Formules et Propriétés de Trigonométrie
Formules et Propriétés de Trigonométrie
Trigonométrie
x ≡ y [α] ⇐⇒ (∃ k ∈ Z, x = y + kα)
19π π 19π π
Par exemple, ≡ [π] car − = 3π.
2 2 2 2
Notation : Pour tous α, β ∈ R, on pose :
αZ + β = αk + β k ∈ Z
1) Le cercle trigonométrique
Soit O,~i, ~j
un repère orthonormé du plan orienté dans le sens direct. Le cercle trigonométrique
(identifié avec U = e iθ θ ∈ R dans le plan complexe) est le cercle de centre O(0, 0) et de rayon 1.
Tout point M du cercle trigonométrique est complètement déterminé par l’angle θ (défini à un multiple
−−→
entier de 2π près) formé par les vecteurs ~i et OM .
1
Chapitre 9 : Trigonométrie MPSI Mariette
π
2 H tan(θ)
M
U sin(θ)
−−→
OM
~j
θ
π ou − π 0 ou 2π
O ~i cos(θ)
3π π
ou −
2 2 D
Notation : l’abscisse du point M est notée cos(θ), son ordonnée est notée sin(θ).
π π
Si cos(θ) 6= 0, i.e. si θ 6≡ [π] (i.e. si θ ∈
/ 2 + πZ), alors on définit la tangente de l’angle θ par :
2
sin(θ)
tan(θ) =
cos(θ)
π
Remarque : l’ensemble de définition de la fonction x 7−→ tan(x) est donc R \ + πZ .
2
Interprétation géométrique : traçons la droite D d’équation x = 1 (tangente au cercle U au point
A(1, 0)). Le théorème de Thalès appliqué dans le triangle OAH nous donne :
OA OH sin(θ)
= mais OA = 1 donc OH = = tan(θ)
cos(θ) sin(θ) cos(θ)
On remarque que tan(θ) = AH où H est l’intersection des droites (D) et (OM ) (théorème de Thalès).
Premières observations :
? pour tout θ ∈ R, on a :
∀θ ∈ R, −1 6 cos(θ) 6 1 et − 1 6 sin(θ) 6 1
Autrement dit :
∀θ ∈ R, | cos(θ)| 6 1 et | sin(θ)| 6 1
∀θ ∈ R, cos(θ)2 + sin(θ)2 = 1
2
Chapitre 9 : Trigonométrie MPSI Mariette
π π π π
Angle θ 0
6 4 3 2
√ √
3 2 1
cos(θ) 1 0
2 2 2
√ √
1 2 3
sin(θ) 0 1
2 2 2
√
3 √
tan(θ) 0 1 3 Non défini
3
π
2
2π • π •tan( π4 ) = 1
3 • √ •3
3
3π 2 π
4 • √
2
•
4
2
5π π
• •
6 1 6
2
√ √ √ √
3 2 2 3
− 2 − 2 − 21 1
2 2 2
π• • 0 (mod 2π)
O
− 12
7π • •
6 √ 11π
2
− 2 6
• √
• 7π
5π − 23 4
4 • •
4π 5π
3 •
3π 3
2
2) Formules de symétrie
Une simple lecture du cercle trigonométrique permet de retrouver facilement les relations suivantes
valables pour tout nombre réel θ (sauf mention contraire pour la tangente).
3
Chapitre 9 : Trigonométrie MPSI Mariette
π
tan(θ + π) = tan(θ) (pour θ 6≡ 2 [π])
π π
Relation entre cosinus et sinus : cos −θ = sin(θ) sin −θ = cos(θ)
2 2
π π
cos +θ = − sin(θ) sin +θ = cos(θ)
2 2
cos(−θ) = cos(θ)
sin(−θ) = − sin(θ)
sin(θ) π
Tangente : tan(θ) = (pour θ 6≡ 2 [π])
cos(θ)
1 π
1 + tan(θ)2 = (pour θ 6≡ 2 [π])
cos(θ)2
π
tan(−θ) = − tan(θ) (pour θ 6≡ 2 [π])
π 1 π
tan −θ = (pour θ 6≡ 0 2 )
2 tan(θ)
4
Chapitre 9 : Trigonométrie MPSI Mariette
π 3π
∀x ∈ − , , sin(x) > sin(α) ⇐⇒ x ∈ [α, π − α]
2 2
h πh
π 3π 3π
∀x ∈ − , , tan(x) > tan(α) ⇐⇒ x ∈ α, ∪ α + π,
2 2 2 2
5
Chapitre 9 : Trigonométrie MPSI Mariette
√
Démonstration Soit x ∈ R. On factorise par |a + ib| = a2 + b2 6= 0 :
p a b
a cos(x) + b sin(x) = a + b2 2 √ cos(x) + √ sin(x)
a2 + b2 a2 + b2
a b
Le point de coordonnées √ ,√ appartient au cercle trigonométrique donc il existe ϕ ∈ R tel
a2 + b2 a2 + b2
que :
a b
√ = cos(ϕ) et √ = sin(ϕ)
2
a +b 2 a + b2
2
Donc :
√ √
... Exercice Résoudre dans R l’équation 3 cos(x) − sin(x) = 3.
Solution. On note S l’ensemble des solutions de l’équation. Pour tout x ∈ R, on a :
√
√ q √
2 3 1
3 cos(x) − sin(x) = 3 + (−1)2 cos(x) − sin(x)
2 2
π π
= 2 cos cos(x) − sin sin(x)
6 6
π
= 2 cos x +
6
Donc
√
√ √
π 3 π
3 cos(x) − sin(x) = 3 ⇐⇒ cos x + = = cos
6 2 6
x + π6 ≡ π
6 [2π]
⇐⇒ ou
x + π6 ≡ − π6 [2π]
x ≡ 0 [2π]
⇐⇒ ou
x ≡ − π3 [2π]
6
Chapitre 9 : Trigonométrie MPSI Mariette
cos(a + b) = cos(a) cos(b) − sin(a) sin(b) cos(a − b) = cos(a) cos(b) + sin(a) sin(b)
sin(a + b) = sin(a) cos(b) + cos(a) sin(b) sin(a − b) = sin(a) cos(b) − cos(a) sin(b)
π
et si a, b, a + b ∈ R \ + πZ , alors :
2
tan(a) + tan(b)
tan(a + b) = si tan(a) tan(b) 6= 1
1 − tan(a) tan(b)
et :
tan(a) − tan(b)
tan(a − b) = si tan(a) tan(b) 6= −1
1 + tan(a) tan(b)
? Formules de duplication : en particulier, pour tout a ∈ R, on a
Démonstration Les formules de duplication découlent directement des formules d’addition et de la relation
fondamentale cos2 + sin2 = 1. De même, les formules d’addition de la tangente découlent des formules d’addition
du cosinus et du sinus. Démontrons la formule d’addition du cosinus. Soit (a, b) ∈ R2 . On note A et B les points
du cercle trigonométriques de coordonnées respectives (cos(a), sin(a)) et (cos(b), sin(b)). On sait, par définition
du produit scalaire de deux vecteurs que (en notant O le point de coordonnées (0, 0)) :
−→ −−→
OA · OB = cos(a) cos(b) + sin(a) sin(b)
D’autre part, on peut exprimer le produit scolaire à l’aide des normes des vecteurs mis en jeu et de l’angle formé
par ces deux vecteurs :
−→ −−→ −→ −−→ −→ −−→
OA · OB = OA OB cos OA, OB = cos(a − b)
d’où le résultat. En remplaçant b par −b dans la formule démontrée, on obtient la formule relative à cos(a + b).
Pour le sinus, il suffit d’utiliser le fait que :
π
∀x ∈ R, sin(x) = cos −x
2
Les formules d’addition donnent immédiatement les formules de produits suivantes (qu’il faut savoir
retrouver) :
Démonstration Pour la première formule par exemple, il suffit d’expliciter cos(a + b) + cos(a − b) à l’aide
de la formule d’addition du cosinus.
7
Chapitre 9 : Trigonométrie MPSI Mariette
On sait que ces fonctions sont dérivables sur R et que cos0 = − sin et sin0 = cos (vu en classe de
Terminale). On souhaite démontrer ce résultat.
? Enfin :
sin(x)
lim =1
x→0 x
h πh
Démonstration ? Soit x ∈ 0, .
2
1 × sin(x) sin(x)
• L’aire du triangle OAB est AOAB = = ;
2 2
x x
• l’aire de la portion de cercle est π × = ;
2π 2
1 × tan(x) tan(x)
• l’aide du triangle OAC est AOAC = = .
2 2
On a les inégalités :
x
AOAB 6 6 AOAC
2
donc les inégalités (∗) sont démontrées.
i π h i πh
? Soit h ∈ − , 0 . Comme −h ∈ 0, , on a d’après (?) :
2 2
0 6 sin(−h) 6 −h c’est-à-dire 0 6 − sin(h) 6 −h
8
Chapitre 9 : Trigonométrie MPSI Mariette
donc :
lim cos(h) = 1 − 2 × 02 = 1,
h→0
ce qui démontre la deuxième limite annoncée.
? En divisant par sin(x) > 0 dans (∗), on obtient :
x 1
16 6
sin(x) cos(x)
et comme la fonction inverse décroit sur R∗+ , on obtient en passant à l’inverse :
sin(x)
cos(x) 6 61
x
sin(x)
Les fonctions x −→ cos(x) et x 7−→ étant paires sur R∗ , on obtient :
x
i π πh sin(x)
∀x ∈ − , \ {0}, cos(x) 6 61
2 2 x
sin(x)
Le théorème d’encadrement permet de conclure que lim = 1.
x→0 x
Les propriétés des fonctions cos et sin sont les suivantes.
Démonstration ? Les deuxième et quatrième points ont déjà été démontrés ; la propriété sur les
graphes provient de l’identité : π
∀x ∈ R, sin + x = cos(x)
2
? Étudions la dérivabilité de la fonction sin sur R. Soit x ∈ R. Pour tout h ∈ R∗ , on a (en utilisant les
formules d’addition du sinus) :
sin(x + h) − sin(x) sin(x)(cos(h) − 1) + cos(x) sin(h)
=
h h
sin(h) cos(h) − 1
= cos(x) + sin(x)
h h
sin(h) sin(h) sin(h)
= cos(x) − × × sin(x)
h h 1 + cos(h)
Le lemme précédent permet de conclure que :
sin(x + h) − sin(x)
lim = cos(x)
h→0 h
Donc la fonction sin est dérivable au point x et sin0 (x) = cos(x).
9
Chapitre 9 : Trigonométrie MPSI Mariette
? L’inégalité à démontrer est claire pour x = 0 (les deux nombres mis en jeu valant 0). Pour x ∈ R∗ , on a
(puisque |x| > 0) :
sin(x) sin(x)
| sin(x)| 6 |x| ⇐⇒ 6 1 ⇐⇒ −1 6 61
x x
sin(x)
La fonction x 7−→ étant paire sur R∗ , il suffit de démontrer la dernière double inégalité sur R∗+ . Il
x
s’agit donc de montrer que :
∀x ∈ R∗+ , −x 6 sin(x) 6 x
∗
Pour obtenir ces inégalités, il suffit d’étudier les fonctions x 7−→ x +
− sin(x) sur R+ (qui sont dérivables
sur R).
7) Fonction tangente
On considère ici la fonction :
π
R\
+ πZ −→ R
2
tan : sin(x)
x 7−→ tan(x) =
cos(x)
π
Proposition La fonction tan est définie sur D = R \ + πZ , elle est impaire et π-périodique
2
sur D. De plus, tan est dérivable sur D et :
1
∀x ∈ D, tan0 (x) = 1 + tan(x)2 =
cos(x)2
i π ailleurs,π pour htout entier relatif k, la fonction tan est strictement croissante sur l’intervalle
Par
− + kπ, + kπ .
2 2
Par ailleurs, on a la dernière propriété algébrique suivante, qui permet d’exprimer un cosinus ou un
sinus à l’aide d’une tangente.
x
Proposition (tan 2
) Pour tout x ∈ R \ (π + 2πZ), on a les égalités :
1 − t2 2t 2t π
cos(x) = , sin(x) = et tan(x) = si x ∈
/ + πZ
1 + t2 1 + t2 1 − t2 2
x
où t = tan .
2
10
Chapitre 9 : Trigonométrie MPSI Mariette
∀x ∈ I, f 0 (x) 6= 0,
Remarques :
? Dans ces conditions, on sait qu’on a les égalités f ◦ f −1 = IdJ et f −1 ◦ f = IdI , i.e. :
? Dans un repère orthonormal, les courbes Cf et Cf −1 sont symétriques par rapport à la droite
d’équation y = x.
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Chapitre 9 : Trigonométrie MPSI Mariette
? La fonction sin
c est continue sur I.
? La fonction sin
c est dérivable sur I et :
h π πi
∀x ∈ − , , c 0 (x) = cos(x)
sin
2 2
x − π2 π
2
c 0 (x)
sin 0 + 0
sin
c (I) = [−1, 1]
La fonction sin
c admet donc une fonction réciproque.
Définition
h π πi (fonction Arcsin) On appelle fonction Arcsinus, notée Arcsin : [−1, 1] −→
− , , la fonction réciproque de la fonction sin.
c
2 2
D’après le théorème de la bijection, la fonction Arcsin est strictement croissante sur [−1, 1].
√ √
1 2 3
x 0 1
2 2 2
π π π π
Arcsin(x) 0
6 4 3 2
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Chapitre 9 : Trigonométrie MPSI Mariette
Proposition ? On a :
∀x ∈ − π2 , π2 , Arcsin(sin(x)) = x
(∀x ∈ [−1, 1], sin(Arcsin(x)) = x et
h π πi
? La fonction Arcsin : [−1, 1] −→ − , est une bijection continue strictement croissante.
2 2
? La fonction Arcsin est impaire.
? La fonction Arcsin est dérivable sur ] − 1, 1[ et :
1
∀x ∈] − 1, 1[, Arcsin0 (x) = √
1 − x2
Démonstration ? Les deux premiers points sont une conséquence du fait que Arcsin soit la réciproque
de sin
c :
c ◦ Arcsin = Id[−1,1]
sin et Arcsin ◦ sin
c = Id π π
[− , ]2 2
Arcsin(−x) = Arcsin(−sin(Arcsin(x))
c = Arcsin(sin(−Arcsin(x))
c (car la fonction sin
c est impaire)
= −Arcsin(x)
c −π, π
i h
sin =] − 1, 1[
2 2
et :
1 1 1
∀x ∈] − 1, 1[, Arcsin0 (x) = = =√
sin0 (Arcsin(x)) cos(Arcsin(x)) 1 − x2
h π πi
car, comme Arcsin(x) ∈ − , , on a cos(Arcsin(x)) > 0 donc :
2 2
p p p
cos(Arcsin(x)) = cos(Arcsin(x))2 = 1 − sin(Arcsin(x))2 = 1 − x2 ,
Remarque : Il faut être prudent avec la formule de composition Arcsin ◦ sin(x) = Id π π . Il est
−2,2
h π πi
fondamental que le point auquel on l’applique appartienne à l’intervalle − , . Par exemple :
2 2
√ !
2π 3 π 2π
Arcsin sin = Arcsin = 6=
3 2 3 3
3) La fonction Arccos
De la même manière, on démontre en utilisant le théorème de la bijection que la fonction suivante est
bijective (strictement décroissante) :
[0, π] −→ [−1, 1]
cos
c :
x 7−→ cos(x)
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Chapitre 9 : Trigonométrie MPSI Mariette
x 0 π
c 0 (x)
cos 0 − 0
Définition (fonction Arccos) On appelle fonction Arccosinus, notée Arccos : [−1, 1] −→ [0, π],
la fonction réciproque de la fonction cos.
c
√ √
1 2 3
x 0 1
2 2 2
π π π π
Arccos(x) 0
2 3 4 6
Proposition ? On a :
? La fonction Arccos : [−1, 1] −→ [0, π] est une bijection continue strictement décroissante.
? La fonction Arccos est dérivable sur ] − 1, 1[ et :
1
∀x ∈] − 1, 1[, Arccos0 (x) = − √
1 − x2
Remarques :
? La fonction Arccos n’est pas paire. En effet, Arccos(−1) = π et Arccos(1) = 0 6= Arccos(−1).
? Les fonctions Arccos et Arcsin ne sont pas dérivables en +
− 1 : en ces points, les courbes représen-
tatives de Arccos et Arcsin admettent des tangentes verticales.
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Chapitre 9 : Trigonométrie MPSI Mariette
4) La fonction Arctan
Enfin, on peut montrer que la fonction :
( i π πh
− , −→ R
tan :
d 2 2
x 7−→ tan(x)
est bijective (continue, strictement croissante) en utilisant le théorème de la bijection.
x − π2 π
2
0
tan (x)
d +
√
3 √
x 0 1 3
3
π π π
Arctan(x) 0
6 4 3
Proposition ? On a :
∀x ∈ − π2 , π2 , tan(Arctan(x)) = x
(∀x ∈ R, tan(Arctan(x)) = x) et
i π πh
? La fonction Arctan : R −→ − , est une bijection continue strictement croissante.
2 2
? La fonction Arctan est dérivable sur R et :
1
∀x ∈ R, Arctan0 (x) =
1 + x2
π π
? lim Arctan(x) = − et lim Arctan(x) =
x→−∞ 2 x→+∞ 2
π π
? Pour tout x ∈ R, on a − 6 Arctan(x) 6 .
2 2
? La fonction Arctan est impaire sur R.
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