peut évoquer l’hypothèse que cette période d’équilibre
permet au patient de « recharger ses accus binoculaires ». Cela explique
probablement en partie pourquoi certains adolescents, peu enclins à porter
leurs lunettes malgré nos conseils, restent compensés. Ce développement
du contrôle fusionnel pourrait aussi expliquer pourquoi un certain nombre
de verres progressifs peuvent redevenir monofocaux tout en continuant à
contrôler l’équilibre des vergences de près. Le port de lunettes empêchant

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Fig 3. Compensation avec lunettes.


Fig 4. Bielschowsky plus œil gauche.
tout effort accommodatif peut donc changer un
rapport Ac/A pathologique.
À ce propos, von Noorden et Jenkins [18] se
sont interrogés sur le risque potentiel de pa-
resse accommodative que pouvait induire le
port de verres progressifs. Dans la population
de patients ésotropiques présentant un rapport
Ac/A élevé qu’ils ont étudié, figure en effet une
proportion anormalement élevée de patients
hypoaccommodatifs. Dans une discussion res-
tée fameuse, Repka [19] leur a répliqué que la
mesure de l’amplitude d’accommodation est
particulièrement sujette à caution et peut être
imprécise (à 3,5 ∂ près) chez un même patient en
fonction des conditions de stimulation. Il rappelle
« l’effet Galilée » qui entraîne une sollicitation
accommodative liée à l’effet de grossissement
de l’image par les verres d’hypermétropes forts.
Dans l’étude de von Noorden, la population con- Fig 5. 2 ans après, compense sans lunette !
trôle était moins strabique, moins hypermétrope
et moins amblyope, donc probablement « moins
hypoaccommodative » dès le départ. Repka suggère plutôt que ces patients
présentaient une hypo-accommodation primaire provoquant un besoin per-
manent de verres progressifs. Cela dit, même si les patients qui conservent
leurs verres progressifs ne sont pas fréquents, ils existent néanmoins, même
après chirurgie, même quand ils lisent Parinaud 2, ce qui est le cas des jeunes
presbytes. Il est probable qu’une hypo-accommodation relative existe chez
eux, même si elle reste difficile à mettre en évidence.
De toute façon, l’efficacité des verres progressifs est identique, qu’il s’agisse
de strabisme acquis ou précoce.

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Citons un exemple particulièrement démons-
tratif. Cet enfant se présente à l’âge de 3,5 ans
pour une ésotropie intermittente survenue dans
le décours d’une méningite. Il reste compensé de
près en fixant le cube de Lang. Et’30 ∆ 0 ∆ après
quelques secondes de fixation au test transparent
de Gracis. La figure n° 6 montre la bonne utili-
sation « intuitive » du verre progressif prescrit :
0,00 ∂/0,00∂ addition + 3 ∂. La figure n° 7 le
montre après 7 mois d’évolution, il conserve ses
lunettes, mais compense de face et perçoit nor-
malement le stéréotest de Lang (figure n° 8).
Cet exemple montre l’efficacité d’un traitement
médical bien conduit et surtout précoce. En effet,
la nature ne nous fait pas de cadeau quand elle
décide de dégrader la vision binoculaire.
Wilson [20] l’a démontré sur une étude de 127
cas en 1993 : les meilleures chances de guérison
binoculaire dans les strabismes normosensoriels
ne sont acquises que lorsqu’on rétablit l’équilibre
endéans les 3 mois. Ce « délai maximal autorisé »
a été récemment confirmé par Birch [1] dans sa
remarquable « Parks lecture » en décembre 2003.
Selon cet auteur, la période critique de sensibilité
de la vision binoculaire s’étendrait jusqu’à l’âge
de 5 ans.
Certains cas sont « border line » et peuvent être
traités tardivement. Citons l’exemple de cette
patiente de 20 ans qui porte une correction de
+ 0,75 ∂ depuis 10 ans. Elle se plaint d’asthénopie
importante avec céphalée, viscosité accommo-
dative, imprécision manuelle de près… Elle s’en
inquiète d’autant qu’elle fait des études commer-
ciales et part en stage à l’étranger. La cycloplégie
ne révèle qu’une hypermétropie de + 0,50 ∂ aux
deux yeux. Elle présente cependant un microstra-
bisme associé : Et’ 5 à 7 ∆ Et 8 ∆ avec perception
partielle du test de Lang (images repérées, non
identifiées). Avec prismes, base temporale, de 1 ∆
à droite et 2 ∆ à gauche, elle identifie immédiate-
ment l’étoile et le chat du test de Lang. Elle est
redevenue asymptomatique, au grand bénéfice
de son moral et de ses études.

Fig 6, 7 & 8.

Stabilité accommodative : les principes de non-


proportionnalité
Non-proportionnalité réfractive
La plupart des strabismes accommodatifs normosensoriels sont faiblement
hypermétropes (< 3∂). Ce n’est donc pas l’hypermétropie elle-même qui crée
le problème mais l’incapacité individuelle du patient à soutenir un effort ac-
commodatif. Cette situation est aussi rencontrée chez les strabiques précoces
qui, vers l’âge de 2,5 à 3 ans, se mettent à décompenser un microstrabisme
postopératoire. Birch [2] a quantifié l’incidence du strabisme accommodatif
postopératoire dans le strabisme précoce : il est de 60 %.
Il est donc essentiel d’être attentif à corriger la moindre hypermétropie à cet
âge. Pour notre part, nous n’attendons pas que la décompensation survienne,

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nous corrigeons systématiquement la moindre amétropie hypermétropique,
à partir de 0,50 ∂.
Cette rigueur est absolument nécessaire. Sa nécessité est démontrée « a
contrario » par l’échec des traitements réfractifs appliqués aux strabismes
accommodatifs ; ces techniques, appliquées à l’hypermétropie, voient souvent
leurs résultats diminuer avec le temps, même lorsque l’amétropie résiduelle
est < ou = à 1 ∂ !
Dans l’étude de Shippman [15] sur l’apparition d’un strabisme accommodatif
chez 11 adultes âgés de 26 à 65 ans, une adaptation de la correction optique
de + 0,50 ∂ a suffi pour rétablir l’orthophorie dans 3 cas !
Non-proportionnalité prismatique
Nous étudions depuis 15 ans les patients présentant une hétérophorie hori-
zontale associée à une asthénopie présente chez des patients emmétropes
ou emmétropisés [8 & 10]. Nous avons démontré l’efficacité du traitement
de ces cas par une faible correction prismatique (de 1 à 5 ∆ mais < ou = 2 ∆
dans 60 % des cas). Un tiers de ces patients se plaignent de troubles accom-
modatifs qui sont ici associés à un déficit fusionnel.
Par ailleurs, parallèlement à l’attitude rigoureuse qu’il faut avoir en ma-
tière de réfraction, il est important de prendre en considération la moindre
hétérophorie qui dépasse les normes admises (3 ∆ d’ésophorie de près, 6 ∆
d’exophorie de près, 2 ∆ d’éso ou d’exo de loin) et peut être potentiellement
pathologique.
En fonction des capacités adaptatives de chacun, un prisme de 2 ∆ peut
démontrer la même efficacité dans une exophorie de 8 ou de 14 ∆.
On peut aussi tout associer pour concourir au bien-être de son patient. Ce
fut le cas chez ce patient de 19 ans qui se plaignait d’asthénopie, de sensations
diplopiques et de viscosité accommodative depuis une période d’examens. Il
était ésophorique : E’25 ∆ E 6 ∆. Une prescription de verres progressifs avec
un cylindre de -0,50 ∂ à 90° aux deux yeux, addition de + 2,50 ∂ et l'inclusion
d’un prisme base temporale de 2 ∆ à droite et 3 ∆ à gauche sont réalisées.
Un an plus tard, il est toujours asymptomatique : E’5 ∆ 0 ∆ et perçoit partiel-
lement le test de Lang.
NB : son père porte exactement le même type de prescription depuis qu’il
a décompensé une ésodéviation à l’âge de 30 ans.

La notion de seuil
Cette notion est essentielle pour comprendre le comportement clinique de
beaucoup de patients.
Nous avons vu l’importance de la notion d’effort accommodatif. La notion
de seuil implique que chaque patient présente sa propre capacité de compen-
sation essentiellement dépendante de son niveau d’activité et de sa capacité
fusionnelle en cas d’association avec une hétérophorie.
Dans notre expérience, nous avons constaté que le dépassement du seuil
était souvent indépendant de l’âge du patient.
Ainsi peut-il souffrir d’un faible excès de stimulation accommodative comme
par exemple un changement de poste de travail ou le passage lentilles-lunet-
tes ou lunettes-lentilles. À partir d’une amétropie de 4 à 5 ∂ en effet, il existe
une stimulation accommodative des verres positifs par grossissement d’image
et une hypo-accommodation relative des verres négatifs par rapetissement
de l’image. Les lentilles suppriment le changement de taille de l’image. Le
passage lunettes-lentilles favorise donc les hypermétropes ésotropes (en
diminuant l’effort accommodatif) et les myopes exotropes (en stimulant
l’accommodation). Inversement, le passage lentille-lunettes est plus favorable
aux hypermétropes exotropes et aux myopes ésotropes.
Citons 2 exemples :
• Un garçon de 12 ans, myope de -5,00 ∂/-4,50∂ est équipé en lentilles.
Dix mois plus tard il se plaint de sensation d’images instables de près.
Avec lentilles : E’5 ∆ 0 ∆. Avec lunettes : 0’ ∆ 0 ∆.

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100
Depuis 3 ans, il porte un prisme de 2 ∆, base temporale, pour les lectu-
res prolongées quand il met ses lentilles.
• Une fille de 13 ans, hypermétrope de + 4,50 ∂/+6,00∂ porte sa correc-
tion totale. Avec lunettes : Et’6 ∆ Et1 ∆ et perception partielle du stéréo-
test de Lang. Avec lentilles : 0’ ∆ 0 ∆ et TNO à 30’’ après 4 mois !
Une amétropie peut aussi évoluer spontanément et devenir la source de
décompensation d’une hétérophorie associée. C’est le cas des myopes éso-
phoriques ou des hypermétropes exophoriques dont les presbytes constituent
une sous-catégorie. Ici aussi, les notions de seuil et de non-proportionnalité
se retrouvent. Dans notre expérience [8], la décompensation sensorielle d’une
hétérophorie est provoquée dans 68 % (myopes) à 94 % (hypermétropes) des
cas par des amétropies < ou = à 2 ∂.
Quand on n’a pas ces notions à l’esprit, on ne peut comprendre des patients
qui sont bizarrement asthénopiques à la fois quand ils portent ou qu’ils ne
portent pas leurs lunettes. De là à les prendre pour des casse-pieds, il n’y a
qu’un pas, souvent franchi malheureusement.
Un corollaire de la notion de seuil est le caractère aigu de certaines décom-
pensations, qu’elles soient motrices ou sensorielles. Citons un exemple de
chaque catégorie.
Un enfant de 9 ans se présente avec une ésotropie aiguë (Et’25 ∆ Et 15 ∆).
Motilité complète, exploration neurologique négative. Une prescription de
+ 0,75 ∂/+0,75∂ addition + 2,50 ∂ rétablit l’orthophorie de loin et de près et
un TNO à 60’’. Son père est strabique et… ophtalmologiste.
Un homme de 43 ans nous est adressé en urgence pour diplopie aiguë. Ex-
plorations neurologique et neuroradiologique négatives. Le cover-test paraît
normal de loin et de près. Il est cependant ésophorique de 5 ∆ de près et de
loin quand on utilise respectivement l’aile de Maddox de près et le verre strié
rouge de loin. Il travaille comme secrétaire à la commission européenne et
a déjà présenté un épisode semblable à trois reprises ces derniers mois, peu
inquiétant car rapidement réversible.
Actuellement la diplopie est permanente. Il a consulté en urgence un con-
frère qui ne l’a pas cru…
Une prescription d'un cylindre -1,75 ∂/cylindre -1,25 ∂ addition + 1,25 ∂ et
prismes, base temporale, de 1 ∆ à droite et 2 ∆ à gauche l’ont rendu immédia-
tement asymptomatique. Cette correction a été acceptée immédiatement par
le patient. Notons au passage que le premier opticien auquel il s’est adressé
a refusé d’exécuter cette prescription, jugée « extravagante »…

Notion de stress accommodatif


Un autre vieux débat strabologique consiste à se méfier de la prescription
précoce de la correction optique totale en cas d’hypermétropie. L’idée est,
qu’à l’enlèvement des lunettes, l’enfant est soumis à une sorte de stress
accommodatif pouvant entraîner un excès de convergence.
Les apparences cliniques sont trompeuses.
Sans lunettes un microstrabisme peut être stable mais il est presque toujours
amblyope ; l’occlusion peut décompenser l’angle qui se recompense par les
lunettes. Sensoriellement, c’est mieux ; pour les parents cela semble pire, il
faut leur expliquer.
Sans lunette un ésophorique peut être stable mais il est presque toujours
en déficit binoculaire ; les lunettes rétablissent un confort visuel global. Sans
lunette, ils décompensent tout de suite car ils ont perdu l’habitude de devoir
s’adapter à une instabilité oculomotrice permanente. Sensoriellement, c’est
beaucoup mieux, les parents le comprennent d’autant mieux qu’ils cons-
tatent à quel point leurs enfants deviennent rapidement « accrocs » à leur
correction optique.
Citons l’exemple de cet enfant de 4 ans dont les parents consultent pour
un deuxième avis. Depuis qu’on a « doublé la puissance de ses lunettes »,
leur fils « louche ». Il est vrai qu’avec sa sous-correction cet enfant présentait
un microstrabisme convergent, se frottait souvent l’œil droit et se plaignait

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de céphalée. Avec les nouvelles lunettes (corres-
pondant à la correction hypermétropique totale),
il ne se plaignait plus, percevait normalement le
stéréotest de Lang… mais… « perdait beaucoup »
quand il enlevait ses lunettes. Je n’ai pu que sou-
ligner l’excellence de la prescription, injustement
diabolisée.
L’exemple de la figure n° 9 évoque le cas d’un
enfant de 4 ans qui se présente avec un torticolis,
tête défléchie, qu’elle n’adopte que lorsqu’elle
fixe (ici le test transparent de Gracis). Elle perçoit
normalement le stéréotest de Lang, le cover-test
paraît normal mais la skiascopie révèle une hy-
permétropie de + 4,50 ∂ aux deux yeux.
Le port des lunettes fait disparaître le tortico-
lis (figure n° 10). Avec lunettes : TNO 60’’. Sans
lunette : décompense une ésodéviation variable
de 15 à 30 ∆ (figure n° 11).

Correction précoce :
protection de la vision
binoculaire
Un autre débat, corollaire de celui qui précède,
concerne l’indication précoce de la correction
de l’hypermétropie forte en tant que facteur
préventif d’une perte de développement de la
fonction binoculaire.
C’est à von Noorden (encore lui) que l’on doit
les travaux les plus contributifs en la matière.
Il a effectué une étude comparative entre des
hypermétropes forts, strabiques compensés par
lunettes et non strabiques ne portant pas de lu-
nette [16]. Dans les deux populations, le punctum
proximum d’accommodation était anormalement
élevé. L’hypothèse d’une hypo-accommodation
par non-usage du muscle ciliaire a été avancée
et nous paraît logique. L’étude du microstrabisme
est un excellent modèle pour illustrer ce raison-
nement. La plupart de ces patients sont en effet
hypermétropes et présentent une dominance de
fixation pathologique. Leur fréquence d’anisomé-
tropie associée est anormalement élevée (de 35
à 66 %). Cette anisométropie peut être significa-
tivement réduite par la pénalisation optique (sur- Fig 9, 10 & 11.
correction hypermétropique de l’œil dominant
de près) qui réduit l’effort accommodatif de l’œil dominant [10]. Elle peut,
par contre être significativement augmentée lorsque la dominance n’est pas
traitée et que l’œil fixateur ne porte pas de lunettes. Certains patients opérés
de strabisme accommodatif et laissés sans lunettes pendant plus de dix ans
évoluent ainsi par exemple d’une réfraction initiale de + 5,00 ∂/+5,00∂ à une
réfraction finale de + 5,00 ∂/+0,25∂ avec exotropie consécutive et amblyopie
profonde de l’œil non emmétropisé.
L’étude de von Noorden démontre surtout que les représentants des deux
groupes présentaient en majorité un déficit stéréoscopique majeur. Ces
déficits binoculaires étaient prévisibles chez les strabiques (précoces ou nor-
mosensoriels traités tardivement), ils ont étonné l’auteur qui ne s’attendait
pas à cette observation concernant des patients non strabiques. L’hypothèse
avancée est que l’importance de l’hypermétropie (> 4∂) oblige les enfants
à relâcher souvent leur accommodation durant la période sensible de déve-

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loppement de la vision binoculaire. Si celle-ci se mature jusqu’à 18 mois, le
système resterait sensible à un processus pathologique jusqu’à l’âge de 5 ans
[1]. Les modèles animaux expérimentaux ont démontré expérimentalement
le bien fondé de cette hypothèse. Il est intéressant de constater que l’am-
blyopie est très peu significative chez les non strabiques. L’expérimentation
chez le singe [5] a en effet démontré que de brèves périodes de flou visuel
suffisaient à diminuer les capacités stéréoscopiques sans affecter l’acuité
visuelle. La défocalisation transitoire est donc extrêmement dangereuse pour
le développement de la vision binoculaire du jeune enfant, et dangereuse très
tôt, dès l’âge de 6 mois.
Cette réalité sensorielle peut surprendre. Ce fut le cas chez un enfant de
5,5 ans qui m’est adressé pour avis. Il porte une correction de + 9,50 ∂ aux
deux yeux et son ophtalmologiste s’étonne de ses médiocres performances
binoculaires en l’absence de strabisme… que faire sinon lui confirmer qu’il a
fait ce qu’il fallait dès que l’enfant l’a consulté : il lui a prescrit la correction
totale d’emblée mais… à l’âge de 3 ans.
L’exemple suivant nous montre cependant qu’il n’est jamais trop tard pour
bien faire. Cet enfant a 10 ans quand il consulte pour céphalée et douleurs
oculaires malgré sa correction optique. Il porte + 1,75 ∂ aux deux yeux. Avec
cette correction, le cover-test est normal et le TNO est quantifiable à 60’’. La
correction totale est cependant de + 5,50 ∂ que je lui prescris d’emblée. Six
mois plus tard il est asymptomatique et strictement orthophorique de près
et de loin mais… sans lunettes il décompense : Et’20 ∆ Et 8 ∆. Quatre ans plus
tard, il compense sans lunettes et, avec lunettes, il est exophorique de 4 ∆ de
près. Sa réfraction est inchangée.
La nouvelle génération des réfracteurs portables permet un dépistage pré-
coce de ces enfants dès l’âge de 9 mois. Malgré leur caractère myopisant, ces
appareils dépistent aisément les hypermétropes forts. Une skiascopie sous
cycloplégie est difficile à appliquer à tous les enfants de 6 mois, mais doit être
préconisée systématiquement dans les familles génétiquement prédisposées
aux fortes amétropies.
Pour toutes les raisons qui précèdent, nous encourageons à la prescription
systématique et précoce de la correction optique totale chez tous les hyper-
métropes de plus de 4 ∂.

Déviation horizontale et lentilles de contact


Dans la logique de ce qui vient d’être exposé, à partir de 4 ∂, il faut donc
porter sa correction totale, le plus vite possible et… le plus souvent possible.
Dans cette perspective, la voie royale devrait être dévolue aux lentilles de
contact en port permanent. Les lentilles offrent en effet le double avantage de
supprimer la contrainte accommodative provoquée par l’effet grossissant des
lunettes et de limiter les stress accommodatifs liés à la fixation sans lunettes.
Des obstacles à la fois éthiques, pratiques et scientifiques nous empêchent
de proposer cette solution aux jeunes enfants. Certains ont cependant déjà
dépassé ce cap et se fient à la biocompatibilité des nouveaux matériaux pour
proposer cette possibilité à leurs jeunes patients.
Voici un exemple d’application de cette attitude « à mon corps défendant ».
Ce garçon de 14 ans est gêné par des céphalées et une sensation de fréquente
instabilité oculomotrice. Il a été opéré 3 fois pour strabisme convergent et il
présente effectivement un microstrabisme résiduel variable malgré le port
de la correction optique totale (+3,50∂/+4,50∂ ) . Je lui adapte des lentilles
flexibles en port journalier qu’il a porté 2 ans en port permanent de sa pro-
pre initiative. Cette attitude a « dégorgé » une partie de son hypermétropie
restée latente sous cycloplégie (+0,75∂/+1,25∂ ), lui permettant d’améliorer
l’amblyopie relative de son œil gauche de 6,5 à 10/10 et de stabiliser parfai-
tement son microstrabisme résiduel. Il est asymptomatique et… sa cornée
se porte bien.

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Cas particulier des microstrabismes
La définition classique du microstrabisme fait appel à une notion motrice
(angle < 10 ∆) et sensorielle (CRA). Si on se limite à l’aspect moteur de la dé-
viation, on constate qu’une certaine proportion des microtropies (la plupart
des micro-ésotropies) évolue vers l’orthotropie sous l’influence de la correction
optique totale (presque toujours hypermétropique).
Une étude sur 76 cas de microtropies diagnostiqués consécutivement [10]
nous a permis d’identifier ainsi 21 cas présentant une base normosensorielle
dont 15 cas ont récupéré une perception normale au TNO.
Contrairement aux microtropies avec CRA congénitale dont l’angle de base
ne varie guère avec la correction optique, celle-ci influence favorablement les
microtropies normosensorielles dont la déviation moyenne sans correction
est de 6,6 ∆ et avec correction de 0,45 ∂.
Notre expérience clinique nous a permis de dégager les caractéristiques
propres à la microtropie normosensorielle : amblyopie initiale modérée,
absence de décompensation après occlusion, normalisation du cover-test
après correction optique et traitement de l’amblyopie, guérison rapide de
l’amblyopie, symptomatologie asthénopique et microdécompensation accom-
modative qui fait qu’on peut, sans rougir, lui donner le nom de microstrabisme
accommodatif.

Conclusion
Il est difficile de résumer les nombreuses notions développées dans ce cha-
pitre.
Nous avons voulu sensibiliser le lecteur au fait que de faibles valeurs ré-
fractives ou déviométriques peuvent avoir des conséquences fonctionnelles
significatives.
Nous espérons avoir convaincu du bien fondé de la prescription systémati-
que de la prescription hypermétropique totale dans toutes les circonstances
strabologiques possibles.
RÉFÉRENCES
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105

La correction optique
dans le strabisme accommodatif

Jean-Claude Charlot

Le dérèglement de la relation accommodation convergence est à l’origine


de ce qu’il est convenu de regrouper sous le terme de strabismes accommo-
datifs. Ils sont unis par le même stimulus accommodatif, dont le traitement
repose sur la correction optique totale, qui plus que jamais représente la base
incontournable de la strabologie.
La réponse de la déviation à la correction optique totale permet de décrire
les différentes formes de ces strabismes accommodatifs, et dicte la théra-
peutique.

La relation accommodation-convergence
et la correction optique totale
En 1 864, Donders met en évidence la relation accommodation-conver-
gence.
Il note le premier que le strabisme convergent est causé par l’hypermé-
tropie non corrigée. En effet à une accommodation donnée correspond une
convergence accommodative donnée. En cas d’hypermétropie non corrigée,
le patient a une vision floue et doit recourir à un excès d’accommodation
pour avoir une vision nette, d’où une ésodéviation sur terrain prédisposé où
la fusion est trop fragile pour maintenir les axes visuels parallèles, par conver-
gence accommodative excessive (l’autre choix consiste à renoncer à la vision
nette en conservant les axes visuels parallèles).
Donders ne faisait pas de l’hypermétropie le facteur exclusif de la déviation
strabique, mais un facteur déclenchant en cas de fusion fragile.
En effet cette théorie n’explique pas tout et il y a de nombreuses excep-
tions :
• De nombreux patients emmétropes, voire myopes sont ésotropes ;
• Des hypermétropes sont exotropes ;
• 95 % des hypermétropes n’ont aucun strabisme, avec ou sans correc-
tion optique ;
• Il n’y a pas de corrélation entre la valeur de la déviation et l’importance
de l’hypermétropie, ni entre l’importance de la correction optique et le
degré de réduction angulaire.
Tout ceci ne saurait remettre en cause la validité de cette théorie, qui
représente, 140 années après, le fondement de la prise en charge moderne
en 2003 du strabisme. Elle repose sur le port permanent de la correction
optique totale, prescrite après étude de la réfraction sous cycloplégique, qui
corrige l’amétropie, en particulier l’hypermétropie, et traite ainsi le facteur
accommodatif de la déviation. En effet, la correction de l’hypermétropie met
l’accommodation au repos, et réduit la convergence accommodative : pour

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106
réduire la déviation à sa valeur minimale, il faut donc mettre l’accommodation
au repos et compenser toute l’hypermétropie.

La correction optique totale


La correction optique totale a un effet moteur
En effet, en mettant au repos l’accommodation, elle permet une réduction
angulaire en soulageant la convergence accommodative ; elle a un effet an-
tispasmodique, et lutte contre la variabilité angulaire. L’expérience a montré
qu’une faible amétropie peut entraîner des désordres accommodatifs impor-
tants, et donc toute amétropie si faible soit-elle, doit être corrigée.
Ce système emmétropisant est stable dans l’instant, mais variable dans le
temps, et doit donc être régulièrement vérifié. C’est un système stabilisant,
qui permet « la paix oculogyre » chère au Professeur MA Quéré. Il est donc
fondamental pour permettre au trouble oculomoteur de s’exprimer pleine-
ment, est irremplaçable, et influe sur tout le traitement.
La correction optique totale a également un effet
sensoriel
Par égalisation des images rétiniennes, elle est le préalable indispensable au
traitement ou à la prévention de l’amblyopie.
La correction optique totale est de détermination extrêmement simple.
Comme nous le verrons, par étude de la réfraction sous cycloplégique, et très
gratifiante pour l’ophtalmologiste quand elle apporte la guérison. Elle évite
alors la chirurgie si elle permet de réduire la déviation à une ortho-microtropie,
de valeur inférieure à 8 dioptries horizontalement et 4 dioptries verticalement,
mesurée au test à l’écran, dans toutes les positions du regard, permettant
l’usage de la vision binoculaire dans les strabismes normosensoriels, accom-
modatifs purs, à défaut, une union bi-oculaire dans les autres cas.
On sait ainsi qu’en l’absence de correction optique totale, l’accommodation
n’est pas supprimée, il persiste une convergence accommodative résiduelle,
la déviation angulaire n’est pas réduite, d’où indication chirurgicale erronée.
Le résultat obligatoire en est l’exotropie consécutive, anesthésies générales
et interventions itératives, à l’origine de fibrose conjonctivo-ténonienne, d’al-
térations musculaires, de cicatrices conjonctivales inesthétiques. Le préjudice
esthétique et moral est évident au terme de ce périple médico-chirurgical qui
est un massacre thérapeutique.

La correction optique totale : comment ?


Elle est déterminée par l’étude de la réfraction sous cycloplégique, et surtout
l’étude de la réfraction subjective sous cycloplégique.

La réfraction comprend un élément sphérique et


un élément cylindrique.
Comme l’a montré le Pr. A Péchereau dans une étude présentée lors du 98e
congrès de la SFO, et rapporté dans la revue « Ophtalmologie » 1 993 ; 7 :
341- 343, « Réfractométrie automatisée. Influence de la cycloplégie sur les
paramètres de l’astigmatisme », l’élément cylindrique de la réfraction n’est
peu ou pas influencé par la cycloplégie.
Il n’en est pas de même pour la détermination de l’élément sphérique, en
raison de la capacité très importante de l’enfant à accommoder, qui diminue
progressivement à mesure que l’âge s’avance vers la presbytie, et nécessite
le recours obligatoire à la cycloplégie.
La cycloplégie fait appel à 2 collyres, l’Atropine, et le Cyclopentolate, ou
« Skiacol® ».
L’Atropine est le cycloplégique le plus puissant et son usage doit être obliga-
toire en cas de strabisme, en dehors de ses contre-indications, essentiellement
l’allergie. Les dosages sont adaptés à l’âge de l’enfant, 0,3 % jusqu’à 3 ans,
0,5 % de 3 à 6 ans, et 1 % après 6 ans, à la posologie de 1 goutte matin et

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107
soir dans les 2 yeux, pendant les 5 jours (ou mieux 7 jours en cas de patient
pigmenté) précédant l’examen. Il faudra expliquer à la maman que c’est un
produit dangereux, qui ne doit pas être accessible aux enfants et qui devra
être stoppé en cas d’allergie ou d’intolérance ; il faut obturer avec le doigt
les méats lacrymaux après instillation du collyre et essuyer l’excès de collyre
pour diminuer au maximum le passage lacrymal et par là l’absorption systé-
mique du collyre, réduisant ainsi le risque de toxicité du collyre. Malgré ces
recommandations qui peuvent effrayer les parents, et qu’il faudra rassurer,
la cycloplégie à l’Atropine permet en général de mettre en évidence des hy-
permétropies plus importantes qu’avec le « Skiacol® ». Ceci est peut-être dû
à ce que l’Atropine devant être instillée plusieurs jours de suite, le collyre a
plus de chance d’agir, malgré les pleurs de l’enfant qui s’habitue au cours de
ces jours de préparation, que le « Skiacol® », dont les 3 gouttes à 5 minutes
d’intervalle ont plus de chance d’être rejetées dans les larmes.
Il ne faut pas oublier que l’Atropine empêche la vision de près pendant les 8
jours qui suivent l’arrêt du collyre, dont l’usage devra donc être choisi dans le
temps pour ne pas entraver la scolarité de l’enfant, ce qui est facilement réa-
lisable dans notre pays en fonction des vacances scolaires omniprésentes.
Ainsi l’Atropine est le cycloplégique obligatoire.
En cas d’impossibilité d’y recourir, l’autre cycloplégique est le Cyclopentolate
ou Skiacol®.
Le Skiacol®, classiquement interdit d’usage selon le VIDAL avant l’âge de
1 an, ainsi qu’en cas d’antécédent neurologique, convulsion hyperthermique
en particulier, peu actif chez les patients pigmentés, doit obéir à une mé-
thodologie très stricte pour être fiable : l’instillation du collyre sera faite à
T0, T5 et T10 minutes, l’examen entre la 45e et la 60e minute. L’étude de la
réfraction peut donc, par ce collyre, être faite le même jour de consultation,
ce qui présente beaucoup d’avantages, surtout pour les patients adressés,
qui résident loin. Il faut savoir que le Skiacol® empêche la vision de près
durant les 24 à 36 heures qui suivent (Attention aux adultes pour leur travail,
et donc proposer cet examen le vendredi soir par exemple). Le Skiacol® est
donc le cycloplégique de routine, de surveillance au cours de l’évolution, il
est d’action rapide et il est donc très commode.
L’étude de la réfraction chez le patient sous cycloplégie
Elle sera faite différemment selon l’âge de l’enfant.
Chez le tout-petit, on procédera par skiascopie manuelle, puis, dès que l’âge
le permet et que l’enfant n’a plus peur de s’approcher des instruments, on
utilisera l’autoréfractomètre automatique, qui donne des résultats beaucoup
fiables, sauf dans les mains des rares skiascopistes chevronnés. Les données
de cet examen seront précisées par étude de la réfraction subjective, en affi-
nant la correction optique sur la monture d’essai, en faisant lire les plus petits
optotypes possibles, pour arriver à la correction la plus approchée possible
de la réfraction du patient.
Ce moment est très privilégié dans la relation avec la famille de l’enfant. Il
permet de montrer à la famille ce que voit l’enfant sans lunette, ce qui, en
dehors de les affoler, leur fait comprendre la nécessité du port permanent de
la correction optique. C’est à ce moment que se scelle le pacte de confiance,
indispensable à la compliance et à la réussite du traitement.
N’oublions pas de faire un examen complet de l’œil, fond d’œil en particulier,
pour éliminer une lésion organique à l’origine de ce strabisme. Chez l’adulte
hypermétrope, il faudra vérifier l’angle iridocornéen, pour ne pas méconnaître
une fermeture de l’angle du fait de la mydriase liée à la cycloplégie.
Mais la cycloplégie ne se résume pas à ces 2 collyres !
En effet la correction optique totale qui met l’accommodation au repos,
et mieux encore les verres bifocaux ou progressifs qui mettent au repos
l’accommodation de près, sont cycloplégiques. Il n’est d’ailleurs pas rare, et
il faut toujours le rechercher en cas d’ésodéviation persistante, de pouvoir
augmenter de + 0,25 ou + 0,50 la correction que l’on croyait totale, sans

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pénaliser l’acuité visuelle, permettant alors de prescrire la correction totale,
qui réduira encore la déviation résiduelle.

La correction optique totale


Elle sera faite par lunettes, les verres étant unifocaux, bifocaux ou progressifs
selon des indications précises.
La monture des lunettes est déterminante.
La correction optique pourra être faite par lentilles de contact, unifocales
en général, rarement bifocales ou progressives.
Enfin chez des patients majeurs, en fonction de la faisabilité de l’acte, du
résultat à espérer, après acceptation du risque, une information honnête
ayant été donnée, et par un praticien rompu à la technique, une correction de
l’amétropie hypermétropique par traitement réfractif pourra être réalisé.
La monture de lunette
Elle n'est pas un gadget, elle est à la base du traitement. Elle doit couvrir le
champ du regard, du sourcil à la pommette, à pont surbaissé, en plastique
ne se déformant pas (à l’inverse des montures métalliques à plaquettes qui
doivent subir des réglages incessants pour être ajustées sur le visage de l’en-
fant), pour être parfaitement stables devant les yeux à corriger. Ces larges
lunettes éviteront que l’enfant ne triche et regarde par-dessus et en dehors
des verres. Elles ne seront pas rondes en cas d’astigmatisme. Enfin elles seront
le support à des traitements adjuvants, filtres calibrés en particulier.
Toutes ces exigences de l’équipement particulier de l’enfant doivent être
prises en compte par l’opticien.
La correction optique par lunettes pourra être par
verres unifocaux, ou avec additif en vision de près
La correction optique totale sera toujours prescrite en
premier temps
En cas de rétablissement du parallélisme des axes oculaires par cette cor-
rection avec stéréoscopie dans certains cas, ou réduction de la déviation
angulaire à une microtropie, la correction optique totale traite parfaitement
ce strabisme accommodatif, et la surveillance s’impose.
En cas d’incomitance loin/près avec rectitude ou microtropie en vision de
loin dans la correction optique totale, il faut examiner la déviation de prés
avec un additif de + 1 à + 3. La réduction angulaire de prés à une orthotropie
avec dans ce cas stéréoscopie au test de Lang, ou à une microtropie inférieure
à 8 ou 10 dioptries, permettant l’exercice d’une union bi-oculaire, est une
indication formelle à l’équipement de cet enfant par verres avec additif pour
la vision rapprochée, à la condition d’une iso acuité et en l’absence de risque
d’amblyopie, (ceci étant acquis) comme y a insisté le Pr MA Quéré. La valeur
de l’additif est celui qui permet la réduction angulaire de près ; il est déter-
miné à la consultation. Au cours de l’évolution, la surveillance régulière de
l’enfant permettra parfois de réduire peu à peu la valeur de l’additif, jusqu’à
sa suppression sans récidive de l’ésodéviation de près, le jeune adolescent
ne portant que sa correction optique totale. Dans d’autres cas, l’additif ne
peut être supprimé sous peine de déviation de près, et un essai de correction
par lentilles de contact doit être tenté, facilité aujourd’hui par la disponibilité
de lentilles journalières. On sait en effet que l’ésodéviation en lunettes peut
souvent être réduite par la correction par lentilles du fait d’un effort accom-
modatif moins important par cette correction.
Cet additif en vision de près sera réalisé par des verres bifocaux chez les
petits enfants, qui baissent la tête pour la vision de près, et ne savent pas
baisser le regard, à séparation horizontale, centrée sur la pupille en position
primaire.
Puis dès l’âge de 6 à 7 ans, les verres bifocaux seront remplacés par des
verres progressifs, possibles car l’enfant commence à utiliser son regard en
bas, au lieu de baisser la tête. Ils ne posent aucun souci de tolérance chez

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l’enfant. Outre un avantage esthétique indiscutable, ils ont la supériorité par
rapport aux verres bifocaux de pouvoir maîtriser la déviation en vision inter-
médiaire, alors que les verres bifocaux ne traitent la déviation qu’en vision
de loin et de près.
Il faut mentionner ici l’engagement d’ESSILOR aux côtés des ophtalmologis-
tes pour permettre un équipement en verres progressifs du plus grand nombre
d’enfants dont le traitement du strabisme nécessite un tel équipement, au
meilleur prix, et nous formulons ici nos remerciements collectifs pour cette
utile action de mécénat.
La correction optique par lunettes sera plus tard
remplacée par les lentilles de contact
Réclamées par les pré-adolescents qui ne veulent plus porter leurs lunettes,
à condition que l’hygiène de l’enfant soit compatible avec un équipement
en lentilles sans risque, et qu’il soit capable de les assumer. Les lentilles
seront obligatoirement rigides perméables à l’oxygène, les lentilles souples
journalières étant réservées à des indications particulières, activités sporti-
ves… (de même, qu’au cabinet pour essai et appréciation de leur action sur
la déviation).
La puissance de la lentille sera choisie en fonction de la réfraction, le cylin-
dre étant exprimé en négatif, en sur corrigeant par rapport à la lunette, en
cherchant la puissance la plus forte qui ne pénalise pas l’acuité visuelle, sans
se fier aux tables d’équivalence.
Comme on l’a dit précédemment, outre l’avantage esthétique, les lentilles
réduisent l’effort accommodatif par rapport aux verres de lunettes, et dimi-
nuent donc l’angle de déviation.
Il est donc capital de faire un essai de correction par lentilles de contact
en cas de petit angle persistant sous correction optique totale qui serait à
opérer, ce qui sauvera nombre d’enfants d’une intervention inutile du fait de
la disparition de la déviation en lentilles…
Enfin la correction optique totale peut être réalisée
par la chirurgie réfractive
Elle ne s’adresse qu’aux patients adultes, loyalement et totalement informés,
qui en acceptent les risques et imperfections, en fonction de la faisabilité de
la procédure, par un ophtalmologiste expérimenté. Il s’agit en effet de traiter
la correction optique totale, et non partielle…
La correction optique doit être portée en permanence
Des signes indiquent que l’enfant ne porte pas ses lunettes en permanence :
on sera alerté par une mauvaise acuité visuelle, alors que la lunette est récente
d’après une étude de la réfraction sous cycloplégique, et que la lunette corres-
pond à la prescription. Très évocateurs sont également des mouvements de
myosis de la pupille à l’autoréfractomètre, témoignant que l’accommodation
n’est pas au repos.

La fratrie
En cas de strabisme accommodatif, comme lors de tout strabisme, les frères
et sœurs doivent être examinés sous cycloplégique, pour détermination de
leur réfraction.
Une hypermétropie inférieure à 3 dioptries ne sera pas corrigée, mais l’enfant
régulièrement surveillé, acuité visuelle, équilibre oculomoteur et stéréoscopie.
Par contre il faut corriger les hypermétropies supérieures à 3 dioptries, en to-
talité ou non selon les auteurs : en effet le risque de survenue d’un strabisme
est dans ces cas importants, dans ce contexte de strabisme accommodatif
familial. Une surveillance sera assurée, comme il en est la règle, acuité vi-
suelle, équilibre oculomoteur et stéréoscopie (et adapter la correction optique
à l’équilibre oculomoteur si l’on avait corrigé partiellement l’hypermétropie,
et à l’évolution de la réfraction régulièrement vérifiée sous cycloplégie). La
famille sera prévenue dans ces cas de correction optique « préventive » du

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risque d’installation d’un strabisme au retrait de la lunette, alors qu’il n’existait
pas, du fait de la nécessité d’accommoder pour voir net.

Effet de la correction optique sur la déviation et


classification des strabismes accommodatifs
• La correction optique totale entraîne la suppression de la déviation,
avec vision binoculaire dans ces cas à correspondance rétinienne nor-
male et guérison. C’est le strabisme convergent accommodatif pur.
• La correction optique totale permet une réduction de la déviation qui
est identique en vision de loin et en vision de près. C’est le strabisme
convergent accommodatif partiel.
• La correction optique totale supprime ici l’angle de loin, mais il persiste
une déviation de près qui est supprimée par un additif de près. C’est le
strabisme convergent accommodatif pur avec excès de convergence.
• La correction optique totale entraîne une diminution de l’angle de
déviation avec déviation plus importante en vision de près, incomitance
loin/près, non influencée par une addition en vision de près. C’est le
strabisme convergent accommodatif partiel avec excès de convergence.
• La correction optique totale permet encore de décrire une entité cor-
respondant à une microtropie de base avec correspondance rétinienne
anormale et déviation de près par excès de convergence.

Conclusion
La correction optique totale est déterminée par l’étude de la réfraction sous
cycloplégie. Elle est à la base du traitement des strabismes, dont dépend
toute la prise en charge.
Elle est nécessairement de la responsabilité de l’ophtalmologiste.

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Les surcorrections optiques

Claude Speeg-Schatz

Introduction
Les surcorrections optiques se définissent par l’adjonction de dioptries
positives à une correction optique donnée. Cette adjonction nécessite au
préalable une réfractométrie précise sous cycloplégique avec pour objectif la
prescription de la correction optique totale, seul paramètre potentiellement
neutralisable au niveau du dérèglement de l’accommodation-convergence,
cette correction optique devant être continuée dans le temps avec une mon-
ture adaptée à l’âge de l’enfant et à sa morphologie.

Classification et buts de la correction optique


La surcorrection optique peut être réalisée de près, de façon bilatérale ou
unilatérale.
Surcorrection de près bilatérale
Dans la surcorrection de près bilatérale, on ajoute une correction optique
de + 3 dioptries, soit par des verres bifocaux, soit par des verres progressifs.
Cette surcorrection a un effet anti-accommodatif et permet de lutter contre
l’incomitance loin/près.
La surcorrection optique de près bilatérale est réalisée par une surcorrection
de + 3 dioptries par verres bifocaux à la Franklin jusqu’à l’âge de 8 ans, puis
par verres progressifs. Les verres bifocaux sont plus inesthétiques et non
acceptés après l’âge de 8 ans. Les verres progressifs sont plus légers, plus
esthétiques et permettent une adaptation facile chez l’enfant.
Cette surcorrection bilatérale de près a un intérêt dans les strabismes ac-
commodatifs avec ésodéviation résiduelle de près et orthotropie de loin et est
volontiers proposée avant une Fadenoperation dans l’incomitance loin/près
ou après un premier temps chirurgical.
La valeur de la surcorrection optique de près bilatérale varie selon les auteurs
de + 3,5 au verre le plus faible diminuant l’incomitance (1, 2).
Surcorrection unilatérale
La surcorrection unilatérale est obtenue par une pénalisation de loin par + 3
dioptries de l’œil fixateur. On essaiera de réaliser une balance spatiale entre
l’œil dominant que l’on pénalise de loin et l’œil dominé utilisé de près. Certains
auteurs ajoutent de l’Atropine dans l’œil dominant pour supprimer la vision
de près et réaliser ainsi un traitement de l’amblyopie de l’œil dominé.
Le but de cette surcorrection est la suppression de l’accommodation, la
réduction angulaire et le traitement ou la prévention de l’amblyopie légère,
ainsi que celui de la dominance oculaire.
La surcorrection optique de près unilatérale est réalisée par une surcorrec-
tion allant de + 1,5 à 3 dioptries selon les auteurs, notamment dans les am-

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blyopies légères ou moyennes, ou en alternance pour assurer la prophylaxie
de la récidive de l’amblyopie. Cette surcorrection peut se faire éventuellement
par l’adjonction d’un press-on.
Pénalisation optique alternée
Enfin, la pénalisation optique peut être alternée, de loin en rajoutant 3 diop-
tries dans 2 paires de lunettes, ce qui permet la prévention et/ou l’entretien
du traitement de l’amblyopie.

Les surcorrections optiques


Nécessitent des impératifs optiques
• Par un parfait centrage des verres ;
• La surcorrection doit effleurer le centre de la pupille en vision de loin
afin que le foyer inférieur soit utilisé ;
• Gros efforts de la société ESSILOR concernant la prise en charge finan-
cière des verres progressifs chez l’enfant.
Nous rappelons que la surface du champ du regard de l’enfant est super-
posable à celle de l’adulte, sauf dans le cadran inféro-nasal : la racine du nez
inexistante n’ampute pas le champ du regard.
La zone la plus employée en vision à distance se trouve chez l’enfant en haut
du champ du regard : la surface du verre doit de ce fait couvrir tout le champ
du haut (sinon l’enfant triche et regarde par-dessus son foyer inférieur).
Les champs du regard binoculaire se recouvrent : il est donc nécessaire de
ne pas prescrire des ponts trop larges.
Enfin, le montage des multifocaux est nécessité par l’application du menton
sur le thorax pour voir de près.

Résultats des bifocaux


dans les ésotropies accommodatives de près
1ère étude : Ludwig J Pediatr Ophtalmol Strabismus 1 989
(3)
• 65 enfants ont été équipés par des bifocaux afin d’assurer l’alignement
de près sur 10,5 ans ;
• 61,5 % des enfants ont pu arrêter le port des bifocaux après 5, 5 ans ;
• 38,5 % ont dû poursuivre après 10 ans de suivi.
Dans le 1er groupe la moitié des enfants et dans le 2e groupe 36 % des
enfants ont subi une chirurgie complémentaire permettant une réduction de
10 dioptries de l’angle résiduel de près. Les enfants tributaires des bifocaux
avaient un rapport AC/A plus élevé et restent dépendants de la correction
optique même après chirurgie (on peut considérer que le rapport AC/A élevé
au départ représente un facteur prédictif).
2e étude : Von Noorden Am J Ophtalmol 1 978 (4)
Sur 84 enfants :
• 12 ont pu arrêter le port des bifocaux ;
• 19 ont vu une réduction progressive de leur addition positive ;
• 39 enfants sont restés tributaires des bifocaux ;
• 14 ont détérioré leur fusion (avec un rapport AC/A bas et augmentation
progressive de l’ésodéviation de près).

Les lentilles progressives


dans l’ésotropie accommodative
Elles peuvent représenter une bonne alternative assurant une amélioration
esthétique ainsi qu’une amélioration de la relaxation de la convergence dans
la zone intermédiaire. Il faut rappeler, néanmoins, les difficultés de pose chez
le tout-petit.

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Conclusion
Après un traitement médical bien conduit, port de la correction optique totale
et traitement de l’amblyopie par occlusion, on peut proposer une prescription
avec surcorrection de près. Celle-ci est parfois prescrite après un 1er temps
chirurgical avec angle résiduel de près uniquement.
Des essais d’une addition de 3 dioptries en cours d’examen clinique avec
évaluation de l’angle de loin et de près sont intéressants.
RÉFÉRENCES
1. Dyer JA. Mechanisms and treatment of strabismus in children
W V Med J. 1 968 Jan ; 64, 1 : 14-6.No abstract available.
2. Smith JB. Progressive-addition lenses in the treatment of accommodative eso-
tropia. Am J Ophtalmol. 1 985 Jan 15 ; 99, 1 : 56-62.
3. Ludwig IH, Parks MM, Getson PR. Long-term results of bifocal therapy for accom-
modative esotropia. J Pediatr Ophtalmol Strabismus 1 989 ; 26, 6 : 264-70.
4. von Noorden GK, Morris J, Edemann P. Efficacy of bifocals in the treatment of
accommodative estropia. Am J Ophtalmol 1 978 ; 85, 6 : 830-4.

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Strabisme et verre progressif

Annie Rodriguez

Chez l’enfant, les verres progressifs présentent des avantages par rapport
aux doubles foyers.
Ces avantages sont liés à l’esthétique (l’enfant gardera ses lunettes, élément
indispensable à la réussite du « traitement »), et à la prise en compte de la
vision intermédiaire.
Cependant, pour l’enfant, les verres progressifs doivent répondre à certains
critères :
• Une progression courte, afin de rendre l’accès facile à la vision de près ;
• Une surface douce, afin de faciliter l’adaptation ;
• Un coût raisonnable.
Le laboratoire Essilor propose Varilux Enfant, un verre progressif répondant
aux critères ci-dessus.
Pour faire bénéficier les enfants de ces verres progressifs, un formulaire
spécial est nécessaire : sur le formulaire apparaîtront la prescription de l’oph-
talmologiste, et les recommandations de montage spécifiques aux enfants
(information nécessaire, destinée à l’opticien).

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Les lunettes et le strabisme accommodatif

Jean-Pierre Barberie

Introduction
« L’importance de la qualité des lunettes pour un traitement efficace ».
Il y a déjà plus de 10 ans en ce même lieu étaient définis 10 commande-
ments pour le traitement médical des strabismes et le conférencier ajoutait
qu’il ne fallait pas s’affranchir de ces dix commandements.
Reprenant à mon compte ce schéma de présentation, la règle à suivre, et
en m’appropriant la maxime chère au Professeur Péchereau « dire tout ce
que l’on fait et faire tout ce que l’on dit » je vais vous rappeler les 10 com-
mandements pour que les lunettes soient le support efficace pour mener à
bien vos traitements.

1er commandement
« Les montures doivent respecter l’intégrité du champ de regard ».
Pour atteindre cet objectif il faut :
• Que la forme de l’oculaire de la monture prenne en compte la diffé-
rence constatée entre le champ de regard de l’adulte et celui de l’enfant
qui est légèrement plus grand dans le cadran inféro-nasal.
• Que le dessin de calibre soit plus arrondi que la norme dans la partie
supérieure car cette zone du champ de regard d’avantage utilisée par
l’enfant lorsqu’il regarde le monde des adultes qui pour lui se situe vers
le haut.

2e commandement
« Les montures doivent favoriser le processus d’adaptation binoculaire
spatiale ».
En raison de la moindre projection de l’appendice nasal, et pour favoriser
la vision des objets rapprochés, les montures qui serviront de support pour
le traitement des strabismes accommodatifs devront avoir un angle interne
très dégagé. Pour atteindre cet objectif, il faut que le pont soit étroit, et ce
d’autant plus que l’enfant est petit car, à cet âge, l’espace de préhension est
très proche puisque conditionné par la longueur du bras.

3e commandement
« Les montures doivent recevoir sans difficulté la correction optique to-
tale ».
Malgré les progrès réalisés en optique oculaire grâce aux verres asphéri-
ques, aux nouveaux matériaux organiques et aux verres calculés sur mesure
par rapport à la monture choisie, il est toujours nécessaire de concevoir des
montures dont les formes seront très étudiées en fonction de quelques me-

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sures faites par tranche d’âge et qui sont : la distance interpupillaire, l’écart
sphénoïdal, l’écart au niveau du sillon auriculaire
Le schéma ci-dessus met en évidence cet aspect sur une COT de + 500 ∆,
centrée rigoureusement dans les deux cas mais avec un bon choix et un
mauvais choix de calibre utile.

4e commandement
« Les montures doivent être choisies en adéquation avec la morphologie
de l’enfant ».

5e commandement
« Les montures doivent être stables sur le visage du porteur ».
Si la stabilité d’une monture est assurée principalement par une bonne assise
sur le nez, il ne faut pas négliger tous les détails qui permettront de répartir
harmonieusement sur le visage le poids de l’équipement optique.
Il faut veiller, en particulier à ne pas exercer de compression sur les tempes
et à donner l’accroche nécessaire soit sur la boîte crânienne ou en suivant
le contour d’oreille.
Cet équilibre des masses et des forces permet au porteur d’avoir toujours
en face des lignes de regard des oculaires bien centrés ce qui est le but re-
cherché.

6e commandement
« Les montures doivent être confortables et garantir la sécurité du por-
teur. »
Pour optimiser le confort des montures on utilise des matériaux légers, non
allergisants qui respectent la fragilité du tissu cutané.
En particulier pour le tout-petit on a recours au silicone chirurgical pour faire
dans ce matériau un coussin nasal qui améliore le confort des montures.
De même pour les plus grands dans un souci de sécurité on équipe le porteur
de cette tranche d’âge avec des charnières à ressort recouvertes d’une gaine
caoutchoutée afin d’éviter tout traumatisme en cas de choc.
C’est aussi en raison des accidents qui arrivent lors des jeux d’enfants que
l’on proscrit les lunettes métalliques. Mais la raison principale de notre refus
d’équipement avec ce type de montures est que celles-ci se déforment trop
rapidement, glissent sur le nez et par conséquent ne correspondent pas aux
impératifs du traitement médical.

7e commandement
« Les montures doivent être esthétiques ».
Si la base géométrique des lunettes est toujours la même depuis leur créa-
tion, (rond, ovale, carré, trapèze, triangle) les évolutions de la mode, l’apport
des nouveaux matériaux, l’aide de la CAO, la précision des outils de fabrication
nous permettent de concevoir et de réaliser aujourd’hui des montures plus
fines, plus légères, très résistantes et dans une palette de coloris illimitée.
Tous ces avantages permettent de proposer une gamme de montures dans
lesquelles l’opticien saura conseiller le modèle idéal pour réussir le traitement
proposé par l’ophtalmologiste.

8e commandement
« Les montures doivent être ajustées selon des règles précises ».
Adapter une monture au visage de l’enfant demande à l’opticien une
connaissance parfaite des règles d’ajustage et une grande efficacité. Cette
opération de réglage doit être faite rapidement pour ne pas agacer le jeune
porteur tout en obtenant la tenue souhaitée sur le visage pour atteindre le
but recherché : c’est-à-dire le succès attendu dans le traitement du strabisme
accommodatif.

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Par rapport à l’âge du porteur, on emploie deux techniques particulières
pour l’ajustage des branches.
Pour les bébés et nourrissons on utilise des branches thermoformables qui
sont modelées au profil crânien et dont la tenue est assurée par un ruban
reliant les deux branches entre elles.
Pour les plus grands, il faut améliorer l’accroche derrière l’oreille par un
double coude et un élastique de retenue entre les deux branches.
Dans les deux cas, il s’agit de garantir le maintien des lunettes devant les
yeux mais en aucun cas d’en faire un masque de souffrance que le jeune
porteur retirera au plus vite.

9e commandement
« Les montures doivent être acceptées par le porteur et son entourage ».
Tous les professionnels de la vision le savent, le port des lunettes n’est
jamais bien vécu quel que soit l’âge du porteur.
Dans le cas du strabisme accommodatif, le préjudice esthétique est déjà
tellement évident que le port des lunettes ne fait que renforcer un sentiment
d’injustice qu’il faut atténuer par des paroles et une attitude d’empathie.
L’opticien doit donc expliquer aux parents en langage simple et rassurant
que ce préjudice n’est pas une fatalité et que les lunettes vont permettre au
couple oculaire de fonctionner en harmonie.
Ce discours est facilité par le redressement de l’œil dévié obtenu en mettant
les lunettes avec la correction optique totale sur le visage de l’enfant.
Pour conforter son argumentation, l’opticien peut s’aider de photos ou
de posters d’enfants équipés de lunettes prouvant ainsi que l’on peut allier
esthétique et fonctionnalité.

10e commandement
« Les montures doivent résister au mode de vie des jeunes porteurs et être
assurées contre les accidents ».
Un bébé pleure lorsqu’on lui met des lunettes, puis il les arrache de son
visage, dort avec, plus tard l’enfant cachera ses lunettes, les perdra, les rayera,
en changera, apprendra à vivre avec et ce, grâce aux efforts de tous.
Si, par statistique, on sait que la première année du traitement, il change
quatre fois de lunettes, puis deux fois par an entre un et six ans, il faut donc
que les lunettes n’aient pas d’impact économique sur le budget familial.
Tous ces critères ont été pris en considération par les opticiens qui proposent
des montures mais aussi des verres avec des prix préférentiels ainsi que des
assurances casse pendant un ou deux ans.
Les remboursements sécurité sociale et mutuelle faisant le reste, on peut
dire que l’aspect économique n’est plus un frein pour obtenir le succès es-
compté dans le traitement du strabisme accommodatif.

Conclusion
Après avoir écouté les différents exposés de ce colloque sur la thérapeutique
employée pour guérir le strabisme accommodatif, je mesure l’importance du
rôle de l’opticien et sa responsabilité dans la réussite du traitement. En ce
qui concerne, le concept des montures, le choix de celles-ci l’aide que nous
apportons aux porteurs, aux parents et aux prescripteurs, je vous ai dit tout
ce que nous faisons et je vous assure que nous faisons tout ce que je vous
ai dit.

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Les verres progressifs et l’enfant

Sophie Arsène

Les indications
• Les verres progressifs, en temps que surcor-
rection optique de près, constituent l’indi-
cation majeure du traitement médical des
incomitances loin-près des ésotropies ;
• Rarement prescrits, peut-être à cause d’un
prix excessif en Europe ;
• Seul recours pour les formes hypoaccommo-
datives d’incomitances loin-près ;
• Les incomitances loin-près sont présentes pour
45 % des ésotropies ;
• Par définition il faut une différence de plus
de 10 dioptries entre la déviation de loin et
celle de près (angle de loin < angle de près),
avec la COT portée ;
• Elles sont toujours liées à un dérèglement
de l’accommodation convergence.
L’incomitance loin-près primitive
• Pour une ésotropie accommodative pure
avec un rapport CA/A augmenté :
¬ La déviation de loin disparaît avec la COT,
¬ L’angle résiduel de près disparaît avec une
surcorrection optique bilatérale de près
(de 2 à 3 dioptries en moyenne) (figure
n° 1), Fig 1. L’angle résiduel de près disparaît avec une sur-
¬ La vision binoculaire est alors le plus sou- correction optique bilatérale de près (de 2 à 3 dioptries
vent conservée. en moyenne).
• Pour une ésotropie accommodative partielle
avec un rapport CA/A augmenté :
¬ Microtropie résiduelle de loin avec la COT (avec un angle < à 8 diop-
tries en horizontal et 4 dioptries en vertical),
¬ Microtropie résiduelle de près avec la COT et avec la surcorrection
optique bilatérale de près,
¬ La vision binoculaire est alors altérée (CRA et neutralisation).
L’incomitance loin-près séquellaire
• Persistance d’une incomitance loin-près après chirurgie pour ésotropie :
¬ Microtropie résiduelle de loin avec la COT,

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122
¬ La déviation de près devient une microtropie de près avec la COT et
avec la surcorrection optique bilatérale de près,
¬ Avec une CRA dans tous les cas.
L’incomitance loin-près avec hypo-accommodation : forme
rare
• Il existe alors une parésie de l’accommodation qui ne peut être vaincue
que par une hyperconvergence ;
• Le punctum proximum d’accommodation est éloigné ;
• L’enfant rejette sa tête en arrière ;
• La surcorrection optique bilatérale en vision de près est définitive, le
sujet se comportant comme un jeune presbyte.
Les spasmes accommodatifs
• Liés au stress, à la fatigue ;
• Myopisation par spasmes du corps ciliaire ;
• Baisse d’AV et asthénopie ;
• Ésotropie (non constante) parfois majeure si la fusion lâche avec la
stimulation de l’AC ;
• Diagnostic : disparition de la myopie et de la déviation sous cycloplégie ;
• Traitement : COT et verres progressifs et atropinisation au début, aide
psychothérapique.
Cas particulier : pour l’hypermétrope moyen ou fort
• La puissance d’un verre diminue en vision de près selon les lois de l’op-
tique ;
• Donc ceci entraîne une augmentation significative de l’accommoda-
tion chez l’hypermétrope et donc une augmentation de la déviation en
vision de près ;
• La prescription d’une surcorrection optique en vision de près peut per-
mettre d’éviter les conséquences de cette caractéristique de l’optique
dans les cas où ce phénomène est patent.
Cas particulier : le pseudophake
• La prescription de verres progressifs chez l’enfant pseudophake à partir
de l’âge de 5 ans.

Inconvénient des double-foyers à segment droit


Effet prismatique cumulant 2 prismes arête dans le même sens ce qui produit
un saut d’images qui se manifeste au niveau de la séparation des 2 plages
de vision (figure n° 2).
Les verres progressifs pallient à cet inconvénient.

Les aspects pratiques des verres


progressifs chez l’enfant
Règles de prescription : 4 critères
absolus
• Isoacuité stricte ;
• Port de la COT en vision de loin ;
• Orthotropie ou microtropie effective de loin
avec la COT ;
• Examen clinique : égalisation de l’angle de
près et de loin avec des verres d’essai de + 3
dioptries de près.
Degré de la surcorrection
• De + 1,5 à + 3 dioptries ;
Fig 2. Effet prismatique cumulant 2 prismes arête • + 3 dioptries d’emblée (pour l’école Nan-
dans le même sens. taise) ; ou puissance de verre la plus faible
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123
qui permet l’égalisation de l’angle de loin et
celui de près.
Âge de la surcorrection
• Utilisation des verres progressifs pas avant
l’âge de 5 ans, car l’enfant plus jeune à une
utilisation frontale de sa vision.
La progression
Le verre progressif de l’enfant doit avoir une
progression qui débute dès le centre de la pupille
(+4 mm) car c’est la progression qui doit aller
chercher l’œil et non l’inverse, l’enfant n’étant
pas presbyte.
Quand ?
• Les verres progressifs chez l’enfant ne
constituent pas une mesure thérapeutique
de première intention hormis dans le cas de
l’incomitance loin-près pure primitive ;
• Ils constituent donc un moyen thérapeuti-
que de seconde intention après un traite-
ment médical rigoureux et/ou un traitement
chirurgical.
Maintien de la surcorrection
• Soit l’équipement est permanent dans 50 %
des cas si l’incomitance loin-près est irré-
ductible chez l’adolescent avec rechute à la
suppression des verres progressifs. L’alterna-
tive aux verres progressifs pourra alors être Fig 3. Une « ordonnance Varilux Enfant ».
une Fadenopération éventuellement ;
• Soit l’hyperaccommodation diminue avec
l’âge vers 14-15 ans, on peut alors diminuer
l’addition de près de moitié et/ou faire un
relais par des lentilles.
Les aspects pratiques des verres progressifs chez
l’enfant
• Les verres progressifs sont légers esthétiques, permettent un contrôle
de la vision intermédiaire. Leur adaptation est le plus souvent facile et
ils sont bien tolérés par l’enfant ;
• Il faut mentionner « lunettes de rééducation » sur l’ordonnance ;
• Demander éventuellement un devis chez l’opticien car les prix peuvent
être très variables !

L’offre Essilor
• Varilux confort organique 1,5 en petit diamètre ;
• Avec un prix de vente constaté : 180 à 200 euros la paire ;
• Pour en faire bénéficier nos jeunes patients, il faut leur remettre une
« ordonnance Varilux Enfant » en même temps que l’ordonnance habi-
tuel de verres : cette « ordonnance Varilux Enfant » servira alors de bon
de commande auprès des services commerciaux Essilor.

Conclusion
• Les verres progressifs sont l’apanage du traitement des incomitances
loin-près chez l’enfant surtout pour l’ILP rebelle et l’ILP post-chirurgi-
cale ;
• Ils permettent une stabilisation angulaire dans 95 % des cas donc avec
un effet bénéfique à long terme sur la relation binoculaire ;

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• Cette prescription permet un contrôle de l’effort accommodatif et donc
un relâchement du spasme accommodatif. Cette simple prescription,
bien supportée sur le plan esthétique, permet de diminuer la déviation
en vision de près et d’éviter un certain nombre d’interventions.

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Indications et limites des lentilles


de contact dans le strabisme de l’enfant

Marie-Noëlle George

Rappel sur l’accommodation


Chez l’emmétrope
• L’accommodation apparente est de 3 dioptries ;
• L’accommodation réelle est de 3 dioptries.
Chez le fort myope avec lunettes
• L’accommodation apparente est de 3 dioptries ;
• L’accommodation réelle est de 2 dioptries.
Chez le fort hypermétrope avec lunettes
• L’accommodation apparente est de 3 dioptries ;
• L’accommodation réelle est de 4 à 5 dioptries.
Les lentilles de contact permettent de confondre accommodation réelle et
apparente, « normalisant » le processus accommodatif, et les perturbations
oculomotrices qui lui sont liées.
Ainsi, les lentilles chez l’hypermétrope diminuent l’effort accommodatif,
et donc la convergence qui lui est associée, sous réserve d’une réfraction
rigoureuse et d’une correction optique totale. En outre, les lentilles rigides,
dont on connaît l’innocuité chez l’enfant, présentent l’avantage de gommer
les aberrations de la surface cornéenne (astigmatisme), apportant ainsi une
image de parfaite qualité (si l’astigmatisme est cornéen pur), élément non
négligeable chez des enfants ayant souvent présenté une amblyopie et chez
qui l’on sait que la qualité de l’acuité visuelle n’est pas étrangère à la norma-
lisation de l’oculo-motricité.

Les indications des lentilles de contact


• Persistance de troubles oculomoteurs, surtout s’il s’agit de phories ;
• Retrait intempestif des lunettes, connu ou supposé devant une récidive
de l’amblyopie ou des troubles oculomoteurs ;
• Incomitance loin/près ;
• Demande esthétique formulée par l’enfant.
Les résultats bénéfiques sur la réduction de l’angle de déviation sont géné-
ralement modérés dans la vision éloignée, mais beaucoup plus évidents dans
la vision rapprochée, et ceci d’autant plus que l’hypermétropie est importante
(Étude réalisée dans le service d’Ophtalmologie du CHU de Nantes).

Particularités de la contactologie pédiatrique


• La vision de ces enfants reste malléable jusqu’à la fin de l’adolescence,
en particulier s’il existe des antécédents d’amblyopie ;

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• Les lentilles doivent pouvoir être portées pendant de très nombreuses
années, et l’équipement choisi, de même que son adaptation, doivent
en tenir compte. Toute notion d’équipement provisoire doit être ban-
nie ;
• Les réponses immunitaires indésirables de la surface oculaire (cornée et
conjonctives) sont d’apparition d’autant plus rapide que le sujet est plus
jeune, et cette surface oculaire doit impérativement être préservée tant
par les matériaux que par le système d’entretien préconisé.
Afin d’éviter toute survenue de complication, les lentilles choisies doivent
donc :
• Assurer une excellente qualité d’acuité visuelle ;
• Respecter la physiologie de la surface oculaire ;
• N’être en aucun cas un vecteur d’agents infectieux ;
• S’adapter au mode de vie de l’enfant ;
• Offrir une grande facilité de manipulation, cette dernière étant volon-
tiers la source de fautes d’hygiène.
Ce sont les Lentilles Rigides Perméables à l’Oxygène (LRPO) qui répondent
le mieux à ces impératifs, et qui seront les lentilles de première intention en
l’absence d’un astigmatisme interne isolé ou résiduel important. Les avan-
cées technologiques dans ce domaine permettent aujourd’hui de réaliser des
équipements confortables, stables et très sécuritaires.

Le protocole d’adaptation
Il respecte les techniques habituelles d’adaptation.
On insistera tout particulièrement sur l’importance de la correction optique
totale, garante du meilleur résultat sur l’accommodation, ainsi que d’une
bonne tolérance aux lentilles.
La puissance de la lentille sera calculée en fonction de l’amétropie sphérique
seule, après avoir exprimé le cylindre en puissance négative. C’est le ménisque
de larmes, situé entre la lentille et l’œil, qui jouera automatiquement le rôle
de cylindre négatif.
En cas de doute sur la puissance de la lentille, il ne faut pas hésiter à refaire
une cycloplégie et mesurer la correction complémentaire nécessaire avec
la lentille d’essai posée sur la cornée (skiascopie et mesure subjective de
l’acuité visuelle), voire de choisir une lentille légèrement surcorrigée durant
la période d’essai.
Cette cycloplégie ne sera cependant que très rarement nécessaire, la correc-
tion par lentille de contact ayant pour effet, en soulageant l’accommodation,
de débusquer très rapidement l’hypermétropie résiduelle méconnue, pour peu
qu’on la recherche. Enfin il faut tenir compte de la diminution de la distance
verre/œil, encore appelée équivalent-lentille.
Ainsi, une réfraction-lunettes de +4,00 ∂ (+2,00∂ à 90°), soit +6,00 ∂ (- 2,00 ∂
à 0°), sera volontiers corrigée par une lentille de +6,50 ∂ à +7,00 ∂ dioptries.
On comprend ainsi l’effet des lentilles sur le soulagement de l’effort accom-
modatif.
Les résultats d’un tel équipement sont souvent spectaculaires, tant sur l’acui-
té visuelle et sur l’oculo-motricité que sur l’épanouissement de l’enfant.

L’incomitance Loin/Près
Les lentilles diminuent l’accommodation réelle dans la vision rapprochée, et
suppriment les effets prismatiques des verres de lunette lors de la conver-
gence. Il s’ensuit une diminution de la convergence associée à la vision rap-
prochée, et cette amélioration est d’autant plus importante que la puissance
hypermétropique est élevée.
Parfois, malgré ce qui vient d’être dit, il persiste une ésodéviation avec les
lentilles monofocales. Celle-ci peut être dans bien des cas vaincue avec un
port de lentilles multifocales. La plasticité cérébrale de l’enfant lui permet
d’acquérir en quelques jours son acuité visuelle optimale, de loin comme

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127
de près. Les résultats sur l’oculo-motricité sont obtenus en vision de loin
comme en vision de près, avec l’avantage sur les verres progressifs que cette
amélioration par les lentilles multifocales existe dans toutes les positions du
regard, et pas uniquement dans le regard vers le bas. Dans ces conditions,
il est souvent possible d’éviter une intervention chirurgicale qui aurait été
nécessaire avec un port de lunettes.
Dans une étude que nous avons menée dans le service de l’hôpital de Nantes,
nous avons cependant retrouvé quelques échecs dans ce type d’équipement.
Nous les attribuons au fait que l’enfant, à la différence de l’adulte presbyte,
n’est pas obligé, pour avoir une bonne vision de près, d’utiliser l’optique de
vision de près de la lentille multifocale.

Les cas atypiques


Myopie et ésodéviation
Le port de lentilles risque d’aggraver la déviation, mais l’excellence de l’acuité
visuelle joue un rôle non négligeable dans le résultat moteur obtenu.
Myopie et exodéviation
En normalisant l’accommodation, et en sollicitant davantage l’accommoda-
tion nécessaire à la vision de près, les lentilles sont susceptibles d’améliorer
l’angle de déviation.
Hypermétropie et exodéviation
C’est souvent le résultat d’un acte chirurgical. Il s’agit alors d’une tropie vraie
et il y a peu de risque que les lentilles l’aggravent.
Exotropie vraie
Il n’existe pas de solution médicale durable, et cette pathologie relève de la
chirurgie.
Dans tous les cas, les essais de lentilles méritent d’être réalisés en faisant
les mesures comparatives des angles de déviation avec les lunettes et avec
les lentilles avant de récuser un équipement dans ce contexte.

Quand prescrire des Lentilles Souples ?


• Lorsqu’il existe une intolérance vraie aux lentilles rigides, que celle-ci
soit subjective après une réelle tentative d’accoutumance, ou objective
(syndrome 3h-9h incoercible, avec KPS localisée par exemple) ;
• Lorsqu’il existe un astigmatisme interne isolé ou résiduel.
Il faut alors privilégier les lentilles dont les renouvellements program-
més sont les plus fréquents possibles, l’idéal étant le renouvellement
journalier qui a en outre l’avantage de supprimer l’utilisation des molé-
cules chimiques des solutions d’entretien.
Les lentilles à renouvellement traditionnel sont à proscrire en dehors
des amétropies ne pouvant être corrigées par les gammes existantes
des lentilles à renouvellement rapide. Il est alors impératif de leur ad-
joindre un système d’entretien à base de Peroxyde d’Hydrogène.

Quelles sont les contre-indications ?


• Outre les contre-indications habituelles au port de lentilles de contact
(pathologies cornéennes ou conjonctivales avérées), le port des len-
tilles en piscine est à proscrire ;
• Les exodéviations bien compensées associées à une amétropie modé-
rée ;
• Les amétropies fortement susceptibles de régression ;
• Un important astigmatisme interne ne sera pas corrigé de façon sta-
ble par des lentilles, et les lunettes apporteront très certainement une
moins mauvaise solution.

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Quelles sont les limites de ces équipements ?
• Les tropies vraies et isolées sur lesquelles les lentilles n’ont d’autre ac-
tion qu’une éventuelle amélioration de l’acuité visuelle ;
• Les hauteurs ;
• L’utilisation inconstante de l’optique de vision rapprochée des lentilles
multifocales ;
• L’âge, sachant que si les lentilles sont remarquablement tolérées chez le
bébé, leur port est très fréquemment refusé chez les enfants entre 3 et
7 ans, non pour des raisons d’inconfort, mais par refus catégorique des
poses et déposes des lentilles, qui ne peuvent être totalement élimi-
nées même en cas de port continu nuit et jour. Il est donc préférable
de ne poser l’indication d’un port de lentille qu’au-delà de cet âge s’il
n’existe pas de justification essentielle à leur prescription.
En résumé, ces adaptations peuvent être suggérées par l’ophtalmologiste
ou répondre à une demande de l’enfant. Si l’adaptation est bien conduite,
loin d’hypothéquer les résultats obtenus antérieurement sur l’acuité visuelle
et la motricité oculaire, elles les améliorent le plus souvent de façon specta-
culaire. Mais elles peuvent dans certains cas accélérer une décompensation
d’un équilibre instable, en particulier dans les exodéviations, décompensation
qui de toute façon serait survenue ultérieurement.
On comprendra aisément que, bien que répondant à un protocole d’adap-
tation simple et parfaitement établi, ces équipements ne doivent en aucun
cas être délégués à des professionnels non-médecins, compte tenu des
enjeux ophtalmologiques et sécuritaires qui existent. Comme pour toute
autre adaptation de lentilles, une telle délégation engagerait en totalité
la responsabilité civile et pénale de celui qui en serait le signataire.

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Orthoptie et accommodation

Martine Santallier

Préalable à une bonne prise en charge


orthoptique
• S’assurer que notre patient nous arrive avec une bonne correction opti-
que et une prescription adaptée des actes qui seront effectués :
¬ Bilan orthoptique = AMY10,
¬ Suivi de troubles oculomoteurs = AMY5.
• Préalable grandement facilité pour les orthoptistes travaillant en colla-
boration dans un cabinet d’ophtalmologistes ou dans un CHU.

Orthoptie et phories
• Le diagnostic de phorie accommodative ne peut être posé qu’après un
bilan orthoptique et une réfraction sous cycloplégie :
¬ L’ésophorie : déviation latente en convergence liée à une hypermétro-
pie non ou mal corrigée,
¬ L’exophorie : déviation latente en divergence liée à une myopie non
ou mal corrigée.
• Ces 2 troubles oculomoteurs sont traités par le port de la COT établie
sous cycloplégie ;
• Traitement orthoptique :
¬ Surveillance (attention à la myopie qui « s’aggrave » et à l’hypermé-
tropie qui se « dévoile »),
¬ Lutter contre la neutralisation (sujet en CRN), renforcer la VB (fusion
et VS).

La réfraction
• Intérêt d’une bonne réfraction qui doit comporter 4 étapes :
¬ La réfraction monoculaire subjective et objective,
¬ La réfraction bi-oculaire qui permet d’équilibrer les 2 yeux sur les
plans dioptrique et accommodatif. Détermine l’œil dominant et
donne le confort (R/V polarisé, test de balance bi-oculaire, croix de
Jackson en binoculaire),
¬ Les tests binoculaires pour trouver le meilleur confort en cas de pho-
rie (débrouillage binoculaire, faces vérificatrices…),
¬ Tests de recherche de phories : Cover-test, Worth, Schober, test à
coïncidence…
• Explication sur le choix d 'une bonne monture de lunettes.
Mais la cycloplégie permettant la prescription de la COT reste l’incon-
tournable pour les strabismes.

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L’ésotropie accommodative « pure »
Tableau clinique
• Liée à une hypermétropie non corrigée ;
• Angle variable mais souvent important (effort accommodatif pour voir
net entraîne la déviation en convergence) qui disparaît avec COT ;
• Apparition vers 2 à 3 ans, souvent intermittence au début ;
• VBN, pas de trouble de la motilité.
Traitement
COT prescrite après cycloplégie.
Aucune rééducation : respecter la neutralisation et la CRA.
Rôle de l’orthoptiste
• Diagnostic :
¬ Importance d’une prise en charge rapide car signes fonctionnels im-
portants et risque de dégradation de la VBN.
• Bilan orthoptique réguliers pour :
¬ Contrôler le bon maintien du parallélisme oculaire,
¬ Prise en charge de l’amblyopie éventuelle : occlusion, ryser…
¬ Surveiller l’état de la VB : la CRN est de mise donc la valeur de la
vision stéréoscopique est un bon moyen de se conforter dans le fait
que la déviation est bien contrôlée,
¬ Vérifier la réfraction sous cycloplégie au moins 2 fois par an et plus si
dégradation de l’état moteur ou sensoriel,
¬ Traitement orthoptique très éventuellement pour augmenter l’ampli-
tude de fusion si celle-ci est déficiente (rare).
• Informations sur les signes fonctionnels :
¬ Asthénopie accommodative sans lunettes,
¬ Sans correction, l’enfant a le choix entre :
ø Voir net mais double,
ø Voir flou et simple.
¬ Bien en informer les parents car l’enfant leur en a rarement fait part,
¬ Vidéo.
Devoir de perfection dans le traitement car CRN.

L’ésotropie accommodative partielle


• Strabisme convergent avec composante accommodative : l’angle du
strabisme diminue avec la COT ;
• 4 formes :
Ésotropie précoce en CRA avec facteur accommodatif
• Rôle de surveillance et d’établissement de BO complets et rigoureux
avec essai de verres convexes en vision de près (souvent + 3 ∂) ;
• Traitement de l’amblyopie qui est fréquente, par les moyens usuels :
COT, occlusion, pénalisation, ryser ;
• Préparation à la chirurgie si elle est nécessaire et surveillance postopé-
ratoire ;
• Savoir rassurer l’enfant ;
• Rôle d’information auprès des parents.
Aucune rééducation : respecter la neutralisation et la CRA.
Ésotropie accommodative pure non traitée et passée en
CRA
• Même attitude et en plus :
• L’essai des + 3 en vision de près est un élément important du bilan
orthoptique car souvent microtropie de loin (≤ 8 ∆) et angle plus impor-
tant de près qui réagit à la surcorrection en s’égalisant à l’angle de loin ;

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131
• Surveillance + de l’angle et de la sensorialité en cas de prescription de
verres bifocaux ou progressifs ;
• Explications + à donner à l’enfant et aux parents sur l’utilisation parti-
culière de ces verres correcteurs :
¬ Vision de loin dans le haut du verre,
¬ Vision de près dans le bas du verre.
Aucune rééducation : respecter la neutralisation et la CRA.
Ésotropie en CRN avec orthophorie de loin et ésotropie
de près
• Même attitude ;
• L’essai de verres convexes, en vision de près, est un élément primordial
car il y a orthophorie de loin et ésotropie de près qui doit s’annuler
sous l’effet de la surcorrection ;
• Surveillance comme pour l’ésotropie accommodative pure mais avec en-
core plus de rigueur ;
• Possibilité de prismation en vision de près.
Devoir de perfection dans le traitement car CRN
Microstrabisme décompensé
• Associée à une amétropie non corrigée et qui se décompense spontané-
ment (stress, fatigue, occlusion…) ;
• Traitement par COT qui remet en microtropie. Surveillance ;
• Importance de l’orthoptiste qui se doit d’expliquer le phénomène et
l’importance du traitement.
Aucune rééducation : respecter la neutralisation et la CRA.

Techniques de rééducation
• Travail de la fusion aux prismes en commençant et en finissant par la
divergence (D = 7 à 8 ∆ ; D’ = 10 à 12 ∆ ; C = 20 à 25 ∆ ; C’ = 35 ∆) ;
• Travail de la poursuite et des saccades ;
• Travail à la plaquette de Mawas ;
• Stéréogrammes ;
• 2e et 3e degrés du synoptophore ;
• But : aider au maintien du parallélisme oculaire et faire disparaître les
signes fonctionnels associés.

Spasme accommodatif
• Signes fonctionnels :
¬ Baisse d’AV importante,
¬ Début variable : brutal ou progressif,
¬ ± diplopie
• Examens :
¬ AV souvent < 2/10,
¬ Parfois ésotropie associée et donc diplopie,
¬ RA (sans cycloplégie) : forte myopie.
• Diagnostic : cycloplégie qui lève le spasme accommodatif révélant ainsi
l’absence de myopie, voire même l’apparition d’une petite hypermétro-
pie ;
• Contexte particulier :
¬ Problème psychologique : stress, traumatisme psychologique ou phy-
sique,
¬ Enfants et adolescents le plus souvent.
• Traitement :
¬ COT + addition de + 3 ∂ en VP (verres progressifs) + atropine tous les
jours au début puis diminution progressive,
¬ Durée : très variable : quelques jours, mois, années !!!

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• Rôle de l’orthoptiste :
¬ Surveillance de l’AV,
¬ Surveillance au RA à chaque BO surtout quand diminution de l’atro-
pine,
¬ Rôle relationnel, consultation d’un psychologue ou psychiatre parfois
nécessaire.

Conclusion
• Rôle simple et pourtant primordial de l’orthoptiste dans ces cas de stra-
bisme accommodatif ;
• Suivi à long terme ;
Attention à l’adolescence où le port de la CO devient plus difficile. Savoir
proposer le port de lentilles de contact.
• Il ne faut pas avoir peur d’abandonner les rééducations de « l’âge d’or »
de l’orthoptie où tout était bon à rééduquer. Il faut privilégier le rôle
« charnière » capital entre l’enfant, ses parents et l’ophtalmologiste
souvent « surbooké ».
• Toutefois, notre vigilance doit toujours être très présente :
Il faut savoir renvoyer notre patient au médecin ophtalmologiste en cas
de problème ou même de doute.
• Sachons profiter de ce rôle essentiel d’accompagnement riche en rela-
tions humaines et qui contribue grandement à la qualité de nos soins.

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La chirurgie réfractive de l’hypermétropie


(et strabisme accommodatif)

Bertrand Vabres

Introduction
La chirurgie de l’hypermétropie ne tient pas la même place que la chirurgie de
la myopie, tant au niveau des praticiens que des patients. Sans doute plusieurs
explications à cela ; pour les premiers les contingences techniques, pour les
seconds les exigences visuelles et pour les deux la pertinence de la nécessité
d’une correction. Cependant, comme chez le « petit » hypermétrope jeune,
la seule acuité visuelle sans correction ne serait qu’une vision réductrice non
adaptée au quotidien physiologique, élément qui devient essentiel et central
lorsqu’intervient un historique d’amblyopie, de strabisme ou même d’un soi-
disant simple cortège fonctionnel « asthénopique ». La réponse optimale de
l’adaptation de la correction optique totale vient buter sur la précision des
mesures ajoutée à la précision des traitements variables selon le dispositif
optique envisagé : verres correcteurs, lentilles cornéennes ou chirurgie réfrac-
tive. Nous allons tenter de faire le point sur le sujet en 2003.

La chirurgie de l’hypermétropie
L’objectif d’une chirurgie de l’hypermétropie est
d’augmenter l’indice réfractif du globe oculaire
(figure n° 1), en agissant soit au niveau de la cor-
née (2/3 de la puissance réfractive du globe) soit �����
en intra-oculaire (lentille intra-oculaire). Compte �����
tenu de ses prérequis et modalités de réalisation,
cette chirurgie ne concerne pas l’enfant.
Correction cornéenne Fig 1. Optique de l'hypermétropie.
Le but est de « faire bomber » la cornée, ce qui
implique une augmentation de l’asphéricité cor-
néenne. Différents moyens chirurgicaux ont été
proposés, pour certains complètement abandon-
nés : Kératotomies hexagonales (figure n° 2) et
Épikeratoplasties, avant le développement de mé-
thodes techniques aux ambitions plus précises :
Thermokératoplastie (TKP Laser), Conductive
keratoplasty (CK), Photokératectomie Excimer (de
surface PRK ou intra-stromale LASIK). Les limites
communes de ces techniques restent, outre le de-
gré de précision (de plus en plus grand cependant)
de correction de l’amétropie, la stabilité de leurs
résultats, et les aberrations optiques induites par
l’augmentation de l’asphéricité cornéenne.
Fig 2. Kératotomies hexagonales.
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Fig 3. Le but est de « faire bomber » la cornée.


De réels et récents progrès sont toutefois intéressants à relever, portants
essentiellement sur l’amélioration des profils de photo-ablation Excimer (fi-
gure n° 3) ; la TKP et la CK, de développement et surtout de diffusion plus
récente, montrent des résultats encourageants.
Que peut-on attendre d’une chirurgie cornéenne ? Les résultats publiés
diffèrent selon le type de laser utilisé, mais globalement on peut retenir que :
le résultat du traitement d’une hypermétropie < 3 dioptries est de 90 % ±
1 dioptrie et 70 % ± 0,5 dioptrie. Entre 3 et 5 à 6 dioptries, il est environ de
60 % avec un pourcentage croissant de risque de perte de meilleure acuité
visuelle (10 %). La photo-ablation cornéenne trouve ses limites au-delà de 5
à 6 dioptries. Cette photo ablation, périphérique pour faire bomber la cornée
centrale, doit concerner une large zone (10 mm) au prix d’une zone optique
réduite (avec ses risques de phénomènes diffractifs gênant), avec problèmes
de cicatrisation en PRK et de capot en LASIK (figure n° 3).
En pratique courante, pour les « petites » hyper-
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������ métropies (où les résultats sont intéressants), la
demande est faible de la part de l’hypermétrope
jeune non strabique non astigmate (qui a une
bonne acuité visuelle sans correction) ; on cons-
tate même régulièrement dans cette population
une meilleure satisfaction en cas d’hypermétropie
résiduelle. Au-delà de 45 ans, ce type de correc-
tion est parfois utile à considérer car soulage la
vision de près mais une hypermétropie résiduelle
est alors mal tolérée.
Correction intra-oculaire
La correction par lentille intra-oculaire s’envisage
pour les hypermétropies plus importantes. Elle
respecte l’asphéricité cornéenne et représente
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������ laser cornéen, à tempérer par la dangerosité
supérieure d’un geste endoculaire.
Fig 4. Anneau laser à 6 et 7 mm.
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Chez le patient jeune, le respect de l’accommo-
dation fait considérer une implantation phake :
implant de chambre antérieure, à appui angulaire
ou à support irien (figures n° 5 & 6), en chambre
postérieure précristallinien. Le choix est guidé
par les contraintes anatomiques de l’œil hyper-
métrope fort qui présente souvent une chambre
antérieure étroite.
Au-delà de 45 à 50 ans peut se discuter une
implantation pseudo-phake. Même si les risques
rétiniens d’une chirurgie du cristallin sont moins
grands que chez le myope fort, il faut garder à
l’esprit que l’œil hypermétrope fort est bien sou-
vent pathologique. La puissance de l’implant ré-
gulièrement supérieure à 30 dioptries est parfois
non disponible dans les gammes chirurgicales, Fig 5. Implantation phake :
faisant envisager sous certaines réserves une implant de chambre antérieure à appui angulaire.
double implantation (« piggy-back »). Enfin la dif-
fusion de modèles d’implants multifocaux vient
compléter l’arsenal pouvant être proposé pour
limiter les conséquences de la perte du pouvoir
accommodatif.
En pratique, l’hypermétropie forte est souvent
associée à un certain degré d’amblyopie, contre-
indication relative de principe à une chirurgie
réfractive (bénéfice incertain) ; sinon on appré-
cie une amélioration de règle malgré l’existence
d’une correction résiduelle ou d’une limitation de
la meilleure acuité visuelle corrigée. Il est égale-
ment possible de corriger l’amétropie résiduelle
par une chirurgie cornéenne (« bioptic »).

Un petit mot sur les Fig 6. Implantation phake :


astigmatismes : (requête implant de chambre antérieure à support irien.
prédominante chez
l’hypermétrope)
La précision du traitement cornéen (Excimer) est liée à plusieurs facteurs dont
deux sont intéressants à discuter : la pertinence de l’axe réellement traité
(cyclotorsion assis/couché) et la concordance cornéenne de l’astigmatisme
réfractométrique (augmentation ou diminution de l’asphéricité cornéenne
selon les cas de figure).
Les progrès actuels portent sur la décomposition de l’astigmatisme (traite-
ments mixtes et croisés) et sur la photo-ablation guidée par la topographie
(en cours d’évaluation).

Et strabisme accommodatif : quoi en penser ?


Les lentilles cornéennes compensent bien l’inesthétique des lunettes ; les
demandes sont peu nombreuses et portent surtout sur l’astigmatisme ; les
évaluations sont peu nombreuses mais encourageantes (amélioration des
profils de photo-ablation).
Cependant ces séries (toutes rétrospectives) sont la plupart du temps dispa-
rates, sur de petits effectifs ne permettant pas d’écarter le bénéfice possible
de la correction de l’hypermétropie sur l a composante oculomotrice, sans que
l’on puisse dégager ce jour d’élément prédictif permettant de sélectionner
les indications.

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perspectives
La chirurgie actuelle de l’hypermétropie montre un certain nombre de ré-
sultats intéressants et encourageants. Avec l’amélioration des technologies
chirurgicales, une demande de chirurgie de l’hypermétropie mérite de retenir
l’attention, autant que celle d’une myopie. (Élargissement des zones optiques
(6,5 mm), eye-tracker torsionnel, meilleure gestion des astigmatismes ; progrès
des implantations intra-oculaires et interventions combinées). Cependant
persistent les contraintes des aberrations optiques induites (investigation en
cours par topographes/aberromètres). Son action sur la composante oculo-
motrice, et plus particulièrement accommodative reste aujourd’hui malgré
tout mal documentée et nécessiterait une évaluation prospective homogène,
en gardant à l’esprit que la correction optique exacte et optimale reste le
point faible.
RÉFÉRENCES
1. Bilgihan K, Akata F, Or M, Hasanreisoglu B. Photorefractive keratectomy in
refractive accommodative esotropia. Eye 1 997 ; 11 (3) : 409-10.
2. Galin MA, Gould HL, Hirschman H, Hofmann I. Angle-supported refractive
implantation in stable, adult accommodative esotropia. Strabismus 2 000 ; 8 (3) :
153-6.
3. Gunton KB, Nelson LB, Tabas JG. Nonaccommodative esotropia after cataract
extraction in a patient with previous accommodative esotropia. J Cataract Refract
Surg. 2 002 ; 28 (3) : 566-8.
4. Stidham DB, Borissova O, Borissov V, Prager TC. Effect of hyperopic laser in situ
keratomileusis on ocular alignment and stereopsis in patients with accommo-
dative esotropia. Ophthalmology. 2 002 Jun ; 109 (6) : 1 148-53.
5. Nemet P, Levenger S, Nemet A. Refractive surgery for refractive errors which
cause strabismus. A report of 8 cases. Binocul Vis Strabismus Q. 2 002 Fall ; 17
(3) : 187-90 ; discussion 191.
6. Hoyos JE, Cigales M, Hoyos-Chacon J, Ferrer J, Maldonado-Bas A. Hyperopic laser
in situ keratomileusis for refractive accommodative esotropia. J Cataract Refract
Surg. 2 002 ; 28 (9) : 1 522-9.
7. Nucci P, Serafino M, Hutchinson AK. Photorefractive keratectomy for the treat-
ment of purely refractive accommodative esotropia. J Cataract Refract Surg.
2 003 ; 29 (5) : 889-94.

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Strabismes accommodatifs
et perspectives nouvelles

Françoise Oger-Lavenant

Introduction
L’ophtalmologie étant une discipline souvent d’avant-garde nous pensions
trouver au sujet du strabisme accommodatif des solutions thérapeutiques
vraiment nouvelles. Pour cela nous allons envisager plusieurs sites qui peuvent
être des cibles thérapeutiques potentielles.

Ou intervenir ?
Sur la figure n° 1 sont rassemblés les principaux mécanismes intervenant
dans la réaction accommodation-convergence tels que : vergence proximale,
vergence tonique, vergence fusionnelle, vergence accommodative mais aussi
la binoculaire l’existence ou non d’une déviation strabique, l’état psychique du
sujet. Tous ces paramètres étant interconnectés et sous contrôle de structures
supra-nucléaires dont nous ne connaissons pas tous les modes d’action et
sous la dépendance du temps car nos performances varient dans le temps.
La figure n° 2 nous rappelle que différentes zones du cortex agissent sur le
colliculus supérieur qui lui-même interagit avec le pretectum, la substance

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Fig 1. Principaux mécanismes intervenant dans la réaction accommodation-convergence.
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Fig 2. Où intervenir ?
réticulée mésencéphalique et le noyau d’Edinger Westphal au niveau du noyau
du III. A partir de ce relais les informations vont au ganglion ciliaire qui par
l’intermédiaire de l’acétyle choline agit sur le muscle ciliaire. Il y a donc toute
une série de relais susceptibles d’être atteints.

Les moyens d’intervention périphériques


Strabisme réfractif
Nous connaissons l’influence de la correction optique totale et dans ce do-
maine la perspective nouvelle est l’utilisation de la chirurgie réfractive. Mais
les troubles accommodatifs auxquels nous sommes confrontés intéressent
des enfants ou des adolescents et la chirurgie réfractive est difficilement
utilisable tant que la réfraction n’est pas stabilisée. D’autre part le calcul
exact de la correction doit être parfait et être valable à long terme ce qui
n’est pas gagné d’avance.
Lorsque nous consultons les articles consacrés à la chirurgie réfractive au
cours des strabismes accommodatifs les articles sont encore peu nombreux
mais les auteurs sont parfois très satisfaits des résultats obtenus sur le stra-
bisme bien que leur recul soit encore très modeste. (1, 2, 3, 4, 5)
Les publications relatent essentiellement des déviations purement réfracti-
ves : des ésotropies avec hypermétropies et des exotropies avec myopies.
Incomitance loin-près
Lorsque l’angle de loin n’est pas chirurgical nous connaissons déjà l’efficacité
du double fil de Cüppers ou l’utilisation des verres progressifs quand l’addi-
tion à la correction optique totale supprime totalement ou presque l’angle
de près.
La toxine botulique a constitué un espoir : en modifiant transitoirement
la convergence on pouvait espérer que par des phénomènes feed-back la
réaction accommodation-convergence se reprogramme un peu mieux. Mal-

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heureusement nous avons observé des déplacements de l’incomitance loin-
près de telle sorte que l’ortho ou la microtropie est bien obtenue de près
mais une divergence inesthétique apparaît de loin et lorsque cette situation
disparaissait la déviation originelle réapparaissait.
Conséquences
Doit-on alors aller jusqu’à supprimer l’accommodation pathologique en
supprimant le cristallin et en le remplaçant par un implant multifocal chez
un enfant ou un adolescent ? encore faudrait-il être sûr que la réaction de
convergence pathologique chez ces patients s’adapte correctement à cette
nouvelle situation.

Les moyens d’intervention centraux


Moyens pharmacologiques
Actuellement agir par des moyens centraux pharmacologiques sur les troubles
d’accommodation-convergence ne semble pas une préoccupation primordiale
si l’on en juge par l’absence d’articles bibliographiques sur ce sujet.
Ceci peut s’expliquer par la complexité des réseaux intervenant dans la
réaction accommodation-convergence normale, les médiateurs chimiques
utilisés n’étant pas spécifiques, trouver la zone cible sans altérer d’autres
fonctions est difficile, alors dans la réaction accommodation-convergence
pathologique…
Moyens stéréotaxiques
Enfin avant d’envisager un traitement stéréotaxique pour traiter le strabisme
accommodatif il faudra avoir progresser en neuro-anatomo-physiologie dans
ce domaine.

Conclusion
Il y a donc de nombreux champs de recherche dans le contrôle central de la
réaction accommodation -convergence normale et pathologique.
Pour l’instant nous nous contenterons de la prescription de la correction
optique totale. Une perspective nouvelle pourrait déjà être qu’elle soit pres-
crite de façon systématique !
RÉFÉRENCES
1. Hoyos JE, Cigales M, Hoyos-Chacon J, Maldonado-Bas A. Hyperopic laser in situ
keratomileusis for refractive accommodative estropia. J Cataract Refract Surg
2002 ; 28, 9 : 1522-9.
2. Nucci P, Serafino M, Hutchinson AK. Photorefractive keratectomy for the treat-
ment of purely refractive accommodative estropia. J Cataract Refract Surg 2003 ;
29, 5 : 889-94.
3. Nemet P, Levenger S, Nemet A. Refractive surgery for refractive errer which
cause strabismus. A report of 8 cases (discussion). Binocul Vis Strabismus Q.
2002 ; 17, 3 : 187-90.
4. Stidham DB, Borissova O, Borissov V, Prager TC. Effect of hyperopic laser in situ
keratomileusis on ocular alignment and stereopsis in patients with accommo-
daative estropia. Ophthalmology 2002 ; 109, 6 : 1148-53.
5. Bilgihan K, Akata F, Or M, Hasanreisoglu B. Photorefractive keratectomy in
refractive accommodative estropia. Eye 1997 ; 11, 3 : 409-10.

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COLLECTION : LES CAHIERS DE SENSORIO -MOTRICITÉ
LES COLLOQUES DE NANTES
Les Mouvements Oculaires en Pratique Quotidienne (1 989) & 2 006
Le Traitement Médical des Strabismes (1 990) & 2 006
Le Praticien et les Facteurs Verticaux (1 991) & 2 006
Les Échecs de la Chirurgie Musculaire (1 992) & 2 007
Les Exotropies (1 993) & 2 007
Les Amblyopies Fonctionnelles (1 994) & 2 007
Les Strabismes de l’Adolescent et de l’Adulte (1 995) & 2 007
Les Ésotropies (1 996) & 2 007
Strabismes, POM & Nystagmus : Questions d’actualité (1 997) & 2 007
Bases Cliniques de la Sensorio-Motricité (1 998) & 2 007
Les Paralysies Oculo-Motrices (1 999) & 2 007
La Réfraction (2 000) & 2 007
Le Torticolis (2 001) & 2 007
Le Strabisme Précoce (2 002) & 2 007
Le Strabisme Accommodatif (2 003) & 2 007
La Verticalité (2 004) & à paraître
Les Nystagmus (2 005) & à paraître
Le Strabisme de A à Z (2 006) & à paraître

LES POLYCOPIÉS DE L’ÉCOLE D’ORTHOPTIE DE NANTES


La réfraction 2 006
L’anatomie (à partir du polycopié de l’école d’Orthoptie de Tours) 2 006

LES RÉÉDITIONS
Orthoptie pratique (réédition du livre de MJ Besnard, 1 973) 2 006
Dictionnaire du Strabisme (réédition du livre de Philippe Lanthony, 1 984) 2 007

LES ÉDITIONS
La skiascopie (édition française du livre d’Alexandros Damanakis, 1 998) 2 007

LES VIDÉOS
Les reculs (droit médial & oblique inférieur), la plicature (droit latéral & oblique
supérieur) et l’opération du Fil (droit médial) 2 007

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