0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
64 vues28 pages

Leg P54

Ce document présente un cours sur la légistique, axé sur la rédaction des actes administratifs et législatifs en Côte d'Ivoire. Il aborde les objectifs, le plan et la méthode pédagogique du cours, ainsi que les différents types d'actes, leurs principes de rédaction et les démarches préalables nécessaires. L'accent est mis sur la hiérarchie des normes et la nécessité de respecter les règles juridiques lors de la rédaction des textes.

Transféré par

diabicheickabdelkader
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
64 vues28 pages

Leg P54

Ce document présente un cours sur la légistique, axé sur la rédaction des actes administratifs et législatifs en Côte d'Ivoire. Il aborde les objectifs, le plan et la méthode pédagogique du cours, ainsi que les différents types d'actes, leurs principes de rédaction et les démarches préalables nécessaires. L'accent est mis sur la hiérarchie des normes et la nécessité de respecter les règles juridiques lors de la rédaction des textes.

Transféré par

diabicheickabdelkader
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

MINISTERE DE LA FONCTION PUBLIQUE ET DE REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION Union –Discipline-Travail


---------------------------- -------------------
ECOLE NATIONALE D’ADMINISTRATION

Romain D. DAHIE
Secrétaire Général de Préfecture
Diplômé de l’Ecole Nationale d’Administration
Directeur des Ressources Humaines du Ministère des Transports
Numéros de Cellulaire GSM : 02 50 39 06 / 07 79 39 58
E-mail : [email protected] ; [email protected]

1
SOMMAIRE

AVANT – PROPOS

INTRODUCTION

1. Objectifs du cours

2. Plan du cours

3. Méthode pédagogique

Chapitre I LES CHAMPS D’INTERVENTION DES DIFFERENTS ACTES

I. LES ACTES ADMINISTRATIFS

1. La décision

2. L’arrêté

3. Le décret

3.1- Les décrets simples


Les décrets délibérés en Conseil des
3.2-
Ministres
II. LES ACTES LÉGISLATIFS

1. La loi

2. L’ordonnance

Chapitre II LES PRINCIPES GENERAUX DE REDACTION DES ACTES

I. LA LÉGALITÉ ET LE RESPECT DE LA HIÉRARCHIE DES NORMES JURIDIQUES

II. LE PRINCIPE DE LA COMPÉTENCE

III. LE PRINCIPE DU PARALLÉLISME DES FORMES

IV. LA NEUTRALITÉ

V. LA NON RÉTROACTIVITÉ

VI. L’OBLIGATION DE CLAIRVOYANCE POUR L’AVENIR

Chapitre III LES REGLES DE REDACTION DES ACTES


I. LES SIMILITUDES
1. La présentation
1.1- Le titre
1.2- La formule décisoire

1.3- Le dispositif

1.4- La formule exécutoire

2. Le style

2
II. LES PARTICULARITÉS

1. Le document de présentation

2. Les visas

3. Les formules décisoire et exécutoire

Chapitre IV LES DEMARCHES PREALABLES A LA REDACTION D’UN ACTE

1. Description de la situation
Présentation de deux ou trois options possibles pour
2.
atteindre l’objectif
Identification des avantages et des inconvénients de
3.
chacune des options
4. Raisons pour lesquelles telle ou telle option est privilégiée

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

3
AVANT - PROPOS

Le terme ACTES ADMINISTRATIFS désigne sur le plan du droit administratif, une


manifestation de volonté qui crée ou qui modifie une situation juridique. Sans vouloir
entrer dans les détails superflus, il est cependant bon de rappeler la différence entre
l’acte administratif et l’acte législatif.

L’acte administratif : est l’acte de l’autorité gouvernementale ; il peut être de portée


règlementaire ou de portée individuelle. Sa conception et sa préparation occupent
donc une place importante dans l’activité ordinaire des cadres supérieurs de
l’administration. Il en est de même de la préparation des actes législatifs qui, sous
forme de projets de lois, trouvent pour la plupart, leur origine dans l’administration.

L’acte législatif : est celui qui émane du pouvoir législatif, pouvoir public, émanation
de la nation et représentant la souveraineté nationale. Il prend dans la plupart des
Etats, la dénomination de « loi » lorsqu’il est l’œuvre d’une assemblée ou d’un
parlement et la dénomination d’« ordonnance » lorsqu’il est l’œuvre du Chef de l’Etat,
soit en vertu d’une délégation qui lui est donnée par le Parlement, soit en application
d’une disposition de la constitution. L’acte législatif détermine les dispositions
générales relatives au fonctionnement des institutions, fixe les droits et obligations de
l’Etat, de l’Administration et des citoyens les uns envers les autres dans le déroulement
de leurs activités respectives.

Par opposition aux actes bilatéraux que sont les contrats, où la conjonction de deux
volontés est nécessaire pour donner naissance à l’acte juridique, les actes
administratifs unilatéraux sont des actes pour lesquels l’expression d’une seule volonté,
celle de l’Etat, d’une collectivité locale ou d’un Etablissement public, est suffisante
pour créer une situation de droit, pour rendre des dispositions obligatoires. Dans les
actes unilatéraux, une distinction traditionnelle est faite entre :
− les actes réglementaires
− les actes individuels

L’acte réglementaire est celui qui fixe des mesures de portée générale impersonnelles
et permanentes qui s’imposent à tous « les règlements » en tant qu’acte normatif.
C’est le pouvoir exécutif qui est chargé de faire appliquer, exécuter ces lois. Il est donc
chargé de rendre ces lois applicables, de préciser les modalités d’application que le
législateur a négligé d’indiquer. Il se rapproche ainsi de la loi dont il ne se distingue
que par son origine gouvernementale ou administrative, tandis que la loi est en
principe, l’émanation du pouvoir législatif.

Les règlements portant organisation des services publics, des services de police, les
règlements d’application des lois sont des actes réglementaires. Le plus souvent, c’est
la Constitution qui définit les domaines respectifs de la loi et du règlement.

Alors que l’acte réglementaire a une portée générale, l’acte individuel ne fixe que
des mesures individuelles. Les décisions de congé, de nomination, de mise en
disponibilité ou à la retraite, sont des actes qui concernent des personnes prises
individuellement ou regroupées.

Les actes administratifs unilatéraux les plus courants et ayant un caractère


réglementaire sont : Le décret – l’arrêté – la décision.

4
La Constitution établit le principe suivant lequel le pouvoir de nomination aux emplois
civils et militaires de l’Etat relève du Chef de l’Etat. Ces nominations sont prononcées,
soit par Décret simple, soit par Décret en Conseil des Ministres. Sont nécessairement
pris au Conseil des Ministres, les décrets de nominations dans les emplois supérieurs
dont la liste est établie par la loi. Les décrets de nomination aux emplois pour lesquels
cette procédure est spécialement prévue par une disposition législative ou
réglementaires.

Par exemple les Sous-directeurs ne font pas partie des emplois supérieurs. Mais un
décret peut prévoir que pour l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) les Sous-
directeurs soient nommés en Conseil des Ministres. Cependant, lorsqu’il s’agit du
Décret qui porte nomination de plusieurs individus et qui requiert une procédure
identique pour occuper un même emploi dans ce cas, il convient de regrouper en un
décret collectif ces nominations.

Les propositions de lois et leurs amendements dont la recevabilité est contestée au


motif qu’ils ne relèvent pas du domaine de la loi, sont déférés au Conseil
Constitutionnel (article 17 de la loi N° 94-439 du 16 Août 1994 déterminant la
composition, l’organisation, les attributions et les règles de fonctionnement du Conseil
Constitutionnel).

Par ailleurs, la Chambre administrative de la Cour Suprême connaît des recours en


annulation, pour excès de pouvoir, formés contre les décisions émanant des autorités
administratives (article 54 de la loi N°94.440 du 16 Août 1994 déterminant le
fonctionnement de la Cour Suprême).

Ainsi, le contrôle de la légalité est-il effectué par :


− le Conseil Constitutionnel : Juge de la constitutionnalité des lois.
− la Chambre Administrative de la Cour Suprême ou juge de l’excès de pouvoir.

Dans le premier cas, l’examen porte sur la légalité interne des actes mis en cause et,
dans le second, sur leur légalité externe.

Un texte est l’expression juridique des décisions (politiques ou administratives) prises


par les pouvoirs publics, pour résoudre les problèmes concernant, soit les grandes
options de la vie nationale, soit les difficultés courantes. Les dispositions législatives et
règlementaires édictées doivent donc obéir :
− aux règles relatives à la répartition des compétences entre les pouvoirs publics
d’une part, et aux conditions de mise en œuvre desdites compétences d’autre
part.
− aux normes de l’ordonnancement juridique c'est-à-dire, toutes les règles de droit
qui s’appliquent dans l’Etat, au moment de la rédaction de la loi du décret ou de
l’arrêté.

Donner une base légale à un texte, c’est lui trouver un fondement tant en droit qu’en
fait. La règle en la matière est que tout texte doit impérativement respecter les normes
qui lui sont supérieures. Ainsi, l’ordre établi dans ce domaine, appelé hiérarchie des
normes commande que :
− la lettre et l’esprit de la Constitution soient respectés par la Loi ;
− la lettre et l’esprit de la Loi soient respectés par le Décret ;
− la lettre et l’esprit du Décret soient respectés par l’Arrêté ;

5
− la lettre et l’esprit de l’Arrêté soient respectés par la Circulaire.

Il s’ensuit qu’aucun texte (loi, décret, etc.) ne saurait enfreindre les principes
susmentionnés, sinon il y aurait alors violation d’une norme et la censure du juge serait
inéluctable car, la hiérarchie des normes n’aura pas été respectée.
Néanmoins, le principe de la hiérarchie des normes connaît deux exceptions :
− les engagements internationaux (Article 87 de la Constitution)
− la modification de la Loi par Décret (Article 72 de la constitution)

Le texte de loi est une disposition générale et impersonnelle, édictée pour régir les
situations présentes et à venir. Dans le cas des décrets et arrêtés, le texte comporte
une mesure spéciale applicable à une ou plusieurs personnes désignées (un décret
de nomination par exemple). Afin de ne pas léser inopportunément les intérêts de
ceux auxquels le texte est opposable, le rédacteur doit s’astreindre à une stricte
neutralité. En outre, il doit faire preuve de clairvoyance, pour l’avenir, en vue de
prévenir les modifications futures exigées par inadaptation rapide des propositions
adoptées.

Il ne suffit pas de s’intéresser à la qualité du texte, en tant qu’acte juridique. Il faut aussi
s’assurer, que les personnes qui se sont chargée de sa création, étaient habilitées à la
créer et, qu’elles se sont scrupuleusement soumises aux règles de formes prescrites à
cet effet, à savoir, les règles de compétence, de procédure.

La compétence pour une autorité ou un agent public c’est l’aptitude légale à


manifester sa volonté au nom de l’Etat à accomplir un acte et à engager la puissance
publique par l’acte ainsi accompli. Cette aptitude ne se présume pas, elle doit être
prévue et conférée par un acte. En matière procédurale, la consultation et le respect
des droits de la défense, entraînent des obligations sur l’auteur de l’acte.

La consultation est la procédure suivant laquelle, un texte en cours d’élaboration, est


soumis pour avis, à une autorité ou à un organisme tiers. Elle peut également, consister
à subordonner l’adoption d’un texte, à la formulation de propositions émanant d’une
autorité ou d’un organisme tiers. Cette procédure, d’une utilisation fréquente,
contribue à aplanir les difficultés futures en améliorant la compréhension des
questions traitées. Il y a trois sortes de consultation :
- Consultation obligatoire assortie de la décision conforme : L’autorité habilitée à
décider est tenue de solliciter et de suivre impérativement, l’avis requis (après avis
conforme de …) ;
- Consultation obligatoire non assortie de la décision conforme : C’est une
consultation qu’un texte prévoit et impose. Toutefois, l’autorité compétente est
entièrement libre de lui réserver une suite puisque la décision finale lui appartient
pleinement ;
- Décision prise sur proposition ou sur présentation : C’est le cas pour la nomination
des magistrats du siège, par le Chef de l’Etat, sur la proposition du Garde des
Sceaux, Ministre de la Justice. Ici, le Chef de l’Etat ne peut agir en l’absence de
propositions que doit formuler le Garde des Sceaux. Mais, une fois la proposition
(la présentation) faite, l’autorité compétente à trois possibilités d’opinion :
• si elle décide d’agir, elle ne peut que se rallier à cette proposition ou à cette
présentation ;
• si elle n’en est pas satisfaite, elle peut en demander une nouvelle ;
• en dernier ressort, n’ayant aucun pouvoir de substitution, elle ne peut que
s’abstenir de décider.

6
INTRODUCTION

L’Autorité administrative est une notion de base autour de laquelle se structure


l’Administration qui apparaît comme un ensemble de personnes morales qui agissent
au moyen de certains organismes appelés autorités administrative.

Mais incapable d’exprimer une volonté ou d’agir par elle-même, chaque personne
morale de droit public (Etat, Communes etc.) est pourvue d’organes (personnes
physiques ou groupes de personnes physiques) qui représentent et prennent des
décisions.

Ainsi, sera considéré comme autorité administrative, tout organe qui s’est vu
reconnaître un pouvoir de décision. Dans une acception plus large, on peut définir
l’autorité comme le droit de commander, le pouvoir d’imposer l’obéissance.
L’autorité, c’est donc le commandement, la puissance.

Qu’est-ce que la légistique ?

La légistique met à la disposition des techniciens de l’Administration les techniques de


rédaction des actes législatifs et règlementaires. Elle apparaît comme l’étude des
règles et principes auxquels il faut se soumettre, afin d’améliorer la qualité de la
rédaction des dispositions législatives et réglementaires.

Toutefois, manier la rédaction des actes législatifs et règlementaires ne va pas de soi


car il faut suivre bon nombre de règles tant juridiques, réglementaires,
qu’administratives et bien sûr linguistiques.

Le cours de « la légistique » a pour objet de maîtriser les techniques d’élaboration des


actes administratifs unilatéraux et d’appréhender aisément l’objet, le champ
d’application, les acteurs impliqués.

1. OBJECTIFS DU COURS

A l’issue de l’assimilation de ce cours, les apprenants devront être capables :


- d’Assimiler les règles et les techniques de rédaction des actes législatifs et
règlementaires (Constitution, Lois, Ordonnances, décrets, Arrêtés, Décisions,
etc.),
- de rédiger de façon efficace les actes législatifs et règlementaires.

2. PLAN DU COURS

Dans son développement, ce module relatif aux techniques de rédaction des


actes s’articulera autour de quatre (4) chapitres, à savoir :
Chapitre I : les champs d’intervention des différents actes
Chapitre II : les principes généraux
Chapitre III : les règles de leur rédaction
Chapitre IV : les « démarches » préalables à la rédaction

7
3. METHODE PEDAGOGIQUE

− Présentation théorique (par module, la version Powerpoint) assortie


d’illustrations : alternance d'exposés didactiques et d'exercices interactifs
− Approfondissement des acquis par questions- réponses et évaluations.
− Application pratique à travers des exercices pratiques de groupe.
− Un manuel du participant récapitulant les apports du cours est remis à chaque
impétrant.

8
Chapitre I
LES CHAMPS D’INTERVENTION DES DIFFERENTS ACTES

Dans tous les pays modernes, l’Etat a la responsabilité d’organiser la vie sociale,
politique, économique et culturelle d’une part, et d’assurer la gestion des biens
et des services utiles à la collectivité, d’autre part.

Dans ce cadre, l’Etat prend des actes à travers lesquels ses prérogatives de
puissance publique se manifestent. Parmi ces actes deux types se distinguent,
à savoir :
- l’acte administratif qui est un acte d’autorité gouvernementale ; l’acte
administratif peut être de portée réglementaire ou de portée individuelle ;
- l’acte législatif qui émane de l’action combinée de l’Administration et de
l’Assemblée nationale ; cet acte détermine les dispositions générales
relatives au fonctionnement des Institutions, fixe les droits et obligations de
l’Etat, de l’Administration et des citoyens les uns envers les autres dans le
déroulement de leurs activités respectives.

La caractéristique essentielle de ces actes réside dans le fait que leurs


dispositions s’imposent aux citoyens, qu’elles leur soient favorables ou non
puisque, globalement, elles sont conformes à l’intérêt général.

Il est donc extrêmement important que leur rédaction soit la plus précise
possible pour éviter des erreurs d’application préjudiciables aux citoyens et
engageant la responsabilité de l’Administration. C’est à cette préoccupation
que répond la légistique qui précise les principes généraux et fixe les règles de
rédaction des actes.

I. LES ACTES ADMINISTRATIFS

Sont regroupés sous cette appellation générique la décision, l’arrêté et le


décret.

1. La décision

Elle est prise par une autorité administrative et concerne généralement


certaines mesures internes de moindre importance ou des agents d’un
niveau subalterne. Les décisions concernant les agents peuvent être
collectives ou individuelles. On distingue par exemple les décisions
d’affectation, de révocation, de mise en congé, de mutation ou de
nomination.
2. L’arrêté

9
C’est l’acte le plus important que puisse prendre une autorité
administrative (Ministre, Préfet, Maire…). Les Ministres ne disposent pas
du pouvoir réglementaire général qui appartient uniquement au
Président de la République mais ils ont pouvoir de réglementation interne
de l’Administration placée sous leur autorité.

A titre indicatif, doivent faire l’objet d’arrêtés, la délégation de pouvoir


ou de signature, la nomination des membres de cabinet, des sous-
directeurs, des chargés d’études, les règles d’exercice d’une activité,…

Il existe trois types d’arrêté :


- Les arrêtés réglementaires : ce sont les arrêtés portant organisation,
attributions et fonctionnement d’un service, d’un organisme, d’une
institution… ;
- Les arrêtés individuels : il s’agit des arrêtés portant nomination des
cadres ;
- Les arrêtés interministériels : ils sont pris conjointement par plusieurs
ministres ; c’est le cas par exemple des arrêtés portant création des
Comités interministériels.

3. Le décret

C’est un acte émanant du détenteur du pouvoir exécutif, dans le cadre


défini par la Constitution. Il existe deux types de décret qui sont les
décrets simples et les décrets délibérés en Conseil des Ministres.

3.1- Les décrets simples

Ces décrets sont pris dans les domaines où le Président de la République


a, en vertu de la constitution, des responsabilités particulières ; ils n’ont
pas à être délibérés en Conseil des Ministres.

EXEMPLE :____________________________________________________________
Décret portant nomination des membres du Gouvernement, décret de
naturalisation, décret portant grâce présidentielle, décret de
promulgation de lois…
_____________________________________________________________________

3.2- Les décrets délibérés en Conseil des Ministres

10
Ce sont ceux prévus par la Constitution et ceux dont l’examen par le
Conseil des Ministres est jugé opportun. Il s’agit :
- des décrets individuels (nomination aux emplois supérieurs) ;
- des décrets réglementaires qui édictent des mesures de portée
générale et impersonnelle (organisation générale et fonctionnement
des services, des comités ou d’organismes interministériels, modalités
particulières d’exécution d’une loi, création d’organismes ou de
services, …)

II. LES ACTES LÉGISLATIFS

Il y a deux sortes d’actes législatifs : la loi proprement dite et l’ordonnance.

1. La loi

L’acte législatif par excellence est la loi, délibérée et votée par le corps
législatif ou le Parlement et rendue exécutoire par la promulgation qui
est faite par le Chef de l’Etat. La loi trouve son origine soit dans un « projet
de loi » présenté par le Gouvernement soit dans une « proposition de loi »
proposée par un ou plusieurs députés.

La loi peut revêtir trois formes distinctes et hiérarchisées :


- Les lois constitutionnelles qui créent ou modifient la Constitution ;
- Les lois organiques qui fixent l’organisation et le fonctionnement des
Institutions dont elles déterminent les modalités sur les bases posées
par la Constitution ;
- Les lois ordinaires prises en fonction des circonstances pour organiser
la vie de la Nation dans les différents domaines.

2. L’ordonnance
C’est un acte législatif pris par le Chef de l’Etat dans les deux cas
suivants :
- dans un régime constitutionnel normal, lorsque que la constitution
prévoit que dans certaines circonstances et pour un temps limité, le
parlement peut déléguer au Gouvernement son pouvoir de légiférer ;
- en cas de crise constitutionnelle, lorsque la constitution est suspendue
et le parlement dissous. Le Gouvernement légifère par voie
d’ordonnances en attendant la mise en place de nouvelles
institutions constitutionnelles.

11
L’ordonnance est une mesure particulière relevant le plus souvent du
domaine de la loi.Les projets qui s’y rapportent sont (article 51) délibérés
obligatoirement en Conseil des Ministres.
L’ordonnance est un acte administratif de nature réglementaire comme
le décret. Elle intervient dans le domaine de la loi toujours à la suite d’une
loi d’habilitation votée par le parlement autorisant le Président de la
République à légiférer. Cette habilitation est limitée dans le temps et
dans un domaine déterminé. Ces trois conditions sont cumulatives.

En matière économique et sociale l’autorisation accordée au Président


de la République est prévue par la loi des finances. Cette autorisation
permet de prendre des mesures nécessaires à la réalisation des
programmes économiques du Gouvernement.

L’ordonnance est délibérée en Conseil des Ministres après avis éventuel


du Conseil Constitutionnel.

En tout état de cause, le Président de la République reste le garant de


la constitution. A cet effet, il veille au respect de la distinction ainsi établie
par la Constitution entre la Loi et le Règlement.

REMARQUE :
___________________________________________________________________________
Les actes législatifs sont l’expression la plus haute de la volonté nationale ; leur
rédaction doit être particulièrement soignée ; il en va de la dignité de l’Etat
mais également de l’application même de la loi.
------------------------------------------------------------------------------------------

12
Chapitre II
LES PRINCIPES GENERAUX DE REDACTION DES ACTES

La rédaction des actes obéit au strict respect de six principes généraux, à


savoir :

- la légalité et le respect de la hiérarchie des normes juridiques ;


- la compétence ;
- le parallélisme des formes ;
- la neutralité ;
- la non rétroactivité ;
- l’obligation de clairvoyance pour l’avenir.

I. LA LÉGALITÉ ET LE RESPECT DE LA HIÉRARCHIE DES NORMES JURIDIQUES

Ce principe impose au rédacteur (à l’Administration) de donner une base


légale à sa décision. Les sources de la légalité sont connues et hiérarchisées.
Ce sont :
- la Constitution, loi fondamentale de l’Etat : tous les textes pris doivent en
respecter l’esprit et la lettre ;
- les Conventions internationales : elles sont placées au dessus des lois
nationales si elles sont régulièrement ratifiées, publiées au Journal Officiel
de la République de Côte d’Ivoire et si elles sont appliquées par la /les
autre(s) partie(s) ;
- les lois : ensemble des textes juridiques régulièrement votés par le
Parlement et considérés comme l’expression de la volonté du Peuple ;
- la jurisprudence et les principes généraux du droit : les décisions en
justice s’imposent à l’Administration. Il en va de même des principes non
écrits dégagés et consacrés par le Juge. C’est le cas du principe de
continuité du service public, principe d’égalité des usagers du service
public, etc.
- les règles édictées par l’Administration elle-même. Ce sont les actes
réglementaires et les documents d’injonction (Note de service, Circulaire
et Instruction)

Du principe de légalité découle le respect de la hiérarchie des normes


juridiques. Ainsi :
- un acte de niveau inférieur doit respecter l’esprit et la lettre des actes de
niveau supérieur. Cela s’apprécie notamment dans les visas.
- une norme de niveau supérieur ne peut se référer à une norme de
niveau inférieur.
Ainsi :
- une décision peut viser lois, ordonnances, décrets, arrêtés et décisions ;

13
- un arrêté peut viser lois, ordonnances, décrets et arrêtés ;
- un décret peut viser lois, ordonnances et décrets.

II. LE PRINCIPE DE LA COMPÉTENCE

L’auteur de l’acte doit être celui qui est légalement investi par la
Constitution et les lois en vigueur pour prendre l’acte. Les règles de
compétence supposent également qu’une autorité administrative ne peut
exercer sa compétence qu’à partir de son investiture par la signature de
son acte de nomination.

III. LE PRINCIPE DU PARALLÉLISME DES FORMES

C’est le corollaire du principe précédent. Il impose qu’un acte administratif


ou législatif ne peut être abrogé ou modifié que dans les mêmes formes où
il a été pris.

IV. LA NEUTRALITÉ

Les lois et règlements visant l’intérêt général, les actes pris par
l’Administration et par le Parlement sont applicables indistinctement à tous
les citoyens placés dans les mêmes conditions. De ce point de vue, ils
doivent se caractériser par l’objectivité.

V. LA NON RÉTROACTIVITÉ

Les actes pris par l’Administration et par le Parlement postulent pour l’avenir
et ne peuvent, dans ces conditions, réglementer les situations du passé, sauf
dans les cas exceptionnels autorisés par la loi.

VI. L’OBLIGATION DE CLAIRVOYANCE POUR L’AVENIR

Parce qu’il s’inscrit dans la durée, tout acte administratif ou législatif doit
permettre d’avoir une vision très claire et complète de l’objet sur lequel il
porte.

14
Chapitre III
LES REGLES DE REDACTION DES ACTES

Les différents actes législatifs et réglementaires obéissent à des règles de


rédaction. Dans tous les cas, ils ont des similitudes et des particularités qui les
démarquent les uns par rapport aux autres.
I. LES SIMILITUDES

Ces points communs portent essentiellement sur la présentation des actes


et sur le style.
1. La présentation

Les textes législatifs et réglementaires comportent à quelques


exceptions près :
- un titre
- la formule décisoire
- le dispositif
- la formule exécutoire

1.1- Le titre

Inscrit en haut à droite de la page, le titre fait mention de la nature


du document (loi, ordonnance, décret, arrêté, décision), du
numéro d’enregistrement, de la date de sa signature et de l’objet
qu’il traite, le tout sous une forme aussi concise que possible.
EXEMPLE :
___________________________________________________________________________
• « Décret n° 2003-412 du 30 octobre 2003
fixant les modalités d’application de la loi n° 2002-43 du 21 janvier 2002
portant statut du Corps préfectoral»
______________________________________
• « Loi n° 2002-43 du 21 janvier 2002
portant statut du Corps préfectoral »
_______________________________________
• « ARRETE n° 231/EFPPS-ENA
portant nomination à titre d’élèves les candidats admis au concours
professionnel d’entrée au Cycle moyen de l’Ecole Nationale
d’Administration, session août 2009 »
___________________________________________________________________________

15
Pour les lois, ordonnances et dé0crets, le numéro d’enregistrement obéit à
l’ordre suivant : N° année - N° d’ordre chronologique d’enregistrement - date.
Pour les arrêtés et décisions, le numéro d’enregistrement se présente comme
suit : N°/ordre chronologique d’enregistrement/ initiales de l’institution/de
l’unité/date.

EXEMPLE :
_____________________________________________________________________
« Arrêté n° 143/MISAS/CAB du 25 novembre 2006 »
« Décision n° 21/MISAS/DAAF/SDAAP du 15 avril 2006 »
REMARQUE :_________________________________________________________________
- Le numéro et la date sont portés sur les actes exclusivement par les services
du Secrétariat Général du Gouvernement.

- Le projet de loi préparé par un Ministère doit porter la mention écrite


« PROJET DE LOI » écrite au-dessus du titre. Le numéro et la date sont laissés
en blanc. Il porte aussi le timbre du Ministère.

- La loi votée par le parlement, numérotée et signée à l’occasion de la


promulgation, ne devrait plus porter que le timbre de l’organe législatif qui
l’a adoptée ou du Chef de l’Etat qui la promulgue
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1.2- La formule décisoire

La formule décisoire est la formule par laquelle l’autorité donne


force à l’acte. Cette formule décisoire contient la désignation de
l’autorité signataire (le Président de la République, Le Ministre de
…, le Préfet, …), les visa et considération (Vu … / Considérant …)
qui justifient la compétence de l’autorité signataire de l’acte en
rattachant cette compétence aux textes qui en définissent l’objet
et le verbe correspondant à la qualification de l’acte (DECRETE,
ARRETE, DECIDE).

16
EXEMPLE :
_____________________________________________________________________

• Pour un Arrêté :

« LE MINISTRE DE LA SOLIDARITE ET DES AFFAIRES SOCIALES

Vu la Constitution ;
Vu le décret n° 99- 219 du 6 décembre 1999 modifiant le décret n°99-171 du 02
septembre 1999 et érigeant l’Observatoire de la Solidarité en établissement
public à caractère administratif et portant organisation de cet établissement ;
Vu le décret n°2000-07 du 8 janvier 2000 portant nomination des membres du
Gouvernement ;
Vu le décret n°2000-22 du 19 mars 2000 portant attributions, organisation et
fonctionnement du Ministère de la Solidarité et des Affaires sociales ;
Vu le rapport de la Commission Nationale de la Solidarité et de la Cohésion
sociale ;
Considérant les nécessités de service

A R R E T E»

-----------------------------------------------------------------

• Pour une Loi : (après le vote du Parlement)

L’ASSEMBLEE NATIONALE a adopté,


LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE promulgue la loi dont la teneur suit :
--------------------------------------------------------------------

• Pour un Décret :
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
Sur rapport /Sur proposition du Ministre de …
Vu …
Vu …
Considérant …
Le Conseil des Ministres entendu,
DECRETE
___________________________________________________________________________

17
Remarque :
- Le visa est l’ensemble des dispositions constitutionnelles, législatives et
réglementaires et des avis obligatoires qui justifient la compétence de
l’auteur de l’acte, du rapporteur et de l’organe consultatif et qui constituent
en outre le fondement légal du texte pris. L’intitulé complet et précis des
textes doit être respecté.

- Les textes visés sont classés du plus important au moins important. Les textes
de même nature sont hiérarchisés par ancienneté. Il s’agit simplement de
respecter l’ordre chronologique.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1.3- Le dispositif

C’est la partie de l’acte constituée par les articles qui peuvent être
regroupés en sections, chapitres, titres selon son importance.
L’article premier sert d’introduction. Il fixe le contexte, le cadre de
référence, le champ d’application des dispositions de l’acte. C’est
le lieu où se fait la délimitation du champ de l’acte. Quelque fois,
cette introduction est prolongée à l’article 2.

EXEMPLE :
_____________________________________________________________________

« Article 1 : Le présent arrêté s’applique aux véhicules de plus de cinq places


en activité sur le territoire de la Commune de Jacqueville.»

« Article 1 : Les présentes dispositions s’appliquent aux agents ci-après :


- secrétaires de direction en service dans les cabinets ministériels
- agents spécialisés des TP (option Chauffeurs)
- agents de bureau affectés aux services d’ordre et de
messagerie des Cabinets ministériels. »

« Article 1 : Le présent statut s’applique aux membres du corps préfectoral qui


ont la qualité de fonctionnaires et sont, vis-à-vis de l’Administration, dans une
situation statutaire et réglementaire. »
___________________________________________________________________________

18
Le reste des articles, à l’exception du dernier, s’apparente au développement.
Il est articulé en plusieurs articles numérotés par ordre chronologique sans
discontinuer ; les articles eux-mêmes peuvent être subdivisés en alinéas.
L’alinéa existe lorsque, dans le même article, l’on va à la ligne après un point ;
il comprend au moins une phrase entière.

De façon générale, il convient de n’énoncer qu’une seule règle à la fois par


article.
En cas de modification d’un texte, l’on ajoute à l’article remanié le terme
« nouveau », suivi de la nouvelle version.

1.4- La formule exécutoire

Cette partie énonce la formule d’exécution de l’acte. Elle se


retrouve toujours dans le dernier article et porte essentiellement sur
les modalités d’application et sur la publicité de l’acte. Selon la
nature de l’acte, sa formulation varie.

EXEMPLE :
_____________________________________________________________________

- « Le Directeur Général de l’Administration du territoire, le Directeur Général


de la Décentralisation et du Développement local sont chargés, chacun en
ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté qui sera communiqué
partout où besoin sera.»

- « Le Ministre de l’Intérieur, le Ministre de l’Economie et des Finances sont


chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret
qui sera publié au Journal Officiel de République de Côte d’Ivoire.»

- « La présente loi sera publiée au Journal Officiel de la République de Côte


d’Ivoire et exécutée comme loi de l’Etat.»

- « La présente décision qui prend effet à compter du 10 avril 2010, sera


enregistrée, communiquée et publiée partout où besoin sera. »
___________________________________________________________________________

19
2. Le style

La rédaction des actes législatifs et réglementaires obéit à des règles de


style. Celles-ci consistent à :
- n’utiliser que les termes consacrés par la langue française et l’usage;
- employer les mots et expressions empruntés au langage juridique ou
au vocabulaire technique dans leur sens précis ;
- observer strictement les règles de ponctuation ;
- éviter les sigles et abréviations en dehors de ceux annoncés comme
tels et explicités dans le texte ;
- éviter les mots ou phrases entre parenthèses ;
- éviter les mots et autres renvois en bas de page.

II. LES PARTICULARITÉS

Les actes comportent, de façon générale, des particularités qui portent


sur :
- le document de présentation
- les visa et considération
- les formules introductives et exécutoires

1. Le document de présentation

C’est une note qui est adressée à l’autorité qui a pouvoir de décision
pour exposer les motifs de la décision préconisée. Cette note s’appelle :
- exposé des motifs lorsqu’il s’agit d’une loi ;
- rapport de présentation pour ce qui est des décrets.

L’exposé des motifs indique les raisons pour lesquelles la loi est soumise
au Parlement, l’esprit dont elle procède et les objectifs qu’elle se fixe. Il
n’est signé que par le Président de la République.

Le rapport de présentation vise à apporter un éclairage sur les raisons


pour lesquelles le décret est proposé. Le rapport de présentation est
signé par le(s) Ministre (s) chargé (s) d’élaborer la politique dans la
matière traitée par le décret. Il est d’usage au niveau du timbre de citer
en premier lieu le Ministère qui a la responsabilité essentielle de la
matière traitée.

2. Les visas

20
Ils n’apparaissent que sur les textes réglementaires (décrets, arrêtés et
décisions).

3. Les formules décisoire et exécutoire

Pour un projet de loi, au contraire des décrets, des arrêtés et des


décisions, il n’y a pas de formule décisoire ni de formule exécutoire.

EXEMPLE :
_____________________________________________________________________

« Projet de loi portant……………………..


Article 1 : …………………….. »
___________________________________________________________________________

Ces formules n’apparaissent (sous la forme ci-après) qu’au moment de la


promulgation de la loi.

EXEMPLE :
_____________________________________________________________________

« Loi n°2002-43 du 21 janvier 2002


portant statut du Corps préfectoral

L’Assemblée Nationale a adopté


Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Article 1 : …………………….. »

21
Chapitre IV
LES DEMARCHES PREALABLES A LA CONCEPTION D’UN ACTE

L’édiction des actes – loi, décret, arrêté – est soumise au respect de règles
juridiques de fond et de procédure ainsi qu’à des principes de bonne rédaction.
Mais elle doit avant tout avoir pour objet de résoudre un problème clairement
identifié, en vue d’atteindre un résultat précisément défini pour lequel des
solutions en dehors des textes apparaissent manifestement inappropriées.

Une connaissance précise de l’état du droit en la matière constitue évidemment


un élément indispensable de l’identification du problème comme du choix de la
solution. Le concepteur -rédacteur d’un texte dispose, à cet égard, de nombreux
outils.

Toutefois, au-delà de la connaissance et de l’analyse du droit existant, une


réflexion doit être menée sur l’utilité de la « réglementation », l’insuffisance de
cette réflexion figurant parmi les causes de l’excès ou, ce qui revient au même,
de la modification incessante des normes.

Ainsi, toute idée d’action publique dont la mise en œuvre peut conduire à
l’édiction d’une norme doit faire l’objet d’une étude, même sommaire, destinée
à présenter les problèmes à résoudre, la solution recherchée et les avantages et
inconvénients respectifs des différentes options qui sont envisageables pour la
mettre en œuvre.

Cette « étude d’options » peut avoir le contenu suivant, qui doit évidemment être
adapté aux différentes situations rencontrées :

1. Description de la situation (situation de référence), du problème à résoudre


(pourquoi les comportements doivent être modifiés par l’action envisagée) et
de l’objectif poursuivi (dans quelle mesure les comportements doivent-ils être
modifiés par l’action envisagée), à partir de données précises de tous
ordres.Cette étape de la réflexion est indispensable. Le « réflexe
réglementaire » conduit trop souvent à faire l’impasse sur deux questions
pourtant essentielles : Quel est le problème à résoudre ? Quel est le résultat
recherché ? La circonstance qu’un nouveau texte a été demandé, voire
annoncé, ne doit pas conduire à les éluder, car une action publique ne peut

22
être véritablement légitime et efficace que si elle poursuit un objectif d’intérêt
général clairement défini.

2. Présentation de deux ou trois options possibles pour atteindre l’objectif :


l’option « réglementaire » et une ou deux options parmi les autres instruments
d’action publique : incitations financières, négociation conduisant à un texte
conventionnel, adoption de normes ou mise en place de mécanismes de
certification entièrement privés (par des entreprises ou des organes
professionnels), codes de bonne conduite négociés, par exemple, avec un
secteur professionnel, information ou communication. Le cas échéant, cette
présentation s’appuiera sur l’analyse des raisons pour lesquelles les textes
actuels sont « insuffisants » (malfaçons, mauvaise application, manque de
moyens humains ou budgétaires, adaptation des comportements dans un
sens imprévu, …) ;

3. Identification des avantages et des inconvénients de chacune des options :


analyse sommaire des coûts et bénéfices, description des effets attendus,
calendrier de mise en œuvre.

4. Raisons pour lesquelles telle ou telle option est privilégiée.L’étude d’options


n’a de sens et de réel intérêt que pour les projets de décision pour lesquels
l’autorité compétente dispose d’une certaine marge d’appréciation. Si cela
sera toujours le cas s’agissant de la décision pouvant conduire, parmi les
options possibles, au dépôt d’un projet de loi, il paraît à première vue en aller
différemment de celle consistant seulement à fixer le contenu d’un texte
réglementaire pris pour l’application de textes de niveau supérieur. Toutefois,
une étude, même sommaire, peut s’avérer utile dans ce dernier cas, pour
éclairer l’auteur de la décision dans l’utilisation du pouvoir d’appréciation dont
il dispose la plupart du temps. Pour ne prendre qu’un exemple, entre la fixation
d’une procédure précise et assortie de sanctions par le texte et la définition
avec le public intéressé ou ses représentants de bonnes pratiques ayant la
même finalité, l’étude peut permettre de trancher, à condition évidemment
que la deuxième solution soit juridiquement permise .

En définitive la démarche consiste à se poser les questions de savoir pourquoi un


texte est préférable à une autre solution et, si ce texte est nécessaire, pourquoi
chacune des normes qu’il se propose de fixer est elle-même nécessaire et
optimale. Elle n’est donc pas limitée aux textes de niveau supérieur, comme les
projets de loi, mais se justifie également pour la plupart des décrets, voire pour
certains arrêtés.

23
L’étude d’options est élaborée par le ministère responsable de la préparation et
de la mise en œuvre de la décision envisagée. Elle peut servir de base, le cas
échéant, aux discussions interministérielles, afin de permettre de recueillir des
données utiles pour la description de la situation de référence et de préciser le
contenu ainsi que les avantages et inconvénients des différentes options en
présence.

L’étude d’options doit, dans certains cas, être prolongée par une étude d’impact
dont elle fera apparaître la nécessité lorsque les implications de la décision à
prendre – économiques, sociales, juridiques ou administratives – sont, en première
analyse, suffisamment complexes, et donc incertaines, pour devoir conduire à un
approfondissement de la réflexion préalable.

24
25
CONCLUSION

Le Gouvernement a pour mission principale l’édiction des lois et


règlements inhérents au bon fonctionnement des structures de l’Etat et de la
vie en société ainsi que d’assurer la mise en œuvre de ces règles; le Service
Public agit dans un cadre règlementaire, toujours dans le respect de l’intérêt
général.

Dans cette perspective, le Gouvernement est guidé par le principe


d’objectivité et l’obligation d’objectivité consistant notamment à la prise de
décisions, à l’expression des avis, à l’édiction d’actes administratifs, à la
réponse à des demandes, à l’information et l’instruction de dossiers.

Ce fondement et ces attributions du Gouvernement induisent-ils une certaine


façon de communiquer dans les instances où se réunissent ses membres, une
forme, un style et un vocabulaire caractéristiques des actes ?

La réponse à cette question intéresse la Communication en Conseil des


Ministres.

26
27
BIBLIOGRAPHIE

I. OUVRAGES TECHNIQUES

Le Style administratif, ROBERT Cathérine, Edition Albin Michel, Paris, 1994.


Rédaction administrative, Lénissongui COULIBALY, Edition Presse Université nationale de
Côte d’Ivoire, Abidjan, 1995
Rédaction administrative Afrique, Jacques GANDOUIN/Jean-Marie ROSSIGNOL, Edition
Armand Colin, Paris, 2002
Le Travail gouvernemental, Jacques FOURNIER, Presse de la Fondation nationale des
Sciences politiques, DALLOZ, Paris, 1987.
La réussite n’est pas le fait du hasard, techniques de ralations publiques pour les élus locaux,
Carla RECKERT, éditée par la fondation FRIEDRICH EBERT STIFTUNG
Administration et processus de décision, HEBERT A. Simon, Editions Ten

II. FASCICULES ET SUPPORTS DE COURS

« Eléments de rédaction administrative », fascicule produit par le Centre de préparation


administrative de l’Ecole Nationale d’Administration, Abidjan, 1976
« Actes administratifs et législatifs », Flore KOUAME, ENA-DFC, Abidjan, 1998.
« Cours de Communication en Conseil des ministres », support produit par Monsieur Victor
SIE-NOUFE, Chargé de cours à l’ENA, Abidjan, 2009.

III. DICTIONNAIRE

Le Petit Larousse Grand format en couleurs, Edition Larousse, Montréal, 2000


Dictionnaire français LE PETIT Larouse 2004

IV. MOTEUR DE RECHERCHE INTERNET


www.google.fr

28

Vous aimerez peut-être aussi