Professeur : M.
DIENE Classe : Première L/S
Texte 1 :
Il semble que l'on fait consister proprement la possession de la philosophie dans le manque de
connaissances et d'études, et que celles-ci finissent quand la philosophie commence. On tient
souvent la philosophie pour un savoir formel et vide de contenu. Cependant, on ne se rend
pas assez compte que ce qui est Vérité selon le contenu, dans quelque connaissance ou
science que ce soit, peut seulement mériter le nom de vérité si la philosophie l'a engendré ;
que les autres sciences cherchent autant qu'elles veulent par la ratiocination à faire des
progrès en se passant de la philosophie il ne peut y avoir en elles sans cette philosophie ni
vie, ni esprit, ni vérité.
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Hegel, Phénoménologie de l'esprit, introduction
Texte 2 :
Il y a un principe du doute consistant dans la maxime de traiter les connaissances de façon à
les rendre incertaines et à montrer l'impossibilité d'atteindre à la certitude. Cette méthode de
av
philosophie est la façon de penser sceptique ou le scepticisme. [...]
Mais autant ce scepticisme est nuisible, autant est utile et opportune la méthode sceptique, si
l'on entend seulement par là la façon de traiter quelque chose comme incertain et de le
conduire au plus haut degré de l'incertitude dans l'espoir de trouver sur ce chemin la trace de
la vérité. Cette méthode est donc à proprement parler une simple suspension du jugement.
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Elle est fort utile au procédé critique par quoi il faut entendre cette méthode de philosophie
é
qui consiste à remonter aux sources des affirmations et objections, et aux fondements sur
lesquels elles reposent, méthode qui permet d'espérer atteindre à la certitude.
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Kant, Logique,
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Texte 3 :
Penser, c’est dire non. Remarquez que le signe du oui est d’un homme qui s’endort ; au
pr
contraire le réveil secoue la tête et dit non. Non à quoi ? Au monde, au tyran, au prêcheur ?
Ce n’est que l’apparence. En tous ces cas-là, c’est à elle-même que la pensée dit non. Elle
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rompt l’heureux acquiescement. Elle se prépare d’elle-même. Elle combat contre elle-même.
Il n’y a pas au monde d’autre combat. Ce qui fait que le monde me trompe, c’est que je
consens, c’est que je ne cherche pas autre chose. Et ce qui fait que le tyran est maître de moi,
Im
c’est que je respecte au lieu d’examiner. C’est par croire que les hommes sont esclaves.
Réfléchir, c’est nier ce que l’on croit. Qui se contente de sa pensée ne pense plus rien.
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Qu’est-ce que je verrais si je devais tout croire ? Mais c’est en m’interrogeant sur chaque
chose que je la vois.
ALAIN, Propos sur les pouvoirs
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