COURS DE DROIT FISCAL
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION..................................................................................................................................2
I. Les sources du droit fiscal..............................................................................................................2
A. Les sources internationales............................................................................................................2
B. Les sources internes........................................................................................................................2
1. La loi................................................................................................................................................2
2. Les règlements.................................................................................................................................3
3. La jurisprudence.............................................................................................................................3
4. La doctrine......................................................................................................................................3
II. Les principes du droit fiscal...........................................................................................................3
1. Le principe de légalité....................................................................................................................3
2. Le principe de liberté.....................................................................................................................3
3. Principe de nécessité de l’impôt....................................................................................................3
4. Le principe d’annualité de l’impôt................................................................................................4
5. Le principe de territorialité de l’impôt.........................................................................................4
6. Le principe de la non rétroactivité de la loi fiscale......................................................................4
CHAPITRE I : DEFINITION DE L’IMPÔT......................................................................................5
Section 1 : les éléments caractéristiques de l’impôt.............................................................................5
I. L’impôt, un prélèvement pécuniaire.............................................................................................5
II. L’impôt un prélèvement obligatoire effectué par voie d’autorité..............................................5
III. Un prélèvement effectué à titre définitif...................................................................................6
IV. L’impôt, un prélèvement sans contrepartie immédiate qui sert à couvrir les charges
publiques..................................................................................................................................................6
V. La fonction financière de l’impôt..................................................................................................6
VI. La fonction non financière de l’impôt.......................................................................................6
SECTION 2 : Distinction de l’impôt des notions voisines..................................................................6
1. L’impôt et la taxe........................................................................................................................6
2. L’impôt et la redevance..............................................................................................................7
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COURS DE DROIT FISCAL
INTRODUCTION
Ce cours de droit fiscal n’est qu’une introduction à l’étude de la fiscalité, qui est une matière
complexe faisant appel à des connaissances diverses et variées. La fiscalité tire son origine de
FICUS qui est le panier que les romains utilisaient pour recevoir de l’argent.
Le droit fiscal peut être défini dans une première approche comme l’ensemble des règles
juridiques relatives à l’impôt.
Aujourd’hui on parle volontiers de gestion fiscale plus que de droit fiscal puisque le droit
fiscal doit être considéré de manière dynamique. De ce point de vue, la bonne gestion fiscale
d’une entreprise est tout simplement l’action menée par l’entreprise qui consiste à réduire sa
charge fiscale en réalisant une économie d’impôt qui est supérieure aux risques que
l’entreprise est amenée à prendre.
I. Les sources du droit fiscal
Les sources du droit fiscal sont les instruments juridiques qui donnent naissance aux règles
applicables de l’impôt. Les règles applicables aux impôts ont une source essentiellement
nationale en ce qu’elles proviennent d’abord des autorités nationales (B), toutefois certaines
règles ont une origine internationale et proviennent des engagements internationaux souscrit
par la côte d’ivoire.
A. Les sources internationales
La côte d’ivoire s’est engagée dans de nombreux accords internationaux traitant de questions
fiscales. Certains de ces accords ont pour objet d’éviter les situations de doubles impositions.
Ces accords peuvent être bilatéraux (côte d’ivoire-France) ou multilatéraux (UEMOA,
CEDEAO).
B. Les sources internes
La constitution est la source fondamentale. Elle donne à l’impôt son fondement juridique et
désigne les autorités habilitées à consentir l’impôt et celles compétentes pour l’exécuter.
Quelques dispositions de la constitution
- L’article 43 « tous résidants a le devoir de s’acquitter de ses obligations fiscales
conformément à la loi. L’Etat prend les mesures nécessaires pour garantir le
recouvrement des impôts, la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale. »
- L’article 93 « le parlement vote la loi et consent l’impôt »
- L’article 101 « la loi fixe les règles concernant l’assiette, le taux et les modalités de
recouvrements des impositions de toutes natures »
1. La loi
La loi est la source principale du droit fiscal. Elle est définie comme étant une mesure de
portée générale et impersonnelle émanant du parlement.
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2. Les règlements
C’est une mesure de portée générale et impersonnel émanant de l’exécutif. Il est pris en
application d’une loi. Ainsi, les dispositions nécessaires à l’application de la loi fiscale
peuvent faire l’objet de décrets d’application ou d’arrêtés.
3. La jurisprudence
La jurisprudence se définit comme la solution donnée par un juge à une question de droit. En
CI, la jurisprudence comme source de droit fiscale demeure insignifiante car le nombre de
litiges fiscaux soumit au tribunaux reste encore faible.
4. La doctrine
La doctrine administrative, c’est l’ensemble des commentaires et interprétations que
l’administration fiscale produits en vue de l’application des textes fiscaux.
En CI, la doctrine administrative fiscale est abondante et occupe une place importante car elle
palie l’absence de jurisprudence.
II. Les principes du droit fiscal
1. Le principe de légalité
Il tire son origine du principe de consentement à l’impôt, qui indique que désormais aucune
levée d’impôt ne pourra s’effectuer si elle n’a pas été préalablement décidée par l’assemblée
représentative des citoyens, soit le parlement. En conséquence, seul le parlement est habilité
dans le cadre de la loi de finances ou d’une loi ordinaire à créer, à modifier ou supprimer un
impôt, en définir les règles d’assiettes, de calculs et de recouvrements.
2. Le principe de liberté
Deux (2) théories qui limite le principe de liberté :
- La théorie de l’acte anormal de gestion
- La théorie de l’abus de droit
Le principe de liberté en matière de droit fiscal s’entend non seulement de la liberté
individuelle mais aussi de la liberté de commerce et de l’industrie.
Le droit fiscal ne porte pas atteinte à la liberté de gestion de l’entreprise en ce sens que
l’entrepreneur est libre de sa gestion et les frais qu’il expose sont déductible.
3. Principe de nécessité de l’impôt
Le principe de nécessité de l’impôt préconise que « pour l’entretien de la force publique, et
pour les dépenses de l’administration, une contribution commune est indispensable. »
Ce caractère indispensable et nécessaire fonde la légitimité du contrôle fiscal et de la
répression de la fraude. Ni la fraude, ni le refus du paiement de l’impôt ne serait se justifier au
nom de la liberté individuelle. Il faut donc concilier nécessité et liberté.
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4. Le principe d’annualité de l’impôt
Le principe de l’annualité e l’impôt procède deux autres principes :
- Celui du consentement à l’impôt
- Celui de l’annualité budgétaire.
Il signifie que la perception des impôts doit être autoriser pour une année, l’année ciblée par la
loi de finances. Ce principe conseille uniquement l’autorisation qui est annuelle, et non la
validité dans le temps des dispositions fiscales qui demeurent applicables tant qu’un texte les
modifiants ou les supprimant n’a pas été voté.
Le principe n’interdit pas non plus le recouvrement de l’impôt au-delà de l’année.il ne fait pas
obstacle non plus à la réparation d’insuffisance, d’erreur ou d’omission commise lors de
l’établissement de l’impôt ou des déclarations des contribuables.
L’administration dispose d’un droit de reprise sur trois (3) années antérieures qui peut être
prorogé dans certains cas.
5. Le principe de territorialité de l’impôt
Il définit l’application de la loi fiscale dans l’espace. Généralement, l’espace fiscal et la
sphère de compétence dévolue aux organes politiques sont les même et constituent l’espace de
souveraineté fiscal.
Cependant, le pouvoir fiscal peut dans certains cas s’étendre au-delà des frontières nationales
ou inversement, ne pas couvrir l’ensemble du territoire national ou encore être limité par un
droit fiscal supranational.
C’est le cas lorsque, en vertu de certaines conventions fiscales internationales, la souveraineté
peut être affectée par des normes supérieurs à la loi nationale. Parce que découlant d’un traité
ratifié et approuvé par le parlement.
6. Le principe de la non rétroactivité de la loi fiscale
Le principe de la rétroactivité est de portée générale. Il constitue l’un des fondements
essentiels de la sécurité juridique. Selon ce principe, la loi n’a d’effet que pour l’avenir.
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CHAPITRE I : DEFINITION DE L’IMPÔT
De façon générale, l’impôt peut être défini comme une forme spécifique de prélèvement
obligatoire auxquels sont soumis les contribuables. Cette définition générale admet des
limites. En effet, aujourd’hui dans les sociétés contemporaines, l’impôt n’est plus le seul type
de prélèvement obligatoire.
Ainsi, pour appréhender l’impôt, et la distinguer des notions voisines, la doctrine dans sa
grande majorité s’est accordée sur une définition esquissée par Gaston JEZE dans son cours
de finance publique et reprise par Lucien MEHL et Pierre BELTRAME. Selon cette définition
« l’impôt est prélèvement pécuniaire obligatoire effectué à titre définitif, sans
contrepartie immédiate visant à couvrir les charges publiques. »
De cette définition, ressort les éléments caractéristiques de l’impôt (section 1) qui permet de
la distinguer des notions voisines (section 2).
Section 1 : les éléments caractéristiques de l’impôt
I. L’impôt, un prélèvement pécuniaire
Dans ses modalités, l’impôt est bien en principe un prélèvement sous forme pécuniaire, et ce,
contrairement aux modalités de règlements en natures qui ont pu exister dans un passé
lointain. Ce qui signifie que l’impôt est payé en argent.
Les modes de paiements de l’impôt sont prévus par le livre de procédure fiscale. Au terme de
l’article 97 du dit livre, l’impôt est payable en numéraire, par chèque, par virement bancaire
ou par voie électronique, y compris les procédés par téléphonie mobile.
Toutefois, les modalités de paiement en nature de la dette n’ont pas totalement disparu du
système fiscal contemporain. Elle demeure présente avec la dation en paiement.
II. L’impôt un prélèvement obligatoire effectué par voie d’autorité
L’impôt a fondamentalement un caractère de prélèvement obligatoire dès lors qu’il est
effectué par voix d’autorité, par l’administration sur le fondement des prorogatifs de
puissance publiques qui sont les siennes.
En conséquence, le contribuable n’a ni le droit de prétendre se soustraire à sa dette d’impôt, ni
celui de vouloir fixer librement ou négocier le montant de sa contribution. Son accord n’entre
en jeu d’aucune manière. Il s’il s’avérait récalcitrant, l’administration serait en droit de
recourir aux procédures d’exécutions forcées pour le contraindre à satisfaire à ses obligations.
III. Un prélèvement effectué à titre définitif
L’impôt est une ressource définitive pour les collectivités publiques qui en bénéficie, c’est-à-
dire l’Etat, les collectivités territoriales et certains établissements publics. Contrairement à
l’emprunt, l’impôt n’a pas à être restitué, excepté les cas où il a été irrégulièrement perçu, ou
lorsque son remboursement a été expressément prévu dans le cas de politique économique
spécifique.
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IV. L’impôt, un prélèvement sans contrepartie immédiate qui sert à couvrir les
charges publiques
Juridiquement, l’impôt ne constitue pas le prix d’un service rendu. Le contribuable ne peut,
pour contester sa dette arguer de la mauvaise utilisation des deniers publics. Il ne peut
davantage exiger que l’impôt qu’il paye soit affecté à tel ou tel service public ou au
financement de telle ou telle opération. De même, il ne peut refuser de payer l’impôt au motif
que celui-ci financerait des dépenses contraires à ses principes.
V. La fonction financière de l’impôt
La fonction purement financière de l’impôt est énoncée à l’article 13 de la déclaration
universelle des droits de l’homme et du citoyen en 1789 en ces termes « pour l’entretien de la
force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est
indispensable. Ainsi, l’impôt est justifié par la nécessité des dépenses de fonctionnements.
VI. La fonction non financière de l’impôt
Elle est perceptible tant au plan social qu’économique.
Au plan social, l’impôt est un instrument de redistribution de la richesse nationale.
Au plan économique, l’impôt participe à la régularisation des grands équilibre en luttant
contre l’inflation, en stimulant l’activité économique et en contribuant au plein emploi.
SECTION 2 : Distinction de l’impôt des notions voisines
L’impôt n’est pas aujourd’hui le seul prélèvement obligatoire, et tus les prélèvements
obligatoires ne sont pas des impôts. Et tant entendu que l’impôt est le prélèvement obligatoire
à titre principal, il importe de le distinguer des autres prélèvements obligatoires.
1. L’impôt et la taxe
Les impôts et les taxes sont institués par la loi. En effet, les deux prélèvements doivent faire
l’objet d’une autorisation annuelle donnée par la loi de finances. Ils sont perçus au profit de
personnes publiques. Enfin, ils sont tous deux soumis au même régime juridique, et au même
contentieux.
Le critère de distinction fondamental entre l’impôt et la taxe est l’absence de contrepartie pour
l’impôt et l’existence d’une contrepartie pour la taxe.
En effet la taxe est une somme perçue lors de la fourniture d’un service par l’administration à
l’usager. On dit qu’il y a rétribution. En principe, c’est celui qui utilise le service qui paye la
taxe. C’est l’exemple des droits d’inscription dans les universités publiques. Toutefois, il
arrive que la taxe soit perçue pour un service simplement offert. Même si l’usager n’a pas
recours à ce service. C’est le cas de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
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2. L’impôt et la redevance
La redevance est perçue à l’occasion d’un service rendu. Son montant est équivalent à la
valeur du service rendu. Elle se distingue de l’impôt sur deux points :
- Premièrement, la redevance admet l’existence d’une contrepartie directe. Le redevable
est le bénéficiaire effectif de la contrepartie. C’est pourquoi le montant de la
redevance est équivalent à la valeur du service rendu.
- Deuxièmement, la redevance relève de la compétence du gouvernement. Sa perception
n’est pas soumise à l’autorisation d’une loi de finances.
L’impôt quant à lui est institué par la loi, et sa perception est soumise à l’autorisation de la loi
de finances.
3. L’impôt et la taxe parafiscale
Les taxes parafiscales qualifiées d’impositions quasi fiscales sont perçues dans un intérêt
économique ou social au profit d’une personne morale de droit public ou de droit privé autre
que l’Etat, les collectivités territoriales et les établissements publics administratifs.
La taxe parafiscale diffère de l’impôt sur trois points :
- Du point de vue de la finalité. La taxe parafiscale poursuit un intérêt économique et/ou
social.
- Du point de vue des bénéficiaires. Ce sont les EPIC, les sociétés d’Etat et dans certain
cas des sociétés à participation financières publiques. Ces organismes bénéficiaires de
la taxe parafiscale sont placés sous le contrôle du contrôleur financier et de la cour des
comptes.
- Du point de vue du régime juridique. La taxe parafiscale est de source législative.
Toutefois, elle peut relever de la compétence du pouvoir exécutif. En effet, l’assiette,
les règles de liquidation et recouvrement, la durée, le taux, sont fixés par décrets.
Il convient de noter que la perception de la taxe parafiscale doit être autorisée par la loi de
finances.
4. L’impôt et les cotisations sociales
Les cotisations sociales sont les apports des personnes protégées ou de leurs employeurs à des
institutions octroyant des prestations sociales en vue d’acquérir et de maintenir le droit à ces
prestations. Contrairement à l’impôt :
- Les cotisations sociales comportent une contrepartie.
- Les cotisations sociales ont une finalité qui est d’acquérir et de maintenir le droit à des
prestations sociales.