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Rev. Elev. Méd. vét. Pays trop., 1978, 31 (3) : 363-368.
Production de protéines
d'organismes unicellulaires (P. O. U.)
à partir de coque d'arachide
par J. BLANCOU (*), H. CALVET (**) et R. RIVIÈRE (***)
(avec la collaboration technique de A. NIANG)
RÉSUMÉ
La coque d'arachide, réhydratée à 300 p. 100 en eau salée à 7 p. 1 000,
dans une enceinte exposée 48 h au soleil, permet le développement d'une
abondante microflore. Le filtrat, sédimenté, de ce mélange renferme de 24 à
38 p. 100 de matières protéiques brutes, et un mélange d'acides aminés essen~
tiels dont l'indice d'OSER est de 77,1.
Ce sédiment, desséché, ne s'est pas montré toxique in vivo pour le rat ou les
volailles.
Incorporé à des taux vanant de 20 à 33 p. 100 à la ration de ces volailles, il
réduit leur consommation, donc leur gam de poids, mais leur conserve l'ind1cc
de consommation observé avec une ration contenant du tourteau d'arachide.
Le coût de production de ces protéines, avec les méthodes utilisées, est
inférieur à ceux des autres procédés actuellement employés en matières de
protéines d'organismes unicellulaires (P. O. U.).
INTRODUCTION lysé) additionnés d'une source d'azote orga-
nique ou minéral (5, 7, 8). Mais très rares sont
La production de protéines d'organismes encore celles qui ont trait à la production des
unicellulaires (P. O. U.-Single cell protein) à protéines à partir de substrats cellulosiques,
partir de divers substrats fait l'objet, depuis réputés difficiles à utiliser par les bactéries, et
quelques années, d'une recherche très active et sans addition d'azote (1, 9). C'est l'objet de
les travaux ont donné lieu à des revues complètes notre étude, qui emploie par ailleurs des tech-
(2, 6, 9) et à un Symposium international (3) niques différentes de celles généralement utilisées
dont le compte rendu fait le point sur les connais- (fermentation non continue, microflore hétéro-
sances actuelles en ce domaine. gène, récolte par décantation) et susceptibles
Ces recherches s'effectuent encore essentielle- d'abaisser considérablement les coûts de pro-
ment sur la production des P. O. U. à partir de duction.
substrats carbonés simples (hydrocarbures, alca-
nes, paraffines, alcools, sucres, amidon hydro-
MATÉRIEL ET MÉTHODES
(*) Adresse actuelle : C. E. R. Domaine de Pixérécourt, Matériel
B. P. 9, 54220 Malzéville.
(**) Laboratoire National de ]'Elevage et de Recher-
ches Vétérinaires, B. P. 2057, Dakar, République du Substrat : Le substrat est composé de coque
Sénégal. d'arachide, résidu du traitement industriel de
('" .. ) Institut d'Elevage et de Médecine Vétérinaire
des Pays tropicaux, 10, rue Pierre-Curie, 94700 Maisons- l'arachide au Sénégal. Cette coque est constituée
Alfort. essentiellement par l'enveloppe ligno-cellulo-
363 -
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sique de la graine et parfois quelques résidus de Méthodes
la graine elle-même (« son d'arachide») riches
en azote. Fermentation
L'analyse bromatologique de cette coque (*) Les méthodes de fermentations microbiennes
est donnée au tableau n ° 1, ainsi que celle du industrielles, très variées, font généra1ement
produit résultant de sa fermentation micro- appel à la technique dite de « culture continue»,
bienne. c'est-à-dire qu'apport des substrats et soustrac-
tion du produit formé se font sans arrêter le
Fermenteur : Le fermenteur utilisé est du type processus de fermentation. Malgré son rende-
silo (fermentation discontinue) à paroi métaUi- ment inférieur, nous avons préféré utiliser la
que ou bétonnée. L'ouverture supérieure doit méthode de fermentation discontinne, de type
être assez Jarge pour permettre un chargement <{ensilage)), en raison de son moindre coût
rapide de quantités importantes de coque, mais (installation, fonctionnement, entretien). Cette
doit pouvoir être fermée (avec soupape d'échap- méthode ne permet donc qu'une cellulolyse
pement des gaz). La phase liquide du produit partielle, et pourrait être améliorée.
fermenté doit pouvoir être soutirée par la partie
inférieure du si1o, après pressage de la phase Pour initier la fermentation spontanée de la
solide fermentée qui est elle-même évacuée par coque d'arachide, il suffit :
l'ouverture supérieure. !) de la réhydrater ; cette réhydratation se fera
de préférence avec de l'eau contenant 6 à 7 p.
Microbes utilisés : Contrairem~nt à la plupart 1 000 de chlorure de sodium (•), ajoutée dans
des procédés actuels de production de P. O. U., la proportion de 3 parties pour une partie de
nous n'utilisons pas de souche bactérienne pure, coque d'arachide ;
évitant ainsi d'avoir à stériliser préalablement le 2) de l'exposer à une température de 30 à 40°.
substrat. Après de nombreux essais (faisant Cette température peut être obtenue, au Sénégal,
surtout appel à des bactéries du rumen), c'est par simple exposition au soleil durant les mois
la microflore naturellement présente au sein de de mai à septembre.
la coque d'arachide qui nous a donné les meil-
leurs résultats. Cette flore s'est probablement Récupération des protéines
développée et sélectionnée e1Je-même au cours Après 48 h de fermentation, la coque est
du stockage des graines d'arachide. Elle présente pressée, débarrassée de sa phase liquide, et
les caractéristiques générales suivantes, très rejetée. Cette phase liquide est alors mise à
stables d'un échantillon à l'autre : décanter pendant 48 h, puis le surnageant est
- Nombre total des bactéries (après 48 h éliminé et le culot récupéré. Ce culot, qui se
d'incubation à 37° du mélange : coque 25, eau présente sous forme d'une boue marron d'odeur
75, C!Na 0,7) : 107 x 9 ± 2,1 bact./ml. aromatique, est desséché en étuve ventilée à 80°.
Après cette dessiccation, il ne contient plus que
- Composition de la flore bactérienne : 104 x 8 ± 7,2 bactéries revivifiables par g. Il
Cocci : 26 p. 100 ± 7,2 p. 100. Bacilles : 72 p. s'agit donc d'un mélange des éléments solubles
100 ± 6,9 p. 100. Autres : 2 p. 100 ± 0,8 p. 100. (ou de micro-éléments figurés) présents initiale-
Bactéries à coloration « Gram négative » : ment dans la coque, auxquels sont ajoutés les
62 p. 100 ± 6,3 p. 100. Bactéries à coloration résidus des corps bactériens qui valorisent les
« Gram positive » : 38 p. 100 ± 5,7 p. 100. précédents.
- Principaux métabolites apparus au cours de
la fermentation: Ammoniac: 52,55 mg/! ± 12,3. RÉSULTATS
Acide acétique : 0,325 g/1 + 0, 12. Acide pro-
pionique : 0,085 ± 0,003. Acide butyrique : La valeur du produit résultant d'une culture
0,205 ± 0,012. destinée à l'obtention de P. O. U. est actuelle-
ment bien définie (3-7) par la détermination
( *) En effet, le rendement de la fermentation mesurée
(*) Cette coque est en partie brûlée pour fournir de par la quantité d'acides gras volatils formés, est accru de
l'énergie à l'huilerie. Le reste (50 à 80 p. 100) est jeté, ou 30 à 40 p. 100 lorsqu'on rajoute du chlorure de sodium.
parfois récupéré pour l'alimentation des ruminants ou Cette eau salée à 7 p. 1 000 peut être remplacée par de
)'épandage sur les champs. l'eau de mer, diluée à 20 p. 1 000.
- 364-
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d'un certain nombre de critères qui sont notam- ou biochimiques, du produit obtenu et du
ment: substrat de production.
1) le rendement global de la culture (poids du Pour plus de clarté nous ferons figurer sur le
produit final/poids du substrat) ; même tableau, l'analyse du substrat (coque
2) le taux des différents constituants chi- d'arachide) et du produit final (tabl. 1) :
miques ou biochimiques du produit (original Remarques
et final) ;
1) Ces chiffres concernent l'analyse d'un
3) la composition en acides aminés ; produit obtenu au mois de décembre. Les
4) la digestibilité, le coefficient d'efficacité produits obtenus au cœur de la saison chaude
protéique ( « Protein efficiency ratio ») et l'utili- (juin à septembre) ont une composition diffé-
sation protéique nette («Net protein utilisa- rente. En particulier, la teneur en matières
tion») ; protéiques brutes peut s'élever alors à 38,5 ± 4 p.
100, chiffre observé également lorsqu'on opère
5) la recherche des toxines ; en étuve à 37°.
6) la valeur alimentaire pour l'animal.
2) Ces chiffres peuvent être rapprochés de
En ce qui concerne le produit obtenu par les ceux rapportés par W. D. BELLAMY (1) à
procédés décrits précédemment, ces critères partir de déchets cellulosiques :
ont été ainsi évalués :
Produit original : 23 à 38 p. 100 de cellulose ;
!) Rendement : le rendement d'une produc- 10 à 18 p. 100 de matières protéiques brutes;
tion de P. O. U. est défini par la quantité (en kg) 2 à 5 p. 100 de matières minérales totales.
de matière sèche (biomasse) obtenue, par kg
de substrat employé pour l'obtenir. Produit final : 6 à 30 p. 100 d6 cellulose;
30 à 55 p. 100 de matières protéiques brutes ;
Dans nos expériences, la moyenne des quan- 2 à 3 p. 100 de matières minérales totales.
tités de matières sèches obtenues était de
181 ± 12 g pour 20 kg de coque d'arachide, La teneur en matières minérales totales est
soit un rendement moyen de 0,905 p. 100. faible comparée à celle que nous avons obtenue
Ce rendement est proche de celui qui est avec la coque d'arachide, très chargée en
obtenu avec P. O. U. cultivées sur paraffines (3). poussières : un dépoussiérage préalable de cette
dernière devrait permettre de ramener cette
2) Taux des différents constituants, chimiques teneur à des proportions acceptables.
TABL. t,; 0 I - Proportion (p.100 de 1rati~re sèche) èes différents éléments <lil~S
la coque d'arachide et dans le culct èessécht obtenu aprês ferrrentation.
Elém.ints dosés Coc.,ue è'z.rachide Culot dess,khé de ferrrent.'.ltion
(sur<str,'-t) (produit final)
Matières protéiques brutes 8, 11 :'.3,%
Cellulose .'+(',80 U,9l 1
Matières grasses
Matières minérales totales
Extractif non azoté
Insoluble chlorhydrique
.:: ,04
;
~' ...
~6, 6-.
C,.'.,4
;
~
l :
'
10,()7
18,69
J '.:', 38
~, !,:'.
~
~-4
Calcium û, 15 0, '.'7
--
Phosphore 0,054 0,:25
Magnésium o, 12 Ci, 19
Potassium 0, 7 2 ] , ~l
1 --
Humidité 7, 95 p .1n,1 j, 75 1,ll•Cl
'
!t Analyse laboratoire I.E.~l.V.T. - 9~700 ~!aiscns-i.lfort (Ir::rncc),
- 365 -
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3) Composition en acides aminés : elle figure 3) La digestibilité, le coefficient d'efficacité
au tableau Il. protéique et l'utilisation protéique nette (*)
Cette recherche est ordinairement effectuée
TABL. N•rr - Composition en acides <urinés e:.prinês
en pourcentage de la matière protéique:: sur rats. Mais compte tenu de la forte teneur en
-, matières minérales et de la teneur relativement
Acide aspartique. , , 8, 76 Héthi oni:i.e, .... o, 50'' élevée en cellulose, cet animal éprouve des diffi-
Thréonine, ... , ...... 2,79 Isoleucine. 6,37
cultés à s'adapter à une ration contenant des
Sérine.,, .•.• ,.,., .. 3,23 Leucine, ... 7,52 1 taux importants du produit à tester. C'est pour-
Acide gluta'f'lique .. 11,55 Tyrosine J,éJ
quoi, seul le coefficient de digestibilité apparent
Proline ........... 9,60 Phenylala:i.ine. 4 ,82
de l'azote a pu être déterminé: il est de 17,3
Glycine ..•........ 9,19 Or:u thine ü,4C
(valeur faible, car il s'agit de protéines bacté-
Alanine ......... ,. 5,22 Lysine .... 5,26 riennes).
Valine .. , ......... 4,95 Histidine ...... 2,70
Cystine ........... 1,33 Arginine. '='' 7 J 4) Recherches de toxines bactériennes ou de
mycotoxines
:: Analyse laboratoir2 r.=.ît.V.1. - 94hl0 '[ais;1ns-
Alfort (l'rarrc.e). Cette recherche a été faite in vivo et in vitro.
a) ln vivo : des souris, des rats et des poulets
On peut déduire de ce tableau : ont reçu dans leur ration des taux variant de 10 à
30 p. 100 du produit à tester durant nne période
1) La classe chimique minimale de 30 jours. Ni tronbles pathologiqnes,
Les acides aminés essentiels (soulignés dans le ni mortalités n'ont été observés chez ces ani-
tableau II) les plus déficients par rapport aux maux durant les essais.
protéines de l'œuf sont de toute évidence, les AA b) In vitro : le produit liquide, résidu de fer-
soufrés dont le total (cystine + méthionine) mentation contient 6 espèces différentes d'Asper-
n'atteint que 2,13 p. 100 de la matière pro- gillus, Absidia corymbifera, Mucor sp. et Cla-
téique. dosporium sp. Après dessiccation à 80", seul ce
dernier genre est retrouvé dans le produit (**).
La classe chimique de la protéine du produit
est donc égale à : Aucune bactérie pathogène ou toxinogène
n'a pu être mise en évidence par les techniques
Concentration en A. A. soufrés du produit classiques.
Concentration en A. A. soufrés de l'œuf
2 13 5) Valeur alimentaire pour les volailles
X
100 X 6•05 = 35 ' 2
' Afin d'apprécier la valeur alimentaire des
c'est-à-dire une classe sensiblement égale à celle
protéines contenues dans le produit étudié, nous
de nombreux produits végétaux (blé, graines de
l'avons incorporé, dans des rations destinées à
coton ... ).
des poussins de 8 jours (lot de 12 individus), en
Le pourcentage de déficit en A. A. soufrés remplacement du tourteau d'arachide.
est de : La croissance pondérale de ces poussins a été
comparée durant 30 jours à celle de sujets té-
6,05 - 2,13 = 64 8 100
6 05 ' p. moins (lot 2) recevant une ration de composition
'
supérieur aux protéines d'oléagineux mais infé- suivante :
rieur à celles des graines de légumineuses. • farine de maïs : 25 p. 100
• farine de sorgho : 25 p. 100
En revanche, le taux de cystine est nettement • remoulage de blé : 18 p. 100
supérieur à celui des protéines d'oléagineux • farine de poisson : 9 p. 100
(soja excepté) et de légumineuses.
2) L'indice d'acides aminés essentiels d'OSER (*) Nous remercions vivement Je Docteur M. NDIAYE,
Directeur de !'Organisme de Recherches sur !'Alimenta-
77,10, ce qui correspond à une protéine de tion et la Nutrition Africaine à Dakar, qui a bien voulu
valeur moyenne, mais supérieure à la plupart effectuer ces mesures.
(* *) Analyse Laboratoire de Pharmacologie-Toxico-
des protéines végétales. logie de l'i. N. R. A., 31JOO Toulouse (France).
366 -
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• complément protéique (sous forme de est ajustée en conséquence, mais les rations ne
tourteau d'arachide) : 20 p. 100 sont pas isoazotées.
• carbonate de chaux : 1,2 p. 100 Un premier lot témoin dont la ration ne con-
• chlorure de sodium : 1,2 p. 100 tient ni tourteau ni produit à tester, a été consti-
• mélange polyvitaminé : 0,6 p. 100 tué, afin de vérifier si l'absence de complément
protéique n'entraînait pas une croissance au
moins égale à celle provoquée par le produit
N. B. Ce complément protéique varie selon
(lot 3).
les lots (voir tableau n• 3) ; dans la ration des
lots 1 et 4, la proportion des autres composants Les résultats sont les suivants :
0
TAB]L,',"[ ~. 1TI
1
L C t s 1 1
1
2 J L
!
1
Tourteau Prodt..i t ;:;_ Pro<lu1 L 3. 1
Complément protéique 1 Néant 1 d' arnchide tester tester i
i 1
20p.lü0 20 p.100 3.:l p. 100 1
1
Teneur c11 >iPB de '
17,75 p. lŒ
1
23,50 p.100 19,00 p.100 19,80 p.100 !
la ration 1 !
Gain de poids ! '' H',66 g
1
8,6 g ' 5,51 g
r.oyen çuot1dien 1 6,55 g 1 '' 1
'
' 1
Quantité d'aliment
19, 11, g i 29, 51 g 23 ,96 g ]t ,L.8 g
conson'mé par Jour
i
Ind1 ce de consornrr.a-
tion (g d'aliirent 2, 92 g 2,76 g 2, 78 g 1 2, 62 g
pa, g de poiès) 1
1 1
L'incorporation du produit dans la ration Les essais préliminaires de valeur alimentaire
entraîne donc une diminution de la consomma- effectués sur volailles donnent des résultats très
tion et du gain de poids quotidien, d'autant plus proches de ceux obtenus avec d'autres protéines
forte que la proportion est plus grande, mais les d'origine microbienne, en particulier, celles du
indices de consommation des lots 2, 3 et 4 ne microchampignon Fusarium graminareum tes-
sont pas significativement différents. Cette sous- tées par I. F. DUTHIE (9). Ce dernier auteur
consommation tient probablement à l'encom- notait une baisse de consommation (donc de
brement relatif plus élevé de la ration, qui freine gain de poids) de 12 à 18 p. 100 lorsque le taux
l'appétit des volailles et a une teneur plus faible d'incorporation de la protéine microbienne
en protéines. atteint 30 p. 100 ; cette diminution s'annule
L'autopsie des volailles en expérience ne révèle lorsqu'on réduit le taux. d'incorporation à
10 p. 100, pour un indice de consommation
aucune différence par rapport aux témoins. On
ne note, non plus, aucune différence quant aux ( = « Feed conversion ratio») égal à celui des
caractères organoleptiques de leur chair. témoins.
Par analogie, il conviendrait donc, dans les cas
des protéines obtenues sur coque d'arachide
DISCUSSION fermentée :
1) D'accroître la teneur en matières protéiques
Les différentes analyses réalisées sur le produit brutes (on peut atteindre 35 p. 100 en effectuant
résiduel de la coque d'arachide fermentée per- les fermentations durant la saison chaude) ;
mettent, par leur résultat, de la comparer favo-
rablement à la moyenne des protéines unicel- 2) De réduire le taux d'incorporation à lO p.
lulaires bactériennes obtenues par d'autres 100.
méthodes. Toutefois, il convient de bien remar- Dans ces conditions, et compte tenu du très
quer que le produit analysé est brut, c'est-à-dire faible coût de la protéine (de 60 à 80 p. 100
contient un mélange de protéines bactériennes inférieur à celui du tourteau), l'utilisation du
et de certaines protéines solubles déjà présentes produit de fermentation de la coque d'arachide
dans la coque d'arachide. pourrait s'avérer rentable.
- 367-
9
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CONCLUSION Les résultats des différentes analyses chimi-
ques, biochimiques et toxicologiques ainsi que
La fermentation spontanée de la coque d'ara- ceux des essais in vivo sur animaux, permettent
chide, réhydratée par de l'eau salée et exposée
de penser que ces protéines pourraient être
à la chaleur tropicale, permet la multiplication
d'une abondante flore bactérienne. Une partie
incorporées à des aliments destinés aux volailles.
de cette flore, recueillie par simple décantation L'intérêt majeur de la production de telles pro-
avec des résidus du substrat, peut être considérée téines reste leur prix de revient faible, le matériel
comme une source éventuelle intéressante de de production étant très sommaire et le substrat
protéines d'organismes unicellulaires. utilisé ayant une valeur commerciale nulle.
SUMMARY
Single cell protein production from peanut hulls
When peanut hulls rehydrated (300 p. 100) in salt water (7 p. 1 000) are
left in a tank during 48 hours under tropical sun an important bacterial cells
growth occurs. The bulk of this mixture, after filtration, contains 24 to 38 p. 100
of protein with an amino-acids OSER index of 77.1.
Dried, this product proved atoxic for rats and poultry.
When incorporated in chicken feed, at 20 to 33 p. 100 levels, average feed
intake and body weight gains are reduced, but feed conversion ratio is still the
same that in controls fed with equivalent levels of groundnut cake.
Production costs, with described methods, are lower than others usual
single ceils protein processings.
RESUMEN
ProducciOn de proteinas unicelulares a partir de câscaras de cacahuete
La cascara de cacahuete, rehidratada a 300 p. 100 con agua salada a 7 p.
1 000, en un recinto orientado al sol durante 48 boras, permite el desarrollo de
una microflora abondante.
En el liquido filtrado, sedimentado, de esta mezcla se hallan 24 a 38 p. 100
de materias proteicas y una mezcla de amino-8.cidos esenciales cuyo indice de
Oser es de 72,1.
Este sedimento, desecado, no se rnostr6 to:xico in vivo para la rata o las
aves de corral.
Tasas de 20 a 33 p. 100 de dicho sedimento incorporadas en la raci6n de
estas aves reducen su consuma, pués su aumento de peso, pero conservan el
indice de consuma observado con una raci6n conteniendo torta de cacahuete.
El coste de producci6n de estas proteinas, con los métodos utùizados, es
inferior al de los otros procedimientos actualmente empleados tratandose de
proteinas unicelulares.
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