Tonfa Text
Tonfa Text
Tonfa
en self-défense
Thierry Peciard et Frédéric Polla
le Tonfa
en self-défense
Thierry Peclard et Frédéric Polla
Originaire du Japon, le tonfa est utilisé par «Thierry Peclard et Frédéric Polla réalisent
les polices américaines depuis plus de vingt ans. aujourd'hui ce livre que je n'aurais pu
Il fait son apparition aujourd'hui en Europe, mieux faire. La méthode est là rendue dans
et tout particulièrement en France, où la police, son ensemble et les dessins sont particulièrement
la gendarmerie, les services de sécurité et explicites. (...) Ce livre deviendra, j'en suis sûr, le
les groupes d'intervention tels que le RAID livre de référence pour les métiers de la sécurité. »
leur technique.
CHAPITRE PREMIE
PRESENTATION
DU TONFA
Table des matières
Préface 5
Postface 121
Introduction
Dans le Japon médiéval, le tonfa était un outil agraire. Il proviendrait précisément d'Okinawa.
On ne sait trop quelle était son utilisation originelle, s’il servait à concasser du riz ou des céréales,
ou bien encore à soulever des marmites chaudes... Plus vraisemblablement, il permettait de faire
tourner les meules à broyer les céréales (et constituait ainsi une sorte de manivelle).
Okinawa, par sa situation géographique, connut de nombreuses invasions. Aussi ce peuple
pacifique de pécheurs et de cultivateurs élabora-t-il une méthode de combat, POkmawa-Te,
aujourd'hui considérée comme un ancêtre du karaté.
Au xviie siècle, Okinawa est envahie par le Japon. Le suzerain de Kagoshima (Sud-Ouest de Kyushu)
interdit alors le port d'armes aux habitants d'Okinawa et confisque sur l'île toutes les armes dans
le but de prévenir toute tentative de rébellion. Les pêcheurs et cultivateurs détournent alors
leurs outils et instruments agraires de leur utilisation première pour s'en servir comme arme afin
de se défendre contre l'envahisseur et les brigands de toutes sortes.
C'est ainsi que le tonfa, le nunchaku (le fléau ou les faucilles Kamas), le bo (bâton) ou l'écou (la
rame du pêcheur) devinrent autant d'armes dans les mains des pratiquants de VOkinawa-Te.
De nombreux experts en arts martiaux vivent aujourd'hui aux États-Unis où l'on trouve de presti¬
gieuses académies d'arts martiaux, dont l'académie de Dan Innosanto, ami de Bruce Lee. Également
à Los Angeles, se trouve une des plus importantes académies de police des États-Unis. C'est en
fait le rapprochement des milieux des arts martiaux et de la police qui a favorisé la diffusion du
tonfa. Il y a à peu près vingt ans, en effet, les experts en arts martiaux installés en Californie
inspirèrent la police américaine qui, sur la base du tonfa d'Okinawa, conçut un nouveau bâton
de police.
L.R. Anderson, qui en fut l'auteur, reprit la forme générale du tonfa tout en augmentant ses
dimensions (60 cm au lieu de 50 cm). Ce nouveau tonfa, déposé sous l'appellation de « Monadnock
PR 24 Police Bâton », construit à l'origine en deux parties amovibles en aluminium, est depuis
1983 constitué de polycarbonate. Il n'est par ailleurs plus carré, mais rond (sécurité oblige) et ne
s'utilise plus par paire, mais seul.
Ainsi se développe aux États-Unis, et tout particulièrement en Californie, cette nouvelle arme
pour le policier (bâton à poignée latérale) qui vient remplacer le bâton de défense (matraque).
Dans le même temps, une méthode de maniement est créée, permettant des parades et blocages
sur différents coups (poing, pied, bâton, couteau...), des ripostes par coups d'estoc ou circulaires
et des techniques de police (moyens d'extraire un individu d'un véhicule ou de l'immobiliser pour
menottage...).
L'intérêt évident du tonfa n'échappe pas à Robert Paturel, champion d'Europe de boxe française
et fonctionnaire de police, lorsqu'il le découvre aux États-Unis. C'est lui qui introduira le tonfa
en France comme bâton individuel de défense, intermédiaire idéal entre la défense à main nue
et l'utilisation de l'arme à feu, parce que sans grand risque de dérive.
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Suite à l'étude de nombreux documents techniques relatifs au tonfa, et grâce à la collaboration
de plusieurs policiers ainsi que d'experts des arts martiaux, une méthode est codifiée. Elle fait
désormais partie intégrante des programmes d'entraînement du RAID et des GIPN et suscite
partout un intérêt grandissant.
Les auteurs de cet ouvrage, passionnés d'arts martiaux et de sports de combat, pratiquent le
judo, le ju-jitsu, le karaté, la boxe, le full contactet sont tous deux ceinture noire de nunchaku.
Frédéric Polla, plusieurs fois champion de Suisse, est vice-champion du monde de nunchaku
technique et de combat et Thierry Peclard vice-champion de Suisse de full contact Sans cesse
attirés par de nouvelles techniques de combat, ils ont découvert et ont été impressionnés par
l'utilisation du tonfa comme défense personnelle. Ils ont travaillé certaines techniques du kobudo,
puis ont étudié la technique américaine Monadnock avant de participer à un stage dirigé par
Robert Paturel. Enthousiasmés par l'éventail des techniques développées, fondées avant tout sur
des mises en situation réelle, ils continuent de pratiquer cette méthode de tonfa tout en y
apportant quelques variantes.
Méthode d'entraînement
Pour approcher le plus possible de la réalité, la pratique du combat contre un ou plusieurs adver¬
saires et les attaques-surprises sont primordiales sinon nécessaires.
C'est lors de ces entraînements «réalistes» que l'on pourra voir si une technique est irréalisable
et dangereuse ou non pour la personne qui sera amenée à l'exécuter. C'est à ce moment-là que
les enseignants doivent décider s'il est judicieux d'approfondir telle technique ou non. C'est ce
qui fait la différence entre notre enseignement et la pratique exclusive des arts martiaux tradi¬
tionnels. Cependant, une initiation aux différentes armes telles que le couteau, le bâton, la batte
ou le nunchaku et aux sports de combat comme la boxe ou le kick boxing est prévue afin d'élargir
la vue d'ensemble des pratiques de self-defense.
Toutes les techniques pratiquées et enseignées avec le tonfa sont restituables à mains nues afin
que les réflexes et les automatismes puissent demeurer valides lorsque l'on se trouve sans tonfa.
L'ensemble de ces techniques ne garantit pas le succès, mais une pratique régulière et motivée
augmente vos chances de réussite.
9
Description du tonia
10
TECHNIQUES
DU TONFA
N.B. Toutes les techniques présentées ici sont à inverser pour un gaucher.
Techniques du toni'a
Techniques de base
• Les gardes: active, passive, à deux mains.
• Les dégagements sur toute saisie au niveau de la poitrine (le tonfa tenu d'une main).
• Maintien de la distance de sécurité face à une arme blanche: rotations obliques, tonfa pointe
en avant en garde inversée.
• Parades et ripostes (poings, pieds, tonfa) sur coups de poing, coups de pied, coups de bâton
ou de couteau.
• Les moyens d'amener: la tête de poignée dans le dos, la clé de coude en extension.
• Vista du combat.
Techniques intermédiaires
Toutes les techniques de base, un peu mieux maîtrisées:
• Blocage de la main armée, saisie du poignet, riposte sur la main armée pour faire lâcher le
couteau.
Chutes au sol
• Les chutes avant et arrière, le tonfa tenu d'une main.
• La défense au sol.
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Défense sur une saisie
• Sur une saisie par une main forte: enroulement.
• Sur une saisie à deux mains du poignet portant le tonfa: tirer vers soi.
• Sur une ceinture avant avec un bras libre: frappe avec la poignée du tonfa dans le dos de l'adver¬
saire.
• Sur une ceinture arrière avec un bras libre: frappe avec la poignée du tonfa sur les mains de
l'adversaire.
• Les étranglements.
• Le blocage au sol.
Le combat (décontracté)
• Faire face à un ou deux adversaires (avec un ou deux tonfas).
• Le combat au sol.
Techniques confirmées
Toutes les techniques de base et intermédiaires, un peu mieux maîtrisées:
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• Attaque en piqué à la tête: enroulement droite ou gauche.
• Désarmement croisé.
• Sur un coup piqué à la gorge: parade chassée de la main faible, corps du tonfa dans saignée
du coude et contrôle de la main armée avec la main faible.
Moyens d'amener
• Étranglement: à une main, le tonfa tenu par la poignée à deux mains, le tonfa tenu par le
corps.
Le combat réel
• Demande une exécution des techniques intermédiaires de façon rapide et efficace.
• Se préparer mentalement au combat réel.
• Garder son sang-froid.
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tilisation du tonia
Le tonfa ou bâton de police à poignée latérale remplace la matraque qui n'offrait pas beaucoup
de possibilités comme blocage ou moyen d'amener et restait par ailleurs utilisée et perçue comme
moyen de répression.
- Pour les blocages, l'avant-bras et la main sont parfaitement protégés, môme lors de frappes
lourdes (avec une batte de base-bail par exemple).
- Le tonfa permet également une grande maniabilité pour bloquer les attaques aux pieds ou
aux poings.
- On peut encore réaliser de petits atémis avec le talon du tonfa et bien sûr un grand nombre
de dés, trouver des moyens d'amener, réussir des immobilisations pour menottage, des sorties
de véhicule...
La tenue du tonfa par la poignée latérale le rend beaucoup moins agressif qu'une matraque.
C'est souvent l'adversaire qui, en voulant vous frapper ou vous saisir, se fera mal, c'est-à-dire que
le tonfa est un instrument de self-defense et non d'attaque comme une matraque.
est très difficile de se servir d'un tonfa comme d'une matraque, ce qui est d'ailleurs strictement
interdit sauf dans quelques cas exceptionnels.
Toutes les techniques présentées dans cet ouvrage sont des techniques de défense, aucun
mouvement d'attaque ne sera ici élaboré.
Le tonfa est l'alternative à l'usage de l'arme à feu; devant être tenu par la main forte, il se substi¬
tuera à l'arme à feu que la personne menacée n'aura pas le réflexe de saisir.
Saisie du tonfa
Saisie de base: l'index et le pouce sont joints
fermement de manière à ne pas laisser
échapper le tonfa, mais restent assez souples
cependant pour laisser pivoter la poignée.
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Zones à risques
Lors d'une agression, il se peut que l'on soit amené à utiliser le tonfa pour frapper. En raison de
la dureté du tonfa et des dégâts qu'il peut occasionner, on privilégiera les zones du corps non
dangereuses pour la vie.
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Pour une personne non armée
Port du tonfa à la ceinture du côté droit. Le
tonfa est dégainé par la main droite.
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Dégainés du tonxa
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Le tonfa à la ceinture (côté droit)
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Le tonfa sous l'aisselle gauche (tonfa télescopique)
Saisir la poignée du tonfa avec la main droite et dégainer par le haut.
Frappe en diagonale vers le bas avec un coup sec de manière à faire sortir la partie télescopique.
Avec une rotation, le corps du tonfa vient se plaquer contre l'avant-bras. Saisir la pointe après
rotation avec la main gauche pour se retrouver en garde active à deux mains.
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Garde passive
le tonfa dans une main
Le tonfa esttenu de la main droite le long du
corps, partiellement caché derrière la jambe.
Position de sécurité, c'est-à-dire le corps côté
faible devant, 45 degrés par rapport au
suspect, être prêt à l'action.
Garde « en épée »
À la manière d'une épée, le talon du tonfa
est tenu de la main droite. La poignée dirigée
vers le bas sert à bloquer un coup de pied ou
un coup de bâton. Attention, l'index ne doit
pas être en contact avec la poignée lors du
blocage, à cause de l'onde de choc. La main
gauche reste en protection du visage.
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Garde « en crochet »
La pointe du tonfa est tenue de la main droite.
De cette manière, on peut crocheter, bloquer un
coup de poing ou un coup de pied, on dévie la
frappe d'un bâton. La main gauche est en protec¬
tion du visage.
Blocage en haut
La poignée du tonfa est tenue par la main
droite, le corps du tonfa plaqué le long de
l'avant-bras. Le bras droit est levé à l'oblique
de manière à bloquer le coup et le dévier du
côté droit. Attention de ne pas mettre la
poignée près de la tête: elle viendrait heurter
le visage en cas de frappe forte. La main
gauche est en protection du visage. Le tonfa
doit absolument être plaqué contre l'avant-
bras sans quoi le choc contre le tonfa peut
blesser l'avant-bras porteur.
Blocage en bas
La position du tonfa pour le blocag
similaire à celle observée pour le
haut. Le tonfa est simplement aba
prévenir toute attaque (coups de pii
le bas.
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Blocage à droite
La position du tonfa pour le blocage à droite
suit la position pour le blocage en haut. Le
tonfa est en position verticale du côté droit
pour parer à toute attaque (coups de poing,
de pied, de bâton). Penser à éloigner la
poignée du visage ou la décaler légèrement
de l'axe de la tête. La main gauche est en
protection du visage.
Blocage à gauche
Le blocage à gauche requiert les mêmes
mouvements que le blocage à droite, mais
inversés.
Blocage à gauche.
Blocage avec le tonfa tenu à deux mains
Blocage en haut
Le tonfa est tenu de la main droite par la
poignée. La main gauche vient saisir la pointe.
Le tonfa est tenu à l'oblique afin de bloquer
le coup et le dévier sur la droite. Bien penser
à éloigner la poignée du visage. La main
gauche est ouverte et le tonfa repose dans le
creux de la main pour éviter l'écrasement des
doigts.
Blocage en bas
Le blocage en bas demande les mêmes
mouvements que le blocage en haut, trans¬
posés au niveau de la cuisse.
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Blocage à droite
Position du tonfa verticale du côté droit.
Attention à la poignée qui peut venir heurter
l'épaule ou le biceps droit.
Blocage à gauche
Le blocage à gauche requiert les mouvements
du blocage à droite que l'on inversera.
Attention à la poignée qui peut heurter le
thorax ou le visage.
Rlocage de face
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Blocages divers
Tous les blocages avec le tonfa le long de l'avant-bras droit peuvent se faire en renforçant la
tenue du talon par la main gauche en cas de frappe lourde, avec une batte de base-bail par
exemple.
Dans ce cas, il est primordial de ne pas mettre la poignée dans l'axe de la tête. La main en renfort
ne doit pas serrer le talon du tonfa. Les doigts sont ouverts et le tonfa repose dans le creux de
la main afin d'éviter l'écrasement des doigts.
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Prappes
Les frappes sont principalement utilisées comme atémis afin de surprendre, de détourner
l'attention de l'adversaire et de lui faire lâcher prise. Étant donné la dureté du tonfa, on peut
aisément deviner les dégâts qu'une frappe solide est susceptible d'occasionner. Pour cette raison,
on n'y aura recours qu'en cas de nécessité absolue.
On visera uniquement les parties du corps non vitales, par exemple les mains, avant-bras, épaules,
pieds, tibias et cuisses, en évitant absolument les zones particulièrement délicates, la tête et les
articulations.
Les frappes par rotation peuvent être utilisées afin d'impressionner l'adversaire et de garder une
distance de sécurité ou de neutraliser une main armée d'un couteau, mais elles nécessitent une
grande mobilité et une bonne précision.
Frappe directe
Comme en boxe, on frappe droit devant avec
le talon. On doit saisir fermement la poignée,
car au moindre choc le tonfa peut dévier et
échapper à l'avant-bras. Le corps du tonfa
doit absolument être plaqué contre l'avant-
bras. Ne pas frapper le visage, les parties ou
la cage thoracique.
Frappe directe.
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Frappe verticale
La frappe de haut en bas permettra, par
exemple, de parer un coup de poing ou un
coup de pied, de neutraliser une main armée.
On peut également s'en servir pour faire
lâcher prise. Ne pas frapper sur la tête.
Frappe verticale
Frappe montante
À partir d'une position de garde (comme en
boxe), on peut venir frapper le dessous de
l'dvdiil-üidb adverse ou parer un coup de
poing.
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Frappe avec la tête de poignée
La frappe avec la tête de poignée contre le V
thorax d'un adversaire vous permettra de
vous dégager d'une prise ou d'une attaque
par l'arrière. Le corps du tonfa doit être
plaqué contre l'avant-bras. Ne pas frapper la
tête.
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Frappe par rotation horizontale
de droite à gauche
La poignée du tonfa est tenue de la main
droite. La position de départ est en garde,
le corps du tonfa plaqué le long de l'avant-
bras.
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Frapper vers le haut par une rotation, le tonfa
toujours parallèle au buste. Après l'impact,
le tonfa vient se plaquer contre l'avant-bras.
35
Clés, moyens d’amener, immobilisations
36
/\N
Se placer très rapidement derrière l'adver¬
saire.
37
Clés avec une extension du bras
gauche
Le tonfa est plaqué le long de l'avant-bras.
Saisir fermement le poignet gauche de
l'adversaire, se déplacer à sa gauche.
38
Clés de coude pour contraindre
un adversaire à sortir de voiture
Tenir le tonfa par la pointe, la poignée à
l'intérieur. Placer le tonfa entre le bras gauche
et le corps de l'adversaire et poser la poignée
sur le poignet. Avec la main gauche, saisir le
poignet et la poignée du tonfa puis exercer
une forte pression.
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Clé du bras droit par devant
Le tonfa est tenu à deux mains. S'approcher de l'adversaire et planter la pointe du tonfa sous
son aisselle. L'avant-bras gauche vient frapper le bras adverse. Donner un petit coups vers le haut
avec la pointe du tonfa.
41
La main droite avec la poignée du tonfa
maintient le bras adverse plaqué contre son
dos. La main gauche tient toujours la pointe
du tonfa mais le coude se relève et vient faire
pression sur les omoplates de l'adversaire. Le
pousser en avant et le plaquer contre un mur,
contre une voiture ou éventuellement au sol.
44
Moyen d'amener
par un contrôle du bras droit
(par devant)
La poignée du tonfa est tenue de la main
droite. Glisser le corps du tonfa entre le bras
droit et le corps de l'adversaire jusqu'à ce que
la poignée vienne buter contre son biceps.
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Se placer alors à côté de l'adversaire,
lui maintenir l'avant-bras contre le
biceps et appuyer sur son triceps avec
la poignée. Agir très vite pour l'empê¬
cher de tourner son bras. Le coude doit
être en bas.
50
Moyen d'amener
par un contrôle du bras droit
(par derrière)
52
Blocage des coups de pied circulaires
et clés de jambe
Le tonfa plaqué contre l'avant-bras droit,
bloquer le coup de pied circulaire par un
atémi sur le tibia en effectuant une légère
rotation à gauche.
Etranglement en ciseau
Le tonfa est tenu à deux mains.
S'approcher de l'adversaire de son côté
gauche ou par-derrière.
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De suite et sans déplacement pousser vers le
bas pour effectuer une mise au sol. Le genou
droit fait pression sur le dos, le bras gauche
Étranglement par l'arrière
avec l'avant-bras par la droite
Le tonfa est tenu de la main droite par la
poignée, le talon devant, la pointe dans le
creux de l'avant-bras.
56
Étranglement par l'arrière avec l'avant-bras parla droite.
57
dégagements sur saisies
58
Dégagement du bras droit sur une
saisie effectuée à l'aide du bras
gauche
La main gauche de l'adversaire vous tient
fermement le poignet droit.
60
Dégagement sur une saisie
du corps du tonfa
Vous tenez le tonfa à deux mains, la droite
sur la poignée, la gauche sur la pointe.
L'adversaire saisit le corps du tonfa.
61
Dégagement sur une saisie
du corps du tonfa à deux mains
Le tonfa est tenu par la pointe et la poignée;
l'adversaire vient saisir le corps du tonfa à
deux mains.
N.B. Afin de rendre efficaces les dégagements sur saisie, il est obligatoire de faire une frappe
pour détourner l'attention de l'adversaire. Cette frappe peut se faire avec les pieds dans les tibias,
ce peut être un coup de talon sur le dessus du pied, un coup de tibia dans les parties... elle peut
se faire également avec la main libre au visage.
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Dégagement du talon du tonfa
Comme pour se dégager d'une saisie du tonfa à deux mains, il s'agit, sur une tentative de saisie
du talon, de pivoter de façon à pousser l'adversaire à lâcher prise. Afin de réussir ces dégage¬
ments, il est impératif d'agir immédiatement et de ne pas oublier de déséquilibrer l'adversaire
vers l'avant ou vers l'arrière.
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Dégagement sur une saisie
au niveau du thorax (bras saisis)
Avec la main libre munie du tonfa, appuyez
fermement la tête de poignée sur la main de
l'adversaire ou éventuellement le poignet.
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liexeuse l'ace à une attaque au bâton
Tenir l'agresseur à distance en étant aussi mobile que lui, rester très concentré et ne pas le quitter
des yeux.
Frappez les mains dès qu'il les avance. Repoussez-le en donnant un atémi à l'abdomen, frappez
au niveau de la cuisse ou du genou.
Frappe avec rotation du tonfa
Esquiver par une rotation du corps et
frapper le bras, le poignet ou la main
armée avec la pointe du tonfa par un
mouvement circulaire.
70
Lïaniement pour repousser
72
En maintenant l'adversaire plaqué contre soi,
donner un coup de genou derrière ses jambes
pour le déséquilibrer en arrière.
74
Vue de l'autre côté.
Une fois au contact, la main gauche vient
saisir la pointe du tonta afin de renforcer la
pression exercée sur son cou et en même
temps le déséquilibrer en arrière.
Être en position de garde, prêt à l'action, le tonfa plaqué contre l'avant bras, la main gauche en
protection du visage. Dès que l'adversaire passe à l'action, avancer et bloquer le bâton le plus
près possible des mains de l'assaillant et dévier le bâton vers la droite.
Profitez de l'inertie du bâton pour le dévier vers l'extérieur droite. Enroulez le bâton avec votre
bras de manière à le bloquer sous votre aisselle droite. La main gauche reste en protection du
visage.
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Se déplacer vers la gauche pour se retrouver parallèle au bras de l'adversaire et appuyer fermement
avec la main gauche et le tonfa afin de faire lâcher la prise de l'adversaire. Garder le bâton sous
l'aisselle, la main gauche en protection du visage. Revenir en position de garde.
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Attaque au bâton à l'horizontale par la gauche
Bloquer le coup avec le tonfa, plaqué contre l'avant-bras droit, en effectuant une rotation vers
la gauche. La main gauche reste en protection du visage.
Enrouler le bâton de l'adversaire avec le bras gauche de manière à le bloquer sous l'aisselle. Le
bras droit vient en protection du visage. Le tonfa est plaqué contre l'avant-bras droit.
Pivoter avec la jambe droite de manière à être parallèle au bâton, avancer et rabattre sèchement
e tonfa contre les poignets de l'adversaire pour lui faire lâcher le bâton. Garder le bâton bloqué
sous l'aisselle et se repositionner en garde, le tonfa plaqué contre l'avant-bras droit.
79
Blocage d'un coup de bâton par la gauche.
80
Rabattre le tonfa sur le bâton. La main
gauche vient saisir les poignets de
l'adversaire. Le tonfa et la main
gauche appuient fermement sur les
bras adverses avec un mouvement du
buste pour rabattre le bâton contre
l'adversaire, éventuellement sur sa
tète. Exercer la pression jusqu'à ce que
l'adversaire se retrouve à genoux.
Saisir le bâton, reculer et se remettre
immédiatement en garde.
81
Rabattre le bras adverse vers l'exté¬
rieur. Avec la main gauche, saisir le
poignet, le pouce sur la main et les
doigts dans la saignée du poignet.
Frapper fermement avec le tonfa sur
les doigts ou le couteau afin de le faire
tomber au sol.
N.B. Lorsque l'on n'a pas réussi à saisir la main armée pour effectuer le désarment, il ne faut en
aucun cas essayer de l'attraper. Il faut immédiatement reprendre la distance en position de
combat sur une attaque au couteau.
82
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Une fois le couteau lâché, tordre
poignet de l'adversaire pour lui faii
perdre l'équilibre. S'aider avec le tonf
Rabattre vers le bas la clé du poigru
pour faire chuter l'adversaire au sol
84
86
87
Attaque au couteau en piqué
En garde, se déplacer, le tonfa
plaqué contre l'avant-bras
droit vers l'extérieur de l'adver¬
saire et rabattre le bras armé
du tonfa contre le poignet
armé du couteau.
Effectuer une légère rotation à droite et saisir la main de l'adversaire avec la main gauche.
Frapper le poignet vivement avec le corps du tonfa pour faire lâcher le couteau, puis effectuer
une clé du poignet pour amener l'adversaire au sol et finir par une clé de bras.
88
Dès le blocage effectué, le bras gauche
enroule le bras armé et le maintient plaqué
sous l'aisselle et contre la poitrine. En même
temps, le bras avec le tonfa vient appuyer au
niveau de la clavicule gauche de l'adversaire.
La jambe droite se place derrière les jambes
adverses; pousser sèchement l'adversaire en
arrière pour le faire chuter.
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Attaque au couteau par la droite
Sur une attaque latérale par le côté droit au couteau, réagir par un blocage direct à droite puis
frapper pour désarmer l'adversaire.
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Prise en main
- Présentation du formateur et du groupe.
- Objectif de la séance.
Mise en train
- Essayer, dans la mesure du possible, d'avoir le tonfa dans les mains du début à la fin du cours.
- Pour cela, préférer des exercices d'échauffement, seul ou à deux, à l'aide du bâton.
Séance
- Procéder, dans le contenu du cours, à une hiérarchisation des techniques à effectuer en allant
du plus simple au plus compliqué.
- Penser à positionner correctement votre public, pour que tout le monde puisse voir l'action,
puis montrer la technique sous plusieurs angles (à vitesse réelle, au ralenti).
- Proscrire formellement les ripostes sur les zones à risque (tête, colonne vertébrale...) lors des
exercices-réflexes, afin que les stagiaires n'acquièrent pas d'automatismes dangereux.
- Prévoir les exercices-réflexes et simulations en situation réelle vers les deux tiers de la séance
où l'attention est maximale.
Retour au calme
- Garder pour la fin de la séance des exercices favorisant le retour au calme: moyens d'amener,
contrôles au sol, techniques d'arrestation.
Reprise en main
-Finir par une reprise en main: questions diverses, rappel du cadre légal, rappel des zones à
risque et de la conduite à tenir pour administrer les premiers secours.
Augmentation progressive des difficultés, par exemple sur une attaque au couteau:
- Esquives et blocages avec le tonfa.
- Esquives et blocages suivis d'une riposte (au choix).
- Esquives et blocages, saisie de la main armée, riposte avec le corps du tonfa sur la main armée.
- Esquives et blocages, saisie de la main armée, riposte par une hypertorsion-flexion de la main
et clé de coude en extension avec le tonfa.
Retour au calme (à l'aide d'exercices comprenant bec de canne, aile de poulet, étranglement...).
Synthèse (5 minutes)
93
CHAPITRE TROISIEME
INITIATION
AU COMBAT
r oints sensibles et points vitau I
Les points sensibles et vitaux sont les points fragiles du corps humain sur lesquels on peut être
amené à agir par un coup frappé ou une pression, dans le but de créer une diversion par désta¬
bilisation physique ou psychique de l'antagoniste, d'amoindrir sa résistance ou de le neutraliser.
Dans le cas des frappes, il convient de contrôler sa force car un choc violent risque de provoquer
une syncope pouvant entraîner la mort.
Points sensibles
Le nez (pointe et base du nez) - lésion du foie,
Le menton - syncope,
- douleur vive.
La gorge
Effets, selon la puissance:
Les genoux
Effets, selon la puissance:
-douleur et désagrément handicapants,
risque de coma et de mort. - douleur,
- blocage de la jambe,
L'estomac
- risque de lésion du genou,
Effets, selon la puissance:
- risque de fracture.
- blocage respiratoire,
- risque de fracture.
Les côtes
Effets, selon la puissance: Le dessus du pied
- blocage respiratoire, Effet:
- risque de syncope, - douleur handicapante.
96
Points vitaux
Les points vitaux sont les régions de l'organisme humain dont l'agression peut avoir des consé¬
quences mortelles.
Toute atteinte de ces points vitaux peut entraîner la mort, soit par lésion directe d'organes néces¬
saires à la vie (cerveau, bulbe rachidien, cœur), soit indirectement par action-réflexe.
Région temporale
Nuque
Bifurcation carotidienne
Larynx
Région précordiale
Plexus solaire
Foie
97
sesquives,
ositions et déplacements,!
séries techniques
Position de sécurité
Être en position de sécurité, c'est se tenir prêt
à l'action sans agressivité face à une personne
suspecte.
La distance de sécurité
Le périmètre de sécurité dans lequel personne ne doit pénétrer est d'environ 1,5 à 2 mètres, ce
qui correspond plus ou moins à un coup de pied sans élan.
La main gauche se lève pour intimer l'arrêt ; elle peut aussi faire office de protection si l'adver¬
saire approche rapidement.
98
Déplacement avant
Le déplacement avant se fait à partir de la position de garde active. Le but principal est de ne
jamais croiser les jambes. La jambe avant fait un pas en avant et la jambe arrière suit d'un pas
égal. Toujours garder le même écartement des pieds et ainsi de suite.
Les pieds frôlent le sol de manière à dégager de petits obstacles (pierres, bouteilles, chaises, etc.)
ou à sentir un trottoir, un mur en cas d'obscurité. Rester en garde active pendant le déplace¬
ment, très attentif.
Déplacement arrière
Le déplacement arrière suit le même principe que celui en avant. La jambe arrière fait un pas en
arrière et la jambe avant suit d'un pas égal. Bien glisser le pas arrière qui viendra buter sur un
obstacle sans provoquer un déséquilibre.
99
Déplacement latéral gauche
Toujours selon le même principe (ne pas croiser les jambes), la jambe gauche fait un pas à gauche
et la jambe droite suit d'un pas équivalent à gauche. Rester en garde active.
100
Le pivot avant
Le pivot avant se fait en pivotant sur le pied avant, avancer la jambe arrière en effectuant un
demi-tour gauche. Les bras restent en garde active.
Le pivot arrière
Le pivot arrière se fait en pivotant sur la jambe arrière. On regarde d'abord puis faire un demi-
tour droit en avançant la jambe avant. Rester en garde active.
Chute avant avec le tonfa
Le but d'une chute avant est de maîtriser une perte d'équilibre ou une forte poussée dans le dos
par un agresseur. Partir en avant sur son côté gauche, la main gauche vient prendre appui sur
le sol. Bien rentrer la tête, faire le dos rond et se laisser rouler en avant sur l'épaule gauche.
Profiter de l'élan pour se relever et tout de suite faire face à l'agresseur, le tonfa ne doit prati¬
quement pas toucher le sol.
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Chute avant avec le tonfa tenu à deux mains
Même principe mais c'est l'avant-bras qui va prendre appui sur le sol. Bien rentrer la tête, faire
le dos rond et se laisser rouler en avant sur l'épaule gauche. Bien tenir le tonfa pour ne pas qu'il
s'échappe lors du choc poignet-avant-bras sur le sol. Profiter de l'élan pour se relever et tout de
suite faire face à l'agresseur en garde active.
Variante : la main gauche lâche la pointe du tonfa et vient aider à se relever. La main droite ne
lâche en aucun cas la poignée du tonfa.
Esquives
104
L'agresseurtente une saisie à l'aide de
son bras gauche en avançant. Faire
l'esquive latérale droite pour sortir de
l'axe de l'attaque.
107
Ne pas aller chercher les coups de part et
d'autre.
3. Coup de pied dans les jambes pour faire chuter l'adversaire. Si l'adversaire est au sol, tenter
un moyen de soumission sinon reprendre une distance de sécurité.
109
Application d'une défense contre une attaque pieds-poings avec le tonfa
tenu à deux mains
1. Esquive latérale droite avec blocage du coup.
2. L'agresseur tente un coup de pied, déplacement gauche et frappe avec le corps du tonfa sur
le tibia adverse, la main gauche en protection du visage.
3. De suite, après la frappe, la main gauche reprend le tonfa ; avancer avec le tonfa horizontal
pour repousser l'agresseur.
110
Avec le tonfa à la main
Au repos, normalement, le coude droit
doit toujours être en contact avec
l'arme à feu.
Rétention du tonia
Le tonfa à la ceinture
L'agresseur saisit la poignée ou le talon du
tonfa.
112
En garde à une main
Par derrière, l'agresseur saisit la
pointe du tonfa.
114
Mise en application d'une défense
sur un coup de poing
118
En cas de chute ou de mise au
sol par un agresseur.
120
Lorsque nous avons appris avec satisfaction que Le tonfa en self défense était épuisé et que les
éditions Chiron allaient le rééditer, nous avons décidé d'en profiter pour en faire un nouveau
livre (environ 80 pages modifiées), ceci pour plusieurs raisons.
D'une part, depuis 1996, date de la première édition, les mentalités ont changé et le tonfa a
évolué. Nous avons supprimé toutes les techniques dangereuses comme les frappes verticales et
obliques (trop de risques de toucher la tête) ou les étranglements avec le corps du tonfa, les
points de pression (risques de graves lésions sur la gorge ou sur les cervicales).
Le but du tonfa (ne l'oublions pas) est d'être un bâton de défense qui permet au personnel de
sécurité et à la force publique de se défendre efficacement mais aussi, par le choix des techniques,
d'éviter de blesser autant que possible l'agresseur. C'est plus un bouclier qu'une arme de frappe.
Notre expérience nous a permis d'améliorer un certain nombre de techniques. En quatre ans,
nous avons animé beaucoup de stages et nous nous sommes aperçus que certaines techniques
en fonction de certains paramètres ne fonctionnaient pas de manière satisfaisante ou avec trop
de risques ou encore étaient trop compliquées pour être vraiment efficaces.
En ce qui concerne le chapitre « Initiation au combat », nous avons remplacé les échauffements
par des techniques plus dynamiques basées sur le combat.
Nous attachons une grande importance aux positions et distances de sécurité, à la mobilité et à
l'initiative. Les séries présentées ici sont des applications de cas que l'on peut rencontrer. Leur
but est de montrer des enchaînements de techniques ou de déplacements en cas de situations
conflictuelles. Mais ce ne sont pas des katas à apprendre par cœur.
Entraînez-vous avec un tonfa dur sur des cibles solides tenues par votre partenaire.
Ne restez pas figé. Continuez d'approfondir votre pratique afin de vous améliorer. Si l'expérience
vous apprend que telle technique fonctionne bien à l'entraînement mais qu'elle est dangereuse
dans la rue, abandonnez-la sans remord ou trouvez la faille pour l'améliorer.
C'est cet enseignement que nous à transmis Robert Paturel et que nous aimerions à notre tour
vous transmettre.