INTRODUCTION
Au lendemain des indépendances, c’est une Afrique morcelée, fragile et pauvre qui
apparaît sur l’échiquier politique international. Dès lors, les États africains éprouvent le
besoin de se développer dans l’’union.
Ce désir se concrétise par la création de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) le 25
mai 1963 à Addis-Abeba en Éthiopie. Cette dernière est transformée en Union Africaine
(UA) en 2002 pour répondre à un besoin d’efficacité.
Comment se présente-t-elle ? Comment est-elle organisée ? Quels sont ses succès et ses
limites?
1
I- NAISSANCE, OBJECTIFS ET PRINCIPES
1- La création de l’U.A.
a- Les échecs de l’O.U.A
Les difficultés de l’OUA à remplir ses missions sont liées à:
l’inadaptation de ses structures,
la marginalisation économique et politique de l’Afrique à l’ère de la
mondialisation,
l’insécurité et l’instabilité sur le continent qui entravent son développement.
C’est pour résoudre ces difficultés et adapter l’Organisation au contexte actuel du monde
que les chefs d’Etats se sont accordés à la remplacer. b- L’avènement de l’U.A
➢ Les étapes de la création de l’UA font suite à quatre (4) sommets de chefs d’Etats
et de gouvernement africain :
Septembre 1999 : la session extraordinaire de Syrte (Libye) décide la création de
l’UA.
Juillet 2000 : le Sommet de Lomé (Togo) adopte l’acte constitutif (charte) de l’U.A.
Juillet 2001 : le Sommet de Lusaka (Zambie) établit le programme de mise en place
de l’Union.
9 Juillet 2002 : Le Sommet de Durban signe la charte de l’Union Africaine ;
l’U.A. est officiellement créée.
Elle compte 55 pays membres soit tous les pays d’Afrique et conserve l’ancien siège de
l’O.U.A. à Addis-Abeba en Éthiopie.
2- Objectifs et principes de l’U.A.
a- Des Objectifs visant l’épanouissement global de l’Afrique.
- Réaliser l’unité et la solidarité entre les pays et les peuples africains.
- Défendre la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance des Etats membres.
- Promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité du continent.
- Promouvoir les principes et institutions démocratiques ; la participation populaire, la
bonne gouvernance et les droits de l’homme.
- Promouvoir et défendre des positions communes sur les questions d’intérêt pour le
continent et ses peuples.
- Créer les conditions appropriées pour permettre au continent de jouer un rôle dans
l’économie mondiale et dans les négociations internationales.
- Promouvoir un développement durable sur les plans économique, social et culturel.
- Promouvoir la recherche scientifique et technologique.
2
➢ L’ambition de l’UA est d’accélérer l’intégration économique et politique entre les
pays africains, dans le nouveau cadre de la mondialisation, et de promouvoir les
principes et les institutions démocratiques ainsi que le respect des droits de l’homme.
b- Des principes à respecter par les États membres.
- Le règlement pacifique des conflits.
- L’égalité et la souveraineté de tous les États membres.
- La non-ingérence dans les affaires internes des États.
- La condamnation et le rejet des changements anticonstitutionnels de gouvernement.
- L’interdiction de recourir à la force ou la menace entre les États membres.
- Le droit d’intervenir dans les affaires internes des États membres en cas de génocide,
de crise ou de guerre.
- Le respect des frontières héritées de la colonisation.
II- STRUCTURES ET FONCTIONNEMENT DE L’UA
Les organes de l’UA peuvent être répartis en deux grands groupes.
1-Les organes de direction
✓ La Conférence de l’Union
C’est l’organe suprême de l’Union Africaine.
- Elle regroupe les Chefs d’États et de Gouvernements.
- La Conférence se réunit au moins une fois par an.
- Elle définit les politiques communes.
- Elle adopte le budget et nomme les responsables des autres organes.
- La Présidence est assumée pendant 1 an par un Chef d’Etat ou de Gouvernement élu.
- Elle est présidée actuellement (2019-2020) par Cyril RAMAPHOSA, Président de
l’Afrique du Sud.
✓ Le Conseil Exécutif
- Il est composé des Ministres (ou des Délégués) désignés par les gouvernements des
États membres.
- Il contrôle la mise en œuvre des politiques arrêtées par la Conférence.
✓ La Commission de l’Union
- C’est le Secrétariat Général de l’U.A.
- Il assure l’administration quotidienne de l’organisation.
3
- L’actuel Président de la Commission est le tchadien Moussa Faki MAHAMAD.
✓ le Comité des Représentants permanents
- Le Comité des Représentants permanents est composé des Ambassadeurs des États
membres résidant à Addis-Abeba.
- Le Comité des Représentants permanents est chargé de préparer les travaux du
Conseil exécutif
✓ Le Parlement Panafricain (P.A.P)
-Il est composé de représentants désignés par les Parlements nationaux (cinq par pays
membre) et siège en Afrique du Sud.
-Il doit à terme avoir un réel pouvoir législatif, et assurer la pleine participation des peuples
africains au développement et à l’intégration économique du continent.
2- Les autres organes
✓ Le Conseil de paix et de sécurité (CPS)
- Composé de 15 membres.
- Le comité des sages comprend 9 membres.
C’est l’organe décisionnel permanent pour la prévention, la gestion et le règlement
des conflits.
✓ Les comités techniques spécialisés
Chacun des comités a pour mandat de :
- préparer des projets et programmes de l’Union et les soumettre au Conseil exécutif ;
- assurer le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des décisions prises par les
organes de l’Union.
Ils jouent un rôle de conseil-appui
✓ Les institutions financières de l’UA sont au nombre de 3 :
- la Banque centrale Africaine (BCA) ;
- le Fonds Monétaire Africain (FAM) ;
- la Banque Africaine d’Investissement (BAI).
✓ Le Conseil Économique et Culturel (ECOSUC) est un organe consultatif
sur les questions économiques et culturelles.
4
✓ L’organe judiciaire se compose comme suit :
- la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP),
- la Cour Africaine des Droits de l’homme et des peuples (CAfDHP),
- la Commission de l’Union Africaine pour le Droit International (CUADI)
✓ L’organe judiciaire
- La Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP quasi
judiciaire),
- la cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CAfDHP-judiciaire), -
la commission de l’Union Africaine pour le droit international (CUADI).
III – LE BILAN DES ACTIONS DE L’U.A
1-Les succès
- Les succès sur le plan politique et militaire.
L’UA participe à la prévention et à la résolution des crises en Afrique grâce au
conseil de sécurité et de paix (CPS) afin de rétablir la paix. Elle a enregistré des
succès :
- intervention dans la crise politico-militaire ivoirienne,
- déploiement des hommes au Darfour, en Somalie,
- désarmement des ex-interhamwés au Congo,
- intervention en mars 2008 des forces de l’UA aux Comores ce qui a permis de rétablir
la légalité constitutionnelle,
-condamnation des coups d’Etat, des prises de pouvoir anticonstitutionnel, des
crimes de guerre et crimes contre l’humanité,
- condamnation des coups d’Etat du capitaine SANOGO au Mali en 2012, et du général
DIENDÉRÉ en 2015 au Burkina Faso,
- condamnation des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité aussi bien du côté
des gouvernements que du côté des rebelles (cas du Darfour).
- Sur le plan économique et social
- Augmentation régulière du budget de l’UA (150 millions de dollars en 2011, à 1,2
milliards de dollars en 2017) ce qui montre le rôle de plus en plus important de l’UA.
- ide humanitaire de l’UA aux pays victimes de guerre et de catastrophes. ex : Darfour,
Éthiopie, Mozambique.
5
- Appropriation du Nouveau Partenariat pour le Développement Économique
(NEPAD) par l’UA.
- Participation aux projets de développement des États africains par le biais de la BAD
((construction d’infrastructures socioéconomiques de base, écoles, routes, ..).
Les actions réalisées par l’UA sont appréciables. Cependant, des obstacles sont
nombreux pour parvenir à la réalisation de ses objectifs.
2- Les échecs
L’U.A. rencontre encore de nombreux problèmes qui limitent ses actions.
- Sur le plan politique et militaire
- L’instabilité politique et la faiblesse des institutions démocratiques à travers :
✓ les coups d’Etat (Egypte, Soudan, Zimbabwe, Libye...) ;
les crises post électorales (Côte d’Ivoire, Algérie, Burundi, Gambie, Gabon…)
;
la mise en avant de la souveraineté des États et le non-respect des
recommandations sur les processus démocratiques de l’UA (Guinée, Togo,
Burundi, Guinée Bissau, Cameroun, Zimbabwe …).
- L’insécurité liée à l’impuissance de l’U.A. à prévenir et à régler : ✓ les guerres civiles
(Sierra Léone, RCA, Somalie …) ;
la multiplication des mouvements terroristes dont souffrent
plusieurs pays (Mali, Burkina Faso, Niger, Nigéria, Tchad, ✓ Cameroun…).
- L’impuissance de l’U.A. à :
prévenir les conflits, à maintenir la paix (Somalie, Darfour, Lybie,...) et à
juguler l’insécurité,
financer avec autonomie, les missions de paix sur le continent.
- L’absence d’autorité et de pouvoir du Président de la Commission de l’U.A.
- L’U.A. est aussi à l’épreuve des influences extérieures (exemple des groupes
francophone, anglophone, arabophone…)
➢ Sur le plan économique et social
- L’insuffisance du Budget de fonctionnement de l’UA (95% du budget de
fonctionnement de l’UA provient de l’extérieur du continent).
- Les investissements sont essentiellement financés par des partenaires extérieurs
(exemple du Siège construit par la Chine).
- Le retard de cotisation de plusieurs Etats membres. Exemple : en 2012, seulement
17 pays étaient à jour de leurs cotisations.
6
- La faiblesse des échanges entre les Etats de l’Union : seulement 12% - Le
surendettement des Etats africains.
- La circulation de plusieurs monnaies qui ne facilite pas la libre circulation des
biens et des personnes.
- Le manque d’attractivité en raison de l’instabilité des Etats ce qui ne favorise pas
leur développement.
- Le manque d’intégration économique à travers :
le retard dans la mise en place d’une monnaie unique,
le retard dans la mise en place des institutions financières (telle qu’une banque
centrale d’investissement)
- La persistance de la pauvreté, de la corruption et de la mauvaise gouvernance dans
bon nombre de pays.
Conclusion
Deux décennies environ après avoir remplacé l’OUA, l’UA a déjà réalisé des succès
encourageants qui démontrent sa raison d’exister. Cependant les défis à relever restent
encore nombreux.
Il appartient aux dirigeants africains de faire preuve de volonté et de se donner les moyens
de créer un environnement de paix et de sécurité préalable au développement du continent.