Institut National de Formation Supérieur des
Cadres de la Jeunesse et du Sport
« Ahmed ZABANA » Ain El-Turck ORAN
Grade : Educateur Principal en APS
Promotion : Spécialité Football
Théme :
Les Stratégies de l'éducateur pour les
séances d'entrainementD.M
1. Ayez une attitude constructive
2. Les principes pedagogiques
3. Le modèle
4. Les instructions et les commentaires aux joueurs
5. Les questions et les rappels
6. Noter les performances des joueurs
7. Le feedback - le retour d'information
8. La gestion des imprévus
9. Enregistrer le comportement de l’entraîneur
Par Monsieur Mohamed DJERADI
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Outre la planification et l’évaluation des séances d’entraînement, il s’avère très
important que l’entraîneur gère efficacement le travail des joueurs pendant chaque
séance.
Voici quelques stratégies que vous pouvez utiliser.
1. AYEZ UNE ATTITUDE CONSTRUCTIVE
En général, les entraîneurs devraient faire preuve d’une attitude constructive
lorsqu’ils dirigent les séances pratiques de leur équipe. Leur travail ne consiste pas à
réprimander les joueurs quand ils se trompent, ils ne doivent pas non plus être de
mauvaise humeur. Ils ne doivent surtout pas insulter les joueurs, se moquer d’eux ou
les ridiculiser.
Au cours des séances d’entraînement, le travail de l’entraîneur est de faire
atteindre aux joueurs les objectifs fixés et, à cet effet, il est important que son
attitude soit constructive et il doit tendre à :
créer une ambiance de travail agréable où les défis attrayants et réalisables
ainsi que les commentaires positifs dominent,
accepter le fait que les joueurs ne sont pas parfaits et que, par conséquent,
ils se tromperont,
accepter que les erreurs des joueurs font partie de leur formation et qu’ils
commettront toujours des fautes,
accepter qu’il ne suffira pas d’expliquer les choses une fois pour que les
joueurs fassent ce qu’on leur demande. Parfois, il est plus approprié de
montrer aux joueurs ce que l’on souhaite qu'il réalise. Il faudra aussi un
temps d’entraînement pour que les enfants maîtrisent l’information reçue.
comprendre que chaque jeune joueur apprend à son propre rythme.
L’entraîneur devra les aider et respecter ce rythme, sans mépriser les plus
lents ou ceux qui présentent le plus de difficultés.
rester réaliste sur ce que l’on peut demander aux joueurs. C'est le point le
plus délicat que l'entraîneur doit totalement maîtriser,
faire preuve de patience lorsque les choses n’avancent pas comme on le
voudrait et encourager les enfants à réessayer
apprécier et souligner les efforts des joueurs plus que les résultats obtenus.
Si les enfants font des efforts et l’entraîneur contrôle le processus
d’entraînement, il verra tôt ou tard une amélioration,
remarquer et mettre en exergue les progrès plutôt que les défauts,(
Motivation sur la tâche et non sur l'ego,
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analyser objectivement les erreurs des joueurs et les situations difficiles qui
surgissent pendant le processus d’entraînement pour parvenir à des
conclusions productives. Les erreurs et les difficultés sont d’excellentes
occasions de déterminer les aspects à travailler ou ce qui doit être modifié
traiter les joueurs avec respect et affection, indépendamment de ce qui
arrive. Cette attitude permettra à l’entraîneur de gagner le respect des
jeunes joueurs et d’exécuter efficacement son travail.
Exercice pratique
Pensez à la manière dont vous organisez normalement vos séances d’entraînement et
posez-vous la question de savoir si votre attitude pourrait s’avérer plus constructive.
2. LES PRINCIPAUX PRINCIPES PEDAGOGIQUES
Pour diriger des exercices d’entraînement, voici les principes à suivre :
expliquer l’exercice et son objectif aux joueurs, fixer l'objectif à atteindre,
dans certains cas, faire une démonstration pratique de ce que l’on
souhaite pour que les joueurs le voient et le comprennent mieux,
établir les règles de travail de l’exercice,
au début de l’exercice, observer les joueurs pour vérifier qu’ils ont bien
compris de quoi il s’agit et, si ce n’est pas le cas, interrompre l’exercice et le ré
expliquer,
s’ils ont compris l’exercice, les laisser le faire pendant un moment sans les
corriger. L’entraîneur pourra ainsi évaluer le niveau de l’objectif de l’exercice et
l’attention qu’y prêtent les joueurs
cette évaluation permet à l’entraîneur de voir s’il introduit trop de
stimuli en même temps, ce qui empêche les joueurs de se concentrer sur
l’objectif de l’exercice. Il devrait alors reformuler l’exercice en éliminant des
stimuli qui seront repris plus tard lorsque les joueurs maîtriseront les concepts
clé
pendant l’exercice, l’entraîneur ne devrait pas déranger les joueurs avec
des commentaires ou des instructions, il ne devrait les utiliser que pour attirer
leur attention sur les aspects clé de l’exercice
l’entraîneur ne devrait pas réagir comme un reporter radio qui transmet
constamment les instructions aux joueurs mais il devrait plutôt leur laisser
reconstruire les processus mentaux nécessaires pour développer l’exercice
l’entraîneur devrait parler aux joueurs pendant les pauses entre les
exercices plutôt que pendant les exercices (attendre que le joueur ait terminé
une contre-attaque avant de le corriger)
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l’entraîneur devrait utiliser un comportement verbal et para-verbal
adéquat (regarder les enfants pendant qu’il leur parle, avec un débit et un
volume adéquats)
l’entraîneur devrait poser les questions adéquates et formuler des rappels
pour aider les joueurs à se concentrer
l’entraîneur devrait offrir un feedback aux joueurs sur leur
comportement,
si nécessaire, l’entraîneur peut enregistrer les performances des joueurs,
l’entraîneur doit motiver ses joueurs pour asseoir leurs connaissances et
les féliciter de leurs efforts.
3. LE MODÈLE
Les jeunes joueurs (débutants, poussins, Benjamins, -13 ans) tendent à observer
le comportement de l’entraîneur et des autres joueurs, ils apprennent par imitation.
Les modèles sont donc une bonne stratégie pour susciter la motivation intrinsèque des
joueurs et leur montrer ce qu’ils doivent apprendre.
En gros, cela consiste à présenter au joueur ou à l’équipe un bon modèle comme
exemple à imiter en soulignant ou en montrant le comportement concret à imiter.
Par exemple : l’entraîneur d’une équipe (un bon modèle) peut montrer à
ses joueurs comment passer la balle pour qu’ils l’imitent. Les enfants
comprendront plus facilement ce que l’entraîneur attend d’eux.
Un autre exemple : l’entraîneur d’une équipe de 13 à 14 ans peut parler
à ses joueurs d’autres athlètes qui sont importants pour eux (des joueurs d’élite,
certains de l’équipe de 15 à 18 ans du même club) pour leur expliquer que ces
joueurs ont également dû réaliser les exercices de défense qu’il leur demande.
Les jeunes seront ainsi plus motivés pour un exercice qui, à prime abord, ne les
attirait pas vraiment.
Exercice pratique
• Dressez une liste des fondamentaux que vous pouvez montrer à vos joueurs en servant
vous-même de modèle.
4. LES INSTRUCTIONS ET LES COMMENTAIRES AUX JOUEURS
Les instructions et les commentaires adressés aux joueurs pendant les séances
d’entraînement devraient être courtes, clairs et précis.
L’entraîneur devrait réfléchir à ce qu’il veut expliquer et l’exprimer clairement
pour que les enfants puissent se concentrer sur la tâche en question.
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Il devra donc adapter son langage au niveau des joueurs en évitant d’utiliser des
mots ou des concepts qu’ils ne maîtrisent pas ou de leur parler comme s’ils
participaient à une réunion entre entraîneurs.
Par exemple : si l’entraîneur explique un exercice de 2 contre 2 et parle
de feinter, il doit s’assurer que les joueurs comprennent exactement ce qu’il
veut dire. Si les instructions et les commentaires de l’entraîneur traitent
uniquement, clairement et spécifiquement le but de chaque exercice, il est
probable que les joueurs se concentrent sur les aspects importants de l’exercice
et le réalisent mieux.
Et, le contraire se produira si l’entraîneur interrompt la concentration de ses
joueurs par des commentaires ou des instructions sur d’autres aspects.
Par exemple : si un exercice a pour but que les joueurs contre attaquent
rapidement, le plus approprié pendant l’exercice est que l’entraîneur ne traite
que ce point concret, sans interrompre pour commenter d’autres aspects.
L’entraîneur aidera ainsi les joueurs à se concentrer sur l’objectif de l’exercice.
L’entraîneur devrait prêter attention aux habilités " cible" des joueurs, et non aux
résultats, car l’entraîneur peut influencer directement le comportement sportif (ce
que font les enfants) mais pas les résultats (ce que les joueurs obtiennent par leur
comportement).
Par exemple : les joueurs réalisent un exercice 1 contre 1. L’entraîneur
doit concentrer ses instructions et ses commentaires sur les décisions et/ou
l’exécution des mouvements concrets et non sur les buts marqués.
Il est utile que l’entraîneur donne des instructions directement liées au
comportement concernant l’attention des joueurs.
Par exemple : " Regarde le joueur et la balle en même temps! " "
Concentre-toi sur l'attaquant! ", etc.
L’entraîneur rappelle ainsi aux joueurs qu’ils doivent prêter attention aux
exigences et peut diriger leur attention.
5. LES QUESTIONS ET LES RAPPELS
Normalement, lorsqu’un entraîneur corrige un joueur, il devrait lui dire ce qu’il a
mal fait ou ce qu’il devrait améliorer la fois suivante ; l’entraîneur donne donc des
solutions que le joueur peut assimiler par rapport aux erreurs commises.
Ce comportement est surtout approprié lorsque les joueurs ne connaissent pas les
solutions correctes et c’est la seule manière pour qu’ils assimilent. Mais si les joueurs
connaissent déjà les solutions, une stratégie efficace pour attirer leur attention sur
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l’objectif de l’exercice et leur permettre d’assimiler l’information est de poser des
questions pour que les joueurs trouvent la bonne réponse.
Par exemple : prenons un exercice de tirs pour de jeunes joueurs
L’entraîneur veut qu’ils s’appuient sur le pied droit ou gauche lorsqu’ils
reçoivent la balle. L’enfant ne place pas correctement le pied. Au lieu de le
signaler, l’entraîneur peut lui demander : " Sur quel pied t’es-tu appuyé ? " ... "
Quel pied aurais-tu dû utiliser ? "... " Es-tu sûr ? ", etc. Ce genre de question
force l’enfant à trouver lui-même une réponse, ce qui le poussera à prêter plus
d’attention la fois suivante.
Les questions devraient suivre immédiatement l'action du joueur (juste après
l’action du joueur) et les rappels préalables (avec ou sans question) doivent précéder
l’action suivante (juste avant l’action).
6. NOTER LES PERFORMANCES DES JOUEURS
Noter les performances des joueurs pendant les exercices les aide à se concentrer
sur l'habilité en question.
Par exemple : si l’entraîneur note, sur un tableau ou une feuille de
papier, le nombre de fois que l’objectif cible est atteint pendant un exercice
(passes spécifiques, blocages, tirs, etc.) les joueurs seront plus attentifs à ces
comportements et les répéteront plus souvent. Il en sera de même si
l’entraîneur accumule les fiches des habilités qu’il considère les plus importantes.
Afin de parvenir à cet effet positif, les critères de notation doivent être très clairs.
Lorsqu’il s’agit de comportements à apprendre, les critères choisis doivent faire
référence au comportement concret du joueur plutôt qu’aux résultats atteints.
Par exemple : on peut noter le nombre de fois que les 15 à 16 ans font
correctement une passe (habilité ) indépendamment du fait qu’ils marquent ou
non après (le résultat de cette habilité). Les jeunes se concentreront ainsi plus
sur la cible de l’exercice, la passe dans ce cas.
En cas de répétition des habilités déjà acquises, il peut être plus approprié de
noter les résultats de ces habilités ; ce seront toujours des résultats qui dépendent de
l'habilité sur laquelle le joueur travaille.
Par exemple : pendant un exercice répétitif de tirs pour des jeunes de 17
et 18 ans, on peut noter les buts marqués. Il sera probable qu’ils se concentrent
plus sur ce point et essaient de faire de leur mieux.
Exercice pratique
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• Divisez une feuille pour noter la fréquence d’un comportement cible lors d’un exercice
pratique
7. LE FEEDBACK - LE RETOUR D'INFORMATION
Le feedback est l’information que les joueurs reçoivent sur ce qu’ils font. Un joueur
décide de réaliser une passe concrète à un coéquipier et l’entraîneur commente cette
passe. Dans ce cas, l’entraîneur donne à l’enfant un feedback de la passe utilisée.
Le feedback est un élément important pour maintenir la motivation du joueur et
l’aider à apprendre. Le joueur ou l’équipe sont ainsi motivés par un objectif concret
(améliorer la contre-attaque) et font un effort pour y parvenir. Ils auront alors besoin
d’une information précise sur leur comportement pour renforcer leur motivation et se
rapprocher de la cible.
Le feedback permet aux joueurs, même très jeunes, de contrôler leurs progrès afin
de parvenir aux objectifs fixés.
Lorsque le feedback est favorable, il est gratifiant et indique que l’action
réalisée est correcte et que, par conséquent, elle peut être répétée, ce qui
renforce la motivation pour continuer à faire cet effort.
Lorsque le feedback est négatif, il aide le joueur à connaître le
comportement concret qu’il devra améliorer et lui montre comment y
parvenir. Cela le motive s’il sent qu’il en est capable. Un feedback défavorable
devrait inclure l’information dont les joueurs ont besoin pour améliorer leurs
essais suivants.
L’entraîneur peut utiliser un feedback verbal, des vidéos (bien contrôlées), des
notes objectives des performances ou toute autre source qui lui fournisse une
information immédiate sur le comportement cible.
Par exemple : pour améliorer la précision des passes, l’entraîneur peut
placer une cible à une certaine distance (une marque sur un mur) et fixer
l’objectif de " toucher la cible ". Le résultat de chaque tir (toucher la cible, s’en
rapprocher, tirer d’un côté, etc.) est un excellent feedback pour les joueurs qui
participent à cet exercice.
On peut aussi utiliser une caméra pour filmer certains fragments particulièrement
importants d’un entraînement de 15 à 18 ans. L’entraîneur sélectionnera certaines
images qu’il montrera à ses joueurs.
Il est bon de regarder la vidéo avant la séance suivante d’entraînement où les
joueurs traiteront à nouveau la tactique en question. Les joueurs recevront ainsi de
l’information sur un ou plusieurs comportements qu’ils devront améliorer sur le
terrain immédiatement après.
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Ces séances ne devraient être ni trop longues (entre 5 et 10 minutes) ni trop
fréquentes. Si elles sont courtes et sporadiques, elles auront plus de sens pour les
joueurs et seront donc plus utiles.
L’entraîneur en profite pour commenter les images et invite les joueurs à poser
des questions pour résoudre des doutes et à formuler des suggestions.
À la fin de la réunion, les joueurs rejoignent leurs coéquipiers sur le terrain.
Lorsque l’entraîneur organisera des exercices pour travailler les mouvements des
attaquants, les joueurs seront attentifs et amélioreront leurs performances.
Exercice pratique
• Pensez à trois exemples de sources de feedback immédiat pour les joueurs d’une équipe
de football pendant une séance d’entraînement.
8. LA GESTION DES IMPRÉVUS
L’utilisation des stimuli de récompense ou négatifs pour les comportements des
joueurs (c’est-à-dire le résultat des habilités) s’avère une stratégie très efficace pour
augmenter ou minimiser les habilités "cible".
Par exemple : l’entraîneur peut féliciter un joueur, il utilisera alors des
stimuli de récompense ou il peut décider qu’un enfant doit ramasser les ballons
après l’exercice et appliquera alors un stimulus négatif.
L’objectif principal de ces techniques psychologiques dans cette stratégie est de
contribuer à l’apprentissage de comportements importants.
Si l’objectif du processus d’apprentissage est l’acquisition ou le
perfectionnement d’une habilité (améliorer la technique de tir, par exemple), il
faut introduire le plus rapidement possible, dès que le joueur est parvenu à
l’objectif, un stimulus de récompense (motivation positive) ou supprimer un
stimulus négatif (motivation négative) pour renforcer cette attitude et inciter
le joueur à la répéter.
De même, si l’objectif est d’éliminer un certain type de comportement
(protester contre un arbitre, par exemple), lorsque le joueur se trompe, on
appliquera un stimulus négatif (punition positive) ou on supprimera un stimulus
de récompense (punition négative) pour éviter que ce comportement ne se
reproduise dans le futur.
Dans les deux cas, les stimuli de récompense et négatifs ne devraient être
appliqués que selon le comportement des athlètes, jamais en raison des résultats (on
motivera ou punira un comportement, mais pas un résultat). Voici plusieurs exemples.
Par exemple : un joueur de 13 ans prend une bonne décision en 3 contre
3. L’entraîneur le félicite immédiatement (stimulus de récompense) et applique
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un renforcement positif pour que le joueur prenne à nouveau cette décision
dans le futur.
Les joueurs d’une équipe de 17 à 18 ans réalisent un exercice de défense
très intense et sont fatigués. Un joueur apporte une aide défensive que
l’entraîneur souhaite développer. Comme récompense, l’entraîneur permet à ce
jeune de se reposer pendant quelques minutes.
Dans ce cas, l’entraîneur élimine un stimulus négatif (réaliser un exercice aussi
intense quand les joueurs sont fatigués) et applique ainsi un renforcement négatif
pour que le joueur reprenne cette aide défensive.
L’entraîneur souhaite qu’un joueur de 17 ans défende sans commettre de faute.
Après lui avoir montré la technique correspondante, il conçoit un exercice où le joueur
reçoit un point chaque fois qu’il commet une faute. À la fin de l’entraînement, le
joueur devra réaliser un exercice de défense de trois minutes pour chaque point qu’il
aura accumulé.
Dans ce cas, l’entraîneur utilise un stimulus négatif (le point accumulé et le fait de
devoir rester faire des exercices de défense) pour appliquer une punition positive afin
d’aider le jeune à éviter des fautes personnelles.
Parallèlement, chaque fois que le joueur défendra sans faire de faute, l’entraîneur
lui dira " Très bien " pour motiver un comportement défensif correct.
L’entraîneur d’une équipe de 15 à 16 ans organise un match 3 contre 3
où il ne veut pas que les joueurs utilisent leur pied droit lorsqu’ils devraient
utiliser le pied gauche. Chaque fois qu’un joueur utilise le pied droit alors qu’il
devrait utiliser le gauche, son équipe perd la balle.
L’entraîneur élimine ainsi un stimulus de récompense (le ballon) et applique une
punition négative pour éliminer le comportement (utiliser le pied droite).
Parallèlement, lorsque les joueurs utilisent le pied gauche, l’entraîneur applique
une motivation sociale (" Très bien ") afin de motiver cette attitude correcte.
Appliquée correctement, une punition peut s’avérer très précieuse dans
l’entraînement de jeunes enfants.
Exercices pratiques
• Pensez à une manière de motiver le comportement que vous souhaitez consolider.
Définissez clairement le comportement, le stimulus appliqué et la manière d’appliquer ce
stimulus. N’oubliez pas que les stimuli devraient être utilisés le plus tôt possible
• Pensez à une manière de punir un comportement que vous souhaitez éliminer. Définissez
clairement le comportement, le stimulus appliqué et la manière d’appliquer ce stimulus.
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N’oubliez pas de motiver en même temps un comportement alternatif pour remplacer
l’attitude à éliminer. Définissez cette attitude alternative et les stimuli à appliquer pour
consolider la bonne attitude.
9. ENREGISTRER LE COMPORTEMENT DE L’ENTRAÎNEUR
Enregistrer le comportement de l’entraîneur au cours d’une séance
d’entraînement est un exercice intéressant. Un observateur consciencieux peut le faire
ou bien on peut aussi enregistrer un entraînement sur une cassette vidéo.
À cet effet, on peut utiliser un instrument comme celui proposé dans le tableau1.
Ce genre d’observation est utile pour que l’entraîneur sache comment il entraîne
et puisse envisager des changements pour améliorer ses méthodes.
En utilisant ce procédé, ou d’autres, il est important que les entraîneurs évaluent
périodiquement leur comportement s’ils veulent améliorer leur méthode de travail et
leurs performances comme entraîneurs.
Exercice pratique
• Observez un entraîneur pendant une séance et notez son comportement en utilisant une
fiche comme celle du tableau 1.
DATE :
TYPE D’ENTRAÎNEMENT :
L’ATTITUDE DE L’ENTRAÎNEUR PENDANT LES EXERCICES
D’ENTRAÎNEMENT
1. Il explique l’objectif de l’exercice.
2. Il explique les règles de travail de l’exercice.
3. Il regarde les joueurs lorsqu’il leur parle.
4. Il montre lui-même le modèle d’un comportement cible.
5. Il centre ses explications sur l’objectif de l’exercice.
6. Il donne des instructions claires, non ambiguës
7. Il donne des instructions précises.
8. Il s’exprime sur un ton, avec un volume et une vitesse adéquats
9. Il tient compte du comportement des joueurs, pas des résultats.
10. Il souligne les stimuli précédents importants.
11. Il pose des questions lorsque les joueurs disposent de
l’information dont ils ont besoin.
12. Il fait la différence entre la décision et l’exécution.
13. Il offre un feedback immédiat et constructif.
14. Il utilise correctement une motivation sociale.
15. Il applique correctement les motivations et les punitions.
16. Il utilise des notes/enregistrements de performances objectives.
17. Il encourage les joueurs.
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18. (autres)
19. (autres)
Tableau1. Fiche pour noter l’attitude de l’entraîneur pendant un entraînement. Tiré de La
psychologie de l’entraînement sportif, J. M. Buceta, Madrid, Dykinson, 1998.
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