Mat Rice
Mat Rice
∗∗∗∗∗∗∗∗∗∗∗∗∗∗∗∗∗∗∗
Dans ce chapitre K = R ou C
1.1 Définitions
Définition 1.1. On appelle matrice à n lignes et p colonnes à coefficients dans K, toute application de
[[1, n]] × [[1, p]] dans K.
l’image d’un couple (i, j) est noté a i j ou A i j.
La matrice elle même est alors notée par
¡ ¢ ¡ ¢
A = a i, j 1≤ i≤n ou a i, j .
1≤ j ≤ p
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Vocabulaire et Notations
— Une matrice A est présentée sous forme d’ un tableau rectangulaire d’éléments de K de la maiere
suivante .
a 1,1 a 1,2 . . . a 1, j . . . a 1,p
a
2,1 a 2,2 . . . a 2, j . . . a 2,p
... ... ... ... ... ...
A=
a i,1 a i,2 . . . a i, j . . . a i,p
... ... ... ... ... ...
a n,1 a n,2 . . . a n, j . . . a n,p
— Elle est dite de taille n × p si le tableau possède n lignes et p colonnes de la manière suivante :.
— Les nombres du tableau sont appelés les coefficients de A.
— Le coefficient a i, j est situé à la i-ème ligne et à la j-ème colonne.
Attention 1.1. On peut aussi écrire a k,l , a r,s ... mais dans tous les cas la première variable désigne le
numéro de la ligne et la deuxième celui de la colonne.
Exemple 1.1. µ ¶
1 −2 5
A=
0 3 7
est une matrice 2 × 3 avec, par exemple, a 1,1 = 1 et a 2,3 = 7.
Définition 1.2. — Deux matrices A et B sont égales lorsqu’elles ont la même taille n × p et que les
coefficients correspondants sont égaux :
— L’ensemble des matrices à n lignes et p colonnes à coefficients dans K est noté M n,p (K).
— Les éléments de M n,p (R) sont appelés matrices réelles.
— Les éléments de M n,p (C) sont appelés matrices complexes.
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— La matrice (de taille n × p) dont tous les coefficients sont des zéros est appelée la matrice nulle et
est notée 0n,p ou plus simplement 0. Dans le calcul matriciel, la matrice nulle joue le rôle du nombre
0 pour les réels.
Définition 1.3 (Somme de deux matrices). Soient A et B deux matrices ayant la même taille n × p. Leur
somme C = A + B est la matrice de taille n × p définie par
ci j = ai j + bi j.
Exemple 1.2.
µ ¶ µ ¶ µ¶
3 −2 0 5 3 3
Si A= et B= alors A+B = .
1 7 2 −1 3 6
µ ¶
−2
0
Par contre si B = alors A + B0 n’est pas définie.
8
Définition 1.4 (Produit d’une matrice par un scalaire). Le produit d’une matrice A = a i j de M n,p (K) par
¡ ¢
un scalaire α ∈ K est la matrice αa i j formée en multipliant chaque coefficient de A par α. Elle est notée
¡ ¢
Exemple 1.3. µ ¶ µ ¶
1 2 3 2 4 6
Si A= et α=2 alors αA = .
0 1 0 0 2 0
La matrice (−1)A est l’opposée de A et est notée − A. La différence A − B est définie par A + (−B).
Exemple 1.4.
¶
µ µ ¶ µ ¶
2 −1 0 −1 4 2 3 −5 −2
Si A= et B= alors A−B = .
4 −5 2 7 −5 3 −3 0 −1
Proposition 1.1. Soient A, B et C trois matrices appartenant à M n,p (K). Soient α ∈ K et β ∈ K deux
scalaires.
1. A + B = B + A : la somme est commutative,
2. A + (B + C) = (A + B) + C : la somme est associative,
3. A + 0 = A : la matrice nulle est l’élément neutre de l’addition,
4. (α + β)A = α A + β A,
5. α(A + B) = α A + αB.
Démonstration. Prouvons par exemple le quatrième point. Le terme général de (α + β)A est égal à (α +
β)a i j . D’après les règles de calcul dans K, (α + β)a i j est égal à αa i j + βa i j qui est le terme général de la
matrice α A + β A.
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³ −7 2
´ ³1 2 3´ 1 ³1 0 1´
³ 21 −6
³ 1 2´
´
Exercice 1. 1. Soient A = 0 −1 , B= 231 ,C= 0 1 0 , E = −3 0 . Calculer toutes
0 3 ,D=
1 −4 321 2 111 −3 12 −8 6
les sommes possibles de deux de ces matrices. Calculer 3A + 2C et 5B − 4D. Trouver α tel que A − αC
soit la matrice nulle.
2. Montrer que si A + B = A, alors B est la matrice nulle.
3. Que vaut 0 · A ? et 1 · A ? Justifier l’affirmation : α(β A) = (αβ)A. Idem avec nA = A + A + · · · + A (n
occurrences de A).
p
n X
X
A= (a i j ) ⇔ A= ai j Ei j
i =1 j =1
E i j = (δ ik δ jl ) 1 ≤ k ≤ n
1≤l≤ p
½
1 si r = s
où δrs = est le symbole de Kronecker
0 si non
2 Multiplication de matrices
Le produit AB de deux matrices A et B est défini si et seulement si le nombre de colonnes de A est égal
au nombre de lignes de B.
Définition 2.1 (Produit de deux matrices). Soient A = (a i j ) une matrice n × p et B = (b i j ) une matrice
p × q. Alors le produit C = AB est une matrice n × q dont les coefficients c i j sont définis par :
p
X
ci j = a ik b k j
k=1
c i j = a i1 b 1 j + a i2 b 2 j + · · · + a ik b k j + · · · + a i p b p j .
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×
×
←B
×
×
|
|
A→ ← AB
× × × × − − − ci j
Avec cette disposition, on considère d’abord la ligne de la matrice A située à gauche du coefficient que l’on
veut calculer (ligne représentée par des × dans A) et aussi la colonne de la matrice B située au-dessus du
coefficient que l’on veut calculer (colonne représentée par des × dans B). On calcule le produit du premier
coefficient de la ligne par le premier coefficient de la colonne (a i1 × b 1 j ), que l’on ajoute au produit du
deuxième coefficient de la ligne par le deuxième coefficient de la colonne (a i2 × b 2 j ), que l’on ajoute au
produit du troisième. . .
2.2 Exemples
Exemple 2.1.
1 2
µ ¶
1 2 3
A= B = −1 1
2 3 4
1 1
On dispose d’abord le produit correctement (à gauche) : la matrice obtenue est de taille 2 × 2. Puis on
calcule chacun des coefficients, en commençant par le premier coefficient c 11 = 1 × 1 + 2 × (−1) + 3 × 1 = 2
(au milieu), puis les autres (à droite).
1 2 1 2 1 2
−1 1 −1 1 −1 1
1 1 1 1 1 1
µ ¶ µ ¶ µ ¶ µ ¶ µ ¶ µ ¶
1 2 3 c 11 c 12 1 2 3 2 c 12 1 2 3 2 7
2 3 4 c 21 c 22 2 3 4 c 21 c 22 2 3 4 3 11
Un exemple intéressant est le produit d’un vecteur ligne par un vecteur colonne :
b1
b2
¡ ¢
u = a1 a2 · · · a n v= ..
.
bn
Alors u × v est une matrice de taille 1 × 1 dont l’unique coefficient est a 1 b 1 + a 2 b 2 + · · · + a n b n . Ce nombre
s’appelle le produit scalaire des vecteurs u et v.
Calculer le coefficient c i j dans le produit A × B revient donc à calculer le produit scalaire des vecteurs
formés par la i-ème ligne de A et la j-ème colonne de B.
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Exemple 2.2. µ ¶µ ¶ µ ¶ µ ¶µ ¶ µ ¶
5 1 2 0 14 3 2 0 5 1 10 2
= mais = .
3 −2 4 3 −2 −6 4 3 3 −2 29 −2
Malgré les difficultés soulevées au-dessus, le produit vérifie les propriétés suivantes :
Démonstration. Posons A = (a i j ) ∈ M n,p (K), B = (b i j ) ∈ M p,q (K) et C = (c i j ) ∈ M q,r (K). Prouvons que
A(BC) = (AB)C en montrant que les matrices A(BC) et (AB)C ont les mêmes coefficients.
p
X
Le terme d’indice (i, k) de la matrice AB est x ik = a i` b `k . Le terme d’indice (i, j) de la matrice (AB)C
`=1
est donc à !
q
X q
X p
X
x ik c k j = a i` b `k c k j .
k=1 k=1 `=1
q
X
Le terme d’indice (`, j) de la matrice BC est y` j = b `k c k j . Le terme d’indice (i, j) de la matrice A(BC)
k=1
est donc à !
p
X q
X
a i` b`k c k j .
`=1 k=1
Comme dans K la multiplication est distributive et associative, les coefficients de (AB)C et A(BC) coïn-
cident. Les autres démonstrations se font comme celle de l’associativité.
Théorème 2.1. Soit E i j une matrice de la base canonique de M np (K) et E kl une matrice de la base
canonique de M pq (K) alors
E i j .E kl = δ jk E il
où E il est une matrice de la base canonique de M nq (K)
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Preuve : E i j est de taille (n, p) et E kl est de taille (p, q) donc E i j .E kl est bien définit et est de taille (n, q).
Posons E i j .E kl = (c rs ) 1≤r≤n , alors
1≤s≤q
p
X
c rs = [E i j ]rt [E kl ] ts
t=1
Xp
= δ ir δ jt δkt δls
t=1
p
X
= δ ir δls δ jt δkt
t=1
| {z }
=δ jk
= δ ir δls δ jk
Or E il = (δ ir δls ) donc E i j .E kl = δ jk E il .
2.6 Exercices
¡ ¢
Exercice 2. On considère les matrices suivantes : A = 1 2 3 ,
2 1 −1 1 3
µ ¶ µ ¶
1 − 2 5
B= , C = −3 0 , D = , E = −1 −4 0 .
−2 5 0
1 2 0 2 5
Quels sont les produits matriciels possibles ? Quelles sont les matrices carrées s ?
Solution : On peut effectuer les produits AC, AE, BA, CB, CD, DB, DD, EC, EE. Seules les matrices D et E sont carrée.
Exercice 3. Calculer lorsqu’ils sont définis les produits AB et BA dans chacun des cas suivants :
µ ¶ µ ¶
1 0 0 0
1. A = , B=
0 0 0 1
0 2 1
µ ¶
2 0 1
2. A = 1 1 0 , B=
−1 1 2
−1 −2 −1
1 2
µ ¶
−1 1 0 1
3. A = 1 1 , B =
2 1 0 0
0 3
Solution : 1. Puisque A et B sont deux matrices carrées de même ordre, les deux produits AB et BA sont possibles. On
trouve : µ ¶ µ ¶
0 0 0 0
AB = , BA = .
0 0 0 0
En particulier, AB = BA = 0 alors que ni A ni B ne sont nuls.
2. Le produit AB n’est pas défini car A a trois colonnes et B deux lignes. Pour BA, on trouve
µ ¶
−1 2 1
BA = .
−1 −5 −3
3 3 0 1
AB = 1 2 0 1 .
6 3 0 0
µ ¶
a b
Exercice 4. Soient a et b des réels non nuls, et A = . Trouver toutes les matrices B ∈ M2 (R) qui
0 a
commutent avec A, c’est-à-dire telles que AB = BA.
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µ ¶
c d
Solution : Soit B = une telle matrice. On a :
e f
µ ¶ µ ¶
ac + be ad + b f ac bc + da
AB = , BA = .
ae af ae be + a f
1 0 0 1 1 1 1 1 1
Solution : On trouve :
1 1 1
AB = AC = 1 1 0 .
4 4 3
Pour la seconde partie, on considère F une matrice vérifiant les propriétés précitées :
a b c
F = d e f .
g h i
Le calcul de AF donne :
a b c
AF = d+g e+h f +i .
3a + d + g 3b + e + h 3c + f + i
Puisque AF = 0, on a le système suivant :
a=b=c=0
a=b=c=0
d = −g
d+ g = e+h= f +i =0 ⇐⇒
e = −h
3a + d + g = 3b + e + h = 3c + f + i = 0
f = −i
0 0 0
F = d e f .
−d − e −f
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(
0 si i 6= j
où δ i, j = est le symbole de Kronecker
1 si i = j.
Ses éléments diagonaux sont égaux à 1 et tous ses autres éléments sont égaux à 0. Elle se note I n ou
simplement I. Dans le calcul matriciel, la matrice identité joue un rôle analogue à celui du nombre 1 pour
les réels. C’est l’élément neutre pour la multiplication. En d’autres termes :
In · A = A et A · I p = A.
Démonstration. Nous allons détailler la preuve. Soit A ∈ M n,p (K) de terme général a i j .
le terme général de la matrice identité I p est δ i, j avec i et j entiers, compris entre 1 et p.
La matrice produit AI p est une matrice appartenant à M n,p (K) dont le terme général c i j est donné par la formule
p
X
ci j = a ik δk j . Dans cette somme, i et j sont fixés et k prend toutes les valeurs comprises entre 1 et p. Si k 6= j alors
k=1
δk j = 0, et si k = j alors δk j = 1. Donc dans la somme qui définit c i j , tous les termes correspondant à des valeurs de
k différentes de j sont nuls et il reste donc c i j = a i j δ j j = a i j 1 = a i j . Donc les matrices AI p et A ont le même terme
général et sont donc égales. L’égalité I n A = A se démontre de la même façon.
Dans l’ensemble M n (K) des matrices carrées de taille n × n à coefficients dans K, la multiplication des
matrices est une opération interne : si A, B ∈ M n (K) alors AB ∈ M n (K).
En particulier, on peut multiplier une matrice carrée par elle-même : on note A 2 = A × A, A 3 = A × A × A.
On peut ainsi définir les puissances successives d’une matrice :
Définition 3.1. Pour tout A ∈ M n (K), on définit les puissances successives de A par A 0 = I n et A p+1 =
A p × A pour tout p ∈ N. Autrement dit, A p = |A × A ×
{z· · · × A}.
p facteurs
1 0 1
1 0 3 1 0 7 1 0 15
A 2 = 0 1 0 A 3 = A 2 × A = 0 −1 0 A 4 = A 3 × A = 0 1 0 .
0 0 4 0 0 8 0 0 16
1 0 2p − 1
L’observation de ces premières puissances permet de penser que la formule est : A p = 0 (−1) p 0 .
0 0 2p
Démontrons ce résultat par récurrence.
Il est vrai pour p = 0 (on trouve l’identité). On le suppose vrai pour un entier p et on va le démontrer pour
p + 1. On a, d’après la définition,
2p − 1 2 p+1 − 1
1 0 1 0 1 1 0
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Proposition 3.2. Soient A, B ∈ M n (K) deux matrices carees telles que AB =BA ; on dit alors que A et B
commutent entre eux ; et soient p, q ∈ N .Alors
1. (A p ) q = A pq A p A q = A p+ q
2. (AB) p = A p B p
3. Si p ≥ 1 alors
pX
−1
A p − B p = (A − B) A i B n−1− i
i =0
AB p = A(BA) p−1 B
est valable dans tous les cas .
Comme la multiplication n’est pas commutative, les identités binomiales usuelles sont fausses. En parti-
culier, (A + B)2 ne vaut en général pas A 2 + 2AB + B2 , mais on sait seulement que
(A + B)2 = A 2 + AB + BA + B2 .
Proposition 3.3 (Calcul de (A + B) p lorsque AB = BA). Soient A et B deux éléments de M n (K) qui com-
mutent, c’est-à-dire tels que AB = BA. Alors, pour tout entier p ≥ 0, on a la formule
à !
p
p
X p p− k k
(A + B) = A B
k=0 k
à !
p
où désigne le coefficient du binôme.
k
Comme on a A = I + N et les matrices N et I commutent (la matrice identité commute avec toutes les
matrices), on peut appliquer la formule du binôme de Newton. On utilise que I k = I pour tout k et surtout
que N k = 0 si k ≥ 4. On obtient
à ! à !
p 3
p p k p− k X p k p( p−1) p( p−1)( p−2) 3
N = I + pN + 2! N 2 +
X
A = N I = 3! N .
k=0 k k=0 k
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D’où
1 p p2 p(p2 − p + 1)
0 1 2p p(3p − 2)
Ap = .
0 0 1 3p
0 0 0 1
³2 1 0 ´ ³ 8 2´ ³5´
Exercice 6. 1. Soient A = 60 −24 −02 , B = 0 1 0 , C = −3 2 , D = 2 , E = x y z . Quels produits
¡ ¢ ¡ ¢
2 −2 −3 −5 5 −1
sont possibles ? Les calculer !
³0 0 1´ ³1 0 0´
2. Soient A = 0 1 0 et B = 0 0 2 . Calculer A 2 , B2 , AB et BA.
112 1 −1 0
³2 0 0´ ³0 0 0´
3. Soient A = 0 2 0 et B = 2 0 0 . Calculer A p et B p pour tout p ≥ 0. Montrer que AB = BA. Calculer
002 310
(A + B) p .
m
Définition 3.2. A ∈ M n (K) et P = a k X k un polynôme.
X
k=0
(PQ)(A) = P(A)Q(A)
AB = BA ⇒ P(A)Q(B) = Q(B)P(A)
En particulier A et P(A) commutent.
Si P = 3 + 2X − 5X 2 + X 4 et A ∈ M n (K) alors
P(A) = 3I n + 2A − 5A 2 + A 4
3.5 Exercices
0 1 −1
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2. On sait que
X n = (X 2 − 3X + 2)Q n (X ) + a n X + b n ,
où a n X + b n est le reste dans la division euclidienne de X n par X 2 − 3X + 2. Pour trouver la valeur de a n et b n , on évalue
l’égalité précédente en les racines de X 2 − 3X + 2, c’est-à-dire en 1 et 2. On trouve le système :
½
an + bn = 1
2a n + b n = 2n
A n = (2n − 1)A + (2 − 2n )I 3 .
Exercice 8. Soit
1 1 0 1 0 0
A = 0 1 1 , I = 0 1 0 et B = A − I.
0 0 1 0 0 1
Calculer B n pour tout n ∈ N. En déduire A n .
On en déduit alors par récurrence que, pour tout n ≥ 3, on a B n = 0. En effet, c’est vrai pour n = 3. Si c’est vrai au rang n ≥ 3, alors
B n+1 = B n × B = 0 × B = 0.
Pour obtenir A, on écrit A = I + B et on remarque que I et B commutent puisque IB = BI = B. On peut alors appliquer la formule
du binôme de Newton, ce qui est très facile ici puisque B n = 0 dès que n ≥ 3. On en déduit
à ! à !
n n−1 n n−1 n n−2 2
A =I + I B+ I B
1 2
ce qui se réécrit en
n(n − 1) 2
A n = I + nB + B .
2
On a donc
n(n − 1)
1 n
A= 2
.
0 1 n
0 0 1
a 0 c
n o
E = M(a, b, c) = 0
b 0 : a, b, c ∈ R .
c 0 a
Montrer que E est un sous-espace vectoriel de M3 (R) stable pour la multiplication des matrices. Calculer
dim(E).
Alors une matrice M est élément de E si et seulement si il existe trois réels a, b, c tels que M = aA + bB + cC. Autrement dit,
E = vect(A, B, C) est l’espace vectoriel de A, B, C. E est donc bien un sous-espace vectoriel de M3 (R). De plus, (A, B, C) est une
base de E. En effet, par définition, c’est une famille génératrice de E. De plus, (A, B, C) est une famille libre. En effet, s’il existe
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trois scalaires a, b, c tels que aA + bB + cC = 0, alors on obtient M(a, b, c) = 0 ce qui donne a = b = c = 0. Ainsi, dim(E) = 3. Reste à
voir que E est stable par multiplication de matrices. Mais, pour tous a, b, c, a0 , b0 , c0 réels, on a :
4.1.1 Définition
Définition 4.1 (Matrice inverse). Soit A une matrice carrée de taille n × n. S’il existe une matrice carrée
B de taille n × n telle que
AB = I et BA = I,
on dit que A est inversible. On appelle B l’inverse de A et on la note A −1 .
On verra plus tard qu’il suffit en fait de vérifier une seule des conditions AB = I ou bien BA = I.
A − p = (A −1 ) p = |A −1 A −{z
1
· · · A −1} .
p facteurs
4.1.2 Exemples
Exemple 4.1. Soit A = 10 23 . Étudier si A est inversible, c’est étudier l’existence d’une matrice B = ac db à
¡ ¢ ¡ ¢
2 1
Sa résolution est immédiate : a = 1, b = − , c = 0, d = . Il n’y a donc qu’une seule matrice possible, à
µ 2¶ 3 3
1 −3
savoir B = 0 1 . Pour prouver qu’elle convient, il faut aussi montrer l’égalité BA = I, dont la vérification
3
2
1 −
est laissée au lecteur. La matrice A est donc inversible et A −1 = 3
1 .
0
3
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µ ¶
¡3 0¢ a b
Exemple 4.2. La matrice A = 50 n’est pas inversible. En effet, soit B = une matrice quelconque.
c d
Alors le produit µ ¶µ ¶ µ ¶
a b 3 0 3a + 5b 0
BA = =
c d 5 0 3c + 5d 0
ne peut jamais être égal à la matrice identité.
Exemple 4.3. — Soit I n la matrice carrée identité de taille n × n. C’est une matrice inversible, et son
inverse est elle-même par l’égalité I n I n = I n .
— La matrice nulle 0n de taille n × n n’est pas inversible. En effet on sait que, pour toute matrice B de
M n (K), on a B0n = 0n , qui ne peut jamais être la matrice identité.
4.1.3 Unicité
Démonstration. La méthode classique pour mener à bien une telle démonstration est de supposer l’exis-
tence de deux matrices B1 et B2 satisfaisant aux conditions imposées et de démontrer que B1 = B2 .
Soient donc B1 telle que AB1 = B1 A = I n et B2 telle que AB2 = B2 A = I n . Calculons B2 (AB1 ). D’une part,
comme AB1 = I n , on a B2 (AB1 ) = B2 . D’autre part, comme le produit des matrices est associatif, on a
B2 (AB1 ) = (B2 A)B1 = I n B1 = B1 . Donc B1 = B2 .
Proposition 4.2. Soit A une matrice inversible. Alors A −1 est aussi inversible et on a : (A −1 )−1 = A
Proposition 4.3. Soient A et B deux matrices inversibles de même taille. Alors AB est inversible et
(AB)−1 = B−1 A −1
(A 1 A 2 · · · A m )−1 = A −1 −1 −1
m A m−1 · · · A 1 .
Proposition 4.4. Si A est inversible et λ ∈ K un scalaire non nul alors λ A est inversible et
1 −1
(λ A)−1 = A
λ
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Si C est une matrice quelconque de M n (K), nous avons vu que la relation AC = BC où A et B sont des
éléments de M n (K) n’entraîne pas forcément l’égalité A = B. En revanche, si C est une matrice inversible,
on a la proposition suivante :
Proposition 4.5. Soient A et B deux matrices de M n (K) et C une matrice inversible de M n (K). Alors
l’égalité AC = BC implique l’égalité A = B.
Proposition 4.6. GL n (K) muni du produit matriciel est un groupe non commutatif (en général) d’élément
neutre I n .
Nous allons voir une méthode pour calculer l’inverse d’une matrice quelconque de manière efficace. Cette
méthode est une reformulation de la méthode du pivot de Gauss pour les systèmes linéaires. Auparavant,
nous commençons par une formule directe dans le cas simple des matrices 2 × 2.
4.2.1 Matrices 2 × 2
µ ¶
a b
Considérons la matrice 2 × 2 : A = .
c d
1
µ ¶
d −b
Proposition 4.7. Si ad − bc 6= 0, alors A est inversible et A −1 =
ad − bc − c a
1 ¡
d −b
¢ ¡1 0¢
Démonstration. On vérifie que si B = − c a alors AB = 0 1 . Idem pour BA.
ad − bc
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PCSI 2 Calcul matriciel
La méthode pour inverser une matrice A consiste à faire des opérations élémentaires sur les lignes de la
matrice A jusqu’à la transformer en la matrice identité I. On fait simultanément les mêmes opérations
élémentaires en partant de la matrice I. On aboutit alors à une matrice qui est A −1 . La preuve sera vue
dans la section suivante.
En pratique, on fait les deux opérations en même temps en adoptant la disposition suivante : à côté de
la matrice A que l’on veut inverser, on rajoute la matrice identité pour former un tableau (A | I). Sur
les lignes de cette matrice augmentée, on effectue des opérations élémentaires jusqu’à obtenir le tableau
(I | B). Et alors B = A −1 .
N’oubliez pas : tout ce que vous faites sur la partie gauche de la matrice augmentée, vous devez aussi le
faire sur la partie droite.
4.2.3 Un exemple
1 2 1
1 2 1 1 0 0
L1
(A | I) = 4 0 −1 0 1 0 L2
−1 2 2 0 0 1 L3
On applique la méthode de Gauss pour faire apparaître des 0 sur la première colonne, d’abord sur la
deuxième ligne par l’opération élémentaire L 2 ← L 2 − 4L 1 qui conduit à la matrice augmentée :
1 2 1 1 0 0
0 −8 −5 −4 1 0 L 2 ←L 2 −4L 1
−1 2 2 0 0 1
1 2 1 1 0 0
0 −8 −5 −4 1 0
0 4 3 1 0 1 L 3 ←L 3 +L 1
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PCSI 2 Calcul matriciel
On continue afin de faire apparaître des 0 partout sous la diagonale, et on multiplie la ligne L 3 . Ce qui
termine la première partie de la méthode de Gauss :
1 2 1 1 0 0
5 1 1
0 1 − 0
8 2 8
1 1
L 3 ←L 3 −4L 2
0 0 −1 1
2 2
puis
1 2 1 1 0 0
0 1 5 1 1
− 0
8 2 8
L 3 ←2 L 3
0 0 1 −2 1 2
Il ne reste plus qu’à « remonter » pour faire apparaître des zéros au-dessus de la diagonale :
1 2 1 1 0 0
7 3 5
0 1 0 − − L 2 ←L 2 − 85 L 3
4 4 4
0 0 1 −2 1 2
puis
1 1 1
1 0 0 − L 1 ←L 1 −2L 2 −L 3
2 2 2
0 1 0 7 3 5
− −
4 4 4
0 0 1 −2 1 2
1
Ainsi l’inverse de A est la matrice obtenue à droite et après avoir factorisé tous les coefficients par , on a
4
obtenu :
−2 2 2
1
A −1 = 7 −3 −5
4
−8 4 8
Pour se rassurer sur ses calculs, on n’oublie pas de vérifier rapidement que A × A −1 = I.
Exercice 11. 1. Si possible calculer l’inverse des matrices : 37 12 , −25 −43 , 03 20 , α+2 1 α1 .
¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢
¡ θ − sin θ ¢ −1
2. Soit A(θ ) = cos
sin θ cos θ . Calculer A(θ ) .
³ 1 3 0 ´ ³ 2 −2 1 ´ µ 1 0 1 0 ¶ µ 2 1 1 1 ¶ 10 11 12 00 00
à !
0 2 −2 0 1 0 0 1
3. Calculer l’inverse des matrices : 2 1 −1 , 3 0 5 , −1 2 0 1 , 0 1 −1 2 , −1 1 2 0 0 .
−2 1 1 1 1 2 0 2 1 3 01 1 0 0 0021
0 0053
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PCSI 2 Calcul matriciel
On appelle A ∈ M n (K) la matrice des coefficients du système. Y ∈ M n,1 (K) est le vecteur du second membre.
Le vecteur X ∈ M n,1 (K) est une solution du système si et seulement si
AX = Y .
Théorème 4.1. La matrice A est inversible, si et seulement si la solution du système A X = Y est unique
et est : X = A −1 Y .
La méthode : consiste
à:
x1 y1
x2 y2
dans M n,1 (K)
• considérer X = .. et Y = ..
. .
xp yn
• Résoudre le système A X = Y , on pourra utiliser la méthode de Gauss .
• Si le système admet une unique solution alors A est inversible et on obtient un nouveau système X =
A −1 Y dinconnue Y , sa matrice est exactement A −1 .
1 2 1
x a x + 2y + z = a
A y = b
⇔ 4x − z = b
z c − x + 2y + 2z = c
x + 2y + z = a L 2 ←L 2 −4L 1
⇔ −8y − 5z = −4a + b
L 3 ←L 3 +L 1
4y + 3z = a + c
x + 2y + z = a
⇔ −8y − 5z = −4a + b L 3 ←2 L 3 + L 2
z = −2a + 2c + b
1 1 1
x = a − 2y − z = − a + b + c
2 2 2
⇔ 1 7 3 5
y = (−5z + 4a − b) = a − b− c
8 4 4 4
z = −2a + b + 2c
1 1 1
x =− a+ b+ c
2 2 2
⇔ 7 3 5 (∗)
y= a− b− c
4 4 4
z = −2a + b + 2c
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PCSI 2 Calcul matriciel
a 11 ... ... ... a 1n
. .. ..
.. . .
. ..
A= .
. i>j i=j i<j .
.. .. ..
. . .
a n1 ... ... ... a nn
2. On dit que A est triangulaire inférieure si ses éléments au-dessus de la diagonale sont nuls,
autrement dit :
i < j =⇒ a i j = 0.
3. On dit que A est Diagonale si ses éléments en dehors de la diagonale sont nuls, autrement dit :
i 6= j =⇒ a i j = 0.
4. On dit que A est triangulaire si elle est triangulaire inférieure ou triangulaire supérieure
a n1 a n2 ··· ··· a nn
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PCSI 2 Calcul matriciel
4 0 0 1 1 −1
µ ¶
0 −1 0 5 −3 0 −1 −1
0 −2
3 −2 3 0 0 −1
| {z } | {z }
matrice triangulaires inférieures matrices triangulaires supérieures
Une matrice qui est triangulaire inférieure et triangulaire supérieure est dite diagonale. Autrement dit :
i 6= j =⇒ a i j = 0.
−1 0 0
µ ¶
0 6 0 2 0
et
0 3
0 0 0
Remarque 4.1. Une matrice est à la fois triangulaire supérieure et triangulaire inférieure si et seulement si elle
est diagonale c’est à dire :
Dn (K) = Tn+ (K) ∩ Tn− (K)
Proposition 4.8. Tn+ (K) et Tn− (K) et Dn (K) sont des sous espaces vectoriels de M n (K) qui sont stables
par produit
n
X iX
−1 Xn
i > j ⇒ [AB] i j = [A] ik [B]k j = [A] ik [B]k j + [A] ik [B]k j = 0
k=1 k=1 | {z } k= i | {z }
=0car i > k =0car k> j
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PCSI 2 Calcul matriciel
α1 Q(α1 )
0 ... ... 0 0 ... ... 0
0
α2 0 ...
0 0
Q(α2 ) 0 ... 0
. .. .. .. .. . .. .. .. ..
..
D= . . . . =⇒ Q(D) = .. . . . .
0 ... 0 αn−1 0 0 ... 0 Q(αn−1 ) 0
0 ... ... 0 αn 0 ... ... 0 Q(αn )
Théorème 4.2. Une matrice A de taille n × n, triangulaire, est inversible si et seulement si ses éléments
diagonaux sont tous non nuls.
De plus :
• L’inverse d’une matrice triangulaire supérieure est une matrice triangulaire supérieure .
• L’inverse d’une matrice triangulaire inférieure est une matrice triangulaire inférieure.
• L’inverse d’une matrice diagonale est une matrice diagonale.
4.4 Exercices
Solution : On sait que Tn+ (K) + Tn− (K) est un sous espace vectoriel de M n (K) et siA ∈ M n (K) telle que a = (a i j ) alors
a 11 0 ... ... 0 0 a 12 ... ... a1n
. .. .. . .. ..
. . . .
. . . .
. .. . ..
A = .. + ..
. .
. .
.. ..
.
. 0 .. .
. a n−1,n
a n1 ... ... ... a nn 0 ... ... ... 0
la matrice à gauche est dans Tn− (K) et celle à droite est Tn+ (K). Ainsi
−1 1 1
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PCSI 2 Calcul matriciel
1 0 2
Exercice 14. Dire si les matrices suivantes sont inversibles et, le cas échéant, calculer leur inverse :
1 1 2 0 1 2 1 4 7
A = 1 2 1 , B = 1 1 2 , C = 2 5 8 ,
2 1 1 0 2 3 3 6 9
1 1 2 1 0 0
L2 − L1 → L2 0 1 −1 −1 1 0
L 3 − 2L 1 → L 3 0 −1 −3 −2 0 1
1 1 2 1 0 0
0 1 −1 −1 1 0
L3 + L2 → L3 0 0 −4 −3 1 1
Après transformations élémentaires, la matrice qui apparait à gauche est triangulaire supérieure, et les coefficients sur la diago-
nale sont tous non nuls. On en déduit que A est inversible. On trouve son inverse en poursuivant la méthode.
1 1 2 1 0 0
0 1 −1 −1 1 0
−1
L3 → L3 0 0 1 3/4 −1/4 −1/4
4
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PCSI 2 Calcul matriciel
0 1 2 1 0 0
1 1 2 0 1 0
0 2 3 0 0 1
L2 → L1 1 1 2 0 1 0
L1 → L2 0 1 2 1 0 0
L 3 − 2L 1 → L 3 0 0 −1 −2 0 1
Après transformations élémentaires, la matrice qui apparait à gauche est triangulaire supérieure, et les coefficients sur la diago-
nale sont tous non nuls. On en déduit que B est inversible. On trouve son inverse en poursuivant la méthode.
L 1 + 2L 3 → L 1 1 1 0 −4 1 2
L 2 + 2L 3 → L 2 0 1 0 −3 0 2
−L 3 → L 3 0 0 1 2 0 −1
L1 − L2 → L1 1 0 0 −1 1 0
0 1 0 −3 0 2
0 0 1 2 0 −1
B−1 = −3 0 2 .
2 0 −1
Passons à C :
1 4 7 1 0 0
2 5 8 0 1 0
3 6 9 0 0 1
L1 1 4 7 1 0 0
L 2 − 2L 1 → L 2 0 −3 −6 −2 1 0
L 3 − 32L 1 → L 3 0 −6 −12 −3 0 1
L1 1 4 7 1 0 0
L2 0 −3 −6 −2 1 0
L 3 − 32L 2 → L 3 0 0 0 1 −2 1
La matrice C n’est donc pas inversible(la drniere ligne est nulle).
Exercice 15.
Solution :
Exercice 16.
Solution :
5 La transposition
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PCSI 2 Calcul matriciel
Autrement dit : le coefficient à la place (i, j) de A T est a ji . Ou encore la i-ème ligne de A devient la i-ème
colonne de A T (et réciproquement la j-ème colonne de A T est la j-ème ligne de A).
Exemple 5.1.
T
1 2 3 1 4 −7
4 5 −6 = 2 5 8
−7 8 9 3 −6 9
T
0 3 1
µ ¶
1 −5 = 0 1 −1 (1 −2 5)T = −2
3 −5 2
−1 2 5
puis x1 y1
x1 x1 y2 ... x1 yn
x2 x2 y1 x2 y2 ... x2 yn
A · B T = .. ( y1 ,y2 ,...,yn ) .. .. .. = (x i y j )
. . . .
xn xn y1 xn y2 ... xn yn
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Définition 5.2. Une matrice A de taille n × n est symétrique si elle est égale à sa transposée, c’est-à-dire
si
A = AT ,
ou encore si a i j = a ji pour tout i, j = 1, . . . , n. Les coefficients sont donc symétriques par rapport à la
diagonale.
−1 0 5
µ ¶
0 2 0 2 −1
2 4
5 −1 0
Exemple 5.3. Pour une matrice B quelconque, les matrices B · B T et B T · B sont symétriques.
Preuve : (BB T )T = (B T )T B T = BB T . Idem pour B T B.
A T = − A,
Exemple 5.4.
0 4 2
µ ¶
0 −1 −4 0 −5
1 0
−2 5 0
Remarquons que les éléments diagonaux d’une matrice antisymétrique sont toujours tous nuls.
Théorème 5.2. S n (K) et An (K) sont deux sous espaces vectoriels supplémentaires dans MK . c’est à dire
Remarques 5.2. 1. Toute matrice est la somme d’une matrice symétrique et d’une matrice antisymé-
trique. Par exemple
µ ¶ µ ¶ µ ¶
2 10 2 9 0 1
Pour A = alors A = + .
8 −3 9 −3 −1 0
| {z } | {z }
symétrique antisymétrique
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2.
n(n + 1) n(n − 1)
dim S n (K) = dim S n (K) =
2 2
Dans le cas d’une matrice carrée de taille n × n, les éléments a 11 , a 22 , . . . , a nn sont appelés les éléments
diagonaux.
Sa diagonale principale est la diagonale (a 11 , a 22 , . . . , a nn ).
a 11 a 12 . . . a 1n
a 21 a 22 . . . a 2n
. .. ..
. ..
. . . .
a n1 a n2 ... a nn
Définition 6.1. La trace de la matrice A est le nombre obtenu en additionnant les éléments diagonaux
de A. Autrement dit, tr A = a 11 + a 22 + · · · + a nn .
Démonstration.
1. Pour tout 1 ≤ i ≤ n, le coefficient (i, i) de A + B est a ii + b ii . Ainsi, on a bien tr(A + B) = tr(A) + tr(B).
2. On a tr(α A) = αa 11 + · · · + αa nn = α(a 11 + · · · + a nn ) = α tr A.
3. Étant donné que la transposition ne change pas les éléments diagonaux, la trace de A est égale à la
trace de A T .
4. Notons c i j les coefficients de AB et d i j les coefficients de BA. Alors par définition
n
X n
X
c ii = a ik b ki et d ii = b ik a ki .
k=1 k=1
Ainsi,
n
X
tr(AB) = c ii
i =1
X n X n
= a ik b ki
i =1 k=1
X n X n
= a ki b ik (i ←→ k)
k=1 i =1
Xn X n
= b ik a ki (permutation de sommes )
i =1 k=1
X n
= d ii
i =1
= tr(BA)
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Corollaire 6.1. L’application T r : A 7→ tr(A) est une forme linéaire sur M n (K)
Remarque 6.1. T r est surjective et son noyau est l’ hyperplan de M n (K) donné par
{ A ∈ M n (K) / tr(A) = 0}
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