Activités : Travaux encadrés et activités orales
Support : La Boite à Merveilles, recherches des élèves
Objectifs : - Evaluer la lecture des élèves et négocier le projet pédagogique.
- Sélectionner les informations importantes sur la vie d’Ahmed Sefrioui
- Identifier le genre de l’œuvre : l’autobiographie maghrébine
- Connaître le contexte spatiotemporel de l’œuvre
I- Mise en route
- Avez-vous aimé le roman ? - Avez-vous rencontré des difficultés ? De quel ordre ?
Quelles impressions avez-vous après la lecture de ce roman ?
présentation des exposés en évoquant :
- la biographie et l’œuvre d’A. Sefrioui,
- le contexte historique (culturel, politique) de l’œuvre,
- le genre de l’œuvre,
- la littérature marocaine et maghrébine de langue française,
- thèmes, personnages, … etc.
II- Document récapitulatif :
1. Le contexte historique : L'histoire du récit :
C’est dans les ruelles de la ville ancienne de Fès qu’Ahmed Sefrioui tisse la diégèse de
son roman La Boîte à Merveilles, un témoignage authentique de la réalité marocaine dans les
années 20, à travers le regard d’un enfant âgé de six ans.
Ecrit en 1952 et publié en 1954, ce roman à caractère autobiographique fut le premier roman
marocain écrit en français. Ce roman est une suite de scènes et de tableaux qui nous relate à
travers le regard sincère mais rêveur du petit Sidi Mohamed la vie quotidienne d'une famille
populaire dans la médina de Fès. Il nous aide à découvrir les facettes de ce monde encore
simple de la société marocaine en ce temps là : son mode de vie, ses valeurs, ses traditions,
ses rituels et ses personnages. D'une œuvre autobiographique, on passe rapidement à un
roman ethnographique qui constitue un témoignage vivant d'une vie en voie de disparaitre.
Le lecteur devient un témoin de la vie sociale dans la médina, des rapports de voisinage, des
traditions et des fêtes... Sans aller jusqu'à être un document ethnographique objectif, ce roman
est une reprise presque fidèle de la vie en ce temps là dans l'ancienne ville de Fès. Ainsi, on
peut voir les rituels du bain maure, des cours au m'sid, des obsèques, des disputes entre
voisines, des secrets de femmes....
2. Le genre de l’œuvre : roman autobiographique
_ La Boîte à Merveilles : Autobiographie ou roman autobiographique ?
Dans La Boîte à Merveilles, tout indique qu’il s’agit d’une autobiographie, récit à la
première personne « je » … etc. Mais si on faisait attention au prénom de l’auteur figurant sur
la couverture « Ahmed » il diffère de celui du personnage principal de l’œuvre « Sidi Med »
L’autobiographie :
C’est un genre littéraire assez récent, « récit rétrospectif, écrit en prose qu’une personne
réelle fait de sa propre existence, quand elle met l’accent sur sa vie individuelle, en particulier
sur l’histoire de sa personnalité. »
Dans l’autobiographie, la relation entre l’auteur et son public s’établit dans le respect d’une
triple règle : auteur, narrateur et personnages sont confondus : L’auteur s’engage à dire la
vérité du moment où le lecteur est constitué en juge du récit.
Le roman autobiographique :
Dans ce genre, le personnage principal, qui est une personne réelle et qui peut être le
narrateur, n’est pas l’auteur mais lui ressemble beaucoup. Ce genre permet ainsi une
transformation de la réalité et une déformation du passé à travers le changement des noms des
personnes, le déguisement des faits, la modification de la chronologie.
3. L’autobiographie dans la littérature maghrébine d’expression française :
Les écrivains marocains de langue française ont composé pour l’essentiel des récits à
caractère autobiographique.
Dans l’autobiographie, le sujet au centre de l’écriture est ce "je" qui parle de son "moi"
valorisé parce que conscient de son identité comme différent des autres. Le "je" représente à
la fois l’auteur, le narrateur et le héros, celui qui écrit et celui dont il s’agit, un être ayant une
existence historique. L’écrivain marocain visait en priorité le colon, destinataire lettré pour
qui, ni l’acquisition du livre, ni l’accès à l’écrit ne constituaient des difficultés majeures. Il
était aussi naturel que la langue d’écriture était celle du colonisateur. Le français était la
langue séduisante du modernisme, le moyen aussi à travers lequel il était possible de créer sa
différence et sa révolte face à la domination du colonisateur. Et c’est pourquoi les premiers
récits, en partant du vécu personnel et du parcours de vie, se sont focalisés sur la description
introspective des mœurs locales de façon à souligner la différence de la société autochtone à
dénoncer les tentatives répétées de l’assimiler.
Les écrivains maghrébins d’expression française utilisent le français comme langue
d’écriture, d’abord, la langue arabe étant « marginalisée », l’écrivain n’avait pas d’autres
alternatives. Le français était la langue conquise à l’école et qu’il maîtrisait le mieux. C’était
aussi la langue de l’Autre dans laquelle il était possible de dialoguer avec lui et de lui signifier
son inclination et son rejet. Ensuite, l’arabe n’autorisait pas l’expression libre du "Moi" et ce
discours nouveau dans lequel le sujet "je" parlait de son propre être et donnait sa vision du
monde à travers le regard qu’il portait sur les siens. Mais comment Sefrioui organise-t-il la
présence de ce « je » dans son roman qui porte essentiellement sur le « nous », sur les mœurs,
la tradition et la vie de la société authentique dont il est issu ?
4. Thèmes et Structure de l’œuvre :
La Boite à Merveilles aborde le thème du Maroc sous la Colonisation, à savoir : Le Maroc
entre traditions et modernisme, L’identité culturelle ; la femme marocaine; la solidarité ; la
famille ; l’amour, la tendresse ; le travail ; l’argent…
L’œuvre est scindée sur 12 chapitres ; La structure de l’œuvre peut être faite de la sorte :
• Chapitre1:
- La solitude de l'enfant.
- Les habitants de Dar Chouafa.
- Les cérémonies de la voyante.
-La dispute: Zoubida et Rahma.
• Chapitre 2:
- Le Msid: un espace étouffant.
- La visite du sanctuaire: [Link] / [Link].
- (Le mausolée): Ali Boughaleb.
• Chapitre 3:
- Le fqih du Msid: une misère ridicule.
- La disparition de Zineb __ son retour était l'occasion d'organiser une cérémonie.
• Chapitre 4:
- La visite de Lalla Aîcha: Zoubida et Aîcha se livrent à leur commérage et Sidi Med
part aux jeux avec les enfants.
- My Larbi escroqué par Abdelkader. (Déboires).
• Chapitre 5:
- La faillite de My Larbi ([Link] vend ses bijoux).
- La mort du coiffeur Sidi Mohamed Ben Taher.
• Chapitre 6:
- Le nettoyage du Msid fait par les enfants: rixe enfantine.
- L'achat des nouveaux vêtements à l'occasion de Achoura.
• Chapitre 7:
-Les festivités de l'Achoura: Sidi Mohamed part au Msid pour festoyer l'occasion.
• Chapitre 8:
- Le combat entre le père du narrateur avec le dellal rusé. (Le jour où il emmène
Zoubida pour lui acheter des bracelets).
- Le remariage de My Larbi.
• Chapitre 9:
- Ruiné, après avoir perdu son capital, Abdesslam laisse sa famille pour aller travailler
aux bourgs de Fès: afin de rétablir son atelier.
- La visite de Lalla Aicha:
Changement de celle-ci.
Décision d'aller consulter le voyant Sidi El Arofi.
• Chapitre 10:
- La visite de Sidi El Arafi: La voyant aveugle a pu remédier aux
commentaires féminins.
- Le père, absent, parvient à ravir sa petite famille délaissée par l'envoi
d'une somme d'argent.
• Chapitre 11:
- Le martyre dont souffre My Larbi auprès de sa nouvelle épouse.
- Salma, la marieuse, avoue sa responsabilité.
• Chapitre 12:
- L'abstinence du petit Sidi Mohamed aller au Msid.
- Le retour: - du père (joie de la famille), de [Link] (tranquillité d'âme de Lalla
Aicha).
- La réouverture de la boite merveilleuse par le petit enfant, qui s'insinue de nouveau
dans son petit monde
A travers ce découpage, il y a une thématique qui jaillit sans cesse. C’est l’influence de cet
environnement sur la personnalité de Sidi Mohamed, ce qui suggère une opposition profonde
entre l’univers de l’enfant et le monde des adultes, caractérisé par :
La violence verbale et corporelle, L’escroquerie, La naïveté et l’hypocrisie.
5. Les personnages principaux
• SIDI MOHAMMED : enfant âgé de six ans. Il est à la fois le Je : c’est l’auteur-
narrateur- personnage principal, il est le fils de Lalla Zoubida et de Sidi Abdeslem.
• MAALEM ABDESLAM : père de Sidi Mohammed. C’est un homme qui a pratiqué
différents métiers. Il est connu pour sa piété, sa droiture et son caractère taciturne.
• LALLA ZOUBIDA : mère de Sidi Mohammed. Elle est âgée de vingt-deux ans.
Jeune femme alerte et bavarde dotée d’un caractère flamboyant. Mais elle est aussi
une mère tendre, une épouse fidèle et une amie sincère.
• LALLA KANZA : La chouaffa c’est la voyante qui habite au rez-de-chaussée de Dar
chouafa. Le narrateur lui prête des pouvoirs surnaturels.
• RAHMA: voisine de la famille du narrateur. Jeune femme belle qui a une fille, Zineb,
et dont le tempérament oscille entre la violence et la fragilité. Elle s’avère une
excellente conteuse. C’est la femme de Driss el Aouad, fabriquant de charrues.
• ABDALLAH : il est épicier. Le narrateur lui attribue toutes les histoires merveilleuses
qu’il a eu l’occasion d’entendre.
• LE FQIH DU MSID : un grand maigre à barbe noire, dont les yeux lançaient des
flammes de colère et qui habitait rue Jiaf.
• LALLA AÎCHA : amie de Lalla Zoubida . Les deux femmes échangent les visites et
les secrets en présence de Sidi Mohammed.
• La boîte à merveilles : Le véritable ami du narrateur
• FATMA BZIOUYA : locataire de Dar Chouafa. Elle habite le même étage que la
famille du narrateur.
III- Problématique et hypothèse de lecture :
Dans quelle mesure peut-on considérer La Boite à Merveilles comme roman
autobiographique ? Et comment l’auteur a pu faire coexister dans une même forme esthétique
roman (fiction) et histoire (réalité) ?