Physique - Wikipédia
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La physique est une science qui étudie, modélise et formalise les phénomènes naturels de
l'Univers. Elle correspond à l'étude du monde qui nous entoure sous toutes ses formes, des lois
de ses variations et de leur évolution.
Physique
La physique telle que conceptualisée par Isaac Newton, aujourd'hui dénommée physique
classique, ne donne pas d'explication satisfaisante sur des phénomènes naturels comme le
rayonnement du corps noir (catastrophe ultraviolette) ou les anomalies de l'orbite de la planète
Mercure, ce qui pose un réel problème aux physiciens. Les tentatives effectuées pour
comprendre et modéliser les phénomènes nouveaux auxquels on accède à la fin du xixe siècle
révisent en profondeur le modèle newtonien pour donner naissance à deux nouveaux ensembles
de théories physiques. Il existe donc aujourd'hui trois ensembles de théories physiques établies,
chacun valide dans le domaine d'applications qui lui est propre :
la physique classique (milieux solides, liquides et gazeux), toujours d'actualité, s'applique, par
exemple, à la construction des immeubles, des centrales électriques et des avions. Elle utilise
les anciennes notions de temps, d'espace, de matière et d'énergie telles que définies par
Newton ;
la physique quantique (monde microscopique des particules et des champs) s'applique, par
exemple, à la technologie utilisée pour la production des composants électroniques (la diode à
effet tunnel par exemple) ou aux lasers. Elle se fonde sur de nouvelles définitions de l'énergie
et de la matière, mais conserve les anciennes notions de temps et d'espace de la physique
classique. La physique quantique n'a jamais été prise en défaut ;
la relativité générale (monde macroscopique des planètes, des trous noirs et de la gravité)
s'applique, par exemple, à la mise au point et au traitement de l'information nécessaire au
fonctionnement des systèmes GPS. Elle se fonde sur de nouvelles définitions du temps et de
l'espace, mais conserve les anciennes notions d'énergie et de matière de la physique
classique, ces deux dernières étant contredites par la physique quantique. La relativité
générale n'a jamais été prise en défauta.
La physique classique, fondée sur des théories antérieures à la relativité et aux quanta, reste
correcte quand :
Elle doit être remplacée par la physique quantique quand la première condition n'est pas remplie
(par la physique quantique relativiste quand la deuxième ne l'est pas non plus). Elle doit être
remplacée par la relativité restreinte quand seule la deuxième condition n'est pas remplie, et par
la relativité générale quand la troisième ne l'est pas. Il n'existe actuellement aucune théorie
physique aboutie s'appliquant aux situations où la première et la troisième conditions ne sont
pas remplies (gravité quantique), mais de telles situations ne se produisent pas dans la pratique
et sont même actuellement hors de portée de l'expérimentation.
La physique classique est en continuité avec la relativité restreinte (elle en est un cas particulier
pour les vitesses faibles devant la vitesse de la lumière), avec la relativité générale (elle en est un
cas particulier pour les champs gravitationnels suffisamment peu intenses) et avec la physique
quantique (elle en est un cas particulier quand la discontinuité des niveaux d'énergie peut être
négligée), mais on sait que la relativité générale et la physique quantique sont contradictoires.
Leur remplacement par une théorie cohérente est aujourd'hui le principal problème de la
physique théorique, par souci de cohérence logique et parce que la première et la troisième
conditions ne sont pas remplies dans l'Univers primordial (Big Bang) ni à proximité d'un trou noir.
Les divisions anciennes en vigueur à la fin du xixe siècle : mécanique, calorique, acoustique,
optique, électricité, magnétisme sont complétées ou remplacées par :
les caractères des interactions à l'origine des phases ou états de la matière : plasma, fluide
supercritique, gaz, liquide, solide.
La physique est née avec les expériences répétées de Galilée qui n'accepte, au-delà des principes
et des conventions issus des schémas mathématiques, que des résultats mesurables et
reproductibles par l'expérience. La méthode choisie permet de confirmer ou d'infirmer les
hypothèses fondées sur une théorie donnée. Elle décrit de façon quantitative et modélise les
êtres fondamentaux présents dans l'Univers, cherche à décrire le mouvement par les forces qui
s'y exercent et leurs effets. Elle développe des théories en utilisant l'outil des mathématiques
pour décrire et prévoir l'évolution de systèmes.
Terminologie
Le terme physique vient du grec φυσική / physikế adopté dans le monde gréco-romain, signifiant
« connaissance de la nature ». En latin, la physika ou physica gréco-romaine est
étymologiquement ce qui se rapporte à la nature ou précisément le savoir harmonieux et
cyclique sur la nature dénommée φύσις / phusis. Dans un sens général et ancien, la physique
désigne la connaissance de la nature qui se perpétue en restant essentiellement la même avec le
retour des saisons ou des générations vivantes. L'ouvrage Physica d'Aristote (384-322 av. J.-C.)1
reprend cette terminologie.
Au xiie siècle, le mot savant physique est attesté en ancien français sous la double forme fusique
dès 1130 ou fisique. Il a un double sens :
la médecine se nomme fusique. Son praticien, un médecin ou autrefois un apothicaire, est
dénommé fisicien dès 1155. En anglais, le terme subsiste avec la graphie physician.
la fisique est aussi la connaissance des choses de la nature. Le praticien ne soigne-t-il pas
avec les dons de la nature, les herbes et les plantes, les substances minérales, animales ou
végétales ?
À la fin du quattrocento (xve siècle), il apparaît en tant qu'adjectif. Loys Garbin le cite dans son
vocabulaire latin-français publié à Genève en 1487, où il désigne « ce qui se rapporte à la nature »
mais le substantif s'affirme comme science des choses naturelles. L'adjectif reste d'emploi rare
avant le xviie siècle. Le mot physique désigne alors les « connaissances concernant les causes
naturelles » , son étude apporte l'expression « philosophie naturelle » selon un corpus
universitaire gardé par Isaac Newton, auteur des principes mathématiques de philosophie
naturelle. C'est le sens de René Descartes et de ses élèves Jacques Rohault et Régis3. Elle
correspond alors aux sciences naturelles ou encore à la philosophie naturelle.
Des chaires de philosophie naturelle sont établies dans certaines universités, notamment au
Royaume-Uni (Oxford, Édimbourg, etc.). À Paris, on compte par exemple une chaire de
philosophie naturelle au collège de Clermont, occupée notamment par Ignace-Gaston Pardies.
Maxwell occupe quelque temps une semblable chaire à Édimbourg où l'enseignement reste un
fourre-tout indigeste.
La signification ancienne de cette physique ne convient plus aux actuelles sciences dites
« exactes » que sont la physique, la chimie et la biologie, cette dernière étant la plus tardive
héritière directe des sciences naturellesb.
Histoire
Antiquité
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Moyen Âge
Époque moderne
Le mot physique prend son sens moderne, plus restreint que le sens originel, au début du
xviie siècle avec Galilée. Selon lui, les lois de la nature s'écrivent en langage mathématique. Il
découvre plusieurs lois, comme l'inertie et la relativité des vitesses qui contredisent le sens
commun.
L'élève de Galilée, Evangelista Torricelli, montre que la science ne se contente pas de calculer
des trajectoires balistiques, mais elle peut aussi expliquer des phénomènes singuliers qu'on lui
soumet et mettre au point des techniques. Les fontainiers de Florence ne parvenaient pas à
hisser par une seule puissante pompe aspirante l'eau de l'Arno à des hauteurs dépassant trente-
deux pieds, soit une dizaine de mètres. Torricelli, consulté par ses maîtres artisans dépités,
constate avec eux le fait troublant, mais en procédant par expérience, il découvre le vide et
détermine les capacités maximales d'élévation d'une batterie de pompes.
Le Littré donne des définitions apparemment précises. En tant qu'adjectif, il définit les
phénomènes physiques comme « ceux qui ont lieu entre les corps visibles, à des distances
appréciables, et qui n'en changent pas les caractères » et les propriétés physiques, comme
« qualités naturelles des corps qui sont perceptibles aux sens, telles que l'état solide ou gazeux,
la forme, la couleur, l'odeur, la saveur, la densité, etc. ». Les sciences physiques sont définies
comme « celles qui étudient les caractères naturels des corps, les forces qui agissent sur eux et
les phénomènes qui en résultent ». En tant que nom, la physique est définie comme « science du
mouvement et des actions réciproques des corps, en tant que ces actions ne sont pas de
composition et de décomposition, ce qui est le propre de la chimie ».
La notion actuelle de science en tant qu'« ensemble ou système de connaissances sur une
matière » date seulement du xviiie siècle. Avant cette époque, le mot « science » signifiait
simplement « la connaissance qu'on a de quelque chose » (science et savoir ont la même
étymologie) et la notion de scientifique n'existait pas. À l'inverse, le terme « philosophie » désigne
dans son sens ancien « l'étude des principes et des causes, ou le système des notions générales
sur l'ensemble des choses », les sciences naturelles étaient donc le résultat de la philosophie
naturelle (voir l'exemple du titre de la revue Philosophical Transactions).
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Physique moderne
La physique moderne connaît une révolution de pensée à l'entrée du xxe siècle avec la
découverte de la relativité restreinte, qui change le concept du temps, et l'introduction de la
mécanique quantique qui bouleverse la notion de réalité.
En 1903, Marie Curie et Pierre Curie partagent avec Henri Becquerel le prix Nobel de physique
pour leurs recherches sur les radiations (radioactivité, rayonnement corpusculaire naturel)4.
État actuel
Disciplines
Physique
Diffraction, Onde
quantique et Physique atomique, Physique
Optique quantique électromagnétique, Laser,
Physique moléculaire, Optique, Photonique
Polarisation, Interférences
ondulatoire
Interaction élémentaire
Modèle standard, (Gravitation, Électromagnétisme,
Physique des Accélérateur de particules, Théorie de grande Interaction faible, Interaction
particules Physique nucléaire unification, Théorie des forte), Particule élémentaire,
cordes, Théorie M Antiparticule, Spin, Brisure
spontanée de symétrie
Thermodynamique, Physique du
Physique État de la matière (Solide, Liquide,
solide, Science des matériaux, Supraconductivité, Onde
statistique et Gaz), Plasma, Condensat de
Physique des polymères, Matière de Bloch, Condensat
Physique de la Bose-Einstein, Supercritique,
molle, Physique mésoscopique, fermionique, Liquide de
matière Superfluide), Conducteur,
Système désordonné, Fermi
condensée Magnétisme, Auto-organisation
Biophysique
Théories
Bien que la physique s'intéresse à une grande variété de systèmes, certaines théories ne peuvent
être rattachées qu'à la physique dans son ensemble et non à l'un de ses domaines. Chacune est
supposée juste, dans un certain domaine de validité ou d'applicabilité. Par exemple, la théorie de
la mécanique classique décrit fidèlement le mouvement d'un objet, pourvu que
ses dimensions soient bien plus grandes que celles d'un atome ;
Les théories anciennes, comme la mécanique newtonienne, ont évolué engendrant des sujets de
recherche originaux, notamment dans l'étude des phénomènes complexes (exemple : la théorie
du chaos). Leurs principes fondamentaux constituent la base de toute recherche en physique et
tout étudiant en physique, quelle que soit sa spécialité, acquiert les bases de chacune d'entre
elles.
Théorie et expérience
Une théorie ou un modèle — appelé schéma une fois patiemment étayé par de solides
expériences et vérifié jusqu'en ses ultimes conséquences logiques — est un ensemble
conceptuel formalisé mathématiquement, dans lequel des paramètres physiques qu'on suppose
indépendants (charge, énergie et temps, par exemple) sont exprimés sous forme de variables (q,
E et t) et mesurés avec des unités appropriées (coulomb, joule et seconde). La théorie relie ces
variables par une ou plusieurs équations (par exemple, E=mc2). Ces relations permettent de
prédire de façon quantitative le résultat d'expériences.
Une expérience est un protocole matériel permettant de mesurer certains phénomènes dont la
théorie donne une représentation conceptuelle. Il est illusoire d'isoler une expérience de la
théorie associée. Le physicien ne mesure évidemment pas des choses au hasard ; il faut qu'il ait
à l'esprit l'univers conceptuel d'une théorie. Aristote n'a jamais pensé calculer le temps que met
une pierre lâchée pour atteindre le sol, simplement parce que sa conception du monde
sublunaire n'envisageait pas une telle quantification. Cette expérience a dû attendre Galilée pour
être faite. Un autre exemple d'expérience dictée nettement par un cadre conceptuel théorique est
la découverte des quarks dans le cadre de la physique des particules. Le physicien des
particules Gell-Mann a remarqué que les particules soumises à la force forte se répartissaient
suivant une structure mathématique élégante, mais que trois positions fondamentales (au sens
mathématique de la théorie des représentations) de cette structure n'étaient pas réalisées. Il
postula donc l'existence de particules plus fondamentales (au sens physique) que les protons et
les neutrons. Des expériences permirent par la suite, en suivant cette théorie, de mettre en
évidence leur existence.
soit remettre en cause la théorie — comme ce fut le cas du problème du corps noir et des
représentations de la lumière qui provoquent l'avènement de la mécanique quantique et des
relativités restreinte et générale, de façon analogue à l'ébranlement des fondements du
vitalisme en chimie ou de l'effondrement de la génération spontanée en biologie ;
soit ne pas s'intégrer dans les théories acceptées. L'exemple de la découverte de Neptune est
éclairant à ce titre. Les astronomes pouvaient mesurer la trajectoire d'Uranus mais la théorie
d'Isaac Newton donnait une trajectoire différente de celle constatée. Pour maintenir la théorie,
Urbain Le Verrier et, indépendamment, John Adams postulèrent l'existence d'une nouvelle
planète, et d'après cette hypothèse prédirent sa position. L'astronome allemand Johann
Gottfried Galle vérifia en septembre 1846 que les calculs de Le Verrier et Adams étaient bons
en observant Neptune à l'endroit prédit. Il est clair que l'interprétation de la première
expérience est tributaire de la théorie, et la seconde n'aurait jamais pu avoir lieu sans cette
même théorie et son calcul. Un autre exemple est l'existence du neutrino, supposée par
Wolfgang Pauli pour expliquer le spectre continu de la désintégration β, ainsi que l'apparente
non-conservation du moment cinétique ;
soit enfin, faire naître la théorie de manière purement fortuite (sérendipité) : ainsi le physicien
Henri Becquerel découvre la radioactivité en 1895 en stockant par hasard des sels d'uranium
près d'une plaque photographique vierge.
La recherche
La culture de la recherche en physique présente une différence notable avec celle des autres
sciences en ce qui concerne la séparation entre théorie et expérience. Depuis le xxe siècle, la
majorité des physiciens sont spécialisés soit en physique théorique, soit en physique
expérimentale. En revanche, presque tous les théoriciens renommés en chimie ou en biologie
sont également des expérimentateurs.
La simulation informatique occupe une place très importante dans la recherche en physique et
ce depuis les débuts de l'informatique. Elle permet en effet la résolution approchée de
problèmes mathématiques qui ne peuvent pas être traités analytiquement. Beaucoup de
théoriciens sont aussi des numériciens.
Objectif et limites
L'histoire de la physique semble montrer qu'il est illusoire de penser que l'on finira par trouver un
corpus fini d'équations qu'on ne pourra jamais contredire par expérience. Chaque théorie
acceptée à une époque finit par révéler ses limites, et est intégrée dans une théorie plus large. La
théorie newtonienne de la gravitation est valide dans des conditions où les vitesses sont petites
et que les masses mises en jeu sont faibles, mais lorsque les vitesses approchent la vitesse de
la lumière ou que les masses (ou de façon équivalente en relativité, les énergies) deviennent
importantes, elle doit céder la place à la relativité générale. Par ailleurs, celle-ci est incompatible
avec la mécanique quantique lorsque l'échelle d'étude est microscopique et dans des conditions
d'énergie très grande (par exemple au moment du Big Bang ou au voisinage d'une singularité à
l'intérieur d'un trou noir).
La physique théorique trouve donc ses limites dans la mesure où son renouveau permanent
vient de l'impossibilité d'atteindre un état de connaissance parfait et sans faille du réel. De
nombreux philosophes, dont Emmanuel Kant, ont mis en garde contre toute croyance qui viserait
à penser que la connaissance humaine des phénomènes peut coïncider avec le réel, s'il existe.
La physique ne décrit pas le monde, ses conclusions ne portent pas sur le monde lui-même,
mais sur le modèle qu'on déduit des quelques paramètres étudiés. Elle est une science exacte en
ce que la base des hypothèses et des paramètres considérés conduisent de façon exacte aux
conclusions tirées.
La physique possède une dimension esthétique6,7. En effet, les théoriciens recherchent presque
systématiquement à simplifier, unifier et symétriser les théories. Cela se fait par la réduction du
nombre de constantes fondamentales (la constante G de la gravitation a intégré sous un même
univers gravitationnel les mondes sublunaire et supralunaire), par la réunion de cadres
conceptuels auparavant distincts (la théorie de Maxwell a unifié magnétisme et électricité,
l'interaction électrofaible a unifié l'électrodynamique quantique avec l'interaction faible et ainsi de
suite jusqu'à la construction du modèle standard de la physique des particules). La recherche
des symétries dans la théorie, outre le fait que par le théorème de Noether elles produisent
spontanément des constantes du mouvement, est un vecteur de beauté [réf. nécessaire] des
équations et de motivation des physiciens et, depuis le xxe siècle, le moteur principal des
développements en physique théorique [réf. nécessaire].e.
Au cours de l'histoire, des théories complexes et peu élégantes d'un point de vue mathématique
peuvent être très efficaces et dominer des théories beaucoup plus simples. L'Almageste de
Ptolémée, fondée sur une figure géométrique simple, le cercle, comportait un grand nombre de
constantes dont dépendait la théorie, tout en ayant permis avec peu d'erreur de comprendre le
ciel pendant plus de mille ans. Le modèle standard décrivant les particules élémentaires
comporte également une trentaine de paramètres arbitraires, et pourtant jamais aucune théorie
n'a été vérifiée expérimentalement aussi précisément [réf. nécessaire]. Pourtant les physiciens
s'accordent à penser que cette théorie sera sublimée et intégrée un jour dans une théorie plus
simple et plus élégante, de la même manière que le système ptoléméen a disparu au profit des
théories képlérienne, puis newtonienne.
La physique moderne est écrite en termes mathématiques, elle a depuis sa naissance eu des
relations de couple intense avec les sciences mathématiques. Jusqu'au xxe siècle, les
mathématiciens étaient d'ailleurs la plupart du temps physiciens et souvent philosophes
naturalistes après la refondation kantienne. De ce fait la physique a très souvent été la source de
développements profonds en mathématiques. Par exemple, le calcul infinitésimal a été inventé
indépendamment par Leibniz et Newton pour comprendre la dynamique en général, et la
gravitation universelle en ce qui concerne le second. Le développement en série de Fourier, qui
est devenu une branche à part entière de l'analyse, a été inventé par Joseph Fourier pour
comprendre la diffusion de la chaleur.
Les sciences physiques sont en relation avec d'autres sciences, en particulier la chimie, science
des molécules et des composés chimiques. Ils partagent de nombreux domaines, tels que la
mécanique quantique, la thermochimie et l'électromagnétisme. L'étude des bases physiques des
systèmes chimiques, domaine interdisciplinaire, est la chimie physique. Toutefois, les
phénomènes chimiques sont suffisamment vastes et variés pour que la chimie reste considérée
comme une discipline à part entière.
La physique et la technique
L'histoire de l'humanité montre que la pensée technique s'est développée bien avant les théories
physiques. La roue et le levier, le travail des matériaux, en particulier la métallurgie, ont pu être
réalisés sans ce qu'on appelle la physique. L'effort de rationalité des penseurs grecs puis arabes,
le lent perfectionnement des mathématiques du xiie siècle au xvie siècle, et le moindre poids de
la scolastique ont permis les avancées remarquables du xviie siècle. La physique a pu révéler sa
profondeur conceptuelle [réf. nécessaire]. Les théories physiques ont alors souvent permis le
perfectionnement d'outils et de machines, ainsi que leur mise en œuvre.
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Physique et société
Physique et genre
Le monde de la physique a longtemps été dominé par des hommes et, au début du xxie siècle,
malgré quelques incitations et messages montrant que les filles ont autant leur place que les
garçons dans ce domaine9, la désaffection des filles pour les études de physique semble
persister dans de nombreux pays10. En outre, selon une étude récente aux États-Unis, la plupart
des étudiantes en physique subissent diverses formes de harcèlement sexuel (allant de blagues
déplacées aux sollicitations sexuelles). Près de 75 % des diplômées en physique disent en avoir
été victimes au travail ou en étudiant sur le terrain. Une enquête menée auprès d'étudiantes
participant à une série de conférences américaines pour les femmes étudiant la physique (en
premier cycle) a révélé que, sur 455 répondantes, 338 disent avoir subi une forme de
harcèlement sexuel. [réf. nécessaire]
En France, les filles sont nombreuses (70 %) à s'engager vers la Classe préparatoire biologie,
chimie, physique et sciences de la Terre (BCPST) en restant minoritaires dans les autres
préparations scientifiques (Pons, 2007). Leur attrait pour le « bio-véto » reste bien plus marqué
que pour la physique11, probablement en raison d'une transmission sociale des stéréotypes de
genre12. En 1989, Archer et Freedman ont montré que du point de vue scolaire, pour les parents
et enseignants, les matières telles que la mécanique, la physique, la chimie et les
mathématiques étaient encore considérées comme « masculines », pendant que l'anglais, la
biologie, la psychologie, le français et la sociologie étaient jugées être des matières
« féminines »13.
En 2022, les biographies de soixante-quinze physiciennes françaises, dont un grand nombre ont
reçu les distinctions du CNRS et d'autres institutions prestigieuses, montrent l'étendue de leurs
champs de recherche. Ces biographies sont consultables dans Wikipédia.
Donna Strickland, physicienne canadienne, est la troisième femme récompensée par le Prix
Nobel de physique après Marie Curie en 1903 et Maria Goeppert-Mayer en 196314.
Vulgarisation
La vulgarisation en physique cherche à faire comprendre les principes et objets physiques sans
utiliser de termes ou concepts non expliqué préalablement. De nombreuses équipes participent
régulièrement à des rencontres entre le grand public et les chercheurs, où différents sujets et
résultats scientifiques sont expliqués. Elle est devenue en Europe un enjeu sociopolitique
important au moment de la révolution française et plus encore avec la révolution industrielle15.
Les chercheurs en physiques ont aussi une mission de vulgarisation, par exemple ceux du CNRS
en France16, mais l'essentiel de la vulgarisation se fait progressivement à travers l'école et
l'enseignement17 pour l'acquisition des savoirs de base (qui ont beaucoup évolué depuis deux
siècles18) puis à travers les médias tout au long de la vie.
Certains musées se sont spécialisés dans le domaine de la physique, avec par exemple en
France le Palais de la découverte20
Dans la sphère de l'éducation universitaire, Richard Feynman a permis par ses ouvrages de
construire ex nihilo une expérience empirique de la physique moderne.
Notes et références
Notes
c. Ainsi Georges Cuvier, dans son Rapport historique sur les progrès des sciences naturelles
depuis 1789 utilise les deux expressions sans distinction, il décrit les sciences
physiques/naturelles ainsi : « placées entre les sciences mathématiques et les sciences
morales, elles commencent où les phénomènes ne sont plus susceptibles d'être mesurés
avec précision, ni les résultats d'être calculés avec exactitude ; elles finissent, lorsqu'il n'y a
plus à considérer que les opérations de l'esprit et leur influence sur la volonté. »
f. Jacqueline Bloch s'intéresse au couplage ultime entre lumière et matière en lien étroit avec
les nanotechnologies des semi-conducteurs. Elle a notamment fait des découvertes
importantes dans l'étude de la physique des polaritons.
Références
3. Selon Le Littré.
9. F. Robine, « Pourquoi les filles sont l'avenir de la science… », Bulletin de l'Union des
professeurs de physique et de chimie, no 100,2006, p. 421-436 (lire en ligne ([Link]
[Link]/file/Valeurs_republicaines/68/9/article_Robine_112689.pdf) [archive] [PDF]).
11. C. Fontanini, « Qu'est-ce qui fait courir les filles vers la classe préparatoire scientifique
Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la Terre (BCPST) ? », Questions vives, recherches
en éducation, université de Provence, Département des Sciences de l'éducation, vol. 8, no 15,
2011 (lire en ligne ([Link] [archive]).
12. L. Morge et M.-C. Toczek, « L'expression des stéréotypes de sexe dans les situations
d'entrée des séquences d'investigation en physique-chimie », Didaskalia, no 35,2009 (lire en
ligne ([Link] [archive]
[PDF]).
14. « Nobel de physique : trois chercheurs, dont un Français, récompensés pour leurs travaux
sur les lasers », Le [Link],2 octobre 2018 (lire en ligne ([Link]
2018/10/02/nobel-de-physique-trois-scientifiques-dont-un-francais-recompenses-pour-leurs-travaux-sur-les-la
16. P. Jensen et Y. Croissant, « Activité de vulgarisation des chercheurs CNRS: un état des
lieux », JCOM, no 6,2007, p. 3 (lire en ligne ([Link]
03(2007)A01_fr.pdf) [archive]).
20. J. Boissan et G. Hitier G, « La vulgarisation dans les musées scientifiques » (résultats d'une
enquête au Palais de la Découverte), Revue française de pédagogie, vol. 61, no 1,1982,
p. 29-44 (lire en ligne ([Link] [archive]).
Voir aussi
Bibliographie
Cette bibliographie recense trop d'ouvrages (avril 2022). Les ouvrages doivent être de
« référence » dans le domaine du sujet de l'article. Il peut être souhaitable de les insérer dans
une référence et de les enlever de la section « bibliographie ». Il peut être également utile de
créer un article bibliographique spécifique.
Ouvrages ludo-éducatifs
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978-2-711-75238-6, OCLC 1015728315 ([Link]
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causeries amusantes expliquant d'une manière simple les bases de l'électronique et ses
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