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Chaitre 1

L'économie industrielle est une discipline qui étudie le fonctionnement des marchés et les comportements des entreprises, en mettant l'accent sur les interactions stratégiques et les politiques publiques. Elle s'est développée à partir des travaux de Marshall et des économistes de Harvard, et se distingue de la microéconomie par son analyse des variables non tarifaires et des imperfections du marché. Les méthodes d'analyse incluent des approches théoriques, descriptives et institutionnalistes, permettant d'explorer des concepts tels que la concurrence parfaite et imparfaite.

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Chaitre 1

L'économie industrielle est une discipline qui étudie le fonctionnement des marchés et les comportements des entreprises, en mettant l'accent sur les interactions stratégiques et les politiques publiques. Elle s'est développée à partir des travaux de Marshall et des économistes de Harvard, et se distingue de la microéconomie par son analyse des variables non tarifaires et des imperfections du marché. Les méthodes d'analyse incluent des approches théoriques, descriptives et institutionnalistes, permettant d'explorer des concepts tels que la concurrence parfaite et imparfaite.

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Introduction Générale

1. Pourquoi un cours d’économie industrielle ?


Il est communément admis que l’économie industrielle trouve ses fondements théoriques dans les
travaux de Marshall (1919) intitulés « Industry and trade ». En effet, Marshall s’est intéressé sur la
nécessité d’une analyse dynamique c’est-à-dire une analyse qui tient compte du temps historique. Il
fait la distinction fondamentale entre le CT et le LT. En particulier, il introduit une notion
importante, la notion de courbe d’expérience.
La courbe d’expérience est un des éléments qui permet d’expliquer les rendements d’échelle et les
économies d’échelles.
Les rendements d'échelle représentent l'accroissement de l'efficience (faire avec moins de moyens)
à la suite de l'augmentation des facteurs de production. Ils peuvent être croissant décroissant ou
constant. Les économies d'échelle traduisent la baisse du coût moyen de production consécutive à
une hausse de la production.
La courbe d’expérience renvoie au fait qu’au fur et à mesure que l’expérience croît, les entreprises
arrivent à produire plus efficacement ce qui entraine un coût moyen décroissant. Ce sont les
économies d’échelles. Les entreprises font des économies internes, car elles produisent plus et
baissent ses coûts en amortissant ses coûts fixes. Elles font des économies externes car il existe des
débouchés et de clients plus stables, ainsi que l’amélioration des prix des fournisseurs et de la
qualité des consommations intermédiaires.
L’économie industrielle s'est imposée en tant que discipline à partir des années 1940, sous
l'impulsion d'économistes de l’école d’Havard tels qu'Edward Mason et Joe Bain qui ont
développés le paradigme « structure-comportement-performance» selon lequel la structure du
marché (nombre de vendeurs sur le marché, degré de différentiation du produit, structure des coûts,
degré d’intégration verticale des vendeurs, etc.) détermine le comportement des entreprises en
matière de prix, de recherche et de développement, d’investissement, de publicité, etc. Ce
comportement détermine lui-même la performance du marché (efficacité rapport prix sur coût
marginal, variété des produits, taux d’innovation, profits et distribution). L’économie industrielle
comme discipline de la science économique va ainsi émerger et s’imposer du fait des limites ou
critiques avancées contre la microéconomie; notamment son incapacité à traduire la réalité du
monde des affaire ou de l’entreprise. La principale critique est la rationalité de l’Homo Economicus
qui est l’hypothèse forte de la microéconomie. Le concept de Homo Economicus, qui affirme que
les hommes sont des acteurs rationnels qui prennent des décisions fondées sur un intérêt personnel
étriqué a longtemps dominé la pensée économique.
C’est au fur et à mesure que l’hypothèse de rationalité des agents économiques va être levée dans
l’analyse des interdépendances entre les composantes du système productif.
L’économie industrielle s’inscrit ainsi dans le champ de la rationalité procédurale. Pour Simon, la
procédure de calcul rationnel est intéressante seulement dans le cas où elle n’est pas triviale, c’est-à-
dire lorsque la réponse substantiellement rationnelle à une situation n’est pas immédiatement
évidente ; comme c’est le cas dans la démarche micro-économique.
La procédure dévient importante à étudier lorsque l’agent n’a pas une information complète. En
effet, dans ce cas, il ne peut pas trouver la solution optimale et il va arrêter ses recherches
d’information quand il aura trouvé une solution satisfaisant ses besoins. Si l’étude des procédures et
des organisations est importante, chez Simon ce qu’il convient malgré tout est de prendre les
meilleurs décisions possibles et donc de suivre des processus qui amènent à la solution la plus
proche de l’optimum.

3
Cette rationalité procédurale dans le cadre l’économie industrielle se développe autour de plusieurs
axes: la structure des marchés, les interactions stratégiques, les coûts d’accès aux marchés, la
définition même de son objet.
C’est à ce titre que l’économie industrielle devient une discipline, un domaine à part entière de
l’économie.
2. Qu’est-ce que l’économie industrielle et quel est son objet ?
L'économie industrielle est la branche de l'économie qui étudie le fonctionnement des marchés et
les comportements des entreprises sur ces marchés. L'économie industrielle étudie donc la structure
des entreprises, des marchés, du système productif et les interactions stratégiques entre les
entreprises sur les marchés. Elle s'intéresse également à l'intervention publique sur les marchés, au
travers des politiques industrielle, de la concurrence et de réglementation des marchés.
La nouvelle économie industrielle apparait au début des années 70 à travers les travaux des
économistes de Chicago dans leur remise en cause de la jurisprudence concurrentielle de l’école de
Havard ; l’école de la contestabilité des marchés ; celle de la théorie des jeux.
De ce qui précède et faisant la synthèse des différentes approches, on retient que :
-L’économie industrielle s’intéresse au fonctionnement des marchés et de l’industrie, à la
concurrence entre les firmes sur les marchés ;
-Par rapport à la micro-économie, l’économie industrielle, dans l’analyse de la concurrence, met
l’accent sur les variables non tarifaires (publicité, différentiation, recherche et
développement…) ;
-L’approche adoptée à cet effet est à la fois positive (explication des faits) et normative (analyse
du bien-être et construction des théories).
3. Les méthodes de l’économie industrielle
Trois approches ou méthodes sont utilisées en économie industrielle:
L’approche théorique qui utilise les éléments de la microéconomie traditionnelle pour analyser les
interactions stratégiques.
L’approche descriptive qui procède par des études de cas pour évaluer les paramètres qui
caractérisent la structure et faire des études économétriques vérifiant les liens de causalité entre
structure comportement et performance.
Les approches institutionnalistes empruntées du droit et de la gestion. on y retrouve : le droit de la
concurrence, la théorie des organisations et l’administration des entreprises, la théorie du
portefeuille ...
4. Notre démarche
Notre démarche est fondée sur la nature théorique de l’économie industrielle. Cette démarche
part d’un ensemble d’hypothèses conventionnelles ("qui suppose "toutes choses égales par
ailleurs") pour construire un raisonnement spéculatif susceptible de stimuler la réflexion quant
au fonctionnement de cette réalité. Cette démarche qui est normative est fondée sur la capacité
de l’économie industrielle à utiliser des outils d’analyse empruntés en particulier aux sciences
exactes.

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Chapitre 1 : Fondements microéconomiques de l’économie
industrielle
Introduction
 Le marché comme objet de l’économie industrielle
Le fondement microéconomique de l’économie industrielle se justifie par la place importante
accordée au concept de marché dans les réflexions menées dans ce champ de l’économie.
Un marché représente l’ensemble des produits et aires géographiques qui exercent des
contraintes concurrentielle entre eux.
Cette définition permet de définir le périmètre à l’intérieur duquel s’exerce la concurrence
entre les entreprises. Mais elle montre également que le marché est défini en fonction de sa
structure car la structure du marché est le principal déterminant du fonctionnement du marché.
L’analyse microéconomique fait la distinction relativement aux différents types de marchés.
Tableau1 : différents types de marchés
Nombre d’acheteurs
1 Nombre fini ∞
Nombre de 1 Monopole bilatéral enchères Monopole
vendeurs Nombre fini Appel d’offres Oligopole bilatéral (?) Oligopole
∞ Monopsone Oligopsone CP

 La concurrence pure et parfaite


La théorie de la concurrence pure et parfaite a été développée par les néoclassiques. C’est une
concurrence qui répond à la fois aux hypothèses de pureté et de perfection.
La concurrence est qualifiée de pure si elle respecte les trois hypothèses suivantes :
Atomicité : i.e Il y a absence de pouvoir de marché des vendeurs et des acheteurs
Homogénéité du produit : i.e les produits échangés sont identiques et substituables les uns
aux autres.
Libre entrée sur le marché : i.e le marché est ouvert à la concurrence de toute entreprise qui
souhaiterait s’y implanter.
La concurrence est qualifiée de parfaite si elle respecte les deux hypothèses suivantes :
Transparence du marché : i.e toutes les caractéristiques du marché sont connues des agents
économiques (qualité des produits, quantités offertes et demandées aux différents prix).
Mobilité des facteurs : les facteurs de production (capital et travail) doivent pouvoir se
déplacer sans obstacle d’une activité à une autre. Si, par exemple, il apparaît qu’une industrie
devient moins rentable, les facteurs de production qui y sont utilisés doivent pouvoir être
transférés vers une autre activité plus rémunératrice.
Ces hypothèses influencent le fonctionnement du marché et son évaluation.
En ce qui concerne le fonctionnement du marché, la viabilité de l’équilibre résultant de la loi
de l’offre et de la demande est basée sur le principe du tâtonnement walrasien avec un
5
commissaire priseur qui agit à la place des agents économiques qui à leur tour, considèrent le
prix comme donné conforment aux hypothèses du modèle.
En ce qui concerne l’évaluation du marché, l’atteinte de l’équilibre ouvre la voie à
l’évaluation et cette évaluation se fait à travers la notion de surplus collectif. Ce surplus est
composé du surplus des consommateurs et du surplus des producteurs.
Le surplus du consommateur représente la rente obtenue par un consommateur qui était prêt à
acheter le bien à un prix supérieur au prix du marché. C’est la différence entre le prix effectif
et celui que ce dernier était prêt à payer. Le surplus total des consommateurs est égal à la
somme des surplus de chaque consommateur. Il mesure le gain net de l’ensemble des
consommateurs sur le marché.
Parallèlement, le surplus du producteur représente la rente obtenu par ce dernier qui était prêt
à vendre son bien à un prix inférieur à celui du marché. Le surplus total des producteurs est
égal à la somme des surplus de chaque producteur. Il correspond également au profit.
Le surplus collectif ou social représente le gain net apporté par le marché à l’ensemble des
producteurs et consommateurs qui, est égal à la somme des surplus des vendeurs et des
acheteurs.

Figure 1 Représentation du surplus


L’équilibre de concurrence pure et parfaite se traduit par le surplus social le plus élevé. Il
permet de calculer la perte sèche ou dead weight loss qui est la perte du surplus social par
rapport à la situation de référence de concurrence pure et parfaite. Cela est possible parce que
le modèle de concurrence pure et parfaite présente un certain nombre de limite qui sont
reprises dans la plupart des analyses de l’économie industrielle.
Ces limites concernent essentiellement les hypothèses du modèle :
- L’atomicité des marchés est remise en cause par la concentration dans la plupart des
secteurs d’activité ;
- La fluidité (libre entrée et libre sortie) est critiquée avec l’importance des
développements sur le rôle des économies d’échelles dans le fonctionnement des
marchés ;

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- L’homogénéité des produits est contestée du fait développement des activités de
service et de l’industrie des produits manufacturés et des développements sur la
différenciation (horizontale ou verticale) des produits.
La remise en cause de ces hypothèses permet d’identifier plusieurs types d’imperfections ou
de défaillances des marchés.
L’analyse des fondements microéconomiques de l’économie industrielle va consister à
présenter les évolutions du concept de marché au fur et à mesure des développements de
l’économie industrielle :
-les modèles de concurrence imparfaite ;
-les modèles d’oligopole ;
-le cadre idoine de l’économie industrielle qui est le marché de monopole.

I. De la concurrence parfaite à la concurrence imparfaite


1. Les imperfections dans la structure et le fonctionnement des marchés
Dans la réalité des marchés, les conditions de la concurrence pure et parfaite sont rarement
satisfaites. La concurrence imparfaite traduit une situation d’écart par rapport à l’une des cinq
hypothèses de la concurrence pure et parfaite. Il s’agit des imperfections dans la structure et le
fonctionnement du marché qui conduisent à l’éloigner des conditions de concurrence pure et
parfaite. Parmi ces imperfections, on peut citer :

- La concentration qui constitue l’un des obstacles à l’entrée et justifie l’existence des
profits supérieurs à la normale. Cette concentration qui se justifie par des
comportements irrationnels chez les producteurs, est source de différence dans les
possibilités d’accès au savoir permettant de contrôler la disponibilité des facteurs de
production.

- Les comportements irrationnels des producteurs et/ou des vendeurs qui se traduisent
par des fonctions objectives différentes de ce qui est supposé dans le modèle de
concurrence pure et parfaite.
- Les biais d’accès au savoir qui limite la transparence du marché
- La différentiation des produits qui modifie les préférences des consommateurs.

- L’existence coûts de transaction : ces coûts de transaction agissent comme des


obstacles au processus d’ajustement des prix.

- l’information est loin d’être parfaite sur les marchés, certains acteurs étant mieux
informés que d’autres.

Pour ces différentes raisons, le référentiel de l’économie industrielle n’est pas la


concurrence parfaite, mais la concurrence imparfaite. Le cadre de la concurrence
imparfaite est particulièrement adapté pour étudier des situations de monopole (un seul

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offreur), de monopsone (un seul demandeur), d’oligopsone (un nombre restreint de
demande sur le marché) et d’oligopole (un nombre restreint d’offreurs sur le marché).

Il y a imperfection sur le marché dans un secteur lorsque le producteur peut individuellement


influencer sur le prix du bien qu’il produit. Cette situation peut s’expliquer soit par les coûts
de production, soit par la réglementation, soit par la différentiation.

[Link] coûts de production


En concurrence imparfaite, l’entreprise doit être d’une taille plus importante. Elle doit avoir
des capacités pour investir et doit se spécialiser ou bénéficier des économies d’échelle. Cette
capacité s’apprécie par la taille minimale. La taille minimale optimale (TMO) ou échelle
minimale d’efficience (EME) représente le volume de production tel que la courbe de coût
moyen de long terme cesse de baisser.

[Link] réglementation
La réglementation fait référence aux brevets, aux barrières à l’entrée et aux droits de douane.
[Link] différentiation
C’est une stratégie consistant pour une entreprise à personnaliser son produit et à le distinguer
de celui du concurrent.

2. Concurrence imparfaite et interactions stratégiques (Cournot,


Bertarand et Stackelberg)
Un oligopole est une situation dans laquelle, d’une part, l’offre est assurée par un petit nombre
de vendeurs et, d’autre part, la demande est émise par un grand nombre d’acheteurs. C’est une
situation intermédiaire entre la concurrence parfaite et le monopole.
En situation d’oligopole, chaque firme doit non seulement tenir compte de la réaction de la
demande à ses décisions en matière de prix et de quantité, mais aussi de la réaction de ses
concurrents. Il y a donc interdépendance des décisions des firmes. L’entreprise oligopolistique
peut agir sur bien d’autres variables que les quantités ou le prix de vente. Ainsi, des produits
bien que similaires se présentent sous des marques différentes. Chaque entreprise tente alors
de fidéliser sa clientèle ou de l’étendre en développant une certaine image de marque. Le
profit d'une entreprise ne dépend pas uniquement de ses choix, mais aussi de ceux des autres
entreprises concurrentes. Par ailleurs, contrairement à la concurrence parfaite, chaque firme a
une influence sur le marché et prend en compte cette influence. Les firmes peuvent alors
utiliser différents instruments pour se faire concurrence sur le marché : prix, capacité de
production, caractéristiques des produits, R&D, etc. Les deux principales variables de choix
étudiées dans le cadre de l'oligopole sont les prix et les quantités. Dans le cas d'une
compétition sur les prix on parlera l’oligopole de Bertrand alors que dans le cas d'une
compétition sur les quantités on parlera de l’oligopole de Cournot. Dans les deux modèles
(Cournot et Bertrand) le marché et les entreprises n’existent que pour une période. Dans le
modèle de Stackelberg, le choix des stratégies des entreprises est séquentiel.

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2.1. L’oligopole de Cournot
Il s’agit d’un duopole, i.e un oligopole à 2 entreprises. Cournot formulent les hypothèses
suivantes :
- Les capacités de production permettent de satisfaire toute la demande ;
- Le reste de l’économie est en concurrence parfaite
- La présence d’un commissaire-priseur pour confronter l’offre et la demande globale et
en déduire un prix affiché.
- La fonction de demande à l’entreprise est connue des duopoleurs : il s’agit de la
demande résiduelle, i.e la demande du marché, moins la quantité produite par le
concurrent ;
- Chaque entreprise choisit, indépendamment de l’autre, la quantité qui maximise son
profit ;
- Les entreprises connaissent la fonction de demande de marché qui linéaire : 𝑃(𝑄) =
𝑎 − 𝑏𝑄
- Chaque producteur considère que la production de son concurrent restera au niveau
qu'il constate ;
- Le coût unitaire est constant ;
- Les choix porte sur les quantités et les entreprises offrent des quantités de biens qui
sont confrontées à la demande pour déterminer un prix.
Cournot débute son analyse par le cas de deux entreprises (duopole) et s’élargit en suite à un
grand nombre d’entreprises.

Soit 𝑞 𝑒𝑡 𝑞 les niveaux de production des firmes 1 et 2; 𝑄 = 𝑞 + 𝑞 ⇒ 𝑝(𝑄) = 𝑎 − 𝑏𝑞 − 𝑏𝑞 ,


sachant que 𝑃(𝑄) = 𝑎 − 𝑏𝑄

Soit 𝐶 (𝑞 )𝑒𝑡 𝐶 (𝑞 ) les coûts de production des firmes 1 et 2

Soit 𝐶𝑚 (𝑞 )𝑒𝑡 𝐶𝑚 (𝑞 ) les coûts marginaux des firmes 1 et 2

Les fonctions de profit sont données par :

𝜋 = 𝑝𝑞 − 𝐶 𝑞 = (𝑎 − 𝑏𝑞 − 𝑏𝑞 )𝑞 − 𝐶 𝑞

𝜋 = 𝑝𝑞 − 𝐶 𝑞 = (𝑎 − 𝑏𝑞 − 𝑏𝑞 )𝑞 − 𝐶 𝑞

Les conditions de maximisation indépendante des deux profits sont données par:

𝑎 − 2𝑏𝑞 − 𝑏𝑞 − 𝐶 = 0 𝑞 = = −
= 0 𝑒𝑡 =0⟺ ⟺ ⟺
𝑎 − 𝑏𝑞 − 2𝑏𝑞 − 𝐶 = 0 𝑞 = = −

𝑞 = 𝑅(𝑞 ) est la meilleure réponse de la firme 1: c'est la fonction de réaction de la firme1

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𝑞 = 𝑅(𝑞 ) est la meilleure réponse de la firme 2: c'est la fonction de réaction de la firme 2

L’équilibre de Cournot correspond à l’intersection des 2 fonctions de réaction :

𝑞 = − = − − = − + = +

𝒂 𝟐𝑪𝟏 𝑪𝟐 𝒂 𝟐𝑪𝟐 𝑪𝟏
⟺ = ⟺ 𝒒∗𝟏 = 𝟑𝒃
; De la même manière, on obtient 𝒒𝟐∗ = 𝟑𝒃

C’est l’équilibre de Cournot qui est un équilibre de Nash, c’est-à-dire un état dans lequel
aucune firme ne souhaite modifier son comportement compte tenu du comportement de
l’autre firme (un équilibre où aucune firme n'a intérêt à dévier unilatéralement de sa stratégie
quand l’autre continue à jouer).

Graphiquement, on a :

𝒒∗𝟐

0 𝒒∗𝟏 𝑞

Figure 2. L’équilibre de Cournot

2.2.L’oligopole de Stackelberg

En partant des hypothèses de Cournot, Stackelberg imagine qu’une des firmes est capable de
deviner comment les autres réagiront à ses actions. Stackelberg introduit ainsi les asymétries
d’information en supposant que l’un des duopoleurs (l’entreprise méneuse) du fait de sa taille,
connait la fonction de réaction de son concurrent et obtient des profits supplémentaires de
cette connaissance. Dans ces conditions, elle fait des conjectures rationnelles pour déterminer
l’offre qui lui procure un profit maximum en tenant compte de cette réaction Le prix pratiqué
sur le marché dépend de la quantité totale produite 𝑄 = 𝑞 + 𝑞 , selon la fonction de
demande inverse égale à 𝑃(𝑄) = 𝑎 − 𝑏𝑄.

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Le coût unitaire de chaque entreprise est donné par c

A la première étape, l’entreprise 1 choisit sa production notée 𝑞 . A la seconde étape,


l’entreprise 2 choisit sa production, notée 𝑞 , sachant que l’entreprise 1 a produit 𝑞 et que
cette quantité n’est plus modifiable.
Chaque entreprise maximise son profit.
Considérons d’abord la seconde étape du jeu. A cette étape la production de la première
entreprise a déjà eu lieu et l’entreprise 2 ne peut que constater la production 𝑞 . Le profit de la
seconde entreprise est défini par : 𝜋 = 𝑝𝑞 − 𝑐𝑞 = (𝑎 − 𝑏𝑞 − 𝑏𝑞 )𝑞 − 𝑐𝑞
𝜕𝜋 𝑎−𝑐 𝑞
= 0 ⟺ 𝑎 − 𝑏𝑞 − 2𝑏𝑞 − 𝑐 = 0 ⟺ 𝑞 = −
𝜕𝑞 2𝑏 2
Dans ces conditions, la firme 1 maximise son profit en y intégrant la fonction de réaction de la
firme 2
𝑎−𝑐 𝑞
𝜋 = 𝑝𝑞 − 𝑐𝑞 = (𝑎 − 𝑏𝑞 − 𝑏𝑞 )𝑞 − 𝑐𝑞 = 𝑎 − 𝑏𝑞 − 𝑏( − ) 𝑞 − 𝑐𝑞
2𝑏 2
𝜕𝜋 𝑎−𝑐 𝑎−𝑐 2𝑎 − 𝑎 + 𝑐 − 2𝑐
= 0 ⟺ 𝑎 − 2𝑏𝑞 − 𝑏 + 𝑏𝑞 − 𝑐 = 0 ⟺ 𝑏𝑞 = 𝑎 − −𝑐 =
𝜕𝑞 2𝑏 2 2
𝒂 𝒄
⟺ 𝒒∗𝟏 = 𝟐𝒃
est la quantité offerte à l’équilibre par la firme 1. Ce qui permet de déterminer la
quantité offerte par la firme 2 à l’équilibre.
𝑎−𝑐 1 𝑎−𝑐 2𝑎 − 2𝑐 − 𝑎 + 𝑐 𝒂 − 𝒄
⟺ 𝒒∗𝟐 = − = =
2𝑏 2 2𝑏 4𝑏 𝟒𝒃
Si une entreprise (firme 1) est leader sur le marché et l’autre entreprise (firme 2) de taille
modeste, est le suiveur, les dirigeants de la firme 2 formulent des conjectures sur les quantités
produites de type Cournot. Le meneur (firme 1) anticipe la réaction du suiveur (firme2) et va
donc choisir sa quantité en intégrant le comportement de la firme 2 (comme s’il jouait en
premier).
2.3.L’oligopole de Bertrand
La première critique du modèle de Cournot fut adressée par Joseph Bertrand. En effet, pour
Bertrand le prix sur un marché oligopolistique devrait être fixé par les entreprises, faute de
quoi on ne comprenait pas comment il pouvait être déterminé. En considérant que les
entreprises déterminent la quantité produite plutôt que le prix, Cournot ne fournissait aucun
mécanisme explicite de fixation de prix.
Dans le modèle de Bertrand, les entreprises fixent les prix plutôt que les quantités. Si les
consommateurs sont parfaitement informés et que les entreprises fabriquent des biens
identiques, ils n’achèteront que les produits de l’entreprise qui propose le prix le plus bas.
Dans le modèle de Bertrand, chaque entreprise considère que le prix de ses concurents est fixé
et qu’en réduisant le sien par rapport à celui des autres, elle peut s’emparer de la totalité du
marché. Dans ce modèle, il existe deux firmes produisant un bien partiellement substituables.
Le coût unitaire de production, supposé constant et identique pour les deux firmes, est égal à
c.
Soit p et p les niveaux de prix choisis par les firmes 1 et 2. Les quantités demandées
adressées aux deux firmes 1 et 2 sont respectivement 𝑞 = a − b𝑝 + d𝑝 et q = a − b𝑝 +
dp b>d>0. Cette fonction de demande exprime l’idée selon laquelle la quantité demandée à

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une firme est négativement influencée par l’augmentation du prix proposé par cette firme et
positivement influencée par l’augmentation du prix proposé par l’autre firme.
La forme des fonctions de demande 𝑞 (𝑝 , 𝑝 ) et 𝑞 (𝑝 , 𝑝 ) fait bien ressortir l'interaction
stratégique existant entre les deux firmes puisque la quantité demandée à la firme 1 par
exemple est influencée simultanément par le prix qu'elle propose et par le prix proposée par la
firme 2. Toutes ces données sont connaissance commune et les firmes prennent leur décision
de prix de façon simultanée. L'objectif de chaque firme est la maximisation de son profit.
Pour la firme 1, on a donc :

𝜋 = 𝑝 𝑞 − 𝑐𝑞 = 𝑝 (a − b𝑝 + d𝑝 ) − 𝑐(a − b𝑝 + d𝑝 )

𝜋 = 𝑝 𝑞 − 𝑐𝑞 = 𝑝 (a − b𝑝 + dp ) − 𝑐(a − b𝑝 + dp )

Les conditions de maximisation indépendante des deux profits sont données par:

𝑎 − 2𝑏𝑝 + 𝑑𝑝 + 𝑏𝑐 = 0 𝑝 = = 𝑅(𝑝 )
= 0 𝑒𝑡 =0⟺ ⟺
𝑎 − 𝑑𝑝 + 2𝑏𝑝 + 𝑏𝑐 = 0 𝑝 = = 𝑅(𝑝 )

𝑝 = 𝑅(𝑝 ) est la meilleure réponse de la firme 1: c'est la fonction de réaction de 1

𝑝 = 𝑅(𝑝 ) est la meilleure réponse de la firme 2: c'est la fonction de réaction de 2

L’équilibre de Bertrand correspond à l’intersection des 2 fonctions de réaction :

𝑎+𝑑 + 𝑏𝑐 2𝑏𝑎 + 𝑎𝑑 + 𝑑 𝑝 + 𝑑𝑏𝑐 + 2𝑑𝑏 𝑐


𝑝 = =
2𝑏 4𝑏

⟺ 𝑝 (1 − )=

⟺𝑝 ( )=

( ) ( )
⟺𝑝 = = = ( )( )
=

⟺ 𝒑∗𝟏 = ; De la même manière, on obtient 𝒑∗𝟐 =

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C’est l’équilibre de Bertrand qui est également un équilibre de Nash. Graphiquement, on a :

𝒑∗𝟐 (𝑝 )

𝒑∗𝟏 (𝑝 )

𝑝∗ =

𝑷∗ ( 𝒑∗𝟏, 𝒑∗𝟐 )

0 𝑝∗ = 𝑝
Figure 3. L’équilibre de Bertrand
Lorsque les biens sont homogène, le modèle de Bertrand débouche sur le résultat appelé
paradoxe de Bertrand : C’est une situation réaliste de fixation des prix qui met en concurrence
deux entreprises seulement et qui aboutirait à une tarification concurrentielle, i.e à une
tarification au coût marginal.
A cet équilibre, les entreprises font des profits nuls et aucune ne peut accroitre ses profits en
augmentant ou en diminuant le prix. Le prix d’équilibre s’il est existe correspond à l’optimum
social, i.e l’équilibre concurrentiel. Une entreprise qui propose un prix plus faible que son
concurrent reçoit toute la demande du marché. Si elles offrent toutes les deux le même prix,
elles se partagent la demande.

2.4. Oligopoles avec biens différenciés


La différentiation des biens est le fait que les firmes différentes ou une même firme offrent
pour satisfaire des besoins identiques des produits qui ne sont pas totalement identiques (mais
qui ont le même nom), soit du fait de la nature des procédés de production, soit du fait des
choix délibérés.
La différenciation des produits se développe sous trois formes principales : spatiale, de variété
et enfin qualitative.
La différenciation spatiale pose le problème de localisation : l’hypothèse fondamentale
concerne le comportement des acheteurs, pour les biens et services qui ne sont différenciés
que par leur localisation (prix identique et qualité identique) d’où la minimisation des coûts de
transport. Chaque établissement aura donc comme « aire de clientèle » la partie de la ville où
il est moins cher de se rendre chez lui que chez son concurrent. Il peut paraître évident que
les producteurs devraient être le plus près possible l’un de l’autre et du centre de la ville :
c’est le principe de différentiation minimale. En fait, l’expérience et la théorie actuelle ont mis
en évidence une attitude différente : les producteurs se situent près des extrémités pour éviter
une concurrence trop aigue, c’est le principe de la différenciation maximale.

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La différenciation de variété ou différentiation horizontale apparait lorsque, sur le même
marché, sont présents des produits ayant un usage identique ou similaire, une appellation
souvent identique, mais une apparence différente. Les biens ont donc des caractéristiques
différentes. Par exemple, des yaourts aux fruits et des yaourts au chocolat sont des biens
différenciés horizontalement
La différenciation qualitative ou différenciation verticale est la situation où les biens ayant les
mêmes structures de caractéristiques sont présents sur le marché, mais avec des quantités de
caractéristiques différentes. Le bien ayant la plus grande quantité de caractéristiques
(positives) est de meilleure qualité. Par exemple, un vin de grande qualité par rapport à un vin
de qualité médiocre.
Le but de la différenciation est d’influencer les choix des consommateurs et si possible de
fidéliser une partie de la clientèle en proposant des produits différents de ses concurrents.
Dans les modèles développés par Lancaster, le consommateur raisonne à partir des
caractéristiques du produit, le concept utilisé ici est celui de vecteurs des caractéristiques et le
prix est l’une de ces caractéristiques. Lancaster fait la distinction entre les caractéristiques
objectives et les caractéristiques subjectives.
Les caractéristiques objectives sont celles qui confèrent une différence réelle en termes de
caractéristiques de deux façons : horizontale et verticale. De façon horizontale, deux biens
sont dit différenciés horizontalement si tout étant identique du point de vue de la qualité, ils
présentent des caractéristiques objectivement différentes. Dans ce cas, même pour un prix
identique, les préférences des consommateurs peuvent être hétérogènes : il n’y a pas de
différence qualité. De façon verticale, deux biens sont dit différenciés verticalement si vendu
au même prix, les préférences des consommateurs quant au produit préférés sont homogènes
parce que les biens présentent des différences objectives de qualité. Il y a donc homogénéité
des préférences. Parce qu’il y a une différence de qualité.
Les caractéristiques subjectives sont telles qu’on n’agit pas sur le bien lui-même, mais sur la
perception qu’ont les consommateurs.
La concurrence imparfaite a un effet positif sur l’économie dans la mesure où elle permet
d’augmenter la production et de développer des innovations : C’est le cas de la concurrence
monopolistique

3. Concurrence monopolistique : introduction à la différentiation des


produits
Chamberlin, en 1933, dans son article intitulé « the Theory of Monopolistic Competition »
remet en cause la concurrence pure à partir de la différentiation des produits.
La concurrence monopolistique est un régime de concurrence hybride, entre le monopole et la
concurrence pure et parfaite. Un bien ou service est en concurrence monopolistique lorsqu’il
est à la fois caractérisé par le principe concurrentiel et le principe de monopole. Le principe
concurrentiel est lié au fait que le produit n’est pas unique mais substituable par d’autres
produits proches. Le principe monopole est lié au fait qu’un offreur qui présente un produit
différencié est l’unique offreur de ce produit sur le marché.
Il y a concurrence monopolistique lorsque les conditions suivantes sont réunies :
 Un grand nombre d’entreprise ;

14
 Les produits sont différenciés et ne sont pas considérés comme des produits de
remplacement parfait par les consommateurs ;
 Il y a libre entrée et libre sortie des firmes dans l’industrie. La concurrence
aboutit donc inexorablement dans le long terme à l’égalisation de la recette
moyenne et du coût moyen (c’est un équilibre à profit nul) ;
 Chaque firme dispose de sa propre clientèle (demande résiduelle, c'est-à-dire la
demande du marché, moins la quantité produite par le concurrent).
L’importance de cette clientèle dépend du nombre de concurrents sur le
marché et du degré de différenciation de leur produit.
 Chaque entreprise considère les prix de ses concurrents comme donnés. Elle
ignore donc l’impact de son propre prix sur celui des autres firmes ; ce qui
revient à dire qu’elle n’a pas de comportement stratégique, en raison du grand
nombre de concurrents présents sur le marché.
Contrairement à la concurrence pure et parfaite, la concurrence monopolistique reste
compatible avec l’existence des firmes exhibant des coûts moyens décroissants : en effet,
aucune firme ne peut capter l’intégralité de la clientèle de ses concurrentes, en raison de la
différenciation des biens régnant sur le marché.
Le modèle de concurrence monopolistique sera à l’origine des analyses de Paul Krugman
(1980) sur la concurrence internationale et l’économie géographique basées sur les économies
d’échelle. Ces modèles sont classés dans le cadre de l’économie industrielle internationale.
Les économistes industrielles distinguent deux principales formes de différenciation : la
différenciation horizontale et la différenciation verticale.

4. Différentiation des produits


4.1. Différenciation spatiale et choix de localisation
Le fait que sur un même marché, on des produits à usage identique mais ayant des apparences
différentes à conduit à des développements théoriques axés sur la concurrence spatiale. En
concurrence spatiale, la seule différence entre les entreprises se fait par leur localisation. Le
problème qui se pose est celui de la détermination de la clientèle de chaque entreprise et de
leur localisation optimale en sachant que chaque acheteur ne cherche pas seulement le prix le
plus bas, mais également à minimiser ses coûts de transport. Cette intuition a été développée
par Hotelling en 1929.
Hotelling présente un système de duopole dans lequel deux offreurs se situent sur une droite,
pouvant être aussi une ruelle ou un chemin de fer. Il suppose un coût de production identique
chez les deux offreurs et chaque vendeur émet le prix pour son bien. Hoteling considère c
comme le coût de transport par unité de distance identique pour tous les demandeurs. La
nouveauté de Hoteling est qu’il suppose que le choix du consommateur n’est pas influencé
seulement par le prix tel qu’il est supposé par l’offreur, mais également par le coût de
transport par unité de distance qu’il a défini. Dans le cas de ce type de duopole, chaque
vendeur (A et B) propose un prix (P1 et P2) et vend une quantité (q1 et q2).
a A x y B b

15
Figure 4 Représentation du modèle de Hoteling
La figure 4 montre un segment de longueur 1, où a représente la distance entre l’offreur A et
l’extrémité gauche du segment, où b la distance entre l’offreur B et l’autre extrémité. x est la
distance entre le consommateur A et le centre tandis que y est la distance entre le
consommateur B et le centre
Hoteling aboutit au résultat de dépendance des prix des offreurs :
𝑃 + 𝑐(1 − 𝑎 − 𝑏) ≤ 𝑃 ⟹ 𝑃 ≤ 𝑃 − 𝑐(1 − 𝑎 − 𝑏)
Hotelling explique que si un offreur, ici B, augmente son prix de telle sorte que celui-ci soit
supérieur à celui de A majoré de son coût de transport entre A et B, alors A remporte la
totalité du marché. D’après cette relation, on peut démontrer que la part de marché x de A
diminue lorsque le différentiel de coût P1- P2 augmente. Au point de jonction, entre x et y, on
obtient le système d’équations suivant :
𝑃 + 𝑐𝑥 = 𝑃 + 𝑐𝑦 𝑐𝑥 − 𝑐𝑦 = 𝑃 − 𝑃

𝑎+𝑥+𝑦+𝑏 = 1 𝑥+𝑦 = 1−𝑎−𝑏
Dans ce système, on combine les contraintes de prix (égalité des prix totaux des biens au point
de jonction) et la taille du marché. On peut en déduire les parts de marché des offreurs :
1 𝑃 −𝑃
𝑥 = (1 − 𝑎 − 𝑏 + )
2 𝑐
1 𝑃 −𝑃
𝑦 = (1 − 𝑎 − 𝑏 + )
2 𝑐
On peut également évaluer les profits respectifs de A et B :
1 𝑃 𝑃𝑃
⎧ 𝜋 = 𝑃 𝑞 = 𝑃 (𝑎 + 𝑥) = (1 + 𝑎 − 𝑏)𝑃 − +
2 2𝑐 2𝑐
⎨ 1 𝑃 𝑃𝑃
(1
⎩𝜋 = 𝑃 𝑞 = 𝑃 (𝑏 + 𝑦) = 2 − 𝑎 + 𝑏)𝑃 − 2𝑐 + 2𝑐
A partir des fonctions de profit, la maximisation des fonctions de profit permet d’obtenir les
prix et les quantités à l’optimum.

⎧ 𝑚𝑎𝑥𝜋 ⟹ 𝜕𝜋 = 0 ⟹ 1 (1 + 𝑎 − 𝑏) − 𝑃 + 𝑃 = 0 𝑃 𝑃 1
⎪ 𝜕𝑃 2 𝑐 2𝑐 − = (1 + 𝑎 − 𝑏)
⟹ 𝑐 2𝑐 2
⎨ 𝜕𝜋 1 𝑃 𝑃 𝑃 𝑃 1
⎪𝑚𝑎𝑥𝜋 ⟹ 𝜕𝑃 = 0 ⟹ 2 (1 − 𝑎 + 𝑏) − 𝑐 + 2𝑐 = 0 − = (1 − 𝑎 + 𝑏)
⎩ 𝑐 2𝑐 2

On obtient les résultats suivants :


𝑎−𝑏
𝑃1 = 𝑐 1 +
3

𝑎−𝑏
𝑃2 = 𝑐 1 −
3

Cette solution du modèle de Hoteling possède les propriétés suivantes :

1. le prix est toujours supérieur au coût marginal en présence d’un coût de transport
2. Le prix est croissant avec le coût de transport

16
3. La différence de prix entre les deux entreprises s’accroît avec la distance qui les
sépare. En effet : P − P = (a − b)
4. Si les entreprises se localisent au centre de l’intervalle alors, chaque entreprise sert la
moitié de la demande.

4.2. Différenciation horizontale et stratégie d’entrée : le


modèle de ville circulaire de Salop (1979)
Steven Salop présente en 1979 un modèle permettant d’étudier les conséquences de la
possibilité qu’ont les producteurs de différencier leurs produits. Si cette différenciation peut
s’exprimer de plusieurs manières (multiplication des options pour un modèle de voiture,
développement d’une image de marque, publicité,…), ce modèle s’appuie sur le phénomène
plus courant de la différenciation géographique.
Différentes entreprises en concurrence doivent dans un premier temps, décider d’entrer ou
non sur un marché. Une fois sur le marché, elles font face à des coûts fixes et à un coût
marginal constant. Celles qui entrent se font concurrence sur un marché: il s’agit de magasins
vendant autour d’une ville circulaire. Cette ville est bâtie autour d’un lac (les acheteurs sont
obligés de faire le tour du cercle pour aller d’un magasin à un autre, ils ne peuvent pas couper
à travers l’eau)
A

Figure 5. Description de la route circulaire C


Salop prend le cas d’une route circulaire de longueur L. Il y a n magasins distribués de
manière régulière le long de la route. La distance entre un magasin et ses voisins est donc L/n.
Le bien vendu est homogène et le prix de revient est de c par unité. Les consommateurs sont
distribués uniformément le long de la route à raison d’un consommateur par mètre. Chaque
consommateur achète une unité du bien. Son choix du magasin dépend du prix de vente et du
coût de transport qui est t par mètre. Il s’agit donc d’un cas d’oligopole avec biens
différenciés car les frais de transport rendent les biens différents.
Prenons le cas de l’entreprise A (voir fig5) où ses concurrents sont l’entreprise B à sa droite et
l’entreprise C à sa gauche. Si les prix sont les mêmes, alors A aura la moitié des
consommateurs qui se trouvent entre A et B et la moitié de ceux qui se trouvent entre A et C.
Dans le cas général, la répartition des consommateurs dépend des prix fixés par les magasins.

Soit x la distance entre A et un consommateur qui se trouve entre A et B. Le consommateur

est indifférent entre aller ou chez B lorsque : où P est le prix


pratiqué par l’entreprise représentative A, 𝑃 le prix des autres entreprises (B dans ce cas).

On obtient : Les clients de l’entreprise représentative viennent de

17
droite et de gauche. La demande sera 2𝑥 et le profit : =
(𝑃𝑃 − 𝑃 − 𝑃𝑐 + 𝑃𝑐) + (𝑃 − 𝑐). Le magasin fixe le prix qui maximise son profit. La
condition de premier ordre est : = (𝑃 − 2𝑃 + 𝑐) + = 0

Tous les magasins ont les mêmes coûts et les mêmes demandes. Les prix seront alors les
mêmes (𝑃 = 𝑃). En appliquant cette condition à l’équilibre de Nash, on obtient :

(−𝑃 + 𝑐) + = 0 ⇒.

Une hausse des coûts de transport ou une baisse du nombre d’entreprises conduit à une hausse
du prix d’équilibre.

II. Le monopole : Collusion et politique de concurrence


2.1Monopole simple et Monopole naturel
Monopole pur: Une entreprise est dite en situation de monopole pur lorsqu’elle est l’unique
offreur sur le marché d’un bien, si le nombre de demandeurs sur le marché est grand et s’il
n’existe pas de substitut proche pour ce bien. Une position de monopole sur un marché peut
provenir de trois causes :
-Une entreprise innovante peut développer un bien nouveau ou un procédé de fabrication
moins coûteux pour un bien existant. Tant qu’elle n’est pas imitée par d’autres entreprises,
elle bénéficie d’une position de monopole sur le marché. Cette position peut être prolongée
par le dépôt d’un brevet.
-Une entreprise peut créer une situation de monopole en adoptant des pratiques visant à
limiter l’entrée sur le marché. Par exemple, l’entreprise apportera une grande quantité de
biens sur le marché, a fin de maintenir les prix bas. Si le marché n’est pas contestable, c’est-à-
dire si l’entrée ou la sortie du marché nécessite des coûts, cette pratique dissuadera l’entrée de
nouveaux offreurs.

-Une entreprise peut bénéficier d’un monopole légal, comme par exemple dans le domaine du
rail (monopole naturel).
L’analyse d’un monopole nécessite de préciser s’il produit un bien durable ou non ou alors
s’il est discriminant ou non.
Biens durables : Les biens durables sont ceux qui ne se vendent qu’avec une longue
périodicité (équipements ménagers, automobiles, terrains). Ils sont sujets à la hausse du taux
d’équipement des ménages. La production d’un bien durable affaibli le pouvoir du monopole,
puisque les consommateurs peuvent attendre que le prix baisse.

La première année, la demande qui s’adresse au monopoleur est donnée par : 𝑞 = 𝐷(𝑝 )

18
A la deuxième période, les consommateurs qui ont acheté le bien se retirent du marché et la
demande devient : 𝑞 = 𝐷(𝑝 ) − 𝑞
Dans ces conditions, le monopole doit ajuster ses prix dans le temps. Le monopoleurs est en
concurrence avec sa propre production passée. Coase (1972), prend l’exemple d’un individu
qui détiendrait tous les terrains et qui souhaiterait les vendre en maximisant son profit. Le
monopoleur qui fait face à une demande décroissante dans le temps, et ce qui entraîne la
baisse des prix. C’est ce phénomène qui est appelé auto-concurrence.
Le monopoleur va d’une part chercher à réduire les quantités vendues la première année et
d’autre part va être obligé de réduire le prix au fur et à mesure que les années passent pour
maintenir la demande résiduelle (c'est-à-dire la demande du marché, moins la quantité
produite par le concurrent); on dit qu’il y a discrimination intertemporelle par les prix. A la
dernière année, il y a tarification au coût marginal pour le dernier consommateur. Les
consommateurs qui anticipent cette évolution sont incités à différer leur demande pour
profiter des prix plus attractifs. La location est l’un des moyens de maintenir le monopole sur
ce bien.
La baisse de la demande oblige le monopoleur à modifier ses décisions en faveur de la
location.

L’autre option pour le monopoleur pourrait consister à s’engager à ne pas offrir le même bien
durable à deux périodes d’intervalle d’où l’importance de la stratégir de recherche et
développement.
Monopole discriminant: On parle de monopole discriminant lorsque le monopoleur peut
vendre ses produits à des prix différents. On distingue trois degrés de discrimination : la
discrimination du premier degré, du second degré et du troisième degré.
La discrimination du premier degré correspond à la situation selon laquelle les prix sont à la
fois différents selon les unités et selon les consommateurs : c’est la discrimination parfaite.
La discrimination du second degré correspond à la situation selon laquelle les différentes
unités sont vendues à des prix différents, chaque acheteur payant le même montant pour la
même quantité. Il s’agit par exemple des systèmes de remise.
La discrimination du troisième degré correspond à la segmentation du marché selon le type
de la clientèle. Chaque unité est vendue au même prix au même type de la clientèle. Le prix
varie selon le type d’acheteur. Exemple : réduction accordée aux étudiants et aux personnes
âgées.
La discrimination n’est possible que si certaines conditions sont remplies :
 l’entreprise doit pouvoir agir sur le prix, ce qui est exclu sur un marché de concurrence
parfaite, où elle est par définition price-taker. La discrimination par les prix implique
un certain pouvoir de marché ;

19
 les acheteurs ne doivent pas pouvoir se revendre entre eux les biens achetés à des prix
différents sinon la discrimination ne serait pas soutenable.
Monopole simple : Un monopole simple est un monopole non discriminant qui produit un
bien non durable.
Le monopoleur qui cherche à maximiser son profit opère un arbitrage Prix/quantités qui
s’explique par la sensibilité de la demande au prix (élasticité de la demande au prix), la
condition est telle que Rm= Cm. Cette condition de maximisation du profit du monopoleur est
mise en relation avec le pouvoir du marché ou indice de Lerner.
En effet, quand une firme est faiseuse de prix, elle sait que si elle augmente le prix, la
demande diminuera. Donc le profit s’écrit :
𝜋 = 𝑃 ∗ 𝑄 − 𝐶 ∗ 𝑄 ⟹ 𝜋 = 𝑃 + 𝑃 ∗ 𝑄 − 𝐶 𝑄 = 0.
Le profit est maximum lorsque :

𝐶 𝑄 = 𝐶𝑚 = 𝑅𝑚 ⟹ 𝑅𝑚 = 𝑃 + 𝑄 = 𝑃( 1 + ∗ )

L’inverse de la demande est décroissante et a une élasticité qui l’inverse de l’élasticité


de la demande (𝜀). Ainsi, ∗ = − 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝜀 = − ∗

1 𝑃 − 𝐶𝑚 𝑃− 𝑃 1− 1− 1−
⟹ 𝑅𝑚 = 𝐶𝑚 = 𝑃 1 − ⟹ = =
𝜀 𝐶𝑚 𝑃 1− 1−
𝟏
= =
𝜺−𝟏

Cette expression signifie que le taux de marge (TM) sur la dernière unité produite par le
monopole (terme de gauche) est inversement proportionnel à l’élasticité prix de la demande.

Ici l’expression du taux de marge est donnée par : 𝜇 =

Ce taux décroit avec l’élasticité prix de la demande.


𝝁 𝟏
A partir du TM on peut déterminer l’indice de Lerner dont l’expression est 𝑳 = =
𝟏 𝝁 𝜺

𝑷 𝑪𝒎 𝟏
En effet, = = ⟹ 𝑷
= 𝜺

Cet indice est difficile d’estimer directement par manque d’information sur les coûts. Il s’agit
ici d’estimation indirecte par l’élasticité de la demande pour la firme.
La tarification au-dessus du Coût marginal du fait du pouvoir du monopoleur réduit le bien-
être collectif qui prend la dénomination de perte sèche ou charge morte.

20
Figure 7. Equilibre sur un marché de monopole et perte sèche ou charge morte
Le triangle représentant la perte sociale sèche du monopole s’appelle le triangle d’Harberger,
du nom de l’économiste qui l’a mis en évidence.
L'action de l'Etat pour éliminer la perte sociale sèche due au monopole peut prendre
plusieurs formes :
- faire respecter autant que possible la libre entrée sur le marché (interdire légalement ou
démanteler les systèmes de barrières à l'entrée);
- nationaliser l'entreprise en monopole et l’obliger à produire non au maximum de profit mais
au point socialement optimal (au point E, tel que le prix soit égal au coût marginal);
- subventionner l'entreprise en monopole qui s’engage par contrat à produire la quantité
optimale. Le montant de la subvention doit être au moins égal à la perte de profit que subit
l’entreprise en situation de monopole.
Cependant, Tullock (1975) et Posner (1975) ont montré que cette perte sèche ignore les
dépenses engagées par le monopoleur pour obtenir ou défendre sa situation privilégiée à
travers les activités de lobbying, publicités comparatives, dépenses pour interdire l’entrée de
nouveaux concurrents. Dans ce cas, la perte sèche appelée trapèze de Tullock est la somme du
triangle d’Harberger (triangle MHF) et de la surface du profit (rectangle PCHM). La surface
PCFM représente le trapèze de Tullock.

A

pm  P M

cm= cM C
 H E

D (= RM)

Rm

 
Figure 8 : Equilibre du monopole x
*
x x
21
Le monopole produit moins et plus cher qu’un marché concurrentiel. Il correspond à un
optimum parétien (premier théorème fondamental de l’économie de bien-être qui garantit
qu’un marché concurrentiel exploite tous les gains qui découlent de l’échange). L’équilibre du
monopole étant sous-optimal. Il existe une perte sèche qui correspond au triangle MHF ou
triangle d’Harberger.

Monopole naturel : C’est une situation où la structure de marché monopolistique permet de


produire un bien à un coût moyen inférieur à celui qui serait supporté dans une structure de
marché comprenant plusieurs entreprises. Dans un monopole naturel, le coût marginal est
toujours inférieur au coût moyen en tout point d'équilibre entre l'offre et la demande. On dit
qu’il y a monopole naturel lorsque les coûts moyens sont continuellement décroissants de telle
sorte qu'une firme va accroître sa production et éliminer les autres du marché. Ainsi, il est
moins coûteux de faire produire un bien par une seule entreprise plutôt que de répartir la
production entre plusieurs entreprises. Cela se produit en raison de caractéristiques
particulières de la technologie utilisée. Ce phénomène d'économie d'échelle fait que tout
nouveau venu est forcé d'offrir une quantité élevée de production s'il veut être compétitif en
terme de coûts, entraînant le risque de surcapacité. Dans ce cas (au moins à court terme), les
économies d'échelle définissent une barrière d'entrée. Ainsi, l'électricité, le gaz et les chemins
de fer constituent des exemples de monopole naturel où la compétition risquerait d'être
minorée

2.2Le monopole différencié ou spécifique


Le monopole simple fait abstraction de l’environnement dans lequel intervient le monopoleur.
Des analyses plus élaborées ont cherché à mesurer le pouvoir de monopole en considérant la
situation du monopoleur dans la filière de production.
Le pouvoir de monopole a des effets différents selon l’endroit où le vendeur se situe dans la
filière de production. Si le monopole porte sur un bien qui est utilisé dans la production
d’autres biens, la marge de ce monopole initial va se répercuter sur toutes les productions
situées en aval. Ainsi, plus le monopole est en amont, plus il sera nuisible. De plus, si les
biens produits en aval et en amont sont produits par des monopoles, les marges s’appliquent à
des coûts qui contiennent eux-mêmes une marge et le bien être diminue plus fortement que
lorsqu’il n’y a qu’un seul monopole. La marge du monopoleur se répercute ainsi sur toute la
chaîne de production. Plusieurs cas de figure sont possibles.
* Le monopole du fournisseur : on est en présence de deux marchés (un marché amont où la
matière première est vendue par le fournisseur unique qui a par exemple un accès unique à
une ressource naturelle. Ce fournisseur transforme la matière première naturelle au coût c
qu’il vend comme intrant sur le marché aval au prix p1. Ici, le marché aval correspondond au
bien final vendu au consommateur, au prix p2. Les hypothèses supplémentaires suivantes sont
faites :
- Le producteur du bien final n’a besoin que d’une unité de matière première pour
produire une unité de bien final ;

22
- Le bien final est produit par une entreprise concurrentielle qui vend son bien au coût
marginal : 𝑝 = 𝑝
Le coût marginal du vendeur du bien final est en fait le prix qu’il doit payer à son
fournisseur. C’est pour cette raison que 𝐷(𝑝 ) = 𝐷(𝑝 ).
Le fournisseur doit choisir son prix en sachant que la demande qu’il obtient est égale à celle
du marché du produit final.
Son profit est donné par 𝜋 = (𝑝 − 𝑐)𝐷(𝑝 ) = (𝑝 − 𝑐)𝐷(𝑝 )
La maximisation du profit donne le prix de monopole suivant : 𝑝 = (1 + 𝜇)𝑐 > 𝑐
Où 𝜇 est le taux de marge qui dépend de l’élasticité de la demande du marché du bien final.
Le bien vendu sur le marché final le sera donc au prix 𝑝 = 𝑝
Par conséquent, les imperfactions sur le marché amont se répandent intégralement sur le
marché aval ; le pouvoir de monopole se transmet sur le marché aval.

* Monopole en chaîne
Le monopole en chaîne traduit la situation où le vendeur du bien final est lui-même en
situation de monopole. Si ce dernier paye un prix 𝑝 pour sa matière première, il fixera un
prix
𝑝 = (1 + 𝜇)𝑝

Lequel prix génère une demande 𝐷(𝑝 ) = 𝐷[(1 + 𝜇)𝑝 ]


Dans ces conditions le profit du fournisseur devient :

𝜋 = (𝑝 − 𝑐)𝐷[(1 + 𝜇)𝑝 ]

Il maximise son profit au prix 𝑝 = (1 + 𝜇)𝑐 ; (solution obtenue en prennant 𝜇 au point 𝑝 ;


c’est la même condition de maximisation du profit que dans la situation précédante.
Cependant, le prix aval est différent puisque :

𝑝 = (1 + 𝜇)𝑝 = (1 + 𝜇) 𝑐

Dans cette situation, les marges ont un effet multiplicatif sur les prix. Plus il y a de monopoles
dans la filière de production, plus les prix seront élevés pour le consommateur final ; ce qui
réduit significativement le bien-être social.

2.3Comportements stratégiques des firmes en situation de monopole


(discrimination et stratégie de barrière à l’entrée et contestabilité)
Le monopoleur fixe simultanément les prix et les quantités pour « maximiser son profit ».
La maximisation du profit n'est pas la seule stratégie adoptée par le monopole. Celui-ci peut
par exemple décider de maximiser sa recette totale, et par conséquent fixer son volume de
production de telle sorte que la recette marginale soit nulle, avec le risque que la
maximisation du chiffre d’affaires conduise à des pertes.

23
Le monopoleur peut choisir encore de gérer à l’équilibre de telle façon que le profit global
soit nul et donc de vendre au coût moyen. Mais cette gestion est génératrice de gaspillage, en
ce sens qu’elle entraîne une mauvaise utilisation des ressources. Le prix, fixé au coût moyen
est inférieur au coût marginal. Par conséquent on cède l’unité supplémentaire produite à un
prix inférieur à son coût (pour l’entreprise mais aussi pour la collectivité). Ce qui pousse à
produire et consommer un bien au delà de ce qu’il faudrait. Il peut décider encore de vendre
au coût marginal, c’est une modalité fréquemment retenue lorsque le monopole est géré par la
puissance publique. Ces stratégies sont souvent employées lorsque le monopole craint
l'arrivée de nouvelles firmes qui pourraient le concurrencer. Le monopole public qui poursuit
des objectifs d'intérêt général a le choix entre une tarification au coût marginal ou une
tarification au coût moyen mais rien ne l'empêche aussi d'effectuer une discrimination par les
prix.
2.4 Discrimination et Stratégie de barrière à l’entrée
Le monopole peut décider de vendre à des prix différents selon les caractéristiques de ses
clients : c’est la discrimination par les prix. Cette stratégie de fixation des prix répond sans
aucun doute à la volonté d'augmenter le profit. La discrimination des prix consiste à faire
payer à deux consommateurs (ou plus) des prix différents pour des biens ou des services
identiques. Seul un monopoleur peut discriminer car, en concurrence, les autres offreurs
contraindraient le prix du marché à s'égaliser avec le coût marginal. La discrimination,
stratégie très courante aujourd'hui, doit être pratiquée pour des raisons autres que celles
associées à des différences de coût. Ainsi, le monopole peut pratiquer la discrimination par les
prix pour créer une barrière à l’entrée d’un concurrent sur le marché.
Une barrière à l'entrée renvoie à tous les éléments susceptibles de rendre plus difficile l'entrée
d'un producteur-concurrent supplémentaire sur un marché. Les éléments en question peuvent
être de nature très diverse. Dans le cas où pour rentrer sur un marché, un producteur devra
réaliser par exemple des investissements de départ importants, les économistes estiment que le
ticket d'entrée élevé constitue une barrière à l'entrée.

Divers types de barrières

 Barrières naturelles : liées à la nature des produits ou à leur mode de production


o La production nécessite la maîtrise de compétences technologiques avancées
o La production se caractérise par des fortes économies d’échelle
 Barrières stratégiques
o Multiplication des variétés ou des marques afin de couvrir tout le marché (plus
de niche profitable pour les entrants potentiels)
o Surinvestissment en publicité pour accroître les dépenses publicitaires que
devront consentir les entrants
o Multiplication des dépôts de brevets (empêcher l’accès à la technologie des
entrants ou le paiement des redevances)
o Contrôle des fournisseurs ou des sources d’approvisionnement et des clients…

La barrière à l’entrée d’un marché est à l’origine de la contestabilité du marché.

2.5 La théorie des marchés contestables


En l’absence de barrières à l’entrée et à la sortie, le marché est considéré comme un marché
contestable ; c'est-à-dire que l’exercice d’un pouvoir de marché par les entreprises en place

24
peut être contesté par des entreprises extérieures, qui, en entrant librement sur le marché,
peuvent proposer des prix plus bas et capter ainsi une partie des profits des entreprises en
place. Cette théorie a été développée à la fin des années 70 par Baumol, Panzar et Willig. Elle
a pour ambition de fournir une nouvelle analyse des structures de marché et en particulier des
monopoles. Cette théorie met en avant la question des barrières à l’entrée et porte sur la
concurrence potentielle (entrants potentielles) à l’opposé de la concurrence effective
(entreprises installées).
Un marché est dit parfaitement contestable lorsque deux conditions sont réunies :
 L’entrée doit être libre ce qui signifie que les firmes déjà installé ne disposent d’aucun
avantage par rapport aux entrants. Cette condition implique que les entrants peuvent
utiliser les mêmes technologies de production et peuvent servir les mêmes demandes
que les firmes installés
 La sortie doit pouvoir s’effectuer sans coût irrécupérables. (les firmes ne doivent pas
subir d’autres coûts que la dépréciation du capital)
Sur un marché contestable, les entreprises sont donc contraintes, par la concurrence
potentielle, à pratiquer des prix bas et même une entreprise en situation de monopole peut se
retrouver avec un très faible pouvoir de marché. En revanche, tout ce qui contribue à
empêcher la libre entrée ou à augmenter les coûts de sortie, conduit à renforcer le pouvoir de
marché des entreprises en place. C’est pour cette raison que les autorités de la concurrence
accordent beaucoup d’attention aux barrières à l’entrée sur les marchés et cherchent à éliminer
les barrières artificielles.
Sur un marché parfaitement contestable l’entrée et sortie sont libre et le pouvoir de marché
des firmes installées est contestable.
2.6 Concentration et performance du marché
La concentration du marché permet aux firmes de disposer d’un pouvoir de monopole. La
concentration sur un marché peut augmenter soit par une croissance interne de certaines
entreprises qui se développent plus rapidement que leurs concurrents, soit par une croissance
externe à travers des fusions d’entreprises sur le marché. La fusion est la mise en commun des
actifs de deux ou plusieurs entreprises au sein d’une nouvelle entité. Les motifs de fusion sont
de plusieurs natures. La fusion peut permettre de faire baisser les coûts et donc d’accroître
l’efficacité productive. Elle peut aussi permettre d’acquérir et de combiner des compétences
complémentaires en vue d’accroître la capacité d’innovation des entreprises. Elle peut
également permettre d’accéder à de nouveaux marchés géographiques. Enfin, elle peut
permettre de relâcher la concurrence et d’accroître le pouvoir de marché des entreprises qui
fusionnent. L’économie industrielle s’est doté d’un certains nombres d’indicateurs permettant
de mesurer le degré de concentration des entreprises. L’indicateur qui est régulièrement utilisé
est l'indice de Herfindahl-Hirschman (en anglais, Herfindahl-Hirschman Index : IHH ou

HHI). C’est un indice mesurant la concentration du marché où est la part de


marché de l'entreprise et est le nombre d'entreprises. L'indice atteint une valeur
maximale de 1 lorsqu'il existe une situation de monopole d'un secteur qui représente 100 % de
l'activité industrielle. Au contraire il a une très faible valeur, théoriquement proche de zéro,
dans la situation où de nombreux secteurs représentent chacun une petite part de l'industrie.
D’autres indicateurs peuvent également être utilisés :

25
le taux de concentration (en anglais, concentration ratio : CR) : On s’intéresse ici en particulier à
la part des 2 (C2), 3 (C3) ou des 4 (C4) plus grandes industries sur le marché;

l’indice de Gini, Ci étant la proportion des exportations de chaque pays


achetées par le pays i au cours d’une année donnée, et T représentant le nombre des pays de
destination pour chaque année ;
DX j  1 
 h
ij  hi 
L’indice de diversification du marché 2 hi j étant la part du produit i dans les
exportations totales du pays j et hi étant la part du produit i dans les exportations mondiales

2.7Fusions et politique de la concurrence


La libre concurrence ne signifie pas l’absence de règles. Si, dans les pays à économie de
marché, les entreprises disposent de marges de manœuvre significatives, leurs stratégies sont
encadrées par un ensemble de normes juridiques destinées à permettre une concurrence
effective, équitable et surtout profitable aux consommateurs. Définir ces règles du jeu
concurrentiel, contrôler leur application, sanctionner les comportements déviants, tel est
l’objet de la politique de la concurrence.
Une fusion est une mise en commun des patrimoines de deux ou plusieurs entreprises, qui
aboutit à la constitution d'une nouvelle entreprise.
Suivant la logique économique, on distingue généralement trois types de fusion :
Fusion horizontale : elle réunit des activités situées au même stade de la filière de
Production. Exemple : la fusion des entreprises Camlait et Dolait.
Fusion verticale : elle réunit des activités complémentaires, situées le long de la filière de
production.
Exemple : Fusion de l’entreprise de raffinerie du pétrole avec l’entreprise de distribution du
pétrole.
Fusion conglomérale : elle regroupe des activités appartenant à des secteurs d’activité
différents.
Exemple : L’entreprise Fokou qui produit d’une part du matériel de la quincaillerie et d’autre
part du vin.
Une collusion ou un cartel est une entente entre des entreprises intervenant sur un même
marché, au détriment de leurs clients ou de leurs fournisseurs. La collusion peut prendre la
forme d’un accord sur des prix élevés ou d’un partage des marchés. L’intérêt de la collusion
est de relâcher la concurrence et d’obtenir des profits plus élevés que ceux d’une concurrence
parfaite et même imparfaite.
Les facteurs favorables à la collusion sont ceux qui facilitent la convergence de vue des
entreprises sur un accord collusif et permettent de diminuer les incitations à dévier de cet
accord (en facilitant la détection des déviations ou en augmentant le coût des représailles).
On distingue en général trois types de collusion.
 Fixation de prix en commun
 Fixation de quantités en commun

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