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Collaboration éducateurs canins-vétérinaires

Cette étude examine la collaboration entre éducateurs canins et vétérinaires en France, en mettant en lumière l'importance de cette coopération pour le bien-être animal. Elle présente les résultats d'une enquête menée auprès d'éducateurs canins, analysant leurs pratiques professionnelles et les freins à la collaboration. Les résultats soulignent les bénéfices d'une telle synergie pour améliorer la relation entre les propriétaires et leurs chiens.

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Collaboration éducateurs canins-vétérinaires

Cette étude examine la collaboration entre éducateurs canins et vétérinaires en France, en mettant en lumière l'importance de cette coopération pour le bien-être animal. Elle présente les résultats d'une enquête menée auprès d'éducateurs canins, analysant leurs pratiques professionnelles et les freins à la collaboration. Les résultats soulignent les bénéfices d'une telle synergie pour améliorer la relation entre les propriétaires et leurs chiens.

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Etude de la collaboration entre éducateurs canins et

vétérinaires : enquête auprès d’éducateurs canins en


France
Ninon Tusseau

To cite this version:


Ninon Tusseau. Etude de la collaboration entre éducateurs canins et vétérinaires : enquête auprès
d’éducateurs canins en France. Médecine vétérinaire et santé animale. 2023. �dumas-04432035�

HAL Id: dumas-04432035


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ANNEE 2023 THESE : 2023 – TOU 3 – 4118

ETUDE DE LA COLLABORATION ENTRE EDUCATEURS


CANINS ET VETERINAIRES : ENQUETE AUPRES
D’EDUCATEURS CANINS EN FRANCE
__________________________________________________
THESE D’EXERCICE

pour obtenir le titre de


DOCTEUR VETERINAIRE

DIPLOME D’ETAT

présentée et soutenue publiquement


devant l’Université Paul-Sabatier de Toulouse

par

TUSSEAU Ninon

Directrice de thèse : Mme Nathalie PRIYMENKO


___________

JURY

PRESIDENTE :
Mme Armelle DIQUELOU Professeure à l’Ecole Nationale Vétérinaire de TOULOUSE

ASSESSEURES :
Mme Nathalie PRIYMENKO Maître de Conférences à l’Ecole Nationale Vétérinaire de TOULOUSE
Mme Lydie BRET Maître de Conférences à l’Ecole Nationale Vétérinaire de TOULOUSE

MEMBRE INVITEE :
Mme Fabienne DELFOUR Enseignant-chercheur vacataire à l’Ecole Nationale Vétérinaire de TOULOUSE
Ministère de l'Agriculture et de l’Alimentation
ECOLE NATIONALE VET ERINAIRE DE T OULOUSE

Liste des directeurs/assesseu rs de thèse de doctorat vétéri naire

Directeur : Professeur Pierre SANS

PROFESSEURS CLASSE EXCEPTIONNELLE

M. BAILLY Jean-Denis, Hygiène et industrie des aliments


M. BERTAGNOLI Stéphane, Pathologie infectieuse
M. BOUSQUET-MELOU Alain, Pharmacologie, thérapeutique
M. BRUGERE Hubert, Hygiène et industrie des aliments d'origine animale
M. CONCORDET Didier, Mathématiques, statistiques, modélisation
M. DELVERDIER Maxence, Anatomie pathologique
M. FOUCRAS Gilles, Pathologie des ruminants
Mme GAYRARD-TROY Véronique, Physiologie de la reproduction, endocrinologie
M. GUERIN Jean-Luc, Aviculture et pathologie aviaire
Mme HAGEN-PICARD Nicole, Pathologie de la reproduction
M. MEYER Gilles, Pathologie des ruminants
M. SCHELCHER François, Pathologie médicale du bétail et des animaux de basse-cour
Mme TRUMEL Catherine, Biologie médicale animale et comparée

PROFESSEURS 1ère CLASSE

Mme BOULLIER Séverine, Immunologie générale et médicale


Mme BOURGES-ABELLA Nathalie, Histologie, anatomie pathologique
Mme CADIERGUES Marie-Christine, Dermatologie vétérinaire
M. DUCOS Alain, Zootechnie
M. GUERRE Philippe, Pharmacie et toxicologie
M. JACQUIET Philippe, Parasitologie et maladies parasitaires
Mme LACROUX Caroline, Anatomie pathologique, animaux d’élevage
Mme LETRON-RAYMOND Isabelle, Anatomie pathologique
M. LEFEBVRE Hervé, Physiologie et thérapeutique
M. MAILLARD Renaud, Pathologie des ruminants
Mme MEYNADIER Annabelle, Alimentation animale

PROFESSEURS 2ème CLASSE

Mme CAMUS Christelle, Biologie cellulaire et moléculaire


M. CORBIERE Fabien, Pathologie des ruminants
Mme DIQUELOU Armelle, Pathologie médicale des équidés et des carnivores
M. MATHON Didier, Pathologie chirurgicale
M. MOGICATO Giovanni, Anatomie, imagerie médicale
M. NOUVEL Laurent, Pathologie de la reproduction
Mme PAUL Mathilde, Epidémiologie, gestion de la santé des élevages avicoles
M. VOLMER Romain, Microbiologie et infectiologie .

1
MAITRES DE CONFERENCES HORS CLASSE

M. BERGONIER Dominique, Pathologie de la reproduction


Mme BIBBAL Delphine, Hygiène et industrie des denrées alimentaires d'origine animale
M. JAEG Jean-Philippe, Pharmacie et toxicologie
M. LYAZRHI Faouzi, Statistiques biologiques et mathématiques
Mme PALIERNE Sophie, Chirurgie des animaux de compagnie
Mme PRIYMENKO Nathalie, Alimentation

MAITRES DE CONFERENCES CLASSE NORMALE

M. ASIMUS Erik, Pathologie chirurgicale


Mme BRET Lydie, Physique et chimie biologiques et médicales
Mme BOUHSIRA Emilie, Parasitologie, maladies parasitaires
M. CARTIAUX Benjamin, Anatomie, imagerie médicale
M. COMBARROS Daniel, Dermatologie vétérinaire
M. CONCHOU Fabrice, Imagerie médicale
Mme DANIELS Hélène, Immunologie, bactériologie, pathologie infectieuse
Mme DAVID Laure, Hygiène et industrie des aliments
M. DIDIMO IMAZAKI Pedro, Hygiène et industrie des aliments
M. DOUET Jean-Yves, Ophtalmologie vétérinaire et comparée
M. FERCHIOU Ahmed, Economie de santé des bovins
Mme FERRAN Aude, Physiologie
M. FUSADE-BOYER Maxime, Microbiologie et infectiologie
M. GAIDE Nicolas, Anatomie pathologique
Mme GRANAT Fanny, Biologie médicale animale
Mme JOURDAN Géraldine, Anesthésie, analgésie
M. JOUSSERAND Nicolas, Médecine interne des animaux de compagnie
Mme LALLEMAND Elodie, Chirurgie des équidés
Mme LAVOUE Rachel, Médecine Interne
M. LE LOC’H Guillaume, Médecine zoologique et santé de la faune sauvage
M. LIENARD Emmanuel, Parasitologie et maladies parasitaires
Mme MEYNAUD-COLLARD Patricia, Pathologie chirurgicale
Mme MILA Hanna, Elevage des carnivores domestiques
M. VERGNE Timothée, Santé publique vétérinaire, maladies animales règlementées
Mme WARET-SZKUTA Agnès, Production et pathologie porcine

INGENIEURS DE RECHERCHE

M. AUMANN Marcel, Urgences, soins intensifs


M. AUVRAY Frédéric, Santé digestive, pathogénie et commensalisme des entérobactéries
M. CASSARD Hervé, Pathologie des ruminants
M. CROVILLE Guillaume, Virologie et génomique cliniques
Mme DIDIER Caroline, Anesthésie, analgésie
M. DELPONT Mattias, Clinique Aviaire
Mme DUPOUY GUIRAUTE Véronique, Innovations thérapeutiques et résistances
Mme GAILLARD Elodie, Urgences, soins intensifs
Mme GEFFRE Anne, Biologie médicale animale et comparée
Mme GRISEZ Christelle, Parasitologie et maladies parasitaires
Mme JEUNESSE Elisabeth, Bonnes pratiques de laboratoire
Mme LAYSSOL-LAMOUR Catherine, Imagerie Médicale
Mme POUJADE Agnès, Anatomie pathologique Vétérinaire
Mme PRESSANTI Charline, Dermatologie vétérinaire
M. RAMON PORTUGAL Felipe, Innovations thérapeutiques et résistances
M. REYNOLDS Brice, Médecine interne des animaux de compagnie
Mme ROUCH BUCK Pétra, Médecine préventive
Mme SAADA Chloé, Gestion intégrée de la santé des ruminants

2
Remerciements

A Madame la Professeure Armelle DIQUELOU


Professeure et praticien hospitalier à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse
Médecine interne
Qui m’a fait l’honneur d’accepter la présidence du jury de cette thèse. Pour vos enseignements, votre
bienveillance et vos précieux conseils qui m’ont accompagnée au long de mon cursus.
Mes hommages les plus respectueux,

A Madame la Professeure Nathalie PRIYMENKO


Maître de conférences à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse
Alimentation et Botanique appliquée
Qui m’a fait l’honneur d’accepter la direction de cette thèse. Pour votre disponibilité, votre
bienveillance et vos précieux conseils.
Mes plus sincères remerciements,

A Madame la Professeure Lydie BRET


Maître de conférences à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse
Physique et chimie biologiques et médicales
Qui m’a fait l’honneur d’accepter de faire partie du jury de cette thèse. Pour votre investissement dans
l’enseignement et votre gentillesse.
Mes sincères remerciements,

A Madame la Professeure Fabienne DELFOUR


Enseignante-chercheuse vacataire à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse
Ethique, Ethologie et Bien-être animal
Qui m’a fait l’honneur d’accepter de faire partie de ce jury. Pour votre aide précieuse dans l’élaboration
de mon projet professionnel.
Avec toute ma gratitude,

A Madame Océane RICHARD


Assistante hospitalière en Psychiatrie animale à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse
Pour son soutien dans l’élaboration du sujet et son aide à la création du questionnaire, pour sa
disponibilité et pour avoir porté ce travail au congrès ECAWBM 2022.
Mes sincères remerciements,
Un grand merci aux éducateurs canins, pour votre bienveillance et pour avoir pris le temps de
participer à l’enquête. A ma famille et mes amis, pour votre aide et votre soutien sans faille, merci.

3
Liste des abréviations :

ACACED : Attestation de Connaissances pour les Animaux de Compagnie d’Espèces Domestiques

AMU : Aix-Marseille Université

ANSES : Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail

BBEA : Bureau du Bien-Être Animal

BP : Brevet Professionnel

CCAD : Certificat de Capacité Animaux Domestiques

CEAV : Certificat d’Etudes Approfondies Vétérinaires

CNR BEA : Centre National de Référence pour le Bien-Être Animal

CNRS : Centre National de Recherche Scientifique

DDPP : Direction Départementale de la Protection des Populations

DE : Diplôme d’Ecole

DGAL : Direction Générale de l’Alimentation

DIE : Diplôme Inter-Ecoles

Dr : Docteur

DRAAF PACA : Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt de Provence-


Alpes-Côte d’Azur

DU : Diplôme Universitaire

ECAWBM : European College of Animal Welfare and Behavioural Medicine

ENVA : Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort

FACCO : Fédération des Fabricants d’Aliments pour Chiens, Chats, Oiseaux et autres animaux
familiers

I-CAD : Fichier national d'Identification des Carnivores Domestiques

QCM : Questionnaire à Choix Multiples

QCU : Questionnaire à Choix Unique

OMSA (OIE) : Organisation Mondiale de la Santé Animale (Office International des Epizooties)

PhD : Philosophiæ doctor

RNCP : Répertoire National des Certifications Professionnelles

SCC : Société Centrale Canine

SNPCC : Syndicat National des Professionnels du Chien et du Chat

4
Sommaire
Introduction ................................................................................................................................................. 10

Partie 1 : Lien entre éducateur canin et vétérinaire................................................................................... 12

I. L’éducateur canin ............................................................................................................................ 12

a. Educateur canin, une définition autour de l’éducation canine ................................................. 12

b. Réglementation autour des formations et de l’exercice de ce métier ..................................... 12

c. Le monde de l’éducation canine aujourd’hui en France ........................................................... 15

II. Le vétérinaire : place du comportement dans sa pratique ............................................................ 18

a. Formation des vétérinaires en comportement ......................................................................... 18

b. Déroulé classique d’une consultation en comportement ......................................................... 19

c. Principaux motifs de consultation rencontrés........................................................................... 20

III. Etat des lieux de la collaboration entre éducateurs canins et vétérinaires .............................. 20

a. Introduction : données dans la littérature ................................................................................ 21

b. Bien-être animal : l’intérêt de la collaboration dans cet objectif commun .............................. 22

1. Impact sur les 5 libertés fondamentales du chien ................................................................ 23

2. Impact sur les pratiques professionnelles quotidiennes ...................................................... 23

3. Impact sur le lien unissant le propriétaire et son chien ........................................................ 26

c. Les freins rencontrés .................................................................................................................. 28

d. Témoignages sur sa mise en pratique ....................................................................................... 30

Partie 2 : Etude expérimentale ................................................................................................................... 32

I. Objectifs de l’étude ......................................................................................................................... 32

II. Matériel et méthodes ..................................................................................................................... 33

a. Population cible.......................................................................................................................... 33

b. Recueil des données................................................................................................................... 33

1. Création du questionnaire ..................................................................................................... 33

2. Recrutement .......................................................................................................................... 34

3. Prise de contact et envoi du questionnaire........................................................................... 35

c. Analyse des données .................................................................................................................. 37

III. Résultats ..................................................................................................................................... 37

5
a. Participation à l’étude – Exploitation des données recueillies lors de la prise de contact ...... 37

b. Caractéristiques socio-professionnelles de l’échantillon .......................................................... 39

1. Caractéristiques démographiques ......................................................................................... 39

2. Caractérisation de l’activité et de la formation des éducateurs canins ............................... 42

c. Etude des réponses relatives à la collaboration des éducateurs canins avec les vétérinaires 54

1. Groupe 1 : Etude des réponses des éducateurs canins qui collaborent avec les vétérinaires
(n=149) : .......................................................................................................................................... 55

2. Groupe 2 : Etude des réponses des éducateurs canins qui ne collaborent plus avec les
vétérinaires (n=29) : ........................................................................................................................ 63

3. Groupe 3 : Etude des réponses des éducateurs canins qui n’ont jamais collaboré avec les
vétérinaires (n=53) : ........................................................................................................................ 67

d. Analyse de facteurs pouvant influencer la collaboration et questionnement autour de ses


perspectives d’avenir et d’amélioration ............................................................................................. 70

1. Comparaison des caractéristiques socio-professionnelles des groupes de répondants...... 70

2. Le recours à la médicalisation................................................................................................ 79

3. Le vétérinaire, une concurrence ? ......................................................................................... 85

4. Organisation d’événements................................................................................................... 85

5. Analyse des réponses à la dernière question, ouverte et facultative................................... 90

IV. Discussion ................................................................................................................................... 94

a. Représentativité de l’échantillon et biais rencontrés ............................................................... 94

b. Confrontation des résultats de l’étude à la littérature ............................................................. 98

Conclusion ............................................................................................................................................. 102

Références bibliographiques................................................................................................................. 104

Annexes ................................................................................................................................................. 109

ANNEXE 1 : Questionnaire ................................................................................................................ 109

ANNEXE 2 : Tableau renseignant sur le statut collaboratif des éducateurs canins et le mode
employé pour les contacter .............................................................................................................. 115

ANNEXE 3 : Tableau récapitulatif des différences significatives existantes dans les taux relatifs à la
participation à l’enquête entre les régions d’exercice des répondants .......................................... 116

6
Table des figures

Figure 1 – Illustration montrant l’effectif d’éducateurs contactés et leur lieu d’exercice ............................ 35
Figure 2 – Pourcentage de femmes et d’hommes dans les répondants (%, n=231) ..................................... 39
Figure 3 – Répartition en classe d’âge des répondants (%) – a) Diagramme circulaire de la répartition
globale (n=231) b) Diagramme en bâtons de la répartition chez les hommes et les femmes ....................... 40
Figure 4 – Illustration de la répartition géographique des répondants en fonction de leur lieu d’exercice 42
Figure 5 – Terminologies employées par les répondants pour nommer leur activité (%, n=231) ................ 43
Figure 6 – Expérience professionnelle des répondants en tant qu’éducateurs canins (%, n=231) ............... 43
Figure 7 – Expérience professionnelle des répondants en fonction de leur classe d’âge et de leur sexe (%) –
a) Diagramme en bâtons de la répartition chez les femmes b) Diagramme en bâtons de la répartition chez
les hommes ...................................................................................................................................................... 45
Figure 8 – Biais de formation empruntés par les répondants pour devenir éducateurs canins (%, n=231) . 46
Figure 9 – Plus haut niveau de diplôme obtenu par les répondants (%, n=231) ........................................... 48
Figure 10 – Exercice d’une autre activité professionnelle (%, n=231) ........................................................... 48
Figure 11 – Autres activités professionnelles exercées par les répondants (%) ............................................ 50
Figure 12 – Temps hebdomadaire consacré à l’activité d’éducateur canin (%) – a) Répartition globale au
sein des répondants (n=231) b) Répartition chez les femmes et les hommes ................................................ 51
Figure 13 – Exercice d’une autre activité professionnelle en fonction du temps hebdomadaire consacré au
métier d’éducateur canin (%).......................................................................................................................... 52
Figure 14 – Diversité des prestations proposées par les éducateurs canins et du temps qui leur est
consacré (%, n=180) ........................................................................................................................................ 53
Figure 15 – Pourcentage de collaboration des répondants avec les vétérinaires (%, n=231) ....................... 54
Figure 16 – Durée de la collaboration (%) – Groupe 1 (n=149)...................................................................... 56
Figure 17 – Rythmes de sollicitation entre les éducateurs canins et les vétérinaires (%) – Groupe 1 (n=149)
......................................................................................................................................................................... 56
Figure 18 – Rythme de sollicitation des vétérinaires envers les éducateurs canins en fonction du rythme de
sollicitation des éducateurs canins envers les vétérinaires (%) – Groupe 1 .................................................. 57
Figure 19 – Moyens de communication employés par les éducateurs canins pour échanger avec le
vétérinaire avec qui ils collaborent (%) – Groupe 1 (n=149) .......................................................................... 60
Figure 20 – Evaluation de l’utilité de la collaboration par les éducateurs canins – Groupe 1 (%, n=149) .... 60
Figure 21 – Sentiment d’être écouté par le vétérinaire avec qui ils collaborent (%) – Groupe 1 (n=149).... 61
Figure 22 – Ressentis des éducateurs canins sur l’écoute que leur porte les vétérinaires par rapport à leur
évaluation de l’utilité à collaborer avec (%) – Groupe 1 ................................................................................ 62
Figure 23 – Moyens de communication qui étaient employés par les éducateurs canins pour communiquer
avec les vétérinaires avec qui ils collaboraient (%) – Groupe 2 (n=29).......................................................... 65

7
Figure 24 – Sentiment d’avoir été écouté par le vétérinaire avec qui ils collaboraient (%) – Groupe 2 (n=29)
......................................................................................................................................................................... 67
Figure 25 – Répartition en classe d’âge dans chaque groupe de répondants (%) ......................................... 71
Figure 26 – Répartition en classe d’âge selon le sexe dans chaque groupe de répondants (%) – a)
Diagramme en bâtons de la répartition chez les femmes b) Diagramme en bâtons de la répartition chez les
hommes ........................................................................................................................................................... 72
Figure 27 – Taux de collaboration selon les régions d’exercice des répondants (n=233*) ........................... 73
Figure 28 – Expérience professionnelle en tant qu’éducateur canin dans chaque groupe de répondants (%)
......................................................................................................................................................................... 75
Figure 29 – Biais de formation suivis par les éducateurs canins dans chaque groupe de répondants (%) ... 75
Figure 30 – Plus haut niveau de diplôme obtenu par les éducateurs canins dans chaque groupe de
répondants (%) ................................................................................................................................................ 76
Figure 31 – Temps consacré à l’activité d’éducateur canin par semaine selon le groupe de répondants (%)
......................................................................................................................................................................... 78
Figure 32 – Pourcentage d’éducateurs canins ayant eu recours à une thérapie médicale pour résoudre un
trouble du comportement (%, n=231) ............................................................................................................ 79
Figure 33 – Intérêt perçu des thérapies médicales dans la prise en charge de certains troubles du
comportement (%, n=231) .............................................................................................................................. 80
Figure 34 – Perception de l’intérêt de la médicalisation lors de la prise en charge de certains troubles du
comportement selon si les éducateurs canins ont déjà, ou non, eu recours à la thérapie médicale (%) ..... 80
Figure 35 – Proportion de chiens suivis pour des troubles du comportement ayant eu besoin d’être
médicalisés chez les éducateurs déclarant avoir déjà eu recours à l’utilisation d’une thérapie médicale (%,
n=135) .............................................................................................................................................................. 81
Figure 36 – Pourcentage d’éducateurs canins ayant eu recours à la médicalisation pour résoudre un
trouble du comportement dans chaque groupe de répondants (%) ............................................................. 82
Figure 37 – Perception de l’intérêt de la médicalisation lors de la prise en charge de certains troubles du
comportement dans chaque groupe de répondants (%) ............................................................................... 83
Figure 38 – Proportion de chiens suivis ayant eu besoin d’une thérapie médicale pour prendre en charge
leur trouble du comportement dans chaque groupe de répondants (%) ...................................................... 84
Figure 39 – Souhait d’approfondir ses connaissances sur la prise en charge vétérinaire des troubles du
comportement (%, n=231) .............................................................................................................................. 85
Figure 40 – Perception de l’intérêt de formations organisées par les vétérinaires à l’égard des éducateurs
canins (%, n=231) ............................................................................................................................................ 86
Figure 41 – Perception de l’intérêt de formations organisées par les éducateurs canins à l’égard des
vétérinaires (%, n=231) ................................................................................................................................... 86

8
Figure 42 – Intérêt à participer à des réunions ou débats réunissant vétérinaires et éducateurs canins (%,
n=231) .............................................................................................................................................................. 87
Figure 43 – Intérêt porté pour la collaboration avec un vétérinaire après mise en place d’événements
communs (%) ................................................................................................................................................... 89

Table des tableaux

Tableau 1 – Expérience professionnelle des éducateurs canins en fonction de leur sexe (n=231) .............. 44
Tableau 2 – Motifs principaux entrainant une demande d’aide des éducateurs canins auprès des
vétérinaires en fonction de la fréquence de ces sollicitations – Groupe 1 (n=149) ...................................... 58
Tableau 3 – Organisation de cours ou sessions avec un vétérinaire en fonction de l’utilité ressentie vis-à-
vis de la collaboration avec ce dernier (n=149) .............................................................................................. 62
Tableau 4 – Exercice d’une autre activité professionnelle selon le groupe des répondants ........................ 77

9
Introduction
Le chien, aujourd’hui détenteur de la médaille de « meilleur ami de l’homme », s’est vu, peu à
peu, adopté par un nombre grandissant de foyers français. D’après les dernières estimations datant
de 2022, la population canine compterait désormais entre 7,6 et 9,8 millions d’individus (FACCO, 2022;
I-CAD, 2022). Cette augmentation s’est inscrite dans l’évolution de la place du chien dans nos sociétés,
passant d’animal de travail à animal de compagnie. Ce titre « d’animal de compagnie » s’est
accompagné du concept d’individualité du chien, rendant son besoin de protection juridique évident.
C’est en cela, que depuis 2010 en France, les différents Codes régissant nos lois se munissent d’articles
visant à les protéger juridiquement contre les actes de maltraitance. Les plus connus sont notamment
l’Article L214 du Code Rural et de la Pêche Maritime et l’Article 515-14 du Code Civil (Légifrance, 2022).
Malheureusement, cette ascension sociale du chien a eu pour corollaire négatif l’apparition d’un
nombre important de cas de maltraitance (Interstats, 2022), ainsi que d’abandons, conférant de ce fait
à notre pays, le triste record du nombre d’abandons en Europe (Fondation 30 Millions d’Amis, 2021).

La montée en considération de la cause animale et de son bien-être a fait de ces travers, un


enjeu gouvernemental aboutissant à la création de mesures en faveur de l’amélioration de la condition
de l’animal de compagnie. On retrouve notamment l’élaboration de nouvelles lois, les dernières en
date étant : la Loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021, dite Loi Dombreval ainsi que la proposition de
loi de Corinne Vignon, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 16 janvier 2023, visant
à l’interdiction des colliers électriques, étrangleurs et à pointes pour chiens et chats (Légifrance, 2022).
Ces récentes avancées ont aussi été accompagnées par la décision de création d’une division
d’enquêteurs spécialisés chargée de la maltraitance animale, par le Ministre Gérald Darmanin en 2022
(Ministère de l’Intérieur et des Outre-Mer, 2022).

Bien que nationales, sans la participation et l’entraide des professionnels canins, ces avancées
ne suffiront pas à elles-seules à assurer le bien-être du chien. C’est dans ce contexte que la
compréhension et l’amélioration des relations unissant ces différents professionnels sont cruciales afin
d’assurer un accompagnement optimal du propriétaire autour de la vie de son chien. Pourtant, très
peu d’études existent à ce sujet, ne mettant ainsi pas suffisamment en avant les intérêts d’une
coopération. Parmi ces métiers, éducateurs canins et vétérinaires apparaissent centraux tant ils
veillent au chien dans sa globalité, en passant de son éducation à sa santé. Pour les propriétaires, ce
sont des interlocuteurs privilégiés, capables de les conseiller et les aiguiller justement dans le maintien
du lien qu’ils tissent avec leur chien. C’est en partant de ce constat et du sentiment que la collaboration
entre éducateurs canins et vétérinaires est trop peu étudiée et n’est peut-être pas assez généralisée
malgré les bienfaits qu’elle pourrait apporter, que l’envie de travailler sur ce sujet au travers d’une

10
thèse expérimentale est née. Ainsi, l’objectif de cette étude se trouve dans l’évaluation de la
collaboration entre ces deux métiers en passant par la caractérisation des relations pouvant les unir
tout en en évaluant l’intérêt.

Pour cela, la première partie constituant cette thèse est une synthèse bibliographique
s’intéressant à la fois au métier d’éducateur canin, au métier de vétérinaire et plus particulièrement à
sa pratique autour du comportement du chien et enfin, à la mise en place de la collaboration et
l’évaluation de son intérêt. La deuxième partie est consacrée à l’étude expérimentale de la
collaboration entre les éducateurs canins et les vétérinaires en France, grâce à une enquête menée
auprès des éducateurs canins. Cette enquête s’oriente dans l’analyse des différents types de relations
les unissant aux vétérinaires et vise à en extraire des pistes d’amélioration.

11
Partie 1 : Lien entre éducateur canin et vétérinaire

I. L’éducateur canin
Dans cette société qui a vu le chien évoluer en animal de compagnie vivant dans les maisons
au plus près de ses propriétaires, le métier d’éducateur canin a pu voir le jour et se développer,
devenant ainsi presque nécessaire à une cohabitation pérenne entre le chien et son humain.

a. Educateur canin, une définition autour de l’éducation canine


L’éducateur canin est un professionnel de l’éducation canine. D’après l’Encyclopédie Larousse,
l’éducation canine « repose sur l’apprentissage des règles de vie dans la maisonnée et au sein de la
société humaine. Elle a pour but que le chien soit « bien élevé » et se comporte de la façon attendue
pour un animal domestique » (Larousse, 2022). Cette définition, centrée sur l’Homme, met en évidence
le fait que le chien doit correspondre aux attentes de son propriétaire, afin de pouvoir vivre en
harmonie avec et chez lui, et que c’est en cela qu’il peut avoir besoin d’éducation. Dans son livre sur
l’éducation du chien, le Docteur Vétérinaire Joël Dehasse donne une définition moins anthropocentrée
de l’éducation canine : « éduquer votre chien, c'est avant tout lui permettre de vivre en harmonie avec
les humains tout en restant fidèle à sa nature canine » (Dehasse, 2012). Il rajoute à la notion
d’éducation canine précédente la considération du bien-être du chien, en prenant en compte les
besoins inhérents à son espèce. Ce n’est plus au chien de devoir correspondre aux attentes de son
propriétaire, mais à l’éducation, donnée par ce dernier, de se caler sur les besoins du chien et de lui
offrir les clefs pour vivre en harmonie dans son foyer. Le chien n’a donc plus l’entière responsabilité
du résultat de son éducation puisque le propriétaire se doit de connaître et de respecter la « nature
canine » de son chien dans l’éducation qu’il lui donnera. Cette part de responsabilité donnée au
propriétaire est clef de voûte dans le concept d’éducation canine. On la retrouve d’ailleurs dans le
témoignage d’éducateurs canins, avec qui j’ai pu échanger, qui s’amusent à dire que leur métier, ce
n’est pas toujours de l’éducation canine mais parfois de l’éducation de propriétaire. Cette idée est
notamment soulevée par une étude datant de 1991, dans laquelle il est mis en lumière le fait que
l’éducateur canin travaille d’abord avec le propriétaire et doit donc, en cela, être à l’écoute de son
client et de ses besoins (Myles, 1991).

b. Réglementation autour des formations et de l’exercice de ce métier


L’éducation canine est une activité qui s’est récemment développée puisqu’avec le
changement de statut du chien dans nos sociétés, à la fin du XIXème siècle, les premiers clubs canins
ont été créés et se sont implantés peu à peu dans tout le pays (Bedossa et Jeannin, 2020). Ce n’est que

12
très récemment, en 2005, qu’un diplôme formant au métier d’éducateur canin a été reconnu par l’Etat.
En effet, le Ministère de l’Agriculture reconnait dans son arrêté du 3 mars 2005, la création du brevet
professionnel option « éducateur canin » (Légifrance, 2022), délivrant un diplôme niveau 4 (équivalent
baccalauréat). C’est, encore à ce jour, le seul diplôme reconnu par l’Etat pour l’éducation canine. Avant
la création de ce brevet professionnel (BP), de nombreuses formations privées et non diplômantes
avaient déjà vu le jour et continuent encore à se multiplier. Il en existe tout un panel, différant de par
leurs modalités d’enseignement, leur durée d’apprentissage et la qualité de leurs enseignements, à tel
point qu’il est difficile d’en établir une liste exhaustive. Ces formations peuvent être dispensées en
ligne, en présentiel, sous forme de stage ou encore de cours théoriques ou pratiques.

Pour autant, quel que soit le parcours suivi, toute personne souhaitant se déclarer « éducateur
canin » le peut sous respect des règles établies dans l’Article L214-6 du Code Rural et de la Pêche
Maritime. D’après cet article, cette profession fait « objet d’une déclaration au préfet » et nécessite la
détention du diplôme délivré par le BP ou d’un certificat de capacité (Légifrance, 2022). Ce certificat
de capacité appelé « ACACED » (Attestation de Connaissances pour les Animaux de Compagnie
d’Espèces Domestiques), remplace depuis 2016, le CCAD (Certificat de Capacité Animaux
Domestiques). Pour l’obtenir, il faut suivre une formation en présentiel dispensée par des centres de
formation habilités par le Ministère de l’Agriculture et réussir à l’évaluation. Cette formation dure
entre 14 et 22h et doit permettre au candidat de répondre à un QCM de 30 à 60 questions en
atteignant 60% de bonnes réponses. Après obtention de ce certificat, valable 10 ans, le futur
professionnel doit se déclarer auprès de la Direction Départementale de la Protection des Populations
(DDPP) de son département (ACACED, 2022; Animalia, 2022; DRAAF PACA, 2016) avant de pouvoir
exercer. Par ailleurs, d’après l’article 4 de l’arrêté du 14 janvier 2022 relatif à l'action de formation et
à l'actualisation des connaissances nécessaires aux personnes exerçant des activités liées aux animaux
de compagnie d'espèces domestiques, les personnes détenant le diplôme ou le certificat doivent
actualiser leurs connaissances au maximum tous les 10 ans par le biais d’une formation de 7 heures,
et ce, auprès d’un organisme habilité. Cette actualisation donne accès à une attestation de formation
conforme au Code du Travail, demandée par les services de contrôle (Légifrance, 2022).

Finalement, la simple détention de ce certificat permet à toute personne de se déclarer


« éducateur canin », qu’elle ait suivi ou non une formation au métier, et quelle que soit la formation.
Ceci crée une très forte hétérogénéité au sein d’un même corps de métier, pouvant alors nuire à leur
crédibilité et à la confiance qui devrait leur être accordée. C’est notamment pour faire face à ce
manque de professionnalisation que le Syndicat National des Professionnels du Chien et du Chat
(SNPCC) travaille, depuis 2018, à l’élaboration d’un brevet de maîtrise « éducateur-

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comportementaliste canin-félin-NAC » reconnu par l’Etat, octroyant un diplôme de niveau 5, soit
bac+2, fiche RNCP37642 (France Compétences, 2023; SNPCC, 2022).

Ce manque d’encadrement et d’homogénéisation ne touche pas uniquement les formations.


En effet, en France, il existe différentes terminologies utilisées autour de l’éducation canine, ne faisant
pas nécessairement référence à la même activité, qui elle-même peut être bénévole ou
professionnelle. Quatre d’entre elles possèdent tout de même une certification officielle au Répertoire
National des Certifications Professionnelles (RNCP) : l’éducateur canin via l’obtention du brevet
professionnel (fiche RNCP3856), l’éducateur comportementaliste canin, félin et NAC via l’obtention du
brevet de maîtrise (fiche RNCP37642), le comportementaliste-médiateur pour animaux de compagnie
(fiche RNCP18042 - inactive) et le coach en éducation et comportement canin (fiche RNCP31935)
(France Compétences, 2023). Il existe aussi des bénévoles de l’éducation canine que sont les moniteurs
en éducation canine exerçant en club canin et affiliés à la Société Centrale Canine. Leur diplôme est
délivré à la fin d’une formation constituée de stages pratiques et de cours théoriques (Société Centrale
Canine, 2023). Concernant les professionnels non bénévoles, l’obtention de la certification et l’emploi
des terminologies évoquées ci-dessus ne sont pas obligatoires, et, tous peuvent se qualifier comme ils
le souhaitent, donnant ainsi naissance aux « comportementalistes canins », « coach canin »,
« éducateur comportementaliste canin », etc. sans réel encadrement légal. D’ailleurs, le terme
« comportementaliste » connaît un plein essor ces dernières années et peut prêter à la confusion avec
celui d’« éducateur canin ». Ce terme est né du courant du « behaviorisme », qualifiant ainsi les
professionnels pratiquant la thérapie comportementale (Le Robert, 2022). Sans autre définition plus
académique et par tentative de le décrire grâce aux différents écrits consultés, on entendrait plus
communément par « comportementaliste », un spécialiste du comportement capable de comprendre
et prendre en charge les éventuels comportements indésirables des animaux en fonction du milieu de
vie dans lequel ils sont placés. La différence avec un « éducateur canin » n’est pas clairement explicitée
sur le papier, et, toute personne souhaitant se qualifier de « comportementaliste », le peut.

Cette hétérogénéité de la profession ne concerne pas seulement la France. En


Australie, l’éducation canine n’est pas réglementée. « Tout le monde peut se déclarer éducateur canin
sans qu’aucune qualification ou expérience ne soit requise » [traduction libre] (Hunter et al., 2020).
C’est aussi le cas aux Etats-Unis et au Canada, où aucun diplôme n’est encore reconnu. Il n’y a, par
ailleurs, aucun encadrement légal autour de la méthode utilisée en termes de sécurité et d’efficacité,
ni aucun organisme pouvant protéger le client en cas de problème. Le marché de l’éducation canine y
est un marché « acheteur averti » [traduction libre] (Landsberg et al., 2008), qui, malheureusement,
semble souvent jouer en la défaveur du client et de son chien (Landsberg et al., 2008). Dans ces pays
aussi, les formations suivies par les éducateurs diffèrent beaucoup dans ce qu’elles leur enseignent et

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ne leur permettent pas forcément de faire la différence entre un comportement normal et anormal.
On se retrouve alors sur ce marché de l’éducation avec tout un panel d’expériences, de formations et
de qualifications, rendant le monde de l’éducation canine confus (Hunter et al., 2020; Myles, 1991).
Face à ces problématiques, l’idée que ce corps de métier devienne réglementé jusque dans sa pratique-
même, avec une formation diplômante officiellement reconnue est apparue comme une perspective
d’amélioration, tant les conséquences d’une mauvaise éducation peuvent être importantes sur les
chiens et leurs propriétaires (Landsberg et al., 2008).

c. Le monde de l’éducation canine aujourd’hui en France


En France, il est très compliqué de caractériser la population d’éducateurs canins. En effet,
aucun organisme ne les recense publiquement, ni n’étudie leurs caractéristiques. Après échange avec
le Syndicat National des Professionnels du Chien et du Chat (SNPCC), au 10 juin 2022, 10 600
professionnels étaient enregistrés au code NAF 9609Z, correspondant aux activités de toilettage,
d’éducation canine et de garde. N’ayant pas de chiffre officiel concernant uniquement les éducateurs
canins, et ne pouvant communiquer leurs données internes, le SNPCC a tout de même pu m’indiquer
que les éducateurs canins seraient environ 2000 répartis sur tout le territoire français, avec un nombre
plus important autour des grandes villes. Par ailleurs, le métier connaîtrait une féminisation de plus en
plus importante au fil des années (SNPCC, 2022). Cette difficulté pour dénombrer ces professionnels
n’est pas propre à la France. En effet, en Australie aussi il n’existe pas de registre officiel permettant
de les dénombrer et de caractériser leur activité (Hunter et al., 2020).

De manière concomitante au travail de cette thèse, le Centre National de Référence pour le


Bien-Être Animal (CNR BEA) a mené une étude commanditée par le Bureau du Bien-être animal (BBEA),
la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) et le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, afin
d’émettre un avis sur les méthodes de dressage utilisées sur les chiens par les professionnels et
bénévoles de l’éducation canine et les souffrances ou le stress qu’elles peuvent provoquer. Cette étude
s’intéresse aux « professionnels canins » correspondants à « toute personne, formée ou non, utilisant
des pratiques d’éducation canine dans un cadre formalisé sur des chiens qui ne lui appartiennent pas
» (CNR BEA, 2022). Il est donc notamment question des éducateurs canins, qui font l’objet du sujet
traité par cette thèse, fournissant ainsi des données non négligeables, puisqu’uniques, de comparaison
avec les résultats obtenus ici. Cet avis recueille les résultats d’une enquête publiée durant le mois de
février 2022. 364 réponses ont alors été collectées, mais sans garantie de représentativité,
puisqu’aucune caractéristique démographique n’est connue (CNR BEA, 2022). En recueillant les
données montrées dans cette enquête, on retrouve l’idée qu’une grande diversité existe dans les
terminologies employées par les professionnels nommant leur activité. Les trois terminologies qui y
sont les plus représentées sont d’ailleurs : moniteur canin (37,9%), éducateur canin

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comportementaliste (33%) et éducateur canin (30,2%). Nous retrouvons ensuite les coachs en
éducation et comportement canin (16,2%), les rééducateurs canins (13,5%), les comportementalistes
(9,1%), puis, plus marginalement, les dresseurs, les comportementalistes médiateurs pour animaux de
compagnie, les cynologistes … Il a été émis l’hypothèse que les termes « comportementalistes » et «
coach » puissent témoigner d’une tendance actuelle, par effet de mode ou de marketing notamment,
puisqu’ils sont plus employés par les professionnels exerçant depuis peu, alors qu’à l’inverse, les plus
expérimentés semblent plutôt se nommer comme « moniteurs » ou « dresseurs » ou simplement «
éducateurs canins » (CNR BEA, 2022). Ceci pourrait aussi s’expliquer par le quasi-monopole attribué
aux clubs canins avant la création du brevet professionnel « éducateur canin ». Les répondants à
l’enquête du CNR BEA travaillent majoritairement autour des villes (49,2% en milieu urbain et rural,
16,9% en milieu urbain et 33,9% en milieu rural) (CNR BEA, 2022), comme l’avait annoncé le SNPCC
lors de notre échange (SNPCC, 2022). Parmi eux, 42,8% exercent leur activité depuis moins de 5 ans et
18,8% depuis plus de 20 ans, pouvant montrer l’intérêt grandissant pour l’activité. Concernant les
formations suivies, l’enquête a révélé une très grande variabilité et questionne donc l’« homogénéité
des pratiques enseignées aux professionnels canins » (CNR BEA, 2022). On y retrouve par exemple le
Brevet professionnel, master d’éthologie, mais aussi de nombreuses formations privées ou séminaires
et conférences donnés par des vétérinaires, éducateurs canins ou comportementalistes... Parmi eux
certains se sont aussi formés en naturopathie animale. Dans ce rapport, la majorité des professionnels
canins exercent leur activité à temps partiel (61,7%). Ils sont d’ailleurs 60% à avoir d’autres activités
autour du chien telles que l’école pour chiots (25,4%), la vente (10,8%), le pet sitting (10,5%), la famille
d’accueil (10,2%), la pension (7%) et plus rarement le toilettage ou encore le massage (CNR BEA, 2022).

Lorsque l’on se penche sur les prestations proposées par les éducateurs canins, on remarque
qu’elles sont variées et individu-dépendantes. Aucune donnée précise et exhaustive n’existe sur ces
activités proposées, en revanche, sur leurs sites internet on retrouve généralement :

- Les cours d’éducation (individuels ou collectifs) permettant par exemple d’enseigner des
méthodes éducatives (e.g. clicker training …) ou encore des ordres de base.
- Les écoles du chiot, semblables aux cours d’éducation, réunissant des propriétaires et leur
chiot afin d’aider à leur sociabilisation, à initier leur apprentissage des ordres de base ainsi
qu’à veiller au bon accompagnement du chiot lors de ses premiers mois de vie (propreté,
solitude …).
- Les bilans comportementaux permettant d’identifier un trouble comportemental et
d’envisager sa prise en charge.
- Les cours de prise en charge des troubles du comportement.

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- Les balades éducatives, proposant une balade collective ayant pour but d’aider à la
sociabilisation des chiens, à l’apprentissage de la gestion des promenades et des ordres
nécessaires à cela ainsi qu’à inciter à l’exercice physique.
- Et, moins fréquemment : cours d’agility, pet-sitting, pension, promeneur, pistage, conseils
à l’adoption …

Le CNR BEA a d’ailleurs mis en évidence que les professionnels canins ayant participé à son
enquête sont premièrement sollicités pour l’éducation des chiens, ensuite pour la résolution des
troubles du comportement, puis pour le dressage pour des fonctions particulières et, en quatrième
position, pour la préparation des chiens à une compétition (CNR BEA, 2022). Si l’on se penche plus
précisément sur la résolution des troubles comportementaux, 90,9% des professionnels disent ne pas
avoir de nombre de séances fixe pour réussir à le faire, les autres ont besoin d’en moyenne 7 séances
± 6 (CNR BEA, 2022). Ceci reflète de la variabilité inter-individuelle pour pallier un problème
comportemental, que ce soit entre les professionnels, entre les troubles rencontrés ou encore entre
les couples propriétaire-chien concernés. Les répondants à cette enquête semblent majoritairement
sollicités pour de l’agressivité, de l’anxiété et de la peur. Ils sont aussi beaucoup sollicités pour des
problèmes de destruction ou d’aboiements, et, plus marginalement, pour la fugue et la coprophagie
notamment (CNR BEA, 2022).

La diversité dans l’exercice-même du métier d’éducateur canin n’existe pas que dans les
prestations proposées. De fait, on retrouve aussi des disparités quant aux méthodes éducatives
utilisées et qui plus est, font débats aujourd’hui. Cet écrit ne rentrera pas dans le détail de ces
méthodes, tant le sujet est large et riche de connaissances s’actualisant constamment. En résumé, il
existe deux processus d’apprentissage chez les animaux sur lesquels reposent les techniques
d’éducation canine : le conditionnement classique et le conditionnement opérant. Le conditionnement
classique concerne l’apprentissage par association entre des stimuli et une réponse involontaire ou
réflexe de l’organisme. Il est utilisé à travers le contre-conditionnement, la désensibilisation et
l’habituation. Le conditionnement opérant, basé sur la conséquence d’une réaction à un stimulus, fait
quant à lui référence au renforcement positif, au renforcement négatif, à la punition positive et à la
punition négative (Makowska et Cavalli, 2023). De ces principes, différentes méthodes éducatives sont
nées, et, sont pour une partie, aujourd’hui remises en cause. En effet, certaines d’entre elles peuvent
porter atteinte au bien-être animal mais aussi à celui de son entourage. C’est d’ailleurs dans l’optique
d’évaluer l’impact de ces différentes méthodes, pouvant parfois passer par le biais d’objets
traumatisants, que le CNR BEA avait été commandité pour réaliser son étude. Par ailleurs, si aucun
encadrement légal n’existait jusque-là sur l’utilisation des méthodes éducatives, la proposition de loi
de Corinne Vignon, s’appuyant notamment sur le rapport du CNR BEA, adoptée en première lecture à

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l’Assemblée nationale le 16 janvier 2023 et visant à l’interdiction des colliers électriques, étrangleurs
et à pointes pour chiens et chats, pourrait bien en être fondatrice. Malheureusement, comme en
Australie, au Canada ou aux Etats-Unis, il n’existe encore aucun registre en France permettant de
statuer sur les méthodes utilisées par les éducateurs canins ou sur les méthodes qui leur sont
enseignées (Hunter et al., 2020; Landsberg et al., 2008).

Finalement, le monde de l’éducation canine d’aujourd’hui reste vaste et encore certainement


trop mal défini ou encadré. Ce manque d’homogénéité et de réglementation est d’ailleurs au cœur de
projets actuels visant à y pallier.

II. Le vétérinaire : place du comportement dans sa pratique


a. Formation des vétérinaires en comportement
La médecine du comportement est un domaine d’activité récent dans la pratique vétérinaire.
En effet, la spécialité « Behavioural Medecine » du Collège Européen ECAWBM (European College of
Animal Welfare and Behavioural Medicine), offrant le titre de « spécialiste » en médecine du
comportement, n’a été complètement reconnue que le 12 avril 2013. Par ailleurs, en France, nous
n’avons actuellement que 6 vétérinaires titulaires de ce titre (ECAWBM – European College of Animal
Welfare and Behavioural Medicine, 2022) sur 20 197 vétérinaires, dont 364 possédant un titre de
« spécialiste », inscrits à l’Ordre au 31 décembre 2021 (Atlas démographique 2022 | L’Ordre national
des vétérinaires, 2022). Si l’on s’intéresse aux collèges européens les plus prisés par les vétérinaires
français, comme par exemple l’ECVS (donnant le titre de « spécialiste » en chirurgie), on se rend
compte qu’ils ont été créés dans les années 90, donc bien plus tôt que celui de médecine du
comportement et bien-être animal. Ceci témoigne de l’intérêt récent pour cet aspect de la médecine
vétérinaire, qui se verra certainement grandir à l’avenir, puisque de nombreuses autres formations,
diplômantes ou non, mais n’offrant pas le titre de « spécialiste », ont vu le jour ces dernières années.
Si l’on se penche sur les formations diplômantes mais non spécialisantes, disponibles actuellement en
France, il existe le Diplôme Inter-Ecoles (DIE) Médecine du comportement et bien-être des animaux
domestiques, remplaçant depuis peu le Certificat d’Etudes Approfondies Vétérinaires (CEAV) en
Ethologie clinique et appliquée, et le Diplôme Universitaire (DU) de psychiatrie vétérinaire. Ces deux
formations s’étalent sur deux ans, comprenant à la fois stages et cours théoriques. Comme ce sont des
formations longues, les vétérinaires souhaitant se former dans ce domaine ne disposent pas toujours
du temps nécessaire pour emprunter ces voies et peuvent alors choisir des formations plus courtes,
non diplômantes.

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En France, tout comme en Australie par exemple, la formation en médecine du comportement
des vétérinaires dépend de l’école dans laquelle ils ont suivi leur cursus et de leur intérêt à continuer
à se former dans ce domaine par la suite (Hunter et al., 2020). Il apparaît pourtant comme essentiel
d’accorder une plus grande importance à la formation en médecine du comportement dans le cursus
initial des vétérinaires puisque le nombre de consultations pour troubles du comportement est en
augmentation, et ce depuis au moins 25 ans (Yalcin et Batmaz, 2007). Grâce aux nombreuses réponses
à son enquête sur « le comportement animal et sa pratique en médecine vétérinaire » en France, le
Docteur Vétérinaire Pierre Dufour met en évidence ce nombre croissant de demandes de consultations
en comportement, et notamment dans le milieu urbain, s’expliquant par la considération grandissante
du bien-être animal dans nos sociétés. De plus, le nombre de troubles comportementaux observés en
clinique semble relativement important puisque presque 70% des vétérinaires enquêtés en observent
dans plus d’une consultation sur 10. Face à cette augmentation des demandes et des cas observés, les
vétérinaires témoignent du regret d’avoir eu une formation initiale trop pauvre en la matière et se
sentent alors freinés par ce manque de connaissances pour proposer un service « comportement »
dans leur clinique. Bien qu’une partie d’entre eux aient suivi des formations externes, majoritairement
courtes, sur le comportement, tous n’ouvrent pas un service dans leur clinique puisque toutes les
formations ne sont pas suffisantes pour le faire. Ils ressentent donc, pour la plupart, le besoin de se
reformer régulièrement mais n’en ont malheureusement pas toujours l’opportunité (Dufour, 2017).

b. Déroulé classique d’une consultation en comportement


La médecine du comportement est une discipline chronophage pouvant représenter un
challenge pour des vétérinaires n’ayant pas reçu la formation leur permettant d’être autonome dans
le domaine, rendant sa pratique encore marginale dans certaines cliniques. En effet, une consultation
en comportement est une consultation longue, durant généralement 1h30. Le vétérinaire doit
recueillir une anamnèse et des commémoratifs les plus exhaustifs possibles. Il doit de même prendre
le temps d’observer l’animal, étape essentielle, qui selon la Docteure Vétérinaire Françoise
Schwobthaler, devrait durer 20 à 30 minutes (Schwobthaler, 2016). Il doit aussi s’assurer de
comprendre les motivations et les attentes du propriétaire, et ceci peut là encore, s’avérer
chronophage. Une fois le diagnostic établi et le plan d’action trouvé, souvent composé d’une thérapie
comportementale pouvant être accompagnée d’une thérapie médicale, le vétérinaire doit prendre le
temps de bien les expliquer au propriétaire tout en s’assurant que chaque étape soit entendue et
approuvée par ce dernier. En effet, il ne faut surtout pas sous-estimer la non ou la mauvaise
compréhension du propriétaire. Durant la consultation, il va recevoir un nombre important
d’informations de la part du vétérinaire et pourrait légitimement s’y perdre. Toutefois, malgré le temps
consacré à la consultation, le vétérinaire peut faire face à des propriétaires non réceptifs, ne voulant

19
pas changer leurs habitudes ni investir temps et argent, et donc finalement, aboutir à un échec. Cet
aspect a été soulevé par le Docteur Vétérinaire Pierre Dufour dans son enquête et impacte l’opinion
des vétérinaires sur les consultations en comportement (Dufour, 2017).

Le vétérinaire est aussi amené, lors des premières consultations des chiots notamment, à
prodiguer des conseils aux propriétaires et répondre à leurs interrogations quant aux besoins
physiologiques de leur animal, son éducation de base … sans pour autant être dans le cadre d’une
consultation en comportement à proprement parler.

c. Principaux motifs de consultation rencontrés


Des études se sont intéressées aux motifs de consultation que l’on pouvait retrouver en
médecine vétérinaire du comportement chez les chiens. Si l’on compare deux études rétrospectives
basées en Turquie et aux Etats-Unis, on se rend compte que les résultats se recoupent puisque
« l’agressivité » représente entre 60 et 72% des motifs de consultation, « l’anxiété/peur » en
représente environ 20% et les autres raisons telles que les stéréotypies, la malpropreté … avoisinent
les 10% (Anderson et al., 2022; Yalcin et Batmaz, 2007). L’agressivité, et plus particulièrement
l’agressivité envers les propriétaires, est le trouble le plus souvent référé aux vétérinaires
comportementalistes (Luescher et Reisner, 2008). En effet, c’est un comportement dangereux pouvant
engendrer de lourdes conséquences pour le propriétaire et pour son chien. De ce fait, les propriétaires
sont généralement plus motivés pour consulter à ce sujet, ceci pouvant alors expliquer cette
distribution des motifs de consultation en comportement (Anderson et al., 2022). D’ailleurs, on
retrouvait l’agressivité, l’anxiété et la peur dans les principaux motifs pour lesquels étaient sollicités
les professionnels canins dans l’étude du CNR BEA, mais, ces derniers l’étaient aussi beaucoup pour
des problèmes de destruction et d’aboiements (CNR BEA, 2022). Ces deux derniers motifs ne sont que
marginaux chez les vétérinaires, pouvant montrer que les propriétaires y voient plus un problème
d’éducation, qu’un trouble méritant consultation chez un vétérinaire, comme pourrait l’être
l’agressivité par exemple.

III. Etat des lieux de la collaboration entre éducateurs canins et


vétérinaires
Selon le dictionnaire Le Robert, collaborer c’est « travailler en commun à quelque chose ; avec
quelqu’un » (Le Robert, 2022). Dans le cadre de cette thèse, il s’agit donc du travail commun entre
éducateur canin et vétérinaire, au bien-être du chien, avec le propriétaire et son animal. Ainsi, la
collaboration consiste en une relation entre ces deux professionnels basée sur une confiance mutuelle.

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Plus concrètement, c’est le fait de pouvoir a minima recommander, en toute confiance, un éducateur
canin ou un vétérinaire, en cas de besoin. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, cette
collaboration ne prend pas forcément vie uniquement dans la prise en charge des troubles du
comportement. En effet, elle peut démarrer avant même l’adoption de l’animal, par le biais de conseils
à ce sujet, et perdurer tout au long de sa vie, le vétérinaire pouvant recommander des cours
d’éducation canine et, inversement, l’éducateur canin, l’expertise d’un vétérinaire, en cas de besoin.
La définition de la collaboration et de ses modalités est ici volontairement vague puisque chaque
relation est différente : tous les vétérinaires et tous les éducateurs n’ont pas nécessairement les
mêmes attentes et besoins vis-à-vis des autres. Ainsi, il serait difficile, et probablement injuste d’en
fixer les limites sans se baser sur l’avis de chacune des parties.

a. Introduction : données dans la littérature


La collaboration entre éducateurs canins et vétérinaires est très peu étudiée et estimée.
Néanmoins, on peut trouver quelques études évoquant son utilité voire même sa nécessité. Déjà en
1991, l’importance d’une relation entre éducateur canin et vétérinaire était mise en évidence dans un
article du Veterinary Clinics of North America : Small Animal Practice, destiné aux vétérinaires
praticiens (Myles, 1991). Pourtant, en 2010, cette coopération était qualifiée de « relativement
nouvelle stratégie, souvent controversée » [traduction libre] (Mariti et al., 2010) et de non encore
étudiée dans une étude italienne à ce sujet (Mariti et al., 2010). Cette étude a eu pour but d’estimer
le niveau de coopération entre éducateurs canins et vétérinaires, dans la résolution de problèmes
comportementaux chez les chiens, en se basant sur les cas rencontrés dans le Centre of Behavioural
Counseling for Pets at the University of Pisa en Italie. Dans 45,6% des cas, le vétérinaire a conseillé au
client d’être aidé par un éducateur canin. Il semblerait par ailleurs que cette recommandation soit plus
fréquente sur les cas d’hyperactivités et d’agression envers d’autres chiens que pour les cas
d’agressivité envers les humains, de peur, d’anxiété, de TOC … où il n’y avait pas de différence notable
dans le pourcentage de recommandation. Lorsqu’il y eût opportunité de travailler ensemble, 67,8%
des cas ont obtenu amélioration, montrant alors l’utilité de la collaboration dans la résolution de
troubles comportementaux (Mariti et al., 2010). Cette utilité, est explicitée dans d’autres études ou
textes s’intéressant à la prévention ou la prise en charge des troubles du comportement, allant même
parfois jusqu’à dire qu’encourager la collaboration entre professionnels du chien permettrait d’aider
plus efficacement le couple propriétaire-chien (Bedossa et Jeannin, 2020; Bompadre et Cinotti, 2011;
Hunter et al., 2020; Landsberg et al., 2008).

Malgré cela, certaines études semblent mettre en évidence qu’il existe, dans certains cas,
encore trop peu de collaboration. Si l’on se penche sur un article étudiant l’anxiété de séparation du
point de vue des éducateurs canins australiens, on se rend compte que seulement 7,9% d’entre eux

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s’en réfèrent à un vétérinaire afin de la diagnostiquer (Hunter et al., 2020). Réciproquement, dans une
étude sur l’euthanasie à cause de troubles comportementaux, seulement 11% des vétérinaires ont
demandé l’aide d’éducateurs canins (Yu et al., 2021). Un résultat similaire a été mis en évidence dans
un questionnaire adressé aux vétérinaires praticiens espagnols s’intéressant aux comportements
indésirables chez les chiens et les chats, puisque 12,3% d’entre eux réfèrent des cas aux éducateurs
canins. Ce résultat s’explique par le fait que les vétérinaires s’adressent préférentiellement à des
vétérinaires comportementalistes (46,7%) ou ne réfèrent tout simplement pas le cas (34,7%) (Fatjó et
al., 2006).

b. Bien-être animal : l’intérêt de la collaboration dans cet objectif


commun
Educateur canin et vétérinaire sont des professions intimement liées au bien-être animal et
dont l’entraide bénéficierait grandement à leur patient commun : le chien.

Si l’on se penche sur le Code sanitaire pour les animaux terrestres, l’OMSA définit le « bien-
être animal » comme étant : « l’état physique et mental d’un animal en relation avec les conditions
dans lesquelles il vit et meurt » (OMSA, 2022). En complément de cette définition, peut s’ajouter celle
de l’ANSES qui déclare que le bien-être animal correspond à « l’état mental et physique positif lié à la
satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes. Cet état
varie en fonction de la perception de la situation par l’animal » (ANSES, 2018). A elles deux, elles
soulèvent la singularité propre à chaque individu, possédant une génétique, un développement, des
expériences et apprentissages qui lui sont propres et qui lui confèrent des besoins et attentes
particuliers. Finalement, elles mettent l’accent sur l’importance de la bonne prise en charge de chaque
animal, de sa naissance, à sa mort. Il s’agit donc, pour le propriétaire, de répondre aux besoins de son
animal, tout au long de sa vie et pour cela, la force du lien qui l’unit à son animal est déterminante.
C’est pourquoi, les professionnels du chien, que sont notamment vétérinaires et éducateurs canins,
jouent un rôle central pour entretenir ce lien.

En France, il est d’ailleurs indiqué, dans le Code Rural et de la Pêche Maritime, que le chien
doit être placé dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. Ces
impératifs sont notamment représentés par le concept des 5 libertés fondamentales, reconnues dans
les codes sanitaires de l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OMSA / OIE), que sont : «
l’absence de faim, de soif et de malnutrition », « l’absence de peur et de détresse », « l’absence de
stress physique ou thermique », « l’absence de douleur, de lésions et de maladie » et enfin « la
possibilité pour l’animal d’exprimer les comportements normaux de son espèce » (OMSA, 2022).

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De ces définitions se dessine l’intérêt de ces deux corps de métiers dans l’amélioration du bien-
être du chien, alors accentué lors de travail collaboratif.

1. Impact sur les 5 libertés fondamentales du chien


Leur premier plan d’action commun peut notamment se trouver dans le respect des besoins
fondamentaux du chien. C’est ainsi que, dans son chapitre sur le bien-être des chiens domestiques
dans l’espace urbain, la Docteure Vétérinaire Lorenza Richard, possédant un Diplôme d’Etablissement
« Protection animale, de la science au droit », démontre à l’aide du concept des 5 libertés, que
vétérinaires et éducateurs canins sont des interlocuteurs privilégiés pour aider le propriétaire dans la
mise en adéquation de son chien et son milieu de vie (Bedossa et Jeannin, 2020). En effet, le vétérinaire
va pouvoir conseiller le propriétaire sur l’alimentation de son animal, et ce, tout au long de sa vie en
l’adaptant à ses besoins physiologiques et son état de santé. Il s’assurera donc d’une première liberté
: « l’absence de faim, de soif et de malnutrition » (OMSA, 2022). Son rôle est tout aussi important
qu’intuitif, puisqu’inhérent au métier, dans « l’absence de douleur, de lésions et de maladie » (OMSA,
2022), constituant une deuxième liberté (Bedossa et Jeannin, 2020). Grâce à son expérience et au
temps passé en séance avec les chiens, l’éducateur canin est capable de détecter des anomalies ou
suspecter une affection. De ce fait, dans le cadre de ces deux libertés, il pourrait tout à fait se placer
en tant qu’intermédiaire crucial dans le conseil et l’orientation du client vers un vétérinaire. Le dialogue
avec le vétérinaire sur les observations faites lors des séances éducatives pourrait, de surcroît, aider
au diagnostic et à la bonne prise en charge de l’animal. De la même manière, Lorenza Richard appuie
l’importance qu’ont éducateurs canins et vétérinaires en ce qui concerne l’« absence de stress
physique ou thermique » (OMSA, 2022), qu’elle nomme « absence d’inconfort », en mettant l’accent
sur le fait qu’ils sont tous deux capables de donner des conseils avisés à ce sujet (Bedossa et Jeannin,
2020). Enfin, elle souligne leur intérêt dans l’« absence de peur et de détresse » (OMSA, 2022) et dans
la possibilité pour le chien « d’exprimer les comportements normaux de son espèce » (OMSA, 2022),
pouvant agir, individuellement ou de concert, au besoin du propriétaire (Bedossa et Jeannin, 2020).

2. Impact sur les pratiques professionnelles quotidiennes


L’amélioration du bien-être du chien passe de la même façon par l’impact qu’a l’établissement
d’une relation de confiance entre éducateurs canins et vétérinaires sur leurs pratiques quotidiennes
respectives.

D’une part, en consultation chez un vétérinaire, certains chiens sont stressés et appréhendent
les manipulations et soins pouvant être effectués. Cette appréhension et ce stress peuvent entraîner
des actions motrices, allant du simple évitement à la morsure, dans le but de se protéger du danger
perçu. Cet état de mal-être n’est donc pas seulement délétère pour l’animal en question mais peut

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aussi l’être pour le propriétaire et le vétérinaire se trouvant dans la pièce. Dans ce contexte-là, Myles
évoque dans son article que la collaboration avec un éducateur canin est tout à fait intéressante. En
effet, en 1991, elle montrait déjà ses preuves en termes d’habituation à la manipulation et donc à
l’aide aux soins pour les vétérinaires. De ce fait, travailler avec un éducateur canin apparaissait comme
bénéfique pour les animaux de compagnie, les clients mais aussi les vétérinaires, qui profiteraient alors
mieux de leurs années de contact avec de multiples races de chiens (Myles, 1991). Les bienfaits du
medical training sur la pratique vétérinaire ne sont plus à prouver tant il peut faciliter les manipulations
au quotidien. Ces bienfaits se retrouvent tout autant chez le chien puisqu’évitent, chez lui, la
progression d’un stress nuisant à son bien-être.

D’autre part, en consultation, il arrive au vétérinaire de rencontrer des clients demandeurs ou


nécessitant l’aide d’un éducateur canin pour éduquer leur chien. Myles soulève ainsi dans son article
l’importance pour un vétérinaire de s’assurer que le besoin en éducation du chien, dans le but de
correspondre aux attentes de son propriétaire, était comblé en choisissant soigneusement un
éducateur canin (Myles, 1991). On pourrait tout aussi bien retourner cette situation en se demandant
quel éducateur canin n’a jamais eu besoin de conseiller un vétérinaire à un client, lors de l’adoption
d’un chiot par exemple ? Ce sont là différentes situations qui prouvent l’intérêt de pouvoir tisser une
relation de confiance, sans même parler du bénéfice apporté par la satisfaction des clients estimant
avoir correctement été orientés.

De plus, en s’intéressant aux pratiques des éducateurs canins, il était ressorti que l’une de leurs
activités principales était la prise en charge des troubles du comportement (CNR BEA, 2022), qui par
ailleurs, est le motif principal de consultation en médecine vétérinaire du comportement (Anderson et
al., 2022; Luescher et Reisner, 2008; Yalcin et Batmaz, 2007). Comme explicité dans la Partie I, Chapitre
III, sous-chapitre a. « Introduction : données dans la littérature », plusieurs études ont encouragé la
collaboration entre éducateurs canins et vétérinaires dans la prise en charge et la prévention des
troubles du comportement (Bedossa et Jeannin, 2020; Bompadre et Cinotti, 2011; Hunter et al., 2020;
Landsberg et al., 2008; Mariti et al., 2010).

En effet, l’étude des troubles du comportement chez le chien mène à en dégager trois aspects
fondamentaux sur lesquels, l’entraide entre éducateurs canins et vétérinaires est tout à fait essentielle.
Le premier aspect concerne la perception du comportement par le propriétaire lui-même, qui,
possédant une sensibilité et des connaissances qui lui sont propres, ne portera pas le même regard ou
jugement qu’un autre face aux comportements de son chien (Camps et al., 2019; Lord et al., 2020). Il
est d’ailleurs rappelé dans l’article de Landsberg et al. (2008) que beaucoup de problèmes
comportementaux ne sont en fait que des comportements normaux qui demandent conseils et prise

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en charge sans forcément nécessiter de diagnostic et de thérapie médicaux et qu’en cela, vétérinaires
et éducateurs canins ont un rôle important à jouer (Landsberg et al., 2008). De plus, l’étude récente
de Lord et al. (2020) met en évidence le fait que les propriétaires n’ayant pas suivi l’école du chiot sont
moins susceptibles de reconnaître certains comportements indésirables comme tels, bien qu’ils les
aient observés (Lord et al., 2020). On peut facilement imaginer à quel point cette situation peut devenir
problématique et même dangereuse, pour le chien ou pour autrui, dans le cas par exemple de signes
d’agressivité. En fait, les résultats de cette étude soulèvent deux hypothèses : 1) l’école du chiot aide
à la prise de conscience et la sensibilisation des propriétaires, ou 2) ces propriétaires sont déjà plus
sensibles aux troubles comportementaux et vont donc plus facilement à l’école du chiot (Lord et al.,
2020). Dans les deux cas, ces résultats prouvent les différences existantes dans les connaissances des
propriétaires et met en lumière la nécessité de les améliorer. C’est en cela, qu’éduquer, le plus tôt
possible, à la reconnaissance d’indicateurs précoces est essentiel afin d’assurer un rôle préventif et de
permettre aux propriétaires de demander de l’aide à un professionnel qualifié lorsque nécessaire (Lord
et al., 2020). Par ailleurs, plusieurs études mettent l’accent sur l’importance pour un vétérinaire de
travailler avec un éducateur canin, pouvant donner des conseils plus détaillés mais aussi pouvant
directement agir sur le comportement du patient en le prenant en charge (Landsberg et al., 2008; Lord
et al., 2020). Cette prise en charge, qui se veut idéalement préventive et/ou précoce (Dufour, 2017;
Landsberg et al., 2008; Lord et al., 2020; Mariti et al., 2010; Scarlett et al., 2002), pourra être plus
aisément envisageable si le propriétaire est correctement informé et entouré grâce au travail d’équipe
entre éducateur canin et vétérinaire, et ce, dès le plus jeune âge de son animal.

Le deuxième aspect concerne l’adéquation entre le milieu de vie du chien et ses besoins
fondamentaux impactant directement le bien-être de l’animal et donc son comportement (Bedossa et
Jeannin, 2020; Mormede et al., 2018). Eléonore Buffet, éducatrice canin, fait remarquer que le
propriétaire peut parfois manquer d’expérience, de conseils mais aussi de compréhension de son
animal pour lui fournir un environnement adéquat (Bedossa et Jeannin, 2020), collant à ses attentes
et besoins physiologiques. De ce fait, éducateurs canins et vétérinaires, peuvent, et se doivent
d’accompagner leur client dans une démarche d’amélioration de ses connaissances sur son chien.
Cette démarche trouve tout aussi bien sa place en prévention. En effet, comme il est écrit dans l’article
de Scarlett et al. (2002), le vétérinaire a la capacité d’agir sur l’adoption d’un animal mais aussi de
conseiller les clients sur l’animal à adopter en fonction de leurs attentes et mode de vie (Scarlett et al.,
2002). L’éducateur canin, fort de son expérience auprès de nombreux chiens, pourrait de même jouer
ce rôle, connaissant lui aussi les besoins fondamentaux de l’espèce et les tendances raciales.
Finalement, conseiller un futur propriétaire avant adoption constituerait une action préventive
essentielle permettant d’éviter de se retrouver face au fait accompli et à des propriétaires démunis.

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Le troisième aspect concerne l’état de santé de l’animal, puisque de nombreuses affections
peuvent être à l’origine de troubles du comportement ou en exacerber les traits (Camps et al., 2019;
Fatjó et Bowen, 2020). Lorsque les troubles rencontrés sont dus à des problèmes de santé, ou encore
qu’il existe des maladies concomitantes rendant plus difficiles la prise en charge comportementale, le
vétérinaire a un rôle essentiel de détection, de diagnostic et de traitement (Bompadre et Cinotti, 2011;
Camps et al., 2019; Fatjó et Bowen, 2020; Hunter et al., 2020). Malheureusement, à part le
changement de comportement, il n’y a pas toujours de signe clinique associé à l’affection, rendant le
diagnostic par le vétérinaire difficile (Camps et al., 2019). Cependant, la prise en charge du trouble
comportemental passera inévitablement par la prise en charge de la maladie sous-jacente. En partant
de ce constat, une étude s’intéressant aux éducateurs canins signifie que ces derniers doivent s’en
référer à un vétérinaire lorsqu’ils font face à un cas réfractaire à l’apprentissage (Luescher et al., 2007).
De plus, l’éducateur canin, peut, grâce à son expérience et au temps passé en séance avec le chien,
détecter des anomalies et donc formuler ses observations voire hypothèses au vétérinaire, lui
fournissant ainsi une grande aide diagnostique. Dans ce cadre médical, une relation de confiance entre
éducateur canin et vétérinaire n’est que bénéfique pour le chien, lui assurant une prise en charge
médicale et éducative adaptées à sa santé.

Plus concrètement, un éducateur canin a besoin de pouvoir s’en référer à un vétérinaire


lorsqu’il fait face, a minima, à un trouble comportemental qu’il n’arrive ou n’arrivera pas à résoudre,
à des cas d’agression sur humain mais aussi pour vérifier l’état de santé de l’animal (Luescher et al.,
2007). Inversement, le vétérinaire, selon les cas rencontrés, peut préconiser une thérapie
comportementale, plus ou moins accompagnée d’une thérapie médicale. La thérapie
comportementale nécessite bien souvent l’intervention d’un éducateur canin (Bompadre et Cinotti,
2011; Landsberg et al., 2008; Mariti et al., 2010), capable d’accompagner, sur le terrain, le chien et son
propriétaire, au rythme de leurs progrès.

3. Impact sur le lien unissant le propriétaire et son chien


Dans la littérature, nous ne trouvons pas seulement une promotion de cette collaboration par
l’expression de situations quotidiennes concrètes la nécessitant. De nombreux auteurs mettent en
évidence son importance dans le maintien du lien qui unit le propriétaire à son chien. Ce lien, reflet de
l’attachement du propriétaire envers son chien, est donné comme l’élément clef à préserver pour
limiter au maximum les risques d’abandon ou d’euthanasie (Anderson et al., 2022; Kwan et Bain, 2013;
Powell et al., 2021; Scarlett et al., 2002). En effet, dans différentes études à ce sujet, l’abandon comme
l’euthanasie sont majoritairement expliqués par la présence de troubles du comportement (Cannas et
al., 2018; Fatjó et al., 2006; Jensen et al., 2020; Kwan et Bain, 2013; Lambert et al., 2015; Overall, 1997;
Patronek et al., 1996; Scarlett et al., 2002; Yu et al., 2021), ces troubles étant d’ailleurs décrits comme

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l’une des causes principales de diminution de l’attachement du propriétaire envers son chien (Kwan
et Bain, 2013; Powell et al., 2021).

L’étude de Patronek et al. (1996) sur les facteurs de risque d’abandon des chiens, a d’ailleurs
montré que beaucoup de personnes ayant abandonné leur animal trouvaient qu’elles manquaient de
conseils à propos du comportement canin et que, de plus, ce manque de conseils était associé à un
risque accru d’abandon. Cette étude met aussi en évidence que la non-participation à des cours
d’éducation canine ainsi que le manque de soins vétérinaires, étaient associés à un risque majoré
d’abandon (Patronek et al., 1996). En effet, Myles écrit qu’un chien bien éduqué sera plus apprécié par
son propriétaire qui sera donc plus enclin à en prendre soin et ne pas l’abandonner si ce dernier
développe un comportement indésirable (Myles, 1991). Les cours d’éducation canine et les visites chez
le vétérinaire sont des moments propices pour recevoir des conseils à propos du comportement, et il
ne faut donc pas en négliger l’impact. Plusieurs autres études tombent d’accord sur le sujet en mettant
en avant le rôle important et préventif que peuvent avoir ces deux professions quant à l’apparition des
troubles comportementaux et donc sur l’abandon (Dufour, 2017; Landsberg et al., 2008; Lord et al.,
2020; Myles, 1991; Powell et al., 2021; Scarlett et al., 2002). Les troubles comportementaux ont même
été qualifiés comme devant être de « haute priorité » [traduction libre] (Scarlett et al., 2002) pour les
vétérinaires, afin d’établir ou de préserver le lien entre le propriétaire et son chien (Scarlett et al.,
2002). Cette notion peut largement être étendue aux éducateurs canins, dont le comportement est le
cœur de métier. Il apparait donc essentiel d’avoir une relation de confiance entre éducateur canin et
vétérinaire, afin de fournir au client des conseils complémentaires, suffisants et adaptés à ses besoins,
concernant notamment le comportement de son animal. Le propriétaire, alors armé d’une meilleure
compréhension de son chien, aura toutes les clefs en main pour agir dans l’intérêt leur bien-être,
préservant ainsi le lien les unissant.

Finalement, et comme l’écrit Florence Gaunet, Docteure et chargée de recherche au


Laboratoire de Physiologie cognitive (CNRS & AMU), dans son chapitre sur les cognitions du chien,
éducateurs canins et vétérinaires sont « pivots dans la relation homme-chien car ils sont en première
ligne pour l’harmoniser, ainsi que pour veiller à la santé et au bien-être de l’animal » (Bedossa et
Jeannin, 2020). Ainsi, travailler ensemble, autour d’un même couple propriétaire-chien, permettrait
de mieux écouter, détecter, conseiller, éduquer, ou encore soigner au profit de la construction, de
l’entretien, voire de la reconstruction, d’un lien qui unit un propriétaire à son chien. En ce sens, la
littérature témoigne d’une grande diversité dans les pratiques envisageables lors de travail collaboratif
grâce à la complémentarité entre ces deux métiers.

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c. Les freins rencontrés
Pourtant, comme nous l’avons amorcé précédemment, il semblerait qu’encore trop peu de
collaboration existe à ce jour. Il est donc important de se pencher sur les raisons qui l’expliquent en
mettant en évidence les freins soulevés dans la littérature.

Revenons tout d’abord sur le concept de collaboration : qui dit collaboration dit relation, et
qui dit relation, dit a minima deux individus. Or ici, nous sommes dans le cadre d’une relation entre un
vétérinaire et un éducateur canin ayant pour but d’œuvrer sur le bien-être de leur patient qu’est le
couple propriétaire-chien. On passe donc d’une relation « bi-individuelle » à une relation « tri-
individuelle », complexifiant ainsi les rapports entretenus. En effet, même si les deux professionnels
s’entendent, l’un d’eux peut ne pas s’accorder avec les besoins du patient. Les freins peuvent donc
provenir du vétérinaire, de l’éducateur canin, mais aussi du propriétaire.

La majorité des articles évoquant la coopération sont écrits à l’intention des vétérinaires. En
les lisant, une partie d’entre eux semble montrer une certaine méfiance à l’égard des éducateurs
canins. En effet, il est souvent question de trouver un éducateur canin « fiable », « qualifié »,
« expérimenté », en lequel il peut avoir confiance (Bompadre et Cinotti, 2011; Landsberg et al., 2008;
Mariti et al., 2010; Myles, 1991). Cette méfiance peut tout d’abord s’expliquer par le manque de
réglementation de la profession et donc de la formation initiale suivie, comme nous l’avons évoqué
dans la Partie I, Chapitre I, sous-chapitre b. « Réglementation autour des formations et de l’exercice
de ce métier ». « Pour devenir éducateur canin, une personne peut déclarer en être un » [traduction
libre] (Myles, 1991). Cette phrase résume précisément un des points qui fait peur aux vétérinaires. Ce
même article nuance ce propos en évoquant qu’avoir une formation universitaire n’est pas non plus
gage de réussite et qu’il ne faut pas préjuger un éducateur canin que sur son parcours académique
mais plutôt sur ses accomplissements éducatifs (Myles, 1991). Les accomplissements éducatifs sont
justement un autre frein à cette collaboration puisque, comme expliqué dans différents articles,
l’utilisation de certaines méthodes ou techniques éducatives, par des éducateurs mal qualifiés, peut
se montrer néfaste et créer plus de problèmes que cela n’en résout. Le trouble comportemental du
chien peut en être aggravé, développant des problèmes graves, parfois insolubles, comme de la peur
lors d’interactions avec les humains pouvant par la suite se transformer en comportement agressif. La
qualité de vie du chien mais aussi celle des propriétaires s’en trouvent diminuées. L’actualisation des
connaissances de l’éducateur canin est à ce titre importante, là où certains sembleraient être réticents
à accepter les nouvelles découvertes, baignant dans des croyances aujourd’hui révolues et menant
donc à l’utilisation de techniques dangereuses (Bompadre et Cinotti, 2011; Hunter et al., 2020; Kwan
et Bain, 2013; Landsberg et al., 2008; Myles, 1991). Les vétérinaires semblent aussi réfractaires à cause
de la non-adaptation des méthodes éducatives à l’animal et au propriétaire dont font preuve certains

28
éducateurs. Myles s’interroge alors sur l’expérience de chacun : est-ce 10 ans d’application de la même
méthode éducative donc en réalité un an d’expérience calqué 10 fois ? Ou est-ce 10 ans d’actualisation
des connaissances, alliant flexibilité et créativité ? (Myles, 1991). Le chien a beaucoup à gagner à
bénéficier de l’aide d’un éducateur canin et beaucoup de vétérinaires doivent encore le comprendre.
Mais pour cela, ces derniers ont besoin de pouvoir faire confiance aux éducateurs canins travaillant
près de chez eux (Landsberg et al., 2008).

En cherchant à mettre en évidence les réticences du côté des éducateurs canins dans la
littérature, on peut retrouver l’idée du manque d’actualisation des connaissances des vétérinaires, qui
peuvent refuser d’accepter les nouvelles informations et de changer leur technique même quand de
meilleures sont découvertes (Myles, 1991). Effectivement, lorsque l’on s’intéresse aux formations
diplômantes suivies par les vétérinaires, la médecine du comportement apparaît plutôt marginale
(Dufour, 2017), justifiant alors ce manque d’actualisation. Une étude axée sur les éducateurs canins
dans le cadre d’anxiété de séparation chez le chien, a pu mettre en évidence plusieurs points
intéressants. Il semblerait que les éducateurs canins dits « mixtes » (utilisant à la fois renforcements
positif et négatif mais aussi punitions positive et négative) recommandent moins l’intervention des
vétérinaires que les éducateurs dits « positifs » (proscrivant la punition positive). Dans les raisons pour
ne pas référer à un vétérinaire, les éducateurs dits « mixtes » mettent au premier rang le fait que la
médicalisation n’est que rarement nécessaire pour les cas qu’ils suivent (50%). Que ce soit pour les
éducateurs « mixtes » ou pour les éducateurs « positifs », une attention est portée sur le budget du
propriétaire et son refus de médicaliser son animal, représentant alors des freins importants pour
référer au vétérinaire (Hunter et al., 2020). Cette enquête s’est faite dans un contexte précis qu’est la
prise en charge de l’anxiété de séparation chez le chien. Les résultats ne sont donc pas forcément
extrapolables à toutes les situations rencontrées mais ils fournissent tout de même des informations
intéressantes quant aux avis des éducateurs canins, que cette étude expérimentale a pour but
d’étoffer.

Lorsqu’aucune réticence à collaborer n’existe du côté de l’éducateur canin et du vétérinaire, il


peut en exister du côté du propriétaire. En effet, les résultats de l’étude de Hunter et al. (2020),
montrés dans le paragraphe ci-dessus, commençaient à mettre en évidence ce frein-là (Hunter et al.,
2020). L’étude sur la coopération entre éducateur canin et vétérinaire dans la résolution des troubles
comportementaux chez le chien, a trouvé dans ses données que 27,5% des clients ont refusé l’aide
d’un éducateur canin, préconisée par le vétérinaire, montrant alors que cette coopération n’est pas
encore totalement acceptée par les propriétaires (Mariti et al., 2010). On peut aussi prendre en
considération les propriétaires qui semblent aller plus aisément vers leur éducateur canin, avec qui ils
ont une relation de confiance, que vers un vétérinaire, en cas de présence de comportements

29
indésirables chez leur animal (Hunter et al., 2020; Lord et al., 2020). Ces derniers pourraient tout à fait
être sceptiques à l’idée de consulter en plus un vétérinaire même si l’éducateur canin le leur préconise.
Leurs raisons peuvent être budgétaires, dues à des mauvaises expériences, à des a priori … De ce fait,
sensibiliser le propriétaire au plus tôt à l’intérêt de cette entraide et l’orienter correctement et
rapidement en cas de problème pourrait aider à créer une relation de confiance. De plus, la
collaboration étant une relation passant par le propriétaire et son chien, il est important de
correctement l’orienter en fonction de ses besoins afin de ne pas le décevoir et le rendre réticent
(Myles, 1991). Pour cela, s’entourer de plusieurs professionnels ayant des compétences
complémentaires et variées, est essentiel, donnant en plus la possibilité au client de choisir une
personne en accord avec sa personnalité (Myles, 1991).

La mise en évidence de ces freins dans la littérature montre qu’éducateurs canins comme
vétérinaires ont besoin de s’entourer de professionnels en qui ils peuvent avoir confiance, en accord
avec leurs principes et actualisant leurs connaissances afin d’orienter au mieux leurs clients en fonction
de leurs besoins et de leurs attentes.

d. Témoignages sur sa mise en pratique


Afin d’étayer les connaissances fournies par la littérature, quelques témoignages ont été
récoltés auprès de professionnelles œuvrant dans le domaine du comportement des animaux de
compagnie. Ainsi, la Docteure Vétérinaire Nathalie Simon, fondatrice de la Conduite Accompagnée du
Chien©, Lisa Longo, consultante en comportement et Fondatrice d’Animal Académie et la Docteure
Vétérinaire Manuelle Hoornaert, diplômée du CEAV en 2022 ayant effectué son mémoire sur la
collaboration entre éducateur canin et vétérinaire, ont accepté de témoigner sur leur expérience.

Toutes trois mettent en avant la nécessité d’une coopération accrue entre les professions de
la santé et du comportement animal, afin d’assurer la meilleure prise en charge possible pour l’animal
et son propriétaire (Hoornaert, 2022; Longo, 2022; Simon, 2022).

Nathalie Simon, DIE vétérinaire comportementaliste, Dr PhD en Sciences de l’Education et


éducateur canin, a fondé sa méthode sur ce postulat en créant la Conduite Accompagnée du Chien©
et evaleha© (logiciel d’évaluation Environnement-Humain-Animal) tout en proposant une formation
conjointe entre professionnels du chien, dont font partie les éducateurs canins et les vétérinaires.
Cette méthode a notamment pour ambition d’enseigner un langage et des méthodes communs,
facilitant ainsi la compréhension et la coopération entre les acteurs. En effet, pour elle, tout l’intérêt
passe par une prise en charge préventive afin d’éviter les erreurs éducatives et les troubles du
comportement au moyen d’une communication harmonisée entre les différentes professions, en
faveur des familles et des chiens. Ainsi, la discussion et l’établissement d’une entraide entre

30
éducateurs canins et vétérinaires notamment, est facilitée, puisque soutenue par le fondement d’une
confiance mutuelle. C’est par le cumul de son parcours scientifique et de sa pratique de vétérinaire
comportementaliste que Nathalie Simon a pu identifier les problèmes de communication et le manque
d’harmonie entre les méthodes et les connaissances de chacun, comme les freins majeurs à
l’établissement d’une collaboration, et, contre lesquels, vise à combattre, La Conduite Accompagnée
du Chien© (Simon, 2022).

Lisa Longo, fondatrice d’Animal Académie, proposant des formations et événements sur le
thème du comportement animal, a repéré des facteurs, qui selon elle, permettraient d’« améliorer la
situation et de rendre les partenariats plus nombreux et fluides » (Longo, 2022). Ces derniers sont
notamment :

- « La professionnalisation du métier d’éducateur canin ou de celui de consultant en


comportement via l’obligation de formation continue et l’apprentissage des sciences du
comportement (ABA, éthologie, neurosciences, etc)
- La reconnaissance du métier (qui passe par le point précédent, de toute évidence)
- La popularisation des sciences du comportement via une mise en avant sur les réseaux sociaux
- La valorisation des sciences du comportement auprès des vétérinaires en formation » (Longo,
2022).

Lors de sa formation CEAV « Ethologie clinique et appliquée », Manuelle Hoornaert a réalisé


un mémoire sur le sujet et a accepté de faire part des résultats qu’elle avait obtenus, en récoltant l’avis
de 21 vétérinaires et 29 éducateurs canins. Il était ressorti de son travail, comme principaux freins, un
défaut de communication couplé à un manque de confiance entre les deux parties. En effet,
éducateurs canins et vétérinaires ne communiqueraient pas assez ou pas de la bonne manière entre
eux. A cela s’ajouteraient un manque de confiance dans la formation des uns et des autres ainsi qu’un
manque d’actualisation des connaissances. Ainsi, une uniformisation des connaissances et méthodes
enseignées, était apparue comme une solution afin d’harmoniser les discours tenus. En effet, leur
discordance nuit à la bonne collaboration, et, l’endiguer permettrait de rétablir une confiance mutuelle
entre les différentes professions (Hoornaert, 2022).

31
Partie 2 : Etude expérimentale

I. Objectifs de l’étude
La relation de collaboration entre les éducateurs canins et les vétérinaires n’a été que
partiellement étudiée dans la littérature, ne fournissant ainsi que très peu de données à son égard.
Cette étude expérimentale s’intéressant au point de vue des éducateurs canins possède plusieurs
objectifs initiaux. Il est tout d’abord question d’apporter une définition à la collaboration entre
éducateurs canins et vétérinaires, du point de vue des éducateurs, en révélant notamment les
caractéristiques de sa mise en pratique. Il s’agit ensuite de faire un état des lieux actuel de cette
collaboration en France et d’en entrevoir les perspectives d’avenir et d’amélioration. Ceci passe
notamment par l’évaluation du taux de collaboration des éducateurs canins mais aussi par
l’identification de tout facteur pouvant influencer sa mise en place. Pour cela, les caractéristiques
socio-professionnelles ainsi que l’avis de tout éducateur sur le sujet, qu’il collabore ou non avec un
vétérinaire, ont été relevés.

La caractérisation socio-professionnelle des éducateurs canins en France ne faisait pas partie


des objectifs initiaux de ce travail. Mais au vu du peu de données publiques disponibles sur le sujet, les
données présentées ici pourraient servir de point de comparaison pour tout futur travail visant à
caractériser cette population.

NB : Avant tout propos, il est important de rappeler que cette enquête a eu pour but de soulever
les points de vue des éducateurs canins vis-à-vis de la collaboration avec les vétérinaires, qu’ils soient
bons ou mauvais. Les données récoltées et notamment les faits rapportés par les éducateurs canins sur
les problèmes rencontrés lors de travail avec certains vétérinaires ou confrères éducateurs, ne doivent
pas être pris comme des jugements de valeur et encore moins généralisés, puisqu’ils ne concernent que
certaines relations, qui, par définition, sont toutes singulières. Le propos est, ici, de comprendre à la
fois les aspects positifs et ceux pouvant être améliorés d’après les éducateurs canins. Il serait d’ailleurs
tout à fait intéressant de poursuivre ce travail en le comparant au point de vue des vétérinaires afin de
comprendre leurs besoins et attentes ainsi que leurs freins à l’égard de cette collaboration. Il est
maintenant de l’envie de tout un chacun de tirer les informations ayant un intérêt dans le cadre de son
exercice et de ses attentes afin de pourquoi pas, modifier ses habitudes, ouvrir le dialogue et entrevoir
la collaboration sous un angle différent.

32
II. Matériel et méthodes
a. Population cible
Cette thèse s’intéresse aux personnes exerçant une activité, professionnelle et non bénévole,
d’éducateur canin sur le territoire français. Elle n’inclut donc pas les moniteurs d’éducation canine ni
les professionnels exerçant uniquement en tant que « comportementaliste ».

b. Recueil des données


1. Création du questionnaire
Afin de recueillir les données nécessaires à ce travail, un questionnaire en ligne a été créé dans
le but de le diffuser auprès des éducateurs canins. Ce questionnaire, représenté en Annexe 1, était
divisé en trois grandes parties. La première consistait au recueil de données socio-professionnelles
permettant la caractérisation de l’échantillon de la population ayant répondu : civilité, âge,
terminologie pour caractériser leur métier, formations suivies, expérience professionnelle, lieu
d’exercice, exercice d’une autre profession, temps consacré à l’éducation canine, prestations
proposées … La deuxième partie était centrée sur la collaboration avec les vétérinaires. Sa première
question permettait de différencier les éducateurs canins collaborant actuellement, les éducateurs
n’ayant jamais collaboré et ceux ne collaborant plus mais l’ayant fait par le passé. Selon leur
appartenance à l’un de ces 3 groupes, les éducateurs devaient répondre à des questions différentes
permettant de définir les modalités de leur collaboration, leurs ressentis sur le sujet et les potentiels
freins rencontrés. Dans ce questionnaire, le concept de « collaboration » n’était volontairement pas
défini afin de recueillir les différentes perceptions et attentes des participants sur le sujet et d’en
connaître les modalités de mise en pratique. Enfin, la troisième partie était axée sur les perspectives
d’évolution de cette collaboration. Les questions avaient pour but de mettre en évidence de potentiels
freins ou leviers pouvant influencer la mise en place ou la pérennité d’une collaboration avec un
vétérinaire. Il était notamment question de la médicalisation des animaux lors de troubles du
comportement, de l’envie de se former avec et auprès de vétérinaires, de former des vétérinaires …

Le questionnaire (Annexe 1) était constitué de 36 à 42 questions selon le statut du répondant


quant à la collaboration avec un vétérinaire. Les questions étaient majoritairement des QCM ou QCU,
avec parfois possibilité d’ajout d’une réponse courte manuscrite et étaient majoritairement
obligatoires. Certaines questions étaient ouvertes et, dans ce cas, facultatives. La première partie du
questionnaire était constituée de 18 questions dont 3 facultatives et était commune à tous les
éducateurs canins. La deuxième partie était constituée d’une question commune puis de 12 questions
dont 3 facultatives pour les éducateurs canins qui collaborent actuellement avec un vétérinaire, 9

33
questions dont 2 facultatives pour ceux qui ne collaborent plus et 6 questions dont 2 facultatives pour
ceux qui n’ont jamais collaboré. Enfin, la dernière partie était commune à tous et comportait 11
questions dont 2 facultatives.

Avant sa diffusion, plusieurs relectures ont été effectuées par des vétérinaires, un éducateur
canin et des personnes non affiliées aux métiers canins afin d’assurer la meilleure compréhension
possible de ce dernier par les futurs répondants.

Il a été diffusé sous forme de questionnaire en ligne (Google Forms) avec réponse anonyme.
Le temps nécessaire pour répondre pouvait être de 15 à 30 minutes environ, selon la longueur des
réponses écrites fournies notamment.

2. Recrutement
Les éducateurs canins contactés ont été recherchés par département à l’aide d’annuaires en
ligne et de Google Maps en effectuant une recherche avec les mots clefs « éducateur canin ». Au fil
des recherches, seule l’utilisation de Google Maps a été conservée puisque les annuaires en ligne
comptaient moins d’éducateurs canins et beaucoup de structures fermées. L’option de la recherche
grâce à Google Maps, n’est bien évidemment pas exhaustive, mais a permis de trouver un grand
nombre d’éducateurs canins par zone d’intérêt. De plus, l’apparition sur le moteur de recherche
Google Maps se fait par inscription de l’entreprise sur Google My Business ou, directement, via
l’algorithme de Google qui utilise diverses sources d’informations telles que des données publiques ou
des données collectées (Google, 2023). L’utilisation de ces données publiques telles que les annuaires
ou les données publiques de l’entreprise, diminuent le biais que seules les personnes habituées à
l’utilisation de Google aient la capacité de faire apparaître leur entreprise sur une recherche Google
Maps et donc d’être sélectionnées pour cette enquête. Un document créé avec le logiciel Microsoft
Word et référençant les coordonnées (adresse postale, numéro de téléphone et adresse mail) des
éducateurs canins était systématiquement rempli et actualisé lors des recherches et prises de contact.

Les départements ont été choisis de manière à couvrir un maximum de territoires français avec
des dynamiques différentes allant du milieu urbain/péri-urbain au milieu rural et que ce soit au Sud,
au Nord, à l’Est, à l’Ouest ou au centre de la France. Le but était d’obtenir la vision la plus globale
possible de la situation en France métropolitaine et de pourquoi pas, déceler de potentielles tendances
territoriales. Finalement, 416 éducateurs canins, venant des départements colorés sur la carte Figure
1, ont été référencés puis contactés, soit approximativement 20% des éducateurs canins selon le
SNPCC (SNPCC, 2022).

34
45
75
22
68

52
14

43 31

27
39

Figure 1 – Illustration montrant l’effectif d’éducateurs contactés et leur lieu d’exercice

3. Prise de contact et envoi du questionnaire


Chaque éducateur canin référencé a été contacté prioritairement par téléphone entre
septembre 2021 et octobre 2022. Lorsqu’aucun numéro n’était disponible, la prise de contact était
effectuée selon les modalités demandées par l’éducateur canin sur son site web, donc généralement
par mail ou par remplissage d’un formulaire de contact. Lorsque l’éducateur canin ne répondait pas au
téléphone, les instructions données par la messagerie vocale étaient suivies. Ces dernières consistaient
en : laisser un message vocal, envoyer un SMS, envoyer un mail ou prendre contact par formulaire de
contact. S’il n’y avait pas de messagerie vocale, un deuxième appel était renouvelé si nécessaire
quelques jours après.

Le discours tenu au téléphone était standardisé et assez rapide : je me présentais, en tant


qu’étudiante vétérinaire effectuant une thèse sur les éducateurs canins et plus précisément sur la
collaboration entre eux et les vétérinaires en France. Ensuite, j’expliquais plus ou moins brièvement le
projet selon les interactions avec chacun en disant qu’il était question de : faire un état des lieux de la
situation actuelle en France, d’estimer le taux de collaboration, de relever les points positifs ou négatifs
et d’entrevoir les perspectives d’évolution. Enfin, je proposais l’envoi du lien menant au questionnaire
en ligne en précisant qu’il était anonyme et relativement rapide, afin qu’ils y répondent. J’expliquais

35
systématiquement que le questionnaire était destiné à tous les éducateurs canins, qu’il y ait ou non
collaboration avec un vétérinaire, puisque son but était d’amener à une vision la plus réaliste possible
de la situation sur le terrain.

Lorsque l’éducateur canin se disait intéressé, je proposais l’envoi par mail ou par SMS du lien
du questionnaire ainsi que l’envoi du résultat de la thèse, une fois celle-ci terminée. Lorsque
l’éducateur canin n’était pas intéressé, généralement par manque d’intérêt ou de temps, je proposais
tout de même l’envoi du résultat de la thèse.

La même procédure était effectuée, à l’écrit, lors de prise de contact par mail, SMS ou
formulaire.

Chaque cas de figure présenté ci-dessus était représenté par un code couleur sur le document
contenant les coordonnées des éducateurs à contacter me permettant ainsi de faire figurer et de
différencier ceux souhaitant répondre, souhaitant le résultat, ne souhaitant pas répondre, ne
souhaitant pas le résultat, ayant reçu un message vocal ou un mail ou un formulaire mais n’ayant
jamais repris contact … Ce code couleur avait pour but d’estimer certains taux relatifs au nombre de
réponses attendu ou à l’intérêt porté au sujet.

Le choix d’une prise de contact prioritairement téléphonique était motivé par l’idée de pouvoir
discuter avec chaque éducateur canin du projet, répondre à ses éventuelles interrogations et donner
une dimension plus humaine que le simple envoi du questionnaire par mail, sans même consentement
initial. L’idée était que cela permette de récolter plus de réponses que par une prise de contact
totalement virtuelle et de réduire le biais de recrutement. Le questionnaire a aussi été diffusé sur des
réseaux sociaux contenant uniquement des éducateurs canins. Cette diffusion a permis la récolte d’au
maximum une vingtaine de réponses. Cela m’avait été proposé par deux éducateurs canins, auxquels
j’ai fait parvenir un texte, à diffuser avec le questionnaire, expliquant la démarche de l’étude et
précisant clairement que tous les points de vue m’intéressaient, qu’il y ait ou non collaboration.

Le biais de recrutement étant inévitable malgré les dispositions prises pour la prise de contact,
il a été mis en place dans un deuxième temps, un tableur Excel (Annexe 2) permettant de noter dès
que possible l’existence ou non d’une collaboration entre l’éducateur canin enquêté et les vétérinaires,
avant toute réponse au questionnaire. Ce tableur comptabilisait de manière anonyme toutes les
personnes contactées, le mode de contact et si possible, le statut collaboratif annoncé par ces
dernières. Les éducateurs canins n’avaient aucune obligation de répondre lorsque je leur demandais
s’ils collaboraient ou non avec un vétérinaire. De plus, tout éducateur sollicité était comptabilisé, qu’il
donne suite ou non à ma prise de contact. Cet outil a été mis en place en milieu de phase de

36
démarchage dans le but d’estimer l’importance de certains biais de recrutement et l’impact des
différentes modalités de contact sur le taux de participation.

Le questionnaire est resté ouvert de septembre 2021 au 1er novembre 2022, laissant ainsi un
mois aux éducateurs canins contactés en octobre 2022 pour y participer.

c. Analyse des données


Les données du Google Forms ont été extraites et traitées avec le logiciel Microsoft Excel.
Concernant les réponses purement manuscrites, des catégories ou thèmes ont été dégagés afin de
regrouper les données autant que possible et lorsque nécessaire à l’analyse. Les réponses non
groupables ont fait l’objet d’une analyse purement textuelle avec un souci de retranscription la plus
exacte possible. Enfin, les données étant exclusivement qualitatives, les éventuelles corrélations ont
été recherchées à l’aide du test du Khi² ou de Fisher exact lorsque l’échantillon était de trop faible
effectif. Ces tests ont été effectués à l’aide du logiciel RStudio© (version 2023.06.1 Build 524 pour
Windows, Posit Software, PBC) fonctionnant avec le logiciel R© (version 4.2.1 du 23/06/2022 pour
Windows, R Core Team). Lorsqu’un test du Khi² était lancé avec un effectif trop faible, le code utilisé
affichait un message d’erreur « l’approximation du Chi-2 est peut-être incorrecte », motivant
l’exécution du test Fisher exact.

III. Résultats
a. Participation à l’étude – Exploitation des données recueillies lors de la
prise de contact
Durant les 13,5 mois d’ouverture du questionnaire, 231 réponses ont été collectées,
représentant environ 11% des éducateurs canins exerçant en France selon le SNPCC (SNPCC, 2022). Si
on rapporte ce nombre de réponses au nombre d’éducateurs canins contactés (n=416), il en ressort

un taux de participation général1 entre 50%2 et 55,5%. Or, sur ces 416 éducateurs, 66,8% (n=278)

d’entre eux s’étaient dits intéressés de répondre au questionnaire plaçant ainsi le taux de participation

réelle3 entre 75%2 et 83,1%. Ceci signifie qu’une grande majorité des éducateurs canins ayant émis le

___________________________________

1 : taux de participation général = nombre de réponses collectées / nombre d’éducateurs canins contactés

2 : pourcentage obtenu en tenant compte du recrutement par les réseaux sociaux estimé à 20 éducateurs canins

3 : taux de participation réelle = nombre de réponses collectées / nombre d’éducateurs s’étant dits intéressés

37
souhait de participer, l’ont réellement fait. 14 des éducateurs canins contactés, soit 3,4%, n’ont pas
souhaité participer à l’étude. Les raisons évoquées lors de ces refus étaient principalement le manque
de temps mais aussi, parfois, une désillusion et une déception notables quant à la collaboration avec
les vétérinaires, accompagnées du doute que la situation ne s’améliore un jour. Les 124 éducateurs
restants, soit 29,8% des éducateurs contactés, correspondent à ceux n’ayant pas donné suite au
message vocal laissé ou au mail/SMS/formulaire envoyé.

Le tableur Excel représenté en Annexe 2 et évoqué dans la Partie II, Chapitre II, sous-chapitre
b. 3. : « Prise de contact et envoi du questionnaire », a comptabilisé 253 prises de contact soit 60,8%
des prises de contact totales. Les données fournies par ce dernier ont permis d’estimer que seuls 41,3%
(n=59) des éducateurs canins ayant été sollicités via leur messagerie vocale ou par écrit, donc n’ayant
pas eu directement de contact téléphonique avec moi (n=143), ont repris contact. Relié au taux de
participation réelle élevé (75 à 83,1%), cette faible proportion d’éducateurs canins m’ayant
recontactée tend à démontrer l’importance qu’a eue le contact téléphonique direct sur la participation
à l’enquête.

Enfin, 68,1% (n=113) des éducateurs questionnés directement sur leur collaboration avec les
vétérinaires et s’étant exprimés à ce sujet (n=166), ont déclaré collaborer avec un vétérinaire (Annexe
2). Ce taux retombe à 64,5% (n=71 parmi 110) lors de réponse directe au premier contact et s’élève à
75% (n=42 parmi 56) pour les éducateurs m’ayant recontactée. Cette différence n’est pas significative
(Khi², p-value>0,05). Ainsi, les proportions d’éducateurs canins déclarant collaborer sont similaires
entre les éducateurs canins avec qui un contact direct a été possible et ceux contactés indirectement.
Ces résultats permettent donc de négliger le biais de recrutement dû à la décision de reprendre contact
pour participer à l’enquête.

38
b. Caractéristiques socio-professionnelles de l’échantillon
Les caractéristiques socio-professionnelles de l’échantillon ont été étudiées dans le but
d’extraire les caractéristiques démographiques des éducateurs ayant participé à l’enquête mais aussi
de caractériser leur parcours et leur activité professionnels.

1. Caractéristiques démographiques
Les participants à l’enquête sont à 70,6% (n=163) des femmes et 29,4% (n=68) des hommes
(Figure 2).

29,4
Femme
Homme

70,6

Figure 2 – Pourcentage de femmes et d’hommes dans les répondants (%, n=231)

Comme montré dans la Figure 3 a), ils ont majoritairement entre 18 et 45 ans (70,6%, n=163).
Ceci peut être témoin de plusieurs points : le développement récent de cette activité professionnelle
ou la plus forte propension des jeunes à répondre aux questionnaires en ligne. Selon la Figure 3 b), les
hommes ont tendance à être plus âgés que les femmes. En effet, la répartition en âge est
significativement différente entre les deux catégories (Khi²=13,29, p-value=0,021) avec notamment
une proportion d’hommes âgés de 46 à 55 ans (27,9%, n=19) significativement plus importante que
chez les femmes (13,5%, n=22) (Khi²=5,9, p-value=0,015). Aucune autre différence n’a été mise en
évidence avec l’échantillon proposé (Khi² ou Fisher exact, p-values>0,05).

39
a) 1,7

10 6,1
18-25 ans
26-35 ans
17,7
36-45 ans
38,1
46-55 ans
56-65 ans
> 65 ans
26,4

b)

Hommes (n=68) 2,9 35,3 23,5 27,9 5,9 4,4

Femmes (n=163) 7,4 39,3 27,6 13,5 11,7 0,6

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Classe d'âge

18-25 ans 26-35 ans 36-45 ans 46-55 ans 56-65 ans > 65 ans

Figure 3 – Répartition en classe d’âge des répondants (%) – a) Diagramme circulaire de la répartition globale
(n=231) b) Diagramme en bâtons de la répartition chez les hommes et les femmes

Les éducateurs canins ont été regroupés dans des régions « fictives » selon leurs départements
d’exercice, de telle sorte que ceux exerçant dans plusieurs départements soient comptés dans le
minimum de régions possible (Figure 4). Finalement, seuls deux éducateurs canins ont été comptés
deux fois : l’un travaillant à la fois en « Centre-Nord » et en « Sud-Est » et l’autre en « Centre-Est » et
en « Sud-Est ».

On remarque que les répondants sont répartis assez uniformément en France, que ce soit à
proximité des grandes métropoles ou en milieu à tendance rurale. Sans grande surprise, leur lieu
d’exercice rayonne autour des départements contactés (Figure 1). Concernant l’éducateur placé en
« Outre-Mer », il peut soit avoir été recruté par la diffusion sur les réseaux sociaux, soit être un
éducateur trouvé dans un autre département mais n’y exerçant plus maintenant ou encore provenir
d’une erreur lors du renseignement du département d’exercice (Figure 4).

40
A l’aide de cette carte de répartition (Figure 4) et des coordonnées des éducateurs canins
contactés, différents taux concernant la participation à l’enquête ont pu être calculés. Le taux de

participation général1 par région se situe entre 44,4% pour le « Nord » et 67,1% pour le « Sud-Ouest »,

différence par ailleurs significative (Khi²= 5,25, p-value=0,022). De plus, le taux d’intérêt apparent2 par

région, varie entre 51,1% pour le « Nord » et 85,4% pour le « Sud-Ouest », différence encore une fois

significative (Khi²= 15,69, p-value<0,001). Enfin, le taux de participation réelle3 se situe entre 75% pour

le « Nord-Est » et 100% pour le « Centre-Est », et sont aussi significativement différents (Fisher exact,
p-value=0,004). D’autres différences significatives ont été trouvées entre les différentes régions et sont
répertoriées dans l’Annexe 3. Ces taux ont été calculés en comptant les réponses apportées par les
réseaux sociaux, puisqu’elles ne peuvent être différenciées des autres au sein des régions. Les
différences trouvées ici comme significatives peuvent être dues à une réelle différence dans l’intérêt
porté pour le sujet, à une différence de charge de travail ou encore à une différence dans l’habitude
de répondre à des enquêtes.

___________________________________
1 : taux de participation général = nombre de réponses collectées / nombre d’éducateurs canins contactés

2 : taux d’intérêt apparent = nombre d’éducateurs s’étant dits intéressés / nombre d’éducateurs contactés

3 : taux de participation réelle = nombre de réponses collectées / nombre d’éducateurs s’étant dits intéressés

41
Nord : 20
Centre-Nord : 36
(23 intéressés /
(44 intéressés /
45 contactés)
75 contactés)
Nord-Est : 12
(16 intéressés /
22 contactés)

Nord-Ouest : 32
(38 intéressés /
68 contactés) Centre-Est : 42
(42 intéressés /
66 contactés)

Sud-Ouest : 55 Sud-Est : 35
(70 intéressés / (45 intéressés /
82 contactés) 58 contactés)

Outre-Mer : 1

Figure 4 – Illustration de la répartition géographique des répondants en fonction de leur lieu d’exercice –
Légende : [Nom donné à la région : nombre de réponses récoltées (nombre d’éducateurs dits intéressés / nombre
d’éducateurs contactés dans cette région)]

2. Caractérisation de l’activité et de la formation des éducateurs canins


En questionnant les éducateurs canins sur la terminologie qu’ils emploient pour qualifier leur
métier, 71% (n=164) se sont déclarés « éducateur comportementaliste canin », 23,8% (n=55)
« éducateur canin » (incluant ceux qui ajoutent la notion de « rééducateur canin », n=2), 2,2% (n=5)
« éducateur comportementaliste canin et félin » ainsi qu’avec d’autres dénominations variées (n=6)
(« coach canin », « cynologiste », « dresseur canin », « éducateur pour humain » ou
« florathérapeute ») (Figure 5). A cette question, une personne n’a pas correctement répondu, cette
dernière déclarant être « dubitative » quant à la nuance entre « éducateur canin » et « éducateur
comportementaliste ». Cette réponse est intéressante puisque témoigne de la non-réglementation
encadrant l’utilisation du terme « comportementaliste » et du fait que les éducateurs canins ont tous
pour cœur de métier, le comportement du chien.

42
2,6 0,4
2,2

Educateur comportementaliste canin

23,8 Educateur canin

Educateur comportementaliste canin et félin

Autres
71
Erreur

Figure 5 – Terminologies employées par les répondants pour nommer leur activité (%, n=231)

L’emploi de ces différentes terminologies ne semble pas lié à une quelconque tendance,
actuelle ou passée. En effet, dans cette enquête, les termes « éducateur comportementaliste canin »
et « éducateur canin » sont surreprésentés quelle que soit l’expérience professionnelle du répondant.
Les autres terminologies ont des effectifs trop faibles pour pouvoir en tirer des conclusions.

Si l’on se penche sur l’expérience professionnelle des éducateurs canins, 49,8% (n=115) des
répondants déclarent exercer en tant que tels depuis moins de 5 ans, 29,4% (n=68) depuis 5 à 10 ans,
13% (n=30) depuis 11 à 20 ans et les 7,8% (n=18) restants depuis plus de 21 ans (Figure 6). Ces résultats
appuient l’hypothèse d’un intérêt moderne et grandissant pour cette activité professionnelle en voie
de développement.

1,3
3,5
3
< 5 ans
13
5 - 10 ans

11 - 20 ans
49,8
21 - 30 ans

31 - 40 ans
29,4
> 40 ans

Figure 6 – Expérience professionnelle des répondants en tant qu’éducateurs canins (%, n=231)

Lorsque l’on s’intéresse aux carrières des hommes et des femmes (Tableau 1), on remarque
que leur répartition est significativement différente (Khi²=18,78, p-value=0,002). En approfondissant

43
ces résultats, il s’avère que les hommes présentent des carrières significativement plus longues que
les femmes. En effet, les carrières de plus de 21 ans représentent 17,6% (n=12) des carrières des
hommes contre seulement 3,7% (n=6) des carrières des femmes (Khi²=11,16, p-value<0,001).

Tableau 1 – Expérience professionnelle des éducateurs canins en fonction de leur sexe (n=231)

En croisant l’âge, le sexe et l’expérience professionnelle des répondants (Figure 7), on observe
une tendance des femmes à travailler en tant qu’éducateur canin depuis moins longtemps que les
hommes, et ce, quel que soit leur âge. Mais, au vu de la faible taille des effectifs avec un tel croisement
de données, cette différence n’apparaît significative qu’entre les hommes et les femmes de 56 à 65
ans. En effet, 100% (n=4) des hommes de cet âge travaillent depuis plus de 30 ans (Figure 7 b)) alors
que 89,5% (n=17) des femmes travaillent, au contraire, depuis moins de 30 ans, et, plus précisément,
depuis moins de 20 ans (Figure 7 a)) (Fisher exact, p-value=0,002).

44
a)
> 65 ans (n=1) 100

56-65 ans (n=19) 42,1 15,8 31,6 10,5


Classe d'âge

46-55 ans (n=22) 36,4 36,4 18,2 4,5 4,5

36-45 ans (n=45) 42,2 33,3 22,2 2,2

26-35 ans (n=64) 65,6 28,1 6,3

18-25 ans (n=12) 83,3 16,7

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Expérience professionnelle

< 5 ans 5 - 10 ans 11 - 20 ans 21 - 30 ans 31 - 40 ans > 40 ans

b)
> 65 ans (n=3) 66,7 33,3

56-65 ans (n=4) 25 75


Classe d'âge

46-55 ans (n=19) 21,1 42,1 5,3 21,1 10,5

36-45 ans (n=16) 37,5 31,3 18,8 12,5

26-35 ans (n=24) 70,8 25 4,2

18-25 ans (n=2) 50 50

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Expérience professionnelle

< 5 ans 5 - 10 ans 11 - 20 ans 21 - 30 ans 31 - 40 ans > 40 ans

Figure 7 – Expérience professionnelle des répondants en fonction de leur classe d’âge et de leur sexe (%) – a)
Diagramme en bâtons de la répartition chez les femmes b) Diagramme en bâtons de la répartition chez les
hommes

L’étude de l’expérience professionnelle amène à deux hypothèses. Premièrement, les


éducateurs canins répondants au questionnaire ont tendance à avoir une carrière actuellement courte,
et ce qu’importe leur âge, indiquant une possible reconversion professionnelle en allant vers un métier
« passion » qu’est l’éducation canine. Deuxièmement, les femmes représentent près des trois quarts
des éducateurs canins ayant participé à l’enquête et ce, en ayant des expériences professionnelles plus
courtes que celles des hommes, penchant ainsi vers l’hypothèse d’une féminisation de ce métier,
passionnant de plus en plus de femmes au fil des années.

45
En s’intéressant aux enseignements suivis par les éducateurs canins pour exercer leur métier,
on se rend compte qu’il existe presque autant de parcours différents que de réponses. Toutefois, parmi
les réponses récoltées, certaines formations sont ressorties plus fréquemment que d’autres. En effet,
25,5% (n=59) des répondants ont suivi les enseignements du Brevet Professionnel ou ont obtenu ce
diplôme par validation d’acquis (n=5 parmi 59). Dans 2,6% (n=6) à 3,5% (n=8) des réponses collectées,
étaient mentionnées des formations telles que : Vox animae, Animalin, Cynopsy, Formation en école
vétérinaire (telle que le Diplôme d’Ecole « DE Relation Homme Chien » dispensé à l’ENVA), Formation
auprès de vétérinaires praticiens (ex : Méthode Conduite Accompagnée du Chien), Woodenpark ou
encore EducDogPro. De manière plus anecdotique, certains éducateurs se sont formés grâce à d’autres
organismes comme Muzo+, Symdog, formation moniteur de club de la SCC, Canidélite … ou encore
grâce à des stages, des conférences, une formation militaire, une formation d’éthologue ou en étant
autodidacte. Cette liste est non exhaustive puisque la plupart des éducateurs canins (44,6%, n=103)
ont renseigné plus d’une formation. Ces pourcentages ne sont pas non plus absolus puisque les
éducateurs canins n’ont pas toujours précisé le nom exact de toutes les formations suivies. Il est
toutefois intéressant de constater que la voie donnant accès au seul diplôme reconnu par l’Etat, n’est
empruntée que par approximativement un quart des éducateurs canins ayant répondu à l’enquête,
avec pour la quasi-totalité des trois quarts restants une préférence à suivre des formations privées.

Une grande majorité des éducateurs déclarent avoir suivi au moins une formation en
présentiel (87,9%, n=203) (Figure 8). Ce n’est que plus rarement que des formations ont été suivies en
distanciel (19,5%, n=45), par internet (6,1%, n=14) ou en autodidacte (2,2%, n=5).

Autodidacte 2,2
Biais de formation

Internet 6,1

Distanciel 19,5

Présentiel 87,9

0 20 40 60 80 100
Pourcentage (%)

Figure 8 – Biais de formation empruntés par les répondants pour devenir éducateurs canins (%, n=231)

46
Parmi les répondants, 35,1% (n=81) déclarent suivre des formations continues et 64,9%
(n=150) déclarent ne pas en suivre. Ces formations continues sont, comme pour la formation initiale,
d’origines très variées. Muzo+ semble être une plateforme en ligne préférentiellement choisie pour
continuer sa formation puisqu’elle est mentionnée dans 21% (n=17) des réponses. Sont ensuite
mentionnées des formations auprès d’éducateurs canins (e.g. Jérémy Serindat, Hervé Pupier, Jacinthe
Bouchard), auprès de vétérinaires (e.g. DE à l’ENVA, Joël Dehasse, Nathalie Simon), des séminaires en
ligne... On retrouve aussi des formations plus longues telles que celles proposées par EducDogPro ou
Animalin ou encore des stages. Cette liste est encore une fois non exhaustive tant la diversité est
importante et puisque toutes les formations suivies n’ont pas pu être mentionnées par les éducateurs
canins. Par ailleurs, 6,2% (n=5) des éducateurs suivant des formations continues n’en ont pas explicité
l’origine.

Les réponses obtenues ici mettent en évidence des parcours très variables, rendant les
pratiques enseignées potentiellement très hétérogènes et malgré tout, ayant pour finalité, l’exercice
du même métier.

Il semble exister une confusion chez certains éducateurs canins au sujet de l’obtention de
l’Attestation de Connaissances pour les Animaux de Compagnie d’Espèces Domestiques (ACACED). En
effet, ceux disposant du diplôme du Brevet Professionnel (BP) option « éducateur canin » sont
dispensés d’obtenir l’ACACED pour avoir droit d’exercer. Dans les réponses récoltées à la question
concernant la modalité d’obtention de l’ACACED (Annexe 1 – Partie 1.1 question 6), certains
éducateurs canins ont répondu l’avoir obtenue grâce à leur diplôme du BP, remettant en question
l’exactitude du nombre de répondants ayant dit l’avoir eue « via la formation suivie ». Cette confusion
n’est malheureusement pas estimable. Les réponses n’ont donc pas pu être interprétées en se
focalisant uniquement sur l’ACACED, mais ont pu l’être en agrandissant le champ de la question à
« l’autorisation légale d’exercer » ce métier. Après vérification des formations suivies, il en ressort que
2% (n=5) des répondants n’ont ni l’ACACED, ni le diplôme du BP, que 38,1% (n=88) ont eu cette
autorisation légale via la formation qu’ils ont suivie (NB : certaines formations privées/en ligne forment
en fait à l’obtention de l’ACACED), que 58,4% (n=135) ont obtenu l’ACACED en faisant la démarche eux-
mêmes et que 1,3% (n=3) l’auraient eue grâce à une expérience professionnelle antérieure (e.g.
Auxiliaire Spécialisé Vétérinaire).

On remarque une grande diversité dans les carrières des éducateurs canins. En effet, si 39%
(n=90) des répondants ont un diplôme de niveau 4 (équivalent baccalauréat et BP), 0,9% (n=2) en ont
un de niveau 2, 8,2% (n=19) de niveau 3, 20,3% (n=47) de niveau 5, 18,2% (n=42) de niveau 6 et 12,6%
(n=29) de niveau 7 (Figure 9). Ce sont donc finalement 51,1% (n=118) des répondants qui ont un

47
diplôme d’études supérieures, mettant en lumière un fort taux de reconversion ou de diversification
professionnelles vers ce métier passion qu’est le métier d’éducateur canin.

0,9 0,9

8,2
12,6 Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4 (Baccalauréat et BP)
18,2
Niveau 5
39 Niveau 6
Niveau 7
20,3 Non renseigné

Figure 9 – Plus haut niveau de diplôme obtenu par les répondants (%, n=231)

Ce constat mène à s’intéresser aux potentielles autres activités professionnelles exercées en


parallèle par les éducateurs canins ayant répondu à l’enquête. Ce sont 45,9% (n=106) d’entre eux qui
exercent une autre activité professionnelle (Figure 10) dont 60,4% (n=64) en relation avec des animaux
et 39,6% (n=42) sans relation avec des animaux. Aucune différence n’a été trouvée entre les femmes
et les hommes (Khi², p-value>0,05).

27,7 Oui, en relation avec les animaux

Oui, sans relation avec les


54,1 animaux

Non
18,2

Figure 10 – Exercice d’une autre activité professionnelle (%, n=231)

48
Les activités professionnelles en lien avec les animaux exercées par les répondants (Figure 11)
sont notamment : la pension (pratiquée par 31,7%, n=19), l’élevage (pratiqué par 21,7%, n=13), la
formation auprès de professionnels ou particuliers (pratiquée par 15%, n=9), les professions touchant

à la médecine dite « douce » ou « alternative »1 (pratiquées par 13,3%, n=8), le travail dans des

commerces pour animaux (pratiqué par 10%, n=6), le dog-sitting ou « promeneur canin » (pratiqué par
10%, n=6), les métiers de sport en relation avec des animaux (pratiqués par 6,7%, n=4) et enfin 23,3%
(n=14) pratiquent d’autres métiers divers tels que : maître-chien, auxiliaire spécialisé vétérinaire,
agriculteur, toiletteur … 4 éducateurs n’ont pas correctement répondu à la question, en mentionnant
« éducateur canin », par probable mécompréhension. Ces derniers n’ont pas été comptabilisés dans
les pourcentages précédents.

Du côté des activités sans relation avec les animaux (Figure 11), on observe que : 17,9% (n=7)
travaillent dans le domaine du scolaire/périscolaire, 12,8% (n=5) dans la sécurité publique, 12,8% (n=5)
dans l’informatique/électronique/numérique, 10,3% (n=4) dans le domaine agricole et
agroalimentaire, 10,3% (n=4) dans le domaine artistique (mannequin, photographe …), 10,3% (n=4)
dans la gestion d’entreprise (comptables, assistants de direction), 5,1% (n=2) dans le
médical/paramédical, 5,1% (n=2) dans le sport et enfin 12,8% dans d’autres métiers comme : facteur,
ingénieur … 2 éducateurs n’ont pas répondu à la question et 1 a mal répondu, par probable
mécompréhension. Ces derniers n’ont pas été comptabilisés dans les pourcentages précédents.

___________________________________

1: la catégorie médecine dite « douce » ou « alternative » comprend les réponses mentionnant : le « massage

animal », la « zoopharmacognosie », la « kinésiothérapie », la « lithothérapie », la « communication animale »,


le « reiki », le « magnétisme » et l’« EMDR animal ».

49
Activités sans relation avec les animaux Scolaire - périscolaire 17,9
Sécurité 12,8
Informatique - Electronique - Numérique 12,8
Agricole - Agroalimentaire 10,3
Artistique 10,3
Asssitant - Comptable 10,3
Social 5,1
Sport 5,1
Médical - Paramédical 5,1
Autres 12,8
Pension 31,7
Activités en relation avec les

Elevage 21,7
Formation 15
animaux

Médecine "douce" ou "alternative" 13,3


Commerce pour animaux 10
Dog sitter - Promeneur canin 10
Sport avec animaux 6,7
Autres 23,3

0 5 10 15 20 25 30 35
Pourcentage (%)

Figure 11 – Autres activités professionnelles exercées par les répondants (%) – Activités en relation avec les
animaux (n= 60) – Activités sans relation avec les animaux (n=39)

Il est intéressant de relever que plusieurs répondants (6,5%, n=15) exercent au moins deux
métiers différents en parallèle de l’éducation canine. Ils sont d’ailleurs significativement plus
nombreux à exercer plusieurs activités lorsqu’elles sont en relation avec les animaux (14 parmi 60 soit
23,3% contre 1 parmi 39 soit 2,6%, Khi²=6,4, p-value=0,011).

Le temps consacré à l’activité professionnelle d’éducation canine est réparti de manière


relativement homogène entre les répondants. En effet, 31,6% (n=73) y consacrent plus de 35h par
semaine, 24,2% (n=56) entre 26 et 35h, 24,2% (n=56) entre 16 et 25h et 19,9% (n=46) moins de 15h
(Figure 12 a)). Les hommes travaillant plus de 35h par semaine (44,1%, n=30) sont en proportion
significativement plus nombreux que les femmes (26,4%, n=43) (Khi²=6,19, p-value=0,013) (Figure 12
b)). Aucune autre différence n’a été mise en évidence (Khi², p-values>0,05).

50
a)

19,9
31,6 ≤ 15h
[16 ; 25] h
[26 ; 35] h
24,2
> 35h
24,2

b)
Homme (n=68) 17,6 16,2 22,1 44,1

Femme (n=163) 20,9 27,6 25,2 26,4

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Temps consacré à l'éducation canine par semaine

≤ 15h [16 ; 25] h [26 ; 35] h > 35h

Figure 12 – Temps hebdomadaire consacré à l’activité d’éducateur canin (%) – a) Répartition globale au sein
des répondants (n=231) b) Répartition chez les femmes et les hommes

En recoupant le temps consacré à l’activité d’éducateur canin et l’exercice d’une autre activité
(Figure 13), on se rend compte que 80,5% (n=37) des répondants travaillant moins de 15h par semaine
en tant qu’éducateur canin, possèdent une autre activité professionnelle. C’est aussi le cas pour 55,4%
(n=31) de ceux travaillant entre 16h et 25h par semaine en tant qu’éducateur canin. Pour ceux
appartenant aux groupes « 26 à 35h » et « plus de 35h », il s’agit de respectivement 30,3% (n=17) et
28,8% (n=21). Ainsi, on remarque une tendance au fait que l’exercice d’une autre activité
professionnelle décroit avec l’augmentation du temps consacré à l’éducation canine jusqu’à atteindre
un plateau stabilisé autour d’une prévalence de 30% chez ceux travaillant plus de 26h par semaine
(n=38 parmi 129). En effet, en comparant les éducateurs canins consacrant entre 26 et 35h par semaine
à leur activité d’éducation canine et ceux y consacrant plus de 35h, leur répartition revient
statistiquement équivalente (Khi², p-value>0,05), à savoir : 70% n’exercent pas d’autre activité, 9% en
exercent une sans relation avec les animaux et 20% une en relation avec les animaux. Ceci signifie de
même que, malgré un travail à temps plein, près de 30% des éducateurs canins éprouvent le besoin
et/ou l’envie d’exercer une autre activité professionnelle. De plus, afin d’évaluer la significativité de la

51
tendance observée, les éducateurs canins qui consacrent plus de 26h à l’éducation canine par semaine,
ayant une répartition équivalente, ont été regroupés. Ainsi, les 3 groupes restants ont été comparés
simultanément en fonction de la présence ou l’absence d’une autre activité quelle qu’elle soit. Comme
l’on pouvait s’y attendre, il en ressort que l’exercice d’une autre activité professionnelle diminue
significativement avec l’augmentation du temps consacré à l’éducation canine (Khi²=38,16, p-
value<0,001).
Temps conacré à l'éducation canine par

> 35h (n=73) 71,2 9,6 19,2

[26 ; 35] h (n=56) 69,6 8,9 21,4


semaine

[16 ; 25] h (n=56) 44,6 23,2 32,1

≤ 15h (n=46) 19,6 37 43,5

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Exercice d'une autre activité professionnelle

Non Oui, sans relation avec les animaux Oui, en relation avec les animaux

Figure 13 – Exercice d’une autre activité professionnelle en fonction du temps hebdomadaire consacré au
métier d’éducateur canin (%)

Il est difficile de caractériser l’activité d’éducateur canin sur le terrain. Quelques questions y
étaient consacrées mais leurs réponses ont difficilement été interprétables en raison de leur variabilité
et des erreurs trouvées.

Le nombre de rendez-vous par mois varie énormément entre éducateurs canins mais aussi
entre chaque mois de l’année. Il serait compris entre 1 et 250 chez les répondants sans qu’aucune
moyenne ne puisse être calculée.

Ensuite, les éducateurs devaient préciser en pourcentage (%) approximatif, le temps qu’ils
consacrent aux activités de type « bilan comportemental », « éducation de base », « balade
éducative/cours collectifs », « trouble du comportement », « pet-sitting » et « cours d’agility ». Cette
question a été modifiée et mieux explicitée le 25/08/2022 (Annexe 1) suite au conseil d’un éducateur
canin et par constatation de la difficulté éprouvée par certains à y répondre. Cette modification a ainsi
fait passer le taux d’erreur de 30,6% (n=48) à 9,5% (n=7), donnant finalement un taux d’erreur global
de 23,8% (n=55). Malgré ce taux d’erreur, 180 réponses ont pu être interprétées permettant de donner
un aperçu du métier d’éducateur canin expérimenté par les répondants (Figure 14). Il en ressort que

52
les cours d’agility et le pet-sitting sont des prestations marginales, non pratiquées dans respectivement
80% (n=144) et 70,6% (n=127) des cas et représentant pour respectivement 16,1% (n=29) et 22,2%
(n=40), moins d’un quart de la pratique globale. La prise en charge des troubles du comportement, les
cours d’éducation de base ainsi que les bilans comportementaux représentent pour environ 50% des
répondants, plus d’un quart de l’activité globale, faisant d’elles, les 3 principales prestations fournies
par les éducateurs répondants.

Cours d'agility 80 16,1

Pet-sitting 70,6 22,2 3,9

Trouble du comportement 7,2 40 35 9,4 6,7

Balade éducative/cours collectif 23,9 59,4 10 3,3

Education de base 3,9 37,8 32,2 15,6 8,9

Bilan comportemental 3,3 50,6 33,9 5 6,1

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Part de l'activité consacrée aux différentes prestations

Non pratiqué 1 à 25% de l'activité globale 26 à 50% de l'activité globale


51 à 75% de l'activité globale 76 à 100% de l'activité globale Non communiqué

Figure 14 – Diversité des prestations proposées par les éducateurs canins et du temps qui leur est consacré (%,
n=180) – NB : les chiffres correspondants aux pourcentages inférieurs ou égaux à 2,2% ont été effacés pour des
soucis de lisibilité.

La gestion des comportements indésirables représente une grande partie de l’activité des
éducateurs canins répondants. Il leur a été demandé le nombre moyen de rendez-vous, avec un même
chien et son propriétaire, pour régler son problème comportemental. Là encore, il leur a été difficile
de donner un chiffre tant cela peut fluctuer. Plus concrètement, 66 répondants ont mentionné que
« cela dépendait », 36 le liant au problème rencontré, 23 au propriétaire (incluant : son implication, sa
rigueur, ses capacités à gérer la situation et son chien, son investissement et sa motivation), 15 au
chien (incluant : le chien en lui-même, l’ancrage du problème, son âge et sa race) et 2 à la solution
désirée par le propriétaire. Ces mentions n’étaient pas demandées dans la question et ne sont donc
pas extrapolables aux autres éducateurs canins ayant répondu. Aussi, 2,2% (n=5) des répondants ont
déclaré à cette question, ne pas rencontrer ou ne pas prendre en charge les troubles du

53
comportement. Finalement, les éducateurs ayant mentionné un chiffre en ont donné un entre 1 et 26,
la moyenne se situant à 5,7±3,4 séances (n=180) pour résoudre un comportement indésirable chez un
chien. Ce résultat démontre ainsi une forte variabilité dans la gestion des troubles comportementaux.

c. Etude des réponses relatives à la collaboration des éducateurs canins avec


les vétérinaires
Sur les 231 éducateurs canins ayant répondu à l’enquête, 64,5% (n=149) disent collaborer avec
un vétérinaire, 12,6% (n=29) ne collaborent pas mais en ont déjà eu l’occasion dans le passé et 22,9%
(n=53) n’ont jamais collaboré (Figure 15). Ce taux de collaboration de 64,5% est corroboré par celui
calculé à partir des données récoltées lors de la prise de contact (68,1%, 113 parmi 166) (Annexe 2)
puisque qu’aucune différence n’a été trouvée entre les deux (Khi², p-value<0,05). De même, aucune
différence n’a été trouvée en le comparant à la fois au taux concernant les éducateurs ayant répondu
au premier contact (64,5%, 71 parmi 110, Khi², p-value=1) et au taux correspondant à ceux ayant repris
contact pour répondre à l’enquête (75%, 42 parmi 56, Khi², p-value>0,05) (Annexe 2). Ceci signifie que
le biais de recrutement relatif au fait de répondre à l’enquête est négligeable si l’on passe outre la
possibilité de mentir à la question. En revanche, il reste impossible de statuer sur le niveau de
collaboration de ceux n’ayant jamais repris contact, pouvant ainsi très largement modifier ce résultat.

22,9 Collabore actuellement

Ne collabore plus mais l'a déjà fait


par le passé
12,6
64,5 N'a jamais collaboré

Figure 15 – Pourcentage de collaboration des répondants avec les vétérinaires (%, n=231)

Ainsi, trois catégories de répondants ont été créées en fonction de leur statut collaboratif
actuel. Ces catégories ont été étudiées séparément et comparées en fonction des questions relatives
à la collaboration qui leur étaient spécifiquement dédiées. Le but était d’établir une définition plus
précise de la collaboration entre éducateurs canins et vétérinaires en France et d’en extraire des
facteurs intrinsèques pouvant l’influencer.

54
NB : Pour faciliter la rédaction, les répondants ayant le même statut collaboratif pourront être
désignés par le groupe 1, 2 ou 3. Le groupe 1 désigne les répondants collaborant actuellement avec un
vétérinaire, le groupe 2 désigne ceux qui ne collaborent pas actuellement mais qui l’ont déjà fait par le
passé et le groupe 3 désigne ceux n’ayant jamais collaboré.

1. Groupe 1 : Etude des réponses des éducateurs canins qui collaborent avec les
vétérinaires (n=149) :
Du côté des éducateurs collaborant actuellement avec un vétérinaire, 43,6% (n=65) d’entre
eux travaillent toujours de pair avec le même vétérinaire et 56,4% (n=84) avec des vétérinaires
différents. Les principales raisons évoquées au fait de travailler avec plusieurs vétérinaires sont : la
présence de plusieurs cliniques aux alentours et/ou de plusieurs vétérinaires qui leur envoient des
clients (41,7%, n=35), les impératifs liés au client (e.g. localisation, vétérinaire traitant, droit au libre
arbitre) (39,3%, n=33) et enfin, la nature du problème rencontré et domaines de compétences
nécessaires associés (25%, n=21). Plus minoritairement, certains évoquent : l’« ouverture d’esprit »
des vétérinaires (1,2%, n=1), la formation qu’ils ont suivie (1,2%, n=1) et l’impact des disponibilités de
chacun (2,4%, n=2). Finalement, la multiplicité des collaborations dépend majoritairement des
recommandations et de la présence de cliniques mais aussi de l’attention portée au client et au
problème qu’il rencontre avec son chien.

La possession d’un diplôme en comportement n’est pas systématique chez les vétérinaires
avec qui les éducateurs collaborent puisque 46,3% (n=69) d’entre eux travaillent avec des vétérinaires
qui n’en possèdent pas, 45% (n=67) avec un vétérinaire qui en possède et 8,7% (n=13) ne savent pas
répondre à cette question.

La majorité des cas de collaboration dure depuis 1 à 5 ans (53,7%, n=80), 22,1% (n=33) depuis
moins d’un an, 11,4% (n=17) depuis 6 à 10 ans et 12,8% (n=19) depuis plus de 10 ans (Figure 16). Il est
intéressant de constater que pour la très grande majorité, la collaboration existe depuis moins de 10
ans. Ces pourcentages sont à relier à la forte proportion d’éducateurs exerçant depuis moins de 10
ans. En effet, la durée de collaboration concorde globalement avec la durée d’exercice du répondant.
Ainsi, la collaboration semble plutôt être un processus lié à l’exercice de la profession d’éducateur
canin qu’être une tendance actuelle.

55
12,8
22,1 < 1 an
11,4
1 - 5 ans

6 - 10 ans

> 10 ans
53,7

Figure 16 – Durée de la collaboration (%) – Groupe 1 (n=149)

Les répondants estiment solliciter l’aide d’un vétérinaire « rarement » pour 28,2% (n=42),
« parfois » pour 51% (n=76), « souvent » pour 20,8% (n=31) et aucun n’a répondu « toujours » (Figure
17). Par ailleurs, ils estiment que les vétérinaires les sollicitent « toujours » pour 4,7% (n=7),
« souvent » pour 34,9% (n=52), « parfois » pour 40,9% (n=61) et « rarement » pour 19,5% (n=29)
(Figure 17). De prime abord, il en ressort que les éducateurs sollicitent moins l’aide d’un vétérinaire
qu’ils ne pensent être sollicités eux-mêmes. En effet, les vétérinaires sont significativement plus
nombreux à solliciter les éducateurs « souvent » (Khi²=6,68, p-value=0,01) et « toujours » (Fisher
exact, p-value=0,015) que l’inverse.
sollicitation du sollicitation de

canin par le
vétérinaire par l'éducateur

vétérinaire
Rythme de

19,5 40,9 34,9 4,7


l'éducateur
Rythme de

canin

28,2 51 20,8

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%

Rarement Parfois Souvent Toujours

Figure 17 – Rythmes de sollicitation entre les éducateurs canins et les vétérinaires (%) – Groupe 1 (n=149)

De surcroît, en reliant les réponses à ces deux questions (Figure 18), il apparaît que le niveau
de demande d’aide est majoritairement symétrique entre vétérinaires et éducateurs canins lorsqu’ils
se contactent mutuellement « parfois » (56,6%, n=43) et « souvent » (64,5%, n=20). Cette tendance

56
s’estompe chez les éducateurs canins sollicitant « rarement » l’aide d’un vétérinaire (38,1%, n=16), se
tournant en faveur d’une demande plus forte de la part des vétérinaires.
Rythme de sollicitation du vétérinaire

Souvent (n=31) 3,2 22,6 64,5 9,7


par l'éducateur canin

Parfois (n=76) 15,8 56,6 27,6

Rarement (n=42) 38,1 26,2 26,2 9,5

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Rythme de sollicitation de l'éducateur canin par le vétérinaire

Rarement Parfois Souvent Toujours

Figure 18 – Rythme de sollicitation des vétérinaires envers les éducateurs canins en fonction du rythme de
sollicitation des éducateurs canins envers les vétérinaires (%) – Groupe 1

Lorsque l’on étudie les circonstances faisant que les répondants demandent l’aide d’un
vétérinaire, 3 types ressortent majoritairement : le « bilan de santé » (1), les « troubles du
comportement » (2) et la « médicalisation » (3). La question était facultative et a eu un taux de
participation s’élevant à 91,9% (n=137) et plus précisément de 88,1% (n=37) pour les éducateurs
faisant « rarement » appel à un vétérinaire, 93,4% (n=71) pour ceux y faisant « parfois » appel et 93,5%
(n=29) pour ceux y faisant « souvent » appel, sans différence entre ces 3 groupes (Fisher exact, p-
values>0,05).

1) Le « bilan de santé », mentionné dans 51,8% (n=71) des réponses, regroupe les suspicions de
maladies, de douleur, de dysendocrinie, les éducateurs demandant systématiquement un bilan de
santé avant de commencer les cours d’éducation afin d’éliminer les causes médicales à un trouble par
exemple et les demandes d’avis pour stérilisation.
2) Le type « troubles du comportement », mentionné dans 46% (n=63) des réponses, comprend
la prise en charge de troubles tels que (en reprenant les termes employés par les éducateurs) :
l’anxiété, l’hyperactivité, le syndrome « HSHA », les phobies, l’agressivité, les TOC … mais aussi des
demandes d’avis ou d’aide lorsque les séances d’éducation ne suffisent pas à régler le problème à elles
seules et que les compétences de l’éducateur sont dépassées.
3) La « médicalisation », relevée dans 24,8% (n=34) des réponses, regroupe les réponses
mentionnant le besoin de mise en place d’un traitement et de son ajustement.

57
4) Hormis ces 3 principales circonstances, d’autres demandes ont été rapportées, comme par
exemple les cas relevant du domaine légal (diagnose de catégorie, évaluation comportementale), la
mise à jour des vaccins, le medical training … mais de manière beaucoup plus marginale.

En croisant ces données avec la fréquence de sollicitation du vétérinaire (Tableau 2), il apparaît
que les éducateurs demandant « rarement » l’aide des vétérinaires évoquent moins ces trois
catégories que les autres, peut-être car ils ne sont pas autant confrontés à de telles situations ou
encore parce qu’ils en éprouvent moins le besoin. Malgré cela, seules les différences dans la catégorie
« troubles du comportement » se sont révélées significatives (« rarement » et « parfois » : Khi² = 4,09,
p-value=0,04, « rarement » et « souvent » : Khi²=6,8, p-value=0,009), l’échantillon manquant
probablement d’effectifs. Par ailleurs, les répondants faisant « rarement » appel aux vétérinaires
mentionnent dans leurs réponses le fait que ce sont plutôt les vétérinaires qui font appel à eux (28,6%,
n=12). Cette réponse n’est pas retrouvée dans les autres cas de figure. Finalement, ces résultats
témoignent d’une corrélation entre la prise en charge des troubles du comportement et la fréquence
de sollicitation du vétérinaire. Ainsi, plus un éducateur demande de l’aide pour les troubles
comportementaux, plus sa fréquence de sollicitation est élevée et vice versa.

Tableau 2 – Motifs principaux entrainant une demande d’aide des éducateurs canins auprès des vétérinaires
en fonction de la fréquence de ces sollicitations – Groupe 1 (n=149) – * et ** : test Khi² entre * et ** avec p-
value≤0,05

La sollicitation du vétérinaire peut intervenir à différents moments. Il a été difficile pour les
éducateurs de donner un nombre de séances moyen au bout duquel ils demandent l’aide du
vétérinaire, 10 (soit 6,7%) n’ont d’ailleurs pas répondu à la question. Les réponses, ne contenant pas
toujours des chiffres, ont tout de même pu être classées dans différentes catégories permettant de
comprendre quand l’intervention du vétérinaire est jugée nécessaire par les éducateurs canins. Ainsi,
69 répondants (46,3%) ont mentionné faire appel au vétérinaire avant le début de leurs séances ou
après la première, à la suite du bilan comportemental. Dans ces cas-là, lorsqu’une explication était
fournie, il était question d’écarter ou de confirmer d’emblée une origine médicale au trouble rencontré

58
ou un impact de la santé sur ce dernier. 62 (41,6%) font appel à un vétérinaire au cours des séances
ou après avoir terminé leur forfait en allant parfois jusqu’à la 15ème séance effectuée. Les réponses
manuscrites liées évoquaient une amélioration insatisfaisante du trouble ou l’apparition de
comportements inhabituels. 8 (5,4%) disent faire directement appel au vétérinaire dès qu’ils
suspectent un trouble relevant du domaine médical, indépendamment du nombre de séances
effectuées. 8 (5,4%) disent ne jamais faire appel à un vétérinaire, soit parce qu’ils n’en jugent pas
l’utilité pour la prise en charge d’un trouble comportemental, soit parce qu’ils n’en ont pas eu
l’occasion. Enfin, nombreux sont ceux ayant évoqué le fait que cela dépendait du trouble rencontré,
du chien et encore du maître. Il est intéressant de constater que le vétérinaire semble faire partie
intégrante de la prise en charge des chiens pour beaucoup d’éducateurs canins collaborant avec,
notamment pour les questions médicales ou lorsque les séances effectuées s’avèrent infructueuses.
Mais, pour certains, l’intervention du vétérinaire n’a pas lieu d’être dans la prise en charge d’un trouble
comportemental rendant la collaboration, dans ces cas-là, unidirectionnelle. Le fait que l’aide du
vétérinaire ne soit pas demandée peut s’expliquer soit par une non-nécessité face aux cas rencontrés,
soit par la conviction que le vétérinaire n’est pas un professionnel adapté à la prise en charge de
comportements indésirables.

Les moyens de communication avec le vétérinaire sont divers (Figure 19). La très grande
majorité utilise le téléphone pour communiquer (75,8%, n=113). De la même façon, la rencontre avec
le vétérinaire semble importante dans la collaboration puisque 48,3% (n=72) des répondants disent
communiquer par ce biais, au même titre que l’envoi de mails qui est adopté par 43% (n=64) des
répondants. Il est intéressant de noter que pour 6,7% (n=10) des répondants, la collaboration passe
par le biais du client et pour 0,7% (n=1), par simple transmission de coordonnées (cartes de visite
notamment). Ceci signifie que pour la majorité des éducateurs canins, la collaboration passe par une
communication « directe » avec le vétérinaire alors que, pour d’autres, collaborer ne signifie pas
forcément « relation directe » et peut uniquement passer par l’intermédiaire du client ou des cartes
de visite.

59
Par transmission de coordonnées 0,7

Par appel en visio 1,3

Par SMS-Messagerie 3,4

Par le biais du client 6,7

Par mail 43

Par rencontre 48,3

Par téléphone 75,8

0 10 20 30 40 50 60 70 80
Pourcentage (%)

Figure 19 – Moyens de communication employés par les éducateurs canins pour échanger avec le vétérinaire
avec qui ils collaborent (%) – Groupe 1 (n=149)

Pour seulement 18,8% (n=28), la collaboration peut aussi prendre vie en organisant des
cours/sessions en commun avec le vétérinaire, les 81,2% restants (n=121) n’en organisant pas. Ces
résultats peuvent s’expliquer par la complexité d’organisation de tels événements mais aussi par le fait
que les éducateurs ou les vétérinaires ne souhaitent pas nécessairement en mettre en œuvre.

Parmi les éducateurs du groupe 1, 59,7% (n=89) estiment leur collaboration de « nécessaire »,
34,2% (n=51) l’estiment « utile » et 6% (n=9) l’estiment « peu utile » (Figure 20). Ce sentiment
majoritairement positif peut se révéler moteur dans la recherche d’une collaboration ou être le fruit
de sa mise en place.

Peu utile
34,2 Utile
59,7 Nécessaire

Figure 20 – Evaluation de l’utilité de la collaboration par les éducateurs canins – Groupe 1 (%, n=149)

60
Par ailleurs, la collaboration avec au moins un vétérinaire diplômé en comportement
augmente significativement le sentiment que cette dernière est « nécessaire » et donc en améliore le
ressenti global. En effet, 73,1% (n=49) des éducateurs travaillant avec un vétérinaire diplômé en
comportement (N=67) qualifient leur relation de « nécessaire » contre 49,3% (n=34) pour les
éducateurs travaillant avec un vétérinaire non diplômé dans la discipline (N=69) (Khi²=7,16, p-
value=0,007). Ceci peut notamment s’expliquer par le développement de compétences du vétérinaire
dans le domaine de l’éthologie et dans la prise en charge des troubles du comportement, lui
permettant ainsi de fournir plus facilement l’aide demandée par beaucoup d’éducateurs canins.

De plus, 75,2% (n=112) se sentent « totalement » écoutés par le vétérinaire, 22,1% (n=33)
« moyennement » et tout de même 2,7% (n=4) « pas du tout » (Figure 21). Ces résultats sont similaires,
que l’un des vétérinaires possède ou non un diplôme en comportement (Fisher exact, p-value>0,05).

2,7

22,1
Pas du tout
Moyennement
Totalement
75,2

Figure 21 – Sentiment d’être écouté par le vétérinaire avec qui ils collaborent (%) – Groupe 1 (n=149)

En recoupant les données des Figures 20 et 21 dans la Figure 22, on remarque que plus des
trois quarts des éducateurs qualifiant la collaboration comme « peu utile » ont un sentiment d’écoute
pouvant être amélioré puisque 22,2% (n=2) ne se sentent « pas du tout » écoutés par le vétérinaire et
55,6% (n=5) que « moyennement ». A l’inverse, chez les éducateurs la qualifiant d’« utile » à
« nécessaire », ce sont plus des trois quarts qui se sentent « totalement » écoutés par le vétérinaire.
Cette inversion est significative à la fois entre les répondants « peu utile » et « utile » (Fisher exact, p-
value<0,001) et entre les « peu utile » et « nécessaire » (Fisher exact, p-value<0,001). De ce fait, un
mauvais sentiment d’écoute impacte fortement le ressenti des répondants quant à leur collaboration,
plaçant ce facteur en levier essentiel d’amélioration.

61
Evaluation de l'utilité de la collaboration
Nécessaire (n=89) 2,2 18 79,8

Utile (n=51) 23,5 76,5

Peu utile (n=9) 22,2 55,6 22,2

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Sentiment d'être écouté par le vétérinaire

Pas du tout Moyennement Totalement

Figure 22 – Ressentis des éducateurs canins sur l’écoute que leur porte les vétérinaires par rapport à leur
évaluation de l’utilité à collaborer avec (%) – Groupe 1

De plus, le ressenti des répondants sur la collaboration est impacté positivement par
l’organisation de cours/sessions avec un vétérinaire (Tableau 3). En effet, ceux qui qualifient la relation
de « nécessaire » sont composés de significativement plus d’éducateurs organisant des cours/sessions
en commun avec un vétérinaire que ceux qui la qualifient d’« utile » (25,8%, n=23 contre 9,8%, n=5,
Khi²=4,26, p-value=0,04). L’effectif trop faible de ceux la qualifiant de « peu utile » n’a pas permis de
mettre en évidence une autre différence significative mais les pourcentages tendent vers cette
corrélation. Par ailleurs, les moyens de communication avec le vétérinaire n’ont pas montré
d’influence sur ce ressenti (Khi² ou Fisher exact, p-values>0,05).

Tableau 3 – Organisation de cours ou sessions avec un vétérinaire en fonction de l’utilité ressentie vis-à-vis de
la collaboration avec ce dernier (n=149) – * : test du Khi² avec p-value≤0,05

Les réponses à toutes ces questions ont permis de dessiner les contours de ce qu’est le fait de
collaborer avec un vétérinaire pour les 149 éducateurs canins concernés. Il en ressort que la
collaboration peut aussi bien s’effectuer avec un ou plusieurs vétérinaires, qu’ils soient
« comportementalistes » ou non formés dans le domaine. Lorsque plusieurs collaborations existent,

62
elles peuvent être dues à la présence de plusieurs cliniques aux alentours qui envoient des clients ou
encore au souhait de pouvoir conseiller au mieux le client que ce soit par rapport à ses besoins ou au
problème rencontré. La collaboration n’apparaît pas comme une tendance émergente mais plutôt
comme un processus lié à l’exercice-même du métier d’éducateur canin. D’après les éducateurs, les
vétérinaires solliciteraient plus leur aide que l’inverse, notamment dans les cas où ils ne sollicitent les
vétérinaires que « rarement ». D’ailleurs, la relation de collaboration est parfois considérée comme
telle, bien qu’elle puisse être unidirectionnelle, du vétérinaire vers l’éducateur canin. L’intervention du
vétérinaire est principalement demandée pour effectuer un bilan de santé, aider à la prise en charge
d’un trouble du comportement et mettre en place ou ajuster une thérapie médicale. Les résultats
tendent aussi à montrer que le besoin d’intervention du vétérinaire lors de prise en charge des troubles
du comportement est moteur dans la collaboration. Lorsque l’éducateur canin demande son
intervention, cela advient souvent au départ d’une prise en charge afin de vérifier l’état de santé du
chien ou après un certain nombre de séances, notamment lorsque ces dernières ne sont pas
accompagnées de l’amélioration escomptée. La communication « directe » entre les deux parties
semble centrale puisque la majorité fonctionne ainsi. Malgré cela, l’étroitesse du contact n’est pas,
pour tous, un critère indispensable à la collaboration. L’organisation de cours/sessions avec le
vétérinaire est marginale mais améliore le ressenti des éducateurs sur la collaboration. Ce ressenti est
aussi amélioré par la possession d’un diplôme en comportement par le vétérinaire. Ceci pourrait
notamment s’expliquer par l’acquisition de compétences en éthologie et en prise en charge des
troubles du comportement, fréquemment demandée par les éducateurs canins. Bien que le sentiment
d’être écouté par les vétérinaires est globalement bon, les réponses ont témoigné de l’impact qu’il
peut avoir sur la perception de l’importance de la collaboration.

Finalement, cette relation semble appréciée par les éducateurs canins et demandée
principalement pour des raisons de santé du chien, de médicalisation et d’aide dans la prise en charge
des troubles du comportement, qui représente par ailleurs l’une des activités principales des
éducateurs ayant participé à l’enquête. La diversité dans les réponses récoltées remet en lumière le
fait qu’il est difficile de définir clairement ce qu’est la collaboration entre éducateur canin et
vétérinaire, tant les relations et attentes sont propres à chacun.

2. Groupe 2 : Etude des réponses des éducateurs canins qui ne collaborent plus avec les
vétérinaires (n=29) :
Les éducateurs ayant collaboré avec des vétérinaires dans le passé l’ont fait pour 37,9% (n=11)
avec un vétérinaire dit « comportementaliste » contre 55,2% (n=16) avec un vétérinaire non diplômé
dans le domaine, les 6,9% (n=2) restants n’ayant pas su répondre à cette question. Aucune différence
n’a été trouvée avec les éducateurs du groupe 1 (Fisher exact, p-value>0,05). Ainsi, la possession d’un

63
diplôme en comportement par le vétérinaire n’apparaît pas comme un facteur influençant la pérennité
de la collaboration.

Les vétérinaires étaient principalement sollicités pour les mêmes raisons que celles évoquées
dans le groupe 1, à savoir : (1) les « bilans de santé » (55,2%, n=16), (2) les « troubles du
comportement » (34,5%, n=10) et (3) la « médicalisation » (31%, n=9). Ces prévalences sont d’ailleurs
aussi équivalentes à celles du groupe 1 (Khi², p-values>0,05). Le medical training et les cas de chien
mordeur ont aussi été évoqués mais restent des motifs marginaux. Les catégories « bilan de santé » et
« médicalisation » sont de descriptions similaires à celles données dans le groupe 1. Concernant les
« troubles du comportement », on y ajoute la notion de prise de décision commune quant à
l’euthanasie ou le replacement d’un chien avec le vétérinaire. Cette question était facultative et a
récolté un taux de participation de 96,6% (n=28). Ces résultats soulèvent l’hypothèse que quelle que
soit la durée et la stabilité de la collaboration, les motifs de sollicitation du vétérinaire sont similaires
en thématique comme en proportion. Ils constituent donc des besoins pour les éducateurs canins en
termes de collaboration avec un vétérinaire.

Concernant les moyens de communications (Figure 23), les éducateurs ayant collaboré avec
un vétérinaire par le passé communiquaient avec lui principalement par rencontre (51,7%, n=15), par
mail (44,8%, n=13) et par téléphone (41,4%, n=12). Une communication « indirecte » était employée
par 24,1% (n=7) des éducateurs canins puisque 20,7% (n=6) communiquaient par l’intermédiaire du
client et 3,4% (n=1) par transmission de coordonnées. L’envoi de SMS ou messages électroniques
n’était employé que par 3,4% (n=1) des répondants. Ces résultats diffèrent de plus de 20% pour la
communication par téléphone avec les éducateurs du groupe 1 et ce, de manière significative
(Khi²=12,19, p-value<0,001). De ce fait, bien que la communication « directe » ait aussi été
majoritairement employée par les éducateurs du groupe 2, elle reste en proportion plus faible que
dans le groupe 1. L’augmentation de la prévalence de communication par le biais du client est elle
aussi apparue significative (Fisher exact, p-value=0,027), témoignant d’une plus forte proportion de
communication « indirecte » dans les cas où la collaboration n’a pas persisté. Finalement, ces résultats
semblent démontrer qu’il est important de privilégier la communication « directe » avec les
vétérinaires afin de pérenniser la collaboration et que l’emploi d’une communication « indirecte » peut
être facteur de risque ou annonciateur d’un arrêt de collaboration. Si l’on inverse la réflexion, ces
résultats montrent aussi que le mode de communication n’influe pas sur le sentiment de « collaborer
avec un vétérinaire » mais, qu’en revanche, il peut jouer sur sa durabilité.

64
Par transmission de coordonnées 3,4

Par SMS-Messagerie 3,4

Par le biais du client 20,7

Par téléphone 41,4

Par mail 44,8

Par rencontre 51,7

0 10 20 30 40 50 60
Pourcentage (%)

Figure 23 – Moyens de communication qui étaient employés par les éducateurs canins pour communiquer
avec les vétérinaires avec qui ils collaboraient (%) – Groupe 2 (n=29)

Seulement 10,3% (n=3) des répondants organisaient des cours ou sessions avec le vétérinaire.
Cette prévalence ne diffère pas de celle du groupe 1 (Khi², p-value>0,05). Aucun lien n’a donc été mis
en évidence entre la durée de la collaboration et l’organisation de cours ou sessions avec le vétérinaire.

En questionnant les éducateurs ne collaborant plus avec les vétérinaires sur les raisons à cela,
55,2% (n=16) expriment qu’ils n’en ont plus eu l’occasion. Il est aussi rapporté, par 17,2% (n=5) d’entre
eux, une non-volonté de la part des vétérinaires d’établir une collaboration. Également 17,2% (n=5)
expriment leur insatisfaction quant à cette collaboration. Les éducateurs relient cette insatisfaction
aux résultats obtenus, au manque de formation des vétérinaires en comportement, au manque de
communication et au manque de reconnaissance qu’ils éprouvent. En effet, certains vétérinaires ne
considèrent pas toujours le travail effectué par les éducateurs et peuvent délivrer des conseils opposés
au client. Le manque de vétérinaires à proximité a été rapporté par 10,3% (n=3) des répondants. De
plus, 10,3% (n=3) disent qu’ils conservent tout de même des interactions avec des vétérinaires comme
par exemple : le medical training, le fait d’être recommandé par des cliniques aux alentours ou encore
le fait de renvoyer le client à son vétérinaire traitant pour des raisons médicales. Ces derniers ne
considèrent pas cela comme collaborer, contrairement à certains répondants du groupe 1, pour qui,
la collaboration passe par ce type d’interactions. Ceci apporte encore une nuance dans la définition de
la collaboration avec les vétérinaires, montrant à quel point ce concept est subjectif. Enfin, l’absence
de volonté des propriétaires (3,4%, n=1), le manque de temps (3,4%, n=1), la non nécessité (3,4%, n=1)
mais aussi le déménagement dans une nouvelle région (3,4%, n=1) ont été rapportés dans des cas
singuliers.

65
Il est difficile d’imaginer réussir à créer des occasions pour collaborer, d’agir sur la présence de
vétérinaires dans certaines zones géographiques ou encore sur la volonté des propriétaires à aller
consulter. Néanmoins, plusieurs points pouvant être améliorés ont été révélés par ces résultats et sont
donc à considérer. Ces points sont notamment : la formation des vétérinaires en comportement et sa
médecine, l’actualisation de leurs connaissances à ce sujet, leur sensibilisation à l’importance d’une
collaboration, les difficultés éprouvées à communiquer et le manque de reconnaissance à l’égard de
la profession d’éducateur canin.

Afin de compléter ces constatations, il a été demandé aux éducateurs s’ils avaient eu
d’éventuels soucis lors de cette collaboration. Ils sont 69% (n=20) à ne pas en avoir rapporté. Ces
derniers correspondent à des éducateurs ayant déclaré : ne plus avoir eu l’occasion de collaborer avec
un vétérinaire, ne pas en avoir la nécessité, ne pas avoir de vétérinaire aux alentours, être nouveau
dans la région, manquer de temps, être confronté à la réticence des propriétaires et aussi à la non-
volonté des vétérinaires. Pour les 31% (n=9) restants, les problèmes étaient liés à 3 facteurs. (1) Le
premier concerne la pratique et les connaissances vétérinaires en comportement avec parfois une
médicalisation jugée « trop lourde » (66,7%, n=6). (2) Le second est lié au manque de reconnaissance
à l’égard de leur métier (33,3%, n=3). (3) Le troisième est relatif à un manque de temps pris par les
vétérinaires pour analyser le chien avant de le prendre en charge, rendant les manipulations parfois
« brusques » pour l’animal qui peut ainsi se sensibiliser aux soins (22,2%, n=2). Ces répondants
correspondent notamment à ceux ayant signifié ne pas être satisfaits des résultats de la collaboration
avec les vétérinaires et être confrontés à leur non-volonté de collaborer. Ces constats rejoignent
majoritairement les réponses précédentes et montrent l’impact négatif que peuvent avoir les
mauvaises expériences sur la décision d’arrêter la collaboration.

Durant leur collaboration, 37,9% (n=11) des éducateurs se sont sentis « totalement » écoutés
par leur vétérinaire, 51,7% (n=15) « moyennement » et 10,3% (n=3) « pas du tout », témoignant
encore une fois d’un défaut d’écoute de la part des vétérinaires et coïncidant avec le manque de
reconnaissance rapporté (Figure 24). Ces réponses diffèrent significativement de celles données par le
groupe 1 (Fisher exact, p-value<0,001). On remarque plus précisément, une augmentation significative
du sentiment d’être « moyennement » écouté (Khi²= 9,33, p-value=0,002), couplée à une baisse
significative du sentiment d’être « totalement » écouté (Khi²= 14,07, p-value<0,001). Ce sentiment est
donc significativement moins bon dans le groupe 2 que dans le groupe 1. Par ailleurs, la possession
d’un diplôme en comportement par un vétérinaire ne semble pas non plus avoir d’impact ici (Fisher
exact, p-value>0,05). Finalement, l’écoute portée par le vétérinaire et donc sa considération à l’égard
du travail et des propos tenus par l’éducateur canin est essentielle pour maintenir une collaboration
stable.

66
10,3

37,9 Pas du tout


Moyennement
Totalement
51,7

Figure 24 – Sentiment d’avoir été écouté par le vétérinaire avec qui ils collaboraient (%) – Groupe 2 (n=29)

En définitive, l’étude de ces réponses va dans le sens de la caractérisation de la collaboration


avec les vétérinaires précédemment établie notamment en ce qui concerne les situations nécessitant
l’aide d’un vétérinaire, la diversité dans les modes de communication mais aussi la subjectivité
inhérente à ce concept. Selon près des deux tiers des éducateurs de ce groupe, le manque d’occasion
ou de vétérinaire à proximité seraient les explications au fait qu’ils ne collaborent plus. Cependant,
cette étude a aussi mis en évidence l’importance de certains facteurs sur la stabilité de la collaboration.
Premièrement, bien que la possession d’un diplôme en comportement par un vétérinaire n’influe pas
la pérennité de la collaboration, le manque de formation des vétérinaires à ce sujet est le fait le plus
déploré par les éducateurs canins. Il n’est donc pas nécessairement question que tous suivent une
formation longue diplômante voire spécialisante mais que les connaissances fondamentales et
actuelles en éthologie soient acquises. Les vétérinaires ne semblent pas non plus tous sensibles à
l’utilité que peut avoir une collaboration avec un éducateur canin, alors que ses bienfaits ont été
démontrés, et ce, même si le vétérinaire n’est pas intéressé par le comportement et sa médecine.
Deuxièmement, privilégier un mode de communication « direct » plutôt qu’« indirect » entre les deux
parties apparaît comme un facteur de bon pronostic, d’autant plus que certains rapportent une
difficulté à communiquer avec le vétérinaire. Enfin, le sentiment d’écoute portée par le vétérinaire est
significativement de moins bonne qualité que lors de collaborations durables. Ce dernier point est
certainement reliable au manque rapporté de reconnaissance envers le travail des éducateurs canins,
ayant ainsi, pour conséquence, une détérioration de la relation.

3. Groupe 3 : Etude des réponses des éducateurs canins qui n’ont jamais collaboré avec
les vétérinaires (n=53) :
Pour comprendre les raisons pour lesquelles les éducateurs canins n’ont encore jamais
collaboré avec un vétérinaire, il leur a tout d’abord été demandé s’il y avait un vétérinaire autour de

67
chez eux. Pour 98,1% (n=52), il y en a un et pour 1,9% (n=1), il n’y en n’a pas. La proximité d’un
vétérinaire n’est donc pas le facteur limitant principal au fait de ne pas collaborer.

La présence d’un vétérinaire diplômé en comportement à proximité n’est spécifiée que par
9,6% (n=5) des répondants, 23,1% (n=12) ne savent pas répondre à la question et pour les 67,3% (n=35)
restants, les vétérinaires à proximité n’ont pas ce type de diplôme. Les éducateurs du groupe 3 sont
significativement moins capables de dire si les vétérinaires alentours possèdent un diplôme en
comportement que ceux du groupe 1 (Khi²=5,76, p-value=0,016). De plus, dans le groupe 3 il y a
significativement moins de vétérinaires diplômés en comportement que de non diplômés par rapport
aux éducateurs du groupe 1 (Khi²=15,8, p-value<0,001) et aux éducateurs du groupe 2 (Khi²=5,6, p-
value=0,018). Ce résultat peut soit s’expliquer par le fort taux d’éducateurs n’ayant pas su répondre à
la question (23,1%) ou à une réelle différence significative entre les groupes.

La raison principale évoquée au fait de ne pas collaborer est que les éducateurs n’en ont pas
encore eu l’occasion (66%, n=35). Le deuxième point rapporté est la divergence de points de vue en
matière de comportement couplée au manque de formation des vétérinaires et d’actualisation de
leurs connaissances dans le domaine (15,1%, n=8). Ce point entraîne alors une difficulté de
communication entre les deux professions au sujet du comportement et des méthodes éducatives.
Ensuite, pour 9,4% (n=5) des répondants, les vétérinaires ne sont pas intéressés par la collaboration
ou n’en perçoivent pas l’intérêt et pour 3,8% (n=2), le vétérinaire a refusé de collaborer avec eux
puisqu’il travaillait déjà avec un autre éducateur canin. Il apparaît que 7,5% (n=4) sont recommandés
par les vétérinaires ou les sollicitent pour des soins, sans considérer qu’il y ait collaboration. D’autres
cas singuliers (1,9%, n=1) ont aussi été rapportés comme : le fait de ne pas avoir besoin d’une telle
relation, le manque de temps et la fermeture totale à l’idée que cela soit utile, chacun devant « rester
à son travail ». Finalement, les raisons évoquées ci-dessus sont similaires à celles ayant motivé l’arrêt
de collaboration avec un vétérinaire dans des proportions relativement proches. Ainsi, plusieurs axes
d’amélioration tendent à se confirmer, à savoir : le besoin de formation et d’actualisation des
connaissances des vétérinaires en éthologie, médecine du comportement et éducation canine, le
besoin de sensibilisation à l’importance d’une collaboration avec un éducateur canin et vice versa et
le besoin de faciliter la communication.

Parmi ces éducateurs, 49,1% (n=26) ont déjà eu une mauvaise expérience, qu’elle soit
personnelle ou professionnelle, avec un vétérinaire. Ces mauvaises expériences ont pu être
regroupées en 5 catégories :

1) Pour 69,2% (n=18), elles sont liées à la pratique et aux connaissances du vétérinaire en
comportement. Les éducateurs impliquent principalement le fait de donner des conseils et d’utiliser

68
des méthodes erronés, non-actualisés voire dangereux (n=14). Plus minoritairement, ils déplorent une
médicalisation qu’ils jugent trop « systématique » et le recours à des euthanasies dites « de
convenance » (n=4). Pour résumer certains cas rencontrés, il y est question de vétérinaires utilisant
encore des concepts de hiérarchie, de dominance interspécifique, etc. Ces concepts mènent alors à
l’utilisation de pratiques coercitives et dangereuses comme « plaquer le chien au sol s’il n’obéit pas »
ou encore « mater le chien pour qu’il ne prenne pas le dessus et domine ». D’autres déplorent les
préjugés que peuvent avoir certains vétérinaires envers des races de chien ou leurs erreurs de
jugement dans des situations entraînant l’usage de méthodes ou de traitements inadaptés.
2) Pour 42,3% (n=11) d’entre eux, certains vétérinaires sont perçus comme trop « brusques »
voire « brutaux » avec les animaux, bien que ces derniers puissent être douloureux ou craintifs. Ces
patients risquent ainsi d’être grandement sensibilisés à la manipulation et devenir agressifs lors des
soins.
3) Un défaut de compétences en relation client est rapporté par 30,7% (n=8) des répondants. Ce
défaut se traduit dans la moitié des cas par un manque de communication ou d’explications données
sur les actes effectués ou sur les affections rencontrées. Il est aussi rapporté le fait que certains
vétérinaires donnent l’impression de manquer de « tolérance », juger les « nouvelles générations »,
« culpabiliser » les propriétaires et/ou avoir un air condescendant voire « hautain ».
4) Ils sont 11,5% (n=3) à rapporter un manque de reconnaissance du métier d’éducateur canin et
à se sentir parfois pris de haut par certains vétérinaires.
5) Un éducateur canin (3,8%) exprime son mécontentement sur les soins apportés à l’un de ses
chiens, sans lien avec la médecine du comportement.

On retrouve globalement dans ces réponses les mêmes thématiques de conflits que celles qui étaient
rapportées par le groupe 2 durant leur collaboration avec des vétérinaires. Les connaissances en
éthologie et en médecine du comportement ressortent encore une fois comme principale source de
mésentente entre les deux professions, suivie cette fois-ci par la contention des animaux, les défauts
de communication au sens large et la non-reconnaissance des compétences de l’éducateur canin.

Si l’on résume les résultats obtenus, la collaboration est un concept subjectif, ne connaissant
pour limites que celles fixées par les parties concernées. Par ailleurs, la non-collaboration avec les
vétérinaires n’est pas due à un manque de leur présence dans la région d’exercice. L’étude de ce
groupe conforte l’hypothèse que le manque d’occasion est le critère le plus important baissant le taux
de collaboration avec un vétérinaire, puisque plus de 50% des non-collaborations (groupes 2 et 3)
s’expliquent par cela. Cependant, certaines thématiques restent fréquemment rapportées par les
éducateurs canins ne collaborant pas et semblent entraver l’installation comme la pérennité de cette
relation. Il s’agit notamment de l’insatisfaction des résultats à relier au manque de formation des

69
vétérinaires estimé par les éducateurs et au recours jugé trop systématique à la médicalisation. Il est
possible que cela soit dû à la moindre présence de vétérinaires dits « comportementalistes » à
proximité, comme être une simple constatation, indépendamment du niveau de qualification des
vétérinaires dans le domaine. Les éducateurs se heurtent aussi à une difficulté de communication avec
les vétérinaires au sujet du comportement animal et de l’éducation canine. Cette difficulté pourrait
bien faire écho au manque de reconnaissance à l’égard de leur métier, jouant ainsi à la fois sur
l’installation de la collaboration et sur son maintien au long cours. Enfin, on retrouve le constat que la
collaboration n’est pas toujours jugée nécessaire aux yeux du vétérinaire ou même de l’éducateur
canin, empêchant ainsi sa mise en place. Les mauvaises expériences ont aussi pu mettre en avant des
mécontentements liés à la contention des animaux en clinique vétérinaire ou encore à un défaut dans
la communication avec les clients. Ces derniers n’étaient pas exprimés dans les raisons expliquant qu’il
n’y ait pas de collaboration mais pourraient, inconsciemment ou non, jouer sur son établissement.

d. Analyse de facteurs pouvant influencer la collaboration et questionnement


autour de ses perspectives d’avenir et d’amélioration
1. Comparaison des caractéristiques socio-professionnelles des groupes de répondants
Afin d’évaluer l’influence des caractéristiques socio-professionnelles propres aux participants
à l’enquête sur la collaboration avec un vétérinaire, les caractéristiques démographiques ainsi que les
données concernant l’activité d’éducateur canin ont été comparées entre chacun des groupes.

NB : Pour rappel, le groupe 1 désigne les répondants collaborant actuellement avec un


vétérinaire, le groupe 2 désigne ceux qui ne collaborent pas actuellement mais qui l’ont déjà fait par le
passé et le groupe 3 désigne ceux n’ayant jamais collaboré.

• Caractéristiques démographiques :

Les hommes et femmes ayant répondu à l’enquête sont répartis en proportions équivalentes
dans chacun des 3 groupes (Khi², p-value>0,05), à savoir 71,8% (n=107) de femmes et 28,2% (n=42)
d’hommes dans le groupe 1, respectivement 65,5% (n=19) et 34,5% (n=10) dans le groupe 2 puis resp.
69,8% (n=37) et 30,2% (n=16) dans le groupe 3. Ces résultats nous font ainsi retrouver la répartition
globale des répondants au questionnaire, à savoir autour de 70% de femmes et 30% d’hommes.

De même que pour la répartition entre hommes et femmes, aucune différence n’a été mise en
évidence concernant la répartition en âge entre chaque groupe (Fisher exact, p-values>0,05) (Figure

70
25). En effet, les 3 groupes ont une répartition s’apparentant à la répartition globale, à savoir : 38,2%
(n=57) des éducateurs du groupe 1 ont moins de 35 ans avec 55,2% (n=16) pour le groupe 2 et 54,7%
(n=29) pour le groupe 3. Bien que l’écart soit plus marqué entre le groupe 1 et les groupes 2 et 3,
aucune différence n’a été démontrée (Khi², p-values>0,05).

1,3

Groupe 1 (n=149) 4 34,2 28,9 18,1 13,4

3,4

Groupe 2 (n=29) 13,8 41,4 17,2 20,7 3,4

1,9

Groupe 3 (n=53) 7,5 47,2 24,5 15,1 3,8

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%

Classe d'âge

18-25 ans 26-35 ans 36-45 ans 46-55 ans 56-65 ans > 65 ans

Figure 25 – Répartition en classe d’âge dans chaque groupe de répondants (%) – Groupe 1 : éducateurs
collaborant avec un vétérinaire, Groupe 2 : éducateurs ne collaborant plus avec un vétérinaire, Groupe 3 :
éducateurs n’ayant jamais collaboré avec un vétérinaire

Les données en âge et en sexe ont alors été croisées afin de rechercher une éventuelle
différence entre les 3 groupes (Figure 26). Chez les femmes (Figure 26 a)), les groupes 2 et 3 semblent
être composés de femmes plus jeunes que le groupe 1. Pourtant, une unique différence significative a
été mise en évidence entre le groupe 1 et le groupe 3, à savoir que les femmes âgées de plus de 56
ans sont significativement plus nombreuses dans le groupe 1 que dans le groupe 3 (16,8%, n=18 contre
2,7%, n=1, Fisher exact, p-value=0,026). Chez les hommes (Figure 26 b)), les groupes 2 et 3 semblent
aussi être composés d’hommes plus jeunes que le groupe 1. Mais encore, une seule différence
significative a été mise en évidence : le groupe 2 présente significativement plus d’hommes âgés de
moins de 25 ans que le groupe 1 qui n’en contient pas (20%, n=2 contre n=0, Fisher exact, p-
value=0,034). Finalement, chez les femmes comme les hommes, les éducateurs canins collaborant
actuellement avec un vétérinaire (groupe 1) pourraient être plus âgés que ceux ne collaborant pas
(groupes 2 ou 3). Mais, compte-tenu du manque d’effectif et des résultats soulevés dans le paragraphe
précédent, ces propos ne peuvent pas être affirmés avec certitude.

71
0,9
Groupe 1 (n=107) 5,6 34,6 30,8 12,1 15,9

Groupe 2 (n=19) 10,5 52,6 10,5 21,1 5,3

Groupe 3 (n=37) 10,8 45,9 27 13,5 2,7

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
a) Classe d'âge

18-25 ans 26-35 ans 36-45 ans 46-55 ans 56-65 ans > 65 ans

Groupe 1 (n=42) 33,3 23,8 33,3 7,1 2,4

Groupe 2 (n=10) 20 20 30 20 10

Groupe 3 (n=16) 50 18,8 18,8 6,3 6,3

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%

b) Classe d'âge

18-25 ans 26-35 ans 36-45 ans 46-55 ans 56-65 ans > 65 ans

Figure 26 – Répartition en classe d’âge selon le sexe dans chaque groupe de répondants (%) – a) Diagramme
en bâtons de la répartition chez les femmes b) Diagramme en bâtons de la répartition chez les hommes – Groupe
1 : éducatrices collaborant avec un vétérinaire, Groupe 2 : éducatrices ne collaborant plus avec un vétérinaire,
Groupe 3 : éducatrices n’ayant jamais collaboré avec un vétérinaire

En somme, ces premiers résultats laissent plutôt conclure que l’âge comme le sexe, ne
représentent pas des facteurs influençant la collaboration avec les vétérinaires.

La provenance géographique des éducateurs a été étudiée afin de comparer le taux de


collaboration dans chacune des régions subjectivement formées, décrites en Figure 4. La Figure 27
reprend les taux calculés à partir des données récoltées, dans chacune des régions. Hormis l’Outre-
mer, ne comportant qu’un individu dans son échantillon, chacune de ces régions a été comparée avec
les autres une à une. En premier constat, 3 régions semblent moins collaborer avec les vétérinaires
que les autres : le « Sud-Ouest », le « Nord-Ouest » et le « Nord-Est ». En effet, leur proportion de

72
répondants faisant partie du groupe 1 est plus faible d’a minima 10,6% que celle des autres régions et
leur proportion d’éducateurs canins appartenant au groupe 3 ne descend pas en dessous des 20%.
Elles semblent donc avoir moins d’éducateurs canins collaborant actuellement avec un vétérinaire et
une proportion non négligeable d’éducateurs canins n’ayant jamais collaboré avec un vétérinaire. Une
première comparaison tenant compte des 3 groupes distinctement a alors été réalisée et n’a montré
aucune différence entre chacune des régions (Khi² ou Fisher exact, p-values>0,05). Après
regroupement des éducateurs ne collaborant pas avec un vétérinaire actuellement (à savoir le groupe
2 et le groupe 3), il apparaît tout de même que les éducateurs canins du « Sud-Ouest » collaborent
significativement moins que les éducateurs canins du « Centre-Nord » (Khi²=4,32, p-value=0,038).
Aucune autre différence n’a été mise en évidence, s’expliquant certainement par un manque d’effectif
dans certaines régions. Cependant, il semble bel et bien exister une disparité entre certaines zones
géographiques en termes de collaboration, avec pour les plus accoutumées à la collaboration, un taux
avoisinant les 70-75%.
Nord (n=20) :
Groupe 1 : 70% (n=14)
Centre-Nord (n=36) : Groupe 2 : 15% (n=3)
Groupe 1 : 75% (n=27) Groupe 3 : 15% (n=3)
Groupe 2 : 11,1% (n=4)
Groupe 3 : 13,9% (n=5) Nord-Est (n=12) :
Groupe 1 : 58,3% (n=7)
Groupe 2 : 16,7% (n=2)
Groupe 3 : 25% (n=3)

Centre-Est (n=42) :
Groupe 1 : 71,4% (n=30)
Nord-Ouest (n=32) : Groupe 2 : 9,5% (n=4)
Groupe 1 : 59,4% (n=19) Groupe 3 : 19% (n=8)
Groupe 2 : 15,6% (n=5)
Groupe 3 : 25% (n=8) Sud-Est (n=35) :
Groupe 1 : 71,4% (n=25)
Sud-Ouest (n=55) : Groupe 2 : 8,6% (n=3)
Groupe 1 : 50,9% (n=28) Groupe 3 : 20% (n=7)
Groupe 2 : 14,5% (n=8)
Groupe 3 : 34,5% (n=19)

Figure 27 – Taux de collaboration selon les régions d’exercice des répondants (n=233*) – * : les répondants
exerçant dans deux régions séparées ont été comptabilisés 2 fois. Orange : plus bas taux de collaboration. Vert :
plus haut taux de collaboration. NB : Outre-Mer : 1 individu dans le groupe 1

73
En recoupant ces résultats aux principales raisons évoquées à la non-collaboration avec les
vétérinaires, les éducateurs du « Sud-Ouest », plus ou moins accompagnés de ceux du « Nord-Ouest »
et du « Nord-Est », ont probablement moins l’occasion de collaborer ou sont plus fréquemment
confrontés aux difficultés relevées précédemment.

• Caractérisation de l’activité et de la formation des éducateurs canins :

Afin d’évaluer l’impact du parcours professionnel des répondants sur leur statut quant à la
collaboration avec les vétérinaires, les différentes données récoltées sur le sujet ont été comparées.

Tout d’abord, il existe une différence dans les expériences professionnelles entre les groupes
(Figure 28). En effet, la distribution de l’expérience professionnelle des éducateurs canins du groupe 3
est significativement différente de celle du groupe 1 (Fisher exact, p-value = 0,01) et du groupe 2
(Fisher exact, p-value = 0,04), qui sont eux-mêmes similaires entre eux. En recherchant à caractériser
plus précisément ces différences, on remarque que le groupe 3 est constitué de significativement plus
d’éducateurs canins ne travaillant que depuis moins de 5 ans (71,7%, n=38) que le groupe 1 (43%,
n=64) (Khi² = 11,8, p-value<0,001) et que le groupe 2 (44,8%, n=13) (Khi² = 4,67, p-value = 0,03). Cette
différence significative s’étend en regroupant les éducateurs canins travaillant depuis moins de 10 ans
entre le groupe 3 (90,6%, n=48) et le groupe 1 (74,5%, n=111) (Khi² = 5,1, p-value = 0,024). Ainsi,
l’expérience professionnelle apparaît dans cette étude comme un facteur influençant la collaboration.
En effet, les répondants ayant collaboré, actuellement ou par le passé (groupes 1 et 2), ont une
expérience professionnelle plus élevée que ceux ne l’ayant encore jamais fait. Ce résultat peut
notamment s’expliquer par le manque d’occasion de collaborer, rapporté comme étant l’explication
principale à la non-collaboration. Effectivement, les éducateurs du groupe 3 sont pour plus des deux
tiers, au début de leur installation professionnelle en tant qu’éducateur canin, et, de ce fait, n’ont
potentiellement pas encore rencontré de vétérinaires et établi de lien de confiance avec ou rencontré
de cas nécessitant leur aide. Il se peut aussi que ces jeunes éducateurs canins ne soient pas en accord
avec les connaissances et pratiques des vétérinaires alentours dans le domaine du comportement.

74
Groupe 1 (n=149) 43 31,5 14,8 4,7 4,7
1,3

Groupe 2 (n=29) 44,8 37,9 17,2

1,9
Groupe 3 (n=53) 71,7 18,9 5,7

1,9
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Expérience professionnelle

< 5 ans 5 - 10 ans 11 - 20 ans 21 - 30 ans 31 - 40 ans > 40 ans

Figure 28 – Expérience professionnelle en tant qu’éducateur canin dans chaque groupe de répondants (%) –
Groupe 1 : éducateurs collaborant avec un vétérinaire, Groupe 2 : éducateurs ne collaborant plus avec un
vétérinaire, Groupe 3 : éducateurs n’ayant jamais collaboré avec un vétérinaire

La question de l’impact de la formation suivie sur le statut collaboratif s’est posée. Mais, les
répondants ont tous un parcours différent qu’ils n’ont pas toujours mentionné entièrement, tant le
nombre de formations suivies peut être important. Il n’a donc pas été possible de comparer leurs
parcours correctement afin d’en extraire des informations. En revanche, les biais de formation suivis
ont pu l’être et n’ont révélé aucune différence entre chacun des 3 groupes (Fisher exact, p-
values>0,05) (Figure 29).

2,7
Autodidacte
Biais de formation suivis

1,9

6
Internet
9,4
88,6
Présentiel 89,7
84,9
18,1
Distanciel 24,1
20,8
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Pourcentage (%)

Groupe 1 (n=149) Groupe 2 (n=29) Groupe 3 (n=53)

Figure 29 – Biais de formation suivis par les éducateurs canins dans chaque groupe de répondants (%) – Groupe
1 : éducateurs collaborant avec un vétérinaire, Groupe 2 : éducateurs ne collaborant plus avec un vétérinaire,
Groupe 3 : éducateurs n’ayant jamais collaboré avec un vétérinaire

75
En s’intéressant au fait de suivre des formations continues, là encore, aucune différence n’a
été mise en évidence au sein des répondants, allant même jusqu’à une similarité presque parfaite
entre les 3 groupes (Khi², p-values1) avec 34% (groupe 3) à 35,6% (groupe 1) des répondants
déclarant suivre des formations continues et donc entre 64,4% (groupe 1) et 66% (groupe 3) déclarant
ne pas en suivre.

De même, aucune différence n’est apparue entre les groupes lors de l’étude des plus hauts
niveaux de diplôme possédés (Fisher exact, p-values>0,05) (Figure 30).

Groupe 1 (n=149) 1,3 6 38,3 22,8 19,5 11,4 0,7

Groupe 2 (n=29) 17,2 37,9 17,2 13,8 10,3 3,4

Groupe 3 (n=53) 9,4 41,5 15,1 17 17

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%

Niveau 2 Niveau 3 Niveau 4 (Baccalauréat et BP) Niveau 5 Niveau 6 Niveau 7 Non renseigné

Figure 30 – Plus haut niveau de diplôme obtenu par les éducateurs canins dans chaque groupe de répondants
(%) – Groupe 1 : éducateurs collaborant avec un vétérinaire, Groupe 2 : éducateurs ne collaborant plus avec un
vétérinaire, Groupe 3 : éducateurs n’ayant jamais collaboré avec un vétérinaire

En somme, les parcours scolaires et formatifs des éducateurs canins n’ont pas d’influence sur
leur collaboration avec les vétérinaires.

En revanche, en évaluant l’influence de l’exercice d’une autre activité (Tableau 4), on


remarque que le groupe 1 diffère significativement du groupe 3 dans sa répartition globale
(Khi²=15,56, p-value<0,001) avec notamment une moins grande proportion d’éducateurs ayant une
autre activité sans relation avec les animaux (10,7%, n=16 contre 34%, n=18, Khi²=13,45, p-
value<0,001) et une plus grande proportion d’éducateurs n’exerçant pas d’autre activité (59,7%, n=89
contre 39,6%, n=21, Khi²=5,59, p-value=0,018). Le groupe 2 diffère significativement du groupe 1
uniquement dans sa proportion d’éducateurs ayant une autre activité sans relation avec les animaux
(27,6%, n=8 contre 10,7%, n=16, Fisher exact, p-value=0,032). Aucune autre différence n’a été mise en
évidence. Les éducateurs canins collaborant actuellement se consacreraient donc plus exclusivement
à leur activité d’éducateur que ceux n’ayant jamais collaboré.

76
Tableau 4 – Exercice d’une autre activité professionnelle selon le groupe des répondants – Groupe 1 :
éducateurs collaborant avec un vétérinaire, Groupe 2 : éducateurs ne collaborant plus avec un vétérinaire,
Groupe 3 : éducateurs n’ayant jamais collaboré avec un vétérinaire

Or, précédemment, nous avions mis en évidence que l’exercice d’une autre activité était
directement corrélé au temps consacré à l’éducation canine par semaine, et que, plus un éducateur
canin consacrait du temps à son activité, moins il en exerçait une autre. En regardant le temps consacré
à l’activité d’éducation canine entre les 3 groupes de répondants (Figure 31), on remarque que le
groupe 1 diffère encore une fois significativement du groupe 3 dans sa répartition (Khi²=14,15, p-
value=0,003). Cette différence se traduit notamment par une proportion significativement plus faible
d’éducateurs y consacrant moins de 15h par semaine dans le groupe 1 (14,1%, n=21 contre 34%, n=18,
Khi²=8,67, p-value=0,003). Ce constat entre le groupe 1 et 3 s’étend de la même façon aux éducateurs
consacrant moins de 25h par semaine à cette activité (34,9%, n=52 contre 62,3%, n=33, Khi²=10,92, p-
value=0,001). Quand on se concentre sur les éducateurs ne collaborant pas avec un vétérinaire
(groupes 2 et 3), on remarque que leur répartition est similaire (Fisher exact, p-value>0,05), et que,
tout comme entre les groupes 1 et 3, le groupe 2 diffère significativement du groupe 1, en ayant une
proportion plus forte d’éducateurs consacrant moins de 25h par semaine à cette activité (58,6%, n=17
contre 34,9%, n=52, Khi²=4,8, p-value = 0,028).

77
Groupe 1 (n=149) 14,1 20,8 29,5 35,6

Groupe 2 (n=29) 24,1 34,5 13,8 27,6

Groupe 3 (n=53) 34 28,3 15,1 22,6

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Temps consacré à l'éducation canine par semaine

≤ 15h [16 ; 25] h [26 ; 35] h > 35 h

Figure 31 – Temps consacré à l’activité d’éducateur canin par semaine selon le groupe de répondants (%) –
Groupe 1 : éducateurs collaborant avec un vétérinaire, Groupe 2 : éducateurs ne collaborant plus avec un
vétérinaire, Groupe 3 : éducateurs n’ayant jamais collaboré avec un vétérinaire

Dans cette étude, un lien existe entre le temps consacré à l’activité d’éducateur canin,
l’exercice d’une autre activité et le statut collaboratif. Ainsi, il en ressort que les éducateurs collaborant
actuellement avec un vétérinaire consacrent plus de temps à leur activité, qui la plupart du temps est
la seule qu’ils exercent, par rapport aux éducateurs n’ayant pas de collaboration. De cela, résulte l’idée
que, pour établir une collaboration, il faut du temps et des opportunités, se présentant peut-être
moins lorsque l’on effectue un temps partiel ou que l’on doive se consacrer à une autre activité
professionnelle.

Enfin, le nombre de rendez-vous moyen nécessaire pour résoudre un trouble comportemental


a été comparé au sein des groupes dans l’hypothèse où une différence pourrait exister entre ceux ne
collaborant pas avec les vétérinaires et ceux collaborant. Après extraction des réponses erronées ou
non interprétables, le groupe 1 a comptabilisé 119 réponses (soit une perte de 20,1% de l’effectif
initial), le groupe 2, 23 réponses (soit une perte de 20,7% de l’effectif initial) et le groupe 3, 38 réponses
(soit une perte de 28,3% de l’effectif initial). Ces pertes d’informations sont de proportions
équivalentes entre les 3 groupes (Khi², p-value>0,05), permettant une comparaison plus fiable des
résultats entre eux. Les répondants du groupe 1 ont en moyenne besoin de 5,9 ± 3,3 rendez-vous pour
résoudre un problème comportemental. C’est 5,3 ± 4,3 pour ceux du groupe 2 et 5,7 ± 2,9 pour ceux
du groupe 3. Il n’y a donc pas de différence au sein des répondants, qu’ils collaborent ou non avec un
vétérinaire.

Finalement, l’analyse de ces résultats a mis en évidence l’implication de plusieurs facteurs


pouvant influencer la collaboration avec les vétérinaires dans cette enquête. Le premier est relatif au

78
lieu d’exercice de l’éducateur canin, avec une tendance à la moindre collaboration dans le « Sud-
Ouest », à contrario du « Centre-Nord » qui possède le meilleur taux de collaboration. Aucune
influence du parcours scolaire et formatif n’a été mise en évidence. En revanche, l’expérience
professionnelle, l’exercice d’une autre activité professionnelle et le temps consacré à l’éducation
canine par semaine sont des facteurs qui se sont révélés significatifs dans l’enquête. Ainsi, moins
l’expérience et moins le temps consacré à l’éducation canine sont grands ou plus une autre activité
professionnelle est exercée, moins la collaboration peut se mettre en place et durer. On peut aisément
mêler ces observations avec celles émises dans le chapitre précédent. Par exemple, on peut imaginer
qu’il existe des disparités entre chaque région concernant l’occasion de collaborer, les pratiques et
connaissances vétérinaires, la sensibilité à l’utilité de travailler de pair, etc. Ou encore, on peut établir
un lien entre l’expérience professionnelle ou le temps consacré à l’éducation canine et la rencontre de
cas difficiles nécessitant une prise en charge avec l’aide d’un vétérinaire, etc.

2. Le recours à la médicalisation
Dans cette étude, 41,6% (n=96) des éducateurs canins n’ont jamais eu besoin de médicaliser
un chien pour résoudre un problème comportemental (Figure 32).

41,6 A déjà eu recours

58,4 N'a jamais eu recours

Figure 32 – Pourcentage d’éducateurs canins ayant eu recours à une thérapie médicale pour résoudre un
trouble du comportement (%, n=231)

Toutefois, 80,1% (n=185) déclarent que la thérapie médicale peut avoir un intérêt dans la prise
en charge de certains troubles comportementaux et seulement 16,5% (n=38) ne le pensent pas, les
3,5% (n=8) restants étant les éducateurs canins ne sachant pas répondre à la question (Figure 33).

79
3,5 16,5
Oui, elle a un intérêt
Ne sait pas
Non, elle n'a pas d'intérêt
80,1

Figure 33 – Intérêt perçu des thérapies médicales dans la prise en charge de certains troubles du
comportement (%, n=231)

En recoupant ces deux questions (Figure 34), il en ressort que 100% (n=135) des répondants
ayant déjà eu recours à la médicalisation, pensent qu’elle a un intérêt dans certains cas. Cette
unanimité témoigne d’une satisfaction quant à son usage, et est tout à fait intéressante à observer. Du
côté des éducateurs n’ayant encore jamais eu recours à son utilisation, il y en a tout de même 52,1%
(n=50) qui en voient l’intérêt. On retrouve aussi parmi ces éducateurs, ceux ne percevant pas l’utilité
des thérapies médicales (n=38, 39,6%) et ceux ne sachant pas répondre à la question (n=8, 8,3%).
Recours à la médicalisation

Non (n=96)
durant sa carrière

52,1 8,3 39,6

Oui (n=135) 100

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Perception de l'intérêt de la médicalisation

Oui, elle a un intérêt Ne sait pas Non, elle n'a pas d'intérêt

Figure 34 – Perception de l’intérêt de la médicalisation lors de la prise en charge de certains troubles du


comportement selon si les éducateurs canins ont déjà, ou non, eu recours à la thérapie médicale (%)

Dans l’idée de caractériser plus précisément son utilisation, il a été demandé aux éducateurs
canins de quantifier approximativement la proportion de chiens qu’ils ont suivis ayant eu besoin d’une
thérapie médicale, en choisissant entre différents intervalles de pourcentages. Cette question a révélé
un taux d’erreur de 10,4% (n=24) pouvant remettre en doute l’exactitude des réponses obtenues à
cette dernière ou même aux questions précédentes. En effet, 1 éducateur déclarant avoir eu recours
à la médicalisation a répondu qu’aucun des chiens suivis n’en a eu besoin, et, 23 éducateurs déclarant

80
n’avoir jamais eu recours à celle-ci ont répondu en cochant que « moins de 20% » (n=22) ou « entre
20 et 40% » (n=1) des chiens suivis en ont eu besoin. Pour ces derniers, il peut s’agir : d’une erreur lors
du choix des réponses, d’une mécompréhension du sens des questions ou d’un recours à la
médicalisation à l’encontre de leur vouloir. En se concentrant sur les éducateurs ayant connu un animal
nécessitant une médicalisation pour trouble du comportement, 83,7% (n=113) l’auraient connue sur
moins de 20% des chiens suivis, 9,6% (n=13) sur 20 à 40% des chiens, 3,7% (n=5) sur 40 à 60% des
chiens et 2,2% (n=3) sur plus de 60% des chiens (Figure 35). Finalement, tous ces résultats montrent
qu’en majorité moins de 20% des chiens suivis par les éducateurs canins ont besoin d’être médicalisés
pour résoudre leur trouble du comportement.

2,2 0,7
3,7

9,6 Aucun
Moins de 20%
Entre 20 et 40%
Entre 40 et 60%

83,7 Plus de 60%

Figure 35 – Proportion de chiens suivis pour des troubles du comportement ayant eu besoin d’être médicalisés
chez les éducateurs déclarant avoir déjà eu recours à l’utilisation d’une thérapie médicale (%, n=135)

Afin d’évaluer un potentiel impact de ce sujet sur l’état de la collaboration, ces données ont
été croisées avec le statut du répondant quant à sa collaboration avec les vétérinaires. Pour rappel : le
groupe 1 désigne les répondants collaborant actuellement avec un vétérinaire, le groupe 2 désigne ceux
qui ne collaborent pas actuellement mais qui l’ont déjà fait par le passé et le groupe 3 désigne ceux
n’ayant jamais collaboré.

La Figure 36 recoupe le fait que le répondant ait déjà, ou non, eu recours à la médicalisation
dans la prise en charge de certains troubles du comportement et son statut collaboratif. Sous réserve
de l’exactitude des réponses données à cette question, il en ressort que le groupe 1 et le groupe 2 ont
des proportions similaires (Khi², p-value>0,05) avec près des trois quarts des éducateurs ayant déjà eu
recours à la médicalisation pour résoudre un problème comportemental. Le groupe 3, quant à lui, est
significativement différent de ces derniers (Khi²=42,13, p-value<0,001 avec le groupe 1 et Khi²=25,19,
p-value<0,001 avec le groupe 2) avec 83% (n=44) des éducateurs n’ayant jamais eu recours à la
thérapie médicale pour une prise en charge. Les éducateurs canins collaborant avec un vétérinaire ou
l’ayant déjà fait par le passé sont donc plus susceptibles de connaître des cas ayant été médicalisés

81
que les autres. Ceci peut s’expliquer par la collaboration avec un vétérinaire qui permet la mise en
place d’une thérapie médicale ou qui peut entraîner une plus grande susceptibilité à rencontrer des
cas la nécessitant.

Groupe 1 (n=149) 69,8 30,2

Groupe 2 (n=29) 75,9 24,1

Groupe 3 (n=53) 17 83

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%

Recours à la médicalisation durant sa carrière

A déjà eu recours N'a jamais eu recours

Figure 36 – Pourcentage d’éducateurs canins ayant eu recours à la médicalisation pour résoudre un trouble du
comportement dans chaque groupe de répondants (%) – Groupe 1 : éducateurs collaborant avec un vétérinaire,
Groupe 2 : éducateurs ne collaborant plus avec un vétérinaire, Groupe 3 : éducateurs n’ayant jamais collaboré
avec un vétérinaire

Dans la Figure 37, le but est d’évaluer la sensibilité à l’aide que peut apporter la médicalisation
pour prendre en charge certains troubles du comportement selon le statut collaboratif des
répondants. Tout d’abord, il en ressort qu’une grande majorité des éducateurs des groupes 1 et 2
trouve un intérêt à la médicalisation et que plus de la moitié de ceux du groupe 3 partage cet avis.
Mais, malgré cette tendance commune, le groupe 1 diffère significativement du groupe 2 (Fisher exact,
p-value=0,037) et du groupe 3 (Fisher exact, p-value=0,04) et le groupe 2 diffère significativement du
groupe 3 (Fisher exact, p-value<0,001). Le groupe 1 se distingue notamment du groupe 2 du fait d’une
proportion significativement plus grande d’éducateurs ne trouvant pas d’intérêt à la médicalisation
(14,8%, n= 22 contre 0%, n=0, Fisher exact, p-value=0,027). Avec le groupe 3, il s’agit d’une proportion
significativement plus faible d’éducateurs ne trouvant pas d’intérêt à la médicalisation (14,8%, n=22
contre 30,2%, n=16, Khi²=5,12, p-value=0,024). Le groupe 2 se différencie du groupe 3 par sa
proportion significativement plus grande d’éducateurs trouvant un intérêt à la thérapie médicale
(93,1%, n=27 contre 67,9%, n=36, Khi²=5,34, p-value=0,021) et par une proportion significativement
plus faible d’éducateurs ne trouvant pas d’intérêt à cette dernière (0%, n=0 contre 30,2%, n=16,
Khi²=9,04, p-value=0,003). Finalement, les éducateurs canins n’ayant jamais collaboré avec un
vétérinaire (groupe 3) auraient plutôt tendance à moins trouver d’intérêt à la médicalisation que ceux

82
ayant déjà collaboré (groupes 1 et 2). Ce résultat peut témoigner à la fois d’une sensibilisation à l’utilité
d’une thérapie médicale par la collaboration avec un vétérinaire ou encore d’un frein à la mise en place
de cette dernière. Cette observation permet d’ajouter une nouvelle nuance aux résultats montrés par
la Figure 36, à savoir que les éducateurs canins n’ayant jamais collaboré ont pu avoir moins recours à
la médicalisation au cours de leur carrière que les autres du fait de leur sentiment plus répandu de
non-intérêt de cette dernière.

Groupe 3 (n=53) 67,9 1,9 30,2

Groupe 2 (n=29) 93,1 6,9

Groupe 1 (n=149) 81,9 3,4 14,8

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%

Perception de l'intérêt de la médicalisation

Oui, elle a un intérêt Ne sait pas Non, elle n'a pas d'intérêt

Figure 37 – Perception de l’intérêt de la médicalisation lors de la prise en charge de certains troubles du


comportement dans chaque groupe de répondants (%) – Groupe 1 : éducateurs collaborant avec un vétérinaire,
Groupe 2 : éducateurs ne collaborant plus avec un vétérinaire, Groupe 3 : éducateurs n’ayant jamais collaboré
avec un vétérinaire

La proportion de cas ayant nécessité une thérapie médicale a été comparée entre chaque
groupe dans le postulat qu’une relation puisse lier ces deux facteurs (Figure 38). Sous réserve de
l’exactitude des réponses recueillies à cette question, il en résulte que le groupe 3 est significativement
différent du groupe 1 (Fisher exact, p-value<0,001) et du groupe 2 (Fisher exact, p-value<0,001). Il est
notamment composé d’une proportion significativement plus grande de réponses mentionnant
qu’« aucun » cas n’a nécessité de médicalisation que le groupe 1 (67,9%, n=36 contre 22,1%, n=33,
Khi²=34,42, p-value<0,001) et que le groupe 2 (67,9%, n=36 contre 17,2%, n=5, Khi²=17,29, p-
value<0,001). Ces observations recoupent celles formulées précédemment à savoir que les éducateurs
canins n’ayant jamais collaboré connaissent moins de chiens ayant été médicalisés que les autres. Ceci
peut être cause ou conséquence du fait de n’avoir jamais collaboré puisque ces derniers trouvent de
manière significativement plus importante que le recours à la médicalisation n’est pas utile.
Inversement pour les éducateurs canins des groupes 1 et 2, où le recours à la médicalisation est plus
important, pouvant être cause ou conséquence du fait d’avoir collaboré.

83
Groupe 1 (n=149) 22,1 64,4 8,7 2,7 2

Groupe 2 (n=29) 17,2 75,9 3,4 3,4

Groupe 3 (n=53) 67,9 32,1

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%

Propotion de chiens suivis ayant nécessité une médicalisation

Aucun Moins de 20% Entre 20 et 40% Entre 40 et 60% Plus de 60%

Figure 38 – Proportion de chiens suivis ayant eu besoin d’une thérapie médicale pour prendre en charge leur
trouble du comportement dans chaque groupe de répondants (%) – Groupe 1 : éducateurs collaborant avec un
vétérinaire, Groupe 2 : éducateurs ne collaborant plus avec un vétérinaire, Groupe 3 : éducateurs n’ayant jamais
collaboré avec un vétérinaire

De même, il est notable que rares sont les répondants rencontrant plus de 20% de chiens
nécessitant une médicalisation, et ce, quel que soit leur groupe. D’ailleurs, leur proportion est similaire
entre le groupe 1 et le groupe 2 (Fisher exact, p-value>0,05) soulevant l’hypothèse que la fréquence
de médicalisation n’impacte pas la durabilité de la collaboration une fois établie.

Finalement, l’analyse des réponses à ces différentes questions tend à démontrer que la
médicalisation représente bel et bien un frein à la collaboration. Ce constat est d’autant plus conforté
que parmi les répondants, certains se plaignent de son utilisation en la jugeant parfois trop lourde ou
systématique. Rappelons que la médicalisation est l’un des principaux motifs de sollicitation d'un
vétérinaire. Ainsi, un lien pourrait exister entre le manque rapporté d’occasion de collaborer et
l’absence de rencontre de cas ayant nécessité une médicalisation. De manière plus générale, cette
enquête a révélé que la médicalisation est majoritairement employée sur moins de 20% des chiens
suivis pour des troubles du comportement par les éducateurs canins. Par la même occasion, elle a
soulevé une satisfaction unanime quant à son utilisation puisque tous les éducateurs ayant eu recours
à la thérapie médicale dans la prise en charge de troubles du comportement s’accordent sur son
intérêt.

84
3. Le vétérinaire, une concurrence ?
Le vétérinaire peut être amené à donner des conseils éducatifs en consultation ou encore à
gérer des troubles du comportement. De ce fait, l’idée qu’un sentiment de concurrence pourrait
exister et freiner une bonne entente avec les éducateurs s’est soulevée. Il a donc été demandé aux
éducateurs canins si le vétérinaire représentait ou non une concurrence pour leur activité
professionnelle. Ce sont seulement 4,8% (n=11) qui pensent que oui contre 93,5% (n=216) qui ne le
pensent pas, avec 1,7% (n=4) qui ne savent pas répondre à la question. Afin de vérifier l’impact de ce
ressenti sur le statut collaboratif, la réponse à la question a été comparée entre chaque groupe de
répondants et aucune différence n’en est ressortie (Fisher exact, p-values>0,05). Finalement, le
sentiment que le vétérinaire puisse être une concurrence à l’activité d’éducateur canin reste marginal
et de ce fait, ne représente pas un frein à la collaboration.

4. Organisation d’événements
L’impact que pourrait avoir l’organisation d’événements réunissant éducateurs canins et
vétérinaires a été évalué au travers de différentes questions à ce sujet.

Les réponses montrent tout d’abord que 84% (n=194) des éducateurs canins sont intéressés
d’approfondir leurs connaissances sur la prise en charge vétérinaire des troubles du comportement
contre seulement 9,5% (n=22) qui ne le sont pas et 6,5% (n=15) qui ne savent pas (Figure 39). Il existe
donc un réel souhait de la part des éducateurs de comprendre les conseils et prescriptions vétérinaires.

9,5
6,5
Intéressé

Ne sait pas

Pas intéressé
84

Figure 39 – Souhait d’approfondir ses connaissances sur la prise en charge vétérinaire des troubles du
comportement (%, n=231)

En complément de cela, il ressort que 84,4% (n=195) des répondants trouvent intéressant de
participer à des formations organisées par des vétérinaires à leur égard, a contrario de 8,7% (n=20) qui
ne le pensent pas et 6,9% (n=16) qui ne savent pas (Figure 40).

85
8,7
6,9
Utiles - intéressantes

Ne sait pas

Inutiles - inintéressantes
84,4

Figure 40 – Perception de l’intérêt de formations organisées par les vétérinaires à l’égard des éducateurs canins
(%, n=231)

L’intérêt apparaît plus marqué pour des formations organisées par des éducateurs canins pour
les vétérinaires puisque 91,8% (n=212) les pensent utiles, avec seulement 3,5% (n=8) qui ne le pensent
pas et 4,8% (n=11) qui ne savent pas quoi répondre à la question (Figure 41).

3,5
4,8

Utiles - intéressantes

Ne sait pas

Inutiles - inintéressantes
91,8

Figure 41 – Perception de l’intérêt de formations organisées par les éducateurs canins à l’égard des vétérinaires
(%, n=231)

Enfin, lorsqu’il est question de participation à des réunions ou débats réunissant les deux
professions dans l’optique d’échanger sur des sujets et de pouvoir se rencontrer, 90% (n=208) se disent
intéressés, 4,3% (n=10) ne le sont pas et 5,6% (n=13) ne savent pas (Figure 42).

86
4,3

5,6

Intéressé

Ne sait pas

Pas intéressé

90

Figure 42 – Intérêt à participer à des réunions ou débats réunissant vétérinaires et éducateurs canins (%,
n=231)

Afin d’établir une liste de thématiques intéressant les éducateurs canins pour ce genre
d’événements, il leur a été demandé, de manière facultative et ouverte, quels sujets ils souhaiteraient
y aborder. La question a recueilli 161 réponses soit un taux de participation de 69,7%. Les réponses à
cette question ont été analysées et retranscrites de la manière la plus exhaustive possible aboutissant
à l’extraction de 8 thèmes principaux et d’autres plus marginaux, représentés dans la liste ci-après :

1) Le premier thème, mentionné par 70 éducateurs canins (43,5%), concerne l’éthologie et les
troubles du comportement au sens large. Il est notamment question d’aborder les différents
comportements ou troubles observables, leur détection, leur prise en charge et l’abord de l’animal en
question. La thématique « éthologie » est plutôt mentionnée à destination des vétérinaires dans le but
de réactualiser leurs connaissances sur les différents comportements canins et leur développement.
L’idée est de leur permettre de mieux comprendre les patients et ainsi, de mieux conseiller les
propriétaires.
2) Vient ensuite le thème du medical training et de l’approche de l’animal en consultation,
mentionné par 36 éducateurs canins (22,4%). En effet, beaucoup constatent le stress provoqué chez
l’animal lorsqu’il va en clinique vétérinaire et les conséquences que cela peut engendrer sur son bien-
être et sur celui des personnes présentes. Ils aimeraient donc pouvoir mieux former les vétérinaires
dans leur approche, leur contention et leurs gestes afin de faciliter leur travail et améliorer le bien-être
animal en clinique.
3) Le sujet de la médicalisation a été mentionné 35 fois (21,7%). Les éducateurs canins sont
curieux de connaître les molécules employées, leurs actions et intérêts mais aussi les effets
secondaires qu’ils pourraient constater sur le terrain. Il est aussi question d’aborder les alternatives
possibles à tout ou partie des médicaments, avec notamment le PROZAC ND (fluoxétine) qu’ils
trouvent employé trop systématiquement. Cette thématique leur permettrait de mieux comprendre

87
les thérapies médicales que suivent les chiens, d’avoir plus confiance en leur mise en place et de mieux
adapter les séances suivies.
4) Le thème suivant concerne l’éducation canine en général, à savoir les mécanismes
d’apprentissages, les méthodes éducatives et les outils pouvant être employés en détaillant les aspects
positifs et négatifs de chacun dans le but d’harmoniser les connaissances entre les vétérinaires et les
éducateurs canins, mentionné 25 fois (15,5%).
5) De même, les éducateurs canins sont intéressés par l’abord de la physiopathologie, puisque
23 l’ont mentionnée (14,3%). Ils souhaiteraient que les vétérinaires leur en apprennent plus sur la
physiologie du chien mais aussi sur les affections pouvant influencer les comportements canins. Pour
ces dernières, il s’agirait de décrire leur impact et de connaître des signaux d’alerte permettant d’en
suspecter afin de proposer au client d’aller consulter un vétérinaire. De la même manière, les
éducateurs aimeraient connaître les signes d’alerte de toute autre maladie qui nécessiterait une prise
en charge vétérinaire et qu’ils seraient susceptibles de rencontrer et de détecter.
6) La thématique de la collaboration entre eux et les vétérinaires a également été mentionnée
par 23 répondants (14,3%). Celle-ci aurait notamment pour but de s’aider à travailler ensemble, de
s’aider à mieux communiquer, de sensibiliser à la complémentarité entre les deux professions et de
comprendre les rôles et attentes de chacun. Certains évoquent pour cela la création d’outils ou de
protocoles facilitant le suivi et la bonne prise en charge des chiens.
7) Rejoignant le thème de la physiologie des chiens, la question de l’influence comportementale
des hormones sexuelles et de la stérilisation a été soulevée par 17 personnes (10,6%). En effet, avec
les nouvelles données sur le sujet, les éducateurs ne comprennent pas clairement les effets de la
stérilisation, précoce ou non, sur les comportements et donc parfois, ses justifications.
8) Ensuite, a été mentionnée 15 fois la question du bien-être animal au sens large (9,3%). Les
éducateurs seraient intéressés d’aborder : les besoins fondamentaux des chiens, les conséquences de
mauvaises conditions de détention, les conseils environnementaux qui en découlent, la responsabilité
et l’engagement des propriétaires, et la lutte contre l’abandon et l’euthanasie, dont ils sont, tout
comme les vétérinaires, des acteurs fondamentaux.
9) Enfin, nous retrouvons d’autres thèmes plus marginaux, mentionnés moins de 10 fois comme :
l’alimentation du chien, la gestion médicale et éducative du chiot, les législations qui entourent le
chien, la formation aux premiers soins pour les éducateurs canins, les conséquences de la sélection
génétique et les hypertypes, la décision d’euthanasie et l’accompagnement de fin de vie, la formation
des éducateurs canins en France et enfin le sport canin.

Il est intéressant de constater que ces thématiques regroupent à la fois les activités principales de
l’éducateur canin, les principaux motifs de sollicitation de l’aide du vétérinaire mais aussi les causes de

88
mécontentement des éducateurs canins vis-à-vis des vétérinaires. Il existe donc une réelle volonté de
la part des éducateurs canins d’ouvrir le dialogue avec les vétérinaires et d’échanger sur leurs
connaissances respectives dans une optique d’améliorer les pratiques et le savoir de chacun afin de
chercher à comprendre, ce qui parfois, peut les déranger ou les questionner. D’ailleurs, aucune
différence remarquable n’a été mise en évidence dans les réponses aux questions précédentes entre
les 3 groupes de répondants.

Afin d’évaluer l’impact potentiel que pourrait avoir ce type d’événements sur la collaboration,
il a été demandé aux éducateurs canins si après leur mise en place, ils seraient ou non intéressés de
collaborer avec un vétérinaire. Ainsi, il apparait que 92,2% (n=213) d’entre eux le seraient, 1,3% (n=3)
ne le seraient pas et 6,5% (n=15) ne savent pas répondre. Pour rappel, le taux de collaboration relevé
par le questionnaire est de 64,5% (n=149) actuellement en France. Il pourrait donc être espéré une
augmentation de près de 30% de ce taux de collaboration, du côté des éducateurs canins, grâce à
l’ouverture de formations et débats entre les deux professions. Cette observation est confortée en
recoupant les réponses à cette question et le statut collaboratif actuel des éducateurs canins (Figure
43). De fait, on observe que pour chacun des groupes, plus de 90% des répondants déclarent qu’ils
seraient intéressés par une collaboration après mise en place de ce type d’événements. De plus, les 3
éducateurs ayant répondu qu’ils ne seraient pas intéressés appartiennent au groupe de ceux qui
collaborent déjà, pouvant signifier que ces événements ne changeraient pas leur point de vue sur la
collaboration. Par ailleurs, aucune différence n’est observable entre chacun des groupes, rendant le
constat unanime au sein des répondants (Fisher exact, p-values>0,05).

Groupe 1 (n=149) 91,3 6,7 2

Groupe 2 (n=29) 93,1 6,9

Groupe 3 (n=53) 94,3 5,7

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%

Intérêt à collaborer après mise en place d'événements communs

Intéressé Ne sait pas Non intéressé

Figure 43 – Intérêt porté pour la collaboration avec un vétérinaire après mise en place d’événements communs
(%) – Groupe 1 : éducateurs collaborant avec un vétérinaire, Groupe 2 : éducateurs ne collaborant plus avec un
vétérinaire, Groupe 3 : éducateurs n’ayant jamais collaboré avec un vétérinaire

89
Finalement, la très grande majorité des répondants se montrent intéressés par l’ouverture de
dialogue et l’échange de connaissances avec les vétérinaires sur des sujets variés soulevant l’hypothèse
que cela pourrait faciliter et améliorer leur entraide en créant un rapport de confiance mutuel. De
surcroît, l’organisation de ces événements en commun se révèle être un levier majeur d’amélioration
de la collaboration entre ces deux professions puisqu’une augmentation pouvant aller jusqu’à 30% du
taux de collaboration des éducateurs canins pourrait être attendue.

5. Analyse des réponses à la dernière question, ouverte et facultative


Cette enquête se terminait par une question ouverte et facultative demandant aux éducateurs
canins s’ils avaient des remarques supplémentaires à porter sur la collaboration telle qu’ils la
perçoivent actuellement, ses perspectives d’avenir ou sur tout autre point qu’ils auraient voulu
aborder. Le but était de libérer la parole sur tout aspect que le questionnaire aurait omis de
mentionner ou trop simplement survolé selon eux. Alors, 117 réponses ont été récoltées (soit 50,6%
de participation) et ont fait l’objet d’une analyse de texte visant à aboutir à une retranscription la plus
exhaustive possible des points abordés, présentée ci-dessous entre guillemets :

« Tout d’abord, nombreux sont ceux qui ont soulevé l’importance de la collaboration entre les
vétérinaires et les éducateurs canins, allant jusqu’à la généraliser à tous les acteurs travaillant autour
des animaux, tels que les toiletteurs, les pensions … Son importance revêt par moments un aspect
d’urgence s’inscrivant dans un contexte post-COVID19 où de nombreux nouveaux adoptants sont
arrivés sur le marché. D’ailleurs, bien que l’établissement d’une collaboration se facilite au cours des
années, elle reste jugée comme encore trop peu entrée dans les mœurs, manquant peut-être parfois
de prise au sérieux. Pourtant, beaucoup soulèvent son intérêt pour le chien et son entourage de par la
« complémentarité » de chacun des acteurs et pensent qu’elle devrait être plus étroite et régulière. Le
bien-être animal mais aussi celui des personnes du foyer qui l’entourent sont un but commun au
métier d’éducateur canin et à celui de vétérinaire. Il apparaît donc dans leur intérêt mutuel d’échanger
leurs avis plus régulièrement afin de trouver la meilleure solution possible pour l’individu dans
l’environnement qui lui est proposé. Si le propriétaire et son chien trouveront leur compte dans cette
collaboration, l’éducateur canin et le vétérinaire le trouveront tout autant. En effet, les vétérinaires
peuvent être une source non négligeable d’apport de nouveaux clients aux éducateurs. Ces derniers
soulèvent d’ailleurs l’avantage pour le vétérinaire d’avoir dans sa clientèle des animaux désensibilisés
aux soins, facilitant son travail quotidien et lui faisant ainsi gagner un temps considérable tout en
augmentant le bien-être du chien en clinique.

90
Dans leur expression libre, les répondants sont beaucoup revenus sur le manque de formation
initiale en comportement et éducation canine au sein des écoles vétérinaires françaises et le manque
d’actualisation des connaissances de certains vétérinaires déjà installés. Quelques-uns évoquent
même la présence de conseils erronés dans les carnets de santé, pourtant délivrés par tous les
vétérinaires. Certains émettent l’idée que la création d’un module sur l’éducation canine, l’éthologie
et la collaboration avec les éducateurs canins pourrait être utile à initier dans le cursus fondamental
vétérinaire. Ils soulèvent la complexité voire l’impossibilité de mettre en œuvre une collaboration avec
un vétérinaire qui n’actualise pas ses connaissances en éthologie, ne se remet pas en question quant
à ces dernières et continue de promulguer des conseils éducatifs « irrespectueux » voire « dangereux »
pour le chien et son entourage. Il est par ailleurs difficile pour eux de revenir sur les dires d’un
vétérinaire auprès d’un propriétaire, tant le diplôme de Docteur lui donne figure d’autorité.

Ce manque de « crédibilité » ou même de « légitimité » face aux vétérinaires ou propriétaires


tient pour origine principale la réglementation insuffisante entourant le métier d’éducateur canin. Les
diverses formations proposées ne sont équivalentes ni en durée, ni en méthode, ni en connaissances
acquises alors que le métier d’éducateur canin nécessite des connaissances et une expérience terrain
solides pour exercer. Beaucoup, si ce n’est la quasi-totalité, sont convaincus que posséder un diplôme
avec une certification fiable et une réglementation plus stricte de l’exercice de ce métier seraient
bénéfiques et aideraient à combler ce besoin de « professionnaliser et crédibiliser la profession ». De
ce manque de confiance en la formation de chacun est née une méfiance entre les éducateurs canins
eux-mêmes. Ils déplorent que certains de leurs confrères travaillent sur leurs acquis, ne s’actualisent
pas ou ne s’adaptent pas à l’individu rencontré calquant la même méthode apprise à chaque client. Le
niveau de compétences et de connaissances est jugé trop hétérogène au sein de ce corps de métier.
Certaines pratiques sont même qualifiées de « charlatanesques », mettant en danger le chien et ses
propriétaires tout en décrédibilisant l’entièreté de la profession aux yeux des vétérinaires notamment.
De surcroît, selon les formations suivies, les points de vue et méthodes employées diffèrent, entrainant
une discréditation du métier mais aussi une guerre d’egos où chacun prône ses idéologies et se méfie
de son prochain. Pour pallier cela, les pratiques ainsi que les formations initiales devraient être mieux
encadrées légalement afin d’en fixer les rôles et limites.

Toutefois, des éducateurs ont rappelé que ces deux professions souffraient de fausses idées
les concernant et qu’il fallait savoir rester modeste et réaliste quant aux formations de chacun.

Un manque d’ouverture d’esprit des vétérinaires se caractérisant par une réticence à


collaborer avec les éducateurs canins a été soulevé. Certains vétérinaires auraient du mal à écouter ou
mettre en pratique les conseils donnés par les éducateurs canins pouvant alors le ressentir comme un

91
« manque de respect » voire un « mépris » de leur part. L’incrimination de la non-crédibilité de
l’éducateur canin face au vétérinaire est encore ressortie du fait d’un manque de confiance général en
leurs capacités.

Ce manque d’ouverture d’esprit se retrouverait aussi lorsqu’il est question de médicalisation.


En effet, grâce à leur expérience terrain, les éducateurs canins se sentent capables de prendre en
charge certains troubles sans utilisation de médicaments, mais ne se sentent pas toujours écoutés par
le prescripteur. Ils déplorent l’emploi de thérapie médicamenteuse parfois jugée trop « lourde » et
« inutile ». Ce recours semble même pour eux trop rapide et systématique, alors même que d’autres
solutions pourraient exister. Ce manque de concertation avec l’éducateur canin en a frappé un,
marqué par l’euthanasie de chiens agressifs alors qu’il était convaincu de pouvoir les prendre en
charge. Cette méfiance envers la médicalisation est remarquée entre confrères puisque parmi eux, est
soulevée l’idée que les éducateurs canins devraient plus s’ouvrir à l’utilisation de médicaments et avoir
confiance en la prescription des vétérinaires et ne pas la juger ou exiger auprès des propriétaires son
arrêt alors même qu’elle maintient l’équilibre du chien.

Il existe un regret que tous les vétérinaires ne réalisent pas les examens complémentaires
demandés par les éducateurs canin sur un chien. En effet, certains demandent des bilans de santé
avant d’entreprendre une prise en charge éducative de troubles du comportement pour écarter toute
cause physiopathologique. Parfois ces bilans de santé ont l’air bâclés. D’autres éducateurs demandent
l’évaluation de la fonction thyroïdienne après suspicion d’hypothyroïdie sur présence de troubles
comportementaux ou encore des scanners, radios, prises de sang … mais ne se sentent pas épaulés
par les vétérinaires qui peuvent refuser aux particuliers d’exécuter ces examens.

Cependant, quelques éducateurs s’accordent à dire que « chacun a son rôle » et n’intervient
pas pour les mêmes raisons. Ils expriment alors qu’il ne fait pas partie du métier de vétérinaire de
prodiguer des conseils éducatifs voire de gérer des troubles du comportement lorsqu’il n’est a minima
pas formé en éducation canine ou en médecine du comportement, comme il ne fait pas partie du
métier d’éducateur canin de prendre des décisions médicales ou de soigner un animal. Pour certains
le constat est encore plus radical et bannissent totalement le vétérinaire du côté éducatif et
comportemental des chiens, le reliant à un métier de santé « physique » pure. Ces propos sont justifiés
par le fait que les éducateurs ont un métier de « terrain », leur permettant d’avoir une vision plus
globale et réaliste du chien et de son environnement contrairement au vétérinaire qui le découvre en
salle de consultation. Les « limites » dans les capacités de chacun devraient être « acceptées » et
« respectées ».

92
Il existe une incompréhension dans les actes faits par le vétérinaire, et notamment concernant
la médicalisation et la stérilisation. Cette incompréhension, liée à une méconnaissance nuit à la bonne
entente et donc à l’établissement d’une relation de confiance. Or, c’est bien la compréhension et le
respect de chacun qui peut permettre la collaboration. Les deux parties ont besoin de pouvoir
échanger leurs connaissances pour apprendre à travailler ensemble. Par ailleurs, être sur la même
longueur d’onde concernant l’éthologie, la prise en charge des animaux, les méthodes éducatives ou
encore les manipulations sont des leviers pour œuvrer en cohésion et non en compétition. L’éducateur
canin et le vétérinaire doivent pouvoir compter l’un sur l’autre, et ceci n’est possible que s’ils sont en
accord sur leurs pratiques. De plus, la discordance des discours entre les deux parties nuit au
propriétaire qui sera perdu entre les conseils du vétérinaire, qu’il aura plus tendance à suivre, et ceux
de l’éducateur canin, retardant ainsi la bonne prise en charge de son chien. Pour résoudre
efficacement des troubles comportementaux ou simplement conseiller un propriétaire, éducateur
canin et vétérinaire doivent échanger et collaborer entre eux.

Ont été évoqués deux freins indépendants du vétérinaire et de l’éducateur canin, puisque ces
derniers concernent le propriétaire. De fait, bien qu’une collaboration existe entre deux
professionnels, le propriétaire reste maître du choix du vétérinaire vers lequel il s’oriente pour soigner
son animal, qu’il travaille ou non avec l’éducateur canin. De plus, la participation à des cours
d’éducation ou les consultations chez le vétérinaire ont un coût et le budget du propriétaire pourra
être une limite à des prises en charge optimales en termes de collaboration.

Les éducateurs sont conscients que les vétérinaires n’ont pas le même temps qu’eux à accorder
aux animaux qu’ils reçoivent au cabinet, limitant le temps de discussion avec le propriétaire, qui
pourtant est essentiel pour l’éduquer à comprendre son chien. Il leur paraît donc très optimiste de
s’imaginer un vétérinaire se dégager du temps pour discuter avec eux. Cependant, réussir à trouver ce
temps d’échange pourrait être clef de voute dans l’amélioration des relations. En effet, les éducateurs
souhaiteraient pouvoir échanger avec le vétérinaire dans le cadre de suivis ou sur l’établissement de
protocoles, par le biais d’envois de bilans des séances par exemple. Certains parlent de l’organisation
de cours en commun en présentiel ou en webinaire. La participation à des formations communes ainsi
que le partage de connaissances et d’expériences sont d’autres solutions proposées. Finalement, le
maître mot semble se trouver dans l’« échange » en toute bienveillance entre les deux professions. »

Cette expression libre a permis de préciser différents points déjà abordés dans les réponses au
questionnaire. En effet, les éducateurs sont revenus sur les connaissances et les pratiques de certains
vétérinaires en matière de comportement, sur la question de la médicalisation, sur le bien-être du
chien en clinique et sur le manque de reconnaissance auquel ils font face. Ce manque de

93
reconnaissance a pu être expliqué plus clairement que précédemment et relié à la trop faible
réglementation encadrant le métier d’éducateur canin, que ce soit dans sa formation initiale comme
dans sa pratique. Ce point est revenu de très nombreuses fois et semble être pour eux le levier principal
sur lequel agir afin de « professionnaliser » et « recrédibiliser » leur métier. De la même manière,
l’amélioration de la communication est pour eux un axe non négligeable à prendre en compte,
permettant à la fois d’assurer une meilleure prise en charge et un meilleur suivi des animaux mais aussi
de « crédibiliser » leur travail aux yeux des vétérinaires. Cette communication comprend à la fois les
échanges à l’échelle individuelle mais aussi plus globalement, les échanges de connaissances lors de
formations par exemple.

IV. Discussion
Le but de cette étude était de réaliser un état des lieux de la collaboration entre les éducateurs
canins et les vétérinaires en France et d’en identifier des pistes d’amélioration. Grâce aux réponses
recueillies par le questionnaire, la collaboration avec les vétérinaires a pu être caractérisée et les
besoins et attentes des éducateurs canins ont pu être définis. Ces résultats ont aussi permis d’estimer
le taux de collaboration des éducateurs canins avec les vétérinaires à 64,5%. De même, différents
facteurs pouvant influencer la mise en place de cette relation ont été identifiés. Ces derniers sont à la
fois liés aux caractéristiques socio-professionnelles des répondants mais aussi à la collaboration avec
les vétérinaires en elle-même. De ces constats découlent des pistes d’amélioration passant
notamment par la nécessité de clarifier la réglementation concernant la profession d’éducateur canin,
la création de formations ou de réunions réunissant les deux corps de métier ou encore l’amélioration
de la formation des vétérinaires en éthologie et en médecine du comportement.

a. Représentativité de l’échantillon et biais rencontrés


Face aux résultats donnés par cette enquête, se pose la question de la représentativité de
l’échantillon. En effet, très peu de données, démographiques ou encore liées à l’exercice du métier
d’éducateur canin, sont disponibles publiquement, et ce, en raison du fait que cet exercice n’est pas
beaucoup encadré, ni étudié. Le peu d’informations récoltées sur les éducateurs canins français grâce
au témoignage du SNPCC ou encore à l’enquête publiée par le CNR BEA, vont dans le sens de ceux
montrés par cette étude, mais sans pour autant les confronter à des données réellement précises ou
officielles (CNR BEA, 2022; SNPCC, 2022). En effet, nous retrouvons, chez les répondants à ce
questionnaire, les caractéristiques démographiques annoncées par le SNPCC à savoir : un métier

94
majoritairement exercé par des femmes, cette part semblant d’ailleurs augmenter au fil des années
(SNPCC, 2022). Malgré le fait que l’enquête du CNR BEA ait été menée de manière concomitante à la
thèse ci-présente et que les questionnaires n’ont pu se baser l’un sur l’autre, les résultats
d’interrogations communes ont permis d’effectuer une comparaison non négligeable. Toutefois, il faut
aussi se rappeler que, bien qu’ils représentent plus de 70% des participants, l’enquête du CNR BEA ne
s’adressait pas qu’aux éducateurs canins professionnels, et que, par conséquent, les données ne sont
pas totalement représentatives de la population étudiée ici. En comparant les résultats de ces deux
enquêtes, on retrouve tout d’abord une diversité dans les terminologies employées pour qualifier
l’activité d’éducateur canin. En mettant de côté les moniteurs canins dont il n’est pas le propos ici, les
principales terminologies se recoupent à savoir « éducateur comportementaliste canin » et
« éducateur canin ». En revanche, ici, aucune terminologie ne s’est dégagée comme une tendance
actuelle ou n’est propre aux éducateurs canins expérimentés. En se concentrant sur l’expérience
professionnelle, on retrouve le fait que les participants pratiquent l’activité d’éducateur canin depuis
peu. En effet, ils sont 42,8% dans le rapport du CNR BEA (CNR BEA, 2022) et 49,8% dans cette étude à
l’exercer depuis moins de 5 ans. Ces résultats confortent ainsi l’hypothèse d’un intérêt grandissant
pour l’éducation canine. Dans les deux études les participants ont témoigné d’un parcours formatif
très variable d’un individu à l’autre avec une grande diversité dans les formations citées. L’activité
d’éducateur canin y est rapportée comme souvent pratiquée à temps partiel. De même, on retrouve
une grande partie des participants qui déclarent exercer une autre activité professionnelle, qui est
d’ailleurs majoritairement en relation avec les animaux dans les deux études. La prise en charge des
troubles du comportement ainsi que l’éducation des chiens sont apparues comme les sollicitations
principales des éducateurs canins ayant participé aux enquêtes. La résolution des troubles du
comportement est estimée prendre 7 ± 6 séances pour les professionnels canins ayant répondu au
CNR BEA (CNR BEA, 2022) contre 5,7 ± 3,4 séances dans cette thèse. Outre le nombre moyen proche,
dans les deux enquêtes, les participants ont soulevé la difficulté à répondre à cette question en
témoignant du fait que le nombre de séances dépendait des cas rencontrés (CNR BEA, 2022). Ces
quelques points ne permettent pas d’affirmer la représentativité de l’échantillon, rien que du fait de
la différence de population visée, mais permettent toutefois de dessiner des traits généraux propres
aux éducateurs canins, qui pourront être, par la suite, approfondis par d’autres études.

Enfin, si l’on se fie aux chiffres donnés par le SNPCC, presque 11% de la population totale visée
aurait été échantillonnée dans cette étude (SNPCC, 2022). Mais, sans aucune donnée publique
permettant de l’affirmer, des précautions doivent être prises quant à l’extrapolation des observations
à la population générale d’éducateurs canins en France. De plus, bien que des similitudes dans les
caractéristiques socio-professionnelles aient été observées entre l’enquête ci-présente, le témoignage

95
du SNPCC et le rapport du CNR BEA, aucune donnée officielle et publique ne peut assurer de leur
représentativité. C’est pourquoi, nous continuerons de considérer que ces résultats concernent les
répondants sans pouvoir les extrapoler de manière certaine à la population générale.

Les résultats de l’enquête sont soumis à un biais de recrutement provenant de différents


facteurs. Tout d’abord, les éducateurs canins ont été sélectionnés par choix de département et
n’exercent donc pas dans toute la France. Compte-tenu du fait qu’il n’existe pas de registre les
répertoriant, le choix n’a pas pu se faire aléatoirement entre tous les éducateurs canins exerçant sur
le territoire. A cela s’ajoute le fait que le taux de participation diffère significativement entre certaines
régions d’exercice comme le montre l’Annexe 3. Ceci biaise la représentativité des résultats en
négligeant l’avis de certaines régions au profit des autres, où la situation peut être bien différente. Ces
différences peuvent aussi impacter l’étude des taux de collaboration par région d’exercice, toutes
n’ayant pas le même taux de participation ou d’intérêt à l’enquête. De plus, cette sélection des
éducateurs canins s’est faite majoritairement grâce à Google Maps. Comme expliqué dans la Partie 2,
Chapitre II, sous-chapitre b. « Recueil des données », le référencement sur Google Maps semble assez
fiable, mais ne peut évidemment pas révéler tous les éducateurs canins.

N'ayant pas de données de comparaison de l’âge moyen des éducateurs canins en France, on
peut questionner l’impact de la réponse à un questionnaire en ligne sur la répartition en âge des
participants. En effet, il n’est pas forcément aisé de répondre à un questionnaire en ligne pour une
personne non familière de l’utilisation d’internet ou d’un ordinateur et donc entraîner une plus forte
propension des plus jeunes à répondre à ce type d’enquête.

Hormis ces biais de recrutement « géographique » ou « technique », existe un biais de


recrutement lié au sujet de l’enquête en lui-même. En effet, le risque majeur lors de ce genre
d’enquête est de récolter les réponses des personnes concernées ou a minima intéressées par le sujet.
Le risque que seuls les éducateurs ayant une collaboration avec des vétérinaires répondent a donc été
considéré et a abouti à la création d’un compteur (Annexe 2) permettant de calculer le taux de
collaboration relatif aux personnes contactées et de le comparer au taux extrait des réponses au
questionnaire. Ce risque était majoré pour les personnes que je n’ai pas pu avoir directement au
téléphone et qui m’ont recontactée d’elles-mêmes ou qui ont répondu à l’enquête par recrutement
Facebook. Pour évaluer cela, le compteur évoqué ci-dessus a été conçu pour permettre de différencier
les taux de collaboration en fonction du type de contact. Finalement, après comparaison, tous ces taux
sont revenus similaires entre eux (Khi², p-values>0,05) laissant entendre que le taux de collaboration
fourni par le questionnaire (64,5%) est représentatif des éducateurs canins contactés.

96
Un fort taux d’intérêt de la part des répondants s’est retrouvé dans la question qui demandait
aux éducateurs canins s’ils souhaiteraient collaborer à l’avenir après mise en place d’événements avec
les vétérinaires. A cela, la quasi-totalité (92,2%) a répondu favorablement, pouvant être reflet de la
réalité ou bien démontrer que ceux qui ont répondu sont intrinsèquement intéressés par la
collaboration. Rappelons donc que 124 éducateurs canins n’ont jamais repris contact avec moi. Si l’on
néglige le manque de temps pour répondre, ou encore l’oubli de le faire, ces derniers pourraient très
bien correspondre à des éducateurs ne collaborant pas ou a minima non intéressés par le sujet. En se
basant sur ce scénario, le taux de collaboration en France pourrait plutôt se situer entre 42% et 64,5%.
Si l’on imagine en plus que les éducateurs s’étant dits intéressés de répondre à l’enquête mais ne
l’ayant pas fait, soit environ 20% d’entre eux, ne collaborent pas avec un vétérinaire, ce taux de
collaboration pourrait tomber à environ 36% dans la situation la plus pessimiste possible.

Dans ce type d’enquête, le risque de mensonge reste à considérer. En effet, les éducateurs
savaient que j’étais étudiante vétérinaire et que le questionnaire faisait l’objet d’une thèse d’exercice.
Il se peut donc tout à fait que ces informations aient influencé leurs choix de réponses, à la fois au
téléphone comme lors du remplissage du questionnaire, risquant ainsi de masquer leur réel taux de
collaboration et de brider leurs réponses à certaines questions. Pour limiter ce risque d’inexactitude
dans les réponses au questionnaire, le choix a été fait qu’il soit anonymisé et ceci était précisé lors de
chaque prise de contact.

Une mécompréhension de certaines questions ou des erreurs lors du remplissage des QCU ou
QCM ont pu impacter les réponses recueillies. Effectivement, la question s’intéressant aux différentes
prestations proposées par les éducateurs canins a dû être modifiée pour être plus correctement
comprise par les répondants. D’autres erreurs ont été remarquées, comme par exemple la confusion
entre la détention de l’ACACED et le diplôme du Brevet Professionnel ou encore les incohérences dans
les réponses concernant la médicalisation. Une question n’a d’ailleurs pas pu être exploitée dans cette
étude : la date d’obtention de l’ACACED (ou CCAD). En effet, sa détention est soumise à actualisation
des connaissances tous les 10 ans, délivrant ainsi une nouvelle attestation de formation. Comme il
était déjà relevé une confusion concernant son obtention, il a été préféré de ne pas exploiter ces
données par risque d’erreur trop élevé.

L’étude menée par Hunter sur la prise en charge de l’anxiété de séparation chez le chien a
soulevé la question de l’impact des méthodes éducatives sur la collaboration en montrant que les
éducateurs dits « mixtes » recommanderaient moins l’intervention du vétérinaire que ceux travaillant
exclusivement en « positif » (Hunter et al., 2020). Or, dans cette enquête, le choix a été fait de ne pas
questionner les éducateurs canins sur le sujet, tant il fait débats aujourd’hui. La crainte était qu’il aurait

97
pu augmenter le risque de mensonge et baisser la participation à l’enquête, par peur de jugement.
Une étude prenant en compte ce paramètre pourrait être tout à fait intéressante pour compléter celle-
ci et pourquoi pas généraliser les conclusions de l’étude de Hunter et al. (2020). Une autre question à
laquelle il aurait été intéressant de répondre est celle de l’impact des prestations proposées par
l’éducateur canin sur son statut collaboratif. Malheureusement, la question ayant posé le plus de
problème était celle qui visait à les caractériser. Elle n’a pas donc pu être analysée en comparant les
éducateurs canins de chaque groupe car le risque de non-représentativité était trop élevé.

Pour autant, la plupart des différents biais évoqués sont inhérents au type d’étude menée dans
cette thèse et de ce fait, ne peuvent qu’être difficilement évités. D’ailleurs, cette enquête possède un
taux de participation élevé puisqu’il se situe entre 50 et 55,5% si l’on considère toutes les personnes
contactées (n=416) et entre 75% et 83,1% si l’on ne tient compte que des personnes s’étant dites
intéressées de participer (n=278). De plus, si l’on se fie à l’estimation de la population d’éducateurs
canins, cette enquête aurait recueilli l’avis d’environ 11% d’entre eux, ce qui constitue un échantillon
non-négligeable ayant fourni suffisamment de réponses pour en tirer des résultats significatifs. Et, si
l’on considère manquer de réponses d’éducateurs ne collaborant pas avec un vétérinaire, la forte
quantité de réponses provenant de ceux qui collaborent permet de comprendre ce qu’est cette
relation sur le terrain. De surcroît, de nombreux facteurs influençant significativement la collaboration
ont été mis en évidence dans cet échantillon, et sont, de ce fait, à prendre en considération même s’ils
ne touchent que 11% de la population globale. Le risque dans cette analyse pourrait plutôt se trouver
dans une non-exhaustivité des facteurs remontés que dans une liste faussée.

Enfin, cette thèse avait pour but de comprendre la collaboration entre les éducateurs canins
et les vétérinaires en France, en recueillant l’avis des éducateurs canins sur le sujet. Il serait donc
fortement intéressant qu’un autre travail, se concentrant sur les vétérinaires, voit le jour afin de
compléter et nuancer ce qui est ressorti de celui-ci.

b. Confrontation des résultats de l’étude à la littérature


Dans la littérature, la collaboration entre éducateurs canins et vétérinaires était reconnue
comme importante mais déclarée encore trop marginale. En effet, selon l’étude d’Hunter et al. (2020)
s’intéressant à l’anxiété de séparation, seulement 7,9% des éducateurs canins faisaient appel à un
vétérinaire pour la diagnostiquer (Hunter et al., 2020). Quant aux vétérinaires, 12,3% à 45,6% d’entre
eux conseilleraient l’aide des éducateurs canins dans la prise en charge des troubles du comportement
(Fatjó et al., 2006; Mariti et al., 2010). Lors de prise de décision d’euthanasie de chiens pour des
troubles du comportement, les vétérinaires seraient 11% à demander l’avis d’un éducateur canin (Yu

98
et al., 2021). Dans l’étude ci-présente, 64,5% des éducateurs canins déclarent collaborer avec un
vétérinaire, pour tout motif confondu. On ne pourrait pas qualifier la collaboration avec les vétérinaires
de marginale en se basant sur ces uniques chiffres. Cette différence peut tout d’abord s’expliquer par
le fait qu’il était demandé aux éducateurs canins s’ils considéraient collaborer avec un vétérinaire, sans
donner de contexte situationnel précis, comme c’est le cas dans l’étude de Hunter et al. (2020). Or,
comme nous l’avons vu, les éducateurs ont tous une définition de la collaboration qui leur est propre
et font appel aux vétérinaires pour des raisons différentes. De plus, ce résultat pourrait aussi
s’expliquer par le biais de recrutement craint par l’essence-même de l’enquête, à savoir, une sélection
préférentielle et involontaire d’éducateurs collaborant avec un vétérinaire. Enfin, la marginalité
ressentie et explicitée dans les différents articles pourrait se révéler si l’on questionnait les vétérinaires
quant à leur collaboration avec les éducateurs canins, étant peut-être moins enclins à cette pratique
que les éducateurs canins.

Luescher soulevait dans son article la nécessité pour un éducateur canin de pouvoir travailler
avec un vétérinaire dans les cas notamment de troubles du comportement, d’agressions sur des
humains et de problèmes concernant la santé des chiens (Luescher et al., 2007). Les résultats de cette
thèse expérimentale vont dans le sens de ces propos en mettant en évidence que les troubles du
comportement et la santé animale sont justement les principaux motifs pour lesquels les éducateurs
canins sollicitent les vétérinaires. Il est donc bel et bien important pour un éducateur canin de pouvoir
s’en référer à un vétérinaire lorsqu’il fait a minima face à ces cas de figure.

Même si la littérature n’a pas encore trop de données permettant de caractériser la


collaboration entre ces deux professions, elle a tout de même mis l’accent sur des facteurs influençant
sa mise en place et qui ont été clairement explicités dans cette enquête. Tout d’abord, une méfiance
des vétérinaires vis-à-vis des éducateurs semblait se dégager de plusieurs articles (Bompadre et
Cinotti, 2011; Landsberg et al., 2008; Mariti et al., 2010; Myles, 1991). Cette méfiance était expliquée
par le manque de réglementation encadrant le métier d’éducateur canin (Hunter et al., 2020;
Landsberg et al., 2008; Myles, 1991), le manque d’actualisation des connaissances et des méthodes
(Bompadre et Cinotti, 2011; Hunter et al., 2020; Kwan et Bain, 2013; Landsberg et al., 2008; Myles,
1991) et le manque de résultats face à l’utilisation de certaines pratiques non adaptées (Myles, 1991).
Les témoignages recueillis auprès du SNPCC, de Lisa Longo et de la Docteure Hoornaert l’évoquaient
aussi et mettaient en lumière la nécessité de professionnaliser le métier d’éducateur canin (Hoornaert,
2022; Longo, 2022; SNPCC, 2022). Cette méfiance est ressentie par les éducateurs ayant participé à
l’enquête. Ils l’expriment comme un manque de crédibilité et de reconnaissance de leur profession par
le vétérinaire couplée à une réticence de ce dernier à collaborer. Ils ont d’ailleurs, dans leur réponse
libre, beaucoup évoqué l’implication du manque de réglementation les encadrant et les dérives que

99
cela pouvait engendrer, notamment dans la pratique de certains. C’est pourquoi, pour eux, il est
effectivement essentiel de professionnaliser et crédibiliser leur métier en le réglementant, à
commencer par leur formation initiale puis par leur exercice en tant que tel.

Dans l’article de Myles (1991) ou les témoignages de la Docteure Hoornaert et Lisa Longo, les
connaissances vétérinaires en matière d’éthologie et leur manque d’actualisation étaient aussi mises
en cause (Hoornaert, 2022; Longo, 2022; Myles, 1991). Cette remarque est beaucoup ressortie des
réponses aux questions et est apparue comme un frein majeur à l’établissement de la collaboration.
En effet, dans cette étude, les éducateurs déplorent les conseils éducatifs qui peuvent encore être
donnés par certains vétérinaires ou l’emploi de certaines méthodes, aujourd’hui remises en cause. Ils
incriminent à cela un manque de formation initiale en éthologie ainsi qu’un manque d’actualisation
des connaissances en la matière chez les vétérinaires déjà installés. Cette divergence dans les points
de vue et connaissances en éthologie et éducation canine est par ailleurs une des raisons les plus
évoquées à l’arrêt d’une collaboration ou en justification à sa non mise en place.

Dans son article sur l’anxiété de séparation chez le chien, Hunter avait mis en évidence que
les éducateurs canins dits « mixtes » pouvaient moins recommander l’aide d’un vétérinaire car ils
jugeaient que la médicalisation était rarement nécessaire pour prendre en charge ce genre de cas
(Hunter et al., 2020). Rappelons tout d’abord que la médicalisation est apparue comme l’un des trois
principaux motifs de demande d’intervention du vétérinaire dans les cas de collaboration dans ce
questionnaire. Or, en étudiant l’avis des éducateurs canins sur le sujet, il est apparu que ceux n’ayant
jamais collaboré avec un vétérinaire avaient significativement moins connu de cas ayant nécessité
médicalisation que les autres. De plus, ils sont significativement plus nombreux à penser que la
médicalisation n’est pas utile pour gérer des troubles du comportement et déplorent pour certains un
recours trop systématique ou lourd à cette dernière. Finalement, ces résultats rejoignent ceux de
Hunter, à savoir que la médicalisation semble effectivement être un frein à la collaboration avec un
vétérinaire.

Quelques articles soulevaient l’implication du propriétaire dans les facteurs pouvant limiter le
travail collaboratif. En effet, les éducateurs avaient évoqué le budget du propriétaire ainsi que son
refus de médicaliser comme des facteurs influençant la demande d’aide auprès d’un vétérinaire, dans
les cas d’anxiété de séparation chez le chien (Hunter et al., 2020). Mais encore, il a été démontré que
plus d’un quart des clients pouvaient refuser l’aide d’un éducateur canin, malgré prescription par le
vétérinaire pour prendre en charge un trouble du comportement (Mariti et al., 2010). Dans cette thèse,
l’implication des propriétaires était proposée dans les choix de réponses aux questions concernant les
raisons de ne plus ou de ne pas collaborer mais n’a été rapportée qu’une seule fois. Bien qu’elle ne

100
soit pas apparue majeure dans les explications à la non-collaboration, elle a tout de même été évoquée
dans l’expression libre des répondants. Certains mentionnent faire attention à laisser le libre arbitre
aux propriétaires sur le choix du vétérinaire vers lequel ils veulent se tourner mais aussi que leur
budget peut représenter une limite au travail collaboratif entre les deux professions. On retrouve de
même ce résultat lorsque l’on se penche aux raisons évoquées au fait de collaborer avec différents
vétérinaires. En effet, ces derniers ont placé le besoin d’orienter au mieux le client comme l’une des
explications principales. Le propriétaire n’apparait donc pas ici comme un frein à la collaboration mais
plutôt comme une des considérations primaires à laquelle font attention les éducateurs canins.

Dans son travail de mémoire, la Docteure Hoornaert avait mis en évidence un défaut de
communication entre les deux parties faisant obstacle à leur entraide (Hoornaert, 2022). Dans
l’enquête présente, le défaut ou l’incapacité de communiquer correctement avec les vétérinaires a été
soulevé à plusieurs reprises par les éducateurs ne collaborant pas actuellement. Ce défaut est
notamment mis en relation avec le manque de reconnaissance du métier d’éducateur canin et la
divergence entre les points de vue en matière de comportement et d’éducation canine. D’autre part,
le sentiment d’écoute et donc de considération par le vétérinaire est corrélé au statut collaboratif
actuel des participants à l’enquête, menant à la supposition qu’un mauvais sentiment d’écoute entrave
la pérennité de la collaboration. Enfin, les résultats tendent à montrer que cette pérennité peut être
diminuée si des biais de communication « indirecte » sont utilisés entre les deux professionnels au
dépend de communications « directes ». Bien que cet obstacle n’ait pas été à proprement parler
soulevé par la littérature, il est retrouvé dans le travail de mémoire de la Docteure Hoornaert et dans
l’enquête ci-présente, confortant l’idée de son implication.

Finalement, cette thèse comporte des faisceaux d’indices concordants avec la littérature et
permet de la compléter à la fois par l’apport de nouvelles données sur un thème encore très peu étudié
mais aussi grâce à son abord relativement original puisqu’elle est consacrée au point de vue des
éducateurs canins.

101
Conclusion
Cette étude sur la collaboration entre les éducateurs canins et les vétérinaires en France
s’inscrit dans le contexte actuel de considération grandissante pour le bien-être animal. Si les bienfaits
que cette collaboration peut apporter au chien et son entourage ne sont plus à prouver, le sentiment
que cette pratique soit encore trop marginale a mené à se questionner sur les raisons pouvant
l’expliquer.

La collaboration entre éducateur canin et vétérinaire se rapporte à une relation de confiance


essentielle menant à un travail commun autour du bien-être du chien et de ses propriétaires. Cette
définition large cache en réalité un concept tout à fait subjectif pour lequel il est difficile de fixer des
limites strictes. Les modalités de sa mise en pratique ainsi que les attentes et besoins des éducateurs
canins ne sont pas universels.

Cette enquête montre que 64,5% des éducateurs canins ayant participé collaborent avec un
vétérinaire. C’est un chiffre tout à fait encourageant qui pourrait encore augmenter à l’avenir en
prenant en compte les différents facteurs influençant la mise en place ou la durabilité de la
collaboration.

Dans ce travail, le principal facteur rapporté par les éducateurs canins est le manque
d’occasion de collaborer avec les vétérinaires. Bien que ce dernier soit majoritaire, d’autres facteurs
importants sont ressortis de l’étude. En premier lieu, les éducateurs incriminent un manque de
formation et d’actualisation des connaissances en éthologie, éducation canine et médecine du
comportement des vétérinaires. Ensuite vient le questionnement autour de l’utilisation des thérapies
médicamenteuses et leur remise en cause. Enfin, les participants mettent en avant un fort manque de
reconnaissance et d’écoute envers leur profession d’éducateur canin. Ce dernier peut notamment se
relier au refus de certains vétérinaires à collaborer mais aussi à une difficulté dans la communication
entre les deux professions. Les répondants expliquent en grande partie ce manque de reconnaissance
par un défaut de crédibilité provenant de l’encadrement légal insuffisant de leur profession, que ce
soit dans la formation initiale comme dans l’exercice-même de leur activité. De nombreux autres
facteurs dont la genèse peut, en tout ou partie, s’expliquer par les principaux évoqués ci-dessus, ont
été mis en évidence. Il s’agit par exemple de : la localisation géographique, l’expérience
professionnelle, le temps consacré à l’activité d’éducateur canin …

La mise en évidence de ces différents facteurs et la recherche de perspectives d’évolution ont


dégagé des axes notables d’amélioration de la collaboration. L’un d’eux se trouve dans la participation
à des formations ou des débats, réunissant vétérinaires et éducateurs canins et abordant des sujets
variés. Ceci permettrait entre autres de créer un dialogue entre les deux professions, de répondre à

102
leurs éventuels doutes et interrogations mais aussi d’approfondir les connaissances de chacun sur
certains sujets. D’autre part, les éducateurs canins rapportent une probable lacune dans le cursus
initial des vétérinaires sur l’éthologie, l’éducation canine et la médecine du comportement. Ils
jugeraient alors intéressant d’y mettre en place un module qui aborde ces trois thématiques afin
d’homogénéiser et actualiser les connaissances des vétérinaires en France. Enfin, les éducateurs canins
expriment un réel besoin de crédibiliser leur profession en réglementant les formations mais aussi les
pratiques utilisées. Le Syndicat National des Professionnels du Chien et du Chat, par son travail sur
l’élaboration d’un nouveau diplôme reconnu par l’Etat, ainsi que Corinne Vignon, par son projet de loi
interdisant les colliers électriques, étrangleurs et à pointes pour les chiens et les chats, sont initiateurs
de ces changements. Peut-être d’ailleurs, entraîneront-ils, à l’avenir, la création d’autres projets visant
à l’encadrement de la profession d’éducateur canin. Bien que ce besoin de changement nécessite un
mouvement à l’échelle nationale, la mise en place d’initiatives à l’échelle individuelle y bénéficierait.
Les éducateurs évoquent notamment l’envoi au vétérinaire de rapports détaillés des séances afin de
témoigner des observations et du travail effectués. Quant aux vétérinaires, ils leur conseillent de
prendre le temps de rencontrer et d’échanger avec les éducateurs canins afin de pouvoir se faire un
avis objectif sur leurs compétences et diminuer leur scepticisme quant au fait de les solliciter.

Dans le but de rechercher des facteurs influençant la collaboration avec les vétérinaires et
d’étudier la représentativité de l’échantillon enquêté, cette thèse a relevé un certain nombre de
données socio-professionnelles concernant les répondants. Bien que ne faisant pas partie des objectifs
de ce travail, cette caractérisation pourrait à l’avenir servir de point de comparaison pour tout futur
travail visant à étudier les éducateurs canins.

Dans ce travail, la collaboration entre éducateurs canins et vétérinaires n’a été abordée que
du point de vue des éducateurs canins. Or, pour une caractérisation plus juste de cette collaboration
et de ses perspectives d’amélioration, il est indispensable de recueillir l’opinion des deux parties. Ainsi,
ce travail appelle à la réalisation d’une étude similaire, mais cette fois-ci s’intéressant au point de vue
des vétérinaires.

103
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108
Annexes
ANNEXE 1 : Questionnaire
Partie 1.1 : Caractéristiques socio-professionnelles

1. Civilité
o Homme
o Femme
2. Age
o 18-25 ans
o 26-35 ans
o 36-45 ans
o 46-55 ans
o 56-65 ans
o >65 ans
3. Vous êtes :
o Educateur canin
o Educateur comportementaliste canin
o Autre : préciser
4. Quelle formation avez-vous suivie ?
o Préciser
5. Par quel biais ?
o Présentiel
o Distanciel
o Via internet
o Autre : préciser
6. Comment avez-vous obtenu l'Attestation de Connaissances pour les Animaux de Compagnie
d'Espèces Domestiques (ACACED, anciennement Certificat de Capacité pour les Animaux
Domestiques : CCAD) ?
o Via la formation suivie
o En faisant la démarche moi-même
o Je ne le possède pas
o Autre : préciser
7. FACULTATIVE : Si vous avez obtenu l'ACACED (ou CCAD), en quelle année était-ce ?
o Préciser
8. Depuis combien de temps pratiquez-vous cette activité ?
o < 5 ans

109
o 5-10 ans
o 11-20 ans
o 21-30 ans
o 31-40 ans
o > 40 ans
9. Dans quel département exercez-vous ? (Ecrire le numéro)
o Préciser
10. Combien de temps consacrez-vous à votre activité d’éducateur canin par semaine ?
o ≤ 15h
o [16 ; 25] h
o [26 ; 35] h
o > 35h
11. Suivez-vous des formations continues ?
o Oui
o Non
12. FACULTATIVE : Si oui, laquelle/lesquelles ?
o Préciser
13. Quel niveau scolaire le plus élevé possédez-vous ?
o Préciser
14. Exercez-vous une autre activité professionnelle ?
o Oui, en relation avec les animaux
o Oui, sans relation avec les animaux
o Non
15. FACULTATIVE : Si oui, laquelle ?
o Préciser

Partie 1.2 : Questions spécifiques sur l’activité d’éducateur canin

1. Combien de rendez-vous avez-vous approximativement par mois ?


o Préciser
2. (Quel pourcentage de temps consacrez-vous aux rendez-vous de type :) Modifiée, le 25/08/2022,
en : Quel pourcentage de temps, dans votre activité générale, consacrez-vous approximativement
aux rendez-vous de type : (Ne vous tracassez pas avec des calculs trop importants. Cette question permet de
décrire approximativement les types d'activités des éducateurs canins et leur importance respective dans l'activité
globale. Vous pouvez très bien vous contenter de mettre "0%, 10%, 25%...") :

o Bilan comportemental : Préciser


o Education de base : Préciser

110
o Balade éducative / cours collectifs : Préciser
o Troubles du comportement : Préciser
o Pet-sitting : Préciser
o Cours d’agility : Préciser
3. Combien de rendez-vous devez-vous fixer en moyenne pour régler un problème comportemental ?
o Préciser

Partie 2 : Collaboration avec les vétérinaires

1. Collaborez-vous actuellement avec un vétérinaire ?


o Oui
o Non

111
Oui – Je collabore avec un vétérinaire

1. Est-ce toujours le même ?


o Oui
o Non
2. FACULTATIVE : Si non, pourquoi ?
3. Est-il spécialiste en comportement ?
o Oui
o Non
o Ne sais pas
4. Depuis combien de temps collaborez-vous ?
o <1 an
o 1-5 ans
o 6-10 ans
o > 10 ans
5. A quel rythme faites-vous appel à lui ?
o Rarement
o Parfois
o Souvent
o Toujours
6. FACULTATIVE : Dans quelles circonstances sollicitez-vous son
aide ? (Décrire brièvement les principales circonstances)
7. A quel rythme fait-il appel à vous ?
o Rarement
o Parfois
o Souvent
o Toujours
8. FACULTATIVE : Au bout de combien de rendez-vous en
moyenne, avec un même chien, décidez-vous de solliciter le
vétérinaire ?
9. Par quel(s) moyen(s) communiquez-vous ?
o Par téléphone
o Par mail
o Par rencontre
o Autre : préciser
10. Organisez-vous des cours / rencontres avec le vétérinaire ?
o Oui
o Non
11. Comment qualifieriez-vous cette collaboration ?
o Peu utile
o Utile
o Nécessaire
12. Vous sentez-vous écouté/e par ce vétérinaire ?
o Totalement
o Moyennement
o Pas du tout

112
Non – Je ne collabore pas avec un vétérinaire

1. Avez-vous déjà travaillé avec un vétérinaire ?

Oui – J’ai déjà collaboré Non – Je n’ai jamais collaboré

1. Était-il spécialiste en comportement ? 1. Y-a-t-il un vétérinaire près de chez vous ?


o Oui o Oui
o Non o Non
o Ne sais pas o Ne sais pas
2. FACULTATIVE : Dans quelles circonstances 2. FACULTATIVE : Si oui, est-il spécialiste en
sollicitiez-vous son aide ? (Décrire comportement ?
brièvement les principales circonstances) o Oui
o Préciser o Non
3. Par quel(s) moyen(s) communiquiez-vous ? o Ne sais pas
o Par téléphone 3. Pourquoi ne travaillez-vous pas avec ?
o Par mail o Je n’ai pas eu l’occasion
o Par rencontre o Je n’en ai pas besoin
o Autre : préciser o Les propriétaires ne veulent
4. Organisiez-vous des cours / rencontres pas
avec le vétérinaire ? o Autre : préciser
o Oui 4. Avez-vous eu une mauvaise expérience
o Non personnelle / professionnelle avec un
5. Pourquoi ne travaillez-vous plus avec ? vétérinaire ?
o Je n’ai plus eu l’occasion o Oui
o Je n’ai pas besoin du vétérinaire o Non
o Il n’y a plus de vétérinaire à 5. FACULTATIVE : Si oui,
proximité laquelle/lesquelles ?
o Les propriétaires ne veulent pas o Préciser
o Je ne suis pas satisfait/e des
résultats
o Autre : préciser
6. Avez-vous eu un (ou plusieurs) souci(s)
lors de cette association ?
o Oui
o Non
7. FACULTATIVE : Si oui lequel/lesquels ?
o Préciser
8. Vous êtes-vous senti écouté/e par ce
vétérinaire ?
o Totalement
o Moyennement
o Pas du tout

113
Partie 3 : Perspectives d’évolution

1. Avez-vous déjà eu recours à la médicalisation pour résoudre un problème comportemental ?


o Oui
o Non
2. Pensez-vous que la médicalisation ait un intérêt lors de certains troubles du comportement ?
o Oui
o Non
o Ne sais pas
3. Si oui, en moyenne, combien de chiens que vous avez suivis, pour des troubles du comportement,
ont eu besoin d’être médicalisé ?
o Aucun
o Moins de 20 %
o Entre 20 et 40 %
o Entre 40 et 60 %
o Plus de 60 %
4. Pensez-vous que le vétérinaire puisse représenter une concurrence pour votre activité ?
o Oui
o Non
o Ne sais pas
5. Aimeriez-vous en apprendre plus sur la prise en charge vétérinaire des troubles du
comportement ?
o Oui
o Non
o Ne sais pas
6. Pensez-vous que des formations organisées par les vétérinaires à l’égard des éducateurs canin
seraient intéressantes/utiles ?
o Oui
o Non
o Ne sais pas
7. Pensez-vous que des formations organisées par les éducateurs canin à l’égard des vétérinaires
seraient intéressantes/utiles ?
o Oui
o Non
o Ne sais pas
8. Est-ce que participer à des réunions/débats, entre vétérinaires et éducateurs canins pour partager
vos idées et rencontrer ceux qui travaillent près de chez vous, vous plairait ?

114
o Oui
o Non
o Ne sais pas
9. FACULTATIVE : Question ouverte (facultative) : quels thèmes aimeriez-vous aborder ?
o Préciser
10. Seriez-vous intéressé/e par une collaboration avec un vétérinaire après mise en place de ce type
d’événements ?
o Oui
o Non
o Ne sais pas
11. FACULTATIVE : Question ouverte (facultative) : avez-vous des suggestions / remarques
supplémentaires sur l'état actuel de cette collaboration, ses perspectives d'avenir, ou sur tout autre
point que vous voudriez aborder ?
o Préciser

ANNEXE 2 : Tableau renseignant sur le statut collaboratif des éducateurs canins


et le mode employé pour les contacter

115
ANNEXE 3 : Tableau récapitulatif des différences significatives existantes dans les
taux relatifs à la participation à l’enquête entre les régions d’exercice des
répondants

116
NOM : TUSSEAU

Prénom : Ninon

Titre : Etude de la collaboration entre éducateurs canins et vétérinaires : enquête auprès d’éducateurs canins en
France

Résumé : Ce travail avait pour objectif d'étudier la collaboration entre éducateurs canins et vétérinaires, sujet
encore très peu étudié à ce jour. Une enquête menée auprès d’éducateurs canins français entre septembre 2021
et novembre 2022 a permis de collecter 231 réponses et d'évaluer le taux de collaboration des participants avec
les vétérinaires à 64,5%. Elle révèle que ce concept de "collaboration" est très subjectif. L'étude montre aussi
que plusieurs facteurs, socio-professionnels ou liés à la collaboration elle-même, influencent la mise en place et
la durée de la collaboration. De ce constat découlent de nombreuses pistes possibles pour améliorer cet état
comme la nécessité de clarifier la réglementation concernant la profession d’éducateur canin, la création de
formations ou de réunions réunissant les deux corps de métier et l’amélioration de la formation des vétérinaires
en éthologie et en médecine du comportement. Il serait intéressant de faire la même étude du côté des
vétérinaires pour compléter ces observations.

Mots-clefs : collaboration – éducateur canin – vétérinaire – enquête

___________________________________________________________________________________________

LAST NAME: TUSSEAU

First name: Ninon

Title: Study of collaboration between dog trainers and veterinarians: french dog trainers-based survey

Abstract: This thesis aimed to study the collaboration between dog trainers and veterinarians, subject that is still
understudied to date. A french dog trainers-based survey carried between September 2021 and November 2022
collected 231 replies allowing to evaluate the participants’ collaboration rate with veterinarians at 64.5%. It
reveals that this concept of 'collaboration' is highly subjective. This study demonstrates that the implementation
and duration of collaboration are influenced by multiple factors, whether socio-professional or related to
collaboration itself. From these observations arise many possible ways to improve this state such as the need to
clarify the regulations concerning the profession of dog trainer, the creation of training or meetings bringing
together the two trades and the improvement of the training of veterinarians in ethology and behavioral
medicine. It would be interesting to do the same study based on veterinarians to complete these observations.

Key words: collaboration – dog trainer – veterinarian – survey

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