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Le baobab africain (Adansonia digitata L.) est un arbre emblématique des zones sahéliennes, caractérisé par son tronc massif et ses fleurs pendulaires. Il produit des fruits riches en vitamine C et en nutriments, utilisés dans diverses préparations culinaires, tandis que ses feuilles et graines sont également consommées. Le potentiel économique de la pulpe de fruit est prometteur, nécessitant une évaluation des marchés locaux et des recherches sur son agronomie.

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Le baobab africain (Adansonia digitata L.) est un arbre emblématique des zones sahéliennes, caractérisé par son tronc massif et ses fleurs pendulaires. Il produit des fruits riches en vitamine C et en nutriments, utilisés dans diverses préparations culinaires, tandis que ses feuilles et graines sont également consommées. Le potentiel économique de la pulpe de fruit est prometteur, nécessitant une évaluation des marchés locaux et des recherches sur son agronomie.

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Article original

Le baobab africain (Adansonia digitata L.) :


principales caractéristiques et utilisations
Aïda Gabar DIOPa, Mama SAKHOb, Manuel DORNIERa,c*, Mady CISSEb, Max REYNESc

a
École nationale supérieure The African baobab tree (Adansonia digitata L.): principal characteristics
des industries alimentaires, and uses.
Section industries alimentaires Abstract –– Introduction. Very characteristic of Sahelian areas, Adansonia digitata L. belongs
régions chaudes (Ensia-Siarc), to the Bombacaceae family. Essentially exploited in a spontaneous state for its fruits or its leaves,
1101 av. Agropolis, CS 24501, the baobab plays an important role in the local traditional cultures. The plant. This very big tree
34093 Montpellier Cedex 5, is clearly distinguishable from the other Adansonia species endemic in Madagascar and Australia,
France mainly by its very large trunk (up to 10 m in diameter), its pendular flowers and its rounded crown.
dornier@[Link] It produces (150 to 300) g dry berries with a woody epicarp, most of the time ovoid, called “monkey
bread”. These fruits contain many seeds in a whitish and floury pulp. The compounded leaves
b
École supérieure consist of five to seven digitate leaflets. The baobab distribution area is very large. Very rustic, it
is found in most of South Sahara's semi-arid and sub-humid regions as well as in the west side
polytechnique (ESP), BP 5085,
of Madagascar. The plant phenology depends on the rains profile, flowering and foliation occurring
Dakar-Fann, Sénégal during the rainy season. Pollination is done by bats. The tree can be propagated by seeding or
c vegetative multiplication. The fruit. It consists of (14 to 28)% of pulp with a low moisture content,
Centre de coopération acidic, starchy, rich in vitamin C, in calcium and magnesium. After separating of the seeds, the
internationale en recherche pulp is traditionally used as an ingredient in various preparations or to make beverages. In spite
pour le développement (Cirad), of some deficiency in lysine and the presence of some anti-nutritional factors, the seeds are an
av. Agropolis, TA 50/PS4, interesting protein source. They contain about 15% of lipids. After cooking or grilling, they are
34398 Montpellier Cedex 5, either directly consumed or used like thickeners in powder form. The leaves. They are rich in
France vitamins (especially C and A) and in iron, and contain mucilage (10% dm). The youngest can be
consumed as vegetables, but they are often dried and then reduced into powder. Conclusion.
Among the food products obtained from the baobab, the fruit pulp seems to have the strongest
economic potential. Nevertheless, the local markets have to be evaluated. The development of
the production of baobab fruits needs more investigation into the agronomy of the tree.
Senegal / Adansonia digitata / agronomic characters / fruits / leaves

Le baobab africain (Adansonia digitata L.) : principales caractéristiques et


utilisations.
Résumé –– Introduction. Très caractéristique des zones sahéliennes, Adansonia digitata L.
appartient à la famille des Bombacacées. Essentiellement exploité à l’état spontané pour ses fruits
ou ses feuilles, le baobab est ancré dans les cultures traditionnelles locales. La plante. Cet arbre
imposant se distingue des autres espèces d’Adansonia endémiques à Madagascar et à l’Australie
par son tronc très massif (10 m de diamètre), ses fleurs à port pendulaire et sa cime arrondie. Il
produit des baies sèches de (150 à 300) g, à épicarpe très lignifié, le plus souvent ovoïdes et dénom-
mées pain de singe. Les nombreuses graines sont noyées dans une pulpe blanchâtre et farineuse.
Les feuilles composées comportent cinq à sept folioles digitées. L’aire de répartition du baobab
est vaste. Très rustique, il est rencontré dans la plupart des régions semi-arides et subhumides du
sud du Sahara ainsi que dans l’ouest de Madagascar. La phénologie de la plante est liée à la plu-
viométrie, la floraison et la feuillaison se déroulant pendant la saison humide. La pollinisation est
* Correspondance et tirés à part assurée par des chauves-souris frugivores. La plante peut être propagée par semis ou multiplication
végétative. Le fruit. Il se compose de (14 à 28) % d’une pulpe à faible teneur en eau, acide, amy-
lacée, riche en vitamine C, en calcium et magnésium. Après séparation des graines par voie sèche
ou humide, cette pulpe entre traditionnellement dans diverses préparations ou permet d’élaborer
Reçu le 23 mars 2005
des boissons. Malgré une déficience en lysine et la présence de quelques facteurs antinutritionnels,
Accepté le 20 septembre 2005 les graines sont une source intéressante de protéines. Elles contiennent environ 15 % de lipides.
Après cuisson ou grillage, elles sont consommées directement ou utilisées comme épaississant sous
forme de poudre. Les feuilles. Elles sont riches en vitamines (notamment C et A), en fer et
Fruits, 2005, vol. 61, p. 55–69 contiennent des mucilages (10 % ms). Les plus jeunes peuvent être consommées comme légume
© 2005 Cirad/EDP Sciences mais le plus fréquemment elles sont séchées puis réduites en poudre. Conclusion. La pulpe du
fruit semble être le produit alimentaire issu du baobab qui présente le plus fort potentiel écono-
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mique. Néanmoins, les marchés locaux restent à évaluer. Pour envisager le développement de la
DOI: 10.1051/fruits:2006005 production, la culture contrôlée de la plante mériterait d’être envisagée.
RESUMEN ESPAÑOL, p. 69 Sénégal / Adansonia digitata / caractère agronomique / fruits / feuille

Fruits, vol. 61 (1) 55

Article published by EDP Sciences and available at [Link] or [Link]


A.G. Diop et al.

1. Introduction tions les plus importantes disponibles dans


la littérature sur ce sujet ; c’est une synthèse
Le baobab est originaire d’Afrique tropicale. générale destinée à mieux évaluer le poten-
Il est mentionné dès 1354 dans les récits des tiel de développement local du baobab.
voyages d’Ibn Battuta, célèbre explorateur
arabe de la première moitié du XIVe siècle.
Cité pour la première fois en 1592 par Pros- 2. La plante
pero Alpino, physicien et herboriste véni-
tien, le mot baobab serait une translittéra- 2.1. Principales caractéristiques
tion du terme arabe « bu hibab » signifiant
des espèces du genre Adansonia
« fruit aux nombreuses graines ». L’origine
du terme est néanmoins controversée. Au Le genre Adansonia appartient à la famille
XVe siècle, dans sa Cronica dos Feites da
des Bombacacées et à l’ordre des Malvales,
Guiné, l’explorateur portugais Gomes Eanes au même titre que le kapokier ou le froma-
de Zurara nommera la plante calebassier ger [3]. Il comprend huit espèces. Six espè-
(« cabaçevre » en portugais), dénomination ces sont endémiques à Madagascar : A. gran-
qui sera couramment utilisée jusqu’au didieri Baill., A. madagascarensis Baill.,
e
XVIII siècle. Une description détaillée de la
A. perrieri Capuron, A. rubrostipa Jum. &
plante fut proposée vers 1750 par Michel H. Perrier, A. suarezensis H. Perrier et A. za
Adanson, botaniste français ayant séjourné Baill. (figure 1). L’espèce A. gibbosa
plusieurs années au Sénégal. Il mentionne (A. Cunn.) Guymer ex D. Baum est confinée
pour la première fois le terme « pain de au nord-ouest de l’Australie (district de Kim-
singe » pour ses fruits. En référence à ce berley et région des rivières Victoria et Fitz-
botaniste qui en rapporta des échantillons maurice). Enfin, A. digitata L., qui est pré-
à Paris, Carl von Linné et Bernard de Jussieu sente sur le continent africain, est l’espèce
proposèrent à cette époque le nom scienti- la plus répandue et la mieux décrite. Les dif-
fique définitif de l’arbre : Adansonia digi- férentes espèces de baobabs ont pu être
tata L. [1, 2]. caractérisées par un certain nombre d’élé-
Cet arbre séculaire, imposant par sa taille, ments (tableau I) [4–7].
est le plus massif des espèces ligneuses con- Le genre Adansonia correspond à des
nues. Contrairement aux autres espèces du arbres à cime le plus souvent compacte, de
genre Adansonia qui sont strictement endé- (5 à 30) m de haut, avec un tronc de (2 à
miques à Madagascar ou à l’Australie, A. digi- 10) m de diamètre. L’écorce est de couleur
tata est présent dans la plupart des régions grise ou rouge. Elle est très fibreuse dans sa
subhumides à semi-arides du sud du Sahara. partie interne. Le bois mou est gorgé d’eau
Remarquable par sa forme particulière et sa et possède une structure stratifiée. Les
grande taille, le baobab est très caractéristi- feuilles sont caduques, composées et pal-
que des paysages de savanes en zones sahé- mées. Elles comportent de 5 à 11 folioles
liennes. Il y tient une place prépondérante aiguës ou apiculées à l’apex, à marge entière
dans les cultures et les croyances autochto- ou dentelée. Les fleurs hermaphrodites sont
nes et est souvent choisi comme emblème isolées, exceptionnellement par paire, axil-
régional. Essentiellement exploité à l’état laires, pentamériques et à pétales libres.
sauvage, le baobab produit des fruits dont L’ovaire est supère et pubescent. Le fruit est
la pulpe et les graines sont traditionnelle- une baie polysperme, ovoïde, indéhiscente
ment consommées par les populations loca- et à épicarpe lignifié. Les graines réniformes
les. Ses feuilles sont également utilisées sont nombreuses et entourées d’une pulpe
comme ingrédients dans diverses prépara- blanchâtre généralement sèche.
tions culinaires.
Notre travail bibliographique s’est inscrit 2.2. Adansonia digitata : éléments
dans un projet de développement de la valo- de botanique
risation de divers fruits traditionnellement
produits au Sénégal. L’article propose une Adansonia digitata est un arbre imposant et
sélection et une compilation des informa- très massif (figure 2). Il mesure couramment

56 Fruits, vol. 61 (1)


Le baobab africain

de (15 à 20) m de haut. Son tronc cylindri- brunâtre ou violacée. Elle exsude une gomme
Figure 1.
que, souvent renflé à la base, peut atteindre en cas de blessure.
Aire de répartition
10 m de diamètre. Bien que la dendrochro- Les feuilles atteignent jusqu’à 20 cm de approximative d’Adansonia
nologie ne puisse être utilisée sur les vieux diamètre (figure 3). Caduques en saison digitata et localisation des
arbres du fait de la présence fréquente de sèche, elles sont alternes, digitées et présen- autres espèces d’Adansonia.
creux dans le tronc, ceux dont le diamètre tent cinq à sept folioles oblongues [(2 à
est supérieur à 5 m correspondraient à des 7) cm × (5 à 16) cm], longuement pétiolées
individus très probablement âgés de plus de (8 à 16) cm, acuminées à l’apex, décur-
1000 ans [2, 3]. La cime de A. digitata est rentes à la base, qui comportent 13 à 20 pai-
arrondie et souvent assez régulière. La des- res de nervures secondaires. Le limbe, à
cription des principaux éléments caractéris- marge entière ou denticulée, est le plus sou-
tiques de la plante a donné lieu à diverses vent glabre et brillant sur sa face supérieure
publications [1, 4–8]. Nous les avons synthé- et légèrement pubescent sur sa face infé-
tisées. rieure.
Le tronc se ramifie au sommet en plu- Les fleurs sont de couleur blanche parfois
sieurs branches courtes et larges, souvent verdâtre ou brunâtre (figure 3). Elles mesu-
irrégulières et tortueuses. Il est constitué de rent de (8 à 20) cm de diamètre et sont sus-
tissus parenchymateux, riches en mucilages pendues à un pédoncule de 15 cm à 1 m de
et gorgés d’eau ce qui permet à la plante de long. A. digitata est ainsi la seule espèce qui
faire face aux longues périodes de séche- présente des fleurs pendulaires, les fleurs
resse. La quantité d’eau emmagasinée par la étant érigées sur un court pédoncule pour
plante est très importante, estimée pour cer- toutes les autres. Les pétales sont ovales,
tains individus à plus de 120 m3. Son bois aussi larges que longs, arrondis à leur extré-
est très mou, fibreux et spongieux et n’a pas mité et souvent légèrement pubescents. Ils
d’utilisation commerciale. Son écorce épaisse présentent de très nombreuses nervures
est molle et fibreuse. Elle est recouverte rayonnantes. Les fleurs comportent de 700
d’une pellicule lisse, gris argenté, parfois à 1600 étamines et des ovaires de cinq à dix

Fruits, vol. 61 (1) 57


Tableau I.
Éléments de comparaison entre les espèces du genre Adansonia [4–7].

Espèce Taille1 (m) Morphologie Fleur Feuilles Écorce Fruits


[localisation]
H Øtronc Tronc Cime

58
A. digitata L. 20 7 Massif, Souvent Ø 8–20 cm, aussi longue que large Alternes, jusqu’à 20 cm de Ø Grise à violacée, Pendulaires, ovoïdes à
[Afrique] cylindrique régulière, Port pendulaire 5–7 folioles oblongues [(2–7 × 5– lisse, parfois oblongs (7–20 × 7–54 cm),
arrondie (pédoncule 10–100 cm) 15) cm], acuminées à l’apex, décur- irrégulièrement 150–350 g, épicarpe très ligni-
Pétales courts (4–9 cm), blancs rentes à la base, pétiole 8–16 cm, tuberculée fié et duveteux (0,8–1 cm), bru-
Bouton floral globuleux 5–7 cm limbe entier ou denticulé nâtre à jaunâtre ou verdâtre

A. grandidieri Baill. 25 3 Élancé, Irrégulière, Port érigé 9–11 folioles glauques, étroites, Rouge grisâtre, Sphériques, rougeâtres,
A.G. Diop et al.

Fruits, vol. 61 (1)


[Madagascar] légèrement aplatie Pétales blancs, rougeâtres lancéolées, pubescentes, lisse épicarpe peu épais et fragile,
conique ou jaunâtres pétioles courts grosses graines, environ 300 g

A. madagascarensis 15 5 Massif, Irrégulière, Port érigé (pédoncule court) 5–7 folioles elliptiques, larges Gris clair, lisse Légèrement ovoïdes
Baill. cylindrique arrondie Pétales longs (13 cm), rouges (plus de 2 cm), (Ø ≈ 10 cm), souvent
[Madagascar] Bouton floral 15–28 cm pétioles 6–7 cm plus larges que longs

A. perrieri Capuron 15 2 Élancé, Irrégulière, Port érigé (pédoncule court) Voisines de celles de A. gibbosa – Jusqu’à 30 cm
[Madagascar] légèrement aplatie Pétales longs, blancs ou jaunâtres
conique Bouton floral 15–28 cm

A. rubrostipa Jum. & H. 5 3 Massif, Irrégulière, Port érigé Folioles dentelées, Marron rougeâ- Sphériques, environ 200 g
Perrier cylindro- aplatie Pétales jaunes ou oranges étroites (moins de 2 cm) tre, rugueuse
[Madagascar] conique Bouton floral 15–28 cm

A. suarezensis H. Perrier 15 2 Élancé, Régulière, Port érigé 6–9 folioles oblongues, arrondies ou Allongés, épicarpe dur et
[Madagascar] cylindrique aplatie Pétales longs, rouges, acuminées, minces, membraneuses, – ligneux, grosses graines
fleurs de grande taille rugueuses, pétioles 0,4–0,8 cm

A. za Baill. 15 5 Massif, Irrégulière, Port érigé (pédoncule court) 3–7 folioles lancéolées ou elliptiques, Grise Ovoïdes, 10–30 cm de long,
[Madagascar] cylindrique arrondie Pétales longs, jaunes à rouges larges (plus de 2 cm), atténués à la environ 200 g, couleur foncée
Bouton floral 15–28 cm base et acuminés au sommet,
pétioles 6–12 cm

A. gibbosa (A. Cunn.) 10 5 Massif, Irrégulière, Port érigé (pédoncule court) 3–7 folioles oblongues, cunéiformes, Grise, lisse Ovoïdes
Guymer ex D. Baum cylindro- arrondie Pétales longs (18–20 cm), acuminées, larges (plus de 2 cm)
[Australie] conique blancs ou crèmes
Bouton floral 10–15 cm

1
Valeurs caractéristiques. H = hauteur.
Le baobab africain

loges. Le bouton floral est globuleux ou


ovale et mesure de (5 à 7) cm de diamètre.
Son apex est conique ou apiculé.
Le fruit, appelé pain de singe ou « buy »
en Wolof, est de forme et de taille assez
variables. Il est le plus souvent ovoïde
(figure 3), mais il peut également présenter
une forme sphérique, fusiforme, très allon-
gée ou en massue [(7 à 20) cm × (7 à 54) cm].
Il pèse entre (150 et 350) g. L’apex parfois
apiculé est pointu ou arrondi. L’épicarpe
très lignifié a une épaisseur de (0,8 à 1) cm.
Sa surface est duveteuse, de couleur brunâ-
tre, jaunâtre ou verdâtre. Les graines, appe-
lées « gif » en Wolof, sont noires à brun
foncé ; elles mesurent [(10 à 13) × (8 à 10) ×
(4 à 5)] mm et pèsent environ 0,4 g. Elles
sont noyées dans une pulpe sèche, crayeuse,
blanche à crème, et fragmentée en mor-
ceaux anguleux qui sont reliés entre eux par Figure 2.
un enchevêtrement de grosses fibres brunes Mozambique, les populations d’ A. digitata Vue d’ensemble d’Adansonia
rougeâtres. L’amande qui représente envi- sont côtières ou dispersées dans les zones digitata.
ron 55 % du poids de la graine est difficile de basse altitude et dans la savane. En
à séparer de ses téguments et renferme une Angola et en Namibie elle est plutôt trouvée
dans les régions boisées, tandis qu’au Figure 3.
huile comestible [9].
Zimbabwe et au nord de l’Afrique du Sud Fleur, feuille et fruits
L’arbre développe un système radiculaire d’Adansonia digitata.
latéral assez important. Les radicelles peu-
vent s’étendre jusqu’à 50 m du tronc et 10 m
de profondeur. Ce volume d’exploitation
souterraine permet aux baobabs de trouver
l’eau nécessaire à leur végétation. Néan-
moins, les racines principales dépassent
rarement quelques mètres et restent super-
ficielles. Certaines d’entre elles sont tubéri-
sées à leur extrémité.

2.3. Répartition
A. digitata est indigène des steppes sahé-
liennes et des savanes soudano-sahéliennes
[2, 4, 10]. Cette espèce de baobab est pré-
sente dans la plupart des régions semi-ari-
des et subhumides du sud du Sahara
(figure 1). Elle est souvent localisée à proxi-
mité des habitations. La zone de distribution
du baobab est très vaste. À l’Ouest, elle
s’étend du Cap-Vert aux plaines côtières du
Ghana, Bénin et Togo. Au Nord, elle est limi-
tée par le Sahara. En Érythrée et en Somalie,
l’arbre est typique des plaines, tandis qu’au
Soudan il se développe dans les montagnes
du Nouba et jusqu’à 1500 m d’altitude en
Éthiopie. Au Kenya et plus au Sud vers le

Fruits, vol. 61 (1) 59


A.G. Diop et al.

c’est une composante de la savane. Elle s’est


Tableau II. également répandue dans certaines zones
Quelques noms vernaculaires donnés à Adansonia digitata L. [2–4]. au climat plus équatorial comme au Gabon
ou en république démocratique du Congo
Région Langue Nom vernaculaire et sur les îles africaines à saison sèche mar-
quée (ouest de Madagascar, Comores, Sao
Afrique occidentale
Tomé). Cette vaste zone de distribution sur
Burkina Faso, Bambara Sira
le continent africain est notamment liée au
Côte- d’Ivoire, Mali, Baoulé Fromdo
Sénégal
peu d’exigences de la plante quant à la qua-
Diola Bubak, buba, bubakabu lité du sol, qui a néanmoins une préférence
Dogon Oro pour les sols calcaires, et à la large gamme
Foula Boé, Bohi de conditions climatiques admise [2, 4, 11].
Malinké Bavdi, sirra, boki
Le baobab est en effet présent dans des
zones à pluviométrie annuelle de 90 mm
Mancagne, Bedôgal, bedoal, bebak,
(sud de la Mauritanie) à 1400 mm. Il montre
Mandjaque bedomhal, brungal
cependant une prédilection pour les zones
Mandingue, Socé Sito, sira
de (200 à 800) mm de précipitations
Maure Téydum, téyhum, téyduma annuelles présentant une saison humide de
Moré Trega, twega, toayga, toéga (2 à 6) mois et une température moyenne
Ndoute Ba annuelle comprise entre (20 et 30) °C. Il est
Niominka Bak également probable que la dissémination
None, Safèn Boh
des graines par zoochorie (ingestion par
divers mammifères comme les singes, les
Poular, Toucouleur Boy, boïo, bore, bôki, boko,
rats, les écureuils, les éléphants ou par les
bavdé, babbe, olohi
oiseaux) et par l’homme ait contribué à cette
Sarakolé Kidé
remarquable extension. Les principaux noms
Senoufo Ngigne vernaculaires que porte le baobab en Afri-
Sérère Bâk, mbak que continentale ont pu être répertoriés
Sonrai Konian, ko (tableau II) [2–4].
Soussou Kiri Au Sénégal, des peuplements d’A. digi-
Tandanké Mamak, gamak, amak tata sont présents dans tout le pays. Selon
Wolof Guy l’Institut sénégalais de recherches agricoles
Afrique centrale
(ISRA), les deux principales zones produc-
trices de pain de singe sont les régions de
Niger, Nigeria, Arabe (Tchad) Hamar, hamaraya, hahar
Kaolack et de Tambacounda, notamment
Tchad Foulani Boki sur les axes Kounguel-Kossanar et Bakel-
Haoussa Kuka Goudiri avec des peuplements très consé-
Afrique orientale quents à Salémata, Fongolembi et Kédou-
gou. Des populations plus dispersées sont
Égypte, Éthiopie, Amhara Bamba
Kenya, également exploitées pour la production de
Arabe (Egypte) Habhab
Mozambique, fruits dans les régions de Thiès (notamment
Arabe (Soudan) Tebeldi, humr, homeira Nguekhokh et Tivaouane), Louga, Matam et
Somalie, Soudan,
Tanzanie, Chichewa Mnambe, Mlambe Saint-Louis [3].
Zimbabwe Kamba Mwambo
Notons enfin que le baobab a été exporté
Masaï Olimisera d’Afrique, notamment par les commerçants
Mérou Muramba arabes, portugais et français. Il est ainsi loca-
Ndebele Umkhomo lement implanté dans de nombreuses régions
Nkondé Mbuy d’Asie (Inde, Sri Lanka, Malaisie, Java, Phi-
Somalie Yag lippines, Taiwan), dans le sud de la pénin-
sule Arabique, dans bon nombre d’îles de
Swahili Mbuyu
l’arc caraïbe, en Guyane, en Floride, à Hawaï,
Tigre Hemmer, dumma
à l’île de la Réunion, ou encore en Nouvelle-
Yao Mlonje Calédonie.

60 Fruits, vol. 61 (1)


Le baobab africain

2.4. Phénologie

La phénologie de la plante est étroitement


liée au cycle pluviométrique. La période de
floraison est extrêmement variable en fonc-
tion de la localisation. Dans les régions à cli-
mat tropical, elle a généralement lieu au
cours de la saison humide : mai à juillet en Figure 4.
Afrique de l’Ouest, octobre à décembre bois, aux fruits ou aux jeunes pousses ont Schéma de la phénologie
dans le sud du continent et à Madagascar. parfois été mentionnés [2, 4]. Cet arbre est moyenne d’Adansonia
Elle n’est jamais observée en pleine saison suspecté de servir d’hôte intermédiaire à digitata L. au Sénégal [12].
sèche. La floraison n’est pas nécessairement certaines infections du coton et du cacao. Il
concomitante à la feuillaison [2, 4]. Elle est est donc souvent éliminé à proximité des
progressive et s’échelonne sur plusieurs zones de productions cotonnières et
semaines. Les fleurs, très éphémères, s’épa- cacaoyères.
nouissent à la tombée de la nuit. Elles ne res-
tent ouvertes que (16 à 20) h et ne durent
2.6. Culture
qu’une nuit. La pollinisation est essentielle-
ment assurée par divers mégachiroptères Dans la plupart des cas, le baobab n’est pas
frugivores (roussettes) comme Eidolon hel- cultivé. Il est exploité comme ressource
vum, Epomophorus gambianus ou Rouset- forestière naturelle. Néanmoins, l’exploita-
tus aegyptiacus qui se nourrissent du nectar tion contrôlée de la plante pour une pro-
et du pollen des fleurs. Celles-ci émettent en duction de fruits est à l’étude. Des essais
effet un parfum aigrelet, soufré, voire putride, sont également menés au Mali pour la pro-
qui attire ces animaux. D’autres vecteurs duction de feuilles.
comme le vent, certains insectes (fourmis,
papillons) ou lémuriens (à Madagascar) sont Le baobab se reproduit habituellement
secondairement suspectés sans que cela ne par semis direct [2, 4, 13]. Un kilogramme de
soit vraiment démontré. Après la pollinisa- semences contient entre 2000 et 3000 grai-
tion, le développement des fruits dure de (5 nes. La germination requiert (3 à 5) semai-
à 6) mois. nes. Afin de l’accélérer, les graines sont tra-
ditionnellement soit scarifiées, soit immergées
Au Sénégal [12], la floraison commence avant semis (1 à 2) jours dans de l’eau froide
en juin avec le début de la saison des pluies ou une quinzaine de minutes dans de l’eau
(figure 4). Les feuilles apparaissent en même bouillante. Les taux de germination sont
temps que les fleurs et persistent jusqu’au dans ce cas souvent médiocres, parfois infé-
mois d’octobre. Entre août et octobre, le fruit rieurs à 10 %, alors qu’un trempage dans une
se forme et croît (allongement du fruit et solution d’acide sulfurique ou nitrique con-
développement des graines) pour atteindre centrée suivi d’un rinçage à l’eau froide per-
sa taille finale. La coque est alors verte et met d’obtenir un taux de germination supé-
humide. De novembre à janvier, le fruit rieur à 86 %. Les durées de traitement
sèche sur l’arbre. Lorsque la coque brunit, recommandées sont très variables selon les
le fruit est prêt à être récolté. La récolte se auteurs : 15 min à 12 h pour le trempage
déroule entre janvier et février principale- acide et 10 min à 24 h pour le rinçage.
ment, mais elle a aussi lieu tout au long de
l’année car le fruit se conserve pendant de Généralement, les semis se font en godet
long mois sur l’arbre. par poquet de trois graines, 3 à 5 mois avant
la saison des pluies. Les plantules émergent
de terre après 4 jours à 3 semaines. Lorsque
2.5. Maladies et ravageurs la pluviométrie augmente, les plantules de
(40 à 50) cm de haut sont disposées en
Le baobab est une plante très rustique, peu pleine terre dans des trous de (40 à 60) cm
sensible aux maladies et ravageurs. Cepen- de diamètre et de profondeur. Compte tenu
dant, quelques rares maladies fongiques ou de la taille des individus adultes, l’écarte-
virales et quelques insectes s’attaquant au ment doit être important (> 10 m). Selon la

Fruits, vol. 61 (1) 61


A.G. Diop et al.

localisation, le baobab commence à pro- plus de 70 % de la matière sèche et se com-


duire des fruits (8 à 23) ans après la germi- posent pour moitié de sucres solubles.
nation [4] à condition de ne pas récolter ses Parmi les sucres solubles, le glucose est
feuilles pour laisser l’arbre développer son le moins représenté, mais la teneur en sucres
fût. Les pousses du baobab étant broutées réducteurs (glucose + fructose) est supé-
par le bétail, il est nécessaire de les protéger. rieure à la teneur en saccharose. La pulpe
Dans des conditions pédoclimatiques satis- semble contenir beaucoup d’amidon et de
faisantes, la croissance peut être assez composés pectiques, pour la plupart solu-
rapide : environ 3 cm·an–1 en diamètre et de bles dans l’eau et faiblement méthoxylés
(0,8 à 2) m·an–1 en hauteur [3, 4, 14]. La [24]. Néanmoins, la nature et les teneurs en
quantité annuelle de fruits produits par polyosides présents dans la pulpe n’ont fait
arbre semble très variable, mais elle serait l’objet que de peu d’études et mériteraient
en moyenne de 200 kg [4]. La production est d’être vérifiées.
parfois alternante, des arbres ne produisant
aucun fruit certaine année. La pulpe est relativement riche en fibres
(7 g·100 g–1 en moyenne), mais les valeurs
Le baobab se prête bien à la multiplica- varient beaucoup d’un auteur à l’autre.
tion végétative : bouture de tiges ou gref-
fage [4]. Une technique de greffage mise au L’acidité titrable est élevée (> 40 mEq·
point au Mali utilise des plants d’environ 100 g–1). Parmi les acides organiques pré-
3 mois comme porte-greffe. Les greffons sents, l’acide citrique semble être majoritaire
sont prélevés sur des individus choisis pour et associé à l’acide malique. La présence
la qualité de leurs fruits (richesse en vita- d’acide tartrique est controversée.
mine C, par exemple). Le taux de réussite La teneur en lipides est généralement
est compris entre (46 et 98) %. Cette tech- inférieure à 2 g·100 g–1. Les acides palmiti-
nique permet non seulement d’obtenir des que et linolénique sont les acides gras les
plants appropriés pour la production de plus représentés [17] (tableau IV). La teneur
fruits, mais elle conduit également à des en protéines est voisine de 1,5 g·100 g–1 et
arbres plus petits, ce qui facilite la récolte tous les acides aminés essentiels sont pré-
des fruits, et surtout à des floraisons obser- sents. Il est probable que les teneurs les plus
vées dès la troisième année. Cela représente élevées relevées pour les fibres et les lipides
un avantage considérable par rapport à la soient liées à une mauvaise séparation de la
propagation par semis. pulpe et des graines lors de l’échantillonnage.
La pulpe est riche en composés miné-
raux. Comme dans la plupart des fruits, le
3. Le fruit potassium prédomine et le sodium est peu
présent. En revanche, les teneurs en cal-
cium, en magnésium et en phosphore sont
3.1. Composition et utilisations exceptionnellement élevées. Enfin, la pulpe
contient du cuivre, du fer, du manganèse et
La composition de la pulpe et des graines
du zinc. La qualité vitaminique du produit
de pain de singe (tableau III) est soumise à
est intéressante. Sa teneur en acide ascorbi-
de très grandes variations qui sont évidem-
que, le plus souvent comprise entre (200 et
ment liées à la variabilité de la matière pre-
500) mg·100 g–1, positionne le pain de
mière (habitat, maturité, conditions de con-
singe parmi les fruits riches en vitamine C.
servation des échantillons), mais également
Cette teneur semble très variable en fonction
aux diverses méthodes d’analyse utilisées.
de l’arbre et de la maturité du fruit. Les vita-
3.1.1. La pulpe mines B1, B2, B6 et A y sont également pré-
sentes en quantités notables. Après extrac-
La pulpe représente entre (14 et 28) % de tion à sec de la pulpe du fruit, la teneur en
la masse totale du fruit [7, 15]. Elle se carac- vitamines, notamment en acide ascorbique,
térise par une faible teneur en eau, le plus chute significativement après quelques semai-
souvent voisine de 15 %. Comme pour la nes de stockage à température ambiante,
plupart des fruits, les glucides représentent même en emballages clos [25, 26].

62 Fruits, vol. 61 (1)


Tableau III.
Composition de la pulpe du fruit, des graines et des feuilles d’Adansonia digitata L. [1, 3, 4, 7, 11, 15–23].
Partie Énergie Acidité Matière Glucides Sucres solubles Saccharose Glucose Fructose Amidon Composés Cellulose Fibres Lipides
étudiée MJ·kg–1 titrable sèche totaux totaux pectiques
(mEq·kg–1)
(g·kg–1)
Pulpe du fruit 8,1–13,9 400–630 662–953 444–804 51–346 81–102 67–85 142–179 481 450 11 11–430 1–41
base humide
Graines 15,0–21,4 – 919–964 48–568 64 3 19 43 625 – – 68–169 84–313
base humide
Feuilles 11,8–19,0 – – 138–700 34 – – – – – 114–183 110–160 23–100
base sèche

Partie Protéines Ala Arg Asp Cys Glu Gly His Ile Leu Lys Met Phe Pro Ser Thr Trp Tyr Val
étudiée
(g·kg–1)

Pulpe du fruit 14–15 1,1–1,9 0,9–1,8 2,0–2,5 0,9–1,2 2,1–3,3 1,0 0,3 0,8–1,1 1,1–1,8 1,1–1,3 0,1–0,2 0,8–1,7 1,4–1,9 1,0–1,3 0,6–1,1 0,2 0,5–0,9 0,9–1,3
base humide
Graines 144–378 10 2 19 3 45 10 5 8 13 10 2 10 9 11 6 3 5 11
base humide
Feuilles 103–150 7 7–9 10–13 2–3 11–13 6 2 5–7 9 6 1–2 6 6–7 5 4 2 4–5 6–7
base sèche

Partie Cendres Al Ca Cu Ba Fe K Mb Mg Mn Na P Zn
étudiée (g·kg–1)
(mg·kg–1)

Pulpe du fruit 18–53 – 1560–6550 98 – 14–76 7260 – 2090–2300 8–21 7–46 600–3840 9–21
base humide
Graines 22–151 – 2270–3674 – – 14 – – 3274 10 16–18 5710–15250 9–24
base humide
Feuilles 85–160 228–2870 3070–40200 1–12 182–454 150–490 3210–16400 9–20 3120–5490 31–89 1630 297–6700 19
Le baobab africain

Fruits, vol. 61 (1)


base sèche

63
Partie Acide ascorbique Thiamine (B1) Riboflavine (B2) Niacine (B3) Pyridoxine (B6) Pro-vitamine A (éq. rétinol)
étudiée (g·kg–1)
(mg·kg–1)

Pulpe du fruit 0,2–5,0 0,1–10,0 0,6–0,9 5–22 0,02–0,2 0,03–3,0


base humide
Graines – 13 1,3 14 – –
base humide
Feuilles 3,8–5,3 1,3–1,5 9,3 5 – 10–85
base sèche
A.G. Diop et al.

La pulpe est la composante du fruit la plus les acides aminés essentiels mais la lysine y
largement valorisée. La séparation des grai- est limitante comme dans l’arachide [18]. La
nes et des fibres de la pulpe est réalisée soit teneur en acides aminés soufrés est com-
par voie sèche (pilage modéré puis tami- prise entre (57 et 86) % du standard OMS
sage) pour obtenir une poudre, soit par voie [4]. Les graines contiennent environ 15 % de
humide (trempage/malaxage dans l’eau puis lipides renfermant principalement les acides
tamisage) pour obtenir un produit de con- palmitique, oléique et linoléique (tableau IV).
sistance pâteuse à liquide. La pulpe est alors On y trouve également des acides gras
utilisée directement comme ingrédient dans cyclopropéniques (acides malvalique, ster-
diverses préparations pour ses propriétés culique et dihydrosterculique), composés
liante, épaississante et acidifiante [2, 4, 9, 18, potentiellement cancérigènes, à des con-
27]. Elle entre ainsi dans la composition de centrations jusqu’à cinq fois supérieures à
nombreuses préparations céréalières telles celle des graines de coton. Elles sont riches
les bouillies ou couscous (par exemple, le en calcium, phosphore et magnésium. Il a
« mutchoyan » au Bénin ou le « ngalakh » au été démontré que les graines contiennent
Sénégal), de sauces ou de crèmes d’accom- des tanins, un inhibiteur trypsique, un inhi-
pagnement (par exemple, crème sucrée à biteur amylasique et un alcaloïde spécifique,
base d’arachides grillées et pilées au Séné- l’adansonine. Le décorticage et les divers
gal). Elle est parfois utilisée pour faire coa- modes de préparation traditionnels permet-
guler le lait, pour activer la fermentation tent de ramener les teneurs en ces éléments
alcoolique de boissons à base de jus de can- à des niveaux acceptables pour la consom-
nes à sucre ou de bières de céréales, ou pour mation [29–31].
épaissir des préparations sucrées cuites à Une fois décortiquées, les graines peu-
base de fruits locaux (mangue, orange, ditax, vent être consommées après trempage dans
etc.). Enfin, additionnée d’eau ou de lait à de l’eau froide ou chaude éventuellement
raison de (200 à 400) g·L–1, la pulpe du fruit acidifiée ou alcalinisée, cuisson à l’eau
du baobab peut être utilisée pour obtenir bouillante, fermentation (par la flore endo-
des boissons sucrées riches en vitamine C gène, à 25–30 °C dans des feuilles de bana-
[28] ou pour élaborer des sorbets. Sur les nier par exemple), séchage (le plus souvent
marchés de Dakar, le prix du pain de singe séchage solaire pendant environ 24 h) ou
débarrassé de sa coque (pulpe + graines + grillage/torréfaction. La torréfaction des grai-
fibres) varie de (300 à 400) FCFA·kg–1 selon nes fermentées conduit à un succédané de
la période de l’année. café. Le broyage au pilon de la graine per-
met d’en extraire une huile alimentaire. Pilées,
3.1.2. Les graines
les graines servent d’épaississant dans de
À raison d’une centaine par fruit, les graines nombreuses sauces, soupes ou sont utilisées
représentent environ 60 % en poids du fruit en association avec d’autres ingrédients
débarrassé de sa coque. Leur teneur en pro- (arachides par exemple) pour la préparation
téines est élevée, voisine de celle du néré de crèmes sucrées. Notons cependant que
(tableau III). Ces protéines renferment tous l’utilisation des graines reste marginale par

Tableau IV.
Composition en acides gras de la pulpe du fruit, des graines et des feuilles
d’Adansonia digitata L. [17].

Partie étudiée C16:0 C16:1 C18:0 C18:1 C18:2 C18:3


(palmitique) (palmitoléique) (stéarique) (oléique) (linoléique) (linolénique)

(mg·kg–1 de matière sèche)

Pulpe du fruit 150 – Traces – 23 150


Graines 1430 18 160 2140 1380 16
Feuilles 240 11 35 58 100 81

64 Fruits, vol. 61 (1)


Le baobab africain

rapport à celle de la pulpe du fruit et que, 35


souvent, elles ne sont pas valorisées.
30
3.2. Production au Sénégal
25

Production (× 105 kg)


Compte tenu des nombreuses utilisations
20
traditionnelles du fruit et de la vaste répar-
tition du baobab sur le continent africain, la
15
production de pain de singe est probable-
ment conséquente. Si aucune estimation glo- 10
bale de la production africaine n’a encore été
proposée dans la littérature, quelques don- 5
nées régionales sont néanmoins disponi-
bles. Ainsi, selon l’ISRA, la production séné- 0
galaise de pain de singe est actuellement 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003
évaluée à plus de 3200 t·an–1. D’après cette
source officielle, la production semble avoir
considérablement augmenté au cours de la Figure 5.
dernière décennie (figure 5). Cette augmen- tuent une excellente source de calcium, Évolution de la production de
tation, notamment constatée à partir de 1996, potassium et magnésium. Avec plus de pain de singe, fruit d’Adansonia
serait liée au développement des infrastruc- 150 mg·kg–1, elles sont riches en fer. Leur digitata, au Sénégal entre 1990
tures routières facilitant l’accès aux zones les teneur en vitamines est remarquable : vita- et 2003 [12, 40].
plus reculées [32]. Il est néanmoins impor- mines C, B1, B2, B3 et pro-A s’y trouvent en
tant de noter que ces chiffres sous-estiment quantités élevées. Les jeunes feuilles sont
la production réelle de fruits, particulière- plus riches en ß-carotène [4]. Notons que le
ment celle d’avant 1999. En effet, ils ne pren- séchage solaire des feuilles dégrade beau-
nent en compte que les fruits issus de coup la qualité vitaminique initiale en rédui-
l’exploitation contrôlée des produits fores- sant considérablement les teneurs en ß-caro-
tiers, qui donne lieu au paiement d’une tène et vitamine C [3, 33]. Les feuilles
redevance à l’État. De plus, ils ne considè- contiennent (9 à 12) % de mucilages. Bien
rent pas les fruits autoconsommés qui repré- que leur caractérisation soit incomplète, ces
sentent vraisemblablement une large part de polyosides complexes, composés d’acides
la production. Par ailleurs, il est difficile de uroniques (probablement galacturonique)
ne comptabiliser que les fruits provenant du associés principalement à du rhamnose et
Sénégal compte tenu des échanges intenses du galactose, sont solubles dans l’eau et con-
de produits forestiers avec les deux Guinées duisent à des solutions très visqueuses [3].
frontalières et le Mali. Cette caractéristique explique que les feuilles
sont très fréquemment utilisées comme
épaississant ou liant alimentaire. Les mucila-
ges favorisent le transit intestinal mais sem-
4. Les feuilles de baobab blent diminuer la digestibilité de la ration
[34]. Les feuilles renferment également de
Ramenées au poids de matières sèches, les
nombreux composés phénoliques (notam-
feuilles contiennent jusqu’à 15 % de protéi-
ment flavanols et tanins) et de l’acide oxa-
nes, 70 % de glucides, 16 % de fibres et 10 %
lique, puissant complexant du calcium [3].
de lipides (tableau III). Même si la lysine est,
ici encore, l’acide aminé limitant, les feuilles Les feuilles de baobab peuvent être con-
peuvent être considérées comme un com- sommées crues ou bouillies comme légu-
plément alimentaire intéressant pour amé- mes quand elles sont très jeunes. Elles peu-
liorer la ration protéique de certaines popu- vent également être séchées, pour stabiliser
lations locales. Les acides gras les plus le produit, puis réduites en poudre avant
représentés sont les acides palmitique, olei- leur commercialisation [35]. Au Mali, les
que et linoléique (tableau IV). Elles consti- feuilles sont employées comme légumes

Fruits, vol. 61 (1) 65


A.G. Diop et al.

Tableau V.
Principales utilisations médicinales traditionnelles du baobab [2–4, 9, 27].

Partie utilisée Propriétés les plus fréquemment citées Exemples d’utilisations

Pulpe du fruit Tonifiant/stimulant, antidiarrhéique, Fatigue, inappétence, aphrodisiaque, diarrhée, entéralgie (surtout chez
antientéralgique, antipyrétique, l’enfant), paludisme, infection rhinopharyngée, troubles
hémostatique/cicatrisant circulatoires (hémorroïdes), hémoptysie, piqûre d’insecte
Graine Antidiarrhéique, antientéralgique Diarrhée, entéralgie, hypertension, toux, paludisme, stimulation de la
lactation, hoquet, gingivite et infections buccales
Feuille Antipyrétique, antihistaminique, antitussif, Fièvre, asthme, toux, anémie, hypertension, troubles circulatoires
diurétique, antidiarrhéique, tonifiant, (hémorroïdes), entéralgie, aphrodisiaque, douleur dentaire du
antalgique, expectorant, désinfectant et nourrisson, activateur de transpiration, rhumatismes, conjonctivite,
anti-inflammatoire local otite, infection urinaire, piqûre d’insecte, dracunculose,
inflammation cutanée
Écorce Antipyrétique Fièvre, paludisme, diarrhée, inflammation du tube digestif, tonifiant pour
les jeunes enfants, lombalgie, ménorragie, maux de dents, brûlures,
traitement des plaies superficielles, adoucissant pour la peau
Racine Tonifiant/stimulant Fortifiant, paludisme, épilepsie et agalactie (souvent en association
avec d’autres végétaux)
Fleur – Facilite l’accouchement, toux, anémie

dans la préparation des sauces qui accom- teintures avec les racines ; utilisation des
pagnent le couscous, le riz ou autres prépa- coques comme combustible, de décoctions
rations à base de céréales (millet, sorgho, d’écorce pour tanner les peaux, des feuilles
maïs). Au Sénégal comme au Mali, la poudre en alimentation animale, etc.
de feuilles séchées appelée « lalo » en Wolof
est utilisée comme liant dans la préparation
du couscous de mil [12, 36]. Au Malawi et
au Zimbabwe, les feuilles fraîches sont tra- 6. Conclusion
ditionnellement cuites à l’eau pour être con-
sommées soit directement comme légumes, Emblématique des steppes et savanes sahé-
soit en soupes [4]. liennes, A. digitata est une espèce large-
ment répandue sur le continent africain. Cet
arbre très massif produit des fruits et des
feuilles traditionnellement consommés par
5. Autres utilisations du baobab les populations locales. Les fruits se carac-
térisent par leur faible teneur en eau et se
En plus des utilisations alimentaires de la conservent sans difficulté. Leur pulpe est la
plante préalablement décrites, le baobab fait partie la plus valorisée. Elle est acide, riche
également partie intégrante des pharmaco- en acide ascorbique et présente des teneurs
pées africaines (tableau V). Les utilisations élevées en calcium et magnésium. La carac-
médicinales de la plante sont nombreuses térisation biochimique de ce produit est
et variées [2–4, 27]. Les propriétés thérapeu- cependant encore incomplète, notamment
tiques de la pulpe du fruit, des graines et des en termes de polyosides, d’acides organi-
feuilles, ont fait l’objet de quelques études ques, de composés d’arôme ou de compo-
argumentées [9, 37–39] publiées au cours sés phénoliques. Les graines ont un intérêt
des 10 dernières années. Enfin, certaines comme complément protéique. La transfor-
parties de la plante sont traditionnellement mation du fruit est simple et ne nécessite pas
valorisées pour des utilisations non alimen- d’équipement spécifique. La qualité nutri-
taires [2, 4] : fabrication de cordages ou van- tionnelle des feuilles, qui sont le plus sou-
neries avec les fibres de l’écorce interne ou vent utilisées séchées puis réduites en pou-
les racines, de récipients avec les coques des dre, est intéressante de par leurs teneurs en
fruits, de colle avec le pollen des fleurs, de provitamine A et en fer.

66 Fruits, vol. 61 (1)


Le baobab africain

Actuellement, le baobab est exclusive- baobab » (partenariat ESP / Ensia-Siarc / Cirad)


ment exploité à l’état spontané ou sub-spon- qui bénéficie d’un support financier du
tané. Compte tenu du peu d’exigences de réseau des chercheurs en Génie des Procé-
la plante vis-à-vis de la nature du sol, de sa dés Appliqués à l’Agroalimentaire (GP3A)
large tolérance pluviométrique et de sa rus- de l’Agence universitaire de la francophonie
ticité, la culture du baobab pour la produc- (AUF). Les auteurs remercient M. Abdoulaye
tion de fruits pourrait représenter une source Ndoye pour sa contribution aux recherches
de revenus intéressante dans des zones bibliographiques.
défavorisées sur le plan agricole. Dans cette
perspective, plusieurs études ont débuté en
Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Mali, Séné-
gal). L’exploitation du baobab en verger se Références
heurte à la grande taille de la plante et à la
[1] Berhaut J., Flore illustrée du Sénégal, tome 2,
longue période de latence entre la germina-
Clairafrique, Dakar, Sénégal, 1974, p. 241–
tion et la première floraison. Ce dernier point
245.
pourrait cependant être résolu en adoptant
des méthodes de propagation végétative [2] Wickens G.E., The baobab – Africa’s upside-
(greffage). Néanmoins, la domestication de down tree, Kew Bull. 37 (2) (1982) 173–209.
la plante est encore très débutante. De nom- [3] Kerharo J., Adam J.G., La pharmacopée
breux aspects, indispensables pour envisa- sénégalaise traditionnelle – Plantes médici-
ger son exploitation agricole, doivent être nales et toxiques, Vigot Frères, Paris, France,
approfondis, notamment ceux concernant 1974.
la sélection variétale, la biologie de la plante
[4] Sidibé M., Williams J.T., Baobab – Adansonia
et l’amélioration des pratiques culturales. digitata L., Fruits for the future 4, International
La consommation des produits issus du Center for Underutilized Crops (ICUC), Univ.
baobab, principalement la pulpe du fruit, est Southampton, UK, 2002.
généralisée chez les populations locales. Le [5] Ralaimanarivo A., Contribution à l’étude ana-
pain de singe présente donc vraisemblable- lytique de 6 espèces de baobab : application
ment un potentiel commercial significatif, de l’étude de la fraction grasse à leur chimio-
notamment sur les marchés urbains régio- taxonomie, Fac. Sci. Tech. Univ. Droit, Éco-
naux. Afin de mieux évaluer ce potentiel, il nomie, Sci., Thèse, Aix-Marseille, 1980.
serait nécessaire de disposer d’informations [6] Humbert H., Flore de Madagascar et des
plus précises sur les filières de production Comores. Plantes vasculaires, Mus. Natl.
et sur les transformations traditionnelles du Hist. Nat., Paris, France, 1955.
fruit. L’évaluation des marchés locaux tant
[7] Soloviev P., Niang T.D., Gaye A., Totte A.,
pour la pulpe brute que pour les produits
Variabilité des caractères physico-chimiques
transformés à base de pulpe est également
des fruits de trois espèces ligneuses de
indispensable. Enfin, en vue d’une produc- cueillette, récoltés au Sénégal : Adansonia
tion à plus grande échelle, la transformation digitata, Balanites aegytiaca et Tamarindus
de la pulpe, notamment en boisson, doit indica, Fruits 59 (2004)109–119.
être optimisée. Notons que les caractéristi-
[8] Bonassieux M.P., Tous les fruits comestibles
ques nutritionnelles du fruit pourraient éga-
du monde, Bordas, Paris, France, 1988.
lement être mises à profit pour développer
des marchés de niche à l’export en propo- [9] Kenne Fopa O., Contribution à l’étude de
sant des produits à vocation alimentaire, l’activité antidiarrhéique de la pulpe de fruit
pharmaceutique ou cosmétique. de Adansonia digitata L. (Bombacacae), Univ.
Cheikh Anta Diop, Fac. Méd. Pharm., Thèse,
Dakar, Sénégal, 1994.

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Remerciements ses spontanées pour les programmes
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Ce travail bibliographique s’intègre dans le in: Sémin. rég. semen. for., Ouagadougou,
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Fruits, vol. 61 (1) 67


A.G. Diop et al.

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El baobab africano (Adansonia digitata L.): principales características y


utilizaciones.
Resumen –– Introducción. Muy característica de las zonas saheliense, Andansonia digitata
L. pertenece a la familia del Bombacaceae. El baobab, cuyos frutos y hojas son comestibles,
ocupa un lugar importante en las culturas tradicionales locales. La planta. Este árbol impo-
nente se distingue de las otras especies de Adansonia que están endémico de Madagascar y
Australia, principalmente por su tronco muy macizo (10 m de diámetro), sus flores pendula-
res y la cúspide redondeada. Produce bayas secas de (150 a 300) g, con un epicarpio muy
lignificado, a menudo ovoide y se nombra “pan de mono”. Estas frutas contienen numerosas
semillas rodeadas de una pulpa blanquecina y harinosa. Las hojas compuestas incluyen cinco
a siete fólialas digitadas. El área de distribución del baobab es inmensa. Muy rústico, se ha
encontrado en las regiones semiáridas y subhúmedas del sur del Sahara, así como en el oeste
de Madagascar. La fenología de la planta depende estrechamente de la pluviometría. La flo-
rescencia y de la foliación tiene lugar durante la estación húmeda. La polinización es reali-
zada por calvo-ratones frugívoros. La planta puede ser propagada por arbolillo o
multiplicación vegetativa. La fruta. Está compuesta de (14 a 28)% de una pulpa con bajo con-
tenido en agua, ácida, con almidón, rica en vitamina C, en calcio y magnesio. Después la
separación seca o húmeda de las semillas, esta pulpa se usa tradicionalmente como ingre-
diente en varias preparaciones o para elaborar bebidas. A pesar de una deficiencia en lisina y
de la presencia de factores antinutricionales, las semillas son una fuente de proteína intere-
sante, ya que contienen cerca de 15% de lípidos. Una vez cocinadas, se pueden consumir
directamente o se usan como espesa bajo la forma de pólvora. Las hojas. Ellas son ricas en
vitaminas (notablemente C y A), en hierro y contienen mucílago (10% ms). Las más jóvenes
pueden consumirse como verduras, pero es más frecuente que se consuman secas después
de haberlas molido. Conclusión. Entre los productos de comida provenientes del baobab, la
pulpa de la fruta parece ser la que presenta el potencial más fuerte desde el punto de vista
económico. No obstante, se deberá hacer un estudio de mercado. Para considerar el desar-
rollo de la producción, la cultura controlada de la planta merecería ser considerada.

Senegal / Adansonia digitata / características agronómicas / frutas / hojas

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