Kherbouche Farid
Kherbouche Farid
Les recherches qui ont fait l'objet de ce mémoire ont été conduites dans le cadre d'un Doctorat
sous la direction du Professeur Michel Barbaza (Laboratoire TRACES, Université Toulouse-Jean
Jaurès) que je tiens à remercier pour le soutien indéfectible qu’il m’a toujours apporté, notamment
auprès de l’Ecole doctorale de Toulouse. La soutenance publique a été présidée, le 9 décembre
2015, par le Professeur Slimane Hachi (Directeur du CNRPAH, Alger) à la Maison de la
Recherche de l’Université Toulouse – Jean Jaurès. Les Professeurs émérites Colette Roubet
(MNHN, Paris), Jean Guilaine (Collège de France, Paris), Xavier Guterz (Université de
Montpellier) et le Dr. Claire Manen (Chargée de recherche CNRS, TRACES, université
Toulouse-Jean Jaurès) ont composé le jury. Qu'ils soient tous assurés de ma profonde gratitude.
Je tiens à remercier le Directeur du CNRPAH qui m’a confié la direction du chantier de fouilles
de Gueldaman et a mis à la disposition du chantier et du projet, les moyens financiers,
scientifiques, logistiques et humains du CNRPAH.
J’exprime toute ma gratitude au Pr. émérite Colette Roubet (MNHN-IPH, Paris) qui a suscité en
moi, physicien, cette nouvelle direction de recherche en Archéologie préhistorique en m’invitant à
préparer un Master en Quaternaire et Préhistoire au MNHN et le module de spécialité du QP12
(Quaternaire et Préhistoire de l'Afrique Méditerranéenne, Saharienne et Atlantique) qu’elle
dirigeait. Elle a suivi avec intérêt le développement et les résultats du chantier de GLD1, et m’a
fait bénéficier de ses compétences dans ce domaine Holocène de la Préhistoire. Je lui suis
reconnaissant d’avoir soutenu la rédaction de mon mémoire et d’avoir mis à ma disposition son
bureau et sa documentation, chaque fois que j’en ai exprimé le besoin.
La diversité et la richesse des données synthétisées dans ma thèse sont le fruit de nombreuses
collaborations entamées et conduites dans un esprit de confiance et de convivialité.
L’établissement du cadre économique n’aurait pas pu être possible sans l’investissement total du
Dr. Souhila Merzoug (Archéozoologue au CNRPAH) qui a pris en charge l’étude des restes
fauniques ainsi que les déterminations anatomiques et spécifiques de l’industrie osseuse avec la
collaboration de Razika Chelli (Chargée de recherche au CNRPAH) et de Nanaa Sehil (Chargée
de recherche au CNRPAH). Qu'elles soient toutes assurées de ma profonde gratitude.
Le cadre chronologique a été très tôt connu grâce à la collaboration du Dr. Michel Fontugne
(Maître de conférence au LSCE, Gif-sur-Yvette) qui a toujours accepté, sans hésitation, de dater
les charbons de bois que je lui avais remis à plusieurs reprises jusqu’à son départ à la retraite ; je la
lui souhaite paisible et bien méritée.
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L’établissement d’un cadre paléoclimatique n’aurait pas pu être possible sans la collaboration
fructueuse du Dr. Dominique Genty et de son doctorant Jiaoyang Ruan du laboratoire des
Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE, Gif-sur-Yvette, France) portant sur l’étude de
géochimie isotopique des stalagmites de GLD1. Je suis très reconnaissant envers le Dr.
Dominique Genty qui a accepté de dater d’autres séries de charbons de GLD1 contribuant à
affiner la chronostratigraphie du site.
Je remercie le Dr. Salah Abdessadok (Ingénieur de recherche au MNHN) d’avoir assumé les
études sédimentologiques et micromorphologiques. Il a su s’entourer d’étudiants motivés
(Nassim Mazouni, Micipsa Mammeri) pour le relevé des coupes stratigraphiques qu’il a formés
avec patience à cette discipline.
Je remercie le Dr. Safia Agssous, géologue, qui a participé sur le terrain à la première campagne
en 2010. Nous lui devons le premier relevé de la coupe stratigraphique MN47/48 du Secteur 2
ainsi que les prélèvements sédimentologiques.
C’est dans le même esprit bénévole que Paul Courbon (France) Ingénieur des Travaux
Géographiques (IGN, Institut Géographique National), géomètre expert DPLG, a accepté de
réaliser d’autres relevés topographiques et dressé les premières coupes du réseau karstique voisin
de la cavité GLD1.
Je remercie tout particulièrement le Professeur Colette Roubet qui m’a invité à participer à un
séminaire qu’elle a organisé (IPH, Juillet 2012) sur les résidus organiques dans les céramiques. A
cette occasion j’ai rencontré le Dr. Julie Dunne de l’Université de Bristol, qu’elle a invitée et j’ai
engagé une collaboration féconde. Je remercie le Dr. Julie Dunne et le Pr. R. Evershed (Directeur
du Laboratoire de Géochimie organique de l’Université de Bristol) pour l’intérêt qu’ils portent à
notre collaboration.
Mes remerciements s’adressent au Dr. Leonor Peña-Chocarro, au Dr. Guillem Pérez Jordà et au
Dr. Yolanda Carrión Marco (Laboratoire d’Archéobiologie de l’Instituto de Historia del CSIC de
Madrid) qui ont bien voulu examiner une partie des macros-restes botaniques de GLD1. Ce test a
livré des résultats intéressants et prometteurs. L’équipe de fouille garde un bon souvenir de leur
visite à Gueldaman.
Le Professeur Alain Coutelle reste par ses travaux et son enseignement, une source de
connaissances toujours précise et sûre, tant sa thèse sur la géologie des Babors et ses
enseignements à l’Université d’Alger, dans les années 1970 ont marqué des générations de
géologues algériens. Je le remercie chaleureusement d’avoir toujours répondu à mes questions et
je n’oublie pas les heures passées ensemble à la bibliothèque du CTHS à Paris où il m’a livré des
données précieuses sur la géologie des Babors et quelques anecdotes de son passage à Akbou. Il a
insisté pour que je conserve sa carte géologique personnelle de Kabylie prétextant que nous
serions ainsi amenés à nous revoir pour renouveler l’expérience première autant de fois que
nécessaire.
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Je remercie le Dr. Nejma Goutas (CR CNRS, UMR 7041, Arscan, Ethnologie préhistorique) qui
m’a initié aux nouvelles études sur l’industrie osseuse préhistorique. Son aide méthodologique et
la documentation qu’elle m’a recommandée ont été d’une grande utilité lorsque j’ai abordé l’étude
typologique et technologique de la collection de GLD1. Je la remercie ainsi que le Dr. Marianne
Christensen (Université Paris I) de m’avoir invité en 2015 à présenter les résultats de mon étude
sur matériel osseux néolithique des Babors dans le cadre des Séminaires de Master et Doctorat
intitulés « Technologie et Typologie osseuses appliquées : études de cas » (CNRS, Université Paris
I et Paris 10).
J’adresse une pensée amicale au Dr. Simone Mulazzani qui m’a toujours encouragé et prodigué
des conseils sur la conduite de la fouille. Son chantier exemplaire SHM-1 à Hergla en Tunisie que
j’ai visité en 2007 a été une véritable école de fouille.
Je remercie l’anthropologue le Dr. Louiza Aoudia qui a examiné les restes humains découverts à
GLD1 espérant qu’ils annoncent de futures découvertes en contexte sépulcral.
Je remercie notre collègue le Dr. Latifa Sari pour ses utiles prospections de matériel lithique
autour de la grotte, elle s’est toujours montrée disponible pour partager ses connaissances
expertes en industrie lithique.
Dans le cadre d’un encadrement de Melle Nadia Saidani, préparant son Magistère de Préhistoire à
l’Institut d’archéologie d’Alger, le Dr. Emmanuelle Stoetzel (MNHN) a accepté de superviser
l’étude des restes de microfaune de GLD1. Je l’en remercie vivement.
Je remercie également tous les autres collègues qui ont m’ont exprimé leur sympathie et apporté
leur soutien : Pr. David Lubell, Dr. Ilham Bentaleb, Dr. Errol Vela, sans oublier mon ami et
Halim Airouche et ses collègues ingénieurs géophysiciens du CGS.
La conduite d’une fouille et la gestion des collections d’un site important ne sont possibles
qu’avec le concours d’une équipe structurée et solidaire. Celle-ci a été composée avec le soutien
du CNRPAH et du Pr S. Hachi, il s’agit de Nanaa Sehil (Chargée de recherche CNRPAH) qui
s’est occupé de la gestion des activités de fouilles depuis 2011 ; de Rhéda Benchernine (Chargée
de recherche CNRPAH) qui a conduit la fouille-sondage du carré F37 avec une grande
autonomie ; de Zoheir Harichan, qui en 2010, a géré les travaux exploratoires de la grotte GLD2.
Les autres membres de l’équipe sont intervenus dans des opérations de fouille et de laboratoire :
Amokrane Nabil, Abdelhamid Abdenour, Bahmed Saida, Bensadok Saida, Bouray Arezki,
Bouyoucef Khier, Chelli Razika, Kharaz Mekyoussa, Larabi Kamel, Mameri Messipssa, Marouf
Latifa, Mazouni Nassim, Mustapha Aouicha, Mounir Rachedi, Saidani Nadia, Si Amour Sofiane,
Smail Rbiha, Sidi Salah Yacine, Daouiya Chérif, Tarek Yahyaoui, Benberkane Mohand-esghir.
Qu’ils soient tous remerciés.
Je remercie également le staff des chauffeurs et techniciens du CNRPAH: Mameri Oulaid (le
fidèle compagnon), Boulegroun Mustapha (l’indispensable), Moustphaoui Omar à qui je souhaite
un bon rétablissement, Hocine Haouche, Kamel Azouz, Mohamed Semach, Rachid Ketfi.
3
Il m’est agréable de témoigner ma reconnaissance au maire de Bouhamza M. Abdelhamid
Bensikhaled et ses collaborateurs que j’ai contacté pour leur soutien permanent, administratif et
logistique.
J’adresse mes remerciements aux agents de la Direction de la Culture de Bejaïa, son Directeur
Righi Khelaf et au chef du service du Patrimoine culturel, Mme Imloul Souraya qui ont œuvré au
classement de la grotte GLD1 au patrimoine archéologique de la Wilaya de Béjaïa. Le dossier a
été monté par l’Attachée de conservation, Melle Mouhous Malika que je remercie plus
particulièrement.
Je remercie tous ceux qui sont venus visiter le site de Gueldaman : Pr. Barbara Barich, Dr. Malika
Hachid, M. Mourad Betrouni, Dr. Abdelkader Derradji, Pr. Brahim Boussadia, Dr. Abdelkader
Heddouche, Dr. Iddir Smaïl, Melle Rahma Belambri, Samia Aouimeur, Azzedine Fergui, Fouad
Chahab et bien d’autres de la commune et ceux des environs que je n’oublie pas ; tous m’ont
manifesté leur enthousiasme, leur envie de m’aider, de participer et d’en savoir plus.
Mes plus chaleureux remerciements vont à ma famille et à mes amis (Mahmoud Sidi Ali, Yacine
Bouda, Djamel Zenati, Djamel Alilat, Sofiane Saai, Samir Ouinharoune, Hamid Ouyahia,
Boualem Sidi Ali, Zahir Bentizi, Tahar Amghar, Meriched Smail, Ahcène Djouadi, Hamid
Zemouri, etc.), que j’ai maintes fois sollicités, je leur suis redevable d’une grande partie de ces
résultats. Pour leur encouragement et leur soutien constants, merci.
L’enfant du pays que je suis est heureux d’offrir à sa région et à son pays le résultat de ses travaux
découvrant désormais le plus proche et le plus vivant des patrimoines préhistoriques, très voisin
de celui que connurent nos lointaines familles rurales, ce passé est tout aussi présent et décisif que
celui que laissèrent les époques historiques mieux connues. Grâce à nos investigations et aux
futurs travaux envisagés, on peut espérer ancrer et voir vivre à travers les Babors les premières
populations rurales de l’Holocène.
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Sommaire
Introduction................................................................................................................................................................1
Conclusion............................................................................................................................................................. 399
Bibliographie..........................................................................................................................................................417
Annexes....................................................................................................................................................................442
Introduction
Introduction
Les cultures des populations nord africaines installées durant l’Holocène sont en cours de
réactualisation ; l’objectif de la nouvelle recherche en Algérie est de tester des problématiques
appropriées à cette période ayant fait l'objet d’investigations approfondies sur le pourtour
méditerranéen, en Europe occidentale et en Afrique subsaharienne. A l’intérieur de cet espace
géographique il convient désormais de réexaminer la spécificité des sociétés nord-africaines post-
paléolithiques mise en phase ou non avec celles de territoires voisins. Cependant le nombre peu
élevé de travaux rend cette démarche encore précoce bien qu’indispensable. Le CNRPAH a
entrepris d’ouvrir à la recherche des régions non encore explorées, comme l’Adrar Gueldaman.
Ce massif calcaire tellien des Babors renferme un réseau karstique constitué de
nombreuses cavités. Dans les années 1920, A. De Beaumais et P. Royer avaient réalisé des fouilles
dans l’une d'elles (GLD 1) mettant au jour un contenu archéologique rattaché en 1926 au «
néolithique ancien ».
L’individualisation et l’originalité de la Néolithisation du littoral méditerranéen de l’Algérie n’ont
pas manqué d’être plus tard précisées en s’appuyant sur un large éventail documentaire composé
de fabrications instrumentales variées (Camps 1974).
Les sites servant de référence conservaient de nombreux éléments culturels diagnostics
(céramique, décor cardial, hache polie, pointe de flèche, obsidienne, etc.), mais trop peu
d’informations tirées d’une bio-documentation-clé faunique et botanique. Un nouveau regard
scientifique porté aujourd’hui sur le contexte environnemental local et régional des sites
néolithiques complète et précise mieux le cadre comportemental et les modes de subsistance que
des communautés mettent en place en s’installant en montagne.
L’attribution de ce faciès littoral nord-africain au Néolithique s’est implicitement appuyé
aussi sur d’autres arguments. Arguments provenant d’une comparaison avec des sites européens
du pourtour méditerranéen. Notamment de ceux stratifiés qui disposaient alors de datations
absolues et de résultats archéozoologiques et paléobotaniques soulignant l’adoption de l’élevage
et parfois le début d’une agriculture, signant l’apparition de nouveaux comportements de
subsistance. Fort du soutien à distance de cette documentation de l’Espagne méridionale, de
France méditerranéenne et d’Italie, associée elle aussi à des contenus culturels de composition
assez comparable à celles de sites du néolithique littoral Algérien, c’est par extrapolation de ces
résultats que G. Camps les étendit à la néolithisation tellienne du Maghreb littoral, avec le secret
espoir que de futurs résultats dans les domaines non encore étudiés (botanique et faunique)
viendraient le confirmer (Roubet et Kherbouche, 2012).
Gravir les pentes abruptes de l’Adrar Gueldaman pour tenter d’extraire de cette grotte-là
d’abord quelques réponses aux problèmes posés par les formes de transitions culturelles et
comportementales qui se sont localement installées entre le Pléistocène final et l’Holocène, tel est
l’objectif des nouvelles recherches conduites par le CNRPAH.
1
Introduction
2
Introduction
3
Introduction
4
Chapitre I - La grotte GLD1
1. Localisation
L'Adrar Gueldaman qui voit couler le fleuve Soummam le long de son versant N-W, fait face aux
pentes douces sur lesquelles s’élève la ville d’Akbou (cf. carte 1/25000 AKBOU 61 ouest). Ce
massif constitue l’extrémité occidentale de la chaîne tellienne des Babors. Il étend sur 7 km ses
crêtes dentelées et sinueuses, qui s’élèvent d’Ouest (alt. 556 m) en Est (alt. 898 m). A son
extrémité occidentale, se dresse une éminence rocheuse sub-conique, le piton d’Akbou (alt. 431
m) que la Soummam contourne sur la rive gauche, et que rejoignent l’oued Sahel et l’oued Bou-
Sellam (Fig. 1).
Figure 1 : Localisation de la grotte Gueldaman GLD1 [GPS (UTM31/WGS84) : X 640840, Y 4034655] et des
sites préhistoriques majeurs dans un rayons de 100 km.
A ce jour, nous avons identifié six grottes à Gueldaman, toutes situées à une altitude d’environ
500 m, à l’intérieur de barres de calcaires liasiques, correspondant au Jurassique inférieur. Du
point de vue géologique, l’Adrar Gueldaman fait partie de l’unité tectonique dite de « Bou Hamza
», il en représente l’élément morphologique le plus remarquable (Coutelle 1979). Les calcaires qui
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Chapitre I - La grotte GLD1
forment l’ossature de cette montagne sont parcourus par des filons d’un minerai de fer, exploité
au début du XXe siècle. Il est constitué d’hydroxydes de fer à teneur élevée (supérieure à 50 %).
La limonite plus abondante se trouve associée à des ocres diverses de très bonne qualité et de
belles teintes (Ehrmann 1943).
Sur le versant S-E de l’Adrar Gueldaman, à 507 m d’altitude, au dessus du hameau de Tasfart,
s'ouvre la première grotte préhistorique fouillée (GLD1) (Fig. 2). Bien que proche d’Akbou, elle
en est séparée par la vallée de la Soummam. De ce fait elle est rattachée à la commune de
Bouhamza, située plus à l’est.
L’ouverture de la grotte vers le sud-est présente la forme d’une arche de 6 m de hauteur (Fig. 2).
L’entrée est située à 25m en arrière d’une falaise correspondant à une faille géologique. Le recul
de l’entrée par rapport à la falaise s’explique par l’effondrement d’un plafond s’avançant en
avant de l’ouverture actuelle.
Figure 2 : Versant sud-est de l’Adrar Gueldaman. Tracé de la nouvelle piste conduisant à la grotte GLD1,
et ouverture de la grotte (encadré).
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Chapitre I - La grotte GLD1
Le porche donne accès à une galerie de 10 m de long sur 6 m de large qui s’élève et forme un
dôme. Le profil de la galerie est typique d’un creusement par l’eau avec une pente générale
descendant vers le nord. Sur le sol intérieur de la grotte on remarque des buttes d’accumulation
de sédiments correspondant aux déblais des tranchées fouillées dans les années 1920. La longueur
totale de la grotte représente environ 80 m. Passée la galerie d’entrée, on est impressionné par les
vastes dimensions de la salle principale (50 m x 50 et 21,5 m de haut) qui présente deux
bifurcations correspondants à deux conduits est et ouest. En fait, la forme et la direction de
l’allongement de la grotte (conduits compris) semblent liées à une direction générale qui est
perpendiculaire à l’axe de l’Adrar. La formation de la salle et celle des deux conduits latéraux
semble avoir été guidée par l’existence d’une double fracturation perpendiculaire et sub parallèle
du massif (Fig.5).
Dans la zone centrale et ouest de la salle s’étale un important chaos rocheux issu de la
décompression du plafond. Plusieurs piliers stalagmitiques s’élèvent dans cette zone et surtout au
nord-est. Leur regroupement et leur hauteur créent un cadre grandiose au fond de l’abri. Ces
piliers attestent d’abondantes et fréquentes infiltrations d’eaux. Celles-ci chargées de calcaire
dissous, en passant de la surface du massif, par les fissures du plafond ont déposé goutte à goutte
de la calcite, qui a édifié au cours de temps une grande variété de formes de spéléothèmes :
stalactites, stalagmites, piliers, planchers et coulées stalagmitiques, draperies, gours,
encroûtements (Fig. 3, 10).
7
Chapitre I - La grotte GLD1
2. Cadre géologique
Les grottes de Gueldaman font partie d’un réseau karstique creusé dans les formations calcaires
jurassiques de l’Adrar Gueldaman (Fig. 5 et 6).
Du point de vue géologique, l’Adrar Gueldaman fait partie de l’unité dite de « Bou Hamza », il en
représente l’élément morphologique le plus remarquable (Coutelle 1979) (Fig. 5 et 7). Située sur la
rive droite de la vallée de la Soummam, c’est une zone formée de collines du Crétacé inférieur,
plantées d’oliviers et de figuiers essentiellement. Elle est limitée au Nord par l’Adrar Gueldaman
et limitée au Sud par les pitons calcaires des Azrou Toudart, Azrou n’Aït Saïd et de l’Azrou Sidi-
Yahia. Ces reliefs sont formés de couches redressées de calcaires du Jurassique inférieur.
L’Adrar Gueldaman renferme un réseau karstique partiellement exploré, une dizaine de cavités
s’ouvrent sur le versant sud-est dont la grotte GLD1 (Fig. 6). Le versant nord-ouest, constitué de
bancs calcaires dolomitiques moins favorables à la karstification explique l’absence d’ouverture de
cavités. C’est pour cette raison que la progression longitudinale de GLD1 a été stoppée par ces
formations dolomitiques (Fig. 6).
Plusieurs études géologiques ont été consacrées à l’Adrar Gueldaman et ses régions limitrophes
(Ehrmann 1943, Duplan 1952, Glaçon 1967, Caire et al. 1968, Gelard 1971, Coutelle 1979,
Obert 1984, Mohammedi et Mokhtari 1990, Remili et Zouaoua 1995, Abdelouhab et Benmeziane
2003). Nous devons une partie de ces études à la présence de gisements de fer et de granulats.
On note en effet la présence de témoins d’exploitation d’une mine de fer sur le flanc Nord de
l’Adrar Gueldaman et de carrières de granulats en activité sur le flanc sud du piton d’Akbou. Le
minerai extrait était des hydroxydes de fer à teneur élevée, d’au moins 50%, de Fe (Glaçon 1967,
p. 162). Le plus abondant est la limonite plus au moins associée à des ocres diverses (Ehrmann
1943, p. 81). Ce minerai est retrouvé lors des fouilles à GLD1 sous forme de morceaux d’ocre de
couleur rouge vive ou jaunâtre.
L’abondance de ce minerai à Gueldaman, très prisé durant les temps préhistoriques, à
probablement eu un rôle économique, notamment comme « monnaie » d’échange avec d’autres
communautés. Les phénomènes de minéralisation décrits par Ehrmann (1943) se manifestent
également par des sources thermales (Hammam Sidi Yahia à 5 km de Gueldamn) ou des
formations salifères (saline d’Ighzer l’mellah près du village Ighil Ouantar) (Fig. 4). Les salines ont
constitué un autre pôle d’attraction, au même titre que l’ocre, pour les communautés
préhistoriques, notamment pastorales (dômes de sel pour les troupeaux).
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Chapitre I - La grotte GLD1
Le silex est présent dans les bancs calcaires liasiques de l’Adrar Gueldaman. Bien que peu propice
à la taille, à cause des plissements qui ont provoqué des diaclases, il a été exploité dans la grotte
(cf. Chapitre V. § Matières premières).
Figure 4 : Salines (Iguwelmimène) d’Ighzer l’mellah près du village Ighil Ouantar, commune de M’Cisna (CL.
FK-Novembre 2015)
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Chapitre I - La grotte GLD1
Figure 5 : Carte géologique du piton d’Akbou et de l’Adrar Gueldaman (Coutelle 1979, p.65).
Figure 6: Coupe géologique de l’Adrar Gueldaman NE-SW dans l’axe longitudinal de la grotte GLD1 (Coupe dessinée
par F. Kherbouche d’après Coutelle 1979 Fig. 25-26, et la carte topographique 1/25000 Akbou-Ouest).
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Chapitre I - La grotte GLD1
Figure 7: Colonne stratigraphique synthétique de l’unité de Bouhamza (Coutelle 1979, Fig. 18 modifiée FK)
11
Chapitre I - La grotte GLD1
La région d’Akbou se situe actuellement dans l’espace méditerranéen, elle comprend des vallons
(alt. 1200-500 m) encadrant le cours moyen du fleuve Soummam et se trouve reliée à la mer par
la vallée de la Soumma (alt. 160 m) sur une distance de 60 km. Plusieurs microcosmes juxtaposés
caractérisent le secteur étudié, les uns issus du maintien en altitude de conditions naturelles,
d’autres apparus à la suite des modifications de l’occupation des lieux et de la mise en culture
d’espaces aménagés (épierrement, banquettes, etc.) et à l’exploitation minière locale ; les données
climatiques et environnementales disponibles laissent penser que leur fonctionnement naturel peu
ou pas modifié par l’homme reste, dans la plupart des cas, un témoin de périodes anciennes
historiques et préhistoriques. Aussi, en nous appuyant sur le constat actuel des météorologistes,
des botanistes, à propos du climat local, de la végétation naturelle, il semble possible et utile de
dresser à partir d’un aperçu des ressources écologiques résiduelles une cartographie des lieux les
moins anthropisés, donnant une image des potentialités qu’exploitent encore les populations, à
confronter aux résultats que livrent les échantillons prélevés en grotte (sédiments, stalagmite,
charbons, restes fauniques, etc.). Ainsi pourrons-nous mieux comprendre les comportements et
les motivations des groupes venus s’installer dans les abris et grottes de l’Adrar.
Le climat Méditerranéen local est actuellement proche du type semi-aride caractérisé par des étés
chauds et secs et des hivers doux et humides. En hiver, lors des tempêtes de neige qui gagnent les
moyennes altitudes (<1000 m), les crêtes de l’Adrar Gueldaman sont revêtues d’une très fine
couche de neige (≈ 5 cm) qui ne résiste que deux ou trois jours. La pluie est rare en été (37 mm),
un peu plus fréquente en automne (155 mm), hiver (178 mm) et au printemps (147 mm). La
pluviométrie annuelle moyenne évaluée pour la période 1979 à 2013 est de 516 mm (http://data-
portal.ecmwf.int).
Malgré les faibles précipitations, la région est pourvue d’un réseau hydrologique développé, de
nombreux affluents alimentent la Soummam qui coule (cours moyen, aval) au pied de Gueldaman
(en kabyle « aman » signifie l’eau).
Le couvert végétal de type « garrigue » prolifère dans les environnements calcaires. Selon
l’altitude, le relief, l’exposition, la proximité des sources d’eau, la végétation varie. Sur le versant
sud de l’Adrar Gueldaman, exposé au soleil, croissent (entre alt. 900-300 m) des herbacées de
type armoise blanche (Artemisia vulgaris) ou des plantes arbustives telles que le genévrier de
Phénicie (Juniperus phoenicea turbinate), le romarin (Rosmarinus sp.), l’asperge blanche (Asparagus
albus), la retama jaune (Retama sphaerocarpa), le pistachier lentisque (Pistacia lentiscus) et le pistachier
térébinthe (Pistacia terebinthus) qui poussent généralement à proximité de l’entrée de grottes ou
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Chapitre I - La grotte GLD1
cavités (c’est ainsi que nous avons identifié certaines grottes dont l’entrée est obstruée par la
végétation), le palmier nain (Chamaerops humilis) notamment vers les crêtes où l’on remarque la
présence de la férule commune (Ferula communis), le diss (Ampelodesmos mauritanica) et les genêts
(Genista tricuspidata). Dans l’Ighzer Ou Debbouz en contre bas du versant sud de Gueldaman et
sur les rives de la Soummam pousse le laurier rose (Nerium oleander) et le typha (Typha gr.
angustifolia).
Cette végétation résiduelle naturelle est présente sans grande modification parmi les restes
paléobotaniques découverts à GLD1 (Chapitre XII).
La faune de mammifères sauvages actuels se limite à quelques espèces : sanglier, chacal, porc-
épic, lièvre. Une hyène rayée a été aperçue non loin de Gueldaman dans les années 2000, une
autre capturée vivante se trouve dans un zoo privé tenu par M. Akffous à Akbou. Sur les crêtes
rocheuses nichent plusieurs rapaces : comme le vautour percnoptère (Neophron) et la buse (Buteo).
Parmi les espèces endémiques rappelons la découverte en 1975 d’une espèce d'oiseaux de la
famille des Sittidae, la Sittelle kabyle (Sitta ledanti) par Jea-Paul Ledant, naturaliste belge.
Des abeilles sauvages y trouvent également refuges dans les nombreuses anfractuosités calcaires
(cf. Chapitre XI).
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Chapitre I - La grotte GLD1
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Chapitre I - La grotte GLD1
Figure 8: Horaires des premiers et derniers rayons du soleil en éclairement direct à GLD1.
Figure 9: Parcours du soleil vu de la grotte GLD1 lors des solstices d’hiver et d’été
(Mesures F. Kherbouche via sunearthtools 2015).
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Chapitre I - La grotte GLD1
Figure 10: Représentation des angles minimal et maximal d’élévation du soleil par rapport à la coupe
longitudinale de la grotte GLD1.
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Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
1. Introduction
Dans ce massif, la grotte GLD 1 est la seule à avoir fait l’objet de fouilles au début du XXe siècle
(de Beaumais et Royer 1926) et d’études plus récentes sur les collections de ce site (Camps-
Fabrer, 1966 ; Chaïd-Saoudi, 1987). La publication des fouilles en 1926 ne donne aucune
indication sur le contexte stratigraphique de la documentation archéologique recueillie. Celle-ci
est constituée de pièces d’une industrie osseuse polie, de tessons céramiques, de polissoirs en grès
ou en calcite, de galets plats usés sur la tranche, d’une pierre à rainure, de pièces d’une faune de
mammifères et de quelques ossements humains. Il manque un assemblage lithique taillé. Font
exception cinq outils en silex et en quartzite et trois haches polies en quartzite. Les auteurs le
soulignent avec surprise. On admet que ce sont les haches polies et la céramique qui conduisirent
les auteurs à définir l’ensemble culturel comme Néolithique, selon les critères diagnostics de
l’époque.
Les campagnes d’exploration et de recherches préhistoriques du CNRPAH ont débuté en juillet
2010, et se sont poursuivies les années suivantes au rythme d’une à deux par an, mobilisant une
équipe de 15 à 20 personnes (Kherbouche et al. 2014).
La grotte GLD1 a été découverte par A. de Beaumais, ancien Administrateur Général de la ville
d’Akbou, alors « Commune Mixte » rattaché au département de Constantine. Dans une
correspondance qu’il adressait au Prof. Arambourg en 1927 (lettres faisant parti des archives du
Fond Arambourg conservé à la bibliothèque centrale du MNHN à Paris), il relate les conditions
de sa découverte et l’organisation des fouilles (Fig. 1) :
« ...A titre de renseignement, pour cette communication voici comment j’ai découvert l’intérêt que pouvait présenter
cette grotte au point de vue préhistorique. J’en avais entendu parler comme d’une curiosité, on m’avait vanté les
stalactites et les stalagmites ; j’ai donc organisé une excursion avec déjeuner dans la grotte. Le hasard a bien fait les
choses car j’étais surement le premier –je n’ose dire préhistorien- mais le premier visiteur curieux des questions
17
Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
préhistoriques, de paléontologie et d’anthropologie qu’ait pénétré dans cette grotte- Mettez-vous à ma place : dès les
premiers pas, je tombais en arrêt sur des ossements fossiles épars sur le sol, sur toutes ces coquilles d’escargots et je
me suis promis de revenir dans la semaine avec des hommes munis de pelles et de pioches. Et voilà comment j’ai
procédé à mes premières fouilles ; très intéressé par ce que j’avais trouvé, j’ai expédié une première caisse d’ossements
et de poinçons à mon ami le Dr Royer à Paris qui fut enthousiasmé et qui répondant à mon invitation vint passer
un mois avec moi. Vous avez pu lire le résultat de ces secondes fouilles dans le Bulletin de la société préhistorique
de France. Vous savez le reste et comment intéressé à votre tour, vous avez fait le nécessaire pour qu’une subvention
de 300 (Frs ?) me soit accordée afin de procéder à la 3e fouille dont vous avez constaté les résultats. Et j’ai la
ferme conviction que les 4es fouilles auxquelles je procéderai –avec ou sans subvention- seraient fructueuses.. ».
18
Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
Figure 1 : Lettre adressée en 1927 par A. de Beaumais (Akbou) au Pr. C. Arambourg (MNHN/Paris)
Les travaux de fouilles ont été décrits dans la publication d’A. de Beaumais et P. Royer 1926
(Partie I), alors que la description du matériel archéologique est publié par P. Royer 1926 (Partie
II).
La méthode de fouilles comporte deux phases opératoires :
19
Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
4° D'une autre tranchée faite dans le sens de la longueur du tunnel contre la paroi gauche : 9
mètres sur 2 mètres.
La profondeur maxima des tranchées est de 5m50.
5° De sondages effectués derrière le rideau. Au cours de ceux-ci, on rencontre d'abord une croûte
de calcaire très dur laissé par l’évaporation de l'eau tombée de la voûte sur le sol, puis une couche
de terre stérile de 0m06 à 0m10 d'épaisseur recouvrant le roc. » (Beaumai et Royer 1926, p. 225).
Commentaire
Lors du creusement des tranchées, les sédiments ont été rejetés sur des « banquettes » latérales à
l’intérieur de la grotte à cause de l’impossibilité « d’introduire des brouettes dans la grotte ». Cette
contrainte n’a pas manqué de limiter et de compliquer les travaux. Aujourd’hui nous pouvons
observer plusieurs amoncellements de sédiments remaniés couvrant la surface de la grotte (Fig. 2
et 3).
Malgré plusieurs imprécisions (cf. dernière colonne du tableau ci-dessous) nous avons tenté de
reconstituer les positions des tranchées (Fig. 4).
20
Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
21
Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
Lors de la phase de creusement des tranchées, la récolte des objets n’a pas été faite par tamisage,
mais par le procédé suivant :
« La terre est pulvérulente : chaque pelletée jetée en éventail se répandait en couche mince et
dévalait le long de la pente bientôt formée par les pelletées précédentes ; il était donc facile de voir
les os ou les objets qui y étaient mêlés. Nous examinions très attentivement ces déblais et les
ouvriers kabyles, doués d'une promptitude de perception remarquable, étaient souvent les premiers
à les reconnaître. » (Beaumai et Royer 1926, p. 225).
« Dans la seconde période, les tranchées étant ouvertes les recherches étaient faites sur la
tranche de la banquette opposée à celle sur laquelle avaient été rejetés les déblais. Après avoir pris
un croquis des différentes couches et les avoir numérotées sur le papier, on procédait au grattage
de la couche superficielle sur une certaine étendue, ensuite on passait à la seconde, à la troisième et
22
Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
ainsi de suite jusqu'à la dernière pour recommencer à côté dans le même ordre. La terre provenant
du grattage était recueillie sur un tamis et les objets et ossements de chaque couche placés
ensemble dans des boites numérotées. Les plus petits cailloux, les plus minces esquilles étaient
ramassées, ainsi rien ne pouvait échapper à l'examen. Celui ci était fait au bordj après lavage des
pièces » (Beaumai et Royer 1926, p. 225).
On trouvera ci-dessous la liste publiée (Tab. 2). Les 20 spécimens d'une industrie osseuse et les
31 objets osseux/dentaires appartenant à divers espèces fauniques (Bos ibericus, Gazella, Rhinocéros
simus, Bos primigenius, Sus scrofa) ont pu être recueillis plus tard, par C. Arambourg qui n’en n’a pas
fait état dans une publication. On doit à H. Camps-Fabrer d’avoir retrouvé et étudié ces
collections du Département des sciences de la terre du Muséum National d'Histoire Naturelle à
Paris. (Camps-Fabrer, 1966). Plus tard, la faune a été étudiée par Y. Chaid-Saoudi (Chaid-Saoudi,
1987).
N° figure
Catégorie Description Variantes
(1926)
Extrémité entaillée en dessous et des deux 3, 4, 5, 7, 9,
côtés, de façon à former une sorte de bec 13, 15, 18, 22,
triangulaire 33, 34, 35, 36
Esquilles intentionnellement polies à leur 6, 8, 14, 2, 48,
extrémité active 50, 5, 52, 54
Pointes provenant d'esquilles d'os brisés
Poinçons parfaitement polis dans toute leur
par percussion et d'os longs de petit 10, 16, 17, 45,
Poinçons longueur (parfois de forme aplatie et
mammifères, pourvus ou non d'une de 46, 47, 78
perforés)
leurs épiphyses
Incisives de sanglier usées vers la racine
1, 2
pour leur donner une extrémité aiguë
Canines inférieures de sanglier travaillées
dans le même but, mais la pointe se trouve 12
naturellement à l'extrémité libre
Pointes de sagaies ou de flèches, suivant leur
19, 20, 23, 41,
dimension, en raison de leur analogie avec
Pointes, généralement plates et bien 43, 44, 47, 55,
Pointes les objets semblables dont se servent les
travaillées, arrondies ou taillées en 59, 60, 61, 62,
simples (?) Esquimaux actuels et avec ceux qu'utilisaient
biseau à une des extrémités 63, 64, 65, 66,
les Indiens du Nouveau-Mexique à l'époque
67, 68
précolombienne
24, 25, 26, 27,
Instruments provenant, soit de grosses
28, 29, 30, 37,
Instruments dont la pointe est formée esquilles, soit de côtes
Pointes 38, 39
par une échancrure sur le côte gauche Fragment d'omoplate de gros animal 24
échancrées
(l'objet étant vu par sa face supérieure)
un métacarpien d'antilope, présentant
32
l'entaille à droite
Longs et étroits, faits de côtes amincies et
Couteaux longs et courts existe parfois
Couteaux polies sur un côté pour leur donner un 81, 82, 83
un trou de suspension
tranchant
23
Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
Les galets sont nombreux aux divers Galets courts, usés de façon à donner un
89
niveaux. Vraisemblablement employés à bec mousse
Galets
assouplir les peaux d'animaux destinées Galets affectant la forme triangulaire et sur
aux vêtements 90
l’un d’eux le bec est rabattu
Galets plus petits, sont en boudin avec deux
?
côtés parallèles rendus plats par l'usage
Un petit galet plat à contour ovoïde a servi
91
par une de ses extrémités seulement
Poteries Les fragments en sont fort abondants, Vases à fond conique 95
24
Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
mais aucun vase complet n'a été récolté. 96, 98, 99,
La poterie est extrêmement grossière, de Vases à bord simplement arrondi aux doigts 100, 101,103,
couleur généralement noire ou brune, 105, 108
portant la trace du lissage fait avec les 97, 102, 104,
Vases possédant un bourrelet peu saillant
doigts ; souvent des graviers sont 107
incorporés à la pâte. Vases de médiocre Vases présentant une ornementation en
hauteur. 97, 99, 102,
forme d'incisures sur un rang, plus rarement
98, 100
sur deux rangs
Vases possédant des dessins dits " à l'ongle " 103, 104, 105
Vase avec une ornementation plus élégante
(lignes courbes divergentes partant d'un 107
point commun, avec incisures au-dessous)
Un petit grattoir discoïde en silex ?
Une petite pointe de flèche fort grossière en
?
silex
Un fort éclat de quartzite qui affecte la
Industrie Celle-ci est aussi réduite que possible : forme d'une pointe de lance ou de sagaie et
?
lithique Grattoir, pointe de flèche, haches polies deux éclats qui furent incontestablement
utilises pour couper ou racler
Hache boudin en diabase ?
Hache-herminette en quartzite noir ?
Hache plate en quartzite rubané. ?
Tableau 2 : Documents archéologiques découverts lors des fouilles d’A. de Beaumais et P. Royer (1926)
regroupés selon une nomenclature proposée par P. Royer (1926). La présentation synthétique sous forme
de tableau est de F. Kherbouche.
25
Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
celle de la grotte et d'ailleurs on devrait trouver aussi bien qu'ailleurs des débris dans les couches
inférieures, ce qui n'est pas, la tranchée / faite à cet endroit par l'un de nous (M. Beaumais)
n'ayant rien donné. Il est peu probable que la configuration de rentrée était différente de ce qu'elle
est aujourd'hui ; peut-être était-elle obstruée par des blocs de rocher tombés de la voûte ou disposés
par les hommes comme moyen de défense.
2° A l'exception d'une canine, d'un fragment de crâne et de deux ou trois os portant des traces de
dents, il n'existe pas de vestiges de carnassiers. Force nous est de croire que depuis le moment où
l'ouverture de la grotte fût mise au jour par l'action des eaux, cette caverne ne laissa pas d'être
habitée par l'homme.
3° Nous avons vu précédemment qu'à l'époque néolithique, le sol de la vallée était au niveau de
la grotte; l'homme pouvait donc y introduire des fardeaux, animaux entiers ou quartiers de grands
animaux. Quant à l'apport d'ossements d'animaux disparus (un condyle d'Eléphant,
probablement El. meridionalis) nous le supposons avoir été charrié par les eaux lors de la première
inondation.
4° Le manque d'industrie lithique s'explique plus difficilement. Devons-nous affirmer qu'elle fait
absolument défaut? Nous n'en avons que des preuves négatives et on ne peut en avoir d'autre. Nous
sommes tenus à quelque réserve en vue de l'avenir, tout le sol de la caverne n'ayant pas été fouillé;
néanmoins nous estimons peu vraisemblable que des découvertes ultérieures modifient nos
renseignements actuels sur ce point, cela pour plusieurs raisons : il semble que le cube considérable
de terre remuée, le soin apporté aux recherches, nous auraient fait découvrir des pierres travaillées
s'il en existait dans le gisement. Les plus petits cailloux, avons-nous dit plus haut, ont été recueillis
et cela sans exception, quelle que fût leur nature; il n'est pas possible qu'il en soit échappé lors des
recherches. Nous avons trouvé de nombreux galets plats dont les tranches sont usées par le
frottement et, dans la couche la plus superficielle, trois haches polies de roche et de facture
différentes : ce sont des outils importés.
Il n'a été mis à jour ni un nucléus, ni un percuteur, ni un éclat de taille.
Enfin les os travaillés sont, ou bien des esquilles provenant d'os brisés pour en extraire la
moelle, ou bien des os longs de petits mammifères.
Cependant ces hommes devaient dépecer et dépouiller leurs victimes? Pour cela ils usaient, par
polissage, des côtes dont ils faisaient des couteaux. Evidemment ce n'était pas l’idéal...
Comment donc expliquer l'absence d'outils en pierre dont certains eussent rendu des services si
utiles?
Devons-nous croire à une population exclusivement sédentaire, privée volontairement de tout
contact avec d'autres hommes et se privant ainsi des matériaux que des échanges ou des recherches
éloignées leur auraient procurées? Bien des générations se seraient alors succédées dans
l'isolement, car l'épaisseur du gisement indique un long habitat ! Cela rend la supposition peu
vraisemblable.
Le mieux, nous semble-t-il, est d'attendre que des fouilles ultérieures dans cette grotte
ou dans des stations analogues, donnent le mot de l'énigme » (Beaumai et Royer 1926, p. 227-
228).
26
Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
Pour rendre aisées les références aux travaux de 1926, le signalement adopté utilise des auteurs et
la date de publication (B-R 1926).
Méthodes de fouilles :
• Des incertitudes soulevées sur la position et les dimensions des tranchées B-R 1926
demeurent toujours en 2010-2015. Nous avons pu néanmoins localiser la tranchée
longitudinale, certaines tranchées transversales et les sondages effectués derrière le rideau
stalagmitique.
• Les déblais B-R 1926 sont restés à l’intérieur de la grotte comme l’avaient précisé les
auteurs. Nous mesurons aujourd’hui la chance de pouvoir les étudier. En effet, non
seulement ils renferment encore une abondante documentation archéologique, mais aussi
leurs zones d’accumulation reposent sur un sol non remanié préservant ainsi plusieurs
zones stratigraphiques intactes.
Documentation archéologique :
• Le matériel archéologique mis au jour en 2010 après tamisage des déblais reste dans sa
constitution comparable à l’ensemble des objets signalés B-R 1926 (céramique, industrie
osseuse et restes fauniques).
• D’autres séries d’objets ont été également mises au jour dès 2010 : industrie lithique
abondante et variée, ocres, éléments de parures en coquille de mollusques marins,
microfaune, etc. A cela s’ajoute une très abondante industrie lithique variée et bien
conservée qui a échappé à la vigilance des ouvriers lors des premières fouilles (B-R 1926)
et qui constitue la première donnée culturelle majeure de nos découvertes.
27
Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
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Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
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Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
Figure 9 : Planche (Royer 1926, p. 236) : Galets usés (« polissoirs ») (n° 88-91 et 93), fragment de pierre a
rainure (n°92) et fonds conique (n°95) et mamelon (n°94).
30
Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
• « L’absence presque totale d’objets et d’ossements sous le tunnel, à l’entrée de la grotte ». En ce qui
concerne la zone « sous le tunnel », nous ne sommes pas en mesure de confirmer cette
observation car cette zone n’a pas fait l’objet de fouille à ce jour. En revanche, à l’entrée
de la grotte nous avons tamisé une partie des déblais et nous avons découvert une
abondante documentation archéologique.
• « L’absence de restes ou traces de présence d’animaux carnivores ». Nous n’avons pas encore
effectué l’ensemble des déterminations paléontologiques des nombreux ossements
31
Chapitre II - Historique des recherches à Gueldaman : 1926-2010
recueillis. Mais nous comptons déjà des restes de carnivores (chacal) et nous avons
observé leurs traces sur les ossements d’herbivores. Mais, il est un fait qu’ils sont
relativement peu nombreux (cf. Chapitre X).
• « La présence d’ossement de grands animaux qui n’y pourraient accéder actuellement et dont certains sont
antérieurs au néolithique ». La présence de la grande faune (Eléphant) à GLD1 au
Néolithique n’est pas surprenant, celle-ci étant attestée durant l’Holocène en Algérie
orientale à travers les représentations rupestres.
• « L’absence de toute industrie lithique ». Nous avons découvert une grande quantité d’éclats de
débitage de différentes matières premières (silex noir et calcaire), des pièces retouchées,
quelques nucléus et outils qui font l’objet de ce mémoire.
32
Chapitre III - Méthodologie générale
1. Logistique de la fouille
33
Chapitre III - Méthodologie générale
2. Conduite de la fouille
Dans GLD1, des repères ont été définis et fixés dans les parois pour installer un carroyage
général, servant à compartimenter l’espace de la salle principale (Fig. 1-2). Quatre secteurs ont été
créés (S1-S4). Des relevés topographiques ont été réalisés en octobre 2012 par P. Courbon avec la
collaboration de A. Bourrai (Fig. 3).
Figure 1. GLD1 (2012)- Aspect intérieur de la grotte (vue de la paroi Est depuis l’entrée)
34
Chapitre III - Méthodologie générale
Figure 2. GLD1(2012)- Aspect intérieur de la grotte (vue depuis la paroi Est vers le fond de la grotte).
35
Chapitre III - Méthodologie générale
Figure 3. GLD 1- Coupes planimétrique (a), longitudinale (b) et transversale (c) de la grotte (même échelle).
36
Chapitre III - Méthodologie générale
La première campagne de 2010 s’est déroulée entre le 15 Juillet et le 15 août et avait pour objectif
de fournir les premiers éléments d’une connaissance générale des potentialités archéologiques
locales. Les opérations entreprises consistaient à :
A l’issue de la campagne de 2010, il était devenu évident de poursuivre les travaux dans la grotte
et d’envisager pour la prochaine compagne en 2011 de :
En 2012 trois sondages ont été réalisés dans les secteurs S2 et S3. Celui de S2 couvrait une
surface de 2 m2 (MN-47) et une profondeur d’1 m (z=-50 à z=-150). Dans le secteur 3, un
sondage a été réalisé dans le carré F3 sur une profondeur de 1.8 m (z=0 à -180), un deuxième
sondage en I38 sur un 1/3 de la surface du carré (y=0 à 100 et x=0 à 30) et une profondeur d’un
mètre (Fig. 4). Les sondages avaient pour objectif d’établir une première lecture verticale
sédimentologique et archéologique. Dès 2012, les fouilles sont devenues systématiques et les
zones de fouille se sont étendues latéralement (Fig. 4). Dans le secteur 2, c’est une surface de 13
m2 débarrassée des accumulations B-R 1926 qui a fait l’objet de fouilles en 2013 sur une
profondeur de 20 cm (z=-135 à -155). Dans le secteur 3, une banquette en « L » regroupant 7
37
Chapitre III - Méthodologie générale
carrés G-J 35 et G35-38 (Fig. 4) est fouillées en 2013 et 2014 sur une profondeur de 30 cm (z= -
160 à -190).
3. Protocole de fouille
Le même protocole est applicable pour les opérations de sondage et de fouilles en extension.
Le déroulement des sondages est envisagé en examinant en même temps, en coupe et en
extension horizontale, les contextes sédimentologique et archéologique. La fouille en extension
est envisagée pour découvrir l’existence ou non de structures (positives et négatives) ayant
accompagné les occupations.
38
Chapitre III - Méthodologie générale
• Restes humains
• Restes fauniques
• Tessons céramiques (recueillis avec pincette et conditionnés dans du papier aluminium)
• Charbons (> 1 cm) (recueillis avec pincette et conditionnés dans du papier aluminium)
• Coquilles d’hélix
• Eléments de parure
• Outils lithiques et osseux
• Pierres (> 3 cm)
Tous les objets coordonnés sont listés sur la fiche de fouille avec :
• numéro (concaténation du carré avec une séquence de chiffres, par exemple : M47-125),
• description sommaire,
• observations
Les sédiments de la fouille sont systématiquement tamisés à l’eau et par flottation pour extraire
l’ensemble des macro-restes botaniques, microfaune, esquilles osseuses, micro-éclats lithiques,
grains d’enfilage en test d’œuf d’autruche, fragments d’ocre, coprolithes, etc.
Nous avons conçu et réalisé un dispositif de tamisage permettant à la fois le lavage des sédiments
et la récupération par flottation des microcharbons qui passent au travers des mailles de la
colonne de tamis (2 et 1 mm) (Fig. 5). Les résidus des tamis sont ensuite plongés dans un bac
d’eau pour récupérer par flottation à l’aide d’une passoire les objets ayant une densité plus faible
que celle de l’eau (essentiellement des macro-restes végétaux, des esquilles osseuses et fragments
de coquilles d’Hélix).
39
Chapitre III - Méthodologie générale
40
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Les travaux initiaux n’ont pas laissé sur les murs de marques peintes ou gravées signalant le
niveau le plus haut des dépôts avant exploration, ni même un niveau intentionnellement tracé au-
dessus qui servirait de référence générale (référence Zéro), altimétrique pour évaluer l’épaisseur
des dépôts fouillés. Cependant l’épaisseur totale des dépôts de la grotte GLD 1 a été estimée à 5
m par A. de Beaumais et Royer (1926).
Dans le secteur 2, nous avons localisé et identifié l’emplacement d’une de leurs tranchées
transversales. Après avoir ôté les monticules qui la recouvraient nous avons atteint une assise
argileuse conservant l’empreinte laissée par une lame de pioche (Fig. 1). Cette assise correspond à
une unité très indurée par l’eau fortement chargée en calcaire, son état a stoppé la progression des
fouilles et le creusement des tranchées. Les premiers travaux n’ont jamais atteint une formation
stérile, ni un substratum rocheux.
Durant les campagnes de 2010 à 2014, la plus grande profondeur atteinte dans le secteur 3 au
niveau des carrées H37/H38 se situe à 4 m, sans jamais atteindre le substratum rocheux. Des
mesures géophysiques, réalisées en 2011 par une équipe du Centre de Génie Sismique d’Alger
n’ont pas pu estimer la puissance des dépôts sédimentaires.
41
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
En S2, après dégagement des accumulations nous avons établi une longue séquence
stratigraphique, conservant des couches bien différenciées et horizontales (Fig. 4-5). Les travaux
poursuivis en 2012 et 2013 ont conduit à retirer et conserver les sédiments formant ces
monticules pour dégager le secteur S3.
Figure 1 : GLD1/Secteur 2/M46. Au centre de la photo, on distingue deux empreintes d’une lame de
pioche laissées lors du creusement d’une tranchée B-R 1926.
1.3. Analyse du contenu des déblais des premières fouilles (B-R 1926)
Le maintien en grotte des accumulations des dépôts fouillés (B-R 1926) a conduit à en étudier le
contenu résiduel. Dégagées et tamisées elles ont livré durant les campagnes 2010 et 2011 un
ensemble documentaire diversifié, en bon état. Le volume total tamisé représente 3 m3 pour le
secteur 1 et 5 m3 pour le secteur 2. Environ 20 % de ce volume est constitué essentiellement par
des restes osseux fauniques et des tessons de céramiques.
42
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
43
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Figure 4 : GLD1. Secteur 2, vue de la coupe transversale 47/48 dans les zones K, L et M avant les travaux
de 2010. Localisations des déblais et des dépôts en place.
Figure 5 : GLD1. Secteur 2, vue sur la coupe transversale 47/48 dans les zones K, L et M après le
dégagement des déblais. Mise en évidence des dépôts en place (Z=0 : cadre blanc au dessus du carré L48)
44
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Les coupes stratigraphiques ont été levées avec la participation de : N. Sehil, S. Bensadok, R.
Benchernine, N. Mazouni et M. Mameri (CNRPAH).
Une coupe stratigraphique située dans le secteur 2 à la limite des bandes 47-48 a été mise au jour
a levée en 2011. Cette coupe d’une longueur de 2 m (zones K à M) et une profondeur de 115 cm
a été relevée et échantillonnée pour des études sédimentologiques et micromorphologiques. La
description de ce profil permet de regrouper les dépôts en treize niveaux lithostratigraphiques
(Fig. 6). Ces dépôts sont constitués de limon sablo-argileux, à structure polyédrique à grumeleuse
et à consistance friable à poudreuse. La couleur varie selon les niveaux, elle est généralement
homogène. Les éléments grossiers sont en nombres importants, ils sont de taille variable, en
calcaire, non usés et majoritairement non altérés. La porosité dans le sédiment est vacuolaire mais
elle est rare. Le potentiel archéologique est important. Il se compose de restes de faune,
d’industrie lithique et osseuse et de tessons de céramique.
Vers K48/L48, un plancher stalagmitique, en cours de formation, indure les niveaux sous-jacents
sur une profondeur de 50 cm. Ceux-ci se présentent sous forme d’une brèche contenant quelques
os, et un nombre important de pierres de moyennes (3 à 6 cm) et de grandes dimensions (6 à 10
cm) présentant une forte altération. Certaines de ces pierres sont à l’état de fantômes. De haut en
bas on distingue :
Niveau 1 : sédiment très altéré de couleur blanche couvrant, sous forme de revêtement, une
surface de moins 40 m2. Son épaisseur varie entre 2 et 10 cm. Il renferme des pierres à l’état de
fantômes, de rares ossements et des charbons de bois remontés du niveau rouge inférieur.
Niveau 2 : limon sableux brun rouge visible sur la partie ouest de la coupe sur une étendue de 72
cm. Ce sédiment a une structure polyédrique et une consistance friable et sa couleur est
homogène. Il ne contient ni éléments grossiers ni matériel archéologique. Cependant, dans la
zone 48, la fouille a livré des ossements, quelques industries et céramiques et des charbons de
bois.
Niveau 3 : limon brun foncé d’épaisseur variable. De 15 cm dans sa partie ouest, il s’amincit
progressivement en allant vers l’est où il ne dépasse pas 7 cm. La couleur est homogène, la
45
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
structure et la consistance poudreuse (il a été très difficile de prélever des blocs
micromorphologiques).
Ce niveau contient de nombreuses pierres de grandes dimensions (de 6 à 10 cm de diamètre) aux
arrêtes fraîches et à l’état non altéré. Mais, on trouve aussi quelques pierres de petite taille (de 1 à
3 cm de diamètre) très altérées ou à l’état de fantômes. Quelques os de grande faune en bon état
apparaissent sur la coupe ainsi que des charbons de bois.
Niveau 4 : niveau présent uniquement dans la zone L 48 avec une épaisseur maximale de 10 cm
au milieu. Il renferme un limon sableux de couleur brune, de structure grumeleuse et de
consistance friable. Sa couleur est homogène.
Les pierres sont en nombre équivalent à celui du niveau 3 mais elles sont de petite taille (de 1 à 3
cm) et très altérées. Les os sont peu représentés et appartiennent aussi bien à la grande faune
qu’aux micro-vertébrés. Les charbons sont bien représentés et dépassent souvent 1 cm de
diamètre.
Ce niveau tranche nettement avec le niveau sous-jacent par la couleur, la structure et le contenu
géologique et archéologique.
Niveau 5 : est constituée d’un limon brun clair à structure feuilletée et à consistance friable. Son
épaisseur n’est pas homogène et elle varie de 3 cm à 6 cm. Les éléments grossiers se limitent à
deux pierres à l’état de fantôme. Les charbons de bois sont rares et le matériel archéologique est
absent. Le niveau renferme à sa base, dans la zone N47, un foyer de 50 cm de long sur 7 cm
d’épaisseur. Ce foyer, de 5 cm de haut, se compose d’une cendre blanchâtre et il repose sur un lit
charbonneux noirâtre de 2 cm d’épaisseur.
Niveau 6 : est un limon rougeâtre d’une épaisseur variant entre 3 et 6 cm. La texture est
prismatique et la consistance friable. Il ne contient pas d’élément grossier ni matériel
archéologique. Le niveau comprend trois foyers. Deux d’entre eux se trouvent dans la zone N47
et sont localisés au sommet du niveau. Ils sont superposés et séparés par des pierres rougeâtres.
Le premier se compose d’une cendre gris- clair de 8 cm d’épaisseur et il est dépourvu de matériel
et de charbon. Le deuxième est constitué d’une cendre blanche de 5 cm d’épaisseur à rares
charbons et il repose sur un niveau charbonneux noirâtre de 2 cm d’épaisseur. Le troisième foyer
a été aménagé dans la zone M47. Ses dimensions sont de 45 cm de long sur 4 cm de haut. Il est
formé d’une cendre gris- foncé à très rares charbons de bois.
Niveau 7 : est un limon brun sombre à structure particulaire et à consistance poudreuse
contenant quelques pierres très altérées et des ossements. Les fragments de coquilles terrestres
sont concentrés uniquement dans la zone L 47. De petites fissures verticales sont visibles
localement (zone M47). Deux foyers sont individualisés dans ce niveau. Le premier se trouve
dans la zone L47. Il mesure 30 cm sur 7 cm et renferme un nombre important de fragments de
coquilles et quelques charbons de bois. Le second foyer est situé dans la zone N47 et ses
46
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
dimensions sont de 45 cm sur 6 cm. Il est composé d’une cendre blanchâtre dépourvue de
matériel archéologique et de charbons.
Niveau 8 : est composée d’un limon gris sombre de 10 cm d’épaisseur en moyenne à structure
particulaire et à consistance poudreuse. Ce niveau s’individualise par la présence, dans la zone
M47, d’un très grand foyer en forme de dôme de 130 cm de long sur une épaisseur maximale de
14 cm. Il est constitué d’une cendre blanchâtre contenant des fragments de coquilles terrestres et
des charbons de bois et sa base est soulignée par un alignement, sur toute sa longueur, d’un grand
nombre d’ossements de grande faune. Le niveau renferme, dans le carré L47, une forte
proportion de pierres de grandes dimensions (6 à 10 cm) dont la plupart sont altérées.
Niveau 9 : est constituée d’un limon brun foncé à structure particulaire et à consistance
poudreuse. Son épaisseur, relativement homogène, atteint 5 cm. Il contient de gros ossements et
à sa base un alignement de pierres de moyennes dimensions majoritairement altérées. Quelques
charbons de bois épars sont visibles sur le profil.
Niveau 10 : renferme un limon grisâtre, homogène en couleur et en épaisseur (10 cm). La
structure du sédiment est prismatique et la consistance friable. Le niveau renferme des pierres de
moyenne taille (3 à 6 cm), non usées et non altérées et de rares ossements ainsi que des fragments
de charbon de bois.
Niveau 11 : est constituée d’un limon rose clair à structure prismatique et à consistance friable.
Son épaisseur est variable et oscille entre 10 cm dans la zone N47 et 20 cm dans la zone L47. Un
foyer de 80 cm de longueur sur une épaisseur maximale de 5 cm est visible à la limite de K-L et
dans la zone L47. De nombreux charbons de bois (dont l’un mesure 3 cm x 3 cm) parsèment
toute la hauteur du niveau alors que les ossements sont rares. Les pierres sont relativement
importantes, elles sont de grandes dimensions (6 à 10 cm), non-usées et non altérées.
Niveau 12 : est un limon verdâtre qui s’étend de la limite J/K à la zone M47 à X = 20 cm où il
est remplacé par un limon rose clair. Son épaisseur est variable et elle oscille de 8 à 20 cm. La
structure est prismatique et la consistance friable. Le niveau ne contient ni éléments grossiers ni
ossements mais contient quelques rares charbons.
Niveau 13 : est un limon rougeâtre de 7 cm d’épaisseur à structure prismatique et à consistance
friable. Vers le sommet, le niveau renferme, dans la zone L47, un alignement de pierres de
moyennes dimensions (3 – 6 cm) et dans la zone M47 une lentille charbonneuse de 2 cm
d’épaisseur. Le matériel archéologique se limite à un os visible dans la zone K47.
Ce niveau repose sur la surface de la fouille actuelle composée d’un limon jaunâtre qui apparait
uniquement dans les zones M47/N47 en raison de l’irrégularité de la surface. La structure est
particulaire, sans éléments grossiers, et la consistance poudreuse. Absence de restes
archéologiques.
47
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Figure 6 : Coupe stratigraphique transversale 47/48 dans les zones K, L et M (dessin S. Abdessadok)
48
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
49
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
- notons la présence de quelques granules rougis par le feu, et d’une à deux pierres fortement
altérées. Ce niveau repose également sur un lit de charbons de 2 cm d’épaisseur.
Niveau 9 : limon gris et sombre de structure grumeleuse et de consistance friable. La couleur est
non-homogène et variée entre gris- clair et gris- sombre. Des pierres sont moyennement
représentées et sont de moyennes dimensions, les restes osseux sont très rares et l’un d’eux est
très altéré, les charbons de bois sont présents surtout à la base de ce niveau où ils forment des
concentrations très importantes.
Niveau 10 : limon brun foncé rougeâtre renfermant de nombreux éléments grossiers, calibrés, de
petites à moyennes dimensions., La texture est grumeleuse, la consistance tendre à friable, la
couleur est homogène. Le matériel archéologique et les charbons sont rares.
Niveau 11 : limon rougeâtre à forte concentration de pierres calibrées de moyennes dimensions.
La texture du sédiment est grumeleuse, la consistance poudreuse. Présence de quelques
ossements de grandes dimensions, quelques charbons de bois et quelques coquilles cassées. La
couleur reste homogène.
Niveau 12 : limon jaunâtre grumeleux et friable sans éléments grossiers. Ce niveau scellé par un
plancher stalagmitique n’est pas encore mis au jour par la fouilles-sondage du carré F37. Seule la
section transversale (N-S) située dans la zone G37 est visible. Elle ne laisse pas apparaître de
matériel archéologique. Présence de quelques charbons.
Remarque :
Les pierres sont majoritairement non-usées, de forme en plaquette et de nature calcaire. Elles
représentent dans le niveau 11 plus de 50 % par apport à la fraction fine.
50
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Figure 7 : Coupe stratigraphique transversale 36/37 dans les zones F-G (dessin S. Abdessadok)
51
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Niveau 3 : limon cendreux gris foncé à structure particulaire. La couleur n’est pas homogène en
raison de la présence d’une lentille limoneuse rose-clair (5a). On relève la présence relativement
importante de pierres anguleuses non-usées et non-altérées, de quelques gros ossements et de
charbons de bois concentrés à la base du niveau.
52
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Niveau 7 : limon gris sombre, à texture polyédrique et à structure poudreuse. Les éléments
grossiers sont très rares et certains sont fortement altérés (fantômes). Présence d’un grand
fragment de charbon de bois, alors que les ossements sont rares.
Niveau 9 : limon jaunâtre grumeleux et friable sans éléments grossier, sans matériel anthropique
excepté quelques charbons, sans porosité. Notons cependant la présence d’une petite pierre
rubéfiée et deux plaquettes lithiques au milieu de ce niveau. On observe sur toute l’épaisseur une
alternance de niveaux brun et jaune parsemés de petits points blanchâtre d’altération. Une lentille
(9a) de 50 cm de longueur est formée d’un limon jaunâtre à texture particulaire et à structure
poudreuse. Une seconde lentille limoneuse (9b) brun foncé de même texture et de même
structure est localisée vers « le nord ». On note la présence de deux éléments calcaires fortement
altérés et des taches d’altération sous forme de nodules et de points. Lentille (9c) de limon brun
clair de même texture et de même structure sus-jacent (9b).
53
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
54
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Les analyses granulométriques des éléments bruts inférieurs à 2 mm, permettent de distinguer 7
unités sédimentaires (US). Ces unités sont à forte composante limono-argileuse. La fraction
sableuse est représentée exclusivement par les sables fins.
L’unité sédimentaire 01 englobe les échantillons PS12 à PS9. Les limons y sont largement
dominants (76 %) alors que les sables fins (13 %) et les argiles (11 %) présentent des proportions
similaires. Les sables grossiers n’atteignent pas 1 %.
L’unité sédimentaire 02 comprend les échantillons PS8 et PS6. Malgré une tendance des valeurs
vers la baisse, la fraction limono argileuse reste toujours prépondérante avec 67 % de limons et
un taux d’argile en nette diminution par rapport à l’US 1 (6 %). Ces deux baisses profitent aux
sables fins qui atteignent le fort taux de 26 %. Les sables grossiers sont à 1 %.
L’unité sédimentaire 03 est représentée par l’échantillon PS5. Cette unité enregistre une nette
augmentation des argiles qui passent à 19 % et une légère augmentation des limons à 69 %. Les
sables fins régressent à 11 %.
L’unité sédimentaire 04 est également représentée par l’échantillon PS 4. Nous assistons de
nouveau à la baisse des limons (62 %) et des argiles (12 %) et à une nette hausse des sables fins
(26 %).
L’unité sédimentaire 05 regroupe les échantillons PS3 et PS2. Les limons connaissent une nette
progression par rapport à l’US sous-jacente. Les sables fins subissent une légère baisse (à 21 %)
alors que les argiles connaissent une forte chute à 8 %.
L’unité sédimentaire 06 est représentée par l’échantillon PS1. Elle se caractérise par la nette
hausse des argiles qui enregistrent dans cette unité leur plus fort taux (28 %). Cette augmentation
se fait essentiellement aux dépens des sables fins qui chutent à 8 %. Les limons, malgré leur
prédominance, enregistrent également une baisse (64 %) mais celle-ci est moins importante que
celle des sables.
La forte proportion de la matière fine et l’extrême rareté des sables grossiers sont le témoignage
d’un dépôt dans un milieu calme. La mise en place de ces sédiments s’est effectuée par des
ruissellements à partir de l’entrée de la grotte et à travers les fissures du karst. Les unités
sédimentaires qui connaissent une augmentation en sables trahissent une dynamique légèrement
plus forte. A contrario, l’enrichissement, vers le sommet, de l’unité sédimentaire 6 en argiles (28
55
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
%) peut être attribué à un mode de dépôt résultant d’une décantation, presque en eau stagnante.
Cette unité correspondrait-elle à un abandon de la grotte ?
Le bon classement des sédiments procède le suggère également. Les deux modes principaux,
observés dans les limons et les sables fins, révèlent une même dynamique de dépôt de ces
fractions granulométriques alors que le mode secondaire observé dans les argiles désigne un
courant de faible compétence.
Le taux des carbonates varie fortement d’une unité sédimentaire à l’autre (de 5 à 24 %) et pourrait
avoir plusieurs origines. Une origine commune avec les fractions granulométriques, une origine
résultant d’une précipitation secondaire de la calcite alors que son affinité avec les sables grossiers
témoignerait d’un enrichissement en résidus de dissolution du calcaire.
L'étude de la morphoscopie des grains de quartz montre une nette domination des grains non
usés sur les émoussés. Cependant, on observe vers le sommet une sensible augmentation de cette
dernière forme sans que cela ne soit mis en relation avec l’évolution d’une fraction
granulométrique.
Des plaquettes de schistes ont été observées à la loupe binoculaire. Ces plaquettes sont d’origine
Crétacé dont les formations se trouvent en contrebas de la grotte. Leur acheminement à
l’intérieur de celle-ci, située à une vingtaine de mètres plus haut, s’est fait sous l’action du vent et
d’un changement de régime.
Les sédiments proviennent, en grande partie, des couvertures sédimentaires situées sur le plateau
(argiles, limons et sables fins), de la plaine et des alluvions des Oueds Soummam et Ighzer
Oudebouz (grains de quart émoussés et plaquettes de schistes) et, en partie, de la dissolution du
calcaire encaissant.
56
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Figure 9 : Localisation sur la coupe 4748 des prélèvements d’échantillons sédimentologiques (PS) et de
carottes micromorphologiques (PM) (dessin S. Abdessadok)
57
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Des lames minces ont été confectionnées pour l’étude des processus dynamiques et post-
dépositionnels du remplissage (Bullock et al., 1985 ; Guilloré, 1980 ; Stoops, 2003 ; Stoops et al.,
2010). Trois microfaciès ont été étudiés :
a- les matrices
La matrice est constituée de fragments de calcite, de nodules carbonatés et d’agrégats argileux de
formes sub-arrondies à polyédriques, de tailles micrométrique (40 µm) à millimétriques (2 mm) et
de couleur rouge. Ces agrégats résultent des effets thermiques de la chauffe qui ont modifié la
structure du sédiment et leur rougissement est dû à une rubéfaction dans des conditions
oxydantes. Certains agrégats renferment des éléments siliceux et calcaires, des fragments d’os, des
charbons de bois, des esquilles de gastéropodes ou des éléments de silex.
58
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
couleur gris foncé. Ces trois cas sont présents dans le remplissage de la grotte de Gueldaman. Ils
montrent que des os ont été jetés à proximité des foyers (couleur rouge), ont servi comme
combustible (couleur blanche) ou ont subi une forte altération (couleur gris foncé). L’altération
débute par un liseré à la périphérie de l’os puis se propage vers le centre en réduisant l’os à une
masse amorphe. C’est la phosphatation totale. Celle-ci peut provenir de la dissolution du contenu
osseux à la suite de son exposition à des acides produits par le passage de l’eau à travers le guano
(Martini et Kavalieris, 1978). Rappelons que les dépôts de la grotte de Gueldaman sont
recouverts d’un niveau contenant entre autre des M3 qui résultent de la transformation du guano
déposé par des colonies de chauve-souris qui vivent encore de nos jours dans la grotte. Des
liserés renferment parfois des éléments détritiques et des poussières constituées d’oxalates de
calcium. Ceux-ci sont particulièrement abondants dans les organes des angiospermes (Pobeguin,
1943) et indiquent des restes de feuilles brûlées.
Il existe également des coprolithes à nombreuses inclusions de fragments d’os, de quartz et de
particules limoneuses. Ces coprolithes d’origine carnivore indiquent un abandon de la grotte par
les Hommes.
59
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
60
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Figure 12 : Fragments de microcharbons avec structures cellulaires végétales. Ils ne comportent pas de
claste, ne sont pas roulés et semblent donc in-situ (Photos S. Abdessadok).
3. Chronologie
61
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
calibrées ont été calculés en utilisant le logiciel CALIB 6.1 (Stuiver et Reimer, 1993) au niveau de
confiance 95,4 % (2 sigma) pour les dates provenant du LSCE. Beta Analytic utilise la base
INTCAL13 depuis 2014 pour l’étalonnage des âges radiocarbone en dates calendaires.
Les localisations des échantillons de charbons de bois datés sont indiquées pour les deux secteurs
étudiés : S2 (Fig. 13) et S3 (Fig. 14 & 15).
Collaboration
Stratigraphie
Date médiane
14C Cal BP
Delta C13
Poids (Mg)
Secteur
14C Intervalle
Carré
Niveau
Coupe
SacA 39408 DG M48 120 -60 MN-47/48 3 1,197 -23,47 1600 ± 30 1481 1552-1411
SacA 29731 MF N48 129 -65 MN-47/48 3 ? -25,8 1610±25 1484 1547-1415
SacA 39410 DG N48 216 -84 MN-47/48 7 1,362 -22,62 4020 ± 30 4494 4569-4420
SacA 39411 DG N48 474 -86 MN-47/48 7 1,739 -21,96 3975 ± 30 4415 4526-4305
SacA 42501 DG N48 Ech-2 -85 MN-47/48 7 1,49 -24,41 3895±30 4336 4417-4244
SacA 39409 DG M48 470 -91 MN-47/48 8 0,87 -23,75 3945 ± 30 4403 4516-4290
SacA 41906 DG M48 567 -97 MN-47/48 8 1,312 -23,97 3905±30 4339 4437-4230
SacA 42502 DG S2 M48 Ech-3 -85 MN-47/48 7 1.26 -21,22 4205±35 4736 4849-4622
SacA 42503 DG M48 Ech-4 -93 MN-47/48 8 1.8 -24,41 3955±30 4423 4519-4295
SacA 42504 DG M48 Ech-5 -103 MN-47/48 9 0.63 -25,72 4195±35 4730 4844-4615
SacA 36982 MF N47 774 -108 MN-47/48 9 ? -16,08 4355±30 4918 5032-4851
SacA 23883 MF L48 Ech-A -124 MN-47/48 11 ? -25,90 5250±35 6003 6178-5924
SacA 23884 MF L48 Ech-B -132 MN-47/48 11 ? -27,50 5260±30 6025 6178-5933
SacA 39413 DG H47 192 -150 MN-47/48 13 1,691 -20,92 5625 ± 30 6393 6471-6316
SacA 36981 MF M47 871 -147 MN-47/48 13 -18,37 6120±35 7002 7157-6907
SacA 41909 DG M47 873 -127 MN-47/48 11 1,543 -24,72 5260±35 6031 6179-5930
SacA 29729 MF F37 Ech-D -15 FG-36/37 3 ? -24,9 4210±35 4740 4849-4626
SacA 29727 MF H34 Ech-E -32 FG-36/37 4 ? -24,3 5210±30 5961 6166-5909
SacA 29730 MF F37 Ech-F -90 FG-36/37 4 ? -25,5 5280±30 6073 6181-5944
SacA 41907 DG F36 2 -175 FG-36/37 11 1,052 -24,72 6090±40 6957 7156-6803
SacA 41908 DG F36 3 -190 FG-36/37 11 1,366 -26,78 6130±35 7022 7160-6930
SacA 29728 MF S3 H34 Ech-G -160 FG-36/37 11 ? -26,2 5995±40 6835 6941-6739
SacA 39412 DG G36 359 -210 FG-36/37 12 0,638 -22,34 9425 ± 45 10643 10765-10521
SacA 41904 DG I38 216 -171 I-38 7 1,272 -26,59 5750±35 6549 6641-6452
SacA 41905 DG I38 217 -205 I-38 8 1,385 -28,64 6045±35 6896 6986-6792
Beta 411097 LPC I38 GLD1-4 -217 I-38 8 ? -24,4 6130±30 7050 7160-6940
SacA 39414 DG I38 205 -238 I-38 9 1,72 -19,88 9510 ± 45 10843 11081-10606
SacA 36980 MF I38 207 -252 I-38 9 ? -18,18 10385±50 12255 12516-12041
Tableau 1 : Dates radiocarbones réalisées sur charbons de bois de GLD1 entre 2011 et 2015.
62
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Figure 13 : Localisation des échantillons de charbons de bois datés au radiocarbone sur la coupe stratigraphique 47/48 dans la zone KLMN (Secteur 2).
63
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Figure 14 : Présentation en perspective schématique des trois coupes (F37, 34 en GHI et I-38) du secteur 3. Positions des échantillons datés au radiocarbone et mise
en concordance des épisodes sédimentaires.
64
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
65
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
4. Unités archéostratigraphiques
Dans la zone MN-47/48, les fouilles ont été conduites en privilégiant l’exploration verticale
plutôt que l’approche spatiale (50 à 100 cm) pour caractériser la nature et la diversité du contenu
archéologique des niveaux sédimentologiquement et colorimétriquement identifiés. Cette
approche ne marginalise pas les observations structurelles majeures, celles-ci participent à
l’individualisation des Unités Archéostratigraphiques. L’étude du matériel archéologique sera
présentée dans la partie 2 de ce mémoire. Pour reconnaitre puis définir des épisodes
d’occupations, qui seront ensuite désignés comme unité archéostratigraphiques (UA) nous avons
retenu : (1) les structures de combustion relevées en fouilles, que confirme l’examen
micromorphologique ; (2) la nature et la distribution des documents archéologiques, leurs
coordonnées et leurs associations représentées graphiquement par projection géométrique dans le
plan vertical de la coupe MN-47/48 (Fig.17-21).
Pour identifier l’existence d’unités archéostratigraphiques (UA), nous avons mis en relation
directe les documents issus de la subsistance et ceux de l’aménagement de structures de
préparation et de combustion.
Nous examinerons donc ces structures (combustion et préparation), puis les témoins d’une
subsistance variée, enfin les récipients céramiques et les autres apports issus d’une présence
anthropique.
66
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
présentées dans le chapitre XII. La forte concentration de charbons dans cette zone
(essentiellement de l’espèce Olea europaea), notamment autour des lentilles cendreuses indique qu’il
s’agit d’aires de cuisson. Les analyses micromorphologiques confirment que les charbons sont in
situ.
La répartition altimétrique des charbons met en évidence des horizontalités caractéristiques (Fig.
17), marquant des moments de cuisson synchrones, qui plaident en faveur d’unités
archéostratigraphiques, circonscrites. L’une d’elle est identifiée au niveau stratigraphique n°11
(Fig. 6 et 13) et la deuxième au niveau stratigraphique 12 de la zone M47/48 à z=-150 cm (Fig.
13). Pour le niveau stratigraphique n°9, les concentrations de charbons étant plus faibles, cette
unité se distingue moins bien.
En I48, au niveau stratigraphique n°12, un lit de charbons répartis sur une surface ovalaire (90 x
55 cm) est recouvert d’une trentaine de pierres de petit format, presque cubiques, relativement
normées, intentionnellement rassemblées, agencées, de façon à créer une surface plane étendue,
au-dessus d’une aire de combustion (Fig. 16). Cet amas de pierres jonché de restes osseux semble
être une structure de foyer destinée à cuire les viandes en les disposant sur ces pierres chauffées
au contact des braises (pierres conservée pour examen ultérieur d’éventuels résidus organiques).
Nous verrons ci-dessous que l’association étroite entre tessons céramiques et charbons est
significative d’aires de cuisson.
Témoins de subsistance :
- Restes de vertébrés
Ils sont constitués de 1980 restes (os et dents) sur un total de 4023 objets dans la zone MN-
47/48. L’examen taphonomique révèle des modifications anthropiques intentionnelles et des
empreintes laissées par des carnivores (S. Merzoug). D’autres altérations seront signalées (cf.
67
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Chapitre X). La distribution des témoins osseux et malacologiques montre des répartitions
horizontales très nettes, d’inégale épaisseur et densité. On distingue 4 épisodes de concentrations
nettement individualisées (UA2 à UA5) (Fig. 19). Un cinquième (UA1) sera également
individualisé dans le secteur 3. L’importance quantitative de ces restes de consommations
successives, in situ, laisse penser que ces épisodes représentent des moments d’occupation,
particuliers, s’inscrivant à l’intérieur d’unités d’installation précises et définies (UA1-5).
- Coquilles d’Hélix
Seules les coquilles entières ou sub-entières (53 pièces) ont été prises en comptes dans cette
présentation (Fig. 20). Elles sont concentrées dans le niveau 11 (UA2) autour des lentilles
cendreuses, mais ne portent pas de traces de feu. Cette petite collecte représente le témoignage
d’un goût particulier de l’individu qui a ramené en grotte ces gastéropodes.
- Tessons céramiques
La distribution des 300 tessons céramiques que compte la zone MN-47/48 est en association
directe avec les restes fauniques et confirme l’évidente individualisation des cinq unités
chronostratigraphiques identifiées (Fig. 21). Cependant, la densité des tessons n’est pas
proportionnelle à celle des restes osseux, elle l’est presque inversement proportionnelle. Par
exemple, en UA4 là où la densité des restes fauniques est maximale, les tessons céramiques sont
plus rares, en UA2, c’est l’inverse qui se produit . Les tessons sont généralement de couleur grise
à noir, voire même recouverts d’une couche de suie. Les récipients ont donc servi d’ustensiles de
cuisson. C’est ce que vont confirmer les analyses de résidus lipidiques conservées dans ces
céramiques (Chapitre XI).
68
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
69
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
70
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
71
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Les fouilles dans le secteur 3 ont été orientées (2011-2012) vers une exploration verticale sur des
surfaces réduites (100 x 100 cm en F37 et 20 x 100 cm en I38). Le matériel archéologique ainsi
recueilli a pour but de préciser ou non la composition en unités archéostratigraphiques reconnues
dans le secteur 2.
Le carré F37 fouillé sur une hauteur de 180 cm à livré 3150 objets archéologiques dont 76%, soit
2391 de restes fauniques. Les tessons céramiques viennent en deuxième position numériquement
avec 332 pièces. Le dégagement des dépôts permettant de lever la coupe stratigraphique du carré
I38 sur une hauteur de 150 cm, a livré 238 objets dominés par les restes fauniques (65%).
Ce sont les restes fauniques et les tessons céramiques du carrée F37, numériquement assez
représentatifs, dont la répartition verticale est précise, qui sont retenus (Fig. 22). Le
rapprochement des histogrammes fauniques et céramiques de la coupe stratigraphique
transversale FG-36/37 montre une corrélation assez nette. Elle concerne la densité numérique
verticale des tessons représentative des unités chronostratigraphiques UA2 et UA3. Dans le
secteur 3, la plus grande profondeur atteinte permet de distinguer la limite UA1/UA2 à z=-145
cm en F37 et à z=-180 cm en I38. Cette différence de hauteur est due à un pendage transversal
des dépôts descendant à partir du point le plus haut adossé à la paroi de la grotte à proximité du
carré F37.
72
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
La transition UA2/UA3 est marquée par l’absence de tesson céramique vers le sommet du niveau
4, alors que celle de UA1/UA2 est plus discrète, mais caractéristique (diminution progressives du
matériel archéologique entre les niveaux 11 et 9, puis croissance à nouveau à partir de ce dernier
niveau).
Stratigraphiquement et chronologiquement, il a été possible de raccorder les coupes FG-36/37 et
I38 avec un décalage d’environ 50 cm, dû au pendage transversal des dépôts (Fig. 22).
- Ainsi l’UA1 recouvre les niveaux rougeâtres n°10-11 en F37 et n°8 en I38 chronologiquement
cernés par 4 dates (2 en I38 et 2 en F36) autour de 7000 cal BP.
- La transition UA1/UA2 est matérialisée par un dépôt grisâtre fin (≈ 10 cm) rattaché à l’UA2
(n°9 en F37 et n°7 en I38) daté en I38 à 6549 cal BP (Sac 41904). Dans le secteur 2, ce dépôt de
couleur gris-vert (niveau n°12) est daté en H47 à 6393 cal BP (Sac 39413).
UA2 6181-5944 (Sac 29730) 6166-5909 (Sac 29727) 6641-6452 (Sac 41904) [6641-5909]
73
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Figure 22 : Délimitation des unités archéostratigraphiques dans le secteur 3. A gauche, répartition verticale du nombre de restes fauniques et des tessons céramiques
découverts en F37. Mise en vis-à-vis des données fauniques et céramiques avec la coupe transversale de cette zone ; à droite, mise en équivalence altimétrique et
chronostratigraphique des coupes transversale F37 et longitudinale I38.
74
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
Figure 23 : Introduction des eaux de pluie dans la grotte à l’occasion de fortes averses en avril 2012.
75
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
La configuration topographique actuelle de la grotte est essentiellement celle modifiée par les
fouilles de A. de Beaumais dans les années 1920. Dans l’axe longitudinal central, la tranchée
creusée par les fouilleurs n’ayant été que partiellement comblée par leurs accumulations, a servi à
diriger l’écoulement des eaux de pluie. Nous ne savons pas quelle était la configuration de l’entrée
lors des occupations préhistoriques de la grotte. Il est possible qu’elle ait été en partie obstruée
par la végétation qui aurait joué un rôle d’écran contre les vents violents et les trombes d’eau de
pluie.
Concernant les dépôts archéologiques plus profonds, notamment le niveau rougeâtre
correspondant à l’UA1, il est à peine visible sur la coupe MN-47/48 du Secteur 2, mais
entièrement mis au jour en F37 et I38 dans le secteur 3.
L’UA1 repose sur un plancher stalagmitique qui s’est formé sur un dépôt jaunâtre, identifié
comme niveau n°12 en F37 et niveau n°9 en I38. Les données localement disponibles à ce jour,
ne permettent pas de le considérer comme un niveau de référence, même s’il recèle quelques
charbons de bois in situ (cf. chapitre XII) dont un en G36 et deux en I38 ayant servi à dater son
sommet : 10643 cal BP (Sac39412) en G36, 10843 cal BP (Sac 39414) et 12255 cal BP (Sac
36980) en I38 (Fig. 21). L’épaisseur totale de ce dépôt n’est pas encore connue. Une carotte d’un
mètre au dessous du niveau actuel en I38 (z=-260) n’a pas permis d’atteindre le substratum
rocheux.
La synthèse des datations des deux secteurs S2 et S3 (Tab. 3) conduit à fixer les dernières
fourchettes chronologiques pour chacune des unités chronostratigraphiques (Tab. 3).
On rappelle que ces fourchettes chronologiques ne doivent pas être interprétées comme de
véritables durées d’occupations, même si elles en constituent une première estimation compte
tenu des données stratigraphiques (établie en S2 et S3 seulement, soit sur 1/10 de la surface totale
de la grotte) et chronologiques disponibles actuellement (28 dates 14C).
Les travaux futurs permettront de mieux maîtriser la stratigraphie de GLD1 en établissant
des coupes dans d’autres secteurs de la grotte. D’autres dates radiocarbone sont également
nécessaires pour augmenter la résolution chronologique, notamment celle des niveaux 4-5 et 10
en S2 et l’ensemble des niveaux non datés des trois coupes stratigraphiques de S3.
Pour UA1, la fourchette actuelle [7160-6739 cal BP] devrait correspondre à la durée
d’occupation réelle de ce que nous considérons provisoirement comme étant le premier niveau
archéologique néolithique. Les dates de la limite inférieure sont immédiatement obtenues à la
base de ce niveau et se situent juste au dessus du plancher stalagmitique, en F37, et à la limite
avec le niveau jaunâtre n°9, en I38. Au sommet de cette unité, les dates disponibles sont
chronologiquement proches de celles mesurées dans les dépôts (gris en S3 et gris-vert en S2) à la
76
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
base de l’UA2 (vers de 6500 cal BP). On peut par conséquent retenir une durée d’occupation
d’environ 500 ans entre 7200 et 6700 cal BP.
Pour l’UA2, la fourchette [6641-5909 cal BP] est partielle. Les débuts sont à situer sans
hésitation vers 6500 cal BP. En effet, la base de l’UA2 est un dépôt grisâtre-verdâtre assez fin (≈
10 cm), représenté en S2 par le niveau n°12, et en S3 par les niveaux n°7 pour la coupe I38 et n°9
pour la coupe FG-36-37. Les deux dates disponibles mesurées en S2 et S3 (6549 cal BP Sac
41904 en I38 et 6393 cal BP Sac 39413 en H47) convergent vers la même valeur moyenne située
vers 6500-6400 cal BP. C’est donc à cette date qu’il va falloir situer les débuts de l’UA2.
La transition entre UA2 et UA3, est chronologiquement moins précise. La fourchette
actuelle admet comme borne supérieure la date de 5909 cal BP (Tab. 3) et par conséquent une
durée d’occupation d’environ 500 ans. Or lorsqu’on examine la répartition verticale du matériel
archéologique en S2 et en S3, la date de 5900-6000 correspond à la phase de pleine occupation de
l’UA2. L’amorce d’un déclin survient quelques centaines d’années plus tard. En S2, comme on
l’avait déjà évoqué ci-dessus, la transition UA2/UA3 est matérialisée par un dépôt stratigraphique
très pauvre archéologiquement (niveau n°10) non encore daté. La précision chronologique de ce
niveau est la clé pour l’estimation de la durée de la phase de transition [UA2-UA3]. Une limite
chronologique pour la fin de l’UA2 sera proposée par corrélation avec les dépôts de carbone
organique dans les stalagmites.
Pour l’UA3, la fourchette [5032-4615 cal BP] exige d’être précisée, notamment pour son
début (5032 cal BP) évoqué précédemment dans le cadre de la problématique de transition
UA2/UA3. En revanche la date de 4615 cal BP semble correspondre à la fin de ce niveau
d’occupation conforme au début de l’UA4 vers 4500 cal BP (Tab. 3) et avec une phase de
transition très courte, perceptible seulement à travers la distribution des restes fauniques en S2
(Fig. 16).
Pour l’UA4, la fourchette [4569-4230 cal BP] estimée par six dates 14C toutes issues du
niveau 7 de la coupe MN-47/48 est la plus précise. D’une durée d’occupation relativement courte
(300 ans), la fin de l’UA4 coïncide avec un épisode d’extrême aridité enregistré dans les rapports
isotopiques (δ18O) des stalagmites de GLD1 (Chapitre IX).
Pour l’UA5, la fourchette très serrée de [1552-1411 cal BP] obtenue par deux dates
proches (1481 cal BP/Sac 39408 et 1484 cal BP/Sac 2973) ne permet pas d’estimer la durée
d’occupation réelle de ce dernier niveau d’occupation. La céramique recueillie contient des
tessons tournés, ce qui confirme l’attribution à une période historique. Le début de l’UA5 restera
imprécis tant que les niveaux stratigraphiques 5 et 6 (coupe MN-47/48) qui matérialisent la
transition [UA4-UA5] ne seront pas datés.
77
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
4.4. Corrélation avec les dépôts de carbone organique dans les stalagmites
Le recours, pour la première fois à notre connaissance, à l’exploitation des stalagmites comme
archive témoin d’activités anthropiques, déduites de l’entretien des foyers de combustion dans la
grotte, donne des résultats intéressants.
L’hypothèse consiste à associer la gradation des niveaux de gris des lamines de croissance
des stalagmites à l’entretien des foyers de combustion dans la grotte. En effet, plus les couches de
calcite sont sombres (tons noirs à gris), plus elles ont été formées dans une atmosphère chargée
en fumées, constituées de gaz carbonique et de particules de carbone organique (suie). La calcite
fraîchement formée piège ces particules de carbone qui viennent se déposer sous l’effet de la
gravitation. Parfois, ce sont de véritables niveaux de microcharbons qui se retrouvent coincés
entre les lamines, sous l’effet de la proximité des foyers, et de l’intensité de l’activité de
combustion. La coloration de la calcite, blanchâtre lorsqu’elle est pure, est un phénomène
complexe dépendant de plusieurs autres facteurs mécaniques (particules de poussières d’origines
diverses qui peuvent se déposer) et chimiques (dissolution d’éléments chimiques contenus dans
78
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
les roches calcaires, etc.). Les dépôts de carbone (suie) qui contribuent à assombrir la blancheur
de la calcite devraient être aisés à distinguer des autres phénomènes en ayant recours à des
analyses chimiques (travaux en cours).
Une stalagmite (STM2) découverte à GLD1 en S3 (déblais exhumés entre les carrés F37 et I38) a
fait l’objet de datations U/Th et d’analyses isotopiques (δ18O et δ13C) dans le cadre d’une étude
paléoclimatique (Chapitre IX). Les lamines de croissance de cette stalagmite permettent de
couvrir une période chronologique de 6300 BP à 4000 BP correspondant quasiment aux
fourchettes chronologiques réunies par les unités archéostratigraphiques UA2 (en partie), UA3 et
UA4 (Fig. 24). Cette stalagmite s’est constituée après l’UA1.
La coupe longitudinale de la stalagmite (STM2) montre une succession de lamines de croissances
blanches, interrompues d’une manière irrégulière par des groupes de lamines plus ou moins
sombres. Cette coloration sombre est étroitement liée à l’activité de combustion dans la grotte,
donc se trouve être potentiellement corrélable à l’intensité de l’occupation de la grotte. Lorsqu’on
examine la coupe de STM2, on observe 3 discontinuités colorimétriques noires. Les datations
U/TH cernant ces discontinuités indiquent des dates autour de 6000, 4900 et 4200 BP (Fig. 23).
Ces dates correspondent aux pleines occupations des unités archéostratigraphique,
respectivement, UA2, UA3 et UA4. Cette concordance ne laisse plus de doute sur la pertinence
de cette archive colorimétrique haute résolution. Il est donc possible de ‘corriger’ ou d’affiner les
fourchettes chronologiques obtenues par les données chronostratigraphiques en utilisant aussi
celles estimées par l’épaisseur des couches sombres de calcite datées par U/Th.
Le premier groupe de lamine sombres commence avant 6200 BP (début de croissance de STM2)
atteint un maximum de noirceur vers 6031 BP (moyenne des premières dates U/Th à 6278 et
5785), puis décroit jusqu’à 5303 BP. On a donc une première estimation de la fin de l’UA2 autour
de 5300 BP.
Entre 5303 BP et 4955 BP, les lamines sont plus ou moins blanches, impliquant une activité
anthropique aux combustions réduites en grotte. Ce laps de temps synchrone de la phase de
transition entre UA2 et UA3 ne correspond pas à un abandon de la grotte, mais à une réduction
de l’intensité des activités durant l’occupation.
A partir de 4955 BP, les couches de calcite deviennent brusquement plus sombres et gardent une
nuance foncée jusqu’à environ 4600 BP. On peut ainsi déduire que les activités dans l’UA3
commencent à peine à se développer quelques années après 4955 BP (soit vers 5000) et
s’achèvent vers 4600 BP.
Entre 4600 BP et 4500 BP nous avons une phase de formation de calcite dont la blancheur n’a
pas été altérée. Un groupe peu épais de lamines devient de nouveau sombre entre 4518 BP et
79
Chapitre IV - Données chrono-stratigraphiques
4226 BP avec un pic de noirceur proche de 4226 qui correspond à la pleine occupation de l’UA4.
On voit bien que l’UA4 est effectivement une période d’occupation courte qui s’inscrit dans
l’intervalle 4500-4200 BP.
Juste après 4200 BP, l’activité semble s’atténuer sensiblement signalant la fin de l’UA4. La
croissance de STM2 est arrêtée probablement à cause d’une dégradation climatique (cf. Chap.
IX).
Figure 24 : Corrélation chronologique entre dépôts de carbone organique dans la stalagmite STM2 et les
unités chronostratigraphiques (Dates U/Th d’après Ruan et al. 2015).
80
Chapitre V - Industrie lithique
Les études lithiques des sites épipaléolithiques et néolithiques de l’Afrique du Nord se sont
fondées jusqu’au siècle dernier sur une approche typologique sensu stricto. Les premiers essais de
sériations chronologiques et de caractérisation culturelle se sont appuyés sur un ensemble de faits
peu souvent quantifiés ainsi que sur des critères qualitatifs mettant en évidence des classes
d’outils, des tendances, des spécificités (Balout 1955, Vaufrey 1955). Dans les assemblages
recueillis, ce sont les pièces retouchées qui ont surtout retenu l’attention, le débitage étant alors
considéré comme complémentaire et secondaire, bien des « renseignements d’ordre technique
[échappèrent] donc totalement » (Inizan 1976) à la compréhension de la fabrication des outillages.
Mais au début des années 60, sous l’impulsion de F. Bordes (1961) et dans le cadre de « l’Ecole
d’Alger » créée au CRAPE le fondement techno-typologique de l’étude des séries paléolithiques
et épipaléolithiques, nord africaines et sahariennes s’imposa. Quelques années plus tard J. Tixier
(1963) systématisera la méthodologie appliquée aux outillages épipaléolithiques étudiés,
reconstituée sur la base d’expérimentations systématiques. La création d’un cadre conceptuel et
d’une liste typologique réservée aux industries épipaléolithiques, repose sur des critères techno-
morphologiques, fondements d’une approche comparative de nombreuses séries passées par
cette nouvelle grille d’analyse. Cet outil permit d’établir les critères spécifiques aux industries
ibéromaurusiennes et capsiennes (courbes cumulatives, diagrammes etc.). Les données
s’accumulant on parvint rapidement à tirer des informations quantitatives, des références
conduisant à cerner des faciès à l’échelle régionale. L’Algérie orientale bénéficiant d’études
lithiques nombreuses, réévaluées avec cette méthode, et, désormais des premières datations au
14C, permit à G. Camps (1971) de dresser un tableau régional des faciès capsiens reconnus et de
leurs prolongements néolithiques, sans que l’impact des aspects économiques et une approche
environnementale soient fondamentalement pris en compte (Camps 1974).
Le développement de ces nouvelles recherches s’étant accéléré ailleurs et en France, l’approche
technologique des industries nord-africaines (Inizan1976 ; Sheppard 1987), intégra la notion de
schéma diacritique (pour la représentation graphique) et de chaînes opératoires d’économie des
matières premières et d’économie du débitage (Tixier et al. 1980, Inizan, 1976 ; Perlès 1980 ;
Binder 1987 ; Binder et al. 1990), de système technique (Perlès 1984, 1987, 2004 ; Geneste 1991).
81
Chapitre V - Industrie lithique
2. Problématique
L’analyse du mobilier lithique taillé s’inscrit dans une dynamique de multiplication des approches.
Cette orientation devrait permettre de replacer les résultats de l’industrie lithique dans un
contexte chrono culturel élargi et précis, incluant les données issues de l’étude d’autres corpus du
site fouillé, synchrones de celui-ci et juxtaposés à celui-ci (faune, industrie osseuse, céramique,
parure, etc.). Cette approche a pour objectif de répondre aux problèmes spécifiques à cette
l’industrie, d’insister sur la caractérisation des outillages afin de reconstituer les étapes
constitutives de liens que ces témoins lithiques pourraient ou non avoir eus avec des traditions
antérieures locales ou non Ibéromaurusienne et Capsienne. La mise en évidence d’apports
techno-culturels particuliers devrait ensuite montrer comment ces communautés s’en sont
dégagées ou non et se sont enrichies de connaissances nouvelles, dont les origines et les
motivations seront à rechercher et à intégrer aux processus de mise en place de la néolithisation
sur ce territoire tellien.
En somme, quelles sont les caractéristiques de ce mobilier ? Pourquoi le considère-t-on comme
néolithique ?
Le contexte culturel Néolithique de cette région, tourné vers la mer si proche et vers les Hautes
Plaines Constantinoises est largement inconnu. En région tellienne orientale les recherches
débutent en Algérie, elles ne bénéficient pas encore de la ré-évaluation des anciens travaux
82
Chapitre V - Industrie lithique
concernant l’Oranie tellienne (Camps 1974). En Tunisie voisine, ces recherches viennent de
reprendre au Kef el Agab (Aouadi 2014).
De quels concepts disposons-nous pour essayer de comprendre la néolithisation à travers l’étude
des industries lithiques taillées ? Quelle place l’industrie lithique occupe-t-elle au sein des
approches des autres éléments mobiliers?
83
Chapitre V - Industrie lithique
La collection lithique de GLD1 contient des pièces réunissant parfois plusieurs caractères (Scie-
Racloir, Scie-Bord abattu, Scie-Troncature, Scie-Racloir-Coche, etc.). Pour ne pas multiplier la
création de nouveaux outils hors du groupe des outils Composites, nous avons classé ces pièces
dans le groupe existant en essayant de trouver une filiation logique et en respectant les deux
principes suivants :
1. L’état de la dernière transformation prime sur les aménagements antérieurs (Tixier, 1963,
p. 156). Par exemple, un Racloir transformé en Scie sera classé parmi les Scies.
2. Les aménagements de type « Troncature » et « Bord abattu » sont considérés
secondairement lorsqu’ils sont associés à des aménagements de type « Grattoir »,
« Racloir », « Scie ». L’option choisie ici dans le cas d’une lame à Bord abattu portant une
scie sur le bord non abattu permettra de classer le document parmi les « Coches et
denticulés/Scies » et non pas dans le groupe des « Eclats et Lames à Bord abattu ». Le
« dos » n’est pas la partie active principale de cet outil, suppose-t-on ?
En suivant cette logique, notre intention est d’exploiter au mieux les permanences typologiques
traditionnelles qu’offre cette liste de J. Tixier. L’objectif étant d’évaluer, dans nos assemblages, le
degré de proximité ou d’éloignement d’une culture épipaléolithique. Sachant qu’une réalité plus
complexe restera à souligner et à valoriser
Or cet ensemble lithique tout entier va accompagner un faciès Néolithique, il convient donc de
traiter le thème lithique en mettant en avant le développement de nouveaux objectifs et
l’adaptation de nouveaux savoirs techniques. Par exemple, en régions sahariennes, de nouvelles
formules d’outils soulignent l’importance du développement des retouches écailleuses,
envahissantes, des denticulations régulières (scie) exigeant, peut être, une évolution du groupe
coches-denticulées de type épipaléolithique.
Si, au terme de l’étude, le taux des références aux modèles antérieurs s’avère élevé dans toutes les
catégories étudiées, alors pourrons-nous conclure que la transmission des connaissances s’est
révélée, en partie au moins, structurante et surtout compatible avec l’introduction d’innovations.
Mais au début de l’étude rien n’étant connu, il semble utile de signaler qu’est désormais ouvert le
cadre Epipaléolithique amélioré, afin de le rendre conforme aux attentes et apte à l’entrée de
nouveautés et de particularismes. Durant l’analyse toute observation a consisté à articuler avec
modération et vigilance les caractéristiques relevées sur chaque pièce retouchée, pour signaler la
nature du changement, l’entrée de signes inhabituels, éléments suggestifs de nouvelles
dispositions à préciser. Pourquoi ? Pour mieux situer la nature et le positionnement quantitatif de
nouveaux indices qui pénètrent dans cet outillage, s’ajoutent aux autres et en écartent d’autres
84
Chapitre V - Industrie lithique
éloignant ce nouvel assemblage néolithique de ceux qui les ont précédés : l’Ibéromaurusien et le
Capsien.
La proximité géographique du site d’Afalou Bou Rhummel rend les phases finales de
l’Ibéromaurusien local presque immédiatement antérieures à ce néolithique. Afalou semble
conserver jusqu’à la fin localement reconnue (11 000 BP) une structure techno-typologique
précise, voisine des précédentes, mais encore hyper spécialisée, ayant deux groupes lamellaires
dominants (bords abattus et segments parmi les géométriques). Or dans cet ensemble culturel S.
Hachi a judicieusement montré l’entrée parmi les Microlithes géométriques et à côté des
segments, des triangles et des trapèzes, considérés comme absents ailleurs. Leur présence s’ajoute
au signalement de lamelles à dos très spéciales et rares, jusque-là inconnues en contexte
ibéromaurusien, conduisant l’auteur à s’interroger sur les motivations de ces nouveaux
documents considérés à tort comme d’inspiration plutôt capsienne (Hachi 2003, pp. 224-227). Il
y a là un basculement chronologique et culturel inattendu, qui a déjà été bien souligné.
Le Capsien est géographiquement inconnu dans les régions montagneuses des Babors, a fortiori
dans ses phases les plus anciennes, pourtant il semblerait que des influences, soulignées ci-dessus,
y aient pénétré. Se peut-il que GDL1 en porte aussi les traces ? La proximité des Hautes Plaines
Constantinoises offre-t-elle une réponse avec le Sétifien : un Capsien supérieur local, aux
éléments comparatifs datés (à Medjez II dont la dernière phase d’occupation est datée de la
première moitié du VII millénaire BP). La structure lithique du dernier assemblage Capsien
supérieur de ce site, bien que plus ouverte que l’Ibéromaurusienne est restée également stricte,
elle repose sur deux ensembles forts : l’un macrolithique, l’autre microlithique, incluant des
groupes d’outils très spécialisés (E. L. bords abattus et burins pour l’un, bords abattus et
microlithes géométriques pour l’autre). Ces deux ensembles marginalisant le troisième ensemble
constituant le fonds commun et comprenant grattoirs, coches, denticulés, perçoirs, racloirs. Or
on sait que le groupe des coches et denticulés croît avec les derniers dépôts capsiens, comme cela
a été démontré pour les sites de Capsien supérieur (Roubet 1968). A GDL1, l’entrée de scies
spéciales sur larges éclats et non sur lamelles comme dans le Capsien, le nombre croissant de
racloirs, l’arrivée des pointes de flèches à retouche bifaciale et envahissante, distinctes des
microlithes géométriques à bord abattu, constituent un lot de nouveautés techno-typologiques
suffisant justifiant l’assouplissement et l’ouverture du schéma Epipaléolithique. L’objectif d’un
élargissement du cadre techno-typologique va permettre l’entrée d’une relative diversité
représentative.
85
Chapitre V - Industrie lithique
Les matières premières utilisées sont constituées de roches siliceuses et de diverses roches
sédimentaires. Leur étude pétrographique n’a pas encore été conduite. L’examen macroscopique
révèle la présence de roches calcaires de texture et de couleur variées (bleu, gris, noir et rosé), de
calcite dolomitique, de grès, de quartzite, ainsi que diverses roches siliceuses composées de silex
noir, gris moucheté, blond clair (beige) ou sombre (caramel, marron, etc.), et quelques rares
spécimens de couleur verte et rouge (Fig. 5).
La structure géologique de la région favorise l’apparition d’accidents siliceux en divers endroits et
l’érosion a assuré la libération des éléments les moins cimentés (Ehrmann, 1943). Les silex
peuvent se trouver en affleurements primaires sous forme de rognons dans les calcaires massifs
blancs ou grisâtres, mal stratifiés du Sinémurien (Fig. 1). Ils se trouvent également en rognons,
mais de qualité diverse dans les calcaires à gros bancs stratifiés du Domérien et dans ce cas, les
silex sont de couleur variée : noire, blonde ou jaune miel (Ehrmann, 1943, p. 62). Enfin, ils
peuvent se trouver sous forme de galets dans les conglomérats liasiques re-sédimentés des
formations du Néocomien (Crétacé) (Fig. 2).
L’examen des documents lithiques souligne visuellement la diversité des lieux
d’approvisionnement. Les collectes au niveau local se sont produites dans les alluvions de petits
cours d’eau (Fig. 3) et dans les conglomérats. Les rognons de silex liasiques locaux sont peu
favorables à la taille, en raison de leur structure diaclasée (fig. 1). En revanche, les galets de silex
noir disponibles dans les alluvions de la Soummam issus des formations marno-calcaires de
l’Atlas tellien, sont de meilleure qualité.
Sur les indications du Professeur A. Coutelle, nous avons pu localiser dans les formations
liasiques de l’unité de Tikjda (Coutelle 1979, p. 278) au Lac Goulmime d’autres provenances en
silex blond de bonne qualité (Fig. 4, n°3) et en silex rouge à radiolarite (Fig. 4, n°4) situées à
86
Chapitre V - Industrie lithique
moins de 50 km de Gueldaman. Une source de silex blond plus proche (15 km) se trouve dans les
bancs calcaires du Col de Chellata (Fig. 4, n°2). On sait qu’il existe à Aït Ourtilane dans les
Babors du Nord un autre type de silex noir contenu dans les marnes et calcaires éocènes se
présentant sous forme de nodules de 2 à 8 cm (≈150 gr). Il s’agit d’un silex noir très compact,
homogène et à grain fin. Plusieurs pièces de GLD1 semblent provenir de ce type de silex.
Les grès, schiste et quartzite sont abondants dans les formations locales du Crétacé et peuvent
également se retrouver en position secondaire dans les terrasses fluviatiles.
Figure 1. Affleurement primaire de nodules de silex dans les bancs de calcaires liasiques. Localisation au
sommet de l’Adrar Gueldaman à 200 m au N-E de la grotte GLD1.
87
Chapitre V - Industrie lithique
Figure 4. Localisation des principaux affleurements primaires de roches siliceuses dans un rayon de 50 km
autour la grotte GLD1 (n°1- silex noir liasique, n°2et 3 silex blond liasique, n°4 silex rouge à radiolarite).
Superposition des points sur un extrait de la carte structurale de la chaîne Tello-Rifaine
(D’après W. Wildi 1983)
88
Chapitre V - Industrie lithique
Calcaire
Calcaire
Calcaire
Calcaire
Calcaire
Divers
Divers
Divers
Divers
Silex
Silex
Silex
Silex
Silex
Matière première Bloc 11 1 3 15
Rognon 1 1 2
Galet 3 3 1 5 1 1 1 1 16
Plaque 1 2 3
Fragment 2 3 1 1 4 1 12
Total 16 3 5 7 3 7 3 0 1 0 0 1 2 0 48
Nucléus Nucléus 2 13 6 6 3 13 22 65
Fgt. Nucléus 3 10 3 9 1 4 1 24 55
Test 3 1 3 7
Total 5 26 0 4 18 0 7 7 0 0 0 14 46 0 127
Produits bruts de taille Eclat 75 108 101 99 1 23 12 2 4 203 330 12 970
Fgt. Éclat 25 31 1 46 35 2 12 7 8 1 11 16 2 197
Lame 1 8 3 2 14
Fgt. Lame 2 4 1 1 4 2 1 15
Lamelle 1 10 2 7 3 1 4 7 35
Fgt. Lamelle 2 5 5 7 1 1 5 26
Indéterminé 5 1 6 12
Total 105 164 1 156 149 3 35 23 0 10 6 231 369 17 1269
Produits retouchés Eclat 2 9 1 4 11 1 3 12 92 1 136
Fgt. Éclat 1 2 1 2 11 17
Lame 1 26 27
Fgt. Lame 1 1 9 11
Lamelle 5 3 1 1 19 29
Fgt. Lamelle 2 3 1 1 17 24
Plaquette 1 1 2
Tablette 1 1
Indéterminé 2 3 12 17
Total 4 21 1 5 24 0 1 5 0 0 0 14 188 1 264
Pièces techniques Chute burin 2 1 2
Crête 1 1
Pièce esquillée 1 3 3
Tablette 1
Total 4 5 1 5 15
Débris 148 121 23 94 57 1 444
Total 278 339 30 266 256 11 46 36 1 10 6 260 610 18 2167
Tableau 1 : Documents lithiques taillés et retouchés provenant des fouilles et du tamisage des dépôts hors
stratigraphie à GLD1 (période 2010 et 2014).
89
Chapitre V - Industrie lithique
L’analyse porte sur la totalité de l’outillage taillé découvert en fouilles et lors du tamisage des
dépôts hors stratigraphie entre 2010 et 2014, soit 2167 pièces (Tab. 1).
Deux roches sont principalement exploitées : le silex et le calcaire. Les autres, réunies dans le
groupe « divers », représentent 80 pièces, soit 3.6%. Ce taux est resté faible dans les différentes
unités archéologiques, mais il va en décroissant (37p en UA1, 16p en UA2, 1p en UA3 et rien en
UA4). Dans les dépôts remaniés le nombre d’objets est également faible (2.9%) (Fig. 6). Ce sont
généralement des éclats ou fragments de grès, de quartzite. On observe la présence d’une plaque
de schiste et un objet en grès ayant des traces d’utilisation. Il est possible qu’après un examen
pétrographique précis cet ensemble « Divers » s’enrichisse. Quoi qu’il en soit l’exploitation
préférentielle du silex et du calcaire est un fait établi.
Les effectifs des matières premières exploitées, (Fig. 6) et des pièces brutes (Fig. 7), soulignent
une exploitation croissante des calcaires d’une façon générale. Pourtant dans l’UA1, c’est le silex
qui arrive en première position avec 51% suivi du calcaire avec 42%. Dès l’UA2 la tendance
s’inverse et demeure ainsi jusqu’à l’UA4. Le calcaire local à grain fin, très abondant, est perçu
comme une matière de substitution du silex, localement moins abondante et de mauvaise qualité,
incompatibles alors avec les besoins des tailleurs de Gueldaman. Lorsqu’on examine les effectifs
des supports retouchés, le silex domine, quelle que soit l’unité archéologique. Pour expliquer ces
deux résultats entre bruts et retouchés, très contrastés, une hypothèse s’impose. Le silex est bien
la matière première par excellence, recherchée pour fabriquer des outils, alors que le calcaire est
plus souvent utilisé pour une production de supports (éclats). Nous avons pu constater, dans le
cadre d’expérimentations en relation avec la préparation de l’industrie osseuse que l’emploi
d’éclats bruts en calcaire répond aux actions de couper, scier, rainurer, perforer, utilisant le
tranchant et les régions pointues du support calcaire non retouché. Mais ces régions rapidement
usées exigent d’être ravivées, ou remplacées par un stock important d’éclats. L’éclat en calcaire
brut apparait comme un support indispensable, mais expédient, « jetable » et « low-cost ».
En conclusion, à partir de l’observation des proportions des matières premières exploitées, des
variations sont perceptibles d’une unité à l’autre. Les unités UA1 et UA2 montrent une relative
homogénéité, avec une production d’éclats en calcaire et silex, et une production lamellaire sur
silex, alors que la plupart des produits retouchés est obtenue sur silex. L’étude des produits de
débitage et de l’outillage va rendre compte de ces variations entre les différentes unités avec plus
de précision (Fig. 8).
90
Chapitre V - Industrie lithique
30%
Calcaire 605
Silex
Divers
25%
20%
335
15%
278 269
252 260
10%
5%
37 46 37
16 26
1 11 6
0%
UA1 UA2 UA3 UA4 HS
35%
Calcaire
Silex
30% Divers 369
25%
20% 231
15%
164 156 149
10% 105
5%
35 23 17
1 3 10 6
0%
UA1 UA2 UA3 UA4 HS
60%
50%
40%
30%
20%
24
10% 21
14
4 5 5
1 1 1
0%
UA1 UA2 UA3 UA4 HS
91
Chapitre V - Industrie lithique
5. Les nucléus
Calcaire
Calcaire
Calcaire
Calcaire
Silex
Silex
Silex
Silex
Total %
Nucléus 2 13 6 6 3 13 22 65 51,2%
Fragments de nucléus 3 10 3 9 1 4 1 24 55 43,3%
Matière première testée 3 1 3 7 5,5%
Total 5 26 4 18 7 7 14 46 127 100,0%
% 3,9% 20,5% 3,1% 14,2% 5,5% 5,5% 11,0% 36,2%
100,0%
24,4% 17,2% 11% 47%
Tableau 2 : Nucléus provenant des fouilles et du tamisage des dépôts hors stratigraphie à GLD1
(Période 2010- 2014).
Le nombre de nucléus est important dans l’UA1 (24,4%) mais va ensuite en diminuant (Tab. 2).
Aucun nucléus n’a été découvert dans l’UA4. Cette décroissance concerne aussi les nucleus en
silex tandis qu’augmente le choix du calcaire entre les UA1 et UA3 (Tab. 2). Les galets
abandonnés, après un test de percussion, sont représentatifs d’un maintien intentionnel sur place
en vue peut être d’un usage différé.
On constatera sur le tableau 1 l’importance de la fragmentation. Les longueurs sont comprises
entre 15 mm et 100 mm, les largeurs varient entre 10 cm et 75 cm (Fig. 9). Aucun exemplaire
n’atteint dans son état actuel une longueur compatible avec le débitage laminaire. Au moment de
la collecte, l’état dimensionnel du rognon-galet disponible était déjà insuffisant, ce caractère se
répercutera tout au long de la production de supports et de l’industrie créée. Les nucléus en
calcaire sont 2 à 3 fois plus grands que ceux en silex. Et, si ce constat se maintient dans les unités,
rares mais présents sont les supports bruts de type laminaire ou éclat laminaire, mais ensuite très
rares sont ceux qui ont été transformés par retouche ou à la suite d’une utilisation. Ce
complément de débitage qu’apporte la production laminaire en calcaire ne se traduit pas dans
l’outillage par une intégration et une destination. Abandonnés à divers stades d’exploitation (Tab.
7) tous les nucléus en silex et en calcaire ont assuré la production de supports variés (Tab. 3). Les
chaînes opératoires reconstituées pour le silex (sans le secours de remontage, mais sur la base
d’une identité minéralogique et colorimétrique, en un lieu donné) semblent avoir été dirigées vers
la production de supports de type éclat dès le début de l’exploitation des rognons et galets (Tab.
92
Chapitre V - Industrie lithique
3. Ce constat s’étend aux trois unités, mais on note une production lamellaire secondaire en UA2.
Deux nucléus ont connu un débitage mixte de lamelle et d’éclat (Tab. 3.
Un nucléus (S3-13-29) à empreintes de micro-lamelles unidirectionnelles montre qu’un débitage
tournant a été pratiqué (Fig. 10 n°3). Il s’agit d’un nucléus pseudo-cannelé sur galet en silex,
conservant une surface naturelle érodée (50%). Le plan de frappe micro-facetté est bordé par une
corniche à denticulations peu saillantes, adjacentes aux empreintes lamellaires juxtaposées,
subparallèles et de largeurs différentes. Les extrémités distales sont convergentes ou obtuses.
Elles ont filé jusqu’à l'extrémité opposée du galet. L’empreinte d'un micro éclat rebroussé semble
correspondre à la fin de l’exploitation du nucléus.
Les nucléus en calcaire sont exclusivement voués au débitage d’éclats et macro-éclats selon des
modalités très variées (polyédrique, faciale, centripète) (Fig. 10 n°6-7).
Dans la plupart des cas les nucléus en silex montrent un débitage effectué à partir d’un à trois
plans de frappe (Tab. 4 et 5). La phase de mise en forme (encore peu connue dans cette région)
mais attestée à travers ses supports initiaux, parait le plus souvent sommaire. Pour s’assurer d’une
exploitation maximum un débitage multidirectionnel non organisé a été pratiqué (Tab. 6).
Cependant, lorsque l'exploitation d’un nucléus a été presque totale, que l'installation de 3 plans de
frappe reste encore observable et que deux surfaces de débitage au moins sont encore présentes,
on peut déduire de ces caractéristiques, que le choix d’une matière première de bonne qualité a
permis une exploitation poussée, allant jusqu’au terme dimensionnel d’un éclat, dernier support
débité. A ce signe d’exhaustion du silex se rattachent aussi des petits éclats et de nombreux
fragments de nucléus épuisés. Dans d’autre cas lorsque certains nucléus en silex ont gardé des
plages corticales importantes (80%), cette caractéristique confirme l’abandon à un stade initial en
raison de qualités inadéquates ou de dimensions inappropriées.
Les caractéristiques des produits qui témoignent de l’entretien des surfaces des nucléus, sont
présentées ci-dessous (§ 6.2).
Le recours au débitage par pression est attesté à travers les produits de débitage lamellaire que
nous aborderons ci-dessous.
En somme, les critères de débitage et les procédés techniques choisis, tels qu’ils se
déduisent de l’examen de nucleus résiduels aux caractéristiques conservées, s’inscrivent dans des
pratiques et des connaissances typiques, régionalement identifiées et traditionnelles. Les matières
siliceuses choisies et le recours au percuteur dur et tendre (lamelles et micro-lamelles) ont engendré
deux classes de supports non standardisés, se situant dans des normes fixées par l’aspect
dimensionnel initial de la matière première et le type de percussion appliquée, directe, peu
contrôlée. Eclats majoritaires et lamelles répondent aux besoins des tailleurs. Mais, l’examen
93
Chapitre V - Industrie lithique
dimensionnel des éclats, en silex notamment, montrent qu’ils ne sont pas de grandes dimensions
(en raison du choix des matières premières), quant à ceux débités en calcaire, ils n’interviennent
(presque) pas lors de la transformation du support en outil. Si bien qu’il ressort de la constitution
du groupe d’éclats de GLD1, une sorte de carence en supports de grandes dimensions, à vocation
d’outils nouveaux, pourtant l’installation d’un nouvel objectif du débitage, de type Néolithique est
ici bien mise en place ; la profusion d’éclats un peu courts installe l’impression de normes, locales,
contingentes, mais néolithiques. D’autre part la présence de lames n’est pas attestée comme
empreinte, alors que ce support a été recherché dans le cas de transformations spéciales. On
soulignera cet important changement technologique dans le débitage qui rompt nettement, lui
aussi, avec les traditions immédiatement antérieures de culture capsienne. Les quantités de
documents paraissant relativement peu importantes, on ne peut considérer les lieux comme étant
précisément réservés à l’activité de préparation des outillages, aussi retiendrons-nous ces
remarques à titre de première information.
94
Chapitre V - Industrie lithique
80
Calcaire UA1
70 Silex
60
50
Largeur (mm)
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100 120
Longueur (mm)
50
Calcaire UA2
45
Silex
40
35
Largeur (mm)
30
25
20
15
10
5
0
0 20 40 60 80 100 120
Longueur (mm)
80
Calcaire UA3
70 Silex
60
50
Largeur (mm)
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100 120
Longueur (mm)
80
Calcaire HS
70 Silex
60
50
Largeur (mm)
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100 120
Longueur (mm)
95
Chapitre V - Industrie lithique
96
Chapitre V - Industrie lithique
97
Chapitre V - Industrie lithique
L’inventaire des produits de débitage met en évidence un fort taux de production, pour un taux
assez faible transformation des supports. Les éclats majoritaires (86,6 %) sont suivis par les
supports allongés, (13,4% Tab. 8). Leur transformation ne représente que 13% pour les éclats
alors qu’elle s’élève à 52% pour les lames et les lamelles réunies. L’indice de transformation totale
reste assez conforme aux données habituelles (19 % des produits débités).
Calcaire
Calcaire
Calcaire
Calcaire
Divers
Divers
Divers
Silex
Silex
Silex
Silex
Silex
Total %
Total produits débités 51 106 1 131 139 1 36 28 10 6 245 537 15 1306 100,0%
La collection présente un état de fragmentation plus élevé pour les produits lamellaires (35.3%)
que pour les éclats (13.6%) (Tab. 9).
Fragmentation Effectif %
Eclats entiers 977 86,4%
Eclats fragmentaires 154 13,6%
Lames/lamelles entières 132 64,7%
Lame/lamelles fragmentaires 72 35,3%
98
Chapitre V - Industrie lithique
Les éclats (1131 pièces, 86.6% du matériel) sont en silex ou en calcaire, à l’exception de deux
pièces en grès et quartzite. Dans l’UA1 (127 p) la répartition est déséquilibrée entre supports en
silex (81p :64%) et en calcaire (46p : 36%). Dans l’UA2 (239p), les pourcentages s’équilibrent :
(123p :51% silex et 116p :49% calcaire). Dans les unités UA3 et UA4 leur quantité chute
nettement (58p. UA3 et 15 p. UA4), le calcaire restant dominant.
La longueur des éclats en silex (58% L à ≤ 2.5 cm) dépasse rarement 4 cm (7%). Les éclats en
calcaire nettement plus grands (20% pour L ≤ 2.5 cm et 36% pour L ≥ 4 cm), on estime leurs
longueurs moyennes en général à 2.5 cm (silex) et 4 cm (calcaire). Ces valeurs sont presque
constantes dans les quatre unités archéologiques (Fig. 11).
L’épaisseur moyenne des éclats en silex est de 3 mm, à ±1 mm près. Les plus épais (23%) ont une
épaisseur comprise entre 6 à 9 mm (Fig. 12).
L’épaisseur des éclats en calcaire est moins homogène. Les valeurs se situent entre 3.5 mm et 30
mm (Fig. 12). N’ayant pas constaté de différences entre les unités archéologiques, un seul
graphique réunit les informations (Fig. 12).
99
Chapitre V - Industrie lithique
100
UA1 Calcaire
90 Silex
80
70
Largeur (mm)
60
50
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100
100
UA2 Calcaire
90
Silex
80
70
Largeur (mm)
60
50
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100 120
100
UA3 Calcaire
90
Silex
80
70
Largeur (mm)
60
50
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100
100
UA4 Calcaire
90
Silex
80
70
Largeur (mm)
60
50
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100
100
HS Calcaire
90 Silex
80
70
Largeur (mm)
60
50
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100 120
Longueur (mm)
Figure 11 : Longueurs et largeurs des éclats par matière première et par unité archéologique
100
Chapitre V - Industrie lithique
90
Calcaire
80 Silex
70
60
Effectifs
50
40
30
20
10
0
1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 25 29
Epaisseur (mm)
Les talons montrent une prédominance du type lisse (35%), suivie par les types punctiforme et
cortical (12%) (Tab. 11). On constatera une faible représentation du facettage, signe d’une
préparation peu développée. L’examen de ces empreintes laissées en plus d’un endroit sur le
nucléus indique un débitage bipolaire lui aussi peu fréquent (9%). C’est donc le débitage
unipolaire qui a été observé dans près de 40% des cas (Tab. 12).
101
Chapitre V - Industrie lithique
Les éclats ne semblent pas provenir d'un débitage organisé et standardisé (peu symétriques).
Certains semblent appartenir à une catégorie d'éclats de ravivage (tablettes), de réfection de la
table pour ôter des inclusions, des zones à diaclase ou corriger des accidents de rebroussement/
réfléchissement de la partie distale ou latérale.
En résumé, la production des éclats en silex ou en calcaire résulte de la même séquence
technique : les supports sont issus d’une percussion directe, à l’aide d’un percuteur dur,
systématiquement pour les calcaires et tendre parfois pour obtenir des éclats en silex de faible
épaisseur dont 13% seront transformés en outils.
102
Chapitre V - Industrie lithique
100
UA1 Calcaire
90 Silex
80
70
Largeur (mm)
60
50
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100 120
Longueur (mm)
100
UA2 Calcaire
90
Silex
80
70
Largeur (mm)
60
50
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100 120
Longueur (mm)
100
UA3 Calcaire
90
Silex
80
70
Largeur (mm)
60
50
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100 120
Longueur (mm)
100
UA4 Calcaire
90
Silex
80
70
Largeur (mm)
60
50
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100 120
100 Longueur (mm)
HS Calcaire
90
Silex
80
70
Largeur (mm)
60
50
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100 120
Longueur (mm)
Figure 13 : Longueurs et largeurs des lames et lamelles par matière première et par unité archéologique
103
Chapitre V - Industrie lithique
Compte tenu du nombre réduit de pièces et de la faible variabilité de leurs épaisseurs suivant les
unités (UA), nous avons opté pour une représentation graphique regroupant l’ensemble des
données (Fig. 14). Plusieurs observations en découlent :
• Silex : Epaisseur ≤ 6 mm : 85% des pièces, au-delà de ce seuil il s’agit de lames épaisses.
Epaisseur comprise entre 4 et 6 mm : 55% des pièces ; pour 30% des pièces, elle est
inférieure à 4 mm
• Calcaire : 55% des pièces ont une épaisseur ≥ 6 mm. Les autres (45%) ont une épaisseur
moyenne de 5 mm avec un faible écart-type.
Les pièces allongées en silex sont toujours plus minces que leurs semblables en calcaire, la
minceur est un choix du tailleur qui a dû adapter ses techniques (instruments) à la production
recherchée (percuteur tendre, préparation du talon). D’autres observations indiquent que la
production de supports lamellaires en silex en particulier s’apparente à une production par
pression. Les caractéristiques relevées concernent la forme du bulbe, diffus ou peu marqué,
l’aspect de la face supérieure, avec nervure centrale, parallèle aux bords et les caractéristiques des
empreintes de même sens ou de sens opposé signalant une gestion unipolaire ou bipolaire du
débitage, avec une section transversale constante sur toute la longueur du support
(Pelegrin 1988). Le mode d’exécution de cette pression reste à déterminer. En revanche, la
production des supports allongés en calcaire suit la séquence technique par percuteur dur des
éclats.
Les transformations des lames et lamelles en silex en outils et armatures (grattoir, scie, denticulé,
bord abattu, troncature, microlithes géométriques, etc.) seront abordées plus loin.
30
Silex
Calcaire
25
20
Effectis
15
10
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 17 19 20 21 30
Epaisseur (mm)
104
Chapitre V - Industrie lithique
Cinq chutes de burins en silex ont été recueillies, deux proviennent de l’unité
archéologique UA1 et une de l’UA2, les deux autres ont été découvertes lors du tamisage des
dépôts hors stratigraphie (Tab. 13 et 14).
S1 S2 S3
G36-111
UA1
F37-28-8
UA2 F37-2656
UA3
UA4
S1-14-55
HS
S1-14-61
Tableau 13 : Répartition par secteur et unité archéologique des chutes de burins
Chutes 1ère
• F37-2656 : Chute entière en silex noir superficiellement encroutée, détachée d’un support
à troncature probable, de section triangulaire. La surface d’éclatement est régulière,
légèrement convexe, longue et étroite. L’arête de la face opposée est rectiligne, très peu
retouchée (distale). La région de percussion porte une troncature conservant quelques
micro-retouches jointives régulières.
• S1-14-61 : Chute entière en silex blond translucide. La présence du bulbe et des ondes de
percussion très nettes, déterminent la direction du débitage et la face d’éclatement. Dans
la partie distale subsiste 15% de surface corticale.
• F37-30-8 : Chute en silex noir brillant portant la courte empreinte d’un enlèvement
antérieur raté.
105
Chapitre V - Industrie lithique
• S1-14-55 : Chute torse de burin en silex blond mat, entière, rebroussée à l’extrémité
distale, aux stigmates de débitage bien visibles.
Chute 2nd
• G36-111 : Chute entière courte, de section rectangulaire jusqu’à la région mésiale, dont la
face d’éclatement est légèrement torse, le bulbe peu visible, les ondes de percussion
nettes. La face opposée porte l’empreinte de la première chute, courte, large, ayant
emporté des micro-retouches préparées pour la faire filer. Mais il en subsiste d’autres qui
permirent à cette seconde chute de s’étendre et d’acquérir à l’extrémité distale une section
triangulaire.
Ces documents montrent une maitrise certaine des connaissances techniques et la réussite des
gestes intentionnels, répondant à des besoins pouvant n’être pas comparables à ceux des
traditions épipaléolithiques.
106
Chapitre V - Industrie lithique
Deux lamelles à crête 1ère (F37-28-8, F37-23-24 et) et un éclat tablette (M74-334) proviennent
respectivement des unités UA1, UA2 et UA3 (Tab. 15).
• F37-28-8 : Petite lamelle à crête (13 x 6 x 4 mm) en silex noir entière portant un témoin
de la corniche convexe d’un nucléus.
• F37-23-24 : Petite lamelle à crête (20 x 9 x 4 mm) entière en silex noir présentant un talon
lisse et un bulbe épais. La face supérieure porte une arête centrale sinueuse issue de la
d’enlèvements orthogonaux.
• M47-334 : Portion d’une tablette en silex blond translucide. Cet éclat d’avivage court et
épais (17 x 25 x 12 mm) présente un talon situé dans la surface de clivage lisse et un bulbe
diffus mais net. Des empreintes orthogonales d’éclats, étant postérieures à son
détachement, il semble qu’une ultime fonction de nucléus ait été donnée à cette tablette
(signe d’opportunisme).
107
Chapitre V - Industrie lithique
Il s’agit de 7 pièces réalisées pour deux d’entre elles sur lamelle et éclat, les autres étant observées
sur des supports indéterminés (Tab. 16).
Ces pièces sont en silex noir (6p/7) ou blond (1p/7), un cas montre des résidus de cortex (F37-
24-6). Elles ont des modules assez homogènes, d’une longueur de 16 à 33 mm avec une
préférence autour de 20 mm, la largeur variant entre 5 et 25 mm avec une préférence autour de
10 mm. Quant à l’épaisseur, elle varie entre 2 et 6 mm.
S1 S2 S3
UA1 F37-33-3
F37-2724
UA2 M47-349
F37-24-6
UA3
UA4
S2-11-18
HS S1-10-9
S2-10-27
Les négatifs d’esquillements ont fait disparaître le talon des pièces. Le mode de débitage au
percuteur dur reste vraisemblable. Ces esquillements sont bipolaires sur deux pièces.
• F37-33-3 : Portion lamellaire d’une pièce esquillée dont les esquillements sont visibles sur
une face et un bord ; les empreintes à surface ondulée sont plus ou moins courtes et
imbriquées.
• F37-2724 : Fragment mince (3 mm), aux esquillements présents sur les deux faces
parallèles.
108
Chapitre V - Industrie lithique
• M47-349 : Pièce esquillée sur éclat épais. Les esquillements opposés correspondent à des
empreintes d’écailles courtes et larges.
• S2-10-27 : Fragment de pièce esquillée issue d’une pièce qui portait une retouche
régulière, inclinée, régularisée et directe. Les esquillements sont bidirectionnels.
Ces pièces répondent à des besoins encore inconnus. En contexte Néolithique il semblerait
plus judicieux de dissocier cette catégorie de documents des outils pour un classement parmi
les pièces techniques. Leur présence montre le maintien des savoirs techniques et une maîtrise
des gestes d’un répertoire technique traditionnel épipaléolithique.
109
Chapitre V - Industrie lithique
8. L’outillage taillé
Deux spécimens ont été découverts en contexte stratigraphique, l’un dans l’UA1 au sein du
carré I47 et l’autre dans l’UA2, carré M47 (Tab. 17), les autres proviennent des secteurs hors
stratigraphie 1, 2 et 3 (Tab. 17). Les documents sont presque tous entiers, à l’exception d’un
fragment proximal sur lame (S1-10-6).
La plupart des types de grattoir (J.Tixier, 1963) sont présents, sous forme simple (8p/22) et sur
éclat retouché (5p/22). Tous les autres types sont représentés par unité (Tab. 18).
S1 S2 S3
UA1 I47-151
UA2 M47-490
UA3
UA4
S2-11-1
S1-11-14
S2-11-2
S1-11-20 S3-12-F36-1
S2-11-29
S1-10-40 S3-13-85
S2-13-9
HS S1-10-43 S3-13-89
S2-10-6
S1-10-6 S3-11-4
S2-12-16
S1-14-4 S3-11-1
S2-11-11
S1-14-131
S2-11-78
110
Chapitre V - Industrie lithique
Morphométrie
Deux ensembles dimensionnels se démarquent nettement : le premier (18p/22), est constitué de
petits grattoirs dont la longueur et la largeur n’excèdent pas 35 mm, le deuxième comprend 4
documents. Peu de pièces comprises entre 50 et 60 mm.
Il est inhabituel dans les collections néolithiques d’Afrique du Nord de voir des grattoirs d’un
aussi petit gabarit. La « miniaturisation » (typique du faciès pré-néolithique Kérémien) pourrait
répondre à un usage spécifique à déterminer (étude tracéologique) distinct peut être de la
contrainte dimensionnelle liée à l’approvisionnement.
La représentation graphique des longueurs et largeurs en fonction des types ne permet pas de
mettre en évidence un lien évident entre gabarit (petit/grand) et type d’outil (Fig. 18). D’autant
plus qu’on les compte par unité. Signalons la petitesse du grattoir circulaire et la longueur du
support (55 mm) du grattoir à museau. Dans ces deux cas les caractéristiques de support brut ont
conditionné celles de l’outil fini.
50
Type 1 Grands
45 Type 2
Type 3
40 Type 8 Petits
Type5
35 Type 6
Largeur (mm)
Type 7
30 Type 11
Type9
25
20
15
10
0
0 10 20 30 40 50 60
Longueur (mm)
Les grattoirs sont relativement minces. L’épaisseur moyenne est de 5 mm sur la moitié des pièces.
L’épaisseur maximum se situe entre 7 à 10 mm (7 p) et 11 à 14 mm (3 p)
Un seul spécimen est d’épaisseur nettement plus grande (24 mm) (Fig. 19). Il s’agit d’un grattoir
simple sur éclat entier très épais présentant un talon lisse et un bulbe bien marqué. La face
111
Chapitre V - Industrie lithique
supérieure porte plusieurs empreintes. L’extrémité distale est transformée en grattoir oblique par
retouche abrupte étagée (3 séries), régularisée, adjacente à une coche clactonienne (S3-11-1).
10
7
Nombre de pièces
0
4[4-6]
à6 [7-10]
7 à 10 [11-14]
11 à 16 24
14
Epaisseur (mm)
Matières premières
On distingue deux ou trois silex de couleur dominante, grise (3/22), blonde (7/22), et noire
(12/22).
Le support
La majorité des grattoirs est réalisée sur des éclats (Fig. 20). Les lames (2p/22) et les lamelles
(2p/22) interviennent très peu. Une tablette d’avivage d’un nucléus à participé à la réalisation
d’un grattoir distal convexe, conservant des empreintes d’éclats presque orthogonaux.
Les grattoirs sans plage corticale représentent la part dominante (17p/22) (Fig. 21). Sur quatre
pièces, le cortex recouvre la surface à hauteur de 85% (S1-11014). Certains spécimens sont
débités sur des éclats semi-corticaux (M47-490), d’autres possèdent des zones à néocortex (S2-13-
9, sur la face supérieure et S1-10-40, sur le bord droit).
La plupart des talons sont absents (8/22). L’ablation intentionnelle du talon et du bulbe a été
attestée sur au moins quatre documents. Les talons présents sont lisses (6p/22), certains dièdres
ou facettés, rarement punctiforme, cortical ou retouché (Fig. 22).
112
Chapitre V - Industrie lithique
18
16
Nombre de pièces
14
12
10
8
6
4
2
0
Eclat Lame Lamelle Tablette
18
16
Nombre de pièces
14
12
10
8
6
4
2
0
Sans cortex [1-50%] [50-99%] Néocortex
7
6
5
4
3
2
1
0
Absent Lisse Facetté Punctiforme Dièdre Cortical Retouché
113
Chapitre V - Industrie lithique
Plus généralement, compte tenu de la grande épaisseur des éclats et des bulbes saillants, le
débitage a été réalisé à l’aide de percuteurs durs.
10
9
Nombre de pièces
8
7
6
5
4
3
2
1
0
Unipolaire Multidirectionnel Centripète Indéterminé
La retouche
Le front des grattoirs forme un arrondi assez régulier aménagé à la partie distale des supports.
Cette partie est souvent assez épaisse et assez large aussi sur un bord. La confrontation des
périmètres des supports avec celle du front indique que dans plus de la moitié des cas, le front
constitue plus du tiers du périmètre du support. Il est retouché, dans la plupart des cas (19p/22),
par une retouche directe et courte, souvent longue (18p/22) abrupte ou semi-abrupte.
Grattoirs simples sur éclat : le front épais convexe est parfaitement dessiné par des retouches
abruptes et/ou semi abruptes, continues, directes souvent régularisés.
Grattoirs sur éclat retouché : Les retouches marginales sont différentes de celle formant le front du
grattoir et peuvent intéresser partiellement ou totalement l’un des deux bords. Pour S2-13-9, le
bord droit porte une retouche semi-abrupte écailleuse régularisée, de type « racloir » convexe,
continue jusqu’à la région proximale. Pour S2-11-1, le grattoir aménagé dans la région proximale
par une retouche convexe abrupte régulière, est adjacent à une fine retouche semi-abrupte et
directe bilatérale, plutôt concave sur le bord gauche.
Grattoir circulaire (S2-12-16) : Un exemplaire sur un éclat entier épais présente une périphérie
transformée par retouche abrupte, irrégulière, directe, continue, reprise déterminant un front peu
convexe circulaire.
Grattoir denticulé : Deux spécimens sont sur éclats entiers épais (M47-490 et S2-11-2). Le premier
présente une extrémité distale convexe, transformée par retouche abrupte et écailleuse,
régularisée. La suppression intentionnelle de ce nouveau bord tranchant, par micro indentation
régulière, a créé une scie. Ces denticulations s’étendent au bord droit. Le front présente une assez
114
Chapitre V - Industrie lithique
longue convexité utile malgré la taille réduite du support (L=2 cm). Pour le second spécimen, la
périphérie est aménagée par retouche abrupte écailleuse, sub-régulière dans la région distale,
convexe et sub-denticulée sur le bord gauche. La jonction des retouches des bords avec le front
s’effectue sans hiatus.
Grattoir à museau : L’exemplaire (S1-10-40) est porté par une lame entière, il s’agit de l’entame
(partielle) d’un galet. Le bord gauche présente une retouche continue sur tout le bord, elle est
inverse, semi-abrupte, concave, jusqu’à la région distale qui porte un micro grattoir obtenu par
retouche semi-abrupte convexe, directe dégageant un museau.
Grattoir à coche (S2-10-6) : Le front du grattoir, obtenu par retouches abruptes larges, occupe la
région distale convexe et la partie mésio-distale du bord droit. Sur le bord gauche, la coche
adjacente au grattoir est obtenue par des retouches inverses écailleuses.
Grattoir simple sur lame (S1-10-6) : Il s’agit d’un fragment distal de lame à nervure centrale dont
l’extrémité distale est transformée en front de grattoir convexe, régulier par retouche semi-
abrupte-abrupte régularisée pour obtenir une meilleure convexité du tranchant.
Grattoir sur lamelle retouchée : Deux grattoirs sont sur lamelles retouchées (S1-14-131 et S2-11-78).
Le premier est situé en région distale, déjetée à gauche, obtenu par retouche abrupte convexe
formant un front arquée accentué par l’épaisseur du support. Le bord droit porte une
denticulation prolongeant le front. Le deuxième (S2-11-78) sur lamelle épaisse est associé sur le
bord gauche à une micro retouche Ouchtata directe, proximale prolongée par de la retouche
abrupte épaisse, constituant le front d’un grattoir distal épais, régularisé. L’aspect légèrement
outrepassé du support forme un « nez » de grattoir.
115
Chapitre V - Industrie lithique
116
Chapitre V - Industrie lithique
117
Chapitre V - Industrie lithique
Dix perçoirs, deux (UA1) ; un (UA2), un UA3 et six provenant de dépôts hors stratigraphie (Tab.
19 et 20).
S1 S2 S3
F37-3043
UA1
F37-28-5
UA2 F37-24-11
UA3 N48-655
UA4
S3-13-30
S2-11-68
HS S1-14-7 S3-13-87
S2-14-26
S4-11-2
Majoritairement fabriqués sur de larges éclats de silex noir ou gris, laminaire et lamellaire, l’un
porte une fine plage corticale (50%) indissociable du silex (F37-2411).
Les pointes conservées sont distales, axiales parfois obliques (3 cas), l’une est proximale. Un éclat
présente une « épine » (F37-3043).
Perçoirs simples : Trois sont sur de larges éclats (≈30x20x5 mm). Pour S1-14-7 et S2-11-68, la
pointe est distale, axiale, dégagée par jonction des retouches abruptes des deux bords. Pour F37-
2411, la pointe est située dans la partie mésiale du bord gauche où se rejoignent deux retouches
abruptes inverses et directes. F37-3043 est porté par un éclat-écaille dont la pointe en forme
d’épine (morphologie rare) est dégagée par de très fines micro retouches directes de type
Ouchtata. S2-14-26 est sur lamelle entière. Le bord droit porte une retouche inverse continue,
118
Chapitre V - Industrie lithique
semi-abrupte rectiligne jusqu’à l’extrémité distale qui a été retouchée pour créer une pointe de
perçoir déjetée, assez épaisse.
Perçoir sur éclat laminaire à bord abattu (S-13-87) : Fragment distal de support laminaire épais
conservant un fin perçoir. La pièce présente un aménagement bilatéral par retouche abrupte,
écailleuse reprise en fine retouches marginales.
Mèches de foret : (N48-655) Portion proximale d’une grande lamelle transformée en mèche dont la
région mésio-distale est actuellement cassée. Après suppression intentionnelle du talon et du
bulbe, une transformation par retouches bilatérales abruptes a dégagé une robuste mèche. S4-11-
2 est une lamelle presque entière dont les deux bords portent une retouche abrupte plus ou
moins régulière convergente.
Perçoir double (S3-13-30): Pièce originale créée sur un support épais ayant subi deux
transformations : (1) à une extrémité on observe un amincissement de la région proximale par
suppression du talon et du bulbe, puis une transformation par retouches bilatérales très abruptes,
convergentes, dégageant la pointe d’un bec, épais et axial ; (2) à l’autre, on constate le dégagement
d’une pointe axiale distale aigüe produite par de fines retouche de type Ouchtata qui se trouvent
être adjacentes à la facette du détachement antérieur d’un microburin. Cette très originale
association n’est pas liée au hasard, elle souligne le besoin d’une fine pointe et l’habileté du tailleur
qui sut la créer, dans une zone fragile, généralement laissée intacte, après l’obtention d’un piquant
trièdre. Bien que ce microburin ait dû se ranger parmi les pièces techniques spéciales, la pièce se
trouve ici parce qu’elle a été remployée en fin perçoir, associé et complémentaire du premier. Cet
unique cas connu méritait ces observations. Rares sont les perçoirs doubles dans la typologie
(Tixier 1963).
119
Chapitre V - Industrie lithique
120
Chapitre V - Industrie lithique
Quatre documents sont identifiés. La pièce (F37-3102) n’est cependant pas typique, elle provient
du niveau le plus ancien (UA1) du carré F37, les trois autres sont découverts hors contexte
stratigraphique (Tab. 21 et 22).
S1 S2 S3
UA1 F37-3102
UA2
UA3
UA4
S1-14-174
HS S2-12-12
S1-14-57
Le burin sur dos de lame à bord abattu (S1-14-174) est une portion proximo-mésiale d’une lame
(35x15mm) dont l’épaisseur (3 mm) constante sur toute la longueur témoigne d’un débitage
laminaire maîtrisé. Le talon et une partie du bulbe ont été supprimés pour aménager de façon
convexe cette région par retouche. L’empreinte d’une lamelle oblique subsiste sur la face
supérieure, indice d’un débitage plutôt opportuniste, irrégulier, tournant peut-être. Le bord droit
est aménagé par retouche semi-abrupte et abrupte, très régulière, s’étendant de la région
proximale à la région distale pour former un dos. Dans la région distale, une chute de burin a
laissé une empreinte, avec contre-bulbe bien marqué, dans l’épaisseur de la lame, ne débordant
pas sur la face inférieure (Fig. 27). Accident ou intention ? Cette pièce est typologiquement un
burin sur dos de lame à bord abattu (n°31, Tixier 1963).
Le document sur troncature (F37-3102) est une pièce intéressante mais non typique sur le plan
technologique. Il s’agit d’un éclat entier conservant un talon punctiforme et un bulbe net obtenu
à l’aide d’un percuteur dur. La face supérieure porte de multiples empreintes partielles
orthogonales. L’extrémité distale transversale a été transformée par retouche directe abrupte
121
Chapitre V - Industrie lithique
rectiligne formant une troncature nette. Adjacente à cette troncature, sur le bord gauche, on
distingue une facette longitudinale. Aucun stigmate n’est présent : absence notamment du contre-
bulbe et de micro-lancettes d’un burin. Cette empreinte est plutôt celle d’un choc, mais non d’un
coup de burin, cependant la préparation de la troncature a dû être en relation avec l’intention de
détacher une chute, mais ce fut un échec.
S1-14-57 Ce document original pourrait avoir eu une fonction de nucléus. En effet il s’agit d’un
burin d’angle sur le talon (sans troncature) d’un éclat épais, naturel. Il subsiste : (1) sur le bord
gauche, un troisième burin succédant à l’empreinte de deux chutes, (2) sur le bord droit, existe
une retouche inverse, continue, plus ou moins écailleuse. Il est possible que « l’objectif lamelle »
du tailleur l’ait conduit à créer ces burins successifs, afin d’obtenir chaque fois une lamelle épaisse
(de section rectangulaire pour la troisième et la seconde chutes, et triangulaire pour la première).
Ces dernières, plus épaisses que la première, mais plus courtes, ont conduit le tailleur à rejeter ce
burin-nucléus. Cependant, le bord opposé pouvant filer plus loin avait été préparé pour subir les
mêmes gestes (retrait d’une autre chute, assez longue) un aménagement reste visible sur toute la
longueur du support, il s’agit d’une retouche continue, inverse, plus ou moins écailleuse support.
On reconnait que cet autre projet n’a pas abouti parce que les caractéristiques initiales du talon
étaient déjà inappropriées.
Le document (S2-12-12) est un burin d’angle sur éclat épais présentant deux facettes typiques
laissées par le retrait de deux chutes successives, de même localisation et de même sens. Leurs
facettes sont situées dans le secteur droit du support et les chocs ont été appliqués à la partie
distale très épaisse, sans aménagement antérieur de type « troncature ». L’objectif fonctionnel
reste indéfini, cependant on peut supposer que cette procédure a conduit à obtenir avec ces
chutes deux lamelles, à section triangulaire et rectangulaire. Cette option technique qui n’est donc
ni exceptionnelle ni liée au hasard, s’inscrit dans le répertoire des connaissances et des solutions
des tailleurs de GLD1, en parallèle avec une production lamellaire classique réduite. Pourtant les
caractéristiques morpho-techniques de ces lamelles-chutes, restent peu adaptées à un
aménagement de type épipaléolithique : lamelle à dos et microlithes géométriques.
S’agit-il d’une production d’appoint ? Dans la collection, nous n’avons pas observé des tels
supports transformées. Il est admis que ces « supports potentiels » sont parfois transformables en
aiguillons, d’après E. -G. Gobert (1950), non présents à GLD1.
122
Chapitre V - Industrie lithique
Figure 27 : Burins.
123
Chapitre V - Industrie lithique
Les 35 pièces représentent 14% du matériel (éclats et lames : 6.2%, lamelles : 7.2%). Presque
tous ces documents sont entiers (≈ 90%). Cinq lames sont fragmentaires. Eclats et lames sont
sans contexte stratigraphique tandis que les lamelles apparaissent dès l’UA1 (5/19) (Tab. 23 et
24).
S1 S2 S3
UA1
UA2
Eclats et UA3
S1-10-15 S1-11-33 S2-10-15 S2-11-74 S3-13-84
lames S1-10-35 S1-11-28 S2-11-25-b S2-11-61 S3-12-28
HS S1-10-37 S1-11-18 S2-10-5 S3-11-6
S1-11-22 S1-11-11
G47-103
H35-RF1
UA1 G46-111
F37-3122
G46-110
M47-752
UA2 M47-652
Lamelles UA3 N47-179
S1-10-19 S2-11-82 S3-12-24
S1-11-32 S1-14-179 S2-11-4 S2-11-25
S1-11-5 S1-14-184 S2-11-70 S2-11-81
HS
Tableau 23 : Répartition par secteur et unité archéologique des pièces à bord abattu.
124
Chapitre V - Industrie lithique
Morphométrie
Les pièces sur éclats sont de dimensions réduites (30 x 20 mm). On a recueilli une grande lame
(58 mm) les autres sont plus courtes (L<45 mm). Certaines grandes lamelles (L>35 mm) de
largeur importante (13-14 mm) se situent à la limite entre lame et lamelle (Fig. 28). Les supports
sont plutôt minces (moyenne de 5mm) voire très minces (ép. = 2 mm) (Fig. 29).
30
Eclats
Lames
25 Lamelles
20
Largeur (mm)
15
10
0
0 10 20 30 40 50 60 70
Longueur (mm)
10
8
Nombre de pièces
6
Lamelle
5 Lame
Eclat
4
0
2 3 4 5 6 7 8
Epaisseur (mm)
125
Chapitre V - Industrie lithique
10
0
Absent Lisse Facetté Punctiforme Dièdre Linéaire
20
Modes de débitage Lamelles
Lames
Eclats
15
Nombre de pièces
10
0
Unipolaire Multidirectionnel Centripète Indéterminé
126
Chapitre V - Industrie lithique
aboutissent à des créations d’outils typiques, d’autres paraissent approximatives. Dans ce contexte
néolithique l’éventail morphologique est très limité en outils sur lames.
Lamelle aigue à bord abattu rectiligne (S1-10-19) : Pièce sur support indéfini (devenu lamellaire après
transformation) ne conservant qu'une partie du bulbe. L'objectif de l’aménagement étant
d’obtenir une pointe, c’est la nervure de la partie distale épaisse qui a servi de guide à la création
d'une pointe distale, cette pointe a été renforcée par la retouche du bord gauche, abrupte, directe
légèrement convexe, rabattue en région mésio-distale. Le bord droit porte jusqu’à la pointe une
fine retouche inverse de type Ouchtata (Type 45).
Lamelle aigue à tête arquée (S3-12-24) : Lamelle à pointe proximale caractéristique. Son extrémité
opposée est restée naturellement rebroussée, sa silhouette générale est torse. Jusque dans la
région mésiale le bord gauche, rectiligne, épais, est à retouche abrupte directe ; puis de micro-
retouches de type Ouchtata directe atteignent l’extrémité distale sans la modifier. Le bord droit
est à très fine retouche semi-abrupte, directe, régulière, rectiligne, prolongée par retouche
écailleuse, un peu envahissante pour compléter la convexité. Cette pièce ne portant pas un bord
abattu total, n’a pas les caractéristiques d’une lamelle aigüe à bord abattu convexe (Type 55).
Lamelle subaiguë à bord abattu arqué (S2-11-25) : Lamelle entière ayant la région distale du bord droit
convexe aménagée en pointe déjetée par retouche abrupte, inverse, régulière, associée à une
retouche abrupte directe sur toute la longueur (Type 56).
Lamelle à bord abattu partiel (S1-14-179) : Lamelle entière assez épaisse (support issu d’un avivage),
dont le bord droit est à retouche mésio-distale, abruptes rejoignant le bord gauche pour former
une pointe déjetée, aigüe (par défaut Type 45).
Lamelle à bords abattus (F37-3122-2) : Pièce entière très épaisse (7mm) et à extrémité distale
convexe, ses 2 bords abattus ne convergent pas ; la retouche est directe abrupte et régulière. La
surface naturelle du galet est présente dans la partie distale Il pourrait s’agir d’une mèche de foret
inachevée (Type 63).
Lamelle obtuse à bord abattu (G46-111) : Grande portion d’une lamelle à extrémité distale obtuse,
portant de la retouche abrupte inverse sur le bord droit et des denticulés écailleux sur le bord
opposé (type 67).
127
Chapitre V - Industrie lithique
Cette petite collection de supports à bord abattu et à retouche Ouchtata est réduite ; les critères
techniques d’un débitage lamellaire et laminaire sont comparables à ceux d’outillages
épipaléolithiques, bien qu’ amoindris quantitativement et qualitativement : le débitage n’a pas été
standardisé, n’a pas engendré de supports de grandes dimensions, pourtant la sélection des plus
appropriés a permis la transformation par fines retouches marginales, uni et bilatérales, de type
abrupte créant des pièces typées, mais peu régulières n’ayant pas souvent une rectitude ou une
convexité, nettes. Il se dégage de cette analyse l'impression de connaissances techno-typologiques
certaines, mais de réalisations moins sûres et moins fréquentes dans ce contexte néolithique. On
constate comme un éloignement progressif de la pratique et la mise en œuvre des critères
épipaléolithiques de débitage et de transformations. Des besoins et des usages limités et
différents, n’ont pas entrainé pas de grandes productions normées comme dans d’autres
contextes culturels antérieurs. L’approvisionnement local en matières premières pourrait aussi
avoir été aléatoire, inapproprié.
128
Chapitre V - Industrie lithique
129
Chapitre V - Industrie lithique
130
Chapitre V - Industrie lithique
131
Chapitre V - Industrie lithique
Ce groupe dominant représente 35% du matériel avec prédominance des éclats dans les
deux catégories de transformation. En fouille leur proportion atteint 37% et apparaissent dès
l’UA1. Ce groupe est peu modifié par les récoltes hors stratigraphie (Tab. 25 et 26). Les
documents sont entiers (92%), la fragmentation est généralement engendrée par cassure mésiale
ou proximale.
S1 S2 S3
I48-22 F37-3196
UA1 I47-445 F37-31-2
F37-1256
M47-367
F37-1346
M47-651
UA2 G47-7
F37-2603
F37-25-1
M47-476
I38-2
F37-348
Coches UA3 N48-646
F37-778.2
S1-10-32 S2-13-1 S2-10-14 S3-13-42 S3-12-59
S1-11-16 S2-11-60 S2-11-26 S3-11-2 S3-12-57
S1-11-24 S2-13-12 S2-11-79 S3-11-10 S3-12-23
S1-10-10 S2-10-3 S2-11-5 S3-12-18 S3-12-61
HS S1-10-16 S2-10-8 S3-12-12 S3-12-56
S1-14-32 S3-12-9 S3-12-70
S3-12-26
UA1 G46-117
F37-2638
F37-2719
UA2 M47-379 F37-2797
F37-25-25
F37-2379
Denticulés UA3
S1-10-5 S1-11-13 S2-11-49 S2-10-24 S3-13-79
S1-10-7 S1-11-34 S2-11-72 S2-10-7 S3-13-69
S1-10-20 S1-11-12 S2-11-27 S2-11-62 S3-13-34
HS S1-10-33 S1-11-21 S2-13-8 S2-11-54 S3-12-1
S1-11-38 S1-10-22 S2-11-7 S2-11-39 S3-11-5
S1-11-26 S1-10-44 S2-10-16 S2-11-52 S4-11-1
UA1
F37-19-17
UA2 H40-1
UA3
S1-10-4 S2-13-6 S3-13-83
Scies S1-10-14 S2-10-17 S3-12-19
S1-10-21 S2-11-22 S3-13-86
HS S1-10-13 S2-11-9
S2-13-7
S2-10-2
S2-14-1
Tableau 25 : Répartition par secteur et unité archéologique des pièces à coches et denticulés.
132
Chapitre V - Industrie lithique
Morphométrie
Comme les denticulés, les pièces à coches ne témoignent pas de dimensions privilégiées.
Cependant quelques rares coches sur macro-éclat en calcaire et des scies sur grandes lames en
silex se démarquent du reste de l’outillage (Fig. 35).
50
Type 74
45 Type 75
JT-79
Largeur (mm)
30
25
20
15
Scies et denticulés
sur grandes lames
10
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80
Longueur (mm)
L’épaisseur des éclats varie entre 3 et 22 mm. Les outils sur supports laminaires et lamellaires, à
quelques rares exceptions, ont une épaisseur voisine de 5 mm (Fig. 36).
133
Chapitre V - Industrie lithique
20
18
16
14
Nombre de pièces
12 Type 79
Type 78
Type 77
10
Type 76
Type 75
8
Type 74
0
2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 22
Epaisseur (mm)
80
Autres
70
Blond
Nombre de pièces
60
50
40
30
Noir
20
10
0
Calaire Silex
134
Chapitre V - Industrie lithique
80
Types de supports Scies
70 Denticulés
Coches
60
Nombre de pièces
50
40
30
20
10
0
Eclat Lame Lamelle
80
Taux de cortex Scies
70 Denticulés
Coches
60
Nombre de pièces
50
40
30
20
10
0
Sans cortex [1-50%] [50-99%]
30
Types de talons Scies
Denticulés
25 Coches
Nombre de pièces
20
15
10
0
Absent Lisse Facetté Punctiforme Dièdre Cortical Linéaire
50
Modes de débitage Scies
45 Denticulés
40 Coches
Nombre de pièces
35
30
25
20
15
10
5
0
Unipolaire Multidirectionnel Centripète Indéterminé
135
Chapitre V - Industrie lithique
Les coches
Les pièces sur macro-éclat en calcaire portent de larges coches situées dans les parties distales ou
mésiales. Pour S3-12-12, pièce équilibrée, dégageant une pointe distale par débitage, deux larges
coches mésiales, directes, jointives existent sur le bord droit. Symétriquement par rapport à l’arête
centrale on trouve deux autres coches plus ouvertes l’une d’elles formant un cran (Fig. 39). Cette
disposition probablement intentionnelle pourrait répondre à une préhension ou un
emmanchement.
Sur éclats de dimensions moyennes (L ≈ 4 cm), les coches larges (1 à 2 cm) et peu profondes (2-3
mm) se trouvent surtout situées vers la région mésiale. Le bord droit parait avoir été plus utilisé
que le gauche. Les retouches sont souvent directes, écailleuses (S2-11-26) ou abruptes (F37-778-
2), rarement clactoniennes (2 cas).
Sur petit éclat (L ≈ 2 cm), les coches restent souvent larges malgré la taille réduite du support (S2-
11-5).
Sur les produits laminaires et lamellaires, dont certains portent aussi des retouches adjacentes aux
coches, il semble que la région mésiale ait été plus fréquemment choisie. Les échancrures peu
profondes sont de largeurs variables (5 mm à 2 cm), elles résultent de retouches écailleuses ou
semi-abruptes directes ; prononcées sur certaines lames elles peuvent rappeler un cran (S3-11-2) ;
bilatérales elles donnent l’aspect d’une lame étranglée (S1-14-32 et S3-11-2).
Sur une micro-lamelle (F37-31-2), une coche mésiale droite, directe, obtenue par de fine retouche
de type Ouchtata serait destinée à préparer un microburin, étape préparatoire pour la fabrication
d’un microlithe géométrique. Une autre lamelle (F37-3196), à coche mésiale droite, porte deux
cassures transversale distale et proximale en relation probable avec la fabrication de microlithes
géométriques.
Les denticulés
Les denticulations très irrégulières affectent plutôt les bords droits et parfois la partie transversale
d’éclats courts et larges (F37-2719). Les retouches directes sont plus fréquentes que les inverses
(14%). On rencontre quelques spécimens aménagés par retouche alterne. L’étendue des
denticulations est relativement importante et peut concerner le bord entier, plus souvent convexe
(S1-11-21) que rectiligne (S4-11-1). Dans de rares cas, comme pour S2-11-62, elle est bilatérale, à
retouche directe, convexe pour le bord gauche, oblique, opposée mésiale pour le droit.
Les dents sont peu dégagées, et lorsqu’ elles sont régulières, la création d’une scie est manifeste.
Cette création s’est avérée mériter une subdivision
136
Chapitre V - Industrie lithique
Les scies
Les scies sont produites sur éclats (3 cas) et lames (13 cas). Signalons ce net renversement
quantitatif dans l’ordre du choix des supports, ici très particulier, puisqu’il met la lame en valeur.
Toujours, unilatérales, les scies peuvent être rectilignes ou courbes (S2-11-22, H40-1). Les épines
sont encore aigues, mais non acérées.
Sur grande lame la scie mesure 75 mm. Les dents petites, distantes de 2 mm environ, produites
par des coches non retouchées sont étonnamment régulières. Deux pièces sont remarquables :
• S1-10-14 : Grand fragment mésio-distal de lame (78 mm) dont le bord droit est à
retouche denticulée abrupte, régulière, directe, continue jusqu’à l’extrémité distale
arrondie par retouche écailleuse inverse. La retouche abrupte s’étend au 1/3 inférieur de
la pièce, portant l’empreinte d’une languette d’arrachement. Ce type particulier de fracture
est postérieur aux retouches ci-dessus, il a fortement aminci et fragilisé la face
d’éclatement. Mais on observe qu’après cette fracture, de nouvelles retouches marginales
très fines ont été réalisées sur ce nouveau bord mince laissé par la languette arrachée. Ce
n’est peut-être qu’un détail mais il méritait d’être remarqué. Sur le bord gauche des traces
d’usure affectant le cortex créent un méplat longitudinal.
• S1-10-13 : Lame-scie jumelle de S1-10-14, aussi exceptionnelle par la régularité et la
longueur des retouches denticulées. Son extrémité distale convexe par retouche inverse
plus ou moins écailleuse est adjacente à une scie créée le long du bord droit rectiligne.
La scie a été associée à une troncature, un dos et un racloir, donc à une combinaison de
caractères multiples qui rend imprécis et réducteur le choix d’un seul caractère au détriment des
autres. Or, dans le cas des scies sur tranchant de lame à bord abattu, en contexte épipaléolithique,
J. Tixier (1963, p. 123) précise que seuls deux exemplaires sont connus (les nos 4 et 7 Fig. 44 p.
123). Alors que dans le Bas-Sahara en contexte Néolithique, ces associations sont variées : « scie-
racloir », « scie-burin sur troncature », « grattoir-denticulé-scie », « perçoir-racloir-scie », « lame à
piquant trièdre portant une scie » (Aumassip, 1986, p. 303, 343, 362, 377, 469). Cette observation
pouvant s’appliquer à la documentation lithique de GLD1, nous proposons ci-dessous de
reconnaitre huit cas particulier de scie associées
137
Chapitre V - Industrie lithique
nervure centrale parfaitement tracée, déterminant deux pans égaux et formant un angle de
100°. Le débitage par pression est déduit du parallélisme des bords, de l’alignement de
l’arête centrale à ce parallélisme et de l’épaisseur constante du support associé à une légère
convexité longitudinale. L’extrémité distale transformée par retouche abrupte directe
oblique forme une troncature typique. Le bord gauche porte une retouche inclinée plus
ou moins envahissante, très mince « pelant » la surface, longeant la région mésio-distale
du bord, suggestive de racloir rectiligne simple. Le bord droit est à retouche abrupte
mésiale concave formant des coches adjacentes à une retouche continue abrupte
régulières. La scie née de la création de ces indentations régulières représente le dernier
aménagement de ce bord.
• S2-14-1 : Scie-Troncature-Coche
Lamelle entière dont l’extrémité distale épaisse porte une troncature oblique par retouche
abrupte directe. Une coche directe très marquée localisée sur le bord gauche est située
dans la région proximale, comme pour préparer un emmanchement. Le bord droit porte
une scie créée par une micro denticulation régulière directe, sur toute la longueur.
• F37-19-17 : Scie-Troncature-perçoir
Lamelle entière à troncature distale rectiligne. Le bord droit est à retouche mésiale inverse
régulière, adjacente à une retouche semi abrupte directe mésio-distale atteignant
l’extrémité distale. Sur le bord gauche les denticulations mésiales assez régulières
alternantes, atteignent la région distale. La jonction du bord droit et de la troncature fait
un angle droit et dégage une pointe bien conservée de type « épine ».
• S2-13-7 : Scie-Racloir-Coches
Fragment mésial d’une très grande lamelle dont le bord droit mésial porte une retouche
fine régulière directe, très marginale ne modifiant pas le bord. La région distale porte une
retouche abrupte denticulée. Le bord gauche est à retouche écailleuse semi-abrupte de
type racloir, directe régularisée, continue, mais le fil de ce racloir a été transformé en scie.
138
Chapitre V - Industrie lithique
épaisse, directe, continue convexe depuis la région proximale. Le bord distal transversal
est tronqué par retouche semi-abrupte oblique.
139
Chapitre V - Industrie lithique
140
Chapitre V - Industrie lithique
141
Chapitre V - Industrie lithique
142
Chapitre V - Industrie lithique
Dans ce groupe, spécifique du Néolithique, deux spécimens ont été découverts dans l’UA1, carré
F37 (Tab. 27), les autres proviennent des dépôts hors stratigraphie des secteurs 1, 2 et 3 (Tab. 1).
Onze documents sont presque complets, 3 pièces portant des cassures aux extrémités. Il s’agit de
racloir simple convexe (3 pièces), transversal (3 pièces), suivi d’un racloir double (2 pièces) dont
un sur lame et d’un racloir convergent (2 pièces) (Tab. 28).
Les racloirs convergents à pointe déjetée sont présents. Dans un cas l’angle correspondant à la
zone de jonction est presque droit (85°) dans l’autre (S1-10-25) il est plus fermé (65°).
Les caractéristiques examinées concernent les matières premières, les dimensions, les supports et
débitage et les retouches.
S1 S2 S3
F37-3303
UA1
F37-3076
UA2
UA3
UA4
S3-12-54
S1-10-45 S2-10-13
S3-13-78
HS S1-10-25 S2-13-24
S3-12-120
S1-14-50 S2-11-8
S3-12-5
143
Chapitre V - Industrie lithique
disposer avec le support brut choisi de la plus grande longueur transformable possible pour créer
la zone active, le« fil d’un racloir ». Les bords de grands supports ont été recherchés. Alors
qu’avec un éclat court la région choisie a été transversale. La délinéation est alors rectiligne (F37-
3076 et S3-12-54) ou convexe-concave (F37-3303). La transformation transversale rectiligne de
F37-3076 résulte de retouche écailleuse micro-denticulée. Pour la pièce F37-3303, la transversalité
convexe a été accentuée par une retouche inverse écailleuse convexe et concave, à droite.
90
F37-3303
80
70
60
Largeur (mm)
50
40 S3-12-54
F37-3076
30
20
10
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
Longueur (mm)
5
Nombre de pièces
0
[5-6]
5 à6 [10-13]
10 à 23
23
13
Epaisseur (mm)
A l’exception d’un racloir sur macro éclat en calcaire (F37-3303) dont l’épaisseur est de 23 mm,
tous les autres en silex sont, de faible épaisseur (5 mm : 4 pièces), ou d’épaisseur moyenne
comprise entre 10 et 13 mm (6 pièces) (Fig. 42). Bien que les données manquent pour aborder la
question de la destination et de l’emploi des ces outils, on peut supposer que l’adoption de la
retouche écailleuse semi-abrupte a pour but de renforcer, en l’épaississant, la zone active de
144
Chapitre V - Industrie lithique
manière à la rendre apte à divers usages de raclage par pression probablement, plutôt que de taille
(outil tranchant).
Matières premières
Les documents sont majoritairement réalisés sur des supports en silex gris (clair et foncé), blond
et noir, le silex blond, de bonne qualité est à gains fins, assez homogènes. Un macro- racloir (F37-
3303) est réalisé sur un calcaire local de bonne qualité, à grain fin.
Le support
Plus de la moitié des racloirs (7p/11) est réalisée sur des éclats laminaires dont la longueur
moyenne est 6,5 cm. Leur largeur étant presque souvent égale à la moitié de la longueur. Une
seule petite lame (S1-10-45, 43x16 mm), entière en silex gris mat, porte sur sa périphérie un
racloir double convergent. La face supérieure présente une nervure longitudinale complète
déjetée vers la droite.
Une plaquette en silex blond (58x29x5 mm) a été transformée en racloir double convergent
convexe (S1-10-25). Cet objet conserve des témoins étendus d’une fine surface corticale sur ses
deux faces. Une extrémité a été cassée, la cassure est oblique montrant le parallélisme net des
deux surfaces. La périphérie semi-abrupte écailleuse, présente un le fil tranchant peu régularisé ; la
double convergence des extrémités, même si une seule est conservée, permet de reconstituer une
morphologie mi-ovalaire mi-losangique, symétrique et équilibrée. Il s’agit d’un exemplaire de
conception originale, témoin de compétences morpho-techniques sûres et judicieusement
adaptées à cette mince plaquette, sans équivalent en contexte épipaléolithique, qui suggèrent des
rapprochements avec des outils semblables plus nombreux en régions sahariennes (échanges,
contacts).
Le cortex n’est présent que sur deux pièces dont la plaquette décrite ci-dessus (S1-10-25). La
deuxième (silex blond), façonnée sur éclat laminaire épais, au bord gauche cortical, se présente
comme un couteau à dos naturel. La transformation en racloir simple convexe concerne le bord
droit (S2-11-8) ; il porte une retouche semi-abrupte, denticulée, écailleuse, donnant une convexité
continue depuis la partie proximale jusqu’à la partie distale. La nature des retouches semi-abrupte
et écailleuse varie sur la longueur du bord selon l’épaisseur du support. Dans la partie transversale
les enlèvements irréguliers ont été repris par retouches écailleuses.
La plupart des talons sont absents (5/11) cassés ou invisibles. Les bulbes se sont trouvés amincis
à la suite du détachement d’un éclat spontané (S1-10-45, F37-3303) ou après des retouches
intentionnelles (S3-13-78 et S3-12-5). Lorsque le débitage par percussion (percuteur dur) a
engendré un bulbe saillant, son amincissement intentionnel a parfois entraîné la suppression des
145
Chapitre V - Industrie lithique
stigmates proximaux. L’exemplaire (S3-125-5) ne portant pas de nervure sur sa face supérieure
pourtant large, pourrait provenir d’un éclat de type « Janus ». Ce document se rapproche de la
plaquette décrite (S1-10-25) par un certain parallélisme des faces (épaisseur plus grande dans la
région proximale). Le deuxième exemple S3-13-78 est aménagé sur un macro support (percussion
contrôlée du percuteur dur) sans talon ni bulbe, supprimés par retouches.
8
7
Nombre de pièces
6
5
4
3
2
1
0
Eclat Eclat laminaire Lame Plaquette
6
5
4
3
2
1
0
Sans cortex [1-50%] [50-99%] Néocortex
5
Nombre de pièces
0
Absent Lisse Facetté Retouché
146
Chapitre V - Industrie lithique
Nombre de pièces
4
0
Unipolaire Multidirectionnel Centripète Indéterminé
7 9
8
6
Nombre de pièces
7
Nombre de pièces
5 6
4 5
3 4
3
2
2
1 1
0 0
Directe Inverse Alternante Bifaciale Courte Longue Envahissante
7 7
6 6
Nombre de pièces
Nombre de pièces
5 5
4
4
3
3
2
2
1
1
0
Rectiligne Convexe Convexe- Irrégulière 0
concave Abrupte Semi-abrupte Oblique
4
Nombre de pièces
0
Ecailleuse Scalariforme Parallèle Subparallèle
147
Chapitre V - Industrie lithique
Sur un même document plusieurs types de retouches peuvent coexister. C’est le cas notamment
du racloir double convergent (S1-10-45). Sur le bord gauche, la retouche est inverse, continue,
envahissante, régulière, micro denticulée, elle décrit une morphologie concavo-convexe. Sur le
bord droit la retouche est abrupte, mince, irrégulière dans la partie proximale ; puis régulière et
épaisse, mésio-distale, aboutissant à arrondir la partie distale. C’est un objet intéressant sur le plan
technologique parce qu’il allie avec opportunité divers types de retouches en fonction de
l’épaisseur du support : la retouche marginale, modestement envahissante sur une face, est
régulière, elle coexiste à côté de la retouche abrupte. Cette fabrication témoigne de l’union de
connaissances variées certaines issues d’un héritage épipaléolithique d’autres de nouveautés
introduites plutôt néolithiques.
Parfois l’aménagement du racloir est sommaire (S3-13-78) comme dans le cas de cet instrument
ovalaire double convergent, aux bords convexes symétriques, réalisés par retouches juxtaposées
semi-inclinées. Un autre racloir convexe apparaît sur ébauche de pièce bifaciale foliacée entamée
sur un macro éclat inorientable. La région subaiguë est alors considérée comme distale. Le flanc
gauche caractérisé par deux pans jointifs lisses, présente dans la région mésio- distale du bord une
retouche semi-abrupte, écailleuse, continue, convexe jusqu'à la pointe, constituée par une série de
grands enlèvements, atteignant la nervure centrale. La région mésio-proximale est écailleuse. Le
bord gauche est aussi constituée d'un ensemble d’enlèvements inverses : minces, longs et allongés
(micro-lamellaires), à la partie distale, transverses larges et épais, à la partie mésiale, et enfin
opposés et obliques à la partie proximale. Des enlèvements mésiaux endommagent la pièce, et de
ce constat est née l'hypothèse de l'abandon du projet d’une pièce foliacée probable. L’analyse
permet de déduire la possibilité d’un remploi comme racloir en raison de la juxtaposition de
retouches convexes régulières écailleuses sur tout le bord gauche.
Un racloir récurrent (S3-12-5) montre un façonnement différent des deux bords actifs. A gauche
la transformation par une retouche marginale est bifaciale inclinée, sub-envahissante, continue,
peu écailleuse, et convexe, davantage scalariforme sur la face inférieure. La partie distale du bord
droit rejoint le racloir convexe gauche par retouches semi-abruptes directes postérieures à la
retouche envahissante.
On a pu observer sur un racloir convexe gauche (S2-10-13) la présence d’un gros bec distal
déjeté, formé par la jonction des retouches écailleuses, semi-abruptes du bord gauche et celles du
bord adjacent concave.
Les retouches n’offrent pas toujours un renfort marginal bien développé, terminé par un fil
tranchant actif. Des indentations sont observées. Lorsque celles-ci sont régulières l’instrument
148
Chapitre V - Industrie lithique
Synthèse
Cette collection quoique restreinte a permis de faire des observations variées, relatives à
l’approvisionnement en matières premières (grandes dimensions recherchées) et au traitement de
l’instrument à réaliser. L’objectif d’un long tranchant robuste rectiligne ou convexe a été obtenu
sur larges supports. L’éventail morphologique des supports est assez peu ouvert et parait distinct
149
Chapitre V - Industrie lithique
de celui observé en régions méridionales sahariennes. Les plaquettes sont rares. Le répertoire des
retouches reste aussi limité. On ne décèle à l’oeil que de faibles étendues d’usure (denticulations le
plus souvent, ou bec cassé), or ce domaine d’investigation non encore développé ici, peut livrer
des informations sur la destination de cette classe d’outils si particulière dans l’équipement
néolithique de GLD1, mais moins développé qu’en régions sahariennes.
150
Chapitre V - Industrie lithique
151
Chapitre V - Industrie lithique
Six pièces à troncatures proviennent des unités UA1 (2) et UA2 (2). Deux pièces sont sans
contexte stratigraphique (Tab. 29). Toutes sont entières, sauf (F37-2397) dont il ne subsiste qu’un
fragment proximal. Les documents sont débités sur éclat (2p) ou sur lame (4p), et sont tous en
silex noir (4p), blond (1p) ou moucheté (1p).
S1 S2 S3
M47-810
UA1
G47-82
UA2 F47-12 F37-2397
UA3
UA4
HS S2-11-6 S3-12-52
Les troncatures sur petits éclats larges (2p/3) ou allongés (F47-12) ont une longueur et une
largeur voisines de 20 mm (Fig. 1), leur épaisseur est de 4-5 mm. Une pièce conserve une plage
corticale (15%). Le talon est lisse (2p/3) ou facetté (1p/3). La lecture des négatifs d’enlèvements
indique que les supports ont été souvent débités selon un mode unipolaire (2/3), et dans un cas
bipolaire. La troncature est distale oblique (2/3) ou concave dans un seul cas. La retouche est
toujours directe, abrupte et marginale.
Les troncatures distales sur lame sont réalisées sur de petits supports allongés (Fig. 51). Les
longueurs sont de 37 et 41 mm, les largeurs sont inférieures à la moitié des longueurs. Les
épaisseurs n’excèdent pas 5 mm. Une pièce porte une plage corticale d’environ 20% située dans la
région proximale du bord droit. Le talon est lisse ou facetté. Le mode de débitage dans les deux
cas est unipolaire. La pièce S2-11-6 porte sur la face supérieure deux nervures parallèles situées
symétriquement de part et d’autre de l’axe de débitage. Les troncatures sont obliques et obtenues
par une ligne de retouche continue directe et abrupte.
152
Chapitre V - Industrie lithique
25
Fragment distal
20 de lame
Petites lames
Largeur (mm)
Eclats
15
10
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Longueur (mm)
Figure 52 : Troncatures
153
Chapitre V - Industrie lithique
Avec 10% (29 pièces) du matériel ils occupent la deuxième position dans l’industrie. Les fouilles
ont livré un microlithe en UA1 et 4 en UA2 (Tab. 30). Les segments (19/29) sont majoritaires par
rapport aux triangles (2/29) et aux trapèzes (5/29) (Tab. 31).
S1 S2 S3
UA1 G37-13
F37-17-10
UA2 N47-604 F37-14-8
F37-18-5
UA3
UA4
S2-13-5
S1-10-23 S2-11-87-a
S1-11-4 S2-10-22-b
S1-11-1 S2-10-26
S1-11-2 S2-11-86-a
S1-10-17 S2-11-89-a
HS S1-11-39 S2-10-11
S1-11-3 S2-11-24
S1-14-34 S2-11-89-c
S1-14-18 S2-10-25
S1-10-41 S2-11- 15
S1-11-15 S2-11-10
S2-14-114
Aménagés sur silex noir (25/29) et blond (2/29, un seul est sur calcaire à grain fin (S1-11-14). Le
cortex (15%) est présent sur un segment (S2-11-24). La plupart des morphologies créées sont sur
154
Chapitre V - Industrie lithique
lamelles (14p/29) ou sur éclats (10p/29), mais parfois (5p/29) le degré de transformation ne
permet plus de déterminer le type de support choisi.
Sur le plan dimensionnel le lot dominant (22p/29) se situe dans un court intervalle (18 x l9 mm),
s’en écartent quatre segments (≈ 35 mm x 15 mm).
25
Segments
Triangles
Trapèze
20
Indét.
Grand ségments
Largeur (mm)
15
10
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Longueur (mm)
Les épaisseurs moyennes des supports bruts sont typiques d’un débitage lamellaire (2 à 3 mm)
tandis celle de grands supports (> 5mm, S2-10-11) correspond à des éclats. On ne rattache aucun
microlithe aux lames brutes.
12
10
Nombre de pièces
8
Trapèze
Traingle
6
Segment
Indét.
4
0
1 1,5 2 3 4 5 6 7 9
Epaisseurs (mm)
155
Chapitre V - Industrie lithique
20
18
16
14
Nombre de pièces
12
Lamelle
10 ?
Eclat
8
0
Indét. Segment Trapèze Triangle
Etant donné la taille réduite des supports et l’étendue des transformations envahissantes, les
stigmates d’aménagement des extrémités, comme le piquant trièdre, sont quasiment absents à
deux exceptions provenant de l’UA2 (N47-604 et F37-18-5). Les retouches abruptes déterminent
les côtés des formes géométriques
Segments sur lamelles : La retouche abrupte directe aboutissant aux extrémités apparait parfois
comme alternante (S1-10-23) ou rabattue (S1-11-4). La facette nette d’un piquant trièdre n’a pas
été retouchée (N47-604 et F37-18-5).
Segments sur éclats : F37-18-5 porte une retouche abrupte régulière terminée par un piquant trièdre
intact. Le microlithe S2-11-24 sur éclat épais (7 mm) présente une petite surface de néocortex sur
le dos, resté partiellement retouché.
Triangles : F37-17-10 sur lamelle mince (2 mm) conserve deux extrémités aigues. Aménagé au
contraire sur éclat épais (4mm). S2-11-86A est un triangle scalène court, transformé par retouche
directe, très abrupte d’un côté et légèrement semi-abrupte de l’autre.
Trapèzes sur lamelles : S2-11-87A provient d’une lamelle mince (2 mm) bitronquée, ses deux
troncatures forment un trapèze isocèle. S1-11-3 a été préparé sur une lamelle mince (2 mm)
transformée par retouche Ouchtata en trapèze à un côté convexe.
Microlithe indéterminé : On a classé parmi les pièces géométriques la pièce S2-11-15 sur éclat sub-
rectangulaire présentant des bords à retouche abrupte. Un angle droit détermine la silhouette des
deux bords rejoignant le troisième par un arrondi.
156
Chapitre V - Industrie lithique
157
Chapitre V - Industrie lithique
Le groupe des armatures à retouche bifaciale (12p. 5.1%) apparu dès l’UA1 va croissant dans
l’UA2 (Tab. 32). Deux familles distinctes par leur morphologie et leur technique ont été
reconnues, il s’agit d’armature à retouches bifaciales envahissantes (10p/12) réparties en 4
catégories A1, A2, D1 et C4 (Hugot 1957) (Tab. 2) et d’armature de flèche à tranchant transversal
(2p/12) de la catégorie F4 (Tab. 33).
S1 S2 S3
UA1 F46-148
F37-2647
UA2 M47-124
F37-24-13
UA3
S2-10-4
S2-11-86-b
S2-10-30
HS S2-10-31 S3-12-124
S2-11-88-b
S2-11-87-b
S2-11-89-b
Six armatures ont les ailerons (3 cas) ou la pointe (3 cas) brisés quand ce n’est pas davantage,
comme pour la pièce S2-11-80 réduite d’environ 40% suite à une cassure oblique mésio-distale.
La convergence des bords formant une pointe permet de restituer la longueur initiale (35 mm).
Trois subdivisions dimensionnelles permettent un classement en petites armatures (L et l <15
mm : 2 pièces) ; en armatures de taille moyenne (L,l~25mm ; 6 pièces) ; et en grandes et larges
armatures, de forme parfois allongée (L>30 mm) : 3 pièces (Fig. 57).
158
Chapitre V - Industrie lithique
30
25
20
Largeur (mm)
15
10
0
0 10 20 30 40 50 60
Longueur (mm)
Ces armatures sont le plus souvent de faible épaisseur (≤ à 3mm), à l’exception de la grande
pièce foliacée (S3-12-12, ép.7 mm). Le support d’origine a été épais et la perte d’épaisseur résulte
de deux ou trois étages de retouches envahissantes observés sur les deux faces. L’unique armature
à tranchant transversal et l’ébauche triangulaire (sans retouche bifaciale envahissante) ont une
épaisseur de 4 mm (Fig. 58). Dans certains cas la faible épaisseur des pièces met en évidence le
caractère translucide du silex blond.
5
4
Nombre de pièces
0
1,5 2 3 4 7
Epaisseur (mm)
159
Chapitre V - Industrie lithique
Pour les armatures (en silex noir 7p/12, en silex blond 5p/12), ayant perdu leurs stigmates de
débitage lorsque la retouche a été bifaciale et réalisée par pression, l’identification du support
initial n’est plus possible. Pour S2-11-86B et l’ébauche d’armature (S2-10-4), les critères d’un éclat
sont identifiables, pour l’armature à tranchant transversal (F37-2647), il peut s’agir d’une lame, ce
qui reste un fait rare.
160
Chapitre V - Industrie lithique
Le total de 12 armatures reste assez élevé comparé à celui que présentent d’autres gisements
Néolithiques du Nord de l’Algérie. Dans l’ensemble les caractéristiques des armatures à retouches
bifaciales de la grotte GLD sont assez typiquement sahariennes, même si l’éventail
morphologique reste assez peu ouvert. Sur le plan technique, l’exécution par pression de la
retouche envahissante parfois très inclinée est d’une habileté certaine, mais ne rivalisant pas avec
celle reconnue aux tailleurs de gisements sahariens.
161
Chapitre V - Industrie lithique
162
Chapitre V - Industrie lithique
Unique objet (S2-11-23) hors contexte stratigraphique (21 x 15 x 5 mm) provenant d’un éclat à
bord abattu et piquant trièdre (Type 102). Sur silex noir brillant, il présente un talon lisse et large
et un bulbe saillant. Le bord gauche est à retouche abrupte convexe, directe, continue jusqu’à
l’extrémité distale qui porte une facette de piquant trièdre issue du détachement d’un microburin
distal typique. Des empreintes jointives d’un éclat et d’une microlamelle sub-rectangulaire de
même sens sur la face supérieure indiquent un débitage mixte unipolaire, de fin d’exploitation
d’un nucléus.
Ce petit support pourrait avoir été traité comme les lamelles épipaléolithiques pour aménager un
microlithe géométrique. Ce dos et le piquant trièdre représenteraient les étapes premières de cette
fabrication.
Des stigmates à caractéristiques de cette technique ont été observés sur certains outils provenant
de l’UA2 : un perçoir double (S3-13-30), deux segments sur lamelles N47-604 et F37-18-5 et deux
coches sur lamelle (F37-3196) et microlamelle (F37-31-2 et).
Figure 61 – Microburin
8.11.Divers
Le groupe des « Divers » est constitué de 34 pièces, soit 12,8% de l’outillage. Il est composé de 2
pièces à languette (Type 111), 10 pièces à retouches continues (Type 105) et 15 pièces classés
parmi les Divers (type 112) majoritairement des fragments d’outils indéterminés et 7 pièces
esquillées présentées parmi les pièces techniques.
S2-10-22A (Type n°112) : Cet éclat d’avivage issu d’un nucleus à lamelles, bipolaire, montre une
micro retouche directe très abrupte et oblique, formant cran mésial
163
Chapitre V - Industrie lithique
S3-12-50 (Type n°111/Divers) : L’éclat entier, à talon naturel ocré, a été bilatéralement aminci
La face inférieure porte une série de micro retouches bilatérales, concaves, mésiales étendues à
l’extrémité distale pour créer une morphologie en languette, peu typique.
S1-10-26 : Cette lamelle entière en silex blond translucide issue d’un débitage au percuteur tendre
ou par pression est à extrémité obtuse. Des retouches continues subrectilignes de type micro-
Ouchtata alternante longent les deux bords. Mais sur l’un d’eux elles se développent de façon
régulière jusqu'à la partie distale. La pointe proximale résulte de leur jonction renforcée par
retouche envahissante sur la face plane. Cette pointe épaisse est-elle celle d’un perçoir ? La nature
des retouches n’a pas conduit à faire ce classement.
G36-74 (UA1) : Plaque ovalaire en calcaire, (117 x 94 x 35 mm), intentionnellement amincie par
larges enlèvements bifaciaux presque centripètes. Restée à l’état d’ébauche, il se pourrait que
l’objectif du tailleur ait été de façonner un instrument de type hache ? Aucun spécimen achevé
pouvant servir de comparaison n’est présent dans cette collection.
164
Chapitre V - Industrie lithique
Les objets réunis dans cette partie sont encore à l’étude (pétrographique, technique, etc.). Cette
catégorie rassemble deux séries distinctes d’instruments dont certains sont des lames en pierre
dont la surface est actuellement polie (S3-13-75, S3-12-45, S3-13-76, S1-12-46) et d’autres pièces
associées à un matériel de broyage (S2-11-37B et S2-13-18). Leur présentation succincte a pour
but de les insérer dans le contexte culturel de GDL1 pour souligner la diversité instrumentale
existante en attendant que d’autres résultats permettent de mieux les connaitre. En effet la
provenance et le traitement subi par chaque pièce ouvrent des perspectives de déplacement et des
connaissances techniques spécifiques venant enrichir le répertoire et préciser les comportements
et objectifs des artisans de GLD1. A ce stade de l’enquête il est encore délicat de se prononcer
sur le statut des haches et herminettes, leur caractère d’objets faits sur place ou non. De
nombreux travaux accordent à cet équipement des études spécialisées et l’un d’eux concernent le
NTC de l’Algérie atlasique (Roubet 1979, Roubet et Frohlich, 2014).
Un document (F37-2579) provient de l’UA2 (Fig. 63), les autres sont sans contexte
stratigraphique.
S1 S2 S3
UA2 F37-2579
S3-13-75
S2-13-18
HS S1-12-46 S3-16-76
S2-11-37B
S3-12-45
• F37-2579 (Fig. 63) : Fragment (70x46x16 mm) de roche volcanique correspondant à une
ébauche d’outil, pouvant appartenir au flanc d’un outil cassé (Hache ?). Dans
l’équipement lithique de GDL1 les roches volcaniques sont utilisées pour la fabrication
des lames en pierre polie. Certains affleurements se trouvent à 60 Km sur la rive sud la
Soummam en direction de la mer dans la région d’Amizour (Fig. 4, n°5).
165
Chapitre V - Industrie lithique
Figure 63. Ebauche d’un outil correspondant au flanc probable d’une hache (F37-2579)
S2-11-37B (Fig. 64) : Molette- percuteur en grès (63x49x16 mm). Traces d’ocre rouge sur la face
bombée. Galet ovalaire plat récolté sans subir de transformations majeures. L’usage a fait
apparaitre des zones plus lisses que d’autres, pouvant indiquer qu’un frottement répété est sans
doute à l’origine d’un début de polissage (témoins d’activités indéfinies). On relève quelques
marques de piquetage périphérique suggestives de légères percussions produites sur un matériau
différent (lithique).
S2-13-18 (Fig. 64) : Pilon tronconique complet en grès (48x43x43 mm), à deux surfaces
parallèles piquetées, bien conservé. L’élaboration de la morphologie tronconique légèrement
concave est particulièrement soignée et créative d’une symétrie en relation avec la préhension et
l’alternance de l’emploi de l’une ou l’autre surface. Ces deux surfaces sont planes, piquetées, sans
encroûtement visible.
S3-13-75 (Fig. 64) : Hache cylindrique en granit ? (66x42x36), à biseau poli convexe et corps
piqueté continu. Instrument assez court et complet parfaitement symétrique. Les régions polies
peu étendues dégagent un biseau au fil arrondi légèrement endommagé (analyses en cours).
166
Chapitre V - Industrie lithique
S3-12-45 (Fig. 64) : Herminette courte (51x47x17), endommagée transversalement, ayant perdu
l’extrémité opposée au biseau convexe, dissymétrique. Ce biseau distal poli, de dimension
inférieure au diamètre central, sans contour précis, dégage un fil émoussé endommagé dans la
partie centrale (écaille). La zone de cassure, correspondant au talon de l’herminette, devenue plus
claire que la surface extérieure piquetée.
S3-13-76 (Fig. 64) : Herminette complète (79x41x40), ayant un fut sub-cylindrique et un talon
sub-circulaire d’un diamètre inférieur à celui du corps central de la pièce. La roche volcanique
encore indéterminée (granit ?) a fait l’objet d’un piquetage régulier faisant disparaitre l’arête du
galet initial. Le biseau rectiligne mais dissymétrique est amorcé dans le dernier tiers de la pièce
par un arrondi régulier. L’arête de ce biseau est un peu endommagée.
S1-12-46 (Fig. 64) : Herminette complète (calcaire noir ?) (74x27x20) ayant subi un traitement
par polissage, étendu, et très poussé. Ses faces polies, sans nervure, présentent par endroit des
empreintes partielles d’une préparation par retouche (cassures ?) ayant creusé l’un des flancs
d’aspect émoussé et grenu. Le biseau rectiligne, parfaitement transversal par rapport à l’axe de la
pièce, est très court, bien conservé et comparable à celui d’une gouge. Dans la région opposée on
observe de larges empreintes. S’agit t-il d’un amincissement intentionnel du galet, d’un
aménagement lié à l’emmanchement de l’instrument ? Des analyses des zones abrasées par des
frictions et une fixation (ligatures) pourraient mettre en évidence ce mode d’emmanchement et
déceler la présence de résidus organiques de colmatage (glue, résine, etc.).
167
Chapitre V - Industrie lithique
168
Chapitre V - Industrie lithique
10.1.L’outillage de GLD1
L’outillage de GLD1 :
Les outils (n=264, Tab. 35) représentent 12,18% du matériel lithique. Le taux de transformation
des lames et lamelles est de 52 %, et il est de 13% pour les éclats. Aucun outil sur nucléus.
L’unité UA4 n’a pas livré d’outillage et très peu de matériel lithique en général (16 éclats
bruts/2167, soit 0.7% du matériel lithique). L’UA3 a livré 2.3% de l’outillage (6 pièces).
169
Chapitre V - Industrie lithique
170
Chapitre V - Industrie lithique
Le matériel lithique peut être scindé en deux ensembles selon que le contexte stratigraphique est
de provenance connue ou pas. Dans le premier ensemble, l’essentiel de l’outillage est issu des
unités UA1 (9.8%), UA2 (11%).
Dans le second ensemble sont réunis tous les documents privés de références stratigraphiques
mais pas de références topographiques. Les documents actuels ne représentent pas encore la
totalité des récoltes faites dans les dépôts laissés sur place par les premiers fouilleurs, qui
surmontaient les secteurs fouillés ; le volume de ces dépôts étant très important, le tri total n’a pas
171
Chapitre V - Industrie lithique
encore été effectué. Cependant, et à titre exploratoire, il est apparu possible d’unir les
informations de ce second ensemble (76,9%) à celui que livre les récoltes en fouilles. Pourquoi ?
Cette procédure a pour objectif de n’écarter, a priori, aucun dépôt, ni leur contenu, sans les avoir
préalablement examinés. En choisissant d’examiner aussi les dépôts qui surmontaient les secteurs
que notre équipe a décidé de fouiller, il a été décidé d’en tirer tout le potentiel informatif pour
effectuer d’éventuels rapprochements qualitatifs et quantitatifs. Cette démarche ne nuit pas à
l’appréciation respective des données quantifiées (Tab. 35).
Le matériel hors stratigraphie, (HS), provient des 3 unités archéologiques (UA1 à UA3).
L’outillage HS est donc chronologiquement inscrit dans une fourchette large. Mais étant donné
que 96,7% des pièces proviennent des unités UA1 et UA2, il est vraisemblable que cette
fourchette chronologique pourra s’affiner davantage d’un millénaire.
80
UA1
70 UA2
UA3
HS
60
25
20
Nombre de pièces
15
10
0
G P B EL l CD T MG Mb R AF D
Compte tenu du nombre réduit d’outils découvert en fouilles (61 pièces, 23% de l’outillage), toute
conclusion à ce stade de notre étude doit être prise avec précaution. Une interprétation se limitant
même au tandem présence/absence, par unité, est à relativiser. Cependant, dès à présent, un
certain nombre d’observations peuvent être présentées dans l’ordre d’importance décroissante
donnée par les effectifs des groupes :
172
Chapitre V - Industrie lithique
1. Le groupe des Coches et denticulés reste dominant, sauf dans l’UA1 où il est à égalité
avec les lamelles à bord abattu (Tab. 35). On note que dans ce groupe, les scies sont bien
représentées (16 %) ce qui est un signe de nouveauté.
2. Le groupe des « Divers » (sans typicité particulière) (23% en UA1, et 12, 9% tous niveaux
confondus) est important comme c’est habituellement le cas en contexte néolithique. 8
pièces esquillées (3%) font partie du lot des « Divers ».
3. Les microlithes géométriques occupent la troisième position (29 pièces, 11%) dans le
classement. Ils sont plus nombreux en UA2 (4 pièces) qu’en UA1 (1 pièce). La plupart
des pièces sont des segments (19/29) auxquels ont doit ajouter 5 trapèzes et 2 triangles.
Deux segments sur lamelles provenant de l’UA2 portent une facette de piquant trièdre
(N47-604 et F37-18-5). Leur présence s’inscrit dans un répertoire pré-néolithique.
4. Les grattoirs dans l’UA1 et l’UA2, représentent un groupe important avec 8.3% (22
pièces). Leur maintien est à rattacher au fonds commun de l’outillage.
5. Les lamelles à bord abattu (19 pièces, 7.2%) sont fortement représentées en UA1, à
égalité avec les coches et denticulés (Tab. 35-36).
6. Les éclats et lames à bord abattu (16 pièces, 6.1%) sont sans contexte stratigraphique.
Mais nous savons par les lamelles à bord abattu que le façonnage d’un dos par retouche
abrupte est connue et pratiqué à GLD1 en UA1 et UA2. 2/3 des pièces sont des éclats
(11/16) et 1/3 des lames (5/16).
7. Les racloirs (4.5%) sont présents uniquement en UA1 (2 pièces). Mais un grand nombre
(10 pièces) a été découvert hors stratigraphie. Le nombre et le développement
morphologique de ces documents sont des critères novateurs.
8. Les armatures de flèches (12 pièces, 4.5%) sont plus présentes en UA2 qu’en UA1.
Totalement nouvelles mais techniquement moins élaborées que leurs modèles sahariens.
9. Les perçoirs (10 pièces, 3.8%) sont présents en UA1, UA2 et UA3. Outil neutre, peut
fréquent dont la présence ne peut pas être corrélée avec des changements culturels. On
note qu’ils sont assez rares dans les gisements nord africains (Tixier 1963, p. 63).
Procèdent du fonds commun.
10. Les troncatures (6 pièces, 2.3%) présentes à égalité dans les unités UA1, UA2 et UA3, ne
semblent pas constituer un marqueur culturel à GLD1.
11. Les burins sont rares (4 pièces, 1.5%) mais présents en UA1.Très nettement marginalisés
par rapport au Capsien
12. Le groupe « Technique du microburin » est représenté par un seul microburin (Tab. 35-
36). Très nettement marginalisé par rapport aux contextes antérieurs.
173
Chapitre V - Industrie lithique
En abordant cette partie, notre premier objectif est de tenter de déceler d’éventuelles
transmissions ou non de traditions épipaléolithiques à travers l’industrie lithique, en restant dans
un cadre régional restreint (Babors et Haut-Plateaux Sétifiens).
La genèse des cultures Néolithiques nord africaines est un sujet qui a longtemps suscité intérêt et
débats (Gobert 1952, Balout 1955 ; Vaufrey 1955 ; Tarradell 1958, Jodin 1958-59, Camps-Fabrer
1966, Camps 1974 ; Roubet 1979-2005, Hachi 2003, Guilaine 2007). Plus récemment, au Maroc,
le programme Génémar (Genèse du Néolithique Marocain) initié en 1985 et conduit par J. P.
Daugas (2010) a créé un cadre chrono-culturel essentiellement fondé sur un corpus décoratif des
documents céramiques. L’apport des documents lithiques dans cette problématique est encore un
sujet de recherche ouvert. Notre démarche restera donc prudente connaissant les limites de cet
exercice, d’autant que la collection lithique de GLD1 n’est pas suffisante. Nous exposerons les
arguments qui plaident ou non en faveur de telle ou telle tradition en exploitant les listes d’outils
(densité relative d’outils par niveau archéologique), en mettant en perspective d’autres paramètres
importants : données qualitatives dans les groupes d’outils, débitage, matières premières,
spécificités régionales, diversité des besoins, etc.
Les deux sites majeurs pour aborder l’Epipaléolithique régional se trouvent dans un rayon de
moins de 100 km de Gueldaman. Il s’agit des gisements d’Afalou Bou Rhummel (Hachi, 1987,
2003) pour l’Iberomausrusien et de Medjez II (Camps-Fabrer 1975) pour le Capsien supérieur s. l.
le premier est chronologiquement éloigné de GLD1 (les derniers niveaux sont datés entre 13 000
et 11 000 cal. BP) alors que le deuxième, par son dernier niveau d’occupation (Phase IV, première
moitié du VII millénaire BP), est contemporain de l’UA1 de GLD1.
La démarche comparative caractérisant le second objectif chrono-géographique consiste à
rapprocher l’industrie lithique de GLD1 du groupe des sites continentaux et littoraux
Néolithiques. Les premiers sont tous issus du Capsien et plus particulièrement de ce qui constitue
la tradition de ce faciès et qui en a été conservée jusqu’à l’Holocène moyen en région orientale du
Maghreb. Les sites Néolithiques retenus sont regroupés par région et contexte culturel :
174
Chapitre V - Industrie lithique
rapprochant de GLD1. Le site du Kef el Agab (Tunisie) anciennement fouillé (Bardin 1953) a fait
l’objet de nouvelles recherches en 2010 (Aouadi 2014), mais nous ne disposons pas du résultat
des analyses.
Le gisement d’Afalou Bou Rhummel est un abri sous roche situé dans le massif côtier des Babors
dans la commune de Melbou à l’est de Béjaïa. La comparaison porte ici sur la collection lithique
réunie lors des fouilles effectuées par S. Hachi dans les années 1983 et 1984 et concerne la
première des cinq couches supérieures datées entre 14000 et 11000 BP et représentant un même
ensemble industriel (Hachi 2003). La couche V est celle dont les industries sont « plus conformes
à l’image statistique de l’Ibéromaurusien » (Hachi 2003, p. 230). La couche IV frappe par
l’originalité de son matériel archéologique (« taux inhabituel de microlithes géométriques et parmi
eux, de nombreux triangles »). Les industries des trois couches supérieures font partie de la même
unité industrielle de « structures ibéromaurusiennes ». S. Hachi note que dans cette unité
« apparaissent des pièces réputées évoluées : aiguillons droits, pointes du Chacal et d’Ain Kéda ;
le nombre de pièces à coches augmente et parmi elles, celles à coches seulement et celles sur
éclats ; les microlithes géométriques comprenant segments et triangles, augmentent légèrement ;
les grattoirs se diversifient et les pièces à retouches continues accusent une légère baisse ».
175
Chapitre V - Industrie lithique
2- Medjez II
La deuxième étude concerne la collection lithique provenant des fouilles effectuées par H.
Camps-Fabrer dans le site de Medjez II entre 1967-1968 (Camps-Fabrer 1975). L’escargotière-
nécropole de Medjez située dans les Hautes-Plaines de Sétif est considéré comme le gisement
princeps du faciès Sétifien du Capsien Supérieur (Camps-Fabrer 1975, Roubet et Hachi, 2015). La
monographie de Medjez II met en évidence une occupation en plein air ayant duré deux
millénaires et demi qui se serait déroulée en quatre phases chrono-culturelles :
La phase ancienne I, s’est déroulée au VIIème millénaire (6910±150 BC), l’industrie n’est pas
encore un Capsien supérieur nettement caractérisé, « .. ni [celui]… d’un Capsien typique, malgré
un outillage volumineux dont la structure est différente… C’est pourtant dans cette phase que les
affinités ou les réminiscences ibéromaurusiennes sont…les plus sensibles » (Camps-Fabrer 1975,
p. 418).
Durant la phase II, première moitié du VIème millénaire (5830±180 BC ; 5330±120 BC), les
caractères capsiens s’affirment : « un Capsien supérieur bien caractérisé sans hiatus et
manifestement par évolution interne » (Camps-Fabrer 1975 p. 418).
Le passage de la phase II à la phase III, vers la moitié du VIème millénaire, entre 5500 /5080
±160BC, se traduit par l’allègement de l’outillage lithique dont la structure est moins équilibrée.
Les couches de cette phase ont livré de nombreuses inhumations.
Le Sétifien évolué qui couvre la Phase IV prend fin au milieu du Vème millénaire 4550±150 BC
(Camps-Fabrer 1975, p.168), il voit s’accentuer l’allègement et le déséquilibre de l’industrie
lithique au profit surtout des pièces à coches et des lamelles denticulées. Durant cette phase
tardive -contemporaine de l’UA1 de GLD1- aucune espèce animale domestique, aucun indice
néolithique n’a été enregistré.
La comparaison porte sur les phases II (caractères Capsiens affirmés) et IV (Sétifien évolué).
Avant d’aborder les comparaisons des indices d’outils rappelons les grands traits en relation avec
le débitage. Dans ces deux entités culturelles, l’éclat ne représente pas la classe préférentielle de
supports bruts, c’est le débitage lamino-lamellaire, souvent pratiqué au percuteur tendre ou par
pression qui domine.
On sait que dans les assemblages ibéromaurusiens l’approvisionnement des tailleurs en
matières premières de petit gabarit (petits galets) a conduit à la création de supports de
dimensions microlithiques, lamellaires et d’éclats. Dans les assemblages capsiens, le choix plus
ouvert en matières premières de grandes dimensions a conduit à une production lamino-
lamellaire dominante ; la lame répondant à divers objectifs n’a pas remplacé l’éclat. Ces
informations générales montrent que les débitages de type ibéromaurusien et capsien s’éloignent
176
Chapitre V - Industrie lithique
de GLD1, orienté à 90% vers la production d’éclats. Cependant le débitage de GLD1 présente
des similitudes avec Afalou en raison de la taille des supports, issus de matières premières
provenant de formations géologiques et géographiques comparables voire identiques (Babors).
Nb % Nb % Nb % Nb %
Racloirs 0 0% 0 0% 0 0% 12 4,5%
Grattoirs 6 3,9% 115 3,9% 36 2% 22 8,3%
Perçoirs 2 1,3% 35 1,2% 22 1,2% 10 3,8%
Burins 3 2% 290 9,9% 5 0,3% 4 1,5%
Eclats/lames 12 7,8% 61 2,1% 6 0,3% 16 6,1%
Lamelles 72 47,1% 803 27,3% 256 14% 19 7,2%
Coches/denticulés 18 11,8% 954 32,4% 912 50,2% 99 37,5%
Troncatures 6 3,9% 58 2% 65 3,6% 6 2,3%
Géométriques 14 9,2% 21 0,7% 131 7,2% 29 11,0%
Arm. de flèches 0 0% 0 0% 0 0% 12 4,5%
Microburin 11 7,2% 91 3,1% 116 6,4% 1 0,4%
Divers 9 5,9% 512 17,4% 253 13,9% 34 12,9%
Total 153 100% 2940 100% 1802 100% 264 100%
Tableau 37 – Quantités et proportions d’outils dans les sites d’Afalou Bou Rhummel-CI (S. Hachi 2003,
p.208) et Medjez II-Phase II et IV (H. Camps-Fabrer 1975, p.179-180).
60%
GLD1
Afalou-CI
Medjez Ph.II
50%
Medjez Ph.IV
40%
30%
20%
10%
0%
G P B EL l CD T MG Mb R AF D
177
Chapitre V - Industrie lithique
Les premières conclusions que nous pouvons esquisser sont les suivantes :
• La faible diversité typologique du groupe des microlithes géométriques à GLD1
(majoritairement des segments) est moins un héritage capsien qu’ibéromaurusien. Quoi
qu’il en soit, numériquement ce groupe est bien présent à GLD 1.
• Même raisonnement pour le groupe des burins dont la faible représentativité éloignerait
encore plus GLD1 d’un héritage capsien pourtant chronologiquement et
géographiquement proches (Medjez II-Phase IV). Paradoxalement, ce paramètre le
rapprocherait d’un héritage ibéromaurusien chronologiquement très éloigné, mais
géographique très proche (IBM des Babors).
• On ne peut pas considérer le groupe des lamelles à bord abattu de GLD1 comme
typique et représentatif de l’une ou l’autre culture. Il est réduit aux morphologies
178
Chapitre V - Industrie lithique
Ce dernier point est probablement le plus pertinent du point de vue d’une évolution typologique
manifeste entre le dernier niveau de Medjez II (Phase IV) et l’assemblage lithique Néolithique de
GLD1 qui traduit un besoin évident (à définir) et un changement d’activités.
S. Hachi conçoit une relation typologique évolutive des couches supérieures ibéromaurusiennes
d’Afalou et la phase I de Medjez II (en raison de la présence des pointes de la Mouillah et des
lamelles scalènes et la prépondérance des segments parmi les microlithes géométriques) que H.
Camps-Fabrer admettait déjà, avec prudence.
Avec le groupe des coches et denticulées, nous pensons détenir un argument solide en faveur
d’une évolution typologique entre le Sétifien évolué et GLD1 conditionnée par de nouvelles
activités en relation avec un usage plus fréquent des denticulés. Ce thème sera évoqué plus loin.
Par transitivité nous aurions donc une évolution typologique continue depuis l’ibéromaurusien
d’Afalou ininterrompue. Cependant, il reste à expliquer pourquoi nous retrouvons également à
GLD1 « des réminiscences » ibéromaurusiennes plus que capsiennes malgré l’éloignement
chronologique ? Est-ce le territoire commun (Babors) et ses ressources naturelles notamment
minéralogiques qui seraient déterminantes ? L’empreinte du territoire serait-elle donc très forte ?
Région atlasique
Grotte Capéletti (KSMT)
La grotte Capéletti du Khanguet Si Mohamed Tahar (KSMT) située dans l’Aurès, sur l’Atlas
oriental algérien est un des rares gisements Néolithiques ayant bénéficié d’une fouille minutieuse
179
Chapitre V - Industrie lithique
Doukanet el Khoutifa
Le site-nécropole de Doukanet el Khoutifa, situé sur un plateau dominant la crête rocheuse de
Kef el Guéria, a été fouillé par J. Zoughlami (Zoughlami 1978, 2009 ; Zoughlami et al. 1998).
Deux niveaux ont été reconnus : le premier a été daté au C14 au cours du VIIIe millénaire cal BP,
et le deuxième entre la fin du VIIIe et le début du VIIe millénaire cal BP. La composition de
l’outillage lithique des deux niveaux présente des différences. Le niveau I a été rapproché des
Industries à Lamelles du Sud Tunisien (indice des lamelles à dos supérieur à 70%). Le deuxième,
comparé à GLD1, à débitage d’éclats dominant se rattache au Néolithique NTC.
Tableau 38 – Quantités et proportions d’outils dans les sites du Néolithique de tradition capsienne KSMT-
grotte Capelétti-Série 3 (C. Roubet 1979, p.270) et Doukanet el Khoutifa-Niveau 2 (Zoughlami et al. 1989
p.10-19, modifié par Mulazzani 2010, p.306).
180
Chapitre V - Industrie lithique
60%
GLD1
Capéletti-S3
50%
Doukanet N2
40%
30%
20%
10%
0%
G P B EL l CD T MG Mb R AF D
Figure 67 – Quantités et proportions d’outils dans les sites du Néolithique de tradition capsienne KSMT-
grotte Capelétti-Série 3 (Roubet 1979, p.270) et Doukanet el Khoutifa-Niveau 2 (Zoughlami et al. 1989
p.10-19, modifié par Mulazzani 2010, p.306).
• Les pièces à coches et denticulés constituent le groupe majoritaire à plus de 30% pour
Doukanet (48.8%), GLD1 (37.5%) et KSMT (30.9%).
• Les burins sont plus nombreux à KSMT (12%) qu’à GLD1 (1.5%) et Doukanet (0.1%)
• Les lamelles à bord abattu sont comparables dans les trois sites (≤ 10%)
• Les éclats et lames à bord abattu sont faibles dans les trois sites (≈ 5%)
• Les microlithes géométriques sont plus nombreux à GLD1 (11%), mais faibles à KSMT
(6.4%) et Doukanet (6.7%). A KSMT il s’agit de trapèzes et de triangles, à GLD1 ce sont
surtout des segments, à Doukanet la distinction n’a pas été précisée.
• Les microburins sont plus fréquents à Doukanet (3.3%) qu’à GLD1 (0.4%).
• Les racloirs sont plus nombreux à KSMT (9.2%) qu’à GLD1 (4.5%) et Doukanet (1.9%).
• Les armatures de flèches sont plutôt rares dans les trois sites : GLD1 (4.5%), KSMT
3.6%) et Doukanet (0.6%).
181
Chapitre V - Industrie lithique
En conclusion, le caractère de l’outillage des trois sites, qui découle d’une appréciation
quantitative d’éléments culturels distincts, trahit encore d’importantes survivances
épipaléolithiques, alors que les apports néolithiques sont très réduits mais tous typiques.
La tradition capsienne telle qu’elle est conservée dans les sites de KSMT et de Doukanet el
Khoutifa est perceptible à travers les burins (KSMT) et les microburins (Doukanet) et la diversité
des microlithes géométriques (KSMT), alors qu’elle n’émerge pas pour GLD1. On peut admettre
pourtant que la constitution et la répartition des groupes de ces trois assemblages sont assez
proches, mais non identiques.
Oued Guettara
La grotte de l’Oued Guettara à Brédéah (Oran) servit de lieu d’inhumation au Néolithique. Les
fouilles conduites par G. Camps en 1967 ont mis en évidence 4 couches stratigraphiques. La
couche superficielle (0.25 m) est « franchement néolithique et possède une céramique abondante,
l’industrie est médiocre, surtout remarquable par l’abondance des outils denticulés et des lamelles,
lames et éclats simplement retouchés.. » (Camps 1974, p. 263). La couche II que nous avons
retenue pour les comparaisons (Tab. 4) « appartient aussi au Néolithique et renferme une
céramique identique mais nettement moins abondante » (Camps 1974, p. 264). La couche III
correspond à la couche d’inhumation. La couche IV « n’est certainement pas néolithique, le petit
nombre d’outils recueillis ne permet pas de donner les caractères exacts à cette industrie » (Camps
1974, p. 264). La couche II n’est pas datée, mais G. Camps la rapproche chronologiquement d’un
niveau du gisement dit « Cimetière des escargots » à quelques kilomètres au nord, ayant livré la
même céramique impressionnée et incisée, daté à 4730 av. J.-C. Cette date est contemporaine de
la transition UA1-UA2 de GLD1.
El Khril
Au Maroc occidental, la grotte d’EL Khril fait partie d’un réseau situé sur le versant nord de
l’Oued Achakar, près de Tanger, fouillé par A. Jodin en 1958-1959. 4 niveaux archéologiques
surmontent le socle rocheux. Le matériel lithique (Tab. 4) proviendrait d’un niveau rattaché au
Néolithique ancien pour lequel les récents travaux de Bouzouggar (2001) ont livré une datation
C14 de 5720 ±150 ans BP. Jodin a établi un schéma évolutif pour la céramique, suivant la
succession des niveaux stratigraphiques (Cardiale, cannelée, incisée, lisse à engobe rouge).
182
Chapitre V - Industrie lithique
El Khril O. Guettara
GLD1
Groupes d’outils Couche C Niveau II
Nb % Nb % Nb %
Racloirs 3 1,6% 12 4,5%
Grattoirs 7 3,7% 25 13,6% 22 8,3%
Perçoirs 8 4,2% 4 2,2% 10 3,8%
Burins 1 0,5% 4 1,5%
Eclats/lames 9 4,8% 2 1,1% 16 6,1%
Lamelles 5 2,6% 33 17,9% 19 7,2%
Coches/denticulés 33 17,5% 55 29,9% 99 37,5%
Troncatures 7 3,8% 6 2,3%
Géométriques 5 2,6% 12 6,5% 29 11,0%
Arm. de flèches 12 4,5%
Microburins 3 1,6% 1 0,4%
Divers 122 64,6% 39 21,2% 34 12,9%
Total 189 100,0% 184 100,0% 264 100,0%
Tableau 39 – Quantités et proportions d’outils dans les sites du Néolithique méditerranéen d’El Khril-
Couche C et de l’Oued Guettara-Niveau II (Camps 1974 p. 266).
70%
GLD1
El Khril C
60%
O. Guettara II
50%
40%
30%
20%
10%
0%
G P B EL l CD T MG Mb R AF D
Figure 68 – Quantités et proportions d’outils dans les sites du Néolithique méditerranéen d’El Khril-
Couche C et de l’Oued Guettara-Niveau II (G. Camps 1974 p. 266).
183
Chapitre V - Industrie lithique
• Absence des armatures de flèches et faible taux des racloirs (1.6%) et des microburins
(1.6%) à O. Guettara
• Les microlithes géométriques sont faibles à EL Khril (2.6%) et O. Guettara (6.5%)
• Les éclats et lames à bord abattu sont faibles à El Khril (4.8%) et à GLD1 (6.1%)
• Les lamelles à bord abattu sont très faibles à El Khril (2.6%), à faible à GLD1 (7.2%)
• Les coches et denticulés sont dominantes mais moins élevées qu’en région orientale,
GLD1 (37.5%), O. Guettara (29.9%), El Khril (17.5%)
• Les lamelles à bord abattu sont plus nombreuses à O. Guettara (17.9%) qu’à GLD1
(7.2%) et El Khril (2.6%)
• Les burins sont faiblement représentés (≈ 1%) dans les deux sites et absent à El Khril.
En conclusion, les apports strictement néolithiques présents dans les outillages lithiques à EL
Khril et O. Guettara sont plus faibles que ceux que montrent GLD1 et les deux sites orientaux
du NTC (KSMT et Doukanet el Khoutifa). Si O. Guettara tire surtout son héritage
ibéromaurusien du taux relativement élevé des lamelles à bord abattu 17.9%, (ce qui nous parait
évidemment réducteur) pour El Khil, on ne voit pas comment, à travers les données disponibles
actuellement, ce site aurait pu bénéficier de cet héritage. Il semble qu’une révision de ce mobilier
lithique s’impose.
D’autre part rappelons qu’au Maroc les fondements de la définition d’un cadre chrono-culturel
du Néolithique marocain reposent sur le décor céramique et non sur l’éventail des instruments
lithiques et osseux, comme en Algérie. En réalité deux écoles s’opposent.
Dans la démarche que nous avons entreprise, on doit s’interroger sur l’impact ou non de
l’Ibéromaurusien dans ce contexte lithique ? Cela reste difficile à préciser en utilisant les données
quantitatives ci-dessus. Quel domaine, non lithique évoque-t-on alors lorsqu’on désigne le
néolithique du Maroc de « Néolithique méditerranéen » ? Faut-il conserver cette appellation?
Il ressort de cette approche comparative une certitude. GLD1 ne parait pas devoir se
rapprocher des sites néolithiques occidentaux. Deux sphères culturelles se font face, une à
caractère capsien, encore assez bien conservée, s’opposant à l’autre, plutôt insaisissable dans sa
constitution et ses aspects traditionnels, bien qu’elle puisse plonger ses racines locales dans un
substrat culturel ibéromaurusien particulièrement enraciné (Taforalt).
En fondant ces comparaisons sur d’anciens travaux non révisés, celles-ci ont atteint leurs limites.
184
Chapitre V - Industrie lithique
11. Conclusion
185
Chapitre V - Industrie lithique
L’examen de l’outillage de GLD1 montre que les tailleurs étaient d’une grande habileté et d’une
indéniable dextérité techniques malgré les contraintes imposées par des matières premières
siliceuses peu propices mais disponibles dans leur environnement proche. L’exploitation
préférentielle du silex et du calcaire est un fait établi. Des variations sont perceptibles d’une unité
à l’autre, notamment une exploitation croissante des calcaires au détriment su silex. Le calcaire
local à grain fin, très abondant, est perçu comme une matière pouvant répondre à des besoins
expédients, et pallier le manque de silex.
L’examen des nucleus résiduels et des produits de débitage montre une production de deux
classes de supports non standardisés, se situant dans des normes fixées par l’aspect dimensionnel
initial de la matière première et le type de percussion appliquée, directe, peu contrôlée : éclats
majoritaires (86,6%) et lamelles (13.4%). D’un point de vu dimensionnel, les éclats en silex ne
sont pas de grande taille, quant à ceux débités en calcaire, ils n’interviennent (presque) pas lors de
la transformation du support en outil. L’installation d’un nouvel objectif du débitage, de type
Néolithique, est ici bien mise en place ; la profusion d’éclats un peu courts installe l’impression de
normes locales, contingentes, mais néolithiques. D’autre part la présence de lames n’est pas
attestée comme empreinte, alors que ce support a été recherché dans le cas de transformations
spéciales (scies). On soulignera cet important changement technologique dans le débitage qui
rompt nettement avec les traditions, immédiatement antérieures, de culture capsienne,
186
Chapitre V - Industrie lithique
développées sur un territoire mieux pourvu en matières premières siliceuses (abondance de gros
rognons de silex de bonne qualité).
La production des éclats en silex ou en calcaire résulte de la même séquence technique : les
supports sont issus d’une percussion directe, à l’aide d’un percuteur dur, systématiquement pour
les calcaires et tendre parfois (plein débitage) pour obtenir, en silex, des éclats de faible épaisseur.
La production des supports allongés en calcaire et en silex résulte de deux séquences différentes.
Celle des supports allongés en calcaire suit la séquence technique par percuteur dur des éclats. Les
pièces allongées en silex, toujours plus minces que leurs semblables en calcaire, sont obtenues par
percussion tendre et même par pression.
L’inventaire des produits de débitage met en évidence un fort taux de production, pour un taux
assez faible transformation des supports.
L’étude fonctionnelle de l’outillage est en cours. Même si les résultats tracéologiques ne peuvent
être intégrés à cette présentation, on peut supposer que les besoins auxquels répond l’outillage de
GLD1 sont à la fois ceux directement liés aux outils du fonds commun de traditions
épipaléolithiques, et ceux liés à un changement d’activité en rapport avec le mode de vie pasteur
(racloirs et les denticulés-scies).
Quelle caractérisation culturelle tirer des documents lithiques taillés ?
L’approche comparative vise deux objectifs. Le premier concerne l’héritage, il consiste à déceler
d’éventuelles transmissions ou non de traditions épipaléolithiques tout en restant dans un cadre
régional restreint (Babors/Niveaux supérieurs de l’Ibéromaurusien d’Afalou et Haut-Plateaux-
Sétifiens/Faciès Sétifien du Capsien supérieur de Médjez II). Le second objectif chrono-
géographique consiste à rapprocher l’industrie lithique de GLD1 du groupe des sites
continentaux et littoraux Néolithiques : Ceux de la région atlasique conservant une présence
capsienne en contexte néolithique et ceux de la région littorale occidentale conservant une
présence Ibéromaurusienne en contexte néolithique.
Les résultats provisoires montrent à la fois des ruptures nettes évoquées ci-dessus, et des
transmissions typologiques et technologiques d’un héritage encore difficile à démêler.
Lorsque nous avons examiné le groupe des pièces à coches, nous avons constaté que cet outillage
semble croître d’une manière continue depuis les derniers niveaux de l’Ibéromaurusien jusqu’au
Néolithique en passant par deux étapes intermédiaires que l’on peut reconnaitre à Medjez II
Phase II et IV avec notamment la présence d’une scie parmi le groupe des coches et denticulés de
Medjez-Phase IV. Nous interprétons ce résultat comme une évolution typologique manifeste
entre le dernier niveau de Medjez II (Phase IV) et l’assemblage lithique Néolithique de GLD1 qui
traduit un besoin évident en relation avec un usage plus fréquent des denticulés.
187
Chapitre V - Industrie lithique
188
Chapitre VI - Industrie osseuse
Une des premières études d’un assemblage d’industrie osseuse en Afrique du Nord remonte
aux années 1920. On doit à P. Royer (1926) une nomenclature précise, empruntée aux gisements
européens, pour présenter le mobilier exceptionnel, par son état de conservation, la qualité et sa
diversité, issu de ses fouilles dans la grotte de Gueldaman (de Beaumais et Royer, 1926). Les
objets en os sont répartis en neuf groupes : poinçons, pointes de sagaies ou de flèches, pointes
échancrées, couteaux, lissoirs, manches d’outils, poignards, ornements, objets à usage
indéterminé. Bien que cette première étude traite principalement de typologie sur la base des
critères morphologiques, les auteurs ont abordé des questions de technologie osseuse en relation
avec la gestion des matières premières et les hypothèses de reconstitution des procédés de
fabrication. D’autres études ont été publiées au cours des mêmes années (Debruge 1925 ;
Koehler 1931).
Les débuts de l'analyse technologique remontent aux années 50, avec les travaux de J.G.D. Clark
et M.W. Thompson sur les techniques de débitage du bois de renne au Paléolithique et
Mésolithique d'Europe (Clark et Thompson 1953). Mais c'est au cours des années 60 que des
travaux novateurs vont constituer les fondements de l'analyse technologique établis par le
chercheur russe S.-A. Semenov (1964).
En Afrique du Nord les recherches techno-typologiques sur l’os débutent réellement vers les
années 1960, sans avoir eu connaissance encore des travaux S. A. Semenov (1964).
Les travaux conduits par H. Camps-Fabrer (1966) se situent à l’intérieur d’un cadre nord-africain
et saharien et un espace chrono-culturel défini : l’Epipaléolithique et le Néolithique. Ils ont le
mérite d’inscrire les comportements techniques concernant l’os -et d’autres matières premières-
de façon synchrone et parallèle à ceux concernant le lithique. Ainsi ces deux domaines clé
participent-ils ensemble à la construction d’une approche globale des productions et
comportements observés à une époque donnée. Ne retenir que l’os tronquerait donc sa
démarche, lui associer la pierre polie, la coquille d’œuf d’autruche, le derme ossifié de tortue, la
189
Chapitre VI - Industrie osseuse
céramique, la coquille marine élargit la compréhension intégrée des productions à leurs cadres
environnementaux et relationnels, renforçant ainsi la pertinence de cette démarche.
Cinq grandes familles ont été créées par H. Camps-Fabrer. Elles réunissent les outils tranchants,
mousses, perforants, les faucilles et les objets de parure. Dans chaque famille deux lots de
documents existent, l’un neutre et récurrent (couteaux plats, lissoirs épais, lissoirs plats, poinçons
sauf II et XI, sagaies), l’autre composé des marqueurs apparus dans les cultures et faciès de
l’Epipaléolithique (Ibéromaurusien et Capsien : Typique, Supérieur) et du Néolithique (Ibid. p.
177-178). Pour nuancer et souligner le potentiel culturel du Capsien Supérieur, celui-ci a été
géographiquement scindé en C. Supérieur occidental et C. Supérieur oriental.
Le développement de l’expérimentation a redynamisé l’étude des matières osseuses à partir des
années 1970. Les apports de documents nombreux, issus de nouvelles fouilles minutieuses, aux
contextes chrono-culturels mieux définis, ont permis d’approfondir les recherches.
Dans le Néolithique pastoral des régions orientales de l’Algérie, la grotte Capéletti de l’Aurès
(Roubet 1979) a livré une documentation osseuse taillée et polie bien caractérisée et datée. Cette
collection permit d’installer la notion d’industrie en se fondant sur une reconstitution partielle du
débitage de l’os. La présence de témoins des premiers stades du traitement de l’os conduisit à
reconnaitre diverses chaînes opératoires spécifiques aux familles d’outils constituant la liste
typologique de H. Camps-Fabrer. L’approche d’un riche matériel osseux est devenue plus
pertinente dès lors que des déterminations archéozoologiques ont été établies.
Au Maroc, une étude techno-typologique a permis de mettre en évidence les principaux
caractères des complexes industriels et ceux de l’os en particulier, dans les grottes de Kaf Taht el
Ghar et Dar es Soltane I, et de la nécropole néolithique de Rouazi à Skhirat (Kaouane 2002,
2008, Nespoulet 2008).
En Algérie, une analyse archéozoologique et technologique des restes de cerf à joues épaisses
(Megaceroïdes algericus) provenant des sites de Tamar Hat et Taza 1 a démontré le statut «techno-
économique» de cette espèce et a mis en évidence l’utilisation du débitage par tronçonnage
(entaillage et flexion) pour l’élagage des bois de cerfs durant l’Ibéromaurusien (Merzoug, 2012).
En Tunisie, l’industrie osseuse capsienne d’un site de plein air de la Sebkhet Halk El Menjel,
désigné par le sigle SHM-1, est la première série à avoir bénéficié de cette approche. L’outillage
est composé d’outils pointus tirés de métapodes de ruminants de différentes tailles, sectionnés en
deux ou en quatre et façonnés par raclage (Mulazzani, 2010 ; Mulazzani & Sidéra, 2012). La
récurrence de ces observations portant sur le mobilier osseux d’autres sites capsiens et
néolithiques de Tunisie à l’étude, méritait d’être soulignée.
190
Chapitre VI - Industrie osseuse
Mis à part ces exemples, les premiers travaux sur l'outillage osseux se sont presque exclusivement
attachés à établir des typologies à partir de caractères morphologiques, dimensionnels ou relatifs
aux matières premières exploitées.
Ailleurs, notamment en France, et sous l’impulsion de H. Camps-Fabrer, dans le cadre de la
création d’une Commission de Nomenclature des outillages osseux patronnée par l’ UISPP, la
nouvelle discipline « technologie osseuse » s’impose et voit se généraliser des travaux adoptant
l’approche intégrée et l’expérimentation (Sénépart 1992 ; Sidéra 1993 ; Christidou 1999 ; David
1999 ; Liolios 1999 ; Choi 1999 ; Averbouh 2000 ; Provenzano 2001 ; Maigrot 2003 ; Goûtas
2004 ; Pétillon 2004 ; Legrand 2005 ; Le Dosseur 2006 ; Tartar 2009 ; Marquebielle 2014).
En Afrique du Nord la matière osseuse aurait été exploitée sans interruption depuis le
Paléolithique ancien au moins. P. Biberson a fait connaître dans l’Acheuléen moyen de la grotte
des Ours à Casablanca (Maroc) deux cas de transformations intentionnelles de côtes d’un
mammifère cétacé (Biberson 1957).
Durant la période moustéro-atérienne, il n’y aurait pas eu de véritable industrie osseuse, même si
l’homme atérien a su débiter des os, comme en témoignent les fragments osseux recueillis dans le
gisement atérien des Phacochères (Balout 1962). Il s’agit notamment d’un fragment de scapula
d’antilopidé de grande taille présentant une rainure profonde et continue qui ne peut être
confondue avec des stigmates de boucherie.
C’est à partir de l’Ibéromaurusien et du Capsien (Morel 1976) qu’apparait une véritable industrie
osseuse en Afrique du Nord.
La présentation comparative des caractéristiques des deux cultures a permis de distinguer
plusieurs outils marqueurs épipaléolithiques (Camps-Fabrer 1966 pp. 174-175) :
• pour l’Ibéromaurusien, ce sont les tranchets à biseau oblique et à biseau concave ;
ciseaux, épingles à tête globuleuse;
• Pour le Capsien Typique, ce sont les alènes ;
• Pour le Capsien Supérieur des régions orientales, ce sont les poinçons II et XI,
poignards, épingles à tête déjetée, à tête droite, à tête plate et allongée, lamelles osseuses,
bâtonnets, corps de faucille (Cadenat 1960), tubes, rondelles et pendeloques ;
• Pour le Capsien Supérieur des régions occidentales, ce sont les aiguilles à canal et les
perles tubulaires.
191
Chapitre VI - Industrie osseuse
2. Problématique
Caractériser l’outillage en os de GLD1, définir la place qu’il occupe dans les activités et préciser
son statut au sein des sociétés du Néolithique Tellien sont les enjeux majeurs de ce travail.
Quelles informations culturelles pouvons-nous tirer pour évaluer l’influence des traditions
culturelles héritées des civilisations antérieures ? Dans quelle mesure cette connaissance
permettrait-elle ou non de mieux définir le Néolithique de Gueldaman ?
La caractérisation technologique et typologique des assemblages, à travers l’adoption d’une
approche intégrée, a pour objectif de comprendre les modalités de production et de gestion de
l’outillage.
Les principes méthodologiques de l’étude technologique des matières osseuses sont aujourd’hui
bien établis. Reconstituer les chaînes opératoires commence par le processus d’acquisition et de
gestion de la matière première. Cette question est étroitement liée au rapport à l’environnement et
à la gestion des ressources animales issues de l’élevage et de la chasse.
L’os étant également recherché pour sa valeur nutritive (moelle et graisse), l’étude des chaînes
opératoires devient complexe : elle n’est en réalité qu’un aspect d’une exploitation plus vaste qui
implique d’autres chaînes opératoires imbriquées.
L’analyse de stigmates permet, dans un deuxième temps, de remonter aux méthodes de débitage
et aux techniques de façonnage qu’il va falloir aussi distinguer de celles associées aux procédés de
découpe ou de désarticulation bouchère.
L’observation de l’état de surface des objets nous renseignera sur les altérations et les éventuels
traitements (thermique, application de substances colorantes, etc.) utilisés lors de la fabrication et
de l’utilisation des outils.
192
Chapitre VI - Industrie osseuse
La division typologique adoptée dans cette étude est une adaptation de celle définie par H.
Camps-Fabrer en 1966 revisitée à la lumière des études plus récentes (Commission de
nomenclature 1995, Choi, 1999, Legrand 2005, Le Dosseur 2006, Tartar 2009).
Une première classification de l’ensemble des objets vise à regrouper les supports, les ébauches,
les objets finis et les déchets après de débitage.
Une deuxième classification morpho-fonctionnelle s’opère au niveau des objets finis. Lorsqu’une
partie active est identifiée l’objet acquiert alors, par définition, le statut d’outil. Les objets de
parure en os seront traités dans un chapitre à part même si les chaînes opératoires se confondent
en partie avec celles de l’industrie osseuse.
Le classement des outils finis, à l’état fragmentaire ou entier, s’appuie prioritairement sur la forme
de leur partie active, ou supposée active qui porte des stigmates d’utilisation. Nous utilisons les
grandes familles morpho-fonctionnelles établies en 1966 par H. Camps-Fabrer. Les outils de
GDL1 sont donc répartis en outils pointus (outils perforants, outils appointés), outils mousses, et
outils tranchants.
A l’intérieur de chaque groupe, la déclinaison en plusieurs types se fait selon plusieurs critères :
• anatomiques qui renvoient aux éléments osseux ou type d’os les plus fréquemment
utilisés (côtes, ulna et scapula, os long).
• liés à la segmentation de la matière osseuse (os entier, os long fendu longitudinalement,
côte, hémi-côte).
• relatifs à la conservation et à la modification de certains caractères anatomiques : présence
partielle ou résiduelle de l’épiphyse, du canal médullaire.
• degré d’aménagement des outils et notamment de la partie proximale.
• taille et forme de la section mésiale, morphologie de la partie proximale.
A l’exception des deux derniers critères, les autres laissent une large part au choix initial du
support. La forme des objets finis dépend (en partie) de celle des supports, leur fonction est
étroitement liée à leurs dimensions, à leur volume et à la partie conservée de la structure du bloc
osseux. Ces caractéristiques résultent d’un choix délibéré de l’homme que nous avons tenté de
mettre en évidence
193
Chapitre VI - Industrie osseuse
Ci-dessous (Fig. 1) la liste des types retenus pour le groupe des outils pointus :
Nous avons dressé un tableau comparatif entre notre classification (GLD1) et celles de H.
Camps-Fabrer (1966) et de la Commission de Nomenclature Française (1990). Nous avons mis
en vis-à-vis les types qui se recoupent totalement ou partiellement. Même quand les
recoupements existent, nos définitions des types de poinçons portent des nuances propres à la
collection GLD1.
194
Chapitre VI - Industrie osseuse
Ulna
Côte
Avec épiphyse
partielle partielle (P2A/P2B))
Epiphyse partiellement
abrasée (A)
Os long fendu
Partie proximale
brute Poinçon sur esquille fendue (P3)
Sans épiphyse
Partie proximale
façonnée Poinçon sur esquille fendue
régularisée à la partie proximale (P4)
Réduction de la
taille de la section Poinçon entièrement façonné (P6)
non recherchée
Entièrement
Partie proximale
façonné déjetée ou plate Epingle (P7)
Réduction de la
taille de la section
recherchée Partie proximale
droite Alène (P8)
Double pointe(P10)
Figure 1 : Schéma synthétiques des critères de définition des types du groupe des outils pointus de GLD1
195
Chapitre VI - Industrie osseuse
épiphyse entière
4
petit mammifère
II 19 Poinçon avec poulie articulaire P1 P1
Poinçon pris sur ulna non fendue
5
de petit ou gros mammifère
Poinçon pris sur métapode entier de
6
petit mammifère
7 Pointe sur andouiller de cervidé
Poinçon pris sur métapode fendu
8
Poinçon pris sur os fendu de petit ruminant
III 20 P2
polie
IV Poinçon pris sur esquille fendue
22 Poinçon à dard 10 P3 et
bis régularisée ou non à l’extrémité
P4
Poinçon pris sur esquille d'os long à proximale
V 23 P4
extrémité proximale arrondie
V
24 Poinçon à extrémité proximale amincie
bis
11 Pointe plate prise sur côte
12 Pointe bifide sur métapode
13 Peigne sur merrain de cerf
X 29 Poinçon double P10 15 Double pointe P10
Poinçon entièrement poli à fût de section
VI 25
rectangulaire, ovale ou triangulaire
VII 26 Poinçon à fût conique
VIII 27 Poinçon à fût cylindrique P6 14 Pointe entièrement façonnée P6
IX 28 Poinçon à fût galbé
Pointes et poinçons entièrement façonnés
Tableau 1A : Correspondance entre les types définis pour GLD1 et ceux des deux listes typologiques de
H. Camps-Fabrer (1966) et de la Commission de Nomenclature (1990).
196
Chapitre VI - Industrie osseuse
Ci-dessous la liste des types retenus pour le groupe des outils tranchants :
4. Le corpus
Les éléments identifiés en fouille sont des pièces finies entières ou fragmentaires correspondant à
des types (poinçons, lissoirs, etc.), ou portant des stigmates de fabrication et/ou d’utilisation
évidents. Ces documents ont donc été conditionnés et triés et séparés de la faune, industrie
lithique, céramique.
L’identification des témoins de fabrication tels que ceux qui ont déjà été reconnus en contexte
néolithique et qui témoigne d’une industrie autonome et spéciale (Roubet 1979) n’ont pas encore
fait l’objet d’une mise en évidence, pas plus que les pièces inachevées et les outils peu élaborés.
197
Chapitre VI - Industrie osseuse
198
Chapitre VI - Industrie osseuse
199
Chapitre VI - Industrie osseuse
Figure 1 : GLD1/S1-2-3 - Outils osseux présentant des traces de feu sur tout ou partie de l’objet. La
gamme de coloration est très variée (rouge, brun, gris-bleu, noir).
Contexte Localisation et
Références chronostratigraphique étendue de la Teinte Observation
Secteur Carré Unité chauffe
S1-13-41 1 100% Noire
S3-14-4 3 100% Noire
S3-12-110 3 100% Noire
S1-13-38 1 100% Noire
I48-133 2 I48 UA2 100% Noire
S2-12-30 2 100% Gris-bleu
S2-12-32 2 100% Gris-bleu
Fragment mésio-
S3-12-43 3 Mésiale Brune-orange proximal d’aiguille à
chas
G47-146 2 G47 UA2 100% Brune
S2-12-10 2 Pointe (apex) Noire
S3-12-55 3 Pointe Noire
S2-13-49 2 100% Brune
F37-94 3 100% Noire et brune
une zone réduite de la
S3-12-109 3 UA3 90% Noire face interne est
épargnée (fig. x)
Tableau 1C : Pièces portant des traces de chauffe
200
Chapitre VI - Industrie osseuse
• Actions biologiques
L’absence d’une haute végétation à l’intérieur de la grotte est probable, mais celle d’organismes
microscopiques (lichens) se repère sur les zones de parois humides qui reçoivent un éclairage
direct ou indirect. Les traces de rongeurs et de carnivores (fig. nombre) sont également peu
nombreuses. Le spectre faunique montre en effet que la grotte n’a pas servi de refuge pour les
carnivores compte tenu du nombre de restes réduits. Cependant, on note une action des
rongeurs, notamment celle du porc-épic, nettement supérieure à celle des carnivores.
L'action des carnivores se caractérise par la fragmentation des os longs et des marques de
manducation. Les stigmates sont généralement des perforations et des sillons dus à des griffes et
des coups de dents. Leurs sucs digestifs et leurs salives acides laissent des zones émoussées par
dissolution chimique de la surface de l’os. Les incisives des rongeurs laissent d'importantes
marques subparallèles et souvent perpendiculaires à l'axe longitudinal de l'os (Fig.).
• Actions physico-chimiques
A GLD1, l’ampleur des altérations naturelles est faible. La stabilité des constantes annuelles de
température et d’humidité est un paramètre qui a permis la préservation d’une grande majorité
des objets osseux. Les phénomènes géochimiques sont également responsables de certaines
colorations observées sur les objets. Le manganèse laisse des taches noires très caractéristiques
(fig.). A GLD1 le premier niveau d’occupation correspondant à l’UA1 est un dépôt rougeâtre
riche en oxydes de fer. Les objets de ces niveaux quelle que soit leur nature (lithique, os,
céramiques) prennent une teinte brune superficielle qui s’atténue avec le nettoyage à l’eau et qui
laisse une teinte rosâtre ancrée dans la matrice osseuse. Cette coloration est un trait commun à
l’ensemble des objets en os de ce niveau. Ce critère colorimétrique a pu être exploité pour
recontextualiser certains objets osseux découverts sans stratigraphie.
201
Chapitre VI - Industrie osseuse
Figure 2 : Différentes altérations physico-chimiques sur la surface de l’objet osseux : dépôts de calcite (S2-
13-15, S2-12-31, S1-13-30, S3-12-84), tache noire de manganèse (S2-13-6, S1-13-33), résidus de résine de
nature indéterminée (S1-13-61, S3-12-39), tache rouge d’oxyde de fer (F37-3617) , altération indéterminée
(G46-68).
L’altération la plus caractéristique en grotte, encore active sur le plan karstique, est la formation
d’encroûtements calcitiques qui se déposent sur les objets. Ce phénomène est localisé au niveau
des zones d’accumulation des eaux de percolation fortement chargées en calcaire. Elles
occasionnent la formation de divers spéléothèmes (stalagmites et planchers stalagmitiques) qui
consolident les dépôts archéologiques. Il devient difficile de dégager les objets sans les
endommager. Une attaque acide pourrait dissoudre la calcite et les libérer en particulier ceux qui
sont chimiquement inertes aux acides, tels que les tessons céramiques et diverses roches non
calcaire, mais pas les objets en os constitués d’une matrice carbonatée.
Figure 3 : Fragment de mandibule d’un petit ruminant (a) emprisonnée à la base d’une stalagmite active (b)
du secteur 3.
202
Chapitre VI - Industrie osseuse
Contexte Localisation et
Type
chronostratigraphique étendue de Observation : nature
Références d’altération
Secteur Carré Unité l’altération
S2-13-15 2 100% Concrétion
S2-12-31 2 100% Concrétion
30% zone
S1-13-40 1 Concrétion
spongieuse
50% zone
S3-12-126 3 Concrétion
spongieuse
S1-13-61 1 80% Résine à déterminer
Concrétion et
G46-68 2 G46 UA2 10%
autre altération
S3-12-84 3 40% plusieurs zones Concrétion
S2-13-6 2 20% plusieurs zones Tâches noires manganèse
S3-13-33 3 20% plusieurs zones Tâches noires manganèse
oxyde de fer des
F37-3617 3 F37 UA1 80% plusieurs zones Taches rouges
sédiments (UA1)
S3-12-39 3 50% plusieurs zones Résine à déterminer
Tableau 1 : Pièces portant des altérations de surface d’origines physico-chimiques diverses (concrétion
calcitique, résine, colorations rouge et noire)
203
Chapitre VI - Industrie osseuse
Lorsque les objets quittent les conditions d’enfouissement en grotte et se trouvent en laboratoire
où les températures et les taux d’humidité diffèrent, les objets peuvent montrer des signes
d’altération en profondeur. Nous avons observé notamment des fissurations longitudinales
affectant certaines pointes (S2-13-3 et S3-12-45, Fig. x, 1 et 2).
Figure 6 : Phénomène de fissuration longitudinale des outils pointus survenu après la fouille.
Indéterminée
Distale 1%
17%
Partie conservée Nombre Pourcentage
Objet entier 136 47%
Sub-entier 23 8%
Mésio-proximal 18 6% Mésiale Entier
10% 48%
Mésio-distal 27 9%
Proximal 4 1% Proximale
Mésial 30 10% 1%
204
Chapitre VI - Industrie osseuse
70
60
50
Largeur (mm)
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Longueur (mm)
5. Matières premières
205
Chapitre VI - Industrie osseuse
Les os plats présentent une couche superficielle d'os compact qui enveloppe un épais tissu
spongieux (Barone 1976).
Lorsque la détermination de l’espèce n’est pas possible, le genre ou le taxon sont déterminés. Les
espèces sont réparties en classes désignées par des lettres : TG pour les très grands herbivores tels
l’éléphant et le rhinocéros; G pour les grands herbivores tels l’aurochs, l’équidé et le buffle
antique; par M pour les herbivores de taille moyenne tels l’antilope et le sanglier. La chèvre, le
mouton et la gazelle sont considérés comme de petits animaux (P). Enfin, le lièvre et les oiseaux
sont provisoirement réunis et classés comme de très petits animaux (TP). Rappelons que le sigle
HS rassemble les documents Hors Stratigraphie des fouilles initiales.
206
Chapitre VI - Industrie osseuse
Bos sp.
Gazella sp.
3%
1%
Ovis/Capra Sus scrofa
2% 2%
Oiseau
1%
Indéterminé
33%
Ongulé G
7%
Ongulé M
24%
Animal TP
1%
Ongulé P
27%
Figure 9 : Répartition générale de la faune exploitée, issue de toutes les Unités Archéologiques.
UA1 UA2
Sus scrofa
Ongulé G
Ongulé M 4%
8%
20%
Indéterminé
Indéterminé
40%
42% Ongulé M
23%
Ongulé P
Ongulé P
40%
23%
UA3 UA4
Ongulé G
Indéterminé Ongulé G
9% 20%
20%
Indéterminé
37%
Ongulé M
27%
Ongulé P
Ongulé P 60%
27%
207
Chapitre VI - Industrie osseuse
Scapula
2% Os indét.
11%
Côte
25%
Métapode
11%
Os long indet.
44%
Les os plats sont surtout des côtes (25%) et la scapula (2.4%). D’autres os plats (2.4%) sont
indéterminés. Toutes les côtes proviennent d’Ongulés de taille moyenne (M) ou grande (G). Dans
le spectre faunique de GLD1, les Ongulés de taille moyenne correspondent au sanglier, alors que
les Ongulés de grande taille sont des bovinés.
208
Chapitre VI - Industrie osseuse
209
Chapitre VI - Industrie osseuse
Animal TP
Ovis/Capra
Ongulé M
Ongulé G
Ongulé P
Sus scrofa
Gazelle
Oiseau
Bos sp.
Indét.
Partie anatomique
Fibula 1
3
Métacarpe
3
2
2
Métapode 4
3
10
2
Métatarse 2
1
6
37
32
Os long indét.
1
48
2
1
Radius
1
1
Tibia
2
1
1 1
Ulna
1
1
1
11
Côte 22
25
14
1
OS plat
Os plat indét. 4
2
2
3
Scapula
1
1
1
Cheville osseuse
1
Dent/Ivoire 3
Autres 1
Mandibule
1
Métapode vestigial 1
Os indét. 26
210
Chapitre VI - Industrie osseuse
6. Outils pointus
Ce groupe réuni les objets dont l’extrémité distale est pointue, étroite et perforante. Ces pointes
sont émoussées. Différents types de poinçons (P1-P6) ont été reconnus (Tableau 1).
Les fragments mésio-distaux pointus présentent les mêmes caractéristiques morphologiques et
techniques des objets entiers
Les outils et objets pointus (196 pièces) représentent 67,4% de l’outillage osseux, dès l’UA1,
avec une concentration importante en UA2 et une diminution progressive UA4 (Tab. 1).
Par convention, les instruments orientés selon le grand axe, présentent la partie pointue
distale vers le haut. L’opposée étant proximale. La partie mésiale correspond au fût. Pour les
segments longitudinaux d’os long et les hémi-côtes, les faces internes inférieures sont
respectivement constituées d’une partie du canal médullaire et de tissu spongieux.
On rappelle que l’orientation anatomique des métapodes est la suivante : l’épiphyse la plus
proche du sol dans l’organisme vivant au repos est l’épiphyse distale en double poulie. L’opposée
est proximale. Celles de l’outil sont retenues comme utiles (par le tailleur) sans s’imposer lors de
la transformation.
211
Chapitre VI - Industrie osseuse
Tableau 2 : Classes d’indice de robustesse et de calibre distal des outils pointus d’après Stordeur (1984)
Les caractères morphologiques relevés sont ceux décrits dans les Fiches typologiques de
l’industrie osseuse préhistorique (Camps-Fabrer et al. 1998) (Tab. 3).
212
Chapitre VI - Industrie osseuse
Forme
Partie Bords Section Morphologie Orientation
générale
pointue
rectiligne Symétrique
émoussée
Pointe convexe Asymétrique (G/D)
esquillée
sinueux
cassée
Distale circulaire
elliptique
rectiligne
subquadrangulaire
courbe
polygonale
sinusoïdal parallèles
aplatie
triangulaire Mésiale convexes
annulaire
galbé concaves
triangulaire
convexe-concave
plano-convexe
parallèles linéaire
divergents punctiforme
Proximale
convergents rectangulaire
échancrés elliptique
213
Chapitre VI - Industrie osseuse
Ce sont des poinçons faiblement élaborés pris sur os non fendu (ulna, fibula ou côte)
généralement fracturés en biais pour aménager la partie distale en pointe.
Un spécimen provient de l’unité archéologique UA2 du secteur 3 (F37-3635). Les trois autres
(HS) sont sans contexte stratigraphique (Tab. 4).
S2 S3
UA1
UA2 F37-3635
UA3
UA4
S3-12-45
HS S2-12-18
S3-12-55
• Deux poinçons entiers sur ulna de bovidé de grande taille (Fig. 2, n° F37-3635 et S3-12-
45). Sur F37-3635 la diaphyse est partiellement conservée. Sur S2-12-45 subsistent la face
caudale de l'olécrâne avec une partie de la diaphyse. Dans les deux cas, la morphologie
naturelle de l’ulna est bien préservée. Le poinçon F37-3635 présente une pointe régulière,
rectiligne, il est obtenu par façonnage du distum naturellement rétréci. Sur le poinçon S3-
12-45, la pointe large et puissante est devenue très mousse. La partie distale aménagée par
214
Chapitre VI - Industrie osseuse
215
Chapitre VI - Industrie osseuse
Poinçons pris sur os long fendu longitudinalement conservant une partie d’épiphyse (distum ou
proximum). Cette dernière est restée brute (sous-type P2B) ou reprise par abrasion (sous-type
P2A). Le choix du support s’est porté sur un métapode de bovidé de petite taille de gazelle ou
d’Ovis/Capra. On décompte 14 pièces (7.1%) (Tab. 5), dont 5 et 9 poinçons pour les sous-types
P2A et P2B. Deux fragments sont issus du carré F37 (n°3636 et 4003) de l’unité UA2.
S2 S3
UA1
F37-3636
UA2
F37-4003
UA3
UA4
S3-12-46 S3-13-63 S3-12-54
S3-12-48 S3-13-64 S3-12-56
S2-12-3 S3-12-49 S3-13-65 S3-12-80
HS
S2-13-3 S3-12-50
La longueur moyenne des pièces se situe entre 9 et 12 cm, la largeur varie entre 10 et 20 mm (Fig.
4). Les fragments mesurent 8 cm (Fig. 3 ; F37-4003) résultent-ils de réparation et/ou de
réaffutage ? En effet, cet entretien se traduit par une diminution de la longueur, alors que la
largeur reste la même (Fig. 5). D’un point de vue morphométrique, les poinçons P2B (épiphyse
brute) sont généralement plus grands que les P2A (Fig. 4). Cette diminution provient de la
régularisation des épiphyses par des techniques d’usure, et de la réparation et/ou réaffûtage des
outils (Fig. 5).
216
Chapitre VI - Industrie osseuse
217
Chapitre VI - Industrie osseuse
Les bords des fûts sont le plus souvent réguliers, et faiblement convergents. Leur section est
convexe-concave et plus rarement circulaire, triangulaire ou ovalaire. La transition entre la pointe
et le fût est peu ou bien marquée. Les longueurs des pointes s’échelonnent entre 8 et 56 mm. Les
pointes sont souvent fines et rarement moyennes (Fig. 6). La plupart des outils sont graciles (IR :
1) ou moyennement forts (IR : 2). Deux poinçons courts se distinguent par leur robustesse (IR :
3) (Fig. 6).
218
Chapitre VI - Industrie osseuse
Les supports sont des métapodes de petits bovidés (métacarpes, métatarses). Les tailleurs ont
exploité leurs parties proximales et rarement les parties opposées portant la double poulie
articulaire (un seul cas). Deux espèces semblent être recherchées : les gazelles (3 p) et les
mouton/chèvres (2 p). Un poinçon (S3-12-54) n’a pas pu être déterminé anatomiquement et
spécifiquement. Son taux de transformation important rend l’épiphyse et le canal médullaire à
peine visibles. Son classement est discutable entre les types P2 et P6, entièrement façonnés.
7 Bovidé P
Ovis/Capra
6
Indét.
5 Gazella sp.
Bovidé
4 P
2
Ovis/
Gazella
1 Capra
Indét.
0
Métacarpe Métapode Métatarse Os long indet.
Figure 7 : Parties anatomiques et espèces exploitées pour la fabrication des poinçons de type P2
219
Chapitre VI - Industrie osseuse
Poinçon pris sur esquille diaphysaire d’os long, dont le façonnage ne concerne que la partie active
pointue.
Leur nombre est élevé (42 pièces, 21,4% des outils pointus). Deux proviennent de l’UA2 et deux
de l’UA4 (Tab. 6). S’ajoutent cinq fragments mésio-distaux.
S1 S2 S3
UA1
F37-3638
UA2
F37-3639
UA3
H40-1
UA4
M47-80
S1-13-39 S3-12- 22 S3-12- 93 S3-12- 111
S1-13-43 S3-12- 69 S3-12- 94 S3-12- 113
S2-12-36 S2-13- 16
S1-13-44 S3-12- 70 S3-12- 98 S3-12- 116
S2-12- 38 S2-13- 20
S1-13-48 S3-12- 75 S3-12- 99 S3-12- 118
HS S2-13- 5 S2-13- 22
S3-12- 81 S3-12- 100 S3-12- 120
S2-13-6 S2-13- 29
S3-12- 83 S3-12- 101 S3-12- 133
S2-13- 14 S2-13- 53
S3-12- 84 S3-12- 104 S3-12- 142
S3-12- 92 S3-12- 109 S3-13- 67
Les longueurs ne sont pas standardisées, elles varient entre 4 et 11,5 cm avec une moyenne vers 7
cm. Les largeurs varient entre 6 et 18 mm pour une moyenne de 10 mm. Leurs sections mésiales
sont convexes-concaves tandis que celles de la partie distale sont convexes-concaves, elliptiques
ou ovalaires. Les pointes sont souvent fines (CD 1) ou moyennes (CD 2), moyennement forte
(IR2) ou robustes (IR3) (Fig. 10). Elles sont toutes courtes (3,5 à 5,5mm) et se désolidarisent du
fût d’une manière plus marquée que sur les outils précédents (P2). Ces poinçons ne devaient pas
pénétrer profondément. La pointe est axiale ou déjetée à gauche (2 cas) ou à droite (6 cas). Les
bords du fût sont convergents, plus rarement parallèles.
220
Chapitre VI - Industrie osseuse
221
Chapitre VI - Industrie osseuse
Les matières premières sont difficilement déterminables pour ces poinçons n’ayant pas conservé
de partie anatomique diagnostique, seuls les gabarits ont pu être déterminés (Fig. 11).
222
Chapitre VI - Industrie osseuse
30
25
20
15 P
10
M
5
Indet
0
P M Indet
Figure 11 : Gabarits d’espèces d’Ongulés exploités pour la fabrication des poinçons de type P3
6.5. Poinçons sur esquille fendue régularisée à la partie proximale (Type P4)
Poinçons pris sur esquille diaphysaire d’os long dont le façonnage concerne la partie active
pointue et l’extrémité proximale arrondie. Les bords peuvent être restés à l’état brut ou
régularisés en atténuant la morphologie du canal médullaire.
11 spécimens (5.6% des outils pointus) découverts hors stratigraphie (Tab. 7) dont deux
fragments mésio-proximaux.
S1 S2 S3
S2-12-7 S3-12-57 S3-12-97
S2-12-25 S3-12-67 S3-12-103
HS S2-12-26 S3-12-72 S3-12-119
S2-13-4 S3-12-86
223
Chapitre VI - Industrie osseuse
Les longueurs varient entre 6 et 12 cm avec une moyenne à 8 cm (Fig. 13). Les largeurs varient
entre 5 et 15 mm avec une moyenne autour de 10 mm. Une pointe est épaisse (CD3), les autres
sont fines (CD 1). Elles sont moyennement fortes (IR2) ou fortes (IR3) rarement graciles (2 cas)
(Fig. 13). La base très soigneusement façonnée est arrondie plus large que le fût. On ne peut
préciser si elle a été aménagée pour un éventuel emmanchement ou non.
16
14
12
Largeur (mm)
10
0
0 20 40 60 80 100 120 140
Longueur (mm)
224
Chapitre VI - Industrie osseuse
Les parties anatomiques correspondent à des os longs indéterminés, sauf une pièce prise sur
fibula de sanglier. Les gabarits sont petits (4 cas) ou moyens (5 cas), rarement grands (2 cas).
Pointe prise sur côte préalablement fendue dont le façonnage concerne l’extrémité active pointue,
les bords, et rarement la partie proximale. La section est relativement plate sur toute la
longueur. Parmi ces outils, certains peuvent avoir d’autres parties actives que la pointe. L’absence
d’études de tracéologie n’autorise pas la mise évidence d’une autre fonction. C’est le cas
notamment de S3-12-141-2 (Fig. 16) dont la partie proximale arrondie pourrait correspondre au
type « spatule » (Camps-Fabrer 1966, p. 98).
15 spécimens (7.6% des outils pointus) découverts hors stratigraphie dont 4 fragments distaux
(Tab. 8).
S1 S2 S3
S3-12-115
S3-12- 14
S1-13-34 S2-12-6 S3-12-117
S3-12- 73
HS S1-13-38 S2-12-32 S3-12-126
S3-12-77
S1-13-40 S2-13-27 S3-12-130
S3-12-95
S3-12-141-2
D’un point de vue morphométrique une pièce (S3-12-141-2) se distingue par sa grande taille (18,2
x 3,2 cm), les autres ont une longueur comprise entre 3 et 11 cm et une largeur entre 5 et 20 mm.
Les sections mésiales plates ou arrondies ont une épaisseur moyenne de 4 mm (min 2 mm, max 6
mm).
Les côtes d’Ongulés de différents modules (3 grands, 4 moyens, 4 petits et 4 indéterminé) ont été
exploitées. La bipartition et l’utilisation de la partie mésiale plate de la côte ne permettent pas la
détermination.
225
Chapitre VI - Industrie osseuse
35
30
25
Longueur (mm)
20
15
10
5
S3-12-141-2
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Largeur (mm)
226
Chapitre VI - Industrie osseuse
A de rares exceptions, le façonnage poussé entraine la disparition des attributs anatomiques (canal
médullaire, surface naturelle, épiphyse, etc.). La section est généralement circulaire ou ovalaire et
les bords rectilignes convergent régulièrement vers la pointe.
25 spécimens (13% des outils pointus) sont découverts hors stratigraphie, à l’exception de deux
fragment mésio-proximaux provenant de l’UA2 (Tab. 9). Le taux de fragmentation est élevé : (8p
pour 5 sub-entiers), les fragments sont mésio (3p), mésio-distaux (3p) et mésio-proximaux (2p).
S1 S2 S3
UA1
UA2 N47-724 F37-3637
UA3
UA4
S1-13-57 S3-12-51 S3-12-91
S2-12-22 S2-12-46 S2-13-12 S3-12-79 S3-12-102
S2-12-24 S2-12-49 S2-13-18 S3-12-85 S3-13-32
HS S2-12-29 S2-13-2 S2-13-23 S3-12-87 S3-13-33
S2-12-40 S2-13-11 S2-13-49 S3-13-68
S2-13-54
Les pièces entières ont une longueur comprise entre 4,8 cm et 10 cm, et une largeur entre 6 et 13
mm. Les pointes sont plus fines (CD1) que moyennes (CD2), et plus graciles (IR1) que
moyennement forte (IR2). Une seule pointe est robuste (S2-13-54).
227
Chapitre VI - Industrie osseuse
228
Chapitre VI - Industrie osseuse
14
12
10
Largeur (mm)
8
0
0 20 40 60 80 100 120
Longueur (mm)
Classe 2
16
moyenne
14
Calibre distal (pointe)
12
S2-13-54
10
8 Classe 1
fine
2
Classe 1 : gracile Classe 2 : moyen fort Classe 3 : robuste
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
10
9
8
7
6 Indet
M
5
4
3
2 P
1 G
0
P M G Indet
Figure 20 : Gabarits d’espèces d’Ongulés exploités pour la fabrication des poinçons de type P6
229
Chapitre VI - Industrie osseuse
Les épingles sont classées parmi les objets de parure, nous avons opté pour un classement parmi
les outils pointus, technologiquement issus des mêmes séquences de fabrication. Nous retenons
la définition ci-dessous donnée par H. Camps-Fabrer dans la fiche 11.0 du cahier IV-Objets de
parure (commission de nomenclature 1991) :
«Objet en matière dure animale entièrement façonné, pourvu d’une pointe à l’extrémité distale, et, à la partie
proximale, d’une tête individualisée ou bien dégagée du fut et qui revêt des formes très variées » (Commission de
Nomenclature 1991).
A GLD1 les épingles ne portent pas de décoration, l’aménagement symétrique de certaines est à
souligner (S3-12-59) justifiant trois catégories : celles dont la tête est déjetée lors de
l’aménagement et/ou par choix de support ad-hoc (métapode vestigial transformé pour S3-12-78
et N47-582 ?) ; celle dont la tête est plate, et enfin celle ayant une tête globuleuse située dans l’axe
du fût. Ces trois catégories ont été définies par H. Camps-Fabrer (1966, p. 13) : « Epingle à tête
déjetée », « Epingle à tête plate et allongée » et « Epingle droite ».
14 épingles (7.1% des outils pointus) dont 6 entières et 8 fragments mésio-proximaux. Un
specimen issu de l’UA2, les autres sont sans contexte stratigraphique (Tab. 10).
S2 S3
UA1
UA2 N47-582
UA3
UA4
S3-12-24 S3-12-62
S3-12-25 S3-12-64
S3-12-33 S3-12-65
HS S3-12-34 S3-12-71
S3-12-52 S3-12-78
S3-12-58 S3-12-89
S3-12-59
Tableau 10 : Répartition par secteur et unité archéologique des épingles (type P7)
230
Chapitre VI - Industrie osseuse
D’un point de vue morphométrique on distingue deux groupes dimensionnels : (1) les épingles
dont la longueur est comprise entre 4 et 6 cm avec une largeur moyenne de 0.6 cm ; (2) les
épingles plus grandes (L ≈ 8 cm et largeur entre 7 et 12 mm) (Fig. 22). Les largeurs mésiales dans
les deux cas sont assez faibles (<5 mm).
Les épingle à tête plate (6 pièces), de petite morphologie et fines (épaisseur ≈ 2 mm), ont
l’extrémité proximale souvent arrondie ou losangique (S3-12-59), leurs bords rectilignes
convergent régulièrement vers la pointe. Elles sont faites sur hémi-côte ou support plat
indéterminé.
Les épingles à tête déjetée (2 pièces) ou droite (6 pièces) sont de section circulaire sur la longueur
mésio-distale du support. Elles sont faites sur des os longs de petits mammifères dont deux
métapodes vestigiaux (S3-12-78 et N47-582).
231
Chapitre VI - Industrie osseuse
14
12
10
Largeur (mm)
8
0
0 20 40 60 80 100
Longueur (mm)
La définition donnée par H. Camps-Fabrer (1968) dans les Fiches Typologiques Africaines n°200
est la suivante : «Poinçon très léger à fût entièrement poli, de section variable, mais dont le diamètre est toujours
inférieur à 3 mm ». Ce type n’existe pas dans le listing retenu par la Commission de Nomenclature
(1991), sinon rangés parmi les poinçons entièrement façonnés. Nous n’utiliserons pas le terme
« poinçon » pour désigner ces objets fragiles et non plus la notion de « diamètre » qui renvoie à
une section circulaire. Notre définition est la suivante :
« Objets pointus à fût entièrement poli, de section circulaire ou plate, d’épaisseur inférieure à 3
mm». Ces modifications paraissent mieux cerner le type conservé à GLD1.
11 alènes ont été découvertes à GLD1, trois au sein de l’UA2, une en UA3, les autres (8 pièces)
hors stratigraphie (Tab. 11). Malgré leur fragilité, 6 objets sont parvenues entières, témoignant de
conditions de préservation exceptionnelles dans la grotte. Leurs sections sont majoritairement
circulaires (9 pièces) et rarement plates (2 cas). Les pièces entières ont des longueurs comprises
entre 40 et 10 cm.
Le polissage intégral et le taux de transformation ne permet pas de déterminer l’origine
anatomique encore moins taxinomique. Ce sont vraisemblablement des segments longitudinaux
d’os long ou des baguettes extraites dans des matrices épaisses qui ont été exploités.
232
Chapitre VI - Industrie osseuse
S1 S2 S3
UA1
F37-4001
UA2 F37-4004
I38-1
UA3 F37-915
UA4
S1-13-41 S2-12-23 S3-12- 63
S2-13-25 S3-12- 82
HS S3-12- 88
S3-12- 90
Tableau 11 : Répartition par secteur et unité archéologique des alènes (type P8)
233
Chapitre VI - Industrie osseuse
Dans ce type sont réunis les objets pointus en os entièrement façonnés de forme allongée. La
partie distale pointue assure la fonction du percement d’une paroi alors que la partie proximale
est pourvue d’un dispositif de rétention (chas ou rainure) permettant d’entrainer un lien.
Aiguilles à chas
La définition d’aiguille à chas donnée par D. Stordeur (Cahier III, Commission de Nomenclature
1990) est la suivante : « Objet allongé et fin, à extrémité distale acérée, à fût lisse qui s’aplatit et souvent se
rétrécit vers l’extrémité proximale, laquelle porte une perforation au plan d’aplatissement ».
Dans cette définition aucune précision n’est donnée quant au seuil en dessous duquel une aiguille
est réputée « fine ». H. Camps-Fabrer en donne deux valeurs : 8 mm (Camps-Fabrer 1966, p. 128)
et 5 mm (Camps-Fabrer 1968, FTA n°205).
A GLD1 4 spécimens ont été découverts hors stratigraphie. Deux sont entières (S2-12-51 et S2-
12-52), les deux autres (S3-12-43 et S3-12-44) conservent seulement une partie du fût et le chas.
S3-12-43 porte une cassure droite (sorte de clivage net) dans la région mésiale à 2.5 cm du chas.
Cette zone a été en contact avec une source de chaleur aux effets (couleur dureté) sans doute plus
marqués dans la région cassée que vers le chas. S2-12-51 est typique et très fine (58 x 2.5 x 2 mm)
avec une pointe acérée, les 3 autres sont « moins fines ». La pointe de S2-12-51 (95 x 4 x 3 mm)
est mousse. S3-12-43 est plus large au niveau du chas (8 mm) qu’au niveau du fût (4 mm), mais
conserve une même épaisseur sur toute la longueur (2 mm). S3-12-44 se termine par une large
pointe dans la région du chas mais semble avoir une largeur (5 mm) et épaisseur (2.5 mm)
régulières. Les longueurs initiales des aiguilles fragmentaires, ne sont pas restituables mais elles
doivent se rapprocher de (S2-12-51). Les chas de sections biconiques ont des formes
subcirculaires, sauf pour S3-12-44 irrégulière ovalaire. Pour S2-12-51 et S2-12-52 les diamètres
sont respectivement de 2 mm et 1 mm, ils sont plus grands pour S3-12-44 et S3-12-43,
respectivement 4 mm et 3mm.
Il est difficile de déterminer l’origine anatomique et taxinomique des supports. Cependant pour
S3-12-43, le reste de tissu spongieux visible autour du chas indique que celle-ci est faite sur une
hémi-côte possible. Par ailleurs, S3-12-44 montre un résidu de canal médullaire qui a été exploité
pour percer le chas dans la région la plus fine de l’os.
234
Chapitre VI - Industrie osseuse
235
Chapitre VI - Industrie osseuse
4 objets pointus en os entièrement façonnés pourvus d’une pointe à chaque extrémité ont été
découverts dont un en UA1 (F37-4002) (Tab. 12)
S1 S2 S3
UA1 F37-4002
UA2
UA3
UA4
S2-12-4
S2-12-5
S2-13-15
HS
Tableau 12 : Répartition par secteur et unité archéologique des pointes doubles (type P10)
Trois objets (S2-12-5, S2-12-15 et S2-12-4) ont des dimensions presque calibrées (≈ 60 x 5 x 2
mm). Un spécimen (F37-4002) se démarque par sa petite taille (26 x 2 x 1 mm). Les deux
extrémités sont appointées, sauf celles de S2-13-15 plus épaisses et mousses.
236
Chapitre VI - Industrie osseuse
Ces objets sont nommés « hameçons droits » par H. Camps-Fabrer (1968, FTA n°208) et par la
Commission de Nomenclature de l’os (Averbouh et Cleyet-Merle, 1995). Les études
tracéologiques menées par D. V. Campana (1989) sur des industries osseuses du Levant, ont
montré qu’au moins certains d’entre eux ont plutôt servi d’épingles ou d’attaches de vêtements.
Compte tenu des faibles dimensions et de leur aménagement total, il est difficile de faire des
déterminations anatomiques et taxinomiques. Cependant, un objet (S2-12-4) est fait sur hémi-
côte.
41 fragments de pointes ont été découverts en UA2 et UA3 et hors stratigraphie (Tab. 13). Ce
sont majoritairement des fragments distaux. Bien que la longueur de certains puisse dépasser 4
cm (Fig. 27), nous n’avons pas pu les rattacher à un type.
S1 S2 S3
UA1
G47-146
UA2 F37-2694
I48-133
N47-358 F37-471
UA3
N48-677 F37-914
UA4
S1-13-59 S2-12-8 S2-12-15 S2-12-30 S2-13-19 S3-12-66 S3-12-107
S1-13-60 S2-12-10 S2-12-16 S2-12-33 S2-13-24 S3-12-68 S3-12-108
HS S1-13-61 S2-12-11 S2-12-17 S2-12-43 S2-13-52 S3-12-96 S3-12-110
S1-13-62 S2-12-12 S2-12-20 S2-13-8 S2-13-56 S3-12-105 S3-12-112
S2-12-14 S2-12-21 S2-13-17 S2-13-58 S3-12-106 S3-13-31
237
Chapitre VI - Industrie osseuse
14
12
10
Largeur (mm)
0
0 10 20 30 40 50 60
Longueur (mm)
238
Chapitre VI - Industrie osseuse
Onze objets pointus n’ont pas pu être classés (Tab. 14). Trois n’ont pas d’équivalent connu en
Afrique du Nord et en Europe (Fig. 28). Nous les avons appelés « Petites pointes à base
fourchue », l’un deux (I38-5) provient de l’UA2. Un autre objet (H47-70) découvert également en
UA2 correspond au type « Plume » défini par H. Camps-Fabrer (1968 ; FTA n°207). Le reste des
objets est constitué d’esquilles osseuses appointées et utilisées comme outil expédient.
S1 S2 S3
UA1
I38-3
UA2 H47-70
I38-5
UA3 F37-94
UA4
S1-13-37 S2-13-21 S3-12-60 S3-12-121
HS S3-12-61 S3-12-131
S3-12-76 S3-12-134
239
Chapitre VI - Industrie osseuse
Figure 28 : « Plume »
7. Outils tranchants
Les outils tranchants (39 pièces) représentent 13.4% de l’industrie osseuse répartis sur les 4 unités
archéologiques (Tab. 15).
240
Chapitre VI - Industrie osseuse
La partie active de ces outils est un bord tranchant situé à une extrémité du support et/ou
sur l’un des bords. Ce tranchant est transversal (taillant) ou latéral. Deux types tranchants latéraux
sont rencontrés à GLD1 : l’un à tranchant sur scapula et l’autre à tranchant sur façonné sur hémi-
côte pouvant ou non être perforé. Les parties proximales sont représentées, respectivement, par
l’acromion et la perforation. La définition des faces externes supérieures et internes inférieures
suit la même convention que celle des outils pointus sur os long ou sur hémi-côte. Dans le cas
particulier des tranchants sur scapula, on définit par convention la face supérieure par celle où le
bord caudal est à gauche du tranchant. Il était possible d’exploiter l’orientation anatomique de la
scapula pour définir les faces, mais il n’est pas toujours aisé de déterminer les fosses sous-
épineuse et sous-scapulaire qui sont transformées pour devenir un bord tranchant.
Les principales données métriques relevées sont : la longueur totale, la largeur maximale,
l’épaisseur maximale et la longueur du tranchant.
La forme des sections est celle correspondant aux trois parties distale, mésiale et
proximale (rectangulaire, elliptiques, biconvexes, convexe-concaves, irrégulières), et celles du
contour de la partie distale (convexe, ogivale).
Figure 29 - Convention d’orientation et mesures relevées sur les outils tranchants sur scapula et sur hémi-
côte.
241
Chapitre VI - Industrie osseuse
Ce type est un sous-ensemble des « couteaux à dos naturel » défini dans les Fiches Typologiques
Africaines (Camps-Fabrer, 1968, FTA n°171). L’anatomie de la scapula est entièrement mise à
profit pour aménager un tranchant dans la partie plate de l’os (fosse scapulaire) et un dos
« naturel » porté par le bord caudal renforcé par l’épine scapulaire. Cinq spécimens (12.8% des
outils tranchants) sont découverts entiers dont un (H46-28) en UA1, sauf un fragment mésial.
Les longueurs varient entre 9 et 12 cm, les largeurs entre 1,8 et 3,2 cm et les épaisseurs sont entre
10 et 15 mm. Les objets sont faits sur scapula d’ongulés de petite ou moyenne taille dont un (S3-
12-140) a pu être déterminé spécifiquement (sus scrofa).
Un scenario de chaîne opératoire probable a été reconstitué (cf. § 10.1 Technique de fabrication).
S1 S2 S3
UA1 H46-28
UA2
UA3
UA4
S2-12-1 S3-12-140
HS S2-13-9 S3-14-1
Tableau 16 : Répartition par secteur et unité archéologique des Couteaux sur scapula (type T1)
242
Chapitre VI - Industrie osseuse
243
Chapitre VI - Industrie osseuse
Ce type réuni les objets issus de côte ou d’hémi-côte dont un bord (rarement les deux) a été
aménagé en tranchant plus souvent rectiligne que convexe. Le bord non tranchant constitue « le
dos » du couteau.
Les 9 pièces (25% du groupe des tranchants) sont endommagées à différents endroits (cassures
transversales, sur les bords, etc.). Deux sont entières (S3-12-39 et F37-1265). Malgré leur état de
fragmentation elles portent une perforation positionnée par convention en région proximale.
Deux objets sont issus de l’UA2 (Tab. 17)
S1 S2 S3
UA1
UA2 H47-90 F37-1265
UA3
UA4
S2-12-53 S3-12-35
S3-12-36
S3-12-38
HS
S3-12-39
S3-12-40
S3-14-4
Tableau 17 : Répartition par secteur et unité des couteaux plats côte (type T2)
Les objets entiers ont une longueur comprise entre 8 et 12 cm avec une largeur moyenne de 3
cm. Les objets portent des marques d’usures (émoussés, effacement du tissu spongieux) étendues
près de la zone du tranchant. Les perforations sont biconiques, leurs diamètres presque calibrés à
4-5 mm.
Les extrémités proximales sont souvent arrondies, rarement droite (S3-12-39) ou ogivale (S3-12-
40). Les extrémités distales sont absentes, mais l’une est arrondie (F37-1265), l’autre est en forme
pointe large émoussée formée par la convergence de bords gauche et droit (S3-12-39). Ce dernier
objet pourrait répondre à une double fonction par son bord tranchant et son extrémité
perforante.
Les os utilisés proviennent d’animaux de taille moyenne à grande. Dans un cas (H47-90) la
détermination anatomique n’est pas certaine compte tenu du degré de desséchement de l’os qui
lui a fait perdre une partie de son épaisseur d’origine. Il se peut qu’il s’agisse d’un os plat autre
que la côte.
244
Chapitre VI - Industrie osseuse
245
Chapitre VI - Industrie osseuse
Figure 32: Couteaux plats sur côte non fendue (Type T2)
246
Chapitre VI - Industrie osseuse
Pour les objets dénommés « Pellette », nous retenons la définition donnée par H. Camps-Fabrer
(1966) : « Objets allongés à fût de section et de forme variables, toujours terminés par une extrémité distale
amincie et aplatie, polie sur les deux faces et tranchante sur les bords ».
Les supports utilisés peuvent être des os longs ou des côtes fendues. Il est probable que certains
objets sur hémi-côte classés parmi les « Pellette » sont en réalité des lissoirs sur côte usées sur les
deux bords au niveau de l’extrémité distale ou sur une longue portion des bords.
Les 12 pièces représentant 30% des outils tranchants proviennent des unités UA1, UA2, UA3 et
UA4 (Tab. 18). C’est l’un des rares types d’outils dont la persistance est aussi longue (UA1 à
UA4).
Deux pièces sont entières, les autres sont représentées par des parties distales ou mésio-distales.
Les longueurs et largeurs varient respectivement entre 6.8 et 9.6 cm, 7 et 14 mm. Les épaisseurs
ne dépassent pas 5 mm, sauf pour une pièce prise sur tibia fendu de Gazelle (13 mm dans la
région de l’épiphyse) (S2-13-13). C’est la seule pièce qui bénéficie d’une détermination
anatomique et spécifique. Les autres sont majoritairement (6 pièces) sur hémi-côte d’Ongulé de
petite ou moyenne taille ou sur os long indéterminé.
S1 S2 S3
UA1 G35-735
UA2 I38-3
UA3 N47-331
L48-182
UA4
M48-242
S2-12-27 S3-12-19
S2-13-13 S3-12-21
HS
S2-13-55 S3-12-23
S3-12-32
Tableau 18 : Répartition par secteur et unité archéologique des Pellettes (type T3)
247
Chapitre VI - Industrie osseuse
248
Chapitre VI - Industrie osseuse
La définition donnée par H. Camps-Fabrer (1986, FTA n°173) est la suivante : « Objet en os poli,
plat et allongé, pourvu sur l’un des bords longitudinaux d’une concavité dont l’arête est tranchante ».
Une seule estèque entière (112 x 22 x 10 mm) a été découverte hors contexte stratigraphique (Fig.
34). Il s’agit d’une partie osseuse provenant d’une vertèbre et plus précisément d’un processus
épineux d’une vertèbre dorsale d’Ongulé, de taille moyenne, dont on a exploité la forme naturelle
transformée en extrémité distale (sommet du processus épineux) arrondie, le bord crânial
devenant concave dans la région mésio-distale. On distingue sur les deux faces près du bord
concave des stries d’abrasion qui s’étendent sur toute la pièce. Dans la partie proximale est
aménagé un trou de suspension.
249
Chapitre VI - Industrie osseuse
Objets tranchants pris sur fragment de défense de suidé. Le tranchant est aménagé sur le bord
concave ou sur les deux bords de la canine inférieure, divisée préalablement suivant l’axe
longitudinal. Il est probable que les canines supérieures (grès) ont été utilisées. Mais nous
conservons ici le terme commun de « défense » habituellement donné à ces objets.
4 objets entiers ou sub-entiers sont découverts hors stratigraphie (Fig. 36).
L’épaisseur des 4 objets varie entre 3 et 5 mm. Les trois objets S3-12-26, S3-12-27 et S3-12-31
(Fig. 36) en forme de spatule présentent un tranchant à biseau unifacial sur le bord. Les deux
premiers sont des fragments mésio-distaux, le dernier sub-entier est dépourvu de la moitié de la
partie distale cassée. Le quatrième objet (S2-13-1) conserve la forme anatomique de la défense et
présente, sur le bord externe, un tranchant constitué par le bord naturel de la dent, situé à la
jonction de la surface occlusale / face latérale externe émaillée de la dent. Les traces d’utilisation
(lustre) indiquent que c’est seulement le bord externe de cette surface aménagée qui a été utilisé.
L'extrémité proximale n'est pas active.
250
Chapitre VI - Industrie osseuse
Deux Fiches Typologiques Africaines (Camps-Fabrer, 1968), ont été conçues pour les objets dont
le tranchant est distal : les Pellettes et les Tranchets droits, obliques ou concaves (contexte
Ibéromaurusien). Il n’est pas prévu de fiche dans le cas d’un biseau distal convexe.
En Europe les outils de ce type « Objet à biseau distal sur os fendu » (Cahier VIII-Biseaux et
tranchants, Commission de Nomenclature, 1998, p. 79) sont répandus en contextes néolithiques.
La définition donnée est la suivante : « Objet tranchant à l’extrémité distale, pris sur os
préalablement fendu, dont la partie distale est aménagée par biseautage intérieur, extérieur ou
latéral, formant un biseau unifacial ou bifacial ».
Trois biseaux ont été découverts : G46-68 (158 x 30 x 14 mm) en UA2, F37-735 (110 x 31 x 14)
en UA3 et S3-14-3 (90 x 30 x 30 mm) hors stratigraphie. (Fig. 37). Ils sont aménagés sur radius,
métapode et métacarpe de bovidés de grande taille. Pour satisfaire la fonction assumée par ces
objets (restée inconnue) il ne subsiste plus que leur morphologie pour l’évoquer, celle-ci- apparait
avec une grande robustesse, les biseaux très émoussés et lustrés sont convexes à pans plats et
forment un angle de 60° (Fig. 37). Le tranchant est légèrement émoussé dans un cas (G46-68) et
acéré dans deux autres cas S3-114-3 et F37-735.
251
Chapitre VI - Industrie osseuse
252
Chapitre VI - Industrie osseuse
8. Outils mousses
Les outils mousses (25 pièces) représentent 8.6% de l’industrie osseuse répartis dans les 3 unités
archéologiques (Tab. 19)
Type UA1 UA2 UA3 UA4 HS Total %
Lissoir sur côte fendue (M1) 2 2 9 13 4,5%
Mousses
Les outils mousses ont été réalisés sur hémi-côte (lissoirs) ou sur segment longitudinal
d’os long. La partie considérée comme active et distale est localement émoussée.
La détermination des faces supérieures et inférieures suit la même convention que celle précisée
ci-dessus. La courbure de la côte et le choix d’une hémi-côte interne ou externe (Barone 1999, pl.
216, p. 424) permettent l’attribution d’un profil convexe ou concave au lissoir : profil convexe
(face inférieure convexe), profil concave (face inférieure concave). (Fig. 38). La forme des
sections est celle des trois parties distale, mésiale et proximale (rectangulaire, elliptiques,
biconvexes, convexe-concaves, irrégulières), et celles du contour de la partie distale (plane,
arrondie, ogivale, irrégulière).
253
Chapitre VI - Industrie osseuse
Nous avons réuni dans ce type (M1) les lissoirs sur hémi-côte, plats et allongés, caractérisés par
une extrémité distale ou les deux extrémités, de forme ogivale ou convexe, rarement rectiligne,
portant un émoussé d’utilisation qui peut également affecter les bords non tranchants et les faces.
13 lissoirs (52% des outils mousses) ont été découverts dont deux en UA1 (Tab. 17).
3 pièces (I38-14, I38-106 et S3-12-9) sont entières. Leurs longueurs varient entre 11 et 13 cm. La
majorité a une largeur d’environ 2 à 2.5 cm. Les épaisseurs varient entre 2 et 5 mm, à l’exception
d’une pièce (S2-13-50) très épaisse (11 mm). Deux pièces (I38-14 et N48-125) sont plus minces
(largeur ≈ 1,1 cm).
Le contour général est souvent elliptique, rarement rectangulaire (S3-12-11). Ces pièces sont peu
courbes, l’une est même droite (I38-106). Le contour des extrémités n’est pas triangulaire ni
oblique. Les sections sont presque exclusivement quadrangulaires, avec des angles très arrondis,
mais pas au point de devenir elliptiques.
Les lissoirs sont sur hémi-côte externe (profil concave) ou indéterminés.
Les modules utilisés sont de taille moyenne (7 cas) ou grande (3 cas) ou indéterminé (3 cas).
S1 S2 S3
I38-14
UA1
I38-106
UA2
UA3 N48-636 F37-737
UA4
S2-13-10 S3-12-9
S2-13-50 S3-12-10
S2-N48-125 S3-12-11
HS
S3-12-12
S3-12-41
S3-13-30
Tableau 20 : Répartition par secteur et unité archéologique des lissoirs sur hémi-côte (type M1)
254
Chapitre VI - Industrie osseuse
255
Chapitre VI - Industrie osseuse
256
Chapitre VI - Industrie osseuse
9 lissoirs de ce type, soit 36% des outils mousses, dont un découvert en UA2 (Tab. 21), pris sur
des segments longitudinaux d’os longs portant rarement (S3-14-2) des zones épiphysaires.
L’extrémité mousse est de forme arrondie ou ogivale et rectiligne oblique (H47-209). Les pièces
entières (3p) sont privées d’une autre extrémité mousse. H47-209 est entièrement poli, les autres
pièces présentent un lustre localisé au niveau de l’extrémité distale, qui s’étend aux bords sur 2 à 3
cm. C’est donc l’extrémité distale qui semble être la partie active Des études de tracéologie sont
envisagées. Aucune pièce ne porte de perforation.
Les longueurs varient entre 9 et 11 cm, les largeurs entre 0.7 à 2 cm. Si la largeur des pièces est
inversement proportionnelle à leur longueur, alors les deux objets fragmentaires les plus fins (S2-
12-31 et S2-12-28 ; ≈0.7 cm de large) ne devraient pas dépasser de beaucoup 5 cm de longueur
reconstituée. La section est convexe-concave. L’épaisseur de la partie compacte de l’os permet de
déterminer le gabarit des parties anatomiques exploitées. Dans certains cas, la détermination
anatomique a été possible (Fig. 41).
S1 S2 S3
UA1
UA2 H47-209
UA3
UA4
S2-12-28 S3-12-114
S2-12-31 S3-14-2
HS
S2-12-34
S2-12-37
Tableau 21 : Répartition par secteur et unité archéologique des lissoirs sur os long fendu (type M2)
6 p
4 M
2
Indet
1
p
G
0 p
Métatarse
Os long indet.
Tibia
Figure 41 : Parties anatomiques et espèces exploitées pour la fabrication des poinçons de type P2
257
Chapitre VI - Industrie osseuse
258
Chapitre VI - Industrie osseuse
La définition du type « Bâtonnet » donnée par H. Camps-Fabrer (1966 et 1968) dans la Fiche
Typologique Africaine n °181 est la suivante :
« Objet en os poli allongé, d’épaisseur constante, à bords parallèles soigneusement polis, de largeur inférieure à un
centimètre, arrondi au deux extrémités et quelquefois bombé sur la face supérieure. Fréquemment perforé »
Un spécimen a été découvert à GLD1 au sein de l’UA1. Une extrémité est cassée, on suppose
qu’il s’agit de la région active distale puisque l’autre porte une perforation de section biconique de
diamètre 4 mm. La longueur actuelle est de 8 cm, elle devait être au moins de 10-11 cm. La
largeur est de 1 cm sur toute la longueur. La section constante est elliptique (épaisseur 4 mm).
Des traces d’ocre ont imprégné l’os en profondeur, elles sont visibles sur toute la pièce. Le
support est un os long.
259
Chapitre VI - Industrie osseuse
En abordant le thème des techniques de fabrication, notre ambition n’est pas de dresser le
résultat d’une étude détaillée et poussée, mais d’apporter quelques informations préliminaires
qualitatives.
Sur certains objets dont le taux de transformation n’est pas total, il a été possible d’identifier les
stigmates de débitage. C’est le cas notamment des poinçons de type P1, P2 et P3 ou encore les
tranchants sur scapula (T1). Les autres types d’outils laissent apparaître au mieux les stries de
façonnage (raclage, abrasion, polissage).
260
Chapitre VI - Industrie osseuse
261
Chapitre VI - Industrie osseuse
Figure 44 : Témoins de débitage par percussion (S3-12-49) et bipartition par rainurage longitudinal
unilatéral (F37-3636) ou bilatéral (F37-4003)
Figure 45 : Pièces techniques en relation avec le débitage longitudinal (par percussion provenant de l’unité
UA2.
262
Chapitre VI - Industrie osseuse
Dans le cas du poinçon S3-12-46 (Fig. 3) pris sur portion distale d’un métatarse de gazelle
probablement Gazella cuvieri, deux hypothèses de débitage sont proposées. Pour la première, le
support est issu d’une fracturation obtenue par percussion lancée diffuse. L’impact devait se
situer à une dizaine de centimètres de l’extrémité distale. Deux portions sont détachées. Celle que
l’artisan conserve correspond à un support apte à la transformation suivante, l’appointage
consiste à aménager un biseau dans le plan oblique fracturé, cette action (abrasion, raclage)
supprime la symétrie naturelle de l’os, et conduit à faire converger les bords de ce biseau pour
dégager (abrasion) une pointe.
La deuxième hypothèse consiste à débiter un os long entier (de faible longueur, conservant sa
moelle peu importante). Si aucune fracturation de l’os par percussion n’est adoptée, il est possible
qu’un double rainurage de faible longueur, longitudinal, bilatéral, conserve la moitié de l’épiphyse
distale du métatarse et une faible portion de la diaphyse. Ce procédé exigeant un faible
investissement s’apparente à une bipartition délicate et limitée (Fig. 46). Il permet d’obtenir une
pointe par abrasion et régularisation des bords issus des rainures.
Figure 46 : Proposition de débitage d’un os long entier par double rainurage et maintien partiel (un quart)
de la poulie articulaire (Poinçon S3-12-46)
263
Chapitre VI - Industrie osseuse
Façonnage
Les supports ont été mis en forme par raclage, parfois combiné à l’abrasion. Cette technique a
surtout été utilisée pour régulariser les bases des poinçons P2A. Cinq ont été ainsi reprises. Le
façonnage a peu modifié le volume des articulations partielles et une partie du canal médullaire
est resté très apparente sur les objets finis.
Alènes (Type 9)
Débitage par extraction de baguettes
Une alène provenant de l’unité UA2 (F37-4004) présente une section rectangulaire elle porte sur
l’un des bords (Fig. 47, c) une rainure longitudinale de profil en « u ». Cette pièce montre
également sur ces faces (a, b et c) des strie longitudinales d’abrasion et de raclage. La rainure
longitudinale ne peut pas être le vestige d’un canal médullaire. Elle est faite intentionnellement et
constitue le témoin d’une étape de fabrication. L’hypothèse la plus plausible est celle de
l’extraction d’une baguette par rainurage. Trois arguments plaident en faveur de cette hypothèse :
264
Chapitre VI - Industrie osseuse
265
Chapitre VI - Industrie osseuse
Figure 35 : Défense de sanglier prélevée en septembre 2014 à Akbou sur la tête osseuse.
Aucune trace de débitage n’est observée sur les outils finis. Le façonnage est obtenu par abrasion.
L’aspect naturel luisant de l’ivoire (Fig. x) incite à ne pas envisager de polissage intentionnel lors
de la finition. Sur S3-12-27 on observe des incisions transversales parallèles sur le bord droit de la
face externe. Recouvrant une surface rectangulaire de 1 cm sur 2.5 cm, elles sont obtenues en
utilisant un outil tranchant, probablement un éclat ou une lame en silex. En effet la dureté de
l’ivoire rend le travail difficile, il exige des outils plus résistants, précis et surtout une grande
dextérité. Nous ignorons le rôle de ces incisions, mais il est possible qu’elles aient été aménagées
pour amincir cette zone et donner un aspect « plat ».
Les stigmates d’abrasion que nous observons sur la face externe de la défense S2-13-1 peuvent
être liés à la fabrication de l’outil ou bien issus du vivant de l’animal au contact de roches
rugueuses.
Objets tranchants sur hémi-côte (tranchants types T2-T3 ou mousses type M1)
La fabrication des outils sur hémi-côté a nécessité une bipartition (fendage) de la côte dont les
stigmates de débitage sont oblitérés par le façonnage et les altérations taphonomiques.
Cependant, il a fallu d’abord que la côte soit débarrassée de ses extrémités (tête articulaire et
extrémité ventrale). Dans les restes fauniques, des pièces techniques semblables ne sont pas rares
(UA1 et UA2), mais aucune ne porte de traces de sciage aux extrémités. Les pans de fracture
témoignent plutôt d’enlèvements par flexion ou par percussion (probablement lors d’opérations
de boucherie). La bipartition des côtes s’opère en deux étapes : (1) préparation des bords par
percussion diffuse ou par des techniques d’usure (raclage/abrasion), (2) fendage transversal. Un
seul fragment d’hémi-côte brute a été découvert (UA1), ses bords ne portent pas des traces
raclage ni d’abrasion. Nous avons tenté de reproduire expérimentalement la chaîne opératoire
probable de fabrication des lissoirs de type M1 (cf. Exp. IV et V). ??
266
Chapitre VI - Industrie osseuse
Le programme des expérimentations avait pour objectif de reproduire quelques types d’objets
portant des stigmates identifiables.
Le tableau ci-dessous résume pour chaque expérience, les supports utilisés (portion et espèce), le
procédé technique employé, les différentes techniques dans l’ordre de la séquence de leurs
exécution, la durée totale de l’expérience, et enfin le produit obtenu rapporté à la typologie.
Les outils lithiques utilisés pour le sciage et le rainurage sont les tranchants d’éclats en calcaire
local débités sur place, en bordure de la Soummam à moins de 2 km de la grotte. Les perforations
sont également faites avec des éclats bruts présentant une pointe latérale. Les éclats ont été
remplacés à chaque fois que le tranchant et la pointe étaient usés.
Les percuteurs sont des galets de rivières en calcaire. L’abrasion a été faite sur de gros blocs en
grès utilisés telles des meules dormantes.
Le silex rare dans l’environnement de GLD1 n’a pas été utilisé. On lui a préféré le calcaire local
abondant, varié et renouvelable.
267
Chapitre VI - Industrie osseuse
Support Transformation
N° Produits
Portion Espèce Procédé Etapes techniques et outils utilisés Durée
1. Sciage longitudinal bifacial (rainurage)
2. Fendage par percussion à l’aide d’un
coin-éclat en calcaire Poinçon
Exp. I Métatarse Ovis aries Bipartition 63 min
3. Aménagement d’une pointe par type P2
retouche des bords distaux
4. Façonnage de la pointe par abrasion
1. Sciage longitudinal bifacial (rainurage)
2. Fendage par percussion à l’aide d’un
coin-éclat en calcaire
3. Suppression de l’épiphyse par Poinçon
Exp. II Métatarse Ovis aries Bipartition 52 min
éclatement en percussion directe à l’aide type P3
d’un petit galet
4. Enlèvement des bords percussion
5. Raclage des bords
1. Eclatement par percussion lancée
Poinçon
directe sur enclume à l’aide d’un gros galet
type P3
Exp. III Métacarpe Bos taurus Eclatement de rivière 55 min
Lissoir
2. Aménagement par abrasion d’une
type M2
pointe et d’une extrémité mousse
1. Sciage des extrémités de la côte
2. Eclatement par flexion 2 hémi-
Exp. IV Côte Bos taurus Bipartition 3. Suppression des bords par contrecoups 47 min côtes
4. Fendage par percussion à l’aide d’un brutes
coin-éclat en calcaire
1. Aménagement des bords par percussion
Hémi- posée
Exp. V Bos taurus Façonnage 34 min Lissoir
côte 2. finition par abrasion des contours et de
la face interne spongieuse
Hémi- 1. Raclage manuel en rotation alternes Perforation
Exp.VI Bos taurus Perforation 27 min
côte (180°) avec pointes d’éclats en calcaire biconique
1. Suppression de l’acromion par
éclatement
2. Mise en forme par percussion avec petit Couteau
Exp.VII Scapula Ovis aries Eclatement 18 min
galet de rivière sur scapula
3. Façonnage du tranchant par abrasion
sur meule dormante
268
Chapitre VI - Industrie osseuse
Expérimentation n° I : Fabrication d’un poinçon de type P2 sur métatarse d’Ovis aries par
bipartition
269
Chapitre VI - Industrie osseuse
Expérimentation n° II : Fabrication d’un poinçon de type P3 sur métatarse d’Ovis aries par bipartition
270
Chapitre VI - Industrie osseuse
Expérimentation III : Fabrication d’un lissoir de type M2 sur métacarpe de Bos taurus
Arrachement
271
Chapitre VI - Industrie osseuse
272
Chapitre VI - Industrie osseuse
273
Chapitre VI - Industrie osseuse
Expérimentation n° VI : Perforation par raclage en rotation d’une hémi-côte de bœuf (issue de EXP-V)
Durée Profil Face supérieure Face intérieure
30 s
60 s
60 s
4 min
5 min
2 min
3 min
5 min
274
Chapitre VI - Industrie osseuse
275
Chapitre VI - Industrie osseuse
Le corpus des techniques reconnues dans l’outillage de GLD1 à travers leurs stigmates
caractéristiques ne constitue qu’un résultat préliminaire (Tab. 24). Une étude technologique plus
poussée est en cours. Les techniques déployées lors du programme des expérimentations sont
indiquées en vis-à-vis de celle reconnues dans l’outillage. Le vocabulaire des techniques de
transformation est emprunté à celui du Cahier XI de la Commission de Nomenclature
(Provenzano 2004).
Reproduction
expérimentale
Techniques UA Type d’outil GLD1
N° Exp. Etape
II 3
Percussion directe UA2 P1, P2, P3, T6 III 1
Eclatement
VII 1
Potentiellement les outils sur I 2
Percussion indirecte
Techniques de fracturation
hémi-côte II 2
Potentiellement les outils sur
(Percussion lancé)
Flexion IV 2
hémi-côte
Percussion tranchante
directe (entaillage)
Figurine en ivoire d’éléphant
Percussion tranchante
Enlèvement
I 4
UA1- III 2
Abrasion P1, P2, P5, P6, P10, T2, T3, T5
Techniques d’usure
UA2 V 2
(Percussion posé)
VII 3
UA2-
Polissage P6, P7, P8, P9
UA3
Incision HS T5, P9 (Aiguilles à rainures)
En profondeur
I 1
Rainurage UA2 P2, P8
II 1
T1, T2, M1 et potentiellement
UA1-
Sciage les outils sur hémi-côte IV 1
UA3
Perles tubulaires (cf. Chap. VIII)
Tableau 24 : Techniques de transformation identifiées dans les types d’outils GLD1. Lorsqu’elles sont
reproduites, l’expérience et l’étape technique sont précisées (deux dernières colonnes).
(NB/Colonne « Type d’outil » : En gris et souligné = vraisemblable, en noir= stigmates reconnus).
276
Chapitre VI - Industrie osseuse
La première démarche comparative des industries osseuses nord africaines a été entreprise par H.
Camps-Fabrer en 1966 sur un corpus réunissant des dizaines de sites de divers contextes culturels
(Ibéromaurusien, Capsien et Néolithique) et des centaines d’outils. Ce travail monumental a
abouti à la définition d’une typologie nord africaine qui a servi de modèle pour les études
ultérieures (Camps-Fabrer 1966, 1968). C’est donc une approche quasiment exclusivement
typologique qui a été adoptée dans la plupart des travaux et publications. Les problématique de
gestion des matières premières, de chaînes opératoires de fabrication n’ont été abordées que dans
de rares études (Camps-Fabrer, 1975 ; Roubet 1979 ; Hachi 2003 ; Mulazzani 2010 ; Kaouane
2002). Les données disponibles sont donc qualitativement et quantitativement disparates
restreignant les éléments de comparaisons avec le corpus industriel osseux de GLD1
Deux objectifs sont visés par la démarche comparatives régionale : (1) Quel héritage technique
et/ou typologique est susceptible d’être rattaché à l’une et/ou l’autre des deux grandes cultures
épipaléolithiques ibéromaurusienne et capsienne, (2) comment caractériser l’industrie de GLD1
au sein des groupes Néolithiques de l’Holocène moyen d’Afrique du Nord ?.
Pour le premier objectif, deux sites régionaux ont été retenus Afalou Bou Rhummel dans les
Babors (Ibéraumaurusien) et Medjez II dans les haut-plateaux Sétifiens (Capsien).
Pour le deuxième objectif, les sites Néolithiques retenus sont ceux d’Algérie orientale ayant une
chronologie synchrone ou proche de celle établie pour GLD1 : Grotte Capéletti et Damous el
Ahmar.
Le gisement d’Afalou Bou Rhummel est un abri sous roche situé dans le massif côtier des Babors
dans la commune de Melbou à l’est de Béjaïa. La comparaison porte sur la collection réunie lors
des fouilles effectuées par S. Hachi dans les années 1983 et 1984 et concerne les niveaux
supérieurs répartis en 5 couches datées entre 13000 et 11000 BP. L’outillage est constitué de 44
pièces représentant les trois groupes d’outils avec une nette dominance des outils perforants (Fig.
49). L’outillage osseux apparait véritablement à partir de la couche IV. Pour S. Hachi, la couche
IV frappe par l’originalité de son matériel archéologique (« taux inhabituel de microlithes
277
Chapitre VI - Industrie osseuse
géométriques et parmi eux, de nombreux triangles ») qui se démarque de la couche V dont les
industries sont « plus conformes à l’image statistique de l’Ibéromaurusien » (Hachi 2003, p. 230).
Les pièces osseuses techniques portent des stigmates indiquant que plusieurs techniques de
débitage ont été utilisées (percussion directe, percussion indirecte à l’aide d’un coin, sciage,
rainurage longitudinal). Quant aux outils finis ils portent souvent des stries de raclage et des
traces de polissage. Le traitement thermique (« durcissement des pointes ») est souvent utilisé et
se traduit par une coloration distincte visible sur les parties distales pointues des outils (et sur
l’extrémité arrondie d’un lissoir).
14
Tranchants
12 Mousses
12
Perforants
Pièces techniques
10
8
Effectifs
6
6
4 4 4
4
3 3 3
2
2
1 1 1 1
0
C-V C-IV C-III C-II C-I
Couches stratigraphiques
Les poinçons sont généralement pris sur os long fendu avec épiphyse partielle (Type P2), sur
esquille d’os long (Type P3), plus rarement entièrement façonnés (Type P6) ou aménagés dans la
partie proximale (Type P4). On note un nombre relativement élevé de pointes doubles ou
hameçons (4 pièces).
Les outils mousses sont représentés par des lissoirs sur côte avec extrémité arrondie, sur os long
fendu ou lamelle osseuse et brunissoirs.
Les outils tranchants (couteau sur os long fendu, ciseaux) sont peu représentés (4 pièces/couches
C-IV et CIII). Le tranchet considéré comme « l’outil princeps de l’Ibéromaurusien » est absent.
L’étude des dernières collections d’Afalou est en cours.
En conclusion, à l’exception d’un couteau sur os long, tous les types d’outils représentés à Afalou
se retrouvent dans la collection de GLD1. Cependant, s’il y a un outil qui pourrait traduire une
278
Chapitre VI - Industrie osseuse
réminiscence Ibéromaurusienne des Babors, c’est bien la pointe-double ou hameçon droit dont
même les mensurations (≈ 45 x 5 mm) répondent aux même canons.
10.2. Medjez II
La deuxième étude concerne la collection d’industrie osseuse provenant des fouilles effectuées
par H. Camps-Fabrer sur le site de Medjez II entre 1967-1968 (Camps-Fabrer 1975).
L’escargotière-nécropole de Medjez située dans les haut-plateaux sétifiens est considéré comme le
gisement princeps du faciès Sétifien du Capsien Supérieur (Camps-Fabrer 1975, Roubet et Hachi,
2015). La monographie de Medjez II met en évidence une occupation en plein air ayant duré
deux millénaires et demi qui se serait déroulée en quatre phases chrono-culturelles :
La phase ancienne I, s’est déroulée au VIIème millénaire (6910±150 BC), l’industrie n’est pas
encore un Capsien supérieur nettement caractérisé, « .. ni ceux d’un Capsien typique, malgré un
outillage volumineux dont la structure est différente… C’est pourtant dans cette phase que les
affinités ou les réminiscences ibéromaurusiennes sont…les plus sensibles » (Camps-Fabrer 1975,
p. 418).
Durant la phase II, première moitié du VIème millénaire (5830±180 BC ; 5330±120 BC), les
caractères Capsiens s’affirment : « un Capsien supérieur bien caractérisé sans hiatus et
manifestement par évolution interne » (Camps-Fabrer 1975 p. 418).
Le passage de la phase II à la phase III, vers la moitié du VIème millénaire, entre 5500 /5080
±160BC, se traduit par l’allègement de l’outillage lithique dont la structure est moins équilibrée.
Les couches de cette phase ont livré de nombreuses inhumations.
Le Sétifien évolué (Phase IV), qui prend fin au milieu du Vème millénaire 4550±150 BC (Camps-
Fabrer 1975, p.168), voit s’accentuer l’allègement et le déséquilibre de l’industrie lithique au profit
surtout des pièces à coches et des lamelles denticulées. Durant cette phase tardive contemporaine
de l’UA1 de GLD1, aucune espèce domestique ni tout autre indice néolithique n’a été enregistré.
La collection d’industrie osseuse réunie par H. Camps Fabrer en 1967-1968 comporte 238 objets,
répartis sur les 4 phases d’occupations, avec une concentration plus remarquable lors de la phase
II (Fig. 50)
279
Chapitre VI - Industrie osseuse
120
110 Tranchants
Mousses
100 Perforants
80
Effectifs
60 56
40
26 25
20
9
6
1 2 2 1
0
Phase IV Phase III Phase II Phase I
Phases d'occupations
Les techniques de débitage reconnues sont : la taille par percussion, le sciage transversal de
l’épiphyse et longitudinal de la diaphyse. Dans un cas « les poulies sciées ne portent que la trace
du sciage transversal par rapport à l’axe de l’os brut » (Camps-Fabrer 1975, p. 239). Dans un autre
cas, l’épiphyse « porte des incisions longitudinales sur les quatre faces et une saignée transversale
qui a permis de la détacher par flexion de haut en bas du fût de l’os » (Camps-Fabrer 1975, p.
239.). Le sciage transversal de la diaphyse est attesté parmi certains poinçons, ou sur les tubes et
perles tubulaires.
L’outillage est majoritairement représenté par le groupe des outils perforants, entre 84% (Phase I)
et 96% (Phase 4). L’inventaire (Camps-Fabrer, 1975, p. 268) montre que les types de poinçons
sont représentés avec une prépondérance pour les poinçons entièrement façonnés, dont 3
poinçons doubles. On note aussi une forte représentation des alènes (40 pièces réparties presque
à égalité entre les phases I et II), la présence d’épingle (6 pièces) et plumes (9 pièces).
Les outils mousses, en phases I et II, sont peu représentés (18 pièces toutes phases confondues,
soit 7% du matériel osseux). Ils se composent de 10 lissoirs plats, 2 lissoir épais, 1 brunissoir, 5
lamelles émoussées.
Le groupe des outils tranchants est représenté par 3 pièces (2 pellettes/phase II et 1 couteau
plat/phase 1).
280
Chapitre VI - Industrie osseuse
En conclusion, à l’exception d’un poignard, tous les types d’outils représentés à Médjez II se
retrouvent dans la collection de GLD1. La ressemblance des matériels osseux issus de GLD1 et
Medjez II peut être soulignée au regard de la présence et de la fréquence de certains type d’outils
très spécifiques : alènes, épingles, plumes et poinçons entièrement façonnés. On soulignera que le
choix d’utiliser des régions anatomiques particulières (métapode, scapula, cote, etc) pour façonner
les instruments des trois grandes familles d’outils identifiées, concerne comme pour
l’Ibéromaurusien des animaux chassés. Sélections anatomiques et procédés de débitage sont
identiques dans les deux facies.
La grotte Capéletti du Khanguet Si Mohamed Tahar située dans l’Aurès, sur l’Atlas oriental
algérien est un des rares gisements Néolithiques ayant bénéficié d’une fouille minutieuse et d’un
programme de recherche pluridisciplinaire (Roubet 1979). L’étude de la collection d’industrie
osseuse a bénéficié d’une approche technique et typologique. Quatre séries d’occupations
rattachées au Néolithique de tradition capsienne ont été reconnues et datées entre la moitié du
VIIe à la deuxième moitié du Ve millénaire BP.
L’étude de l’industrie osseuse a été abordée avec une méthodologie inspirée de celle appliquée à
l’industrie lithique impliquant la transposition de ses principaux concepts et sa terminologie (éclat,
lame, lamelle, burin, pièce à coche, denticulé, retouche écailleuse, etc.).
A partir des stigmates observés sur les produits bruts (nucléus), les ébauches et les pièces
retouchés (sciage, dédoublage, refente, incision, rainurage, perforation), plusieurs chaînes
opératoires ont pu être reconstituées. L’analyse de la matière première a abouti à reconnaitre une
exploitation sélective d’espèces de Bovidés et Ovi-Caprinés.
Le corpus d’outils est composé de 176 pièces réparties dans les quatre séries d’occupations (Fig.
51). Mis à part un outil mousse entier dans la première occupation, la prépondérance des outils
perforants est nettement affirmée dans les séries 3 et 4. Leur pourcentage par rapport aux autres
groupes est respectivement de 57% et 65% pour les séries 3 et 4. Ce taux est comparable à celui
calculé pour GLD1 (67%). Les outils mousses et tranchants sont représentés par des effectifs du
même ordre de grandeur (entre 5 et 10), avec toujours un avantage pour les outils mousses.
L’examen des listes détaillées d’outils et d’ébauches pour chaque série (Roubet 1979, p. 236, p.286
et p. 359) montre que la diversité des activités accomplies sur place, celle de cette industrie et la
qualité générale de cette documentation osseuse sont voisines de celles de GLD1. On note
l’absence d’épingles et d’aiguilles à chas et d’outil à biseau transversal.
281
Chapitre VI - Industrie osseuse
35
Tranchants
Mousses
30 Perforants 29 29
Divers 28
26
25
20
Effectifs
15
11
10
10 9 9 9
6 6
5 4
0
Série 2 Série 3 Série 4
Séries d'occupations
282
Chapitre VI - Industrie osseuse
11. Conclusion
L’approche intégrée adoptée pour l’étude de l’assemblage osseux de GLD1 a pour objectif de
comprendre les modalités de production et de gestion de l’outillage à travers sa caractérisation
techno-typologique. Une classification typologique inspirée des grandes familles morpho-
fonctionnelle établies par H. Camps-Fabrer dès 1966 et toujours maintenue par les travaux de la
Commission de Nomenclature (UISPP), a été proposée pour rendre compte de la spécificité de
l’outillage de GLD1. Sa conception laisse une place prépondérante à l’anatomie du support. Ainsi,
subsistent 10 types d’objets pointus dont six réservés aux poinçons, six types d’objets tranchants
et enfin trois types pour les objets mousses qui permettent de classer 90% des objets finis
découverts à GLD1.
Les pasteurs de GLD1 ont utilisé des matières osseuses pour réaliser une large gamme d’objets
utilitaires tout au long des quatre épisodes d’occupations néolithiques (UA1 à UA4), avec une
certaine constance dans le temps par rapport aux autres documents (lithiques, parure). Les outils
et objets perforants représentent la grande majorité de l’outillage (67,4%), suivi des outils
tranchants (13.4%) et des outils mousses (8.6%) (Tab. 1B). La faible quantité d’objets découverts
en fouilles comparée à celle issue de sédiment sans contexte stratigraphique (anciennes fouilles)
nous a incité à donner une plus grande place à l’approche typologique. En effet, sur les 19 types
d’outils définis, 4 n’ont pas été découverts en fouille : Poinçon sur esquille diaphysaire régularisée
(P4), Pointe sur côte fendue (P5), Aiguilles (P9), Estèque (T4), Objet tranchant sur défense de
sanglier (T5). Cependant, il faut rester prudent sur les interprétations chrono-culturelle que l’on
peut tirer des données disponibles actuellement (Tab. 25). Le premier niveau d’occupation n’a
livré que 4 types d’outils (presque pas d’outils pointus) : Double pointe (P10) et Bâtonnet (M3)
que l’on ne retrouve plus dans les autres niveaux, puis Pellette (T3) et Lissoirs (M1) que l’on
retrouve presque sur toute la durée d’occupation du site. Une plus grande diversité d’outils est
apparue en UA2, avec notamment l’apparition de plusieurs types de poinçons : Poinçons sur os
non fendu (P1), Poinçon sur os fendu avec épiphyse partielle (P2), Poinçon entièrement façonné
(P6). Les types épingle (P9), couteau sur scapula (T1), couteau plat sur côte fendu (T2) ne sont
présents qu’en UA2. D’autres types sont maintenus en UA3 : Alène (P8), Biseau distal (T6),
Lissoir sur os long fendu (M2), voire jusqu’en UA4 tel que les poinçons sur esquille diaphysaire
(P3).
283
Chapitre VI - Industrie osseuse
L’état de conservation de la collection osseuse est exceptionnel. Les agents taphonomiques n’ont
que faiblement détérioré certains objets (3%) laissant apparaître souvent, même à l’œil, les
stigmates de fabrication et d’utilisation. En réalité, l’enfouissement des objets les a préservés du
piétinement et les a maintenus dans des conditions thermohygrométriques idéales. Les mesures
de ces paramètres (T et H) en continu dans la grotte ont montré que sur une l’année (données de
2014) les variations maximales de températures sont de 4° (entre 15-19°C). Le taux d’humidité
varie selon que l’on soit proche ou non de l’entrée, mais il est en moyenne de 75% dans les
secteurs fouillés. En réalité, la préservation des objets est meilleure en grotte qu’en laboratoire où
les variations de températures sont plus importantes (des fissurations récentes sont apparues au
niveau de l’apex de certains poinçons).
L’intégrité des outils est également exceptionnelle. 48% des outils sont entiers et 8% sub-entiers,
les autres fragments représentent, dans l’ordre d’importance : les parties distales (17%), mésiales
(10%), mésio-distale (9%), mésio-proximale (6%), et très rarement les parties proximales (1%).
284
Chapitre VI - Industrie osseuse
285
Chapitre VI - Industrie osseuse
(coll. CRAPE) dans la grotte de Bou Zabaouine II. Il s’agit d’une défense gauche de sanglier
retaillée, amincie et polie, perforée aux deux extrémités (H. Camps-Fabrer, 1966, fig. 75 p. 161 et
couverture).
Les méthodes employées pour le débitage des supports n’ont été reconnues que sur les outils
dont le degré d’aménagement et de transformation ne sont pas suffisamment poussés permettant
ainsi la préservation des parties anatomiques diagnostiques et des stigmates caractéristiques de
centaines techniques de transformation par fracturation ou par usure (Tab. 24). En UA2
l’éclatement par percussion directe est reconnu sur les poinçons de type P1 (sur os non fendu),
P2 (sur os fendu avec épiphyse partielle), P3 (sur esquille diaphysaire) et les tranchants de type T6
(Biseau distal). Le rainurage longitudinal est attesté en UA2 sur les poinçons de type P2 (sur os
fendu avec épiphyse partielle) et sur Alène (P8). Les traces de sciages ne sont observées que sur
les tranchants de type T1 (couteau sur scapula), mais il est vraisemblable que le recours à cette
technique s’est fait pour le débitage transversal des côtes, notamment pour supprimer leurs
extrémités (tête articulaire et extrémité ventrale) avant d’être fendues. Le recours à la flexion a dû
intervenir en deuxième étape pour achever l’action de suppression des extrémités comme nous
l’avons montré par l’expérimentation (Exp. IV-Etape 2). A GLD1 3 types d’outils sont faits sur
hémi-côtes : Pointe (P5), couteau (T2), lissoir (M1), soit 38 outils (14% de l’assemblage).
Le rainurage et le sciage comme nous l’avons vu, interviennent dans le débitage. Les autres
techniques d’usure interviennent essentiellement lors du façonnage et de la finition (incision,
raclage, abrasion et polissage). Les stigmates de raclage et d’abrasion sont très fréquents sur les
outils datés de l’UA1 et UA2 (Tab. 24). Le polissage est pratiqué dès l’UA1 sur les poinçons
entièrement façonnés (type P6), les épingles (P7), les alènes (P8) et les aiguilles (P9).
Le recours à l’incision est assez rare et non daté (Tab. 24). Nous l’avons observé sur une aiguilles
à rainure (Fig. 25 : S1-13-36) et l’autre à coche (Fig. 25 : S3-12-65), et sur un objet tranchant sur
ivoire de sanglier (Fig. 36 : S3-12-27). Le peu de recours à l’incision explique l’absence de décors
sur les outils en os.
Trois objets insolites que nous avons appelés « Petites pointes à base fourchue » (§ 6.13)
pourraient aussi rentrer dans la catégorie d’objet de parure tant leur fragilité et la finesse de leur
aménagement laissent peu de place à un usage utilitaire.
Nous avons observé des traces de calcinations sur 14 outils (Tab. 1C). Nous les avons attribuées
à des altérations thermiques et non à un traitement spécifique destiné à accroître les performances
des outils. Cependant, sur deux d’entre eux dont la partie active pointue est calcinée juste au
niveau de l’apex (Fig. 1 : S2-12-10 et S3-12-55), il n’est pas exclu qu’il s’agisse d’un traitement
thermique intentionnel destiné à renforcer la pointe ( ?).
286
Chapitre VI - Industrie osseuse
L’entretien et la gestion des outils est un sujet que nous avons peu exploré. Les objets ne sont pas
abandonnés à la première usure ou par suite de cassure. Nous avons pu montrer sur un exemple
que le réaffutage et la réparation des poinçons est pratiqué (Fig. 5).
La réalisation des équipements a suivi plusieurs chemins opératoires qui ne supposent pas tous le
même degré de difficulté et de transformation. Certains outils tels que les poinçons sur os non
fendu (P1), poinçons sur esquilles diaphysaires (P3), certains lissoirs sur os long fendu (M2)
semblent se rattacher à une catégorie d’outils expédients, alors que d’autres plus élaborés tels que
les poinçons entièrement façonnés (P6), les épingles, les alènes, les aiguilles, etc. sont mieux
valorisés.
La détermination des fonctions des outils exige des études tracéologiques que nous n’avons pas
encore menées. Nous avons néanmoins constaté que les pointes des poinçons peuvent être
émoussées ou acérées, leur robustesse est également variable. Ils ne sont probablement pas tous
destiné au même usage. Quand la partie active pointue est utilisée pour perforer, les matières
qu’elle traverse peuvent être de différentes natures et résistance. Le poinçon S2-13-20 (Fig. 52)
porte des strie-gorges circulaires au niveau de l’apex de diamètres 3 à 5 mm qui ont dues se
former lors d’un mouvement circulaire en contact avec une matière dont la dureté est supérieure
à celle de l’os (peut-être lors de la perforation de gains d’enfilage en test d’œufs d’autruche ?).
Plusieurs études fonctionnelles consacrées aux poinçons (Campana 1989, Sidéra 1993, Christidou
1999, Maigrot 2003, Legrand 2007) ont mis en évidence des activités de transformation en
relation avec la perforation de supports solides, souples ou à l’écartement de fibres végétales dans
le cadre de travaux de vannerie ou de tissage. La base des poinçons est destinée à la préhension
(Julien, 1994), peut aussi être emmanchée pour une meilleure tenue (peut-être la raison pour
laquelle les bases des poinçons de type P4 ont été régularisée ?).
287
Chapitre VI - Industrie osseuse
Les coupures et les enfoncements proches de la pointe sont interprétés comme résultant d’un
usage lié à la taille de silex (Campana, 1989).
288
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Il est difficile de déterminer les motivations qui poussèrent l'homme préhistorique à fabriquer des
récipients en terre cuite dont l'intérêt est de contenir des denrées et autres produits liquides ou
solides, mais surtout de pouvoir aller au feu sans dommage. La question de son transport s’est
posée en raison du poids du récipient et de sa fragilité. Au Proche-Orient la production
céramique, semblent être le résultat de changements économiques impliquant la sédentarisation,
alors qu’en Afrique du Nord la céramique apparaît dans un système de subsistance encore semi-
nomade de chasse et de cueillette (Barich 1987, Garcea 2004, Linstadter 2008).
Or ce n’est peut être plus en ces termes qu’il convient d’examiner, en Algérie orientale
notamment, l’introduction de la céramique. Car si le concept de récipient s’impose lorsqu’on
évoque la céramique, nous ne pouvons pas négliger celui de modelage, qui n’est presque jamais
envisagé du moins en Afrique du Nord. Ce qui rend l’étude de la céramique de GDL1 tout à fait
particulière et particulièrement concernée par ce point de vue du matériau et de son traitement,
tient au fait que c’est précisément dans les Babors qu’émerge en Algérie ce concept du modelage
en contexte non Néolithique, mais Epipaléolithique dès la fin du Pléistocène supérieur final dans
l’Ibéromaurusien. On doit en effet au site d’Afalou Bou Rhummel, retenu notamment à titre
comparatif pour l’industrie lithique (Chap. V), d’avoir inauguré dès 15 000 BP, l’usage de l’argile
modelée à des fins de création de figurines anthropomorphes et zoomorphes qui ont été cuites. S.
Hach a recueilli en stratigraphie interrompue entre 15 000 et 11 000 BP de tels documents non
spécialement rattachés au thème funéraire (Hachi 2003, Hachi et al. 2002). Cette transmission
s’étant bien effectuée pendant des millénaires ces auteurs ont supposé qu’elle pouvait avoir atteint
au début de l’Holocène les premières cultures néolithiques locales. GLD1 peut-il avoir été au
carrefour de ces transmissions ?
Désormais le thème de la céramique prend un autre cheminement que celui du package proche-
oriental ou Saharien, que l’état de nos travaux ne permet pas encore de suivre même s’il reste
majeur et crucial dans le cadre de ce doctorat. Il n’est ici que provisoirement soulevé et mis en
attente et inscrit comme projet, des prochaines fouilles. Revenons maintenant sur la perception
la plus communément partagée de la céramique, à travers ses décors en méditerranée.
289
Chapitre VII - Les récipients céramiques
A partir du Néolithique, la poterie, à travers notamment les techniques de décor, a joué un rôle
déterminant dans l'étude des cultures et de la succession de leurs faciès. La présence ou l’absence
de céramique, au même titre que d’autres marqueurs matériels (haches polies, armatures de
flèches, etc.) a longtemps suffi à désigner un site ou un niveau d’occupation de Néolithique ou
non. Aujourd’hui les critères de néolithisation reposent bien plus sur des marqueurs
archéozoologiques et paléobotaniques soulignant la domestication des animaux et des plantes-
céréales puis, l’adoption de l’élevage et le début d’une agriculture, signant l’apparition de
nouveaux comportements de subsistance. Cependant, malgré les avantages de l’adoption de la
céramique dans une économie de production, son adoption n’est pas strictement dépendante de
l’agriculture (Barnett 1995, p. 82).
En Afrique, la céramique apparaît au cours du 10e millénaire BP dans une vaste région qui
correspond maintenant à la lisière sud du Sahara et du Sahel, en divers endroits et dans des
contextes culturels différents (Jesse 2010). Ce sont des foyers potentiels qu’il faudrait retenir pour
chercher l’origine de la céramique Nord Africaine. Certains auteurs y voient même une influence
allant jusqu’à la Péninsule Ibérique dont les traits de caractères sahariens se retrouvent dans le
mobilier céramiques (Manen et al. 2007, Carvalho 2010).
Dans la Péninsule Tingitane, sur les sites de Kaf Taht el-Ghar et Kaf Boussaria une céramique à
décoration incisée semble avoir été très tôt adoptée, dès la 9e millénaire cal BP antérieurement à
la céramique cardiale (Ballouche et al. 2012). En Tunisie, à SHM1, quelques rares tessons
apparaissent dès le début de l’occupation du site, au cours de la deuxième moitié du 9e millénaire
cal BP dans un contexte encore lié à une économie prédatrice (Mulazzani, 2010 p. 426).
On voit donc que l’ancienneté et l’origine de la céramique Nord Africaine reste encore un sujet
en attente de précisions diverses. En Algérie orientale, il a été montré qu’aucune sériation
chronologique n’est actuellement possible à partir des formes ou des décors céramiques (Camps-
Fabrer 1966 et Roubet 1979).
2. Problématiques
Appréhender le domaine céramique à vocation culinaire consiste à rassembler un faisceau
d’informations relatives:
• au projet de l’artisan : la production céramique est une activité domestique parmi d’autres
; la céramique est aussi un matériau spécial, fragile, apte à satisfaire diverses productions
symboliques. Ces deux tendances exigent un savoir spécialisé. L’étude va se concentrer
290
Chapitre VII - Les récipients céramiques
sur des activités domestiques d’un quotidien sédentaire. La production céramique est un
projet quantitatif et qualitatif particulier. L’installation de l’espace est prise en compte.
Auparavant, l’approvisionnement diversifié et quantitatif est assuré. Le façonnage se
déroule à proximité des matériaux réunis.
• aux connaissances technologiques : ces connaissance sont spécifiques à l’argile plastique
et adaptées à la production d’ustensiles culinaires. Il importe de retrouver les éléments
(arguments) du traitement de l’argile crue, de l’adjonction de dégraissants, du malaxage,
du modelage, du montage, du lissage, du polissage, de la cuisson, etc. Cette chaîne
opératoire est rarement complète, ni restituée avec certitude.
• aux ressources disponibles : l’examen des potentialités locales conduit à étudier le
contexte géologique, minéralogique, ressources en eau, en bois. La distance de ces
ressources au site de création de la production céramique est à préciser. Intégrer toutes les
activités intervenant dans la fabrication des céramiques dans le cadre d’un quotidien, reste
à envisager.
Nous nous sommes fixés comme objectif général l’étude de deux aspects de cette chaîne
opératoire qui vont nous permettre de connaitre l’essentiel des procédés techniques liés à la
fabrication de la céramique de GLD1 : (1) l’étude de la morphologie des vases et leur décoration,
(2) une première évaluation de la composition minéralogique de la pâte céramique à l’aide
d’analyses par spectroscopie infrarouge.
De nouvelles techniques d’analyses dans le domaine de la biochimie-isotopique permettent
aujourd’hui d’identifier la nature des résidus organiques que peuvent contenir les céramiques.
Cette thématique est abordée dans ma thèse, ses résultats seront présentés dans le cadre du
chapitre XI.
3. Méthodologie
Les études morphologiques tendent à préciser certains aspects extérieurs relatifs à la morphologie
des vases modelés, en s’appuyant sur quelques éléments significatifs, tels que les bords, les fonds,
les éléments de préhension et les tessons de panse ; la courbure de certains grands fragments peut
contribuer à évoquer le galbe de la panse. En effet, c’est par le biais de (petits) tessons dont la
dimension maximale est inférieure à 10 cm, qu’il va falloir évoquer successivement :
291
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Des données métriques (systématiques) ont été également recueillies pour préciser objectivement
certaines déterminations morphologiques. Il s’agit principalement de mesures de l’épaisseur
moyenne des parois, du diamètre des ouvertures, de celui des panses, de l’angle de conicité et de
l’épaisseur des culots de fond.
La mesure des diamètres de l’ouverture des tessons de bords a été réalisée à l’aide d’une grille de
cercles concentriques dont les diamètres varient entre 2 et 40 cm (Fig. 1). Pour faciliter la lecture,
la grille imprimée sur un transparent en plastique à été disposée sur une plaque de verre reposant
sur 4 pieds en bois de 25 cm de hauteur, de manière à faire coïncider la lèvre du tesson contre la
plaque de verre, posée dessous, sur le demi-cercle correspondant et obtenir une superposition
nette. Paradoxalement, l’évaluation du diamètre des vases est une opération peu objective qui
affecte le résultat. En effet, la fiabilité des mesures dépend au moins de trois critères : la longueur
du bord, le rayon de sa courbure et la régularité (de fabrication) de sa courbure. Pour la définition
d’un seuil limite de la mesure, il n’est donc pas seulement question de la longueur du bord,
comme il est communément admis, mais surtout de la régularité et de la longueur de son rayon
de courbure L’estimation de la précision des mesures des diamètres est d’environ 1 cm,
correspondant à une erreur relative d’environ 5 à 10%.
Figure 1 : Grille de mesure des diamètres des ouvertures des tessons de bord.
(Modèle conçu et réalisé par F. Kherbouche, 27 x 33 x 25 cm)
292
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Les données morphologiques et décoratives recueillies ont été enregistrées dans une base de
données (cf. annexe).
4. Le corpus
La collection céramique est constituée de 4396 tessons représentant les différentes parties
morphologiques des récipients (bords, panses éléments de préhension et fonds) portant ou non
des éléments décoratifs. Le tamisage des sédiments de la fouille a fourni 641 éléments très petits
(L<1,5 cm).
L’étude céramique porte essentiellement sur les tessons provenant de la fouille UA1 à UA4, soit
1050 tessons. Cependant toutes les analyses et mesures ont été faites sur l’ensemble du corpus,
pour disposer d’une base de données complète et procéder ainsi à des comparaisons entre ces
deux collections afin qu’elles s’enrichissent mutuellement, l’une par sa diversité et son effectif
(HS) et l’autre (fouille) par son contexte chronostratigraphique précis.
5. Caractérisations morphologiques
5.1. Fragmentation
L’évaluation de la fragmentation est réalisée en tenant compte des longueurs et largeurs des
tessons. La collection ne contient pas de vase entier. Le poids n’a pas été retenu comme moyen
de l’évaluer compte tenu de la variabilité de l’épaisseur et de la nature de la pate des tessons.
293
Chapitre VII - Les récipients céramiques
L’état de conservation de la céramique est assez fragmentaire. Pour plus de 80% des tessons la
plus grande dimension ne dépasse pas 5 cm quelle que soit l’unité archéologique. Le piétinement
et surtout la grande fragilité des vases à pate friable seraient les principaux agents de cette
fragmentation.
140 140
UA1 UA2
120 120
100 100
Largeur (mm)
Largeur (mm)
80 80
60 60
40 40
20 20
0 0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180
Longueur (mm) Longueur (mm)
140 140
UA3 UA4
120 120
100 100
Largeur (mm)
Largeur (mm)
80 80
60 60
40 40
20 20
0 0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180
Longueur (mm) Longueur (mm)
L’évaluation de l’épaisseur des parois des récipients est obtenue par la mesure de l’épaisseur
moyenne des tessons de bord et de panse. Les tessons constitués d’éléments de préhension et de
fonds conservent des portions de panse généralement plus épaisses ne convenant pas à cette
évaluation très spécifique.
Selon l’épaisseur on distingue trois types de récipients (Fig. 3) :
• Type 1 : peu épaisse (< 8 mm)
• Type 2 : moyenne (située entre 8 et 13 mm)
• Type 3 : épaisse (> 13 mm)
294
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Fig. 3 et Fig. 4 montrent que la production est sans préférence notable pour l’un ou l’autre type
en UA3 et UA4. En revanche en UA1, 73% de la production est spécialisé dans le Type 2, tandis
qu’en UA2, les types 1 et 2 sont à égalité avec une légère préférence pour la céramique peu
épaisse.
UA1
140
UA2
UA3
120 UA4
100
Effectifs
80
60
40
20
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22
Epaisseur (mm)
400
Type 1 (peu épaisse)
Type 2 (moyenne)
350
Type 3 (épaisse)
300
250
Effectifs
200
150
100
50
0
UA1 UA2 UA3 UA4
Unités archéologiques
295
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Huit tessons de bord issus de la fouille se prêtent à la mesure du diamètre de l’ouverture (Tab. 2).
Type de récipient
UA Diamètre (cm)
(d’ouverture)
F37-3466 UA1 11 Moyenne
F37-4 12 Moyenne
F37-C16-90 9 Gobelet
F37-2653 UA2 13 Moyenne
F37-2048 22 Large
I47-105 9.5 Gobelet
F37-576 13 Moyenne
UA3
F37-437 17 Large
On constate une assez grande variabilité des ouvertures (Tab.2) incluse à l’intérieur de trois
ensembles de récipients : à large ouverture (D > 15 cm) (Fig. 6 : F37-2048 et F37-437), à
ouverture moyenne (D ≈ 12-13 cm) (Fig. 6 : F37-3466 et F37-2653) et à petite ouverture de type
gobelet (D ≈ 9 cm) (Fig. 6 : I47-105 et F37-16-90). Le type gobelet n’est présent qu’en UA2 ; il y
a bien une corrélation directe entre minceur et petit diamètre de l’ouverture.
Pour tester cette typologie sur un plus grand nombre de documents, nous avons eu recours à la
collection dépourvue de contexte stratigraphie renfermant 198 tessons de bord dont le diamètre
de l’ouverture est mesurable. L’objectif étant d’apprécier la représentativité des différents
diamètres. Les résultats (Fig. 5) sont concordants avec ceux des 8 documents (même types de
récipients). La prédominance des récipients à moyenne ouverture est équivalente aux deux autres.
Signalons cependant que cette collection hors stratigraphie livre d’autres informations
dimensionnelles non confirmées en fouille précisant l’existence de récipients ayant un grand
diamètre compris entre 18 et 23cm (Fig. 5).
296
Chapitre VII - Les récipients céramiques
40
35
30
25
Effectifs
20
15
10
0
7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23
Diamètres (cm)
Figure 5 : Diamètres des ouvertures de 198 bords toutes unités confondues (HS)
Figure 6 : Trois ensembles de récipients selon le diamètre de l’ouverture (gobelets G : I47-105 et F37-16-
90 :, moyenne M : F37-3466 et F37-2653 : et large ouverture L : F37-2048 et F37-437)
297
Chapitre VII - Les récipients céramiques
La présence d’un décor sur certains tessons de bords se situe soit dans l’épaisseur du rebord
(bord à méplat crénelé), soit sur la paroi extérieure sous le rebord. La présence d’un décor sur la
lèvre renforce la création d’un méplat. On notera que cette morphologie n’est pas compatible
avec l’acte de verser (G36-132 et N47-654).
298
Chapitre VII - Les récipients céramiques
299
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Les éléments de préhension (7 pièces) proviennent de l’UA1 et sont représentés par deux types :
mamelons et languettes (Tab. 4 et Fig. 9). La collection hors stratigraphie est composée de 18
mamelons, 7 languettes et 3 anses (tableau 4) (Tab. 4 et Fig. 10).
UA N° Type
G35-750
G36-348 Mamelon
UA1 F37-3513
G35-493
F37-3473
Languette
G36-131
F37-3089
S1-11-6 S2-13-189
S1-11-7 S2-13-196
S3-11-2 S3-14-62
S1-11-25 S3-14-63
S1-11-43 S3-14-83 Mamelon
S2-13-53 S3-14-192
S2-13-57 S3-14-196
S2-13-169 S3-14-197
HS
S2-13-179 S3-14-198
S1-11-32
S3-14-193
S2-13-168
S3-14-194 Languette
S2-13-174
S3-14-195
S3-14-190
S2-11-22
S2-13-136 Anse
S3-14-155
300
Chapitre VII - Les récipients céramiques
301
Chapitre VII - Les récipients céramiques
8 fonds de vases ont été découverts dans les unités archéologiques UA1, UA3 et UA4 et 30 hors
stratigraphie (Tab. 5). Leur morphologie générale est de type conique ou hémisphérique.
L’angle de conicité (α) a été mesuré en traçant les tangentes extérieures aux parois proches du
fond. Lorsque le fond se termine par un appendice et que celui-ci se démarque nettement du
fond, les tangentes sont tracées à partir des parois du fond et non de l’appendice lui-même. Trois
ensembles sont individualisés :
302
Chapitre VII - Les récipients céramiques
303
Chapitre VII - Les récipients céramiques
304
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Chapitre VII - Les récipients céramiques
306
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Le document (F37-4) provenant de l’UA2 (150 x 120 x 13 mm) permet d’établir une estimation
de la hauteur du vase. En effet, il conserve à la fois une large partie du bord sur 12 cm et une
courbure de la panse sur une hauteur de 15,5 cm, permettant d’atteindre, par extrapolation, le
fond absent dont il est difficile de préciser la forme réelle. Or les fonds de cette collection sont
coniques, en culot, ou sub-arrondis. Nous proposons une reconstitution avec un fond conique
provenant du même carré (F37) de l’UA1 (Fig. 15). Par ses dimensions ce tesson F37-4 est
suffisamment grand pour qu’il soit possible par symétrie axiale de reconstituer les ¾ de la partie
haute du vase avec précision. Le tesson de fond (F37-3348) a été positionné dans l’axe du vase
permettant ainsi aux courbures des parois de rejoindre celles du fond. La hauteur reconstituée
devrait être assez proche de la hauteur réelle. L’incertitude tient à la forme du fond qui pourrait se
terminer par un appendice nettement conique, un culot, ou une forme plus hémisphérique.
L’actuelle reconstitution est probablement celle d’un vase de GLD1.
Sa hauteur a été estimée à environ 23 cm, le diamètre de l’ouverture à 12 cm, la capacité à 4 litres.
En somme pour ce type de récipient la capacité reste comprise entre 3 et 4 litres.
Le deuxième vase rattaché à l’UA1 a été reconstitué à partir de 5 tessons raccordés (G35,
n°490A, n°490B, n°490C et n°491) (Fig. 16), le cinquième est un fond (F37-3599) du même
niveau stratigraphique (z=164 et z=170) recueilli à 1.5 mètre des premiers. Ce fond présente les
mêmes caractéristiques que les autres, (1) type de pate (fine, rare à GLD1), (2) coloration rouge
recouverte par un dépôt fin de suie qui assombrit la surface du fond vers le haut du vase) et (3)
traitement de surface (lissée et lustrée), (4) même épaisseur des parois (10 mm). Le dernier critère
correspond aux traces de nettoyage du vase après utilisation qui sont celles liées à l’utilisation du
récipient. Ces traces résultent de l’enlèvement de la suie, il s’agit de hachures obliques de plusieurs
centimètres partant du fond et remontant jusqu’au milieu du vase (Fig. 16).
La partie haute du vase reste inconnue, aucun tesson n’assure la jonction entre la panse et le bord.
L’estimation très approximative tirée des données d’un vase reconstitué ½ et ¾ est d’avoir eu un
diamètre d’au moins de 12 cm, une hauteur de 11 cm, une capacité d’1 litre environ.
307
Chapitre VII - Les récipients céramiques
308
Chapitre VII - Les récipients céramiques
La technique de façonnage utilisée fait le plus souvent appel au montage au colombin. On peut
observer ce mode de façonnage sur plusieurs tessons, particulièrement au niveau de leurs cassures
(formes en biseau) qui correspondent en réalité au décollement des colombins. Certains tessons
montrent une succession de renflements parallèles les uns aux autres, visibles à l’œil nu, qui
correspondent aux zones de soudures des colombins. Un montage au colombin est visible sur le
tesson de fond S3-14-201, on constate alors que le premier colombin a été enroulé en spirale de
manière à constituer un appendice conique, le deuxième colombin placé à la périphérie s’est
décollé et a laissé une empreinte de section semi-circulaire. Un fragment cylindrique d’argile cuite
a été recueilli dans l’UA1 (G38-3) confirme cette observation. Son diamètre (11 mm) est proche
de celui de l’empreinte présente sur le tesson de fond S3-14-201 (Fig. 17).
309
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Figure 17 : A gauche, fond d’un vase sub-hémisphérique (S3-14-201) montrant l’enroulement en spirale du
premier colombin et l’empreinte concave laissée à la périphérie par le décollement d’un second colombin.
A droite, fragment cylindrique d’un colombin d’argile cuite (G38-3) découvert en UA1
Sur le plan technologique, on peut remarquer qu’il existe 65 tessons sur lesquels sont restés fixés
des éléments de préhension, soit 87,8% de l’ensemble des éléments de préhension. Par ailleurs,
trois anses à large bandeau (491, 497 et 534), deux anses funiculaires (431 et 523), un bouton
(512), une oreille (440) et deux tétons (444 et 490) ont perdu toute adhérence avec la paroi. On
note qu’aucune empreinte résultant du détachement des mamelons n’a été observée sur les
tessons de panse analysés.
La plupart des mamelons découverts à GLD1 ont perdu toute adhérence avec la paroi (Fig. 18).
L’examen de leur tranche montre que leur façonnage ne fut pas opéré au moment du modelage
des parois, celui-ci n’apparaît pas encore comme une excroissance des parois, mais plutôt comme
un corps étranger, collé, plaqué et non inséré ni scellé à l’intérieur de la paroi du vase. A l’inverse,
les mamelons allongés (languettes), qui sont tous restés collés à la paroi (Fig. 9) semblent avoir été
conçus comme une excroissance de parois ayant été intentionnellement épaissies dans cette
région.
310
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Les trous présents sur les tessons (10 cas en HS), ont une section tronconique dont les diamètres
maximaux varient entre 5 et 10 mm. On remarque la présence de stries circulaires dues au
mouvement de rotation de l’instrument utilisé pour la perforation. Il peut s’agir de trous de
réparation, postérieurs à la cuisson dont la position ne peut pas être précisée (Fig. 19). Ils ont été
perforés à partir de la paroi extérieure vers l’intérieur qui porte encore les stigmates du
décollement de la matière. Aucun raccordement des tessons perforés n’a avec la parie opposée
n’a été obtenu
Figure 19 – Perforation tronconique effectuée sur la panse depuis la face externe (Tesson S3-11-13/HS)
311
Chapitre VII - Les récipients céramiques
8. Caractérisations décoratives
L’importance numérique des tessons décorés (Tab. 6 et Fig. 20) atteint au maximum (15,5%) en
UA1 puis décroit régulièrement. Cette évaluation ne reflète pas celle que donnent les vases
décorés. En comparant les valeurs que fournissent des bords (Tab. 1), on constate que le taux
s’élève à 60% en moyenne, quelle que soit l’unité archéologique. En réalité le taux de vases
décorés est supérieur à 60%, le décor peut se situer sur le haut de la panse et pas seulement près
du bord.
400
316
300
200
100 89 87
38
25
9 1
0
UA1 UA2 UA3 UA4
En effet, l’examen des tessons décorés pour UA1 et UA2, porte sur un nombre plus élevé en
faveur des tessons de panses (Tab. 7 et Fig. 21) ; alors qu’en UA3, l’équilibre est obtenu. On a
312
Chapitre VII - Les récipients céramiques
remarqué depuis longtemps que le décor n’atteint jamais le fond des vases dans les sites du nord
de l’Afrique et qu’il contourne souvent les éléments de préhension (G38-346).
70
65 Bord
Panse
60
Préhension
50
40
30
25
23
20
13
10
5 4
1
0
UA1 UA2 UA3 UA4
L’analyse s’intéresse uniquement aux décors dans la masse : incision, impression ainsi qu’au décor
en relief. Le traitement des surfaces, par le polissage ou/et l’application de substances colorantes
sera traité plus loin (§ 9).
313
Chapitre VII - Les récipients céramiques
8.2.1. L’incision
Le procédé d’incision d’une pâte crue mais sèche se reconnait « lorsque la main conduit un
instrument (bâtonnet, estèque, ciseau, tige végétale, etc.) et lui fait parcourir un trajet dans la
surface de la poterie et l’entaille ainsi » (Camps-Fabrer, 1966 p. 434). L’examen des décors de
GLD1, a montré que l’incision semble avoir été choisie, notamment en UA1 (Tab. 8). En UA1, la
majorité des tessons (27/31) portent les stigmates d’incisions horizontales subparallèles réalisées à
l’aide d’un outil tranchant ou pointu (extrémité mousse d’un bâtonnet) ou bien même d’une tige
végétale (roseau), parfois manipulée avec délicatesse pour n’effleurer qu’une pellicule de la surface
(Fig. 22 : G35-437). G35-386 semble avoir été décoré à l’aide d’un peigne à 3 dents mousses
donnant un motif en cannelures. Le deuxième groupe de 7 tessons (Tab. 8) porte des incisions en
demi-cercle (Fig. 23 : G47-32 et F37-2653), et des quadrillages losangiques formés par
l’intersection de deux réseaux d’incisions obliques (Fig. 23 : F37-3353 et F37-3362).
La distinction entre incision et impression est parfois difficile à établir. F37-3373 (Fig. 22) porte
deux rangées de 3 lignes horizontales dont les plus hautes semblent avoir été réalisées par incision
(geste continu), alors que celles du bas montrent des temps d’arrêt dans l’exécution du geste.
Plusieurs cas assimilables à de l’incision pourraient être en réalité des impressions juxtaposées.
Par exemple, l'application verticale d'un outil tranchant assez long laisse une empreinte semblable
à celle d’une incision. On constate que la dimension de l'impression est en plutôt constante et
courte, alors que l'incision présente des variations dans sa longueur.
314
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Figure 22 : Décors par incision de lignes horizontales subparallèles (de l’UA1, sauf F37-2477, F37-2668,
F37-2697 de l’UA2).
315
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Figure 23 : Décors par incision de motifs divers de l’UA1, sauf F37-2653/UA2, F37-895/UA3, S2-11-3,
S3-14-156 et S3-14-188/HS.
8.2.2. L’impression
Contrairement à l’incision, « l'impression est un acte mécanique qui se fait en principe, d'un seul
geste, par application sur la pâte molle d'un objet quelconque, pointu, tranchant, dentelé, travaillé
de quelque manière que ce soit mais, qui, une fois retiré, y laisse son empreinte » (Camps-Fabrer,
1966, p.434).
L’essentiel de la décoration de la collection de GLD1 est formée d’impressions dans la pâte crue.
Certaines ont été faites au poinçon, appliqué obliquement ou verticalement, d’autres avec une
316
Chapitre VII - Les récipients céramiques
sorte de ciseau uni ou dentelé (peigne), enfin pour d’autres on a employé une tige végétale creuse
ou déchiquetée.
La tige creuse
Lorsqu’une tige creuse (roseau) est enfoncée verticalement dans la paroi, on obtient une
impression circulaire (Fig. 24 : S1-11-4) ou en demi-cercle, lorsque la tige est fendue en deux (S3-
11-5, S2-11-6, S3-11-10). Une tige fendue dont l’impression est cette fois inclinée donnera des «
lunules », « écailles », de petites dépressions en forme de croissant allongé (Fig. 24 : S1-10-13) ou
des « virgules » si un seul angle est enfoncé (F37-2048). Les artisans de GLD1 ont essayé de
reproduire ces motifs en demi-cercle par la technique de l’incision (Fig. 23 : F372653 et G47-32).
Figure 24 : Décors par impression à la tige creuse (F37-2048/UA2, les autres HS).
317
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Poinçons et coins
Avec des poinçons en os, à pointe conique, ou l’extrémité régularisée d’un bâtonnet en bois, on
obtient des impressions circulaires lorsqu'ils sont appliqués verticalement, ou bien des
impressions en lunules lorsqu'ils sont appliqués obliquement (geste vertical ou incliné).
Les coins ou « peignes à une dent », objets distincts du poinçon en os ou de la baguette en bois
ont une extrémité dont la section peut être triangulaire, carrée ou rectangulaire. Ils peuvent être
utilisés par impression normale ou oblique. Les coins carrés ou rectangles sont souvent utilisés en
impression oblique (M47-811). Les motifs sont souvent organisés sous forme de rangées
d’impressions (une ou plusieurs), plus ou moins régulièrement espacées. Les autres impressions
obtenues par poinçonnage, donnent des formes ovales (G35-490-491), d’autres circulaires (G38-
59). Cette technique est notamment utilisée en UA1 et UA2 (Tab. 8).
Figure 25 : Décors par impression au poinçon et au coin à section circulaire, ovalaire ou rectangulaire (de
l’UA1, sauf F37-2595, 2073 et M47-747/UA2, F37-901/UA3).
318
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Spatule et estèque
Les motifs obtenus par impression normale d’une spatule ou d’une estèque sont des traits
verticaux espacés d’environ 1 à 2 centimètres le long du bord (Fig. 26). Nous n’avons pas observé
d’impression pivotante avec des motifs en « zigzags », en « chevrons » ou un décor flammé.
Ce décor est inexistant en UA1, deux spécimens en UA2 et UA3 (Tab. 8).
319
Chapitre VII - Les récipients céramiques
320
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Le peigne
L’usage du peigne a été fréquent durant la première unité archéologique (Tab. 8). Il a été appliqué
plus souvent en lignes verticales qu’horizontales en impression normale ou légèrement oblique.
Parfois les impressions sont très rapprochées les unes des autres et forment ainsi une sorte de
sillon d’impression (F37-3051). Aucune d’elle ne résulte de l’usage du bord d’un coquillage de
type cardium. Les peignes sont pourvus de dents (3 à 7) de sections sub-rectangulaires d’un à
deux millimètres de largeur et espacées de moins d’un millimètre (Fig.28).
321
Chapitre VII - Les récipients céramiques
9. Traitement de surface
Le traitement de la surface des vases se poursuit par l’égalisation à la main humide et aussi avec
un corps souple constitué par une poignée d’herbes humides ou une peau, etc. Ce n’est que sur la
poterie déjà sèche que s’effectue la finition à l’aide d’un corps dur et mousse. Le polissage s’opère
après cuisson. Il permet d’avoir une surface unifiée et imperméable, par ailleurs agréable au
touché. L’aspect brillant et savonneux n’est visible que sur de rares tessons (10 en UA1 et 7 en
UA2 ; cf. Fig. 25 : G35-490 et F37-3120).
L’engobage a également été pratiqué et sur plusieurs tessons (14 en UA1, 18 en UA2 et 8 en
UA3, cf. Fig. 25 : F37-3191, G36-107). Ce procédé consiste à recouvrir la surface de la poterie
avant cuisson d’une mince couche d’argile fine de couleur différente de celle de la pâte.
On signale un tesson provenant de l’UA2 et portant une décoration peinte (Fig. 29 : M47-401).
Ce tesson de panse de forme presque carrée (3 x 3 cm) présente sur la face extérieure lisse de
couleur grise deux lignes parallèles et horizontales ( ?) peintes en noir sur toute la largeur du
tesson, de 2 mm d’épaisseur et espacées de 8 mm. La nature chimique de cette peinture n’est pas
encore déterminée. Il s’agit d’un exemplaire unique. Les poteries modelées peintes en Afrique du
Nord sont habituellement d’âge historique. Bien que cette technique peinte ait été connue des
Néolithiques qui ornèrent les parois de nombreuses fresques (Sahara) et d’autres au nord qui
laissèrent au moins sur une coquille d'œuf d'autruche une œuvre animalière peinte (Breuil,
Clergeau 1931), aucun gisement n'a encore livré semble-t-il de témoignage de l'existence d'une
poterie peinte néolithique nord-africaine stratigraphiquement incontestable (H. Camps-Fabrer,
1966, p. 452-453).
322
Chapitre VII - Les récipients céramiques
10.1.Méthodologie
Le principe de fonctionnement de la spectroscopie infrarouge repose sur le phénomène
d’interaction entre la matière gazeuse, liquide ou solide et un rayonnement infrarouge (longueurs
d’ondes comprises entre 2,5 µm et 50 µm). Une longueur d’onde d’excitation est absorbée
lorsqu’elle correspond à un mode de vibration d’une molécule constituant la matière analysée. Le
spectre ainsi obtenu par une excitation multi-longueur d’ondes présentera un certain nombre de
bandes d’absorptions caractéristiques des modes de vibration rencontrés. L’intensité de chaque
vibration est fonction de la concentration des constituants de la matière sondée. La loi
d’absorption dite « Loi Lambert-Beer » permet d’évaluer quantitativement ces concentrations
(Chester et Elderfield, 1968, Fröhlich et Leclaire, 1981, Pichard et Fröhlich, 1986, Fröhlich,
1993).
Pour réaliser une analyse IR fine et quantitative, il est nécessaire d’effectuer un prélèvement de
matière (fonction destructrice à prendre en compte) et de suivre un protocole expérimental assez
strict et minutieux, relativement long pour la fabrication de pastilles en KBr (Fröhlich et
Gendron-Badou, 2002, p. 670-671). Pour des expertises rapides ne nécessitant pas une analyse
fine et quantitative, il est possible d’utiliser des accessoires de spectroscopie infrarouge
permettant des mesures selon les techniques de la réflexion totale atténuée (ATR) et de la
réflexion spéculaire (RS).
Les prélèvements se font dans la section du tesson préalablement nettoyée à l’air comprimé et
rafraîchie par grattage en surface. La quantité à prélever doit être suffisamment représentative de
la pâte céramique (quelques grammes), si l’on veut avoir une analyse de l’ensemble des
constituants de la pâte céramique. La quantité prélevée est broyée dans un mortier en agate pour
obtenir une poudre. Cette poudre peut être ainsi analysée en mode ATR (analyse qualitative) ou
transformée en pastille KBr pour des mesures quantitatives selon un protocole mis en place au
Centre de Spectroscopie Infrarouge (CSI) du Muséum national d’Histoire naturelle (Fröhlich,
1981).
Rappelons que cette méthodologie a déjà été appliquée en Algérie à des documents du
Pléistocène final des Babors, façonnés en figurines, à partir d’argile modelée et cuite (Hachi et al
2003)
323
Chapitre VII - Les récipients céramiques
10.3. Résultats
La constitution minéralogique des échantillons est composée de silicates amorphes (argiles
déstructurées par la cuisson), de quartz et de carbonates (calcite et dolomite) à des taux variables.
A travers les analyses ATR, nous avons sélectionné deux échantillons dans chaque unité
archéologique représentant les taux les plus faibles et les plus élevés en carbonates pour réaliser
des mesures quantitatives (Tab. 9).
Tableau 12 Pourcentages de quartz, calcite et dolomite contenus dans les six échantillons analysés
en pastilles KBr
Les résultats des analyses quantitatives n’ont pas montré de variabilité significative entre les
différentes UA. Le quartz est présent dans l’ensemble des échantillons à des taux relativement
importants variant entre 12% et 31%. La calcite est également bien représentée avec des taux
moins importants allant de 1% à 11%. La dolomite est plus faiblement représentée (maximum
3%). A travers ces quantifications, il est possible par soustraction d’évaluer le pourcentage de la
matrice céramique constituée de silicates amorphes dont le pourcentage oscille entre (60% et
80%).
Les analyses par spectroscopie infrarouge nous ont permis de reconstituer une partie des
procédés de fabrication, notamment la composition de la pâte céramique.
324
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Pâte et dégraissant
Nous avons observé que sur les vases aux parois minces, la texture de la pâte est particulièrement
fine, ce qui n’est pas le cas, généralement, pour les vases aux parois épaisses. Cette texture
manque de cohésion. Nous observons ainsi une palette de textures allant d’une structure
microcristalline compacte, à une structure granuleuse, friable.
L’inclusion de divers composants a pour but d’atténuer la plasticité de l’argile pour faciliter son
modelage. Par ailleurs, lors de la cuisson, la présence de composants non plastiques facilite
l'évacuation de l’eau via les pores et les réseaux de canaux qu'ils créent, constituant ainsi une sorte
d'ossature de soutien. Les dimensions de certains éléments étaient grandes (2 à 8 mm, Fig. 30 et
31).
Le dégraissant est constitué presque exclusivement de quartz accompagné de carbonates de
calcite et/ou dolomite (Tab. 12), et de végétaux dont ne subsiste plus que des empreintes
morphologiques ou des fragments carbonisés (Fig. 30 et 31). Sur 5 tessons (3 provenant de l’UA1
et 2 de l’UA2) des fragments de coquilles d’hélix font partie des éléments visibles sur la section.
L’ajout intentionnel de dégraissant, quel qu’il soit ne peut pas être affirmé car il est probable que
des éléments étrangers à l’argile soient déjà présents avant utilisation.
Fig. 31 : Empreinte de végétaux laissés sur les parois externes après cuisson.
325
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Cuisson
La cuisson ne paraît jamais très oxydante. Une bande centrale noirâtre subsiste dans l’épaisseur de
presque tous les tessons, et la surface interne reste toujours plus sombre que la face externe (Fig.
32).
Dans quelques tessons, des bandes fines plus oxydées existent dans la partie noire de la paroi.
Elles peuvent même être plus vives que les surfaces. Elles paraissent en rapport avec des fissures
des parois ayant drainé des gaz oxydants, ce qui indique que la fin de cuisson fut plus réductrice,
et aurait ramené les surfaces à des tons moins vifs.
Fig. 32 : Sections de quelques tessons, montrant les profils de cuisson et les dégraissants.
326
Chapitre VII - Les récipients céramiques
La démarche comparative dans le cadres des études céramiques, doit tenir compte de tous les
aspects (morphologiques générales et partielles, témoins techniques, styles décoratifs) replacés
dans des contextes chronostratigraphique précis.
Les caractères techniques sont difficiles à réunir tant les données disponibles sont rares et
disparates. Ce constat n’est pas seulement à mettre à l’actif des anciennes collections, constituées
souvent de tessons décorés, et étudiées selon le style décoratif. C’est aussi en raison de la fragilité
du matériau de tessons rarement raccordables. Les vases entiers recueillis en contexte
archéologiques en Afrique du Nord sont très rares : Damous el –Ahmar (2 vases), Bou
Zabaouine (1), Batterie espagnole( ?), El Kiffen (45 sub-entiers).
Les sites Telliens d’Algérie et de Tunisie ayant livré de la céramique néolithique sont assez rares.
Les découvertes restent isolées et les collections non revisitées. Rares encore sont les sites datés
disposant d’un cadre chronostratigraphique permettant de suivre d’éventuelles variations au sein
des assemblages. Une nouvelle dynamique suscitée par de récents travaux au Maroc (Génémar,
Rocade, etc.), concernant la péninsule Tingitane et le Rif oriental, a abouti à l’établissement d’un
cadre chronologique pour le Néolithique marocain septentrional fondé sur l’étude typologique et
stylistique de la céramique (Daugas et al. 2008).
Les travaux de synthèses réalisés pour l’Afrique du Nord et le Sahara, entre 1966 et 1974 par de
H. Camps-Fabrer et G. Camps avaient permis d’établir des références chrono-culturelles et
régionales. C’est ainsi que morphologies et techniques, de fabrication et de décoration et les
motifs créés avaient été pour la première fois identifiés, décrits et codifiés. Des styles avaient été
reconnus et la valeur chronologique qu’ils impliquent reste en général admise. Les différences de
styles et de morphologies déjà reconnues entre les céramiques du Tell et du Sahara ont été
rapidement listées ici pour mieux individualiser, plus loin, ceux du Tell (récipient de type
marmite, fond hémisphérique, ou appendiculé, rareté/absence d’éléments de préhension :
mamelons, anses, etc., décors couvrant le vase, au peigne, par impression pivotante, absence
d’incisions, quelques compostions). Au sein d’une aire géographique existent des contrastes
marqués. Par exemple entre les régions septentrionales du Maroc atlantique, de l’Algérie
occidentale, centrale et orientale et le la Tunisie méditerranéenne, d’une part, et celles de régions
continentales mitoyennes de celles-ci de fortes influences sahariennes ont été signalées.
Des comparaisons sont ici établies entre GLD1 et quelques sites atlasiques datés d’Algérie
orientale (Grotte Capelétti, Damous el Ahmar) et de Tunisie occidentale (Doukanet el Khoutifa)
327
Chapitre VII - Les récipients céramiques
d’autres sont retenus avec ceux des sites occidentaux littoraux d’Algérie (Oued Guettara) et du
Maroc (El Khril). Pour les trois premiers sites une présence capsienne est établie en contexte
néolithique, pour les deux autres sites il s’agit d’une présence Ibéromaurusienne, en contexte
néolithique. Les faciès céramiques de ces régions sont mieux connus dans les régions occidentales
(fouilles plus nombreuses mais inégales, fréquence céramique variable)
Nous n’avons pas étendu les comparaisons à d’autres sites du Maroc bien que de nouvelles
données soient disponibles (Rif oriental).
Région atlasique
328
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Damous el Ahmar
La grotte du Damous el Ahmar près de Tébessa a livré deux vases entiers et 170 tessons dont 78
portent une décoration par impression. Cette collection est issue de plusieurs fouilles initiées en
1912 par M. Latapie et M. Reygasse, poursuivies par C. Roubet en 1964 et E. Poty en 1973. Le
site dispose d’une date radiocarbone situant une fréquentation autour de la moitié du VIe
millénaire BP.
La pâte contient des inclusions naturelles constituées de quartz, de calcaire plus rarement de mica,
de silex et de matières ferrugineuses et l’adjonction volontaire de dégraissant constitué de
coquilles d’hélix et de gros grains de quartz (Aumassip 1966, p. 270, Roubet 1979, p. 92). Les
vases sont montés au colombin. L’insuffisante cohésion des ingrédients rend les pâtes argileuses
fragiles, friables, peu indurées par la cuisson (Roubet 1979, p. 92). En revanche l’élaboration des
pates réservées aux vases entiers semble plus grande. Deux grands vases à fonds conique sont
parvenus intacts, ils sont de forme ovoïde, la panse est rebondie, l’un est à large ouverture l’autre
porte un étroit goulot. Un second goulot de bouteille a été découvert. La bouteille mesure 35 cm
de hauteur. Le vase à large ouverture atteint 28 cm de hauteur, son bord est cranté. Quelques
éléments de préhension présents sur certaines parois manquent sur les vases entiers. Il s’agit de
mamelon conique ou arrondi, de mamelons jumelés, d’un bouton aplati, d’un crochet fortement
saillant et d’anses funiculaires. Certains tessons portent des trous de réparations. Les bords sont
de section arrondie, ogivale, déjetée, à méplat ou à convexité interne.
Le décor est localisé sous ou sur le bord, mais peut gagner le haut de la panse, la composition
recherchée présente des bandes, des ornementations géométriques. Plusieurs instruments sont
utilisés en impression normale ou oblique : pointe mousse, baguette, estèque, tige creuse entière
ou fendue, coin de sections variées (rectangle, triangle, ovale). Les motifs décoratifs sont assez
variés : ponctuations, lunules, demi-cercles, chevrons, etc. (Roubet 1979, p. 94).
329
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Les vases à GLD1 sont à ouverture moyenne ou large, aucun goulot étroit n’a été recueilli. Les
décors impressionnés du Damous sont variés et comparables à ceux de GLD1. Au Damous à
l’exception d’un décor par pseudo-incision (Roubet 1979, p. 94), la technique de l’incision ainsi
que l’emploi du peigne semblent absents.
330
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Oued Guettara
La grotte de l’Oued Guettara à Brédéah (Oran) servit de lieu d’inhumation au Néolithique. Les
fouilles conduites par G. Camps en 1967 ont mis en évidence 4 couches stratigraphiques. La
couche superficielle (0.25 m) est « franchement néolithique et possède une céramique abondante,
l’industrie est médiocre» (Camps 1974, p. 263). La couche II « appartient aussi au Néolithique et
renferme une céramique identique mais nettement moins abondante » (Camps 1974, p. 264). La
couche III correspond à la couche d’inhumation. La couche IV ne serait pas néolithique (Camps
1974, p. 264). La couche II n’est pas datée, mais G. Camps la rapproche chronologiquement d’un
niveau du gisement littoral du « Cimetière des escargots » situé à quelques kilomètres au nord,
ayant livré la même céramique impressionnée et incisée, daté à 4730 av. J.-C. Cette date est
contemporaine de la transition UA1-UA2 de GLD1. Le site d’Oued Guettara est représentatif de
la douzaine de gisements néolithiques oranais dont la céramique a été revisitée par G. Aumassip
(1971) après l’étude de C. Goetz (1942) et H. Camps-Fabrer (1966).
Du point de vue morphologique les vases d’Oued Guettara ont un fond conique (Camps 1974, p.
271), aucun d’eux n’a été reconstitué. Les éléments de préhension sont de type mamelon, et
oreille, perforée parfois, pouvant suggérer une anse.
Le décor en forme de bandeau est limité à la partie supérieure du vase. Dans certains cas, il
couvre la panse de motifs descendants verticaux. L’un d’eux décrit par G. Camps est apparenté à
celui de GLD1, F37-3466 (Fig. 27).
Les instruments utilisés sont simples (poinçon, épine, tranchet en os, élément végétal non
transformé, etc.), les impressions au peigne « font presque complètement défaut » (Ibid. p. 272).
Les motifs incisés sont obtenus par coups de spatules ou de tranchets. Les impressions
produisent des poinçonnages, des demi-cercles, des coins de forme ovale allongée, des coins
rectangulaires, des virgules et des lunules.
L’impression pivotante et l’impression inclinée jointive font partie du corpus des techniques
utilisées à Oued Guettara et d’autres gisements Néolithiques d’Oran (Aumassip 1971). A GLD1
l’impression pivotante (de caractère plutôt saharien) est absente, alors que l’impression inclinée
jointive (autre caractère plutôt saharien) est bien représentée (Fig. 28).
Pour G. Camps « les Néolithiques du Tell compensent la pauvreté de leurs décors par impression
en multipliant les motifs rectilignes et les compositions par juxtaposition de coups de spatules à
front large et d’incisions tracées avec leurs instruments tranchants. Ces motifs incisés ou
imprimés, fréquemment répétés ne sont cependant pas très nombreux ; deux l’emportent
largement sur les autres : ce sont les quadrillages et les chevrons » (Ibid. p. 272). A GLD1 ces
331
Chapitre VII - Les récipients céramiques
« quadrillages, presque toujours losangiques » sont bien représenté à GLD1 en UA1 et UA2 (Fig.
23-3353 et 3362).
D’une manière générale, la céramique de GLD1 présente de nombreuses affinités avec celle de la
région oranaise par ses décors incisés et ses compostions, ses fonds coniques, ses éléments de
préhension (mamelon, tétons, oreilles). Mais elle s’en éloigne par certains caractères plutôt
sahariens : présence également de fond hémisphérique, décor au peigne bien attesté, impression
inclinée jointive.
El Khril (Maroc)
Au Maroc occidental, près de Tanger, les grottes (A, B et C) d’EL Khril font partie d’un réseau
situé sur le versant nord de l’Oued Achakar, fouillées en 1958-1959 par A. Jodin. Il a reconnu
dans la grotte A 4 niveaux archéologiques surmontant le socle rocheux. Le niveau Néolithique
ancien El Khil B et C daté au 14C à de 5720 ±150 ans BP (Bouzouggar et al. 2001).
Jodin a établi un schéma évolutif pour la céramique, suivant la succession des niveaux
stratigraphiques (Cardiale, cannelée, incisée, lisse à engobe rouge).
De récentes études typologique et stylistique de la céramique ont permis le renouvellement du
phasage du « Néolithique » de la péninsule Tingitane (Daugas 2002, 2008, Idrissi 2001). La
périodisation s’appuie sur la révision des collections et de nouvelles fouilles du complexe Kaf
Taht el-Ghar/Kaf Boussaria, complétées par d’autres informations issues des grottes d’El Khril.
Dans cette nouvelle périodisation, la « Phase cardiale » est précédée d’une « Phase initiale » (9e
millénaire BP) à céramique incisée (lignes verticales, motifs quadrillés et cheverons emboîtés) et
décors plastiques (El Idrissi 2012).
La phase cardiale est subdivisée en 3 périodes. La première (charnière 9e/8e millénaire BP)
correspond aux premiers témoins du Cardial à décor cannelé ou d’impression à la coquille. La
deuxième période (deuxième moitié du 8e millénaire BP) est caractérisée par une céramique
décorée à la coquille d’abord par impression pivotante puis en association avec d’autres décors
imprimés ou plastiques et des cannelures. C’est à la 3e période (à partir du 7e millénaire BP) qu’est
rattachée la céramique cardiale des grottes d’El Khril. Celle-ci est caractérisée par une évolution
des décors vers un recouvrement grandissant des surfaces et une diminution du décor cardial s. s.
Sans pousser plus loin l’analyse de la céramique d’EL Khril, on peut affirmer que la céramique de
GLD1 n’a rien de Cardial dans son ornementation. Aucun tesson ne porte d’impression à la
coquille de cardium. Nous avions cru reconnaitre ce décor sur un tesson (Fig. 28, H47-246), mais
une analyse plus poussée montre qu’il s’agit d’un décor au peigne à 4 dents jointives. On
soulignera la présence de coquillages marins parmi les objets de parure, mais pas de cardium.
332
Chapitre VII - Les récipients céramiques
12. Conclusion
L’étude du corpus céramique de GLD1 est conduite selon une approche techno-typologique. Les
premiers résultats présentés ici donnent un aperçu de la morphologie des vases, leur décoration et
une première évaluation de la composition minéralogique de la pâte céramique à l’aide d’analyses
par spectroscopie infrarouge.
Ces témoins du passé que l’on découvre sous forme de tessons, généralement de petite taille, sont
des documents portant des données précieuses qui nous laissent entrevoir certains aspects des
comportements (subsistance, techniques, artistiques, etc.) des Hommes qui ont occupé la grotte
GLD1.
Le nombre total de tessons exhumés par les fouilles est de 1050. Ceux découverts hors
stratigraphie sont plus nombreux (3347 tessons). Ils sont plus abondants dans les deux premières
unités archéologiques (54% en UA1 et 34% en UA2), et deviennent rares dès l’UA3 (9%) et enfin
2% seulement en UA4.
Toutes les parties morphologiques sont représentées (Tab. 1) : bords, panses, éléments de
préhension et fonds (cf. ci-dessous).
La fragmentation de la collection est assez élevée à cause, entre autres phénomènes
taphonomiques, d’une mauvaise cohésion de la pate céramique. Quelle que soit l’unité
archéologique, la plus grande dimension ne dépasse pas 5 cm, pour 80% des tessons. La
collection ne contient pas de vase entier.
Contrairement aux mesures des longueurs et largeurs des tessons dont l’intérêt typologique est
limité, celle de l’épaisseur est essentielle. Ainsi, trois type de récipients selon l’épaisseur ont été
identifiés : Type1 (peu épais <8 mm), Type2 (moyen, entre 8 et 13 mm) et Type 3 (épais>13
mm). En UA1 les récipients dominants (72%) sont de moyenne épaisseur (Type 2), en UA2 on
voit augmenter sensiblement le ratio des récipients peu épais (47% Type 1 et 45% Type 2). Les
récipients épais sont toujours minoritaires (5% en UA1, et 7% en UA2).
Le diamètre des ouvertures a été évalué en fonction des tessons de bord dont le rayon de
courbure est clairement prononcé, et ce n’est pas toujours une question de longueur du bord. Ces
mesures étant généralement souvent incertaines, peu fiables, (cf. §3 pour le dispositif conçu et
réalisé pour GLD1), seulement 8 tessons de bords provenant des fouilles (11% des bords) ont été
retenus pour l’évaluer. Ces ouvertures varient entre 9 et 17 cm et sont classées selon trois types
(gobelet, ouverture moyenne et large). Huit mesures ne sont pas statistiquement représentatives
pour dresser des tendances par unité archéologique. Cependant, on note une diversité plus grande
en UA2, un vase de moyenne ouverture en UA1 (Tab. 2). La taille de l’ouverture est presque
proportionnelle à l’épaisseur des vases.
333
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Nous avons également retenu 198 tessons de bord provenant de la collection hors stratigraphie
(65% des Bords HS) dont le diamètre de l’ouverture est mesurable, l’objectif étant de valider le
modèle établi avec les documents des fouilles On retrouve les même types de récipients avec une
prédominance des récipients à moyenne ouverture (Fig. 5).
Une grande mosaïque de profils des bords est représentée : à méplat, arrondi, ogival et sub-ogival,
plus souvent éversés (Tab. 3). Les bords à méplat ne sont présents qu’en UA1 (et un seul en
UA3), en UA2 toute la gamme est représentée. Certains bords portent des impressions sur le
méplat crénelé (Fig. 8).
Les seuls éléments de préhension découverts en fouilles (7 documents) proviennent de l’UA1. Ce
sont des mamelons (tétons) ou des languettes (Fig. 9). La collection hors stratigraphie a livré
plusieurs types (18 mamelons, 6 languettes) et 3 anses destinées à la préhension ou à la
suspension. La chronologie des anses est donc provisoirement indéterminée.
Huit tessons de fonds ont été découverts répartis dans 3 unités archéologiques (5 en UA1, 1 en
UA3 et 2 en UA4) et 30 hors stratigraphie. Leurs morphologies sont coniques (type 1),
hémisphériques (type 2) ou en culot (type 3) (Tab. 5 et Fig. 11-14). Les trois types de fonds sont
représentés dès la première unité archéologique.
Aucun fond plat n’est découvert dans les UA1 à UA4. Les seuls spécimens proviennent du
niveau historique qui a également livré des tessons tournés (UA5).
Deux reconstitutions de vases ont été proposées. Une à partir d’un tesson conservant une grande
courbure de la panse (F37-4/UA2) (Fig. 15) et une deuxième partielle, à partir de 4 tessons
raccordés provenant de l’UA1 (Fig. 16). Les capacités volumétriques ont été estimées
respectivement à environ 3-4 l et 1 l. Le premier vase a une forme cylindrique (hauteur 23 cm) et
une ouverture légèrement resserrée (diamètre 12 cm), la morphologie de son fond est inconnue,
mais la forte convergence des panses inférieures (épaisseur 13 mm) exclue toute forme
hémisphérique. Le deuxième vase est à fond hémisphérique dépourvu de sa partie haute et de son
bord, sa forme général est inconnue (épaisseur 10 mm).
La technique de façonnage utilisée fait appel au montage au colombin visible au niveau des
sections (formes de cassures en biseau qui correspondent en réalité au décollement des
colombins) ou à l’intérieur de certains tessons de fond (enroulement en spirale). Un fragment
cylindrique d’argile cuite a été recueilli dans l’UA1 (Fig. 17).
La fixation des éléments de préhension semble avoir été obtenue soit par scellement d’une
boulette d’argile (cas des tétons), soit par une excroissance de la paroi (cas des languettes). La
plupart des mamelons/tétons découverts ont perdu toute adhérence avec la paroi, alors que les
languettes (mamelons allongés) sont toutes restées collées à la paroi.
334
Chapitre VII - Les récipients céramiques
Dix tessons (HS) portent des perforations de sections tronconiques, de diamètres 5 à 10 mm,
réalisées après cuisson. Il s’agit de trous de réparation (aucun ne porte de trace de lien de
suspension).
Il est difficile d’estimer le nombre de vases décorés sur la base des seuls tessons portant une
décoration (Tab. 6). Compte tenu de l’emplacement du décor souvent situé près du bord le
pourcentage estimé par les tessons (exp. 15% en UA1, 10% en UA2) parait, semble-t-il,
largement minoré. Si les pourcentages des décors sont calculés par rapport aux tessons de bords,
on s’aperçoit que le taux moyen atteint 60%. En réalité le taux est encore supérieur à 60%, si l’on
tient compte des tessons portant un décor sur la panse (9%, cf. Tab. 1).
Le corpus des décors est assez varié. Il est obtenu sur pate non cuite par les techniques d’incision
et d’impression à l’aide d’outils divers (peignes, poinçons/coins, spatule/estèque, tige creuse
fendu, tige quelconque) en application normale ou oblique.
Les motifs obtenus par incision sont généralement rectilignes et forment de lignes horizontales
subparallèles parfois rapprochées et profondes formant des cannelures. D’autres motifs
composent des quadrillages losangiques formés par l’intersection de deux réseaux d’incisions
obliques. Les motifs curvilignes se limitent à des rangées de demi-cercles ou en « U » imitant les
impressions de tiges fendues.
Les motifs obtenus par impression sont plus variés : lunules, écailles, virgules, forme
géométriques (cercle, triangle, rectangle). L’usage du peigne a été fréquent durant la première
unité archéologique (lignes verticales en impression normale ou légèrement oblique, parfois
juxtaposées). On note l’absence de l’impression pivotante et des compositions de motifs en «
zigzags », en « chevrons » ou du décor flammé. Aucun tesson ne porte d’impression à la coquille
de cardium, ni de cordons orthogonaux ou pastilles en relief.
Corpus des décors céramiques UA1 UA2 UA3 UA4
Lignes horizontales 27 4
Incision
Autres 5 1 1
Peigne 15 1
Tige creuse fendue 1
Impression Poinçon ou coin 8 5 1
Spatule et estèque 1 1
Tige quelconque 17 9 1
L’incision est la technique la plus anciennement utilisée à GLD1, elle disparaît presque après la
première unité archéologique. L’impression se généralise durant la deuxième unité archéologique
335
Chapitre VII - Les récipients céramiques
(Tab. 39). La faible quantité de tessons découverts en UA3 et UA4 ne nous autorise pas à donner
un sens définitif aux données du tableau 39 qui laisse penser que le décors devient rare en UA3 et
disparaît totalement en UA4.
Un tesson provenant de l’UA2 et porte une décoration peinte sur la face extérieure lisse de
couleur grise représentée par deux lignes parallèles et horizontales noires. Cette découverte est
unique puisqu’aucun gisement n'a encore livré, semble-t-il, de témoignage de l'existence d'une
poterie peinte néolithique nord-africaine stratigraphiquement incontestable (H. Camps-Fabrer,
1966, p. 452-453).
Les traitements de surfaces (polissage, engobage) ont été identifiés sur quelques tessons
provenant de l’UA1, mais la majorité des vases ne semblent pas avoir subi de traitement de
surface spécifique notamment en UA2. Le soin porté à la fabrication des céramiques semble plus
prononcé en UA1. Il y a comme une perte d’exigence technique et esthétique qui s’installe dans le
temps.
La constitution minéralogique des échantillons est composée de silicates amorphes (argiles
déstructurées par la cuisson), de quartz et de carbonates (calcite et dolomite) à des taux variables.
Il n’est pas certain qu’il s’agisse de dégraissants ajoutés intentionnellement. La matrice céramique
représente 60 à 80% du volume de la pate. Sur les vases aux parois minces, la texture de la pâte
est particulièrement fine, à l’inverse des vases aux parois épaisses. L’examen de la section des
tessons montre également des inclusions végétales (fantômes ou fragments carbonisés) et des
fragments de coquilles d’hélix. Nous observons ainsi une palette de textures allant d’une structure
microcristalline compacte, à une structure granuleuse, friable à faible cohésion.
La céramique de GLD1, par son décor impressionné et incisée, se rattache davantage aux faciès
céramiques des régions occidentales telliennes, de l’Oranie. Elle est nettement plus décorée que
celle des régions atlasiques d’Algérie orientale. Ce constat confirme les conclusions formulées par
H. Camps Fabrer en 1966 (p. 477) qui signalait un enrichissement des décors des régions
telliennes par rapport aux régions atlasiques. Est-ce l’abondance des récipients-bouteilles en œuf
d’autruche dans ces régions qui est l’origine d’un développement mesuré des récipients
céramiques et d’une certaine sobriété dans le décor ?
La technique céramique à GLD1 plongerait ses racines dans un substrat Ibéromaurusien qui a
promu le modelage et la cuisson des pates céramiques, sans aller jusqu’à en produire des
récipients. Cependant, Gueldaman en raison de sa position de carrefour, semble intégrer des
influences multiples probablement plus méridionales que méditerranéennes. Les influences
sahariennes sont perçues à travers les formes des vases (fonds hémisphériques). On retiendra que
le style décoratif Cardial n’est pas parvenu à GLD1.
336
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
Les documents symboliques occupent une place importante au sein des groupes néolithiques
de Gueldaman. La diversité des matériaux exploités, disponibles dans l’environnement proche
ou importés sous forme de matières premières brutes ou d’objets finis, témoignent d’un
raffinement et d’un goût certain.
Les coquilles d’œuf d’autruche (Struthio camelus) est un matériau rare sur le territoire Tellien, loin
du biotope naturel de l’autruche, mais porteur d’informations évoquant le traitement in situ et très
spécialisé, tourné vers la parure. Matière première et objets finis se trouvent réunis. Sur le plan
technique on parvient à reconnaitre un processus et ses étapes, témoins de chaînes opératoires,
conformes aux données réunies depuis longtemps par E. –G. Gobert (1938) et H. Camps-Fabrer
(1960, 1963, 1966, 1994) qui ont été mises en relation spécifiques avec les industries capsiennes et
néolithiques (Roubet 1968).
Corpus
42 grains d’enfilage (39 entiers et 3 fragments) ont été découverts dans la première unité
archéologique, un en UA2 et deux hors stratigraphie (Tab. 1 et 2). 11 fragments bruts, un
fragment de pendeloque et une ébauche de grain d’enfilage ont été découverts dans l’UA1 (Tab.
1). Parmi les fragments bruts trois sont entièrement calcinés (coloration bleu foncé à noir). Aucun
fragment gravé n’a été découvert (Fig. 1 et 2).
Nous désignerons par la lette « L » la dimension maximale des pièces qui correspond au diamètre
extérieur lorsque la pièce est de forme circulaire.
337
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
S1 S2 S3
G35-126 G36-365
F37-4006
G35-864 G36-366
F37-4007
G35-869 G36-367
F37-4008
G35-870 G36-368
F37-2922
G35-871 G36-369
F47-99 F37-4009
G35-872 G37-7
G46-184 F37-4010
UA1 G35-873 G37-8
I47-533 F37-3086
G35-874 G37-9
I47-534 F37-4011
G35-875 G37-10
F37-4012
G36-340 G37-11
F37-4013
G36-362 G37-1
F37-4014
G36-363 I35-18
F37-4015
G36-364 I38-218
UA2 F37-4005
UA3
UA4
HS 2014-S1-1 2011-S2-5
Tableau 2 : Répartition par secteur et par unité des grains d’enfilage en test d’œuf d’autruche
Figure 1 : Tests bruts, pièces techniques (F47-98 et H46-44) et pendeloque et gain d’enfilage brisé (G35-
864).
338
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
339
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
340
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
4 types de section ont été établis en fonction des profils de la périphérie (section externe) et des
perforations (section interne) (Tab. 2).
F47-99 G35-873
I47-534 G35-874
F37-4006 G35-875
F37-4007 G36-364
F37-4008 G36-365
F37-2922 G36-366
Numéros des pièces
F37-4010 G36-367
I47-533
F37-4012 G36-368
G36-340
F37-4013 G36-369 F37-3086 G46-184
G36-362
F37-4014 G37-7 F37-4011 F37-4005
G36-363
F37-4015 G37-8
F37-4009
G35-126 G37-9
G35-864 G37-10
G35-869 G37-11
G35-870 G37-1
G35-871 I35-18
G35-872 I38-218
Total 38 5 2 2
% 80% 10% 4% 4%
Tableau 3 : Classement des grains d’enfilage selon le type de section (externes et internes).
341
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
3,5
Tests bruts
G37-7 (deux rondelles restées 'collées' l'une sur l'autre)
3 Grains d'enfilage
2,5
Epaisseur (mm)
2
F37-4005
G35-868 G35-867
1,5
H47-266
1 I47-137
0,5
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400
Surface (mm2)
Figure 4 : Epaisseur des grains d’enfilage et des tests bruts en fonction de leurs surfaces.
Observations :
Les dimensions des tests bruts sont variables. Il en existe de grands et des petits. Rien ne
permet d’écarter comme débris les petits. Les dimensions des grains à périphérie régularisée
montrent en effet un lot de grains de petit diamètre alors qu’existe un seul grain de grand
diamètre (F37-4005) (Fig. 4).
L’épaisseur moyenne des tests bruts (≈ 2 mm) est supérieure à celles des grains régularisés.
Cependant F37-4005 est aussi épais que les tests bruts. Deux tests bruts ont l’épaisseur
inférieure à 1.5 mm (I47-137 et H47-266), les deux sont calcinés.
342
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
343
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
Les objets en ivoire d’éléphant sont rares en Afrique du nord et au Sahara au Néolithique. Trois
sites préhistoriques ont livré des fragments de défense d’éléphant : la grotte Capéletti, fouilles Th.
Rivière 1934-1936 (dernière série d’occupation Bachir Bacha 2000) : la grotte de Brézina dans
l’Atlas saharien et le pic des Singes, près de Bejaïa (Camps-Fabrer 2003). Au Maroc, la Nécropole
de Skhirat au Sud de Rbat à livré 5 gobelets et 2 bracelets en ivoire d’éléphant (Daugas 2002).
A GLD1 quatre objets en ivoire d’éléphant ont été découverts hors contexte stratigraphique
(Tab. 1). Il s’agit de l’extrémité distale façonnée d’une défense (S3-12-145) d’une figurine (S3-12-
146) et deux bracelets (S3-12-53 et S2-13-28).
Description
S3-12-145 (Fig. 5) : Extrémité distale d’une défense (102 x 51 x 28 mm) montrant un délitement
de la dentine en cercles concentriques. Ce phénomène de desséchement résulte de l’altération
d’une matière organique fossile (collagène). Et l’arrondi distal semble être naturel.
S3-12-146 (Fig. 6 et 7) : Pièce entière (69 x 39 x 30 mm) façonnée à partir de l’extrémité distale
d’une défense ; sa forme générale tronconique est équilibrée, symétrique par rapport à un axe
344
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
longitudinal, une surface de base aplanie de ce tronc de cône assure une stabilité à l’objet posé.
Les marques d’un aménagement total ont fait disparaitre les surfaces naturelles. Dans son état
actuel cette pièce présente deux parties séparées par une profonde gorge en « V » circulaire, la
première partie supérieure est de forme tronconique régularisée, elle est associée à la seconde
partie mésiale sub-cylindrique. La surface circulaire et convexe de l’extrémité supérieure de la
première partie parait avoir été piquetée, la surface de base circulaire de la partie inférieure a été
transformée et rendue stable. Sa périphérie présente des enlèvements en biseau qui diminuent la
surface de cette base. Le retrait d’un éclat central de cette base a été effectué pour assurer stabilité
à cet objet posé. En effet l’intention de poser cet objet sur sa base ainsi aplanie se déduisant de la
concavité centrale qu’a laissé le retrait d’un éclat, le rapproche aussi des figurines
anthropomorphes stylisées. Cette destination symbolique semble aussi permettre d’apprécier une
morphologie générale soignée, énigmatique.
L’originalité morphologique et technique de ce document est remarquable, sans égal en Afrique
du nord.
S2-13-28 et S3-12-53 (Fig. 8 et 9) : Deux fragments de bracelets ont été débités par sciage dans
la partie proximale d’une défense ayant une grande cavité pulpaire. Le façonnage a été réalisé par
abrasion et polissage. Le bracelet S2-13-28, de section rectangulaire, porte une profonde entaille
circulaire à une de ses extrémités, suggestive d’une gorge (ayant pu faciliter l’écartement des deux
parties d’un bracelet ouvert?), ces marques sont celles d’un sciage profond qui pourrait avoir été
fait par un tranchant lithique. Les traces de ces préparations générales seront ultérieurement
étudiées sous microscope. Les documents correspondent à la moitié et au tiers de bracelets. L’un
(S2-13-28) est ovalaire (62 x 52 x 6 mm), l’autre (S3-12-53) est circulaire (63 x 63 x 8 mm).
345
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
Figure 7 : Région distale d’une défense choisie pour l’aménagement d’une figurine.
346
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
347
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
L’exploitation des coquillages marins à des fins symboliques remonte à l’Atérien. Au Maroc
oriental, dans la grotte des Pigeons à Taforalt treize coquilles marines de l’espèce Nassarius
gibbosula intentionnellement perforées et ocrées ont été découvertes dans les niveaux atériens
datés à 82 000 BP (Bouzouggar et al., 2007). En Algérie orientale, une coquille de Nassarius
gibbosula proviendrait du contexte atérien de l’Oued Djebbana (Vanhaeren et al., 2006). Ils
deviennent fréquents dans les sites ibéromaurusiens et capsiens (Camps- Fabrer 1994).
A GLD1, 13 coquillages marins représentant 4 espèces ont servi d’objets de parure (Tab. 1).
Une large portion d’un coquillage usé de type indéterminé (G35-179/UA1) a été récoltée au bord
de la mer pour être aménagée en pendeloque. On distingue encore ses régions anatomiques
majeures (zone résiduelle du crochet), l’orientation reste encore possible en s’appuyant sur les
zones extérieures de sa structure et sur sa courbure générale. Sa morphologie sub-losangique (dit
segment de pétoncle, in Camps-Fabrer 1960, p.76-77 et fig. 27) témoigne du façonnement
particulier du document. Les faces et la périphérie ont été abrasées par le ressac, et non l’artisan,
une perforation restée inachevée, a été entamée à partir de l’intérieur de la coquille (Fig. 10).
Deux Columbelles (I47-184 et G46-161) du type Columbella rustica de l’UA2, à la périphérie
naturellement très usée, ont perdu leur apex et l’une ou les deux dernières spires de leur columelle
(Fig. 10). L’autre (S3-10-4) est restée peu endommagée. Des études détaillées sont envisagées.
Les cyprées (Cyprea moneta) sont intentionnellement percées dans la partie supérieure de la
coquille, de larges perforations irrégulières (5 mm de diamètre), sont restées brutes (S3-10-2) ou
émoussées (S2-11-2) (Fig. 11).
348
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
Figure 11 : Parures en coquillages marins hors stratigraphie (S3-11-1, S3-10-5, S3-10-6, S3-11-2 : pectunculus
glycimeris ; S3-10-2, S2-11-2, S3-10-3 : Cypraea moneta ; S3-10-4: columbella rustica ; S2-11-1: Cassis saburon ? ;
S3-10-1 Fragment de lamellibranche indéterminé.
349
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
Il est désormais acquis que les pendeloques en derme ossifié de tortue ne sont associées qu’à des
contextes néolithiques, dans des sites atlasiques et telliens. Leur présence a été soulignée y
compris pour les découvertes de de Beaumais à GDL1 (Camps-Fabrer 1960 ; Roubet 1966). A
GLD1 3 éléments pendeloques ont été découverts, un (F37-3079) dans l’UA1 et les deux autres
(S2-13-69 et S3-12-37) hors stratigraphie (Fig. 12). Pour la terminologie, l’identification de
l’anatomie et la conception de ce type spécial de pendeloque on se reportera aux travaux
complets de C. Roubet (1966, 1979, et 2013). Il a été démontré qu’une industrie du derme ossifié
a été mise en place au néolithique en Algérie orientale. Le plastron représente la région plane de la
carapace transformée en pendentif, tandis que le bouclier a été transformé en coupe. Ce
traitement-là n’est pas attesté à GLD1.
350
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
pour supprimer les sutures reste dans ce cas encore ‘tranchant’. Se peut-il que cet
aménagement ait pu être réalisé avec un objectif fonctionnel ?
•
351
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
5. Perles tubulaires en os
Les perles en os sont obtenues par découpage d’os longs d’oiseaux, leur perforation est naturelle
(Camps-Fabrer, 1960, 1966, p. 162-163). A GlD1, cinq perles tubulaires sont sur diaphyse de
différents diamètres (Tab. 1). Plusieurs portent des marques de sciage aux extrémités légèrement
en biseau (Fig. 13). Deux pièces ont été noircies par le feu (S2-13-57 et F37-4016). S2-13-57 est
constitué de deux morceaux de diaphyse raccordables.
Longueur Diamètre
Perles Unité
(mm) (mm)
F37-4016 8 3 UA2
S2-11-4 10 3
S2-11-3 19 4
S2-13-26 34 7 HS
S2-13-57-A 33
8
S2-13-57-B 22
352
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
6. Pendeloques sur os
Deux pendeloques sur omoplate (scapula) et astragale (talus) de mouflon à manchette ont été
découvertes hors stratigraphie (Fig. 14). Ammotragus levria est présent dans la faune de GLD1 dans
les unités UA4 et UA2.
S3-12-4 est pris sur fragment d’omoplate droite de mouflon à manchettes. Cette pièce se
compose de régions conservées comme la cavité glénoïde et une partie du col, le tubercule supra-
glénoïde ainsi que l'épine scapulaire sont cassés. Les deux perforations de formes ovalaires sont
situées à 30 mm de la cavité glénoïde et ont quasiment les mêmes dimensions des grands et petits
axes, soient respectivement 7 et 5 mm. Elles ont été obtenues par une forte incision de type
entaille et percussion. Le classement de ce document reste incertain. On ne saurait faire reposer
sur la perforation la notion d’élément de parure. L’industrie osseuse renferme, dans les
publications, de nombreux cas d’outils portant une perforation. Dans le cas de cet objet le
caractère inachevé des transformations installe encore plus cette incertitude.
S2-12-20 est un astragale gauche complet de mouflon, perforé dans la partie médiane, les bords
sont abrasés. Le talus appartient à un individu très jeune (les bords sont constitués de matière
spongieuse apparente). La perforation de section cylindrique semble avoir été obtenue en utilisant
une mèche de foret.
Figure 14: Pendeloques sur omoplate (S3-12-4) et astragale (S2-12-20) de mouflon à manchette
353
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
7. Matières colorantes
En Afrique du Nord, la plus ancienne attestation d’utilisation de l’ocre nous vient du Maroc
oriental, dans la grotte des Pigeons à Taforalt où treize coquilles marines de l’espèce Nassarius
gibbosula intentionnellement perforées et ocrées ont été datées de 82 000 ans environ ; ces
documents proviendraient du groupe litho-stratigraphique F (équivalent aux anciens niveaux 16-
23), attribué au « Middle Palaeolithic » atérien (Bouzouggar et al., 2007). Son emploi est
successivement très répandu au cours de l’Ibéromaurusien et surtout du Capsien (Roubet et
Amara 2013).
50 fragments d’ocre sous forme de poudre concrétionnée ou de blocs ont été découverts (Tab. 1 ;
Fig. 15). La plus grande utilisation de ces matières colorantes semble plus recherchée durant la
première unité archéologique (UA1), mais subsiste en continue jusqu’en UA4. Les fragments ont
des dimensions dépassant rarement 2 cm. On ignore le processus de préparation de cette
substance prisée par les préhistoriques (analyses chimiques en cours). Des traces d’ocre ont été
identifiées sur des outils lithiques, osseux, galets (Fig. 16) et grains d’enfilage en test d’œuf
d’autruche.
L’Adrar Gueldaman est riche en minerai d’oxyde de fer. Des filons de plusieurs centimètres de
largeurs sont visibles sur les parois de la grotte GLD1. Une activité minière intense (années 1930-
40) a laissé des témoins d’exploitation sur le flanc Nord de l’Adrar Gueldaman (infrastructures,
galeries, village de la mine). Le minerai extrait était des hydroxydes de fer à teneur élevée, d’au
moins 50%, de Fe (Glaçon 1967, p. 162). Le plus abondant est la limonite plus au moins associée
à des ocres diverses (Ehrmann 1943, p. 81).
Tableau 7 : Inventaire des fragments d’ocre par unité archéologique et par couleur
354
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
Figure 16 : Galet plat ovalaire en grès fin portant des traces d’ocre rouge sur la face supérieure bombée et
des stigmates de percussion sur les parties distales et proximales (* * *). Au milieu du bord droit une plage
de 2 cm2 plane non naturelle (produite par une action répétée de frottement ?) (S2-11-37b/HS).
8. Conclusion
L’élaboration des documents est soignée et spécifique ; morphologie très diverses ; quantité totale
relativement importante pour un espace fouillé réduit ; la collecte hors stratigraphie également
importante rappelle qu’au stade actuel des fouilles, il faut rester prudent quant aux constats
définitifs sur les comportements symboliques et leurs chronologies (Tab. 8).
Les activités consacrées sont développées et bien intégrées à d’autres projets aux activités (de
subsistance : oiseaux, tortue ; aux déplacements lointains : plage valves de coquillages récoltés, ou
proches : ivoire ; aux échanges probables : test d’œuf d’autruche, ivoire aussi ? ; à une exploitation
minière locale : ocre). La spécificité du traitement de chacune de ses matières premières permet
d’envisager l’existence de plusieurs spécialistes dans cette communauté.
355
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
356
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
ustensile usuel (en céramique).... Leur rareté, leur dispersion, semblent indiquer une diffusion
accompagnant le pastoralisme montagnard » (Roubet 2013).
Coquillages marins
Les coquillages utilisés comme objets de parure dès l’Atérien semblent avoir été chargés de
pouvoirs magiques qu’ils conserveront dans tout le monde berbère contemporain (Gobert 1951,
Vilettes 1957). Les Ibéromaurusiens qui se nourrissaient surtout du produit de leur cueillette ont
évidemment recherché parmi ces éléments de leur alimentation une bonne part de leurs objets de
parure (Brahimi 1970, Hachi 2003). Leur présence est également enregistrée dans des sites
continentaux très éloignés des côtes, capsiens et néolithiques, dans lesquels elles pourraient avoir
été acquises par échanges. Vingt-neuf coquilles de Rumina decollata encore remplies d’ocre rouge
ont été trouvées dans l’escargotière de Medjez II (Camps-Fabrer, 1975). La présence de coquilles
perforées à SHM-1 est attestée par de nombreuses espèces, ce qui est tout à fait naturel compte
tenu de la proximité du rivage ; la plupart de ces documents ont une perforation intentionnelle ou
supposée, et dans certains cas a été confirmée (Mulazzani 2010, p. 438).
A GLD1 la présence de coquillages marins n’est pas surprenante. La vallée de la Soummam est
une voie naturelle qui mène vers la mer à environ 60 km. Ces coquilles ont donc été collectées sur
les plages de la méditerranée ou acquises par échanges. On note néanmoins qu’elles n’ont pas été
employées pour exécuter des décors céramiques impressionnés de type Cardial.
Pendeloques sur os
A GLD1 l’utilisation de l’os est quasi-exclusivement orientée vers la fabrication de l’outillage, à
l’exception des perles tubulaires en os, et dans une moindre mesure des épingles. Les deux
pendeloques sur omoplate (scapula) et astragale (talus) de mouflon à manchette sont uniques,
mais non datées. On rappelle qu’Ammotragus levria est présent dans la faune de GLD1 dans les
unités UA4 et UA2. Rares en Afrique du Nord, les pendeloques en os sont très répandues en
Europe du Néolithique à l’âge de Bronze (Barge-Mahieu 1991). Des « perles globuleuses » sur
phalange percée de gazelle font partie de la parure au Natoufien récent du site de Mellaha
(Stordeur 1988).
357
Chapitre VIII – La parure et les documents symboliques
Matières colorantes
Après l’exemple Atérien de la grotte de Taforalt, c’est durant l’Ibéromaurusien que l’utilisation de
l’ocre se généralise. Les sites côtiers d’Afalou bou-Rhummel et de Tamar Hat dans le massif des
Béni Séghoual (Babors) ont livré des documents ocrés presque dans tous les niveaux d’une
longue séquence chrono-stratigraphique remontant l’Ibéromaurusien dans le Paléolithique
supérieur. Les niveaux supérieurs d’Afalou ont en livré davantage (Hachi 1987 ; Ighilahriz 1996)
avec notamment un dépôt de fer oligiste près de la tête d’un individu inhumé allongé (Hachi
2003). Les Capsiens sont également intimement liées aux matières colorantes et au rouge surtout
(Gobert 1950). H. Camps- Fabrer a signalé dans le faciès Sétifien de Medjez II, un éventail
documentaire ocré (outillage osseux poli, les parures accompagnant parfois le domaine funéraire,
et les corps également concernés). La dimension symbolique de l’ocre est multiple : esthétique
magique est funéraire (Aoudia-Chouakri 2013). Elle est également artistique à travers les
représentations rupestres notamment au Sahara (Hachi 2011, Barbaza 2010).
A GLD1, l’ocre a accompagné les actes quotidiens accomplis avec divers objets mobiliers ocrés
(lithiques, osseux, équipement de broyage). L’abondance de ce minerai à Gueldaman notamment
dans les nombreuses cavités d’où sortent les filons d’oxydes de fer mis à nu par le phénomène
karstique, rend cette région attractive. Il est vraisemblable que les néolithiques de Gueldaman ont
pu troquer ce minerai contre d’autre produits exotiques.
358
Chapitre IX - Reconstitution paléoclimatique à travers l’étude des spéléothèmes
1. Introduction
Les analyses isotopiques et géochimiques des spéléothèmes sont un des moyens privilégié
pour l’étude des paléoclimats. Couplées à des datations U/Th par spectrométrie de masse, elles
permettent d’établir une chronologie absolue dans les séquences climatiques reconstituées.
Les nombreuses formations de spéléothèmes présentes dans la grotte GLD1 nous ont incités à
envisager une étude pour préciser le cadre paléoclimatique des occupations humaines de la grotte.
C’est dans cette perspective qu’une collaboration a été mise en place entre le CNRPAH (F.
Kherbouche) et le Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement, Gif-sur-Yvette (D.
Genty).
Ce travail est une partie du travail de thèse effectué par M. Jiaoyang Ruan, étudiant en
thèse à l’Université de Paris-Sud et au Laboratoire des Sciences du Climat sous la direction de
MM. D. Genty et J.L. Michelot. Comme précisé dans l’article où ont été publiés ces résultats, les
isotopes stables de la calcite ont été faits au LSCE (Dr. D. Blamart et F. Dewilde), les isotopes
stables de l’eau par le LSCE (B. Minster) et les datations U-Th ont été principalement effectuées à
l’Université du Minnesota (Dr. H. Cheng ; J. Ruan) et une partie au LSCE (Dr. E. Pons et M.
Pierre). Ce travail s’est fait dans le cadre du programme de l’INSU MISTRAL PALEOMEX
(ISOMEX, coor. D. Genty) (coord. M.A. Sicre) qui a financé un partie des analyses et du matériel
(station météo extérieure et capteurs en grotte).
Nous présentons ici une reconstitution paléoclimatique partielle de 6200 BP à 3000 BP basée
sur les isotopes stables de la calcite des stalagmites (δ18O et δ13C) et sur les vitesses de croissance
de ces concrétions. La période de temps étudiée recouvre l’intégralité des trois dernières séries
d’occupation de GLD1 (UA2, UA3 et UA4).
359
Chapitre IX - Reconstitution paléoclimatique à travers l’étude des spéléothèmes
La formation des stalagmites et des spéléothèmes, d’une manière générale, nécessite une
série de réactions chimiques qui se produisent au contact des eaux de pluie avec le sol extérieur
jusqu’au concrétionnement qui se dépose à l’intérieur de la grotte sous différentes formes
(spéléothèmes). Lorsque les eaux de pluie s’infiltrent dans le sol, elles se chargent en gaz
carbonique issu de la décomposition de la matière organique et de la respiration racinaire et des
micro-organismes présents dans le sol. Cette eau devenue acide percole jusqu’au contact avec le
substratum calcaire et dissout les carbonates en se frayant des chemins à travers les fissures et en
les agrandissant de plus en plus. C’est par ce mécanisme que peuvent se former de vastes réseaux
karstiques dans les formations calcaires. D’autres mécanismes (« fantômes de roches ») ont été
récemment mis en évidence (Vergari 1998, Quinif 2010). A Gueldaman, ce réseau partiellement
exploré, est composé d’une dizaine de cavités s’ouvrant sur le versant sud-est dont six présentent
des conditions d’habitabilité convenables.
Lorsque l’eau parvient au toit d’une grotte, où la pression partielle de CO2 de l’air
(généralement supérieure à celle de l’atmosphère) est plus faible que celle de cette eau, l’équilibre
chimique est rompu. Ainsi, l’eau s’égouttant du plafond de la cavité, giclant sur le sol ou
s’écoulant sur les parois dégaze du CO2 et devient sursaturée en carbonates. Un rééquilibrage
s’ensuit, qui se traduit par la précipitation de calcite. Dans certaines conditions, l’évaporation peut
également intervenir dans la précipitation de carbonate de calcium.
Sur les mécanismes géochimiques de formation des stalagmites et leur application pour l’étude
des paléoclimats nous renvoyons à plusieurs références (Genty 2001, 2002 ; Couchoud 2006 ;
Wainer 2009, McDermott, 2004, Fairchild et Baker 2012).
Pour permettre une interprétation fiable des données isotopiques et des taux de croissance
des stalagmites, il est nécessaire de connaitre plusieurs paramètres intervenant dans la formation
des stalagmites :
• Mesure en continu des données météorologiques (température, taux d’humidité,
pluviométrie, vitesse et direction des vents) à l’aide d’une station météorologique fournie
360
Chapitre IX - Reconstitution paléoclimatique à travers l’étude des spéléothèmes
20 100
19 90
18 80
17 70
16 60
15 50
14 40
13 30
12 20
11 10
10 0
Sep/13 Oct/13 Nov/13 Dec/13 Jan/14 Feb/14 Mar/14 Apr/14 May/14 Jun/14 Jul/14 Aug/14 Sep/14 Oct/14 Nov/14 Dec/14
Figure 1 : Températures et taux d’humidité mesurés à l’intérieure de la grotte GLD1 entre septembre
2013 et décembre 2014. (données inédites, en collaboration D. Gent, J. Ruan)
• Mesure du débit des eaux de percolation à deux endroits différents proches des zones de
formation des stalagmites (2 sondes Tinytag).
• Prélèvements des eaux de percolation de la grotte (tous les 2 mois) destinés aux mesures
des rapports isotopiques d’oxygène.
361
Chapitre IX - Reconstitution paléoclimatique à travers l’étude des spéléothèmes
Trois stalagmites (STM2, STM3 et STM4) et trois échantillons de calcite récente ont été
prélevés dans la grotte GLD1 en 2012 et 2013. Les échantillons de calcite proviennent du secteur
3. Les stalagmites STM2 (350 x 100-200 mm) et STM4 (203 x 50-120 mm) ont été découvertes
sur le sol de la grotte extraites de leurs lieux de formation. STM3 (210 x 152 mm) était encore
active lorsque nous l’avons extraite de son emplacement de formation au sommet des dépôts
archéologiques du secteur 2 (carré F35). Nous verrons que sa formation a débuté, il y a environ
600 ans sans interruption jusqu’à 2012.
Chaque stalagmite a été sciée longitudinalement (axe de croissance) en deux partie à peu
près égales (Fig. 2). Une moitié a été conservée comme référence et l’autre moitié a servi à l’étude.
La section de cette dernière a été polie de manière à rendre plus nettes les lamines de croissances
annuelles qui alternent lamines blanches poreuses et lamines sombres compactes. Certaines
lamines ont été noircies par de la suie déposé par voie aérienne lors des nombreux allumages de
feux dans la grotte. Lorsque les stalagmites sont proches des zones de foyers, des micros
charbons peuvent être piégés entre certaines lamines créant ainsi des discontinuités dans
l’empilement des couches de calcite. Les axes de formation des deux stalagmites STM2 et STM4
ont subi des réorientations de plusieurs degrés notamment dans les premières phases de
formation (partie basale). La stalagmite STM3 est en cours d’étude.
362
Chapitre IX - Reconstitution paléoclimatique à travers l’étude des spéléothèmes
4. Analyses en laboratoire
Les dosages isotopiques réalisés à partir des échantillons prélevés le long de l’axe de croissance
des spéléothèmes sont situés dans un cadre chronologique précisé par des datations Th/U.
Pour reconstituer la chronologie de croissance des stalagmites (STM2 et STM4), dix sept
échantillons de calcite ont été prélevés et réduits en poudres puis soumis aux datations U/Th par
spectrométrie de masse (ICP-MS). La procédure de séparation de l’uranium et du thorium est
celle décrite par Edwards et al. (1987) et Cheng et al. (2013). Les datations ont été réalisées au
Department of Geological Sciences de l’Universités de Minnesota (USA) et à l’Institute of Global
Environmental Change de l’Université de Xi’an Jiaotong (Chine). Une première date d’un échantillon
prélevé dans la base de la stalagmite STM2 est réalisée au Laboratoire des Sciences du Climat et
de l’Environnement (France). Les modèles d’âge pour les deux stalagmites ont été élaborés à
l’aide du programme StalAge (Scholz et Hoffmann 2011). L’interpolation linéaire entre la
profondeur et l’âge est calculée par la moyenne des trois points adjacents. Cette procédure permet
d’obtenir des estimations quantitatives continues couvrant aussi les zones non directement
datées. Les taux de croissance des stalagmites sont calculés par le modèle d’âge StalAge.
Résultats :
Les résultats des datations sont présentés dans la figure 3 et tableau 1. Le contenu en
uranium des échantillons mesurés est relativement élevé variant entre 95 à 225 ppb. L’intervalle
d’erreur des dates U/Th, calculé à 2 sigma, varie entre 20 à 210 ans avec une moyenne à 77 ans
(1.6%). Les modèles d’âges calculés par StalAge donnent des croissances continues allant de 6200
à 4000 BP pour STM2 et de 5800 à 3200 BP pour STM4 (Fig. 4).
La stalagmite STM2 présente des taux de croissance élevés et variables. La valeur
moyenne se situe vers 180 µm/an. Le maximum de 400 µm/an a été atteint entre 4800 et 4600
BP. STM4 présente un plus faible taux de croissance, mais plus régulier avec un taux moyen à
120 µm/an. La valeur maximale d’environ 200 µm/an a été atteinte vers 3800-3200 BP (Fig. 4).
Les taux de croissance anormaux que montre la figure 5, pour STM2 vers 4600 BP et pour STM4
363
Chapitre IX - Reconstitution paléoclimatique à travers l’étude des spéléothèmes
vers 3800 BP sont des artefacts de calcul simulés par le programme StalAge et ne sont pas à
prendre en compte pour les interprétations climatiques.
Figure 3 : Dates U/Th des stalagmites STM2 et STM4 provenant de GLD1 (erreurs calculées à 2σ) (extrait
de Ruan et al., 2016)
Figure 4 : Modèles d’âges des stalagmites STM2 et STM4 provenant de GLD1 (extrait de Ruan et al.,
2016).
364
Chapitre IX - Reconstitution paléoclimatique à travers l’étude des spéléothèmes
Quatre cent trente échantillons de calcite ont été prélevés suivant l’axe de formation des
deux stalagmites (STM2 et STM4) sur toute la hauteur avec un pas d’échantillonnage de 1 à 2
mm. Des prélèvements sont également effectués transversalement le long d’un certain nombre de
lamines pour vérifier si la calcite s’est déposée dans des conditions proches de l’équilibre
isotopique.
Les compositions en isotopes stables de carbone et d’oxygène des stalagmites et de la calcite
fraîche ont été mesurées au LSCE à l’aide d’un spectromètre de masse VG-OPTIMA. Pour
chaque échantillon, 60 à 80 µg de poudre de calcite a interagi avec de l’acide phosphorique à
90°C. Les résultats des mesures de gaz carbonique (CO2) ont été calibrés par rapport aux étalons
et aux séries isotopiques de référence. Des contrôles pour vérifier la reproductibilité des mesures
ont été réalisés tous les 10 à 20 échantillons. Toutes les données sont présentées en valeurs
relatives en ‰ de V-PDB. L’erreur est estimée à 0.08‰ pour le rapport δ18O et 0.05 ‰ for δ13C.
Résultats :
La composition isotopique de la calcite fraîche varie entre -5.40‰ à -5.56‰ pour δ18O et
de -8.43‰ à -10.34‰ pour δ13C. Les valeurs de δ18O pour STM2 et STM varient respectivement
de -7.8‰ à -2.8‰ et de -7.3‰ à -0.6‰. Celles de δ13C varient respectivement de -10.6‰ à -
3.3‰ et de -11.9‰ à -0.6‰. Les variations de δ18O et de δ13C sont corrélées entre les deux
stalagmites : R = 0.87, P < 0.01 pour STM2et R = 0.92, P < 0.01 pour STM4. Bien que des
différences d’amplitudes existent entre les deux stalagmites, leurs profils δ18O et δ13C présentent
les mêmes tendances durant leur période de croissance qui se recouvrent dans l’intervalle de 5800
à 4000 BP (Fig. 5). Pour les deux stalagmites, les périodes d’enrichissement isotopiques se situent
vers 5600-5400 BP et 5200-5100 BP (Fig. 5). Elles partagent la même tendance à l’enrichissement
isotopique qui s’amorce vers 4600 BP d’une manière abrupte pour STM4 et plus progressive pour
STM2. Vers la fin de cette phase d’enrichissement, un décrochage significatif dans le profil de
δ18O, pour la stalagmite STM4, se situe vers 4400-3800 BP avec un enrichissement d’environ
3.5‰ par rapport au niveau de base et aux valeurs de référence de la calcite moderne. Dans cette
période d’anomalie, le rapport de δ18O enregistre une légère baisse vers 4200-4000 BP, suivie d’un
deuxième enrichissement vers sa fin, où la croissance de la stalagmite STM2 est interrompue (Fig.
365
Chapitre IX - Reconstitution paléoclimatique à travers l’étude des spéléothèmes
5). La dernière phase de croissance de STM4, vers 3700-3200 BP, est caractérisée par une
variation de -3‰, synchrone avec l’augmentation des taux de croissance (Fig. 5).
Figure 5 : Rapports isotopiques δ18O, δ13C et taux de croissance des stalagmites STM2 et STM4 provenant
de GLD1 (extrait de Ruan et al., 2016).
366
Chapitre IX - Reconstitution paléoclimatique à travers l’étude des spéléothèmes
5. Interprétations paléoclimatiques
367
Chapitre IX - Reconstitution paléoclimatique à travers l’étude des spéléothèmes
les conditions climatiques étaient plus sévères durant l’anomalie mi-Holocène qu’à présent. Par
conséquent, l’actuelle sécheresse au nord de l’Algérie semble annoncer une dégradation
climatique qui pourrait s’acheminer vers une crise de la même ampleur que celle de 4400-3800
BP.
La croissance des stalagmites est favorisée par un climat humide qui garantit un apport en
eau nécessaire pour alimenter les réseaux de percolation au sein de la grotte. Dans les zones
arides ou semi-arides, la rareté de l’eau limite la croissance des stalagmites (Vaks et al. 2013).
Durant les périodes sèches, la production de CO2 du sol est plus limitée du fait d’une
végétation plus éparse et d’une plus faible disponibilité en eau. Dans ces conditions, la croissance
des stalagmites est plus lente, voire cesse. Au contraire, durant les périodes humides, l’activité
biologique est accrue, produisant davantage de CO2, et l’alimentation en eau augmente, le tout
favorise un concrétionnement plus intense.
L’interruption de croissance de la stalagmite STM2 vers 4000 BP peut signifier une
augmentation de l’aridité. Celle-ci concorde avec les conditions d’extrême aridité enregistrées par
STM4 où les rapports δ18O et δ13C atteignent les maximas de leurs valeurs (Fig. 4). Cette
observation concorde avec celle faites dans les grottes espagnoles par Stöll et al. (2013). Si la
croissance de la stalagmite STM4 ne s’est pas interrompue à la même période que STM2, c’est
vraisemblablement que les réservoirs d’eau de percolation qui les alimentent ont des modes de
fonctionnement localement différents.
La plus grande croissance de la stalagmite STM2 vers 4800-4600 BP et celle de STM4 vers
3700-3200 BP traduisent un regain des conditions d’humide. Ce résultat est confirmé par la baisse
enregistrée au niveau des rapports isotopiques (Fig. 4).
L’examen croisé des profils de δ18O et des taux de croissance des stalagmites permet
d’identifier des variations nettes qui traduisent des événements climatiques déjà enregistrés
ailleurs (bassin méditerranéen ou plus globalement). C’est la stalagmite STM4 qui a enregistré un
signal plus net avec des fluctuations plus lisibles à l’échelle de 200-300 ans.
On peut identifier plusieurs phases climatiques :
Phase 1 (6200-5100 BP) : période relativement humide (comparable à l’actuelle ?), mais peu
stable, avec quelques épisodes centenaires d’aridité, notamment vers 5600 BP (deMenocal et al.,
368
Chapitre IX - Reconstitution paléoclimatique à travers l’étude des spéléothèmes
2000) et 5100 BP (ou vers 4900 BP pour McGee et al., 2013). Ces deux derniers événements sont
connus.
Phase 2 (5100-4350 BP) : période plus humide que la précédente, elle atteint son apogée vers
4650 BP, puis entame une détérioration brutale et atteint un climat d’extrême aridité vers 4350
BP. On note un retour bref (durée ≈100 ans) à climat humide vers 4400 BP.
Phase 3 (4350-3800 BP) : période d’aridité aigue (la plus aigüe de l’Holocène ?) qui dure environ
500 ans. Cette crise d’aridité connue et située généralement vers 4200 BP a été enregistrée à l’est
de la Méditerranée et à l’ouest de l’Asie (Roland 2012). L’évidence d’une réduction des
précipitations déduite de l’enrichissement en isotopes stables a été observée dans la grotte Soreq
(Bar-Matthews et Ayalon 2011) ; baisse des niveaux marins dans le Golf d’Oman (Cullen et al.
2000); détérioration mi-Holocène au Sahara vers 3900-4200 cal BP (Kröpelin et al., 2006) ;
certains auteurs l’ont prise pour responsable de la disparition brutale des civilisations de
Mésopotamie (Weiss et al. 1993). L’événement à 4200 BP est relaté par de nombreux auteurs
(Booth et al., 2005 ; Carrión et al. 2007 ; Fairchild et al. 2000 ; Jackson 2005 ; Riehla 2014 ;
Wiener 2014).
Phase 4 (3800-3200 BP) : Période relativement humide comparable à celle de la phase 1, mais
plus stable sur une durée d’environ 500 ans.
Bien qu’il soit possible d’établir certaines corrélations entre les phases climatiques et les
occupations de la grotte GLD1, leur lien de causalité reste hypothétique.
Les observations que l’on peut déduire de la représentation graphique des variations du
rapport isotopique d’oxygène (STM4) et de l’occupation de la grotte sont les suivantes :
369
Chapitre IX - Reconstitution paléoclimatique à travers l’étude des spéléothèmes
-10
Phase 4 Phase 3 Phase 2 Phase 1
-8
humide
avec pics d'aridité
-6
-4 humide et
dégradation vers la fin
δ O
18
-2 retour à l'humide
0
Crise d'aridité
Unités archéologiques
2 UA4 UA3 UA2
abondon
de la grotte
4
Fluctuations de la densité du matériel archéologique
3200 3400 3600 3800 4000 4200 4400 4600 4800 5000 5200 5400 5600 5800 6000 6200
Années (BP)
370
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
1. Introduction
Les études antérieures menées sur les restes fauniques provenant de la grotte de Gueldaman
(GLD1) ont démontrés la présence de l’éléphant, du rhinocéros, des carnivores, de différentes
espèces de bovidés, du phacochère, du singe, du porc-épic, de la tortue et de restes d’invertébrés
(de Baumais et Royer 1926, Chaid-Saoudi, 1987).
L’analyse des restes fauniques provenant des récents travaux de recherches (2010-2012), confirme
bien la présence de restes de vertébrés et d’invertébrés. Les invertébrés sont représentés par les
gastéropodes terrestres, tandis que les vertébrés comprennent des espèces herbivores de
différentes tailles, en majorité des ongulés ; de petits carnivores, exclusivement des canidés ; ainsi
que des rongeurs, lagomorphes, oiseaux, reptiles et amphibiens.
La détermination préliminaire des restes de vertébrés a été assurée par Razika Chelli (CNRPAH,
Algérie) et Naanaa Sehil (CNRPAH, Algérie), sous la direction de Souhila Merzoug (CNRPAH,
Algérie). L’étude de la microfaune a été confiée à une étudiante en Master 2, Nadia Saidani
(Université d’Alger 2, Algérie), sous la direction d’Emmanuelle Stoetzel (MNHH de Paris,
France). Les restes d’invertébrés n’ont pas encore été étudiés.
Dans ce document, nous exposerons les résultats de l’examen archéozoologique des restes de
vertébrés et notamment ceux des mammifères, dont une partie est en cous de publication
(Merzoug et al., soumis). Cette étude a permis d’apporter d’importantes informations sur les
ressources alimentaires et l’évolution diachronique des modalités d’exploitation des animaux
domestiques par les populations néolithiques de GLD1.
2. Méthodes d’analyse
La détermination des restes osseux et dentaires a été possible grâce aux manuels classiques de
référence : Cohen & Serjeantson, 1996 ; Hillson, 1986, 1999 ; Pales et Lambert, 1971 ; Pales et
Garcia, 1981 ; Peter, 1986, 1997 ; Schmid, 1972 ; Walker, 1985.
371
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
La détermination des espèces domestiques, chèvres et moutons, a été établie à partir des critères
morphologiques et métriques proposées par Boessneck et al., 1964 ; Payne, 1985, Prummel et
Frisch, 1986 ; Amorosi, 1989 ; Zeder et Pilaar, 2009 ; Zeder et Lapham, 2010.
Ces identifications préliminaires ont été confirmées au plus précis par une comparaison avec des
collections d’anatomie comparée (CNRPAH-Alger, Algérie ; IPH- Paris, France ; Laboratoire
d’anatomie comparée du MNHN de Paris, France).
De plus, nous avons eu recours à la biométrie, notamment en ce qui concerne, les restes de
Bovinés et de Suidés pour différentier les spécimens domestiques, des sauvages.
Les âges au décès ont été estimés à l’aide des stades d’évolution et d’épiphysation des ossements
(Prummel, 1987, 1988 ; Amorosi, 1989; Silver, 1969) ainsi que et des phases d’éruptions et
d’usures dentaires de Payne, 1973, 1987 ; Helmer et Vigne, 2004, Helmer et al., 2007 ; Blaise,
2009, pour les chèvres et moutons. La figure 1 résume la typologie des différents systèmes de
gestion et d’exploitation du cheptel.
Figure 1. Typologie des exploitations : âges d’abattage, régulation du troupeau, productions recherchées
(Blaise, 2009).
La quantification des restes s’est faite selon : le Nombre de Restes (NR), le Nombre de Restes
Déterminés (NRD) anatomiquement et taxinomiquement (NRDa, NRDt), le Nombre Minimum
d’Eléments anatomiques (NME), le Nombre Minimum d’Individus de fréquence (par élément
372
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
Les restes de vertébrés de la grotte de GLD1 sont bien conservés et leurs surfaces osseuses peu
altérées, ce qui a permis une bonne analyse archéozoologique. Le taux de détermination est assez
élevé puisqu’environ 60 % des restes ont été déterminés.
Ces restes fauniques proviennent de deux collections, l’une issue des déblais des anciennes
fouilles (Beaumais et Royer, 1926) ; la seconde provient des fouilles systématiques organisées par
le CNRPAH depuis 2011 dans les secteurs 2 et 3, sous la direction de Farid Kherbouche.
Entre 2010 et 2011, de nombreux restes osseux et dentaires ont été découverts dans les déblais.
Le tableau 1 présente les différentes espèces et taxons identifiés (NRDt=14691). Les ongulés, qui
sont les taxons les plus fréquents (92% du NRDt), sont représentés par différentes espèces (Fig.
2) : éléphant, rhinocéros, Bovini (aurochs et bœuf), antilope bubale, gazelle, sanglier, chèvre et
mouton, ainsi qu’un équidé. Un nombre important de restes de tortue terrestre, a été observé
(3,6% du NRDt). Seules les plaques ventrales et dorsales de la carapace ont été identifiées. Les
autres taxons déterminés sont représentés par des canidés (chacal et renard), le singe magot, le
porc-épic, des lagomorphes (lièvre et/ou lapin), des oiseaux, des poissons et l’autruche (un test
d’œuf). De nombreux restes osseux appartiennent à des individus périnataux et juvéniles (8,7%
du NRDt).
373
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
Equidés indéterminés 2
Bovidés G (Aurochs, buffle antique, bœuf) 75 46 47 470 131 63 180 859
Bovidés M (Antilopes, mouflon à manchettes) 121 44 73 575 186 90 272 1478
Bovidés P (Gazelles, chèvre, mouton) 156 126 132 462 140 101 4 970
Suidés (Sanglier, porc) 74 60 65 286 47 21 38 185
Ongulés (Fœtus/Juvéniles) 11 9 26 12 19 16 154 545
Canidés (Chacal doré, renard) 2 2 2 5 1 4 3
374
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
Carnivores indéterminés 4 1
Porc-épic (Hystrix cristata) 1 3 1 6
Lagomorphes (Lièvre et/ou lapin) 1 2 3 1
Singe Magot (Macaca sylvanus) 2 1 3 1
Autruche /test d'œuf (Struthio camelus) 1
Oiseaux 3 2
Tortue terrestre (Testudo graeca) 136 8 2 5 9 13 159
Reptiles 1 2 3
Poissons 1 1 132
Microfaune indéterminée 90 147
NRDt 580 291 355 1823 540 308 757 4485
NRDa 59 79 120 553 356 89 588 3708
NRD 639 370 475 2376 896 397 1345 8193
Tableau 1. Liste faunique et quantification des restes de vertébrés issus de la collection hors stratigraphie.
Chèvres et moutons
Avec 1190 restes identifiés (55,7% du NRDt), les chèvres et moutons domestiques constituent les
espèces les plus fréquentes toutes phases chronologiques confondues (Fig.3). Ces espèces
domestiques ont été identifiées à GLD1 dès la première phase d’occupation néolithique (UA1)
vers 7002-6800 cal BP. L'importance que constituent ces espèces pour l’économie des
375
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
populations néolithiques a motivé une analyse détaillée des stratégies d’élevage et d’exploitation
qui sera présentée dans un chapitre à part.
Tableau 2. Liste faunique et quantification des restes de vertébrés issus des fouilles systématiques de 2011-
2012 à GLD1.
376
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
Les restes de Bovini représentent 18,3% du NRDt. La rareté d’éléments anatomiques spécifiques
tels que les fragments crâniens et les chevilles osseuses, rendent la discrimination entre espèce
sauvage (aurochs) et domestique (bœuf) ardu. Nous avons donc opté pour une différentiation
d’ordre biométrique sur certains éléments anatomiques. Mais là encore, la faiblesse de
l’échantillon en notre possession n’a pas permis une discrimination probante ; d’autant plus
qu’une différence d’ordre métrique peu parfois résulter d’un dimorphisme sexuel autant que
d’une disparité entre spécimens sauvage et domestique. De plus, la présence d'individus
immatures et jeunes complique d’avantage l'identification. Cependant, nous avons observé que la
majorité des pièces anatomiques de grande taille sont plus fréquentes dans l’UA1, tandis que les
petites sont situées dans les unités UA2 à UA4. Pour exemple, les mesures des phalanges
intermédiaires provenant de l’UA1 entrent dans la limite de dispersion de celles des aurochs, alors
que les autres s’intègrent dans le nuage de dispersion des bœufs domestiques mâles et femelles ;
toutefois, certaines mesures restent dans la limite de celles des aurochs femelles (Fig. 4).
Phalanges intermédiares
60
55
B. taurus M
50 B. taurus F
B. taurus I
B.p.MDZ
45
B.p.ALL
GL
B.p.MONT
40 GLD1.UA4
GLD1.UA3
35 GLD1.UA2
GLD1.UA1
30
25
20 25 30 35 40 45
Bp
Figure 4. Diagramme de dispersion des mesures des phalanges intermédiaires de Bovini. (Mesures Bos taurus
(M=mâle, F=femelle, I=indéterminé) : Peters, 1986 ; B.p. MONT= Bos primigenius La Montagne : Helmer
et Monchot, 2006 ; B.p. All (les Allobroges) : Hadjouis, 1983 ; B.p. MDZ (Medjez) : Merzoug.
Une étude antérieure faite sur les restes de Bovini issus des fouilles des années 1920 (Collection
Arambourg, MNHN) indiquait déjà la présence de bovins domestiques à GLD1 (Chaid-Saoudi,
1987) avec une date radiocarbone en pleine transition UA2/UA3 (Ly3657 4630±130 BP, 5652-
377
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
4943 Cal 2σ BP). De plus, l’auteur suggère un remplacement de l’espèce sauvage par l’espèce
domestique, vu le faible pourcentage de restes attribués à l’aurochs (Chaid-Saoudi, 1987, p. 82).
Suidés
Les restes de suidés (15% du NRDt) présentent également des individus de grande et de petite
taille. De plus, la forte fréquence des individus jeunes ne facilite pas une bonne différentiation
entre sauvage et domestique. Toutefois, les données métriques des individus adultes semblent
suggérer que la plupart des restes de suidés peuvent être attribués au sanglier plutôt qu’à l’espèce
domestique. Pour exemples, les mesures des astragales (talus) d’adultes de GLD1 entrent dans la
limite de dispersion des mesures des astragales de sangliers actuels (Fig. 5).
Talus
55
50
45
Porc
GL
40 Sanglier
GLD1.UA3
35
GLD1.UA2
GLD1.UA1
30
25
15 20 25 30 35
Bd
Figure 5. Diagramme de dispersion des mesures des talus de Suidés. (Proc et sanglier actuels : Merzoug).
Autres espèces
Des espèces sauvages comme la gazelle (probablement la gazelle dorcas d’après les dimensions
des dents), le mouflon à manchettes et l’antilope bubale sont identifiés tout au long de la
séquence stratigraphique de GLD1 ; ce qui suggère que la chasse était encore pratiquée durant les
temps néolithiques. Ces espèces représentent environ 3% du NRDt.
Les carnivores sont extrêmement rares (0,5% du NRDt) et sont représentés uniquement par des
canidés, le chacal doré et le renard roux.
On note également la présence du porc-épic et de lagomorphes (lièvres du cap et lapin). C’est
deux taxons constituent 2,7% du NRDt.
La tortue terrestre est une espèce assez fréquente à GLD1 (4 % du NRDt), notamment dans les
unités archéologiques UA2 et UA3. Elle est majoritairement représentée par des fragments de
plaques dorsales et ventrales, ainsi que de très rares restes postcrâniens.
Les restes d’oiseaux sont peu fréquent (1% du NRDt).
378
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
Ovis Capra
UA 4
UA 3
UA 2
UA 1
En regroupant les éléments dentaires des secteurs 2 et 3, on obtient un total de 189 dents,
représentant 58 individus ; ce qui constitue un échantillon d’étude acceptable par unité
archéologique, répartie en sept (07) classes d'âge (Tab.3). Différents modèles de gestion et
d’exploitation peuvent être proposés à partir des profils d’abattage obtenus (Fig. 6) :
Classe* Ages CC NRd NRc NMIc NRd NRc NMIc NRd NRc NMIc NRd NRc NMIc
A 0-2 mois 6 0 0 0 1 6 1 3 18 2 4 24 4
B 2-6 mois 3 5 15 2 2 6 2 5 15 2 13 39 4
379
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
C 6-12 mois 2 16 32 3 4 8 2 5 10 2 8 16 2
D 1-2 ans 1 9 9 3 18 18 4 11 11 3 5 5 2
Total 41 61 13 57 52,5 15 41 62 14 50 93 16
Tableau 3. Fréquence des classes d’âge par unité archéologique (* classe de Payne, 1973 ; CC= coefficient
de correction ; NRd=Nombre de restes dentaires, NRc=Nombre corrigé de restes dentaires ;
NMIc=Nombre minimum d’individus de combinaison).
Figure 7. Profils d’abattages des chèvres et moutons à GLD1 en % de Nombre de Restes dentaires
corrigée (%NRc).
- Le profil d’abattage de l’UA1 montre un pic au niveau de la classe C suivi d’une bonne
représentation des classes B et D : environ 90% des bêtes ont donc été abattues entre 2 et 24
mois. Ce profil suggère une exploitation de viande tendre de type A, qui s’apparente à un
système d’exploitation de type domestique, comme pour les sites du Midi de la France tel que La
Balance, site campaniforme du Vaucluse (Helmer et Vigne, 2004).
380
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
- Dans l’UA2, la majorité des individus abattus étaient âgés entre 1 et 4 ans (classes D et E-F). Ils
sont associés à l'abattage d'un nombre significatif d'agneaux et jeunes âgés de moins de 12 mois.
Ce type de profil reflète une gestion du troupeau de type mixte pour la production de viande et
de produits secondaires, notamment le lait. En effet, l'abattage des jeunes individus et des sub-
adultes ayant atteint leurs poids maximum (1-2 ans) indique une forte production de viande de
type B. D’ailleurs, concernant les chèvres, la viande de ces jeunes individus pourrait s’apparenter,
d’un point de vue gustatif à de la viande de gibier (de Simiane, 2003). D’après Helmer et Vigne
(2004), ce type de gestion (profil à viande de type B) suggère une exploitation de type production
avec une recherche de surplus. En revanche, l’abattage d’adultes âgés entre 2 et 4 ans, démontre
une production laitière de type B qui indiquerait plutôt une exploitation de type domestique. En
outre, la présence d’individus âgés de 1 à 2 ans pourrait aussi suggérer une forme de régulation du
cheptel avec l'abattage des femelles sans agneaux (stériles) ou morts nés (Blaise, 2009). La
présence dans cette unité des immatures âgés entre 0 et 2 mois renforce cette hypothèse.
- Le profil de l’UA3 s’apparente également à une gestion de type mixte (viande et lait) que l’on
peut rapprocher de celles des sites français du Cardial ancien (Helmer et Vigne, 2004) ou bien du
site syrien de Ras Sharma (Helmer et al., 2007). Ce système de gestion suggère une exploitation
exclusivement de type production aussi bien pour la viande (type A et B, classes A à D), que
pour les produits laitiers avec l’apparition du profil de type A (bonne représentation des classes A
et B).
- Au cours de l’UA4, un pic d'abattage des immatures et des juvéniles de moins de 6 mois (plus
de 60%) est observée ce qui reflète une production mixte de viande tendre (type A) et de lait
(type A). En outre, une légère augmentation de la classe G (4-6 ans) qui dépasse pour la première
fois les 5% pourrait suggérer une forme de "production" de laine, même si, les chèvres et
moutons des temps néolithiques étaient plutôt poilus que laineux. Nous parlons dans ce cas,
d'une exploitation de la toison (Helmer et vigne, 2004). Toutefois, un important abattage des
individus âgés de 4 à 6 ans pourraient également indiquer un type mixte d’exploitation lait-viande,
caractérisée par l'abattage des femelles produisant moins de lait, tout autant que la poursuite de la
réforme et régulation du troupeau.
381
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
D’après le %NMIf, un déficit est observé au niveau du squelette axial (côtes et vertèbres) dû
probablement à un biais d’identification taxonomique (détermination différentielle), accentué par
la fragmentation. On note, également, une sous-représentation de certains os longs tels que les
ulnas (UA1 à UA3) et les métatarses et métacarpes (UA1, UA4), probablement en raison de la
fragmentation, mais également de l’utilisation de ces éléments comme support pour la confection
d’outils en os. Les phalanges sont également sous-représentées et ni la conservation différentielle,
la fragmentation et encore moins la collecte des restes ne peut expliquer ce déficit. En revanche,
la présence de traces de dépouillement sur des phalanges intermédiaires (UA4) qui met en
relation ces éléments avec l’exploitation des peaux, voire des toisons, peut éventuellement
expliquer ce manque, s’il on admet que les phalanges y attenant, ont pu être rejetés dans un autre
secteur du site afin d’être utilisés ultérieurement.
Figure 8. Représentation des éléments anatomiques des chèvres et moutons à GLD1 (% NME=% du
nombre minimum d’élément anatomique, %NMIf=% du nombre minimum d’individus de fréquence).
Le tableau 4 regroupe les traces anthropiques les plus fréquemment observées sur les restes
osseux et qui se rapportent aux traitements de boucherie et de cuisson. Les différentes unités
archéologiques donnent d’assez bons résultats pour documenter les étapes de traitement culinaire
et de boucherie réalisées par les populations néolithiques de GLD1. Les marques de découpe
représentent environ 3% du NRD des ovicaprinés et correspondent aux étapes de dépouillement,
382
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
Tableau 4. Pourcentages des traces d’origine anthropique à GLD1 (les pourcentages sont calculés par
rapport aux NRDt des chèvres et moutons).
Les carcasses de chèvres et moutons étaient coupées en quartier, par incisions et/ou fracturation
(percussion) pour une coupe de gros et de détail. Par la suite certaines pièces de viande (côtes,
poitrine, épaule) étaient cuites, vraisemblablement rôties ou grillées. Par ailleurs, les os longs et les
corps de mandibules étaient fragmentés par percussion afin d’obtenir la moelle osseuse en vue de
la consommer. Il n’est pas exclu, voire même probable, que les éléments anatomiques ayant été
383
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
fragmentés, aient été récupéré comme supports pour la confection d’outils en os, voire même
utilisés sans avoir été façonnés (outils peu élaborés). D’autres éléments, notamment les
métapodes (métatarses et métacarpes), scapula et les ulnas, semblent avoir été, sciemment, mis de
côté pour le façonnage d’outils.
5. Discussion et conclusions
384
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
Même si la chasse était encore pratiquée (antilopes, mouflon, sanglier et aurochs pour les phases
anciennes), l'élevage des chèvres et moutons est documenté à GLD1 dès l’UA1 (7002-6800 cal
BP), avec une légère dominance de la chèvre. Cette espèce est en effet la plus apte à vivre dans un
environnement de type montagneux et à s’adapter à la topographie de la région de l’Adrar
Gueldamen. En outre, il semblerait qu’Afrique du Nord, l’élevage des ovicaprinés soit dominé
par les chèvres (Barich, 2014).
Si les étapes de traitement des carcasses de chèvres et moutons semblent assez homogène dans
les différentes unités archéologiques ; un changement dans les stratégies d’exploitation de ce
cheptel est perçu. En effet, et pour la première fois, grâce aux restes fauniques de GLD1, nous
sommes en mesure de proposer des modèles de gestion et d'exploitation du cheptel caprins des
sites néolithiques d’Afrique du Nord-Ouest. Différents types d’exploitation durant les
occupations néolithiques sont proposés à partir des profils de gestion des troupeaux et des
produits extraits de ces animaux (Table. 5).
Dates
Unités Classes d'âge Système
radiocarbones Type de production
archéologiques majoritaies d'exploitation
(Cal BP)
mixte production
Pic classse A et B
UA4 environ 4403 (viande et lait A, (création de
Classe G à plus 5%
toison?) surplus=échanges)
production
mixte
UA3 environ 4918 Classes A à D (création de
(viande A et B-lait A)
surplus=échanges)
domestique
UA1 7002-6800 Classes C, B et D viande type A
(familiale)
Tableau 5. Evolution diachronique des modèles de gestion et systèmes d’exploitation des chèvres et
moutons à GLD1. [Lait A: recherche d'une forte production laitière, Lait B: une simple recherche de
production laitière, Viande A: recherche d'une viande tendre, Viande B: abattage d'animaux au maximum
de leur rendement]
Bien que ces résultats reposent sur des interprétations plus potentielles que réelles (Helmer et
Vigne, 2004), les modèles de gestion de GLD1 démontrent un changement des modes
d’exploitation, voire une évolution, dans les systèmes et stratégies d’élevages des ovicaprinés à
385
Chapitre X - La faune consommée dans la grotte GLD1
travers les différentes phases d’occupation. Ce changement consiste dans le passage d’un système
d’exploitation de type domestique pour une consommation restreinte à l’échelle familiale ou de la
maisonnée, vers un système d’exploitation de type production en créant un surplus de produit
avec une recherche de rendement en vue d’échanges avec d’autres communautés : En effet, si
dans l’UA1, la gestion du cheptel vise uniquement une exploitation domestique de la viande de
type A ; dès l’UA2, on perçoit les prémices d’un système de production de viande de type B et de
produits secondaires. Mais, ce n’est que dans les unités UA3 et UA4 que le système de
production est clairement identifié avec une exploitation mixte de viande-lait de type A. De plus,
l’exploitation de produits secondaires, notamment laitiers, est étayée par les analyses moléculaire
et isotopique des résidus d'aliments absorbés par les céramiques de GLD1 et qui sont situées
dans les mêmes unités archéologiques (Kherbouche et al., Sous presse). En outre, l’exploitation
des toisons, même si elle n’est pas clairement perceptible dans les profils d’abattage, est toutefois
supposée et semble même, dans l’UA4, suggérer une production dépassant le cadre domestique
(?). Ces changements d’ordre économique, semblent en accord avec les variations climatiques
perçus à GLD1 (Ruan et al. Sous presse) où l’on voit s’installer après une période alternant
relative humidité et aridité (~6000-4900 cal BP, UA2), une phase climatique plus humide et stable
(entre ~4900-4400 cal BP, UA3 et UA4) propice à une occupation humaine plus permanente
durant laquelle les néolithiques de GLD1 ont pu développer leurs activités, notamment leur
système d’élevage des ovicaprinés.
Par ailleurs, il est intéressant de noter que les systèmes d'élevage des chèvres et moutons de
GLD1 correspondent aux modèles de gestion des troupeaux des ovicaprinés de sites néolithiques
méditerranéens du Sud de la France et de l’Italie ainsi que du Proche-Orient (Vigne et Helmer,
1999 ; Helmer et al., 2007, Blaise 2009), notamment en ce qui concerne, la production mixte
(viande-lait) et "l’augmentation" de l’exploitation des toisons entre le début et la fin du
Néolithique dans le sud de la France et au PPNB final au Proche-Orient.
Une corrélation avec d'autres sites néolithiques d'Afrique du Nord est nécessaire et primordiale
pour soutenir et étayer ces nouvelles données afin de mieux comprendre le pastoralisme caprin
nord-africain.
386
Chapitre XI - Analyse des résidus organiques dans les céramiques
Les résultats des travaux présentés ici sont réalisés dans le cadre d’une collaboration avec le Dr. J.
Dunne et le Professeur R.P. Evershed du laboratoire de Géochimie organique de l’Université de
Bristol (Kherbouche et al. 2015).
1. Principe
Lors de l’utilisation d’une poterie pour conserver ou cuire les aliments, notamment les matières
grasses, celles-ci pénètrent à l’intérieur des parois et vont se longer dans les porosités de la
matrice céramique. C’est ainsi que les tessons découverts en fouilles et qui conservent cette
archive de résidus organiques (cire d’abeilles, résines d’arbres, gras animal et végétal, lait, etc.)
peuvent la restituer grâce aux récentes méthodes d’analyses de biochimie-isotopique.
2. Méthode d’analyse
A GLD1, les tessons céramiques découverts en fouilles ne sont manipulés qu’avec une pincette et
déposés dans un film aluminium débarrassés sommairement des sédiments encaissants.
Les détails du protocole expérimental d’analyse des résidus lipidique dans les céramiques est
décrit dans plusieurs publications (Dudd and Evershed, 1998; Copley et al., 2003b; Evershed et
al., 2008b). Les principales étapes expérimentales sont les suivantes :
3. Corpus analysé
Les 140 tessons analysés sont issus des fouilles de 2011 et 2012 et proviennent du secteur 2 (62
tessons/UA2 et UA3) et du secteur 3 (78 tessons/UA1). Ce sont à chaque fois tous les tessons
d’un même carré sur plusieurs couches stratigraphiques qui ont été sectionnés (M47 pour S3 et
G35-36-38, H35 et I38 pour S3).
387
Chapitre XI - Analyse des résidus organiques dans les céramiques
Figure 1. Répartition vertical des tessons du Secteur 2- Zone MN47/48. Les points représentent la
projection dans la plan de la coupe 47/48. Les tessons analysés sont encadrés en pointillés.
4. Résultats
23% des échantillons analysés contiennent des lipides avec une concentration moyenne de 139.1
µg g-1 et une concentration maximale de 617.6 µg g-1(Tab. x). 30 échantillons contiennent assez
de lipides pour pouvoir déterminer leurs natures. Les plus abondants sont les acides gras libres
(FFAs), palmitique (C16;0) et stéarique (C18:0). D’autres acides gras sont présents (C15:0 and C17:0)
probablement d’origine bactérienne caractéristique de l’activité microbienne digestive chez les
ruminants. Les triglycérides (TAGs) et leurs produits de désintégration (DAGs et MAGs) ont été
identifiés dans 50% des résidus (n=15), dans l’intervalle C48 à C54 souvent dominés par C52 (Fig.
2). Les molécules TAGs les plus légères (C42 à C46) caractérisant les matières grasse laitières sont
absentes ((Dudd & Evershed, 1998).
Un échantillon (n°58) contient de fortes concentrations de cétones (C31:0, C33:0 et C35:0) qui sont
connues pour se former à hautes températures (>300°C). Certains chercheurs ont suggéré que
l’abondance des cétones est due à leur accumulation lente et progressive et traduit l’usage répété
d’une poterie en cuisson à hautes températures (Evershed et al., 1995; Raven et al., 1997).
Un seul échantillon (n°2) montre une composition lipidique caractéristique de la cire d’abeille
(Heron et al., 1994; Regert et al., 2001) suggérant l’utilisation de cette poterie très
vraisemblablement pour le stockage de miel.
388
Chapitre XI - Analyse des résidus organiques dans les céramiques
Figure 2. Chromatogramme en phase gazeuse (CPG) de deux échantillons (GLD1/n°146 et 72), a) gras
animal bien préservé fat (n°146) montrant TAGs et DAGs, et b) gras animal dégradé (n°72).
FAx:y : Acides gras (fatty acids); DAG : diaglycérides; TAG, triglycérides; IS, standard interne.
389
Chapitre XI - Analyse des résidus organiques dans les céramiques
28 échantillons de lipides ont été analysés pour déterminer les valeurs de δ13C de la plupart des
acides gras, C16:0 et C18:0 dans le but de caractériser l’origine du gras animal (Fig. 4, Tab. 1). Les
valeurs de δ13C des acides gras varient entre -28.3 to -22.4 ‰ et celles de δ13C18:0 varient entre
from -33.2 to -25.5 ‰. Ces valeurs indiques que les anaimaux ayant produit ces matières grasses
se nourissaient de principalement de plantes C3, mais également des plantes C4 en appoint.
Les valeurs de ∆13C (Fig. 4) montrent que 4 échantillons sont constitués de résidus de lait
d’animaux ruminant. Deux autres échantillons (n°62 et 89) avec des valeurs de ∆13C de -3.2‰
sont situés à la limite entre résidus de lait et gras de ruminants. La valeur seuil retenue pour
différentier gras et lait de ruminants est de -3.1‰ (Dunne et al., 2012a; Salque, 2012). Ces deux
échantillons indiquent que les poteries dont il sont issus ont du servir à la fois de récipient pour le
gras et le lait de ruminants. 19 echantillons (68%) sont en revanche associés à de la graisse
animale de ruminant et 3 autres échantillons aux non-ruminants. Quelques échantillons situés à la
limite entre ruminant et non-ruminant indiquent un usage mixte de la vesselle.
390
Chapitre XI - Analyse des résidus organiques dans les céramiques
Concentration
extraite (µg)
Catégorie des lipides
No tesson
δ13C16:0
δ13C18:0
Secteur GR/Gras ruminants
∆13C
UA Composition des lipides
GNR/Gras non
ruminants
44 M47-834 118.6 240.8 -28.3 -28.4 -0.1 FFAs (C16-C18), TAGs GR & GNR
S2
51 M47-812 37.6 68.8 n/d n/d n/d FFAs (C16 - C18) n/d
72 G38-7 194.0 484.9 -26.9 -27.7 -0.8 FFAs(C14-Cl8) GR
75 G38-148 97.0 324.0 -27.6 -28.8 -1.2 FFAs (C14 - C18), DAGs, TAGs GR
77 G38-6 101.6 378.0 -27.5 -28.8 -1.2 FFAs (C16 - C18), DAGs, TAGs GR
79 G38-59 195.7 460.0 -27.4 -28.4 -1.0 FFAs(C14-C18) GR
81 G38-12 5.7 15.0 -26.9 -27.6 -0.7 FFAs (C16-C18), TAGs GR
89 G36-348 12.2 41.1 -22.4 -25.5 -3.2 FFAs(C16-C20) Lait et gras animal
91 G36-347 155.4 529.8 -27.8 -28.3 -0.5 FFAs (C16 - C18), DAGs, TAGs GR & GNR
98 G36-262 6.5 14.1 -25.9 -27.9 -2.0 FFAs (C16-C18), TAGs GR
UA1 103 G36-106 50.2 152.7 -27.0 -28.7 -1.7 FFAs (C16 - C18), DAGs, TAGs GR
S3 104 H35-30 65.4 149.2 -26.3 -28.3 -2.0 FFAs(C16-C18), TAGs GR
105 H35-46 133.6 179.0 -26.4 -28.1 -1.7 FFAs (C16 - C18), DAGs, TAGs GR
112 I38-124 43.5 105.3 -27.4 -31.5 -4.1 FFAs (C14-C18), TAGs Lait
114 I38-72 80.4 136.7 -25.5 -27.0 -1.5 FFAs (C16 - C18) GR
118 I38-167 600.7 1958.2 -26.7 -28.5 -1.8 FFAs (C16 - C18), DAGs, TAGs GR
121 G35-180 21.2 67.6 -26.2 -27.4 -1.2 FFAs (C16 - C18), DAGs, TAGs GR
122 G35-60 286.0 6892 -26.9 -27.3 -0.4 FFAs (C14 - C18), DAGs, TAGs GR & GNR
125 G35-103 143.0 326.0 -21.9 -28.9 -1.0 FFAs (C16 - C18), DAGs, TAGs GR
130 G35-205 32.3 82.5 -25.1 -25.5 -0.4 FFAs (C16 - C18), DAGs, TAGs GR & GNR
146 G35-169 37.5 78.7 -24.7 -27.3 -2.6 FFAs (C16 - C18), DAGs, TAGs GR
2 M47-653 n/d n/d n/d n/d n/d FFA, AL, OH, W, HW Cire d'abeille
35 M47-749 11.3 16.2 -27.3 -33.2 -5.9 FFAs (C16 - C18) Lait
38 M47-695 131.3 137.9 -26.7 -31.7 -5.0 FFAs (C16 - C18) Lait
39 M47-614 57.6 109.5 -28.0 -29.8 -1.9 FFAs (C16 - C18) GR
UA2 S2
41 M47-616 243.7 638.4 -27.1 -26.8 0.2 FFAs (C16 - C18) GNR
43 M47-402 134.6 247.7 -28.1 -26.9 1.2 FFAs (C14 - C18), DAGs, TAGs GNR
56 M47-658 26.7 73.8 -26.3 -30.6 -43 FFAs (C16 - C18) Lait
62 M47-659 16.0 21.7 -27.3 -30.5 -3.2 FFAs (C16-C18), TAGs Lait et gras animal
32 M47-184 255.2 533.3 -27.0 -27.6 -0.5 FFAs(C16-C18), TAGs GR & GNR
UA3 S2 49 M47-207 410.9 653.4 n/d n/d n/d FFAs (C16 - C18) n/d
58 M47-205 617.6 2278.9 n/d n/d n/d FFAs (C16 - C18), Cétones n/d
Table 3 : Concentration en lipides (µg g-1), totalité des lipides extraites (µg), valeurs des δ13C16:0, δ13C18:0,
∆13C, composition et catégories des lipides des tessons de GLD1.
391
Chapitre XI - Analyse des résidus organiques dans les céramiques
5. Conclusion
Parmi les résidus lipidiques identifiés, 4 sont d’origine lactée et 14 attribués aux matières grasses
d’animaux ruminants. Seuls deux résidus proviennent de gras d’animaux non ruminants,
suggérant qu’une faible proportion d’animaux sauvages ont été cuits dans les céramiques de
GLD1.
L’intervalle de variation de δ13C16:0 des acides gras indique que les animaux dont ils sont issus
avaient un régime alimentaire majoritairement constitué de plantes de type C3 avec peu de
plantes C4 en appoint. Ce qui indique que les pasteurs et leurs troupeaux avaient un mode de vie
relativement sédentaire excluant des déplacements sur de longues distances (transhumances).
L’écosystème autour de Gueldaman fournissait donc tout la subsistance nécessaires au bêtes (eau,
pâturage, fourrage, etc.). Ce mode de vie s’oppose à celui des communautés néolithiques
sahariennes où l’environnement et les conditions climatiques contraignent à un pastoralisme
transhumant (deMenocal et al., 2000).
Un tesson provenant du début de la deuxième unité archéologique a révélé la présence de résidus
de cire d’abeille (Kherbouche et al. 2015 ; Roffet-Salque et al. 2015). Il s’agit du plus ancien
témoin d’exploitation de miel et/ou de cire en Afrique du Nord. Le signal spectral enregistré est
caractéristique de l’espèce d’abeille Apis mellifera (Aichholz and Lorbeer, 1999, 2000).
A Gueldaman plusieurs ruches sauvages ont élu domicile dans les anfractuosités des bancs
calcaires dissimulés par la végétation. Dans le village de Bouhitem, niché dans les crêtes de
l’Adrar Gueldaman, à moins de 2 km de la grotte GLD1, certains villageois continuent à récolter
ce miel sauvage très prisé pour ces vertus médicinales. La localisation des ruches est un secret
jalousement gardé (Fig. 5).
Figure 5. Ruche sauvage nichée dans un trou dans les bancs calcaires de Gueldaman.
392
Chapitre XII - L’exploitation des ressources végétales à GLD1
Les résultats présentés dans ce chapitre ne reflètent pas l’exhaustivité des documents
paléobotaniques découverts à GLD1, mais un échantillon d’environ 10% de la totalité du
matériel. L’objectif étant d’établir un premier constat des données économique et climatiques
potentielles que peuvent apporter les macro-restes végétaux.
1. Matériel et méthode
Au cours de travaux de fouilles, les sédiments sont systématiquement tamisés par flottation en
cuve et colonne de tamis de différentes mailles. Ce système permet d'isoler des vestiges
archéologiques assez légers et fragiles, et notamment les macro-restes végétaux carbonisés :
charbons de bois, graines et fruits. Au laboratoire, les refus de flottation sont ensuite triés et
stockés individuellement. La préservation du matériel végétal dans la grotte est exceptionnel, à la
fois en terme de quantité et d’état de conservation, ce qui a conduit à un ensemble représentatif
de macro-restes pour son analyse.
L’analyse de charbons de bois est basée sur l'identification botanique des échantillons. Chaque
fragment a été observé au microscope optique Leica par réflexion en fond clair/fond noir.
Chaque charbon de bois est cassé à la main et aucun traitement chimique n’a été nécessaire, de
sorte que ces échantillons peuvent être utilisés plus tard pour datation au radiocarbone (Vernet et
al, 1979). Pour les comparaisons anatomiques, nous avons utilisé la littérature spécialisée sur
l'anatomie des plantes (Greguss, 1955, 1959; Neumann et al, 2001; Schweingruber 1990) et la
collection de bois carbonisés de plantes méditerranéennes du Laboratoire de Préhistoire de
l'Université de Valence. Le charbon de bois peut être identifié dans la gamme des espèces, mais
des similitudes anatomiques entre les groupes d'espèces font souvent arrêter l'identification dans
le genre ou la famille, ou même de grands groupes (par exemple conifères / angiospermes).
La fréquence des taxons identifiés est mesurée en pourcentage du nombre de fragments et les
résultats reflètent les espèces ligneuses exploitées pour le feu et donc, présentes parmi la flore
locale (Chabal, 1997; Asouti et Austin, 2005). Ainsi, l’analyse des charbons de bois a une double
approche: une approche ethnographique portant sur les usages du bois liés à une activité
humaine, et une approche écologique (reconstruction du couvert végétal), à partir des résidus
d'activité domestique (Chabal, 1988).
393
Chapitre XII - L’exploitation des ressources végétales à GLD1
Les graines son également récupérés par le système de flottation et tri décrit ci-dessus.
L’identification des graines a été faite sous la loupe binoculaire par comparaison avec la collection
de référence de graines et fruits actuels et de la documentation spécialisée en anatomie des grains
du laboratoire d’Archéobiologie de l’Instituto de Historia del CSIC de Madrid.
Bien que les études carpologiques contribuent à la reconstruction paléoenvironnemental,
l'information qu'ils fournissent est fondamentalement paléoéconomique, puisque on identifie les
plantes récoltées et/ou cultivés principalement à l'usage alimentaire.
En ce qui concerne la séquence de charbon de bois, la quantité exceptionnelle du matériel nous a
permis de sélectionner une colonne (carré I38) afin d'élaborer le diagramme anthracologique
(même si le prélèvement de sédiments pour la flottaison a été réalisé dans tous les secteurs
fouillés). Les restes carpologiques présentés proviennent de tous les secteurs fouillés, et la
quantité de restes obtenus pour chacune des phases est très inégale.
2. Résultats préliminaires
Près de 3.000 fragments de charbon de bois ont été analysés, et au moins 21 taxons ligneux ont
été identifiés (Fig. 1). La séquence de charbon de bois est concentrée dans deux grandes phases:
les niveaux pré-néolithiques correspondant à la transition Pléistocène-Holocène et à l'Holocène
ancien; et les niveaux d’occupations néolithiques (UA1) correspondant à l'utilisation de la grotte
comme habitat et abri pour les animaux (Tab. 1). Quant aux restes carpologiques, Ils sont très
rares pour les niveaux pré-néolithique, mais abondants dans le reste de la séquence, jusqu'aux
couches historiques (UA5) (Tab. 2).
Un changement rapide de la végétation est détecté, fondé sur: la réduction de Juniperus et les
taxons associés, l'augmentation progressive de Pistacia, ou l'apparition de la courbe continue de
Quercus. La présence de Taxus baccata parmi les restes carpologiques pourrait indiquer une
augmentation de l'humidité en ce moment.
394
Chapitre XII - L’exploitation des ressources végétales à GLD1
Figure 1 : Structures microscopiques de charbons de bois (Juniperus est en coupe radiale, le reste, en coupes
transversales) provenant de GLD1 (UA1) : (Juniperus sp., Olea europea, Pistacia lentiscus, Pistacia terebinthus)
395
Chapitre XII - L’exploitation des ressources végétales à GLD1
396
Chapitre XII - L’exploitation des ressources végétales à GLD1
397
Chapitre XII - L’exploitation des ressources végétales à GLD1
Après un hiatus chronologique, la séquence néolithique est documentée dans plusieurs secteurs
de la cavité. La présence de grains d'Olea et Vitis et de coprolithes d’animaux sont liées à un usage
pastoral de la grotte, mais quand ces restes sont absents, autre utilisation de la grotte pourrait être
suggérée. Aussi en ce moment, de possibles taxons domestiques, notamment légumineuses et
céréales, apparaissent. À partir des niveaux néolithiques, les charbons montrent une dominance
d’Olea, également associé à des usages pastoraux. Olea et Vitis semblent correspondre avec les
niveaux auxquels les excréments d'animaux apparaissent. La surreprésentation de cette espèce
cache la dynamique des autres taxons, éventuellement présents dans l'environnement, mais pas
apporté à la grotte comme fourrage.
Les restes de plantes cultivées sont très rares ; entre les céréales on a documenté le blé tendre /
blé dur (Triticum aestivum / durum) et l'orge dans les dernières unités archéologiques. De même,
nous avons identifié plusieurs légumineuses dont vesces et plusieurs graines de Lathyrus. Les
plantes sauvages sont plus abondantes en soulignant la présence de Chamaerops humilis et de
lentisque. Nous avons également récupéré des glands (Quercus sp.), des olives et un pépin de raisin
minéralisé (Tab. 2 et Fig. 2).
398
Conclusions générales
399
(morphologie générale, état des surfaces, nature des résidus organiques ayant migré à l’intérieur
des éléments calcaires et ayant enduit les faces mises en relation avec les cuissons « à vif » ou à
travers des récipients).
L’établissement du cadre chronologique du remplissage, repose sur vingt-huit échantillons
de charbons de bois (5 à 15 mm), des secteurs 2 et 3, datés au radiocarbone 14C entre 2011 et
2015 (LCSE-LMC14 Gif-sur-Yvette, et Beta Analytic INC-USA). La cohérence des datations
confirme le maintien des dépôts sans perturbations majeures. Pour s’assurer que répondait à la
concordance colorimétrique et structurelle des dépôts celle des datations, celles-ci ont été
multipliées. Entre les secteurs 2 et 3 pas moins de 4 datations ont été obtenues, latéralement
espacées chacune d’un à deux mètres. La succession chronologique des dépôts des Secteurs 2-3
est cohérente. Le croisement des donnés stratigraphiques, chronologiques et culturelles, ainsi que
la répartition verticale du matériel archéologique étudié en S2 et S3 a permis de définir 5 niveaux
archéologiques (UA1 à UA5) reposant sur un niveau localement (S3) stérile, sans toutefois
atteindre le substratum rocheux. Le cinquième niveau (UA5) est représenté par un dépôt
sédimentaire (20 cm) localisé, pour le moment en S2. Son contenu archéologique (céramique
tournée) est conforme à l’âge historique établi vers 1400 cal BP.
L’étude du matériel archéologique des niveaux néolithiques UA1 à UA4 est présentée
dans le cadre de ce mémoire (Tab. 1). Bien que l’individualisation des unités chrono-archéo-
stratigraphiques soit bien établie, les phases de transition entre les niveaux dits de « pleine
occupation » (UA2-UA3 et UA3-UA4) ne constituent pas des périodes d’abandon de la grotte,
comme c’est le cas, peut être, en ce qui concerne la transition UA4 -UA5. Lors de ces transitions
on peut envisager le déroulement d’épisodes de moindre de fréquentation/activité ayant produit
des ralentissements ou des déplacements des activités, affectant l’occupation des lieux (entre S2-
S3). De ce fait, la difficulté d’établir des fourchettes chronologiques sûres et représentatives des
durées d’occupations n’est pas totalement surmontée malgré le nombre de datations obtenues. Si
la chronologie des épisodes de « pleine occupation » est bien cernée, avec une résolution de 100 à
200 ans (≈ 7000 BP/UA1, ≈ 6000 BP/UA2, ≈ 4900 BP/UA3 et ≈ 4200/UA4), il restera à
estimer, (à partir d’autres recherches) leur étendue temporelle. Pour contourner ces imprécisions
nous avons exploité une catégorie d’archive géochimique, bien présente dans la grotte, ayant
enregistré in situ et en continu des données successives locales et régionales à l’insu des activités
anthropiques. Il s’agit des formations stalagmitiques de spéléothèmes.
En effet, dans le cadre de l’étude paléoclimatique, j’ai prélevé en grotte de hautes
stalagmites pour obtenir une plage chronologique étendue. Leur formation (succession de
lamines de croissance par des dépôts de calcite) devant couvrir, à défaut de la totalité, une partie
de la durée d’occupation de la grotte. Rappelons ici les fondamentaux de cette recherche. Le
principe consiste à établir un profil longitudinal des variations des rapports isotopiques de
l’oxygène et du carbone, chronologiquement calé par une série de dates absolues U/Th le long de
l’axe de formation de la stalagmite. Dans le cas étudié à titre de test, la section de la stalagmite
STM2 montre que la croissance a débuté vers 6200 BP et s’est achevée vers 4000 BP (≈ [UA2 à
UA4]). On observe trois épisodes de calcite très sombre renfermant des microcharbons dans les
lamines les plus foncées. J’ai constaté que les datations de ces lamines foncées coïncident avec les
400
datations de « pleine occupation » des unités archéologiques UA2, UA3 et UA4. Ces repères
sombres qui colorent la calcite, chimiquement blanchâtre lorsqu’elle est pure, sont ceux que
laissent des particules de carbone organique produites par l’activité de feux dans la grotte (suie).
La stalagmite s’avère donc être un support d’enregistrement de très haute résolution (annuelle),
permettant d’apprécier la présence/absence et l’intensité de l’activité de feux en grotte.
Information déduite du gradient de contraste observé entre des colorations grises à noires, le long
de l’axe de croissance de la stalagmite. Ainsi se trouvent validées et même affinées les fourchettes
chronologiques établies pour UA3 et UA4, par les données chrono-stratigraphiques. La durée de
l’UA1 non représentée par l’archive stalagmitique, a été bien établie par les données
chronostratigraphiques. En résumé, nous avons une occupation néolithique qui s’étenderait sur 3
millénaires entre 7200 BP et 4200 cal BP. Trois niveaux d’occupations se succèdent donc à
GLD1 (en cal BP) : UA1 [7200-6500], UA2 [6500-5300], UA3 [5000-4600], et UA4 [4500-4200].
Le laps de temps relativement long qui sépare la fin de l’UA4 et les derniers témoins de présence
humaine des temps historiques n’est marqué ni stratigraphiquement ni archéologiquement par des
dépôts suffisants dans le secteur S2. On peut conclure à une rupture dans le mode d’occupation
néolithique, c'est-à-dire à un abandon plutôt qu’à un déplacement dans un autre endroit de la
grotte
L’étude paléoclimatique réalisée sur deux stalagmites STM2 et STM4 a permis d’aboutir à une
reconstitution climatique couvrant la période 6200 BP - 3200 BP. Quatre phases ont été
reconnues :
-Phase 1 [6200-5100 BP] : période relativement humide, peu stable, traversée de courts épisodes
d’aridité, de durée centenaire, vers 5600 BP et 5100 BP.
-Phase 2 [5100-4350 BP] : période plus humide que la précédente, atteignant son apogée vers
4650 BP, puis entamant une abrupte détérioration. Celle-ci conduisit à un climat d’aridité extrême
vers 4350 BP. Un bref retour (durée ≈100 ans) à un climat humide s’est produit vers 4400 BP.
-Phase 3 [4350-3800 BP] : période d’aridité aigüe ayant duré 500 ans environ. Cette crise d’aridité
ailleurs attestée est située généralement vers 4200 BP, elle a été enregistrée à l’est de la
Méditerranée et à l’ouest de l’Asie.
-Phase 4 [3800-3200 BP] : période relativement humide comparable à celle de la phase 1, mais
plus stable durant 500 ans environ.
On a donc relevé une certaine concordance entre les périodes d’occupations de GLD1 et
certaines variations climatiques établies, même si les liens de cause à effet, ne peuvent pas être
assurés. En effet, les unités archéologiques UA2 et UA3 sont synchrones des phases humides 1 et
2. Les pics de fréquentation correspondent aux périodes les plus humides. La plus faible
fréquentation entre la fin de l’UA2 et le début de l’UA3 coïncide avec une dégradation du climat,
marquée par un pic d’aridité à 5600 BP. La baisse de fréquentation (supposée) de la grotte lors de
l’UA3 coïncide avec une dégradation du climat à la fin de la phase 2. Le pic de fréquentation de
l’UA4 coïncide avec une brève (≈ 100 ans) amélioration, située au cours du processus de
dégradation du climat, vers la fin de la phase 2. L’abandon de la grotte survient au début de la
crise d’aridité (Phase 3). La grotte sera ultérieurement réinvestie de façon occasionnelle et brève
(visites) au début des périodes historiques.
401
L’étude des restes fauniques de GLD1 a montré la présence de l’éléphant, du rhinocéros,
des carnivores, de différentes espèces de bovidés, du phacochère, du singe, du porc-épic, de la
tortue et des Invertébrés. Les données malacologiques (à l’étude) complètent le panorama de la
subsistance. Les analyses (S2-S3, 2010-2015), conduites par S. Merzoug, montrent une faible
diversité des espèces mammaliennes, dominée par la chèvre et le mouton domestiques (plus de
55% du nombre de spécimens identifiés). Les Bovini et les suidés sont bien représentés tout au
long de la séquence chrono-culturelle: les animaux sauvages coexistent dès les premièrs niveaux
avec les animaux domestiques, alors que les suidés semblent toujours appartenir à des sangliers.
Cela permet d’établir la coexistence, dès le premier niveau, de la chasse (antilopes, mouflon,
sanglier et aurochs) et de l'élevage (chèvres et moutons), avec une légère dominance de la chèvre.
Cette espèce étant plus apte à vivre dans l’environnement montagneux de la région de l’Adrar
Gueldaman. Le bœuf domestique (à l’étude pour l’UA1) est attesté pour UA2-UA4.
Si les étapes de traitement des carcasses de chèvres et moutons semblent restées assez
homogènes (UA1-UA4), un changement dans les stratégies d’exploitation de ce cheptel est perçu.
Les modèles de gestion découlant des profils d’abattage, démontrent un changement du mode
d’exploitation, voire une évolution, dans les systèmes et stratégies d’élevage des ovicaprinés. Le
changement observé souligne le passage d’un système d’exploitation considéré comme étant de
type domestique, répondant à une consommation restreinte à l’échelle d’un groupe, à un autre
système d’exploitation conduisant à une surproduction recherchant le rendement, en vue
d’échanges avec d’autres communautés. En effet, si dans l’UA1, la gestion du cheptel est
uniquement orientée vers l’exploitation domestique de la viande de type A (Recherche d'une viande
tendre) ; dès l’UA2, on perçoit les prémices d’un système de production de viande de type B
(Abattage d'animaux au maximum de leur rendement) accompagné de produits secondaires. Mais, ce
n’est que dans les unités UA3 et UA4 que le système de production est clairement identifié avec
une exploitation mixte de viande-lait de type A. De plus, l’exploitation de produits secondaires,
notamment laitiers, est étayée par les analyses moléculaires et isotopiques des résidus d'aliments
absorbés par les céramiques de GLD1 provenant des mêmes unités archéologiques. En outre,
l’exploitation des toisons, même si elle n’est pas clairement perceptible dans les profils d’abattage,
est toutefois supposée et semble même, dans l’UA4, suggérer une production dépassant le cadre
domestique (?). Il est intéressant de noter que les systèmes d'élevage des chèvres et moutons de
GLD1 correspondent aux modèles de gestion des troupeaux des ovicaprinés de sites néolithiques
méditerranéens du Sud de la France et de l’Italie ainsi que du Proche-Orient (Vigne et Helmer,
1999 ; Helmer et al., 2007, Blaise 2009), notamment en ce qui concerne, la production mixte
(viande-lait) et "l’augmentation" de l’exploitation des toisons entre le début et la fin du
Néolithique dans le sud de la France et au PPNB final au Proche-Orient.
Une corrélation avec d'autres sites néolithiques d'Afrique du Nord est nécessaire pour soutenir et
étayer ces nouvelles données afin de mieux comprendre le pastoralisme caprin nord-africain.
Les restes de la micro-faune sont en cours d’étude, leurs résultats ne sont pas disponibles.
Les témoins paléobotaniques à GLD1 sont très abondants, ils ont été systématiquement
recueillis grâce au tamisage par flottation des sédiments fouillés. Il s’agit de charbons de bois
d’arbres, et de macrorestes d’autres végétaux incluant des graines carbonisées. Les premiers
402
résultats sont ceux d’un échantillon d’environ 10% de la totalité du matériel, testé pour établir des
données environnementales, économiques et climatiques. Près de 3.000 fragments de charbon de
bois ont été analysés, et au moins 21 taxons ligneux ont été identifiés. Le niveau stérile
archéologiquement sous-jacent à l’UA1 a livré en S3/I38 des charbons de bois (sans restes
carpologiques) permettant d’esquisser une transition dans le couvert végétal synchrone du début
de l’UA1. Un changement rapide de la végétation a été observé, il se fonde sur la réduction de
Juniperus et des taxons associés, sur l'augmentation progressive de Pistacia, et l'apparition continue
de Quercus. La présence de Taxus baccata indique une augmentation de l'humidité à cette période.
La séquence documentée en S2 et S3 atteste de la présence d'Olea et de Vitis ; des coprolithes
d’animaux (en cours d’étude) plaident pour un usage temporairement partagé de la grotte. La
surreprésentation d’Olea sp., pourrait atténuer la présence d’autres feuillus de l'environnement,
peu ou pas rapportés en grotte comme fourrage.
Les témoins de plantes cultivées sont très rares et certains tardifs (UA4) ; parmi les céréales, le blé
tendre / blé dur (Triticum aestivum / durum) et l'orge (hordeum vulgare) ont été découverts dans la
dernière unité archéologique (UA4). Plusieurs légumineuses ont été identifiées, il s’agit de vesces
et de graines de Lathyrus (UA1 à UA3).
Les témoins culturels sont représentés par des documents transformés à partir de matières
premières variées et appropriées, il s’agit de ceux d’une industrie lithique taillée, d’un matériel de
boyage, et ceux d’un équipement en pierre polie, d’une industrie osseuse, de témoins de récipients
présents à l’état de tessons céramiques, d’éléments de parure et de documents symboliques. Les
études concernent à la fois les documents découverts hors stratigraphie (HS) et ceux de fouilles
présentés par unité archéologique (UA1 à UA4).
Même si les documents issus de la collection HS ne disposent pas de repère chrono-
stratigraphiques, leur intégration dans les classifications donne la possibilité d’une
contextualisation a posteriori. Parfois, il est même arrivé au cours des analyses que des liens directs
soient établis entre documents des deux collections (raccords de tessons céramiques, fragments
de lame en silex l’une brute et l’autre retouchée provenant du même nucléus, etc.). Cela m’a
conduit à admettre l’idée qu’au fur et à mesure de l’avancement des travaux in situ, la collection
HS sera de mieux en mieux contextualisée et valorisée si d’autres raccords sont effectués. Cette
éventualité ne s’imposait pas au début des travaux, et cette option aurait pu n’être pas choisie, or
il se trouve, maintenant, au terme de ces cinq années de recherche, qu’elle contribue à mieux
appréhender et connaitre tout le contenu culturel de cette grotte, sa fonction d’abri pastoral et
son rôle dans le massif de Gueldaman.
Témoins culturels
Le corpus lithique taillé est constitué de 2167 pièces réparties différemment entre les quatre
unités archéologiques (UA1 : 30% ; UA2 : 24.5% ; UA3 : 3.8%, UA4 : 0.7% et 40% HS).
L’essentiel du matériel lithique taillé provient des deux premières unités (UA1 et UA2). UA3 n’a
surtout livré que des éclats bruts (et 6 outils), et l’UA4 que 16 éclats bruts dont 10 en calcaire.
L’absence de développement d’une d’industrie lithique dans les deux derniers niveaux
archéologiques ne peut pas s’expliquer en invoquant seulement l’absence de ces niveaux,
403
uniquement représentés dans le secteur 2. C’est donc un signal ayant localement une forte
incidence culturelle qu’il va falloir prendre en considération. Nous verrons ci-dessous que la
durée de la pratique d’une industrie osseuse contraste avec celle d’une industrie lithique. Ce
phénomène culturel qui s’amorce bien avant le Ve millénaire BP est connu par ailleurs pour être
un marqueur de cette période Néolithique (Camps-Fabrer 1966). En évoquant les traits culturels
du Néolithique méditerranéen, G. Camps signalait déjà que « La faiblesse de l’industrie lithique
est largement compensée par l’enrichissement de l’industrie de l’os et des objets de parure par
rapport à l’Ibéromaurusien » (Camps 1974, p. 267).
Les tailleurs de GLD1 étaient d’habiles artisans leurs productions témoignent d’une
indéniable dextérité technique malgré l’absence d’homogénéité des matières premières
disponibles dans leur environnement proche. Ils ont dû gravir les montagnes du Djurdjura pour
s’approvisionner en silex blond de bonne qualité et longer la Soummam en direction de la mer
pour se procurer quelques roches volcaniques.
L’exploitation préférentielle du silex et du calcaire est un fait constant et bien établi tout
au long de la séquence. Des variations quantitatives de ces deux matériaux d’une unité à l’autre,
traduisent une exploitation croissante des calcaires au détriment du silex. Le calcaire local à grain
fin, très abondant, est perçu comme une matière répondant à des besoins expédients, palliant le
manque de silex.
Au cours de la production de supports, se met en place un nouvel objectif du débitage, de
type Néolithique, il s’agit d’une production majoritaire d’éclats, plutôt courts ; elle installe
l’impression de normes locales, contingentes, mais néolithiques. Les éclats en silex ne sont pas de
grande taille, quant à ceux débités en calcaire, on constate qu’ils ne bénéficient presque pas de
transformation en outil. Les produits de débitage mettent en évidence un fort taux de production,
pour un assez faible taux de transformation des supports. Les lames en silex ont été recherchées
dans le cas de transformations spéciales (scies). La production des éclats en silex et en calcaire
résulte de la même séquence technique (percussion directe, à l’aide d’un percuteur dur et tendre).
La production des supports allongés en calcaire et en silex résulte de deux séquences différentes.
En calcaire, cette production résulte d’une séquence technique par percuteur dur. En silex, les
pièces allongées plus minces que leurs semblables en calcaire, sont obtenues par percussion
tendre et parfois par pression.
On constate une première rupture, technologique, avec l’outillage lithique épipaléolithique
sensu lato notamment avec les débitages laminaire et lamellaire. Toute la palette des types d’outils
épipaléolithiques (fonds commun) est représentée à GLD1 (UA1 et UA2). Les burins ne sont
attestés qu’en UA1. Cependant, on note l’apparition et le développement d’un groupe de racloirs,
d’un groupe de scies (les Scies en UA2 seulement), l’apparition de la retouche bifaciale (armatures
de flèches) ; ces apports sont typologiquement et techniquement très structurants et les nouveaux
types de retouches (écailleuse-semi-abrupte, micro-denticulée et envahissante) permettent la
création de morphologie nouvelles (traitement marginal des racloirs à retouche écailleuse, bordant
un bord denticulé-Scie). Les besoins auxquels répond l’outillage de GLD1 sont à la fois ceux
directement liés aux outils du fonds commun de traditions épipaléolithiques, et ceux liés au
404
changement d’activités en rapport avec le mode de vie pasteur-collecteur (racloirs et denticulés-
scies).
Pour tenter d’identifier des traits culturels pouvant constituer un héritage issu des
traditions antérieures Capsiennes et Ibéromaurusiennes, nous avons retenu deux sites
emblématiques de ces deux cultures (Afalou Bou Rhummel/Babors/Niveaux supérieurs
Ibéromaurusiens et Medjez II /Hautes-Plaines Sétifiennes/Capsien Supérieur/Phase II). Les
deux sont géographiquement proches de GLD1 (rayon de moins de 100 km), le deuxième
(Medjez II) présente une période de recouvrement chronologique (Phase IV de Medjez II) avec
GLD1 (UA1).
Démêler les héritages Capsiens et Ibéromaurusien à travers l’examen des assemblages
lithiques s’est avéré difficile. Même si, paradoxalement, et malgré l’éloignement chronologique,
nous retrouvons « des réminiscences » ibéromaurusiennes que nous attribuons au même territoire
géographique partagé (Babors) et aux même matières premières lithiques collectées et débitées
(siliceuses de qualité médiocre).
Par ailleurs, nous avons constaté que le groupe des pièces à coches semble croître d’une
manière continue depuis l’Ibéromaurusien jusqu’au Néolithique en passant par deux étapes
intermédiaires. Celles-ci sont présentes à Medjez II Phase II et IV avec notamment une scie dans
le groupe des coches et denticulés de la Phase IV. Nous interprétons ce constat comme pouvant
résulter d’une évolution typologique. Ce tournant se situant entre le dernier niveau de Medjez II
(Phase IV) et l’assemblage lithique Néolithique de GLD1. On peut penser qu’il s’agit d’un
changement comportemental en relation avec un usage plus fréquent des denticulés (végétaux ?).
In fine, si démêler les héritages Capsiens et Ibéromaurusien est difficile, n’est-ce pas parce que la
filiation entre ces deux cultures reste évidente ? Pour S. Hachi par exemple (2003, p. 224-226) et
son expérience Ibéromaurusienne, une relation typologique évolutive des couches supérieures
ibéromaurusiennes d’Afalou et la phase I de Medjez II, est envisageable. Or on sait que H.
Camps-Fabrer l’admettait déjà, avec prudence (Camps-Fabrer 1975, p. 418). L’idée d’une filiation
entre les industries Ibéromaurusienne et Capsiennes est avancée par d’autres chercheurs (Brahimi
1972, Gragueb 1983, Lubell 1984).
En résumé, il ressort de l’examen lithique comparatif, l’établissement d’un réel lien typologique
évolutif entre Medjez II (Phase IV) et l’UA1 de GLD1, occupations quasi-contemporaines. Ce
lien établi entre les derniers niveaux Ibéromaurusiens d’Afalou et la première phase d’occupation
de Medjez II, nous conduit, par transitivité chronologique, à établir un continuum d’une plus
longue durée remontant au creuset Ibéromaurusien. GLD1 en conserve des traits initiaux à
valeur « génétique » et fait lentement évoluer son patrimoine culturel.
L’industrie osseuse de GLD1 est exceptionnelle par sa diversité, sa facture et son degré de
conservation. Elle est représentée par un corpus de 260 objets finis (surtout des outils) et 31
pièces techniques. Une part importante provient de la collection hors stratigraphie (83%). Les
objets découverts en fouille proviennent des 4 unités archéologiques (UA1 : 8 ; UA2 : 26 ; UA3 :
13 et UA4 : 4). Nous avons proposé une classification typologique, inspirée des grandes familles
morpho-fonctionnelles établies par H. Camps-Fabrer, en 1966, qui a permis d’attribuer un type à
90% des objets. Sa conception laisse une place prépondérante à l’anatomie du support (point
405
d’entrée), et elle se décline en 10 types d’objets pointus (6 réservés aux poinçons), 6 types d’objets
tranchants et enfin trois types pour les objets mousses. Malgré le nombre peu élevé d’objets
découverts en fouille, leur grande diversité typologique a permis de préciser le contexte
chronologique de 15 types d’objets sur un total de 19 types.
Les outils et objets pointus représentent la grande majorité de l’outillage (67,4%), suivi des outils
tranchants (13.4%) et des outils mousses (8.6%).
4 types d’objets font leur apparition dès le premier niveau (UA1) : doubles pointes (P10),
bâtonnets (M3), lissoirs sur côte fendu (M1) et pellettes (T3). Les deux premiers n’apparaîtront
plus dans les niveaux supérieurs, les lissoirs sur côte fendu (M1) seront présents dans l’UA3. La
pellette est le seul type d’outil présent dans tous les niveaux (UA1 à UA4).
Une plus grande diversité d’outils est apparue en UA2, avec notamment l’apparition de plusieurs
types de poinçons : poinçons sur os non fendu (P1), poinçon sur os fendu avec épiphyse partielle
(P2), poinçon entièrement façonné (P6). Les types suivants : épingle (P9), couteau sur scapula
(T1), couteau plat sur côte fendu (T2) ne sont présents qu’en UA2. D’autres types sont maintenus
en UA3 : alène (P8), biseau distal (T6), lissoir sur os long fendu (M2), voire jusqu’en UA4 tel que
les poinçons sur esquille diaphysaire (P3).
On note la présence de trois objets insolites que nous avons appelés « petites pointes à base
fourchue », sans équivalent dans les industries nord-africaines ou européennes. Leur statut
pourrait convenir à la catégorie d’objets symboliques, de parure peut-être, tant leur fragilité et la
finesse de leur aménagement laissent peu de place à un usage utilitaire.
L’acquisition de la matière première osseuse résulte de l’abattage d’animaux chassés (gazelle et
sanglier) et élevés (mouton-chèvre). La collecte extérieure est pratiquée comme moyen
d’acquisition secondaire et opportuniste. L’exploitation préférentielle se porte sur des Ongulés de
taille petite ou moyenne (chèvre, mouton, gazelle, sanglier), sur des os longs possédant une
diaphyse épaisse et longue (métapode, radius, ulna, tibia), et sur des os plats (côte, scapula).
Chacun d’eux répond à l’adéquation entre matière, technique, fonction et économie. Les
métapodes sont choisis, notamment, pour fabriquer des poinçons, les côtes pour des outils plats,
à partie active mousse ou tranchante, parce que leur forme et leurs propriétés mécaniques étaient
appropriées aux gestes futurs.
Le recours à d’autres matières osseuses est rare, seuls quatre objets classés parmi les outils
tranchants (type T5) sont faits sur des défenses de sanglier. Nous verrons ci-dessous que d’autres
matières dures d’origine animale interviennent dans le domaine symbolique.
Nous avons pu reconnaitre les stigmates liés aux techniques de débitage (fracturation,
rainurage et sciage) lorsque l’aménagement et la transformation des supports ne sont pas
suffisamment poussés. Les stigmates de façonnage (raclage, abrasion, polissage) sont plus
fréquents et plus aisés à reconnaitre. Le polissage est pratiqué dès l’UA1 sur les poinçons
entièrement façonnés (type P6), les épingles (P7), les alènes (P8) et les aiguilles (P9). A l’exception
d’une aiguille à rainure, le recours à l’incision est rare, ce qui explique peut-être l’absence de
décors sur les outils en os. Un programme expérimental a abouti à la validation de plusieurs
schémas opératoires.
406
L’entretien des outils, notamment le réaffutage des poinçons est attesté. Bien que des traces de
calcination aient été observées, nous n’avons pas suffisamment d’éléments plaidant en faveur
d’un traitement thermique intentionnel (durcissement des parties actives).
L’assemblage osseux néolithique de GLD1 confirme la tendance à la diversification et à
l’enrichissement quantitatif et qualitatif par la fusion des traditions antérieures. Ainsi tous les
types d’outils en os des sites d’Afalou et de Medjez II sont présents dans la collection GLD1 à
l’exception d’un couteau sur os long pour Afalou et d’un poignard pour Medjez II. L’éventail des
matières premières s’est ouvert sur un plus grand choix de parties anatomiques disponibles en
utilisant celles d’espèces domestiques consommées, dans les catégories morphologiques osseuses
précédemment exploitées. La comparaison avec les sites néolithiques de tradition capsienne
(Grotte Capéletti et Damous el Ahmar) montre que les collections également fournies et de très
grande qualité technique, sont assez proches en terme de diversité technique et typologique, mais
la présence à GLD1 d’aiguilles à chas, de biseau distal et « petite pointes à base fourchue » n’est
pas notée dans ces sites.
La collection de récipients en céramique est constituée de 4397 tessons dont 3347 hors
contexte stratigraphique. Les tessons découverts en fouilles (1050) sont nombreux dans les 2
premières unités archéologiques (UA1 : 54% ; UA2 : 34% ; UA3 : 9% et UA4 : 2%).
La fragmentation est assez élevée (80% des tessons < 5 cm), aucun vase entier n’a été découvert.
Deux reconstitutions partielles ont été proposées. Les tessons présentent toutes les parties
morphologiques (bords, panses, éléments de préhension et fonds). Nous avons identifié trois
types de récipients selon l’épaisseur des parois : Type 1 (peu épais <8 mm), Type 2 (moyen, entre
8 et 13 mm) et Type 3 (épais>13 mm). Les récipients épais sont minoritaires (5% en UA1, et 7%
en UA2). On constate une tendance à l’utilisation des récipients Type 2 en UA1, puis un intérêt
plus marqué pour le Type 1 en UA2. Les diamètres de l’ouverture varient entre 9 et 17 cm et sont
classés selon trois types (gobelet, ouverture moyenne et large). La faible quantité de tessons de
bords conservant un rayon de courbure suffisant pour estimer l’ouverture est faible (8 tessons), il
est donc difficile de préciser d’éventuelles spécificités entre les niveaux archéologiques. On note
néanmoins (1) une certaine diversité en UA2 ; (2) les ouvertures sont presque toujours
proportionnelles à l’épaisseur des vases.
-Les tessons de bords sont représentés à hauteur de 5% à 8% selon les UA avec une diversité de
types de profils : à méplat, arrondi, ogival et sub-ogival. Les bords à méplat ne sont présents
qu’en UA1 (et un seul en UA3), en UA2 toute la gamme est représentée. Certains bords portent
des impressions crénelées sur le méplat.
-Les éléments de préhension sont peu diversifiés, représentés exclusivement par des mamelons
(tétons, boutons) et des languettes (oreilles) provenant essentiellement du premier niveau (UA1).
Trois anses destinées à la préhension ou à la suspension font partie de la collection hors
stratigraphie.
-Les fonds (8 tessons) sont de forme conique, hémisphérique ou en culot. Les spécimens de la
collection HS (30 pièces) sont typologiquement semblables. Les rares fonds plats proviennent des
dépôts superficiels de S2 (niveau historique/UA5) comme les tessons de céramique tournée. Le
fond hémisphérique n’est attesté que dans le premier niveau archéologique (UA1).
407
La reconstitution partielle d’un vase (UA2), de forme cylindrique (H : 23 cm) porte un fond
conique et une ouverture légèrement resserrée (D : 12 cm) ; sa capacité est de 3-4 l. Une
deuxième reconstitution partielle (partie basse) (UA1) présente une forme plus globuleuse
surmontant un fond hémisphérique, sa une capacité est plus réduite (≈1 l).
-La pate céramique est souvent grossière, elle contient des inclusions minérales (quartz, calcite,
fragments de coquilles d’hélix) et organiques (fantômes de graminées et fragments de charbons).
S’ils n’ont pas été ajoutés intentionnellement, leur maintien comme dégraissant a été certainement
recherché. Nous avons observé que sur les vases aux parois minces la texture de la pâte est
particulièrement plus fine (en UA2 notamment), à l’inverse des vases aux parois épaisses. Nous
observons ainsi une palette de textures allant d’une structure microcristalline compacte, à une
structure granuleuse, friable à faible cohésion.
Les vases sont tous montés au colombin. La fixation des éléments de préhension semble avoir été
obtenue soit par scellement d’une boulette d’argile (cas des tétons/mamelons), soit par une
excroissance de la paroi (cas des languettes/oreilles).
Le décor intervient au moins dans 60% des cas. Les tessons non décorés, quelle que soit
la partie morphologique qu’ils représentent, ne signifient pas que les vases dont ils sont issus
n’aient pas été décorés. Cette difficulté d’évaluer le taux de vases décorés et d’autant plus grande
que le décor à GLD1 est peu couvrant et se limite souvent à la partie haute du vase, près du bord.
Le décor est obtenu sur pate non cuite, mais sèche, par les techniques d’incision et d’impression à
l’aide d’outils divers (peigne, poinçon/coin, spatule/estèque, tige creuse fendu, tige quelconque)
en application normale ou oblique. Les motifs obtenus par incision sont généralement rectilignes
et forment de lignes horizontales subparallèles parfois rapprochées et profondes formant des
cannelures. D’autres motifs composent des quadrillages losangiques formés par l’intersection de
deux réseaux d’incisions obliques. Les motifs curvilignes se limitent à des rangées de demi-cercles
ou en « U » imitant les impressions de tiges fendues. Les motifs obtenus par impression sont plus
variés : lunules, écailles, virgules, forme géométriques (cercle, triangle, rectangle). L’usage du
peigne a été fréquent durant la première unité archéologique (lignes verticales en impression
normale ou légèrement oblique, parfois juxtaposées). On note l’absence de l’impression pivotante
et des compositions de motifs en « zigzags », en « chevrons » ou du décor flammé. Aucun tesson
ne porte d’impression à la coquille de cardium, ni de cordons orthogonaux ou pastilles en relief.
L’incision est la technique la plus anciennement utilisée à GLD1, elle disparaît presque après la
première unité archéologique (UA1). L’impression se généralise durant la deuxième unité
archéologique (UA2).
Un tesson provenant de l’UA2 porte une décoration peinte sur la face extérieure lisse de couleur
grise représentée par deux lignes parallèles et horizontales noires. Cette découverte est unique
puisqu’aucun gisement n'a encore livré, semble-t-il, de témoignage de l'existence d'une poterie
peinte néolithique nord-africaine stratigraphiquement incontestable (H. Camps-Fabrer, 1966, p.
452-453).
La céramique de GLD1, par son décor impressionné et incisé, se rattache davantage aux faciès
céramiques des régions occidentales telliennes de l’Oranie. Elle est nettement plus décorée que
celle des régions atlasiques d’Algérie orientale. Ce constat confirme les conclusions formulées par
408
H. Camps Fabrer en 1966 (p. 477) qui signalait un enrichissement des décors des régions
telliennes par rapport aux régions atlasiques. Est-ce l’abondance des récipients-bouteilles en œuf
d’autruche dans ces régions qui est l’origine d’un développement mesuré des récipients
céramiques et d’une certaine sobriété dans le décor ?
La technique céramique à GLD1 plongerait ses racines dans un substrat Ibéromaurusien (Afalou
Bou Rhummel et Tamar Hat) qui a créé et promu le modelage et la cuisson des pates céramiques,
pour fabriquer des figurines zoomorphes et anthropomorphes, sans aller jusqu’à produire des
récipients à cette époque- là. Cependant, Gueldaman en raison de de sa proximité géographique
d’Afalou, pourrait avoir directement hérité de ces connaissances techniques mises en œuvre.
D’autre part, en raison de la situation de GLD1 au carrefour d’influences multiples, méridionales
et méditerranéennes, les artisans de l’UA1 pourraient avoir associé ces techniques héritées à celles
d’un modèle de récipient, venu d’ailleurs, qui se serait introduit, pour engendrer ensuite, à partir
de la reproduction des techniques initiales de modelage, la création des récipients décrits ci-
dessus. Rappelons que les influences sahariennes sont perçues à GLD1 à travers les formes des
vases à fond hémisphérique. On retiendra que le style décoratif méditerranéen Cardial n’est pas
attesté à GLD1.
Ces premières pistes de réflexion ne constituent en rien des conclusions définitives. Elles
demeureront de simples hypothèses, tant que d’autres recherches plus poussées à GLD1 et dans
d’autres nouveaux gisements ne viendront pas les renforcer ou les contredire.
Ces dernières années, le potentiel des tessons céramiques s’est révélé livrer des
informations non encore exploitées. L’exploitation d’informations biochimiques (résidus
organiques) conservées dans les pâtes a permis l’identification de signatures moléculaires et
isotopiques de résidus organiques. Ainsi un corpus de 140 tessons (S2 : 62 tessons/UA2 et UA3
et S3 : 78 tessons/UA1) a été soumis aux récentes méthodes d’analyses de biochimie-isotopique
(collaboration avec Dr. J. Dune et Pr. R. Evershed, Université de Bristol). Parmi les résidus
lipidiques identifiés, 4 sont d’origine lactée (UA1 et Ua2), 14 attribués aux matières grasses
d’animaux ruminants (UA1 à UA3) et deux mixtes (Lait et Gras). Deux résidus seulement
proviennent du gras d’animaux non ruminants, suggérant une cuisson limitée à quelques animaux
sauvages. Les animaux avaient un régime alimentaire majoritairement constitué de plantes de type
C3 avec peu de plantes C4 en appoint. Ce qui indique que les pasteurs et leurs troupeaux avaient
un mode de vie relativement sédentaire excluant des déplacements sur de longues distances
(transhumances). L’écosystème autour de Gueldaman fournissait donc toute la subsistance
nécessaires aux bêtes (eau, pâturage, fourrage, etc.). Ce mode de vie s’oppose à celui des
communautés néolithiques atlasiques et sahariennes où l’environnement et les conditions
climatiques contraignent à un pastoralisme transhumant (Roubet 1979, de Menocal et al., 2000).
Un tesson provenant du début de la deuxième unité archéologique a révélé la présence de
résidus de cire d’abeille. Il s’agit du plus ancien témoin d’exploitation de miel et/ou de cire en
Afrique du Nord. Le signal spectral enregistré est caractéristique de l’espèce d’abeille Apis mellifera
(Aichholz and Lorbeer, 1999, 2000). Les anfractuosités calcaires de Gueldaman recèlent encore
de nombreuses ruches sauvages dissimulées par la végétation, qu’exploitent certains villageois
avec discrétion.
409
Les éléments de parure et les documents symboliques constituent une part non
négligeable de la panoplie des témoins culturels découverts à GLD1. Ils témoignent par leur
diversité d’un goût et d’une recherche esthétique qui contrastent avec l’image réductrice que l’on
se fait généralement du pasteur soucieux de subsistance (Roubet 2010). Au point d’afficher un
besoin de se tourner vers des matières premières dont le prestige n’a d’égal que leur rareté. La
présence des objets en tests d’œuf d’autruche bruts et transformés sur place à GLD1 plaide en
faveur d’une mobilité des groupes et/ou de la pratique d’échanges avec d’autres communautés
installées dans les aires géographiques capsiennes proches du biotope steppique de l’autruche. On
rappelle que les derniers niveaux d’occupation du gisement Capsien Supérieur de Medjez II sont
contemporains de l’UA1 de GLD1. Et, c’est dans ce premier niveau d’occupation que sont
concentrés la trentaine de grains d’enfilage en coquille d’œuf d’autruche et une dizaine de
fragments bruts ou partiellement transformés.
-Les pendeloques en derme ossifié de tortue ne sont présentes que dans la première unité
archéologique. Comme si les premiers pasteurs qui avaient investi la grotte GLD1 s’étaient
progressivement délestés de leurs premiers objets de valeur. Se peut-il que les contingences des
troupeaux aient limité ou écarté certaines des activités liées à la fabrication de leurs parures ? Les
modèles économiques dynamiques démontrés par les données archéozoologiques vont également
dans ce sens (ci-dessus).
-Les coquillages marins perforés sont présents dans les deux premières unités UA1 et UA2
montrant une persistance des comportements symboliques. Le lien avec la Méditerranée est bien
établi, mais n’a rien de surprenant. La vallée de la Soummam est une voie naturelle vers la mer, à
environ 60 km.
-L’ocre est l’autre matériau symbolique qui semble avoir accompagné toutes les occupations de
GLD1 (UA1 à UA4). Il est présent sur le site à Gueldaman. A 200 m dans une deuxième grotte
(GLD2), le sol est recouvert sur une vingtaine de m2 d’une couche de 20-30 cm d’un minerai de
fer très friable, exploité ces dernières années par les habitants qui le revendent aux petites
fabriques de briques rouges comme « teinture ». Si l’ocre est là, à profusion, à Gueldaman, il a dû
jouer un rôle de pôle d’attraction pour les autres communautés voisines et lointaines qui n’en
disposait pas.
410
UA1 UA2 UA3 UA4
Cadre chronologique (cal BP) [7200-6500] [6500-5300] [5000-4600] [4500-4200]
limon gris sombre de texture
limon rouge à forte concentration limon gris clair limon brun sombre
polyédrique & limon brun foncé
Contexte sédimentaire de cailloux, texture grumeleuse et
friable Structure particulaire et consistance poudreuse
Contexte climatique
à l’étude (STM5) Humide (avec courts épisodes d’aridité) - aridification +
(δ18O stalagmites STM2 et STM4)
Alcelaphus buselaphus
Témoins Fauniques
Sauvage/chasse Gazella, Ammotragus lervia, Sus scrofa, Canis aureus, Vulpes vulpes, Hystrix cristata, Lagomorpha, Testudo graeca
Scies
Lissoirs M1 Lissoirs M1
Pellette
% tessons 54% 34% 9% 2%
47% peu épais
Epaisseur parois 72% ép. moyenne NA NA
45% ép. moyenne
Type préhension Mamelons/languettes NA NA
Hémisphérique NA NA
Type de fonds Conique Coniques
Récipients
céramiques avec culot avec culot
Incision NA NA
Technique
Impression peigne NA NA
Décor
Impression (sans peigne) NA NA
Résidus organiques Lait (2), GR(18), GNR(4) Lait (4), GR(1), GNR(2), Miel GR(1), GNR(1) à l’étude
Pendeloques/tortue
Grains/œuf autruche
Eléments de parure Coquillages marins
Ocre
Perles tubulaires en os
Tableau 1 : Présentation synoptique des données multidisciplinaires réunies dans les Secteurs 2-3 de la grotte GLD1
(Résultats 2010-2015). [NA : statistiquement peu représentatif, GR : gras ruminants, GNR : gras non ruminants, en
gris : non présent avant et/ou après ; signes – et + : moins nombreux, plus nombreux]
411
Spécificités des Unités archéologiques
Dans la mesure où nous pouvons considérer les dépôts explorés comme relevant des
premières occupations de GLD1, nous admettons que la première installation néolithique à
GLD1 s’est établie vers la fin du VIIIe millénaire BP au début de l’Optimum climatique Holocène
(Petit-Marie 1995, 2012 ; Wengler 1995). Cependant les résultats climatiques obtenus à travers les
stalagmites STM2 et STM4 ne couvrent pas la première période antérieure à 6200 BP, d’autres
stalagmites sont à l’étude, notamment STM5 provenant du plancher stalagmitique mis au jour
par les fouilles du carré F37. La croissance des lamines déjà examinées se situe entre 10 000 et
7000 cal BP, elle couvre non seulement l’événement climatique établi à 8200 cal BP (Berger et
Guilaine 2009) mais aussi le début de l’Holocène rejoignant presque la fin de l’occupation
Ibéromaurusienne d’Afalou.
D’autre part, du point de vu sédimentaire, le niveau argileux rougeâtre de l’UA1,
postérieur à l’évènement climatique à 8200 cal BP, correspond à un faciès climatique
typiquement humide et frais, en accord avec les résultats paléobotaniques de cette première
installation à GLD1 (transition mise en évidence par la réduction de Juniperus et les taxons
associés, l'augmentation progressive de Pistacia, ou l'apparition de la courbe continue de Quercus).
Actuellement, nous ignorons si ces Hommes venaient de s’installer à GLD1 ou s’ils étaient déjà
là, occupant d’autres secteurs de la grotte, ou d’autres grottes, ou d’autres sites de plein-air
voisins. Rappelons que le substratum rocheux n’ayant pas été atteint l’exploration archéologique
ne concernent que 2 mètres d’épaisseur, sur un total d’au moins de 5 m.
412
directes de ces objets en cours), furent les objets accompagnant les moments privilégiés de cette
société pastorale.
Leur « boite à outils » est composée de toute la gamme d’outils lithiques (burins compris) à
l’exception des scies. Les outils en os sont moins variés (double pointes, bâtonnés, lissoirs sur
côte fendue), peut-être n’avaient-ils pas encore besoin de toute la série de poinçons qu’on verra
apparaitre et se développer en UA2 ?
Les récipients sont en céramiques à fond hémisphérique, conique et avec culot avec des éléments
de préhension en mamelons ou en languette. Le décor est plus incisé, les impressions sont faites
au peigne. Cette céramique a servi à cuire différents mets faisant intervenir des matières grasses
d’origine carnée et lactée. Elles proviennent essentiellement d’espèces domestiques broutant sur
place. En somme, les pasteurs et leurs troupeaux avaient un mode de vie relativement sédentaire
excluant des déplacements sur de longues distances (transhumances). Les pâturages ne devaient
pas manquer (vallée de la Soummam, piemonts alentours, etc.). Les gesses sont peut-être
cultivées comme apport alimentaire.
413
naturelle presque homogène contrastant avec les épisodes antérieurs. Cette phase de transition
UA2/UA3 est caractéristique. On ignore comment la grotte a été occupée, mais elle n’a pas été
abandonnée.
414
Notre vision scénographique des occupations successives de GLD1 s’est voulue objective
et limitée aux données acquises. Dans ces conditions, elle reste un peu schématique et chargée
d’interrogations, qui reflètent l’état des recherches (2010- 2015). Certains de nos résultats mettent
un peu l’accent sur la durée et la diversité des occupations, sur la complexité des événements et la
mise en place de comportements pastoraux stables pendant 3 millénaires, qui n’avaient pas
encore été établis.
Un lien privilégie, né d’une continuité anthropologique et culturelle, vraisemblablement
solide et plus fondée qu’on ne le soupçonne déjà, a été établi avec les dernières occupations
ibéromaurusiennes du massif.
GLD1 ne peut encore imposer ses observations à l’échelon régional. Le contexte de
l’habitat qui s’est développé et modifié au cours du temps, reste assez dépendant des conditions
intérieures que ces recherches viennent à peine de mettre en évidence (faute de structures
découvertes).
Le Néolithique tellien des Babors est sans aucun doute géographiquement rattaché à la
grande famille du Néolithique Méditerranéen dont les caractères ont été esquissés par G. Camps
(1974 p. 262-276). Les fouilles à GLD1 n’ont révélé aucune des emblématiques « influences
méditerranéennes anciennes » portées par la céramique cardiale présente dans le nord et le Rif
marocains depuis la Péninsule ibérique et par l’obsidienne de Pantelleria, parvenue jusqu’en
Algérie littorale orientale, depuis la Tunisie occidentale (Kef Hamda).
Depuis la synthèse de G. Camps en 1974, de nouvelles fouilles ont précisé à l’échelle régionale les
faciès néolithiques (Zoughlami 1978, Roubet 1979, Aumassip 1986) sans toute fois bousculer les
concepts installés durablement par G. et H. Camps. Au Maroc, les recherches sur le Néolithique
ont bénéficié d’une nouvelle dynamique sous l’impulsion notamment des projets GENEMAR
(Daugas et al. 1999, 2008) et des fouilles de sauvetage déclenchées par les travaux de la Rocade
Méditerranéenne (Linstädter 2010). Les thèmes de la domestication animale et celui des plantes
ont fait de grands progrès (Ouchaou 2012, Ballouche & Marinval 2003, Ballouche 2012,
Bougariane 2013). La périodisation de la subdivision chronologique du Néolithique marocain est
affinée par les travaux de sériation typo-chronologique du corpus céramique (Daugas 2010 ; El
Idrissi 2012, Nekkal 2015).
Des synthèses réunissant les dernières données ont été proposées récemment par J.
Guilaine (2011) dans le cadre du colloque de Préhistoire maghrébine (Tamanrasset, 2007) et par
C. Roubet dans le cadre de l’Encyclopédie Berbère (sous la direction du Pr. Salem Chaker) avec la
collaboration de plusieurs auteurs (Roubet 2012a, 2012b ; Ballouche 2012, Barich 2012 ; de
Faucamberge 2012 ; Aouadi et Dridi 2012 ; Roubet et Kherbouche 2012 ; Ballouche et al. 2012 ;
Ouchaou 2012).
La présence à GDL1 de caractères culturels multiples issus des fonds Ibéromaurusien et
Capsien renforce l’hypothèse déjà avancée par plusieurs chercheurs d’une filiation entre ces deux
cultures allant jusqu’à surmonter le rempart établi par l’anthropologie physique (Lubell et al.,
1984-2005 ; Irish 1998, 2000 ; Dutour 1989).
En somme, poser la question d’un héritage septentrional Capsien ‘ou’ Ibéromaurusien
pour le Néolithique de Gueldaman est en soit un faux problème. Les influences perçues à GLD1
415
sont complexes, multiples, intégrées et compatibles avec une percée saharienne climatiquement
conditionnée. Comment sont-elles donc parvenues à GLD ? Les éléments de réponse sont à
chercher dans le rôle joué par cette montagne et son fleuve qui a favorisé tous les déplacements
(N-S/E-W). Ces piémonts telliens tournés vers les Hautes-Plaines, climatiquement accueillantes,
évoluant vers des zones de savanes, au cours de l’holocène moyen, ont connu une large
biodiversité animale comme l’atteste les très nombreuses stations d’art rupestre à ciel ouvert du
Constantinois (Lefebvre 1967). Une abondante faune domestique et sauvage s’y trouve gravée, au
contact des escargotières capsiennes les plus septentrionales. D’autres travaux sont à articuler
pour répondre aux questionnements que posent cette région.
416
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2905.
441
1. Annexes
454
88 Trapèze à un côté convexe 99 Triangle scalène allongé à angle arrondi
89 Triangle isocèle ou équilatéral 100 Scalène-perçoir à angle arrondi
90 Triangle scalène
91 Triangle à un côté concave
92 Triangle à deux côtés concaves
TECHNIQUE DU MICROBURIN
101 Lame ou lamelle à piquant-trièdre 103 Microburin Krukowski
102 Microburin
ARMATURES DE POINTES DE FLECHES
Armature triangulaire à base rectiligne Armature foliacée
Armature triangulaire à base concave Armature pédonculée
Armature triangulaire à base concave et ailerons arrondis Armature losangique
Armature triangulaire à base convexe Armature à tranchant transversal
DIVERS
104 Pièce esquillée 109 Lamelle aiguë à base arrondie
105 Pièce à retouche continue 110 Pointe de Columnata
106 Racloir 111 Pièce à languette(s)
107 Pointe d'Ounan 112 Divers
108 Pointe de Bou-Saâda
Tableau 1 : Liste typologique établie par J. Tixier pour l’Épipaléolithique du Maghreb (1963) adaptée pour
le Néolithique.
455
1.2. Codes utilisés pour la constitution de la base de donnée typologiques des
tessons céramiques
Déterminations morphologies Caractéristiques décoratives Mouvement et Geste :
N&T Normal et tournant
Partie du vase : Catégorie : NOR Normal (Perpendiculaire)
BRD Bord MON Un type de décoration N&O Normal et oblique
COL Col MXT Décor mixte OBL Oblique
FON Fond NOD Non décoré PPE Pseudo-perforation
FND Fragment non déterminé DBR Décor seulement sur le rebord S&D Stab and Drag
PAN Panse
PRE Préhension Outil : Motif :
PRB Préhension-Bord (mixte) COI Coin CNL Cannelure (de panse)
PEI Peigne CNB Cannelure sur rebord
Moyens de préhension ,Type : POI Poinçon CRV Motif curviligne
ANS Anse (préhension) SPA Spatule HAC Hachure
BTN Bouton TIC Tige creuse
CON Conique (fond) TIP Tige pleine Traitements
HEM Hémisphérique (fond) Perforation des tessons de panse
LAN Languette (préhension) Section de l’instrument Polissage des parois externes
MAM Mamelon (préhension) DIV Diverses formes (Une croix « x »indique les tessons concernés)
SBC Sub-conique (fond) FEN Fendu (tige creuse)
NFE Non fendue (tige creuse)
Données métriques : OVL Ovale
Epaisseur des parois (mm) REC Rectangle
Diamètre de l’ouverture (cm) RON Ronde
Epaisseur du culot des tessons (cm) SPE Spéciale
Angle de conicité des tessons de fond (en TDC Section d’une tige déchiquetée
degrés)
Technique :
IMP Impression
INC Incision
I&I Impression et incision
PEN Peinture
456
Résumé
La grotte GLD1 dans l’Adrar Gueldaman (Babors d’Akbou/Algérie) a bénéficié d’un programme de recherche
pluridisciplinaire du CNRPAH depuis 2010. Une séquence néolithique couvrant la période VIII-Ve millénaires BP a
été mise au jour et fouillée (Secteurs 2 et 3). La reconstitution du cadre chronostratigraphique climatique,
économique et culturel des occupations a permis d’individualiser 4 unités archéologiques chronologiquement calées
par 28 dates 14C (cal BP) : UA1 [7200-6500], UA2 [6500-530], UA3 [5000-4600], UA4 [4500-4200]. Une
reconstitution paléoclimatique est proposée à travers des analyses isotopiques (δ13C et δ18O) réalisées sur deux
stalagmites STM2 et STM4 de GLD1 dont la croissance (dates U/Th), couvre les trois dernières unités
archéologiques. Une corrélation entre changements climatiques et occupations du site est mise en évidence.
L’abandon de la grotte coïncide avec la crise d’aridité de 4200 BP enregistrée sur le pourtour méditerranéen. La faune
domestique est représentée par des chèvres, des moutons (UA1) et des bovins (UA2). Les systèmes d'élevage des
chèvres et moutons correspondent aux modèles de gestion des troupeaux des ovicaprinés de sites néolithiques
méditerranéens du Sud de la France et de l’Italie ainsi que du Proche-Orient. Les résultats préliminaires
paléobotaniques (étude sur 10% du corpus) indique l’a présence de blé et de l'orge en UA4. La céramique à fond
conique est décorée par incision (UA1) et impression sans recours au cardium. Les résidus organiques identifiés
concernent les matières grasses carnées et laitières ainsi que la cire d’abeille (miel). Le mobilier lithique est typique
constitué d’outils du fonds commun épipaléolithique et de nouveaux apports (armatures de flèches, racloirs et scies).
L’industrie osseuse est exceptionnellement riche, diversifiée et bien conservée. Les documents symboliques sont en
ivoire d’éléphant, derme ossifié de tortue, test d’œuf d’autruche, coquillage marin et ocre.
Summary
A multidisciplinary project at GLD1 cave in the Adrar Gueldaman ridge (Babors near Akbou/North Algeria) was
initiated by CNRPAH in 2010. A Neolithic sequence covering the VIII-V millennia BP has been revealed (Sectors S2
and S3). The chronostratigraphic, climatic, economic and cultural contexts have been studied, leading to the
definition of four archaeological units chronologically delimited using 28 14C dates on charcoal (cal BP): UA1 [7200-
6500], UA2 [6500-530], UA3 [5000-4600], UA4 [4500-4200].
The paleoclimate for periods UA2 to UA4 was reconstructed using isotopic analysis (δ13C and δ18O) of two
stalagmites (STM2 and STM4), demonstrating a correlation between climatic changes and the occupation of the cave.
A prolonged drought at ca. 4400–3800 cal BP is supposed to be the responsible of cave abandonment shortly after
ca. 4403 cal BP. The domestic fauna is composed of sheep and goat (UA1) and cattle (UA2). The slaughter profiles
for the ovis/capra assemblages suggest a mixed meat/milk economy. Molecular and isotopic analysis of absorbed food
residues from 140 pottery vessels confirms the exploitation of domesticated animals, for their carcass fats and their
secondary products, e.g. dairy fats. Preliminary palaeobotanical results (10% of the remains studied) show that both
wheat and barley were cultivated during the last unit (UA4).
Vessels with conical bottoms were decorated by incision (UA1) or impression techniques without using cardium
shell. Lithic tools have epipalaeolithic characteristics, but typical Neolithic ones such as arrowheads, scrapers, and
saws are also present.
The worked bone industry is exceptionally rich, diversified and well preserved. A large variety of well-preserved
ornaments were crafted from elephant ivory, marine gastropod shells, bird bones, tortoise shells, and ostrich
eggshell.