Classification périodique et mécanique quantique
Classification périodique et mécanique quantique
périodique
des éléments
OBJECTIFS
• Connaître les quatre nombres
quantiques permettant de décrire
l’état d’un électron.
INTRODUCTION
• Savoir que l’énergie d’un atome
5
COURS 1
Classification périodique des éléments
3,8.1014
7,5.1014
1,5.1015
3.1015
ν
© Hachette Livre – H Prépa / Optique, 1re année, MPSI-PCSI-PTSI – La photocopie non autorisée est un délit
(Hz)
2 000
1 000
800
600
500
400
300
200
150
120
100
l
(nm) INFRAROUGE ULTRAVIOLET
VISIBLE
Doc. 1 Spectre de l’atome d’hy- 1.2.2. Spectre de l’atome d’hydrogène et des autres atomes
drogène au voisinage du domaine Le spectre d’émission obtenu pour l’atome d’hydrogène est discontinu : c’est un
visible. spectre de raies. Les fréquences des radiations monochromatiques émises ne peu-
vent prendre que certaines valeurs ; elles sont quantifiées.
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1 COURS
Comme l’atome d’hydrogène, les atomes des autres éléments chimiques ont un
a) spectre d’émission constitué de raies. Ces spectres sont caractéristiques et permet-
tent d’identifier ces atomes (doc. 2).
b)
700 600 500 400
1.3 La physique quantique
l (nm)
L’interprétation des spectres d’émission des atomes des différents éléments chi-
Doc. 2 Spectres d’émission de dif-
miques n’a pu être faite à l’aide de la mécanique newtonienne. Un nouveau modèle
férents atomes. de description de la matière s’est alors avéré nécessaire : la mécanique quantique.
Le spectre d’émission (ou d’ab- Les principaux résultats de cette théorie seront présentés au chapitre 9.
sorption) des atomes d’un élément Dans ce chapitre, nous nous limiterons à une approche énergétique.
est toujours constitué des mêmes
raies : il est caractéristique de cet élé-
ment : (a) hélium ; (b) mercure.
2 Quantification de l’énergie
2.1 Les nombres quantiques
En mécanique quantique, l’état d’un électron d’un atome peut être décrit à
l’aide de quatre nombres dits quantiques et notés : n, , m et ms.
• n est appelé nombre quantique principal. C’est un nombre entier positif :
L’état d’un électron est décrit par le
n *
quadruplet :
(n, , m , ms)
• est appelé nombre quantique secondaire ou azimutal. C’est un nombre
entier positif ou nul inférieur ou égal à n – 1 :
0 n–1
• m est appelé nombre quantique magnétique. C’est un entier relatif
compris entre – et + :
m – m +
• ms est appelé nombre quantique magnétique de spin. Pour un électron,
ms peut prendre deux valeurs seulement :
ms = + 1 ou ms = – 1
2 2
(*) En l’absence de champ électrique ou L’énergie d’un électron d’un atome ne peut prendre que certaines valeurs bien
magnétique. déterminées : cette énergie est quantifiée.
Ces valeurs ne dépendent que du nombre quantique principal n et du nombre
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COURS 1
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(*) Nous étudierons au chapitre 9 ces Cependant, si on considère le niveau 2p défini par n = 2 et = 1, on peut envisa-
orbitales atomiques, souvent notées O.A., ger trois valeurs différentes pour m = – 1, 0, 1. Les trois triplets (n, , m ) corres-
parfois représentées par des cases quan- pondants, soit (2, 1, 1), (2, 1, 0) et ( 2, 1, – 1), caractérisent trois orbitales atomiques(*)
tiques. d’égale énergie.
Lorsqu’à un même niveau d’énergie correspondent plusieurs orbitales
E atomiques, ce niveau d’énergie est dit dégénéré.
Ainsi, le niveau 2p est trois fois dégénéré.
niveau d'énergie
orbitalaire L’état d’un électron dans un atome est donc décrit par une orbitale, associée à un
niveau d’énergie orbitalaire, et par un état de spin, correspondant à l’une des deux
valeurs possibles du nombre quantique magnétique de spin. On peut dire alors que
Doc. 4 L’électron est représenté par
une flèche orientée : l’électron « occupe » le niveau d’énergie orbitalaire ; on le représente schémati-
– vers le haut pour ms = + 1/2 ; quement (doc. 4).
– vers le bas pour ms = – 1/2. Pour s’entraîner : ex. 1 et 2
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1 COURS
APPLICATION 1
Longueur d’onde d’une radiation
Les niveaux d’énergie de l’atome d’hydrogène ont pour La longueur d’onde de la radiation associée à ce pho-
valeur en eV : En = – 13,6 / n2. ton s’en déduit :
Quelle est la longueur d’onde de la radiation émise h.c
lors de la désexcitation du niveau E4 vers le niveau E2 ? =
E4 – E2
À quel domaine appartient cette radiation ? Soit numériquement :
Données : h = 6,626 . 10–34 J.s ;
6,626 .10–34 3,00 .108
c = 3,00 . 108 m.s–1 ; 1,00 eV = 1,60 . 10–19 J. =
1,60 . 10–19 – 13,6 + 13,6
Lors de la désexcitation du niveau E4 vers le niveau E2, 42 22
un photon d’énergie = E4 – E2 est émis. = 4,87.10–7 m = 487 nm
La radiation correspondante appartient à la lumière
Or : = h. = h.c
visible (400 à 800 nm). Elle est de couleur bleue.
3s
2.3.2. Cas des autres atomes : atomes polyélectroniques
Pour les atomes polyélectroniques, c’est-à-dire possèdant plus d’un électron, les
2p niveaux d’énergie dépendent de n et de . (doc. 8).
On retrouve la notion de couche électronique utilisée dans l’enseignement secon-
2s
daire. Une couche est définie par le nombre quantique principal n et elle est dési-
gnée par une lettre majuscule K, L, M, N, (doc. 9).
Le terme de sous-couche désigne un niveau d’énergie (n, ).
Ainsi, la couche L correspondant à n = 2 est constituée des deux sous-couches 2s
1s et 2p. Chaque sous-couche comprend une ou plusieurs orbitales atomiques, une par © Hachette Livre – H Prépa / Chimie, 1re année, PCSI – La photocopie non autorisée est un délit
valeur de m possible.
Lorsqu’un électron d’énergie En, se désexcite vers le niveau En’, ’ , il y a émis-
Doc. 8 L’ordre des énergies des cinq
premières sous-couches est le même sion d’un photon d’énergie :
pour tous les atomes polyélectro- = En, – En’, ’
niques. Avec = h . = h . c , la longueur d’onde de la radiation émise vaut :
n 1 2 3 4 h.c
=
couche K L M N En, – En’, ’
Doc. 9 Notation des couches élec-
troniques. Ces notations sont
valables pour tous les atomes, y com-
pris l’atome d’hydrogène.
9
COURS 1
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La couche M(n = 3) peut contenir au Dans un édifice monoatomique, deux électrons ne peuvent pas avoir leurs
maximum 18 électrons (2 32) : quatre nombres quantiques (n, , m , ms) identiques.
– 2 sur la sous-couche 3s ;
– 6 sur la sous-couche 3p ; Ainsi, deux électrons qui occupent une sous-couche 1s sont décrits par le
– 10 sur la sous-couche 3d.
quadruplet (1, 0, 0, + 1/2) pour l’un et (1, 0, 0, – 1/2) pour l’autre.
Ils ont la même énergie, mais leurs nombres magnétiques de spin sont opposés ;
Doc. 11 Saturation de la couche M.
on dit que leurs spins sont antiparallèles ou appariés (doc. 10).
Une orbitale atomique ne peut donc pas décrire plus de deux électrons.
Ainsi, une sous-couche s peut contenir au plus deux électrons, une sous-couche p
au plus six électrons, une sous-couche d au plus dix électrons, une sous-couche f
(*) La règle de Klechkowski est parfois au plus quatorze électrons.
appelée principe de construction (ou prin-
cipe de l’Aufbau). Une sous-couche qui contient le maximum d’électrons qu’il lui est permis de
contenir est dite saturée.
Le principe de Pauli a déjà été énoncé en classe de Seconde :
n Chaque couche ne peut contenir qu’un nombre limité d’électrons : la couche
7 (7) 7s 7p(8) de numéro n contient au maximum 2n 2 électrons (doc. 11).
6 (6) 6s 6p(7) 6d (8)
5 (5) 5s 5p(6) 5d (7) 5f (8) 3.3 Règle de Klechkowski
4 (4) 4s 4p (5) 4d(6) 4f (7)
À l’état fondamental, l’énergie de l’atome est minimale : cela correspond à une
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1 COURS
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COURS 1
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Remarque : La règle de Hund traduit la tendance naturelle des spins à être paral-
E lèles. Pour obliger deux électrons à avoir deux spins opposés, il est nécessaire de
leur fournir de l’énergie ; c’est pourquoi l’état le plus stable est celui où les spins
2p sont parallèles.
Il est possible de vérifier expérimentalement la règle de Hund car la présence d’élec-
trons célibataires (non appariés dans une orbitale) dans un atome ou un édifice
2s
polyatomique lui confère des propriétés magnétiques particulières : il est para-
magnétique (doc. 18) alors qu’en l’absence d’électrons célibataires, il est diama-
gnétique. De telles espèces se comportent différemment dans un champ magnétique
1s
inhomogène. Ces notions seront étudiées en Physique en seconde année.
1s2 2s2 2p4
3.5 Une conséquence de la règle de Klechkowski
Doc. 18 À l’état fondamental,
l’atome d’oxygène possède deux élec- ■ À l’état fondamental, les dix-huit électrons de l’atome d’argon (Z = 18)
trons célibataires : il est paramagné- permettent de saturer les niveaux énergétiques jusqu’au niveau 3p inclus ; sa
tique. configuration électronique est alors : 1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 6.
L’atome de potassium (Z = 19) a un électron de plus que celui d’argon.
Quelle orbitale décrit le dix-neuvième électron ?
À partir de n = 3, existent des O.A. de type d caractérisées par un nombre quan-
La règle de Klechkowski est empirique, tique azimutal égal à 2. Pour une O.A. 3d, la somme (n + ) est égale à 5 ; pour
elle peut présenter des exceptions. Ainsi, une O.A. 4s, la somme (n + ) est égale à (4 + 0), soit 4.
pour l’atome de : Conformément à la règle de Klechkowski (doc. 12), le niveau 4s est occupé avant
• chrome, la configuration attendue est : le niveau 3d et l’état fondamental de l’atome de potassium correspond donc à la
1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 6 4s 2 3d 4 configuration : 1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 6 4s 1.
la configuration réelle est :
1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 6 4s 1 3d 5 ■ L’occupation du niveau 3d ne commence qu’après saturation du niveau 4s (c’est-
• cuivre, la configuration attendue est : à-dire pour l’élément de numéro atomique Z = 21) : les configurations dans l’état
1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 6 4s 2 3d 9 fondamental des atomes de calcium (Z = 20) et de scandium (Z = 21) sont donc
la configuration réelle est : respectivement : Ca : 1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 6 4s 2 ; Sc : 1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 6 4s 2 3d 1
1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 6 4s 1 3d 10 La saturation du niveau 3d s’achève pour le zinc (Z = 30) :
Ces deux exemples s’expliquent par Zn : 1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 6 4s 2 3d 10
la stabilisation particulière des sous- On revient alors au remplissage des O.A. 4p. Le même phénomène se produit avec
couches totalement ou à demi-remplies.
les niveaux 5s et 4d, puis 6s et 5d, et ainsi de suite.
APPLICATION 2
Quelques configurations électroniques
Déterminer les configurations électroniques des atomes D’après la règle de Hund, les deux électrons 3d occupent
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d’aluminium, titane et praséodyme dans leur état fon- deux niveaux d’énergie orbitalaire avec des spins parallèles :
damental. Préciser la répartition des électrons dans les
sous-couches non saturées.
Données : Z(Al) = 13 ; Z(Ti) = 22 ; Z(Pr) = 59. • L’atome de praséodyme de numéro atomique Z = 59
possède cinquante-neuf électrons ; sa configuration élec-
• L’atome d’aluminium de numéro atomique Z = 13 pos- tronique dans l’état fondamental s’en déduit :
sède treize électrons ; sa configuration électronique dans
l’état fondamental s’en déduit : 1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 1. 1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 64s 2 3d 10 4p 6 5s 2 4d 10 5p 6 6s 2 4f 3
D’après la règle de Hund, les trois électrons 4 f occupent
• L’atome de titane de numéro atomique Z = 22 possède trois niveaux d’énergie orbitalaire avec des spins parallèles :
vingt-deux électrons ; sa configuration électronique dans
l’état fondamental s’en déduit : 1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 6 4s 23d 2.
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1 COURS
■ Pour obtenir un cation monoatomique à partir d’un atome, il faut arracher à cet
atome un ou plusieurs électrons. Les électrons de valence de la sous-couche d’éner-
gie la plus élevée sont les plus faciles à arracher. Leur départ conduit à l’ion cor-
respondant dans son état fondamental.
• L’atome de sodium (Z = 11) a pour configuration dans son état fondamental :
1s 2 2s 2 2p 6 3s 1
+
Pour obtenir l’ion sodium Na dans son état fondamental, on arrache l’unique
électron de valence ; d’où la configuration de Na+ dans son état fondamental :
1s 2 2s 2 2p 6
• L’atome de fer (Z = 26) a pour configuration électronique dans son état
fondamental : © Hachette Livre – H Prépa / Chimie, 1re année, PCSI – La photocopie non autorisée est un délit
1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 64s 23d 6
L’atome de titane a pour configuration :
[Ar] 4s 2 3d 2 Un atome de fer a donc huit électrons de valence : six électrons 3d et deux
qui peut s’écrire [Ar] 3d 2 4s 2. électrons 4s.
L’ion Ti2+ a pour configuration : L’expérience montre que, lors de l’ionisation, ce sont les électrons 4s qui sont
[Ar] 3d 2 arrachés en premier : l’ion fer (II) a donc pour configuration électronique dans
son état fondamental :
1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 6 3d 6
Ce résultat est général :
(*) Cette ionisation permet de justifier Lorsque, dans un atome, la dernière sous-couche occupée est une sous-couche
la réécriture des configurations de (n – 1) d ou (n – 2) f , ce sont les électrons occupant la sous-couche ns qui
valence dans l’ordre n croissant.
sont arrachés en premier lors de la formation des cations correspondants(*).
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COURS 1
Classification périodique des éléments
■ Pour obtenir un anion monoatomique à partir d’un atome, il faut ajouter à cet
atome un ou plusieurs électrons. La configuration électronique de cet anion dans
son état fondamental est déterminée en respectant le principe de Pauli et la règle
de Klechkowski.
APPLICATION 3
Électrons de cœur, électrons de valence
1) Établir les configurations électroniques de l’atome L’ion bromure Br– possède un électron de plus que
de brome (Z = 35) et de l’ion bromure Br–. Écrire ces l’atome de brome. Cet électron peut se placer sur la sous-
configurations de façon simplifiée à l’aide des confi- couche 4p qui est la dernière sous-couche occupée de
gurations électroniques de l’argon Ar (Z = 18) ou du l’atome de brome et qui n’est pas encore saturée. D’où
krypton Kr (Z = 36). la configuration :
2) Quels sont les électrons de cœur et les électrons de [Ar] 3d 10 4s 2 4p 6 ou [Kr]
valence de ces deux édifices monoatomiques ? 2) Les électrons de valence sont ceux dont le nombre
1) En appliquant la règle de Klechkowski et en respec- quantique principal est le plus grand :
tant le principe d’exclusion de Pauli, on obtient pour 4s 2 4p 5 pour l’atome, soit sept électrons de valence et
l’atome de brome : 4s 2 4p 6 pour l’ion, soit huit électrons de valence.
1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 6 4s 2 3d 10 4p 5 Pour ces deux édifices, les électrons de cœur sont les
soit, de façon simplifiée : [Ar] 3d 10 4s 2 4p 5 électrons : 1s 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p 6 3d 10
4 Classification périodique
des éléments
4.1 Notion d’élément chimique
La notion d’élément chimique date du XVIIe siècle. Le physicien et chimiste R. BOYLE
Un corps simple est constitué d’atomes
d’un seul élément. en proposa alors la première définition : « un élément est ce qui est indécompo-
sable ». A. L. DE LAVOISIER reprit l’idée de R. BOYLE et la précisa en adoptant un point
de vue expérimental. Le terme élément désignait alors le corps simple. Cette notion
d’élément a été précisée au XXe siècle après la découverte de la structure de l’atome.
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La charge du noyau est donc égale à Z . e, c’est pourquoi le numéro atomique est
La charge de l’électron étant exactement aussi appelé nombre de charge.
opposée à celle du proton : un atome
contient autant d’électrons que de protons. Le nombre de neutrons est égal à A – Z.
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