Chaitre 1
Chaitre 1
3
Cette rationalité procédurale dans le cadre l’économie industrielle se développe autour de plusieurs
axes: la structure des marchés, les interactions stratégiques, les coûts d’accès aux marchés, la
définition même de son objet.
C’est à ce titre que l’économie industrielle devient une discipline, un domaine à part entière de
l’économie.
2. Qu’est-ce que l’économie industrielle et quel est son objet ?
L'économie industrielle est la branche de l'économie qui étudie le fonctionnement des marchés et
les comportements des entreprises sur ces marchés. L'économie industrielle étudie donc la structure
des entreprises, des marchés, du système productif et les interactions stratégiques entre les
entreprises sur les marchés. Elle s'intéresse également à l'intervention publique sur les marchés, au
travers des politiques industrielle, de la concurrence et de réglementation des marchés.
La nouvelle économie industrielle apparait au début des années 70 à travers les travaux des
économistes de Chicago dans leur remise en cause de la jurisprudence concurrentielle de l’école de
Havard ; l’école de la contestabilité des marchés ; celle de la théorie des jeux.
De ce qui précède et faisant la synthèse des différentes approches, on retient que :
-L’économie industrielle s’intéresse au fonctionnement des marchés et de l’industrie, à la
concurrence entre les firmes sur les marchés ;
-Par rapport à la micro-économie, l’économie industrielle, dans l’analyse de la concurrence, met
l’accent sur les variables non tarifaires (publicité, différentiation, recherche et
développement…) ;
-L’approche adoptée à cet effet est à la fois positive (explication des faits) et normative (analyse
du bien-être et construction des théories).
3. Les méthodes de l’économie industrielle
Trois approches ou méthodes sont utilisées en économie industrielle:
L’approche théorique qui utilise les éléments de la microéconomie traditionnelle pour analyser les
interactions stratégiques.
L’approche descriptive qui procède par des études de cas pour évaluer les paramètres qui
caractérisent la structure et faire des études économétriques vérifiant les liens de causalité entre
structure comportement et performance.
Les approches institutionnalistes empruntées du droit et de la gestion. on y retrouve : le droit de la
concurrence, la théorie des organisations et l’administration des entreprises, la théorie du
portefeuille ...
4. Notre démarche
Notre démarche est fondée sur la nature théorique de l’économie industrielle. Cette démarche
part d’un ensemble d’hypothèses conventionnelles ("qui suppose "toutes choses égales par
ailleurs") pour construire un raisonnement spéculatif susceptible de stimuler la réflexion quant
au fonctionnement de cette réalité. Cette démarche qui est normative est fondée sur la capacité
de l’économie industrielle à utiliser des outils d’analyse empruntés en particulier aux sciences
exactes.
4
Chapitre 1 : Fondements microéconomiques de l’économie
industrielle
Introduction
Le marché comme objet de l’économie industrielle
Le fondement microéconomique de l’économie industrielle se justifie par la place importante
accordée au concept de marché dans les réflexions menées dans ce champ de l’économie.
Un marché représente l’ensemble des produits et aires géographiques qui exercent des
contraintes concurrentielle entre eux.
Cette définition permet de définir le périmètre à l’intérieur duquel s’exerce la concurrence
entre les entreprises. Mais elle montre également que le marché est défini en fonction de sa
structure car la structure du marché est le principal déterminant du fonctionnement du marché.
L’analyse microéconomique fait la distinction relativement aux différents types de marchés.
Tableau1 : différents types de marchés
Nombre d’acheteurs
1 Nombre fini ∞
Nombre de 1 Monopole bilatéral enchères Monopole
vendeurs Nombre fini Appel d’offres Oligopole bilatéral (?) Oligopole
∞ Monopsone Oligopsone CP
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- L’homogénéité des produits est contestée du fait développement des activités de
service et de l’industrie des produits manufacturés et des développements sur la
différenciation (horizontale ou verticale) des produits.
La remise en cause de ces hypothèses permet d’identifier plusieurs types d’imperfections ou
de défaillances des marchés.
L’analyse des fondements microéconomiques de l’économie industrielle va consister à
présenter les évolutions du concept de marché au fur et à mesure des développements de
l’économie industrielle :
-les modèles de concurrence imparfaite ;
-les modèles d’oligopole ;
-le cadre idoine de l’économie industrielle qui est le marché de monopole.
- La concentration qui constitue l’un des obstacles à l’entrée et justifie l’existence des
profits supérieurs à la normale. Cette concentration qui se justifie par des
comportements irrationnels chez les producteurs, est source de différence dans les
possibilités d’accès au savoir permettant de contrôler la disponibilité des facteurs de
production.
- Les comportements irrationnels des producteurs et/ou des vendeurs qui se traduisent
par des fonctions objectives différentes de ce qui est supposé dans le modèle de
concurrence pure et parfaite.
- Les biais d’accès au savoir qui limite la transparence du marché
- La différentiation des produits qui modifie les préférences des consommateurs.
- l’information est loin d’être parfaite sur les marchés, certains acteurs étant mieux
informés que d’autres.
7
offreur), de monopsone (un seul demandeur), d’oligopsone (un nombre restreint de
demande sur le marché) et d’oligopole (un nombre restreint d’offreurs sur le marché).
[Link] réglementation
La réglementation fait référence aux brevets, aux barrières à l’entrée et aux droits de douane.
[Link] différentiation
C’est une stratégie consistant pour une entreprise à personnaliser son produit et à le distinguer
de celui du concurrent.
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2.1. L’oligopole de Cournot
Il s’agit d’un duopole, i.e un oligopole à 2 entreprises. Cournot formulent les hypothèses
suivantes :
- Les capacités de production permettent de satisfaire toute la demande ;
- Le reste de l’économie est en concurrence parfaite
- La présence d’un commissaire-priseur pour confronter l’offre et la demande globale et
en déduire un prix affiché.
- La fonction de demande à l’entreprise est connue des duopoleurs : il s’agit de la
demande résiduelle, i.e la demande du marché, moins la quantité produite par le
concurrent ;
- Chaque entreprise choisit, indépendamment de l’autre, la quantité qui maximise son
profit ;
- Les entreprises connaissent la fonction de demande de marché qui linéaire : 𝑃(𝑄) =
𝑎 − 𝑏𝑄
- Chaque producteur considère que la production de son concurrent restera au niveau
qu'il constate ;
- Le coût unitaire est constant ;
- Les choix porte sur les quantités et les entreprises offrent des quantités de biens qui
sont confrontées à la demande pour déterminer un prix.
Cournot débute son analyse par le cas de deux entreprises (duopole) et s’élargit en suite à un
grand nombre d’entreprises.
𝜋 = 𝑝𝑞 − 𝐶 𝑞 = (𝑎 − 𝑏𝑞 − 𝑏𝑞 )𝑞 − 𝐶 𝑞
𝜋 = 𝑝𝑞 − 𝐶 𝑞 = (𝑎 − 𝑏𝑞 − 𝑏𝑞 )𝑞 − 𝐶 𝑞
Les conditions de maximisation indépendante des deux profits sont données par:
𝑎 − 2𝑏𝑞 − 𝑏𝑞 − 𝐶 = 0 𝑞 = = −
= 0 𝑒𝑡 =0⟺ ⟺ ⟺
𝑎 − 𝑏𝑞 − 2𝑏𝑞 − 𝐶 = 0 𝑞 = = −
9
𝑞 = 𝑅(𝑞 ) est la meilleure réponse de la firme 2: c'est la fonction de réaction de la firme 2
𝑞 = − = − − = − + = +
𝒂 𝟐𝑪𝟏 𝑪𝟐 𝒂 𝟐𝑪𝟐 𝑪𝟏
⟺ = ⟺ 𝒒∗𝟏 = 𝟑𝒃
; De la même manière, on obtient 𝒒𝟐∗ = 𝟑𝒃
C’est l’équilibre de Cournot qui est un équilibre de Nash, c’est-à-dire un état dans lequel
aucune firme ne souhaite modifier son comportement compte tenu du comportement de
l’autre firme (un équilibre où aucune firme n'a intérêt à dévier unilatéralement de sa stratégie
quand l’autre continue à jouer).
Graphiquement, on a :
𝒒∗𝟐
0 𝒒∗𝟏 𝑞
2.2.L’oligopole de Stackelberg
En partant des hypothèses de Cournot, Stackelberg imagine qu’une des firmes est capable de
deviner comment les autres réagiront à ses actions. Stackelberg introduit ainsi les asymétries
d’information en supposant que l’un des duopoleurs (l’entreprise méneuse) du fait de sa taille,
connait la fonction de réaction de son concurrent et obtient des profits supplémentaires de
cette connaissance. Dans ces conditions, elle fait des conjectures rationnelles pour déterminer
l’offre qui lui procure un profit maximum en tenant compte de cette réaction Le prix pratiqué
sur le marché dépend de la quantité totale produite 𝑄 = 𝑞 + 𝑞 , selon la fonction de
demande inverse égale à 𝑃(𝑄) = 𝑎 − 𝑏𝑄.
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Le coût unitaire de chaque entreprise est donné par c
11
une firme est négativement influencée par l’augmentation du prix proposé par cette firme et
positivement influencée par l’augmentation du prix proposé par l’autre firme.
La forme des fonctions de demande 𝑞 (𝑝 , 𝑝 ) et 𝑞 (𝑝 , 𝑝 ) fait bien ressortir l'interaction
stratégique existant entre les deux firmes puisque la quantité demandée à la firme 1 par
exemple est influencée simultanément par le prix qu'elle propose et par le prix proposée par la
firme 2. Toutes ces données sont connaissance commune et les firmes prennent leur décision
de prix de façon simultanée. L'objectif de chaque firme est la maximisation de son profit.
Pour la firme 1, on a donc :
𝜋 = 𝑝 𝑞 − 𝑐𝑞 = 𝑝 (a − b𝑝 + d𝑝 ) − 𝑐(a − b𝑝 + d𝑝 )
𝜋 = 𝑝 𝑞 − 𝑐𝑞 = 𝑝 (a − b𝑝 + dp ) − 𝑐(a − b𝑝 + dp )
Les conditions de maximisation indépendante des deux profits sont données par:
𝑎 − 2𝑏𝑝 + 𝑑𝑝 + 𝑏𝑐 = 0 𝑝 = = 𝑅(𝑝 )
= 0 𝑒𝑡 =0⟺ ⟺
𝑎 − 𝑑𝑝 + 2𝑏𝑝 + 𝑏𝑐 = 0 𝑝 = = 𝑅(𝑝 )
⟺ 𝑝 (1 − )=
⟺𝑝 ( )=
( ) ( )
⟺𝑝 = = = ( )( )
=
12
C’est l’équilibre de Bertrand qui est également un équilibre de Nash. Graphiquement, on a :
𝒑∗𝟐 (𝑝 )
𝒑∗𝟏 (𝑝 )
𝑝∗ =
𝑷∗ ( 𝒑∗𝟏, 𝒑∗𝟐 )
0 𝑝∗ = 𝑝
Figure 3. L’équilibre de Bertrand
Lorsque les biens sont homogène, le modèle de Bertrand débouche sur le résultat appelé
paradoxe de Bertrand : C’est une situation réaliste de fixation des prix qui met en concurrence
deux entreprises seulement et qui aboutirait à une tarification concurrentielle, i.e à une
tarification au coût marginal.
A cet équilibre, les entreprises font des profits nuls et aucune ne peut accroitre ses profits en
augmentant ou en diminuant le prix. Le prix d’équilibre s’il est existe correspond à l’optimum
social, i.e l’équilibre concurrentiel. Une entreprise qui propose un prix plus faible que son
concurrent reçoit toute la demande du marché. Si elles offrent toutes les deux le même prix,
elles se partagent la demande.
13
La différenciation de variété ou différentiation horizontale apparait lorsque, sur le même
marché, sont présents des produits ayant un usage identique ou similaire, une appellation
souvent identique, mais une apparence différente. Les biens ont donc des caractéristiques
différentes. Par exemple, des yaourts aux fruits et des yaourts au chocolat sont des biens
différenciés horizontalement
La différenciation qualitative ou différenciation verticale est la situation où les biens ayant les
mêmes structures de caractéristiques sont présents sur le marché, mais avec des quantités de
caractéristiques différentes. Le bien ayant la plus grande quantité de caractéristiques
(positives) est de meilleure qualité. Par exemple, un vin de grande qualité par rapport à un vin
de qualité médiocre.
Le but de la différenciation est d’influencer les choix des consommateurs et si possible de
fidéliser une partie de la clientèle en proposant des produits différents de ses concurrents.
Dans les modèles développés par Lancaster, le consommateur raisonne à partir des
caractéristiques du produit, le concept utilisé ici est celui de vecteurs des caractéristiques et le
prix est l’une de ces caractéristiques. Lancaster fait la distinction entre les caractéristiques
objectives et les caractéristiques subjectives.
Les caractéristiques objectives sont celles qui confèrent une différence réelle en termes de
caractéristiques de deux façons : horizontale et verticale. De façon horizontale, deux biens
sont dit différenciés horizontalement si tout étant identique du point de vue de la qualité, ils
présentent des caractéristiques objectivement différentes. Dans ce cas, même pour un prix
identique, les préférences des consommateurs peuvent être hétérogènes : il n’y a pas de
différence qualité. De façon verticale, deux biens sont dit différenciés verticalement si vendu
au même prix, les préférences des consommateurs quant au produit préférés sont homogènes
parce que les biens présentent des différences objectives de qualité. Il y a donc homogénéité
des préférences. Parce qu’il y a une différence de qualité.
Les caractéristiques subjectives sont telles qu’on n’agit pas sur le bien lui-même, mais sur la
perception qu’ont les consommateurs.
La concurrence imparfaite a un effet positif sur l’économie dans la mesure où elle permet
d’augmenter la production et de développer des innovations : C’est le cas de la concurrence
monopolistique
14
Les produits sont différenciés et ne sont pas considérés comme des produits de
remplacement parfait par les consommateurs ;
Il y a libre entrée et libre sortie des firmes dans l’industrie. La concurrence
aboutit donc inexorablement dans le long terme à l’égalisation de la recette
moyenne et du coût moyen (c’est un équilibre à profit nul) ;
Chaque firme dispose de sa propre clientèle (demande résiduelle, c'est-à-dire la
demande du marché, moins la quantité produite par le concurrent).
L’importance de cette clientèle dépend du nombre de concurrents sur le
marché et du degré de différenciation de leur produit.
Chaque entreprise considère les prix de ses concurrents comme donnés. Elle
ignore donc l’impact de son propre prix sur celui des autres firmes ; ce qui
revient à dire qu’elle n’a pas de comportement stratégique, en raison du grand
nombre de concurrents présents sur le marché.
Contrairement à la concurrence pure et parfaite, la concurrence monopolistique reste
compatible avec l’existence des firmes exhibant des coûts moyens décroissants : en effet,
aucune firme ne peut capter l’intégralité de la clientèle de ses concurrentes, en raison de la
différenciation des biens régnant sur le marché.
Le modèle de concurrence monopolistique sera à l’origine des analyses de Paul Krugman
(1980) sur la concurrence internationale et l’économie géographique basées sur les économies
d’échelle. Ces modèles sont classés dans le cadre de l’économie industrielle internationale.
Les économistes industrielles distinguent deux principales formes de différenciation : la
différenciation horizontale et la différenciation verticale.
15
Figure 4 Représentation du modèle de Hoteling
La figure 4 montre un segment de longueur 1, où a représente la distance entre l’offreur A et
l’extrémité gauche du segment, où b la distance entre l’offreur B et l’autre extrémité. x est la
distance entre le consommateur A et le centre tandis que y est la distance entre le
consommateur B et le centre
Hoteling aboutit au résultat de dépendance des prix des offreurs :
𝑃 + 𝑐(1 − 𝑎 − 𝑏) ≤ 𝑃 ⟹ 𝑃 ≤ 𝑃 − 𝑐(1 − 𝑎 − 𝑏)
Hotelling explique que si un offreur, ici B, augmente son prix de telle sorte que celui-ci soit
supérieur à celui de A majoré de son coût de transport entre A et B, alors A remporte la
totalité du marché. D’après cette relation, on peut démontrer que la part de marché x de A
diminue lorsque le différentiel de coût P1- P2 augmente. Au point de jonction, entre x et y, on
obtient le système d’équations suivant :
𝑃 + 𝑐𝑥 = 𝑃 + 𝑐𝑦 𝑐𝑥 − 𝑐𝑦 = 𝑃 − 𝑃
⟹
𝑎+𝑥+𝑦+𝑏 = 1 𝑥+𝑦 = 1−𝑎−𝑏
Dans ce système, on combine les contraintes de prix (égalité des prix totaux des biens au point
de jonction) et la taille du marché. On peut en déduire les parts de marché des offreurs :
1 𝑃 −𝑃
𝑥 = (1 − 𝑎 − 𝑏 + )
2 𝑐
1 𝑃 −𝑃
𝑦 = (1 − 𝑎 − 𝑏 + )
2 𝑐
On peut également évaluer les profits respectifs de A et B :
1 𝑃 𝑃𝑃
⎧ 𝜋 = 𝑃 𝑞 = 𝑃 (𝑎 + 𝑥) = (1 + 𝑎 − 𝑏)𝑃 − +
2 2𝑐 2𝑐
⎨ 1 𝑃 𝑃𝑃
(1
⎩𝜋 = 𝑃 𝑞 = 𝑃 (𝑏 + 𝑦) = 2 − 𝑎 + 𝑏)𝑃 − 2𝑐 + 2𝑐
A partir des fonctions de profit, la maximisation des fonctions de profit permet d’obtenir les
prix et les quantités à l’optimum.
⎧ 𝑚𝑎𝑥𝜋 ⟹ 𝜕𝜋 = 0 ⟹ 1 (1 + 𝑎 − 𝑏) − 𝑃 + 𝑃 = 0 𝑃 𝑃 1
⎪ 𝜕𝑃 2 𝑐 2𝑐 − = (1 + 𝑎 − 𝑏)
⟹ 𝑐 2𝑐 2
⎨ 𝜕𝜋 1 𝑃 𝑃 𝑃 𝑃 1
⎪𝑚𝑎𝑥𝜋 ⟹ 𝜕𝑃 = 0 ⟹ 2 (1 − 𝑎 + 𝑏) − 𝑐 + 2𝑐 = 0 − = (1 − 𝑎 + 𝑏)
⎩ 𝑐 2𝑐 2
1. le prix est toujours supérieur au coût marginal en présence d’un coût de transport
2. Le prix est croissant avec le coût de transport
16
3. La différence de prix entre les deux entreprises s’accroît avec la distance qui les
sépare. En effet : P − P = (a − b)
4. Si les entreprises se localisent au centre de l’intervalle alors, chaque entreprise sert la
moitié de la demande.
17
droite et de gauche. La demande sera 2𝑥 et le profit : =
(𝑃𝑃 − 𝑃 − 𝑃𝑐 + 𝑃𝑐) + (𝑃 − 𝑐). Le magasin fixe le prix qui maximise son profit. La
condition de premier ordre est : = (𝑃 − 2𝑃 + 𝑐) + = 0
Tous les magasins ont les mêmes coûts et les mêmes demandes. Les prix seront alors les
mêmes (𝑃 = 𝑃). En appliquant cette condition à l’équilibre de Nash, on obtient :
(−𝑃 + 𝑐) + = 0 ⇒.
Une hausse des coûts de transport ou une baisse du nombre d’entreprises conduit à une hausse
du prix d’équilibre.
-Une entreprise peut bénéficier d’un monopole légal, comme par exemple dans le domaine du
rail (monopole naturel).
L’analyse d’un monopole nécessite de préciser s’il produit un bien durable ou non ou alors
s’il est discriminant ou non.
Biens durables : Les biens durables sont ceux qui ne se vendent qu’avec une longue
périodicité (équipements ménagers, automobiles, terrains). Ils sont sujets à la hausse du taux
d’équipement des ménages. La production d’un bien durable affaibli le pouvoir du monopole,
puisque les consommateurs peuvent attendre que le prix baisse.
La première année, la demande qui s’adresse au monopoleur est donnée par : 𝑞 = 𝐷(𝑝 )
18
A la deuxième période, les consommateurs qui ont acheté le bien se retirent du marché et la
demande devient : 𝑞 = 𝐷(𝑝 ) − 𝑞
Dans ces conditions, le monopole doit ajuster ses prix dans le temps. Le monopoleurs est en
concurrence avec sa propre production passée. Coase (1972), prend l’exemple d’un individu
qui détiendrait tous les terrains et qui souhaiterait les vendre en maximisant son profit. Le
monopoleur qui fait face à une demande décroissante dans le temps, et ce qui entraîne la
baisse des prix. C’est ce phénomène qui est appelé auto-concurrence.
Le monopoleur va d’une part chercher à réduire les quantités vendues la première année et
d’autre part va être obligé de réduire le prix au fur et à mesure que les années passent pour
maintenir la demande résiduelle (c'est-à-dire la demande du marché, moins la quantité
produite par le concurrent); on dit qu’il y a discrimination intertemporelle par les prix. A la
dernière année, il y a tarification au coût marginal pour le dernier consommateur. Les
consommateurs qui anticipent cette évolution sont incités à différer leur demande pour
profiter des prix plus attractifs. La location est l’un des moyens de maintenir le monopole sur
ce bien.
La baisse de la demande oblige le monopoleur à modifier ses décisions en faveur de la
location.
L’autre option pour le monopoleur pourrait consister à s’engager à ne pas offrir le même bien
durable à deux périodes d’intervalle d’où l’importance de la stratégir de recherche et
développement.
Monopole discriminant: On parle de monopole discriminant lorsque le monopoleur peut
vendre ses produits à des prix différents. On distingue trois degrés de discrimination : la
discrimination du premier degré, du second degré et du troisième degré.
La discrimination du premier degré correspond à la situation selon laquelle les prix sont à la
fois différents selon les unités et selon les consommateurs : c’est la discrimination parfaite.
La discrimination du second degré correspond à la situation selon laquelle les différentes
unités sont vendues à des prix différents, chaque acheteur payant le même montant pour la
même quantité. Il s’agit par exemple des systèmes de remise.
La discrimination du troisième degré correspond à la segmentation du marché selon le type
de la clientèle. Chaque unité est vendue au même prix au même type de la clientèle. Le prix
varie selon le type d’acheteur. Exemple : réduction accordée aux étudiants et aux personnes
âgées.
La discrimination n’est possible que si certaines conditions sont remplies :
l’entreprise doit pouvoir agir sur le prix, ce qui est exclu sur un marché de concurrence
parfaite, où elle est par définition price-taker. La discrimination par les prix implique
un certain pouvoir de marché ;
19
les acheteurs ne doivent pas pouvoir se revendre entre eux les biens achetés à des prix
différents sinon la discrimination ne serait pas soutenable.
Monopole simple : Un monopole simple est un monopole non discriminant qui produit un
bien non durable.
Le monopoleur qui cherche à maximiser son profit opère un arbitrage Prix/quantités qui
s’explique par la sensibilité de la demande au prix (élasticité de la demande au prix), la
condition est telle que Rm= Cm. Cette condition de maximisation du profit du monopoleur est
mise en relation avec le pouvoir du marché ou indice de Lerner.
En effet, quand une firme est faiseuse de prix, elle sait que si elle augmente le prix, la
demande diminuera. Donc le profit s’écrit :
𝜋 = 𝑃 ∗ 𝑄 − 𝐶 ∗ 𝑄 ⟹ 𝜋 = 𝑃 + 𝑃 ∗ 𝑄 − 𝐶 𝑄 = 0.
Le profit est maximum lorsque :
𝐶 𝑄 = 𝐶𝑚 = 𝑅𝑚 ⟹ 𝑅𝑚 = 𝑃 + 𝑄 = 𝑃( 1 + ∗ )
1 𝑃 − 𝐶𝑚 𝑃− 𝑃 1− 1− 1−
⟹ 𝑅𝑚 = 𝐶𝑚 = 𝑃 1 − ⟹ = =
𝜀 𝐶𝑚 𝑃 1− 1−
𝟏
= =
𝜺−𝟏
Cette expression signifie que le taux de marge (TM) sur la dernière unité produite par le
monopole (terme de gauche) est inversement proportionnel à l’élasticité prix de la demande.
𝑷 𝑪𝒎 𝟏
En effet, = = ⟹ 𝑷
= 𝜺
Cet indice est difficile d’estimer directement par manque d’information sur les coûts. Il s’agit
ici d’estimation indirecte par l’élasticité de la demande pour la firme.
La tarification au-dessus du Coût marginal du fait du pouvoir du monopoleur réduit le bien-
être collectif qui prend la dénomination de perte sèche ou charge morte.
20
Figure 7. Equilibre sur un marché de monopole et perte sèche ou charge morte
Le triangle représentant la perte sociale sèche du monopole s’appelle le triangle d’Harberger,
du nom de l’économiste qui l’a mis en évidence.
L'action de l'Etat pour éliminer la perte sociale sèche due au monopole peut prendre
plusieurs formes :
- faire respecter autant que possible la libre entrée sur le marché (interdire légalement ou
démanteler les systèmes de barrières à l'entrée);
- nationaliser l'entreprise en monopole et l’obliger à produire non au maximum de profit mais
au point socialement optimal (au point E, tel que le prix soit égal au coût marginal);
- subventionner l'entreprise en monopole qui s’engage par contrat à produire la quantité
optimale. Le montant de la subvention doit être au moins égal à la perte de profit que subit
l’entreprise en situation de monopole.
Cependant, Tullock (1975) et Posner (1975) ont montré que cette perte sèche ignore les
dépenses engagées par le monopoleur pour obtenir ou défendre sa situation privilégiée à
travers les activités de lobbying, publicités comparatives, dépenses pour interdire l’entrée de
nouveaux concurrents. Dans ce cas, la perte sèche appelée trapèze de Tullock est la somme du
triangle d’Harberger (triangle MHF) et de la surface du profit (rectangle PCHM). La surface
PCFM représente le trapèze de Tullock.
A
pm P M
cm= cM C
H E
D (= RM)
Rm
Figure 8 : Equilibre du monopole x
*
x x
21
Le monopole produit moins et plus cher qu’un marché concurrentiel. Il correspond à un
optimum parétien (premier théorème fondamental de l’économie de bien-être qui garantit
qu’un marché concurrentiel exploite tous les gains qui découlent de l’échange). L’équilibre du
monopole étant sous-optimal. Il existe une perte sèche qui correspond au triangle MHF ou
triangle d’Harberger.
22
- Le bien final est produit par une entreprise concurrentielle qui vend son bien au coût
marginal : 𝑝 = 𝑝
Le coût marginal du vendeur du bien final est en fait le prix qu’il doit payer à son
fournisseur. C’est pour cette raison que 𝐷(𝑝 ) = 𝐷(𝑝 ).
Le fournisseur doit choisir son prix en sachant que la demande qu’il obtient est égale à celle
du marché du produit final.
Son profit est donné par 𝜋 = (𝑝 − 𝑐)𝐷(𝑝 ) = (𝑝 − 𝑐)𝐷(𝑝 )
La maximisation du profit donne le prix de monopole suivant : 𝑝 = (1 + 𝜇)𝑐 > 𝑐
Où 𝜇 est le taux de marge qui dépend de l’élasticité de la demande du marché du bien final.
Le bien vendu sur le marché final le sera donc au prix 𝑝 = 𝑝
Par conséquent, les imperfactions sur le marché amont se répandent intégralement sur le
marché aval ; le pouvoir de monopole se transmet sur le marché aval.
* Monopole en chaîne
Le monopole en chaîne traduit la situation où le vendeur du bien final est lui-même en
situation de monopole. Si ce dernier paye un prix 𝑝 pour sa matière première, il fixera un
prix
𝑝 = (1 + 𝜇)𝑝
𝜋 = (𝑝 − 𝑐)𝐷[(1 + 𝜇)𝑝 ]
𝑝 = (1 + 𝜇)𝑝 = (1 + 𝜇) 𝑐
Dans cette situation, les marges ont un effet multiplicatif sur les prix. Plus il y a de monopoles
dans la filière de production, plus les prix seront élevés pour le consommateur final ; ce qui
réduit significativement le bien-être social.
23
Le monopoleur peut choisir encore de gérer à l’équilibre de telle façon que le profit global
soit nul et donc de vendre au coût moyen. Mais cette gestion est génératrice de gaspillage, en
ce sens qu’elle entraîne une mauvaise utilisation des ressources. Le prix, fixé au coût moyen
est inférieur au coût marginal. Par conséquent on cède l’unité supplémentaire produite à un
prix inférieur à son coût (pour l’entreprise mais aussi pour la collectivité). Ce qui pousse à
produire et consommer un bien au delà de ce qu’il faudrait. Il peut décider encore de vendre
au coût marginal, c’est une modalité fréquemment retenue lorsque le monopole est géré par la
puissance publique. Ces stratégies sont souvent employées lorsque le monopole craint
l'arrivée de nouvelles firmes qui pourraient le concurrencer. Le monopole public qui poursuit
des objectifs d'intérêt général a le choix entre une tarification au coût marginal ou une
tarification au coût moyen mais rien ne l'empêche aussi d'effectuer une discrimination par les
prix.
2.4 Discrimination et Stratégie de barrière à l’entrée
Le monopole peut décider de vendre à des prix différents selon les caractéristiques de ses
clients : c’est la discrimination par les prix. Cette stratégie de fixation des prix répond sans
aucun doute à la volonté d'augmenter le profit. La discrimination des prix consiste à faire
payer à deux consommateurs (ou plus) des prix différents pour des biens ou des services
identiques. Seul un monopoleur peut discriminer car, en concurrence, les autres offreurs
contraindraient le prix du marché à s'égaliser avec le coût marginal. La discrimination,
stratégie très courante aujourd'hui, doit être pratiquée pour des raisons autres que celles
associées à des différences de coût. Ainsi, le monopole peut pratiquer la discrimination par les
prix pour créer une barrière à l’entrée d’un concurrent sur le marché.
Une barrière à l'entrée renvoie à tous les éléments susceptibles de rendre plus difficile l'entrée
d'un producteur-concurrent supplémentaire sur un marché. Les éléments en question peuvent
être de nature très diverse. Dans le cas où pour rentrer sur un marché, un producteur devra
réaliser par exemple des investissements de départ importants, les économistes estiment que le
ticket d'entrée élevé constitue une barrière à l'entrée.
24
peut être contesté par des entreprises extérieures, qui, en entrant librement sur le marché,
peuvent proposer des prix plus bas et capter ainsi une partie des profits des entreprises en
place. Cette théorie a été développée à la fin des années 70 par Baumol, Panzar et Willig. Elle
a pour ambition de fournir une nouvelle analyse des structures de marché et en particulier des
monopoles. Cette théorie met en avant la question des barrières à l’entrée et porte sur la
concurrence potentielle (entrants potentielles) à l’opposé de la concurrence effective
(entreprises installées).
Un marché est dit parfaitement contestable lorsque deux conditions sont réunies :
L’entrée doit être libre ce qui signifie que les firmes déjà installé ne disposent d’aucun
avantage par rapport aux entrants. Cette condition implique que les entrants peuvent
utiliser les mêmes technologies de production et peuvent servir les mêmes demandes
que les firmes installés
La sortie doit pouvoir s’effectuer sans coût irrécupérables. (les firmes ne doivent pas
subir d’autres coûts que la dépréciation du capital)
Sur un marché contestable, les entreprises sont donc contraintes, par la concurrence
potentielle, à pratiquer des prix bas et même une entreprise en situation de monopole peut se
retrouver avec un très faible pouvoir de marché. En revanche, tout ce qui contribue à
empêcher la libre entrée ou à augmenter les coûts de sortie, conduit à renforcer le pouvoir de
marché des entreprises en place. C’est pour cette raison que les autorités de la concurrence
accordent beaucoup d’attention aux barrières à l’entrée sur les marchés et cherchent à éliminer
les barrières artificielles.
Sur un marché parfaitement contestable l’entrée et sortie sont libre et le pouvoir de marché
des firmes installées est contestable.
2.6 Concentration et performance du marché
La concentration du marché permet aux firmes de disposer d’un pouvoir de monopole. La
concentration sur un marché peut augmenter soit par une croissance interne de certaines
entreprises qui se développent plus rapidement que leurs concurrents, soit par une croissance
externe à travers des fusions d’entreprises sur le marché. La fusion est la mise en commun des
actifs de deux ou plusieurs entreprises au sein d’une nouvelle entité. Les motifs de fusion sont
de plusieurs natures. La fusion peut permettre de faire baisser les coûts et donc d’accroître
l’efficacité productive. Elle peut aussi permettre d’acquérir et de combiner des compétences
complémentaires en vue d’accroître la capacité d’innovation des entreprises. Elle peut
également permettre d’accéder à de nouveaux marchés géographiques. Enfin, elle peut
permettre de relâcher la concurrence et d’accroître le pouvoir de marché des entreprises qui
fusionnent. L’économie industrielle s’est doté d’un certains nombres d’indicateurs permettant
de mesurer le degré de concentration des entreprises. L’indicateur qui est régulièrement utilisé
est l'indice de Herfindahl-Hirschman (en anglais, Herfindahl-Hirschman Index : IHH ou
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le taux de concentration (en anglais, concentration ratio : CR) : On s’intéresse ici en particulier à
la part des 2 (C2), 3 (C3) ou des 4 (C4) plus grandes industries sur le marché;
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