Les Mérinides : (1244-1465)
1-LES ORIGINES DES MÉRINIDES :
Les Marinides, tribus berbères de la race des Zénètes (Zenatas), opposés aux Arabes
hilaliens, sont d’abord au service des Almohades. Mais, au début du XIIe s., ils profitent
de l’affaiblissement des Almohades pour se retourner contre eux et constituer une
dynastie qui durera près de deux siècles.
Dès 1216, ils engagent une série de razzias qui leur assurent progressivement le
contrôle de la plus grande partie du Maroc septentrional. Battus par les Almohades près
de Fès en 1244, ils reviennent à la charge sous la direction de l’émir Abu Yahya (1244-
1258). Après avoir consolidé ses forces militaires et son autorité morale, celui-ci
s’empare en 1248 des villes de Meknès, de Fès, de Taza, de Rabat et de Salé. Son
successeur, Abu Yusuf Yaqub (1258-1286), exploiter les dissensions internes des
Almohades pour prendre leur capitale Marrakech (septembre 1269) et mettre un
terme à leur dynastie.
2-Apogée du règne Mérinide (XIIIe-XIVe siècles) :
LES MERINIDES ET L’ESPAGNE
Très vite, les Marinides entreprennent des expéditions en Espagne. Présentée comme
une guerre sainte, la lutte contre les chrétiens accroît le prestige de la dynastie. Ces
considérations, ajoutées aux appels des Nasrides de Grenade contre les menaces du
roi de Castille, décident Abu Yusuf Yaqub à franchir le détroit de Gibraltrar. Le sultan
marinide bat les chrétiens en 1275 et écarte pour un temps le danger qui pèse sur le
royaume de Grenade. Mais sa volonté d’hégémonie envenime ses rapports avec les
Nasrides, qui, pour se protéger contre les Marinides, s’entendent avec le roi de
Castille Alphonse X.
LES MÉRINIDES ET LE MAGHREB CENTRAL
Parallèlement à ces entreprises espagnoles, les Marinides manifestent leur volonté
d’hégémonie sur le Maghreb central et l’Ifriqiya. Ils dirigent d’abord leurs attaques
contre leurs voisins immédiats, les Abdalwadides de Tlemcen, dont ils envahissent le
royaume à plusieurs reprises. En 1299, Tlemcen est soumise à un blocus qui durera plus
de huit ans. Cette ville n’est pourtant occupée qu’en 1337 sous Abu al-Hasan et reste
sous la dépendance marinide pendant le règne de son fils Abu Inan (1349-1358).
Abou Yaqub Youssef (1286-1307) et Abou Saïd Othman II (1310-1331) stabilisent le
pouvoir.
Abou al-Hassan Ali (1331-1348), surnommé le "sultan noir", mène des conquêtes en
Afrique du Nord et en Espagne :
o Il reprend Tlemcen (1337) et unifie temporairement le Maghreb sous son
autorité.
o Il tente de reconquérir l’Andalousie, mais échoue à la bataille du Rio Salado
(1340).
Son fils Abou Inan Faris (1348-1358) poursuit son œuvre mais est assassiné.
3-LE DÉCLIN ET LA CHUTE DES MÉRINIDES :
Cette défaite ternit le prestige des Marinides, qui s’engagent alors dans la voie de la
décadence. Repliés sur le Maghreb occidental, ils n’arrivent pas à s’imposer à
l’ensemble de la population. Les tribus arabes sont de plus en plus turbulentes, les
impôts rentrent mal, et les sultans perdent leur pouvoir au profit de leurs vizirs. Ceux-ci
sont les représentants d’une véritable caste de hauts fonctionnaires qui finit par avoir la
main sur tout le royaume, allant jusqu’à désigner les sultans eux-mêmes. Choisis parmi
les mineurs ou les débiles, ces derniers sont soumis à une étroite tutelle. La moindre
réserve peut entraîner leur renversement, voire leur assassinat. C’est ainsi que les
sultans Abu Salim (1359-1361), et Abu Ziyan (1361-1366) sont tour à tour assassinés en
1361 et 1366.
Mais le coup de grâce provient des chrétiens d’Espagne, qui débarquent en 1401 en
Berbérie et détruisent la ville de Tétouan. Quatorze ans plus tard, en 1415, les
Portugais s’emparent à leur tour de Ceuta. Incapables de conjurer la menace
extérieure, les Marinides voient leur autorité sur la population se réduire
considérablement. La dynastie ne peut alors résister aux troubles et aux révolutions de
palais, qui ne cessent de s’aggraver. En 1420, le sultan Abu Said (1398-1420) est
assassiné. Ses successeurs survivent sous la tutelle des Wattasides, et, en 1465, les
Marinides disparaissent définitivement de la scène politique, avec l’assassinat du sultan
Abd al-Haqq (1420-1465).
4. Fin de la dynastie (XVe siècle) :
Les Wattassides, une famille de vizirs, prennent progressivement le contrôle du pouvoir.
En 1465, le dernier sultan mérinide, Abd al-Haqq II, est assassiné à Fès lors d’une révolte.
Les Wattassides remplacent officiellement les Mérinides et règnent jusqu’au XVIe siècle.
5. Héritage des Mérinides:
Ils développent l’architecture marocaine (médersas, mosquées, palais) avec des influences
andalouses.
Fès devient un centre intellectuel et culturel avec la célèbre université Al Quaraouiyine.
Ils favorisent les arts et les sciences malgré une instabilité politique.