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Droits des Femmes : Égalité et Liberté

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, rédigée par Olympe de Gouges en 1791, revendique l'égalité des droits entre les hommes et les femmes, en s'inspirant de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Elle appelle à une prise de conscience des injustices subies par les femmes et propose des articles législatifs pour garantir leurs droits civils et politiques. Olympe de Gouges se positionne comme une pionnière du féminisme, plaidant pour une nouvelle condition féminine fondée sur l'éducation et l'égalité.

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Droits des Femmes : Égalité et Liberté

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, rédigée par Olympe de Gouges en 1791, revendique l'égalité des droits entre les hommes et les femmes, en s'inspirant de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Elle appelle à une prise de conscience des injustices subies par les femmes et propose des articles législatifs pour garantir leurs droits civils et politiques. Olympe de Gouges se positionne comme une pionnière du féminisme, plaidant pour une nouvelle condition féminine fondée sur l'éducation et l'égalité.

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LA DÉCLARATION DES DROITS DE LA FEMME ET DE LA CITOYENNE

Olympe de Gouges - 1791

Olympe de gouge

Née en 1748, Marie Gouze grandit en occitanie dans un milieu modeste. Elle se marie à 16 ans mais devient veuve
rapidement, elle décide alors de ne pas se remarier afin de garder une liberté pour publier ses écrits. Elle monte à
Paris et se fait appeler Olympe de Gouges. Elle suis une carrière littéraire en publiant essentiellement des pièces
de théâtre. elle milite pour la condition des femmes et contre l’esclavage. Le siècle au cours duquel vit Olympe de
Gouges est un siècle troublé. La révolution française éclate en 1789. De Gouges est guillotinée en 1793 après avoir
critiqué Robespierre et Marat.

thèmes de l’oeuvre

Résumé de l’oeuvre

La declaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791) est une oeuvre qui n’obéit à aucune norme
littéraires. Le cœur de l’ouvrage est une réécriture au feminin de la DDHC (1789), un pastiche, dont ODG reprend
le préambule et l’écriture sous forme d’articles de lois, lui donnant une forme juridique.

la dédicace à la reine
l'ensemble de la déclaration est mis sous le patronage de la reine à qui De Gouges dédie tout le texte. L’autrice
propose à la reine de s’associer au combat pour les femmes et de retrouver ainsi la faveur du peuple en luttant
pour une noble cause ( genre épistolaire ).

l'exhortation aux hommes


L’autrice met les hommes face à leurs préjugés et leurs privilèges. Elle les exhorte à faire leur examen de
conscience et à reconnaître qu’ils sont injustes envers les femmes( texte satirique et pamphlétaire ).

​ le préambule
Le texte expose les motifs et les objectifs de la déclaration, en justifiant la nécessité d’établir des droits pour les
femmes.

​ les articles
Les 17 articles proclament une stricte égalité devant la loi civile et politique entre les hommes et les femmes. ils
font des femmes, des citoyennes à part entière, jouissant des mêmes droits que les citoyens, au nom de
l’universalité du statut d’être humain.
●​ ARTICLE 1: l’égalité des droits de l’homme et de la femme “les hommes naissent et demeurent libres et
égaux en droits”
●​ ARTICLE 2: la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance face à l’oppression pour les deux sexes
●​ ARTICLE 3: la souveraineté qui est la réunion de l’homme et de la femme dans le corps politique
●​ ARTICLE 4 & 5: la protection des droits de la femme par les lois de la nature et de la raison “l’exercice des
droits naturels de la femme n’a de borne que la tyrannie perpetuelle que l’homme lui oppose”
●​ ARTICLE 6: le droit pour la femme et l’homme de participer à l’élaboration des lois et de pretendre aux
dignités selon leur mérite “la loi est l’expression de la volonté générale”
●​ ARTICLE 7,8,9 & 10: l’égalité devant la loi pour les deux sexes, y compris pour les devoirs et les châtiments
●​ ARTICLE 10 & 11: la liberté d’expression pour la femme “la femme a le droit de monter à l’éghaffaud; elle
doit avoir egalement celui de monter à la tribune”
●​ ARTICLE 12: la garantie des droits de la femme
●​ ARTICLE 13 & 14: la contribution de la femme à l’imot et le droit de participer à la distribution des places,
des empois, des dignités et de l’industrie
●​ ARTICLE 15: le droit pour la femme de demander à tout agent public des comptes sur son administration
●​ ARTICLE 16: la participation des femmes à la rédaction de la constitution “la constitution est nulle si la
majorité des individus qui composent la nation n’a pas coopéré à sa rédaction”
●​ ARTICLE 17: le droit à la propriété “inviolable et sacré” pour les deux sexes.

​ le postambule
l'auteur exhorte les femmes à réclamer haut et fort ce qui leur est dû au nom de l’égalité avec les hommes. Pour
cela, elles doivent sortir d’une forme d’aveuglement sur elles-mêmes et sur la place que les hommes leur ont
assignée jusqu’à présent dans la société française. La beauté ne peut être un instrument de pouvoir, c’est par leur
intelligence et leur éducation qu’elles doivent gagner leur indépendance et leur liberté.

Elle fait un discours d’une grande éloquence oratoire qui vise à éveiller la conscience politique des femmes et
dresse un tableau satirique de la place des femmes dans la société.

le contrat social de l’homme et de la femme


L.1 à 18: l’autrice rédige un nouveau contrat conjugal fondé sur la reconnaissance mutuelle des conjoints, qui règle
les droits des parents sur les enfants, les biens du couple selon le régime de la communauté et qui prévoit la
possibilité d’un divorce et ses conséquences ( contrat, engagement juridique ).

L.19 à 58: elle se défend par avance de toutes les critiques qu’on pourrait faire à ses propositions. mais elle va plus
loin en proposant une loi qui protège les femmes de toute grossesse non désirée par la promulgation de la
reconnaissance de paternité contrainte. Elle propose également une loi de protection des prostituées et
l’autorisation de mariage pour les prêtres ( genre de l’essai, réflexion philosophique sur un ton polémique et
emphatique avec un certain nombre de propositions de lois concrètes ).

L.59 à 92: De Gouges reproche le combat pour les droits des femmes et celui pour la libération et les droits des
esclaves noirs ( genre de l’essai, ton polémique et emphatique qui vise à susciter l’indignation du lecteur ).

L.93 à 153: le texte se termine par une anecdote personnelle qui révèle les dysfonctionnements de la justice
notamment vis-à-vis des femmes ( récit anecdotique ).

Un plaidoyer féministe

Au XVIIIème siècle, les voix des femmes sont rares dans la littérature et dans l’espace public. les femmes,
considérées comme des mineures et privées de tout droits politiques, trouvent en ODG une femme engagée au
service de leur cause. La DDFC est un des premiers textes féministes en France.

Le féminisme : courants de pensée qui a pour but d’émanciper les femmes en leur accordant, les mêmes droits
et le même statut que les hommes dans la société

Une voix de femme au service des femmes

le “je” au féminin
La voix de ODG s’exprime explicitement par deux fois dans l’ensemble de l’œuvre.

Dans la dédicace à la reine, l’autrice n’hésite pas à s’adresser d’égal à égal à la reine en négligeant ouvertement
tous les codes de déférence ( respect ) qu’un sujet doit manifester à sa souveraine en employant le mot
“Madame” et en insistant sur sa volonté de lui parler “franchement”, sans adopté de langage habituel de la
flagornerie des courtisane, elle s’affirme comme un individu libre d’exprimer ses idées. En procédant ainsi, elle
prétend parler à la reine de femme à femme, et ignorer la distance sociale qui les sé[Link], qu’elle
identifie et interpelle en terme peu flatteur : « tartuffe, bégueules, le clergé, et toutes la séquelles
Dans le contrat social de l’homme et de la femme. Non seulement elle s’adresse clairement à ses détracteurs
infernal»; mais elle évoque également -comme preuve de l’injustice régnante à l’égard des femmes- son cas
personnel : aux prises avec un cocher qu’il veut lui faire payer la course qu’elle vient de faire à un prix exorbitants,
elle porte l’affaire au tribunal ou elle tombe sur un magistrat qui la traite avec mépris et la condamne à payer au
cocher la somme que celui-ci réclame. ODG donne donc d’elle-même une image de femme indépendante,
pleine d’audace et de fougue, qu’elle fonde sur des actes.

une nouvelle mission pour la reine: soutenir la cause des femmes


La position d’ODG à l'égard de Marie-Antoinette reflète bien la personnalité de l’écrivaine. consciente du caractère
inédit de sa démarche quand elle fait hommage à la reine de cette “singulière production”, elle invoque plusieurs
types d’arguments pour ralier la souveraine à la cause féministe.

Elle commence par lui rappeler qu’elle fut son alliée dans les heures sombres. De Gouges a en effet défendu la
reine quand celle-ci a été fortement accusée de trahison.

Ensuite, et c’est sans doute sa démarche la plus originale, elle lui propose une nouvelle mission qui lui donnera
l’occasion de changer son image auprès du peuple français. telle une conseillère politique, ODG a parfaitement
compris que la politique était aussi une affaire d’image. Elle rappelle à la reine qu’elle n’aura rien à gagner à
défendre les aristocrates en exil, mais qu’elle trouvera un bénéfice énorme à œuvrer pour l’égalité entre les
hommes et les femmes.

Ses arguments sont d’ordre moral: “on ne vous fera jamais un crime de travailler à la restauration des moeurs”
Mais aussi d’ordre politique: “cette révolution ne s'opérera que quand toutes les femmes seront pénétrées de leur
déplorable sort”
Et d’ordre affectif: “soutenez, madame, une si belle cause; défendez ce sexe malheureux”

S’adressant à la reine de femme à femme - “songez que vous étes mêre et épouse” - c’est à la prise de conscience
d’une communauté de destin qu’ODG veut amener l’interlocutrice.

Elle va encore plus loin en lui proposant de devenir la cheffe de file du combat des femmes, l’écartant ainsi du
rôle apolitique qui est le sien, en tant que souveraine. En multipliant les encouragements (“soutenez”,
“défendez”,”croyez-moi”) dans son discours, elle transforme la reine en actrice politique de premier plan, telle une
héroïne des temps modernes: “voilà madame, voilà par quels exploits vous devez vous signaler et employer votre
crédit”.

au-delà de la reine, son interlocutrice, c’est une relation de sororité (mot forgé sur soeur), en écho à la fraternité
(mot forgé sur le mot frère) généralement convoquée dans le discours humaniste, qu’ODG tente d’établir avec
toutes les femmes.

vers une nouvelle condition féminine

femmes du passé, femmes du futur


ODG dresse un tableau de la condition des femmes à travers trois catégories de femmes. les deux premières sont
à ses yeux dépassées, au profit de la femme du futur.

La femme des élites sociales est une femme dépravée au pouvoir illusoire. L’autrice insiste sur les artifices dont
usent les femmes de l’aristocratie pour jouir d’un semblant de pouvoir. Le portrait n’est guère élogieux “Passons
maintenant à l'effroyable tableau de ce que vous avez été dans la société” (postambule). ODG fait allusion aux
intrigues amoureuses menées par les femmes pour se faire une place dans une société qui ne leur est pas
favorable “elles ont eu recours à toutes les ressources de leurs charmes, et le plus irréprochable ne leur résistait
pas” (postambule). Ce tableau n’est pas sans rappeler celui que fait choderlos de laclos dans les liaisons
dangereuses (1782).
Pour ODG, ce pouvoir exercé par les femmes sur les hommes, sous la forme d’une “administration nocturne” est
indigne. Ça n'est qu’un pis -aller qui contraint les femmes à faire usage de leur corps pour influer sur la société.
L’autrice ne condamne pas la liberté sexuelle mais, à ses yeux, faire de la politique ne devrait rien avoir à faire avec
le corps ou la sexualité.
La femme des milieux modestes est une femme exploitée, souvent victime des nobles qui profitent de sa
crédulité pour la séduire, l’engrosser et la laisser seule avec son enfant, en butte à la misère et au déshonneur.
“Mais celle qui est née d’une famille pauvre, avec du mérite et des vertus, quel est son lot? la pauvreté et
l'opprobre.”(postambule)
ODG évoque aussi l’injustice qui prive les femmes, à compétences égales à celles des hommes, d’emplois dans
l’administration. “si elle n'excelle pas précisément en musique ou en peinture, elle ne peut être admise dans
aucune fonction publique, quand elle en aurait toutes les capacités”. Les seules qualifications qui leur sont
reconnues sont la musique et la peinture.

La femme du futur, à l’inverse des deux figures précédentes, est une femme libre, indépendante et l’égale des
hommes, comme le montrent tout les articles de la déclaration qui designent en creux. Elle aura le droit d’aller à
l'école, de voter, d’être élue, de s’exprimer en public librement, de postuler à tous les emplois selon ses capacités,
de gérer son patrimoine, d’exercer son autorité sur ses enfants.
ODG fait aussi l’éloge de toutes ses potentialités - “déployez toute l’énergie de votre caractère” - et n’hésite pas à
renverser le préjugé qui fait des femmes le sexe faible en le qualifiant de “sexe superieur en beauté comme en
courage dans les souffrances maternelles.

l’égalité homme-femme, une évidense mathématique


l’égalité entre les hommes et les femmes est fondée sur l’évidence mathématique: les femmes constituent la
moitié de l’humanité. L ‘écrivaine le rappelle avec efficacité à plusieurs reprises: “vous aurez bientôt pour vous une
moitié du royaume, et le tiers au moins de l’autre”, explique-t-elle à la reine dans sa dédicace. On retrouve la
même idée dans l’article XVI de sa Déclaration “la constitution est nulle si la majorité des individus qui composent
la nation, n’a pas coopéré à sa rédaction”.

l’article XIV rappelle quant à lui la stricte égalité dans la gestion des biens, dans l’accès à la fonction publique, et
devant l'impôt, entre les hommes et les femmes “l'admission d’un partage égal, non seulement dans la fortune,
mais encore dans l’administration publique, et de déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée de
l’impôt”.

même si ODG est consciente que les choses ne changeront pas en un jour, elle propose d’oeuvrer
immediatement à faire advenir cette femme du futur nottament grâce à l’instruction “si tenter de donner à mon
sexe une consistance honorable et juste, est considéré dans ce moment comme un paradoxe de ma part, et de
traiter cette matière; mais, en attendant, on peut la préparer par l’éduction nationnale, par la restauration des
moeurs et par les conventions conjugales” (postambule).

Un texte de circonstance: écrire pour mieux combattre

On appelle littérature de circonstance des œuvres écrites dans l’urgence de circonstance qui imposent à l’écrivain
de mettre sa plume au service d’une cause. C'est le cas de la DDFC. ODG, bien que privée de toute réelle
participation politique à la révolution française, comme toutes les femmes, ne peut s’empêcher d’entrer dans le
débat politique.

un texte engagé et humaniste

les fondements philosophiques et juridiques de la déclaration


Dans la lignée de la philosophie des lumières, ODG s’appuie sur des arguments philosophiques pour justifier la
revendication de l’égalité entre les sexes.

Elle invoque en premier lieu le droit naturel. Fondé sur l’idée d’une nature humaine unique et non sur la réalité
sociale dans laquelle vit chaque individu, le droit naturel est réputé universellement valable. La nature devient le
modèle de l’équilibre et non de la soumission d’un sexe à l’autre. Dans l'exhortation qu’elle adresse aux hommes,
ODG incite chacun à s’inspirer de ce modèle “pourcours la nature dans toute sa grandeur”.
Bien qu’elle ne donne pas d’exemple précis, l’autrice suggère que chez les animaux, le mâle et la femelle vivent
dans le partage des rôles “cherche, fouille et distingue, si tu le peux, les sexes dans l’administration de la nature.
Partout tu les trouveras confondus, partout ils coopèrent avec un ensemble harmonieux à ce chef-d’œuvre
immortel”.
Elle se situe ainsi dans la lignée de Rousseau, pour qui la société seule est génératrice d’inégalités et d’injustices.

La foi dans la raison et le progrès, héritée des lumières, est également un argument majeur brandi par l’autrice
pour justifier son combat. ODG rappelle avec ironie que la femme est également un être de raison, qui, à ce titre
n’a aps à obéir à des hommes “despotes”. “Dans ce siècle des lumières et de sagacité, dans l’ignorance la plus
crasse, il veut commander en despotes sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles”(exhortation aux
hommes). Quant au progrès, sans lequel toute aspiration au bonheur est impossible, il vise l’amélioration des
conditions de tous, et plus particulièrement ici du couple “ Mais combien il (le texte du nouveau contrat social)
offrira aux sages de moyens moraux pour arriver à la perfectibilité d’un gouvernement heureux”.

L’autrice va jusqu’à formuler le projet d’une société fondée sur l’égalité sociale, affirmant que la reine n’est à sa
place que par “hasard”, et qu’elle, ODG, pourrait occuper cette place et vice-versa. Nul n’étant assigné, selon elle,
par le destin à être reine ou servante.
Peu de temps avant le texte d’ODG, en 1778, Beaumarchais, dans le mariage de figaro, évoque notamment le
hasard d’être né riche ou pauvre, noble ou simple barbier, dans le célèbre monologue de figaro qui défie le comte
Almaviva par ces paroles “Noblesse, fortune, un rang, des places, tout cela rend si fier! Qu’avez-vous fait pour tant
de bien ? Vous vous êtes donnés la peine de naître, et rien de plus”.

prolonger la révolution en faveur des femmes


En réécrivant la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Olympe de Gouges entend prolonger l'œuvre de
la Révolution en l'élargissant au combat pour l'égalité en faveur des femmes.

Pour donner plus de force à son texte, elle reprend le format de la Déclaration des droits de l'homme de 1789 (voir
page 142). Sa Déclaration compte le même nombre d'articles, disposés dans le même ordre, avec une formulation
syntaxique et lexicale globale très similaire.

Mais tout l'intérêt et l'audace de son texte réside dans les différences qu'il apporte.
Dans les articles II, VI et XIV, elle féminise les phrases en remplaçant systématiquement les mots « homme(s) »
ou « citoyen(s)» par le groupe nominal coordonné « l'homme et (la femme», ou « citoyen et citoyenne».
Par ce procédé, l'égalité est affirmée simplement et efficacement.
Dans les articles I, IV et XII, elle substitue au mot « homme(s) » le mot «femme(s)». Le ton est bien plus celui
d'une revendication en faveur de la condition féminine, car il s'agit pour elle de faire entendre la voix des femmes.
Dans les articles X, XI, XIII, XVI, elle va plus loin en s'écartant nettement de leur modèle de 1789 pour réclamer
des droits spécifiques ou révéler de façon flagrante les injustices faites aux femmes. C'est dans ces articles qu'on
trouve les formules les plus percutantes de son texte: «La femme a le droit de monter sur l'échafaud; elle doit avoir
également celui de monter à la tribune.» (art. X), ou encore : «La Constitution est nulle, si la majorité des individus
qui composent la nation, n'a pas coopéré à sa rédaction.» (art. XVI)

L'intersectionnalité des causes


À son combat majeur qui vise à accorder aux femmes les mêmes droits que les hommes, Olympe de Gouges
associe des luttes secondaires. C'est le principe de l'intersectionnalité des causes, selon lequel plusieurs formes de
discrimination ou d'injustice peuvent s'entrecroiser dans une société, et parfois toucher les mêmes indivi-dus,
comme une femme victime de sexisme et de racisme par exemple.
En France, existe depuis juillet 2008 un Défenseur des droits que chaque citoyen ou citoyenne peut saisir, s'il ou
elle s'estime victime de discrimination. Ainsi, défavoriser une personne en raison de ses origines, son sexe, son
âge, son handicap, ses opinions, etc. est interdit par la loi et les conventions internationales auxquelles adhère la
France.

Ainsi. Olympe de Gouges milite pour une union conjugale libre dans laquelle les conjoints sont strictement égaux
dans la gestion des biens du ménage et dans l’autorité sur les enfants. Elle considère quil faut également
améliorer le statut des prostituées, autoriser le mariage des prêtres et surtout lutter contre l'esclavage et la
discrimination envers les personnes noires.
La rhétorique de l'engagement

Résolue à convaincre ses lecteurs comme ses adversaires, Olympe de Gouges utilise des procédés d'écriture
variés qui relèvent de la rhétorique, cet art de s'exprimer, pour les engager au combat.

La rhétorique de la volonté ou de l'invective


L'autrice ne cesse d'entrer dans un dialogue avec ses lecteurs par la mise en scène d'interlocuteurs multiples: la
reine, les hommes, les femmes, ses accusateurs. Avec ces interlocuteurs, l'écriture se fait orale, vivante, que ce soit
dans le but de susciter l'énergie et la volonté du combat chez les victimes, ou dans le but de susciter le sentiment
de culpabilité chez les dominants.
Olympe de Gouges multiplie par ailleurs les impératifs et d'autres tournures injonctives ou interrogatives qui
doivent déclencher à la fois le sursaut moral et le combat. «Homme, es-tu capable d'être juste? », « Femme,
réveille-toi; {...] reconnais tes droits », «Ô femmes ! femmes, quand cesserez-vous d'être aveugles? »

La rhétorique de l'émotion
Olympe de Gouges peint des tableaux pathétiques pour révéler les injustices dont sont victimes les esclaves ou
les femmes: «Une jeune personne sans expérience, séduite par un homme qu'elle aime, abandonnera ses parents
pour le suivre; l'ingrat la laissera après quelques années, et plus elle aura vieilli avec lui, plus son inconstance sera
inhumaine; si elle a des enfants, il l'abandonnera de même.»

Elle use également de procédés de balancement, de parallélismes ou de chiasmes percutants. «L'une est sans
cesse prise pour exemple, et l'autre est éternellement l'exécration du genre humain», «tout a été soumis à la
cupidité et à l'ambition de ce sexe autrefois méprisable et respecté, et depuis la Révolution, respectable et
méprisé»

La violence de l'écriture pamphlétaire


L'objectif du pamphlet est de détruire l'adversaire et sa cause en les discréditant de façon agressive. Les cibles
privilégiées d'Olympe de Gouges dans son texte sont les hommes dans leur ensemble: « L'homme seul s'est
fagoté un principe de cette exception. Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré, dans ce siècle de
lumières et de sagacité, dans l'ignorance la plus crasse, [...] il prétend jouir de la Révolution, et réclamer ses droits à
l'égalité, pour ne rien dire de plus. »

Dans le passage ci-dessus, tout est fait pour exagérer la position de domination des hommes sur les femmes: le
vocabulaire y est extrêmement dévalorisant, voire insultant (« dégénéré»), l'hyperbole négative («l'ignorance la
plus crasse »). Les mots ne sont pas trop forts pour crier à l'inius-tice de ces siècles d'«exception » d'un homme
seul tyran de la nature.

Connaissances supplémentaires

Pour Rousseau, l’humanité est divisée en deux: les hommes et les femmes. Les femmes n’ont pas les mêmes
capacités intellectuelles que les hommes donc l’inégalité sociale et politique est justifiée. Contrairement à lui,
Condorcet pense que l’humanité ne fait qu’un, qu’il n’y a pas de différences entre les êtres qui le compose. Les
femmes sont des êtres sensibles, capables de ressentir et de penser(pensée universaliste). “ce n’est pas la nature,
c’est l’éducation, c’est l'existence sociale qui cause cette différence (entre les hommes et les femmes)”
(Condorcet).

Le premier travail d’ODG fut un travail sur le langage “citoyens, citoyennes”, “les droits de l’homme et de la
femme”. ODG rompt avec la tradition de l'influence des femmes en signant de son nom ses écrits (elle ne passe
pas par l’intermédiaire des hommes pour s’exprimer).

la DDFC n’est pas une simple déclaration, c’est aussi un texte qui attaque et argumente contre les adversaires de
l’égalité homme-femme:
●​ féminisation
●​ portée argumentative: elle défend les idées qui lui tiennent à coeur “surtout”
●​ portée polémique: ODG s’en prend aux hommes qui oppriment les femmes
●​ énumérations “mères, filles, soeurs”: liées aux hommes, des êtres qui perpétuent la nation
●​ courage des femmes alors que virtus(homme en latin) signifie courage

Citations

Une mission pour la reine


“Il n'appartient qu'à celle que le hasard a élevée à une place éminente, de donner du poids à l'essor des droits de
la femme, et d'en accélérer les succès.”(La Dédicace)

“Soutenez, Madame, une si belle cause; défendez ce sexe malheureux, et vous aurez bientôt pour vous une moitié
du royaume, et le tiers au moins de l'autre.” (La Dédicace)

L'égalité femmes-hommes: une révolution


“Cette révolution ne s'opérera que quand toutes les femmes seront pénétrées de leur déplorable sort, et des
droits qu'elles ont perdus dans la société.” (La Dédicace)

“Homme, es-tu capable d'être juste? C'est une femme qui t'en fait la question; tu ne lui ôteras pas du moins ce
droit.” (Exhortation aux hommes)

“Nul ne doit être inquiété pour ses opinions mêmes fondamentales, la femme a le droit de monter sur l'échafaud;
elle doit avoir également celui de monter à la tribune.” (La Déclaration, art. X)

“Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'adminis-tration, les contributions de la femme et de
l'homme sont égales; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles; elle doit donc avoir de même
part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l'industrie.” (La Déclaration, art. XIII)

L'appel à la prise de conscience des femmes


“Femme, réveille-toi; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers; reconnais tes droits.” (La
Déclaration, « Postambule»)

“Ô femmes! femmes, quand cesserez-vous d'être aveugles? Quels sont les avantages que vous avez recueillis
dans la Révolution? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé.” (La Déclaration, « Postambule »)

La difficile condition des femmes


“La raison peut-elle se dissimuler que tout autre chemin à la fortune est fermé à la femme que l'homme achète,
comme l'esclave sur les côtes d'Afrique?” (La Déclaration, « Postambule »)

“Le mariage est le tombeau de la confiance et de l'amour.”(La Déclaration, « Postambule »)

“Lorsqu'il y aura une loi qui autorisera la femme du pauvre à faire adopter au riche ses enfants, les liens de la
société seront plus resser-rés, et les mœurs plus épurées.” (Le Contrat social de l'homme et de la femme)

La lutte contre l'esclavage)


“Les colons prétendent régner en despotes sur des hommes dont ils sont les pères et les frères; et méconnaissant
les droits de la nature, ils en poursuivent la source jusque dans la plus petite teinte de leur sang.” (Le Contrat
social de l'homme et de la femme)

“La nature frémit d’horreur”(=personnification)

“sourds au cris du sang”(=personnification)

ODG dénonce la cupidité et l’ambition des colons, qui les amènent à oublier les liens du sang. Elle dénonce les
hommes politiques qui les soutiennent, au sein de l’assemblée nationale et s’élève contre l’esclavagisme.
●​ désignation péjorative des coupables: “colons inhumains”, “despotes”, “ambition”, “cupidité”, “âmes
endurcies”
●​ rhétoriques
●​ denunciation de la violence contre nature des colons avec le champs lexical de la famille mêlé à celui du
meurtre
●​ prosopopée: elle fait parler les colons pour montrer la noirceur de leur âme.

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