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Les 5 Cles de La Revitalisation - Desire Merien

Le document présente les travaux de Désiré Mérien sur la santé naturelle, en mettant l'accent sur l'importance de l'équilibre acido-basique et les effets de l'acidose sur la santé. Il propose des solutions basées sur l'alimentation, le jeûne et des techniques de biorespiration pour lutter contre les déséquilibres acido-basiques et les toxémies. L'ouvrage vise à sensibiliser le grand public et les professionnels de santé aux causes et aux traitements de l'acidose.

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Les 5 Cles de La Revitalisation - Desire Merien

Le document présente les travaux de Désiré Mérien sur la santé naturelle, en mettant l'accent sur l'importance de l'équilibre acido-basique et les effets de l'acidose sur la santé. Il propose des solutions basées sur l'alimentation, le jeûne et des techniques de biorespiration pour lutter contre les déséquilibres acido-basiques et les toxémies. L'ouvrage vise à sensibiliser le grand public et les professionnels de santé aux causes et aux traitements de l'acidose.

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DU MÊME AUTEUR

Ouvrages
Éditions Jouvence :

La Détoxination par paliers, 1994


Équilibrez votre poids et votre diététique par les compatibilités alimentaires,
1994
Renaître par le souffle, 1994
Maigrir durablement, 1996

Édition Dangles :

Les Clefs de la nutrition, 1982


Caractère, Forme et Santé, 2006

Éditions Nature et Vie :

L’Hygiène vitale pour votre santé, 1981


Les Sources de l’alimentation humaine, 1983
Jeûne et Santé, 1984
Compatibilités alimentaires, 1986

CD
Mangez en compatibilités alimentaires, 2005
La Relaxation consciente, 2005
Intestins et Constipation, 2005
Pratique de la biorespiration, 2005
© Le Courrier du Livre, 2007
Tous droits de reproduction, traduction ou adaptation, réservés pour
tous pays.
ISBN : 978-2-7029-1366-6
www.tredaniel-courrier.com
[email protected]
Cet ouvrage est dédicacé à ceux, nombreux, que j’ai croisés en entretiens, séances,
formations, stages, séjours, au cours de ces quarante dernières années.
C’est l’échange d’informations, le questionnement continuel, la recherche
théorique permanente qui m’ont permis d’élaborer les textes de cet ouvrage.
Je les considère comme les plus synthétiques que j’ai rédigés.
C’est certainement ceux que j’aurais souhaité lire lorsque jadis j’étais dans ma
galère sanitaire, à mon corps défendant, puisque victime de vaccination.
Le retour à la santé naturelle est souvent possible.
Je l’ai expérimenté et cela donne encore plus de solidité à mes informations.
À tous ceux qui liront cet ouvrage, je souhaite qu’il leur apporte un message
d’espérance de bien vivre naturellement.
DÉSIRÉ MÉRIEN
Octobre 2006
Désiré Mérien est né en Bretagne en 1935.
Accidenté par une vaccination au cours de ses
études supérieures, il se tourna vers les thérapies
naturelles et pratiqua en particulier le jeûne.
Enseignant la biologie et se sentant en
concordance avec l’enseignement hygiéniste de
Shelton, il créa en 1970 le mouvement Nature et
Vie en diffusant notamment une revue trimestrielle d’information.
Parallèlement, il créa le Centre d’éducation vitale, à Ploemeur, près
de Lorient, en Bretagne, pour mettre en pratique les principes de
l’hygiène vitale et favoriser notamment la diététique et le jeûne.
Désiré Mérien est en première analyse en accord avec les idées
sheltonniennes. Il a en particulier continué à travailler sur les
associations alimentaires compatibles en adaptant ses recherches au
mode de vie des hommes des sociétés industrialisées.
Ce travail a abouti à la proposition d’une alimentation modulée
qui consiste en une alternance entre une alimentation complémentée
et divers régimes restrictifs pouvant aller jusqu’au jeûne momentané.
Il a mis au point une méthode de jeûne progressif, dite de jeûne
par les paliers alimentaires, qui adoucit et régule les modalités
d’entrée en jeûne.
Parallèlement, il s’est intéressé aux pratiques psychologiques qui
naissent spontanément chez les jeûneurs. Et, à la suite de ces
observations, il a mis au point une technique de biorespiration qui
favorise la levée des tensions corporelles et libère l’organisme de
divers blocages d’ordre émotionnel.
Il a effectué une synthèse des idées hygiénistes et de celles
provenant du mouvement de psychologie humaniste pour proposer
une technique de bioanalyse, dont l’objectif est la réduction, par la
diététique et le jeûne, de la toxémie corporelle, et la levée des
tensions corporelles ainsi que des blocages émotionnels. Il propose la
recherche du mieux-être par la pratique d’exercices en antimaîtrise.
Cette bioanalyse induit en fait une réflexion et un choix de vie
conduisant à la pratique de la santé naturelle.
Toutes ces conceptions se retrouvent en synthèse dans son dernier
ouvrage Le Jeûne revitalisant.
PARTIE I
L’ACIDOSE LE MAL DU SIÈCLE
Introduction

Le terme « acidose » est de plus en plus usité dans le langage courant


pour dénoncer de nombreux troubles de santé qui vont de la carie
dentaire par déminéralisation à la crampe musculaire par tétanisation
en insuffisance calcique.
Cette notion d’acidose est confuse. Il est donc nécessaire d’en faire
une présentation adaptée au grand public. C’est là l’ambition de cet
ouvrage.
Celui-ci illustre, en réalité, une longue expérimentation dans la
lutte contre l’acidose, trouble généralisé de notre siècle. Si certaines
informations sont destinées à éclairer le grand public, d’autres
pratiques originales ne manqueront pas d’interpeller les différents
acteurs thérapeutes qui ont à combattre journellement les méfaits de
l’acidose.
C’est en fait tout un mode de vie qui devra être modifié pour
obtenir une réponse au déséquilibre acido-basique.
Depuis notre naissance, la qualité de notre santé est en continuelle
modification. Elle dépend de différentes fonctions : respiratoire,
alimentaire, circulatoire, excrétrice, auxquelles s’ajoutent différents
besoins en activité physique, intellectuelle et en repos diurne et
nocturne (le sommeil).
On comprendra que la résultante santé ou maladie puisse naître,
perdurer, se défaire, revenir au gré des équilibres ou déséquilibres
générés au cours de l’existence.
L’un des déséquilibres les plus pernicieux consiste justement à créer
plus d’acides dans l’organisme, induisant ainsi une toxémie
perturbante.
Aussi bien l’alimentation qui apporte trop de produits acidifiants
que le mode de vie stressant généralement enduré sont à la source de
cet excès d’acides que nous aurons l’occasion de présenter
ultérieurement.
Une trop petite minorité de gens à la vitalité robuste détruisent cet
excès d’acides, et la plupart des personnes n’y parviennent pas,
atteignant alors l’état d’acidose critique, générateur de troubles de
santé.
Il existe de nombreux troubles du métabolisme qui génèrent un
excès d’acides. En particulier, une mauvaise digestion des glucides
(céréales, pommes de terre) entraîne un excès d’acide oxalique et
d’acide acétique ; celle des protéines (viande, fromage, œufs, etc.)
procure de l’acide phénylpropionique, de l’acide acétique et de l’acide
urique ; celle des lipides ou matières grasses aboutit à la création de
choline et d’acide phosphorique.
Il n’est pas étonnant que ces digestions insatisfaisantes engendrent
de nombreux troubles, dont on est loin d’attribuer la cause à cette
acidose accrue.
L’organisme crée ainsi une toxémie acide qui passe souvent
inaperçue jusqu’à l’apparition des troubles. Alors ceux-ci sont
« traités », sans tenir aucun compte de leur cause véritable. En fait, ce
sont seulement ses symptômes qui sont masqués, mais la nature
profonde de l’acidose subsiste et générera d’autres troubles
ultérieurement.
L’organisme épuise ses minéraux pour lutter contre cet état
d’acidose. L’objet de cet ouvrage est de remédier à cet état dangereux
de déminéralisation et de régénérer les diverses fonctions
métaboliques de l’organisme afin de parvenir à un équilibre acido-
basique satisfaisant, source de santé excellente.
DÉSIRÉ MÉRIEN
Chapitre I
La qualité acido-basique de
l’organisme

1. Les liquides vitaux

L’organisme constitue un lieu de fonctionnement pour l’ensemble des


cellules qui le compose. Il doit présenter certains critères pour
engendrer la santé. Mais trop souvent son état n’est pas idéal, et alors
l’acidose peut survenir.
L’environnement des cellules est formé du milieu intérieur composé
des deux liquides que sont le sang et la lymphe, dont les rôles
principaux sont d’apporter les nutriments indispensables au
fonctionnement des cellules, puis d’en évacuer les déchets
provenant du métabolisme.
La qualité de ces liquides intérieurs aura donc des répercussions
importantes sur la nature de la santé.
Les dysfonctionnements de ces liquides proviennent de leurs deux
fonctions principales.
2. Les trois types de carences

Tout d’abord la fonction d’approvisionnement. Les liquides


nourriciers apportent les glucides, protides, lipides, sels minéraux et
vitamines nécessaires à la vie. Les troubles de la fonction
d’approvisionnement sont de deux sortes.
En premier lieu, ces liquides peuvent ne pas comporter tous les
éléments nécessaires à la vie des cellules, qui présenteront un
fonctionnement déréglé, source de nombreux troubles de santé. Il
s’agit là d’une situation de carence fort préjudiciable.
Les carences proviennent de trois origines différentes.
Tout d’abord la carence par non-approvisionnement. Il est clair
que, si les éléments indispensables à la vie ne sont pas apportés par
l’alimentation, de graves désordres peuvent en résulter.
Dans le deuxième type de carence, dite de non-assimilation, les
nutriments sont bien présents, mais pour des motifs de
dysfonctionnement, organique ou fonctionnel, le corps est dans
l’impossibilité d’assimiler, c’est-à-dire de digérer et d’absorber, les
aliments présents dans l’alimentation. Il s’ensuit les mêmes désordres
de carence du fait de l’inexistence d’éléments nourriciers absolument
nécessaires à la vie de la cellule.
Notons que ce deuxième type de carence est plus dangereux que le
premier. En effet, pour corriger le premier, il suffit d’apporter les
nutriments manquants et l’organisme en ressentira les bienfaits
immédiatement. Dans le deuxième cas, même une fourniture
abondante ne règle rien puisqu’il n’y a pas assimilation. Il faut tenter
de régénérer les fonctions de l’organisme qui sont défaillantes. Et là,
tout un programme de revitalisation par des moyens naturels devra
être recherché.
Les minéraux sont absolument nécessaires pour maintenir un bon
équilibre acido-basique. Il va sans dire que l’absence d’assimilation
des minéraux induit l’accentuation de l’acidose, générant de
nombreux troubles de santé.
Le troisième type de carence est encore plus dangereux. Il s’agit de
la carence par non-restitution. Dans ce cas, les apports alimentaires
sont suffisants, l’assimilation des nutriments qu’ils contiennent est
satisfaisante et ceux-ci sont donc, en théorie, mis à la disposition des
nombreuses cellules de l’organisme.
Mais c’est là que se situe le problème : certains de ces nutriments
non utilisés immédiatement sont mis en réserve, par exemple le sucre
sous forme de glycogène dans le foie et les muscles.
Par suite d’un dysfonctionnement organique ou fonctionnel, ces
nutriments bien réceptionnés ne sont pas restitués aux cellules. Il
s’agit alors d’une carence grave, qui ne peut se corriger par un
surapprovisionnement inapproprié des nutriments indispensables.
Dans cette situation, un programme de régénération, organique ou
fonctionnelle, devra être utilisé, faisant appel à des techniques vitales
naturelles, comme l’alimentation atoxique, alcalinisante et respectant
les compatibilités alimentaires en alternance avec la pratique de la
détoxination par le jeûne.
La vie cellulaire est ralentie en cas de carence légère, mais elle
peut disparaître en situation de carence grave.

3. La surcharge toxinique

Ensuite la fonction d’évacuation. Lorsque l’organisme est surchargé


de toxines, son fonctionnement normal est entravé. Ces déchets
peuvent être d’origine externe, apportés par une mauvaise
alimentation, créant alors une toxémie exogène. Mais ils sont aussi
produits par le métabolisme : par exemple les déchets d’utilisation
des protéines sont l’urée et l’acide urique, particulièrement
dangereux. De nombreux autres acides (lactique, malique, tartrique)
existent à l’état de déchets métaboliques. Ils accroissent l’état
d’acidose de l’organisme, induisant une toxémie excessive,
génératrice de nombreux troubles de santé.
Ces toxines doivent être évacuées en toute urgence pour éviter
l’arrêt de la vie cellulaire, et à une plus grande échelle celui de
l’organisme tout entier – la mort.
Les maladies contribuent à l’élimination de ces toxines excessives
et dangereuses ; en cela elles représentent des actions vitales pour
l’organisme. Nous devrions comprendre la véritable signification des
troubles de santé : ce sont des signaux d’alarme qui informent sur
l’existence d’une surcharge toxinique.
Notre premier objectif serait alors de contribuer à faire baisser
cette toxémie jusqu’à un niveau acceptable qui ne nécessitera plus les
troubles observés. Ceux-ci disparaîtront alors, parce qu’ils auront
perdu leur raison d’être, qui est de réduire la toxémie.
Traiter des symptômes de maladie pour les arrêter sans se soucier
de la toxémie sous-jacente qui les a engendrés peut apparaître à un
hygiéniste comme une absurdité. Certes, l’apparence de la santé
réapparaîtra par l’absence de troubles stoppés. Mais : « Chassez le
naturel, il revient au galop », dit l’adage populaire. Dans le cas qui
nous préoccupe, la toxémie initiale, aggravée par les traitements
suppresseurs, réintroduira plus tard de nouveaux troubles de santé
(ou les mêmes) et l’on entre alors dans la spirale sans fin de maladie
/ répression / maladie.
Comme la toxémie excessive est de nature acide, l’apport d’une
alimentation largement alcalinisante suffira parfois pour la réduire et,
de ce fait, pour supprimer les troubles de santé.
D’autres pratiques annexes comme la détoxination par le jeûne ou
la biorespiration complétée par le massage tensionnel contribuent
également à faire régresser cette acidose toxémique.
Si le mental génère trop de toxines, la pratique de la bioanalyse
sera salutaire pour modifier la façon de penser et se reprogrammer
positivement.

4. L’état acido-basique de l’organisme

La vie cellulaire, et partant l’organisme tout entier, présente un état


de fonctionnement idéal lorsque les carences et les surcharges
n’existent plus. Il est nécessaire d’exister dans le juste milieu du bon
approvisionnement en nutriments et d’un correct nettoyage des
déchets existants.
Les troubles observés sont souvent divers d’une personne à l’autre,
mais leur origine commune se situe dans un dérèglement de
l’équilibre acido-basique de l’organisme.
Il est donc nécessaire de bien connaître la définition de cet état
acido-basique, puis de mettre en œuvre toutes les possibilités,
alimentaires ou autres, pour le maintenir dans un équilibre
générateur d’une excellente santé.
Les troubles bénins, dans un état acido-basique inadéquat, peuvent
devenir fort dangereux si cet état perdure ou se dégrade.
Il est donc toujours judicieux d’observer cet état acido-basique de
l’organisme pour prévenir les troubles éventuels ou faire cesser ceux
qui sont déjà installés.
C’est toute une somme d’informations et de pratiques qu’il faut
mettre en usage pour y parvenir. Nous allons présenter ces données
dans les prochaines parties de cet ouvrage.
Chapitre II
Les Corps Acides

1. Les acides dans l’organisme

C’est principalement au niveau cellulaire que s’élaborent les déchets


de l’organisme. Lorsque ces toxines, de nature acide, existent en
quantité acceptable, elles génèrent une stimulation favorable au
déroulement de la vie. C’est l’excès de ces toxines qui place les
cellules dans l’impossibilité d’accomplir leurs différentes fonctions
vitales.
Le métabolisme des protéines (viande, poisson, fromage, œufs,
etc.) génère de l’acide urique.
La digestion normale des amidons procure des sucres simples
genre glucose, nutriment essentiel pour les équilibres calorique et
énergétique de l’organisme. Mais le processus anormal de leur
digestion, comme lorsque l’approvisionnement des amidons se réalise
en présence de protéines acides, génère des produits dangereux,
notamment les acides oxalique et acétique, responsables de troubles
tels que aigreurs d’estomac, ballonnements intestinaux, émission de
gaz, aérophagie, parfois évanouissement.
La digestion normale des protéines apporte des acides aminés
nécessaires à la croissance et à la réparation des différents tissus de
l’organisme. Le processus anormal de leur digestion induit
notamment de l’acide phénylpropionique et de l’acide acétique,
générateurs de troubles intestinaux.
La digestion normale des lipides produit du glycérol et des acides
gras. Le processus anormal de leur digestion fabrique notamment de
l’acide phosphorique, fort dangereux.
Enfin, l’utilisation des sucres dans les cellules pour générer de
l’énergie nécessaire aux activités crée des déchets : dioxyde de
carbone (CO2), ou gaz carbonique, et eau (H2O), l’ensemble formant
l’acide carbonique (CO3 H2), très préjudiciable à l’activité cellulaire.
La digestion des sucres induit de l’acide oxalique au cours du
transit intestinal. Il apparaît également de l’acide lactique, qui devra
être neutralisé par les organes excréteurs (foie et reins).
Mais les acides peuvent également provenir de l’extérieur de
l’organisme. Ainsi le café contient-il un pourcentage élevé de purines
qui engendrent l’acide urique, néfaste pour les reins. Le thé apporte
de l’acide tannique, fort dangereux. Une boisson comme le Coca-
Cola contient de l’acide phosphorique.
Les exemples précédents montrent que les corps acides existent
dans l’organisme, soit qu’ils apparaissent au cours de la digestion, de
l’assimilation ou de l’absorption des aliments, soit qu’ils proviennent
de l’extérieur.
Ces nombreux acides circulent de l’intérieur du sérum cellulaire
vers les liquides extérieurs aux cellules que sont la lymphe et le sang.
En définitive, ils baignent dans l’organisme entier, générant l’état
d’acidose qui représente un environnement néfaste à la vie cellulaire.

2. Comment reconnaître un acide ?

En solution aqueuse, les corps ont la particularité de libérer des ions


de deux sortes :
• OH-, formé d’oxygène et d’hydrogène, de polarité négative ;
• H +, formé d’hydrogène, de polarité positive.
Lorsque les ions OH- sont prédominants, la réaction de la solution
est dite alcaline ; dans le cas inverse, à ions H+ prédominants, la
réaction est classée acide.
Pour expliquer ces diverses situations, il a été décidé de définir les
solutions en fonction de leurs concentrations en ions H+, c’est-à-dire
de leur puissance (p) à libérer ces ions hydrogènes (H), soit leur pH.
Le pH de la solution aqueuse d’un corps quelconque indique donc
le degré d’acidité ou d’alcalinité de ce corps.
Les unités de mesure du pH sont situées sur une échelle graduée
de 0 à 14. La plus grande concentration en ions H+ se situe sur la
graduation de 0 à 7 : c’est la zone des acides. La plus faible
concentration en ions H+ se situe sur la graduation de 7 à 14 : c’est
la zone des alcalins. Inversement, les ions OH- sont en plus faible
concentration dans la zone acide et en plus forte concentration dans
celle alcaline.
À la graduation 7, la concentration en ions H+ s’équilibre avec
celle des ions OH- : c’est la neutralité.

0 représente l’acidité maximale, 14, l’alcalinité la plus importante.

L’échelle de mesure du pH étant logarithmique, la différence de


concentration en ions d’une valeur unitaire à une autre s’amplifie dix
fois, et non une fois comme sur une échelle arithmétique. Ce qui veut
dire qu’une variation d’une unité sur l’échelle du pH entraîne une
modification importante de l’acidité ou de l’alcalinité. En fait, les
mesures sont généralement effectuées au centième d’unité.
3. La composition des corps acides

En dehors des ions H+ et OH-, il existe de nombreux ions polarisés.


Ce sont les anions, négatifs, et les cations, positifs.

Les anions sont classés dans les métalloïdes :


• le chlore (Cl) ;
• le soufre (S) ;
• le phosphore (P) ;
• l’iode (I) ;
• le silicium (Si) etc.
Les cations sont classés dans les métaux :
• le sodium (Na) ;
• le calcium (Ca) ;
• le magnésium (Mg) ;
• le cuivre (Cu) ;
• le fer (Fe), etc.
De l’union d’un anion métalloïde et d’un cation métal peut résulter
un sel minéral :

Ainsi l’acide chlorhydrique se compose-t-il de l’union du cation H+


et de l’anion Cl-.
Inversement, la base alcaline NaOH est composée du cation métal
Na+ et de l’anion OH-.
En conclusion, la présence du cation H+ et d’un métalloïde (Cl-)
indique un corps acide.
Celle de l’anion OH- lié à un métal (Na+), l’identité d’une base
alcaline.
Les métalloïdes soufre (S), chlore (Cl), phosphore (P), iode (I),
silicium (Si), etc., sont acidifiants.
Les métaux sodium (Na), calcium (Ca), magnésium (Mg), cuivre
(Cu), fer (Fe), etc., sont alcalinisants.

4. Exemples de corps acides

L’exemple type du corps acide est l’acide chlorhydrique (HCl),


présent dans le suc gastrique. Le pH de ce suc varie de 1,6 à 3,2 sur
l’échelle précitée.
Le sang humain possède un pH relativement stable situé entre
7,28 et 7,42 et dont la valeur moyenne est de 7,35. Il se situe donc
dans la zone alcaline. Il en va de même pour la salive (pH de 7,1).
Le pH urinaire d’un homme sain est légèrement acide, aux
environs de 6,8. Mais ce chiffre peut varier en fonction des apports
alimentaires.
La partie superficielle de l’épiderme présente un pH acide
légèrement supérieur à 5.
Nous vous avons présenté des données relatives à la
reconnaissance, la composition, les valeurs de corps acides pour que
vous appréhendiez mieux les prochaines parties concernant les effets
des corps acides dans l’organisme.
Chapitre III
L’état d’acidose

1. Le pH sanguin

Ainsi que nous l’avons décrit, il existe de nombreux pH différents


dans l’organisme, notamment ceux de l’urine et du sang. L’un des
pH les plus importants de l’organisme est celui du sang. Sa valeur
normale moyenne est de 7,35. Ses possibilités de variation pour
conserver cette normalité sont très réduites.
En effet, ces amplitudes de variations tolérables sont de 0,07 unité,
soit un minimum de 7,35 - 0,07 = 7,28 et un maximum de 7,35 +
0,07 = 7,42.
Notons que le pH sanguin se situe constamment dans cette zone
légèrement alcaline.
Au-delà d’un pH sanguin de 7,42, l’organisme entre dans une zone
plus alcaline : c’est l’état d’alcalose, qui peut s’amplifier jusqu’à un
pH de 7,70. Au-delà de cette valeur, il y a risque de mort.
Inversement, au-dessous de 7,28, bien que le sang soit encore dans
la zone légèrement alcaline, il est néanmoins relativement plus acide
qu’à son origine, 7,35. On appelle la zone de pH sanguin inférieure à
7,28 l’état d’acidose.
Le pH de l’état d’acidose peut régresser au maximum jusqu’à 6,95 ;
en deçà, l’organisme meurt.
Le sang possède une très faible marge de variation dans sa zone
e
normale. Seulement 14/100 d’unité séparent la valeur inférieure de
7,28 à celle supérieure de 7,42. C’est pour cela que l’on dit que le
sang possède un pouvoir tampon. Et nous verrons plus avant
comment il réussit généralement à se maintenir dans cette normalité.
On s’aperçoit que le pH sanguin ne peut se modifier que d’une
marge inférieure à l’unité des pH : 7,70 - 6,95 = 0,75. En effet, au-
dessus de 7,70 ou en deçà de 6,95, l’organisme meurt.
Il est donc vital que pendant la durée de la vie le pH sanguin soit
maintenu dans ses limites normales de variation (7,28 à 7,42).
Nous constatons que la zone d’acidose proprement dite se situe
entre un pH de 7,28 et un de 6,95, soit également une faible marge
de variation de 7,28 - 6,95 = 0,33 unité de pH.
Or, c’est justement dans cette zone d’acidose que se manifestent
de nombreux troubles ressentis et qui semblent ne pas avoir d’origine
bien précise.
Nous allons nous préoccuper principalement de cette zone de pH
sanguin située entre 6,95 et 7,28.
Enfin, il existe également une autre zone dite d’alcalose située
entre 7,42 et 7,70, dangereuse également. Nous aurons aussi à nous
en préoccuper et surtout à expliquer que nous ne nous y situons
qu’exceptionnellement, notamment lorsque de graves dérèglements
affectent l’organisme.
Mais l’état principal dans lequel se situe souvent tout un chacun
est bien l’état d’acidose.

2. La régulation du pH sanguin

Le phénomène d’acidose sanguine se caractérise par un excès d’ions


H+ (réaction acide) ou par une insuffisance d’ions OH-.
Lorsque des substances acides parviennent au sang, en provenance
soit de l’extérieur après digestion des aliments, soit de l’intérieur sous
forme des déchets du métabolisme, le sang a tendance à s’acidifier,
entraînant l’organisme vers l’état d’acidose.
Interviennent alors les sels minéraux ambulant dans le sang, la
lymphe ou les liquides intercellulaires, afin de neutraliser cet excès
d’acidose. Le rôle de ces sels minéraux pour le maintien de l’équilibre
acido-basique du sang est essentiel.
Lorsque les causes générant l’acidose perdurent, l’organisme fait
appel aux sels minéraux fixés dans certains tissus, notamment
ceux des os et des dents.
Cette masse minérale représente environ 4 % de celle du corps,
mais elle est fort importante, car elle doit assurer la fermeté du
squelette, qui constitue la charpente de l’organisme.
De même, la qualité de la dentition, celle des ongles et des
cartilages, ainsi que celle du système pileux sont tributaires de la
bonne minéralisation de l’organisme.
Une acidose excessive et permanente crée des perturbations,
parfois des catastrophes, par déminéralisation compensatoire.
Les reins jouent un rôle important dans cette régulation minérale
du pH sanguin. Ils évacuent les excès d’acides ou de bases.
C’est ainsi que sont éliminés les acides phosphorique, sulfurique
ou urique, en provenance principalement des déchets protéiniques.
Les bases présentes excessivement en état d’alcalose sont éliminées
par les reins sous forme de bicarbonates.
La régulation minérale du pH sanguin se complète par l’action
respiratoire, qui évacue en permanence l’acide carbonique produit
lors des combustions cellulaires.
Ces combustions sont particulièrement présentes au niveau
musculaire. Leur objet est double : produire de la chaleur pour
maintenir constante la température de l’organisme à 37 °C, quel que
soit l’environnement extérieur, et produire de l’énergie pour assurer
les besoins du corps, et notamment le mouvement.
Cet acide carbonique est composé de dioxyde de carbone (CO2),
ou gaz carbonique, et d’eau (H2O).
L’apparition d’une concentration en ions H+ dans le sang à la suite
d’un effort physique excite le centre respiratoire situé dans le
cerveau. Ce dernier active la respiration en hyperventilation, pour
évacuer rapidement l’acide carbonique en excès dans le sang afin de
ramener celui-ci à son pH normal situé en moyenne à 7,35.
Inversement, un début d’alcalose (fort rare) induit le phénomène
d’apnée, qui tend à arrêter la respiration dans le but de conserver au
maximum l’acide carbonique nécessaire à l’acidification du sang.
Voilà les processus de la régulation du pH sanguin. Ils répondent à
des critères complexes, mais généralement efficaces.

3. La génération de l’acidose

a) L’acidose endogène

L’organisme est une grande machine qui utilise les nutriments


fabriqués par la digestion pour produire les calories nécessaires à
maintenir la température du corps et pour engendrer l’énergie
indispensable à la bonne marche des diverses fonctions.
Ce métabolisme cellulaire crée des déchets qui sont normalement
présents : c’est la toxémie endogène. Cette toxémie est de nature
acide et elle déséquilibre le pH sanguin.
Il est donc normal qu’il se crée constamment une acidose
endogène. Celle-ci sera plus importante lorsque la nourriture sera
abondante en aliments concentrés (protides, lipides, glucides).
Inversement, elle sera moindre quand l’approvisionnement
alimentaire se réduira à des apports d’aliments de couverture. C’est le
cas lors de la pratique des réductions alimentaires allant jusqu’au
jeûne.
La création des déchets acides est liée à l’intensité des activités de
l’organisme. Elle est accentuée en situation de stress.
Le stress correspond à une réponse biochimique, physiologique et
psychologique au changement.
C’est un signal révélant une situation déséquilibrée
s’accompagnant de réactions émotionnelles. Cet état de stress est
producteur de déchets acides. C’est pourquoi il est particulièrement
néfaste pour les personnes à vitalité fragile (malades, personnes
âgées, etc.).
Au contraire, celles à forte vitalité supportent mieux cet
accroissement de déchets acides dans l’organisme (enfants,
adolescents, jeunes adultes).
En situation d’activités excessives, il se produit un phénomène de
surmenage. Celui-ci génère des quantités importantes d’acides dans le
corps.
Une grande activité physique engendre de l’acide lactique et de
l’acide carbonique notamment. Lorsque ces déchets acides
s’accumulent dans le muscle, celui-ci peut devenir douloureux
(sensation de crampes ou de courbatures). Cette acidose musculaire
concourt à créer un état de fatigue généralisé, particulièrement chez
les sédentaires, non habitués à l’effort physique.
Le surmenage intellectuel, souvent fréquent dans les métiers
modernes (attention constamment rivée sur les écrans
informatiques), aboutit également à une augmentation de l’acidose
endogène.

b) L’acidose exogène

L’acidose peut provenir d’un apport extérieur de produits acides ;


l’acidose est alors dite exogène.
Certains éléments présentent au goût une saveur acide ; ainsi en
est-il du vinaigre ou des fruits acides – par exemple le citron,
l’orange, le pamplemousse, etc.
Certains végétaux sont également acides : par exemple la
rhubarbe.
D’autres produits ne possèdent pas la saveur acide, mais ils
génèrent de l’acidité après leur digestion puis leur assimilation ; ils
sont dits créateurs d’acides ou acidifiants.
Nous présenterons plus avant la description des aliments acides ou
acidifiants.
Dans l’alimentation moderne, on consomme des produits fabriqués
industriellement. Ces produits génèrent également de l’acidité à
cause des nombreux additifs utilisés lors de leur fabrication
(colorants, conservateurs, exhausteurs de goût…).
À l’échelle globale de l’alimentation, compte tenu de l’importance
de leur consommation, ils représentent la principale source d’acidose.
Et comme la tendance évolue vers une plus grande consommation
de ces produits, les états d’acidose ne feront que s’amplifier, en
s’accompagnant de leurs nombreux troubles habituels.

4. Les réactions face à l’acidose

Les acides existent normalement dans l’organisme. Lorsque les


personnes disposent d’une énergie vitale suffisante, elles neutralisent
aisément l’excès d’acides présents dans le sang. Pour ce faire, elles
utilisent les sels minéraux disponibles dans le sang pour élaborer une
situation tampon qui les détruise.
Ces personnes à forte vitalité ne s’acidifient guère. Mais la
nécessité de lutter contre les excès d’acides consomme une part
importante de leur énergie, et cela peut générer à terme une
expansion de leur acidose.
Certains manquent d’énergie vitale. Ils ne peuvent neutraliser les
acides qui les envahissent. Leur acidose est quasi permanente et peut
atteindre une zone critique mettant en cause le pouvoir tampon de
l’organisme.
Ils manquent de minéraux, comburent mal leurs acides et
développent constamment des troubles de santé induits par l’acidose.
Les facteurs générateurs de l’acidose endogène ou exogène,
exposés ci-avant, se conjuguent pour déséquilibrer de telles
personnes : un excès d’apport d’acides de l’extérieur, une suractivité,
un surmenage, un stress ne pourront être compensés, et ils viendront
accroître l’acidose et amplifier leurs troubles de santé.
Chapitre IV
Les troubles dus à l’acidose

1. Les dégradations par les acides

La situation d’acidose provoque des dégradations dans l’organisme.


Le processus de destruction cellulaire du corps par les acides est
insidieux et progressif.
À part dans l’estomac, qui contient une quantité importante
d’acide chlorhydrique, les acides existent dans le sang à dose réduite.
Mais celle-ci est suffisante pour provoquer des réactions de
l’organisme.
Rappelons que ce sont les cellules vivantes qui réagissent par
rapport aux corps agresseurs extérieurs : ici, les acides.
Les acides sont des corps toxiques générant une toxémie accrue.
C’est pour réduire celle-ci que les organes excréteurs vont réagir afin
de la ramener à un niveau supportable, non générateur de troubles.
Ainsi les symptômes observés au niveau des organes excréteurs ne
proviennent-ils pas d’une action directe des acides sur les tissus de
ces organes, mais, tout au contraire, c’est la spécificité émonctorielle
de ces organes qui génère les troubles causés par l’accroissement de
la toxémie due aux acides.
La peau est utilisée pour évacuer ces toxines en présentant des
troubles divers : eczéma, psoriasis, démangeaisons, rougeurs,
dessèchements.
Les reins rejettent une urine concentrée en acide générant des
brûlures lors de la miction.
Le tube digestif développe des ulcères.
Le système osseux se dégénère : caries, corrosion, arthrose, etc.
Les minéraux sont utilisés excessivement pour neutraliser la
toxémie engendrée par l’acidose. De nombreuses fonctions sont
perturbées : la respiration régresse car les minéraux sont insuffisants
pour le transport des corps gazeux, les sécrétions diverses se
réduisent, le système glandulaire est annihilé, la dentition se
détériore, le système pileux se dégrade, les articulations se
détériorent. Voici de nombreux troubles en provenance de la
déminéralisation liée à l’acidose.
Mais ces troubles primaires peuvent dégénérer en troubles
secondaires si la forte toxémie engendrée par l’acidose perdure. C’est
alors qu’apparaissent les inflammations de toutes sortes, d’abord
légères : irritation de la gorge, des sinus, des bronches, etc. Mais, si la
situation de toxémie se perpétue, cela peut aller jusqu’à des
problèmes graves comme la tuberculose. Là, le terrain est devenu
inapte à entretenir un état de santé correct.
L’organisme fait face du mieux qu’il peut à la toxémie permanente
générée par l’acidose. Mais parfois il ne parvient pas à évacuer
l’ensemble des déchets qui s’accumulent de plus en plus.
On assiste alors à la formation de dépôts divers qui encrassent le
corps. L’apparition de calculs soit dans la vessie, soit dans la vésicule
biliaire crée des troubles fort douloureux.
Le bloquage des articulations induit également des troubles
chroniques sensibles.
Voilà la description de quelques processus de dégradation de tissus
de l’organisme par les acides. Mais les signes informant d’un état
d’acidose sont nombreux ; il est fort utile de les connaître pour
prendre conscience de ce déséquilibre organique engendré par les
acides, qui peut progresser vers une dégradation ultérieure fort
préjudiciable et parfois irréversible. Mieux vaut connaître
préalablement l’état d’acidose pour pouvoir le combattre plus
efficacement.

2. Les signaux de l’acidose

Les signaux de l’acidose sont multiples. L’un des premiers est un état
de fatigue permanent. La perte d’énergie est ressentie d’une manière
importante.
Cette dégradation dans la quantité de l’énergie vitale s’observe
souvent sur le plan musculaire. Le corps devient pesant, le moindre
mouvement s’effectue difficilement.
L’activité sensorielle se réduit. La vue se trouble, les sons sont
moins distincts, le goût devient inexistant, l’odorat est perturbé et le
toucher est malhabile. Toutes ces perceptions donnent l’impression,
désagréable, de ne pas pouvoir apprécier la vie.
La fonction mentale consciente régresse. Les pensées ont du mal à
se créer et à s’organiser. C’est le flou intellectuel, les trous de
mémoire, les absences inexpliquées.
La fragilité émotionnelle s’accroît, générant des sentiments de peur
accompagnée d’angoisse ou d’anxiété. La tristesse s’installe, portant
vers la dépression. La colère est rare tant est grande la sensation de
lassitude. La joie devient inexistante.
Les grandes fonctions intérieures présentent également une
activité atténuée.
La digestion est malaisée, s’accompagnant de lourdeurs et de
ballonnements, parfois d’acidification stomacale excessive. Les
intestins deviennent paresseux, la constipation s’installe, alternant
avec de fréquentes diarrhées. Le foie est inactif.
Les intestins sont sensibles (colite). La langue reflète l’état
intestinal. Elle se charge en se colorant du blanc au jaune, parfois au
marron. C’est un signe d’acidose important.
Les reins sont parfois douloureux et génèrent des urines colorées
et malodorantes.
La fonction circulatoire s’atténue ; le sang circule mal, les
extrémités (mains et pieds) paraissent constamment froides, sans
qu’aucune activité ne puisse les réchauffer.
La peau devient moite et malodorante. Elle présente de
nombreuses rougeurs, relais de détoxination (eczéma, psoriasis, etc.).
D’autres fois, elle se dessèche anormalement, présentant un excès de
cellules mortes par desquamation. Il y a souvent des pellicules sur le
cuir chevelu.
Quelquefois, elle devient anormalement grasse sans que l’on ne
puisse rien faire.
Dans toutes ces situations, la peau se comporte comme un organe
relais de l’intoxication acide.
Les déséquilibres pondéraux surgissent. C’est parfois une prise de
poids inconsidérée, ou au contraire la maigreur qui s’installe, sans
que l’on puisse modifier ces états tant les mécanismes des
métabolismes sont déréglés.
L’énergie est mal répartie dans l’organisme : sous l’effet de
l’acidose, on observe une inversion énergétique qui s’amplifie avec
la croissance des acides dans l’organisme. L’énergie est projetée vers
les organes vitaux situés à l’intérieur de l’organisme (cœur, cerveau,
poumons, etc.), donnant une impression constante de manque à la
périphérie du corps.
La personne qui subit une acidose sévère ressent la pénible
impression de n’exister que partiellement, ce qui est fort difficile à
supporter.

3. Observations personnelles

À ces signaux généraux de l’acidose, il est possible d’ajouter des


observations personnelles spécifiques.
La déminéralisation accompagne la situation d’acidose. Elle
s’installe diversement selon les organismes.
Elle est particulièrement manifeste sur la dentition. Les caries sont
fréquentes.
Les ongles et le système pileux sont également affectés. Certains
troubles du squelette dénotent une déminéralisation sévère. Il est
alors conseillé d’effectuer des analyses pour confirmer l’acidose et ses
effets déminéralisants.
Lorsque le phénomène de déminéralisation surgit chez un enfant,
il peut entraîner des dégâts importants qui pèseront lourdement sur
sa croissance.
Chez une personne âgée, cette même déminéralisation fragilise le
squelette et provoque des fractures diverses fort dangereuses.
L’état de déminéralisation rend difficile la digestion des fruits
acides. Une sensation désagréable de froid et de fatigue suit la
consommation de citrons, oranges, framboises, etc. Il est alors
recommandé de s’abstenir de ces aliments jusqu’à ce que le
déséquilibre généré par la déminéralisation soit modifié.
L’acidose fait ressortir de nombreux troubles (inflammations
buccales, bronchites, irritations stomacales, etc.) qui perdureront tant
que l’acidose ne sera pas résorbée.
Dans ces situations, il est conseillé de pratiquer un régime
alimentaire alcalinisant plutôt que de pratiquer un jeûne sévère.
En effet, pour qu’un jeûne soit efficace, il est nécessaire que le
jeûneur possède une réserve de minéraux suffisante, ce qui n’est
généralement pas le cas en situation d’acidose.
La pratique du jeûne, qui portera l’organisme à son meilleur
niveau, sera reportée à une période ultérieure.
Dans ces situations de troubles, on peut procéder au contrôle de
l’acidité de l’urine. La mesure du pH urinaire s’effectue aisément en
utilisant des bandelettes à réactions colorées.
En situation d’acidose prononcée, des douleurs diverses
envahissent les zones musculaires. Celles-ci représentent des zones
d’accumulation intense des corps acides, dont l’acide lactique
particulièrement.
Apparaissent alors spontanément des tensions musculaires sous
forme de tétanisation.
Les douleurs sont difficiles à supporter ; elles sont passagères ou
durables.
Dans ce dernier cas, l’acidose est déjà parvenue à un niveau
important.
Ainsi toute douleur musculaire doit-elle être interprétée comme
une situation potentielle d’acidose.
Voilà quelques observations personnelles qui peuvent révéler un
état d’acidose. L’essentiel est de penser qu’il peut s’agir d’un tel état,
sinon on recherchera, souvent en vain, à faire disparaître les
symptômes désagréables sans toucher à la cause profonde : l’acidose.
Chapitre V
Classement des aliments par
rapport à l’équilibre acido-basique

Les aliments sont répertoriés en deux catégories selon les résultats de


leur digestion et leur absorption au niveau sanguin.
Les aliments alcalinisants produiront des nutriments alcalins,
encore appelés basiques.
Inversement, les aliments acidifiants produiront des nutriments
acides. Habituellement, nous consommons des aliments des deux
catégories.
Il s’ensuit que, pour les personnes en situation d’acidose,
l’alimentation devra être largement pourvue en produits alcalinisants.
Apprenons donc à connaître ces deux catégories principales
d’aliments.

1. Les aliments alcalinisants

Ces aliments sont eux-mêmes classés en deux sous-groupes.


er
1 sous-groupe : les aliments alcalins

Il s’agit d’aliments qui ne comportent pas au préalable d’acides dans


leur structure et qui n’en produiront pas ultérieurement à leur
digestion.
Ces aliments sont donc complètement alcalinisants quelles que
soient les capacités métaboliques de chacun et ils devront être
consommés prioritairement par tous. L’absence de ces aliments
entraînera à terme une acidose.
Nous présentons maintenant la liste des aliments alcalins en
tenant compte de plusieurs critères : le genre, la concentration et la
qualité.

a) Les légumes

Les légumes sont de valeurs nutritive et digestive très variables. Il est


possible de les classifier en racines, herbacés, bourgeons et
champignons.
Les végétaux constituent une étape normale entre le règne minéral
et le règne animal. Tous les animaux, y compris les carnivores, les
granivores et les frugivores, consomment des végétaux.
La plante est un excellent laboratoire où s’élaborent les sucres, les
lipides, les vitamines, les protéines et les sels minéraux. L’homme n’a
jamais pu égaler, dans ses propres laboratoires, les travaux de la
plante qui transforment des éléments minéraux en aliments
organiques.

Les légumes féculents


Les légumes féculents constituent un groupe relativement homogène.
Ils représentent la base des régimes végétariens et leur bonne
tolérance générale justifie cette faveur. Ils possèdent une valeur
nutritive en hydrates de carbone (sucre) supérieure à celle des autres
légumes (excepté les légumineuses). Les féculents doivent être
mastiqués et insalivés soigneusement car la ptyaline salivaire agit sur
leur amidon complexe pour le transformer en sucres simples
assimilables. Cette enzyme salivaire n’agit qu’en milieu basique. Elle
est immédiatement entravée au contact des acides, même légers. Cela
impliquera des précautions au niveau des techniques culinaires
(éviter les acides : vinaigre, citron, etc., lors de repas riches en
amidon) et des pratiques alimentaires. Il sera préférable de
consommer les amidons à un autre repas que celui comportant des
protides (viande). En effet, ceux-ci, par la sécrétion chlorhydrique
qu’ils engendrent au niveau stomacal, viennent s’opposer à l’action
normale de l’amylase salivaire.
La proportion de sucre contenue dans les légumes féculents est de
l’ordre de 20 % en moyenne. Aliments moins onéreux que les
produits animaux, ils sont parfois consommés avec excès. Un juste
équilibre s’impose dans la composition de la ration alimentaire.

La pomme de terre

Historique et consommation
Elle est originaire d’Amérique du Sud. On la retrouve en Europe, en
Espagne, vers 1550. Olivier de Serres ne réussit pas à la faire
e
consommer aux Français au XVII siècle. Il faudra attendre Antoine
Parmentier pour qu’en 1785 sa réelle consommation s’amorce en
France. Elle décline depuis 1914.

Composition et valeur nutritionnelle


Elle contient environ 80 % d’eau, 18 % de glucides sous forme
d’amidon, 2 % de protéines. Les lipides sont absents. Elle est très
riche en potassium, mais plus faiblement pourvue en calcium
(11 mg/100 g).
À la récolte, la teneur en vitamine C (ou acide ascorbique) est
élevée, mais celle-ci est partiellement détruite en cours de stockage et
lors de la cuisson. La pomme de terre est essentiellement une source
d’énergie.
L’amidon de la pomme de terre est parmi les mieux tolérés ; seules
les préparations avec des sauces grasses ou en friture diminuent sa
digestibilité ; bouillies, elles gagnent en eau mais perdent leurs sels
minéraux. Ceux-ci subsistent lors de la cuisson au four ou sous la
cendre.

Toxicité
La pomme de terre est une solanacée. Exposée au soleil, elle verdit en
produisant la solanine, poison dangereux. Consommée en l’état, elle
peut être à l’origine de troubles sanitaires, mais cette pratique est
évitée. De même, il ne faut pas consommer des pommes de terre
germées. La pomme de terre crue est extrêmement indigeste. Elle se
conserve difficilement après la cuisson.
Minéralisante, riche en vitamines, pourvue d’un amidon digestible
– après cuisson cependant – la pomme de terre constitue pour nous
un bon aliment.
Elle est très recommandable dans les pays tempérés pour
remplacer et compléter les fruits sucrés qui ne s’y développent pas
suffisamment.

Les autres légumes féculents


On peut utiliser comme variante des pommes de terre : les patates
douces, les ignames, les topinambours, les crosnes, le manioc.

La patate douce contient 22 % de sucres et seulement 1,5 % de


protéines.
L’igname présente d’énormes tubercules.
Le topinambour possède 17 % de glucides, 2 % de protides et
0,2 % de lipides. Son goût rappelle celui de l’artichaut. Il
contient de l’inuline, sucre voisin de l’amidon. Le topinambour
doit être consommé peu cuit pour éviter de provoquer des
fermentations intestinales.
Les crosnes, petits rhizomes, originaires du Japon, possèdent
15 % de glucides et ont une saveur intermédiaire entre la
pomme de terre et l’artichaut.
Le manioc apporte par ses racines tubérisées une fécule avec
laquelle on prépare le tapioca.
Il existe encore d’autres légumes féculents tels le taro, le macabo,
l’arrow-root, le tacca, mais qui sont peu ou pas connus en
Europe.

Cette catégorie de légumes féculents constitue des aliments


convenablement adaptés à l’homme. Comme pour la pomme de terre,
nous les classons dans les produits comestibles tendant vers les
aliments idéaux.

Caractère alcalinisant des légumes féculents


Les légumes féculents représentent le genre de légumes alcalins
intéressants pour la richesse de leurs minéraux et celle, relative, de
leur concentration en amidon. De ce fait, ils constituent un aliment
de base pour maintenir un excellent équilibre acido-basique.
Naturellement doux et antiacides, ils sont bien tolérés.

Les légumes racines


Les légumes racines contiennent environ 80 % d’eau. Ils sont
intéressants pour leurs apports en sels minéraux et en vitamines. Les
minéraux les plus largement apportés sont le potassium, le
magnésium et le calcium. En moins grande proportion, il existe
également d’autres minéraux intéressants : zinc, cuivre, cobalt, etc.
Parmi les vitamines apportées, citons le carotène (provitamine A).
Certains légumes racines ont une teneur en glucides faible par
rapport aux féculents mais non négligeable. Ces sucres existent sous
diverses formes : amidon, inuline, pectine, etc.
Les légumes racines sont des aliments alcalinisants. Citons
quelques légumes racines :

La betterave : elle contient de l’amidon, des provitamines A, des


vitamines B et C en quantités modérées. Le rubidium s’y trouve
parmi les sels minéraux.
La carotte : elle se situe dans la même classe d’amidon léger
(contient 9 à 10 % de sucre très assimilable). Sa caractéristique
est de présenter une grande quantité de carotène, qui au niveau
du foie se transforme et s’accumule en vitamine A. Elle contient
également des vitamines B et C et, outre les minéraux déjà cités,
du sodium et du fer.
Le céleri-rave : il ressemble au navet par le renflement situé au
collet. C’est un légume très apprécié.
Le navet : il possède une odeur caractéristique. Il contient 8 % de
sucre.
Le panais : c’est une plante rustique qui contient des sucres et de
la vitamine C.
Le radis : il est caractérisé par la présence d’iode et possède de la
vitamine C et un peu de vitamine B.
Le rutabaga : ce légume possède 7 % de sucre. Il est
intermédiaire entre le navet et la betterave. Il contient
60 mg/100 g de calcium. C’est un légume particulièrement
intéressant pour sa richesse vitaminique : provitamine A,
vitamines B1, C, PP, D.
Le salsifis et la scorsonère : ils appartiennent à la même famille
que les topinambours, peu riches en sucre (12,5 % d’inuline),
pauvres en lipides (1,20 %) et en protides (4,10 %). Ils
procurent néanmoins 75 kcal/100 g. Leur trame cellulosique est
importante.

Il est évident que nous ne citons que quelques-uns des légumes


racines : ceux qui sont les plus utilisés dans nos contrées
européennes.
La plante est un tout : les effets du soleil sur les feuilles ont des
répercussions sur les réserves réalisées dans les racines et,
inversement, les éléments nutritifs puisés dans le sol, par les poils
absorbants des racines, permettent l’élaboration de la sève qui
nourrira les parties aériennes. Chaque partie de la plante possède ses
caractéristiques nutritionnelles, et c’est en fonction de celles-ci que
telle ou telle plante est choisie pour sa consommation.
Mentionnons au passage que les légumes racines possèdent un
avantage : leur conservation est plus aisée que celle des légumes
feuilles.

Les légumes verts


Précisons qu’un classement des légumes est malaisé à réaliser.
Certains légumes verts peuvent être des légumes feuilles (chou,
salade), des légumes branches (céleri) ou encore, par extension, des
légumes fleurs (chou-fleur), des légumes bourgeons (asperges), ou
même des légumes fruits (tomates).
Il serait plus exact de placer ces légumes dans la catégorie des
légumes frais, qui indique que leur conservation est, à l’air libre, très
réduite par rapport aux légumes secs, aux féculents, ou aux légumes
racines.
Nous présentons certains de ces légumes sans rechercher une
classification très rigoureuse.

L’artichaut : c’est un légume sucré (15 % d’inuline). Très cuit, il


est indigeste. Il contient des vitamines : provitamine A, vitamines
B, C, et du manganèse.
L’asperge : elle est riche en manganèse et en provitamine A.
L’aubergine : elle est de la famille des solanacées. Elle contient du
sucre (5 %), de la provitamine A, des vitamines B et C. Il faut la
manger bien mûre.
La bette, ou poirée : elle se consomme crue ou très peu cuite. Elle
est riche en provitamine A et en vitamines B1, B2 et C.
Les cardes : ce sont les côtes des feuilles du cardon. Elles sont
apparentées à l’artichaut et contiennent de la provitamine A et
de la vitamine B2. Elles sont consommées blanchies.
Le céleri branche : il possède un arôme particulier, est riche en
provitamine A et en vitamines B et C, et il contient de la silice. Il
est souvent consommé blanchi.
Le chou : sa teneur en sucre est de 6 à 10 %, et en protide, de 1 à
5 %. Il est particulièrement riche en fer, en iode, en provitamine
A et en vitamines B et C. Il est mieux toléré cru que trop cuit.

Le chou vert, le brocoli, le chou de Bruxelles, le chou rouge et le


choufleur constituent les différentes variétés de choux.

Le concombre et le cornichon : ils sont très riches en sels


minéraux, riches en provitamine A et en vitamines B1, B2 et C, et
posséderaient un corps voisin de l’insuline.
La courge, la courgette et la citrouille : elles sont très riches en sels
minéraux, en provitamine A et en vitamines B1, B2 et C.
Les épinards : ils sont très riches en minéraux, fer (4 mg/100 g)
et iode notamment, en provitamine A et en vitamines B1, B2 et
C. Ils possèdent 4 % de sucre. Il faut consommer de jeunes
épinards fraîchement cueillis.
Le fenouil : la partie consommable se situe à la base des feuilles.
Le fenouil se mange cru ou peu cuit.
Les haricots verts : ils possèdent des sels minéraux variés, de la
provitamine A et des vitamines B et C.
Le poivron : il contient des vitamines particulières, P et K.
Les tétragones : elles ressemblent aux épinards ; les feuilles sont
plus charnues et doivent être consommées crues ou peu cuites.
Les légumes « salades » : ils représentent un groupe particulier des
légumes verts car ils sont généralement consommés crus aux
repas. Ils sont riches en vitamine C.
La chicorée et la scarole : elles contiennent en particulier du fer.
Le cresson : il est riche en fer et en vitamine C.
La laitue : elle a un faible pouvoir calorifique, 18 kcal/100 g, et
est très riche en sels minéraux et vitamines. Elle est d’une
digestion aisée : sa cellulose est facilement acceptée.
La mâche, ou doucette : elle est riche en chlorophylle, en
magnésium et se digère aisément. Elle a le grand intérêt d’être
très rustique dans nos régions.
Le pissenlit : il est particulièrement riche en manganèse, en
provitamine A et en vitamines B et C. Il doit être consommé
jeune.
Les légumes condiments : citons notamment le basilic, la ciboule,
la ciboulette, l’estragon.

Les légumes frais, aliments idéaux


Les légumes frais, alcalinisants, minéralisants, vitaminisants,
constituent des aliments idéaux pour l’homme. Crus ou peu cuits
(« décrudits »), ils doivent entrer journellement pour une part
appréciable dans la ration alimentaire.
La connaissance des diverses variétés est nécessaire pour savoir
doser les apports vitaux qu’ils sont susceptibles d’apporter à
l’organisme.
Il faut considérer les légumes comme des aliments, avec toute la
valeur que ce qualificatif leur confère : c’est-à-dire le pouvoir de
nourrir idéalement l’organisme, et par la suite celui de maintenir la
vie.
Les glucides existent en proportion inférieure à 10 % dans ces
légumes.
Les protides et les lipides ne représentent qu’un très faible
pourcentage de leurs principes nutritifs, mais ces protides sont de
qualité supérieure.
Enfin, les éléments nutritifs de cette catégorie d’aliments existent à
l’état organique, état idéal de l’aliment vitalisé, apte à promouvoir la
vie.
Ils représentent les aliments alcalins les plus favorables. Ils doivent
apparaître largement dans l’alimentation quotidienne et être répartis
entre les repas de midi et du soir.
b) Les fruits

De l’ensemble des fruits frais, seuls les fruits amylacés sont dépourvus
d’acides initiaux. Ils sont de ce fait des aliments alcalins.
Les fruits oléagineux possèdent, pour certains d’entre eux, des
caractéristiques strictement alcalinisantes.
Certains fruits séchés acquièrent des qualités alcalinisantes.

Les fruits amylacés


Les fruits amylacés contiennent de l’amidon, sucre complexe qui doit
être transformé par l’organisme en sucres simples assimilables. La
banane et la châtaigne appartiennent à cette catégorie.

La banane : elle est classée, en France, dans les fruits amylacés


parce qu’elle est importée et vendue plus ou moins mûrie
artificiellement. En réalité, lorsque la banane est mûre, la peau
se noircit ; l’amidon originel est transformé en sucres
directement assimilables (glucose, fructose), et une partie en
saccharose, qui devra, lui, être transformé.

Les bananes consommées en Europe sont cueillies vertes sur les


lieux de production (Amérique centrale, Antilles, Afrique),
transportées par bateaux en chambre à 12 °C, mûries à 20 °C en
présence d’une forte humidité (90 %). Les bananes « grisées » ou
« blettes », sujettes au pourrissement, doivent être rejetées. Mûres, les
bananes sont de teinte jaune miel : elles sont très périssables en cet
état.
La banane est composée de 70 % d’eau environ ; l’amidon de la
banane mûre se transforme en 23 % de sucres simples ; les protides
représentent 4,50 % et les lipides, en faible proportion, 0,50 %. La
banane contient des sels minéraux, du magnésium, potassium, fer,
sodium, de la provitamine A et des vitamines B1, B2, C et E à l’état de
trace. Sa valeur calorique moyenne est de 100 kcal/100 g. C’est un
fruit doux. Séchée, sa concentration en sucre peut atteindre 70 %. La
banane est un fruit alcalin qui peut être consommé largement.
Ce sont souvent les jeunes enfants qui en mangent le plus.
Attention, cependant, à consommer des bananes de bonne qualité et
de bonne maturité, aussi bien fraîches que séchées.

La châtaigne : c’est le fruit du châtaigner ; intrinsèquement, il


s’agit plutôt d’une graine. Elle contient 55 % d’eau, 4 % de
protides, 2, 50 % de lipides, 40 % de glucides, des sels minéraux
dont le calcium et le fer, et des vitamines : C, B1, B2, PP (traces).

L’amidon cru de la châtaigne provoque des difficultés digestives. La


cuisson transforme l’amidon en sucres digestibles. C’est un aliment
énergétique : environ 200 kcal/100 g. Les châtaignes devront être
consommées cuites.
La châtaigne est un aliment alcalinisant. En saison, elle peut être
consommée en alternance avec la pomme de terre pour favoriser
l’alcalinisation sanguine.
Attention cependant à la consommer en bonnes associations
alimentaires pour faciliter sa digestion. Il faut éviter de la manger
avec des aliments acides.

Les fruits secs


Certains fruits perdent de leur acidité originelle et deviennent plus
alcalins lorsqu’ils sont secs.
C’est le cas notamment pour les poires, les pommes, le raisin, les
figues, les bananes, les mûres. Attention néanmoins au séchage avec
utilisation de produits soufrés, qui laissent des traces acides.
Consommés seuls ou en bonnes associations alimentaires, les fruits
secs représentent, à dose modérée, des apports alcalinisants
intéressants.

Les fruits oléagineux


Les fruits oléagineux sont caractérisés par une forte teneur en
matières grasses ou lipides.
Un sous-groupe est représenté par les fruits oléagineux
protidiques.

Les fruits oléagineux protidiques


Ces fruits, qui sont plutôt des graines, sont caractérisés par une
teneur en protides qui dépasse les 10 % et peut atteindre les 30 %
pour les pignons de pins. Ils sont communément classés dans la
catégorie des noix. Outre des protides, ils renferment en moyenne
40 % de lipides et près de 10 % de glucides. Ils fournissent 400
kcal/100 g. Leur teneur en eau est réduite ; ils contiennent de la
vitamine B mais sont faiblement pourvus en vitamine C.

L’amande provient de l’amandier, originaire d’Asie. Les amandes


amères doivent être évitées. Les amandes contiennent, sèches,
55 % de lipides, 18 % de protides, 10 % de glucides, des sels
minéraux : potassium, calcium, magnésium, ainsi que des
vitamines B1, B2, C, et en quantité réduite de la vitamine E.

La valeur calorique de l’amande sèche est de 600 kcal/100 g.


Produit concentré, les amandes doivent être consommées avec
précaution, en associations alimentaires compatibles, avec des
légumes essentiellement.
La purée d’amandes, très nourissante, est à consommer avec
modération. Il est possible de réaliser du lait d’amandes en
remplacement du lait maternel ou du lait de vache.
L’amande est un aliment alcalinisant, contrairement aux autres
fruits oléagineux.
De ce fait, consommée avec modération, elle peut apporter des
protéines et des lipides tout en favorisant l’alcalinisation.

La noix du Brésil est également alcalinisante ; mais elle est peu


consommée dans nos contrées.
c) Les produits laitiers

Le lait de vache : il est, parmi les laits animaux, celui qui est le
plus utilisé en alimentation humaine.

Il possède de multiples intérêts nutritionnels. Il apporte des


protéines d’excellente valeur biologique qui contiennent, en équilibre
satisfaisant, les acides aminés indispensables à la vie et à la
croissance.
Parmi les protéines les plus importantes, citons les caséines, qui
ont des phosphoprotéines (30 g/l), de la lactalbumine (4 g/l) et de la
lactoglobuline (essentiellement constituée d’immunoglobulines –
0,5 g/l).
Ainsi, le lait contient de 3 à 3, 5 % de protides d’excellente qualité.
Les lipides du lait existent sous forme de fins globules gras qui se
trouvent en émulsion dans le liquide. Ils sont constitués
essentiellement par des glycérides, mais contiennent un peu de
lécithines.
Les glucides sont principalement composés de lactose. Une fois
absorbé, ce lactose se dédouble en glucose et galactose.
Le lait contient également des sels minéraux. C’est une excellente
source de calcium (113 mg/100 g) et de phosphore (95 mg/100g).
Mais le lait est pauvre en fer (1 mg/l).
Sa richesse en vitamines est intéressante : A, B2 et D existent en
taux élevé. En revanche sa teneur en vitamine C est faible.
Le lait est pratiquement dépourvu des toxiques originels qui
existent dans la viande.
C’est d’ailleurs l’absence de ces corps acides qui donne au lait son
caractère d’aliment alcalin.
Le lait, au sortir de la mamelle, est un produit vivant et en tant
que tel il est altérable. Destiné au petit du mammifère, pris à même la
mamelle, il est non toxique.
Il sera réellement alcalinisant pour le petit enfant, qui a la
possibilité de le digérer aisément.
Ce ne sera malheureusement pas le cas pour l’adulte, qui, ne
possédant plus les capacités digestives de l’enfant, modifiera la nature
du lait pour le rendre acidifiant.
Le lait de vache a plus de protides et de lipides, moins de glucides
et trois ou quatre fois plus de sels minéraux que le lait de femme.
Le lait est un aliment et non une boisson. Il ne doit pas être
consommé inopportunément.

Le lait humain : il est l’aliment spécifique du bébé. C’est un


produit alcalinisant apte à générer un bon équilibre acido-
basique.
Les laits transformés : les laits fermentés constituent un moyen
naturel de conservation du lait. Dans des conditions de
température convenable (entre 20 °C et 30 °C environ), les
ferments lactiques du lait frais conservé sans être réfrigéré ni
bouilli agissent par hydrolyse sur le caséinogène du lait pour le
transformer en caséine.

La caséine insoluble se constitue en caillots emprisonnant les


globules de crème. Si le lait est placé dans un endroit frais, elle se
rétracte en expulsant un liquide clair jaune verdâtre : le lactosérum ;
c’est le processus naturel du caillage du lait.
Des ferments lactiques spécifiques agissent suivant la température
adoptée pour l’opération du caillage. Le caillage du lait constitue une
véritable prédigestion de celui-ci, qui devient ainsi digestible pour
l’adulte.
Ce lait caillé peut être plus ou moins desséché par filtration. On
obtient alors le fromage blanc, qui est un fromage doux obtenu sans
cuisson. C’est le plus naturel des fromages et le plus digeste.
Le caillé de lait et le fromage blanc, qui en est issu, sont les laits
transformés les plus alcalins.
Notons que le lactosérum, ou petit-lait, contient du lactose – sucre
naturel du lait. Il est préalablement doux. Mais, très vite, ce lactose
va se transformer en acide lactique, acidifiant ainsi le produit.
C’est pourquoi il faut consommer le caillé de lait très frais, pour
disposer de sa qualité de produit alcalin. Le rejet du lactosérum, en
engendrant le fromage blanc séché, confère à celui-ci une « durée de
vie » alcaline plus longue. Mais c’est un produit à consommer
rapidement.

Le yaourt : c’est un lait caillé par une fermentation lactique


engendrée par des ferments ensemencés dans le lait. Par
exemple, le thermobactérium bulgaricum et le streptococcus
thermophilus.

Ainsi que leurs noms l’indiquent, ces ferments agissent à une


température plus élevée (environ 56 °C) que celle à laquelle agissent
les ferments lactiques naturellement contenus dans le lait.
Le résultat de cette opération donne un caillé différent des caillés
naturels du lait.
Les yaourts sont des laits stabilisés. Ces produits sont relativement
doux quelques heures après leur fabrication. Ils représentent alors des
aliments alcalins.
Mais, très vite, l’apparition de l’acide lactique à partir du lactose va
générer un produit au goût acide, devenu alors acidifiant.
La « durée de vie » alcaline est plus brève que pour les caillés et
fromages blancs.
En résumé, le lait est un produit alcalin pour l’enfant, non pour
l’adulte.
Les laits transformés frais caillés, fromage blanc et yaourts,
particulièrement s’ils sont dépourvus de matière grasse, sont des
produits alcalins mais durant une période brève.

d) Les œufs

Les principaux nutriments existent dans les œufs. Un œuf comporte


une partie périphérique : le blanc, contenant le jaune.
Riche en protides, l’œuf est l’aliment de la croissance. La lécithine
du jaune d’œuf en fait un protecteur du système nerveux.
L’œuf contient du fer, du phosphore et du calcium. Le blanc
contient de l’ovalbumine.
Le jaune renferme des vitamines A, D et B. Si l’œuf est cuit à la
coque, l’albumine de l’œuf est coagulée, ce qui facilite sa digestion.
Les minéraux du jaune d’œuf le classent en aliment alcalinisant.

e) Les graines germées

Le grain de blé a la propriété de bien se conserver en milieu sec et


bien aéré.
Dès qu’il est soumis à l’humidité, les principes vitaux qui étaient
ralentis se réveillent. Le germe est constitué d’une plantule composée
d’une radicule qui donnera la racine de la plante blé, d’une tigelle et
de la gemmule portant des feuilles. Cette petite plante se met à
croître et, pour ce faire, mobilise en les transformant et en les
valorisant les différents éléments constitutifs de la graine de blé, de
sorte qu’un grain de blé germé est plus riche en protéine que ne l’était
le grain de blé lui-même. Cette nouvelle protéine s’est formée à partir
des autres éléments du grain.
Il est aisé de comprendre que la consommation du blé germé est
très différente, dans ses effets, de l’absorption du simple grain de blé.
Le blé germé est une plante avec des constituants plus riches et plus
denses que ceux existant dans le simple grain de blé, ce qui
nécessitera une plus grande prudence quant à la quantité de blé
germé que l’on souhaitera consommer.
Il faut se rappeler que consommer du blé germé, c’est absorber une
plante plus ou moins élaborée et non une graine. C’est pourquoi le blé
germé, comme toutes les graines germées, possède un caractère
alcalinisant.

Conclusion sur les aliments alcalins


Les aliments alcalins présentés précédemment contiennent
suffisamment de minéraux pour leur permettre, après digestion,
absorption et assimilation, de se transformer en nutriments
alcalinisants.
Quelles que soient les capacités métaboliques des personnes qui les
consomment, ces aliments alcalins seront toujours favorables à
l’alcalinisation.

e
2 Sous-groupe : les aliments acides à réaction
finale alcalinisante

Les aliments acides sont ainsi dénommés parce qu’ils contiennent des
substances acides, identifiables à leur goût acidulé, comme par
exemple le citron.
La proportion d’acide génère une perception acidulée plus ou
moins forte. Celle-ci est parfois dissimulée lorsque le produit contient
une quantité importante de sucre. C’est le cas du miel notamment.
Chez les personnes possédant une vitalité normale, les acides de
ces aliments sont neutralisés au cours de la digestion. Pour ce faire, il
est nécessaire d’utiliser une partie des minéraux préexistants dans
l’organisme. Il est donc obligatoire de posséder ceux-ci en quantité
suffisante préalablement à la consommation des aliments acides.
Après cette neutralisation des acides originels, les aliments acides,
en apportant leurs propres réserves minérales, aboutissent à l’état de
nutriments alcalinisants.
Cependant, les personnes qui ne possèdent pas la vitalité
nécessaire à la neutralisation de ces acides ne peuvent pas bénéficier
des effets alcalinisants de ces aliments.
Si ces personnes sont déjà en état d’acidose, celui-ci ne fera
qu’empirer. Voyons la description de ces aliments acides.

a) Les fruits

Naturellement, les acides sont diversement présents dans les fruits


selon leur espèce, et à l’intérieur de celle-ci, selon la variété.
Les fruits non matures sont plus acides que les fruits de pleine
maturité. Au cours du mûrissement, les acides régressent et les sucres
augmentent.
Les fruits dits acides contiennent plus de corps acides que les fruits
mi-acides ou les fruits doux. Mais même ces derniers contiennent une
part d’acides.
Les fruits apportent essentiellement à l’organisme des oligo-
éléments, des sels minéraux, des sucres, des vitamines et une eau de
constitution vitalisée naturellement.
Mais il faut préciser que les fruits sont des entités vivantes en
continuelle évolution. L’homme ne peut tirer parti de leur ingestion
que lorsqu’ils sont mûrs. Les fruits verts tout comme les fruits
sénescents ou blets doivent être évités.
C’est pourquoi il est préférable de manger des fruits de saison, et si
possible de la région où l’on demeure. On peut faire exception pour
certains fruits tropicaux qui ne peuvent mûrir dans les contrées
froides ou tempérées. Il faut rejeter les mauvais fruits, tachetés ou
véreux. Ce sont des fruits malsains. Lorsqu’une partie du fruit est
abîmée, c’est l’ensemble du fruit qui doit être rejeté. C’est par
l’expérience que chacun acquiert la capacité d’estimer le degré de
maturité et la valeur des fruits.
Le fruit représente la phase terminale de l’action reproductrice de
la plante. Il évoque une période de chaleur, une richesse
d’accumulation de minéraux, vitamines, sucres ou graisses.
En mûrissant, la plupart des fruits se colorent vivement.
L’accroissement des réserves en sucres se produit progressivement. Au
cours de la maturation, l’acidité décroît, les vitamines et les sels
minéraux se concentrent.
Le vieillissement ou la sénescence du fruit se produit au-delà de la
période de mûrissement. Le fruit se ride (pommes), ou moisit et
pourrit (poires blettes).
La cueillette doit intervenir à une époque où le fruit est
suffisamment évolué ; le temps de maturation, précédant la
sénescence, doit être apprécié pour être suffisant jusqu’à la période
de consommation du fruit.
Les fruits aqueux contiennent une très forte proportion d’eau :
90 % dans les oranges, pamplemousses, citrons, 85 % dans les poires,
pommes, fraises…
Les glucides existent à un taux variable :

6 à 10 % pour les agrumes (oranges, citrons, etc.) ;


15 à 18 % pour le raisin bien mûr, par exemple.

Les glucides se présentent sous forme de sucres simples ou oses :

le glucose ou dextrose, dans tous les fruits à noyau et le raisin ;


le fructose ou lévulose, dans les cerises, fraises, pommes, poires,
parmi les plus connus ;
le saccharose, dans les pommes, fraises, poires ;
les pectines, dans les coings, pommes, groseilles (les amidons
sont plus rarement présents dans cette catégorie de fruits) ;
les lipides, pratiquement inexistants ;
les protides, dans la proportion de 0,5 à 1,5 %. L’apport calorique
est restreint : 50 à 100 kcal/100 g de fruits.

L’intérêt nutritionnel des fruits aqueux réside dans leur apport en


vitamines et minéraux sous une forme organique extrêmement
intéressante.
Ces fruits sont essentiellement pourvus en provitamine A et en
vitamines C, E et P. Les vitamines du groupe B sont surtout
représentées par la vitamine B2 (lactoflavine, riboflavine).
Notons que le foie est un organe de mise en réserve et de
mobilisation des vitamines. L’incidence de la consommation de fruits
aqueux sur l’activité du foie au niveau vitaminique sera très
importante.
Les besoins en vitamine C sont de 30 à 70 mg par jour. Ils sont
largement couverts par la consommation des fruits.
Les fruits apportent également des minéraux utiles, dont le
potassium, le magnésium, le calcium, le fer et divers oligo-éléments.
Les fruits apportent à l’organisme des acides organiques (tartrique,
tannique, citrique, malique).
C’est leur excès qui, chez les sujets à vitalité réduite, contribue à
générer les états d’acidose.
Voici la nomenclature des fruits aqueux :

Les fruits acides


Ils possèdent une part d’acides initiaux élevée, mais, pour les sujets
sains, ils présentent une réaction finale alcalinisante.

L’ananas : fruit relativement sucré (20 % de sucres), riche en sels


minéraux et vitamines ; variété de fruit acide.
Le cassis : très riche en vitamine C ; fruit acide à consommer avec
modération et hors des mélanges complexes.
Le citron : variété d’agrume très acide en général ; il possède
néanmoins 10 % de sucres (glucose et fructose directement
assimilables), des sels minéraux et des vitamines (dont la
vitamine C : 50 mg/100 g).
La framboise : fruit acide contenant 10 % de sucres (lévulose),
1 % de protides, 1 % de graisse, et riche en sels minéraux et
vitamines. Les framboises doivent être consommées avec
modération.
La groseille : c’est un fruit acide. La peau, très cellulosique, est à
éviter : elle est très acide. La pulpe contient de minuscules grains
et est plus douce que la peau. Les groseilles sont de digestion
délicate. Ces fruits riches en vitamines et en sels minéraux sont à
consommer épisodiquement et avec précaution par les personnes
à faible vitalité.
Le kiwi : il est plus doux et de digestion aisée. Sa culture se
développe en France. C’est un fruit très riche en vitamine C (300
à 500 mg/100 g).
La mandarine : c’est une petite orange mais son acidité est plus
faible. Seule la clémentine, autre variété d’orange, est encore
moins acide. La mandarine contient 9 % de sucres, 1 % de
protides, des traces de lipides, des sels minéraux, de la
provitamine A et des vitamines B, C et PP.
La myrtille, ou l’airelle : fruit acide qui contient des sucres (5 à
6 %) et 1 % de protides. Il se consomme en saison de
production. Les personnes à vitalité affaiblie en mangeront avec
ménagement.
L’orange : il en existe plusieurs variétés, de la navel, mi-acide, à la
sanguine, franchement acide. C’est un fruit très aqueux (90 %
d’eau), contenant peu de sucres (1 à 2 %), bien plus d’acides
(2,5 %), et surtout des sels minéraux, des vitamines C
(10 mg/100 g), B1, B2 et P, et de la provitamine A. C’est un fruit
à prendre à jeun le matin, en tenant compte de la vitalité de
chacun.
Le pamplemousse : comme l’orange, c’est un fruit acide riche en
eau et relativement pauvre en sucres, protides et matières
grasses. Il est bien pourvu en sels minéraux (dont le calcium), en
provitamine A et en vitamines B1, B2 et P. Tout comme pour les
oranges, il est préférable de le consommer à jeun et en tenant
toujours compte des possibilités de l’organisme à maîtriser les
acides de ce fruit. Les personnes à faible vitalité éviteront une
trop grande consommation de pamplemousses.

Les fruits mi-acides


Ils possèdent également des acides, mais en moindres quantités que
les fruits acides. Pour les personnes saines, ces acides sont
suffisamment oxydés et le bilan final est largement alcalinisant.

Le brugnon : c’est une sorte de pêche à peau lisse. Ce fruit est peu
acide et savoureux.
La cerise : ce fruit contient 15 % de sucres (lévulose), est riche en
vitamines et en sels minéraux, et est relativement acide. Ainsi les
griottes sont-elles acidifiées, alors que les bigarreaux le sont
moins.
La fraise : elle est une masse charnue qui supporte les akènes,
vrais fruits du fraisier. Fruit mi-acide (acide salicylique), riche en
eau (89 %), il renferme des sucres (6 % de lévulose), des
protéines (1 %), des traces de matières grasses, des sels
minéraux et des vitamines B, E et K. Fruit à consommer
également avec modération par les personnes à faible vitalité.
La mûre : c’est un fruit doux à mi-acide, riche en sels minéraux et
en vitamine C. Il sera consommé de préférence à jeun, comme la
plupart des fruits. Il existe une variété de mûres sauvages
(ronces) riches en provitamine A et en vitamine C.
La pêche : fruit aqueux (84 % d’eau), riche en sucres (12 %), en
sels minéraux – surtout du potassium –, en provitamine A et en
vitamines B1, B2, C et PP. C’est un fruit mi-acide. La variété à
chair jaune est plus douce. La pêche doit se consommer
convenablement mûre et est digestible.
La poire : fruit très aqueux (85 % d’eau) ; ses différentes variétés
se consomment toute l’année dans les régions tempérées. Elles
peuvent être douces ou mi-acides. Elles contiennent de 8 à 15 %
de sucres sous forme de lévulose, et très peu de matières grasses
et de protides. Elles sont bien pourvues en sels minéraux,
notamment en potassium, en provitamine A et en vitamines B, C
et PP. Convenablement mûres, mais non blettes, elles sont très
digestes. La pelure de la poire est constituée de cellulose mi-
dure ; elle peut être consommée ou bien enlevée selon la
tolérance de l’organisme à la cellulose.
La pomme : c’est le fruit le plus répandu dans les pays tempérés.
Suivant la variété, les pommes sont douces ou mi-acides. Les
variétés rustiques ont parfois été éliminées et remplacées par des
variétés d’importation, plus sensibles aux maladies. La pomme
est un fruit aqueux (85 à 90 % d’eau), relativement riche en
sucres (8 à 12 %), et faiblement pourvu en protides et en lipides.
Les sels minéraux les plus abondants sont le potassium et le
calcium. Elle contient de la provitamine A et les vitamines B1, B2
et PP. C’est un fruit très digeste.
Le raisin : le raisin est un fruit aqueux (78 % d’eau) ; il contient
20 % de sucres (glucose et lévulose directement assimilables),
1,3 % de protides, des sels minéraux (potassium, calcium,
magnésium, fer), de la provitamine A et les vitamines B1, B2 et
C. C’est un fruit très digeste. Il est préférable, pour les personnes
à faible vitalité, d’éliminer la cellulose de la peau et des pépins.
C’est un fruit mi-acide à tendance alcalinisante qui doit être
consommé avec modération.
Les raisins secs contiennent jusqu’à 72 % de sucres, 0,60 % de
matières grasses et 2,50 % de protides. Leur valeur calorique
atteint 300 kcal/100 g. Aliments concentrés, les raisins secs
doivent être consommés avec modération et trempés quelques
heures préalablement.

Les fruits doux


Les fruits doux ne donnent pas un ressenti d’acidité ; cependant, ils
contiennent quelques acides, sans importance pour les personnes en
bonne vitalité, mais peut-être encore difficiles à neutraliser pour
celles à vitalité réduite.

La datte : fruit riche en sucres (50 %), en vitamines et en sels


minéraux ; il contient 2 % de protides et 0,05 % de lipides. Dans
nos régions, ce sont des dattes d’importation ; leur cueillette et
leur préparation influent beaucoup sur leur qualité nutritive.
C’est un fruit doux, dont la cellulose centrale ligneuse est parfois
délicate à digérer ; il est possible de ne pas la consommer pour
se satisfaire de la seule partie molle de la datte. C’est un fruit à
consommer en bonnes associations et avec modération, pour
éviter dans les intestins la transformation des sucres en alcool.
La figue : c’est un réceptacle qui contient les akènes, vrais fruits
du figuier. Les figues sont riches en sucres (40 à 50 %),
renferment des protéines (2 %), des traces de lipides, des sels
minéraux, de la provitamine A, et des vitamines B et C. Ce sont
des fruits doux à digestibilité convenable, surtout lorsque la
peau, cellulose dure, est enlevée. Comme les dattes, les figues
devront être consommées avec modération pour éviter la
transformation des sucres en alcool. Dans ce dernier cas, le
consommateur ressent un effet de stimulation. Enfin, il faut
vérifier avec soin la qualité des figues sèches importées.
Le raisin doux : le type Italia peut être classé dans cette catégorie.
Vérifiez bien la sensation gustative des diverses variétés.
La pomme douce ne comporte que peu d’acides (par exemple la
golden).

Si les fruits doux ne sont pas des aliments systématiquement


alcalinisants, ils s’en rapprochent et demeurent des nutriments à
réaction finale alcalinisante. Ils peuvent constituer une première
consommation pour les personnes à vitalité modérée de le cadre
d’une tentative de retour à la consommation d’aliments acides.

Les fruits neutres


Ces fruits peu acides, situés entre les fruits acides et les fruits doux,
possèdent la particularité d’être délicats à digérer en mélanges
alimentaires. Il est préférable de les manger seuls.

Le melon : fruit très aqueux (95 % d’eau), il contient des sucres


(3 à 5 %), des sels minéraux, de la provitamine A, et des
vitamines B1 et C.
La pastèque : c’est un fruit très aqueux ; il contient des sels
minéraux et des vitamines B1, B2 et C. Il se consomme très frais
dans les pays méditerranéens.

Conclusion sur les fruits


Ces aliments sont particulièrement riches en sels minéraux et en
vitamines.
De ce fait, ils sont très précieux.
Le fait qu’ils présentent quelques difficultés dans la neutralisation
de leurs acides pour les personnes à vitalité réduite ne devrait pas les
écarter définitivement de l’alimentation.
L’idéal serait d’accroître la vitalité du corps pour revenir à la
consommation de ces aliments spécifiques de l’homme frugivore. Cela
est possible en combattant la toxémie qui génère l’état d’acidose.
b) Les autres aliments acides

D’autres aliments au goût acide sont à classer dans les aliments acides
à réaction finale alcalinisante – pour les personnes à vitalité normale.

La tomate : elle peut être considérée comme légume ou fruit. Elle


est riche en acides (citrique, tartrique, malique…) et contient en
particulier du fer, de l’iode et du calcium. Verte, elle est toxique
(elle contient de la solanine : poison actif). Mûre à point, elle est
assez digeste. Les personnes qui ont une digestion délicate
enlèveront la peau et la partie acide de l’intérieur. La tomate doit
être consommée crue de préférence ou très peu cuite, mais en
dehors d’un repas amylacé. Elle contient de la provitamine A et
des vitamines B, C et D. Il est préférable de ne consommer que
les tomates de saison. Les personnes à vitalité fragile en
mangeront avec modération. La tomate est donc un aliment très
particulier, dont il serait cependant fort regrettable de se priver.
Il serait idéal de la manger seule comme un fruit – pour les
personnes en bonne vitalité. Associée, entière, de salade avec des
protéines, elle convient bien, toujours selon la vitalité.

Si certains souhaitent vraiment l’associer aux amidons, il faut


impérativement vider le liquide intérieur, qui est acide ; la partie
charnue à maturité satisfaisante est plus douce. Chacun fera des
essais pour voir comment supporter cet aliment, excellent et
rafraîchissant en période chaude.

Les laits transformés : nous avons déjà rencontré précédemment


certains de ces laits transformés, classés dans les aliments
alcalinisants. Citons les caillés frais, le fromage blanc, le petit-lait
et les yaourts. Comme nous l’avions indiqué, leur « durée de vie »
alcalinisante est brève. Le sucre du lait, ou lactose, se transforme
rapidement en acide lactique.

Cette transformation est ralentie par le refroidissement de ces


produits en réfrigérateur. Cependant, l’acidification est inéluctable.
Donc ces produits sont alcalinisants dans une première période de
vie, ensuite ils entrent dans la catégorie des aliments acides à
réaction finale alcalinisante, et ultérieurement dans celle des produits
invariablement acidifiants.
Les personnes qui peuvent se procurer du lait cru de bonne qualité
(biologique) et qui prépareront elles-mêmes ces produits pourront
vérifier ces évolutions.
Les produits du commerce peuvent entrer dans la seconde
catégorie, encore intéressante. Vérifiez bien les dates de péremption.

Conclusion sur les aliments acides à réaction finale


alcalinisante

Ces aliments sont excellents et il faut impérativement parvenir à les


consommer.

2. Les aliments acidifiants

Les aliments acidifiants possèdent la caractéristique de produire des


nutriments à réaction finale acidifiante, quelle que soit la vitalité du
consommateur.
Ce sont donc des produits qui accroîtront l’acidose exogène du
sang. Cependant, nombre d’entre eux représentent des aliments
recommandables pour la nutrition de l’organisme. Il n’est pas
envisageable de s’en priver systématiquement. Néanmoins, une
réflexion préalable à leur utilisation paraît absolument nécessaire.
Voici la présentation de ces produits.
er
1 sous-groupe : les aliments acides à réaction
finale acidifiante

a) Les légumes

Certains légumes possèdent un goût acide et présentent une réaction


finale acidifiante. Tels sont :

La rhubarbe : c’est une plante à larges feuilles portées par de gros


pétioles comestibles. Elle contient en abondance de l’acide
oxalique (500 mg/100 g). Elle possède un goût acide et est
utilisée pour confectionner des compotes, des confitures et
parfois des tartes.

Les compotes et confitures comportent des ajouts de sucre, ce qui


renforce les effets acidifiants.
L’association aux amidons dans la tarte est incompatible.
Cet aliment acide à finalité acidifiante est à consommer avec
modération, en saison, et seulement par les personnes à forte vitalité.

L’oseille : c’est une plante très acide. Les feuilles sont comestibles
mais contiennent une grande proportion d’acide oxalique
(300 mg/100 g). L’oseille est consommée en soupe. Seules les
personnes à forte vitalité se la permettront.
Le cresson : c’est une plante vivace, herbacée. Ses parties vertes
au goût acidulé sont comestibles, particulièrement en salade. À
réaction finale acidifiante, elle est à consommer modérément par
les personnes à forte vitalité.
La choucroute : il s’agit d’un plat préparé à partir de fins rubans
de choux que l’on fait fermenter dans une saumure. Légume
transformé au goût acide, la choucroute, acidifiante, doit être
consommée avec modération.
b) Les fruits

Certains fruits au goût mi-acide présentent une réaction finale


acidifiante pour toute personne.

L’abricot : il contient 12 % de sucres et est riche en sels minéraux.


C’est un fruit mi-acide dont la digestion s’avère délicate pour les
personnes à vitalité réduite. Les personnes actives à forte vitalité
consommeront, en petite quantité toutefois, ces fruits bien mûrs.
L’abricot sec est très acidifiant, il doit être trempé avant
consommation.
La prune : il en existe plusieurs variétés. Elle contient 80 %
d’eau, 15 à 18 % de sucres, très peu de protides (0,5 %) et pas
de graisses. Elle renferme des sels minéraux, dont du potassium,
du calcium et du magnésium ; la provitamine A est abondante.
La prune doit être consommée mûre. C’est un fruit qui présente
un bilan acidifiant après digestion, c’est pourquoi il devra être
consommé avec modération par les personnes fragiles. Il est
préférable de manger les prunes pelées.

Lorsqu’elles sont conservées par dessiccation, les prunes sont


appelées pruneaux. Desséché, le pruneau contient 29 % d’eau, 65 %
de sucres, 3 % d’acides et 2 % d’albumine. Le pruneau contient 300
kcal/100 g. C’est un produit laxatif doux, ce qui le classe dans les
produits stimulants pour l’organisme. Les pruneaux devront être
consommés avec modération.

Les jus de fruits : ces liquides, confectionnés à partir de fruits


acides ou doux, contiennent des corps acides. Souvent, une forte
présence de sucre dissimule cette véritable acidité. Ces jus, par
l’effet de la concentration des acides, sont finalement plus acides
– en proportion – que les fruits eux-mêmes.

Souvent, du sucre industriel est ajouté au jus de fruits naturel, ce


qui est pernicieux car cela accroît son acidité. Par ailleurs, des
habitudes néfastes viennent encore aggraver la consommation de jus
de fruits. Ainsi en est-il du jus de citron dans la salade,
particulièrement si celle-ci est consommée en mauvaise association
avec les amidons.
L’acidose finale s’amplifie alors.
Donc, modération sur la consommation des jus de fruits pour les
personnes acidifiées. Les autres en boiront selon leur vitalité.

Les boissons industrielles : ces boissons, notamment les sodas,


contiennent de nombreux acides, dissimulés derrière la haute
concentration en sucre industriel.

Les boissons à base de cola présentent un pH très acide. Les


orangeades, dont l’acidité est camouflée par le sucre industriel, ne
sont pas non plus excellentes.
Ces produits seront évités par les personnes acidifiées.

c) Les autres aliments acides

Ces aliments sont classés ici du fait de l’existence d’acides dans leur
composition. Leur réaction finale est acidifiante.

Les laits transformés : déjà présentés, les caillés, fromage blanc,


petit-lait et yaourts s’acidifient en vieillissant.

À cette liste, on peut ajouter le babeurre, liquide qui subsiste au


cours du barattage en se séparant du beurre. Il est acide, contenant
de l’acide lactique. Il doit être consommé avec prudence.

Le kéfir est un lait qui a subi une fermentation engendrée par des
grains de kéfir (ou des cultures de saccharomyces kéfir). Acide, il
est à consommer modérément.
Le koumys est une préparation semblable au kéfir, obtenue à
partir du lait de jument – même appréciation sur son acidité que
pour le kéfir.
Les fromages sont des laits caillés par utilisation des ferments
lactiques naturels ou de la présure (ferment recueilli dans
l’estomac du veau). Lorsque l’acidification est peu avancée, il
s’agit de fromages frais (genre suisse ou autres). La fermentation
acide peut être arrêtée par deux procédés :

– en plaçant sur le fromage une culture microbienne qui vivra aux


dépens de l’acide lactique. (Le lactose du lait est transformé en acide
lactique par l’action des bacilles lactiques.)
On obtiendra alors des fromages à pâte molle avec moisissures
extérieures (camembert, brie) ou à croûte lavée (munster, maroilles),
ou des fromages à moisissures internes (roquefort, bleu d’Auvergne).
– en soumettant le fromage à une forte pression qui en expulse le
petit-lait (contenant l’acide lactique), on arrête toute possibilité de
fermentation.
On distingue les fromages à pâte pressée non cuite (saint-paulin,
Port-Salut, cantal, etc.), qui sont de digestion plus aisée, et les
fromages à pâte pressée cuite (gruyère, emmenthal, comté).
Les fromages acides sont surtout les pâtes molles, qui possèdent un
goût piquant. Certaines pâtes dures sont aussi parfois de goût acide.
L’acidité dépend de la préparation.
Tous ces fromages seront à réaction finale acidifiante et à
consommer avec modération par les personnes acidifiées.

Le miel est consommé par l’homme depuis fort longtemps.

Il provient des sécrétions des glandes salivaires de l’abeille, qui


transforme le sucre du nectar en lévulose et en glucose, sucres simples
assimilables par l’homme.
Le miel est composé de 70 à 80 % de sucres simples, lévulose et
glucose, et de très peu de sucre complexe : 5 % de saccharose. Il
possède de la vitamine C. La saveur du miel et son parfum sont
généralement agréables et dépendent de la nature des fleurs
butinées. Le miel contient 300 kcal/100 g.
Il possède des traces d’acide formique, qui est irritant, et renferme
également des acides malique, citrique et succinique. Il est laxatif.
Certains miels sont traités par la chaleur. D’autres contiennent des
antiseptiques. Ces miels sont de qualité inférieure quand, pendant la
période de production du miel, les abeilles sont nourries de sucre
industriel.
Le miel est un stimulant. Il l’est d’autant plus que c’est un produit
sucré concentré. Il doit être consommé modérément par les
personnes émotives et nerveuses.
Le miel est un aliment contenant des acides dissimulés derrière
une quantité importante de sucre. Sa réaction finale est acidifiante. Il
doit être consommé avec modération. Les personnes acidifiées
devront l’éviter.

Le vinaigre : le vinaigre provient de la transformation de l’alcool


en acide acétique sous l’influence du mycoderme. Le vinaigre
contient encore de l’alcool, de l’acide pyroligneux et de l’acide
malique. Il possède un goût aigre et exhale une odeur acide.

Le vinaigre de vin est le plus consommé. Le vinaigre de cidre est


fortement minéralisé, notamment en potassium. Son usage pour
l’assaisonnement des crudités qui précèdent un repas amylacé est
préjudiciable à la ptyaline salivaire.
Le vinaigre irrite les parois de l’appareil digestif, décalcifie
l’organisme et altère le système circulatoire.
C’est un produit acide à réaction finale acidifiante. Il doit être évité
par les personnes acidifiées.

e
2 sous-groupe : les aliments générateurs d’acides

Ces aliments ne possèdent pas initialement un goût acide. Cependant,


leur réaction finale est acidifiante, quelle que soit la vitalité du
consommateur.
La production des acides proviendra des modifications subies par
certains aliments lors de la digestion. Pour d’autres, la création
d’acides sera due au processus existant au niveau cellulaire.
Ces produits sont utilisés en alimentation humaine. Il est donc
malaisé de les retirer en totalité. Cependant, une réflexion devra
précéder leur consommation, surtout pour les personnes acidifiées.
Tout dépendra, au final, des capacités métaboliques de chaque
personne face à ces aliments.
Voici la liste des produits générateurs d’acides

a) Les légumes

Si les légumes sont principalement des aliments alcalinisants, certains


sont néanmoins des générateurs d’acides. Ainsi en est-il des légumes
bulbes.

L’ail : il contient du sulfure d’allyle qui le rend, cru, malaisé à la


digestion pour certaines personnes. Ce sulfure d’allyle est volatil
et se réduit à la cuisson.

C’est un produit acidifiant qui devrait être évité par les personnes
en état d’acidose.

L’oignon : il contient également un corps soufré qui lui fait


produire des acides. Cuit, il est moins acidifiant. Il doit être
consommé avec modération par les personnes sensibles à
l’acidose. L’échalote est à considérer comme l’oignon du point de
vue réaction acido-basique.
Le poireau : il contient lui aussi, mais en plus petites quantités,
des corps soufrés. Cuit, il serait moins acidifiant. Cependant, il
contient 3,60 % de sucres, des sels minéraux, dont le fer, de la
provitamine A, et des vitamines B et C. Il est à consommer selon
le goût avec modération.

b) Les légumes secs

Ces aliments sont caractérisés par une double richesse en protides


(21 %) et glucides (60 %), auxquels s’adjoignent parfois des matières
grasses (soja). Ils sont riches en sels minéraux : phosphore,
magnésium, fer, et en vitamines. Très nourrissants, ils sont cependant
malaisés à digérer du fait de l’association des protides aux glucides.
Ils sont producteurs de purines qui se transforment en acide urique.
Les légumineuses contiennent une caséine végétale plus abondante
lorsque le légume a été cueilli jeune.
La digestibilité est facilitée lorsque après cuisson les légumes sont
débarrassés de leur gangue cellulosique indigeste.
Les légumes secs contiennent environ 340 kcal/100 g de produit
sec avant cuisson. Dans les pays industrialisés, la consommation des
légumes secs tend à décroître. Les protéines des légumes secs
possèdent une composition en acides aminés nettement moins bien
équilibrée que celle des noix, des produits animaux (viandes) et des
sous-produits animaux (œufs, laitages). En particulier, ils sont
déficitaires en méthionine, mais ils sont riches en lysine. Or, celle-ci
est déficiente dans les céréales. Ainsi les légumes secs peuvent-ils
complémenter les rations glucidiques apportées par les céréales.
Voici quelques légumes secs (ou légumineuses) :

Les lentilles sont riches en fer. Elles sont relativement peu


fermentescibles.
Les pois verts sont de digestibilité moyenne.
Les haricots en grains sont mieux tolérés frais ; secs, ils sont plus
malaisés à digérer et doivent être consommés avec précaution.
Le soja est une légumineuse très riche en substances
albuminoïdes et lipidiques. Les matières grasses surajoutées aux
protides et glucides en font un aliment peu digestible pour des
organismes surmenés.
Les fèves sont parfois mal tolérées (favisme).
Les pois chiches mal cuits peuvent être toxiques.

Les légumes secs sont des aliments riches en nutriments mais de


digestibilité réduite, particulièrement pour les organismes fatigués.
Les nutriments en provenance de ces produits présentent toujours
une finalité acidifiante quelle que soit la vitalité du consommateur.
Les légumes secs devront donc être consommés avec modération.
Les personnes en état d’acidose les éviteront jusqu’à ce qu’elles
retrouvent un meilleur état acido-basique.
c) Les céréales et dérivés

Historique des céréales


Une tradition originaire du Moyen-Orient prétend que le blé
proviendrait du croisement de cinq autres céréales : avoine, orge,
maïs, riz et seigle.
Le blé a surtout été consommé sous forme de pain. La
consommation des céréales a diminué dans les pays industrialisés.
Si le blé est particulièrement consommé en Europe, en Amérique
et en Afrique du Nord, d’autres céréales telles que le riz en Chine et
dans les pays d’Extrême-Orient, et le maïs, le mil et le sorgho en
Afrique centrale représentent une proportion importante de
l’alimentation humaine actuelle.
Cet ensemble de céréales, auxquelles il faut adjoindre le sarrasin,
ou blé noir, ainsi que le quinoa, intervient donc encore pour une
grande part dans la nourriture de l’humanité.

Composition et propriétés des céréales


Les céréales se présentent sous la forme de grains.
Le grain de blé se compose :
– d’une couche externe, ou enveloppe, représentant environ 1/6
du poids du grain. Cette enveloppe cellulosique protège les
constituants internes du grain de blé.
La partie la plus externe de cette enveloppe est composée par le
péricarpe.
Une seconde couche est notamment constituée par la bande
hyaline et l’assise protéique (à peu près les 2/3 du poids de
l’enveloppe). Cette couche est riche en matières azotées (cellules
d’aleurone), matières grasses et sels minéraux.
– d’un germe ou radicule (1,5 % du poids du grain), qui est
composé de matières azotées essentielles, de matières grasses, de sels
minéraux et de vitamine.
– d’une amande centrale, ou albumen, qui représente 85 % du
poids du grain de blé. Cet albumen est composé essentiellement
d’amidon (matière sucrée, environ 70 %), de gluten (matière
protéique, entre 7 à 12 % suivant les variétés) et de sels minéraux en
petite quantité (0,7 %).

Éléments constitutifs du blé

L’eau, dans une proportion de 10 à 15 %.

• Les glucides
Ce sont des amidons et sucres, matériaux énergétiques, situés
essentiellement dans l’albumen (70 % du poids du grain).

• Les lipides
Les matières grasses représentent 2 % du poids du grain ; elles sont
particulièrement situées dans le germe et l’assise protéique.

• Les protides
Les matières azotées forment 7 à 12 % du poids du grain de blé. Elles
existent particulièrement dans l’assise protéique et le germe, et
constituent le gluten. Les céréales sont pauvres en certains acides
aminés essentiels, notamment en lysine, méthionine et tryptophane.

• Les sels minéraux


Les céréales comportent de nombreux sels minéraux (magnésium,
cuivre, zinc, manganèse, fer, etc.) placés principalement dans
l’enveloppe (péricarpe et assise protéique) et dans le germe. Elles
sont particulièrement riches en phosphore et très pauvres en calcium.
Il est à noter qu’une partie de ce phosphore existe sous la forme
d’acide phytique, facteur acidifiant.

• Les vitamines
Les céréales, dont le blé, sont riches en vitamines, et plus
particulièrement en vitamines B, B1 (l’aneurine), B2 (la riboflavine),
B6 (l’adermine), favorables à l’assimilation et à l’équilibre nerveux,
ainsi qu’en vitamines PP (l’acide nicotinique), E (le tocophérol) et B5
(l’acide pantothénique).
Les vitamines sont essentiellement situées dans le germe et l’assise
protéique.

• Les enzymes et diastases


Ces éléments se trouvent dans le germe et l’assise protéique. Ils
possèdent un rôle important lors de la fermentation panaire. Ainsi,
l’acide phytique contenu dans le son, et qui aurait une action
rachitigène (déminéralisante) en se combinant dans l’intestin avec le
calcium pour donner naissance à des sels insolubles évacués par les
matières fécales, serait hydrolysé par un ferment, la phytase, au cours
de la fermentation au levain. Il en va différemment lorsqu’il s’agit
d’une fermentation effectuée en utilisant la levure.

Les céréales raffinées

• Le pain blanc
Le pain blanc est obtenu en utilisant une farine au taux de blutage
égal ou inférieur à 74 %.
Ce pain est dépourvu :
des vitamines situées dans l’enveloppe périphérique et le germe ;
des graisses phosphorées contenues dans les cellules d’aleurone ;
des protides situés dans l’assise protéique et le germe ;
des sels minéraux : silice, magnésium, fer, phosphore, et surtout
du calcium qui existe à faible dose dans le blé ;
des diastases et ferments divers qui aident à la transformation
des éléments constitutifs de la farine en vue d’une sorte de
prédigestion lors de la panification.

Fortement énergétique et de ce fait déséquilibré, le pain blanc est


néfaste par l’apport brusque de sucres concentrés lors de sa digestion.
Cela est source de fermentation intestinale, entraînant lourdeurs,
ballonnements et parfois de très fortes oppressions. Le pain blanc est
fortement acidifiant, et par là même très dangereux.

• Le pain bis
Le pain bis correspond à un taux de blutage voisin de 85 %. Il ne
possède pas l’enveloppe cellulosique périphérique, mais toutes les
riches sous-couches extérieures sont présentes, avec les éléments
gras, les protéines, les vitamines, les sels minéraux et les diastases.
Il ne possède qu’une partie du germe et de ses principes actifs
selon qu’il est plus ou moins éloigné du pain complet.
Le pain bis semble être le plus approprié pour faire bénéficier les
consommateurs des principes vitaux contenus dans les céréales.

• Le pain complet
Le taux de blutage de la farine destinée à la fabrication du pain
complet est de 94 % ou plus. Le pain complet contient tous les
éléments du grain de blé – notamment le péricarpe, ou son.
Les opposants au pain complet prétendent qu’il est peu digeste. En
fait, aliment plus complexe que le pain blanc, il nécessitera plus de
temps et d’énergie pour être préparé et assimilé. En particulier, le
pain complet préparé à la levure industrielle contient de l’acide
phytique non décomposé, qui en se combinant au calcium de
l’organisme peut se révéler extrêmement déminéralisant et fortement
acidifiant.
Ce problème ne se pose pas pour le pain complet préparé au levain
naturel.
Le pain complet, s’il peut être accepté par les fortes constitutions,
doit être consommé avec prudence par les personnes de faible
vitalité.

Autres préparations alimentaires céréalières

• Les biscottes
Ce sont des tranches de pain spécial recuites. La transformation des
sucres complexes en sucres plus simples y est plus avancée qu’elle ne
l’est pour le pain.

• Les biscuits
Ce sont des pâtes de blé recuites. Leur durée de conservation
surpasse celle des biscottes. Pour ce faire, de nombreux conservateurs
chimiques sont ajoutés.

• Les pâtes alimentaires


Les pâtes alimentaires sont, en France, préparées à partir de semoules
de blé dur.
Ces pâtes doivent se conserver longtemps, aussi des produits
chimiques y sont souvent ajoutés.
• Les pâtisseries
Ce sont des préparations en général plus complexes encore que celles
décrites précédemment.

Les autres céréales

• Le riz
C’est l’aliment le plus riche en hydrate de carbone. Le riz poli est
dépourvu des 2/3 de ses corps gras, de près de la moitié de ses sels
minéraux et de ses vitamines (notamment la vitamine B).
La consommation du seul riz blanc peut entraîner des symptômes
de béribéri et de pellagre (avitaminoses). Il peut être consommé en
grains cuits, sans transformation en farine et pâtes diverses.
Sa richesse en sucre nécessite une modération de sa
consommation.

• Le maïs
Le maïs est une céréale pauvre en deux acides aminés essentiels : la
lysine et le tryptophane. Il est pourvu de caroténoïdes actifs
(provitamine A) mais ne possède pas de niacine, ou vitamine PP
(antipellagre). Les populations qui se nourrissent principalement de
maïs peuvent donc être sujettes à la pellagre. Il est consommé sous
forme de grains cuits, plus rarement à l’état de pain.

• L’orge
C’est une céréale faiblement pourvue en protéines mais plus riche en
niacine que le maïs. L’orge est utilisée sous forme de flocons ou de
farine. Les grains d’orge germés constituent le malt, qui favorise la
transformation de l’amidon en maltose (sucre plus assimilable).
• L’avoine
C’est une céréale excitante, riche en sucres, matières grasses et sels
minéraux. L’avoine est utilisée sous la forme de flocons ou de farine.
Sa substance excitante, l’avénose, est détruite par la chaleur. L’avoine
contient une hormone de croissance mais aussi beaucoup de purines.

• Le seigle
Cette céréale est plus pauvre en sucres (45 %) que le blé, mais elle
est moins déficitaire en lysine, quoique son taux global de protides
soit de 7 %. Elle contient des vitamines, excepté la PP. Le seigle est
consommé sous forme de pain. Parfois, il est procédé à un mélange
de farine de blé et de farine de seigle ; c’est alors le pain de méteil.

• Le sarrasin
Il contient, en bon équilibre, les acides aminés essentiels et de la
vitamine PP. Il est riche en calcium (deux fois la quantité contenue
dans le blé), en magnésium, et naturellement en phosphore, fer, etc.
Il est consommé en grains (kasha) ou en farine (crêpes de blé
noir).

• Le millet
Ses protéines sont équilibrées en acides aminés essentiels. Il est riche
en lécithine, en sels minéraux et en vitamines. Il est consommé sous
forme de grains grossièrement pilés pour en faire une sorte de
gâteau.
• Le quinoa
Le quinoa des Andes est riche en acides aminés essentiels. Exempt de
gluten, il est riche en sels minéraux.

La toxicité des céréales


Le blé complet contient de l’acide phytique, qui présente une action
déminéralisante (rachitigène) avec blocage de l’assimilation du
calcium. Notons que la phytase du levain annihile l’action de l’acide
phytique.
Il existe une substance excitante, l’avénose, et des purines dans
l’avoine.
Cette céréale est à consommer avec modération.

Le caractère acidifiant des céréales et dérivés


Tous les produits céréaliers présentés ci-avant possèdent la
caractéristique de fournir, après digestion, des nutriments à réaction
acidifiante, quelle que soit la vitalité du consommateur.
Ce caractère acidifiant provient de leur richesse en matières
carbonées, qui après oxydation cellulaire génèrent du dioxyde de
carbone, ou gaz carbonique, source d’acidification des milieux
intérieurs de l’organisme.
Ces aliments consommés couramment devront être associés à des
légumes pour parvenir à un équilibre acido-basique satisfaisant.

d) Les produits laitiers

Nous avons précédemment abordé la présentation des produits


laitiers dans le cadre des aliments alcalins, où nous avons informé
que le lait humain ou de substitution animale (de vache
principalement) n’est alcalinisant que pour les bébés et les petits
enfants.
Par ailleurs, les laits transformés frais : caillés ou yaourts, sont
alcalins pour une « durée de vie » brève après leur fabrication.
Nous les avons retrouvés dans le sous-groupe des aliments acides à
réaction finale alcalinisante pour la deuxième partie de vie des laits
transformés frais (caillés et yaourts).
Nous les avons encore rencontrés dans le sous-groupe des aliments
acides à réaction finale acidifiante pour indiquer que, lors de leur
troisième partie de vie, ils étaient acidifiants. Les fromages à goût
acide étaient aussi dans cette situation.
Il nous reste maintenant à présenter les produits laitiers qui ne
sont ni alcalins, ni acides alcalinisants, ni acides acidifiants.
Il s’agit essentiellement des laits industrialisés.
Le lait au sortir de la mamelle est un produit vivant ; en tant que
tel, il est altérable. Destiné au petit du mammifère, pris à même la
mamelle, il est non toxique.
Le lait est riche en ferments divers. Ceux-ci se développent à l’issue
de la traite, à moins que des moyens soient utilisés pour ralentir ou
s’opposer à leur développement.
Parmi ces moyens, nous distinguons l’usage du froid : lait placé en
cuve réfrigérée immédiatement après la traite. Ce procédé s’oppose
au développement microbien dans le lait, mais détruit également les
ferments lactiques qui y existent naturellement et qui sont nécessaires
à sa prédigestion.
L’usage du chaud est également nocif. L’ébullition du lait détruit
non seulement les microbes, mais également les ferments lactiques,
dépouillant ainsi le lait de sa vitalité initiale et de ses propriétés
diastasiques. Les compositions protéiniques et lipidiques sont
modifiées et les divers stabilisateurs qui sont ajoutés pour la
conservation sont également dangereux. Les vitamines initiales sont
altérées. L’ébullition du lait est donc un moyen artificiel de
conservation du lait.
Les laits pasteurisés sont obtenus par encapsulage du lait en flacons
clos après que ceux-ci ont été portés à une température de l’ordre de
100 °C, suffisante pour détruire les germes. Les résultats sont
décevants. Le lait est détruit dans sa vitalité, c’est un lait mort, et
cependant la pullulation microbienne peut parfois réapparaître.
Les laits stérilisés sont produits par injection directe dans le lait de
vapeur sous pression à 140 °C pendant un temps très court, deux à
trois secondes, suivie d’un conditionnement aseptique. Ces laits sont
stables du point de vue bactériologique, mais ils sont indigestes.
Les laits industriels sont parfois desséchés pour obtenir des laits en
poudre ou concentrés, puis complémentés avec du saccharose pour
donner les laits concentrés.
Ces laits, qui sont souvent traités, sont des laits de conserve qui
n’ont d’intérêt que dans les situations de pénurie de lait frais. Ils ne
sauraient à long terme engendrer un état de santé excellent.
Les laits industriels et dérivés sont toujours acidifiants pour les
adultes.
Ceux qui souhaitent en consommer devront le faire avec
modération.
Les personnes acidifiées doivent s’en méfier.
Par ailleurs, certains fromages au goût non acide, tels que certains
comtés, présentent comme tous les fromages une réaction finale
acidifiante.
Ils sont cependant plus digestes, associés à de la verdure que les
laits industrialisés.
Les personnes acidifiées les consommeront toutefois avec
modération. Elles trouveront avantageusement des sels minéraux,
dont le calcium, dans les légumes notamment.
Enfin, signalons que certaines personnes sont allergiques aux
produits laitiers. Il sera alors nécessaire de consommer des produits
protéiniques en provenance d’autres sources alimentaires, tels le soja
ou les noix.

e) Les œufs

Nous avons déjà rencontré les œufs dans la catégorie des aliments
alcalins, pour informer que le jaune d’œuf est alcalinisant.
Cependant, nous revenons ici sur les œufs pour préciser que l’œuf
cru possède une substance, l’avidine, qui amoindrit l’activité de la
vitamine B et celle du calcium. Cette activité est annihilée par la
cuisson.
En vieillissant, l’œuf devient indigeste, il faut s’en méfier. C’est le
blanc de l’œuf qui est la partie malaisée à assimiler.
Du point de vue de l’équilibre acido-basique du sang, le blanc de
l’œuf est acidifiant, quelle que soit la vitalité du consommateur, ce qui
devrait limiter sa consommation pour les personnes en situation
d’acidose.
Cru, le blanc de l’œuf est peu digeste. Cuit à la coque, ce qui
coagule les albumines, il est relativement plus absorbable. Sur le plat,
en omelette ou dur, il est de digestion moyenne.
De toute manière, il est préférable de consommer l’œuf en
association avec de la verdure plutôt qu’avec les amidons des
céréales.
Il existe des personnes allergiques aux œufs. Dans ce cas, rare, il
est préférable de les éviter.
Les personnes acidifiées se contenteront du jaune et attendront de
modifier leur condition avant de consommer l’œuf entier.

f ) Les corps gras

Consommation
Les corps gras manufacturés sont consommés en quantités
croissantes.
Cela est un problème préoccupant, d’autant que les personnes sont
de moins en moins sollicitées musculairement.
Au maximum, la part des calories apportées par les lipides ne
devrait pas excéder le tiers des calories totales dont l’organisme peut
disposer.
Origine et transformation

Les lipides d’origine animale : graisse des animaux, saindoux et


lard (porc), graisse de baleine, graisse du lait (beurre), graisse
des œufs.
Les lipides d’origine végétale : graisse des fruits oléagineux
(amandes, noix, noisettes, pignons, pistaches, noix de coco, etc.)
qui parfois sont pressés pour donner de l’huile ; graisse de
certaines plantes : légumineuses, arachides, soja, palme (fruit du
palmier à huile) ; graisse contenue dans les pépins (raisin) ou les
céréales (maïs).
Les margarines sont un assemblage de diverses graisses animales
et végétales qui, par hydrogénation, sont solidifiées (huiles
concrètes). Ce procédé détruit les qualités biologiques des
graisses entrant dans la fabrication des margarines.

Composition
Les corps gras sont essentiellement composés de lipides. Les lipides
sont des esters d’acides gras.
Il existe des acides gras à chaînes courtes (l’acide butyrique à 4
carbones, l’acide laurique à 12 carbones) et à chaînes longues, jusqu’à
18, 20 ou 22 carbones.
Lorsque dans la chaîne tous les atomes de carbone sont liés en
monovalence à des atomes d’hydrogène, les acides sont dits saturés.
S’il vient à manquer un ou plusieurs atomes d’hydrogène dans la
liaison au carbone, l’acide gras est dit insaturé.
Il existe des acides gras insaturés à une seule double liaison (acide
linoléique), d’autres ont plusieurs doubles liaisons. Les acides gras
insaturés ont des fonctions particulièrement importantes dans le
métabolisme cellulaire, dans la croissante, etc.
On les dit essentiels. L’un des plus importants est l’acide linoléique,
parce que l’organisme ne peut pas le synthétiser selon ses besoins. Il
faut qu’il soit obligatoirement dans l’alimentation : il se trouve en
forte proportion dans les huiles de maïs, soja, tournesol (60 à 70 %).
Lorsque les corps gras ne sont pas trop purifiés, ils peuvent contenir
des vitamines A, D et E.

Digestion/absorption
Les graisses sont émulsionnées dans l’intestin grêle par les sels
biliaires ; ensuite la lipase – suc pancréatique – agit pour leur
transformation en glycérol et en acides gras. Cette action n’est que
partielle ; de ce fait, des graisses simplement émulsionnées sont
absorbées.
Les graisses empruntent la voie lymphatique pour parvenir au
sang, dans lequel elles forment des dépôts dont une partie se trouve
être à l’état de graisse originelle. Ce n’est que lorsque l’organisme
produit ses propres graisses – à partir des glucides – qu’il se forme
une graisse spécifiquement humaine.
Ainsi, en cas d’apports insuffisants en graisse, l’organisme peut
produire ses propres acides gras, avec difficulté cependant pour
certains acides gras essentiels, qu’il est nécessaire de trouver
directement dans l’alimentation.

Les principaux corps gras

Le beurre est formé par l’agglomération des globules de graisses


du lait, obtenue par barattage. Il contient 85 à 90 % de graisse
pure, 10 à 15 % d’eau, et des vitamines A et D. Frais, il est plus
digestible que cuit. Sa valeur calorique est de 740 kcal/100 g.
Très pourvu en acides gras saturés (85 à 90 %), il est faible en
insaturés (5 %), dont les acides gras essentiels. Ses acides gras
sont à chaînes courtes, faciles à métaboliser.
Les graisses animales ont une moindre valeur nutritive que le
beurre et sont plus toxiques.
La margarine est un mélange de corps gras animaux et végétaux.
Ces derniers sont hydrogénés pour transformer leurs huiles
fluides en huiles concrètes. Ce qui revient à les solidifier. Ces
corps gras produits industriellement sont souvent liés à des
conservateurs, colorants et « améliorants », qui en altèrent la
qualité.
Les beurres végétaux comprennent le beurre de coco, ou coprah,
qui est très carencé en acides gras essentiels, et le beurre de
karité, très riche en stéarine, acide gras saturé.
L’huile de palme est solide à la température ordinaire ; elle
possède des carotènes, qui sont les provitamines A.
Les huiles, qui renferment 100 % de graisses, sont dépourvues de
sels minéraux.

Il existe de nombreuses huiles obtenues à partir de végétaux


contenant des corps gras.
Certaines huiles sont obtenues par première pression à froid. Les
résidus de cette première pression sont chauffés puis pressés pour
donner les huiles de seconde pression à chaud.
Mais un troisième procédé, utilisant des solvants, dont le
trichloréthylène, est encore utilisé pour soutirer l’huile qui existe
après des pressions à froid et à chaud. Seule l’huile obtenue par
première pression à froid est de qualité biologique lorsque les
végétaux utilisés pour sa fabrication le sont eux-mêmes.
Certaines huiles sont siccatives : elles engendrent une irritation des
muqueuses. Citons notamment l’huile de pépins de raisin et l’huile de
soja.

L’huile de tournesol est riche en acides gras insaturés (jusqu’à


70 %). Elle est préconisée dans les cas d’hypercholestérolémie.
L’huile d’arachide est difficile à réaliser en pression non raffinée.
Des solvants, dont le trichloréthylène, entrent trop souvent dans
sa fabrication.
L’huile d’olive est remarquablement équilibrée en acides gras
saturés et insaturés autres que l’acide monosaturé oléique, qui y
est contenu à 75 %.
L’huile de maïs est riche également en acides gras insaturés
(régime anticholestérol).
L’huile de colza est riche en oméga 3. Produite à partir de
produits biologiques par pression à froid, elle est riche en acides
gras essentiels.
L’huile de noix est relativement équilibrée en acides gras, mais
elle est peu commercialisée.

Il existe d’autres huiles, rares dans nos contrées, telle l’huile de


graines de coton, qui est riche en acides gras essentiels.
Citons une huile animale : l’huile de foie de morue, riche en acides
gras très insaturés. Cette huile fut conseillée il y a quelques décades
dans les cas de rachitisme. Son goût affreux demeure très vivace dans
la mémoire de nombreuses personnes qui furent contraintes de la
consommer.

Les corps gras manufacturés


Les corps gras manufacturés sont très concentrés. De ce fait, ils sont
dépourvus des éléments protecteurs qui les accompagnaient dans
leurs productions d’origine. En ce sens, ce sont des aliments
déséquilibrants, qu’il est sage de consommer modérément avec des
périodes passagères d’abstinence, surtout pour les personnes âgées.
Le beurre cru et l’huile d’olive vierge (de bonne qualité) utilisés en
alternance semblent être les mieux adaptés, avec l’huile de noix,
assez rare, à l’alimentation humaine de compromis.
Il est bon de varier ces apports par la consommation d’huile de
tournesol. Celle-ci devient impérative en cas d’hypercholestérolémie
élevée.
Les corps gras manufacturés présentent toujours une finalité
acidifiante. Ils devront donc être consommés avec modération par les
personnes en situation d’acidose.
Les corps gras à l’état naturel

Les fruits oléagineux


Les fruits oléagineux sont caractérisés par une forte teneur en
matières grasses ou lipides.

Les fruits oléagineux essentiellement lipidiques


Ces fruits contiennent des lipides en proportion élevée – pour les
olives et les avocats : 20 % de lipides, 7 à 9 % de glucides – mais ils
sont très faiblement pourvus en protides (4 %). Ces produits
provoquent une réaction finale acide.

L’olive : elle existe dans le pourtour du bassin méditerranéen. Les


olives sont naturellement âcres et sont préparées pour être
consommées. Industriellement, elles sont trempées dans de la
soude ou de la potasse, rincées puis immergées dans de la
saumure. Tout cela les altère profondément. L’olive verte est un
produit dénaturé à éviter. L’olive noire, variété non amère, est
également saumurée puis lavée. Il est conseillé d’être très
prudent dans la consommation de l’olive. Cependant, l’olive est
très nutritive ; elle contient des sels minéraux, de la provitamine
A et des vitamines C et PP. Sa pression à froid fournit une huile
excellente. L’olive apporte 224 kcal/100 g.
L’avocat : outre ses 15 % de lipides, il est également riche en
vitamines hydrosolubles (B1, B2, C, PP) et liposolubles (D, E),
ainsi qu’en provitamine A. Il contient des sels minéraux (calcium,
potassium, sodium, magnésium). Il fournit 200 kcal/100 g.
L’avocat doit être consommé bien mûr, ce qui pose quelques
problèmes en Europe, car c’est un fruit importé.
La noix de coco : elle contient 50 % de lipides, 28 % de glucides
et 4 % de protides. Elle est considérée comme un fruit de
digestion malaisée. Les personnes à vitalité réduite devront en
consommer parcimonieusement.

Les corps gras à l’état naturel présentent une concentration en


matière grasse moins importante que les produits manufacturés.
Ils sont néanmoins à réaction finale acidifiante, particulièrement
pour les personnes à faible vitalité subissant un état d’acidose.
Tous ces corps gras sont à consommer avec modération, et plutôt
associés aux légumes pour rééquilibrer le bilan acido-basique.

g) Les sucres

Historique et consommation
Le sucre industriel, ou sucre commercial, provient de deux sources
principales : la canne à sucre et la betterave.
La canne à sucre est une plante originaire d’Asie. Les Perses
l’utilisaient beaucoup, mais les Grecs puis les Romains n’en
disposèrent que parcimonieusement. Le sucre obtenu à partir de la
canne leur servait plus de condiment que d’aliment. Les Arabes
apportèrent la canne à sucre en Espagne et les Espagnols
l’implantèrent dans le Nouveau Monde. Là, cette culture prit un
essort important par le fait du climat favorable et de l’exploitation
d’une main-d’œuvre bon marché.
Le blocus imposé à la France par les puissances européennes qui
combattirent Napoléon incita ce dernier à chercher une autre source
productrice de sucre. Benjamin Delessert inventa en 1812 un procédé
industriel pour extraire le sucre de la betterave.
Il existe d’autres sources de production de sucre commercial.
Citons notamment l’érable, arbre forestier très répandu au Canada.
La sève d’érable fournit une variété de sucre industriel.
En Asie, certains palmiers dits palmiers à sucre ont une sève qui,
après divers traitements, fournit également un sucre industriel.
Fabrication et composition
Le sucre commercial ou industriel se présente sous la forme de sucre
en poudre ou en morceaux. C’est un produit artificiel obtenu après
des traitements chimiques effectués sur les plantes initiales : canne à
sucre, betterave, et sur les sèves d’érable ou du palmier à sucre.
Après toutes ces opérations, il est évident que le sucre originel est
devenu un produit parfaitement artificiel. Le résultat est un dioside
appelé saccharose.
Le sucre raffiné, de couleur blanche, contient jusqu’à 998 ‰ de
saccharose, d’où l’appellation de sucre pur donnée par ses fabricants
au sucre industriel. Notons que le sucre de canne non raffiné, sous
forme de semoule, est moins concentré que le sucre de betterave du
fait qu’il contient une faible quantité d’humidité, évaluable à un taux
de 3 à 6 %.

Digestion
Les sucres industriels sont considérés comme le type même de
l’aliment énergétique rapidement utilisable. Qu’en est-il en réalité ?
La structure du saccharose, plus complexe que les seuls
monosaccharides (glucose, lévulose, galactose) directement
assimilables par l’organisme, nécessite une dissociation par hydrolyse
des diverses molécules d’oses simples.
Le sucre commercial est faiblement attaqué par la salive, et son
dédoublement se produit à la hauteur du duodénum sous l’influence
du suc pancréatique, et plus loin de l’invertine intestinale.
Sous forme de glucose, le passage s’effectue au niveau de l’intestin
grêle.
Le glucose parvient au foie par le système porte.
Le foie opère une nouvelle répartition du glucose :
– une partie sera oxydée dans l’intervalle des repas ou au cours des
différents efforts que produira l’organisme ;
– une autre partie constituera une réserve de sucre sous la forme
de glycogène (amidon animal), lequel devra être hydrolysé à
nouveau pour être mis à la disposition de l’organisme.
Il arrive qu’un foie déficient soit dans l’incapacité de mettre en
réserve le glycogène ; le sucre passe alors en excès dans le sang et les
urines : c’est l’apparition du diabète.

Toxicité

Toxicité structurelle
Contrairement aux sucres simples des fruits (fructose) qui sont
accompagnés des ferments, éléments minéraux, diastases, vitamines
et oligo-éléments nécessaires à leur assimilation, les sucres industriels
raffinés apparaissent comme des produits chimiques totalement
carencés en éléments indispensables à leur utilisation.
Le résultat de cette situation paradoxale est que l’organisme est
contraint de fournir ces éléments indispensables à l’assimilation des
sucres. Une quantité importante de minéraux sont ainsi cédés par le
corps lors de l’absorption de sucre industriel. Celui-ci est un puissant
déminéralisant. Il modifie ainsi fortement l’équilibre calcique de
l’organisme : c’est un décalcifiant et un acidifiant.

Toxicité nutritionnelle
Le sucre industriel, qui est pratiquement du saccharose pur, doit subir
une hydrolyse digestive pour se transformer en sucre assimilable. Cette
opération soutire de l’eau à l’organisme et provoque chez les gros
mangeurs de sucre une impression de soif insatiable.
Le sucre raffiné, par son degré de concentration en saccharose,
agresse l’organisme : les muqueuses du tube digestif sont irritées. Il
se produit une hyperacidité stomacale. Le foie est fortement surmené.
Il doit faire face à une arrivée intempestive de glucose en provenance
du saccharose hydrolysé. S’il ne peut établir l’équilibre glucidique du
sang conjointement au stockage du sucre sous forme de glycogène, il
se produit une hyperglycémie. Rappelons que la glycémie normale
comporte un taux de glucose sanguin de 1 g/l.
Lorsque le barrage du foie est dépassé, deux autres organes,
notamment, vont être sollicités abusivement : le pancréas et les reins.
En effet, en situation hyperglycémique, les îlots de Langerhans
(situés dans le pancréas) sécrètent de l’insuline. Le rôle de celle-ci
favorise une pénétration plus rapide du glucose dans les cellules,
l’excédent de sucre étant alors soit oxydé, soit à nouveau converti en
glycogène.
Tout cela aboutit à des insuffisances pancréatiques et se trouve
souvent être à l’origine du diabète.
Cette situation est d’autant plus stupide que, le seuil rénal
d’élimination du sucre (1,7 g/l) étant constamment dépassé, le
glucose excédentaire est éliminé par l’urine, en pure perte pour
l’organisme, mais non sans un surmenage des reins, dont le
fonctionnement risque d’être perturbé.
Par ailleurs, une partie du sucre raffiné industriel se transforme en
alcool dans les intestins lorsque l’action des saccharases (diastases
intestinales) devient inappropriée pour maîtriser et transformer la
quantité de sucre qui aboutit à l’intestin grêle.
Cet alcool va provoquer un nouveau travail pour les organes
excréteurs (foie et reins notamment). Les selles des grands mangeurs
de sucre ont une odeur caractéristique, semblable à celle des buveurs
d’alcool.
Le sucre produit également de l’acide oxalique au cours du transit
intestinal. Cet acide doit être neutralisé par le foie et éventuellement
par les reins. Il peut également apparaître de l’acide lactique, qui
devra aussi être maîtrisé.
Il se crée alors un milieu favorable à l’apparition de parasites (des
vers chez les enfants). Les phases d’expulsion des selles putrides sont
suivies de phases de constipation.
Utilisation

Quelles sont les conséquences de l’utilisation


du sucre industriel ?
Il est évident qu’elles seront fonction des quantités de sucre absorbé.
Les moyennes individuelles de consommation de sucre industriel sont
annoncées en hausse constante.
Plus le sucre industriel est raffiné, plus il est nocif. Ainsi, il serait
moins dangereux de consommer de la mélasse de sucre (non polluée
par des produits chimiques) que du sucre roux non raffiné, et plutôt
celui-ci que du sucre raffiné blanc.
L’usage du sucre dans certains bonbons, pâtes de fruits, confitures
diverses, en association avec d’autres polluants alimentaires
(conservateurs et colorants divers) est dangereux.

Quels sont les effets de l’usage du sucre


industriel sur la qualité de la santé ?
Le sucre est l’une des causes importantes de l’apparition des caries
dentaires. Cet effet provient de sa propriété de déminéralisant et en
particulier de décalcifiant.
Par les états d’excitation suivis de dépression qu’il provoque, le
sucre use les organes régulateurs de l’organisme ; ainsi peut survenir
le diabète. Le sucre engendre des déséquilibres métaboliques, cause
des états de maigreur ou d’obésité. Il accélère l’apparition de troubles
nerveux et de certains symptômes épisodiques tels que grippes,
nausées, etc.
L’hypertension et les maladies cardio-vasculaires (l’artériosclérose
ainsi que divers états rhumatismaux) sont souvent une conséquence
directe de l’ingestion constante et élevée de sucre industriel.
Ainsi les effets du « sucrisme », même s’ils ne sont pas aussi
apparents que ceux de l’alcoolisme, deviennent-ils sérieux et
suffisants pour que nous nous en préoccupions en permanence.
Les sucres manufacturés présentent toujours un bilan métabolique
acidifiant. Ils ne doivent être consommés qu’avec modération par les
personnes à forte vitalité. Les autres, dont les personnes en situation
d’acidose, doivent s’en abstenir.

h) Les produits animaux

Par « produits animaux », nous entendons les viandes, poissons,


crustacés, coquillages et mollusques.
Voici la teneur moyenne d’une viande de boucherie :

18 à 20 % de protéines – éléments bâtisseurs des cellules de


l’organisme ;
2 à 3 % de graisses – éléments énergétiques ;
matières extractives : leucomaïnes, xanthine, créatinine, etc. –
substances stimulantes sans qualités nutritives ;
0,8 % à 1,3 % de sels minéraux – éléments bâtisseurs de
l’organisme ;
2 à 3 mg de fer/100 g, du phosphore, du potassium et bien
d’autres éléments minéraux : cuivre, zinc, manganèse… (mais les
viandes sont très pauvres en calcium) ;
vitamines : A, B, C et D ;
75 à 78 % d’eau.

La viande ne comporte donc pas d’hydrates de carbone – ou


matières sucrées –, nécessaires à l’apport énergétique journalier de
l’organisme. En effet, le glycogène musculaire (réserve de sucre) est
transformé, après la mort de l’animal, en acide lactique, qui constitue
un poison pour l’organisme.
La viande possède des protéines composées d’acides aminés
essentiels.
La quantité de protéines nécessaires à l’homme quotidiennement
est évaluée à environ 1 g/kg de poids corporel.
La viande est-elle toxique ?
Tout d’abord, il faut signaler que « certaines viandes d’animaux
tuberculeux reconnus suffisamment alibiles (propres à la nutrition)
peuvent, après élimination des parties suspectes, être mises à la vente
après stérilisation, pourvu que ces viandes portent la mention
“viandes stérilisées” » (décret du 24 janvier 1934) d’après A. Roig,
Dictionnaire des polluants alimentaires).
Ces viandes servent souvent à la fabrication des saucisses,
saucissons, etc.
Roig ajoute que, en ce qui concerne les « résidus de pesticides
autorisés en agriculture pour l’obtention des fourrages et grains
destinés à la fabrication des aliments du bétail, et se retrouvant dans
la viande, aucune norme de tolérance n’est fixée ».
Dans l’alimentation animale, les résidus d’additifs autorisés
comprennent : les antibiotiques, les antioxydants, les anticoccidiens,
les colorants de la chair.
En salaison de viande, sont permis : le sel additionné de nitrate de
sodium ou de nitrate de potassium, le sel nitrité, l’acide ascorbique et
les colorants : curcumine, lactoflavine, acide carminique, orcéine,
indigotine, chlorophylle, carbo médicinalis végétalis, caroténoïde,
xanthophylle.
En conserve de viande, sont autorisés, outre le sel nitrité et l’acide
ascorbique déjà cités, la gélatine et le glutamate de sodium.
La viande constitue la majorité des produits animaux. Ces
dernières années sont apparus de nouveaux troubles dits « de la
vache folle », qui seraient transmissibles aux humains.
Cependant, il existe des produits animaux, certes minoritaires,
aussi bien viande que poisson, en provenance d’élevages biologiques.
Ces produits présentent de meilleures garanties de qualité.
Cependant, tous ces produits présentent certains critères de
toxicité.
Les toxiques originels
Les viandes recèlent des matières extractives. Celles-ci comprennent
des lécithines (graisses phosphorées), des leucomaïnes (dues à
l’autolyse qui commence aussitôt après l’abattage), de l’acide lactique
– d’autant plus abondant que l’animal était fatigué avant d’être
sacrifié – et des bases xanthiques (des noyaux cellulaires).
Le gibier – abattu en plein effort – est très riche en matières
extractives.
Les règlements de boucherie prévoient que la « surveillance
vétérinaire doit veiller à ce que les bêtes soient reposées avant
l’abattage et qu’elle doit contrôler la viande pour éviter le danger de
contagion (tuberculose, morve, parasites divers) ».
Les abats (tissus glandulaires) sont riches en noyaux cellulaires ; ils
sont générateurs d’acide urique.
Les viandes contiennent des ptomaïnes, toxines qui se forment à la
mort de l’animal, des bases créatiniques toxiques et des purines, base
azotée donnant naissance à l’acide urique.

Les toxiques métaboliques


Après différentes opérations digestives, les protides sont transformés
en acides aminés. Une nucléase agit sur les nucléoprotéines et
conduit à la constitution des bases puriques. Les purines sont des
corps dérivés des nucléoalbumines phosphorées, apparentées aux
bases xanthiques et à l’acide urique.
Lorsque les acides aminés sont désaminés par le foie
(reconstruction de molécules protidiques « personnelles » humaines),
il y a production d’urée à partir de l’ammoniac.
Cela nécessite un bon fonctionnement du filtre rénal.
Les sels minéraux de la viande diminuent la solubilité du biurate
de soude, entraînant les attaques de goutte. Les déchets azotés se
retrouvent dans les sels biliaires et dans l’urine (ammoniac, urée,
acide urique, acide hippurique, créatinine…). L’urée s’y trouve dans la
proportion de 20 g/l.
Le sel de l’acide urique, l’urate, prédispose à l’apparition des
calculs, qui se localisent dans les reins (coliques néphrétiques), dans
la vessie (gravelle) ou dans les articulations (goutte). Le rein est un
organe filtre qui concentre les déchets azotés contenus dans le
plasma en les faisant passer dans l’urine.
L’urée, l’acide urique et la créatinine sont présents dans le plasma
et dans l’urine ; ces substances sont éliminées par les reins.
L’acide hippurique et l’ammoniac n’existent que dans l’urine. Ces
substances sont synthétisées par les reins.
Si l’alimentation comporte un excès de protéines, les acides aminés
inutilisés doivent être détruits. Dans le foie et dans les reins s’opère
une désamination conduisant à la formation d’ammoniac qui est
transformé en urée grâce à la fonction uréopoiétique. L’urée ainsi
produite est éliminée par les reins.
En conclusion, nous observerons que le danger de toxémie exogène,
provoquée par les toxiques métaboliques consécutifs à l’ingestion de
viandes, est très réel. L’organisme devra présenter constamment une
barrière éliminatrice (foie et reins, notamment) en bon état de
fonctionnement.

Les toxiques digestifs


Les protides des viandes doivent subir une digestion rapide, sous
l’effet des sucs gastrique, pancréatique et intestinal, jusqu’au stade
d’acides aminés, indispensable pour leur assimilation.
Pour bien digérer la ration protéique, « les antinomies digestives
feraient souhaiter des repas homogènes. Les féculents se digèrent par
la ptyaline et son amylase exige un milieu neutre. Les viandes ont
besoin d’une sécrétion acide » (Paul Chêne).
Mais les repas homogènes – encore appelés associés – ne sont pas
la règle courante. Les repas sont complexes ; la viande est alors mal
digérée – c’est-à-dire que la transformation des protides en acides
aminés se fait mal –, et son albumine (protéine) entre en putréfaction
dans l’intestin grêle, mais surtout au niveau du gros intestin, ce qui
donne naissance à des poisons nouveaux, dont certains acides gras
volatils. Des gaz empoisonnés se répandront dans l’organisme entier
(aérophagie). Les micro-organismes pullulent sur cette putréfaction,
créant un milieu toxémique inquiétant. Ces putréfactions intestinales
sont accentuées par le fait que la viande manque de cellulose, dont le
rôle est très important pour la phase intestinale de la digestion.

La toxicité des viandes et du poisson


Parmi les viandes les plus nocives, il faut citer les viscères et les
glandes qui forment les abats : cervelle, rognons, cœur, ris, foie… Les
viandes de bœuf et de vache sont consommées sous forme de muscles
relativement toxiques et peu minéralisés (très pauvres en calcium).
Les viandes de porc et de cheval, ainsi que la volaille, le lapin et les
gibiers peuvent être également toxiques.
Le poisson est très fortement putrescible. Déséquilibré en sels
minéraux, il contient du phosphore mais est très pauvre en calcium.
Les mollusques et les crustacés sont eux aussi dangereux. Ils
contiennent une forte proportion de bases xanthiques.
En conclusion, les acides aminés essentiels contenus dans les
produits animaux constituent des nutriments efficaces pour la
construction des organismes. Cette construction est particulièrement
importante durant l’enfance et l’adolescence. À l’âge adulte, seuls les
protides de réparation, en quantité moindre, sont nécessaires. Il en
sera de même pour les personnes âgées, leur ration protéique devrait
encore se restreindre.
Pourvu d’éléments toxiques, ces aliments doivent être consommés
avec modération, particulièrement par les personnes à faible vitalité.
Lorsqu’ils sont consommés, ces produits doivent plutôt être
associés à des légumes, qui constituent une compatibilité alimentaire
satisfaisante. En revanche, leur association avec les amidons des
céréales doit être évitée, tout au moins par les personnes à
digestibilité réduite.
Les produits animaux présentent toujours une réaction acidifiante.
Il faut donc les consommer avec modération et avec la contrepartie
constante d’apports en aliments alcalinisants, dont les légumes.
Les personnes en situation d’acidose doivent réduire la
consommation de ces produits jusqu’au retour à un meilleur équilibre
acido-basique.

I) LES ALCALOÏDES

Origine et classement des alcaloïdes


Les alcaloïdes proviennent du règne végétal. Il existe de nombreuses
plantes alcaloïfères (plantes qui renferment des alcaloïdes).
Parmi les plantes alcaloïfères les plus connues, nous pouvons
noter, avec leurs alcaloïdes respectifs :

le café, qui contient la caféine, le thé (théine), le tabac (nicotine),


le cacao (théobromine), la coca (cocaïne), le cola (plusieurs
alcaloïdes), l’aconit (aconitine), l’amanite (phalloïdine et
amanitine), etc.

À l’état naturel, ces plantes alcaloïfères sont difficilement


consommables par l’homme. Elles présentent, en effet, un goût très
fortement amer.

Mode d’action des alcaloïdes


Les alcaloïdes constituent des poisons overtoniens (du Suédois
Overton, qui découvrit leurs propriétés). Les poisons overtoniens ont
la singulière propriété d’être à double solubilité : ils sont solubles à la
fois dans l’eau et dans les matières grasses.
Cette double solubilité permet à ces poisons de pénétrer aisément
tous les milieux de l’organisme humain. En particulier, ils peuvent
s’attaquer aux cellules nerveuses en s’y infiltrant, en provoquant la
destruction des membranes cellulaires. Ils se fixent alors sur le noyau
des cellules et bloquent la synthèse des protéines. Ces effets ont pour
résultat la destruction cellulaire, qui aboutit à la mise hors
fonctionnement de la cellule, avec toutes les conséquences
symptomatiques qui en découlent.
Outre les cellules nerveuses, les cellules du foie, chargées de la
destruction de ces poisons – et à un degré moindre celles du rein –,
sont également altérées.
Les alcaloïdes sont donc des poisons nervins – qui « agissent » sur le
système nerveux.
À faible dose, il est attribué aux poisons nervins une action tonique
et stimulante.
Lorsque les doses de poisons nervins deviennent plus fortes, cela a
un effet surexcitant ou convulsivant.
Si les doses absorbées sont très importantes, les poisons ont une
action tétanisante.

Nocivité des principales préparations alcaloïfères

• Le café
Le café provient d’un arbre exotique : le caféier. Les grains de café
sont les noyaux d’un fruit rouge. Après fermentation de la pulpe, les
grains de café sont libérés : c’est le café vert, à la saveur très amère
provenant de l’acide cafétannique qu’il contient. Ce café vert sera
torréfié. Cette opération décompose l’acide cafétannique et engendre
la caféone, huile essentielle qui donne son arôme au café consommé.
Le café contient de la caféine. Il y a environ 0,25 g de caféine dans
une infusion de 15 g de café répandus dans 80 cc d’eau. On y
retrouve aussi des composés phénoliques et stéroliques, le pyrogallol,
la créosote, la pyridine, etc., et des goudrons cancérigènes. Il est à
remarquer que le café contient un pourcentage de purines (1,24 %)
plus élevé que n’importe quelle viande ou poisson (de 0,2 à 1 %). Ces
purines sont génératrices d’acide urique, qui fatigue les reins.
Outre l’action destructrice de l’équilibre nerveux relaté ci-dessus,
l’absorption de café peut provoquer des insomnies, des tremblements,
des hallucinations pouvant aller jusqu’au délire.
La caféine agit également sur le rythme cardiaque en provoquant
une accélération désordonnée des battements et la contraction du
cœur, ce qui engendre des angoisses.
L’acide cafétannique ralentit les sécrétions gastriques. Notons
également que l’action du café accroît la tension artérielle, élève la
température centrale du corps et accentue la diurèse.

• Le thé
La culture du théier fut primitivement localisée au Japon et en Chine.
De nos jours, l’Inde est devenue le premier producteur mondial. La
culture du théier s’est également étendue à l’Iran, à l’URSS, à la
Turquie, à l’Est africain et à l’Amérique latine. C’est dire si le
problème du thé est vraiment d’ampleur mondiale.
Il existe deux variétés de thé : le thé noir, le plus utilisé, et le thé
vert. Seul le thé noir subit une fermentation.
Le thé noir est plus toxique que le thé vert et la décoction l’est plus
que l’infusion.
Le thé contient plusieurs alcaloïdes : la théine, la caféine (en
quantité plus importante que dans le café), la théophylline et de
l’acide tannique. Le thé est oxaligène, c’est-à-dire générateur d’acide
oxalique, source d’arthritisme. Il contient le plus fort pourcentage de
purines : jusqu’à 3,58 %.
Les effets du thé sur l’organisme sont multiples. L’effet majeur –
celui des alcaloïdes – est le déséquilibre d’abord, ensuite la destruction
du système nerveux.
Les effets symptomatiques de la consommation du thé consistent
en un accroissement du métabolisme. Il se produit une accélération
du rythme cardiaque, une respiration plus rapide, une diurèse
excessive, ainsi qu’une surstimulation neuromusculaire. Ainsi naissent
fatigue, instabilité nerveuse, irritabilité, insomnie. L’acide tannique
agit défavorablement sur les sécrétions gastriques et intestinales.
• Le cacao et le chocolat
Le cacaoyer est une plante originaire d’Amérique du Sud. Les graines
de cacao furent d’abord utilisées comme plantes médicinales. Ensuite,
elles furent écrasées et mélangées au sucre pour obtenir le chocolat.
Alors que le café et le thé ne possèdent aucune valeur alimentaire,
le chocolat contient 62 % de glucides, qui proviennent du sucre
industriel ajouté à la pâte de cacao, 20 à 30 % de lipides et 5 % de
protéines.
Mais il contient également un alcaloïde très actif : la théobromine,
qui est un poison nervin très dangereux. La théobromine présente
bien la double solubilité dans l’eau et dans les graisses, mais le cacao
en son entier est insoluble et nécessite plusieurs traitements
chimiques à cet effet. Après le thé, mais avant le café, le cacao
contient un pourcentage élevé de purines (1,30 %). Le chocolat
possède un taux encore plus élevé : 1,43 %.
Comme tous les alcaloïdes, le chocolat détériore l’équilibre
nerveux. Il provoque des insuffisances digestives et la constipation.

Le Coca-Cola
Le coca est un arbuste ; c’est l’erythroxylon coca qui pousse dans les
Andes, notamment au Pérou et en Bolivie. On en extrait un principe
actif : le chlorhydrate de cocaïne, alcaloïde puissant utilisé dans la
fabrication de certains remèdes.
Le kolatier croît en Afrique tropicale, dans l’ouest du continent. Les
noix de cola contiennent également des alcaloïdes : de la caféine, de
la théobromine, de la xanthine et des tannoïdes.
La boisson Coca-Cola contient les alcaloïdes de la cola et de l’acide
phosphorique (H3PO4) au taux de 0,35 g/l. Le taux de caféine,
480 mg/l, y surpasse le taux habituel du café ordinaire (100 mg à
120 mg/l). Le Coca-Cola peut provoquer les symptômes
caractéristiques à l’ingestion des alcaloïdes : palpitations cardiaques
pouvant se transformer en tachycardie (pulsations supérieures à 100
battements par minute), amoindrissement des facultés digestives,
entraînant flatulences intestinales, aigreur d’estomac, constipation,
etc., déséquilibre du système nerveux, troubles de l’équilibre,
déficiences sensorielles, délire, hallucinations…

• Le maté
Le maté est une boisson amère consommée essentiellement au Brésil
et très peu en France. Il contient des alcaloïdes qui en font un
excitant neuromusculaire. Sa consommation régulière dessèche la
bouche et le pharynx, provoque des douleurs épigastriques, des
somnolences, une diminution de la sécrétion urinaire et des stades de
détérioration avancée : l’anorexie, la neurasthénie…
En conclusion, les produits contenant des alcaloïdes ne devraient
être consommés qu’avec modération et par des personnes disposant
d’une bonne vitalité, apte à éliminer les déchets toxiques. Les
personnes de vitalité moyenne devraient réduire la consommation de
ces produits. Celles de vitalité faible devraient s’en abstenir.
Ces produits présentent toujours, après ingestion, une réaction
finale acidifiante. En conséquence, outre les recommandations déjà
exprimées, ils ne devraient être consommés que dans le cadre d’une
alimentation favorisant la consommation d’autres aliments
alcalinisants.
Les personnes en situation d’acidose devraient s’en méfier, au
moins jusqu’au réajustement de leur équilibre acido-basique.

j) Les condiments et épices

L’homme ne se contente pas de ce que lui offre la nature, il adjoint à


ses aliments maints produits destinés à rehausser le goût des plats
cuisinés : ce sont les condiments et épices divers. Ils constituent des
produits organoleptiques, qui agissent sur les cellules du cerveau
responsables de la perception du goût.
Le sel de cuisine
Parmi les nombreux produits organoleptiques utilisés par l’homme, le
sel de cuisine est vraisemblablement le plus courant.

Nature et origine
La formule chimique du sel de cuisine, ou chlorure de sodium, est
NaCl, ce qui indique qu’il est constitué de deux ions : le sodium
chargé positivement (Na+) et le chlore chargé négativement (Cl-). Ce
sel de cuisine est extrait de l’eau de mer par évaporation sélective de
l’eau dans les marais salants. Le sel marin brut est gris, et contient
d’autres sels : sels de magnésium, de calcium et de potassium en
quantité restreinte. Raffiné, il est blanc et pratiquement composé de
NaCl pur.
Le sel existe également à l’état de roche : c’est le sel gemme.
Le sel existe naturellement en proportions variables dans les divers
aliments.

Consommation et utilisation
Le sel de cuisine est consommé dans la proportion moyenne de 6 à
15 g par vingt-quatre heures. 80 % de ce sel sont consommés à titre
de condiment. Le reste provient des aliments.
La consommation moyenne de sel de cuisine par un adulte est de
l’ordre de 3 à 5 kg par an.
Dans l’Antiquité, l’usage du sel ne fut pas généralisé comme il l’est
de nos jours. Si certaines peuplades telles que les Grecs et les
Romains en firent usage (sel attique), d’autres peuples d’Afrique,
d’Amérique et d’Asie n’en firent connaissance que très récemment.
L’usage du sel semble avoir suivi la cuisson des aliments.
Le sel est également utilisé comme substance permettant de
conserver les aliments sous forme de salaisons.
Répartition dans l’organisme
Lorsque nous considérons l’organisme humain, nous devons observer
qu’il existe le milieu cellulaire, constitué par l’intérieur des cellules
protégées par leur membrane, et le milieu extracellulaire, encore
appelé milieu intérieur, constitué par l’ensemble des liquides au
contact des cellules et situés en dehors d’elles.
Le milieu intérieur humain et notamment le plasma et les liquides
interstitiels ont une concentration en chlorure de sodium
relativement élevée (de 11,2 à 29 % du Na+ total de l’organisme
humain).
Le milieu cellulaire, qui est le milieu vital de l’organisme, est, lui
faiblement concentré en Na+, cinq à dix fois moins que le milieu
extracellulaire.

Assimilation des sels organiques et des sels


minéraux
Les sels organiques, qui sont fréquents dans les produits végétaux et
animaux, ont un comportement différent des sels minéraux au cours
de la phase d’assimilation.
Les sels organiques sont organisés avec de nombreux éléments
protecteurs nécessaires à leur assimilation : autres sels minéraux,
diastases, vitamines et oligo-éléments divers.
Les sels minéraux, au contraire, se présentent sous forme isolée et
concentrée. Lorsqu’ils sont introduits dans l’organisme, ils créent un
déséquilibre dans celui-ci en l’obligeant à corriger leurs insuffisances.
Le sel de cuisine provoque de tels déséquilibres lorsqu’il est introduit
dans l’organisme.

Régulation du sel dans l’organisme


Le sel excédentaire dans la cellule est inexorablement rejeté dans le
milieu extracellulaire. La régulation de ce milieu en ions Na+ et Cl-
se fait essentiellement par voie rénale, et accessoirement par voie
cutanée et digestive (côlon).
Dans les reins, il se produit un premier phénomène de filtration au
niveau des glomérules et un second phénomène de réabsorption dans
le tube rénal. Ces ajustements sont sous la dépendance d’hormones,
et notamment de l’aldostérone (hormone corticosurrénale).
L’élimination extrarénale de Na+ et de Cl- est normalement peu
importante chez l’homme sain. Elle peut s’effectuer par l’évacuation
fécale – faiblement – ou par la peau (sueur). Une sueur excessive en
sel indique un mauvais état général, et particulièrement une
déficience de l’appareil rénal.

Effets biologiques normaux de Na+ et de Cl-


Le taux de sodium influe sur la consommation d’oxygène des tissus.
Une trop grande concentration en Na+ s’oppose à la synthèse du
glycogène.
Le sel influe également sur l’hydratation de l’organisme en
favorisant la rétention d’eau – œdèmes sous-cutanés.
En agissant par irritation externe sur les cellules du tube digestif,
le sel déséquilibre les phénomènes digestifs, provoquant parfois, s’il
est pris à haute dose, des vomissements et des diarrhées.
À l’intérieur de l’organisme, il accentue les hyperhydratations,
trouble les organes de la régulation métabolique du sodium et finit
par les détériorer. Il dérègle la fonction osmotique, la nutrition et
l’excrétion cellulaires. Il est la cause d’une sudation intempestive et
d’envies continuelles d’uriner (polyurie).
L’organisme doit être approvisionné en sel par la voie organique, la
seule harmonieuse et équilibrée, à travers la consommation des fruits
et des légumes appropriés.
Les apports de sel de cuisine dont les effets déséquilibrants
remettent en cause les processus vitaux de l’organisme doivent être
modérés.
Le sel de cuisine présente toujours une réaction finale acidifiante.
S’il doit être consommé avec modération par les personnes en vitalité
satisfaisante, la précaution nécessite de le réduire encore, ou de s’en
abstenir, pour les personnes en situation d’acidose.

La moutarde
C’est une préparation à base de farine de moutarde – la noire est la
plus irritante –, de vinaigre ou de moût de vin.
La moutarde est un révulsif : elle irrite le tube digestif et l’oblige à
durcir ses muqueuses, qui perdent leur sensibilité initiale.
Produit acidifiant, elle est à éviter par ceux qui subissent un état
d’acidose.

Le poivre
Le poivre irrite également les muqueuses. Le poivre rouge est le plus
excitant.
Également acidifiant, il est à éviter pour les acidoses accentuées.
En conclusion, les rehausseurs de goût doivent être consommés
avec modération. L’abstinence devrait être de rigueur pour les
situations d’acidose.

3. Conclusion

Nous avons présenté dans ce chapitre les principaux produits


alimentaires en tenant compte de leur réaction finale acidifiante ou
alcalinisante.
L’important est de connaître cette classification pour pouvoir
ultérieurement mieux choisir son alimentation.
Il est nécessaire de relativiser ces classements en tenant compte de
la vitalité et du mode de vie de chacun.
Nous avons observé l’évolution de certains aliments qui peuvent
être alcalinisants ou acidifiants.
Ainsi les fruits acides seront-ils alcalinisants pour les excellentes
vitalités, mais acidifiants pour les faibles vitalités.
Le facteur temps est lui aussi important, faisant passer les produits
laitiers de la zone alcalinisante à la zone acidifiante.
Par ailleurs, il existe plusieurs aliments à finalité acidifiante qui
apportent des nutriments intéressants pour l’énergie ou la croissance
des tissus.
Ces produits ne sauraient être systématiquement écartés sans créer
des préjudices nutritionnels à l’organisme. C’est en fait leur
association avec les autres aliments alcalinisants qui importe.
Enfin, les apports alimentaires doivent tenir compte de l’âge, des
activités physiques ou intellectuelles et de la sédentarité éventuelle
du mode de vie (citadin ou campagnard). Bref, il existe de nombreux
facteurs qui nécessitent de l’attention dans le choix d’un bon niveau
d’approvisionnement alimentaire.
Acquérir un bon niveau d’équilibre acido-basique est nécessaire
pour accéder à un état de bonne santé.
Chapitre VI
La réduction de l’acidose

La compréhension de l’élaboration de l’acidose et les risques


sanitaires engendrés par cet état nous amènent à nous interroger sur
les meilleurs moyens à mettre en œuvre pour réduire l’acidose.
Ceux-ci sont divers, mais il nous semble qu’il est nécessaire d’en
établir un classement.
Il y a en effet les mesures d’urgence à prendre, ensuite les
techniques à moyen terme et enfin les pratiques à long terme.
L’essentiel étant de bien comprendre les choix à réaliser : c’est ce
que nous nous proposons de vous exposer.

1. La récupération de l’énergie vitale

a) Utilisation de l’énergie vitale

C’est lors de la fécondation qu’apparaît l’énergie vitale.


Le spermatozoïde mâle possède une vie limitée à 24 heures, l’ovule
femelle 48 heures. Leur assemblage va créer un être vivant qui leur
assure une survie pour près d’un siècle. Un siècle d’énergie vitale
brusquement et définitivement créé.
Au fur et à mesure que les cellules se différencient, l’énergie vitale
se propage à l’intérieur du corps vivant. Elle y prolifère à travers la
multiplicité cellulaire qui constitue l’organisme.
C’est sa capacité d’activité qui caractérise un être vivant.
Le mouvement est induit par la force de vie existante en chaque
être. La perte de l’activité génère une inertie qui peut aller jusqu’à la
rigidité.
C’est l’énergie vitale présente dans l’organisme qui favorise les
mouvements.
Les activités se situent sur les plans physique ou mental.
C’est au cours de ces activités que nous percevons notre énergie
vitale.
Sa récupération à l’opposé, se réalise au cours de la période
d’inactivité.
L’impression de force est ressentie en situation de bonne santé, à
l’inverse la faiblesse accompagne le fatigué ou le malade.
Cette faiblesse correspond à une intention de l’organisme
d’économiser l’énergie vitale existante.
La stimulation est alors malvenue car elle risque d’aboutir au
surmenage qui précède souvent un état dépressif.
Notre capacité à régénérer notre énergie vitale dépend d’une part
de notre patrimoine génétique et d’autre part de notre mode de vie.
Le stress de la vie moderne est un grand consommateur d’énergie
vitale. Il nous faudra donc nous protéger pour conserver un capital
énergétique apte à assurer toutes nos fonctions.
Le sommeil représente le meilleur processus pour récupérer
l’énergie vitale. Il faut savoir lui ménager un temps suffisant en
période nocturne, mais un bref repos en milieu de journée est aussi le
bienvenu pour recharger cette énergie si précieuse.
D’autres techniques de relaxation qui favorisent un ralentissement
de nos activités permettent également une bonne recharge en énergie
vitale.
La préoccupation de son maintien et de sa création devrait être
permanente. Prendre conscience que l’activité doit être suivie d’un
repos compensateur suffisant, est une nécessité pour perdurer en état
de bonne santé.
Il est même souhaitable que des périodes de vie soient consacrées
principalement à la récupération énergétique en faisant en sorte que
les moments de détente soient plus importants que ceux de l’activité.
La récupération puis la conservation de l’énergie vitale constituent
une première mesure d’urgence pour combattre la situation d’acidose.
Ces décisions sont d’autant plus nécessaires du fait que nous
vivons dans une société stressante qui engendre des habitudes
néfastes (comportements de dépendance) qui accentuent l’état
d’acidose.

b) Les comportements de dépendance

Les comportements de dépendance sont variés et parfois


inattendus.
Essayons d’en repérer quelques-uns.

Les dépendances professionnelles


L’activité professionnelle crée des dépendances dissipatrices de
l’énergie vitale au niveau du mental. Parfois, on se trouve dans une
sorte d’engouement pour ce que l’on fait. Cela génère une suractivité
qui est fort stressante. À l’opposé, certains se situent dans une
insatisfaction permanente par rapport à ce qu’ils font
professionnellement. C’est un autre type de dépendance, également
préjudiciable.
L’idéal serait d’éprouver un intérêt convenable pour son activité
professionnelle, tout en gardant un certain recul, conservateur de la
liberté d’exister en dehors du travail.

Les dépendances personnelles


Elles sont de natures diverses. Parfois, elles se situent sur le plan
affectif, générant alors des dépendances souvent passionnelles,
mutant quelquefois en situations conflictuelles très énervantes et
destructrices.
Une attitude excessive dans le domaine religieux crée aussi une
dépendance impliquant parfois un manque de discernement. À long
terme, cette situation est dangereuse pour la santé.
Ces sortes de dépendances personnelles requièrent un travail
d’analyse pour identifier les programmations mentales néfastes.
Encore faut-il avoir la lucidité nécessaire pour entreprendre une telle
démarche. Ce qui n’est pas évident, car ces types de dépendances
sont fort inhibitrices des possibilités de réaction. L’aide peut parfois
venir de l’extérieur.

Les dépendances familiales


Elles sont également de natures diverses. Ce peut être la dépendance
de l’enfant vis-à-vis des parents, générant des attitudes de soumission
ou de rébellion. Cette dépendance peut avoir des conséquences dans
les programmations mentales. Elle est nécessairement à travailler, et
ce dès que possible. La dépendance existe également au niveau du
couple, l’autoritarisme créant souvent des situations fort
préjudiciables.
Mais les dépendances peuvent aussi être présentes entre frères et
sœurs ou entre enfants et parents.
Les dépendances familiales semblent les plus difficiles. Cela est dû
à l’importance de la durée de la vie commune. Elles s’estompent
parfois avec l’éloignement ou le temps. Si elles sont trop aiguës, elles
devront être impérativement analysées.

Les dépendances « ménagères »


Ainsi sont classées diverses dépendances qui sont reliées à la vie
ménagère.
On observe tout d’abord diverses dépendances sur le plan
alimentaire :
– les dépendances aux substances alcaloïdes : café, thé, chocolat,
Coca-Cola, etc. ;
– les dépendances à certains aliments : sucre, viande, fromage,
etc. ;
– les dépendances aux drogues : vin, alcool, bière, cigarettes, etc.
On remarque aussi des dépendances « ménagères » sur divers
plans :
– les dépendances aux médicaments, souvent acquis sans
indications médicales ;
– les dépendances aux achats : vêtements, nourriture, etc. ;
– les dépendances aux loisirs : télévision, cinéma, musique, sport,
etc. ;
Toutes ces dépendances peuvent avoir des répercussions sur la
santé à plus ou moins long terme. C’est pourquoi il sera nécessaire
d’en prendre conscience pour modifier leur cours.

Les dépendances environnementales


Ce sont celles qui proviennent de notre relation à notre
environnement.
Elles sont diverses. Ce peut être un sentiment amplifié par rapport
à l’écologie, la politique, les études, les loisirs, etc.
Ici aussi, il sera nécessaire de trouver un juste milieu.
La libération des comportements de dépendance représente une
nécessité pour la récupération de l’énergie vitale, base première d’un
bon équilibre acido-basique.

c) La maison de détente

La récupération de l’énergie vitale passe nécessairement par une


réflexion sur l’organisation de son mode de vie.
Beaucoup d’améliorations peuvent être effectuées sur les lieux de
vie (professionnel ou familial).
Cependant, ces progrès sont parfois limités et se révèlent
insuffisants. Il faut alors envisager un temps de récupération
accentué.
La réponse passe par le repos, le retour au calme, la coupure avec
les activités professionnelles, sociales, familiales et ménagères.
Pour cela, il est bon de quitter son lieu de résidence habituel pour
se rendre dans une maison de détente. Cet endroit se situe de
préférence en dehors de la ville, dans un site rural approprié.
Une maison de détente représente un logement de loisirs,
comportant des possibilités d’hébergement et de restauration
confortables.
Le calme et le silence sont les vertus essentielles d’un tel lieu. Le
site est agréable à regarder et génère le calme mental.
Les activités pratiquées en maison de détente doivent apporter le
repos corporel et la sérénité. Le contact avec la nature est essentiel
pour un resssourcement vital salvateur.
L’alimentation doit être apaisante et faciliter la détoxination de
l’organisme.
Les exercices pratiqués favorisent la sensation de bien-être et de
bonheur retrouvés.
Consacrer un temps à un repos réparateur en maison de détente
apparaît essentiel pour récupérer l’énergie vitale et être capable
d’affronter ultérieurement toutes les situations auxquelles il faudra
faire face.
Si la récupération de l’énergie vitale n’est pas correctement
réalisée, il sera difficile de contrer l’acidose qui s’est installée.
Bien comprendre cet objectif permet de se diriger vers la cessation
des nombreux maux constatés, liés à l’état d’acidose.

2. La pratique de la respiration efficace

Les combustions cellulaires des nutriments énergétiques génèrent du


dioxyde de carbone (gaz carbonique) et de l’eau, dont l’ensemble
forme l’acide carbonique.
Ce produit acide, s’il est mal évacué, contribue à créer l’état
d’acidose sanguine ; c’est pourquoi la pratique de la respiration
efficace apparaît comme une mesure d’urgence pour la réduction de
l’acidose.
a) La respiration humaine

La respiration est un acte vital pour l’homme. En effet, celui-ci ne


peut demeurer plus de quelques minutes sans respirer. La respiration
fœtale s’opérait par le cordon ombilical. C’est à la naissance que les
poumons s’emplissent d’air pour la première fois.

Les mouvements respiratoires


La ventilation des poumons se réalise par des mouvements
respiratoires qui comprennent une entrée d’air, l’inspiration, et une
sortie d’air, l’expiration. Ces deux mouvements représentent le
rythme respiratoire, qui est variable suivant l’activité : repos ou plein
effort. Il se ralentit durant le sommeil et suivant l’âge. Pour mesurer
le rythme respiratoire, il suffit de compter le nombre de mouvements
respiratoires par minute d’un individu au repos.

TABLEAU DE LA VARIATION DU RYTHME RESPIRATOIRE EN FONCTION


DE L’ÂGE

5
À LA 12 ADULT
ÂGE AN
NAISSANCE ANS ES
S

NOMBRE DE MOUVEMENTS
40 À 50 25 20 16 À 18
RESPIRATOIRES PAR MINUTE

ON OBSERVE QUE LE RYTHME RESPIRATOIRE DÉCROÎT DE LA


NAISSANCE À L’ÂGE ADULTE. PUIS GÉNÉRALEMENT IL SE STABILISE.
Les circuits de la ventilation pulmonaire
L’air pénètre naturellement par les fosses nasales dans l’appareil
pulmonaire. Ces fosses constituent des filtres qui retiennent les
grosses poussières. Elles humidifient et réchauffent l’air pour le
préparer à son voyage pulmonaire. Puis l’air traverse le pharynx, où
se croisent la voie digestive et la voie respiratoire. Il passe alors dans
une cavité : le larynx, dont l’orifice est nommé glotte.
L’air progresse dans un tube maintenu continuellement ouvert par
des anneaux : la trachée artère. Elle est tapissée de glandes, qui
émettent du mucus destiné à engluer les fines poussières parvenues
jusque-là.
Des cils vibratiles entrent en action pour faire remonter ce mucus
jusqu’au pharynx, d’où il sera alors expectoré. À l’extrémité de la
trachée, l’air pénètre dans deux grosses bronches qui le dirigent vers
deux poumons. Celui de gauche comporte deux lobes et celui de
droite, trois.
À l’intérieur de chaque poumon, l’air se diversifie dans des petites
bronches, les bronchioles, qui aboutissent à de minuscules cavités :
les lobules pulmonaires.

La respiration normale
Au cours de l’inspiration, la cage thoracique s’agrandit en largeur et
en profondeur sous l’influence des muscles élévateurs des côtes, et
en hauteur sous l’effet de la contraction du diaphragme, muscle qui
refoule les viscères abdominaux. Les poumons sont reliés au thorax
par la plèvre. Celle-ci permet aux poumons de suivre les mouvements
du thorax en toute solidarité.
À l’inverse, lors de l’expiration, les muscles précédents se relâchent
et le thorax revient passivement à sa position primitive. L’élasticité des
poumons leur font conserver leur solidarité par rapport au thorax. Les
poumons se retirent proportionnellement.
L’inspiration constitue le temps moteur de la respiration, alors que
l’expiration ne représente qu’un temps passif de relâchement. C’est
cette respiration habituelle qui est appelée normale. Chaque
mouvement respiratoire successif entraîne l’entrée puis la sortie de
0,5 l d’air approximativement. C’est cette quantité d’air minimale
ventilée qui est appelée l’air courant.

La respiration forcée
L’inspiration forcée se réalise sous l’effet de muscles longs,
différents de ceux qui interviennent dans l’inspiration normale. Ces
muscles longs s’insèrent sur l’omoplate, sur la tête de l’humérus ainsi
que sur la base de la tête. C’est pourquoi l’inspiration forcée nécessite
l’effacement des épaules et le redressement de la tête. Essayez cette
inspiration et observez les mouvements de votre corps.
L’expiration forcée ne représente plus un simple temps de
relâchement comme l’était l’expiration normale : elle devient un
temps respiratoire moteur. Ce sont des muscles antagonistes à ceux
utilisés lors de l’inspiration normale qui entrent en jeu. Des muscles
abaisseurs des côtes se contractent pour diminuer la cage thoracique
en largeur et en profondeur. En même temps, la contraction des
muscles abdominaux rejette les viscères qui s’appuient sur le
diaphragme. Celui-ci réduit alors la cage thoracique en hauteur.
Pratiquez des expirations forcées et observez l’ensemble de ces
phénomènes. Au cours d’une inspiration forcée, 1,5 l d’air environ
pénètre dans les poumons : c’est l’air complémentaire. Inversement,
lors d’une expiration, 1,5 l d’air environ est chassé des poumons :
c’est l’air de réserve. La capacité vitale respiratoire se définit comme
le volume d’air qui entre et sort des poumons au cours d’un
mouvement respiratoire forcé. Ce volume se décompose
approximativement comme suit :
Néanmoins, même après une expiration forcée, il demeure encore
dans les poumons environ 1,5 l d’air : c’est l’air résiduel.
Ces diverses composantes de la capacité vitale respiratoire sont
indiquées à titre d’information.
La capacité vitale respiratoire est spécifique à chaque être humain.
Elle n’est pas fixe : elle peut s’amplifier par l’exercice ou s’amenuiser
par le manque d’activité.
Les échanges gazeux

La respiration combustion
La respiration correspond à une opération de combustion lente. Les
oxydations respiratoires se réalisent au niveau cellulaire des tissus. Ce
n’est pas réellement une oxydation simple et directe, mais en fait une
succession de réactions complexes qui aboutissent à un résultat
comparable à une oxydation. Les cellules absorbent de l’oxygène et
rejettent du dioxyde de carbone (gaz carbonique) et de l’eau. Au
cours de cette opération, de l’énergie est libérée. Si l’excès
alimentaire est toujours dommageable, en revanche il y a moins de
risques lors d’un apport important d’oxygène naturel mélangé à l’air.
L’excès non utilisé sera rejeté sans aucun dommage. En réalité, les
Occidentaux sont plutôt sédentaires, et de ce fait sous-oxygénés, ce
qui induit une constante asphyxie cellulaire, source de nombreux
troubles compensatoires. En comparant le volume d’air expiré à celui
d’air inspiré, on constate que l’homme ne retient qu’une partie de
l’oxygène de l’air inspiré et rejette l’autre partie.
Notons également que la température de l’air que nous rejetons est
généralement comprise entre 30 et 35 °C, quelle que soit la
température extérieure.

LES MODIFICATIONS DE L’AIR AU COURS DES MOUVEMENTS


RESPIRATOIRES

AIR POUR 100 L D’AIR INSPIRÉ POUR 100 L D’AIR EXPIRÉ

OXYGÈNE 21 L 16,5 L

GAZ 0,03 L 4,5 L

AZOTE 79 L 79 L

VAPEUR D'EAU 1G 4G

– 5° C + 30 °C
TEMPERATURE + 10 °C À + 30 °C + 32 °C À + 35 °C
+ 43 °C + 38 °C
ON OBSERVE QUE LE RYTHME RESPIRATOIRE DÉCROÎT DE LA
NAISSANCE À L’ÂGE ADULTE. PUIS GÉNÉRALEMENT IL SE STABILISE.

Les transports gazeux


Au niveau pulmonaire, les échanges gazeux se réalisent par simple
diffusion au travers des parois alvéolaires, qui ne comportent qu’une
seule couche de cellules aplaties. Cette diffusion est facilitée par la
grande surface de contact entre l’air et le sang au niveau alvéolaire.
On estime que chaque poumon contient 0,5 l de sang réparti sur
2
environ 75 m , alors que l’air entre en contact avec les parois
2
alvéolaires sur une surface de 100 m .
Les échanges d’oxygène et de dioxyde de carbone proviennent des
différences de pression de ces gaz sur les deux surfaces d’échange.
Dans les poumons, l’oxygène s’infiltre dans le sang. Le transport de
l’oxygène par le sang est assuré par l’hémoglobine contenue dans ses
globules rouges, ou hématies. Le dioxyde de carbone formé dans les
cellules est également rapporté aux poumons par les hématies, mais
aussi par le plasma sanguin, riche en sels minéraux.
Il existe une interaction entre oxygène et dioxyde de carbone pour
favoriser leur transport par l’intermédiaire du sang.
Les mouvements respiratoires habituels sont automatiques.
L’amplitude et le rythme de ces mouvements peuvent être modifiés
par la pratique d’exercices physiques.
Des centres respiratoires situés dans le bulbe rachidien régulent
ces mouvements respiratoires.
b) La pratique respiratoire

La respiration complète
Le rythme respiratoire varie en fonction de l’âge et des
circonstances.
En vieillissant, il se ralentit. L’activité physique l’accroît, tandis que
la sédentarité le diminue.
Au cours de la respiration normale, c’est l’inspiration qui
représente le temps moteur, alors que l’expiration s’effectue durant le
relâchement des muscles contractés précédemment. Par conséquent,
si notre inspiration est insuffisante, l’expiration le sera également, et
de ce fait la respiration entière sera incomplète.
Le désir d’inspirer est engendré par nos besoins. Si notre activité
physique s’intensifie, il faut davantage d’oxygène pour soutenir la
combustion des matières carbonées cellulaires, nécessaires à la
production d’énergie génératrice de l’activité.
L’organisme, après réduction de l’oxygène disponible dans l’air
inspiré, parvient à une situation que l’on qualifie de « dette
d’oxygène ».
Cet état se traduit par une diminution relative du pH sanguin :
7,35… 7,34… 7,33… 7,32, etc., du fait de la création en abondance
de l’acide carbonique cellulaire qui ne peut être évacué assez
rapidement.
Cette minoration du pH sanguin déclenche des ordres
hypothalamiques qui vont, en dehors de toute décision consciente,
amplifier nos inspirations, et par retour nos expirations. Ainsi une
activité physique intense possède-t-elle la propriété d’enclencher
subconsciemment une respiration plus intense.
La respiration normale se réalise par le nez, dont la mission est,
outre de réchauffer l’air inspiré, de nettoyer l’air qui pénètre dans les
voies respiratoires. Mais, lorsque la situation de « dette d’oxygène »
devient importante – ce qui se réalise notamment au cours d’une
course à pied –, la demande d’air devient si impérieuse que nous
éprouvons alors le besoin de happer un maximum d’air par la bouche.
Cette entrée d’air par la bouche représente une réponse
exceptionnelle et momentanée. Mais nous sentons bien qu’elle est
nécessaire, car la respiration nasale seule engendre alors une
sensation d’étouffement.
Si l’effort physique diminue, le besoin en oxygène régresse et
l’inspiration de l’air s’effectue à nouveau par le nez. Mais, s’il y a
encore un retard au rejet de l’acide carbonique – ce qui est le cas
après l’arrêt immédiat de la course à pied –, l’expiration perdure par
la bouche.
Nous pratiquons alors une respiration mixte :

inspiration par le nez ;


expiration par la bouche.

Peu à peu, la situation respiratoire cellulaire se régularise et la


respiration normale s’effectue à nouveau entièrement par le nez.
La respiration normale peut également s’amplifier sous l’effet de la
direction consciente pour devenir une respiration forcée. Dans ce cas,
l’inspiration se réalise sous l’impulsion de nouveaux muscles. Le
résultat se traduit par une triple entrée d’air :
– l’inspiration abdominale : l’air est projeté vers le bas des
poumons, étirés par le diaphragme qui s’abaisse ; c’est l’inspiration
abdominale que nous réalisons en premier lieu lorsque nous forçons
notre respiration.
– l’inspiration costale : si nous continuons à forcer la respiration,
l’air se répartit au niveau des parties moyennes des poumons vers la
proximité des côtes ; c’est l’inspiration costale qui permet de faire
entrer une grande quantité d’air pulmonaire.
– l’inspiration claviculaire : au cours d’un ultime effort pour
accentuer l’inspiration forcée, l’air peut parvenir jusqu’en haut des
poumons, vers les régions claviculaires, qui sont ordinairement peu
ventilées.
Ces trois types d’inspirations forcées donnent une impression de
plénitude respiratoire.
Elles peuvent se continuer par des expirations forcées
antagonistes :
– l’expiration claviculaire : lors de cette expiration forcée, des
muscles abaissent les épaules et resserrent la partie élevée des
poumons ; l’air claviculaire est alors évacué.
– l’expiration costale : si nous amplifions l’expiration forcée,
d’autres muscles abaisseurs des côtes rétrécissent la cage thoracique
en largeur et en profondeur, ce qui fait que l’air costal est expulsé.
– l’expiration abdominale : si nous persistons encore pour
évacuer l’air pulmonaire, la contraction des muscles abdominaux
refoule les viscères, et le diaphragme tend à réduire la cage
thoracique en hauteur. Ce qui provoque la chasse de l’air abdominal :
c’est l’expiration abdominale. Notons qu’il n’est pas possible d’évacuer
complètement l’air pulmonaire : l’air résiduel y demeure
continuellement.

La respiration en antimaîtrise
Nous existons en antimaîtrise lorsqu’il se produit en nous une action
qui n’est pas directement induite par notre volonté consciente.
En ce qui concerne la respiration, nous estimons que nous serons
en respiration d’antimaîtrise chaque fois qu’il se produira un temps de
la respiration – inspiration ou expiration – qui ne sera pas commandé
consciemment.
Lors de la respiration normale, l’inspiration est le temps moteur,
celui qui est décidé consciemment : c’est un acte d’inspiration en
maîtrise. Mais l’expiration qui suit provient du relâchement des
muscles qui ont provoqué l’inspiration normale. Elle n’est pas décidée
consciemment : c’est une expiration en antimaîtrise. Nous sommes
consciemment passifs vis-à-vis de cette expiration.
Mais le processus de respiration inversée peut également exister. Il
suffit de forcer volontairement l’expiration et d’observer que
l’inspiration qui s’ensuivra sera en antimaîtrise. Cependant, dans ce
cas précis, l’inspiration ne représente pas un acte strictement passif.
La sensation d’étouffement qui apparaît lorsque l’expiration forcée est
maintenue durablement est contrée par un ordre de notre volonté
subconsciente qui déclenche alors rapidement une inspiration
involontaire.
L’inspiration en antimaîtrise est cette fois active. Lors de cet
exemple, la décision subconsciente a dominé celle consciente qui
maintenait l’expiration forcée.
Lorsque l’inspiration en antimaîtrise se prolonge, la prise d’air
s’accroît, provoquant un soupir, qui représente donc lui aussi un acte
respiratoire en antimaîtrise. Ce soupir est une très bonne chose et il
ne faudrait pas le réprimer. C’est un exercice respiratoire bénéfique
qui demande à être répété.
Si l’inspiration en antimaîtrise s’accentue encore, il peut se
produire un bâillement, qui représente une respiration subconsciente.
En effet, le bâillement apparaît lorsque l’inspiration subconsciente se
poursuit par une rétention d’air pulmonaire. Cela produit une
sensation agréable dont on est seulement spectateur. On peut
provoquer artificiellement le bâillement en remuant latéralement la
mâchoire inférieure. Le bâillement engendre une suroxygénation du
cerveau, qui est bénéfique. Des exercices de bâillement peuvent être
entrepris dans le but d’induire des états de relaxation. Les meilleurs
moments de la journée pour effectuer ces exercices se situent vers
11 heures ou 18 heures, lorsque la digestion est terminée.
On peut encore observer l’inspiration en antimaîtrise lorsque
l’organisme, après avoir fourni un effort physique prolongé, se trouve
en « dette d’oxygène ». Nous sentons monter en nous un besoin
impérieux d’inspiration d’air qui ne peut être satisfait que par une
respiration réalisée bouche ouverte. Cette abondance d’air nous
euphorise et nous rend heureux. Les efforts physiques sont très
précieux pour nous assurer un bon tonus respiratoire.

La respiration continue, ou biorespiration


Le principe de la technique de la respiration continue, ou
biorespiration, consiste à faire se succéder, sans aucune interruption,
les inspirations et les expirations. Nous désignons ce mode
respiratoire sous le nom de respiration alternée.
Dans la respiration habituelle, l’inspiration est suivie d’un temps de
rétention d’air plus ou moins prolongé. À la suite de celui-ci,
l’expiration est effectuée. À la fin du temps expiratoire, on observe
généralement une pause respiratoire également plus ou moins
longue, et ce n’est qu’à l’issue de ce temps de pause qu’une nouvelle
inspiration sera entamée. Ainsi la respiration habituelle s’effectue-t-
elle sur quatre temps de durée variable : l’inspiration, la rétention,
l’expiration et la pause.
Une respiration continue, ou biorespiration, ne comportera donc ni
temps de rétention ni temps de pause.
Cette respiration n’est pas habituellement spontanée. Elle devra
donc être induite au départ par la volonté consciente, qui fera
effectuer sans discontinuité inspiration et expiration.
La respiration se réalise normalement par le nez, mais, au cours
d’une respiration continue, le besoin de happer puis de rejeter l’air
par la bouche devient de plus en plus intense. Le rythme respiratoire
est variable et spécifique à chaque personne.

Certains respireront lentement, d’autres accéléreront leur


expiration jusqu’à parvenir presque au halètement.
Au bout d’un certain temps, le pratiquant de la respiration
continue entre dans une sorte de respiration globale involontaire
décidée par le subconscient. Alors, les deux temps de la respiration :
l’inspiration et l’expiration, sont induits en dehors de la direction
consciente. Nous disons que la respiration entre dans sa phase de
« pilotage automatique ».
Ce type de respiration, active sur ses deux temps et décidée
subconsciemment, représente la respiration idéale en
antimaîtrise.
Le pratiquant demeure néanmoins conscient de la situation, mais il
est comme relégué dans un rôle de spectateur de ce qui se passe en
lui-même, sans en avoir la maîtrise immédiate. Ce qui veut dire qu’à
ce moment, et pour une courte durée, le besoin de respirer l’emporte
sur une éventuelle décision de vouloir arrêter la respiration.
Le pH normal du sang humain se situe à 7,35 et son amplitude de
variation est relativement faible (de 7,28 à 7,42). On dit que le sang
possède un pouvoir tampon. Si le sang est soumis à de plus fortes
variations, l’organisme entre dans des situations périlleuses.
En se déplaçant de 7,28 vers 7 – ce qui est peu –, il y a risque de
coma, tandis qu’une modification de 7,42 vers 7,80 peut induire des
crises convulsives. Au-delà de ces situations extrêmes, la mort
survient.
C’est l’hypothalamus – notre cerveau émotionnel – qui enclenche
la respiration en « pilotage automatique ». Cette situation se produit
lorsque le pH sanguin devient relativement plus alcalin en
augmentant de valeur : 7,36, 7,37… jusqu’à 7,42.

C’est la respiration continue qui, en évacuant un maximum d’acide


carbonique, modifie vers l’alcalin la valeur du pH sanguin. Donc, plus
la respiration de début est intense, plus ce déplacement du pH
sanguin sera significatif. Ce qui, par retour, accroîtra l’activité
hypothalamique.
À un moment donné, la respiration continue se nourrit de la
propre alcalinisation sanguine qu’elle induit pour s’entretenir elle-
même.
En cela, elle représente bien une respiration subconsciente.
Ce sont les personnes les plus acidifiées qui ont le plus de mal à
entrer dans ce fameux « pilotage automatique ». À l’inverse, ce sont
celles qui acceptent de se laisser aller qui obtiennent les meilleures
situations de respiration involontaire. Celles-ci ne sont d’ailleurs pas
obtenues en suivant des schémas respiratoires identiques. Il n’existe
pas une voie royale de la respiration continue, mais des passages
différents, particuliers à chacun. C’est à chaque personne de trouver
son chemin respiratoire personnel.
En conclusion, la pratique de la respiration efficace apparaît
comme l’une des mesures d’urgence pour réduire l’état d’acidose.
Il est donc vivement conseillé de pratiquer quotidiennement des
exercices de respiration complète, tels qu’ils viennent d’être décrits.
Néanmoins, pour les exercices respiratoires en antimaîtrise, il
est préférable de se faire aider par un conseiller formé à ces
pratiques.
Quant à la respiration continue, ou biorespiration, il faut
impérativement être conduit par un praticien compétent.
Des résultats spectaculaires sont observés dans la réduction de
l’acidose – et partant des troubles qu’elle génère – si l’on adopte une
respiration efficace, et notamment la biorespiration.

3. La détoxination progressive

a) Qu’est-ce que la toxémie ?

La toxémie représente l’intoxication des cellules de l’organisme.


D’où peut provenir cette intoxication ?
Les aliments végétaux ou animaux que nous consommons sont
majoritairement produits en utilisant des produits chimiques de
synthèse, ce qui les fragilise. Ils sont alors « traités » par d’autres
produits chimiques, auxquels s’ajoutent des additifs alimentaires
(colorants, produits organoleptiques, solvants, etc.).
Tous ces corps étrangers, non souhaitables dans l’alimentation,
viennent intoxiquer nos cellules. C’est une toxémie qui vient de
l’extérieur : nous l’appelons toxémie exogène.
D’autre part, notre organisme est une grande usine de
transformation des aliments que nous absorbons.
Par exemple, les sucres sont utilisés dans les cellules pour produire
de la chaleur et de l’énergie.
Après utilisation, il en résulte des déchets : dans ce cas, du dioxyde
de carbone (ou gaz carbonique) et de l’eau, qui seront véhiculés par
le sang jusqu’aux poumons et rejetés dans l’atmosphère.
Ces produits constituent l’acide carbonique, qui vient amplifier
l’acidose sanguine.
Ainsi, tous les déchets résultant de la vie courante de notre
organisme viennent aussi – naturellement – intoxiquer nos cellules.
C’est la toxémie en provenance de l’intérieur : la toxémie endogène.
Mais la nature nous a pourvus d’organes efficaces pour faire face à
cette intoxication interne permanente de notre organisme. Ce sont les
organes excréteurs, dont les principaux sont le foie, les reins, les
poumons, la peau et les intestins. Cependant, toute partie de
l’organisme peut devenir, provisoirement, un organe relais de
détoxination.
Habituellement, la détoxination organique s’effectue correctement.
Notre énergie vitale est suffisante, nos organes excréteurs, en état
satisfaisant : c’est l’état de bonne santé.
Mais la vie ne se déroule pas toujours d’une manière aussi
adéquate. L’alimentation est parfois déséquilibrée, composée
d’aliments de moins bonne qualité. Différents stress, professionnels,
affectifs, sociaux…, viennent nous agresser, consommant inutilement
une part importante de notre énergie vitale.
Si celle-ci vient à devenir insuffisante, les grandes fonctions de
l’organisme en pâtiront, et principalement la fonction d’élimination
des toxines.
La toxémie s’accroît, jusqu’à dépasser parfois le seuil de tolérance
toxinique que chacun de nous possède.
Elle est de nature acide, et de ce fait accentue l’état d’acidose
sanguine.
Lorsque ce seuil est franchi, on observe le déclenchement d’une
alarme générale dans l’organisme sous l’apparence d’un symptôme de
maladie.
La maladie apparaît ainsi comme une élimination relais de
l’excédent de toxémie accumulé dans l’organisme.

b) La détoxination par paliers

Le principe des paliers alimentaires


Une fois la toxémie-acidose identifiée et le désir de détoxiner bien
ancré dans la tête, reste à connaître la méthode de détoxination qui
apportera les meilleurs résultats.
L’alimentation a pour objectifs de nous assurer des forces
suffisantes et un poids satisfaisant. Il existe donc toujours un équilibre
entre la ration alimentaire et l’aspect pondéral.
Ainsi, la suralimentation entraîne généralement un excès de poids,
et la sous-alimentation, l’effet inverse. Tout cela selon l’hérédité de
chacun.
Donc, le premier principe à connaître est l’existence de cet
équilibre entre ration alimentaire et aspect pondéral.
Lorsque nous diminuons notre régime alimentaire, la première
conséquence est un allègement de la digestion du repas consommé.
L’énergie vitale non utilisée pour digérer est généralement affectée
à la fonction d’élimination des toxines.
Celles-ci sont donc rejetées d’une manière plus efficace. Ces rejets
toxiniques provoquent une perte de poids.
Dans le nouveau régime alimentaire restreint, on observera ainsi
une perte de poids quotidiennement. Mais, lorsqu’une part
importante de toxines aura été évacuée dans ce premier régime
restrictif, on observera, au bout de quelques jours habituellement,
une stagnation du poids. C’est ce nouvel équilibre ration alimentaire
réduite/nouveau poids stable que nous appelons un palier
alimentaire.
En pratique, on procède alors à une nouvelle restriction
alimentaire, qui aboutira en quelques jours à un nouvel équilibre
pondéral. Puis on restreint à nouveau l’alimentation jusqu’au stade
des liquides, que nous conserverons toujours.
Avec la méthode des paliers alimentaires, chaque restriction
favorise raisonnablement une élimination convenable. C’est le corps
qui décide du nombre de jours nécessaires pour établir le fameux
palier. Et il mène bien son affaire. On descend ainsi d’équilibre
alimentaire en équilibre alimentaire, en douceur, jusqu’à la
détoxination finale.

La pratique de la détoxination par paliers

Les régimes de détoxination


Maintenant que nous vous avons exposé le principe de la
détoxination par paliers, nous allons vous décrire concrètement sa
pratique.
Les régimes de détoxination que nous préconisons tiennent compte
de la spécificité des aliments humains, de l’équilibre des rations
alimentaires et des compatibilités alimentaires.
– Le régime associé (R.A.) n’assemble que des aliments en
associations favorables. Il respecte également les temps de digestion.
Voici sa composition journalière :
* Petit déjeuner (entre 7 heures et 9 heures) : fruits frais
uniquement.
* Déjeuner (entre 11 heures et 13 heures) : crudités tendres sous
forme de salade de légumes, un glucide complexe (céréale ou pomme
de terre), un lipide concentré (huile ou beurre).
* Dîner (entre 18 heures et 20 heures) : cuidités ou légumes
décrudits, un protide (fromage, œufs ou noix).
Le choix des quantités sera personnel et nécessairement adapté à
chaque cas.
Observons que ces repas sont suffisamment riches en apports
aqueux pour satisfaire nos besoins hydriques.
Il est préférable de boire en dehors des repas, pour éviter de diluer
excessivement les sucs digestifs. Les jus de fruits sont une nourriture :
ils sont à consommer en dehors des repas.
– Le régime cellulosique (R.C.) dérive du régime associé en
retirant successivement ou globalement ses composants concentrés. Il
demeurera donc, si le retrait est global, les légumes et fruits frais, qui
sont consommés entiers pour conserver la cellulose.
Dans la réalité de la régression alimentaire, le retrait des
composants concentrés est progressif. Les lipides sont retirés en
premier. Le R.A. se transforme alors en régime cellulosique plus
glucide et protéine (R.C.G.P). Puis le glucide concentré est retiré et le
régime devient alors régime cellulosique plus protéine (R.C.P.). Enfin,
le protide concentré est retranché et on aboutit au régime
cellulosique.
Les apports en nutriments sont alors principalement constitués de
sels minéraux, de vitamines, de sucres simples peu concentrés et de
très faibles quantités de lipides et de protides.
Le R.C. est habituellement utilisé à la suite d’un régime associé
pour faciliter l’élimination toxinique d’une manière graduelle.
L’existence de la cellulose favorise généralement le transit intestinal.
– Le régime non cellulosique (R.N.C.) provient du régime
précédent auquel est soustraite la cellulose ; légumes et fruits sont
alors consommés sous forme de jus. Le retrait de la cellulose accélère
momentanément le processus d’élimination toxinique. Plus
l’alimentation est simplifiée, plus cette élimination s’accentue,
jusqu’au jeûne hydrique. Cependant, le transit intestinal subsiste,
sans que l’on provoque un excès d’encombrement de l’intestin grêle.
Recommandations pour le régime non
cellulosique
NOUS CONSEILLONS DE FAIRE LE JUS AVEC LA QUANTITÉ DE FRUITS OU DE
LÉGUMES QUE L’ON MANGERAIT ENTIERS :
• 1/2 VERRE DE JUS DE CAROTTE COUPÉ D’EAU.
• 1/2 VERRE DE JUS DE CAROTTE PLUS BETTERAVE COUPÉ D’EAU.
• 1/2 VERRE DE JUS DE TOMATE COUPÉ D’EAU.
• 1/2 VERRE DE JUS DE TOMATE PLUS CONCOMBRE COUPÉ D’EAU.
• 1 VERRE DE JUS DE POMME COUPÉ D’EAU.
• 1 VERRE DE JUS DE POIRE COUPÉ D’EAU.
• 1 VERRE DE JUS D’ORANGE COUPÉ D’EAU.

De ce fait, cette pratique permet d’éviter l’usage des purgatifs ou


laxatifs dans un processus de désintoxication de l’organisme. Il se
produit, en effet, un vidage naturel des intestins.
La détoxination progressive par paliers favorise une réduction
accélérée de l’acidose. Elle représente donc une mesure urgente pour
combattre l’acidose.
Elle ne doit être pratiquée que sur une période restreinte de
quelques jours. La reprise alimentaire vers l’alimentation normale
s’effectue en utilisant les paliers inversés.

4. L’alimentation alcalinisante

Lors de la présentation des aliments, nous vous avons informé sur la


nature finale acidifiante ou alcalinisante des aliments.
En situation d’acidose, après la mise en place des premières
mesures d’urgence concernant la récupération de l’énergie vitale,
la pratique de la respiration efficace et la détoxination
progressive, dont les effets sont rapides pour réduire l’acidose, il faut
pratiquer l’alimentation alcalinisante, dont les effets se feront sentir
à moyen terme.

a) L’alimentation en compatibilités alimentaires

L’objet de l’alimentation en compatibilités alimentaires est de


respecter les caractéristiques digestives de l’organisme.
Le résultat se traduit par une meilleure digestion, exempte de
production de corps acides, ce qui évite d’accentuer l’état d’acidose.
En premier lieu, nous vous présentons deux régimes en
compatibilités alimentaires, utilisables en situation d’équilibre acido-
basique normal.
Nous vous présenterons ultérieurement les modifications à
apporter pour la pratique d’une alimentation plus alcalinisante.

Le régime complémenté
Le régime complémenté (R. comp.) comporte des aliments
rassemblés en associations alimentaires relativement compatibles. Il
représente une transition entre le régime hétérogène et le régime
homogène.
Son principe de base est principalement le temps de digestion de
chaque aliment.
C’est seulement en seconde appréciation que nous tiendrons
compte des niveaux acido-basiques des milieux de digestion.

Le repas complémenté à digestion rapide


Nous assemblons les fruits aux laitages (caillé frais) qui se digèrent
rapidement. C’est une association semi-compatible au niveau acido-
basique. Ce repas apporte des glucides et des protides au même
repas.
Le repas complémenté à digestion lente
Nous regroupons des protéines grasses (fromages gras non fermentés,
ou noix ou amandes…) et des glucides amidonnés (pommes de terre
ou céréales). C’est une association alimentaire qui nécessite un
apport énergétique important pour assurer la digestion de ses
constituants.

Composition des repas du régime complémenté


* Petit déjeuner (entre 7 heures et 9 heures) : Assembler des
fruits frais (4/5) avec des fruits secs (1/5), puis compléter par un
laitage : lait caillé, ou fromage blanc dilué, ou yaourt.
Une variante consiste à prendre un peu de miel à la place des
fruits secs.

Modèles de repas
• POMMES OU POIRES, 500 G, ET DATTES, 60 G ; FROMAGE BLANC ÉCRÉMÉ,
100 G.
• RAISINS FRAIS, 500 G, ET FIGUES, 60 G ; YAOURT, 100 G.
• PÊCHES, ABRICOTS, 500 G, ET RAISINS SECS, 60 G ; LAIT CAILLÉ, 100 G.
• ORANGES, MANDARINES, 400 G (PAS DE FRUITS SECS), YAOURT, 80 G.

LES QUANTITÉS SONT INDIQUÉES À TITRE INDICATIF. CHACUN AJUSTERA SES


CHOIX EN FONCTION DE SA SITUATION : ÂGE, ACTIVITÉ, ÉTAT DE SANTÉ, ETC.
CE REPAS APPORTE EN DÉBUT DE JOURNÉE DES SUCRES À DIGESTION
RAPIDE, DONC DISPONIBLES IMMÉDIATEMENT. PAR AILLEURS,
L’INVESTISSEMENT ÉNERGÉTIQUE DANS SA DIGESTION EST FAIBLE. L’ÉNERGIE
RESTE DISPONIBLE POUR ACCOMPLIR LES TÂCHES DE LA VIE QUOTIDIENNE.

* Déjeuner (entre 11 heures et 13 heures) : Commencer le repas


par la prise de crudités tendres sous forme d’une salade de légumes.
Par exemple : laitue, mâche, concombre, chou tendre, carotte jeune –
à consommer de préférence sans assaisonnement. Chaque légume
doit être apprécié pour lui-même.
Continuer ce repas en prenant des crudités semi-dures. Par
exemple : céleri-rave, carotte à maturité, betterave rouge, chou rouge
ou vert, etc. S’il y a des problèmes de denture, on peut au préalable
les râper, mais il vaut mieux utiliser ses propres dents pour les
préparer : cela ralentit le repas et favorise la survenue de la satiété.
Consommez selon vos besoins. Prenez au moins 300 g de crudités
journellement.
Nous continuons les séquences de ce repas en prenant un glucide
amidonné. Par exemple : une céréale, ou des pommes de terre, ou des
féculents légumineux…
Nous conseillons de consommer ces amidons plutôt séchés
(galettes de céréales, pommes de terre au four) pour favoriser
l’insalivation.
Les quantités à consommer sont variables : prendre 100 à 150 g de
céréales ou 300 à 400 g de pommes de terre.
Enfin, nous assemblerons à ce repas une protéine grasse, genre
fromage à pâte cuite (gruyère, comté, etc.), ou des noix ou amandes,
ou un ou deux jaunes d’œufs.
Cet apport de protéine grasse doit être de moindre importance.
Nous recommandons 30 à 60 g.
Ce déjeuner comportera également un apport de lipide concentré
(par exemple de l’huile d’olive) en quantité réduite. Nous
recommandons 10 à 30 g d’apport gras.
Les aliments ainsi assemblés sont en association neutre, donc
moyennement acceptables.
Modèles de repas
• SALADE DE CRUDITÉS TENDRES : LAITUE, CONCOMBRES, MÂCHE.
• CRUDITÉS SEMI-DURES : CAROTTES, CÉLERI-RAVE. COUSCOUS. GRUYÈRE
OU COMTÉ. HUILE D’OLIVE.
• SALADE DE CRUDITÉS TENDRES : LAITUE, SCAROLES, CONCOMBRES.
• CRUDITÉS SEMI-DURES : CHOU ROUGE, CAROTTES. POMMES DE TERRE AU
FOUR. SAINT-PAULIN. BEURRE.
• SALADE DE CRUDITÉS TENDRES : CHOU ROUGE, LAITUE.
• CRUDITÉS SEMI-DURES : CAROTTES, BETTERAVES ROUGES. RIZ. AMANDES.
HUILE DE TOURNESOL.
• SALADE DE CRUDITÉS TENDRES : MÂCHE, CONCOMBRES.
• CRUDITÉS SEMI-DURES : CHOU-FLEUR, CAROTTES. HARICOTS AU BEURRE.
JAUNES D’ŒUFS.

* Dîner (entre 18 heures et 20 heures).


Ce repas débutera par la consommation de légumes peu cuits que
nous avons dénommés cuidités ou légumes décrudits.
Il s’agit en fait de détruire le goût « amer » de certains légumes ou
de ramollir leurs fibres alimentaires.
Il vous est possible de « décrudire » les choux de Bruxelles, les
choux verts ou rouges, les choux-fleurs, les oignons, les poireaux, les
courges, les courgettes, les rutabagas, les navets, etc.
Naturellement, on peut parfaitement consommer une partie de ces
légumes crus si on les préfère ainsi et si on les digère bien.
À ces légumes on peut adjoindre une petite quantité de légumes
moyennement amidonnés : carottes, betteraves rouges…
Nous rappelons que les légumes possèdent une grande importance
pour favoriser l’alcalinisation de l’organisme.
La quantité de végétaux décrudits consommés doit être de l’ordre
de 400 à 600 g.
À ces légumes nous joignons une protéine, de préférence différente
de celles consommées précédemment dans la journée.
Modèles de repas
• CUIDITÉS : CHOU VERT, POIREAUX, COURGES.
• PROTÉINE : FROMAGE BLANC SÉCHÉ.
• CUIDITÉS : CHOU-FLEUR, NAVETS, COURGETTES.
• PROTÉINE : DEUX ŒUFS CUITS MOLLETS.
• CUIDITÉS : POIREAUX, CHOU ROUGE, RUTABAGAS.
• PROTÉINE : FROMAGE BLANC.
• CUIDITÉS : CHOU VERT, NAVETS, COURGETTES.
• PROTÉINE : NOIX, OU NOISETTES, OU AMANDES.

Choisir cette protéine parmi le fromage blanc, les yaourts, les


œufs, les noix, les noisettes, le soja, etc. Il est conseillé de ne prendre
qu’un seul protide pour ce repas.
Consommer de 30 à 60 g de protéines suivant vos activités.
Pour les enfants, on peut adjoindre un quatrième repas vers
17 heures. Celui-ci peut être composé de fruits frais ou secs, ou
différemment de pain beurré par exemple. L’adulte et encore plus la
personne âgée éviteront ce repas complémentaire.
La boisson conseillée est l’eau, en quantité raisonnable. Mais il
vaut mieux boire avant le repas pour ne pas diluer les sucs digestifs.

Le régime associé

Bases du régime associé


Ce deuxième régime alimentaire homogène est fondé principalement
sur les compatibilités acido-basiques de la digestion des aliments
absorbés. En second lieu, il tient compte des temps de digestion.
Le régime associé (R.A.) provient du régime complémenté par
suppression des compléments pour n’accepter que des aliments en
associations favorables.
Composition des repas du régime associé
* Petit déjeuner (entre 7 heures et 9 heures).
Prendre seulement des fruits frais acides ou mi-acides, ou doux en
alternance.
Les personnes qui ont des difficultés pour digérer les fruits acides
prendront de préférence des fruits doux.

Modèles de repas
• 1 PAMPLEMOUSSE
• 2 OU 3 POMMES
• 2 ORANGES
• 2 OU 3 POIRES
• 2 OU 3 CLÉMENTINES
• 1 OU 2 GRAPPES DE RAISINS OU PLUSIEURS PÊCHES

Les fruits secs sucrés, très concentrés et réchauffants, peuvent être


consommés en faible proportion (1/4 ou 1/5 du repas de fruits). Le
repas de fruits frais seuls est préférable.
* Déjeuner (entre 11 heures et 13 heures). Ce déjeuner ne
comportant plus de complément protéiné, il devient un repas
glucidique.
Il se compose de :
• crudités tendres en salade : laitue, mâche, concombres, endives,
etc. ;
• crudités semi-dures : chou-fleur, carottes, betteraves, navets,
rutabagas, céleri, etc.
Ces crudités seront consommées seulement en fonction des
facultés digestives, en sachant que le tube digestif de l’homme est
plus adapté à la transformation des crudités tendres.
Dans ces salades, il est possible d’intégrer du blé germé, qui est
une plante-salade et non plus une graine.
Il faut consommer ces crudités de préférence sans assaisonnement
et si possible en les mâchant avec ses propres dents. Si la denture est
médiocre, prendre soin de hacher et de râper au préalable les
crudités. Bien insaliver de toute façon.
Cette ration végétale peut atteindre 400 à 500 g : c’est une part
importante du repas.
Ces crudités sont suivies de la consommation d’un glucide
amidonné (céréale ou féculent). La céréale étant acidifiante, nous
proposons d’alterner la prise d’une céréale avec celle d’une pomme de
terre ou d’un autre féculent.
Les quantités de glucides à consommer dépendent du sujet (de sa
santé, de son âge, de ses activités, etc.). Nous proposons 150 g pour
la prise de céréales et 400 g pour celle des pommes de terre.

Modèles de repas
• CRUDITÉS, PÂTES COMPLÈTES, HUILE D’OLIVE.
• CRUDITÉS, POMMES DE TERRE (À L’EAU), BEURRE.
• CRUDITÉS, COUSCOUS, HUILE DE TOURNESOL.
• CRUDITÉS, POMMES DE TERRE (AU FOUR), BEURRE.
• CRUDITÉS, RIZ, AVOCAT.
• CRUDITÉS, TARTE AUX LÉGUMES, HUILE D’OLIVE.

Les jeunes adolescents et les adultes qui produisent des efforts


pourront en prendre plus que les personnes d’une santé délicate
(personnes âgées, oisifs, etc.).
Le mieux est de se peser journellement. Le résultat indiquera le
bilan entre ingestion et utilisation de la nourriture.
À ce repas nous pouvons ajouter un lipide concentré, l’association
glucide/lipide étant compatible. Ce corps gras peut être du beurre ou
de l’huile. Il est préférable d’utiliser une huile vierge de première
pression à froid. L’huile d’olive ou l’huile de tournesol conviennent
bien. Consommer de 10 à 30 g de matières grasses à ce repas.
* Dîner (entre 18 heures et 20 heures). Dans le régime associé, il
n’est pas proposé de repas supplémentaire à 17 heures.
Ce repas est appelé protidique parce qu’il favorise l’ingestion d’un
protide.
C’est aussi un repas protidique à base de légumes protides,
semblable à celui pris en régime complémenté. Les légumes seront
légèrement cuits ou décrudits. Les temps de semi-cuisson sont
variables. Les légumes sont servis en premier, sans assaisonnement, le
protide choisi ensuite.

Modèles de repas
• CUIDITÉS, FROMAGE BLANC.
• CUIDITÉS, YAOURT.
• CUIDITÉS, ŒUFS.
• CUIDITÉS, FROMAGE À PÂTE CUITE.
• CUIDITÉS, NOIX.

Ce protide peut être du fromage blanc égoutté, ou un yaourt, ou


un fromage non fermenté (genre compté), ou 1 ou 2 œufs, ou des
noix (noix, noisettes, amandes). Il est recommandé de ne pas
consommer à ce repas des légumes fortement amidonnés telles les
pommes de terre par exemple. Les œufs se consommeront de
préférence mollets.
Les noix seront décortiquées et trempées dans de l’eau tiède
quelque temps avant le repas.
Consommer à ce repas 60 à 100 g de protides.
Conclusion
Le régime complémenté est à adopter en premier pour quitter les
régimes hétérogènes complexes.
Mais, au fur et à mesure que la détoxination a lieu, la plupart des
personnes parviennent au régime associé, qui leur convient bien pour
être efficient.
Moins on mange et plus on détoxine. Mais il faut garder un juste
milieu, le degré d’efficacité étant le critère essentiel de réussite.
Nous vous proposons donc d’aborder ces deux régimes homogènes
progressivement ; puis observez les résultats sur vous-mêmes. Vous
en retirerez certainement de grands bénéfices.

b) Alcaliniser l’alimentation

Nous venons de vous présenter les régimes complémentés et associés.


Ces deux régimes représentent une base pour se nourrir.
Nous observons qu’ils comportent à la fois des aliments classés
alcalinisants et d’autres acidifiants. C’est que ceux-ci apportent aussi
des nutriments nourriciers.
Étudions maintenant l’application de ces régimes à des personnes
en situation d’acidose.
Voyons en premier lieu la consommation des fruits le matin. Pour
les personnes fortement acidosées, il est difficile de neutraliser les
acides contenus dans les fruits avant de pouvoir bénéficier de leurs
bases.
Provisoirement, ces « acidifiés » s’abstiendront des fruits acides ou
mi-acides.
L’idéal serait de « décrudir » des légumes et de consommer une
soupe de légumes. Mais cela ne va pas dans les habitudes ordinaires
du petit déjeuner.
Notons que le mélange céréales plus alcaloïdes (café, thé,
chocolat) plus sucre industriel concentré est fortement acidifiant. Et
c’est pourtant le type de petit déjeuner communément consommé.
Alors il faut savoir ce que l’on veut : consommer acidifié et garder
ses troubles de santé, ou réduire cet état d’acidose pour recouvrer le
bien-être.
Discutons du déjeuner. Nous n’y avons mis qu’un jour sur deux des
céréales, qui sont acidifiantes. Bien que celles-ci nous apportent des
nutriments fort intéressants, il serait souhaitable de les remplacer,
durant le temps de la régression de l’acidose, par des amidons non
acidifiants telles la pomme de terre ou les cucurbitacées (potiron,
potimarron, etc.).
Il est nécessaire d’être modéré sur la consommation des huiles,
même d’excellente qualité, durant cette période réductrice de
l’acidose. De même, attention à ne faire qu’une consommation
modérée des fromages à pâte cuite (gruyère, comté, saint-paulin,
etc.).
Prendre une bonne ration de crudités diverses au déjeuner semble
être essentiel pour faire régresser efficacement les états d’acidose.
Voyons maintenant le dîner, car, en situation d’état acidifié, les
grignotages en dehors des repas sont fortement déconseillés.
À ce repas apparaissent les protéines, généralement acidifiantes. Il
faudra donc veiller à les consommer avec une extrême modération.
Pour les produits laitiers, nous avons précédemment décrit leur
évolution, de la situation d’alcalinisant à celle d’acidifiant.
Il est fortement recommandé, si l’on veut consommer ces produits,
qu’ils soient extrêmement frais, le temps les transformant en produits
acidifiants, notamment les yaourts et les fromages blancs.
Au cours de ce repas du dîner, la ration de légumes décrudits
devra être abondante.
C’est la meilleure façon de réduire à moyen terme un état
d’acidose dommageable.
Une dernière conclusion sur l’alimentation alcanisante. Tels que
nous les avons décrits, les régimes complémentés et associés
apparaissent déjà comme des régimes simplifiés par rapport à
l’alimentation habituelle. Socialement, il sera parfois malaisé de les
mettre en application. Mais un « acidosé » est un individu qui
n’appartient plus au peloton des « normaux » qui peuvent – à leurs
risques – adopter une alimentation sans contraintes. Il doit savoir que
les mesures, naturelles pourtant, qui s’imposent à lui sont provisoires,
le temps de réduire cet état d’acidose accompagné de son cortège de
troubles divers.
Les recommandations que nous venons de faire concernant les
régimes d’alimentation situent cette manière de s’alimenter près des
régimes dits de détoxination. Ce sera à chacun de maîtriser les
propositions d’alimentation exposées, pour aboutir au meilleur
équilibre acido-basique, source d’équilibre et de bonne santé.

5. Les suppléments alcalins

Les pratiques d’urgence et à moyen terme décrites précédemment


sont généralement suffisantes pour réduire l’acidose d’un organisme.
Mais provisoirement, et sur conseils qualifiés, il est possible
d’apporter des suppléments alcalins sous forme de préparations
contenant des minéraux : calcium, magnésium, potassium, etc.
Ces éléments alcalins contribuent à neutraliser sur place,
généralement dans les tissus musculaires, les acides qui s’y sont
accumulés.
Néanmoins, il faut être prudent par rapport à ces apports
extérieurs, qui ne doivent en aucun cas favoriser le basculement vers
un état d’alcalose, tout aussi préjudiciable.
Nous répétons que ces apports extérieurs ne doivent être pris que
sur les conseils d’un nutritionniste qualifié.
Il serait dangereux de procéder par soi-même à cette sorte
d’automédication.
En outre, et à part des cas sévères d’acidose qui nécessitent le
recours à un naturothérapeute avisé, la prise de ces suppléments
alcalins n’apparaît pas comme une mesure indispensable.
6. Un programme de vie équilibré

L’énergie vitale étant prépondérante pour obtenir un bon équilibre


acido-basique, un programme de vie équilibré devra être adopté.
La vie sédentaire étant trop asphyxiante, il sera bon d’adopter un
mode de vie plus actif en tenant compte de son âge et de sa santé.
Pas d’excès d’activités non plus, qui générerait une acidité qui ne
pourrait être résorbée.
Il est nécessaire d’accomplir une certaine quantité d’activités
physiques journellement. En particulier, la marche à pied devrait être
privilégiée, même s’il s’agit de déplacements ordinaires liés à l’activité
quotidienne.
Les loisirs devraient être modérément actifs pour favoriser les
exercices respiratoires. Le jardinage, le bricolage, etc., sont
recommandés.
Naturellement, il est bon de vivre un temps en dehors des
habitations, et de préférence en contact avec la nature pour se
ressourcer.
La manière d’exister sans stress, en prenant le temps de vivre dans
le calme pour régénérer l’énergie vitale, est primordiale également.
C’est d’ailleurs tout le mode de vie qui doit s’organiser dans le
calme, loin de l’agitation.
Il faut bien vérifier les contraintes journalières et voir comment il
est possible de les négocier pour ne pas gaspiller son énergie vitale.
Le sommeil doit être suffisamment prolongé pour que le corps
puisse récupérer une énergie vitale nécessaire à la désacidification. Il
est important de sortir de sa période de sommeil avec une bonne
sensation de calme réparatrice des fatigues antérieures.
Le mental est un grand utilisateur de l’énergie vitale. Il est
souhaitable de cultiver un mental optimiste en évitant l’irritation ou
même la colère.
La confiance, la sérénité, de bons objectifs de vie doivent être
recherchés. De même que l’on doit impérativement éviter les états
réducteurs de l’énergie vitale que constituent l’agressivité, la
méchanceté, la jalousie, etc.
Naturellement, c’est peu à peu que ces états sont modifiés. Il
s’ensuivra un meilleur équilibre acido-basique.

7. Conclusion

La réduction de l’acidose, outre une réflexion approfondie sur les


causes qui l’ont engendrée, passe par la pratique impérieuse de
techniques naturelles qui sont capables d’évacuer l’excès d’acide.
Cependant, il sera nécessaire d’agir avec une progressivité
prudentielle pour ne pas générer de crises évacuatrices excessives.
C’est en procédant avec bon sens que l’on parvient aux meilleurs
résultats.
PARTIE II
LA VIE ÉNERGÉTIQUE DE
L’ORGANISME
Chapitre VII
Existence de l’énergie vitale

1. Manifestation de l’énergie vitale

L’être vivant se différencie d’un corps mort par sa capacité d’activité.


C’est la force de vie de tout organisme vivant qui est la source de
tout mouvement. Lorsque cette force de vie disparaît, l’inertie
s’installe, entraînant la rigidité. La force de vie est elle-même
dépendante de l’énergie vitale dont l’organisme peut disposer à
chaque instant. Ainsi l’énergie vitale se matérialise-t-elle
essentiellement par les manifestations de la force de vie.
Les activités qui définissent la vie sont fort diverses : elles peuvent
être d’ordre physique ou mental par exemple. Leur déroulement se
traduit par une modification de l’énergie vitale dans l’organisme.
La dépense d’énergie vitale correspond aux moments d’activité. En
général, nous percevons agréablement cette dépense énergétique. En
opposition, les phases d’inactivité permettent la régénération de
l’énergie vitale. Le bilan énergétique global dépend donc du résultat
de la dépense et de la récupération énergétique.
Ce qui est important, c’est l’impression de force ou de faiblesse
que nous ressentons. L’être en bonne santé perçoit sa force ; à
l’opposé, le malade se sent faible.
C’est surtout lors de la dépense d’énergie, donc en pleine activité,
que nous ressentons notre force, au point d’en être euphorique.
Inversement, nous nous sentons très fatigué lorsque le corps se refuse
à l’effort, cela dans un but évident d’économiser l’énergie vitale qui
fait alors défaut.
Si l’on stimule un organisme pour l’obliger à s’activer au-delà de
ses possibilités réelles, on aboutit au surmenage, qui risque de
dissiper la faible quantité d’énergie vitale qui existe encore. En
persistant dans cette voie, la santé se détériorera.
En conclusion, nous pouvons affirmer que notre ressenti de force
ou de faiblesse dépend de la quantité d’énergie vitale dont nous
pouvons disposer.

Quels sont les facteurs qui interviennent dans


notre bilan énergétique ?
L’hérédité de chaque individu est l’un de ces facteurs. Selon notre
héritage vital, nous serons plus ou moins prédisposé à pouvoir
régénérer rapidement l’énergie dépensée. Cette hérédité constitue
donc une caractéristique personnelle pour le bilan énergétique.
Le mode de vie influe également sur la quantité d’énergie dont
nous pouvons disposer. Ainsi un surmenage physique ou intellectuel
permanent réduit-il considérablement la réserve énergétique.
Inversement, des périodes de récupération favorisent l’accroissement
de notre énergie.
L’observation du mode de vie permet donc d’éliminer les causes de
certaines « fuites » énergétiques pour réussir à maintenir un niveau
énergétique satisfaisant, l’objectif final étant de savoir comment vivre
en ressentant et en utilisant judicieusement son énergie vitale.
2. Distribution de l’énergie vitale

L’impression de pouvoir disposer de son énergie ne dépend pas que de


sa quantité. La manière dont cette énergie est distribuée dans
l’organisme influe considérablement sur la perception de la sensation
de force ou de faiblesse. Pour observer cette distribution, distinguons
les deux principales fonctions de l’organisme.
L’une d’elles est la fonction relationnelle, qui est sous l’emprise de
la volonté consciente par l’intermédiaire du système nerveux cérébro-
spinal. Cette fonction détermine notre vie relationnelle, qui nous
permet de nous mettre en relation avec le monde extérieur. Les
organes des sens fournissent des messages qui sont interprétés par le
cerveau. Celui-ci, inversement, a la propriété d’intervenir sur les
muscles pour que nous puissions nous mouvoir dans notre
environnement.
L’organisme utilise de l’énergie vitale pour assurer cette vie
relationnelle, tournée vers l’extérieur et que nous appelons de ce fait
la vie externe. C’est pourquoi cette volonté consciente qui dirige la vie
externe peut elle-même être dénommée volonté externe de
l’organisme.
L’autre grande fonction de l’organisme se dénomme fonction
nutritive, au sens large du terme, dans la mesure où elle associe
diverses fonctions tendant à assurer la vie nutritive de l’organisme :
digestion, circulation sanguine, respiration, etc.
Cette vie nutritive est dirigée par une autre partie distincte de celle
du cerveau conscient : nous l’appelons la volonté subconsciente. Elle
agit par l’intermédiaire du système nerveux neurovégétatif. Nous
nommons volonté interne cette volonté subconsciente qui anime la vie
interne de l’organisme.
En définitive, l’énergie vitale est distribuée soit vers la vie
relationnelle, ou vie externe, soit vers la vie nutritive, ou vie interne.
En modifiant nos attitudes, grandes consommatrices d’énergie,
nous sauvegardons notre équilibre énergétique. Ces modifications
sont obtenues grâce à l’intervention de notre volonté consciente. Mais
l’usage que certains font de cette volonté ne semble pas être toujours
très raisonnable. Ils ne savent pas limiter leurs activités en fonction
de l’énergie dont ils disposent.
Cependant, il existe une « sécurité » supplémentaire constituée par
l’instinct de conservation, qui entre en action lorsque,
consciemment, nous exigeons de notre organisme plus qu’il ne peut
nous donner. Cet instinct de conservation, qui s’identifie avec la
volonté subconsciente, déclenche, si cela s’avère nécessaire, des
processus autoritaires pour arrêter les activités « programmées » par
la volonté consciente. Cela peut aller jusqu’à la syncope ou la
prostration.
Le corps est alors placé dans l’impossibilité de poursuivre ses
activités excessives ou anormales. Il est ainsi contraint d’économiser
cette énergie vitale insuffisante et de la régénérer durant le temps de
récupération qui est ainsi accordé à l’organisme.
Dans la pratique quotidienne, il ne faut pas s’opposer aux
« ralentissements » qui surviennent dans les activités de l’organisme.
« Vaincre » par tous les moyens artificiels un état de faiblesse est un
non-sens dangereux. Il est sage d’abord de régénérer l’énergie ;
alors cet état de faiblesse disparaîtra de lui-même.

ÉNERGIE VITALE

FONCTION DE RELATION FONCTION DE NUTRITION

CONTACT AVEC L’EXTÉRIEUR FONCTIONNEMENT DES APPAREILS


GRÂCE AU CERVEAU CONSCIENT, DIGESTIF, RESPIRATOIRE,
LES ORGANES DES SENS, LE CIRCULATOIRE, EXCRÉTEUR,
SYSTÈME MUSCULAIRE ET GLANDULAIRE… CONSTITUANT LA
L’APPAREIL SQUELETTIQUE FONCTION DE NUTRITION
DIRECTION CONSCIENTE OU
DIRECTION SUBCONSCIENTE OU
VOLONTÉ EXTERNE.
VOLONTÉ INTERNE. INTERMÉDIAIRE :
INTERMÉDIAIRE : SYSTÈME
SYSTÈME NERVEUX NEUROVÉGÉTATIF.
NERVEUX CÉRÉBRO-SPINAL.

3. Utilisation de l’énergie vitale

a) Les priorités dans la répartition énergétique

En règle générale, l’ensemble de l’énergie est réparti entre les


différentes fonctions, ce qui assure la marche normale des divers
organes. C’est le cas le plus favorable, celui du fonctionnement
normal de l’organisme. Mais, même dans cette situation qui devrait
être la plus ordinaire, la répartition de cette énergie entre les
différentes zones de l’organisme ne s’effectue pas indifféremment. En
priorité, ce sont les organes qui participent aux fonctions les plus
indispensables à la vie qui en seront pourvus.
En revanche, en situation anormale, lorsque la quantité d’énergie
vitale dont l’organisme peut disposer devient insuffisante pour
maintenir harmonieusement la vie de l’organisme dans son entier, ce
sont les fonctions les moins vitales qui subiront en premier une
restriction énergétique.
Souvent, dans ce cas, l’activité musculaire sera amoindrie. Cela
s’explique par le fait que l’énergie, qui précédemment était affectée
au travail des muscles, se retire de ce secteur pour être utilisée
ailleurs, là où sa présence est absolument indispensable. Il s’instaure
alors une sorte d’ankylose de l’activité musculaire, qui se traduit par
un ralentissement de la vie. Nos forces « extérieures » semblent en
effet nous abandonner et, généralement, cette sensation est très mal
accueillie, surtout lorsque nous ne percevons pas clairement sa
véritable signification. En réalité, l’énergie n’a pas disparu ;
simplement, elle est maintenant affectée à des tâches devenues
urgentes à l’intérieur de l’organisme dans le cadre de la vie nutritive.
Il n’y a donc que variation dans l’affectation de l’énergie. C’est ce
phénomène que nous appelons l’inversion des forces dans
l’organisme.
Ce retrait d’énergie se perçoit, généralement, dans d’autres
secteurs de l’organisme, sièges de la vie relationnelle. C’est le cas, par
exemple, pour le fonctionnement des organes des sens, également au
niveau de l’organisation de la pensée consciente. La vue se brouille,
l’audition est moins bonne, le goût devient mauvais, l’odorat
disparaît, le toucher apparaît malhabile.
Sur un autre plan, la pensée devient moins nette, il y a de grosses
difficultés de concentration mentale sur les moindres choses.
Au niveau de la vie nutritive même, on peut observer un retrait
d’énergie dans certaines fonctions. L’estomac et les intestins
deviennent « paresseux » et refusent apparemment de jouer leur rôle
digestif. La digestion du moindre aliment semble lourde, fastidieuse,
interminable. La constipation s’installe.
Nous observons, dans cette situation d’insuffisance énergétique,
l’apparition de la sensation de froid dans les extrémités du corps,
notamment les pieds et les mains, ainsi que sur le nez et les oreilles.
Si nous nous levons brusquement, des étourdissements passagers
peuvent survenir.
Tous ces signes particuliers indiquent un état sous-énergétique que
nous appelons énervation.
Ainsi donc, et quelle que soit la situation énergétique de
l’organisme, l’énergie vitale qui est à notre disposition est utilisée en
priorité pour le maintien de la vie, en assurant prioritairement la
marche des fonctions vitales, parmi lesquelles nous citons notamment
l’excrétion, la circulation sanguine, la respiration, les échanges
nerveux, les activités glandulaires, etc.
b) Le balancier énergétique

II est normal qu’il y ait des fluctuations dans nos sensations


énergétiques.
Ces variations suivent le rythme ou la périodicité de la vie.
L’activité, dépensatrice d’énergie, alterne avec le repos, régénérateur
de cette énergie.
Alors, devons-nous, par mesure d’économie de l’énergie, réduire
nos activités et confiner notre corps et notre mental dans un repos
permanent ? Non, bien sûr ! S’il est certain qu’il faudra d’abord
envisager la rénovation d’un organisme fatigué pour l’amener à un
fonctionnement normal, arrivé à ce degré de marche, l’amplitude de
la dépense et de la récupération de l’énergie dépendra de la qualité et
de la quantité des activités (physiques ou intellectuelles) effectuées.
La possibilité pour un organisme de posséder un maximum
d’énergie vitale nécessitera une amplitude maximale du phénomène
dépense/récupération de cette énergie. L’augmentation de cette
amplitude constitue une démarche calculée pour accéder au plus
haut niveau de santé, directement dépendant de la quantité d’énergie
vitale dont nous pouvons disposer à chaque instant.
Ainsi chaque moment de la vie contribue-t-il à diminuer ou à
augmenter l’énergie dont nous disposons. Chacun d’entre nous
possède un balancier énergétique dont les positions extrêmes
indiquent les limites auxquelles peuvent accéder la dépense et la
récupération énergétiques.
Voyons quelques cas concrets.
Chez l’individu faible, la dépense énergétique est minime ; elle est
suivie d’une phase de récupération elle aussi réduite. Dans ce cas, la
vie se déroule médiocrement. L’organisme tend vers une existence
ralentie. C’est la situation des malades et des personnes âgées dont le
balancier énergétique est à faible amplitude de déplacements.
À l’opposé, chez les personnes à grande vitalité, la dépense
énergétique est importante généralement et est suivie d’une profonde
récupération. Ces sujets ont une vie très active. C’est le cas des jeunes
et des adultes en bonne santé. Leur balancier énergétique atteint une
forte amplitude de déplacements.
Lorsqu’une personne est en bonne santé, il ne lui faut pas craindre
de se dépenser largement, car cette phase d’utilisation de l’énergie
vitale sera suivie par une seconde période aussi importante de
récupération vitale.
Cependant, le bon sens indique que ces phases successives de
dépense et de récupération énergétiques doivent se dérouler en
fonction des possibilités réelles et actuelles de chaque personne. Il
serait en effet très dangereux d’arriver à un tel état de surmenage que
toute récupération énergétique s’avérerait difficile, sinon impossible.
Ici encore, comme dans la pratique de toute technique naturelle de
santé, la progressivité sera de rigueur.
À la lecture de ce qui précède, nous vous proposons d’effectuer
une évaluation de votre propre balancier énergétique. Estimez-vous
que celui-ci est en régression ? Pouvez-vous arrêter cette
dégradation ? Comment allez-vous procéder ? Au contraire, ce
balancier énergétique se maintient-il ou est-il en progression ? Pour
quelles raisons à votre avis ? Pouvez-vous encore appliquer d’autres
moyens pour l’améliorer ? Quel plan de travail allez-vous utiliser ?
Voilà un certain nombre de questions auxquelles vous pouvez
réfléchir. Peut-être aurez-vous besoin d’un praticien hygiéniste pour
vous aider. N’hésitez pas à le consulter, cela vous permettra de
réaliser des gains énergétiques importants et, par la suite, une
amélioration certaine de votre capital santé.

c) Le cycle énergétique journalier

Au cours d’une même journée, la perception que nous avons de notre


énergie est fort variable. Le haut niveau d’énergie donne l’impression
de posséder une grande force, au contraire du faible niveau
d’énergie, qui, lui, engendre une sensation de sérieuse faiblesse.
Les sensations de faiblesse ne se répartissent pas indifféremment
au cours du cycle journalier, hormis pour les personnes qui stagnent
dans un niveau très bas d’énergie vitale et, ainsi, dans un niveau
élevé de toxémie. Les périodes pendant lesquelles cette faiblesse est
particulièrement ressentie sont justement celles où le corps acquiert
quelque répit pour procéder à l’élimination toxinique.
Nous vous proposons de suivre le déroulement d’une journée
énergétique chez une personne habituellement intoxiquée.
Généralement, nous observons une période de faiblesse intense au
réveil. En voici l’explication. Le corps a terminé depuis plusieurs
heures la digestion du repas de la veille, il est au repos, couché, au
chaud. De ce fait, une importante quantité de l’énergie qu’il possède
est affectée au travail d’élimination toxinique. Comme celui-ci est fort
en retard, le corps met toutes ses forces dans cette action salvatrice,
accentuant au maximum l’inversion des forces de l’organisme. Celles-
ci sont alors projetées dans le travail intérieur de désintoxication et il
reste peu de forces pour la vie musculaire.
Le lever se fait donc péniblement, dans des conditions moroses,
souvent provoqué par un réveille-matin, qui vient arracher le sujet à
un sommeil dont il aurait encore grand besoin pour continuer son
travail de rénovation. Pour lutter contre cette situation de faiblesse
engendrée par l’état toxémique, des stimulants (café ou thé) sont
alors consommés pour redonner des forces.
L’élimination des toxines est retardée au niveau des organes
excréteurs et un répit donnant l’impression d’être un peu moins faible
sera perçu momentanément.
Continuons l’observation de la journée. Au début de la matinée,
une partie de l’énergie sera souvent malencontreusement utilisée
pour assurer la digestion d’un repas en général trop copieux et mal
élaboré du point de vue des associations alimentaires compatibles.
Parfois ce même sujet s’impose – quand il n’y est pas contraint –
des activités physiques ou intellectuelles intenses, hors de ses réelles
possibilités. Une part importante de l’énergie étant ainsi déviée de la
fonction de désintoxication entamée intensément en fin de nuit, le
retard toxinique, ou toxémie, ira croissant. Cette situation sera la
cause immédiate d’un phénomène qui se produira en fin de matinée :
ce sera une perte de force intense, communément appelée le « trou
de 11 heures ».
Voici notre explication : à cette heure de la matinée, la
mobilisation de l’énergie au niveau de la digestion du repas du matin
est achevée, alors la volonté subconsciente – ou volonté interne –
tente aussitôt d’utiliser l’énergie rendue disponible pour accélérer à
nouveau le processus d’élimination toxinique, qui a tendance à
prendre de plus en plus de retard. Cette projection de l’énergie vers
l’activité d’élimination interne reproduit alors le même schéma de
faiblesse observé en début de matinée.
Pour s’opposer à cette pénible sensation de perte de force, la
personne affectée par ce problème se met à consommer de la
nourriture, d’où l’appellation « trou de 11 heures ».
En agissant ainsi, elle contraint sa volonté interne à replacer
l’énergie sur la digestion, ce qui ralentit considérablement la phase
éliminatrice qui venait de s’enclencher. L’inversion des forces se
reproduit en sens inverse. Le ralentissement du processus
d’élimination reprojette de la force vers le domaine relationnel, et de
ce fait la sensation de faiblesse diminue. C’était précisément le but
immédiat recherché.
Il est intéressant de préciser que les forces reviennent quasi
instantanément après l’ingestion d’aliments. Or, ceux-ci n’ont pas
encore eu le temps d’agir sous forme de nutriments digérés. En effet,
ils sont encore dans l’estomac, donc non digérés, alors que les forces
sont réapparues. Tout se passe en fait sous l’influence du cerveau, qui
décide de l’inversion des forces, dans un sens ou dans l’autre, selon
les obligations de la digestion à venir ou des possibilités de
l’élimination à réaliser. C’est donc à tort et par affirmation simpliste
que l’on déclare que manger donne des forces.
Ce repas de la fin de matinée sera suivi du repas de midi, qui, lui,
est souvent accompagné de stimulants (vin, café, etc.). Au sortir d’un
tel repas, il se produit un gaspillage énorme d’énergie pour digérer ce
qui peut l’être dans un assemblage de produits alimentaires souvant
mal associés. L’énergie mobilisée pour assurer la digestion d’un tel
repas tend à restreindre l’importance de l’élimination, et l’individu se
sent à nouveau plus solide… momentanément.
Par ailleurs, parce qu’elle ressent un retour des forces
immédiatement après les repas, cette personne aura tendance à
s’adonner à des activités physiques ou intellectuelles souvent situées
au-delà de ses capacités réelles. Elle dépensera encore une part
importante de son énergie.
Parce que ses habitudes de vie sont ainsi, elle n’aura pas effectué
de pause – ralentissement – dans ses activités au cours de l’après-midi
pour récupérer de l’énergie. Cependant, elle bénéficiera malgré tout
de la fraction d’énergie qui se régénère en permanence, même durant
les activités.
Mais cette récupération sera insuffisante, aussi recherchera-t-elle
vers 16 ou 17 heures du café ou de l’alcool pour se stimuler une
nouvelle fois.
Malgré cela, et à cause de l’effet passager de cette stimulation qui
sera suivie de la phase dépressive, elle ressentira de nouveau vers les
18 heures une nouvelle impression de faiblesse. En effet, la phase
éliminatoire toxinique, qui s’était considérablement ralentie depuis le
repas du midi, s’accentue à nouveau. C’est la situation de la fin de la
matinée qui se reproduit.
Alors viendra le repas du soir, souvent trop copieux et mal
organisé, qui la rendra encore momentanément euphorique en
provoquant une nouvelle dépense énergétique excessive. Notons que
cet état provisoire lui donnera l’impression d’exister à nouveau
intensément : c’est toujours lors de la dépense d’énergie que l’on
ressent une impression de force.
Après le repas, qui se prolonge parfois tard en soirée, son attention
sera souvent sollicitée par diverses activités contribuant à retarder la
phase de récupération que constitue le vrai sommeil.
Souvent insomniaque, cette personne prend alors ses pilules pour
s’anéantir dans un faux sommeil qui ne lui apportera pas la
régénération énergétique souhaitable. Elle aura donc un sommeil
alourdi qui stressera encore son système nerveux et la portera au petit
matin avec un corps fatigué et un mental las. Et la future journée se
déroulera de façon identique… à moins qu’un jour quelque
symptôme de maladie ne vienne encore compliquer un peu plus cette
triste vie.
Voilà une description de la répartition énergétique journalière
d’une personne mal portante, qui vient expliquer les sensations de
faiblesse qui sont ressenties au cours de la journée. À partir de cette
description, essayez d’évaluer votre propre cycle énergétique
journalier. Y découvrez-vous des périodes de grande faiblesse ?
Comment pouvez-vous espérer améliorer cette situation ?
Consommez-vous des aliments entre les repas ? Ou bien prenez-vous
divers stimulants ? Depuis combien de temps procédez-vous ainsi ?
Constatez-vous que votre situation s’améliore ou empire ? Pourriez-
vous vous passer sans difficultés de ces aliments stimulants ?

d) L’aspect énergétique de la digestion

Les mal portants ressentent très souvent une impression de lourdeur


au moment où s’effectue la digestion des aliments ingérés. Cette
difficulté digestive est directement liée à l’aspect énergétique de la
digestion, qui représente un travail très important pour l’organisme.
L’investissement énergétique réalisé par l’organisme pour la
transformation des aliments en nutriments est considérable. Le bilan
énergétique final de la digestion s’évalue par la différence
énergétique qui existera entre la potentialité énergétique que peuvent
induire les nutriments – c’est-à-dire la quantité d’énergie qu’ils
produiront lors de leur utilisation – et l’investissement énergétique
effectué lors de la digestion. Ce bilan énergétique est assujetti à de
nombreux facteurs qu’il est intéressant de considérer.
Les associations alimentaires entrent pour une part importante
dans le résultat énergétique de la digestion.
Lorsque les repas sont hétérogènes – c’est-à-dire organisés sans
souci d’harmoniser les compatibilités digestives des divers aliments
absorbés au même repas –, l’investissement énergétique nécessaire
pour la transformation des aliments en nutriments assimilables est
très important.
Au contraire, lorsque les repas sont élaborés d’une façon
homogène – c’est-à-dire en se souciant de n’associer au même repas
que des aliments dont la digestion est compatible –, ce même
investissement énergétique sera considérablement amoindri.
1
En conclusion pratique, les repas associés tels que nous les
préconisons nécessiteront un investissement énergétique moindre que
les repas complémentés et, a fortiori, les repas hétérogènes
organisés en dehors de toute cohérence.
Le résultat le plus immédiat est que le rendement en quantité et en
qualité des nutriments sera meilleur : pour une même quantité
d’aliments, leur digestion sera plus aisée sous la forme associée et, de
plus, la proportion des nutriments obtenus à partir d’une quantité
semblable de nourriture sera plus importante. Il sera alors possible à
une personne de se sustenter avec moins de nourriture en adoptant le
régime associé.
L’autre conclusion, non moins importante, réside dans le fait que
pour une quantité semblable de nourriture, l’investissement
énergétique étant moindre, il existera de facto une économie
d’énergie. L’énergie disponible sera immédiatement distribuée, soit
au niveau de l’activité, et la personne se sentira légère et en forme
pour effectuer son travail, soit au niveau de l’élimination toxinique, si
le niveau toxémique est important, et le corps présentera alors
certains symptômes de désintoxication.
Nous voyons par cet exemple de la digestion toute l’importance
que revêt l’aspect énergétique de la vie de l’organisme. Par
extrapolation aux autres domaines de la vie organique, on peut
mesurer l’importance de l’utilisation de l’énergie pour obtenir les
meilleurs résultats envisageables.
3. Nature de l’énergie vitale

Des questions se posent naturellement concernant la nature de


l’énergie vitale d’une part et, par ailleurs, les possibilités qui existent
de la mesurer quantitativement. Ces interrogations ont une
résonance dans deux domaines particuliers : l’enseignement
scientifique occidental et l’enseignement traditionnel d’origine
asiatique.
Le domaine des sciences expérimentales n’a pas encore apporté de
réponse satisfaisante aux problèmes qualitatif et quantitatif de
l’énergie vitale. C’est probablement la raison pour laquelle l’énergie
vitale demeure ignorée par nombre de tenants de la science officielle.
Ils manifestent même parfois une opposition systématique et
excessive à toute considération la concernant. L’énergie vitale est
reléguée, par eux, dans le domaine de l’irrationnel.
En outre, dans les milieux de l’enseignement traditionnel, une
place importante est accordée aux concepts de l’énergie : de sa
définition, de sa circulation, de son utilisation…
Il n’est pas dans notre objectif hygiéniste de développer ces
diverses conceptions. De nombreux ouvrages spécialisés les décrivent,
suivant d’ailleurs des opinions d’école parfois fort différentes.
L’hygiéniste, cependant, ne rejette aucune voie qui lui permette
d’accéder à un meilleur bien-être et à l’épanouissement total. Le
principe fondamental de sa démarche est une proposition affirmée
tient lieu d’hypothèse de travail. À l’issue de l’expérimentation, il est
possible de se prononcer, au vu des résultats obtenus, sur la réalité de
son efficacité.
Ainsi, pour l’énergie vitale, si dans l’immédiat nous nous trouvons
en difficulté devant la définition de sa nature et de sa quantification,
il n’en demeure pas moins que nous percevons ses manifestations.
Une bonne compréhension de la vie énergétique de l’organisme sera
fondamentale pour la recherche d’une bonne santé.
Chapitre VIII
La circulation énergétique

1. La réduction de l’énergie vitale

a) Définition de l’énervation

L’énergie vitale est sollicitée pour accomplir de multiples tâches


propres au déroulement de la vie. Elle est utilisée pour pallier des
situations extraordinaires : froid intense, chaleur excessive, émotions
inhabituelles, soucis constants, surmenage physique ou intellectuel,
etc.
En conséquence, il est possible qu’elle soit, à un moment donné, en
quantité insuffisante. L’organisme peut la régénérer, notamment par le
sommeil. En réduisant une partie des activités, il est possible aussi
d’économiser l’énergie.
Si, pour des raisons diverses, la régénération ou l’économie de
l’énergie ne se réalise pas suffisamment, l’organisme se retrouve dans
une situation d’énergie réduite appelée énervation.
La progression vers l’état d’énervation n’est pas toujours aisée à
percevoir. Celui-ci s’installe souvent imperceptiblement. Ce n’est en
général que lorsqu’un symptôme apparaît que l’on s’aperçoit de sa
réalité.
b) Les causes de l’énervation

On peut admettre que tout acte ou situation qui produit une


réduction de l’énergie sans permettre une récupération ultérieure
amène à un état d’énervation. Il est souhaitable de rechercher ce qui
entraîne cette insuffisance. Voici quelques situations responsables de
la perte d’énergie.

Les conditions extérieures de vie : l’environnement


L’organisme puise dans ses réserves énergétiques pour compenser les
effets d’un environnement défavorable. Une atmosphère polluée par
des gaz divers, un bruit démentiel, un mode de vie excessivement
accéléré consomment dangereusement notre énergie.
Mais, en dehors même de ces conditions artificielles de vie, des
facteurs naturels tel le climat peuvent aussi être la cause d’une forte
déperdition énergétique. Les malades et les personnes âgées ne s’y
trompent pas qui craignent les conditions climatiques défavorables. Il
existe probablement des régions « à santé » comme il en existe « à
maladie ». L’homme est mobile, il peut donc se déplacer en principe,
pour fuir les mauvaises conditions de vie et pour choisir un lieu
approprié à un bon état de santé. Pour choisir le lieu de résidence, de
nombreux facteurs interviennent. Ceux d’ordre social sont souvent
contraignants. Dans toutes ces situations, il sera nécessaire de choisir
judicieusement pour accéder à un excellent niveau d’énergie.

Les activités professionnelles


Le travail effectué dans des conditions insalubres, trop sédentaire, ou
source d’insatisfactions constantes ou d’excès permanents sera
l’origine d’une énervation, qui ne disparaîtra qu’avec la cessation de
la cause qui l’a engendrée. Ainsi, de nombreuses personnes se
détruisent à petit feu au cours de leur vie, du fait d’activités
dangereuses ou non appropriées à leurs besoins profonds.
Les activités créatrices – violons d’Ingres à défaut de changements
radicaux d’activités – peuvent remédier dans une certaine mesure à
ces états de faits.
L’absence de travail, qui se traduit hélas trop souvent par l’absence
d’activité, engendre elle aussi une déperdition importante d’énergie.
Le travail est alors recherché comme une bouée de sauvetage. Et
pourtant il n’est pas nécessairement synonyme d’activité créatrice et
d’épanouissement, sauf pour ceux qui parviennent à une harmonie
entre leur désir d’agir et leur activité. Car c’est ce besoin d’agir, de
créer, de se sentir vivre pleinement qui est réellement épanouissant.
Le stress engendré par l’inactivité est certes important, mais celui
subi par l’excès de travail est aussi préjudiciable. L’oisiveté comme le
surmenage provoquent l’énervation.

Le mode de vie
Il comprend un ensemble d’habitudes acquises, d’abord au niveau
familial, puis ultérieurement à l’école, et finalement sous l’influence
des contacts extérieurs. Ce mode de vie peut être bénéfique ou
néfaste. Dans ce dernier cas, il est une source de déperdition
énergétique. Parmi les habitudes néfastes, on peut citer l’alimentation
défectueuse. C’est le cas particulièrement lorsque la nourriture ingérée
est de mauvaise qualité et « protégée » par des conservateurs
artificiels. Mal préparée, suivant des associations alimentaires
incompatibles, comportant un excès d’aliments sucrés ou gras, elle
prédispose à une énervation chronique.
Le mode de vie peut encore être néfaste de différentes manières.
Les activités sont excessives : c’est le surmenage. Au contraire,
l’inactivité est permanente : c’est l’encrassement. L’exposition au
chaud ou au froid est excessive ou à l’inverse insuffisante. La vie est
trop citadine, la nature est ignorée, etc., autant de situations qui
engendrent l’énervation.
Même l’activité correcte mais pratiquée de manière inopportune
est source d’énervation. Par exemple, pour une personne affaiblie,
effectuer une marche, même légère, après le repas, alors que le corps
demande le repos, est complètement inapproprié.
Réussir un mode de vie satisfaisant est parfois difficile. Ce doit être
une recherche permanente au cours de laquelle on peaufine
constamment ses bonnes habitudes d’existence.

Le comportement personnel
C’est un facteur important pour l’équilibre énergétique. Certaines
personnes ont une perte d’énergie qui provient d’une activité mentale
excessive. De même, les émotions vives altèrent l’équilibre
énergétique de l’organisme. Le comportement relationnel inadéquat
est aussi source d’insatisfaction permanente et, par conséquent, cause
de « fuites » d’énergie.
Parmi les causes d’énervation que nous venons de décrire, le
comportement personnel est celui sur lequel nous pouvons agir le
plus efficacement pour réduire les pertes énergétiques. L’expérience
montre toutefois qu’il n’est pas toujours aisé de modifier ces attitudes
personnelles néfastes. Il est pourtant possible et nécessaire d’y
parvenir.

Les traitements médicaux


Parce qu’ils surviennent dans des cas où les symptômes de maladie se
sont déclarés, c’est-à-dire dans une situation d’énervation manifeste,
ils absorbent des quantités extraordinaires d’énergie. Ils sont donc des
déperditeurs d’énergie. S’ils masquent les symptômes, à terme, en
accentuant l’énervation, ils seront la cause de nouveaux symptômes
relais.

Conclusion
De l’environnement extérieur au plus profond de la personne, les
causes d’énervation sont multiples.
À la lecture de ce qui précède, nous proposons au lecteur de faire
une halte pour visualiser son état énergétique. Quelles sont vos
principales causes d’énervation ? Comment allez-vous vous y prendre
pour les réduire ? C’est à ces préoccupations qui sont maintenant les
vôtres que nous allons tenter de répondre.

2. Les pratiques de la revitalisation

a) Les principes de revitalisation

La vie énergétique s’organise en un balancement permanent entre


création et dissipation de l’énergie. D’une part la restauration
s’effectue au cours du sommeil et lors des pratiques diverses de
relaxation, d’autre part les activités diverses (physiques ou mentales)
dissipent cette énergie.
Par ailleurs, la manière dont l’énergie peut se mouvoir librement
en nous favorise son efficacité d’utilisation. Il y a interdépendance
entre l’utilisation de l’énergie sur le plan mental et au niveau
physique. Ainsi notre pensée affecte-t-elle nos sensations physiques,
et inversement celles-ci peuvent agir sur elle. L’interaction qui existe
entre ces deux domaines est parfois plus ou moins perceptible. La
situation de bien-être favorise la circulation de l’énergie. L’inverse la
bloque et engendre l’énervation.
Le subconscient (ou volonté interne) répartit l’énergie vitale dans
l’organisme en s’opposant parfois au conscient (volonté externe).
Cette double direction décidant de la répartition de l’énergie dans
notre organisme explique qu’un contrat transactionnel, établi
consciemment avec soi-même, ne peut pas systématiquement réussir.
Ainsi, en situation de dépression, il ne suffit pas de se dire : « Je
vais penser positivement et tout va s’éclaircir. » Cela est une attitude
consciente qui cherche à utiliser de l’énergie dans la pensée positive.
Mais, comme cette énergie est momentanément insuffisante, le
contrat peut ne pas aboutir. Il apparaît urgent de créer de l’énergie
afin de pouvoir alors l’utiliser.
Toutes les techniques de revitalisation pourront être utilisées à bon
escient et il sera alors possible d’agir positivement et de modifier
consciemment son état dépressif.
La vitalité d’un organisme dépend donc de son aptitude à créer
l’énergie et à l’utiliser aisément. À l’inverse, l’état d’énervation induit
un état de vie ralentie, se traduisant par une mobilité réduite. La plus
grande mobilité de l’organisme et la fluidité maximale de l’énergie se
situent près de la naissance. Un mode de vie intelligent consistera à
maintenir au plus haut niveau d’efficience cette mobilité et cette
fluidité.

b) Les orientations de la revitalisation

La conception énergétique de la vie organique étant maintenant


comprise, il nous faut décrire les pratiques de revitalisation que nous
proposons, en précisant leurs orientations. C’est donc à la
participation à ces techniques que nous allons maintenant vous
convier. Nous considérons qu’elles se situent dans deux domaines
distincts.

Les pratiques conscientes


Ce sont celles qui sont animées et dirigées par notre volonté consciente
ou volonté externe : ce sont les plus connues. Les exercices physiques
accomplis consciemment entrent dans ce champ d’action. C’est
volontairement que nous les décidons : par exemple courir, porter des
charges, réaliser tel travail manuel, etc. Il en va de même pour les
activités intellectuelles effectuées, elles aussi, sous la direction de la
volonté consciente.
En général, ces actes créatifs de la vie quotidienne engendrent une
vitalité nouvelle. À ces actes habituels nous pouvons adjoindre
d’autres techniques qui ont comme objectif de revitaliser l’organisme.
Il y a les exercices que l’on accomplit volontairement pour soi-
même : la relaxation consciente en est un exemple. Tout le bénéfice
de la revitalisation de l’organisme provient de la projection de la
pensée sur les différentes parties du corps. Dans ce type d’exercice,
nous sommes à la fois émetteur et receveur.

Les pratiques subconscientes


Il s’agit d’un second groupe de pratiques animées par notre volonté
subconsciente ou volonté interne.
La désintoxication cellulaire pratiquée en régimes alimentaires
restrictifs constitue une pratique subconsciente de revitalisation. En
effet, la perte de poids, les recrudescences de crise, les situations
d’extase échappent complètement au domaine conscient. C’est
comme si nous étions spectateur de ce qui se produit en nous-même,
sans avoir la possibilité de programmer ce qui va se passer.
Naturellement, il est toutefois possible d’intervenir consciemment en
se réalimentant plus ou moins. Mais cet exemple nous montre bien la
dualité de direction qui existe en nous. Toute l’harmonie entre ces
directions consiste à laisser tour à tour la possibilité de s’exprimer à
l’une puis à l’autre.
Nous avons pris la réduction alimentaire comme exemple de
pratique subconsciente de revitalisation, parce que cette technique
régénère l’organisme systématiquement – comme en « pilotage
automatique » – quelles qu’aient été les sources de sa détérioration.
Il existe une autre technique subconsciente de régénération : c’est
la respiration continue, ou biorespiration. Elle possède la propriété
d’éliminer les tensions internes, dont les tensions musculaires, et
d’autre part elle favorise la levée des blocages émotionnels, dont
certains sont parfois d’origine ancienne.

Conclusion
Les activités de vitalisation ne sont pas des pratiques destinées aux
seuls malades. Toute personne soucieuse de son bien-être physique et
mental peut et doit s’adonner aux pratiques vitalisantes, surtout si
son mode de vie s’écarte de l’équilibre naturel : travail stressant, vie
citadine, difficultés sociale, professionnelle, affective, etc. Elle en
retirera le plus grand bienfait.

La santé naturelle peut se définir par une bonne sensation


d’existence, un excellent état vibratoire du corps, une impression de
stabilité et d’enracinement de l’organisme, une conscience de sa
respiration et, enfin, par la perception de tous les moyens personnels
d’expression et d’épanouissement.
Nous pouvons maintenant vous proposer notre première clef de
la régénération de l’organisme : la perception de la vie
énergétique de l’organisme.
PARTIE III
LA REVITALISATION PHYSIQUE
Chapitre IX
La désintoxication cellulaire

1. Les régimes de désintoxication

La pratique de la désintoxication cellulaire nécessite l’utilisation de


régimes alimentaires, et particulièrement des régimes de
désintoxication. Nous décrirons brièvement, en les rappelant, les
régimes alimentaires hygiénistes d’utilisation courante tels que nous
les avons présentés dans notre précédent ouvrage, Compatibilités
alimentaires.

a) Les régimes d’alimentation

– Le régime complémenté (R. comp.) est organisé en assemblant


au même repas des aliments en associations favorables ou neutres,
tout en tenant compte de leurs temps de digestion. Nous
distinguerons deux types de repas complémentés :
• le repas complémenté à digestion rapide, qui comprend des fruits
et des laitages (caillé frais) ;
• le repas complémenté à digestion lente, qui comporte une
protéine grasse (fromages gras non fermentés ou noix, amandes…) et
un glucide fort (pomme de terre ou céréale), auxquels s’ajoutent les
crudités végétales et une matière grasse (beurre ou huile).
Le régime complémenté est généralement utilisé comme une
première étape, transitoire, vers la pratique de régimes alimentaires
plus simples ; il doit être conservé par ceux qui présentent une
extrême maigreur ou une grande perte de force jusqu’à ce que ces
situations soient éliminées. Voici sa composition journalière :
* Petit déjeuner (entre 7 heures et 9 heures) : fruits frais (4/5) +
fruits secs sucrés trempés (1/5), un laitage (lait caillé, fromage blanc
ou yaourt).
* Déjeuner (entre 11 heures et 13 heures) : crudités tendres sous
forme de salade de légumes, un glucide complexe (céréale ou pomme
de terre), un protide gras (fromage, noix ou jaune d’œuf), un lipide
concentré (huile ou beurre).
* Goûter (vers 16 heures) : fruits secs sucrés trempés.
* Dîner (entre 18 heures et 20 heures) : cuidités ou légumes
décrudits, un protide (fromage, œufs ou noix).
Menus en régimes complémentés
• PETIT DÉJEUNER : POMMES, POIRES OU DATTES, FROMAGE BLANC DILUÉ.
• DÉJEUNER : SALADE DE CRUDITÉS TENDRES (LAITUE, CONCOMBRES,
MÂCHE), CRUDITÉS SEMI-DURES (CAROTTES, CÉLERI-RAVE), COUSCOUS,
GRUYÈRE OU COMTÉ, HUILE D’OLIVE.
• GOÛTER : RAISINS SECS.
• DÎNER : CUIDITÉS (CHOU VERT, POIREAUX, COURGES), PROTIDE
(FROMAGE BLANC SÉCHÉ).

• PETIT DÉJEUNER : RAISINS FRAIS, YAOURT.


• DÉJEUNER : SALADE DE CRUDITÉS TENDRES (LAITUE, MÂCHE,
CONCOMBRES), CRUDITÉS SEMI-DURES (CHOU ROUGE, CAROTTES),
POMMES DE TERRE AU FOUR, SAINT-PAULIN, BEURRE.
• GOÛTER : BISCOTTES AU BEURRE.
• DÎNER : CUIDITÉS (CHOU-FLEUR, NAVETS, COURGETTES), PROTIDE (2
ŒUFS CUITS MOLLETS).

• PETIT DÉJEUNER : PÊCHES, ABRICOTS, LAIT CAILLÉ.


• DÉJEUNER : SALADE DE CRUDITÉS TENDRES (LAITUE, CHOU ROUGE),
CRUDITÉS SEMI-DURES. (CAROTTES, BETTERAVES ROUGES), RIZ, AMANDES,
HUILE DE TOURNESOL
• GOÛTER : FIGUES ET DATTES.
• DÎNER : CUIDITÉS (POIREAUX, CHOU ROUGE, RUTABAGAS), PROTIDE
(FROMAGE BLANC).

• PETIT DÉJEUNER : ORANGES, MANDARINES, YAOURT.


• DÉJEUNER : SALADE DE CRUDITÉS TENDRES (MÂCHE, CONCOMBRES),
CRUDITÉS SEMI-DURES (CHOU-FLEUR, CAROTTES), HARICOTS AU BEURRE,
JAUNES D’ŒUFS.
• GOÛTER : BISCOTTES AU BEURRE.
• DÎNER : CUIDITÉS (CHOU VERT, NAVETS, COURGETTES), PROTIDE (NOIX,
NOISETTE OU AMANDE).
– Le régime associé (R.A.) n’assemble que des aliments en
associations favorables. Il respecte également les temps de digestion.
Voici sa composition journalière :
* Petit déjeuner (entre 7 heures et 9 heures) : fruits frais
uniquement.
* Déjeuner (entre 11 heures et 13 heures) : crudités tendres sous
forme de salade de légumes, un glucide complexe (céréale ou pomme
de terre), un lipide concentré (huile ou beurre).
* Dîner (entre 18 heures et 20 heures) : cuidités ou légumes
décrudits, un protide (fromage, œufs ou noix).

MENUS HEBDOMADAIRES (RÉGIMES ASSOCIÉS)

JOUR MATIN MIDI SOIR

– CRUDITÉS – CUIDITÉS
– PÂTES – FROMAGE BLANC,
FRUITS FRAIS
LUNDI COMPLÈTES OU NOIX, OU
(DESAISON) DOUX
– HUILE OU NOISETTES, OU
BEURRE AMANDES

– CRUDITÉS
– POMMES DE – CUIDITÉS
FRUITS FRAIS MI- TERRE (ÀL’EAU) OU – YAOURT, OU
MARDI
ACIDES CHÂTAIGNES FROMAGE BLANC,
– HUILE OU OU ŒUFS
BEURRE

– FRUITS FRAIS OU
COMPOTE (3/4)
– CRUDITÉS
– FRUITS SECS
FRUITS FRAIS – COUSCOUS OU
MERCREDI (1/4)
DOUX PAIN
– LAIT CAILLÉ
– Huile ou beurre
FRAIS OU FROMAGE
BLANC

JEUDI FRUITS FRAIS – CRUDITÉS – CUIDITÉS


ACIDES – POMMES DE – FROMAGE
TERRE(AU FOUR)
– HUILE OU – PÂTE CUITE OU
BEURRE YAOURT

– CRUDITÉS
– RIZ OU MILLET – CUIDITÉS
FRUITS FRAIS
VENDREDI – HUILE, OU – ŒUFS OU
DOUX
BEURRE, OU 1/2 FROMAGE BLANC
AVOCAT

– CRUDITÉS
– POMMES DE – CUIDITÉS
FRUITS FRAIS MI- TERRE (ÀL’EAU) OU – FROMAGE BLANC,
SAMEDI
ACIDES CHÂTAIGNES OU YAOURT, OU
– BEURRE OU NOIX
HUILE

– CRUDITÉS
– POMMES DE – FRUITS FRAIS OU
TERRE (À L’EAU OU COMPOTE (3/4)
AU FOUR), OU – FRUITS SECS
FRUITS FRAIS
DIMANCHE TARTE AUX (1/4)
DOUX
LÉGUMES, OU PAIN – FROMAGE BLANC
COMPLET OU LAIT CAILLÉ
– BEURRE OU FRAIS
HUILE

Conclusion

Ces repas sont suffisamment riches en apports aqueux pour satisfaire


nos besoins hydriques. Après la consommation de céréales séchées
par exemple, une prise d’eau modérée s’avère nécessaire. Il est en
général préférable de boire en dehors des repas pour éviter de diluer
excessivement les sucs digestifs. Les jus de fruits sont une nourriture ;
ils sont à consommer en dehors des repas.
a) Les régimes de désintoxication

– Le régime cellulosique (R.C.) dérive du régime associé en


retirant successivement ou globalement ses composants concentrés. Il
demeurera donc, si le retrait est global, les légumes et fruits frais, qui
sont consommés entiers pour conserver la cellulose.
Dans la réalité de la régression alimentaire, le retrait des
composants concentrés est progressif. Les lipides sont retirés en
premier. Le R.A. se transforme alors en régime cellulosique plus
glucide et protéine (R.C.G.P). Puis le glucide concentré est retiré et le
régime devient alors régime cellulosique plus protéine (R.C.P.). Enfin,
le protide concentré est retranché et on aboutit au régime
cellulosique.
Les apports en nutriments sont alors principalement constitués de
sels minéraux, de vitamines, de sucres simples peu concentrés et de
très faibles quantités de lipides et de protides.
Le R.C. est habituellement utilisé à la suite d’un régime associé
pour faciliter l’élimination toxinique d’une manière graduelle.
L’existence de la cellulose favorise généralement le transit intestinal.
– Le régime non cellulosique (R.N.C.) provient du régime
précédent auquel est soustraite la cellulose ; légumes et fruits sont
alors consommés sous forme de jus. Le retrait de la cellulose accélère
momentanément le processus d’élimination toxinique. Plus
l’alimentation est simplifiée, plus cette élimination s’accentue,
jusqu’au jeûne hydrique. Cependant, le transit intestinal subsiste,
sans que l’on provoque un excès d’encombrement de l’intestin grêle.
De ce fait, cette pratique permet d’éviter l’usage des purgatifs ou
laxatifs dans un processus de désintoxication de l’organisme. Il se
produit, en effet, un vidage naturel des intestins.
Le R.N.C. est utilisé à la suite du régime cellulosique pour favoriser
l’élimination graduelle de la toxémie corporelle. Sur le plan pratique,
il existe deux procédés pour obtenir les jus de fruits ou de légumes :
– soit utiliser une centrifugeuse qui prépare le jus en retirant la
cellulose ;
– soit mâcher les fruits et légumes, puis en retirer le jus par
succion.
Cette méthode naturelle est à préférer à la précédente.
Toutefois, dans les deux situations, une règle fondamentale
demeure : n’utiliser, pour préparer ses jus, que la quantité de
fruits ou de légumes que l’on pourrait manger entiers.

Recommandations pour le régime non


cellulosique
NOUS CONSEILLONS DE FAIRE LE JUS AVEC LA QUANTITÉ DE FRUITS OU DE
LÉGUMES QUE L’ON MANGERAIT ENTIERS :
• 1/2 VERRE DE JUS DE CAROTTE COUPÉ D’EAU.
• 1/2 VERRE DE JUS DE CAROTTE PLUS BETTERAVE COUPÉ D’EAU.
• 1/2 VERRE DE JUS DE TOMATE COUPÉ D’EAU.
• 1/2 VERRE DE JUS DE TOMATE PLUS CONCOMBRE COUPÉ D’EAU.
• 1 VERRE DE JUS DE POMME COUPÉ D’EAU.
• 1 VERRE DE JUS DE POIRE COUPÉ D’EAU.
• 1 VERRE DE JUS D’ORANGE COUPÉ D’EAU.

1. la désintoxication par paliers

a) Les paliers alimentaires

Dans le grand jeu de la répartition de l’énergie dont nous nous


sommes préoccupés dans cet ouvrage, observons en particulier ce qui
se passe au niveau du comportement alimentaire.
Chacun mange pour s’assurer des forces suffisantes et un poids
corporel satisfaisant. De ce fait, nous entretenons un certain équilibre
entre notre ration alimentaire et notre poids. Le facteur héréditaire
intervient également dans cet équilibre. La suralimentation conduit
généralement à un excès de poids. La sous-alimentation provoque
l’insuffisance pondérale. Ainsi, il existe en permanence un équilibre
de fait entre ration alimentaire et situation pondérale d’un
organisme.
Lorsque la ration alimentaire est diminuée, la direction
subconsciente distrait une quantité d’énergie de la digestion et
l’attribue, le plus souvent, à la fonction élimination au niveau
cellulaire. Cela parce que la toxémie est permanente et demande à
être résorbée dès que cela devient possible. Il y a augmentation de
l’élimination toxinique et ce résultat se traduit le plus souvent par
une perte de poids. Le corps utilise ses réserves pour compenser les
apports alimentaires restreints.
Si le nouveau régime alimentaire est maintenu uniformément
pendant quelque temps, il se produit bientôt, sous l’effet de la
direction subconsciente de l’organisme, un nouvel équilibre ration
alimentaire/poids : c’est ce que nous appelons un palier alimentaire.
Chaque individu engendre, par la marche normale de sa vie
cellulaire, une toxémie permanente. Un organisme sain, qui vit
conformément aux lois naturelles sur tous les plans (ce qui est assez
rare dans notre société industrielle), devrait éliminer convenablement
ses toxines au fur et à mesure qu’elles apparaissent. Mais, pour la
plupart des gens, il se produit un retard dans cette élimination.
Alors il semblerait idéal de cesser totalement l’alimentation pour
déplacer le maximum d’énergie dans l’élimination. L’expérience
montre que cette intense élimination se traduit par des symptômes
souvent violents qui s’installent dans les organes relais éliminateurs
(céphalées, nausées, douleurs aux reins, etc.).
La douleur est parfois difficilement soutenable mais ce n’est pas le
pire. En effet, au cours de l’intense élimination qui s’installe, les
organes excréteurs (foie, reins, poumons, peau) peuvent être
sollicités excessivement. Il en va de même pour les autres organes,
qui prennent le relais des organes excréteurs pour éliminer le surcroît
de toxines brutalement libérées au niveau cellulaire. C’est dans ces
situations paroxysmales que se produisent des incidents – voire des
accidents – qui peuvent avoir des retentissements fâcheux pour
l’organisme.
Il est évident que cette violence dans l’élimination apparaît
essentiellement chez les personnes très toxémiques. Celles-ci utilisent
en général un régime alimentaire proche du régime de
dégénérescence. La suractivité ainsi que parfois des facteurs
émotionnels peuvent contribuer à augmenter la toxémie.
Lorsque cette toxémie vient à surpasser le seuil de tolérance
toxinique, la maladie aiguë, violente s’installe, décidée par la volonté
subconsciente, sans que le conscient ne puisse alors rien modifier à la
situation. Mais, tant que cet état brutal n’est point survenu, c’est le
conscient qui décide d’accentuer l’élimination toxinique, en réduisant
l’alimentation et l’activité.
Nous proposons donc l’hypothèse que cette décision utilise un
processus qui n’engage pas la violence excessive, pour permettre à
l’organisme de diminuer sa toxémie et, partant, d’acquérir un
meilleur état sanitaire. Tout dépendra du point de départ, donc de la
nature de l’alimentation. La personne qui pratique l’alimentation de
dégénérescence devra procéder avec beaucoup plus de prudence que
celle qui suit le régime idéal.
Dans la pratique de la désintoxication cellulaire, la volonté
consciente – qui anime la vie relationnelle – devra être supplantée
par la direction subconsciente, qui établira – à l’insu du conscient –
chaque palier alimentaire.
Ces paliers se manifestent par une stagnation du poids. C’est
alors qu’un régime plus restrictif sera adopté – consciemment – pour
accélérer le processus d’élimination toxinique. Peu à peu, l’organisme
glissera ainsi dans sa désintoxination, en favorisant une élimination
raisonnable et efficiente. Cette « descente » alimentaire se réalise
ainsi en accord avec la direction subconsciente de l’organisme, évitant
des stress aussi inutiles que dangereux.
La technique des paliers alimentaires consiste à utiliser
consciemment des variations du régime alimentaire pour induire –
par paliers pondéraux décidés par la volonté subconsciente – la
réduction nécessaire de la toxémie, sans violence excessive et en
parfait équilibre avec la volonté profonde de l’organisme.
b) L’entrée en désintoxication

Nous proposons d’entrer dans le processus de désintoxication en


utilisant successivement les régimes associé, cellulosique et non
cellulosique. En voici la description :
– Utilisation du régime associé (R.A.). Le régime associé est le
régime moyen de l’alimentation hygiéniste. Utilisé à la suite de repas
hétérogènes ou complémentés, il favorise déjà une bonne élimination
des toxines. Cette élimination se traduit habituellement par une perte
de poids. Nous allons décrire, à titre d’exemple, un cas théorique où
le poids initial est de 70 kg.
er e e e
Nous constatons durant les 1 , 2 , 3 et 4 jours de ce régime
associé des pertes de poids (P. pds) respectivement de 400 g, 500 g,
e
700 g et 300 g. Le 5 jour, la perte de poids est nulle (0 g). C’est
l’apparition du premier palier alimentaire, qui correspond à un état
d’équilibre pondéral momentané entre le régime associé et l’action
e
directrice de la volonté subconsciente. Le 6 jour, la perte de poids est
encore nulle : il y a confirmation du premier palier et nous sommes
alors prêts pour décider – par la volonté consciente – de réduire le
régime alimentaire.
– Utilisation du régime cellulosique (R.C.). Cette réduction
alimentaire nous conduit à utiliser le régime cellulosique.
e
Il est préférable de procéder par étapes. Le 7 jour, nous retirons
les lipides ou matières grasses au déjeuner. Le régime associé devient
un régime cellulosique plus glucide et protéine (R.C.G.P.). Nous
observons une perte de poids de 400 g. Nous en concluons pour le
e e
8 jour le maintien dans ce régime. Ce 8 jour, la perte de poids est
nulle (0 g), on choisit encore de restreindre l’alimentation en
e
retranchant le glucide du déjeuner au 9 jour. Le régime devient
cellulosique plus protéine (R.C.P.).
e
Ce 9 jour la perte de poids est de 600 g. Nous conservons ce
e
régime au 10 jour, où la perte est de 500 g ; nous le maintenons
e e
encore. Le 11 jour, la perte est nulle (0 g). Au 12 jour, nous
adoptons le régime cellulosique en retirant les protéines. Ce régime
e e e e
cellulosique est maintenu les 12 , 13 , 14 et 15 jours, où nous
constatons des pertes de poids respectivement de 600 g, 500 g, 400 g
et 100 g.
e
Le 16 jour, la perte de poids est nulle (0 g) : c’est l’apparition du
nouveau palier alimentaire qui marque un nouvel équilibre entre le
régime cellulosique et la volonté subconsciente.
e
Le 17 jour, nous constatons une perte de poids nulle, ce qui
confirme le palier précédent. Nous pouvons donc décider de réduire
encore l’alimentation.
– L’utilisation du régime non cellulosique (R.N.C.). Nous
e
adoptons alors le régime non cellulosique le 18 jour. L’élimination des
toxines s’accélère dans ce nouveau régime et la perte de poids
continue.
e e e
Pour les 18 , 19 et 20 jours, nous constatons des pertes de poids
e
de 500 g, 400 g et 300 g ; le 21 jour, une perte de 100 g seulement.
Nous estimons qu’une perte inférieure à 200 g est assimilable à un
palier. Ce palier permet soit la continuation du régime non
cellulosique, si l’on désire poursuivre quelque temps la
désintoxication, soit une remontée alimentaire en reprenant le
régime cellulosique.
Le lecteur se reportera à la représentation graphique de
l’utilisation des régimes alimentaires restrictifs (cf. p. 173).

c) Les avantages et les limites des paliers


alimentaires

La régression des régimes alimentaires que nous vous avons


présentée est théorique. Certains sujets, peu toxémiques, effectuent
leurs réductions sur un temps plus court, se situant à trois ou quatre
jours ; d’autres ont besoin d’un temps plus long – cela dépend de leur
état de santé. Plus la santé est précaire, plus cette rétrogradation
devra être entreprise progressivement.
Le principal avantage de cette désintoxication par paliers tient au
fait qu’elle évite les stress induits par une désintoxication trop
brutale. Les tests pondéraux sont sécurisants. Par ailleurs, cette
méthode provoque une évacuation convenable des fèces du côlon, ce
qui évite des difficultés d’évacuation lors de la reprise des régimes
d’alimentation. Les intestins sont ainsi naturellement et
judicieusement nettoyés.
La reprise alimentaire est déterminée rationnellement par
l’inversion de la méthode d’entrée en désintoxication, ce qui permet
d’éviter, si elle est bien respectée, la phase désagréable de la
boulimie.
Il existe néanmoins des limites d’utilisation de cette méthode de
désintoxication alimentaire. Certains grands malades, sous traitement
médical, ne peuvent brutalement abandonner cette couverture pour
appliquer la désintoxication préconisée. Des symptômes, parfois
violents, seraient susceptibles de resurgir. Dans ce cas, il est
nécessaire d’être suivi par un praticien compétent.
Enfin, il existe des cas de contre-indication en situation de
maladies graves, tels la tuberculose pulmonaire et le diabète. Pour ces
situations particulières, il est également nécessaire de consulter un
praticien hygiéniste.

2. Le déroulement de la désintoxication

Le processus de désintoxication par paliers favorise la mise au repos


de la fonction digestion ainsi que le ralentissement de celle
d’assimilation. Ces repos favorisent une récupération énergétique
importante.
Il existe toujours des toxines en quantités importantes dans un
organisme. Mais celui-ci, contraint par sa volonté consciente
d’effectuer de nombreuses activités, n’assure pas toujours leur
élimination, si indispensable pour la bonne marche de la vie des
cellules du corps.
Au cours du processus de désintoxication, la volonté subconsciente
modifie la répartition énergétique dans l’organisme. L’énergie est
dispensée auprès des secteurs où une élimination toxinique s’avère
nécessaire. Cette situation est particulièrement évidente au niveau
des organes excréteurs (reins, foie, peau, poumons). Il est fréquent
que ces organes engendrent des symptômes relais divers, parfois sous
forme de crises, qui correspondent à une accentuation de
l’élimination toxinique en ces endroits précis. Ces troubles relais
cessent lorsque le taux de toxémie devient inférieur au seuil de
tolérance toxinique accepté par l’organisme.
En plus, la désintoxication permet d’établir une marge de sécurité
suffisante qui assure le maintien de la santé pendant une période plus
ou moins longue à la suite de cette cure.

a) Le déroulement de la courbe pondérale

Avant de se lancer dans le processus de désintoxication, il est


nécessaire de tenir compte de la valeur approximative du poids
initial. Naturellement, pour une même taille, ce poids est fonction de
la stature osseuse. Cependant, le poids hygiéniste souhaitable se situe
bien au-dessous des normes habituellement en vigueur. Le lecteur
consultera le barème des poids que nous présentons ci-après.
Nous proposons de repérer les poids deux fois par jour, le matin
peu après le réveil, et le soir quelque temps avant de se coucher. Ces
deux mesures ont leur intérêt ; elles permettent de localiser, sur les
vingt-quatre heures de la journée, les périodes au cours desquelles les
pertes de poids – donc l’élimination – sont les plus accentuées.
En règle générale, les pertes de poids les plus importantes sont
observées pendant la nuit. L’élimination y est plus vive parce que
l’énergie vitale est plus concentrée sur la fonction élimination, alors
qu’au cours de la journée elle est en partie dissipée à l’extérieur
(lumière vive, conversations, déplacements, etc.).
La chute de poids est en général plus forte dans les premiers stades
de la mise en application du processus de désintoxication, malgré la
prise de nouriture. Par ailleurs, plus l’organisme est toxémique, plus
la perte de poids sera vive. Souvent, cette perte de poids peut
correspondre à une normalisation.

BARÈME DES POIDS HYGIÉNISTES(EN KILOGRAMMES)

POIDS DE SÉCURITÉ
TAILLE (EN POIDS NORMAL
MÈTRE) HYGIÉNISTE LIMITE LIMITE
SUPÉRIEURE INFÉRIEURE

1,8 74 58,5 52,5

1,84 72 57 51

1,82 70 55,5 49,5

1,79 67,5 54 48

1,76 65 52,5 46,5

1,76 62,5 51 45

1,70 60 50 44

1,67 58 49 43

1,64 55,5 47 41,5

1,61 53 45 40

1,58 50,5 43 38,5

1,55 48 41 37

1,52 45,5 39 35,5

1,49 43 37 34
Nous notons les variations de poids sur un graphique afin de
visualiser la courbe pondérale (cf. p. 179). Celle-ci est également
appelée courbe métabolique parce qu’elle permet de se rendre
compte du résultat des deux phases du métabolisme : l’anabolisme,
qui représente l’assimilation des nutriments et leur utilisation par la
cellule, et le catabolisme, qui constitue la phase de leur destruction
par des déchets qui sont les toxines cellulaires.
La courbe pondérale suit en général une allure d’escalier
comportant des marches plus ou moins longues que nous appelons
paliers. En général, vers la fin du processus de désintoxication, il y a
une atténuation des ruptures de paliers. La courbe tend vers une
ligne presque horizontale. Cette visualisation permet, entre autres
éléments, de signaler l’approche de la fin du processus de
désintoxication.

b) Les battements cardiaques

Le rythme des battements cardiaques n’est pas indépendant de notre


état sanitaire. Pour l’Européen, exagérément suralimenté, ce rythme
est plus élevé que pour celui qui s’adonne à un mode de vie frugal.
Dans une situation normale, le nombre de pulsations cardiaques doit
se situer, au repos, entre 50 et 70 battements par minute.
Le sang joue en effet un rôle important, non seulement dans
l’approvisionnement des cellules de l’organisme – nutriments et
oxygène –, mais également dans l’évacuation des déchets provenant
du métabolisme cellulaire vers les organes excréteurs appropriés
(foie, reins, peau).
Au niveau approvisionnement des cellules, l’effort qui sera sollicité
de la part du cœur dépendra, en partie, des aliments ingérés : de leur
spécificité, c’est-à-dire de leur adaptation aux possibilités digestives
du corps humain, de la qualité biologique de leur obtention et de leur
préparation culinaire.
Pour ce qui est de l’évacuation des déchets, le rôle du sang est
essentiel. Lorsqu’une élimination toxinique intense se produit dans les
cellules, le rythme cardiaque s’accélère pour accentuer l’évacuation
des toxines. Durant le processus de désintoxication, le nombre des
pulsations cardiaques traduit l’effort que le cœur fournit pour
favoriser l’activité d’élimination.
En notant le matin – après quinze minutes minimum de repos
allongé – le nombre des pulsations cardiaques, nous pouvons réaliser
une courbe reflétant l’effort du cœur. Nous établissons un graphique
des pulsations. Nous remarquons que l’augmentation des pulsations
correspond en général à une perte de poids : les deux facteurs
indiquent une accentuation de l’élimination. En palier, le nombre de
pulsations est relativement stable.
Exceptionnellement, l’effort cardiaque s’accentue (120 à 130
pulsations/minute). Cette situation, rarissime, s’appelle la
tachycardie. L’effort d’élimination toxinique devient alors violent et la
perte de poids est sévère ; mais cette période, lorsqu’elle existe, est
très brève.

En fin de processus de désintoxication, la courbe des pulsations


tend vers l’horizontale. Les pulsations se maintiennent dans leur
niveau d’équilibre. Le lecteur consultera le graphique des pulsations
cardiaques que nous avons établi pour le cas théorique présenté (cf.
p. 179).
c) L’accroissement de l’élimination

L’accroissement de l’élimination des toxines au cours de la


désintoxication se traduit habituellement par une sensation de perte
de forces. L’énergie préalablement affectée à la fonction relationnelle
(muscles/squelette) est projetée vers l’intérieur de l’organisme pour
amplifier le travail d’élimination.
L’appareil digestif suspend son travail de digestion pour se
comporter comme un organe excréteur au niveau des muqueuses
intestinales. Nous avons un aperçu de cette activité en observant
l’aspect de la langue, qui se charge et devient pâteuse.
Les poumons contribuent également à aider l’élimination qui s’est
mise en route. Les échanges gazeux au niveau des alvéoles
pulmonaires sont accélérés. Cela provoque l’évacuation de gaz à
l’odeur nauséabonde qui donnent à l’haleine une odeur fétide.
Les organes excréteurs habituels (foie, reins, poumons, peau)
contribuent dans la plupart des cas à accroître l’élimination cellulaire.
Des symptômes peuvent survenir dans ces organes excréteurs :
inflammations de la peau, douleurs rénales… Mais des symptômes
relais peuvent également surgir en toute partie du corps : à l’oreille, à
la gorge, etc. Ces signes s’accompagnent, par intermittence, de
symptômes douloureux qui sont le « réveil » d’anciens troubles qui
vont disparaître alors définitivement.
Ce travail de régénération s’accompagne parfois d’une sensation
d’élévation de la température corporelle. Une simple vérification
avec un thermomètre médical suffit pour se rendre compte qu’il n’y a
pas de fièvre. En fait, ce qui est ressenti, c’est une accentuation du
travail d’élimination analogue à celui qui se produit en situation de
maladie.
L’observation de l’urine donne également des informations
intéressantes. Une urine abondante signifie que l’élimination rénale
est satisfaisante. Elle a un aspect différent suivant l’intensité de cette
élimination. Si celle-ci est légère, l’urine est claire ; dans le cas
contraire, elle s’épaissit. Elle devient parfois fortement colorée et
malodorante.
En situation de désintoxication aiguë, les selles se ralentissent
durant quelque temps. Dès que l’élimination régresse, elles
reviennent normalement. Leur apparition permet donc d’estimer
l’achèvement du processus de désintoxication.
De même, le sommeil est parfois perturbé au cours des crises de
désintoxication. Ici aussi, dès que la situation de l’élimination se
normalise, un sommeil satisfaisant réapparaît. C’est également un
signe de finition du travail de régénération.

3. La sortie de désintoxication

Après un temps plus ou moins long de régime non cellulosique, se


pose le problème de la sortie du processus de désintoxication. Notons
qu’une semaine, dans ce dernier régime, apporte déjà une bonne
régénération. Mais, dans certaines situations où aucun symptôme
important n’apparaît, cette durée peut être de douze jours. Au-delà, il
est préférable d’être sous la surveillance compétente d’un praticien
hygiéniste.

a) Les conditions de la sortie

La sortie idéale de désintoxication se réalise lorsque certaines


conditions se perçoivent : les crises d’élimination cessent.
Concrètement, cela se manifeste par la fin de toute crise
douloureuse ; la langue est propre, la respiration est aisée, le regard
paraît brillant, l’haleine redevient fraîche, les forces semblent revenir
peu à peu alors que le régime alimentaire adopté est encore minime,
enfin une véritable faim réapparaît, s’accompagnant d’un agréable
état euphorique.
Par ailleurs, cette situation se traduit sur la courbe pondérale et
sur celle des pulsations cardiaques par une ligne plane proche de
l’horizontale, indiquant une stabilisation de l’organisme.
Cette sortie idéale n’existe pas systématiquement. En effet, si
l’intoxication est trop importante et si le temps imparti pour son
élimination est trop court, il ne sera pas possible d’accéder à la fin
réelle du processus. La sortie est alors dite prématurée.
La sortie peut être également prématurée pour une cause
psychique. Des tensions nerveuses intenses se manifestent parfois ; il
est préférable alors de se réalimenter progressivement. Ce n’est qu’en
reprenant la pratique de cette désintoxication par paliers que ces
troubles cesseront définitivement.
Des limitations physiques peuvent également survenir. La perte de
poids en est une. Nous avons indiqué précédemment un barème des
poids de départ en processus de désintoxication, établi en fonction de
la taille des sujets. Lorsqu’une personne entreprend une cure par
paliers pour se désintoxiquer, son poids régresse. Si elle est très
toxémique, ce poids baisse rapidement vers un poids limite, que nous
appelons poids de sécurité. Ce poids représente une limite au-delà
de laquelle la poursuite de l’élimination toxinique ne doit être
entreprise que sous le contrôle d’un praticien compétent. L’atteinte de
ce poids détermine donc, parfois, une sortie prématurée du
processus.
La douleur provenant des crises de régénération apparaît
également, dans de rares cas, comme un facteur limitant. Dans ces
circonstances, il est préférable de reprendre une alimentation plus
complexe et le problème disparaîtra. Il sera probablement, ici aussi,
nécessaire de refaire plusieurs cures de désintoxication pour que ce
phénomène douleur disparaisse définitivement.

b) La reprise alimentaire

La reprise alimentaire sera différente selon que la sortie de


désintoxication sera normale ou prématurée. Nous envisageons, en
premier lieu, le cas de la sortie normale.
Le principe de la reprise alimentaire est d’utiliser les paliers
alimentaires en ordre inverse : ainsi la reprise se fera-t-elle en
adoptant le régime cellulosique (R.C.) jusqu’à atteindre un palier en
remontée de poids. Puis on passera au régime cellulosique plus
protéine (R.C.P.) jusqu’à atteindre un nouveau palier.
On adoptera alors le régime cellulosique plus glucide et protéine
(R.C.G.P.) jusqu’au palier suivant. Alors on réintroduira les lipides au
dernier régime pour passer au régime associé (R.A.). Et après avoir
atteint un dernier palier avec celui-ci, on pourra opter pour le régime
complémenté (R. comp.), soit en permanence, soit partiellement,
suivant le regain de poids et d’énergie.
Il est évident que, si le poids et l’énergie sont satisfaisants en
régime associé, il n’est pas souhaitable de s’alimenter davantage en
régime complémenté. Ces choix seront le fait de convenances
personnelles, l’essentiel étant de se sentir bien.

Liste des abréviations


R. COMP. : RÉGIME COMPLÉMENTÉ.
R.A. : RÉGIME ASSOCIÉ.
R.C. : RÉGIME CELLULOSIQUE.
R.C.G.P. : RÉGIME CELLULOSIQUE PLUS GLUCIDE ET PROTÉINE.
R.C.P. : RÉGIME CELLULOSIQUE PLUS PROTÉINE.
R.N.C. : RÉGIME NON CELLULOSIQUE.
P. PDS : PERTES DE POIDS.

LA REPRISE ALIMENTAIRE POST-CURE

R.N.C. : 1 : JUS DE FRUITS ACIDES (SI SUPPORTÉS) – 2 : JUS DE FRUITS MI-


ACIDES(SI SUPPORTÉS) – 3 : JUS DE FRUITS DOUX – 4 : JUS DE LÉGUMES
OU BOUILLON.

R.C. : FRUITS OU LÉGUMES ENTIERS.

R.C.P. : FRUITS OU LÉGUMES ENTIERS + PROTÉINE (FROMAGE BLANC AVEC


FRUITS, OUJAUNE D’ŒUF AVEC LÉGUMES) SUIVANT LES REPAS.

R.c.P.G. : FRUITS.
LÉGUMES + POMMES DE TERRE.
LÉGUMES DÉCRUDITS + PROTÉINES MAIGRES OU GRASSES.
R.A. : FRUITS.
LÉGUMES + CÉRÉALES + LIPIDES.
LÉGUMES DÉCRUDITS + PROTÉINES MAIGRES OU GRASSES.

R. COMP. : FRUITS + PROTÉINES MAIGRES.


LÉGUMES + GLUCIDE + LIPIDE + PROTÉINES GRASSES.
LÉGUMES DÉCRUDITS + PROTÉINES MAIGRES OU GRASSES.

Voyons maintenant la reprise alimentaire en situation de sortie


prématurée. Cette situation est la plus fréquente. Plusieurs solutions
peuvent être envisagées.
Si la personne dispose d’un temps satisfaisant, elle peut pratiquer
le régime d’élimination à poids constant. Ce régime consiste à
s’alimenter en apportant un minimum de nourriture en régime
cellulosique pour que le poids demeure constant. En somme, on crée
artificiellement un palier prolongé. Si le poids tombe lors de ce
régime, on ajoutera de la protéine, sous forme de caillé frais
généralement, pour maintenir le poids.
L’avantage de cette manière de faire, lorsque la sortie prématurée
est liée à l’atteinte du poids de sécurité, est de favoriser le maximum
d’élimination avec un minimum d’alimentation. Le seul écueil à éviter
est celui de la baisse de poids. Il est possible ainsi de prolonger
judicieusement, durant quelques jours, le travail de désintoxication
accompli préalablement.
Cependant, le régime d’élimination à poids constant ne peut être
suivi que transitoirement, surtout si l’on agit seul. Lorsque
l’élimination se calme au bout de quelques jours, il est préférable de
reprendre l’alimentation par paliers, ainsi que cela a été indiqué ci-
avant. Dans cette situation, la faim n’est pas grande ; il est cependant
préférable de s’alimenter. Quand l’élimination sera coupée par la
prise de nourriture, la faim reviendra normalement.
Il faudra s’y reprendre à plusieurs fois pour se désintoxiquer
convenablement et accéder alors à la sortie normale. Pour cela, il est
souhaitable de laisser quatre ou cinq mois s’écouler entre deux cures
de désintoxication.
Lorsque la rupture du processus de désintoxication est faite en
situation de sortie prématurée, la reprise alimentaire, même à poids
constant, qui est la plus douce que l’on puisse adopter, engendre
généralement des crises d’élimination qui sont parfois plus fortes que
lors du régime non cellulosique employé en cours de désintoxication.
Elles constituent les crises d’après désintoxication. Ces crises
peuvent être désagréables et entraînent parfois une perte de poids, de
sorte qu’il est prudent de rompre sa cure bien avant d’avoir atteint la
limite du poids de sécurité.
Dans ce cas de rupture prématurée de la désintoxication, les
reprises de poids et de force sont plus lentes qu’en sortie normale de
cure. Néanmoins, l’alimentation sera maintenue jusqu’au retour à la
situation normale.
Il va sans dire que les grands toxémiques auront tout intérêt à ne
pratiquer que des processus courts, quitte à les répéter pour obtenir
les effets d’amélioration souhaités. Enfin, il est aussi souhaitable
d’être suivi par un praticien compétent, surtout lorsqu’il y a des
troubles de santé caractérisés.
Quoi qu’il en soit, la méthode de désintoxication cellulaire par
paliers, apporte beaucoup de soulagement et de satisfaction à ceux
qui souhaitent recouvrer ou conforter leur état de santé.

4. La conduite de la désintoxication

Nous souhaitons maintenant proposer des informations susceptibles


d’aider à la conduite de la désintoxication.
a) L’évaluation de l’état de santé

Avant d’entreprendre une démarche de désintoxication, il est


souhaitable d’évaluer l’état de santé : pour cela, divers
renseignements peuvent être utiles. Les examens médicaux donnent
des informations dont on peut tenir compte.
Les personnes qui souffrent de troubles importants ne devront
descendre leurs paliers que très lentement. Elles n’adopteront les
régimes de désintoxication que dans la mesure où elles seront
capables de les soutenir. Au cours d’une première expérience, il sera
parfois sage de n’utiliser que les premiers régimes alimentaires
restrictifs.
S’il y a préalablement prise de médicaments, il faut être prudent
dans la décision de cesser d’en absorber. Les symptômes qui étaient
combattus par ces médicaments peuvent brutalement resurgir et
empirer, risquant parfois d’avoir des conséquences regrettables. Si
nécessaire, consulter un médecin naturothérapeute connaissant le
point de vue hygiéniste sur le développement des maladies.
Même si aucun examen ne révèle quoi que ce soit, il faut savoir
que la désintoxication induit parfois le retour de symptômes anciens
ou récents. Ils apparaissent sous forme atténuée, jusqu’à disparaître
définitivement, lorsque les paliers sont abordés de manière très
progressive.
L’état de santé du candidat à la désintoxication dépend de
multiples facteurs :
– Son régime alimentaire préalable représente une
caractéristique importante. Plus ce régime est simplifié, moins grand
sera l’état d’intoxication.
– La pratique d’exercices physiques accroît la vitalité : c’est donc
un facteur favorable pour évaluer l’état de santé. Inversement, le
sédentaire et l’inactif seront généralement en moins bonne santé et il
faudra s’attendre à une apparition éventuelle de symptômes.
– L’existence d’un état infectieux doit être précisée en début de
préparation de désintoxication. En effet, cet état traduit une perte de
vitalité et nécessitera davantage de précautions dans l’application de
la progressivité des paliers.
– L’état du mental influe considérablement sur la conduite de la
désintoxication. Un état serein favorise une régénération
satisfaisante.
– La sensation de chaud ou de froid aux mains et aux pieds
renseigne sur la vitalité. Des extrémités tièdes et sèches indiquent un
bon état de santé. Au contraire, lorsqu’elles sont froides et de plus
humides, cela veut dire que la toxémie est élevée et qu’il sera donc
nécessaire de ralentir la progression de la désintoxication.
– L’existence de migraines, de maux de gorge, de douleurs
ventrales indique que la toxémie est si élevée qu’une élimination
s’est mise en route. Il faut favoriser cette élimination, sans toutefois
l’accélérer au point qu’elle devienne intolérable.
– La constipation indique que l’organisme est dans une situation
sous-énergétique. Dans ce cas, la préparation à la désintoxication se
fera lentement, notamment en utilisant longuement les régimes
cellulosiques, qui favorisent le transit intestinal.
– Les douleurs musculaires sous forme de crampes diverses sont
l’expression de tensions à l’intérieur de l’organisme. Elles
correspondent souvent à des situations de carences en sels minéraux.
Pour les pallier, il est souhaitable de conserver les régimes
minéralisants que sont le régime associé et le régime cellulosique,
jusqu’à disparition de ces symptômes.
– La fatigue et l’irritabilité indiquent également une situation
sous-énergétique et un organisme déminéralisé. Maintenir donc les
régimes indiqués pour le cas précédent jusqu’à disparition de ces
signes, avant d’aller plus loin dans le processus de désintoxication.
– La nature du sommeil fournit de précieux renseignements sur
l’état de santé. Un bon sommeil indique que la récupération
énergétique est satisfaisante. L’insommie constitue un symptôme
d’altération de la santé. Les insomniaques sont des sous-énergétiques.
Dans ce cas, il est rigoureusement déconseillé d’aborder abruptement
la désintoxication. Ici, plus encore que précédemment, il faudra
utiliser des régimes apportant abondamment des sels minéraux.
– La tendance à vouloir prendre excessivement de la
nourriture doit être prise en considération. En effet, si le désir de
nourriture est très fort, il faudra s’attarder sur les régimes
complémenté et associé. Le détachement vis-à-vis de l’alimentation se
fait progressivement et il est alors possible d’accéder au processus de
désintoxication.
Nous venons d’exposer quelques situations qui permettent une
approche de l’évaluation de l’état de santé. Ces éléments réunis
permettent d’établir un bilan de vitalité, fort utile pour entreprendre
une cure de désintoxication.

b) Les repérages en cours de désintoxication

Lorsque l’on conduit un processus de désintoxication, il est


souhaitable d’effectuer des repérages qui permettent de mieux
comprendre son déroulement. Les renseignements qu’ils fourniront
faciliteront l’accession à un autocontrôle personnel permanent. Nous
explicitons ci-après les tableaux concernant la conduite de la
désintoxication.
Outre l’identité du sujet et ses motifs, inscrire l’âge, la taille, le
poids normal hygiéniste, les poids de départ et les poids de sécurité
(supérieur et inférieur). Dans une colonne nous indiquons les dates,
qui permettent de visualiser la durée de la cure.
Noter ensuite le poids du matin, quotidiennement. C’est une
observation primordiale pour le repérage des paliers. Une moyenne
de 300 à 500 g aussi bien en perte qu’ultérieurement en gain de poids
est acceptable.
Compter le nombre de pulsations cardiaques et le placer dans la
colonne du pouls. Faire ce repérage chaque matin à jeun et au repos.
Il est important pour la conduite du processus. Lorsque le nombre des
pulsations augmente, il est préférable de ne pas changer de régime
alimentaire, même en palier. En effet, un régime plus restrictif choisi
alors accélérerait encore l’élimination, et le rythme de l’activité
cardiaque s’accroîtrait, entraînant une fatigue excessive. Mieux vaut
attendre que le cœur se calme avant d’accentuer la désintoxication.
L’observation des selles est importante. Elles existent lorsque
l’organisme dispose d’une énergie suffisante pour assumer toutes ses
fonctions. Au contraire, l’absence de selles signifie que l’organisme ne
dispose pas de l’énergie nécessaire, ou qu’il a modifié sa distribution.
Dans ce dernier cas, l’énergie est retirée de la zone intestinale pour
être mise, sous l’effet de la volonté subconsciente, à la disposition des
secteurs où le travail d’élimination est nécessaire.
Aussi, une succession d’absences de selles dans les régimes
restrictifs correspond à la mise en route d’une élimination toxinique
intense. L’absence de selles se produit presque immédiatement chez
les grands toxémiques. En revanche, les bien-portants ont souvent des
selles durant les paliers alimentaires. Inversement, lors de la
remontée alimentaire, le retour naturel des selles signifie que
l’élimination est entravée par la prise d’aliments.
L’aspect des selles a une signification. Des selles moulées et
inodores représentent un transit intestinal normal. Au contraire, des
selles liquides et putrides correspondent à une évacuation forcée, qui
indique qu’un travail d’élimination toxinique intense est en cours
dans le corps.
Enfin des selles « caillouteuses » signifient que l’organisme
redistribue passagèrement de l’énergie aux intestins pour éviter un
engorgement qui risque de lui devenir préjudiciable.
L’observation de l’urine donne également des informations
intéressantes. Une urine épaisse indique qu’une forte élimination est
en cours. Lorsque l’urine est colorée et malodorante, il est préférable,
provisoirement, de ne pas modifier le régime alimentaire.
Il faut boire selon la soif. La sagesse consiste à boire ni trop ni trop
peu. Un apport journalier minimal de 50 cl d’eau est nécessaire au
cours du régime non cellulosique en plus des jus de fruits et de
légumes.
L’aspect de la langue est riche d’enseignements. Une langue
chargée est significative d’une élimination toxinique intense. À l’issue
du processus de désintoxication, la langue redevient propre si la cure
est menée à son terme. S’il y a rupture prématurée, elle peut
demeurer chargée pendant un temps plus ou moins long. Seule la
reprise alimentaire est susceptible, en réduisant l’élimination, de
l’éclaircir.
Une haleine fétide indique qu’une élimination toxinique
importante se produit par l’intermédiaire des voies respiratoires.
Parfois l’haleine malodorante existe, même lors d’un régime
d’alimentation, indiquant que le niveau toxémique de l’organisme est
élevé. Lorsque l’haleine redevient fraîche, c’est que le travail
d’élimination pulmonaire s’achève.
Un sommeil difficile traduit également un important travail
d’élimination. Dans ce cas, il ne faut pas entreprendre de « descente
alimentaire » tant que ce phénomène subsiste. Il faudra, en outre,
apporter une bonne couverture en sels minéraux.
La sensation de perte de forces signifie que l’élimination
s’intensifie. Si cette perte est vive, il est préférable de conserver
provisoirement un régime d’alimentation. Ce n’est que lorsque la
force reviendra que l’on pourra s’engager plus avant dans la
désintoxication.

Nous avons prévu également de noter les régimes alimentaires en


précisant leur contenu, matin, midi et soir. Ces informations doivent
permettre de suivre la cure avec plus de précision.
Enfin, nous avons réservé la dernière colonne pour noter les
observations générales.
Le tableau présenté ci-contre comporte quelques notes rédigées
pour vous permettre d’agir de même.
À la fin de la période de désintoxication et de la reprise
alimentaire qui s’ensuit, il est ainsi possible, en consultant ce tableau,
de se faire une opinion plus précise sur la qualité du travail effectué
et, par corrélation, d’émettre un avis sur le nouvel état de santé
obtenu.

5. La régénération cellulaire

a) L’élimination

La régénération cellulaire s’effectue par la réduction de la toxémie.


Celle-ci consiste à rejeter les toxines hors de la cellule, dans le
milieu environnant. C’est cette phase de rejet qui est appelée
l’élimination.
Les toxines créées à l’intérieur de la cellule sont évacuées, au
travers de sa membrane, dans le milieu lymphatique. Cette
élimination dépendra du potentiel énergétique de l’organisme. Elle
est maximale au cours d’un processus de désintoxication, quand un
maximum d’énergie est mis à la disposition de la fonction
élimination.

b) L’excrétion

De la lymphe, les déchets rejetés par la cellule passent dans le sang.


Celui-ci les conduit aux organes excréteurs. Le rôle des organes
excréteurs est de modifier les déchets pour les rendre non dangereux
pour l’organisme.
La transformation de ces déchets – appelée l’excrétion – est
principalement assurée par les organes suivants, dont nous indiquons
le produit d’excrétion : le foie (la bile), les reins (l’urine), les
poumons (le dioxyde de carbone, ou gaz carbonique), la peau (la
sueur), l’intestin (diverses substances).
Le foie est la glande la plus volumineuse du corps. Il excrète la
bile en la concentrant dans la vésicule biliaire. De là, par le canal
cholédoque, elle parvient dans l’intestin qui l’évacue.
La bile est un liquide visqueux, amer, de couleur jaune verdâtre et
de réaction légèrement alcaline. Elle contient des sels minéraux, des
corps organiques et de l’eau.
Le foie peut également transformer les excès d’acides aminés (en
provenance des protides) en ammoniac, puis ultérieurement en urée,
qui sera rejetée par les reins. Ainsi le foie joue-t-il un rôle d’épuration
de premier plan.
Les reins excrètent l’urine. C’est un liquide acide, un peu salé, de
couleur jaune et normalement limpide. Les constituants normaux de
l’urine sont :

• l’eau ;
• les déchets azotés : urée (18 à 20 g/l), acide urique, créatinine,
ammoniac, acide hippurique… ;
• les sels minéraux (chlorures, phosphates…). Le sel de cuisine,
NaCL, s’y trouve dans la proportion de 8 à 10 g/1.

Dans certaines situations particulières, anormales, on y trouve du


glucose, de l’albumine, de l’acétone…
Les calculs qui existent parfois dans les reins (coliques
néphrétiques), dans la vessie (gravelle) ou dans les articulations
(goutte) proviennent de l’accumulation de sels minéraux (oxalates,
phosphates, urates…), d’acide urique, etc. La cure de désintoxication
bien conduite peut résorber naturellement ces corps excédentaires.
Les reins sont donc des organes excréteurs importants.
La respiration peut être assimilée à une combustion lente dont les
mécanismes sont complexes. Les oxydations respiratoires ont lieu
dans les cellules. Le dioxyde de carbone (gaz carbonique), résultat de
ces oxydations, est libéré au niveau pulmonaire.
Le rôle des poumons est donc de rassembler le dioxyde de carbone
transporté par le sang et de le restituer librement sous forme de gaz :
c’est un phénomène d’excrétion. Cette élimination du dioxyde de
carbone au niveau cellulaire, puis son excrétion par les poumons, est
une opération importante. En insuffisance, elle mènerait les cellules à
une situation d’asphyxie entraînant la mort.
La peau possède une fonction excrétrice qui existe essentiellement
sous deux formes :
– Elle absorbe de l’oxygène et rejette du dioxyde de carbone. Cette
respiration est de l’ordre du centième de celle de la respiration
pulmonaire.
– Elle excrète de la sueur à partir des glandes sudoripares. La
sueur est un liquide semblable à l’urine. Sa composition varie en
fonction de différents facteurs (alimentation, activité, chaleur, etc.).
La peau est donc un organe excréteur qui agit en relais des reins.
Il existe un rôle excrétoire des intestins. Le bol fécal est composé
des cellules du tube digestif qui se desquament, des substances
excrétées par l’intestin (dérivés azotés, graisses, substances
minérales), enfin des résidus alimentaires. Le rôle excrétoire des
intestins est donc loin d’être négligeable.

c) L’évacuation

L’évacuation des déchets transformés par les organes excréteurs


constitue la troisième phase de la réduction de la toxémie. Cette
évacuation représente donc une action de vidage de déchets élaborés.
Elle signifie la fin du cycle de l’élimination des toxines.
La bile se déverse dans la vésicule biliaire, qui est son lieu
d’accumulation. La capacité normale vésiculaire est de 50 à 60 ml. Le
vidage de la vésicule se fait par chasses successives faisant passer la
bile par le canal cholédoque jusqu’à l’intestin grêle. Ce vidage se
réalise durant la phase digestive sous l’effet de la direction
subconsciente de l’organisme.
En sortant du filtre rénal, l’urine s’accumule dans un réservoir
extensible : la vessie. Périodiquement, ce réservoir vésical se vide.
L’urine est alors éjectée par l’urètre : c’est la miction. Cette expulsion
est également gérée, sous forme d’ondes péristaltiques, par la
direction subconsciente. Cependant, par entraînement, l’acte
mictionnel peut, dans une large mesure, devenir chez l’homme un
acte volontaire.
Le dioxyde de carbone est évacué à partir des poumons. Ce rejet
dépend de la nature de la respiration, définie par le quotient
respiratoire (Q.R.). Il se détermine pour chaque respiration
(comprenant une inspiration et une expiration), par le rapport du
volume de dioxyde de carbone évacué sur celui de l’oxygène absorbé.
Ce Q.R. dépend des aliments ingérés. Lorsqu’un athlète fournit un
effort musculaire intense, le Q.R. peut tendre vers 1. Mais, pour un
diabétique qui ne peut que difficilement utiliser ses sucres, il sera de
l’ordre de 0,7.
Ici encore, l’évacuation du dioxyde de carbone est sous l’emprise
du subconscient, bien que dans certaines circonstances (effort
physique intense) elle puisse devenir un acte volontaire.
La sueur produite et accumulée dans la glande sudoripare est
évacuée par un canal aboutissant à un pore à la surface externe de la
peau. L’organisme évacue habituellement 1 l de sueur journellement.
Mais dans certaines circonstances cette quantité peut croître.
L’évacuation de la sueur est déclenchée par acte réflexe en fonction de
l’impression de chaud ressentie par la peau.
L’évacuation des matières fécales du rectum provient de la
contraction des muscles circulaires de l’intestin et de l’ouverture
synchrone des sphincters anaux. La contraction des muscles
abdominaux et le blocage du thorax compriment le côlon et le rectum
pour favoriser cette évacuation.
La défécation est un réflexe médullaire sous contrôle cérébral
subconscient. Une partie des actes de la défécation est cependant
consciente, et liée à une certaine forme d’éducation qui n’apparaît
que vers le seizième mois de la vie.
En conclusion, nous venons de présenter les trois phases de la
réduction toxinique : élimination, excrétion, évacuation. Il nous
semble important que l’on puisse reconnaître ces différentes phases
au cours des cures de désintoxication qui sont entreprises.
L’élimination des toxines représente le facteur primordial de
régénération de l’organisme. Ce nettoyage ne se fait pas d’une
manière désordonnée. Le subconscient programme cette élimination,
et il n’est pas sage de s’y opposer ni de vouloir l’accélérer.
La règle d’or consiste à induire cette élimination à un niveau
satisfaisant pour rénover la santé, mais également à éviter tout
emballement incontrôlable de cette élimination, qui se révélerait
dangereux.

6. Le pouvoir régénérateur de l’organisme

a) L’autolyse

L’organisme se régénère en détruisant ses tissus malsains au cours des


périodes de désintoxication. Cette destruction se réalise par le
phénomène d’autolyse, qui consiste, pour l’organisme, à anéantir puis
à utiliser certains de ses propres tissus. Les tissus anormaux
présentent une vitalité moindre que les tissus normaux : de ce fait, ils
sont plus aisément détruits par l’autolyse.
Ce processus autolytique des dépôts anormaux nécessite que
certaines conditions soient réunies. Tout d’abord, l’organisme doit
diminuer son niveau toxémique, et cela se réalise particulièrement en
situation d’alimentation réduite. En effet, les nutriments mobiles
(glucose, acides aminés, acides gras) doivent se raréfier pour qu’il
soit fait appel à ces tissus anormaux.
Ainsi, par l’autolyse, des tissus anormaux telles les excroissances
peuvent disparaître, et certains de leurs éléments constitutifs servent
d’éléments nutritifs aux tissus sains de l’organisme. Des goitres,
grosseurs diverses, fibromes, kystes, dépôts, etc., peuvent ainsi être
réduits ou disparaître par autolyse.
b) La désintoxication cellulaire

Les déchets provenant de la nutrition des cellules sont normalement


rejetés hors de celles-ci dans la lymphe puis dans le sang, qui les
transportent vers les organes excréteurs (foie, reins, poumons, peau).
Là, ils sont transformés et transportés vers les organes évacuateurs
(telle la vessie).
Ce phénomène de nettoyage cellulaire est amplifié au cours du
processus de désintoxication que nous avons précédemment exposé.
En effet, un organisme possède normalement un certain retard dans
l’élimination toxinique cellulaire.
Le fait de lui restreindre les apports alimentaires libère des
énergies, qui seront affectées prioritairement à la fonction
d’élimination des toxines.
En particulier, en cours de restriction alimentaire, un
accroissement du processus de désintoxication s’observe, provoquant
parfois des douleurs au niveau des reins. La méthode des paliers
alimentaires a pour objectif de régulariser les crises qui apparaissent
parfois, liées à l’accélération du processus de désintoxication.
Ce nettoyage cellulaire, se traduisant par divers symptômes
toujours supportables, est celui qui est ressenti en premier lors de
l’adoption du processus de désintoxication. Lorsque ces symptômes
primaires disparaissent, au bout de quelques jours, nous estimons que
la toxémie primaire, cellulaire et des milieux intérieurs (lymphe et
sang), s’est bien atténuée.

c) Le nettoyage organique

Lorsque la cure de nettoyage se poursuit, on entre dans une seconde


phase de régénération, plus profonde, de l’organisme.
Les accumulations graisseuses ou diverses sont réutilisées pour la
nutrition de l’organisme. Les parties déchets sont au contraire
retirées, transformées et évacuées. Cette période de la cure
correspond à la remise en ordre des organes : c’est le nettoyage
organique, qui peut durer une semaine ou plus suivant le degré de
détérioration organique.
Pendant cette phase, l’amaigrissement se poursuit, entraînant la
disparition des matériaux inertes, inutiles, voire dangereux. Le
nettoyage organique s’effectue principalement dans les organes
excréteurs (foie, reins, poumons, peau), qui sont les premiers
encrassés par les toxines.
Les pertes de poids sont subies inégalement dans les différentes
parties de l’organisme. Ce sont les tissus graisseux qui diminuent
dans la plus grande proportion. Ensuite viennent les muscles, puis
des organes tels le foie, le pancréas ou la rate.
Les pertes de poids sont sélectives. Des organes essentiels comme
les nerfs, le cerveau, le cœur ne sont pratiquement pas touchés. Tout
se passe comme si la volonté subconsciente de l’organisme protégeait
ces organes vitaux en faisant se consommer préalablement les tissus
estimés non essentiels à sa survie.
Les poids de sécurité indiquent les limites pondérales qu’il ne faut
pas dépasser sous peine d’entrer dans une phase où ces tissus
essentiels risqueraient d’être autoconsommés à leur tour.

d) Les réajustements fonctionnels

Les organes se nettoient et se rénovent plus rapidement en cours de


désintoxication. En particulier, les réparations des blessures, les
cicatrisations des plaies, l’élaboration des cals des os fracturés sont
accélérées.
Des phénomènes de modification organique telle la croissance ont
pu être observés. Un enfant ralentit son alimentation lors de ses
poussées dentaires. De même, la croissance du squelette s’observe
souvent chez les adolescents au cours de « maladies » provoquant une
réduction alimentaire.
Tout se passe comme si la volonté subconsciente utilisait les
matériaux déjà existants dans le corps pour les récupérer et les
redistribuer dans d’autres organes. C’est ce phénomène généralisé de
modification et de rénovation entre les organes qui constitue les
réajustements fonctionnels.
Notons que ce stade apparaît assez rapidement chez les enfants.
D’ailleurs, les réajustements fonctionnels sont plus aisés chez les
jeunes que chez les personnes âgées. Les jeunes possèdent un
potentiel vital supérieur à celui des plus âgés. Cependant, avec de la
persévérance, les réajustements fonctionnels qui suivent la phase de
rénovation organique peuvent se réaliser.
C’est au cours de cette phase que le fonctionnement du système
digestif, celui de l’appareil circulatoire ou de l’ensemble glandulaire
sont grandement améliorés.

7. Les rénovations en cours de processus de


désintoxication

Il existe généralement une toxémie excessive chez la plupart des


personnes. Cette situation provient du fait que les organes excréteurs,
sans être véritablement « malades », n’effectuent plus qu’une tâche
approximative de nettoyage. Aussi, en début de désintoxication, ils
seront parmi les premiers à se rénover.

a) L’appareil excréteur

Les reins subissent une perte de poids peu importante. Néanmoins,


les douleurs aux reins sont fréquentes. Il est rare, lors d’une première
cure de désintoxication, qu’il n’y ait pas de réaction de ce côté,
surtout si ce processus est entamé à un âge avancé.
En début de cure, l’urine est sombre et de densité élevée. Au fur et
à mesure que la cure se poursuit, l’urine s’éclaircit et sa densité
régresse. De même, son odeur forte diminue. De légèrement acide en
début de processus, elle redevient, ultérieurement, neutre et parfois
alcaline. L’augmentation de sa toxicité provient de l’amplification de
l’élimination. Dans certains cas particuliers d’abcès interne, elle se
charge provisoirement de pus jusqu’à nettoyage complet.
Les reins peuvent présenter des troubles différents. Certaines
excroissances, sous forme de polypes ou de papillomes, situées dans
la vessie, provoquent des troubles urinaires. Ces excroissances sont en
général résorbées au cours d’une cure de désintoxication prolongée.
D’autres problèmes ont leur origine dans un dysfonctionnement du
métabolisme. C’est ainsi qu’apparaissent les crises de coliques
néphrétiques dues à une lithiase, ou présence de calculs. La
désintoxication agit sur le métabolisme, entraînant peu à peu une
fonte puis une expulsion sous forme vaseuse des calculs.
Plus particulièrement chez les personnes âgées, l’appareil urinaire
développe des troubles de la prostate, sous forme d’adénomes. Le
résultat en est un grossissement de cette glande, qui comprime
l’urètre qui la traverse, empêchant ainsi la vessie de se vider d’une
manière satisfaisante. Les symptômes sont très douloureux. La
chirurgie est alors proposée comme solution satisfaisante ;
cependant, la cure de désintoxication réduit le volume de la prostate
sur un temps prolongé et permet à nouveau une évacuation
convenable de l’urine.
Le foie est un organe excréteur qui retire des éléments toxiques du
sang pour les transformer en bile. Au cours du processus de
désintoxication, la production de bile s’accroît. Cette bile est très
toxique et l’organisme s’en débarrasse rapidement en provoquant des
selles ; la bile joue alors le rôle d’un laxatif. Parfois, elle devient si
abondante qu’elle est rejetée vers l’estomac, occasionnant des nausées
et parfois des vomissements.
Durant ces crises, des douleurs passagères sont ressenties au
niveau du foie alors que celui-ci ne s’était jamais manifesté
auparavant. D’une manière générale, les crises qui surviennent,
notamment au cours d’une première cure de désintoxication,
affectent principalement les reins et le foie. Tout se passe comme si
l’organisme tenait à nettoyer prioritairement ses deux filtres
principaux.
Les poumons ont un pouvoir excréteur considérable. En processus
de désintoxication, l’haleine devient fétide. Cette désintoxication de
l’organisme par les organes pulmonaires est également favorisée par
l’expectoration de mucus, élaboré dans l’arbre bronchique ou les
voies pulmonaires. Ce mucus est malodorant ; peu à peu, il se tarit en
fin de cure.
Les voies d’accès à l’appareil pulmonaire sont parfois sujettes à des
troubles telles les amygdalites, sinusites, rhino-pharyngites, qui
constituent des symptômes relais de la désintoxication. Il faut savoir
les accepter jusqu’à ce qu’ils disparaissent naturellement. En effet, si
ces relais symptomatiques sont « traités » par une médication lourde,
d’autres symptômes telles la bronchite ou la pneumonie peuvent
survenir. Seule la réduction de la toxémie permettra un retour à un
équilibre sanitaire satisfaisant.
L’odeur de l’haleine reflète l’intensité de l’élimination pulmonaire.
Cette haleine se clarifie et devient inodore en fin de cure.
La peau représente notre quatrième grand organe excréteur. La
transpiration est un processus d’évacuation des toxines. En cours de
cure, la peau bénéficie également de l’activité d’autolyse. En
particulier, les dépôts de toutes sortes, dont la cellulite, sont déplacés
pour nourrir le corps. On assiste alors à un réel rajeunissement de la
peau : sa couleur s’éclaircit, sa texture s’affine. De nombreuses taches
et différents défauts, dont notamment certaines rides, disparaissent,
particulièrement lors des cures prolongées.
Le sang circule plus aisément dans cette peau rénovée, et la
chaleur revient, notamment dans les mains et les pieds préalablement
glacés.
Durant la désintoxication, la transpiration s’amplifie parfois.
L’odeur de la sueur devient forte, souvent fétide. La peau joue alors
son rôle excréteur, relais du foie et des reins. En fin de cure, l’odeur
de la peau redevient agréable.
Quelquefois, des éruptions cutanées apparaissent : ce sont
également des processus d’évacuation des toxines. Ces crises cutanées
sont en définitive bénéfique à l’organisme et l’on voit des troubles
rebelles tels l’eczéma ou le psoriasis disparaître lors des cures de
désintoxication.
b) L’appareil digestif

La cure de désintoxication provoque la mise au ralenti de l’appareil


digestif, ce qui procure à celui-ci un repos indéniable. Et c’est
probablement en cas de troubles digestifs divers que la réduction de
nourriture est le plus généralement observée.
La bouche est parfois le siège d’altérations : aphtes, gingivites,
glossites (forme d’irritation de la langue). Ces symptômes,
significatifs d’une forte toxémie, disparaissent durant une cure de
désintoxication. L’élimination des toxines se réalise quelquefois au
travers de la salive, qui présente alors un mauvais goût tout en
devenant gluante, épaisse, visqueuse, verdâtre, etc. Elle redeviendra
limpide en fin de cure.
En situation de désintoxication intense, la langue se charge
abondamment. Elle se couvre d’un mucus blanc jaunâtre. Au fur et à
mesure que la cure se prolonge, la langue s’éclaircit, d’abord sur la
pointe et les côtés, pour revenir finalement à sa couleur rouge rosé
habituelle. Parallèlement au fait que la langue se charge, le mauvais
goût s’installe dans la bouche. Il disparaît également peu à peu
lorsque la cure se prolonge. Vers la fin, le goût redevient agréable.
L’œsophage est parfois le siège de spasmes, hyperacidité et, plus
gravement, ulcérations. Tous ces troubles sont généralement absorbés
par une cure prolongée ou une succession de cures.
L’estomac est quelquefois sous l’emprise de troubles : dyspepsie,
ulcères, descentes d’estomac, catarrhe gastrique. Tous ces symptômes
régressent ou disparaissent lors de cures prolongées. En cours de
désintoxication, les sensations de nausée sont fréquentes. Ces
symptômes sont liés à une élimination de la tension habituelle de
l’estomac. Ils peuvent être ressentis dans des situations artificielles
comme une brusque descente en ascenceur.
Si des vomissements surviennent, il faut les accepter, ce sont des
situations de nettoyage. Ils ne durent que quelques jours ; avec leur
cessation, les forces reviennent.
Lorsque l’énergie est insuffisante, il arrive que des aliments ingérés
stagnent dans l’estomac. Il faut éviter de surajouter de la nourriture.
L’organisme a alors besoin de rénover son pouvoir digestif et il faut le
lui permettre.
Les intestins présentent parfois des troubles : colites ou
entérocolites, parasitoses (notamment l’amibiase), dysenteries ou, à
l’inverse, constipation ainsi que quelquefois l’appendicite. En cours de
cure, ces symptômes régressent et l’organisme se régénère. En cas
d’ulcération de la muqueuse intestinale, celle-ci peut se cicatriser.
À l’extrémité de l’intestin, d’autres troubles surviennent parfois :
les rectites (affection du rectum), les hémorroïdes à l’anus, avec
souvent diverses formes de fistules… Durant la cure, ces tissus se
rénovent et ces problèmes disparaissent.
Il est préférable de ne pas se nourrir en situation de troubles
intestinaux : la nourriture qui n’est pas digérée se décompose,
intoxiquant encore davantage. Les vomissements ou la diarrhée sont
des moyens naturels surgissant alors pour se débarrasser de ces
aliments décomposés. Il ne faut pas s’opposer à ces processus de
nettoyage.
Les curistes ressentent parfois des gaz. Ceux-ci proviennent de
tensions internes qui existent dans l’abdomen et qui déplacent les gaz
intestinaux d’une section à l’autre. Ce phénomène est
particulièrement fréquent chez les grands nerveux. Il est possible de
ralentir ces sensations de douleurs localisées par des massages ou
l’utilisation de la chaleur modérée. Mais ces techniques ne sont que
palliatives. Peu à peu, au fur et à mesure que la cure se déroule, ces
sensations de douleurs dues aux gaz diminuent puis disparaissent
définitivement.
La vésicule biliaire présente parfois des altérations sous forme de
lithiase (calculs de la vésicule) ou de spasmes inflammatoires
(cholécystite). La cure prolongée parvient à dissoudre les calculs, en
favorisant dans un premier temps la disparition de la douleur qui
accompagne généralement ces crises.
Le foie possède une fonction digestive importante. La bile favorise
l’émulsion des graisses en cours de digestion. Le foie régule le taux
normal du sucre dans le sang et aide à l’assimilation des minéraux.
Par ailleurs, il possède une activité prépondérante dans la régulation
de la température du corps, ou thermogenèse. Lorsque les extrémités
(pieds et mains) sont refroidies, très souvent son activité est
insuffisante.
Ainsi, compte tenu de ses nombreuses fonctions, le foie est souvent
déficient pour accomplir telle ou telle de ses activités. Cependant,
aucune douleur n’est ressentie. C’est souvent en cours de cure que le
foie développe des crises de rénovation, qui sont parfois
douloureuses. La remise en ordre de ses fonctions est un processus
qui s’établit prioritairement en cours de désintoxication.

c) L’appareil cardio-vasculaire

Le système cardio-vasculaire comprend le cœur, les artères, les veines


et les capillaires.
Les affections cardiaques peuvent être de différentes natures. On
peut observer des insuffisances mitrales ou des rétrécissements
mitraux, de l’arythmie, ou dysfonctionnement cardiaque, des
séquelles diverses de l’infarctus du myocarde, parfois des angines de
poitrine. La cure permet de rénover la fonction cardiaque, et donc de
résorber plus ou moins certains de ces troubles.
La désintoxication régénère également les tissus des vaisseaux. Les
artérites en particulier régressent énormément. L’artériosclérose est
nettement réduite. Les personnes qui présentent une hypertension
artérielle peuvent espérer la voir régresser.
Les troubles liés aux veines se résorbent. Que ces affections soient
minimes (jambes lourdes ou crampes diverses) ou plus importantes
(varices, œdèmes veineux, eczéma et parfois ulcères variqueux,
séquelles de phlébites), la cure apporte un grand soulagement.
Le processus de désintoxication est également utile dans les divers
troubles liés à l’hémogliase : céphalées, somnolence, vertiges,
confusion mentale, flatulence digestive, diminution de l’activité
sexuelle, fragilité des capillaires, hypotension…
d) Le système nerveux

Les troubles du système nerveux sont divers. Citons d’abord


l’asthénie, qui affecte de plus en plus de personnes. Elle se manifeste
par un état de fatigue permanente qui apparaît dès le réveil. Ses
sujets glissent parfois vers la dépression nerveuse. À l’autre extrême
se situent les agités, qui vivent continuellement « sur les nerfs ». Ils
sont souvent insomniaques.
La cure, utilisée avec précaution dans ces cas, peut apporter un
bien-être inespéré. Elle améliore les facultés mentales : mémoire,
attention, raisonnement. La vie intuitive et spirituelle est amplifiée ;
la clarté d’esprit s’améliore.

e) Le système glandulaire

Le système glandulaire est principalement formé des glandes


endocrines, dont le dysfonctionnement induit des troubles.
Les cures de désintoxication, en régénérant les organes
glandulaires, permettent de grandes améliorations. Ainsi est-il
possible de réduire l’impuissance masculine, la frigidité féminine ou
la stérilité. De même, des problèmes de croissance liés à l’assimilation
du calcium, sous dépendance de la thyroïde, sont parfois résolus.
En cas de diabète, il faut être très prudent, surtout si le pancréas
est fortement inopérant.

f ) L’appareil génital

Les troubles de l’appareil génital sont fréquents aussi bien chez la


femme que chez l’homme.
De nombreuses femmes présentent diverses inflammations ou
leucorrhées : métrites ou cervicites au niveau de l’utérus, salpingite
ou annexite au niveau des trompes ou des ovaires. Les « pertes
blanches » sont un moyen de désintoxiquer l’appareil génital. Ces
symptômes sont d’abord amplifiés durant la cure, qui les fait
disparaître.
La désintoxication régularise aussi le cycle menstruel. Elle peut
également favoriser l’autolyse des excroissances diverses qui se
forment dans l’appareil génital : fibromes, kystes ovariens, etc. Elle
rééquilibre les dérèglements hormonaux.

g) L’appareil locomoteur

Les troubles de l’appareil locomoteur sont variés et affectent aussi


bien les systèmes squelettique ou musculaire que des organes tels les
nerfs et les vaisseaux sanguins. Chacune de ces parties est soumise à
des troubles, artérites ou phlébites pour les vaisseaux sanguins. Les os
peuvent être sujets à la décalcification pour des causes diverses. La
cure, en rénovant ces systèmes et ces organes, favorise la résorption
de leurs troubles.
Les paralysies qui affectent l’appareil locomoteur sont classées
selon leurs origines : traumatiques en cas d’accident, infectieuses en
cas de maladie ou de dégénérescence. Le processus de
désintoxication, entrepris au début des troubles, favorise leur
suppression. Ainsi obtient-on parfois de bonnes rémissions pour les
polynévrites et les troubles rhumatismaux de diverses origines.
Les diverses formes d’arthrose sont également réduites.

h) L’appareil sensoriel

L’appareil sensoriel, composé des organes des sens, est le siège de


troubles classés particuliers alors qu’ils reflètent souvent le mauvais
état général de l’organisme. Les cures de désintoxication sont
particulièrement efficaces sur les troubles provenant de modifications
récentes organiques.
Les affections oculaires sont liées à des inflammations ; en
particulier, les conjonctivites sont largement résorbées. Il en est de
même pour les rhumatismes qui affectent l’oreille, occasionnant des
bourdonnements ou des sifflements quelquefois intolérables. La cure
agit sur les affections nasales : les sinusites sont résorbées. Les
laryngites, troubles des organes de la voix, régressent ; il en va de
même pour les troubles de la langue et de la bouche : aphtes,
stomatites, gingivites.
En résorbant la toxémie, la désintoxication favorise également un
maintien satisfaisant de l’équilibre dentaire.

i) La peau

Les troubles de la peau, l’eczéma ou le psoriasis, régressent en cours


de désintoxication. Il faudra cependant plusieurs cures pour obtenir
un résultat durable.

8. La désintoxication dans les cas de maladie

a) Les maladies aiguës

Lorsque les troubles aigus surgissent, le premier réflexe naturel du


malade est alors de se mettre au repos, au chaud. Il n’y a pas d’attrait
pour la nourriture, et au contraire répulsion. Il faut respecter cette
sagesse de l’organisme et ne pas le surcharger alimentairement. Des
jus de légumes ou de fruits dilués, ou des bouillons de légumes
peuvent être consommés s’ils sont tolérés.
Le processus de désintoxication fait régresser la douleur, ainsi que
la fièvre ou la diarrhée qui surviennent lors de troubles aigus. Bien
que ce processus ne soit pas une panacée qui « guérit tous les
troubles », il peut apporter des rémissions spectaculaires, notamment
à l’occasion des troubles aigus primaires telles les fièvres de l’enfant.
Celui qui a commencé à vaincre la maladie par la désintoxication
organique la craint beaucoup moins.
b) Les maladies chroniques

Les maladies chroniques représentent des troubles aigus qui n’ont pu


guérir d’une manière satisfaisante. La cure de désintoxication
permettra de sortir de la phase chronique, souvent en engendrant des
symptômes relais aigus. Il est important de savoir que le retour à la
véritable guérison passe par des symptômes relais aigus de courte
durée.
Plus le trouble chronique est ancien, plus la nécessité de se
désintoxiquer est impérieuse. La conduite à tenir au cours du
processus de régénération consistera à réduire très progressivement
l’alimentation de manière à favoriser une douce élimination des
toxines.
En conclusion, quels que soient les troubles de santé, il sera
nécessaire d’aborder un processus de désintoxication. Celui-ci sera
mené en tenant compte de chaque situation particulière et toujours
avec une progressivité qui garantira un retour à la santé sans heurts.

9. Qui peut se désintoxiquer ?

La désintoxication est une nécessité pour tout organisme. Mais elle


est plus impérative pour ceux qui sont en mauvaise santé. Le
processus de désintoxication devient alors le moyen naturel de
résorber les troubles subis. Il faut cependant être prudent dans sa
mise en application pour ne pas engendrer des crises de
désintoxication trop violentes.
Quelle est la meilleure époque pour entreprendre une cure de
désintoxication ? À notre avis, le meilleur moment est celui où l’on en
ressent le besoin. Mais, socialement, il y a parfois des contraintes :
obligations professionnelles, familiales, etc. Parfois, il est nécessaire
de patienter jusqu’à l’arrivée d’un temps libre, qui peut être, par
exemple, la période des vacances. Mais, de toute façon, il est possible
d’utiliser des régimes alimentaires légèrement réduits en quantité.
Du point de vue des saisons, le printemps semble être la période la
plus favorable pour une cure. Ensuite viennent l’automne, puis l’été et
l’hiver. Mais ce classement n’est pas rigoureux.

a) La désintoxication en fonction du poids

Les obèses. Les opinions sont unanimes pour que les obèses fassent
des cures de désintoxication qui leur font perdre du poids.
Il y a différents types d’obèses. Les obèses alimentaires consomment
de la nourriture en excès. Une simple réduction alimentaire apporte
une perte de poids significative.
Il existe par ailleurs des obésités organiques et fonctionnelles. Elles
sont complexes et proviennent d’activités anormales d’organes ou de
fonctions. Elles se subdivisent en plusieurs groupes :
– Les obésités endocriniennes, liées au fonctionnement anormal des
glandes endocrines : thyroïde, ovaires, testicules, hypophyse,
surrénales, pancréas, soit isolément, soit en conjonction. Le processus
de désintoxication favorise la régénération de ces glandes.
Ultérieurement, ces types d’obésités peuvent donc disparaître.
– Les obésités par rétention hydrique, ou hydrochlorurée, qui
surviennent lorsque les mécanismes de rétention de l’eau et du sel
sont perturbés par des troubles rénaux. De courtes cures de
désintoxication apportent une amélioration notable dans ces cas
particuliers.
– Les obésités neurogènes, liées à un déséquilibre du système
nerveux et de l’hypothalamus. Ces types d’obésités sont plus malaisés
à supprimer. Il faudra des cures prolongées et répétitives pour en
arriver à bout.
Les maigres. Ces situations sont délicates. En effet, s’il est
couramment admis que les obèses, et à la rigueur les « poids
normaux », peuvent faire des cures, il est au contraire préconisé que
les maigres devraient s’alimenter abondamment pour gagner du
poids. Or, généralement, les maigres sont des suralimentés.
La maigreur provient de l’impossibilité des organes ou des
fonctions d’effectuer correctement leur travail de digestion ou
d’assimilation. Ce qui fait que, malgré les nombreux apports
alimentaires, les maigres sont des sous-nutris, parfois des carencés ou
des anémiés. Dans ces cas, des cures successives utilisant des régimes
moins restrictifs apporteront des résultats notables.

b) La désintoxication en situations vitales déficientes

Les faibles. La possibilité de se désintoxiquer dépend également de la


situation vitale de l’organisme. S’il est bien admis que des individus à
forte vitalité peuvent faire une cure, au contraire, pour les personnes
faibles et fatiguées, il est dit que cela est – comme pour les maigres –
mal accepté.
Cette opinion est encore erronée car, dans la plupart des cas, les
faibles sont suralimentés, justement dans le secret espoir de
reconquérir des forces. Or, c’est le résultat inverse que l’on observe :
après une période de blocage de la faiblesse, juste après le repas, la
faiblesse réapparaît plus importante que précédemment. Elles est due
à une insuffisance énergétique chronique, liée à un fort état
toxémique.
Les faibles, fatigués, devront donc récupérer une énergie suffisante
pour assurer toutes les fonctions de l’organisme. Pour ce faire, il leur
sera indispensable de réduire leur toxémie, justement en pratiquant
la désintoxication. Comme pour les maigres, les cures seront brèves
mais répétitives, entreprises suivant des modalités adaptées à chaque
cas particulier.
Mais il faudra se garder de stimuler l’organisme par des drogues
diverses, car elles absorbent beaucoup d’énergie, et la phase de
stimulation est toujours suivie par une phase dépressive encore plus
préjudiciable.
Les anémiés. Comme pour les maigres et les faibles, certains
diététiciens recommandent aux anémiés de manger
surabondamment, et pourtant cela n’améliore pas leur état de santé ;
bien au contraire, leur anémie s’accentue de jour en jour. Si une
personne est anémiée, c’est que son organisme, au niveau tant
organique que fonctionnel, n’accomplit pas ou plus une activité
normale. Le foie, en particulier, n’effectue pas l’ensemble des tâches
qui lui incombent.
Le processus de désintoxication, en rénovant les organes et les
fonctions, ramène l’organisme à une situation sans anémie.
Naturellement, ici aussi il faudra agir avec prudence en tenant
compte des cas particuliers.
Les carencés. Il existe plusieurs sortes de carences. On observe des
troubles de santé liés à un état de carence dans les apports
alimentaires. Par exemple, l’absence de vitamines (états
d’avitaminose) entraîne des maladies de compensation, engendrées
par l’impossibilité de l’organisme à subvenir à l’ensemble de ses
besoins nutritifs.
Ces troubles, liés à l’absence d’un élément essentiel dans la ration
alimentaire, constituent des carences dites alimentaires, ou exogènes. Il
suffit, généralement, pour faire régresser les symptômes observés, de
réapprovisionner la ration de ces éléments. Comme exemples de
maladies, nous pouvons citer :

le béribéri, lié à une avitaminose B (antibéribérique) ;


le scorbut, provoqué par une avitaminose C (antiscorbutique) ;
le rachitisme, entraîné par une avitaminose D (antirachitique) ;
la cécité crépusculaire, xérophtalmie, provenant de l’avitaminose
A (antixérophtalmique).

Il existe également des troubles de santé liés à une carence


d’approvisionnement en glucides ou lipides, protides, sels minéraux.
La réponse à ces types de carences alimentaires, ou exogènes,
consiste d’abord à approvisionner convenablement l’organisme. Si la
carence se prolonge alors que l’approvisionnement alimentaire est
redevenu satisfaisant, il y a carences organique ou fonctionnelle, dites
endogènes. Ce qui indique que les carences ne proviennent pas
seulement d’une insuffisance en approvisionnement alimentaire
extérieur, mais d’une impossibilité organique ou fonctionnelle
d’utiliser ces nutriments.
Dans cette situation, qui représente une complication de la carence
alimentaire exogène, il faudra procéder à la remise en route des
organes ou fonctions atrophiés par de brèves cures de désintoxication
suivies de réapprovisionnements alimentaires complémentés.
Les anorexiques. Les troubles de l’anorexie ont des causes
diverses, dont certaines sont psychologiques. Le gavage alimentaire
que l’on préconise dans ces cas ne produit pas toujours les effets
escomptés. Souvent, de très brèves cures de désintoxication alternées
avec des périodes d’alimentation complémentée donnent de très bons
résultats. Mais ici, plus encore que précédemment, les restrictions
alimentaires doivent être courtes et adaptées aux cas particuliers.

c) La désintoxication en fonction des âges

S’il est un autre préjugé bien tenace, c’est que les enfants et les
personnes âgées ne doivent pas faire de cures de désintoxication.
Comme pour les situations de maigreur, de faiblesse ou de carence, ce
point de vue est erroné.
Les enfants ont, en général, des réactions très vives vis-à-vis de la
toxémie. Ils possèdent une grande vitalité. En cas de troubles aigus,
ils refusent la nourriture et il est maladroit de les alimenter dans ces
circonstances. Chez eux, c’est la suralimentation, provoquant souvent
des indigestions, qui engendre le plus fréquemment les troubles de
santé. Les cures de désintoxication brèves sont alors souhaitables.
Cependant, les enfants sont en période de croissance : il est donc
dangereux de les entraîner dans des cures prolongées ; tout est
affaire de bon sens.
Les personnes âgées. Comme chez les enfants, la cure de
désintoxication chez les personnes âgées n’est pas très prisée ; on
considère qu’ils perdront les forces qui leur restent. En réalité, les
personnes âgées supportent bien les cures de désintoxication, à la
condition qu’elles ne soient pas excessives. Pour eux, le problème de
la croissance ne se pose pas ; il leur suffit de posséder une petite
réserve pondérale apte à entretenir le métabolisme, réduit durant la
désintoxication.
d) La désintoxication en cours de maternité

Les cures de désintoxication pendant la grossesse sont mal acceptées


et déconseillées : elles peuvent être préjudiciables au fœtus.
Nous estimons également que les cures de désintoxication ne
devraient être entreprises durant la période d’allaitement qu’en cas de
stricte nécessité ; en effet, la réduction de l’approvisionnement en
nourriture ralentit ou tarit la sécrétion de lait.

e) La désintoxication suivant les régimes alimentaires

Les cures de désintoxication se dérouleront différemment selon le


mode alimentaire utilisé préalablement. Plus cette alimentation est
complexe, plus importantes risquent d’être les crises de
désintoxication. Il faudra donc être plus progressif dans la restriction
alimentaire.
En conclusion, les cures de désintoxication ne sont pas destinées
aux seules personnes présentant des troubles de santé ; toutes celles
qui sont soucieuses de leur santé doivent les pratiquer
périodiquement.
C’est pourquoi nous proposerons, comme deuxième clef de la
régénération de l’organisme, la pratique de la désintoxication par
paliers.
Chapitre X
La relaxation consciente

1. Le pouvoir relaxant du mental conscient

a) L’activité mentale consciente et la santé

L’influence de la pensée consciente sur notre manière d’exister n’est


généralement pas perçue. Sauf en de rares cas extrêmes, comme les
situations de grande nervosité ou de grande frayeur, la relation du
mental en liaison avec l’état physique de l’organisme n’est pas
ressentie.
Et pourtant, cette relation existe en permanence. La nature de nos
pensées a une influence constante sur l’état de la tension des muscles.
Des pensées négatives, comme celles qui existent en situation de
conflits de tous ordres, induisent des tensions qui se traduisent par
des crispations musculaires. Celles-ci sont engendrées par des acides
créés en excès dans le milieu sanguin. Par exemple, c’est un excès
d’acide lactique qui engendre des crampes dans les mollets.
Cette acidification de l’organisme présente également
l’inconvénient d’amplifier l’état de toxémie. Le fait de penser
négativement, constamment, peut entraîner un tel état d’intoxication
que des symptômes relais de désintoxication surgissent. Rarement
l’état de la pensée sera incriminé comme cause de l’apparition de ces
troubles de santé. Les pensées négatives amoindrissent ainsi l’état
de santé, réduisant l’énergie disponible et créant de la toxémie
supplémentaire.
Quand le milieu sanguin est légèrement acidifié, il s’ensuit une
réduction de l’activité de l’hypothalamus (notre cerveau émotionnel).
La résultante de cette situation sera une impossibilité de vivre
pleinement les situations émotionnelles qui se présentent, ce qui se
traduit par de nombreux blocages émotionnels. Ceux-ci s’opposent à
la circulation de l’énergie, provoquant ainsi une situation
d’énervation.
Mais l’activité mentale consciente, même positive, lorsqu’elle est
excessive peut entraîner les mêmes résultats. De sorte que l’équilibre
mental est prépondérant pour créer un bon état de santé.
Très souvent, nous observons des personnes fort préoccupées par
leur alimentation, effectuant de nombreuses cures de désintoxication,
mais qui engendrent elles-mêmes leurs troubles par un
fonctionnement mental inapproprié ; il va de soi qu’une correction de
cette manière de vivre sera nécessaire pour accéder à un bon état de
santé permanent.

b) L’observation de l’état mental conscient

Les activités du mental conscient sont différentes d’un individu à


l’autre.
Lorsque les pensées ne sont pas excessives d’une part, ni
exagérément négatives d’autre part, c’est l’état de sérénité. Au
contraire, chez d’autres il existe de véritables ruminations mentales,
qui sont très destructrices.
La première action nécessaire consistera à s’observer. S’il y a des
troubles de santé, quelles que puissent être par ailleurs les causes
externes probables (mauvaise alimentation, environnements familial,
social, professionnel, etc.), il y a lieu de s’interroger sur les causes
internes de ces troubles, liées à l’activité mentale excessive.
Ceux qui ont une activité mentale consciente exagérée
reconnaissent rarement ce fait, de sorte qu’ils détruisent ainsi leur
état de santé. L’observation que nous préconisons conduira donc à
plusieurs situations.
La plus simple consistera à visualiser objectivement son activité
mentale, et donc à tenter de corriger ses effets. Ainsi, si les pensées
sont négatives, il faudra les abandonner, ce qui est fort difficile dans
certaines circonstances de la vie.
Parfois, l’activité mentale est seulement excessive ; il faudra
alors la réduire dans la mesure où l’on en prend conscience. Cet
autocontrôle est généralement bénéfique. Une bonne planification de
ses activités, une limitation aussi, peuvent aider pour réussir dans
cette tâche.
D’autres fois, on percevra la conséquence de l’activité mentale
sur le plan physique. Par exemple, on découvrira que l’on fait se
crisper telle partie du corps : mâchoires, bras, dos, jambes, pieds,
mains, etc. La réponse consistera à détendre les parties contractées en
relaxant la pensée. Ce ne sera pas toujours aisé, et il faudra une
observation persévérante pour surprendre les mâchoires serrées, les
poings fermés, les sourcils froncés, etc.
Très souvent, on se prendra en flagrant délit de tension. Il faudra
être patient pour se détendre constamment. Ce n’est que peu à peu
que l’on aboutira à un état acceptable. La réussite est fréquente dans
ce genre de situations, mais il faudra beaucoup de persévérance.
Enfin, la suractivité mentale provoque aussi des blocages
émotionnels. Les personnes qui sont dans cette situation se crispent,
ne peuvent plus vivre leurs émotions naturellement. Il faudra
beaucoup d’observation pour se surprendre en situation de
verrouillage émotionnel, état qui entraîne une certaine dureté vis-à-
vis de soi, puis des autres.
Ici aussi, la réponse consistera à se détendre mentalement pour
retrouver son existence émotionnelle. Celle-ci est une richesse qu’il
est regrettable de perdre.
Souvent, les situations que nous venons de décrire ne seront pas
simples, mais imbriquées les unes dans les autres. Il faudra chaque
fois, pour autant que l’on s’en rende compte, utiliser le travail de
détente mentale afin de résoudre les situations une par une. À
l’usage, on s’apercevra que certaines sont, plus que d’autres, difficiles
à modifier.
Travailler sur le mental conscient n’est pas, a priori, chose aisée,
car l’on vit continuellement avec lui. Cependant, un entraînement
constant permettra de grands progrès.

2. La pratique de la relaxation dirigée

Nous présentons maintenant une série d’exercices qui permettent


d’obtenir un état de relâchement physique et mental satisfaisant. La
mise en pratique de ces exercices, systématiquement, permettra
d’aboutir à un grand calme intérieur.

a) La mise en place

Avant que d’entreprendre une relaxation consciente proprement dite,


il est nécessaire de s’observer pour se mettre dans des conditions
favorables de réussite. La relaxation mentale telle que nous la
concevons et la pratiquons est principalement une situation de non-
faire physiquement. La première condition sera donc de se trouver
bien pour ne pas agir extérieurement.
Généralement, on propose de s’allonger dans une pièce semi-
obscure et à une température douce, l’excès de chaud ou de froid
étant néfaste. La plupart des personnes se placent sur le dos, bras et
jambes légèrement écartés. Certains se mettront sur un matelas et se
recouvriront d’une ou plusieurs couvertures pour éviter la sensation
pénible du refroidissement ; d’autres, plus rarement, s’allongeront à
même une moquette ou sur un sol plus dur.
Les vêtements portés sont amples, une tenue genre survêtement
est satisfaisante. Pour les personnes sous-énergétiques ou en cure de
désintoxication, il est parfois utile de porter chaussettes, gants et
bonnet. En revanche, il faut retirer absolument tout ce qui entrave
excessivement : montre au poignet, ceinture, bracelets, colliers… Se
déchausser est nécessaire.
La mise en place est une occasion de retrouvailles avec soi-même.
C’est un moment particulièrement apprécié par ceux qui savent
exister par eux-mêmes. Trop souvent, en effet, nos activités mentales
et physiques nous projettent en dehors de nous, faisant que nous
dépensons notre énergie en agitation incessante.
Il faut donc prendre le temps de bien se sentir allongé, à l’aise
dans son corps et dans sa tête, sans entrave ni soucis majeurs. Il n’est
pas aisé d’y parvenir dès la première fois que l’on tente cette mise en
place. Mais en persévérant, cela se parfait peu à peu jusqu’à ce que
l’on ressente un état de bien-être satisfaisant.
Vient ensuite la période de reconnaissance de soi-même, en entier.
Pour cela, il suffit de porter son attention mentale sur une partie du
corps et de la visualiser. Commencez ainsi par le front en vous
autosuggestionnant :
« Je prends conscience de mon front. » Attendez que cette partie
soit bien perçue, puis procédez de même pour la totalité du corps.
Cet exercice permettra de mesurer le pouvoir de la pensée qui nous
permet de nous retrouver dans les moindres détails.
Cette reconnaissance corporelle peut se faire à la convenance de
celui qui se relaxe. Cependant, nous proposons un plan pour ce
travail : descendez du front sur la face, repérez les yeux, le nez, les
joues, la bouche, le menton, le cou, puis remontez par la nuque, puis
les oreilles, jusqu’au-dessus du crâne. Répétez intérieurement pour
chaque partie : « Je prends conscience de mon… » ou « Je perçois
mon… »
Effectuez lentement cet exercice de répertoriation ; s’il est bien
réussi, on perçoit très nettement sa tête seule, comme détachée du
reste du corps. C’est une perception agréable.
Pour prendre conscience de la totalité du corps, visualisez les
membres un par un. Commencez à l’épaule droite et redescendez :
bras droit, coude droit, avant-bras droit, main droite. Refaites le
même exercice sur le membre supérieur gauche.
Puis reprenez à la hanche droite, la cuisse droite, le genou droit, la
jambe droite, la cheville droite, le pied droit. Refaites le même
exercice sur le membre inférieur gauche.
Terminez cette reconnaissance par le tronc : descendez à partir du
cou en suivant la colonne vertébrale, visualisez bien la cage
thoracique, l’abdomen.
Quand ce travail est réalisé, demeurez un moment avec cette prise
de conscience de la globalité du corps. Cet exercice est excellent pour
se projeter sur son corps, le reconnaître, l’apprécier pour vivre avec
lui en parfaite harmonie.

b) La relaxation consciente

La prise de conscience du corps ne constitue qu’une préparation à la


relaxation. Celle-ci aura pour but de créer dans l’organisme des effets
spéciaux destinés à le revitaliser.
Commencez cette fois en projetant intensément votre attention sur
les extrémités des doigts de la main droite. Maintenez cette
projection un moment jusqu’à ce que vous sentiez des picotements
dans les doigts. Vous obtenez un premier résultat qui consiste à
accélérer le passage de l’énergie vitale.
Projetez maintenant votre attention sur la main droite, le poignet
droit, puis l’avant-bras droit ; sentez ces picotements qui envahissent
ces parties du corps. Maintenez quelque temps, fortement, cette
projection mentale sur la main, le poignet et l’avant-bras, et
commencez à y percevoir une sorte d’engourdissement, de lourdeur,
puis de chaleur. Ces phénomènes, qui sont un signe de
l’accroissement vital, se développent plus ou moins rapidement
suivant les individus.
Vous venez de percevoir le travail de relaxation par projection de
la volonté consciente sur l’appareil musculaire. Il ne vous reste alors
plus qu’à étendre ce premier travail à l’ensemble du corps. Pour cela,
remontez de l’avant-bras droit vers le bras droit puis l’épaule droite.
Recommencez de même à partir des doigts gauches jusqu’à l’épaule
gauche, puis des orteils jusqu’aux hanches. Lorsque le travail sur les
membres est terminé, ceux-ci sont parcourus par de forts
picotements ; ils sont perçus comme lourds et chauds.
Reprenez le même genre d’exercices pour la tête, puis pour le
tronc. C’est alors l’ensemble de l’organisme qui est ressenti comme
chaud et pesant. C’est une sensation agréable. Il vous est possible de
demeurer ainsi quelque temps pour jouir de ces sensations. Mais il ne
faut surtout pas bouger, même un doigt ou un orteil, sinon cet édifice
de perception disparaîtra immédiatement.
Nous allons aborder maintenant un autre travail de relaxation sur
la fonction cardiaque. Pour cela, projetez votre attention sur les
battements de votre cœur ; soudain, vous les percevez très forts au
niveau de la poitrine et, pour le moment, seulement là. Maintenant,
recommencez l’expérience au niveau du cou et percevez également
ces pulsations à cet endroit, très fortes. Reproduisez le même schéma
de perception au niveau des tempes, puis en tout autre endroit du
corps ; bientôt vous percevez cette vie cardiaque dans tout
l’organisme. C’est un moment très émouvant que celui où l’on se sent
vivre aussi intensément.
Comme l’immobilité a été conservée durant ce temps, la chaleur et
la lourdeur ont continué à s’installer progressivement dans tout le
corps, y créant une sensation d’euphorie.
À ces deux exercices, nous pouvons adjoindre un troisième
concernant la fonction respiratoire. Pour cela, il suffit de prendre
conscience de l’air qui entre et sort, d’abord de la bouche et du nez,
puis des bronches, et enfin des poumons. Peu à peu, cette perception
s’amplifie et devient une prise de conscience interne extraordinaire
de la fonction respiratoire pulmonaire.
Demeurez aussi quelque temps dans cette situation, sans toutefois
modifier le rythme respiratoire. Il s’agit bien plus d’en prendre
conscience tel qu’il existe habituellement. Cette relaxation consciente
amplifie donc et la vie de l’organisme et la perception que l’on en a.
C’est un exercice fort vitalisant.
Il faut surtout demeurer immobile. Les effets de chaque nouvel
exercice se surajoutent aux précédents, de sorte que, par exemple, les
picotements se généralisent même au cours des deux derniers
exercices.
La circulation énergétique s’accentue nettement par cette
discipline, améliorant grandement l’état des frileux, constipés,
insomniaques, faibles, fatigués, etc., qui reprennent progressivement
vigueur et goût à vivre.

3. La conduction de l’énergie

a) La conduction externe

La relaxation consciente se complète par la conduction de l’énergie. Il


s’agit d’une technique qui a pour objectif de régulariser la répartition
énergétique de l’organisme. La circulation énergétique s’établit à
travers notre corps, dans la mesure où celui-ci est conducteur, entre
les courants cosmiques de nature positive et ceux telluriques négatifs.
Chaque jour, il est donc souhaitable d’être au contact de la terre ou
de l’eau (rivière, mer) pour que cette circulation énergétique se
réalise. À la belle saison, ce contact est fréquent (mer, campagne).
Durant l’hiver, le contact avec des plantes relais, comme les arbres ou
les haies, permet de rétablir cette circulation.
Cette conduction d’énergie est dite externe parce qu’elle nous
permet de nous énergétiser au contact d’éléments naturels extérieurs.

b) La conduction interne

Au contraire, il existe aussi une régulation de l’énergie intérieure de


l’organisme. Pour prendre conscience de cette circulation d’énergie, il
suffit d’effectuer un exercice très simple. Placez la main droite sur le
front et la main gauche sur la nuque. Au bout de quelque temps, un
bien-être est perçu dans la tête. Cet exercice est particulièrement
intéressant à faire en fin de journée, lorsque l’on ressent de la fatigue.
De la même manière, les mains peuvent se placer en tout autre
endroit du corps : par exemple, une main sur le dessus de la tête et
l’autre sur le plexus (à l’extrémité du sternum).
Cette conduction énergétique peut également se faire par action
d’une personne extérieure. Ce sont surtout les extrémités des
membres (mains, pieds) qui permettent les résultats les plus
intéressants.

CONDUCTION D’ÉNERGIESUR MATHILDE

c) La mobilisation articulaire

La circulation de l’énergie est également favorisée par la mobilisation


des articulations. Il est donc bon, journellement, de faire jouer
l’ensemble de ses articulations. Commencez par des rotations de la
tête pour mobiliser le cou : tournez la tête dans un sens puis dans
l’autre, sans forcer excessivement. Ensuite, mobilisez les épaules en
faisant des mouvements des bras, puis les articulations des coudes,
des poignets, des doigts.
Puis couchez-vous sur le dos et procédez de même pour les
articulations des hanches, des genoux, des chevilles et des orteils.
Continuez à mobiliser les articulations précédentes : celles du cou,
des membres supérieurs, etc. Notez que dans cette position vous êtes
semblable au bébé qui gesticule.
Ensuite, relevez-vous, placez les bras devant vous et tournez-les à
gauche puis à droite pour mouvoir la colonne vertébrale. Effectuez,
avec prudence, des oscillations de la colonne sur les côtés, puis en
avant et en arrière. Pour ce dernier exercice, placez-vous de dos à
40 cm d’un mur, relevez les bras à la verticale et rejetez-les en arrière
jusqu’à toucher le plan du mur, qui sert d’arrêt.
Ces exercices de mobilité articulaire se complètent par des
déplacements latéraux des mâchoires, la rotation des yeux dans leurs
orbites, de la langue dans la bouche…
Solliciter une mobilisation de l’organisme est le but recherché.
Pratiquer quotidiennement ces exercices durant une dizaine de
minutes favorise grandement la circulation énergétique.

d) La respiration

Cette relaxation énergétique dynamique doit être poursuivie par des


exercices respiratoires. La cage thoracique ne s’ouvre pas assez chez
les sédentaires. Dans la respiration habituelle, c’est l’inspiration qui
est le temps moteur, l’expiration ne représentant qu’un relâchement
des muscles contractés précédemment. Cela explique que, si notre
inspiration est insuffisante, notre expiration le sera aussi et, partant,
la respiration tout entière. Nous allons vous proposer plusieurs façons
de respirer.
La respiration normale, habituelle, fait entrer puis sortir environ
0,5 l d’air dans les poumons : c’est l’air courant. Cette respiration
peut être forcée grâce à la mise en activité de nouveaux muscles.
En premier, projetez l’air vers le bas des poumons, étirés par le
diaphragme qui s’abaisse : c’est l’inspiration abdominale. Ensuite, l’air
se répartit dans les parties moyennes des poumons, au niveau des
côtes. Prenez l’air à cet endroit par l’inspiration costale.
Enfin, en insistant pour mener à son terme l’inspiration forcée, on
arrive à faire « monter » l’air jusqu’en haut des poumons, vers les
régions claviculaires. Faites-le. Cela constitue l’inspiration claviculaire.
Maintenant, couchez-vous sur le dos et procédez à une inspiration
forcée en vérifiant bien les trois stades précédents de la prise d’air.
Lorsque vous avez réussi à bien remplir vos poumons, essayez
donc d’effectuer une rétention volontaire d’air pulmonaire en
comptant 1, 2, 3 secondes pour commencer. Il y a un certain plaisir à
ressentir cet air inspiré.
Cette inspiration forcée se poursuit par l’expiration forcée. Celle-ci
n’est plus un simple relâchement des muscles entrant en jeu lors de
l’inspiration forcée. Des muscles antagonistes à ceux utilisés
précédemment viennent réduire l’amplitude pulmonaire.
En premier lieu, vous sentez des muscles qui abaissent les épaules
et resserrent la partie élevée des poumons ; l’air claviculaire est
évacué : c’est l’expiration claviculaire. Ensuite, d’autres muscles
abaisseurs des côtes diminuent la cage thoracique en largeur et en
profondeur, et l’air costal est évacué : c’est l’expiration costale. Enfin,
la contraction des muscles abdominaux refoule les viscères, et le
diaphagme tend à réduire la cage thoracique en hauteur. Alors l’air
abdominal est chassé : c’est l’expiration abdominale.
À la fin de l’expiration forcée, comptez 1, 2, 3 secondes pour
ressentir cette impression extraordinaire de vide. Il ne faut pas
demeurer plus longtemps dans cet état : laissez l’inspiration
s’instaurer.
En conclusion, essayez progressivement cette respiration forcée qui
énergétise considérablement l’organisme. Les sédentaires devraient
effectuer au moins une dizaine de mouvements respiratoires plusieurs
fois par jour selon leurs possibilités ; leur santé s’améliorerait
grandement.
Nous présentons maintenant la respiration en antimaîtrise
consciente. Nous considérons donc que nous serons en respiration
d’antimaîtrise chaque fois qu’un temps de la respiration – inspiration
ou expiration – ne sera pas commandé consciemment. En voici un
exemple.
Dans la respiration normale, l’inspiration est le temps moteur, et
elle est décidée consciemment : c’est un acte de respiration en
maîtrise. Au contraire, l’expiration normale, qui provient du seul
relâchement des muscles qui ont précédemment provoqué
l’inspiration, n’est pas décidée : c’est donc une expiration en
antimaîtrise.
Nous pouvons imaginer un exercice où l’expiration est forcée et
l’inspiration, obtenue en situation compensatoire. Ce n’est pas un acte
normal, mais un exercice inverse par rapport à la respiration
normale.
En position debout, expirez une première fois, attendez une ou
deux secondes, puis expirez à nouveau pour vider au maximum les
poumons. Cessez alors de provoquer l’expiration et ne contenez plus
les poumons en situation de blocage ; une inspiration se produira
d’elle-même : c’est une inspiration en antimaîtrise active. Répétez cet
exercice sans exagération ; il favorise une bonne conduction de
l’énergie.
Si on amplifie l’inspiration en antimaîtrise active, la prise d’air
s’accroît, faisant naître un soupir, qui est donc un acte respiratoire en
antimaîtrise. Bien qu’il soit socialement mal accepté en groupe,
utilisez l’exercice précédent chaque fois que vous le pourrez : il est
particulièrement énergétisant.
Ce soupir peut lui-même se prolonger et se transformer en
bâillement, qui est donc également un acte respiratoire en
antimaîtrise.
Il existe un moyen artificiel pour provoquer le bâillement : remuer
la mâchoire inférieure latéralement. Essayez-le. Le bâillement
survient rapidement. C’est également une technique socialement mal
appréciée, mais elle est aussi très énergétisante.
Pour ne pas être tenté de mettre la main devant la bouche – ce qui
arrête l’exercice –, placez vos mains sur les hanches, pouces vers
l’arrière. Lorsque le bâillement surgit, il se produit une esquisse de
mouvement pour tenter de déplacer la main ; mais celle-ci reste sur la
hanche et l’exercice se poursuit souvent en provoquant une libération
émotionnelle sous la forme d’un fou rire.
Réalisés plusieurs fois par jour, les exercices de bâillement
représentent de très bonnes relaxations actives. Nous proposons de
les faire de préférence lorsque la digestion est terminée, soit le matin
vers 11 heures, soit l’après-midi vers 18 heures.
Naturellement, nous recommandons les bâillements à toute
personne soucieuse d’améliorer sa santé, mais ils sont
particulièrement préconisés aux insomniaques et aux constipés. Ceux-
ci récupèrent ainsi l’énergie initiale, qui leur permet ultérieurement
d’induire le sommeil pour les uns, la marche normale des intestins
pour les autres.

e) L’enracinement au sol

Grâce à la marche, il est possible de vérifier les habitudes ancrées en


nous depuis fort longtemps, qui font que nous ne nous laissons pas
aller librement dans nos déplacements. Nous préconisons alors de
marcher pieds nus, dans diverses postures inaccoutumées : bras levés
ou abaissés, jambes raides ou fléchies, sur la pointe des pieds, sur les
talons ou sur la plante, pieds ouverts vers l’extérieur ou refermés vers
l’intérieur, sur les bords intérieurs ou extérieurs des pieds…
Peu à peu, au cours de ces diverses formes de marche, nous
ressentons des tensions qui marquent nos limites.
LECTURE POSTURALE DE JEAN-CLAUDE

Les mouvements physiques possèdent une résonance psychique.


Nous nous apercevons que, en existant différemment au cours de ces
exercices de marche, notre mental se vide peu à peu en réalisant une
relaxation dynamique efficiente.
Ces exercices nous font comprendre également pourquoi la marche
est utilisée par les personnes tendues pour se relaxer. Ceux qui
ressentent en eux des difficultés marchent ou courent par n’importe
quel temps pour tenter d’obtenir un apaisement. Celui-ci est parfois
difficile à acquérir. Mais une technique qui est spontanément
LECTURE POSTURALE DE JEAN-CLAUDE
recherchée par ceux qui se trouvent en grande difficulté est fort
intéressante pour ceux qui souhaitent seulement se déconnecter de
leur activité mentale.
En marchant, nous percevons notre enracinement au sol. Lors des
arrêts, pieds fixés au sol, effectuer des contorsions libres jusqu’à la
limite du déséquilibre. On peut reprendre cet exercice en équilibre
sur un pied, en fixant un point, puis en fermant les yeux et en
continuant à visualiser le point dans sa tête. Ce dernier exercice est
révélateur des tensions qui nous habitent ; les personnes très tendues
ont beaucoup de mal à conserver leur équilibre.
D’une manière générale, lorsque nous sommes sous une forte
pression psychique provoquée par des tensions corporelles, nous
faisons spontanément des explosions gestuelles, qui tendent à nous
libérer de cet état.
Les exercices que nous vous avons présentés précédemment ont
pour objet d’aboutir, préventivement, à cette même libération. Ils
constituent une relaxation dynamique de conduction énergétique.
LECTURE POSTURALE DE JOSEPH

f) L’espace aérien

Votre positionnement par rapport au sol étant réalisé, nous vous


proposons de travailler sur votre comportement dans l’espace aérien.
En effet, la manière de se tenir n’est pas étrangère aux tensions que
l’on supporte.
Nous proposons de reprendre les exercices de la colonne
vertébrale et de la mobiliser dans ses limites d’utilisation : oscillation
en avant, en arrière, latéralement puis en torsion. Ensuite, refaites les
exercices des articulations : déhanchement du bassin, rotation des
épaules, chevilles, genoux, poignets, coudes, nuque, etc. Complétez
en utilisant les membres supérieurs : effectuez des cercles avec les
mains dans tous les plans possibles.
Ces exercices nous font prendre conscience de la limite de notre
territoire par rapport à notre espace aérien, renforçant ainsi notre
identité corporelle, souvent mal perçue, particulièrement en situation
de troubles. Ces exercices dans l’espace aérien favorisent la
conduction de l’énergie et la perception d’un calme mental
satisfaisant.
g) La pesanteur

Notre identité corporelle se matérialise également par la perception


que nous avons de notre pesanteur.
Pour ressentir celle-ci, penchez-vous vers l’avant et laissez la tête,
le buste et les bras pendre librement. Cet exercice se réalise
statiquement, en équilibre, et dynamiquement, en marchant dans
cette position. On peut se déplacer sur un sol mou – en superposant
plusieurs couches de moquettes –, en martelant le sol comme si celui-
ci se dérobait sous nos pieds.
Le travail sur la pesanteur peut également s’effectuer en position
allongée, sur le dos, en soulevant alternativement ou conjointement
bras et jambes, pour en percevoir le poids. La pesanteur de la tête se
ressent quand on la laisse alors pendre vers l’arrière ou quand on la
roule de gauche à droite et inversement.
Dans la position précédente, la pesanteur du corps tout entier se
perçoit lors de roulades faites au ralenti, d’avant en arrière puis de
gauche à droite.
Lors de troubles de santé, en état toxémique, on perçoit
brusquement notre pesanteur : les bras et les jambes semblent
devenir lourds. Il s’agit en réalité d’un retrait d’énergie de ces parties
du corps.
La perception d’une pesanteur normale est significative d’un état
de santé satisfaisant. En fin de cure de désintoxication – comme en
fin de maladie –, on ressent une impression de légèreté.
Tous les exercices précédents favorisent la conduction de l’énergie.

4. Les effets de la circulation énergétique

La relaxation consciente peut être statique ou dynamique. Elle a


toujours pour effet de favoriser la circulation de l’énergie dans
l’organisme. La pratique assidue de ces exercices apportera ses effets
à plus ou moins brève échéance.
C’est au niveau de l’impression de vitalité que les résultats sont les
plus probants. Peu à peu les forces reviennent, créant une nouvelle
sensation d’exister. Les extrémités, pieds et mains, se réchauffent, les
organes des sens redeviennent performants. Progressivement, c’est
l’impression de revivre qui se perçoit.
Ces techniques doivent être associées à la cure de désintoxication
que nous avons exposée précédemment pour aboutir à un maximum
de résultats. Mais, bien avant même que la cure ne soit débutée, ces
exercices apportent un mieux-être immédiat.
Notre troisième clef de la régénération de l’organisme sera
donc la relaxation consciente.
PARTIE IV
LA REVITALISATION PSYCHIQUE
Chapitre XI
La libération des tensions
corporelles

1. La création de tensions corporelles

a) Exemples de tensions corporelles

Beaucoup de personnes se plaignent de douleurs fugitives qui se


glissent à travers le corps musculaire, le summum de ce type de
douleurs pouvant être vécu lorsque des crampes s’installent dans des
muscles importants : par exemple, des crampes au niveau des
muscles des cuisses ou des muscles des jambes. Mais des positions
malencontreuses lors du sommeil peuvent aussi nous donner une idée
des tensions corporelles pouvant exister en nous. Se réveiller avec un
torticolis, c’est ressentir une tension portée à un fort taux de douleur.
Des tensions corporelles existent dans les muscles de l’organisme.
Elles tendent à les durcir sous l’effet des acides qui s’y déposent en
excès. Les crampes des jambes sont ainsi liées à un excès d’acide
lactique apparaissant, après un effort prolongé, dans les muscles des
membres inférieurs.
Mais, d’une manière générale, tous les muscles de l’organisme
peuvent être affectés, bien qu’il existe cependant chez chaque
personne des muscles où, le plus fréquemment, seront « logées » leurs
tensions internes.
Les contractions musculaires – la spasmophilie en particulier –
sont l’expression d’une crispation de la structure musculaire. Ainsi,
lorsque la musculature est bien fluide – à l’instar de celles des félins,
dont on ne soupçonnerait pas qu’elle puisse se mobiliser avec autant
d’efficacité –, l’organisme se trouve en l’état le plus vivant.
Au contraire, au fur et à mesure que les tensions corporelles
s’installent – par suite d’acidose chronique –, les muscles se
durcissent et le corps glisse vers la rigidité. Celle-ci gagne avec l’âge
si nous n’y prenons garde.
À la mort, les muscles se durcissent complètement pour atteindre
la rigidité cadavérique. En conclusion, on peut affirmer que :
• la fluidité musculaire, c’est la vie ;
• la rigidité musculaire, c’est la mort.

b) Origines des tensions corporelles

Puisque les tensions corporelles proviennent d’un excès d’acide


organique dans le corps, un organisme qui existe en état d’acidose
permanente a une tendance marquée à l’élaboration des tensions,
d’où l’intérêt d’observer une alimentation alcalinisante. Une
alimentation qui nous couvre largement en sels minéraux restreint
cette situation d’acidose et, par le fait, représente un facteur de
protection contre les tensions corporelles.
Si ces tensions s’observent dans la rigidité musculaire, elles
s’expriment aussi dynamiquement dans les tentatives de dégagement
de cette rigidité. On note alors toutes sortes de formes de
mouvements plus ou moins désordonnés, de muscles qui s’agitent : ce
sont les tics d’expression, fort diversifiés.
Dans ces situations, nous conseillons, en premier lieu, de bien
veiller à apporter une quantité supplémentaire de sels minéraux en
augmentant les légumes et fruits doux dans la ration alimentaire.
Notons encore que ces épisodes de tensions corporelles se
manifestent particulièrement chez les enfants en croissance, à des
moments où justement ils utilisent abondamment leurs sels
minéraux. Et c’est la raréfaction de ceux-ci qui induit l’apparition des
situations d’acidose, favorisant les tensions.
Naturellement, il existe des prédispositions héréditaires au
gaspillage des sels minéraux à cause d’activités physiques ou
mentales excessives. C’est pourquoi un repos systématique –
accompagné d’une pratique de la relaxation – doit être adopté lors
de l’apparition de telles tensions.
Dans quelques cas particuliers, le problème est plus complexe ;
malgré les apports importants en sels minéraux, l’organisme se
maintient en situation d’acidose et engendre ses propres tensions. Il
se peut qu’il y ait une insuffisance dans les fonctions d’assimilation
ou de restitution de ces sels minéraux. Il faudra alors procéder à de
courtes cures de désintoxication alternées avec la reprise d’une
alimentation bien pourvue en sels minéraux pour tenter de réactiver
ces fonctions.
Si la déminéralisation chronique provient d’un excès d’activité
mentale ou physique, il faudra ralentir, autant que faire se peut, les
habitudes dispersives observées. Cela n’est pas toujours aisé, surtout
lorsqu’il s’agit d’activités mentales difficilement contrôlables.

c) Tensions corporelles et énervation de l’organisme

Lorsque les tensions deviennent chroniques, elles s’inscrivent dans le


schéma corporel. Ainsi peut-on observer différentes attitudes ou
postures qui proviennent de modules musculaires imposés au corps
par des tensions persistantes.
Ces tensions chroniques s’opposent à la libre circulation de
l’énergie. Or, une insuffisance énergétique (ou une circulation
énergétique inadéquate) induit un état d’énervation. Celui-ci est une
cause de l’accroissement de la toxémie corporelle. Lorsque cette
toxémie surpasse un seuil inacceptable par l’organisme, surviennent
des maladies relais dont l’objet est de libérer l’organisme de ce
surcroît de toxémie. Ainsi s’explique le cheminement de l’apparition
des troubles psychosomatiques.
Il est donc nécessaire, pour que l’organisme puisse accéder à son
plein épanouissement, de pouvoir évacuer ces tensions chroniques,
au même titre que l’on désire, bien naturellement, faire disparaître
une toxémie excessive.

d) La résorption des tensions

Comme les tensions corporelles se logent particulièrement dans les


muscles, l’un des procédés employés pour les résorber sera le
massage.
Le massage des muscles permet d’en modifier l’état de tension. Et
de fait, lorsque des personnes souffrent en diverses parties
musculaires, elles sollicitent un massage. Cela parce qu’elles
ressentent alors, dans l’immédiat, un soulagement à leur douleur. Il
faut cependant bien remarquer qu’un massage ne touche pas aux
causes des tensions : il ne représente qu’un palliatif.
Certains exercices physiques de relaxation favorisent la
disparition des tensions. Ce sont des mouvements qui permettent de
se laisser aller contrairement à d’autres qui ont tendance à nous
contracter. Cette réduction physique des tensions est limitée.

2. La biorespiration

a) La respiration continue, ou biorespiration

Le principe de la technique de la respiration continue, ou


biorespiration, est simple : il s’agit de faire se succéder sans aucune
interruption les inspirations et les expirations. C’est pourquoi nous
désignons ce mode respiratoire sous le nom de respiration continue.
Une séance de biorespiration débute par une respiration complète,
au cours de laquelle il n’existera donc aucune pause entre l’expiration
et l’inspiration, ni aucune rétention entre l’inspiration et l’expiration.
L’inspiration forcée succède à l’expiration forcée et vice versa.
La biorespiration commence donc par une respiration décidée
consciemment.
Voici des questions qui se posent fréquemment :
– Faut-il respirer par la bouche ou par le nez ?
– Faut-il respirer lentement ou rapidement ?

La respiration par le nez serait la plus normale, cependant nous


conseillons de respirer dès le début de la séance par la bouche.
Certains y répugnent et commencent à respirer par le nez. Nous ne
contrarions jamais une telle décision. Cependant, cette respiration
nasale initiale aboutit généralement à deux situations
insatisfaisantes :
– La première est observée lorsque la prise et l’expulsion d’air sont
insuffisantes : il ne se passe rien et le participant interrompt la
séance.
– Dans la seconde situation, le pratiquant s’évertue à prendre et à
expulser un maximum d’air. Très vite, il ressent un besoin accru d’air
et il ouvre alors naturellement la bouche – comme cela se produit
durant une course à pied – pour happer et rejeter l’air.
Donc, à notre sens, autant commencer directement à respirer par
la bouche, puisque de toute façon on y parviendra.
Voyons maintenant la seconde question : respirer lentement ou
rapidement ? En général, ceux qui décident d’effectuer une première
séance de biorespiration imaginent mal ce que représente une
respiration continue. Aussi, en début de séance, s’efforcent-ils de faire
d’amples mouvements respiratoires. Peu à peu, plus on avance dans
la séance, plus le besoin d’air se fait pressant, un peu comme celui
ressenti lors d’une course. Alors le rythme respiratoire s’accélère et la
respiration s’effectue par la bouche d’une manière plus saccadée.
Le pratiquant entre dans une sorte de respiration involontaire,
décidée par le subconscient. Cette fois, les deux temps de la
respiration (l’inspiration et l’expiration) sont assurés en dehors de la
direction consciente. Nous appelons cette phase respiratoire celle du
« pilotage automatique ». Ce type de respiration est actif sur ses deux
temps. Le pratiquant demeure conscient de la situation, mais il est
relégué au rôle de spectateur de ce qui se passe en lui-même, sans en
avoir la maîtrise immédiate.
Dans ces conditions, les temps d’inspiration et d’expiration
s’alternent, absolument, sans pause intermédiaire ni rétention.

b) La mise en place pour la biorespiration

D’une manière générale, il n’y a pas de position imposée en début de


pratique de la biorespiration. Peu à peu, au fur et à mesure des
séances, chaque participant utilise les positions qui lui conviennent.
La règle générale adoptée dans ce choix est celle de la sécurité
personnelle des participants et collective du groupe.
Habituellement, les participants s’allongent sur le dos sur un
matelas. Ils se couvrent d’une ou de plusieurs couvertures, ou les
laissent près d’eux à disposition. C’est une mesure de précaution, car
en fin de séance survient généralement une impression de froid.
La séance doit se dérouler dans l’atmosphère fraîche d’une salle
convenablement aérée. L’éclairage est réduit de manière à favoriser la
concentration, puis ultérieurement le libre dégagement des tensions.
Les bruits extérieurs ne doivent pas parvenir dans la salle de travail,
afin de ne pas distraire l’attention des participants.
Une séance de groupe – de quatre à huit personnes – est préférable
à une séance individuelle. En groupe, il se produit des interactions
qui favorisent le travail de chacun. Certains préfèrent simplement
observer au cours d’une première séance. Ce n’est qu’ultérieurement
qu’ils y participent.
Il est nécessaire de se mettre à l’aise en s’habillant de vêtements
amples. Un survêtement convient parfaitement. Nous conseillons de
se séparer des bracelets, montres, colliers, ceintures, etc., qui
constituent des entraves au bon déroulement de la respiration.

3. L’évacuation des tensions par la RESPIRATION

a) Les levées de tensions

Certains demandent s’il faut respirer longtemps pour ressentir les


premiers effets. Invariablement nous répondons que chaque cas est
particulier, donc que les résultats dépendent de chacun.
Il suffira à telle personne d’un temps variant de vingt à trente
minutes ; telle autre respirera cinquante minutes. Nous déconseillons
de dépasser une heure de respiration continue. Certaines personnes
fragiles, comme les spasmophiles, ne doivent respirer qu’une dizaine
de minutes au maximum. Le problème n’est pas à notre sens au
niveau de la durée de la respiration, mais bien plus à celui des effets
obtenus.
Les réactions qui apparaissent lors d’une première séance
dépendent de l’état des tensions qui existent chez chacun. En
permanence nous sommes le siège de tensions corporelles, parfois
enregistrées depuis fort longtemps, et nous ne les percevons pas
toujours.
En début de séance, le pratiquant ressent des picotements, puis
des fourmillements dans les pieds et les mains – principalement dans
les mains. Ces impressions s’accompagnent parfois de vertiges, qui ne
persistent pas habituellement.
Parfois, une sensation de chaud ou de froid envahit les extrémités
des membres. Cela peut s’accompagner d’un dégagement de sueur.
Les pieds et les mains deviennent moites. Quelquefois, c’est le corps
entier qui baigne dans le sueur, d’où la sage précaution de s’entourer
de couvertures pour éviter les refroidissements.

LES MAINS DE JEAN-CLAUDE SE SOULÈVENT EN BIORESPIRATION

Ces symptômes s’estompent parfois et sont remplacés par


d’autres ; le corps peut se mettre à trembler. Souvent, le participant
sent ses mains se paralyser en se tétanisant. Quelquefois, il s’agira
aussi de la bouche. En particulier, les doigts se raidissent, se
recroquevillent dans différentes positions, et il n’est plus possible,
provisoirement, de les commander pour faire cesser cet état. Certains
prennent peur à ce moment-là ; cependant, de telles situations ne
sont que temporaires : elles disparaîtront lorsque la respiration sera
ramenée à la normale, en utilisant le nez et non plus la bouche.
La tétanie peut d’ailleurs gagner les muscles des avant-bras et
parfois ceux du bras. Les mêmes sensations s’observent, plus
rarement il est vrai, au niveau des membres inférieurs. Seules les
crampes des muscles jumeaux des mollets sont assez fréquentes. Des
douleurs localisées peuvent surgir, en particulier au niveau des
omoplates ou de la colonne vertébrale.
Toutes ces situations ne se vivent pas simultanément ; c’est
souvent l’une ou l’autre qui survient. Mais certains ne perçoivent que
peu de réactions.

LES MAINS DE JEAN-CLAUDE PARVIENNENT À UNE POSITION FINALE EN


BIORESPIRATION

b) Les dégagements de tensions

Si ces réactions sont diverses, toutes ont une origine commune :


l’existence de tensions préalables dans le corps. Ainsi que nous
l’avons relaté, ces tensions se « logent » dans les masses musculaires.
Nous ne les percevons pas habituellement, sauf dans des situations
particulières (crampes au mollet, douleur dans le cou ou dans le
dos…).
Le premier résultat de la respiration continue est de faire ressortir
ces tensions sous-jacentes. Le participant assiste, en spectateur de lui-
même, à la naissance puis à la croissance de ces tensions. « Sortir »
ces tensions est aussi profitable à l’organisme que le développement
des symptômes de désintoxication observé lors d’une cure.
Comment évoluent ces tensions ? En général, elles naissent,
croissent, jusqu’à un niveau parfois fort douloureux, puis régressent
et disparaissent définitivement. Cela nécessite parfois plusieurs
séances consécutives.
On peut hâter ces évacuations de tensions en appuyant sur
certains points situés en divers endroits précis : au niveau du plexus
solaire, dans les muscles trapèzes, au centre des omoplates, sur les
muscles jumeaux, aux chevilles… Ces points existent chez toute
personne : leur sensibilité « à froid », c’est-à-dire en respiration
normale, donne une indication précieuse sur l’intensité des tensions
qui existent à l’intérieur de l’organisme.
En règle générale, il ne faut pas presser ces points avant que la
respiration ne soit bien effectuée. Alors, le fait d’appuyer sur l’un ou
l’autre point choisi fait « éclater » la tension, comme si elle se
dissolvait d’elle-même. Le pratiquant ressent un bien-être et une
euphorie difficilement imaginables pour ceux qui n’ont jamais
effectué de biorespiration.
Parfois, la tétanie gagne les membres et s’approche du tronc. À
notre avis, il est préférable de ralentir carrément le rythme
respiratoire. Cette possibilité est parfois difficile lorsque le pratiquant
est entré en phase de « pilotage automatique ».
Nous pensons cependant qu’il ne faut pas le laisser traverser une
situation qui lui est devenue difficile à supporter, d’autant plus qu’il
reste un témoin conscient de la situation, même s’il est dans
l’incapacité provisoire de la maîtriser.
C’est pourquoi nous préférons que les séances soient menées
progressivement, de manière à faire apparaître des effets
supportables dès la première fois. Lorsque la progression est assurée,
les participants aboutissent à une technique d’autocontrôle qui leur
permet de se diriger seuls.
Cependant, et par mesure de contrôle ultime, nous proposons
qu’une autre personne se trouve à proximité du sujet lors de toute
séance, pour pouvoir effectuer un ralentissement de la respiration si
la sécurité venait à l’exiger. L’idéal serait de pratiquer la biorespiration
alternativement en couple.

c) La libération des tensions

Quels sont les principaux résultats observés après les levées puis les
dégagements de tensions ? Tout d’abord, beaucoup de points
douloureux, qui n’étaient que des « nœuds de tension » – il y en a un
certain nombre dans le cou ou le dos –, disparaissent. C’est déjà
intéressant.
Mais le résultat le plus important est cette impression de sérénité
qui envahit les pratiquants à l’issue des séances et qui les rend très
euphoriques, chassant les dépressions et autres sensations négatives.
Tout se passe comme si la décharge des tensions favorisait la libre
circulation de l’énergie vitale, qui peut désormais baigner tout
l’organisme et le vivifier.
Enfin, nous préconisons cette technique respiratoire en début de
cure de désintoxication, pour éviter – ou amoindrir – les levées de
tensions qui peuvent survenir durant celle-ci.

d) La relaxation subconsciente

La séance de biorespiration se termine naturellement par une


relaxation :
c’est une période pendant laquelle l’organisme se repose et
récupère. Mais, alors que, dans la relaxation décrite précédemment,
le repos et la récupération étaient décidés volontairement, celle qui
prolonge la biorespiration ne dépend pas de la volonté consciente.
C’est pourquoi nous appelons cette phase relaxation subconsciente.
Ici, comme dans le déroulement de la cure de désintoxication, le
participant est spectateur du bien-être qui l’envahit totalement. En
particulier, l’impression de chaleur est intense. Souvent, pour
terminer la séance, le participant s’enroule dans sa couverture,
adoptant une position qui lui est propre ; il demeure ainsi en
jouissant pleinement du moment présent.
Cette situation hors du contrôle du conscient se vérifie encore
lorsque certains décident de se lever vivement. Souvent ils se sentent
« reprojetés » vers le sol. C’est d’ailleurs pourquoi nous les initions à
sortir de leur relaxation très progressivement.
C’est souvent en fin de relaxation que l’on découvre les
changements qui se sont produits en soi. En particulier la disparition
de diverses douleurs dans le cou, dans le dos, le long de la colonne
vertébrale… Mais les effets de cette ralaxation subconsciente se
prolongent dans le temps. L’organisme est moins douloureux, le
comportement, plus serein. Un visage éclairé remplace celui, sombre,
qui existait préalablement. C’est pourquoi on peut vraiment parler de
« renaissance » à propos des résultats observés à l’issue de la
biorespiration.
« Combien de séances sont nécessaires pour une libération
complète ? » nous demande-t-on souvent. La réponse est variable ; il
nous semble qu’une série ininterrompue de cinq à sept séances, à
raison d’une séance par jour, fait déjà grandement avancer le travail
recherché. Parfois, quelques séances supplémentaires sont
nécessaires.
« Les résultats obtenus durent-ils longtemps ? » est une autre
question fréquemment posée. Oui, en général les résultats sont
durables. Cependant, les stress de la vie courante viennent parfois
nous recharger en tensions. Il est sage d’effectuer une série annuelle
de biorespiration de cinq à sept séances, ou de pratiquer deux
séances mensuelles.
Chapitre XII
Les déblocages émotionnels

1. La vie émotionnelle

a) Les marques d’attention

La vie émotionnelle conditionne largement nos comportements. Il est


donc intéressant de réfléchir à la manière dont elle se déroule et
d’observer quelles en sont les composantes.
Les marques d’attention sont des stimuli que nous recevons des
autres, ou leur offrons, lorsqu’ils nous reconnaissent, ou lorsque nous
voulons communiquer avec eux. Ces marques peuvent être de natures
différentes. Ce peut être un sourire, un hochement de tête, une main
tendue, une parole articulée… mais aussi une frappe de la main ou
du pied, un regard dur…
Nous voyons apparaître ainsi des marques d’attention positives,
que nous apprécions, et des marques d’attention négatives, que
nous rejetons. Notre comportement vis-à-vis d’autrui est déterminé
par les signaux que nous en recevons et par ceux que nous leur
envoyons. Ces marques d’attention sont vitales pour notre équilibre.
Il est pratiquement impossible de vivre en un réel équilibre dans une
complète isolation.
Notre vie émotionnelle nécessite autant des marques d’attention
que diverses satisfactions spirituelles, intellectuelles, matérielles et
autres.
Les marques d’attention sont prodiguées dans le cadre d’un
système social qui est tout d’abord la famille, puis l’école et, plus tard,
la société. Il y a une certaine adaptation aux marques d’attention
reçues ; c’est pour cela que le comportement familial aura de grandes
répercussions sur l’équilibre du petit enfant et, par la suite, sur la
qualité de sa vie émotionnelle d’adulte.
Les marques d’attention s’expriment en termes d’échange. Nous en
donnons aux autres et nous recevons les leurs. Nous devons être
capable d’accepter celles qui nous parviennent et parfois de les
refuser si elles ne nous conviennent pas.
L’échange peut également se réaliser avec nous-même suivant ce
que nous souhaitons nous octroyer ou nous refuser. Par exemple, nous
pouvons nous octroyer le droit de nous faire plaisir en nous offrant
un spectacle, une friandise, une lecture, une promenade, ou au
contraire nous le refuser. Dans le premier cas, nous nous donnons des
marques d’attention positives ; dans le second, elles seront négatives
si, bien sûr, après avoir songé à telle gratification, nous nous la
refusons.
L’impact des marques d’attention extérieures, que nous recevons
des autres, dépend de notre capacité à vouloir ou à pouvoir les
accepter. Ainsi, à chaque instant, percevons-nous des messages qui
nous parviennent et conditionnent notre état émotionnel. Plus nous
nous sentons bien adapté à notre entourage, plus ces messages seront
ressentis comme satisfaisants. Mais, si nous sommes en porte à faux,
nous risquons fort d’en souffrir. Ainsi en est-il du contestataire, du
marginal, de l’opposant, qui perçoivent souvent négativement des
situations qui apparaissent neutres ou positives à d’autres.
Ces états émotionnels négatifs provoquent une grande déperdition
d’énergie, conduisent à l’énervation et, finalement, aux troubles
psychosomatiques. Aussi, lorsque nous désirons affirmer des idées ou
des comportements qui ne sont pas ceux de la multitude, devons-
nous faire en sorte que cette affirmation s’effectue positivement, ce
qui est parfois malaisé.
Ainsi un végétarien aura-t-il parfois des difficultés à vivre dans un
milieu omnivore. Il recevra et émettra des marques d’attention qui
risquent de crisper les diverses parties si la tolérance, voire la jovialité
ne viennent les présenter différemment.
À travers ce simple exemple, vous pourrez observer et reconnaître
dans votre propre vie l’impact que les marques d’attention diverses
que vous recevez ou émettez induisent sur votre équilibre
émotionnel. Vous pourrez, au-delà de cette simple information qui
n’épuise pas le sujet, essayer de vous observer et de vous
reprogrammer pour décider de passer des attitudes négatives qui
vous détruisent à celles positives qui engendrent la santé.

b) Les jeux

Si les marques d’attention constituent les moyens d’échange entre


nous et les autres ou l’extérieur, elles sont également les moyens que
nous utilisons pour faire connaître nos « jeux ». Les « jeux »
représentent ce que nous voulons ou devons faire pour exister. Cela
peut être un jeu choisi – c’est habituellement la situation de l’enfant –
ou supporté – par exemple le travail qui représente plus fréquemment
la réalité de l’adulte.
La grosse difficulté de notre existence consiste à ajuster le jeu (ou
les jeux) que nous désirons effectuer (comme autrefois à l’état
d’enfant) à celui (ou à ceux) que nous devons faire à l’état d’adulte.
Beaucoup de contraintes, impliquant des conflits, proviennent des
diverses situations vécues. L’inadaptation au jeu peut devenir une
opposition sociale et, à l’extrême limite, le rejet de toute forme de
travail. Notre objet n’est pas de porter un jugement sur les choix
effectués, mais plutôt d’observer les conséquences que de telles
situations auront sur les états émotionnels.
Si nous avons besoin d’être reconnu d’autrui en émettant des
marques d’attention, les jeux sont le lieu où cette expression peut être
la plus épanouissante – ou la plus humiliante – possible. Le jeu étant
vital pour notre équilibre, il sera donc nécessaire de compenser le
« jeu » du travail que nous effectuons – en cas d’insatisfaction – par
un violon d’Ingres : activité secondaire qui nous apporte satisfaction,
compensation et équilibre.
Il est nécessaire aussi que, dans un groupe d’individus, les jeux
respectifs soient connus, admis et respectés. Les jeux clandestins sont
souvent sources de tension.
Être adapté à son milieu social, c’est savoir jouer
harmonieusement, s’épanouir et se réaliser. Ici encore, chacun devra
faire une rétrospective de la nature de ses propres jeux. Il sera
nécessaire, en particulier, d’observer quand et comment on
s’épanouit, de réaliser aussi ce qui détériore et de rechercher
comment apporter remède à ces situations destructrices. En effet, il y
a toujours une adaptation intelligente à chaque situation, même la
pire. C’est à nous de la trouver ou de nous faire aider pour la repérer.

c) Les sentiments

Toutes les attitudes, toutes les situations que nous vivons engendrent
en nous des sentiments. Un sentiment est une réaction physiologique
associée à une pensée. Nous pouvons classer les sentiments en quatre
grandes catégories : la peur, la tristesse, la colère et la joie.
Ces sentiments de base peuvent s’interpénétrer pour induire des
sentiments qui en sont des composantes ou des mélanges. Par
exemple, nous pouvons obtenir à partir de :
– la peur : l’inquiétude (petite peur), l’angoisse (peur sans objet
réel, peur qui se projette dans le futur) ;
– la tristesse : la morosité (état bénin et permanent de la
tristesse), le chagrin (état bénin de la tristesse, mais plus passager), le
deuil (état passager, mais parfois de très forte intensité) ;
– la colère : l’irritation (petite colère passagère), la fureur (grande
colère passagère), la rage (grande colère qui peut être tenace) ;
– la joie : la sérénité (joie calme et continue), l’enthousiasme (joie
forte, plus ou moins passagère), la plénitude (sensation joyeuse d’être
comblé en permanence).
Des composantes secondaires peuvent également exister, par
exemple la haine (mélange de colère et de peur) et la jalousie
(mélange de colère et de tristesse).
Tous les sentiments que nous avons décrits ci-dessus interfèrent
entre eux en des jeux subtils à l’intérieur de nous-mêmes, et ce que
nous ressentons finalement est la résultante de ces interférences.
Le vécu de chaque sentiment se traduit par la charge de ce
sentiment, charge plus ou moins intense qui se prolonge
généralement par une décharge plus ou moins progressive, plus ou
moins existante aussi, et que nous pouvons représenter par une
courbe ascendante puis symétriquement descendante, selon le
schéma ci-contre.

Avant la naissance du sentiment, nous sommes en principe dans


une situation neutre – ou niveau 0 – se traduisant par une sensation
de bien-être ou de relaxation satisfaisante.
Lorsque le sentiment surgit, c’est la période de charge du
sentiment ; elle peut être plus ou moins brève. Cette charge
s’accentue jusqu’à un summum (maximum de l’intensité de l’émotion
engendrée par le sentiment).
Puis cette intensité émotionnelle décroît, habituellement au cours
de la décharge.
Il peut se produire trois situations principales :
– La décharge est normale et l’intensité émotionnelle s’évacue
raisonnablement.
– La décharge se prolonge. Il y a difficulté à « évacuer » le
sentiment chargé. C’est déjà une source de difficulté.
– La décharge ne s’effectue pas. Il se produit alors un blocage
émotionnel, fort préjudiciable à l’équilibre de l’organisme.
En effet, chaque sentiment vécu crée un état de tensions
corporelles. Celui-ci bloque la circulation énergétique en dissipant en
pure perte l’éner-gie existante. L’organisme entre alors en situation
d’énervation – insuffisance d’énergie vitale –, qui ne lui permettra pas
d’accomplir normalement toutes ses fonctions.
La toxémie s’élèvera dans le corps et, lorsqu’elle dépassera le seuil
de tolérance toxinique, il se produira des crises – appelées maladies –
qui viendront résorber cet excès de toxémie. Ainsi s’expliquent les
troubles physiques engendrés par des blocages émotionnels actuels ou
plus anciens.

2. L’hypothalamus : le cerveau émotionnel

a) L’activité émotionnelle du cerveau

L’hypothalamus est situé à la base du cerveau sous le troisième


ventricule.
C’est le véritable « cerveau » de la vie végétative qui induit
l’expression des émotions.
Les réactions viscérales liées à l’expression des émotions sont
déclenchées par des influx d’origine hypothalamique. Physiquement,
cela se traduit par différents aspects singuliers : rougissement ou
blêmissement, qui proviennent de la dilatation ou de la contraction
des vaisseaux cutanés, modification du diamètre de la pupille,
émission de larmes, relâchement des sphincters, sudation,
hérissement des poils, etc.
Notons que ces réactions hypothalamiques sont déclenchées par
l’action des influx provenant soit du thalamus soit du rhinencéphale.
Le thalamus (ou couches optiques) représente une sorte de grand
relais qui favorise toutes les formes de la sensibilité, permettant ainsi
l’expression de toutes les réactions émotionnelles. Parmi celles-ci on
distingue :
– les réactions viscérales induites par l’hypothalamus, dont nous
avons relaté quelques exemples ci-dessus ;
– les réactions somatiques telles que les cris et les tremblements,
déclenchées par l’intermédiaire des noyaux gris moteurs.
Le rhinencéphale est constitué par une partie du cortex ; il est
d’une structure extrêment simplifiée. Particularités intéressantes : le
rhinencéphale représente la partie la plus ancienne du cerveau
humain et on le retrouve dans la presque totalité du cerveau des
mammifères inférieurs. Il est le siège d’élection des influx d’origine
sensorielle : les influx olfactifs principalement et les influx tactiles,
auditifs, visuels.
L’activité du rhinencéphale affecte deux domaines principaux :
– La mémoire : lorsque le rhinencéphale est détérioré, on observe
des cas d’amnésie ou d’état confusionnel se traduisant parfois par de
la fabulation. Dans ce cas ce sont surtout les souvenirs récents qui
sont mal fixés.
– L’affectivité : ici aussi, lorsque le rhinencéphale présente une
lésion, il peut se produire chez le sujet une série de malaises se
traduisant par de l’agitation, de l’inquiétude, des cris plaintifs. Dans
les cas graves cela peut aller jusqu’à l’angoisse ou, à l’autre extrême,
l’euphorie persistante.
On se rend compte que c’est au niveau de cet organe que se
produisent la coordination et le contrôle des réactions émotionnelles.
Certains estiment même qu’il serait un centre coordinateur des
instincts : instinct de conservation, recherche des aliments, instinct
sexuel.
En conclusion, la vie émotionnelle est placée sous le contrôle de
l’hypothalamus, aidé par les influx en provenance du thalamus ou du
rhinencéphale.

b) Le sang, régulateur de la vie émotionnelle

Le pH normal du sang est légèrement supérieur à la neutralité de 7 et


son amplitude de variation est relativement faible. Il est donc
constamment faiblement alcalin.
Lorsque le pH sanguin est normal, l’hypothalamus, notre cerveau
émotionnel, est approvisionné par un sang qui lui laisse ses facultés
normales de réaction. C’est-à-dire que, si nous revenons à notre
interprétation de la charge d’une émotion liée à l’existence d’un
sentiment, il se produira sous l’action de cet hypothalamus une
décharge normale, donc appropriée à l’évacuation raisonnable dans le
temps de cette émotion.
Mais si le pH devient légèrement plus acide que la normale, alors
la décharge fonctionnelle s’effectue beaucoup plus lentement.
Enfin, si l’acidité du pH est encore accentuée, la tendance au
blocage émotionnel et à la rétention des tensions devient plus
manifeste.
En situation inverse, lorsque le pH possède une légère alcalinité,
l’activité hypothalamique est surstimulée ; il se produit alors des
levées de tensions accélérées – de tensions parfois insoupçonnables
préalablement – et des déblocages émotionnels accentués.
La respiration continue (ou biorespiration) provoque une
hyperventilation des poumons. Ceux-ci jouent un rôle essentiel dans
l’évacuation de l’acide carbonique, ce qui a tendance à faire évoluer
le pH sanguin vers une plus forte alcalinité. C’est ce qui explique,
conformément aux informations précédentes, les levées de tensions et
les déblocages émotionnels observés au cours des séances de
biorespiration.

3. Les décharges émotionnelles

a) Les montées émotionnelles

Au cours de la biorespiration, les anciennes tensions réapparaissent


puis s’évacuent. Il en va de même pour les émotions. Celles-ci
montent jusqu’à un certain paroxysme, puis il se produit un
« éclatement », et le sentiment perçu se dégage de lui-même.
Parfois, la charge émotionnelle est bien perçue mais l’évacuation
ne se fait pas pour autant. Une manière d’aider alors à décharger ces
émotions consiste à travailler sur les points de dégagement.
Ces charges émotionnelles existent en nous préalablement à la
séance de biorespiration. La respiration continue alcalinise le pH
sanguin et celui-ci favorise l’action de l’hypothalamus qui déclenche
ces décharges.
Ces montées émotionnelles peuvent être très diverses. Parfois, on
les sent venir tout doucement. D’autres fois, elles parviennent à la
surface comme de véritables torrents. Ce qu’il y a d’extraordinaire,
c’est qu’en général nous ne connaissons pas le type d’émotion qui est
susceptible de monter.
Certains se refusent à laisser venir ces montées émotionnelles. Ils
les répriment en se refermant sur eux-mêmes. Ils ont toujours
procédé ainsi, ce qui explique finalement l’importance de leur
blocage. Cette attitude de fermeture se traduit par le resserrement
des dents, ce qui ralentit la respiration. Et ce ralentissement aura
pour effet d’inhiber l’hypothalamus et, par conséquent, la montée
émotionnelle ; ainsi le participant se bloque-t-il un peu plus, ce qui
est fort préjudiciable pour lui.
Dans ces diverses situations, il appartiendra au conseiller d’aider le
participant pour qu’il accepte de laisser faire. Cette intervention est
parfois malaisée.
Les sentiments qui montent sont divers. Le plus souvent on
reconnaît l’un des quatre sentiments de base : la peur, la tristesse, la
colère ou la joie.

b) L’« éclatement »

Les levées de tensions et les déblocages ne se produisent pas


simultanément. Selon l’état de chaque personne, c’est l’un ou l’autre
travail qui se déclenche d’abord.
Nous avons observé que les levées de tensions apparaissent
principalement en début de séance, suivies des déblocages
émotionnels. Cependant, certains ne feront que des levées de tensions
et d’autres induiront d’entrée de jeu des déblocages émotionnels
avant même que la moindre levée de tension observable ne se
produise.
Lorsque le sentiment déchargé est la peur, le corps se met à
trembler, sans qu’il soit possible de maîtriser ces tremblements sur le
moment. Souvent une impression de froid intense les accompagne,
puis les tremblements cessent et la chaleur envahit le corps tout
entier. La décharge de la peur est achevée et celle-ci n’entrave plus la
circulation de l’énergie.
La tristesse se manifeste sous forme de pleurs. Ceux-ci peuvent
être à écoulement lent, traduisant une tristesse profonde, tenace, ou
être à évacuation rapide, marquant alors un véritable désarroi. Ici
aussi, la cessation des pleurs est suivie de l’arrivée de la chaleur,
annonçant la fin de la décharge.
La colère, elle, se traduit par des mouvements désordonnés. Le
participant frappe de ses pieds ou de ses mains le matelas sur lequel
il est allongé. Parfois, il se déplace subitement et crie. Il est essentiel
alors qu’il puisse disposer de l’espace et de la sécurité nécessaires
pour s’exprimer. La fin de ce genre de décharge se reconnaît par
l’arrivée d’un état d’abattement, suivi par un état de relaxation et de
calme intérieur.
La joie se manifeste généralement par le rire, parfois par le chant.
Le rire est souvent prolongé ; il peut être saccadé, à la limite des
larmes. Le chant, plus rare, explose, comme s’il était contenu depuis
trop longtemps. Ici aussi, le calme intérieur vient annoncer la fin de
la décharge.
Quelquefois, les décharges sont mixtes. Il s’agit d’un mélange de
peur et de tristesse, ou de peur et de colère, ou de tristesse et de joie.
Il peut aussi se produire une rotation dans l’expression de ces
différents sentiments, mais elle s’effectue rarement au cours d’une
même séance. En revanche, elle est parfois observable à la fin d’une
série de séances.
Les sentiments mixtes tels l’inquiétude, l’angoisse, la morosité, le
chagrin, l’irritation, la fureur, la rage, la sérénité, l’enthousiasme, la
haine, etc., peuvent également resurgir puis se décharger.
Les situations sont parfois confuses et il n’est pas toujours possible
à un observateur extérieur de déterminer avec exactitude la nature
des sentiments déchargés.
Ce travail d’« éclatement » émotionnel représente idéalement des
actions vitales en antimaîtrise consciente. Lors de ces « expressions
libératrices », les participants perçoivent la décharge d’émotions
anciennes, enfouies en eux. Certains remontent ainsi le cours de leur
vie. Mais, en premier lieu, la biorespiration dégage les tensions
existantes et les blocages émotionnels d’origine récente.
Chapitre XIII
Le cycle de la biorespiration

Nous souhaitons maintenant exposer au lecteur les techniques de


la biorespiration. Il existe un rythme d’évolution du travail qui est
commun à ceux qui la pratiquent. La durée moyenne d’un cycle est de
six séances approximativement.
Il est préférable de réaliser ces séances consécutivement.
L’espacement des séances peut varier entre un jour et une semaine.
Les séquences journalières sont préférables.

1. Première séance

La première séance représente un contact avec la biorespiration. Le


participant s’installe sur un matelas et se recouvre de couvertures. Il
lui est conseillé de porter des vêtements amples, commodes,
confortables, permettant les mouvements. Les chaussures sont ôtées ;
les bracelets, colliers, montres et autres entraves sont retirés. La
lumière doit être tamisée et la température, douce.
La séance commence par une prise de conscience du corps
analogue à celle que nous avons décrite précédemment pour la
relaxation. Bien vérifier que les mâchoires ne sont pas crispées, ni les
dents, serrées. On propose alors de respirer amplement par la bouche
en respiration continue. Le rythme respiratoire est laissé au libre
choix de chacun. Finalement, l’efficacité de la séance dépend de la
capacité de chacun à absorber la plus grande quantité d’air possible.
Il ne faut surtout pas interrompre le cycle respiratoire.
La personne qui assiste et conseille le participant se tient auprès de
lui et l’encourage à respirer.
Généralement, il se passe quinze à vingt minutes, en début de
séance, avant que ne surgissent les premières réactions. Alors, en
premier lieu surviennent les diverses sensations de fourmillement
dans les mains et les pieds. Puis une sorte d’engourdissement, qui
peut s’étendre aux avantbras, aux jambes, au niveau de l’estomac, du
bas-ventre. Parfois la bouche se crispe, ainsi que le pourtour des yeux.
Ces fourmillements et engourdissements s’amplifient jusqu’à
atteindre une tétanisation plus ou moins importante. En particulier,
les mains se recroquevillent dans une position particulière dite
« mains d’accoucheur ». Cette tétanisation s’accompagne d’une
sensation de douleur plus ou moins accentuée.
Si le phénomène devient trop important, insupportable, le
conducteur demande au participant de cesser la respiration buccale
pour repasser à la respiration nasale. Ce ralentissement respiratoire
suffit pour faire cesser en quelques minutes les phénomènes observés.
Une première séance permet donc de tester l’état de tension de
l’organisme.
Parallèlement à la montée des tensions se produit un déblocage
émotionnel. Des pleurs surviennent qui se transforment en sanglots.
Parfois c’est de la colère qui ressort en premier. D’autres fois c’est le
rire. Chronologiquement, ces décharges émotionnelles suivent les
évacuations de tensions.
Le temps programmé pour une séance est d’une heure théorique.
La durée du travail dans ce cadre est variable. Cela peut aller de la
dizaine de
minutes – grands tendus, spasmophiles – à une cinquantaine de
minutes de respiration. Les déblocages émotionnels peuvent être
généralement menés à leur terme. En revanche, la tétanisation doit
souvent être arrêtée avant sa disparition naturelle.
LA MAIN RECROQUEVILLÉE DE JEAN-CLAUDE EN BIORESPIRATION

Après la période de décharge survient une phase de grand calme :


c’est la relaxation. Le participant est alors tranquillisé, soulagé,
sécurisé, heureux de ce qui vient de se produire. Cette relaxation
dure de quinze à trente minutes. Elle est profonde, allant parfois
jusqu’au sommeil récupérateur de l’énergie dépensée.
La décharge des tensions et des émotions agit immédiatement sur
le comportement du participant. Son expression est plus ouverte,
relaxée ; son visage, souriant et détendu. La communication se fait
plus aisément. C’est comme si l’on assistait à une renaissance de l’être
profond, trop souvent étouffé par les blocages endurés au cours de la
vie.

2. Deuxième séance

Maintenant, le participant comprend mieux ce que représente la


biorespiration. Il est devenu plus responsable dans ses décisions.
Cette fois, l’implication dans le travail est plus directe.
Au cours de cette deuxième séance, le participant prend à son
compte sa conduite en autorégulation. Cela veut dire qu’il va
amplifier sa respiration de telle sorte que des réactions surviennent.
Mais, cette fois, il aura le libre arbitre de les laisser courir ou de les
restreindre en ralentissant sa respiration.
De son estimation personnelle dépendra donc cette fois l’efficacité
du travail. Le conducteur veille néanmoins à ce que cette
appréciation ne soit pas excessive. En définitive, le participant aura la
sensation de pouvoir finalement dominer ces phénomènes aussi
étranges qui proviennent de lui.
Durant cette séance, le rythme respiratoire, déjà plus aisé,
provoque une accélération des réactions. La tétanisation, lorsqu’elle a
existé en première séance, revient plus ou moins intensément ;
généralement elle s’accroît.
Au cours de cette séance, débarrassé de sa peur précédente, le
participant se laisse aller de plus en plus. Il s’ensuit que les montées
de tensions et les manifestations diverses surgissent plus facilement :
claquements de dents, douleurs plus ou moins fortes dans diverses
parties du corps (tête, ventre, estomac, poitrine, membres), forte
transpiration, halètement, etc.
C’est souvent lors de la deuxième séance que les réactions sont les
plus vives. Et cependant le participant n’est plus inquiet ; au
contraire, il est satisfait de contempler toutes ces manifestations qui
sortent de lui pour le libérer. De pouvoir arrêter ces évacuations selon
son désir – en restreignant sa respiration – lui donne l’impression de
maîtriser le processus.
Pendant cette deuxième séance, les décharges émotionnelles
s’accroissent également. C’est le cas particulièrement pour la colère si
elle existe et si elle avait été retenue lors de la première séance. Mais
ces libérations émotionnelles, aussi vives qu’elles soient, sont
généralement brèves. En quelques minutes elles transforment
extraordinairement les personnes qui les vivent.
L’expérience acquise durant la première séance permet de mieux
apprécier jusqu’où il est convenable de mener les réactions, et en
particulier les phénomènes de tétanisation. De ce fait, l’expérience
respiratoire est poussée au maximum. C’est le participant qui décide
généralement d’y mettre fin. Ainsi, il gère sa respiration au mieux de
son intérêt. Il se sent libre d’approfondir selon son gré, en
autorégulation, le travail de renouveau psychologique qu’il
entreprend.
Le temps de relaxation est similaire à celui de la précédente séance
et ressenti avec autant de plaisir. Il existe un authentique bien-être,
qui se lit sur le visage épanoui, par l’immobilité naturelle du corps et
la recherche du silence. Certains aiment à demeurer dans cette
sérénité pour jouir davantage de leur bien-être.

3. Troisème séance

L’entrée en troisième séance est déjà familière. Le participant s’installe


et commence immédiatement son travail. Il est impatient d’arriver
rapidement à un résultat. Au bout de quelques minutes à peine, les
réactions apparaissent et le participant en est heureux. Il connaît les
moyens de les conduire en autorégulation. C’est souvent dans cette
séance que les phénomènes d’évacuation des tensions et les
déblocages émotionnels sont poussés au maximum.
Les réactions physiques sont variées au cours de cette séance. Pour
certains, la tétanisation atteint un paroxysme. Pour d’autres, elle est
déjà sur le déclin : la rigidité du corps est moins forte, les douleurs
diminuent. Lorsqu’elle survient, la tétanisation paroxysmale est
généralement brève.
On observe souvent une amplification des déblocages
émotionnels : les gémissements, pleurs, halètements ou cris
s’accentuent. Après quelque temps, le calme survient pour un
moment. Alors certains se prennent d’accès de rire sonore. Parfois les
larmes succèdent à nouveau à ces rires. Quelquefois, ces attitudes
émotionnelles sont accompagnées de visualisations d’expériences
antérieures qui semblent avoir un lien avec les décharges observées.
Cette troisième séance est bien celle où les décharges de
sentiments s’entremêlent : la peur (tremblements), la tristesse
(pleurs), la colère (cris), la joie (rires). L’ordre le plus fréquent du
déroulement de ces décharges est le suivant :

d’abord la colère, si elle existe, avec des cris parfois accompagnés


de frappe avec les pieds et les mains ;
ensuite la tristesse avec les pleurs ;
parfois la peur sous forme de tremblements ;
souvent la joie par le rire.

Cet ordre n’est évidemment pas immuable. Mais l’apparition du


rire annonce, généralement, un tarissement de la sortie des autres
sentiments.
Cette troisième séance est habituellement plus courte que les
précédentes. Voici les raisons de cet écourtement : la mise en place
est immédiate, la crainte des réactions a disparu, la tétanisation,
même vive, est brève, les décharges émotionnelles tendent à
s’abréger.
L’arrêt de cette troisième séance est, très souvent, le fait du
participant lui-même, qui perçoit bien la fin du travail.
Le temps final de la relaxation est toujours le bienvenu et choisi à
la convenance du participant. Le rythme du travail apparaît
maintenant bien personnel et nettement autorégularisé. En fin de
séance, les traits du visage s’adoucissent, les expressions deviennent
souriantes et ouvertes, les attitudes sont silencieuses mais pas
sombres. Un état de paix gagne le participant.

4. Quatrième séance

La mise en place est de plus en plus automatique. Chacun est à la


recherche des effets constatés lors des précédentes séances. Mais déjà
on a l’impression qu’il ne va plus se passer grand-chose tant les
réactions sont amoindries.
La tétanisation est maintenant pratiquement inexistante ; seuls
quelques fourmillements dans les extrémités des membres sont
encore perceptibles. Une immense satisfaction se perçoit chez celui
qui a réussi à évacuer une part importante de ses tensions
corporelles.
Le schéma des décharges émotionnelles se poursuit : ou bien
celles-ci se tarissent si elles ont été vives précédemment, ou bien il y a
une modification de leur nature. Ceux qui ont précédemment vécu la
colère, la rage, la violence, etc., vivent maintenant la tristesse, la
joie… Quelquefois des crises physiques de désintoxication
apparaissent : nausées, vomissements, expectoration, etc.
Mais, dans l’ensemble, ce qui caractérise le plus cette séance, c’est
une régression des réactions. Un calme relatif s’instaure peu à peu.
C’est alors que le conducteur intervient en pressant les points de
tension, dont nous vous avons entretenu précédemment. Il faut
appuyer dessus lorsque le participant est bien « monté » en
respiration. Le résultat de cette pression, choisie opportunément par
le conseiller en fonction de son expérience, est de provoquer de
nouveaux « éclatements » avec évacuation de tensions et déblocage
d’émotions qui n’étaient plus expulsées par la seule « force » de la
respiration. Les effets sont parfois fort spectaculaires.
Lorsque l’on presse les points situés au niveau des épaules, il se
déclenche de petits cris qui expriment la douleur ressentie. Certains
sujets sont dans l’impossibilité de crier, tant leur blocage est profond.
Ce n’est que peu à peu qu’ils pourront exprimer des sons.
Le rythme respiratoire s’accroît à nouveau ; la transpiration
survient souvent. On observe aussi parfois des halètements, des
coups, des hurlements sans commune mesure avec la douleur
physique des pressions parfois très minimes. Mieux, la réponse à la
douleur physique est parfois le rire… suivi de pleurs ; tout cela finira
dans le calme.
La durée des pressions est d’abord brève (une ou deux minutes) ;
chaque pression provoque une réaction, puis il y a un court instant de
répit, mais pas trop long car il faut enchaîner l’ensemble des
pressions pour ne pas en perdre le bénéfice. Ensuite, la durée des
pressions peut s’accroître, de cinq à dix minutes, lorsque leurs effets
deviennent minimes.
L’effet des pressions se continue même après leur arrêt. Il se
produit alors un effet « libération » des tensions, qui se prolonge
parfois même plusieurs jours. Durant la période d’après-pression, des
sortes de résurgences de sentiments peuvent apparaître. Le
participant peut se remettre à gémir, ou la colère monte encore ;
parfois c’est la tristesse ou la peur. Mais chaque fois on constate que
l’intensité des sentiments exprimés décroît jusqu’à complète
disparition.
La relaxation qui suit cette séance est particulièrement bénéfique.
La prise de conscience des points, liée à une inquiétude préalable, la
crainte des douleurs dues aux pressions, l’épuisement consécutif aux
déblocages accentués entraînent le participant vers un état de
relâchement total, dans lequel il se repose avec satisfaction. Ce
sentiment de réussite est encore amplifié par l’impression d’être
parvenu à fracturer une résistance, qui maintenait jusque-là une
oppression néfaste.

5. Cinquième séance

La mise en place et la montée en respiration sont rapides. On observe


une bonne maîtrise de l’autorégulation, du rythme respiratoire et une
attitude positive par rapport aux réactions. L’objectif du participant
est maintenant de bien terminer le cycle respiratoire entamé.
Cette fois il est possible de presser plus fortement : il existe une
familiarité avec le processus et les résultats sont connus. Il arrive que
la douleur ressentie précédemment sur un point particulier s’atténue ;
c’est le signal que la tension a régressé.
La respiration s’accélère encore sous l’effet des pressions. Parfois il
y a encore des halètements, des plaintes, des gémissements… mais
ces phénomènes s’amenuisent peu à peu. En revanche, ce qui
apparaît le plus fréquemment, c’est le rire, un rire amplifié,
difficilement contrôlable. L’intensité des réactions émotionnelles
décroît ; une détente générale s’installe.
Le participant perçoit un bien-être qui indique que le cycle
biorespiratoire touche à sa fin, tout au moins pour ce qui concerne les
manifestations extérieures.
Peu à peu, la relaxation s’installe naturellement dans une chaleur
corporelle retrouvée.

6. Sixième séance

Le participant possède maintenant une bonne expérience de la


biorespiration. Il tente d’estimer si cette séance achèvera le cycle. Il
est important de vivre une séance supplémentaire pour vérifier
qu’aucune résurgence de tensions ni d’émotions ne survient.
Effectivement, même après montée en respiration et pression sur
les points, il n’existe plus de dégagement de tension (tétanisation) ni
de réactions émotionnelles. On considère alors que le travail de la
« biorespiration primaire » est achevé.
La relaxation survient alors spontanément, comme point culminant
de l’intense travail réalisé. Les expressions prédominantes sont celles
de bien-être et de paix.

7. Conclusion

Le participant perçoit qu’il a « vidé » des tensions et libéré des


blocages émotionnels qui le maintenaient crispé, plié, tendu, irrité,
enfin très éloigné de son être authentique. Il a pris conscience des
charges de tensions qu’il a été capable d’accumuler, parfois à son
insu. Il est émerveillé de connaître le moyen de s’en débarrasser.
Notre quatrième clef de la régénération de l’organisme sera la
pratique de la biorespiration.
Chapitre XIV
La reprogrammation positive

1. Les scénarios de vie

L’être vivant se caractérise par des adaptations constantes aux


conditions dans lesquelles il vit. Ces adaptations peuvent survenir
dans divers domaines ; par exemple, au niveau physique, le choix
d’un vêtement se fait par rapport à la température environnante, ou
l’approvisionnement en nourriture, en fonction de la faim.
Sur le plan psychique, les adaptations sont également constantes.
Chaque moment vécu est source de décisions pour l’avenir. Ainsi les
situations agréables sont-elles bien acceptées et, par la suite,
recherchées. Au contraire, les stress subis sont enregistrés s’ils ne sont
pas correctement évacués et, par conséquent, les décisions de vie
tiendront compte de ces événements.
L’ensemble de ces décisions constitue notre scénario de vie, c’est-à-
dire la manière que nous avons de programmer notre existence. Trop
souvent, ce scénario n’est pas élaboré de la manière la plus cohérente
possible parce que nous n’en sommes pas pleinement conscient.
L’objet de notre recherche est précisément d’améliorer ce scénario en
le faisant évoluer vers un type qui pourrait nous être le plus
bénéfique.
Les situations vécues de manière insatisfaisante, voire
douloureuse, engendrent des décisions négatives qui minent la
réserve énergétique de l’organisme. Celui-ci tend alors vers
l’énervation : état d’énergie insuffisante. L’évacuation des toxines est
ralentie ; la toxémie survient qui contraindra le subconscient à
induire des troubles relais ; tel est le processus des maladies dites
psychosomatiques.
On peut d’ailleurs se demander quelle est la part d’un
fonctionnement mental inadéquat dans l’élaboration de la maladie :
c’est souvent un facteur prépondérant.
Pour s’opposer à la toxémie, engendrée en définitive
principalement par une mauvaise attitude mentale, on utilise divers
procédés de compensation. En particulier l’alimentation hygiéniste et
les cures de désintoxication peuvent être pratiquées, inconsciemment,
dans le but de résorber la toxémie excessive.
Autrement dit, on sait utiliser une pratique efficace pour effacer les
symptômes de maladie en faisant régresser la toxémie, mais on est
incapable – on n’en soupçonne même pas l’importance – de modifier
les scénarios de vie qui en sont les véritables causes. Cette manière de
procéder explique que certains sont affectés de troubles bien qu’ils
pratiquent des régimes très stricts. Ils n’arrivent pas à évacuer la
toxémie qu’ils continuent à créer, intensément, pour des causes dont
ils ne se préoccupent pas. Probablement parce qu’ils n’en ont pas
conscience.
Notre manière de présenter cet équilibre psychosomatique éclaire
également sur l’apparente bonne santé qui se voit chez des personnes
nettement optimistes, bien qu’elles s’alimentent mal.
En conclusion, l’alimentation saine ne représente qu’un élément –
important, certes – pour acquérir une bonne santé.
Nous pensons donc qu’il est nécessaire de « réécrire » son scénario
de vie, en y introduisant des décisions positives, afin de recréer l’état
de santé. Pour pouvoir agir ainsi, il nous faut repérer les situations
traumatisantes qui ont eu des répercussions négatives sur notre
comportement.
Nous ne réagissons pas identiquement aux stress extérieurs.
Certains les absorbent aisément et les évacuent, d’autres les
enregistrent et en sont parasités pour un temps plus ou moins long.
De ce fait, ceux qui s’adaptent bien aux stress auront tendance à
minimiser les situations traumatisantes comme facteurs déterminants
dans leur comportement.
Au contraire, les personnes qui souffrent de ces agressions
extérieures sans pouvoir atténuer leur impact sur elles auront
tendance à déclarer que ce sont ces situations extérieures
insatisfaisantes qui sont prépondérantes pour déséquilibrer leur vie.
Nous possédons des caractéristiques physiques personnelles. De ce
fait, nous pouvons avoir des activités physiques intenses si nous
possédons la résistance adéquate. Au contraire, si nous sommes
fragile physiquement, nos activités seront réduites. Nous pourrons
peut-être nous améliorer, mais pas au-delà d’une certaine limite, fixée
par nos capacités vitales qui constituent notre acquis génétique.
De même, nous sommes sous l’emprise de caractéristiques
psychiques reçues à la conception et qui feront que nous pourrons
réagir de telle ou telle manière face aux événements extérieurs.
Quelles sont les importances respectives de l’acquis génétique et
du vécu dans notre comportement ? Cela est bien difficile à évaluer.
Mais nous pouvons essayer de repérer notre manière de répondre aux
événements en comparant notre attitude à celle des autres, et, à
partir de là, nous entrons dans un processus de bioanalyse qui sera
bénéfique.
En conclusion, nous vous proposons d’observer vos propres
scénarios de vie pour voir comment il sera possible d’y apporter des
modifications valorisantes.
2. Le stress

a) Le repérage des stress

Par définition, le stress est une réponse biochimique, physiologique et


psychologique au changement. C’est un ensemble de réactions
émotionnelles à des agents de stress (les stresseurs) externes ou
internes.
Il faut différencier l’agent de stress, ou stresseur, du stress
proprement dit. Les changements qui se produisent dans la vie des
personnes sont agents de stress. C’est pourquoi les changements sont
craints par les personnes à vitalité fragile (malades, personnes âgées,
etc.).
Au contraire, les fortes vitalités acceptent plus aisément les
changements, momentanés ou définitifs (enfants, adolescents,
adultes entreprenants). Pour ces derniers, ces stress peuvent être liés
à des situations de vie stimulantes, donc appréciées.
Le stress est donc une réaction personnelle face à un stresseur. Par
exemple, le bruit crée une situation généralement stressante. Mais le
stress que chaque personne induira à la perception de ce bruit peut
être différent. Certains l’estiment insupportable et s’en déclareront
gênés. D’autres n’y prêteront guère attention, même si avec le temps
ils en subiront les conséquences. En cela, la perception d’un stress est
plus ou moins consciente.
Nous proposons une liste d’agents de stress, ou stresseurs :

la perte de personnes, d’animaux, de lieux, d’objets significatifs ;


la perte de buts dans l’existence, du sens de la vie ;
la relation d’assujettissement à autrui ;
la solitude et l’isolement ;
l’excès ou l’insuffisance d’activité ;
l’excès de compétitivité ;
l’environnement défavorable ;
la violence…
Naturellement, cette liste n’est pas exhaustive. Chacun peut y
ajouter les agents de stress qu’il repère dans sa propre vie.

b) La réduction des états de stress

Quand les états de stress sont installés, le plus important est de les
réduire, si possible de les supprimer.
Les stress constituant nos réactions personnelles à des stresseurs,
celles-ci se traduisent généralement par des charges émotionnelles
d’intensité diverse. Si l’émotion chargée s’écoule normalement, le
vécu est satisfaisant et c’est vers cette situation que nous devons
tendre.
Par exemple, si nous chargeons de la tristesse, la réponse normale
est de pleurer, de sangloter. S’opposer à l’écoulement de ce sentiment
constituera un blocage émotionnel. La tristesse indique une situation
de manque qui provient d’une perte.
Si le sentiment chargé est de la colère, la réponse normale serait
de frapper, de crier, de casser, d’arracher, de déchirer, etc. Mais ces
actes sont-ils souhaitables, toujours possibles et acceptés par les
autres ? Certainement pas.
La meilleure réponse à la colère est l’adoption d’une attitude
réactive appropriée. Cette réponse consiste à écouler la colère :
s’exprimer en haussant le ton, avoir une mimique non équivoque face
à autrui tout en gardant un contrôle de soi suffisant pour éviter l’état
de violence inacceptable. La colère signifie qu’il existe quelque part
en soi un problème qui n’a pas été réglé.
Lorsqu’il s’agit de la peur, la réponse existe soit par les cris, soit
par la fuite. Elle exprime un danger réel ou imaginaire (angoisse),
ancien ou présumé (anxiété).
La joie se décharge par le rire, l’exaltation, l’excitation. Elle peut se
réprimer par le serrage des dents, le froncement des sourcils.
Il est absolument indispensable de ressentir ses émotions sous
peine de tendre vers l’inertie et la rigidité, qui sont des formes
avancées de l’autodestruction. Des séances de biorespiration, telles
que nous les avons décrites précédemment, sont fort utiles pour
réaliser les déblocages émotionnels nécessaires à la régénération de
l’organisme.
Lorsqu’une émotion est vécue, elle entraîne une certaine
consommation d’énergie vitale. Si son déroulement est correct, cette
dépense d’énergie est brève, même si elle peut être intense.
Mais si le stresseur est une perte – et particulièrement une perte
importante –, il y a utilisation permanente de l’énergie. Celle-ci est
utilisée pour le maintien constant de l’émotion parasitaire.
La personne qui subit cet état entre dans une sorte de « tourniquet
mental », ressassant sans arrêt les mêmes pensées autodestructrices.
Il est évident qu’à ce jeu-là l’énergie s’épuise. Souvent le sommeil se
réduit, l’énergie s’amenuise encore. On glisse alors vers l’épuisement
et, si celui-ci persiste un certain temps, vers la dépression. Celle-ci
représente un sursaut de l’organisme – déclenché par la direction
subconsciente – pour empêcher la volonté consciente de détruire
l’organisme par cette activité mentale incessante.
Nous pouvons résumer les conséquences graves des stress vécus
anormalement par le tableau suivant. Naturellement, la réponse à la
dépression consiste à recharger l’organisme en énergie vitale,
notamment par la biorespiration, puis à évacuer les problèmes
parasitaires en utilisant la bioanalyse.

3. La bioanalyse

Une séance de bioanalyse débute par une exposition des problèmes.


Au cours de cette phase, le participant relate ce qui le dérange. Cela
permet déjà un soulagement certain, mais, à ce stade du travail, il y a
aussi un risque : celui de « consolider » les problèmes.
En effet, la verbalisation des données face à une personne permet
souvent à celui qui les expose de présenter ses problèmes – souvent
une fois de plus – en s’arrangeant pour leur donner l’apparence qui
lui convient. Cette manière d’agir ancre encore en lui ses propres
opinions, toujours les mêmes, parfois depuis longtemps.
Or, l’objectif est souvent de lui faire changer d’avis face à ses
propres considérations, cela afin de lui permettre de sortir de
l’ornière psychologique dans laquelle il est coincé. Il n’est alors pas
recommandé de tenter de le faire « bouger » de force en lui proposant
des décisions contraires aux siennes. Il y a fort longtemps qu’il vit
avec celles-ci ; elles font un peu partie de lui-même et il ne désire
pas, à ce stade, s’en départir.
C’est pourquoi bien des recommandations – ou exhortations –
données à une personne qui se plaint n’ont aucun effet. Parfois
même, elles se retournent contre le donneur de conseils. C’est donc
une attitude à éviter, et c’est pourtant ce qui se fait quasi
généralement à défaut de compréhension des « jeux » en présence.
L’exposé des problèmes est souvent effectué dans un contexte de
charge émotionnelle intense. Avant tout, il faut évacuer celle-ci, et
c’est le passage au deuxième stade de la bioanalyse.
Le conducteur de la séance invite alors le stagiaire à se placer à
genoux sur un matelas, les mains posées sur des coussins placés
devant lui. On procède à la vérification des sentiments profonds en
pratiquant la verbalisation simulée, c’est-à-dire que le participant
s’adresse directement à « son problème », supposé être matérialisé
par des objets (coussins). Il lui parle en direct, ignorant l’assistant.
Ce qui est dit là est parfois différent de ce qui a été présenté
précédemment. Le participant se prend à son propre jeu et, souvent,
diverses décharges peuvent surgir : de la colère, parfois de la peur ou
de la tristesse…
Des crises diverses de libération émotionnelle apparaissent alors.
Le participant « craque », comme il le dira après. Il s’effondre parfois
sur le matelas dans des crises jamais vécues précédemment. En
quelques minutes, il peut ainsi se libérer de charges émotionnelles
parasites liées à des problèmes qu’il transporte en lui, parfois depuis
fort longtemps.
Le rôle de l’assistant est de relever parmi les déclarations du sujet
ce qui paraît important. Il lui suggère alors, sous forme d’injonction,
de répéter des phrases clefs choisies. Si celles-ci sont appropriées, la
crise d’« éclatement » s’amplifie encore jusqu’à la libération totale. Il
arrive que le participant parvienne à une sorte de prostration
passagère, de laquelle il émergera avec une satisfaction non
dissimulée.
On est prêt alors à entrer dans la troisième phase du processus.
Celle-ci consiste à proposer des contrats transactionnels, c’est-à-dire
des contrats que l’on passe avec soi-même pour modifier le
comportement face aux problèmes considérés.
C’est possible maintenant, alors que la charge émotionnelle est
évacuée. Cela ne l’aurait pas été au cours de la première phase, c’est-
à-dire avant le dégagement émotionnel. Les réactions d’une personne
« en charge » sont très différentes de celles observées après la
libération de celle-ci ; cette constatation est fort utile pour mener ses
relations avec autrui.
L’un des premiers contrats à proposer est de faire reconnaître que,
quelle que soit la nature des événements extérieurs, la création d’un
problème provient toujours du mental de celui qui l’engendre, ce qui
est une manière d’en reconnaître la responsabilité.
Il faut alors proposer au participant de cesser de créer son
problème. Aussi étonnant que cela paraisse, ce contrat est souvent
accepté après la décharge, rarement auparavant. D’ailleurs, si un tel
contrat n’est pas accepté, c’est que le problème est encore bien
« accroché » dans la tête de celui qui le transporte. Dans ce cas, ce
dernier retourne sur le matelas pour retravailler la décharge
émotionnelle.
Notons que tout ce travail se fait parfois difficilement au début. En
effet, s’il est malaisé pour certains d’exposer leurs problèmes, il est
encore plus difficile de se « décharger ». Tout se passe comme si ces
problèmes devenaient une partie intégrante de la personne et que,
malgré la souffrance qu’ils engendrent, on refuse, inconsciemment
bien sûr, de s’en séparer. Seule la décharge émotionnelle modifie cet
équilibre ; c’est pourquoi il est important de l’obtenir.
Par la suite, on procède à la reprogrammation du participant en lui
proposant des solutions positives, qui sont généralement acceptées.
Il ne faudrait pas croire cependant que les nouvelles décisions
adoptées le sont de manière définitive. Souvent, des sortes de
résurgences des problèmes initiaux apparaissent, comme des crises
diverses. Mais, généralement, elles s’atténuent jusqu’à disparaître.
Alors, si le travail de bioanalyse a été bien mené, une sorte de
sérénité apparaît, comme une impression de renaissance mentale.
Combien de séances sont nécessaires pour éclaircir les problèmes ?
Une première participation évacue déjà une difficulté importante,
mais surtout elle informe concrètement sur une méthode de travail
sur soi qu’il sera possible d’appliquer pour d’autres situations. En
général, deux ou trois séances sont nécessaires pour évacuer une
grande part des problèmes. En revanche, lorsque ceux-ci sont
nombreux, anciens, difficiles à évacuer, il faudra y consacrer
davantage de temps.

4. Témoignage d’un travail en bioanalyse

« Voilà maintenant un peu plus d’un mois que j’ai quitté Kervénanec.
Je sens bien que mon séjour à Nature et Vie a été très important pour
moi : mon rapport à mon corps n’est plus le même. J’ai appris à
écouter mon corps. Ma cure de désintoxication m’a appris que j’ai une
forte volonté, ce que je ne savais pas. Elle m’a appris aussi à accepter
d’être faible, d’avoir besoin des autres. Elle m’a appris aussi que je
pouvais apporter beaucoup aux autres, parfois par le silence (à
condition qu’il s’agisse d’un silence amical, car rien n’est aussi
éloquent qu’un silence).
« Mais, de tout ce que j’ai reçu à Kervénanec, le plus important
pour moi est une certaine séance de biorespiration où, sans que je le
cherche vraiment, sans que je m’y attende, il s’est passé quelque
chose de décisif. »
« En arrivant à Kervénanec, je venais chercher des conseils de
diététique et rien d’autre. C’est en vivant à Kervénanec, en discutant
avec les stagiaires que j’ai perdu mes préjugés contre la cure de
désintoxication et que j’ai acquis la conviction qu’une cure pourrait
m’apporter un résultat. »
« D’autre part, j’avais des idées négatives sur la biorespiration. »
« Là aussi, c’est en conversant avec les stagiaires qui pratiquaient
la biorespiration que je me suis dit : “Ils ne peuvent pas tous me
tromper. Il doit y avoir quelque chose. Allons-y voir.” Et j’ai fait ma
première séance de biorespiration à Kervénanec, où, effectivement, il
s’est passé “des choses” : engourdissement des membres, cris, peurs,
pleurs, etc. Après la séance, euphorie, bien-être et… forte envie de
recommencer.
« J’ai eu ensuite deux ou trois séances de plus en plus riches : les
émotions venaient de plus profond. De plus en plus, la colère faisait
place à la peine, une immense peine d’enfant abandonné qui sanglote
dans le noir. Et de plus en plus une question se posait à moi : d’où
vient cette peine ? Pourquoi ce chagrin, ce désespoir alors que, dans
ma vie consciente, je vivais des vacances très agréables ? »
« Je ne sais pas comment je suis venu à parler au moniteur, en
dehors des séances, de la guerre. Je parle très rarement de ma brève
participation à la création d’un maquis en Bretagne, parce que
l’aventure s’est terminée par l’exécution de tous mes camarades. »
« Au début d’une certaine séance, le moniteur m’a posé des
questions sur le maquis breton, et cela à ma grande surprise, car
habituellement la séance commençait sans échange verbal. Là, au
contraire, il m’a fait parler, ce qui m’agaçait plutôt car j’étais là pour
“faire de la biorespiration” et pas pour raconter ma vie.
« Après ces confidences quelque peu provoquées, le moniteur a
dit : “Allons-y.” Et la séance a été particulièrement bouleversante pour
moi. Alors qu’aux séances précédentes je criais ou je pleurais, mais
sans rien dire, là des paroles sont venues. J’ai revécu avec intensité
l’aube où mes compagnons m’ont abandonné dans le grenier de la
ferme où nous nous cachions, parce que j’étais malade, dans un
quasi-coma. J’entends le chef dire aux autres : “Laissons-le, il n’est
pas transportable et d’ailleurs il sera mort avant l’arrivée des
Allemands.” J’ai entendu à nouveau les bruits du départ de mes
camarades et le grand silence qui a suivi. Et j’ai crié : “Ne me laissez
pas, ne m’abandonnez pas !” ; j’ai crié pendant cette séance de
biorespiration ce que je n’avais pas pu crier dans le grenier de la
ferme en 1943, j’ai crié ce que j’avais sur l’estomac depuis quarante et
un ans, sans le savoir.
« J’ai revécu aussi la peine que j’ai eue, il y a quarante et un ans,
en apprenant que tous mes compagnons avaient été capturés et
fusillés dans la matinée, peine mêlée de culpabilité car j’avais honte
de ne pas avoir été avec eux au moment de l’exécution, d’avoir dû la
vie à ce demi-coma dans lequel ils m’avaient laissé. »
« Très habilement, le moniteur a transformé la séance de
biorespiration en séance de bioanalyse. Il m’a fait prendre conscience
que mes compagnons avaient eu le droit de m’abandonner, puisque
j’étais intransportable, mais qu’au lieu de rester éternellement centré
sur eux, à revivre indéfiniment cet “abandon”, je devais prendre
conscience que l’important, c’est moi. Et il m’a fait dire : “Je suis
important”, “J’ai de l’importance”, phrases, que j’ai eu beaucoup de
mal à répéter mais que, peu à peu, j’ai crié avec joie, car j’ai senti
qu’elles sonnaient l’heure de ma libération.
« Sous la conduite du moniteur, j’ai dit adieu à mes camarades
fusillés : “Vous, vous êtes morts, moi, je suis vivant.” J’ai enfin dit
adieu, j’ai enfin cessé de gaspiller une énergie vitale à supplier qu’on
ne m’abandonne pas, ou à me sentir coupable de ne pas avoir été
fusillé, j’ai enfin centré mon énergie sur moi, sur ce que je veux, sur
ma défense contre ceux qui m’attaquent, sur l’aide que je peux
apporter à ceux que j’aime. Je n’oublierai pas ma cure. Mais je
n’oublierai pas cette séance de “bionanalyse-respiration” où je suis
enfin sorti d’un grenier où je pleurais au fond de moi depuis quarante
et un ans. »
Le 2 novembre 1984, Maurice de L…, Paris
Note de Désiré Mérien

Maurice décrit une manière de travailler du conducteur-conseiller de


la séance de biorespiration, qu’il appelle moniteur.
J’ai souvenance aussi, à titre du moniteur dont parle Maurice, de
l’avoir quelque peu importuné, effectivement, par mes questions
relativement indiscrètes. Je suis persuadé que Maurice n’a accepté de
me répondre que parce qu’il avait déjà beaucoup déchargé de
tensions et d’émotions au cours des précédentes séances, et
probablement aussi parce qu’il commençait à s’établir une certaine
connivence entre nous.
Quoi qu’il en soit, si le stagiaire est étonné de pleurer, de crier, de
rire durant la séance, sans savoir à quoi rattacher ces réactions, c’est
le rôle du conducteur de l’aider à expliciter, autant que faire se peut,
les causes profondes de ces phénomènes. C’est pourquoi
biorespiration et bioanalyse s’imbriquent nécessairement.
Mais, d’une manière générale, on peut affirmer que celui qui
travaille dans la voie de son développement personnel est souvent
parfaitement inconnu pour lui-même, et à plus forte raison pour celui
qui a mission de l’aider. L’exemple de Maurice est éloquent.
Maintenant, à quoi peut se raccrocher le conseiller pour établir son
travail de recherche des causes ? Il faut admettre que le fil
conducteur est parfois bien mince, sinon totalement inapparent. Ce
n’est que peu à peu, intrigué par tel comportement, attiré par telle
déclaration apparemment sans objet, qu’il commence à visualiser une
piste d’investigation.
Parfois le stagiaire lui offre réellement la clef. Par exemple, une
personne « séparée » portait ancore son alliance et celle de son ancien
conjoint. Détail insolite qui mena à un excellent travail de
clarification et à un rééquilibre satisfaisant.
Ainsi, hors même de la verbalisation, des clefs analogues ou
diverses surgissent peu à peu dans l’esprit du conducteur. Celui-ci les
exploite alors en contrôlant leur valeur par une verbalisation
appropriée.
Il y a cependant une certaine méthodologie dans la résolution des
cas. Ainsi, pour Maurice, deux attitudes à reprogrammer : sa décision
d’exister par lui-même et l’adieu à ses compagnons.
Le témoignage de Maurice n’est pas excessif dans la mesure où il
déclare que quelques instants vécus au cours de cette séance
particulière ont été importants pour lui. Il s’agit vraiment d’une
renaissance, et quand ce travail est lié à la cure de désintoxication, à
la diététique, c’est l’être tout entier, physique et psychique, qui se
recrée dans une sensation d’euphorie difficilement descriptive.
En conclusion, nous proposerons, comme cinquième clef de la
régénération de l’organisme, la reprogrammation positive par la
pratique de la bioanalyse.
Conclusion
La réussite sanitaire

1. Les états sanitaires satisfaisants

Pour conclure, nous voudrions attirer votre attention sur les


caractéristiques des états sanitaires. La réussite s’observe chez ceux
qui savent vivre – souvent sans y songer – dans un état d’équilibre
satisfaisant, à peu près sur tous les plans. Apparemment, ils n’ont pas
de problème et ils semblent « bénis des dieux ». Ces personnes, qui
possèdent une hérédité satisfaisante et un mode de vie convenable,
ne représentent en général qu’une minorité.
Est-ce dire qu’elles ne devraient pas étudier et adopter davantage
des techniques qui leur permettraient de s’épanouir ? Cela est leur
problème mais, à notre sens, il n’y a pas de limite dans la recherche
de l’idéal pour l’amélioration de soi.

2. Les états sanitaires moyens

Une bonne partie de la population se trouve dans des états sanitaires


moyens. Ceux qui sont dans cette situation cherchent à améliorer leur
santé, et cela est tout à fait naturel.
Certains s’engagent sur la voie de méthodes alimentaires
simplifiées : végétarisme, végétalisme. En général, la révolution qui
s’opère dans leur compréhension de la maladie et de la santé induit
très souvent chez eux une nette amélioration. Celle-ci est cependant
limitée si, par mégarde, d’autres blocages ou insuffisances ne sont pas
perçus et travaillés.
D’autres choisissent la voie des activités physiques : jogging,
natation, cyclisme, etc., et obtiennent aussi des résultats, également
limités si d’autres problèmes sont méconnus.
La voie psychologique est aussi empruntée par ceux qui estiment
avoir des problèmes sur ce plan. Et des résultats sont également
observables, avec leurs limitations.
Cette liste de voies n’est pas limitative ; certains s’engagent dans
une spiritualité spécifique, d’autres, dans un militantisme quelconque
(syndical, politique, etc.) et réussissent plus ou moins. Enfin, certains
semblent ne rien faire de spécial, mais acquièrent la sagesse des ans
et, peu à peu, trouvent des réponses plus ou moins appropriées à
leurs situations.
Notre conclusion est qu’il n’existe pas une voie unique qui nous
mènerait à l’état de santé, mais une multitude de chemins que l’on
emprunte pour arriver à une situation de mieux-être. C’est à chacun
de trouver sa solution. C’est l’objectif de la philosophie hygiéniste que
de vous apporter des éléments d’informations qui vous permettent de
faire vos choix.

3. Les états sanitaires insatisfaisants

Une minorité de la population se trouve dans des états sanitaires


insatisfaisants.
L’hygiénisme propose aux mal-portants des techniques vitales qui
permettent d’améliorer la santé. En particulier, la conception de la
nutrition permet de diminuer ou de faire cesser nombre de troubles
physiques et psychiques. L’alimentation simplifiée et la cure de
désintoxication en particulier permettent en effet de réduire la
toxémie et, de ce fait, de faire cesser les symptômes de maladie. En
quelque sorte, elles constituent parfois un moyen curatif, mais elles
sont plus généralement préventives pour ceux qui les utilisent
constamment.
Cependant, si la source d’énervation n’est pas détruite, la palliation
que constitue la réduction de la toxémie par l’alimentation et la cure
ne pourra apporter qu’une rémission passagère des symptômes. Pour
avoir un équilibre sanitaire plus durable, il faudra « travailler » les
nombreux problèmes qui restent à résoudre pour accéder à la
biosanté.
C’est l’objet de la bioanalyse que d’aider à progresser dans cette
voie de l’épanouissement personnel.
Inversement, comprendre certains problèmes psychologiques et
leur apporter des solutions ne permettra jamais de régénérer un
organisme, comme seule la cure de désintoxication est capable de le
faire. C’est donc bien une synthèse de méthodes naturelles qu’il
faudra requérir, si besoin est, pour recouvrer et conserver sa santé.
Nous mettons donc en garde les thérapeutes qui parlent d’échecs
sur le plan alimentaire en ne considérant que la partie « mécanique »,
ingestion, digestion, absorption, assimilation des nutriments, et qui
ignoreraient l’aspect psychologique de l’individu.
Nous réaffirmons que, pour être complète, la réussite devra
tenir compte de l’ensemble des facteurs vitaux qui permettent de
vivre conformément aux lois naturelles.
Vivre avec un bon équilibre psychique nous semble primordial. De
la manière dont nous saurons répondre aux stresseurs qui nous
entourent dépendront notre sort sanitaire et notre capacité de passer
d’un état sanitaire insatisfaisant à un état sanitaire moyen, et, avec
beaucoup de persévérance, à la réussite sanitaire complète.
Annexes
Centre Nature Et Vie

8, impasse des
Roitelets Village de
Kervam 56270
PLOEMEUR
FRANCE
Tél. : 02 97 82 85 20 / 06 80 15 26 35
Fax : 02 97 82 84 91
E-mail : [email protected]
Librairie Nature et Vie

CENTRE NATURE ET VIE : Directeur, Désiré MÉRIEN


Séjours de ressourcement vital – Éditions
Activités de Désiré Mérien au centre Nature
et Vie

www.nature-et-vie.fr
www.jeuner-sante.com
Les activités de Désiré Mérien au centre Nature et Vie sont celles
décrites dans le corps de cet ouvrage.
Il s’agit ici d’informer sur les modalités pratiques de ces activités.

1. Entretien pour bilan de vitalité

Objet

Le bilan de vitalité a pour objet de faire le point sur la façon dont une
personne gère sa manière de vivre. Il met en œuvre des techniques
d’investigation sur les pratiques d’hygiène de vie adoptées. Il
débouche sur l’utilisation de moyens vitaux en tenant compte de
chaque cas d’espèce. Le bilan de vitalité est vivement conseillé à
toutes les personnes qui souhaitent une optimisation de leur mieux-
être et sont à la recherche de leur développement personnel.
Réalisation

Les entretiens pour bilan de vitalité sont effectués par Désiré Mérien
sur rendez-vous :
– au 8, impasse des Roitelets – 56270 Ploemeur, toute l’année ;
– au 194, rue Lafayette – 75010 Paris, lors de vacations,
généralement le premier samedi du mois.

2. Stages de détoxination en diète modulée

Objet

Les stages de détoxination ont pour objectif de parfaire les


connaissances en matière d’excrétion et de purification corporelle. En
effet, les aliments, après digestion, absorption, assimilation et
utilisation au niveau cellulaire, engendrent des déchets toxiques. Une
alimentation trop copieuse induit une production exagérée de
toxines. Les produits animaux contiennent déjà des poisons originels
et sont susceptibles d’en créer, notamment l’urée et l’acide urique.
Une alimentation trop riche en protéines intoxique et sollicite
excessivement les organes excréteurs, dont le foie et les reins. De
même, les matières grasses (lipides) prises en grande quantité
encrassent l’organisme : excès de cholestérol, encrassement des
vaisseaux sanguins, etc. Nous devons ménager nos organes
excréteurs. Les stages de détoxination en diète modulée favorisent
une bonne hygiène de l’excrétion.
Programme

Étude du métabolisme cellulaire : l’assimilation des nutriments et


l’excrétion des déchets, la toxémie liée au manque d’énergie
(énervation), le seuil de tolérance toxinique, la réactivité somatique,
l’acidose.
Les aliments acidifiants ou alcalinisants, le rôle détoxinant de la
diète, la diète modulée par paliers, les apports liquides, la
conservation de l’énergie, l’utilisation équilibrée des nutriments en
reprise alimentaire.

3. Stages de diététique des associations


alimentaires

Objet

Les stages de diététique des associations alimentaires ont pour


objectif de parfaire les connaissances en matière de nutrition.

Programme

Étude de la qualité des aliments, classement en aliments de


dégénérescence, de compromis, idéaux, reconnaissance de
l’alimentation spécifique humaine.
– Définition des nutriments : protéines, glucides, lipides,
vitamines, sels minéraux, oligo-éléments, fibres alimentaires ;
– les compatibilités et les équilibres alimentaires ;
– l’assimilation des nutriments, les rations alimentaires ;
– la cuisson des aliments, l’alimentation crue, les menus
alimentaires complémentés, équilibrés, associés ;
– les aliments homogène ou hétérogène ;
– l’alimentation modulée, la conservation des aliments.

4. Séances de respiration en antimaîtrise par la


biorespiration

Objet

Les séances de respiration en antimaîtrise ont pour objectif de


parfaire les connaissances en matière de respiration. En effet, trop de
personnes, par excès de sédentarité, sont des insuffisants
respiratoires. C’est pourquoi il est souhaitable d’acquérir les
mécanismes favorables à une respiration satisfaisante en intensité.
Par ailleurs, la vie émotionnelle est liée à la capacité de respirer
pleinement. Agir dans ce sens favorise la libération émotionnelle et
l’accession à la pleine sérénité. Un excès d’acidose génère des
tensions douloureuses. En favorisant l’alcalinisation de l’organisme, la
respiration en profondeur engendre l’évacuation de ces tensions en
facilitant le relâchement complet. Les séances de respiration en
antimaîtrise par la biorespiration génèrent une bonne hygiène
respiratoire.
5. Séances de gestion du stress par la bioanalyse

Objet

La gestion du stress a pour objectif de faire le point sur la manière


dont une personne perçoit son stress. Elle met en œuvre des
recherches pour son évaluation et débouche sur l’utilisation de
moyens pour réduire les résultantes des situations agressives.

6. Séances de gestion de la communication par la


bioanalyse

Objet

La gestion de la communication a pour objectif de faire le point sur la


manière dont une personne perçoit sa communication avec autrui,
sur le plan familial, professionnel, etc. Elle met en œuvre des
recherches pour son évaluation et débouche sur l’utilisation de
moyens pour améliorer la qualité de la communication.

7. Formations d’hygiène de vie en séminaires

Séminaire 1 : l’hygiène de vie pour votre santé.


Séminaire 2 : l’alimentation équilibrée.
Séminaire 3 : la détoxination en diète modulée.
Séminaire 4 : la respiration en antimaîtrise.
Séminaire 5 : la gestion du stress.
8. Formations par correspondance

Conseiller en hygiène de vie.


Conseiller en diététique hygiéniste.
Conseiller en biorespiration.
Conseiller en bioanalyse.

9. La librairie hygiéniste Nature et Vie

Des livres

Le Jeûne revitalisant : les 5 clefs de la régénération


L’Hygiène vitale pour votre santé
Les Sources de l’alimentation humaine
Compatibilités alimentaires
Les Clefs de la nutrition
Jeûne et Santé
Caractère, Forme et Santé

Des revues

Concernant la santé naturelle.

Des tableaux

Alimentation associée.
Vitamines, sels minéraux, calories.
Des cassettes et CD

Pour contact direct :


Désiré Mérien, 02 97 82 85 20
E-mail : [email protected]
Randonnée Jeûne en Bretagne sud bord de
mer
Activité rattachée au centre Nature et Vie

Vivre la nature

Il ne s’agit pas seulement d’y vivre, il est impératif de la vivre.


Chez vous ou en zone géographique privilégiée, un peu chaque
jour ou en vacances, il faut trouver le plaisir d’être connecté avec elle.
De nouvelles façons d’appréhender notre environnement ont
émergé ces derniers temps.
Désormais, la nature se découvre de manière active par le biais
d’activités spécifiques.
Randonner dans la nature en jeûnant est, sans conteste, une forme
majeure de fusion avec elle, abordée dans une approche ludique,
vivante, détendue.
Venez donc à la découverte de notre nature aux confins du
mariage de la mer et de la terre.
Cet espace privilégié est à découvrir tout en améliorant votre bien-
être, sans doute le bien le plus précieux pour vous.
Nous nous tenons à votre disposition pour vous aider, vous
renseigner concrètement, afin que vous réalisiez au mieux ce bain de
nature, associé à la descente par le jeûne dans votre profondeur,
peut-être non encore explorée de cette façon.
À très bientôt…
Séjours randonnées de détoxination et de
revitalisation hygiéniste

Le long de la côte bretonne sud Morbihan sous la conduite de


Monique Poupart.

Le jeûne

Le jeûne est une période pendant laquelle on s’abstient de toute


nourriture solide pour ne boire que de l’eau, des jus de fruits ou de
légumes.

– Le jeûne met donc l’organisme en état de détoxination :


– le jeûne repose les organes vitaux ;
– le jeûne vide le canal alimentaire et le débarrasse des bactéries
de putréfaction ;
– le jeûne rétablit les sécrétions régulières et l’activité normale et
physiologique ;
– le jeûne rajeunit les cellules et les tissus ;
– le jeûne permet la conservation et la redistribution de l’énergie ;
– le jeûne clarifie et fortifie l’esprit ;
– le jeûne améliore les fonctions de tout l’organisme et permet
d’acquérir une meilleure santé.
C’est la nature elle-même qui rétablit l’ordre perturbé par de
mauvaises habitudes alimentaires.
« Que l’alimentation soit ta seule médecine et l’aliment, ton seul
remède. »
HIPPOCRATE

La marche

La marche, activité physique, même si elle est pratiquée lentement


nécessite l’utilisation de nutriments et l’approvisionnement constant
en oxygène indispensable à leur combustion cellulaire.
De ce fait, marcher, c’est oxygéner tout l’organisme, et
particulièrement le cerveau.
Au cours de la marche, l’excitation des sens se calme, permettant
au marcheur d’avoir une perception harmonieuse de son
environnement.
De ce point de vue aussi, le marcheur fait corps avec les paysages
qu’il traverse lentement et qu’il apprécie.
C’est une constante méditation dynamique.
La marche favorise le contact avec l’extérieur de l’habitation
habituelle.
Il est alors possible de ressentir le contact avec l’air en
mouvement, sa température, son humidité, toutes ces sensations qui
rapprochent du milieu naturel.
Marcher avec autrui, même en silence, c’est partager les mêmes
sensations de plénitude et de bonheur.

Marcher en jeûnant

Certains choisissent de marcher en jeûnant. Dans ce cas, ce sont les


réserves de l’organisme qui sont utilisées pour assurer les diverses
fonctions, et particulièrement la fonction musculaire.
Cette situation n’est possible que si le marcheur est en bonne
santé. S’il ne l’est pas, il va ressentir une fatigue importante qui lui
recommande de s’arrêter.
Il existe une situation intermédiaire qui consiste à marcher en
diminuant ses apports alimentaires pour favoriser l’utilisation des
réserves corporelles.
Le grand air marin est un apport précieux pour l’organisme lors
d’un jeûne.

Contact :

Monique Poupart, 5, chemin du Champ-Vert – 56320 Le Faouët


Téléphone : 06 74 43 82 37 – e-mail :
[email protected]
Groupements hygiénistes appliquant
les valeurs enseignées par Désiré Mérien

Heinrich ARISS suit une formation pour devenir conseiller


hygiéniste. Il diffuse l’hygiénisme dans son entourage.
Contact : chemin de Riettaz – 17 CH – 1030 Bussigny – Suisse
Jean-Claude BENEZECH a effectué plusieurs stages de
ressourcement par la diète et le jeûne hygiéniste au centre Nature et
Vie en Bretagne. Il contribue à la diffusion de l’hygiénisme adapté
aux Occidentaux en créant un site, www.jeuner-sante.com, fortement
documenté.
Tél. : 01 40 27 00 84
E-mail : [email protected]
Sid Ahmed DRIS a suivi des formations hygiénistes à Nature et Vie
(conseiller hygiéniste).
Site : www.sidahmed-dris-hygiéniste.com
Nicolas GOZZI a suivi la formation de conseiller hygiéniste. Installé,
il assure des entretiens et des séjours de diète et de jeûne.
Contact : BP 1 – 86350 Saint-Secondin Tél. : 05 49 53 60 72
Site : www.energiesvitales.com
Jean-Marie HERTAY, l’un des plus anciens élèves de Désiré Mérien,
enseigne et pratique les principes hygiénistes. De plus, gestalt-
praticien et relaxologue, il propose des stages de mieux-être de
revitalisation et de ressourcement, en Belgique et en France, où il
réside.
Contact : « Lavaur haute » – 46130 Gagnac/Cere Tél./fax : 05 65 33
85 83
Site : www.gite.loudevezou.free.fr
Roger LE MADEC collabore avec Désiré Mérien depuis plusieurs
dizaines d’années. Il est l’auteur d’un ouvrage, Un esprit sain dans un
corps sain, qui expose ses opinions sur l’alimentation spécifique
humaine.
Tél. : 06 63 82 94 74
E-mail : roger. [email protected]
Michele MANCA est un éditeur hygiéniste italien. Contact : via Piero
Pinetti 91/4–16144 Genova – Italie
Monique POUPART possède un diplôme universitaire de
pharmacologie et a suivi une formation hygiéniste Nature et Vie avec
Désiré Mérien. Guide fédéral de randonnée, auteur de La Randodiète :
6 jours pour se revitaliser et conférencière, elle participe à titre de
partenaire associée à la conduite des stages de randonnée jeûne, ou
randodiète, au centre Nature et Vie.
Contact : 5 rue du Champ-Vert – 56320 Le Faouët
Tél. : 06 74 43 82 37
E-mail : [email protected]
Site : www.randodiete.fr
Jean-Claude REYGADE s’est formé aux principes enseignés par
Désiré Mérien. Il a fondé un centre diététique à Monbéjan, centre de
vie et lieu de cure de diète et de jeûne. Il est l’auteur d’un ouvrage,
Bien alimentairement vôtre, et d’un tableau sur les aliments
compatibles.
Contact : Centre de Monbéjan – 32130 Savignac-Mona Tél./fax : 05
62 62 35 45
Site : www.monbejan.com
Chantal ROGER a suivi plusieurs formations hygiénistes par
correspondance diffusées par Nature et Vie : conseiller hygiéniste,
diététicien hygiéniste, conseiller en biorespiration. Elle a créé un
cabinet d’entretiens hygiénistes à Bastia et envisage de mener des
stages de randonnées jeûnes hygiénistes en Corse.
Contact : résidence Paese Novu Bat. B – 20600 Bastia E-mail :
[email protected]
Jean-Denis SAINT-CYR, animateur hygiéniste au Québec, publie la
revue Éveil Santé.
Contact : CP 612, succursale place du Parc Montréal (Québec) H2X
4A6
Nadine ZUILI a effectué plusieurs séjours et formations au centre
Nature et Vie et participe activement à la diffusion des valeurs
hygiénistes.
Site : www.centresimbol.org
Notes
1. Le lecteur se reportera à notre autre ouvrage (Compatibilités alimentaires
Éditions Nature et Vie) pour la description des régimes associés et
complémentés.

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