Évolution d'une paralysie du plexus brachial
Évolution d'une paralysie du plexus brachial
ANNEE 2006-2007
Travail réalisé
en vue de l’obtention du diplôme d’Etat
de Masseur Kinésithérapeute par :
Sous la direction de :
Monsieur Pierre DELESVAUX, CSK au CRF Notre Dame, Chamalières.
Monsieur Serge GAY, CSK à l’Institut de formation en Masso-kinésithérapie de Vichy.
SOMMAIRE
I- INTRODUCTION………………………………………………………………………… p. 1
V- DIAGNOSTIC KINESITHERAPIQUE…………………………………………………. p. 9
VII- DISCUSSION-CONCLUSION………………………………………………………… p. 16
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES
REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont aidé, de prés ou de loin, dans l’élaboration
de ce mémoire, et plus particulièrement :
- Mes parents.
Les opinions exprimées dans ce travail écrit, ainsi que sa présentation, n’engage que la
responsabilité de son auteur.
I- INTRODUCTION
Ce travail traite de la démarche thérapeutique adoptée chez un jeune homme de 21 ans atteint
d’une paralysie complète et totale du plexus brachial (racines C5 à T1) d’origine traumatique au
niveau de son membre supérieur dominant.
Le 24/09/2006, Monsieur C. est victime d’un AVP moto contre voiture (en tort présumé) alors
qu’il rejoignait son amie. Le diagnostic médical initial est très lourd:
-TC avec perte de connaissance initiale de courte durée (score de Glasgow à 15),
-Traumatisme thoracique avec pneumothorax et contusions pulmonaires bilatérales,
-Traumatisme des membres supérieurs :
- main gauche : luxation dorsale des deuxième, troisième, quatrième et cinquième
articulations carpo-métacarpiennes associées à des fractures des quatrième et cinquième
métacarpes traitées par broches et attelle platrée,
-Paralysie du plexus brachial droit C5, C6, C7, C8, T1 selon un mécanisme lésionnel de
type traction et étirement
- main droite : fractures ouvertes des troisième et quatrième métacarpiens, réduites et
brochées en urgence ;
-Fracture du condyle externe fémoral droit diagnostiquée le 22 décembre 2006 et non
traitée.
Ces nombreuses lésions témoignent de la gravité du traumatisme. Aussi, on ne s’intéressera dans
ce mémoire, qu’à la prise en charge du membre supérieur paralysé.
Il est hospitalisé en service de réanimation, puis de traumatologie thoracique. Il peut enfin rentrer
chez lui le 07/10/2006.
Il est admis au centre de rééducation de Notre Dame le 12/10/2006 en tant qu’externe. Il suit des
séances de rééducation deux heures par jour en fin de matinée, cinq fois par semaine.
Notre prise en charge débute le 8/01/07, c'est-à-dire trois mois après l’accident. A cette date,
Monsieur C. apparaît comme une personne volontaire et objective vis-à-vis de sa pathologie et
de sa récupération. Le diagnostique médical à cette date met en évidence une récupération
complète de tous les traumatismes en dehors de ceux concernant le membre supérieur droit, à
savoir : - la non consolidation des fractures des troisième et quatrième métacarpiens,
- l’absence de récupération de la paralysie pléxique.
Devant un tel traumatisme, une incertitude demeure : vais-je un jour pouvoir me resservir de
mon bras ? C’est pourquoi on s’intéressera dans ce mémoire au rôle du kinésithérapeute sur
l’évolution à cours terme d’une paralysie totale du plexus brachial.
1
Fig. 1 :
Le plexus brachial
Fig 2 :
Classification des lésions nerveuse selon
Seddon et Sunderland.
c) La dégénérescence wallérienne:
Après rupture nerveuse, on observe une dégénérescence nerveuse du fragment distal du nerf
avec modifications histologique de l’axone.
d) La régénérescence nerveuse :
La régénération nerveuse [Fig. 3] dépend de nombreux facteurs : a) la gravité de la lésion
axonale, b) le type de lésions (compression/écrasement, étirement, section
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Fig. 3 :
Le processus de repousse nerveuse après section
A. Aspect normal
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Fig.4 :
Attitude spontanée du patient sous écharpe
Fig. 5 :
Orthèse rigide d’immobilisation
III- EVALUATION MASSO-KINESITHERAPIQUE INITIALE (réalisée le 04/01/2007) :
Présentation du patient:
Monsieur C. a 21 ans. Il est tourneur fraiseur dans une entreprise à Lempdes. Il est droitier,
mesure 1m72, pèse 58 kg (contre 72 avant l’accident). Il vit actuellement chez sa mère (centre de
Clermont), infirmière DE, ce qui facilite les soins. Il pratiquait avant son accident du VTT de
descente et du BMX en compétition au niveau national. Il est toujours en couple (avec une
étudiante infirmière) malgré ce lourd handicap. Il est aujourd’hui en arrêt de travail et ne
pratique plus aucune activité sportive.
1°) Interrogatoire :
Monsieur C. raconte son parcours depuis l’accident sans tristesse mais ne peut se rappeler
précisément des circonstances de la collision (amnésie suite au traumatisme crânien). Il n’est pas
angoissé, comprend sa pathologie mais en ignore son évolution à long terme. Il espère une
récupération la plus rapide et la plus complète possible mais commence à accepter la possibilité
de non récupération spontanée.
Monsieur C. étant droitier, il est par conséquent excessivement gêné par sa paralysie. Il ne peut
plus écrire, mais parvient tout de même difficilement à signer de la main gauche ; il est
dépendant d’autrui pour les soins, la cuisine, le transport (VSL pour les séance au centre). Il ne
fait plus de sport mais compte remonter sur un vélo dès que possible. Il a gardé une vie sociale et
est très bien entouré de ses proches.
Quelque soit la récupération, il est décidé a avoir une vie normale mais ne sait pas ce qu’il
pourrait faire si une réorientation professionnelle s’avérée nécessaire. Il espère pouvoir refaire du
vélo (peut être même en compétition?), reconduire une voiture voire même une moto.
2°) Inspection :
a) Attitude Générale :
Monsieur C. porte une écharpe canadienne [Fig. 4] du fait de l’appendement majeur de
l’épaule du à la paralysie des muscles de l’épaule. Il n’apparaît pas de déformation rachidienne à
l’examen malgré l’inégalité de tonus droit/gauche. Il a le bras en rotation interne, coude au corps,
main sur le thorax. Son coude est fléchit, avant bras en pronation (le tonus des muscles pronateur
étant plus important que celui des supinateurs), main protégée par un gant en jersey (œdème et
lésions cutanées) et immobilisée dans une attelle thermoplastique [Fig. 5] (poignet en extension.
de 10°; léger enroulement des doigts longs ; pouce en position d’ouverture et en légère
antéposition). Il garde cet appareillage toute la journée mais ne se protège pas la nuit.
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Fig. 6 :
Déformation de la main gauche : la quatrième tête Fig. 7 :
métacarpienne est décalée en palmaire par rapport Radiographie de la main gauche datant
aux autres. du 19/12/2006
Fig. 8:
Périmètres des membres supérieurs
On note tout de suite que malgré sa paralysie, il est autonome pour se déshabiller, qu’il n’a
aucune difficulté pour enlever attelle et jersey mais qu’il doit se faire aider pour remettre ce
dernier.
L’obliquité de la clavicule droite par rapport à la gauche montre une élévation du
moignon de l’épaule, masquée par l’amyotrophie du trapèze supérieur. Cependant, lorsque
Monsieur C. est parfaitement détendu, cette obliquité tend à disparaître.
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Fig. 9 :
Appendement de l’épaule
Fig. 10 :
Amyotrophie importante des muscles de l’épaule droite
Fig. 11 :
Atrophie et déformation de la main droite
d) membres inférieurs :
- absence d’œdème, de rougeur. Pas de différence de température entre les deux membres.
- on relève simplement des cicatrices à la face antérieure des deux genoux du fait de
nombreuses chutes de vélo.
3°) Palpation :
L’examen cutané révèle une peau souple, d’épaisseur comparable à celle du coté sain, mais
elle est sèche sur la totalité du membre. L’examen palpatoire, non douloureux, met en évidence,
comparativement au coté sain, une augmentation de la température locale de la face externe du
coude située entre trois travers de doigt au dessus et quatre travers de doigt au dessous de
l’épicondyle latéral. Selon Monsieur C., ceci est constant depuis l’accident. On relève la
présence de contractures non douloureuses des muscles rhomboïdes et élévateur de la scapula.
b) Autres régions :
- Au membre supérieur gauche : douleur localisée au quatrième et cinquième métacarpiens
lors des efforts de serrage et de tirage même peu intense comme remonter la couette pendant la
nuit. Monsieur C. compense cette douleur par la non utilisation de ses deux derniers doigts.
- De la troisième à la dixième côtes droites : douleurs insupportables lors de la palpation
cotées à 10 selon l’EVA.
- Au genou droit : douleur seulement lors des accroupissements (EVA à 3) ;
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Fig. 12 :
Amplitudes articulaires des membres supérieurs
b) Coude droit:
Limitation essentiellement en extension et supination du fait de la position d’immobilisation
dans l’écharpe.
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Fig. 13:
Territoires sensitifs innervés du membre supérieur droit
- A la face médiale du bras, toutes les sensibilités sont normales jusqu’à 2 TDD au dessus de
l’épicondyle médial. En dessous, seule la sensibilité algique est présente ; la sensibilité
thermique est dégradée : quelque soit la température de l’objet en contact avec l’extrémité distale
du bras au niveau de sa face interne, Monsieur C. ne ressent que de la chaleur.
La sensibilité proprioceptive est acquise au niveau de l’épaule : Monsieur C. a la possibilité
de placer son MS gauche dans la même position que son épaule droite dans tous les axes de
mouvement et ce à 10° près. Il peut différencier deus positions différentes seulement si elles
diffèrent d’au moins 20°.
On note que Monsieur C. peut positionner son coude gauche de la même façon que son
coude droit lors de la mobilisation de ce dernier en flexion extension (pas en prono-supination).
Cependant, cette action n’est possible que grâce aux modifications de tension cutanée des faces
antérieure et postérieure du coude.
Au niveau de toutes les autres régions du membre supérieur droit, à savoir le coude, l’avant bras
et la main, aucun signe de récupération sensitive n’est encore visible. Cette anesthésie oblige à la
protection du membre.
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Fig. 14 :
Tableau de l’innervation motrice des muscles de la ceinture scapulaire et du membre supérieur
C5 C6 C7 C8 D1 Nerfs
Elévateur xx dorsal de la scapula
Rhomboides xx dorsal de la scapula
Dentelé antérieur x x x thoracique long
Sub clavier x x subclavier
subscapulaire (supérieur et
Subscapulaire x x
inférieur)
Supra épineux xx x suprascapulaire
Petit rond xx x Axillaire
Infra épineux xx x suprascapulaire
Grand rond x x subscapulaire inférieur
Grand dorsal x x Thoraco dorsal
Deltoide xx x Axillaire
Petit pectoral x x x x x pectoraux médial
Grand pectoral x x x x x pectoraux médial et latéral
Coraco brachial x xx x x x musculocutané
Biceps brachial x xx x x x musculocutané
Brachial x xx x x x musculocutané
Triceps brahial x x xx x x Radial
Anconé x x xx x x Radial
Brachio radial x xx x x x Radial
Supinateur x xx x x x Radial
FRC x xx x x x Médian
LERC x xx x x x Radial
Rond pronateur x xx x x x Médian
CERC x xx x x x Radial
ECD x x xx x x Radial
EUC x x xx x x Radial
LAP x x xx x x Radial
LEP x x xx x x Radial
CEP x x xx x x Radial
EPI x x xx x x Radial
EP du cinq x x xx x x Radial
LP x xx x x x Médian
FSD x xx x x x Médian
FPD x xx x x x Médian et ulnaire
FUC xx x Ulnaire
Carré pronateur x x x xx x Médian
LFP xx Médian
loge thénar xx Médian et ulnaire
loge hypothénar x xx Ulnaire
Interosseux x xx Ulnaire
Lombricaux x xx Médian et ulnaire
V- DIAGNOSTIC KINESITHERAPIQUE :
Monsieur C., 21ans, tourneur fraiseur, a été victime d’un accident de moto le 24/09/06 à
l’origine d’un poly traumatisme dont une paralysie du plexus brachial du coté dominant aggravée
par des fractures des deuxième et troisième métacarpiens, entraînant une impossibilité de
réalisation de toutes activités sportives et socioprofessionnelles telles qu’elles l’étaient avant le
traumatisme.
Projet du patient: Monsieur C. souhaite avant tout récupérer une certaine motricité de son
membre supérieur droit afin de reprendre son travail et de recommencer le VTT.
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Fig. 15 :
L’habillage
Fig. 16 :
Fig. 17 :
Massage circulatoire du membre supérieur
droit Bain écossais
VI- TRAITEMENT MASSO-KINESITHERAPIQUE : [4, 7, 8, 9, 10]
b) Objectifs généraux :
• Prévention des troubles trophiques ; • Préserver les qualités musculaires
• Prévention des troubles orthopédiques ; • Améliorer l’autonomie.
• Lutte contre les phénomènes douloureux ;
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Fig. 18 :
Massage mobilisation du poignet et de la
main
Fig. 19 :
Mobilisation analytique de l’articulation Fig. 20 :
gléno humérale en flexion. Mobilisation analytique de l’articulation
gléno humérale en abduction.
Fig. 21 :
Utilisation du glissement postérieur en fin de
flexion.
Fig. 22 :
Mobilisation en flexion de l’articulation
métacarpophalangienne du pouce.
b) Prévention des troubles orthopédiques :
La conservation des amplitudes articulaires : mobilisation passive de toutes les articulations
du membre supérieur afin de lutter contre les rétractions capsulo-ligamentaires.
- Objectifs spécifiques :
- Principes spécifiques :
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Fig. 23 : Fig. 24 :
Mobilisation analytique douce en flexion de Radiographie initiale de la main droite datant
la quatrième articulation du 25/10/2006.
métacarpophalangienne avec contre prise
courte, décoaptation et glissement palmaire.
Fig. 25 : Fig. 26 :
Mobilisation en actif aidé de l’épaule en Mobilisation en flexion de l’articulation
abduction. gléne humérale associée à un travail
A noter l’élévation parasite de l’épaule due à la proprioceptif.
contraction du trapèze supérieur.
tête humérale dans la glène. Il faut prendre soin de ne pas dépasser l’amplitude consentie afin de
ne pas étirer le plexus. Dans cette position (amplitude consentie maximale), l’utilisation des
degrés de liberté mineurs [Fig. 21], très bien supportés, permet de gagner quelques degrés
supplémentaires, sans pour autant étirer d’avantage le plexus.
Au coude, la protection du poignet et des doigts nécessite la même précaution que
précédemment ; l’épaule est en appui sur la table, protégée de l’antéposition passive induite par
l’extension du coude par une contre prise large à la face antérieure du bras. Il est ici nécessaire
d’insister sur l’extension supination sans délaisser pour autant des gestes plus fonctionnels
comme la flexion/supination et l’extension/pronation.
Au poignet et aux doigts, la mobilisation (indispensable car la présence des gaines favorise
l’apparition d’adhérences) doit être la plus précautionneuse possible du fait de la non
consolidation des fractures des troisième et quatrième métacarpes. Au poignet la mobilisation
analytique de chaque os du carpe est indispensable devant l’enraidissement majeur de cette
articulation dans tous les axes de mouvement. Chaque articulation des doigts est mobilisée avec
attention du fait de la fragilité osseuse. Le pouce est essentiellement mobilisé en ouverture de
première commissure mais il est important de récupérer la flexion de la métacarpophalangienne
[Fig. 22] dans l’optique d’une future opposition active. Pour cela, il faut maintenir le métacarpe
en position d’ouverture. Au niveau des troisième et quatrième doigts, la mobilisation des
articulations métacarpophalangienne nécessite une contre prise métacarpienne très courte pour
ne pas solliciter le foyer de fracture malgré la présence de broches [Fig. 23,24].
La difficulté réside en l’anesthésie complète de la main.
Lors de la mobilisation de l’épaule et même du coude (les afférences cutanés de la face
antérieure du coude lui permettent de reconnaître la position articulaire), Monsieur C. doit tenter
de réaliser activement le mouvement afin de conserver son schéma corporel [Fig. 25, 26]. En
effet, de nombreuses études de neurophysiologie ont démontré que le fait de s’imaginer faire un
geste, les yeux fermés, ou de réaliser réellement le même mouvement entraînait dans les deux
cas l’activation de la même zone corticale motrice (cortex pariétal).
De plus, soit il reproduit activement du coté gauche le mouvement réalisé passivement du
côté droit, soit il positionne l’articulation de son membre supérieur gauche dans la même
angulation que l’articulation son membre supérieur droit. Ces exercices sont réaliser les yeux
fermés afin de solliciter les différentes afférences proprioceptives (cutanées,
capsuloligamentaires, musculotendineuses). Lors de la mobilisation du poignet et des doigts,
Monsieur C. garde les yeux ouverts afin de visualiser le mouvement qu’il ne peut ressentir.
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Fig. 27 :
Automobilisation de l’épaule en flexion.
Fig. 28 :
Travail d’allongement axial actif
Des automobilisations régulières de l’épaule [Fig. 27] et du coude, non douloureuses, en limitant
au mieux les compensations lui permettent une certaine autonomie dans les soins.
La lutte contre les déformations et les attitudes viscieuses consécutives, à plus ou moins long
terme, à la paralysie, nécessite l’utilisation de deux moyens thérapeutiques:
1°) une orthèse rigide maintenant le poignet en extension, les doigts longs en légère
flexion et la première commissure en ouverture ;
2°) un travail d’allongement axial actif contre résistance élastique, face à un miroir, afin
de renforcer les muscles profond du rachis cervico-dorsal pour limiter les déformations
rachidiennes liées au déséquilibre droit gauche [Fig. 28].
- principes spécifiques :
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Fig. 29 : Fig. 30 :
Etirement du muscle grand pectoral Travail statique du muscle supra
droit. épineux
Fig. 31 : Fig. 32 :
Travail statique et symétrique des Travail statique et symétrique
muscles petits pectoraux des fixateurs d’omoplate
Brûlure électrique
Pansements du fait de
brûlures non cicatrisées
Broches saillantes
Fig. 33 : Fig. 34 :
Stimulation électrique du Contre indications à l’électrothérapie
chef antérieur du et à la balnéothérapie.
deltoïde.
- Etirements pour éviter l’apparition de brides rétractiles et de
fibrose au niveau des muscles grand pectoral [Fig. 29], biceps brachial, et extenseurs du poignet
et des doigts. Ces étirements sont doux, maintenus, passifs ou sous forme de contracter/relâcher
pour le muscle grand pectoral car Monsieur C. a une sensation très nette de contraction de ce
dernier (il en est de même pour le biceps brachial mais l’effort de contraction de ce dernier
provoque des douleurs de type décharges électriques empêchant l’utilisation de cette technique.
- Renforcement musculaire des muscles supra épineux [Fig. 30] et
subscapulaire cotés à 1 au testing par du travail dynamique concentrique lors de la mobilisation,
en statique en demandant un maintien de la position, en dynamique excentrique en freinant le
mouvement de retour. Afin de respecter la fatigue musculaire, ce travail de renforcement est
limité à trois séries de cinq répétitions espacées d’un temps de repos de l’ordre de la minute.
- Entretien de la force musculaire des muscles rhomboïdes,
élévateur de la scapula, dentelé antérieur, petit pectoral et trapèze supérieur, moyen et inférieur
par du travail statique, dynamique concentrique et excentrique [Fig. 31, 32]. Ce travail est réalisé
en position assise, face à un miroir et de manière symétrique. Afin d’éviter l’appendement de
l’épaule lors de ces exercices, le port de l’écharpe est systématique.
- Electrostimulation sur les muscles dénervés ou partiellement
dénervés selon un courant rectangulaire d’intensité la plus faible possible pour obtenir une
contraction lente de qualité [Fig. 33]. L’intensité est réglée pour chaque muscle, mais la largeur
d’impulsion (300ms), la durée de repos entre chaque impulsion (10s) et le nombre d’impulsion
par muscle (10) restent fixes dans une optique de simplicité devant le nombre important de
muscles dénervés et le temps nécessaire à la stimulation électrique de chacun de ces muscles.
C’est pourquoi, le programme d’électrostimulation préréglé R5 de l’appareil cephar physio4
apparaît adapté au cas de Monsieur C, les paramètres électriques étant ceux sus cités.
La présence de brûlures électriques au niveau de l’avant bras ainsi que les broches
métacarpiennes a rendu impossible toute stimulation des muscles du poignet et des doigts
pendant la totalité de mon stage. De même, la balnéothérapie (qui permettrait des mouvements
actifs de l’épaule ainsi qu’une sensation de bien être) était proscrite du fait des plaies cutanées
[Fig. 34]. [9, 10]
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Mauvaise stabilisation
du pouce
Fig. 35 :
Radiographie de la main droite sous la première orthèse
Maintien du pouce en
position d’ouverture.
Fig. 36 :
Deuxième attelle.
e) Travail de l’autonomie :
L’absence de motricité dans le membre supérieur dominant est un handicap majeur dans
notre société actuelle. Tous les jours, nous avons tous besoin de notre main pour écrire, se
déplacer (conduite automobile, vélo), pour parler (le langage du corps est indispensable à
l’expression orale) ou encore pour manger.
Monsieur C. refusant toute tentative d’apprentissage d’utilisation de sa main gauche dans
l’attente d’une récupération de sa paralysie, le travail en ergothérapie se limite donc aux
modifications de l’orthèse rigide du poignet et de la main ainsi qu’à quelques essais de mise du
gant en jersey avec un enfile bas sans l’aide d’un tiers (mais sans succès). Il a fallu, tout au long
du mois de janvier, apporter des changements à l’attelle pour optimiser la stabilisation et la
protection de la main paralysée. Cette attelle avait tendance à glisser en distal, provoquant un
pouce adductus [Fig. 35]. C’est pourquoi, après discussion avec l’ergothérapeute, nous avons
décider de changer complètement l’attelle le 05/02/07 afin d’empêcher ce glissement [Fig. 36].
Le jour de mon départ, cette dernière n’était encore pas adaptée car elle laissait des marques
cutanées du fait d’appuis trop prononcés. Cependant, cette nouvelle forme d’immobilisation
rigide paraissait appropriée car elle évitait tout déplacement de la main dans l’orthèse. De
nombreux conseils lui ont été apportés pendant ce stage comme simplement fixer une éponge au
mur de sa douche afin de pouvoir se laver le bras gauche tout seul.
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VII- DISCUSSION-CONCLUSION :
Aucun soin kinésithérapique ne permet d’accélérer la repousse nerveuse. Seule la lutte contre
les complications liées à la paralysie ont un effet bénéfique sur l’état de Monsieur C. Il est en
effet primordial d’éviter les déséquilibres de tension entre muscles agonistes et antagonistes afin
de ne pas créer d’attitudes vicieuses liées à une rétraction musculaire, comme il est important
d’éduquer le patient à une bonne hygiène de vie afin de limiter le risque de plaies cutanées. Il est
donc juste de souligner que toute affection retarde l’application du processus de réadaptation.
Toutes les techniques utilisées pendant ce stage avaient donc pour but d’éviter de rencontrer
d’autres difficultés lors de la rééducation une fois la repousse nerveuse terminée. Des raideurs
importantes de main limitent grandement la fonctionnalité de celle-ci même si l’innervation
motrice et sensitive est normale. Dans la phase post traumatique immédiate, il est impossible de
connaître le pronostic quant à l’évolution favorable ou non d’une paralysie bien que dans le cas
d’un plexus brachial ce processus de récupération soit fortement compromis. La prise en charge
quotidienne permet un suivi rigoureux de l’évolution de la paralysie ; un des rôles du
kinésithérapeute est alors de guetter les premiers signes de récupération afin d’apporter un
élément positif. L’espoir d’une récupération même partielle permet à Monsieur C. de supporter
sa paralysie et chaque gain observé, qu’il soit cutané (sur la cicatrisation des plaies), articulaire
(gain de mobilité) ou musculaire (début de contraction du supraépineux, du grand pectoral) était
ressenti comme une victoire sur cet handicap.
Selon l’évolution future, les techniques employées seront différentes de celles utilisées à 3 ou 4
mois post traumatique car les objectifs seront différents. Il faudra alors soit de récupérer de la
force dans les muscles réinnervés afin d’améliorer la fonction de ce membre supérieur, soit
d’accepter le fait de ne pouvoir réutiliser cette main.
De toute façon, le traitement d’une telle affection reste pluridisciplinaire ; Monsieur C.
bénéficiera certainement d’un traitement chirurgical, qu’il soit thérapeutique par une chirurgie
nerveuse (neurotisation), ou qu’il soit palliatif par un transfert tendineux (le muscle grand
pectoral en cours de récupération pourrait permettre de récupérer la flexion du coude).
La place de la kinésithérapie dans une paralysie totale est donc indispensable du fait de la rigueur
nécessaire à la réalisation des techniques manuelles ; celles-ci, indispensables ne peuvent en
aucun cas être utilisées seules car l’unique moyen de contraction d’un muscle dénervé reste
l’électrothérapie. De même, le thérapeute doit faire preuve de qualités relationnelles afin de ni
démoraliser le patient, ni lui faire entrevoir la possibilité d’une récupération miraculeuse.
N’oublions pas de laisser au corps le temps de récupérer.
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REFERENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
1°) Inspection :
Appendement de l’épaule droite n’est plus que de 1 TDD.
Les brûlures électriques de l’avant bras doit sont en voie de cicatrisation.
Broches métacarpiennes pointent sous la peau de la face dorsale de la main, d’autant plus que la
flexion est importante.
2°) Palpation :
Présence d’une contracture du muscle brachial, palpable à la face latérale du bras.
Annexe 5 : Suite
Résumé
Monsieur C., 21 ans, droitier, présente une paralysie complète du plexus brachial droit. A 3 mois
du traumatisme en cause, il espère toujours récupérer son membre supérieur dominant car son
métier et ses passions (vélo et moto) sont toute sa vie.
Il est aujourd’hui dépendant de ses proches pour réaliser les actes simples de la vie quotidienne.
Il est encore trop tôt, pour lui, de faire le deuil de son bras droit car nul ne peut connaître à court
terme l’évolution d’une telle affection sans diagnostic précis de la lésion.
Ce mémoire expose donc les modalités de prise charge kinésithérapique d’un membre supérieur
récemment paralysé, dans l’attente d’une éventuelle récupération sensitivo-motrice, afin de
limiter au mieux les séquelles d’une telle pathologie.
Mots clés