RAPPEL GENERAL SUR LA STRUCTURE D’UN GENE
L'ACIDE DESOXYRIBONUCLEIQUE (ADN)
C’est le support universel de l'information génétique chez les êtres vivants. Il est constitué de
deux chaînes ou brins complémentaires. Les deux brins de l'ADN sont l'assemblage de molécules
élémentaires : les nucléotides.
Chaque nucléotide comprend un sucre, le désoxyribose, un résidu phosphate et une des 4 bases
azotées adénine (A), cytosine (C), guanine(G) ou thymine (T).
En s’unissant avec le sucre désoxyribose, une base forme un nucléoside. Un nucléoside +
«phosphate» constitue un nucléotide
Les nucléotides sont complémentaires deux à deux. En face d'une cytosine (C) se trouve toujours
une guanine (G) ; en face d'une adénine (A) se trouve toujours une thymine (T). En effet, chaque
base sur un des brins possède sa base complémentaire sur l'autre brin.
Les bases A et T sont complémentaires ainsi que C et G. Ces bases s'organisent 3 par 3, formant
ainsi des mots de 3 lettres (ATG, CTG, GTG,...), appelés codons. Chaque triplet de nucléotide
ou codon désigne un acide aminé.
Une séquence ou un ensemble de codons constitue un gène, une unité d’information génétique,
qui est déterminé par l'ordre et le nombre des acides aminés qui le compose. La succession des
codons forme un immense texte qui constitue le programme génétique.
Chez les eucaryotes, les gènes ont des longueurs souvent supérieures à 100 000 paires de
nucléotides, certains pouvant contenir jusqu’à 2 millions de paires de nucléotides. Cependant,
une protéine de taille moyenne de 400 acides aminés est codée par 1200 paires de nucléotides
(1 acide aminé étant codé par un triplé de nucléotides). Ainsi, seule une toute petite fraction d’un
gène se retrouve dans la protéine correspondante.
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Cours de GENETIQUE 2024
Dr RATSIMBAZAFY Mampisoa Sarindra
DEFINITION D’UN GENE
La définition du mot gène s’est progressivement raffinée au cours du 20ème siècle, avec les
progrès des connaissances et le développement des approches expérimentales (génétique,
biologie moléculaire, analyse informatique des génomes). On peut, considérer le gène comme
le support physique d’un trait phénotypique héritable.
C’est une séquence d'acide nucléique, caractérisée à la fois par sa position et par l'ordre de
ses bases azotées, qui constitue une unité d'information génétique, prédéterminant un trait
précis d'un organisme vivant. Il est constitué par des successions de triplets de nucléotides
appelés « codons »: ACT GTC…; chaque triplet forme un acide aminé donné. Le nombre de
triplet est variable selon le gène.
L'emplacement physique et invariant occupé par les gènes sur le chromosome est appelé « locus
ou loci».
Certains caractères simples sont déterminés par un seul gène (monogénique): Ex le groupe
sanguin chez l'homme ou la couleur des yeux chez la drosophile. Tandis qu’un caractère dépend
souvent de plusieurs, voire de nombreux gènes (polygénique), et de l'interaction avec
l'environnement
Une bonne partie de l'ADN n'est pas codante. Selon INRA, gènes et séquences liées occupent
25% de l’ADN. La fonction du reste est mal connue : les régions non codantes auraient un rôle
crucial dans la régulation de l'expression des gènes.
Tous les individus d’une même espèce possèdent le même ensemble de gènes, organisés selon un
ordre particulier pour constituer le génome, qui spécifie l'ensemble des caractères visibles et non
visibles. Le génome du noyau dit génome nucléaire représente 95 % de l'information génétique
chez les plantes. Les cellules végétales disposent de 2 autres génomes: génome des mitochondries
(environ 1 %) et le génome des chloroplastes (environ 4 %).
Une plante porterait en moyenne 20.000 gènes
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GENOTYPES ET PHENOTYPES
• Le génotype d'un individu est la somme des gènes qu'il possède
• L'ensemble des traits (morphologiques, physiologiques ou comportementaux), que l'on
peut observer chez un individu, l'expression des caractères, constitue le PHENOTYPE
• Un trait phénotypique « yeux bruns » veut dire que l’individu possède l'allèle "yeux bruns"
du gène «couleur des yeux » dans son génotype.
• Mais beaucoup de traits phénotypiques ne sont pas directement le reflet d'un génotype. Ex
couleur de la peau qui varie selon l’exposition au soleil en milieu tropical, les rendements
des cultures qui varient selon la fertilité du sol, …
• Souvent les traits résultent d'une combinaison de facteurs héréditaires transmis par les
gènes et de facteurs environnementaux. Ex: la couleur de la peau dépend à la fois du
génotype et de l'ensoleillement.
ALLELES ET RELATIONS ENTRE ALLELES
Un allèle est une version variable d'un même gène ou d'un même locus génétique.
Dans une cellule diploïde, il y a deux allèles présents pour chaque gène autosomique, un allèle
transmis par chaque parent. Dans une population, on peut avoir plusieurs allèles d'un gène,
représentant plusieurs formes alternatives du même gène.
• Ex1. La robe d’une vache est constitué par le rouge, noire, marron, le blanc. Ce sont les
variantes ou allèles du gène de la robe d’une vache
• Ex2. Chaque chromosome porteur du gène du « groupe sanguin » peut être porteur de l’une
des variantes A, B ou O de ce gène. A, B et O sont les allèles du gène du groupe sanguin
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Si les allèles apportés par chaque parent sont identiques dans leur séquence nucléotidique,
l'individu est homozygote pour ce gène.
S’ils sont différents, l'individu est hétérozygote. Dans ce dernier cas, deux possibilités sont
envisageables quant au phénotype résultant de l'expression du gène. Si l'un des deux allèles
s’exprime et l'autre reste « sourd », Mendel dit que le premier allèle est dominant et l'autre
récessif. Les allèles dominants sont symbolisés par une lettre majuscule (ou une lettre avec un
+), et les récessifs par une lettre minuscule.
Dans une population, un gène peut donc exister sous plusieurs variantes, le locus et la fonction
restant constants.
On dit qu'un gène est polyallélique ou polymorphe s’il est représenté par plus de deux allèles, ceux-
ci étant reconnus en tant que tels s’ils se retrouvent à plus de 1 % dans une population.
On parle d'allèles multiples lorsque dans une population on observe plus de deux allèles pour un
même locus.
Les relations entre allèles peuvent prendre plusieurs formes.
Quand l'homozygotie est nécessaire pour l'expression du phénotype approprié, l’allèle est dit
récessif.
Le fait qu'un allèle soit dominant ou récessif par rapport à un autre peut avoir plusieurs raisons :
La première est que l'allèle récessif est souvent dû à une mutation de l'ADN. Les nucléotides
qui le codent ne sont pas fonctionnels, et ne vont donc pas produire de protéine, ou alors des
protéines non fonctionnelles. C'est alors la protéine produite par l'allèle « sauvage » (l’allèle
fonctionnel possédé originellement par l’espèce) qui va avoir une influence sur le caractère en
question. Dans ces cas-là, c'est l'absence de protéine qui fait l'expression du gène. On peut
prendre l'exemple des albinos, qui n'ont pas de coloration de la peau à cause de l'absence de
mélanine, qui n’est donc pas synthétisée.
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La seconde raison est la quantité de protéine nécessaire pour exprimer le caractère. Lorsque
les deux allèles d'un gène sont identiques sur les deux chromosomes homologues, on dit que la
quantité de protéine est maximale (100%). Pour les allèles dominants, l'expression du caractère
ne nécessite que la moitié de la protéine (50%), alors que pour les allèles récessifs, il faut100 %.
Les cas plus nuancés de dominance trouvent eux aussi leurs origines dans l'expression moléculaire
des gènes.
Mais les caractères ne sont pas tous exclusivement dominants ou récessifs. Dans certains cas,
aucun des allèles qui déterminent un caractère n'est dominant. Lorsque c'est le cas, un mélange
des deux caractères peut se produire : on parle alors de dominance incomplète. Les deux allèles
donnent lieu à un phénotype à mi-chemin entre celui des deux allèles, dans un rapport inégal (40-
60 par exemple). Le mélange apparent des caractères en une expression intermédiaire peut
survenir chez les individus hétérozygotes. On trouve des exemples de dominance incomplète
chez de nombreuses espèces de plantes, dont le muflier ou le maïs. Heureusement pour Mendel,
les caractères qu'il a étudiés chez les plants de pois n’étaient pas sujets à la dominance
incomplète. Si cela avait été le cas, il n'aurait probablement jamais été en mesure d'établir les
fondements de la génétique.
La dominance incomplète (qui est très rare), c’est lorsque l’un des deux allèles ne produit pas de
protéine et donc ne s’exprime pas, et que l’autre allèle n’est pas auto-suffisant, c’est-à-dire que
la protéine synthétisée par cet allèle ne suffit pas à l’expression complète du caractère. Ce dernier
va donc être exprimé, mais pas de manière totale. Par exemple, une plante qui a l’allèle violet et
l’allèle blanc pour la couleur des pétales, comme l'Anthurium (ou muflier), sera rose dans le cas
d’une dominance incomplète. Dans ce cas, l’allèle blanc est un allèle qui ne produit pas de
protéine, il n’y a donc pas de couleur sur les pétales ; et l’allèle violet produit une protéine qui
colore les pétales. Lorsque cette protéine est produite à 100%, la couleur violette est intense,
lorsque seule la moitié est produite, la couleur est moins forte, et donne une coloration rose aux
pétales
Tandis que deux allèles sont dits « co-dominants » lorsque le phénotype est leur expression
conjointe, c’est à dire que les deux allèles s’expriment tous les deux en même temps. Le caractère
phénotypique qui en résulte contient alors les traits portés par chacun des deux allèles. On peut
prendre l’exemple du sang, car lorsqu’on a l’allèle A et l’allèle B, on est AB.
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Ainsi, la codominance désigne le fait que deux variantes différentes d'un gène, les allèles,
participent en commun à la détermination d'un trait particulier, le phénotype. Plus précisément,
chez un individu qui porte deux allèles différents d'un gène (génotype hétérozygote), les deux
s’expriment à la fois, de manière égale. Deux allèles qui s’expriment de façon co-dominante
signifient donc qu'ils ont le même taux d'expression respectif de 50-50. Cela ne s’applique que
pour des organismes dits diploïdes au minimum (ils peuvent être donc polyploïdes).
LA TRANSMISSION HEREDITAIRE DES CARACTERES
SYNTHESE SUR LES TRAVAUX DE GREGOR MENDEL
Grégor Mendel (1822-1884) était un moine hongrois, passionné de sciences (et en particulier
d’astronomie). Il était chargé de maintenir le potager de son monastère, et en profita pour réaliser
une série d’expériences sur la transmission héréditaire des caractères. Il publie en 1866 un
volumineux article qui décrit soigneusement les détails de nombreuses expériences. Il dérive
trois lois permettant de prédire les fréquences de caractères qualitatifs au fil des générations :
1. Loi d’uniformité des caractères à la première génération.
2. Loi de ségrégation
3. Loi d’indépendance
Dans sa démarche, Mendel part de souches pures (sélectionnées par des semenciers) concernant
un ou plusieurs caractères considérés. Il choisit 7 caractères qui présentent deux formes faciles à
distinguer. Il évite soigneusement les caractères quantitatifs continus (tels la largeur des feuilles),
pour ne retenir que des caractères qualitatifs (« tout ou rien »).
1. Forme de la graine à maturité : ronde ou irrégulière
2. Couleur de l’albumen : jaune pâle ou vert intense
3. Couleur extérieure de la graine : blanche ou gris-brun
4. Forme de la cosse à maturité : enflée ou contractée entre les graines
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5. Couleur de la cosse avant maturité : verte ou jaune
6. Position des fleurs : axiales ou terminales
7. Longueur de la tige : 1 pied ou 6 pieds. La longueur de la tige est un critère quantitatif,
mais Mendel ne l’utilise que pour deux variétés de pois avec des tailles très
différentes, et dont la descendance présente l’une ou l’autre des tailles plutôt qu’une
taille intermédiaire.
La première loi de Mendel est celle d’uniformité des caractères à la première génération. Pour
chacun des croisements de deux variétés ne diffèrent que par un caractère, l'une des deux formes
parentales se retrouve chez tous les hybrides.
Mendel qualifie ce trait de dominant, et celui qui ne se manifeste pas de récessif. Par convention,
Mendel utilise une lettre majuscule pour désigner le caractère dominant, une minuscule pour le
caractère récessif correspondant Les traits dominants sont les suivants :
- forme de la graine à maturité : ronde
- couleur de l'albumen : jaune pâle
- couleur extérieure de la graine : gris-brun
- forme de la cosse à maturité : enflée
- couleur de la cosse avant maturité : verte
- position des fleurs : axiales
- longueur de la tige : 6 pieds
Aux F2 : Première génération après les hybrides :
- En dépit du fait que les hybrides présentent tous le caractère dominant, le caractère récessif
réapparaît à la génération suivante.
- Chaque plante de cette première génération présente soit le caractère dominant (A), soit le
récessif (a), sans qu’on observe de formes de transition.
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Dans chacune des 7 expériences, les proportions
entre caractères dominants et récessifs sont
approximativement de 3:1.
Le caractère dominant observé dans la génération F2
peut avoir deux significations: celui du caractère
parental ou de l'hybride. Ces deux cas peuvent être
distingués à la génération suivante (F3).
La deuxième génération après les hybrides
Les individus qui, à la génération F2 (première génération après les hybrides),
présentaient le caractère récessif (a), n'engendrent que des individus du même type.
Parmi les dominants de la génération F2
• 1/3 n'engendre que des dominants. Ils ont donc le caractère du parent dominant
(A).
• 2/3 engendrent des dominants et des récessifs, dans la même proportion 3:1 que
pour les hybrides initiaux. Ils ont dont le caractère hybride (Aa). Les proportions 3:1 de la
génération F2 comprenaient donc
□ 1 dominant à caractère parental (noté A)
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Les générations suivantes
Mendel suit la descendance de certains hybrides sur plus de 6 générations.
Il en tire une loi mathématique, qui permet de prédire les proportions des formes dominantes,
récessives et hybrides. Il s’agit de la deuxième loi de Mendel, appelée loi de ségrégation des
caractères.
Attention, il s'agit ici d'autofécondation, les résultats seraient différents en cas de fécondation
réciproque.
Génération Nom de la A Aa a A Aa a
après hybrides génération
0 (hybrides) F1 0 1 0 1 0
1 F2 1 2 1 2 1
2 F3 6 4 6 2 3
3 F4 28 8 28 2 7
4 F5 120 16 120 15 2 15
5 F6 496 32 496 31 2 31
n 2n- 2 2n-1
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Combinaison de deux caractères
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Quand les parents diffèrent par plusieurs caractères :
- Les hybrides présentent le trait dominant pour chacun des caractères, indépendamment du
parent qui portait ce trait dominant.
- Lors des générations suivantes, les descendants présentent toutes les combinaisons
possibles de caractères parentaux.
- Ces caractères se transmettent à la descendance de façon indépendante les uns des autres.
Ceci est la troisième loi de Mendel, appelée loi d’association indépendante des caractères
Pour expliquer cette évolution mathématique des proportions au fil des générations, Mendel
formule un modèle selon lequel :
- pour chaque lignée parentale (lignée pure) toutes les cellules reproductrices (ovule ou
pollen) portent le caractère parental;
- les caractères des parents se retrouvent en proportions égales dans les graines des hybrides.
Limite des observations de Mendel
- Les caractères génétiques ne présentent pas tous une dominance complète: pour certains
caractères, la forme hybride prend une forme intermédiaire entre les deux formes
parentales. On parle alors de dominance partielle.
o Exemple : fleur blanche x fleur rouge donne fleur rose
- Les lois de Mendel sont établies sur base de traits «monogéniques», c’est-à-dire portés par
un seul gène. Or un bon nombre de caractères dépendent de l'action coordonnée de
plusieurs gènes (traits polygéniques), et leur étude est beaucoup plus difficile.
- Les traits sélectionnés par Mendel sont tous qualitatifs (la différence entre les deux formes
prend la forme de tout ou rien). Depuis lors, on a étudié la génétique de traits quantitatifs,
qui requiert des outils statistiques appropriés.
o Exemples: poids du bétail, production laitière
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- Les caractères génétiques ne sont pas toujours indépendants les uns des autres.
C’est justement cette non-indépendance qui a permis au chercheur Morgan de formuler la
« théorie chromosomique de l’hérédité ». A la suite des découvertes de Mendel. Les lois
de Mendel constituent le fondement de la génétique du XXème siècle. Elles furent cependant
complètement ignorées durant les 35 années qui suivirent leur publication.
LES AUTRES EXPLICATIONS DE L’HEREDITE DES CARACTERES
LES MUTATIONS
On caractérise la fonction d’un gène en analysant la modification d’un caractère quand ce gène
est muté.
□ Par exemple, une mutation dans un gène de pigmentation peut produire des fleurs
blanches, dans une population constituée exclusivement de fleurs rouges.
□ On parle de phénotype pour désigner un variant donné d’un caractère transmis de
façon génétique.
Une mutation peut provenir de différents types de modification de l'ADN. Les mutations
ponctuelles affectent un ou un petit nombre de nucléotides :
□ Substitution : remplacement d'un nucléotide par un autre
□ Insertion : insertion d'un ou plusieurs nucléotides
□ Délétion : disparition d'un ou plusieurs nucléotides
□ Duplication : copie d'un segment d'ADN à une autre localisation chromosomique
□ Translocation : déplacement d'un large fragment chromosomique d'un chromosome
à un autre, ou d'une position à une autre sur le même chromosome
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LA LIAISON GENETIQUE
Thomas H. Morgan (1866-1945) choisit comme organisme modèle la mouche à vinaigre
Drosophila melanogaster. : Il isole des mutants, notamment certaines mouches aux yeux blancs
(le type sauvage a les yeux rouges), et étudie la transmission de la couleur des yeux à la
descendance. Il étudie la transmission de différents caractères, et observe que certaines paires
de caractères ne sont pas transmis de façon indépendante. Il parle de liaison génétique.
Liaisons génétiques par le CROSSING-OVER
Durant la méiose, des fragments de chromosomes peuvent être échangés, entre
chromosomes homologues. Cet échange s'appelle crossing-over. Ceci explique les phénomènes de
liaison partielle observés par le chercheur Morgan et son équipe. Plus deux gènes sont distants sur
le chromosome, plus la probabilité d'observer une recombinaison à la méiose est grande. L'analyse
des fréquences de recombinaisons permet d'inférer les distances relatives entre gènes, et l'ordre
dans lequel ils se succèdent sur le chromosome (cartographie génétique).
HEREDITE DES CARACTERES QUANTITATIFS
Généralités
Un caractère quantitatif fait généralement référence à un caractère qui se mesure sur une échelle
métrique ou continue (mesure en kg, en m, en l, ...). Les caractères d'intérêt économique pour
une filière, sont bien souvent des caractères quantitatifs, comme par exemple, les caractères de
production (production laitière, Gain Moyen Quotidien = GMQ ...) ou de qualité (taux protéique
(TP) ou butyreux (TB) du lait).
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Les caractères quantitatifs s'opposent aux caractères qualitatifs qui eux, présentent un nombre
faible et fini de forme visible (robe à n couleur, plumage, présence ou absence de corne,…). De
ce fait, ces derniers ne sont pas mesurables; on se contente d'une appréciation de l’apparence
(visuelle,…), plus ou moins objective d'où, l'adjectif "qualitatif". Pour les caractères qualitatifs,
la variation entre les individus d'une même population est discontinue, c'est à dire: ces individus
peuvent être classés en un petit nombre de catégories bien distinctes (ex : animaux avec ou sans
corne…).
Au contraire, pour les caractères quantitatifs, la variation est généralement continue. Les
différentes performances (appelées aussi valeurs phénotypiques ou phénotypes), que peuvent
prendre les individus pour un caractère donné, varient entre des valeurs extrêmes, toutes les
valeurs intermédiaires pouvant être rencontrées.
L'environnement ou milieu dans lequel évolue un animal peut être défini comme étant l'ensemble
des objets naturels, des êtres vivants, des conditions physiques, chimiques, climatiques, qui
entourent et peuvent influencer l'animal.
Les caractères qualitatifs, sauf exceptions, ne sont pas tributaires de l'action du milieu. Par
exemple, la couleur de la robe d'un bovin ne change pas quand les conditions de milieu, comme
l’alimentation ou le logement, sont modifiées.
Les caractères quantitatifs, quant à eux, sont influencés positivement ou négativement par les
conditions de milieu. Des conditions favorables d'alimentation permettent d'augmenter la vitesse
de croissance, la quantité de lait produite, etc.; des conditions températures ou types de sol
défavorables, peuvent diminuer les rendements des cultures. Ainsi, contrairement aux caractères
qualitatifs, la mesure ou le phénotype d'un caractère quantitatif n'est pas que le reflet de son
génotype, mais aussi celui de son environnement.
Caractères quantitatifs Caractères qualitatifs
- Mesurables, variation continue - Non mesurables, variation discontinue
- Sensibles à l'action du milieu - Non soumis à l'action du milieu
- Intérêt économique - Intérêt économique le plus souvent
souvent secondaire
important
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Déterminisme génétique des caractères quantitatifs
Principes
Les caractères qualitatifs sont gouvernés par un petit nombre de gènes, voire un gène à quelques
allèles, voire par un seul gène à deux allèles, expliquant le nombre réduit de phénotypes
observables.
Exemple:
Soit un gène couleur du plumage chez les poules. Un locus à deux allèles, Al (noir) et A2 (blanc)
peut générer :
• 3 phénotypes en cas de codominance : noire (A1A1); blanc (A2A2); bigarré (A1A2).
• 2 phénotypes en cas de dominance. Si A1 est dominant : plumage noir des génotypes
A1A1 et A1A2 et plumage blanc (A2A2)
Les principes génétiques qui régissent l'hérédité des caractères quantitatifs ne sont pas différents
de ceux régissant les caractères qualitatifs. Les gènes se transmettent de la même façon, qu'ils
gouvernent un caractère qualitatif ou un caractère quantitatif.
Mais, un caractère quantitatif est sous influence d'un très grand nombre de gènes (jusqu’à plus
d’une centaine, voir millier), chaque gène pouvant s’exprimer à l’aide de nombreux allèles.
Chaque allèle a un effet de faible amplitude sur le caractère, et l'ensemble des effets des allèles
s'additionne. L'addition de ces effets détermine ainsi la contribution du génotype à la
performance ou phénotypes de l'individu.
Origine de la variabilité des performances
La variabilité des performances est causée par deux principaux facteurs. Le premier est génétique,
le second est dû au milieu et aux influences qu’il exerce sur les performances.
Les caractères quantitatifs se transmettent selon les mêmes principes que les caractères qualitatifs
mais, comme ils sont sous l’effet d’un grand nombre de gènes, les possibilités et les interactions
sont illimitées
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La composante génétique de la performance s'appelle valeur génétique pour le caractère, et est
notée G. La valeur génétique G pour un caractère est égale à la somme des petits effets des
allèles possédés par l'animal aux différents loci gouvernant le caractère.
Au niveau de la population, le nombre de phénotypes possibles est alors très grand et infini et
devient alors compatible avec une distribution continue des performances.
Un tel modèle génétique de l'hérédité des caractères quantitatifs qui a été imaginé par les
généticiens au début du siècle, est appelé modèle polygénique additif. En conséquence, les
caractères quantitatifs sont aussi appelés des caractères polygéniques.
Des interactions entre les gènes auront un effet positif ou négatif sur l’expression du caractère.
Mais ces interactions sont aléatoires et propres à chaque individu. Les gènes se transmettent mais
les interactions ne se transmettent pas ! Rappelons que les combinaisons sont remises en cause à
chaque gamétogenèse lors du brassage des chromosomes.
En outre, la variabilité des performances est due aux effets du milieu. Le milieu est
l’environnement dans lequel se trouve l’individu. C’est une composante variable et très diverse.
Le milieu joue un rôle très important. Il s’agit généralement :
- en élevage : de l’alimentation, l’hygiène, le climat, le mode d’élevage, le confort des
animaux,....
- en agriculture : du sol, climat, techniques culturales, gestion de la fertilité, … Le
milieu peut influencer positivement ou négativement les performances.
Ainsi, l’expression d'un caractère quantitatif ou phénotype, se traduit chez tout individu par une
performance dont la mesure est généralement noté P (pour Performances ou valeur phénotypique).
P=G+M+I
La valeur phénotypique P d'un individu est la somme de 2 valeurs :
La valeur génétique G telle que définie plus haut, soit la somme des petits effets du
génotype de l'animal correspondant au caractère d'intérêt. Cette composante correspond
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donc aux effets du patrimoine génétique, ou génotype, de l'individu dans l'expression du
caractère
La valeur environnementale M, correspond à la somme des effets des facteurs non
génétiques que sont les facteurs environnementaux ou de milieu. Cette composante
correspond à la part apportée par le milieu dans l'expression du caractère -
I = interaction entre les gènes
Contrairement aux effets de l'environnement, seule la valeur génétique pour un caractère donné se
transmet en moyenne aux descendants. La valeur additive d’un individu est la somme des valeurs
additives de ses gamètes.
Transmission des caractères quantitatifs
L’individu transmet la moitié de ses allèles à sa descendance Au
niveau de l'animal i :
Pi = Gi + Mi + Ii (Seule, la valeur génétique G d'un individu se transmet en moyenne pour moitié
à sa descendance), avec :
• Pi: valeur phénotypique ou mesure du caractère pour l'animal
• Gi: valeur génétique du caractère pour l'animal i
• Mi: valeur environnementale des facteurs environnementaux
• Ii : intéractions entre les gènes
Au niveau de la population
V(P) = V(G) +V(M)+I, avec :
V(P): variation de la valeur phénotypique / V(G): variation de la valeur génétique
V(M): variation de la valeur environnemental / Ii : interactions entre les gènes
En conséquence sur le plan de l’amélioration génétique (Exemple production laitière des brebis)
A une valeur phénotypique peuvent correspondre des valeurs génétiques différentes.
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Ex Une brebis à 140 litres peut avoir des valeurs génétiques de 100 à 200 litres
A une valeur génétique peuvent correspondre des valeurs phénotypiques différentes.
Ex Une brebis de valeur génétique 120 litres peut produire de 80 à 180 litres
Comparer des individus en se basant sur leurs performances n’est pas sans risque.
Ex Même parmi les meilleurs productrices à 200 litres, on trouve des brebis à valeurs génétiques
en dessous de la moyenne génétique du troupeau.
Les écarts des performances sont d’autant plus grands que les écarts génétiques sont grands et
que les effets du milieu sont importants. Pour une production qui s’étale de 80 à 240 litres, les
effets du milieu augmentent cette variabilité de 40 à 280 litres.
L’action du milieu augmente l’ampleur de la variation ou masque la variation génétique.
Selon les individus, le milieu augmente ou diminue la production
Pour améliorer la performance P, on peut donc agir sur les 3 composantes :
- En agissant sur G : on cherche à introduire les meilleurs gènes en sélectionnant les
individus à haute valeur génétique : la SELECTION.
- En agissant sur I : on recherche des interactions positives en utilisant des animaux
parfois différents : le CROISEMENT ou ACCOUPLEMENT
- En agissant sur M : on améliore les conditions de production et de vie
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